15.07.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
Héritier du pain au levain et d’une prestigieuse famille de boulangers, Julien Poilâne s’est récemment détourné de la boulangerie industrielle pour se tourner vers l’artisanat. Un parcours axé sur la santé, le savoir-faire et le rejet des transformations modernes du pain. [Temps de lecture estimé : ~ 12 min] Maître artisan boulanger à Lyon, Julien […]
The post Levain et farine locale : Julien Poilâne renoue avec l’artisanat face au pain industriel first appeared on Mr Mondialisation.
[Temps de lecture estimé : ~ 12 min]
Maître artisan boulanger à Lyon, Julien Poilâne a tourné le dos au pain fabriqué à la chaîne pour revenir à l’essentiel. Son grand-père, Pierre Poilâne, a fondé la marque du même nom en 1932 et défendait déjà un « art du pain ». Celui-ci reprend tout son sens aujourd’hui. En effet, face aux problèmes grandissants de santé publique et d’environnement, ralentir et proposer un pain sain constitue un acte subversif.
Julien Poilâne l’a bien compris. Ajouts de gluten, d’émulsifiants, d’additifs et autres levures intensives… Nombre de personnes sont devenues intolérantes à ce qui est devenu la base de l’alimentation occidentale. Alors, le maître artisan a décidé de prendre le contre-pied de ce qui est en train de détruire le métier de boulanger.
Panification et pousse lentes, usage de farines bio et locales, maintien du germe et du son de blé, cuisson au feu de bois… Pour son fils, pour les générations futures, pour l’environnement, pour les apprenti·es qu’il forme, Julien Poilâne renoue avec une exigence d’authenticité, de santé et de transparence.

Julien Poilâne : « Malgré mon grand-père et mon père qui étaient boulangers, je ne me prédestinais pas forcément à faire ce métier. J’ai commencé par faire ce qui me plaisait, c’est-à-dire une maîtrise d’économie internationale, puis un master de gestion. J’ai fini chez KPMG, à Luxembourg, à faire des trusts pour des familles qui étaient vraiment très riches ! Je faisais de l’optimisation fiscale, mais à 23 ans, j’ai réalisé que je ne pouvais pas continuer dans cette branche…
Je suis donc revenu chez mon père, sans prévenir personne. Finalement, les ouvriers avec qui je travaillais m’ont dit au bout de trois mois « C’est fou, c’est comme si tu savais déjà ». Notre métier est hyper instinctif et avant tout basé sur la température de l’eau. Et alors que je n’avais pas encore le CAP, le responsable de mon père m’a laissé le fournil avec un nouveau. J’étais jeté dans le grand bain, mais j’ai réussi à mener deux fours à bois face à face… »
Julien Poilâne : « J’ai travaillé d’abord un an chez mon père, puis j’ai passé mon CAP pour avoir les mêmes acquis que les gens avec qui j’allais travailler. Mon but était d’ouvrir une boulangerie, à Lyon. À Paris, ma famille est déjà très présente : ma cousine, ma sœur… Et avant, il y a eu mon grand-père, Pierre Poilâne, puis ses deux fils, Lionel et Max, mon père, qui ont été en conflit. Je voulais m’éloigner de tout ça et être mon propre patron.
Je suis arrivé à Lyon en 2006, où j’ai trouvé mon four à bois et j’ai pu continuer à travailler comme mon père et mon grand-père. Ce qui m’a amené au métier, on l’a vu encore plus avec la crise du COVID, c’est de donner un sens à ce qu’on fait. Faire de l’optimisation fiscale, ça a quand même assez peu de sens… »
Julien Poilâne : « J’ai tout d’abord ressenti la fierté de perdurer le travail familial. Et puis, il y a l’aspect santé : le mérite de mon grand-père fut de revenir au pain comme on le faisait il y a 3 000 ans. Partir de l’ingrédient, la farine écrasée doucement à la meule de pierre et non par broyage au cylindre métallique, c’est l’essentiel.

Ici, on écrase le blé avec son germe, contrairement aux farines blanches qui l’enlèvent et le chauffent. Alors que quasiment toute la vitalité du blé est présente dans son germe. Si vous jetez un grain de blé dans la terre et que vous l’arrosez, il poussera un épi de blé. Si vous enlevez le germe… rien ne poussera. C’est bien la preuve qu’on a retiré la vie du blé. »
Julien Poilâne : « Oui. En fait, ce qu’apprenaient mon grand-père puis mon père, c’est le ralentissement de la panification, c’est-à-dire le retour à la lenteur, de la mouture jusqu’au façonnage. J’ai doublé le temps de fermentation, qui est de 48 heures chez moi. La miche n’a pas besoin d’ajout de gluten pour être façonnée la veille et fermentée au froid.
Je conserve le germe, mais également les sons qui contiennent énormément de minéraux. L’autre ingrédient essentiel, c’est le levain : il donne au pain son goût, sa couleur, sa conservation. J’ai un levain qui est pur, naturel, et qui a également une fonction santé, car il assure la dégradation du gluten. »

Julien Poilâne : « Alors que c’est naturel, mais qu’on nous l’a faite consommer à l’excès. Les gens ne savent souvent pas que la farine de tradition, par exemple, contient des ajouts de gluten. C’est pour cela que je ne travaille qu’avec des farines 100% blé, sans aucun ajout. Le souci, c’est que des gens en boutique viennent nous demander du pain sans gluten. Alors, j’essaie de leur expliquer qu’ils ont été surexposés, via le pain ou les viennoiseries.
« 80% des boulangers achètent leur viennoiserie surgelée… »
Moi-même, en défaut de personnel, un mois d’août, j’en ai acheté. J’ai demandé la meilleure qualité qui soit, mais l’étiquette d’ingrédients était énorme : farine de blé, gluten, émulsifiants et tous les E qu’on peut imaginer. Je comprends que les gens fassent ça pour l’aspect économique, mais il faut voir ce que ça implique… Malheureusement, le rythme imposé aux boulangers les contraint à trouver des alternatives pour accélérer le processus. Donc, on ajoute du gluten, des émulsifiants… Résultat, on se retrouve avec un métier qui s’est tiré une balle dans le pied, car les gens ne digèrent plus ces produits-là. »
Julien Poilâne : « Oui car au départ, j’étais dans la grande distribution. J’avais 50 personnes, 80 points de vente. En 2019, la rentabilité s’est essoufflée, tout était devenu trop gros, les équipes étaient épuisées. Je ne pouvais plus avoir de qualité du produit, parce que je demandais des volumes. C’était impossible de concilier les deux.
« Je ne pouvais plus avoir de qualité du produit, parce que je demandais des volumes. C’était impossible de concilier les deux. »
Il y a eu cette problématique humaine, puis environnementale : du pain emballé dans du plastique, l’obligation de remplir mes rayons en commandant plus que nécessaire et donc en jetant de la marchandise… J’imaginais brûler un tiers des champs de blé que je sollicitais pour faire ma farine, le travail humain combiné à ça, et puis cette pression permanente, cette décision du prix.
J’ai donc voulu me recentrer sur mes boutiques. J’en avais trois qui tournaient bien. Mais le Covid a très fortement impacté mes chiffres d’affaires. J’ai donc fini par me séparer de mes boutiques avenue de Saxe et avenue des Frères Lumière, pour me recentrer sur ma première boulangerie, rue Casimir Périer. »

Julien Poilâne : « Oui, car cela me permet d’avoir un impact positif. Je suis par exemple passé en farine bio et locale, d’un moulin qui est à 75 km de chez moi. Chose impossible à faire en grande distribution. Mon crédo, c’est de se dire que mon fils doit pouvoir manger ce qu’il veut dans ma boutique, sans jamais mettre sa santé en péril. Je ne veux pas l’empoisonner, tout comme je veux préserver la planète dans laquelle il va vivre. Pour mes sandwichs, j’utilise du beurre français, des œufs élevés en plein air, parce que je pense que l’animal compte aussi. »
Julien Poilâne : « En fait, beaucoup d’entre eux m’ont suivi fermeture après fermeture, jusqu’à la boutique actuelle rue Casimir Périer. Ça a été très bien perçu. Certains sont un peu tristes de ne pas me retrouver dans plus d’endroits.
« Mais encore une fois, je pense vraiment que la qualité passe par les petites quantités. »
En fait, le système est fait de telle sorte que soit tu es très grand, soit tu es très petit. Or, pour rester artisan et bien faire son travail, il faut rester à taille humaine. »

Julien Poilâne : « J’aimerais bien rayonner un peu plus autour de moi, notamment redistribuer aux restaurants. J’ai aussi en tête l’idée d’une école. J’ai eu mon titre de maître artisan après avoir formé 20 apprentis. La formation m’attire, car je trouve que c’est important de transmettre. Et c’est vraiment sympa de partager ces valeurs-là, parce qu’il y a de plus en plus de gens qui y sont sensibles. »
– Entretien réalisé par Marie Waclaw
Photo de couverture : Julien Poilâne / Ô Le Pain
The post Levain et farine locale : Julien Poilâne renoue avec l’artisanat face au pain industriel first appeared on Mr Mondialisation.14.07.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
En ce jour de célébration de la révolution française de 1789, Mr Mondialisation revient sur une révolution plus récente : celle du soulèvement arménien du printemps 2018. En effet, il y déjà 8 ans, l’Arménie a réussi ce qu’aucune ancienne nation soviétique n’était parvenue à faire : renverser en douceur un régime corrompu sans mettre le […]
The post Arménie : le succès de la révolution de « velours » first appeared on Mr Mondialisation.[Article initialement publié le 2 novembre 2018, mis à jour le 14 juillet 2026 | Temps de lecture estimé : ~ 9 min]
Quelques mois après le soulèvement arménien du printemps 2018, Hélène Pillon est allée à la rencontre des habitant·es, recueillir les récits de cette révolution contemporaine.
« T’étais jamais venue ici ? Pendant la révolution, l’Ilik café c’était un peu notre QG », explique Narek Aleksanyan, sur un coin de table de ce troquet bohème de la capitale arménienne. Alors que le thé infuse, le jeune homme remet un peu d’ordre dans ses cheveux et ses souvenirs : « J’étais présent au premier rassemblement à Erevan mi-avril, il n’y avait pas tant de monde que ça et pour être honnête, je n’y croyais pas trop, je n’aurais jamais pensé que ça marcherait ». À vrai dire, personne n’y croyait. Et pourtant, en un mois à peine, les Arméniens ont renversé un gouvernement autoritaire en place depuis 10 ans.
En 2017, le président républicain Serzh Sargsyan, arrivé à la limite des deux mandats présidentiels autorisés, décide de changer la constitution et de transférer l’essentiel des pouvoirs au Premier ministre, tout en promettant de ne pas se présenter à son poste. En avril 2018, sans surprise, il se retrouve à la tête du gouvernement. Un énième abus dans ce pays habitué à la corruption et aux élections truquées. Une mauvaise habitude que le leader de l’opposition, Nikol Pashinyan ne veut plus laisser passer. Le député entame alors une marche dans le pays pour réclamer la démission de Serzh Sargsyan, chose qu’il obtiendra, après avoir entraîné la population dans une joyeuse et pacifique grève générale de plusieurs semaines. Une révolution de « velours » qui aboutira à sa nomination à la tête de l’État le 8 mai.

Comme tous les Arméniens, Narek, s’empresse de corriger le tir : « Ce n’est pas la révolution de Nikol Pashinyan, c’est la révolution du peuple. Sans la société civile, ça n’aurait pas été possible ».
Dans les villes arméniennes, ce ne sont pas seulement des militant·es avisé·es qui ont défilé, mais aussi des étudiant·es, des parents et leurs jeunes progénitures, des chauffeurs qui font résonner leurs klaxons ou des femmes au foyer à leur fenêtre qui frappent sur des casseroles. Tatul Hakobyan, journaliste à Civilnet, analyse :
« Chaque Arménien a compris qu’ils comptaient autant que Nikol Pashinyan »
Le reporter se souvient clairement du jour où il a réalisé que ce mouvement était différent de tous ceux qu’il avait suivis depuis la chute de l’URSS. Le 20 avril, il couvre un rassemblement dans un quartier excentré de la capitale. Au début, seul un petit groupe est présent, il pleut et la police tente d’empêcher la manifestation.
Deux heures plus tard, le cameraman qui l’accompagne lui dit de monter sur un petit talus et de regarder derrière lui : « Il y avait 50 000 personnes ! ». Partout, tous les jours, les mêmes effets : la foule grossit sans cesse. Le 22 avril, alors que Nikol Pashinyan est brièvement détenu, plus de 100 000 habitant·es sur le million que compte Erevan, se retrouvent aux alentours de la place de la République au centre de la capitale. Le lendemain Serzh Sargsyan démissionnait en présentant ses excuses.
En France et ailleurs, un tel rassemblement politique se serait sans doute soldé par quelques débordements et une violente charge des forces de l’ordre. Jusqu’à présent, les activistes arménien·nes étaient également habitué·es aux tristes fins : en 2008, dix personnes avaient été tuées pendant des manifestations. Une décennie plus tard, Pashinyan et ses camarades ont tiré des leçons de cette expérience douloureuse.
Rapidement, ils ont donné un mot d’ordre : pas de violence. Pour Ashot Khachatryan qui milite depuis plusieurs années, c’est l’élément qui a fait la différence :
« Quand tu utilises la violence, tu as déjà perdu, car tu ne peux pas combattre le système avec sa propre force. Dès qu’on a décidé de miser sur la désobéissance civile, je savais qu’on allait gagner ».
Durant presque un mois, les manifestants vont bloquer certains bâtiments et les rues principales des grandes villes, y chanter, danser, faire des barbecues… Et lorsqu’ils se retrouvent face à des policiers cagoulés, uniformes anti-émeutes sur le dos, ils lèvent les mains au ciel en signe de paix et invitent « leurs frères » à venir les rejoindre.

Un appel auquel il est difficile de résister tant les préoccupations de la foule sont simples et communes à tous les Arméniens. Les forces de l’ordre aussi pâtissent de la corruption qui remplit les poches des dirigeants haut placés, galèrent avec leur salaire dans un pays où le taux de pauvreté dépasse les 30% d’après l’OXFAM et voient leurs enfants sans avenir s’envoler vers d’autres contrées. Puis Ashot ajoute : « Tu sais l’Arménie est un petit pays, tout le monde se connaît et sait ce que tu fais ».
Au début, les autorités ont cependant bien essayé de casser la révolte, mais à la différence de 2008, toutes les actions sont filmées, photographiées et relayées. Face à une télévision acquise au pouvoir, les médias en ligne diffusent l’information 24 heures sur 24.
Si un rassemblement spontané s’organise dans un quartier, la nouvelle est transmise à tous les habitants via les réseaux sociaux. Si un faux manifestant est envoyé pour perturber le mouvement, les caméras sont là pour le dénoncer. Si la police utilise la force, les images peuvent faire le tour du monde en quelques clics. Le risque de dégrader la réputation du pays à l’international est trop risqué. Tatul résume :
« En développant les live streams, nous sommes devenus les gardes du corps de l’opposition »
Sa collègue Ani Paitjan se souvient également au moment de l’annonce de la démission de Serzh Sargsyan, d’un mélange d’euphorie et de frustration de n’avoir pas pu participer à la révolution puisqu’elle la couvrait nuit et jour. Mais elle gardera tout aussi bien en mémoire ces mains qui se posent sur son épaule en voyant le badge press et qui lui disent « merci, c’est grâce à vous aussi ».
C’est en partie pour vivre ce soulèvement qu’Ani, a décidé de rentrer vivre dans son pays natal en 2016 après avoir passé 22 ans en Belgique : « J’avais comme une intuition, je disais à ma sœur, Il y a quelque chose qui bout en Arménie, il faut que j’y aille. Cette jeunesse est particulière, il va se passer quelque chose. »
La suite des événements lui a donné raison. Ce sont les étudiant·es que Nikol Pashinyan est d’abord allé chercher pour gonfler les rangs. Ce sont eux que l’on voit en masse souriants sur les photos de la révolution. Eux qui souvent ont incité leurs parents à rejoindre le mouvement. Eux qui nettoyaient les places après chaque rassemblement. Cette génération qui n’a connu ni l’URSS ni les années de misère qui ont suivi sa chute et ne peut donc pas se réfugier dans une nostalgie du soviétisme ou au contraire se rassurer en pensant que c’était pire avant.

Des étudiant·es qui avaient pris l’habitude de regarder ce qui se passe ailleurs et faute d’avenir ici, allaient le construire en Russie, en Europe ou aux États-Unis – plus d’un million de personnes ont quitté le pays depuis son indépendance en 1991. Ani se réjouit :
« Maintenant, ils ont conscience que leur action peut avoir de l’impact, ils se disent : « On a fait une révolution, on l’a lancée et soutenue, on doit la maintenir » »
Une nouvelle énergie que partage le reste de la population. « Tous les matins depuis la révolution, je me réveille, j’ouvre les yeux et je ressens une sorte de joie. Rien n’a changé dans ma vie, mon salaire est le même, j’ai les mêmes soucis avec ma femme, mes enfants et pourtant je suis heureux », s’amuse Tatul.
Dans un taxi qui s’engouffre dans les bouchons du centre-ville, Aram, le chauffeur confirme ce sentiment d’allégresse collectif : « Bien sûr, je suis content, il faut juste être un peu patient et voir ce que nous apportera vraiment ce mouvement ». Et si à l’avenir il y avait quelques accros dans le velours de cette révolution ? Aram esquisse un sourire dans le rétroviseur : « On redescendra dans la rue, on sait comment ça marche maintenant ».
– Hélène Pillon
Photo de couverture de Hakob Manukyan pour CivilNet
The post Arménie : le succès de la révolution de « velours » first appeared on Mr Mondialisation.13.07.2026 à 15:01
Mr Mondialisation
Des militant·es d’Extinction Rébellion ont mené une action de sensibilisation devant le Rocher Mistral, parc à thème installé au château de La Barben (Bouches-du-Rhône), en détournant des panneaux de signalisation avec les slogans « Parc à réacs, nature en vrac » et « Parc idéologique, désastre écologique ». À travers cette mobilisation, le collectif entend […]
The post Rocher Mistral : quand le récit réactionnaire rencontre le désastre écologique first appeared on Mr Mondialisation.



Photo de couverture : Extinction Rébellion
12.07.2026 à 06:00
Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. Des associations demandent la suspension de la chasse pendant les canicules Plusieurs associations de protection de la faune réclament la suspension de la chasse lors des épisodes de canicule, estimant que les fortes […]
The post Chasse, air et dauphins : les 10 bonnes nouvelles de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.
Plusieurs associations de protection de la faune réclament la suspension de la chasse lors des épisodes de canicule, estimant que les fortes chaleurs, la sécheresse et les incendies fragilisent déjà fortement les animaux sauvages. Elles appellent le gouvernement à adapter la réglementation face au changement climatique. (La Relève et La Peste)
Selon un rapport du service Copernicus, la qualité de l’air en Europe poursuit son amélioration grâce à la baisse des émissions de polluants liées aux transports, à l’industrie et au développement des énergies renouvelables. Le rapport souligne toutefois que les canicules et les incendies continuent de dégrader ponctuellement la qualité de l’air. (Euronews)
Le tribunal administratif de Paris a condamné l’État français pour préjudice écologique et lui ordonne de renforcer la protection des dauphins du golfe de Gascogne, avec l’objectif de limiter les captures accidentelles à 809 animaux par an dès l’hiver 2026-2027. (La Relève et La Peste)
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 85 % des dons de sang proviennent désormais de donneurs bénévoles, mais de fortes inégalités d’accès aux transfusions persistent, notamment dans les pays à faibles revenus. L’organisation appelle les États à renforcer le financement et la gouvernance de leurs systèmes de transfusion. (Organisation mondiale de la santé (OMS))
Le quartier d’Ealing, à Londres, a réintroduit des castors pour restaurer une zone humide et limiter les inondations. Selon les responsables du projet, cette solution fondée sur la nature a permis de réduire les crues tout en favorisant le retour de la biodiversité.(CNN)
La ville de Barcelone expérimentera un asphalte fabriqué avec du biochar issu de noyaux d’olive, capable de réduire jusqu’à 76 % les émissions de CO₂ liées à sa production. Ce projet entend valoriser les déchets agricoles tout en développant des infrastructures urbaines plus durables.(La Cara Buena del Mundo)
En Écosse, une centaine de bénévoles ont récolté 11 millions de graines d’arbres indigènes, permettant de faire pousser près de 8 millions d’arbres pour restaurer la forêt atlantique, un habitat aujourd’hui fortement menacé par les activités humaines et le changement climatique. (The Guardian)
En 2026, Hawaï confirme le maintien de son interdiction de la pêche aux requins, en vigueur depuis 2022, afin de protéger ces espèces essentielles aux écosystèmes marins. La loi interdit leur capture dans les eaux de l’État, sauf exceptions limitées pour la recherche scientifique ou la sécurité publique. (World Animal News)
À l’approche de l’interdiction du commerce de viande de chien prévue en 2027, la Corée du Sud fait face à de nombreuses difficultés, entre éleveurs en difficulté, absence de solutions pour les centaines de milliers de chiens encore détenus et inquiétudes sur leur prise en charge. (BBC News)
À Gauriac (Gironde), la commune a racheté une parcelle de vigne située près de son école afin de créer une zone tampon et de réduire l’exposition des enfants aux pesticides. Le terrain est progressivement transformé en verger agroécologique, avec l’objectif de régénérer les sols et d’encourager la diversification agricole. (Vert)
– Mauricette Baelen
The post Chasse, air et dauphins : les 10 bonnes nouvelles de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.11.07.2026 à 06:00
Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. L’Assemblée nationale adopte la proposition de loi Pauget sur les tirs policiers L’Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi d’Éric Pauget instaurant une présomption d’usage légitime de l’arme pour les […]
The post Loi Pauget, FIFA et LePen : les 10 infos de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine.
L’Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi d’Éric Pauget instaurant une présomption d’usage légitime de l’arme pour les forces de l’ordre, par 313 voix contre 199. Soutenu par la droite, le RN et une partie du bloc central, le texte doit désormais être examiné par le Sénat. (Index Investigation)
Selon le journaliste Romain Molina, Donald Trump serait intervenu auprès de la FIFA pour faire lever la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun, expulsé face à la Bosnie lors de la Coupe du monde 2026. Cette affaire relance les interrogations sur l’indépendance de la FIFA face aux pressions politiques. (Le Média)
La cour d’appel a confirmé la culpabilité de Marine Le Pen dans l’affaire des emplois fictifs au Parlement européen, mais a réduit sa peine d’inéligibilité, lui permettant d’être candidate à l’élection présidentielle de 2027. L’article souligne toutefois que sa candidature dépendra de sa décision de faire campagne malgré une peine aménagée sous bracelet électronique. (Bon Pote)
À l’occasion du sommet de l’OTAN à Ankara, des défenseurs des droits humains dénoncent une multiplication des restrictions visant la liberté de manifester, la presse et les opposants, ainsi que des arrestations et des violations des droits fondamentaux. L’article estime que ces dérives s’inscrivent dans un contexte plus large d’atteintes aux droits humains en Turquie. (bianet)
À Trois-Bassins (La Réunion), habitants, producteurs et associations expérimentent une Sécurité sociale de l’alimentation fondée sur les circuits courts, une monnaie locale et une gouvernance participative. Le projet vise à garantir un accès à une alimentation de qualité tout en assurant une juste rémunération des producteurs. (Parallèle Sud)
Dans un billet, le Bondy Blog estime que le traitement médiatique d’Hamza, 14 ans, présenté comme un « ennemi public » après des incidents au canal Saint-Martin, illustre le phénomène d’adultification, qui conduit à priver certains enfants, notamment issus des quartiers populaires, de leur droit à l’enfance. (Bondy Blog)
Face à des incendies de plus en plus précoces et violents, chercheurs et agriculteurs estiment que la stratégie actuelle atteint ses limites et plaident pour des territoires plus résilients, misant sur la prévention, l’agriculture, le pastoralisme et un aménagement adapté des paysages. (Reporterre)
Emmanuel Macron a officiellement proposé la nomination de François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits, en remplacement de Claire Hédon. Ancien ministre et sénateur LR aux positions jugées sécuritaires, anti-immigration, anti-IVG et anti-LGBT+, sa désignation suscite des inquiétudes. (L’Humanité)
Le gouvernement a annoncé 3 milliards d’euros de coupes supplémentaires dans les dépenses publiques, dont 2 milliards pour l’État et 1 milliard pour la Sécurité sociale. De nouvelles économies pourraient également être demandées aux collectivités territoriales, dans un contexte de réduction des déficits publics. (L’Humanité)
Selon des chercheurs, les sécheresses de plus en plus fréquentes contraignent les arbres à stopper leur photosynthèse, ce qui réduit leur capacité à stocker le CO₂ et peut même transformer certaines forêts en sources d’émissions de carbone. (La Relève et La Peste).
Les États-Unis ont mené des frappes contre plus de 80 cibles en Iran en réponse à des attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz, mettant fin au cessez-le-feu conclu en juin. En représailles, l’Iran a visé des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, ravivant les tensions au Moyen-Orient et faisant grimper les prix du pétrole. (Huffington Post)
– Mauricette Baelen
The post Loi Pauget, FIFA et LePen : les 10 infos de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.10.07.2026 à 06:00
Mauricette Baelen
Alors que l’élevage intensif demeure le modèle dominant, L214 analyse les raisons de cette défaillance de l’État et plaide pour une mise en conformité du droit avec les connaissances scientifiques et les attentes de la société. [Temps de lecture estimé : ~ 9 min] Le 10 juillet 1976, la France adoptait une avancée majeure en […]
The post Élevage intensif : 50 ans après, l’article L214-1 est-il resté lettre morte ? first appeared on Mr Mondialisation.
« L’article L214 reconnaît pour la première fois les animaux comme des « êtres sensibles » n’a jamais été appliqué. S’il l’avait été, l’élevage intensif n’existerait pas. »
Voté le 10 juillet 1976, ce texte fondateur aurait dû freiner l’essor de l’élevage intensif. Or c’est l’inverse qui se produit : la loi d’urgence agricole met le cap sur le tout intensif, alors que des millions d’animaux enfermés en bâtiment meurent étouffés par la canicule. Ce rapport est là pour rappeler cette défaillance de l’État. »

L214 : « Appliquer la loi, c’est-à-dire l’article L214-1, impliquerait de respecter les besoins physiologiques et comportementaux des animaux : ne pas avoir faim ni soif, ne pas souffrir de maladies ou de blessures, ne pas éprouver de détresse, pouvoir se reposer confortablement et exprimer les comportements normaux de leur espèce, comme courir, se percher, etc.
Or, l’élevage intensif est précisément fondé sur la privation de ces besoins : confinement en bâtiment et/ou en cage, densités maximales ou au contraire isolement, mutilations, sélection génétique à outrance pour une productivité qui dégrade leur santé. Appliquer la loi n’implique pas des améliorations à la marge comme agrandir les cages ou ajouter quelques perchoirs. Cela impose la sortie du modèle intensif. »
Mr Mondialisation : Comment l’État est-il parvenu à contourner cette loi ?
L214 : « Il l’a fait par son inaction. Il avait pour mission d’interdire les pratiques qui vont à l’encontre de l’article L214 d’après les connaissances scientifiques actuelles : il ne l’a pas fait.
« Il devait aussi contrôler l’application de la loi dans les élevages et corriger les manquements : avec 1 % des élevages contrôlés chaque année et 2,7 % des élevages défaillants contrôlés, on en est loin. »
L’État a d’ailleurs été condamné 3 fois par le tribunal administratif pour cette carence fautive dans sa mission de contrôle en élevage. »
Mr Mondialisation : Quels sont les exemples les plus marquants d’incompatibilité avec les besoins identifiés par l’EFSA ?
L214 : « Les veaux destinés à la boucherie qui passerait 9h par jour à téter leur mère et qui, en élevage intensif, passent 8 minutes à boire dans un seau et sont volontairement anémiés pour garantir une viande blanche.
Les truies qui ont besoin de construire un nid et d’interagir avec leurs petits, mais passent la moitié de leur vie immobilisées dans des cages.
Les poulets sélectionnés pour une croissance si rapide que 99 % d’entre eux souffrent de problèmes de démarche en fin de cycle. Sans compter leurs parentes, les reproducteurs, qui sont volontairement affamés et assoiffés durant toute leur vie. Les 99 % de porcelets qui ont la queue coupée à vif…. Ces souffrances graves et généralisées sont causées par l’élevage intensif : l’EFSA en recense 17 pour les poulets, 13 pour les cochons. »
Mr Mondialisation : Quels exemples concrets d’un choix d’encadrer plutôt que d’interdire ?
L214 : « Au lieu d’interdire les cages pour les poules pondeuses, la France a inventé les cages dites « bien-être », qui leur accordent 50 cm² supplémentaires chacune, soit la surface d’un post-it.
« Au lieu de sortir les veaux de l’isolement, elle a seulement encadré les dimensions de leurs cages : 1,1 fois la longueur de leur corps, de quoi faire un seul pas en avant. »
Au lieu d’interdire les densités extrêmes dans les élevages, la France les a plafonnées à 22 poulets par m², ce qui n’a fait qu’entériner les pratiques. En 2015, elle a enfin interdit les cages individuelles pour les canards destinés au foie gras… pour les remplacer par des cages collectives.
Au final, en cinquante ans, la France n’a renforcé les normes européennes que deux fois, sous la pression des associations : pour interdire la castration à vif des porcelets et le broyage de (certains) poussins. »
Mr Mondialisation : Pourquoi « respecter la réglementation » ne signifie-t-il pas respecter l’article L214-1 ?
L214 : « Cela devrait être le cas. D’après l’article L214-3, les textes encadrant les conditions d’élevage doivent « assurer la protection de ces animaux contre les mauvais traitements ou les utilisations abusives » et leur « éviter des souffrances ».
Or, l’arrêté de 2003, censé assurer la protection des cochons, autorise le meulage des dents des porcelets sans anesthésie. Même logique pour l’arrêté protégeant les poulets tout en autorisant l’épointage de leur bec ou la castration à vif. Le droit est ici en contradiction : d’un côté, des normes minimalistes qui favorisent les intérêts économiques ; de l’autre, l’article L214, qui protège les animaux. »

L214 : « C’est un choix politique. Contrôler seulement 1 % des élevages par an au titre de la protection animale est l’objectif que l’État s’est lui-même fixé en 2016 dans son plan national de contrôles officiels pluriannuels.
Cela revient à dire qu’un élevage peut être inspecté, en moyenne, une fois tous les cent ans. Or, le tribunal administratif dit exactement l’inverse : en janvier dernier, il a condamné l’État pour carence fautive des services vétérinaires dans leur mission de contrôle d’un élevage de 20 000 cochons sous contrat avec Herta. Selon le juge, trois contrôles en dix-huit ans ne constituent pas un « contrôle régulier ».
L214 : « Là encore, c’est un parti pris de l’État. Ce 2,7 % témoigne de sanctions rares et peu dissuasives sur des élevages globalement peu contrôlés. Ses services sont censés apporter une réponse graduée et proportionnée à la gravité des faits et aux antécédents de l’élevage, avec un objectif clair : faire cesser les non-conformités et empêcher qu’elles se reproduisent. Concrètement, ces « non-conformités » signifient des souffrances graves endurées par un très grand nombre d’animaux. »
L214 : « Sur le plan juridique, elles reconnaissent que l’objectif de contrôler 1 % des élevages par an ne suffit pas. Dans l’affaire de Corbeil, le tribunal a constaté qu’aucun contrôle sérieux n’avait eu lieu en 35 ans pour un élevage de 4 000 cochons.
Ces condamnations reconnaissent aussi l’illégalité de la caudectomie systématique et du claquage des porcelets ; c’est un pas en avant considérable. Sur le plan financier, en revanche, les indemnités sont modestes : 4 000 euros de préjudice moral pour L214 dans chaque affaire, parfois assortis de 1 500 euros de frais de justice.
« Ce n’est pas une sanction dissuasive, c’est une simple reconnaissance de la carence fautive de l’État. »
Le problème est que ces décisions n’obligent l’État à rien de concret. L214 a obtenu 10 condamnations de ce type en élevage et en abattoir, sans que les modalités et la fréquence des contrôles ne changent. »
L214 : « Parce qu’en matière d’élevage, l’État est juge et partie.
Depuis la loi sur l’élevage de 1966, l’augmentation des performances et de la productivité du cheptel fait partie intégrante de ses missions. Il a financé massivement l’intensification par le passé, et continue de soutenir ce modèle aujourd’hui.
La protection des animaux d’élevage est confiée au ministère chargé de défendre les intérêts économiques des filières. Or leur poids est considérable : le report de l’interdiction des cages individuelles de gavage a été obtenu par le CIFOG ; la cellule Déméter, qui a pour vocation de surveiller et freiner toute contestation de l’élevage intensif, a été instaurée via une convention entre le ministère de l’Intérieur et deux syndicats agricoles (la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs)…»
L214 : « Avec un moratoire sur l’élevage intensif progressif et accompagné. Il interdit immédiatement l’extension et la création d’élevages privant les animaux d’accès au plein air, puis interdit ces élevages sous dix ans.
Cela laisse le temps d’organiser la reconversion des personnes qui en dépendent aujourd’hui.
Leur accompagnement est indispensable, avec des échéanciers planifiés par filière et une urgence accrue pour les secteurs directement en concurrence avec l’alimentation humaine, comme les filières porcines et avicoles. Ils doivent bénéficier de dispositifs de reconversion, qui pourraient être financés par la réaffectation des fonds bénéficiant actuellement à l’élevage intensif, comme certaines subventions de la PAC.
La transition vers un modèle alimentaire plus végétal permettrait à notre agriculture de produire durablement sans dépendre des importations, et aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail sans endettement structurel. »
L214 : « Un rôle central. La seule filière porcine, où 95 % des animaux sont enfermés en bâtiment, reçoit chaque année plus de 820 millions d’euros de subventions.
À cela s’ajoutent 2 milliards de dépenses publiques pour gérer l’impact environnemental et sanitaire de la filière, comme les maladies liées à la consommation de charcuterie. De l’argent public finance jusqu’à la recherche scientifique pour adapter toujours plus les animaux au système intensif. Le contribuable passe donc 3 fois en caisse : pour subventionner l’intensif, pour réparer ses dégâts et pour le pérenniser.»
L214 : « Respecter l’article L214 implique de sortir de l’élevage intensif.
Or, en France, le niveau de consommation de produits animaux est tel (85 kg de viande par an et par personne) que cela passe obligatoirement par une baisse de la demande.
Pour cela, nous avons besoin d’un objectif chiffré et atteignable : réduire de moitié le nombre d’animaux tués d’ici 2030. Cela permettrait de sauver 600 millions d’animaux, mais aussi de répondre aux enjeux de sécurité alimentaire, de protection de l’environnement et de santé publique. De nombreuses études proposent des objectifs de réduction de 50 à 90 % de la consommation de viande pour y répondre.
Cela requiert l’engagement actif des pouvoirs publics et des entreprises pour modifier notre environnement alimentaire, notamment grâce à un moratoire sur les élevages sans accès au plein air, la réorientation des subventions vers les productions végétales ou l’exclusion des protéines issues de l’intensif dans la restauration publique. »
L214 : « Simplement d’appliquer enfin la loi : respecter les besoins des animaux et leur éviter les souffrances et les mauvais traitements en élevage. Les dispositions de l’article L214 ne sont ni optionnelles ni symboliques ; elles constituent des obligations légales depuis un demi-siècle. Cesser de soutenir un modèle structurellement illégal est aussi une attente de la société : 84 % des Français sont favorables à l’interdiction de l’élevage intensif d’ici dix ans. »
Photo de couverture : Avec toutes autorisations – L214