22.07.2026 à 11:58
Juliette Ravaux, Maître de conférences, Sorbonne Université
Sébastien Duperron, Professeur d'écotoxicologie microbienne, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

La majorité des êtres vivants sur Terre — plantes, animaux et micro-organismes — vit sous l’influence du rythme imposé par l’alternance du jour et de la nuit. Les fonctions biologiques essentielles sont soumises à des cycles de 24 heures, entretenus par une horloge interne qui se synchronise avec des signaux externes de l’environnement, dont le plus puissant est la lumière.
Qu’en est-il des espèces des profondeurs, qui vivent dans la nuit perpétuelle ? Ont-elles même la notion du temps ?
Dans la zone crépusculaire, entre 200 et 1000 mètres de profondeur, pénètre encore un peu de lumière. La lumière résiduelle, qui vient du Soleil mais aussi de la Lune, y est suffisante pour synchroniser des fonctions biologiques. Ainsi, la reproduction de certains oursins, étoiles de mer, anémones et coraux de cette zone est synchronisée avec le cycle lunaire, ce qui se traduit par une libération de larves intervenant massivement à la pleine lune, ou à la nouvelle lune, selon l’espèce.
Mais au-delà de 1000 mètres, on ne détecte plus cette lumière cyclique. Il n’est pas évident de savoir si les fonctions biologiques adoptent un rythme à ces grandes profondeurs, notamment car il est difficile d’obtenir des individus vivants en provenance de ces zones.
Néanmoins, la dizaine d’études de « chronobiologie » sur les rythmes physiologiques des espèces de l’océan profond démontrent clairement que ces espèces reçoivent des signaux en provenance de la surface, et que la vie dans les grands fonds peut être rythmée par la lune, le soleil et les saisons… mais pas directement à cause de la lumière.
Si la lumière solaire disparaît, il existe d’autres repères temporels perceptibles dans l’environnement profond. Ces « donneurs de temps » sont appelés Zeitgebers, d’après le terme allemand.
Le cycle lunaire impose ainsi le rythme des marées en surface, avec des variations de courant perceptibles jusqu’à de grandes profondeurs, comme l’ont montré des analyses utilisant des courantomètres déployés sur le fond.
Mais à quoi bon garder le rythme dans les profondeurs ? L’existence d’une alternance sommeil-éveil a été explorée chez deux poissons : le grenadier Coryphaenoides armatus et l’anguille de haute mer Synaphobranchus kaupii.
Des spécimens ont été pêchés dans l’Atlantique nord-est entre 1000 et 4800 mètres tout au long de la journée et de la nuit afin de suivre leur production de mélatonine. Cette hormone participe à la régulation des cycles de sommeil, et sa sécrétion suit un rythme circadien avec un minimum dans la journée et une augmentation en début de nuit, qui contribue à l’endormissement. Les taux de mélatonine mesurés chez les grenadiers et les anguilles montreraient des signes d’une périodicité de l’ordre de la demi-journée, ce qui suggère une influence du cycle lunaire et des courants de marée.
Une autre étude, utilisant un réseau de caméras disposées sur le fond marin à proximité de sources hydrothermales de la dorsale est-pacifique, situées à 2170 mètres de profondeur, a révélé l’activité rythmique de certaines espèces. Ainsi, à la suite d’une période d’observation de vingt-trois jours, elle a montré que le ver tubicole Ridgeia piscesae aurait une activité synchronisée avec les marées : le nombre d’individus qui déploient leur panache branchial hors du tube varie en effet selon une période de six heures.
Une autre espèce hydrothermale s’est révélée avoir un rythme similaire, la moule Bathymodiolus azoricus. Elle montre non seulement une périodicité dans son comportement d’ouverture et de fermeture des valves de la coquille, mais aussi une rythmicité jusqu’au niveau moléculaire, puisqu’environ 10 % de ses gènes ont un profil d’expression dans le temps qui suit un rythme cyclique calé sur celui des marées.
Une expression rythmique des gènes, selon un cycle de 12 heures, a également été détectée chez la crevette hydrothermale Rimicaris leurokolos.
À ces profondeurs extrêmes, les Zeitgebers sont les variations rythmiques de courant et de température générées par les marées internes de l’océan, un phénomène complexe qui résulte de l’interaction entre les marées de surface et la topographie du fond. Alors que la lumière solaire est le signal dominant pour rythmer la vie des espèces à la surface du globe, les marées internes semblent être le repère temporel essentiel pour les espèces de l’océan profond.
D’autres signaux peuvent dans une moindre mesure imposer un rythme. Ainsi, il semblerait que l’on ne mange pas en continu dans les profondeurs ! Des rythmes ont été détectés dans la prise alimentaire de crustacés avec une démarcation entre le jour et la nuit, dont l’origine n’est pas encore connue. L’analyse du contenu de leur estomac sur une période de 24 heures a montré que les crabes Geryon longipes se nourrissent préférentiellement à l’aube, tandis que la crevette dorée Plesionika martia étale sa prise alimentaire sur la matinée.
Des indices similaires de rythme alimentaire quotidien ont été observés pour trois espèces de poissons osseux, prélevées au-delà de 1 000 mètres en Méditerranée occidentale, le grenadier méditerranéen (Coryphaenoides mediterraneus), l’alépocéphale à bec et le moro de méditerranée (Lepidion lepidion). Sachant que ces trois espèces se nourrissent principalement de proies actives, il est possible dans ces cas-là que les mouvements et la disponibilité de ces proies dans la journée dictent le rythme. L’une des explications est que les proies elles-mêmes migrent dans la colonne d’eau, remontant à la surface la nuit et descendant dans la zone crépusculaire au-delà de 200 mètres pendant la journée. Leurs prédateurs profonds sont contraints d’attendre qu’elles descendent pour les capturer, et leur rythme alimentaire est donc indirectement calé sur le soleil.
Au-delà de ces rythmes quotidiens synchronisés indirectement par la lune et le soleil, des signaux saisonniers peuvent aussi influencer la vie en profondeur.
Bien qu’on ait longtemps pensé que la reproduction des espèces profondes se déroulait en continu, plusieurs études, menées à partir des années 1960 sur différents groupes animaux (étoiles de mer, isopodes, bivalves, crustacés…) échantillonnés à intervalles réguliers au cours du temps, ont montré qu’ils produisaient leurs gamètes à certaines périodes de l’année plutôt qu’à d’autres.
Cette production de gamètes, très coûteuse, est ainsi synchronisée entre individus, optimisant les chances de fécondation. Cette période de reproduction intervient pendant, ou juste après, une période de productivité intense dans les eaux de surface, marquée par exemple par les efflorescences de phytoplancton, ces proliférations massives de microalgues et de cyanobactéries qui surviennent au printemps et à l’été dans de nombreuses régions océaniques, et sont parfois visibles depuis l’espace. Cette matière organique chute ensuite vers les profondeurs sous forme de neige marine, fournissant un apport nutritif capital aux adultes pour la production des gamètes et aux larves pour leur développement.
Reproduction continue et saisonnière peuvent même co-exister chez un même groupe selon la disponibilité des nutriments. Ainsi, chez les crabes de la famille des Bythogréidés, les espèces vivant dans les eaux très pauvres en nutriments du gyre subtropical du Pacifique sud, où les efflorescences sont très rares, présentent une reproduction plutôt continue, tandis que les espèces de la ride est-pacifique où les efflorescences sont fréquentes, ont une reproduction saisonnière.
Rythme lié au cycle jour-nuit, à la lune, ou aux saisons, divers Zeitgebers fournissent des repères temporels aux organismes des profondeurs, qui ne vivent donc pas hors du temps. L’étude de la chronobiologie dans l’océan profond en est encore à ses balbutiements, guère aidée par les difficultés à collecter et observer, mais il y a peu de doutes qu’elle nous réserve de nombreuses découvertes.
Pour explorer d’autres aspects de la vie sous-marine, découvrez l’ouvrage des auteurs, « Secrets de l’océan profond », publié aux Éditions Quae, et dont nous avons reproduit des bonnes feuilles.
Sébastien Duperron a reçu des financements de l'ANR, de la région Ile de France, et du CNRS.
Juliette Ravaux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
21.07.2026 à 18:10
Eva Ternon, Chercheur en écologie chimique marine, Institut de la Mer de Villefranche, Sorbonne Université
Rodolphe Lemée, Professeur en écologie marine, Sorbonne Université

Les proliférations de la microalgue Ostreopsis, fréquentes depuis une vingtaine d’années sur le pourtour méditerranéen, ont émergé sur les côtes du Pays basque depuis 2021. Les eaux prennent alors une teinte brunâtre, tandis que les cas d’irritations respiratoires à proximité se multiplient. Que sait-on de la toxicité de cette algue ? Un projet de recherche est en cours pour répondre aux questions qui restent encore en suspens.
Par temps calme, les eaux du littoral basque sont peu turbides et pour ainsi dire, transparentes. Mais depuis plus de cinq ans, chaque été, cette eau transparente peut prendre une couleur brune sur des périodes de quelques jours, sans qu’il y ait eu de tempête pour troubler l’eau.
Cette coloration des eaux côtières est très localisée, prenant la forme de « nappes » qui se déplacent au gré des courants et qui se distinguent très nettement à l’œil nu. Simultanément, des irritations respiratoires sont expérimentées par certains usagers du littoral, ayant pour conséquence la fermeture de plages par les autorités locales. Au moment de l’écriture de cet article, début juillet 2026, plusieurs plages au Pays basque ont de nouveau été fermées de façon préventive.
Ces deux phénomènes sont-ils liés et comment ? Des recherches, auxquelles nous participons, sont en cours pour mieux comprendre ce qui se joue entre coloration de l’eau et irritations respiratoires. État des lieux.
Un litre d’eau de mer contient de très nombreuses espèces microbiennes invisibles à l’œil nu. On peut y retrouver des milliards de virus, des millions de bactéries et des milliers de microalgues.
Les microalgues sont des organismes unicellulaires microscopiques végétaux capables de réaliser la photosynthèse. Quand les conditions environnementales optimales à leur croissance sont atteintes, les microalgues peuvent former des « efflorescences » (ou blooms) qui se traduisent par une importante concentration en cellules dans l’eau par rapport à la moyenne.
Or, pour effectuer la photosynthèse, les microalgues possèdent de nombreux pigments, notamment de la chlorophylle et des caroténoïdes, qui leur donnent, en fonction de la microalgue, une couleur verte, rouge, orangée, brune, voire rose.
Quand la concentration en cellules d’une espèce de microalgues dans l’eau dépasse plusieurs centaines de milliers de cellules par litres, l’eau prend donc la couleur de ses principaux pigments, et ces organismes microscopiques, d’ordinaire invisibles, se révèlent à nos yeux.
Les eaux brunes observées au Pays basque résultent ainsi de la production majoritaire de peridinine par l’espèce de microalgue qui prolifère.
Ces efflorescences microalgales sont communes en milieu marin. Elles peuvent parfois couvrir des centaines de kilomètres carrés, et sont même visibles depuis l’espace, comme le montre l’image ci-dessous.
Ces efflorescences sont essentielles au fonctionnement de la pompe biologique océanique et à notre climat planétaire, car elles fixent le dioxyde de carbone atmosphérique via la photosynthèse et le stockent sous forme de carbone organique. Elles soutiennent également toute la chaîne alimentaire marine et sont donc indispensables au développement de la vie sous-marine.
Mais le développement de certaines espèces en milieu côtier est associé à des effets délétères sur la santé humaine. C’est le cas notamment des microalgues du groupe des dinoflagellés, qui possèdent une toxicité importante sur le fonctionnement cellulaire chez les mammifères. La toxicité des dinoflagellés est le plus souvent liée à la consommation de produits de la mer, du fait de leur bioaccumulation dans la chair animale.
Mais plus récemment, l’émergence de nouvelles formes de toxicité associées à ce groupe de microalgues est observée. Des dermatites au Sénégal et dans les Caraïbes, ainsi que des irritations respiratoires dans de nombreuses régions du monde, dont le Pays basque, sont documentées.
Depuis 2019, deux microalgues du genre Ostreopsis ont nouvellement colonisé le littoral basque : Ostreopsis sp.9 (encore non nommée), puis Ostreopsis cf. ovata. Ces deux espèces ont la particularité d’être principalement benthiques, c’est-à-dire qu’elles se développent au fond de l’eau. Néanmoins, au cours de la journée, une partie de ces cellules fixées se détache du fond, atteignant la surface de l’eau pour former des amas de cellules incorporées au mucus qu’elles produisent.
Ostreopsis étant une microalgue brune, les fortes concentrations cellulaires atteintes en été (jusqu’à 600 000 cellules par litre, selon les mesures réalisées dans la Communauté d’agglomération du Pays basque) donnent une coloration brune à l’eau de mer de manière localisée, aux endroits où les amas se forment. Ces amas peuvent s’accumuler le long du littoral, formant de larges nappes brunes qui dérivent vers le large au gré des courants.
Grâce aux nombreuses études déjà menées en Méditerranée, où les espèces du genre Ostreopsis prolifèrent depuis 20 ans, les conditions de croissance optimales pour leur développement sont assez bien connues.
une température supérieure à 21 °C,
des eaux calmes et peu profondes,
ou encore la présence d’un substrat rocheux ou macroalgal (c’est-à-dire, des algues plus grandes) qui leur permet de se développer.
Ainsi, la topographie rocheuse du plancher sous-marin d’une grande majorité des plages basques, qui forment à marée basse des zones calmes peu profondes, joue un rôle clé. Ces zones rocheuses à fort couvert macroalgal constituent des zones propices au développement d’Ostreopsis. Ce territoire connaît ainsi deux à trois efflorescences par été depuis cinq ans.
Plusieurs hypothèses, pour l’heure non vérifiées, pourraient expliquer l’installation d’Ostreopsis au Pays basque, la plus plausible étant un transport de cellules par les courants depuis des régions plus au Sud, voire de Méditerranée.
La durée moyenne d’une efflorescence est de 20 jours, avec une phase exponentielle de croissance d’une à deux semaines pendant laquelle les cellules prolifèrent, suivie d’une phase stationnaire qui dure en général quelques jours et pendant laquelle de fortes concentrations en cellules se maintiennent dans le milieu. Elle est enfin suivie d’une phase de déclin, qui se caractérise par la sénescence des cellules (mort cellulaire, prédation, attaques virales ou parasitaire), pouvant être accélérée par des phénomènes de vent, de vagues et de courant.
À l’été 2025, de nombreuses plages du Pays basque ont successivement fait l’objet d’efflorescences d’Ostreopsis. La plage d’Erromardie a été la première à accueillir une efflorescence dès le début du mois de juillet, mais c’est à la plage du Port vieux à Biarritz que les plus fortes concentrations ont été enregistrées (600 000 cellules par litre au 15 juillet 2025). À l’heure où cet article est rédigé (juillet 2026), le Pays basque voit les premières fermetures de plages de la saison.
Au même moment, des cas d’irritations de la sphère ORL ont été enregistrés au sein de la population côtière. Bien que la relation exacte entre cellules microalgales dans l’eau et occurrence des symptômes soit encore mal connue, de fortes concentrations cellulaires sont concomitantes avec l’apparition de toux, rhinite, de symptômes grippaux, ou encore gastriques chez les personnes exposées aux embruns marins.
Ainsi, en 2023, l’Anses recommandait une fermeture de plage au-delà d’un seuil de 100 000 cellules par litre d’eau de mer, nécessitant un suivi régulier des concentrations par les autorités locales.
Le lien entre les proliférations d’Ostreopsis et la toxicité des embruns marins n’est pas encore compris, et constitue l’un des objectifs du projet INTERREG Ostreobila.
Plusieurs hypothèses sont en cours d’étude pour rattacher les symptômes observés aux épisodes d’efflorescence d’Ostreopsis, impliquant toutes un transfert mer-air de molécules produites par ces efflorescences :
des phycotoxines (les ovatoxines) expulsées par Ostreopsis via les embruns,
des protéines inflammatoires constitutives de la cellule de la microalgue expulsées, là encore via les embruns,
des gaz non identifiés émis à des concentrations importantes et qui se volatilisent depuis l’eau de mer.
À ce stade des recherches, il n’est pas exclu qu’une combinaison de tous ces composés, ou que d’autres produits issus de réactions atmosphériques secondaires complexes non anticipées, soient à l’origine des irritations de la sphère ORL. La microalgue Ostreopsis n’a pas encore fini de révéler ses secrets et de nouveaux projets de recherche ont fait l’objet de financements afin de déterminer les mécanismes à l’origine des effets de ces microalgues sur la santé humaine.
Eva Ternon a reçu des financements de l'Union Européenne, via le projet INTERREG POCTEFA Ostreobila
Rodolphe Lemée a reçu des financements de l'Union Européenne, via le projet INTERREG POCTEFA Ostreobila
21.07.2026 à 18:09
Chiara Alfieri, Anthropologue de la santé, Institut de recherche pour le développement (IRD)
Alice Desclaux, Anthropologue de la santé, TransVIHMI, Institut de recherche pour le développement (IRD)
Marc Egrot, Anthropologue, médecin et chargé de recherche à l'IRD, Institut de recherche pour le développement (IRD)
IN BRIEFClick here for the key takeaways In France notably, during the 1990s, association-led action in the context of the HIV pandemic resulted in the development of “health democracy”. Six years following the onset of COVID, anthropological research focusing on an association for victims’ families in Bergamo, Italy—where the pandemic began in Europe—show that legal action can have a significant impact. The redefinition of the crime of “culpable epidemic” by Italy’s Highest Court could inspire legislative changes elsewhere in Europe and worldwide. Close
The World Health Organization (WHO) recommends involving populations in the response to epidemics, and even co-constructing responses with them. This approach is in line with “ health democracy” that is enshrined in French law and developed by a movement combining ethics, human rights, and public health. As a reminder, health democracy is an approach that aims to involve service users, professionals, and public decision-makers in the development and implementation of health policies in a spirit of dialogue and consultation.
However, the importance attached to this concept varies from country to country, and its practical application is debated whenever a new outbreak occurs. This is currently the case with the Ebola outbreak in the Democratic Republic of the Congo.
In Italy, the association network was mobilised during the COVID pandemic for rescue and care interventions, but was not involved in public health decisions. In Bergamo, Sereni e sempre uniti (“Serene and Always United”) is an association that was founded by families of victims during the pandemic with the goal of mutual support and advocacy.
From the perspective of the socio-anthropology of associations, this organization has adopted a unique positioning that holds major scientific interest. It differs from other associations representing healthcare professionals, families, or people living with HIV, in that it uses the law as a tool to enforce health democracy.
Our research began in 2020. Initially centred on experiences with COVID and the social relationships between patients, families, and healthcare professionals and around Bergamo and in the Seriana Valley, it gradually shifted focus to the association’s rationales of action in response to the failure of public health systems in a province where 6,000 deaths were mourned.
Ethnographic investigations (participant observation and traditional methods) have continued to the present day to ensure full documentation of the process.
The first European country to be hit by an outbreak of the pandemic, Italy recorded its earliest cases in the highly industrialised Seriana Valley. While the Lombardy region boasts a renowned healthcare system, it is characterised by a progressive desertification of public health infrastructure, attributed to aggressive privatisation policies. This structural vulnerability, combined with political decisions made during the crisis, led within a few weeks of the first COVID wave to internationally broadcasted images of a convoy of military trucks evacuating coffins that could no longer be managed locally.
A fierce controversy erupted over measures described as “makeshift” and systemic negligence in implementing protocols. Families denounced the circumstances surrounding the deaths of their loved ones: saturated facilities, overcrowded emergency departments with endless waiting lines, resource shortages preventing access to care, and corpses piled up in churches. Many people died at home from asphyxiation because medical oxygen was unavailable.
Families then banded together to create the Noi Denunceremo movement (“We will Denounce”), which quickly evolved into the association Sereni e sempre uniti. The association develops support initiatives for its members and promotes the memory of those who died from COVID-19, efforts which have expanded into lobbying activities such as protests and public statements. Furthermore, with the support of a group of lawyers led by attorney Consuelo Locati, the association pursued legal action to obtain explanations regarding the relevance and legitimacy of the measures adopted during the pandemic. A total of 700 complaints became the subject of two judicial proceedings against the Italian Ministry of Health, the Presidency of the Council of Ministers, and the administrators of the Lombardy region. In April 2020, the Bergamo Public Prosecutor’s Office opened an investigation that would last three years and culminate in the indictment of the officials and politicians who managed the pandemic.
These findings represent a significant milestone for Sereni’s legal action, as highlighted by Professor Andrea Crisanti in his 2022 report for the Bergamo Prosecutor’s Office (Crisanti A. 2022. Technical expert report by Professor Andrea Crisanti ordered by the Public Prosecutor’s Office at the Court of Bergamo. Report No. 15749/2020/21 No. 3).
This legal battle, which aims to establish truth, justice, and recognition, attempts to end the impunity of health officials and, through this, to restore the dignity that victims have been denied until now. It also aims to ensure that, in the future, populations are less helpless against the authorities’ errors and, above all, more involved in the development and implementation of epidemic preparedness and response measures a demand fully aligned with health democracy.
For six years, along with its lawyers the Sereni association carried out preliminary documentation work based on collecting, organising, and then filing thousands of pages of documents with the courts - an essential step in the judicial decisions that have marked this campaign.
A decisive step in the legal battle was reached on April 10, 2025, when the Italian Supreme Court of Cassation broadened the legal definition of the crime of “culpable epidemic” to include “omission, negligence, inaction, and silence in the context of a duty to inform.”
This ruling could lead to the reopening of criminal proceedings previously dismissed against high-ranking officials from political and health institutions at the time of the events. It could also inspire legislative changes in other countries. This event offers even greater hope as it builds on two other previous successes. In 2024, the European Court of Human Rights (ECHR) agreed to hear the case Sereni submitted, which revealed human rights violations in the management of the pandemic – a rare feat, as only 5% of complaints submitted to this court are accepted. The association is currently awaiting further developments. Then, on March 24, 2026, the families within the association were officially recognised as victims by the Rome Criminal Court. During this preliminary hearing involving Ministry of Health officials, it was formally established that Italy’s national pandemic plan, which should have been updated, “was not updated, in part due to a lack of resources.” . This opened a breach in the wall of omerta and immunity that had protected the authorities for six years regarding the failures in crisis management.
These three events show that the association has achieved significant successes due to four main elements: the expertise of dedicated lawyers who were themselves personally affected by the loss of loved ones; the considerable effort put into documenting and preparing legal cases; the perseverance that allowed them to overcome institutional timelines; and the support of hundreds of families. One ethnographic vignette illustrates this vividly.
On March 24, 2026, inside the vast courtroom of Rome’s Criminal Court, filled with law enforcement officers, around one hundred members of Sereni had travelled more than 600 kilometres to stand alongside their lawyers during the hearing. A wall of solidarity and support, a deeply emotional presence, ensuring that the voice of the citizens is heard and carries weight when it comes to the health of all.
Within a hostile national context in which neither politics nor the health officials responsible for managing the crisis were able to shed light on the reasons for the disaster, this association found in the justice system a means to push forward its grievances, and those of the victims’ families.
The stakes do not only concern the affected families. For populations, in Italy and beyond, Sereni’s exemplary associative perseverance further solidifies the power of associations against authorities and paves the way to a form of health democracy. Monitoring the proceedings initiated six years ago will require several more months or years of anthropological documentation.
Today, the ethnographic inquiry among the families of the deceased and members of the association shows that its activist work has helped restore meaning to the hardships they endured, enabling them to overcome situations of grief described as traumatic, impossible, or absent, for deaths experienced as unjust.
Citizen mobilisation has also helped legally redefine the notion of “culpable epidemic, » significantly expanding its scope. As a result, "omission, negligence, inaction, and silence in the context of an obligation to inform” have become subject to imprisonment in Italy.
In light of the positions held by global health institutions, the scope of this legal reclassification deserves to be further expanded to include epidemic preparedness, or even community participation in the development of strategies.
Will this legal concept have an incentive effect? A call went out for further research to determine whether this specific Italian legal singularity — the “crime of culpable epidemic through omission, negligence, or inaction” — now empowers populations to exert tangible power over the government in defining and implementing health policies.
The recognition of this legal concept in other countries could help hold States accountable for the preparedness of their healthcare systems, an essential element for gaining public trust and ensuring an effective response to epidemics.
The COMESCOV project, titled “Containment and Health Measures to limit COVID-19 transmission: Social Experiences in France, Italy, and the USA in the time of a pandemic” (ANR-20COVI-0083-01), is supported by the French National Research Agency (ANR), which funds project-based research in France. The ANR’s mission is to support and promote the development of basic and applied research across all disciplines, and to strengthen the dialogue between science and society. For more information, visit the ANR website..
Chiara Alfieri is a member of the Associazione famigliari delle vittime del covid-19 Sereni e sempre uniti. She received funding from France's National Research Agency to back the COMESCOV project ("Confinement and sanitary precautions aimed at limiting the spread of Covid-19: Social experiments during the pandemic in France, Italy and the USA", ANR-20-COVI-0083-01).
Marc Egrot received financing from France's National Research Agency to back the COMESCOV project ("Confinement and sanitary precautions aimed at limiting the spread of Covid-19: Social experiments during the pandemic in France, Italy and the USA", ANR-20-COVI-0083-01).
Alice Desclaux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.