22.11.2025 à 01:00
Le 22 novembre 2025, Scientifiques en rébellion et l’Orchestre du nouveau monde ont mené une action de résistance contre les désastres climatique, écologique et social pendant 10h pour marquer les 10 ans de l’Accord de Paris (COP21) et la fin de la COP30.
Dès 6h, et jusqu’à 14h en continu, une cinquantaine de scientifiques se sont relayé·es pour faire entendre des textes importants, des textes qui rappellent les faits et convoquent les émotions. En blouses blanches, elles et ils ont défilé en cercle en portant une bombe symbolisant les méga projets d’énergies fossiles (« bombes carbone »). Chaque quart d’heure, au son d’un gong, elles et ils ont scandé les dates des 30 COP et la progression inexorable des émissions de gaz à effet de serre.
A partir de 14h, plus de 150 de scientifiques et ami·es, associé·es aux 50 musicien·nes de l’orchestre, ont joué en boucle le Dies Irae de Verdi, hymne de la colère et du jugement. Faisant entendre le souffle du vivant dans un monde à bout de respiration, transformant la place publique en un espace d’alerte et de résistance. Les Red Rebels d’Extinction Rebellion habillé·es en rouge pour symboliser le sang des espèces disparues ont accompagné l’action de leur chorégraphie.
19.11.2025 à 01:00
Samedi 22 novembre 2025 – Place du Trocadéro – Paris – De 6h à 16h – Point presse à 14h
Scientifiques en rébellion et l’Orchestre du nouveau monde mèneront une action de résistance contre les désastres climatique, écologique et social pendant 10h ! Dès 6h, et jusqu’à 14h en continu, nous, scientifiques, ferons entendre des textes importants, des textes qui rappellent les faits et convoquent les émotions. A partir de 14h, nous jouerons en boucle le Dies Irae de Verdi, hymne de la colère et du jugement. Faire entendre le souffle du vivant dans un monde à bout de respiration avec un chœur de plus de 100 scientifiques et ami·es, associé aux 50 musicien·nes de l’orchestre, transformant la place publique en un espace d’alerte et de résistance.
« La musique classique doit être un allié des luttes climatiques. Nous sommes dans un moment de bascule. Aujourd’hui, le Dies Irae de Verdi, en latin “jour de colère, jour de vérité” est là pour être une caisse de résonances de scientifiques à bout de souffle. »
Etienne Jarrier, chef d’orchestre et co-fondateur de l’Orchestre du Nouveau Monde.
COP30 : 10 ans depuis l’Accord de Paris. Pourtant les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, le réchauffement climatique va dépasser le seuil critique de +1,5°C, et les évènements extrêmes (canicules, inondations, sécheresses...) vont se multiplier.
10 ans depuis l’Accord de Paris de la COP21 qui devait marquer un tournant dans l’engagement des États pour limiter le changement climatique. Il s’inscrit dans une lignée de 30 ans de COP qui auront échoué à arrêter la catastrophe en cours: dix ans après, la perspective d’une augmentation de 3°C des températures ne choque plus les pouvoirs publics, alors que ces conditions climatiques sont celles d’un monde invivable.
Ce n’est pas une fatalité ! Si les COP sont impuissantes, c’est le fait d’une minorité. Les représentants des États portent servilement la parole des intérêts privés et ignorent celle des citoyennes et des citoyens comme celle de la science. Faisons cesser les faux-semblants des dirigeants réunis aux COP, à commencer en France, où les déclarations d’engagement des pouvoirs publics sont à l’opposé des positions qu’ils tiennent aux COP. Bloquons les banques et industries fossiles qui investissent massivement dans de nouveaux gisements fossiles, véritables bombes climatiques.
10h pour rappeler des faits. La méthode scientifique est fondée sur des observations rigoureuses dont l’analyse conduit à la production de faits objectivables et à la validation théorique. C’est la raison qui nous alerte depuis des décennies sur les catastrophes en cours, mais aussi sur les injustices qui les accompagnent : injustices entre classes sociales, injustices entre pays ; injustices entre les puissants responsables – 10% des personnes les plus riches produisent plus de 50% des émissions au niveau mondial – et les victimes du dérèglement climatique.
10h aussi pour faire entendre des textes qui disent les émotions que l’observation et l’expérience de la catastrophe engendrent. 10h pour partager ces émotions.
10h pour s’obstiner à lire, dire, crier, contre la catastrophe ; pour résister à un système mortifère et un discours public de désinformation.
17.11.2025 à 01:00
Du 17 au 21 novembre 2025, Scientifiques en rébellion a participé à la deuxième semaine de l’AlterCOP30 organisée par l’Académie du Climat à Paris. Au programme, un échange avec des scientifiques en procès, un arpentage du rapport sur la désinformation climatique, des ateliers sur les sciences, la santé et la justice environnementale, et une projection-débat.
17.11.2025 à 01:00
Cinq Français membres de Scientifiques en rébellion ont été condamnés à des amendes de 11 000 € au total le 17 novembre par le tribunal de district de Munich pour avoir mené des actions de désobéissance civile non-violente. Cette décision marque un tournant dans la répression des mouvements écologistes : en dépit de l’augmentation inquiétante du nombre de condamnations, les autres procès impliquant plusieurs scientifiques français·es s’étaient jusqu’ici toujours conclus par des relaxes. Les scientifiques dénoncent le fait que, tout au long d’une procédure-bâillon de 3 ans, la justice bavaroise a refusé de discuter de la légitimité de la désobéissance civile contre l’inaction climatique, et n’a pas hésité à leur faire subir une semaine de détention préventive. La procédure a néanmoins permis de réduire nettement les amendes par rapport aux réquisitions initiales exorbitantes du procureur et des multinationales BMW et BlackRock.
Alors que l’échec de l’Accord de Paris sur le climat est patent dix ans après sa signature, Scientifiques en rébellion poursuit la mobilisation, avec une série de conférences à Paris dans le cadre de l’AlterCOP30 et une performance artistique et scientifique de 10h lectures et de musique le samedi 22 novembre au Trocadéro.
Cinq scientifiques ont été condamnés à des peines de 1350 € à 2700 €, pour un total de 11 250 €. Une sixième scientifique qui n’avait participé qu’à une partie des actions a été relaxée, mais le parquet peut encore faire appel. C’est la première fois que plusieurs scientifiques français sont condamnés suite à un procès pour une action de désobéissance civile en faveur du climat. Les procès précédents se sont jusqu’ici soldés par des relaxes (notamment pour état de nécessité) : à Paris suite à une conférence-occupation au Muséum national d’histoire naturelle en 2022 ; au Havre suite au blocage d’un pont contre la construction d’un terminal méthanier en 2024 ; à Bobigny, suite à une occupation du tarmac de l’aéroport de Roissy.
Hugo Raguet, scientifique poursuivi en Allemagne, a déclaré à la sortie de l’audience : « La peine disproportionnée infligée par le tribunal de Munich illustre l’acharnement des entreprises climaticides contre les mobilisations écologistes, avec la complicité des États. Les lanceurs et lanceuses d’alerte comme nous sont emprisonnés et poursuivis pour des actions non-violentes, alors que les véritables criminels climatiques continuent à causer des souffrances à des millions de personnes pour préserver leurs profits. »
Les scientifiques poursuivi·es devant le tribunal de district de Munich devaient répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment de dégradation, d’intrusion et de coercition, à la suite d’actions non-violentes au cours desquelles ils et elles s’étaient introduit·es dans les bureaux du fonds d’investissement BlackRock, s’étaient collé les mains à une voiture de luxe dans un salon d’exposition BMW, et avaient bloqué une intersection au centre de Munich. Ces actions ont été menées à l’occasion d’une campagne de désobéissance civile non-violente du collectif Scientist Rebellion, en octobre 2022, à Berlin et Munich, pour dénoncer le manque de mesures de lutte contre le changement climatique. Leurs arrestations à ce moment-là, impliquant 20 personnes au total, avaient déjà été suivies de détentions préventives durant jusqu’à 6 jours, ce qui avait suscité une tribune de soutien de 1200 scientifiques. Cette audience arrive après des ordonnances pénales d’amendes individuelles exorbitantes (excédant largement le seuil conférant un casier judiciaire) immédiatement contestées, puis trois années de procédure impliquant trois déplacements en personne en Allemagne.
La persévérance des scientifiques poursuivi·es et de leurs avocat·es a cependant permis de faire très nettement diminuer le montant initial des amendes (environ 50 000 € pour 6 personnes) et l’estimation des dommages matériels causés aux multinationales BMW et BlackRock (40 000 €). L’exagération des dommages a d’abord été clairement démontrée par une contre-expertise des frais de nettoyage des bureaux de BlackRock, divisant par quatre l’estimation initiale. Les avocat·es de la défense ont ensuite montré le peu de sérieux des estimations des dommages causés aux voitures exposées dans le showroom BMW, qui s’élevaient à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ils et elles ont montré que l’expert mandaté par le tribunal n’avait pu physiquement accéder aux voitures concernées et encore moins aux pièces remplacées. Ils et elles ont contesté la méthode d’expertise et ont fait apparaître sa situation de conflit d’intérêts : vendeur de voitures, il promeut la voiture thermique individuelle et a reconnu lors de l’audience croire les déclarations de BMW sans les vérifier.
On ne peut que regretter que le tribunal ait refusé de débattre de la seule question qui compte vraiment : les actions de désobéissance civile menées par ces scientifiques étaient-elles légitimes et proportionnées face à l’urgence climatique, au manque d’actions du gouvernement allemand, et à la responsabilité de BMW et de BlackRock dans l’obstruction aux politiques écologiques ? Alors que de nombreuses juridictions à travers le monde ont reconnu la légitimité de ce type de mobilisation ou condamné des États pour inaction climatique, le tribunal de district de Munich s’est contenté de débattre des détails des actions menées. Dans leur déclaration commune lors de l’audience du 17 novembre, les scientifiques poursuivi·es ont dénoncé : « S’il y a des criminels dans cette affaire, ce sont BMW, BlackRock, et les gouvernements qui les soutiennent aveuglément contre l’intérêt commun. », regrettant que « les lois accordent encore une place prépondérante à la propriété privée et aux intérêts à court terme, escamotant l’importance de la crise écologique et ne permettant pas de protéger la population ».
Trois ans après les actions poursuivies, leurs motivations sont plus que jamais d’actualité puisque le gouvernement de Friedrich Merz et BMW continuent d’entraver la lutte contre le changement climatique en défendant la production de SUV (qui, même hybrides ou électriques, restent une aberration écologique et de santé publique) et en contestant l’interdiction de la vente de voitures thermiques en 2035 dans l’Union européenne. Quant à BlackRock, il a officialisé son absence d’engagement pour le climat en se retirant en 2025 de l’initiative Net Zero Asset Managers, qui consistait pourtant surtout à du greenwashing.
Les activistes et Scientifiques en rébellion dénoncent une disproportion dans la réponse judiciaire faisant une large place à des demandes financières de criminels climatiques à l’abri du besoin (p. ex. 5 milliards de dollars de bénéfices pour BlackRock en 2023). Cette procédure-bâillon fait écho à un climat d’étouffement répressif des mobilisations écologistes en Allemagne comme ailleurs. Cet acharnement judiciaire contre des scientifiques ayant mené des actions essentiellement symboliques illustre une dynamique dangereuse plus large dénoncée par Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs et défenseuses de l’environnement. Dans son rapport publié le 28 février 2024 intitulé « Répression par l’État des manifestations et de la désobéissance civile environnementales : une menace majeure pour les droits humains et la démocratie », il préconise aux États de veiller à ce que les décisions de justice ne contribuent pas à restreindre la liberté d’expression. Ce 3 juillet dernier, dans son rapport « Attaqué·es pour avoir défendu la planète », Amnesty International dénonçait la montée des pratiques autoritaires envers les défenseuses et défenseurs de l’environnement partout dans le monde, à rebours de l’urgence, des attentes de la population et des libertés individuelles nécessaires à l’État de droit.
Hasard du calendrier, le 17 novembre se tient aussi à la Cour d’appel de Paris le procès de deux activistes écologistes pour une action non violente menée en février 2020 par Youth for Climate et Extinction Rebellion contre le siège de BlackRock France. En disproportion totale avec les faits reprochés, deux militants non violents avaient été condamnés à de la prison avec sursis en première instance, assortis d’une amende et d’une interdiction de paraître à Paris.
Scientist Rebellion est un mouvement international de scientifiques et d’universitaires de plus de 32 pays qui appellent à la désobéissance civile pacifique face à l’échec politique de la crise climatique. Sa branche française Scientifiques en rébellion comprend 500 membres et 3500 sympathisant·es.
15.11.2025 à 01:00
Résidence du 17 au 21 novembre 2025
Scientifiques en rébellion (SeR) participe à la deuxième semaine de l’AlterCOP30 organisée par l’Académie du Climat. Venez nous rencontrer, échanger et participer à nos ateliers et débats !
Un duplex Paris-Belem aura lieu tous les jours à 17h.
Rencontre : Jusqu’où s’engager ? Échange avec les activistes SeR en procès
Six membres français·es de Scientifiques en rébellion passent en audience au tribunal à Munich pour des actions de désobéissance civile non violente menées en 2022 dans le cadre de la campagne internationale Unite Against Climate Failure. Ces activistes, confronté·es à des chefs d’accusation comme la dégradation, l’intrusion et la coercition, risquent des amendes pouvant atteindre 10 000 € par personne, commuables en 5 mois de prison. Venez échanger sur leur vécu, les enjeux de justice climatique et les perspectives d’action. En savoir plus
Arpentage du rapport sur la désinformation climatique
Le rapport « Cartographie de la désinformation climatique dans les médias français et brésiliens » (Data For Good, QuotaClimat, Science Feedback) révèle des conclusions alarmantes sur la manipulation de l’information climatique. SeR propose un arpentage collectif : une méthode de lecture partagée pour analyser et discuter ce rapport de 120 pages, et réfléchir ensemble à la lutte contre la désinformation. En savoir plus
Atelier : Santé et justice climatique
Le changement climatique et les bouleversements environnementaux n’ont pas les mêmes impacts sur toutes les populations, notamment en matière de santé. Cet atelier propose un arpentage du rapport annuel de The Lancet sur les effets quantifiables des crises écologiques, suivi d’une réflexion sur les inégalités et les solutions possibles. En savoir plus
Projection & débat : Islande, Terre de Sprakkar
Projection du film « Islande, Terre de Sprakkar », suivi d’un débat sur le leadership féminin face aux bouleversements systémiques. Avec la réalisatrice Doris Buttignol et des intervenantes engagées : Hala Bounaidja (éco-féministe décoloniale), Alicia Lachaise-Kondracki (Les Impactrices), Laureline Fontaine (droit constitutionnel), Ariane Lambert-Mogiliansky (économie et corruption), et Aude Carreric (climatologue, SeR). En savoir plus
Atelier : Sciences et justice environnementale – Tensions et paradoxes
Les sciences de la Terre et de l’environnement alertent depuis longtemps sur les crises écologiques. Mais sont-elles toujours au service de la justice environnementale ? Cet atelier participatif explore les tensions entre sciences, politique et justice, avec des débats sur la géo-ingénierie, le techno-solutionnisme et l’écart entre savoir et action. En savoir plus
Lieu : Académie du Climat, 2 Place Baudoyer, 75004 Paris
Buvette : Ouverte du mercredi au samedi de 11h à minuit. Plats végétariens, végan, sans gluten, et boissons locales.
Tous les événements de l’AlterCOP30 : Académie du Climat
Pourquoi participer ? Ces événements sont l’occasion de nous rencontrer, scientifiques engagé·es, de débattre des enjeux climatiques et de découvrir des initiatives concrètes pour la justice environnementale et sociale.
12.11.2025 à 01:00
La quatrième et probablement dernière audience du procès de 6 Français·es membres de Scientifiques en rébellion se déroulera le 17 novembre au tribunal de district de Munich. Les scientifiques dénoncent le fait que, tout au long d’une procédure-bâillon de 3 ans, la justice allemande a refusé de discuter de la légitimité de la désobéissance civile contre l’inaction climatique. Un verdict devrait être rendu, avec des amendes et des dommages et intérêts de plusieurs milliers d’euros par personne. Malgré une nette réduction vis-à-vis des réquisitions initiales du procureur et des multinationales BMW et BlackRock, ces réponses judiciaires disproportionnées (notamment une semaine de détention préventive) n’en participent pas moins à la criminalisation des mobilisations écologistes, alors que l’échec de l’Accord de Paris sur le climat est patent dix ans après sa signature. Un autre procès se tiendra d’ailleurs à Paris le 17 novembre suite à une action de Youth for Climate et Extinction Rebellion contre BlackRock en 2020.
Les scientifiques poursuivi·es doivent répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment de dégradation, d’intrusion et de coercition, à la suite d’actions non-violentes dans les bureaux du fonds d’investissement BlackRock, dans un salon d’exposition BMW et à une intersection bloquée au centre de Munich. Ces actions ont été menées à l’occasion d’une campagne de désobéissance civile non-violente du collectif Scientist Rebellion, en octobre 2022, à Berlin et Munich, pour dénoncer le manque de mesures de lutte contre le changement climatique. Leurs arrestations à ce moment-là, impliquant 20 personnes au total, avaient déjà été suivies de détentions préventives durant jusqu’à 6 jours. Cette audience arrive après des ordonnances pénales d’amendes individuelles exorbitantes (excédant largement le seuil conférant un casier judiciaire) immédiatement contestées, puis trois années de procédure impliquant trois déplacements en personne en Allemagne.
La persévérance des scientifiques poursuivi·es et de leurs avocat·es a cependant permis de faire très nettement diminuer le montant initial des amendes (environ 50 000 € pour 6 personnes) et des dommages et intérêts à verser aux multinationales BMW et BlackRock (40 000 €). L’exagération des dommages a d’abord été clairement démontrée par une contre-expertise des frais de nettoyage des bureaux de BlackRock, divisant par quatre l’estimation initiale. Les avocat·es de la défense ont ensuite montré le peu de sérieux des estimations des dommages causés aux voitures exposées dans le showroom BMW, qui s’élevaient à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ils et elles ont montré que l’expert mandaté par le tribunal n’avait pu physiquement accéder aux voitures concernées et encore moins aux pièces remplacées. Ils et elles ont contesté la méthode d’expertise et ont fait apparaître sa situation de conflit d’intérêts : vendeur de voitures, il promeut la voiture thermique individuelle et a reconnu lors de l’audience croire les déclarations de BMW sans les vérifier.
On ne peut que regretter que le tribunal ait refusé de débattre de la seule question qui compte vraiment : les actions de désobéissance civile menées par ces scientifiques étaient-elles légitimes et proportionnées face à l’urgence climatique, au manque d’actions du gouvernement allemand, et à la responsabilité de BMW et de BlackRock dans l’obstruction aux politiques écologiques ? Alors que de nombreuses juridictions à travers le monde ont reconnu la légitimité de ce type de mobilisation (allant jusqu’à admettre dès la première instance l’état de nécessité pour des actions impliquant Scientifiques en rébellion au Havre ou à Paris) ou condamné des États pour inaction climatique, le tribunal de district de Munich s’est contenté de débattre des détails des actions menées. Trois ans après les actions poursuivies, ses motivations sont plus que jamais d’actualité puisque le gouvernement de Friedrich Merz et BMW continuent d’entraver la lutte contre le changement climatique en défendant la production de SUV (qui, même hybrides ou électriques, restent une aberration écologique et de santé publique) et en contestant l’interdiction de la vente de voitures thermiques en 2035 dans l’Union européenne. Quant à BlackRock, il a officialisé son absence d’engagement pour le climat en se retirant en 2025 de l’initiative Net Zero Asset Managers, qui consistait pourtant surtout à du greenwashing.
Les activistes et Scientifiques en rébellion dénoncent une disproportion dans la réponse judiciaire faisant une large place à des demandes financières de criminels climatiques à l’abri du besoin (p. ex. 5 milliards de dollars de bénéfices pour BlackRock en 2023). Cette procédure-bâillon fait écho à un climat d’étouffement répressif des mobilisations écologistes en Allemagne comme ailleurs. Cet acharnement judiciaire contre des scientifiques ayant mené des actions essentiellement symboliques illustre une dynamique dangereuse plus large dénoncée par Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs et défenseuses de l’environnement. Dans son rapport publié le 28 février 2024 intitulé « Répression par l’État des manifestations et de la désobéissance civile environnementales : une menace majeure pour les droits humains et la démocratie », il préconise aux États de veiller à ce que les décisions de justice ne contribuent pas à restreindre la liberté d’expression. Ce 3 juillet dernier, dans son rapport « Attaqué·es pour avoir défendu la planète », Amnesty International dénonçait la montée des pratiques autoritaires envers les défenseuses et défenseurs de l’environnement partout dans le monde, à rebours de l’urgence, des attentes de la population et des libertés individuelles nécessaires à l’État de droit.
Hasard du calendrier, le 17 novembre se tiendra aussi à la Cour d’appel de Paris le procès de deux activistes écologistes pour une action non violente menée en février 2020 par Youth for Climate et Extinction Rebellion contre le siège de BlackRock France. En disproportion totale avec les faits reprochés, deux militants non violents avaient été condamnés à de la prison avec sursis en première instance, assortis d’une amende et d’une interdiction de paraître à Paris.