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ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


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07.04.2026 à 17:57

« Nouvelle France » : Où veut-on nous emmener ? Par Pascal Morsu.

aplutsoc

Exposé des motifs JL Mélenchon vient donc de dégainer un nouveau concept creux, celui de « la nouvelle France ». Tout ceci part d’un constat imparable : la France change – quel scoop ! En tous cas, Mélenchon a donc publié une note de blog, « qu’est-ce que la Nouvelle France ? » où il tente donc d’expliciter le concept. En […]
Texte intégral (1622 mots)

Exposé des motifs

JL Mélenchon vient donc de dégainer un nouveau concept creux, celui de « la nouvelle France ». Tout ceci part d’un constat imparable : la France change – quel scoop !

En tous cas, Mélenchon a donc publié une note de blog, « qu’est-ce que la Nouvelle France ? » où il tente donc d’expliciter le concept.

En fait, il s’agit pour lui de décrire « un ensemble de groupes sociaux émergents », « particulièrement visés par le système », ce qui en ferait « la base possible pour la constitution d’un bloc de rupture ». La base de ce bloc pour le bloc de rupture (avec quoi ? Le libéralisme ? Le capitalisme ?) n’est donc pas le salariat comme tel. Dont acte.

En clair, il s’agit pour le grand Phi d’identifier les forces sociales sur lesquelles la FI devrait s’appuyer pour accéder au pouvoir, dans un espace de plus en plus urbanisé.

  • Il mentionne d’abord les femmes dont il rappelle qu’elles sont toujours dans une condition « subalterne pour le Capital ».
  • Puis viennent bien sûr les immigrés. Il est certain que la part des français issus de l’immigration a crû au fil des ans. Or ces immigrés sont les victimes du racisme, qui «  transforme une société multiculturelle en occasion de justifier des hiérarchies sociales, d’imposer une discipline et de faire accepter des formes d’exploitation redoublées ». Notons le marqueur politique qu’est la référence à une soit disant «  société multiculturelle ».
  • Concernant la jeunesse, il y voit une « chair à précarisation », s’appuyant là aussi sur la dégradation de ses conditions d’existence subies par les jeunes depuis 1958.
  • Enfin, inévitablement, est mentionnée la classe ouvrière à propos de laquelle sont mentionnées ses mutations, notamment sa précarisation.

Rien de bien nouveau dans tout ceci.

Et à ce stade, la perplexité ne peut que gagner le lecteur : qu’y a-t-il de si nouveau dans toute cette sociologie superficielle, qui autorise à parler de « nouvelle France » ? Évidemment, la France évolue au fil du temps, notamment avec le développement économico-historique ! Mais où est la rupture, le saut qualitatif ?

En tout cas, Mélenchon voit dans ce constat pseudo-sociologique une explication de « l’importance prise (…) par les luttes féministes, antiracistes ou de certains – parfois nouveaux – secteurs du monde du travail ». La hiérarchisation des luttes en question est ici explicite.

Conclusion inévitable de ces constats : le rôle de la FI serait donc de fédérer lesdites luttes.

Décodage

L’objectif affiché de la FI est donc d’accéder au pouvoir en s’appuyant sur les luttes « féministes, antiracistes, de la jeunesse et de certains secteurs ouvriers ». On voit déjà dans cette formulation que l’un des axes de la Nouvelle France, c’est de relativiser la lutte de classes, quoiqu’en disent ses têtes pensantes.

Les dirigeants insoumis poussent des cris d’orfraie quand on pointe cet aspect des choses. Mais on peut noter que personne à la FI ne se soucie réellement de trouver une voie pour sortir le mouvement ouvrier de son recul actuel. Nous parlons quant à nous de la nécessité de reconstruire le mouvement ouvrier, ce qui nécessiterait des initiatives en ce sens. Aussi banal que cela puisse sembler, il est notable qu’aucun porte-parole « insoumis » ne formule une telle idée, même approchante.

Mais il y a plus. Quoiqu’on en dise, les luttes dites féministes sont faibles, idem concernant les mouvements de la jeunesse (les organisations étudiantes, notamment, sont devenues groupusculaires). La réalité, les choses sérieuses, c’est donc que cette « nouvelle France » prépare un projet centré sur le lien avec les mouvements dits anti-racistes.

Le choix s’explique d’autant mieux qu’on sait que la majorité des municipalités gagnées par la FI les 15 et 22 mars avaient une forte population d’origine étrangère (Saint-Denis, Vénissieux…) – et que c’est moins le cas des villes où la FI a été mise en échec : Toulouse, Limoges, en premier lieu. On est effectivement en train d’assister à un changement de la structure de l’électorat FI, au-delà de son rabougrissement. Par contre, aux dernières municipales, la FI a complètement échoué à mobiliser l’abstentionnisme ouvrier, ce qui était un de ses objectifs essentiels.

Au sein d’une organisation politique, il n’existe pas de « constat sociologique » indépendant de ses objectifs. Et dans le cas qui nous concerne, il est évident que l’objectif la « nouvelle France » est de mettre au premier plan les questions identitaires par rapport aux questions sociales, d’affaiblir, voire de rompre tout lien avec la méthode traditionnelle du mouvement ouvrier, celle de l’unité des travailleurs au-delà leurs divisions objectives.

« Créolisation » ou républicanisme ?

Tout ceci est évidemment très lié au concept de « créolisation » récupéré il y a quelques mois par Mélenchon dans les travaux du philosophe antillais E. Glissant. En très bref, l’idée est de considérer une nation comme ouverte à des communautés externes, s’intégrant peu à peu au melting pot commun.

Le concept est peut-être pertinent aux Antilles, dont l’Histoire est faite d’apports multiples, y compris au niveau linguistique, dans une situation où la bourgeoisie locale est rachitique. Une étude plus poussée serait bienvenue.

Mais en tous cas, la situation est totalement différente avec le cas français, produit d’une Révolution parmi les plus radicales de l’Histoire. Sans entrer dans les détails, on sait que l’un des immenses acquis de la Révolution jacobine fut d’en finir avec la fragmentation du pays, et d’imposer une unité nationale, linguistique, administrative, etc. Marx, en son temps, célébrait ces principes dans lesquels il voyait

« le triomphe d’un nouveau système social, la victoire de la propriété bourgeoise sur la propriété féodale, du sentiment national sur le provincialisme (…) ».

Il n’existe dans la tradition politique issue de 1789, que des citoyens. Rappelons que lors de l’émancipation des juifs (déc. 1789), le président de l’Assemblée nationale affirmait qu’

« Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus »

Et pour les marxistes, par essence internationalistes, l’attachement à ce modèle s’explique aussi par la volonté de rassembler la population laborieuse au lieu de la scinder. Dépasser le cadre national, c’est avancer vers l’unité ouvrière par-delà les frontières des États nationaux. L’internationalisme, ce n’est certainement pas disloquer la classe ouvrière actuelle en communautés !

Précisons d’ailleurs à ce propos le concept de communautarisme. Au sein d’une nation, il y a nécessairement une multitude de communautés, de regroupement de ses citoyens selon des critères variés : la communauté juive, celle des joueurs de pétanque, etc. La particularité de la citoyenneté « à la française » est qu’elle ignore ces communautés, elle refuse de différencier les droits des citoyens selon leur appartenance communautaires.

Prenons comme exemple le cas d’enfants immigrés nouvellement arrivés en France. Organiser des enseignements de français pour leur permettre de rejoindre le système scolaire dominant (ce qui a lieu) est parfaitement légitime. Par contre mettre en place des filières d’enseignements dans leur langue d’origine visant à perdurer, c’est du communautarisme parce que cela rompt le principe d’égalité des citoyens face à l’État et ses services publics.

Une pente dangereuse

Le concept de créolisation remet justement en cause ce modèle de citoyenneté « à la française », car s’opposant de contrat politique auquel souscrivent les citoyens et qui fonde la nation, par-delà les races, les religions ou les langues.

La « nouvelle France » de JL Mélenchon est un concept vague – certains diront fumeux. Ceci étant il n’est pas très difficile de voir où on veut nous mener. Dans une interview radiophonique (France Info, 7.IV.2026), M. Panot, la présidente du groupe FI à l’Assemblée, appelait à « reconnaître le peuple de France dans toutes ses composantes ». Or justement, le « peuple français » ne reconnaît pas de composantes, par exemple des « racisés ». Il ne connaît que des citoyens. On est en plein communautarisme.

Et quant à nous, marxistes, nous défendons avant tout l’unité de classe des travailleurs, par-delà leurs divisions objectives, contre le Capital. Ce n’est pas la même chose.

P. Morsu, le 7.IV.2026

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07.04.2026 à 09:09

Porto Alegre : sur un bilan d’autosatisfaction et ses « limites ».

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Une sorte de communiqué officiel de victoire à propos de la conférence de Porto Alegre vient d’être publié, en anglais, français, espagnol, signé par un panel significatif de membres du Bureau et du Comité international de la IV° Internationale, allant d’Israel Dutra du MES brésilien (membre de cette organisation depuis son congrès de l’an dernier, […]
Texte intégral (4929 mots)

Une sorte de communiqué officiel de victoire à propos de la conférence de Porto Alegre vient d’être publié, en anglais, français, espagnol, signé par un panel significatif de membres du Bureau et du Comité international de la IV° Internationale, allant d’Israel Dutra du MES brésilien (membre de cette organisation depuis son congrès de l’an dernier, dont l’adhésion avait soulevé des inquiétudes de ses composantes les plus campistes) à Eric Toussaint (dirigeant du CADTM, et à ce titre organisateur clef de la conférence de Porto Alegre).

Ce document, que nous reproduisons in extenso ci-dessous, présente le très grand intérêt d’être un véritable communiqué d’esprit unanimiste de victoire, mais tout en contenant, entre les lignes, les ingrédients les plus dévastateurs sur la fonction politique effective de cette conférence.

La première partie du texte est un grand moment d’autosatisfaction confinant à l’autosuggestion : ce fut magnifique, c’est ainsi « que se façonne la conscience de l’avant-garde militante », etc.

Dans tout rassemblement un tant soit peu significatif il y a des moments fusionnels importants, nous ne doutons pas qu’il y en a eu ici aussi. Quant à la « conscience de l’avant-garde militante », c’est une autre affaire sur laquelle la suite du texte, consacré aux « limites », est éclairante.

Avant de les passer en revue telles qu’elles sont présentées ici, notons que ce terme, « les limites » … a ses limites, et sa fonction : tout cela serait, selon une vieille expression bien connue, « globalement positif », avec seulement quelques « limites » qui demandent que l’on continue à s’investir en acceptant le cadre, et donc lesdites « limites ».

Ces « limites » ne sont en effet pas attribuées à la déclaration finale, dont les principaux rédacteurs figurent d’ailleurs probablement parmi les signataires de ce texte. Qu’elle ne nomme pas les impérialismes russe et chinois, et qu’elle ne nomme pas l’Ukraine, autrement dit, car les mots comme leur absence ont un sens, qu’elle ne la soutienne pas et soutienne donc la Russie, ce n’est pas grave, car elle contient la phrase magique suivante :

« Nous luttons contre tous les impérialismes et soutenons la lutte des peuples pour leur autodétermination, par tous les moyens nécessaires. »

Les mots « tous les impérialismes » sous-entendraient-ils la Russie et la Chine pour le PCdoB, par exemple ? Allons donc ! Ce qu’ils sous-entendent à ce stade pour la majorité des courants politiques partie prenante de cette conférence, en dehors des auteurs de ce texte faisant semblant de ne pas comprendre, ce sont uniquement les impérialismes européens et japonais, voire Israël, en aucun cas la Chine et la Russie. Le tour de passe-passe est quand même grossier …

Alors, quelles sont tout de même ces fameuses « limites » de cette si extraordinaire initiative sans équivalent, sans précédent, et si merveilleuse pour la construction de l’avant-garde ?

Ce texte en signale en fait cinq.

Premièrement, « le manque de participation active des organisations de masse traditionnelles, tant au Brésil qu’ailleurs ». Ce premier point est frappant et les chiffres donnés au début du texte, pour s’en louer, soulignent en réalité cette faiblesse : 7000 manifestants pour le lancement (l’agglomération de Porto Alegre compte 3,7 millions d’habitants), 200 militants venus d’Argentine, ce qui en fait n’est pas considérable.

En clair, on comprend ici en creux que Porto Alegre n’a pas mobilisé les masses. Nous ne nous en réjouissons absolument pas, mais il faut noter que les sentiments « campistes » prêtés par bien des militants occidentaux aux larges masses du « Sud » ne sauraient être démontrés par l’état-d’esprit des couches militantes uniquement mobilisées à Porto Alegre.

Deuxièmement, la critique du campisme arrive enfin, sous la forme d’une « limite », jugée inévitable quoique regrettable, hé oui :

 «  … il n’y a eu aucune condamnation de l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Poutine, ni de position claire sur la nature du régime dictatorial en Russie. Il s’agit là d’un problème grave et d’un obstacle potentiel à l’action commune avec les antifascistes de Russie et d’Ukraine. »

Obstacle à l’action commune avec Ukrainiens et Russes, seulement ? Outre l’oubli, dans le raisonnement suivi ici, de l’ensemble des peuples des Etats issus de l’ex-URSS et de l’ex-bloc soviétique, le problème est plus fondamental encore : il serait dommage de ne pas s’opposer à Poutine, non pas du point de vue de la lutte des classes à l’échelle internationale, mais parce que c’est ennuyeux pour les Russes et les Ukrainiens, voyez-vous.

Non : la situation planétaire est cadrée par l’opposition de classe entre l’immense majorité et l’ordre/désordre mondial dont Trump et Poutine sont les deux personnages de pouvoirs centraux. Il y a unité mondiale de cette confrontation, qui prend des formes nationales et continentales mais est une donnée globale. Le problème de Poutine et le problème de Trump, qui sont liés, sont par exemple, conjointement, un gros problème pour le Brésil, pour le Mexique, ou pour le Canada.

Il ne s’agit pas d’une regrettable question concernant le peuple ukrainien et les opposants russes qu’il serait, svp, sympathique de ne pas oublier, mais d’une question centrale du point de vue « antifasciste » : peut-il y avoir antifascisme en 2026 si l’on nie la réalité du plus grand front de lutte armée antifasciste du monde au moment présent ?

En convertissant cet élément central de tout le cadre politique de Porto Alegre en une simple, regrettable mais bien compréhensible « limite », ce texte souligne en fait les « limites » des antidotes qui étaient supposés infuser dans la conférence, à savoir les quelques rappels faits par ses auteurs sur la méchanceté de Poutine et la présence de quelques délégués ukrainiens et russes, chèrement acquise par la volonté du MES, avec la citation inévitable du récit de voyage d’Alfons Bech : des vidéos ont été tournées ! des interviews ont été données ! N’est-ce pas beau ? Certes, mais cela a, dirons-nous, dans ce cadre, de grosses « limites » …

Troisième « limite » de la si belle conférence, une « ambigüité » sur l’Iran : hé oui, il y avait, nous l’avons signalé, un « représentant non officiel » du régime des mollahs (et aucun représentant des syndicats indépendants, des féministes, des Kurdes, des Baloutches …). Certes, mais – franchement, cette contorsion est un sommet …- ce monsieur avait un « ton très modéré » !!!

Et pourtant, dans la déclaration finale il est écrit « autodétermination du peuple iranien » : les auteurs font semblant de croire que ces mots impliquent l’opposition au régime des mollahs alors qu’ils ne signifient rien d’autre que le soutien à ce régime.

Quatrième « limite » : il n’y a pas eu suffisamment de débats et cela aurait pu être plus démocratique …

Cinquième « limite » : « les problématiques du féminisme étaient largement absentes » (ce qui, ajouterons-nous, est à mettre en relation avec la réduction au silence du combat féministe contre le régime des mollahs en Iran, ainsi qu’avec la place du féminisme et des luttes LGBT dans la résistance ukrainienne armée et non armée …).

Additionnées, et même en faisant semblant de croire que la déclaration finale n’en serait pas affectée, ces « limites » sont plus que des limites, elles caractérisent tout le cadre de cette conférence et des suites organisationnelles qui sont censées lui être données, auxquelles nos auteurs appellent vaillamment à continuer à participer, en se faisant croire que là serait la marche à l’unité antifasciste internationale.

Pourtant, le fond de leur pensée transparait avec évidence dans ce remarquable passage :

« La décision de rechercher un front uni antifasciste et anti-impérialiste a entraîné une certaine perte de clarté dans les déclarations communes, étant donné que les conceptions au sein de la gauche et des secteurs populaires sur des questions aussi fondamentales que : qui sont les fascistes ou néofascistes ; ou qui sont les impérialistes, varient considérablement. »

Vous avez bien lu : ces antifascistes ont des idées fluctuantes sur QUI pourraient bien être les fascistes ! Ce sont les 7 auteurs de ce texte qui l’écrivent. Idem sur QUI pourraient bien être les impérialistes !

En fait, la déclaration finale appuie par omission un impérialisme aux pratiques fascistes, la Russie, et le régime qui vient d’effectuer la pire répression contre les peuples, les femmes et la jeunesse, digne du massacre de la Commune de Paris, l’Iran.

Il s’ensuit que la lutte contre l’agression impérialiste de Trump et de Netanyahou en Iran ne peut absolument pas être menée dans un cadre tel que celui de Porto Alegre : cette lutte exige en effet de mettre en relation le bombardement de l’Iran et la répression de janvier 2026, d’exiger conjointement l’arrêt immédiat des bombardements et la chute de la République islamique, avec l’armement des opposants sur place. Réduite à la soi-disant « lutte anti-impérialiste » aux côtés des mollahs et en lien organique avec Moscou et Beijing, elle devient contre-révolutionnaire et s’avère incapable, dans les faits, de toute mobilisation de masse. Cet exemple démontre concrètement en quoi la « limite » sur la Russie et la guerre en Ukraine n’est pas un problème régional bien triste pour les Russes et les Ukrainiens, mais une question mondiale convertissant les velléités antifascistes en alliance avec des secteurs … fascistes.

En conclusion de ces remarques, il convient de s’interroger sur le rôle que jouent les auteurs de ce texte, qui ne sont pas des participants adjuvants de Porto Alegre mais qui sont en fait celles et ceux par qui Porto Alegre s’est tenue. Ils sont conscients de ce qu’ils appellent les « limites » mais veulent à toute force préserver un cadre qui repose sur lesdites « limites ». Ils en sont d’autant plus conscients que ces « limites » sont ici présentes de leur fait, car ils veulent ce cadre ainsi. Il y a là un problème politique majeur, qui touche à l’identité et à la fonctionnalité actuelle de leur organisation, la IV° Internationale (principal courant héritier du nom), dont le rôle positif décisif en ayant permis l’existence du RESU/ENSU se trouve ici mis en cause par les pas en arrière, le piétinement dans ces fameuses « limites », quand il serait possible et nécessaire d’impulser un véritable internationalisme antifasciste. Débat important sur lequel il faudra revenir.

Aplutsoc

La Conférence antifasciste et anti-impérialiste de Porto Alegre : grandes avancées, défis et opportunités.

La première conférence antifasciste pour la souveraineté des peuples constitue une expérience unique ; nulle part ailleurs sur la planète une telle initiative n’avait été menée à bien. Elle représente un large front antifasciste et anti-impérialiste, dépassant largement le cadre des organisations révolutionnaires. Elle a néanmoins ses limites, liées aux difficultés rencontrées par les mouvements de résistance internationalistes. – Manuel Rodriguez Banchs, Penelope Duggan,  Israel Dutra, Antoine Larrache, João Machado, Reymund de Silva et Eric Toussaint, membres du Bureau et du Comité International  de la Quatrième Internationale.

Près de 7 000 personnes ont participé à la manifestation d’ouverture, avec une présence significative d’organisations de la Quatrième Internationale. Nous avons été témoins de la ferveur militante des Forums sociaux mondiaux à leur apogée et du mouvement anti-guerre de 2003, où des milliers de personnes d’horizons très divers se réunissent et discutent de tout. C’est dans ce genre de moments militants que se forgent des compréhensions partagées et des objectifs communs, et que se façonne la conscience de l’avant-garde militante.

En dehors du Brésil, la délégation argentine était la plus importante, avec 200 personnes, dont beaucoup ont voyagé en autocar, y compris nos camarades de Marabunta. Des camarades sont venus d’Afrique (Afrique du Sud, Mali, Congo, Kenya, Côte d’Ivoire, Maroc) et d’Asie (Inde, Pakistan, Philippines…), notamment par l’intermédiaire du CADTM (Comité pour l’abolition de la dette illégitime, qui a joué un rôle central dans l’organisation aux côtés du Comité d’organisation local de la conférence). Des délégations de pays impérialistes (États-Unis, Canada, Australie et pays européens tels que la Belgique, le Danemark, la France, l’Italie) étaient, bien sûr, présentes. Il y avait d’importantes délégations de militants ukrainiens et russes.

Les travaux de la conférence

Après une « table ronde des parlementaires » et une « table ronde des élu·e·s » qui ont mis en évidence un lien essentiel avec les actions menées au sein des institutions, plusieurs milliers de personnes ont pris part à de nombreux débats sur des thèmes variés : l’analyse de la montée de l’extrême droite, la lutte contre Milei, la résistance à Trump aux États-Unis centrée sur Minneapolis, la spécificité des luttes dans le monde du travail, la situation au Brésil, la résistance palestinienne, la crise climatique, le féminisme, l’éducation et de nombreuses formes de solidarité internationale.

En plus de participer aux onze séances plénières du programme officiel, les organisations et les militants de la Quatrième Internationale ont proposé un certain nombre d’activités auto-organisées, parmi les 150 prévues. Nos camarades y ont joué un rôle significatif, notamment à travers une présentation de notre Manifeste pour une révolution écosocialiste – Rompre avec la croissance capitaliste, à laquelle ont assisté plus de 600 personnes. Cette réunion a été animée notamment par Michael Löwy, l’un des principaux rédacteurs du Manifeste, et Penelope Duggan qui représentait la Quatrième Internationale.

Nous avons également organisé ou contribué de manière significative à des débats sur la lutte antiraciste et anticapitaliste, la solidarité avec l’Ukraine, avec les prisonniers russes, la situation en France et la solidarité avec les migrants. En particulier, le premier de ces débats a rassemblé plusieurs centaines de personnes.

Des activités importantes ont été organisées par le CADTM sur l’immigration, les mobilisations de la génération Z, l’accumulation de richesses, l’accaparement des ressources naturelles de l’Ukraine, de la RDC et du Venezuela, la situation en Afrique, et d’autres thèmes.

La Quatrième Internationale a distribué une déclaration intitulée « Contre l’autoritarisme néofasciste et toutes les formes d’impérialisme » aux participants à la conférence en quatre langues.

La déclaration finale

La déclaration finale de la conférence résume les larges convergences qui ont rendu son organisation possible : un rappel des grandes mobilisations contre Milei, contre l’extrême droite en Grande-Bretagne, des mobilisations No Kings ! aux États-Unis, et la solidarité avec Cuba. Elle énonce également une série de revendications sociales, environnementales, antiracistes, féministes et LGBTIQ+, et bien sûr contre l’impérialisme. Elle affirme clairement : « Nous luttons contre tous les impérialismes et soutenons la lutte des peuples pour leur autodétermination, par tous les moyens nécessaires. » En particulier, la déclaration s’oppose au génocide en Palestine, aux attaques contre le Liban et l’Iran, ainsi qu’à l’invasion du Venezuela et aux menaces contre Cuba. Ce large consensus a rassemblé des organisations extrêmement diverses, ce qui a contribué au succès de la conférence

Mobilisation limitée des organisations de masse des travailleurs

Le grand succès de la conférence ne nous empêche pas de voir certaines limites importantes. Celles-ci étaient apparentes lors de la préparation de la conférence, et nous avons tenté, avec un succès limité, d’y remédier.

L’une d’elles était le manque de participation active des organisations de masse traditionnelles, tant au Brésil qu’ailleurs. Si la conférence a obtenu la participation officielle du Parti des Travailleurs et de la majorité du PSOL au niveau national, ainsi que de la CUT et de la CTB brésiliennes et d’autres syndicats d’enseignants et de travailleurs, ceux-ci ont peu contribué à la mobilisation en dehors de l’État du Rio Grande do Sul, où se situe Porto Alegre. Le syndicat des enseignants Andes et le Parti communiste brésilien (PCdoB) ont eu une présence militante plus importante. En fait, nos organisations – en particulier le MES, une tendance au sein du PSOL particulièrement forte dans le Rio Grande do Sul – constituaient une grande partie des participants : d’une part, c’est une source de fierté, mais d’autre part, cela reflète le fait que la lutte pour l’unité, pour la construction d’un mouvement de masse aux côtés des organisations réformistes et des syndicats, reste encore à mener.

En dehors du Brésil, la conférence a également reçu le soutien de La France Insoumise et d’une série d’organisations syndicales, notamment d’Espagne et d’Amérique latine.(1)À l’approche de la conférence, des tentatives répétées ont été faites pour convaincre de nombreuses autres organisations de l’importance de la conférence pour leurs courants, mais cette lutte pour l’unité la plus large possible au sein du mouvement doit continuer à être menée avec la plus grande détermination.

S’opposer à tous les impérialismes

Un autre problème est l’attention quasi exclusive, en pratique, à l’impérialisme états-unien, malgré l’opposition dans la déclaration finale à « tous les impérialismes ». Ainsi, sous l’influence des secteurs « campistes » de la conférence, il n’y a eu aucune condamnation de l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Poutine, ni de position claire sur la nature du régime dictatorial en Russie. Il s’agit là d’un problème grave et d’un obstacle potentiel à l’action commune avec les antifascistes de Russie et d’Ukraine. La Russie est sans aucun doute l’un des régimes qui se rapproche le plus du fascisme, tandis que le peuple ukrainien – et aussi le peuple russe ! – souffrent sous ce régime, confronté à la misère et à des centaines de milliers de morts.

La présence de camarades russes et ukrainiens, ainsi que les ateliers organisés avec le soutien des camarades de la QI pour donner la parole aux opposants russes, et à une délégation ukrainienne composée de deux syndicalistes de premier plan et d’un représentant de Sotsialnyi Rukh, ont constitué un contrepoids important. Cela a été salué par les délégations concernées et, selon les mots du représentant de RESU/ENSU : « la présence de camarades ukrainiens, tout comme celle des opposants socialistes russes, a été mise en avant […] en particulier lors de la clôture de la conférence assurée par Roberto Robaina. Ils ont également pu avoir des conversations avec des militant·e·s du Brésil et d’autres pays. Et ils ont donné des interviews et tourné des vidéos qui sont en train d’être diffusées parmi les organisations de gauche ». Ils espèrent s’appuyer sur cela pour élargir la solidarité envers leurs luttes, notamment en Amérique latine.

Lors de plusieurs séances plénières, des camarades de la Quatrième Internationale (Penelope Duggan de la direction de la QI, Rafael Bernabe de Porto Rico, Sushovan Dhar d’Inde,…) et d’autres (Patricia Pol d’ATTAC France et de LFI) se sont également exprimé·e·s contre ces positions, défendant les prisonniers et les opposants russes en exil, le droit à l’autodétermination de l’Ukraine, la lutte du peuple ukrainien contre l’invasion russe et contre les politiques néolibérales et antidémocratiques de son propre gouvernement, et en soutien au mouvement des femmes et au mouvement démocratique iraniens. Notre position est celle du droit à l’autodétermination de tous les peuples du monde par leur propre action et non par un alignement sur un gouvernement quelconque, mais il est clair que cette question fondamentale n’a pas été pleinement résolue lors de la conférence. Lors des ateliers auto-organisés, plusieurs camarades de la QI qui ont pris la parole (André Frappier du Canada, Eric Toussaint de Belgique, Bruno Magalhães du Brésil) ont également condamné l’invasion russe de l’Ukraine et soutenu le droit à l’autodétermination de l’Ukraine.

Message ambigu sur l’Iran

Bien que la déclaration finale défende « l’autodétermination du peuple iranien », un représentant non officiel de la République islamique d’Iran était présent et a justifié – sur un ton très modéré – les politiques du régime. Tout en défendant le droit de la République islamique à se défendre contre l’agression impérialiste, et en souhaitant la défaite de cette attaque, nous soutenons pleinement les mouvements sociaux en Iran, en particulier les mouvements féministes, qui n’ont rien à voir avec les représentants du Shah soutenus par les États-Unis et Israël.

Renforcer la démocratie au sein du mouvement

Il était sans doute inévitable, dans une conférence réunissant des milliers de militant·e·s, qu’il y ait un manque de véritables forums de débat entre les participant·e·s, tant sur les thèmes politiques abordés lors des séances plénières centrales (les ateliers auto-organisés étaient différents) que, particulièrement, sur la déclaration finale et ce qu’elle propose. Bien que nous soyons toutes et tous d’accord pour mettre en œuvre les initiatives énumérées, et la Quatrième Internationale sera présente dans chacune d’entre elles, il est nécessaire d’élargir le noyau organisateur et de développer des mécanismes de responsabilité démocratique. Ceci est important tant en termes de représentativité politique que de parité entre genres, comme cela a été souligné lors d’une réunion du comité d’organisation international. De plus, si l’on peut noter la présence de femmes intervenantes dans toutes les conférences du programme officiel, les problématiques du féminisme en étaient largement absentes, bien qu’elles aient bien sûr été présentes dans un certain nombre d’ateliers auto-organisés.

Poursuivons la lutte

En conclusion, la conférence constitue un pas en avant extrêmement important dans la lutte contre le fascisme et l’impérialisme : n’oublions pas que cela fait des années qu’aucun forum social n’avait rassemblé autant de monde. 

Les pratiques de construction de mouvements internationaux et internationalistes se sont perdues et doivent être reconstruites.

La décision de rechercher un front uni antifasciste et anti-impérialiste a entraîné une certaine perte de clarté dans les déclarations communes, étant donné que les conceptions au sein de la gauche et des secteurs populaires sur des questions aussi fondamentales que : qui sont les fascistes ou néofascistes ;ou qui sont les impérialistes, varient considérablement. Ainsi, la décision qui a guidé l’organisation de la Conférence – et c’est également la position de la Quatrième Internationale – est qu’il était important de tenir la conférence, même au prix d’une perte significative de clarté. La seule alternative aurait été de ne pas la tenir, de renoncer à la possibilité de rassembler des milliers de militants permettant de discuter des points d’accord et de désaccord et de s’engager dans la lutte en cours contre le fascisme et l’impérialisme
 

Les batailles politiques se mènent dans la pratique, en participant aux mouvements qui existent réellement ; nous ne pouvons exercer une influence que si nous y participons pleinement. L’organisation de cette conférence, ainsi que la série de pré-conférences, notamment au Brésil, qui ont constitué un aspect important de la mobilisation en vue de la conférence, s’est largement appuyée sur les militants de la Quatrième Internationale, en particulier nos organisations au Brésil – notamment le MES, Centelhas et Ecosocialistas –, nos camarades engagé·e·s dans des organisations et associations de masse, ainsi que d’autres organisations internationalistes, anticolonialistes et anti-impérialistes.

Il ne fait aucun doute que les débats et les luttes se poursuivront, et les prochains rendez-vous sont déjà fixés : le contre-sommet du G7 en France et en Suisse en juin 2026, le rassemblement anti-OTAN en Turquie en juillet 2026, et le Forum social mondial au Bénin en août 2026. Des conférences continentales sont également proposées, notamment en Amérique du Nord et du Sud, ainsi que les Rencontres écosocialistes en mai en Belgique.

C’est à travers tous ces événements que se forgent les alliances nécessaires pour contrer le fascisme et l’impérialisme. C’est à nous d’impliquer les syndicats, les organisations de défense des droits humains, les mouvements féministes et LGBTQI+, les organisations antiracistes, celles qui militent pour la Palestine et celles qui sont solidaires des peuples ukrainien et iranien. C’est ainsi – et en défendant nos perspectives révolutionnaires écosocialistes – que nous construirons le mouvement nécessaire pour changer le monde.

4  avril 2026

(1) Notamment les deux principaux syndicats basques ELA et LAB, les Intersyndicales de Valence, de Galice et de Catalogne, la CTA A et la CTA TT en Argentine, le PIT CNT en Uruguay, le SME au Mexique, la CUT au Chili et la CUT en Colombie.

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07.04.2026 à 09:02

Défendons le 1ER Mai férié, chômé et payé pour toutes et tous ! Sud Commerce & Services.

aplutsoc

Le gouvernement et le patronat veulent nous faire travailler le 1er mai. Une proposition de loi sera débattue à l’initiative du groupe Renaissance (macroniste), appuyé par LR et le RN, le 10 avril prochain à l’Assemblée nationale pour s’attaquer au caractère férié universel du 1er mai et étendre les critères de dérogation. Le 1er mai est […]
Texte intégral (597 mots)

Le gouvernement et le patronat veulent nous faire travailler le 1er mai. Une proposition de loi sera débattue à l’initiative du groupe Renaissance (macroniste), appuyé par LR et le RN, le 10 avril prochain à l’Assemblée nationale pour s’attaquer au caractère férié universel du 1er mai et étendre les critères de dérogation.

Le 1er mai est le seul jour chômé du calendrier. C’est le seul jour férié sur les onze que comptent notre calendrier où on ne travaille pas mais où on est obligatoirement payé.

Le 1er mai n’est pas un jour férié comme les autres. C’est une date internationale qui commémore les luttes pour les droits des travailleuses et travailleurs. Remettre en cause le principe de cette journée, c’est remettre en cause plus d’un siècle d’histoire sociale et de conquêtes collectives.

Les partisans du projet de loi prétendent que la loi serait en faveur des petits commerces, C’est faux, es petits commerces peuvent déjà ouvrir, à condition de ne pas faire travailler leurs salarié-es ce jour-là. Et les secteurs indispensables, comme les hôpitaux, la restauration etc., travaillent déjà le 1er mai. La loi profitera donc aux grands groupes, à commencer par ceux de la grande distribution.

C’est sur la base du volontariat. Les exemples du travail dominical et en soirée nous montrent que le volontariat est très théorique, voire qu’il est consubstantiel à l’embauche. Il n’est pas toujours facile de dire non à son employeur, notamment dans les petites entreprises dépourvues de représentant-es du personnel. Et demain, posera-t-il même la question ? Au contraire, les dérogations ont tendance à s’étendre et à devenir la règle.

Ce sera payé double. On travaillerait désormais le 1er Mai là où était payé auparavant sans avoir à travailler donc cela sera payé… comme un jour ordinaire de travail !

MOBILISONS-NOUS VENDREDI 10 AVRIL POUR DEFENDRE LE 1ER MAI !

À Paris à l’appel de plusieurs syndicats dont Solidaires et la CGT, un rassemblement est prévu à partir de 8 h 30 devant l’Assemblée nationale, au métro du même nom.

Rien n’est inéluctable ! L’adoption de cette loi a déjà été repoussé en janvier dernier et celle visant à faire ouvrir les boulangeries sept jours sur sept vient d’être retirée.

  • Pour interpeller son/sa député-e

Source : https://www.sudcommercesetservices.org/post/defendons-le-1er-mai-ferie-chome-et-paye-pour-toutes-et-tous

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04.04.2026 à 23:04

Et après ? (suite à la manifestation de Saint-Denis), par LD.

aplutsoc2

Le rassemblement contre le racisme appelé ce jour par le Maire de la ville Saint-Denis, vilipendé parce que noir, a été un énorme succès. Il démontre la disponibilité de notre camp à se mobiliser sans attendre l’appel des dirigeant-es politiques comme syndicaux, qui a fait en partie défaut lors des Municipales du mois dernier. La […]
Texte intégral (816 mots)

Le rassemblement contre le racisme appelé ce jour par le Maire de la ville Saint-Denis, vilipendé parce que noir, a été un énorme succès. Il démontre la disponibilité de notre camp à se mobiliser sans attendre l’appel des dirigeant-es politiques comme syndicaux, qui a fait en partie défaut lors des Municipales du mois dernier.

La ville des rois morts et du peuple vivant, selon l’expression, honteusement déformée, de son nouveau Maire le soir de sa victoire, a vu des milliers de personnes rassemblées ce samedi entre ces deux symboles que sont, d’une part, sa Basilique et, d’autre part, sa Mairie.

Pas une nuance de gauche ne manquait à l’appel, y compris avec une délégation de socialistes et de communistes, là où l’absence respectivement d’Olivier Faure et de Fabien Roussel a fait parler (Marine Tondelier s’est, elle, excusée de son absence en raison de sa grossesse).

LFI, dont l’édile municipal, Bally Bagayoko, fait partie, était présente en force avec de nombreux député-es de diverses origines ainsi que Jean-Luc Mélenchon, qui lui a apporté un vibrant soutien mais sans cependant s’exprimer à la tribune dressée devant l’Hôtel de Ville.

De nombreux militant-es syndicaux CGT, FO, FSU et Solidaires et pas seulement locaux étaient elles et eux aussi de la partie, le Service d’Ordre exfiltrant l’équipe de Frontières.

Ce qui a été brillamment fait contre le venin du racisme, qui vise à diviser notre classe, il est tout aussi possible de le faire contre les attaques du pouvoir, en voie d’extrême droitisation : ainsi, c’est désormais d’un appel intersyndical à la grève dont nous avons besoin pour mobiliser largement le 10 avril prochain contre la remise en cause du 1er Mai.

Et, par rapport à la loi Yadan, qui sera elle examinée dans l’hémicycle le 16 avril prochain, qui vise à criminaliser le soutien au peuple palestinien et la critique de la politique du gouvernement israélien, on peut signer encore plus massivement la pétition sur le site de l’Assemblée Nationale pour forcer y compris à ce qu’un débat sur les nouvelles formes d’antisémitisme qui ne soit pas démagogique ait bien lieu.

L’unité, oui mais autrement et pas seulement dans les urnes

Oui, notre camp aspire à l’unité, pas derrière tel ou tel étendard ou homme providentiel, mais en en étant le moteur, dans l’action tout comme face à la menace de l’accession au pouvoir du RN en 2024.

Dès lors, tout comme l’invitation, à peine voilée, de Manuel Bompard à se ranger derrière la candidature Mélenchon, la primaire de gauche, toujours prévue pour le 11 octobre prochain, ne peut demeurer la seule réponse car elle menace de perdre de sa substance vu les clivages post-municipaux qui traversent le PS et le flottement qui prévaut chez les écologistes.

En effet, là où elle vise à cristalliser une aspiration légitime, elle menace, outre d’être reprise par la droite qui cherche aussi son unique poulain, de se transformer en un instrument de division supplémentaire, coincée entre la candidature social-libérale d’un Glucksmann, qui singe à l’extrême le sectarisme de ses détracteurs, voire – quelle horreur ! – d’un Hollande, qui peut arborer son expérience, et celle de Mélenchon, qui pousse ses pions en s’adressant désormais régulièrement aux seuls médias numériques alternatifs et en dialoguant avec le philosophe Frédéric Lordon.

C’est cela notre feuille de route, à tous les niveaux, là où les bifurcations et les embardées, au plan économique avec la flambée des carburants qui, rappelons-le, a allumé la mèche des gilets jaunes comme international avec l’échec grandissant de la guerre de Trump et de Netanyahou, non plus tournée contre les mollahs et le Hezbollah mais contre les peuples iranien et libanais eux-mêmes, et défiés par leur propre peuple, sont devant nous.

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04.04.2026 à 20:30

7 avril 2026, réunion-débat avec Aplutsoc : GUERRE, ARMEMENTS, QUESTION DU POUVOIR : QUELLE STRATÉGIE POUR L’ÉMANCIPATION ?

aplutsoc

Attention : changement de date GUERRE, ARMEMENTS, QUESTION DU POUVOIR : QUELLE STRATÉGIE POUR L’ÉMANCIPATION ? La guerre impérialiste russe contre l’Ukraine er la résistance sociale et populaire, armée et non armée, du peuple ukrainien, nous ont fait changer d’époque. A présent, Trump multiplie les agressions tous azimuts, du Groenland à l’Iran. Trump, Vance et Poutine veulent […]
Texte intégral (548 mots)

Attention : changement de date

GUERRE, ARMEMENTS, QUESTION DU POUVOIR : QUELLE STRATÉGIE POUR L’ÉMANCIPATION ?

La guerre impérialiste russe contre l’Ukraine er la résistance sociale et populaire, armée et non armée, du peuple ukrainien, nous ont fait changer d’époque.

A présent, Trump multiplie les agressions tous azimuts, du Groenland à l’Iran.

Trump, Vance et Poutine veulent asservir l’Europe, mettre l’extrême droite au pouvoir et les peuples au pas.

La question n’est pas : aurons-nous la guerre ? mais quand et dans quelle configuration. Ni le fatalisme, ni le pur pacifisme, ne sont des réponses.

Il faut comprendre la multipolarité impérialiste d’aujourd’hui, et faire face à la question du pouvoir démocratique partout et au besoin en armes des peuples qui, de toute façon, se dressent et se dresseront pour vivre.

  • AFFRONTER le pouvoir et l’extrême droite.
  • SE SAISIR de la question des armes et de la guerre qui vient.
  • GAGNER contre le capitalisme et la barbarie.

Les révolutionnaires internationalistes et écosocialistes ne peuvent pas se contenter de réciter des formules. Ils doivent saisir la réalité présente pour agir. La paix, c’est bien, mais la voie de la paix, c’est la révolution sociale, et la voie de la révolution sociale, c’est l’intervention dans et à partir des guerres qui sont là et qui viennent. Sans qu’il y ait de frontière nette entre lutte sociale, affrontement avec l’extrême droite et l’union des droites, et guerres « hybrides » ou frontales.

Aplutsoc invite les militants et les jeunes qui veulent réfléchir sans œillères à l’action prochaine à débattre ensemble de manière ouverte et libre.

Pour participer à la réunion en distanciel le mardi 7 avril 2026 à 18H :

https://us06web.zoom.us/j/83793008962?pwd=pA8hoc4jUSSDLbqAvd6elfliJXaMl2.1

En guise de préparation pour cette réunion, nous invitons nos lecteurs à lire ou redécouvrir les publications suivantes :

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04.04.2026 à 18:50

Conférence de Porto Alegre : compléments pour nourrir le débat.

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Suite à la publication ce matin du commentaire de VP sur la conférence de Porto Alegre, qui comportait plusieurs autres articles en liens, nous avons reçus les remarques du camarade John Reimann, d’Oakland Socialist (Californie), dans le forum faisant suite à l’article, une information précise d’un camarade sur la place des fascistes islamistes iraniens dans […]
Texte intégral (3009 mots)

Suite à la publication ce matin du commentaire de VP sur la conférence de Porto Alegre, qui comportait plusieurs autres articles en liens, nous avons reçus les remarques du camarade John Reimann, d’Oakland Socialist (Californie), dans le forum faisant suite à l’article, une information précise d’un camarade sur la place des fascistes islamistes iraniens dans la conférence, et le récit du camarade Alfons Bech, militant révolutionnaire et syndicaliste en Catalogne, qui s’est rendu à la conférence.

Ci-dessous, nous reproduisons l’information communiquée ainsi que le récit d’Alfons, suivis de quelques commentaires de notre part.

1°) Les mollahs à Porto Alegre :

Il est remarquable que personne ne parle de la présence d’un agent d’influence de la republique islamique d’Iran qui selon le site Resumen Latinoamericano   « a reçu une ovation debout…. Le chef religieux a démontré comment l’impérialisme américain harcèle et attaque la République islamique depuis des années, ajoutant que son peuple est parfaitement conscient de la nature des attaques de ses ennemis »

[note de la rédaction : le texte exact, qui se trouve vers la fin de l’article en lien ci-dessus, dit précisément que Hossein Khaliloo, « dirigeant religieux » du « Centre Imam Al Mahdi pour le dialogue au Brésil », l’une des principales représentations officieuses du régime des mollahs en Amérique latine, a été « chaleureusement applaudi », en plénière, « de même » que « l’ovation debout » reçue par le représentant du gouvernement cubain.]

Son turban blanc dégoulinait du sang du peuple iranien.

Sur facebook un participant a dit avoir vu des tracts de soutien aux mollahs distribués – à sa grand colére  » … et bien j’y étais et ai été très choqué par l’absence de ce sujet lors des débats ! j’ai reçu a la sortie de l’un d’eux un tract de soutien au régime iranien que j’ai en ma possession sans que personne n’ai à redire. Tout ennemi des États Unis est considéré comme un ami. Lors de la cérémonie de clôture Manon Aubry pourtant à la tribune n’a pas dit un mot sur le sujet. Seul le représentant du PSOL hélas a abordé le sujet ; très bien d’ailleurs, tout ceci est filmé et enregistré et peut être donc vérifié…. on se croit en  1936 : motus et bouche cousue sur les procès de Moscou dans les réunions antifascistes ! »

.2°) Le récit du camarade Alfons Bech :

Notes sur la première Conférence internationale antifasciste de Porto Alegre.


Ces notes ne constituent pas encore un bilan définitif, mais seulement des considérations initiales. Seule la collaboration de l’ensemble des camarades qui ont participé et soutenu l’intervention des camarades ukrainiens, à commencer par eux-mêmes, nous permettra d’avoir une vision complète.

Nous avons déclaré dans la résolution préparatoire : « L’ENSU a décidé de mener la lutte contre le campisme partout où il y a une opportunité de convaincre des secteurs des syndicats, des partis ouvriers et des associations paysannes, des ONG ou des pacifistes non poutinistes, et la conférence antifasciste de Porto Alegre est l’une de ces opportunités, au-delà des raisons de sa convocation. Pour cette lutte, la meilleure formule est de garantir que la voix des syndicats et de la gauche politique d’Ukraine soit entendue. »

De ce point de vue, la participation des camarades a été un fait clairement positif. Outre notre atelier, qui a bénéficié d’une forte présence, le camarade Vasyl est intervenu dans un autre atelier où Eric Toussaint lui a demandé de prendre la parole. Même si la parole n’était pas donnée lors des séances plénières, la présence des camarades ukrainiens, tout comme celle des opposants socialistes russes, a été mise en avant par des membres du MES, en particulier lors de la clôture finale de la conférence assurée par Roberto Robaina. Ils ont également pu avoir des conversations avec des militants du Brésil et d’autres pays. Et ils ont donné des interviews et tourné des vidéos qui sont en train d’être diffusées parmi les organisations de gauche.

Je sais que lors de certaines conférences, il y a eu une intervention ouvertement pro-Poutine. Cependant, mon impression est que les secteurs les plus pro-Poutine ont été freinés. Deux vieux militants politiques et syndicaux que je connais ont écrit un livre défendant des thèses pro-Poutine sans avoir la moindre idée de l’Ukraine. J’ai rencontré l’un d’eux à plusieurs reprises avant la conférence pour qu’ils viennent écouter nos camarades ukrainiens. Mais ils n’ont pas été capables de le faire, alors qu’ils avaient écrit un livre ! Une lâcheté politique. Cela montre à quel point le campisme a été plutôt sur la défensive lors de cette conférence.

Pour moi, le plus important est qu’un pas en avant a été fait dans l’unité et la coordination de ces syndicalistes, partis et personnes qui, en Amérique, étaient déjà en faveur de l’Ukraine. Et qui sait, des nouveaux. Je pense que ce pas en avant ouvre une nouvelle étape de collaboration entre les partis, les syndicalistes et les personnes d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. Et entre eux et l’Europe. Savoir qu’il existe des acteurs qui défendent des positions identiques ou similaires en faveur de l’Ukraine et de sa classe ouvrière, et agir ensemble autour de cette conférence, adopter ensemble une même résolution, c’est un pas qualitatif par rapport à la situation antérieure à la conférence.

Organisées à partir de là qu’il faut maintenant aller de l’avant avec les trois décisions prises à la fin de la conférence : a) créer un groupe Google des participants à l’atelier, organisations et personnes, pour rester en contact avec les camarades, les actualités et les campagnes en Ukraine ; b) échanger les articles et rapports que nous rédigerons sur la conférence en rapport avec l’Ukraine ; c) participer aux réunions mensuelles organisées par l’ENSU à une heure convenable pour l’Amérique, le premier samedi de chaque mois.

Pour finir, concernant le contenu de l’appel final adopté. Le document indique très clairement que le principal ennemi des peuples et de la classe ouvrière mondiale est l’impérialisme américain, ce qui est juste. Mais en tant que document international, il est à mon avis faible et souffre des mêmes défauts que le premier : ne pas appeler les choses par leur nom, ne pas relier la montée du fascisme au rôle des États impérialistes les plus agressifs et ne pas mentionner explicitement la Russie comme l’un d’entre eux. Partant de là, le soutien aux résistances et au droit à l’autodétermination des nations opprimées est vide de sens. ENSU n’a pas signé le premier appel car il ne mentionnait pas et ne prenait pas position contre la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Celui-ci ne le mentionne pas non plus et, par conséquent, je pense qu’il ne répond pas à notre lutte, même s’il intègre l’aspect de la lutte contre tous les impérialismes. Ce n’est que sur ce point qu’il améliore le précédent.

L’appel final est donc un compromis entre le secteur cohérent de l’anti-impérialisme et d’autres qui ne le sont pas ou qui, voire, soutiennent politiquement les impérialismes russe et chinois contre le principal, celui des États-Unis. Un compromis peut-être inévitable compte tenu du rapport de forces entre l’internationalisme cohérent et ceux qui s’appuient sur des États ou des secteurs de la bourgeoisie (« l’ennemi de mon ennemi est mon ami »). Sur un continent où le campisme est encore majoritaire, toute action de front unique contre la montée du fascisme doit logiquement se faire entre les deux camps. Nous verrons dans les prochains mois si ce compromis sert à la mobilisation et à l’unité contre la droite et l’extrême droite. Espérons qu’il en soit ainsi. Quoi qu’il en soit, nous aiderons nos camarades américains.

Mais l’important n’est pas tant l’appel adopté en soi, mais le fait que le cadre de la conférence ait permis une avancée des forces les plus cohérentes, une coordination, un échange d’idées. Et un engagement à poursuivre ce combat lors des prochaines conférences antifascistes en Argentine et ailleurs. C’est ce que nous sommes allés faire à Porto Alegre et nous avons atteint cet objectif.

Alfons Bech
Porte-parole de l’ENSU [European Network for Solidarity with Ukraine] à la Conférence antifasciste de Porto Alegre
3 avril 2026

3) Quelques commentaires (VP)

Nous avons là deux aspects contradictoires et opposés de ce qui s’est passé à Porto Alegre. Rappelons que même dans un congrès syndical où la présence stalinienne (FSM), d’origine stalinienne (PCF), campiste-lambertiste (POI), campiste-gauchiste (LO) et populiste de gauche (LFI), était très forte, à savoir le congrès confédéral de la CGT en France tenu pendant la vague de manifestations en défense des retraites à Clermont-Ferrand au printemps 2023, il fut possible qu’une déléguée des Syndicats indépendants iraniens prenne la parole, ce qui fut un moment stratégique de ce congrès dont nous avions rendu compte. A Porto Alegre, ceci n’est pas possible : concernant l’Iran on ne donne pas la parole aux travailleurs mais aux représentants des tortionnaires !

Pourquoi ? Il faut ici se déprendre d’une idée convenue qui est en fait celle de militants d’extrême gauche occidentaux : parce qu’on est en Amérique latine, les gens de la base ne pourraient pas comprendre qu’on ne soit pas « que » contre l’impérialisme américain, et qu’on ne soutienne pas Poutine ou les mollahs.

Répétons le : c’est là du paternalisme empreint d’un certain racisme condescendant; totalement démenti par la réalité, y compris, dans l’organisation de Porto Alegre, par la présence clef de camarades brésiliens (le MES) et argentins qui ne sont nullement dupes du campisme, mais qui ont fait le calcul politique d’un front unique au moins momentané (?) avec lui. Nous avons des correspondants de base brésilien qui n’ont aucune illusion ni sur Poutine ni sur Maduro.

Les régimes répressifs latino-américains, celui, libertarien, de Milei en Argentine, celui, déjà le pire quant à la répression anti-ouvrière sous Maduro, du Venezuela, à présent vassalisé, celui « de droite » de Bukele ou « de gauche » d’Ortega, d’autres encore, se ressemblent dans la réalité concrète, et par delà leurs racines d’extrême droite ou prétendument de gauche radicale, ont tous un point commun : la marque de Trump, et la plupart du temps celle de Poutine en même temps, ou à travers celle de Trump. Les courants réactionnaires évangélistes à la base du bolsonarisme sont typiquement trumpo-poutiniens.

La répétition mortifère des schémas campîstes à Porto Alegre contribue, de ce fait, à la préparation des défaites dans la lutte des classes directes sur le terrain latino-américain ! L’excuse au campisme parce qu’on serait chez les latinos, les indios et les descendants d’esclaves, ça suffit, c’est un argument alibi de courants politiques, pas une réalité profonde de la lutte des classes. Bien entendu, la haine envers l’impérialisme yankee et gringo est, elle, une réalité profonde, mais elle n’est en rien, surtout à l’ère de Trump et de Vance, un obstacle à la lutte commune aussi contre Poutine, bien au contraire elle la permet !

Or donc, Alfons qui est allé à Porto Alegre, est content. Il a une raison légitime de l’être, et une autre qui risque de le fourvoyer. La raison légitime, c’est bien entendu, comme on pouvait parfaitement s’y attendre, les contacts pris et certainement la richesse des rencontres interpersonnelles et humaines. Nous n’en doutons pas, et, oui, Alfons a raison, il faut faire fructifier cela : groupe Google; échanges d’articles, association des camarades sud-américains à l’ENSU. Evidemment !

Mais attention : est-ce que cela se fait grâce au « cadre » de Porto Alegre ou à travers lui et au fond malgré lui ? Alfons semble considérer que le « cadre » lui-même fournit la base pour avancer, le cadre de la dite « première conférence antifasciste internationale »‘. Soyons nets : situer l’action internationaliste non campiste DANS ce cadre, c’est au mieux l’échec ASSURE, au pire l’enrégimentement en alibis de forces de classes ennemies.

Ainsi, Alfons présente en fait, sans s’en rendre compte, l’appel final de deux façons différentes : il commence par dire qu’il est « juste » de dire que l’impérialisme américain est le « principal ennemi ». Désolé, mais cette affirmation aujourd’hui ne veut rien dire : elle ne dit pas quelle orientation de l’impérialisme américain attaque les peuples, à savoir l’orientation trumpiste dans le cadre de la multipolarité impérialiste avec Poutine, et, pour l’instant, avec Xi Jinping – y compris le bombardement criminel de l’Iran se situe dans ce cadre là. Le fait que l’appel ne dise pas un mot ni sur Poutine, ni sur Xi, ni sur Modi, ni sur l’Ukraine, n’est pas l’expression d’un texte de compromis entre internationalistes et campistes, il est l’expression exclusive de la ligne 100% campiste, moyennant quelques manoeuvres qui ne sont pas des compromis, de l’appel final.

Plus concrètement encore qu’à propos d’un grand texte déclaratif, le récit sincère, vivant et honnête d’Alfons nous donne à voir de manière pratiquement physique comment cela se passe. Alfons écrit : « Outre notre atelier, qui a bénéficié d’une forte présence, le camarade Vasyl est intervenu dans un autre atelier où Eric Toussaint lui a demandé de prendre la parole. Même si la parole n’était pas donnée lors des séances plénières, la présence des camarades ukrainiens, tout comme celle des opposants socialistes russes, a été mise en avant par des membres du MES, en particulier lors de la clôture finale de la conférence assurée par Roberto Robaina. »

En creux, nous comprenons donc ici que l’universitaire et pontife de l’altermondialisme Eric Toussaint, n’a pas permis que puissent intervenir en plénière des représentants de syndicats de masses dont les membres affrontent l’impérialisme russe les armes à la main sur le premier front armé antifasciste de la planète, en l’occurrence Vassyl Andreiev, responsable aux relations internationales de la FPU, mais seulement dans un des 150 « ateliers ». Fait qui doit être mis en relation avec l’organisation de la prise de parole du représentant du régime iranien, 6 semaines après la pire répression fasciste subie par la classe ouvrière, la jeunesse et les femmes, à l’échelle mondiale !

Le premier front antifasciste armé du monde silencié et relégué, la pire répression fasciste du monde passée sous silence et cautionnée. Antifascisme ? …

Il y a là un choix qui caractérise le « cadre » d’une telle conférence. Cela ne vient pas des masses latinos mais des organisateurs brésiliens et européens.

Cela ne fait ni du MES, ni d’Alfons, des complices des mollahs ou de Poutine, cela va sans dire, mais c’est là une raison pour laquelle ils ne doivent pas se constituer partie prenante, c’est-à-dire prisonniers, d’un cadre politique qui défend les mollahs et Poutine et qui, par cela même, risque de contribuer à impuissanter la lutte des peuples latino-américains contre toutes les dictatures et menaces de ce continent. Ce n’est donc pas seulement la solidarité avec les Ukrainiens, mais bien la solidarité avec les peuples latino-américains, qui requiert l’organisation de l’internationalisme effectif EN DEHORS de tout cadre commun avec les campistes et les régimes fascistes qui sont derrière eux.

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04.04.2026 à 10:07

Conférence de Porto Alegre : un bilan clair est indispensable.

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Le 14 mars dernier, nous avons publié une présentation de la « conférence antifasciste » de Porto Alegre, faite par le MES brésilien, le courant du PSOL le plus véritablement internationaliste, en vue d’y faire venir les internationalistes, c’est-à-dire celles et ceux pour qui l’ennemi « fasciste » n’est pas désincarné mais s’appelle avant tout Trump et Poutine, et […]
Texte intégral (1860 mots)

Le 14 mars dernier, nous avons publié une présentation de la « conférence antifasciste » de Porto Alegre, faite par le MES brésilien, le courant du PSOL le plus véritablement internationaliste, en vue d’y faire venir les internationalistes, c’est-à-dire celles et ceux pour qui l’ennemi « fasciste » n’est pas désincarné mais s’appelle avant tout Trump et Poutine, et nous résumions les grandes lignes du débat suscité dans le RESU/ENSU à ce sujet.

La conférence a eu lieu, et même si un bilan précis des camarades du RESU/ENSU et des quelques ukrainiens et russes qui s’y sont rendus est attendu, l’essentiel est dès à présent tout à fait clair et confirme les craintes que l’on pouvait avoir. L’expérience a été faite : ce fut une grande messe dans laquelle les internationalistes anti-poutiniens furent poliment noyés et réduits au silence, non pas seulement de par la manière coutumière d’organiser ce type de rassemblement (à l’image de l’altermondialisme du monde d’avant 2022, dont un Eric Toussaint se veut, en quelque sorte, le pape), mais très délibérément.

L’appel final, jamais discuté ni voté et manifestement écrit avant même la conférence, nomme Trump et évoque l’existence aux Etats-Unis du mouvement « No Kings », un tout petit peu plus que dans la dernière mouture de l’appel initial : ce dernier datait d’avant le cycle de guerres déclenchées par Trump depuis début 2026. En étant généreux, on peut tenter de voir là une évolution …

Il était en effet impossible de ne pas se centrer quelque peu sur Trump, toutefois vite ramené à l’ « impérialisme américain » de toujours et toujours égal à lui-même. Et dans la suite du texte, fascisme et néolibéralisme sont largement confondus (ils sont bien entendu en rapport, mais toute rupture qualitative est ignorée).

Poutine reste l’innomé, en fait soutenu implicitement par les organisateurs. Pas un mot de solidarité pour le peuple ukrainien, dont les représentants furent poliment et folkloriquement relégués dans des « ateliers » périphériques. La seule solidarité précise sur laquelle il est fortement appuyé concerne Cuba, la Palestine et l’Iran, à savoir l’Etat iranien des mollahs contre la guerre des Etats-Unis et d’Israël : la plus grande répression fasciste ou fascisante des toutes récentes semaines, des dizaines de milliers de morts en Iran début janvier, est passée sous silence. Le soutien aux mollahs et le soutien à Poutine constituent la ligne de fond réelle, plus ou moins affichée, des organisateurs : elle n’a strictement rien d’antifasciste. Au contraire !

Cet indispensable bilan sans concessions ni illusions n’a rien de sectaire : il est clair que la masse des participants voulait absolument combattre contre le fascisme, pour la démocratie, l’écosocialisme et l’émancipation, et c’est précisément pour cela que la clarté est nécessaire. Divers articles, en nombre croissant, donnent bien des éléments, comme ceux d’Yvan Druri Zarin et de Sergio Bellavita repris ici sur le site du Réseau Bastille, le bilan nuancé d’un camarade ukrainien pour qui « il reste beaucoup à faire » pour construire un véritable internationalisme, la Gauche anticapitaliste de Belgique ayant regroupé également ces documents pour appeler à un débat en vue d’un bilan. Ceci s’impose en effet, et rapidement.

Quatre questions appellent des réponses précises.

Premièrement, cette conférence a-t-elle constitué un grand pas en avant dans la lutte antifasciste internationale, comme veut le croire Israel Dutra, du PSOL et du MES, qui, dans Inprecor, parle d’une « grande victoire politique » ? Était-ce là, comme il l’écrit aussi, « l’avant-garde » ?

On peut comprendre ce camarade qui a probablement investi bien des forces dans cette conférence et qui a lutté pour l’invitation d’ukrainiens et de russes, et l’on doit prendre en compte les regroupements et efforts organisationnels en cours au Brésil, mais …

Pour les camarades de la IV° Internationale ou beaucoup d’entre eux, les références à Lénine et à la III° Internationale ont sans doute quelques poids, alors donnons en une : rien ne ressemble plus à « Porto Alegre » 2026 que les conférences de reconstitution de l’Internationale socialiste, la « seconde », en 1919, ou de « l’Internationale deux et demi » un peu plus tard : là aussi, on se retrouvait dans l’amitié contre « le militarisme » en taisant l’union sacrée sous ses diverses formes nationales !

Bien qu’il faille le prendre avec quelque distance, avouons que le parallèle est frappant entre la volonté de refaire comme avant, en ce temps là comme avant 1914, à Porto Alegre comme avant 2022, le tout renforcé par le déni conscient ou inconscient de cette date, et de rester « tous ensemble », poutiniens, non-poutiniens, anti-poutiniens, dans le grand carnaval de l’affichage antifasciste et anti-impérialiste. Qui gagne dans cette partie de dupes ? Pas l’antifascisme.

Deuxièmement, Porto Alegre a-t-elle été un pas en avant du point de vue du combat actuel des peuples latino-américains ?

Les trois partis brésiliens qui ont été au centre de son organisation sont le PT au pouvoir, le PCdoB pro-Poutine et pro-mollahs, et le PSOL, le plus ouvert sur l’internationalisme effectif, mais tiraillé par de grands débats et de vraies contradictions sur ses rapports avec le gouvernement. Le PT lui-même reflète les contradictions de la ligne pro-Poutine de Lula qui ne peut plus continuer telle quelle, face à l’axe Trump-Poutine et aux formes prises en Amérique latine par l’offensive trumpiste, particulièrement la formation, au Venezuela, d’un régime compradore composé de 99% de l’appareil d’Etat et de l’appareil politique du ci-devant madurisme !

Inutile de dire que cette réalité latino-américaine fondamentale du moment présent, que tous les habitants du continent perçoivent ne serait-ce que par les millions et les millions de réfugiés vénézuéliens, n’a pas été éclaircie à Porto Alegre où les organisateurs se rangent aux côtés des gouvernants, cubains ou vénézuéliens, contre « l’impérialisme », même quand ces gouvernants le sont de moins en moins !

De ce point de vue, nous demandons à connaître le sort, s’il y en a eu un, des syndicalistes indépendants – même de culture stalinisante ! – du Venezuela notamment, à cette conférence. Quant aux iraniens, ils existent, mais il semble bien n’avoir jamais été invités.

Troisièmement, quel a été l’apport de la conférence à l’unité antifasciste pour empêcher tout retour de Bolsonaro ou des bolsonaristes au pouvoir au Brésil ? En fait, la venue au Brésil d’environ plusieurs milliers de militants du monde entier peut rasséréner les militants locaux, mais le contenu politique de la conférence n’a bien entendu apporté aucun éclaircissement aux tâches de l’heure : barrer la route au bolsonarisme demande en effet de combattre aussi le poutinisme et le trumpo-poutinisme, dont Bolsonaro est un soutien, et en même temps de défendre contre le gouvernement brésilien une politique de défense réelle des besoins sociaux et écologiques.

Quatrièmement, faut-il s’adapter aux militants et aux peuples d’Amérique latine ou d’autres parties du monde pour qui l’impérialisme et le fascisme ce sont forcément les Etats-Unis ? Cette question en appelle en fait une autre : ces militants et ces peuples ne se posent-ils pas de questions ? Ne voient-ils pas à l’œuvre le trumpo-madurisme au Venezuela, la violence coloniale russe contre-révolutionnaire et barbare au Mali, au Burkina, au Niger, en Centrafrique, au Soudan, la nature du régime au Nicaragua, ne voient-ils rien ? Bien sûr que non : en fait, la répétition comme un mantra que les « peuples du Sud » ne peuvent pas entendre une ligne anticampiste s’apparente quasiment à du paternalisme raciste, cherchant en réalité à bloquer les différentiations politiques en marche de Porto Alegre à Cotonou.

Par conséquent, dernière question : faire avancer la cause du véritable internationalisme peut-il se faire en cautionnant un cadre tel que celui de Porto Alegre, et les structures de coordination qui en sont issues et qui bien entendu vont organiser d’autres grandes messes en faisant en sorte que les flonflons étouffent toujours ce qui gêne les poutiniens parmi les organisateurs ? La réponse est bien entendu non, et cela ne signifie pas qu’il ne faut pas discuter avec les militants et prendre des contacts, bien au contraire.

Et nous ne doutons pas que bien des contacts et des discussions intéressants ont eu lieu à Porto Alegre, et qu’il faut en parler aussi, mais ceci ne doit pas cacher le bilan central : l’antifascisme, en dehors de l’affichage, a-t-il gagné quelque chose dans cette affaire ?

La vraie question est donc que le véritable internationalisme et le véritable antifascisme doivent prendre conscience d’eux-mêmes et ne pas se faire les suivistes des initiatives de ceux qui veulent perpétuer les oripeaux du vieux monde et ainsi se condamner à ne jamais grandir, mais prendre l’initiative eux-mêmes du regroupement, autour des réseaux pro-ukrainiens, des Iraniens, de no Kings, notamment. Il est là, l’antifascisme. Il doit s’assumer pour ce qu’il est et arrêter de vouloir suivre le carnaval du vieux monde.

Cela passe par la discussion, rapide, mais approfondie, sur la manière d’articuler les questions militaires – car la lutte antifasciste demande des armes, au sens propre – et la question du pouvoir. Objet de notre visio publique de ce mardi 7 avril à 18 h !

VP, le 04/04/2026.

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04.04.2026 à 00:10

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Le numéro 19 daté du 3 avril 2026 de la revue Adresses – Internationalisme & Démocr@tie est prioritairement consacré à la guerre régionale opposant l’Iran au tandem Israel/USA, avec une attention particulière à la situation intérieure en Iran et au Kurdistan. Toujours sur le thème de la guerre, retour sur la situation en Ukraine. Plus […]
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03.04.2026 à 23:42

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Interventions Syndicales Numéro 17 du 30 mars 2026 est paru !

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À faire circuler sans limitation ! Sommaire :
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29.03.2026 à 11:16

Soutien à l’Ukraine Résistante : numéro spécial « Résister caméra au poing » disponible !

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