08.07.2026 à 16:05
Mr Mondialisation
Dans la continuité d’une tribune sur les angles morts des espaces d’entraide, Mr Mondialisation donne la parole à une autre lectrice, Josette*. Si le contexte est différent, la question de fond demeure : que se passe-t-il lorsque les espaces créés pour défendre des personnes concernées finissent aussi par reproduire certaines formes de domination ? Dans […]
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Cette tribune ne remet pas en cause la nécessité de lutter contre les violences gynécologiques et obstétricales. Elle invite en revanche à interroger le fonctionnement de certains espaces militants : qui y est légitime pour parler ? Quels savoirs sont reconnus ? Et comment des rapports de pouvoir peuvent-ils se reconstituer au sein même de mouvements qui ambitionnent de les combattre ? À travers son expérience et des travaux de recherche en sciences sociales, Josette, l’autrice de cette tribune questionne les mécanismes qui peuvent conduire à invisibiliser les premières concernées.
L’injonction à la sororité, qui entend faire de l’ensemble des femmes un groupe homogène caractérisé par sa bienveillance interne, masque les rapports de domination au sein des luttes féministes et empêche l’expression de la diversité des revendications tant dans la forme que dans le fond.
La sociologue Nouria Ouali a ainsi mis en valeur les rapports de domination entre féministes majoritaires et féministes minoritaires (s’inscrivant, non pas dans une différence numérique, mais dans une disproportion de droits). Son travail porte sur les discriminations que subissent les militantes issues de l’immigration dans les espaces féministes. L’expression de ces discriminations sont similaires dans la lutte contre les violences obstétricales entre les militantes : attitudes maternalistes, freins à l’accès aux postes stratégiques, notamment de décision ou de représentation, omniprésence de professionnelles du féminisme déconnectées des réalités des groupes « minoritaires », ostracisation et dénigrement des minoritaires qui parviendraient à obtenir un poste stratégique, confiscation ou contrôle de la parole.
Dans cette culture de la sororité, la colère n’est par ailleurs acceptable que si elle émane de la catégorie dominante. Elle est par contre synonyme d’ostracisation voire d’exclusion quand elle est exprimée par d’autres, comme le souligne la sociologue Lucile Quéré, au terme d’une vaste enquête dans des collectifs féministes français, suisses et belges. La remise en question est ainsi difficile.
Portée par des collectifs féministes, la question des droits en périnatalité est envisagée en Belgique sous l’angle des inégalités de genre en priorité, avant celui des rapports de pouvoir entre patient·es et professionnel·les de santé. Dès lors, patientes et soignantes partagent la gouvernance associative au titre de féministes, au risque d’aboutir à des conflits d’intérêts et d’orienter le discours.
Ainsi, l’associatif autour des droits périnataux rassemble essentiellement des professionnelles de la naissance physiologique et des professionnelles du féminisme, qui occupent des postes-clés dans d’autres associations professionnelles ou féministes. Difficile donc d’avoir une garantie d’impartialité et d’indépendance par rapport à ces autres collectifs associatifs.
Ensuite, la mise en avant de l’accouchement physiologique dans les activités trahit une échelle de valeur qui finit par faire du mal aux femmes. La confusion est entretenue entre naissance respectée et naissance physiologique, empêchant les femmes de se voir comme respectées dans un accouchement médicalisé, culpabilisant celles qui en font le choix, mettant en échec celles qui en font l’expérience involontaire. La notion d’empowerment, largement diffusée dans les luttes féministes, est d’ailleurs essentiellement associée à la naissance physiologique. Comment dès lors entendre les femmes qui, malgré un accouchement physiologique, ont vécu une expérience négative ?
Mais qui sont-elles finalement les patientes expertes dans la lutte contre les VGO si ce ne sont les femmes qui en ont fait l’expérience elles-mêmes ? Imaginerait-on inviter une personne valide à parler de ce qu’est le handicap, ses répercussions, les aménagements à apporter ?
À mettre en avant la « naissance respectée », on a opéré un glissement vers des expertes qui seraient celles qui ont bien vécu la naissance de leur enfant et qui s’investiraient afin de garantir des conditions de naissance identiques aux leurs pour toutes les femmes. Quitte à imposer un maternalisme rejouant le paternalisme qu’elles prétendent combattre.
Si leur contribution est bienvenue, comme l’est la collaboration avec les professionnel·les de santé, elle ne devrait pas pour autant être synonyme de minorisation des patientes expertes, ni de monopole du pouvoir et de contrôle de la parole.
On est au cœur de la notion d’injustice épistémique. Celle-ci désigne la remise en question de la capacité d’un individu à produire du savoir par l’expérience.
À partir d’intentions louables, des collectifs féministes en sont venus à confisquer à des patientes-expertes, la lutte pour l’amélioration des conditions périnatales, autant aux niveaux politiques et médiatiques qu’auprès des professionnel·les de santé et structures de soins.
Dans un associatif investi par des soignant·es et des féministes majoritaires (au sens énoncé plus haut), favorisées d’un point de vue socio-culturel et baignées dans la culture de la physiologie, la violence épistémique bat son plein.
On entend ainsi en son sein certaines réticences à impliquer des patientes concernées directement par les violences obstétricales car celles-ci monopoliseraient le discours interne avec leurs propres vécus ou viendrait se guérir de leur traumatisme en militant…
Là encore, on retrouve entre les militantes, dans la lutte pour les droits périnataux, les rapports de domination mis en valeur par la sociologue Nouria Ouali :
Alors qu’en France, il existe un cadre législatif particulier pour la représentation des usager·es, exigeant notamment l’indépendance de l’association à l’égard des professionnels de santé, le flou belge autour de la notion peut autoriser la confiscation de la parole et des moyens aux usager·es, en tout cas en périnatalité.
En effet, la périnatalité a ceci de particulier qu’il n’est pas question de maladie mais de grossesse. Là où les associations de patient·es peuvent se définir de manière beaucoup plus claire autour d’une maladie, une association bâtie en réponse aux violences obstétricales peut profiter de la notion plus globale de périnatalité pour manquer à son devoir moral de représentativité. Le savoir expérientiel n’y est alors pas privilégié.
Or, le savoir expérientiel comprend une capacité d’analyse à la fois plus large et plus fine du phénomène des VGO. Il en va de la responsabilité des professionnel·les de santé, des médias, des politiques, de vérifier la représentativité de leurs interlocuteur·ices s’ils ne veulent pas contribuer à la mise en place d’une périnatalité à plusieurs vitesses : autonomisation et choix pour une minorité privilégiée, infantilisation pour les autres.
– Josette* le prénom de l’autrice de cette tribune a été modifiée
Photo de couverture de Eduardo Barrios sur Unsplash
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Mr Mondialisation
Quelle école voulons-nous pour demain ? C’est la réponse à laquelle Emma Bertoin et Tom Dilly souhaitent répondre avec le mouvement L’École Change Demain. Auprès d’enfants, d’enseignants ou encore d’élus, ils tentent de construire un nouveau projet éducatif à partir du terrain. De la santé mentale à la sécurité, de l’inclusivité aux inégalités scolaires, des […]
The post Repenser le système éducatif avec L’École Change Demain first appeared on Mr Mondialisation.De la santé mentale à la sécurité, de l’inclusivité aux inégalités scolaires, des difficultés de recrutement du corps enseignant aux coupes budgétaires, les problèmes liés au système éducatif français sont multiples et cristallisent de nombreuses tensions. Années après années, réformes après réformes, le malaise persiste et les défis s’accumulent.
C’est dans ce contexte qu’Emma Bertoin, 27 ans, a décidé de fonder L’École Change Demain. Elle a été rejointe par Tom Dilly. Ainsi formé, le duo a achevé le 24 juin dernier un Tour de France en van, au cours duquel il a récolté de nombreux témoignages sur le terrain. Parents, enfants, enseignants, chercheurs, élus ou associations ont tenté, à leurs côtés, de faire émerger une vision partagée de l’avenir de l’école.

Emma Bertoin : « Tom et moi nous sommes rencontrés il y a deux ans. Il avait préalablement travaillé autour de l’éducation en Afrique et a décidé de me rejoindre auprès de L’École Change Demain. L’objectif est de lancer un mouvement citoyen pour l’école. Comprendre pourquoi le discours est si pessimiste sur son avenir.
Personnellement, je viens du milieu de l’intelligence collective et j’ai travaillé sur des sujets liés à la démocratie participative. En 2024, j’ai voulu rassembler parents, enseignants ou encore chercheurs autour de l’école, pour essayer de dessiner un chemin commun. J’estime qu’il nous manque une vision partagée du futur de l’école. Pourtant, il existe des centaines de milliers d’initiatives en France pour faire bouger les choses. Mais il manque une forme d’intelligence collective pour avancer, et un besoin global de se sentir plus près des décideurs publics. »
Emma Bertoin : « Elle s’articule autour de trois axes majeurs : la vision globale, l’intelligence collective et les initiatives. La première action que nous avons réalisée était d’organiser des ateliers citoyens pour se « mettre autour de la table », comme on dit souvent.
« On s’est littéralement mis autour de la table ! Nous avons organisé 150 rencontres avec des enfants, des adultes et des spécialistes de la question éducative. »
Nous avons demandé aux participants d’écrire un récit autour de l’école de leurs rêves. Ce rêve commun s’articule autour de trois piliers : la joie, l’ouverture sur l’extérieur, et une construction collective autour de l’enfant. Nous avons rencontré des maires à l’approche municipales pour leur faire part de ce constat. Au lendemain des élections, nous avons décidé de partir sur les routes pour voir ce que peuvent faire les équipes municipales autour de la question de l’éducation. »

Emma Bertoin : « Nous avons vécu trois mois sur la route, avec la volonté d’agir localement puis de restituer le tout à l’Assemblée. Chaque étape offrait un temps d’écoute avec des enfants et des adultes, des concertations publiques. Disons que c’était une application très accélérée de l’intelligence collective, mais également une méthode qui permet d’obtenir des victoires.
« Il y a de bonnes idées à prendre partout, de la part de toute l’équipe pédagogique »
Parmi elles, il y a la prise en compte et la conscience autour de la parole des enfants. Beaucoup d’entre eux ont exprimé de la tristesse, de la colère ou de l’anxiété dans leur rapport à l’école, ce qui a parfois surpris les adultes. Ces échanges ont également poussé à des investissements nouveaux autour de la formation d’agents périscolaires. Il y a de bonnes idées à prendre partout, de la part de toute l’équipe pédagogique… »
Emma Bertoin : « Oui, nous étions le 24 juin à l’Assemblée nationale avec un enjeu de restitution. Le but était de démontrer qu’il existe des initiatives, et la possibilité de les mettre en place. Nous avons fait témoigner cinq équipes municipales et insisté sur le fait qu’il y a des sujets où l’échelle locale ne suffit pas. C’est le cas pour la question culturelle, les moyens financiers, l’inclusion ou encore l’aspect juridique, la gouvernance éducative étant à repenser. »

Emma Bertoin : « Notre action porte aussi bien sur des communes rurales que sur de grandes métropoles comme Marseille. Là-bas se trouvent par exemple deux écoles littéralement collées l’une à l’autre – une simple porte les sépare. Il y a une école classique et l’autre alternative, qui suit la pédagogie Freinet. Elles ne touchent donc pas le même public et ont des difficultés différentes, dans un contexte différent, mais elles se jouxtent. Dans ce cas précis se pose la question de la mixité et de savoir comment recréer un lien à l’échelle de ces deux écoles. »
Emma Bertoin : « Nous avons essayé de les résumer en actualisant la pyramide de Maslow [qui classe et hiérarchise les différents besoins fondamentaux de l’être humain NDLR]. Est-ce que l’école va bien ou mal ? C’est difficile de répondre à cette question. Il semble évident que les besoins fondamentaux ne sont pas respectés dans certaines écoles. Cela va des toilettes sales à l’absence d’eau ou de climatisation, en passant par des repas de cantine immangeables. À d’autres endroits, c’est la sécurité qui prime. Les enfants parlent alors de disputes dans la cour, de la peur de venir à l’école, de l’absence d’aide de la part des adultes…
Parallèlement, les enseignants sont souvent démunis, et font par exemple face au fait qu’il y a de plus en plus d’enfants en situation de handicap par classe, sans que l’encadrement ne suive. Ce sont des problèmes auxquels on ne peut répondre par des caméras ou des murs. On ne peut pas laisser cette question être gérée par une partie seulement du monde politique.

Une partie de la solution vient en réalité de l’équipe éducative : nous devons créer des espaces d’écoute de la parole des enfants. De nombreux problèmes seraient résolus juste par ce biais. Le collectif peut assurer la sécurité de tous et l’écoute grâce à la création de rituels, d’un cadre et de formations.
Enfin, dans d’autres écoles, la sécurité n’est pas pointée du doigt mais le besoin d’appartenance n’est pas assouvi. « L’école doit apprendre à se faire aider », ai-je entendu au cours de notre parcours. Le constat fait est qu’il existe beaucoup de volonté et désir d’action, notamment de la part des parents, mais que le cadre de l’école n’est pas en mesure de recevoir de l’aide. Cela engendre une pression supplémentaire sur les épaules du corps enseignant, dans un contexte où la relation parents / école s’est nettement dégradée. »
« Les enfants sont de plus en plus délaissés, ils se plaignent d’ailleurs que leurs parents ne jouent plus avec eux. »
Emma Bertoin : « Les hypothèses sont plurielles. Il s’agit d’abord d’un reflet de notre société. Tout est expéditif : aujourd’hui, les sorties d’école durent 30 secondes… Il y a aussi un vrai problème de communication. Les logiciels actuels de communication entre parents et professeurs coupent le contact direct.
En revanche, les enseignants peuvent recevoir des mails incendiaires à 23h, écrits par ChatGPT… Les parents, quant à eux, vivent un sentiment de pression constante. Et c’est terrible de voir qu’ils portent un regard négatif sur l’école, même quand il est bienveillant ! »

Emma Bertoin : « Tout d’abord, nous allons travailler cet été sur le rapport de notre Tour de France. Nous espérons sortir un livre de ce récit en 2027 : un ouvrage qui sera près de la voix du terrain, pouvant porter la question éducative lors des prochaines présidentielles.
Par ailleurs, nous allons lancer un groupe de travail trans-partisan à l’Assemblée nationale. Un programme pilote, avec des député·es, élu·es locaux et citoyen·nes, pour réfléchir au futur de l’école. Il existe très peu de débats à l’Assemblée sur ce sujet… Ce programme s’articulera autour des dix communes qui souhaitent devenir pionnières sur la question éducation. »
« Le but est d’agir au niveau local comme national : nous avons du mal à articuler ces deux pensées, alors qu’il est impossible à l’un d’agir sans l’autre. »
– Entretien réalisé par Marie Waclaw
Photo de couverture : ©L’École Change Demain
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Mr Mondialisation
Avec le dérèglement climatique engendré par l’activité humaine, les vagues de chaleur vont inévitablement se multiplier, et si rien n’est fait, la situation va encore empirer. Si les impacts sur la santé humaine sont péniblement médiatisés, ceux sur la santé animale le sont encore moins. Que ce soit les animaux domestiques, d’élevage, sauvages, tous sont […]
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Que ce soit les animaux domestiques, d’élevage, sauvages, tous sont frappés de plein fouet par les fortes températures. Face à ces fléaux, il existe bon nombre de solutions… de l’action individuelle à l’action politique.
Plus de 6 Français sur 10 partagent leur vie avec au moins un animal, ce qui représente pas moins de 75 millions d’individus. Néanmoins, face à des conditions extrêmes, les dangers peuvent se multiplier : coup de chaleur, déshydratation, brûlures des coussinets, etc.
Si, bien sûr, laisser un compagnon dans une voiture est absolument à proscrire, il existe d’autres réflexes à adopter : rendre de l’eau fraîche toujours disponible, éviter les promenades aux heures les plus chaudes ou encore prévoir des zones d’ombres ventilées. Les chiens peuvent être particulièrement vulnérables si leurs températures dépassent leur capacité naturelle de régulation. À cet instant, refroidir l’animal au plus vite, sans attendre d’arriver chez le vétérinaire devient crucial sous peine de risquer son décès.
Pour se préserver de ce genre de mésaventure, il convient de privilégier les sorties très tôt le matin ou très tard le soir et de rester à l’ombre et sur l’herbe en faisant attention à la température du sol. Limiter l’activité physique de chaleur s’avère aussi indispensable.
Pour autant, les animaux de compagnie, tant qu’ils partagent la vie d’êtres humains responsables, ne sont sans doute pas les plus à plaindre. En effet, dans le secteur de l’élevage, où la destination finale reste de toute façon l’abattoir, les conditions d’existence, déjà bien souvent critiquables en temps normal, peuvent se transformer en réel calvaire lors d’épisodes caniculaires.
La canicule du mois de juin 2026 a même provoqué une véritable hécatombe, puisque plusieurs millions d’animaux ont succombé à la chaleur. La catastrophe est d’une telle ampleur que le nombre précis de victimes a d’ailleurs été impossible à déterminer. Mais ce sont bien des milliers de tonnes de cadavres qui emplissaient certains élevages. À tel point que beaucoup d’agriculteurs, notamment en Bretagne, ont exceptionnellement été autorisés à enterrer ces dépouilles.
Il faut dire que l’élevage industriel en France représente ce qui se fait de pire en Europe : l’Hexagone tolère en effet des exploitations avec vingt-deux poulets au mètre carré. 95 % des cochons sont quant à eux en ferme-usine où la surface moyenne n’est que d’un mètre carré pour un animal de 110 kg. Entassés dans des bâtiments où la température frôle parfois les 40 degrés, les bêtes n’ont aucune chance de survie. Certains élevages, y compris en plein air, ont vu plus de dix mille individus mourir en une journée.
Dans ce contexte horrifique, certains médias, comme le journal 20 minutes, s’interrogent : « Va-t-on manquer de poulet dans nos assiettes ? ». L’heure n’est donc pas à la remise en question. Le gouvernement, quant à lui, envisage de financer des brumisateurs et des ventilateurs pour les élevages.
Le vrai sujet, pourtant, est plutôt celui du modèle agricole actuel qui inflige de tels traitements. Plus ironique encore, l’élevage est l’un des principaux responsables du dérèglement climatique. Dans ces conditions, c’est une nouvelle fois la thématique de la sobriété qui s’impose.
Il devient urgent de réduire notre consommation de viande, et même de considérer les animaux comme ce qu’ils sont : des êtres vivants et sensibles, et non une marchandise à notre disposition. Dans cette optique, les questions de la rupture avec l’élevage industriel, ainsi que de l’exploitation animale dans son ensemble, devrait clairement être posée sur la table. Un objectif qui nécessite d’être planifié longuement avec de la prévention et de l’éducation, mais aussi un accompagnement des professionnels dans des reconversions vers le secteur végétal.
Au-delà des animaux en étroit contact avec les êtres humains, restent encore ceux qui vivent dans la nature, à la merci des aléas climatiques engendrés par les actions de l’espèce humaine Que ce soit les oiseaux, les poissons ou les mammifères, tous sont frappés à divers degrés par ces conditions.
La déshydratation guette particulièrement les individus incapables de se mettre au frais. Les oisillons, dont les nids se trouvent souvent sous des toitures, vont dans certains cas se jeter à l’extérieur pour ne pas mourir de chaud, sans être prêts à voler. Le réchauffement des rivières fragilise les poissons qui manquent parfois d’oxygène, tandis que les amphibiens et autres mammifères sont directement touchés par l’assèchement des points d’eau.
Dans l’urgence, il existe des façons simples d’aider quelque peu les animaux les plus touchés. Mettre à l’ombre une petite réserve d’eau peu profonde, que l’on renouvelle chaque jour, pourra sans doute soulager quelques individus sur le court terme.
Préserver des herbes hautes ou des zones à l’abri du soleil s’avère aussi absolument essentiel. Enfin, en cas de rencontre avec un animal en détresse, le geste le plus efficace reste sans aucun doute de contacter un centre de soin de faune sauvage pour savoir quel comportement adopter.
Malgré quelques ajustements d’urgences possibles, il reste indispensable de garder à l’esprit la nécessité d’agir à grande échelle au niveau de l’État et surtout dans le temps long. Si la lutte contre le dérèglement climatique apparaît aujourd’hui évidente, aucune politique d’envergure n’est pourtant mise en place pour basculer vers un autre modèle.
Car, pour préserver la santé de la faune et de l’ensemble de la biodiversité dont l’humanité dépend, il demeure crucial de repenser les modèles socio-économiques dominants, en se fondant non plus sur le profit et l’exploitation du vivant, mais bien sur un changement de cadre basé sur la soutenabilité et la dignité des écosystèmes.
– Simon Verdière
Photo de Oleksandr Kurchev sur Unsplash
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. Des habitants se mobilisent pour protéger la vallée de la Credogne face à un projet de micro-centrale Dans le Livradois-Forez, en Auvergne l’association Asca conteste un projet de micro-centrale hydroélectrique qu’elle juge menaçant […]
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Dans le Livradois-Forez, en Auvergne l’association Asca conteste un projet de micro-centrale hydroélectrique qu’elle juge menaçant pour la biodiversité et le débit de la rivière Credogne. Forte d’un inventaire écologique mené depuis quatre ans, elle réclame une protection renforcée de l’ensemble de la vallée et poursuit son recours en justice. (Tikographie)
Des dockers italiens, rejoints par des syndicats européens, multiplient les blocages de navires transportant des armes ou des marchandises liées à Israël, dans le but de dénoncer la guerre à Gaza. Héritier d’une longue tradition antifasciste et internationaliste, ce mouvement entend désormais coordonner ses actions à l’échelle européenne pour entraver les flux de l’économie de guerre. (La Brèche)
Les créatrices de contenus Karelle et Sara, fondatrices du collectif Œil au Beurre Noire, utilisent Twitch et les réseaux sociaux pour vulgariser les idées féministes, antiracistes et anticapitalistes auprès d’un jeune public. À l’approche de la présidentielle, elles ambitionnent de « féminiser et radicaliser Twitch » tout en restant indépendantes des partis politiques. (StreetPress)
Le tribunal judiciaire de Paris a condamné TotalEnergies à prendre en compte les émissions de scope 3, liées à l’utilisation de ses produits, dans son plan de vigilance climatique. Une décision inédite qui pourrait faire jurisprudence et obliger d’autres grandes entreprises à prévenir les risques climatiques liés à l’ensemble de leurs activités. (Vert)
La municipalité de New York a contraint Amazon à régler plus de 9 millions de dollars d’amendes liées à des infractions répétées aux règles anti-ralenti de ses véhicules de livraison. La ville entend renforcer l’application de ces mesures, destinées à réduire la pollution de l’air et à responsabiliser les grandes entreprises. (NYC Mayor’s Office)
La ville de New York (encore) a présenté son premier plan stratégique pour la forêt urbaine, avec l’objectif de faire passer la couverture arborée de 23,4 % à 30 % d’ici 2040. Le programme vise en priorité les quartiers les plus exposés aux îlots de chaleur, où le manque d’arbres est considéré comme un enjeu de justice environnementale. (NYC Mayor’s Office of Climate & Environmental Justice)
Menacée par le braconnage pour le commerce des oiseaux de cage, la pie verte de Java ne compterait plus qu’une cinquantaine d’individus à l’état sauvage. Un programme international de conservation mise désormais sur l’élevage, la réintroduction et l’implication des communautés locales pour éviter la disparition de cette espèce emblématique. (Mongabay)
Une étude de l’Imperial College London estime que les décès attribuables à la pollution de l’air ont diminué de 40 % entre 2019 et 2024 dans la capitale britannique. Si les chercheurs soulignent que les effets sanitaires de la pollution restent plus importants qu’estimé auparavant, le maire Sadiq Khan voit dans ces résultats une validation de la zone à faibles émissions (Ulez). (The Guardian)
Six mois après son inauguration dans le Colorado, le plus grand écopont au monde a été traversé pour la première fois par trois wapitis, l’espèce pour laquelle il avait été conçu. L’ouvrage doit permettre de réduire les collisions routières et de restaurer les corridors écologiques pour la grande faune. (Good Good Good)
L’association L214 met à disposition un livret gratuit de 31 recettes végétales destiné aux cantines scolaires, conçu avec Cap Veggie. L’objectif est d’aider les collectivités à réduire l’impact climatique de la restauration scolaire, tout en proposant des repas équilibrés et en favorisant une alimentation plus respectueuse des animaux. (Communiqué de presse – L214)
* Image de couverture : L214
– Mauricette Baelen
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 1.Le Conseil d’État valide définitivement la poursuite du chantier de l’autoroute A69 Le Conseil d’État a rejeté les derniers recours contre l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, jugeant que le projet répond à une « […]
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Le Conseil d’État a rejeté les derniers recours contre l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, jugeant que le projet répond à une « raison impérative d’intérêt public majeur », malgré son impact sur 157 espèces protégées. Les opposants dénoncent une décision contraire au droit européen et envisagent un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne. (Vert)
Face à des canicules de plus en plus meurtrières, l’Espagne a déployé un vaste réseau de refuges climatiques accessibles gratuitement, notamment à Barcelone où 99 % des habitants vivent à moins de dix minutes d’un refuge. Ce modèle inspire désormais d’autres villes, tout en soulignant la nécessité de politiques publiques durables pour adapter les espaces urbains au réchauffement climatique. (The Conversation)
Selon une enquête de Disclose, Matignon et Bercy auraient modifié les règles de deux appels à projets de l’Ademe afin d’accorder plus de 300 millions d’euros au pétrochimiste Ineos, pourtant jugé initialement inéligible. Des juristes évoquent un possible « délit de favoritisme », tandis que l’exécutif conteste toute irrégularité. (Disclose)
Dans un entretien collectif, des habitant·es d’une banlieue parisienne racontent comment l’insalubrité des logements, les pollutions industrielles et les discriminations façonnent leur rapport à l’écologie. Ils plaident pour une écologie indissociable des questions sociales, raciales et de justice environnementale, loin des discours jugés déconnectés de leur quotidien. (Terrestres)
Le collectif Grève des loyers lance la campagne « Pas de volets, pas de loyer ! » pour dénoncer les « bouilloires thermiques », responsables selon lui de nombreux décès lors des canicules. Les militants demandent l’adoption de la loi « Zéro Logement Bouilloire », l’installation facilitée de protections solaires et la suspension du loyer pour les logements devenus inhabitables. (La Relève et la Peste)
Une enquête de Reporterre et Mediacités montre que 1 691 cours d’eau français présentent des dépassements de seuils pour des micropolluants (pesticides, PFAS, métaux lourds ou résidus de médicaments), compromettant l’objectif européen de bon état des eaux d’ici 2027. Les auteurs alertent sur les effets cocktails de ces substances et leurs conséquences pour les écosystèmes comme pour l’eau potable. (Reporterre)
À peine dix jours après la signature d’un mémorandum entre les États-Unis et l’Iran, de nouvelles hostilités remettent en cause l’accord. En cause, des interprétations divergentes sur le cessez-le-feu au Liban et la gestion du détroit d’Ormuz, deux points clés dont le flou alimente les tensions entre les parties. (The Guardian)
Portée par le succès de la médecine esthétique et des injections de Botox, une partie des dermatologues délaisse les soins médicaux classiques, aggravant les difficultés d’accès aux consultations, notamment à Nice. Face à cette tendance, les pouvoirs publics cherchent à mieux encadrer le secteur et à lutter contre la multiplication des pratiques illégales. (Alternatives Économiques)
Dans une analyse critique, Politis dresse le bilan de six mesures emblématiques du second quinquennat d’Emmanuel Macron qu’il juge contraires aux objectifs climatiques : affaiblissement du Fonds vert, validation de l’A69, recul du ZAN, réforme de MaPrimeRénov’, politique forestière et loi Duplomb. Le média estime que ces choix ont contribué à fragiliser l’adaptation de la France au réchauffement climatique. (Politis)
Un rapport publié par le Palestinian Feminist Collective et Progressive International affirme que les violences sexuelles commises contre des Palestiniens relèvent d’une pratique systématique inscrite dans la politique de colonisation israélienne. Fondé sur des témoignages, des documents déclassifiés et des enquêtes d’ONG, il documente ces violences comme un outil de domination et de destruction. (L’Humanité)
* Visuel de couverture : Wikicommons
– Mauricette Baelen
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Elena Meilune
L’année 2026 va probablement rentrer dans l’histoire comme l’année la plus sûre jamais enregistrée par la ville de New York. La criminalité continue de reculer et atteint des niveaux historiquement bas sous le mandat de Zohran Mamdani. Le nouveau maire a lancé plusieurs réformes sociales ambitieuses destinées à agir sur les inégalités, qui sont intrinsèquement […]
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[Temps de lecture estimé : ~ 5min]
Quelques mois seulement après son entrée en fonction, le maire de New York, Zohran Mamdani, peut déjà s’appuyer sur des chiffres qui attirent l’attention. Les principales statistiques de criminalité poursuivent leur baisse et plusieurs indicateurs atteignent des records historiques.
Si ces évolutions prolongent une tendance amorcée avant son arrivée, son administration a toutefois commencé à mettre en œuvre plusieurs engagements majeurs de son programme et agit notamment sur le coût de la vie, le logement, les services publics et la santé mentale. Autrement dit, il s’attaque à plusieurs des facteurs sociaux que la littérature scientifique identifie depuis longtemps comme des déterminants importants de la délinquance.
New York enregistre actuellement les niveaux de violence les plus faibles jamais observés pour un début d’année depuis que ces statistiques sont compilées. Le nombre de meurtres a baissé de 20,9 %, celui des fusillades de 5,7 %, le nombre de victimes par arme à feu de 7,1 % et les crimes majeurs de 6,2 % par rapport à la même période en 2025. Les cambriolages, les vols avec violence, les vols de véhicules et les vols aggravés sont également en baisse.
Une partie des adversaires de Mamdani annonçait pourtant qu’un maire issu de la gauche provoquerait une explosion de l’insécurité. À ce stade, c’est l’inverse qui est observé.
Bien entendu, six mois de mandat ne suffisent pas à établir un lien de causalité entre ces chiffres et les politiques municipales. Mais il est clair qu’une politique de réduction des inégalités sociales va contribuer à la baisse de la criminalité en sachant que les deux facteurs sont étroitement liés (ce sujet précis sera exploré plus en détail dans un futur article).
L’une des premières priorités de Mamdani concerne la petite enfance. Dès sa première semaine de mandat, il a conclu avec la gouverneure Kathy Hochul un accord prévoyant un investissement de 1,7 milliard de dollars pour étendre l’accueil des jeunes enfants.
Le programme prévoit notamment la création d’un dispositif gratuit pour les enfants de deux ans à New York, l’extension des aides à la garde d’enfants et un objectif de généralisation progressive de l’accueil universel. Au-delà de son aspect social, cette mesure vise aussi à faciliter l’accès à l’emploi, en particulier pour les parents isolés, tout en réduisant les dépenses contraintes des ménages.
Le logement constitue l’autre grand chantier du mandat. Dès son arrivée à la mairie, Mamdani a signé plusieurs décrets renforçant la protection des locataires, notamment en réactivant le Mayor’s Office to Protect Tenants. Son administration a également créé un Mayor’s Office of Deed Theft Prevention, chargé de lutter contre les fraudes immobilières qui touchent particulièrement certains quartiers populaires.
« Gel des loyers pour les renouvellements de bail d’environ un million de logements »
Aussi, ce 25 juin 2026, l’une des promesses phares de Zohran Mamdani s’est concrétisée. Le Rent Guidelines Board de la ville de New York a voté le gel des loyers pour les renouvellements de bail d’environ un million de logements, pour une durée pouvant aller jusqu’à deux ans. Une décision historique pour soulager les ménages confrontés à la crise du logement et au coût de la vie, qui concerne près d’un quart des habitants de la ville.
Dans le même temps, son administration a réorienté la prise en charge des personnes sans domicile fixe en confiant les opérations aux services chargés de l’hébergement d’urgence et à des équipes de travailleurs sociaux, la police n’intervenant plus comme pilote principal de ces opérations.
La municipalité a engagé plusieurs mesures destinées à protéger les consommateurs. Elle a notamment créé un groupe de travail municipal chargé de coordonner les actions contre les frais cachés et les pratiques commerciales trompeuses, tout en renforçant les pouvoirs du Department of Consumer and Worker Protection pour faire appliquer la législation existante.
Autre promesse en cours de concrétisation : la création d’un réseau d’épiceries municipales. En prenant en charge une partie des coûts de fonctionnement, la ville entend permettre la vente d’un panier de produits essentiels à des prix inférieurs à ceux du marché. Les deux premiers sites ont été annoncés à East Harlem et dans le Bronx. Le magasin du Bronx doit ouvrir d’ici fin 2027, tandis que celui d’East Harlem est prévu d’ici 2029.
Le nouveau maire a également annoncé un renforcement des investissements dans les services de santé mentale, avec 47,3 millions de dollars supplémentaires par an destinés à améliorer l’accès aux soins.
L’administration a également lancé deux cliniques « Elevate You » destinées aux jeunes de 16 à 25 ans. Conçues pour éviter les ruptures de suivi au moment du passage à l’âge adulte, elles associent accompagnement psychologique, soins médicaux, soutien social et aide à l’insertion professionnelle. La prévention et la prise en charge des troubles psychiques constituent l’un des leviers mobilisés pour prévenir certaines situations de violence ou de délinquance.
Contrairement à certaines caricatures relayées pendant la campagne, Mamdani n’a pas démantelé la police de New York. Il a conservé à son poste la commissaire Jessica Tisch, sous la direction de laquelle le NYPD poursuit ses actions contre les violences armées et la criminalité organisée.
En parallèle, son administration a créé l’ « Office of Community Safety », chargé de développer une stratégie municipale de sécurité et de coordonner plusieurs politiques de prévention. Cette nouvelle structure supervise notamment les programmes de prévention des violences armées, d’aide aux victimes, de lutte contre les violences conjugales et les crimes haineux, ainsi que les services municipaux de santé mentale. Elle est également chargée de renforcer la coordination entre les différentes agences de la ville.
Mais le maintien de l’ordre ne constitue qu’un des leviers de la sécurité publique. La nouvelle administration mise largement sur des politiques de prévention en s’attaquant aux facteurs sociaux qui sont généralement minimisés et qui jouent pourtant un rôle conséquent dans la criminalité.
En France, cette conception de la sécurité, qui articule maintien de l’ordre, prévention et action sur les causes de la délinquance, rejoint des orientations défendues de longue date par La France insoumise, notamment autour du triptyque « prévention, répression, réparation ».
Une chose est déjà certaine : contrairement aux prédictions alarmistes formulées pendant la campagne, l’arrivée de Zohran Mamdani à la tête de New York ne s’est pas accompagnée d’une flambée de la criminalité. Les premiers mois de son mandat coïncident au contraire avec des niveaux de violence historiquement faibles. Les prophéties d’explosion de l’insécurité devront, au minimum, attendre encore un peu.
– Elena Meilune
Photo de couverture : Wikimedia Commons
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