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Rubrique «À LIRE AILLEURS»

▸ les 14 dernières parutions

23.03.2026 à 08:00

Sécuriser Signal : un guide à destination des militant-es

Parution de Sécuriser Signal : un guide à destination des militant-es, une brochure pour mieux utiliser Signal et maximiser la protection que l'appli peut offrir !

Texte intégral (580 mots)

Parution de Sécuriser Signal : un guide à destination des militant-es, une brochure pour mieux utiliser Signal et maximiser la protection que l'appli peut offrir !

L'usage de l'application de messagerie instantanée Signal s'est largement généralisée dans les milieux militants, et on ne peut que s'en réjouir : le chiffrement des communications permet de diminuer les possibilités de surveillance, et cette logique doit être systématisée pour faire face à la surveillance de masse instaurée chaque jour un peu plus fermement.

Pourtant, les configurations de Signal proposées par défaut sont très largement imparfaites et peuvent constituer des failles de sécurité. C'est pourquoi on a décidé de centraliser dans ce zine toutes les pratiques de réduction des risques qui permettent de rendre Signal aussi safe que possible. On pense sincèrement que ce zine est accessible à toustes : arrête de lire quand tu ne comprends plus ce qu'on raconte, et reviens-y plus tard ! Il est normal que les pratiques de sécurité numérique mettent du temps à devenir des habitudes, il faut y aller étape par étape.

La sécurité (et notamment la sécurité numérique) n'est jamais un enjeu individuel : nos choix et nos pratiques impactent les gens qui nous entourent. Refuser de prendre des précautions pour limiter la surveillance dont on peut faire l'objet revient souvent à mettre en danger nos camarades. Si tu ne penses pas avoir besoin de te protéger, fais-le pour toustes celleux à qui tu enverras un jour un DM sans connaître leur niveau de surveillance potentiel !
Soyons à la hauteur de nos camarades les plus à risques de répression et protégeons-nous collectivement. Faisons bloc.

Et parce que la sécurité numérique n'est que plus efficace quand elle est largement répandue, partage ce zine ! L'important, c'est que ça tourne.

Cette brochure est disponible à la lecture (format page par page) et à l'impression (format cahier).

zine signal - page par page

Impression format cahier :

zine signal - cahier
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22.03.2026 à 11:00

Dimanche 22 mars à 16h : L'enquête sur l'élite sociale et son entre-soi, rencontre-débat avec Monique Pinçon-Charlot

Dimanche 22 mars à 16h, la Librairie Publico reçoit Monique Pinçon-Charlot co-autrice de « Dans les beaux quartiers »

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Dimanche 22 mars à 16h, la Librairie Publico reçoit Monique Pinçon-Charlot co-autrice de « Dans les beaux quartiers »

Entre Trocadéro et Monceau, Neuilly et Passy, vivent les grandes familles. Dans ces quartiers de l'Ouest parisien se concentrent les héritiers des lignées aristocratiques et des vieilles dynasties bourgeoises. L'élite sociale pratique l'entre-soi, au rythme de ses rites.

À la fin des années 1980, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot parcourent ces beaux quartiers, interrogent les représentants de ces groupes privilégiés. Grâce à une enquête fouillée et minutieuse, ils en révèlent la vie quotidienne, racontent les rallyes pour adolescents, pénètrent des cercles très fermés. Par ce voyage ethnologique, ils dévoilent un monde d'ordinaire interdit aux profanes et expliquent pourquoi le gotha se rassemble dans un ghetto.

Près de quatre décennies plus tard, cet ouvrage devenu une référence en sociologie se pose comme un texte fondateur dans la compréhension et l'analyse de ces élites que nous appelons aujourd'hui les « ultra-riches ».

20260322
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22.03.2026 à 08:00

[Brochure] Action directe antispéciste

Cette brochure fait suite à cet appel à contribution :

On a l'impression qu'il se passe peu de choses en terme d'action directe antispéciste (sabotage, libérations…) ; peut-être par manque de moyens, de connaissances techniques, d'outils, de groupes affinitaires, de connaissances en terme d'anti-répression, de sécurité numérique… Et les quelques savoirs pratiques acquis par celleux qui font des actions ne semblent pas (du tout) se diffuser. Aussi, on a l'envie d'écrire une brochure qui rassemblerait ce type de connaissances.
Du coup, si tu peux apporter des choses à cette brochure, par exemple :
Quelles cibles de l'action directe antispéciste ? Centres d'insémination ? Élevages ? Abattoirs ? Laboratoires ? Dispositifs de chasse ? …
Quels moyens/outils/techniques à mettre en œuvre ou à améliorer ? Comment faire un bon repérage ? Comment ouvrir les portes d'un élevage/abattoir ? Comment saboter (comment crever un pneu ? quelles sont les failles du système électrique d'un abattoir ? …) ? Comment libérer des animaux selon les lieux d'enfermement ? Comment bloquer ? …
Comment penser la sécurité (numérique ou non) en amont, pendant et après l'action ?
Partage de retours d'expériences divers et variés…
N'hésites pas à le partager par mail à : feuauxcages@riseup.net La clé PGP est disponible en ligne, si tu veux chiffrer ton mail
Aussi, si vous avez connaissance de brochures dans des langues autres que le français sur ces questions, n'hésitez pas à les diffuser et/ou les traduire.
On espère que ça permettra de diffuser les pratiques et de multiplier les actions !

Voir aussi ici :

Voici la brochure :

– Version page par page (à lire sur écran) :

– Version cahier (à imprimer) :

Texte intégral (582 mots)

Cette brochure fait suite à cet appel à contribution :

On a l'impression qu'il se passe peu de choses en terme d'action directe antispéciste (sabotage, libérations…) ; peut-être par manque de moyens, de connaissances techniques, d'outils, de groupes affinitaires, de connaissances en terme d'anti-répression, de sécurité numérique… Et les quelques savoirs pratiques acquis par celleux qui font des actions ne semblent pas (du tout) se diffuser. Aussi, on a l'envie d'écrire une brochure qui rassemblerait ce type de connaissances.
Du coup, si tu peux apporter des choses à cette brochure, par exemple :
Quelles cibles de l'action directe antispéciste ? Centres d'insémination ? Élevages ? Abattoirs ? Laboratoires ? Dispositifs de chasse ? …
Quels moyens/outils/techniques à mettre en œuvre ou à améliorer ? Comment faire un bon repérage ? Comment ouvrir les portes d'un élevage/abattoir ? Comment saboter (comment crever un pneu ? quelles sont les failles du système électrique d'un abattoir ? …) ? Comment libérer des animaux selon les lieux d'enfermement ? Comment bloquer ? …
Comment penser la sécurité (numérique ou non) en amont, pendant et après l'action ?
Partage de retours d'expériences divers et variés…
N'hésites pas à le partager par mail à : feuauxcages@riseup.net La clé PGP est disponible en ligne, si tu veux chiffrer ton mail
Aussi, si vous avez connaissance de brochures dans des langues autres que le français sur ces questions, n'hésitez pas à les diffuser et/ou les traduire.
On espère que ça permettra de diffuser les pratiques et de multiplier les actions !

Voir aussi ici :

Voici la brochure :

– Version page par page (à lire sur écran) :

– Version cahier (à imprimer) :

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22.03.2026 à 08:00

Croyez-nous sur parole / une émission de Minuit Décousu

Minuit Décousu influence Radio Canut et Radio Canut influence le monde. Cette semaine, entre concentration des médias, relations publiques et fabrique de l'ignorance, on bricole 1h de fanzine radiophonique pour en découdre avec la propagande… ou vous faire croire tout un tas de trucs.

Texte intégral (526 mots)

Minuit Décousu influence Radio Canut et Radio Canut influence le monde. Cette semaine, entre concentration des médias, relations publiques et fabrique de l'ignorance, on bricole 1h de fanzine radiophonique pour en découdre avec la propagande… ou vous faire croire tout un tas de trucs.

Minuit Décousu, c'est un fanzine radiophonique nocturne sur Radio Canut (Lyon et alentours), Cause Commune (Paris/IDF), Radio Kipik (Arriège) et Radio Vassivière (Limousin).

« Persuasion de masse », « relations publiques », « nation branding », « diplomatie culturelle », « fabrique du consentement »… Des appellations diverses qui désignent pourtant une pratique hégémonique qu'est celle de la propagande. Depuis le début du 20e siècle, les spécialistes de la propagande se sont réinventés, réécris, ont transformé leurs pratiques tant et si bien qu'on finit par s'y perdre. Alors cette semaine, on s'est décidé de préparer 1h d'émission sur la question pour découdre tout cela et y voir plus clair.

Dans cette émission, tu pourras entendre :

  • La propagande, une question de forme du discours
  • L'origine des relations publiques (entretien avec Hugo, historien spécialiste de la propagande*)
  • Première guerre mondiale, CIA, "guerre de la banane"... traverser le siècle en propagandiste (*)
  • Militance et propagande
  • Soft power, nation branding, diplomatie culturelle et les arbres qui cachent la propagande (*)
  • La fabrication de l'ignorance et l'effacement des conséquences du capitalisme (*)
  • Minuit Décousu influence le monde

L'émission s'écoute sur notre audioblog, ici, et un peu partout en podcast. Bonne écoute !

Croyez-nous sur parole / une émission de Minuit Décousu
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22.03.2026 à 08:00

Projection/Discussion : Un monde sans travail est‐il possible ?

Projection de « Bon pied, bon œil et toute sa tête » dimanche 29 mars à 16h à la librairie Publico à l'invitation du groupe libertaire d'Ivry

Texte intégral (588 mots)

Projection de « Bon pied, bon œil et toute sa tête » dimanche 29 mars à 16h à la librairie Publico à l'invitation du groupe libertaire d'Ivry

Bon pied, bon œil et toute sa tête (1h20), réalisé en 1978 par Gérard Leblanc et le groupe Cinéthique avec le Comité de lutte des handicapés et le Groupe information asile.
Ce film analyse les handicaps dans l'histoire de leurs représentations et de leur contexte social et politique, et documente la lutte des « Handicapés méchants », des « Psychiatrisés en lutte » et autres trublions des années 70.

Les handicaps sont souvent présentés comme étant dûs au hasard ou à la fatalité ; ce film démontre au contraire les véritables causes de nombreux handicaps. Même s'ils ne sont pas directement liés aux accidents du travail, les handicaps dits « de naissance » ne sont souvent ni le fruit du hasard ni le fruit du destin : ils sont le résultat des conditions de vie imposées aux femmes. Être enceinte ne nous dispense pas de travailler debout, de tenir les cadences et de subir les mêmes conditions de transport que les autres. Les principales causes de naissance avant terme sont liées à l'intensité et à la durée du travail.

Les "Handicapés méchants" ne luttaient pas pour l'insertion, et surtout pas par le travail ! : « Nous ne voulons pas être intégrés, mais détruire cette société qui nous détruit, pour en construire une autre, où nous n'aurons pas de difficultés à nous adapter car ce sera la nôtre. »

« Bon pied, bon œil et toute sa tête » n'est pas seulement une critique du validisme, mais, plus largement, de la logique capitaliste et de la « valeur travail ». Orientés dès l'enfance en fonction de notre utilité potentielle, nous sommes ensuite exploités — jusqu'à l'usure ou l'accident. Mutilés, handicapés (physiques et mentaux) ou « inadaptés sociaux » (les réfractaires au travail) sont « rééduqués », « soignés », « protégés » pour continuer à remplir le seul rôle auquel nous destine la société capitaliste : des machines à produire.

La projection sera suivie d'une discussion : Quel mode de production envisageons‐nous en société libertaire ? Une activité librement choisie pourrait‐elle encore être désignée par le même mot qu'aujourd'hui ?

À l'invitation du Groupe libertaire d'Ivry
Dimanche 29 mars 2026 à partir de 16h (accueil dès 15h)
Entrée libre
Librairie du Monde Libertaire (Publico), 145 rue Amelot, Paris 11
Métro République / Oberkampf / Filles du Calvaire

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22.03.2026 à 08:00

Dimanche 29 mars 16:00 / AERI • Montreuil 93 / La journée de la Terre يؤم الارض

A l'occasion de la journée de la Terre, venez écouter et échanger avec 3 voix de Palestine le dimanche 29 mars à l'AERI à Montreuil à partir de 16h !

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A l'occasion de la journée de la Terre, venez écouter et échanger avec 3 voix de Palestine le dimanche 29 mars à l'AERI à Montreuil à partir de 16h !

À l'occasion de la journée de la terre, le collectif Montreuil Palestine donnera la parole à 3 voix de Palestine : Rana Madi, Sbeh Sbeh et Salah Hamouri, à partir de 16h00 le 29 mars à l'AERI à Montreuil.
Plus qu'une simple conférence, il est prévu de nombreux échanges avec les invité.es !

AERI > 57 Rue Etienne Marcel, 93100 Montreuil

La célébration annuelle de la Journée de la terre est une date particulièrement importante pour les Palestinien•nes, dans toute la Palestine mais également en exil. Cette journée est destinée dénoncer la spoliation par l'occupant des terres et commémore aussi le massacre de six Palestiniens protestant contre des réquisitions, le 30 mars 1976, par des forces d'occupation.

Une journée hautement symbolique, particulièrement dans le contexte actuel de génocide à Gaza et de nettoyage ethnique dans toute la Palestine.

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21.03.2026 à 13:12

21 mars 1984, les mères de la place Vendôme contre les crimes racistes et sécuritaires

Il y a 40 ans, un collectif de mères de victimes de crimes racistes et policiers se rassemblait place Vendôme pour demander l'arrêt de la « justice à double vitesse », de la surenchère sécuritaire et des discours racistes... Cet article de Mogniss H. Abdallah, paru en 2007, revient sur cette lutte.

Texte intégral (3746 mots)

Il y a 40 ans, un collectif de mères de victimes de crimes racistes et policiers se rassemblait place Vendôme pour demander l'arrêt de la « justice à double vitesse », de la surenchère sécuritaire et des discours racistes... Cet article de Mogniss H. Abdallah, paru en 2007, revient sur cette lutte.

Le 21 mars 1984, à l'occasion de la journée internationale contre le racisme, quatorze familles de victimes de crimes racistes ou sécuritaires se sont donné rendez-vous devant le ministère de la justice place Vendôme à Paris, avec l'espoir de rencontrer le garde des sceaux, Robert Badinter. Quelque deux cents personnes les accompagnent, parmi lesquelles des membres des associations ou collectifs qui ont participé à la Marche pour l'égalité trois mois auparavant, et quelques artistes qui ont lancé un appel public au ministre de la justice pour qu'il accueille en personne les familles. Douze d'entre elles seront reçues, mais par son directeur de cabinet. Une délégation sera également reçue à l'Élysée. Pendant ces entretiens, les manifestants entament une ronde autour de la place Vendôme pour faire partager à l'opinion publique l'émotion des familles.

« Monsieur Mitterrand, Monsieur Badinter, faites que ces tirs cessent, parce qu'à chaque fenêtre, je vois un 22 long riffle », répète Madame Hachichi, la mère de Wahid, un lycéen de dix-huit ans tué le soir du 28 octobre 1982 dans le centre-ville de Lyon. Son meurtrier, Nicolas Bardelli, affirme avoir tiré depuis sa fenêtre au jugé pour faire fuir des jeunes qui rôdaient autour de sa BMW. La presse régionale titre le lendemain sur un « drame de l'autodéfense » et sur « la vie brisée de Nicolas Bardelli ». Son oncle Naguib refuse cette inversion des rôles, où le coupable est métamorphosé en victime. Et il s'étonne des appels à ne pas réagir : « Éducateurs, adjoints, consul etc., même des jeunes issus de notre propre communauté nous demandent de ne pas élargir le fossé entre Français et Immigrés… Si un gars perd son frère et qu'il continue à réagir comme avant, c'est ça qui me ferait peur »  [1]. Il engage un méticuleux travail de contre-enquête, et se dévouera sans compter pour réhabiliter la mémoire de Wahid. Au début, seul avec quelques amis de son quartier des Escarmeaux à Vaulx-en-Velin, il crée Wahid association. Mais savoir le meurtrier libéré, six mois après les faits, devient insupportable pour toute la famille qui décide de sortir de l'abattement et de rejoindre l'action publique. Des contacts sont établis avec d'autres familles, en banlieue lyonnaise et ailleurs en France.

Nous sommes alors en pleine campagne électorale pour les municipales de mars 1983, marquées par une surenchère sécuritaire. Dès la rentrée 1982, à Bron (Est lyonnais), des élus d'une droite revancharde s'affichent avec la toute nouvelle association « Sécurité individuelle pour tous ». Ils alimentent un climat d'affrontement entre rapatriés, sud-européens et maghrébins, dont la cohabitation au sein des mêmes cités est parfois difficile. Le 28 septembre 1982, la tension endémique tourne au drame : Ahmed Boutelja, Algérien de 25 ans, est tué à la cité de transit Saint-Jean, suite à un énième conflit de voisinage. Son meurtrier, également habitant de la cité, a tiré pas moins de douze balles. Il avait la réputation d'être membre d'un groupe de « légitime défense » surnommé Cobra (un groupe OAS du même nom a existé pendant la guerre d'Algérie). D'après les jeunes, qui se constituent en comité, il disait souvent : « Un jour ou l'autre, je tuerai un Arabe »  [2]. Son geste était, hélas, prévisible. Mais leur sentiment d'exaspération va aller crescendo. Quelques semaines après, l'inspecteur de police chargé de l'enquête blesse grièvement un Arabe lors d'une rixe et bénéficie d'une libération conditionnelle ; 150 policiers manifestent dans la rue en sa faveur. Le meurtrier de Wahid est lui aussi libéré le 16 mars 1983. Trois jours auparavant, la campagne municipale s'est terminée par un autre meurtre, cette fois à Marseille : une bombe explose à proximité de la cité de la Cayolle, tuant un jeune gitan.

Les Forums Justice ou comment « dépasser les pleurs »

À travers le pays, la colère gronde contre la répétition du même scénario : violence des discours sécuritaires incitant à la chasse aux délinquants, amalgame délinquance-immigrés, zèle policier, complaisance des médias, indulgence à l'égard des meurtriers, atermoiements de la gauche au pouvoir. Alors que la plupart des meurtriers sont libérés, simultanément, des jeunes sont lourdement condamnés. En réaction à cette banalisation des crimes et à une « justice à deux vitesses », des manifestations de solidarité ont lieu ici et là.

Les préparatifs de la Marche pour l'égalité et contre le racisme, qui partira symboliquement le 15 octobre 1983 de la cité de La Cayolle, indiquent combien est prégnante dans les cités la question des meurtres racistes ou sécuritaires, ainsi que celle des violences policières. Cependant, face à la volonté des initiateurs de la Marche de privilégier un message consensuel qui tend à minorer les réalités trop conflictuelles, plusieurs groupes décident de se coordonner au niveau national de manière autonome pour organiser simultanément des Forums Justice.

La veille de son étape lyonnaise, le 28 octobre, Wahid association accueille un groupe de Marcheurs pour un premier forum à Vaulx-en-Velin. Ils écouteront avec un grand respect les mères, les sœurs, les frères et les amis de victimes, dont certains sont venus de Marseille ou de Nanterre. Debout ensemble à la tribune, les intervenants donnent une visibilité nouvelle à ce qui n'apparaît désormais plus comme une simple accumulation de « faits divers ». Les mères, submergées par l'émotion, communiquent douleur et quête de justice. Impunité et inaction deviennent d'autant plus intolérables. Le temps est venu de « dépasser les pleurs », à la fois par l'entraide entre les familles, par le suivi des dossiers judiciaires et par l'interpellation des pouvoirs publics à tous les échelons. C'est ainsi que naît l'idée de constituer une association nationale des familles.

À Marseille, l'association des femmes maghrébines en action organise un autre Forum justice le 24 novembre. Il y sera discuté des procès à venir, dont celui du CRS qui, lors d'un contrôle d'identité dans les Quartiers Nord, le 18 octobre 1980, a tué Lahouari Benmohamed. L'affaire, qui avait provoqué une très vive émotion, a poussé des jeunes de la cité des Flamants à créer une pièce de théâtre emblématique, Yaoulidi (Mon fils). « Pour nous, c'est faire revivre Lahouari à chaque fois que l'on joue »  [3]. Sur le plan judiciaire, l'action vise à renvoyer le meurtrier aux assises pour « homicide volontaire ». Maître Gilbert Collard, avocat de la famille, plaidera en ce sens, mais n'évoque plus le « crime raciste ». Ce choix, mal compris, témoigne d'un certain malaise dans les relations entre les avocats et le public. Le besoin d'une meilleure coordination entre les campagnes publiques et le suivi spécifiquement judiciaire des dossiers se fait ressentir dans la plupart des affaires.

Le 6 novembre 1983, à Nanterre, l'association Gutenberg organise au cœur même de la cité de transit où est mort Abdennbi Guémiah, un hommage à ce lycéen d'origine marocaine tué à coup de fusil par un pavillonnaire voisin  [4]. Mille cinq cents personnes sont présentes, parmi lesquelles plusieurs familles de victimes, ainsi que des représentants du Syndicat des avocats de France et du Syndicat de la magistrature. Maître Jean-Pierre Choquet, un proche depuis des années, s'adresse à l'auditoire comme un « porte-voix » de la famille devant la justice. Il précise qu'en aucun cas, il n'entend se substituer à elle. Parties civiles, les parents, frères et sœurs d'Abdennbi « savent absolument tout ce qu'il y a dans le dossier, c'est notre façon de travailler, de les associer au procès qui est en cours ». Après les précautions d'usage pour ne pas enfreindre les règles professionnelles, il insiste pour ne pas les laisser simples spectateurs. Il y a des moyens d'intervenir dans le cours même du suivi du dossier. Des pièces tendant à salir la réputation de la cité et de ses habitants, présentées par la défense du meurtrier, ont ainsi été récusées.

Pour autant, les avocats ne partagent pas forcément toutes les options du « mouvement Gutenberg », ce qui ne leur est d'ailleurs pas demandé. L'association de son côté déclare son intention de se porter elle-même partie civile, rappelant qu'Abdennbi en était trésorier et membre fondateur. L'objectif consiste alors à conquérir un nouveau droit : celui pour les associations de se constituer partie civile dans les affaires de crimes racistes ou sécuritaires.

Jusqu'ici exprimée à la marge, la question des violences policières et des crimes racistes rattrape la Marche pour l'égalité. Aux Minguettes d'où tout est parti  [5], des CRS tabassent cinq jeunes, le 21 novembre. Mais c'est surtout la défénestration de Habib Grimzi par des légionnaires dans le train Bordeaux-Vintimille, la nuit du 14 au 15 novembre 1983, qui va provoquer l'indignation nationale. Les Marcheurs vont dès lors mettre au centre de leurs revendications le mot d'ordre de justice. A la veille de leur arrivée à Paris, ils se rendent à un forum organisé à Levallois par le Collectif Jeunes. Le lendemain, les familles des victimes forment les premiers rangs du défilé, suivies par près de 100 000 personnes. Georgina Dufoix, ministre de la solidarité nationale, promet alors au nom du gouvernement des modifications de loi pour sanctionner les crimes racistes. Elle parle aussi d'interdire la vente libre d'armes et elle s'engage à ce que les services de l'État concernés étudient les dossiers judiciaires qui lui seront présentés.

Pas de circonstances atténuantes pour les « tontons-flingueurs » !

Après le « coup de cœur pour les Beurs », les promesses tardent cependant à se traduire en actes. Pour « ne pas désespérer Manufrance », principal producteur français d'armes de chasse en faillite, le gouvernement se contentera d'interdire la vente libre de fusils à plus de dix coups ! Exit donc la réponse favorable à la revendication de « désarmer les beaufs ». Quid des projets de modifier la loi de 1972 pour y inclure les crimes racistes ? Le débat public sur la question est lui aussi édulcoré, un doute est même émis sur l'ampleur réelle du phénomène. Certains demandent de faire la part des choses entre crimes racistes et règlements de compte entre Maghrébins, ou encore de comparer ces meurtres avec le nombre de Français tués dans la même période ! Un comble, d'autant plus malvenu que la campagne voulue par les familles insiste justement sur le refus de focaliser l'attention de manière exclusive sur les motivations xénophobes, et qu'elle récuse tout « repli communautaire ». Parmi les quarante familles désormais regroupées par l'association se côtoient des Arabes, des Noirs antillais ou africains, des Espagnols et des Portugais, des gitans, mais aussi des Français dits « de souche ». Lors d'un deuxième rassemblement place Vendôme, le 27 octobre 1984, elles insisteront sur la dimension sécuritaire qui caractérise la majorité des cas réunis. S'il paraît acquis que la motivation raciste sera tôt ou tard considérée comme une circonstance aggravante, l'association se bat aussi contre la banalisation de l'idéologie sécuritaire qui fait du « sentiment d'insécurité » une circonstance atténuante pour les « tontons-flingueurs ».

En associant les dimensions raciste et sécuritaire sans les confondre, elle entend alerter sur le risque de hiérarchisation des crimes : d'un côté, les plus odieuses agressions racistes revendiquées comme telles, lourdement sanctionnées, les autres types d'agressions étant de leur côté traités avec plus d'indulgence. Or, derrière cette bipolarisation se profile un dessein politique : faire porter toute la responsabilité du racisme sur l'extrême-droite.

Entre 1985 et 1986, une série de procès vont confirmer cette tendance, alors qu'une mesure législative prise le 3 janvier 1985, et passée inaperçue, permet enfin aux associations de se constituer partie civile dans les affaires de crimes racistes. Il leur faut néanmoins cinq ans d'existence préalable, ce qui de fait exclut les associations récentes, au profit des institutions traditionnelles de l'antiracisme. De plus, l'accord des familles n'est pas nécessaire. Ainsi, le MRAP se constitue-t-il partie civile au procès, en septembre 1985, d'un « nazi solitaire », électeur du FN, meurtrier de deux ouvriers turcs à Chateaubriand. Le procureur évoque en ce personnage « notre honte à tous ». Verdict des Assises de Nantes : la perpétuité. Et en janvier 1986, les trois légionnaires qui avaient tué Habib Grimzi dans le Bordeaux-Vintimille comparaissent devant les Assises à Montauban. Verdict : quatorze ans de réclusion criminelle pour l'un, perpétuité pour les deux autres.

Le temps des procès : une justice inégale

L'association Gutenberg et l'association nationale des familles ne pourront pas, elles, se constituer parties civiles lors du procès du meurtrier d'Abdennbi Guémiah, qui s'ouvre fin janvier 1985 devant les Assises des Hauts-de-Seine à Nanterre. Cependant, elles seront indirectement représentées par la famille, qui saura tout au long des audiences faire prévaloir ses prérogatives comme partie civile, avec une prestance très digne. Et c'est le président de la cour lui-même qui citera en référence les principales actions publiques des mères de famille, signifiant avec bienveillance à la salle qu'il a bien reçu « le message des amis d'Abdennbi ». L'avocate générale rendra quant à elle un hommage appuyé à la victime. Elle évoquera l'inquiétude grandissante devant la « folie meurtrière » et l'attente de justice par la société. Au terme du procès, la cour condamne le meurtrier à douze ans de réclusion. Le public, médusé, retiendra surtout le volontarisme inhabituel des juges pour que justice soit rendue avec le respect dû aux victimes.

Il en ira tout autrement début décembre 1985 à Lyon, lors du procès du meurtrier d'Ahmed Boutelja. L'ambiance est à l'intimidation tant dans le prétoire qu'autour du palais de justice où est déployé un impressionnant dispositif policier. Le président et l'avocat général rudoient la famille par des interrogatoires infantilisants, et les antécédents judiciaires de la victime et des témoins des parties civiles sont complaisamment déballés. Madame Boutelja, d'habitude si loquace, se tait, consternée. À l'énoncé du verdict – 5 ans de prison dont un avec sursis pour homicide volontaire –, la femme d'Ahmed Boutelja crie à l'injustice. Le président ordonne alors son évacuation « par la force s'il le faut ». Ce faisant, il provoque une violente charge policière : le père est matraqué, la mère jetée à terre, même le portrait d'Ahmed est jeté à bas, profané. Des gaz lacrymogènes sont lancés dans la salle des pas perdus et les chiens démuselés lâchés sur les gens qui tentent de s'interposer pour protéger la famille. On relèvera plusieurs blessés. Avec la famille, ils réclameront réparation du préjudice moral et physique subi et le 7 décembre, le palais de justice sera occupé en signe de protestation.

Le procès dans les mêmes lieux, le 17 février 1986, du meurtrier de Wahid Hachichi se déroulera sous haute tension. Si l'on ne retient pas grand chose des débats eux-mêmes, le visage souriant de Wahid Hachichi, nous faisant un signe amical de la main restera gravé dans les mémoires. Tout comme l'interrogation, obsédante, relayée par les médias et une imposante campagne d'affichage : « Que vaut la vie de Wahid ? ».

Les mères de la place Vendôme, découragées, se retireront de la scène publique. Les groupes qui les ont accompagnées mettront en place une coordination pour prendre le relais. L'expérience acquise sera ainsi mise à profit dans de nouvelles affaires, et d'autres familles vont se rassembler à leur tour, à l'instar de celles de Malik Oussekine et d'Abdel Benyahia, tous deux tués par des policiers dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, l'un rue Monsieur le Prince à Paris, l'autre à Aubervilliers. À Lyon aussi, une importante mobilisation se développera autour de la famille de Nordine Mechta, un jeune Algérien poignardé à mort par des videurs de boîte de nuit, fin septembre 1985. Les Jeunes Arabes de Lyon et Banlieue (JALB) suivront l'affaire de bout en bout. Et, dans la perspective du procès en mai 1988, ils négocieront avec les services de police et le parquet les conditions de son déroulement, mis sous « surveillance civique » par des « casques blancs ». Comme à Nanterre, il est demandé en contrepartie de ne pas manifester sur la place publique, afin de garantir la sérénité de la justice. Le président de la cour d'assises, André Cerdini, remarqué lors du fameux procès de Klaus Barbie au printemps 1987, conduira, de concert avec l'avocat général, les débats à charge contre l'« ordre » des videurs, confrontés à l'« insupportable défi de l'égalité ». Maître Garraud, chef de file du mouvement « légitime défense » et avocat des videurs, en perd son sang-froid. Il se lance dans une diatribe pitoyable contre le procureur, les JALB et les « casques blancs ». Il sent qu'il a perdu la partie, un peu à l'image de la figure déclinante des « tontons-flingueurs »… ?


[1] Sans Frontière, n° été 1983.

[2] cf. tribune « Pour la vérité », in journal Sans Frontière,...

[3] Les Flamants au bout du canon du CRS Taillefer, Djamel...

[4] cf. Cités de transit : en finir avec un provisoire...

[5] cf. Plein droit n° 55, décembre 2002.

Mogniss H. Abdallah
Publié dans le magazine du GISTI en 2007, consultable sur le site Cairn

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21.03.2026 à 08:00

Le guide à l'usage des proches de personnes incarcérées à été mis à jour

Le guide à l'usage des proches de personnes incarcérées a été mis à jour. Il est commandable en version papier ou disponible sur internet.

Texte intégral (767 mots)

Le guide à l'usage des proches de personnes incarcérées a été mis à jour. Il est commandable en version papier ou disponible sur internet.

Le guide à l'usage des proches de personnes incarcérées a été mis à jour.

La dernière version de ce guide datait de 2013 et depuis beaucoup de choses ont changé.
Du fait d'un État de plus en plus répressif, qui instaure des lois de plus en plus répressives, le nombre de personnes en prison depuis 2013 a considérablement augmenté, passant de 67 000 à 86 000 personnes. Cela est vrai aussi pour d'autres dispostifs où la personne est écrouée sans être incarcérée, comme le bracelet électronique. Ainsi, le nombre de personnes sous bracelet est passé de 10 000 à 19 000 entre 2013 et 2026. En parallèle, le nombre de places en prison a aussi augmenté, permettant d'enfermer de plus en plus de gens.

L'augmentation de cette répression s'observe aussi dans l'allongement de la durée des peines : les peines sont de plus en plus longues, ce qui est en partie favorisé par l'apparition de quartiers spécifiques : là où avant des personnes incarcérées auraient pu être libérées, on observe maintenant un maintien en détention (ou sous d'autres modalités de contrôle et de répression). Il y a aussi la création de quartiers toujours plus sécuritaires, où les personnes sont soumises à des régimes d'isolement très durs, les derniers en date étant les quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO).

Ce guide porte essentiellement sur la prison mais il y est évoqué aussi d'autres formes d'enfermement comme les CEF/CER (centre éducatif fermé/renforcé) ou encore les CRA (centre de rétention administratif), prisons qui ne disent pas leur nom, et donne également des informations sur le déroulement des procès.

L'idée de ce guide est de se donner des billes face à la taule et de favoriser le lien entre l'intérieur et l'extérieur, qu'il passe de mains en mains entre proches, mais aussi à l'intérieur, qu'il soit distribué devant les prisons...

Le guide est commandable en papier à l'adresse : guideprochesprison(a)riseup.net. Il est à prix libre (incluant la gratuité) pour pouvoir en financer l'impression.

Il est aussi disponible sur le site : guideprochesprison.noblogs.org

Des personnes qui ont participé à cette mise à jour ont enregistré une émission depuis la salle d'impression pour présenter cette nouvelle édition. Pour l'écouter :
Émission de Carapatage

Carapatage #97 - Sortie de l'édition 2026 du guide à l'usage des proches de personnes incarcérées
Carapatage #97 - Sortie de l'édition 2026 du guide à l'usage des proches de personnes incarcérées

Brique par brique, pierre par pierre, mur par mur...

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21.03.2026 à 08:00

Repas de soutien organisé par l'équipe gréviste d'Antinéa

Repas de soutien organisé par l'équipe gréviste d'Antinéa le samedi 28 marsi de 13h à 15h aux Marmoulins (4 place Henri Matisse 75020 Paris). L'argent récolté couvrira les frais d'avocats pour défendre les salariées.

Texte intégral (542 mots)

Repas de soutien organisé par l'équipe gréviste d'Antinéa le samedi 28 marsi de 13h à 15h aux Marmoulins (4 place Henri Matisse 75020 Paris). L'argent récolté couvrira les frais d'avocats pour défendre les salariées.

Thieb poulet et couscous vegan à prix libre.

La grève à ANTINEA Emplois Familiaux par l'Actualité des luttes

La grève a débuté le 26 juin 2025 chez les aides à domicile de l'association ANTINEA Emplois Familiaux (Paris 20ᵉ). Elles dénoncent entre autres : le non-versement des cotisations sociales à l'URSSAF depuis août 2024. Elles sont en grève reconductible. Ces femmes, essentielles à la vie de centaines de personnes dépendantes, se battent aujourd'hui contre des conditions de travail indignes et un mépris hiérarchique important.

Ce mouvement de grève dénonce également, la non remise de bulletins de salaire depuis mars 2025, la non remise de documents de fin de contrat pour les salariées licenciées ou partant à la retraite, la non remise d'attestation de salaire à la Sécurité sociale pour les salariées en arrêt maladie, le prélèvement sur leur salaire de la mutuelle alors que le contrat a été rompu, la non prise en charge du pass navigo…

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21.03.2026 à 08:00

L'Actu des Oubliéǝs • SVI • EP7 • USA : ICE, le Nord se souvient

En mars, nous retournons aux États-Unis où la bataille fait rage contre l'ICE, en particulier dans les villes du Nord, héritières des luttes anti-escalavage, pour l'égalité des droits et plus récemment Black Lives Matters

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En mars, nous retournons aux États-Unis où la bataille fait rage contre l'ICE, en particulier dans les villes du Nord, héritières des luttes anti-escalavage, pour l'égalité des droits et plus récemment Black Lives Matters

Après les émeutes de Los Angeles en juin et l'envoi de la garde nationale dans sa propre capitale Washington, Trump a lancé sa police de l'immigration, l'ICE, à l'assaut des grandes villes du nord – traditionnellement démocrates, historiquement anti-racistes et auto-proclamées villes refuges, Portland, Chicago et les « Twin Cities » Minneapolis et St Paul ne se laissent pas faire. Le 12 février, après plusieurs jours de grève générale et des manifestations quotidiennes, l'administration fédérale annonce la fin de l'opération à Minneapolis : une victoire qui fera date contre l'ICE.

Si le player ne fonctionne pas, écoutez ici

DOUBLAGE
Marylou, Mona, Antonin

MEDIAS
[en]
Immigrant Justice (.org)
Tempest mag
In These Times
The Antidote Zine
Lake Effect Collective
Illinois Coalition for Immigrant Refuge
Hands off Chicago

[fr]
A l'encontre : l'ICE mène une guerre de classe
Mediapart
Crimethinc

MUSIQUE
1'05 - Nur-D - Black Kid White Town feat. Brandon Pulphus
13'51 - Ice Age (feat. Nuestro Cielo) (TrackBoost Anti-Fascist Hip-Hop)
29' Lil Skibidi Mane – Anti ICE

VISUEL
Rond Point à Minneapolis, 29 janvier 2026
Auteur Chad Davis

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21.03.2026 à 08:00

#saveprosfygika Annonce urgente concernant une attaque imminente et l'expulsion de Prosfygika, avenue Alexandras (Athènes)

Depuis 15 ans, la Communauté Squattée de Prosfygika à Athènes existe comme l'un des plus grands quartiers auto-organisés et libérés d'Europe. Actuellement, Prosfygika est menacée d'expulsion et d'attaque. Nous relayons leur appel à soutenir et à participer à la défense de la communauté.

Texte intégral (2913 mots)

Depuis 15 ans, la Communauté Squattée de Prosfygika à Athènes existe comme l'un des plus grands quartiers auto-organisés et libérés d'Europe. Actuellement, Prosfygika est menacée d'expulsion et d'attaque. Nous relayons leur appel à soutenir et à participer à la défense de la communauté.

SOUTENIRDIFFUSER – RÉSISTER

#SAVEPROSFYGIKA

Durant l'été 2025, en toute discrétion, la Région de l'Attique, à travers un accord programmatique, a lancé la planification de la répression et de l'expulsion de la Communauté Squattée de Prosfygika, située à l'avenue Alexandras.

Avec le début de l'année 2026, elle a activé une nouvelle phase de son plan, en utilisant des articles payés par des relais gouvernementaux et en promouvant toutes les étapes prévoyant l'expulsion violente de la Communauté de Prosfygika dans les six prochains mois et — comme d'habitude — un vaste festin d'argent public.

Au cours de la dernière décennie, c'est la quatrième fois que l'État et le gouvernement tentent d'expulser, et de piller Prosfygika. Cette fois-ci semble être la plus grave et sur le point d'être mise en œuvre. Tous les indices montrent l'existence d'un plan qui prévoit à la fois le financement du projet — dont le coût total est estimé à 15 millions d'euros, avec des fonds européens du programme régional ESPA Attique 2021–2027 — et, sur le plan de la propagande, la prétendue création de logements sociaux et de foyers pour les proches des patient·e·s de l'hôpital anticancéreux « Agios Savvas », en tentant d'exploiter les sensibilités et réflexes sociaux.

Ils n'y parviendront pas, cette fois non plus !

Prosfygika constitue une Communauté de plus de 400 personnes — Grecs, réfugiés et migrants — comprenant environ 50 enfants, des groupes sociaux vulnérables, des personnes souffrant de graves troubles de santé mentale, des patient·e·s atteint·e·s de cancer, des personnes âgées, etc.

Au cours de ses 16 années d'existence, les points de vente et de production de drogues — y compris de drogues dures — qui gangrénaient le quartier avec la tolérance de la GADA (Direction générale de la police d'Athènes) ont été éliminés, et 22 structures autonomes d'autosuffisance sociale, d'utilité collective et d'auto-organisation ont été mises en place pour les habitant·e·s de la Communauté et des quartiers voisins d'Ambelokipi et de Gyzi. À titre indicatif :

  • La Maison des enfants et la Structure d'auto-éducation, ainsi que la Crèche auto-organisée, fonctionnant quotidiennement avec un programme éducatif complet pour les enfants de la Communauté de Prosfygika et du quartier au sens large, en coopération directe avec les écoles, associations de parents et syndicats d'enseignants d'Ambelokipi, de toute l'Attique et du pays.
  • La Structure de santé et la Pharmacie sociale, offrant des soins aux habitant·e·s du quartier dans le besoin, en coopération avec des dizaines de structures de santé auto-organisées, de cliniques sociales et de syndicats de soignant·e·s à l'échelle nationale.
  • La Structure d'hébergement pour les patients et leurs accompagnant·e·s de l'hôpital anticancéreux « Agios Savvas », en coopération avec l'association des employé·e·s de l'hôpital.
  • La Boulangerie collective "Berkin Elvan", produisant quotidiennement du pain et d'autres produits de la boulangerie pour les habitant·e·s du quartier et d'Athènes.
  • La Structure de travaux techniques, assurant l'entretien continu des bâtiments de Prosfygika.
  • Le Café et Cinéma collectifs, pour enfants et adultes, offrant des activités de loisirs et contribuant au développement culturel des habitant·e·s du quartier et d'Athènes en général.
  • Le Centre social, qui accueille l'assemblée générale hebdomadaire de décision de la Communauté, ainsi que la Bibliothèque et la Salle de lecture du quartier. Au fil des ans, il a également accueilli de nombreux événements, présentations et assemblées à caractère social, politique et culturel, tant de la Communauté que d'autres groupes et collectifs sociaux.
  • La Structure des femmes, visant la collectivisation et l'autonomisation des femmes et des personnes de genres divers, la création et la diffusion d'une culture opposée au système patriarcal, et fonctionnant également comme refuge d'urgence pour les femmes et personnes de genres divers dans le besoin.
  • "L'Équipe de solidarité", hébergée dans les infrastructures de la Communauté, qui fournit de la nourriture cinq jours par semaine à de nombreuses personnes dans le centre d'Athènes.

Toutes les structures de la Communauté sont ouvertes à toutes et tous et fonctionnent sur la base de l'auto-organisation et de la solidarité sociale.

Au cours de l'année écoulée, la Communauté a déjà annoncé publiquement sa décision de procéder à la rénovation extérieure des bâtiments de Prosfygika, par autofinancement et avec la participation et le soutien d'architectes, d'ingénieur·e·s civils et d'autres spécialistes techniques. Le plan de la Région constitue une réponse visant à court-circuiter cette initiative sociale afin de mettre la main sur l'argent public.

Cette nouvelle tentative de la Région constitue une directive politique centrale et une décision du régime Mitsotakis visant à démanteler le plus grand projet social existant actuellement dans le tissu urbain d'Athènes — et du pays — ainsi que l'un des plus importants d'Europe, qui a attiré l'attention et l'intérêt d'universités et d'institutions culturelles et éducatives en Grèce et à l'étranger.

Au-delà de son caractère social, la Communauté de Prosfygika s'est constamment trouvée en première ligne des luttes sociales, politiques, de classe et internationalistes. Des militant·e·s de Grèce, d'Europe ainsi que des organisations révolutionnaires de Turquie et du Kurdistan résident également au sein de la Communauté. Le régime Mitsotakis voit Prosfygika à la fois comme un adversaire politique qu'il cherche à détruire et comme un bien économique qu'il rêve de piller et d'exploiter.

Il s'agit d'une décision politique qui, derrière les mensonges sur le « développement du quartier », vise à expulser des personnes et à démanteler des modèles sociaux d'auto-organisation et de contribution collective. Il est clair que, entre autres, il s'agit d'un nouveau tour de passe-passe préélectoral d'un gouvernement en déroute dont le seul produit restant est la doctrine de « la loi et l'ordre ».

  • Ils mentent lorsqu'ils prétendent que la Région se soucie du logement social. Prosfygika constitue déjà un logement social pour des centaines de personnes que la crise a jetées à la rue et que l'effondrement de toutes les structures sociales a plongé dans la misère et la marginalisation. Leur projet de mettre plus de 400 personnes à la rue afin d'en loger 50 des leurs est le comble de l'hypocrisie et de l'inhumanité d'un système qui ne se soucie que de son propre profit et du pillage des fonds publics et européens. C'est un prétexte éhonté pour piller un logement social existant au nom d'un nouveau logement social, alors que 80 000 appartements vides appartenant à la municipalité d'Athènes restent inoccupés dans le centre-ville.
  • Ils mentent lorsqu'ils prétendent se soucier des proches des patient·e·s atteint·e·s de cancer que la Communauté héberge et soutient depuis des années — des personnes qui dorment souvent dans leur voiture pendant des jours ou des semaines durant les traitements de longue durée de leurs proches. La Communauté fournit déjà des conditions de vie saines et un soutien grâce à son propre travail et à ses ressources. La Région prévoit de jeter les proches de patient·e·s atteint·e·s de cancer à la rue tout en mettant en place des relations clientélistes avec des personnes dans le besoin. Dans le même temps, d'innombrables propriétés appartenant à l'État et à l'Église se trouvent à quelques rues seulement de Prosfygika.
  • Ils mentent lorsqu'ils prétendent se soucier des questions sociales du quartier, alors que Prosfygika est un exemple de coexistence harmonieuse de personnes venues du monde entier — 27 nationalités différentes et leurs langues, cultures et religions. C'est le seul quartier adjacent à une unité de l'OKANA (Organisation de traitement des addictions) sans point de deal. Le seul problème de sécurité publique dans la zone réside dans les politiques de GADA (Direction générale de la police d'Athènes) et du ministère de l'Ordre public, qui envahissent périodiquement le quartier avec des gaz lacrymogènes — à la frontière de deux hôpitaux — pour démanteler une Communauté auto-organisée promouvant un autre modèle d'égalité et de justice sociales.
  • Ils mentent lorsqu'ils prétendent se soucier de la valorisation de Prosfygika et du développement d'Ambelokipi. La requalification de Prosfygika fera exploser les loyers et le coût de la vie dans toute la zone, expulsant de force des dizaines voire des centaines de voisin·e·s incapables de faire face à la hausse des prix. Cette situation affectera progressivement toutes les zones environnantes, modifiant la composition sociale au profit des plus riches.

Nous appelons chaque personne dotée de conscience et d'empathie à se tenir aux côtés de la Communauté de Prosfygika contre les projets d'expulsion et de pillage de ce quartier historique de résistance, d'auto-organisation et de refuge.

Nous appelons tout le monde à se mobiliser et à diffuser notre lutte dans son quartier, sa famille et ses cercles sociaux, dans les écoles, les syndicats et les lieux de travail, afin de protéger Prosfygika des plans prédateurs des grands escrocs du gouvernement.

Ceux qui ne se sont pas souciés de la vie de 57 personnes dans les trains. Ceux qui ont transformé la Grèce en décharge de l'Europe. Ceux qui ont démantelé toutes les structures sociales et les services publics de santé, d'éducation, de logement et de culture. Ceux qui ont laissé mourir tant de personnes pendant la COVID. Ceux qui ont réduit les paysans et paysannes et les campagnes à la mendicité. Ceux qui ont poussé un demi-million de jeunes à quitter le pays au cours de la dernière décennie. Aucun d'entre eux ne mérite la moindre confiance concernant Prosfygika, et tout le monde doit connaître les plans sordides cachés derrière leurs paroles.

L'expulsion et la répression de Prosfygika auront des conséquences incalculables sur la santé mentale et physique de dizaines d'enfants, de personnes âgées et de patient·e·s de la Communauté. Beaucoup d'entre eux ne seront plus en vie l'année suivante l'expulsion — sous la responsabilité du gouvernement et de ses agents.

L'expulsion et la répression du logement des réfugié·e·s affecteront également le mouvement et toutes les luttes en cours, car chaque espace libéré perdu constitue un coup porté à la lutte commune contre l'exploitation et l'injustice que subit la quasi-totalité de la société.

De notre côté, nous avons la responsabilité et le devoir de défendre les maisons que nous entretenons depuis des années avec abnégation comme si elles étaient les nôtres, en maintenant vivant un monument national et architectural que la planification étatique aurait laissé s'effondrer afin de tirer profit de sa reconstruction. Nous avons la responsabilité et le devoir de défendre les membres de notre Communauté, qui se retrouveraient autrement à dormir dans des cartons, dans la faim et la misère.

Nous déclarons publiquement que nous ne céderons pas un seul centimètre de terre au régime et à ses entreprises, et que nous lutterons de toutes nos forces pour annuler concrètement leurs plans sordides — même au prix de nos vies. Nous avons un devoir historique et social de lutter et de continuer.

Nous ferons en sorte que le coût énorme que l'on nous impose pour protéger notre quartier et notre Communauté soit encore plus lourd pour le gouvernement et ses agents.

SI NOUS TOMBONS, NOUS TOMBERONS SUR LEURSTES

Nous appelons :

  • Toutes et tous — individus, collectifs, syndicats, associations, organisations — à faire tout ce qui est possible pour briser l'opération de répression et d'expulsion de Prosfygika.
  • Toutes et tous — individus, collectifs, structures, initiatives — à se tenir aux côtés de Prosfygika ou à venir y vivre.
  • Toutes et tous à rester vigilant·e·s face aux provocations possibles de l'État et de la police, qui tenteront de diviser et de briser la Communauté et notre lutte commune.
PAS DE PROSFYGIKA POUR MITSOTAKIS ET SES ENTREPRISES

PROSFYGIKA DESISTANCE SOCIALE, D'AUTO-ORGANISATION, D'ÉGALITÉ ET DE SOLIDARITÉ

PAS UN SEUL EURO D'ARGENT PUBLIC POUR LE RENOUVELLEMENT DE PROSFYGIKA

PLEINE RESPONSABILITÉ À LA COMMUNAUTÉ — AUTOFINANCEMENT ET AUTO-ORGANISATION

TOUCHE PAS À PROSFYGIKA

SOIT NOUS GAGNONS, SOIT NOUS GAGNONS

Nous appelons tous les internationalistes à soutenir et à participer à la défense de la communauté, que ce soit en venant d'Athènes, en participant à notre campagne internationaliste #saveprosfygika, en organisant des événements de solidarité ou par d'autres formes d'expression de solidarité !

Pour rendre cette restauration possible, nous avons besoin d'un soutien financier. Collecte de fonds : https://www.firefund.net/saveprosfygika

Mail : sykapro_squat@riseup.net
Blog : sykaprosquat.noblogs.org
Instagram : @sykapro
Twitter : @Prosfygika

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21.03.2026 à 08:00

Projection - Discussion féministe autour de l'accès à l'IVG

Le 31 Mars à 18h30, la CNT Éducation Paris organise la projection du film documentaire « Il suffit d'écouter les femmes » de Sonia Gonzalez, qui regroupe les témoignages de femmes ayant eu recours à des avortements clandestins avant la légalisation de l'IVG en 1975.

Cette diffusion sera suivie d'un temps d'échange avec deux militantes engagées pour la défense de ce droit :

  • Marie Mathieu, sociologue de la santé, bénévole au Planning familial
  • Le collectif IVG Tenon en Lutte, mobilisé pour l'accès à la santé des femmes à l'hôpital Tenon
Texte intégral (639 mots)

Le 31 Mars à 18h30, la CNT Éducation Paris organise la projection du film documentaire « Il suffit d'écouter les femmes » de Sonia Gonzalez, qui regroupe les témoignages de femmes ayant eu recours à des avortements clandestins avant la légalisation de l'IVG en 1975.

Cette diffusion sera suivie d'un temps d'échange avec deux militantes engagées pour la défense de ce droit :

  • Marie Mathieu, sociologue de la santé, bénévole au Planning familial
  • Le collectif IVG Tenon en Lutte, mobilisé pour l'accès à la santé des femmes à l'hôpital Tenon

Aujourd'hui, 40 % de la population mondiale vit encore sous des lois restreignant ou criminalisant l'accès à l'avortement. Et les reculs se multiplient : aux États-Unis avec le retrait du principe de protection des droits reproductifs à l'échelle fédérale, ou encore au Brésil, en Pologne, en Hongrie...

En France, si la liberté de recours à l'avortement est désormais garantie par la Constitution depuis le 8 mars 2024, les moyens concrets permettant de garantir son accès restent menacés.

Le discours de « réarmement démographique » porté par Emmanuel Macron et emprunté à l'extrême droite rappelle que le contrôle du corps des femmes demeure un enjeu politique.

Le 31 Mars à 18h30, la CNT Éducation Paris organise la projection du film documentaire « Il suffit d'écouter les femmes » de Sonia Gonzalez, qui regroupe les témoignages de femmes ayant eu recours à des avortements clandestins avant la légalisation de l'IVG en 1975.

Cette diffusion sera suivie d'un temps d'échange avec deux militantes engagées pour la défense de ce droit :

  • Marie Mathieu, sociologue de la santé, bénévole au Planning familial
  • Le collectif IVG Tenon en Lutte, mobilisé pour l'accès à la santé des femmes à l'hôpital Tenon

Mardi 31 Mars à 18h30 au CICP, 21ter rue Voltaire, Paris (Métro Nation) ı Entrée à prix libre ı Sandwiches vegan sur place

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21.03.2026 à 08:00

Projection « Le Chemin de la Liberté » - Anarchistes en Ukraine contre la guerre russe

Documentaire présentant la lutte d'anarchistes en Ukraine contre l'invasion russe.

Lire la suite (350 mots)

Documentaire présentant la lutte d'anarchistes en Ukraine contre l'invasion russe.

Le groupe local Paris Nord Est de l'Union Communiste Libertaire vous invite à une projection-débat autour du film Le Chemin de la Liberté, de Pierre Chamechaude et Christophe Cordier
Ce documentaire suit le combat d'anarchistes ukrainien.ne.s, russes ou biélorusses, engagé.e.s dans la résistance armée face à Poutine. Leur lutte est celle d'une résistance à l'invasion par une superpuissance nucléaire et impérialiste, contre la destruction de leurs droits, contre le saccage, le pillage et l'occupation militaire de leur pays. Féministes, écologistes, syndicalistes, anarchistes, ils et elles ont choisi la résistance active et armée, en se référant volontiers à Nestor Makhno.
Cette projection sera l'occasion de débattre de notre position face à la militarisation de notre société et à la multiplication des guerres impérialistes.
Rendez-vous le Jeudi 26 Mars à 19h30 à l'EDMP, 8 impasse Crozatier, Paris 12e ; projection à 20h00 suivie d'une discussion.

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 Persos A à L
Carmine
Mona CHOLLET
Anna COLIN-LEBEDEV
Julien DEVAUREIX
Cory DOCTOROW
Lionel DRICOT (PLOUM)
EDUC.POP.FR
Marc ENDEWELD
Michel GOYA
Hubert GUILLAUD
Gérard FILOCHE
Alain GRANDJEAN
Hacking-Social
Samuel HAYAT
Dana HILLIOT
François HOUSTE
Tagrawla INEQQIQI
Infiltrés (les)
Clément JEANNEAU
Paul JORION
Christophe LEBOUCHER
Michel LEPESANT
 
 Persos M à Z
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Christophe MASUTTI
Jean-Luc MÉLENCHON
MONDE DIPLO (Blogs persos)
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VisionsCarto
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