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Mr Mondialisation

Think tank informel et citoyen francophone à visée internationale


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16.06.2026 à 06:00

Walipini Terres Vivantes prépare les ruralités au changement climatique

Mr Mondialisation

Dans l’Allier, à l’Oasis de Chabanusse, l’association de recherche-action Walipini Terres Vivantes expérimente des solutions d’agroécologie, de gestion de l’eau et d’adaptation climatique, tout en faisant le pari de la science ouverte et du partage des connaissances. Son ambition : permettre aux territoires de construire eux-mêmes leur résilience. Face aux sécheresses, aux canicules et à […]

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Texte intégral (1708 mots)

Dans l’Allier, à l’Oasis de Chabanusse, l’association de recherche-action Walipini Terres Vivantes expérimente des solutions d’agroécologie, de gestion de l’eau et d’adaptation climatique, tout en faisant le pari de la science ouverte et du partage des connaissances. Son ambition : permettre aux territoires de construire eux-mêmes leur résilience.

Face aux sécheresses, aux canicules et à la privatisation des ressources en eau, les territoires ruraux sont en première ligne du changement climatique. Pourtant, les solutions techniques et les connaissances scientifiques restent souvent difficiles d’accès pour les élus locaux, les agriculteur·ices ou toute personne désireuse d’agir. Walipini Terres Vivantes, association de recherche collaborative, veut préparer les territoires ruraux aux changements climatiques. 

Pour Mr Mondialisation, Lionel, fondateur du projet, revient sur cette démarche qui mêle expérimentation, coopération et transmission, avec la conviction que les réponses aux crises écologiques émergeront aussi des initiatives locales.

Lionel, au moment de l’excavation du futur laboratoire

Entretien avec Lionel, Walipini Terres Vivantes

Mr Mondialisation : Pouvez-vous présenter l’association et expliquer comment est née cette initiative dans l’Allier ?

Lionel : « Walipini Terres Vivantes est une association de recherche-action citoyenne née d’une conviction simple :

« le dérèglement climatique est déjà là et les habitants, les petits agriculteurs ou les communes rurales n’ont pas toujours accès aux outils pour y faire face. »

Autour de l’Oasis de Chabanusse, nous développons un walipini, une serre semi-enterrée utilisant l’inertie thermique du sol, mais notre ambition dépasse largement cet ouvrage : démontrer que des solutions locales, reproductibles et accessibles peuvent répondre aux défis climatiques. »

Mr Mondialisation : Vous définissez votre démarche comme un espace d’expérimentation et de recherche citoyenne. Que recouvre concrètement cette approche ?

Lionel : « Nous expérimentons, nous mesurons et nous publions tout, y compris nos échecs. Les questions de recherche viennent du terrain et sont construites avec les habitants, les agriculteurs ou les techniciens, pas uniquement par des institutions. Nos protocoles sont documentés, reproductibles et diffusés sous licence libre afin que chacun puisse les réutiliser et les améliorer. »

Mr Mondialisation : Qu’est-ce que l’Oasis de Chabanusse et quel rôle joue-t-elle dans votre démarche ?

Lionel : « Chabanusse est notre laboratoire à ciel ouvert. Nous y expérimentons un walipini enterré, des systèmes de drainage, des suivis climatiques et des aménagements favorables à la biodiversité afin de mesurer concrètement leur efficacité.

Mais c’est aussi un lieu de démonstration et de transmission. Ce qui fonctionne ici doit pouvoir être reproduit ailleurs par des collectivités, des agriculteurs ou des collectifs citoyens. Notre objectif, à terme, est de devenir inutiles : que chacun sache faire. »

Visuel du projet – avec toutes autorisations @walipini terres vivantes

Mr Mondialisation : Selon vous, les territoires ruraux sont-ils suffisamment préparés aux bouleversements climatiques à venir ?

Lionel : « Non. Les métropoles concentrent souvent les moyens humains et financiers alors que les petites communes disposent de peu de ressources techniques pour anticiper ces transformations.

« L’adaptation ne se décrète pas depuis le sommet. Elle suppose des lieux où l’on peut apprendre, expérimenter et partager des solutions concrètes. »

C’est précisément la vocation de Chabanusse. »

Mr Mondialisation : Quelles sont aujourd’hui les principales vulnérabilités que vous observez sur le terrain ?

Lionel : « L’eau est au cœur de tous les enjeux. Les sécheresses s’intensifient, les nappes réagissent plus rapidement et il devient indispensable d’apprendre à stocker et gérer cette ressource différemment.

À cela s’ajoutent des calendriers agricoles bouleversés, une biodiversité qui s’érode et des besoins énergétiques croissants. Le plus inquiétant est que toutes ces vulnérabilités se renforcent mutuellement. »

Mr Mondialisation : Vous produisez et diffusez vos propres travaux. Pourquoi avoir fait le choix de la science ouverte ?

Lionel : « Les connaissances existent souvent déjà, mais elles sont dispersées ou difficiles d’accès pour les acteurs locaux. Notre démarche consiste à produire des données transparentes, à distinguer clairement ce qui est démontré de ce qui reste à vérifier et à publier méthodes comme résultats sous licence libre.

Nous ne demandons pas aux gens de nous croire : nous voulons leur donner les moyens de vérifier, reproduire et enrichir ces connaissances.

« L’adaptation climatique ne peut pas reposer sur des savoirs réservés à quelques-uns. Si une méthode permet de mieux gérer l’eau ou de protéger des cultures, elle doit être accessible à tous. »

Le savoir libre est une condition de l’autonomie des territoires et, au fond, de la démocratie locale. »

Mr Mondialisation : Comment préservez-vous votre indépendance intellectuelle et scientifique ?

Lionel : « Nous avons fixé deux règles simples : aucun financeur ne peut représenter plus d’un tiers de nos ressources et aucun ne peut exiger la confidentialité de nos résultats. Tous nos travaux sont publiés en licence ouverte. La pluralité des soutiens et la transparence sont les meilleures garanties de notre indépendance. »

Mr Mondialisation : Le projet de walipini constitue l’une de vos réalisations les plus visibles. Quels enseignements espérez-vous en tirer ?

Lionel : « Le walipini est avant tout un démonstrateur scientifique. Nous allons mesurer son comportement thermique, ses besoins en eau, ses rendements et ses coûts dans les conditions climatiques du centre de la France.

Notre objectif est de produire des données fiables et un cahier des charges reproductible afin que d’autres territoires puissent s’approprier cette solution en connaissance de ses atouts comme de ses limites. »

Mr Mondialisation : Quel rôle les individus peuvent-ils jouer dans la construction des solutions face aux crises environnementales ?

Lionel : « Un rôle central. Les citoyens ne sont pas seulement destinataires des politiques publiques : ils peuvent devenir observateurs, co-concepteurs et relais de diffusion des connaissances. Les solutions les plus robustes naissent de la rencontre entre les savoirs scientifiques, techniques et les expériences du terrain. »

Mr Mondialisation : À travers Walipini Terres Vivantes, cherchez-vous seulement à expérimenter des solutions techniques ou aussi à défendre une autre vision de la société ?

Lionel : « Les deux sont indissociables. La résilience n’est pas un produit que l’on livre à un territoire : c’est une capacité qui se construit collectivement, en changeant notre rapport à la connaissance, au temps et au vivant.

Ce trou creusé dans la terre de l’Allier n’est pas un bunker pour survivalistes. C’est un laboratoire qui montre qu’il est encore possible de bâtir des solutions utiles et résilientes avec trois ingrédients simples : du sol, de l’eau et du temps. »

Mauricette Baelen


Photo de couverture : Walipini Terres Vivantes

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15.06.2026 à 18:11

Limitarisme : à partir de combien plafonner la richesse ?

Mr Mondialisation

Face à l’explosion des inégalités, plusieurs économistes et philosophes proposent de nombreuses solutions. Si certains évoquent souvent la taxation et la redistribution des ressources, d’autres vont plus loin et invitent les États à créer un seuil maximal de richesse par personne. C’est le limitarisme. En France, 53 milliardaires possèdent autant que 32 millions d’individus, soit près […]

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Texte intégral (1839 mots)

Face à l’explosion des inégalités, plusieurs économistes et philosophes proposent de nombreuses solutions. Si certains évoquent souvent la taxation et la redistribution des ressources, d’autres vont plus loin et invitent les États à créer un seuil maximal de richesse par personne. C’est le limitarisme.

En France, 53 milliardaires possèdent autant que 32 millions d’individus, soit près de la moitié de la population du pays. Dans le monde, les 12 individus les plus riches détiennent autant de patrimoine que 50 % de l’humanité, soit 4 milliards de personnes. Cette même proportion vit d’ailleurs avec moins de 6,85 dollars par jour. Des écarts qui posent plus que jamais la question de la limitation des richesses.

Limiter la fortune à 10 millions d’euros ?

À partir de combien peut-on dire qu’une fortune est trop grande ? C’est sur cette question que se base le limitarisme, concept inventé en 2024 par la philosophe belgo-néerlandaise, Ingrid Robeyns. Dans un monde aux ressources limitées, fixer des bornes à l’accumulation paraît en effet plus que nécessaire pour garantir une vie digne à tous.

Dans ce plaidoyer contre l’extrême richesse, l’autrice propose un seuil maximal de patrimoine situé à dix millions d’euros. Un horizon qu’elle n’estime pas atteignable à court terme, mais qui doit servir de direction vers laquelle tendre.

Une idée qui traverse les âges

Cette idée de limiter l’accumulation n’est pas nouvelle. En son temps, Platon préconisait déjà de restreindre la richesse des plus aisés au quadruple des plus pauvres. En France, plusieurs politiciens, comme Georges Marchais ou Jean-Luc Mélenchon ont de même proposé de plafonner les salaires.

Inutile de préciser qu’aujourd’hui, les écarts sont bien supérieurs à ce que suggérait le philosophe grec. D’après un rapport d’Oxfam, dans 100 grandes entreprises françaises, un PDG toucherait en moyenne 94 fois plus que ses employés. Et on ne parle ici que de la rémunération mensuelle ; les plus aisés peuvent également compter sur les revenus de leurs divers placements et les fruits de la spéculation boursière.

Ainsi, Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, a vu son patrimoine estimé grimper jusqu’à 1000 milliards d’euros en 2026. L’équivalent de 40 millions d’années de SMIC. Des chiffres vertigineux qui confirment la nécessité de la limitation des biens .

💸 La fortune d'Elon Musk a franchi ce vendredi pour la première fois la barre des 1.000 milliards de dollars, selon le site du magazine Forbes, à la faveur de l'introduction en Bourse de SpaceX.

Agence France-Presse (@afp.com) 2026-06-12T16:48:28.638Z

Une menace pour la démocratie ?

Un tel afflux de capital permet aux plus aisés d’imposer leurs opinions à l’ensemble de la population du globe. Cet argent leur offre un pouvoir comparable voire supérieur à celui des États. Elon Musk, justement, ne cache pas ses accointances avec l’extrême droite et a mis toute sa fortune au service de cet idéal aux États-Unis et dans le monde.

Une telle puissance financière permet de racheter des réseaux sociaux pour les transformer en machine à propagande. On l’a également constaté en France, où des milliardaires comme Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin ont posé leurs griffes sur le débat public.

Une emprise globale

Et le pouvoir des riches ne se limite d’ailleurs pas aux médias, qu’ils possèdent à 90 % en France, mais il s’étend à tous les domaines. Que ce soit le milieu culturel avec la production de fictions, la musique ou encore l’art contemporain en général, en l’absence de régulation imposée, tout est soumis au bon vouloir des hauts patrimoines.

Ce pouvoir comprime bien sûr tout le débat public, et pose un réel problème démocratique. Malgré cela, les plus aisés sont décrits comme indispensables. Mr Mondialisation expliquait pourtant, dans un précédent article, que le riche investisseur pourvoyeur d’emplois relevait plus du mythe que de la réalité.

La nécessité d’une vie digne pour tous

Le limitarisme répond également à une urgence sociale de plus en plus prégnante. En France, la pauvreté augmente de façon spectaculaire et touche aujourd’hui presque dix millions de personnes. Dans le même temps, les services publics s’effondrent les uns après les autres, à l’image du secteur de la santé, plongé dans une détresse sans précédent par les politiques libérales.

Dans le monde, le constat est encore plus grave, puisque 30 millions d’infortunés se trouvent toujours en sérieuse insécurité alimentaire. Près de 700 millions de démunis vivent avec moins de deux euros quotidiens. Enfin, 2,8 milliards d’individus ne disposent pas d’un logement décent.

Dans ces conditions, comment tolérer qu’une petite minorité capte une immense partie des richesses pour son seul bénéfice ? Limiter ces fortunes permettrait en effet de réinjecter ces richesses au service du bien commun et pour des conditions matérielles d’existence acceptables pour tous.

Une sobriété indispensable

L’esprit humain est également fait de telle manière qu’il a une forte tendance à vouloir accumuler toujours plus. Et si on ne lutte pas contre soi-même, il est facile de se faire corrompre par l’argent et d’adopter des comportements nocifs pour le bien commun.

Entre les mains d’une seule personne, autant de pouvoir peut donc représenter une menace. L’exemple environnemental est sans doute le plus parlant. Des études indiquent ainsi que les 10 % d’êtres humains les plus riches sont responsables des 2/3 du réchauffement climatique.

Une fortune considérable permet aussi de mener des projets démesurés, écocides et délétères pour l’ensemble de la planète. De ce fait, limiter ce patrimoine impose de facto plus de sobriété dans la consommation et ancre tout le monde dans la société réelle.

Dépasser le modèle capitaliste

Pour autant, cet horizon reste compliqué à atteindre dans une société capitaliste mondialisée. Si des limitations moins radicales peuvent sans doute être appliquées dès maintenant, comme celle d’un écart salarial maximal entre l’employé le moins payé et le dirigeant d’une compagnie, un changement planétaire deviendrait nécessaire pour aller plus loin.

Au-delà, c’est même le système capitaliste dans son intégralité qu’il faudrait abroger pour un fonctionnement plus collectif fondé sur la socialisation des moyens de production et la répartition des pouvoirs au sein d’entreprises en coopératives. De ce fait, le limitarisme pourrait constituer une véritable transition vers une transformation profonde du modèle économique dominant.

En ce sens, il pose les bases d’une réflexion sur l’idée qu’il n’existe aucune légitimité à l’accumulation sans fin. Car, dans une démocratie et une société saine, combien de temps pourra-t-on encore accepter de voir des individus détenir autant de ressources et de puissances que des États entiers ?

Simon Verdière


Photo de couverture de Chalo Garciasur Unsplash

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14.06.2026 à 06:00

Bio, Albanie et Irlande : les 10 bonnes nouvelles de la semaine

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine.  1. Une étude associe les fruits et légumes bio à un moindre risque de cancer du sein Selon une étude menée par Nutrinet auprès de plus de 31 000 adultes, remplacer des fruits et […]

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Texte intégral (971 mots)

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 

1. Une étude associe les fruits et légumes bio à un moindre risque de cancer du sein

Selon une étude menée par Nutrinet auprès de plus de 31 000 adultes, remplacer des fruits et légumes conventionnels par des produits bio est associé à une réduction de 10 % du risque de cancer du sein post-ménopausique par portion quotidienne de 100 g, un résultat qui nécessite toutefois des recherches complémentaires. (Nutrinet)

2. En Albanie, un projet de complexe de luxe lié à Jared Kushner suscite une forte contestation

Des milliers de manifestants dénoncent un projet de complexe touristique de 1,4 milliard d’euros porté par une société liée à Jared Kushner, estimant qu’il menace une zone humide protégée abritant flamants roses, phoques et tortues marines, malgré les garanties environnementales avancées par le gouvernement albanais. (Reuters)

3. En Irlande, la restauration des tourbières montre ses effets sur la biodiversité et le climat

Après près de quarante ans de restauration écologique, un couple a redonné vie à une tourbière dégradée en plantant plus de 3 000 arbres et plantes indigènes, illustrant le potentiel de ces écosystèmes pour stocker le carbone, restaurer la biodiversité et renforcer la résilience climatique. (Happy Eco News)

4. Les baleines franches de l’Atlantique Nord enregistrent leur meilleure saison de reproduction depuis 2009

La saison 2026 a vu la naissance de 23 baleineaux, un record depuis près de vingt ans, avec un raccourcissement encourageant de l’intervalle entre les mises bas, un signe jugé positif pour le rétablissement de cette espèce toujours en danger critique. (NOAA Fisheries)

5. L’Espagne investit 9 milliards d’euros pour accélérer sa transition écologique

En Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez débloque un plan de 9 milliards d’euros, dont 4,7 milliards pour la rénovation énergétique des logements et 4,3 milliards pour décarboner les transports, avec une attention particulière portée aux territoires ruraux et à la justice sociale. (L’Humanité)

6. Le tabagisme poursuit son recul en France, notamment chez les jeunes

Les ventes de tabac ont chuté de 8,2 % entre 2024 et 2025, tandis que la part des fumeurs quotidiens est tombée à 18,2 % des adultes et 5,6 % des lycéens, même si le vapotage continue de progresser chez les adolescents. (franceinfo)

7. À Mayotte, des agriculteurs se mobilisent contre un projet de nouvel aéroport

Des agriculteurs mahorais s’opposent à un projet d’aéroport qui pourrait artificialiser jusqu’à 400 hectares de terres fertiles et supprimer 5 à 10 % de la production alimentaire de l’île, craignant une menace pour la souveraineté alimentaire et leurs moyens de subsistance. (Reporterre)

8. L’Université de Lorraine élargit la distribution de culottes menstruelles gratuites

Après une première campagne réservée aux primo-entrantes, l’Université de Lorraine ouvre la distribution gratuite de culottes menstruelles à l’ensemble de ses étudiantes, afin de lutter contre la précarité menstruelle, avec plus de 4 600 demandes enregistrées lors de cette seconde phase. (ICI)

9. Face au réchauffement climatique, la vitiforesterie séduit de plus en plus de vignerons

Pour protéger les vignes des canicules, du gel et de la sécheresse, des viticulteurs réintroduisent des arbres au cœur de leurs parcelles, une pratique ancestrale qui améliore la résilience des cultures et pourrait devenir essentielle si les étés dépassent régulièrement les 40 °C. (ID, l’Info Durable)

10. Classés-sans-suite.com recense les plaintes abandonnées pour dénoncer les défaillances de la justice

Créée après le meurtre de Lyhanna, la plateforme classés-sans-suite.com a déjà recueilli 500 témoignages de victimes de violences sexuelles ou sexistes dont les plaintes ont été classées sans suite, avec l’objectif de mettre en lumière l’ampleur du phénomène et de réclamer une réforme de la chaîne pénale. (La Relève et la Peste)

* Visuel de couverture : Unplash

– Mauricette Baelen

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13.06.2026 à 06:00

Masculinisme, Lyhanna et corruption : les 10 actus de la semaine

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. La DGSI alerte sur la montée de la menace masculiniste en France La DGSI considère désormais la mouvance masculiniste incel comme une menace terroriste émergente, avec une radicalisation croissante d’adolescents via les réseaux sociaux […]

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Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine.

1. La DGSI alerte sur la montée de la menace masculiniste en France

La DGSI considère désormais la mouvance masculiniste incel comme une menace terroriste émergente, avec une radicalisation croissante d’adolescents via les réseaux sociaux et des appels à la violence contre les femmes. Les services de l’État renforcent leur surveillance face à un phénomène qui représente déjà 10 à 20 % de leur activité liée à l’ultra-droite. (La Relève et la Peste)

2. Affaire Lyhanna : Darmanin ordonne l’examen de 70 000 dossiers liés aux enfants

À la suite de la mort de Lyhanna, Gérald Darmanin annonce l’inspection de 70 000 plaintes concernant des mineurs et un recensement plus large des dossiers en attente, tout en affirmant que ni une nouvelle loi ni des moyens supplémentaires n’auraient empêché le drame, une position contestée par de nombreux acteurs judiciaires et associatifs. (L’Humanité)

3. Corruption : des contre-pouvoirs encore trop fragiles face aux dérives

Malgré le renforcement des dispositifs anticorruption, le manque de moyens des autorités de contrôle et la dépendance des ONG comme Anticor au pouvoir politique limitent leur efficacité. Une réforme garantissant l’indépendance des organismes de contrôle afin de mieux lutter contre les conflits d’intérêts et la corruption. (MOB)

4. L’épidémie d’Ebola en RDC aggravée par les coupes américaines dans l’aide internationale

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, qui a déjà fait plus de 200 morts présumés, est freinée dans sa prise en charge par les coupes budgétaires de l’Usaid et le retrait des États-Unis de l’OMS, selon plusieurs médias et experts en santé. (Portail des médias indépendants)

5. Trump peine à reprendre la main sur l’escalade entre Israël et l’Iran

Malgré ses appels à la désescalade, Donald Trump apparaît incapable de contenir les offensives israéliennes et l’entrée en scène des Houthis, tandis que l’Iran conditionne tout accord à un arrêt des frappes au Liban, révélant les limites de l’influence américaine sur le conflit. (Truthdig)

6. Affaire Patrick Bruel : le chanteur mis en examen pour viol et tentative de viol

À l’issue de sa garde à vue, Patrick Bruel a été mis en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel concernant neuf victimes présumées, tandis que le parquet a requis sa détention provisoire, avant qu’il ne soit présenté à un juge des libertés. (Libération)

7. Présidentielle au Pérou : un scrutin au coude-à-coude fait craindre une nouvelle crise politique

La candidate d’extrême-droite Keiko Fujimori devance de justesse le progressiste Roberto Sánchez dans un dépouillement extrêmement serré, mais les recours et contestations attendus pourraient prolonger plusieurs semaines d’instabilité politique, comme lors de l’élection de 2021. (elDiarioAR)

8. Un militant de Black Lives Matter transféré en secret à 5 000 km de ses proches

Malik Muhammad, qui purge la plus longue peine fédérale infligée à un manifestant Black Lives Matter de 2020, a disparu plusieurs semaines des registres pénitentiaires avant d’être retrouvé dans une prison de Caroline du Sud. Son avocate dénonce un transfert de représailles lié à son engagement en faveur des droits des détenus, qui entrave gravement sa défense. (The Intercept)

9. Dans l’Aude, des habitants s’opposent aux mégaprojets photovoltaïques

Près de 200 habitants et agriculteurs dénoncent la multiplication de vastes parcs photovoltaïques dans les Corbières, craignant l’artificialisation des terres, des risques liés aux batteries au lithium et une dégradation durable des paysages et de l’activité agricole. (Reporterre)

10. Le Sénat ouvre la voie à des dérogations environnementales pour l’armée

Le Sénat a adopté un texte créant un « état d’alerte de sécurité nationale » permettant de déroger à certaines règles d’urbanisme et d’environnement, une mesure dénoncée par plusieurs élus qui y voient un risque de dérive autoritaire et un affaiblissement des protections environnementales. (Reporterre)

* Image de couverture : Unsplash

– Mauricette Baelen

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12.06.2026 à 06:00

Solar Brother : l’énergie la plus simple est souvent la plus oubliée

Elena Meilune

Alors que la transition énergétique est généralement associée à des infrastructures complexes et à des investissements colossaux, certaines initiatives explorent une autre voie : celle de la simplicité. Depuis une dizaine d’années, Solar Brother développe des solutions solaires pour cuisiner, sécher des aliments et contribuer au chauffage de certains espaces. Une démarche qui interroge notre […]

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Alors que la transition énergétique est généralement associée à des infrastructures complexes et à des investissements colossaux, certaines initiatives explorent une autre voie : celle de la simplicité. Depuis une dizaine d’années, Solar Brother développe des solutions solaires pour cuisiner, sécher des aliments et contribuer au chauffage de certains espaces. Une démarche qui interroge notre rapport à l’énergie autant qu’elle propose des alternatives concrètes.

[Temps de lecture estimé : ~3 min]

Dans les sociétés industrialisées, l’énergie est devenue une abstraction. On appuie sur un interrupteur, on tourne un thermostat, on branche un appareil. L’électricité circule à travers des milliers de kilomètres de réseaux, produite dans des centrales éloignées des lieux où elle est consommée.

Cette organisation a permis un confort inédit pour les population occidentales, mais elle a aussi rendu presque invisible la dépendance énergétique. Elle a déconnectés des réalités des populations et des ressources surexploitées à l’autre bout de monde. Et les énergies « renouvelables » n’échappent pas à la règle. Derrière chaque kilowattheure se cachent des infrastructures, des matières premières, des ressources extraites et des impacts écologiques bien réels. Face à cette réalité, certaines initiatives cherchent à rapprocher les usages énergétiques de leurs sources de production.

Utiliser directement l’énergie du soleil

Créée en 2016 dans le Var, Solar Brother s’inscrit dans cette démarche. L’entreprise française indépendante développe des équipements en ayant pour but d’utiliser directement la chaleur du soleil lorsqu’il n’est pas nécessaire de la transformer en électricité. Car lorsque le besoin est de cuire des aliments, de sécher des fruits ou de chauffer un espace, la transformation du rayonnement solaire en électricité n’est pas toujours la solution la plus pertinente. Chaque conversion entraîne des pertes énergétiques.

« revenir à des usages plus directs de l’énergie solaire »

L’idée défendue par Solar Brother est donc de revenir à des usages plus directs de l’énergie solaire. Une approche qui peut sembler évidente, mais qui est largement absente de nos systèmes énergétiques contemporains.

Une technologie vieille comme Archimède

La plupart des innovations développées par l’entreprise reposent sur un principe connu depuis l’Antiquité : la concentration des rayons du soleil pour produire de la chaleur. Fours solaires, barbecues solaires, séchoirs alimentaires ou systèmes de chauffage solaire à air : les produits proposés utilisent une ressource disponible gratuitement et localement plutôt que des combustibles ou de l’électricité. L’objectif n’est pas l’autonomie totale, mais la réduction des besoins énergétiques et le développement d’usages plus sobres.

Solar Brother : double médaillé au Concours Lépine 2025 / Photo : Solar Brother

Au fil des années, Solar Brother a développé plusieurs innovations solaires destinées au grand public, dont plusieurs ont été récompensées au concours Lépine. L’entreprise met également en avant une fabrication française, l’utilisation de matériaux recyclés et une démarche de réduction des déchets d’emballage. Elle bénéficie du label ESUS, qui reconnaît les entreprises poursuivant une mission d’utilité sociale.

Repenser la transition énergétique

L’intérêt de ces initiatives dépasse cependant largement la question des produits eux-mêmes. Depuis plusieurs années, le débat public oppose souvent les énergies fossiles aux énergies renouvelables, comme si la transition consistait uniquement à remplacer une source d’énergie par une autre.

Mais cette vision laisse de côté une question essentielle : celle de nos besoins. Comment réduire notre consommation globale d’énergie ? Comment limiter les pertes ? Comment relocaliser certains usages ? Comment utiliser plus intelligemment les ressources déjà disponibles ? À leur échelle, les solutions développées par Solar Brother participent à cette réflexion.

Ni miracle technologique, ni retour en arrière

Bien sûr, aucune innovation technique ne remplacera la nécessité d’une décroissance. Les énergies renouvelables déployées à grande échelle ont elles-mêmes des impacts environnementaux, sociaux et extractivistes. Mais multiplier les solutions sobres, locales et accessibles permet aussi de construire une société plus résiliente.

Une école élémentaire à Carnoules installe pour la 1ère fois un chauffage aérothermique solaire SunAéro pour chauffer et renouveler l’air d’une classe de CM1 / Photo : Solar Brother

Utiliser directement l’énergie du soleil plutôt que de multiplier les conversions énergétiques n’est pas une révolution, c’est simplement du bon sens. Et peut-être que la transition écologique reposera en grande partie sur ces formes de simplicité retrouvée.

Des briques pour un autre futur énergétique

Produire une partie de sa chaleur grâce au soleil, cuisiner sans combustible, valoriser une énergie disponible localement ne sont pas des solutions miracles mais des pierres parmi d’autres à l’édifice d’un futur énergétique plus décentralisé, plus démocratique et moins dépendant des logiques de rente.

Un futur qui ne pourra cependant exister sans une réduction collective massive de nos consommations d’énergie et de matières, ni sans une profonde remise en cause du modèle économique dominant.

Mr Mondialisation


Photo de couverture : « Les scouts adoptent la cuisson solaire avec Solar Brother »

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11.06.2026 à 06:00

Tourisme de luxe : le combat des polynésien·nes pour sauver leurs terres

Mr Mondialisation

À Ra’iātea, le motu Hore’a, petite île librement accessible, est depuis des générations un lieu de vie central pour les habitant·es. Aujourd’hui menacé de privatisation pour un projet hôtelier de luxe, il est devenu le symbole d’un conflit grandissant autour de l’accaparement des terres en Polynésie. [ Temps de lecture estimé : ~ 6 min] […]

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Texte intégral (2333 mots)

À Ra’iātea, le motu Hore’a, petite île librement accessible, est depuis des générations un lieu de vie central pour les habitant·es. Aujourd’hui menacé de privatisation pour un projet hôtelier de luxe, il est devenu le symbole d’un conflit grandissant autour de l’accaparement des terres en Polynésie.

[ Temps de lecture estimé : ~ 6 min]

En 2024, le tavana (maire) de Ra’iātea a signé un bail de location pour une durée de 20 ans sur Hore’a avec le promoteur immobilier Fabrice Convert. Son projet : privatiser l’île pour y construire un hôtel et un restaurant de luxe baptisé Te Rai-Atea. Une véritable aubaine financière pour l’investisseur, Fabrice Convert, puisque la location ne lui coûterait que 15 000 francs polynésiens par mois pour le motu entier, soit l’équivalent d’un loyer d’une petite maison dans cette région.

Copie du « pacte de préférence » figurant dans le bail signé entre l’ancien maire et Fabrice Convert / crédit : Temoana Poole

Et d’après le « pacte de préférence » figurant à la fin du bail, cet avantage pourrait aller encore plus loin. Si au cours du bail, « la Commune de Tumaraa (le bailleur) ou ses ayants droits se décident à vendre ou autrement aliéner, tout ou partie du bien loué, le preneur (Fabrice Convert) ou ses ayants droits auront la faculté d’en devenir acquéreur de préférence à tous autres ».

Un projet qui s’est déroulé dans le silence le plus total. La population n’a jamais été consultée et a découvert le projet tardivement. Sur Google Maps, l’île apparaissait même sous un nouveau nom : « Annie Private Island ». Une appellation depuis supprimée, mais vécue par de nombreux habitant·es comme le symbole brutal d’une dépossession.

Découverte de la privatisation de l’île sur GoogleMaps par les habitant·es / crédit : Temoana Poole

Pour cause, étant le plus proche de l’île principale de Ra’iātea et aisément accessible, ce motu était très prisé par les locaux. Ils ont pour habitude d’y passer leur temps libre durant les week-ends, les jours fériés et les vacances. Les familles y emmènent leurs enfants pour profiter de la plage, pêcher des poissons, les cuire au barbecue, chanter, jouer. Mener finalement une vie heureuse à travers un mode de vie typiquement polynésien.

Depuis l’annonce il y a 2 ans, la population s’indigne et milite activement, en organisant des manifestations et en relayant sur les réseaux sociaux le scandale. En mars, la contestation a pris une dimension nouvelle avec l’élection de la mairesse de Naumi Kohere. Soutenue par une large majorité, cette femme engagée mène désormais une bataille administrative acharnée pour tenter de mettre fin à ce projet de privatisation.

Elle partage quotidiennement son combat en ligne pour tenter de porter la voix le plus haut possible et récolter un maximum de soutien, en relayant les documents officiels et dénonçant les pratiques de l’ancien maire. Une prise de position qui déplaît fortement à François Convert, qui l’a menacé de poursuites judiciaires.

mobilisation de la population locale / crédit : Temoana Poole

La privatisation de Hore’a est loin d’être un phénomène isolé en Polynésie. Comme pour d’autres projets immobilier du même genre, elle n’est que la partie émergée de l’iceberg. Depuis le Covid, la région voit de plus en plus d’investisseurs étrangers acheter de larges parcelles de terres pour y construire des infrastructures hôtelières à destination d’une clientèle touristique haut de gamme. Mais ceux-ci ont des conséquences sans précédent à l’échelle locale.

Le développement de ces investissements a tout d’abord un coût économique pour la population. Les loyers et les biens immobiliers deviennent inaccessibles pour les Polynésiens, qui peinent de plus en plus à se loger. Et la vie quotidienne devient chère. Mais au-delà de l’aspect financier, ces projets immobiliers fragilisent en profondeur la culture polynésienne.

« L’histoire, la culture, le mode de vie polynésien s’ancre dans la terre, donc dès qu’on est privatisé, dès qu’on est dépossédé de notre terre, notre culture à la racine se brise. »

Explique Temoana Poole, membre du collectif Keep Moorea Wild. Le changement de la dénomination de l’île en est un bon exemple. Tous les noms de lieux sont rattachés à une histoire et permettent de mieux les comprendre. Retirer le terme local du motu pour y apposer un nom totalement personnel, et qui plus est étranger, tel que « Annie private Island », dépossède la population d’une part de son identité.

De plus, ces projets privent les Polynésiens de leur mode de vie traditionnel. « Ce motu qui est utilisé tous les week-ends par les familles on y emmène nos enfants pour les apprendre juste pour qu’ils vivent aussi la vie d’un Polynésien aller à la mer pêcher son poisson et cuire son poisson chanter jouer. On est un peuple très heureux grâce à ce mode de vie. »

Les habitant·es exprime une résistance locale à la privatisation de cet espace naturel et culturel. / crédit : Temoana Poole

Une fracture d’autant plus douloureuse que la culture polynésienne est intrinsèquement liée à la nature. Le terme « fenua », couramment traduit par « terre », permet de mieux le comprendre. Il ne désigne pas seulement un lieu physique, mais aussi, et surtout, une entité relationnelle. Le fenua est un lieu d’appartenance ancestral, spirituel et identitaire qui relie les Polynésiens à leurs ancêtres, à la nature et au cosmos. Il exprime une relation vivante et réciproque avec le territoire, très loin de la simple propriété foncière et de la ressource économique auxquelles réduisent les investisseurs.

Et lorsque les promoteurs immobiliers achètent et bétonnent d’immenses parcelles, lesquelles sont très riches en biodiversité, ils détruisent non seulement les écosystèmes qui y perdurent depuis des siècles, mais compromettent également pour les futures générations la manière singulière polynésienne d’habiter le monde.

« Mais aujourd’hui, cette forêt-monde n’existe plus et c’est dû à toutes ces constructions de luxe pour les touristes étrangers qui l’ont rasée. »

Temoana se souvient d’une enfance passée à circuler librement dans la nature : « J’ai grandi en sortant de chez moi et en allant dans la forêt pour manger librement des mangues, des goyaves et quand j’avais soif j’allais dans la cocoteraie chercher des noix cocos. Mais aujourd’hui, cette forêt-monde n’existe plus et c’est dû à toutes ces constructions de luxe pour les touristes étrangers qui l’ont rasée. Comment mes neveux vont-ils grandir s’il y a des murs et des terrains privés partout ? Plus rien ne sera pareil si nous n’avons plus cette transmission de vie. »

Pour faire face à cette menace grandissante, l’association polynésienne Keep Moorea Wild développe depuis plusieurs années des projets de rachat de parcelles promises aux constructions hôtelières de luxe pour les transformer en sanctuaire de biodiversité. Grâce aux adoptions symboliques de donateurs, l’organisation devient propriétaire de ces terres et garantit leur préservation à perpétuité.

D’abord développée à Moorea, l’initiative se propage aujourd’hui aux îles alentours pour venir en aide aux habitant·es de plus en plus confrontés aux investisseurs. « On est un grand et même peuple, alors c’est important d’être un phare dans la nuit pour les autres îles. »

toute la population se mobilise pour faire perdurer ses traditions et respecter sa terre / crédit : Temoana Poole

Ces privatisations de terres dans les régions en pleine expansion touristique sont en pleine évolution à travers le monde. Mais jusqu’où ce phénomène ira-t-il ?

Comme le rappelle Temoana Poole, « il est important aujourd’hui de se poser la question : quel monde souhaitons-nous laisser à nos enfants ? Nous n’avons qu’une planète, une magnifique planète. C’est un grand jardin d’Éden que nous avons assez bétonné. Il est temps de préserver les terres sauvages qui sont encore sauvages et toutes les entités vivantes avec lesquelles on partage cette planète. »

« Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué le dernier ruisseau, pêché le dernier poisson. Alors ils s’apercevront que l’argent ne se mange pas. »

Cette citation amérindienne est attribuée à Tȟatȟáŋka Íyotake ou Tatanka Youtonga (aussi surnommé Sitting Bull), chef de tribu et médecin des Lakotas Hunkpapas.

Pour soutenir les habitant·es de Ra’iātea et tenter de sauver le motu, une pétition est en ligne ainsi qu’un moyen d’adopter symboliquement une parcelle de terre via l’association Keep Moorea Wild. Il est possible également de suivre le projet sur la page Instagram de Keep Moorea Wild et sur la page Facebook de Naumi Kohere.

Pauline Lunay, anthropologue et journaliste


Photo de couverture : population mobilisée / Temoana Poole

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