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17.04.2024 à 06:00

Debunk : la nourriture végane est « ultra transformée »

Mr M.

Pour critiquer le mode de vie végane, ses détracteurs expliquent souvent que le végétalisme conduirait à manger des aliments « ultra-transformés », néfastes pour la santé et la planète, contrairement au régime carnivore. Un argument qui relève pourtant d’une méconnaissance profonde de cette gastronomie, mais aussi d’un grand manque de nuances. L’accusation sur la supposée […]

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Texte intégral (2112 mots)

Pour critiquer le mode de vie végane, ses détracteurs expliquent souvent que le végétalisme conduirait à manger des aliments « ultra-transformés », néfastes pour la santé et la planète, contrairement au régime carnivore. Un argument qui relève pourtant d’une méconnaissance profonde de cette gastronomie, mais aussi d’un grand manque de nuances.

L’accusation sur la supposée nourriture « ultra transformée » consommée par les véganes permet d’abord de s’interroger sur ce que signifie cette expression et ce qui se cache derrière. Mais elle révèle également les préjugés importants qu’il existe à propos d’un mode de vie bien souvent mal compris.

« Mais au fait, qu’est-ce que tu manges ? »

Dans l’esprit d’un profane, l’alimentation végane demeure en réalité bien mal connue. Accuser quelqu’un de consommer des produits « ultra-transformés » sans rien savoir de son mode de vie relève d’ailleurs bien souvent de la mauvaise foi.

Dénoncer une pratique dont on ignore tout comme néfaste, en particulier lorsque celle-ci vient bousculer nos principes moraux, est une manière bien commode de ne surtout pas se remettre en question et d’entretenir une certaine dissonance cognitive.

Ne surtout pas se remettre en question et d’entretenir une certaine dissonance cognitive. Photo de Julien L sur Unsplash

Le véganisme ne se résume pas qu’aux simili-carnés

Car, lorsque les détracteurs du véganisme visent les « produits ultra-transformés », ils font surtout référence aux « similis-carnés ». Ces articles sont fabriqués de manière à rappeler le goût, la texture et l’apparence des denrées d’origine animale.

Or, cet argument démontre simplement que leurs auteurs sont incapables de concevoir un repas sans viande ou quelque chose qui s’en rapprocherait. Dans leur imaginaire, puisque les véganes ont choisi de se passer de produits animaux, ils doivent forcément consommer de la nourriture de synthèse pour les remplacer.

C’est pourtant bien mal connaître la gastronomie végétalienne, puisque, dans les faits, il est tout à fait possible de se restaurer de manière appropriée sans avoir recours aux smili-carnés. Rien n’empêche par exemple un végétalien de manger uniquement des aliments bruts et non travaillés.

Toutes les alimentations, qu’elles soient végétales ou pas, peuvent être malsaines, riches, trop grasses, biologiques, transformées, écologiques, carencées, etc. En réalité, ces caractéristiques dépendent surtout de l’origine des produits, mais aussi de l’équilibre existant dans leur consommation.

Un concept flou

L’accusation sur la nourriture « ultra transformée », s’appliquant à tout type de régime selon les individus, est donc infondée pour le véganisme en général. Pour autant, il est effectivement possible de manger des articles de ce type tout en étant végane, mais pas plus qu’en ne l’étant pas.

La notion d’aliment transformé est d’ailleurs elle-même à prendre avec des pincettes. Elle peut, en effet, être rapprochée du concept de « nature », utilisé à tort et à travers pour justifier tout et n’importe quoi, comme Mr Mondialisation l’expliquait précédemment.

Ainsi, ces concepts correspondent à la définition qu’on leur donne et peuvent recouvrir des produits qui sont très loin d’être équivalents en matière de santé. Un produit transformé s’obtient par la combinaison de plusieurs denrées alimentaires qui peuvent également subir plusieurs traitements comme la friture par exemple.

Qu’est-ce qu’une nourriture « ultra transformée » ?

Fondamentalement, le simple fait de cuire des légumes et d’y ajouter un peu de sel peut être considéré comme une transformation. Pas sûr pour autant que l’on puisse en évaluer le résultat comme mauvais pour l’organisme.

Le simple fait de cuisiner est une transformation alimentaire. Photo de Kevin McCutcheon sur Unsplash

Évidemment, lorsque l’on commence à cumuler de nombreux processus, d’ingrédients et d’additifs, dont certains sont notoirement connus pour être dangereux pour la santé, on peut légitimement s’inquiéter.

Une question de mesure

Toutefois, il reste compliqué de déterminer ce que l’on peut entendre par « ultra-transformés » et à quel endroit peut se situer la limite entre un produit dangereux et un produit sain.

La fréquence de la consommation de ces aliments est en outre une donnée cruciale à prendre en compte. Manger quelque chose d’ultra-transformé de manière occasionnelle représente en effet peu de risque par rapport au fait d’en utiliser à chaque repas.

Pour aller plus loin, on pourrait même s’interroger sur certains articles considérés comme bruts (alors qu’ils ne le sont pas forcément) qui peuvent pourtant poser problème. Difficile par exemple de déterminer ce qui est le plus dangereux entre un aliment ultra-transformé et une pomme traitée aux pesticides ou un poulet aux hormones.

Des outils plus pertinents que des catégories fourre-tout

De fait, au lieu d’essayer de ranger les aliments dans une catégorie dont les contours restent compliquer à dessiner (ultra-transformé, naturel, industriel…), il serait sans doute plus pertinent de s’intéresser à eux au cas par cas pour en analyser la valeur nutritive.

Et, en ce qui concerne les simili-carnés, comme pour les autres aliments, on compte toutes sortes de produits et de marques dont les propriétés ne sont en aucun cas équivalentes. Pour le consommateur, mieux vaut donc se fier à des indicateurs plus objectifs qu’à des préjugés.


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Il existe ainsi des outils pour déterminer si un aliment est bon pour la santé où non. C’est par exemple le cas de l’application Yuka qui permet de scanner les articles en vente et connaître leur valeur nutritive, ou encore du site openfactfood qui recense un maximum de produits pour en analyser ses qualités.

Photo de LikeMeat sur Unsplash

Les simili-carnés ne sont pas tous équivalents

Si l’on se penche sur les imitations végétales de viande, on peut constater d’importantes différences en fonction des fabricants. Ainsi un steak de la marque Accro est noté à 84/100 sur Yuka et A au nutriscore. Le haché végétal de sojasun monte lui jusqu’à 90/100. À l’inverse, d’autres produits peuvent quant à eux être en effet peu intéressants d’un point de vue nutritif. Pour autant, ils peuvent représenter également un aliment « plaisir » qui n’est pas non plus contre-indiqué tant qu’il reste occasionnel. De même, ils sont aussi d’une grande aide pour les personnes qui souhaitent réduire ou supprimer leur consommation des produits animaux à effectuer une transition plus douce.

Attaquer le véganisme sur ce genre d’argument a donc sans aucun doute pour but d’éluder le véritable sujet exposé par ce mode de vie : celui de notre rapport de domination aux autres espèces. Puisque les scientifiques ont déjà démontré qu’il était possible de vivre en bonne santé tout en ayant une alimentation végétale, le débat n’est alors plus sur ce terrain, mais bien sûr celui de l’éthique. Une zone où beaucoup d’opposants sont visiblement bien moins à l’aise, ce qui explique sans doute qu’ils cherchent à la fuir.

– Simon Verdière


Photo de couverture de Sam Lion sur Pexels.

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16.04.2024 à 06:00

Services publics et écologie : les freins qui empêchent d’aller vite

Mr Mondialisation

Au regard des enjeux environnementaux actuels, l’action locale est indispensable. De l’organisation de chaines alimentaires sur le territoire, à l’isolation des bâtiments, en passant par la sensibilisation des citoyens, à la réduction des déchets et au développement d’une mobilité douce, les possibilités d’engagement sont nombreuses pour les collectivités. Pourtant, leurs mises en oeuvre s’avèrent encore […]

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Texte intégral (2101 mots)

Au regard des enjeux environnementaux actuels, l’action locale est indispensable. De l’organisation de chaines alimentaires sur le territoire, à l’isolation des bâtiments, en passant par la sensibilisation des citoyens, à la réduction des déchets et au développement d’une mobilité douce, les possibilités d’engagement sont nombreuses pour les collectivités. Pourtant, leurs mises en oeuvre s’avèrent encore timide. C’est dans ce contexte qu’une enquête, menée par la société coopérative Fertilidée, propose un état des lieux précis et instructif des freins et des attentes des municipalités françaises en matière de transition écologique.

Qu’est-ce qui motive les élus locaux à s’engager en faveur de l’environnement ? A contrario, quels sont les obstacles qu’ils rencontrent dans la mise en oeuvre de projets écologiques ? C’est au départ de ces interrogations que se met en place l’action de Fertilidée.

Engager les collectivités

Fertilidée est une société coopérative destinée à accompagner les entreprises et collectivités dans le développement de leurs initiatives de transformation écologique ancrées dans les territoires. Elle entend mener une recherche à l’échelle nationale pour cerner les enjeux du secteurs :

« L’enquête, menée sur une période de 10 semaines, visait à comprendre l’implication, les attitudes, les avantages perçus et les motivations exprimées, les freins et les attentes des collectivités »

Au total, 260 élus et agents publics issus de presque toutes les régions françaises ont participé au sondage. 50% des répondants occupent la fonction de maire (129), 42% sont adjoints (109) et le reste remplissent la mission de conseillers ou d’agents municipaux. Les paysages communaux sont diversifiés, car les répondants administraient autant des communes rurales (50%), qu’urbaines (22%), en passant par des communes situées en littoral (4%) ou à composantes mixtes (23%).

Si le nombre de sondés reste limité, la diversité des données permet une représentation globale des réalités municipales, « offrant ainsi une perspective diversifiée sur les perceptions liées à la transition écologique au niveau local ».

Des avantages et motivations d’action plutôt variés

Parmi ces agents publics, la plupart envisage positivement leur implication dans la transition écologique. On retrouve en tête des avantages à agir : participer à protéger la planète (82 %), offrir un meilleur cadre de vie aux citoyens (82 %), engager les citoyens de mon territoire dans une démarche vertueuse (77 %), faire des économies financières (économies d’énergie, par exemple) (72 %) ou encore favoriser une image attractive de ma commune (61 %). Seul 1% des répondants ne distinguait pas d’avantages à agir, seulement des contraintes.

Plus surprenant cependant, les motivations à l’action en faveur de l’écologie sont avant tout propres à l’agent publique interrogé. 91% d’entre eux mentionnent ainsi leurs convictions personnelles, alors que 52% seulement insistent sur la demande des citoyens du territoire. 42% des répondants perçoivent également la rentabilité économique de certaines actions et espèrent réaliser des économies. « On pourrait s’attendre à ce que l’engagement de la commune en faveur de l’écologie dépende surtout du nombre de citoyens engagés et votant sur le territoire », explique Fertilidée.

« Malheureusement, il est bien question de la conviction personnelle d’une poignée de représentants. Alors, à vos urnes ! ».

Une diversité d’intervention

Sur la question des terrains prioritaires d’intervention, la politique locale démontre une fois encore sa diversité et sa capacité d’influences multiples à petite échelle. « Les verbatims recueillis mettent en lumière divers domaines d’intervention souhaités par les mairies. Les répondants soulignent notamment l’importance de l’action sur les bâtiments communaux, avec des propositions telles que l’amélioration de l’isolation, le remplacement des éclairages publics par des LEDs, ou encore l’installation de panneaux solaires », développent les experts.


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En outre, la végétalisation des espaces publics et la gestion des déchets restent des préoccupations récurrentes. « La mobilité douce est également abordée, avec des suggestions telles que le covoiturage, l’auto-partage, ou encore le développement des véhicules électriques ».

En ce qui concerne l’alimentation, les agents publics mettent en avant l’importance de favoriser une alimentation locale, bio et durable, et insistent sur le choix des menus proposés dans les cantines scolaires.

« La préservation de la biodiversité, la gestion de l’eau, et l’éducation à l’environnement sont également des thématiques fréquemment évoquées ».

Il reste des freins à l’action écologique

Si ces différentes actions sont incontestablement souhaitables et inspirantes pour entamer la transition écologique des collectivités locales, elles paraissent encore inaccessibles pour certains acteurs. Au sujet des inconvénients et des freins perçus, les répondants citent en premier lieu le manque de ressources financières (79 %), suivi du manque de ressources humaines (56 %) ou de compétences et méthodologie (39 %).

Heureusement, l’appréhension de ne pas faire l’unanimité ou de rencontrer des résistances au sein du territoire ne constitue pas un frein à l’action pour la plupart des personnes interrogées (22 %). « Retours d’expériences, formation des élus, aide au pilotage de la démarche… Les collectivités veulent se lancer, mais veulent se lancer dans de bonnes conditions et obtenir un aperçu concret et désirable des bénéfices d’une telle démarche », analyse Fertilidée.

Photo de Shane Rounce sur Unsplash

Le groupe d’expert en transition des territoires insistent également sur la durée limitée des mandats électoraux communaux, rendant difficile la mise en place d’actions à long terme. « En outre, la capacité d’action des collectivités dépend fortement des personnes qui les composent, soulignant ainsi l’importance de convaincre et de mobiliser nos élus locaux », explique la société coopérative.

Les processus décisionnels longs et chronophages constituent également un obstacle majeur pour les petites collectivités qui cherchent le plus souvent à agir rapidement. Ces collectivités font face à des contraintes de ressources et de capacités qui rendent difficile la mise en œuvre rapide de projets écologiques ambitieux.

Pistes de réflexion en faveur de l’action locale positive

Pourtant, « il est impératif d’adopter des approches innovantes et agiles pour surmonter ces obstacles et progresser efficacement vers une transition écologique réussie », expliquent les auteurs de l’enquête. Fertilidée suggère notamment l’instauration de nouvelles méthodes de gouvernance participative, le renforcement des partenariats entre acteurs locaux et la meilleure gestion des ressources déjà disponibles.

Si l’enquête présente certaine limites inhérentes à la méthodologie utilisée, notamment en terme de taille réduite de l’échantillon, des biais de sélection des répondants ou de la présence de variables non-mesures, les résultats soulevés demeurent précieux pour identifier des tendances générales et des pistes de réflexion pour les politiques locales en faveur de la transition écologique.

– L.A.


Photo de couverture : @paysdesalternatives

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15.04.2024 à 06:00

L’alimentation bio est-elle vraiment meilleure pour la santé ?

Mr M.

À l’heure où de plus en plus de personnes s’inquiètent des conséquences à long terme de l’agriculture dite conventionnelle, d’autres préfèrent relativiser voire même jusqu’à remettre en cause les avantages pour la santé de l’agriculture biologique. Qu’en est-il réellement ? Si l’agriculture biologique a déjà démontré ses bienfaits en matière de préservation de la biodiversité […]

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Texte intégral (2186 mots)

À l’heure où de plus en plus de personnes s’inquiètent des conséquences à long terme de l’agriculture dite conventionnelle, d’autres préfèrent relativiser voire même jusqu’à remettre en cause les avantages pour la santé de l’agriculture biologique. Qu’en est-il réellement ?

Si l’agriculture biologique a déjà démontré ses bienfaits en matière de préservation de la biodiversité et de fertilité des sols, elle a cependant longtemps fait débat concernant la santé. Avec le recul des années, il existe désormais des études qui prouvent ses effets positifs sur le corps humain. Pour autant, l’agriculture bio ne peut être considérée comme le seul facteur vertueux puisque d’autres manières de produire entrent elles aussi en compte.

Des aliments plus riches en nutriment

Avec la forte inflation, le bio a connu un net recul dans le panier des Français ces derniers mois. Il faut dire que son prix peut être jusqu’à 75 % plus élevé que celui des produits classiques. Et si de telles différences peuvent s’expliquer par l’inaction des pouvoirs publics pour développer sa consommation ainsi que par les marges des distributeurs, on peut néanmoins légitimement s’attendre à y gagner quelque chose.

Les dernières études à ce sujet le confirment : ce type d’agriculture fournirait des aliments plus riches en nutriments (notamment en vitamine C, polyphénols, et oméga 3), mais aussi 12 % d’éléments phytochimiques en plus. Des composés naturels contenus dans les fruits et légumes qui ont des propriétés positives sur la santé en général.

Moins de produits néfastes

En plus de propriétés nutritives supérieures, l’agriculture biologique épargne aussi les corps de multiples substances néfastes notamment en évitant de nombreux pesticides, mais également du cadmium, un métal lourd et cancérigène que l’on retrouve dans les engrais de synthèse.


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Déjà en 2012, des recherches démontraient que les produits non bio contenaient en moyenne 30 % de plus de pesticides et 48 % en plus de cadmium. Or ces substances sont très néfaste pour la santé humaine.

Quel impact sur les consommateurs ?

Une longue étude qui s’est déroulée sur plus de dix ans l’a prouvé, l’agriculture biologique aider à rester en bonne santé. Ainsi, les scientifiques ont par exemple relevé que l’exposition aux pesticides favorisait l’obésité et le diabète de type deux. À l’inverse, la teneur supérieure en oméga 3 et antioxydants de la nourriture bio permettrait de lutter contre le phénomène.

En outre, les individus adeptes du bio auraient 23 % de chances en moins d’être en surpoids et 31 % de risques en moins d’être obèse. Mieux, l’alimentation bio diminue de 25 % les possibilités de contracter un cancer. Le chiffre grimpe même jusqu’à 34 % pour le cancer du sein et 76 % pour les lymphomes. Cette nourriture aurait aussi un impact positif sur les risques cardio-vasculaires. Enfin, les résidus de pesticides pourraient également avoir une influence négative (notamment des anomalies cérébrales) sur les enfants en développement qu’ils soient très jeunes ou encore dans le ventre de leur mère.

Ces informations restent valables même si l’on considère que les personnes mangeant bio ont en général un mode de vie plus sain. En effet, pour éviter de se fourvoyer dans ce biais, les chercheurs ont corrigé leurs données par des modèles statistiques.

L’agriculture bio utilise-t-elle des produits nocifs ?

Un argument que l’on entend régulièrement dans la bouche des détracteurs de la nourriture bio consiste à affirmer que cette agriculture userait aussi des produits très néfastes pour l’organisme et que certains paysans non certifiés feraient de meilleurs aliments.

On évoque par exemple souvent le cas de la bouillie bordelaise (également employée dans l’agriculture conventionnelle), un produit phytosanitaire toléré dans l’agriculture biologique qui semble créer la polémique. Pourtant, l’immense majorité des fermes bio en France n’utilisent absolument aucun pesticide (au moins 85 % selon l’agronome Jacques Caplat).

Bouillie bordelaise utilisée dans la viticulture. Wikimedia.

Comme le précise l’association Générations futures, à peine dix biopesticides autorisés dans l’agriculture bio ont une toxicité identifiée (dont aucun n’est suspecté d’être cancérigène), contre 340 dans l’agriculture conventionnelle. Finalement, les pesticides que l’on retrouve le plus dans les aliments bio sont peut-être bien ceux qui proviennent de l’agriculture conventionnelle et qui contaminent, notamment par les cours d’eau, les parcelles voisines. Ces dernières occupent en effet encore 90 % des terres exploitées en France.

Différents types d’agriculture

Bien évidemment, au-delà des aspects biologiques et conventionnels, il existe de nombreux types d’agriculture qui peuvent favoriser ou pas la qualité des produits. Le respect des saisons, les caractéristiques des terrains, le type de semences ou encore la nature des fertilisants peuvent avoir un impact non négligeable.

C’est dans ce cadre que s’inscrit par exemple l’agriculture régénératrice. De fait, celle-ci donne une importance capitale au respect des sols qui sont effectivement cruciaux pour fournir des aliments de valeur. À l’inverse, depuis juillet dernier, les légumes produits sous serres chauffées en hiver ont été réautorisés dans l’agriculture biologique, preuve que ce label n’est pas forcément synonyme de sobriété énergétique.

Mais pour être exact, lorsque l’on parle d’agriculture biologique, on compte en réalité plusieurs labels, dont le plus connu est sans doute le fameux AB qui est le seul décerné par les pouvoirs publics. Cependant, il en existe de même des privés, comme celui de Nature & Progrès, avec un cahier des charges plus strict.

L’agriculture bio favorise la vie du sol. Flickr.

Certains petits paysans peuvent également produire des aliments de très grandes qualités (parfois même supérieur au bio) sans pour autant disposer d’un label, parfois pour échapper aux contraintes administratives. Pour autant, se cacher derrière cette minorité qui ne représente pas l’essentiel de notre consommation pour dénigrer le bio paraît peu pertinent.

Une question d’équilibre

Dans tous les cas, la nourriture bio ne doit évidemment pas servir de caution à une alimentation déséquilibrée. Fondamentalement, il est même tout à fait possible de manger d’une façon moins saine avec des repas uniquement bio qu’avec de la nourriture classique.

Pour avoir un sens, la comparaison doit alors se faire avec des aliments de type identique. Il serait par exemple absurde de faire un parallèle entre de la pâte à tartiner bio avec des brocolis en agriculture conventionnelle. Les habitudes de vie ont donc, elles aussi, une importance cruciale dans la santé des consommateurs.

Toutefois, de manière globale, et en moyenne, il apparaît pourtant clair que manger bio offre de nombreux avantages en matière de santé. Dans ce contexte, il est à déplorer que les politiques publiques de ces dernières années ont plutôt fait la part belle à l’agriculture chimique.

Les récentes manifestations paysannes ont d’ailleurs elles aussi été instrumentalisées pour affaiblir un peu plus les normes écologiques au profit des fermes industrielles. Et ce, une nouvelle fois, au détriment des populations les plus précaires. Un constat d’autant plus regrettable qu’une étude confirme bien qu’il serait tout à fait possible de nourrir l’humanité avec le l’agriculture bio.

– Simon Verdière


Photo de couverture : Bernard Ronot, visite de la plate-forme de blés anciens à Fromenteau (Côte d’Or). Flickr

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12.04.2024 à 14:00

Grenoble : l’eau menacée par l’extension de deux usines Tech

Sharon H.

Depuis plus d’un an, le collectif STopMicro se mobilise contre deux géants de la tech grenobloise, les entreprises ST Microelectronics et Soitec. Ces deux fabricants de puces électroniques consomment à elles deux 29 000 m³ d’eau par jour, soit l’équivalent de 12 piscines olympiques. Portrait d’une lutte.  Malgré la pression et la pollution exercées sur […]

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Texte intégral (2419 mots)

Depuis plus d’un an, le collectif STopMicro se mobilise contre deux géants de la tech grenobloise, les entreprises ST Microelectronics et Soitec. Ces deux fabricants de puces électroniques consomment à elles deux 29 000 m³ d’eau par jour, soit l’équivalent de 12 piscines olympiques. Portrait d’une lutte. 

Malgré la pression et la pollution exercées sur la ressource en eau, les deux usines grenobloises ST Microelectronics et Soitec projettent de s’agrandir. Les 5, 6, 7, et 8 avril 2024, plusieurs milliers de personnes se sont réunies sous le mot d’ordre : « de l’eau, pas des puces ».

« de l’eau, pas des puces ! »

Pendant l’été 2022, en pleine sécheresse, le président Emmanuel Macron s’est rendu à Crolles, à côté de Grenoble, pour annoncer l’extension de l’usine de l’entreprise ST Microelectronics, et le soutien financier de l’État à hauteur de 2,9 milliards d’euros. Le montant est astronomique. En effet, c’est le plus grand soutien de l’État à une entreprise en dehors du secteur nucléaire.

@STopMicro

Pourtant, cette entreprise est de plus en plus contestée. L’été 2022 a été marqué par un important épisode de sécheresse dans la vallée du Grésivaudan. Alors que des habitant.es et des agriculteur.ice.s ont connu de nombreuses restrictions d’eau de la part de leurs communes, les usines de puces électroniques étaient autorisées à utiliser toute l’eau dont elles avaient besoin. Depuis cet événement, la contestation contre ces usines ne fait que croître. 

L’accaparement de l’eau à la source du capitalisme industriel 

Ces dernières années, la défense de l’eau est une thématique de plus en plus présente dans les combats écologistes. Que l’on pense évidemment aux luttes contre les méga-bassines dans les Deux-Sèvres, à celles contre les retenues collinaires dans les Alpes ou contre l’installation de golfs, notamment dans les Pyrénées Orientales…

Le vendredi 5 avril au soir, donc, une conférence de l’historien François Jarrige a permis de planter le décor du week-end de mobilisation. Celui-ci nous a rappelé la façon dont le capitalisme s’est fondé sur un accaparement continu de l’eau. Des premières usines à textile en passant par les machines à vapeur, l’eau a régulièrement été au centre de nombreux conflits d’usages.

@STopMicro

Mais si, il y a quelques siècles, il était encore envisageable de prioriser des usages quotidiens de l’eau à la production de marchandises, ce n’est aujourd’hui plus le cas. Les entreprises ST Microelectronics et Soitec en sont les parfaits exemples. Leur fabrication de puces électroniques (aussi appelées semi-conducteurs) est très gourmande en eau.

« Les deux usines consomment 29 000 m³ d’eau par jour, soit l’équivalent de la consommation domestique de 200 000 personnes ».

Ces deux usines en consomment 29 000 m³ par jour, soit l’équivalent de la consommation domestique de 200 000 personnes. Après agrandissement, la seule usine ST consommerait plus de 33 000 m³ par an.  Dans une période où l’eau risque de manquer de plus en plus régulièrement, les demandes de concertations sur les usages et le partage de l’eau deviennent toujours plus pressantes.

De l’eau pour des puces ? – de l’eau, pas des puces ! 

@STopMicro

Mais à quoi servent ces puces ? « Ce site est unique en France car ses clients c’est Apple, Tesla, Space X, Général Motors, Ford. En Europe, c’est Schneider, Siemens, Bosch, etc. C’est toute la palette de grands groupes automobiles, industriels », avait déclaré Jean-Marc Chéry, le PDG de STMicro, lors de la visite de président de la république en juin 2022.

L’entreprise fournit également des entreprises qui fabriquent des bouteilles d’eau connectées, des pommeaux de douches intelligents, et un ensemble de gadgets pour la domotique (les maisons intelligentes). Ce qu’elle publicise moins, c’est l’équipement en semi-conducteurs pour du matériel de guerre.

Sur le front Ukrainien, on peut retrouver des drones kamikazes KUB-BLA de l’armée russe alimentés par les puces de ST Micro selon l’Obsram (l’observation des armements). Au regard de tous ces usages, autant civils que militaires, les opposants sont dans l’incompréhension. Pourquoi fournir des dérogations à des usines qui accélèrent la dématérialisation des vies et qui entraînent la mort sur les fronts de guerre ? 

Un cortège festif – 2000 personnes le samedi après-midi

@STopMicro

Le samedi 6 avril, à 14h, 2000 personnes se sont réunis au pied de la tour Perret pour le départ de la manifestation. En plus du char dénonçant la vie connectée que promet ST Micro et les nombreuses banderoles contre l’accaparement de l’eau, le collectif Urgence Palestine a rejoint le cortège pour dénoncer le lien entre les sociétés de la tech grenobloise et des institutions comme le CEA (commissariat à l’énergie atomique) qui participent à l’industrie de l’armement. 

Au rythme des fanfares et de l’accrochage spectaculaire de banderoles sur les câbles du tramway, le cortège s’est rendu jusqu’à la presqu’île scientifique. « C’est une première historique », ont rappelé les manifestant.es. Jamais un rassemblement n’avait eu lieu aussi proche du CEA et du centre de recherche de STMicro. 

Encore plus proche des usines – 400 personnes à Crolles le dimanche

@STopMicro

Le dimanche était consacré à un rassemblement à Crolles, ville où sont situées les usines de Soitec et ST Micro. Pendant l’après-midi, certain.es sont allés visiter les usines pour se rendre compte de plus près de la taille de ces usines. D’autres ont participé à des discussions sur l’avenir du Grésivaudan, essayant de prendre le contre-pied de ce projet en imaginant à plusieurs des futurs désirables.

D’autres encore ont assisté à une table ronde sur la numérisation de l’agriculture, l’un des secteurs de recherche de STMicro pour promouvoir le « smart farming » et le remplacement du travail agricole par un ensemble de capteurs, de drones, et de GPS capables de réguler l’ensemble des paramètres nécessaire à la production.

Cette discussion a été l’occasion de formuler à nouveau une critique du monde promu par des entreprises comme STMicro et Soitec, et de s’attaquer à la « transition écologique » telle qu’elle est soutenue par ce type d’acteurs. Alors que le numérique prétend donner naissance à une époque dématérialisée, ce secteur d’activité a créé de nouvelles façons de pilier la terre et de polluer l’eau.

Ce dimanche, le collectif StopMicro a eu un mot pour les personnes qui luttent en Uruguay contre les Datacenters de Google, pour les chiliens dont l’eau est pillée pour alimenter les mines de Lithuim, «  et pour tant d’autres dans le monde ». 

Bloquer la presqu’île – faire monter la pression

@STopMicro

Le lundi 8 avril au petit matin, une centaine de militant.es ont bloqué les accès routiers à la presqu’île scientifique pendant plus d’heure. Dans le communiqué de l’action, les manifestant.es expliquent leur geste :

« De la recherche nucléaire aux micro-puces qui accaparent une partie de l’eau de la vallée, nous considérons que la presqu’île produit, directement ou indirectement, un monde toujours plus déconnecté de la réalité vivante de notre environnement ».

Partie de l’accaparement de l’eau, la critique s’étoffe. Ses mots d’ordre se multiplient. Contre la vie connectée, contre l’industrie de l’armement, contre la transition écologique, dont les dégâts sont de plus en plus documentés dans les pays d’extractions de minerais. Et bien sûr : pour une rupture, un changement de cap, pour la vallée du Grésivaudan. 

– Lilou Z.

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11.04.2024 à 06:57

Des images de vaches torturées dans un abattoir Bigard

Sharon H.

Ce jeudi 11 avril, L214 révèle des images de l’abattoir Bigard de Venarey-les-Laumes en Côte-d’Or (Bourgogne-Franche-Comté). La vidéo de mars 2024 montre l’abattage sans étourdissement (halal et casher) de vaches et de veaux, et des actes de violence délibérée. Révélations inédites et, attention, réalité difficile.  L214 porte plainte et demande la fermeture de l’abattoir, ainsi que […]

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Texte intégral (3642 mots)

Ce jeudi 11 avril, L214 révèle des images de l’abattoir Bigard de Venarey-les-Laumes en Côte-d’Or (Bourgogne-Franche-Comté). La vidéo de mars 2024 montre l’abattage sans étourdissement (halal et casher) de vaches et de veaux, et des actes de violence délibérée. Révélations inédites et, attention, réalité difficile. 

L214 porte plainte et demande la fermeture de l’abattoir, ainsi que la fin de la dérogation autorisant les abattages d’animaux sans étourdissement. L214 demande à rencontrer les représentants de la Grande Mosquée de Paris, d’Évry-Courcouronnes et de Lyon, ainsi que les représentants du Consistoire de France afin d’entamer un échange sur cette enquête.

Des animaux suspendus encore conscients, la gorge béante

Lors de ces abattages réalisés sans étourdissement, les animaux sont poussés dans un box rotatif qui les retourne sur le dos, puis sont saignés à vif. La majorité d’entre eux sont égorgés par un geste de cisaillement, avec des retours dans la plaie ouverte à la lame ou à la main alors que la saignée doit être effectuée en un seul passage et en un seul geste.

« redressement du haut du corps, tentative de se mettre debout, clignement des yeux, mouvements volontaires.

Certains sont en panique totale »

Les animaux sont relâchés du box rotatif juste après l’égorgement, alors que l’immobilisation doit être maintenue jusqu’à l’état d’inconscience. Ils montrent des signes de conscience évidents une fois sur la table d’affalage et jusqu’à leur suspension : redressement du haut du corps, tentative de se mettre debout, clignement des yeux, mouvements volontaires. Certains sont en panique totale.

abattoir-bigard-venarey-les-laumes-animal-conscient-affalage @L214

Dans l’enclos d’attente, des animaux sont frappés : un bovin subit l’acharnement du bouvier, qui le bat avec rage et lui enfonce son bâton dans l’anus. L’animal reçoit en une minute plus de 20 coups violents sur le corps et la tête.

Les 60 tonnes de viande bovine produites chaque jour sont commercialisées sous certifications halal, casher et dans le circuit conventionnel, principalement dans les grandes surfaces, entre autres sous la marque Bigard, et chez des bouchers artisanaux. La viande produite sous certification halal et casher alimente aussi le circuit standard¹.

abattoir-bigard-venarey-les-laumes-bouverie-violence-coups-rage @L214

L214 s’adresse aux représentants religieux

Cet abattoir abat essentiellement des bovins de façon rituelle, sans étourdissement des animaux au préalable. Les communautés juives et musulmanes sont donc particulièrement concernées par les pratiques et les souffrances extrêmes vécues par les animaux dans cet abattoir.

Il est important que les autorités religieuses se saisissent des enjeux éthiques liés à l’abattage sans étourdissement des animaux, dont les souffrances supplémentaires font consensus auprès des principales institutions vétérinaires. Il leur appartient aussi, comme tout acteur majeur de la société, de s’emparer des impératifs à végétaliser l’alimentation.

L’abattage des animaux est encadré par la réglementation européenne : « Les animaux sont mis à mort uniquement après étourdissement […]. L’animal est maintenu dans un état d’inconscience et d’insensibilité jusqu’à sa mort. » Mais une dérogation à l’obligation d’étourdissement y est prévue : l’abattage sans étourdissement pour le marché halal et casher. 

Cette dérogation est facultative et non obligatoire dans chaque législation nationale. C’est pourquoi L214 demande au ministère de l’Agriculture la fin de l’application de cette dérogation.

Danemark, en Norvège, en Finlande, en Suède, au Luxembourg ou encore en Suisse,… Plusieurs pays d’Europe ont déjà adopté des pratiques différentes pour produire de la viande certifiée halal et casher².

abattoir-bigard-venarey-les-laumes-veau-abattage @L214

L214 porte plainte contre l’abattoir et exige sa fermeture en urgence

L214 porte plainte contre l’abattoir pour sévices graves et actes de cruauté auprès du procureur du tribunal judiciaire de Dijon pour les faits suivants :

  • coups d’aiguillon sur des endroits interdits,
  • violents coups donnés à des animaux,
  • manipulations interdites et source de souffrance,
  • absence d’immobilisation durant toute la saignée,
  • temps d’attente excessif dans le box d’immobilisation avant saignée,
  • défaut de vérification de l’état d’inconscience et la suspension d’animaux conscients,
  • inadaptation des installations et du matériel,
  • saignée par cisaillement et le défaut de compétence du personnel,
  • méconnaissance des règles relatives à l’abattage d’urgence.

L214 demande au préfet de la Côte-d’Or la suspension immédiate de l’agrément d’abattage qui a été délivré à cet abattoir au vu des graves dysfonctionnements. Seule une fermeture permettrait d’éviter que ces infractions se reproduisent au lendemain de cette enquête, et ainsi de protéger les animaux prévus à l’abattage les jours prochains.

Pour Olivier Morice, porte-parole de L214 : « Cette enquête est l’occasion pour L214 de s’adresser à tous les consommateurs de viande, qu’elle soit halal, casher ou standard. La mise à mort des animaux, quel que soit le type d’abattage, est l’affaire de tous. 

Les 25 abattoirs épinglés par L214 ont tous un point commun, c’est la souffrance des animaux. Nous l’avons encore montré en janvier dernier à l’abattoir de Craon où des animaux étaient découpés vivants.

Élevage en cage, animaux entassés, mutilations, abattage avec ou sans étourdissement : il est urgent de s’engager collectivement vers un objectif concret de – 50 % d’animaux tués d’ici 2030. Pour cela, chacun doit prendre sa part de responsabilités : le gouvernement, les industriels, les distributeurs, les consommateurs, mais aussi les autorités religieuses. »

abattoir-bigard-venarey-les-laumes-egorgement-souffrance @L214

Bigard : le règne de l’opacité

« En France, ses 30 abattoirs produisent 43 % de la production française de viande et 70 % des steaks hachés »

Le groupe Bigard (marques Bigard, Charal et Socopa) est le leader européen du boeuf. En France, ses 30 abattoirs produisent 43 % de la production française de viande et 70 % des steaks hachés.

Comme pour la publication de ses comptes, le groupe Bigard s’oppose à toute transparence concernant la mise à mort des animaux. Au cours de la commission d’enquête de 2016 sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français, Jean-Paul Bigard déclarait :

« L’acte de mort est totalement verrouillé. […] nous n’avons aucun intérêt à mettre en scène et à ouvrir le début d’une chaîne d’abattage. […] on ne peut pas montrer des animaux pour dire au consommateur qu’il va manger de la bonne viande. Bigard, Charal et Socopa investissent des sommes considérables dans la communication. Avec les “Hachés de nos régions”, on voit furtivement, pendant une seconde, un troupeau de vaches normandes, mais tout de suite après on parle de viande et surtout pas de ce qui se passe dans l’abattoir. »

Update : Réaction de BIGARD et du Ministère 

Suite aux images révélées par L214 ce jeudi 11 avril, les services de la préfecture de la Côte-d’Or se sont rendus ce jeudi 11 avril à l’abattoir Bigard de Venarey-les-Laumes. Dans un communiqué, la préfecture annonce un audit et la suspension provisoire des abattages des veaux et des bovins de grand gabarit.

Des mesures dérisoires au regard des graves infractions observées sur les images, en particulier les animaux libérés de leur contention encore conscients qui se débattent jusqu’après leur suspension. Une non-conformité majeure déjà constatée en 2016 et qui aurait dû être sanctionnée par les services vétérinaires de l’État présents quotidiennement sur place.

En conséquence, L214 engage ce jour un recours contre l’État pour manquement à sa mission de contrôle.

La préfecture de Côte-d’Or contrôle un abattoir… contrôlé quotidiennement par ses propres services

Informé de l’enquête à paraître, le préfet de la Côte-d’Or a annoncé dans un communiqué prendre « des mesures immédiates ». Les mesures immédiates en question : envoyer sur place le directeur départemental de la DDPP21 « afin d’évaluer la situation et la nécessité de mettre en œuvre des mesures correctives ».

Dans le même communiqué, la préfecture rappelle pourtant que « cet abattoir fait l’objet d’un contrôle permanent par la Direction départementale de la protection des populations de Côte-d’Or (DDPP21 – ex services vétérinaires) chargée de l’application de la réglementation relative à la protection animale ». Alors pourquoi ces infractions n’ont-elles pas été corrigées par les agents vétérinaires présents quotidiennement à l’abattoir ?

Le ministère de l’Agriculture envisage le contrôle vidéo dans les abattoirs

« Cette mesure est une tentative de diversion »

Le ministère de l’Agriculture envisage le contrôle vidéo « comme une des réponses à apporter pour lever le climat de suspicion et de défiance qui règne sur les abattoirs ».

Pour L214, il est impossible d’espérer pouvoir limiter la souffrance de plus d’un milliard d’animaux abattus chaque année en France avec des caméras qui ne seront accessibles qu’aux services vétérinaires, déjà présents dans les abattoirs. Cette mesure est une tentative de diversion pour éviter d’aborder la seule solution qui traite vraiment le problème de la souffrance des animaux d’élevage, déjà évoquée par le récent rapport de la Cour des comptes, à savoir diminuer le nombre d’animaux élevés, comme s’y engagent déjà d’autres pays (AllemagnePays-Bas).

« Il faut diminuer le nombre d’animaux élevés »

Pour Sébastien Arsac, directeur des enquêtes de L214 : « Les mesures annoncées par la préfecture sont dérisoires, pour ne pas dire risibles ! Les mesures correctives, c’est au quotidien que les services vétérinaires présents à l’abattoir sont censés les demander ! Ces non-conformités sont d’ailleurs connues depuis 2016, où les mêmes dysfonctionnements avaient déjà été observés… par les mêmes services ! Les services de l’État sont au courant depuis des années, ils se moquent du monde en prétendant les découvrir aujourd’hui. Nous portons donc plainte contre les services de l’État pour manquement à leur mission de contrôle !

La seule solution pour limiter la souffrance des animaux dans les abattoirs, c’est de diminuer les cadences et donc de diminuer le nombre d’animaux tués. L214 va mettre tous les moyens en œuvre pour atteindre un objectif très concret : diminuer de 50 % le nombre d’animaux tués d’ici 2030. »

Signer la pétition adressée à Franck Robine, préfet de la Côte-d’Or, et à Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture.

-L214


1. L’ensemble de la carcasse et des organes d’un bovin ne peut être certifié casher (sources : OABA p. 5 et SMAC Corse), la viande est donc acheminée vers le marché conventionnel, tout comme le ​​surplus de viandes halal et casher qui ne trouve pas de preneur sur le marché confessionnel (source : note de service DGAL – Ministère de l’Agriculture – p. 19).

2. Au Danemark, en Norvège, en Finlande, en Suède, au Luxembourg ou encore en Suisse, les animaux sont étourdis avant l’abattage rituel. La Belgique (hors région de Bruxelles-Capitale) a également mis fin à l’abattage sans étourdissement, décision validée par la Cour européenne des droits de l’Homme en février 2024.
Aux Pays-Bas, les autorités musulmanes ont accepté par un contrat passé avec l’État le principe de l’étourdissement post-jugulatoire, comme le rapportait Arnaud Schaumasse du bureau central des cultes lors de la commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage des animaux en France (2016).

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10.04.2024 à 06:00

Les perroquets : aussi intelligents que les primates

Elena Meilune

Des chercheurs américains ont récemment pu observer un nouveau mode de locomotion chez le perroquet : la « becomotion ». Jusque-là inconnue, cette façon de se mouvoir a de quoi nous questionner sur la convergence évolutive entre les oiseaux et les primates. Le point sur cet oiseau tropical qui fascine autant par sa beauté que ses capacités cognitives, […]

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Texte intégral (1760 mots)

Des chercheurs américains ont récemment pu observer un nouveau mode de locomotion chez le perroquet : la « becomotion ». Jusque-là inconnue, cette façon de se mouvoir a de quoi nous questionner sur la convergence évolutive entre les oiseaux et les primates. Le point sur cet oiseau tropical qui fascine autant par sa beauté que ses capacités cognitives, victime malgré lui de l’insatiable cruauté humaine.

On savait déjà que les perroquets peuvent voler, marcher et grimper. Ce qui n’avait pas encore été constaté en revanche, est qu’ils peuvent également se déplacer de branche en branche à l’aide de leur bec. Découverte de taille dans le domaine de l’ornithologie et, plus globalement de la biologie de l’évolution, ce phénomène appelé la « becomotion » (« bekiation » en anglais) a été observé sur quatre inséparables rosegorges (Agapornis roseicollis). Publiée le 11 janvier 2024 dans le journal scientifique Royal Society Open Science, cette étude constitue une avancée importante dans la compréhension de l’évolution et de la capacité d’adaptation des oiseaux.

Des capacités cognitives proches de celles des primates

En sachant que les perroquets sont d’excellents grimpeurs, les chercheurs ont voulu voir ce qui se passerait si ces oiseaux étaient confrontés à des difficultés pour se mouvoir dans leur milieu. Ils les ont placés sur une barre suspendue d’un diamètre de 2,5 mm, segmentée en trois parties. Ils ont alors pu les observer se déplacer latéralement, s’accrochant à la barre avec leur bec, puis balançant leur corps sur le côté pour l’attraper à nouveau avec leurs pattes, répétant ensuite ce même mouvement jusqu’à atteindre leur destination.

N’ayant jamais été entraînés pour ce faire, ils ont eux-mêmes trouvé cette « solution innovante face à un nouveau problème » selon Edwin Dickinson, co-auteur de l’étude qui a rappelé que les perroquets sont déjà connus pour leur intelligence surprenante. Les habitats naturels de ces oiseaux n’étant pas forcément propices au vol (forêts denses), ils n’ont parfois pas d’autre choix que de se déplacer par le biais de branches fines. Il faut alors diversifier les modes de locomotion. Le phénomène de la becomotion ouvre ainsi une nouvelle porte dans la compréhension d’adaptations uniques des oiseaux, développées pour survivre dans des environnements arboricoles complexes.


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Ce n’est pas la première fois que des scientifiques découvrent des capacités cognitives stupéfiantes chez les perroquets, véritables prodiges de l’intelligence animale. Êtres sociaux qui communiquent entre eux par vocalisations spécifiques, ils utilisent notamment la communication référentielle. En plus d’être des animaux très sociables dont certaines espèces peuvent imiter des sons et le langage humain (avec une grande précision) et en comprendre le sens, ils ont également la capacité de d’utiliser des outils, de raisonner, d’apprendre et de mémoriser des informations complexes, mais aussi de compter et de résoudre des problèmes mathématiques simples. Ils ont également une forte intelligence sociale et coopèrent entre eux.

Par ces qualités remarquables, ils ont en fin de compte, comme les corvidés, beaucoup en commun avec les primates. Par ailleurs, à masse cérébrale identique, ils ont même plus neurones que ces derniers car malgré un cerveau beaucoup plus petit, leur densité est nettement supérieure selon une étude publiée en 2016 dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences.

Concernant l’utilisation d’outils par les perroquets, appelés parfois, les « singes à plumes », une observation surprenante a été réalisée il y a quelques années dans la réserve faunique de Willowbank à Christchurch (Nouvelle-Zélande) qui, en 2012, a sauvé Bruce, un kéa typique (Nestor notabilis) souffrant d’un handicap, n’ayant plus la partie supérieure de son bec depuis plus d’une décennie. Ce défaut l’empêche de se nourrir tout seul et devrait également, en toute logique, l’empêcher de se nettoyer les plumes. Que nenni !

En 2021, la biologiste Amalia Bastos de l’Université Johns Hopkins (pays), venue dans la réserve pour étudier les kéas, a noté que Bruce avait trouvé sa propre solution pour se lisser les plumes en utilisant des petites pierres : un comportement qui n’existe pas dans la nature. L’étude, publiée dans la revue Nature cette année-là « fournit des preuves nouvelles et empiriques d’un outillage délibéré pour les soins personnels chez une espèce d’oiseau où l’outillage n’est pas un comportement spécifique à l’espèce. Cela soutient également l’affirmation selon laquelle l’outillage peut être innové sur la base de nécessités écologiques par des espèces ayant une cognition suffisamment générale dans le domaine. »

En fin de compte, plus les recherches en biologie avancent et plus on se rend compte que les capacités cognitives supposées rendre l’humain si « spécial » sont en réalité présentes chez de nombreux autres animaux. Selon Antone Martinho-Truswell, biologiste de l’évolution auteur du livre The Parrot in the Mirror (2022) :

« Les perroquets sont notre image miroir de l’évolution »

Destruction d’habitats naturels et trafic illégal : le perroquet sous le joug de la cruauté humaine

Les perroquets sont les oiseaux les plus menacés du monde, avec près d’un tiers d’espèces en danger d’extinction en Amazonie et en Océanie. Les menaces qui  pèsent sur eux sont variées mais ont un dénominateur commun : l’humain. La destruction de leurs habitats naturels, avec notamment l’expansion agricole et l’exploitation forestière (en sachant que les perroquets sont en majeure partie dépendants des écosystèmes forestiers) est une des premières causes de leur extinction.

@Tambako The Jaguar

Toutefois, le braconnage n’est pas en reste, les perroquets étant des victimes majeures d’un commerce cruel et illégal. Chaque année, jusqu’à 21 % des perroquets sont arrachés à leur milieu naturel pour finir en captivité. Capturés par des méthodes inhumaines, ils subissent ensuite d’horribles conditions de transport, entassés en nombre dans des cages étroites, souvent privés d’eau et de nourriture adaptée. Il est fréquent qu’ils meurent avant même d’être arrivés à destination. S’ils ont la chance de survivre à cet ignoble périple, la vie en captivité n’a, par la suite, rien de bien attrayant.

Des cages étroites et des besoins naturels insatisfaits deviennent alors généralement leur triste quotidien qui affecte considérablement leur santé mentale et physique, le tout pour le plaisir de quelques individus en soif de divertissement et d’exotisme. À long terme, le commerce illégal constitue une menace de taille pour la survie des perroquets, victimes comme de nombreux animaux sauvages, de l’éternelle avidité humaine.

Elena M.


Photographie de couverture : Rosy-faced lovebirds (Agapornis roseicollis roseicollis) – @WIkimedia Commons

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