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Blog collectif publié en collaboration avec La Recherche et la Société Informatique de France

▸ les 10 dernières parutions

26.06.2026 à 07:08

Calcul quantique et IA

Thierry VIEVILLE

Cause commune est « la voix des possibles » une radio généraliste libre et indépendante sur les ondes en Ile de France et sur Internet partout dans le monde. Elle donne la parole à qui veut aider le monde à aller mieux et contribue à décloisonner la culture et les savoirs. Ses contenus sont partagés comme des […]

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Texte intégral (821 mots)
©CC-BY

Cause commune est « la voix des possibles » une radio généraliste libre et indépendante sur les ondes en Ile de France et sur Internet partout dans le monde.
Elle donne la parole à qui veut aider le monde à aller mieux et contribue à décloisonner la culture et les savoirs.
Ses contenus sont partagés comme des biens communs, pour toutes et tous.

 

L’avenir de l’informatique dans notre imaginaire collectif, c’est l’IA et la « quantique ». Oui, mais c’est quoi l’informatique quantique ? Pas juste nous parler vite fait de q-bit, de superposition et de « on pourrait ». Mais oser nous expliquer vraiment comment ça marche. Ici, Jonas Landman, chercheur à l’Inria et à l’ENS, se lance et nous fait découvrir, pas à pas, tout ça, jusqu’à faire rencontrer le quantique et l’IA. Animée par Serge Abiteboulcette émission radiophonique aborde des questions qui le passionnent au sujet de ces évolutions technologiques émergentes. Pierre Paradinas  et Thierry Viéville.
  1. Quel est le parcours de Jonas Landman ?
  2. C’est quoi le calcul quantique en clair
  3. Comment fonctionne les vrais ordinateurs quantiques, aujourd’hui
  4. Le quantique est-il vraiment frugal ?
  5. La France est-elle dans la course au quantique
  6. Pourquoi existe-t-il tant de technologies quantiques ?
  7. Comment pense un algorithme quantique ?
  8. Que produit la rencontre entre l’IA et la physique quantique
  9. Comment on gère une thèse multidisciplinaire entre maths, physique et IA
  10. Ce que le grand public peut retenir du quantique

 

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23.06.2026 à 06:14

Prix Gilles Dowek : les médiations en sciences informatiques à l’honneur

Thierry VIEVILLE

Le Prix Gilles Dowek de médiation en informatique de la Société informatique de France, en partenariat avec Inria et le CNRS, distingue une personne ou un collectif pour l’ensemble de ses actions réalisées dans le domaine de la médiation en informatique qui a fait connaître les sciences informatiques, en mettant en avant leur importance pour chacun, chacune et pour la société, et ce […]

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Texte intégral (629 mots)

Le Prix Gilles Dowek de médiation en informatique de la Société informatique de France, en partenariat avec Inria et le CNRS, distingue une personne ou un collectif pour l’ensemble de ses actions réalisées dans le domaine de la médiation en informatique qui a fait connaître les sciences informatiques, en mettant en avant leur importance pour chacun, chacune et pour la société, et ce notamment auprès du public scolaire.

Ce prix, créé cette année, est né à la fois de la volonté de Gilles Dowek de mettre en lumière des actrices et acteurs de la médiation scientifique et de celle de la communauté scientifique informatique de continuer à faire vivre la mémoire de ce conteur de sciences hors pair.

La première distinction est attribuée à Marie Duflot-Kremer, maîtresse de conférences à l’Université de Lorraine au sein du Loria (Unité Mixte de Recherche du CNRS) et du Centre Inria de l’Université de Lorraine. Ses actions de médiation contribuent depuis de nombreuses années à rendre accessibles au plus grand nombre les concepts fondamentaux de l’informatique et de la pensée algorithmique.

Le second prix est décerné à Terra Numerica, consortium de médiation scientifique consacré à la diffusion des sciences du numérique. Porté par le CNRS, Inria et l’Université Côte d’Azur, Terra Numerica développe des dispositifs, ressources et événements permettant de sensibiliser différents publics aux enjeux du numérique.

 

Lire l’article sur le site de la SIF

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19.06.2026 à 07:15

D : « Dactylographié » ? J’imprime pas !

Thierry VIEVILLE

Texte intégral (1044 mots)
La francisation des termes du numérique ça peut mener à quelques difficultés. Analyse et explications de Yves Bertrand qui continue ici un alphabestiaire du numérique, pour nous aider à naviguer entre ces nouveaux mots.  Serge Abiteboul et Thierry Viéville.

Voir tous les mots disponibles sur ce lien.

« Dactylographié » ? J’imprime pas ! Dactylographié ou manuscrit ?

À mal maîtriser l’étymologie et le sens de termes classiques pour décrire une nouvelle technologie, on finit par « s’emmêler les crayons » au point d’inverser le propos initial, C’est problématique lorsque ladite technologie – stylo lecteur de textes – vient au secours des personnes en situation de handicap…

Mieux intégrer des étudiants en situation de handicap grâce à une technologie innovante revêt une indiscutable pertinence pour tout établissement de formation qui se prévaut de contribuer à bâtir une société plus inclusive. On lit sous la plume de l’un d’eux, vantant les mérites d’un stylo lecteur de textes à l’intention des personnes malvoyantes ou dyslexiques, que « […] le stylo lecteur permet le déchiffrage des documents imprimés ». Puis, en fin de texte, « Cet outil ne permet cependant pas de déchiffrer un texte dactylographié. »

Qu’est-ce à dire ? Un stylo qui lit un document (un texte) imprimé ne lirait-il pas un texte dactylographié ? Que doivent comprendre les utilisateurs potentiels dudit stylo ? Un retour au sens des mots et à leur étymologie s’impose.

Commençons par dactylographier… « écrit avec les doigts » ? Étymologiquement, le doute s’instille. Le sens de ce terme, né avec les machines à écrire, est plus élaboré que celui que suggère la juxtaposition de ses racines grecques. Il est : « tapé à la machine (à écrire) avec les doigts », et par extension depuis l’avènement de l’ordinateur, « tapé avec un clavier ».

Quid d’un document imprimé ? C’est historiquement le résultat de la pression exercée sur un papier par un texte composé de caractères encrés. Au milieu du XXe siècle, les caractères sont ceux d’une machine à écrire. Leur matérialité métallique a depuis laissé la place à l’action d’une tête d’imprimante sur le papier. Action à distance s’il s’agit d’une imprimante laser, mais l’étymologie initiale survit dans le terme « imprimante », même si, de pression, il n’est plus question. Ainsi, un document imprimé n’est autre que le résultat du couchage sur papier d’un texte dactylographié !

L’auteur a-t-il voulu évoquer un texte manuscrit ? L’étymologie, cette fois latine, désigne un texte écrit à la main. Elle est décidément piètre conseillère : un texte dactylographié est rédigé au clavier (de la main), et un texte manuscrit est rédigé à la main (avec les doigts…). La confusion est à son comble avec la substantivation de l’adjectif manuscrit. En effet, un manuscrit désigne la première version d’un texte, auparavant supposé avoir été écrit à la main. Aujourd’hui, un manuscrit est toujours ce premier texte, écrit, sauf exception, au clavier d’ordinateur, donc un texte… dactylographié.

Les parents le savent pour leurs enfants, les enseignants pour leurs élèves, les écrivains pour leurs lecteurs : le sens précis de chaque mot compte. C’est plus vrai encore lorsqu’il s’agit de promouvoir une technologie numérique qui lit pour circonvenir les malvoyances et les dyslexies… le choix des mots est crucial, au risque de perdre la compréhension de son apport. Le stylo dont il est question permet donc de lire des textes composés au clavier, mais non des textes écrits à la main. C’est simple. Les mots pour le dire le sont aussi. Quelques termes ordinaires, au sens aussi commun que partagé, suffisent à dire le vrai, tant que le juste, pour peu que l’on se donne le temps et la peine de réfléchir à ce que l’on exprime et au but poursuivi par cette expression. Quand ce but est de décrire une technologie hautement inclusive, le bien exprimer devient plus qu’une coquetterie, plus qu’une courtoisie : il s’érige en devoir, en exigence qui doit s’imposer, telle une évidence première, à quiconque poursuit un dessein aussi noble que celui de faciliter aux personnes en situation de handicap une déambulation inédite sur le chemin de la connaissance.



Yves Bertrand, professeur des universités à l’université de Poitiers ; avec la complicité graphique de Frédéric Havet,  directeur de recherche au CNRS.

 

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12.06.2026 à 07:18

Un parcours de formation pluridisciplinaire et ouvert à tous pour se former à la sobriété numérique

Benjamin NINASSI

Depuis la rentrée universitaire 2025, tous les étudiants de premier cycle inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur français doivent être formés à la transition écologique pour un développement soutenable (TEDS) à travers l’acquisition d’un socle de connaissances et de compétences. Vincent Sennes (UVED), Delphine Pommeray (UVED), Lydie Bousseau (ADEME), Chiara Giraudo (CNRS) et Nadège Macé […]

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Texte intégral (1815 mots)
Depuis la rentrée universitaire 2025, tous les étudiants de premier cycle inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur français doivent être formés à la transition écologique pour un développement soutenable (TEDS) à travers l’acquisition d’un socle de connaissances et de compétences.
Vincent Sennes (UVED), Delphine Pommeray (UVED), Lydie Bousseau (ADEME), Chiara Giraudo (CNRS) et Nadège Macé (Inria) nous éclairent dans cet article sur les fruits d’une collaboration réalisée dans le cadre du projet Alt Impact pour outiller ces enseignements, questionnés par Benjamin Ninassi et Thierry Viéville.

Pas de transition écologique sans transformation des enseignements !

Quel a été le point de départ de votre réflexion ?

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a publié en 2023 une note de cadrage et de préconisations pour accompagner les établissements à mettre en place et à déployer ces enseignements TEDS. La publication de cette note trouve son origine et ses orientations dans deux publications antérieures : le rapport Jouzel-Abbadie de 2020 « Enseigner la transition écologique dans le supérieur », et le Plan Climat-Biodiversité et transition écologique de l’enseignement supérieur et de la recherche de 2023.

L’objectif est simple : former des citoyens et des acteurs de demain capables de comprendre et de contribuer aux profondes transformations sociétales nécessaires pour répondre aux défis écologiques et sociaux. De telles formations nécessitent des enseignants eux-mêmes formés aux enjeux TEDS et en capacité d’intégrer ces questions dans leurs enseignements. Cela n’a rien d’évident, tant ces questions sont complexes, transcendent les disciplines, interrogent la posture des enseignants, et sont susceptibles de générer anxiété ou encore déni.

L’UVED est un acronyme pour Université Virtuelle Environnement et Développement Durable, mais quel est son rôle ?

Dans ce contexte, il est essentiel pour les établissements de l’enseignement supérieur de disposer d’une structure de référence pour les accompagner et les aider à intégrer les enjeux TEDS dans leur offre de formation. La Fondation UVED, qui pilote le Pôle national de ressources pédagogiques TEDS, joue précisément ce rôle à travers plusieurs actions : produire, mutualiser et mettre à disposition des formations, contenus et outils pédagogiques validés scientifiquement, mais aussi fédérer et animer une communauté de pratiques entre pairs.

La sobriété numérique au cœur des enjeux de transition

Quel lien avec le numérique ?

Les outils et les services numériques intègrent toujours davantage nos activités quotidiennes et nos organisations. Ils sont devenus omniprésents. Mais ce déploiement tous azimuts du numérique pose question.

D’une part, il se fait sans discernement. Si certains usages sont porteurs de promesses dans des domaines clés comme l’éducation, la santé ou encore la transition écologique, d’autres s’inscrivent simplement dans une recherche d’optimisation, de performance, ou encore de captation de l’attention des usagers.

D’autre part, ses empreintes écologiques, sanitaires et sociales sont considérables. L’analyse des équipements et des services numériques sur l’ensemble de leur cycle de vie met en effet en évidence de nombreux impacts : émissions de gaz à effet de serre, consommations d’eau et d’énergie, dépendance à des métaux critiques, conditions de travail précaires voire dégradées, problèmes sanitaires, atteintes à la vie privée, désinformation ou encore phénomènes d’addiction. Par ailleurs, ces impacts sont amplifiés par des effets rebond systémiques, qui souvent atténuent voire annulent les bénéfices socio-écologiques initialement escomptés.

L'analyse du cycle de vie des terminaux et des infrastructures numériques nous conduit aux quatre coins de la planète, comme ici en République Démocratique du Congo où l'exploitation de minerais clés comme le coltan alimente conflits et conditions de travail indignes.

Crédit : MONUSCO / Sylvain Liechti
Commentaire : L’analyse du cycle de vie des terminaux et des infrastructures numériques nous conduit aux quatre coins de la planète, comme ici en République Démocratique du Congo où l’exploitation de minerais clés comme le coltan alimente conflits et conditions de travail indignes.

La question de la formation à un numérique responsable ne se limite donc pas à apprendre comment mieux utiliser les technologies numériques : elle suppose également de questionner et d’apprendre à en réduire les usages. A cet égard, la question de la sobriété numérique fait pleinement partie d’une formation à la TEDS.

Proposer un parcours de formation sur le sujet aux enseignants et personnels des établissements d’enseignement supérieur et de recherche était donc important et nécessaire, afin de les aider à enseigner ces enjeux auprès de leurs étudiants, et à amorcer des changements dans leurs propres pratiques pédagogiques et professionnelles.

En réponse à ce besoin, la Fondation UVED a produit et coordonné à partir de 2025, avec le soutien d’Alt Impact, le parcours de formation sur le thème : Sobriété numérique et accompagnement au changement vers la sobriété. Il est accessible depuis mars 2026 à tous les établissements d’enseignement supérieur et de recherche et, plus largement, à toute personne désireuse de se former sur le sujet.

Le parcours de formation Sobriété numérique et accompagnement au changement vers la sobriété est accessible à tous. Il permet de comprendre pourquoi il ne peut y avoir de durabilité sans sobriété et explore les freins et les leviers de cette trajectoire d’ensobrement.

Crédit : UVED
Commentaire : Le parcours de formation Sobriété numérique et accompagnement au changement vers la sobriété est accessible à tous. Il permet de comprendre pourquoi il ne peut y avoir de durabilité sans sobriété et explore les freins et les leviers de cette trajectoire d’ensobrement.

Que contient ce parcours de formation, et quels usages peuvent en être faits ?

Ce parcours de formation se compose de deux grandes parties : la première décrit les enjeux de soutenabilité liés au numérique et démontre le caractère impératif d’une sobriété numérique ; la seconde met en évidence des initiatives qui vont dans ce sens et en analyse les motivations, les leviers mais aussi les limites et les freins.

Il combine plusieurs types de contenus pédagogiques : 21 vidéos de cours sous-titrées en français et en anglais, un quiz de 17 questions, une activité pour mémoriser les messages clés du parcours, des activités pédagogiques thématiques et détaillées pour faciliter leur appropriation dans des contextes d’enseignement et de formation variés, de nombreux conseils de lecture pour approfondir les sujets traités, ainsi que des ressources pédagogiques complémentaires.

Afin de répondre aux attentes des utilisateurs, qui évoluent dans des contextes et avec des besoins très variés cinq principes de conception ont été retenus.

  • Fiabilité scientifique : le parcours a été validé par les conseils scientifiques d’UVED, placé sous la coordination scientifique de Jean-Marc Pierson (Université de Toulouse), Laurence Allard (Université de Lille) et Nathan Ben Kemoun (Clermont School of Business), et il a fait preuve de pluralisme en faisant intervenir 21 scientifiques reconnus dans leurs domaines d’expertise.
  • Pluridisciplinarité : afin de susciter un intérêt dans des contextes disciplinaires variés, il a convoqué plusieurs disciplines comme les sciences de l’environnement, la philosophie, la science politique, le droit, la psychologie, la physique, l’économie ou encore les sciences de l’ingénieur.
  • Hybridation : les modalités de formation, souvent hybrides, variant d’un établissement à un autre, il propose aussi bien des contenus utilisables en distanciel (ex : vidéos) que des contenus utilisables en présentiel (ex : activités pédagogiques).
  • Modularité : si le parcours de formation dans son ensemble représente au moins 5h à 6h de travail, il peut être adapté à des formats plus courts, souvent demandés par les enseignants, en ne sélectionnant qu’une partie des contenus proposés. La Licence Creative commons (BY-NC-SA) permet également de n’utiliser qu’une partie de chacun des contenus et donc de personnaliser le parcours.
  • Complémentarité : il existe d’autres ressources et outils pour la formation à un numérique sobre ou responsable (ex : PIX Numérique responsable, MOOC Impacts environnementaux du numérique, parcours sobriété numérique de Latitudes, Fresque du numérique). Le parcours de formation UVED propose des liens vers l’ensemble de ces dispositifs, souvent très complémentaires.

Ainsi, le parcours de formation Sobriété numérique et accompagnement au changement vers la sobriété pourra répondre à des besoins de formation très variés, que ce soit au sein de la communauté du supérieur ou, plus largement, auprès de tous les citoyens.

Où nos lecteurs peuvent-ils découvrir ce parcours et ces ressources ?

Retrouvez le parcours sur le portail UVED ou sur la plateforme Moodle UVED.

Vincent Sennes, UVED, Delphine Pommeray, UVED, Lydie Bousseau, ADEME, Chiara Giraudo, CNRS et Nadège Macé, Inria

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05.06.2026 à 09:25

Un deuxième (et rare) rapport d’Anthropic sur Mythos est publié…Que dit-il ?

Charles CUVELLIEZ

Anthropic a publié un deuxième rapport technique, ce 22 mai, sur ce qu’il a pu obtenir de Mythos avec ses partenaires triés sur le volet. Les performances se confirment. Il faut donc revoir les politiques de gestion de vulnérabilités puisque la difficulté à trouver des vulnérabilités, tant chez les défenseurs que chez les attaquants n’est […]

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Texte intégral (5595 mots)

Anthropic a publié un deuxième rapport technique, ce 22 mai, sur ce qu’il a pu obtenir de Mythos avec ses partenaires triés sur le volet. Les performances se confirment. Il faut donc revoir les politiques de gestion de vulnérabilités puisque la difficulté à trouver des vulnérabilités, tant chez les défenseurs que chez les attaquants n’est plus un rempart temporel. Que faire alors ? Donnons la parole à nos auteurs qui avaient déjà analysé et tiré des conclusions du premier rapport technique sur Mythos par Anthropic lui même  : Jean-Jacques Quisquater, de l’École Polytechnique de Louvain (Université de Louvain – UCL) et Charles Cuvelliez, de l’École Polytechnique de Bruxelles (Université de Bruxelles – ULB), Gaël Hachez, de la Haute École Libre de Bruxelles et David Vanderoost, CEO de la société de sécurité Approach-Cyber. Serge Abiteboul et Thierry Viéville.

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Anthropic a publié son deuxième (et rare) rapport du projet Glasswing, ce 22 mai. Glasswing, c’est donner Mythos à tester à des partenaires triés et voir comment ils gèrent cette bombe avant de la lâcher dans la nature.

Anthropic et ses cinquante partenaires ont repéré à ce jour plus de dix mille vulnérabilités de gravité élevée ou critique au sein des logiciels les plus systémiquement importants au monde.

C’est un premier saut : les progrès en sécurité logicielle étaient autrefois limités par la vitesse à laquelle de nouvelles failles étaient découvertes. Le frein majeur réside désormais dans la rapidité avec laquelle peut être vérifié, divulgué et corrigé le très grand nombre de vulnérabilités découvertes par AI. La pratique habituelle de l’industrie logicielle qui est de rendre publiques les nouvelles vulnérabilités 90 jours après leur découverte est devenue ainsi obsolète.

Anthropic note déjà que les éditeurs accélèrent massivement la publication de correctifs : Palo Alto Networks multiplie par cinq son volume de patches, Microsoft prévoit une hausse soutenue des mises à jour de sécurité, et Oracle corrige des failles plus vite que précédemment. Les clients aussi l’ont repéré. Avec les banques partenaires (dont JP Morgan) de Glasswing, Mythos aura permis de détecter et d’empêcher un virement frauduleux de 1,5 million de dollars, après qu’un criminel a compromis le compte e‑mail d’un client et effectué des appels téléphoniques usurpant l’identité de la banque.

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Open Source.

Anthropic a utilisé Mythos, lit-on, pour analyser plus de 1 000 projets open source, ceux qui sous tendent une grande partie de l’Internet. Anthropic annonce la découverte de 6 202 vulnérabilités de gravité élevée ou critique parmi ces projets, sur un total de 23 019 vulnérabilités détectées (y compris celles jugées de gravité moyenne ou faible).

Parmi ces vulnérabilités classées haute ou critique, 1 752 ont été examinées de manière approfondie par l’une des six firmes indépendantes de recherche en sécurité recrutées pour l’occasion (ou par Anthropic lui-même). De ce lot, 90,6% (soit 1 587) se sont révélées être de véritables failles, et 62,4% (soit 1 094) ont été confirmées comme étant de gravité élevée ou critique. Ce nombre ne fera qu’augmenter, dit Anthropic, qui va continuer à scanner les projets open source. Un tableau de bord reprenant les vulnérabilités open source analysées par Mythos est désormais en ligne._____

Dans le cas de l’open source aussi, l’obstacle principal n’est plus tant la découverte de ces failles  que la capacité humaine (qui repose sur la bonne volonté dans le cas de l’open source) à les trier, les signaler, concevoir et déployer les correctifs correspondants et tester la cohérence.
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Gardez vos vulnérabilités que je ne saurais voir.

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Une fois qu’une vulnérabilité dans un projet open source est bien réelle, les équipes d’Anthropic vérifient s’il existe déjà des correctifs, puis rédigent un rapport spécalement soigné et détaillé à l’attention des mainteneurs du logiciel. C’est que les mainteneurs font déjà face à un flot massif de rapports de bogues de faible qualité, générés par l’intelligence artificielle. Ils sont débordés et certains ont même demandé à Anthropic de ralentir le rythme des divulgations, car ils ont besoin de plus de temps pour concevoir des correctifs (deux semaines !). C’est le retour bien inopiné de la protection par le secret : gardez vos vulnérabilités secrètes dit la communauté open source à Anthropic. Temporairement bien sûr. Sur demande des mainteneurs, Anthropic a aussi communiqué directement des vulnérabilités sans vérification préalable supplémentaire : 1 129 bugs sont dans ce cas, dont Mythos estime que 175 sont de gravité élevée ou critique. Par ailleurs, Anthropic a annoncé avoir divulgué 530 vulnérabilités de gravité élevée ou critique aux mainteneurs, et 827 autres vulnérabilités confirmées de même niveau de sévérité arrivent !

Parmi les 530 failles critiques ou majeures rapportées, 75 ont à ce jour été corrigées et 65 ont fait l’objet d’un avis public. Le nombre de correctifs reste encore faible : l’écosystème de sécurité est déjà saturé, même si d’autres explications sont possibles (la fenêtre de divulgation des 90 jours vient seulement de commencer et certaines vulnérabilités sont corrigées sans avis public)._____

Le grand décalage (et le temps laissé) entre la découverte d’une vulnérabilité, la création d’un correctif et le moment où ce correctif est massivement déployé par les utilisateurs finaux, c’est terminé. On se console en se disant que plus tard, Mythos permettra aux développeurs de concevoir des logiciels nettement plus sûrs, en interceptant les bugs avant leur mise en production. En tout cas, ils n’auront plus d’excuse.

Demain, les développeurs de logiciels devront réduire leurs cycles de correctifs et rendre les mises à jour de sécurité disponibles aussi rapidement que possible…. Demain, les développeurs devront faciliter au maximum la mise à jour pour leurs utilisateurs, en rendant l’installation des correctifs aussi simple et automatique que possible mais sans abuser sous peine de retomber dans l’incident Crowdstrike (une mise à jour automatique qui avait provoqué l’écran bleu de la mort chez tous les clients de l’entreprise). Les équipes en charge de la défense réseau devront accélérer leurs tests et déploiements de patches. Mais ils devront renforcer la sécurité indépendamment du fait qu’un correctif particulier soit appliqué à temps (aujourd’hui, en l’absence de correctif, c’est un workaround autour du problème qui est suggéré).  Il faudra ajouter un quatrième critère pour appliquer un correctif pour en diminuer le volume à déployer dans l’urgence: il y aura, à côté du caractère critique de la faille, son niveau d’exploitation par les hackers, le côtés des logiciels et systèmes auxquels ils s’appliquent et désormais, ce logiciel est-il vraiment essentiel pour le fonctionnement de mon organisation ?

Cloudflare : la preuve par l’exemple_

C’est Cloudflare qui donne la meilleure vue de ce que peut faire Mythos. Anthropic s’y réfère dans son deuxième rapport. Cloudflare est impressionné par la construction de chaînes d’exploits par Mythos. Un piratage réussi combine plusieurs failles (des « primitives »), inoffensives de manière isolée. ____

Mythos comprend comment assembler ces failles négligeables pour en faire une arme redoutable
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Et bien, Mythos comprend comment assembler ces failles négligeables pour en faire une arme redoutable. Elle écrit le code d’attaque, le teste dans un environnement isolé et corrige ses propres erreurs en cas d’échec jusqu’à obtenir un piratage fonctionnel. Les langages de programmation anciens comme le C ou le C++, explique Cloudflare, généraient structurellement un immense « bruit » (des faux positifs) que l’IA peinait à analyser sans erreur, car ces langages ne contiennent pas de garde-fous de sécurité comme Rust (prévenir les accès à la mémoire).

Cloudflare, avec Mythos, a réussi à filtrer ce bruit en ne transmettant que les failles dont il a concrètement prouvé l’existence. Ce que Cloudflare recommande, c’est de canaliser la puissance du modèle et éviter qu’il ne s’égare comme le faisaient déjà les autres outils d’AI. S’il faut lancer Mythos à l’assaut d’un répertoire de code source, il vaut mieux lui demander de rechercher des vulnérabilités très particulières, pas juste lui demander d’en trouver. Introduire une seconde IA dont le seul rôle est de contredire et d’auditer les découvertes de la première est une autre tactique payante. Séparer l’identification du bug de l’analyse de son accessibilité par un hacker sont deux questions à poser séparément, dit aussi Cloudflare.


Des garde-fous insuffisants

Deux questions restent à éclaircir : pourquoi ces outils d’IA n’arrivent-ils pas à créer des correctifs aussi facilement qu’ils ne créent des exploits ? Comment détecter et ensuite interdire à Mythos d’être utilisé pour autre chose que juste mettre en évidence des vulnérabilités. La sécurité actuelle des modèles repose sur des barrières comportementales internes (les refus de l’IA). Or, les tests démontrent leur extrême fragilité. Une IA peut refuser de créer un script d’attaque, puis accepter immédiatement après une simple reformulation ou une modification mineure de son environnement virtuel. Un autre grand défi. Par contre, si un logiciel n’est pas public, ni dans sa version compilée ni son code source accessible, c’est simple: Mythos ne peut pas le scanner. Et cela concerne beaucoup de logiciels, très spécialisés, parfois obsolètes, qui tournent dans des environnements industriels.

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Jean-Jacques Quisquater, de l’École Polytechnique de Louvain (Université de Louvain – UCL) et Charles Cuvelliez, de l’École Polytechnique de Bruxelles (Université de Bruxelles – ULB), Gaël Hachez, de la Haute Ecole Libre de Bruxelles et David Vanderoost, CEO de la société de sécurité Approach-Cyber

Pour en savoir plus : Pour en savoir plus : Project Glasswing: An initial update, 22 May 2026,
https://www.anthropic.com/research/glasswing-initial-update

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29.05.2026 à 06:57

C : Cookie – C’est pas du gâteau !

Thierry VIEVILLE

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Texte intégral (1560 mots)
La francisation des termes du numérique ça peut mener à quelques difficultés, comme avec le terme Cookie. Analyse et explications de Yves Bertrand qui continue ici un alphabestiaire du numérique, pour nous aider à naviguer entre ces nouveaux mots.  Serge Abiteboul et Thierry Viéville.

Voir tous les mots disponibles sur ce lien.

C’est pas du gâteau ! Cookie ou témoin de connexion ?

La francisation des termes du numérique par FranceTerme, ce n’est pas du gâteau, comme en témoigne celle du terme « cookie ». La course à la traduction française de termes anglais mondialement établis continue pourtant… avec au menu, en général, inanité de la forme et erreurs de sémantique, pour un non-usage garanti !

Faites l’expérience : connectez-vous au site Internet FranceTerme1. Un intrusif « Témoins de connexion » (cookie) apparaît. Recherchez un cookie. Vous apprendrez qu’un cookie est une appliquette envoyée par un serveur de la toile à un utilisateur. Le terme appliquette est si peu usité qu’il ne figure dans aucun dictionnaire français. Cookie, lui, y figure à deux titres : d’une part comme désignant un gâteau, et d’autre part pour son sens dans le numérique, apparu dans les années 1990, appareillé de quelques épithètes (comme magic). Depuis, il se répand, seul, à la mesure de l’importance que les cookies revêtent pour déambuler sur le Web. Un cookie désigne un petit réceptacle présent sur un ordinateur, qui recèle des données censées faciliter la navigation de l’usager sur Internet : ça, c’est pour la vision angélique du rôle des cailloux blancs que le Petit Poucet laisse tomber de ses poches. Les cookies contiennent des informations sur l’usager qui servent d’abord à l’épier au bénéfice du détenteur d’un site qui dépose les cookies : ça, c’est pour la version réaliste d’un chemin qui mène le Petit Poucet tout droit dans les bras de l’Ogre dont l’unique but est de le dévorer.

Angéliques ou réalistes, les définitions des cookies sont aussi nombreuses et riches que leurs formes et leurs buts sont variés. La nature de ces cookies est éminemment technique, et leur fonctionnement effectif est étranger au béotien. Pourtant, leur dénomination et leur fonction globale sont si communes que tout usager d’un ordinateur en a connaissance, avec, le plus souvent, une idée juste. Il en est de même, évidemment, lorsque « cookie » désigne un gâteau. En revanche, faites le test avec « témoin de connexion ». Les mieux informés marqueront un temps d’arrêt avant de dire « ah oui, un cookie » ; les autres afficheront un mutisme perplexe.

La francisation des termes nés avec l’informatique et le numérique ne passe pas la rampe. Les termes concernés demeurent confidentiels, voire ridicules. Les seuls dont l’usage se répand sont ceux dont la traduction est triviale – artificial intelligence pour intelligence artificielle, neural network pour réseau neuronal, database pour base de données – et dont l’homophonie renforce l’identification.

Pour les autres termes, la bataille est perdue. À quoi bon, donc, ériger leur emploi en recommandations comminatoires publiées au Journal Officiel ? La langue française n’y gagne rien. La compréhension des concepts sous-jacents aux termes, non plus. Et la communication de ceux qui se risquent à les employer, moins encore, puisque même FranceTerme s’oblige à ajouter (cookies) lorsque Témoins de connexion apparaît dans une… fenêtre intruse2 (un pop-up3).

Il est plus important de rappeler qu’un cookie est un fichier – des données passives – et non un programme, ni une appli (un petit programme) ni une appliquette (un tout petit programme ?), pas plus qu’une applet4. Il n’exécute donc pas d’instructions sur un ordinateur : il ne fait qu’attendre d’être utilisé par un programme, en l’occurrence un site web. À la différence des miettes de pain mangées par les oiseaux à mesure que le Petit Poucet les sème, les cookies sont laissés, voire enrichis et multipliés par le site qui les exploite.

Pensez donc aussi souvent que possible à exiger de vos navigateurs qu’ils se muent en oiseaux qui glaneront toutes les miettes que vous, impénitent Petit Poucet, aurez trop souvent disséminées à votre insu et au plein gré de vos musarderies sur le web !

Yves Bertrand, professeur des universités à l’université de Poitiers ; avec la complicité graphique de Frédéric Havet,  directeur de recherche au CNRS.

1 https://www.culture.fr/franceterme.

2 Le Québec emploie l’expression plus neutre de fenêtre contextuelle. Mais sur le site de FranceTerme, l’épithète intruse est pertinent : il est en effet impossible de se débarrasser de ladite fenêtre pendant toute la durée de l’utilisation du site…

3 Il est croquignolet de constater que la description de pop-up a été associée par erreur à celle de pop-up book, et donc qu’un pop-up est décrit comme un livre en relief.

4 Petit programme anciennement associé à l’utilisation du langage Java.

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