19.05.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
Au cœur de l’Afrique des Grands Lacs, au Burundi, des milliers d’exploitants attendent désespérément des engrais chimiques qu’ils ont pourtant déjà payés. Face à ce vide, le gouvernement lance une campagne nationale de compostage, promettant une alternative écologique. Si cette méthode peut à long terme restaurer les sols et réduire la dépendance aux importations, elle […]
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Le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage a lancé une campagne nationale de creusage de fosses de compostage du 17 au 30 mai 2026. L’objectif affiché est d’encourager la population à transformer les déchets organiques en fertilisant naturel riche afin d’augmenter la production agricole. Des agents agricoles et administratifs, du niveau provincial jusqu’aux collines rurales, ont été mobilisés pour accompagner cette opération à travers tout le pays.
Sur le papier, la démarche semble logique. Mais dans les villages, elle s’ajoute à une réalité déjà tendue : celle d’une agriculture dépendante de fertilisants chimiques, dont les livraisons tardent malgré des paiements déjà effectués.
Pour de nombreux agriculteurs, le contraste est brutal. Alors que les champs exigent des fertilisants immédiatement pour sauver la saison agricole en cours, le discours officiel se tourne vers une alternative dont les effets ne seront visibles qu’à moyen ou long terme. Le risque est alors de transformer une stratégie écologique nécessaire en réponse de substitution face à une crise plus profonde des intrants agricoles.
Le compost n’est pas une innovation. Depuis longtemps, agronomes et organisations internationales en vantent les avantages. Il améliore la fertilité des sols, favorise la rétention d’eau et contribue à une agriculture plus résiliente.
Dans un pays comme le Burundi, où les terres sont fortement exploitées sur de petites surfaces, ces bénéfices sont indéniables. Mais le compost possède une limite majeure : il ne répond pas à l’urgence. Sa production demande du temps, des matières organiques, de l’espace et des connaissances techniques. Entre la collecte des déchets, leur décomposition et la maturation du compost, plusieurs semaines, voire plusieurs mois, sont nécessaires avant utilisation. Or, le calendrier agricole, lui, n’attend pas.
Dans la Commune de Ngozi, un agriculteur résume la situation avec amertume : « On nous demande de faire du compost, mais nos cultures ont besoin d’engrais maintenant. » Pour les paysans, souvent confrontés à des parcelles réduites et à des ressources limitées, cette alternative apparaît davantage comme un déplacement du problème que comme une solution immédiate.

Si la promotion du compostage fait l’objet d’une campagne médiatique, le sort des engrais chimiques déjà acquittés par les paysans reste, lui, dans l’ombre. Que sont devenus ces intrants ? Les causes de ce retard massif demeurent floues : s’agit-il de blocages logistiques, de difficultés financières de l’État, de tensions sur les marchés internationaux ou de dysfonctionnements internes ? Aucune réponse claire n’a été apportée à ce jour.
Ce silence institutionnel nourrit une inquiétude grandissante dans un secteur vital. Au Burundi, où l’agriculture constitue le principal revenu pour une large part de la population, toute rupture dans la chaîne d’approvisionnement des intrants a des répercussions immédiates et graves sur la sécurité alimentaire du pays.
Le compostage n’est pas le problème en soi ; c’est son instrumentalisation dans le débat public qui pose question. Présenté comme une panacée immédiate face à une crise structurelle, il risque de devenir le symbole d’une stratégie de contournement : une solution verte utilisée pour masquer les défaillances profondes du système agricole national.
Ce phénomène dépasse les frontières du Burundi. Le vocabulaire de la transition écologique peut être détourné pour occulter des carences de planification ou de gouvernance. L’écologie se mue alors en un langage politique commode, permettant d’afficher une vision durable sans pour autant régler les urgences du présent.
Sur le terrain, le débat, lui, n’a rien de théorique. Pour les agriculteurs, l’équation est brutale : sans intrants, les rendements s’effondrent. Et lorsque les récoltes diminuent, les conséquences sont directes et dramatiques : insécurité alimentaire, spirale de l’endettement et réduction forcée des repas quotidiens.
La crise actuelle met en lumière une fragilité structurelle du système agricole burundais. Depuis plusieurs années, les producteurs font face à une accumulation de contraintes : pression démographique, épuisement des sols, changements climatiques, hausse du coût des intrants et faibles revenus agricoles.
À cela s’ajoute une forte dépendance aux importations d’engrais chimiques. Dans un contexte mondial instable, les perturbations des chaînes d’approvisionnement se répercutent directement sur les pays les plus vulnérables.
Dans ce cadre, le compost constitue effectivement une piste intéressante. Mais une transition agricole ne peut être efficace que si elle est accompagnée, financée et progressive. Elle ne peut pas remplacer brutalement un système déjà fragilisé.
Le débat est souvent présenté de manière binaire : engrais chimiques contre solutions naturelles. Mais sur le terrain, cette opposition ne correspond pas à la réalité.
Des programmes agricoles montrent qu’une combinaison des deux approches est possible. Le compost améliore durablement les sols, tandis que les engrais chimiques, utilisés de manière raisonnée, permettent de répondre aux besoins immédiats de production.
L’enjeu n’est donc pas de choisir un camp, mais de construire un équilibre adapté aux conditions locales. Encore faut-il que les agriculteurs disposent réellement des intrants promis.
Au-delà du compost, c’est la question de la gouvernance des intrants agricoles qui se pose. La capacité des institutions à anticiper les pénuries, à gérer les chaînes d’approvisionnement et à informer la population de manière transparente est centrale dans un pays où l’agriculture reste vitale.
Sans cette transparence, les alternatives écologiques risquent d’être perçues non comme des solutions, mais comme des réponses de substitution à des défaillances structurelles.
– Landry Ingabire
Photo de couverture : Champ de patates douces au Burundi. Wikimedia.
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Mr Mondialisation
HK, de son vrai nom Kaddour Hadadi, parcourt les routes de France en musique depuis plusieurs décennies. Dans sa besace : de la révolte, une sincérité à toute épreuve, et beaucoup d’amour. Bilan de plus de trente ans de combat. Révélé au grand public dans les années 1990 avec MAP (Ministère des Affaires Populaires), le […]
The post HK : « Résister est fondamental, mais pas suffisant » first appeared on Mr Mondialisation.Révélé au grand public dans les années 1990 avec MAP (Ministère des Affaires Populaires), le chanteur HK continue sa carrière en solo, en duo ou entouré de dizaines de « Saltimbanks ». En 2021, nous l’avions rencontré lors d’un rassemblement en Ardèche, en pleine crise du Covid-19. Sa chanson Danser encore avait alors déjà cumulé plusieurs millions de vues sur YouTube.
Cinq ans plus tard, HK est toujours là pour dénoncer l’absurde, les inégalités, la xénophobie, les entraves à nos libertés fondamentales. Depuis, il a également constaté à quel point les médias hexagonaux avaient changé : auparavant célébrés, ses musiciens et lui ont été peu à peu boudés, mis de côté par de nombreuses chaînes de télévision et de radios « mainstream ».

Dans son dernier album, Le Coeur au vent, HK mise sur la poésie des mots pour rappeler la nécessité de rester soudés, les dangers de la propagande ou le combat pour la démocratie. Il met également en musique le poème Il vous appartiendra de vivre, de l’écrivain Refaat Alareer, né et mort à Gaza, un territoire qu’il n’a jamais voulu quitter.
Rencontre avec un artiste profondément intègre, qui ne lâchera jamais rien.
HK : « Je suis né à Roubaix en 1976, fils de parents immigrés d’Algérie. J’ai grandi dans cette ville, la plus pauvre de France, surtout dans ces années 80-90. Mais j’ai eu une jeunesse heureuse. Avec les copains, on a l’impression, avec le recul, d’être passés entre les gouttes. On voyait bien que c’était le désastre autour de nous, mais on vivait joyeusement. J’ai commencé la musique à 14, 15 ans. Le hip-hop débarquait d’outre-Atlantique dans nos quartiers, comme un tsunami.
J’ai choisi de prendre le micro quand d’autres copains se lançaient dans les graffitis, la danse hip-hop, ou le DJing. J’ai commencé dans le rap avec un premier groupe qui s’appelait Juste Cause. À l’époque, on pouvait faire des CD auto-produits qu’on mettait en dépôt-vente… Ça restait dans notre région, mais on était vraiment actifs. Notre premier maxi-CD s’appelait La dette de l’Occident. Notre second, Président, où on mettait un coup de pied dans la fourmilière. »

HK : « Oui, c’était du rap conscient, mais toujours avec un rapport à la mélodie et au chant. J’ai eu un autre groupe, Peace of Salam, qui est resté dans le milieu amateur. Un combo reggae et hip hop, avec des amis d’enfance. Puis, il y a eu ce projet, MAP, pour Ministère des Affaires populaires. Du rap avec un accordéon, un violon. Tout de suite, ça a explosé. On a eu la reconnaissance du public et même des professionnels.
D’un coup, on est sortis de notre région, on a trouvé un producteur, on a joué dans les plus grands festivals de France. Les gens ont connu MAP avec des morceaux comme Debout la d’dans, Elle est belle la France… Il y a toujours eu ce côté rap conscient, engagé, militant, avec une grande musicalité. »
HK : « En 2009. J’ai lancé HK et les Saltimbanks avec l’album Citoyen du monde et des titres comme On lâche rien. J‘avais juste envie de chanter, presque de dire la même chose qu’avec MAP, mais sous une forme un peu différente. HK fonctionne depuis plus de quinze ans de façon assez collégiale. Beaucoup de musiciennes et musiciens sont devenus des amis, des sœurs et des frères de son. Des gens rencontrés sur la route et avec qui le feeling est passé. C’est une grande tribu musicale, une famille. »
« Résister, c’est fondamental, mais ce n’est pas suffisant. »
HK : « Résister, c’est fondamental, mais ce n’est pas suffisant, parce que ça implique d’être sur la défensive. De ne pas se laisser écraser par le rouleau compresseur. Mais pour moi, il faut qu’il y ait autre chose. Il faut un autre ingrédient, une dimension qui est celle de la proposition, de la création, de l’alternative.
En tant qu’artistes, je pense qu’on a notre part à apporter. Surtout dans cette époque où tout est fait pour nous opposer, semer la haine, la discorde. En contrepartie, il faut essayer de bâtir des ponts entre les gens, de maintenir de l’unité partout où c’est possible, des moments et des espaces refuges où les gens peuvent juste être heureux d’être ensemble et de danser ensemble. »
HK : « Oui, car on subissait alors une gestion ultra-autoritaire, ultra-sécuritaire. Et là, on se dit : tiens, la démocratie a été kidnappée. Cinq, six personnes dans un bureau décident de ce qui est bien pour des millions, sans aucune forme de discussion. Car l’urgence leur donne la soi-disant légitimité pour le faire. Elle dit tout ça, cette chanson. On est au moment du deuxième confinement, on nous dit que la musique est non-essentielle. Vous pourrez aller au supermarché, vous pourrez faire vos courses, mais la culture n’est pas essentielle.
Ce fut la goutte d’eau, l’absurdité totale. Je crois que le succès de la chanson vient du fait qu’on a été beaucoup à ressentir le même ras-le-bol, le même besoin de dire stop. Comme s’ils avaient décidé qu’au XXIe siècle, manger, boire et dormir suffisaient à faire de nous des êtres humains. Or ce n’est pas ce qu’on est en tant qu’individu, et en tant que société. On a donc balancé cette chanson comme ça, filmée avec le téléphone… On n’aurait jamais pensé que ça allait résonner à ce point. »
HK : « Oui, mais je me suis contenté de faire ce que j’ai toujours fait. Quand quelque chose me touche, me révolte, m’indigne, ou au contraire suscite des émotions positives, j’écris une chanson pour faire passer cette émotion. Et quand je chante « Ne soyons pas impressionnables / Par tous ces gens déraisonnables / Vendeurs de peur en abondance / Angoissants, jusqu’à l’indécence… », ça marche, ça crée une résonance auprès des gens. »
HK : « C’était une évidence, oui. Il n’y a rien de pire pour moi que d’être spectateur. Là, je voulais m’exprimer, peu importe l’utilité ou l’impact. Il s’avère que j’étais à Paris le même jour, pour une autre manifestation. D’habitude, on me sollicite. Là, c’est moi qui ai appelé les copains pour proposer de venir chanter, affirmer ma solidarité, et qu’on soit le plus nombreux possible. Bally est devenu un symbole.
J’étais très heureux de pouvoir lui dire en direct : Tu es notre fierté. À nous, enfants des quartiers populaires, et pas juste enfants de l’immigration. Cette fierté, elle est également due à la dignité, la classe avec laquelle il a répondu à tout cet acharnement. »

HK : « Clairement. Les médias ont été obligés d’en parler, mais je pense qu’ils ont vraiment minimisé. De l’intérieur, c’était incroyable, et ça donne beaucoup espoir. On parlait de résistance… Quand tu vois ce marteau-piqueur qu’est l’empire Bolloré, ce bashing de toutes nos idées, nos valeurs, nos combats depuis toutes ces années… Ils essaient de faire croire à la population que nous, ceux qui résistent, on ne compte pas. »
HK : « Depuis dix ans, je constate ce processus d’invisibilisation. C’est criant. Au début, j’ai juste vu qu’on commençait à disparaître petit à petit des médias alors que beaucoup de gens nous suivaient, qu’on avait de l’actualité… Concrètement, on ne nous a jamais dit « Non, on ne veut pas de vous. » Mais il y avait toujours une bonne raison pour ne plus nous inviter. Ça, on l’a constaté et pendant un moment, on ne le comprenait pas.
« Aujourd’hui, on comprend les mécanismes de monopole des médias par une certaine caste. »
Aujourd’hui, on comprend les mécanismes de monopole des médias par une certaine caste et en plus, au service d’une idéologie raciste, suprémaciste, xénophobe. Nous, on incarne exactement l’antithèse donc pourquoi nous laisser la parole, nous offrir la possibilité de répondre ?
Malheureusement, ces gens-là ont un impact, puisqu’ils sont matin, midi et soir à la télé, à la radio. Cette propagande, à force, elle fait des dégâts. Alors, rassembler des dizaines de milliers de personnes lors de rassemblements spontanés, ça nous rappelle qu’on est nombreux. Que ce soit pour Bally ou pour la journée du 10 septembre 2025… On est plus nombreux que ce qu’on veut nous faire croire. »
HK : « Oui, c’est à nous de trouver des solutions. C’est la part qui nous incombe, de se dire : Comment peut-on faire ? Il n’y a qu’un seul chemin, de toute façon, c’est sûr. »

HK : « Je vois ma fille aînée, qui a 27 ans et est ultra militante, active, radicale. Plus que moi sans doute ! Je les vois eux, et puis moi, en train de devenir un vieux dépassé (rires) ! Mais je le vois avec joie. Ils sont là. On va tous mettre la main à la pâte, et ça me donne beaucoup d’espoir. Le contexte général est complexe : la main-mise sur les médias, ce rouleau compresseur, et nous, avec nos petits moyens. Tant qu’il y a de la lutte, il y a de l’espoir. Tant qu’il y a de la vie, il y a du combat. »
HK : « Oui parce que, quel soit l’endroit, on arrive avec ce qu’on est, notre sincérité, donc ça connecte toujours. Elle résonne au fin fond de nos campagnes, quand on fait les bals paysans, comme au cœur des quartiers. Ma musique, ce n’est pas spontanément ce que les jeunes des quartiers vont écouter. Mais à chaque fois qu’on y joue, il se passe des moments extraordinaires. Il y a les daronnes, les darons, les enfants, et puis les ados qui se retrouvent embarqués par l’ambiance. Il y a même les chibanis, les anciennes, les anciens. Tu sens qu’il y a quelque chose qui prend. »
« il y a encore une immense majorité de gens dans notre pays qui veulent juste vivre ensemble de façon heureuse, apaisée, respectueuse. »
HK : « On va jouer chez nous dans le Nord pour les 40 ans de l’association de la Goutte d’or. J’adore jouer sur la place publique. Dans des endroits différents, pour des gens différents, en disant les mêmes choses. Parce que finalement, on aspire aux mêmes choses. Malgré la propagande puissante, il y a encore une immense majorité de gens dans notre pays qui veulent juste vivre ensemble de façon heureuse, apaisée, respectueuse. Notre travail, c’est de contrer ça, nourrir le vivre ensemble et le mettre en visibilité le plus possible. »
HK : « On continue, on lâche rien ! Aujourd’hui, comme hier, et comme demain. »
Retrouvez toutes les dates de la tournée d’HK sur son site officiel.
– Entretien réalisé par Marie Waclaw
Photographie de couverture : ©Flavien Moras
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. Colombie : un projet de relocalisation pour les hippopotames d’Escobar Alors que la Colombie envisage d’euthanasier une partie des hippopotames descendants des animaux introduits par Pablo Escobar, le milliardaire indien Anant Ambani propose […]
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Alors que la Colombie envisage d’euthanasier une partie des hippopotames descendants des animaux introduits par Pablo Escobar, le milliardaire indien Anant Ambani propose de transférer environ 80 animaux vers un sanctuaire en Inde. Les autorités invoquent les risques écologiques liés à cette espèce invasive, tandis que des associations défendent des solutions non létales. (World Animal News)
La Grèce a interdit l’installation de transats, parasols et structures temporaires sur 251 plages afin de protéger des zones côtières sensibles, dont plusieurs sites marins classés Natura 2000. Le gouvernement veut limiter les effets du tourisme de masse et préserver les écosystèmes fragilisés par l’urbanisation et le changement climatique. (Euronews)
Le gravelot à collier interrompu, petit oiseau marin protégé disparu depuis plusieurs années de la Côte d’Opale, a été de nouveau observé en avril 2026. L’ONF appelle à renforcer la vigilance sur les plages, car cette espèce qui niche au sol reste très vulnérable aux activités humaines, aux chiens, au tourisme et à l’érosion du littoral. (France 3 Régions)

Le Parlement européen a adopté une réforme permettant aux eurodéputées de déléguer leur vote jusqu’à trois mois avant et six mois après une naissance. Cette dérogation au vote en personne a été approuvée par 616 voix contre 24 et doit désormais être validée par le Conseil puis ratifiée par les États membres. (Parlement européen)
Une équipe de l’université du Connecticut a mis au point un plastique fabriqué à partir de cannabidiol (CBD), un composé du chanvre, pour remplacer certains plastiques issus du pétrole comme le PET utilisé dans les emballages alimentaires. Le matériau résiste à la chaleur et à l’eau, sans utiliser de bisphénol A (BPA), un composé controversé pour ses effets sur la santé. Les chercheurs travaillent désormais à industrialiser sa production. (DongA Science)
Quarante ans après le lancement d’un programme de réintroduction, la population de chevaux de Przewalski en Chine dépasse désormais les 900 individus, soit environ un tiers de la population mondiale. Disparue à l’état sauvage dans les années 1970, cette espèce menacée a été réintroduite grâce à des programmes d’élevage et de réensauvagement dans le nord-ouest du pays. (China Daily)
L’Union européenne a approuvé des sanctions contre plusieurs organisations et figures du mouvement des colons israéliens en Cisjordanie, accusés d’alimenter les violences contre les Palestiniens. Les mesures, qui incluent gels d’avoirs et interdictions de visa, marquent un tournant après la levée du veto hongrois. Plusieurs États membres poussent aussi pour restreindre le commerce avec les colonies israéliennes. (EUobserver)
Le conducteur du SUV ayant mortellement percuté puis écrasé le cycliste Paul Varry à Paris en octobre 2024 a été renvoyé devant les assises pour meurtre. La juge d’instruction estime qu’il a volontairement redémarré alors que la victime se trouvait devant son véhicule. La mort de ce militant de l’association Paris en selle avait suscité une forte émotion et relancé le débat sur les violences routières. (Le Monde avec AFP)
En Malaisie, le projet TRAILS expérimente des systèmes agroforestiers mêlant palmiers à huile et arbres forestiers indigènes afin de restaurer la biodiversité dans les plantations de Bornéo. Menée avec des villageoises et des chercheurs du CIRAD, l’initiative montre le retour progressif d’oiseaux, d’insectes et d’autres espèces dans ces zones cultivées. Les chercheurs cherchent désormais à mesurer l’impact économique de ces modèles face aux monocultures intensives. (La Relève et la Peste)
L’association Libre forêt achète des parcelles pour les soustraire à l’exploitation et les laisser en libre évolution. Dans la Meuse, elle a organisé une balade pour montrer qu’une forêt non gérée peut rester riche en habitats, en espèces et en résilience, malgré l’image de désordre qu’elle renvoie souvent. (Reporterre)
* Visuel de couverture : Unsplash
– Mauricette Baelen
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 1.Le Sénat rejette l’article clé sur l’aide à mourir Le Sénat a supprimé l’article central de la proposition de loi sur l’aide à mourir, défendant une version bien plus restrictive que celle votée à l’Assemblée […]
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Le Sénat a supprimé l’article central de la proposition de loi sur l’aide à mourir, défendant une version bien plus restrictive que celle votée à l’Assemblée nationale. Les débats se sont concentrés sur ce dispositif, considéré comme le cœur du texte. (Politis)
Le sociologue Javier Gil estime que le logement est devenu l’un des principaux moteurs des inégalités sociales. Selon lui, la hausse des loyers et des prix immobiliers profite à des investisseurs qui captent une part croissante de la richesse des travailleurs via le marché locatif. (Mediabask)
Deux hôtels sociaux parisiens ont fait l’objet de signalements visant le même gérant pour agressions sexuelles et harcèlement depuis 2019. Malgré plusieurs alertes internes et mains courantes, le Samusocial n’a mis fin à son partenariat avec l’un des établissements qu’en février 2026. (Bondy Blog)
Dans un bar du 15e arrondissement de Paris, une vingtaine de militants néofascistes ont effectué des saluts nazis avant de rouer de coups plusieurs clients venus les photographier. Parmi eux, StreetPress a identifié Gabriel Loustau, chef des Hussards Paris, déjà condamné pour violences et menaces haineuses. (StreetPress)
L’industrie de l’armement est désormais valorisée par les gouvernements, les médias et la finance au nom du “réarmement” européen. Les fabricants d’armes multiplient aussi les discours éthiques et écologiques, malgré l’usage meurtrier de leurs produits dans des conflits comme Gaza. (Le Monde diplomatique)
Une proposition de loi visant à limiter le cadmium dans les engrais phosphatés sera examinée début juin à l’Assemblée nationale, après des mois de mobilisation politique et scientifique. Ce métal lourd toxique, présent dans l’alimentation, est considéré comme un enjeu majeur de santé publique par l’Anses et plusieurs collectifs de médecins. (Vert)
Une note de travail attribuée aux équipes de Place publique recommande de cibler les électeurs âgés et aisés plutôt que les jeunes et les classes populaires pour 2027. Face à la polémique, Raphaël Glucksmann a pris ses distances avec les conclusions du document. (Mediapart)
Une étude rappelle que la majorité des Français n’est pas concernée par les droits de succession, mais surestime largement leur niveau et leur portée. En ligne directe, seuls 13 % des ménages paient cet impôt, alors que 60 % des Français pensent qu’il est beaucoup plus élevé qu’en réalité. (The Conversation)
La nouvelle présidente de la Fédération internationale des journalistes, Zuliana Lainez, alerte sur une « tuerie sans précédent » visant les journalistes en Ukraine, à Gaza, au Liban ou au Soudan, où les professionnels des médias sont de plus en plus ciblés et assassinés. Élue le 6 mai à Paris, elle promet de lutter contre l’impunité entourant ces crimes. (L’Humanité)
Des agent·es du périscolaire parisien sont appelés à la grève après plusieurs affaires de violences révélées dans les écoles. Syndicats et professionnel·les dénoncent un secteur fragilisé par le manque de moyens, la précarité, le sous-effectif et des conditions de travail qui se dégradent depuis des années. (Alternatives Économiques)
* Visuel de couverture : wikipédia
– Mauricette Baelen
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Mr Mondialisation
Sept ans après les révélations du New York Times sur l’emploi de réfugiés syriens – adultes comme mineurs – dans les récoltes destinées notamment à Nutella, Ferrero affirme avoir renforcé ses engagements contre le travail des enfants et pour une meilleure traçabilité. Sur le terrain toutefois, ONG et observateurs dénoncent encore des conditions de travail […]
The post Nutella : que reste-t-il du scandale des noisettes turques ? first appeared on Mr Mondialisation.[Article publié initialement le 05/05/2019 – Mis à jour le 15/05/2026 | Temps de lecture estimé : ~ 4min]
Dans une enquête publiée en 2019, le journaliste David Segal révélait que des centaines de réfugiés syriens travaillaient dans les plantations de noisettes du nord de la Turquie, dans la région de la mer Noire.
Le pays assure environ 70 % de la production mondiale de noisettes et représente une source stratégique pour les multinationales du chocolat et de l’agroalimentaire, parmi lesquelles Ferrero, Nestlé ou encore Yildiz. Ferrero, propriétaire de Nutella, est considéré comme l’un des principaux acheteurs mondiaux de noisettes turques, avec un tiers de la production totale du pays.
Les 600 000 plantations qui sont serrées les unes contre les autres dans le nord du pays ont pendant longtemps été connues pour employer des enfants, ce que le gouvernement a officiellement combattu pendant de nombreuses années, rapportent les auteurs de l’enquête. Désormais, un nombre croissant de saisonniers qui y travaillent sont des réfugiés syriens, particulièrement « vulnérables » vis-à-vis des exigences de leurs employeurs. Rares sont ceux qui disposent d’un permis de travail, ce qui accentue leur précarité.
Mais alors que le secteur agricole est l’un des rares secteurs du pays dans lequel ce genre de permis n’est pas requis, les réfugiés syriens se révèlent être une main-d’œuvre peu chère pour les exploitations, dont la taille moyenne est de seulement 1,5 hectare, et qui peinent elles-mêmes souvent à survivre.

Des conditions de travail éprouvantes
Ces personnes perçoivent un salaire de 10 dollars par jour, soit environ 8,50 euros. Nombre d’entre elles concèdent que pour subvenir à leurs besoins, elles n’ont d’autre choix que de faire appel à leurs propres enfants pour les accompagner dans les plantations. Le travail est pourtant dangereux et épuisant, puisqu’il demande d’intervenir sur des pentes particulièrement raides. Les tâches sont répétitives et divisées essentiellement entre ceux qui cueillent les fruits et ceux qui les portent.
Certains travaillent sept jours par semaine et jusqu’à 13 heures par jour. Ferrero s’est défendu une fois encore par communiqué, estimant tout mettre en œuvre pour assurer les droits des travailleurs : « Lorsque des non-conformités sont constatées, elles sont traitées rapidement par les équipes sur le terrain ».

Mais la réalité ne plaide pas en faveur de l’entreprise, qui a refusé d’indiquer les coordonnées précises des exploitations auprès desquelles elle fait produire via ses sous-traitants. La plupart des 600 000 installations fourniraient le géant du chocolat, si l’on s’en tient à l’arithmétique, suggère David Segal.
« En 10 années de surveillance, nous n’avons jamais trouvé d’exploitation de noisettes en Turquie dans laquelle l’ensemble des principes d’un travail décent seraient réunies », explique dans l’article Richa Mittal, directrice d’innovation et de recherche de la Fair Labor Association, une ONG qui défend l’amélioration du droit du travail à l’international.
La situation ne se limiterait d’ailleurs pas seulement à la production des noisettes. Alors que l’agriculture représente environ 6 % du PIB turc, le secteur emploierait chaque année 200 000 réfugiés syriens en tant que saisonniers. David Segal rapporte que pour les réfugiés syriens, les plantations de noisettes sont :
« à la fois une corde de sécurité et une nouvelle épreuve »
Depuis le début du conflit syrien, la Turquie a été pointée du doigt à plusieurs reprises en raison des conditions dans lesquelles sont accueillies les personnes réfugiées.
En 2016, la BBC révélait par exemple des images d’enfants travaillant dans des ateliers de couture pour le compte de sous-traitants liés à de grandes marques de mode européennes telles qu’Asos, Zara ou encore Marks and Spencer.
Depuis ces révélations, Ferrero affirme avoir renforcé ses engagements sociaux et environnementaux. L’entreprise met en avant des programmes de traçabilité, des audits dans les exploitations et des engagements sectoriels visant à réduire les risques de travail des enfants.
Le groupe a notamment développé des partenariats avec l’Organisation internationale du travail (OIT), dans le cadre de programmes visant à améliorer les conditions de travail et à lutter contre le travail des enfants dans les récoltes saisonnières en Turquie.
Pourtant, en 2024, le travail des enfants est encore une réalité en Turquie.
Des limites régulièrement pointées
Ces dispositifs sont donc régulièrement jugés insuffisants par des ONG et des observateurs. Ils soulignent notamment :
Dans ce contexte, les audits privés sont souvent considérés comme insuffisants pour garantir des conditions de travail conformes aux standards internationaux.
Et au-delà des champs de noisettes, Ferrero fait aujourd’hui face à un autre type de critiques : celui du greenwashing. Le lancement de produits dits plant-based ou la communication autour de la durabilité de ses chaînes d’approvisionnement sont régulièrement pointés du doigt comme des stratégies d’image plus que comme une transformation structurelle du modèle industriel.
Dans le même temps, le groupe est désormais dans le viseur des autorités européennes. La Commission européenne a ouvert des investigations dans le cadre de pratiques de marché et de concurrence, renforçant la pression sur les grands acteurs de l’agroalimentaire et leurs chaînes d’approvisionnement.
Au-delà du cas de Ferrero, cette situation illustre les tensions structurelles d’une chaîne agroalimentaire mondialisée : pression sur les coûts, invisibilisation du travail saisonnier, et dépendance à une main-d’œuvre migrante ou réfugiée en situation de forte précarité.
Mieux que l’esclavagisme, un capitalisme débridé, sans règle ni garde-fou collectif. Un système où les multinationales engrangent des profits considérables sur le dos des travailleurs les plus précaires – pendant que les responsabilités se diluent dans des chaînes d’approvisionnement toujours plus opaques.
Photo de couverture : @tekentegenkinderarbeid
The post Nutella : que reste-t-il du scandale des noisettes turques ? first appeared on Mr Mondialisation.14.05.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent en faveur d’une agriculture moins énergivore et plus respectueuse de l’environnement. Un enjeu devenu crucial à l’heure des crises énergétiques et climatiques. Dans Les défis d’une autre agriculture, Arte suit pendant un an agriculteurs, scientifiques et responsables politiques engagés dans cette transition. Une enquête éclairante signée Tatjana Mischke et […]
The post Pourquoi l’agriculture doit redevenir soutenable first appeared on Mr Mondialisation.[Article publié initialement le 10/04/2019 – Mis à jour le 14/05/2026 | Temps de lecture estimé : ~ 4min]
Le modèle agricole fondé sur le déstockage massif des énergies fossiles chavire, mais poursuit tant bien que mal sa course folle, à l’image de notre société carbonée tout entière. L’intensification des pratiques participe à la dégradation généralisée de l’environnement et des écosystèmes par l’aridification des sols, la perte de biodiversité et la dispersion de pollutions considérables.
Mais ce n’est pas la seule inquiétude des spécialistes, qui alertent aussi sur le risque d’une crise alimentaire mondiale liée à la baisse de la productivité agricole et à la hausse des prix de l’énergie.

De la ferme du Bec Hellouin aux agriculteurs ayant choisi de convertir leur exploitation au bio, les équipes d’Arte explorent les multiples visages d’une transition agricole en cours.
Sans éluder les difficultés que pose une telle transition, les réalisatrices, Tatjana Mischke et Caroline Nokel, mettent en lumière la nécessité d’organiser ce changement de manière collective, en faisant collaborer paysans, scientifiques, politiques et société civile. Le combat se mène non seulement dans les champs, mais aussi dans les laboratoires de recherche ainsi qu’au cœur des institutions.
Mais tous ces acteurs font face à l’inertie des structures sociales, ainsi qu’au paradoxe d’une société qui fait des questions environnementales l’une des principales préoccupations de notre temps, mais qui n’entend pas payer plus cher pour une production plus responsable, donc plus locale et mesurée.
Par ailleurs, comme le soulignent les experts qui interviennent dans l’enquête, les bouleversements des écosystèmes provoqués par l’usage des produits de synthèse entraînent les exploitants dans un cercle vicieux qui les poussent à accroître les épandages d’année en année pour soutenir leur productivité. Dans un contexte où les conditions climatiques deviennent imprévisibles, changer de route s’avère particulièrement complexe, bien qu’absolument nécessaire.

Car le constat s’impose : le maintien des prix alimentaires à des niveaux relativement bas repose sur une externalisation des coûts. Autrement dit, pour le grand public, cela revient à faire porter une partie du coût réel de la production à des éléments extérieurs : la nature, les humains, les animaux. Pourtant, si l’on intégrait aux prix des produits conventionnels les coûts environnementaux de leur production, ceux-ci seraient aujourd’hui plus chers que les produits biologiques.
L’application de méthodes industrielles permet des économies d’échelle, mais accroît les pressions sur l’environnement. Ce modèle productiviste fonctionne tant que les prix de l’énergie restent bas, mais devient une épée de Damoclès dans un contexte incertain.
« les systèmes intensifs doivent absorber des investissements lourds pour maintenir une production élevée. »
Paradoxe majeur : rares sont ceux qui parviennent réellement à vivre de leur travail dans ce secteur. Les exploitations engagées dans des modèles plus durables peinent à être compétitives, tandis que les systèmes intensifs doivent absorber des investissements lourds pour maintenir une production élevée.
Certaines expériences, comme celle de la ferme du Bec-Hellouin, ouvrent la voie à de nouveaux modèles. Dans cette ferme normande menée par deux néo-paysans, le travail se fait sans mécanisation ni intrants, et l’exploitation parvient pourtant à dégager des bénéfices sur une surface réduite grâce à l’association de cultures.

Mais la transition agricole ne peut se penser sans un changement d’échelle : les agriculteurs ne pourront porter seuls cet effort sans soutien collectif. De nombreuses associations, comme Pour une autre PAC – aujourd’hui devenu Collectif Nourrir – plaident ainsi pour des politiques publiques davantage orientées vers les exploitations qui limitent leur impact environnemental. Elles appellent notamment à une réforme de la Politique agricole commune (PAC), afin de sortir d’une logique de subvention basée sur la taille des fermes et plutôt en fonction de leurs méthodes de production.
Dans le même temps, les circuits de production se recomposent à l’échelle des territoires, tandis que se développent de nouvelles formes de solidarité, à l’image des AMAP.
Résumé Arte : « S’il a eu le mérite d’assurer la sécurité alimentaire et de faire chuter les prix des denrées, le système agro-industriel, fruit d’une révolution engagée au cours du XXe siècle, semble aujourd’hui à bout de souffle. Infertilité croissante des sols, pollution des eaux aux nitrates, maladies liées aux pesticides, disparition des insectes et d’innombrables espèces animales… Pour les défenseurs de l’environnement et pour la communauté scientifique – mais aussi pour une bonne partie du monde paysan –, il est urgent de changer de cap pour sortir de l’impasse, en s’engageant pour une agriculture durable et respectueuse de l’environnement.
Mais par quels moyens ? Un passage au « tout-biologique » est-il possible ? Faut-il réformer les règles de l’agriculture conventionnelle ? Quel avenir pour la permaculture, modèle écologique au rendement remarquable ? Les réalisateurs de ce documentaire ont accompagné une année durant des paysans en quête de solutions alternatives en France et en Allemagne, pour tenter de répondre à ces questions essentielles.
Les défis d’une autre agriculture aborde également le rôle capital du politique et de l’Union européenne en particulier – sans oublier les comportements des consommateurs – dans ce changement de paradigme. »
Voir le reportage :
Photo de couverture : affiche du reportage – Arte
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