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11.06.2026 à 13:11

« Happy Birthday, Mister President ! » : anniversaires présidentiels et mise en scène du pouvoir

Frédérique Sandretto, Chargée d'enseignement en civilisation américaine, Université Côte d’Azur; Sciences Po

De George Washington à Donald Trump, les anniversaires des présidents ont toujours mêlé pouvoir et spectacle. Avec ses 80 ans, Trump pousse le rituel au show politique.
Texte intégral (2304 mots)

Dès George Washington, les présidents américains ont souvent transformé leur anniversaire en mise en scène du pouvoir – défilés, banquets, chansons en leur honneur comme celle, fameuse, de Marilyn Monroe susurrée à l’attention de John Kennedy… Mais avec le locataire actuel de la Maison-Blanche, qui fêtera ses 80 ans le 14 juin 2026, le rituel vire au phénomène à part. Gala d’arts martiaux mixtes, patriotisme exacerbé, culte permanent de sa propre personne : l’anniversaire devient une extension du show MAGA.


Le 14 juin 2026, Donald Trump fêtera ses 80 ans. L’événement est loin de passer inaperçu. Entre célébrations officielles, manifestations patriotiques, spectacles et mise en scène politique avec le MMA (arts martiaux mixtes), tout semble relever d’une stratégie visant à spectaculariser le pouvoir. En s’associant à un univers valorisant la force, la combativité et la virilité, Trump cherche à entériner son image de leader combattant face à ses adversaires – et, ce faisant, à alimenter son récit de résilience et donc à mobiliser sa base électorale. Au-delà des préoccupations immédiates, cet anniversaire s’inscrit dans une longue tradition américaine où la frontière entre la vie privée et la figure publique n’a jamais cessé d’être mouvante.

Depuis les Pères fondateurs jusqu’aux présidents contemporains, les anniversaires présidentiels constituent des moments singuliers de la vie politique du pays. Ils offrent un miroir des attentes de la société, de la personnalisation du pouvoir et du rapport parfois ambigu que les Américains entretiennent avec leurs dirigeants.

Les présidents américains ont toujours eu un faible pour la célébration publique de leur anniversaire

Dans l’imaginaire politique des États-Unis, le premier grand anniversaire présidentiel demeure celui de George Washington, né le 22 février 1732. Dès la fin du XVIIIe siècle, cette date devient un véritable rituel civique. Défilés, discours, banquets et célébrations locales transforment l’ancien général de la guerre d’Indépendance (1775-1783) en père symbolique de la nation. Pendant plus d’un siècle, l’anniversaire de Washington est célébré dans tout le pays comme une fête patriotique, avant d’être intégré au Presidents’ Day moderne – ce jour férié du troisième lundi de février qui honore désormais l’ensemble des présidents américains. Dès l’origine, la célébration d’un homme dépasse largement le cadre privé pour devenir un acte politique.

Quelques décennies plus tard, les admirateurs d’Andrew Jackson (septième président, en poste de 1829 à 1837) organisent régulièrement banquets et rassemblements à l’occasion de son anniversaire, le 4 mars. Son image de président proche du peuple – il est issu d’un milieu modeste – nourrit une forme de culte politique avant l’heure. Si ces festivités sont moins institutionnelles que pour Washington, elles témoignent toutefois de la personnalisation croissante de la fonction présidentielle.

Au XIXe siècle, les anniversaires d’Abraham Lincoln (16e président américain, de 1861 à son assassinat en avril 1865) acquièrent une dimension presque sacrée après sa mort. Chaque 12 février devient l’occasion de cérémonies commémoratives, de lectures publiques de ses discours et d’hommages patriotiques.

L’homme privé disparaît derrière la figure mythifiée du sauveur de l’Union.

L’âge de la communication politique

Au XXe siècle, les médias donnent une nouvelle ampleur à ces célébrations. Les anniversaires de Franklin D. Roosevelt (élu quatre fois entre 1932 et 1944) deviennent des événements nationaux relayés par la radio puis par les actualités filmées. Les présidents apparaissent désormais dans les foyers américains, et leur vie personnelle devient progressivement un objet d’intérêt collectif.

Le 30 janvier 1936, l’anniversaire de Franklin Roosevelt, paralysé en-dessous de la taille, est mis en avant pour une opération de collecte de dons destinés à la recherche contre la polyomélite infantile. fdrlibrary.org

Aucune scène n’illustre mieux cette fusion entre sphère privée et sphère publique que celle du 19 mai 1962 au Madison Square Garden à New York. Ce soir-là, devant près de quinze mille invités, Marilyn Monroe interprète son légendaire « Happy Birthday, Mr. President » à l’attention de John F. Kennedy. Dans une robe couleur chair, si moulante et scintillante qu’elle est devenue mythique, l’actrice transforme un simple anniversaire en événement politique, médiatique et culturel.

Aujourd’hui encore, cette séquence demeure l’une des plus célèbres de l’histoire américaine. Elle symbolise tant la fascination du public pour la vie personnelle du président – des rumeurs insistantes évoquaient déjà la relation extraconjugale qu’il entretenait avec la star de cinéma – que l’émergence d’une culture politique dominée par l’image et le spectacle.

Depuis lors, les anniversaires présidentiels sont devenus des moments de communication politique. Les présidents modernes les utilisent parfois pour humaniser leur image, rappeler leur parcours ou mobiliser leurs soutiens. Les médias, quant à eux, y voient l’occasion de dresser des bilans politiques ou de revenir sur les grandes étapes d’une carrière.

Cette évolution soulève néanmoins une question essentielle : où se situe la frontière entre le public et le privé ? En théorie, un anniversaire relève de l’intime. Il appartient à la sphère familiale. Pourtant, lorsqu’il s’agit du président des États-Unis, cette distinction tend à s’effacer. Chaque geste, chaque réception, chaque célébration acquiert une signification politique.

L’âge du président devient lui-même un sujet de débat public. Sa santé, son énergie, sa capacité à exercer le pouvoir sont examinées à travers le prisme de la longévité, comme ce fut le cas pour Ronald Reagan (qui fut en 1981 le plus vieux président à entrer en fonction), pour Joe Biden (82 ans à la fin de son mandat, et objet de nombreuses moqueries de la part de ses adversaires pour ses moments d’absence) ; et dernièrement pour Donald Trump, dont les capacités cognitives sont régulièrement remises en cause.

Le cas emblématique de Donald Trump

Dans le cas de Donald Trump, cette dimension est particulièrement visible. Aucun président américain n’a autant cultivé la personnalisation du pouvoir : il a construit une marque politique largement centrée sur sa propre personne. Son anniversaire ne constitue donc pas seulement une célébration privée. L’événement s’inscrit dans un récit politique plus vaste où l’homme et la fonction semblent souvent indissociables.

Les festivités prévues autour de ses 80 ans illustrent cette logique. Elles se tiendront dans le cadre plus large des célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance américaine et prolongeront les événements déjà organisés en juin 2025 à l’occasion du 250ᵉ anniversaire de l’armée américaine (créée officiellement le 14 juin 1775). Cette célébration militaire avait donné lieu à un imposant défilé à Washington réunissant plusieurs milliers de soldats, des véhicules blindés et des aéronefs. Le défilé coïncidait déjà avec le 79e anniversaire du président.

Pour 2026, l’administration et les organisateurs des célébrations nationales prévoient plusieurs manifestations de grande ampleur. L’une des plus médiatisées est l’événement organisé à la Maison Blanche autour de combats de l’UFC (Ultimate Fighting Championship, la principale ligue mondiale d’arts martiaux mixtes), discipline dont Trump est un soutien de longue date. Selon les premières informations, plusieurs milliers d’invités sont attendus, tandis que des dizaines de milliers de spectateurs pourraient suivre les festivités à proximité du site.

Ces célébrations témoignent de la volonté de présenter le président comme une figure centrale du récit national au moment où les États-Unis s’apprêtent à commémorer le quart de millénaire de leur indépendance. Elles traduisent par ailleurs une conception très spectaculaire de la présidence, caractéristique de l’ère Trump.

Chez Donald Trump, la politique se traduit aussi par des projets monumentaux destinés à matérialiser sa vision de la grandeur américaine. Le projet de gigantesque salle de bal de la Maison Blanche – évalué à près de 200 millions de dollars (173,5 millions d’euros) et conçu pour accueillir plusieurs centaines d’invités – illustre justement cette volonté d’inscrire son passage au pouvoir dans la pierre. De même, l’idée d’un arc de triomphe (Memorial Circle Arch) culminant à près de 1 776 pieds (en écho à l’année de l’indépendance américaine, environ 541 mètres) témoigne d’un goût assumé pour les réalisations marquantes. À travers ces grands travaux aux dimensions hors normes, Trump prolonge en politique l’esthétique de promoteur immobilier qui a façonné sa carrière : construire plus haut, plus grand et plus visible afin de transformer l’espace public en symbole de puissance et d’héritage.


À lire aussi : Grands travaux et démesure : Trump réinvente la Maison Blanche


Pour autant, ces festivités interviennent dans un contexte paradoxal. Les États-Unis demeurent confrontés à de nombreuses difficultés : inflation persistante, polarisation politique, inquiétudes budgétaires et, bien sûr, guerre en Iran. Plusieurs observateurs soulignent d’ailleurs le contraste entre l’ampleur des célébrations (un budget de près de 60 millions d’euros pour le spectacle de MMA) et les préoccupations quotidiennes d’une partie de la population.

Cette tension n’a rien de nouveau dans l’histoire américaine. Déjà sous Washington, Lincoln ou Roosevelt, certains critiques dénonçaient le risque de transformer les dirigeants en figures quasi monarchiques. La République américaine s’est construite contre le culte des souverains ; pourtant, elle n’a jamais totalement échappé à la tentation de célébrer ses présidents comme des héros nationaux.

À l’heure où Donald Trump souffle ses quatre-vingt bougies, cette contradiction apparaît avec une particulière netteté. Entre hommage personnel, célébration patriotique et opération politique, son anniversaire révèle une fois encore la singularité de la présidence américaine. Deux siècles et demi après George Washington, les États-Unis continuent de s’interroger sur la place de leurs dirigeants dans la mémoire nationale. Car derrière chaque gâteau d’anniversaire présidentiel se cache une question plus profonde : célèbre-t-on un homme, une fonction ou une certaine idée de l’Amérique ?

The Conversation

Frédérique Sandretto ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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11.06.2026 à 13:11

Le danger d’une IA utilisée par la justice

Raisul Islam Sourav, PhD Candidate in Legal Analytics, University of Galway

L’IA est désormais utilisée dans plusieurs pays pour statuer sur des affaires « de moindre importance ». Avec un risque de justice à deux vitesses.
Texte intégral (1654 mots)
Les systèmes algorithmiques nécessitent une supervision humaine continue. Les « hallucinations » ou erreurs, peuvent totalement annuler les gains de temps annoncés pour les tribunaux. Oleg Troino

Au Royaume-Uni, des directives suggèrent que les juges pourraient utiliser l’IA pour des travaux préparatoires. L’Estonie utilise un système d’IA semi-automatisé pour les recouvrement de petites créances. En Allemagne, un système est testé pour des litiges relatifs aux droits des passagers aériens. À Taïwan, l’IA aide les tribunaux dans des affaires de conduite en état d’ivresse ou de fraudes. Pourtant, les arguments en défaveur d’une utilisation de l’IA par la justice sont nombreux et doivent être pris en considération.


En quelques années seulement, l’intelligence artificielle générative a entraîné des changements significatifs dans de nombreux secteurs, de la santé à l’éducation, du divertissement à la finance, et même dans le domaine du droit.

L’utilisation de l’IA dans les décisions judiciaires pose des risques importants pour la justice. Des résultats erronés issus d’informations « hallucinées », des décisions discriminatoires et un manque de transparence font partie des préoccupations liées à l’introduction de cette technologie dans les tribunaux.

Pourtant, un certain nombre de juges à travers le monde l’ont déjà utilisée dans la prise de décision et la rédaction de jugements. C’est pourquoi certaines juridictions, dont le Royaume-Uni, ont publié des lignes directrices à l’intention des juges concernant l’usage de l’IA.

De manière générale, ces directives suggèrent que les juges peuvent utiliser l’IA comme un outil pour effectuer des travaux préparatoires, tels que la rédaction de résumés de documents longs, la traduction de documents juridiques, l’identification de précédents juridiques ou l’amélioration de la lisibilité des documents. Elles déconseillent son utilisation pour les fonctions judiciaires essentielles, notamment la prise de décision.

Récemment, certains hauts responsables judiciaires ont estimé que l’IA pourrait être utilisée pour trancher des affaires « à faible enjeu » ou moins complexes, à condition de prendre des précautions adéquates, comme maintenir un juge humain dans le processus.

Dans un discours prononcé en novembre 2024, le deuxième juge le plus haut placé du Royaume-Uni, Geoffrey Vos, a évoqué un « spectre » de décisions juridiques que l’IA pourrait bientôt prendre, ou contribuer à prendre.

Vos a déclaré que l’utilisation de l’IA pour des « décisions largement mécaniques, comme celles concernant le montant d’une pension ou de prestations, ou le calcul des dommages corporels et des pertes de revenus » permettrait probablement d’économiser du temps et de l’argent. Mais il a appelé à une réflexion sur la question de savoir si une telle utilisation violerait des droits humains fondamentaux.

Un an plus tard, Vos a de nouveau appelé à un « débat sérieux » sur les droits qui devraient être protégés pour les humains dans ce contexte. Il a également insisté sur le fait que l’IA devait être « utilisée de manière responsable, efficace et sûre dans les systèmes et processus juridiques ».

Plusieurs juridictions testent ou utilisent déjà l’IA dans ce type d’affaires « mécaniques ». L’Estonie utilise un système de petites créances semi-automatisé dans les procédures civiles pour des demandes pécuniaires allant jusqu’à 7 000 euros, avec des greffiers humains supervisant le processus.

Le tribunal de district de Francfort, en Allemagne, a testé un système d’IA nommé Frauke pour traiter les litiges relatifs aux droits des passagers aériens. Frauke analyse des affaires et décisions antérieures afin de produire des projets de jugements préconfigurés. Les juges assemblent ensuite les verdicts finaux à partir de ces textes après avoir statué, ce qui réduit considérablement le temps consacré à la rédaction.

Taïwan a expérimenté un outil basé sur l’IA pour aider les tribunaux, notamment en produisant des notifications de décision dans des affaires de conduite en état d’ivresse ou de complicité dans des fraudes. Le système d’IA génère un projet complet de décision comprenant les faits, le raisonnement juridique, les citations et le verdict final. Le juge examine ce projet et, après approbation, peut l’émettre comme jugement officiel, avec ou sans modifications.

Ces exemples montrent clairement que la principale motivation pour remplacer les juges humains dans certaines catégories d’affaires est l’efficacité. Par conséquent, d’autres juridictions explorent également la possibilité d’intégrer l’IA générative afin de statuer sur certains litiges sans intervention de juges humains.

Le coût de l’utilisation de l’IA générative comme juge

Les tribunaux sont surchargés, et des technologies comme l’IA générative promettent cohérence et efficacité. Mais cela représenterait un changement majeur par rapport à des pratiques vieilles de plusieurs siècles. Et cela risque de saper ce que certains juristes considèrent comme un principe fondamental de la justice : le droit d’être jugé par un être humain.

Le jugement d’une affaire ne consiste pas uniquement à parvenir à une décision. Il s’agit d’un processus global et équitable qui inclut le droit d’être entendu – présenter sa défense, mettre en balance des récits contradictoires et exercer un jugement à la lumière du droit et de l’équité.

Les outils algorithmiques, aussi avancés soient-ils, n’entendent ni ne « comprennent » même pas leurs propres productions, encore moins les valeurs humaines ou les contextes sociaux changeants. L’IA générative ne peut pas reconnaître la souffrance, la crédibilité, le remords ou la vulnérabilité comme le ferait un humain. Cela seul la rend inapte à occuper le siège d’un juge.

Classer les affaires comme simples ou complexes peut sembler pragmatique, mais c’est à la fois juridiquement et moralement dangereux. Ce qui constitue une affaire « simple, routinière ou mécanique » est en soi une décision humaine. Les litiges relatifs à des indemnisations ou à des prestations peuvent paraître simples sur le papier, mais elles peuvent avoir des conséquences importantes pour la personne qui saisit la justice.

Attribuer ces affaires à une adjudication algorithmique risque de créer un système judiciaire à deux vitesses – dans lequel un groupe de citoyens peut présenter son affaire devant un juge humain, tandis que d’autres sont traités par des machines. Seuls les premiers, à mon sens, exercent pleinement leur droit à une audience et à un procès équitables devant un tribunal indépendant et impartial, tel que garanti par l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme.

De plus, l’argument de l’efficacité pourrait s’avérer illusoire. Les systèmes algorithmiques comme l’IA générative nécessitent une supervision humaine continue, des audits et des corrections. Les hallucinations ou erreurs, qu’elles résultent d’une conception défaillante ou de données d’entraînement biaisées, peuvent totalement annuler les bénéfices annoncés.

La confiance du public est essentielle dans tout système juridique. Si les citoyens perdent confiance dans les décisions automatisées, les recours augmenteront – aggravant encore l’arriéré déjà existant des affaires.

Les technologies émergentes comme l’IA générative peuvent être utiles pour gérer l’administration des tribunaux et réduire les charges administratives. Mais remplacer les juges humains, même dans des affaires supposément à faible enjeu, porte atteinte aux principes fondamentaux de la justice. L’efficacité ne devrait pas se faire au détriment des valeurs que le système judiciaire est censé protéger.

The Conversation

Raisul Islam Sourav ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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11.06.2026 à 13:11

Why Trump is putting an MMA fight cage in the White House

Jérôme Viala-Gaudefroy, Spécialiste de la politique américaine, Sciences Po

It’s showtime! …Erecting a mixed martials arts arena at the White House and hinting that it might just become a permanent fixture is a nod to power that draws on force and spectacle.
Texte intégral (2587 mots)

The UFC Freedom 250 fight night, which will be held on June 14 is being presented as a patriotic celebration to mark the 250th anniversary of the United States. But in actual fact, the date doesn’t coincide with the birth of the nation, it falls on the President’s birthday.

By installing an MMA octagon on the most symbolically charged turf in American democracy, Donald Trump is doing more than celebrating a sport. He is staging a vision of power in which the head of state no longer serves the nation – he embodies it, as a champion who dominates and subdues.

With his administration navigating one of the gravest international crises of his second term, Trump appears consumed by two preoccupations: his plans for a grand White House ballroom and the UFC fight event scheduled on the South Lawn for June 14th. He has compared the structure being erected – a 27-meter-high octagon called “The Claw” to the Eiffel Tower, and has suggested it might never come down.

The event was deemed significant enough that according to Politico, the G7 schedule was adjusted G7 schedule was adjusted to avoid a conflict.

Claiming ownership of national symbols

Organisers have framed the event as a patriotic and apolitical celebration of American history: between bouts, the UFC plans to air segments honouring national heroes, the nation’s founding, and the 250th anniversary of the United States. Yet none of the commemorations invoked actually fall on that date. The 250th anniversary of independence will be marked on July 4 2026; the flag’s 250th anniversary comes in 2027; and the Army’s bicentennial was already observed in 2025.

The only milestone that actually falls on June 14 is Donald Trump’s 80th birthday. Under the cover of national commemoration, the event functions first as a presidential birthday party – and a political and financial operation.

The broadcast will air on Paramount+, whose parent company was acquired in August 2025 by David Ellison, the son of Oracle’s co-founder and a figure closely associated with Donald Trump. The audience has been carefully selected: military personnel selected by the Pentagon under specific fitness criteria will serve as the televised backdrop. Trump has personally acquired shares in TKO Holding Group, the UFC’s parent company, which he has been promoting for months. This is not a sporting event honoured by the president’s presence. It is a presidential event dressed up as an MMA gala.

A long-standing fascination with combat sports

Trump has long been drawn to combat sports and the spectacle of violence – this despite having avoided military service during the Vietnam War through a diagnosis of bone spurs provided by a physician who was a family acquaintance.

In the 1980s, he cultivated close ties with professional wrestling’s WWE. In 2007, he staged a scripted showdown with WWE owner Vince McMahon in an event billed as the “Battle of the Billionaires”.

Donald Trump attacks Vince McMahon, former professional wrestling promoter.

Professional wrestling operates according to the logic of kayfabe – a convention by which audiences are invited to engage with a narrative everyone knows to be scripted. This dynamic illuminates much about how Trump operates. He grasped early that politics worked on the same principle: he did not turn politics into spectacle, he revealed that it already was one.

The UFC, however, belongs to a different register. The fights are real. Trump’s interest dates to the early 2000s, when he hosted several UFC events at his Atlantic City casinos. Dana White, the UFC’s CEO, regularly recalls the support Trump allegedly provided when the organisation was still struggling for legitimacy. This closeness is not a recent enthusiasm – it reflects a long-standing relationship with a cultural world that has become central to a significant strand of the contemporary American right.

From civic hero to fighting champion

To appreciate the full weight of this choice, it helps to trace how the figure of the heroic American president has evolved. From the founding era onward, presidents have frequently been associated with a form of heroism – beginning with George Washington, whose greatness derived not from force but from his willingness to relinquish power after victory. Lincoln embodied moral authority rather than military might. In the twentieth century, the president-as-hero – from Roosevelt to Eisenhower – drew legitimacy from the idea of service: suffering, sacrifice, putting the nation before oneself. The democratic hero existed to serve something larger than himself.

That model began to fracture after September 11, 2001. American political rhetoric gradually displaced it with the notion of toughness – hardness, resilience, the will to dominate.

George W. Bush in full aviator flight gear, on his way to the plane that would take him aboard the Abraham Lincoln aircraft carrier, where he would deliver his famous ‘Mission Accomplished’ speech regarding the intervention in Iraq, on May 1 2003. Susan Sterner/White House

The hero was no longer expected merely to serve; he was expected to win. George W. Bush landing on an aircraft carrier in a flight suit, already gestured towards this shift. But it was still largely stagecraft.

The poster released by the White House to promote the June 14th event illustrates this transformation in striking terms.

The historic Uncle Sam – the lean, austere figure created in 1917 for military recruitment posters – has been replaced by a hyper-muscled colossus rendered in an openly AI-generated aesthetic.

The title reads: “America Needs a Champion.” The image draws heavily on ideals of physical strength and masculine authority. Political scientists and gender scholars use the term ‘hegemonic masculinity’ to describe cultural ideals of male authority associated with strength, dominance and competitiveness.

Days earlier, Trump had posted his own image as Uncle Sam on his Truth Social platform. The transformation is complete: the champion no longer represents the nation – he personifies it.

In combat sports culture, the champion does not merely defeat his opponent – he submits him. Transposed into political metaphor, that describes precisely the relationship to power Trump is performing: less a vision of governance than a performance of dominance.

The White House’s X account

MMA as a political vehicle

This event is not just about imagery – it also reflects deeper shifts in American political culture.

Research has shown that the UFC has become a powerful vehicle for male socialisation, promoting a model of masculinity grounded in physical hierarchy and competition. In 2024, according to CIRCLE/AP VoteCast, 55 percent of men aged 18 to 29 voted for Trump – 14 points more than in 2020. The shift was even more pronounced among young Latino men.

The June 14th event fits squarely within this logic: consolidating a male electorate around an imagery of strength, at a moment when polling suggests Trump’s support is eroding. But the stakes go beyond electoral tactics. Unlike Putin or Kadyrov’, Trump does not enter the arena himself, he imports it to the White House to drape himself in the values it represents: warrior masculinity, physical hierarchy, and hyper-masculine dominance.

Power in a cage

The fight cage erected on the White House grounds is more than a publicity stunt. It reflects the logic of kayfabe, where performance stands in for reality and displays of strength replace lived experience. While the UFC celebrates the victorious warrior under the spotlight, the crisis with Iran highlights what Trump has been reluctant to confront politically: the human costs and risks of actual warfare.

The spectacle has inevitably drawn comparisons with Roman emperors and their gladiators. Yet Trump operates within a democracy where opposition remains visible and criticism can still be voiced openly. One source of his political resilience is his ability to absorb dissent into the spectacle itself. Outrage, denunciation and protest often become part of the performance, reinforcing the attention economy on which it thrives. This is a form of democratic kayfabe: politics that relies less on coercion than on the normalisation of spectacle.

The symbolic battle is not settled. Lawsuits have been filed in an effort to block the event, while the “No Kings” movement has planned demonstrations on June 14, presenting itself as the defender of the very founding principles the UFC fight claims to honour. Ultimately, the controversy raises a broader question beyond Trump himself: who defines the nation’s symbols and values – the leader who seeks to embody them, or the citizens who view resistance to power as a patriotic duty?


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