18.09.2026 à 06:00
Simon Verdiere
Lorsque l’on évoque les difficultés économiques des Français, de nombreux politiciens, allant du Parti socialiste à Reconquête en passant par Renaissance, proposent d’augmenter les salaires net en diminuant la part du brut. Bien loin de représenter un progrès, cette suggestion est au contraire une claire attaque contre notre modèle social. Rapprocher le « net du brut » […]
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Rapprocher le « net du brut » serait, selon certains, la solution miracle pour sortir le peuple de la crise. Cette idée cherche en réalité à faire croire que le brut serait une « ponction inutile » d’un État vorace. Et pourtant, il s’agit déjà d’un salaire différé permettant de financer les retraites, le chômage, ou encore les congés maladie. Zoom sur cette rhétorique une nouvelle fois destinée à protéger les plus riches au détriment de la majorité de la population.
Contrairement à certaines idées reçues, la différence entre le salaire brut et le net ne constitue pas un « impôt » ou une « charge » pour l’employeur. Ce sont des cotisations sociales. Cet outil représente la base de notre système, tel qu’il a été imaginé par le Conseil National de Résistance sous l’impulsion d’Ambroise Croizat, après la Seconde Guerre mondiale.
Cet argent est donc directement destiné à financer nos besoins communs. Comme son nom l’indique, le salaire brut reste bel et bien un salaire réel. À l’inverse du salaire net, il comporte simplement une partie différé, c’est-à-dire qu’elle n’est pas perçue dans l’immédiat.
Expliquer que diminuer le brut au profit du net consisterait à rendre du pouvoir d’achat aux Français, ainsi que le font bon nombre de libéraux, relève donc tout bonnement de l’escroquerie. Comment peut-on en effet considérer comme une augmentation de rémunération le fait de donner aux travailleurs de l’argent qui leur appartient déjà ?
Le salaire brut représente ainsi bien davantage qu’une ligne sur une fiche de paie. Il symbolise aussi une part des revenus que les employés ont arrachée à l’autorité patronale pour le placer dans des caisses communes. Plutôt que de laisser chacun négocier individuellement sa retraite, sa santé ou son assurance chômage avec sa direction, une partie de la richesse produite est donc mutualisée.
Comme tout le monde a déjà pu le constater avec la nouvelle offensive sur la capitalisation, la volonté générale du côté libéral file vers la destruction du modèle social public au profit de la privatisation. Le processus est même largement entamé, puisque tout a été fait pour que les caisses de cotisations ne suffisent plus à financer le système.
Ainsi, certains, comme François Hollande, n’hésitent pas à mettre la TVA sociale sur la table. Autrement dit, le rôle du pot commun où chacun contribue à hauteur de ses moyens diminuerait considérablement au profit d’un impôt inégalitaire alimenté de façon identique par les riches et les pauvres.
Certains libertariens n’y verront pourtant aucun problème, assurant qu’un système social privé serait plus performant. Ainsi, l’argent du salaire brut passé en net pourrait directement être redirigé vers des assurances sociales individuelles.
Or, ce raisonnement oublie bien vite que les services privés coûtent plus cher. Si l’on compare, par exemple, les dépenses de santé américaines (largement basées sur le privé), on constate qu’elles pèsent 17,8 % du PIB du pays, contre seulement 12,3 % pour la France, qui fonctionne avec un dispositif public.
En d’autres termes, se libérer des cotisations sociales publiques n’augmente pas le pouvoir d’achat, au contraire. Ce processus place la population à la merci de compagnies privées qui pourront lui facturer exactement ce qu’elles veulent pour des services indispensables à l’existence. Dès lors, s’attaquer au salaire brut revient à se tirer directement une balle dans le pied.
Si certains se bercent d’illusions en pensant « ne jamais être malades » et ne pas avoir besoin de la Sécurité sociale, il faut pourtant rappeler qu’un citoyen français coûte en moyenne 3723 € par an au système collectif de santé. Rapporté à une existence, ce chiffre fait grimper la facture à plus de 300 000 €. Une minorité de privilégiés sera peut-être capable d’avancer de telles sommes, mais beaucoup d’autres devront simplement renoncer à se soigner, comme ces 27 millions d’Américains sans assurance.
Et les aléas de la vie ne se limitent pas à la santé, puisque le salaire brut permet aussi de se prémunir du chômage qui touche de plus en plus de Français. Un phénomène qui pourrait d’ailleurs s’accroître avec l’essor de l’intelligence artificielle. Enfin, c’est également ce salaire brut qui garantit à tout le monde de disposer d’une retraite.
Ceux qui promettent de « rapprocher le net du brut » n’expliquent en revanche jamais comment ils comptent compenser ces trous dans les caisses. La technique est bien connue : dégrader volontairement le système social pour affirmer qu’il ne fonctionne plus ou que « la France est ruinée » pour ensuite faire du chantage à la dette et pouvoir plus simplement couper dans les services publics.
Mais la réelle question consiste plutôt à se demander pourquoi ce spectre politique refuse d’augmenter les salaires réels, c’est-à-dire le net et le brut. Ainsi le RN et le gouvernement Macron ont déjà voté communément contre la hausse du SMIC. Et pourtant, c’est bien là que se situe le principal levier pour améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs.
Dans les faits, ce désir de « rapprocher le net du brut » s’inscrit bel et bien dans une volonté de protéger les plus fortunés et les grandes compagnies, à l’image des décennies de pouvoir du camp libéral. Cette mesure permettrait non seulement d’éviter des augmentations de rémunérations coûteuses aux entreprises, mais, en détruisant le secteur public, elle nourrirait aussi la sphère privée qui en tirerait parti.
Dès lors, ce sont bien les employés qui seraient les seuls perdants du processus. La véritable question est celle du partage des ressources dans un pays qui n’en a jamais produit autant. Si le revenu net est directement disponible, le salaire brut représente une conquête sociale qui protège l’avenir des citoyens en soustrayant une part des richesses aux griffes du marché. Et ce ne sera définitivement pas par la destruction de ce droit que passera l’amélioration de la qualité de vie du peuple, bien au contraire.
– Simon Verdière
Photo de couverture : CGT, grève 1936, « Tout va très bien » / WikimediaCommons
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Renard polaire
Depuis six ans, le sanctuaire Le Repère recueille lions, chèvres, poules, chevaux ou encore rapaces. Situé à Champéon, en Mayenne, il soigne toutes les espèces sans distinction et sert de relais entre différentes structures d’accueil. Zoom sur une initiative qui, à l’instar de beaucoup d’autres, ne vit que de l’aide de ses donateurs. [Temps de […]
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Biche renversée, chouette prise dans des barbelés, lions récupérés d’un cirque… Depuis leur installation, Marjorie, son compagnon Jean-René et leur bras droit de tous les instants Mattéo ne chôment pas. À contre-courant de leur ancienne vie parisienne et des préjugés encore ancrés dans le territoire où ils se sont installés, les responsables du Repère offrent une seconde chance et une vie digne à tous les animaux, sans distinction d’espèce.
Au sanctuaire Le Repère, faune sauvage locale, animaux domestiques, de rente ou exotiques ont tous leur place. Et s’ils sont atteints de maladie ou de handicap, ils sont certains d’y finir sereinement leurs jours. Grâce aux dons des particuliers et à des visites pédagogiques proposées par les bénévoles, Le Repère parvient à garder la tête hors de l’eau.
Mais dans un système où il est bien plus rentable d’exploiter les animaux que de lutter pour leur libération, faire vivre un sanctuaire demeure un combat du quotidien. Rencontre avec Marjorie, cofondatrice du Repère.

Marjorie : « On est arrivés en 2020 en Mayenne, après avoir quitté la région parisienne dans le but de créer un refuge. Auparavant, j’étais ASV, assistante vétérinaire dans des structures hospitalières. Ensuite, j’ai travaillé en parc zoologique. J’ai toujours adoré les animaux, mais j’ai été pas mal dégoûtée par ces deux métiers… En structure zoologique surtout : ça ne correspondait pas du tout à ma façon de voir les choses. J’avais envie de continuer, mais différemment, pour travailler dans des conditions éthiques, à mon image. »
Marjorie : « Par hasard ! On regardait sur les départements qui étaient à trois, quatre heures de la région parisienne. La Mayenne, c’est encore très vert, très rural, et on trouvait assez facilement des grands terrains à des prix raisonnables, du moins il y a six ans. On a donc trouvé une petite maison avec 7 hectares de terrain qui rentrait dans notre budget. »

Marjorie : « Oui, on a tout quitté avec mon conjoint, Jean-René, et ma fille. Une collègue nous avait également suivis à l’époque. Elle n’habite plus avec nous aujourd’hui, mais elle est restée dans le coin. »
Marjorie : « Il y a moi, mon conjoint et Mattéo. Disons que c’est l’équipe de base. Puis, il y a des bénévoles qui viennent plus ou moins régulièrement. On reçoit également beaucoup de stagiaires puisqu’on forme les gens au métier de soigneur animalier. »
« beaucoup de vétérinaires, notamment sur le plan sanitaire, ne veulent pas travailler avec nous. »
Marjorie : « Effectivement, ce n’est pas simple. Notre vétérinaire n’est pas à côté, puisqu’elle est basée à Montpellier… Elle s’occupe principalement des animaux sauvages, notamment les grands félins. Pour nos animaux de ferme et la faune sauvage locale, nous avons des vétérinaires en Mayenne. Mais ça n’a pas été facile, car c’est une région très rurale : on est un peu regardés avec des gros yeux quand on demande de soigner des animaux de ferme…
C’est un peu mieux au bout de six ans, notamment parce qu’on a un discours clair et qu’on est très présents sur les réseaux… Mais beaucoup de vétérinaires, notamment sur le plan sanitaire, ne veulent pas travailler avec nous. C’est compliqué de leur faire comprendre que ce ne sont plus des animaux de rente. Après, je me dis qu’à un moment, ça viendra… »

Marjorie : « Uniquement par le don. C’est pour ça qu’on essaie d’être très présents sur les réseaux. Malheureusement, nous n’avons aucune subvention. Que ce soit auprès du département ou de la commune, on s’est toujours fait recaler. On ne correspond pas à leur éthique… »
Marjorie : « Ça fait six ans qu’on existe et qu’on s’en sort. Nous sommes tous bénévoles, il n’y a aucun salarié. Les dons parviennent toutefois à assurer nos sauvetages, à nourrir et à soigner nos animaux. Mais c’est un combat ! »
Marjorie : « Par plein de biais différents. D’abord, des particuliers pour des abandons. Il y a aussi des cas de maltraitance : on y répond dans la mesure du possible, selon les places disponibles. On peut également agir dans le cadre de dépôts de plainte. Concernant les lions qu’on avait accueillis, par exemple, c’était un abandon de cirque. Certains sont partis dans d’autres sanctuaires, d’autres sont décédés car ils étaient âgés, mais on en a toujours quelques-uns.
On recueille aussi des petits félins détenus chez des particuliers. Sans oublier la faune sauvage locale qu’on accueille en urgence, car il n’y a plus de centre de soins en Mayenne. Donc on accueille, on met en sécurité et ensuite on organise des transferts vers des centres de soins un peu partout en France. Tout ça, 24h/24 et 7j/7… »

Marjorie : « Bon, mon conjoint va dire que je ne le suis pas, mais si ! (rires) On fait très peu d’adoptions parce qu’on n’est pas un refuge, mais un sanctuaire. Au départ, le but était de garder tous les animaux, mais la case adoption est devenue obligatoire pour, justement, ne pas se faire déborder.
En fin de compte, on ne veut pas perdre notre objectif de base, à savoir aider les animaux. On reçoit beaucoup d’appels et on tente vraiment de ne jamais fermer la porte. Pour cela, on a sollicité, au fur et à mesure des années, un réseau avec plein de personnes et d’associations différentes, pour tous les types d’animaux.
« Je me sens responsable de tous les animaux, dès le premier appel. »
On ne laisse jamais les gens sans solution, et c’est pour cela qu’on gère aussi beaucoup de sauvetages. Je me sens responsable de tous les animaux, dès le premier appel. Je dois donc toujours trouver une solution, et prendre des nouvelles si le sanctuaire n’a pas pu recueillir l’animal. »
Marjorie : « Le fait est qu’on garde souvent les animaux qui ont un problème, une maladie ou un handicap quelconque. Malheureusement, ce sont aussi ceux-là qui partent le plus vite… Donc le « turn-over » se fait assez naturellement et, en six ans, on n’a jamais été saturés. Le maximum qu’on ait eu, ce devait être 200 animaux – sachant que cela inclus les oiseaux. Actuellement, on est autour de 150…. et ma foi, on arrive à sa débrouiller ! »

Marjorie : « Malheureusement, forcément, l’argent. Imaginez la facture vétérinaire pour 150 animaux… Après, c’est aussi compliqué psychologiquement. C’est beaucoup de stress, d’anxiété, que ce soit pour faire tourner le sanctuaire au quotidien comme pour faire face à tout ce qu’on voit. »
Marjorie : « Oui, ça manque. Il y a beaucoup trop de maltraitance, partout, pour qu’on soit suffisamment nombreux à gérer. C’est déjà le cas avec les animaux domestiques, et c’est pire avec les animaux de ferme. Même si nous sommes de plus en plus nombreux, ce n’est pas encore assez par rapport à la demande.
Concernant les animaux sauvages, c’est encore pire car c’est réglementé par des autorisations et que l’État ne fait rien pour nous aider. Quand on fait des demandes, ça prend des mois, voire des années. Ils ne nous répondent pas, ils n’ont pas envie que ça se fasse. Ce que j’entends sur les cirques en 2028 me fait doucement rire, parce qu’on a des places de disponibles mais l’administration nous bloque ! »

Marjorie : « Qu’il faut vraiment être motivé. Vraiment. Il va falloir se battre. Sans argent, d’une, on ne peut rien faire. Et psychologiquement, ce qu’on voit est très dur. J’ai envie de dire qu’on est rarement heureux… Il faut vraiment avoir le coeur bien accroché et la tête sur les épaules pour ne pas finir dépressif !
« Il faut être prêt à faire un certain nombre de sacrifices. »
Au Repère, on accueille des gens qui viennent passer du temps avec nous. Quand ils repartent, ils ont toujours envie, donc c’est motivant car ils ont vu la réalité du terrain. Notamment ce qu’on ne montre pas forcément sur les réseaux… Ça change une vie complètement, on n’a pas pris de congés depuis six ans. Il faut donc être prêt à faire un certain nombre de sacrifices. »
Marjorie : « Oui, ça, c’est génial. Prendre juste quelques animaux et leur offrir une vie digne. On a réussi à faire quelques adoptions responsables en Mayenne, auprès de personnes qui veulent simplement sauver des animaux. Je trouve ça super. Dans ces cas-là, on reçoit des nouvelles de nos animaux, qui sont super bien. »

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– Entretien réalisé par Marie Waclaw
Photo de couverture : ©Le Repère
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Mr Mondialisation
Dans la nuit du 13 au 14 août 2026, des activistes écologistes se sont introduits sur le golf de Mignaloux-Beauvoir, près de Poitiers. Ils ont découpé des greens, coulé du béton et planté des légumes sur le parcours. Mais ils ont aussi laissé un message : « Moins de greens, plus de racines ». Leur […]
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Fin juillet 2026, c’est le golf de Tremblay-sur-Mauldre, dans les Yvelines, qui avait subi des dégradations. Son directeur estimait les dégâts à hauteur de 60 000 euros. D’autres dégradations ont également été signalées à Roissy-en-France et dans le Calvados.
Réduire ces actions à de simples actes de vandalisme empêcherait de comprendre le conflit politique qu’elles cherchent à mettre en scène. Car derrière le golf apparaissent deux questions fondamentales à l’heure du dérèglement climatique : qui utilise les ressources disponibles et pour quels usages ?
Le golf est devenu depuis la sécheresse de 2022 l’un des symboles des conflits autour de l’utilisation de l’eau. L’image est particulièrement efficace : des pelouses parfaitement vertes au milieu d’un été sec, au moment où les particuliers peuvent être soumis à des restrictions.
La réalité mérite toutefois davantage de précision. Les golfs sont eux aussi soumis aux restrictions préfectorales. Plusieurs niveaux d’alerte limitent en effet l’arrosage des terrains. Le golf de Mignaloux-Beauvoir affirme par ailleurs récupérer les eaux de pluie et de drainage et respecter les règles préfectorales. Mais la polémique dépasse le respect de la réglementation.
Lorsqu’une ressource se raréfie, déterminer quels usages restent légitimes devient nécessairement politique. S’hydrater, préserver les écosystèmes ou maintenir un espace de loisir réservé à une minorité privilégiée ne répondent pas aux mêmes besoins. Le golf mobilise un usage important de ressources et d’espace au bénéfice d’une pratique qui demeure socialement marquée. C’est précisément ici que l’écologie rencontre la lutte des classes.
Le golf n’est évidemment plus réservé à une poignée de millionnaires. La pratique s’est largement démocratisée et tous les golfeurs n’appartiennent pas aux classes supérieures. Pour autant, l’accessibilité théorique d’une activité ne signifie pas que les barrières sociales ont disparu. Le coût du matériel, les cotisations, le temps disponible et les habitudes culturelles continuent de sélectionner ceux qui fréquentent ces espaces. Mais cette logique dépasse très largement le golf.
Les catégories sociales les plus riches disposent de leurs quartiers résidentiels, de leurs établissements scolaires, de leurs lieux de vacances, de leurs réseaux professionnels et de leurs espaces de sociabilité. Et surtout, elles possèdent les moyens matériels de choisir leur environnement social. Étrangement, personne ou presque ne parle ici de « communautarisme ». Le terme est pourtant omniprésent lorsqu’il est question de populations discriminées de manière systémique.
Mais lorsque des populations aisées organisent leur existence de manière à fréquenter principalement des personnes qui leur ressemblent, le vocabulaire change. On parle maintenant d’« entre-soi ». La différence n’est pas anodine. Le communautarisme serait une menace pour la société. L’entre-soi bourgeois devient presque une préférence personnelle.
Ce traitement différencié devient encore plus frappant lorsque l’on observe la ségrégation résidentielle ou scolaire. Un ménage suffisamment fortuné peut choisir un quartier dans lequel le prix de l’immobilier écarte une grande partie de la population. Il peut inscrire ses enfants dans certains établissements, fréquenter des lieux de loisirs coûteux et partir en vacances dans des destinations inaccessibles aux catégories populaires. Aucune règle n’impose explicitement cette séparation.
C’est précisément ce qui la rend particulièrement efficace. Il n’est pas nécessaire d’afficher « réservé aux riches » devant un quartier où le prix du mètre carré dépasse largement les capacités financières d’un ménage moyen. La sélection s’effectue par l’argent.
Cette séparation possède également une conséquence politique. Les individus les plus riches peuvent se soustraire aux dégradations des services publics : déménager, payer certains services privés, choisir leur école, disposer d’un jardin ou partir lorsque les températures deviennent difficiles. Ils n’habitent donc pas seulement des espaces différents. Ils disposent d’une capacité supérieure à échapper aux conséquences matérielles des crises qui touchent le reste de la population.
Cette question devient incontournable lorsqu’on la replace dans le contexte écologique. Car l’empreinte carbone n’est absolument pas répartie uniformément dans la population. Selon Oxfam, les 10 % des Français les plus riches émettent environ 15,6 tonnes de CO₂ par personne et par an, contre 3,8 tonnes pour une personne appartenant à la moitié la plus pauvre. Pour les 1 % les plus riches, l’estimation atteignait 40,2 tonnes.
Mais ces chiffres ne comptabilisent que la consommation. Car dès qu’on intègre les actifs financiers, l’écart devient encore plus spectaculaire. Toujours d’après Oxfam, l’empreinte carbone moyenne des 10 % des Français les plus riches s’élève à 38 tonnes de CO₂e lorsque consommation et investissements sont combinés.
Le problème écologique ne peut donc pas être réduit à une somme de comportements individuels équivalents. On peut fermer le robinet pendant le brossage des dents, baisser son chauffage ou acheter des vêtements d’occasion. Ça n’aura jamais le même impact que les vols longs courriers, avoir plusieurs grandes résidences, ou encore détenir des investissements dans des industries fortement carbonées. Pourtant, la sobriété continue souvent d’être présentée comme un effort individuel : chacun devrait faire « sa part ». Et c’est précisément ce que les actions contre les golfs cherchent à dénoncer.
Un green vandalisé ne fera évidemment pas disparaître les inégalités et ne résoudra pas la crise climatique. Mais l’image possède une force politique évidente : celle d’un espace parfaitement entretenu et consacré au loisir au moment où la raréfaction des ressources impose de choisir entre différents usages. Derrière quelques mètres carrés de gazon retournés se trouve donc une question autrement plus dérangeante : peut-on demander une sobriété collective sans remettre en cause les modes de vie de ceux qui consomment le plus ?
Car le communautarisme bourgeois ne consiste pas seulement à vivre entre soi. Il permet également de disposer de davantage d’espace, de ressources et de moyens de se protéger des crises. À mesure que les limites écologiques se resserrent, cette contradiction devient de plus en plus difficile à masquer. La question n’est plus seulement de savoir comment consommer moins. C’est surtout qui doit réduire sa consommation en premier.
– Florian Douare
Photo de couverture de Sugar Golf sur Unsplash
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Mr Mondialisation
Durant les élections municipales de mars 2026, une opération numérique a cherché à discréditer La France insoumise et plusieurs de ses candidats. Baptisée « Rokh Solis », cette campagne est désormais considérée par les autorités françaises comme une ingérence numérique israélienne. Dans un rapport publié le 11 juin 2026, Viginum, le service technique et opérationnel […]
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Dans un rapport publié le 11 juin 2026, Viginum, le service technique et opérationnel de l’État français chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères, affirme avoir identifié plusieurs indices techniques indiquant « l’implication d’acteurs israéliens ».
Les investigations conduisent notamment vers une structure appelée BlackCore, spécialisée dans les opérations d’influence numérique. Mais une question essentielle demeure : qui a commandité cette campagne contre LFI ?
Viginum a détecté Rokh Solis en mars 2026, pendant les élections municipales. Le dispositif reposait sur plusieurs sites partageant des caractéristiques techniques communes. Leurs contenus étaient ensuite relayés sur TikTok, Instagram, Facebook et X par des comptes présentant plusieurs signes d’inauthenticité.
Pour Viginum, l’objectif politique de cette manœuvre d’influence ne fait guère de doute. L’écosystème présentait une ligne éditoriale « résolument hostile » à La France insoumise. Le service décrit une « stratégie de discrédit général » du mouvement.
Trois candidats ont particulièrement été ciblés : Sébastien Delogu à Marseille, François Piquemal à Toulouse et David Guiraud à Roubaix. À Marseille, un site intitulé Le Blog de Sophie s’en est notamment pris à Sébastien Delogu. Une prétendue victime l’y accusait de faits criminels.
Le dispositif dépassait donc les simples publications politiques hostiles. Il consistait à créer un écosystème capable de donner une apparence de crédibilité à des contenus trompeurs. Le parquet de Paris a depuis ouvert une enquête sur les campagnes ayant visé les trois candidats insoumis.
Un autre volet de Rokh Solis cherchait à associer La France insoumise à l’islamisme. Un faux site baptisé L’Alternative 2026 se présentait comme un guide électoral destiné aux musulman·es français·es.
Autour de lui gravitaient deux sites aux positions apparemment opposées. Le premier reprenait le nom de Forsane Alizza, une organisation islamiste radicale dissoute en 2012. Ce faux groupe affichait son soutien à L’Alternative 2026. Le second, RCN France, adoptait au contraire une ligne conservatrice, identitaire et souverainiste. Il dénonçait l’existence du prétendu projet islamiste. Les opérateurs fabriquaient ainsi les deux camps d’une même confrontation. De prétendus islamistes soutenaient un projet présenté comme favorable à LFI, tandis que de faux militants conservateurs dénonçaient cette proximité.
Viginum estime que cette mécanique cherchait à polariser le débat public français en instrumentalisant la communauté musulmane. Les enquêteurs ont également identifié plusieurs indices conduisant vers Israël. Des caractères hébreux apparaissaient dans les métadonnées d’un site, et un compte TikTok associé au dispositif était localisé en Israël.
Des faux comptes ont aussi partagé des publications islamophobes liées à l’organisation pro-israélienne ELNET et diffusé les hashtags #TheWestIsNext et #TheWestIsNow. Pour Viginum, ces différents éléments indiquent « l’implication d’acteurs israéliens » mais ne démontrent pas qu’ELNET aurait organisé la campagne.
Les investigations françaises ont surtout conduit vers une structure : BlackCore.Cette entité se présentait comme une entreprise israélienne spécialisée dans l’influence et la guerre informationnelle. Viginum a identifié une infrastructure Internet associée à BlackCore et des outils permettant notamment l’amplification artificielle de contenus. Son existence juridique reste pourtant difficile à établir. Viginum parle ainsi d’une « pseudo-entreprise », qui ne semble pas inscrite au registre israélien des sociétés.
BlackCore disposait néanmoins d’un site Internet enregistré en août 2025 et d’une présence sur LinkedIn. Plusieurs sous-domaines permettaient d’entrevoir ses activités dont la formation en communication numérique auprès du gouvernement angolais. D’autres renvoyaient vers des outils d’amplification sur les réseaux sociaux. BlackCore a ensuite largement disparu d’Internet. Son site et sa page LinkedIn ont notamment été mis hors ligne après les premières révélations.
Son activité pourrait par ailleurs dépasser le cas français. Selon Reuters, les autorités soupçonnent BlackCore d’avoir participé à des opérations d’influence concernant des élections à New York, en Écosse, en Angola et au Togo. D’après Viginum, une campagne avait notamment visé Zohran Mamdani, élu maire de New York en 2025. En Écosse, des contenus négatifs ont ciblé le Premier ministre John Swinney. Tous deux ont publiquement critiqué la politique menée par Israël à Gaza, tout comme LFI qui est particulièrement engagée contre le génocide palestinien.
C’est la principale inconnue de l’affaire. Viginum établit l’existence d’une ingérence numérique étrangère et relève des marqueurs indiquant l’implication d’acteurs israéliens. BlackCore constitue également une piste importante de l’enquête.
Mais rien ne permet actuellement d’attribuer spécifiquement l’opération. Viginum précise qu’aucun élément ne permet d’établir « l’identité et l’origine des commanditaires » ayant pu recourir aux services de BlackCore. Le rôle éventuel d’ELNET reste lui aussi indéterminé. La diffusion de ses publications par certains comptes ne constitue pas une preuve de commandite.
Malgré une audience limitée, Rokh Solis pose néanmoins un problème démocratique majeur. Pour Viginum, l’opération a délibérément cherché à influencer l’opinion publique dans le cadre d’un scrutin. À quelques mois de la présidentielle de 2027, l’affaire illustre aussi la professionnalisation des opérations privées d’influence.
– Florian Douare
Photo de couverture de Julio Lopez sur Unsplash
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Mr Mondialisation
Lorsque des difficultés scolaires, attentionnelles, comportementales ou développementales apparaissent chez un enfant expatrié, l’éloignement géographique peut révéler un frein inattendu : l’accès à une évaluation neuropsychologique adaptée à sa langue maternelle et à son parcours scolaire. Comment accompagner un enfant lorsque les outils disponibles localement ne correspondent pas toujours à ses références linguistiques et culturelles […]
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Vivre à l’étranger est souvent présenté comme une opportunité offrant aux enfants un environnement riche, multiculturel et stimulant. Mais cette vision masque des réalités très différentes selon les contextes.
Le vocabulaire lui-même en témoigne : on parle volontiers d’« expatriation » pour décrire les mobilités professionnelles, diplomatiques ou économiques favorisées de personnes disposant de visas facilités et de ressources stables, tandis que les départs contraints, les migrations précaires et les situations administratives irrégulières sont qualifiés de « migration » ou d’« immigration », avec tout ce que ces termes charrient d’obstacles structurels, de racisme, d’instabilité et de rapports de pouvoir hérités de la colonisation.
C’est à la première de ces situations – celle des familles francophones « expatriées » – que s’intéresse cet entretien.
Coline Pawlowski : « Parce que plusieurs facteurs se superposent. Il y a d’abord les difficultés propres à l’enfant, mais aussi le contexte linguistique, le changement de système scolaire, parfois le bilinguisme ou le plurilinguisme, et l’accès très variable aux professionnels selon les pays.
Une difficulté d’attention, de lecture ou d’organisation peut être attribuée un temps à l’adaptation à l’expatriation. À l’inverse, il faut également éviter de pathologiser ce qui relève simplement d’une période d’adaptation. Toute la difficulté consiste à replacer les observations dans l’histoire développementale, linguistique et scolaire de l’enfant. »
Coline Pawlowski : « Une évaluation neuropsychologique ne consiste pas simplement à traduire des consignes. Les outils sont construits et étalonnés pour une population donnée. Le vocabulaire, la compréhension des consignes, les références culturelles et le parcours scolaire peuvent influencer les résultats.
Lorsque l’enfant est scolarisé dans le système français et que sa langue de référence est le français, disposer d’outils adaptés permet une interprétation beaucoup plus pertinente. Cela ne signifie pas qu’un bilan réalisé localement est nécessairement inadapté, mais que la question de la langue et des normes utilisées doit être examinée avec attention. »

Coline Pawlowski : « Les motifs sont très variés : difficultés persistantes en lecture ou en mathématiques, lenteur, problèmes d’attention, impulsivité, fatigabilité, difficultés de mémorisation ou d’organisation, décalage dans les interactions sociales, suspicion de TDAH, de trouble dys, de TSA ou, plus largement, interrogations sur le fonctionnement cognitif de l’enfant.
Le bilan ne doit pas être pensé comme une recherche systématique de diagnostic. Il sert d’abord à comprendre un fonctionnement, à identifier les points d’appui et les fragilités, puis à déterminer si des investigations ou des accompagnements complémentaires sont nécessaires. »
Coline Pawlowski : « Oui, dans certaines situations. Les parents peuvent ne pas savoir vers qui se tourner, les délais peuvent être importants, ou les professionnels disponibles peuvent ne pas disposer des outils correspondant à la langue d’origine de l’enfant. Les familles peuvent également attendre un retour en France pour engager les démarches.
Pendant ce temps, l’enfant continue à rencontrer les mêmes difficultés et l’école tente souvent de mettre en place des ajustements avec les informations dont elle dispose. Ce délai peut avoir des conséquences sur les apprentissages, mais aussi sur l’estime de soi et le vécu scolaire. »
Coline Pawlowski : « C’est essentiel. Un compte rendu utile ne devrait pas seulement comporter des scores. Il doit traduire les résultats en éléments compréhensibles pour la famille et l’équipe pédagogique : pourquoi l’enfant se fatigue, pourquoi certaines tâches lui demandent davantage d’effort, quels aménagements peuvent être pertinents, quelles stratégies peuvent l’aider.
Pour les enfants expatriés scolarisés dans un établissement français, le fait que les recommandations puissent être directement mises en lien avec leur environnement scolaire facilite aussi la continuité de l’accompagnement. »
Coline Pawlowski : « Le projet est né très concrètement au sein de mon cabinet en Lozère, à partir de la situation d’un enfant lozérien vivant à l’étranger avec sa famille. Il rencontrait des difficultés dans son parcours scolaire et ses parents se heurtaient à la difficulté de trouver, sur place, une évaluation neuropsychologique adaptée et réalisée avec des outils français. La famille a finalement choisi de revenir en France, en Lozère, afin que leur enfant puisse réaliser son bilan au cabinet.
Cette situation m’a amenée à réfléchir à ce que vivent de nombreuses familles expatriées : devoir parfois organiser un retour en France uniquement pour accéder à une évaluation dans la langue maternelle de leur enfant, avec des outils adaptés à son parcours scolaire et culturel. C’est à partir de cette expérience très concrète qu’est née l’idée de Neuropsy Pawlowski Expat : plutôt que de demander systématiquement aux familles de revenir en France, pourquoi ne pas envisager, lorsque cela est possible, de déplacer cette expertise jusqu’aux enfants français et francophones vivant à l’étranger ? »

Coline Pawlowski : « Des déplacements sont envisagés à partir de 2027, en lien avec des établissements français à l’étranger et selon les possibilités réglementaires de chaque pays. Le principe serait de regrouper plusieurs évaluations sur une période déterminée afin que les familles puissent accéder localement à un bilan en français.
Il ne s’agit pas de remplacer les professionnels présents dans le pays, mais de proposer une réponse complémentaire lorsqu’un besoin spécifique existe, avec l’objectif de travailler en articulation avec les équipes éducatives et, lorsque c’est nécessaire, les professionnels de santé locaux. »
Coline Pawlowski : « Elle peut être très utile pour certains entretiens, restitutions, échanges avec les parents ou les équipes scolaires. En revanche, de nombreuses épreuves neuropsychologiques standardisées nécessitent des conditions de passation précises, du matériel spécifique et une observation clinique directe. On ne peut donc pas transposer automatiquement l’intégralité d’un bilan derrière un écran sans s’interroger sur la validité de ce que l’on mesure. »

Coline Pawlowski : « Éviter qu’un enfant passe plusieurs années à entendre qu’il ne fait pas assez d’efforts alors que personne n’a encore compris pourquoi certaines tâches sont si coûteuses pour lui.
Un diagnostic peut être important lorsqu’il est indiqué, mais le véritable objectif reste la compréhension du fonctionnement de l’enfant. Mettre des mots sur ses difficultés, identifier ses ressources et proposer des réponses adaptées peut changer profondément son rapport à l’école. »
Coline Pawlowski : « Il faudrait surtout fluidifier les parcours : mieux informer les familles sur les ressources existantes, développer les liens entre établissements français à l’étranger et professionnels francophones, faciliter les échanges avec les professionnels locaux et penser davantage la continuité des accompagnements lors des mobilités internationales. L’expatriation ne devrait pas créer une rupture dans l’accès à l’évaluation ou à l’accompagnement d’un enfant. »
Photo de couverture de Ben Mullins sur Unsplash
13.09.2026 à 06:00
Mr Mondialisation
Pour contrer un peu le blues du dimanche, voici 10 bonnes nouvelles à ne pas manquer cette semaine ! 1. Mexique : inégalités et pauvreté au plus bas Depuis 2018, les politiques sociales et salariales menées par les gouvernements de gauche auraient permis à 13,4 millions de Mexicains de sortir de la pauvreté. Selon les […]
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Depuis 2018, les politiques sociales et salariales menées par les gouvernements de gauche auraient permis à 13,4 millions de Mexicains de sortir de la pauvreté. Selon les chiffres présentés par le gouvernement de Claudia Sheinbaum, les inégalités auraient également atteint leur niveau historique le plus bas. (L’Humanité)
En Côte-d’Or, la restauration de ruisseaux, mares et zones humides permet de mieux retenir et infiltrer l’eau, maintenant des sols et des prairies plus humides en période sèche. Des éleveurs témoignent avoir ainsi évité d’acheminer de l’eau à leurs troupeaux tout l’été, tandis que la biodiversité a également progressé. (Reporterre)
Parcs, bibliothèques, musées ou centres culturels : le réseau permet à 99 % des habitant·es d’accéder à un refuge à moins de dix minutes à pied. La ville veut encore renforcer le dispositif, alors que seules 19 des 52 capitales provinciales espagnoles disposent actuellement d’un réseau similaire. (Reporterre)
Une vingtaine de mutuelles, couvrant 14 millions de personnes, demandent l’application stricte de la réglementation européenne et une sortie totale des pesticides. Elles défendent notamment la généralisation des « ordonnances vertes » pour les femmes enceintes et développent un mouvement mutualiste qui parcourt l’Europe depuis 2025 en vue d’imposer un nouveau chapitre en terme de santé publique. (La Relève et La Peste)
Au moins 75 projets de data centers, représentant 130 milliards de dollars d’investissements, ont été bloqués ou retardés aux États-Unis entre janvier et mars 2026. Face à leur forte consommation d’eau et d’électricité, les mobilisations locales se multiplient : 833 groupes d’opposition sont désormais actifs dans 49 États, tandis que plusieurs États imposent moratoires, recours ou audits avant d’autoriser de nouveaux projets. (Futura)
Six orangs-outans, dont deux bébés, ont été secourus en une semaine alors que les incendies menaçaient leur habitat dans le Kalimantan occidental. Avec ces sauvetages, 15 orangs-outans ont été évacués en un mois grâce aux autorités, aux associations et aux habitants mobilisés sur place. (France 24 | AFP)
Quatorze laboratoires vont tester l’allongement de la durée de conservation de 73 médicaments, dont le paracétamol, la lévothyroxine et la mélatonine, avec jusqu’à cinq années supplémentaires envisagées pour certains. Une mesure qui pourrait réduire le gaspillage, alors que 40 % des médicaments rapportés en pharmacie ne sont pas périmés et que les médicaments non utilisés coûtent chaque année 517 millions d’euros à l’Assurance maladie. (Que Choisir)
Depuis cette rentrée, tous les étudiants peuvent bénéficier d’un repas à 1 euro dans les restaurants universitaires du Crous, une mesure réclamée de longue date face à la précarité étudiante. Mais l’extension s’accompagne de limites : un seul repas à 1 euro par jour, une qualité jugée en baisse et des moyens humains encore insuffisants dans les Crous. (Alternatives Economiques)
Sept femmes Siekopai surveillent les nids de tortues charapa, déplacent les œufs menacés par les crues, les prédateurs et la pollution, puis relâchent les jeunes tortues dans le fleuve Aguarico. Lors de la saison 2025-2026, elles ont ainsi fait éclore et relâché 208 tortues sur 235 œufs collectés, tout en transmettant ces pratiques de conservation aux générations suivantes. (MongaBay)
– Mara Prone
Photo de Couverture : Claudia Sheinbaum en 2018 / WikimediaCommons
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