09.09.2026 à 18:49
AdelineDL
Parlons Péda est une association qui s’intéresse aux ACM, les Accueils Collectifs de Mineurs, que l’association renomme d’ailleurs des ACEM, pour Accueils Collectifs et Éducatifs de Mineurs, car elle milite pour une meilleure valorisation de l’aspect éducatif des ACM.
L’association propose des formations, outils pédagogiques, espaces de réflexion, dans l’objectif d’ « accompagner [les directeurices d’ACEM dans la compréhension des enjeux liés à un projet pédagogique, l’organisation et la gestion de leur structure, tout en harmonisant les valeurs éducatives affichées et les pratiques de terrain ».
En savoir plus sur l’association Parlons Péda.
Concrètement, Parlons Péda propose :
Exemples de thèmes traités dans ces épisodes :
Bref ! J’arrête de tout recopier : allez-y donc voir et écouter !!!
29.06.2026 à 18:52
AdelineDL
L’observatoire des libertés associatives a été créé en 2018 dans l’objectif d’observer et analyser les entraves auxquelles les associations font face. Afin de nourrir ce travail, les associations qui subissent des entraves sont invitées à témoigner de façon confidentielle : faites-le, c’est important.
À partir du travail qu’il réalise, l’observatoire diffuse des outils et ressources qui peuvent être très utiles pour le monde associatif aux prises avec des entraves explicites ou à bas bruit.
Des rapports et des notes, parmi lesquelles :
Des épisodes de podcasts tirés du séminaire qu’il organise :
02.01.2026 à 09:43
AdelineDL
Je reproduis ici le Politest, un test pensé par Laurent Cald, qui permet de confronter des positions politiques de droite et de gauche, et de se positionner. Évidemment, c’est simplificateur, mais il ne me semble pas que ce soit caricatural. Et surtout, c’est un support qui peut être utile pour lancer des discussions collectives sur les différentes orientations possibles dans une société.
Ce test peut se réaliser en ligne, ce qui permet d’en obtenir le « résultat » automatiquement.
Il a par ailleurs été décliné dans un livre aux éditions Max Milo + en poche aux éditions J’ai Lu.
J’en reproduis les questions ci-dessous : 12 questions portant sur différents thèmes (les impôts, la religion, la lutte contre la délinquance…), avec à chaque fois plusieurs propositions (entre 3 et 5 selon les thèmes).
Pour chaque question, notez sur une feuille votre réponse (a, b, c…)
Pour vous, le plus important pour se sentir proche d’un parti ou d’une personnalité politique, c’est de partager les mêmes convictions sur :
Tous les thèmes abordés dans le questionnaire servent à vous situer sur trois axes gauche-droite :
Ces axes sont indépendants les uns des autres : vous pouvez être à droite sur le premier, à gauche sur le deuxième, et au centre sur le troisième.
Pour vous situer sur un axe, faites la somme des points correspondant à vos choix sur chacun des thèmes se rapportant à l’axe. Pour certains choix, les points sont inférieurs à zéro (–1, –2), pour d’autres, les points sont supérieurs à zéro (+1, +2), pour d’autres enfin, les points sont égaux à zéro.
Êtes-vous plutôt favorable à l’intervention de l’État ou plutôt favorable au désengagement de l’État ?
Résultat :
Calculez vos points :
Êtes-vous plutôt « conservateur » (favorable à un certain respect des normes établies) ou plutôt « laisser-faire » (favorable à la liberté de chacun de ne pas tenir compte de ces normes) ?
Résultat :
Calculez vos points :
Quelle importance accordez-vous au contexte dans lequel une personne évolue pour comprendre qui elle est et comment elle se comporte ? Quelle est la part du contexte et quelle est la part de notre responsabilité individuelle dans ce qui fait notre identité ?
Résultat :
Calculez vos points :
(Attention : le thème n°2 concerne deux axes à la fois)
L’un des trois axes peut être plus important pour vous : cet « axe principal » est déterminé par votre choix à la question facultative.
Résultat :
Sinon :
Sinon :
Vous vous situez du côté de votre « axe principal ».
26.10.2025 à 14:47
AdelineDL
À propos de :
L’atelier des miracles
Les activités cachées d’un atelier d’auto-réparation de vélo et de couture
De Benjamin Pichot-Garcia
Publié aux éditions des trois canards en 2024
Plus d’infos (dont les points de distribution) ici
Ce livre est formidablement inspirant : il parvient à rendre visible tout ce que des activités collectives permettent de construire en termes d’émancipation et de transformation sociale, si on s’en donne la peine, si on parvient à en prendre le temps. Toutes ces choses minuscules et immenses qui sont si difficiles à nommer, qui sont impossibles à faire rentrer dans les indicateurs chiffrés, que nous ne devons jamais dénigrer malgré les urgences qui nous assaillent, car il n’y a pas de raccourci. C’est un livre qui nourrit l’énergie d’agir au quotidien, de s’impliquer au long-terme dans le lent travail collectif qui cherche à transformer ensemble le réel. Un très bel exemple de pratiques collectives d’éducation populaire à visée de transformation sociale.
Alors qu’il y a peu je chroniquais l’ouvrage En dehors des murs – Regards croisés en pédagogie sociale, je continue sur ma lancée avec L’atelier des miracles. Le lien entre ces deux livres ? La façon claire, limpide et plaisante à lire dont ils donnent à voir l’invisible de ce que sont des pratiques ambitieuses, tenaces et joyeuses d’éducation populaire et de pédagogie sociale, et ce qu’elles contribuent à construire en termes d’émancipation et de transformation sociale. En décrivant l’ordinaire de Récup’R, l’atelier d’autoréparation bordelais dans lequel il travaille depuis plus de quinze ans, Benjamin Pichot-Garcia parvient, en s’appuyant sur la quarantaine d’entretiens qu’il a réalisés avec les personnes qui font vivre l’association, à nous donner à voir les « innombrables petits miracles qui s’y produisent quotidiennement ».
L’atelier des miracles est sous-titré Les activités cachées d’un atelier d’auto-réparation de vélo et de couture, et c’est tout à fait cela que nous partage Benjamin Pichot-Garcia : si l’auto-réparation de vélo et la couture sont les activités visibles de l’association bordelaise Récup’R, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg : sa face cachée est immense et immensément riche, or elle est difficile à nommer et à décrire. Et Benjamin nous le dessine, cet iceberg, puisque l’ouvrage est ponctué de très chouettes et poétiques lithographies, linogravures, collages et dessins. C’est ce livre, sans en rien couper, qu’il faudrait envoyer aux institutions qui demandent des bilans et des évaluations, car comment faire plus court que cela si on veut vraiment tâcher de décrire ce qu’il se passe et ce que produit un atelier d’auto-réparation de vélos et un atelier de couture, au quotidien et au long-terme ?!
Situant l’activité de Récup’R au sein de la « grande Histoire » de nos sociétés, de l’écologie politique au mouvement punk, et nous proposant ainsi une lecture politique de cette histoire, l’auteur affirme les valeurs, les idéaux, la visée politique et sociale de l’association et la façon dont celles-ci structurent les pratiques. Certes réparer des vélos et faire de la couture est important, en soi : la réduction des déchets est indéniablement au cœur du projet de Récup’R. Mais l’essentiel, le fondamental, est ailleurs et il ne se perçoit pas la première fois qu’on passe la porte du lieu. C’est cet essentiel qui fait que les personnes reviennent, restent, s’impliquent.
Lire L’atelier des miracles, c’est se donner du courage et des arguments pour continuer d’œuvrer sans relâche à rebours des dispositifs et des indicateurs imposés par la doxa néolibérale ; pour se convaincre de l’utilité de l’action menée dans les petites associations qui, sans relâche, réunissent des personnes diverses, favorisent l’entraide, le dialogue, la mise en question de la société, la dignité et l’action. Pour défendre cela, Benjamin Pichot-Garcia insiste sur la nécessité que les associations deviennent davantage revendicatives et subversives, pour ne pas renoncer et se résigner, pour ne pas se soumettre.
Les personnes qui viennent à Récup’R sont très diverses et très différentes entre elles. Par ailleurs l’association emploie des salarié·es, or le salariat se définit par un rapport de subordination. Comment penser la division du travail, la démocratie et l’autogestion quand il y a de telles différences, et même de la subordination ? Comment prétendre à l’horizontalité, à l’égalité, quand on n’est pas identiques ? Ce sont des questions que l’on préfère souvent éviter car on a peur du conflit. Or ce sont des questions politiques : toustes y sont confronté·es en s’investissant dans l’association, et c’est ensemble et en pratique qu’il faut rechercher des voies pour y répondre.
Les sujets politiques ne manquent pas : « faut-il gérer les nuisances ou les supprimer ? Faut-il utiliser Facebook et Instagram pour communiquer sur les activités de l’association ? Faut-il réparer les vélos électriques ? » Voilà quelques débats qui traversent Récup’R. Et puis il y a les inévitables propos racistes, islamophobes, anti-pauvres-qui-profitent, sexistes : réunir largement signifie agir aux côtés de personnes aux convictions et/ou aux normes différentes. Là aussi, comment réagir, sans être ni dans le sectarisme et l’entre-soi ni dans l’humanitaire charitable et paternaliste ?
Et dans la cuisine, lieu invisible mais tellement important, car appropriable et sécurisant. « Qui fait le ménage ? Qui devrait le faire ? Est-ce à chacun de faire sa vaisselle ou est-ce qu’on devrait la laver à tour de rôle ? Comment gérer collectivement le frigidaire ? Est-ce que tout est à tout le monde, ou est-ce que chacun·e gère sa partie ? »
Benjamin Pichot-Garcia démontre comment tout, dans Récup’R, crée des occasions pour « observer, comprendre et peut-être transformer la société ». Et ce qui guide tout cela, c’est d’une part la volonté de « ne pas creuser d’écarts entre celles et ceux qui pensent et celles et ceux qui font », et d’autre part l’ambition « d’œuvrer au renversement du rapport de force dans la société ».
Pour tout cela, le vélo est un prétexte, comme la couture, comme les fanzines, comme les repas, comme tant d’activités. Des activités importantes, réalisées avec sérieux car elles ont du sens et qu’elles produisent de l’entraide concrète. Mais ce sont aussi des portes d’entrée pour se rencontrer, tisser du lien et ouvrir l’imaginaire d’un monde qui serait différent. Un monde sans voitures, autogéré, sans dominations, par exemple, comme le veut la Vélorution ! On vient pour réparer son vélo et « on se retrouve à se poser des questions sur le féminisme, sur la mixité et la non-mixité » : « la bicyclette est un cheval de Troie pour être au plus près du terrain, pénétrer la forteresse de l’ordre social et la démolir de l’intérieur ».
Benjamin Pichot-Garcia présente Récup’R comme un lieu « pour que chacun·e s’entraîne à penser et agir en collectif, imagine des solutions et les mette en œuvre à petite échelle ». Un lieu où on ne sépare pas « la résilience, la résistance et la contre-attaque », où on les construit dans le même mouvement. Parce qu’agir, être dans l’action, cela permet de mieux tenir le coup face aux difficultés de la vie. Parce que faire ensemble, c’est rompre avec l’isolement, se construire un réseau d’amitiés, partager ses craintes et ses joies avec d’autres, participer à quelque chose d’utile. Parce que tout cela peut amener à changer la façon dont on hiérarchise les valeurs, à saper discrètement (mais efficacement) l’ordre public, à relever la tête. C’est que « tout dépend de notre nombre et de notre capacité à nous lier, à nous rencontrer, à nous enrichir les un·es les autres, à nous faire confiance ».
Cet invisible, cette épaisseur du travail, cela ne se rationalise pas,ne s’explicite et ne se décrit que difficilement (ou alors en 266 pages !) : c’est la partie immergée de l’iceberg. Or les contraintes institutionnelles, et même les réflexes que l’on peut avoir intégré, poussent à faire primer les visions gestionnaires et techniciennes sur la possibilité de la créativité et de l’ouverture. Ce qui se joue là, nous dit Benjamin Pichot-Garcia, c’est la tension entre artisanat et industrie : entre intelligence, dignité, inventivité, bricolage d’une part, et rationalisation, machinisation d’autre part. Or pour résister au rouleau-compresseur de la normalisation, Benjamin Pichot-Garcia défend qu’il faut un minimum de culture du rapport de force et du conflit, ce dont le secteur associatif est bien dépourvu. Que ce soit du côté des bénévoles ou des salarié·es (dont le taux de syndicalisation est extrêmement faible), l’associatif est un secteur qui veut rester en-dehors de tout ça. Sauf qu’on ne peut rester en-dehors d’un combat dans lequel on est pris, qu’on le veuille ou non.
Cette tentation de l’« en-dehors » pousse bien souvent les associations à préférer régler leurs problèmes « en famille » plutôt que de revendiquer une meilleure reconnaissance et davantage de moyens.
La volonté démocratique est forte, mais il y a peu d’habitude de réflexivité, de retour sur les pratiques. Benjamin Pichot-Garcia prévient : cela mène à une fuite en avant, à gérer au jour le jour. La tendance à construire les relations sur la base de l’émotionnel et de l’affinitaire entraîne une incapacité à politiser les questions. Beaucoup parlent de Récup’R comme de leur famille ou de leur seconde maison : or la famille, si elle est un cadre de solidarité, est aussi un cadre de puissants non-dits. La difficulté à ouvrir des discussions d’ordre politique et à élaborer des positions collectives crée un flou et entraîne des ballottements dommageables pour les individus et pour l’association. Car comment arbitrer entre les différentes valeurs qui traversent l’association : les valeurs de l’artisanat, qui invitent au travail bien fait, de bout en bout ; les valeurs productivistes, qui poussent à produire au plus vite pour faire de l’argent ; et les valeurs associatives qui valorisent la convivialité et l’ouverture à toustes quelles que soient les compétences ? Sans discussions sur ces valeurs, sans discussions politiques, les désaccords et conflits sur le travail et son organisation se transforment bien souvent en conflits interpersonnels.
Alors qu’il y a quelques mois je chroniquais le livre de Cyrille Bock qui décrit le phénomène de dépolitisation de l’animation socio-culturelle, cet ouvrage de Benjamin Pichot-Garcia est un antidote enthousiasmant à l’inéluctabilité de cette dépolitisation. Et cela commence par refuser radicalement « la dévalorisation des travaux manuels, l’invisibilisation du travail des femmes, des migrant·es, des handicapé·es, des personnes âgées, des classes populaires, le mépris qu’on porte souvent à celles et ceux qui vont plus lentement ou différemment, la dévalorisation des personnes et des choses abîmées, cabossées, rapiécées, d’occasion. » L’atelier des miracles est un magnifique plaidoyer contre le mépris : « cette histoire d’atelier d’auto-réparation n’est pas farfelue, elle ne vient pas de nulle part, elle s’appuie sur l’expérience solide d’un réseau qui a plus de 10 ans d’expérience et dont les bienfaits en termes d’écologie, de solidarité et d’éducation populaire ne sont plus à démontrer. Et même, plus largement, cette mouvance de l’autoréparation vient d’une Histoire encore plus ancienne et plus grande, celle des travailleurs, des femmes et des hommes qui s’émancipent, s’organisent et résistent. »
Dans cette période où les idéologies haineuses ont le vent en poupe et où personne, surtout pas les associations, ne peut prétendre « être neutre », cela fait beaucoup de bien et procure une précieuse énergie de lire dans L’atelier des miracles tout ce que peut créer un engagement collectif quotidien et au long terme pour l’émancipation et la transformation sociale.
L’atelier des miracles
Les activités cachées d’un atelier d’auto-réparation de vélo et de couture
De Benjamin Pichot-Garcia
Publié aux éditions des trois canards, 2024
266 pages
12€
Plus d’infos (dont les points de distribution) ici
30.09.2025 à 14:55
AdelineDL
Dans les associations et dans les organisations militantes, des bénévoles travaillent. Depuis une quinzaine d’années, il est désormais reconnu que le travail, et notamment son organisation, peut donner lieu à de la souffrance psychique (la cause est organisationnelle, la conséquence touche à la santé psychique des individus) : on parle aujourd’hui de risques psychosociaux, et les employeurs ont la responsabilité de les prévenir.
Qu’en est-il dans les associations et les organisations militantes ? Tout comme les travailleureuses salarié-es, les bénévoles peuvent souffrir d’une organisation du travail défectueuse voire maltraitante, et en payer les conséquences en faisant ce qu’on appelle un burn-out.
Dans ce livre, les chercheureuses Hélène Balazard et Simon Cottin-Marx font le point sur les symptômes et les causes du burn-out dans le milieu associatif, et proposent des pistes pour tâcher collectivement de le prévenir.
Un livre à mettre entre toutes les mains, et un travail à prendre en charge collectivement dans toutes nos organisations.
Un reportage de Manon Mella, journaliste à France Inter.
30.09.2025 à 14:23
AdelineDL
Un podcast en 9 épisodes initié par la Fédération des centres sociaux de la Loire et de la Haute-Loire, dont je conseille l’écoute. Je ne suis pas fan de l’expression « gouvernance », mais questionner celle-ci fait justement partie du propos de cet excellent podcast. À mettre en les oreilles de toustes celleux qui s’interrogent sur le fonctionnement de leur organisation, quelle qu’elle soit, et sur la façon de penser le pouvoir, les prises de décision, l’élaboration collective, l’efficacité, le rapport au temps, etc.
Bonne écoute !
Épisodes :