10.07.2026 à 06:00
Mauricette Baelen
Alors que l’élevage intensif demeure le modèle dominant, L214 analyse les raisons de cette défaillance de l’État et plaide pour une mise en conformité du droit avec les connaissances scientifiques et les attentes de la société. [Temps de lecture estimé : ~ 9 min] Le 10 juillet 1976, la France adoptait une avancée majeure en […]
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« L’article L214 reconnaît pour la première fois les animaux comme des « êtres sensibles » n’a jamais été appliqué. S’il l’avait été, l’élevage intensif n’existerait pas. »
Voté le 10 juillet 1976, ce texte fondateur aurait dû freiner l’essor de l’élevage intensif. Or c’est l’inverse qui se produit : la loi d’urgence agricole met le cap sur le tout intensif, alors que des millions d’animaux enfermés en bâtiment meurent étouffés par la canicule. Ce rapport est là pour rappeler cette défaillance de l’État. »

L214 : « Appliquer la loi, c’est-à-dire l’article L214-1, impliquerait de respecter les besoins physiologiques et comportementaux des animaux : ne pas avoir faim ni soif, ne pas souffrir de maladies ou de blessures, ne pas éprouver de détresse, pouvoir se reposer confortablement et exprimer les comportements normaux de leur espèce, comme courir, se percher, etc.
Or, l’élevage intensif est précisément fondé sur la privation de ces besoins : confinement en bâtiment et/ou en cage, densités maximales ou au contraire isolement, mutilations, sélection génétique à outrance pour une productivité qui dégrade leur santé. Appliquer la loi n’implique pas des améliorations à la marge comme agrandir les cages ou ajouter quelques perchoirs. Cela impose la sortie du modèle intensif. »
Mr Mondialisation : Comment l’État est-il parvenu à contourner cette loi ?
L214 : « Il l’a fait par son inaction. Il avait pour mission d’interdire les pratiques qui vont à l’encontre de l’article L214 d’après les connaissances scientifiques actuelles : il ne l’a pas fait.
« Il devait aussi contrôler l’application de la loi dans les élevages et corriger les manquements : avec 1 % des élevages contrôlés chaque année et 2,7 % des élevages défaillants contrôlés, on en est loin. »
L’État a d’ailleurs été condamné 3 fois par le tribunal administratif pour cette carence fautive dans sa mission de contrôle en élevage. »
Mr Mondialisation : Quels sont les exemples les plus marquants d’incompatibilité avec les besoins identifiés par l’EFSA ?
L214 : « Les veaux destinés à la boucherie qui passerait 9h par jour à téter leur mère et qui, en élevage intensif, passent 8 minutes à boire dans un seau et sont volontairement anémiés pour garantir une viande blanche.
Les truies qui ont besoin de construire un nid et d’interagir avec leurs petits, mais passent la moitié de leur vie immobilisées dans des cages.
Les poulets sélectionnés pour une croissance si rapide que 99 % d’entre eux souffrent de problèmes de démarche en fin de cycle. Sans compter leurs parentes, les reproducteurs, qui sont volontairement affamés et assoiffés durant toute leur vie. Les 99 % de porcelets qui ont la queue coupée à vif…. Ces souffrances graves et généralisées sont causées par l’élevage intensif : l’EFSA en recense 17 pour les poulets, 13 pour les cochons. »
Mr Mondialisation : Quels exemples concrets d’un choix d’encadrer plutôt que d’interdire ?
L214 : « Au lieu d’interdire les cages pour les poules pondeuses, la France a inventé les cages dites « bien-être », qui leur accordent 50 cm² supplémentaires chacune, soit la surface d’un post-it.
« Au lieu de sortir les veaux de l’isolement, elle a seulement encadré les dimensions de leurs cages : 1,1 fois la longueur de leur corps, de quoi faire un seul pas en avant. »
Au lieu d’interdire les densités extrêmes dans les élevages, la France les a plafonnées à 22 poulets par m², ce qui n’a fait qu’entériner les pratiques. En 2015, elle a enfin interdit les cages individuelles pour les canards destinés au foie gras… pour les remplacer par des cages collectives.
Au final, en cinquante ans, la France n’a renforcé les normes européennes que deux fois, sous la pression des associations : pour interdire la castration à vif des porcelets et le broyage de (certains) poussins. »
Mr Mondialisation : Pourquoi « respecter la réglementation » ne signifie-t-il pas respecter l’article L214-1 ?
L214 : « Cela devrait être le cas. D’après l’article L214-3, les textes encadrant les conditions d’élevage doivent « assurer la protection de ces animaux contre les mauvais traitements ou les utilisations abusives » et leur « éviter des souffrances ».
Or, l’arrêté de 2003, censé assurer la protection des cochons, autorise le meulage des dents des porcelets sans anesthésie. Même logique pour l’arrêté protégeant les poulets tout en autorisant l’épointage de leur bec ou la castration à vif. Le droit est ici en contradiction : d’un côté, des normes minimalistes qui favorisent les intérêts économiques ; de l’autre, l’article L214, qui protège les animaux. »

L214 : « C’est un choix politique. Contrôler seulement 1 % des élevages par an au titre de la protection animale est l’objectif que l’État s’est lui-même fixé en 2016 dans son plan national de contrôles officiels pluriannuels.
Cela revient à dire qu’un élevage peut être inspecté, en moyenne, une fois tous les cent ans. Or, le tribunal administratif dit exactement l’inverse : en janvier dernier, il a condamné l’État pour carence fautive des services vétérinaires dans leur mission de contrôle d’un élevage de 20 000 cochons sous contrat avec Herta. Selon le juge, trois contrôles en dix-huit ans ne constituent pas un « contrôle régulier ».
L214 : « Là encore, c’est un parti pris de l’État. Ce 2,7 % témoigne de sanctions rares et peu dissuasives sur des élevages globalement peu contrôlés. Ses services sont censés apporter une réponse graduée et proportionnée à la gravité des faits et aux antécédents de l’élevage, avec un objectif clair : faire cesser les non-conformités et empêcher qu’elles se reproduisent. Concrètement, ces « non-conformités » signifient des souffrances graves endurées par un très grand nombre d’animaux. »
L214 : « Sur le plan juridique, elles reconnaissent que l’objectif de contrôler 1 % des élevages par an ne suffit pas. Dans l’affaire de Corbeil, le tribunal a constaté qu’aucun contrôle sérieux n’avait eu lieu en 35 ans pour un élevage de 4 000 cochons.
Ces condamnations reconnaissent aussi l’illégalité de la caudectomie systématique et du claquage des porcelets ; c’est un pas en avant considérable. Sur le plan financier, en revanche, les indemnités sont modestes : 4 000 euros de préjudice moral pour L214 dans chaque affaire, parfois assortis de 1 500 euros de frais de justice.
« Ce n’est pas une sanction dissuasive, c’est une simple reconnaissance de la carence fautive de l’État. »
Le problème est que ces décisions n’obligent l’État à rien de concret. L214 a obtenu 10 condamnations de ce type en élevage et en abattoir, sans que les modalités et la fréquence des contrôles ne changent. »
L214 : « Parce qu’en matière d’élevage, l’État est juge et partie.
Depuis la loi sur l’élevage de 1966, l’augmentation des performances et de la productivité du cheptel fait partie intégrante de ses missions. Il a financé massivement l’intensification par le passé, et continue de soutenir ce modèle aujourd’hui.
La protection des animaux d’élevage est confiée au ministère chargé de défendre les intérêts économiques des filières. Or leur poids est considérable : le report de l’interdiction des cages individuelles de gavage a été obtenu par le CIFOG ; la cellule Déméter, qui a pour vocation de surveiller et freiner toute contestation de l’élevage intensif, a été instaurée via une convention entre le ministère de l’Intérieur et deux syndicats agricoles (la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs)…»
L214 : « Avec un moratoire sur l’élevage intensif progressif et accompagné. Il interdit immédiatement l’extension et la création d’élevages privant les animaux d’accès au plein air, puis interdit ces élevages sous dix ans.
Cela laisse le temps d’organiser la reconversion des personnes qui en dépendent aujourd’hui.
Leur accompagnement est indispensable, avec des échéanciers planifiés par filière et une urgence accrue pour les secteurs directement en concurrence avec l’alimentation humaine, comme les filières porcines et avicoles. Ils doivent bénéficier de dispositifs de reconversion, qui pourraient être financés par la réaffectation des fonds bénéficiant actuellement à l’élevage intensif, comme certaines subventions de la PAC.
La transition vers un modèle alimentaire plus végétal permettrait à notre agriculture de produire durablement sans dépendre des importations, et aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail sans endettement structurel. »
L214 : « Un rôle central. La seule filière porcine, où 95 % des animaux sont enfermés en bâtiment, reçoit chaque année plus de 820 millions d’euros de subventions.
À cela s’ajoutent 2 milliards de dépenses publiques pour gérer l’impact environnemental et sanitaire de la filière, comme les maladies liées à la consommation de charcuterie. De l’argent public finance jusqu’à la recherche scientifique pour adapter toujours plus les animaux au système intensif. Le contribuable passe donc 3 fois en caisse : pour subventionner l’intensif, pour réparer ses dégâts et pour le pérenniser.»
L214 : « Respecter l’article L214 implique de sortir de l’élevage intensif.
Or, en France, le niveau de consommation de produits animaux est tel (85 kg de viande par an et par personne) que cela passe obligatoirement par une baisse de la demande.
Pour cela, nous avons besoin d’un objectif chiffré et atteignable : réduire de moitié le nombre d’animaux tués d’ici 2030. Cela permettrait de sauver 600 millions d’animaux, mais aussi de répondre aux enjeux de sécurité alimentaire, de protection de l’environnement et de santé publique. De nombreuses études proposent des objectifs de réduction de 50 à 90 % de la consommation de viande pour y répondre.
Cela requiert l’engagement actif des pouvoirs publics et des entreprises pour modifier notre environnement alimentaire, notamment grâce à un moratoire sur les élevages sans accès au plein air, la réorientation des subventions vers les productions végétales ou l’exclusion des protéines issues de l’intensif dans la restauration publique. »
L214 : « Simplement d’appliquer enfin la loi : respecter les besoins des animaux et leur éviter les souffrances et les mauvais traitements en élevage. Les dispositions de l’article L214 ne sont ni optionnelles ni symboliques ; elles constituent des obligations légales depuis un demi-siècle. Cesser de soutenir un modèle structurellement illégal est aussi une attente de la société : 84 % des Français sont favorables à l’interdiction de l’élevage intensif d’ici dix ans. »
Photo de couverture : Avec toutes autorisations – L214
09.07.2026 à 06:00
Simon Verdiere
Tandis que le monde semble foncer droit vers l’effondrement, une minorité ne jure que par la technologie pour nous sauver. Grâce à des implants directement intégrés à notre corps, nous pourrions ainsi améliorer nos performances intellectuelles et physiques, mais aussi tout bonnement notre existence. Des idées séduisantes sur le papier, mais qui font craindre de […]
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[Article initialement publié le 29 décembre 2022, mis à jour le 9 juillet 2026 | Temps de lecture estimé : ~ 5 min]
Pour les détracteurs du transhumanisme, il ne s’agit bien sûr pas de renier tout recours à la science ni de prôner l’obscurantisme. Intégrer la technologie directement à notre corps pourrait de plus avoir un intérêt médical certain.
Si le progrès technique peut, à l’avenir, permettre de soigner ou de compenser des déficiences, qui pourrait sincèrement s’y opposer ? Mais dès qu’on sort du strict cadre médical pour parler d’« amélioration » de l’humain, de nombreux problèmes éthiques, sociaux et politiques surgissent.
À mesure que ces technologies progressent, de nombreux problèmes éthiques risquent néanmoins de se poser. la question de la limite entre médecine réparatrice et transformation dénaturante du corps humain devient cruciale. Ce dilemme existe déjà avec la chirurgie esthétique : lorsque celle-ci permet à des accidentés de se rapprocher de leur état antérieur, aucune critique ne paraît justifiée. En revanche, les possibilités infinies de ce procédé ont pu entraîner un certain nombre de dérives, en particulier chez des patients psychologiquement fragiles ou instables.
Le transhumanisme franchit clairement cette limite : il ne cherche plus seulement à soigner ou à réparer, mais à « augmenter » l’humain, à créer de nouvelles capacités qui n’existent pas naturellement. Dans cette logique, l’homme devient l’objet d’un projet technique : il ne se reçoit plus, il se fabrique.
L’apport de la technologie dans le corps risque de mener à des conséquences bien plus importantes, notamment avec les implants cérébraux. particulièrement inquiétants. Ces dispositifs ne sont plus de la science-fiction : plusieurs équipes, et notamment celles du milliardaire Elon Musk, travaillent activement sur le sujet.
Par le biais de sa société Neuralink, le propriétaire de X (ex Twitter), promet ainsi de rendre la parole à des paralytiques ou de soigner des troubles neurologiques. Sur le long terme, il imagine même conférer aux êtres humains des facultés qu’ils ne pourraient pas développer naturellement : comme par exemple, une mémoire augmentée ou encore une connectivité directe avec l’IA.
Le Sud-Africain d’origine a déjà expérimenté la puce cérébrale sur des animaux. Après l’avoir implantée à des cochons, il l’a ensuite intégrée au cerveau de macaques. Si beaucoup n’ont pas survécu, certains cobayes étaient capables d’utiliser le jeu vidéo Pong par la seule force de la pensée.
Bien que ces résultats puissent paraître impressionnants, ils ont pourtant déjà été obtenus par d’autres chercheurs moins en vue. Par ailleurs, les lourdes pertes parmi les animaux testés n’ont pas manqué de créer la polémique. Des controverses qui ont mis un coup de frein à ces scientifiques qui pensaient prochainement expérimenter leurs technologies sur des êtres humains.
Même en supposant que ces appareils soient viables, ils poseraient trop de problèmes éthiques pour être utilisés. Il s’agirait d’abord d’un danger possible pour la santé. Comment garantir les effets sur le long terme lorsque l’on s’attaque à une partie aussi sensible que le cerveau ? Les effets secondaires, les rejets, les risques de dépendance technologique ou de manipulation sont encore largement imprévisibles.
Certains pourraient rétorquer que chacun serait libre de risquer sa vie à ses propres frais. Pour autant, intervenir sur le cerveau pourrait entraîner chez le patient un manque de discernement ou des pertes de conscience ou de contrôle de lui-même qui mettraient alors en péril le reste de la population. Dans un monde où l’IA et les systèmes automatisés contrôlent déjà des infrastructures critiques, la possibilité de « hack » cérébral ou de manipulation via des implants devient un risque réel.
Par ailleurs, permettre à certains d’améliorer leurs facultés relèverait de l’eugénisme. Et pour cause, on arriverait rapidement à une société à deux vitesses, avec d’un côté des « cyborgs » disposant de capacités intellectuelles et physiques supérieures, et de l’autre des êtres humains « classiques ».
Ces inégalités se feraient d’ailleurs une nouvelle fois à l’avantage des plus riches qui auront les moyens financiers d’accéder à ces technologies. Le transhumanisme creuserait alors d’autant plus le fossé qui existe déjà entre les différentes classes sociales, en transformant la vulnérabilité biologique en critère de distinction sociale.
À tel point que les individus « augmentés » auraient sans doute un pouvoir bien plus important et céderaient probablement à une volonté de domination des autres. Il suffit de voir la relation qu’exerce l’humanité en général vis-à-vis de certaines populations, de la nature et des animaux pour s’en convaincre.
Dans cette même direction, les transhumanistes rêvent de pouvoir accéder à l’immortalité en numérisant leur cerveau ou en remplaçant indéfiniment leurs organes. Rien ne garantit pour autant, sur un plan philosophique, que ce soit une bonne idée, ni qu’un tel sort soit une source de bonheur. N’est-ce pas d’ailleurs parce que la vie a une fin que nous en profitons plus pleinement ? Si elle était, à l’inverse, éternelle, ne risquerions-nous pas de nous en lasser ?
L’intérêt collectif de l’immortalité n’est pas non plus évident. Comment la planète pourrait-elle supporter toujours plus d’êtres humains si aucun ne disparaissait jamais surtout dans un contexte de crise écologique et de limites des ressources ? Par ailleurs si nous numérisions notre esprit pour nous défaire de notre corps, qu’est-ce qui nous différencierait réellement d’une machine ou d’une intelligence artificielle ?
Avant de vouloir perfectionner notre corps et nos facultés intellectuelles, ne devrions-nous pas d’abord améliorer notre comportement et nos sociétés existantes ? Nous donner encore plus de puissance alors que nous sommes déjà en train de détruire notre seul lieu de vie avec nos capacités actuelles ne relève-t-il pas de la pure folie ?
Et si, après tout, l’humain « augmenté » était simplement quelqu’un de plus respectueux, plus bienveillant, plus solidaire, plus altruiste et surtout plus humble et conscient de ses propres limites et de celles de la planète ?
– Simon Verdière (mis à jour par Mara Pron)
Photo de couverture : Marina Núñez – WikimediaCommons
The post Transhumanisme : un danger imminent pour l’humanité first appeared on Mr Mondialisation.08.07.2026 à 16:05
Mr Mondialisation
Dans la continuité d’une tribune sur les angles morts des espaces d’entraide, Mr Mondialisation donne la parole à une autre lectrice, Josette*. Si le contexte est différent, la question de fond demeure : que se passe-t-il lorsque les espaces créés pour défendre des personnes concernées finissent aussi par reproduire certaines formes de domination ? Dans […]
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Cette tribune ne remet pas en cause la nécessité de lutter contre les violences gynécologiques et obstétricales. Elle invite en revanche à interroger le fonctionnement de certains espaces militants : qui y est légitime pour parler ? Quels savoirs sont reconnus ? Et comment des rapports de pouvoir peuvent-ils se reconstituer au sein même de mouvements qui ambitionnent de les combattre ? À travers son expérience et des travaux de recherche en sciences sociales, Josette, l’autrice de cette tribune questionne les mécanismes qui peuvent conduire à invisibiliser les premières concernées.
L’injonction à la sororité, qui entend faire de l’ensemble des femmes un groupe homogène caractérisé par sa bienveillance interne, masque les rapports de domination au sein des luttes féministes et empêche l’expression de la diversité des revendications tant dans la forme que dans le fond.
La sociologue Nouria Ouali a ainsi mis en valeur les rapports de domination entre féministes majoritaires et féministes minoritaires (s’inscrivant, non pas dans une différence numérique, mais dans une disproportion de droits). Son travail porte sur les discriminations que subissent les militantes issues de l’immigration dans les espaces féministes. L’expression de ces discriminations sont similaires dans la lutte contre les violences obstétricales entre les militantes : attitudes maternalistes, freins à l’accès aux postes stratégiques, notamment de décision ou de représentation, omniprésence de professionnelles du féminisme déconnectées des réalités des groupes « minoritaires », ostracisation et dénigrement des minoritaires qui parviendraient à obtenir un poste stratégique, confiscation ou contrôle de la parole.
Dans cette culture de la sororité, la colère n’est par ailleurs acceptable que si elle émane de la catégorie dominante. Elle est par contre synonyme d’ostracisation voire d’exclusion quand elle est exprimée par d’autres, comme le souligne la sociologue Lucile Quéré, au terme d’une vaste enquête dans des collectifs féministes français, suisses et belges. La remise en question est ainsi difficile.
Portée par des collectifs féministes, la question des droits en périnatalité est envisagée en Belgique sous l’angle des inégalités de genre en priorité, avant celui des rapports de pouvoir entre patient·es et professionnel·les de santé. Dès lors, patientes et soignantes partagent la gouvernance associative au titre de féministes, au risque d’aboutir à des conflits d’intérêts et d’orienter le discours.
Ainsi, l’associatif autour des droits périnataux rassemble essentiellement des professionnelles de la naissance physiologique et des professionnelles du féminisme, qui occupent des postes-clés dans d’autres associations professionnelles ou féministes. Difficile donc d’avoir une garantie d’impartialité et d’indépendance par rapport à ces autres collectifs associatifs.
Ensuite, la mise en avant de l’accouchement physiologique dans les activités trahit une échelle de valeur qui finit par faire du mal aux femmes. La confusion est entretenue entre naissance respectée et naissance physiologique, empêchant les femmes de se voir comme respectées dans un accouchement médicalisé, culpabilisant celles qui en font le choix, mettant en échec celles qui en font l’expérience involontaire. La notion d’empowerment, largement diffusée dans les luttes féministes, est d’ailleurs essentiellement associée à la naissance physiologique. Comment dès lors entendre les femmes qui, malgré un accouchement physiologique, ont vécu une expérience négative ?
Mais qui sont-elles finalement les patientes expertes dans la lutte contre les VGO si ce ne sont les femmes qui en ont fait l’expérience elles-mêmes ? Imaginerait-on inviter une personne valide à parler de ce qu’est le handicap, ses répercussions, les aménagements à apporter ?
À mettre en avant la « naissance respectée », on a opéré un glissement vers des expertes qui seraient celles qui ont bien vécu la naissance de leur enfant et qui s’investiraient afin de garantir des conditions de naissance identiques aux leurs pour toutes les femmes. Quitte à imposer un maternalisme rejouant le paternalisme qu’elles prétendent combattre.
Si leur contribution est bienvenue, comme l’est la collaboration avec les professionnel·les de santé, elle ne devrait pas pour autant être synonyme de minorisation des patientes expertes, ni de monopole du pouvoir et de contrôle de la parole.
On est au cœur de la notion d’injustice épistémique. Celle-ci désigne la remise en question de la capacité d’un individu à produire du savoir par l’expérience.
À partir d’intentions louables, des collectifs féministes en sont venus à confisquer à des patientes-expertes, la lutte pour l’amélioration des conditions périnatales, autant aux niveaux politiques et médiatiques qu’auprès des professionnel·les de santé et structures de soins.
Dans un associatif investi par des soignant·es et des féministes majoritaires (au sens énoncé plus haut), favorisées d’un point de vue socio-culturel et baignées dans la culture de la physiologie, la violence épistémique bat son plein.
On entend ainsi en son sein certaines réticences à impliquer des patientes concernées directement par les violences obstétricales car celles-ci monopoliseraient le discours interne avec leurs propres vécus ou viendrait se guérir de leur traumatisme en militant…
Là encore, on retrouve entre les militantes, dans la lutte pour les droits périnataux, les rapports de domination mis en valeur par la sociologue Nouria Ouali :
Alors qu’en France, il existe un cadre législatif particulier pour la représentation des usager·es, exigeant notamment l’indépendance de l’association à l’égard des professionnels de santé, le flou belge autour de la notion peut autoriser la confiscation de la parole et des moyens aux usager·es, en tout cas en périnatalité.
En effet, la périnatalité a ceci de particulier qu’il n’est pas question de maladie mais de grossesse. Là où les associations de patient·es peuvent se définir de manière beaucoup plus claire autour d’une maladie, une association bâtie en réponse aux violences obstétricales peut profiter de la notion plus globale de périnatalité pour manquer à son devoir moral de représentativité. Le savoir expérientiel n’y est alors pas privilégié.
Or, le savoir expérientiel comprend une capacité d’analyse à la fois plus large et plus fine du phénomène des VGO. Il en va de la responsabilité des professionnel·les de santé, des médias, des politiques, de vérifier la représentativité de leurs interlocuteur·ices s’ils ne veulent pas contribuer à la mise en place d’une périnatalité à plusieurs vitesses : autonomisation et choix pour une minorité privilégiée, infantilisation pour les autres.
– Josette* le prénom de l’autrice de cette tribune a été modifiée
Photo de couverture de Eduardo Barrios sur Unsplash
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Mr Mondialisation
Quelle école voulons-nous pour demain ? C’est la réponse à laquelle Emma Bertoin et Tom Dilly souhaitent répondre avec le mouvement L’École Change Demain. Auprès d’enfants, d’enseignants ou encore d’élus, ils tentent de construire un nouveau projet éducatif à partir du terrain. De la santé mentale à la sécurité, de l’inclusivité aux inégalités scolaires, des […]
The post Repenser le système éducatif avec L’École Change Demain first appeared on Mr Mondialisation.De la santé mentale à la sécurité, de l’inclusivité aux inégalités scolaires, des difficultés de recrutement du corps enseignant aux coupes budgétaires, les problèmes liés au système éducatif français sont multiples et cristallisent de nombreuses tensions. Années après années, réformes après réformes, le malaise persiste et les défis s’accumulent.
C’est dans ce contexte qu’Emma Bertoin, 27 ans, a décidé de fonder L’École Change Demain. Elle a été rejointe par Tom Dilly. Ainsi formé, le duo a achevé le 24 juin dernier un Tour de France en van, au cours duquel il a récolté de nombreux témoignages sur le terrain. Parents, enfants, enseignants, chercheurs, élus ou associations ont tenté, à leurs côtés, de faire émerger une vision partagée de l’avenir de l’école.

Emma Bertoin : « Tom et moi nous sommes rencontrés il y a deux ans. Il avait préalablement travaillé autour de l’éducation en Afrique et a décidé de me rejoindre auprès de L’École Change Demain. L’objectif est de lancer un mouvement citoyen pour l’école. Comprendre pourquoi le discours est si pessimiste sur son avenir.
Personnellement, je viens du milieu de l’intelligence collective et j’ai travaillé sur des sujets liés à la démocratie participative. En 2024, j’ai voulu rassembler parents, enseignants ou encore chercheurs autour de l’école, pour essayer de dessiner un chemin commun. J’estime qu’il nous manque une vision partagée du futur de l’école. Pourtant, il existe des centaines de milliers d’initiatives en France pour faire bouger les choses. Mais il manque une forme d’intelligence collective pour avancer, et un besoin global de se sentir plus près des décideurs publics. »
Emma Bertoin : « Elle s’articule autour de trois axes majeurs : la vision globale, l’intelligence collective et les initiatives. La première action que nous avons réalisée était d’organiser des ateliers citoyens pour se « mettre autour de la table », comme on dit souvent.
« On s’est littéralement mis autour de la table ! Nous avons organisé 150 rencontres avec des enfants, des adultes et des spécialistes de la question éducative. »
Nous avons demandé aux participants d’écrire un récit autour de l’école de leurs rêves. Ce rêve commun s’articule autour de trois piliers : la joie, l’ouverture sur l’extérieur, et une construction collective autour de l’enfant. Nous avons rencontré des maires à l’approche municipales pour leur faire part de ce constat. Au lendemain des élections, nous avons décidé de partir sur les routes pour voir ce que peuvent faire les équipes municipales autour de la question de l’éducation. »

Emma Bertoin : « Nous avons vécu trois mois sur la route, avec la volonté d’agir localement puis de restituer le tout à l’Assemblée. Chaque étape offrait un temps d’écoute avec des enfants et des adultes, des concertations publiques. Disons que c’était une application très accélérée de l’intelligence collective, mais également une méthode qui permet d’obtenir des victoires.
« Il y a de bonnes idées à prendre partout, de la part de toute l’équipe pédagogique »
Parmi elles, il y a la prise en compte et la conscience autour de la parole des enfants. Beaucoup d’entre eux ont exprimé de la tristesse, de la colère ou de l’anxiété dans leur rapport à l’école, ce qui a parfois surpris les adultes. Ces échanges ont également poussé à des investissements nouveaux autour de la formation d’agents périscolaires. Il y a de bonnes idées à prendre partout, de la part de toute l’équipe pédagogique… »
Emma Bertoin : « Oui, nous étions le 24 juin à l’Assemblée nationale avec un enjeu de restitution. Le but était de démontrer qu’il existe des initiatives, et la possibilité de les mettre en place. Nous avons fait témoigner cinq équipes municipales et insisté sur le fait qu’il y a des sujets où l’échelle locale ne suffit pas. C’est le cas pour la question culturelle, les moyens financiers, l’inclusion ou encore l’aspect juridique, la gouvernance éducative étant à repenser. »

Emma Bertoin : « Notre action porte aussi bien sur des communes rurales que sur de grandes métropoles comme Marseille. Là-bas se trouvent par exemple deux écoles littéralement collées l’une à l’autre – une simple porte les sépare. Il y a une école classique et l’autre alternative, qui suit la pédagogie Freinet. Elles ne touchent donc pas le même public et ont des difficultés différentes, dans un contexte différent, mais elles se jouxtent. Dans ce cas précis se pose la question de la mixité et de savoir comment recréer un lien à l’échelle de ces deux écoles. »
Emma Bertoin : « Nous avons essayé de les résumer en actualisant la pyramide de Maslow [qui classe et hiérarchise les différents besoins fondamentaux de l’être humain NDLR]. Est-ce que l’école va bien ou mal ? C’est difficile de répondre à cette question. Il semble évident que les besoins fondamentaux ne sont pas respectés dans certaines écoles. Cela va des toilettes sales à l’absence d’eau ou de climatisation, en passant par des repas de cantine immangeables. À d’autres endroits, c’est la sécurité qui prime. Les enfants parlent alors de disputes dans la cour, de la peur de venir à l’école, de l’absence d’aide de la part des adultes…
Parallèlement, les enseignants sont souvent démunis, et font par exemple face au fait qu’il y a de plus en plus d’enfants en situation de handicap par classe, sans que l’encadrement ne suive. Ce sont des problèmes auxquels on ne peut répondre par des caméras ou des murs. On ne peut pas laisser cette question être gérée par une partie seulement du monde politique.

Une partie de la solution vient en réalité de l’équipe éducative : nous devons créer des espaces d’écoute de la parole des enfants. De nombreux problèmes seraient résolus juste par ce biais. Le collectif peut assurer la sécurité de tous et l’écoute grâce à la création de rituels, d’un cadre et de formations.
Enfin, dans d’autres écoles, la sécurité n’est pas pointée du doigt mais le besoin d’appartenance n’est pas assouvi. « L’école doit apprendre à se faire aider », ai-je entendu au cours de notre parcours. Le constat fait est qu’il existe beaucoup de volonté et désir d’action, notamment de la part des parents, mais que le cadre de l’école n’est pas en mesure de recevoir de l’aide. Cela engendre une pression supplémentaire sur les épaules du corps enseignant, dans un contexte où la relation parents / école s’est nettement dégradée. »
« Les enfants sont de plus en plus délaissés, ils se plaignent d’ailleurs que leurs parents ne jouent plus avec eux. »
Emma Bertoin : « Les hypothèses sont plurielles. Il s’agit d’abord d’un reflet de notre société. Tout est expéditif : aujourd’hui, les sorties d’école durent 30 secondes… Il y a aussi un vrai problème de communication. Les logiciels actuels de communication entre parents et professeurs coupent le contact direct.
En revanche, les enseignants peuvent recevoir des mails incendiaires à 23h, écrits par ChatGPT… Les parents, quant à eux, vivent un sentiment de pression constante. Et c’est terrible de voir qu’ils portent un regard négatif sur l’école, même quand il est bienveillant ! »

Emma Bertoin : « Tout d’abord, nous allons travailler cet été sur le rapport de notre Tour de France. Nous espérons sortir un livre de ce récit en 2027 : un ouvrage qui sera près de la voix du terrain, pouvant porter la question éducative lors des prochaines présidentielles.
Par ailleurs, nous allons lancer un groupe de travail trans-partisan à l’Assemblée nationale. Un programme pilote, avec des député·es, élu·es locaux et citoyen·nes, pour réfléchir au futur de l’école. Il existe très peu de débats à l’Assemblée sur ce sujet… Ce programme s’articulera autour des dix communes qui souhaitent devenir pionnières sur la question éducation. »
« Le but est d’agir au niveau local comme national : nous avons du mal à articuler ces deux pensées, alors qu’il est impossible à l’un d’agir sans l’autre. »
– Entretien réalisé par Marie Waclaw
Photo de couverture : ©L’École Change Demain
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Mr Mondialisation
Avec le dérèglement climatique engendré par l’activité humaine, les vagues de chaleur vont inévitablement se multiplier, et si rien n’est fait, la situation va encore empirer. Si les impacts sur la santé humaine sont péniblement médiatisés, ceux sur la santé animale le sont encore moins. Que ce soit les animaux domestiques, d’élevage, sauvages, tous sont […]
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Que ce soit les animaux domestiques, d’élevage, sauvages, tous sont frappés de plein fouet par les fortes températures. Face à ces fléaux, il existe bon nombre de solutions… de l’action individuelle à l’action politique.
Plus de 6 Français sur 10 partagent leur vie avec au moins un animal, ce qui représente pas moins de 75 millions d’individus. Néanmoins, face à des conditions extrêmes, les dangers peuvent se multiplier : coup de chaleur, déshydratation, brûlures des coussinets, etc.
Si, bien sûr, laisser un compagnon dans une voiture est absolument à proscrire, il existe d’autres réflexes à adopter : rendre de l’eau fraîche toujours disponible, éviter les promenades aux heures les plus chaudes ou encore prévoir des zones d’ombres ventilées. Les chiens peuvent être particulièrement vulnérables si leurs températures dépassent leur capacité naturelle de régulation. À cet instant, refroidir l’animal au plus vite, sans attendre d’arriver chez le vétérinaire devient crucial sous peine de risquer son décès.
Pour se préserver de ce genre de mésaventure, il convient de privilégier les sorties très tôt le matin ou très tard le soir et de rester à l’ombre et sur l’herbe en faisant attention à la température du sol. Limiter l’activité physique de chaleur s’avère aussi indispensable.
Pour autant, les animaux de compagnie, tant qu’ils partagent la vie d’êtres humains responsables, ne sont sans doute pas les plus à plaindre. En effet, dans le secteur de l’élevage, où la destination finale reste de toute façon l’abattoir, les conditions d’existence, déjà bien souvent critiquables en temps normal, peuvent se transformer en réel calvaire lors d’épisodes caniculaires.
La canicule du mois de juin 2026 a même provoqué une véritable hécatombe, puisque plusieurs millions d’animaux ont succombé à la chaleur. La catastrophe est d’une telle ampleur que le nombre précis de victimes a d’ailleurs été impossible à déterminer. Mais ce sont bien des milliers de tonnes de cadavres qui emplissaient certains élevages. À tel point que beaucoup d’agriculteurs, notamment en Bretagne, ont exceptionnellement été autorisés à enterrer ces dépouilles.
Il faut dire que l’élevage industriel en France représente ce qui se fait de pire en Europe : l’Hexagone tolère en effet des exploitations avec vingt-deux poulets au mètre carré. 95 % des cochons sont quant à eux en ferme-usine où la surface moyenne n’est que d’un mètre carré pour un animal de 110 kg. Entassés dans des bâtiments où la température frôle parfois les 40 degrés, les bêtes n’ont aucune chance de survie. Certains élevages, y compris en plein air, ont vu plus de dix mille individus mourir en une journée.
Dans ce contexte horrifique, certains médias, comme le journal 20 minutes, s’interrogent : « Va-t-on manquer de poulet dans nos assiettes ? ». L’heure n’est donc pas à la remise en question. Le gouvernement, quant à lui, envisage de financer des brumisateurs et des ventilateurs pour les élevages.
Le vrai sujet, pourtant, est plutôt celui du modèle agricole actuel qui inflige de tels traitements. Plus ironique encore, l’élevage est l’un des principaux responsables du dérèglement climatique. Dans ces conditions, c’est une nouvelle fois la thématique de la sobriété qui s’impose.
Il devient urgent de réduire notre consommation de viande, et même de considérer les animaux comme ce qu’ils sont : des êtres vivants et sensibles, et non une marchandise à notre disposition. Dans cette optique, les questions de la rupture avec l’élevage industriel, ainsi que de l’exploitation animale dans son ensemble, devrait clairement être posée sur la table. Un objectif qui nécessite d’être planifié longuement avec de la prévention et de l’éducation, mais aussi un accompagnement des professionnels dans des reconversions vers le secteur végétal.
Au-delà des animaux en étroit contact avec les êtres humains, restent encore ceux qui vivent dans la nature, à la merci des aléas climatiques engendrés par les actions de l’espèce humaine Que ce soit les oiseaux, les poissons ou les mammifères, tous sont frappés à divers degrés par ces conditions.
La déshydratation guette particulièrement les individus incapables de se mettre au frais. Les oisillons, dont les nids se trouvent souvent sous des toitures, vont dans certains cas se jeter à l’extérieur pour ne pas mourir de chaud, sans être prêts à voler. Le réchauffement des rivières fragilise les poissons qui manquent parfois d’oxygène, tandis que les amphibiens et autres mammifères sont directement touchés par l’assèchement des points d’eau.
Dans l’urgence, il existe des façons simples d’aider quelque peu les animaux les plus touchés. Mettre à l’ombre une petite réserve d’eau peu profonde, que l’on renouvelle chaque jour, pourra sans doute soulager quelques individus sur le court terme.
Préserver des herbes hautes ou des zones à l’abri du soleil s’avère aussi absolument essentiel. Enfin, en cas de rencontre avec un animal en détresse, le geste le plus efficace reste sans aucun doute de contacter un centre de soin de faune sauvage pour savoir quel comportement adopter.
Malgré quelques ajustements d’urgences possibles, il reste indispensable de garder à l’esprit la nécessité d’agir à grande échelle au niveau de l’État et surtout dans le temps long. Si la lutte contre le dérèglement climatique apparaît aujourd’hui évidente, aucune politique d’envergure n’est pourtant mise en place pour basculer vers un autre modèle.
Car, pour préserver la santé de la faune et de l’ensemble de la biodiversité dont l’humanité dépend, il demeure crucial de repenser les modèles socio-économiques dominants, en se fondant non plus sur le profit et l’exploitation du vivant, mais bien sur un changement de cadre basé sur la soutenabilité et la dignité des écosystèmes.
– Simon Verdière
Photo de Oleksandr Kurchev sur Unsplash
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Mauricette Baelen
Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. Des habitants se mobilisent pour protéger la vallée de la Credogne face à un projet de micro-centrale Dans le Livradois-Forez, en Auvergne l’association Asca conteste un projet de micro-centrale hydroélectrique qu’elle juge menaçant […]
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Dans le Livradois-Forez, en Auvergne l’association Asca conteste un projet de micro-centrale hydroélectrique qu’elle juge menaçant pour la biodiversité et le débit de la rivière Credogne. Forte d’un inventaire écologique mené depuis quatre ans, elle réclame une protection renforcée de l’ensemble de la vallée et poursuit son recours en justice. (Tikographie)
Des dockers italiens, rejoints par des syndicats européens, multiplient les blocages de navires transportant des armes ou des marchandises liées à Israël, dans le but de dénoncer la guerre à Gaza. Héritier d’une longue tradition antifasciste et internationaliste, ce mouvement entend désormais coordonner ses actions à l’échelle européenne pour entraver les flux de l’économie de guerre. (La Brèche)
Les créatrices de contenus Karelle et Sara, fondatrices du collectif Œil au Beurre Noire, utilisent Twitch et les réseaux sociaux pour vulgariser les idées féministes, antiracistes et anticapitalistes auprès d’un jeune public. À l’approche de la présidentielle, elles ambitionnent de « féminiser et radicaliser Twitch » tout en restant indépendantes des partis politiques. (StreetPress)
Le tribunal judiciaire de Paris a condamné TotalEnergies à prendre en compte les émissions de scope 3, liées à l’utilisation de ses produits, dans son plan de vigilance climatique. Une décision inédite qui pourrait faire jurisprudence et obliger d’autres grandes entreprises à prévenir les risques climatiques liés à l’ensemble de leurs activités. (Vert)
La municipalité de New York a contraint Amazon à régler plus de 9 millions de dollars d’amendes liées à des infractions répétées aux règles anti-ralenti de ses véhicules de livraison. La ville entend renforcer l’application de ces mesures, destinées à réduire la pollution de l’air et à responsabiliser les grandes entreprises. (NYC Mayor’s Office)
La ville de New York (encore) a présenté son premier plan stratégique pour la forêt urbaine, avec l’objectif de faire passer la couverture arborée de 23,4 % à 30 % d’ici 2040. Le programme vise en priorité les quartiers les plus exposés aux îlots de chaleur, où le manque d’arbres est considéré comme un enjeu de justice environnementale. (NYC Mayor’s Office of Climate & Environmental Justice)
Menacée par le braconnage pour le commerce des oiseaux de cage, la pie verte de Java ne compterait plus qu’une cinquantaine d’individus à l’état sauvage. Un programme international de conservation mise désormais sur l’élevage, la réintroduction et l’implication des communautés locales pour éviter la disparition de cette espèce emblématique. (Mongabay)
Une étude de l’Imperial College London estime que les décès attribuables à la pollution de l’air ont diminué de 40 % entre 2019 et 2024 dans la capitale britannique. Si les chercheurs soulignent que les effets sanitaires de la pollution restent plus importants qu’estimé auparavant, le maire Sadiq Khan voit dans ces résultats une validation de la zone à faibles émissions (Ulez). (The Guardian)
Six mois après son inauguration dans le Colorado, le plus grand écopont au monde a été traversé pour la première fois par trois wapitis, l’espèce pour laquelle il avait été conçu. L’ouvrage doit permettre de réduire les collisions routières et de restaurer les corridors écologiques pour la grande faune. (Good Good Good)
L’association L214 met à disposition un livret gratuit de 31 recettes végétales destiné aux cantines scolaires, conçu avec Cap Veggie. L’objectif est d’aider les collectivités à réduire l’impact climatique de la restauration scolaire, tout en proposant des repas équilibrés et en favorisant une alimentation plus respectueuse des animaux. (Communiqué de presse – L214)
* Image de couverture : L214
– Mauricette Baelen
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