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Démissionnaire de Microsoft. Chronique les dernières absurdités ourdies par nos maîtres non-élus, de Zuckergerg à Bezos, de Altman à Musk.
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11.02.2026 à 07:08

Jour de grève chez Ubisoft, et autres joyeusetés vidéoludiques

Thomas Beaufils

Au menu d'Absurditech aujourd'hui : la grève chez Ubisoft pour le salé 🧂 et des jeux "low-tech" & "solarpunk" pour le sucré 🍰
Texte intégral (7533 mots)
Jour de grève chez Ubisoft, et autres joyeusetés vidéoludiques

Jour de grève chez Ubisoft, et autres joyeusetés vidéoludiques

Jour de grève chez Ubisoft, fleuron français du jeu vidéo et « sanctuaire » qui s’effrite

En ce 11 février commence le deuxième jour d'une grève qui en comptera trois, chez Ubisoft. Elle fait suite à un appel commun lancé par les syndicats Solidaires-Informatique, STJV (Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo), CFE-CGC, CGT et Printemps écologique, en réponse à des annonces de suppressions de postes, de réorganisation plus large de l'entreprise et de mise à bas d'accords clés avec les salarié•es.

La grève aurait été suivie par au moins 1200 personne hier, selon le STJV. Elle intervient surtout dans la période de crise la plus intense que l'entreprise ait jamais connue... alors même que la crise est presque quotidienne depuis plusieurs années maintenant pour les quelques 17 000 employé•es d'Ubisoft, dont 4000 en France.


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Quelques éléments de contexte d'abord : Ubisoft, c'est une entreprise menée depuis 40 ans cette année par Yves Guillemot, membre d'une fratrie de morbihannais qui a beaucoup investit dans le jeu vidéo français. Ubi, comme on l'appelle, c'est le plus gros acteur du JV hexagonale et de loin, et l'un des plus gros d'Europe.

Ubisoft, c'était surtout cette grosse boite de jeu vidéo qui faisait les choses différemment, des états-uniens notamment :

  • des emplois nombreux – Ubisoft est l’un des plus gros employeurs du secteur, ce qui reste unique au regard de son chiffres d’affaires – et surtout bien protégés
  • la créativité longtemps portée aux nues et au-dessus du business
  • des studios du monde entier collaborant sur des projets de natures et tailles variées.

Ubi, c'était une boite à l'image de son patron, Yves Guillemot, petit gars avec une certaine bonhomie, qui débarque avec son accent français et sa voix fluette pour parler de l'importance de la créativité et des créatifs, les "joyaux de la couronne" d'Ubisoft.

Dans le même temps, c'est aussi une structure qui résiste aux tentatives de rachats agressives d'Electronic Arts à la fin des années 2000, puis du Vivendi de Bolloré en 2015. Bref, on aime bien Ubisoft, surtout en France, territoire jamais avare de chauvinisme.

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Assassin's Creed, symbole des succès et des errements d'Ubisoft (ici Unity, dont les balades sur les toits de Paris ont inspiré jusqu'à la cérémonie d'ouverture des JO de Paris)

Puis la machine s'est enrayée. Résultats en berne, approche créative critiquée, scandales à répétition... Pour enfin en arriver à la crise actuelle, faite de vagues de licenciements et de fermetures de studios (choses que l'on pensait impossibles il n'y pas si longtemps). Faite de promesses brisées et de salariées sacrifiées, aussi.

Tous et toutes les analystes du milieu y vont depuis de leur avis sur les raisons de ce déraillement.

Pour certain•es, c'est surtout lié à la crise plus large que traverse "l'industrie du jeu vidéo".

Une crise auto-infligée, à mon humble avis, pour cette industrie se croyant trop belle et puissante. Notamment pendant et à la suite de la période du covid, mirobolante du point de vue des chiffres, mais qui n’était qu’une anomalie. Mais quand les chiffres sont gros, les vautours rappliquent : tout le monde a voulu sa part du gâteau, des gros acteurs chinois au fond souverain d'Arabie Saoudite, en passant par Amazon ou Netflix.

S'en est donc suivi une crise, où les actionnaires ont récupéré un max, les salarié•es ont trinqué un max, les gros acteurs non-endémiques ont, au choix, retiré leurs billes non sans avoir laissé beaucoup de monde sur le carreau, ou bien remis une très grosse pièce dans la machine... mais pour résumer : c'est le bordel.

Et si là-haut, ça se parachute doré, en bas de la chaîne, il ne fait plus bon être un travailleur du JV.

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Photo de la grève, hier, devant le siège mondiale d'Ubisoft, à Saint-Mandé (94)

À mes yeux, cette conjoncture a peut-être accéléré les problèmes d'Ubisoft, mais rien d'autre. La responsabilité repose sur les épaules seules de la direction de l'entreprise.

Et comme d'habitude dans ces cas là : les gaillards veulent sauver leurs sièges, quitte à balancer tous les autres passagers du bateau dans la flotte, quitte à revenir sur toutes leurs promesses.

Je vais en venir à la raison de cette conviction dans un instant. Mais je me dois d'abord d'évoquer mon rapport particulier à Ubisoft.


Ubi a été ma première boîte. J'y ai démarré en stage de fin d'étude, et après quelques péripéties, y ai enchainé quelques CDD avant d'y signer mon premier CDI, tout ça dans les locaux de Montreuil et Saint-Mandé, en bordure de Paris.

Je l'ai rejointe en 2012, juste après une incroyable conférence à l'E3, le plus grand salon du milieu à l'époque. C'était un rêve de gosse, tout simplement. Je rejoignais par la fenêtre (stagiaire attaché de presse) un domaine qui m'avait toujours attiré, parce que rentrer par la porte (devenir développeur) m'avait semblé impossible avec mon niveau misérable en maths (oui, c'est stupide).

J'y ai passé près de 7 années, à divers postes liés à la communication, principalement dans la division EMEA (Europe, Moyen Orient, Asie) de l'entreprise. J'y ai rencontré des gens passionnants, et pas mal d'ami•es conservé•es jusqu'à aujourd'hui, aussi. J'y ai voyagé dans de nombreux studios, j'y ai bossé sur des projets qui sont devenus d'énormes succès quand d'autres n'ont jamais vu le jour in fine. J'ai fait des E3 et des Gamescom, et j'y vivais une fast life tout à fait grisante.

J'y ai croisé Yves Guillemot à quelques reprises. Une personne que j'ai trouvé sympathique, qui m'a semblé s'intéresser véritablement à ses "ouailles". Il prenait souvent la parole devant les employé•es, à l'époque, avec une certaine bonhomie, là encore.

Il n'avait pas la froideur que j'ai pu retrouver chez beaucoup de grands pontes à l'américaine (je vous raconterai un jour ma seule réunion avec Brad Smith, le numéro 2 de Microsoft... Mais pas aujourd'hui).

Guillemot, je me souviens qu'on l'appelait Tonton Yves, avec mes collègues. Il est né la même année que mes parents, ce qui renforçait peut-être cette impression "familiale".

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Ma tronche à l'E3 2016, il y a bientôt 10 ans donc 😱 Petit badge "We Are Ubisoft", filtre Instagram dégueulasse tout à fait d'époque à l'appui.

Mais je n'y ai pas vu et vécu que des trucs cools, chez Ubisoft.
Et on va en revenir à ce qui à mon avis est la raison de tout ce merdier.

En 2020 intervient le début des "embrouilles" pour Ubisoft. Libération révèle alors des récits de harcèlements et d'agressions sexuelles menés par certains cadres dirigeants de l'entreprise, notamment au sein de sa toute puissante "équipe éditoriale" basée à Paris, qui a alors le droit de vie ou de mort sur tous les projets menés chez Ubi.

Face à ce scandale, les réactions internes et externes de l'entreprise sont catastrophiques. Les profils mis en cause, protégés par les RH avant les révélations dans la presse, le sont toujours par la suite. Guillemot lui-même fera tout pour maintenir Serge Hascoët (directeur dudit "pôle édito") à son poste, malgré les accusations. Hascoët, qui a depuis été condamné à 18 mois de prison avec sursis et 45 000€ d'amendes.

Ce qui commence à se faire jour, c'est le revers de la médaille des discours d'Yves Guillemot sur les "créatifs" d'Ubisoft : on les protégera quoi qu'il arrive, quoi qu'ils fassent. Les "joyaux" d'Ubisoft sont plus important que tout le reste, peu importe si leurs comportements impactent négativement tout le reste de l'entreprise.

Dans la foulée, les langues se délient et nombre de scandales sont révélés, en France et au Canada notamment. Affaires de harcèlement moral et sexuel, toxicité manageriale généralisée, équipes des ressources humaines qui protègent les auteurs des méfaits et n'écoutent pas les victimes, direction qui ne mesure pas le malaise interne...

La boite sympatoche n'est peut-être pas si sympatoche que ça.


La toxicité et les errements manageriaux et RH d'Ubisoft, j'en ai eu des preuves sous le nez un bon bout de ma carrière dans l'entreprise, au delà du fait que la boite (en France en tout cas) était connue pour payer mal versus la qualité et la quantité de taff demandé ("métier passion", tu connais).

Je n'ai rien vécu de comparable avec ce qui a pu être décrit par d'autres. Pour autant, des boss toxiques, j'en ai eu et j'en ai vu quelques-un•es, chez Ubi.

Cependant, je pense qu'à l'époque, la tête dans le guidon, je ne réalisais pas être confronté à de tels comportements (a contrario, je les ai très bien identifiés sur le coup, ensuite, dans une boite comme Microsoft).

Pourtant il me semble évident aujourd'hui que ces comportements avaient des conséquences désastreuses, sur les gens qui les subissaient bien sûr, mais plus largement sur toute la boite.

À mon époque, la structure de la boîte elle-même était malsaine : le pôle publishing (où j’ai principalement évolué et qui incluait l’édition, le marketing et la communication) était ainsi divisé en deux parties, l'une basée à Paris, l'autre à San Francisco. L'une dirigée par un pote d'enfance d'Yves, l'autre par son cousin. Ça ne s'invente pas.

En substance : les européens contre les ricains, et autant vous dire que ça ne se passait pas dans la joie et la bonne humeur. Une espèce de compétition interne stupide éminemment contre-productive, et productrice de stress et de tensions pour tout le monde.

Ajoutons enfin que, sans arriver partout au niveau décrit dans le cas du "pôle édito", l'ambiance de boys club chez Ubisoft était indéniable. C'était mon premier boulot après l'école, alors ça non plus je ne l'ai pas compris tout de suite.

Mais au bout d'un moment, on se rend compte que ça n'est pas normal d'entendre les mêmes vannes dans un open space de boulot que quand tu traînais au pub avec tes camarades de classe de 20 piges à peine. Protéger les créatifs chez Ubisoft ? Peut-être, m'enfin c'était plus facile si vous étiez un mec.

Précisons sur ce dernier point que j’ai quitté la boite il y a 8 ans, et que l’ambiance aurait pas mal évoluée depuis… dommage qu’il ait fallu en arriver là pour que les choses bougent.

Bref, le plus important pour conclure cette partie : mes pensées aux victimes et toutes celles, tous ceux qui ont eu à subir des comportements déplacés au fil des années.

C'est à la suite de ces scandales que le fonctionnement interne d'Ubisoft, au delà de la toxicité que nous évoquions, est mieux compris à l'externe et notamment par la presse. Elle permet d’expliquer certains errement de l’entreprise.

La fameuse "équipe édito" qui faisait la fierté de l'entreprise n'était ainsi pas seulement dirigée par des individus peu recommandables. Elle est aussi à la source des obsessions stratégiques d'Ubisoft, de son orientation vers les gigantesques "monde ouvert" avec des mécaniques copiées d'une licence à l'autre. Ce qui deviendra la marque de fabrique d'Ubisoft avant de devenir une recette moquée pour sa répétitivité, et précipitera l'entreprise vers ses difficultés actuelles.

Idem avec cette envie, de la part du siège bien plus que des studios eux-mêmes, de suivre les tendances sans en maitriser les tenants et les aboutissants, et toujours avec un temps de retard.

Ou bien de vouloir créer des jeux pouvant plaire à tous les types de joueuses et de joueurs, alors même que celleux-ci sont de plus en plus exigeant•es et segmenté•es, sur un marché plus compétitif que jamais.

De la même manière, les tensions que j’avais pu ressentir en tant que membres des équipes publishing d’Ubi n’était pas un cas isolé. Pour en avoir discuté régulièrement au fil des années avec des gens en place chez Ubisoft, cette idée de « diviser pour mieux régner » reste un leitmotiv pour Yves, et dessine en creux le fonctionnement d’Ubisoft depuis très longtemps.

Europe contre US, mais également siège contre studios (un fonctionnement dont l’existence de l’équipe édito était l’un des symboles les plus forts), ou studios en bisbilles constantes avec le publishing

Voilà qui permettait à Tonton Yves d’être celui qui tranche in fine, avec un niveau de micro-management qui semble délirant pour une entreprise de cette taille. Difficile ensuite de nous faire croire qu’il ne savait pas ce qu’il se passait lors des divers scandales cités, mais passons.

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Serge Hascoët, boss du pole édito d'Ubisoft, le 2 juin au tribunal de Bobigny. (Xavier Galiana/AFP)


Depuis 2020, Ubisoft est en tout cas en perte de contrôle complète. La toxicité et les errements d'un leadership créatif hors-sol et imbu de lui-même, doublé du besoin de réunir des sommes importantes pour satisfaire des actionnaires en panique face à un cours de bourse au plus bas, a mené l'entreprise là où elle est aujourd'hui.

Où en est-elle, justement, l'entreprise ? Liste à la Prévert :

  • Parce que l'entreprise ne parvient plus à rassurer les marchés, elle se lance dans des montages financiers opaques qui semblent préparer la prise de contrôle de ses plus grandes licences par des acteurs externes, chinois notamment, ce qui n’augure rien de bon pour la suite (pour les salarié•es en tout cas).
  • Elle signe également des deals avec des acteurs à la moralité pour le moins discutable.
  • Elle ferme des studios et lance donc de larges campagnes de licenciements, abandonnant la politique qui en faisait une sorte de sanctuaire dans une industrie par ailleurs exsangue.
  • Elle assume la fin de la politique de télétravail qui a pourtant motivé de nombreux talents à rejoindre l'entreprise (et/ou à y rester malgré des salaires faibles par rapport à la concurrence), et cela malgré des promesses répétées de la direction sur le sujet ; et tout cela parce que Tonton Yves pense que les gens « bossent mieux en se voyant » alors même que le fait de faire bosser ensemble des studios séparés par des milliers de kilomètres fait partie intégrante de l’ADN d’Ubi depuis plus d’une décennie
  • Elle annule de nombreux jeux dont certains à quelques semaines de la sortie, ce qui démontre un manque de clairvoyance assez dramatique, notamment dans le cas du fameux remake de « Prince of Persia : les Sables du Temps », en développement depuis de nombreuses années

Comme d'habitude : ce sont les salarié•es de l'entreprise qui payent pour les décisions d'un leadership de plus en plus népotique (Tonton Yves place de nombreux membres de sa famille dans l'organigramme) et aux visées stratégiques désastreuses.

Pour conclure, je vous dirais tout de même que des solutions, je n'en ai pas. Et qui serais-je pour en avoir. L'avenir va être plus que cahoteux, même si le management déconnecté de l'entreprise (et principalement Yves) prenait enfin une bonne décision, en se retirant.

Il faudra en tout cas du courage aux employé•es d'Ubisoft. Qu'iels soient uni•es dans la crise. Parce que la disparition d'Ubisoft serait une catastrophe pour le jeu vidéo français, mais également bien au delà de nos frontières.

Ubisoft était une belle exception créative française. Une exception, on l'a compris trop tard, construite sur des privilèges en son sein – quoi de plus français, finalement.

Ubisoft était aussi un sanctuaire pour ses employé•es, au sein d’une industrie devenue folle. Mais l’entreprise n'est plus désormais qu'une banale tragédie dans l'industrie du jeu vidéo international : des salariées sacrifiées par un leadership déconnecté alors que la faute lui revient presque intégralement.

Soutien aux grévistes.

Et solidarité avec les petites mains de la boite. Toujours.
Comme dans toutes les boîtes de la tech, du gaming, et du reste.

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Telex spécial jeu vidéo :


Tout le monde se pose la question des liens qu'entretient son terrain de prédilection avec les Espstein Files. Côté jeu vidéo, il n'y a qu'un seul article à lire, c'est celui là.  ✂️  Après les réseaux sociaux, Macron s'attaque aux JV, en oubliant ses demandes et déclarations passées, et en prenant le problème par le mauvais bout, comme d'hab.  ✂️  Suite à l'annonce par Google de sa nouvelle "IA générative d’univers interactifs", Genie 3, les cours des entreprises du JV ont chuté en bourse... alors qu'il n'y a pas besoin de creuser longtemps pour voir que c'est du flan.  ✂️  Le retard annoncé par Steam de ses "Steam Machines" pour cause de problèmes d'approvisionnement en composants va peut-être permettre à certain•es de réaliser l'impact de l'IA générative sur nos ressources. ✂️ Discord anticipe les conneries des autres en les faisant siennes. Génies. Heureusement, il y'a des alternatives.

Et une vanne de qualité pour conclure notre partie salée 😇

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Jour de grève chez Ubisoft, et autres joyeusetés vidéoludiques

Par bonheur, le jeu vidéo, ce ne sont pas que des "AAA" et des vagues de licenciements.

Si le jeu vidéo indépendant souffre aussi de la crise que nous avons évoqué plus haut (notamment à cause des gros acteurs qui retirent leurs billes après avoir fait miroiter monts et merveilles), il n'a pour autant jamais été aussi dynamique et porteur de créativité.

Car désormais, et c'est sans doute une preuve de la nouvelle maturité de ce medium, c'est de créateurs et créatrices indépendant•es que vient l'innovation dans la majeure partie des cas.

Dans ce contexte bouillonnant, le jeu vidéo ne pourrait-il pas, de par son interactivité intrinsèque, devenir le meilleur moyen d'éduquer aux nécessaires changements qui arrivent ?

Et si ce medium impulsait sa mue pour sortir des mêmes formules usitées, de Call of Duty (tuer) à Pokémon (chasser) en passant par Civilization (coloniser) ?

Découvrons ensemble quelques douceurs vidéoludiques aux saveurs low-tech, bio-punk et sacrément innovantes, sorties ces derniers mois.

Synergy

Les jeux de gestion et autres "city builder". Il n'y a pas beaucoup de styles de jeu plus marqué par l'imaginaire colonial. C'est toujours à peu près la même sauce : on arrive sur une carte, on y construit des tonnes de trucs en allant défoncer toutes les ressources d'un petit coin de paradis, en tachant de garder les finances dans le vert et la satisfaction de nos administré•es à un niveau correct.

Mais il y a des exceptions, et c'est le cas de Synergy ! Au delà de son identité visuelle très inspirée par Mœbius, l'idée est ici de développer son village, certes, mais en y respectant et même en s'adaptant un écosystème difficile. Cette quête d'harmonie bio-punk est même constitutive du gameplay : la granularité des mécaniques va jusqu'à nous laisser choisir la méthode de récolte des plantes et ressources naturelles dont nous avons besoin, pour s'assurer d'impacter le moins possible notre environnement.

En promo à 12,49€ sur GOG 🇪🇺

PS : le studio derrière Synergy vient de mettre la clé sous la porte... 

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Flotsam

Pour rester dans le genre, on peut aussi citer le récent Flotsam, où l'on assemble une ville flottante à partir des déchets abandonnés par une (notre) société de consommation, après une montée des eaux visiblement assez dramatique. Alors, c'est d'une certaine manière du post-apo, m'enfin ce n'est pas Waterworld. Ici, on ne fait pas du jet ski pour harponner des pirates adverses, on part plutôt à la pêche aux composants en naviguant tranquillement d'îles en îles et en récupérant au passage les survivants qui y sont isolé•es.

Y'a un truc tout à fait poétique à voir ses ouailles recycler le plastique et le bois pour en fait la future place de votre village flottant et faire pousser des salades au milieu de l'océan. C'est très détente, et ça donne presque envie que l'eau grimpe un peu pour noyer quelques côtes trop bétonnées 😘

22,99€ sur GOG 🇪🇺

Bonus : dans le genre, on peut aussi citer les castors dépollueurs de Timberborn ou bien la création de village à dos de monstre géant de The Wandering Village.

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Spilled

Passons de l'eau salé à l'eau douce, avec Spilled! Un petit jeu où l'on dirige un bateau sur les eaux polluées d'une rivière. Notre but y est simple : dépolluer ladite rivière ! Développé en solo par une artiste néerlandaise sur son propre bateau (ça ne s'invente pas), Spilled! est une courte (ça se boucle en 1h) mais plaisante expérience, qui pourrait d'ailleurs tout à fait convenir à des enfants.

Avec notre petite embarcation, bardée d’un petit panneau solaire et de divers équipements étonnants, on nettoie donc les eaux fluviales couvertes de déchets et de nappes de pétrole, on y repêche des fûts abandonnés, on éteint des incendies, on sauve des animaux et on restaure la vie sous-marine au passage.

Au fur et à mesure de nos avancées, on ajoute des améliorations à notre bateau pour aller récupérer des déchets sous l’eau ou arroser des cibles à distance. Bon le final en mode Sea Shepherd est un peu moins cohérent, mais cela reste une aventure agréable et originale de par sa thématique, avec un décor un brin solarpunk, convoquant nature et installations renouvelables.

5,89€ sur Steam.

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Trois Rivières 

Pour rester dans la dimension dépollution et éducation, on avait déjà parlé du très mignon "Alba" l'été dernier. Voici une autre proposition, gratuite mais surtout utile. C'est Trois Rivières, un jeu à visée éducative qui se boucle en 30 minutes et traite des impacts environnementaux et sociaux de la fabrication des équipements numériques (mine, usine d'assemblage, usine de recyclage) et les conséquences de ces industries sur notre écosystème. Top pour les jeunes ados notamment.

Pour y jouer, rien de plus simple, il suffit d'avoir un navigateur sur son ordi ou son mobile, et c'est parti : https://www.trois-rivieres.net/

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Caravan Sandwitch

Finissons cette liste avec un autre titre made in France. Et ça se voit, avec un environnement fait de calanques et de références au sud de la France, jusque dans les noms des personnages, en variantes de plantes aromatiques. Nous y jouons donc Sauge, qui revient sur sa planète natale de Cigalo, abandonnée par un "Consortium" colonisateur.

Cigalo, on y vit dans une débrouille joyeuse, en bonne intelligence avec les populations natives pourtant grandement éprouvées. On profite du paysage, on répare des machines, on aide des robots à stocker leur data en local... Bref, c'est du perma-computing low-tech sous le soleil, et ça change un peu des thématiques habituelles des jeux d'aventures !

24,99€ sur GOG 🇪🇺

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Dialogue très "numérique responsable" dans Caravan Sandwitch
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On s'y pose aussi des questions parfaitement low-tech

PS : vous trouverez ici une liste Sens Critique que je complète régulièrement avec de nouveaux jeux couvrant l'écologie de manière générale.


Pour conclure, parlons un peu d'autre chose que de jeu vidéo. Parce qu'une création récente m'a donné envie de jouer à un jeu de gestion où il s'agirait d'adapter nos villes au changement climatique : le documentaire "France : il était une fois demain" diffusé récemment par France TV !

Pour certain•es, ce documentaire réduit la transition écologique à un enjeu de désirabilité. Et honnêtement, je ne trouve pas non plus qu'il soit parfait : il verse parfois dans l'optimisme béat et le techno-solutionnisme simpliste : les paquebots nucléaires ou à hydrogène, bon... (même si ça ne va pas aussi loin que Terra Nil, par exemple).

Mais ce docu franchement solarpunk propose surtout d'imaginer un avenir plus positif que ce que l'on voit et entend partout, avec des solutions astucieuses et des explications claires. Et je pense que beaucoup de français ont besoin de ça pour s'engager vers des changements.

La transition écologique ne se limite certes pas à la désirabilité. Mais la désirabilité est importante néanmoins !

À noter : ce docu utilise l'IA générative sur quelques plans, et c'est déjà  trop, même si la grande majorité des visuels sont fait par des artistes. Mais ces plans utilisant l'IA générative ont au moins le mérite d'être clairement signalés pour ce qu'ils sont, et ils ne présentent (astucieusement) que les solutions trop couteuses et peu imaginatives (digues géantes devant Etretat, domes au dessus des villes...).

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À bientôt,

Thomas ✊

PS : Absurditech est garanti sans IA générative, pas sans fautes

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02.02.2026 à 07:24

Interdire l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux : la fausse bonne idée

Thomas Beaufils

Lundi dernier, il y a tout juste une semaine, l'Assemblée Nationale adoptait l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Un texte qui proscrit également l'utilisation des téléphones mobiles dans l'enceinte des

Texte intégral (2921 mots)
Interdire l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux : la fausse bonne idée

Lundi dernier, il y a tout juste une semaine, l'Assemblée Nationale adoptait l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Un texte qui proscrit également l'utilisation des téléphones mobiles dans l'enceinte des lycées. Le texte doit également passer au Sénat, mais comme les parlementaires ne s'émeuvent généralement que des restrictions qui les touchent très directement, on se doute déjà de l'issue de leur vote.

La ministre déléguée chargée du numérique, Anne Le Hénanff, souhaite en tout cas que cette interdiction prenne effet dès la rentrée scolaire 2026, pour toute nouvelle inscription sur les réseaux sociaux en question. Mais également que ces plateformes vérifient l'âge de l'intégralité de leur base d'utilisateurs (ça veut dire vous toutes et tous, pas que vos gamin‧es, cher‧es abonné‧es) d'ici au 1er janvier 2027.

Il y a quelque temps, je vous avais parlé d'une annonce initiale sur le sujet par Macron et Catherine Vautrin (qui n'est plus ministre de la santé depuis, mais doit sûrement être ministre d'autre chose désormais), et des réactions qu'elle avait suscité. Je disais à l'époque : "mon point ici, honnêtement, ne va pas être de donner les bons et les mauvais points à chacune des positions. J'ai des convictions, mais je ne pense pas connaitre le sujet assez en profondeur pour trancher de manière claire."

Près de 6 mois plus tard, j'ai eu le temps d'en lire pas mal sur le sujet, et autant vous dire que je peux maintenant trancher :

Si cette décision part probablement de bonnes intentions et n'est donc pas absurde stricto sensu, elle n'en constitue pas pour autant une bonne idée.

Bien au contraire. 

Cette décision, aussi attirante soit-elle sur le papier, sera à mon humble avis contre-productive, et même dangereuse. Et cela pour plusieurs raisons... et aussi parce qu'on a des exemples pour s'en persuader.

Déjà, cette décision n'empêchera pas une grande partie des jeunes d'accéder aux réseaux sociaux s'ils ou elles le souhaitent vraiment. Pas besoin de dessiner des conjectures floues : c'est exactement ce qui est en train de se passer en Australie, où une interdiction similaire a été mise en place il y a quelques semaines. Si il est encore tôt pour en tirer des conclusions fermes, les premiers résultats sont parlants :

  • Une migration prévisible vers des applications non couvertes par la loi et donc encore moins encadrées que les réseaux initiaux
  • L'utilisation de VPN pour tromper la géolocalisation des outils de contrôles – ce qui reste un jeu d'enfant, c'est le cas de le dire
  • La production de faux documents d'identité pour tromper le contrôle, faux qui sont d'autant plus faciles à produire depuis l'avènement de l'IA générative

Surtout, les jeunes qui continueront à se rendre sur les réseaux sociaux le feront donc hors de toute législation, ce qui garantie aux plateformes de maintenir leur politique algorithmique délétère et prédatrice, et de pouvoir se dédouaner sans problème quand les enfants auront accès à du contenu violent ou humiliant, sexualisé voire pornographique... comme c'est déjà le cas aujourd'hui.

De plus, alors que l'on parle beaucoup des failles qui traversent notre société, quoi de pire que d'exclure la jeunesse de l'un des espaces d'échanges principaux de notre époque ? En l'obligeant à se créer de nouveaux espaces invisibles pour le reste de la population, leurs parents y compris ? D'autant plus alors que les espaces en lignes sont attaqués, à l'intérieur comme de l'extérieur, par des acteurs qui souhaitent en modifier l'angle et le ton : Musk avec TwiXter, fermes à bots russes ou iraniennes, "Tik Tokisation" de Bardella, etc.

Pour faire un parallèle qui vaut ce qu'il vaut : la politique française de prohibition et de repression limite-t-elle la consommation de cannabis ? Absolument pas, et au lieu de remplir les caisses de l'état, elle remplit celles de criminels. La comparaison reste bancale, mais elle illustre assez bien les risques auxquels nous nous exposons avec cette loi.

Mais ce n'est pas le pire : on l'a dit, pour mettre en place cette loi, il va falloir contrôler l'âge de TOUS les membres présents sur ces réseaux. Cela en poussera une frange minoritaire et éduquée aux risques à quitter ces réseaux, ce qui est sans doute une bonne chose...

Mais cela posera surtout un grand problème démocratique et de respect de la vie privée. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est rien moins que la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés), dès 2022.

Concrètement, un tel système va permettre à l'état de disposer d'un relevé très précis de qui fait quoi en ligne, jusqu'à nos informations les plus privées et sensibles, mais aussi de qui critique ses agissements, par exemple. Alors on entendra la rengaine habituelle : "je n'ai rien à me reprocher".

On en reparlera si le RN ou équivalent passe au pouvoir en 2027, cf ce qui se passe actuellement aux États-Unis. Pardon pour le point Godwin, mais c'est d'époque : qu'aurait pu faire l'ICE... pardon la Gestapo en 1930-40, si elle avait disposée d'une telle base de données ?

C'est d'autant plus vrai quand l'on sait que l'ICE utilise justement tous les outils technologiques possibles pour mener à bien sa terrible mission. Ce n'est pas comme si on n'avait pas prévenu.

Interdire l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux : la fausse bonne idée
Vous avez vraiment envie que ces gars là sachent tout de vous et de votre activité en ligne ?


Un autre point qui me semble important. Macron, à l'issu du vote, s'est fendu d'un tweet (lol) pour dire : "Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : c'est ce que préconisent les scientifiques." Vraiment ?

Comme souvent quand on essentialise la parole scientifique, c'est du pipeau. Il n'y a pas de consensus sur le sujet, et on a d'ailleurs vu certains profils, comme Danah Boyd à l'international ou Virginie Sassoon en France, rappeler des faits bien documentés sur les effets des réseaux sociaux : ils mettent au grand jour de réelles difficultés psychologiques, familiales, sociales que l'on avait du mal à identifier et quantifier. Il est plus facile, il est vrai, de couper cette source qui révèle les faillites de notre modèle, plutôt que régler le problème à la racine...

Avec de telles décisions politiques, tout ce que fait l'état, c'est s'acheter une paix auprès du grand public. Nos politiques pourront ainsi dire "on a fait quelque chose", et passer au prochain sujet polémique. Alors que leur décision ne règle pas le problème initial, et en créé de nouveaux.

Mais quelles seraient les solutions les plus efficaces, dans ce cas ?

La principale me paraît évidente : il faut RÉGULER. Les équivalents trumpistes de ce côté-ci de l'Atlantique voudraient nous faire croire que la régulation est une des faiblesse de l'Europe, c'est une force au contraire, cf le RGPD. Une force que les droites européennes sont en effet en train de détricoter par populisme et manque de courage.

Dans n'importe quel autre secteur d'activité, ce sont les fabricants qui doivent prouver que ce qu'ils proposent sur le marché n'est pas dangereux. Pourquoi cela serait différent pour la tech ? Pourquoi ne met-on pas ces entreprises devant leurs responsabilités ?

Cette interdiction des réseaux sociaux aux plus jeunes est un aveu de faiblesse pur et simple. Nous devons réguler les plateformes américaines et chinoises qui ne respectent pas nos idéaux égalitaires et démocratiques pour qu'elles s'y conforment. Nous devons proposer des alternatives européennes et open-sources pour juguler notre dépendance actuelle à ces plateformes, une nécessité que le contexte international nous rappelle désormais chaque jour !

Une régulation et des alternatives qui doivent s'accompagner d'une éducation critique à la tech, on l'a déjà dit ici.

Par ailleurs, la CNIL elle-même esquisse d'autres solutions envisageables.

Interdire l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux : la fausse bonne idée
FantomApp, une application gratuite développée par la CNIL

Pour conclure : c'est une annonce d'opportunité purement politique, qui sera sans doute appliquée de manière lacunaire et inefficace, créant des failles sécuritaires et démocratiques majeures, isolant davantage notre jeunesse à un moment où on ne devrait pas se le permettre.

Il serait beaucoup plus courageux et légitime de légiférer contre les plateformes existantes et leurs méthodes prédatrices, qui touchent aussi bien les jeunes que les moins jeunes.

Politiques de tous bords : commencez donc par interdire les outils de propagande comme TwiXter. Et pas que pour les enfants. Et même s'il s'agit là encore, de manière inexcusable, de votre moyen de communication préféré.

Une question provoc' pour finir. À votre avis, qu'est ce qui fera le plus de bien à notre pays : interdire les réseaux sociaux chez les jeunes, ou Cnews chez les vieux ? 😇
 

PS : j'en ai vu certains dans la sphère jeu vidéo française s'inquiéter de l'intégration de Roblox (plateforme de jeu massivement utilisée par les enfants et les ados) au pool des "réseaux sociaux" concernés. Si on peut s'inquiéter de la méthode comme je viens de le faire, je pense qu'intégrer Roblox (ainsi que Fortnite pourquoi pas) au groupe des applications posant problème pour leur modèle prédateur visant la jeunesse, est tout à fait légitime.

Interdire l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux : la fausse bonne idée
Une du Nouvel Obs de la semaine dernière
Interdire l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux : la fausse bonne idée

Télex de Janvier :

Même les mairies écolos succombent aux datacenters pour "répondre aux besoins de l’IA", comme à Bordeaux. ✂️ Cette daube de Stérin donne aussi dans l'obstruction climatique. ✂️ Le CNRS lance son blog. L'objectif : "repenser le numérique", et ça devrait être très cool. ✂️ Vous avez vu passer la news stupide qui consistait à vouloir envoyer des datacenters dans l'espace ? C'était pour la façade. ✂️ Aux US, les bibliothécaires sont désemparé.es face aux demandes de livres inventés par l’IA générative, relate Le Monde. ✂️ D'après une étude, ChatGPT utiliserait désormais le "Grokipedia" nazi de Musk comme source principale. ✂️ Les juges de l'affaire Ziad Takieddine ont coincé Carla Bruni grâce à l’application de santé de son téléphone. ✂️ Après avoir "anobli" Bernard Arnault, la voilà qui accueille Peter Thiel : l'Académie des Sciences Morales et Politiques n'a donc aucune morale.


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Thomas ✊

PS : Tales from the Tech est garanti sans IA générative, pas sans fautes

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01.02.2026 à 09:12

Et "Tales from the Tech" devint... Absurditech !

Thomas Beaufils

Nous fêtons aujourd'hui les 2 ans de Tales from the Tech, et pour l'occasion... c'est la fin de "Tales from the Tech" ?! 😱

Non, pas vraiment. Mais il était temps, je pense, de renouveler l'identité de

Texte intégral (1537 mots)
Et "Tales from the Tech" devint... Absurditech !

Nous fêtons aujourd'hui les 2 ans de Tales from the Tech, et pour l'occasion... c'est la fin de "Tales from the Tech" ?! 😱

Non, pas vraiment. Mais il était temps, je pense, de renouveler l'identité de cette infolettre, pour plus de cohérence et de fraicheur.

Il y a plusieurs raisons qui m'ont poussé vers ce changement :

  • "Tales from the Tech", c'est un nom long et pas si accrocheur que ça. J'ai souvent dû le répéter pour bien faire comprendre ce que ça voulait dire. La référence aux Contes de la Cryptes reste elle... cryptique 😅
  • C'est un titre en anglais pur et simple. Et pour quelqu'un qui tape aussi souvent sur nos amis états-uniens et peste face à son usage trop fréquent des anglicismes, cela commençait tout simplement à me gêner.
  • J'avais enfin envie d'un changement de titre pour en impulser d'autres, de forme comme de fond.

Je vous présente donc... Absurditech !


Parce que cette infolettre aime à se moquer des absurdités du monde de la tech depuis ses débuts.

Mais le ton a évolué en 2 ans, j'en suis conscient. Je pense donc que ce titre résume mieux mon approche, qui s'apprécie avec une pincée de sel.

Il résume aussi mieux ce que la tech est devenue ces dernières années : c'était déjà un cirque, mais le chapiteau atteint des sommets inattendus. Cf, très littéralement, cet article lunaire du Financial Times encore inimaginable il y a quelques mois 🎪

Ce changement de forme va en amener d'autres :

👉 Bienvenue sur www.absurdi.tech : l'infolettre a désormais son propre domaine, où vous retrouverez les archives, et peut-être d'autres formats prochainement ;)

👉 Finito la numérotation des épisodes : on a désormais dépassé les 20 numéros, et leur format variait trop souvent. Il n'était plus si logique de continuer à faire le compte de cette manière.

👉 Un rythme de publication différent : il ne me semble plus vraiment pertinent de maintenir de très longs numéros, peu digestes. Ils couvraient plusieurs sujets, avec un rythme de publication pas toujours maintenu. Absurditech, ce sera 1 à 2 sujets plus courts par édition, avec plus de récurrence.

👉 En revanche, ça ne change rien pour vous ! Vous continuerez à recevoir la newsletter à votre adresse habituelle. Pour les soutiens (merci !), le système de facturation ne bouge pas. Je continue à utiliser l'outil Ghost, dont je suis satisfait, même si leur nouveau business model va me pousser à réaliser quelques changements.

👉 Une autre nouveauté : ces changements s'accompagnent de la création de pages sur Instagram et Linkedin où je vais poster des formats un peu différentes. Alors, je sais, être sur ces plateformes 🇺🇸, ce n'est pas d'une cohérence folle. Mais je vais là où le public est pour le moment. Et l'après est déjà prêt, via mes comptes Bluesky ou Mastodon (et bientôt Pixelfed), en attendant peut-être de nouveaux réseaux made in 🇪🇺

En conclusion : si vous aimiez Tales from the Tech, je vais tout faire pour que vous aimiez encore plus Absurditech !


Tous ces changements, et le nombre grandissant d'abonné.es que vous êtes (merci 🙏), amènent des frais. Sans compter le temps passé pour vos proposer ces articles, bien sûr. Alors n'hésitez pas à soutenir l'infolettre et mon travail !

Honnêtement, même un soutien régulier à hauteur de 1€ par mois, ou via un don ponctuel, peut vraiment faire la difference.

PS : le sujet de l'indépendance technologique européenne fait enfin parler (on connaît le contexte 🥲), et nous sommes ainsi de plus en plus nombreux.ses à passer aux services numériques européens. Si Proton vous intéresse, foncez, c'est solide (on en avait parlé il y a déjà un moment). Dans ce cadre, utiliser mon lien de parrainage Proton peut-être un autre moyen de soutenir Absurditech 🤗


Encore une fois, merci à toutes et tous pour vos lectures et vos retours !

Et "Tales from the Tech" devint... Absurditech !

La suite, c'est... DEMAIN dans vos boites aux lettres ! 🔥

On y reviendra sur l'actu chaude du moment, à savoir l'interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Il ne sera pas encore dans un format finalisé, mais on devrait se rapprocher du "produit cible".

Cette suite de l'histoire de TFTT, elle s'écrit avec vous : alors n'hésitez pas à me faire part de vos retours, qu'ils soient positifs ou négatifs, comme toujours.

📆 Dernière chose, un point agenda : pour celleux d'entre vous qui sont en région parisienne, j'aurais le plaisir de vous retrouver samedi prochain, le 7 février, en tant qu'intervenant à une table ronde organisée par la Fédération Envie, acteur français clé de l'économie circulaire.

Cette table ronde évoquera un vaste sujet : "repenser notre rapport au numérique". Impacts, enjeux, dans un contexte on ne peut plus particulier... on aura du pain sur la planche et de quoi discuter avec les autres invités, Floriane Didier de l'association "Lève les Yeux" et l'équipe du Garage Numérique.

RDV donc ce samedi 7 février à 15h à Envie Le Labo, 10 Rue Julien Lacroix, dans le 20e arrondissement de Paris. Toutes les infos et le lien d'inscription juste ici !

Et "Tales from the Tech" devint... Absurditech !


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À bientôt,

Thomas ✊

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