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Scientifiques en Rebellion

Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire.


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03.12.2023 à 01:00

Pour clôturer leur COP alternative, les Scientifiques en rébellion donnent des conférences dans les rues de Bordeaux et redécorent une agence Crédit Agricole

Pour clôturer leur COP alternative, les Scientifiques en rébellion donnent des conférences dans les rues de Bordeaux et redécorent une agence Crédit Agricole

Ce dimanche 3 décembre, jour de clôture de leur COP alternative organisée à Bordeaux, une trentaine de Scientifiques en rébellion ont donné des conférences dans les rues du centre-ville de Bordeaux, accompagné·es par une batucada. Certain·es portaient des banderoles ciblant les énergies fossiles et la COP de Dubaï, d’autres distribuaient des tracts au public, tandis que des orateur·ices se succédaient pour donner des conférences. Leurs messages principaux : dénoncer la mascarade de cette COP 28 et l’inaction climatique ; rappeler la nécessité de ne plus ouvrir ni financer de nouveaux sites et infrastructures liées à l’extraction de pétrole et de gaz ; souligner l’importance de traiter des enjeux liés à la biodiversité conjointement avec les enjeux climatiques. Après la fin des conférences, un groupe de scientifiques est allé recouvrir d’articles scientifiques l’agence Crédit Agricole située place de la Victoire, pour rappeler le rôle majeur des principales banques françaises dans le financement des nouveaux projets pétro-gaziers, et les appeler à les stopper.

Les scientifiques ont commencé à 9h30 par des interventions place de la Victoire, avant de se diriger une heure après, suivant une batucada, vers le marché des Capucins. Ils ont alors à nouveau pris la parole devant de nombreux passants venus faire leur marché. Lors de leurs prises de parole, les scientifiques ont rappelé le consensus scientifique sur le fait que les nouveaux projets pétro-gaziers ne sont pas compatibles avec le respect de l’Accord de Paris sur le climat, dont l’objectif est de limiter le réchauffement de la planète bien en dessous de +2°C et si possible +1.5°C. En raison du nombre de morts que vont causer ces nouveaux projets d’extraction d’énergies fossiles, certain·es scientifiques les appellent les bombes climatiques, ou bombes carbone.

Les scientifiques ont ensuite ciblé le Crédit Agricole, en recouvrant la vitrine de l’agence de la place de la Victoire d’articles scientifiques sur les bombes climatiques. La banque reste le premier financeur de Total Energies : entre 2016 et 2021, ce soutien a représenté plus de 7 milliards de dollars. De plus, Amundi, la filiale de gestions d’actifs du Crédit Agricole, est le premier actionnaire de Total Energies (14 milliards d’euros). Amundi a réaffirmé son soutien à l’entreprise en mai dernier en votant pour le plan climat de Total Energies, validant ainsi sa stratégie expansionniste, qui permet le développement de nouveaux projets tels que EACOP.

Le Crédit Agricole n’est pas la seule banque française à financer massivement l’expansion des énergies fossiles : BNP Paribas et la Société Générale le font également. Il est ainsi estimé que le financement d’entreprises pétro-gazières investissant dans les bombes climatiques a été en 2022 de 7,4 milliards pour BNP Paribas, 6,4 milliards pour le Crédit Agricole, et de 3,7 milliards pour la Société Générale1.

Cette action de Scientifiques en rébellion fait suite à d’autres alertes déjà lancées par le collectif sur le financement des bombes climatiques. Ainsi, à l’initiative du collectif, 600 scientifiques – dont plusieurs co-auteur·ices du GIEC – avaient publié en février dans L’Obs une lettre ouverte demandant au conseil d’administration de BNP Paribas de ne plus financer directement ou indirectement de nouveaux projets fossiles. Lors de l’assemblée générale de BNP Paribas (le 16 mai 2023), les scientifiques étaient intervenu·es pour rappeler à BNP Paribas que des réponses à la hauteur des enjeux étaient attendues.

Cette journée a été organisée dans le cadre d’une campagne internationale menée par le collectif Scientist Rebellion. Des actions ont lieu en lien avec la COP 28 dans plusieurs pays du monde, avec comme slogan « How much more climate failure can we take ? ». La priorité pour respecter l’Accord de Paris étant la sortie des énergies fossiles, les scientifiques en rébellion considèrent comme inadmissible et grotesque que la présidence de la COP 28 soit confiée à un magnat du pétrole. Ils et elles appellent à un accord international sur l’arrêt total de l’exploitation de nouveaux gisements.

Photos

Des photos sont disponibles sur un dossier partagé, que vous pouvez réutiliser librement, avec crédit photos « Scientifiques en rébellion » ou « Collectif Résigraphies » (voir dans chaque sous-dossier) : https://cloud.le-pic.org/s/w3tDCoFBFnLc6DC

Le reste du document donne des détails sur les constats scientifiques justifiant ces actions.

Émissions des infrastructures fossiles et bombes climatiques

Différents collectifs militent contre le financement des énergies fossiles en raison de l’urgence climatique à laquelle nous faisons actuellement face. Pour respecter l’Accord de Paris et ne pas dépasser une élévation de la température à + 1.5°C, il faut drastiquement réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Actuellement, les chercheurs estiment par exemple que pour avoir une forte probabilité de respecter l’Accord de Paris, une quantité limitée de CO2 doit être rejetée dans l’atmosphère. Plus précisément, ce « budget carbone restant » s’élève à environ 300 Gt de CO2 pour rester en dessous de +1.5°C de réchauffement et environ 900 Gt de CO2 pour espérer rester en deçà de 2°C2. Au rythme actuel d’émissions de CO2 (40 Gt CO2 par an), ce budget s’amenuise très rapidement année après année.

Les scientifiques utilisent aujourd’hui le terme de « bombes climatiques » pour qualifier les infrastructures fossiles en projet qui vont émettre plus d’un milliard de tonnes de CO2 au cours de leur existence. Pourquoi ? Parce que les énergies fossiles sont la première cause de libération de CO2 dans l’atmosphère, et que ces émissions vont causer des dizaines ou centaines de millions de morts à cause de la hausse de température résultante. 425 « bombes climatiques » ont été répertoriées dans le monde3. Du fait de la hausse de température qu’elles généreront et en utilisant nos connaissances actuelles sur le taux de mortalité associé, on peut estimer que chaque bombe climatique causerait au minimum la mort de 200 000 personnes entre maintenant et la fin du siècle. 200 000  ! Le projet EACOP émettrait par exemple à lui seul 34,3 millions de tonnes de CO2 par an pendant au moins 20 ans, ce qui pourrait causer 150 000 morts d’ici à la fin du siècle4.

Face à ces constats, les multinationales des énergies fossiles sont appelées à réduire leur extraction d’hydrocarbures et de charbon, dont la combustion contribue massivement aux émissions de GES5. Pourtant, elles adoptent la tendance inverse : par exemple, TotalEnergies, qui depuis les années 1970 cherchait à dissimuler l’impact des énergies fossiles sur le réchauffement climatique6, prévoit aujourd’hui d’augmenter de 25 % ses extractions gazières d’ici 2030 et d’allouer toujours 70 % de ses investissements aux hydrocarbures sur la période 2022-20257.

Les autres impacts des infrastructures fossiles

En plus de représenter une source importante d’émissions de GES, les énergies fossiles ont d’autres conséquences dramatiques sur l’environnement. L’exploitation et le transport des hydrocarbures et du charbon se fait tout d’abord au détriment des populations locales, qui subissent les dégradations de leur milieu de vie. Le projet EACOP en est un exemple révélateur. Ce projet porte notamment atteinte aux ressources en eau et aux moyens d’existence des agriculteurs, des pêcheurs et de toutes les personnes tributaires de la richesse des ressources naturelles de la région. Une résolution d’urgence du parlement européen indique que près de 118 000 personnes seront affectées par ce méga-projet pétrolier, que plus de 100 000 personnes courent le risque imminent d’être déplacées par suite du projet EACOP (privées du libre usage de leurs terres, et donc de leurs moyens de subsistance).

L’exploitation et le transport des énergies fossiles représentent aussi une menace importante pour les écosystèmes et la biodiversité. Les accidents pendant le transport maritime d’hydrocarbures s’accompagnent de lourds dégâts, avec comme exemple récent la marée noire survenue en janvier 2022 sur plus de 40 km du littoral de la côte centrale péruvienne. Les douze mille barils de pétrole échappés, soit 1,9 millions de litres de pétrole, ont pollué durablement deux réserves naturelles protégées, entraînant la mort de milliers d’animaux – dont certains en voie d’extinction – et laissent sept mille pêcheurs artisanaux et commerçants sans travail. Un dernier exemple d’impact concerne les risques de fuites sur les oléoducs de transports terrestres. En 2022, l’oléoduc de Keystone (Etats-Unis) a déversé 2,2 millions de litres de pétrole dans les cours d’eau, tandis qu’un oléoduc en Équateur a déversé 1 million de litres de pétrole dans la forêt amazonienne.

1 « Ces bombes carbone qui menacent le climat », Le Monde, mercredi 1er-jeudi 2 novembre 2023.

2 Rapport GIEC, WG1 section TS.3.3.1, Table TS.3 (2021).

3 Kühne et al, « Carbon Bombs - Mapping key fossil fuel projects », Energy Policy, 2022.

4 « Uganda’s pipeline plans face stiff opposition », Oxford Analytica, 2022.

5 Rapport GIEC, AR6, WG1 Box TS.5 (2021).

6 Bonneuil et al., Global Environnement Change, 2021.

7 TotalEnergies, « Plus d’énergies, moins d’émissions », mars 2023. Voir aussi son communiqué de presse

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03.12.2023 à 01:00

Novembre-décembre 2023 : COP 28 alternatives

Alors que la COP28 se tenait dans l’un des principaux pays producteurs de pétrole, Scientifiques en rébellion a organisé une série de COP alternatives partout en France. Après des « mini COP alternatives » à Nancy, Nantes, Lyon, Paris et Nîmes, l’événement principal s’est tenu à Bordeaux du 30 novembre au 4 décembre. Ces quatre jours ont constitué un véritable quartier général de résistance climatique, une effervescence de rencontres, de discussions, de débats, de formes artistiques, d’actions de désobéissance civile non violente.

Plus de détails: COP28 alternative à Bordeaux, mini COP28 alternatives.

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01.12.2023 à 01:00

Lors d’une action dans différents lieux de Bordeaux, les « Scientifiques en rébellion » invitent à considérer conjointement urgence climatique et urgence écologique

Lors d’une action dans différents lieux de Bordeaux, les « Scientifiques en rébellion » invitent à considérer conjointement urgence climatique et urgence écologique

Vendredi 1er décembre au matin, dans le cadre d’actions menées en marge de la COP Alternative de Bordeaux, les Scientifiques en rébellion ont mené une action de sensibilisation aux causes de la destruction de la biodiversité, notamment en Gironde. Différents temps forts se sont succédés : une prise de parole devant le Muséum d’Histoire Naturelle, une déambulation avec distribution de tracts, une prise de parole devant l’École du Vin et la remise du rapport de l’IPBES à l’Hôtel de Région. Les prises de paroles étaient partagées avec des militant.es engagées dans des collectifs locaux. A l’heure de la COP, les scientifiques souhaitaient rappeler le besoin de rassembler les problématiques climatiques et celles de biodiversité, et d’aborder l’urgence écologique de manière systémique.

Les scientifiques se sont d’abord rassemblés devant le Muséum du Jardin Public de Bordeaux autour de la bannière « Biodiversité : bientôt plus que dans les musées ? » et de panneaux rappelant l’ampleur de la chute de la biodiversité. Pour insister sur l’articulation entre les constats globaux et les luttes locales, trois militant.es engagées dans des collectifs de la région ont pris la parole : un militant des Naturalistes des Terres, une militante d’Alerte Pesticides Haute Gironde et une militante engagée contre la construction de deux lignes de train à grande vitesse au départ de Bordeaux. Ils et elles ont rappelé le fait que les pesticides sont des sources de problèmes de santé humaine et environnementale, et la forte empreinte sur des milieux fragiles des projets de ligne à grande vitesse.

Le groupe s’est ensuite élancé vers la Place Tourny en occupant la chaussée. Tout au long de cette déambulation, des tracts ont été distribués afin de partager les faits scientifiques avec le grand public : plus d’1 million d’espèces en danger d’extinction dans les prochaines décennies, effondrement de 80% des populations d’insectes en 30 ans, perte de 30% des populations d’oiseaux agricoles en 30 ans, 1 espèce végétale sur 5 menacée d’extinction.

Afin d’illustrer les causes de destruction de la biodiversité par des exemples très concrets, le groupe s’est ensuite dirigé vers deux lieux institutionnels symboliques. Tout d’abord, devant l’École du Vin du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), le groupe a déployé une seconde banderole « Une agriculture sans pesticides est possible ». Le résumé du rapport de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de 2021 a été déposé en vue d’être remis au président du CIVB pour lui rappeler l’effet de l’usage des pesticides chimiques de synthèse sur la santé humaine. En Gironde, la viticulture est à l’origine de l’épandage de pesticides le plus important des activités agricoles. La vigne, culture d’exportation, comme ailleurs la banane, cause pollution des sols et morts de viticulteurs et de riverains suite aux cancers produits. Une militante de Alerte Pesticides Haute Gironde est venue témoigner des derniers résultats de la recherche sur le lien entre cancers pédiatriques et épandage de pesticides.

Le groupe s’est enfin dirigé vers l’Hôtel de Région où le message « LGV STOP ECOCIDE ! » a été déployé. Le résumé du rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), ainsi qu’un article rappelant les chiffres exacts d’artificialisation des sols des projets de ligne à grande vitesse ont été délivrés. Le plus grand projet d’infrastructures pour les 10 prochaines années en Gironde est en effet sur les rails : le GPSO (Grand Projet du Sud Ouest), qui consiste en la construction de deux nouvelles lignes à grande vitesse, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Une militante anti-GPSO a rappelé les effets potentiels de ce grand projet, qui traverserait 8 sites Natura 2000, dont la vallée du Ciron. Cette dernière abrite une biodiversité exceptionnelle associée à une hêtraie multimillénaire dans un microclimat de ripisylve. Au cours de cette action, la parole a également été donnée à un Naturaliste des Terres, engagé dans des actions visant à mettre en déroute de nombreux projets écocides.

Pendant que la COP 28 consacrée à la situation climatique s’ouvre à Dubaï, cette action visait à attirer l’attention sur la situation globale de la biodiversité, traitée dans une COP indépendante, alors que le réchauffement climatique et la chute de la biodiversité ont des origines communes systémiques : l’extractivisme, le mythe de la croissance infinie, etc... D’où l’appel à un « décloisonnement entre urgence climatique et urgence écologique » lancé ce vendredi lors de la prise de parole de Stéphanie Mariette, membre de Scientifiques en rébellion. Les scientifiques ne souhaitent plus être les témoins impuissants de cette destruction, accumulant les données sur les espèces et leur diversité. Pour elles et eux, l’avenir de la biodiversité ne doit pas être des collections épinglées dans les musées. Cependant, fidèles à la posture que le collectif souhaite adopter (« ni conseillers du prince, ni au service des pouvoirs technologiques et industriels, ils et elles apportent leurs méthodes et leurs compétences au service du commun »), les scientifiques souhaitent contribuer à mettre en débat notamment le modèle agricole actuel et les grands projets d’infrastructure, à l’échelle où le sentiment d’impuissance peut être contré, c’est-à-dire à l’échelle locale.


Informations générales sur la chute de la biodiversité

Les causes de la destruction de la biodiversité sont connues. Entre autres, l’artificialisation des sols et le changement d’utilisation des sols diminuent partout la taille des habitats des espèces et fragmentent le paysage, empêchant la continuité écologique et la migration naturelle des individus. Ensuite, la pollution, et en particulier l’utilisation massive de pesticides dans l’agriculture, menace désormais la santé humaine et celle des écosystèmes. 70 000 tonnes de pesticides sont utilisées par an en France. Ces pesticides mettent en danger la santé des agriculteurs.trices et de la population. Ils accroissent la fréquence de nombreuses maladies : Parkinson, cancers (y compris chez les enfants vivant à proximité de zones densément cultivées en vignes). Le changement climatique en cours sera un facteur aggravant. D’après la synthèse récente de la Fondation Pour la Recherche sur la Biodiversité, « les liens entre biodiversité et climat sont faits de rétroactions respectives : la perte de biodiversité aggrave le changement climatique qui en retour dégrade la biodiversité qui perd ses facultés de réagir au changement climatique. Par exemple : la pression de sélection sur les espèces, entrainée par le changement climatique va réduire leur diversité génétique et ainsi leurs facultés d’adaptation à d’autres fluctuations de leur environnement. »

Cependant, les mesures favorables à la biodiversité peuvent potentiellement l’être également pour le climat : lutter contre la déforestation et à la dégradation des forêts pour permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de même que préserver la biodiversité et les écosystèmes non forestiers riches en carbone sur terre et en mer ; restaurer des écosystèmes dégradés, tels que les zones humides qui sont des puits de carbone efficaces, des écosystèmes de prévention des inondations et des foyers de biodiversité ; valoriser des pratiques agricoles, forestières et de pêche respectueuses du climat et de la biodiversité, changer les habitudes alimentaires pour réduire la pression sur les terres et notamment réduire fortement l’élevage afin d’orienter les cultures vers la production de protéines végétales pour les humains ; rediriger l’ensemble des aides vers le développement de l’agroécologie et l’agriculture biologique afin de pouvoir réduire drastiquement l’utilisation des pesticides ; et enfin stopper les grands projets d’infrastructure alors que la France est déjà largement équipée en routes, autoroutes et lignes à grande vitesse.

Photos

Des photos sont disponibles sur un dossier partagé ici, que vous pouvez réutiliser librement, avec crédit photos « Scientifiques en rébellion ».

Références :

  • PLUS D’1 MILLION D’ESPÈCES EN DANGER D’EXTINCTION DANS LES PROCHAINES DÉCENNIES : United Nations Report, Nature’s Dangerous Decline ‘Unprecedented’; Species Extinction Rates ‘Accelerating’ (2019).

  • EFFONDREMENT DE 80% DES POPULATIONS D’INSECTES EN 30 ANS : Hallmann CA, Sorg M, Jongejans E, Siepel H, Hofland N, et al. (2017) More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas. PLOS ONE 12(10): e0185809.   

  • PERTE DE 30% DES POPULATIONS D’OISEAUX AGRICOLES EN 30 ANS : Fontaine B., Moussy C., Chiffard Carricaburu J., Dupuis J., Corolleur E., Schmaltz L., Lorrillière R., Loïs G., Gaudard C. 2020. Suivi des oiseaux communs en France 1989-2019 : 30 ans de suivis participatifs. MNHN- Centre d'Ecologie et des Sciences de la Conservation, LPO BirdLife France - Service Connaissance, Ministère de la Transition écologique et solidaire. 46 pp.  

  • 1 PLANTE SUR 5 EST MENACÉE D’EXTINCTION : Willis, K.J. (ed.) 2017. State of the World’s Plants 2017. Report. Royal Botanic Gardens, Kew. 

Expertises collectives :  

  • Inserm. Pesticides et effets sur la santé : Nouvelles données. (2021) Collection Expertise collective. Montrouge : EDP Sciences, 2021.1 036 pages

  • Soubelet H., Delavaud A., Goffaux R., Voirin S., Bérel M., 2023. Biodiversité et changement climatique : Impacts sur la biodiversité, les écosystèmes français et les services écosystémiques. Recommandations pour l’adaptation de la biodiversité. Synthèse de connaissances. Fondation pour la recherche sur la biodiversité

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01.12.2023 à 01:00

A la COP alternative de Bordeaux, le procès fictif de Total Energies : du théâtre participatif au service de la justice climatique

A la COP alternative de Bordeaux, le procès fictif de Total Energies : du théâtre participatif au service de la justice climatique

Vendredi 1er Décembre, Scientifiques en rébellion a organisé à la base sous-marine de Bordeaux, dans le cadre de l’Alter-COP28, le procès fictif du président de Total Energies. A la base du procès, un changement d’époque : nous sommes en 2035, le réchauffement climatique s’est emballé et a été à l’origine d’une série de catastrophes écologiques et sanitaires qui font vaciller les systèmes sociaux et économiques des sociétés du Nord et du Sud. Les dommages humains et financiers sont sans pareil dans l’histoire de l’humanité et il faudra bien les payer. Mais qui ? De nombreux procès ont eu lieu afin d’établir qui est responsable et comptable de ces catastrophes et qui va en assumer les coûts et les conséquences, en s’appuyant sur une loi d’écocide adoptée en 2032.

C’est un de ces procès fictifs, celui de Total Energies, que Scientifiques en rébellion a voulu mettre en scène. Non pas pour juger Total Energies, mais pour questionner notre dépendance aux énergies fossiles et révéler la complexité d’une situation où les responsabilités sont multiples et liées. Le cadre d’un procès, basé sur les témoignages et les interrogatoires contradictoires des avocats, permet de faire la lumière sur les différentes dimensions de la problématique.

Préalablement au procès, des membres de STOP Total et une membre de Scientifiques en rébellion ont donné des éléments de contexte : budget carbone et bombes climatiques, rôle et responsabilité des financeurs, actions des associations, procès déjà intentés contre Total Energies, nouveaux projets pétro-gaziers de l’entreprise, etc.

Le procès lui-même avait une forme proche du théâtre-forum, et a permis au public de participer au procès, de choisir quels aspects de cette responsabilité il souhaitait aborder et quels témoins il souhaitait entendre. Tout d’abord, les organisateur.ices de l’événement ont joué une première fois la scène du procès : après les prises de parole initiales du président du tribunal et du procureur, les premiers témoins ont été entendus (une représentantes des victimes, une association de protection de l’environnement et finalement Patrick Pouyanné). Le public a ensuite été invité à travailler en petits groupes à différents rôles possibles de nouveaux ou nouvelles témoins. C’est ainsi que se sont succédées à la barre des membres du public prenant le rôle d’une représentante du Crédit Agricole, d’une militante climat, de l’ancienne Ministre de la Transition Ecologique (Madame Déchu !) ou même du lac Victoria lui-même.

Ce procès a permis de s’approprier par le jeu les multiples dimensions de notre addiction aux hydrocarbures et de comprendre la complexité de cette emprise. La forme volontairement ludique du procès fictif a évité les sentiments d’impuissance et de désespoir et a au contraire généré beaucoup de joie, de force et d’envie d’agir.

Le procès était aussi une façon d’interroger l’état de la justice climatique, aujourd’hui en 2023, le jour même où des Scientifiques en rébellion comparaissaient au tribunal correctionnel de Paris pour avoir organisé la Nuit de l’extinction - plusieurs conférences scientifiques sur le climat et la biodiversité dans un lieu de sciences : la galerie de paléontologie du MNHN. Qui sont les vrais criminels climatiques aujourd’hui ? Quel droit et quelle justice à l’heure des crises écologiques et climatiques qui mettent en péril l’existence même de nos sociétés ? Ce sont ces questions que nous avons posées, dans la joie et la bonne humeur.

Photos

Des photos sont disponibles sur un dossier partagé ici, que vous pouvez réutiliser librement, avec crédit photos « Scientifiques en rébellion ».

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30.11.2023 à 01:00

Mini COP28 alternatives

La COP28 alternative principale sera à Bordeaux du 30 novembre au 03 décembre 2023. Plusieurs actions sont proposées en amont de cette COP alternative dans plusieurs villes de France:

Lyon - Le Rhône à la confluence des enjeux environnementaux

Le débit du Rhône est-il le même aujourd'hui qu'il y a 50 ans ? Sa température a-t-elle augmentée ? Les poissons et autres espèces aquatiques peuvent-elles encore s'y déplacer librement et vivre dans un environnement sain ? Est-ce que son eau est toujours propice à l'irrigation ou bien est-elle trop polluée ?

Venez participer à cet atelier participatif entre citoyen.nes et expert.es du sujet le 25 novembre de 14h à 17h30 à la Maison de l'Ecologie!

Plus d'informations et inscriptions ici


Nantes - Le grand plongeon

Vous vous posez des questions sur la pollution de l'eau que vous buvez ou celle de la Loire, les disponibilités en eau dans les 30 ans à venir? Venez échanger avec des expert·es et citoyen·nes concerné·e·s autour des ressources en eaux du territoire. Rendez-vous mercredi 22 novembre à partir de 19h, au Grand Bain, 20 allée maison Rouge, à Nantes !

Vous trouverez plus d'information et un formulaire d'inscription (accès libre) sur la page Facebook de l'évènement

👉 Lors de cet évènement, les participants ont formés une convention citoyenne sur le sujet de la pollution de l'eau. Les propositions issues de cette convention citoyenne sont présentées ici.


Nimes - La COP d'ici

Du 18 novembre au 12 décembre, des associations nîmoises organisent leur propre COP ! N'hésitez pas à consulter la page Facebook de ces évenements: La COP d'ici - Nîmes


Paris - Fin de partie pour les COP ?

Depuis presque 30 ans, les COP se succèdent sans aucun effet observable sur la consommation d'énergies fossiles. Pourquoi un tel échec ? Pour en débattre, les Scientifiques en Rébellion organisent des tables rondes au carrefour de l'engagement scientifique, militant et citoyen.


Au programme:
  • Introduction de Conception Alvarez (Novethic)
  • Débat et réflexions sur les COPs avec Yasmina Saheb (OFCE, GIEC), Antoine Laurent (Reclaim Finance) et Sabine Barles (Panthéon-Sorbonne)
  • Rencontre avec des militant.es des collectifs Reprise de Savoirs et Extinction Rebellion, ainsi que de la lutte contre l'A104 bis.

👉 Cette table ronde a eu lieu le dimanche 26 novembre de 14h00 à 17h30 à l'académie du climat. Elle est disponible en replay ici:


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30.11.2023 à 01:00

COP28 alternative à Bordeaux <br>30 novembre - 03 décembre 2023

Présentation

La COP 28 aura lieu cette année à Dubaï. Cette nouvelle COP interroge, tant par le fait que l’événement soit présidé par le patron de la plus grande entreprise d’énergies fossiles des Emirats arabes unis, le Sultan Ahmed Al-Jaber, que par l’annonce d’Abou Dhabi prévoyant d’augmenter sa production de barils de 25 % d’ici à 2027.

La présence massive de lobbyistes des combustibles fossiles dans les COP précédentes a par ailleurs déjà été notée, en particulier lors de la COP 27 où ils étaient plus nombreux que les représentants des 10 pays les plus impactés par le changement climatique. Basé sur les échecs des COP précédentes et sur la composition de cette nouvelle COP, de sérieux doutes pèsent sur l'efficacité de la COP28 à mettre en place les décisions politiques nécessaires et urgentes.

Etant donné le caractère d'urgence et la probabilité d'échec de la COP politique, le collectif international Scientifiques en rébellion (Scientist Rebellion) organise en parallèle des COP alternatives citoyennes. Ces COP alternatives proposeront des conférences, tables rondes, ateliers, animations artistiques basées sur la réflexion et sur l'action contre le changement climatique et pour repenser nos sociétés. Citoyen·nes et scientifiques sont invités à venir participer et à échanger librement lors de ces COP.

En France, nous organisons une COP alternative à Bordeaux à la Base sous-marine sur quatre jours du 30 novembre au 3 décembre. 

Vous êtes toutes et tous les bienvenu·es !

Cette conférence sera précédée d'une série d'actions dans différentes villes de France (Nancy, Nîmes, Nantes, Lyon, Paris...) qui aboutiront à notre COP alternative écologique à la fin du mois de novembre au moment même où démarrera la COP28.



📲 N'hésitez pas à suivre et partager ces événèments avec les hash-tags #HowMuchMore #UnitedAgainstClimateFailure sur les réseaux sociaux et à consulter nos fils Mastodon, Twitter, Facebook et Instagram.


Programme

Tables rondes

30 novembre

01 decembre

02 decembre



Informations pratiques

Inscription

L'entrée est gratuite et ouverte à toutes et tous.

Vous pouvez nous aider à préparer l'organisation en remplissant ce formulaire de préinscription, notamment si vous aimeriez venir avec des enfants ou vous joindre à nous pour des actions dans la rue ! Bien sûr la participation sans inscription reste possible ! Merci.

Venir à la COP alternative Bordeaux


La COP alternative de Bordeaux aura lieu à la base sous-marine au 284, Boulevard Alfred Daney 33300 Bordeaux.


Transports publics pour s'y rendre:

  • 🚊 Tram B : arrêt La Cité du vin
  • 🚊 Tram C : arrêt Ravezies
  • 🚲 V3 : station Lucien Faure
  • 🚍 Bus : arrêt Latule liane 9 et 32

Vous pouvez aussi calculer votre itinéraire ici.



Communiqués de presse

Vous pouvez trouver nos communiqués de presse sur la COP28 alternative et les différentes actions engagées par notre collectif autour de cet événement ici:

PDF
◁ 60 / 121 ▷
 Persos A à L
Carmine
Mona CHOLLET
Anna COLIN-LEBEDEV
Julien DEVAUREIX
Cory DOCTOROW
Lionel DRICOT (PLOUM)
EDUC.POP.FR
Marc ENDEWELD
Michel GOYA
Hubert GUILLAUD
Gérard FILOCHE
Alain GRANDJEAN
Hacking-Social
Samuel HAYAT
Dana HILLIOT
François HOUSTE
Tagrawla INEQQIQI
Infiltrés (les)
Hugues JALLON
Clément JEANNEAU
Paul JORION
Christophe LEBOUCHER
Michel LEPESANT
 
 Persos M à Z
Henri MALER
Christophe MASUTTI
Jean-Luc MÉLENCHON
MONDE DIPLO (Blogs persos)
Richard MONVOISIN
Corinne MOREL-DARLEUX
Timothée PARRIQUE
Thomas PIKETTY
VisionsCarto
Yannis YOULOUNTAS
Michaël ZEMMOUR
LePartisan.info
 
  Numérique
Thomas BEAUFILS
Blog Binaire
Christophe DESCHAMPS
Dans les Algorithmes
Louis DERRAC
Olivier ERTZSCHEID
Olivier EZRATY
Framablog
Fake Tech (C. LEBOUCHER)
Romain LECLAIRE
Tristan NITOT
Francis PISANI
Irénée RÉGNAULD
Nicolas VIVANT
 
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