04.06.2026 à 16:09
Elizabeth Sheppard Sellam, Responsable du programme « Politiques et relations internationales » à la faculté de langues étrangères, Université de Tours
À l’approche des élections législatives israéliennes, dont la date définitive n’a pas encore été fixée, le paysage politique est en pleine recomposition. L’opposition tente de se structurer tandis que la coalition de Benyamin Nétanyahou est travaillée par divers désaccords. Plus qu’un simple choix de gouvernement, le scrutin à venir pourrait déterminer la manière dont le pays entend se reconstruire après la guerre.
À Haïfa, raconte le journaliste Lucas Menget dans un récent reportage de terrain, les terrasses se sont remplies après le cessez-le-feu avec l’Iran. Mais le soulagement a été de courte durée. Très vite, les conversations sont revenues vers d’autres sujets : Gaza, la conscription et l’avenir politique du pays.
À l’approche des prochaines élections législatives, les recompositions de l’opposition, les tensions au sein de la coalition et les débats autour du partage de l’effort de guerre révèlent des transformations profondes de la société israélienne.
Plus encore que l’identité du futur premier ministre, c’est la manière dont Israël entend se reconstruire après le 7-Octobre qui semble aujourd’hui en jeu.
Si Benyamin Nétanyahou, premier ministre depuis décembre 2022 après avoir déjà occupé cette fonction de 1996 à 1999 puis de 2009 à 2021, demeure la figure centrale de la vie politique israélienne, son avenir alimente toujours le débat public. L’opposition lui reproche sa gestion des événements ayant conduit aux attaques du 7-Octobre, son refus d’assumer une responsabilité politique directe dans l’impréparation des forces de sécurité ainsi que sa réticence à mettre en place une commission d’enquête indépendante.
Malgré ces controverses, sa formation, le Likoud, reste l’un des principaux partis du pays (32 sièges actuellement sur les 120 que compte la Knesset, le Parlement israélien) et Nétanyahou conserve un socle électoral solide. Dans un système fondé sur les coalitions, sa principale force réside peut-être moins dans sa popularité que dans les difficultés de ses adversaires à construire une majorité alternative.
Les prochaines élections devraient se dérouler en octobre à moins qu’elles soient anticipées. Le 13 mai, Nétanyahou a demandé un vote de la Knesset sur sa propre dissolution, afin d’organiser les législatives au plus tôt pour éviter une implosion de sa majorité. En effet, les partis ultra-orthodoxes menaçaient de faire tomber le gouvernement en raison du dossier de la conscription. Le 2 juin, les députés en faveur de ce projet de loi de dissolution de la Knesset : ce texte doit de nouveau être débattu et voté à deux reprises au Parlement avant d’être définitivement adopté, ce qui mènera à l’organisation d’élections législatives dans un délai de 90 jours.
Quelle que soit la date des élections, elles prendront sans doute la forme d’un référendum pour ou contre Nétanyahou.
À l’approche du scrutin, le système partisan est en pleine recomposition : retour de figures politiques, nouvelles alliances et débats sur les futures coalitions témoignent d’équilibres encore incertains.
L’opposition israélienne partage un objectif : mettre fin à l’ère Nétanyahou. La véritable question est de savoir qui sera capable de réunir les 61 députés nécessaires à une majorité.
Le retour de Naftali Bennett constitue l’un des faits marquants de cette pré-campagne. Ancien premier ministre (2021-2022), historiquement classé très à droite sur l’échiquier politique avant de se recentrer, il apparaît aujourd’hui dans plusieurs sondages comme le principal concurrent de Nétanyahou.
Après avoir créé en 2025 un parti nommé simplement Bennett2026 en vue des prochaines législatives, il a annoncé, en avril dernier, la formation d’une liste commune rassemblant cette formation et le parti centriste Yesh Atid (24 sièges), dirigé par Yaïr Lapid, qui avait été premier ministre quelques mois durant en 2022, juste après Bennett. Cette liste commune, nommée Yachad (« Ensemble »), apparaît dans les récents sondages pratiquement au même niveau que le Likoud.
On retrouve également, au sein de l’opposition, des figures comme l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, aujourd’hui à la tête du parti Yashar ! formé en septembre 2025. Eisenkot défend une ligne centriste sécuritaire, alliant fermeté en matière de défense et pragmatisme politique. Il est aujourd’hui l’un des héritiers les plus visibles de Bleu et Blanc (la grande alliance centriste créée en 2019 autour de Benny Gantz pour concurrencer Nétanyahou et avait remporté 35 sièges aux législatives de cette année-là, mais qui s’est ensuite fragmentée et recomposée). Les sondages accordent actuellement entre 10 et 15 sièges au parti d’Eisenkot, ce qui fait de lui l’une des figures montantes de l’opposition à Nétanyahou. Sa capacité à gouverner dépendra toutefois de sa faculté à s’inscrire dans une coalition plus large avec les autres partis du centre et du centre droit.
Par ailleurs, l’ancien numéro 2 de l’armée Yaïr Golan tente de relancer la gauche israélienne, affaiblie depuis plusieurs années. L’évolution démographique du pays, la seconde Intifada et plus récemment le 7-Octobre ont en effet progressivement déplacé le centre de gravité politique vers la droite. La fusion en 2024 du Parti travailliste et du Meretz pour créer Les Démocrates (4 sièges aujourd’hui) illustre cette volonté de réorganisation.
Aucun de ces acteurs ne semble toutefois en mesure de gouverner seul.
Au sein de la coalition actuelle, plusieurs partenaires sont indispensables à Nétanyahou. Les partis ultra-orthodoxes Shas (11 sièges) et Judaïsme unifié de la Torah (UTJ, 7 sièges) continuent de peser sur les équilibres gouvernementaux, comme l’illustrent les tensions autour de la conscription.
À leurs côtés, Otzma Yehudit, d’Itamar Ben Gvir, (6 sièges) et le parti du Sionisme religieux, de Bezalel Smotrich, (7 sièges) restent influents au sein de la majorité. Mais les tensions entre les deux hommes, qui portent notamment sur la stratégie à adopter à Gaza, sur les équilibres au sein de la coalition et sur le positionnement de chacun en vue des prochaines élections, témoignent d’une concurrence croissante entre Ben Gvir et Smotrich pour le leadership du camp national-religieux et de l’extrême droite israélienne.
La participation de Ra’am (5 sièges) à la coalition Bennett-Lapid a démontré qu’une coopération avec un parti arabe était possible, même si elle demeure controversée. Certains responsables du centre et de la gauche estiment qu’il sera difficile de construire une majorité alternative sans un soutien direct ou indirect des partis arabes (outre Ra’am, est également représentée à la Knesset Hadash-Ta’al, alliance de deux partis arabes qui dispose de 5 sièges).
La création récente d’un parti politique druze illustre les débats qui traversent une communauté historiquement intégrée aux institutions de l’État, notamment sur les questions de représentation, de service militaire et de loyauté à l’État.
Au-delà des recompositions partisanes, les élections à venir portent aussi sur des transformations plus profondes de la société israélienne.
La conscription illustre à elle seule les transformations en cours. La guerre a profondément modifié les termes du débat. Alors qu’une partie des étudiants des yeshivot (centres d’étude de la Torah) bénéficient historiquement d’exemptions au service militaire, les besoins de l’armée se sont accrus avec la prolongation du conflit et les décisions récentes de la Cour suprême ont fragilisé le cadre juridique qui permettait leur maintien.
Le chef d’état-major Eyal Zamir a ainsi insisté à plusieurs reprises sur les besoins croissants de l’armée en effectifs. Malgré les succès revendiqués par Israël, notamment au Liban, son message est resté constant : l’armée doit se préparer à une confrontation de longue durée et disposer de ressources humaines supplémentaires. La controverse concerne principalement les hommes haredim (ultra-orthodoxes) : environ 80 000 restent exemptés ou non incorporés, alors que Tsahal compte environ 170 000 soldats d’active et peut mobiliser jusqu’à 450 000 réservistes.
Le débat dépasse désormais le cadre religieux. Le thème de « l’égalité des charges » s’est imposé dans l’espace public, tandis qu’une partie du monde ultra-orthodoxe continue de défendre les exemptions, comme en témoignent les manifestations contre l’arrestation de réfractaires.
Cette crise possède également une dimension politique immédiate. Les partis représentant les haredim (principalement les deux formations ultra-orthodoxes de la coalition, Shas et UTJ, qui font de la préservation des exemptions militaires une priorité politique) ont à plusieurs reprises menacé de quitter la coalition gouvernementale si une législation satisfaisante sur la conscription n’était pas adoptée. Nétanyahou se retrouve ainsi confronté à un dilemme majeur entre cohésion de sa coalition et demandes croissantes de l’armée.
La question de la conscription n’est toutefois qu’une partie des transformations en cours. Le 7-Octobre et la guerre qui a suivi ont déplacé le débat public vers des questions de gouvernance, de sécurité et de cohésion nationale.
Les débats portent désormais sur les défaillances ayant rendu possibles les attaques, sur l’opportunité d’une commission d’enquête nationale et sur la responsabilité des différents acteurs.
Les débats sur Gaza, le Liban et les relations avec les États-Unis s’inscrivent dans cette réflexion. Une majorité de la population continue de considérer le Hamas, le Hezbollah ou l’Iran comme des menaces majeures et soutient l’idée d’une politique sécuritaire ferme. Pour une partie de l’opinion, ce soutien relève davantage d’une volonté de restaurer un sentiment de sécurité après les attaques de 2023 que d’un soutien personnel à Nétanyahou.
Ces évolutions traduisent un déplacement des clivages traditionnels. Les élections à venir pourraient ainsi moins opposer droite et gauche qu’incarner différentes visions de la reconstruction du pays depuis le début de la guerre.
Les prochaines élections israéliennes ne détermineront pas seulement l’avenir politique de Nétanyahou. Elles porteront aussi sur la manière dont Israël entend préserver sa sécurité, renforcer sa cohésion nationale et préparer l’après-guerre.
Une inconnue demeure : le calendrier. Si des élections anticipées apparaissent plausibles, la politique israélienne a souvent démontré sa capacité à déjouer les pronostics. Entre crises de coalition, évolutions du contexte sécuritaire et recompositions partisanes encore inachevées, une chose paraît néanmoins acquise : la campagne a déjà commencé.
Elizabeth Sheppard Sellam ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
04.06.2026 à 16:09
Wendy Whitman Cobb, Professor of Strategy and Security Studies, Air University
Le 28 mai, lors d’un test de mise à feu statique, la fusée New Glenn de Blue Origin, une entreprise du New Space fondée en 2000 par Jeff Bezos, le créateur d’Amazon, a explosé dans le crépuscule, enveloppant sa rampe de lancement d’une énorme boule de feu. L’incendie spectaculaire a détruit le lanceur, causé des dégâts importants à la seule rampe de lancement de Blue Origin, à Cap Canaveral, en Floride, mais n’a blessé personne.
S’il est encore trop tôt pour connaître la cause exacte de l’explosion, cet incident représente déjà un revers important pour Blue Origin, pour son programme de lanceurs New Glenn et leurs missions prévues de mises en orbite. En effet, l’entreprise dispose d’un seul type de lanceurs capables d’atteindre l’orbite terrestre.
Et, compte tenu de mon expérience d’experte en politique spatiale, je prévois des conséquences importantes des suites de cet échec, non seulement pour Blue Origin, mais aussi pour les ambitions lunaires de la Nasa.
L’explosion s’est produite alors que Blue Origin effectuait un essai statique de son tout nouveau lanceur lourd New Glenn. Ce type de test consiste à maintenir la fusée reliée à l’équipement au sol tout en allumant ses sept moteurs afin de s’assurer qu’ils fonctionnent correctement avant un lancement.
Des explosions comme celle-ci sont assez rares mais elles arrivent. En septembre 2016, par exemple, un lanceur Falcon 9 de SpaceX a explosé juste avant son propre essai statique de mise à feu, détruisant le satellite de communication israélien qu’elle devait mettre en orbite. Il a fallu quatre mois pour déterminer la cause de l’accident, et plus d’un an pour reconstruire la rampe de lancement. À cette époque, SpaceX disposait déjà de deux rampes de lancement, ce qui a permis à l’entreprise de reprendre ses vols dès janvier 2017.
Si ce test de mise à feu de New Glenn avait été concluant, le quatrième lancement effectif de ce puissant lanceur aurait pu avoir lieu. Le programme New Glenn n’a pas été sans embûches jusqu’ici : sur les trois lancements réalisés à ce jour, un seul a été un franc succès. Lors de son précédent lancement le 19 avril, un dysfonctionnement du deuxième étage du lanceur a empêché New Glenn de déployer le satellite qu’il transportait sur la bonne orbite.
Le lanceur qui a explosé fin mai aurait dû transporter, lors de son véritable lancement, une charge utile de satellites Amazon Leo (concurrents de la mégaconstellation Starlink, qui appartient à SpaceX). Ces satellites n’étaient pas à bord lors de l’essai de mise à feu.
Les premiers rapports indiquent qu’outre la fusée détruite, le complexe de lancement a subi des dommages importants. Une installation voisine semble également avoir été endommagée.
Dans l’immédiat, cette explosion va considérablement entraver les ambitieux projets de Blue Origin. Alors que Blue Origin a suspendu son programme de fusées suborbitales New Shepard l’an dernier pour se concentrer sur New Glenn et ses différents projets lunaires, celui-ci va être cloué au sol pendant un moment.
Ce revers survient alors que l’entreprise cherchait à augmenter sa cadence de lancement, avec des projets visant à lancer non seulement des satellites commerciaux, mais aussi les atterrisseurs lunaires développés par Blue Origin.
En effet, cette semaine encore, la Nasa a annoncé qu’elle avait attribué des contrats à Blue Origin pour plusieurs lancements lunaires, dont un prévu cet automne qui devait transporter l’atterrisseur lunaire Blue Moon Mark 1 vers la Lune. La Nasa a également passé un contrat avec New Glenn pour le lancement de deux véhicules lunaires habités dans les années à venir.
Or, à l’heure actuelle, la rampe de lancement endommagée est le seul site de lancement opérationnel de Blue Origin. Une deuxième rampe de lancement est en cours de construction à Cap Canaveral, mais celle-ci ne sera pas prête à temps pour éviter de sérieux retards. Se rabattre temporairement sur d’autres rampes de lancement de la Nasa ou de la Space Force n’est pas non plus une option, car les installations de lancement doivent être adaptées spécifiquement à chaque lanceur.
Si l’explosion va sans aucun doute affecter considérablement Blue Origin, ce sont peut-être la Nasa et son programme Artemis qui en subiront les conséquences les plus importantes. En effet, la mission d’alunissage Blue Moon devait être lancée cet automne et aurait transporté plusieurs charges utiles de la Nasa afin de préparer le terrain pour de futures missions habitées et non habitées vers la surface lunaire.
Un impact encore plus direct pourrait toucher la mission Artemis-3 de la Nasa. En effet, le lancement d’Artemis-3 est dorénavant prévu au plus tôt fin 2027 : la mission doit rester dans l’orbite terrestre et y tester les systèmes d’atterrissage lunaire ainsi que le véhicule Orion, destiné à l’équipage.
La Nasa a attribué des contrats pour ces systèmes d’atterrissage à la fois à SpaceX et à Blue Origin. Alors que l’agence avait initialement prévu d’utiliser une version modifiée du Starship de SpaceX pour ces premières missions lunaires, les retards pris par ce programme offraient à Blue Origin une opportunité de rattraper son retard grâce à son atterrisseur Blue Moon. Mais l’incapacité de Blue Origin à lancer Blue Moon dans un avenir proche risque de mettre l’entreprise hors course pour Artemis-3.
Ce revers signifie qu’Artemis-3, et l’ensemble du programme d’exploration lunaire de la Nasa, dépendront probablement de SpaceX pour le moment.
Alors que SpaceX a réalisé un test relativement réussi de sa nouvelle version de Starship, le 22 mai 2026, il lui faut encore faire de nombreux progrès en seulement un an, avant que le système d’atterrissage de Starship ne soit opérationnel. Si SpaceX ne parvient pas à mettre Starship au point à temps, la Nasa devra sans doute reporter Artemis-3 à 2028.
Les accidents arrivent – le lanceur New Glenn n’est pas le premier à exploser, et ne sera pas le dernier. À une époque où les lancements spatiaux sont presque devenus quotidiens, cet incident nous rappelle à quel point l’exploration spatiale est difficile et que le succès des missions ne va pas de soi.
Wendy Whitman Cobb est affiliée à la `Air University’. Les opinions et conclusions sont celles de l'autrice et ne reflètent pas les politiques officielles ni celles de United States Air Force, du Department of War (Defense), ni de tout autre agence gouvernementale états-unienne. Les mentions de noms de marques ou organisations n'impliquent pas un soutien du gouvernement états-unien.
04.06.2026 à 16:08
Stéphane Besançon, Associate Professor in Global Health at the Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) / CEO NGO Santé Diabète, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)
David Beran, Chercheur et professeur au sein du Service de médecine tropicale et humanitaire des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), Université de Genève
The discovery of insulin in 1921 revolutionised diabetes care. Type 1 diabetes went from being a death sentence to a manageable chronic condition.
To ensure access to this vital medicine to as many people as possible, the researchers who discovered insulin sold the patent to their university for one symbolic dollar. Yet, a century later, a significant proportion of people with diabetes still cannot obtain this essential medicine.
In 2021, the World Health Assembly highlighted the importance of insulin access in its resolution to strengthen diabetes prevention and control. Yet, since then, little has changed at the global level.
The 4th UN General Assembly on the Prevention and Control of Noncommunicable diseases (NCDs) held on the 25th of September 2025 in New York highlighted how crucial governmental action is in ensuring that all people who need insulin can actually access the supplies they need.
Governments play a key role in achieving this and key takeaways from our work are presented below. Some of these conclusions extend beyond the scope of access to insulin and highlight key issues as to what the role of governments is with regards to global health challenges.
Discovered over a century ago, in 1921, and its first therapeutic use in 1922 to treat a child was hailed as a medical miracle. Since then insulin has transformed the lives of millions of people with diabetes.
Insulin is a hormone synthesised in certain specialised cells of the pancreas (the beta cells of the islets of Langerhans. It regulates blood sugar, in other words glucose levels in the blood. Insulin promotes the entry of this sugar into cells, which decreases its blood concentration.
There are two distinguishable types of diabetes: Type 1 diabetes mellitus – T1DM (which is due to insufficient insulin production) and type 2 diabetes mellitus – T2DM (resulting from reduced insulin sensitivity or β-cell failure).
Lack of access to insulin and treatment results in chronic hyperglycemia (high blood sugar). The consequences of chronic hyperglycemia impact the heart and blood vessels with possible catastrophic complications, such as an increased risk of atherosclerosis, infarction (a three to fivefold increase), stroke or arteritis (inflammation of the arteries) in the lower limbs (which can lead to amputation), severe kidney failure and blindness.
Both types of diabetes may require insulin, but for type 1 it is a matter of survival, because without insulin, this condition constitutes a death sentence. We understand why the discovery of the role of this hormone, then how it could be used as a drug, revolutionised the management of this condition. To the point that, as early as 1923, the team of scientists behind it (Frederick Banting, Charles Best, John Macleod, and James Collip) were awarded the Nobel Prize in Physiology (or, medicine). Since then, the prestigious award has never been awarded so quickly after a breakthrough.
In 2026, however, this medication is essential for the survival of 9 million people living with type 1 diabetes and which contributes to better care for 63 million people living with type 2 diabetes, remains inaccessible to a significant portion of the global population.
Overall, it is estimated that only one in two people worldwide with type 2 diabetes has access to the insulin they need.
In Africa, this proportion is even worse, since it is estimated that only one person out of seven can obtain the insulin needed for their care.
In recent years, this situation, which mainly affected low- and middle-income countries, has affected the United States, where it is estimated that insulin has become so costly in this country that it is forcing about 16.5% of people who need insulin to “ration” its use (by delaying or reducing the dose, for example). This amounts to approximately 1.3 million adults.
It is important to note that this issue of access to insulin does not concern only type 1 diabetes, but also type 2 diabetes, a form of the disease that is rapidly increasing worldwide.
In 2020, it was estimated that approximately 445 million adults aged 20-79 years were living with type 2 diabetes. According to the most optimistic assessments, this was the case for at least 730,000,000 people by 2025, with 15.5% of them needing insulin.
This access problem is mainly due to the price of insulin, but also to the lack of availability of the medication in many health systems. However, determining the reasons why insulin is available or not is not always obvious, because accessibility depends on a complex chain in which each step can fail.
To achieve this, the World Health Organization (WHO) suggests taking eight factors for analysis into consideration: research and innovation, manufacturing, regulation, market uptake and reimbursement, procurement and supply, prescription, dispensing, and use. In the case of insulin accessibility, this analytical framework teaches us that at each step, governments have an important role to play.
At the global level, governments are investing a lot of money in research. This funding, often given to universities, promotes the discovery of innovative treatments and the history of insulin illustrates the importance of the role of academia. The insulin patent was sold by the researchers who discovered it to their university for one symbolic dollar to ensure universal access. One of them, Frederick Banting, is said to have declared:
However, once in the hands of the pharmaceutical industry, prices soared, illustrating the tensions between patents, innovation and accessibility. Today, insulin production is dominated by three manufacturers: Sanofi, Eli Lilly, and Novo Nordisk, which control 90% of a market estimated at $29.4 billion (€25.2 billion) in 2024.
This situation limits competition and neutralises the effect on prices that could result from the introduction of biosimilar insulin (in other words, “generics” of insulin as it is a biological product). For this reason, governments must rethink their support for innovation.
It is not only a question of funding research for new technologies and considering local and public production, but also of promoting “smart innovations”. These less spectacular solutions are often overlooked by the private sector, but can still be well adapted to real needs. For example, new approaches to patient therapeutic education can be developed, based on new technologies, or artificial intelligence (AI) tools can be used to make better use of data generated by health systems.
Marketing authorisation is the responsibility of national or regional agencies, such as the European Medicines Agency (EMA) in Europe or the US FDA (Food and Drug Administration) in the United States. These institutions are essential for ensuring the quality and safety of medicines, but their procedures remain complex, especially when it comes to introducing biosimilars.
In response, the WHO launched a pre-qualification program for insulin in 2019, aimed at making it easier for new manufacturers to enter the market. Yet, to date, few manufacturers have submitted a dossier. To increase competition, governments still need to harmonise and simplify procedures, while supporting the entry of new manufacturers into markets, in parallel to guaranteeing safe and quality assured medicines.
The question of pricing is equally crucial. In some countries, prices of medicines are set by governments. In others, this is done after negotiations between the state and the private sector. But in most low-and-middle income countries, such policies are non-existent.
Lack of price transparency hampers bargaining power, leading to price inflation not only for people but also for the healthcare system. To address the problem, governments must develop price-setting mechanisms. They must also ensure affordability for the health system and (ideally make medication free of charge) for their populations.
The fact that a medicine is manufactured and has marketing authorisation is not enough to ensure its accessibility. There must also be logistics chains allowing it to be stored properly and transported in appropriate conditions, particularly respecting cold chain management, which is important for a biological product such as insulin.
The supply chain must also be efficient and inexpensive, in order to have as little impact as possible on the final price of the medicine. In many countries, however, infrastructure problems or high logistical costs add to the final price paid by individuals.
Again, the role of governments is central. They must make the right investments to ensure that their supply-chain infrastructure is efficient. At the same time, they must ensure that it does not result in additional costs for the system or people. Recent notifications of insulin shortages and product withdrawals globally require governments to intervene to ensure that sustainable insulin supplies remain globally.
Insulin only saves lives if it is prescribed, dispensed and used properly.
However, at the end of the day, people with diabetes may face usage barriers due to a variety of factors, such as a weak healthcare system, a shortage of health professionals, or unreliable availability of medicines in pharmacies.
Governments must invest in improving health systems and ensuring comprehensive, holistic diabetes care within the Universal Health Care agenda.
To use the metaphor of the Canadian Economist Henry Mintzberg, society is like a three-legged stool, represented by government, civil society, and the private sector. If the three legs are not at the same level, the balance is disrupted. Yet this is exactly what happens in the case of insulin. The private sector often imposes its rules, to the detriment of the public interest.
In response to this, governments must fully assume their role as countervailing powers. They have the levers in their hands to change the situation. They must invest in research and innovation, regulate an overly concentrated market, fund strong health systems, and protect their populations from predatory pricing.
Without firm action, inequality will continue to grow. Insulin is a symbol. It embodies both the promise of modern medicine and the glaring inequalities in access to care. Ensuring its accessibility is not just a public health issue; it is an issue of social justice and human rights.
More than a century after its discovery, it is time for insulin to finally become what it should have always been: a global public good, accessible to all.
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Stéphane Besançon is the Director of the NGO Santé diabète which received funding from the Agence Française de Développement to develop Santé Diabète' projects. He is part of the NCDs WHO civil society working group.
David Beran received funding from the board of Développement et de la Coopération du gouvernement suisse (Switzerland); World Diabetes Foundation; Breakthrough T1D and via the "Addressing the Challenge and Constraints for Insulin Sources and Supply" project ran by Health Action International, financing from The Leona M and Harry B Helmsley Charitable Trust. He is also part of the World Health Organization's Technical Advisory Group for Diabetes.