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 Camp de base

Le podcast des rencontres aux sommets qui raconte la montagne d’hier et d’aujourd’hui et qui met à l’honneur celles et ceux qui l’habitent et la traversent.

Publié le 09.04.2024 à 08:25

Amateurs de montagne et d’alpinisme, le dernier épisode du podcast est une invitation à prendre de la hauteur. Ainsi, je reçois Grégoire Létienne, guide de haute montagne, et François Turpin, engagé à la FFCAM et participant du Gavi74. Le Gavi74, c’est le groupe alpiniste vers l’initiateur, une formation de deux ans à la montagne qui vise à rendre les participants autonomes et à les préparer à l’encadrement en alpinisme.

Le Gavi74 : plus qu’une formation, une aventure humaine

Le Gavi74 est une initiative de la FFCAM, la Fédération Française des Clubs Alpins de Montagne. C’est une formation exigeante qui s’adresse à des pratiquants déjà expérimentés, désireux de partager leur passion et d’accompagner les débutants vers les cimes. Mais le groupe évoque aussi les transformations de la montagne sous l’effet du changement climatique. François et Grégoire partagent leurs observations sur le terrain et discutent des répercussions sur la pratique de l’alpinisme.

Se former pour l’avenir de la montagne

La montagne est un milieu exigeant qui requiert compétences et respect. Nos invités soulignent l’importance de se former correctement pour pratiquer l’alpinisme en toute sécurité. Ils mettent en lumière les efforts de la FFCAM pour rendre la formation accessible et encouragent vivement ceux qui souhaitent s’engager dans cette voie.

Le Gavi74 s’adresse à un public varié, mais déjà investi dans la montagne. Ce sont des passionnés qui, à travers leur engagement, souhaitent transmettre leur savoir et leur amour pour l’alpinisme. L’épisode révèle les profils divers des participants, allant de l’ingénieur à l’artisan, en passant par le géologue et le traducteur.

Cet épisode du Camp de Base est une fenêtre ouverte sur les hauteurs et les profondeurs de l’alpinisme, une discipline qui se vit et se partage. En écoutant Grégoire et François, vous découvrirez non seulement des parcours inspirants, mais aussi une réflexion sur l’impact de l’homme sur la montagne et sur la nécessité de préserver cet environnement exceptionnel pour les générations futures.

Cet autre épisode pour découvrir le Grand Parcours Chamonix pourrait vous intéresser, l’article est disponible sur le blog du Camp de base.

Envie d’entendre Vivian Bruchez parler d’alpinisme et de pente raide ?

L’article Gavi74 : se former à l’alpinisme pour l’avenir de la montagne est apparu en premier sur .


Publié le 08.04.2024 à 19:09

Si vous suivez l’actualité du snowboard et les podcast outdoor, vous connaissez forcément Victor Daviet. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de recevoir Victor au micro du Camp de Base. Ensemble, on revient sur son parcours de snowboarder, sa philosophie de vie et ses engagements solidaires. Génépi, voyage, snowboard…Qu’est-ce qui fait battre le coeur de cet aventurier des cimes ? Un épisode à écouter sur toutes les plateformes de podcast.

Snowboard et tradition du Génépi

Le Génépi, cette liqueur alpine emblématique, s’invite assez rapidement dans la conversation. Victor évoque la tradition familiale de sa confection, une activité qui rassemble et qui, au-delà de son aspect gustatif, représente un lien fort avec ses proches et son héritage culturel.
Loin des pentes enneigées, Victor a niché sous les toits d’Annecy, son refuge, « le Perchoir ». C’est un véritable havre de paix où se rencontrent l’art et l’amitié. C’est dans ce lieu chargé d’histoire et de créativité que Victor aime retrouver ses racines après ses escapades montagnardes.

en souriant : il tient son snowboard à la main. Photo en noir et blanc.

Art, introspection et snowboard

Le Japon et l’Alaska, deux destinations phares pour tout snowboarder, mais c’est le Pays du Soleil Levant que Victor choisit. Il nous explique pourquoi, malgré l’appel des montagnes alaskiennes, la culture nippone et ses rencontres en montagne font pencher la balance. Pourtant, Victor n’est pas qu’un sportif, il est aussi un esthète. La culture, sous toutes ses formes, est une source d’émotion et de réflexion pour lui. Il partage sa dernière claque culturelle, une exposition poignante d’une jeune artiste afghane. Il nous livre ainsi ce qui fait une bonne photographie.

Snowboard : un engagement au-delà des frontières

Victor raconte comment, à la suite d’une rencontre fortuite avec l’équipe afghane de snowboard, il s’est retrouvé à orchestrer une mission de solidarité pour les aider à fuir les menaces des talibans. Un récit poignant qui démontre que le snowboard peut aussi être un vecteur de changement et d’entraide.

La sécurité en montagne : une priorité absolue

Victor insiste sur l’importance de la sécurité en montagne. Il nous parle des « Safety Shred Days », des événements qu’il a créés pour sensibiliser et former à la gestion des risques en montagne. Un sujet qui va au-delà du snowboard et qui lui tient à cœur, fort de ses propres expériences. Victor exprime un souhait simple mais puissant : que chacun puisse trouver du plaisir et de l’épanouissement à travers sa passion, comme c’est le cas pour lui avec le snowboard.

Pour écouter une autre snowboardeuse engagée, retrouvez l’épisode consacré à Marion Haerty, sur toutes les plateformes de podcast.

L’article Victor Daviet : comment allier snowboard, passions et solidarité ? est apparu en premier sur .


Publié le 01.04.2024 à 06:15

Fin mars, j’ai enregistré un épisode au Musée Stendhal, un lieu qui flatte l’imagination. L’appartement Gagnon était la demeure du grand-père de l’écrivain au XIXè siècle. Il est désormais la propriété de la Ville de Grenoble. Mon invitée du jour n’est autre que Catherine Mariette, professeure de littérature à l’Université Grenoble Alpes. Cette dernière lui a consacré sa thèse.

Le jeune Henri Beyle, plus connu sous le nom de Stendhal et auteur du Rouge et le Noir, a grandi au coeur de Grenoble, ville qu’il exècre. La bourgeoisie, milieu social duquel il est issue, est beaucoup trop étriquée pour lui. Mais depuis la treille fleurie de l’appartement de son grand-père, il voit les sommets enneigés, dont il s’éprend, et qui seront le paysage de ses récits. Une occasion de comprendre les inspirations de l’auteur du XIXè siècle, pas si éloignées de celles de nos contemporains 😃✨

La treille du musée Stendhal laisse les visiteurs rêveurs et la vue sur les montagne aiguise l'imagination

Un épisode enregistré sous la treille de Stendhal

L’héritage de Stendhal et son amour des montagnes

Ses ouvrages sont inspirés de la richesse de son imagination et la précision de son observation. Il développe un amour pour les montagnes, particulièrement celles encadrant la ville de Grenoble, sa ville natale. Catherine Mariette me dévoile dans cet épisode un panorama intime et grandiose sur la vie et les inspirations de cet écrivain. Ce fut un moment d’échange et de découverte enrichissant, un véritable « camp de base » pour l’exploration des passions de Stendhal.

Des paysages gravés dans l’âme

Stendhal était captivé par les montagnes. Elles étaient sa source d’évasion face au conformisme étouffant de la société grenobloise de son époque. Ce contraste entre son admiration pour la nature et son aversion pour les conventions sociales révèle la complexité de sa personnalité. À travers ses œuvres, les montagnes émergent non seulement comme un refuge mais aussi comme une muse. Dans ses « Mémoires d’un Touriste », Stendhal décrit la montagne. Il la sublime et traduit non seulement la beauté du paysage mais aussi les échos de l’histoire. Il raconte le passage d’Hannibal, perspective qui enrichit d’autant plus notre compréhension des paysages.

Grenoble, source d’inspiration et de tourment

Stendhal entretenait un rapport contrasté avec Grenoble. Si les montagnes environnantes le fascinaient, la ville même et sa société le répulsaient. Cet amour complexe pour son lieu de naissance a nourri sa réflexion sur la liberté individuelle et son imagination. La critique sociale est aussi un des thèmes omniprésents dans ses romans.

Le voyage, vers la création et l’imagination

Les voyages en Italie de Stendhal lui ont permis de renouveler son inspiration. L’Italie. Les paysage italiens montagneux rappelant ceux de Grenoble, a éveillé en lui une réplique émotionnelle intense. Milan, où « l’horizon est peut-être un peu semblable à celui qu’on voit à Grenoble » devient ainsi un double romantique de sa ville natale. Dans Le Rouge et le Noir, l’élévation physique et morale de Julien Sorel dans les montagnes symbolise son propre désir d’élévation sociale et d’indépendance. Ce paysage, à la fois belle contrée et terrain d’épreuves, reflète les ambitions et les conflits internes du personnage.

Stendhal (Henri Beyle), écrivain du XIXè siècle et consul de France.

Stendhal : un legs universel

L’œuvre de Stendhal capture l’essence de l’humanité avec ses passions, ses luttes et ses idéaux. Son amour pour les montagnes, loin d’être une simple affinité personnelle, est un témoignage de son engagement profond envers la beauté et la complexité de la vie. Je vous invite à écouter l’épisode du podcast pour plonger encore plus profondément dans l’univers de Stendhal et son amour inépuisable pour les montagnes. Un voyage littéraire qui promet réflexion et émerveillement.

Vous aimez les livres et leurs auteur-e-s ? Le Camp de base a mis à l’honneur Ella Maillart dans Oasis Interdites, Simon Parcot et Paul de Chatelperron dans Carnet de guides : pour écouter les épisode, cliquez sur les titres 🙂

L’article Comment Stendhal s’est inspiré des montagnes ? est apparu en premier sur .


Publié le 26.03.2024 à 16:36

Aujourd’hui, je partage avec vous un sujet qui me tient profondément à cœur, et qui, je l’espère, résonnera aussi chez vous. Cette semaine, j’ai eu le plaisir de tendre mon micro à l’équipe du Tétra Libre, centre de sauvegarde de la faune sauvage, situé dans les pays de Savoie. La sauvegarde de la faune sauvage est un véritable enjeu pour faire perdurer nos écosystèmes. Le Centre de Sauvegarde de la faune sauvage est une association loi 1901 qui a pour objet de recueillir, soigner, rééduquer les animaux sauvages en détresse puis de les relâcher dans leur milieu naturel. Au Tétra libre, la priorité est bien évidemment de soigner mais aussi de faire de la prévention pour que chacun d’en nous apprenne à prendre soin de la biodiversité. Cet épisode est enregistré dans le cadre de la 2è édition du Podcasthon.

Un Combat pour la Faune Sauvage

Marie-Sophie, la présidente passionnée du Centre de sauvegarde de la faune sauvegarde et son équipe nous offre une fenêtre sur leur quotidien. Ce dernier est dédié à la protection de la nature. Fondé en 2015, l’association s’est donnée pour mission de soigner les animaux sauvages blessés ou en difficulté en Pays de Savoie. Une mission qui, sans surprise, demande non seulement un engagement sans faille. De plus, il faut aussi des ressources conséquentes pour pouvoir s’inscrire dans la durée. La première chose qui m’a frappé lors de cette conversation, c’est l’énergie et la passion qui animent l’équipe du Tétralibre. Malgré les défis financiers et logistiques – le centre fonctionne principalement grâce aux dons et à l’aide de bénévoles.

photography of tan white fox

L’Appel aux dons : une quête nécessaire

Marie-Sophie souligne l’importance vitale des dons pour le maintien de leurs activités. Chaque contribution fait une différence. Cela m’a fait réfléchir à notre propre rôle dans la conservation de la faune et la flore locales. Comme elle le dit si bien : « Malheureusement, sans argent, on ne peut rien faire. »

Une journée au Tétra Libre

L’entrevue avec Marie Anne, soigneuse au Tétra Libre, révèle la réalité quotidienne de ceux qui œuvrent au sein du centre. Soins prodigués aux animaux, gestion des arrivées quotidiennes et encadrement des équipes de bénévoles : chaque journée représente un nouveau défi. Leur objectif? Remettre en liberté les animaux une fois leur convalescence terminée. L’empreinte humaine affecte profondément les milieux naturel. Ainsi, des initiatives telles que le Tétralibre nous rappellent l’importance d’agir pour la préservation de notre environnement. Cette entrevue sensibilise à la cause de la faune sauvage. C’est aussi un appel à participation, à ces efforts de conservation.

Enfin, l’engagement de chacun envers la nature et ses habitants façonne l’avenir de notre planète. L’histoire du Tétralibre est un vibrant rappel que nous possédons tous le pouvoir d’effectuer un changement positif. Le Tétra Libre a besoin de toutes les forces.

A propos du Podcasthon

Ce lundi 25 mars marque le lancement de la 2è édition du Podcasthon. L’évènement regroupe plus de 450 podcasteur et podcasteuses. C’est dans l’optique de donner une voix au téta Libre que j’ai interviewé l’équipe de l’association. L’année dernière, j’avais reçu Anaïs Pellat-Finet à mon micro pour parler de l’association Lead The Climb.

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Publié le 18.03.2024 à 11:28

La montagne, avec ses sommets enneigés et ses vallées verdoyantes, a toujours été un espace de liberté et d’aventure. Mais aujourd’hui, elle est aussi un lieu de réflexion et d’engagement. Dans le dernier épisode du Camp de Base, j’ai eu l’honneur d’accueillir Antoine Pin. Le directeur de l’antenne française de Protect Our Winters (POW) éclaire l’avenir de nos montagnes, touchées par le changement climatique.

Protect Our Winters : Un combat pour l’environnement

Protect Our Winters est une organisation qui rassemble les passionnés de sports outdoor autour de la lutte contre le changement climatique. Avec des antennes dans le monde entier, POW œuvre pour sensibiliser et mobiliser la communauté des amoureux de la montagne. En France, l’association met l’accent sur la transition vers des mobilités bas carbone. L’équipe milite aussi pour une société plus juste et respectueuse de l’environnement. Dans cet épisode, Antoine Pin partage son expérience et sa vision de ce que devrait être la montagne de demain. Il nous parle de ses racines, de son camp de base social, et de l’importance de la communauté dans son engagement environnemental. Il aborde également la question de la place des femmes dans le milieu montagnard. Mais aussi les défis auxquels elles sont confrontées.

Un épisode riche en enseignements

Que vous soyez un skieur chevronné, un randonneur du dimanche ou citoyen concerné par les enjeux climatiques, cet épisode vous apportera des éclairages nouveaux. D’abord sur la manière dont nous pouvons tous contribuer à la protection de nos montagnes. Mais aussi en découvrant les projets et les actions menés par POW, ainsi que les réflexions autour de la justice sociale et environnementale.

Le rôle des athlètes et des citoyens

Antoine Pin soulève également le rôle crucial des athlètes dans la sensibilisation aux changements en montagne. Il nous invite à réfléchir sur la manière dont chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. Par le vote, l’engagement associatif ou les choix de consommation responsables. Cet épisode n’est pas seulement une discussion, c’est aussi un appel à l’action.

La montagne de demain se construit aujourd’hui

La montagne de demain se dessine à travers nos choix et nos actions d’aujourd’hui. L’épisode avec Antoine Pin est un rappel puissant que nous sommes tous acteurs du changement et que la montagne, bien plus qu’un terrain de jeu, est un patrimoine précieux à défendre. Écoutez dès maintenant l’épisode 54 du Camp de Base pour plonger dans ces réflexions essentielle

Écouter une autre association en faveur de la visibilité des femmes en montagne ? Ecoutez l’épisode avec Anaïs Pellat-Finet de Lead the Climb. Et trouve d’autres articles sur le blog.

L’article Comment contribuer à la préservation des glaciers avec POW ? est apparu en premier sur .


Publié le 01.03.2024 à 10:00

Envie de découvrir les aurores boréales ? Février, c’est très certainement la meilleure période, comme en témoigne le site Aurora Forecast. Il répertorie chaque jour les chances statistiques de voir les lumières vertes. Et pour ce faire, il suffit de grimper dans un train direction la Laponie. Ce territoire qui s’étend au nord de la Norvège, de la Suède et de la Finlande. Alors, prêt à monter à bord ? Vous pourriez prendre le temps d’écouter l’épisode du podcast avec Mathieu Barthélémy !

Deux trains de nuit pour la Laponie

Le voyage entre Grenoble et Kiruna (au nord de la Suède) prend environ 35h. Il faut aller jusqu’à Paris, puis traverser l’Allemagne jusqu’à Hamburg. C’est dans cette ville portuaire au porte du Danemark que vous pourrez embarquer dans un train de nuit… direction Stockholm, dans un train couchette. Il est vraiment très confortable et propose des plats typiquement suédois au réveil, dans un wagon ancien tout en bois. L’escale entre le train suivant vous permettra de visiter un peu de la capitale suédoise. Le soir, vous pourrez repartir au-delà du cercle polaire arctique dans un train de nuit, pour arriver 16h plus tard.

photo of railway on mountain near houses
Photo by SenuScape on Pexels.com

Pourquoi privilégier le train pour voir les aurores boréales ?

35h, ça peut paraître très long pour un voyage en train. En avion, il vous faudrait d’abord rejoindre Stockholm, puis prendre une correspondance pour Kiruna, dans un avion de ligne interne. Selon les recherches que j’ai faites sur le site Co2 émissions Calculator, ce voyage aller-retour pèsera 940kg dans votre bilan carbone annuel (soit presque 1T quand votre bilan carbone devrait ne pas dépasser… 2T/an)

Et en train ? J’ai utilisé le calcul proposé par la SNCF en considérant que l’ensemble du voyage était effectué en TGV – pour être large. Et les calculs sont flagrant : en train, le voyage pèse 7,8kg dans votre empreinte carbone.

Les trains en Europe sont assez confortables pour vous permettre de travailler ou de lire. De plus, si vous n’avez pas besoin de continuer vos activités pendant votre voyage, la diversité des paysages traversés est un régal pour les yeux. Ils sont très différents en traversant la France, l’Allemagne puis le Danemark, devenant de plus en plus plat. Puis en montant toujours plus au Nord sur la côte est de la Suède, il aura de plus en plus de neige, avant de voir, au loin, avant votre arrivée, la plus grande mine d’Europe ce découpant dans la plaine.

aurora borealis
Photo by Tobias Bjørkli on Pexels.com

Quel est le prix d’un tel voyage ?


Je me suis ensuite dis que le dernier frein pouvait être le prix. J’ai donc fait quelques comparatifs sur internet.

L’avion le moins cher en dernière minute, trouvé sur Skyscanner, est à 757€ avec trois escales et une durée de voyage… 47h ! Quant au train, il vous coûtera 908€ (j’ai utilisé Trainline pour calculer le prix du voyage).
Le coût du trajet sera donc de 151€ supplémentaires, en sachant qu’il y a des offre très avantageuse pour traverser l’Europe grâce à InterRail qui pourrait permettre de baisser le coût du voyage.

Est-ce que tu as déjà entrepris un tel voyage ? Quelle option – entre train et avion – choisirais-tu pour aller en Laponie si tu pouvais t’y rendre pour regarder les aurores boréales ?

Pour découvrir d’autres articles, rendez-vous sur le blog du Camp de base.

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Publié le 28.02.2024 à 06:00

Vivian Bruchez est passionné de ski de pente raide : natif de la Vallée de Chamonix, il se destine assez naturellement à une carrière de guide de haute montagne. Chaque hiver, Vivian pioche dans la liste de ses rêves quelles seront ses prochaines réalisations. Les clefs : l’optimiste et l’adaptation qui lui permettent d’aller toujours plus loin sur les sommets.

La passion de la montagne et de l’aventure

Quand je demande à Vivian ce qui le pousse vers le sommet, la réponse est assez simple :

« C’est cette passion de la montagne, de l’aventure, de cet environnement naturel spectaculaire. Quand tu montes au sommet de L’aiguille du Midi, que tu te retrouves là haut, que tu as les glaciers qui partent, le sommet du Mont-Blanc, qui est devant toi. C’estdes terres d’émotion. C’est là où tu vis. Tu vis des choses très intenses en montagne. La montagne de 2023 c’est pas forcément la même que celle qu’il y avait il y a 100 ans, ça sera plus forcément la même non plus dans 100 ans, c’est sûr. »

Vivian Bruchez ski de pente raide

Ski de pente raide : adpatation comme ligne de conduite

Pour Vivian Bruchez, l’alpiniste, le skieur, c’est celui qui aime s’adapter : aux conditions, à la météo, et aux changements qui s’accélèrent dans nos montagnes. Il est aussi très conscient que les choses changent et qu’il faut se réinventer et se réadapter dans ses pratiques, la manière d’accéder aux sommets. on aime s’adapter, on aime s’adapter aux conditions, on aime s’adapter à la météo, forcément. Et puis aussi au changement de nos montagnes.

« Réinventer sa pratique, la manière d’y accéder.Il y a plein, plein, plein de belles choses pour les 100 prochaines années qui arrivent. »

Vivian Bruchez : l’optimiste comme ligne d’horizon

« Les glaciers fondent, ils changent, etc. Et forcément, on le voit, on le ressent. Et puis surtout, encore une fois, on le vit. »

Pour autant, il est hors de question de céder à un discours trop alarmiste sur la montagne. Mais pour Vivian Bruchez qui préfère être ancré sur les constats de la situation pour essayer de l’imaginer d’une meilleure manière pour se projeter mieux. De plus, l’éducation est aussi très importante pour le guide de haute montagne

Je pense que nous, en tant que guide, en tant que montagnards, on est aussi les premières personnes qui pouvons transmettre de l’éducation. Je pense que c’est aussi à nous d’écrire un peu le futur pour que justement cet impact, il soit inférieur. Mais bon, tu vois, quand on se dit « inférieur », on sait pas forcément si ça va diminuer. C’est un peu la crainte, mais j’ai envie de garder un discours ensoleillé, je préfère les faces sud que les faces nord.

Pour écouter cet épisode sur votre plateforme de podcast préférée, il suffit de cliquer ICI, et ainsi découvrir le parcours de Vivian Bruchez mais aussi ses derniers projets de films et sa vision des réseaux sociaux. Je vous souhaite une bonne écoute. Et si vous aimez le podcast, vous pouvez devenir contributeur à partir de 2€ par mois, grâce à la plateforme Patreon.

Dans cet épisode, nous évoquons le premier épisode du Camp de base avec Tiphaine Duperrier, à écouter ICI

L’article 🎙Vivian Bruchez et le ski de pente raide : amour et adaptation est apparu en premier sur .


Publié le 26.02.2024 à 09:12

Afin de rendre l’épisode disponible pour toustes, j’essaye de proposer régulièrement des retranscriptions gratuites des épisodes du podcast.

RETRANSCRIPTION DE L’EPISODE 51 DU PODCAST – Natif de Chamonix, Vivian Bruchez est devenu guide de haute montagne assez naturellement. Il aime transmettre sa passion pour les sommets sur les réseaux sociaux et dans ses films, mais aussi imaginer des projets d’expéditions au long cours. Ensemble, on discute de ses dernière réalisations, de ses réussites et ses échecs. 

Acteur aux premières loges du changement climatique, nous avons aussi beaucoup discuter de la montagne aujourd’hui et des méthodes d’adaptations pour demain. 

Emilie / Le Camp de base

Bonjour Vivian, tu es un skieur de pente raide et quand j’ai préparé cette interview, je me suis demander si la dynamique de la pente raide, ce n’était pas un truc de guide de haute montagne avec Tiphaine du Perrier, avec Boris Langenstein…. Mais avant de commencer, je vais te poser la question que je pose à tous les invités du camp de base c’est quoi ton camp de base ? Il est où ? Et il est composé de quoi ?

Vivian Bruchez

Alors mon camp de base, c’est Chamonix. Je suis né, j’ai grandi à Chamonix, j’ai été bercé par les montagnes, par la verticalité qu’il y a au dessus de la maison. Et donc j’y vis, je m’épanouis, j’y dessine ce que ce que j’aime dessiner. Et voilà mon camp de base, il est ici. Mes racines aussi, je dirais qu’elles sont ici.

Emilie / Le Camp de base

Tu as essayé d’aller habiter ailleurs ou tu t’es toujours dit « C’est Chamonix, rien d’autre. »

Vivian Bruchez

Je n’ai jamais habité ailleurs. Non, j’ai un petit peu bougé dans la vallée, c’est à dire entre le haut de la vallée, le bas de la vallée de Chamonix. Déjà pour moi c’était un gap. J’ai jamais eu envie de bouger. J’ai pas forcément étudié bien loin. Donc voilà, j’étais à Chambéry et je rentrais les week ends. Donc non, j’ai jamais été attiré par par autre chose que cette vallée.

Emilie / le Camp de base

C’est quoi ton premier souvenir de glisse ?

Vivian Bruchez

Bonne question. Je dirais, c’est un petit domaine sur le haut de la vallée de Chamonix s’appelle la Vormaine qui est tout à fait plat et où je venais skier. Il y avait une petite compétition qui s’appelait « la fête de la neige ». J’en ai des souvenirs parce que c’était un peu du ski comme j’aime encore aujourd’hui. C’est du c’était du jeu : des virages relevés, des tunnels. Donc j’ai ces souvenirs là. En fait, moi ce que j’aime c’est forcément oui, c’est la glisse, mais c’est avant tout jouer avec le terrain, jouer avec, avec la technique et les outils que je peux avoir. J’aime beaucoup parler de jeux à travers le ski.

Emilie / Le Camp de base

Comment se dessine ton envie d’être guide de haute montagne ?

Vivian Bruchez

Extrêmement naturellement. J’ai eu des années de compétiteur en ski alpin qui ont été vraiment ma formation et une fois que j’ai arrêté un peu la compétition plutôt à haut niveau. J’avais envie de prendre les remontées mécaniques au dessus de chez moi, puis d’aller voir un petit peu ce qui s’y passait et finalement parcourir la montagne avec les copains. Ça m’a amené très naturellement au métier de guide. Et parallèlement, je passais aussi le monitorat de ski. Donc en fait, j’avais déjà cette vocation de transmettre. Ça a été tout à fait naturel en fait.

Emilie / Le Camp de base

Elle est très importante cette question de la transmission. C’est la question du patrimoine et du patrimoine immatériel qu’est la montagne et nos modes de vie en montagne. Si tu devais me donner quelques éléments, toi qui te semble extrêmement intéressant de cette montagne de 2023, si on devait réécouter le podcast dans 100 ans, ce serait quoi ? Qu’est ce qu’on garde ?

Vivian Bruchez

Ce qui reste quand même pour moi avant tout, c’est la passion. C’est cette passion de la montagne, de l’aventure, de cet environnement naturel spectaculaire. Quand tu montes au sommet de L’aiguille du Midi, que tu te retrouves là haut, que tu as les glaciers qui partent, le sommet du Mont-Blanc, qui est devant toi. C’estdes terres d’émotion. C’est là où tu vis. Tu vis des choses très intenses en montagne. La montagne de 2023 c’est pas forcément la même que celle qu’il y avait il y a 100 ans, ça sera plus forcément la même non plus dans 100 ans, c’est sûr. Je pense que l’alpiniste, le skieur, on aime s’adapter, on aime s’adapter aux conditions, on aime s’adapter à la météo, forcément. Et puis aussi au changement de nos montagnes. Donc on en est tout à fait conscient, on en est témoin, on voit les choses qui changent, mais en attendant, on se doit de s’adapter et de la réinventer aussi. Réinventer sa pratique, la manière d’y accéder.Il y a plein, plein, plein de belles choses pour les 100 prochaines années qui arrivent.

Emilie / le Camp de base

C’est hyper intéressant parce que tu as un discours très optimiste. Quand on parle de la mer de glace, on a beaucoup de discours très pessimistes. On a toujours cette photo du glacier il y a 100 ans et puis du glacier. Aujourd’hui, on a beaucoup de films qui témoignent de cette disparition du glacier, de notre écosystème, de la fonte de cette langue de glace qui venait jusqu’ici avant. Qu’est ce qui fait que tu es aussi optimiste ?

Vivian Bruchez

C’est réel là, ce que tu viens de dire sur le fait que effectivement, les glaciers ils fondent, ils changent, etc. Et forcément, on le voit, on le ressent. Et puis surtout, encore une fois, on le vit. J’ai l’impression qu’un discours trop alarmiste sur la montagne, c’est quelque chose qui me fait peur quelque part, donc vu que ça me fait peur, j’ai pas forcément envie d’être trop ancré que sur le côté négatif, mais plutôt de faire le constat de ce qui se passe et d’essayer de l’imaginer d’une meilleure manière pour se projeter mieux. Je pense que nous, en tant que guide, en tant que montagnards, on est aussi les premières personnes qui pouvons transmettre de l’éducation. Je pense que c’est aussi à nous d’écrire un peu le futur pour que justement cet impact, il soit inférieur. Mais bon, tu vois, quand on se dit « inférieur », on sait pas forcément si ça va diminuer. C’est un peu la crainte, mais j’ai envie de garder un discours ensoleillé, je préfère les faces sud que les faces nord.

Emilie / Le Camp de base

Alors justement, tu parles de l’adaptation de vos sports aujourd’hui. Comment ça se décline dans ta pratique au quotidien ?

Vivian Bruchez

Tu as déjà beaucoup de mix entre les différentes disciplines. Ma spécialité, c’est le ski de pente raide, mais avant tout, c’est de faire de la montagne. Dans le ski de pente raide, tu as un mélange de ski et d’alpinisme : il faut grimper avant de skier. Mais après tu as plein de nouvelles disciplines qui arrivent, je pense au parapente. Je pense aussi le vélo par exemple. Typiquement pour aller chercher la neige un petit peu plus haut en altitude, que ce soit à l’automne ou au printemps, on va utiliser le vélo électrique par exemple, qui va nous faire monter 1000 mètres de dénivelé pour aller choper la neige et ensuite skier. C’est des combinaisons de différentes disciplines qui font que notre pratique, elle évolue. C’est rester inspiré par toutes les nouvelles énergies qui arrivent à travers le sport. L’alpinisme est très proche aussi de la navigation et des océans. Donc je pense qu’on s’inspire de toute cette ère d’aventure et je pense que c’est ça, c’est de combiner un peu toutes ces dynamiques pour faire de l’alpinisme

Emilie / Le Camp de base

Tu vois, c’est marrant parce que je pensais à Julia Virat qui est en Bretagne et qui fait des choses incroyables, qui est toujours guide de haute montagne et qui navigue beaucoup.

Vivian Bruchez

On a plusieurs exemples ici à Chamonix. On a aussi Aurélien Ducrot qui a été champion du monde de freeride et qui maintenant il est sur la Jacques-Vabre. Il y en a beaucoup, je pense qu’on se rejoint sur une manière de penser et sur des valeurs. On a quand même un discours commun sur « qu’est ce qui nous fait rêver ? »

Emilie / Le Camp de base

Qu’est ce qui te fait rêver, toi ?

Vivian Bruchez

Beaucoup de choses me font rêver. D’ailleurs souvent je me dis que j’ai trop de rêves, j’en ai trop et j’ai du mal à aller au bout. Moi ce qui me fait rêver, c’est d’être épanoui au delà d’une performance, au delà d’une réalisation. C’est de me sentir bien avec ce que je fais. Et pour se sentir bien avec ce qu’on fait, il faut trouver soi même ses propres limites. Il faut aussi fixer soi même ses propres objectifs et voilà, trouver son chemin, trouver sa vie, etc. C’est plutôt c’est ça, mon rêve en fait. De trouver un chemin qui en adéquation avec mes valeurs, avec qui je suis et ce qui m’entoure aussi beaucoup le côté familial, etc. Je dirais que c’est ça.

Emilie / Le Camp de base

Tu es très productif en terme d’images et tu as énormément de projets chaque saison. Comment est ce que tu planifies et comment est ce que tu les choisis ?

Vivian Bruchez

Alors je ne planifie rien du tout. En fait, je suis beaucoup sur l’instant. Alors forcément, j’ai des projets sur le domaine de la performance ou des objectifs que j’ai envie de réaliser. Je m’en fixe pas un certain nombre, j’ai une grande liste. Et puis du coup, petit à petit, en fonction des conditions, de la météo, de comment je me sens, des gens que je trouve aussi, qui peuvent venir avec moi, et bien je me lance. Et finalement, à la fin d’une journée, forcément je filme beaucoup. Moi j’aime bien créer du contenu qui est très authentique et qui est très simple. C’est du téléphone, c’est un peu drone. C’est pas non plus des grosses productions. Donc j’aime beaucoup cette liberté en fait, dans le fait de pouvoir créer du contenu. Et j’ai l’impression qu’à chaque journée il y a un message pour moi qu’est ce que j’ai appris de cette journée ? Qu’est ce que j’ai envie de dire de cette journée ? Et de là après, c’est un peu de l’écriture dans ma tête. Ce qui est important c’est d’avoir un texte en relation avec une image. J’utilise beaucoup les réseaux sociaux pour faire rayonner ce que je fais et à chaque fois il faut qu’il y ait du sens. Je ne vais pas le faire juste pour faire de la communication. Je vais le faire parce qu’il y a un sens derrière ou je préfère prendre un peu plus de temps et je prends d’ailleurs beaucoup de temps pour pour créer du contenu. Mais en tous les cas, il faut que pour moi il y ait du sens. Et j’ai l’impression quand même, plus il y a du sens en fait, et forcément plus plus ça marche.

Emilie / Le Camp de base

C’est intéressant, cette histoire de sens en lien avec les réseaux sociaux, parce qu’on est quand même sur plutôt une société du scrolling où on prend pas le temps. Donc pour toi, un contenu qui a du sens c’est quoi ?

Vivian Bruchez

Tu peux très rapidement te faire aspirer par juste « créer du contenu pour créer du contenu » et qu’il n’y ait pas de fond derrière. Et c’est vrai que c’est facile de se faire un peu aspirer là dedans. En même temps, c’est aussi notre métier, tu vois, quand tu vis un peu du sponsor, etc. Il faut aussi exister sur ces réseaux et donc tu peux être très vite tenté de juste montrer que ce que tu fais c’est bien, etc. Mais au final, je pense que voilà, pour construire des choses dans le temps, il faut quand même qu’il y ait un message. Vaut mieux un contenu qui est peut être un peu moins gros et partagé qu’une seule vidéo qui a cartonné, qui a fait le buzz. Je préfère que ça reste vraiment en adéquation avec ce que je pense.

Emilie / Le Camp de base

Aujourd’hui, tu présentes un film à l’IF3 : « The Polar Star ». Ça se passe sur les îles de Baffin. C’est dans l’Arctique américain. Est ce que tu peux d’abord nous raconter, nous présenter ces paysages que les auditeurs ne verront qu’à travers ta voix ?

Vivian Bruchez

Quand on m’a proposé d’aller là bas, je me le représentais, comme des espèces de tours granitiques de plus de 1000 mètres de haut, avec des profonds couloirs qui rayent un peu toutes ces barres granitiques. Ça fait un peu un système de fjords, donc vraiment l’océan qui rentre à l’intérieur des terres et qui a formé vraiment des reliefs qui sont gigantesques. Et donc pendant pendant cette période hivernale, l’eau, elle est gelée, ça crée la banquise. Donc tu te déplaces et tu vis en fait sur un océan gelé. Et donc on campait à un endroit. Et de cet endroit là, on rayonnait pour aller chercher différents couloirs. Les couloirs sont jamais forcément très raides ou vraiment extrêmes comparé à ce qu’on arrive à faire ici, dans les Alpes. Mais la qualité de neige, Le froid aussi conserve vraiment beaucoup, beaucoup la neige. Et aussi le roi là bas, c’est quand même l’ours polaire. Tu te sens tout petit, petit, petit. J’avais le sentiment d’être regardé un peu tout le temps par une espèce de nature. Tu te sens vraiment tout petit, vraiment vulnérable au milieu de ces grandes montagnes qui finalement culmine pas très haut en altitude. La beauté vient de bien de ces faces granitiques quoi.

Emilie / Le Camp de base

C’est du gris et du blanc, si on doit se le représenter, c’est ça ?

Vivian Bruchez

Beaucoup, beaucoup de blanc. Et effectivement, des grands, des grands, des big wall de granit gris.

Emilie / Le Camp de base

C’est la première fois que tu allais en Terre de Baffin ?

Vivian Bruchez

Oui, en fait ça a été un peu un concours de circonstances. C’est à dire que c’est un athlète américain, un skieur, on se suit justement via les réseaux sociaux depuis quelques années. Et puis on a échangé un coup simplement par message en disant « bah tiens, j’aime bien ce que tu fais. » Lui, il me dit « j’aime bien ce que tu fais aussi. » Et puis il m’explique qu’il a un projet en terre de Baffin et qu’il a une place pour que je vienne. Et du coup, j’ai accepté volontiers parce que tu avais d’une part la découverte d’un environnement et d’une destination, puis aussi la rencontre avec un autre athlète qui s’appelle Cody Townsend, qui reste quand même un skieur vraiment remarquable sur toute la carrière qu’il a pu avoir. Il vient beaucoup plus du milieu du freeride que moi, qui arrive plutôt du côté montagne. Et donc c’est la rencontre aussi de deux personnages et de deux univers. Donc ça j’aimais bien.

Emilie / Le Camp de base

Donc tu as fait beaucoup d’expéditions comme je le disais tout à l’heure, est ce qu’il y en a une qui t’a particulièrement marqué ? Soit parce que ça s’est bien passé, soit parce que ça s’est mal passé, soit parce que l’enseignement a été incroyable. Et quand je dis incroyable, ça peut être positif ou négatif, d’échec ou de réussite.

Vivian Bruchez

J’ai les deux. Alors je rentre, cet été, j’ai passé deux mois et demi en Amérique du Sud pour un magnifique voyage où j’ai pu partir déjà un premier mois en famille et ensuite je suis resté un mois et demi de plus vers le Fitzroy. Et là, on a fait une magnifique expédition incroyable où on a tout eu : du beau temps, des conditions météorologiques très très stables et on a vraiment pu exprimer le ski qu’on avait envie de venir exprimer là bas. Du ski très technique à skier, tout proche du Fitz Roy. On a ouvert beaucoup d’itinéraires là bas, donc je pense que quelque part, c’est aussi un voyage qui va marquer une génération de skieurs là bas. Donc là, tu as tous les éléments pour que ça marche et c’était magnifique. Donc je dirais que ça, c’est la super belle expérience, c’est celle qu’on vit pas tout le temps quand même.

L’autre expérience justement, qui est un peu dans l’autre sens : une expédition l’année dernière sur un 8000. Une tentative pour gravir un sommet, en faire la première descente. C’était un des rares 8000 à jamais avoir été skier. Mauvaise météo, mauvaises conditions. On était un groupe de six, donc on était quand même un groupe assez gros et donc c’était très compliqué aussi vu les conditions. C’était pas simple de trouver le bon axe et les bonnes motivations pour chacun dans cette expédition. Ça s’est soldé qu’on a pas réussi à faire le sommet. Bon, cette année là, personne a réussi à faire le sommet. Mais je pense qu’à un moment donné, dans nos prises de décision, on aurait pu être meilleur et on aurait pu se diriger vers d’autres objectifs qui étaient différents et on aurait pu un petit peu mieux optimiser notre voyage et en faire quelque chose. Voilà, on a optimisé plus notre déplacement, ça a été, on va dire, l’enseignement que j’en ai tiré.

Emilie / Le Camp de base

Et tu considères que c’est un échec quelque part ?

Vivian Bruchez

Oui, c’est un échec. Tu as l’échec sportif, mais ça on y est habitué. Parce que la montagne est imprévisible et que des fois, faut juste aussi dire on rentre parce que là ça va pas. Encore une fois, je disais qu’on sait s’adapter. On aime s’adapter quand on fait de la montagne et quand on la pratique tous les jours. Donc faire demi tour fait clairement partie de notre discours et ça c’est pas un échec pour moi, ça n’a jamais été un échec de faire demi tour. Par contre l’échec, il était plutôt encore une fois de trouver une motivation commune dans le groupe pour pour pouvoir faire d’autres sommets. Parce que finalement, à plus basse altitude, on aurait pu réaliser des descentes qui auraient pu être super intéressantes quand même. Donc on s’éloignait de l’objectif premier et c’était plutôt un échec humainement que sportivement, c’est sûr.

Emilie / Le Camp de base

Tu sais, c’est rigolo parce que je dois avoir fait, je sais pas, 60 épisodes du Camp de base. Le premier épisode, c’était un épisode avec Tiphaine Duperrier et c’est la seule fois où j’ai posé la question de « qu’est-ce qui fait un bon compagnon de cordée ? » Et c’est rigolo parce que c’est la question qui me revient maintenant, alors que ça fait 60 épisodes qu’on en a pas parlé. Mais qu’est ce qui fait alors un bon compagnon de cordée ?

[ECOUTER L’EPISODE AVEC TIPHAINE DUPERRIER : CELUI QUI A LANCÉ LE PODCAST CAMP DE BASE :)]

Vivian

Alors la cordée, elle est vraiment essentielle et en plus. Bon, Tiphaine, c’est une très bonne copine et en plus on est très souvent en discussion pour faire des projets ensemble. Tu as aussi présenté Boris, et justement ce binôme Tiphaine et Boris font des grandes réalisations en haute montagne, je trouve ça hyper inspirant. En pratiquant avec eux, on est clairement dans la même intention. On est dans une vision justement de deux guides qui parcourent la montagne et qui essayent de faire ce qu’ils peuvent comme ils peuvent, avec ce qu’ils ont. La cordée, forcément, elle est essentielle et c’est pas évident forcément de parler de cordée quand tu fais du ski, parce que en ski quelque part, tu fais tout le temps du solo, alors forcément, on va être encordé. Mais les moments où on s’encorde c’est sur les accès, donc sur les glaciers à plat pour pas tomber dans une crevasse, on va garder la corde dans la zone de rupture entre la pente et le plat. Mais une fois qu’on a passé ça, qu’on arrive dans des difficultés, là on enlève la corde et on commence à grimper en solo. Et la descente est aussi en solo. Mais par contre, tu as quand même une vraie relation de cordée, où on va beaucoup se regarder, on va toujours se garder à vue et finalement celui qui skie devant, il n’a pas du tout le même rôle que celui qui ski derrière. Celui qui est derrière est plutôt là pour soutenir son leader devant et lui dire voilà, c’est bien ou attends, passe plutôt à droite, il est aussi là pour le guider. Et puis celui qui ouvre la pente, il ouvre la pente, donc il est devant, il est leader et c’est lui qui donne toutes les informations à celui qui est derrière.

Emilie / Le Camp de base

Est ce qu’un bon compagnon de cordée, c’est aussi quelqu’un qui a les mêmes motivations que soi ?

Vivian Bruchez

Oui, c’est sûr que la motivation, elle doit aller vers le même objectif. Alors, est ce que c’est un objectif d’un sommet ? Est-ce que c’est un objectif justement de contemplation ? Aujourd’hui, on sort, mais c’est que pour faire des photos ou c’est que pour faire des repérages. On insiste beaucoup dans la préparation de ce qu’on fait dans cet échange, en fait de bien situer quel est l’objectif et qu’est ce qu’on va y chercher. Et moi j’ai quand même beaucoup d’idées, donc je suis souvent quand même à l’initiative des sorties, donc je vais plutôt chercher des gens et je sélectionne beaucoup en fonction, en fonction du projet, en fonction de ce que j’ai envie d’y faire. Je sélectionne pas les mêmes personnes, donc je sais que je ne vais pas proposer les mêmes choses à tout le monde. Donc ouais, c’est ça qui est important.

Emilie / Le Camp de base

Là on est le 30 novembre 2023, on est à Chamonix. C’est quoi tes projets pour la saison 2023-2024 ? Mis à part prier le dieu de la neige pour qu’il y en ait beaucoup parce que pour l’instant, on m’a beaucoup répondu ça.

Vivian Bruchez

Tu sais, moi, avec peu de neige, j’arrive à faire beaucoup. Je m’en rends compte de plus en plus. Et d’ailleurs, même en tant que skieur, finalement, l’élément qui va m’inquiéter le plus c’est la neige. Alors que j’y passe – c’est assez impressionnant – peut-être 200/250 journées par an, les pieds dans la neige, les pieds ou les skis. Mais c’est un élément qui est un peu imprévisible, qui va changer avec le froid, le vent, la pluie, etc. Même dans des recherches, dans des itinéraires très techniques, on va rechercher souvent des montagnes sèches quelque part, parce qu’on sait qu’avec une montagne sèche, on s’éloigne un peu de l’élément neige. Donc l’élément, on va dire du risque d’avalanche. On va plutôt privilégier une neige qui est un peu dure. Et donc ça, c’est aussi un gage de sécurité. Mais bon, je vais quand même dire qu’il faut évidemment qu’il y ait beaucoup de neige cet hiver parce que bon, la neige, elle nous fait rêver. Quand elle tombe dans le jardin, tu as envie d’aller glisser. Et les projets en grande partie, ils vont être en tous les cas dans les Alpes pour tout le début de l’année. C’est sûr, ça fait déjà pas mal d’années que je suis sur un projet autour des 4000 des Alpes, avec l’envie de skier tous les 4000 des Alpes. Il y a 82 sommets qui culmine à 4000 mètres, donc ça fait quand même un paquet de descentes et ça fait déjà cinq ans que je suis sur ce projet donc. C’est un projet à long terme, dans lequel je peux amener tous les ingrédients que j’ai envie. Quelquefois, il y a des descentes qui sont classiques, des fois il y a des premières, des fois il y a des choses un peu plus simples, mais surtout dans les nouveaux ingrédients, c’est typiquement, on a fait un projet où on a accédé à ces montagnes en vélo, il y en a un autre, on a accédé en train.

Enfin voilà, j’amène tous les ingrédients qui me font rire, ça m’amuse mais encore une fois, il y a toujours un message derrière. Je m’amuse à travers ça, j’ai pas mal avancé dedans et j’aimerais continuer. Je serais content d’arriver au bout cette année.

Emilie / Le Camp de base

Je l’avais déjà dit à Paul, je l’ai redit à Marion. Vous êtes des alpinistes, des skieurs, des snowboarders hors pair. Les médias vous voient beaucoup par le prisme de la performance, ce qui moi souvent, me gratte un peu. Du coup, il y a une question que je vais te poser, à laquelle tu peux répondre ou pas. Mais ce qui m’intéresserait moi de savoir, c’est qu’est ce que c’est la question qu’on t’a jamais posé ? Que tu aurais adoré qu’on te pose et à laquelle tu adorerais répondre.

Vivian Bruchez

Bon alors celle là, il va falloir que je réfléchisse pour répondre. Globalement je suis hyper ouvert, je peux parler, ça va pas du tout me déranger ce côté performance. Je pense qu’il faut quand même que dans ce qu’on fait en montagne, qu’il y ait de la performance. Parce que on ne peut pas que raconter des choses sans les avoir vécu un peu intensément. Enfin, tu vois, moi je fais un peu la différence entre un athlète et un blogueur. Tu vois, un athlète, c’est quand même quelqu’un qui se consacre toute l’année à son entraînement. Et nous, c’est ce qu’on est. J’essaie d’avoir un physique qui est vraiment fort pour pouvoir réaliser des projets. Donc faire quand même la différence entre un domaine de performance, je trouve ça. Je trouve ça quand même important. J’ai pas de questions. Souvent on me pose des questions sur ma famille et sur le fait que je que je prends beaucoup d’engagement, que je vais m’engager dans des descentes alors que j’ai deux filles. Et ça, je suis très content qu’on me la pose cette question en me disant « tiens, tu prends beaucoup de risques dans ta pratique, mais en attendant tu as des enfants à la maison, etc. » J’aime beaucoup cette question parce qu’au final, c’est comme ça que j’aime répondre en disant que « moi ce que j’ai envie de transmettre à mes filles, c’est ça, c’est de la passion, c’est de l’envie de s’investir dans des projets, de se préparer, de s’entraîner, de faire les choses en toute conscience, de mettre toutes les chances de son côté pour pouvoir y arriver et minimiser au maximum l’engagement. » Alors bon, des fois tu dois t’engager, mais en tous les cas, quand les choses elles sont quand même bien bien calculées, tu peux réussir à minimiser ce risque.

J’ai pas répondu du tout à ta question. Le côté famille, ça me touche beaucoup. Et puis, et je sais que voilà, c’est important de les impliquer aussi dans dans ce que je fais et qu’elles se disent pas « tiens papa, il fait des trucs, c’est un fou. » Non, non, pas du tout. Elles le savent que je suis pas fou.

Emilie / Le Camp de base

Super ! Merci beaucoup Vivian d’avoir été l’invité du camp de base aujourd’hui.

Vivian Bruchez

Merci à toi.

L’article Vivian Bruchez [ep. 51] – retranscription de l’épisode est apparu en premier sur .


END

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