18.06.2026 à 06:00
Simon Verdiere
Avec les multiples troubles économiques subis par le pays et l’inflation toujours élevée, la crise du logement n’a pas fini de faire parler d’elle. Entre dimensions environnementale et sociale, elle pourrait bien devenir l’un des principaux enjeux des prochaines années en France. Tour d’horizon de ses composantes majeures, avec les chiffres et contexte les plus récents. [Article […]
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[Article initialement publié le 15 octobre 2022, mis à jour le 18 juin 2025 par Mara Pron | Temps de lecture estimé : ~ 7 min]
À chaque hiver, la question des passoires thermiques revient inévitablement sur le devant de la scène. La France compte encore 7,2 millions d’habitations peu ou pas isolées, dont 5,2 millions de résidences principales, ce qui représente environ 17% du parc immobilier. Le reste correspond à des résidences secondaires (environ 1,2 million) et à des logements vacants (environ 800 000).
Si cette contrainte occasionne évidemment un inconfort certain, aussi bien par grand froid qu’en période de canicule, elle signifie également un coût financier important. Selon une étude de 2020, les ménages occupant une passoire thermique débourseraient entre 600 € et 1400 € par an de plus que si leur demeure était rénovée. Nul doute, d’ailleurs, que ce coût a encore progressé avec l’explosion du prix de l’énergie de ces dernières années.
Vivre dans un logement mal chauffé peut, de même, entraîner un risque pour la santé. Un logement sous la barre des 18°C met déjà en danger les plus fragiles, notamment les seniors. À 16°C, il existe une menace psychologique et respiratoire, à 12°C c’est une exposition à des dysfonctionnements cardiovasculaires et à 6°C pointe l’hypothermie.
Et bien sûr, une température constamment trop basse augmente les chances de tomber malade. Selon une autre étude, du Ministère de la Transition Énergétique lui-même, mettre fin aux passoires thermiques et bouilloires énergétiques permettrait de réaliser une économie annuelle de 10 milliards d’euros à la sécurité sociale. Ce type de logement engendre également une certaine forme d’exclusion. En effet, beaucoup de Français souffrent de honte à l’idée d’inviter des amis ou des voisins dans de telles conditions.
Enfin, les passoires thermiques provoquent évidemment un désastre écologique. Rien qu’en France, celles-ci seraient responsables de pas moins de 6 millions de tonnes de CO² dans l’atmosphère chaque année. Pour arriver à un parc immobilier à zéro émission de gaz à effet de serre d’ici 2050 en France, la rénovation d’environ 700 000 logements par an s’impose.
Or, on est très loin du compte avec le rythme actuel puisque l’hexagone effectue le minimum requis sur à peine 40 000 habitations par an. Il faut dire que les travaux nécessaires coûteraient pas moins de 30 milliards d’euros par an ; un investissement que l’État ne semble pas prêt à réaliser pour l’instant, malgré les bénéfices d’une autre nature qui en découleraient.
Il va souvent de pair avec les passoires thermiques ; le manque de confort de base toucherait plus de 2 millions de personnes selon la fondation abbé Pierre. Dans les logements concernés, fait défaut au moins un élément fondamental, comme l’eau chaude, le chauffage, une salle de bains, ou encore une installation électrique sécurisée.
160 000 d’entre eux sont même sous le coup d’un arrêt d’insalubrité d’après l’INSEE. Ce chiffre ne prend évidemment en compte que les logements signalés. Or, un certain nombre d’habitats non conformes ne sont pas dénoncés par leurs occupants. D’abord, parce qu’ils en sont eux-mêmes les propriétaires et n’ont pas les moyens de les rénover.
Les locataires, ensuite, n’osent pas toujours déclencher des démarches, surtout lorsqu’ils traversent une situation délicate qui leur fait craindre la rue. Enfin, il se peut également que le résidant n’ait tout simplement pas conscience d’avoir affaire à un marchand de sommeil, comme c’est parfois le cas pour des étudiants étrangers.
Il y a également un mal-logement systémique, souvent invisible car hérité de dizaines d’années de politiques d’urbanisation, auquelle la population s’est habituée, comme à une évidence. Qui connaît véritablement l’histoire récente des constructions de bâtiments en banlieue parisienne ? C’est pourtant, en creusant un peu, la source d’une injustice réelle : des immeubles en kit, connu pour être « friables », de très mauvaise qualité, et impossibles à rénover, ont permis de concentrer des populations pauvres à un même endroit, rapidement.
L’État et certains médias n’ont pas hésité à tenir les habitants responsables du délabrement de leurs locaux, afin de ne pas avoir – la plupart du temps – à y remédier. C’est pourtant l’insalubrité programmée de ces lieux qui, à force, aura davantage découragé leur entretien par leurs occupants dévalorisés.
Les plus précaires, qui ont beaucoup de mal à trouver un logement, peuvent donc avoir peur d’avertir les autorités, d’autant plus s’ils ne sont pas à jour de tous leurs paiements de loyer. Pire encore, quelques propriétaires peu scrupuleux peuvent profiter de la situation illégale de certains immigrés… Pour finir, il est possible de noter également le problème de certaines résidences universitaires régulièrement décriées pour leur état déplorable.
Par ailleurs, 934 000 personnes manqueraient d’espace dans leur logement. Selon l’INSEE, une habitation est dite « surpeuplée » dès lors qu’elle n’est pas dotée d’au moins une pièce de vie, d’une chambre pour un couple, et d’une chambre pour deux enfants du même sexe ou de moins de 7 ans (sinon une chambre par occupant supplémentaire). Cette promiscuité a d’ailleurs été particulièrement ressentie par certaines familles lors des confinements imposés par la crise du COVID-19.
Mais le cas le plus grave reste celui des personnes ne disposant tout simplement pas de toit. Dans ce contexte, 643 000 résidants français sont hébergés par des tiers et près de 50 000 individus séjournent en foyer où à l’hôtel. Enfin, 300 000 personnes vivent encore la rue, et ce malgré les promesses d’Emmanuel Macron de mettre fin au sans-abrisme en 2017.
D’année en année, la part du budget des ménages consacrée au logement ne cesse d’augmenter. À l’aube des années 60, elle s’élevait à peine à 12 %, en 2021, elle avait franchi les 34 %. Il n’a, en effet, échappé à personne que les loyers gonflent sans arrêt, surtout dans les grandes villes, tandis que la progression des salaires ne suit pas.
Cette hausse n’est évidemment pas étrangère à celle des tarifs de l’immobilier, surtout depuis le début du millénaire. Paris est d’ailleurs un très bon exemple, la métropole fait face à des augmentations démentielles : le prix du mètre carré a ainsi été multiplié par 10 depuis 1960 et il repart à la hausse depuis le début de l’année 2026.
Au rayon des grosses dépenses, il faut également compter celui de l’énergie : non seulement le coût de l’électricité ne cesse de progresser, mais les divers moyens de chauffage semblent tous subir de la même façon les conséquences de l’inflation. À titre d’exemple, on peut noter que le prix des pellets de bois pour les poêles à granulés a doublé en 2022 suite à la guerre en Ukraine et a retrouvé une stabilité depuis 2024.
La concentration des habitats et surtout la mauvaise isolation acoustique de beaucoup de logements sont la source d’un problème auquel de nombreux Français sont confrontés ; celui du bruit.
Dans un rapport de 2021, le coût social de ce fléau était même évalué à 147,1 milliards d’euros par an. Il s’agit d’abord d’un véritable enjeu de santé publique puisque 20 % de la population européenne est suffisamment exposée aux nuisances sonores pour en subir des conséquences sanitaires.
La première raison (66,5 %) de ces pollutions auditives résulte du transport routier, de nombreuses habitations se situant près des voies de circulation. Mais dans 18 % des cas, les bruits dérangeants proviennent directement du voisinage. Là encore, les personnes pauvres sont les moins bien lotis, surtout en milieu urbain.
Et pour cause, les demeures les moins bien isolées contre le froid le sont aussi contre le bruit. Les plus précaires sont également ceux qui ont les logements les moins bien localisés, les plus petits et les plus concentrés. Autant de facteurs qui ne font que décupler les nuisances sonores.

De plus en plus de Français ont du mal à trouver un toit. Il faut dire que l’offre immobilière se restreint chaque année. Dans les grandes villes, c’est même la croix et la bannière pour dénicher un logement décent. Une enquête récente de « Particulier à particulier » indiquait d’ailleurs que 76,4 % des prétendants à la location éprouvaient des difficultés à trouver chaussure à leur pied.
Et pour cause, l’explosion des prix de la pierre a détourné de nombreux potentiels acheteurs vers la location. Résultat des courses, le marché s’est profondément tendu. Un préjudice qui touche notamment les étudiants et les jeunes. À Paris, les garanties financières demandées aux postulants se multiplient chaque année, à tel point que beaucoup de candidats sont forcés de falsifier leur dossier. De plus, beaucoup d’entre eux doivent travailler en parallèle de l’université, réduisant ainsi leur chance de réussite.
La situation devient tellement complexe pour certains élèves précaires qu’ils sont contraints de refuser de suivre leur cursus dans certaines villes où les loyers sont trop élevés. D’autant plus que l’État ne fait pas grand-chose pour développer sérieusement son parc immobilier étudiant. Il n’existe en effet que 380 000 places en résidence publique alors qu’il y a 2,7 millions de personnes engagées en faculté.
D’autres régions connaissent une certaine pénurie d’habitats en raison d’un élément auquel on pense peu : l’attrait touristique. En Bretagne ou sur la côte basque, par exemple, l’offre se raréfie considérablement à cause de citadins qui s’achètent des maisons secondaires (1 logement sur 10 en France) ou des biens loués uniquement en saison (type Airbnb).
Ce phénomène fait donc grimper les prix et oblige les locaux les plus précaires à s’éloigner de leur lieu de travail. Un cercle vicieux qui a d’ailleurs également des conséquences environnementales puisque ces déracinés n’ont pas d’autre choix que d’utiliser plus souvent leur voiture.
Une chose est certaine, si les pouvoirs publics ne prennent pas rapidement la situation en main, la question du logement pourrait très vite se transformer en une bombe à retardement, autant au niveau social qu’écologique ; et une fois de plus, ce sont les plus pauvres qui en paieront les pots cassés.
– Simon Verdière
Photo de couverture : montage Mr Mondialisation
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Mr Mondialisation
Le glanage et la cueillette de plantes sauvages semblent être une pratique de subsistance d’un autre âge, éloignée des espaces urbains. Pourtant, les marges des villes offrent une variété foisonnante d’espèces végétales aux propriétés alimentaires et médicinales. La cueillette comme pratique de résistance et d’autonomisation face au capitalisme ouvrent des stratégies pour survivre à la […]
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Paris 11h. Comme à mon habitude du dimanche, je rentre de ma course à pied au bois de Vincennes, et printemps oblige, mon sac est rempli de jeunes pousses comestibles : alliaire (Alliaria petiolata) et ses feuilles en forme de cœur au goût prononcé d’ail, orties (Urtica dioïca) bien connues pour sa richesse en fer et en agrément de soupe, primevères (Primula vulgaris) pour mettre en salade…
Poussée par la curiosité, je m’arrête en voyant un couple remplir des cabas entiers de feuilles de pissenlit. Ne connaissant leur usage qu’en salade principalement, je m’étonne de la quantité et leur demande à quoi cela pourra bien leur servir. L’homme me répond dans un français approximatif (je dirais qu’iels sont originaires de Chine) qu’iels récoltent les feuilles pour des usages médicinaux, pour des rhumes et d’autres maladies.

Si ces plantes ont de telles vertus thérapeutiques, pourquoi n’est-ce pas plus pratique courante dans le monde occidental ? La plante abonde dans nos contrées et devrait pouvoir se trouver facilement. Alors, il paraît rationnel économiquement de se fournir soi-même en cette denrée gratuite dont la reconnaissance botanique est plutôt aisée. Une bonne façon pour les personnes précaires de s’autonomiser dans les pratiques de soin hors des circuits classiques de l’industrie pharmaceutique. Notamment lorsque la barrière de la langue renforce l’accès difficile aux structures de soin.
Flaminia Paddeu et Fabien Roussel, des chercheur·euses investi·es dans le projet de recherche Cueillir en ville. Populations migrantes et plantes dans les marges urbaines, soulignent l’imbrication des usages alimentaires et médicinaux dans la médecine chinoise, où l’aliment est le médicament, et l’importance de la phytothérapie qui se transmet de façon intergénérationnelle en Chine.

Cette pratique économique n’est pas nécessairement marchande, et les deux chercheur·euses nuancent le constat de la nécessité. À la cueillette s’adjoint la pratique récréative prétexte à une sortie en nature. De même, Shackleton ajoute qu’au delà de la sécurité alimentaire, la cueillette sauvage joue un rôle culturel très important et contribue au sentiment d’appartenance d’un lieu.
Ces observations m’interrogent en miroir sur l’absence de cette pratique par les personnes blanches parisien·nes. Ne pourraient-elles pas aussi retrouver cet attachement à la flore environnante et aux savoirs médicinaux traditionnels, réprouvés depuis les grandes chasses aux sorcières et par toutes les attaques législatives contemporaines ?
Cette observation m’en rappelle d’autres, comme cette femme dans les grands parcs forestiers de Berlin qui cueillait les feuilles vertes et goûtues d’une sorte d’ail des ours, l’ail paradoxal (Allium paradoxum) au nom évocateur. Ne parlant ni allemand ni anglais, elle réussit à nous faire comprendre par une gestuelle que cette plante est bien comestible et bonne pour la cuisine, tout en remplissant son caddie à ras-bord.
Un peu plus tard au printemps, des femmes turques du quartier de Neuköln grappillent les cerises sauvages plutôt que de les laisser aux oiseaux. Encore une fois, ces personne racisées, visiblement précaires, en venaient à des méthodes d’auto-subsistance trop souvent dévalorisées en prélevant soi-même dans son environnement des ressources alimentaires.

Depuis les périodes de disette et de faim où les seules sources de nourriture se trouvaient dans le glanage et la cueillette, le stigmate du pauvre est resté bien ancré. Depuis la seconde moitié du XXème siècle, se sont ajoutés l’exode rural, le développement de la propriété privée, et l’abandon de l’organisation collective villageoise expliquant le déclin des pratiques de cueillette.
Une autre barrière repose sur la reconnaissance botanique des plantes comestibles : comment être sûr·e de ne pas se tromper, de ne pas ramasser des plantes toxiques voire mortelles ? En effet, plusieurs personnes décèdent par an confondant l’ail des ours avec le muguet ou la colchique avant leur floraison.
Flaminia Paddeu et Fabien Roussel résument : « Dans des contextes métropolitains denses, cueillir des plantes apparaît pour des populations migrantes comme une façon de participer à leur subsistance, de faire usage de leurs savoirs et savoir-faire, de s’approprier leurs territoires de vie. À travers une interaction directe avec la flore, se forme un type particulier de relation multi située aux écologies urbaines, entre territoires de départ et d’arrivée.
« Ces « écologies relationnelles » contribuent à repenser des relations humains-nature complexes en tant que processus contingents et stratifiés, mais aussi en tant que pratiques et projets de cohabitation au sein d’espaces urbains cosmopolites. »
Sur le marché de Noailles à Marseille, bien connu et apprécié des locaux pour ses étals débordants et des prix défiant toute concurrence, des femmes d’origines maghrébines vendent sur des stands informels, des plantes aromatiques connues comme la menthe, et du chénopode bon-henry (Blitum bonus-henricus) moins connu, une sorte d’épinard sauvage qui se retrouve partout dans les interstices de la ville.
Produit de leur cueillette, ces femmes peuvent alors accéder à un petit revenu. Mais qui achète ces produits ? Samira, vendeuse informelle et sans papier français, explique à la chercheuse Alice Couëtil, que les plantes cueillies, majoritairement aromatiques, sont utilisées par la diaspora maghrébine pour la cuisine mais aussi pour l’automédication. Par exemple, l’armoise arborescente, appelée Shiba par plusieurs personnes d’origine algérienne, est utilisée en thé ou en tisane pour ses vertus thérapeutiques.

Ces activités de cueillette semblent principalement réalisées par des femmes qui arpentent la ville sur de grandes distances grâce au transport en commun et à la marche. À l’instar de l’agriculture vivrière réalisée à 80 % par des femmes qui nourrit une large partie de l’humanité, à Marseille, Berlin ou Paris, ce sont aussi les femmes qui inventent des manières de survivre.
En mettant en lien des savoirs vernaculaires issus de transmission intergénérationnel, souvent par les grand-mères, ces femmes réactivent des liens familiaux et communautaires entre territoires marseillais et d’origine, et des gestes culturels qui avaient failli disparaître par honte. Ce qui n’empêche pas ces femmes d’avoir recours à d’autres outils de reconnaissance par des livres ou l’usage d’IA via PlantNet ou GoogleLens. Alice Couëtil rapporte le cas de Nadia :
« [Ma mère vit en Algérie], si j’ai des trucs que je ne connais pas je l’appelle. »
Les espaces arpentés par les cueilleur·euses – friches, collines, abords des villes – sont des espaces aux accès libres et ouverts à toustes, et permettent de repenser la notion de communs au sein des villes. La cueillette urbaine permet de renouer avec des usages collectifs courants au Moyen-Âge (affouage, glanage, glandage) et tisser des liens de solidarité entre personnes précaires.
Villageoises au sein des métropoles, les cueilleuses s’insèrent dans les interstices de la propriété individuelle et privative maîtrisant le territoire par l’usage et recouvrant ainsi un droit essentiel à subvenir à ses besoins. L’exploration de nouveaux quartiers et une liberté de circuler retrouvée leur permettent de s’ancrer dans une territorialité nouvelle et familiarisée.
Les plantes rudérales, qui poussent dans des milieux anthropisés, sont considérées comme res nullius : n’importe qui peut se les approprier, rentrant ainsi dans le régime des biens en accès libre. Ainsi, en plus de valoriser des espaces de nature non aménagés et considérés sans valeur par les urbanistes, les cueilleuses reprennent la terre et créent un nouveau chez soi en commun.
Alice Couëtil décrit dans son mémoire de recherche la cueillette comme « une pratique collective qui créé du lien social. C’est une pratique de lien au végétal, où des relations entre humain et non-humain se tissent, remettant en cause la dualité nature/culture. La cueillette est aussi une pratique d’ancrage sur le territoire arpenté, notamment en contexte de migration transméditerranéenne, malgré les problématiques importantes d’accès aux espaces végétalisés. »
D’autres plantes plus estimées, à l’instar des champignons, semblent elles transcender les classes sociales. C’est le cas des asperges sauvages (Asparagus acutifolius), simplement plus fines que leurs cousines cultivées mais au goût encore plus prononcé. On les trouve notamment en abondance au printemps dans les collines qui jouxtent Barcelone, accessibles à pied depuis le métro. Je rencontre principalement des hommes d’un certain âge. Perpétuent-ils des pratiques courantes depuis leur enfance ou bien les redécouvrent-ils sur le tard ?

S’il faut du temps pour cueillir des quantités convenables, être retraité est un atout. Pour autant, des populations plus jeunes, vivant en squat proches et d’autres personnes citadines cueillent aussi ces plantes bien appréciées. Mais encore une fois, les personnes qui en ramassent en plus grande quantité, sont des hommes racisés, qui en trouvent un débouché économique par la vente aux restaurants. Un met accaparé par les personnes plus aisées, médié par une transformation gastronomique qui éloigne l’assimilation aux classes précaires nécessiteuses. Cette extraction de la valeur par les classes dominantes en bout de chaîne d’un système de revente et de transformation pose des rapports conflictuels autour de la définition des droits sur les ressources et la compétition spatiale.
Retour au bois de Vincennes. Si le bois fournit quelques ressources alimentaires et pharmaceutiques précieuses à certaines strates de la société, les populations plus aisées, en mal de nature et souvent qualifiées de « bobo » s’adonnent aussi de plus en plus à cette pratique. Loin d’être une logique d’émancipation capitaliste, le savoir-faire est alors consommé à travers des stages payants, mais aussi démocratisé grâce à de multiples vidéos Youtube, et reste une activité récréative.
De mon côté, je bougonne un peu lorsque j’observe que toutes les têtes tendres d’orties du bois de Vincennes ont déjà été cueillies, mais je ne peux m’empêcher de me réjouir qu’autant de personnes néophytes y trouvent un plaisir botanique et gustatif. De cette enquête, je retiens le potentiel subversif, révolutionnaire et réjouissant de recréer du commun dans les marges et périphéries délaissées de l’urbanisme capitaliste. La cueillette comme vecteur d’émancipation, lien au territoire et affect sensible au vivant crée des écologies relationnelles plurielles en soutenant une subsistance et autonomie populaire joyeuse et située.
– Tiphaine Guillet
Photo de couverture de Sandra Seitamaa sur Unsplash
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Mr Mondialisation
Dans l’Allier, à l’Oasis de Chabanusse, l’association de recherche-action Walipini Terres Vivantes expérimente des solutions d’agroécologie, de gestion de l’eau et d’adaptation climatique, tout en faisant le pari de la science ouverte et du partage des connaissances. Son ambition : permettre aux territoires de construire eux-mêmes leur résilience. Face aux sécheresses, aux canicules et à […]
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Face aux sécheresses, aux canicules et à la privatisation des ressources en eau, les territoires ruraux sont en première ligne du changement climatique. Pourtant, les solutions techniques et les connaissances scientifiques restent souvent difficiles d’accès pour les élus locaux, les agriculteur·ices ou toute personne désireuse d’agir. Walipini Terres Vivantes, association de recherche collaborative, veut préparer les territoires ruraux aux changements climatiques.
Pour Mr Mondialisation, Lionel, fondateur du projet, revient sur cette démarche qui mêle expérimentation, coopération et transmission, avec la conviction que les réponses aux crises écologiques émergeront aussi des initiatives locales.

Lionel : « Walipini Terres Vivantes est une association de recherche-action citoyenne née d’une conviction simple :
« le dérèglement climatique est déjà là et les habitants, les petits agriculteurs ou les communes rurales n’ont pas toujours accès aux outils pour y faire face. »
Autour de l’Oasis de Chabanusse, nous développons un walipini, une serre semi-enterrée utilisant l’inertie thermique du sol, mais notre ambition dépasse largement cet ouvrage : démontrer que des solutions locales, reproductibles et accessibles peuvent répondre aux défis climatiques. »
Lionel : « Nous expérimentons, nous mesurons et nous publions tout, y compris nos échecs. Les questions de recherche viennent du terrain et sont construites avec les habitants, les agriculteurs ou les techniciens, pas uniquement par des institutions. Nos protocoles sont documentés, reproductibles et diffusés sous licence libre afin que chacun puisse les réutiliser et les améliorer. »
Lionel : « Chabanusse est notre laboratoire à ciel ouvert. Nous y expérimentons un walipini enterré, des systèmes de drainage, des suivis climatiques et des aménagements favorables à la biodiversité afin de mesurer concrètement leur efficacité.
Mais c’est aussi un lieu de démonstration et de transmission. Ce qui fonctionne ici doit pouvoir être reproduit ailleurs par des collectivités, des agriculteurs ou des collectifs citoyens. Notre objectif, à terme, est de devenir inutiles : que chacun sache faire. »

Lionel : « Non. Les métropoles concentrent souvent les moyens humains et financiers alors que les petites communes disposent de peu de ressources techniques pour anticiper ces transformations.
« L’adaptation ne se décrète pas depuis le sommet. Elle suppose des lieux où l’on peut apprendre, expérimenter et partager des solutions concrètes. »
C’est précisément la vocation de Chabanusse. »
Lionel : « L’eau est au cœur de tous les enjeux. Les sécheresses s’intensifient, les nappes réagissent plus rapidement et il devient indispensable d’apprendre à stocker et gérer cette ressource différemment.
À cela s’ajoutent des calendriers agricoles bouleversés, une biodiversité qui s’érode et des besoins énergétiques croissants. Le plus inquiétant est que toutes ces vulnérabilités se renforcent mutuellement. »
Lionel : « Les connaissances existent souvent déjà, mais elles sont dispersées ou difficiles d’accès pour les acteurs locaux. Notre démarche consiste à produire des données transparentes, à distinguer clairement ce qui est démontré de ce qui reste à vérifier et à publier méthodes comme résultats sous licence libre.
Nous ne demandons pas aux gens de nous croire : nous voulons leur donner les moyens de vérifier, reproduire et enrichir ces connaissances.
« L’adaptation climatique ne peut pas reposer sur des savoirs réservés à quelques-uns. Si une méthode permet de mieux gérer l’eau ou de protéger des cultures, elle doit être accessible à tous. »
Le savoir libre est une condition de l’autonomie des territoires et, au fond, de la démocratie locale. »
Lionel : « Nous avons fixé deux règles simples : aucun financeur ne peut représenter plus d’un tiers de nos ressources et aucun ne peut exiger la confidentialité de nos résultats. Tous nos travaux sont publiés en licence ouverte. La pluralité des soutiens et la transparence sont les meilleures garanties de notre indépendance. »
Lionel : « Le walipini est avant tout un démonstrateur scientifique. Nous allons mesurer son comportement thermique, ses besoins en eau, ses rendements et ses coûts dans les conditions climatiques du centre de la France.
Notre objectif est de produire des données fiables et un cahier des charges reproductible afin que d’autres territoires puissent s’approprier cette solution en connaissance de ses atouts comme de ses limites. »
Lionel : « Un rôle central. Les citoyens ne sont pas seulement destinataires des politiques publiques : ils peuvent devenir observateurs, co-concepteurs et relais de diffusion des connaissances. Les solutions les plus robustes naissent de la rencontre entre les savoirs scientifiques, techniques et les expériences du terrain. »
Lionel : « Les deux sont indissociables. La résilience n’est pas un produit que l’on livre à un territoire : c’est une capacité qui se construit collectivement, en changeant notre rapport à la connaissance, au temps et au vivant.
Ce trou creusé dans la terre de l’Allier n’est pas un bunker pour survivalistes. C’est un laboratoire qui montre qu’il est encore possible de bâtir des solutions utiles et résilientes avec trois ingrédients simples : du sol, de l’eau et du temps. »
– Mauricette Baelen
Photo de couverture : Walipini Terres Vivantes
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Mr Mondialisation
Face à l’explosion des inégalités, plusieurs économistes et philosophes proposent de nombreuses solutions. Si certains évoquent souvent la taxation et la redistribution des ressources, d’autres vont plus loin et invitent les États à créer un seuil maximal de richesse par personne. C’est le limitarisme. En France, 53 milliardaires possèdent autant que 32 millions d’individus, soit près […]
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En France, 53 milliardaires possèdent autant que 32 millions d’individus, soit près de la moitié de la population du pays. Dans le monde, les 12 individus les plus riches détiennent autant de patrimoine que 50 % de l’humanité, soit 4 milliards de personnes. Cette même proportion vit d’ailleurs avec moins de 6,85 dollars par jour. Des écarts qui posent plus que jamais la question de la limitation des richesses.
À partir de combien peut-on dire qu’une fortune est trop grande ? C’est sur cette question que se base le limitarisme, concept inventé en 2024 par la philosophe belgo-néerlandaise, Ingrid Robeyns. Dans un monde aux ressources limitées, fixer des bornes à l’accumulation paraît en effet plus que nécessaire pour garantir une vie digne à tous.
Dans ce plaidoyer contre l’extrême richesse, l’autrice propose un seuil maximal de patrimoine situé à dix millions d’euros. Un horizon qu’elle n’estime pas atteignable à court terme, mais qui doit servir de direction vers laquelle tendre.
Cette idée de limiter l’accumulation n’est pas nouvelle. En son temps, Platon préconisait déjà de restreindre la richesse des plus aisés au quadruple des plus pauvres. En France, plusieurs politiciens, comme Georges Marchais ou Jean-Luc Mélenchon ont de même proposé de plafonner les salaires.
Inutile de préciser qu’aujourd’hui, les écarts sont bien supérieurs à ce que suggérait le philosophe grec. D’après un rapport d’Oxfam, dans 100 grandes entreprises françaises, un PDG toucherait en moyenne 94 fois plus que ses employés. Et on ne parle ici que de la rémunération mensuelle ; les plus aisés peuvent également compter sur les revenus de leurs divers placements et les fruits de la spéculation boursière.
Ainsi, Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, a vu son patrimoine estimé grimper jusqu’à 1000 milliards d’euros en 2026. L’équivalent de 40 millions d’années de SMIC. Des chiffres vertigineux qui confirment la nécessité de la limitation des biens .
La fortune d'Elon Musk a franchi ce vendredi pour la première fois la barre des 1.000 milliards de dollars, selon le site du magazine Forbes, à la faveur de l'introduction en Bourse de SpaceX.
Un tel afflux de capital permet aux plus aisés d’imposer leurs opinions à l’ensemble de la population du globe. Cet argent leur offre un pouvoir comparable voire supérieur à celui des États. Elon Musk, justement, ne cache pas ses accointances avec l’extrême droite et a mis toute sa fortune au service de cet idéal aux États-Unis et dans le monde.
Une telle puissance financière permet de racheter des réseaux sociaux pour les transformer en machine à propagande. On l’a également constaté en France, où des milliardaires comme Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin ont posé leurs griffes sur le débat public.
Et le pouvoir des riches ne se limite d’ailleurs pas aux médias, qu’ils possèdent à 90 % en France, mais il s’étend à tous les domaines. Que ce soit le milieu culturel avec la production de fictions, la musique ou encore l’art contemporain en général, en l’absence de régulation imposée, tout est soumis au bon vouloir des hauts patrimoines.
Ce pouvoir comprime bien sûr tout le débat public, et pose un réel problème démocratique. Malgré cela, les plus aisés sont décrits comme indispensables. Mr Mondialisation expliquait pourtant, dans un précédent article, que le riche investisseur pourvoyeur d’emplois relevait plus du mythe que de la réalité.
Le limitarisme répond également à une urgence sociale de plus en plus prégnante. En France, la pauvreté augmente de façon spectaculaire et touche aujourd’hui presque dix millions de personnes. Dans le même temps, les services publics s’effondrent les uns après les autres, à l’image du secteur de la santé, plongé dans une détresse sans précédent par les politiques libérales.
Dans le monde, le constat est encore plus grave, puisque 30 millions d’infortunés se trouvent toujours en sérieuse insécurité alimentaire. Près de 700 millions de démunis vivent avec moins de deux euros quotidiens. Enfin, 2,8 milliards d’individus ne disposent pas d’un logement décent.
Dans ces conditions, comment tolérer qu’une petite minorité capte une immense partie des richesses pour son seul bénéfice ? Limiter ces fortunes permettrait en effet de réinjecter ces richesses au service du bien commun et pour des conditions matérielles d’existence acceptables pour tous.
L’esprit humain est également fait de telle manière qu’il a une forte tendance à vouloir accumuler toujours plus. Et si on ne lutte pas contre soi-même, il est facile de se faire corrompre par l’argent et d’adopter des comportements nocifs pour le bien commun.
Entre les mains d’une seule personne, autant de pouvoir peut donc représenter une menace. L’exemple environnemental est sans doute le plus parlant. Des études indiquent ainsi que les 10 % d’êtres humains les plus riches sont responsables des 2/3 du réchauffement climatique.
Une fortune considérable permet aussi de mener des projets démesurés, écocides et délétères pour l’ensemble de la planète. De ce fait, limiter ce patrimoine impose de facto plus de sobriété dans la consommation et ancre tout le monde dans la société réelle.
Pour autant, cet horizon reste compliqué à atteindre dans une société capitaliste mondialisée. Si des limitations moins radicales peuvent sans doute être appliquées dès maintenant, comme celle d’un écart salarial maximal entre l’employé le moins payé et le dirigeant d’une compagnie, un changement planétaire deviendrait nécessaire pour aller plus loin.
Au-delà, c’est même le système capitaliste dans son intégralité qu’il faudrait abroger pour un fonctionnement plus collectif fondé sur la socialisation des moyens de production et la répartition des pouvoirs au sein d’entreprises en coopératives. De ce fait, le limitarisme pourrait constituer une véritable transition vers une transformation profonde du modèle économique dominant.
En ce sens, il pose les bases d’une réflexion sur l’idée qu’il n’existe aucune légitimité à l’accumulation sans fin. Car, dans une démocratie et une société saine, combien de temps pourra-t-on encore accepter de voir des individus détenir autant de ressources et de puissances que des États entiers ?
– Simon Verdière
Photo de couverture de Chalo Garciasur Unsplash
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. Une étude associe les fruits et légumes bio à un moindre risque de cancer du sein Selon une étude menée par Nutrinet auprès de plus de 31 000 adultes, remplacer des fruits et […]
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Selon une étude menée par Nutrinet auprès de plus de 31 000 adultes, remplacer des fruits et légumes conventionnels par des produits bio est associé à une réduction de 10 % du risque de cancer du sein post-ménopausique par portion quotidienne de 100 g, un résultat qui nécessite toutefois des recherches complémentaires. (Nutrinet)
Des milliers de manifestants dénoncent un projet de complexe touristique de 1,4 milliard d’euros porté par une société liée à Jared Kushner, estimant qu’il menace une zone humide protégée abritant flamants roses, phoques et tortues marines, malgré les garanties environnementales avancées par le gouvernement albanais. (Reuters)
Après près de quarante ans de restauration écologique, un couple a redonné vie à une tourbière dégradée en plantant plus de 3 000 arbres et plantes indigènes, illustrant le potentiel de ces écosystèmes pour stocker le carbone, restaurer la biodiversité et renforcer la résilience climatique. (Happy Eco News)
La saison 2026 a vu la naissance de 23 baleineaux, un record depuis près de vingt ans, avec un raccourcissement encourageant de l’intervalle entre les mises bas, un signe jugé positif pour le rétablissement de cette espèce toujours en danger critique. (NOAA Fisheries)
En Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez débloque un plan de 9 milliards d’euros, dont 4,7 milliards pour la rénovation énergétique des logements et 4,3 milliards pour décarboner les transports, avec une attention particulière portée aux territoires ruraux et à la justice sociale. (L’Humanité)
Les ventes de tabac ont chuté de 8,2 % entre 2024 et 2025, tandis que la part des fumeurs quotidiens est tombée à 18,2 % des adultes et 5,6 % des lycéens, même si le vapotage continue de progresser chez les adolescents. (franceinfo)
Des agriculteurs mahorais s’opposent à un projet d’aéroport qui pourrait artificialiser jusqu’à 400 hectares de terres fertiles et supprimer 5 à 10 % de la production alimentaire de l’île, craignant une menace pour la souveraineté alimentaire et leurs moyens de subsistance. (Reporterre)
Après une première campagne réservée aux primo-entrantes, l’Université de Lorraine ouvre la distribution gratuite de culottes menstruelles à l’ensemble de ses étudiantes, afin de lutter contre la précarité menstruelle, avec plus de 4 600 demandes enregistrées lors de cette seconde phase. (ICI)
Pour protéger les vignes des canicules, du gel et de la sécheresse, des viticulteurs réintroduisent des arbres au cœur de leurs parcelles, une pratique ancestrale qui améliore la résilience des cultures et pourrait devenir essentielle si les étés dépassent régulièrement les 40 °C. (ID, l’Info Durable)
Créée après le meurtre de Lyhanna, la plateforme classés-sans-suite.com a déjà recueilli 500 témoignages de victimes de violences sexuelles ou sexistes dont les plaintes ont été classées sans suite, avec l’objectif de mettre en lumière l’ampleur du phénomène et de réclamer une réforme de la chaîne pénale. (La Relève et la Peste)
* Visuel de couverture : Unplash
– Mauricette Baelen
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. La DGSI alerte sur la montée de la menace masculiniste en France La DGSI considère désormais la mouvance masculiniste incel comme une menace terroriste émergente, avec une radicalisation croissante d’adolescents via les réseaux sociaux […]
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La DGSI considère désormais la mouvance masculiniste incel comme une menace terroriste émergente, avec une radicalisation croissante d’adolescents via les réseaux sociaux et des appels à la violence contre les femmes. Les services de l’État renforcent leur surveillance face à un phénomène qui représente déjà 10 à 20 % de leur activité liée à l’ultra-droite. (La Relève et la Peste)
À la suite de la mort de Lyhanna, Gérald Darmanin annonce l’inspection de 70 000 plaintes concernant des mineurs et un recensement plus large des dossiers en attente, tout en affirmant que ni une nouvelle loi ni des moyens supplémentaires n’auraient empêché le drame, une position contestée par de nombreux acteurs judiciaires et associatifs. (L’Humanité)
Malgré le renforcement des dispositifs anticorruption, le manque de moyens des autorités de contrôle et la dépendance des ONG comme Anticor au pouvoir politique limitent leur efficacité. Une réforme garantissant l’indépendance des organismes de contrôle afin de mieux lutter contre les conflits d’intérêts et la corruption. (MOB)
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, qui a déjà fait plus de 200 morts présumés, est freinée dans sa prise en charge par les coupes budgétaires de l’Usaid et le retrait des États-Unis de l’OMS, selon plusieurs médias et experts en santé. (Portail des médias indépendants)
Malgré ses appels à la désescalade, Donald Trump apparaît incapable de contenir les offensives israéliennes et l’entrée en scène des Houthis, tandis que l’Iran conditionne tout accord à un arrêt des frappes au Liban, révélant les limites de l’influence américaine sur le conflit. (Truthdig)
À l’issue de sa garde à vue, Patrick Bruel a été mis en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel concernant neuf victimes présumées, tandis que le parquet a requis sa détention provisoire, avant qu’il ne soit présenté à un juge des libertés. (Libération)
La candidate d’extrême-droite Keiko Fujimori devance de justesse le progressiste Roberto Sánchez dans un dépouillement extrêmement serré, mais les recours et contestations attendus pourraient prolonger plusieurs semaines d’instabilité politique, comme lors de l’élection de 2021. (elDiarioAR)
Malik Muhammad, qui purge la plus longue peine fédérale infligée à un manifestant Black Lives Matter de 2020, a disparu plusieurs semaines des registres pénitentiaires avant d’être retrouvé dans une prison de Caroline du Sud. Son avocate dénonce un transfert de représailles lié à son engagement en faveur des droits des détenus, qui entrave gravement sa défense. (The Intercept)
Près de 200 habitants et agriculteurs dénoncent la multiplication de vastes parcs photovoltaïques dans les Corbières, craignant l’artificialisation des terres, des risques liés aux batteries au lithium et une dégradation durable des paysages et de l’activité agricole. (Reporterre)
Le Sénat a adopté un texte créant un « état d’alerte de sécurité nationale » permettant de déroger à certaines règles d’urbanisme et d’environnement, une mesure dénoncée par plusieurs élus qui y voient un risque de dérive autoritaire et un affaiblissement des protections environnementales. (Reporterre)
* Image de couverture : Unsplash
– Mauricette Baelen
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