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 Camp de base

Le podcast des rencontres aux sommets qui raconte la montagne d’hier et d’aujourd’hui et qui met à l’honneur celles et ceux qui l’habitent et la traversent.

Publié le 31.03.2025 à 15:38

Comment réinventer la montagne quand elle est l’un des endroits où le réchauffement climatique s’accélère d’année en année ? Quand il menace le devenir des habitants ? Peut-on imaginer une prise de conscience et des actions de la part des politiques ? Est-il encore possible de réconcilier les différentes parties sur les territoires de montagne ? Une sortie de l’économie classique, telle qu’elle a lieu depuis l’après guerre est-elle déjà en marche ?

Fiona Mille est présidente de l’association Mountain wilderness et autrice de « Réinventons la montagne – Alpes 2030, un autre imaginaire est possible ». Alors que la neige se fait rare, en 2023, le territoire alpin a été choisit pour organiser les jeux d’hiver de 2030, en France. Dans le contexte climatique en cours, et un réchauffement climatique toujours plus important dans les Alpes, elle nous invite à repenser la montagne. Dans son essai coup de poing, la présidente de Mountain Wilderness peint plusieurs récits, oscillant entre dystopie et utopie réaliste. Elle nous invite à méditer sur des initiatives inspirantes, qui vont bien au-delà de certains choix totalement anachroniques, pour bâtir de nouveaux imaginaires. Loin de n’être qu’un espace de sa seule réflexion, Fiona Mille propose des chemins de traverse. Ainsi, elle s’est inspirée de nombreuses rencontres et de témoignages riches, apportés par des acteurs des territoires montagnards. Ils viennent ainsi nourrir le débat et la pensée. Dans l’épisode n°83 du Camp de base, je donne la parole à Fiona Mille. Elle me raconte son engagement écologique au service d’un nouvel imaginaire, mais aussi les trois scénarios qu’elle imagine dans son livre.

Une découverte de la montagne dès le plus âge

Fiona a grandi dans le Plat pays. Elle découvre les Pyrénées dès son plus jeune âge. Elle voyage régulièrement en vacances avec ses parents. « J’ai fait un master à Toulouse pour me rapprocher des Pyrénées […] j’ai fait mon stage de fin d’étude chez Mountain wilderness et donc je suis venue tout de suite à Grenoble. » C’est là qu’elle a un véritable coup de cœur pour cette association, qui prend en charge la préservation des milieux naturels et cherche à penser les relations humains-écosystèmes naturels.

« C’est pas se dire on met une partie de la montagne sous cloche, ailleurs on fait n’importe quoi. C’est véritablement se dire quel est notre rapport sensible à ces espaces de montagne, comment on les respecte, comment on les protège, comment on les pratique, comment on y vit »

Le Camp de base – épisode 83

C’est ainsi qu’en rentrant dans les Pyrénées, Fiona devient déléguée de l’association. Aujourd’hui, en plus de son travail de consultante sur les transitions dans les territoires, Fiona a aussi ouvert un gite en Belledonne, à Freydières, « Le camp de base ».

Plus de contenus sur l’écologie ?
Écouter l’épisode avec Antoine Pin « Comment contribuer à la préservation des glaciers avec POW »

L’avenir de la montagne sauvage 

Le livre de Fiona Mille invite le citoyen à la réflexion pour réinventer la montagne. Publié aux éditions du Faubourg en novembre 2024, et préfacé par la glaciologue Heïdi Sevestre, Fiona décrit trois intrigues. La première est une fiction qui montre comment la montagne évoluera si on ne fait rien à partir de maintenant. La deuxième suite d’histoires correspond à une fiction qui raconte ce qu’il peut se passer si les JO 2030 n’ont pas lieux; et enfin, le troisième récits se préoccupe de la montagne, si on opère dès 2024, des mesures pour opérer de vraies transformations en montagne. Ces récits décrivent notamment des constats qui découlent des décisions des pouvoirs publics d’organiser ou non les Jeux olympiques. Dans un premier scénario, Fiona Mille explore l’avenir des territoires montagnards en lien avec l’or blanc, face aux défis écologiques et sociaux actuels, si les JO 2030 ont lieux. En poursuivant le modèle actuel : les stations de ski continuent d’investir massivement dans des infrastructures couteuses pour maintenir l’activité traditionnelle, comme la neige artificielle et les remontées mécaniques.

« Les Jeux ont compté dans notre histoire : on pense à Chamonix, Grenoble, Albertville. Mais là, la question c’est « est-ce qu’en 2030 on doit faire rêver des jeunes autour des sports d’hiver dans une montagne qui est en train de fondre. Moi, ça ça ne me pose vraiment question. »

Le Camp de base – épisode 83

Fiona indique que notre monde est à une période de bascule, dans lesquels il faut saisir les enjeux, avec un besoin de faire évoluer le tourisme, l’économie et peut-être même nos imaginaires de la montagne.

Réinventer la montagne par une transition environnementale et sociale

Pourtant, les scientifiques (notamment du GIEC) rappellent qu’il existe une véritable urgence climatique et un besoin urgent de transition dans les massif montagneux. Les mobilités sont le problème principal dans le tourisme actuel. Cet essai invite aussi à repenser notre relation à la montagne. Ainsi, serait-il possible de la considérer seulement comme un lieu de loisirs, mais aussi comme un refuge pour la biodiversité et un modèle potentiel pour des modes de vie plus sobres ? « Réinventons la montagne » est une invitation à un débat collectif , en encourageant une réflexion durable face aux défis climatiques et sociétaux. Il s’agit donc d’imaginer un autre monde

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Publié le 12.03.2025 à 13:31

Vous connaissez la fresque du climat ? Véritable enjeu d’éducation, c’est un atelier collaboratif et ludique qui sensibilise aux enjeux du changement climatique. Il s’appuye sur les données scientifiques du GIEC. Les participants sont amenés à construire une fresque visuelle des causes et conséquences du dérèglement climatique, favorisant ainsi la compréhension et l’action. Elle a été créée en 2018 par Cédric Ringenbach, ingénieur et consultant en transition écologique, spécialisé dans la vulgarisation scientifique sur le climat.
Depuis de nombreuses fresques ont été pensées pour partager, grâce à l’intelligence collective la recherche scientifique et les dernières études : la fresque océane, la fresque de la biodiversité… et la fresque de la montagne.

Portée par Educ’Alpes, cette fresque permet d’aborder l’enjeu et les effets du changement climatique, en partant des observation menée dans la communauté scientifique. Ainsi, la transition énergétique, l’évolution de la ressource en eau et les risques naturel dans le massif alpin et bien au-delà, dans nos montagnes, tiennent à une chose dans les prochaines années : limiter le réchauffement.

La science et la protection de l’environnement sont plus que jamais essentielles. Le podcast « Le Camp de Base » vous emmène aujourd’hui à la rencontre de Maëlys Bernot, médiatrice scientifique. Nous avions déjà parlé de culture, médiation et communication scientifique avec Raphaël Lachello et Symon Welfringer, dans un épisode précédent. Mais si vous n’êtes pas familiers de ces notions, un encart vous attend en fin d’article.
Maïlys nous présente un outil qu’elle a contribué à développer : la Fresque de la Montagne. Plongeons dans cet univers où science et société se rencontrent pour mieux comprendre et agir face aux défis climatiques.

La médiation scientifique : un pont entre science et société

Maëlys Bernot, médiatrice scientifique basée à Gap dans les Hautes-Alpes, nous explique son rôle crucial dans la transmission des connaissances scientifiques au grand public. Son travail ne se limite pas à vulgariser des concepts complexes. Il vise à créer des liens et à susciter l’intérêt et l’engagement des citoyens.

« La médiation scientifique, souvent, on a un petit peu l’image de Jamy de C’est pas sorcier qui est en train de raconter tout plein de trucs sur les sciences. Donc, c’est un peu l’idée. L’idée, c’est vraiment de faire le lien entre sciences et sociétés, entre la recherche et le grand public. » – Maëlys Bernot

La médiation scientifique, est un processus interactif qui vise à créer des liens entre la science et la société. Elle ne se limite pas à la vulgarisation des connaissances, mais implique une co-construction avec le public. Les médiateurs scientifiques facilitent la compréhension des concepts scientifiques en utilisant des outils variés (ateliers, des jeux et des discussions). L’objectif est de rendre la science accessible, de susciter l’intérêt et l’engagement des citoyens. Par ce biais, ils sont aussi outillés, pour qu’ils puissent s’approprier les connaissances et développer un esprit critique. Cette approche permet de démystifier la science et favoriser une meilleure compréhension du monde. La médiation encourage une participation active aux débats scientifiques et environnementaux.

Maëlys insiste sur l’importance de ne pas seulement vulgariser, mais aussi de concevoir des projets avec les gens, en s’appuyant sur leurs connaissances. Cette approche interactive permet de créer un véritable échange et d’enrichir mutuellement les participants et les médiateurs.

« Il y a vraiment cette notion de lien et de double sens pour moi dans la médiation scientifique. […] J’apprends autant que les gens à qui j’essaie d’apprendre des choses et de faire apprendre des choses. » – Maëlys Bernot

La Fresque de la Montagne : outil d’intelligence collective

La Fresque de la Montagne est un atelier participatif qui utilise l’intelligence collective. Ils sont amenés à comprendre les impacts du changement climatique sur les territoires de montagne. Inspirée par la Fresque du Climat, cet outil permet de visualiser les causes et conséquences du réchauffement climatique.

« La fresque de la montagne est un peu particulière par rapport aux autres fresques parce qu’elle se base sur un grand paysage. On a un grand paysage de montagne qui nous sert de support visuel pour décrire les causes et les conséquences du changement climatique en montagne. » – Maëlys Bernot

Comment fonctionne une fresque de la montagne ?

L’atelier se déroule en deux activités principales, qui permet de s’intéresser à différentes thématiques autour de l’adaptation au changement climatique :

  1. Compréhension des Mécanismes : les participants utilisent un jeu de cartes pour identifier et relier les différents facteurs contribuant au changement climatique en montagne. Cette phase permet de structurer les connaissances et de prendre conscience des enjeux.

« On a des cartes qu’on doit mettre en lien. L’idée, au début, c’est vraiment de rattacher les gens à la montagne. […] Après, on va parler à la fois du changement climatique de manière plus globale. Essayer de voir ce qui a changé dans les territoires de montagne ces dernières années. » – Maëlys Bernot

  1. Projection et Action : ensuite, les participants se projettent en 2050. Ils imaginent des récits collectifs incarnant différents acteurs des territoires de montagne (citoyens, politiques, socioprofessionnels, vivant non-humain). L’objectif est de planifier des actions concrètes pour atteindre la neutralité carbone.

« On essaie de se projeter dans les territoires de montagne en 2050. L’idée, c’était de donner des clés de compréhension des dynamiques politiques des territoires de montagne. […] On va essayer de planifier différentes actions pour voir comment on fait pour en arriver là. » – Maëlys Bernot

Les Bénéfices de la Fresque de la Montagne

La fresque permet d’abord de sensibiliser un large public aux enjeux climatiques en montagne. Cela permet de structurer les connaissances de manière ludique et interactive.

« Ça permet vraiment des prises de conscience de manière plus globale. Parfois, on peut avoir entendu parler de certains éléments à droite et à gauche, mais ça permet aussi de les restructurer et d’aller creuser certains éléments. » – Maëlys Bernot

Cet atelier pédagogique permet aussi de rêver la montagne de demain, un nouvelle économie selon différents secteurs, et une stratégie pour tenter d’endiguer le phénomène du réchauffement climatique. En imaginant des scénarios futurs et en planifiant des actions, les participants sont encouragés à passer à l’action et à s’engager concrètement.

« Ça permet vraiment de redonner du sens et de recréer du collectif dans nos sociétés qui sont très individualistes. Et ça permet aussi de guider et d’orienter sur des actions impactantes. » – Maëlys Bernot

L’atelier favorise les échanges et la coopération entre les participants, recréant du lien social et renforçant le sentiment d’appartenance à une communauté.

« Ça offre un grand espace de débat, de réflexion, d’échange, d’expression. Et en fait, c’est une manière de penser collectivement la réorganisation des sociétés. » – Maëlys Bernot

Retours et Impacts

Les retours des participants sont extrêmement positifs. La fresque permet de transformer des émotions négatives face au changement climatique en motivation pour agir. Elle offre des clés d’action concrètes et redonne espoir en un avenir meilleur pour les territoires de montagne.

« En général, c’est des super retours. Quand on fait un constat des impacts du changement climatique en montagne, ça peut être hyper démoralisant. L’idée, c’était d’utiliser ces émotions qu’on pourrait qualifier de négatives pour faciliter le passage à l’action et de ne pas laisser repartir les gens super plombés. » – Maëlys Bernot

Agir pour la Montagne de Demain

La Fresque de la Montagne est bien plus qu’un simple atelier. C’est un outil puissant pour éduquer, mobiliser et transformer nos sociétés face aux défis climatiques. En participant à une fresque, chacun peut contribuer à imaginer et à construire un avenir durable pour les montagnes.

« Ce qui est assez intéressant avec cet outil-là, c’est que c’est utilisable auprès de plein de publics différents, à la fois du grand public et à la fois du public professionnel. […] On peut l’utiliser de plein de manières différentes. » – Maëlys Bernot

Culture, médiation et communication scientifique

La culture scientifique désigne l’ensemble des connaissances scientifiques acquises par un individu. C’est aussi la capacité à utiliser ces connaissances pour identifier des questions scientifiques, acquérir de nouvelles compétences, expliquer des phénomènes scientifiques et tirer des conclusions fondées sur des faits. Elle inclut également la compréhension des caractéristiques des sciences comme forme de recherche humaine. Elle transmet la conscience du rôle des sciences et de la technologie dans la constitution de notre environnement matériel, intellectuel et culturel. La culture scientifique implique également la volonté de s’engager en tant que citoyen réfléchi dans des problèmes à caractère scientifique. Elle est transmise par des acteurs tels que les laboratoires, les organismes de recherche, les musées scientifiques, les CCST, et les associations. Ils contribuent à la diffusion de ces connaissances au sein de la société. Cette transmission vise à partager, échanger, expérimenter et débattre des idées autour des questions scientifiques. Cela favorise ainsi une meilleure compréhension et une participation active des citoyens dans les débats scientifiques et environnementaux.

La médiation scientifique et la communication scientifique sont deux approches distinctes pour transmettre des connaissances scientifiques au public. La communication scientifique se concentre principalement sur la diffusion d’informations souvent à travers des articles, des conférences ou des publications. Cela vise à informer et à éduquer le public sur des découvertes ou des concepts scientifiques. En revanche, la médiation scientifique adopte une approche plus interactive et participative. Elle tente de créer un dialogue entre les scientifiques et le public, en utilisant des outils variés comme des ateliers, des jeux et des discussions. L’objectif est non seulement de transmettre des connaissances, mais aussi de susciter l’intérêt, l’engagement et la co-construction des savoirs avec les participants. La médiation scientifique cherche à rendre la science accessible et à outiller les citoyens. Ainsi, ces derniers peuvent s’approprier les connaissances et développer un esprit critique, favorisant ainsi une meilleure compréhension et une participation active aux débats scientifiques et environnementaux.

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Publié le 24.02.2025 à 09:04

Émancipation féminine et alpinisme – Il y a quelques années Anne Benoit-Janin part rencontrer le mari de Passang Lamu Sherpa. Cette népalaise a réussi après plusieurs tentatives à cotoyer le toit du monde. Mais elle n’en reviendra jamais. En prenant connaissance du parcours de Passang, Anne Benoit-Janin se pose la question : y a t-il d’autres népalaises qui ont tenté l’aventure ? Et qu’est-ce que cela change pour elle, dans cette société régit par les castes ? Une enquête sociologique qui l’amènera à réalisé un film documentaire et à écrire un livre. Ce dernier, paru aux éditions Glénat a été réédité en 2024. Après avoir rencontré Sophie Lavaux, qui a grimpé les 14 sommets de plus de 8000 mètres, rencontre avec Anne Benoit-Janin avec les népalaises de l’Everest.

L’Alpinisme comme voie d’émancipation féminine

Pour beaucoup de femmes népalaises, l’alpinisme représente bien plus qu’un simple sport. C’est un moyen de se libérer des contraintes sociales et des rôles traditionnels imposés par la société. Particulièrement sur l’Everest, l’ascension est vue comme un symbole de résilience et de pouvoir. Ces femmes, souvent issues de milieux modestes, cherchent à briser les stéréotypes de leur place dans la société en atteignant des sommets qui ont longtemps été réservés aux hommes. Le documentaire d’une sociologue, qui a capté les vies de ces héroïnes invisibles, montre l’importance de cet acte symbolique dans un pays où les femmes sont souvent confinées à des tâches domestiques ou agricoles.

L’Influence des traditions et des castes sur l’émancipation féminine

Cependant, malgré ces progrès, les femmes népalaises sont toujours confrontées aux lourdes traditions et à l’héritage des castes. Le système de castes, bien qu’officiellement aboli, continue de jouer un rôle majeur dans leur quotidien. Cela influence non seulement leurs opportunités professionnelles, mais aussi leur accès à l’éducation et à la santé. En parallèle, les attentes sociales liées à leur genre renforcent encore les barrières. Si la montagne est un symbole de puissance et de beauté, elle est aussi un terrain d’émancipation pour ces femmes qui, à travers leurs ascensions, viennent bousculer des siècles de traditions patriarcales. Parmi ces femmes, certaines ont marqué l’histoire, comme Passang Lamu Sherpa, une pionnière qui a ouvert la voie à d’autres.

Pasang Lhamu Sherpa : icône de résilience

Pasang Lhamu Sherpa est une figure emblématique du Népal, non seulement en raison de son ascension de l’Everest, mais aussi pour son impact sur la société népalaise. Après sa mort tragique, elle a été honorée par une statue à Katmandou, un geste rare dans une culture où seules les figures divines ou royales sont généralement ainsi reconnues. Sa mémoire perdure, car elle figure désormais dans les manuels scolaires, ce qui permet aux jeunes filles népalaises de la découvrir. Son héritage va bien au-delà de l’alpinisme : elle représente un modèle d’espoir pour les femmes qui aspirent à l’émancipation et à l’égalité.

Le courage de Pasang Lhamu Sherpa a inspiré d’autres femmes comme Lakpa Sherpa, qui détient le record du plus grand nombre d’ascensions de l’Everest par une femme, avec un total de 11 montées. Des exploits comme ceux de Pasang ne sont pas seulement des victoires sportives, mais aussi des symboles de la capacité des femmes à repousser leurs limites, tant physiques que sociétales.

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Les défis de l’émancipation féminine par la montagne

Bien que la montagne soit un outil puissant d’émancipation, les femmes sherpas continuent de faire face à de nombreuses difficultés. Bien que la pratique de l’alpinisme offre des possibilités d’indépendance et de reconnaissance, la pression sociale reste omniprésente. Le parcours de certaines d’entre elles, comme Doma Sherpa, montre que l’Everest ne garantit pas une vie facile ou un statut pérenne.

Doma, par exemple, est une figure du monde alpin, mais après le tremblement de terre au Népal et la pandémie de Covid-19, sa carrière a pris un tournant difficile. En dépit de son statut, elle a été confrontée à des obstacles insoupçonnés dans une société népalaise encore dominée par des traditions et des attentes patriarcales. Doma, la seule à avoir divorcé avant d’escalader l’Everest, est un exemple de femme qui a trouvé sa voie, mais qui reste prisonnière des réalités complexes du Népal. La montagne, bien que libératrice, ne permet pas toujours de se libérer complètement des contraintes culturelles et sociales.

Une autonomie fragile

Certaines femmes sherpas ont su trouver un équilibre, comme Kalpana, qui vit au Népal avec son mari et continue son activité d’alpinisme. Mais même pour elles, concilier carrière et vie personnelle reste un défi de taille. Celles qui ont réussi à s’émanciper sont souvent celles qui ont quitté le Népal pour travailler à l’étranger, où elles peuvent exercer des métiers qui leur offrent plus de liberté. Travailler en tant que guides de montagne dans des pays comme les États-Unis leur permet de garder une certaine autonomie financière et professionnelle. Ce type de parcours est un exemple d’émancipation possible, mais il n’est pas représentatif de toutes les femmes du Népal.

Conclusion

Les népalaises qui escaladent l’Everest sont bien plus que de simples alpinistes. Elles sont des symboles de courage et de détermination, mais aussi des témoins des luttes sociales et culturelles auxquelles elles font face. Leur émancipation par la montagne est un processus complexe, souvent marqué par des sacrifices personnels, familiaux et sociaux. Si l’alpinisme leur permet d’évoluer, il ne les libère pas toujours des attentes de leur culture. Leur parcours mérite d’être reconnu, non seulement pour leurs exploits en montagne, mais aussi pour la manière dont elles redéfinissent le rôle des femmes.

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Publié le 18.02.2025 à 11:17

En 2024, les étudiants en master Communication et culture scientifique ont travaillé sur les enjeux des rivières alpines. Ce travail s’est fait avec le concours de l’équipe de Territoire de sciences et Skadi&Co, pour proposer un éditorial cohérent et une narration captivante.
Cinq épisodes de podcast ont vu le jour et sont diffusés la semaine du 17 février 2025. Retrouvez les productions sur Echos de sciences Grenoble et Le Camp de base !

Episode 1 : Ces rivières alpines qui façonnent les Alpes

Quelles influences les rivières et les glaciers exercent-ils sur les montagnes et les hommes ? La relation entre les cours d’eau alpins, les glaciers et l’humanité est complexe. Elle est intimement liée à la façon dont l’eau, au fil des siècle, a façonné le paysage tout en influençant les vies humaines.
Avec Delphine Six, glaciologue à l’IGE, Sébastien Nieloud-Muller, chargé d’études et de recherches au Département de la Savoie et Nolwenn Arribart, hydrologue.

Comment les glaciers influencent-ils les rivières en aval ? Pour Delphine Six ces masses de glace ont sculpté les montagnes, formant des moraines et modifiant à jamais le relief des vallées alpines. Ces glaciers, par leur mouvement lent mais puissant, ont transformé le paysage de manière indélébile, et ce processus continue aujourd’hui.

L’archéologue Sébastien Nieloud-Muller souligne l’importance des rivières dans les échanges commerciaux anciens, des premiers habitants aux civilisations antiques, qui ont modelé les vallées à travers des aménagements. Nolwenn Arribart, hydrologue et spéléologue nous guide dans la découverte des processus géologiques, montrant comment l’eau, par érosion, a façonné les Alpes, créant des gorges et des cavernes, dont les grottes sont des témoins directs.

Ce premier épisode aborde l’interaction entre l’homme et l’eau. Les aménagements modernes, tels que les barrages, ont permis à l’agriculture de prospérer, mais ont également modifié l’équilibre naturel des rivières, soulevant des défis écologiques. En conclusion, cette exploration invite à une réflexion sur la manière dont les rivières et glaciers ont transformé non seulement les montagnes, mais aussi l’histoire humaine.

Épisode 2 : ces rivières alpines qui abritent la biodiversité

Quelles sont les menaces qui pèsent sur la biodiversité des rivières de montagnes ? L’écosystème des torrents alpins est fragiles, et de nombreux experts nous racontent notamment le rôle du génie végétal dans la stabilisation des berges, grâce à des espèces pionnières.
Avec Juliette Rousset, doctorante en écologie et hydrogéomorphologie à INRAE, Sophie Cauvy-Fraunié, hydro-écologue (Riverly Lab / IRSTEA) & Théo Lauga, technicien à la Fédération de Pêche de l’Isère

La faune aquatique est aussi mise en lumière, notamment les larves de tricoptères et les gamards, menacés par la pollution et les parasites. Enfin, l’importance des interactions entre la végétation et l’eau est soulignée pour maintenir l’équilibre de ces milieux naturels.

la richesse et la diversité des rivières de montagne, abritant une faune abondante mais menacée, indique. Des espèces sont menacées par les espèces exotiques. Les rivières jouent un rôle clé comme corridors écologiques, hébergeant oiseaux, mammifères et amphibiens. Cependant, elles sont mises en péril par l’urbanisation, la pollution et les barrages hydroélectriques, qui modifient le débit et la température de l’eau. Le changement climatique aggrave ces pressions, affectant la biodiversité et la qualité des habitats. Malgré ces menaces, des efforts sont faits pour restaurer les écosystèmes, notamment en améliorant les stations d’épuration et en sensibilisant à l’impact des activités humaines comme la construction de barrages de galets dans les rivières.

Épisode 3 : ces rivières alpines et la production d’hydroelectricité

L’hydroélectricité a façonné nos paysages et notre industrie depuis plus d’un siècle, mais quel est son avenir face aux défis environnementaux et énergétiques actuels ?

Dans ce troisième épisode, nous nous intéressons à l’histoire et aux enjeux contemporains de l’hydroélectricité en Isère. Nous débutons par une visite du musée de la houille blanche, installé dans l’ancienne demeure d’Aristide Bergès, ingénieur visionnaire qui a popularisé l’expression « houille blanche » pour désigner l’énergie hydraulique, en opposition au charbon. Nous revenons sur le rôle clé de l’exposition internationale de 1925 à Grenoble dans la promotion de cette source d’énergie et sur les avancées technologiques qui ont marqué son développement.

L’épisode explore ensuite l’évolution de l’hydroélectricité, de la construction des premières conduites forcées jusqu’à la nationalisation du secteur avec la création d’EDF après la Seconde Guerre mondiale. Si cette énergie renouvelable a longtemps été une pierre angulaire du mix énergétique français, elle est aujourd’hui confrontée à des défis majeurs : changement climatique, préservation des écosystèmes aquatiques et évolution de la réglementation.

À travers les témoignages d’experts, analysons les impacts environnementaux des barrages et l’émergence de solutions plus durables. Plutôt que de multiplier les nouvelles installations, certaines initiatives, misent sur l’optimisation des infrastructures existantes pour produire de l’énergie tout en limitant l’impact écologique.

Cet épisode ouvre une réflexion sur les solutions les plus adaptées pour concilier production d’énergie renouvelable et préservation de la biodiversité. Un débat essentiel alors que la transition énergétique s’accélère.

Episode 4 : ces rivières alpines qui menacent les populations des Alpes

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Publié le 12.02.2025 à 08:17

Gouffre Berger-Fromagère : jonction historique ! La spéléologie est peu médiatisé, mais suscite de plus en plus l’intérêt des passionnés de montagne et d’aventure. Dans cet épisode bonus du Camp de base, j’ai eu le privilège d’échanger avec Matisse Roussel et Valentin Chevalier. Tous deux pratiquent la spéléologie et ils ont fait partie, aux côtés de Cédric Lachat et David Parrot de l’équipe de pointe qui a réalisé une jonction entre deux réseaux mythiques : le Gouffre Berger et le Gouffre de la Fromagère. Ce réseau d’une profondeur historique de plus de mille mètres avait déjà été mis en image. C’est dans le film documentaire « On a marché sous la terre » par le réalisateur Alex Lopez, qui propose une plongée souterraine. 

Le duo Matisse et Valentin, qui sont descendus dans la galerie de la boue, me racontent au micro, cette première. Un épisode qui permet de mieux comprendre les enjeux de la spéléo et le danger des cavités souterraines. Retour sur une aventure qui mêle passion, technique, et persévérance.

Les montagnes du Vercors, situées au sud de Grenoble, dans le sud-est de la France, sont connues pour leur majesté et leur beauté. Pourtant, sous ces paysages spectaculaires se cache un monde secret, un univers souterrain aussi mystérieux que fascinant. Parmi les réseaux souterrains les plus célèbres de la région, deux noms se distinguent : le Berger et la Fromagère. Ces deux gouffres mythiques, qui ont longtemps intrigué les spéléologues, viennent d’être reliés par une jonction inédite. Un exploit réalisé après plus de 70 ans de recherches acharnées.

Le Berger et la Fromagère : Deux gouffres légendaires

L’histoire du réseau du Gouffre Berger et de la Fromagère remonte aux années 1950. Le Berger a été découvert dans le Vercors en Isère sur la commune d’Engins en 1953 et devient rapidement un symbole dans le monde de la spéléo. Ce gouffre, profond de plus de 1000 mètres, a marqué un tournant majeur dans l’histoire des galeries souterraines : c’est une première mondiale.

La Fromagère, quant à elle, a été découverte une dizaine d’années après, et se situe à quelques kilomètres du Berger. Elle est également un réseau impressionnant, dont la profondeur atteint presque les 1000 mètres. Ensemble, ces deux gouffres sont devenus des cibles pour les spéléologues, désireux de découvrir si, un jour, il serait possible de relier ces deux mondes souterrains.

Gouffre Berger-Fromagère : recherches sportives et explorations

Depuis les années 1970, des rumeurs circulaient sur la possibilité d’une jonction entre le Berger et la Fromagère. En 1990, un premier succès déjà : le spéléologue Freddo Poggia avait trouvé une jonction en plongeant dans un siphon à l’aide de bouteilles à oxygène. Il parvint à relier les deux gouffres. Toutefois, cette jonction aquatique n’était pas accessible au grand public et restait une prouesse réservée aux spéléologues expérimentés.

Le véritable défi réside dans la recherche d’une jonction aérienne, qui nécessite de l’escalade, une immense organisation pour descendre avec du matériel, des sacs, des cordes,… Mais l’idée semblait irréalisable, car les deux gouffres sont très profonds et nécessitent une organisation complexe et une sécurité parfois mis à mal, avec notamment des nuits de bivouacs sous terre. Les sorties et les comptes rendus se sont multipliées au fil des décennies, avec des tentatives dans les années 1990 et 2000, mais sans véritable aboutissement.

La jonction aérienne du Gouffre Berger-Fromagère : un rêve devenu réalité

Il aura fallu attendre une période récente, 2009-2010, pour que les choses prennent une nouvelle tournure. C’est à cette époque qu’une équipe d’explorateurs a commencé à travailler activement sur la jonction aérienne. Grâce à une nouvelle entrée découverte dans un passé récent, il est devenu beaucoup plus facile d’accéder au fond de la Fromagère. Cette découverte a ravivé l’espoir des spéléologues et relancé l’enthousiasme pour une jonction aérienne.

Le projet s’est intensifié en 2015, lorsque le club spéléologique FJS a découvert un nouvel accès (D35). Cette découverte permet d’atteindre la rivière de la Fromagère plus rapidement et plus sûrement qu’auparavant. Ce nouvel accès a facilité l’exploration, mais la jonction restait un défi majeur. Le chemin était encore semé d’embûches, mais chaque petite avancée rapprochait un peu plus les spéléologues de leur but.

Un travail d’équipe et de persévérance

C’est avec cette nouvelle perspective que Matisse et Valentin et les autres ont commencé à s’attaquer sérieusement à la jonction. Leur motivation ? Découvrir une solution plus rapide et plus accessible pour relier les deux réseaux. Mais en spéléologie, chaque avancée se fait lentement, souvent à force de travail et de détermination.

Un des éléments clés qui a relancé l’exploration fut un courant d’air détecté dans la zone de la jonction. Un signe clair que quelque chose d’intéressant se cachait derrière. Un tel courant d’air est un indicateur essentiel en spéléologie. Il signifie que des volumes d’air circulent, ce qui laisse présager l’existence de galeries ou de passages non découverts. Ce courant d’air, couplé à une zone découverte par David Parrot lors d’une exploration en amont du Berger, a donné aux explorateurs le coup de pouce nécessaire pour intensifier leurs recherches.

Le défi du froid et des conditions extrêmes

L’exploration de ces réseaux n’a pas été un long fleuve tranquille. Les spéléologues ont dû faire face à des conditions de travail extrêmement difficiles. Les températures proches de 6°C tout au long de l’année, le froid constant, rivières souvent en crue. Sans compter un terrain parfois très étroit et difficile d’accès. Chaque exploration était longue et fatiguante. Elles nécessitent une préparation minutieuse, un transport de matériel lourd et de nombreuses heures passées sous terre.

Mais la passion pour la spéléologie, ce goût de l’aventure et de la découverte, poussait ces explorateurs à aller toujours plus loin. Chaque nouvelle avancée était un pas vers la jonction, un petit triomphe sur les éléments.

La jonction : un exploit mondial

Le jour où la jonction aérienne entre le Berger et la Fromagère a été réalisée, c’était un véritable coup de tonnerre dans le milieu de la spéléologie. Cette jonction, unique en son genre, relie désormais deux gouffres historiques. Ainsi, elle permet de franchir des distances qui étaient jusqu’alors inaccessibles. Les conditions extrêmes dans lesquelles sont réalisées cette jonction fait de cet aventure un exploit !

D’un point de vue sportif, cette traversée est un véritable défi. Plus de 1600 mètres de dénivelé positif, avec des passages à plus de 1000 mètres de profondeur, des remontées, des descentes et un parcours semé d’obstacles. Pour les spéléologues passionnés de sport, c’est un véritable Graal. Mais pour les non-initiés, cela peut sembler inimaginable.

Pour l’instant, cette traversée n’est pas encore accessible à tous. De nombreuses étapes restent à accomplir, notamment l’installation de cordes et d’équipements pour sécuriser le parcours. Mais une chose est certaine : la découverte de cette jonction aérienne ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire de la spéléologie.

Une aventure scientifique

Au-delà de l’aspect sportif et aventureux, la spéléologie joue également un rôle essentiel dans la compréhension des sciences de la Terre. L’exploration souterraine permet d’observer des phénomènes géologiques. De fait, on peut en apprendre davantage sur la formation des montagnes, des rivières souterraines. Mais aussi sur l’impact des dérèglements climatiques sur les écosystèmes sous-terrains.

La spéléologie n’est pas seulement une recherche d’aventure, mais aussi une démarche scientifique, permettant de mieux comprendre notre planète et les risques naturels. Chaque exploration apporte de nouvelles informations, parfois précieuses, sur les comportements de la Terre et les risques qu’elle pourrait engendrer.

L’avenir des explorations

Après la jonction des réseaux Gouffre Berger-Fromagère, les explorations ne sont pas terminées. Les spéléologues continuent de cartographier ces nouveaux passages, de découvrir de nouvelles galeries et de perfectionner les techniques d’exploration. Le travail de topo consiste à repérer chaque point d’un réseau. Les aventuriers réalisent les cartes. C’est un travail de longue haleine, qui peut durer des années.

Mais une chose est sûre : la spéléologie dans le Vercors n’a pas fini de dévoiler ses secrets. Avec de nouvelles galeries à explorer, de nouveaux passages à découvrir, et des techniques qui ne cessent d’évoluer, les spéléologues continueront à repousser les limites de l’exploration souterraine.


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Publié le 03.02.2025 à 05:30

Traversée vers le Svalbard en voilier : récit d’une aventure

Traversée vers le Svalbard – l’histoire de Camille Dedenise, vous rappelera certainement un autre épisode du podcast. Et oui, vous avez été nombreux a adorer l’épisode avec la navigatrice Sandrine Pierrefeu. Dans l’épisode 71 du Camp de base, je mets à nouveau à l’honneur une histoire de mer.

Dans un monde où la rapidité et l’efficacité des transports modernes sont souvent synonymes de confort, un projet particulier s’élève contre cette tendance. Au printemps 2024, Camille Dedenise part en expédition plusieurs semaines. Mais elle ne veut pas acheter un billet d’avion. Elle entreprend plutôt une navigation en bateau vers l’Arctique. Elle décide rapidement de partir en expédition et que la traversée sera une part importante de l’aventure : pourquoi ne pas naviguer jusqu’à la Norvège ? Elle partage en détails les défis et les réalités d’une telle traversée à travers les mers du Nord et de Norvège, jusqu’à son arrivée au Svalbard. Le Svalbard, est un territoire sauvage où les glaciers dominent et où l’hiver semble ne jamais s’arrêter. En choisissant de voyager en bateau, elle opte pour une lenteur volontaire, une immersion totale en mer, loin des horizons clos d’un vol aérien.

Son travail artistique fait l’objet de deux épisodes dans le Camp de base en ce mois de février 2025. Dans le premier épisode (n° 71) mon invitée reprend son récit à travers les mers, en voilier : sa première expérience de sailing et la meilleure façon de traverser l’Europe pour se rendre au Svalbard. Dans la deuxième épisode (n°72), nous discutons ensemble sa pratique artistique et de la place des glaciers et de la nature. Une manière de partager et de raconter le rapport que nous avons

Camille Denise : l‘art de la navigation

L’expérience commence dans la tempête. À bord de l’Antigua, un ancien trois-mâts, l’artiste se trouve confrontée à une réalité qu’elle n’avait jamais imaginée : la mer, implacable, secoue le bateau, le mal de mer fait son apparition. Mais à chaque instant de doute, elle se rappelle sa devise : « You can do hard things ». C’est un défi, un apprentissage.

Les journées à bord sont marquées par des tâches simples mais essentielles : mettre en place les voiles, surveiller les conditions de la mer, préparer du thé pour l’équipage. Ces gestes répétés s’impriment dans sa mémoire, tandis que la mer devient une sorte de partenaire silencieuse. Le temps, sur l’eau, ne se mesure pas en heures mais en sensations, en vagues, en souffles de vent.

vignette de l'épisode du podcast avec Camille Dedenise

Traversée vers le Svalbard : entre glaces et vagues

Le trajet vers le Svalbard s’étend sur trois jours. L’un des moments les plus intenses survient à l’approche des glaces. En naviguant entre les icebergs, un silence étrange s’installe à bord. L’équipage, concentré, manœuvre avec soin, tandis que l’artiste prend conscience de la majesté et de la brutalité de la nature. Le froid mordant, les blocs de glace qui dérivent lentement, tout semble irréel et profond. C’est ici, face à cette immensité, que l’art de la navigation prend tout son sens. La mer, plus qu’un simple trajet, devient une réflexion sur le temps, la lenteur, et l’engagement dans l’instant présent.

L’artiste s’interroge sur sa place, non seulement dans ce voyage, mais dans le monde en général. Le fait de ralentir, de ne pas chercher à gagner du temps, mais plutôt à l’apprécier, transforme l’expérience en une véritable introspection. Les glaces ne sont pas seulement un obstacle naturel, mais une métaphore de l’effort personnel que demande ce voyage : chaque mouvement doit être mesuré, chaque décision prise avec soin.

Son travail artistique est aussi un travail scientifique. Celui de montrer que les hommes ne sont en rien supérieur à la nature, mais qu’ils doivent vivre en harmonie avec leur environnement. Au fil de l’eau, elle relate dans son journal de bord son expédition en mer pour rejoindre les terres des ours polaires . Dans ce. nouvel épisode du Camp de base, elle me raconte l’expérience de cette traversée, la préparation de son voyage, la vie à bord du voilier et les paysages qu’elle a traversé pendant son aventure. Aller sans escale dans le Camp de base, à la rencontre de Camille Dedenise.

L’Arrivée à Longyearbyen

Après ces jours de traversée, le voilier atteint enfin Longyearbyen, le port principal du Svalbard. L’art de voyager autrement n’a pas seulement permis à l’artiste de fuir la modernité rapide, mais de goûter au goût de l’authenticité. Cependant, une nouvelle étape commence : vivre sur cette terre isolée, dans une ville où la vie est marquée par la recherche scientifique et la proximité avec les éléments naturels Le logement est cher, l’adaptation à ce climat rigide est difficile, mais pour l’artiste, chaque moment passé ici est un prolongement de son expérience.

Au-delà de la traversée en mer vers le Svalbard

Ce projet, plus qu’un simple trajet vers le Svalbard, s’avère être une réflexion profonde sur le temps. Loin des circuits touristiques classiques, il propose une expérience du monde plus lente, plus consciente, où la mer elle-même devient un élément fondamental de la transformation personnelle.

Il ne s’agit pas simplement de rejoindre un endroit, mais de s’y rendre autrement. Tout cela ne se limite pas à un point d’arrivée, mais à chaque étape, à chaque mouvement du corps et de l’esprit. Par sa lenteur, par ses difficultés, l’expérience devient une véritable forme d’art. Et l’artiste, en la vivant, réalise que l’arrivée au Svalbard n’est que le début d’une aventure plus vaste : celle de réapprendre à prendre le temps.

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Publié le 27.01.2025 à 05:10

Sophie Lavaud : une alpiniste et ses aventures en haute altitude

En 23 juin 2023, Sophie Lavaud et Dawa Sangay Sherpa foulent le sommet du Nanga Parbat au Pakistan. Ils rentrent ainsi dans la légende. Et pour cause : avec cette réussite, elle établit un record. Réaliser l’exploit de devenir le premier français, canadien (oui, tous genres confondus) et la première suissesse, à boucler les quatorze sommets de plus de 8000m de notre planète.

Cette quête des cimes a commencé en 2012. L’exploit de cette alpiniste de 55 ans née à Lausanne brise la malédiction française. Elle boucle une aventure en altitude qui dure depuis une décennie. Celle qui se définit comme une ordinaire « madame tout le monde » casse les codes de l’alpinisme moderne. Le Camp de base de celle qui a passé plus de 1500 nuits au-delà de 5000m, c’est sa tente. Tant qu’elle peut y trouver un minimum de confort et d’intimité.

Sophie Lavaud me fait le plaisir et l’honneur de son témoignage dans un nouvel épisode du podcast. Elle ouvre aussi le 1er épisode de la 4è saison du Camp de base. Aujourd’hui, elle raconte à mon micro son incroyable ascension du Nanga Parbat et l’histoire de ses débuts sur les montagnes tueuses du Népal. De la danse classique à haut niveau au chaussures de ski, elle m’explique aussi l’importance du mental et de la discipline physique. Sans oublier son évolution progressive dans l’alpinisme et ses périples dans les montagnes d’Himalaya.
* merci aux Éditions Glénat, Marion Blanchard et Romane Dargent d’avoir rendu cette rencontre possible.

vignette podcast Sophie Lavaud Alpiniste le dernier sommet 14 8000

Les débuts de l’alpinisme pour Sophie Lavaud

Sophie Lavaud est une alpiniste française, mais ne soyons pas chauvins : elle a trois nationalités : française, suisse et canadienne. En 2004 qu’elle réalise sa première ascension en haute montagne. Elle atteint ainsi le sommet du Mont Blanc, avec un ami qui habite dans la vallée de Chamonix. Cela déclenche une véritable passion qui l’amènera dans ce projet ambitieux à la conquête des 8000 mètres.

L’alpinisme est un sport exigeant qui défie à la fois le corps et l’esprit. Longtemps dominé par des figures masculines, de plus en plus de femmes brisent ce plafond de verre. Ainsi, elles prouvent que la montagne n’est pas l’apanage des hommes. Enfant et adolescente, Sophie pratique la danse classique a haut niveau. Elle se blesse avant d’entrer dans une compagnie et met fin à sa carrière naissante. Lorsque Sophie Lavaud parle de son parcours, il est évident que la discipline acquise en tant que danseuse classique a été un facteur déterminant dans son ascension dans l’alpinisme. La danse classique n’est pas simplement un art du mouvement, mais une école de vie. Et Sophie s’est forgée une mentalité de fer et un corps capable d’endurer des efforts intenses. 

Elle se rappelle très bien de son voyage avec son frère quand elle découvre Katmandou.

« On est parti en trek en Himalaya. Mon frère avait un ami qui a épousé une Sherpani, une Népalaise, elle s’appelle Lakti et elle était une des premières femmes guides de trek au Népal. Les femmes ont eu du mal et ont toujours encore aujourd’hui du mal à s’affranchir quand elles veulent sortir des rangs de mère de famille. Mais il y en a de plus en plus. Mais à l’époque, Lakti était vraiment une des premièreset elle avait appris le français. (11:28) Donc, elle travaillait pour Aliber et en fait, elle a organisé hors saison parce qu’on y était en février, donc il faisait un froid de dingue. Mais il n’y avait personne. On devait aller au camp de base de l’Everest, sauf que les lodges étaient fermés. Et on a bifurqué dans la vallée de Chukung et on a fait ce qu’on appelle donc le Chukungri, qui est un 5005. Et ça a été un des premiers déclics. »

Sophie Lavaud au micro du Camp de base

livre aux Editions Glenat : Les Quatorze 8000 de Sophie Lavaud

L’ascension du Nanga Parbat : le dernier sommet

C’est en 2012 que l’alpiniste s’offre son premier 8000 : le sommet central du Shishapangma. Elle ne sait pas que le véritable sommet se trouve seulement à 14m de dénivelé au dessus. Peu importe, cette année, le Cho Oyu ne lui résiste pas non plus. Et puis, c’est en moyenne deux montagnes par an qu’elle gravit, s’offrant l’Everest le 25 mai 2014. Est-ce à ce moment qu’elle décide de s’offrir les 14 sommets ?

Mais une indigestion en 2022 lui fait raté le sommet. Sa quête s’arrête alors qu’elle a tout de même atteint le Camp 3. 

Gravir le Nanga Parbat ce n’est pas rien. Tous les français qui ont voulu l’éplingler à leur collection y ont laissé la vie. Ils ont ainsi gravé irrémédiablement une malédiction française dans l’histoire de l’himalayisme. Le Nanga est surnommée la montagne tueuse. Cette aventure hors norme est retracer dans le documentaire réalisé par François Damilano. Il la suit dans cette expédition avec le journaliste Ulysse Lefebvre. Le réalisateur et aussi guide de haute montagne. Au travers de son film, il raconte comment elle a gravi ce monstre pakinais. Une dernière aventure pour conquérir le record.

Un livre, paru aux éditions Glénat « Les quatorze 8000 de Sophie Lavaud » illustré de nombreuses photos. Il retrace le parcours de l’himalayiste et de ces expéditions. Bien au-delà de son parcours, c’est aussi un très beau livre qui permet de mieux comprendre et d’appréhender les conquêtes des plus hautes montagnes du monde. Une écriture à quatre main qui lui permet de se replonger dans ses photos et ses petits carnets qu’elle n’oublie jamais d’emmener en expédition.

« Rien n’est rapide au dessus de 8000m : on pourrait même parler de l’éloge de la lenteur »
Sophie Lavaud au micro du Camp de base

La gestion des risques et l’hypoxie en haute montagne

En alpinisme, surtout à plus de 8000 mètres, la gestion des risques est une question centrale. L’hypoxie, c’est-à-dire la réduction de la quantité d’oxygène disponible dans l’air, altère non seulement les performances physiques, mais aussi les capacités mentales. Cela rendant les décisions cruciales encore plus difficiles à prendre. Sophie explique que l’un des principaux défis réside dans cette gestion fine des ressources, de la sécurité et de l’organisation.

« Quand vous êtes à 8000 mètres, vous perdez beaucoup de votre lucidité. C’est là qu’une coordination parfaite entre les membres de l’équipe et des Sherpas expérimentés devient vitale », indique Sophie. La réalisation d’une expéditions de grande envergure dépend d’une stratégie collective. De la gestion de la météo, de la planification des ascensions et des descentes, mais aussi de la prise en charge des imprévus.

Les décisions stratégiques sont toujours prises en groupe. Chaque membre de l’expédition doit connaître ses compagnons de cordées. C’est ainsi que Sophie Lavaid confie qu’elle n’est rien sans son équipe. Elle aime faire les choses en groupe et qu’elle accordance beaucoup d’importance au prévisions météorologiques de Yan Giezendanner. Cela la met en confiance pour être en mesure de prendre des décisions rapides et adaptées aux circonstances. Le météorologue joue un rôle clé, en permettant aux équipes de planifier leurs ascensions selon les fenêtres météo disponibles. Cela permet non seulement d’optimiser les chances de réussite, mais surtout de garantir la sécurité de l’ensemble de l’équipe. Car ici comme en Himalaya, les avalanches sont monnaies courantes.

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Publié le 17.01.2025 à 05:05

Bilan de la Via Alpina : pourquoi partir cinq mois à travers l’Europe ?

Bilan de la Via Alpina – Ce parcours mythique qui traverse l’Europe, constitue bien plus qu’une simple aventure de randonnée. C’est un véritable défi, une invitation à l’itinérance tout en traversant des paysages grandioses. Aujourd’hui, après avoir suivi les pérégrinations de Célestine, il est temps de dresser un bilan de la Via Alpina. Retours sur cette expérience de voyage à pied et d’itinérance en randonnée, à travers les Alpes et les pays voisins.

Retrouver l’intégralité de cette série de podcast sur la Via Alpina sur le site internet et sur toutes les plateformes de podcast (Apple podcast, Deezer, Spotify, Youtube,…)

La Via Alpina : une itinérance en Europe

La Via Alpina, est un réseau de sentiers qui traverse huit pays alpins, de la Slovénie à la France, s’étendant sur environ 5 000 kilomètres. Ce parcours, qui réunit cinq grandes routes alpines, traverse des paysages variés, des forêts denses aux vallées profondes, des cols enneigés aux villages pittoresques. Traverser l’Europe à pieds sur la Via Alpina, c’est s’offrir un voyage de longue haleine, mais aussi une immersion complète dans des cultures et des paysages diversifiés. De la Slovénie à la France, chaque étape apporte son lot de surprises, de rencontres, et surtout, de découvertes personnelles.

L’itinérance à pied sur la Via Alpina permet ainsi de vivre une expérience authentique. Chaque sentier représente une invitation à ralentir le temps, à écouter les bruits de la nature, à observer les détails que l’on oublie souvent dans la frénésie du quotidien. L’âme du voyageur est mise à l’épreuve, non seulement par la distance et les dénivelés, mais aussi par la relation intime qui s’installe entre le marcheur et les montagnes. C’est un retour aux sources, un renouement avec la terre et le corps.

L’Itinérance en randonnée sur la Via Alpina

L’itinérance en randonnée, et plus particulièrement sur la Via Alpina, dépasse le simple acte de marcher. Elle devient un mode de vie, une manière d’être, d’exister en harmonie avec le monde naturel. Chaque jour sur les sentiers, les corps se façonnent, les esprits se libèrent. Marcher des kilomètres chaque jour, c’est non seulement un test physique, mais aussi un défi mental. Se lever chaque matin avec l’âme du voyageur, c’est s’engager dans une dynamique de transformation personnelle.

Une traversée à pied, surtout dans des environnements aussi exigeants que les Alpes, oblige à une introspection continue. Les paysages alpins offrent des panoramas à couper le souffle, mais imposent aussi des moments de doute, d’épuisement, et parfois de solitude. L’itinérance à pied devient alors une métaphore de la vie : parfois difficile, parfois belle, mais toujours enrichissante.

bilan via Alpina

Les rencontres : le cœur du voyage

L’une des grandes richesses de la Via Alpina réside dans ses rencontres. Que ce soit des villageois ou d’autres randonneurs, chaque échange devient une pépite. L’itinérance en randonnée, souvent perçue comme un voyage solitaire, se transforme rapidement en une aventure collective, où les autres font partie intégrante de l’expérience. Une simple conversation sur un sentier ou lors d’une halte dans un refuge peut nourrir la mémoire du voyageur.

Lors de se traversée, Célestine a croisé des personnes venues des quatre coins du monde, toutes unies par un même désir : celui de marcher, de découvrir, de se perdre pour mieux se retrouver. Chaque échange devient une part essentielle du voyage. Certaines rencontres se font sur le pas de la porte d’un refuge, d’autres autour d’un café partagé dans un village, mais elles sont toutes inoubliables. L’importance des liens humains se révèle à chaque étape, ajoutant une dimension particulière à cette aventure de traversée.

Une itinérance en montagne qui révèle nos limites et celles de nos ressources

La traversée des Alpes à pied, sur la Via Alpina, exige une préparation. L’itinérance en montagne n’a rien d’anodin : chaque jour, on se confronte à des terrains exigeants, des conditions climatiques parfois imprévisibles, et des défis imprévus qui viennent mettre à l’épreuve notre capacité d’adaptation. Et pourtant, c’est dans ces moments de difficulté que le voyage devient encore plus intense. À chaque ascension, une nouvelle perspective se dévoile. La récompense n’est pas toujours immédiate, mais elle arrive à chaque sommet franchi, à chaque étape gravie.

Traverser l’Europe à pieds, c’est aussi accepter de se laisser aller au rythme de la nature. On apprend à vivre à l’unisson avec les éléments, à écouter le vent, à sentir la terre sous ses pieds. Cette connexion profonde à la nature permet de retrouver une forme de sérénité intérieure, de se détacher des préoccupations quotidiennes, et de se recentrer sur l’essentiel : le mouvement, l’effort, la contemplation.

Pourquoi choisir la Via Alpina pour votre prochain voyage en itinérance ?

La Via Alpina représente une expérience unique pour les amateurs de randonnée et de voyage à pied. Pour ceux qui souhaitent repousser leurs limites tout en découvrant des paysages extraordinaires, la Via Alpina est un terrain d’aventure parfait. Ses sentiers traversent des montagnes, des vallées, des forêts et des villages aux cultures diverses, offrant ainsi une palette inédite d’expériences.

L’un des principaux attraits de la Via Alpina est sa diversité : chaque portion du sentier dévoile des facettes uniques des Alpes. De la Slovénie à la France, chaque pays traverse des régions où la montagne s’impose, mais où l’on découvre aussi des traditions locales riches et préservées. Voyager par la Via Alpina, c’est donc aussi plonger dans les coutumes, la gastronomie, et les histoires de chaque région, tout en étant immergé dans la nature la plus sauvage.

En outre, cette traversée est idéale pour ceux qui recherchent une expérience de voyage authentique, loin des foules et des distractions modernes. L’itinérance sur la Via Alpina permet de se déconnecter, de vivre pleinement chaque instant sans la pression du quotidien. C’est un voyage à la fois physique et spirituel, qui nourrit l’âme tout en forgeant le corps.

Bilan : marcher cinq mois sur la Via Alpina

Le bilan de la Via Alpina est incontestablement positif : c’est une expérience de voyage à pied qui change une vie. Elle nous apprend à nous confronter à nos limites, à apprécier la beauté du monde naturel, et à redécouvrir le plaisir simple de marcher. L’itinérance en randonnée sur cet itinéraire mythique nous fait comprendre qu’au-delà de l’effort, c’est l’harmonie entre l’homme et la montagne qui fait toute la richesse de ce voyage. Traverser l’Europe à pied, c’est se retrouver face à soi-même tout en ouvrant son esprit à un monde infiniment plus vaste.

Les Alpes, avec leurs paysages grandioses et leur diversité culturelle, restent gravées dans la mémoire de ceux qui osent se lancer dans cette traversée. Que l’on parte pour une semaine ou plusieurs mois, la Via Alpina est un voyage qui se vit pleinement, à chaque pas, chaque rencontre, chaque sommet franchi.

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