30.03.2026 à 16:28
Séverine Lemière, Maîtresse de conférences en Sciences de gestion, Université Paris Cité
Olga Lelebina, Professeure de RH et de Management, ISG International Business School
Les conséquences des violences conjugales ne s’arrêtant pas à la porte des entreprises, certaines d’entre elles les ont intégrées dans leur politique de diversité, d’égalité et d’inclusion. Panorama des outils proposés par certaines firmes du CAC 40.
Parmi les victimes de violences conjugales, nombreuses sont celles qui occupent un emploi. Quand elles partent travailler, elles quittent le domicile et leur agresseur. Face à cette évidence, le milieu professionnel peut constituer un espace de protection, de ressources et de socialisation. En conséquence, il peut aussi devenir un acteur à part entière de la lutte contre les violences conjugales.
Dans toute organisation, il existe inévitablement des personnes confrontées à des violences conjugales. Ces violences ont des répercussions significatives sur la vie professionnelle. Elles peuvent entraîner des retards, des absences répétées, une baisse de concentration, une fatigue chronique ou encore une diminution de la qualité du travail. Les relations avec les collègues ou avec l’encadrement peuvent également se dégrader parce que la personne victime se trouve en situation d’épuisement psychologique, émotionnel ou physique. La victime risque d’ailleurs d’être perçue comme un ou une collègue moins fiable.
L’agresseur peut poursuivre son emprise jusque sur le lieu de travail avec des messages ou appels incessants, des menaces ou des agressions sur le lieu de travail ou à proximité. Autrement dit, les violences au sein du foyer peuvent fragiliser le parcours professionnel de la victime. Le conjoint violent peut chercher à limiter l’engagement de la victime, préférer qu’elle reste à la maison, la décourager de suivre des formations ou d’accepter des mobilités, l’inciter à réduire son temps de travail ou même à quitter son emploi.
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La convention d’Istanbul rappelle que les violences faites aux femmes ne relèvent pas de simples conflits privés, mais qu’elles constituent l’expression d’un système où la domination, la discrimination et les stéréotypes de genre créent un terrain favorable à l’emprise et à la violence. Ces violences sont à la fois la cause et la conséquence des inégalités entre les femmes et les hommes. Elles s’enracinent dans des rapports de pouvoir déséquilibrés et contribuent, en retour, à limiter l’autonomie personnelle, économique et professionnelle des femmes.
Pour une organisation, ne pas intégrer ce sujet dans sa stratégie d’égalité, de diversité et d’inclusion revient à ignorer un obstacle important et invisible à l’égalité réelle. Depuis quelques années, plusieurs grands groupes (dont Kering, L’Oréal, BNP Paribas, Carrefour, SNCF et EDF) se sont engagés dans des initiatives collectives comme le réseau OneInThreeWomen, créé en 2018, qui incite les employeurs à inscrire la prise en charge des violences conjugales dans leur stratégie de diversité et d’inclusion.
Plusieurs organisations, en France et à l’international, ont déjà intégré la lutte contre les violences conjugales dans leurs engagements en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Voici quelques axes d’action issus de ces retours d’expérience.
De grandes entreprises ont lancé des campagnes de sensibilisation en interne (affichages, newsletters spécifiques, podcasts…) pour faire connaître l’ampleur du problème et les ressources disponibles. Certaines formations ciblent les managers, le personnel RH, les services sociaux ou de santé au travail, afin de mieux repérer les signaux d’alerte et réagir correctement. De son côté, Kering a choisi de sensibiliser progressivement tous ses collaborateurs, du vendeur en boutique jusqu’aux membres du comité exécutif, en s’appuyant sur des associations spécialisées.
BNP Paribas, avec son pôle d’action sociale au sein des RH, intègre les violences conjugales dans l’écoute des collaborateurs en difficulté. Ce type de service interne permet de briser l’isolement de la victime en lui proposant écoute, conseils et orientation vers les associations spécialisées.
« Le maintien dans l’emploi est une priorité absolue », déclare BNP Paribas, qui peut par exemple proposer à une victime un changement de site géographique si sa sécurité l’exige. Chez EDF, les services sociaux sont aussi au centre des dispositifs à destination des victimes de violences conjugales, et peuvent permettre la demande de mesures de soutien comme un hébergement temporaire ou des aides financières.
Certaines entreprises ont choisi d’accorder les jours d’absences rémunérées ; par exemple, trois jours d’absence rémunérés à La Poste pour effectuer les démarches (dépôt de plainte, rendez-vous médicaux, relogement…) nécessaires. Outre les congés, la flexibilité du temps de travail peut aussi être cruciale : aménagement d’horaires afin de permettre à la personne de disposer de temps pour les démarches inhérentes aux violences.
Souvent, les victimes ne savent pas vers qui se tourner pour obtenir de l’aide, tandis que les entreprises, de leur côté, ne disposent pas toujours de l’expertise nécessaire. C’est pourquoi certains groupes établissent des partenariats avec des associations spécialisées pour orienter les salariées concernées vers des professionnel·les formé·es et proposer des interventions, formations ou ateliers de sensibilisation. En unissant leurs forces avec le tissu associatif, les employeurs contribuent à créer un écosystème de soutien autour de la victime.
Certains partenariats vont plus loin, c’est le cas entre EDF et l’association FIT Une femme, un toit, avec la réalisation de recherche-action et la co-construction de dispositifs adaptés aux réalités de terrain et enrichis par l’expertise associative, ce qui permet à l’entreprise et à l’association de monter en compétences mutuellement.
Certaines entreprises inscrivent leur engagement dans leurs politiques RH avec la signature d’une charte – qu’elle soit interne à l’entreprise ou interentreprises, par exemple la charte OneInThreeWomen.
D’autres entreprises ont fait le choix de l’intégration des violences conjugales dans les accords collectifs relatifs à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, ce qu’ont fait des entreprises pionnières, comme Orange, EDF, SNCF, Korian, La Poste, Carrefour, Legrand. Ces engagements négociés avec les partenaires sociaux garantissent de nouveaux droits et les moyens alloués, ils témoignent de la vision partagée entre direction et syndicats de la reconnaissance des conséquences professionnelles des violences conjugales et du rôle du milieu professionnel auprès des victimes.
Considérer les violences conjugales comme un objet à part entière des politiques d’égalité, de diversité et d’inclusion constitue une évolution culturelle majeure dans le monde du travail.
Cela suppose de reconnaître que les violences conjugales ne relèvent pas uniquement de la sphère personnelle ou sociétale, mais qu’elles constituent également un enjeu organisationnel. Il s’agit dès lors d’un nouveau défi managérial, dans la continuité des engagements en faveur de l’égalité entre femmes et hommes, qui doit permettre, en partenariat avec les politiques publiques de lutte contre les violences et les associations féministes spécialistes de l’accompagnement des victimes, de construire un environnement favorable à la sortie des violences.
Séverine Lemière est membre de l'association FIT une femme un toit. Elle mène des recherches-actions avec EDF.
Olga Lelebina ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
30.03.2026 à 16:27
Emilie Ruiz, Maitre de conférences HDR, Université Savoie Mont Blanc
Corentin Charbonnier, Docteur en Anthropologie, Université de Tours

Vingt ans après la loi de 2005 sur l’égalité des droits des personnes en situation de handicap, l’accessibilité des lieux culturels a nettement progressé en France. Mais la participation réelle des publics concernés reste limitée. Une expérimentation menée entre une pension de famille et le Hellfest, en Loire-Atlantique, montre en quoi l’inclusion ne se résume pas à des aménagements techniques.
Un samedi de juin 2023, au milieu des dizaines de milliers de festivaliers réunis au Hellfest (Clisson, Loire-Atlantique), six habitants d’une pension de famille découvrent pour la première fois l’un des plus grands festivals de France. Certains vivent avec des troubles psychiques, d’autres avec des limitations physiques et pourtant, tous participent à une expérience singulière : explorer ce que signifie réellement l’« inclusion » dans un événement culturel singulier. Cette expérimentation, menée avec des résidents de la pension de famille de l’Orangerie, une structure gérée par la Croix-Rouge française, invite à repenser en profondeur la manière dont les institutions culturelles abordent le handicap. Car malgré les progrès réalisés ces dernières années, l’accès à la vie culturelle reste encore limité pour de nombreuses personnes en situation de handicap.
Depuis la loi française de 2005 sur l’égalité des droits des personnes handicapées, les lieux culturels ont considérablement amélioré leur accessibilité physique : rampes d’accès, plateformes réservées, signalétique adaptée. Mais un paradoxe demeure : malgré ces aménagements, les personnes en situation de handicap participent encore relativement peu à la vie culturelle et associative. Si le handicap visible est de fait perceptible, le handicap invisible, notamment psychique ou cognitif, reste pour le grand public, méconnu. La diversité des troubles et de leur prise en soin entrave leur plein exercice de la citoyenneté et donc leur participation à des évènements culturels. Le contexte des festivals ne peut être de ce fait limité à la simple implantation d’un accès physique adapté.
En s’appuyant sur l’expertise de professionnels, de bénévoles et en expérimentant, les initiatives portées par le Hellfest permettent de proposer une autre approche de l’accessibilité. Par exemple, pour les personnes malentendantes, des gilets vibrants permettant de ressentir physiquement les vibrations de la musique sont proposés. Certains concerts sont aussi partiellement traduits en langue des signes.
Ces dispositifs illustrent une idée simple : l’accessibilité ne consiste pas forcément à reproduire une expérience standard pour tous, mais à permettre des manières différentes de vivre un même événement. Pour les participants de la pension de famille de l’Orangerie, l’expérience du festival s’avère à la fois fascinante et déstabilisante. Les structures monumentales du site, l’intensité sonore ou la densité de la foule peuvent susciter autant d’émerveillement que d’appréhension. Mais ces réactions contrastées révèlent aussi une réalité souvent oubliée : les personnes vivant avec un handicap psychique ne sont pas condamnées à rester à l’écart de ces expériences culturelles. Elles peuvent y participer pleinement, à condition que les conditions soient adaptées et préparées et devenir ainsi expertes de leurs conditions d’accessibilité.
Pendant plus d’un an, les participants ont préparé, avec le soutien de leur encadrant, moniteur-éducateur de formation, leur venue : visites du site à vide, participation à la tournée Warm-Up du festival, repérage des espaces accessibles, organisation du suivi médical ou logistique. Cette phase d’anticipation a permis aux résidents de se familiariser progressivement avec l’environnement du festival et d’en réduire les incertitudes.
Le projet n’est pas né d’une décision institutionnelle. Il a été proposé par une résidente lors d’une réunion collective de la pension de famille, puis discuté et adopté par le groupe. Autrement dit, les participants n’ont pas simplement été « inclus » dans un dispositif : ils ont contribué à construire eux-mêmes leur participation.
L’inclusion culturelle repose rarement sur un seul acteur. Dans cette expérimentation, plusieurs organisations ont joué un rôle déterminant : la pension de famille de l’Orangerie, la Croix-Rouge française, l’association Culture du cœur, mais aussi des mécènes du festival. Chacun contribue à résoudre une partie des difficultés : financement, accompagnement social, logistique, accès aux billets ou médiation culturelle. Cette configuration rappelle que l’inclusion culturelle est un processus collectif impliquant de multiples organisations. Elle s’imbrique ainsi pleinement dans une démarche partenariale, essentielle au travail social.
Cet écosystème ne peut fonctionner sans le rôle clé de certains acteurs, capables de relier des univers qui communiquent peu entre eux et donc de rendre les frontières entre ces acteurs moins imperméables. Éducateurs spécialisés, médiateurs culturels ou réalisateur, familiers du travail social, peuvent ainsi agir comme des « acteurs-frontières ». Leur rôle consiste à traduire les attentes et les contraintes de chaque milieu (institutions sociales, organisateurs culturels, participants) afin de rendre possible la coopération.
Cette expérimentation (dont le documentaire Rendre l’enfer accessible témoigne avec sincérité) invite à repenser les politiques publiques d’accessibilité culturelle, encore largement centrées sur l’adaptation physique des infrastructures. Trois pistes émergent : (1) élargir la définition du handicap prise en compte dans les politiques culturelles, afin d’intégrer davantage les handicaps psychiques ou invisibles, (2) soutenir financièrement les démarches de co-construction avec les publics concernés, et pas seulement les investissements matériels, et (3) former et reconnaître les acteurs-frontières, qui jouent un rôle essentiel dans la mise en relation des différents partenaires.
Souvent associé à une esthétique radicale ou marginale, le metal apparaît rarement dans les débats sur les politiques culturelles. Avec une identité historiquement construite autour de communautés de fans fortement engagées et solidaires, certaines initiatives d’inclusion trouvent un terrain favorable pour se développer : elles ne sont pas sans faire écho à l’éthos de l’identité metal : partager un moment collectif, au-delà des distinctions sociales ou physiques, à l’instar des valeurs qui façonnent ce genre musical et véhiculées par certains groupes tels que Gojira.
Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.
30.03.2026 à 11:13
Guillaume Denos, Maître de Conférence, Université d’Angers
Malgré les baisses des subventions, les tiers-lieux connaissent toujours un engouement. Car ces espaces de sociabilité séduisent autant par leur convivialité que par leurs nombreuses activités, manuelles et intellectuelles. Explication à l’appui de témoignages d’usagers et d’usagères de La Cocotte solidaire, d’Agis et du « makerspace » L’Établi.
À Digne-les-Bains, dans les Alpes-de-Haute-Provence, le projet de tiers-lieu culturel, soutenu par la maire sortante divers gauche Patricia Granet, était au cœur de la campagne municipale. À Carquefou en Loire-Atlantique, la candidate divers droite Jéromine Da Prat, souhaitait créer un « tiers-lieu jeunesse de 11 à 25 ans ». À Arras (Pas-de-Calais), le centriste Frédéric Leturque officialisait sa campagne au Perchoir, un tiers-lieu inclusif.
Le terme « tiers-lieu » trouve son origine dans les travaux du sociologue américain Ray Oldenburg, qui publie en 1989 The Great Good Place. Il y décrit les third places, des espaces qui ne sont ni la maison ni le travail, mais un troisième lieu de sociabilité essentiel.
En France, on compte plus de 3 500 tiers-lieux, 62 % en dehors des métropoles, un tiers en ruralité.
Dans un contexte social et économique différent de celui décrit par Oldenburg, marqué en France par le désengagement progressif de l'état et l'accentuation des enjeux de transitions, les caractéristiques des tiers-lieux sont à réexaminer. En effet, le dernier projet de loi de finances 2026 confirme la suppression des aides directes aux tiers-lieux, passant de 12 millions d’euros à 1,20 million d’euros. Or, 49 % du financement des tiers-lieux provient de subventions publiques.
Alors, les tiers-lieux contemporains répondent-ils toujours aux mêmes motivations ? Et qu’est-ce qui attire concrètement leurs usagers ?
Pour répondre à ces questions, nous avons mené une recherche dans le cadre du projet EVATLESS avec l’Université d’Angers. Ce dernier s’intéresse à l’évaluation de tiers-lieux de l’économie sociale et solidaire (ESS), en partant d’un principe simple : pour comprendre leur valeur, il faut écouter celles et ceux qui les fréquentent.
Nous avons étudié trois tiers-lieux portés par des associations situées à la fois en centre-ville, en périphérie et dans une commune rurale :
La Cocotte solidaire, propose des repas participatifs et solidaires visant à lutter contre l’isolement social ;
L’Établi, fonctionne comme une bibliothèque d’outils et organise des ateliers de bricolage autour du partage et du réemploi ;
Au germoir d’initiatives solidaires (Agis) anime sur une commune des initiatives locales liées à la transition écologique et sociale.
Au total, 65 usagers ont participé à l’enquête. L’objectif n’était pas seulement de savoir si les activités proposées leur plaisaient, mais de comprendre ce que ces lieux représentent pour eux, et ce qui motive leur fréquentation.
Une méthodologie immersive et participative a été mise au point pour rendre cette recherche accessible à tout le monde et fournir aux associations des témoignages. Cette méthodologie implique des partenaires associatifs à chaque étape de la recherche et déploie la méthode Q. L’enjeu est de faciliter l’expression d’avis personnels sur une question donnée, comme « Qu’est-ce qui vous incite à (re)venir dans ce tiers-lieu ? »
Dans notre étude, nous constatons que venir dans des tiers-lieux, c’est accéder facilement à une ambiance que l’on ne retrouve pas ailleurs. Un lieu chaleureux, mais également pratique et accessible. On peut y venir à pied, à n’importe quel moment de la journée, voire certains soirs et le week-end.
« Le vendredi soir, en même temps que je viens chercher mes légumes, je trouve un espace qui est agréable, convivial. Ça fait plaisir de venir ici et c’est juste à côté de chez moi », témoigne un usager d’Agis.
Cette convivialité repose sur ce que les usagers anticipent trouver dans les tiers-lieux : des habitués qui sont parfois des amis, des salariés qui coordonnent les activités et rassurent par leur présence ou, de manière plus secondaire, une programmation culturelle.
Les usagers valorisent la simplicité de leur engagement dans les tiers-lieux associatifs étudiés. Une adhésion annuelle suffit bien souvent à participer activement au fonctionnement du lieu : bricolage, cuisine, organisation d’évènements, etc. Une variété d’activités qui permet de se sentir utile par le « faire ».
« Et qu’est-ce qui t’a donné envie de venir ? »
« D’abord de cuisiner ensemble et [d’] offrir ce repas après. Et puis en me forçant aussi à être avec des gens que je ne connaissais pas. Quand je ne connais pas les gens, je suis assez en retrait mais, là, je plonge dans le bain », souligne un usager de La Cocotte solidaire.
L’engagement dans des activités de « transition » permet aux répondants de réaliser concrètement ce qui peut faire sens ou d’entrer en accord avec leurs valeurs personnelles : être conseillé lors d’un Repair Café, cuisiner un repas végétarien ou faciliter la collecte d’une Amap.
Les tiers-lieux sont des lieux « ressources ». Les répondants valorisent le cadre et les moyens mis en place (humains, notamment) pour les accueillir et les écouter de manière inconditionnelle. En ce sens, ils viennent avant tout chercher des interactions sociales et des rencontres.
« Je sais que c’est un endroit convivial ici. Je viens pour passer un bon moment et sortir de l’isolement parce que, même si j’ai un mari à la maison, je ne connais pas grand monde à Nantes. C’est aussi pour rencontrer du monde ici », rappelle une usagère de La Cocotte solidaire.
En dehors du besoin de lien social, les usagers sont attirés par la possibilité de découvrir d’autres organisations qui forment un réseau autour du tiers-lieu. La possibilité d’accéder à de nouvelles connaissances et compétences les attire :
« Depuis que je viens là, à chaque fois que je fais quelque chose, j’apprends et ça, j’adore. Je vois bien que quand je demande un conseil à quelqu’un, il est content de m’expliquer », s’enthousiasme un usager de L’Établi.
Les tiers-lieux attirent des personnes de tous horizons, car ils mettent en œuvre de manière implicite une logique réciprocitaire de don et de contre-don. Ils créent des espaces informels valorisant la possibilité pour chacun de donner comme de recevoir.
Grâce à la convivialité, déjà centrale dans les écrits d’Oldenburg, ce troc est facilité et encourage les usagers à venir donner de leur temps, de leurs compétences, et du sens à leurs actions – tout en recevant de l’attention, de nouvelles connaissances, des biens ou des services écoresponsables.
Guillaume Denos a reçu des financements de l'Université d'Angers et de la Région Pays de la Loire pour mener cette étude dans le cadre des financements PULSAR. Il est membre bénévole de l'association La Cocotte Solidaire.