05.05.2026 à 18:23
Patrick Eveno, Professeur émérite en histoire des médias, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Après des mois d’auditions, le rapport parlementaire sur l’audiovisuel public a été publié ce mardi 5 mai. Que propose-t-il à travers ses 69 recommandations ?
Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » vient d’être publié. Cinq cent cinquante et une pages pour « préparer les esprits à la privatisation de l’audiovisuel public », croit le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), en introduction d’un rapport qu’il dénonce. Il s’attaque à la forme, notamment à « l’hypermédiatisation » du rapporteur. Il dénombre ainsi 36 interviews, dont 11 à la radio et 10 à la presse écrite, données par Charles Alloncle, tout au long de la commission. « Il a déplacé en partie notre travail hors du cadre solennel des auditions à l’Assemblée », juge-t-il et note « une utilisation massive des réseaux sociaux (plus de 330 posts sur X, 80 publications recensées sur Facebook, 90 sur Instagram…) » de la part du député, « allant même jusqu’à tweeter en temps réel pendant les auditions ».
Au-delà du spectacle, qui permet à Charles Alloncle de se positionner comme futur ministre de la culture en cas de victoire de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella en 2027, il faut comprendre ce que propose ce rapport à travers ses 69 recommandations.
Ce n’est pas facile, parce que, aussi bien dans les propositions que dans les analyses du rapporteur, la confusion et les procédés caricaturaux, le défaut d’ordonnancement thématique et les nombreuses incises qui ne concernent pas l’audiovisuel public brouillent les pistes ; sans doute de façon intentionnelle. La confusion est permanente entre déontologie journalistique et neutralité ou impartialité ; les procédés sont le « name and shame », la désignation de cibles nominatives, de cas particuliers et des amalgames qui sont érigés en généralités, les incises sur la formation des journalistes dans les écoles professionnelles qui n’accueillent pas de journalistes d’extrême droite (Christine Kelly, Laurence Ferrari, Geoffroy Lejeune, Pascal Praud, etc.) ou Reporters sans frontières (RSF), qualifiée d’association militante.
Enfin, il y a quelques idées fixes, les salaires de France Télévisions (surtout celui de Delphine Ernotte, recommandations 50 et 56), les animateurs-producteurs (surtout Nagui, Rec. 27 à 31) et les groupes de productions (surtout Mediawan), tout ce petit monde qui se « gaverait d’argent public ». Ceci sans tenir compte du contexte médiatique ou de l’histoire. Ainsi, le salaire de Delphine Ernotte est compris entre 332 000 (part fixe) et 400 000 euros brut (avec la part variable), c’est évidemment un repoussoir pour nombre de Français ; mais on ne compare pas avec celui de Rodolphe Belmer, président de TF1, dont la part fixe est de 920 000 euros et la part variable d’un maximum de 1 220 000 euros, soit un total supérieur à 2 millions d’euros (cinq fois plus), ou même à celui de David Larramendy, président de M6, qui culmine à 1,5 million…
L’insistance mise sur les fournisseurs de France Télévisions (producteurs et entreprises, Rec. 24 et 25) ne tient pas compte de l’histoire : depuis l’éclatement de l’ORTF en 1974, tout a été fait pour empêcher la production interne des chaînes, afin de ne pas renouveler l’expérience de la Société française de production (SFP), qui était un foyer de syndicalisme et de grèves. Ainsi, en 1990, les décrets pris par Catherine Tasca pour répondre à la demande des producteurs privés imposent à la télévision publique d’externaliser 95 % de sa production. Certes, Delphine Ernotte a négocié la diminution de ce quota à 75 %, mais, pour produire plus, il faudrait embaucher, alors que l’on demande à France Télévisions de faire des économies…
Confusion encore lorsque le rapporteur veut diminuer les sports à la télévision (Rec. 42), sous prétexte que la loi impose déjà la diffusion en clair de certains événements majeurs. C’est ignorer (ou faire semblant d’ignorer) que cela n’empêche pas de payer des droits pour le Tour de France ou la coupe de France, faute de quoi ces retransmissions seraient reprises par d’autres chaînes. France Télévisions est une entreprise qui vit au sein d’un paysage concurrentiel.
En dehors des mesures d’économie préconisées, suppression de France·tv slash, de France 4, de la radio Le Mouv, de l’absorption de F5 par F2, de l’INA par la BNF, de la fusion France Info radio et TV avec France 24 (Rec. 2, 44 à 49, 52 et 53), et le regroupement de ce qui resterait dans une entreprise unique, que veut Charles Alloncle ? Certes, il s’inscrit dans un mouvement européen et états-unien des partis populistes, en Suisse (avec l’UDC qui propose une nouvelle votation), en Hongrie (Orban), en Tchéquie (Babis), en Italie (Meloni), au Royaume-Uni (Farage), aux É.-U. (Trump), qui veulent la baisse des financements pour mieux contrôler politiquement les audiovisuels publics.
Mais quelles en sont les modalités ?
Le but est de recréer non pas l’ORTF, trop puissante et trop indépendante (quoique…), mais la RTF qui exista de 1949 à 1964 et qui était aux ordres des gouvernements successifs de la IVe et de la Ve République. Créer une radio-télévision française rétrécie, corsetée, surveillée et fonctionnarisée, qui pourra ainsi devenir un instrument de propagande pour l’exécutif en cas de victoire en 2027. Alloncle préconise, sans le dire, des salariés fonctionnaires (Rec. 1-Devoir de neutralité, Rec. 3-Sanctions, Rec. 4-Devoir de réserve), qui obéiraient aux ordres d’une pyramide dont le sommet serait le président de la République. Ce qui entre en contradiction avec les recommandations 54 et 55 qui demandent aux salariés une plus grande polyvalence et un salaire comprenant une part variable…
L’entreprise ne serait plus une ou plusieurs sociétés, mais une administration publique qui ne dit pas son nom mais qui appliquerait le Code de la commande publique et des appels d’offres (Rec. 21 à 23). Ceci sans tenir compte de son environnement concurrentiel… Cette administration, dont le président serait nommé par le président de la République (Rec. 19), les autres membres de la hiérarchie par le ministre de la culture (Rec. 20), ne serait plus gérée par ce dernier mais par le Secrétariat général du gouvernement, dépendant du premier ministre (Rec. 15). Bref, une mainmise totale de l’exécutif. Ce qui permettra accessoirement (ou principalement) de faire un ménage idéologique, comme le montre la recommandation 5, qui propose de supprimer toute mention d’appartenance ethnique dans la promotion de la diversité imposée par la loi de 1986 à l’audiovisuel public.
Patrick Eveno ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
05.05.2026 à 17:02
Érik Neveu, Sociologue, Université de Rennes 1 - Université de Rennes
Les « problèmes » mis en avant par les médias ou les responsables politiques ne sont pas forcément les plus urgents ou les plus essentiels. Comprendre comment émergent les « problèmes publics » invite à ne pas les penser comme des évidences. Quelles actions et quels contextes propulsent une question sur la scène publique ou la refoulent ?
L’expression « problème public » n’appartient pas encore au vocabulaire courant. Elle désigne un processus : en quoi un fait, un thème, devient-il objet de l’attention des médias, des conversations, éventuellement des politiques publiques ?
Si on en parle, c’est donc que l’affaire est importante ! Là, les choses se compliquent. Pour formuler un énoncé paradoxal : il n’y a pas de règle de correspondance logique entre ce qui serait la gravité objective d’un événement ou d’un enjeu – pas toujours facile à hiérarchiser au demeurant – et sa transformation en problème public.
Des situations dont on peut soutenir qu’elles ont engendré d’immenses souffrances à de vastes groupes ont pu longtemps rester sous le radar des débats et de l’action publique. Qu’on pense aux violences sexuelles sur les femmes ou sur les enfants, à la situation parfois pitoyable des personnes âgées en Ehpad, à leur fréquente solitude… Enjeu récemment pris en charge par le gouvernement de Corée du Sud, à l’étonnement des commentateurs. À l’inverse, la margarine paraîtra un objet bien peu propre à déchaîner les passions… Elle a pourtant suscité d’âpres débats, et même une série de référendums sur son interdiction, l’obligation de la colorer en rose à la fin du XIXᵉ aux États-Unis ! Et il n’est pas sûr que les émois suscités en France par quelques dizaines de baigneuses en burkini ne semblent pas aussi étranges dans vingt ans.
Faits et événements ne sont pas ventriloques. Ils ont besoin de l’équivalent d’imprésarios : ce sont les entrepreneurs de cause. On désigne par ce terme une grande variété d’acteurs (associations, intellectuels, mouvements sociaux, groupes de pression, entreprises, élus et partis, administrations, journalistes) qui vont définir des situations comme « problématiques », c’est-à-dire requérant attention, débat et action. Leur action vise à propulser des enjeux vers l’espace public et les autorités politiques. Ses formes varient selon les ressources et la nature des entrepreneurs. Il pourra s’agir d’un long travail d’investigation par un journaliste, comme le fit Victor Castagnet sur la maltraitance dans des Ehpad du groupe Orpea. Les mouvements sociaux vont davantage recourir à des mobilisations, comme l’illustre la mise en cause des « méga-bassines » créée à la demande de syndicats agricoles capables, eux, de convaincre les autorités locales que l’irrigation est un problème public.
Mais les entrepreneurs de cause peuvent aussi faire face à un travail de disqualification de leurs démarches ou de leurs argumentations. Ainsi, quand Nestlé soutient, contre des associations de consommateurs, que, même traitées en violation des normes, ses eaux sont parfaitement « minérales ». Ils peuvent voir leur dossier canalisé vers des institutions qui en préviennent la publicisation, englué dans des procédures d’une extrême lenteur, comme les victimes du chlordécone aux Antilles.
L’émergence d’un problème public est toujours le fruit d’une double lutte. Elle oppose des causes concurrentes car l’attention est une ressource rare. Même en des temps d’abondance informationnelle, il faut hiérarchiser les sujets qui font la une. L’ordre du jour du Parlement ne permet pas de légiférer sur tout simultanément. Quand le 22 novembre 2025, se déroulent des rassemblements contre les violences faites aux femmes, d’autres pour les droits des Palestiniens, d’autres en hommage à Mehdi Kessaci assassiné par les narcotrafiquants, quel sera le premier titre des journaux radio et télévisés ?
La lutte porte aussi sur ce que l’on appelle les « cadrages » médiatiques et politiques – la métaphore photographique renvoyant à ce qu’on rend visible ou repousse hors cadre. Quand on débat du narcotrafic, faut-il, comme le fit Bruno Retailleau, pointer la responsabilité des consommateurs ou tenir l’usage du cannabis comme un fait si banalisé que mieux vaut le légaliser ? Les réponses de politique publique doivent-elles se concentrer sur les points de deal ou sur un système bancaire encore trop perméable à l’argent sale ?
Il faut à la fois faire voir et faire « bien voir » ce qu’on veut constituer en problème. Il est donc habile de mobiliser des éléments d’une culture partagée, de prendre en compte un air du temps idéologique.
Si la margarine est devenue un problème public dans l’Amérique du Gilded Age, c’est que ces petits lingots de matière grasse condensaient tout un jeu d’oppositions. Produit « authentique », le beurre symbolisait une Amérique rurale de petits producteurs aux mœurs sobres, proches de la nature. Sous-produit des abattoirs de Chicago, la margarine incarnait, elle, la grande ville, la montée en puissance de l’industrie et de produits « artificiels » ou frelatés ; elle était consommée par un prolétariat souvent venu de pays latins et/ou catholiques, supposé intempérant, stigmatisé par le « nativisme » d’Américains protestants se voulant plus authentiques car nés sur le sol de l’Union.
À lire aussi : Margarine vs butter: how what we spread on our toast became a weapon of class war
Promouvoir un problème, c’est aussi en faire une histoire – au double sens de cette expression. En suggérer la gravité, l’urgence à y répondre, donc. Cela s’argumente par trois grands registres rhétoriques. L’expertise à coup de dossiers, de chiffres, de sollicitations de praticiens et de chercheurs. La vox populi qui montrera – à coup de sondages, de nombres de manifestants, de résultats électoraux – combien « les Français » sont préoccupés, demandent telle action. La sollicitation des émotions, enfin, va jouer sur un clavier où opèrent la peur, la honte, la compassion, le ressentiment, la haine.
Mis en débat dans les années 1970 à partir des morts d’ouvriers dans des usines produisant des plaquettes de frein, le problème de l’amiante suscite alors indignation et compassion, mais il est vite recouvert par d’autres drames. Recadré dans les années 1990 en polluant environnemental, omniprésent (des matériaux de construction aux grille-pains), associé, au JT de TF1, au logo à tête de mort des poisons, menaçant cette fois tout un chacun, l’amiante mobilise alors une peur à l’aire de résonance et à la durée bien plus efficaces.
La meilleure mise en récit, la mieux argumentée n’est efficace que si elle entre dans trois « agendas », soit la hiérarchie des attentions des médias, de l’opinion publique et des décideurs politiques. Or, les ressources des porteurs de cause en moyens financiers, en maîtrise des logiques des médias, en accès aux élus et en cabinets ministériels sont très inégales. Les médias fonctionnent comme des filtres à problèmes selon ce qu’on nomme leur « valeur d’information ».
Si les enjeux environnementaux sont aujourd’hui assez significativement couverts, ils mirent longtemps à trouver leur place. Les écologistes apparaissaient comme trop militants, antimodernes, voire « amish », donc comme des sources peu fiables. Plus encore, l’absence d’une « rubrique » adéquate et donc de journalistes spécialisés posait la question : où parler de rejets toxiques d’une usine, de la raréfaction des papillons ? En faits divers, économie, sciences ? La réponse était souvent : nulle part.
Parler d’inégalités entre entrepreneurs, c’est aussi noter que certaines revendications ou problèmes peuvent se faire entendre sans passer par la case « médias » – quand leurs soutiens sont connectés aux foyers de décision, ils ont les ressources d’un lobbying discret et efficace. Dans une étude très documentée des groupes de pression à Bruxelles, Sylvain Laurens a pu montrer que, outre l’action de milliers de lobbyistes professionnels, ceux-ci disposaient souvent, au sein des directions générales de la Commission européenne, de véritables garnisons d’anciens salariés et collaborateurs.
La réussite des entrepreneurs de problèmes peut se mesurer à leur capacité de peser sur des politiques publiques, d’en faire instituer de nouvelles.
Qu’un ministère de la culture puisse promouvoir le rock ou la BD, qu’un autre ministère traite des droits des femmes, n’allait pas de soi voici un demi-siècle. Mais le vote d’une loi, la création d’une administration répondant à un problème sont rarement l’équivalent d’une case « Arrivée ».
La victoire des uns suscite la remobilisation des battus (par exemple, l’abandon des zones à faibles émissions, ZFE, quand elles furent accusées d’exclure des villes les plus démunis). Les agents d’une administration peuvent, sur le terrain, faire dévier la portée d’une réforme. Celle-ci peut s’avérer dysfonctionnelle ou ruineuse (cf. la difficile mise en œuvre de MaPrimeRénov’ sur l’isolation du bâti).
La réponse à un problème peut en créer d’autres – quand aux États-Unis, comme le montre la chercheuse Chin Jou, les aides de la Small Business Administration aux entrepreneurs afro-américains financent l’invasion des quartiers noirs par la malbouffe des fast-foods. La trajectoire des problèmes publics a ceci de commun avec la marche sur un jeu de l’oie qu’on peut y emprunter des raccourcis, avancer très vite, mais aussi faire soudain retour à la case « Départ ».
Issue des sciences sociales états-uniennes et notamment des travaux de Joseph Gusfield, l’analyse des problèmes publics s’est fait depuis trente ans une place dans le monde académique français. Elle est éclairante pour les citoyens en invitant à ne pas penser les objets de débat public comme des évidences. Elle aide à comprendre – sans raccourcis complotistes – les actions et les contextes qui propulsent ou qui refoulent un enjeu sur les scènes médiatiques et politiques, et en façonnent les termes.
Érik Neveu est l’auteur de Sociologie politique des problèmes publics, Armand Colin, Paris, 2022, 2ᵉ éd.
Érik Neveu ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
05.05.2026 à 16:56
Thomas George Evans, Principal Investigator, Freie Universität Berlin

Biological invasions occur when organisms such as animals and plants are introduced by people to regions of the world where they do not naturally occur. In these new locations, these organisms are referred to as “alien species”.
Biodiversity is the variety of all living organisms on earth. It is the interconnected web of life that is a wonder to behold – it is also vital for people, providing the foundation for happy, healthy lives.
Biological invasions can be severely damaging to biodiversity. Alien species interact with native species in many different ways. For example, they often compete with native species for resources such as food.
This can cause declines in the abundance of native wildlife and, in some cases, the permanent loss of native species (their global extinction).
The number of alien species being introduced to new regions continues to rise. Hence, identifying and managing their impacts on native biodiversity is a global conservation priority. A great deal of research has been published on this topic.
However, biological invasions can cause another type of impact that is far less comprehensively studied and managed. These are impacts that cause the suffering of animals.
Animal welfare is defined by the World Organisation for Animal Health as
“the physical and mental state of an animal in relation to the conditions in which it lives and dies”.
Sentience is the ability to experience feelings and sensations, such as pain, fear and anxiety. It is now widely recognised that many different types of animals are sentient. In the United Kingdom, the welfare of these sentient animals is protected under the Animal Welfare (Sentience) Act 2022.
Biological invasions result in interactions between organisms (including plants and animals) that can severely harm the welfare of the animals involved. For example, the avian vampire fly (Philornis downsi) was accidentally introduced to the Galápagos Islands from South America several decades ago.
It lays its eggs in the eyes of fledgling native birds. When they hatch, the larvae feed on the soft tissue around the eyes and nares (nostrils) of the birds. This causes wounds, infection and death.
There are no native insects that cause these welfare impacts on the Galápagos archipelago.
Cheatgrass (Bromus tectorum) is a highly flammable grass species that has been introduced to western USA from Eurasia.
Across the Great Basin, it increases the frequency, size and intensity of wildfires, and the number of individual animals that they kill. These animals include greater sage-grouse (Centrocercus urophasianus).
House mice (Mus musculus) were accidentally introduced to Gough Island in the South Atlantic Ocean by sailors in the 19th century.
They attack and eat ground-nesting Tristan albatrosses (Diomedea dabbenena). Having evolved on the island in the absence of predators, the albatrosses are naive to the threat posed by the predatory mice – hence, they do not evade predation.
While this is a biodiversity impact (the mice have caused the albatross population to decrease), it is also an animal welfare impact, as demonstrated by these images. House mice have also recently been recorded attacking albatrosses on Midway Atoll.
The animal welfare impacts of biological invasions are a neglected research topic. Few studies have explicitly attempted to identify and describe them.
Hence, we do not have a good understanding of the extent and severity of the animal suffering they cause. Furthermore, we do not understand how this suffering occurs, which animals are most severely affected, and how best to protect them.
Frameworks are conceptual tools that provide standardised systems and rules which can be applied to make sense of complex processes. They can be useful for structuring data on wildlife, including data on the impacts of biological invasions.
Several frameworks have been developed that assess the biodiversity impacts of biological invasions. However, no frameworks have been developed to explicitly assess their animal welfare impacts.
Our research, recently published in the journal Nature Communications, introduces a new framework to assess the animal welfare impacts of biological invasions. This framework is called the Animal Welfare Impact Classification for Invasion Science (AWICIS).
AWICIS assesses impacts on animals that are sentient and protected by UK animal welfare legislation. These are mainly vertebrate animals, although some invertebrate animals are also protected, including Cephalopods (octopuses, cuttlefish and squid).
AWICIS assesses welfare impacts affecting both native and alien animals. This is significant, as research on biological invasions tends to focus on impacts affecting native animals. Our framework recognises that alien animals can also suffer from welfare impacts caused by biological invasions.
While biodiversity research focuses on impacts affecting the survival of species, AWICIS focuses on impacts affecting individual animals.
It identifies “relative changes to the welfare of an individual animal” that are caused by a biological invasion.
To do this, the framework uses five “impact severity” categories (i – v) to quantify the harm caused by a biological invasion on a given animal. It also categorises welfare impacts by type using 11 impact categories. For example, these categories include the “transmission of disease” from one animal to another, and “predation” of one animal by another.
Indicators are used in animal welfare science to provide evidence of impacts affecting the welfare of animals.
AWICIS uses three different indicators:
The physical appearance of an animal (e.g., dead or injured animals)
The behaviour of an animal (e.g., lethargic animals suffering from diseases)
Measurable physiological functions that provide insights into the welfare of an animal (e.g., elevated levels of stress hormones produced by an animal).
We used AWICIS to assess the welfare impacts of ant invasions. Many different ant species have been introduced to regions of the world where they would not naturally occur. Some use acid to attack and kill animals.
Using AWICIS we found several of these ant species to cause the most severe category of welfare impact on many types of animals. Ground nesting animals were often affected, including fledgling birds and hatchling alligators and turtles.
Ants can take a long time to kill an animal, so they can cause a great deal of suffering in the process. Unfortunately, these ant species have been introduced by humans to many locations worldwide, including numerous islands and several regions of the USA.
This means that their severe welfare impacts are an ongoing, global phenomenon. Hence, many animals have suffered, and many more will do so in the future as a result of our actions (introducing ants to places where they do not belong).
Preventing the introduction of ants (and other organisms) to new environments is crucial if we are to stop biological invasions from causing unnecessary and severe animal welfare impacts.
It is well known that biological invasions are problematic for biodiversity – they threaten the survival of native species. The socio-economic impacts of biological invasions have also been well studied – these are impacts that affect human health and wellbeing.
In our study, we shed light on a third major type of impact caused by biological invasions – animal welfare. Hence, our study provides evidence for the impacts of biological invasions on “One Health”, which is a term used to recognise that the health of the environment, people and animals is interconnected.
Researchers wishing to report and assess the animal welfare impacts of biological invasions can use the AWICIS Assessment Template.
Observations by researchers studying the biodiversity impacts of biological invasions will also be useful to establish the extent and severity of these animal welfare impacts. Hence, they are encouraged to report these observations using the AWICIS Assessment Template.
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Thomas George Evans a reçu des financements de Animal Welfare Initiative et German Research Foundation (DFG).