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10.04.2024 à 10:23

Framalibre : Une refonte pour revenir à l’essentiel

Framasoft

L’annuaire des outils numériques libres et éthiques a fait peau neuve fin 2023, pour devenir encore plus pratique et faciliter les recommandations. Petit tour en coulisses pour vous expliquer le parcours de cette refonte. Ici Maiwann qui vous écrit d’un … Lire la suite­­
Texte intégral (6056 mots)

L’annuaire des outils numériques libres et éthiques a fait peau neuve fin 2023, pour devenir encore plus pratique et faciliter les recommandations. Petit tour en coulisses pour vous expliquer le parcours de cette refonte.

Ici Maiwann qui vous écrit d’un café, enfin d’une gare, en train d’attendre son train de 17h23 parce que le train de 16h24 a été annulé.

Est-ce qu’il y a un meilleur moment pour vous raconter l’histoire de la refonte de Framalibre ? Je ne crois pas, et en plus la touche E de mon clavier fonctionne pour l’instant, alors c’est parti pour ce long article qui vous raconte les coulisses.

Houston, on va (bientôt) avoir un problème !

Les plus vieux d’entre vous le savent peut-être, Framalibre est en quelque sorte le projet fondateur de Framasoft, qui a commencé en s’appelant Framasoft.net avec une liste de logiciels gratuits pour l’éducation, avant de devenir une liste de logiciels… libres !

Il y a déjà eu plusieurs évolutions de l’annuaire, car on part initialement d’un site qui sent bon les années 2000 vous en conviendrez vous-même :)

La première version de Framalibre appelé Framasoft.net à l'époque La seconde version de Framalibre, qui fleure bon les années 2000 La troisième version de Framalibre , un annuaire bien fourni La quatrième et dernière version de framalibre, sorti en décembre 2023, avec de belles illustrations

La version historique de Framalibre, qui n’avait d’ailleurs pas de nom à l’époque fonctionnait sous SPIP. Elle était uniquement centrée sur les logiciels libres.

En 2017, une première refonte de l’annuaire a vu le jour, sous Drupal, grâce à Makina Corpus via un mécénat de compétences. À cette occasion, le nom de Framalibre est donné à ce service. L’objectif consiste alors à ne plus restreindre l’annuaire aux logiciels libres mais à l’élargir aux œuvres culturelles, au matériel, aux structures libres.

Or, quand on a un projet aussi vieux, et aussi connu pour représenter l’association, faire une refonte entraîne tout un tas de complexités, de la gestion des données qui fêtent pour certaines leur majorité, à un changement d’interface qui peut bousculer les utilisateurices… cela représente une grosse masse de travail. Mais alors pourquoi est-ce qu’on s’est lancé·es ?

Pourquoi donc se lancer dans ce chantier ?

Ce qui ne pardonne pas : la dette technique

La dernière version de Framalibre se basait sur un Drupal, version 7. Or, cette version n’était plus mise à jour depuis un moment, et allait bientôt devenir désuète. Il faut dire que l’annuaire tournait assez bien tout seul, nécessitant surtout un peu de modération mais pas particulièrement de compétences techniques… ce qui fait que personne n’avait le Drupal actuel suffisamment en main pour le faire évoluer… il fallait trouver l’énergie et pour réaliser cette montée en version, eh bien de l’énergie, il n’y en avait pas beaucoup.

Vous me direz “Mais Maiwann, ce n’est pas parce que c’est une refonte technique qu’il faut aussi chambouler toute l’interface”. Et vous auriez raison. Mais, il n’y avait pas que la partie technique !

Les autres indices

En 2018, nous avions réalisé une enquête afin de savoir ce que vous pensiez de nos services. Lors de l’analyse des réponses, il s’avérait que le seul reproche fait à Framalibre était lié au changement d’interface qui décontenançait les répondant·es.

8 retours sur l'ergonomie et le graphisme, les autres champs sont à 1 (dysfonctionnement du service, manque/proposition de fonctionnalité) ou 0 (Remerciements, Accessibilité, Documentation d'utilisation, Documentation pour l'hébergement, Regrette frmeture inscription, lenteur à l'utilisation, adaptation mobile

Évidemment, il y a toujours un peu de réactance face au changement. Mais de mon œil d’ergonome, on retrouvait tout de même des points un peu compliqués :

  • Une interface très chargée notamment pour la version mobile, ça donnait envie de la faire évoluer !
  • La catégorisation “S’équiper”, “Se cultiver” et “S’informer” n’était pas parlante pour les utilisateurices. S’ensuivait une complexité à trouver ce que l’on cherchait plutôt qu’une facilité à naviguer, dommage.
  • L’évolution des logiciels “à télécharger” vers les services en ligne qui sont maintenant majoritaires a pris de court notre catégorisation. Nous avions alors créé une catégorie “Cloud / WebApp” mais un logiciel ne pouvait rentrer que dans une seule catégorie… Alors comment faire quand votre logiciel correspondait à la fois à “Bureautique” et à “WebApp” ?
  • La base de données n’était pas accessible facilement à des personnes extérieures qui auraient voulu récupérer l’ensemble des notices Framalibre… dommage pour une liste de logiciels libres.

Tout ça nous a permis de réaliser que l’ambition de la première refonte de Framalibre, qui était de faire un annuaire du Libre en général, (c’est-à-dire ne pas se contenter des logiciels) était trop ambitieuse.

Cela impliquait des rédactions de notices trop longues, trop informelles ; les contributions concernaient de toute façon en majorité des logiciels… Nous en avons conclu que finalement, Framalibre devait rester un annuaire de logiciels libres avant tout. Le mélange des genres ne marchait pas.

De même les gadgets que nous avions voulu, eux, n’étaient pas ergonomiques ni clairs :

  • le système de vote pour promouvoir un logiciel avec les étoiles (qui fut assez vite abandonné)
  • le système de registres (un utilisateur inscrit pouvait créer une liste de ses logiciels préférés).
  • l’historique des modification des notices : chacun pouvait voir qui avait modifié quoi, qui était l’initiateur d’une notice, etc. Tout cela constituait un système trop complexe pour finalement ne fournir qu’un service que l’utilisateur veut simple à l’usage et direct à la lecture.

Bref, toutes ces frictions techniques ajoutées aux frictions ergonomiques, ont fait que nous avons commencé à discuter de la refonte que nous voulions…

Tout cramer pour repartir sur des bases saines

Lors de nos premières discussions autour de cette refonte, nous avons envisagé deux pistes : – Mettre à jour le Drupal existant, – Repartir sur une base technique nouvelle.

En n’étant pas expert·e Drupal, dur dur de se rendre compte de la masse de travail que représentait la montée en version. Et notre manque de contrôle sur les données nous frustrait. C’est ce manque de contrôle qui a guidé notre choix : nous voulions repartir sur quelque chose de plus simple et de plus résilient.

C’est comme cela qu’est venu le choix de réaliser un site statique, avec des données au format YAML ou Markdown. Si vous n’y comprenez rien, pas de panique on vous explique ça simplement : Markdown et YAML, ce sont des façons d’écrire les informations dans nos notices qui seront simples à lire pour un ordinateur comme pour des humains.

Regardez plutôt l’exemple suivant, ce sont les informations de la notice d’un petit logiciel que nous aimons bien :

Contenu en Markdown d'une notice Excalidraw (disponible sur https://framagit.org/framasoft/framalibre/-/blob/main/_notices/Excalidraw.md )

Facile à lire n’est-ce pas ? Eh bien c’est à partir de ce document, ce code en YAML/Markdown en fait, que sa notice est actuellement générée. Si vous n’êtes pas développeur·euse, voire que vous n’y comprenez rien au code, félicitations vous venez de lire (et comprendre, peut-être) du code informatique qui se transforme en page de site internet !

Les choix d’une refonte

Une fois cette décision technique prise, il fallait commencer à faire le ménage. Puisque nous étions parties pour tout refaire, il était temps de remettre en question des choix qui ont été faits il y a fort fort longtemps.

Voici une petite liste des questions qui se sont posées :

Garder les captures d’écran ?
– Pour : elles permettent de se rendre compte de ce à quoi ressemble le logiciel rapidement
– Contre : elles deviennent vite obsolètes, et il faut les remettre à jour
– Décision : trop de contenu à surveiller, les utilisateurices peuvent découvrir le logiciel en allant sur son site web, on ne garde pas !

Garder les noms des créateurices d’un logiciel ?
– Pour : cela valorise le travail effectué, souvent bénévolement, par une personne
– Contre : cela personnifie le travail réalisé alors que l’idéal, c’est quand il y a un collectif derrière le logiciel et non pas une personne unique…
– Décision : pour l’instant, on garde

Les notices d’œuvres culturelles sous licence libre, on garde ou on jette ?
– Pour : c’est chouette de documenter les réalisations artistiques sous licence libre
– Contre : nous n’avons pas assez d’énergie pour dynamiser cette section, et la qualité des œuvres qui s’y trouvent est très aléatoire, pas surs que cela soit une bonne vitrine finalement
– Décision : on ne garde pas, pour se concentrer sur ce qu’on fait de mieux : le logiciel

Le champ « alternative à », on garde ou on jette ?
– En contre, nous avions :
– Beaucoup de personnes utilisent alternativeto, un site qui fait déjà très bien son travail de recherche d’alternatives.
– Dans notre réflexion philosophique, les logiciels libres ne sont pas (ou plus ?) de simples alternatives, mais proposent parfois des fonctionnalités qui ne peuvent simplement pas être proposées par les logiciels propriétaires… Aussi il nous semblait réducteur de continuer à les résumer en « une alternative à »
– Il est parfois décevant de chercher une « alternative à » un logiciel propriétaire que l’on connaît bien et de tomber sur un logiciel libre qui sera profondément différent.
– Mais, nous avons fini par garder ce champ ! Pourquoi ? Parce que dans une recherche, parfois les personnes n’ont à l’esprit que l’outil auquel elles cherchent une alternative. Si philosophiquement ce n’est pas parfait, si nous risquons de décevoir, il vaut quand même mieux laisser le contrôle aux personnes et leur permettre d’avoir des résultats lorsqu’elles font leur recherche.

 

Et ainsi de suite pour chaque sujet, jusqu’à ne garder que ce qui nous semblait vraiment le plus intéressant.

On repart donc sur des bases minimalistes :

– Un annuaire de logiciels libres

– Qui s’offre une mise à jour graphique avec la nouvelle charte de l’association

– Et une amélioration sur le plan ergonomique, ne serait-ce que par la simplification de l’interface, et par la possibilité d’un usage en version mobile

N’ayant pas le combo temps-compétences en interne pour assurer le développement, nous avons fait appel à L’Échappée Belle.

Les priorités que l’on se donne

Si nous voulions une nouvelle version plus simple, nous avons aussi choisi d’avancer sur une frustration : le peu de contributions à cet annuaire.

En effet, Framalibre comptait alors 1054 notices, or nous sommes persuadé·es qu’il y a bon nombre de logiciels, notamment des logiciels un peu “de niche” ou “spécialisés” qui n’ont pas leur page dans notre annuaire !

Pour avancer sur ce terrain, nous avons choisi de faciliter la création de nouvelles notices en :

  • proposant un formulaire très souple, pour lequel seuls sont obligatoires le nom et la licence du logiciel
  • permettant aux personnes de créer une nouvelle notice sans avoir à se créer de compte, c’est ce que nous appelons “les contributions anonymes”

C’était un pari que nous faisions, pari qui pouvait nous coûter cher : est-ce que mettre du temps de développement dans ce formulaire allait réellement donner lieu à de nouvelles contributions ? Est-ce que nous n’allons pas ouvrir Framalibre à tout un ensemble de spammeurs grâce à cette contribution anonyme ?

Il n’y a que le futur qui nous le dira !

Formulaire de contribution sans compte… oui mais, le spam ? !

L’équipe technique de Framasoft a passé une bonne partie de l’année 2023 à gérer du spam, encore et encore. Aussi, le projet de réaliser un formulaire de contribution sans compte apportait-il un nouveau risque, celui qu’il soit utilisé par les spammeurs pour nous casser les pieds.

Aussi avons nous prévu un “gros bouton rouge”, c’est à dire une possibilité de débrancher ce formulaire de contribution en cas de nécessité. Une petite sécurité pour anticiper pas mal de pénibilités, on croise les doigts pour avoir à l’utiliser le plus tard possible !

Et comment ça se passe côté modération ?

Proposer des ajouts, c’est bien, mais il faut s’organiser pour modérer ces propositions et valider (ou non) leur ajout à l’annuaire.

Grâce aux choix techniques de légèreté que nous avons fait pour ce nouveau Framalibre, nous avions la possibilité de l’héberger sur une forge logicielle, généralement surtout utilisée par des développeureuses pour collaborer ensemble.

Or, une forge, ça permet de relire le code de la copine, avant de l’ajouter définitivement à celui du logiciel, ou de discuter sur X ou Y propositions de modification. C’est exactement ce dont nous avions besoin pour la modération de notices : de quoi discuter, de quoi relire, la possibilité de faire “Pouce” ou “Non merci” quand on nous propose une notice pour… Microsoft Excel (oui oui !). Nous nous sommes donc basés sur l’interface de Gitlab, la forge logicielle libre sur laquelle repose Framagit, plutôt que de réinventer la roue.

(Et, je vous le dis depuis le futur, ça fonctionne très bien !)

Mais on en profite aussi pour creuser les usages

Pour se décider parmi cette myriade de micro-choix à faire, et aussi pour confronter Framalibre aux usages (cela avait-il déjà été fait auparavant ? Pas sûr !), j’ai profité de plusieurs rencontres avec vous pour faire tester la refonte en cours de réalisation.

Il en est sorti un apprentissage majeur : lorsque je cherche un outil / service / application libre, une fois ma recherche lancée, si j’ai plusieurs choix, je vais me tourner vers celui dont j’ai déjà entendu parler.

Quelques citations entendues pendant ces tests :

  • « Ah oui, ce logiciel, ça me dit un truc »
  • « Ah, je crois qu’on m’a déjà parlé de celui-là… »
  • « Est-ce qu’il est bien, celui-là ? »
  • « Et maintenant… lequel vous me recommandez ? »

Bref, ça n’est pas tout de lister des logiciels, il y a une part qui semble impondérable : la recommandation d’un·e humain⋅e, soit parmi vos proches, soit croisé⋅e sur un stand, lors d’un atelier, d’une animation… On n’allait pas y couper.

Et là, c’est le moment d’imaginer tout un tas de solutions avant de choisir la meilleure. Cela nous est passé par la tête (non) d’ouvrir une hotline Framalibre pour répondre à toutes vos questions, mais il nous a (étrangement !) semblé un peu compliqué de trouver le temps de la tenir sur la durée, aussi nous avons fait des choix plus… légers pour nos épaules déjà bien chargées (et qui permettent de diffuser ce pouvoir auprès de tous celleux qui ont déjà recommandé un logiciel libre autour d’elleux !)

Étape 1 : les recommandations des membres de Framasoft

Si Framalibre est un projet historique de Framasoft, c’est bien parce que depuis longtemps (toujours ? !), les membres de l’association passent leur temps à recommander leurs logiciels favoris. Nous avons collectivement une grande expérience de tout un tas de logiciels, pour pouvoir répondre à vos questions lorsque l’on tient des stands, selon nos affinités aussi (tout le monde ne saura pas vous recommander des logiciels de design ou de musique, mais certains sauront !), mais surtout parce que nous sommes tous tombés dans la marmite du logiciel libre à un moment ou à un autre, et que lorsqu’on a goûté aux logiciels libérateurs, on a envie de les recommander autour de nous !

Bref, nous avions une expérience suffisante au sein de l’association pour avoir envie de guider les utilisateurices de Framalibre vers les logiciels que nous recommandons déjà lorsque nous vous répondons “en direct”.

Aussi est venue l’idée de rajouter une caractéristique “mis-en-avant” dans les notices, et de créer un encart “Framasoft recommande” en haut de la recherche, pour vous recommander certains logiciels.

Mais (car il y a un mais !), cette section a vite été renommée “Les membres de Framasoft utilisent…”. En effet, si nous avons de l’expérience, nous ne connaissons pas tous les logiciels, et si nous voulons aider les utilisateurices à choisir, nous ne voulons pas leur faire croire que certains logiciels seraient moins “recommandables” que d’autres. Aussi cette section nommée “Les membres de Framasoft utilisent” a un titre bien plus long, mais aussi bien plus proche de la vérité : nous pouvons parler de ce que nous utilisons et nous aimons, rien de plus !

Une capture d'écran montrant des logiciels mis en avant comme étant utilisés par les membres de Framasoft

Étape 2 : dis-moi ce que toi, tu utilises !

Peu importe à quel point nous pouvions essayer d’optimiser la recherche, lorsque nous arrivons au moment où la personne a besoin de la recommandation d’un humain, jusqu’à présent, ça coince.

C’est pourquoi nous avons pensé à une nouvelle fonctionnalité, particulièrement conséquente mais sur laquelle nous basons beaucoup d’espoirs : Les mini-sites de recommandation !

  • Mais dis-moi Maiwann, c’est quoi un mini-site de recommandation ?
  • Eh bien Framy c’est très simple !

Un mini-site de recommandation, c’est une page web que toi, moi, et tous celleux qui le veulent, peuvent réaliser pour lister les outils émancipateurs qu’iels utilisent et les partager autour d’elleux. On peut imaginer les partager :

  • à sa famille,
  • aux membres de son association,
  • aux participant·es d’un de nos ateliers…

Il n’y a pas de limites (c’est libre dira l’autre !) autres que vos envies et votre imagination. Si vous souhaitez faire quatre sites, un pour votre conjoint, l’autre pour votre club de tricot, le troisième pour votre club “Les écolos anonymes”, et enfin pour le festival de musique que vous organisez, n’hésitez pas !

Pour vous détailler un peu comment cela s’est passé coté conception, nous voulions quelque chose d’assez simple en terme d’usage, tout en sachant que nous nous adressions à des gens qui étaient tout de même assez à l’aise pour bidouiller un peu, étant donné qu’ils avaient envie de recommander des logiciels libres, ils avaient déjà un peu testé des outils numériques pour les comparer. :)

Nous voulions aussi une page web qu’il était possible de faire évoluer dans le temps, selon si un outil devenait obsolète ou, si on en découvrait un nouveau dont on voulait absolument parler ! Il fallait aussi permettre de partager ce contenu, idéalement par une adresse web qu’il serait facile d’envoyer…

C’est alors que nous avons eu l’idée de nous baser sur un autre logiciel, nommé Scribouilli !

Scribouilli, un outil pour créer son petit site

Scribouilli a été conçu par une équipe de personnes qui avaient envie de rendre accessibles les sites… statiques (oh il y a comme un point commun là !) aux non informaticien·nes, pour leur permettre de créer facilement un petit site très simple.

Nous nous sommes dit qu’en faisant un peu évoluer cet outil, il serait possible de renvoyer les personnes qui voulaient créer leur mini-site de recommandations sur Scribouilli, plutôt que de développer une très grosse fonctionnalité sur Framalibre (et potentiellement rajouter la gestion des utilisateurs dans la, déjà longue, liste de choses à faire).

Il y avait 2 choses principales à faire pour adapter Scribouilli :

  • créer un thème graphique dédié (assez facile à faire)
  • permettre de créer son mini-site en se basant sur du libre uniquement (jusque là, Scribouilli passait par Github, il fallait maintenant passer par Gitlab). C’était le très très gros morceau ! !

Mais grâce au travail de L’Échappée Belle, les mini-sites existent et vous pouvez dès maintenant créer le vôtre !

Avant de les lancer, on a même pu prendre le temps de réaliser pas mal de tests utilisateur·ices pour vérifier que le parcours se tenait, ce qui nous a permis de rectifier quelques bricoles, pour que tout soit le plus facile possible à utiliser.

Étape 3 : les mini-sites de recommandations… de Framasoft

Maintenant que chacun·e pouvait créer des mini-sites, nous pouvions nous emparer d’un autre retour qui nous avait été fait lors des tests sur cette nouvelle version : « Ça fait un peu vide, il n’y a que le champ de recherche » / « Ça manque de recommandations ».

Du coup, nous avons décidé de réaliser nos propres mini-sites et de les mettre en avant sur la page d’accueil ! Pour cela, nous avons décidé de :

Et il en viendra sûrement d’autres !

Liste des mini-sits mis en avant sur Framalibre : Des applications libres pour Android, Des lecteurs de flux Web, Outils libres pour la cartographie, Les logiciels préférés de Framatophe, Les logiciels qui m'ont fait grandir, Libre sous Mac, Outils pour les designers

Deux mots sur le graphisme

Une fois toutes ces nouvelles fonctionnalités prêtes, nous avons pu passer un beau coup de peinture en adaptant la nouvelle charte graphique de Framasoft à ce nouveau Framalibre. Le beau fond violet et les titres sur fond orange donnent tout de suite une belle ambiance, conviviale et un peu fun au site, ce qui détonne pas mal avec la version précédente !

Il faut dire aussi que nous avons conçu Framalibre en “mobile first”, c’est-à-dire en concevant d’abord pour que le site fonctionne sur mobile, puis en l’adaptant pour les plus grands écrans. Cette façon de concevoir contraint davantage en début de projet, mais évite de se confronter au problème à la toute fin du projet, car il est parfois nécessaire de casser ce qui aurait été conçu sur grand écran pour trouver une façon de l’afficher sur les petits. En démarrant petit et minimaliste, pas de problème !

La sortie !

Framalibre nouvelle version a donc été publié officiellement le 26 décembre, comme un dernier cadeau de Noël déposé sous le sapin.

Depuis, nous avons été très surpris·es du grand nombre de contributions qui ont mis à jour ou ajouté de nouvelles notices ! Le pari de réaliser un formulaire anonyme est réussi, et la modération est facile d’accès et donc est redevenue collaborative, alors qu’elle reposait depuis plusieurs années sur les épaules de très peu de personnes.

Pour les mini-sites, c’est plus compliqué à savoir car nous ne sommes pas notifiés si vous en avez créés ! Aussi, nous vous proposons si vous en avez créé un, de le faire savoir via un hashtag #MonFramalibre sur votre média social favori pour que nous puissions les découvrir (et découvrir de nouveaux outils libres !)

Et maintenant ?

Eh bien il y a déjà du nouveau !

Nous avons amélioré la recherche qui était un peu… minimaliste (si vous cherchiez “Firefox” il fallait taper toutes les lettres avant d’avoir la notice qui s’affichait, pas top top).

Nous allons continuer à regarder quelles sont les petites améliorations que nous pouvons espérer faire avec notre niveau d’énergie. Nous en avons quelques unes qui nous plairaient énormément parmi lesquelles :

  • une feuille de style permettant l’impression des mini-sites (pour partager votre liste de logiciels en atelier ou en classe) ;
    • avoir une page avec la liste de toutes les notices ;
    • une page avec toutes les étiquettes ;
    • faire le lien entre un logiciel et les CHATONS qui le proposent…

Bref, nous avons du pain sur la planche !

Qu’est-ce que je peux faire ?

L’idéal pour nous, c’est de faire connaître encore davantage Framalibre et surtout, les outils qui s’y trouvent.

Pour cela vous pouvez :

  • parler de Framalibre autour de vous ;
  • créer votre mini-site et le partager (autour de vous ou avec le #MiniSiteFramalibre par exemple) ;
  • ajouter des notices de logiciel qui manquent (pour ensuite rajouter ce logiciel à votre mini-site !).

Créer son mini-site

Si vous avez envie de tester la création de votre propre mini-site, youpi ! Il y a seulement deux grandes étapes :

Étape 1 : créer sa page Scribouilli

Vous pouvez démarrer en créant votre premier site Scribouilli par ici.

Pensez bien à choisir “ma liste de recommandations liée à Framalibre” dans la liste déroulante.

Page de Scribouilli permettant de choisir "ma liste de recommendations liée à framalibre"

Étape 2 : rajouter vos logiciels préférés

Ensuite, vous pouvez naviguer sur l’annuaire pour choisir quels logiciels vous souhaitez ajouter à votre mini-site.

Pour vous faciliter la vie, sans trop compliquer notre nouveau Framalibre, nous avons créé un petit bouton “Copier pour mon mini-site” sur chaque notice. Vous pouvez cliquer dessus pour copier un bout de code HTML dans votre presse-papier, et le coller dans votre mini-site pour qu’un encart dédié à cette notice soit créé, avec le nom, le logo, et le lien vers la notice déjà tout rédigé !

Si vos logiciels préférés n’ont pas encore leur notice sur Framalibre, l’idéal est de contribuer à l’annuaire en créant une nouvelle notice pour que d’autres personnes puissent découvrir ce logiciel.

Étape optionnelle : partager sur un média social votre mini-site

En utilisant par exemple le #MiniSiteFramalibre pour que les autres personnes curieuses de découvrir des recommandations puissent tomber sur votre mini-site.

Dorlotons Dégooglisons

La première partie de ce travail touche à sa fin, après plus d’un an et demi de travail, qui a demandé la participation de plusieurs bénévoles pour le suivi de A à Z, une prestation technique aboutie de la part de Fanny et David de l’Échappée Belle, les retours de nombreux membres de Framasoft avant la publication de la v1, des tests utilisateurices avec des personnes volontaires pour donner un coup de main, une aide technique de la part des salariés de l’association… Bref un très gros travail nécessitant tout une galaxie d’énergies.

Car mettre à jour un Framaservice, faire de la recherche utilisateur, améliorer l’ergonomie de nos outils… tout cela n’a été possible que grâce à votre participation et/ou grâce à vos dons !

Merci encore pour votre soutien, et à bientôt pour de nouvelles aventures.

Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

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08.04.2024 à 07:42

Khrys’presso du lundi 8 avril 2024

Khrys

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer … Lire la suite­­
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Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


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  • Quand le capitalisme fait sécession (terrestres.org)
  • Toxicité des polluants éternels : les industriels savaient depuis 50 ans (reporterre.net)
  • Le capitalisme algorithmique, une dystopie devenue réalité (reporterre.net)
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  • Chronologie de l’attaque contre le logiciel libre xz (linuxtricks.fr)
  • RFC 9340 : Architectural Principles for a Quantum Internet (bortzmeyer.org)
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    Historically, the fact that some people […] couldn’t tell the difference wasn’t all that important, because people who fell prey to the sf-as-prophecy delusion didn’t have the power to re-orient our society around their mistaken beliefs. But with the rise and rise of sf-obsessed tech billionaires who keep trying to invent the torment nexus, sf writers are starting to be more vocal about distinguishing between our made-up funny stories and predictions

  • Pluralistic : Humans are not perfectly vigilant (pluralistic.net)

    The one thing AI is unarguably very good at is producing bullshit at scale.

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

  • Israel’s attacks on al-Shifa ‘are the actions of a rogue state’ : Analysis (invidious.fdn.fr)

    Antony Loewenstein, the author of The Palestine Laboratory, who has been reporting on Israel and the Palestinian territories for 20 years, has been speaking to Al Jazeera following Israel’s latest withdrawal from al-Shifa. He said the dozens of bodies the Health Ministry has discovered there are an indication of just how many people had been sheltering in the complex. “Even though hospitals have been targeted extensively by the Israelis, many civilians have nowhere else to go,” he told Al Jazeera. “Many Palestinians need intense medical care and hospitals are – well there’s nowhere safe in Gaza – but it’s somewhere to go and after Israel [first] pulled out of al-Shifa, the hope was that it would remain a safe place and clearly, it was not. “Not just bombing but air striking areas around these hospitals is not just a breach of international law, these are the actions of a rogue state, not a so-called democracy.”

  • Économie(s) d’énergie (attac63.site.attac.org)
  • PFAS : comment les industriels nous empoisonnent (invidious.fdn.fr)

Les trucs chouettes de la semaine

Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.

Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).

01.04.2024 à 07:42

Khrys’presso du lundi 1er avril 2024

Khrys

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28.03.2024 à 16:42

Comment Framasoft sensibilise les acteurices de la médiation numérique aux pratiques numériques éthiques

Framasoft

À l’occasion de la publication de la synthèse de l’atelier Comment accompagner les usagers à adopter des pratiques numériques éthiques ? proposé aux médiateurices numériques en octobre dernier lors de l’événement NEC [Numérique en communs], on vous propose un point d’étape … Lire la suite­­
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À l’occasion de la publication de la synthèse de l’atelier Comment accompagner les usagers à adopter des pratiques numériques éthiques ? proposé aux médiateurices numériques en octobre dernier lors de l’événement NEC [Numérique en communs], on vous propose un point d’étape sur les différentes actions que Framasoft mène au sein de l’écosystème de la médiation numérique.

Un constat : trop de GAFAM dans ce secteur !

Ces dernières années, chez Framasoft, nous déplorons que, sous couvert d’accompagner les personnes dans la découverte et la prise en main d’outils numériques, l’écosystème de la médiation numérique (ou inclusion numérique) évacue souvent un peu trop vite certaines questions : quels sont ces outils ? Quels sont leurs impacts sur celleux qui les utilisent ?

Ainsi, nous avons constaté à de multiples reprises qu’une nouvelle génération d’aidant⋅es et de conseiller⋅es numériques recommandaient à leurs bénéficiaires l’utilisation d’outils et services numériques privateurs sans les informer de l’existence d’alternatives plus éthiques. Et cette situation nous pose problème.

Ces bénéficiaires, qui sont dans leur grande majorité en situation de fracture numérique et d’illectronisme (difficultés d’accès et d’usage), sont aussi, la plupart du temps, des personnes fragilisées (en situation de précarité sociale, peu diplômées, aux revenus modestes ou isolées), premières victimes potentielles de l’appétit des géants du web. N’ayant pas ou peu connaissance des enjeux liés aux usages du numérique, elles ne sont pas en mesure de questionner les recommandations qui leur sont faites (surtout si ce sont des professionnel⋅les qui les leur font), et vont donc les appliquer à la lettre, contribuant ainsi à se maintenir dans une situation de dépendance (technologique cette fois-ci).

Au cours de la rédaction de cet article, nous avons découvert sur LinkedIn (réseau social où l’écosystème est très actif) cette publication de Florent Salem qui synthétise bien la situation :copie d'une publication LinkedIn de Florent Salem qui explicite le rapport des acteur⋅ices de la médiation numérique aux outils privateurs

Cette situation nous rappelle aussi qu’une partie des professionnel⋅les amené⋅es à aider ces personnes n’a pas été correctement formée aux enjeux du numérique. La formation initiale du dispositif CNFS (Conseiller⋅e numérique France Service) est basée sur le bloc de compétences « Accompagner différents publics vers l’autonomie dans les usages des technologies, services et médias numériques » du titre professionnel REMN (Responsable d’Espace de Médiation Numérique), mais la liste des compétences à développer n’est pas détaillée. Ainsi, rien n’oblige les organismes de formation en charge de cette formation initiale à former aux enjeux éthiques, sociaux et environnementaux du numérique. Si certains (coucou Zoomacom !) s’en sont emparés, beaucoup de CNFS n’en ont jamais entendu parler !

capture du bloc de compétences RNCP34137BC01 (titre pro REMN)

bloc de compétences du titre professionnel REMN

Du côté des offres ciblées de formation continue à destination des CNFS, ce n’est pas mieux. Par exemple, l’ARNia (Agence Régionale du Numérique et de l’intelligence artificielle en Bourgogne-Franche-Comté, en charge de la mission régionale pour la médiation numérique en Bourgogne-Franche-Comté) propose au sein du catalogue de formation pour les CNFS la formation Créer, utiliser une boîte email et gérer ses courriers dont on peut trouver au programme :

extrait du catalogue de formation pour CNFS

Vous vous en doutez, ça nous hérisse les poils de lire que les CNFS qui suivront cette formation ne se verront présenter que deux services de messagerie, dont aucun ne peut être considéré comme éthique !

Souhaitant agir sur cette situation, Framasoft s’est rapproché de l’écosystème de la médiation numérique ces dernières années afin de sensibiliser les acteurices aux pratiques numériques éthiques.

Approcher l’écosystème de la médiation numérique

Jusqu’à il y a peu, chez Framasoft, on ne pensait pas être des acteur⋅ices de la médiation numérique. Alors que pourtant, nous aussi, nous concevons et produisons de ressources pédagogiques et documentaires pour différents supports (ateliers, manuels, cours en ligne, etc.) et élaborons des actions de sensibilisation aux enjeux du numérique pour faciliter l’appropriation de savoirs et de nouvelles pratiques numériques. D’ailleurs, chaque année, nous accompagnons plusieurs centaines de personnes à questionner leurs pratiques et nous leur proposons de s’en émanciper en adoptant des outils numériques plus éthiques.

Depuis 2019, nous nous sommes rapproché⋅es petit à petit de cet écosystème en participant à plusieurs événements du secteur :

  • atelier Médiation numérique et contribution aux logiciels libres lors de la 2ème édition de NEC [Numérique en Communs] organisée les 17 & 18 octobre 2019 à Marseille ;
  • intervention sur les enjeux de médiation et de culture numérique pour tous et atelier Peut-on se passer des GAFAM ? lors du NEC Haute-Savoie organisé le 26 novembre 2021 à Annecy (téléchargez le carnet en faisant la synthèse) ;
  • atelier Pratiques numériques éthiques dans l’accompagnement des usagers pour les acteurs de la médiation numérique du bassin Chambérien accompagnés par le projet Transistor – incubateur numérique inclusif de l’Agence Alpine des territoires le 10 mars 2022 à Chambéry ;
  • pitch pour présenter PeerTube lors de la 4ème édition de NEC organisée les 28 et 29 septembre 2022 à Lens.

Nous avons aussi cherché à développer nos relations avec les acteurices historiques de la médiation numérique. En septembre 2022, nous avons rejoint le sociétariat de la MedNum, la coopérative des acteurs de la médiation numérique pour y porter la voix d’un numérique émancipateur. Nous sommes ainsi en contact avec les différentes organisations de l’écosystème et avons développé des relations plus poussées avec certaines d’entre elles (coucou Coll.In, Hubikoop, Zoomacom, etc.). Nous incitons ces organisations à s’emparer du sujet, à modifier leurs pratiques numériques en interne et à sensibiliser leurs bénéficiaires.

Et c’est suite à de nombreux échanges avec Yann Vandeputte, en charge du titre professionnel REMN (Responsable d’Espace de Médiation Numérique) au sein de l’AFPA, que nous avons publié la série d’articles Lost in médiation en mars et avril 2023.

Un parcours pour acculturer aux enjeux et outils numériques éthiques avec Hubikoop

Fin 2021, Marley Nguyen-Van, chargé de développement territorial au sein de Hubikoop (Hub territorial pour un numérique inclusif de la région Nouvelle-Aquitaine), nous contacte afin de développer des actions en commun. De ces échanges émergera rapidement le projet de proposer aux conseiller⋅es numériques de la région Nouvelle Aquitaine un dispositif pour les acculturer aux enjeux, dispositifs et ressources en matière de pratiques numériques éthiques, afin qu’iels puissent à leur tour transmettre leurs connaissances à leurs équipes, leurs partenaires et même en faire bénéficier leurs publics.

Nous concevons un parcours pédagogique en 8 webinaires d’une durée de 2h que nous intitulons Parcours d’accompagnement à la découverte des services numériques éthiques (oui, on n’a pas été super originaux sur ce coup là ^^) et dont l’articulation est la suivante :

– webinaire 1 – C’est quoi le problème avec les géants du web ?
– webinaire 2 – Alternatives et résistances : comment se réapproprier Internet ?
– webinaire 3 – Logiciels et services libres, de quoi parle-t-on ?
– webinaire 4 – Dégooglisons Internet : une offre de services libres
– webinaire 5 – Protéger sa vie privée sur Internet
– webinaire 6 – Libérer son smartphone Android
– webinaire 7 – Des outils libres pour collaborer
– webinaire 8 : Des outils libres pour communiquer

Un calendrier est proposé pour des webinaires répartis entre avril et juin 2022. Il est convenu que Framasoft prendra en charge l’animation de ces webinaires et fournira l’outil technique (un salon dédié sur notre instance Big Blue Button). Hubikoop se chargera de l’organisation de l’action et du ciblage des potentiel⋅les participant⋅es. Cependant, nous recontrons des difficultés à mobiliser des participant⋅es et le parcours sera finalement reprogrammé à la rentrée scolaire (entre septembre 2022 et février 2023).

Le premier webinaire, programmé le 20 septembre, réunit une cinquantaine de personnes et au final, le parcours sera suivi en intégralité (les 8 webinaires) par une trentaine de professionnel⋅les de l’inclusion numérique. Certain⋅es ne suivront pas tous les webinaires, mais la fréquentation sera tout de même de 37 personnes en moyenne. Tous les webinaires ont été enregistrés et il est désormais possible de les visionner sur Framatube.
Au regard du nombre de participant⋅es,l’action est considérée comme une réussite. Afin d’en savoir plus, nous leur avons envoyé un questionnaire pour recueillir leur avis sur le parcours et l’impact que celui-ci avait sur leurs pratiques professionnelles. Seulement 13 d’entre elleux y ont répondu malgré les nombreuses relances et iels ont toustes indiqué être satisfait⋅es de manière générale du parcours. Iels sont 94 % à préciser que le parcours a répondu à leurs attentes, 82 % à exprimer leur satisfaction concernant la durée du parcours d’accompagnement et 88 % à être satisfait⋅es du niveau d’explication donné par les intervenant⋅es.

Graphiques présentant les taux de satisfaction des participant⋅es au parcours

Ce parcours semble donc avoir répondu aux besoins et attentes des participant⋅es, qui précisent les points forts suivants :

  • des modules très riches en informations et explications (enjeux et outils) ;
  • un argumentaire permettant de convaincre ;
  • la posture des intervenant⋅es ;
  • la diversité des thématiques abordées ;
  • le partage des supports et des replays.

Ce qui nous importait aussi, c’était de savoir si les connaissances acquises allaient être utilisées dans leur contexte professionnel. Iels sont 64 % à indiquer que le parcours leur a permis de renforcer leurs pratiques professionnelles et 76 % à souhaiter mettre en place des ateliers sur les thématiques abordées. Mais iels ont aussi indiqué que le format webinaire ne permettait pas de réellement mettre en pratique et ont suggéré que soient organisés des temps d’échanges permettant d’identifier les activités et postures pour porter ces sujets auprès des publics accompagnés.

Des ateliers pour identifier pratiques et postures de médiation afin d’accompagner les pratiques numériques éthiques

Si ce parcours a permis aux participant⋅es de mieux comprendre la toxicité des géants du web et de découvrir de nombreuses alternatives à leurs services, il n’y était en effet pas inclus de temps dédié aux méthodes de médiation sur ces questions. Car c’est une chose de comprendre les enjeux et de savoir utiliser soi-même les outils, ça en est une autre d’accompagner des personnes ayant peu de maîtrise du numérique dans cette voie.

Avec Hubikoop, nous avons donc envisagé de proposer à toutes les personnes ayant suivi le parcours de se retrouver pendant une journée complète avant l’été 2023 afin d’échanger sur les différentes modalités de médiation au numérique éthique. Comme les participant⋅es étaient géographiquement assez éloigné⋅es (c’est grand la Nouvelle Aquitaine !), on pensait proposer cette journée en amont ou en aval d’un événement professionnel. Ceci n’a finalement pas pu se faire immédiatement. Apprenant que le NEC national allait avoir lieu à Bordeaux en octobre 2023, nous y avons vu l’opportunité de programmer cette journée la veille de l’événement. Mais nous avons sû très vite que ça ne serait pas possible vu que les CNFS étaient déjà mobilisés ce jour là. Afin que le sujet puisse tout de même être abordé, nous avons proposé un atelier plus court afin qu’il soit intégré au programme du NEC.

visuel atelier au NEC

Intitulé Comment accompagner les usagers à adopter des pratiques numériques éthiques ?, l’atelier proposait aux participant⋅es de réaliser un état des lieux de leurs pratiques de médiation aux outils numériques éthiques et de questionner les postures de médiation spécifiques à cette thématique. Après une introduction rappelant le contexte de l’atelier (suite du parcours) et reprécisant ce qu’est le numérique éthique, les participant⋅es ont partagé en groupes les différentes façons dont iels portent la question du numérique éthique. Afin de garder une trace de ces échanges, il était proposé de compléter des fiches (1 fiche activité / dispositif formalisé et 1 fiche accompagnement informel). La seconde partie de l’atelier a permis de mettre en commun des éléments les plus signifiants de chaque groupe et de questionner les participant⋅es sur la reproductibilité de ces pratiques.

Ce même atelier a été aussi proposé lors de l’événement NEC Hauts de France Les Communs pour un numérique au service de tous le 7 novembre 2023 à Lille et le sera aussi lors du NEC Grand Est #1 Libertés numériques le 9 avril prochain à Strasbourg (il est encore temps de s’inscrire, mais ne tardez pas !).

Une synthèse de l’ensemble des dispositifs de médiation numérique partagés lors des deux ateliers a été réalisée. Nous avons proposé aux personnes ayant participé à ces ateliers et à celles ayant suivi le parcours un nouveau webinaire le 24 janvier 2024 durant lequel nous avons commenté et enrichi collectivement cette synthèse, laquelle a été mise en forme afin d’être diffusée au plus grand nombre.

Illustration de la couverture de la synthèse de l'atelier

Cliquez sur l’image pour télécharger la synthèse de l’atelier

Ce document, après avoir rappelé ce qu’on entend par numérique éthique, présente sous deux angles les dispositifs de médiation aux pratiques numériques éthiques. La première partie propose plusieurs pistes pour susciter la curiosité des bénéficiaires sur la thématique, que ce soit en outillant les espaces de médiation numérique, en fournissant de la documentation ou en accompagnant au cas par cas les usages. La seconde partie regroupe, elle, plusieurs pistes d’activités pour inviter les bénéficiaires à s’emparer de la question, telles que des temps de réflexions-discussions ou l’organisation d’ateliers spécifiques pour découvrir et manipuler ces outils.

Si vous avez mis en place ou avez connaissance de dispositifs de médiation qui n’apparaissent pas dans ce document, n’hésitez pas à nous l’indiquer en commentaire afin qu’on l’enrichisse. Nous espérons que les acteur⋅ices de la médiation numérique s’appropriront ces différents dispositifs et qu’iels nous partagerons leurs retours d’expérience.

Et la suite ?

Dans les mois et années à venir, Framasoft souhaite continuer à s’intégrer dans l’écosystème de la médiation numérique, que ce soit en intervenant lors des événements de la communauté, en produisant des ressources afin d’aider les médiateur⋅ices à mieux appréhender ces questions du numérique éthique ou en développant de nouveaux projets avec les organisations du secteur.

25.03.2024 à 07:42

Khrys’presso du lundi 25 mars 2024

Khrys

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20.03.2024 à 10:52

MLC44, une association et une monnaie locale en cours de libération des géants du numérique

Framasoft

Depuis plusieurs années, nous publions régulièrement (tant que faire se peut du moins !) des articles témoignant de la dégafamisation de structures associatives ou relevant de l’économie sociale et solidaire. Dans le cadre du lancement de emancipasso.org, notre nouvelle initiative pour … Lire la suite­­
Texte intégral (3224 mots)

Depuis plusieurs années, nous publions régulièrement (tant que faire se peut du moins !) des articles témoignant de la dégafamisation de structures associatives ou relevant de l’économie sociale et solidaire. Dans le cadre du lancement de emancipasso.org, notre nouvelle initiative pour accompagner les associations vers un numérique plus éthique (lire l’article de lancement), nous avons eu envie de reprendre la publication de ces témoignages.

Pour ce faire, nous avons lancé un appel à participation sur nos réseaux sociaux et quelques structures nous ont répondu (vous pouvez continuer à le faire en nous contactant) ! Nous sommes donc ravis de reprendre une nouvelle série d’articles de dégafamisation avec aujourd’hui le témoignage de MLC44, qui porte la monnaie locale Moneko. Merci à Thibaut pour son témoignage riche, et bonne lecture !

Bonjour, peux-tu te présenter brièvement pour le Framablog ? Qui es-tu, ton parcours ? Ton rôle dans l’association ?

Je suis Thibaut, 41 ans. De formation ingénieur en informatique et travaillant dans une ESN spécialisée dans l’open-source au civil ;) J’ai débuté comme développeur web PHP, évolué dans le pilotage de projet et la direction d’un centre de production et suis actuellement dans des fonctions plus commerciales, toujours dans la même ESN.

Au sein de l’association MLC44, je suis bénévole : membre élu du collectif qui pilote l’association et aidant sur toutes les problématiques liées aux outils informatiques à travers la commission support (c’est un groupe de travail, rassemblant bénévoles et certains membres de l’équipe salariée, chargé de donner les moyens et outils à l’association pour remplir ses objectifs).

Tu nous parles de ton association ? Quel est son objet, les valeurs qu’elle porte ?

MLC44 est l’association qui porte Moneko, une monnaie locale et citoyenne qui circule dans le département de la Loire-Atlantique. La monnaie circule au sein d’un réseau de particuliers et de structures partenaires agréées (commerces, restaurants, producteurs, artisans, associations, professions libérales, etc.), réunis autour d’une charte de valeurs et qui intègrent des préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs activités.

Sans possibilité d’épargne et non spéculative, cette monnaie est adossée (on dit aussi complémentaire) à l’euro. Comme la plupart des monnaies locales, c’est un outil d’éducation populaire : Moneko permet aux citoyen⋅nes de se réapproprier l’usage de la monnaie, d’en découvrir les enjeux, de s’impliquer dans la gouvernance de leur monnaie, d’échanger et de partager au sein d’un réseau solidaire pour devenir acteur de la transition économique et écologique de leur territoire.

Cela a bien fonctionné avec moi, car depuis que je suis adhérent, j’ai déplacé une bonne partie de ma consommation vers des structures locales. Ça devient assez ludique quand on s’y met ;)

Le fonctionnement de Moneko. Source : site de Moneko

En termes d’organisation, combien y a-t-il de membres ? y a-t-il des salarié⋅es ? Êtes-vous localisé géographiquement ou bien un peu partout ?

Nous avons 4 salariés et 1 à 2 VSC (Volontaire en Service Civique) suivant les périodes. Les bureaux de l’association sont localisés à Nantes au sein du Solilab (super lieu réunissant plein d’énergies autour de l’ESS), mais nous avons aussi des groupes locaux dans plusieurs lieux du 44. Notre objectif est de les multiplier sur le territoire de la monnaie. L’association rassemble une cinquantaine de bénévoles et les adhérents à la monnaie sont à ce jour près de 1000 (760 particuliers et 220 pros à jour de leur cotisation).

Vous diriez que les membres de l’association sont à l’aise avec le numérique ou pas du tout ? Ou bien c’est assez disparate ?

La majorité est plutôt à l’aise et en plus volontaire pour progresser, cela aide beaucoup !

Quel a été le déclencheur de votre dégafamisation ? Qu’est-ce qui vous a motivés ?

Quand j’ai rejoint l’association en 2021, le sujet était déjà dans les objectifs de l’association avec quelques premières actions en cours. Utiliser des outils libres ou open-source plutôt que les outils des GAFAM ou propriétaire est une préoccupation proche des valeurs qui guident notre association. C’est donc une voie d’évolution tout à fait naturelle pour nous et facilement compréhensible par nos membres.

En dehors donc de l’aspect valeur, une autre motivation est l’autonomie que cela peut nous apporter : nous trouverons toujours une ressource apte à maintenir/développer nos outils vs du propriétaire, et en plus cela nous rend moins dépendant d’un prestataire. Nous identifions également des bénéfices en termes de coût financier à moyen/long terme une fois l’investissement initial passé (mise en place et montée en compétence des équipes).

C’est aussi l’occasion de travailler à plus facilement fédérer/mutualiser nos usages et outils au niveau national, voire européen avec les autres monnaies locales (coucou à nos copains du mouvement SOL). C’est une des raisons pour laquelle nous avons également rejoint l’association Lokavaluto qui est un commun numérique à destination de projets de l’ESS tels que les Monnaies Locales complémentaires et Citoyennes, les Sécurités sociales de l’alimentation, les SEL, les places de marché locales, etc.

Quels sont les moyens humains mobilisés sur la démarche ? Y a-t-il une équipe dédiée au projet ? Quelles compétences ont été nécessaires ?

Il n’y a pas réellement de personne dédiée au sujet. Cette démarche restant chaque année suivie et présente dans le plan d’action de l’association, nous nous en soucions régulièrement. Pour aller dans le détail, c’est la commission support de l’association qui en a la responsabilité et qui suit l’avancement. Étant dans cette commission et par ailleurs défenseur de l’open-source, j’ai pris en main le dossier ;) Mais je suis aidé par d’autres bénévoles qui aident à la mise en place des outils et à la formation des utilisateurs, tout comme notre partenaire Lokavaluto qui met à disposition de nombreux tutoriels et formations.

Comment avez-vous organisé votre dégafamisation ? Plan stratégique machiavélique puis passage à l’opérationnel ? Ou par itérations et petit à petit, au fil de l’eau ?

Cela se passe plutôt par itération et au fil d’eau. Une première étape a été de dresser la liste des outils majeurs utilisés par tous les intervenants de l’assocation.

Nous avons ensuite cherché une alternative libre adéquate. La liste a ensuite été priorisée pour déterminer en fonction des contraintes et de la difficulté à migrer, dans quel ordre nous allions procéder. Au fur et à mesure, cela nous a construit une sorte de plan d’action sur cette démarche. Mais le plan continue d’évoluer : nous découvrons de temps en temps l’usage d’un outil qui n’avait pas été identifié mais aussi, nous restons en veille sur les solutions et pouvons donc changer quelques priorités. À titre d’exemple, lors de notre récent changement d’outil pour notre site internet, nous en avons profité pour migrer nos vidéos de Youtube vers un Peertube alors que ce n’était pas forcément prévu.

En plus de ces itérations au niveau global, nous pouvons aussi itérer au niveau de chaque outil : on ne cherche pas forcément la perfection dès le départ. L’idée c’est d’avancer. Par exemple, certain-e-s utilisateur-ices commencent à utiliser le nouvel outil et pas tous en même temps. Cela permet aussi de faciliter l’acceptation du changement et pour nous d’avoir le temps d’accompagner « tranquillement » les utilisateurs.

L’association étant en plein changement d’échelle, toute la difficulté est d’arriver à faire les changements sans trop bouleverser les habitudes des intervenant-e-s qui sont déjà bien chargé-e-s par le quotidien.

Est-ce que vous avez rencontré des résistances que vous n’aviez pas anticipées, qui vous ont pris par surprise ? Au contraire, y a-t-il eu des changements dont vous aviez peur et qui se sont passés comme sur des roulettes ?

Je dirais qu’il faut être vigilant si certains de vos prestataires sentent le vent tourner. L’idée est de bien faire maintenir le niveau de service attendu jusqu’au bout.

Un autre point d’attention également, c’est d’être vigilant lors de l’arrivée de nouvelles personnes (ce qui peut arriver fréquemment dans une association). Le nouvel arrivant doit prendre les bonnes habitudes, et éventuellement perdre ses mauvais réflexes perso/pro d’utilisation d’outil Gafam ;) Cela peut être un peu délicat, car la personne arrive avec de l’envie et de l’énergie pour faire progresser l’association, il faut donc bien expliquer la démarche, le pourquoi et généralement ça se passe bien !

Autre vigilance à avoir : lorsque de nouveaux besoins sont exprimés, l’équipe doit avoir le réflexe de d’abord chercher des solutions libres/open-source, il faut parfois le rappeler.

Enfin, il faut globalement rester un peu souple : notre objectif est d’avant tout de faire progresser l’usage de notre monnaie locale Moneko. Nous ne devons donc pas être sectaires et interdire l’usage d’outil propriétaire ou GAFAM quand l’alternative n’apporte pas un service suffisant où est trop coûteuse (temps/argent) à mettre en œuvre pour le moment. (Mais on le garde dans nos radars pour une future voie d’amélioration !)

Parlons maintenant outils ! À ce jour, on en est où ? Quels outils ou services avez-vous remplacé, et par quoi, sur quels critères ?

Certains outils sont migrés, d’autres en cours et d’autres sont encore dans la TODO list ;) Voici un état des lieux :

  • Partage de fichiers : Google Drive vers Nextcloud : en cours/partiel, ici la stratégie a été d’abord de migrer nos documents publics (cela permet d’évangéliser notre public) avant tout l’interne qui demande un gros boulot de tri.
  • Suite bureautique : Google => Onlyoffice : en test, ici aussi la marche est importante car il y a beaucoup d’historique et c’est un outil du quotidien pour l’équipe. Nous allons y aller au fur et à mesure.
  • Mesure du trafic web : Google Analytics => Matomo, terminé : cela a été facile à faire à l’occasion de la refonte de notre site web.
  • Fichiers tableurs pour gérer l’asso : Excel => Odoo, en finalisation, nous avons migré toute la gestion de nos membres en 2023 et avons pu automatiser les relances de début 2024 avec le nouvel outil. Un gain de temps assuré au final.
  • Gestion des mails : Gmail => Thunderbird (bureau) + Roundcube (web), en cours/partiel : seuls quelques membres ont franchi le pas, il y a pas mal d’accompagnements à faire.
  • Système d’exploitation : Windows => Ubuntu, à commencer : l’idée est d’abord d’installer un poste à l’occasion d’un nouvel arrivant pour ensuite proposer la migration à ceux qui le veulent. Cela se fera sur un temps long.
  • Messagerie instantanée : Whatsapp => Rocketchat, en cours : l’usage de Whatsapp est de moins en moins fréquent, mais l’usage de Rocketchat a encore du mal à prendre.
  • Conférence audio et vidéo : Zoom => Big Blue Button, terminé : la bascule s’est faite assez rapidement d’autant plus que cela nous a permis d’économiser quelques dizaines d’euros par mois !
  • Carte géographique : Google Maps => Gogocarto, en cours : la migration des données prend un peu de temps, mais ça ne va pas tarder
  • Hébergement vidéo : Youtube => PeerTube, terminé : cela a été facile à faire à l’occasion de la refonte de notre site web.

Pour répondre à ta question sur les critères majeurs c’est : réponse au besoin, ergonomie de la solution, pérennité de l’outil.

Comment avez-vous choisi s’il y avait plusieurs alternatives ?

Beaucoup de choix se sont faits en discutant avec notre écosystème (Lokavaluto, SOL, autres monnaies, autres structures du Solilab, etc.) et en observant leur usage. Nous tenons aussi compte de notre capacité à avoir de la compétence interne pour accompagner les utilisateurs fonctionnellement. La pérennité de l’outil et la capacité à trouver facilement des ressources techniques pour maintenir/corriger un bug compte aussi.

Planche de billets Moneko

À quoi ressemblerait la planche à billet Moneko ? Source : site de Moneko

Est-ce qu’il reste des outils auxquels vous n’avez pas encore pu trouver une alternative libre et pourquoi ?

Il nous reste l’outil de gestion des transactions de la monnaie (cyclos) : nous avons une piste avec Com’Chain, mais nous n’envisageons pas encore la migration car trop risquée. C’est le cœur de notre activité : l’outil est encore jeune, on surveille les évolutions de l’outil et ses avancées. Mais cela exigera aussi de notre part une maturité technique que nous n’avons pas encore.

Quels étaient vos moyens humains et financiers pour effectuer cette transition vers un numérique éthique ?

Nous n’avons pas de ressource ou temps dédié, c’est un sujet du quotidien porté par la chargée de coordination et les bénévoles « techniques ». Comme cela reste un objectif précis de l’association, les membres les plus actifs l’ont bien en tête et sont facilitateurs.

Avez-vous organisé un accompagnement de vos utilisateur⋅ices ?

Oui, nous essayons d’accompagner au mieux les utiliateur⋅ices, avec par exemple :

  • une formation régulière aux nouveaux usages (Odoo notament) : à chaque déploiement de nouveau module (ex. : facturation, gestion RH), nous formons les utilisateurs (+ tutoriel vidéo/retranscription vidéo de formations d’autres MLC mis à dispo par Lokavaluto)
  • des tutoriels sous forme de diapo pour expliquer des cas d’usage

Mais on ne peut pas le faire systématiquement. Donc on compte aussi sur la débrouillardise car comme dit plus haut, on essaye de sélectionner avant tout des outils ergonomiques et qui fonctionnent bien à l’instinct. Mais lorsqu’on nous remonte une difficulté, on passe en mode support par tchat et mails (voir téléphone pour les urgences, mais c’est rare) L’idée est que les utiliateur⋅ices aient bien une personne d’identifiée à contacter en cas de besoin.

Est-ce que votre dégafamisation a un impact direct sur votre public ou utilisez-vous des services libres uniquement en interne ? Si le public est en contact avec des solutions libres, comment y réagit-il ? Est-il informé du fait que ça soit libre ?

Cela peut avoir un impact via l’exemple. Quand on propose un document à télécharger par exemple, c’est sur nuage.moneko.org. Les utilisateurs voient que c’est du Nextcloud et non du Google Drive. On laisse les crédits des solutions qu’on utilise pour contribuer. Mais en effet, ta question m’amène à me demander si on ne pourrait pas faire une page dédiée pour montrer nos choix et notre démarche. Je le note dans la todo ;)

Quels conseils donneriez-vous à des structures comparables à la vôtre qui voudraient se dégafamiser elles aussi ? (erreurs à ne pas commettre ? Astuces et bonnes pratiques éprouvées à l’usage ?)

Quelques conseils en vrac : entourez-vous de personnes en phase avec l’objectif, ne soyez pas seul, allez-y tranquillement, montrez l’exemple par vos propres usages, itérez, essaimez, montrez les bénéfices, l’alignement des valeurs et ne vous découragez pas s’il y a quelques entorses ou petits retours en arrière, la route est longue mais… [Ndr : … la voie est libre 🙂 ] ;)

Un mot de la fin, pour donner envie de migrer vers les outils libres ?

Avancer sur cette migration peut aider à se sentir bien, cela fait partie des gestes positifs à apporter à notre société, cela aide au bien-être mental et à lutter contre la dissonance cognitive que l’on peut avoir dans nos activités quotidiennes/pro.

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