Associations 38

 INRIA

Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique

Publié le 18.06.2019 à 05:02

Christine Azevedo, d’une chercheuse engagée au service de l’humain, sur la voie de l’autonomie

A la tête de l’équipe-projet CAMIN Christine Azevedo développe des solutions d’électrostimulation pour permettre à des personnes ayant une paralysie d’un ou plusieurs membres de retrouver une partie de leur mobilité. Aider à la marche, au changement de posture, et maintenant à la préhension avec le projet Agilis , cette automaticienne de formation explore tous les domaines du handicap où son apport pourrait faire gagner concrètement en confort de vie. Portrait d’une chercheuse engagée au service de l’humain.

Au départ, il y a une hésitation. Que choisir entre les sciences de la vie, la médecine, et une carrière d’ingénieure ? Christine Azevedo se décide pour l'IUSPIM (actuel Polytech), à Marseille, une école d’ingénieur généraliste, avec une coloration en Automatique, la science des systèmes dynamiques. En 1997, elle fait son stage de fin d’études dans une PME chargée de logistique pour les champs pétroliers. Elle y est recrutée comme responsable qualité. Mais au bout d’une petite année, le constat est sans appel : le métier ne lui convient pas. « Je n’avais pas fini d’avoir envie d’apprendre et j’avais trop de curiosité pour rester enfermée dans quelque chose que je trouvais répétitif  ».

Retour aux études donc, pour un master en Automatique et Robotique à l’Institut national polytechnique (INP) de Grenoble, obtenu en 1999. Pour son stage de recherche, elle intègre l’équipe BIP, dirigée par Bernard Espiau, qui travaille sur les débuts des robots bipèdes. A l’époque, le domaine vient de prendre un tournant : Honda a sorti le tout premier robot capable de marcher et de monter des escaliers. Christine Azevedo reste auprès de Bernard Espiau pour une thèse sur le contrôle de la posture et de la marche en robotique humanoïde.

Du robot à l'homme

Dès le début, ce qui l’intéresse en automatique, c’est le contrôle-commande des mouvements. Comment faire pour reproduire artificiellement, chez le robot à deux jambes, la posture humaine équilibrée et permettre la déambulation ? Christine Azevedo fait l’état de l’art de ce que les neurosciences savent sur le contrôle moteur humain.
En dernière année de thèse, elle fait la connaissance de David Guiraud, qui participe au projet européen Stand Up And Walk  : la restauration de la marche chez des personnes souffrant d'une paraplégie par l’implantation d’un stimulateur électrique au niveau du bassin relié à des électrodes réparties sur les muscles des jambes. C’est sa première rencontre avec la stimulation électrique fonctionnelle. Et une révélation. « Je me suis dit, mais oui bien sûr, c’est ça que je veux faire ! Tout ce que je fais en robotique, tout ce qui m’intéresse, tout ce qui me plait, je veux l’appliquer à une problématique de handicap  ».
A ce moment-là, David Guiraud commençait à créer l’équipe DEMAR (Déambulation et mouvement artificiel) chez Inria à Montpellier et Christine Azevedo veut en être. Pour muscler sa connaissance de la physiologie humaine, elle fait un post-doc sur la gestion de la posture et de la locomotion chez l’humain, à Marseille. Elle y reste un an, à l’issue duquel elle tente le concours d’entrée à Inria. Si sa candidature est bien perçue, elle manque d’une expérience internationale. Ce sera le Danemark, au centre d’interaction sensori-motrice de l’université d’Aalborg. Elle s’y forme à la stimulation électrique fonctionnelle auprès de grands noms du domaine des neuroprothèses, ces interfaces avec le système nerveux qui permettent d’activer la contraction des muscles paralysés.

Développer des solutions concrètes

En 2004, Christine Azevedo est recrutée dans l’équipe DEMAR. Elle y lance des projets sur l’assistance au transfert assis-debout, l’aide à la marche chez la personne ayant une hémiplégie ou une maladie de Parkinson et s’insère dans les travaux existants avec sa contribution d’automaticienne. Car ici, tout est affaire de travail d’équipe. Outre la multidisciplinarité des compétences de recherche mobilisées (informatique, microélectronique, neurosciences…), les interactions avec les médecins et industriels sont fondamentales. « On essaye de développer des solutions qui puissent avoir une réalité auprès des patients un jour, donc l’étape de transfert clinique et industriel est très importante  ». Jusqu’au patient, qui devient un membre à part entière de l’équipe, qu’il nourrit de son retour d’expérience. « Dans ce domaine, le facteur humain est premier, tout le reste doit s’adapter  ».
En 2016, se pose la question de l’avenir de DEMAR. L'équipe a fourni un gros effort de développement technologique (stimulateurs, logiciels…), qu’une équipe de recherche n’est pas conçue pour porter et valoriser. Décision est prise de créer une start-up, Neurinnov, pour assurer le transfert des technologies et le développement lourd lié aux travaux de recherche de l’équipe. David Guiraud et son collègue David Andreu s’y attèlent. Christine Azevedo prend en charge la partie recherche académique et scientifique, en créant à la suite de DEMAR l’équipe CAMIN (Contrôle Artificiel de Mouvements et de Neuroprothèses Intuitives), commune à Inria et au Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM). La première collaboration officielle des deux structures est le projet Agilis (voir encadré ci-dessous), un projet européen qui vise, à terme, à restaurer les mouvements de la main et du poignet.

En s’engageant dans ce domaine, Christine Azevedo voulait participer à cet effort d’amener la science et la technologie vers des personnes qui puissent en bénéficier directement. Si elle est passionnée par son travail, elle ne se considère pas encore arrivée à son objectif, ses projets étant toujours au stade de la recherche. Son Graal ? Que découle de ses travaux une solution concrète, qui soit utilisable au quotidien pour améliorer la qualité de vie des personnes en situation de handicap.

  Le projet Agilis en quelques mots

Le projet Agilis va tester, sur des volontaires souffrant de tétraplégie, la stimulation de différents faisceaux de nerfs impliqués dans la flexion et l’extension de la main et du poignet, via l’utilisation de deux électrodes multi-contacts implantées. Un précédent projet a validé la sélectivité de la stimulation et le déclenchement de différents types de mouvements chez des patients anesthésiés, à l’occasion d’une opération de transfert tendineux. Le projet Agilis a pour objectif de faire la preuve de concept de la fonctionnalité du système proposé, et notamment de la récupération d’une extension et d’une flexion fonctionnelles, permettant la saisie de différents types d'objets.

c'est projet européen de 18 mois soutenu par l’EIT Health déjà cinq patients implantés trente jours d’entrainement et d’expériences environ 12% des personnes ayant une lésion médullaire sont éligibles au futur implant AGILIS , soit de l’ordre de 550 personnes par an au niveau européen. partenaires : Inria, AP-HP, Hôpital la Châtaigneraie, Neurinnov et l’Université de Heidelberg.  Continuer la lecture
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Publié le 18.06.2019 à 05:02

Olympiades de Mathématiques 2019

Le mercredi 05 juin, en partenariat avec l’Académie de Lille, Inria a reçu les lauréats des Olympiades de mathématiques pour la dixième année consécutive.

Afin de rapprocher la recherche en mathématiques des lycées, Inria engage des actions vers les jeunes et développe les partenariats avec l'Éducation nationale notamment en s'associant aux Olympiades de mathématiques.

Les objectifs des Olympiades trouvent un écho particulier à l'institut qui mène une politique de médiation scientifique active auprès des jeunes, pour leur faire connaître la recherche en informatique et en mathématiques et les innovations qui en découlent.

Le centre de recherche Inria Lille – Nord Europe et l’Académie de Lille se retrouvent pour une dixième édition de remise de prix des Omympiades

Cette cérémonie des prix a eu lieu le mercredi 05 juin dans le centre Inria de Lille,où vingt-sept jeunes, accompagnés de leurs parents et professeurs, ont été récompensés pour s’être distingués lors de cette épreuve de 4 heures qui a eu lieu au mois de mars.

La célébration fut poursuivie d'une présentation de statistiques appliquées et s'est clôturée comme chaque année par un pot de l'amitié.

Quelques chiffres pour 2019 8393 participants pour la totalité des 30 académies participantes. 724 lycéens avec 688 participants pour la série S, ont participé au challenge des Olympiades académiques de mathématiques. 254 copies sélectionnées débouchant sur 29 lauréats, 25 pour la série S et 4 pour la série NonS. Un maillage territorial assez large pour les lauréats, avec 17 établissements issus de l'enseignement public et 12 de l'enseignement privé. 1 lauréat du lycée privé de Marcq est primé au national  Continuer la lecture
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Publié le 18.06.2019 à 05:02

L’algorithme qui renforce l’accès aux produits locaux

La start-up "Le Chemin des Mûres " a créé une solution de transports intelligents pour la distribution de produits agricoles locaux. Son logiciel sur mesure calcule des tournées optimisées de bout en bout, permettant aux producteurs de mutualiser leurs livraisons et ainsi gagner du temps et de l’argent tout en renforçant l’économie locale. Cet outil, développé au sein d’Inria et en collaboration avec l’équipe Inocs *, s’inscrit dans une démarche environnementale visant à réduire la charge globale de transport.


Bien que la demande des consommateurs et l’intérêt pour les produits du terroir ne cessent d’augmenter, il est plus facile pour un producteur agricole de faire livrer ses marchandises au niveau national que près de chez lui. Ce paradoxe s’explique par l’absence de logistique de transport adaptée au commerce local. «Actuellement, les producteurs distribuent eux-mêmes leurs produits dans des véhicules utilitaires remplis à moins de 50 %. Le temps passé sur la route est onéreux et n’entraîne aucune création de valeur », constate Nils Olivier , cocréateur de la start-up "Le Chemin des Mûres" (LCDM) et expert en innovation.

Pourtant, œuvrer dans un circuit court bénéficierait aux producteurs. Cela permettrait le développement de proximité sociale, la réduction des intermédiaires et donc des charges, ou encore l’augmentation de la visibilité et de la fraîcheur des produits. C’est pourquoi, "Le Chemin des Mûres", projet débuté en 2018 et issu de travaux de recherche d’Inria, s’est attelé au développement d’un logiciel d’organisation du transport de produits alimentaires locaux. 100 000 producteurs français pourraient être intéressés par cette solution et sa démarche environnementale et sociale.


Le logiciel traite des requêtes de transports fortement contraintes et génère des trajets en temps réel. La solution est dynamique afin de pouvoir intégrer les demandes à la volée des producteurs


De la ronce à la mûre : retrouver le chemin du terroir

Le Chemin des Mûres a collaboré avec l’équipe Inocs * d’Inria, spécialisée en recherche opérationnelle, afin de développer un algorithme sur mesure pour mutualiser les livraisons de producteurs. Si le projet se rapproche du principe de partage de BlablaCar, il ne se contente pas de simplement mettre en relation les producteurs entre eux. Son objectif : organiser des tournées de bout en bout. Par exemple : un utilisateur a besoin de livrer des légumes à un professionnel, il précise sa quantité de produit, le lieu et la date de livraison dans une application. "Le Chemin des Mûres" l’intègre dans une tournée existante ou lui propose de mutualiser son véhicule s’il est disponible avant de lui envoyer un planning de livraison. Le producteur livreur d’aujourd’hui bénéficiera du véhicule d’un autre demain. Un concept en faveur de l’économie de transport qui apporte davantage de flexibilité à ses utilisateurs qui peuvent faire livrer leurs produits près de chez eux plus souvent. Mais comment ça marche ?

«Le logiciel traite des requêtes de transports fortement contraintes et génère des trajets en temps réel. La solution est dynamique afin de pouvoir intégrer les demandes à la volée des producteurs », détaille Martin Bué , ingénieur en optimisation. Dans le cadre d’un problème d’optimisation logistique classique, l’objectif est de calculer le temps de trajet ou la distance parcourue les plus courts possible. Or, ce type de solution pourrait exclure systématiquement certains producteurs des tournées mutualisées et des profits qui en découlent, ce qui n’est pas souhaitable dans la solution proposée par "Le Chemin des Mûres".

En plus de la localisation des producteurs, la forme de véhicule (réfrigération ou non, capacité, etc.), la nature des produits, les horaires de disponibilité des clients sont autant de contraintes prises en compte par "Le Chemin des Mûres". Il faut disposer du bon véhicule (réfrigéré pour les produits périssables par exemple) au bon moment et au bon endroit. Objectif : faire en sorte que chaque utilisateur d’une tournée soit gagnant à la fin de celle-ci en termes de coûts ou de temps.

Une fois la livraison terminée auprès des clients professionnels (restaurateurs, magasins, etc.) ou dans des points relais (Ruche qui dit oui !, Amap), les producteurs sont dédommagés de façon équitable. "Le Chemin des Mûres" propose un modèle économique transparent grâce à un algorithme de calcul des frais réels de transport (essence, entretien de véhicule, etc.) développé par l’IFSTTAR (logicout.fr). Ce logiciel sert également d’indicateur de performance à la start-up qui compare les coûts avant et après l’utilisation de leur solution. «Nous prélevons un pourcentage sur la performance économique d’une tournée. Cela signifie que si le client ne gagne pas d’argent, alors nous non plus », ajoute Nils Olivier .


Ce prototype nous servira à mieux comprendre les difficultés du terrain pour apporter la solution la plus adaptée à la réalité


Développer le local à grande échelle

La start-up a eu le temps mûrir son projet grâce au soutien d’Inria et à son dispositif d’aide à la création d’entreprise. Elle va désormais mettre en place une expérimentation sur le terrain durant un mois au cours de l’été 2019. «Ce prototype nous servira à mieux comprendre les difficultés du terrain pour apporter la solution la plus adaptée à la réalité », explique Adrien Flandrin , spécialiste en distribution alimentaire. Par l’intermédiaire des chambres d’agriculture, "Le Chemin des Mûres" a trouvé deux groupements de 40 à 80 producteurs pour tester son logiciel. Cette étape apportera une preuve de concept en vue d’une sortie du produit final début 2020. Celui-ci prendra la forme d’un site web ou d’une application et sera complété par des interfaces de programmation (API) connectées directement à d’autres sites internet tels que les places de marché. Ces dernières mettent en relation producteurs et clients mais n’offrent pas de solution de livraison une fois les transactions effectuées. « Notre proposition est complémentaire. En l’intégrant à ces sites, nous prenons directement en charge la livraison d’une vente  », explique Nils Olivier .

Pour la suite, les perspectives sont nombreuses. Une fois le dispositif opérationnel, "Le Chemin des Mûres" souhaite, par exemple, compléter son offre en intégrant des transporteurs professionnels ce qui créerait de la régularité dans les livraisons. Enfin, après avoir conquis le territoire français, la solution pourrait rapidement s’exporter par-delà les frontières. Hors de l’Hexagone aussi on veut « consommer local ».

*Inocs est une équipe-projet commune à Inria, au laboratoire CRIStAL (Centrale Lille, CNRS, Université de Lille) et à l'Université Libre de Bruxelles.

"Le Chemin des Mûres" a remporté le 3ème prix lors du concours Agrinove ! Ce concours récompense les projets innovants à la frontière entre l'agriculture et d'autres domaines. Ces projets sont en lien avec les activités extra-agricoles et visent à favoriser la production, la logistique, l'ergonomie ou le travail de la terre. La start-up s'est démarquée parmi 34 projets en lice par son approche révolutionnaire qui va faciliter les transports des marchandises des petits producteurs. Le prix de 5000€ va permettre à Martin Bue, Adrien Flandrin et Niels Olivier de poursuivre le développement de leur prototype dans les meilleures conditions.

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Publié le 18.06.2019 à 05:02

L'académie des sciences met à l'honneur les scientifiques azuréens

L'Académie des sciences, Inria et Université Côte d’Azur, avec le soutien de la ville de Nice, organisent deux journées de rencontres, d’échanges et de réflexions les 20 et 21 juin 2019. 

Cet événement s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle initiative intitulée « L’Académie en région », qui entend mettre à l’honneur les académiciens et académiciennes dans leurs régions respectives, et tisser des liens avec les structures de recherche et universitaires locales.

« Nous sommes très heureux de lancer à Nice ce nouveau cycle de rencontres de l’Académie, se réjouit Pascale Cossart , Sécrétaire perpétuel de l’Académie des sciences. A travers ce projet, nous souhaitons mettre à l’honneur les académiciens et académiciennes dans leurs régions respectives, et tisser des liens plus étroits avec les structures de recherche et universitaires locales. C’est aussi une formidable occasion pour l’Académie de venir à la rencontre du grand public, en complément des séances proposées à Paris ».

Pour Nicholas Ayache , directeur de recherche Inria et membre de l’Académie des sciences, ces journées en région sont une occasion unique de mettre à l’honneur l’excellence scientifique azuréenne. "Nous sommes très fiers que l'Académie ait choisi la Côte d'Azur pour cette première édition. Notre territoire a réussi à développer une activité scientifique intense de très haut niveau international, à la fois académique et industrielle. En témoigne la présence d’une quinzaine d’académiciens, une remarquable dynamique autour de la recherche et la formation à travers l'Idex UCAJedi et la toute récente labellisation du 3IA Côte d'Azur".

A la fin de la première journée, le grand public sera convié à une conférence sur le thème « Quatre regards sur la médecine de demain ». Quatre Académiciens présenteront leur point de vue sur l’actualité foisonnante de leurs disciplines respectives et sur leur vision du futur : 

Pascale Cossart  traitera de la microbiologie (bactéries amies et ennemies, microbiotes) et des pathologies associées,  Nicholas Ayache  décrira tout l’apport de l’intelligence artificielle aux progrès de la médecine,  Michel Lazdunski  se penchera sur les neurosciences et les pathologies du système nerveux (neurologie et psychiatrie) Pierre Corvol  parlera du patient et du médecin connectés du futur.

Dans le même esprit et en clôture de la seconde journée, trois Académiciens présenteront «Trois regards sur l'informatique et les mathématiques de demain » :

Gérard Berry  nous donnera sa vision de l'évolution de l'informatique,  Patrick Flandrin  évoquera des défis contemporains en science des données, Étienne Ghys  présentera des avancées mathématiques récentes en théorie des graphes.

L'Académie des sciences

Créée par Colbert en 1666, l’Académie des sciences est une assemblée de scientifiques, choisis parmi les plus éminents spécialistes français et étrangers. Les réflexions et débats qu’elle conduit ont pour rôle de fournir à tous un cadre d’expertise, de conseil et d’alerte, vis-à-vis des grands enjeux politiques, éthiques et sociétaux posés par les progrès de la science et les innovations technologiques. En vertu de cette mission, elle œuvre au partage de la science en tant que bien commun pour éclairer les choix des citoyens, et formule des recommandations, sur lesquelles peuvent s’appuyer les autorités gouvernementales. Elle soutient en outre la recherche, s’engage pour la qualité de l’enseignement des sciences et encourage la vie scientifique sur le plan international.

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Publié le 18.06.2019 à 05:02

FUTUR.E.S : quelle protection de nos données de santé ?

La 10 ème édition de FUTUR.E.S aura lieu les 13 et 14 juin 2019 au Mobilier National - Galerie des Gobelins. Premier festival européen de l’innovation numérique et durable, FUTUR.E.S invite à explorer collectivement les futurs possibles et à porter les voix d’un numérique pluriel.
Cédric Lauradoux, chercheur Inria de équipe Privatics, participera la 13 juin à une table ronde intitulée « Y aura-t-il un Cambridge Analytica de nos données de santé ? ».

Cédric Lauradoux s’est intéressé à la vie privée lorsqu’il rejoint l’équipe Privatics d’Inria Grenoble Rhône-Alpes en 2011. Passé de la cryptographie aux questions de protection de la vie privée, il en vient aujourd’hui à s’intéresser à ses aspects légaux. Il lui semble indispensable aujourd’hui de revoir toute la technique de la science du point de vue du droit : on va-t-on ? Que fait-on ? Pourquoi le fait-on ? Afin notamment d’être en phase avec la société civile.

Devons-nous craindre des fuites de ces données de santé ?

Les données de santé sont des données à caractère personnel dites sensibles au sens du Règlement Général sur la Protection des Données. Elles concernent l’état de santé (physique ou mental), présent ou futur, d’une personne physique identifiée ou identifiable.
Pour Cédric Lauraudoux, la question des fuites de données est une question légitime. Les fuites de données sont un phénomène croissant et inéluctable que ce soit du fait d’erreurs humaines ou en raison de piratages informatiques.
Par ailleurs, on peut s’inquiéter de voir différentes initiatives apparaître sur le territoire sans voir émerger de normes ou d’outils standardisés pour traiter les données médicales. Comme dans d’autres domaines, il existe également de mauvaises pratiques dans le milieu médical, comme l’échange par mail des données d’un patient.

Comment gérer et protéger ces données à caractère personnel ? Centralisation ou fragmentation ?

Des fuites de données de santé ont sans doute déjà eu lieu, c’est ce qui est aujourd’hui le plus inquiétant. Mais il est difficile de s’en rendre compte soit parce que les données médicales sont très morcelées soit parce que les attaquants sont assez forts pour se cacher.

Actuellement, le principal modèle de gestion de la donnée est centralisé : un responsable de traitement gère l’intégralité de la donnée d’une personne. Ce modèle permet de simplifier beaucoup de question en terme de protection de la donnée mais force est de constater qu’il n’a pas réussi à nous protéger de massives fuites de nos données.
Fragmenter les données consiste à les répartir pour atténuer le problèmes des fuites. Ainsi, avec la fragmentation des données personnelles, on évite que l’erreur humaine d’une seule personne soit source d’une fuite massive de données. Par ailleurs, en cas de piratage, une personne qui accède à un fragment de ces données n’accède pas à toutes les données. L’inconvénient d’une telle solution réside dans le fait que chaque fragment de données doit être sécurisé pour éviter les mini fuites de données.

Ainsi il faut être mesuré face au projet de mutualisation des applications qui gèrent les données médicales : d’une part car on se dirige vers des usages impliquant les smartphones, d’autre part parce qu’il y a une centralisation.

Par ailleurs, beaucoup d’initiative existe dans les hôpitaux et les CHU en région pour sécuriser les données médicales. Chaque établissement assure à sa manière la sécurité des données médicales ce qui induit de la fragmentation et concours ainsi à limiter les fuites de données. A l’inverse, il est donc extrêmement complexe d’avoir une vision globale de la manière dont sont sécurisées les données médicales.

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Publié le 18.06.2019 à 05:02

500 ans de Valbonne et 50 ans de Sophia Antipolis

Dans le cadre des 500 ans du village de Valbonne et des 50 ans de Sophia Antipolis, la ville de Valbonne réalise une série de vidéos sur l'histoire de la commune à partir d'archives de l'INA. 

La dernière de ces vidéos est consacrée au numérique. Elle reprend un extrait de l'archive INA et montre l'évolution du numérique depuis la création de Sophia Antipolis avec retour en images d'archives (INA) sur le centre de recherche Inria, de son inauguration(1983) à aujourd'hui, avec, en illustration des actions de la commune dans ce domaine, des images de la semaine du numérique qui s'est tenue en mai.

 

Pour voir et revoir tous les épisodes diffusés , rendez-vous sur le site de Valbonne.

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