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Rubrique «À LIRE AILLEURS»
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19.10.2026 à 22:29

Lycée Paul Éluard : une vendetta de la police nationale contre les jeunes ? Rassemblement de soutien

Rendez-vous mardi 20 octobre à 11h devant le commissariat de Saint-Denis avenue Jean Moulin.

Texte intégral (732 mots)

Rendez-vous mardi 20 octobre à 11h devant le commissariat de Saint-Denis avenue Jean Moulin.

Communiqué des personnels mobilisés du lycée Paul Éluard

Depuis dimanche soir, trois lycéen-nes de Paul Éluard à Saint-Denis ont été arrêté-es dans des conditions violentes et indignes, et un autre a été frappé :

  • Deux élèves du lycée, avec d'autres jeunes, ont subi une interpellation violente. Une voiture de police a foncé sur elles et eux à toute allure, ils et elles ont été plaqué-es au sol. Ils et elles sont en garde à vue depuis dimanche soir.
  • Un autre élève a été suivi par la police lundi et arrêté. Il s'agit du jeune homme que des officiers de la BAC voulaient arrêter au lycée jeudi 15 octobre, ce à quoi les personnels se sont opposés. La police avait alors indiqué que ce jeune homme serait convoqué. Il n'en a rien été.
  • Enfin, un élève, déjà mis en garde à vue la semaine passée, a été frappé par un policier alors qu'il rentrait chez lui. Il a dû être soigné à l'hôpital avant de rentrer chez lui.

Parallèlement, un membre du personnel du lycée, qui se promenait dans les rues de Saint-Denis, a subi des jets de gaz lacrymogène venant d'une voiture de police, dont les passagers l'ont dévisagé en ricanant.

Ces violences sont cohérentes avec les recommandations du ministre Laurent Nunez, qui a appelé les forces de l'ordre à ne faire preuve d'aucune retenue. Elles témoignent aussi d'un sentiment d'impunité de la police, encore plus marqué que d'habitude. Elles semblent enfin relever d'une vendetta personnelle du commissariat de Saint-Denis, ciblant certains élèves déjà identifiés, mais plus généralement les lycéen-nes de la ville.

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19.10.2026 à 08:00

Ce que vous faites réellement lorsque vous accusez les casseurs d'être des policiers

Texte datant de 2015 et qui nous éclaire, durant le mouvement des gilets jaunes sur des rumeurs qui germent ici et là.

Certaines tendances politiques ont pour fâcheuse habitude de propager des thèses paranoïaques dès qu'une situation échappe à leurs contrôles.

Texte intégral (2017 mots)
Texte datant de 2015 et qui nous éclaire, durant le mouvement des gilets jaunes sur des rumeurs qui germent ici et là.

Certaines tendances politiques ont pour fâcheuse habitude de propager des thèses paranoïaques dès qu'une situation échappe à leurs contrôles.

Certaines tendances politiques ont pour fâcheuse habitude de propager des thèses paranoïaques dès qu'une situation échappe à leurs contrôles.

Ces derniers jours, réitérant une mascarade qu'ils nous ont déjà servi, c'est Mélenchon puis Olivier Besancenot qui ont pris la parole pour stigmatiser, dénigrer, et amalgamer les casseurs à leurs propres ennemis : les flics.

JLM a posté, le lendemain de la mort de Rémi Fraisse, un statut Facebook accusant les militants qui ont directement affronté la police sur la Zad d'être des clochards avinés et puants, d'extrême droite, et probablement payés par l'État ou les pro-barrage du Testet pour « décrédibiliser » le mouvement d'opposition et d'occupation...

Une semaine après, c'est à Besancenot de relayer cette rumeur pendant le journal de bfmtv


Il y montre des photos tirées d'une manifestation à Nantes

où l'on voit des policiers en civil, cagoulés. Selon lui, ils y sont pour « organiser directement ou indirectement des violences urbaines » ; et il réclame une commission d'enquête sur les casseurs.

Pourtant, qu'est ce qu'un casseur ? un-e individu-e qui casse. Pas un style vestimentaire, n'en déplaise à certains. Ni un équipement, n'en déplaise à d'autres.

Est-ce que porter une cagoule fait de toi un casseur ?

Est-ce que casser des vitrines, des banques,...fait de toi un flic ? Avec toutes ces accusations, tout cet amalgame entre policiers et casseurs ; est-ce qu'on ne risque pas de priver les militants/manifestants de choisir leurs modes d'actions ?

C'est pourquoi nous nous demandons :

Quelles preuves nous ont été données ?

Y-a-t-il des vidéos, des photos de flics en train de casser ?

Aucune...Concrètement à l'heure actuelle aucune image (photos ou vidéos) montrant des policiers en train de casser quoi que ce soit n'a été publiée. Donc, sur quoi se basent ces accusations ? Les seules images qui ont été présentées sont des photos d'individus comme à Nantes, clairement identifiables comme policiers, grâce à leurs brassards ou bien au groupe au milieu duquel ils se trouvent (s'ils ne portent pas leurs brassards).

Existe-t-il des photos/vidéos de ces mêmes personnes tour à tour en train de casser, puis en train de discuter tranquillement avec des policiers ?

Les médias seraient-ils complices de ces exactions en coupant au montage les vidéos, ou en dissimulant des photos ?

Les journaflics ont-ils pour habitude de laisser filer un scandale ou un titre accrocheur ?

Et quand bien même, en admettant qu'ils puissent marcher main dans la main avec la police : pourquoi, à l'heure des smartphones et du cop watching, n'y a-t-il personne pour nous amener des preuves concrètes sur l'existence de tels agents provocateurs ?

On vous laisse répondre vous mêmes à ces questions.

En 2010, à Paris, Mélenchon accusait déjà des casseurs d'être des flics.

Grâce à Youtube - terreau fertile des paranoïas contemporaines, et qui donne l'impression que l'on a tout vu sans jamais rien voir - Jean-Luc Mélenchon, ex-coprésident et actuel militant du Parti de gauche, a cru voir dans une vidéo de Reuters sur la manifestation du 16 octobre 2010 des flics casser une banque et malmener un citoyen qui venait les en empêcher.


Policier en casseur la vidéo polémique
Il accusait celui que les médias ont appelé le « ninja » et d'autres manifestants autour d'être des policiers-casseurs, déguisés. Cette accusation a déclenché une polémique qui a enflé autour du « ninja » et à l'égard des casseurs en général.

Mais le 28 octobre, le ninja a été identifié et interpellé par la police -lassée de la polémique- puis jugé et condamné à 1 an de prison, dont 6 mois fermes.

Et ce n'est pas Mélenchon, porteur de ces accusations, qui a purgé la peine de ce camarade, qui n'est pas policier.

Y-a-t-il déjà eu des flics parmi les casseurs ?

Aujourd'hui, on peut affirmer que la police a déjà infiltré et infiltre peut être encore les milieux militants, comme le montre le témoignage du 23 janvier 1982 On m'appelait l'étudiant, recueilli par Georges Marion pour le Nouvel Observateur ; ainsi que le cas de Marc Kennedy, en Europe.

On ne nie donc pas que des policiers puissent être infiltrés dans des réseaux militants, en tant que militants actifs : comme les deux cas cités précédemment, on les considère comme nos ami-e-s, et ils gagnent notre confiance en nous imitant.

Parmi ceux-là il peut y avoir des casseurs, mais on ne l'apprendra peut-être jamais.

Pendant les manifestations, il y a aussi des anonymes, flics de la bac ou RG, qui viennent en tant qu'observateurs ou poukaves ; et rejoignent les lignes de CRS après nous avoir brièvement fait croire qu'ils venaient participer à la manif, dans son cadre légal.

Pourquoi les flics casseraient-ils ?

Est-ce qu'il est possible qu'un commissaire/préfet/ministre de l'Intérieur donne l'ordre à ses policiers de détruire des centre-ville, dans le seul but de « décrédibiliser » un mouvement ?

Est-il possible que le pouvoir - alors même qu'il est renseigné sur l'existence de militant-e-s « agité-e-s » qui lui en veulent au point d'adopter des modes d'actions illégaux/offensifs - décide de les aider en brisant plus de vitrines ?

On pourrait imaginer que la police choisisse ce mode d'action (les flics « déguisés » en casseurs qui poussent au Crime...) pour justifier la répression des manifestations.

Mais, apparemment, il n'y a pas besoin de ça pour justifier la répression à Paris : les militants n'ont même pas eu le temps de rêver à une émeute qu'ils étaient déjà entassé-e-s dans des fourgons.

Alors, est-ce que pendant un rassemblement/une manifestation, les énervé-e-s qui se (re)connaissent ont besoin d'inconnus pour les exciter contre le Capital, l'État, et ses sbires ?

Il faut croire que pour Olivier et Jean-Luc, les gens ont si peu de raisons d'être en colère qu'il est improbable qu'ils choisissent des actions offensives pour manifester leur mécontentement...sans y être poussés par les keufs.

Sous-entendraient-ils que Rémi aurait couru vers le conflit, non pas à la vue de militants affrontant des gendarmes mobiles, mais engrainé par un policier « déguisé en casseur » ? D'ailleurs, on aimerait bien connaître les chiffres des flics « déguisés en casseur » mutilés par les armes de leurs collègues.lolilol...

On se demandera également combien de flics ont bien pu participé -en tant que casseurs- au lancement des émeutes de 2005 en france, après la mort de Zyed et Bouna... Besancenot et Mélenchon ont-ils accusé la police d'infiltrer les rangs des émeutiers, à ces moments-là ?

Quels effets ont ces accusations sur nos luttes et sur nos vies ?

Nous avons décidé de réagir en écrivant ce texte parce que ces accusations sans fondement mènent à un amalgame entre les flics et les casseurs. Cet amalgame est dangereux dans la mesure où il nous dépossède des modes d'actions que l'on peut choisir pour s'exprimer, pour être entendus. Celles et ceux qui auront décidé de s'attaquer directement, frontalement, aux symboles du pouvoir se verront accusés soit d'être des flics manipulateurs, soit d'être des suiveurs qui se laissent influencer par des flics.

Porter ces accusations publiquement et sans éléments de preuve, en tant que militants, c'est se désolidariser de ceux et celles qui choisissent des modes d'action dits « violents », parce qu'illégaux : attaque de la propriété privée, réponses aux charges et provocations de la police, sabotage des outils de production, fauchage de champs OGM, occupations de lieux, manifestations sauvages...

C'est les mettre en danger pendant leurs actions, parce qu'en plus de la police, d'autres militants peuvent se retourner contre eux (par peur que ce soit des flics ou qu'ils « décrédibilisent le mouvement »).

Mais c'est aussi les mettre en danger parce que cette absence de soutien les isole et rend plus dure la répression à leur égard.


Solidarité entre tous les opprimé-e-s !
A bas les chefs, à bas les flics, à bas l'état !

signé : anti-shmitts gang

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19.10.2026 à 08:00

Des barres de rire dans les quartiers riches. On nique la République et la Nation.

Quand les jeunes prolos prennent les quartiers riches, autrefois envahis par les Gilets Jaunes, les manifestations ennuyeuses et inutiles ont tout de suite plus de gueule. Une nouvelle illustration (si c'était encore nécessaire) que dépasser le train-train mou du République-Bastille-Nation, c'est vital pour faire perdurer la révolte en cours.

Texte intégral (998 mots)

Quand les jeunes prolos prennent les quartiers riches, autrefois envahis par les Gilets Jaunes, les manifestations ennuyeuses et inutiles ont tout de suite plus de gueule. Une nouvelle illustration (si c'était encore nécessaire) que dépasser le train-train mou du République-Bastille-Nation, c'est vital pour faire perdurer la révolte en cours.

On en parlera sûrement quelques temps du 17 octobre 2026 : ce retour de l'émeute, des affrontements, des barricades et du pillage.

Ça avait un goût de gilets-jaunes mais avec moins de gilets jaunes en proportion. C'était plus jeune, et pour beaucoup, habillés en noir de la tête au pied. C'est rassurant de voir les bons réflex se diffuser.
1) pas de banderoles et peu de slogans même si certains sont très drôles (« plus de Master, moins de Poulet »)
2) pas de République-Bastille-Nation, d'ailleurs pas de trajet de manifestation du tout
3) pas les emmerdants et cringe « ou sinon, ça va péter »
4) du folklore gauchiste « Siamo » et « Acab », certes en masse, mais qui paraissait relativement bien mou à côté des pillages et des affrontements
5) un retour dans les quartiers riches, autrefois envahis par les Gilets Jaunes en 2018 : Grand boulevards, Opéra, Saint-Lazare, Saint-Augustin, Les Champs, ...

Juste des affrontements, des barricades, du pillage. De midi à Minuit (et probablement encore beaucoup plus tard pour les plus endurantes et endurants).

Une bien belle journée et de l'espoir :

  • des informations qui remontent de toute la France : c'est le bordel partout
  • de très nombreux groupes déters un peu speed
  • très peu de discours moralisateurs sur « la casse » ou « la violence ». On laisse ça aux professionels de la politique sur les journaux télévisés qui ont maintenant des semaines pour « compter les dégats » et s'inquiéter pour les assurances.
  • des jeunes, d'autres jeunes, encore des jeunes, beaucoup de courage, des barres de rire aussi

Ici ça vote pas Mélenchon, ça parle pas du retour du fascisme H24 que pour faire du chantage électoral ou pour faire mousser sa boutique militante ou sa petite lutte atomique incompréhensible. Ça parle pas de la fête de l'huma. Ça fait pas des discours grandiloquents sur « la vision tactique », ou sur « c'est quoi être conséquent ».
Bien sûr, faut pas être dans le déni non plus : la dynamique mondiale est au retour de l'extrême-droite au pouvoir et tout ce que ça implique de ... ténèbres. En attendant, cette manifestation ne change rien à la donne, si ce n'est se donner de la force et se compter pour les années sombres qui nous attendent. Le réchauffement climatique, les perspectives autoritaires, le techno-fascisme, le désanchentement est général. Le « 40 par classe », les moyens de l'enseignement et de la recherche, « l'état des toilettes du lycée », même si c'est réel et sordide, passent un peu à la trappe.

Il est bien évidemment impossible d'avoir une vue d'ensemble de ce qui s'est passé, à Paris et dans tout le reste de la France. Mais on peut au moins dire ce que sur Grands Boulevards, ça a été affrontements, charges, contre-charges pendant plusieurs heures. Madeleine, idem (les vitres du Decathlon sont plus solides que celles du Franprix). Ça s'est vengé plus tard sur tout le reste autour.

On résiste mal aux lacrymos, on perd souvent beaucoup de terrain et ça court un peu dans tous les sens parfois quand juste reculer un peu suffirait à laisser les flics s'autointoxiquer avec leur gaz de merde. Comme pour les Gilets Jaunes, les Champs Élysées, c'est compliqué, c'est trop grand, on y reste pas. Des fois des barricades se font temporairement enlever pour laisser passer les pompiers... qui vont éteindre un feu qu'on rallumera 5 minutes après. Les Brav sont ultraflippants à rouler à 90km/h en te frollant. Ils sont toujours aussi bêtes et idiots. Ils viennent souvent que pour enlever la barricade et reprendre une intersection que tu réinstalles 5 minutes après aussi.

Dans les semaines à venir, ils feront tout pour nous parquer comme des moutons à République et à Nation. Pour organiser des débats avec des représentants qui ne représentent qu'eux-mêmes et dont on ne veut pas. On fera tout pour bordéliser le centre de Paris et les quartiers de riches.

Des manifestantes et manifestants.

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19.10.2026 à 08:00

Précautions post-pillage

Ca marche pour Lyon, mais pour partout aussi.
Idéalement, ne traînez pas avec les objets que vous avez récupéré pendant un petit moment, c'est frustrant, on sait, mais vous chérirez d'autant plus ces objets et les souvenirs qui vont avec si vous ne vous faite pas péter !

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Ca marche pour Lyon, mais pour partout aussi.
Idéalement, ne traînez pas avec les objets que vous avez récupéré pendant un petit moment, c'est frustrant, on sait, mais vous chérirez d'autant plus ces objets et les souvenirs qui vont avec si vous ne vous faite pas péter !

Tout le monde est au courant, les magasins de la Presqu'ile et de la Guill' se sont tous fait ouvrir hier pendant de longue longue looooongue heures. Une belle démarche de prix libre dans un monde où tout augmente. Le truc évidemment, c'est que ce genre de chose ne va pas sans répression, alors voici quelques tips !

Lors des derniers grands moments de pillages (notamment les révoltes suite à la mort de Nahel), les flics ont écumé les sites de revente pendant une longue période après le mouvement, en quête d'objets récupérés à prix très libre pour être revendus ensuite. Pour éviter ça, évitez de revendre les trucs dans les mois qui viennent, favorisez le don à des proches ou attendez les périodes intenses d'échange et d'achats de marchandises comme Noël, les fêtes de fin d'année ou l'Aïd...

Idéalement, ne traînez pas avec les objets que vous avez récupéré pendant un petit moment, c'est frustrant, on sait, mais vous chérirez d'autant plus ces objets et les souvenirs qui vont avec si vous ne vous faite pas péter !

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19.10.2026 à 08:00

17 Octobre : plus explosif que les gilets jaunes ? + Marée humaine contre le régime dans toute la France

Bilan de la journée en France à 19H30
Des millions dans la rue ? Une mobilisation numériquement comparable à celles du mouvement des retraites
Ce samedi est une journée historique, insurrectionnelle, incroyable. Qui aurait imaginé un tel soulèvement en pleine campagne présidentielle, dans un pays éteint par 10 ans de macronisme, surgie grâce à une une jeunesse héroïque ?

Texte intégral (1475 mots)

Bilan de la journée en France à 19H30
Des millions dans la rue ? Une mobilisation numériquement comparable à celles du mouvement des retraites
Ce samedi est une journée historique, insurrectionnelle, incroyable. Qui aurait imaginé un tel soulèvement en pleine campagne présidentielle, dans un pays éteint par 10 ans de macronisme, surgie grâce à une une jeunesse héroïque ?

Sur tous les plans, ce samedi 17 octobre rivalise voire dépasse en intensité les actes les plus renversants des Gilets jaunes. Partout en France, ou presque, la situation est hors de contrôle. Hier le gouvernement disait tranquillement qu'il s'attendait à 100.000 personnes dans la rue : il y en au minimum 10 fois plus. Mais c'est surtout le nombre d'actions qui impressionne. Tour de France :

  • Paris : des centaines de milliers de personnes dans les rues, des cortèges innombrables, certains calmes, d'autres enragés. Les 5.000 policiers déployés dans la capitale n'ont pas suffi à discipliner la population. En attaquant le point de rendez-vous initial Place de la République, l'État a énervé tout le monde. Des heures d'affrontements sur la place, une police qui a du battre en retraite, et des défilés sauvages dans tout Paris : barricades par centaines, voitures en feu, enseignes capitalistes attaquées, zones emblématiques et surprotégés, comme la place Vendôme, envahies. Des cheminées jetées depuis les toits.
    À l'heure où ces lignes sont écrites, des milliers de personnes se trouvent dans le quartier de l'Élysée et installent des barricades. Des renforts policiers convergent vers la capitale.
  • Marseille : affrontements depuis 9 heures du matin, police mise en échec, envahissement de la mairie, attaques de deux commissariats, innombrables magasins réquisitionnés pour mettre en commun les produits.
  • Bordeaux : le palais de la Bourse saccagé, nombreux feux, la résidence privée de la préfète incendiée. Un véhicule lourd des CRS prend feu. Le RAID est déployé ce soir.
  • Nantes : une foule rarement vue qui subit une agression policière dès le départ de la manifestation. Cela provoque plusieurs heures d'émeute. Les forces de l'ordre reculent à plusieurs reprises, les axes interdits par la préfecture sont tous repris. La gare est vandalisée, la FNAC envahie, plusieurs magasins réquisitionnés. Des barricades partout. Affrontements toujours en cours ce soir, les blindés déployés.
  • Rennes : après de gros blocages matinaux et une manifestation énorme, au moins 20 barricades recensées par les autorités. Matériel de chantier pour barrer les rues. Nombreux affrontements, un centre commercial pillé et les galeries Lafayette dévastées.
  • Caen : le commissariat et la mairie attaqués. Nombreux feux. Un engin de chantier a été utilisé pour forcer la grille de la police municipale et détruire des véhicules.
  • Strasbourg : situation insurrectionnelle, affrontements partout, des cortèges sauvages prennent les rues, les forces de l'ordre sont débordées.
  • Angers : la mairie attaquée, la gare envahie, la rocade bloquée. Affrontements pendant plusieurs heures.
  • Clermont : ici comme ailleurs, la police gaze dès le départ. Résultat : grosses barricades enflammées et vitrines cassées, au cours de plusieurs heures d'affrontements. Un centre commercial pris d'assaut.
  • Montpellier : la gare a été envahie et un gros feu allumé près des voies.
  • Orléans : la préfecture attaquée par des centaines de personnes, la police appelle en urgence des renforts de la réserve.
  • Lyon : explosion de colère, grosses confrontations, l'office du touriste incendié. Parmi les enseignes visées, le magasin Hugo Boss a été brulé dans le cœur bourgeois de la ville.
  • Brest : une « bataille rangée » selon la presse, une rue dépavée pour attaquer le commissariat dans lequel se sont repliés les policiers.
  • Avignon : intrusion dans la cour de la préfecture du Vaucluse.
  • Lille : une vidéo montre des manifestants entrer dans la mairie, agitation généralisée. Le cinéma Majestic en proie aux flammes.
  • Tours : blocage de l'autoroute A10 dans les deux sens. Les gendarmes pris à partie au moment d'intervenir, et le véhicule du commandant dégradée. Un militaire se plaint : « Ils ont essayé de rentrer dans la voiture », explique l'un d'eux, exaspéré. Une station-service dégradée a dû fermer.
  • Grenoble : voitures retournées et brûlées, gros dégâts sur des banques, la mairie dégradée. Le rectorat saccagé.
  • Saint-Nazaire : affrontements devant la gare de Saint-Nazaire puis dans le centre commercial du Ruban bleu. Manifestations du matin jusqu'à la soirée.
  • Niort : barricades enflammées.
  • Chambéry : la voie rapide urbaine envahie.
  • Nice : des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre sur l'avenue Jean Médecin.
  • Toulon : le tunnel de l'A50 bloqué dans les deux sens.
  • Limoges : deux voitures de police brûlées lors d'un blocage. La mairie incendiée ce soir.
  • Reims : l'autoroute A344 est bloquée par près de 1000 manifestants.
  • Annecy : incendie devant le tribunal.
  • Besançon : barricades enflammées dans la rue de la préfecture et commerces attaqués.

Selon un éditorialiste de Valeurs Actuelles, une « source policière » lui confie ce soir : « La situation est hors de contrôle à Paris. Des collègues commencent à être juste au niveau munitions. Il y a des cortèges sauvages dans tous les sens. On court partout et on recule beaucoup ». La nuit s'annonce bouillante, et ce n'est qu'un début.

Marée humaine contre le régime dans toute la France

Des millions dans la rue ? Une mobilisation numériquement comparable à celles du mouvement des retraites
L'appel est parti d'un compte Tiktok il y a quelque semaines, il a embrasé la France, et c'est désormais une déferlante inarrêtable. Entre temps, le régime a tenté de terroriser les lycéen·nes en lutte et la crise sociale n'a pas cessé de s'aggraver. À présent, le vase déborde, et le peuple demande des comptes.

Ce 17 octobre, au-delà des affrontements hors du commun dans toutes les villes de France, c'est une véritable marée humaine qui prend les rues.

Nous sommes des centaines de milliers, sans doute des millions de personnes à manifester, bravant la répression et la propagande.

Par exemple, à Nantes, nous n'avions pas vu une aussi grosses manifestations depuis le sommet du mouvement des retraites de 2023 : à l'époque, la CGT revendiquait plus de 3 millions de personnes dans la rue ! À Paris, les cortèges ne se comptent plus et les places débordent, c'est absolument colossal. À Perpignan, Lille, Nice, Toulouse, Bordeaux, c'est gigantesque.

Jamais autant de monde n'était descendu dans la rue suite à un appel totalement auto-organisé, autonome, relayé sur les réseaux sociaux, sans soutien de partis ni de centrales syndicales.

Montrez ces images autour de vous, avant que les médias ne parlent d'un « essoufflement ». Le pouvoir peut trembler, car c'est un peuple qui se lève.

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19.10.2026 à 08:00

17 octobre : premier avertissement

Article de Cerveaux Non Disponibles sur la journée du 17 octobre. Source : instagram

Texte intégral (1025 mots)

Article de Cerveaux Non Disponibles sur la journée du 17 octobre. Source : instagram

Bourgeois spoiler : vous ne trouverez dans ce texte aucune condamnation ni prise de distance à l'égard des prétendues « dérives violentes » de cette journée. Si cela vous dérange, passez votre chemin et allez lire les analyses du JDD ou de CNews.

La réalité, c'est que, aussi offensive qu'elle ait été, cette journée du 17 octobre n'a fait aucune victime parmi les défenseurs du système. Depuis l'arrivée de Macron au pouvoir, en revanche, des milliers de personnes ont perdu la vie à la suite de décisions politiques prises dans le cadre de ce même système. Ce n'est ni provocateur ni démagogique de l'écrire. C'est une réalité. Terrible. Honteuse.

Ceci étant dit, une chose mérite d'être soulignée : le mouvement Gen Z / Gilets jaunes a réussi son premier rendez-vous face au pouvoir. Rendez-vous compte : depuis plus de six semaines, une partie de la jeunesse annonce qu'elle veut retourner le pays le 17 octobre. Malgré les alertes, les menaces et les craintes affichées par le pouvoir, cette génération est parvenue à renverser Paris, mais aussi de nombreuses villes de France.

L'Élysée a tremblé. Les Champs-Élysées ont été repris. Une mairie est partie en fumée à Limoges, un office de tourisme a également été incendié à Lyon, la résidence de la préfète de Bordeaux incendiée... Et nous ne connaissons probablement encore qu'une infime partie de ce qui s'est réellement passé ce samedi à travers le pays.

Les dégâts infligés au pouvoir ce samedi sont considérables, alors même que le pouvoir s'attendait « au pire ».

À paris, les forces de l'ordre ont été débordées, tant par le nombre de manifestants que par leur détermination et leur organisation. La préfecture en annonce 110 000 manifestants dans Paris. Il y en avait sûrement entre 200 et 300 000 !

Dans les rues, une population très jeune, venue notamment des banlieues, vêtue de noir et de jaune, avec une ambition affichée : reprendre le flambeau des Gilets Jaunes. C'est désormais chose faite. Et pas à moitié. Ce qui rapproche cette Gen Z des Gilets Jaunes de 2018, c'est d'abord le déclassement. C'est le sentiment de n'avoir plus grand-chose à perdre. Et ce n'est pas qu'un sentiment...

Cette France-là, qu'elle soit rurale ou issue des quartiers populaires, ne vit plus vraiment. Elle survit. À peine.

Et lorsqu'on n'a plus le sentiment d'avoir un avenir à préserver, le rapport au pouvoir change radicalement. La confrontation devient envisageable. La rupture cesse d'être une idée abstraite.

C'est précisément ce qui inquiète les classes dominantes. Et c'est aussi ce qui explique, en partie, pourquoi les condamnations risquent de pleuvoir.

À l'extrême droite, à droite, mais aussi à gauche, nombreux seront ceux qui voudront dénoncer, disqualifier et condamner ce qui s'est joué dans la rue.

Mais il y a peut-être autre chose qui inquiète les puissants.

Cette jeunesse venue en masse à Paris depuis les banlieues n'était pas nécessairement là pour casser des vitrines et repartir avec des vêtements de marque. Une partie de ces jeunes, vêtus de noir et de jaune, semblait animée par une ambition autrement plus radicale : faire tomber le pouvoir. Littéralement.

Pour une partie de la population, cette perspective paraît totalement « hors sol », déconnectée des réalités, presque inconcevable. Mais pour cette Gen Z, elle appartient au champ des possibles. Et c'est précisément cela qui fait peur aux puissants.

Car leur monde repose aussi sur une croyance : celle qu'il serait impossible de s'en passer. Impossible de le renverser. Impossible d'imaginer autre chose. Leur pouvoir tient, en partie, à cette illusion. Et toute brèche ouverte dans cette certitude devient une menace.

Reste maintenant une question essentielle : que faire après cette journée objectivement historique ?

Le 17 octobre pourrait bien marquer un tournant. Mais une journée, aussi spectaculaire soit-elle, ne suffit pas à dessiner la suite. Il reste à comprendre ce qu'elle a fait émerger, ce qu'elle révèle de la colère sociale et ce que celles et ceux qui y ont participé vondront en faire.

Ce n'est pas à nous de décider à leur place quand, ni comment, la lutte doit continuer. Ce 17 octobre ressemble à un commencement. Un acte I.

À la jeunesse, désormais, de décider de la suite. Aux plus anciens qui croient encore qu'un autre monde est possible de l'accompagner, de la soutenir et de l'écouter. Sans lui dicter sa conduite, sans lui expliquer comment lutter, sans chercher à canaliser sa colère pour la rendre plus acceptable.

Par ce que cette colère ne nous appartient pas. Et que l'espoir d'un autre monde ne se décrète pas d'en haut.

Le 17 octobre n'était pas une fin.
C'était un premier avertissement.

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