06.08.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
Le 31 mars 2026, une série de détonations a secoué Bujumbura, la capitale économique du Burundi. Dans le quartier populaire de Musaga, les vitres ont éclaté, des toitures ont été arrachées. Des familles ont fuient dans la panique. Lumière sur une catastrophe loin d’être résolue. La réalité derrière les détonations : un incendie dans un dépôt de […]
The post Après l’explosion de Bujumbura, faut-il délocaliser les camps militaires ? first appeared on Mr Mondialisation.La réalité derrière les détonations : un incendie dans un dépôt de munitions de l’armée burundaise. L’incendie aurait été provoqué par un court-circuit électrique. Le bilan officiel a fait état de 13 mort·es et 54 blessé·es, tandis que des centaines de riverains ont vu leurs maisons endommagées et leur quotidien bouleversé.
Au-delà du drame humain, cette explosion pose une question beaucoup plus large : pourquoi des dépôts d’armes et des camps militaires se trouvent-ils aujourd’hui au cœur de quartiers où vivent des milliers de familles ? Cette situation révèle la réalité d’une urbanisation rapide qui rattrape des infrastructures militaires construites à une époque où les villes étaient bien plus petites.

Le Burundi n’est malheureusement pas un cas isolé. En 2002, l’explosion d’un dépôt de munitions à Ikeja, près de Lagos au Nigeria, provoque la mort de plus d’un millier de personnes. Beaucoup périssent en tentant de fuir les explosions. En 2007, un dépôt militaire explose à Maputo, au Mozambique, provoquant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés.
En 2012, c’est au tour du camp militaire de Mpila, à Brazzaville, de connaître une catastrophe similaire. Des quartiers entiers sont détruits, des centaines de personnes perdent la vie et des milliers d’autres se retrouvent sans logement. Dans chacune de ces tragédies, un point commun apparaît : les installations militaires étaient entourées de quartiers résidentiels.
L’Afrique connaît l’une des urbanisations les plus rapides du monde. Chaque année, des millions de personnes rejoignent les centres urbains à la recherche d’emplois, de services publics ou simplement d’une vie meilleure. Mais cette croissance dépasse souvent les capacités de planification des États. Les villes s’étendent sans véritable maîtrise du foncier, les lotissements se multiplient, les quartiers informels gagnent du terrain et les anciennes zones périphériques deviennent progressivement des quartiers densément habités.
À Ouagadougou, Abidjan ou Bamako, les villes ont progressivement absorbé des infrastructures qui avaient été construites à l’écart des populations. À Nairobi, les anciennes bases militaires sont désormais encerclées par l’expansion de la capitale kényane. Et c’est précisément ce phénomène qui s’est produit à Bujumbura.
Le professeur Bernard Sindayihebura, spécialiste des questions environnementales et territoriales à l’Université du Burundi, souligne que Bujumbura a connu une urbanisation galopante, avec une augmentation de la densité estimée à près de 230 % entre 1990 et 2024. Cette croissance rapide s’est accompagnée d’une occupation progressive de zones à risque, souvent sans planification adéquate.

Pamphile Malayika, expert en urbanisation et ancien député, fait savoir que des camps militaires de Bujumbura ont été construits au cours de la période coloniale belge avant 1960. À cette époque, les quartiers de l’ancienne ville de Bujumbura n’étaient pas nombreux. Les camps militaires étaient sur les périphéries de la ville, avec une distance obligatoire d’au moins 500 mètres des maisons d᾽habitations.
Puis, l’agglomération n’a cessé de grandir jusqu’à ce que les camps militaires se retrouvent au centre des habitations. Les habitations sont allées jusqu’à empiéter les espaces de servitude militaire délimitant les camps. Pourtant, ces zones tampon incluent des distances de recul par rapport aux habitations et toute construction y est strictement interdite.

Ces espaces ont été construites avec la complicité des autorités administratives. En effet, le Code de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction spécifie que toute personne physique ou morale qui désire obtenir un terrain à bâtir à l’intérieur du périmètre urbain doit adresser une demande écrite au Ministre en charge de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction (article 41). De plus, nul ne peut dans un centre urbain, entreprendre une construction de quelque nature que ce soit, sans autorisation préalable délivrée par le Ministre en charge de l’urbanisme (article 112). L’autorisation est matérialisée par un permis de construire.
Ces espaces entourant les camps militaires ont été également construits avec la complicité des autorités militaires. Le Code spécifie que nul ne peut entreprendre le lotissement d’un terrain sans un permis de lotissement (article 84). Le permis de lotissement est délivré après consultation des représentants des services chargés de la protection de l’environnement et des établissements militaires.
La question devient sensible : entre populations et camps militaires, qui doit céder l’espace urbain ? Le porte-parole de l’armée burundaise, Gaspard Baratuza, estime que ce sont les populations qui se sont progressivement rapprochées des camps militaires, lesquels existaient bien avant l’expansion urbaine. Selon lui, les installations militaires ont une valeur stratégique qui rend leur déplacement difficile.
Mais pour Gaspard Kobako, expert en urbanisation, c’est l’inverse. Selon lui, « entre la population et les camps militaires, ce sont les camps qui doivent être délocalisés ». Il souligne que les habitant·es installé·es autour de ces sites ont acquis leurs parcelles légalement, ce qui rend difficile toute politique d’expulsion sans injustice sociale.
Des recherches menées par le Lincoln Institute of Land Policy rappellent que la prévention des risques urbains est moins coûteuse que la gestion des catastrophes. Sur le terrain, les habitants restent les premières victimes de cette proximité.
En attendant une éventuelle délocalisation, que ce soit des camps ou des habitations, Gaspard Kobako recommande des mesures immédiates : retirer les munitions et équipements dangereux des zones urbaines afin de réduire les risques pour les populations. Pour cet expert, la question n’est plus seulement sécuritaire, mais relève désormais d’une responsabilité politique et urbaine face à des risques connus. Les nouvelles implantations devraient respecter les schémas directeurs d’aménagement du territoire et les normes de sécurité prévues par les plans urbains nationaux et locaux.
Le cas échéant, toute mesure de déplacement des populations doit s’accompagner d’une indemnisation juste et transparente, ou de solutions de relogement dignes. Il est essentiel d’éviter que les populations paient le prix d’un manque de planification passé.
– Landry Ingabire
Photo de couverture. Bujumbura. 2024. Wikimedia.
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Mr Mondialisation
Alors que la France ambitionnait d’adopter une législation pionnière pour encadrer la fast fashion, la loi qui a été promulguée le 8 juillet 2026 suscite une profonde déception. Le texte a perdu une grande partie de son ambition initiale et risque de laisser de côté une large partie des acteurs responsables de la surproduction textile. […]
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Chaque année, des milliards de vêtements sont produits et jetés à travers le monde, dans un modèle fondé sur le renouvellement permanent des collections, des prix toujours plus bas et une consommation de plus en plus rapide.
Derrière cette industrie se cachent des conséquences environnementales considérables, entre émissions de gaz à effet de serre, surexploitation des ressources naturelles, montagnes de déchets textiles avec la pollution que cela génère et difficultés croissantes pour les filières de réemploi. Sur le plan social, la fast fashion repose également sur une pression constante exercée sur les conditions de production et contribue à la fragilisation de toute une partie de la filière textile.
Dans ce contexte, la proposition de loi visant à encadrer la fast fashion était attendue comme un tournant. Mais pour Emmaüs, le texte adopté le 8 juillet 2026 après la commission mixte paritaire s’est considérablement éloigné de son ambition initiale.
Acteur historique du réemploi et de l’économie solidaire, le mouvement constate chaque jour les effets de cette surconsommation sur ses activités. Tarek Daher, Délégué général d’Emmaüs France, revient sur les limites de la future loi, les défis auxquels Emmaüs est confronté et les évolutions qu’il juge indispensables pour enrayer les dérives de la fast fashion.
Tarek Daher : « Fervent défenseur d’une société où chacun·e a sa place, Emmaüs est à la fois une fabrique d’innovations sociales et un mouvement engagé en faveur d’une société plus juste et plus écologique. Le mouvement rassemble aujourd’hui près de 40 000 personnes – bénévoles, compagnes et compagnons, salarié·es permanent·es et en insertion – partout en France. »

Tarek Daher : « Nous sommes déçu·es.
« La France pouvait être pionnière en Europe avec une régulation forte de la fast fashion, mais le texte adopté est beaucoup moins ambitieux. »
Aujourd’hui, rien ne garantit que les pénalités seront réellement appliquées ni quelles marques seront concernées. Les seuils sont renvoyés aux décrets d’application.
Le texte initial s’appuyait sur l’affichage environnemental de l’ADEME : un tee-shirt produit en petite quantité au Portugal aurait obtenu un meilleur score que le même produit fabriqué à des milliers d’exemplaires en Asie. Nous craignons que les décrets épargnent une partie de la fast fashion, voire de l’ultra fast fashion. »

Tarek Daher : « Pour vendre à des prix très bas, les coûts de production sont réduits au minimum, avec des conditions de travail qui bafouent les droits humains.
En France, la fast fashion s’est aussi accompagnée de nombreuses délocalisations, avec la perte d’environ 30 000 emplois dans le secteur textile depuis les années 1990. Sur le plan environnemental, elle favorise la surproduction, la surexploitation des ressources et le transport massif de vêtements. L’industrie textile représente près de 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, produit 92 millions de tonnes de déchets par an et près de 90 % des vêtements issus de la fast fashion ne sont pas recyclables. »
Tarek Daher : « Elle réduit le potentiel de réemploi des vêtements, qui finance une grande partie de nos actions de solidarité. Nous constatons une baisse de leur qualité et de leur durabilité, ainsi qu’une hausse des volumes à trier et à stocker. Certaines structures ont dû consacrer jusqu’à 30 % de leur chiffre d’affaires mensuel au stockage des surplus textiles. »
Tarek Daher : « Oui. En 2014, 64 % des textiles reçus étaient réemployables, contre 56 % aujourd’hui. Les vêtements sont triés : ceux qui peuvent être réemployés sont revendus dans nos boutiques ou auprès de partenaires ; les autres sont recyclés lorsqu’ils le peuvent ou orientés vers l’incinération, notamment pour les fibres synthétiques. »
Tarek Daher : « C’est difficile à dire. Nous constatons que davantage de personnes qui fréquentent nos espaces de vente sont sensibles aux bénéfices environnementaux de la seconde main. Mais, dans le même temps, les achats de fast fashion continuent d’augmenter : les Français achètent en moyenne 48 vêtements et chaussures neufs par personne chaque année.
Emmaüs défend une consommation plus sobre, car certaines plateformes de seconde main favorisent aussi la surconsommation et les déchets. »
Tarek Daher : « Elles ont l’obligation de financer la fin de vie des textiles, mais nous constatons qu’elles cherchent à limiter au maximum leur contribution. Cela réduit les moyens consacrés à la collecte, au tri et au réemploi, et limite notre capacité d’action. Pourtant, une filière performante est dans l’intérêt de tous. »
Tarek Daher : « Oui. On retrouve dans la loi des demandes portées par certains lobbies. Le risque est qu’elle épargne de grands acteurs de la fast fashion, voire de l’ultra fast fashion. Le critère de la largeur de gamme pourrait être contourné par certaines plateformes et tout dépendra aussi des seuils retenus pour le prix de réparation. Aujourd’hui, on trouve des tee-shirts à 4 € chez de nombreuses enseignes de fast fashion : si les seuils sont trop élevés, ils risquent de ne pas pénaliser une grande partie du secteur. »
Tarek Daher : « Nous souhaitions que le périmètre de la loi et le montant des pénalités soient définis directement dans le texte, plutôt que laissés aux décrets d’application. Nous voulions aussi que les pénalités restent fondées sur la méthodologie de l’affichage environnemental de l’ADEME, notamment le coefficient de durabilité. »
Tarek Daher : « Nous l’espérons et continuons de nous mobiliser en ce sens. Mais les annonces du gouvernement laissent penser que les décrets seront rédigés de façon à ne pas pénaliser la fast fashion. »
Tarek Daher : « Oui. La loi française constitue une première étape, mais une réglementation ambitieuse à l’échelle européenne est indispensable. Elle permettrait d’éviter les contournements par certaines marques, comme on l’a vu avec les petits colis transitant désormais par d’autres pays européens, et de renforcer l’ambition de cette régulation. »
Tarek Daher : « Il est difficile de faire porter une nouvelle fois la responsabilité aux consommateurs alors que les entreprises et les pouvoirs publics avaient l’occasion d’agir. Ils peuvent néanmoins interpeller leurs parlementaires afin que les décrets d’application reposent sur le coefficient de durabilité prévu initialement et pénalisent réellement l’ensemble de la fast fashion. »
« Il est difficile de faire porter une nouvelle fois la responsabilité aux consommateurs alors que les entreprises et les pouvoirs publics avaient l’occasion d’agir. »
Tarek Daher : « Le premier réflexe est de se demander si l’achat est réellement nécessaire. Si la réponse est oui, mieux vaut privilégier la seconde main ou une marque éthique. La seconde main reste une véritable alternative : elle est accessible, évite la production de nouveaux vêtements et prolonge leur durée de vie. »
Tarek Daher : « Oui. Le geste du don s’est érodé, les particuliers privilégiant la vente de leurs plus belles pièces sur les plateformes en ligne. Les vêtements de meilleure qualité nous parviennent donc moins souvent. Nous invitons chacun à déposer les vêtements et objets en bon état dans l’un des 500 espaces d’accueil Emmaüs : donner, c’est soutenir un modèle solidaire et contribuer à une société plus durable. »
– Mauricette Baelen
Photo de couverture : Photo de groupe lors de la dernière manifestation pour la loi Anti Fast Fashion – Avec toutes autorisations / Emmaüs France
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Elena Meilune
Le meurtre de Lyhanna a fait ressurgir la peine de mort dans le débat public. Devant certains crimes, l’idée que les personnes les ayant commises méritent de mourir réapparaît avec force. Mais cette question ne peut être réduite à ce que mérite un criminel. Elle oblige à s’interroger sur ce qui fait justice pour les […]
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Refuser la peine de mort ne signifie ni excuser les criminels, ni minimiser leurs actes, ni réclamer leur remise en liberté. Il s’agit de savoir si une justice humaine, faillible et traversée par les inégalités, doit disposer du pouvoir irréversible de décider qui peut vivre et qui doit mourir. Car la peine capitale n’a démontré aucune efficacité supérieure à l’emprisonnement, coûte davantage à la collectivité, et confère à l’État un pouvoir dont les conséquences sont irréparables. C’est aussi une question philosophique : est-ce que la peine de mort peut avoir sa place dans une société qui prétend défendre la dignité humaine ?
Il suffirait presque d’un seul argument pour mettre fin au débat sur la peine de mort : aucun système judiciaire n’est infaillible. Faux témoignages, erreurs d’expertise, aveux obtenus sous pression, mauvaise défense, préjugés, fautes policières, dissimulation de preuves : l’histoire judiciaire regorge de condamnations ultérieurement reconnues comme erronées.
Une condamnation injuste à plusieurs décennies de prison constitue déjà un désastre que rien ne pourra véritablement réparer. Mais tant que la personne est vivante, une erreur peut encore être reconnue : elle peut être libérée, réhabilitée, indemnisée. La peine de mort supprime jusqu’à cette possibilité. Lorsqu’une erreur judiciaire est découverte après une exécution, il ne reste plus personne à libérer.
George Stinney Jr. avait 14 ans lorsqu’il a été exécuté sur la chaise électrique en Caroline du Sud, en 1944. Cet enfant noir avait été reconnu coupable du meurtre de deux fillettes blanches par un jury entièrement composé d’hommes blancs, à l’époque de la ségrégation raciale aux États-Unis.
Aucune preuve matérielle ne le reliait aux meurtres. Sa condamnation reposait notamment sur de prétendus aveux recueillis lors d’un interrogatoire sans avocat ni parent : aucune confession écrite ou signée de Stinney, ni aucune transcription de son interrogatoire, n’a jamais été produite. Son procès a duré environ deux heures. Dix minutes ont suffi au jury pour le déclarer coupable. Son avocat n’a pas préservé ses droits d’appel et, moins de trois mois après les faits, George Stinney a été électrocuté.
Sa petite taille a rendu difficile son installation sur la chaise électrique, conçue pour un adulte. Le masque, lui aussi trop grand pour son visage, est tombé pendant l’exécution, exposant son visage aux témoins. Il a fallu huit minutes pour le déclarer mort. Soixante-dix ans plus tard, la justice a annulé sa condamnation.
George Stinney n’a pas été la seule victime d’un système judiciaire meurtrier. Plusieurs condamnés ont vu leur condamnation remise en cause après leur exécution. C’est notamment le cas de Tommy Lee Walker, exécuté à 21 ans au Texas en 1956.
Lee Walker disposait d’un alibi soutenu par de nombreux témoins. Pourtant, il a subi un interrogatoire coercitif, des éléments disculpatoires ont été dissimulés et le procureur a écarté tous les jurés racisés. Le 21 janvier 2026, près de soixante-dix ans après sa mort, le comté de Dallas a adopté à l’unanimité une résolution l’innocentant.
« pendu pour le meurtre d’un homme qui s’est avéré par la suite être toujours en vie »
D’autres ont aussi obtenu une reconnaissance posthume de l’injustice de leur condamnation. Quelques exemples : Mahmood Mattan, ancien marin marchand somalien, pendu au Royaume-Uni en 1952, a vu sa condamnation annulée en 1998 ; Joe Arridy, qui présentait un handicap intellectuel, exécuté dans le Colorado en 1939, a été gracié à titre posthume en 2011 sur le fondement de son innocence ; Thomas et Meeks Griffin, deux hommes noirs exécutés en Caroline du Sud en 1915, ont été graciés en 2009. Plus absurde encore, William Jackson a été pendu dans le Nebraska en 1887 pour le meurtre d’un homme qui s’est avéré par la suite être toujours en vie. Il a été gracié à titre posthume cent ans après son exécution, en 1987.
À ces cas s’ajoutent ceux pour lesquels aucune innocence n’a été officiellement reconnue, mais dont les dossiers comportent de sérieux éléments en ce sens. Le Death Penalty Information Center recense ainsi de nombreuses personnes « exécutées mais possiblement innocentes ».
Les erreurs fatales sont loin d’être exceptionnelles et leur nombre est largement sous-estimé. Très peu de condamnations erronées sont découvertes. Une fois le condamné mort, les procédures judiciaires permettant de réexaminer son affaire deviennent beaucoup plus rares, tandis que les avocats et organisations consacrent naturellement leurs ressources aux personnes qu’il est encore possible de sauver. Nous ne saurons probablement jamais combien d’innocents ont été exécutés sans que leur innocence soit établie.
Aux États-Unis, 202 personnes condamnées à mort ont été innocentées depuis 1973, selon le Death Penalty Information Center. Certaines n’ont échappé à l’exécution qu’après des années, parfois des décennies, passées dans le couloir de la mort.
Et ces 202 cas ne donnent qu’une vision partielle de l’ampleur des erreurs judiciaires. Une étude publiée en 2014 dans Proceedings of the National Academy of Sciences a estimé qu’au moins 4,1 % des personnes condamnées à mort étaient innocentes, soit plus du double de la proportion ayant effectivement obtenu une exonération.
Prouver son innocence peut prendre une part considérable d’une vie : les condamnés à mort finalement innocentés ont passé 13 ans en moyenne sous le coup d’une condamnation à mort avant leur libération. Pour les personnes innocentées en 2024, cette attente atteignait le niveau record de près de 39 ans en moyenne.
Ces 202 personnes représentent autant de situations dans lesquelles la justice avait estimé qu’un être humain devait mourir avant de reconnaître qu’elle s’était trompée. Défendre la peine capitale implique donc d’accepter une conséquence rarement formulée aussi clairement : puisqu’aucune justice humaine ne peut garantir l’absence d’erreur, accepter la peine de mort, c’est accepter que l’État ait le droit de tuer des innocents.
La justice est une institution humaine, et elle est donc traversée par les rapports de pouvoir et les inégalités de la société qui l’a produite : racisme, classisme, validisme, patriarcat, transphobie, etc. Tous les accusés ne disposent pas des mêmes avocats, des mêmes moyens pour financer des expertises ou des contre-enquêtes, ni du même capital économique et social pour affronter l’appareil judiciaire.
« 65 % des condamnés à mort innocentés sont des personnes racisées et plus de la moitié sont noirs »
L’erreur judiciaire aux États-Unis reflète avant tout un système encore profondément raciste : 65 % des condamnés à mort innocentés sont des personnes racisées et plus de la moitié sont noirs. Une synthèse du Government Accountability Office portant sur 28 études constatait également dès 1990 que 82 % d’entre elles concluaient que la race de la victime influençait la probabilité que l’accusé soit poursuivi pour un crime capital ou condamné à mort. Plus des trois quarts concluaient également que les juges étaient davantage susceptibles de condamner à mort les accusés noirs.
Plus de trente ans après, ces disparités sont toujours là. Sur les cinquante dernières années, 78,1 % des exécutions aux États-Unis concernaient des affaires comptant au moins une victime blanche, contre seulement 13,3 % des affaires ne comptant que des victimes noires. Les recherches continuent ainsi de mettre en évidence des inégalités criantes : les affaires impliquant des victimes blanches sont davantage susceptibles d’aboutir à l’application de la peine capitale.
Peut-être la peine capitale serait-elle terrible, mais nécessaire pour protéger la population ? Là aussi, le problème est que son efficacité n’est pas démontrée. Il n’existe aucune preuve scientifique solide permettant d’établir que la peine de mort possède un effet dissuasif supérieur à celui de longues peines d’emprisonnement.
Cela n’a rien de très surprenant : nombre de crimes violents ne résultent pas d’un calcul rationnel dans lequel leur auteur compare les différentes peines encourues avant de passer à l’acte. Quant à empêcher une personne extrêmement dangereuse de récidiver, l’incarcération permet déjà de la neutraliser sans l’exécuter.
Mais alors, pourquoi la collectivité devrait-elle payer pendant des décennies pour maintenir en vie quelqu’un ayant commis l’irréparable ? L’argument économique se retourne pourtant contre la peine de mort elle-même.
Les études menées aux États-Unis concluent de manière récurrente que les procédures capitales coûtent bien plus à la collectivité que l’emprisonnement à vie, notamment en raison de la complexité des procès, des expertises, de la défense renforcée et des multiples procédures de recours nécessaires lorsqu’une vie est en jeu. Exécuter ne constitue donc pas l’alternative économique à l’emprisonnement à vie que l’on imagine parfois.
Surtout, réduire la question à son coût conduirait à un principe particulièrement inquiétant, celui selon lequel le prix du maintien en vie d’une personne pourrait déterminer son droit à continuer d’exister. Nous ne finançons pas « le confort d’un criminel ». Nous finançons une justice capable de protéger la société sans tuer ses prisonniers et de conserver, jusqu’au bout, la possibilité de corriger ses propres erreurs.
Une peine peut protéger la société, reconnaître la gravité du préjudice subi par les victimes, prévenir la récidive, permettre certaines formes de réparation et, lorsque cela est possible, favoriser la réhabilitation. L’exécution neutralise le condamné, mais l’incarcération peut déjà remplir cette fonction. La peine de mort ne ressuscite aucune victime et rend impossible toute évolution future de la personne condamnée.
Aussi, les proches des victimes peuvent avoir des attentes très différentes à l’égard de la justice. Il peut être estimé que l’exécution de l’autre constituerait une réponse juste ; d’autres s’y opposent fermement. Or la fonction de la justice institutionnelle à l’heure actuelle n’est pas d’entériner une conception particulière de la peine, mais de déterminer, au regard de principes communs, quelle réponse la société juge légitime et compatible avec l’État de droit.
Il reste enfin une question politique souvent éclipsée par la focalisation sur les criminels : à qui donnons-nous le pouvoir lorsque nous légalisons la peine capitale ? Car ce pouvoir ne sera pas uniquement exercé contre le meurtrier que chacun imagine.
À travers l’histoire et encore aujourd’hui, des États ont prévu la peine capitale pour la trahison, les infractions liées aux drogues, l’apostasie, le blasphème, les relations homosexuelles ou certains positionnements politiques. Les régimes autoritaires en ont également fait un instrument de répression. Autoriser la peine capitale signifie donc instituer un pouvoir dont nous ne pouvons garantir l’usage futur.
Lors d’une exécution, l’État ne tue ni dans la panique ni pour se défendre d’une menace immédiate. La personne est capturée, désarmée et enfermée. Une institution décide d’une date et prépare méthodiquement sa mort. Pour affirmer que tuer constitue l’un des actes les plus graves qu’un être humain puisse commettre, l’État organise lui-même un meurtre de sang froid.
Pourtant, les droits fondamentaux ne sont pas des récompenses accordées aux personnes vertueuses. Ils prennent leur véritable sens lorsqu’ils continuent de protéger celles que nous avons toutes les raisons de détester. S’ils disparaissent dès qu’un individu devient suffisamment haïssable, ils cessent d’être fondamentaux – ils deviennent conditionnels.
Une société ne démontre pas son humanité par la manière dont elle traite les innocents. C’est la partie facile. Elle la démontre lorsqu’elle refuse de faire de la mise à mort un instrument de justice. La peine de mort ne répare pas le premier meurtre. Elle répond à la mort par une autre mort – celle-ci froidement décidée, préparée et exécutée au nom de nous tous.
– Elena Meilune
Photo de couverture : George Stinney / Picryl
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Elena Meilune
Environ 90 ogives nucléaires, aucune reconnaissance officielle et des conditions d’utilisation tenues secrètes. Depuis des décennies, Israël entretient volontairement le doute sur l’arme la plus destructrice jamais conçue. Au cœur de cette stratégie plane une menace ultime : l’Option Samson. Depuis des décennies, le programme nucléaire iranien fait l’objet d’inspections, de sanctions, de négociations et […]
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Depuis des décennies, le programme nucléaire iranien fait l’objet d’inspections, de sanctions, de négociations et désormais de bombardements. Beaucoup plus rarement évoqué : Israël est la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient. Son arsenal a été développé clandestinement et Israël fait partie des quatre États qui n’ont jamais adhéré au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Ses conditions d’emploi demeurent secrètes.
Une opacité particulièrement préoccupante alors que le gouvernement de Benyamin Netanyahu mène un génocide en Palestine couplé d’une entreprise coloniale et a considérablement élargi ses agressions militaires dans la région.
Selon une étude publiée en 2022 dans le Bulletin of the Atomic Scientists, Israël posséderait environ 90 ogives nucléaires. L’État ne confirmant ni ne démentant leur existence, cette estimation repose notamment sur les quantités supposées de plutonium militaire produites, les vecteurs nucléaires disponibles et des documents gouvernementaux déclassifiés ou divulgués.
Le programme nucléaire israélien prend forme dans les années 1950 sous David Ben Gourion et Shimon Pérès, avec une aide déterminante de la France. La coopération franco-israélienne, renforcée après la crise de Suez de 1956, permet à Israël d’acquérir auprès de la France, en 1957, un réacteur nucléaire et la technologie nécessaire à la séparation du plutonium. La France participe également à la construction du complexe de Dimona, dans le désert du Néguev.
Israël mène alors une véritable campagne de dissimulation et de désinformation destinée à convaincre les inspecteurs états-uniens que Dimona poursuit des objectifs civils. Les travaux historiques exploités par Hans Kristensen et Matt Korda décrivent une véritable opération de dissimulation destinée aux visiteurs états-uniens, qui ignorent notamment l’existence de l’installation souterraine permettant de séparer le plutonium.
Les autorités israéliennes vont jusqu’à présenter le complexe aux responsables états-uniens comme une usine textile, avant d’affirmer qu’il s’agit d’un centre de recherche purement civil.
Depuis la fin des années 1960, Israël entretient ainsi volontairement l’ambiguïté nucléaire. Hans Kristensen et Matt Korda la définissent comme une politique destinée à maintenir délibérément l’incertitude sur la possession même de l’arme nucléaire et sur la manière dont l’arsenal serait utilisé.
Israël affirme parallèlement qu’il ne sera pas le premier à « introduire » l’arme nucléaire au Moyen-Orient, tout en ayant historiquement défendu une définition particulièrement restrictive de cette « introduction ».
En 1968, l’ambassadeur israélien Yitzhak Rabin expliquait ainsi aux responsables états-uniens qu’un dispositif non testé et dont l’existence n’était pas publiquement reconnue ne constituait pas encore, selon lui, une arme nucléaire « introduite » dans la région. Une bombe dont l’existence doit être suffisamment crédible pour dissuader, mais jamais officiellement confirmée.
Cette stratégie comporte une hypothèse ultime, communément désignée sous le nom d’Option Samson. Dans le récit biblique, Samson, prisonnier des Philistins, fait s’effondrer sur lui le temple dans lequel il est détenu. Il meurt, mais entraîne ses ennemis dans sa mort. Interrogé par France Culture, Abdelwahab Biad, enseignant-chercheur en droit international, résume la stratégie de l’Option Samson qui serait une doctrine nucléaire de dernier recours de l’état-major israélien :
« Nous possédons la bombe et nous pouvons l’utiliser en dernier ressort contre nos ennemis »
Le journaliste états-unien Seymour Hersh développe cette logique dans son livre The Samson Option, publié en 1991. Il y oppose deux références : Massada, symbole du suicide plutôt que de la reddition, et Samson, qui meurt en entraînant ses ennemis avec lui. Selon Hersh, les partisans israéliens du nucléaire préféraient la seconde à la première. Ainsi, si Israël devait être acculé à la destruction, Samson symbolise une riposte dans laquelle ses ennemis seraient entraînés avec lui.
Le spécialiste de stratégie nucléaire Louis René Beres décrit l’Option Samson, dans son acception habituelle, comme un « modèle de dernier recours » signifiant « l’échec complet de toutes les autres options de survie ». Il estime que la perception d’une volonté israélienne de prendre certains « risques existentiels » peut renforcer ses capacités de dissuasion, et considère que les préparatifs mêmes de l’Option Samson peuvent procurer à Israël des bénéfices en matière de dissuasion.
Cette réflexion prolonge des travaux plus anciens du même auteur. Dans un article publié en 1997 dans la revue Armed Forces & Society, Louis René Beres décrivait déjà Israël comme faisant reposer sa survie sur les « fondations instables » de la dissuasion nucléaire.
Il en soulignait les limites et réfléchissait à son articulation avec les frappes conventionnelles préemptives, les défenses antimissiles et les préparatifs pour l’Option Samson. Il avertissait également que les interactions entre développements militaires israéliens, iraniens et arabes pouvaient produire une « instabilité perpétuelle » et alimenter la course régionale aux armements.
Autrement dit, même chez un théoricien favorable à la dissuasion israélienne, la bombe n’est pas une garantie contre la guerre : toute sa réflexion stratégique part précisément du risque que la dissuasion échoue.
En juin 1967, lors de la guerre des Six Jours, Israël s’est déjà dangereusement rapproché du seuil nucléaire. Une petite équipe de commandos avait été chargée de l’opération « Shimson » (Samson) : une détonation nucléaire à des fins démonstratives destinée à modifier le calcul militaire de la coalition arabe.
Puis vient 1973. Les généraux israéliens auraient été prêts à utiliser la bombe au début de la guerre du Kippour, craignant que la Syrie ne soit sur le point de vaincre l’armée israélienne sur le plateau du Golan. Seymour Hersh défend une lecture particulièrement alarmante de cet épisode. Dans The Samson Option, il affirme que des armes nucléaires israéliennes ont été assemblées et mises en état d’alerte dans les premiers jours de la guerre.
Il rapporte notamment le témoignage du général états-unien Orwin Talbott qui raconte avoir compris d’un échange avec le chef d’état-major David Elazar qu’Israël s’était trouvé « proche du point » où il était prêt à employer ses armes nucléaires. Le colonel Bruce Williams, présent lors de cette rencontre, dit avoir compris le même message : Israël était prêt à utiliser des armes nucléaires si les forces syriennes avaient percé.
Dans une étude publiée en 1999 par le Counterproliferation Center de l’US Air Force, Warner Farr, officier supérieur états-unien, écrit lui aussi qu’Israël est entré en état d’alerte nucléaire durant la guerre du Kippour. Selon lui, treize bombes atomiques d’environ vingt kilotonnes ont été assemblées et préparées au plus fort de la crise.
Depuis octobre 2023, la bande de Gaza a subi des destructions massives, le massacre de dizaines de milliers de civils palestiniens – dont plus de 20 000 enfants, des déplacements forcés de la majorité de la population et l’effondrement des infrastructures. Parallèlement, la colonisation et l’annexion illégale progressent en Cisjordanie occupée, tandis que les opérations militaires israéliennes se sont étendues au Liban, à la Syrie et surtout à l’Iran. La possibilité nucléaire a même fait irruption dans le discours gouvernemental.
En novembre 2023, le ministre israélien du Patrimoine Amichay Eliyahu a évoqué la possibilité d’utiliser l’arme atomique sur Gaza. Un membre du gouvernement a donc publiquement envisagé l’anéantissement nucléaire d’un territoire où vivent plus de deux millions de personnes. Il demeure néanmoins ministre. Netanyahu est quant à lui visé par des mandats d’arrêt par la Cour pénale internationale suite à une enquête pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
L’Option Samson n’est que la moitié du problème. L’autre porte le nom de doctrine Begin. Le principe est d’empêcher militairement les adversaires d’Israël d’obtenir des capacités nucléaires susceptibles de menacer son monopole régional. Israël détruit ainsi le réacteur irakien Osirak en 1981, frappe un site nucléaire syrien en 2007 et mène ensuite sabotages et opérations contre le programme iranien avant de bombarder directement ses installations.
Comme l’explique Nicolas Ténèze (docteur en Sciences politiques à l’Université des Sciences Sociales (UT1)) à France Culture, cette doctrine consiste à :
« bombarder de manière préventive ou préemptive les programmes nucléaires des adversaires d’Israël »
Il souligne également le paradoxe : si Israël juge nécessaire de détruire ces programmes, cela peut signifier qu’il ne fait pas entièrement confiance à sa propre dissuasion nucléaire. Et c’est ici que les deux doctrines forment un système particulièrement dangereux. Samson garantit à Israël la possibilité d’un recours nucléaire ultime ; Begin vise à empêcher ses adversaires d’acquérir une capacité comparable.
– Elena Meilune
Photo de couverture : Benjamin Netanyahu / Flickr
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 1.L’UE impose l’étiquetage des contenus générés par IA À partir d’aujourd’hui, de nombreux contenus créés ou manipulés par IA devront être signalés dans l’Union européenne par des labels ou des icônes. L’objectif est d’aider […]
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À partir d’aujourd’hui, de nombreux contenus créés ou manipulés par IA devront être signalés dans l’Union européenne par des labels ou des icônes. L’objectif est d’aider le public à mieux distinguer les contenus authentiques des créations artificielles et des deepfakes. (AFP)
Malgré l’échec législatif de la Convention climat, le tirage au sort essaime localement, où certaines initiatives débouchent sur des politiques concrètes et une forte politisation des participants. Mais sans garantie que leurs propositions soient réellement reprises, les conventions risquent d’alimenter la défiance plutôt que de renouveler la démocratie. (La Brèche)
Alors que les incendies ont brûlé plus de 42 000 hectares et déplacé 220 000 personnes, le tiers-lieu Darwin accueille des sinistrés à Bordeaux. Plus d’une centaine de bénévoles se sont mobilisés, créant une solidarité appelée à perdurer après les évacuations. (Vert)
Alors que 30 000 ruches ont été détruites et que 905 apiculteurs ont perdu leur activité, certains professionnels continuent de protéger les colonies qui ont survécu et tentent de reconstituer leurs ruchers. Un travail crucial pour préserver les abeilles, dont la pollinisation participe directement à la production alimentaire à Gaza. (Vert)
Face à une consommation d’œufs record, Yumgo et Le Papondu développent des alternatives végétales, moins carbonées mais encore moins riches en protéines. Leur essor reste freiné par le prix, le goût et des habitudes alimentaires solidement ancrées. (Reporterre)
Nueva Pescanova renonce à son projet aux Canaries après des années de mobilisation scientifique et associative contre l’élevage intensif des poulpes. Le projet aurait nécessité 28 000 tonnes de poissons sauvages pour produire 3 000 tonnes de poulpe dès sa première année. (World Animal News)
Grâce au retrait de barrages et à la création de passages, plus de 20 millions d’aloses ont migré dans le Maine en 2025, contre moins de 800 à Benton il y a 35 ans. Ce retour massif restaure les écosystèmes et permet la reprise de pêches locales longtemps disparues. (Inside Climate News)
Les Xokleng ont déjà planté près de 100 000 araucarias sur 1 000 hectares, une espèce sacrée aujourd’hui en danger critique. Le projet restaure les terres et les sources d’eau tout en préservant l’identité, la culture et le territoire autochtones (Mongabay)
En deux semaines, près de 105 000 personnes se sont déclarées victimes directes du changement climatique sur la plateforme lancée par l’Affaire du siècle, avec plus de 30 000 témoignages recueillis. Les ONG réclament 30 mesures de protection, notamment pour les travailleurs exposés aux fortes chaleurs, l’accès à l’eau potable et les logements fissurés. (Vert)
L’andrologue Julie Prasivoravong développe à Lille le premier stérilet masculin, conçu pour dériver le trajet des spermatozoïdes. Son objectif : élargir les options contraceptives masculines et mieux répartir la charge contraceptive. (Politis)
Photo de couverture – Immo Wegmann / Unsplash
– Mauricette Baelen
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer. 1. PMA pour toutes : cinq ans après, le compte n’y est pas Délais jusqu’à 28 mois, fortes disparités territoriales et discriminations persistantes : cinq ans après la réforme, l’accès à la PMA reste difficile. Malgré les […]
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Délais jusqu’à 28 mois, fortes disparités territoriales et discriminations persistantes : cinq ans après la réforme, l’accès à la PMA reste difficile. Malgré les moyens annoncés, l’afflux des demandes sature le système et pousse encore des femmes vers l’étranger. (Basta!)
Les premières vagues de chaleur ont provoqué plus de 6 000 décès, dont 5 764 morts excédentaires entre le 17 juin et le 2 juillet, le bilan le plus lourd depuis 2003. Avec de nouveaux épisodes caniculaires et 98 % de la population placée en vigilance orange ou rouge lors de la troisième vague, le bilan pourrait encore s’alourdir. (Que Choisir)
La Commission européenne veut ralentir la baisse des quotas de CO₂, prolonger les allocations gratuites jusqu’en 2038 et recourir aux crédits internationaux. La réforme pourrait permettre aux secteurs concernés d’émettre 2 milliards de tonnes supplémentaires, au risque de retarder leur décarbonation. (Reporterre)
Alors que les incendies se multiplient, les SDIS cumulent 1,4 milliard d’euros de dette, manquent d’effectifs et attendent toujours une partie du matériel promis depuis 2022. La réforme de leur financement, bloquée par le désaccord entre collectivités sur la facture, est désormais repoussée à l’automne 2026. (La Relève et la Peste)
L’interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble a provoqué un emballement médiatique hors norme, cristallisant les débats sur Gaza, Israël, LFI, l’antisémitisme et la liberté d’expression. Peu de journalistes étaient pourtant présents sur place, avant que l’événement ne monopolise largement l’espace médiatique durant la semaine suivante. (Arrêt sur images)
Deux femmes ont déposé plainte en juillet contre Patrick Bruel, l’une dénonçant un viol présumé en 1994, l’autre une agression sexuelle présumée en 2005. Leur avocate évoque des agissements répétés sur plusieurs années, tandis que le chanteur conteste fermement ces accusations. (Mediapart)
Deux militants antifascistes mis en examen après la mort de Quentin Deranque ont porté plainte contre une quinzaine de militants néonazis pour des violences présumées avec préméditation, en réunion, avec armes et visages dissimulés, lors des affrontements du 12 février à Lyon. La démarche vise notamment à accéder à l’enquête distincte sur les violences attribuées aux militants identitaires. (L’Humanité)
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les majors pétrolières devraient doubler leurs profits entre les deux premiers trimestres de 2026, avec 129 milliards d’euros attendus sur l’année pour six groupes. TotalEnergies pourrait atteindre 21 milliards d’euros de bénéfices en 2026, soit +77 %, tandis qu’Oxfam réclame une taxation de ces profits pour financer l’adaptation climatique. (Reporterre)
Washington et Riyad ont mené des frappes conjointes contre des groupes soutenus par l’Iran en Irak, faisant au moins 20 morts et 32 blessés parmi les forces paramilitaires irakiennes. Cette intervention, après des attaques iraniennes contre des bases américaines et des navires, ouvre un nouveau front et menace d’élargir encore le conflit régional. (Reuters)
Pour la première fois depuis les années 1990, les émissions liées aux énergies fossiles ont davantage augmenté dans les pays riches (+0,5 %) que dans les économies émergentes (+0,3 %) entre 2024 et 2025. Les États-Unis ont émis 100 millions de tonnes supplémentaires, tandis que la Chine en a retranché 69 millions, portée notamment par l’essor des renouvelables et du véhicule électrique. (Alternatives Économiques)
Photo de couverture – Matt C/ Unsplash
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