FLUX des ASSOCIATIONS 38


 Osez le Féminisme

Publié le 17.11.2019 à 15:02

Contre la glamourisation de la prostitution

Non à la venue d’Emma Becker à l’Université Grenoble Alpes !

Le jeudi 14 novembre, dans le cadre du Prix du Roman des étudiants, l’autrice Emma Becker sera accueillie sur le campus universitaire pour rencontrer les étudiant-e-s et parler de son livre “La Maison”, dans lequel elle fait l’éloge de la prostitution, et raconte l’expérience qu’elle a connu pendant deux ans dans un bordel en Allemagne. Osez le féminisme! 38 souhaite exprimer haut et fort son désaccord avec cette rencontre, alors que vient d’être publié un rapport sur l’application de la loi de 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et accompagner les personnes en situation de prostitution.

L’intervention d’Emma Becker auprès des jeunes est inacceptable ! Nous rappelons qu’en Allemagne, comme dans tous les pays qui ont opté pour la légalisation et le réglementarisme de la prostitution, le bilan tiré aujourd’hui est largement négatif. Le réglementarisme a paradoxalement provoqué une expansion sans précédent de la prostitution illégale. La soi-disant volonté d’offrir de meilleures conditions « de travail » aux personnes en situation de prostitution, c’est à dire aux femmes pour l’écrasante majorité, est donc un échec. Les bordels, ces lieux où les clients prostitueurs, des hommes dans 99% des cas, ont tous les droits, sans qu’aucune idée féministe ou égalitaire ne viennent les « frustrer », sont d’autant plus dangereux pour les femmes concernées. Dans le livre d’Emma Becker, on est donc bien loin du vrai visage de la prostitution. L’autrice tente de nous enfumer, nous conte ses “aventures sexuelles” avec des “clients gentils, bienveillants” etc… Elle explique qu’elle et ses “collègues” pouvaient être louées pour 30 minutes, 1 heure, 3 heures… et qu’elle se sentait ainsi “puissante”, heureuse de cette “expérience professionnelle”. Un joli lobby pro-prostitution, d’une femme ayant décidé de faire une expérience, avant de pouvoir exercer le choix privilégié de reprendre sa vie antérieure. Un récit alarmant relaté à destination des 18-26 ans, et qui invisibilise à dessein la réalité du système prostitutionnel.

Nous ne sommes pas dupes. Nous savons que la majorité des femmes en situation de prostitution en Allemagne sont victimes de la traite humaine en provenance des pays d’Europe de l’est les plus pauvres et sont issues de milieux très précaires. Elles sont contraintes à la prostitution  pour survivre. Leur santé physique, psychique et mentale est en grand danger et mise à mal par 1.2 millions d’hommes par jour. Dans le monde, la moyenne d’âge de décès des femmes en situation de prostitution est de 34 ans, en raison non seulement des meurtres et violences commis par leurs clients prostitueurs et leurs proxénètes, mais aussi des suicides, des maladies, de la prise de drogues et d’alcool, et du développement de maladies psychiques et traumatismes majeurs.

Nous ne sommes pas dupes. Nous ne croyons pas au doux rêve d’Emma Becker. Nous réaffirmons notre abolitionnisme et dénonçons les crimes et violences perpétrées par le système prostitueur, pour que l’impunité ne soit plus la règle. Nous dénonçons un ouvrage qui glamourise et banalise l’achat des femmes et qui légitime les violences masculines. Quel est le véritable message envoyé par une société qui interdit le viol, sauf dans le cas d’une transaction, où l’argent permet tout ? Laisser Emma Becker promouvoir son livre le 14 novembre, sans donner d’éléments contextuels et sans rappel de la réalité désastreuse des faits et des chiffres, c’est encenser la prostitution et le système prostitueur auprès du jeune public, qui est susceptible d’être la cible du lobby pro-prostitution. Choisir de visibiliser le discours d’Emma Becker, à l’heure où de nombreuses personnes survivantes de la prostitution souhaitent témoigner, c’est aussi, au delà d’un Prix du Roman étudiant, faire le choix politique du maintien de la domination masculine contre l’émancipation des filles et des femmes. Nous dénonçons le vrai danger de la mise en avant de ce livre et espérons qu’un jour, cette violence prendra fin, tout comme le patriarcat qui l’exerce.

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Publié le 10.11.2019 à 15:13

Ni una menos

En ce mois de lutte contre les violences faites aux femmes, nous vous conseillons de regarder cette émission diffusée sur ARTE consacrée aux féminicides en Argentine, et au combat courageux de Ni una menos.

www.arte.tv/argentine-la-revolte-des-femmes/

Chaque année, en Argentine, une femme meurt toutes les 32h de féminicide commis par un homme : son conjoint ou ex conjoint.
La loi de reconnaissance du féminicide y a été votée en 2012, et une rente a été mise en place pour les enfants de ces femmes.
Malheureusement, trop de meurtriers restent encore impunis face à ce phénomène systémique.

 » Il y a quatre ans, les premières protestations se sont transformées en un mouvement pour les droits des femmes, incluant le droit à l’avortement. Bon nombre d’entre elles pensent que la société argentine est gangrenée par des comportements machistes où la femme est considérée comme un objet. Des milliers de personnes défilent régulièrement dans la capitale argentine…

Si les femmes sont majoritairement représentées, les hommes (des pères qui ont perdu leur fille), se déplacent aussi en nombre. Les mouvements d’indignation surviennent après une série de « féminicides », largement relayés par les médias argentins.

Notre équipe a accompagné les parents de Mónica Garnica brûlée vive, puis assassinée par son mari, au tribunal où se tient le procès de ce dernier. Le procureur, Mónica Cuñarro, se bat pour l’application de peines sévères, ainsi que pour un meilleur accompagnement des victimes.

Le mouvement « Ni una menos » (pas une de moins) s’est désormais étendu à d’autres pays d’Amérique latine, comme le Pérou, le Mexique et la Colombie. »

>> En France aussi il est urgent d’agir : retrouvez le communiqué de presse d’Osez le féminisme! pour la reconnaissance du féminicide et la lutte contre les violences masculines !

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Publié le 05.09.2019 à 07:46

Osez… Militer !

En exclu, et pour satisfaire ta soif de féminisme pour les 6 prochains mois, l’agenda d’Osez le féminisme! 38 et les évènements prévus jusqu’en mars 2020.

Caféministes, jeux, rencontres, débats, mais aussi la deuxième édition de la SEXWEEK, on vous réserve plein de surprises

A coller au frigo absolument !

Progra1920

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Publié le 14.08.2019 à 19:10

Violences masculines

En juillet, Jeffrey Epstein, milliardaire américain déjà connu et condamné par la justice américaine pour des faits de viols sur filles mineures, a été arrêté de retour de France et inculpé pour exploitation sexuelle de mineures et pour association de malfaiteurs en vue d’exploiter sexuellement des mineures.
On parle ici de pédocriminalité et de constitution d’un réseau prostitutionnel international. Les victimes seraient Américaines, souvent issues de milieux modestes, mais aussi françaises. L’enquête est en cours aux États-Unis.
Osez le féminisme! soutient la demande d’ouverture d’enquête en France formulée par l’association Innocence en danger.
Non à l’impunité des agresseurs et des violeurs !
Retrouvez l’intervention de Raphaëlle Remy-Leleu, porte-parole d’Osez le féminisme, sur le plateau de BFMTV lundi 12 août 2019 :
https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/affaire-epstein-un-troublant-suicide-1180120.html

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Publié le 07.10.2018 à 17:48

Écriture inclusive

Le café débat du 3 octobre 2018 s’est tenu au Mark XIII et les participant.e.s étaient venu.e.s en nombre pour discuter de l’écriture inclusive.

Nos références historiques et linguistiques influencent fortement nos manières de penser et de nous représenter le monde. Des initiatives ont donc vu le jour dans le domaine de la petite enfance et de l’éducation notamment pour tenter de contrer les stéréotypes sexistes encore trop souvent véhiculés aujourd’hui.

L’écriture inclusive est souvent taxée de vouloir imposer une vision politique (féministe) mais l’entreprise politique de rationalisation de la langue française voulue par Richelieu, qui a créé l’Académie française dans ce seul but, est elle passée sous silence… On nous affirme que le genre n’aurait rien à voir avec le sexe. Et pourtant, la règle du masculin qui l’emporte n’est fondée que sur des arguments aussi peu linguistiques que « Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte », de Bouhours en 1675 et « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle », de Nicolas Beauzée en 1767.

L’écriture inclusive n’est qu’une manière de démasculiniser la langue pour redonner aux femmes leur place dans la société et dans la langue. L’une des participantes (emploi de la règle de la majorité, les hommes étant en nette minorité ce soir-là) propose de considérer la langue comme un lieu de pouvoir car l’utilisation de l’écriture inclusive à notre humble échelle peut faire changer les choses en se répercutant autour de nous. Mais cette écriture ne nous est pas encore familière et il nous faut faire un effort de réapprentissage, comme une autre participante l’a fait remarquer.

Rassurons sur le champ celles et ceux qui s’inquiéteraient : l’utilisation de l’écriture inclusive ne nous empêche pas de lutter contre toutes les formes de violences sexistes, à notre niveau et en fonction des forces militantes dont nous disposons… Toutes les bonnes volontés sont d’ailleurs les bienvenues !

Pour en savoir plus sur l’écriture inclusive, vous pouvez consulter notre fascicule. Voilà néanmoins quelques règles simples sur lesquelles vous pouvez vous appuyer pour écrire de manière moins exclusive :

  • arrêter de masculiniser : la langue française n’a pas de genre neutre et il n’y a aucune raison pour considérer que le masculin est plus « neutre » que le féminin.
  • accorder au féminin : le féminin existe et n’est pas plus disgracieux ou inélégant que le masculin. En cas de doute, le guide Femme, j’écris ton nom recense plus de 2000 noms de fonctions, grades, métiers ou titres au féminin et au masculin.
  • renoncer aux majuscules de prestige : la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen pouvait bien afficher crânement ses majuscules, les femmes et les citoyennes en sont restées exclues jusqu’au XXème siècle !
  • boycotter la règle du masculin qui l’emporte : on peut choisir d’utiliser la règle de la proximité (accorder avec le nom le plus proche) ou de la majorité.
  • utiliser l’ordre alphabétique : pour éviter les clichés tu type « homme, femme et enfant », « papa et maman » ou « Françaises, Français », choisissons une énumération bien plus neutre : « enfant, femme et homme », « maman et papa », « Français, Françaises »…

Une dictée, tirée du programme du Conseil National de la Résistance nous a permis de nous entraîner ensemble et de proposer toutes sortes d’alternatives au texte d’origine.

 

Pour aller plus loin :

Genre, le désaccord (article publié dans Le Monde en 2012).

Tribune d’Eliane Viennot publiée dans L’Express en 2015.

Sur la place des femmes au Moyen-Âge :

http://www.compagnie-litteraire.com/statuts-femme-moyen-age/

http://www.slate.fr/story/115333/travail-femmes-moyen-age

Sur le rôle des femmes dans les guerres :

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Publié le 21.05.2018 à 17:45

TAG en campagne contre le harcèlement sexiste

Osez le féminisme 38 tient à saluer l’engagement de la Sémitag et de la SMTC en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

La dernière campagne de recrutement de conducteurs/trices a été particulièrement exemplaire, mettant en avant des femmes et des hommes à différents âges de la vie et avec des physiques différents.

Depuis le mois d’avril, une nouvelle campagne s’attaque au harcèlement sexiste dans les transports.

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La page du site dédiée à la campagne rappelle que : « Le harcèlement sexiste se caractérise par le fait d’imposer tout propos ou comportement à quelqu’un en raison de son sexe ou de son orientation sexuelle et de créer ainsi une situation intimidante, humiliante, dégradante ou offensante portant atteinte à la dignité de la personne.

Les injures, les menaces, les violences sont sévèrement punies par la loi. Le harcèlement sexiste et les violences sexuelles ne sauraient être banalisés, tolérés, excusés ou minimisés. Chacun et chacune peut, et a la responsabilité de réagir. »

Le site appelle les usagères et les usagers à agir pour mettre fin au harcèlement sexiste et propose des conseils aux victimes et aux témoins.

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Publié le 23.04.2018 à 21:08

Insultons proprement !

Le café-débat du 17 avril, qui s’est tenu au café A l’Affût, avait pour thème les insultes.

Deux tours de table des participant.e.s ont suffit pour dresser une liste de 24 insultes venant spontanément à l’esprit. De « trou du cul » à « ferme ta chatte », en passant par les incontournables « putain », « enculé », « pédé » et « salope ».

Le dictionnaire des gros mots, de Marc Lemonier (400 pages sur les « insultes, grossièretés et autres noms d’oiseaux »), nous a permis de découvrir l’origine d’insultes comme « grognasse » : « Pendant les guerres napoléoniennes, les soldats de la Grande Armée étaient surnommés les grognards. Ils râlaient, il faut dire qu’ils avaient de quoi. Les grognards ont donc un pendant féminin, la grognasse, dont le nom dénonçait la mauvaise humeur. Le terme a bientôt désigné également des femmes d’aspect peu ragoûtant, guère plus intelligentes qu’elles n’étaient belles. L’archétype e la grognasse est Mme Berthe Bérurier, née Poilfou, ogresse nymphomane, héroïne des aventures du commissaire San Antonio. »

Les 24 insultes recensées sont clairement sexistes et homophobes. Parce que le français, qui s’est développé et a évolué dans une société patriarcale, est sexiste. Marina Yaguello, citée dans le magazine belge Agir par la culture, explique que la langue est un « miroir culturel, qui fixe les représentations symboliques, et se fait l’écho des préjugés et des stéréotypes, en même temps qu’il alimente et entretient ceux-ci ». Pour mieux comprendre pourquoi la langue française est sexiste et comment elle a une influence sur la société en perpétuant le sexisme, vous pouvez lire l’article Le sexisme dans la langue française d’Agir par la culture.

Si vous souhaitez insulter proprement, c’est-à-dire sans sexisme, homophobie, racisme ou spécisme, nous vous proposons les quelques astuces suivantes :

1) Les fondamentaux du corps humain et principalement tout ce qui tourne autour de l’anus et des scelles :

  • bouche à merde
  • gland
  • je te chie dessus
  • je te pisse à la raie
  • je vais éclater tes hémorroïdes
  • mange ton caca
  • merde
  • poil de cul
  • sac à merde
  • souillure d’excréments
  • sous-merde
  • ta gueule
  • tête de gland
  • ton nez dans mon cul
  • trou du cul

2) Les classiques :

  • abruti
  • crétin
  • enfoiré
  • mange tes morts
  • pauv’ type
  • raclure
  • va crever la bouche ouverte

3) Le retournement des insultes :

  • fils de lâche
  • j’m’en bat les steaks
  • j’m’en doigte
  • j’te doigte
  • lèche ma chatte
  • sodomise ton père
  • suce mon clito
  • suce ton père

4) La douleur :

  • bouffe ton gland
  • enculeur de cactus
  • je mettrai pas de gants pour ton toucher rectal
  • j’te dissèque le gland
  • je vais te broyer les couilles
  • je vais te péter le frein
  • je vais te titiller la prostate
  • je vais te ventouser la bite

5) Les fluides féminins :

  • avale ma cyprine
  • balance tes pertes
  • bois ma cup
  • bois mon sang
  • je vais te faire une giclée menstruelle
  • je vais te repeindre avec ma cup
  • mâche ma serviette
  • mon tampon dans tes narines
  • tu vas te prendre une giclée de cup

6) La poésie et la philosophie :

  • fleur de vomi
  • je vais enlever ma culotte et je vais m’asseoir sur ton visage
  • t’es un échec

Si vous avez des idées, n’hésitez pas à nous les soumettre dans les commentaires ! Et bonnes insultes !

 

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Publié le 12.04.2018 à 18:29

café-débat du 20 mars 2018 : prostitution

Le café-débat du 20 mars avait pour thème la prostitution. Il s’agissait pour OLF38 de revenir sur la situation en France, avec la participation de l’Amicale du Nid, qui accompagne les personnes en situation de prostitution. Deux ans après la loi : Quels résultats ? Pourquoi cette loi ? Qui sont les clients ? Et les personnes en situation de prostitution ?

Les participant.e.s étaient nombreux/ses et la petite salle du café A l’Affût était comble! Merci à toutes et tous! 

Le débat a montré que le sujet de la prostitution soulève encore les passions et que l’abolitionnisme n’est pas forcément défendu par tou.te.s.

Les réglementaristes de la prostitution veulent légaliser et encadrer la prostitution : Elles et ils considèrent que la prostitution est un métier comme les autres et qu’il faut permettre aux personnes prostituées de l’exercer dans les meilleures conditions. Elles et ils insistent sur le stigmate qui pèse encore sur les personnes prostituées et cherchent à légitimer l’existence des personnes prostituées encore trop souvent mises au ban de la société.

Pour les abolitionnistes de la prostitution, comme OLF et l’Amicale du Nid, la prostitution est avant tout l’expression d’un rapport de domination : 80 à 90% des personnes prostituées sont des femmes et 95% des client.e.s sont des hommes. Le Haut Conseil à l’Égalité femmes-hommes rappelle que l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 13 à 14 ans. Il note également que la part des personnes étrangères parmi les personnes prostituées a doublé depuis les années 1990 et que 90% des personnes prostituées sur la voie publique seraient étrangères en 2010 (voir le Rapport OCRETH 2010 in Rapport d’information de M. Guy Geoffroy).

Prochain café-débat le 17 avril, même heure, même endroit, avec pour thèmes : les insultes dans la langue française ; comment insulter sans sexisme, racisme ni homophobie ?

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