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30.01.2026 à 09:04

Ukraine, réveil et islamophobie : les 10 actus de la semaine

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine.  1. Des frappes meurtrières en Ukraine Après une frappe meurtrière sur un train en Ukraine, la Russie a mené une nouvelle nuit de bombardements par drônes et missiles, touchant des civils et des infrastructures. Ces […]

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Texte intégral (1012 mots)

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 

1. Des frappes meurtrières en Ukraine

Après une frappe meurtrière sur un train en Ukraine, la Russie a mené une nouvelle nuit de bombardements par drônes et missiles, touchant des civils et des infrastructures. Ces attaques prolongent l’offensive malgré les condamnations internationales. (France 24)

2. Les violences de Trump forcent un réveil de la gauche française

Aux États-Unis, la violence de la police de l’immigration sous Donald Trump provoque un réveil critique mais surtout tardif de la gauche française, qui établit des parallèles avec l’extension des pouvoirs policiers en France. (Mediapart)

3. Des gels d’avoirs décidés sans condamnation judiciaire

L’État français utilise le gel administratif des avoirs comme outil de répression islamophobe contre des militants et organisations soutenant la Palestine. Ces mesures, fondées sur le droit antiterroriste, visent des personnes sans condamnation, sur la base de la suspicion, en assimilant expression musulmane, antisionisme et terrorisme. (Politis)

4. Internet coupé pour contenir les manifestations

En Iran, l’accès à Internet est massivement interrompu, avec un rétablissement limité et sélectif, dans le but de contener les manifestations nationales. Le pouvoir entend aller au-delà du blackout temporaire pour instaurer des restrictions d’accès structurelles au réseau. (Mediapart)

5. Une surincidence de cancers près d’installations industrielles

À La Rochelle, une étude identifie une surincidence de cancers dans cinq quartiers, dont +27 % de cancers du poumon chez les hommes. Les habitants évoquent un cocktail de pollutions industrielles et l’inaction de l’État. (Reporterre)

6. Des étudiants dénoncent le greenwashing de Total

À Paris, des élèves et anciens élèves d’écoles d’ingénieurs contestent la venue du PDG de TotalEnergies à une conférence sur la transition énergétique. Ils dénoncent le greenwashing et les liens durables entre Total et l’enseignement supérieur. (Reporterre)

7. Le réchauffement climatique accroît fortement le paludisme

En Afrique, une étude publiée dans Nature prévoit 123 millions de cas supplémentaires de paludisme et jusqu’à 532 000 décès d’ici 2050. La hausse des températures et la fragilisation des systèmes de santé sont centrales. (Vert)

8. Une interdiction des réseaux sociaux fondée sur l’identification

Le projet d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans repose sur la vérification d’âge par identité numérique (documents, reconnaissance faciale, France Identité). Il entraîne la fin de l’anonymat en ligne. (Frustration)

9. Des universités publiques presque toutes déficitaires

La quasi-totalité des universités devrait présenter un budget déficitaire en 2026. Le gouvernement annonce des assises sur le financement, sans moyens nouveaux. (Alternatives Économiques)

10. 49.3 par ci, 49.3 par là ! 

Le gouvernement Lecornu impose le budget 2026 par un nouveau 49.3 hier, avec suppression de 4 000 postes d’enseignants, baisse des crédits écologiques et absence de contribution accrue des ultra-riches.  (L’humanité)

– Mauricette Baelen 

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30.01.2026 à 05:00

Climat : 128 cas de désinformation médiatique en trois mois

Mr Mondialisation

Une étude inédite révèle l’ampleur de la désinformation climatique dans les médias audiovisuels français. De Sud Radio à France Inter, près de 130 séquences problématiques ont été recensées au premier trimestre 2025. « Une menace croissante », selon les trois associations autrices du rapport, qui appellent les pouvoirs publics à reprendre la main sur un […]

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Une étude inédite révèle l’ampleur de la désinformation climatique dans les médias audiovisuels français. De Sud Radio à France Inter, près de 130 séquences problématiques ont été recensées au premier trimestre 2025. « Une menace croissante », selon les trois associations autrices du rapport, qui appellent les pouvoirs publics à reprendre la main sur un sujet devenu stratégique.

Sur 3 mois de temps d’antenne, 128 cas de désinformation climatique ont été détectés à la télévision ou en radio en France, soit une dizaine de cas par semaine. Alors que les réseaux sociaux apparaissent souvent comme premiers responsables de la désinformation climatique, trois associations pointent le rôle primordial des médias traditionnels dans le traitement des thématiques liées au climat. 

CNews, Sud Radio et Europe 1 en tête du classement

Grâce à une méthode combinant intelligence artificielle et vérification par des fact-checkers certifiés, QuotaClimat, Data for Good et Science Feedback révèlent des dizaines de cas de climato-dénialisme ou de climato-scepticisme partagés sur les ondes, sans contradiction ou contextualisation de la part des journalistes.

Alors que les contre-vérités s’enchaînent, le risque est d’autant plus réel que « les programmes d’information dans les médias traditionnels ont encore la confiance des téléspectateurs et auditeurs, risquant de normaliser les narratifs fallacieux, troublant la frontière entre faits et opinion, et mettant à risque notre socle démocratique », insiste l’étude.

Déjà épinglés par l’autorité de régulation de l’audiovisuel français (Arcom), ce sont Sud Radio et CNews qui font figure de plus mauvais élèves, avec respectivement 40 et 26 occurrences sur la période étudiée. S’ensuivent LCI (11), RMC (11), BFMTV (10) et Europe 1 (10), eux aussi classés dans la catégorie « à risque » par les experts.

Pour le reste du classement, on note France Info TV (9), France 2 (4), France Info Radio (2) et France Inter (2), avant Arte (1), France Culture (1) et RTL (1), qui se situent dans une « zone grise » caractérisée par « une couverture des sujets environnementaux située dans la moyenne, et légèrement perméable à la désinformation climatique ».

Les seuls médias qui s’érigent comme « remparts » contre la désinformation selon le rapport sont TF1, M6, RFI, France 24 et France 3 Paris Île-de-France, n’enregistrant aucune occurrence durant la période analysée.

Note préliminaire sur les résultats de la détection automatisée de la désinformation climatique dans la télévision et la radio françaises – Crédits : Quota Climat, Data for Good et Science Feedback.

Un service public en échec face à la désinformation

Premier constat de cette note préliminaire : le secteur des médias privés tire largement la désinformation climatique à la hausse, avec 81 % de la désinformation relative identifiée.

Sud Radio concentre à lui seul 31% des cas de désinformation détectés. « Ce média mis de côté, la différence entre privé et public est réduite : 64 % de la désinformation relative est observée dans les chaînes privées, et 36 % dans les chaînes publiques », tempèrent les auteurs.

Alors que l’audiovisuel public possède une mission « d’éducation à l’environnement et au développement durable » selon la loi, la présence d’informations fausses ou trompeuses relevant de la désinformation climatique est jugée particulièrement « inquiétante » et traduit « un échec du service public » face à la crise de l’information.

« La majeure partie des occurrences de désinformation sur les enjeux environnementaux dans les entreprises audiovisuelles publiques le sont dans le cadre d’interviews politiques et/ou de paroles rapportées d’autres acteurs publics », expliquent les associations.

« [il est donc] urgent de renforcer le rôle des journalistes dans la conduite des interviews politiques »

Pour elles, il est donc « urgent de renforcer le rôle des journalistes dans la conduite des interviews politiques », mais également le devoir de recontextualisation face à des paroles rapportées trompeuses. 

Second constat : l’énergie et la mobilité comptent parmi les sujets les plus exposés à la désinformation, notamment la thématique des énergies renouvelables et des véhicules électriques. « Deux constats alarmants compte tenu de la nécessité de décarboner notre mix énergétique et d’électrifier nos usages », insistent les experts.

À titre d’exemple, le 19 janvier 2025 sur LCI, Luc Ferry affirmait que la voiture électrique pollue plus que la voiture thermique. Réponse du journaliste : « beaucoup dans la jeune génération considèrent qu’on n’a même pas le droit d’avoir ce débat-là »

Une affirmation trompeuse et infondée, car l’électrification des voitures diminue leurs rejets de gaz à effet de serre dans la plupart des pays du monde — sauf ceux où l’électricité est très carbonée — et que c’est l’évaluation des rejets sur l’ensemble de la vie des véhicules qui représente leur potentiel de décarbonisation du secteur. « En ne contredisant pas le propos de Luc Ferry, en n’émettant même pas de doute, l’émission faillit à ce devoir. Elle participe à la confusion entre faits et opinions », conclut le rapport.

Les pics de désinformation suivent les cycles politiques

Troisième constat : la désinformation climatique tend à s’intensifier autour des événements politiques majeurs, comme l’investiture de Donald Trump ou les consultations publiques sur les politiques climatiques. « La semaine de l’investiture de Donald Trump marque un pic significatif (+150%) de désinformation climatique », note le rapport.

« Parmi les 17 extraits contenant de la désinformation la semaine du 20 janvier, 7 mentionnent explicitement Donald Trump pour s’appuyer sur ses propos, soit 41 %. Compte-tenu de la montée en puissance de gouvernements adoptant une posture de déni ou de rejet des preuves établies concernant le dérèglement climatique à travers le monde, ainsi que la hausse médiatique et électorale de partis politiques se positionnant sur le sujet, la perméabilité des médias traditionnels à des narratifs de désinformation climatique lors d’événements géopolitiques est inquiétante ».

La désinformation climatique qui circule dans les médias français s’explique aussi par la faible place accordée aux sujets environnementaux en termes de temps d’antenne. Entre le 1er janvier et le 31 mars 2025, les contenus liés au changement climatique n’ont représenté que 2 % de l’information diffusée, avec de fortes disparités selon les chaînes : 0,9 % pour CNews, contre 6 % pour RFI.

Or, on le sait, la répétition d’un message est essentielle pour qu’il s’ancre dans les esprits. « En ce sens, le faible volume d’information environnementale contribue à la vulnérabilité de la population aux campagnes de désinformation climatique », regrettent les associations.

Crédits : Note préliminaire sur les résultats de la détection automatisée de la désinformation climatique dans la télévision
et la radio françaises – Quota Climat, Data for Good et Science Feedback

Une faible présence du climat dans les médias

Pour QuotaClimat, Data for Good et Science Feedback, cette carence s’explique par « l’insuffisance des structures de gouvernance, des opérations de formation, et de la prise de conscience de l’urgence en règle générale », mais aussi par « l’actionnariat des médias et son influence sur les lignes éditoriales, l’origine socio-économique des dirigeants et des journalistes les plus visibles, les modèles économiques et, plus généralement, le cadre de régulation au sein duquel opèrent les médias »

En outre, la note de 31 pages désigne sans détour les principaux acteurs à l’origine de cette désinformation : l’économie carbonée, l’économie de l’attention, les réseaux d’ingérences étrangères, ainsi que les sphères complotistes et d’extrême droite. Tous mobilisent la désinformation climatique comme un outil stratégique pour servir leurs intérêts communs.

En attendant la parution de leur rapport final prévue pour la fin d’année, les ONG espèrent peser sur le débat législatif avec une proposition de loi visant à mieux encadrer l’information environnementale. Elles en appellent aussi à l’Arcom pour faire preuve de fermeté face aux manquements. Quant au grand public, il est invité à cultiver son esprit critique, dans un paysage médiatique où les frontières entre opinion et information deviennent de plus en plus floues.

Aure Gemiot


Source photo de couverture : ©Pixabay 

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29.01.2026 à 05:00

Ces personnalités françaises qui s’engagent auprès de PETA

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Souvent décriée pour ses positions intransigeantes, PETA se bat depuis 45 ans contre toutes les formes d’exploitation animale et attire à ses côtés de nombreuses personnalités. Zoom sur celles et ceux qui, en France, ont décidé d’user de leur popularité pour défendre la cause animale auprès de l’association. Fondée en 1980 aux États-Unis, PETA (People […]

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Texte intégral (3219 mots)

Souvent décriée pour ses positions intransigeantes, PETA se bat depuis 45 ans contre toutes les formes d’exploitation animale et attire à ses côtés de nombreuses personnalités. Zoom sur celles et ceux qui, en France, ont décidé d’user de leur popularité pour défendre la cause animale auprès de l’association.

Fondée en 1980 aux États-Unis, PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) est l’association de protection animale qui compte le plus grand nombre d’adhérents à travers le monde. Acteurs, musiciens ou encore sportifs français sont nombreux à avoir exprimé leur amour pour les animaux à travers des campagnes PETA.

L’association PETA se bat contre toutes les formes de maltraitance animale comme ici, lors d’une action anti-fourrure ©Wikipedia

Une association qui agit, et qui dérange

PETA a plus d’une fois suscité la controverse : campagnes sexistes, euthanasies d’animaux, manipulation d’images... S’il est parfois difficile de faire la part des choses entre les rumeurs et les faits, il reste nécessaire de replacer chaque action de l’association dans son contexte. Accusée d’extrémiste par ses détracteurs, parfois décriée par d’autres associations de protection animale, l’association PETA dérange car elle fait rarement dans la demi-mesure.

S’il est tout à fait possible de ne pas être d’accord avec chacune de ses méthodes, il n’en reste pas moins que depuis plus de quarante ans, PETA aura révélé au monde d’innombrables sévices endurés par les animaux et agi concrètement pour leur survie.

« Ainsi, Paul McCartney, Joaquin Phoenix, Pamela Anderson, Iggy Pop, Pénélope Cruz ou encore Joan Jett ont usé de leur popularité à l’échelle mondiale pour faire entendre la voix des animaux à travers les campagnes PETA. »

L’association américaine a également su accroître son impact en invitant des personnalités et des artistes à rejoindre son combat. Ainsi, Paul McCartney, Joaquin Phoenix, Pamela Anderson, Iggy Pop, Pénélope Cruz ou encore Joan Jett ont usé de leur popularité à l’échelle mondiale pour faire entendre la voix des animaux à travers les campagnes PETA.

Une exposition qui révèle bien souvent un engagement réel et ancien, de la part de chacune de ces personnalités, pour la cause animale. En France, artistes ou sportifs s’associent également au combat mené par PETA. Petit aperçu — non exhaustif de ceux qui agissent en nos frontières.

Stomy Bugsy, fier de ne plus participer au massacre des animaux

« Ce que je ne tue pas me rend plus fort », voilà le message lancé en 2018 par le rappeur Stomy Bugsy. Torse nu, il prouve en une image que l’alimentation végétale n’a rien de pauvre ou de carencée. Après s’être infiltré avec l’association Direct Action Everywhere dans un élevage de poulets — « J’étais en enfer » — et avoir regardé des dizaines de vidéos d’abattoirs, Stomy Bugsy est ressorti différent. Il s’est dégoûté de la viande, des œufs ou du fromage suite à une prise de conscience brutale de ce que les animaux enduraient pour nous nourrir.

Depuis, le rappeur explique ne s’être jamais senti aussi bien, physiquement comme mentalement : « Je suis tellement heureux, tellement fier de moi, de savoir que je ne participe plus à cette tuerie, à ce massacre ». Il rappelle également que manger végane n’apporte pas de carences en protéines, et que c’est un choix qu’il est libre à chacun de faire pour ne plus porter atteinte aux animaux.

Franck Lebœuf : « N’achetez jamais, adoptez ! »

Ancien joueur de l’équipe de France de football avec laquelle il a remporté la Coupe du Monde en 1998, Franck Le boeuf est un véritable amoureux des animaux. Avec PETA, il a lancé en 2022 une campagne en faveur de l’adoption. Lui-même heureux parent de Jinger et Lemon, son chien et son chat adoptés en refuge, Franck Lebœuf rappelle qu’il existe bien trop d’animaux abandonnés pour passer par un élevage.

Franck Leboeuf rappelle qu’il existe des chiens et des chats formidables à adopter en refuge ©Flickr

« Je voudrais que les gens adoptent, et qu’ils adoptent pour la vie, explique-t-il dans une vidéo créée pour la campagne […] Je deviens de plus en plus misanthrope car je trouve que l’humain est très cruel. » Incompréhensif devant l’abandon, l’ex-footballeur compare la responsabilité engendrée par l’acquisition d’un animal à celle d’un enfant. En demandant l’arrêt des élevages et de l’industrie des animaux, Franck Lebœuf rejoint parfaitement le combat mené par PETA, qui fustige l’élevage des animaux domestiques.

L’association n’hésite d’ailleurs pas à repenser voire dénoncer notre lien avec la domestication animale — cet argument lui valant souvent d’être taxée d’extrême — et rappelle qu’en choisissant d’avoir dans nos foyers des chiens et des chats, il est de notre devoir et notre responsabilité de leur offrir la meilleure vie possible.

Le sort des animaux de cirques dénoncé par David Hallyday

En 2020, le chanteur David Hallyday est à l’origine d’une nouvelle campagne PETA pour dénoncer la vie des animaux de cirque. Chaînes aux poignets, il rappelle que ces derniers sont retirés de leur milieu sauvage, dressés dans la souffrance, et passent leur vie enfermés dans des cages, transportés dans des camions de marchandise.

Si les cirques avec animaux sauvages seront définitivement interdits en France en 2028 suite à une loi de 2021, cette situation reste la même pour tous les animaux de cirque à travers le monde. Incapables de retourner à la vie sauvage, beaucoup souffrent de dépression et de comportements névrotiques en captivité.

David Hallyday dénonce le sort des animaux de cirque, dressés pour divertir ©Unsplash

Petit Biscuit, végane depuis l’âge de 20 ans

En 2024, le musicien Petit Biscuit pose torse nu pour PETA, sur le point de croquer dans une part de gâteau très gourmande. « Devenir végan, c’est du gâteau », lance-t-il. Végane depuis 2019, Petit Biscuit, producteur de musique électronique, est également un sportif assidu : « Tu peux être végane et prendre de la masse, être fort, énergique », explique-t-il dans la vidéo créée par l’association.

C’est après avoir compris qu’il était incapable de tuer un poisson que Petit Biscuit est devenu végane @Flickr

C’est après avoir réalisé qu’il était incapable d’éventrer un poisson, lors d’une sortie sur un bateau de pêche en Islande, que l’artiste a compris qu’il n’avait plus de raison d’en manger. Devenu végane, Petit Biscuit fait régulièrement les louanges de ce mode de vie auprès de ses fans.

Aujourd’hui en accord avec ses principes, le musicien ne voit que des avantages au véganisme : « Je suis quelqu’un de très pragmatique et si je peux me faire plaisir dans ma nourriture, que niveau santé c’est parfait et qu’en plus je peux arrêter de contribuer à la souffrance animale en arrêtant de tuer les animaux alors que je n’en ai pas besoin, pour moi, il n’y a aucun problème. »

Vahina Giocante : les animaux « sont des individus, pas des ingrédients »

Élue « plus belle végane de France » par PETA en 2018, l’actrice Vahina Giocante signe la même année une tribune pour présenter la nouvelle campagne d’affichage de l’association. « Je ne suis pas un bout de viande, je suis quelqu’un. Ne me mangez pas » : voilà le message alors martelé sur les quais de la gare Saint-Lazare.

Alors âgée de 37 ans, l’actrice est devenue végane quelques années auparavant, après avoir visionné le documentaire Earthlings. Dès lors, elle dit ne plus pouvoir associer la viande au mot « plaisir » : « Je n’y voyais plus un plat, mais un cadavre. »

L’actrice Vahina Giocante rappelle que les fêtes de Noël sont synonymes de souffrances accrues pour les animaux ©Unsplash

L’actrice réaffirme son engagement auprès de PETA l’année suivante, via une tribune publiée sur le site de l’association peu avant les fêtes de Noël. Vahina Giocante y dénonce le spécisme plus marqué que jamais à ce moment de l’année où le chien se voit offrir un cadeau quand la vache finit découpée sur la table.

Elle rappelle que ces fêtes sont synonymes de souffrances extrêmes pour les animaux d’élevage. « Violenter et massacrer des dizaines de milliers d’animaux — qui ne sont pour la plupart que de simples bébés qui ont passé la totalité de leur courte vie à languir dans des conditions sordides — est le contraire de l’esprit de paix, de partage, de générosité et de compassion des fêtes de fin d’année. »

Joe Duplantier invite à une « révolution végane »

« Je n’ai pas envie d’être la source de la souffrance d’un animal, c’est pour ça que je suis végane. » En novembre 2024, Joe Duplantier, chanteur du groupe de death metal Gojira, s’est affiché guitare au poing en compagnie d’animaux d’élevage libérés de leurs chaînes. Végane depuis plus de dix ans, le chanteur n’a jamais caché son amour pour les animaux et l’environnement.

Le répertoire de Gojira est truffé de morceaux engagés et révoltés : de Flying Whales à Amazonia en passant par Toxic garbage island ou Planned obsolescence, la fibre du groupe pour la protection du vivant transpire dans sa musique, jusqu’au visuel des albums. C’est par le chant, souvent guttural et crié, que Joe Duplantier exprime sa colère contre un monde qui prend si peu soin des animaux et de la nature.

Avec PETA, le chanteur met en lumière un combat qui l’anime et valorise son engagement en faveur d’une alimentation végétale. A l’instar de Petit Biscuit, Joe Duplantier se soucie de son empreinte carbone et est conscient que son métier l’augmente considérablement. En étant végane, le chanteur tente de compenser son impact.

Environnement, empathie, santé… Le chanteur affirme qu’outre son alignement entre ses convictions et ses actes, devenir végane a également amélioré ses performances : « Je mange plus varié et équilibré, j’assimile mieux les aliments […] Maintenant, j’ai beaucoup plus d’énergie sur scène. À la fin d’un concert, je ne suis plus essoufflé ! », affirme-t-il dans la vidéo. Positif, optimiste, Joe croit en un éveil général des consciences : « J’ai confiance que dans le futur, [le véganisme] soit la norme ». 

Marie Waclaw


Source photo de couverture : Joe Duplantier en concert – ©Flickr

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28.01.2026 à 05:00

Argent public, expérimentation animale… Le CNRS sous le feu des critiques

Mr Mondialisation

Située sur la commune de Rousset-sur-Arc, dans les Bouches-du-Rhône, l’actuelle Station de Primatologie devrait prochainement s’agrandir. Mais dans quel but ? Face au manque de transparence du CNRS, des associations de défense des animaux tentent de faire entendre leur voix. Entretien avec Audrey Jougla, professeure de philosophie et spécialiste de la condition animale, qui nous […]

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Texte intégral (2422 mots)

Située sur la commune de Rousset-sur-Arc, dans les Bouches-du-Rhône, l’actuelle Station de Primatologie devrait prochainement s’agrandir. Mais dans quel but ? Face au manque de transparence du CNRS, des associations de défense des animaux tentent de faire entendre leur voix. Entretien avec Audrey Jougla, professeure de philosophie et spécialiste de la condition animale, qui nous livre ses analyses.

C’est une affaire qui se déroule loin des médias et même de la plupart des associations de protection animale. En effet, l’an dernier, le CNRS a annoncé vouloir restructurer et agrandir la Station de Primatologie (SdP), implantée à Rousset-sur-Arc.

L’objectif affiché ? Créer un Centre National de Primatologie (CNP) afin de « de relocaliser une partie de l’élevage de primates destinés à la recherche publique, en assurant leur hébergement dans un cadre conforme – et souvent supérieur – aux standards européens les plus exigeants. Au-delà du respect des normes sanitaires et réglementaires, ce projet repose sur une responsabilité partagée : concilier les impératifs de la recherche avec une exigence constante de transparence, d’éthique et de respect du vivant. », peut-on lire dans la synthèse du projet. La livraison finale des locaux est prévue pour 2029.

Le projet d’extension du site de Rousset résulte d’« un rapport commun à tous les centres de primatologie français alertait alors sur le manque de singes en France destinés à la recherche, et sur notre dépendance à l’Asie » nous explique Audrey Jougla. Or « c’est malheureusement toujours la même rhétorique, constate Audrey Jougla. À savoir « que préférez-vous ? Importer les singes depuis l’autre bout du monde ou les faire reproduire chez nous ? ». Ceci, afin de détourner le regard sur d’autres problématiques, à commencer par celle du bien-être animal. » 

En prônant l’élevage sur place en opposition à l’importation de primates, le CNRS jouerait sur la corde de la souveraineté et de l’autonomie, mais semblerait faire fi d’autres réalités.

La plupart des pays européens tendent à réduire le nombre de singes utilisés pour la recherche ©Unsplash

Remplacer, réduire, raffiner… mais augmenter quand même le nombre d’animaux

Le CNRS insiste sur la règle des 3R, essentielle dans la recherche fondamentale et qui consiste à « Remplacer, Réduire, Raffiner ». Autrement dit, trouver en premier lieu des solutions pour ne pas utiliser d’animaux vivants (remplacer). Diminuer ensuite ce nombre d’animaux s’il est nécessaire (réduire). Enfin, améliorer les conditions de vie de ces derniers (raffiner). En prétendant appliquer la règle des 3R tout en décidant d’agrandir la SdP de Rousset, les ambitions du CNRS peuvent porter à confusion. Remplacer et réduire auraient-elles disparu au profit de simplement raffiner ?

« C’est une décision à rebours de ce que l’on constate actuellement en terme de recherche fondamentale, nous détaille Audrey Jougla. L’Allemagne et le Royaume-Uni, par exemple, tendent à réduire le nombre d’animaux dans leur pays. En 2019, le neurobiologiste et chercheur Georges Chapouthier mettait en avant, lors d’une consultation parlementaire, que de nombreux autres pays avaient besoin de moins d’animaux que la France dans le cadre de recherches similaires. » Car ce qui interroge dans ce projet, au-delà du nombre croissant d’animaux, c’est bien leur destination.

Tous les singes utilisés pour la recherche sont victimes de souffrances, comme ici à l'animalerie du Silabe de Strasbourg ©Code Animal
Tous les singes utilisés pour la recherche sont victimes de souffrances, comme ici à l’animalerie du Silabe de Strasbourg ©Code Animal

Le bien-être animal « au coeur des préoccupations » 

Au total, ce sont donc 1 800 primates (plus précisément des Babouins Olives) qui doivent, à terme, être utilisés à des fins de recherche dans ce CNP. Le CNRS ne manque pas d’appuyer, dans sa synthèse, l’importance du bien-être animal qu’il qualifie d’ « exigence scientifique, éthique et réglementaire. » Cette même synthèse met en avant « un suivi vétérinaire permanent, des habitats adaptés, enrichis et stimulants, et une attention portée à chaque étape de la vie des primates, y compris leur vieillissement. » 

« les expériences sur le cerveau ou qui nécessitent des « modèles d’animaux proches de l’homme » sont invasives. » 

Or, Audrey Jougla nous rappelle que l’essence du problème ne réside pas tant dans l’élevage des animaux, mais dans ce qu’ils vont subir : « En général, les expériences sur le cerveau ou qui nécessitent des « modèles d’animaux proches de l’homme » sont invasives. il s’agit de grosses expériences avant les études cliniques sur l’humain. Un fait qui n’est pas réellement annoncé dans les différents rapports du CNRS. » 

Audrey Jougla est à l’origine de l’association Animal Testing, qui lutte contre la maltraitance animale dans le domaine de la recherche. Elle est la seule, aujourd’hui en France, à avoir pu révéler des images de ce que subissent les singes victimes de l’expérimentation.

Dans ce projet du CNRS, l’autrice pointe du doigt un réel souci de transparence et de nombreuses défaillances qui ont été mises en avant dans le bilan de concertation sorti en décembre dernier. Un rapport notamment dû au combat mené par différentes associations, comme Animal Testing mais aussi One Voice, Transcience ou encore le Collectif vauclusien de protection animale. Ensemble, elles dénoncent un débat très administratif et peu orienté sur l’opinion publique.

Un débat qui a lieu loin des regards

Le projet d’agrandissement de la SdP a un coût, estimé à trente millions d’euros. Une somme non négligeable, d’autant qu’il s’agit d’argent public. De ce fait, consulter davantage la population civile dans ce dossier ne semble pas incongru. D’autant plus que sur le nombre restreint d’avis déposés (2296), 93% d’entre eux se montrent défavorables à la construction de cet agrandissement.

C’est d’ailleurs aussi là que la bât blesse : « Il existe ce prétexte qui soutient que la population n’y connaissant rien à la recherche scientifique, elle n’est pas en mesure de comprendre les véritables tenants et aboutissants d’un tel agrandissement » explique Audrey Jougla.

1800 Babouins Olives occuperont, à terme, le centre de Rousset ©Wikipedia
1800 Babouins Olives devraient occuper, à terme, le centre de Rousset ©Wikipedia

Par conséquent, ce type de projet se monte bien trop souvent en catimini : « Le CNRS fait ici usage de l’argent public de façon opaque dans le sens où la majeure partie des habitant·es de Rousset comme des associations de protection animale ne sont même pas au courant de ce qui se trame ! Or, s’ils n’ont rien à se reprocher, pourquoi ne pas rendre cela plus visible, et compréhensible par tous ? » 

« Nous ne savons pas si les cartes sont déjà jouées dans ce projet, mais nous allons nous battre jusqu’au bout. » 

La loi impose que la Commission nationale du débat public (CNDP) recueille l’avis des citoyens sur des projets impactant notre environnement. Oui, car « l’extension impactera également la faune et la flore locales, indique Audrey Jougla. La présence du projet au sein de cette commission permet de donner l’illusion du débat public, or ce n’est qu’un avis consultatif, et non contraignant. » 

Un audit est actuellement en cours pour déterminer plus précisément l’impact environnemental du projet d’agrandissement. Par ailleurs, les associations opposées au projet attendent des précisions du CNRS suite aux questions soulevées par le bilan de concertation.

« En plus de l’impact environnemental, cela concerne le financement, les méthodes alternatives, la baisse du nombre de primates, ce que deviennent les animaux… » énumère la fondatrice d’Animal Testing. Le CNRS a jusqu’à mi-février pour répondre à ces interrogations.

74% des Français s'opposent à l'expérimentation animale (chiffres IPSOS) ©Unsplash
74% des Français s’opposent à l’expérimentation animale (chiffres IPSOS) ©Unsplash

Les associations de protection animale se battent au quotidien pour tenter de faire fermer les centres d’expérimentation animale et de proposer des alternatives. Un travail acharné et difficile à mener : « C’est très dur de voir qu’un centre est sur le point de s’agrandir quand on connaît les difficultés, ensuite, à faire machine arrière, déplore Audrey Jougla. Nous ne savons pas si les cartes sont déjà jouées dans ce projet, mais nous allons nous battre jusqu’au bout. »

Vous souhaitez faire entendre votre voix dans le cadre de l’agrandissement de la Station de Primatologie de Rousset ? Il est possible d’écrire au maire de la commune, ou de signer la pétition créée spécialement contre ce projet.

Marie Waclaw


Photo de couverture : Unsplash

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