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Le Travailleur Alpin

Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français

18.04.2024

Régine Hausermann

Après la répétition © Vincent Berenger

Jeudi 11 avril 2024 – Une belle affiche pour ces deux soirées grenobloises. Ingmar Bergman mis en scène par Ivo Van Hove. Deux pièces interprétées par Charles Berling, Emmanuelle Bercot et Justine Bachelet dans laquelle brillent les deux actrices et se révèle la puissance des pièces de Bergman.

Après la répétition

Pour Henrik Vogler, directeur de théâtre, après la répétition c’est encore la répétition. Le théâtre c’est sa vie, il n’en sort pas. D’ailleurs, il est déjà sur scène lorsque le public s’installe. Il lit assis sur un canapé de son bureau, concentré sur la mise en scène de sa prochaine pièce, « Le Songe » de Strindberg. Henrik n’est pas au mieux de sa forme : il vieillit, son ventre pousse les pans de sa veste. Soudain, il est interrompu par l’entrée d’Anna Egerman, une jeune comédienne fougueuse. Avec elle, il est attentif, ouvert à ses propositions sur la mise en scène. On pressent le schéma classique du quinquagénaire attiré par la chair fraîche. Il est question de la mère d’Anna, une comédienne proche d’Henrik, sa maîtresse, et d’un certain Michaël. On n’est pas sûr de comprendre les relations entre les personnages passés. Anna est-elle la fille d’Hendrik ? Elle s’apprête à jouer le rôle tenu par Rakel, sa mère, aujourd’hui décédée, qu’elle ne porte pas dans son cœur.

Entrée toniturante de Rakel, alcoolique et hystérique, cherchant à renouer avec Hendrik, sentimentalement et professionnellement. Elle s’offre à lui, il la repousse. Après des années de succès et de notoriété, Rakel est finie. Emmanuelle Bercot réveille la pièce dans un long retour en arrière revécu par Hendrik. Magnifique !

Sorti de sa rêverie, Henrik Vogler se retrouve face à la jeune Anna, qui ressemble tellement à sa mère que le désir l’emporte. Il se met en colère quand il apprend qu’elle vient de se faire avorter pour pouvoir jouer le rôle. Elle part en claquant la porte.

Persona
© Vincent Berenger

Persona

Place aux femmes, Bibi Anderson et Liv Ulmann chez Bergman en 1966, Emmanuelle Bercot et Justine Bachelet chez Van Ove aujourd’hui.

Une femme nue est allongée de dos sur un lit d’hôpital. Corps musclé, allongé, sculpté. Très belle image. C’est Emmanuelle Bercot, alias Elisabeth Vogler, une actrice célèbre, épouse ou ex-épouse d’Hendrik, qui a subitement été frappée de mutisme lors d’une représentation d’Electre. La médecin l’envoie convalescence sur une île de la Baltique, avec Alma, une infirmière chargée de la surveiller. Le contraste est saisissant entre la chambre d’hôpital étroite et carcérale et le vaste espace de la maison dans l’île qui s’élargit encore lorsque les murs tombent et laissent apparaître la mer qui les entoure. Elisabeth écoute mais ne dit rien en écho au flot de paroles d’Alma. Excellente Justine Bachelet. Les confidences sont de plus en plus crues. Des tensions naissent entre les femmes.

« Pour Elisabeth, le théâtre n’est pas la vie. Il implique même de s’en extraire. De ne pas toujours être là, dans la vraie vie, quand il le faudrait. […] Mettre en parallèle les deux pièces revient donc pour moi à confronter deux points de vue sur la place et le rôle de l’art, en particulier du théâtre, dans notre société et dans nos vies. » Ivo van Hove

 

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18.04.2024

Régine Hausermann

©Julie Cherki

Mardi 9 avril 2024 – Réfugié·es en France, Tatiana Frolova et six acteurs et actrices du Théâtre KnAM de Komsomolsk-sur-Amour parlent de leur pays, la Russie, de l’impossibilité d’y vivre après l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022, de leur incompréhension, de leur douleur. Un spectacle fait de témoignages, de souvenirs, de l’expérience de l’exil. Une leçon de théâtralisation où se marie le documentaire, l’anecdote, l’autobiographie, la poésie et la beauté plastique. For-mi-da-ble !

Trois acteurs, trois actrices, vêtu·es de blanc apparaissent sur la scène de la salle René Rizzardo, s’éclairant mutuellement avec des lampes torches. Au premier plan, des ballots de vêtements.

L’une – cheveux blonds très courts – s’assied à un petit pupitre côté jardin tandis que les cinq autres s’adossent contre le mur de fond. Tatiana Frolova, la metteure en scène, avance au premier plan côté cour, en blanc elle aussi. Elle parle de l’exil qui s’imposait après la déclaration de guerre de la Russie à l’Ukraine le 24 février 2022, de l’accueil du théâtre des Célestins à Lyon, de la possibilité de poursuivre leur travail artistique et politique. De revivre. Mais sont-ils bien vivants ? Nous ne sommes plus… Tel est le titre de leur premier spectacle créé en exil, qui énonce, au présent, la dure réalité que Tatiana va suivre depuis la régie.

Un théâtre documentaire

Les sept artistes ont coopéré au travail de création à partir de leur expérience dans leur pays – l’URSS puis la Russie -, de documents d’archives, de films, de photos, d’objets du quotidien, de la terre russe qu’ils malaxent, dont ils enduisent leurs visages et leurs vêtements au cours du spectacle.
Au moment du départ, ils avaient droit à 23 kg de bagages. Quoi emporter ? Un objet personnel au milieu de vêtements qu’ils auraient pu laisser : un cahier de chansons, une marionnette d’ours – le symbole de la Russie –, une poupée de Grand-père Gel, le père Noël russe, un châle de la grand-mère…

Des vidéos composent aussi le spectacle : un soldat russe prisonnier téléphone à sa mère, une amie du KnAM raconte avoir accepté le départ de son fils pour le front. Dans une vidéo de 2016, lors d’une cérémonie de la société de Géographie russe retransmise à la télévision, Vladimir Poutine demande à un écolier de 9 ans quelles sont les frontières de la Russie. Réponse du bon élève : « Les frontières de la Russie se terminent au détroit de Béring avec les États-Unis ». A quoi Poutine réplique : « Les frontières de la Russie ne se terminent nulle part, » avant d’ajouter en riant : « C’est une blague ».

Le châle de la babouchka
©Julie Cherki

Un collage impressionniste

Aux témoignages personnels des acteurs et actrices, traduits oralement par Bleueen Isambart – la Française de l’équipe – installée à sa petite table, ou traduits en sur-titrage , aux vidéos, succèdent de courtes séquences, disparates mais convergentes : témoignages sur le pays perdu, sur les causes de l’exil, récit des souffrances intimes et collectives.

Touche géopolitique : les interprètes tracent les contours de leur immense pays sur le mur de fond, au moyen d’un chatterton noir. Komsomolsk-sur-Amour est à l’extrême Est, au bord du Pacifique, proche du Japon. Sur des panneaux transparents, ils et elles inscrivent les nombreuses guerres coloniales menées par leur pays : Angola, Afghanistan, Géorgie, Tchétchénie, l’annexion de la Crimée, la guerre actuelle en Ukraine… « La terre fertile représente 13 %, mais elle n’est développée qu’à un cinquième, soit 2,5 % du territoire total. Les quatre cinquièmes restants sont au-delà des capacités de l’homme russe. Mais, pour une raison que j’ignore, le Russe a besoin de s’approprier les terres des autres », s’exclame un des interprètes.

Touche de culture russe : extrait de La Cerisaie (1904), pièce d’Anton Tchekhov (1860-1904), joué par les acteurs et actrices. Ses habitant·es ruiné·es doivent quitter leur chère maison, tant aimée. Fin d’une époque. Forte émotion.

Touche Mireille Mathieu : la chanteuse française, adorée du public russe, chante sur la place Rouge. La coupe Mireille Mathieu était, à une époque, très prisée des jeunes filles.

Salut de fin de spectacle, le 9 avril 2024.
© R.H.

Entre politique et poésie

Le travail sur la lumière, les vidéos filmées en direct, les éléments de décor mobiles flottant au-dessus des interprètes, créent des moments de pure beauté, atténuant, ou rendant d’autant plus cruelle la coupure entre le groupe d’exilé·es et leurs compatriotes : « Le serf est toujours à l’intérieur des gens » déplore la metteuse en scène.

Citons les artisans du succès de la troupe : les historiques comme Dmitrii Bocharov et Vladimir Dmitriev, présents depuis le début, Irina Chernousova qui les a rejoints plus tard et les « jeunes » Liudmila Smirnova et German Iakovenko. Bleuenn Isambard, militante pour les droits humains en zones de conflits – en Tchétchénie notamment – travaille avec eux depuis 2011. Sa présence comme traductrice et interprète a permis au KnAM de se faire connaître en France.

Dans une rencontre précédant le spectacle, Tatiana Frolova – née en 1961- retrace son parcours. Création du KnAM – initiales de sa ville natale Komsomolsk-sur-Amour dont l’acronyme signifie « Venez chez nous » – en 1985 dans une toute petite salle de 26 places où chaque spectacle donnait lieu à « une guerre civile » dit-elle. « Pourquoi faites-vous tant de politique », lui demandait-on souvent. « Mais je devais parler » aussi bien sur la vie de sa mère, que la guerre en Tchétchénie, que l’histoire de Komsomolsk, que le suicide d’une jeune femme.

Lucie Kempf, professeure à l’Université de Lorraine, l’accompagne et traduit. Elle a fait la connaissance de la petite troupe lors du festival Passages à Nancy et ne les a plus perdus de vue. La troupe s’est fait connaître à Berlin, grâce aussi au festival Sens Interdits à Lyon. Et le spectacle « Nous ne sommes plus… » a déjà été donné 50 fois en France.

« Le 24 février, notre théâtre en Russie, où nous avions travaillé pendant 37 ans, s’est transformé en un espace sans vie. Nous sommes partis. Nous n’avons plus de pays. Nous sommes ici. Une personne sans armes a peu d’outils pour résister à la guerre. Seulement le cœur et l’énergie. Alors c’est avec ces outils à notre disposition que nous résistons. » Extrait de la note d’intention rédigée par Tatiana Frolova.

Tatiana Frolova et Lucie Kempf, le 10 avril à la MC2
© R.H.

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18.04.2024

Edouard Schoene

Après un rassemblement pour la défense de la poste, une réunion publique, puis une journée de rencontres sur les marchés.

Fatima Khallouk, candidate aux européennes sur la liste conduite par Léon Deffontaines, était à Fontaine et dans le Vercors les 16 et 17 avril derniers. Une campagne électorale de terrain.

Après avoir participé au rassemblement pour la réouverture du bureau de poste de Fontaine, Fatima Khallouk animait une réunion publique de campagne électorale pour l’élection européenne du 9 juin.

Son introduction au débat portait pour une part importante sur la défense des services publics au niveau national et européen.
Le chapitre 3 du programme de la liste conduite par Léon Deffontaines, intitulé « se donner les moyens de changer radicalement d’Europe » lui paraît essentiel : « Créer un fonds européen pour le progrès social et écologique, ayant pour mission de financer le développement des services publics en Europe, tout particulièrement l’emploi, les embauches, les formations, notamment pour la santé, l’éducation, les transports, l’énergie, les postes, au moyen d’avances à 0 % aux États s’ils développent les services publics et l’emploi. Ce fonds serait alimenté par la création monétaire de la BCE, doté d’une gouvernance démocratique combinant parlementaires européens, nationaux et représentants syndicaux. »

La militante qu’elle est dans le domaine de la santé et du handicap a développé les propositions du programme qui se prononce « résolument en faveur de l’harmonisation des droits vers le haut en Europe et la fin des discriminations envers les personnes en situation de handicap ».

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A Autrans, le marché du mercredi matin.

Tout au long de la soirée la candidate a affirmé qu’il faut plus de démocratie et « partir des besoins sociaux exprimés par les citoyens ». Un long développement a été consacré à la nécessité pour des raisons environnementales et sociales de développer les transports en commun.

La question de l’énergie a été abordée avec la spécificité du programme soulignant que « le marché européen de l’énergie est une escroquerie pour les citoyens et pour l’économie de nos pays. ».

La paix est un domaine, souligne-t-elle, ou hélas nous nous distinguons de plusieurs listes de gauche qui ne revendiquent pas la nécessaire diplomatie de paix que Macron n’active pas.

Retraites Nupes Vizille

Sur le marché Maisonnat à Fontaine.

En huitième position sur la liste conduite par Léon Desffontaines, la candidate invite les présents à mener campagne pour qu’avec 8% elle puisse être élue. Répondant à une question sur l’intitulé de la liste, « gauche unie pour le monde du travail » elle précise qu’un tiers des candidats sont communistes, un tiers provenant des autres partis représentés sur la liste ( GRS, Radicaux de gauche, l’Engagement) et un tiers de syndicalistes.

Un autre débat s’engage sur l’intitulé « pour le monde du travail » au cours duquel la réponse donnée souligne le droit de tous à avoir un travail et l’importance de défendre au sein de l’Europe le monde du travail (mot présent 98 fois dans le programme de 33 pages).

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Rencontres et débats à Fontaine.

Fatima Khallouk a participé à une rencontre avec les habitants d’Autrans le mercredi 17 au marché, pour poursuivre l’après-midi au marché des producteurs de Fontaine, place Maisonnat. Les militants ont reçu un bon accueil et ont vendu plusieurs exemplaires du Travailleur alpin. Plusieurs personnes se sont réjouies de la mobilisation de la veille pour la défense de la poste, en demandant que d’autres moments de mobilisation et d’échanges soient organisés dans la ville.

Fatima Khallouk

Interprète de formation, Fatima Khallouk a travaillé de 2002 à 2013, notamment pour les institutions de l’Union européenne. Fille d’immigrés marocains, elle a grandi à Auxerre. Elle est aujourd’hui responsable de plaidoyer au sein d’une association nationale qui œuvre dans le domaine de la santé et du handicap.

Âgée de 47 ans, Fatima Khallouk est engagée depuis son adolescence. Convaincue de l’importance des élections européennes dans la vie quotidienne des gens, sa huitième place sur la liste conduite par Léon Deffontaines repose sur la force d’un engagement progressiste et humaniste, pour servir une autre Europe, l’Europe des gens.

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17.04.2024

Edouard Schoene

Devant le bureau de poste de Fontaine, mail Marcel Cachin, bureau fermé depuis dix-huit mois.

Mardi 16 avril, il y avait foule devant la poste de Fontaine. Le PCF avait invité à se rassembler devant le bureau de poste, mail Marcel Cachin, fermé depuis fin juin 2023, suite à un incendie.

Cette mobilisation a commencé depuis plusieurs semaines, à l’appel de la section communiste de Fontaine. Après avoir collecté près de 500 signatures, le PCF s’était adressé à la direction de la Poste en ces termes : « Plus d’une année sans bureau de poste pour une ville de 23 000 habitants est une situation inacceptable. Pour remédier à cette situation, nous tenons à vous rencontrer pour vous apporter des solutions d’ouverture immédiate d’un bureau sur notre commune en attendant l’ouverture du bureau principal situé au Mail Marcel Cachin. Nous pourrions évoquer les conditions de réouverture du bureau de poste ».

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Renaud Lugli, co-secrétaire de la section de Fontaine du PCF.

Dans sa réponse du 7 mars, la directrice exécutive adjointe (Auvergne Rhône Alpes) avait rappelé les violences urbaines de juin 2023 qui ont fortement endommagé le bureau de poste de Fontaine et affirmait le choix de la Poste : diriger les usagers vers la poste de Seyssinet-Pariset à deux kilomètres à pied, accessible en transport en commun et en six minutes en voiture. Elle estimait dans ce courrier que les bureaux de Sassenage et de Grenoble-Berriat (place Saint-Bruno à Grenoble) sont situés à proximité de Fontaine.

Elle répondait négativement à la demande d’ouverture d’un bureau de poste provisoire, en précisant que les équipes techniques et opérationnelles travaillaient à la programmation des travaux et à la réouverture de la poste de Fontaine, prévue en fin d’année 2024 . Aucun rendez vous n’est proposé.

Retraites Nupes Vizille

Une large mobilisation pour la réouverture du bureau de poste de Fontaine.

Depuis, pour relancer la pétition, des citoyens ont explicité leur mécontentement dans un tract de relance de la pétition, dont le nombre de signataires approche les 800. Le mécontentement s’exprime. « Le bureau de poste de Fontaine est un lieu important. Se déplacer sur d’autres communes pour nos opérations quotidiennes devient vraiment compliqué. » « Je suis un ancien de la poste mis en préretraite avant l’âge, pour réduire les effectifs. Je viens m’installer à Fontaine. Si la poste ne réouvre pas, je quitte la Poste avec regret. Donnez moi des tracts à distribuer ; je viendrai le 16 manifester. » Propos recueillis sur le marché Cachin. « J’ai ouvert un compte en ligne à la banque postale en février 2024. Mon compte a été attribué à la poste de Fontaine et à un conseiller de celle-ci. Je n’ai aucun moyen de joindre qui que ce soit. » Témoignages recueillis lors de rencontres pour proposer la signature de la pétition.

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Ce mardi 16 avril, avant et après les prises de parole des organisateurs, nombre de participants au rassemblement ont fait part de leur mécontentement sur la dégradation des services publics à Fontaine.

« J’espère que le maire viendra défendre la réouverture de la Poste. Devant chez moi le trottoir est dangereux, j’ai prévenu la mairie, on devait me recevoir, j’attends toujours ». « Les goûters ne sont plus servis, pour des raisons d’hygiène ». « Vercors restauration ferme et les salariés sont licenciés. » « La ville devient de plus en plus sale ».

Renaud Lugli, co secrétaire du PCF à Fontaine, a pris la parole. Après avoir fait l’historique de la pétition il poursuit : « Le maire de Fontaine approuve cette réouverture en fin d’année. Cela fera tout de même 18 mois que notre poste aura été fermée et que nous galérons, chacune et chacun d’entre nous, pour nos opérations courantes (retrait de recommandé, de colis, opérations bancaires, entre autres). Ces dernières semaines nous avons appris la fermeture définitive du bureau de Poste grenoblois situé à Alsace-Lorraine. D’autres bureaux sont aussi menacés, celui de Malherbe-Teisseire, également impacté en juin 2023 n’a, comme le nôtre, toujours pas bénéficié de travaux. Le bureau de poste dans le quartier la Capuche a vu ses horaires diminués. Comment détruire un service public ? D’abord couper le financement, diminuer les horaires, son accessibilité. Le service ne marchera plus. Il ne sera plus utilisé. Les gens s’énerveront. Ils voudront autre chose. C’est une belle technique pour privatiser un service public ! Nous sommes pour la reconquête du monopole public postal qui serait gage de l’égalité des usagers et des territoires. »

Il énonce la gravité des attaques contre les services publics et conclut : « Conserver nos services publics est un combat de tous les instants. La poste veut supprimer nombre de bureaux. Rien n’est acquis malgré les promesses, continuons à mobiliser pour la réouverture du bureau de poste ».

Nupes PS retraites Vizille

La parole est ensuite donnée aux citoyens présents.

Christine Moutote, secrétaire de l’UL CGT de Fontaine intervient suivie de plusieurs personnes qui dénoncent les atteintes aux services publics.
Fatima Khallouk, militante associative pour le droit des personnes en situation de handicap, candidate en huitième position sur la liste conduite par Léon Deffontaines pour l’élection européenne, prend la parole pour soutenir l’initiative et répondre à des questions.

Dans la soirée de ce 16 avril, elle animera une réunion publique organisée par la section communiste de Fontaine dans le cadre de la campagne électorale pour le scrutin du 9 juin.

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15.04.2024

Edouard Schoene

L’hôtel de police de Fontaine, 81 mail Marcel Cachin.

Sous effectif, locaux délabrés… A Fontaine, la police nationale n’a guère les moyens de faire face à ses missions.

Le 15 avril, un électeur se présente au bureau de la police nationale de Fontaine pour enregistrer sa demande de procuration pour les élections européennes du 9 juin, faite en ligne. Il constate un état de vétusté grandissant de l’hôtel de police, qui se dégrade d’année en année.

L’agent de police qui le reçoit très aimablement lui précise que les effectifs étant si réduits (deux agents ce jour) l’hôtel de police ne devrait pas recevoir de public. D’ailleurs c’est le cas certains jours où les citoyens sont priés de revenir.

Le logiciel de vote par procuration en ligne étant en panne à Fontaine, depuis quinze jours, l’agent a dû solliciter ses collègues grenoblois. Un exemple supplémentaire de la dégradation des services publics.

A noter que sous le mandat de Yannick Boulard, maire de Fontaine, un dossier avait été monté par la ville pour proposer aux services de police de nouveaux locaux en rez-de-chaussée d’un ensemble HLM. L’opération aurait été blanche pour la police (revente des biens, démolition…). Malgré un coût nul, la direction de la police avait à l’époque décliné la proposition.

Précisons encore qu’en janvier 2021, le maire de droite actuel de Fontaine annonçait qu’un déménagement « devrait intervenir prochainement ».

Grenoble Veynes Lus-la-Croix-haute

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Amandine Demore, première adjointe au maire d'Echirolles, conseillère départementale de l'Isère.

Violences urbaines. « Nous avons beaucoup discuté avec les habitants ; ce dialogue, nous allons le poursuivre »

La ville d’Échirolles a été relativement épargnée par les violences urbaines de la fin du mois de juin. Et ce n’est pas par hasard. Une volonté de dialogue, un engagement sur le terrain, des politiques municipales de long terme… Reste que tout ne dépend pas de décisions locales. Amandine Demore, première adjointe au maire, nous livre son sentiment.

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15.04.2024

Maryvonne Mathéoud

Mehdi Ouraoui  et Philippe Hanus à la librairie La nouvelle Dérive, place Sante-Claire à Grenoble.

Vendredi 12 avril une vingtaine de personnes ont assisté à une conférence organisée par l’association Rives et dérives et la librairie La Dérive, Mehdi Ouraoui  et Philippe Hanus, autour du livre Mon fantôme de Mehdi Ouraoui publié chez Fayard en 2023.

Mehdi, un professeur de latin a la surprise de voir surgir dans le bus 96 qu’il prend quotidiennement le fantôme de Rachid Taha qui lui demande d’annoncer sa résurrection au monde entier. En échange de son aide, Rachid Taha exaucera le vœu de son choix. L’occasion pour Mehdi Ouraoui, auteur d’essais politiques, d’interroger par le biais de la fiction une certaine histoire de la France contemporaine, et notamment celle de ces années 1980 et 1990 qui virent le leader du groupe Carte de séjour devenir une star du monde musical.

Un livre qui bouscule tous les codes.

Philippe Hanus anthropologue, historien des migrations, est actuellement coordinateur de l’éthnopôle « Migrations, Frontières, Mémoires » au CPA (Centre du patrimoine arménien -Valence Romans Agglo) membre du comité de rédaction de la revue Ecarts d’identité dont il a présenté la dernière publication consacrée à la Marche de l’égalité contre le racisme et pour l’égalité ses droits  de 1983. Le 3 décembre 1983, ces enfants d’immigrés maghrébins achevaient à Paris une marche entamée un mois et demi plus tôt à Marseille, pour dénoncer les discriminations et le racisme. Quarante ans plus tard, c’est la désillusion qui domine chez ces militants, face à un modèle républicain dont même leurs enfants se sentent parfois exclus. Il a également consacré plusieurs articles à Rachid Taha et au groupe Carte de Séjour.

Carte de séjour était un groupe de rock français, originaire de Lyon, formé en 1980. De par son histoire, son style musical, et son nom, ce groupe participa grandement à l’émergence en France sur le plan artistique de la communauté française d’origine maghrébine dite de « seconde génération » (les Beurs), notamment avec la reprise de la chanson Douce France de Charles Trenet en 1986. Il est le premier groupe à avoir réussi la fusion entre rock français et les musiques méditéranéennes (dont le raï). Le groupe se produit fréquemment dans les concerts-meetings du collectif Zaâma d’Banlieue. Son premier maxi 45 tour Zoubida paraît en 1982, puis deux albums, Rhorhomanie (1984) et (1986).

Le groupe se produit alors en concert en première partie de Téléphone ou durant la marche pourl’égalité et contre le racisme en 1983 à la Bastille. Après plusieurs émissions de télévision comme Mégahertz, Droit de réponse de Michel Polac, et Mosaïque le groupe commence à avoir une réputation nationale. Leur premier tube est Zoubida.

Cette rencontre prend place parallèlement à l’exposition Battre le pavé des rues organisée par le CPA, le collectif « 17 octobre 1961 Isère » et la ville de Grenoble, qui visible à La Maison de l’international de la ville de Grenoble jusqu’au 19 avril et à la maison des habitants de Saint-Bruno du 2 et 31 mai.

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