LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie BLOGS Revues Médias
Paris-Luttes.info

Site coopératif d’infos et de luttes Paris - banlieue

Rubrique «À LIRE AILLEURS»

▸ les 16 dernières parutions

18.04.2026 à 08:00

[Radio] Le monde véreux du nucléaire

Dans cette émission de Vive la Sociale - FPP 106.3 FM - nous échangeons avec Thierry Gaudault dont le dernier livre s'intitule : « Dictionnaire critique du nucléaire. Corruption, malversations, harcèlement, opacité... ». Bonne écoute !

Texte intégral (507 mots)

Dans cette émission de Vive la Sociale - FPP 106.3 FM - nous échangeons avec Thierry Gaudault dont le dernier livre s'intitule : « Dictionnaire critique du nucléaire. Corruption, malversations, harcèlement, opacité... ». Bonne écoute !

Le monde véreux du nucléaire
Dans son dernier livre Dictionnaire critique du nucléaire, Thierry Gaudault nous offre une synthèse de ses décennies d'enquête sur la gestion du nucléaire civil en France. Le sous-titre, Corruption, malversations, harcèlement, opacité... donne une bonne idée de ce qui ressort de cette plongée dans les coulisses d'une industrie que le discours du pouvoir continue à nous présenter comme un exploit et une chance pour la France...
En répondant à nos questionnements, Thierry Gadault nous donne une idée des multiples erreurs et décisions irrationnelles engendrées par un dangereux alliage entre désir de puissance et lubies scientifiques, entre logique financière et management autoritaire, entre pouvoir technocratique et culture du secret. Résultat : des centaines de milliards d'euros gaspillés, des choix techniques non maîtrisés, et l'accident nucléaire qui nous pend au nez...

Source : http://www.vivelasociale.org/images/emission-radio-vive-la-sociale/2026/26-04-02-vls-gadault-2.mp3
PDF

18.04.2026 à 08:00

En masse à Genève contre le G7 !

Face au G7 qui se réunit à Évian pour planifier la destruction des peuples, l'exploitation du vivant et la domination des corps, organisons notre résistance contre le fascisme et l'impérialisme ! Retrouvons-nous du 13 au 17 juin 2026 à Genève pour construire la riposte internationaliste !

Texte intégral (1892 mots)

Face au G7 qui se réunit à Évian pour planifier la destruction des peuples, l'exploitation du vivant et la domination des corps, organisons notre résistance contre le fascisme et l'impérialisme ! Retrouvons-nous du 13 au 17 juin 2026 à Genève pour construire la riposte internationaliste !

Consultez le site du commité unitaire pour suivre la mobilisation.

Contact : nog7-ge@riseup.net
Insta : @nog7_2026
Canal telegram : t.me/nog7_2026

Qu'est-ce que le G7 ? Pourquoi s'y opposer

Le G7 rassemble chaque année sept gouvernements des pays les plus riches du monde, pour parler économie et géopolitique. Depuis 1975, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, le Canada et le Japon se réunissent pour organiser la direction capitaliste du monde - rejoints en 1997 par la Russie, aujourd'hui exclue suite à l'annexion de la Crimée en 2014. Donald Trump, Emmanuel Macron, Keir Starmer, Friedrich Merz, Giorgia Meloni, Mark Carney et Sanae Takaichi ont rendez-vous à Évian du 15 au 17 juin 2026. Une vaste coalition de collectifs et d'organisations appelle à se mobiliser largement, sur une base internationaliste, contre cette rencontre.

Contre le fascisme

Une crise généralisée secoue le capitalisme mondial : afin de maintenir l'hégémonie du Nord global, les membres du G7 - ses principaux acteurs - se radicalisent. Cette recomposition de l'ordre mondial nourrit directement la prise de pouvoir de l'extrême-droite. Ses thèmes et son vocabulaire sont désormais omniprésents dans le débat public, tandis que la violence de son idéologie suprémaciste se déchaîne à l'échelle planétaire. Pour garantir leur place dans cette nouvelle configuration, les États glissent vers des pratiques toujours plus autoritaires. Ainsi, ce processus de fascisation dépasse les seuls pays où l'extrême-droite est arrivée au pouvoir.

Cette vague de haine, ancrée dans la domination de groupes opprimés, se répand et entraîne une violence mortifère et systémique : islamophobie institutionnalisée, meurtres racistes par la police, violences aux frontières, violences sexistes et sexuelles, féminicides, violences LGBTphobes et anti-trans. Les masculinistes, légitimés par les figures autoritaires, déploient une offensive sans précédent. Pour maintenir l'ordre inégalitaire, les mouvements sociaux, notamment écologistes, féministes, LGBTIQ+, antiracistes et de solidarité avec la Palestine, sont durement réprimés.

Pour une lutte antifasciste efficace, attaquons nous aux racines du problème incarné par les membres du G7. Dans ce climat de toute-puissance viriliste, le combat contre le fascisme est et sera toujours un combat féministe et queer !

Contre l'impérialisme et les guerres contre les peuples

La coopération internationale s'effrite sur fond de course aux armements et de guerre commerciale. Aujourd'hui, plusieurs pays du G7 sont dirigés par des forces d'extrême droite, qui servent les intérêts des multinationales et des plus riches.

L'Occident a abandonné tout semblant de respect des principes de solidarité et de paix entre les peuples. Les masques tombent lorsque les gouvernements du G7 refusent d'imposer des sanctions contre l'État colonial et génocidaire d'Israël et bafouent le droit international, rendant visible ce que les peuples colonisés martèlent depuis des décennies : le processus de décolonisation n'a jamais abouti et a été remplacé par de nouvelles formes de domination impérialiste.

Cette dernière repose sur la multiplication des guerres, les plus récentes en Iran, au Venezuela, à Gaza, au Soudan, en RDC et en Ukraine. La prédation par les pays du G7 – mais aussi par la Suisse – s'effectue également par l'intermédiaire de leurs multinationales à travers une course aux matières premières qui s'épuisent. Cet extractivisme forcené exploite les corps des peuples du Sud global.

En même temps, l'Occident ferme ses frontières aux populations des pays qu'il ravage. Ces violences coloniales ne s'arrêtent pas aux frontières : elles sont aussi infligées aux personnes en exil, racisées, issues des classes populaires.

Pour l'internationalisme et la solidarité entre les peuples, contre le colonialisme et les politiques migratoires mortifères, organisons la résistance !

Contre le capitalisme

Le capitalisme est fondé sur l'accumulation du profit, et la répartition toujours plus inégale des richesses. Il repose sur l'exploitation des ressources planétaires et des travailleur·eusexs par les plus riches.

Ce système économique entraîne l'extinction massive des espèces, la diminution des espaces sauvages, l'appauvrissement des terres, de l'eau et de l'air. Il détruit les vies, la santé et la dignité des personnes qu'il exploite. 1% des plus fortunés détient près de 50% des richesses planétaires, au détriment des droits fondamentaux d'une grande partie de la population mondiale qui vit sous le seuil de pauvreté, subit la famine, n'a pas accès à des logements décents, à l'éducation, aux soins et à un environnement non-pollué.

Pour garantir les profits, les dirigeant·es du G7, main dans la main avec la classe capitaliste, intensifient leurs stratégies habituelles : augmentation du temps de travail, de l'âge de la retraite, diminution des salaires, augmentation des loyers, démantèlement des services publics et des protections sociales. Pour imposer cet agenda à toute la planète, les pays du G7 instrumentalisent la dette comme une arme et exportent, dans les pays du Sud global, les politiques de coupes dans les dépenses publiques et de privatisation.

Cyniquement, les guerres représentent autant d'opportunités de profits pour les industriels de l'armement. La militarisation de nos sociétés, justifiée par les discours fascistes et sécuritaires, détourne l'argent public au profit de la défense, entraînant toujours plus d'austérité. Face aux massacres des peuples en lutte – notamment des Palestinien·nexs, des Soudanais·exs, des Ukrainien·nexs et des Congolais·exs –, face à la destruction du vivant, les capitalistes se frottent les mains.

Pour la solidarité entre les travailleur·eusexs de tous les pays et contre les spoliations, manifestons ensemble contre le G7 !

Rencontres internationalistes dès le 13 juin

Grande manifestation le 14 juin

Poursuite du programme jusqu'au 17 juin

Slides avec l'appel à diffuser :

Slide 1
Slide 2
Slide 3
Slide 4
Slide 5
Slide 6
Slide 7
Slide 8
Slide 9

Signataires : Act now !, AFA Genève, Agissons Genève, Assemblée antifasciste Genève, Association Suisse-Cuba ASC Genève, Attac Chablais, BDS Genève, Breakfree Suisse, CADTM, Centre démocratique kurde de Genève CDK-G, CETIM, Collectif bâtiments vides (CBV), Collectif Urgence Palestine (CUP-Genève), Contre-Attaque & Autonomie, Coordination Étudiante pour la Palestine (CEP), CRAQ, CUAE, Grève féministe GE, Grondements des terres, Groupe Antirep GE, GSsA, Halte à la guerre, Colectivo Jaguar, Jeunesse socialiste genevoise JSG, Jeunesse solidaire, La France insoumise (LFI) Genevois, La Lime, MAPC, Marad – collectif juif décolonial, NPA-L'anticapitaliste, Outrage collectif, Parti du travail – PDT Genève, Quinto Suyo Suiza Peru, Red Wiphalas, Serhildan, Siembra Resistencia, Le Silure, Soignantexs pour la Palestine, Solidarité Tattes, solidaritéS, Soulèvements de la terre SDT Genève, Syndicat des services publics Genève, Tournoi antiraciste Genève, Union populaire, Vagues de la révolte, XR Familles, Young Struggle.

PDF

18.04.2026 à 08:00

Lancement du second numéro de la revue Bye Bye Binary

Mardi 5 mai à 19h30, rencontre avec des membres de la collective Bye Bye Binary pour le lancement du second numéro de la revue.

Lire la suite (324 mots)

Mardi 5 mai à 19h30, rencontre avec des membres de la collective Bye Bye Binary pour le lancement du second numéro de la revue.

La typothèque Bye Bye Binary rassemble et diffuse une collection de caractères typographiques post-binaires réalisés au sein de la collective et au-delà, pour les usages du plus grand nombre. À la différence d'une fonderie dont la propriété est le socle, la collective BBB propose cet espace comme un lieu d'accueil et de diffusion pour ses adelphes dessinateur·ices de caractères désireux·ses de publier leurs fontes en communauté de pensée. BBB n'a pas pour seul but le dessin de caractères mais, plus largement, d'alimenter le débat sur la charge politique du design graphique, du langage, des représentations des corps et des identités. La collective Bye Bye Binary adopte une position de recherche militante et communautaire, c'est-à-dire par et avec des personnes concernées, à travers un prisme féministe, queer, trans*, pédé·e, bi·e, gouin·e.

PDF

18.04.2026 à 08:00

Rencontre avec Liza Hammar pour la sortie de « Le hijab, leur obsession et nous »

Mercredi 6 mai à 19h30, rencontre avec Liza Hammar animée par Marc Jahjah à la librairie Le Monte en l'air (2 rue de la Mare, Paris 20e)

Lire la suite (362 mots)

Mercredi 6 mai à 19h30, rencontre avec Liza Hammar animée par Marc Jahjah à la librairie Le Monte en l'air (2 rue de la Mare, Paris 20e)

Partout, on assiste à une radicalisation de l'islamophobie, avec ses contours virilistes et complotistes et son nationalisme acerbe, souvent violent, voire génocidaire. Contre le fantasme essentialiste visant la domination des corps et des pensées des femmes musulmanes, Liza Hammar oppose l'exercice du libre arbitre et d'agentivité dont elles disposent déjà. Pour cela, elle puise autant dans son expérience intime que dans une littérature riche, aussi bien sur le plan spirituel et religieux que social et politique.

Ancré entre la France et le Québec, cet essai mêle rigueur académique et récit personnel pour interroger l'obsession politique sur le hijab. Liza Hammar, chercheuse féministe et musulmane, propose une lecture matérialiste des violences systémiques visant les femmes portant le voile. Elle explore la foi, les logiques de domination, ainsi que les impensés du féminisme et du progressisme.

PDF

17.04.2026 à 08:00

Elisée Reclus : À mon Frère le paysan, 1899.

« Défendez ce qui vous reste et reconquérez ce que vous avez perdu. Sinon votre sort à venir est horrible, car nous sommes dans un âge de science et de méthode et nos gouvernants, servis par l'armée des chimistes et des professeurs, vous préparent une organisation sociale dans laquelle tout sera réglé comme dans une usine, où la machine dirigera tout, même les hommes ; où ceux-ci seront de simples rouages que l'on changera comme de vieux fer quand ils se mêleront de raisonner et de vouloir. »

Texte intégral (5195 mots)

« Défendez ce qui vous reste et reconquérez ce que vous avez perdu. Sinon votre sort à venir est horrible, car nous sommes dans un âge de science et de méthode et nos gouvernants, servis par l'armée des chimistes et des professeurs, vous préparent une organisation sociale dans laquelle tout sera réglé comme dans une usine, où la machine dirigera tout, même les hommes ; où ceux-ci seront de simples rouages que l'on changera comme de vieux fer quand ils se mêleront de raisonner et de vouloir. »

Elisée Reclus – qui titra « La conquête du pain » de Kropotkine et qui en signa la préface – rédige quelques années plus tard un texte annonciateur, pour le moins prémonitoire.

Dans cet écrit, Reclus répond aux polémiques de son temps qui opposent la figure du paysan à celle de l'ouvrier, opposent la campagne à la ville, la tradition à la modernité, et d'une certaine manière, la réaction au progrès.

S'il fait du projet d'aménagement terrestre et d'émancipation propre à la modernité son combat, Reclus modère tout de même les éloges catégoriques et passionnés qui en sont faites. Reclus croit fermement en l'amélioration matérielle des conditions d'existence, partout il les promeut, mais il révoque le sens de l'histoire, son déterminisme et sa linéarité. Lui, entrevoit plutôt des séries consécutives d'avancées et de reculs, des élans de progressions et des mouvements de regrès. Il est pour le progrès, mais il n'est pas de la prophétie. Il est pour la modernité, mais il n'est pas contre la « nature ». Il n'est ni pour la ruralité, ni pour l'urbanisme, il est pour le rapprochement, pour l'alliance des savoirs, il est pour la synthèse.

Géographe et encyclopédiste, il loue un respect immense aux « peuples primitifs » et aux « savoirs indigènes ». Il reconnaît bien volontiers les bienfaits qu'implique la modernité, mais n'en fait jamais une supériorité « civilisatrice ». Il n'est ni partisan du « retour à la nature », ni louangeur du « bon sauvage », mais porte en estime toute la connaissance humaine, sans malheureuses distinctions. S'il n'est donc pas explicitement « progressiste », il défend la modernisation. Pour autant, sans solidarité, sans égalité, sans partage, sans élévation des individus et de l'humanité toute entière, le progrès pourrait porter en lui des germes de régressions.

À juste titre, Reclus distingue dans les évolutions techniques de son époque les signes d'une entreprise de domestication extraordinairement rationnelle qu'il craint, et qu'il envisage à bien des égards comme une menace. L'organisation scientifique du travail, qui fait de chaque geste, de chaque action, une performance salariale chronométrée, « évaluées en chiffres », pourrait bientôt déborder des usines et unifier la société toute entière. Ce progrès n'est pas celui que Reclus entend défendre. Au contraire, au service seulement « du bénéfice patronal », cette science capitaliste baigne déjà dans le jus de la puissance.

Les inquiétudes de Reclus sont fondées, la paysannerie pourrait devenir à son tour industrielle, et les années qui succéderont sa mort lui donneront tristement raison. [1]

Elisée Reclus : À mon Frère le paysan, 1899.

« Est-il vrai », m'as-tu demandé, « est-il vrai que tes camarades, les ouvriers des villes, pensent à me prendre la terre, cette douce terre que j'aime et qui me donne des épis, bien avarement, il est vrai, mais qui me les donne pourtant ? Elle a nourri mon père et le père de mon père ; et mes enfants y trouveront peut-être un peu de pain. Est-il vrai que tu veux me prendre la terre, me chasser de ma cabane et de mon jardinet ? Mon arpent ne sera-t-il plus à moi ? »

Non, mon frère, ce n'est pas vrai. Puisque tu aimes le sol et que tu le cultives, c'est bien à toi qu'appartiennent les moissons. C'est toi qui fais naître le pain, nul n'a le droit d'en manger avant toi, avant ta femme qui s'est associée à ton sort, avant l'enfant qui est né de votre union. Garde tes sillons en toute tranquillité, garde ta bêche et ta charrue pour retourner la terre durcie, garde la semence pour féconder le sol. Rien n'est plus sacré que ton labeur, et mille fois maudit celui qui voudrait t'enlever le sol devenu nourricier par tes efforts !

Mais ce que je dis à toi, je ne le dis pas à d'autres qui se prétendent cultivateurs et qui ne le sont pas. Quels sont-ils ces soi-disant travailleurs, ces engraisseurs du sol ? L'un est né grand seigneur. Quand on l'a placé dans son berceau, tout enveloppé de laines fines et de soies douces à toucher et à voir, le prêtre, le magistrat, le notaire et d'autres personnages sont venus saluer le nouveau-né comme un futur maître de la terre. Des courtisans, hommes et femmes, sont accourus de toutes parts pour lui apporter des présents, des étoffes brochées d'argent et des hochets d'or ; pendant qu'on le comble de cadeaux, des scribes enregistrent en de grands livres que le poupon possède ici des sources et là des rivières, plus loin des bois, des champs et des prairies, puis ailleurs des jardins et encore d'autres champs, d'autres bois, d'autres pâturages. Il en a dans la montagne, il en a dans la plaine ; même sous la terre il est aussi maître de grands domaines où des hommes travaillent, par centaines ou par milliers. Quand il sera devenu grand, peut-être, un jour, ira-t-il visiter ce dont il hérita au sortir du ventre maternel ; peut-être ne se donnera-t-il pas même la peine de voir toutes ces choses ; mais il en fera recueillir et vendre les produits. De tous côtés, par routes et par chemins de fer, par barques de rivières et par navires sur l'océan, on lui apportera de grands sacs d'argent, revenus de toutes ses campagnes. Eh bien, quand nous aurons la force, laisserons-nous tous ces produits du labeur humain, les laisserons-nous dans les coffres-forts de l'héritier, aurons-nous le respect de cette propriété ? non, mes amis, nous prendrons tout cela. Nous déchirerons ces papiers et plans, nous briserons les portes de ces châteaux, nous saisirons ces domaines. « Travaille, si tu veux manger ! » dirons-nous à ce prétendu cultivateur ! Rien de toutes ces richesses n'est plus à toi ! »

Et cet autre seigneur né pauvre, sans parchemin, que nul flatteur ne vint admirer dans la cabane ou la mansarde maternelle, mais qui eut la chance de s'enrichir par son travail probe ou improbe ? Il n'avait pas une motte de terre où reposer sa tête, mais il a su, par des spéculations ou des économies, par les faveurs des maîtres ou du sort, acquérir d'immenses étendues qu'il enclot maintenant de murs et de barrières : il récolte où il n'a point semé, il mange et grappille le pain qu'un autre a gagné par son travail. Respecterons-nous cette deuxième propriété, celle de l'enrichi qui ne travaille point sa terre, mais qui la fait labourer par des mains esclaves et qui la dit sienne ? Non, cette deuxième propriété, nous ne la respecterons pas plus que la première. Ici encore, quand nous en aurons la force, nous viendrons mettre la main sur ces domaines et dire à celui qui s'en croit maître :

« En arrière, parvenu ! Puisque tu as su travailler, continue ! Tu auras le pain que te donnera ton labeur, mais la terre que d'autres cultivent n'est plus à toi. Tu n'es plus le maître du pain. »

Ainsi nous prendrons la terre, oui, nous la prendrons, mais à ceux qui la détiennent sans la travailler, pour la rendre à ceux auxquels il était interdit d'y toucher. Toutefois, ce n'est point pour qu'ils puissent à leur tour exploiter d'autres malheureux. La mesure de la terre à laquelle l'individu, le groupe familial ou la communauté d'amis ont naturellement droit, est embrassée par leur travail individuel ou collectif. Dès qu'un morceau de terre dépasse l'étendue de ce qu'ils peuvent cultiver, ils n'ont aucune raison naturelle de revendiquer ce lambeau ; l'usage en appartient à d'autres travailleurs. La limite se trace diversement entre les cultures des individus ou des groupes, suivant la mise en état de la production. Ce que tu cultives, mon frère, est à toi, et nous t'aiderons à le garder par tous les moyens en notre pouvoir ; mais ce que tu ne cultives pas est à un compagnon. Fais-lui de la place. Lui aussi saura féconder la terre.

Mais si l'un et l'autre vous avez droit à votre part de terre, aurez-vous l'imprudence de rester isolés ? Seul, trop seul, le petit paysan cultivateur est trop faible pour lutter à la fois contre la nature avare et contre l'oppresseur méchant. S'il réussit à vivre, c'est par un prodige de volonté. Il faut qu'il s'accommode à tous les caprices du temps et se soumette en mille occasions à la torture volontaire. Que la gelée fende la pierre, que le soleil brûle, que la pluie tombe ou que le vent hurle, il est toujours à l'œuvre ; que l'inondation noie ses récoltes, que la chaleur les calcine, il moissonne tristement ce qui reste et qui ne suffira guère à le nourrir. Qu'arrive le jour des semailles, il se retirera le grain de la bouche pour le jeter dans le sillon. Dans son désespoir, l'âpre foi lui reste : il sacrifie une partie de la pauvre moisson, si nécessaire, dans la confiance qu'après le rude hiver, après le brûlant été, le blé mûrira pourtant et doublera, triplera la semence, la décuplera peut-être. Quel amour intense il ressent pour cette terre, qui le fait tant peiner par le travail, tant souffrir par la crainte et les déceptions, tant exulter de joie quand les lignes ondulent à pleins épis. Aucun amour n'est plus fort que celui du paysan pour le sol qu'il défonce et qu'il ensemence, duquel il est né et dans lequel il retournera ! Et pourtant que d'ennemis l'entourent et lui envient la possession de cette terre qu'il adore ! Le percepteur d'impôts taxe sa charrue et lui prend une part de son blé ; le marchand en saisit une autre part ; le chemin de fer le frustre aussi dans le transport de la denrée. De toutes parts, il est trompé. Et nous avons beau lui crier : « Ne paie pas l'impôt, ne paie pas la rente », il paie quand même parce qu'il est seul, parce qu'il n'a pas confiance dans ses voisins, les autres petits paysans, propriétaires ou métayers, et n'ose se concerter avec eux. On les tient asservis, lui et tous les autres, par la peur et la désunion.

Il est certain que si tous les paysans d'un même district avaient compris combien l'union peut accroître la force contre l'oppression, ils n'auraient jamais laissé périr les communautés des temps primitifs, les « groupes d'amis », comme on les appelle en Serbie et autres pays slaves. La propriété collective de ces associations n'est point divisée en d'innombrables enclos par des haies, des murs et des fossés. Les compagnons n'ont point à se disputer pour savoir si un épi poussé à droite ou à gauche du sillon est bien à eux. Pas d'huissier, pas d'avoué, pas de notaire pour régler les intérêts entre les camarades. Après la récolte, avant l'époque du nouveau labour, ils se réunissent pour discuter les affaires communes. Le jeune homme qui s'est marié, la famille qui s'est accrue d'un enfant ou chez laquelle est entré un hôte, exposent leur situation nouvelle et prennent une plus large part de l'avoir commun pour satisfaire leurs besoins plus grands. On resserre ou l'on éloigne les distances suivant l'étendue du sol et le nombre de membres, et chacun besogne dans son champ, heureux d'être en paix avec les frères qui travaillent à leur côté sur la terre mesurée aux besoins de tous. Dans les circonstances urgentes, les camarades s'entraident : un incendie a dévoré telle cabane, tous s'occupent à la reconstruire ; une ravine d'eau a détruit un bout de champ, on en prépare un autre pour le détenteur lésé. Un seul paît les troupeaux de la communauté, et le soir, les brebis, les vaches savent reprendre le chemin de leur étable sans qu'on les y pousse. La commune est à la fois la propriété de tous et de chacun.

Oui, mais la commune, de même que l'individu, est bien faible si elle reste dans l'isolement. Peut-être n'a-t-elle pas assez de terres pour l'ensemble des participants, et tous doivent souffrir de la faim ! Presque toujours elle se trouve en lutte avec un seigneur plus riche qu'elle, qui prétend à la possession de tel ou tel champ, de telle forêt ou de tel terrain de pâture. Elle résiste bien, et si le seigneur était seul, elle aurait bien vite triomphé de l'insolent personnage ; mais le seigneur n'est pas seul, il a pour lui le gouverneur de la province et le chef de la police, pour lui les prêtres et les magistrats, pour lui le gouvernement tout entier avec ses lois et son armée. Au besoin, il dispose du canon pour foudroyer ceux qui lui disputent le sol débattu. Ainsi, la commune pourrait avoir cent fois raison, elle a toutes les chances que les puissants lui donnent tort. Et nous avons beau lui crier, comme à l'imposable isolé : « Ne cède pas ! », elle doit céder, victime de son isolement et de sa faiblesse.

Vous êtes donc faibles, vous tous, petits propriétaires, isolés ou associés en communes, vous êtes bien faibles contre tous ceux qui cherchent à vous asservir, accapareurs de terre qui en veulent à votre petit lopin, gouvernants qui cherchent à en prélever tout le produit. Si vous ne savez pas vous unir, non seulement d'individu à individu et de commune à commune, mais aussi de pays à pays, en une grande internationale de travailleurs, vous partagerez bientôt le sort de millions et de millions d'hommes qui sont déjà dépouillés de tous droits aux semailles et à la récolte et qui vivent dans l'esclavage du salariat, trouvant l'ouvrage quand des patrons ont intérêt à leur en donner, toujours obligés de mendier sous mille formes, tantôt demandant humblement d'être embauchés, tantôt même en avançant la main pour implorer une avare pitance. Ceux-ci ont été privés de la terre, et vous pouvez l'être demain. Y a-t-il une si grande différence entre leur sort et le vôtre ? La menace les atteint déjà ; elle vous épargne encore pour un jour ou deux. Unissez-vous tous dans votre malheur ou votre danger. Défendez ce qui vous reste et reconquérez ce que vous avez perdu.

Sinon votre sort à venir est horrible, car nous sommes dans un âge de science et de méthode et nos gouvernants, servis par l'armée des chimistes et des professeurs, vous préparent une organisation sociale dans laquelle tout sera réglé comme dans une usine, où la machine dirigera tout, même les hommes ; où ceux-ci seront de simples rouages que l'on changera comme de vieux fer quand ils se mêleront de raisonner et de vouloir.

C'est ainsi que dans les solitudes du Grand-Ouest Américain, des compagnies de spéculateurs, en fort bons termes avec le gouvernement, comme le sont tous les riches ou ceux qui ont l'espoir de le devenir, se sont fait concéder des domaines immenses dans les régions fertiles et en font à coups d'hommes et de capitaux des usines à céréales. Tel champ de culture a la superficie d'une province. Ce vaste espace est confié à une sorte de général, instruit, expérimenté, bon agriculteur et bon commerçant, habile dans l'art d'évaluer à sa juste valeur la force de rendement des terrains et des muscles. Notre homme s'installe dans une maison commode au centre de sa terre. Il a dans ses hangars cent charrues, cent machines à semer, cent moissonneuses, vingt batteuses ; une cinquantaine de wagons traînés par des locomotives vont et viennent incessamment sur des lignes de rails entre les gares du champ et le port le plus voisin dont les embarcadères et les navires lui appartiennent aussi. Un réseau de téléphones va de la maison palatiale à toutes les constructions du domaine ; la voix du maître est entendue de partout ; il a l'oreille à tous les bruits, le regard à tous les actes ; rien ne se fait sans ses ordres et loin de sa surveillance.

Et que devient l'ouvrier, le paysan dans ce monde si bien organisé ? Machines, chevaux et hommes sont utilisés de la même manière : on voit en eux autant de forces, évaluées en chiffres, qu'il faut employer au mieux du bénéfice patronal, avec le plus de produit et le moins de dépenses possible. Les écuries sont disposées de telle sorte qu'au sortir même de l'édifice, les animaux commencent à creuser le sillon de plusieurs kilomètres de long qu'ils ont à tracer jusqu'au bout du champ : chacun de leurs pas est calculé, chacun rapporte au maître. De même les mouvements des ouvriers sont réglés à l'issue du dortoir commun. Là, point de femmes ni d'enfants qui viennent troubler la besogne par une caresse ou par un baiser. Les travailleurs sont groupés par escouades ayant leurs sergents, leurs capitaines et l'inévitable mouchard. Le devoir est de faire méthodiquement le travail commandé, d'observer le silence dans les rangs. Qu'une machine se détraque, on la jette au rebut, s'il n'est pas possible de la réparer. Qu'un cheval tombe et se casse un membre, on lui tire un coup de revolver dans l'oreille et on le traîne au charnier. Qu'un homme succombe à la peine, qu'il se brise un membre ou se laisse envahir par la fièvre, on daigne bien ne pas l'achever, mais on s'en débarrasse tout de même : qu'il meure à l'écart sans fatiguer personne de ses plaintes. À la fin des grands travaux, quand la nature se repose, le directeur se repose aussi et licencie son armée. L'année suivante, il trouvera toujours une quantité suffisante d'os et de muscles à embaucher, mais il se gardera bien d'employer les mêmes travailleurs que l'année précédente. Ils pourraient parler de leur expérience, s'imaginer qu'ils en savent autant que le maître, obéir de mauvaise grâce, qui sait ? S'attacher peut-être à la terre cultivée par eux et se figurer qu'elle leur appartient !

Certes, si le bonheur de l'humanité consistait à créer quelques milliardaires thésaurisant au profit de leurs passions et de leurs caprices les produits entassés par tous les travailleurs asservis, cette exploitation scientifique de la terre par une chiourme de galériens serait l'idéal rêvé. Prodigieux sont les résultats financiers de ces entreprises, quand la spéculation ne ruine pas ce que la spéculation crée. Telle quantité de blé obtenue par le travail de cinq cents hommes pourrait en nourrir cinquante mille ; à la dépense faite par un salaire avare correspond un rendement énorme de denrées qu'on expédie par chargement de navires et qui se vendent dix fois la valeur de production. Il est vrai que si la masse des consommateurs manquant d'ouvrage et de salaire devient trop pauvre, elle ne pourra plus acheter tous ces produits et, condamnée à mourir de faim, elle n'enrichira plus les spéculateurs. Mais ceux-ci ne s'occupent point du lointain avenir : gagner d'abord, marcher sur un chemin pavé d'argent, et l'on verra plus tard ; les enfants se débrouilleront ! « Après nous le déluge ! »

Voilà, camarades travailleurs qui aimez le sillon où vous avez vu pour la première fois le mystère de la tigelle de froment perçant la dure motte de terre, voilà quelle destinée l'on vous prépare ! On vous prendra le champ et la récolte, on vous prendra vous-mêmes, on vous attachera à quelque machine de fer, fumante et stridente, et tout enveloppés de la fumée de charbon, vous aurez à balancer vos bras sur un levier dix ou douze mille fois par jour. C'est là ce qu'on appelle l'agriculture. Et ne vous attardez pas alors à faire l'amour quand le cœur vous dira de prendre femme ; ne tournez pas la tête vers la jeune fille qui passe : le contremaître n'entend pas qu'on fraude le travail du patron. S'il convient à celui-ci de vous permettre le mariage pour créer progéniture, c'est qu'il vous trouvera bien à son gré ; vous aurez cette âme d'esclave qu'il aura voulu façonner ; vous serez assez vil pour qu'il autorise la race d'abjection à se perpétuer. L'avenir qui vous attend est celui de l'ouvrier, de l'ouvrière, de l'enfant d'usine ! Jamais esclavage antique n'a plus méthodiquement pétri et façonné la matière humaine pour la réduire à l'état d'outil. Que reste-il d'humain dans l'être hâve, déjeté, scrofuleux qui ne respire jamais d'autre atmosphère que celle des suints, des graisses et des poussières ?

Evitez cette mort à tout prix, camarades. Gardez jalousement votre terre, vous qui en avez un lopin ; elle est votre vie et celle de la femme, des enfants que vous aimez. Associez-vous aux compagnons dont la terre est menacée comme la vôtre par les usiniers, les amateurs de chasse, les prêteurs d'argent ; oubliez toutes vos petites rancunes de voisin à voisin, et groupez-vous en communes où tous les intérêts soient solidaires, où chaque motte de gazon ait tous les communiers pour défenseurs. À cent, à mille, à dix mille, vous serez déjà bien forts contre le seigneur et ses valets ; mais vous ne serez pas encore assez forts contre une armée. Associez-vous donc de commune à commune et que la plus faible dispose de la force de toutes. Bien plus, faites appel à ceux qui n'ont rien, à ces gens déshérités des villes qu'on vous a peut-être appris à haïr, mais qu'il faut aimer parce qu'ils vous aideront à garder la terre et à reconquérir celle qu'on vous a prise. Avec eux, vous attaquerez, vous renverserez les murailles d'enclos ; avec eux, vous fonderez la grande commune des hommes, où l'on travaillera de concert à vivifier le sol, à l'embellir et à vivre heureux, sur cette bonne terre qui nous donne le pain.

Mais si vous ne faites pas cela, tout est perdu. Vous périrez esclaves et mendiants : « Vous avez faim », disait récemment un maire d'Alger à une députation d'humbles sans-travail, « vous avez faim ?... Eh bien, mangez-vous les uns les autres ! »


[1] Évolutions et Révolutions de l'agriculture française au XXe :

1)

L'exode du début de siècle, engendré par l'urbanisation et l'industrialisation du pays, amorçait déjà à voix basse une mutation du monde rural. C'est toutefois la grande guerre qui confirmera sa métamorphose. Lorsque la première guerre mondiale éclate, plus de la moitié des paysans français sont envoyés au front, la plupart en première ligne, 600 000 n'en reviendront pas. La guerre, exige un recourt massif aux importations de produits agricoles et alimentaires en provenance de l'étranger, les saccages qui en résultent, débouchent quant à eux sur un crise agricole majeure. Les terres, d'abord occupées, puis dévastées par les combats, retireront à la paysannerie près de trois millions d'hectares de sols jusque-là cultivables.

2)

L'après-guerre nécessite la restauration d'un appareil de production agricole efficace. L'activité paysanne se doit d'être réformée. On peut dater à cette période l'irruption de « l'armée des chimistes et des professeurs » que redoutait Reclus dans les campagnes françaises. Les stocks de nitrates du complexe militaro-industriel inutilisés pendant la guerre seront recyclés dans la production d'engrais, les restes d'armes chimiques deviendront des herbicides, des insecticides, et les lignes de fabrications de chars d'assaut seront bientôt converties à la construction de tracteurs. Ces développements sont toutefois relatifs, lents, et minoritaires. La société française reste une société rurale, où près de 40 % de la population travaille toujours dans le secteur agricole.

3)

Au milieu des années 20, des schémas d'inspirations fordistes voués à l'intensification de la production agricole s'établissent peu à peu sous l'intervention de l'État ; principalement dans les colonies françaises qu'il surexploite. En parallèle, l'électricité apparaît dans les campagnes, et les petites fermes comme les grands domaines s'effacent graduellement des paysages. L'accès à la propriété, la diminution du nombre de paysans et l'exode des travailleurs agricoles mènent à une concentration des exploitations.

4)

L'exploitation dite « familiale » fait l'expérience timide de la mécanisation, qui tend à augmenter les dépenses et donc les investissements, en somme, qui entraine une forme de dépendance aux secteurs industriels et aux banques.

Chômage, baisse de la consommation, importations, pression concurrentielle et effondrement des prix ralentissent ce mouvement. Tandis que la productivité agricole progresse nettement, que tout semble enfin se stabiliser, les effets de la grande dépression de 1929 se joignent aux efforts de modernisation.

La suite est Vichyste, traditionnaliste et agrairienne en paroles, moderne, rationaliste et technocratique en pratique. La suite est régression.

5)

Après la seconde guerre mondiale et sous l'impulsion de l'aide économique chaperonnée par le plan Marshall, le paysan devient « l'exploitant agricole » et l'agriculture vivrière devient l'agriculture productiviste. C'est là, qu'elle se change véritablement en industrie. Cette logique mènera en 1962 à la Politique agricole commune de l'union européenne (PAC) - accroître la productivité agricole est l'un de ses premiers objectifs. Les investissements augmentent, les prix à la consommation baissent, les surfaces agricoles grandissent, les jachères diminuent, la polyculture disparait et l'autosuffisance alimentaire de la France est atteinte en dix ans. Très vite, c'est la surproduction.

6)

La priorité est à présent donnée au commerce international, les revenues et le choix des cultures dépendent largement de subventions, les denrées sont standardisées, produites pour être exportées, l'intégration à la sphère économique est totale.
Le paysan est un ouvrier-patron, son champ est une usine, l'aliment une marchandise, et tout ce que Reclus appréhendait advint en un siècle.

PDF

17.04.2026 à 08:00

Rencontre autour des luttes et les résurgences de communs contre les pollutions en Tunisie

La revue À bas bruit propose une rencontre autour de la projection du film Gabès Labess (2014) d'Habib Ayeb (géographe), suivie d'une discussion en présence de Moez Elbey (journaliste indépendant et animateur du Projet Ba7ath), de Safouan Azouzi (chercheur spécialiste des pratiques locales de commoning) et de Frederic Sultan (Remix the commons).
La rencontre se conclura, en musique, par un concert d'Hadi & Hadi (Oud)
Rendez-vous à Darna (86, rue Alexis Pesnon à Montreuil) le samedi 9 mai de 14h à 19h !

Lire la suite (464 mots)

La revue À bas bruit propose une rencontre autour de la projection du film Gabès Labess (2014) d'Habib Ayeb (géographe), suivie d'une discussion en présence de Moez Elbey (journaliste indépendant et animateur du Projet Ba7ath), de Safouan Azouzi (chercheur spécialiste des pratiques locales de commoning) et de Frederic Sultan (Remix the commons).
La rencontre se conclura, en musique, par un concert d'Hadi & Hadi (Oud)
Rendez-vous à Darna (86, rue Alexis Pesnon à Montreuil) le samedi 9 mai de 14h à 19h !

Les peuples veulent la fermeture des usines !

C'est le cas à Gabès, en Tunisie ‒ unique oasis maritime au monde, nurserie historique de tortues, de requins et de raies en Méditerranée, source millénaire d'une agriculture vivrière luxuriante au cœur d'un pays en proie à la sécheresse extrême et à la pauvreté. Gabès, où les usines de transformation du phosphate du Groupe chimique tunisien et de Phosphéa, filiale du groupe français Roullier, vident les nappes phréatiques, déversent dans la mer des boues radioactives saturées en métaux lourds, et répandent à des kilomètres à la ronde des fumées toxiques chargées en particules fines, oxydes de soufre, ammoniac et fluorure d'hydrogène.

Gabès, où les usines déciment la biodiversité, sèment la mort et font exploser les taux de cancer, d'asthme sévère et de fluorose osseuse ‒ pour produire les engrais et l'alimentation animale, ces déversoirs de polluants, et notamment de cadmium ‒ auxquels carbure l'agriculture intensive et productiviste européenne, et notamment française.

Gabès, où se mobilisent depuis cinquante ans, de plus en plus fortement — à la suite de la révolution de 2011 (elle-même précédée, rappelons-le, par une intense grève au sein des mines de la Compagnie des phosphates de Gafsa) : les oasien·nes, les riverain·es, les ouvrier·ères du groupe chimique, les pêcheur·euses, les malades du cancer, les familles des enfants intoxiqué·es pour exiger la fermeture des usines.

Cette rencontre sera aussi l'occasion d'entendre le récit des luttes et des résurgences de pratiques collectives que le mot « communs » ne saurait qu'imparfaitement résumer, car à Gabès, il ne s'agit pas d'une pollution parmi d'autres, mais de la destruction systémique d'un territoire et de la mise à mort lente des formes de vie qu'il rendait possibles.

PDF

17.04.2026 à 08:00

Aprem & soirée de Soutien à la Legal Team Paris

La Legal Team Paris IDF de la coordination anti-répression IDF vous donne rendez-vous le 8 mai pour une journée de fête, de solidarités et de luttes, de 14h à 22h

Lire la suite (478 mots)

La Legal Team Paris IDF de la coordination anti-répression IDF vous donne rendez-vous le 8 mai pour une journée de fête, de solidarités et de luttes, de 14h à 22h

La Legal Team Paris et la coordination anti-répression IDF vous invitent à faire la fête le 8 mai au Shakirail (Paris, 18e), de 14h à 22h — entrée à prix libre  !

On vous a préparé tout plein d'activités chouettes : ateliers d'antirep, vide dressing et marché de créateur.ice.s, tombola et jeux, fanfare et DJ set !

Il y aura un bar et une cantine à prix libre

On vous informe également qu'on a changé le lien vers la cagnotte de la LT, c'est désormais : http://shorturl.re/stoprep. Faites tourner !

On s'organise ensemble contre la répression, on partage nos outils et on renforce nos liens !

A très vite, la LT ❤️

PS : Soirée cash only — on fait la fête sans les banques 💣

PDF

17.04.2026 à 08:00

Penser Demain #2

Événement des Soulèvements de la Terre IdF autour de la question de l'alimentation, le samedi 2 mai à partir de 16h au Point Éphémère (Paris 10e)

Lire la suite (463 mots)

Événement des Soulèvements de la Terre IdF autour de la question de l'alimentation, le samedi 2 mai à partir de 16h au Point Éphémère (Paris 10e)

Penser (et nourrir) demain #2
Samedi 2 mai - à partir de 16h, au Point Éphémère

🌈 Les comités locaux franciliens des Soulèvements de la terre vous donnent rendez-vous pour le deuxième volet de leur cycle d'échanges participatifs et festifs.

☘🌼 Dès 16h, venez échanger des plantes et graines, partager des savoirs et rencontrer les acteurices des luttes alimentaires locales à leurs stands.

📣 À 19h, la soirée s'articulera autour de 2 temps :

  • une présentation des enjeux de la Sécurité Sociale de l'Alimentation (SSA),
  • suivie d'une table ronde réunissant plusieurs collectifs, dont A4 et la Confédération Paysanne, qui échangeront ensemble sur ce projet qui pourrait bien faire trembler le lobby agro-industriel : ses bases théoriques, ses expérimentations concrètes, et surtout ce qu'il ouvre comme horizon collectif. Parce qu'on ne peut plus continuer à s'empoisonner, et qu'on mérite mieux que les logiques marchandes qui gouvernent nos assiettes, la SSA est une réponse à la hauteur pour sortir de l'alimentation-marchandise, faire du droit à se nourrir une conquête sociale et politique ✊

🎉 Pour terminer la journée en beauté, 3 DJ sets de 22h à 3h du mat' avec :
🔺️ The Flu & Lobster (Jungle & Bass Styles)
🔺️ Kimssa (Afro Electro)
🔺️ Secret Guests (Hardgroove & Trance)

Venez nombreuses et nombreux, apportez vos plantes à troquer 🪴, votre curiosité et votre envie de construire ensemble. 💫

PDF

17.04.2026 à 08:00

Week-end antiraciste antiautoritaire : 1/2/3 mai à la Parole Errante

Défaire l'empire, construire l'entraide : pour un anarchisme au cœur des luttes anticoloniales et des solidarités populaires

Lire la suite (409 mots)

Défaire l'empire, construire l'entraide : pour un anarchisme au cœur des luttes anticoloniales et des solidarités populaires

Les 1er, 2 et 3 mai : rejoignez-nous à la Parole Errante (9 rue François Debergue, Montreuil – métro 9 Croix de Chavaux) pour un week end antiraciste antiautoritaire !

Au programme : spectacle le vendredi soir, puis le week-end, ateliers et tables rondes (sur l'anarchisme et l'antisionisme, l'anarchisme et l'islam, l'adoption internationale, le soin et la santé… et plus encore !), cantines, infokiosques et stands de collectifs antiracistes et anticoloniaux, soirée de soutien aux luttes anticoloniales (concerts live et DJ set) le samedi soir, projection de film et AG le dimanche après-midi !

Samedi soir de 20h à minuit, line up de feu : concerts live de Emre Sertkaya (musique traditionelle turque), NŪN (duo rap électro), Crash Carnage (punk/rock alternatif), EZEK (afro futuristic trap) et DJ sets de k27inter et Waseem !

Le lieu est partiellement accessible PMR (seule la grande salle l'est, avec des toilettes, on vous communique des infos plus complètes bientôt).

Retrouvez le programme complet bientôt sur araa.noblogs.org ou sur instagram @collectifaraa

Vous pouvez aussi nous contacter par mail à collectifaraa@distruzione.org

PDF

16.04.2026 à 22:30

Loi Yadan : Rassemblement contre la censure

Rassemblement vendredi 17 avril de 13h à 21h au métro Invalides contre la Loi Yadan suite au classement de la pétition contre cette loi

Lire la suite (488 mots)

Rassemblement vendredi 17 avril de 13h à 21h au métro Invalides contre la Loi Yadan suite au classement de la pétition contre cette loi

Une large coalition d'associations, de collectifs, de partis, de syndicats, de mouvements appellent à deux rassemblements les 16 et 17 avril à l'Assemblée alors que la Loi Yadan sera examinée.
La deuxième pétition la plus signée sur le site de l'Assemblée (plus de 700 000 signatures en quelques semaines) a été classée aujourd'hui par une commission de 30 député·es !

Des éléments de contexte sur le projet de loi :

Rassemblons-nous pour empêcher cette loi de passer et dire notre colère face au déni de démocratie.
Appel signé par Europalestine, Urgence Palestine, Urgence Liban, Tsedk !, l'UJFP, Revolution permanente, le NPA, Extinction Rebellion Paris, Soulèvements de la terre Paris, Sud, Du Pain et des Roses, Droits devant, Blouses blanches pour Gaza, Thousand Madleens for Gaza, Global Sumud Flotilla, etc.

Affiche pour rassemblement les 16 et 17 avril
PDF

16.04.2026 à 22:20

Derrière la loi Yadan, 15 ans de répression de la solidarité avec la Palestine

Le 16 avril sera examiné en séance publique à l'Assemblée le projet de loi de la députée macroniste Caroline Yadan visant à « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». L'occasion de revenir sur le parcours pour le moins édifiant de l'élue proche de l'extrême-droite israélienne et sur quinze ans de répression des formes de solidarités pro-palestiniennes en France.
Article publié dans Rebellyon

Texte intégral (3385 mots)

Le 16 avril sera examiné en séance publique à l'Assemblée le projet de loi de la députée macroniste Caroline Yadan visant à « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». L'occasion de revenir sur le parcours pour le moins édifiant de l'élue proche de l'extrême-droite israélienne et sur quinze ans de répression des formes de solidarités pro-palestiniennes en France.
Article publié dans Rebellyon

Caroline Yadan, une députée proche de l'extrême-droite israélienne... et française

Se retrouver sur le devant de la scène et le feu des projecteurs, c'est un peu ce qui arrive lorsqu'on est parlementaire rédactrice d'une loi qui amène plus de 500 000 personnes à se mobiliser pour signer une pétition à son encontre. Pourtant, Caroline Yadan, porteuse du projet de loi « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme » qui passera en première lecture à l'Assemblée nationale le 16 avril prochain n'en est pas à son coup d'essai et son parcours politique marqué par une forte proximité avec la droite et l'extrême-droite israélienne parle finalement pour lui-même.

Pour commencer, Caroline Yadan est députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France, c'est-à-dire l'ensemble du pourtour Est de la Méditerranée, qui comprend dans ses délimitations les territoires palestiniens occupés par Israël. Lors des législatives de 2024, elle bat avec surprise et sur le fil Meyer Habib (député LR) qu'on ne présente plus : connu notamment pour ses saillies racistes et islamophobes en session parlementaire comme devant les caméras, et son soutien sans faille à la politique génocidaire du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou. Si Caroline Yadan n'est pas Meyer Habib, on peut tout de même relever une forte proximité idéologique entre les deux député-es et leur électorat qui les place en office.

Caroline Yadan est également secrétaire du groupe parlementaire amitié France-Israël depuis le 15 février 2023. Un groupe parlementaire assez important qui s'était par exemple illustré en 2011 quand 110 parlementaires faisaient appel au président Nicolas Sarkozy pour utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU sur la demande d'adhésion de l'État palestinien. Un appel qui était alors à l'iniative des présidents parlementaires du groupe. On ne relèvera pas toutes les prises de positions de ce groupe de parlementaires, mais on peut tout de même s'arrêter sur le cas de son président Roger Karoutchi (depuis 2021) qui demandait en 2023 à la première ministre de l'époque Élisabeth Borne que le gouvernement "punisse sévérement" les personnes qui "ne soutiennent pas Israël et qui font de l'apologie du terrorisme". Si cela nous rappelle vaguement quelque chose, c'est parfaitement normal, et nous y reviendrons.

Caroline Yadan n'a aussi pas que des amis dans le parti de son chef Renaissance. Faisant partie des députés macronistes qui affichent très médiatiquement leur soutien inconditionnel à Israël, elle désapprouve assez logiquement les manoeuvres timides de reconnaissance de l'État palestinien et d'embargo sur les armes à destination d'Israël annoncées par Emmanuel Macron et s'est depuis distanciée du groupe parlementaire macroniste. Elle fait aussi partie des députés macronistes s'étant rendus en Israël sur invitation du groupe d'influence pro-isréalien ELNET, alors que le gouvernement isréalien était alors déjà responsable de la mort de plus de 25 000 Gazaoui-es. Clou du spectacle, Caroline Yadan proposait également en juillet 2024 de faire de la reconnaissance d'Israël un préalable à l'acquisition de la nationalité française.

Il ne faut pas oublier également que Caroline Yadan a fricoté un temps au parlement avec des députés du Rassemblement National comme Julien Odoul, avec lequel elle a été co-rapporteuse d'une "mission flash" (malheuseument pas une flashmob) sur les "dérives communautaristes et islamistes dans le sport" à l'automne 2024 [1]. Une mission parlementaire dont le but à peine caché est d'alimenter l'islamophobie médiatique en tentant de démontrer que les clubs de sport seraient des lieux de "conquête" de l'islam radical. Yadan elle-même d'afficher son racisme sur le plateau d'RMC en avril 2025 en qualifiant le voile musulman d'"étendard des Frères musulmans". Sacrée ambiance.

La « loi Yadan », une réelle nouveauté ?

Depuis un peu plus d'un mois, une forte mobilisation s'est mise en place pour faire face la proposition de loi de Caroline Yadan visant à « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». La loi élargit la définition des délits de provocation et d'apologie du terrorisme avec des critères vagues qui pourraient aisément être détournés pour censurer toute critique d'Israël. Elle ajoute aussi les critères de « minoration » et « banalisation » au délit d'apologie du terrorisme, risquant ainsi de criminaliser des discours universitaires ou militants qui viseraient à expliquer les processus sociaux et historiques ayant mené à la commission d'actes violents ; par exemple, la contextualisation des attaques du 7 octobre dans des décennies d'oppression, d'apartheid et de colonisation contre le peuple palestinien. La proposition de loi prévoit également un nouveau délit interdisant l'« appel à la destruction d'un État » pour censurer les critiques de la nature de l'État israélien, comme la dénonciation du régime d'apartheid, le débat sur un État binational ou la revendication d'égalité des droits de la mer au Jourdain.

Pour autant, malgré l'énoncé très frontal des motifs de la loi, et une répression inédite de la liberté d'expression et des libertés politiques, la "loi Yadan" n'est que l'énième mouture d'une longue répression des solidarités pro-palestiniennes en France depuis au moins une quinzaine années. En prenant un peu de recul, on peut constater que chaque attaque des territoires palestiniens par le gouvernement israélien a amené des personnes à se mobiliser et en retour, une forte répression étatique et l'apparition de propositions de lois visant à silencier ces soutiens du peuple palestinien.

Opération "Bordure protectrice" et premières semonces

Pour bien comprendre la construction progressive de la répression des solidarités au peuple palestinien, il faut revenir au début des années 2010. En 2012, l'affaire Merah et l'attaque antisémite de l'école Ozar Hatorah à Toulouse relance en période électorale l'enjeu de la lutte contre l'antisémitisme dans un climat de plus en plus sécuritaire. Le monde médiatique est alors aussi particulièrement marqué par l'alliance, et véritable phénomène, antisémite d'Alain Soral et Dieudonné, dont les citations des spectacles successifs au Théâtre de la main d'Or de Paris se retrouvent commentés sur tous les plateaux. Le bras de fer pathétique entre l'humoriste d'extrême-droite et Manuel Valls (alors ministre de l'intérieur) prennent des proportions telles que le dernier en vient à faire la publicité du premier par ses communications et interditions à répétition.

Sur ces bases déjà bien crasses, s'ajoute à partir du 8 juillet 2014 une opération militaire sanglante de l'État d'Israël dans la bande de Gaza. En juin, trois adolescents israéliens avaient été tués en Cisjordanie, menant à l'arrestation d'environ 800 Palestiniens et le meurtre de 9 autres par l'armée israélienne. Durant l'été, c'est plus de 2000 Palestinien-nes qui seront tués par Tsahal dans la bande de Gaza.

Le 13 juillet, une première manifestation a lieu à Paris durant laquelle des personnes liées de près ou de loin à la Ligue de défense juive (mouvement sioniste d'extrême-droite) sont venues attaquer la fin du parcours de la manifestation avant de se réfugier derrière les condés. En réaction aux débordements de la première manifestation, Bernard Cazeneuve (alors minitre de l'intérieur) demande personnellement à la Préfecture d'interdire la manifestation du samedi suivant, 19 juillet. Malgré l'interdection, plusieurs milliers de personnes se retrouvent à Barbès pour témoigner leur solidarité avec les Gazaoui-es. Face aux attaques policières, la manifestation tourne à l'émeute, les flics sont attaqués et de nombreux véhicules incendiés. 38 personnes sont interpellées pendant la manifestation. Sur le déroulé de la manifestation du 19 juillet 2014, on peut retrouver ce super papier publié à l'époque sur Paris-Luttes-Infos contre les intox déroulées par le gouvernement socialiste pour réprimer le mouvement. Le lendemain à Sarcelles, une autre émeute éclate autour de la présence dans le quartier de plusieurs personnes de la Ligue de défense juive armée.

Malgré le soutien d'une partie de la gauche d'opposition (notamment le NPA, l'UJFP et le Parti des indigènes de la République), le gouvernement interdit à nouveau le rassemblement parisien déposé le 26 juillet en prenant appui sur les émeutes du week-end précédent. Bravant une nouvelle fois l'interdiction, plusieurs milliers de personnes descendent tout de même dans la rue pour témoigner leur solidarité avec la Palestine. À la suite de ces rassemblements, Hollande, Valls et Cazeneuve se serrent les coudes pour justifier le musèlement du mouvement pro-palestinien et le « nouvel antisémitisme qu'il faut combattre », selon les mots de Valls. Ce « nouvel antisémitisme » brandi à chaque discours, c'est évidemment celui prêté aux musulman-es et habitant-es de quartiers, qui cacheraient derrière leur soutien à la Palestine et leur antisionisme une aversion réelle pour les Juif-ves. Un mot-clé médiatique et un trope islamophobe apparu dans le courant des années 2000 et qui, on a pu le constater depuis le 7 octobre, n'a malheureusement fait que prendre toujours plus d'ampleur. Déjà à l'époque, plutôt que de s'en prendre à la Ligue de défense juive (alors déjà interdite aux États-Unis) et au Betar (autre organisation de jeunesse d'extrême-droite sioniste, à laquelle a d'ailleurs appartenu un temps un certain Meyer Habib), ou à prendre position contre les violations du droit international par le gouvernement isréalien de Benjamin Netanyahu, le gouvernement réprime le mouvement de soutien à Gaza et transforme la lutte sérieuse contre l'antisémitisme en "cause nationale" bien creuse, comme on ne le sait désormais que trop bien.

Une première résolution en 2019

Cinq ans après l'été 2014, Emmanuel Macron, alors en fonction depuis 2 ans fait les choux gras de la presse lorsqu'il associe dans son discours donné au dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) de février 2019 l'antisionisme à une forme d'antisémitisme. Reprenant à son compte des termes finalement assez proches de son ancien compère de gouvernement Manuel Valls en argumentant que l'antisionisme était "une des formes modernes de l'antisémitisme."

Les troupes du parti présidentiel La République en marche (LREM) bien en ordre, une résolution sort assez vite du bois pour faire entrer la nouvelle définition de l'antisémitisme du président. L'exposé des motifs de la résolution est parfaitement clair et s'aligne sur la définition de l'antisémitisme de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA), fortement poussée par la droite et l'extrême-droite israélienne :

critiquer l'existence même d'Israël en ce qu'elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l'égard de la communauté juive dans son ensemble.

Dans un tribune publiée dans le Monde le 2 décembre 2019, veille du passage de la loi devant l'Assemblée, 127 intellectuel-les juif-ves à l'international appellent à ne pas soutenir la proposition de résolution [2]. Ils et elles rappellent déjà que la résolution nie l'existence des 20 % de la population israélienne qui sont des citoyen-nes palestinien-nes en ne désignant Israël que comme une « collectivité composée de citoyens juifs ». Iels s'en prennent point par point à la confusion manifeste de la résolution de loi entre racisme et critique légitime d'un État, poussée par un gouvernement israélien qui dénonce toute opposition à politique comme antisémite, se refermant toujours plus dans la position de leader autoritaire d'un État suprémaciste juif.

Malgré les critiques portées à la résolution et le malaise patent dans les rangs de l'Assemblée (seul un tiers des parlementaires se sont prononcé-es sur le texte), la résolution est adoptée le 3 décembre 2019. Si la proposition de loi de Caroline Yadan paraît aujourd'hui beaucoup plus explicite sur la répression du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien, la résolution de 2019 fait figure de première pierre à l'édifice.

Darmanin contre le mouvement pro-palestinien

Le 7 mai 2021, les forces de police israélienne prennent d'assaut l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, à coup de lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes. Face à l'occupation du Mont du Temple et du quartier de Sheikh Jarrah, le Hamas lance des roquettes depuis la bande de Gaza et le gouvernement isréalien y répond par une campagne de frappes aériennes. Au total, plus de 250 Palestinien-nes sont tué-es, près de 2000 blessé-es et 72 000 déplacé-es.

Le 15 mai, une soixantaine de rassemblements sont appelés un peu partout en France en soutien au peuple Palestinien. Quelques jours auparavant, le 13 mai, Darmanin (alors ministre de l'intérieur) annonce l'interdiction de la manifestation parisienne. En cause, les « graves troubles à l'ordre public [...] constatés en 2014 ». Darmanin annonce en conférence de presse ne pas vouloir « revivre les scènes ignobles de 2014 dans les rues de Paris. » À l'éqoque effectivement, les images des révoltes pour la Palestine dans les rues de Paris avaient fait le tour des plateaux internationaux et avaient suscité l'ire du gouvernement isréalien. Pour autant, rien n'annonçait une volonté particulière de confrontation ou d'intensité dans le rassemblement, un seul exemple datant de 7 ans suffisait à la macronie pour tenter de baîllonner les voix pro-palestiniennes.

À l'instar de l'été 2014, 3000 personnes ont bravé l'interdiction pour déambuler dans Paris malgré la forte répression policière. 44 personnes sont interpellées dans la capitale et la Préfecture profite du cadre de l'état d'urgence sanitaire pour distribuer des amendes à tour de bras : 367 personnes sont ainsi verbalisées pour divers motifs, manifestation interdite, non port du masque... Au total, tout de même 22 000 personnes parviennent à descendre dans le rue à travers le pays pour manifester leur soutien à la Palestine face aux attaques de l'armée israélienne [3].

On y arrive, la "loi Yadan" déposée en 2024

Retour au présent. Le 19 novembre 2024, alors que le mouvement de solidarité avec la Palestine bat son plein à l'international, que les facs américaines et françaises sont occupées et bloquées en soutien au peuple palestinien, que plusieurs milliers de personnes manifestent chaque semaine contre le génocide en cours à Gaza, la députée Caroline Yadan dépose sa proposition de loi visant à « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». Dans l'exposé des motifs, elle y fustige les expressions radicales à l'encontre d'Israël qui "prospère au sein de nos écoles et universités ou sur internet" [4]. Selon elle, et tous les député-es qui la suivent, seul l'État d'Israël serait ainsi remis en question.

« Qui remet en cause l'existence de l'État afghan depuis le retour des Talibans ? Personne. Qui remet en cause l'existence de l'État iranien depuis le retour des Mollah ? Personne. Seul Israël est ainsi constamment stigmatisé. »

Et donc... la critique d'Israël en devient automatiquement antisémite. Caroline Yadan n'a soit pas bien analysé les prises de position politique vis-à-vis des États cités, ou choisit plus vraisemblablement l'hypocrisie. La proposition de loi Yadan est inédite dans la répression particulièrement précise des formes de soutien à la lutte palestinienne. Pour autant, comme on l'a dit, et comme elle même l'écrit, cette proposition de loi ne pourrait exister sans une décennie de répression des solidarité avec la Palestine :

« En 2019, la représentation nationale a posé les jalons de la prise en compte de ce nouvel antisémitisme en adoptant une résolution destinée à reconnaître la définition opérationnelle de l'antisémitisme de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA). »

Face à l'offensive du gouvernement contre l'expression de la solidarité avec la Palestine, il convient prendre considération du passé afin de lutter au présent. La répression que nous vivons n'est que l'aboutissement d'un long processus de silenciation des voix de la résistance palestinienne. À nous de continuer à les faire vivre au plus fort.


PDF

16.04.2026 à 08:00

Tattoo Circus à Bruxelles 19-20-21 juin

Bienvenuxs pour la première édition du tattoo circus de Bruxelles : trois jours de rencontres autour des luttes anti carcérales avec du tatouages et autres pimperie en tous genres. Article publié sur stuut.info

Texte intégral (675 mots)

Bienvenuxs pour la première édition du tattoo circus de Bruxelles : trois jours de rencontres autour des luttes anti carcérales avec du tatouages et autres pimperie en tous genres. Article publié sur stuut.info

Tout d'abord, c'est quoi un tattoo circus ?
Né à Rome en 2007 dans les milieux anarchistes, puis organisé régulièrement dans différentes villes en Europe, c'est un évènement où les tatoueur.euses, pierceur.euses et autres participant.es renoncent à tout profit personnel pour que tous les bénéfices aillent en soutien à des prisonnie.res et des luttes anticarcérales.

L'idée est de ramener le tatouage occidental à ses origines marginales et transgressives : celles des criminel.les, des galèrien.nes et des bagnard.es en refusant sa récupération capitaliste et en rejetant l'appropriation des symboles des cultures colonisées.

Pourquoi un tattoo circus ?
Parce que les prisons tuent, traumatisent et humilient. Parce que les prisons ne réparent pas, ne protègent pas et ne sécurisent pas. Parce que la prison n'est pas un « mal nécessaire », la prison c'est un choix politique. C'est l'élément crucial d'un système fondé sur l'inégalité, l'exclusion et la punition. C'est aussi une manière de contrôler socialement les populations, de punir celleux qui ne peuvent ou ne veulent pas se plier au système capitaliste. Le système carcérale et répressif est façonné par des logiques capitalistes, racistes et sexistes. La prison - tout comme la police et le système judicaire - ne se réforme pas. Les prisons se détruisent.

Ce tattoo circus se veut un moment de rencontre et de partage autour de quelque chose qu'on aime, pour lutter contre quelque chose qui nous révolte.

À quoi s'attendre ?
Des stands de tattoo, piercing, coiffure, nail art et strass dentaires en continu. Pendant les trois jours il y aura aussi des infokiosques, des points infos sur différentes luttes et situations de révoltes et répression, des projections, discussions, écoutes de podcasts, de la sérigraphie, des ateliers pour survivre en gav et des ateliers pour écrire des lettres aux détenu.e.s. Mais aussi des cantines veganes, des spectacles et des concerts le samedi soir.
Le programme plus détaillé avec toutes les activités suivra. Rdv dès 18h le vendredi et jusqu' au dimanche 18h.

Quelques infos pratiques déjà

  • Les activités seront à prix libre et tous les bénèfs iront en soutien à des collectifs
  • et luttes anti‐carcérales
  • Accessible PMR mais certaines activités auront lieu à l' étage sans ascenseur.
  • Cantines veganes, petit dèj et bar avec soft et alcool.
  • Espaces chill à l' intérieur et l' extérieur

RDV les 19‐ 20‐ 21 juin au Mona : Av. de Jette 225, 1090 Jette.

PDF

16.04.2026 à 08:00

Pour des Fêtes Libres et contre les lois 1133 et RIPOST

Rassemblement Dimanche 19 avril 2026 à 18h place de la Maire à Montreuil avec un concert de TUST (Cocanha et SEC) et Bourasques + Prises de paroles

Texte intégral (841 mots)

Rassemblement Dimanche 19 avril 2026 à 18h place de la Maire à Montreuil avec un concert de TUST (Cocanha et SEC) et Bourasques + Prises de paroles

Pour des FÊTES LIBRES

Contre les propositions de loi 113 et RIPOST

En tant que travailleur·euses du spectacle, nous demandons l'abandon total des projets de lois 1133 et « Ripost » criminalisant les rave parties et les fêtes libres et souhaitons alerter sur les dérives sécuritaires envers les pratiques culturelles libres et non marchandes.

Alors que le secteur culturel est attaqué de toutes parts avec des baisses de financements drastiques, des abus managériaux et une infiltration croissante de l'extrême droite et ses idées réactionnaires, le gouvernement et son allié du parti Horizons souhaitent légiférer pour réprimer les fêtes libres avec un arsenal judiciaire proche de l'anti-terrorisme.

Nous tenons à rappeler que les fêtes libres sont issues de nos cultures populaires, que ce soient des carnavals occitans, antillais ou ch'tis dans les rues, des concerts punk rock en hangar industriel, des guinguettes sauvages en bord de rivières, des rave parties dans les champs, du spectacle de rue qui tape la manche, des clubs de jazz dans des caves ou des bloc party sur des dalles, le spectacle, la musique, la danse n'ont fait que se développer, se transmettre et vivre dans des espaces non-maîtrisés par le pouvoir politique.
S'il fallait encore une nouvelle preuve de la montée du fascisme, ces attaques disproportionnées contre des pratiques culturelles en seraient une de plus.

Dans le projet de loi Ripost de Laurent Nuñez, il est proposé 2 ans de prison et 30.000 euros d'amende pour un « délit d'organisation d'évènement musical illégal », la confiscation complète du matériel de sonorisation et des véhicules ainsi qu'un retrait de permis d'une durée de 3 ans.
Les attaques envers les pratiques de RDR (Réduction des risques) accroissent les risques pour les participant·es et l'utilisation de tout l'arsenal technologique via la surveillance algorithmique est un autre cap franchi dans ces propositions de loi.

Nos pratiques culturelles seront toujours à l'étroit dans les lieux institutionnels ou commerciaux, et ce même lorsqu'ils ne revêtent qu'un vernis underground.
Nous sommes nombreux·ses à être artistes, technicien·es, spectateur·ices, bénévoles ou salarié·es, amateur·ices ou professionnel·les, souvent les 7 selon les jours de la semaine. Nous n'oublions pas que la continuité de revenus que certain-es d'entre nous avons acquise via le régime de l'intermittence nous permet aussi de nous dégager du temps pour créer et faire exister une culture qui n'a pas sa place dans les programmes culturels institutionnels ou pour générer de l'argent.
Nos pratiques ne rentreront jamais dans des cases et toustes ensemble nous nous battrons contre les lois liberticides. Que raconte sur lui-même un pouvoir politique qui a peur des auto organisations populaires festives ?

Toustes ensemble rassemblons nous partout pour exiger le retrait total des propositions de loi 113 et RIPOST.

LE STUCS - CNT SO
Syndicat des Travailleur.euses Unies de la Culture et du Spectacle - CNT-SO
Le STAA - CNT SO
Syndicat des Travailleur.euses Artistes Auteur.es - CNT-SO

PDF

16.04.2026 à 08:00

Découverte du Portail des Médias Indépendants de Basta !

Le samedi 18 avril à 11h, la médiathèque de Bagnolet reçoit Théo Sire, journaliste de « Basta ! ». Ensemble nous découvrirons le Portail des Médias Indépendants, un fil d'actualités quotidien pour s'informer sans les algorithmes et loin des réseaux sociaux.

Texte intégral (802 mots)

Le samedi 18 avril à 11h, la médiathèque de Bagnolet reçoit Théo Sire, journaliste de « Basta ! ». Ensemble nous découvrirons le Portail des Médias Indépendants, un fil d'actualités quotidien pour s'informer sans les algorithmes et loin des réseaux sociaux.

flyer

En 2025, 13 % des Français.e.s ont consulté la presse papier pour s'informer, quand 64 % allaient plutôt sur un écran, dont une large majorité sur leurs réseaux sociaux [1]. Sur les fils d'actualités automatisés, se joue une véritable prise de pouvoir qui met en danger la fonction essentielle des médias : la diffusion d'une information de qualité.

D'un côté, les monopoles numériques (comme Meta, X, Google, TikTok) collectent massivement nos données pour maximiser pouvoir et profits. Dans cet élan, ces plateformes n'hésitent pas à silencier des médias ou des informations via des logiques d'algorithmes aux règles opaques et mouvantes.

De l'autre, une poignée d'hommes d'affaires concentrent la quasi-totalité des médias français [2] avec lesquels ils imposent leur agenda politique. Cette captation oligarchique engendre des stratégies offensives à l'encontre des journalistes et de l'opinion.

Enfin, en 2025, plus de 10 000 sites d'actualités en langue française entièrement générés par des IA ont été recensés [3]. Des informations non vérifiées, non contextualisées, diffusées à grande échelle dans les moteurs de recherche favorisant la désinformation et la manipulation des lecteur.ice.s.

En 2026, nous sommes largué.es dans cet océan d'informations aux courants nombreux et aux pollutions dangereuses. Une question vitale s'impose : comment s'informer ? Vers quels médias, quelles sources, se tourner ? Et à qui se fier pour lire l'actualité ?

C'est avec ces interrogations en tête que l'équipe de Basta ! vient de lancer le Portail des Médias Indépendants.

Un formidable fil d'actualité où Théo Sire et ses collègues journalistes scrutent un large panel de médias indépendants, triés sur le volet, pour vous proposer une sélection quotidienne d'articles éclairants.

Rendez vous pris avec Théo, le 18 avril 2025 à 11H, pour découvrir ensemble la genèse et les fonctionnalités de ce projet d'utilité publique !


[1] Reuters Institute Digital News Report 2025

[2] « Médias Français : qui possède quoi ? » Acrimed 2026

[3] Enquête de Jean Marc Manach pour Next Média - Février 2026

PDF

16.04.2026 à 08:00

L'extractivisme au Soudan : discussion sur l'extraction de l'or au Soudan et ses liens avec l'économie de guerre du pays

Jeudi 23 avril à 19h30 à Darna (86 rue Alexis Pesnon à Montreuil)
L'extractivisme au Soudan : discussion sur l'extraction de l'or au Soudan et ses liens avec l'économie de guerre du pays, avec Mohamed Salah, spécialiste en économie d'extraction animé par Stop Mines.

Lire la suite (437 mots)

Jeudi 23 avril à 19h30 à Darna (86 rue Alexis Pesnon à Montreuil)
L'extractivisme au Soudan : discussion sur l'extraction de l'or au Soudan et ses liens avec l'économie de guerre du pays, avec Mohamed Salah, spécialiste en économie d'extraction animé par Stop Mines.

À la suite du conflit de 2023 au Soudan, les industries extractives — pétrole, minéraux et autres ressources — jouent un rôle crucial et contesté dans l'économie du pays. Cette session examine comment la concurrence entre les différents groupes armés et irréguliers pour les ressources naturelles s'articule avec les dynamiques de guerre, les déplacements et le pouvoir régional, ainsi que les coûts environnementaux et sociaux supportés par les communautés. Nous explorerons les lacunes de la gouvernance, les préoccupations humanitaires et les pistes pour les voix locales, le plaidoyer et la résistance envers les processus d'extraction aurifère au Soudan.

Mohamed Salah Abdelrahman est un chercheur et activiste environnemental axé sur les ressources naturelles et l'écologie politique, et il est candidat au doctorat à l'Université Panthéon-Sorbonne (UMR PRODIG), Paris.

Stop mines est un collectif qui lutte contre le système extractiviste et l'imaginaire qu'il porte : un capitalisme débridé, néo-colonial et une transition énergétique écocide. Nous soutenons la lutte de Stop mines 03 contre un projet de mine de Lithium en Allier.

✊ Ni ici Ni ailleurs !

📍 86 rue Alexis Pesnon à Montreuil
📆 Jeudi 23 avril
⏰ 19h30

PDF

16.04.2026 à 08:00

Nik A 26 ! Contre les CRA et ceux qui les construisent !

Ce matin, une grosse trentaine de personnes est passée faire un petit coucou au cabinet d'architecture A26 dans le 14e arrondissement de Paris !

Texte intégral (968 mots)

Ce matin, une grosse trentaine de personnes est passée faire un petit coucou au cabinet d'architecture A26 dans le 14e arrondissement de Paris !

Les gens sont restés une dizaine de minutes pour redécorer un petit peu leur open space parisien de cadres dynamiques et leur rappeler à quel point ils font partie, à part entière, de ce monde de merde qu'on veut détruire ! Confettis, stickers, slogans et banderole déployée pour perturber leur petit quotidien, petite contribution à la lutte contre les CRA, l'enfermement et le business qui va avec !

Car pourquoi ce cabinet allez vous me demander ? A26 vient de gagner l'appel d'offre pour participer au plan de construction du prochain CRA de Dijon en plus de devenir le prochain maître d'ouvrage du projet ! Mais A26 c'est aussi des prisons, des commissariats et des palais de justice,… bref tout un programme… heuresement comme nous l'a dit un des employés : « mais on construit aussi des hopitaux »… ouf nous voilà rassuré.es.s…

L'occasion de rappeler que ce wk il y a un appel à venir à Dijon pour manifester contre la construction du CRA !

Que crèvent les archis, les CRA et les prisons !

Liberté pour toustes !

Ci-dessous le tract écrit pour l'action d'envahissement :

Aujourd'hui, avec une bande de copaines, on a décidé d'aller faire un tour chez A 26 avec l'idée de perturber gaiement leur petit quotidien.

Leur taf n'est pas seulement, à coups de plans et de normes, de décider comment on doit vivre, de dire comment les lieux doivent être habités.

Non, ces « créatifs », qui disent se « soucier de l'humain » ont aussi dessiné les plans du futur CRA de Dijon.

Les centres de rétention adminisitrative, ce sont ces lieux où l'État enferme des personnes qui n'ont pas, n'ont plus, les bons papiers et qui vont subir la violence des flics avant de se faire expulser.

Ce sont donc les architectes de A26, qui derrière leur écran, ont imaginé ce sinistre endroit, capable d'ici 2027 d'enfermer 140 personnes en même temps.

Une cour grillagée par ici, un clic pour ajouter des cellules et des barreaux par là, une bonne rangée de barbelés en faisant glisser la souris… un peu de ciel bleu, quelque espace vert, et hop le tour est joué.

Dans leur grand open space, tranquille au centre de paris, ces « humanistes », en dessinant des cages pour étrangers, participent activement à la politique raciste de l'État qui cherche par tous les moyens à leur pourrir la vie.

Rafles dans les villes, contrôles dans les gares, chasses aux migrants des dunes du nord à la frontière italienne, partout la police harcèle et distribue des OQTF à la pelle. Quant à celleux qui pensaient souffler un peu avec leur pauvre titre de séjour bien précaire, tout est fait pour qu'ielles le perdent, avec des règles toujours plus restrictives pour le renouveler.

Pour faire peur aux étrangers et draguer les électeurs de l'extrême droite, l'État agite donc la menace de l'expulsion. Et pour cela il faut construire des CRA, toujours plus de CRA. D'ici à à 2027, l'objectif de l'État est d'atteindre 3.000 places, soit deux fois plus qu'il y a 10 ans.

Une politique bien en phase avec le texte validé début mars à Bruxelles. Pour expulser toujours plus, la durée d'enfermement sera portée jusqu'à deux ans et des centres seront situés en dehors de l'Europe. Pour traquer les étrangers, l'usage de technologies de surveillance sera renforcé, les perquisitions facilitées, et les bureaux d'aide sociale et autres administrations devront poukave les étrangers… Vous avez détesté l'ICE de Trump ? Vous allez haïr l'europe réactionnaire.

Pour mener cette politique raciste, pas de problème de budget. Le seul CRA de xxx c'est au moins 30 millions d'euros. Tout ce cash attire un paquet d'entreprises, qui viennent gratter toujours plus de thunes sur l'enfermement des étrangers (et des autres)

A26 va ainsi toucher sa part. Cette boîte collabo n'est pas à une saloperie près. Sur son site, elle se vante d'avoir « réalisé », une gendarmerie, un palais de justice, des centres pénitentitaires, des sites pour l'armée, le méga entrepôt de logistique à Gennevilliers… Beuuurk, la liste est à gerber et c'est un bon condensé de ce monde dont on ne veut plus.

Alors venir empêcher de bosser ces complices de l'enfermement pendant quelques heures, c'est bien la moindre des choses vu la merde qu'ils font tous les jours.

Nik A26, et tous les complices de l'enfermement

Nik les CRA, les taules et les frontières

PDF
16 / 16
 Persos A à L
Carmine
Mona CHOLLET
Anna COLIN-LEBEDEV
Julien DEVAUREIX
Cory DOCTOROW
Lionel DRICOT (PLOUM)
EDUC.POP.FR
Marc ENDEWELD
Michel GOYA
Hubert GUILLAUD
Gérard FILOCHE
Alain GRANDJEAN
Hacking-Social
Samuel HAYAT
Dana HILLIOT
François HOUSTE
Tagrawla INEQQIQI
Infiltrés (les)
Clément JEANNEAU
Paul JORION
Christophe LEBOUCHER
Michel LEPESANT
 
 Persos M à Z
Henri MALER
Christophe MASUTTI
Jean-Luc MÉLENCHON
MONDE DIPLO (Blogs persos)
Richard MONVOISIN
Corinne MOREL-DARLEUX
Timothée PARRIQUE
Thomas PIKETTY
VisionsCarto
Yannis YOULOUNTAS
Michaël ZEMMOUR
LePartisan.info
 
  Numérique
Blog Binaire
Christophe DESCHAMPS
Dans les Algorithmes
Louis DERRAC
Olivier ERTZSCHEID
Olivier EZRATY
Framablog
Fake Tech (C. LEBOUCHER)
Romain LECLAIRE
Tristan NITOT
Francis PISANI
Irénée RÉGNAULD
Nicolas VIVANT
 
  Collectifs
Arguments
Blogs Mediapart
Bondy Blog
Dérivation
Économistes Atterrés
Dissidences
Mr Mondialisation
Palim Psao
Paris-Luttes.info
ROJAVA Info
 
  Créatifs / Art / Fiction
Nicole ESTEROLLE
Julien HERVIEUX
Alessandro PIGNOCCHI
Laura VAZQUEZ
XKCD
🌓