04.10.2023 à 02:00
Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron publiée le 4 octobre dans L'Obs, plus de 1500 scientifiques, dont plusieurs contributeurs et contributrices aux rapports du Giec, appellent le président à abandonner le projet anachronique de construction d'une autoroute entre Toulouse et Castres (A69). La liste des signataires figure ci-dessous et sera actualisée périodiquement.
Monsieur le Président de la République,
Le Ministre Clément Beaune a annoncé le 26 septembre que les travaux de l’autoroute A69 Toulouse-Castres allaient se poursuivre1. La veille, vous présentiez votre programme de planification écologique. Nous, scientifiques de différentes disciplines et de différentes institutions de recherche françaises, considérons que ce projet maintient la France sur une trajectoire incompatible avec la transition écologique telle qu’inscrite dans la loi.
Nous saluons de nombreuses mesures proposées dans le cadre de la planification écologique : transformer notre pays face à l’urgence écologique nécessite de bâtir, de rénover, d’installer de nouvelles infrastructures, et de développer la production et l’utilisation d’énergies renouvelables. Mais sans une politique de sobriété portant sur la demande, ces mesures ne seront pas suffisantes et pourraient même devenir contre-productives par une augmentation des usages. Respecter l’Accord de Paris nécessite ainsi de renoncer à la prédominance de la voiture individuelle, au tourisme de masse, à la surconsommation, à une alimentation trop carnée, et dès à présent à tout nouveau projet d’exploitation d’énergies fossiles. Repenser les modes de vie et l’économie sous le signe de la sobriété est identifié comme prioritaire dans de nombreux scénarios de transition au niveau français comme au niveau mondial2.
L’A69 est un de ces projets auxquels il faut renoncer.
Cette autoroute est inutile. Nous admettons qu’en dépit des impacts environnementaux que toute nouvelle infrastructure peut avoir, certains projets restent nécessaires. Mais pas celui-ci. Ni l’intensité du trafic, ni les gains de temps envisagés sur le trajet Toulouse-Castres ne justifient la construction d’une autoroute. L’heure est à la réduction de la vitesse3, et nous espérons que, très prochainement, vous annoncerez la limitation de la vitesse maximale sur autoroute à 110 km/h, comme cela avait été voté par la Convention Citoyenne pour le Climat, et comme cela est déjà le cas dans d’autres pays. Ceci ferait perdre de facto l’intérêt en gain de temps de l’A69.
De plus, réduire les émissions de gaz à effet de serre françaises au rythme prévu sera difficile, et développer le transport routier même électrique va à l’encontre de ces objectifs. Il nous faut tendre vers une réduction du trafic et des distances parcourues en voiture individuelle, comme cela est préconisé dans la plupart des scénarios de transition4.
Ensuite, il s’agit d’un projet socialement injuste. L’autoroute A69 serait la 2e plus chère de France (environ 0,18€/km)5. Ce coût élevé pourrait aussi engendrer un trafic bien inférieur aux prévisions, comme cela a été le cas de l’A656. Elle ne serait ainsi utilisée que par les personnes les plus aisées, alors qu’elle rendrait en même temps les déplacements des personnes modestes plus difficiles en privatisant une partie des aménagements existants.
Enfin, l’argument du désenclavement ne tient pas : les recherches montrent clairement que le lien entre infrastructures autoroutières et développement n’est pas automatique, et peut être négatif, car celles-ci exacerbent la concurrence entre territoires, et favorisent les grands centres urbains plus que les zones traversées ou même les villes moyennes que l’on voulait ainsi desservir7.
Pourquoi persister ? Le Ministre chargé des Transports met en avant deux éléments : la « compensation » des dommages écologiques engendrés et le fait que les décisions soient déjà entérinées. Le principe même de la compensation écologique est largement contesté dans la littérature scientifique. Notamment, des arbres centenaires et des écosystèmes ne sont pas remplaçables par des plantations plus jeunes ou la protection d’autres zones8,9. Au-delà de ces très fortes limitations, il convient surtout de respecter le principe ERC (Eviter-Réduire-Compenser) qui préconise en priorité d'éviter les impacts et de ne les compenser qu'en dernier recours, pour des projets indispensables.
Ensuite, des procédures judiciaires sont encore en cours, seuls les recours ayant un caractère suspensifs obligatoires ayant été examinés. Un point sérieux fait encore l'objet d'une procédure: l’autorisation environnementale a été donnée par les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn sans qu’ait été faite la démonstration de la raison impérative d’intérêt public majeur (étant précisé que la raison impérative est une notion qui va au-delà de la simple utilité publique), pourtant requise en cas de destructions irréversibles d'espèces protégées et de leurs habitats.
Soulignons également que Clément Beaune reconnaît aujourd’hui lui-même le caractère anachronique de nombreux projets d’infrastructures routières, et leur incompatibilité avec les enjeux écologiques actuels. La construction de cette autoroute a été actée sous votre précédent mandat. Il est de votre responsabilité de revenir sur cette décision. Prétendre qu’il est trop tard pour stopper ce projet relève de la stratégie du fait accompli et d’un déni de l’urgence de la situation.
Il n’est pas trop tard. Les dommages déjà occasionnés par les travaux couvrent actuellement seulement 10% environ de l’emprise prévue de l’autoroute. Arrêter maintenant, c’est limiter grandement le nombre d’arbres anciens coupés, de surfaces agricoles fertiles définitivement perdues, de zones humides terrassées et asphaltées. Arrêter maintenant, c’est éviter les émissions de CO2 associées à la construction de l’infrastructure, et celles causées tous les ans par un trafic à plus grande vitesse10. Arrêter maintenant, c’est permettre d’engager les mutations nécessaires en mettant les acteurs et actrices d’un territoire en discussion autour d’un projet mobilisateur, socialement juste et compatible avec les engagements de la France en matière climatique. Arrêter maintenant serait une marque de sagesse, de vision et de responsabilité face au défi que nous devons collectivement relever.
En nous opposant au chantier de l’A69, ce n’est pas seulement à ce projet particulier que nous appelons à mettre fin, mais à travers lui aux diverses politiques publiques héritées d’un passé qui nous a conduit dans l’impasse écologique actuelle. Les citoyen·nes constatent la véracité des projections scientifiques sur l’évolution du climat et les atteintes à la biodiversité, et certain·es mettent leur liberté ou leur vie en jeu pour s’opposer à ces projets parce qu’ils contreviennent directement aux idéaux humanistes. En arrêtant un projet aussi délétère et injustifiable que celui de l’A69, vous démontrerez que vous avez vous aussi entendu les alertes des scientifiques, et pris la mesure des transformations profondes qu’il nous faut apporter aux manières de conduire l’aménagement du territoire. Nous comptons donc sur votre lucidité, votre courage et votre détermination à préserver l’habitabilité de notre planète et de notre pays pour toutes et tous.
Notes :
1. « L’invité de 7h50 », France Inter (26 septembre 2023)
2. « Assessment Report 6, WGIII », chapitre 5, GIEC (2022). Voir également les scénarios de l’ADEME et RTE.
3. « A 10-Point Plan to Cut Oil Use », Internation Energy Agency (2022)
4. « Le plan de transformation de l’économie française », The Shift Projet (2022). Dans le scénario de The Shift Project, le trafic routier diminue de 40% en 2050 par rapport à 2020.
5. « Quelles sont les autoroutes les plus chères de France ? », L'internaute (4 juillet 2019)
6. « L'A65, très chère nouvelle autoroute... en mal de fréquentation », La Tribune (18 décembre 2012)
7. « A69 Castres-Toulouse : la permanence de l'imaginaire autoroutier », J. Milanesi, Médiapart (26 avril 2023).
8. « Why bartering biodiversity fails », S. Walker et al., Conservation Letters, 2, 149–157 (2009)
9. « Protecting irrecoverable carbon in Earth’s ecosystems », A. Goldstein et al., Nature Climate Change, 10, 287–295
10. « Émissions routières des polluants atmosphériques : Courbes et facteurs d’influence », Cerema (2021)
26.09.2023 à 02:00
Scientifiques en rébellion & Extinction Rebellion
Le 5 octobre 2023, 7 scientifiques et activistes seront en procès à Paris pour avoir alerté sur la crise écologique au cours d’une conférence-occupation au Muséum national d’histoire naturelle dans la soirée du 9 au 10 avril 2022. Cet événement, issu d’une collaboration entre Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion (XR), se tenait symboliquement dans la galerie des fossiles du Muséum. Ce fut la première action de désobéissance civile organisée par des scientifiques en France. Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion dénoncent les poursuites dont sont l’objet les scientifiques lanceurs et lanceuses d’alerte : comme le clamait une banderole, « Dire la vérité n’est pas un crime ». Plusieurs personnalités scientifiques viendront témoigner lors du procès en soutien aux personnes poursuivies et un rassemblement aura lieu à cette occasion.
Le 5 octobre 2023 dans la matinée, 7 scientifiques et activistes passeront en procès devant le Tribunal de police de Paris suite à une action réalisée en avril 2022 pour alerter sur les conséquences de l’inaction climatique du gouvernement. Les personnes poursuivies contestent les amendes de 5e classe qui leur avaient été infligées dans un premier jugement pour être resté.es après l’horaire de fermeture du Muséum national d’histoire naturelle à Paris.
Le procès sera l’occasion pour les accusé.es de défendre la légitimité de leur action au regard de l’urgence climatique et de la perspective de la sixième extinction de masse. Pour leur défense, ils et elles invoqueront l’état de nécessité en raison du danger actuel et imminent qui pèse sur le vivant tel que démontré notamment par les travaux du Giec et de l’IPBES. Des personnalités scientifiques reconnues viendront témoigner pendant l’audience, en soutien aux accusé.es : Pierre-Henri Gouyon (biologiste, Muséum national d’histoire naturelle), Christophe Bonneuil (historien des sciences, CNRS) et Fabrice Flipo (philosophe des sciences, Institut Mines Telecom). Un rassemblement de soutien et des prises de parole de scientifiques auront lieu avant le début du procès.
La soirée du 9 au 10 avril 2022, en pleine campagne pour les élections présidentielles, une trentaine de scientifiques ont occupé la galerie de paléontologie du Muséum national d’histoire naturelle. Entouré.es de fossiles en allégorie aux risques existentiels qui pèsent sur notre espèce et sur le vivant, des scientifiques de spécialités variées (océanographie, écologie, agronomie, biologie, infectiologie, informatique et histoire) ont réalisé une douzaine de présentations illustrant les mesures urgentes, radicales et nécessaires qui doivent être prises afin de limiter les conséquences des crises climatique et écologique en cours et à venir.
La vidéo complète des conférences est disponible ici et des images ici.
Il s’agissait de la première action organisée en France par le collectif Scientifiques en rébellion, issu de l’appel de 1000 scientifiques à la désobéissance civile publié dans le journal Le Monde en février 2020. Elle était organisée conjointement par Extinction Rebellion et Scientifiques en rébellion, dans le cadre d’une campagne internationale de Scientist Rebellion. L’action annonçait également la campagne d’XR qui allait suivre avec, notamment, l’occupation d’une partie des Grands Boulevards pendant le week-end du 16 avril.
Les participant.es ont quitté les lieux dans le calme à l’issue des présentations scientifiques, sans avoir créé aucun dégât matériel à ce lieu symbolique. Pourtant, elles et ils sont aujourd’hui poursuivi.es en justice. Alors que l’État français a été condamné par le Conseil d’État pour inaction climatique et que le gouvernement ne prend toujours pas de mesures exigées par la justice, ce sont les scientifiques qui sont inquiété.es pour avoir joué leur rôle de lanceurs et lanceuses d’alerte ! L’histoire retiendra qu’en plein « effondrement climatique » (selon les mots du Secrétaire général de l’ONU), la France était plus occupée à poursuivre les scientifiques qu’à prendre des mesures à la hauteur de l’urgence.
Ce n’est pas la première fois que des scientifiques français.es font face à une répression judiciaire pour des actions de désobéissance civile. En novembre 2022, 16 scientifiques (dont 4 Français) ont été emprisonné.e.s pendant une semaine en Allemagne pour s’être collé les mains à des automobiles de luxe dans un showroom BMW à Munich, dans le cadre d’une campagne internationale de Scientist Rebellion. Une tribune de soutien sur France TV Info avait alors été signée par 1300 scientifiques. En octobre 2021, un astrophysicien a été poursuivi avec six autres activistes pour s’être introduit sur le tarmac de l’aéroport de Roissy afin de dénoncer le caractère climaticide de l’extension du terminal 4, une action à laquelle participaient d’autres membres de Scientifiques en rébellion. Une tribune de soutien parue dans Reporterre avait recueilli près de 300 soutiens. La répression des scientifiques n’est qu’une illustration de la stratégie de criminalisation des mouvements sociaux et notamment des mouvements écologistes par le gouvernement, qui frappe aussi bien les actions de désobéissance civile que les manifestations. Ainsi, rien que durant la première quinzaine d’octobre, des militant.es d’Extinction Rebellion doivent déjà faire face à trois procès différents.
18.09.2023 à 02:00
Le collectif Scientifiques en rébellion s’oppose à la construction au terminal méthanier flottant au Havre et s’associe pleinement aux actions de désobéissance civile non violente organisées par Greenpeace ce jour-même au Havre et ailleurs.
Cet été plus que jamais, les effets destructeurs du changement climatique se font faits sentir dramatiquement aux quatre coins du monde et aussi en France1. Mais le pire est à venir. Pour respecter l’accord de Paris et la trajectoire de diminution des gaz à effet de serre (GES) à laquelle la France s’est engagée, toute nouvelle construction d’infrastructure d’exploitation, transport et traitement d’énergies fossiles doit être suspendue non seulement en France mais aussi à travers le monde2.
Comme le charbon et le pétrole, le gaz naturel liquéfié est une énergie fossile. Les investissements dans de nouvelles infrastructures nous enferment dans une politique énergétique fortement émettrice de GES. Cela va frontalement à l’encontre des objectifs de neutralité carbone de la France à l’horizon 20503.
Les arguments pour justifier ce projet de terminal méthanier sont malhonnêtes.
D’abord parce que l’installation de ce terminal méthanier ne renforcera pas notre souveraineté énergétique. A contraire, elle accroît notre dépendance au gaz naturel liquéfié (GNL) étranger, en particulier au GNL russe, et se traduira essentiellement par le soutien actif à la filière américaine du gaz de schiste4. Comble de l’hypocrisie, les techniques de fracturation hydraulique utilisées outre-atlantique sont interdites en France et dans de nombreux pays européens en raison des effets toxiques sur la santé humaine, sur les sols et les ressources en eaux5.
En outre la construction de ce terminal méthanier ne répond en aucune manière à un besoin énergétique causé par la guerre en Ukraine et ne permet pas de s’affranchir du gaz russe, comme détaillé et documenté dans les deux rapports de Greenpeace, « Terminal méthanier flottant du Havre »6 et « Gaz, à qui profite la guerre »7. Poursuivant leur stratégie du chaos, les opérateurs d’énergies fossiles, et TotalEnergies en particulier, instrumentalisent la situation de crise exacerbée par la guerre en Ukraine pour augmenter leurs profits à court terme, au mépris de nos engagements politiques et de l’intérêt général8.
Enfin, ces décisions sont trop souvent, comme c’est le cas pour le terminal méthanier du Havre, prises de façon unilatérale, sans délibération démocratique et sous la pression de groupes comme TotalEnergie dont la stratégie se caractérise par une totale absence de considérations humaines et de principes éthiques et moraux9.
Pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C et préserver l’habitabilité de notre planète, il faut dès aujourd’hui réduire massivement nos émissions de CO2 et donc notre consommation d’énergie provenant des combustibles fossiles. Mais cela ne peut se faire en investissant dans des infrastructures obsolètes et suicidaires comme ce terminal méthanier. A la place, les investissements doivent prioritairement aller vers des projets soutenant la transition écologique et énergétique de notre pays. Plutôt que de suivre aveuglément les propositions malhonnêtes des lobbies du gaz et de la pétrochimie, nos gouvernants devraient écouter les sciences du climat et des écosystèmes.
Lorsque les puissances publiques et privées utilisent mensonges et manipulations pour imposer à l’ensemble des populations des décisions politiques néfastes et suicidaires, les scientifiques n’ont d’autre choix que rétablir les chiffres et vérités scientifiques. Il est donc de notre mission de diffuser nos connaissances et de les mobiliser, y compris par la désobéissance civile non-violente.
C’est pourquoi nous soutenons Greenpeace dans cette action de désobéissance civile non-violente. Nous attirons ainsi l’attention de nos concitoyens sur l’hérésie que constitue la construction du terminal méthanier du Havre et nous les appelons à résister aux injonctions manipulatrices et à s’opposer aux projets qui hypothèquent notre avenir.
Notes :
1. https://climate.copernicus.eu/summer-2023-hottest-record,
Guinaldo et al., Ocean Sci., 2023, https://doi.org/10.5194/os-19-629-2023,
Ribes et al., Earth Syst. Dynam., 2022,https://doi.org/10.5194/esd-13-1397-2022
2. Rapport GIEC, AR6, WGIII, Figure TS.8, section TS.3 / section TS.5
3. https://www.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-bas-carbone-snbc
4. La France était en 2022, le principal importateur de GNL américain en Europe (en incluant le Royaume-Uni) avec 23,5% des importations totales (https://www.eia.gov/dnav/ng/NG_MOVE_EXPC_S1_M.htm)
5. https://psr.org/resources/fracking-compendium-8/
6. https://www.greenpeace.fr/rapport-terminal-methanier-du-havre/
7. https://www.greenpeace.fr/gaz-a-qui-profite-la-guerre/
8. Les opérateurs des énergies fossiles ont utilisé la « Stratégie du choc », concept développé par Naomi Klein dans son livre La Stratégie du choc : la montée d'un capitalisme du désastre (2007)
9. https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2022-0321_FR.pdf
Bonneuil et al., Global Environnement Change, 2021, https://doi.org/10.1016/j.gloenvcha.2021.102386
https://www.nouvelobs.com/monde/20230420.OBS72379/les-eaux-noires-de-total-revelations-sur-des-pollutions-majeures-au-yemen.html
14.09.2023 à 02:00
Alors que l’Académie Vétérinaire de France (AVF) organise une séance « Élevage et société » le jeudi 21 septembre 2023, force est de constater que l’ensemble des interventions prévues ne questionnent que très peu le modèle agricole destructeur que nous connaissons aujourd’hui et envisagent encore moins la réduction nécessaire de l’élevage pour une véritable transition agro-écologique. Les vétérinaires participants ont le droit d’accéder à des discours contradictoires et d’aborder avec transparence et exhaustivité la question de l’élevage et de ses impacts.
L’Académie Vétérinaire de France organise, le 21 septembre 2023, une journée sur « l’expertise scientifique pour une transition agroécologique réussie ».
Dans son programme, l’Académie édifie l’élevage comme source de nutrition, de protection des pays du Sud, constituant des opportunités territoriales et circularités. Cela aurait pu en rester là, car chaque institution, après tout, choisit les histoires qu’elle raconte.
Néanmoins, en se réclamant de la science, l’Académie en appelle à plus large qu’elle. La science n’est pas un parti pris qu’on choisit. Elle porte des valeurs et est au service des citoyens et citoyennes du monde aujourd’hui et pour le futur. Elle suit une éthique de la recherche qui inclut des mots comme intégrité, collégialité, pertinence, responsabilité, exhaustivité.
En donnant la parole uniquement à des intervenants pro-élevages, l’Académie oublie que :
Partout dans le monde, les scientifiques demandent que leurs travaux ne soient pas utilisés pour protéger un agenda politique qui détruit la biodiversité et empêche la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Pourquoi aucun des résumés présentés ne fait état des recommandations d’institutions de consensus international comme le GIEC, l’OMS et l’IUCN ?
Selon les alinéas 2, 9, 12 et 15 de l’article R242-33 du code de déontologie vétérinaire, les vétérinaires doivent « prend[re] en compte les conséquences de leur activité professionnelle sur l’environnement » et « acqu[érir] l’information scientifique nécessaire à leur exercice professionnel ». Mais surtout ils ne doivent pas « aliéner [leur] indépendance professionnelle sous quelque forme que ce soit ».
En ne permettant pas un débat ouvert et en ne présentant pas le consensus actuel sur la nécessité de diminution du cheptel de monogastriques et de polygastriques en France, l’Académie Vétérinaire de France va contre le mandat qu’elle prétend avoir, à savoir contribuer à la diffusion des progrès des sciences. Elle va contre les vétérinaires et leur mission de santé publique. Elle entretient aussi un scepticisme scientifique qui ampute les générations futures de la possibilité d’avoir une planète avec un climat stable.
En conséquence :
Nous constatons que la transition fait partie de vos préoccupations et sommes à votre entière disposition pour vous aider à avancer sur le sujet dans le sens du consensus scientifique.
Signataires :
31.07.2023 à 02:00
Scientifiques en rébellion prend acte de la publication le 7 juillet de l’avis 44 du Comité d'éthique du CNRS (COMETS) « Entre liberté et responsabilité : engagement public des chercheurs et chercheuses » qui fait explicitement référence à notre collectif et à nos modalités d’action et de prise de position publique.
Nous nous félicitons de l’avancée majeure que constitue cet avis dans le paysage des rapports entre sciences, société et politique. En effet, l’avis du COMETS rappelle de façon claire et catégorique que :
Cet avis est un écho au Manifeste de Scientifiques en rébellion « Pour la liberté d’engagement des scientifiques » qui a été signé par plusieurs centaines de scientifiques à ce jour.
Nous comprenons que la rédaction d’un tel avis est un exercice difficile. Il n’est donc pas surprenant de rencontrer dans le résumé, les conclusions ou le corps de l’avis un certain nombre de points vagues voire ambigus qui appellent à une certaine vigilance. Ainsi :
L’avis du COMETS ouvre enfin un espace de discussion sur les questions de neutralité, de responsabilité, de liberté et d’engagement des scientifiques en société, et plus généralement sur les rapports entre science et politique. Cet avis offre l’opportunité d’un débat rationnel et serein qui s’oppose de facto à la tentation de criminaliser l’engagement des scientifiques dans un contexte d'intensification des tensions sociales et politiques liées aux crises climatiques et écologiques.
07.07.2023 à 02:00
Face aux questions et critiques que soulève l’engagement croissant des scientifiques dans l’espace public, Scientifiques en rébellion propose un manifeste « Pour la liberté d’engagement des scientifiques ». Ce manifeste a pour but d’expliquer les raisons de cet engagement qui, dans le contexte des crises climatiques et écologiques actuelles, n’est pas simplement un droit, mais une composante essentielle de notre métier de scientifiques. Nous appelons l’ensemble des institutions scientifiques à soutenir la liberté d’engagement des scientifiques en signant ce manifeste. Comme l’ont déjà fait des centaines de scientifiques, vous aussi, signez le manifeste à titre individuel pour soutenir le mouvement.
Cher·e·s collègues,
Nous demandons à votre [conseil/comité/société] de soutenir les scientifiques qui exercent leur liberté d’expression académique en alertant sur les crises écologiques et climatiques à travers l’engagement non-violent de leur choix.
Le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, qui se déroulent à des vitesses jamais observées dans le passé, annoncent des crises sans précédent. Les premiers effets s’en font déjà sentir et augurent un futur dramatique pour l’ensemble des êtres vivants et plus particulièrement l’humanité.
La première mission des institutions et acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche publique (ESR) est de produire des connaissances scientifiques qui sont un bien commun au service de l’intérêt général [1].
Cela fait plus d’un demi-siècle que des dizaines de milliers d’articles scientifiques documentent le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité et alertent les décideurs sur l’urgence à agir. Les scientifiques du GIEC [2] et de l’IPBES [3] ont produit et publié des synthèses toujours plus complètes, offrant non seulement aux décideurs des constats scientifiques solides, mais décrivant également des scénarios et des solutions pour prévenir et atténuer les effets des crises à venir. Ces efforts sont globalement restés vains et leurs impacts largement en deçà des enjeux [4,5], ne faisant qu’accentuer l’urgence. La constitution d’un socle de connaissances fiables n’a donc pas suffi à mettre en œuvre des actions adaptées.
La seconde mission de l’ESR, tout aussi importante, consiste à diffuser ces connaissances auprès du public, afin de répondre aux besoins de la société et de permettre à chacun·e de faire des choix éclairés. Or, on ne peut que constater un défaut d’information des populations sur les enjeux qui les concernent. Ce défaut est en partie dû à la difficulté de diffuser la connaissance dans un contexte de crise de la médiation scientifique qui participe à la confusion entre faits scientifiques documentés et opinions.
À cette difficulté se rajoute la fabrique du doute par la propagation de discours contradictoires venant d’acteurs ayant tout intérêt à repousser les changements qu’impliquent les transitions écologiques et sociales [6, 7]. Il est très inquiétant de voir aussi augmenter, à la mesure de l’urgence, des communications publiques ou gouvernementales qui relèvent du greenwashing, à tel point qu’elles sont sujettes à des sanctions judiciaires [8] et à des désaveux d’institutions publiques et de leurs membres [9].
Aujourd’hui, l’accès à ces connaissances scientifiques permettant une appropriation des enjeux écologiques systémiques est nécessaire pour l’ensemble des citoyen·ne·s et notamment les plus vulnérables, qui subissent en premier les effets de ces crises [10].
Dans ce contexte, il est du devoir des scientifiques, au service des citoyen·nes, d’investir de nouveaux moyens d’interagir avec la société, en entrant dans l’espace public et médiatique pour promouvoir les connaissances scientifiques et dénoncer de toutes les manières possibles les entreprises de désinformation dont nous sommes les témoins. Le devoir de neutralité est parfois mis en avant pour discréditer l’engagement des scientifiques dans le débat public. Il est essentiel de rappeler que la neutralité de la science est une utopie : si la méthode scientifique vise à l’objectivité, nos objets de recherche, nos questionnements, nos financements, les applications qui sont faites de nos résultats sont le produit de nos sociétés humaines et en portent les orientations. Quand bien même elle serait atteignable, la neutralité scientifique ne s’oppose de toute façon pas à la mission d’alerte du public, en particulier devant l’accumulation des preuves des crises écologiques et de leurs impacts négatifs sur les populations et les systèmes sociaux et économiques.
Ce rôle de lanceur·se d’alerte des scientifiques s’inscrit dans la notion d’engagement personnel, c’est-à-dire toute prise de position publique sur des enjeux moraux, politiques ou sociaux [11]. Les prises de parole médiatiques, le soutien à des causes, la participation à des manifestations ou à des actions de désobéissance civile non violente en sont différentes modalités, toutes porteuses de cet engagement. Dans le cas particulier des scientifiques, cet engagement relève directement de la liberté académique [12], qui inclut le droit des universitaires « d’exprimer librement leurs opinions sur l’institution ou le système au sein duquel ils travaillent ainsi qu’à diffuser sans restriction le savoir et la vérité » [1, 13].
Pourtant, certain·e·s collègues subissent des pressions ou des sanctions de la part de leurs institutions qui leur reprochent l’exercice de cette liberté académique. Récemment, Rose Abramoff (géologue) a été licenciée de l’Oak Ridge National Laboratory (USA) pour avoir brandi une banderole lors du congrès annuel de l’American Geophysical Union, dans le but d’encourager ses collègues à s’engager dans l’espace public. Le motif de licenciement avancé : s’être livrée à une activité personnelle dans le cadre d’une mission professionnelle [14].
Cet exemple démontre, s’il en était besoin, que les institutions de recherche et d’enseignement supérieur ne sont, pas plus que les universitaires qu’elles emploient, des entités neutres. Les directions de ces établissements sont parfois également soumises à des pressions extérieures venant de financeurs ou d’administrations de tutelle, qui peuvent les inciter à s’écarter de leur vocation initiale et à exercer une censure illégitime sur l’engagement public de leurs agents. À l’inverse, des institutions comme l’Université de Lausanne [11] ont conclu à la nécessité de soutenir et de défendre cette liberté académique et de ne pas entraver la liberté d’expression et d’engagement des universitaires.
Il est désormais crucial que la communauté scientifique dans son ensemble, et notamment les corps intermédiaires que sont les sociétés savantes et les instituts, se positionnent massivement pour défendre l’engagement des chercheur·se·s comme un des piliers de leur liberté d’expression.
Nous invitons votre [conseil/comité/société] à se positionner en faveur de la liberté d’engagement des scientifiques, en vous saisissant de ce texte et en contribuant à sa diffusion dans votre communauté dans sa version originale ou amendée.
[1] UNESCO, Recommandation de l’UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur, 1997.
[2] Sixième rapport d’évaluation du GIEC, 2021-2023.
[3] Rapport d’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques de l’IPBES, 2019.
[4] I. Stoddard et al., « Three Decades of Climate Mitigation : Why Haven’t We Bent the Global Emissions Curve? », Annual Review of Environmental Resources, vol. 46, 1, pp. 653–689, 2021.
[5] Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique, Perspectives mondiales de la diversité biologique 5, 2020.
[6] C. Bonneuil, P.-L.s Choquet, B. Franta, « Early warnings and emerging accountability : Total’s responses to global warming, 1971–2021 », Global Environmental Change, vol. 71, 10238, 2021.
[7] N. Oreskes, « The Scientific Consensus on Climate Change », Science, vol. 306, no. 5702, pp. 1686–1686, 2004.
[8] L’Affaire du Siècle, https://laffairedusiecle.net/.
[9] Haut Conseil pour le Climat, Rapport grand public 2022, 2022.
[10] Comité d’Ethique du CNRS (COMETS), « Intégrer les enjeux environnementaux à la conduite de la recherche – Une responsabilité éthique », Avis n°2022-43.
[11] Fragnière A. et al., « L’engagement public des universitaires : entre liberté académique et déontologie professionnelle. Rapport du Groupe de travail sur la recherche et l’engagement », Université de Lausanne, 2022.
[12] Loi Savary, 1984 ; Code de l’Education, 2000 ; Principe fondamental reconnu par les lois de la République ; Cour Européenne des Droits de l’Homme, Mustafa Erdoğan et autres c. Turquie, requêtes no 346/04 et 39779/04, arrêt du 27 mai 2014, p. 40. Cité dans Kaye, D., Rapport du Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Nations Unies, 2020, p. 11.
[13] Cour Européenne des Droits de l’Homme, Sorguç c. Turquie, requête no 17089/03, arrêt du 23 juin 2009, par. 35. Cité dans Kaye, D., Rapport du Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Nations Unies, 2020, p. 11.
[14] « Désobéissance civile : “Les climatologues sont aussi des citoyens et des êtres humains” », Le Monde, 26 Janvier 2023.
Benoit Derijard, Écologue marin, Chercheur CNRS, Université Cote d'Azur, Nice
Benjamin Mauroy, Mathématicien, Directeur de recherche, CNRS, Nice
Odin Marc, Géomorphologue, Chargé de recherche, CNRS, Toulouse
Luc Deneire, Traiteur de signal, Professeur des Universités, Université Côte d'Azur
Elodie Vercken, Écologue, Directrice de Recherche, INRAE, Sophia-Antipolis
Mathias Rollot, Architecte, Maître de conférences à l'ENSAG, Université Grenoble Alpes
Julien Lefevre, Informaticien, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Raphael Seguin, Biologiste marin, Université de Montpellier
Sylvain Weill, Hydrologue, Maître de conférences à l'ENGEES, Université de Strasbourg
Agnès Ducharne, Hydro-climatologue, Directrice de recherche, CNRS, Paris
Camille Baudoin, Informatique, Enseignant, Insa CVL, Blois
Rémi Gaillard, Doctorant en climatologie, ENS-PSL, Paris
Romain Valadaud, Géographe, Post Doctorant, IRD, Montpellier
Guillaume Mandil, Sciences pour l'ingénieur, Maître de conférences, Université Grenoble Alpes
Florence Maraninchi, Informaticienne, Professeure des universités, Université Grenoble Alpes
Fabienne Barataud, Géographe, ingénieure de recherche Inrae, Nancy
Amine Boussejra, Doctorant en physique, IP2I, Université Claude Bernard Lyon 1
Soizic Rochange, Biologiste, Université Toulouse 3
Estelle Barbot, Post-doctorante, ISEM, Montpellier
Laure Teulières, Historienne, Maîtresse de conférence, Université Toulouse Jean Jaurès
Florence Volaire, Écologue, Chargée de recherche, INRAE-CEFE, Montpellier
Romain Couillet, Mathématicien appliqué aux sciences de l'ingénieur, Professeur des Universités, Université Grenoble-Alpes
Océane Foix, Sismologue, Postdoctorante, Géosciences Montpellier, CNRS, Université de Montpellier
Louise Karman-Besson, Doctorante en Géomorphologie, CNRS, Toulouse
Alexis Bienvenüe, Mathématicien appliqué, Maître de conférences, ISFA, Université Lyon 1
Philippe Lesage, Maître de conférences en Sciences de la Terre, Université Savoie Mont Blanc, Chambéry
Victor Altmayer, Neurologue, Doctorant en neurosciences, ICM, Paris
Isabelle Roman, Ingénieure agronome ENSA Rennes, spécialisée en génie de l'environnement, et psychanalyste
Théo Guillerminet, Biologiste spécialisé sur l'étude de la diversité cultivée, CIRAD, Montpellier
Laura Schuft, Sociologue, Maîtresse de conférences, Université Côte d'Azur
Elodie Merlot, Biologiste et ingénieure agronome, directrice de recherche à INRAE, Rennes
Philippe Borsa, Généticien des populations, Directeur de recherche, IRD, Montpellier et Nouméa
Laurent Husson, Géologue, Directeur de recherche, CNRS, Grenoble
Yann Coadou, Physicien, Chargé de recherche, CNRS, Marseille
Marieke Van Lichtervelde, Géologue, Chargée de Recherche, IRD, Toulouse
Celine Scornavacca, Bio-informaticienne, Directrice de Recherche, CNRS, Montpellier
Thomas Hermilly, Océanographe physicien/biogéochimiste, Doctorant, IRD (LOPS et LOV), Brest
Tanguy Fardet, Chargé de recherche, ENPC, Champs-sur-Marne
Ludivine Baguet, Vétérinaire, CVPDCN, Sérifontaine
Solange Coadou, Doctorante en océanographie, ENS-PSL, Paris
Louis Waquier, Doctorant en physique, CNRS, Université Paris Cité, Paris
Yentl Deroche, Doctorante en sociologie, INRAE, Université de Montpellier, Montpellier
Sylvain Kuppel, Hydrologue, Chargé de recherche, IRD, Toulouse
Viviane Baladi, Mathematicienne, Directrice de recherche, Paris
Pierre Mathieu, Mathématicien, Professeur des universités, Université d'Aix-Marseille
Isabelle Goldringer, Ingénieure agronome et généticienne des populations, Directrice de recherche, INRAE, Université Paris-Saclay
Laurent Riou, Ingénieur mécanicien, CNRS, Villeurbanne
Constance Valentin, Physicienne, Chargée de recherche, CNRS, Université de Bordeaux
Damien Cartron, Sociologue, Ingénieur de recherche, CNRS, Paris
Julien Milli, Astronome adjoint, Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble, Université Grenoble Alpes
Hugo Trentesaux, Physicien, Ingénieur de recherche, CESBIO, Toulouse
Noam Bloch, Hydraulicien, Doctorant, LEGI - CNRS, Université Grenoble Alpes
Aude Carreric, Climatologue, Post-doctorante, BSC-CNS, Barcelone
Marwan Naciri, Doctorant en écologie, CEFE, Université de Montpellier
Arache Djannati-Ataï, Astrophysicien, Directeur de recherche, CNRS, Paris
Xavier Bodin, Géographe, Chargé de recherche, CNRS, Le Bourget-du-Lac
Stéphanie Mariette, Généticienne des populations, INRAE, Bordeaux
Valérie Sion, Mathématicienne, Informaticienne, Paris
Pascal Houillier, Néphrologue, physiologiste, Professeur des Universités, Université Paris Cité, INSERM, Paris
Louise van Oudenhove, Écologue, Chargée de recherche, INRAE, Sophia-Antipolis
Théophile Truchis, Physicien-écologue, Doctorant, PCPHT, Polytechnique, Palaiseau
François Warlop, Agronome, GRAB, Avignon
Bruno Locatelli, Chercheur en sciences de l'environnement, Cirad, Université de Montpellier
Bertrand Isidor, Généticien, INSERM, Nantes
Hugo Raguet, Maître de conférences en informatique, INSA Centre-Val de Loire et Université de Tours
Gilles Frison, Chimiste, Directeur de recherche, CNRS, Paris
Mickael Coriat, Astrophysicien, Université Toulouse 3, Toulouse
Charlène Bouchaud, Archéobotaniste, Chargée de recherche CNRS, Muséum national d'histoire naturelle
Jonah Jaubert, Élève-ingénieur en science des données, EFREI, Paris
Jérôme Guilet, Chercheur en astrophysique, CEA Saclay
Miriam Beck, Post-doctorante en océanographie/écologie, LOV/Sorbonne Université
Arnaud Legrand, Informaticien, Directeur de recherche, CNRS, Grenoble
Wim Burmeister, Professeur de biophysique, Université Grenoble Alpes, Grenoble
Arnaud Poublan-Couzardot, Neuroscientifique, Post-doctorant, INSERM, Lyon
Loic Salmon, Biophysicien, Chercheur, CNRS, Lyon
Florian Debras, Astrophysicien, Chercheur CNRS, Toulouse
Frédérique Bienvenüe, Mathématicienne, Maîtresse de conférences, Université Lyon 1, Lyon
Laurent Bétermin, Mathématicien, Maître de conférences, Université Lyon 1, Lyon
Ivan Gentil, Mathématicien, Enseignant-chercheur, Université Lyon 1, Lyon
Julian Carrey, Physicien, Enseignant-chercheur INSA Toulouse
Frank Wagner, Mathématicien, Professeur, Université Lyon 1, Lyon
Louis Dupaigne, Mathématicien, Enseignant-chercheur, Université Lyon 1, Lyon
Thomas Blossier, Mathématicien, Enseignant-chercheur, Université Lyon 1, Lyon
Florian Simatos, Enseignant-chercheur en mathématiques appliquées, ISAE SUPAERO, Toulouse
Lara Elfjiva, Anthropologue, Doctorante, CNRS EHESS, Paris
Méril Massot, Post-doctorante en microbiologie, CEFE, CNRS, Montpellier
Jean-Marie Madiot, Informaticien, chargé de recherche, INRIA, Paris
Marine Beneat, Doctorante, IFREMER
Christian Léonard, Mathématicien, Professeur, Université Paris Nanterre
Steve Hagimont, Historien, Maître de conférences, Université de Versailles-Saint-Quentin
Mathieu Chassé, Géochimiste, Maître de conférences, Sorbonne Université
Geoffroy Aubry, Physicien, Chargé de recherche, CNRS, Nice
Sophie André, Pharmacien
Camille Lepoittevin, Ingénieure de recherche en génétique des populations, INRAE, Bordeaux
Ariane Lambert-Mogiliansky, Professeure associée à l'Ecole d'Economie de Paris (PSE)
Pascal Maugis, Chercheur hydro-climatologue, LSCE
Chiara Pistocchi, Maîtresse de conférences en sciences du sol, Institut Agro Montpellier
Alexandre Le Tiec, Astrophysicien, chargé de recherche CNRS, Observatoire de Parisu
Laurent Riou, Ingénieur mécanique CNRS, IP2I de Lyon
Jérôme Santolini, Directeur de recherche, CEA, Saclay
Matthieu Moy, Maître de conférences, UCBL, Lyon
Julien Gros, Sociologue, Chargé de recherche CNRS, LISST, Toulouse
Laetitia Tuffery, Économiste, Enseignante-chercheure associée à PSAE, Saclay
Zoé Berenger, Doctorante en informatique, Télécom Paris, Palaiseau
Titouan Montheil, Docteur en chimie et physico-chimie des Matériaux, Université de Montpellier, Montpellier
Isabeau Bertrix, Doctorante, Modélisation de végétation dynamique, Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement, Université Paris-Saclay
Élodie Millan, Doctorante, Modélisation numérique du mouvement brownien confiné, Laboratoire d'onde et matière d'Aquitaine, Université de Bordeaux
Olivier Saut, Mathématicien, Directeur de recherche CNRS, Bordeaux
Michel Dobrijevic, Astrophysicien, Enseignant-chercheur, Université de Bordeaux
Juliette Bessette, Historienne de l'art, Aix-Marseille Université
Pierre Salou, Ingénieur CEA, Grand Accélérateur National d'Ions Lourd, Caen
Christine Blondel, Historienne des sciences et des techniques, chercheuse CNRS retraitée, Paris
Malo Mofakhami, Chercheur en sciences économiques, Maître de conférences, Université
Gaëlle Letort, Ingénieure de recherche en analyse d'images biologique, CNRS, Institut Pasteur, Paris
Jean-Baptiste Charlier, Chercheur hydrogéologue, UMR G-Eau, Montpellier
Timothée Chabot, Sociologue, Postdoctorant au CRIS, Sciences Po - CNRS, Paris
Alexis Tantet, Climatologue, Professeur assistant au LMD, École Polytechnique, Palaiseau
Léa Bonnefoy, Astrophysicienne, postdoctorante au LERMA, Observatoire de Paris, Paris
Alice Meunier, Biologiste, CNRS, Institut de biologie de l'Ecole Normale Supérieure, Paris
Jean-Luc Gouzé, Mathématicien, Directeur de recherche, Inria, Sophia-Antipolis
Sébastien Triqueneaux, Ingénieur de Recherche, CNRS, Institut Néel, Grenoble
Anne-Sophie Masson, Écologue, post-doctorante, INRAE, Montpellier
Aurélien Berlan, Docteur et agrégé en philosophie, maître de conférence en Sciences économiques et gestion, ancien élève de l'ENS, Toulouse 2
Milan Bouchet-Valat, Sociologue, Chargé de recherche, Ined, Aubervilliers
Matthieu Latapy, Directeur de recherche, CNRS, Paris
Ewa Zlotek-Zlotkiewicz, Chercheuse alter-académique, Nantes
Alain Mille, Professeur Émérite, Université Lyon1
Philippe Marquet, Enseignant-chercheur en informatique, université de Lille
Jacques Testart, Biologiste, Directeur de recherches honoraire, inserm
Juliette Anglade, Ingénieur de recherche Sc. de l'environnement et Sc. de l'éducation, INRAE, Nancy
Catherine Aubertin, Directrice de recherche, IRD,
François Millet, Directeur des programmes sciences et société, Le Dôme - Caen Normandie
Bernard Ancori, Professeur émérite, Université de Strasbourg
Sakina-Dorothée Ayata, Maîtresse de conférences en écologie marine, Sorbonne Université
Frédérique Lerbet-Sereni, Professeur, UPPA
Benoît Parrein, Informatique, Enseignant-Chercheur, Polytech Nantes
Simon Benhamou, Éco-éthologiste, Directeur de recherche CNRS, CEFE, Montpellier
Natacha Coquery, Historienne, professeure des universités, Université Lumière Lyon 2
Alexis Roy, Doctorant, Laboratoire Écologie Systématique Évolution, Université Paris-Saclay
Gwenaël Rabut, Biologiste, Chargé de recherche, INSERM, Rennes
Pascale Scheromm, Géographe, INRAE, Montpellier
Sabine Girard, Géographe, Inrae, Grenoble
Klask ! Docteur·e·s et innovation sociale, Association interdisciplinaire de chercheur·se·s, Nantes
Marie Fauré, Doctorante en histoire, Laboratoire Ausonius, Université Bordeaux-Montaigne
Laurent Pagani, Astrophysicien, directeur de recherche CNRS, Observatoire de Paris
Jacques Louis, Doctorant en physico-chimie, CNRS, Collège de France, Paris
François Briens, Ingénieur et docteur en économie, actuellement sans institution de recherche, Marseille
Catherine Even, Maîtresse de conférences en physique, Université Paris-Saclay, Orsay
Vincent Pradier, Doctorant en sciences de gestion, IAE de Paris - Sorbonne, Paris, et OCCAH, Montréal
Arnaud Beck, Ingénieur de recherche en physique numérique, CNRS, Palaiseau
Ghislain Nicaise, Biologiste, Professeur émérite, Université Nice Côte d'Azur
Patrick Chames, Biologiste, Directeur de recherche CNRS, Marseille
Irénée Frérot, Physicien, Postdoc à l'Institut Néel, Grenoble
Arnaud Chiffaudel, Physicien des systèmes complexes, Chargé de recherche CNRS 1988-2012
Jean-Marie Firdio, Sociologue, Ingénieur de recherche retraité, Paris
Antoine Tiberj, Maître de conférences physique et microélectronique, Université de Montpellier
Fabien Malbet, Directeur de recherche CNRS en Astronomie et Astrophysique, Université Grenoble Alpes
Anne Blondeau Da Silva, Maître de Conférences en Ecologie, Université Limoges
Pierre Stassart, Professeur de Sociologie de l'environnement, Université de Liège
Antoine Amarilli, Maître de conférences en informatique, Palaiseau
Eric Debuire, Praticien Hospitalier, CHU Guadeloupe
Delphine Clauss, Chimiste, Doctorante, Grenoble INP UGA
François Flahault, Directeur de recherche honoraire au CNRS
Floriane Clément, Chercheure en géographie/sciences politiques, INRAE, Toulouse
Jacques Blondel, Directeur de recherche émérite au CNRS
Thérèse Six, Médecin
Mariette Gerber, Cherheur Honoraire INSERM
Mireille Navarrete, Directrice de recherche agronome, INRAE
Martine Watrelot, Chercheuse retraitée IHRIM CNRS ENS lyon
Daniel Perrier, Artiste, Enseignant-chercheur
Philippe Nabonnand, Enseignant-chercheur, Histoire des sciences, Université de Lorraine
Anne Pacquelet, Biologiste, Chargée de recherche, INSERM, Rennes
Eric Faudry, Biologiste, Directeur de recherche CEA, Grenoble
Valentin Geslin, Biologiste, Doctorant, Université de Stavanger, Norvège
Thomas Colcombet, Informaticien, Directeur de recherches CNRS, Paris,
Heidi Charvin, Enseignante-chercheure, Psychologie, Université de Rouen
Michel Raymond, Directeur de recherche CNRS, Montpellier
Maud Hallin, Doctorante en sociologie de l'environnement, Université de Liège et INRAE, Toulouse
Joelle Thollot, Professeure des universités, Grenoble INP, Grenoble
Félix Garnier, Doctorant en économie écologique, Université de Bordeaux
Cécile Tannier, Géographe, Directrice de recherche au CNRS
Sylvie Rimsky, Biologiste, Directrice de recherche CNRS
Corinne Nativel, Politiste et angliciste, Enseignante-chercheure, Université Paris-Est Créteil
Daniel Beretz, Ingénieur physicien retraité du CEA Grenoble et Cadarache
Matthieu Salpeteur, Anthropologue, IRD, Paris
Christine Lauzeral, PRAG en mathématiques, Docteur en écologie, Université Toulouse III
Virginie Cogez, Maître de conférences en biologie, Université de Lille
Laurent Marsan, Maître de conférences en informatique, Univ. Toulouse 1
Mélanie Vay, Responsable d'études et de recherche, Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice
Brigitte Chauvin, Mathématicienne, Professeur émérite, LMV, Université de Versailles Saint-Quentin
Théophile Bastian, Doctorant en informatique, Université Grenoble Alpes
Pascal Vaillant, Maître de conférences en informatique, Université Paris Nord
Simon Munier, Chercheur en hydrométéorologie, Centre National de Recherches Météorologiques
Vincent Leblan, Chargé de recherche en anthropologie, IRD
Louis Tomczyk, Doctorant en télécommunications optiques, Télécom Paris
Nathalie George, Directrice de recherche au CNRS
Thierry Lepage, Directeur de recherche CNRS
Bernard Drobenko Professeur émérite des Universités - Université du Littoral Côte d'Opale
Bruno Robert, Biophysicien, Directeur de recherche, I2BC
Isabelle George, Biologiste, Chargée de recherche au CNRS, Rennes
Fanny Rybak, Maîtresse de conférence en biologie, Université Paris-Saclay
Nicolas Giret, Biologiste, Chargé de recherche CNRS, Saclay
Thierry Moutin, Océanographe, Professeur, Aix-Marseille Université
Philippe Ciblat, Professeur, Telecom Paris
Chloé Huetz, Ingénieure de recherche, Université Paris Saclay
Joana Beigbeder, Enseignante-chercheuse, IMT Mines Alès, Pau
Océane Foix, Postdoctorante, Géosciences Montpellier, Montpellier
Jean Chamel, Anthropologue, Université de Lausanne
Hugo Vanneuville, Mathématicien, chargé de recherche, CNRS, Université Grenoble Alpes
Guillaume Salagnac, Maître de conférences en informatique, INSA de Lyon