LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie BLOGS Revues Médias
Mr Mondialisation

Think tank informel et citoyen francophone à visée internationale


▸ les 10 dernières parutions

21.09.2026 à 15:16

Climat : l’État préfère l’avion au retour des trains de nuit

Mr Mondialisation

Depuis les années soixante-dix, les trains de nuit avaient progressivement disparu, sous l’effet du développement des TGV et de l’essor des vols en avion low-cost. Ces dernières années, ils ont connu un véritable renouveau, à l’échelle nationale comme internationale, notamment après la crise du COVID. Ce redéploiement reflète une volonté affichée de décarboner le secteur […]

The post Climat : l’État préfère l’avion au retour des trains de nuit first appeared on Mr Mondialisation.
Texte intégral (2706 mots)

Depuis les années soixante-dix, les trains de nuit avaient progressivement disparu, sous l’effet du développement des TGV et de l’essor des vols en avion low-cost. Ces dernières années, ils ont connu un véritable renouveau, à l’échelle nationale comme internationale, notamment après la crise du COVID. Ce redéploiement reflète une volonté affichée de décarboner le secteur des transports, particulièrement polluant puisqu’il représente environ un quart des émissions totales de gaz à effet de serre en Europe.

Depuis quelques années, les trains de nuit font leur grand retour en Europe, présentant à la fois une alternative écologique à l’avion et une expérience inédite aux voyageurs. Pourtant, malgré leur popularité, leurs opérateurs font face à des difficultés financières entre matériel roulant vieillissant et manque d’investissements publics. Alors même que le monde se trouve en état d’urgence écologique, le train reste bien plus cher que l’avion.

Source : wikicommons

La renaissance des trains de nuit

En chef de file de cette renaissance du réseau ferroviaire de nuit: la compagnie autrichienne ÖBB et son service Nightjet. Dès 2016, l’opérateur a repris la majorité des liaisons et du matériel de la City Night Line, le service nocturne de la Deutsche Bahn, que la compagnie allemande avait abandonné faute de rentabilité. L’opérateur autrichien a depuis investi plus de 700 millions d’euros dans du matériel roulant neuf, disposant désormais de voitures-couchettes tout confort pour les voyageurs. Le réseau Nightjet a poursuivi son expansion : il dessert aujourd’hui une vingtaine de villes européennes, de l’Autriche à l’Italie en passant par l’Allemagne et la Belgique, avec notamment la liaison Bruxelles-Vienne rétablie en 2020.

C’est dans cette dynamique que le reste de l’Europe a également connu un regain d’intérêt pour les trains de nuit. En 2021, dans le cadre de son plan de relance après la pandémie de COVID-19, le gouvernement français annonce des investissements de 100 millions d’euros dans le développement de son réseau national de trains de nuit, finançant à la fois la rénovation de voitures et l’adaptation des infrastructures. Grâce à ces investissements, plusieurs lignes sont remises en service, telles que Paris – Nice et Paris – Lourdes. 

Dans la foulée, la ligne Paris – Vienne est remise en circulation à partir de 2021 et la ligne Paris – Berlin est réintroduite en décembre 2023, toutes deux opérées conjointement par la SNCF, ÖBB et la Deutsche Bahn (DB). Alors que l’Europe ne disposait plus que 14 lignes internationales de trains de nuit opérationnelles en 2019, on en compte 41 en 2026.

Les trains de nuit transfrontaliers dans l’UE. Source : Toute l’Europe

Un retour populaire auprès des voyageurs

Cette réintroduction du train de nuit a de quoi ravir les voyageurs en quête de moyen de transport plus durable. Le train est en effet celui qui émet le moins d’émissions de CO2, et de loin. Le collectif Back-on-Track EU a réalisé une étude qui démontre que le train de nuit produit 28 fois moins de gaz à effet de serre que l’avion.

Des émissions nettement plus faibles que la voiture également, l’Agence de la transition écologique (Ademe) a calculé qu’un trajet Paris-Marseille à deux émet 56 kg de CO2 en voiture et 148 kg en avion, contre seulement 6,75 kg en train Intercités.

Les trains de nuit offrent par ailleurs une réelle expérience aux voyageurs. Leurs adeptes y voient aussi un gain de temps précieux : le voyageur se repose durant le trajet, évite le coût d’une nuit d’hôtel et arrive à destination le lendemain matin, prêt à profiter pleinement de son séjour.

Cet engouement des voyageurs pour ce mode de transport alternatif se reflète par des taux de fréquentation élevés, en progression chaque année depuis la réintroduction des trains de nuit. Sur les lignes nationales françaises, la fréquentation a fortement progressé entre 2019 et 2024 : la ligne Paris-Toulouse, par exemple, a enregistré une hausse de 64 %. Selon le Réseau Action Climat, des fréquentations record ont été enregistrées en 2024 sur tout le réseau de nuit, avec plus d’un million de passagers transportés.

Difficultés financières et retrait de subventions

Le secteur se heurte pourtant à de nombreuses difficultés logistiques et financières, qui compromettent fortement sa rentabilité. Le matériel roulant est vieillissant – la plupart des voitures-couchettes ont plus de quarante ans – et très coûteux à remplacer. Les infrastructures restent inadaptées. Les couchettes réduisent le nombre de places disponibles par rapport aux trains de jour. Les frais de personnel sont élevés. Enfin, les trains de nuit ne circulent, de fait, qu’une fois par vingt-quatre heures et subissent fréquemment des arrêts dus aux travaux réalisés sur les rails la nuit.

Face à ces difficultés, les subventions publiques sont indispensables pour relancer les trains de nuit, particulièrement lors des premières années de remise en service. Malheureusement, contrairement à l’Autriche où le secteur est fortement soutenu par des fonds publics, le train de nuit ne figure pas – ou plus – parmi les priorités politiques de tous les États.

Les lignes Paris – Berlin et Vienne – Paris, exploitées par un partenariat entre les compagnies autrichienne et allemande – ÖBB et Deutsche Bahn (DB) – et la SNCF, ont ainsi été suspendues en décembre 2025. Cette suspension est la conséquence directe de la suppression de subventions annuelles par le gouvernement français, s’élevant à 10 millions d’euros par an, seulement deux ans après leur réintroduction, afin de « faire des économies ».

Cette décision a été vivement critiquée par des collectifs de citoyens favorables aux trains de nuit dénonçant un manque de volonté politique de la part des autorités, d’autant plus flagrante lorsque l’on connaît les subventions et avantages fiscaux dont bénéficie le secteur aérien.

En décembre dernier, le Parlement suisse a refusé, à une courte majorité, d’allouer les subventions de 10 millions de francs suisses nécessaires au lancement de la ligne de nuit Bâle-Copenhague-Malmö, prévue pour avril 2026. Les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF), contraints d’annuler cette ligne, avaient pourtant déjà mis les billets en vente. Ce refus surprend d’autant plus que la loi CO2, adoptée un an plus tôt, prévoyait des mesures de promotion des trains de nuit.

L’espoir European Sleeper 

Face à ce manque de soutien de la part de certaines autorités nationales : European Sleeper, la compagnie ferroviaire belgo-néerlandaise, a permis de ressusciter la ligne Paris – Berlin quelques mois suivant sa suppression.

La coopérative European Sleeper a été fondée par deux entrepreneurs en 2021 avec l’ambition simple de « faire du train de nuit une option confortable, écologique et pleine d’aventure ». La compagnie mobilise ses fonds auprès d’investisseurs particuliers – plus de 6 000 à ce jour – et a déjà réussi à récolter plus de 7 millions d’euros.

Voiture-couchette European Sleeper. Source : wikicommons

European Sleeper opère depuis 2023 la liaison Prague – Bruxelles en passant par Berlin et Amsterdam. La compagnie ne possède pas son propre matériel roulant et s’appuie donc sur des partenariats avec d’autres entreprises, ce qui lui permet de proposer des billets de train à des prix concurrentiels.

La société ferroviaire vient de lancer début septembre sa ligne reliant Bruxelles et Milan, et ne compte d’ailleurs pas s’en arrêter là. European Sleeper a annoncé l’ouverture en avril 2028 d’une liaison Bruxelles-Malmö, via Amsterdam et Copenhague, en partenariat avec l’opérateur ferroviaire allemand RDC. Une ligne Bruxelles – Barcelone serait également en préparation.

Manque de volonté politique

Les défenseurs du train de nuit peinent à accepter l’argument financier invoqué pour justifier les retraits de subventions étant donné que, dans un même temps, le secteur aérien continue de profiter des subventions indirectes des États. En effet, le kérosène n’est toujours pas taxé en Europe et la TVA sur les vols internationaux est à 0%.

À l’inverse, les compagnies ferroviaires, elles, doivent payer des péages internationaux pour faire circuler leurs trains à l’étranger. Résultat : un billet de train de nuit coûte généralement plus cher qu’un billet d’avion sur des mêmes liaisons, laissant encore à l’avion de belles années devant lui.

Plus scandaleux encore : le collectif Oui au train de nuit, qui avait lancé une pétition pour préserver les lignes internationales reliant Paris à Berlin et Vienne, révèle qu’une nouvelle liaison aérienne subventionnée par l’État a été ouverte entre Strasbourg et Munich à peine quelques mois après la suppression de ces lignes – deux villes que le train de nuit Paris – Vienne desservait pourtant.

Le Réseau Action Climat défend également la nécessité d’investissement par les États dans les réseaux ferroviaires de nuit. Selon Alexis Chailloux, responsable transport du Réseau Action Climat, « la demande est là, mais l’offre n’est pas du tout à la hauteur », soulignant que la problématique est avant tout une question de volonté politique. Il défend que :

« l’essor des trains de nuit ne peut pas reposer uniquement sur des acteurs privés, aussi volontaristes soient-ils. Nous attendons donc que le Parlement français vote des crédits suffisants pour déployer un réseau ambitieux de trains de nuit, en France et en Europe… à commencer par le maintien de la ligne Paris-Vienne ».

Une étude conjointe de Back-on-Track et de Transport et Environnement (T&E) démontre que les prix des billets de train de nuit pourraient considérablement baisser si une TVA de 0% couplée à une baisse des tarifs de péages internationaux étaient appliquées. Victor Thévenet, responsable train à T&E, souligne à cet égard le rôle que l’Union Européenne pourrait jouer pour promouvoir ce mode de transport plus durable :

« les trains de nuit sont de retour, mais avec des billets souvent trop chers. L’UE promeut la renaissance des trains de nuit, avec l’inauguration en grande pompe du Bruxelles-Berlin, mais rechigne à les aider financièrement. Pendant ce temps, le secteur aérien continue de recevoir de généreuses subventions publiques. L’UE a les clefs en main pour rendre les billets de trains de nuit accessibles à tous les citoyens. »

Comme le défendent des associations telles que T&E et Back-on-Track, le développement du train de nuit ne peut cependant reposer uniquement sur des compagnies privées comme European Sleeper. Les États doivent engager de véritables investissements dans leurs réseaux ferroviaires, et l’Union européenne doit revoir ses taux de taxation sur les différents modes de transport. Des efforts concrets s’imposent pour rendre le train de nuit plus attractif que l’avion, à l’heure où une réduction des émissions de gaz à effet de serre dans un secteur aussi polluant que le transport est indispensable.

– Delphine de H.

Sources :

« Pourtant populaire, le secteur des trains de nuit en difficulté », The Conversation, RTBF, 03/01/2026, https://www.rtbf.be/article/pourtant-populaire-le-secteur-des-trains-de-nuit-en-difficulte-11651097

« Nightjet réveille les trains de nuit », Le Monde, 02/06/2019, Nightjet réveille les trains de nuit

« L’État supprime le train de nuit Paris-Vienne et subventionne… l’avion », Collectif Oui au train de nuit, le Club de Mediapart, 25/03/2026,  L’Etat supprime le train de nuit Paris-Vienne et subventionne… l’avion | Le Club

« Trains de nuit en Europe : une nouvelle étude propose deux mesures simples pour des billets jusqu’à 20 % moins chers », T&E France, 14/06/2023, Trains de nuit en Europe : une nouvelle étude propose… | T&E France


Photo de couverture de Михаил Калегин sur Unsplash

The post Climat : l’État préfère l’avion au retour des trains de nuit first appeared on Mr Mondialisation.
PDF

20.09.2026 à 06:00

Luttes victorieuses, moratoires et renaturation : Top 10 bonnes nouvelles de la semaine

Mr Mondialisation

Pour contrer un peu le blues du dimanche, voici 10 bonnes nouvelles à ne pas manquer cette semaine ! 1. 250 luttes écolos victorieuses : une cartographie qui donne des armes Trois chercheuses ont recensé 250 victoires (incinérateurs, autoroutes, golfs abandonnés) et livrent des clés : décryptage juridique, alliances scientifiques, coalitions, désobéissance civile, occupations, et […]

The post Luttes victorieuses, moratoires et renaturation : Top 10 bonnes nouvelles de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.
Texte intégral (1416 mots)

Pour contrer un peu le blues du dimanche, voici 10 bonnes nouvelles à ne pas manquer cette semaine !

1. 250 luttes écolos victorieuses : une cartographie qui donne des armes

Trois chercheuses ont recensé 250 victoires (incinérateurs, autoroutes, golfs abandonnés) et livrent des clés : décryptage juridique, alliances scientifiques, coalitions, désobéissance civile, occupations, et parfois sabotage. (Reporterre)

2. Écosse : victoire parlementaire contre la ruée aux data centers

En Écosse, le Parlement a voté à 80 voix contre 26 pour suspendre les décisions concernant les nouveaux mégacentres de données, le temps d’encadrer leurs impacts environnementaux et énergétiques. L’opposition populaire contraint le gouvernement à encadrer l’industrie de l’IA et pourrait inspirer d’autres moratoires en Europe. (Euronews)

3. En Allemagne, 5 000 personnes s’engagent chaque année pour les forêts

Chaque année, le Bergwaldprojekt mobilise près de 5 000 volontaires sur une centaine de sites pour restaurer les forêts, remettre en eau des tourbières et préserver les écosystèmes. Nourris et logés durant ces chantiers participatifs, les bénévoles contribuent ainsi concrètement à adapter les milieux forestiers au changement climatique. (Reporterre)

4. 11 300 hectares rendus à une nation autochtone aux États-Unis

Dans le Maine, 11 297 acres de terres ancestrales ont été restitués à la nation Penobscot, première étape d’un projet visant à lui rendre plus de 30 000 acres. Les terres entourant notamment la branche Est de la rivière Penobscot retournent ainsi sous gouvernance autochtone. (Nabadiganta)

5. Royaume-Uni : Près de trois mois de grève débouchent sur un accord salarial

Après 68 jours de grève, les salarié·es de l’Institut de recherche sur le cancer au Royaume-Uni ont obtenu des hausses de salaire allant jusqu’à 52 % pour les plus bas salaires, et 17,2 % en moyenne, ainsi que le retour des grilles salariales et de la cantine. Une victoire obtenue par la mobilisation collective. (SocialistWorker)

6. Les salarié·es de Blizzard ratifient leurs premiers accords syndicaux

Les travailleurs et travailleuses de Blizzard, propriété de Microsoft, ont ratifié des conventions collectives qualifiées d’historiques par leur syndicat. L’accord formalise ainsi une nouvelle étape de syndicalisation dans l’industrie du jeu vidéo. (Communications Workers of America)

7. Colmar finance des récupérateurs d’eau de pluie aux citoyen·nes

À Colmar, plus de 17 000 récupérateurs d’eau de pluie ont déjà été financés à 80 % pour aider les habitant·es à récupérer l’eau de leurs toits et soulager le réseau d’assainissement. La mesure s’accompagne de la désimperméabilisation des sols pour mieux infiltrer l’eau de pluie. (La Relève et La Peste)

8. Les habitant·es d’Anglesea empêchent un important pompage d’eau souterraine

Après plus de cinq ans de mobilisation, les autorités australiennes ont refusé à Alcoa l’autorisation de pomper 1,5 milliard de litres d’eau souterraine par an pour remplir son ancienne mine de charbon. L’entreprise a ensuite renoncé à faire appel. (Surf Coast Times)

9. L’Europe veut mettre progressivement fin à l’élevage en cage 

L’UE prévoit d’interdire progressivement les cages pour les poules pondeuses et les truies, avec plus de 160 millions d’animaux potentiellement concernés chaque année. La Commission prévoit aussi de renforcer les normes de bien-être des poulets de chair et d’interdire à terme l’abattage des poussins mâles. (Actualité positive)

10. En Thaïlande, un couple mène depuis 30 ans la lutte pour les droits fonciers

En Thaïlande, un couple d’activistes mène depuis près de 30 ans la lutte pour les droits fonciers des communautés rurales. Leur réseau, fondé en 2006, rassemble aujourd’hui 35 communautés et organisations dans neuf provinces et accompagne les habitant·es face aux autorités, expulsions et conflits fonciers. (Hard Stories)

– Mara Prone


Photo de couverture : Volontaires préparant une des cabanes de la ZAD de NDDL / WikimediaCommons

The post Luttes victorieuses, moratoires et renaturation : Top 10 bonnes nouvelles de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.
PDF

19.09.2026 à 06:00

Budget 2027, sécheresse et mobilisations : Top 10 actus de la semaine

Mr Mondialisation

Vous n’avez pas pu suivre l’actualité cette semaine ? Voici 10 infos à ne pas manquer ! 1. Budget 2027 : 54 milliards d’euros d’économies annoncés Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé un « effort budgétaire » sans précédent : gel du point d’indice, contribution des retraités, coupes dans les ministères. L’objectif est de […]

The post Budget 2027, sécheresse et mobilisations : Top 10 actus de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.
Texte intégral (1391 mots)

Vous n’avez pas pu suivre l’actualité cette semaine ? Voici 10 infos à ne pas manquer !

1. Budget 2027 : 54 milliards d’euros d’économies annoncés

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé un « effort budgétaire » sans précédent : gel du point d’indice, contribution des retraités, coupes dans les ministères. L’objectif est de ramener le déficit à 5% du PIB, dans un contexte où les mobilisations sociales se multiplient. (La Croix)

2. Sécheresse : même un hiver pluvieux ne protège plus

74 départements en crise d’eau potable malgré un hiver pluvieux : canicules et absence de pluie estivale ont vaporisé les réserves. L’hydrogéologue Luc Aquilina alerte, ce phénomène pourrait survenir une année sur deux d’ici 2050 et appelle à transformer l’agriculture. (Reporterre)

3. Mobilisation du 15 septembre : plus de 250 initiatives dans tout le pays

Policiers, électriciens, soignants, pêcheurs et enseignants ont convergé contre l’austérité et pour les salaires. La CGT revendique une « première journée réussie » qui lance une rentrée sociale combative avant le 29 septembre. (CGT)

4. Grève massive chez EDF contre la réforme du tarif agent

Avec 65% de grévistes dans les centrales nucléaires, les salarié·es se sont mobilisé·es pour défendre le tarif préférentiel d’énergie, composante historique de la rémunération. Les syndicats ont interpellé Matignon après cette journée de mobilisation. (Le Média en 442)

5. Avancées de la « Loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles à l’Assemblée

Portée par une coalition de 140 associations féministes et enfantistes, la proposition de loi vise une réponse globale (prévention, protection, répression). Les auditions ont débuté sur le psychotraumatisme et l’emprise. (France Inter)

6. Data centers : l’Écosse durcit les règles, première victoire en Europe

Le Parlement écossais a voté par 80 voix contre 26 un encadrement plus strict des nouveaux data centers. Une avancée politique qui offre un précédent contre l’expansion sans limite de l’IA. (France Inter)

7. Écologie de rupture : Sandrine Rousseau, Aymeric Caron et Philippe Poutou définissent leur stratégie pour 2027

Antispécisme, décroissance, assemblée du vivant : la REV (Révolution Écologiste) propose de remplacer le Sénat par une chambre des communs écologiques et sociaux. Une vision radicale pour battre l’extrême droite. (La Relève et la Peste)

8. Accessibilité des transports : mobilisation nationale le 19 septembre

APF France handicap appelle à se rassembler à Paris pour exiger un plan pluriannuel d’accessibilité. L’inaccessibilité empêche concrètement de travailler, d’étudier, de se soigner et de participer à la vie sociale. (APF France handicap)

9. Mésinformation climatique : +28% de cas en six mois

L’Observatoire des médias sur l’écologie recense 452 cas de désinformation climatique, une hausse inédite qui complique la mobilisation pour des politiques climatiques justes. (Vert)

10. Convergence des luttes : appel du 26 septembre « climat, vivant, paix, justice sociale »

La Coordination nationale Bloquons Tout appelle à faire front (assemblées, grève, blocages, occupations) et relie écologie, féminismes, antiracisme, anti-validisme et droits LGBTQIA+. (26 septembre)

– Mara Prone


Photo de couverture : Sébastien Lecornu, Séminaire de la DGGN, 2017 / WikimediaCommons

The post Budget 2027, sécheresse et mobilisations : Top 10 actus de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.
PDF

18.09.2026 à 06:00

« Rapprocher le salaire net du brut », la plus grosse arnaque libérale

Simon Verdiere

Lorsque l’on évoque les difficultés économiques des Français, de nombreux politiciens, allant du Parti socialiste au Rassemblement National en passant par Renaissance, proposent d’augmenter les salaires net en diminuant le brut. Bien loin de représenter un progrès, cette suggestion est au contraire une claire attaque contre notre modèle social. Rapprocher le « net du brut » serait, […]

The post « Rapprocher le salaire net du brut », la plus grosse arnaque libérale first appeared on Mr Mondialisation.
Texte intégral (1539 mots)

Lorsque l’on évoque les difficultés économiques des Français, de nombreux politiciens, allant du Parti socialiste au Rassemblement National en passant par Renaissance, proposent d’augmenter les salaires net en diminuant le brut. Bien loin de représenter un progrès, cette suggestion est au contraire une claire attaque contre notre modèle social.

Rapprocher le « net du brut » serait, selon certains, la solution miracle pour sortir le peuple de la crise. Cette idée cherche en réalité à faire croire que le brut serait une « ponction inutile » d’un État vorace. Et pourtant, il s’agit déjà d’un salaire différé permettant de financer les retraites, le chômage, ou encore les congés maladie. Zoom sur cette rhétorique une nouvelle fois destinée à protéger les plus riches au détriment de la majorité de la population.

Le brut, c’est aussi du salaire

Contrairement à certaines idées reçues, la différence entre le salaire brut et le net ne constitue pas un « impôt » ou une « charge » pour l’employeur. Ce sont des cotisations sociales. Cet outil représente la base de notre système, tel qu’il a été imaginé par le Conseil National de Résistance sous l’impulsion d’Ambroise Croizat, après la Seconde Guerre mondiale.

Cet argent est donc directement destiné à financer nos besoins communs. Comme son nom l’indique, le salaire brut reste bel et bien un salaire réel. À l’inverse du salaire net, il comporte simplement une partie différé, c’est-à-dire qu’elle n’est pas perçue dans l’immédiat.

Une conquête sociale

Expliquer que diminuer le brut au profit du net consisterait à rendre du pouvoir d’achat aux Français, ainsi que le font bon nombre de libéraux, relève donc tout bonnement de l’escroquerie. Comment peut-on en effet considérer comme une augmentation de rémunération le fait de donner aux travailleurs de l’argent qui leur appartient déjà ?

Le salaire brut représente ainsi bien davantage qu’une ligne sur une fiche de paie. Il symbolise aussi une part des revenus que les employés ont arrachée à l’autorité patronale pour le placer dans des caisses communes. Plutôt que de laisser chacun négocier individuellement sa retraite, sa santé ou son assurance chômage avec sa direction, une partie de la richesse produite est donc mutualisée.

Vers la privatisation du système social

Comme tout le monde a déjà pu le constater avec la nouvelle offensive sur la capitalisation, la volonté générale du côté libéral file vers la destruction du modèle social public au profit de la privatisation. Le processus est même largement entamé, puisque tout a été fait pour que les caisses de cotisations ne suffisent plus à financer le système.

Ainsi, certains, comme François Hollande, n’hésitent pas à mettre la TVA sociale sur la table. Autrement dit, le rôle du pot commun où chacun contribue à hauteur de ses moyens diminuerait considérablement au profit d’un impôt inégalitaire alimenté de façon identique par les riches et les pauvres.

Diminution du pouvoir d’achat en ligne de mire

Certains libertariens n’y verront pourtant aucun problème, assurant qu’un système social privé serait plus performant. Ainsi, l’argent du salaire brut passé en net pourrait directement être redirigé vers des assurances sociales individuelles.

Or, ce raisonnement oublie bien vite que les services privés coûtent plus cher. Si l’on compare, par exemple, les dépenses de santé américaines (largement basées sur le privé), on constate qu’elles pèsent 17,8 % du PIB du pays, contre seulement 12,3 % pour la France, qui fonctionne avec un dispositif public.

Des dépenses inévitables

En d’autres termes, se libérer des cotisations sociales publiques n’augmente pas le pouvoir d’achat, au contraire. Ce processus place la population à la merci de compagnies privées qui pourront lui facturer exactement ce qu’elles veulent pour des services indispensables à l’existence. Dès lors, s’attaquer au salaire brut revient à se tirer directement une balle dans le pied.

Si certains se bercent d’illusions en pensant « ne jamais être malades » et ne pas avoir besoin de la Sécurité sociale, il faut pourtant rappeler qu’un citoyen français coûte en moyenne 3723 € par an au système collectif de santé. Rapporté à une existence, ce chiffre fait grimper la facture à plus de 300 000 €. Une minorité de privilégiés sera peut-être capable d’avancer de telles sommes, mais beaucoup d’autres devront simplement renoncer à se soigner, comme ces 27 millions d’Américains sans assurance.

Et les aléas de la vie ne se limitent pas à la santé, puisque le salaire brut permet aussi de se prémunir du chômage qui touche de plus en plus de Français. Un phénomène qui pourrait d’ailleurs s’accroître avec l’essor de l’intelligence artificielle. Enfin, c’est également ce salaire brut qui garantit à tout le monde de disposer d’une retraite.

Pourquoi ne pas augmenter réellement les salaires ?

Ceux qui promettent de « rapprocher le net du brut » n’expliquent en revanche jamais comment ils comptent compenser ces trous dans les caisses. La technique est bien connue : dégrader volontairement le système social pour affirmer qu’il ne fonctionne plus ou que « la France est ruinée » pour ensuite faire du chantage à la dette et pouvoir plus simplement couper dans les services publics.

Mais la réelle question consiste plutôt à se demander pourquoi ce spectre politique refuse d’augmenter les salaires réels, c’est-à-dire le net et le brut. Ainsi le RN et le gouvernement Macron ont déjà voté communément contre la hausse du SMIC. Et pourtant, c’est bien là que se situe le principal levier pour améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs.

Protéger les plus riches

Dans les faits, ce désir de « rapprocher le net du brut » s’inscrit bel et bien dans une volonté de protéger les plus fortunés et les grandes compagnies, à l’image des décennies de pouvoir du camp libéral. Cette mesure permettrait non seulement d’éviter des augmentations de rémunérations coûteuses aux entreprises, mais, en détruisant le secteur public, elle nourrirait aussi la sphère privée qui en tirerait parti.

Dès lors, ce sont bien les employés qui seraient les seuls perdants du processus. La véritable question est celle du partage des ressources dans un pays qui n’en a jamais produit autant. Si le revenu net est directement disponible, le salaire brut représente une conquête sociale qui protège l’avenir des citoyens en soustrayant une part des richesses aux griffes du marché. Et ce ne sera définitivement pas par la destruction de ce droit que passera l’amélioration de la qualité de vie du peuple, bien au contraire.

– Simon Verdière


Photo de couverture : CGT, grève 1936, « Tout va très bien » / WikimediaCommons

The post « Rapprocher le salaire net du brut », la plus grosse arnaque libérale first appeared on Mr Mondialisation.
PDF
🠴 10 / 10
 Persos A à L
Carmine
Mona CHOLLET
Anna COLIN-LEBEDEV
Julien DEVAUREIX
Cory DOCTOROW
Lionel DRICOT (PLOUM)
EDUC.POP.FR
Marc ENDEWELD
Michel GOYA
Hubert GUILLAUD
Gérard FILOCHE
Alain GRANDJEAN
Hacking-Social
Samuel HAYAT
Dana HILLIOT
François HOUSTE
Tagrawla INEQQIQI
Infiltrés (les)
Clément JEANNEAU
Paul JORION
Christophe LEBOUCHER
Michel LEPESANT
 
 Persos M à Z
Henri MALER
Christophe MASUTTI
Jean-Luc MÉLENCHON
MONDE DIPLO (Blogs persos)
Richard MONVOISIN
Corinne MOREL-DARLEUX
Timothée PARRIQUE
Thomas PIKETTY
VisionsCarto
Yannis YOULOUNTAS
Michaël ZEMMOUR
LePartisan.info
 
  Numérique
Thomas BEAUFILS
Blog Binaire
Christophe DESCHAMPS
Dans les Algorithmes
Louis DERRAC
Olivier ERTZSCHEID
Olivier EZRATY
Framablog
Fake Tech (C. LEBOUCHER)
Romain LECLAIRE
Tristan NITOT
Francis PISANI
Irénée RÉGNAULD
Nicolas VIVANT
 
  Collectifs
Arguments
Scientifiques en Rebellion
Bondy Blog
Dérivation
Économistes Atterrés
Dissidences
Mr Mondialisation
Palim Psao
Paris-Luttes.info
Rojava Info
X-Alternative
 
  Créatifs / Art / Fiction
Nicole ESTEROLLE
Julien HERVIEUX
Alessandro PIGNOCCHI
Laura VAZQUEZ
XKCD
🌓