Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français
Publié le 03.04.2025 à 19:10
Manuel PavardIl faudra donc patienter une semaine de plus. Une semaine supplémentaire d’attente, d’angoisse, de stress, mais également d’espoir pour les salariés de Vencorex, suspendus au choix des juges. Sans grande surprise, le tribunal de commerce de Lyon a en effet mis sa décision en délibéré, ce jeudi 3 avril, et se prononcera sur l’avenir de l’entreprise jeudi 10 avril.

Cette audience intermédiaire avait été programmée à l’issue de la première audience qui s’était tenue le 6 mars devant le tribunal de commerce. Lequel avait alors accordé un sursis à Vencorex, prolongeant de six mois la période d’observation. Malgré tout, une épée de Damoclès planait toujours au-dessus de la tête des quelque 460 salariés, le spectre d’une liquidation judiciaire n’étant pas écarté.
Deux offres concurrentes diamétralement opposées
Comment éviter un tel scénario catastrophe ? Ce jeudi après-midi, deux offres concurrentes diamétralement opposées se faisaient face à Lyon. D’un côté, celle, déjà bien connue, de la société hongroise BorsodChem, filiale du groupe chinois Wanhua, qui ne prévoit de reprendre que 54 salariés, en conservant seulement l’atelier Tolonates. De l’autre, le projet de création d’une société coopérative à intérêt collectif (SCIC), porté par les salariés, la Fédération nationale des industries chimiques (FNIC-CGT) et différentes collectivités territoriales — en réaction notamment au refus de la nationalisation temporaire de la part du gouvernement.

De nombreux partisans de la reprise en coopérative avaient fait le déplacement au tribunal pour soutenir cette proposition. Outre Séverine Dejoux, élue CGT au CSE de Vencorex, représentante des salariés, et Serge Allègre, secrétaire général de la FNIC-CGT, on retrouvait ainsi plusieurs élus, comme le maire de Pont-de-Claix et président de la Métropole Christophe Ferrari ou les députées NFP de l’Isère Cyrielle Chatelain et Élisa Martin.
Plusieurs collectivités votent une participation à la SCIC
De fait, un nombre croissant de collectivités décident de s’investir au sein de la SCIC et ont voté ou s’apprêtent à voter une prise de participation. C’est le cas, par exemple, de la Métropole, avec une enveloppe de 200 000 euros qui devrait être entérinée par le conseil métropolitain, ce vendredi 4 avril. Mais aussi des municipalités de Pont-de-Claix (50 000 euros), Échirolles (20 000 euros), Jarrie ou Gières, ou même de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui entend elle aussi s’engager financièrement, pour un montant encore non connu.

Représentants des salariés et élus ont en tout cas plaidé une nouvelle fois leur cause devant les juges, mettant en valeur les points forts de leur projet. Celui-ci est en effet le seul à même de garantir le maintien de l’activité et des emplois directs et indirects, sans parler de l’effet domino sur la filière chimie. Ce qui tranche radicalement avec l’offre de reprise partielle de BorsodChem.
Séverine Dejoux et ses soutiens ont par ailleurs demandé un délai de quatre semaines afin d’affiner et consolider leur proposition. À ce stade, difficile toutefois d’établir un pronostic, les deux dossiers étant jugés recevables par le tribunal de commerce.
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Publié le 02.04.2025 à 13:15
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Publié le 01.04.2025 à 10:43
Régine HausermannSílvia Pérez Cruz entre sur scène, seule, tout de noir vêtue. Robe à volants, haut ajusté, cheveux longs et opulents, guitare en bandoulière, elle invite le public à reprendre le refrain de son premier opus. Son sourire, ses mimiques, sont une invitation au partage. Elle ne peut se retenir d’annoncer, avec une joie intense, que le 8 mars 2026, elle sera en concert à l’Olympia. A Paris ! Dans une salle mythique ! La consécration.
Après quelques chansons en solo, ses musiciens entrent dans la pénombre installée sur scène. Une violoncelliste, un contrebassiste et un violoniste. Le répertoire est varié. Se succèdent ses propres créations, une chanson composée par ses parents à sa naissance, deux morceaux inspirés par le fado, d’autres par le flamenco. Un air d’Atahulpa Yupanki, une composition sur un poème de Pessoa. Le public se laisse bercer et surprendre par la diversité des propositions. Il se révèle artiste lorsque, invité à siffler, il répond avec maestria.

Impossible de ne pas répondre aux applaudissements heureux du public à la fin du concert. Les musiciens quittent la scène mais Sílvia Pérez Cruz prend sa guitare pour nous offrir une vingtaine de minutes selon son inspiration. « J’aime chanter », dit-elle. On est saisi par les premiers accords de Cucurrucucu Paloma composée par le Mexicain Tomàs Mendez en 1954. Et l’on se laisse transporter par le cri, profondément émouvant, de « la colombe en deuil ». Jusqu’ici, nous l’associions à Caetano Veloso à la fin de Hable Con Ella, le film de Pedro Almodovar. Nous y ajouterons Silvia Perez Cruz à la voix nue, puissante et mouvante. Généreuse, l’artiste termine sur une reprise de l’Hymne à l’amour d’Edith Piaf « Peu m’importe si tu m’aimes… ».
Détours de BabelLe festival Détours de Babel se poursuit jusqu’au 13 avril. Des dizaines de concerts à découvrir, dans différents lieux de l’agglomération grenobloise !
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Publié le 30.03.2025 à 15:27
Edouard SchoeneLes mots d’ordre de l’appel à manifester étaient : stop au génocide, cessez-le-feu immédiat à Gaza, non au projet d’expulsion des Palestiniens de Gza, non à l’épuration ethnique en Cisjordanie.
François Moscato, président de l’AFPS Isère, très ému et en colère, a dénoncé le massacre en cours qui mériterait une plus forte mobilisation : « C’est bien une guerre totale contre le peuple palestinien dans son ensemble qu’Israël a déclaré après le 7 octobre 2023. A Gaza, pendant les deux mois de trêve, le génocide a, continué, « à bas bruits », avec une remonté progressive de la violence: la faim, la soif et la privation de soins sont de nouveau employées comme arme de guerre… La feuille de route de Trump et Netanyahou est sans ambiguïté : transfert forcé et expulsion des Palestiniens, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, apartheid et génocide, complétée par un cynisme absolu avec l’hypothèse énoncée de la transformation de Gaza en Riviera. » À l’issue de son intervention il a appelé les manifestants à faire pression pour « l’application du droit international qui garantira la protection du peuple palestinien en lui permettant de vivre enfin en paix et en sécurité sur sa terre. »

Sandrine Nosbé, députée de la 9e circonscription de l’Isère est intervenue ensuite. Elle a dénoncé « des milliers d’arrestations arbitraires, de la torture dans les prisons, sans compter le bombardement systématique des hôpitaux et des camps de réfugiés, ou les assassinats de journalistes. C’est ce qui vaut à Netanyahou et à son chef des armées un mandat d’arrêt international de la Cour pénale internationale pour crime de guerre et crime contre l’humanité. »
Puis elle a insisté sur l’action à mener. « Et en tant que militantes, nous ne devons rien lâcher : Militer pour des sanctions, des désinvestissements et des boycotts, ça marche ! Axa s’est désengagée de plusieurs banques israéliennes l’été dernier, Carrefour a eu d’immenses difficultés et l’idée d’un embargo sur les armes a énormément progressé. »
Les manifestants, environ 250, ont défilé de la rue Félix Poulat au musée.
Un tract était distribué par les militants de l’AFPS, la Ligue des droits de l’homme et la Fédération internationale pour les droits humains, appelant à scanner un QR code pour accéder à une pétition pour demander « que la France agisse pour la fin de l’occupation Israélienne de la Palestine. »

Palestine en vue

La programmation « Palestine en vue », festival du film palestinien
Mon ciné, 10 avenue Ambroise-Croizat, 38400 Saint-Martin-d’Hères. Tram C, station Flandrin-Valmy.
Le Club, 9, bis rue du Phalanstère, 38000 Grenoble.
Le Clap, centre culturel Le Cairn, 180 rue des écoles, 38250 Lans-en-Vercors
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Publié le 27.03.2025 à 15:08
Didier GosselinLa réunion thématique « Le territoire est-il prêt à accueillir le projet d’EDF ? » a donné lieu à de nombreux échanges pendant près de trois heures. En introduction, Fabrice Gravier, coordonnateur du projet EPR2 pour la préfecture Auvergne-Rhône-Alpes, a rappelé les enjeux à traiter avant, pendant et après le chantier, concernant le logement, les transports, l’emploi, la formation et les relations entre les partenaires concernés, notamment l’Etat, les collectivités et le monde économique.
Pierre-Olivier Boyer, vice-président de la CCI Nord-Isère, a défendu le projet en insistant sur le fait que 20 000 recrutements étaient attendus pour le chantier, les emplois indirects et ceux du développement du nucléaire.
La nécessité d’embaucher
De son côté Lilia Riachi, de l’association Ma zone contrôlée, a rappelé la dégradation des conditions de travail dans le nucléaire due à la fois au nombre insuffisant de travailleurs et à une sous-traitance toujours plus importante. Alors que 60 000 recrutements sont attendus pour la fabrication des six EPR, elle a appelé à rendre attractifs et à sécuriser les métiers du nucléaire.
Si au cours du débat les opposants historiques, comme le réseau Sortir du nucléaire ou la FI, ont tenté de ramener les échanges à « pour ou contre » ou vers les questions financières et environnementales qui seront traitées lors d’autres rencontres, les préoccupations qui sont ressorties avec force des discussions et des ateliers ont concerné le logement, la formation, le transport.

Les militants CGT présents sont intervenus sur le risque de sous-traitance en cascade dans la mise en œuvre du chantier BTP et souhaité que soient prises des mesures pour garantir la sécurité des travailleurs, tant physique que sociale, ce qui implique une très grande vigilance et donc des moyens au niveau par exemple de l’inspection du travail.
La question des services publics en général a été également posée, concernant entre autres la lutte contre les déserts médicaux dans le Nord-Isère alors que quelque 8 000 salariés supplémentaires, éventuellement accompagnés, sont attendus pour ce grand chantier… De son côté, Philippe Godineau, représentant officiellement la CGT dans ce débat public, a rappelé avec force les origines du statut des salariés de l’énergie et appelé à ce que ce statut soit généralisé et serve de base pour garantir les droits des salariés du grand chantier EPR2.
Former les futurs salariés du nucléaire
La question de la formation initiale et professionnelle a également été au cœur des débats. La représentante du l’Université des métiers du nucléaire, créée en 2021 avec notamment l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre l’offre de formation et les besoins de la filière, en particulier pour les métiers clés en tension. Des rencontres auprès des élèves en formation ont déjà eu lieu dans différents lycées professionnels du Nord-Isère et vont se développer.
Ce débat public n’a pas permis — mais ce n’était pas sa vocation — d’apporter des éléments de réponse concrets à toutes ces questions. Pour la CGT, qui a distribué un tract à la sortie du débat, les services publics doivent être mis au cœur du projet, tant pour permettre la réussite du grand chantier que pour répondre aux besoins du territoire qui reste actuellement en grande tension en matière d’équipements et de services. Et selon le syndicat, cela passera nécessairement par une mobilisation populaire au niveau des enjeux.
Le débat public se poursuit jusqu’au 15 mai 2025Organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP), le débat public sur le projet de construction de deux réacteurs EPR2, à proximité de la centrale nucléaire du Bugey, se tient du 28 janvier au 15 mai. Toutes les informations utiles sont à retrouver sur le site dédié : www.debatpublic.fr/reacteurs-nucleaires-bugey
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Publié le 27.03.2025 à 15:00
Maryvonne MathéoudLongtemps connue sous le nom de troubles maniaco-dépressifs cette maladie touche 1 % à 2 % de la population. Cette pathologie reste cependant très méconnue. En effet, beaucoup de personnes atteintes n’osent pas en parler. Leurs émotions sont « démesurées », elles passent alternativement d’un état d’excitation euphorique anormale à un état léthargique et mélancolique (complètement dépressif !). De plus, le délai avant le diagnostic est souvent trop long.
Ces précisions étaient apportées en introduction de la journée par le professeur Polosan, docteur en neurosciences, chef du service de psychiatrie de l’adulte du CHU.
Son exposé s’est poursuivi sur les troubles post-partum dans la bipolarité. Ces troubles regroupent un ensemble de perturbations de de l’humeur qui touche entre 10 et 20 % des femmes après un accouchement. Souvent sous-diagnostiquée, cette pathologie peut entraîner des répercussions graves si elle n’est pas prise en charge, tant pour la mère que pour l’enfant.
Trois facteurs de risque
Les variations de l’humeur sont courantes, chez la plupart des personnes, mais peuvent atteindre (en absence de traitement) un niveau excessif chez les bipolaires. Les périodes de crise (vers le haut ou vers le bas) alternent avec des périodes de rémission. Dans de nombreux cas, ces troubles peuvent être associés à des pratiques addictives, et ils sont fortement surreprésentés parmi les auteurs de tentatives de suicide. Le corps médical paraît d’accord pour affirmer que ces perturbations ne surviennent que si trois facteurs de risque sont réunis : un terrain génétique propice, une hypersensibilité générale, la présence d’événements qui agissent comme facteur déclenchant.
Cette journée a aussi été l’occasion d’informer un large public, et faire reculer la méconnaissance de la maladie. Un pair aidant a ainsi posé la question : « Comment évoquer sa pathologie bipolaire avec son entourage ? ». Le concept de pair-aidance existe depuis longtemps ; il repose sur l’idée qu’en ayant vécu la même maladie , on peut mieux aider. Ainsi, la personne qui a réussi à gérer au mieux sa maladie peut accompagner une autre personne qui n’en est pas au même stade.
L’accompagnement des malades
Madame Brun-Villien responsable de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM) a proposé une présentation sur le thème « accompagnement de l’entourage ». L’UNAFAM soutient, et informe les familles confrontées aux troubles psychiques d’un des leurs. Elle œuvre tous azimuts depuis soixante ans pour déstigmatiser la maladie psychique.
Les tables rondes prévues l’après midi ont été reportées suite à un problème technique. Ce qui permettra sans doute l’organisation de prochaines rencontres sur les thématiques concrètes qui devaient être abordées.
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Publié le 26.03.2025 à 18:09
Manuel Pavard« Ce jugement est une première en France », salue Éric Piolle sur les réseaux sociaux. « Le tribunal administratif de Grenoble vient de reconnaître la responsabilité de l’État dans la crise de l’hébergement d’urgence et le condamne à indemniser notre ville », se félicite le maire écologiste de Grenoble, dans une publication diffusée mardi 25 mars au soir.
Cette décision est le fruit d’une « action collective » initiée par cinq mairies de gauche. Ceci, explique Céline Deslattes, conseillère municipale déléguée à la grande précarité, « pour dénoncer une situation intenable : des milliers de personnes à la rue alors que l’hébergement est un droit fondamental ». Dans un communiqué daté du mercredi 26 mars, la ville de Grenoble indique ainsi avoir « décidé en février 2024 avec Strasbourg, Lyon, Bordeaux et Rennes, de lancer un recours indemnitaire afin que l’État rembourse les sommes dépensées pour pallier ses carences en matière d’hébergement d’urgence ».

Le recours concernait une famille hébergée à l’hôtel par le CCAS de Grenoble, entre mai 2022 et août 2024. « Malgré des interpellations régulières du service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) » — c’est-à-dire le 115 — aucune solution d’hébergement n’a été proposée à cette mère et ses cinq enfants, souligne la municipalité. Reconnaissant dans son jugement la « carence prolongée de l’État », le tribunal l’a donc condamné à rembourser les 76 802 euros engagés par le CCAS.
« Nous refusons que cette injustice devienne la norme »
Plus globalement, les chiffres fournis par la ville sont édifiants. « À Grenoble, les personnes domiciliées au CCAS et vivant chez un tiers, en squat, dans les écoles occupées, en bidonville, à la rue ou en abri de fortune n’a cessé d’augmenter pour atteindre plus de 4 400 personnes en septembre 2024 dont près de 900 mineur-es. Sur ces 4 400 personnes, 1 200 vivent à la rue dont 240 enfants », détaille-t-elle.
« Si un quart d’entre elles bénéficient d’un hébergement d’urgence, environ 3 000 pourraient aussi prétendre à un hébergement », ajoute la municipalité, rappelant que cela constitue « un droit fondamental ». Un droit qui, selon le code de l’action sociale et des familles, doit être mis en œuvre par l’État. « Or les moyens accordés par le gouvernement sont largement insuffisants pour y parvenir, même s’ils ont été augmentés au cours des dernières années », constate la ville.

Pour Céline Deslattes, l’État continue « d’abandonner les plus précaires et de faire peser sur les communes une charge financière et humaine qui ne leur revient pas ». Et l’élue d’avertir : « Nous avons pris nos responsabilités, mais nous refusons que cette injustice devienne la norme. Cette première victoire ouvre une brèche : nous ne lâcherons rien pour que ce droit soit respecté partout en France ! » Reste désormais à savoir si l’État contestera et fera appel de la décision. Laquelle pourrait, espèrent certains acteurs, faire jurisprudence.
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