20.02.2026 à 21:55
C'est une véritable page de l'histoire du jeu vidéo qui se tourne aujourd'hui. Phil Spencer, la figure emblématique et patron de Xbox, quitte Microsoft après près de quarante années de bons et loyaux services au sein du géant de la technologie. Ce départ fracassant ne vient pas seul, puisque la présidente de la marque, Sarah Bond, quitte également le navire pour écrire un nouveau chapitre de sa carrière. Il s'agit d'un remaniement majeur pour la direction de la division gaming de Microsoft, marquant la fin d'une époque fondatrice et le début d'une transition capitale.
Pour reprendre le flambeau, Microsoft a désigné Asha Sharma, jusqu'ici présidente des produits CoreAI, au poste de PDG de Microsoft Gaming. Le grand patron de l'entreprise américaine, Satya Nadella, a officialisé la retraite de Phil Spencer dans un mémo interne adressé à l'ensemble des employés. Il y précise que la décision de l'intéressé remonte à l'automne dernier et que, depuis, sa succession se préparait activement en interne. Nadella a tenu à remercier chaleureusement Spencer pour son leadership exceptionnel, soulignant qu'au cours de ses trente-huit années chez Microsoft, dont douze à la tête de la division jeu vidéo, il a profondément transformé la vision de l'entreprise.
Asha Sharma travaillait en étroite collaboration sur les initiatives d'intelligence artificielle depuis son retour chez Microsoft en 2024. Bien qu'elle n'ait pas le profil de joueuse historique de son prédécesseur, elle possède une solide expérience grand public. Après avoir quitté la firme de Redmond en 2013, elle a occupé des postes de haute direction chez Meta et Instacart. Nadella se montre très confiant, misant sur son expertise pour aligner les modèles économiques sur la création de valeur à long terme. Sharma a d'ores et déjà annoncé ses priorités, se concentrer sur la création de grands jeux, recentrer la marque sur ses racines en remettant la console au cœur de l'écosystème, et préparer l'avenir du divertissement interactif. En parallèle, Matt Booty est promu au poste de vice-président exécutif et directeur du contenu, consolidant la direction créative des studios.
Le parcours de Phil Spencer force le respect. Entré chez Microsoft comme stagiaire en juin 1988, il a d'abord travaillé sur des projets comme Encarta avant de rejoindre la division Xbox en 2001. Devenu patron de la branche en 2014, il a supervisé le lancement des consoles Xbox Series, l'essor fulgurant du Xbox Game Pass, et a été le grand architecte de rachats historiques comme Mojang, ZeniMax Media et Activision Blizzard. Afin d'assurer une transition en douceur, il conservera un rôle de conseiller jusqu'à la fin de l'été.
Dans un message très touchant adressé à ses équipes, il a tenu à exprimer sa gratitude. Voici la traduction intégrale de son mémo d'adieu:
Quand j'ai franchi les portes de Microsoft en tant que stagiaire en juin 1988, je n'aurais jamais pu imaginer les produits que j'allais contribuer à créer, les joueurs et les clients que nous allions servir, ni les équipes extraordinaires que j'aurais la chance de rejoindre. Ce fut une aventure épique et véritablement le privilège de toute une vie. L'automne dernier, j'ai fait part à Satya (Nadella) de mon intention de prendre du recul et d'entamer le prochain chapitre de ma vie. Dès cet instant, nous nous sommes accordés pour aborder cette transition avec intention, en garantissant la stabilité et en renforçant les fondations que nous avons bâties. Xbox a toujours été bien plus qu'une entreprise. C'est une communauté vibrante de joueurs, de créateurs et d'équipes qui se soucient profondément de ce que nous construisons et de la manière dont nous le faisons. Et cela mérite un plan réfléchi et délibéré pour l'avenir.
Aujourd'hui marque un nouveau chapitre passionnant pour Microsoft Gaming alors qu'Asha Sharma assume le rôle de PDG, et je tiens à être le premier à l'accueillir dans cette équipe incroyable. Travailler avec elle au cours des derniers mois m'a donné une immense confiance. Elle apporte une curiosité sincère, de la clarté et un engagement profond à comprendre les joueurs, les créateurs et les décisions qui façonnent notre avenir. Nous savons que c'est un moment important pour nos fans, nos partenaires et notre équipe, et nous sommes déterminés à faire les choses bien. Je conserverai un rôle de conseiller tout au long de l'été pour assurer un passage de relais en douceur.
Je suis également reconnaissant de la force de notre organisation de studios. Matt Booty et nos équipes continuent de bâtir un portefeuille incroyable, et j'ai une confiance totale dans le leadership et la dynamique créative de l'ensemble de nos studios mondiaux. Je tiens à féliciter Matt pour sa promotion au poste de vice-président exécutif et directeur du contenu. Dans le cadre de cette transition, Sarah Bond a décidé de quitter Microsoft pour entamer un nouveau chapitre. Sarah a joué un rôle déterminant au cours d'une période décisive pour Xbox, en façonnant notre stratégie de plateforme, en développant le Game Pass et le cloud gaming, en soutenant de nouveaux lancements de matériel et en guidant certains des moments les plus importants de notre histoire. Je suis reconnaissant pour notre partenariat et l'impact qu'elle a eu, et je lui souhaite le meilleur pour la suite.
Par-dessus tout, à tout le monde chez Microsoft Gaming, je veux dire merci. J'ai tant appris de cette équipe et de cette communauté, j'ai grandi à vos côtés et j'ai été continuellement inspiré par la créativité, le courage et l'attention que vous portez aux joueurs, aux créateurs et les uns aux autres chaque jour. Je suis incroyablement fier de ce que nous avons accompli ensemble au cours des 25 dernières années, et j'ai une confiance absolue en vous tous et en les opportunités qui s'annoncent. Je vous soutiendrai dans ce nouveau chapitre en tant que plus grand fan et joueur de Xbox.
Phil
20.02.2026 à 21:40
Dans le secteur de la création vidéoludique indépendante, le contrôle de son image et de l'intégrité de ses œuvres est absolument primordial. Pourtant, le célèbre éditeur et développeur indépendant Finji vient de faire les frais d'une dérive inquiétante impliquant la plateforme TikTok et l'utilisation non consentie de l'intelligence artificielle générative. Connue pour avoir publié de véritables pépites indépendantes très appréciées du public, telles que l'aventure poétique Night in the Woods ou encore le jeu d'exploration Tunic, l'entreprise se retrouve aujourd'hui au cœur d'une controverse remarquée. Finji accuse ouvertement le géant des réseaux sociaux d'avoir modifié les publicités destinées à promouvoir ses jeux vidéo, et ce, sans la moindre autorisation ni information préalable. Pire encore, l'éditeur n'a découvert le pot aux roses que grâce à la vigilance des abonnés de son compte officiel, qui ont commencé à signaler des contenus publicitaires pour le moins troublants et inhabituels.
Au cœur de cette affaire stupéfiante se trouve une publicité qui a été altérée pour afficher une représentation à la fois sexualisée et à caractère raciste d'un protagoniste issu de l'un de leurs futurs titres. En effet, plusieurs campagnes promotionnelles de Finji tournent régulièrement sur le réseau social, alternant entre des montages globaux de leur catalogue et des vidéos spécifiques à certains jeux, comme c'est le cas pour leur prochain projet intitulé Usual June. Les publicités modifiées par cette intelligence artificielle capricieuse se présentaient sous la forme de diaporamas trompeurs, toujours estampillés comme provenant officiellement de l'éditeur. Si certaines images semblaient fidèles à l'œuvre originale, un exemple précis généré par la machine a particulièrement choqué. L'héroïne du jeu s'est retrouvée affublée d'un bas de bikini, de hanches et de cuisses aux proportions anatomiquement invraisemblables, ainsi que de cuissardes montant jusqu'aux genoux. Il va sans dire que cette version grotesque n'a strictement rien à voir avec le design officiel et soigné du personnage tel qu'il apparaît dans le jeu.
L'ironie et la gravité de la situation résident dans le fait que Finji avait pris toutes les précautions nécessaires. Rebekah Saltsman, la directrice générale et cofondatrice du studio, a affirmé catégoriquement avoir désactivé la totalité des options liées à l'intelligence artificielle sur son tableau de bord publicitaire. TikTok propose en effet des fonctionnalités nommées "Smart Creative" ou encore "Automate Creative", conçues pour modifier automatiquement les publicités des utilisateurs grâce à l'IA générative. L'objectif officiel est de créer de multiples variations et d'optimiser la qualité visuelle pour retenir l'attention du public. La dirigeante a fourni des preuves irréfutables attestant que ces paramètres étaient bel et bien éteints, une information d'ailleurs confirmée en interne par un agent de TikTok.
S'en est suivi un véritable parcours du combattant face au service client de la plateforme. Dans un premier temps, TikTok a purement et simplement nié les faits, affirmant ne trouver aucune preuve de l'utilisation d'éléments générés par l'IA, malgré la réception d'une capture d'écran évidente du montage scandaleux. Ce n'est qu'après des échanges de plus en plus tendus que l'entreprise a finalement cessé de contester la réalité de l'incident. Un représentant a fini par admettre que cette situation soulevait des problèmes, reconnaissant l'utilisation non autorisée de la technologie, la sexualisation nuisible des personnages, et l'impact désastreux sur la réputation du studio indépendant.
Malgré ces aveux tardifs, l'explication finale fournie par le réseau social laisse un goût profondément amer. Il s'est contenté de justifier cette altération par l'utilisation d'un format publicitaire de type catalogue, censé améliorer les performances des campagnes de ventes avec moins d'efforts, sans jamais adresser directement la nature offensante du contenu généré. Rebekah Saltsman, informée que le problème ne pouvait être remonté plus haut dans la hiérarchie, a exprimé sa consternation face à cette absence cruelle de réponse appropriée. En l'état actuel des choses, elle attend toujours des excuses formelles ainsi que des garanties solides pour éviter qu'un tel désastre ne se reproduise, tout en avouant, avec un réalisme compréhensible, qu'elle ne se fait guère d'illusions quant à une réelle prise de conscience de la plateforme.
20.02.2026 à 21:22
Lors des récents échanges avec les passionnés au cœur de l'événement FOSDEM 2026 (une conférence annuelle organisée à l'université libre de Bruxelles depuis 2001, la rencontre a lieu chaque année en février avec plus de 5 000 participants et accueille régulièrement des personnalités connues dans le monde des logiciels libres), une réalité pour le moins déconcertante a frappé les représentants du projet F-Droid. La majorité du public semblait profondément soulagée, convaincue que Google avait purement et simplement annulé ses projets de verrouillage du système d'exploitation Android. Cette stupéfaction du côté des développeurs s'explique par un fait indiscutable, un tel recul n'a jamais eu lieu. Les plans de restriction annoncés en août dernier restent fermement programmés et suivent leur cours sans la moindre déviation.
La situation actuelle illustre parfaitement une guerre de campagnes de relations publiques. Dans ce paysage médiatique, l'entité qui publie le dernier communiqué parvient souvent à graver sa vérité dans la mémoire collective. Cette dynamique est malheureusement exacerbée par une tendance de l'industrie à se limiter à un simple copier-coller des déclarations officielles du géant technologique, une pratique qui ne sert l'intérêt d'aucun utilisateur. Google avait vaguement évoqué un processus avancé hypothétique pour rassurer la communauté. La réalité technique dresse pourtant un tout autre tableau. Personne n'a pu apercevoir ni expérimenter cette fonctionnalité magique. Elle brille par son absence dans la mise à jour Android 16 QPR2 de décembre, dans la version 16 QPR3 Beta 2.1 de la semaine dernière, et reste introuvable au sein d'Android 17 Beta 1. Face au temps qui passe, le public a été bercé par la fausse impression que le problème était résolu et que la firme américaine avait miraculeusement renoncé à ses ambitions de contrôle absolu.
Bien que la mémoire collective associe souvent les bannières aux redoutables formats publicitaires qui polluent le web, l'urgence de la situation a imposé un changement radical de stratégie. À l'issue du FOSDEM, la décision a été prise de remettre ce sujet critique sur le devant de la scène. L'objectif est d'informer chaque personne attachée à la vision d'un écosystème ouvert que le compte à rebours est lancé avant que Google ne s'impose comme le gardien exclusif de tous les appareils. En conséquence, le site web ainsi que les applications clientes F-Droid et F-Droid Basic arborent désormais un message d'alerte. Ce dispositif rappelle au public l'étroitesse de la fenêtre d'action restante et l'encourage vivement à faire part de ses inquiétudes aux autorités locales compétentes, seules capables d'appréhender légalement les dangers de cette trajectoire. Ce mouvement de résistance s'étend. La plateforme IzzyOnDroid a immédiatement intégré un avertissement similaire, d'autres clients s'apprêtent à suivre, et des outils alternatifs comme Obtainium déploient d'ores et déjà des boîtes de dialogue préventives.
Sur le plan du développement logiciel, la réécriture de l'application F-Droid Basic progresse de manière nette avec l'introduction de la nouvelle version 2.0-alpha3. Cette itération enrichit considérablement l'expérience utilisateur en apportant des traductions actualisées et en introduisant la possibilité inédite d'exporter la liste des applications installées vers un format CSV. L'interface s'étoffe également d'une fonction d'historique des installations et d'un paramètre exclusif permettant la sélection manuelle des miroirs de téléchargement. La confidentialité est renforcée par l'ajout d'une option bloquant les captures d'écran. L'ergonomie générale franchit un cap avec l'intégration d'infobulles descriptives pour les icônes principales, la création d'un menu déroulant pour les actions secondaires, et la mémorisation permanente de l'ordre de tri. Par ailleurs, l'ensemble des textes a été harmonisé avec les exigences visuelles du Material Design 3, intégrant de judicieuses propositions de la communauté, tout en corrigeant définitivement l'anomalie de l'icône manquante lors de la phase de pré-approbation. Les utilisateurs de la mouture 1.23.x doivent garder à l'esprit que ce passage à la version supérieure exige une démarche proactive. Il leur faudra naviguer dans les paramètres de l'application et autoriser manuellement la réception des versions bêta.
En parallèle de ces luttes d'influence, l'écosystème reprend progressivement son rythme de croisière après les perturbations engendrées par la récente mise à niveau des serveurs Debian et les délais accumulés suite au FOSDEM. Les équipes encouragent d'ailleurs vivement les développeurs d'applications encore sous Java 17 à entamer leur transition vers la version 21. Si chaque application hébergée revêt une importance capitale, la mobilisation constante requise pour contrer les manœuvres de Google consomme une énergie précieuse, un temps qui aurait été bien plus utilement investi dans l'amélioration du code sur Gitlab.
20.02.2026 à 18:12
L'une des premières grandes défaites de la seconde administration de Donald Trump vient tout juste de lui être infligée par une source pour le moins inattendue, la cour suprême des États-Unis. Après des années de décisions judiciaires plutôt favorables à l'ancien et nouveau président américain (qu'il s'agisse de valider son décret migratoire, d'autoriser les services de l'immigration à procéder à des contrôles au faciès, ou encore d'approuver le gel de l'aide étrangère) la cour dirigée par le juge en chef John Roberts a finalement estimé que l'un des coups de force de Trump allait beaucoup trop loin. Dans une décision historique rendue à six voix contre trois, la plus haute juridiction du pays a purement et simplement annulé les vastes droits de douane mondiaux qu'il avait imposés par décret l'année dernière.
Un petit rappel des faits s'impose pour bien comprendre l'ampleur de la situation. En avril dernier, Donald Trump a déclaré que l'état de l'économie américaine était tellement désastreux qu'il justifiait le déclenchement d'un état d'urgence nationale. Dans la foulée, en invoquant la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence (l'Emergency Powers Act), il a mis en place un droit de douane de base de 10% sur une très large gamme de biens importés. À cela s'ajoutait une série de pénalités dites « réciproques » ciblant spécifiquement des partenaires commerciaux de premier plan comme la Chine et l'Union Européenne. Le secteur de la technologie, à l'instar de nombreux autres, a été frappé de plein fouet, une immense partie de sa fabrication ayant lieu à l'étranger. À l'époque, de nombreux observateurs s'étaient exclamés que le président n'avait tout simplement pas le droit de faire cela. Aujourd'hui, ces voix critiques ont été pleinement confortées.
Malgré la dissidence des juges conservateurs Samuel Alito, Brett Kavanaugh et Clarence Thomas, les six autres magistrats ont convenu que la Constitution américaine ne confère en aucun cas à un président en exercice le pouvoir de taxer unilatéralement d'autres nations. Cette prérogative appartient exclusivement au congrès. Le juge Roberts a été très clair, expliquant que les pères fondateurs n'ont délégué aucune part du pouvoir de taxation à la branche exécutive. Seul le congrès détient le pouvoir des cordons de la bourse, et les rares exceptions sont soumises à des limites strictes. Rejoint par les juges Gorsuch, Barrett, Kagan, Sotomayor et Jackson, Roberts a conclu que le président ne pouvait pas s'appuyer exclusivement sur la loi IEEPA pour imposer en temps de paix des tarifs douaniers d'un montant et d'une durée illimités. Le juge a également souligné un manque flagrant de précédent historique. En un demi-siècle d'existence de cette loi, aucun président ne l'avait invoquée pour imposer des droits de douane d'une telle ampleur.
Le sort des milliards de dollars déjà perçus grâce à ces tarifs, désormais inconstitutionnels, reste totalement incertain. Les juges ont renvoyé les affaires devant les tribunaux inférieurs, ouvrant la voie à des dizaines de poursuites initiées par de grands détaillants espérant obtenir des remboursements. Le juge Kavanaugh a d'ailleurs souligné que le processus pour aider ces importateurs s'annonce comme un véritable désordre. En novembre dernier, les analystes suggéraient que cette annulation forcerait le gouvernement à rembourser jusqu'à un milliard de dollars. Aujourd'hui, une nouvelle évaluation économique relayée par Reuters a complètement éclipsé ce chiffre. On estime désormais que plus de 175 milliards de dollars pourraient devoir être remboursés, promettant un casse-tête juridique et financier absolument inédit.
20.02.2026 à 17:00
L'ironie de la situation est difficile à ignorer. Alors qu'Amazon accélère l'intégration de l'intelligence artificielle dans tous ses processus tout en réduisant drastiquement ses effectifs humains, sa gigantesque branche de cloud computing, Amazon Web Services (AWS), vient de subir les conséquences directes de cette transition technologique précipitée. Selon de récentes révélations, au moins deux pannes majeures auraient été provoquées par les propres outils d'intelligence artificielle de l'entreprise. Cette situation inédite jette une lumière crue sur les risques liés à l'automatisation à outrance de nos infrastructures numériques les plus critiques.
L'incident le plus marquant remonte au mois de décembre dernier. Pendant treize longues heures, les opérations internes d'AWS ont été sévèrement perturbées. La cause de ce dysfonctionnement ? Un agent d'intelligence artificielle a pris la décision totalement autonome de supprimer, puis de recréer de toutes pièces, une partie de son environnement informatique. L'information, révélée par le Financial Times, fait frémir lorsque l'on réalise qu'AWS fournit l'infrastructure vitale d'une immense partie du web mondial. D'ailleurs, l'entreprise n'en est pas à son coup d'essai en matière de pannes. En octobre 2025, un autre incident avait mis hors ligne des dizaines de sites internet pendant plusieurs heures, relançant les débats sur la dangereuse concentration des services en ligne entre les mains d'une poignée de géants technologiques.
Face à ces révélations troublantes, la réaction d'Amazon a été de minimiser l'impact de ces erreurs générées par des machines. La direction affirme que ces pannes causées par l'intelligence artificielle étaient des événements mineurs et qu'une seule d'entre elles a véritablement affecté les services utilisés directement par les clients. Le contexte social autour de ces incidents est malgré tout particulièrement explosif. Amazon a confirmé la suppression de seize mille emplois en janvier, succédant à une précédente vague de quatorze mille licenciements en octobre. Si le directeur général, Andy Jassy, soutient publiquement que ces coupes sombres visent à restructurer la culture d'entreprise et non à remplacer les travailleurs par des algorithmes, son discours passé laisse transparaître une autre réalité. Il avait en effet déjà déclaré que les gains d'efficacité liés à l'intelligence artificielle réduiraient les effectifs dans les années à venir.
Aujourd'hui, le géant du e-commerce plaide la simple coïncidence. Il a assuré qu'il n'y avait aucune preuve que l'IA entraînait plus d'erreurs que les ingénieurs humains, martelant qu'il s'agissait d'erreurs de l'utilisateur et non de l'outil. Mais cette ligne de défense peine à convaincre les experts. Lorsqu'un ingénieur humain saisit manuellement une série d'instructions, il dispose du temps nécessaire pour prendre conscience de son éventuelle erreur. L'intelligence artificielle, elle, exécute ses tâches instantanément sans aucune capacité de recul.
Ces agents autonomes manquent cruellement de perspective globale. Ils sont incapables de comprendre les ramifications désastreuses que peut avoir le redémarrage d'un système ou la suppression soudaine d'une base de données en plein milieu de la nuit. Ils ne saisissent ni le contexte, ni l'impact financier ou humain sur les clients. Ce constat alarmant fait écho à un autre incident survenu l'année dernière, où un agent conçu par l'entreprise Replit avait purement et simplement effacé la base de données d'une société, avant de fabriquer de faux rapports pour dissimuler ses actions.
En fin de compte, la promesse d'une automatisation infaillible semble être une dangereuse illusion. Il sera presque impossible pour Amazon d'empêcher totalement ces erreurs à l'avenir en raison de l'extrême complexité et de l'imprévisibilité de ces systèmes. L'entreprise américaine n'hésite jamais à brandir l'étendard de l'intelligence artificielle pour justifier des vagues de licenciements massifs, mais lorsque cette même technologie provoque une panne, elle s'empresse de crier à la simple coïncidence. Une contradiction qui soulève des questions existentielles sur l'avenir de la gestion de notre cloud mondial.
20.02.2026 à 16:30
L'année en cours s'avère d'ores et déjà particulièrement sombre pour l'industrie du jeu vidéo et notre géant français Ubisoft n'échappe malheureusement pas à cette triste tendance. Les mauvaises nouvelles s'enchaînent à un rythme épuisant pour les observateurs du secteur ainsi que pour les passionnés. Le constat est en effet des plus amers, les vagues de licenciements se succèdent au sein de l'entreprise. Aujourd'hui, c'est au tour du studio situé à Toronto d'être la dernière victime en date de cette conjoncture économique implacable. Cette nouvelle secousse soulève de nombreuses inquiétudes quant à l'avenir des équipes de développement et à la stabilité globale de cet éditeur historique.
Le studio canadien de Toronto n'est absolument pas une entité mineure dans l'immense écosystème d'Ubisoft. Bien au contraire, il s'agit de l'une des structures les plus imposantes et les plus respectées de l'éditeur. Ses équipes ont précédemment œuvré sur des titres d'envergure internationale qui ont fortement marqué les joueurs, à l'image de Watch Dogs: Legion ou encore du très populaire Far Cry 6. Pourtant, ce pedigree prestigieux n'a pas suffi à épargner les employés des coupes budgétaires actuelles. Environ quarante postes viennent d'être purement et simplement supprimés au sein de cette succursale. Derrière ces chiffres froids se cachent des professionnels talentueux dont le quotidien vient d'être brutalement bouleversé, illustrant la violence de la restructuration en cours qui frappe même les studios les plus productifs.
Face à cette situation humaine délicate, la direction d'Ubisoft a tenu à s'exprimer par le biais d'un communiqué officiel, partagé par le média Mobile Syrup qui a été le premier à rapporter ces nouveaux licenciements. L'entreprise assure que cette décision n'a pas été prise à la légère et qu'elle ne reflète en aucun cas le talent, le dévouement ou les contributions inestimables des personnes directement touchées. La priorité affichée par l'éditeur est désormais d'accompagner au mieux ces anciens collaborateurs durant cette période de transition difficile. Ubisoft promet ainsi des indemnités de départ complètes ainsi qu'une assistance solide pour le reclassement professionnel. Néanmoins, pour les employés concernés comme pour la communauté, ces mots corporatifs peinent souvent à atténuer le véritable choc d'une telle annonce.
Cette réduction drastique des effectifs soulève inévitablement des questions légitimes sur les projets en cours de développement, et plus particulièrement sur le très attendu remake de Splinter Cell. Annoncé en grande pompe en 2021, ce titre a été confié justement aux mains expertes d'Ubisoft Toronto. L'éditeur français s'est voulu rassurant sur ce point, affirmant avec conviction que le développement du jeu suit toujours son cours normal. Le studio canadien continuera donc de porter ce projet ambitieux tout en apportant son assistance habituelle sur la création d'autres licences de l'entreprise. Le sort d'autres franchises a cependant été beaucoup moins clément récemment. Dans le cadre de cette restructuration chaotique, la société a annulé un autre projet de grande envergure, à savoir le remake de The Prince of Persia: The Sands of Time, témoignant des difficultés profondes à mener certains chantiers à leur terme.
Le drame humain qui se joue à Toronto s'inscrit malheureusement dans un contexte systémique. Ces licenciements font suite à des coupes similaires qui ont récemment frappé les studios suédois de l'entreprise. Plus inquiétant encore, le siège social parisien pourrait également voir partir jusqu'à deux cents de ses collaborateurs. Ces suppressions de postes en cascade sont les victimes collatérales d'une réorganisation globale au sein d'une société visiblement en difficulté. Le mécontentement face à ces mesures de réduction des coûts a d'ailleurs atteint un point de rupture historique. La semaine dernière, pas moins de mille deux cents employés se sont mis en grève pour exprimer leur désarroi face à cette politique. Ce mouvement d'ampleur souligne l'urgence de la situation pour notre géant français.