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Le blog d'un odieux connard
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UN ODIEUX CONNARD

Julien HERVIEUX

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03.04.2024 à 09:53

The Creator d’incohérences

Un odieux connard

L’intelligence artificielle. Une invention qui terrifie l’humanité, tant son potentiel parait sans limite. Sa seule mention suffit à provoquer des « Oh ! » et des « Ah ! » dans le milieu artistique, […]
Texte intégral (7787 mots)

L’intelligence artificielle.

Une invention qui terrifie l’humanité, tant son potentiel parait sans limite. Sa seule mention suffit à provoquer des « Oh ! » et des « Ah ! » dans le milieu artistique, où chacun craint d’être, demain, remplacé par une machine. Pour mieux comprendre les revendications des professionnels du secteurs, nous sommes allés à la rencontre de scénaristes, ici, dans cette cantine du Bouchonnois.

– Bonjour Mesdames et Messieurs.
– Bonjour.
– Pourriez-vous nous expliquer, en peu de mots, la différence entre une IA et un scénariste ?

Nous sentons que notre question dérange. Après s’être resservis un verre de liquide de frein pour stimuler leurs neurones comme ils le font avant de rédiger des perles comme Avatar ou un nouveau Star Wars, les professionnels de l’imagination qui nous font face trouvent enfin les mots pour expliquer leur malaise.

– Ben, il y a l’IA… et pis il y a le scénariste.
– Certes, mais quelle est la différence ?
– Euh… ben l’IA, on lui demande un scénario, elle pond une merde sans imagination en casant tous les clichés qu’elle a appris en boucle. Alors que le scénariste… on lui demande un scénario, il pond une merde sans imagination en casant tous les clichés qu’il a appris en boucle. Mais il est scénariste.

Nous ne tirerons rien d’autre de ces braves créatifs, puisqu’à peine avaient-ils répondu qu’un représentant de chez Disney passait la porte pour leur commander un nouveau Marvel. Alors qu’ils criaient « Michel, va chercher la photocopieuse et le script précédent », nous avons fermé la porte, éteint nos caméras, et sommes restés seuls avec ces grandes questions : comment diable l’intelligence artificielle pourrait-elle menacer un métier aussi créatif que scénariste ? Dans quel monde un métier basé sur l’imagination et l’originalité pourrait-il être remplacé par des machines se contentant de reprendre encore et encore les mêmes choses ?

Tant d’interrogations, si peu de réponses. Pour patienter, plongeons-nous donc sur un documentaire sur le sujet, The Creator, un film où il est question d’IA, et où, on n’en doute pas, les scénaristes ont donc déployé tout leur talent pour montrer à quel point l’humanité fera toujours mieux que la machine.

Pardon ? Du sarcasme ? De la mauvaise foi ? Rooooh, comme vous y allez. Ce n’est pas du tout mon genre.

Et preuve en est : spoilons, mes bons !


L’affiche : pas d’explosion, pas de débris qui tombent… l’espoir était permis. Brièvement.

Notre film commence par un petit résumé historique : l’humanité a développé l’intelligence artificielle avec bonheur, jusqu’à lui confier un peu tous les rôles essentiels de la société : administration, police, TikTokeur… bref, le monde vivait une ère de paix et de prospérité ou chacun pouvait rester chez soi à glander comme un goret. Jusqu’au jour où une IA, probablement après avoir découvert quel genre d’images elle servait à générer aux furries, a décidé que houla, là, c’en était trop, l’humanité devait disparaître. Le journal ET l’espèce. Histoire d’ouvrir les hostilités en beauté, elle a lancé une grosse ogive nucléaire sur Los Angeles, ce qui figurez-vous, s’est avéré plutôt mortel pour quantité de gens qui n’avaient pas de crème solaire indice 12 millions sur eux à ce moment-là. 

Une fois la surprise initiale passée, et curieusement assez ingrat quant à cette offre lumière/chauffage aussi gratuite que spontanée, l’occident (comprendre : les Etats-Unis, le reste du monde n’existant pas), a décidé de bannir l’IA. Mais pas l’Asie, probablement parce que l’idée de devoir balancer par la fenêtre leur denier modèle « Suki-Suki no Poulpe » leur était plus insupportable que l’idée de s’en reprendre une sur Hiroshima. C’est qu’il y a des priorités.

Et nous voici dans le présent, où la tension est grande entre l’occident qui a déclaré la guerre à l’IA, et l’Asie qui abrite toutes sortes de robots intelligents.

C’est ainsi qu’un beau jour, dans une petite communauté d’IA isolée sur une île d’Asie, voici que débarquent des soldats américains qui décident de voir si on peut tuer un robot d’une surdose de plomb. La réponse est oui.

Sauf que voilà : dans cette petite communauté de hippies 2.0, on trouve aussi quelques humains amis des IA, dont Maya, une femme enceinte de son petit copain, Roger. Et lorsque les balles se mettent à voler, quelle n’est pas la surprise de Maya d’entendre son copain attraper un talkie-walkie pour s’écrier :

– Ne tirez pas bande de cons ! Je suis le sergent Roger, en mission d’infiltration ! Vous foutez tout en l’air avec vos gros sabots, crotte de bique ! Le Createur n’est pas ici ! Mais siiii, le perso qui donne le titre du film et qui crée des IA !
– Reçu sergent, mais pensez-vous vraiment que les IA sont assemblées et programmées à la main par une seule personne ?
– Euuuuh… eh bien selon le script…
– Okay je vois. Poursuivons.

Maya, bouleversée en découvrant que Roger n’est pas un gros hippie, mais un fucking Marine venu répandre la démocratie à coups de rangers, s’enfuit avec d’autres hippies en direction de bateaux pour évacuer à toute allure. Hélas, c’est sans compter la présence d’un aéronef américain gigantesque, « Nomad », véritable base géante et volante, qui décide calmer tout ce petit monde en larguant… une mini-ogive nucléaire sur les frêles esquifs.

Ah oui quand même. Bon, en même temps, c’est une base américaine, je ne sais pas pourquoi je m’attendais à de la subtilité.

Poursuivons. Poursuivons beaucoup, même, car après la désintégration de la flottille aux relents de cannabis, l’affaire est réglée aussi pouvons-nous bondir dans le futur.

Cinq ans après ces événements, nous retrouvons Roger à New Los Angeles, où il est toujours un peu traumatisé par le souvenir de sa femme enceinte passant de l’état de fumeuse d’utilisatrice de cendrier à contenu de celui-ci en l’espace d’une seconde. L’armée, pour l’aider à se remettre et le remercier de ses services, lui a trouvé un fort bel emploi : décontamineur.

Oui, ils sont sympas, je sais.

C’est donc en énorme combinaison antiradiations qu’il doit se rendre dans les ruines du vieux Los Angeles pour y faire le ménage. Il sifflote joyeusement en dégageant ici, le corps tout séché d’un skateur, là, les restes d’un robot IA qui n’était pas au courant que le début de la guerre, c’était ici et maintenant.

D’ailleurs, sachez qu’on nous montre Roger avec une petite jeune qui fait le même boulot et qui plaisante en faisant des commentaires sur les IA façon « Ah, ces saloperies, elles méritent toutes de crever, je les hais ! ». Mais sitôt qu’un vieux robot se réactive trois secondes et hurle « Ne me tuez pas ! », elle passe instantanément de « Ah, les IA, ces connasses » à une hystérie totale en mode « CE SONT DE VRAIES PERSONNES IL FAUT LES AIMER AUSSI ! »

C’est allé vite.

Un peu comme Roger, qui nous gratifie brièvement de ses souvenirs de sa mission d’infiltration. Qui peut se résumer à « Jour 1, j’infiltre, jour 2 je suis déjà amoureux de Maya, je me marie et je lui fais un gosse, jour 3, va falloir que je m’occupe« . Oui, c’est allé très vite là aussi. Et visiblement, la notion de « Qu’est-ce que je dois infiltrer » était un peu confuse dans son esprit. Sacré Roger.

Tous ces souvenirs hantent notre sergent préféré, lorsque soudain, voici qu’il est dérangé en pleine glandouille post-boulot par une tripotée de galonnés américains qui viennent lui rendre une petite visite.

– Sergent Roger ? Je suis le colonel Bigballs.
– Ecoutez colonel, je ne suis plus sergent. L’armée, c’est fini. Je ne veux plus travailler avec vous. Jamais.
– Rooooh. Allons sergent. C’est parce qu’on a envoyé une ogive nucléaire sur la gueule de votre femme enceinte, hmmm ? Il faudrait grandir un peu, et apprendre à pardonner des broutilles pareilles !
– Ma décision est prise. C’est terminé. J’ai envie de vous dire c…
– Sergent, avant de nous dire « Crotte de bique », voyez plutôt cet enregistrement pris dans la jungle d’Asie du Sud-Est il y a quelques jours. Regardez ! On y voit votre femme papoter avec d’autres amis des IA. Elle a survécu. Et on est prêts à l’épargner si vous nous aidez.
– Alors, et d’une, je vous avoue que vous avez réussi votre coup, je suis surpris…
– Aha !
– Et de deux… qui filmait cette séquence prise à hauteur d’homme où d’après les images, la caméra était à trente centimètres d’elle ?
– … je… et si… si nous n’en parlions pas ?
– Ah ben si. Si vous avez un agent suffisamment infiltré pour vous fournir ça, vous n’avez pas besoin de moi.
– Nan mais euh le… le script y dit que… euh…
– Je vois : cette vidéo a été prise dans des circonstances jamais expliquées juste pour motiver que j’accepte de retourner dans l’armée ?
– Voiiiiiiiiiilà.

Et c’est ainsi que le sergent Roger accepte de réintégrer l’armée pour la fameuse « dernière mission » que personne n’a vu venir. Jeannine, la cheffe de la mission en question et qui accompagne le colonel Bigballs, explique la raison pour laquelle on est venu chercher Roger.

Jeannine, qui ne porte pas du tout sur elle qu’elle est méchante.

– Sergent, comme vous le savez, notre meilleure arme contre l’IA est Nomad. Une base volante de plusieurs kilomètres qui peut vaporiser n’importe quelle menace. Que ce soit une nation rebelle, un groupe terroriste, ou une femme enceinte qui commence à nous parler de charge mentale.
– Nan mais ça, ça va, je m’en souviens bien.
– Bon, eh bien figurez-vous que le Créateur, le mystérieux concepteur d’IA que nous cherchons depuis tant d’années, aurait mis au point une nouvelle arme capable de se connecter à Nomad et de le retourner contre nous.
– Ah. Parce que vous, quand vous affrontez des IA, vous concevez des machines connectées pour les affronter ?
– Toutafaÿ. On a mis le Wifi dessus. Le code a des majuscules et des numéros, on est prudents quand même, mais s’il découvre que c’est « Pr00t », on est cuits.
– Brillant. Et en quoi avez-vous besoin de moi ?
– Vous connaissez l’emplacement du super laboratoire secret des amis des IA en Asie. Nous aussi. Mais vous, vous connaissez aussi l’intérieur de celui-ci suite à votre mission d’infiltration d’il y a cinq ans.
– Ah ?
– Oui, on avait oublié de le mentionner plus tôt dans le film.
– C’est gros, comme oubli. On m’a juste vu baisouiller dans un village pourri, et là vous révélez qu’en fait j’avais accès à un laboratoire ultra-secret. Ca aurait p’têt’ été pas mal d’appuyer ça plutôt que de me voir faire des bisous à…
– Taggle. Votre mission, sergent, va donc consister à guider un commando qui va infiltrer cette base, trouver l’arme qui s’y trouve, puis informer Nomad qui fera tout péter avec…
– Une ogive nucléaire. En plein territoire étranger.
– Oui pourquoi ? Ca pose problème de tirer à l’arme nucléaire sur d’autres nations ?
– Nooooooooon. On est Américains : nous, on a un pays. Les autres, ils ont juste des bouts de terre décorés avec des drapeaux.

C’est alors qu’intervient un autre militaire, un peu moins galonné que les autres.

– J’ai une question.
– Oui caporal Roudoudou ?
– Si on connait l’emplacement du labo secret de nos ennemis…
– Oui.
– Si on a déjà un indicateur sur place qui nous a dit que s’y trouvait une arme très vilaine…
– Oui.
– Si le plan est de lui coller une arme nucléaire sur la gueule…
– Oui.
– Alors POURQUOI d’abord y faire rentrer un commando ? Si c’est pour vitrifer les lieux, autant envoyer un missile, là, tout de suite, non ?
– Vous oubliez une chose, caporal Roudoudou.
– Ah bon ?
– Oui  : c’est que vous êtes viré.

Le plan est donc bien celui-ci : infiltrer une base super secrète DONT ON CONNAISAIT L’EXISTENCE DEPUIS CINQ ANS MAIS CA VA, MERCI, y envoyer Roger « car c’est le seul qui connait les lieux » alors que les types ont donc DEJA un indicateur dans la base, et tout ça pour à la fin, envoyer du gros feu nucléaire dessus.

Mesdames et Messieurs : je vous présente le scénario de The Creator, qui en deux lignes, prouve qu’il n’a aucun sens.

Alors que tout le film, les Américains vont envoyer de l’ogive nucléaire partout, là, ils se disent que « Hmmm, non, pas sur la plus grande menace qui nous guette alors qu’on sait où elle est, ça s’fait pas quand même. » Ah, et ne me dites pas que bon, d’accord, peut-être que ce laboratoire secret résiste à une explosion atomique : non, non. Et en plus, ils savent que ce n’est pas le cas et en parlent ouvertement.

La semaine prochaine « Et si on envoyait un commando dans Hiroshima deux secondes avant de larguer la bombe dessus ? »

C’est complètement con. Ooooh, reprenez du brandy, car cela va aller plus loin. Vous vous souvenez que la super base lanceuse de missiles s’appelle Nomad ? Et qu’elle est vaste de plusieurs kilomètres ?

Eh bien, la mission d’infiltration du commando se passera avec Nomad JUSTE AU-DESSUS, ce qui est très discret. Sachant que Nomad émet en plus plein de lumières, histoire d’aller jusqu’au bout du concept. Le plan original était débile : on y ajoute que l’infiltration – inutile je le rappelle – se déroulera avec une rave party derrière elle.

La dernière fois que j’ai entendu un truc aussi bête, je regardais Public Sénat.

Ici, des plongeurs qui s’infiltrent discrètement avec derrière, NOMAD qui envoie de la lumière façon Ibiza pour les aider à ne surtout pas attirer l’attention. Non, ce n’est pas du Photoshop : c’est dans le film.

Evidemment, je vous passe les détails, mais la mission tourne mal, le commando se fait massacrer, et Roger fait partie des rares survivants qui parviennent jusqu’au cœur du laboratoire secret (mais pas tant que ça) où il trouve L’ARME…

… qui n’est autre qu’une petite fille d’environ cinq ans (NE DITES RIEN) qui est complètement robotisée. Et a le pouvoir de contrôler tous les objets technologiques autour d’elle. Ce qui lui permet de faire des choses incroyables, comme contrôler sa voiture Pat’Patrouille à distance. Quelle puissance ! Roger en est tout ébaubi. 

– Haaan c’est rigolo ! Cette arme a la forme d’un marmot de cinq ans ! Comme ma fille si elle n’avait pas pris le feu nucléaire de Nomad dans la face alors qu’elle était encore dans le ventre de sa maman ! Maman qui a survécu et qui d’après nos infos, serait liée à ce projet d’arme spéciale. Mais il n’y a sûrement AUCUN RAPPORT !

Oh non, Roger. Sûrement pas.

Oui mais voilà : Nomad va justement vaporiser tout le secteur. Roger est donc invité à dégager du laboratoire au plus vite, pendant que la petite fille s’enfuit de son côté. Evidemment, les deux se retrouvent dehors ensemble peu après, et juste à la bonne distance pour ne pas avoir trop chaud dans la nuque quand Nomad décide de tirer et de vitrifier le secteur.

C’est bien fait.

Oh, et non, tous les pays du coin se contentent de se curer le nez en faisant mine qu’ils ne sont pas victimes d’une agression nucléaire : les Etats-Unis qui décident de passer la température locale de 30 à 1 million de degrés l’espace de quelques secondes, c’est finalement juste un bref épisode météo, rien d’autre. Voilà voilà.

Mais revenons à notre brillant Roger (et je parle bien sûr ici plus des radiations que de son QI).

Coincé avec le marmot, qu’il baptise intelligemment Alphie, Roger, sans évacuation ni aide, décide de filer droit vers la ville la plus proche, où il pense encore pouvoir trouver d’anciens contacts pour l’aider. Certes, la police se met sur leur chemin, (mais pas l’armée : un bombardement nucléaire, c’est la police municipale qui gère, je connais une base qui va avoir 75€ de PV, ça va la calmer), mais grâce aux pouvoirs d’Alphie qui peut perturber leurs appareils à distance, ils sont rapidement incapables de les pister.

Finalement, Roger rejoint son vieux contact, Robert, un Américain qui bossait avec lui durant sa mission d’infiltration et qui désormais… dirige une usine de fabrication de robots IA. Leurs retrouvailles sont joyeuses.

– Roger ! Que fais-tu ici, en Asie ? Je ne pensais jamais te revoir !
– Et toi que fais-tu ici, Robert ?
– Ah, que veux-tu, j’ai changé de camp… je crois que j’aime bien les IA, finalement.
– Alors oui, bon, déjà je vais être sympa et passer sur ça mais… tu crées des IA ?
– Ben oui pourquoi ?
– Ben le thème du film, c’est pas qu’il n’y a qu’un seul et unique Créateur, même qu’on le cherche ?
– … alors je… j’ai une explication à tout cela. Et je vais te la donner q- OH NON JE PASSE DANS UN TUNNEL !
– Est-ce que ce tunnel ne serait pas mon rectum ?
– Si, précisément.

Hop, on passe à la suite et on ne pose pas de questions, merci.

Robert, toujours prêt à aider Roger, l’aide à étudier la petite Alphie, et finit par lui dire que nom d’une pipe, c’est incroyable, un enfant IA ! Il n’a jamais vu ça. Il est programmé pour grandir, et il a des pouvoirs incroyables qui grandiront avec lui. Un jour, cette jeune femme pourrait contrôler… seigneur, tout ce qui est connecté !

– Bon, mon p’tit Robert, si je comprends bien, en fait j’aurais dû l’appeler Alexa ?
– C’est toujours mieux qu’Alphie, note.
– Qu’importe. Si tu veux mon avis, comme Maya a l’air d’être liée au projet de cette IA d’un nouveau genre, on ferait bien d’aller lui parler puisqu’elle serait toujours vivante. Et ça tombe bien, à l’époque, je lui avais filé une bague de mariage… avec GPS intégré pour la garder à l’œil !
– Ah ouais donc « Je l’aimais, bouhou, j’avais laissé tomber la mission pour vivre avec elle », finalement, pas tant que ça ?
– Si, si. C’est juste que je suis un gros pervers narcissique.
– Mais attends, attends… si elle avait cette bague…
– Oui ?
– En CINQ ANS tu n’as jamais pensé à regarder ?
– Ben non, sinon il n’y avait pas de film.

C’est. Génial.

Roger, qui est donc complètement con, se décide donc enfin à dire « ET SI PUISQU’ON LA PISTE JE REGARDAIS LE SIGNAL QU’ELLE EMET, CE QUE JE POUVAIS FAIRE DEPUIS LE DEBUT DU FILM ? » et en suivant ledit signal, Roger, Robert et Alex… Alphie remontent jusqu’à la maison où nos héros vivaient durant la mission d’infiltration ! Notez qu’il leur faut attendre d’être devant pour le constater. Sur une carte, ils ne faisaient pas le lien.

Sauf que sur place, l’heure n’est pas à la nostalgie. En effet, des amis des IA les attendent et mitraillent Roger, sans parvenir à le toucher. Par contre, Robert douille fort. Et tout mourant dit :

– Putain les cons… ça valait le coup de changer de camp… mais bon, allez… au fait Roger… aaaah… toutes ces années… aaaah… on avait oublié de te filer une toute… toute petite info…
– Oui ?
– Le Créateur… la cause de tous nos maux… ben c’était Maya, ta meuf !

Aaaaaah oui, une toute petite information en effet, à ne surtout pas transmettre au seul agent en contact 24h/24 avec la cible, et accessoirement son mari par exemple.

Je crois qu’à chaque révélation, ce film se casse tant et si bien la gueule que son corps commence à former des angles dignes d’une nouvelle de Lovecraft.

Mieux encore, alors que tout ceci se déroule dans une zone radioactive (suite au bombardement cinq ans plus tôt), Roger qui avait pris le soin de mettre une combinaison de protection retire soudain son casque pour crier :

– COMMENT ROBERT ? QUE DIS-TU ?

C’est important de passer une scène à enfiler une combinaison pour la retirer.

Car, oui, quand on met une tenue de protection, c’est pour mieux la retirer sans raison deux minutes plus tard, c’est connu. Toujours est-il que Robert mort, Roger est fait prisonnier par les amis des IA. Mais usant de ses pouvoirs de ninja de la subtilité (que vous aviez notés depuis le début de ce chef d’œuvre à n’en point douter), il parvient à s’échapper et à prendre en filature ses geôliers alors qu’ils se dirigent vers l’une de leurs bases, toujours dans le but d’y retrouver Maya, son ex-femme et unique Créatrice des IA (mais pas toujours en fonction des moments du film, cf Robert qui en avait toute une usine, mais ne cherchons plus, à ce stade, c’est juste un énorme nanar).

Hélas pour Roger, lorsqu’il arrive dans la base des amis des IA et y récupère Alphie après d’inintéressantes péripéties…

Voici que des ninjas plus forts encore se manifestent : les Américains ! Qui cette fois-ci, ont réussi à déployer, à environ cinquante mètres de la base ennemie, des tanks GROS COMME DES IMMEUBLES !

Vous me direz « Bon sang, toute la base doit être en alerte ! »

Et… non. Personne n’avait remarqué des immeubles à moteur et chenilles juste à côté d’eux. C’est parce que… eux… ils étaient hors champ, voilà. Et puis leurs chenilles sont en pilou-pilou, ils peuvent donc approcher avec la furtivité de la pantoufle qui se cache sous la table basse du salon.

Les Américains, sous le commandement de Jeannne, l’ex-chef du commando qui a elle aussi survécu, lancent donc l’opération « Et si on ratiboisait tout comme ça on pourra aussi détruire l’arme secrète ennemie ». Un excellent plan, que je classe numéro 2 derrière « Si c’est pour faire ça, pourquoi ne pas utiliser vos belles ogives ? ». Et la réponse est : « Parce que sinon, là encore, le film s’arrête ».

Et vu la qualité d’icelui, ce serait bête.

C’est ainsi qu’éclate une fabuleuse bataille où les gens se mitraillent à découvert à trois mètres les uns des autres sans se toucher à la façon d’enfants jouant dans la cour de l’école (oui, tout est très réussi). Dans la confusion, Alphie file, et se retrouve entourée d’amis des IA, lorsqu’hélas, elle se mange une balle. Gravement touchée, ses camarades s’exclament que seule Maya peut la réparer, il faut donc l’emmener auprès d’elle.

– Ah ben super, faisons ça ! lance Roger en surgissant d’un fourré à la surprise générale. Je vais venir avec elle car maintenant, je suis votre ami ! Regardez, je tire un peu sur un soldat américain pour le prouver !

Et un pauvre soldat s’en mange donc une de la part de Roger, qui a décidé que finalement, les IA, c’était super.

Tout le monde de s’exclamer que bon, oui, d’accord, c’était un agent infiltré, oui, à cause de lui ça a été un massacre il y a cinq ans, oui, ça recommence depuis qu’il est revenu, oui, il a redébarqué dans le secteur en armes avec un commando au début du film et pas vraiment pour faire des câlins, et soit, au moment où il se pointe, les Américains commencent à raser le quartier et des centaines des nôtres ont péri dans le feu nucléaire, MAIS il vient de tirer sur un soldat américain, donc c’est bon, sa loyauté n’est plus prouver, il est des nôôôôtres !

Non, vraiment.

Maintenant qu’il est du côté des rebelles sans que personne ne pose de questions, Roger se retrouve sur un petit bateau à remonter une rivière vers la planque de Maya. Et durant ce bref voyage, un des soldats du bord lui révèle :

– Alphie a été conçue… quand Maya et toi étiez encore ensemble.
– Ah ?
– Oui, elle a été conçue… à partir de l’embryon de votre fille !
– AH BEN CA ALORS ! UN RAPPORT ENTRE MA FILLE MORTE IL Y A CINQ ANS ET CET ENFANT DE CINQ ANS ? SI J’L’AVAIS VU VENIR !

Je n’ai pas ma boîte à « Ça alors ! » puisque je viens de la jeter à l’autre bout de la pièce en hurlant. Oui, Diego, je te visais volontairement. Va te mettre un pansement, tu mets du sang dans mon brandy.

Revenons à nos moutons neuneus : le petit navire arrive à une sorte de monastère cyber-bouddhiste, où des moines IA prient pour la paix des machines, le kernel 32 et l’omnissiah. Et sur place, Roger retrouve Maya…

Qui est un gros légume. Un de ses accompagnateurs lui explique : 

– Elle est comme ça depuis l’attaque. Elle a quand même mangé une arme nucléaire.
– Oui enfin elle n’a pas une égratignure, notez. Visiblement, c’était une arme nucléaire achetée chez Lidl. Et… d’ailleurs, quid de la vidéo que j’ai vue d’elle se promenant dans la jungle ?
– C’était une IA à qui elle avait donné son apparence comme ça, pour déconner.
–  Et donc, je suis supposé faire quoi, là ? Vu qu’apparemment elle ne peut pas réparer Alphie ?
– Aha, eh bien vous allez rire ! En fait Alphie s’est réparée durant un trou entre deux scènes !
– PARDON ? C’est un peu majeur, comme oubli ! On est quand même venus ici pour ça !
– Oui oh, ça va. Nan, là c’était juste un prétexte pour une scène où vous chialez un peu sur votre femme dans le coma avant de la débrancher.
– Vous m’attendiez juste pour appuyer sur « Off » sur un respirateur durant cinq ans ?
– Voilà.

Ce film est extraordinaire. On dirait un sketch des Monty Pythons. Mais en plus cher et moins drôle.

Ce qui est donc dit est donc fait : Roger débranche sa femme. Maya qui a donc survécu cinq ans sous forme de concombre peut ainsi aller rejoindre le potager céleste, et ce, pile lorsque les Américains attaquent à nouveau. Et une fois de plus : sans arme nucléaire, pour ne surtout pas gagner. Ils sont vraiment sympas.

Comment l’attaque se déroule-t-elle cette fois ? Eh bien, la vilaine Jeannine (l’ex-membre du commando) mène l’assaut du cyber-monastère, le capture, mais meurt dans l’affaire. Il revient donc à ses hommes de sécuriser les lieux et de tomber sur Roger, toujours près du cadavre encore chaud de sa femme.

– Ah, sergent Roger ! Vous êtes là ! Et avec Alphie, l’arme secrète de l’ennemi ! Vite, suivez-nous !
– Euh… Jeannine ne vous a pas dit que j’avais changé de camp ?
– Non, elle a décidé que ce n’était pas une information majeure.
– Ah.
– En attendant, filez ! Car on va raser tout le secteur à l’arme nucléaire.
– Mais ? Vous êtes con ou bien ? Pourquoi ne pas avoir commencé par ça ?
– Car sinon…
– Oui, j’ai compris : une fois de plus, vous gagneriez et le film s’arrêterait.

N’oubliez pas la fameuse règle : si vous donnez un pouvoir à des personnages, ils seraient cons de ne pas s’en servir. Donc si vous écrivez un film où les Etats-Unis peuvent tout bombarder sans conséquence, ils auraient tort de se priver.

Qu’importe : Alphie et Roger sont évacués et emmenés en sécurité, alors que la base volante Nomad vitrifie la zone. 

Une fois dans un coin secret, tranquille et bétonné (Créteil Soleil, donc), Roger retrouve le colonel Bigballs, pendant qu’Alphie est enfermée dans une cellule et étudiée pendant un petit moment, avant que le colonel ne convoque Roger.

– Sergent, nous avons encore besoin de vous.
– Ah ?
– L’arme… Alphie… nous n’arrivons pas à la neutraliser. Elle résiste.
– Mais ? À quoi ? Aux balles dans la tête ?
– On n’a pas essayé.
– Au feu ?
– Non plus.
– Au fait de retirer ses circuits ?
– Pas tenté non plus.
– Mais alors vous avez tenté QUOI ?
– De… euh… de lui demander gentiment de se neutraliser.

Si, si.

On en est là. Je vous laisse soupirer très fort, pendant que nous en revenons à Roger. 

Voilà donc ce que l’armée n’arrive pas à neutraliser. On se croirait dans l’Education Nationale.

– Mais alors qu’est-ce que vous attendez de moi ?
– Que vous lui neutralisiez la gueule en lui pointant un pistolet électromagnétique sur la truffe.
– Et pourquoi moi, le seul mec susceptible d’y être attachée, plutôt que n’importe lequel de vos 2 000 Jean-Jacques ?
– Parce que sinon, là encore, le film s’ar…
– Ca vaaaaaaaaaaaa, c’est bon, j’ai compris.

Roger y va donc, prend le pistolet EMP, mais avec un clin d’œil taquin, le règle pour ne pas tuer Alphie… mais juste la passer en veille. Ainsi, les autorités, la pensant morte, la sortent de la base et se préparent à l’emmener dans le cratère de Los Angeles pour l’y enterrer (c’est très discret, dites voir : pourquoi un des sites les plus connus au monde pour un enterrement discret ? Hmmm ? Ah oui, là encore : sinon le film… oui, bon, vous avez compris, ce film devrait s’arrêter à chaque scène tant c’est nul).

C’est donc alors que l’armée escorte le corps d’Alphie à Los Angeles que la bougresse se réveille et qu’accompagnée de Roger, ils décident de se faire la malle. Le colonel Bigballs et sa joyeuse équipe de militaires incompétents partent à leur poursuite, à l’aide de dialogues aussi bien écrits que :

– Nous savons où ils sont : ils s’apprêtent à embarquer dans une navette vers la Lune !

Suivi aussitôt de :

– Colonel, nous n’avons aucune idée d’où ils se trouvent !

Quelqu’un a visiblement oublié d’effacer une ligne de dialogue, et les deux se retrouvent donc dans le film de manière un peu contradictoire. Mais eh, à plusieurs dizaines de millions de budget, hein, on ne va pas quand même claquer 100 balles pour se relire !

Mais qu’importe : grâce aux pouvoirs d’Alphie, celle dernière parvient à passer tous les contrôles de sécurité, à gagner une navette, à en prendre le contrôle, et à l’amarrer à la base Nomad (qui est bonne mère et se laisse faire) pour en finir avec cette machine à ventiler les gentils. Le colonel Bigballs, sentant l’urgence de la situation, n’hésite pas et profitant du script qui est au bout de ses forces, se téléporte instantanément et sans explication à bord d’une salle de contrôle terrestre de Nomad, dont il s’avère soudain aussi être le commandant.

Il est fort, il est fort.

Le colonel, après envoyé le nombre extraordinaire de CINQ hommes tenter d’arrêter Roger, et devant son échec, décide qu’il faut agir.

– Tant pis, n’attendons plus : détruisez TOUTES les bases de l’IA !
– Attendez vous voulez dire que vous saviez déjà où elles étaient ?
– Ben oui.
– Mais alors pourquoi ne les détruisiez-vous pas ?
– …. alors.

Et d’un coup de script lesté à la médiocrité, le colonel Bigballs fait taire le caporal Roudoudou qui avait réussi à se faire ré-engager dans l’armée de l’espace. Il n’a donc même pas le temps de proposer au colonel « Et sinon, envoyer plus de cinq gugusses tenter de stopper Roger et Alphie, non ? ».

Non, on a essayé une fois, pfou, pas deux quand même.

– Et puis tant qu’à faire, téléportez tous les gardes hors du film afin qu’ils puissent laisser Alphie arriver jusqu’à la salle de commandement principale sans encombre. 

Et hop. Alphie peut arriver au cœur de la base les mains dans les poches (c’est nul, mais c’est NUL) et la désactiver. Empêchant ainsi les derniers missiles tirés par la base de péter sur leurs cibles de gentils amis des IA. Par contre, Alphie et Roger, eux, parviennent à défoncer Nomad via de petites blagues explosives, principalement parce que le colonel déclare :

– Tentez de les arrêter… MAIS UNIQUEMENT AVEC DES ROBOTS IA !

Mais si, vous savez ! Le truc interdit depuis le début du film que les Américains haïssent ! Et le seul truc qu’Alphie peut arrêter en clignant des yeux ! Voiiiilà. C’est CA qu’ils envoient arrêter nos héros sans aucune explication. Avec les résultats que vous devinez.

Cependant, drame oblige, Roger est obligé de rester à bord de la station qui explose, pendant qu’il évacue par une capsule la brave petite Alphie. Coup de bol monstrueux : il se trouve que sans aucune explication, se trouvait à bord des copies cyborgs de Maya… et des copies de sa mémoire ! Ne cherchez pas, pif paf pouf, c’est comme ça. Faisant ainsi que dans ses derniers instants, Roger peut revoir sa femme une dernière fois, et profiter de son esprit inséré dans une Sex-Doll 12 Premium.

C’est beau. Très con, mais beau. 

Alphie est sauvée, Nomad vaincu, Roger mort et… euh…

On pourrait avoir une conclusion ?

Non, non. Alors que le film continuait sans raison après chaque scène ratée, là, il décide soudain de couper sans explication ni dénouement et…

FIN.

La base la plus puissante au monde peut donc se faire neutraliser par deux gugusses en vingt minutes chrono.

Voilà. Je vous laisse quand même avec cette dernière image de la base géante disco-lumineuse de plusieurs kilomètres, histoire de prouver que quelqu’un a bien eu cette idée.


Je crois que j’en suis arrivé au stade où je prie très fort pour que l’on confie la rédaction des scénarios à des IA.

Certes, ce sera vu et revu, mais au moins, il y aura une explication logique au fait que ce soit de la merde.

12.03.2024 à 16:32

Un homme à la mer, la vengeance

Un odieux connard

Peuple ! Depuis deux ans, vous le savez, votre serviteur s’inv.. ahem, est invité à bord des navires de la Marine Nationale afin d’aller y raconter des histoires militaires très, […]
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Peuple !

Depuis deux ans, vous le savez, votre serviteur s’inv.. ahem, est invité à bord des navires de la Marine Nationale afin d’aller y raconter des histoires militaires très, très sérieuses, devant des gens qui le sont tout autant. Cette année, me revoici donc à devoir vous laisser sans spoiler, historiette, analyse d’ouvrages intellectuels ou autres débats de société, afin d’aller rejoindre la Mission Jeanne d’Arc 2024, ce petit tour du monde qui permet de former les futurs officiers à envoyer de la torpille, du canon ou du colis humanitaire selon qui a été sage ou non.

Le blog sera donc tranquille ces 2-3 prochaines semaines. Un peu plus si soudain, un conflit mondial éclate. Auquel cas, vous aurez de mes nouvelles : je connais une certaine musique de cinéma muet qui rend fou, et qui si diffusée en boucle, peut pousser à se rendre n’importe quelle grande nation. Je pense que vous voyez celle dont je veux parler. Maintenant, vous l’avez dans la tête. Ooooh, non, je n’ai aucun remord. J’ai un pseudonyme à tenir, que diable.

Allez : mon sac, mon Mauser, mon bouton d’urgence « Diego, viens me chercher », et en route.

En attendant, on me dit que j’ai des daubes à regarder dans l’avion. Paaaarfait.

 

26.02.2024 à 10:01

Rampage de script

Un odieux connard

– Merci d’avoir accepté de nous aider pour notre exposé pour l’école, Monsieur Connard. Assis sur le tapis du salon, les enfants m’observent avec leurs grands yeux pleins de malice […]
Texte intégral (8158 mots)

– Merci d’avoir accepté de nous aider pour notre exposé pour l’école, Monsieur Connard.

Assis sur le tapis du salon, les enfants m’observent avec leurs grands yeux pleins de malice et de reconnaissance. Depuis mon fauteuil près du feu, je tire une bouffée sur mon cigare et d’un geste, leur signifie que ce n’est rien. Mais l’un d’entre eux tient à creuser le sujet.

– D’ailleurs, pourquoi cette générosité soudaine ?
– Hmm… eh bien, sais-tu mon jeune ami ce que signifie « Condamnation à du travail d’intérêt général » ?
– Non ?
– Bon, eh bien si on te demande pourquoi je vous aide, tu répondras que je suis grand prince, voilà.

C’est vrai que de nos jours, on ne peut plus rien faire : saviez-vous qu’il était interdit de retrouver un démarcheur téléphonique pour le menacer, lui et toute sa famille, avant de cramer sa maison en hurlant « Et là, tu vas la rénover ? » en dansant sur le mélange de cendres et de larmes à ses pieds ? Moi non plus. La vie est pleine de surprises.

– En attendant, mes chers petits, quel est le sujet de votre devoir ?
– « Les jeux avant internet ». C’est pour ça qu’on avait besoin d’un vieux.
– D’un v… ahem. Je vois. Vous voulez dire quelqu’un qui a connu l’époque avant internet ?

Un frisson d’angoisse parcourt les jeunes gens.

– Monsieur Connard, c’est vrai ? Ça a existé ?
– Oui. Oh, c’était des temps difficiles. Vous n’auriez pas tenu. Imaginez une vie sans aucun abonné à votre fil, dénué de likes sous vos photos. Ni même de commentaires.
– Mais… mais comment faisiez-vous alors, pour savoir si vous étiez aimé ?
– Eh bien, on regardait notre prénom. On constatait son orthographe correcte, et donc, on savait aussitôt que nos parents nous aimaient suffisamment pour ne pas nous condamner à des vies de merde. Pas vrai Matihasse ?

Matihasse, après un bref regard d’incompréhension à Djéson et à Djécika, reprend sa liste de questions.

– Et pour les jeux ? Vous aviez des jeux vidéo ?
– Bien sûr. Cependant ils étaient très différents des vôtres. Par exemple, à leur sortie, ils n’étaient pas suivis d’un mot d’excuse du producteur pour les bugs, puis de huit patchs espacés sur deux ans, avant que n’arrive un DLC à 35€.
– Ouah, pfff, okay boomer. Vos jeux, j’en ai vus, ils étaient trop pourris. Genre Rampage : un gorille, un loup et un lézard géants qui détruisent une ville. Et au bout 5mn, hop, niveau suivant, ça recommence. Super.

Une bouffée de mon cigare et un hochement de tête plus tard, j’approuve.

– C’est vrai que ce n’était pas bien fin.
– Ah !
– Mais là où « c’était mieux avant », c’est que personne n’aurait eu l’idée d’en faire un film. Alors que de nos jours, le niveau de créativité en est tellement à râcler le sol qu’on va chercher des licences comme Rampage, et on investit dessus 120 millions de dollars pour en faire une version où non seulement on ne peut pas jouer, mais où le niveau dure 1h49. Ah, et où les dialogues arrivent à être pire qu’un jeu muet.

Alors, pourquoi adapter la licence d’un jeu oublié qui n’avait pas d’histoire ? Je cherche encore la réponse à cette question. Si vous la trouvez, je suis preneur.

Mais en attendant…

Spoilons, mes bons !

 


L’affiche : Flammes, étincelles, poussière, tout va bien.

Notre film démarre dans l’espace, à bord d’une station spatiale où tout va fort mal.

Des corps démembrés flottent, des câbles crachent des étincelles, une voix lugubre annonce que la coque est au plus mal, et les écrans aux murs affichent une mise à jour Windows. Bref, tout est foutu. C’est au milieu de ce chaos que nous retrouvons le Dr Jeannette, la seule survivante de l’équipage de scientifiques du bord, qui cherche à évacuer quand elle découvre que la porte menant à la capsule de sauvetage est verrouillée. Saperlipopette ! Elle compose prestement le 0 800 130 000.

– Allô, le quartier général de la mission ? Ici le Dr Jeannette. Sur l’écran, ça m’affiche que c’est vous qui bloquez la porte. Laissez-moi partir, enfin !
– Ici le docteur Rousseau depuis Chicago. Pas tant que vous n’aurez pas emporté avec vous les échantillons du labo.
– Mais enfin ! Je refuse d’y retourner ! On a des dégâts un peu partout ! La coque va céder ! Tout le monde est mort ! Ils ont été massacrés par le rat du labo !
– N’importe quoi. En plus, on dit « surmulot ».
– Oui ben n’empêche qu’après nos expériences, il est devenu gigantesque !
– On peut donc dire « sursurmulot ».
– Que…
– Dr Jeannette, arrêtez de discuter mes brillantes instructions : retournez chercher les échantillons.

Le Dr Jeannette est moyennement contente de cette situation, et se demande qui est le (sur)blaireau qui a conçu un sas pour évacuations d’urgences qui ne peut être déverrouillé qu’à distance. Faut pas que l’urgence soit un accident qui coupe l’antenne réseau, hein ! Tant pis : flottant au milieu des corps de ses collègues, elle se faufile jusqu’au laboratoire au cœur de la station, y récupère promptement les fameux échantillons, puis retourne dans la capsule de sauvetage. Mais en chemin, elle est bien évidemment repérée et poursuivie par Ratus le sursurmulot de 90kg qui tente de la retenir en marmonnant dans sa langue « Auriez-vous quelques minutes pour parler de notre sauveur le Rat-cornu ? ». Peu intéressée par le sujet, le Dr Jeannette parvient à s’enfermer dans la capsule, s’éjecte de la station pile quand tout explose…

Mais son canot de sauvetage spatial, un peu endommagé, ne tient pas la rentrée dans l’atmosphère et brouf, le Dr Jeannette passe de l’état de scientifique à celui de poudreuse blanche, pour le plus grand bonheur des skieurs au-dessous qui aimeraient moins de scientifiques qui les sermonnent et plus de neige : c’est chose faite.

Cela fait, partons dans la jungle.

Où comme le veut la règle hollywoodienne post 2018 « S’il y a The Rock dans le film, il y a de la jungle, s’il y a de la jungle dans le film, il y a The Rock. ». Aussi, qui trouve-t-on au milieu de la forêt luxuriante ? The Rock ! Quelle surprise ! Plus exactement, il est dans une partie du parc de protection animale de San Diego, où avec quelques étudiants un peu cons, il va observer les gorilles. Dont son petit favori, Georges, un gorille albinos à qui il a appris plein de choses, comme communiquer et faire des doigts d’honneur (si, si). The Rock étant très fort, c’est lui qui domine le gorille avec sa grosse présence, quand bien même le gorille sait faire des choses que The Rock ignore, comme garder ses bras le long du corps plus de trois secondes ou ne pas signer les contrats de certains films après en avoir lu le scénario.

Seulement, à la nuit tombée, après le départ de The Rock (c’est-à-dire quand les animaux peuvent enfin être un peu tranquilles sans risquer une clé de bras), voici que le ciel s’illumine : c’est ce soir-là que le Dr Jeannette a un peu merdé sa rentrée dans l’atmosphère. Et sa navette s’est décomposée, envoyant les échantillons durement récupérés dans trois parcs naturels distincts : l’un dans un parc du Wyoming où un loup découvre un échantillon en train de fuir et renifle une dose de gaz vert qui s’en échappe, un aux Everglades où c’est un alligator qui a le même souci, et le dernier dans le parc de San Diego où c’est Georges qui s’approche en marmonnant en langue gorille « Mais bordel, comment un simple tube à échantillon a pu survivre à une entrée atmosphérique et venir se planter dans le col en restant quasiment intact ? C’est en scriptonium ou quoi ?« . Mais pshhhhit, il prend aussi sa dose de gaz magique dans la bouche, et voilà, ça lui apprendra à faire des commentaires désobligeants.

Le lendemain matin, en arrivant au parc, tout le monde est un peu surpris de découvrir que Georges a doublé de taille, et dans un moment d’égarement, a savaté la mouille du grizzli du parc. Pour mieux comprendre ce qu’il s’est passé, The Rock et son équipe fouillent les alentours et découvrent, planté dans le sol, le fameux tube à échantillon venu de l’espace, désormais tout vide.

– C’est donc ça qui a transformé notre gorille en surgorille, monsieur The Rock ?
– Alors d’abord, j’en sais rien on va enquêter, et ensuite, on va arrêter d’utiliser « sur » dans nos phrases, d’accord ? Sinon ça va vite être lourd.
– D’accord. Bon ben si c’est tout pour aujourd’hui, moi je vous laisse, je vais chercher ma planche et je pars faire du f.
– Du ?
– F.
– Ah putain j’ai compris. Non mais vous pouvez utiliser « sur » raisonnablement, hein !

The Rock et ses collègues sont cependant bien embêtés : comment expliquer cette mystérieuse croissance ? Rien ne grossit aussi vite, à part éventuellement une polémique sur X. Et surtout, sachant que Georges a buté un grizzly, comment éviter qu’il ne soit piqué pour vilaine agressivité ? Tout le monde réfléchit très fort, quand soudain, débarque une jeune femme inconnue.

– Les amis, je me présente : Kate Caldwell. Je peux vous aider, car j’ai travaillé sur l’échantillon que votre gorille a trouvé.
– Ah oui ?
– Oui. C’était un projet d’amélioration génétique, visant à donner à un être vivant la croissance d’une baleine, mais sans fin, comme le requin. La vitesse du guépard, la force du bousier et…
– Vous vouliez faire quoi ? Un gigantesque ramasse-crottes ?
– Oui, nous avons d’ailleurs réussi. Depuis, il est devenu président, mais si je dis de quel pays, on va avoir des emmerdes alors poursuivons, d’accord ?
– D’accord.
– Bref ! Georges a sniffé un gaz contenant certaines de ses modifications. Lesquelles ? Je l’ignore exactement et…

KRAKABOUM !

Nos amis sont interrompus par Georges, qui très grand et très fort, a aussi très faim et en a marre d’attendre qu’on lui livre une banane géante. Aussi a-t-il décidé de s’évader. L’animal quitte vite le parc, avec sur ses talons, Kate et The Rock. Mais sitôt à l’extérieur, la police arrive et braque le gorille de ses armes !

– Toi, la vilaine bête disproportionnée, couche-toi !
– Mais non, c’est lui le gorille !
– Pardon Monsieur The Rock. Je disais donc : toi, la vilaine bête disproportionnée, couche-toi !

Mais Georges, qui a un minimum d’éducation, ne se couche pas à la demande. La tension monte, aussi The Rock s’interpose vite.

Un cas d’école pour la police américaine : sur qui tirer en priorité ?

– Baissez vos armes ! Vous ne faites que l’énerver !
– Il est dangereux !
– Raaah… vous ne voyez pas que c’est un albinos ?
– Aaaah, il est blanc, c’est vrai ! C’est différent alors. Okay tout le monde, relax !

Hélas, alors que la situation semblait apaisée, un hélicoptère de la police arrive, et plutôt que de débattre du taux de mélanine de Georges, décide de lui plomber la gueule, certes, mais heureusement uniquement à la seringue soporododo. Après en avoir reçu une douzaine, Georges décide qu’il va finalement taper une petite sieste, là, de suite, sur le bitume, merci.

– Bon, ça aurait pu être pire, ils auraient pu tirer à balles réelles, soupire The Rock.

C’est à ce stade que le tireur de l’hélicoptère marmonne « Comment ça ? Ah merde, je me suis encore trompé de fusil », mais qu’importe. Georges dort paisiblement, allons donc voir ailleurs ce qu’il se passe pendant ce temps. Tenez, par exemple, au siège de Rousseau Corp, où nous retrouvons Rousseau & Rousseau, les inévitables riches méchants blancs, qui sont en train de discuter. Avec d’un côté, Madame Rousseau et de l’autre, Monsieur, son frère. Écoutons-les.

– Sandrine, c’est la panique. Notre station spatiale a explosé la nuit dernière, nous avons perdu pour 20 milliards de dollars de recherches génétiques illégales ! C’est bien pour ça qu’on les faisait dans l’espace !
– Ah bon, il faut aller dans l’espace pour faire des trucs illégaux ?
– Ben c’était ça où Marseille. Mais l’espace restant moins dangereux, et avec des loyers plus raisonnables, je…
– Qu’importe. Pas d’inquiétude mon cher. Le Dr Jeannette en quittant la station a emporté trois échantillons. Certes, elle s’est désintégrée dans l’atmosphère et son enterrement ne devrait nous coûter qu’une boule à neige, mais surtout nos précieux produits en scriptonium sont eux bien retombés. On n’a donc qu’à envoyer nos sbires de méchants les récupérer.
– Oh ! Est-ce que tu veux dire que comme tous les méchants de film, on a l’inévitable compagnie de sécurité privée pleine de mercenaires prêts à tuer père et mère pour trois dollars ?
– Bien sûr mon doudou. Allez, pas d’inquiétude : on va les retrouver, nos échantillons à transformer les animaux en suranimaux.

Et une espèce de tueur balafré et son équipe de vilains mercenaires partent conséquemment en hélico pour aller d’abord récupérer l’échantillon qui est tombé chez les loups. Hélas, ils trouvent l’engin, oui, mais brisé et vide. Et surtout, des loups morts tout autour, avec des traces indiquant que c’est l’un d’entre eux qui les a grignotés. Le chef des mercenaires appelle le Dr Rousseau (c’est la Madame) :

– Docteur Rousseau, je crois que votre loup a mangé ses congénères. Curieux. Enfin, vous connaissez le proverbe : lupus est lupus lupus est. Le loup est un loup pour le loup.
– Alors et d’une, votre latin est nul, et je n’ai jamais autant entendu « lupus » sorti au hasard à part dans un épisode de Dr House. Ensuite c’est même pas ça et… euh, mais pourquoi je discute de ça avec vous ? Retrouvez-moi ce loup et ramenez-le en vitesse !

Et non, elle ne donne aucune instruction ou information du genre « Soyez prudents, il a pu muter » ou « Truffez-le de plomb, il faut vraiment s’assurer qu’il soit bien mort ». Non, elle se contente de raccrocher en pouffant, du moins je suppose que c’est ce qu’il se passe hors-caméra.

D’un coup d’hélicoptère, les méchants mercenaires ont tôt fait de trouver leur cible, et apercevant un loup gigantesque courant dans les bois, ne se disent pas « Tiens, c’est curieux, un loup gros comme un pickup Totota. » Non non : ils bavent, font des bruits de bouche, prennent leur pluuuuuuuus petit fusil, tirent UNE balle et… l’animal s’effondre aussitôt.

– Bon, espérons que ce ne soit pas un animal qui pour la seule fois du film, fait le mort sans explication alors qu’il est supposé être complètement enragé.
– Allons chef, pourquoi dites-vous cela ?
– Vous avez raison. Allez, pilote, posez-nous, on va aller chercher le corps.

Mais en arrivant 1) il n’y a plus de corps 2) il y a de la brume.

– Oh non ! J’espère qu’on ne va pas se taper la séquence foireuse de la brume !
– Que dites-vous, caporal Roudoudou ?
– Vous savez, le passage où tout le monde avance très lentement sur ses gardes, prêt à tirer, que soudain, un truc sort de la brume mais c’est évidemment un animal innocent, et au moment où tout le monde baisse son arme en souriant façon « Ouf, ce n’était rien » LÀ le vrai danger attaque !
– Vous dites n’importe quoi, caporal Roudoudou.
– Mais siiii  ! C’est comme ça à chaque fois qu’il y a de la brume !
– Non et puis….  raah, vous êtes viré ! Partez. Voilà, on est mieux sans lui. Maintenant, chut ! Silence ! À vos armes, un truc approche ! Ouf, non, ahaha, c’était juste des biches apeurées, on peut se détendre, ce n’était rien et…
– AAAAAAAAAAH !

Oui, ÇA ALORS ! C’est PILE à ce moment-là que surgit (quelle surprise !) le loup qui fait maintenant bien trois mètres au garrot, et qui emporte un mercenaire pour le croquer.

Puis les suivants, puis l’hélicoptère venu les récupérer, et ce malgré toutes les armes car oui, l’animal résiste désormais aux balles. Il a probablement lui aussi hérité d’un peu du scriptonium qui entourait les échantillons. Le petit souci, c’est que cela fait, notre gros loup décide d’aller chasser un peu à des endroits où il est filmé et finit sur le vaste internet. En peu de temps, le loup géant devient si populaire qu’il reçoit des messages lui proposant d’ouvrir un Only Fans. C’est vous dire.

C’est embêtant pour Rousseau & Rousseau, qui ne souhaitaient pas tant de publicité pour les expériences secrètes de Rousseau Corp.

Ce qui les ennuie encore plus, c’est que le gouvernement commence à s’en mêler. Et a par exemple envoyé un avion récupérer Georges, toujours sous l’effet du soporododo, mais aussi The Rock et sa nouvelle amie Kate, et emmène tout ce petit monde pour essayer de comprendre ce que c’est que ce bordel. Pour Rousseau & Rousseau, c’en est trop : Sandrine prend les devants.

– Mon cher frère, j’ai un plan.
– J’écoute ?
– Nous disposons d’un super calmant pour animaux infectés, tu le sais. Un qui coupe aussitôt leur agressivité augmentée et bloque leur rage.
– Oui, le Grosupo 999.
– Bon, eh bien évoquons-le, puis n’en parlons plus.
– Mais alors pourquoi en avoir parlé là, de suite ?
– CHHHHT.
– Euh, okay. Ensuite, Sandrine ?
– Tu sais aussi que les animaux infectés sont reprogrammés pour capter une fréquence radio unique. Il suffit que nous y diffusions quelque chose d’insupportable, et où qu’ils soient dans le monde, ils se dirigeront droit vers l’origine du signal pour essayer de le stopper. C’est pourquoi j’ai prévu cet enregistrement : « 10 heures de rire de Geoffroy de Lagasnerie« .
– Sandrine, ça va trop loin !
– Mais non, il faut bien un truc que rien ni personne ne puisse supporter. En tout cas, on va diffuser cela depuis le toit de notre gratte-ciel.
– Tu veux attirer des animaux géants en plein coeur de Chicago ?! Et… les amener à NOUS ?
– Des suranimaux, bordel ! Nan et puis c’est parce que comme ça, l’armée les tuera quand ils approcheront et on pourra récupérer les restes. Et donc, avoir nos précieux échantillons, simplement sous une autre forme. Et nous pourrons ainsi transformer tous les mulots en surmulots, tous les hommes en surhommes, et tous les vêtements en…
– Un instant, revenons à ton plan : on pourrait pas diffuser l’enregistrement depuis un lieu autre ? Comme une quelconque station radio isolée ? Et se débrouiller pour que l’armée soit là à temps ? Ça éviterait des millions, voire des milliards de dollars de dommages, de vies perdues, ça rendrait le combat plus simple, ça éviterait de mettre en danger notre entreprise et nos personnes…
– Ooooh, toi, tu as encore parlé au caporal Roudoudou !
– Oui, pour son entretien de licenciement.
– Eh ben arrête, mon idée de ramener des animaux géants tueurs en pleine ville pour les mener droit à nous sans AUCUNE RAISON VALABLE est vachement mieux que la tienne, d’abord !

Je me permets de marquer une brève pause pour vous rappeler que les objectifs de Rousseau & Rousseau sont :

  1. De ne pas trop attirer l’attention directement sur eux puisqu’ils sont responsables de ce bordel
  2. De limiter les dégâts puisqu’ils sont responsables de ce bordel (bis)

Et ils décident donc :

  1. D’utiliser une arme secrète pour mener les monstres droit à eux
  2. De maximiser les dégâts en les entraînant vers une zone urbaine

Si vous comprenez, je veux bien une explication, parce que pour ma part, j’ai surtout l’impression que le script aussi a été rédigé par des singes géants, mais visiblement occupés à se jeter du caca au visage. Les éclaboussures ont écrit les dialogues seules.

Enfin : c’est parti pour le plan génial du docteur Rousseau.

Sandrine lance donc l’enregistrement du démon, et aussitôt, cela fonctionne : le loup géant, qui était tranquillement en train de dévorer des touristes sans que personne n’intervienne (« Les loups géants mangeurs de touristes font partie du paysage« © Mairie de Paris 2024) , entend un rire lointain et fonce vers son origine (car oui, les animaux ne se contentent pas de capter, ils sentent directement d’où ça vient). Oublié depuis le début du film, un alligator géant fait de même. Quant à Georges le singe albinos dans son avion…

Il est réveillé par le rire infernal. Georges, qui comme beaucoup de gorilles, a toujours voté à droite (très peu de gorilles ont lu Marx ou Jaurès, demandez à votre zoo). Aussi il est doublement furieux et décide que ah, ça suffit les conneries, je vais aller stopper cet enregistrement du Malin. En quelques coups de muscles, il se libère de la cage où il était prisonnier, et rugit. Tous les agents du gouvernement à bord paniquent.

– Seigneur Djizousse ! Il est libre !
– Et ce n’est même pas ça le pire.
– Ah bon, collègue ? C’est quoi ?
– Eh bien… comment tu t’appelles-toi ?
– Ma foi Jean-Jacques et toi ?
– Pareil.
– Oh… non.

En effet, il n’y a a bord de l’appareil que trois personnages nommés : The Rock, Kate et l’agent Agent, le chef des agents du gouvernement. Tous les autres sont des Jean-Jacques. Je vous laisse donc deviner la suite ? Oui, par un incroyable hasard, tout le monde meurt SAUF les trois personnages nommés, qui parviennent à s’éjecter, alors que Georges et l’avion salement endommagé et désormais sans pilote partent s’écraser dans les champs.

Ah et oui : même si nos héros s’éjectent parfois avec un long, long temps entre deux sauts, pouf pouf, à la sortie de l’avion, ils se retrouvent à planer les uns à côté des autres dans les airs. Ce qui ne sert à rien (ils ne se parlent pas) à part à rajouter une erreur, comme ça, gratos. Merci, jusqu’ici, ce film était d’une qualité bien trop respectable. Toujours est-il qu’ils finissent par arriver au sol, foncent vers l’épave de l’avion et n’y découvrent aucun corps de gorille géant : Georges a survécu ! Et filé. Nos héros, en attendant qu’on vienne les récupérer au milieu des champs où ils se trouvent avec l’épave, peuvent donc papoter. C’est la séquence « J’ai une triste histoire tragique, mon personnage est très profond« . Attention, ça va aller très vite.

– The Rock, vous aimez les gorilles, mais pas les gens, pourquoi ?
– Parce que j’ai sauvé ce gorille de gens méchants. Fin. À vous : pourquoi êtes-vous devenue scientifique pour le projet des méchants de Rousseau & Rousseau ?
– Mon frère avait une maladie incurable que seule la génétique pouvait soigner.
– C’est affreux. Quelle était cette maladie ?
– Il était roux. Les médecins ont fini par le piquer.

Le cliché ultra-gavant habituel, à savoir qu’aucun personnage n’a jamais travaillé pour les méchants JUSTE parce que l’argent était tentant. Non, c’était forcément pour aider son frère malade, sa maman atteinte d’un cancer, sa fille souffrante…

Et tous deux de hocher tristement la tête, car c’est dur : en plus, c’est pas comme s’il avait une âme pour reposer en paix. Après ce moment de cœur à cœur, des hélicoptères viennent récupérer notre trio de survivants, et les déposent une base de l’US Air Force où l’armée américaine a installé ses quartiers dans le cadre de l’opération « They have giant animals, but we have giant cocks. » C’est évidemment là que les attend le colonel Grokon, qui a été écrit avec une originalité extraordinaire puisque 0,3 secondes après l’arrivée de nos héros, il s’exclame :

– Des scientifiques ? Je n’ai pas le temps d’écouter leur charabia ! Laissez faire l’armée !

Non, vraiment, je vous assure : des gens ont été payés pour ce film. Cher. Et après, les mêmes scénaristes trouveront scandaleux qu’on puisse imaginer les remplacer par une IA. Ah, si seulement on trouvait les cons qui ont répété les mêmes séquences de film en boucle sans aucune créativité durant 30 ans permettant ainsi à une simple machine de les remplacer !

Sachant au passage qu’évidemment, même les dialogues sont d’une débilité qui force le respect. Par exemple, Kate lance un :

– Vous avez repéré le loup géant ? Il est désormais accompagné du gorille ? C’est impossible qu’ils travaillent ensemble ! Sauf si… attendez ! Ils se dirigent vers Chicago ! Le quartier général de Rousseau & Rousseau ! À l’époque où je bossais pour eux, ils voulaient développer chez les animaux l’écholocation, comme chez la chauve-souris. Cela veut dire que Rousseau & Rousseau doivent émettre un signal depuis Chicago qui…
– Attendez Madame, vous vous rendez compte qu’il n’y a aucun rapport entre les deux informations ? L’écholocation, c’est l’animal qui émet un son pour se repérer. Pas une fréquence qui attire l’animal irrésistiblement.
– Je… qui êtes vous ?
– Caporal Roudoudou Madame. Moi aussi, j’ai bossé pour Rousseau & Rousseau, mais mon équipe m’a virée juste avant d’avoir un petit accident impliquant un loup, des bois, et un gros cliché sur la brume. Enfin, tout ça pour dire que ce que vous racontez, ça ne tient pas.
– Qu’importe ! Colonel Grokon, il faut faire évacuer Chicago immédiatement !
– Mais ?
– Caporal, ce n’est pas à vous que je parlais !
– Non mais là encore : si ce qui met en danger Chicago, c’est le signal qui attire les animaux à lui… entre évacuer Chicago et couper le signal, à votre avis, qu’est-ce qui est le plus rapide, le plus simple et le plus sûr ?
– Bon, qui nous vire ce type ?

The Rock s’en charge à l’aide de ses bras qui ne touchent jamais ses flancs, puis à son tour, décide de dire des conneries.

– Vous n’avez aucune chance. Jamais vos obus ne perceront la peau de ces animaux !

Bon, déjà, j’ignore d’où sort cette soudaine science de la peau blindée de The Rock. Et ensuite, il ne faut jamais dire à l’armée américaine « Ton arme est trop petite ». JA-MAIS.

D’ailleurs, tous les pilotes d’A-10 Thunderbolt de la base sur laquelle ils se trouvent doivent probablement se taper les cuisses en ricanant, puisque rappelons que l’armée américaine dispose d’un avion qui n’est pas équipé d’un gros canon : c’est un gros canon autour duquel on a développé un avion (ce peuple est subtil). Et qui peut donc distribuer beaucoup de démocratie, très fort, et par exemple enseigner l’importance de la tolérance environ 4 200 fois par minute à, disons, un gorille géant ou un loup un peu gros, au hasard.

Mais en lieu et place, l’armée préfère envoyer un unique, vieux missile explosif entre les deux bestioles géantes en se disant « Si un crash d’avion n’a pas tué le gorille, je suis sûr que le souffle d’une explosion plus petite suffira« , et ça alors ! Quand elle envoie ses hommes vérifier si ça a marché, ils se font tous croquer. Le colonel Grokon en est tout ébaubi.

– Les scientifiques avaient raison ! Ces créatures ont résisté ! D’ailleurs, hep ! Où sont The Rock et Kate ?
– Ben comme vous avez demandé à ce qu’on les enferme car ils vous énervaient, ils ont préféré s’évader, ont volé un hélicoptère et volent vers Chicago.
– Crotte de bique. Bon ben évacuez Chicago alors !

Et l’histoire du signal sinon ? Toujours pas ? Ça n’intéresse personne ? Non.

J’aime bien quand les personnages décident ouvertement d’ignorer un élément central pour ne surtout pas finir le film là, de suite, ou du moins l’empêcher d’atteindre une scène cruciale (ici, les animaux qui ravagent une ville). Oh, et au fait : non, Jojo l’alligator géant, qui fait pourtant la taille d’un croiseur, n’a toujours pas été repéré, merci. Là aussi, il ne faudrait pas qu’on lui tombe dessus trop tôt.

Enfin, reprenons. Car oui, The Rock et Kate filent en hélicoptère volé vers Chicago (oui, The Rock est en réalité un primatologue, mais ancien des forces spéciales, et euh, qui sait piloter, voilà).

Hélas, à leur arrivée, la ville est déjà en sale état, puisque les deux monstres, utilisant un trou dans le script, ont déboulé bien avant l’hélicoptère de The Rock. Ils ont sûrement de l’ADN de coureur du Tour de France. Par ailleurs, et selon la tradition lourdingue des très mauvais films, tout ce qui les attaque se met À LEUR HAUTEUR, à commencer par les hélicoptères de l’armée, qui volent à environ 10 mètres du sol histoire de finir croqués, savatés, ou de manière générale, faire tout sauf être efficace. Faudrait pas utiliser le fait de… euh… voler, par exemple.

Le record revient au fameux A-10 Thunderbolt, puisque l’armée finit par se dire « Mais attendez, merde, c’est vrai qu’on a un appareil conçu pour faire des trous à de gros trucs ! »

En effet, après un premier passage où l’avion rate deux monstre géants côte à côte dans une avenue (si, si), voici que lors de sa seconde tentative… le fameux alligator géant sort de la rivière et le mange, car oui, l’avion aussi vient se mettre à sa portée ! Non vraiment, ces pilotes sont très serviables. Et très dépressifs.

Le A-10 Thunderbolt peut faire rentrer la démocratie même dans un bunker réticent.

Dans le même esprit, The Rock, Kate et leur hélicoptère approchent eux de la tour de Rousseau & Rousseau.

– Regardez, sur le toit, The Rock ! Ces énormes antennes ! C’est de là que doit provenir le signal !
– Super ! Je me pose à côté ?
– Non, posez-vous DANS LA RUE DEVANT MERCI.

Que ? Mais ?! Vous avez un appareil volant et… non. Apparemment, c’est un concept qui dans ce film, a l’air assez difficile à comprendre. Vous avez raison, posez-vous, ce sera mieux pour vous, hein.

D’ailleurs, vous savez les fameuses antennes ? Sitôt au sol, nos héros n’en parlent même plus. Non, ils disent « Donc, on est venus là pour chercher l’antidote, on est d’accord ? ». Hm ? L’antidote dont vous ne savez rien de l’existence et que vous supposez tout au plus ? Vous ne voudriez pas d’abord couper le signal qui pousse des animaux géants à ravager toute la ville, non ?

Non.

La fine équipe se faufile dans les bureaux du bâtiment en partie abandonnés de Rousseau Corp pour découvrir que la plupart des ordinateurs ont déjà été emportés. Heureusement, Kate a une idée.

– Je vais pirater un thermostat pour avoir accès aux serveurs.
– Mais que… QUOI ?!
– Eh oui, The Rock : je suis une scientifique de film américain. Avec un doctorat, je m’y connais autant en génétique qu’en informatique ou ingénierie de fusées.

Ne me demandez pas qui a écrit cette scène façon « Et làààà, ben yapu d’ordinateurs. Donc euh, ben elle pirate, euh un… merde un… tiens, un thermostat« . Simplement laisser un ordinateur quelconque, c’était trop dur ? Mais donc, oui, nous en sommes à ce stade du film où une généticienne, en piratant un thermostat, consulte les archives secrètes des labos et découvre l’existence du Grosupo 999, l’antidote à ce qui a contaminé les animaux. Puis lance une fouille active des lieux pour trouver l’énoooorme réserve d’antidotes à la mutation dont disposaient Rousseau & Rousseau depuis le début… mais dont ils ne se servaient pas.

Je vous rappelle que Rousseau & Rousseau voulaient limiter les dégâts ? Je vous le dis parce qu’eux visiblement n’en ont aucun souvenir.

Hélas, au moment de mettre la main sur l’antidote, voici que Rousseau & Rousseau débarquent dans le labo, l’arme à la main.

– Le Grosupo 999 ne vous servira à rien, Kate et The Rock.. Il ne réduit pas la taille des spécimens. Il réduit juste leur agressivité.
– Oui, enfin c’est déjà pas mal : avec ça, vos mercenaires auraient peut-être tous survécu et vous n’en seriez pas là, Sandrine.
– Eh, ho, ça suffit ! Tiens, The Rock, pour tes commentaires pas très sports, prends donc une balle dans le bidou. PAN !
– Mais aïeuh ! Sandrine, enfin !
– Et toi Kate, tu viens avec nous. On t’enfermera dans un laboratoire ailleurs une fois que nous aurons évacué, et tu produiras plus de monstres pour nous.
– Ah oui c’est toujours ça votre plan ?
– Ben oui pourquoi ?
– Nan, je ne sais pas : tout le film semble prouver que le plan est mauvais ?
– Raaah… mais non. Allez, on s’en va, un hélicoptère nous attend.

Et Sandrine de filer avec Kate, laissant The Rock tout mourant sur le sol, une balle dans le bidou.

Hélas, au moment d’arriver sur le toit du bâtiment, voilà que George le gorille géant est déjà là, et fait désormais de la taille de King Kong ! Il a tôt fait d’endommager l’hélicoptère qui attendait, et Kate se retrouve coincée avec Sandrine, pendant que son frère a lui fui par les escaliers. C’est là que revient…

– The Rock ?
– C’est moi ! Tenez, je vous pique votre pistolet !
– Mais vous étiez mourant la scène précédente, non ?
– Figurez-vous que la balle n’a rien touché de vital, je vais super bien, je ne perds pas de sang par le trou et je peux toujours courir et faire des acrobaties !
– Mais alors à quoi servait la scène de la balle si elle ne sert à rien dans le scénario, à part coûter du maquillage et rendre le film encore plus con ?
– Je n’en sais rien !

Sandrine est embêtée, car tout cela n’a aucun sens. Mais elle l’est plus encore quand nos héros décident que le meilleur moyen de faire avaler une dose d’antidote à Georges… c’est de se saisir de Sandrine, de lui glisser une dose de Grosupo 999 dans le sac à main, puis de crier « GEOOORGES ! ». Et là, le gorille qui n’avait jusqu’alors pas mangé un humain du film et qui était complètement hors de contrôle :

  • Répond à son nom
  • Mange une humaine (qui porte une robe rouge, comme dans le jeu vidéo, référeeence, film d’auteur, tout ça)
  • Alors qu’il y avait trois personnes, mange par un heureux hasard la méchante Sandrine

Heureusement que nos héros avaient pu le prévoir, alors que dans la scène de l’avion, Georges tentait de les tuer sans hésiter. Non, vraiment, on sent que nos héros surmontent les obstacles grâce à leur talent, et pas que le script fait tout pour eux.

Hélas, peu après, l’immeuble s’effondre suite à l’arrivée de l’alligator géant et de son pote le loup, ce qui tue le frère de Sandrine qui tentait de fuir, quant à nos héros, ils ne doivent leur survie qu’à l’hélicoptère endommagé qui vole encore juste assez pour ralentir leur chute. Mais lorsqu’ils arrivent au sol, et émergent des décombres… qui en sort aussi ? Georges ! Qui maintenant qu’il a pris l’antidote, est tout gentil, serviable, limite aide les grands-mères à traverser, et veut aider The Rock à vaincre les deux autres monstres méchants (pour qui il n’y a plus d’antidote, tout a été perdu bien sûr, hop, pouf pouf).

– D’accord, je vais chercher une arme qui va leur faire du mal, dit The Rock.

Il se dirige vers un véhicule militaire abandonné et y récupère un lance-grenades. Puis, il demande à Kate de prendre ledit véhicule et de filer de là, tout en tentant de demander à l’armée de ne pas larguer une grosse bombe pour en finir, là, tout de suite. Petit problème dont ils ont été avertis par un petit coup de fil de l’agent Agent un peu plus tôt. Mais bref, Kate file, The Rock et Georges font équipe et foncent vers les animaux géants vilains, The Rock ouvre le feu et…

Les grenades de The Rock font très mal aux monstres.

Voilà voilà : donc jusqu’ici, un missile, un obus ou autre, ça ne faisait rien à ces bestioles, par contre une grenade de The Rock et ils gémissent de douleur en reculant. J’ai toujours aimé ce principe du « Aucune arme n’est dangereuse, sauf si maniée par un personnage avec un nom.« .

Voilà ce qui va arrêter en moins de 5mn de ce que l’armée n’a su stopper en 1h30.

Je vous passe les détails sur la bagarre qui est évidemment inutilement longue, mais le loup finit par être dévoré par le crocodile au milieu des combats (les deux sont méchants, ça ne veut pas dire qu’ils font équipe).Quant au crocodile, alors qu’il résistait à absolument tout, quelques grenades le mettent à terre, des roquettes tirée par The Rock depuis un hélico écrasé lui font bobo, puis Georges le finit avec… une poutre pointue enfoncée à la main.

Car oui : l’obus antichar fait moins de dégâts que la poutre pointue, c’est très connu.

Tout le monde est couvert de sang, mais victorieux, Chicago en sale état, mais pas terminée à la bombe, et les secours arrivent alors que tout le monde rigole, car Georges fait des doigts et des blagues de cul (je ne plaisante même pas : il fait des signes impliquant Kate et The Rock et comment habilement combiner les deux). On comprend alors qu’en étant gros, lourd et amateur de blagues de culs, Georges est à deux doigts de se lancer dans le stand-up, mais avant que cette vision cauchemardesque ne se réalise, l’écran vire au noir et…

…FIN !

La question que je me pose étant : mais pourquoi diable vouloir une licence pour réaliser une merde pareille ?


Comme toujours, je crois qu’il faut laisser le mot de la fin à la critique, ici cineserie.com :

Loin d’être un simple film d’action lambda qui ne vaut que pour ses scènes de destruction massive, Rampage : hors de contrôle insuffle un message écologique à son scénario.

C’est vrai, et le message que j’ai perçu est le suivant : « Pourquoi jeter vos déchets quand Hollywood peut en faire un film ? »

 

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