10.08.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
À la tête de Pepeuf, Jérémie Didi défend une vision du papier à la fois innovante, écologiste et sociale. À travers ses carnets fabriqués à partir de bagasse de canne à sucre, un résidu de la production sucrière transformé en papier non blanchi, l’entrepreneur suisse entend repenser notre rapport au papier. Entretien. Chaque année, la […]
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Chaque année, la consommation mondiale de papier représente une pression considérable sur les ressources naturelles. Malgré les progrès du recyclage et des certifications environnementales, une partie importante de la production repose encore sur l’exploitation de la filière bois, tandis que les procédés de fabrication demeurent gourmands en eau et en énergie.
Face à ces enjeux, de nouvelles alternatives émergent, utilisant des matières premières issues de déchets agricoles afin de limiter le recours aux ressources forestières. C’est dans cette démarche que s’inscrit l’entreprise Pepeuf.
Fondée par Jérémie Didi, l’entreprise suisse a fait le choix de développer des carnets fabriqués à partir de bagasse de canne à sucre. Au-delà du matériau, Pepeuf défend une approche globale, associant soutien aux créateurs indépendants, fabrication locale avec des partenaires de l’économie sociale et projets artistiques.
Jérémie Didi : « Je m’appelle Jérémie Didi. Je suis le fondateur et gérant de Pepeuf Sarl, une entreprise créative suisse basée dans le canton de Vaud, active à Genève, Lausanne, Bâle et Paris.
Pepeuf réunit trois activités complémentaires : des boutiques pop-up multi-exposants qui offrent une vitrine physique à des créateurs indépendants, des carnets éthiques fabriqués en PapierNat by Pepeuf, ainsi que des projets éditoriaux et artistiques autour du papier. »
Jérémie Didi : « Pepeuf est né de retrouvailles fortuites, dans les rues de Genève, avec une vieille connaissance, Lucas, que j’avais perdue de vue depuis longtemps. Au cours d’un déjeuner, d’abord sur le ton de l’humour, j’ai fait remarquer que la membrane de la coquille d’un œuf dur ressemblait à du papier. Lucas m’a répondu du tac au tac : « Ce n’est pas du papier, c’est du Pepeuf ! ». Le nom était trouvé, l’obsession aussi : repenser notre rapport au papier.
En creusant le sujet, j’ai découvert le PapierNat : un papier qui existait déjà, fabriqué à partir de bagasse de canne à sucre, sans agent de blanchiment. J’ai décidé de le démocratiser sous le nom de PapierNat by Pepeuf. »

Jérémie Didi : « La bagasse est le résidu fibreux de la canne à sucre une fois le jus extrait. C’est un déchet agricole disponible en quantités massives, qui serait sinon en grande partie incinéré.
Le papier recyclé et le papier certifié FSC sont d’excellentes solutions, mais ils restent adossés à la filière bois, qui représente 13 à 15 % de la consommation mondiale de bois. »
« Avec la bagasse, aucun arbre n’est coupé et aucune terre supplémentaire n’est mobilisée : il n’y a pas d’agriculture dédiée, puisque la canne est déjà cultivée pour le sucre. »
« Autre point décisif : la bagasse est récupérée à la sortie de la sucrerie et transformée sur place en pâte, puis en papier. Aucune matière première ni pâte à papier ne voyage : seul le produit fini est acheminé. »
Jérémie Didi : « Tout commence à la sucrerie : la bagasse issue du broyage de la canne est transformée sur place en pâte, puis en PapierNat by Pepeuf, sans transport intermédiaire de matière. »
« Le papier n’est pas blanchi, ce qui lui donne sa couleur crème naturelle, et l’eau utilisée n’est polluée par aucun agent de blanchiment : elle est même réutilisée pour arroser les nouvelles cultures de canne à sucre. »
« Les carnets sont ensuite imprimés, façonnés, puis assemblés à Genève par des personnes en situation de handicap grâce à la Fondation Trajets et aux Établissements publics pour l’intégration (EPI). Chaque carnet passe ainsi entre les mains d’une chaîne courte et humaine avant d’arriver chez son futur propriétaire. »

Jérémie Didi : « L’empreinte carbone de la production du PapierNat by Pepeuf est de 56 g de CO₂e par kilo, une valeur vérifiée par l’organisme indépendant SCS Global Services selon le GHG Protocol et la norme ISO 14064-3. En incluant tout le transport jusqu’au stock en Europe, calculé selon la méthodologie de l’ADEME, on atteint 274 g de CO₂e par kilo.
À titre de comparaison, l’ADEME retient une valeur moyenne de 919 g de CO₂e par kilo pour le papier de ramette classique, hors transport jusqu’au client final. »
« Notre papier, transport compris, émet donc environ trois fois moins. Ne pas couper d’arbres, ça change tout. Et il y a un détail contre-intuitif que j’aime partager en toute transparence : malgré les 11 500 km parcourus depuis l’Argentine, le fret maritime ne représente que 29 g de CO₂e par kilo, soit à peine plus de 10 % du bilan. Ce sont les camions en Europe qui pèsent le plus lourd. »
Jérémie Didi : « Le PapierNat by Pepeuf est composé à 100 % de fibres de canne à sucre, sans aucun mélange. Ses fibres longues donnent un papier plus épais, plus lisse et plus rigide qu’une feuille classique, équivalent à un papier de référence de 80 g/m². D’ailleurs, on ne parle pas de grammage au sens strict pour un papier sans arbre. Il supporte très bien l’impression numérique. Sa teinte crème naturelle, due à l’absence de blanchiment, est également plus douce pour les yeux qu’un blanc optique : c’est un véritable confort de lecture et d’écriture, notamment pour les personnes dyslexiques. »
Jérémie Didi : « Dès nos premiers produits, l’assemblage a été confié à des institutions suisses qui accompagnent des personnes en situation de handicap vers l’insertion professionnelle : d’abord la Fondation Polyval, à Cheseaux-sur-Lausanne, puis aujourd’hui la Fondation Trajets et les EPI, à Genève. C’est un maillon central de notre production. Un carnet Pepeuf porte autant une valeur sociale qu’une valeur écologique, et les deux sont indissociables du projet. »
Jérémie Didi : « Parce que Pepeuf est avant tout une entreprise au service des créateur·ices. Chaque carnet est illustré par un·e artiste indépendant·e qui perçoit une commission sur les ventes et gagne en visibilité grâce à un QR code renvoyant directement vers ses réseaux. Le carnet devient ainsi une galerie de poche qui fait circuler son travail. Nous rencontrons la plupart de ces artistes via notre communauté Instagram (@pepeuf.france) et dans nos boutiques pop-up, où ils exposent déjà. »

Jérémie Didi : « Honnêtement, le nerf de la guerre reste le financement. »
« Produire de manière éthique, en petites séries, avec une chaîne sociale et un papier alternatif, coûte structurellement plus cher qu’une production de masse. Il faut donc convaincre le client que ce surcoût a du sens, tout en maintenant un prix accessible. »
« L’autre difficulté est la pédagogie : expliquer ce qu’est la bagasse et pourquoi nous avons fait ce choix, alors que le réflexe du public s’arrête souvent au mot « recyclé ». Nous avons ouvert plus de 50 semaines de pop-up entre Genève et Lausanne depuis décembre 2024, ainsi que quatre à Paris depuis décembre 2025. Ce contact direct est notre meilleur outil de pédagogie. »
Jérémie Didi : « La réaction la plus fréquente est la surprise, puis la curiosité. »
« Les gens touchent le papier, le sentent et posent des questions. »
« L’idée reçue principale est qu’un papier alternatif serait forcément de moindre qualité, plus fragile ou moins agréable à l’écriture. C’est exactement l’inverse que nous démontrons, carnet en main. »
Jérémie Didi : « Continuer à développer notre réseau de boutiques pop-up entre la Suisse et Paris afin d’offrir toujours plus de vitrines physiques aux créateurs. Élargir la gamme autour du PapierNat by Pepeuf. Et approfondir notre démarche d’impact : chaque nouveau projet doit renforcer à la fois le volet écologique et le volet social, sans jamais privilégier l’un au détriment de l’autre.
En parallèle, chaque année depuis 2025, nous créons une robe entièrement confectionnée en PapierNat by Pepeuf, portée sur le tapis rouge du Festival de Cannes et dessinée par la styliste Tania Zekkout. La robe 2025 sera vendue aux enchères en novembre 2026 chez Kerry Taylor à Paris, au profit de l’association A Tree For You, qui finance des projets de plantation d’arbres. La robe 2026, couverte par ELLE Suisse et Marie Claire, est exposée cet été au Parc de Wesserling en Alsace avant sa propre vente aux enchères en 2027.
Nous éditons aussi Pepress, un magazine entièrement réalisé sur PapierNat by Pepeuf, distribué notamment au Festival de Cannes et à la Mostra de Venise. La boucle est bouclée : le papier, les artistes, l’impact. »
– Mauricette Baelen
Photo de couverture : Jérémie Didi / avec toutes autorisations
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Simon Verdiere
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 1.L’UE favorise le droit à la réparation De nouvelles règles européennes imposent aux fabricants de privilégier la réparation plutôt que le remplacement pendant les deux ans de garantie. Une douzaine de produits sont concernés, […]
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De nouvelles règles européennes imposent aux fabricants de privilégier la réparation plutôt que le remplacement pendant les deux ans de garantie. Une douzaine de produits sont concernés, dont les smartphones, lave-linge et téléviseurs. (Franceinfo)
À Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine, tous les élèves des écoles primaires publiques recevront gratuitement leurs fournitures scolaires à la rentrée 2026. Une promesse de campagne du maire LFI Bally Bagayoko, qui prévoit aussi le remboursement du transport scolaire. (Ouest-France)
Abdul El-Sayed remporte la primaire démocrate du Michigan et devient le candidat pour le Sénat en novembre. Soutenu par Bernie Sanders, ce représentant de l’aile gauche défend notamment la santé universelle, la lutte contre le coût de la vie et la fin de l’influence de l’argent en politique. (Le Journal de Montréal)
Une étude publiée dans Nature Materials montre qu’en modifiant brièvement le microbiote intestinal, des chercheurs ont presque doublé la durée de circulation de certaines chimiothérapies et amélioré leur accumulation dans les tumeurs. Une piste prometteuse pour rendre ces traitements plus efficaces. (Futura Sciences)
En Espagne, 120 habitants d’El Tiemblo se sont mobilisés pour sauver « El Abuelo », un châtaignier remarquable de plus de 500 ans menacé par les incendies. Armés de pelles, râteaux et engins de chantier, ils ont formé une ligne de défense et réussi à préserver l’arbre. (RTBF)
À Cordemais, une rénovation écologique montre qu’il est possible de faire mieux avec moins : terre crue, bois, chanvre et matériaux récupérés ont permis de transformer une vieille passoire thermique en maison confortable, fraîche même lors des fortes chaleurs et chauffée pour moins de 300 € par an. (Reporterre)
À partir du 11 août, le démarchage téléphonique sera interdit sans consentement préalable. Une avancée majeure pour les consommateurs, obtenue après des années de mobilisation. La prospection ne pourra plus être imposée à ceux qui ne souhaitent pas être contactés. (Que choisir)
Brittany Ferries va mettre fin au transport d’animaux d’élevage vivants entre l’Irlande et la France, au plus tard en septembre 2026. Une victoire pour les associations mobilisées, qui dénonçaient notamment les conditions de transport des veaux non sevrés. Environ 20 000 animaux sont concernés chaque année. (30 millions d’amis)
À Estillac, le centre de loisirs place l’entraide, la solidarité et le respect au cœur des activités estivales. Peinture, coopération, sorties et activités de plein air permettent aux enfants de 3 à 12 ans d’apprendre à vivre ensemble, s’ouvrir aux autres et gagner en autonomie. (Sud Ouest)
Une équipe de chercheurs américains et sud-coréens a mis au point un procédé capable de transformer directement un mélange de plastiques en hydrogène, sans tri préalable. Le procédé produit un hydrogène à plus de 90 % de pureté et piège le CO₂ sous forme solide, ouvrant une piste prometteuse pour valoriser nos déchets. (Science Post)
Photo de couverture – Spirit Fire / Unsplash
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Simon Verdiere
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer. 1. Juillet 2026 : le mois le plus chaud Juillet 2026 devient le mois le plus chaud jamais mesuré en France depuis 1900 : +3,8 °C au-dessus de la normale, 16 jours de canicule, sécheresse record. Un […]
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Juillet 2026 devient le mois le plus chaud jamais mesuré en France depuis 1900 : +3,8 °C au-dessus de la normale, 16 jours de canicule, sécheresse record. Un nouvel avertissement climatique, alors que ces extrêmes sont appelés à devenir la norme.(Reporterre)
La Gironde manque d’eau, sort d’un incendie géant… et la préfecture autorise pourtant une méga-usine de saumons. Associations, scientifiques et élus dénoncent un non-sens écologique et démocratique. Un recours en justice est lancé. (La relève et la peste)
Le gouvernement fragilise l’archéologie préventive : coupes budgétaires, dérogations pour certains grands chantiers et précarité mettent en péril un modèle pourtant reconnu parmi les meilleurs au monde. (Basta!)
La France chute au 23e rang européen pour la mortalité infantile : 2 709 bébés sont morts avant 1 an en 2024. Un rapport de l’Igas, critique des politiques menées depuis 20 ans, reste pourtant bloqué dans les tiroirs du ministère de la Santé. (L’humanité)
À Matignon, deux agents se sont suicidés et deux autres ont tenté de mettre fin à leurs jours en sept mois. Des enquêtes sont ouvertes après des signalements évoquant harcèlement moral, souffrance au travail et dysfonctionnements managériaux dans les services du Premier ministre. (France Inter)
Des chercheurs toulousains révèlent que la péninsule Antarctique fond deux fois plus vite que prévu : 42 milliards de tonnes de glace disparaissent chaque année. Une accélération inquiétante qui menace d’aggraver la montée du niveau des mers. (La Dépêche du Midi)
Pendant neuf mois, Meta a laissé circuler une cinquantaine de publicités pédocriminelles sur Instagram, Facebook, Messenger et Threads. Des contenus générés par IA ont été validés et diffusés par ses systèmes, relançant les critiques sur la modération des plateformes. (Le Parisien)
Photo de couverture – Callan Carpenter/ Wikipédia
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Mr Mondialisation
Violaine Dutrop est militante féministe, spécialiste des questions de genre, d’éducation, de parentalité, d’égalité. Après Le pouvoir insidieux du genre et Maternité, Paternité, Parité en 2021, Nos enfants nous-mêmes en 2024, Violaine Dutrop a signé Le Coussin, son quatrième ouvrage paru le 7 juillet 2026. Dans ce récit autobiographique, elle revient sur l’inceste qu’elle a subi durant […]
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Longtemps relégué au silence des familles, l’inceste est aujourd’hui reconnu comme un phénomène massif de santé publique. En France, la CIIVISE estime que 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles et que 5,4 millions d’adultes déclarent en avoir subi durant leur enfance. C’est dans ce contexte que s’inscrit Le Coussin, qui éclaire de l’intérieur les mécanismes permettant à ces violences de perdurer.
Si la parole des personnes concernées se fait davantage entendre, les mécanismes de déni, d’emprise et de silence qui entourent l’inceste demeurent profondément ancrés. En mêlant récit personnel et réflexion politique, Violaine Dutrop invite à dépasser le seul témoignage pour interroger les responsabilités familiales, institutionnelles et collectives face à ces violences. Entretien.

Violaine Dutrop : « J’ai 53 ans et je travaille depuis de nombreuses années sur les questions de genre et d’éducation. Après 17 ans dans l’industrie, j’ai repris des études en droits humains avant de créer l’association EgaliGone, qui promeut une éducation non sexiste. J’ai publié plusieurs ouvrages sur les inégalités de genre, la parentalité féministe et les violences patriarcales.
Depuis longtemps, je recueille des récits de vie, les miens comme ceux de mes filles ou d’autres personnes. En avançant dans mon parcours militant et professionnel, je suis revenue sur les violences que j’avais subies enfant, dont cet acte incestueux. Dialoguer avec ma mère s’est imposé naturellement : cette histoire était connue de sa génération, mais pas de la mienne. Quand je m’en suis aperçue, j’en ai été profondément affectée.
J’ai compris que, lorsqu’il y a de l’inceste dans une famille, il est présent à plusieurs endroits, et que j’étais probablement la seule à pouvoir en parler pour rompre la chaîne. Au départ, je voulais clarifier cette histoire ; l’écriture est venue ensuite. »
Violaine Dutrop : « Plusieurs facteurs se sont rejoints. La lecture d’un livre de Valérie Mréjen a réveillé mes souvenirs d’enfance.
« Mon grand-père était décédé, ma mère était devenue capable de revenir sur cette histoire et mon récit pouvait enfin être entendu. »
Dans le même temps, la société commençait à regarder l’inceste autrement : les témoignages étaient davantage reconnus comme des violences et les enquêtes montraient l’ampleur du phénomène. Je me sentais plus forte, le risque de rupture familiale me paraissait moindre. Enfin, j’ai aussi compris que raconter une agression sexuelle que j’avais longtemps relativisée pouvait permettre à d’autres personnes de se reconnaître dans ce vécu. »

Violaine Dutrop : « J’ai appris seulement récemment que mon grand-père avait avoué. Il me manquait donc des morceaux de ma propre histoire.
Enfant, j’ai compris qu’il ne fallait plus en parler, même si personne ne me l’a jamais dit explicitement. Toute la famille craignait mon grand-père et protégeait ma grand-mère. Chacun redoublait de vigilance lorsqu’il était présent, comme si ces précautions suffisaient. »
« Une fois adulte, je me suis interrogée sur ce silence et sur cette vigilance qui ne m’a jamais quittée. Le fait que ma parole ait été crue a peut-être aussi laissé penser que tout était réglé, alors que ce n’était évidemment pas le cas. »
Violaine Dutrop : « D’abord, toutes les victimes ne peuvent pas parler, et il ne faut surtout pas transformer cela en injonction.
« Tout doit être fait pour prévenir ces violences, permettre aux enfants de parler s’ils le souhaitent, ne jamais les blâmer s’ils n’y parviennent pas et réagir correctement lorsqu’ils se confient. »
Ensuite, il faut interroger la manière dont les adultes protègent réellement les enfants.
« Comme le rappelle le juge Édouard Durand, on ne les croit pas toujours, ou bien on les croit sans les protéger suffisamment. Dans mon cas, certaines mesures ont empêché une nouvelle agression, mais nous continuions à fréquenter mon grand-père. »
Je ne sais pas quelle aurait été la réaction idéale, mais je suis convaincue que l’enjeu est d’identifier les besoins de l’enfant, de reconnaître son vécu et d’assurer réellement sa sécurité, même si cela oblige à remettre en cause l’équilibre familial. »
Violaine Dutrop : « Je voulais montrer comment fonctionne l’abus de pouvoir. Lorsqu’une personne bénéficie d’une forte respectabilité sociale et d’une autorité peu contestée, comme c’est souvent le cas dans un système patriarcal, elle peut développer un sentiment d’impunité.
On retrouve ces mécanismes dans bien d’autres violences intrafamiliales : le statut social et l’autorité rendent les violences plus difficiles à reconnaître et à dénoncer. »
Violaine Dutrop : « Dans une famille concernée par l’inceste, tout le monde est sous emprise. C’est comme une brume qui empêche de voir clairement la situation et de trouver les mots justes.
Quand la personne ayant commis les violences inspire la peur ou bénéficie d’une grande reconnaissance sociale, les proches deviennent eux aussi, à leur manière, des co-victimes. Il est très difficile d’avoir la bonne réaction lorsqu’on est pris dans ce système. »

Violaine Dutrop : « Ce dialogue s’est construit par étapes, sur plusieurs années. Nous n’avions pas toujours les mêmes souvenirs ni les mêmes interprétations. J’ai choisi de faire entendre ces différences plutôt que de les gommer.
Ma mère a relu plusieurs versions du texte et, parfois, m’a confiée des souvenirs qu’elle avait gardés pour elle jusque-là. Je n’aurai sans doute jamais accès à tout son vécu, mais mes souvenirs d’enfant, même reconstruits, ont façonné ma vie. Ils méritent d’être entendus et respectés. »
Violaine Dutrop : « La naissance de mon premier enfant, en 2000, a été un moment décisif. J’étais en profonde détresse et, pour la première fois, j’ai parlé de cette histoire à une thérapeute. Elle m’a renvoyée toute la gravité de ce que j’avais vécu. À partir de là, j’ai pris conscience de ma responsabilité de mère : transmettre autrement, nettoyer le passé autant que possible et limiter les effets du patriarcat dans la vie de mes enfants. »
Violaine Dutrop : « Assurément. J’ai repris des études pour mieux comprendre les mécanismes du sexisme et mettre à distance mon propre vécu. J’ai appris à nommer des violences que je n’identifiais pas comme telles. J’ai surtout compris qu’au-delà des responsabilités individuelles, il existait des causes structurelles : la culture du viol, celle de l’inceste et, plus largement, le patriarcat. J’avais besoin des sciences humaines, des analyses féministes et d’outils pour comprendre, documenter, prévenir, transmettre. En somme, de politiser cette histoire. »
Violaine Dutrop : « Les spécialistes rappellent que le véritable tabou n’est pas l’interdit de l’inceste, puisque des millions de personnes en sont victimes, mais l’interdit d’en parler. Mon histoire l’illustre : on sait, on se tait et l’on s’organise autour de cette réalité pour préserver le fonctionnement familial. »
Violaine Dutrop : « Je commencerais par la combinaison des dominations adulte et masculine.
« Les enfants ont des droits, mais ils les connaissent peu et disposent de très peu de moyens pour les faire respecter. »
Or la famille, souvent idéalisée comme un espace protecteur, est aussi le lieu où s’exercent de nombreuses violences. Tant que le mépris envers les femmes et les enfants restera banalisé dans la société, ces violences continueront de former un continuum. »
Violaine Dutrop : « Une population exposée aux violences ne peut s’émanciper que par la connaissance. Les enfants doivent apprendre à reconnaître les situations à risque, les stratégies des auteurs de violences, connaître leurs droits et savoir vers qui se tourner.
Le spectacle leur donne des repères concrets. Mais cela ne suffit pas : les professionnel·les de l’éducation doivent aussi être formé·es pour accueillir les confidences qui peuvent émerger. »

Violaine Dutrop : « Nous devons sortir du déni collectif et faire de la prévention des violences sexuelles une priorité de santé publique. Cela suppose de former les professionnel·les de l’éducation, de la santé, de la justice, mais aussi les parents.
Les séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle doivent être pleinement mises en œuvre, par des personnes compétentes. Les enfants doivent pouvoir identifier plusieurs adultes de confiance et savoir où trouver de l’aide. La mise en sécurité doit toujours rester la priorité, mais il faut aussi accompagner les proches et comprendre le fonctionnement du système incestueux dans son ensemble. Ce n’est pas seulement une affaire de responsabilités individuelles. »
Violaine Dutrop : « J’aimerais que l’on prenne conscience de la banalité de l’inceste et de ce qui le rend possible : la persistance du patriarcat. Tant que nous ne nous attaquerons pas à cette cause structurelle, nous continuerons à réparer les conséquences sans empêcher réellement les violences. »
Violaine Dutrop est à retrouver sur Instagram; L’adaptation théâtrale Le Coussin sur le site de la compagnie Mi-fugue, Mi-raison; le livre Le Coussin chez l’éditeur BoD; et plus largement, les parutions, presse et podcasts, sur le site de Violaine Dutrop, à propos de tout… et jamais de rien.
– Mauricette Baelen
Photo de couverture : Violaine Dutrop – Avec toutes autorisations
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Mr Mondialisation
Le 31 mars 2026, une série de détonations a secoué Bujumbura, la capitale économique du Burundi. Dans le quartier populaire de Musaga, les vitres ont éclaté, des toitures ont été arrachées. Des familles ont fuient dans la panique. Lumière sur une catastrophe loin d’être résolue. La réalité derrière les détonations : un incendie dans un dépôt de […]
The post Après l’explosion de Bujumbura, faut-il délocaliser les camps militaires ? first appeared on Mr Mondialisation.La réalité derrière les détonations : un incendie dans un dépôt de munitions de l’armée burundaise. L’incendie aurait été provoqué par un court-circuit électrique. Le bilan officiel a fait état de 13 mort·es et 54 blessé·es, tandis que des centaines de riverains ont vu leurs maisons endommagées et leur quotidien bouleversé.
Au-delà du drame humain, cette explosion pose une question beaucoup plus large : pourquoi des dépôts d’armes et des camps militaires se trouvent-ils aujourd’hui au cœur de quartiers où vivent des milliers de familles ? Cette situation révèle la réalité d’une urbanisation rapide qui rattrape des infrastructures militaires construites à une époque où les villes étaient bien plus petites.

Le Burundi n’est malheureusement pas un cas isolé. En 2002, l’explosion d’un dépôt de munitions à Ikeja, près de Lagos au Nigeria, provoque la mort de plus d’un millier de personnes. Beaucoup périssent en tentant de fuir les explosions. En 2007, un dépôt militaire explose à Maputo, au Mozambique, provoquant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés.
En 2012, c’est au tour du camp militaire de Mpila, à Brazzaville, de connaître une catastrophe similaire. Des quartiers entiers sont détruits, des centaines de personnes perdent la vie et des milliers d’autres se retrouvent sans logement. Dans chacune de ces tragédies, un point commun apparaît : les installations militaires étaient entourées de quartiers résidentiels.
L’Afrique connaît l’une des urbanisations les plus rapides du monde. Chaque année, des millions de personnes rejoignent les centres urbains à la recherche d’emplois, de services publics ou simplement d’une vie meilleure. Mais cette croissance dépasse souvent les capacités de planification des États. Les villes s’étendent sans véritable maîtrise du foncier, les lotissements se multiplient, les quartiers informels gagnent du terrain et les anciennes zones périphériques deviennent progressivement des quartiers densément habités.
À Ouagadougou, Abidjan ou Bamako, les villes ont progressivement absorbé des infrastructures qui avaient été construites à l’écart des populations. À Nairobi, les anciennes bases militaires sont désormais encerclées par l’expansion de la capitale kényane. Et c’est précisément ce phénomène qui s’est produit à Bujumbura.
Le professeur Bernard Sindayihebura, spécialiste des questions environnementales et territoriales à l’Université du Burundi, souligne que Bujumbura a connu une urbanisation galopante, avec une augmentation de la densité estimée à près de 230 % entre 1990 et 2024. Cette croissance rapide s’est accompagnée d’une occupation progressive de zones à risque, souvent sans planification adéquate.

Pamphile Malayika, expert en urbanisation et ancien député, fait savoir que des camps militaires de Bujumbura ont été construits au cours de la période coloniale belge avant 1960. À cette époque, les quartiers de l’ancienne ville de Bujumbura n’étaient pas nombreux. Les camps militaires étaient sur les périphéries de la ville, avec une distance obligatoire d’au moins 500 mètres des maisons d᾽habitations.
Puis, l’agglomération n’a cessé de grandir jusqu’à ce que les camps militaires se retrouvent au centre des habitations. Les habitations sont allées jusqu’à empiéter les espaces de servitude militaire délimitant les camps. Pourtant, ces zones tampon incluent des distances de recul par rapport aux habitations et toute construction y est strictement interdite.

Ces espaces ont été construites avec la complicité des autorités administratives. En effet, le Code de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction spécifie que toute personne physique ou morale qui désire obtenir un terrain à bâtir à l’intérieur du périmètre urbain doit adresser une demande écrite au Ministre en charge de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction (article 41). De plus, nul ne peut dans un centre urbain, entreprendre une construction de quelque nature que ce soit, sans autorisation préalable délivrée par le Ministre en charge de l’urbanisme (article 112). L’autorisation est matérialisée par un permis de construire.
Ces espaces entourant les camps militaires ont été également construits avec la complicité des autorités militaires. Le Code spécifie que nul ne peut entreprendre le lotissement d’un terrain sans un permis de lotissement (article 84). Le permis de lotissement est délivré après consultation des représentants des services chargés de la protection de l’environnement et des établissements militaires.
La question devient sensible : entre populations et camps militaires, qui doit céder l’espace urbain ? Le porte-parole de l’armée burundaise, Gaspard Baratuza, estime que ce sont les populations qui se sont progressivement rapprochées des camps militaires, lesquels existaient bien avant l’expansion urbaine. Selon lui, les installations militaires ont une valeur stratégique qui rend leur déplacement difficile.
Mais pour Gaspard Kobako, expert en urbanisation, c’est l’inverse. Selon lui, « entre la population et les camps militaires, ce sont les camps qui doivent être délocalisés ». Il souligne que les habitant·es installé·es autour de ces sites ont acquis leurs parcelles légalement, ce qui rend difficile toute politique d’expulsion sans injustice sociale.
Des recherches menées par le Lincoln Institute of Land Policy rappellent que la prévention des risques urbains est moins coûteuse que la gestion des catastrophes. Sur le terrain, les habitants restent les premières victimes de cette proximité.
En attendant une éventuelle délocalisation, que ce soit des camps ou des habitations, Gaspard Kobako recommande des mesures immédiates : retirer les munitions et équipements dangereux des zones urbaines afin de réduire les risques pour les populations. Pour cet expert, la question n’est plus seulement sécuritaire, mais relève désormais d’une responsabilité politique et urbaine face à des risques connus. Les nouvelles implantations devraient respecter les schémas directeurs d’aménagement du territoire et les normes de sécurité prévues par les plans urbains nationaux et locaux.
Le cas échéant, toute mesure de déplacement des populations doit s’accompagner d’une indemnisation juste et transparente, ou de solutions de relogement dignes. Il est essentiel d’éviter que les populations paient le prix d’un manque de planification passé.
– Landry Ingabire
Photo de couverture. Bujumbura. 2024. Wikimedia.
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Mr Mondialisation
Alors que la France ambitionnait d’adopter une législation pionnière pour encadrer la fast fashion, la loi qui a été promulguée le 8 juillet 2026 suscite une profonde déception. Le texte a perdu une grande partie de son ambition initiale et risque de laisser de côté une large partie des acteurs responsables de la surproduction textile. […]
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Chaque année, des milliards de vêtements sont produits et jetés à travers le monde, dans un modèle fondé sur le renouvellement permanent des collections, des prix toujours plus bas et une consommation de plus en plus rapide.
Derrière cette industrie se cachent des conséquences environnementales considérables, entre émissions de gaz à effet de serre, surexploitation des ressources naturelles, montagnes de déchets textiles avec la pollution que cela génère et difficultés croissantes pour les filières de réemploi. Sur le plan social, la fast fashion repose également sur une pression constante exercée sur les conditions de production et contribue à la fragilisation de toute une partie de la filière textile.
Dans ce contexte, la proposition de loi visant à encadrer la fast fashion était attendue comme un tournant. Mais pour Emmaüs, le texte adopté le 8 juillet 2026 après la commission mixte paritaire s’est considérablement éloigné de son ambition initiale.
Acteur historique du réemploi et de l’économie solidaire, le mouvement constate chaque jour les effets de cette surconsommation sur ses activités. Tarek Daher, Délégué général d’Emmaüs France, revient sur les limites de la future loi, les défis auxquels Emmaüs est confronté et les évolutions qu’il juge indispensables pour enrayer les dérives de la fast fashion.
Tarek Daher : « Fervent défenseur d’une société où chacun·e a sa place, Emmaüs est à la fois une fabrique d’innovations sociales et un mouvement engagé en faveur d’une société plus juste et plus écologique. Le mouvement rassemble aujourd’hui près de 40 000 personnes – bénévoles, compagnes et compagnons, salarié·es permanent·es et en insertion – partout en France. »

Tarek Daher : « Nous sommes déçu·es.
« La France pouvait être pionnière en Europe avec une régulation forte de la fast fashion, mais le texte adopté est beaucoup moins ambitieux. »
Aujourd’hui, rien ne garantit que les pénalités seront réellement appliquées ni quelles marques seront concernées. Les seuils sont renvoyés aux décrets d’application.
Le texte initial s’appuyait sur l’affichage environnemental de l’ADEME : un tee-shirt produit en petite quantité au Portugal aurait obtenu un meilleur score que le même produit fabriqué à des milliers d’exemplaires en Asie. Nous craignons que les décrets épargnent une partie de la fast fashion, voire de l’ultra fast fashion. »

Tarek Daher : « Pour vendre à des prix très bas, les coûts de production sont réduits au minimum, avec des conditions de travail qui bafouent les droits humains.
En France, la fast fashion s’est aussi accompagnée de nombreuses délocalisations, avec la perte d’environ 30 000 emplois dans le secteur textile depuis les années 1990. Sur le plan environnemental, elle favorise la surproduction, la surexploitation des ressources et le transport massif de vêtements. L’industrie textile représente près de 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, produit 92 millions de tonnes de déchets par an et près de 90 % des vêtements issus de la fast fashion ne sont pas recyclables. »
Tarek Daher : « Elle réduit le potentiel de réemploi des vêtements, qui finance une grande partie de nos actions de solidarité. Nous constatons une baisse de leur qualité et de leur durabilité, ainsi qu’une hausse des volumes à trier et à stocker. Certaines structures ont dû consacrer jusqu’à 30 % de leur chiffre d’affaires mensuel au stockage des surplus textiles. »
Tarek Daher : « Oui. En 2014, 64 % des textiles reçus étaient réemployables, contre 56 % aujourd’hui. Les vêtements sont triés : ceux qui peuvent être réemployés sont revendus dans nos boutiques ou auprès de partenaires ; les autres sont recyclés lorsqu’ils le peuvent ou orientés vers l’incinération, notamment pour les fibres synthétiques. »
Tarek Daher : « C’est difficile à dire. Nous constatons que davantage de personnes qui fréquentent nos espaces de vente sont sensibles aux bénéfices environnementaux de la seconde main. Mais, dans le même temps, les achats de fast fashion continuent d’augmenter : les Français achètent en moyenne 48 vêtements et chaussures neufs par personne chaque année.
Emmaüs défend une consommation plus sobre, car certaines plateformes de seconde main favorisent aussi la surconsommation et les déchets. »
Tarek Daher : « Elles ont l’obligation de financer la fin de vie des textiles, mais nous constatons qu’elles cherchent à limiter au maximum leur contribution. Cela réduit les moyens consacrés à la collecte, au tri et au réemploi, et limite notre capacité d’action. Pourtant, une filière performante est dans l’intérêt de tous. »
Tarek Daher : « Oui. On retrouve dans la loi des demandes portées par certains lobbies. Le risque est qu’elle épargne de grands acteurs de la fast fashion, voire de l’ultra fast fashion. Le critère de la largeur de gamme pourrait être contourné par certaines plateformes et tout dépendra aussi des seuils retenus pour le prix de réparation. Aujourd’hui, on trouve des tee-shirts à 4 € chez de nombreuses enseignes de fast fashion : si les seuils sont trop élevés, ils risquent de ne pas pénaliser une grande partie du secteur. »
Tarek Daher : « Nous souhaitions que le périmètre de la loi et le montant des pénalités soient définis directement dans le texte, plutôt que laissés aux décrets d’application. Nous voulions aussi que les pénalités restent fondées sur la méthodologie de l’affichage environnemental de l’ADEME, notamment le coefficient de durabilité. »
Tarek Daher : « Nous l’espérons et continuons de nous mobiliser en ce sens. Mais les annonces du gouvernement laissent penser que les décrets seront rédigés de façon à ne pas pénaliser la fast fashion. »
Tarek Daher : « Oui. La loi française constitue une première étape, mais une réglementation ambitieuse à l’échelle européenne est indispensable. Elle permettrait d’éviter les contournements par certaines marques, comme on l’a vu avec les petits colis transitant désormais par d’autres pays européens, et de renforcer l’ambition de cette régulation. »
Tarek Daher : « Il est difficile de faire porter une nouvelle fois la responsabilité aux consommateurs alors que les entreprises et les pouvoirs publics avaient l’occasion d’agir. Ils peuvent néanmoins interpeller leurs parlementaires afin que les décrets d’application reposent sur le coefficient de durabilité prévu initialement et pénalisent réellement l’ensemble de la fast fashion. »
« Il est difficile de faire porter une nouvelle fois la responsabilité aux consommateurs alors que les entreprises et les pouvoirs publics avaient l’occasion d’agir. »
Tarek Daher : « Le premier réflexe est de se demander si l’achat est réellement nécessaire. Si la réponse est oui, mieux vaut privilégier la seconde main ou une marque éthique. La seconde main reste une véritable alternative : elle est accessible, évite la production de nouveaux vêtements et prolonge leur durée de vie. »
Tarek Daher : « Oui. Le geste du don s’est érodé, les particuliers privilégiant la vente de leurs plus belles pièces sur les plateformes en ligne. Les vêtements de meilleure qualité nous parviennent donc moins souvent. Nous invitons chacun à déposer les vêtements et objets en bon état dans l’un des 500 espaces d’accueil Emmaüs : donner, c’est soutenir un modèle solidaire et contribuer à une société plus durable. »
– Mauricette Baelen
Photo de couverture : Photo de groupe lors de la dernière manifestation pour la loi Anti Fast Fashion – Avec toutes autorisations / Emmaüs France
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