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28.01.2026 à 16:10

Pourquoi les jeux de société sont-ils plus populaires que jamais ?

Heike Baldauf-Quilliatre, analyse interactionnelles, interaction en situation de jeux, interaction avec des robots sociaux, interaction à travers des dispositifs technologiques, Université Lumière Lyon 2

Isabel Colon de Carvajal, Maitre de conférences HDR, Analyste conversationnelle, linguiste interactionnelle, ENS de Lyon

En jouant, on se confronte à différentes visions du monde et on se construit en tant qu’individu et comme groupe, à travers des règles et des normes morales.
Texte intégral (2006 mots)
Lors d’une banale partie de *Skyjo*, il se dit et se fait beaucoup de choses au prétexte du jeu. Isabel Colón de Carvajal, Fourni par l'auteur

Si l’on veut comprendre le jeu et sa place dans nos sociétés, il faut s’intéresser aux joueurs et à leurs interactions. Filmer les situations de jeu offre une lecture renouvelée qui en dévoile le potentiel d’expérimentation sociale.


Des rayons pleins, des ludothèques et magasins spécialisés, des associations, un festival international des jeux annuel en France, des revues scientifiques (Sciences du jeu, Board Games Studies Journal) et même un dictionnaire qui leur est consacré – les jeux sont loin d’être un simple passe-temps d’enfant. Et celui qui pense uniquement aux jeux vidéo ou aux jeux télévisés ou encore aux jeux d’argent, lorsqu’il est question des adultes, se trompe. Les jeux de société aussi occupent une place importante pour ces derniers.

Dans un article paru en 2021, Vincent Berry, sociologue et spécialiste du jeu, remarque une hausse continue du chiffre d’affaires dans ce secteur, un développement constant de nouveaux jeux et une hausse du temps consacré aux jeux en tant qu’activité de loisir. Mais que peut-on trouver dans cette activité pour qu’elle gagne autant en popularité ? Pourquoi des personnes de différents âges se réunissent-elles autour des jeux de société ?

Penser le jeu au cœur de la vie sociale

Un élément de réponse se trouve déjà dans cette dernière question. Le jeu est une activité sociale qui réunit des personnes, à travers les âges, autour d’une même activité. Cela ne va pas de soi, pour plusieurs raisons. D’une part, parce que le jeu n’est pas systématiquement lié à une activité ludique. Lorsqu’on est dans une situation de confrontation, ou en train de perdre, le jeu n’est pas principalement un plaisir. Le côté ludique est construit, par les joueurs et joueuses, pendant et à travers le jeu. Évidemment, le cadre du jeu favorise ce côté ludique, mais il ne l’implique pas obligatoirement.

D’autre part, le jeu n’existe pas en dehors de tout autre cadre ou activité sociale : on joue à la maison, dans un bar, au travail, en famille, entre collègues, avec des inconnus. Et, pendant qu’on joue, on boit, on mange, on répond au téléphone, on parle avec des gens qui passent, etc.

Enregistrer les situations de jeu

Si l’on veut comprendre le jeu et sa place dans nos sociétés, il faut donc s’intéresser au jeu en tant que tel, mais également aux joueurs et à ce qu’ils font dans une situation et à un moment précis. C’est sur ce point que débutent nos recherches.

Dans notre approche, on porte l’attention aux pratiques des joueurs et joueuses et on essaye de comprendre comment ils et elles construisent cette activité dans une situation sociale donnée. Pour cela, nous filmons et enregistrons des situations de jeu, dans leur cadre naturel. Les personnes qui jouent acceptent d’être filmées pendant des sessions de jeu de société, sans instruction particulière, dans des situations de jeu qui se seraient déroulées même sans l’enregistrement. Le tout sur la base d’un appel à une participation volontaire au projet de recherche.

Nous transcrivons par la suite tout ce que nous entendons et voyons, et analysons ces situations en prêtant attention à tous les détails (parole, gestes, mimique, manipulation d’objets). Nous nous appuyons sur la méthodologie de l’analyse conversationnelle, dont le but est de décrire comment nous organisons et construisons nos sociétés à travers les interactions.

Nous ne nous intéressons pas tant à ce que disent les personnes, mais plutôt à la manière dont elles agissent ensemble, les pratiques par lesquelles elles construisent leur activité. On peut ainsi observer comment les joueurs et joueuses construisent ensemble des (ou leurs) visions du monde, comment ils intègrent le jeu dans leurs pratiques du quotidien, comment ils (s’)expérimentent en transgressant des règles, en créant ou inversant des catégories. Nos différentes analyses apportent des briques d’éléments de réponse à la grande question : pourquoi les gens jouent-ils aux jeux de société ?

Apprendre, s’organiser et s’amuser

Différentes activités sociales sont associées au jeu. Autrement dit, que font les personnes lorsqu’elles jouent ? Dans nos données, qui contiennent essentiellement des jeux en famille et entre amis à la maison, ou bien entre collègues au travail, nous avons observé trois grands types d’activités : apprendre, s’organiser et s’amuser.

L’apprentissage dans un sens très large n’est pas limité aux jeux éducatifs ou aux enfants. En jouant, on se confronte à différentes visions du monde et on se construit en tant qu’individu et comme groupe, à travers des règles et des normes morales. Cela va de l’apprentissage de ce qui est accepté, souhaité ou recommandé dans un jeu particulier à la connaissance et aux pratiques sociétales de manière générale.

Dans l’extrait en ligne d’une famille jouant à Timeline Inventions, l’année de naissance de la mère a permis de construire des repères pour situer l’invention dans la ligne temporelle du jeu.

D’une part, les échanges autour de tout et de n’importe quoi permettent de découvrir d’autres façons de voir les choses, d’autres préoccupations, et ainsi d’élargir nos horizons. D’autre part, ces échanges participent à la construction discursive du groupe en tant que tel et, dans une perspective plus large, de nos sociétés. Pour donner un exemple, Emilie Hofstetter et Jessica Robles ont montré dans un article sur la manipulation stratégique dans le jeu, que les types de manipulation autorisés (jusqu’où peut-on aller pour gagner ?) sont constamment et négociés pendant le jeu sur la base de certaines valeurs d’équité et de moralité.

L’aspect organisationnel concerne la régulation du jeu, c’est-à-dire l’alternance des tours de jeu, le respect des règles, mais aussi la vie sociale qui se poursuit autour. Car, lorsqu’on joue, le monde ne s’arrête pas de tourner. Il y a des personnes et des activités autour des joueurs qui existent en dehors du jeu : d’autres personnes dans la même pièce, un téléphone qui sonne, des conversations entre certains joueurs, des activités parallèles comme manger et boire. L’analyse conversationnelle parle ici de multiactivité qui est gérée de différentes manières. Cependant, ce n’est pas la multiactivité en soi qui est recherchée dans le jeu, mais plutôt les possibilités qu’ouvre cette implication dans différentes activités :on ne joue pas pour pouvoir faire plusieurs activités en même temps, mais on utilise les opportunités qui s’offrent grâce à cela.

Ainsi, des activités parallèles permettent de gagner du temps dans le jeu ou bien, à l’inverse, le jeu permet d’adoucir une discussion sérieuse, un reproche ou une transgression des règles sociales du groupe. Par exemple, les pleurs d’une fille ouvrent pour les parents un moment éducatif tout en gardant le focus principal sur le jeu (et donc sur le plaisir partagé).

L’expérimentation de pratiques sociales peu appréciées, sans craindre de sanctions

Enfin, l’amusement paraît certainement le type d’activité le plus évident lorsqu’on parle du jeu. Nos données et nos analyses montrent de manière plus détaillée en quoi consiste cet amusement. Le jeu permet par exemple d’expérimenter des catégorisations sociales, bien évidemment en adossant des identités dans le jeu, mais également en jouant avec les ambiguïtés entre le monde du jeu et le monde des joueurs : être la princesse et donc solliciter l’aide des autres pour ranger ses cartes, être pauvre dans le jeu et dans la vie et demander de l’aide aux autres, être sérieux dans son rôle du jeu ou, au contraire, ne pas le prendre au sérieux et donc brouiller les pistes pour les autres.

Dans cet extrait en ligne, qui montre une partie du jeu Catane entre trois amis, Romain rappelle Marie à l’ordre pour ranger ses cartes. Elle refuse en se référant à ses cartes et en indiquant qu’une princesse a bien le droit de déléguer ces tâches.

Il permet aussi d’inverser les rôles entre parents et enfants (les enfants expliquent et applaudissent les parents), ou bien de jouer avec la compétition (renforcer le caractère compétitif ou bien collaboratif d’un jeu, indépendamment du type de jeu). Il permet d’expérimenter des pratiques sociales peu appréciées ou peu communes, sans la crainte d’une sanction sociale : dans le jeu, on peut se moquer des autres, on peut apprécier les attaques, et on peut même explicitement « détester » une personne présente, comme dans cet extrait en ligne, dans une partie de Splendor.

Cela ne situe pas le jeu en dehors du cadre social, comme on le pensait au début des études sur le jeu, mais comme un espace de la vie où l’on peut expérimenter.

Et si l’on n’aime pas le jeu ? Ce n’est évidemment pas bien grave. On le répète, le côté ludique n’est pas directement lié au jeu, on peut le trouver, le construire partout dans ses activités sociales. Faire du sport et même travailler peut également avoir des moments ludiques, autant que le jeu n’est pas ludique en soi. D’où notre intérêt pour les interactions qui permettent d’observer comment les joueurs et joueuses construisent ce côté ludique dans des situations concrètes.

The Conversation

Heike Baldauf-Quilliatre a reçu des financements de l'ENS de Lyon et du LabEx ASLAN (ANR).

Isabel Colon de Carvajal a reçu des financements de l'ENS de Lyon et du LabEx ASLAN (ANR).

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28.01.2026 à 14:43

Des fossiles datés de 773 000 ans éclairent l’histoire de nos origines

Jean-Jacques Hublin, Paléoanthropologue, Collège de France; Académie des sciences

Une étude très récente publiée dans « Nature » décrit des fossiles d’hominines datés de 773 000 ans. Ils nous permettent d’enraciner très loin dans le temps les ancêtres de notre espèce en Afrique.
Texte intégral (1022 mots)

Le site de la grotte aux Hominidés à Casablanca, sur la côte atlantique du Maroc, offre l’un des registres de restes humains les plus importants d’Afrique du Nord. Il est connu depuis 1969 et étudié par des missions scientifiques impliquant le Maroc et la France. Ce site éclaire une période cruciale de l’évolution humaine : celle de la divergence entre les lignées africaines qui donneront nos ancêtres directs, les Néandertaliens en Europe et les Dénisoviens en Asie.

Une étude très récente publiée dans Nature décrit des fossiles d’hominines datés de 773 000 ans. Le groupe des hominines rassemble à toutes les espèces qui ont précédé la nôtre depuis la divergence de la lignée des chimpanzés. Ces fossiles (des vertèbres, des dents et des fragments de mâchoires) ont été découverts dans une carrière qui a fait l’objet de fouilles pendant de nombreuses années. Les découvertes les plus importantes et les plus spectaculaires ont eu lieu en 2008-2009. La raison pour laquelle ce matériel n’avait pas été révélé plus tôt à la communauté scientifique et au public est que nous n’avions pas de datation précise.

Comment cette découverte a-t-elle pu être réalisée ?

Grâce à l’étude du paléomagnétisme, nous avons finalement pu établir une datation très précise. Cette technique a été mise en œuvre par Serena Perini et Giovanni Muttoni de l’Université de Milan (Italie). Ces chercheurs s’intéressent à l’évolution du champ magnétique terrestre. Le pôle Nord magnétique se déplace au cours du temps, mais il y a aussi de très grandes variations : des inversions. À certaines époques, le champ devient instable et finit par se fixer dans une position inverse de la précédente. Ce phénomène laisse des traces dans les dépôts géologiques sur toute la planète.

Certaines roches contiennent des particules sensibles au champ magnétique, comme des oxydes de fer, qui se comportent comme les aiguilles d’une boussole. Au moment où ces particules se déposent ou se fixent (dans des laves ou des sédiments), elles « fossilisent » l’orientation du champ magnétique de l’époque. Nous connaissons précisément la chronologie de ces inversions passées du champ magnétique terrestre et, dans cette carrière marocaine, nous avons identifié une grande inversion datée de 773 000 ans (l’inversion Brunhes-Matuyama). Les fossiles se trouvent précisément (et par chance) dans cette couche.

En quoi cette recherche est-elle importante ?

En Afrique, nous avons pas mal de fossiles humains, mais il y avait une sorte de trou dans la documentation entre un million d’années et 600 000 ans avant le présent. C’était d’autant plus embêtant que c’est la période pendant laquelle les chercheurs en paléogénétique placent la divergence entre les lignées africaines (qui vont donner nos ancêtres directs), les ancêtres des Néandertaliens en Europe et les formes asiatiques apparentées (les Dénisoviens).

Ce nouveau matériel remplit donc un vide et documente une période de l’évolution humaine assez mal connue. Ils nous permettent d’enraciner très loin dans le temps les ancêtres de notre espèce – les prédécesseurs d’Homo sapiens – qui ont vécu dans la région de Casablanca.

Le manque d’informations pour la période précédant Homo sapiens (entre 300 000 ans et un million d’années) a poussé quelques chercheurs à spéculer sur une origine eurasienne de notre espèce, avant un retour en Afrique. Je pense qu’il n’y a pas vraiment d’argument scientifique pour cela. Dans les débuts de la paléoanthropologie, les Européens avaient du mal à imaginer que l’origine de l’humanité actuelle ne se place pas en Europe.

Plus tard, au cours du XXᵉ siècle, le modèle prépondérant a été celui d’une origine locale des différentes populations actuelles (les Asiatiques en Chine, les Aborigènes australiens en Indonésie et les Européens avec Néandertal). Ce modèle a été depuis largement abandonné face notamment aux preuves génétiques pointant vers une origine africaine de tous les hommes actuels.

Quelles sont les suites de ces recherches ?

Notre découverte ne clôt peut-être pas définitivement le débat, mais elle montre que, dans ce qui était un vide documentaire, nous avons des fossiles en Afrique qui représentent un ancêtre très plausible pour les Sapiens. On n’a donc pas besoin de les faire venir d’ailleurs.

Nous avons en projet de réaliser le séquençage des protéines fossiles peut-être préservées dans ces ossements. Si ces analyses sont couronnées de succès, elles apporteront des éléments supplémentaires à la compréhension de leur position dans l’arbre des origines humaines.


Tout savoir en trois minutes sur des résultats récents de recherches, commentés et contextualisés par les chercheuses et les chercheurs qui les ont menées, c’est le principe de nos « Research Briefs ». Un format à retrouver ici.

The Conversation

Jean-Jacques Hublin ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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28.01.2026 à 12:38

The circular economy may not be taking off: Here are six ways stakeholders can make it happen

Arne De Keyser, Professor of Marketing, EDHEC Business School

Katrien Verleye, Associate Professor of Service Innovation, Ghent University

Consumers and companies need help engaging in reuse, repair and other circular practices, which have environmental and economic benefits.
Texte intégral (1874 mots)

Around the world, governments and businesses are talking more and more about the need to move from today’s “take, make, waste” economy to a circular one, where products are designed to last, materials stay in use, and waste is dramatically reduced. On paper, the case is compelling: recent assessments show that shifting to a circular economy offers both a major climate opportunity and a significant economic one. A study from the European Commission’s Joint Research Centre finds that “reduction, reuse and recovery” measures could cut Europe’s heavy industrial emissions by up to 231 million tonnes of CO₂ each year, and global analyses estimate that circular models could generate around $4.5 trillion in value by 2030).

Yet progress may be stalling. The latest Circularity Gap Report shows that the share of secondary materials in the global economy fell from 9.1% in 2015 to 6.9% in 2021. Instead of becoming more circular, the world, in a recent timeframe, became less so.

What would actually help stakeholders such as consumers, companies and governments embrace circular models? In our recent research project, we reviewed more than 130 studies on circular business models to understand this very question. What we found is simple but often overlooked: circularity is not just a design or engineering challenge, it is also an engagement one. If consumers hesitate, or companies delay investments, or policymakers fail to create the right conditions, the circular shift stalls.

Our work identifies 6 practices that can boost circular economy engagement. They fall into 3 areas: helping stakeholders feel motivated, giving them opportunities, and ensuring they are able to act. Understanding these levers is key to accelerating the transition to a circular economy.

Motivation: making the case for going circular

For circular behaviour to emerge, stakeholders first need a clear reason to care. Motivation is about creating the desire to act by explaining why circular options matter, how they are beneficial and why they are worth choosing over familiar linear habits.

A first part of this involves strategic signalling: making the benefits of circular models visible, concrete and easy to grasp. Many companies now deliberately make a point of doing this. Mud Jeans, for example, communicates the exact water and CO2 savings associated with its “Lease A Jeans” model, helping customers immediately see the environmental value of extending product life. Fairphone similarly signals the impact of modular design by showing how repairable smartphones reduce e-waste and keep devices in use for longer.

But motivation also depends on convincing stakeholders that circular options are safe, reliable and worthwhile. Even when people like the idea of circularity, they may still worry about the quality or convenience of second-hand or refurbished products. Companies are responding by offering guarantees, services and financial incentives that lower perceived risks. Decathlon, for instance, promotes its repair services and spare-part availability, reassuring customers that products can be kept in good condition for longer.

Opportunity: making circularity possible and socially acceptable

Even highly motivated stakeholders cannot engage in circular behaviour if the environment around them makes it difficult or uncommon. Opportunity is about creating the partnerships, norms and systems that make circular actions feasible, convenient and socially accepted.

“Matching” is a key part of this, in other words connecting the right stakeholders so that circular solutions can function. Few organisations can operate reuse, repair or recycling systems single-handedly; they need logistics partners, refurbishment specialists and intermediaries that help keep materials in circulation. We are witnessing more and more of these typically well-thought out matches. The fashion platform Vestiaire Collective, for example, collaborates with brands to authenticate and resell pre-owned items, creating a trusted ecosystem that individual firms would struggle to build alone. Cities such as Amsterdam foster circular procurement networks that bring together suppliers, waste operators, innovators, and citizens to jointly develop reuse and refurbishment pathways.

Opportunity also depends on legitimising circular practices, which makes them appear commonplace, expected and in line with broader societal rules. Governments play a central role here through standards and regulations. The European Union’s Right to Repair legislation, for instance, requires manufacturers to make spare parts and repair information available for many household products. This reinforces the idea that repairing rather than replacing is the default. Companies contribute to legitimising as well. When global brands like Apple promote refurbished devices as high-quality options and expand their certified repair networks, they help shift expectations about what counts as new or desirable.

Ability: giving stakeholders the capacity to act

“Closing the loop” also requires skills, knowledge and resources. Ability is about ensuring that stakeholders are equipped with the funding, infrastructure, education or practical support that make circular actions realistic in everyday life.

A first part of this involves supporting stakeholders with the resources they need. Many organisations and individuals want to engage in circular behaviour but simply lack the means. Companies may need finance to redesign products or set up reverse logistics. Households may need convenient places to return used goods. Cities may require infrastructure that enables citizens and organisations to share goods and materials. Increasingly, these needs are being addressed. The European Investment Bank, for example, has issued dedicated circular economy loans that help firms invest in recycling capacities, keep goods and materials in use, and design out waste. Startups such as Too Good To Go provide digital infrastructure that connects retailers with customers to reduce food waste, making it easier for small businesses to participate in circular practices without building new systems from scratch.

Ability also depends on empowering stakeholders with knowledge and skills to navigate circular models. Circularity requires understanding how products can be repaired, how materials flow through a system and how to be renters, sharers or repairers rather than one-time users. Education and training help build this understanding. Repair cafés, which have grown across Europe, offer hands-on opportunities for people to learn how to fix household items alongside volunteers. Many universities now provide open-access courses on circular design principles, giving students and professionals the tools to rethink production and consumption. These initiatives can help shift circularity from a niche practice to an accessible, everyday one.

A systemic shift requires all 6 practices – not just one

What becomes clear from our research is that isolated efforts rarely work. The studies we reviewed suggest that clear communication about the benefits of circular options may have little impact if people are not reassured that these options are reliable and worthwhile. Incentives or guarantees alone may fall short when companies lack the partners needed to run repair, reuse or return systems. Even well-designed collaborations may struggle to gain traction when circular behaviour is not supported by social norms or policy signals that make it feel like the normal thing to do. And investments in new infrastructure or funding may have limited effect if stakeholders do not have the knowledge or confidence to use circular services in practice. Progress is most likely to occur when all of these elements reinforce one another.

For all stakeholders, the key is to reflect on what is needed to make circular practices part of everyday life. This includes asking questions such as:

  • How do we help those we interact with understand the value of circular choices?

  • How can we collaborate to create systems that make it workable to share, repair and reuse?

  • Do we, and those around us, have the infrastructure, resources and knowledge to participate in the circular transition with confidence?

Recognising these shared responsibilities and needs helps ensure that consumers, companies and governments move forward together, rather than in isolation, which is essential for a successful circular transition.


A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!


The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

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