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Scientifiques en Rebellion

Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire.


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01.11.2022 à 01:00

Octobre-novembre 2022 : campagne d'action internationale en Allemagne

En octobre-novembre 2022, des scientifiques de toute l’Europe ont convergé vers l’Allemagne pour la campagne Unite Against Climate Failure à l'appel de Scientist Rebellion, Leszte Generation, Debt for Climate et End Fossil Occupy. Elles et ils ont mené à partir du 16 octobre plusieurs actions de blocage ou d’interpellation à Berlin, s’engluant devant des bâtiments officiels (ministère des Transports, ministère des Finances), déclenchant l’alarme incendie lors du discours du chancelier allemand au Sommet mondial de la santé, ou occupant le pavillon Porsche d’un centre de loisirs dédié à l’automobile. Leurs actions étaient accompagnées de demandes auprès de l’État allemand de prendre des mesures visant à décarboner le transport, annuler la dette des pays du Sud, et reconnaître l’échec de sa politique climatique.

La semaine suivante, les scientifiques européens ont convergé vers Munich. Ils et elles se sont englué·es dans les locaux de la banque d’investissement Black Rock, ont bloqué un axe routier majeur, et se sont englués à des automobiles de luxe dans un showroom BMW le 29 octobre. Pour cette dernière action, 16 membres de Scientist Rebellion ont été placés en détention provisoire jusqu’au 4 novembre. Parmi les scientifiques mis en prison, se trouvaient les Francais Sylvain Kuppel, spécialiste toulousain des ressources hydriques, Jérôme Guilet, astrophysicien à Saclay et Hugo Raguet, chercheur en informatique à Blois, et Marceau Minot, docteur en écologie de l’université de Rouen. Manua, coordinateur de Scientist Rebellion pour la France, faisait également partie des personnes incarcérées.

Communiqué de presse

1300 scientifiques ont signé une tribune de soutien publiée sur France TV Info. Des rassemblements de soutien ont eu lieu le soir du 2 novembre 2022 devant l’ambassade d’Allemagne à Paris et le consulat d’Allemagne à Montpellier.

Crédits photo : Greenpeace Montpellier

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27.10.2022 à 02:00

« Continuer d’affirmer publiquement qu’il est toujours possible de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C n’est plus acceptable », avertissent plus de 1000 scientifiques

« Continuer d’affirmer publiquement qu’il est toujours possible de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C n’est plus acceptable », avertissent plus de 1000 scientifiques

Communiqué de presse international de Scientist Rebellion

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Plus de 1 000 scientifiques de 47 pays ont signé une lettre ouverte appelant leurs pairs à « partager avec le public ce qu’ils et elles se disent entre eux concernant la réponse mondiale au changement climatique et à la perte de biodiversité ».

La lettre ouverte, initiée et auto-publiée par le groupe d’action climatique Scientist Rebellion, a été signée par d’éminents scientifiques et par certains des auteurs principaux du GIEC. Une liste complète des signataires couvrant de nombreuses disciplines académiques, dont les sciences physiques, l’économie, les mathématiques, les sciences sociales et la psychologie, est consultable ici.

Signataire de la lettre, la professeure Marta Guadalupe Rivera Ferre, spécialiste des systèmes alimentaires et auteur principal du GIEC, déclare : « Il s’agit d’une déclaration historique de la communauté scientifique. Elle souligne qu’il est urgent que les experts disent clairement au grand public, aux politiciens et au mouvement écologiste qu’il n’y a plus de trajectoire crédible pour limiter le réchauffement planétaire en dessous de 1,5°C. ».

Signataire de la lettre, la Dr Stella Nyambura Mbau, post-doctorante en développement durable au Kenya, déclare : « Il est essentiel que les scientifiques des pays du Nord reconnaissent publiquement que la limitation du réchauffement en dessous des 1,5 °C a échoué. Nous, scientifiques des pays du Sud, avons besoin que nos pairs d’Europe et d’Amérique du Nord s’expriment à ce sujet car ils sont beaucoup plus proches des centres de pouvoir politique et économique qui entravent l’action en faveur du climat. Cela n’a jamais été aussi urgent, alors que nous approchons d’un monde au-dessus des 1.5°C de réchauffement. »

La lettre déclare : « Les scientifiques s’accordent sur le fait qu’il n’y ait pas de voie crédible vers un réchauffement limité à 1,5°C. Cela nécessiterait que les émissions mondiales atteignent leur pic avant 2025 et soient réduites de 43 % d’ici 2030. Et même ce scénario conduirait probablement à dépasser le seul des +1,5 °C au cours des dix prochaines années. Le scénario le plus optimiste présenté par le GIEC repose sur le déploiement hypothétique de technologies d’élimination du dioxyde de carbone à grande échelle, afin de faire baisser les températures d’ici la fin du siècle.

Continuer d’affirmer publiquement qu’il est toujours possible de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C n’est plus acceptable. Pourtant, des politiciens, des scientifiques de premier plan et des figures du mouvement pour le climat persistent à le faire. En conséquence, les industries polluantes et les décideurs politiques sont involontairement encouragés à s’opposer à une décarbonation rapide ».

Signataire de la lettre, Bill McGuire, professeur émérite des risques géophysiques et climatiques à l’University College de Londres, a déclaré : « Il est dangereux, trompeur, et tout simplement faux, de donner au public l’impression que nous pouvons encore rester de ce côté du garde-fou du changement climatique qu’est le seuil des 1,5°C. Non seulement cela suggère que nous pouvons encore éviter l’effondrement climatique généralisé, mais cela fournit une excuse aux politiciens pour continuer à tergiverser, et aux pollueurs pour continuer à polluer. »

En réponse, la lettre ouverte appelle la communauté des scientifiques travaillant sur tous les aspects du changement climatique à faire une déclaration publique avant la COP27, affirmant les éléments suivants :

  • « Premièrement, constater que le dépassement de l’objectif des +1,5 °C tel que défini par le GIEC dans sa dernière évaluation est inéluctable. »
  • « Deuxièmement, reconnaître le défi que représente la limitation de l’augmentation de la température « bien en dessous de 2 °C » (conformément à l’accord de Paris de 2015) sur la base des hypothèses les plus prudentes concernant le potentiel des technologies à émissions négatives, afin de prendre en compte les incertitudes liées à ces technologies, et de montrer au public l’ampleur des réductions nécessaires selon les scénarios des scientifiques. »
  • « Enfin, et en réponse directe à ce qui précède, nous demandons que les trois piliers de la politique climatique – atténuation, adaptation et compensation (c’est-à-dire pertes et dommages) – soient réellement mis en œuvre. Cela signifie que les états riches doivent enfin tenir leur promesse de financer 100 milliards de dollars par an pour aider les pays les plus pauvres à faire face au changement climatique, comme point de départ minimum. »

À propos de Scientist Rebellion :
Nous sommes un groupe d’action climatique regroupant plus d’un millier de membres dans 32 pays.
Nos membres sont des scientifiques d’horizons divers, des étudiants en sciences jusqu’aux
chercheur.euses titulaires. Nous partageons la conviction selon laquelle les scientifiques doivent mettre en place des actions de désobéissance civile non violente pour renforcer leur crédibilité. Lors d’actes de résistance civile, nous nous identifions en portant des blouses de laboratoire. Le Climate Emergency Fund soutient les efforts de recrutement, de formation, de renforcement des capacités et d’éducation de Scientist Rebellion.
Plus d’informations sur : https://scientistrebellion.org

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23.10.2022 à 18:37

Appels précédents de scientifiques

Appels précédents de scientifiques

« Scientists’ Warning: A Second Notice » : avertissement de 15 000 scientifiques du monde entier dans BioScience 25 ans après le premier appel, décembre 2017.

« Scientists’ Warning of a Climate Emergency » : avertissement de 11 000 scientifiques du monde entier dans BioScience, novembre 2019.

« Climat : "Nous en appelons aux décideurs politiques" » : tribune de 700 scientifiques français dans Libération, 7 septembre 2018.

« Facts about our ecological crisis are incontrovertible. We must take action » : appel de 94 scientifiques britanniques dans The Guardian, 26 octobre 2018.

« Act now to prevent an environmental catastrophe » : appel de 94 scientifiques, politiciens et activistes de tous pays dans The Guardian, 9 décembre 2018.

« Nous, scientifiques, ferons aussi la grève scolaire du 15 mars » : tribune de 260 universitaires suisses, français et belges dans Le Monde et Le Temps, 20 février 2019.

« La mobilisation mondiale du 15 mars, lancée par la jeunesse, doit nous interpeller et nous faire réagir » : tribune d'universitaires membres de l'Atécopol dans Le Monde, 5 mars 2019.

« Nous déclarons notre soutien à Extinction Rebellion » : lettre ouverte de 81 scientifiques suisses et 220 citoyens suisses dans Le Temps, 21 octobre 2019.

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17.10.2022 à 02:00

Lettre ouverte de demande de clarification du CNRS

Lettre ouverte de demande de clarification du CNRS : campagnes polaires – Compagnie du Ponant

À l’attention de :

Mme Christine Noiville, Directrice du Comité d’éthique du CNRS
M. Nicolas Arnaud, Directeur de l’Institut national des sciences de l’Univers du CNRS
M. Alain Schuhl, Directeur général délégué à la science et Président du Comité développement durable du CNRS

Objet : Lettre ouverte de demande de clarification du CNRS : campagnes polaires – Compagnie du Ponant

Madame, Messieurs,

En avril dernier, le collectif Scientifiques en rébellion appelait à saturer de fausses réponses un questionnaire initié par un ancien directeur de l’Institut Paul Émile Victor, Jérôme Chappellaz. À travers ce sondage, ce chercheur interrogeait la communauté des glaciologues, et au-delà, sur l’opportunité de campagnes scientifiques aux pôles financées par un opérateur de tourisme de luxe privé, la Compagnie du Ponant.

Par cette campagne de déstabilisation, le collectif Scientifiques en rébellion souhaitait dénoncer cette opération menée avec le consentement de l’Institut national des sciences de l’Univers (INSU) du CNRS et consistant, selon ce collectif, en une marchandisation des pôles sous couvert d’aide à la science. Pour l’armateur : une opération de « greenwashing » savamment orchestrée (puisque le navire prévoit des espaces dédiés à la recherche dès sa conception) avec une communication toujours tournée vers des records en inadéquation avec un faible impact environnemental. Pour les chercheur·euses : un « baiser de la mort ». En effet, soit par manque de moyens de la recherche publique1, soit par simple effet d’aubaine, ces dernier·es en viennent à cautionner, presque comme un mal nécessaire, les émissions de 250 tonnes équivalent CO2 par jour en mer ! Ces émissions étant principalement dues aux 245 croisiéristes privilégiés et riches (au minimum 10 000 € pour 10 nuits à bord), et aux 215 membres de l’équipage à leur service.

Depuis, le sujet a fait l’objet d’un article dans la revue Reporterre qui reprend une partie de nos arguments et prend également le temps de questionner des chercheur·euses, la direction du CNRS et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Le témoignage de M. Chappellaz en dit long sur l’état d’esprit d’une partie de la communauté de recherche française, bien au-delà du seul domaine de la glaciologie : « Soyons pragmatiques, dit-il à Reporterre. Le Commandant Charcot naviguera vers les pôles avec ou sans scientifiques. Sa clientèle aisée est le cœur de cible et elle s’y rendra de toute façon. Alors, tant que la science ne devient pas le prétexte pour organiser des expéditions avec des touristes, utilisons ce vecteur. » L’INSU, qui a donné son consentement à cette démarche, peut-il par son silence cautionner de tels propos ? Et quid du comité d’éthique et du comité développement durable du CNRS ?

Cette posture nous semble en effet largement condamnable d’un point de vue éthique. Reprendre un argument à courte vue, déjà éculé à propos des vols en avion, du type « de toute façon il décollera sans moi » comme justification à l’inaction climatique nous semble erroné, inacceptable voire complice2. Aller jusqu’à nier que la science soit un prétexte alors qu’elle est justement au cœur de l’approche marketing de la Compagnie du Ponant (comme en témoigne un croisiériste dans le reportage) confine au cynisme. La recherche publique sur les pôles attendra-t-elle que toute la glace de l’Arctique ait fondu, et que sa crédibilité auprès du public ait connu le même sort, pour cesser de s’associer à des opérations aussi irresponsables du point de vue climatique ? Commencera-t-elle alors seulement à se questionner sur la pertinence de ces recherches et missions, sur le rapport entre l’état actuel des connaissances, celles qui sont indispensables pour comprendre l’évolution de l’Antarctique et le « coût carbone » de ses activités ?

On serait en droit d’attendre du CNRS une posture ferme sur l’exploitation de la science à des fins de « greenwashing ». On serait en droit d’attendre que le CNRS questionne le bien-fondé d’une science à plus de 60 tonnes de CO2 par jour et par chercheur·euse3. On serait en droit d’attendre que le CNRS s’interroge sur le risque de conflit d’intérêt, dans la mesure où il semble que ces chercheur·euses bénéficient de conditions de résidence exceptionnelles à bord, voire d’une rémunération pour les conférences qu’ils ou elles peuvent y donner. L’intervention de Mme Daphné Buiron, médiatrice scientifique à bord du navire, indiquant que la compagnie « était aux petits soins pour chacun d’entre eux » ne lève pas ces doutes, bien au contraire.

Sur la plupart de ces questions, le CNRS n’apporte pas de réponse (voir annexe de l’article de Reporterre) et reste dans une stature faussement académique et distanciée. Quand bien même la science qui s’y fait à bord serait irréprochable et de très haut niveau, quand bien même les chercheur·euses n’y bénéficieraient d’aucun avantage spécifique, le CNRS peut-il pour autant cautionner de telles campagnes ? En ce sens, nous vous adressons la question posée par Reporterre au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (dont la réponse est, à proprement parler, inadmissible) : « Est-il acceptable [pour le ministère] que des chercheurs français fassent de la recherche sur un navire de tourisme, et que la présence des scientifiques à bord puisse participer à la communication de la compagnie de croisière qui l’opère ? ». Au-delà, peut-on faire de la recherche à n’importe quel impact carbone ? Si, après un examen rigoureux, transparent et éthique des impacts, il est jugé que l’intérêt scientifique des activités de recherche polaires justifie ses émissions carbone, c’est alors au CNRS et au ministère d’investir de manière conséquente pour leur financement.

Sur tous ces éléments, nous souhaiterions recevoir et transmettre à nos membres, et plus largement au public sensible à l’intégrité de la recherche publique française, une clarification de la part de l’INSU, du comité d’éthique et du Comité développement durable. L’INSU pourrait d’ailleurs utiliser le cadre de travail du groupement de recherche Labos1point5 (soutenu par l’INRAE et le CNRS) et les réflexions menées par de nombreux chercheur·euses pour clarifier sa position et avancer dans la formulation d’une éthique environnementale de la recherche.

Pour votre information, notre opération a été un succès avec l’interruption du questionnaire quelques heures à peine après le lancement de l’opération. Suite à cette interruption, finalement temporaire, nous avons mis en place une pétition pour que le monde de la recherche puisse continuer à manifester sa désapprobation. Malgré la durée de la campagne, quelques jours seulement, nous avons recueilli plus de 300 soutiens, dont nous pouvons vous faire suivre la liste sur simple demande. Cette campagne s’est par ailleurs étendue au grand public puisqu’elle a été relayée par Extinction Rebellion France.

Dans l’attente de vos retours, nous vous adressons nos respectueuses salutations,

Le collectif Scientifiques en rébellion


1 Voir à ce propos la récente tribune dans Le Monde : « Le futur de la recherche polaire en Antarctique est mis en danger par le projet de la loi de finances pour 2023 ».

2 Voir le point 3 de l’article de la revue Bon Pote pour le contre-argumentaire et cet article scientifique pour sa justification.

3 À titre d’illustration, l’Institut polaire Français (IPEV) a estimé des émissions à 32 tonnes de CO2 équivalent par scientifique et par an pour les missions polaires.

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15.10.2022 à 02:00

Admettre l’échec : il ne reste aucune voie crédible pour atteindre 1,5 °C

Admettre l’échec : il ne reste aucune voie crédible pour atteindre 1,5 °C

Communiqué de presse international de Scientist Rebellion

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#UniteAgainstClimateFailure

Plus de 100 scientifiques et universitaires de 12 pays risqueront l’arrestation et l’emprisonnement en Allemagne à partir de ce week-end pour demander au gouvernement d’admettre qu’il n’est plus possible de limiter le réchauffement climatique en dessous de +1,5 °C.

Ces scientifiques sont membres du groupe d’action contre le dérèglement climatique Scientist Rebellion. Sous la bannière « Unite-Against-Climate-Failure », ces scientifiques prévoient une campagne de désobéissance civile non violente à Berlin et en Bavière à partir du 16 octobre.

L’Allemagne a été choisie en tant que pays influent au sein de l’Union européenne et l’un des pays les plus riches du monde. L’économie allemande a bénéficié plus que d’autres de la combustion d’énergies fossiles et de l’exploitation des ressources, mais elle n’arrive pas à respecter ses objectifs en matière de climat et de biodiversité.

La Dr Stella Nyambura Mbau, post-doctorante en développement durable et membre de Scientist Rebellion au Kenya, déclare : « L’action mondiale visant à réduire les émissions conformément à la trajectoire de 1,5 °C n’a jamais été suffisante. Et maintenant, il est trop tard. Refuser de l’admettre revient à ignorer les souffrances qui affectent déjà les pays du Sud. Plus de 20 millions de personnes (dont 10 millions d’enfants) risquent de mourir de faim dans la corne de l’Afrique à cause de l’une des pires périodes de sécheresse. »

Le Dr Peter Kalmus, climatologue américain et membre de Scientist Rebellion, déclare : « Je ne vois aucun signe que les dirigeants mondiaux se préparent à opérer les changements radicaux nécessaires pour limiter le réchauffement à 1,5 °C degrés. Il est temps de reconnaître devant au public qu’il n’y a pas de voie crédible pour rester en dessous de 1,5 °C, même si en termes scientifiques, cela reste géophysiquement possible. »

Promesses non tenues

Les gouvernements ne respectent pas l’engagement inscrit dans l’Accord de Paris de poursuivre les efforts pour rester en dessous de 1,5 °C de réchauffement. Les émissions mondiales atteindront un niveau record en 2021, alors que les gouvernements dépenseront davantage pour subventionner les combustibles fossiles en 2021 qu’en 2015, année de la signature de l’Accord de Paris.

Les chercheurs reconnus admettent qu’il n’existe pas de voie crédible vers les +1,5 °C. Le scénario le plus optimiste du GIEC pour rester sous la barre des +1,5 °C exige que les émissions mondiales atteignent un pic avant 2025 et soient réduites de 43 % d’ici 2030. Même dans ce cas, le seuil de +1,5 °C serait probablement dépassé au cours des dix prochaines années.

Avant sa campagne en Allemagne, Scientist Rebellion a sollicité près de 2 000 scientifiques, universitaires et personnalités reconnues dans l’étude du changement climatique. Tous et toutes ont été encouragé·es par Scientist Rebellion à contribuer à sensibiliser le public au fait que limiter le réchauffement à +1,5 °C est désormais peu plausible.

Descendre dans la rue

En Allemagne, Scientist Rebellion se mobilisera en collaboration avec les groupes d’action climatique Last Generation, Debt for Climate et End Fossil Occupy, sous la bannière Unite-Against-Climate-Failure. Cette coalition mènera dans une action de désobéissance civile non violente jusqu’à la fin du mois d’octobre. Les participants exigent du gouvernement allemand qu’il admette l’échec à limiter le réchauffement climatique en dessous de 1,5 °C et qu’il passe en mode d’urgence.

Au niveau mondial, Unite-Against-Climate-Failure demande au gouvernement allemand d’écrire immédiatement à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international pour demander l’annulation de toute la dette des pays du Sud, alors que le monde s’approche des +1,5 °C et au-delà. Cela faciliterait grandement leur transition vers un monde plus durable, contribuant à prévenir une nouvelle dégradation du climat.

En Allemagne, la coalition exige des mesures immédiates pour la décarbonation des transports, à travers i) l’introduction d’une limitation de vitesse sur les autoroutes allemandes, célèbres pour leur absence de limitation ; et ii) la pérennisation sans limite de durée du ticket à 9 € pour les transports publics, qui connaît un grand succès.

Des photos d’actions passées sur : https://drive.google.com/drive/folders/1Z7_qjEdmiC6f-rFkrr_WRG1iw3V1PDcj

À propos de Scientist Rebellion

Nous sommes un groupe d’action contre le dérèglement climatique qui compte plus de mille membres dans 32 pays. Nos membres vont de l’étudiant en sciences au professeur des Universités, dans des domaines scientifiques variés. Nous pensons tous que les scientifiques doivent mener des actions directes non violentes pour gagner en crédibilité. Lors des actions de désobéissance civile, nous nous identifions en portant des blouses de laboratoire.

Plus d’informations : https://scientistrebellion.org

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15.10.2022 à 02:00

Mobilisation nationale de scientifiques contre l’inaction climatique

Mobilisation nationale de scientifiques contre l’inaction climatique

Dans plusieurs villes de France (Montpellier, Nice, Paris et Toulouse), des scientifiques ont participé ce weekend à des actions d’information du public et de désobéissance civile, au nom de la lutte contre la catastrophe environnementale et humaine en cours et à venir. Dans un texte de 4 pages, disponible sur le site du collectif Scientifiques en rébellion, ils expliquent leurs motivations, leur positionnement et leurs interrogations. Certaines de ces actions ont été menées en collaboration avec les collectifs citoyens ANV-COP21 – Alternatiba et Extinction Rebellion. Cette mobilisation des scientifiques en France s’est faite dans le sillage d’une tribune parue en Une du journal Le Monde en 2020, dans laquelle mille scientifiques appelaient à la désobéissance civile. En parallèle, en Allemagne, des scientifiques venu·es de toute l’Europe (dont certain.es de France) participent à l’appel du collectif Scientist Rebellion à une campagne d’actions de désobéissance civile intitulée « Unite Against Climate Failure » qui se déroulera jusqu’au 4 novembre. Les scientifiques appellent tout·es leurs collègues qui ont pris conscience de l’urgence climatique à les rejoindre pour amplifier la mobilisation.

À Nice, les scientifiques ont organisé samedi 15 octobre matin avec les collectifs ANV-COP 21, Extinction Rebellion et Alternatiba 06 une conférence-occupation festive et populaire sur le thème « Urgence climatique, inaction politique », devant la Maison des Grands Projets de la Ville de Nice. Une banderole « Climat, biodiversité : écoutons les scientifiques » a été déployée. Le but de l’action était de rappeler que l’atteinte des objectifs de réduction d’émissions de CO2 nécessitera des changements en profondeur de nos modes de vie, et qu’une priorité est de renoncer aux grands projets d’un autre temps fortement émetteurs de carbone. À Nice, l’extension du terminal 2 de l’aéroport et l’urbanisation massive de terres fertiles dans la plaine du Var représentent des symboles de l’aveuglement des politiques territoriales qui affichent des objectifs ambitieux de réduction d’émissions sans mettre en place de leviers efficaces de décarbonation et de sobriété. La conférence a réuni une cinquantaine de personnes, et des débats ont ensuite été menés avec le public pour faire émerger des propositions citoyennes alternatives pour une métropole neutre en carbone.

À Toulouse, vendredi 14 octobre matin, dix scientifiques, soutenus par les militants d’ANV-COP21, ont perturbé un événement co-organisé par Toulouse Métropole et le journal La Tribune : « Toulouse Zéro Carbone » (vidéo disponible en ligne; temps forts de l’action indiqués dans les commentaires de la vidéo). Les scientifiques ont demandé à pouvoir prendre la parole avant une table ronde à laquelle participait entre autres TotalEnergies et l’élu responsable du PCAET (Plan Climat Air Energie Territorial) de la ville. Une dizaine de diapositives ont été projetées, en rappelant notamment que les politiques mises en place actuellement, à toutes les échelles (internationale comme territoriale) nous conduisent vers une catastrophe environnementale. Les scientifiques ont souligné que l’une des priorités est d’arrêter les projets qui ne vont pas dans la bonne direction, pointant du doigt certains programmes d’aménagement locaux (routier, artificialisation des sols), et la politique de TotalEnergies d’ouvrir de nouveaux gisements fossiles. L’ouverture de nouvelles exploitations est en effet incompatible avec les budgets carbone permettant de limiter le réchauffement à +1,5 ou 2°C, et représente autant de « bombes climatiques », selon une expression utilisée dans des publications scientifiques. Les scientifiques ont conclu leurs interventions en demandant que trois questions soient posées au cours de la table ronde. Ils et elles ont notamment demandé aux intervenants de justifier leur maintien de projets incompatibles avec les objectifs climatiques et environnementaux. Les scientifiques ont également demandé à TotalEnergies de se positionner par rapport au soutien qu’il apporte à un Master dirigé par un scientifique contestant ouvertement la légitimité du GIEC, une affaire révélée dans le Canard enchaîné du 12 octobre 2022. Le représentant de TotalEnergies a contesté les conclusions du Canard Enchainé et affirmé travailler avec le scientifique en question « depuis 15 ans ». Après quelques minutes de table ronde, les scientifiques, considérant que les propos tenus par le représentant de TotalEnergies n’étaient pas sincères et ne répondaient pas à la problématique centrale de la poursuite de l’exploitation des énergies fossiles, se sont placé·es devant la scène avec des affiches indiquant « greenwashing », et ont quitté la salle. 

À Paris, une conférence sauvage intitulée « Inaction climatique : défaite de la science» s’est tenue samedi 15 octobre à 14h au village des sciences de Sorbonne Université organisé pour la Fête de la science 2022. En s’invitant dans le programme, les scientifiques mobilisé·es voulaient dénoncer le décalage entre le thème choisi par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, « Réveil climatique », et l’insuffisance criante des mesures prises par le gouvernement pour répondre à l’urgence climatique. Kévin Jean, l’un des scientifiques organisateurs de cette action estime qu’« après plus de 40 ans d’alertes scientifiques ignorées par les décideurs, et alors que l’État français a été condamné en justice pour le non-respect des objectifs climatiques, mettre en avant le partage des connaissances comme réponse au défi climatique est scandaleux, on ne peut plus laisser passer ». Les scientifiques mobilisé·es ont détaillé cette incohérence au cours d’une série de prises de paroles de chercheur.es de différentes disciplines. Les scientifiques ont profité d’une table ronde pour interpeller les présentateur.ices météo Laurent Romejko  (France 3) et Karine Durand (CNews) sur la responsabilité des médias ainsi qu’un collègue climatologue à propos de partenariats entre la recherche publique et TotalEnergies.

À Montpellier, une conférence sauvage samedi 15 octobre à 11h sur la place de la Comédie a mobilisé une quarantaine de scientifiques et une vingtaine de militant·es d’ANV-COP21 – Alternatiba, toutes et tous uni·es pour dénoncer l’inaction climatique. Les scientifiques, menant pour la plupart des recherches en écologie, évolution et agronomie, ont pris la parole pour rappeler les principaux résultats du GIEC et les chiffres de plus en plus alarmants sur l’effondrement de la biodiversité, avec le slogan « Alerte scientifique, crise climatique, urgence action publique ». Les militants d’ANV-COP21 – Alternatiba, sous la banderole « Urgence climatique : Écoutez les scientifiques » ont rejoint ce rassemblement après une action de désobéissance civile ciblant une agence BNP Paribas, en raison du financement par cette banque de nouvelles exploitations d’énergies fossiles.

Ces actions coordonnées entre scientifiques et autres citoyen·nes à l’échelle européenne visent à interpeller les dirigeants politiques afin que ces questions cruciales pour l’avenir de l’humanité et du vivant ne puissent plus être éludées.

ToulouseToulouse (Crédits : ANV-COP21 Toulouse) NiceNice MontpellierMontpellier ParisParis

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