11.06.2026 à 02:00
Grenoble, le 11 juin 2026
L'Université de Grenoble porte devant la justice l'affaire de la soutenance de thèse interdite. Scientifiques en rébellion répond.
L'affaire de la thèse en informatique d’Achille Baucher (voir notre précédent communiqué de presse, articles dans Reporterre, dans AEF et dans Le Monde) vient de prendre un nouveau tournant. L'Université Grenoble Alpes (UGA) a finalement réagi en publiant le 9 juin un communiqué de presse annonçant qu’elle porte l’affaire devant la justice sur un tout autre registre.
En effet, l’UGA indique que : « Face à la gravité de ces éléments, l'Université Grenoble Alpes a saisi le procureur de la République, engagé une procédure de signalement au titre de l'intégrité scientifique et saisi le comité d'éthique et de déontologie de l’établissement ». Les « éléments » en question consistent en :
une suspicion de fraude au financement : les fonds ayant permis de financer la thèse n'auraient pas servi au sujet prévu initialement ;
une suspicion d'ingérence étrangère : les fonds proviendraient pour partie d'une "entreprise étrangère dont l'implication dans des faits d'ingérence sur le territoire français est documentée par les autorités compétentes" ;
un conflit d'intérêts potentiel : « Le directeur de thèse [...] aurait par ailleurs publiquement pris position contre des entreprises technologiques françaises intervenant dans des domaines comparables. »
Il faut comprendre ce que ces deux derniers points sous-entendent : Romain Couillet et Achille Baucher seraient accusés, en creux, d’intelligence avec une puissance étrangère. Rien que ça !
Cette constatation appelle plusieurs remarques :
La présidence de l'Université, qui donne des leçons de déontologie, vient tout simplement de quitter le champ de la disputatio scientifique (cette thèse méritait-elle d'être soutenue sous l'égide de l'école doctorale d'informatique ?) pour ouvrir un autre front et pas des moindres : celui de l'intelligence avec une puissance étrangère.
Dans un précédent communiqué de presse, SeR suggérait que la décision de refus de la soutenance de thèse relevait d'une décision politique de la part de l'université, destinée à faire taire des voix dissonantes au sein de l'école doctorale d'informatique. Ce CP de l'UGA semble confirmer nos craintes et bien au-delà : il s'agit d'une tentative d'intimidation sous la forme d’une dénonciation permettant d’instruire un dossier à l’encontre de Romain Couillet — directeur de thèse de Achille Baucher — en vue de sanctions disciplinaires voire de poursuites pénales. Le procédé est indigne.
Quand on ne parvient pas à s'attaquer au message — la nécessaire désescalade du numérique — on s'attaque aux messagers.
Si par extraordinaire le procureur décidait d’ouvrir une enquête préliminaire, c'est un enfer auquel seraient confrontés nos collègues avec tout l'arsenal répressif que le motif d' « intelligence avec une puissance étrangère » permet : perquisitions, gardes à vue, écoutes, violation de la vie privée, etc. Le tout sur la base d'une accusation totalement fantaisiste !
Il est évident qu’il ne saurait y avoir aucune suite judiciaire d’aucune sorte, car le dossier est totalement vide. Mais dans le cas contraire, l'histoire montre que de telles procédures constituent une épreuve dont on ne sort pas indemne : insultes sur les réseaux sociaux, honnêteté intellectuelle bafouée, etc... Serait-ce un effet collatéral recherché par la présidence de l’université ?
Dans un contexte général de mise en cause des Sciences — alors justement que la thèse d'Achille Baucher vient vivifier le débat — la démarche de l'UGA, en plus de nous sembler inepte, nous parait tout simplement suicidaire.
En effet, prenons au mot la Direction de l’Université dans son désir de transparence totale pour le généraliser à l’ensemble des contrats et personnels de recherche :
Sur la fraude présumée au financement : la présidence devrait faire procéder à un audit de l’ensemble des contrats de l’UGA pour s’assurer que les fonds sont utilisés exclusivement pour les finalités indiquées dans les contrats (ANR, ERC, etc.) ;
Sur les financements douteux : la présidence devrait faire procéder à un audit de l’ensemble des contrats et collaborations de recherche pour accéder enfin à notre souhait de rendre publique la liste exhaustive de tous les partenariats industriels avec les entreprises qui contribuent au financement de l’UGA, ainsi que toutes les collaborations avec des universités (ou puissances) étrangères. Au passage, cet audit devrait détailler le fonctionnement de la société commerciale Floralis1, détenue à 100 % par l’UGA ;
Sur les conflits d’intérêts potentiels : demande de communication, sans en détailler le contenu, de l’ensemble des contrats entre entreprises privées et personnels de recherche donnant lieu à des compléments de rémunération pour ces derniers ;
Sur les discours publics : une analyse des discours de l'ensemble des scientifiques de l'UGA, croisée avec leurs déclarations d’intérêts, afin d'évaluer le nombre de cas où des scientifiques ont assuré la promotion de technologies développées par leurs financeurs.
Enfin, nous nous réjouissons que l’UGA reconnaisse enfin le caractère politique de leur refus de soutenance de la thèse de notre collègue Achille Baucher.
À l'heure où l'Université publique a été mise en déficit dans toute la France, poursuit une start-upisation galopante et des ingérences sécuritaires menaçant les libertés académiques et l'accès des citoyen.nes à des savoirs critiques... on peut se demander quels intérêts sert la présidence de l’UGA
À travers ce communiqué de presse, la direction de l’Université ouvre une boîte de Pandore qui pourrait ne pas se refermer et dont elle portera seule la responsabilité. Chacune et chacun devra alors rendre des comptes... Romain Couillet annonce qu'il va porter plainte pour dénonciation calomnieuse.
1 Opérateur de valorisation de la recherche de l'UGA, Floralis est une interface entre le monde socio-économique et celui de la recherche académique.
28.05.2026 à 02:00
Grenoble, le 28 mai 2026
L'Université Grenoble Alpes n'aime pas la critique, elle lance un nouveau concept : l'évaluation par le Père. La soutenance – non autorisée – est maintenue.
Achille Baucher effectue une thèse de doctorat sur la « Désescalade numérique : recherche-action au sein de l'écosystème grenoblois ». Cette thèse a passé toutes les étapes de validation : rapports favorables du comité de suivi annuel, rapports favorables des deux rapporteurs du manuscrit de thèse, etc. Cependant, et ce fait est à notre connaissance totalement inédit, Achille Baucher se voit refuser, 15 jours avant la date prévue, le droit de soutenir sa thèse, par le Collège des Écoles Doctorales en délégation du Président de l'Université.
Ce refus est contraire à la déontologie et constitue un acte idéologique consistant à taire la critique du numérique et de l'écosystème grenoblois portée par le travail de thèse.
L'annonce a révolté beaucoup de personnel de la recherche, en particulier l'un des rapporteurs des travaux d'Achille Baucher qui s'est senti insulté dans son travail d’évaluation, non reconnu par le Collège des Ecoles Doctorales. Ce chercheur a écrit un email plutôt salé à ses collègues de l'école doctorale. D'autres chercheuses et chercheurs ont emboîté le pas. Le collectif Scientifiques en Rébellion a également envoyé un courrier étayé pour demander l'annulation de cette décision. Les comités de déontologie au niveau local et gouvernemental ont été saisis. Une mise en demeure suivie, s'il le fallait, d'une poursuite judiciaire au Tribunal Administratif est à l'étude.
Le jeune chercheur ainsi que le jury ont néanmoins décidé que la soutenance (non autorisée donc) aurait bien lieu à la date et l'heure prévue: le 1er juin 2026 à 14h au bâtiment IMAG, Campus de Saint Martin d'Hères. Comme attendu, le président de l'université n'a pas tardé à prendre un arrêté d'interdiction qui s'impose « aux membres du jury qui sont tenus de s'y conformer ». C’est, là aussi, probablement une première !
La soutenance sera précédée d'une cantine collective autogérée dès midi devant le bâtiment. L'intention -- dans la droite ligne de la thèse -- est de rendre ces travaux et analyses accessibles à tous·tes.
Par la présente, nous invitons également les journalistes à venir témoigner de cette approche alternative et réflexive de la recherche en informatique et à venir creuser le sujet, comme l’indique la thèse, des « travaux menés dans les laboratoires d'informatique de Grenoble qu'on préfère dissimuler ».
Achille Baucher est doctorant à l'École Doctorale (ED) MSTII, à l'Université Grenoble Alpes (UGA), depuis un peu plus de 3 ans sous la direction de Romain Couillet, professeur des universités à l'UGA. Le 13 mai 2026, Achille Baucher se voit refuser par le Collège des Écoles Doctorales (CED) de l'UGA, en délégation de signature pour le Président de l'UGA, l'accord de soutenance de thèse. Ce refus lui est signifié 15 jours avant la date prévue (1er juin 2026). Pourtant, le parcours de thèse a été validé à toutes les étapes, jusqu'à la sélection du jury et des rapporteurs par l'école doctorale.
Ce n'est qu'après réception des deux avis favorables des rapporteurs que la présidence de l'université décide de ne pas autoriser la soutenance de thèse, situation totalement inédite à notre connaissance. Le motif invoqué est le suivant : « le contenu de la thèse ne correspond pas à la thématique de l'école doctorale ».
On rappellera que, d'après l'arrêté du 25 mai 2016 fixant le cadre national de la formation et les modalités conduisant à la délivrance du diplôme national de doctorat, JORF n°0122 du 27 mai 2016, en vigueur depuis le 01 septembre 2022, article 17 : « Les rapporteurs font connaître, au moins quatorze jours avant la date prévue pour la soutenance, leur avis par des rapports écrits ; sur cette base, le chef d'établissement autorise la soutenance. »
Outre le fait que cette décision place le doctorant dans une situation difficile, elle pose de nombreux problèmes déontologiques :
Tout d'abord l'École Doctorale est une instance qui veille au bon déroulement de la thèse. Elle n'a aucune prérogative pour « juger » le contenu du travail : c'est là le travail des rapporteurs qui proposent une synthèse argumentant la valeur du travail ; c'est ainsi que la déontologie scientifique opère pour éviter justement toute forme de contrôle du savoir par un petit groupe. Ainsi la validation par les pairs se voit remplacée par une validation par le Père (le Président de l'Université en l'occurrence).
Le déni du travail des rapporteurs est alors évident. Un déni qui peut légitimement être perçu comme une insulte par ces derniers, d'autant que la décision est prise sans échanger avec eux au préalable.
À travers cette décision, c'est la liberté académique, celle qui consiste, pour le Directeur de thèse, à explorer des voies non conventionnelles, qui est attaquée.
En tentant d'argumenter à l'envi que le problème n'est pas le contenu scientifique de la thèse en soi, mais son positionnement au sein de l'école doctorale d'informatique, la direction de l'université opère un tour de passe-passe assez sournois. Dans son courrier de réponses au groupe SeR de Grenoble, M. Lemonde, directeur du CED, indique : « L'ED, après analyse des rapports et du manuscrit, a jugé que le travail présenté ne relevait pas de la spécialité d'inscription en doctorat et devait être requalifié pour prendre en compte la volonté de l'auteur d'accéder à une forme d'interdisciplinarité et à un éclairage de l'informatique par d'autres disciplines, sociales, philosophiques ou politiques. C'est donc bien une analyse scientifique qui a conduit à l'avis défavorable de l'ED puis à la décision de l'établissement. »
La tactique est habile : décréter que la thèse relève également d'autres disciplines (sciences sociales ou philosophie, politique, pourquoi pas les trois ?) et donc qu'elle devrait être co-encadrée par des philosophes, sociologues ou politologues. C'est habile car cela offre les apparences de la vertu et permet de déplacer (et donc noyer), le problème. Pourtant, les rapporteurs en attestent, cette thèse est bien une thèse d'informatique, et c'est à cette école doctorale qu'elle est dûment affectée.
Et c'est là que nous en venons au fond de l'affaire ; car tout le reste n'est que tentative, par la forme, de ne pas aborder le fond du sujet. Le travail de thèse d'Achille Baucher est une « critique en actes » du numérique et son monde depuis l'intérieur d'un laboratoire de recherche en informatique au sein de la « Silicon Valley française » (Grenoble). Son travail, qui repose sur 70 ans d'analyse critique de la technologie (désormais de l'ordre du B-A-BA des sciences sociales) pour l'instancier au numérique et son monde (la recherche en IA, les gadgets connectés, la production de puces microélectroniques pour l'armement), depuis l'écosystème grenoblois, ne plait pas du tout au sein de l'université.
Achille Baucher et son directeur de thèse subissent depuis 3 ans des pressions croissantes de la part de leur hiérarchie (et bien au-delà), du fait de leurs travaux. En témoigne le refus, non justifié comme c’est l’usage, par le « fonctionnaire sécurité défense » (représentant du ministère de l'intérieur au sein de l'université) d'étendre le contrat de thèse d'Achille Baucher, quelques semaines plus tôt (afin de finir ses travaux, une relance banale d'ordinaire), lui interdisant dorénavant l'accès au laboratoire placé en ZRR (Zone à Régime Restrictif) : il est depuis 2 mois en 100% télétravail.
Voici qui éclaire la décision d'une autre lumière : il semble évident que la critique de « ce qu'on fait au labo » (l'un des chapitres du manuscrit de thèse) ne plait pas du tout et ne saurait, pour ces messieurs, être rendue visible, au risque d'écorner l'image rayonnante du temple de l'innovation numérique grenoblois.
Ainsi fonctionne l'évaluation par le Père : un soutien coûte-que-coûte à la religiosité numérique et aux intérêts financiers et militaires qui y sont liés.
16.04.2026 à 02:00
Paris, le 16 avril 2026
22 organisations co-organisatrices de la Marche pour un Printemps Bruyant dénoncent des entraves au bon déroulement de cette manifestation, pourtant déclarée et préparée en lien avec la préfecture.
Le 4 avril dernier, un large collectif d’organisations s’est mobilisé à Paris contre un modèle agro-industriel centré sur l'utilisation massive de pesticides de synthèse. Malgré une déclaration et une préparation en lien avec les autorités, les organisateur·ices dénoncent de fortes entraves au bon déroulement de l’évènement et un dispositif sécuritaire disproportionné. Aucun élément ne permettait d’anticiper une telle situation et nous dénonçons le deux poids, deux mesures dans le traitement des mobilisations, notamment lorsqu’on le compare à celui réservé à des rassemblements tels que ceux de la FNSEA. Ces écarts interrogent directement le respect du principe d’égalité et portent atteinte à l’exercice des libertés publiques, en particulier la liberté d’expression.
Depuis le mois de mars, les organisateur·ices échangeaient avec la préfecture au sujet des modalités de la manifestation et de son temps de clôture. Dès la déclaration déposée le 17 mars, puis lors d’échanges complémentaires, la tenue d’un concert de clôture, de prises de parole et de dispositifs de sonorisation sur le parvis du tribunal de Paris ont été explicitement annoncés.
L’ensemble des démarches administratives avait été effectué aboutissant à la délivrance d’un récépissé d’autorisation régulier, le 2 avril 2026. Dans les deux jours avant l’événement, les échanges avec la préfecture sur l’installation de la scène de concert sur le parvis du tribunal ont donné lieu à un renvoi vers le tribunal et la mairie qui a finalement conclu que la déclaration auprès de la préfecture serait suffisante. Malgré ce contexte où les autorités ne se reconnaissaient pas clairement compétentes, l’installation de la scène a démarré samedi matin. Au bout d’une heure environ, le dispositif des forces de l’ordre s’est intensifié, le ton s’est durci et le démontage a été exigé. Le contact au sein de la Direction de l'Ordre Public et de la Circulation (DOPC) confirmait pourtant par téléphone au commissaire référent, que le concert avait bien été déclaré et qu’il avait proposé l’installation de la scène au sol plutôt qu’un camion-scène. Pendant plusieurs heures, les forces de l’ordre ont tenu un double discours entre des propositions alternatives et une lecture tatillonne du récépissé tandis qu’à plusieurs endroits de la manifestation, elles affirmaient que le concert n’était pas déclaré.
Sand, d’Extinction Rebellion, indique « Depuis mars, tout était déclaré et en règle, on a discuté et validé en amont, pourtant le jour même on s’est heurté à une succession de refus sans justification claire. Les négociations ont duré toute la mobilisation sans aboutir. »
Dans ces conditions, les organisateur·ices ont été confronté·es à une absence de réponse administrative claire et à des décisions prises sur le terrain sans base explicite ni cohérence avec les échanges préalables, portant atteinte à l’exercice de la liberté de manifester et revendiquer.
À ce stade, nous formulons l’hypothèse que cette confusion puisse être liée à la situation particulière du tribunal suite au partenariat public-privé (PPP) encadrant la gestion du site par Bouygues Construction. Une telle complexité ne saurait toutefois justifier une incertitude juridique au détriment des libertés fondamentales.
Au cours de la marche, un groupe de manifestant·es constituant une chorale, annoncée dans le programme, s’est détaché du cortège afin de se placer au lieu prévu pour leur prestation. La chorale s’est positionnée quelques centaines de mètres en amont de la manifestation et s’est retrouvée immédiatement entourée d’agents des forces de l’ordre, CRS et Brav-M, qui ont formé une nasse autour du groupe qui se préparait et répétait. Alors que la tête du cortège ne se trouvait plus qu’à quelques dizaines de mètres du lieu de la chorale (lieu qui se trouvait, donc, sur le parcours de la marche) les forces de l’ordre ont sommé les personnes de quitter le lieu et de rejoindre la manifestation. Des échanges ont eu lieu afin d’expliquer que plusieurs personnes présentaient un état de faiblesse et de vulnérabilité dû à des pathologies et/ou des traitements lourds, et de demander qu’elles puissent rester sur place afin de leur éviter des déplacements inutiles.
L’agent responsable a demandé aux personnes particulièrement faibles de se manifester afin de pouvoir les compter et faire un tri parmi les malades. Marine de Cancer Colère témoigne : « Ils nous ont demandé de "lever la main si nous étions malades" pour savoir combien allaient rester assis par terre à leur obéir sagement. Je voudrais surtout rappeler que nous avons sagement levé la main pour nous faire compter... Je suis encore atterrée, et quand je le raconte à mes enfants trentenaires, ils sont terrorisés. » Dans un premier temps, huit personnes ont été autorisées à rester sur place, le reste de la chorale a été reconduit vers le cortège sous escorte, dans un dispositif où les forces de l’ordre étaient plus nombreuses que les participant·es. À peine une minute après, les personnes vulnérables, qui étaient assises par terre dans le parc attenant, ont finalement été elles aussi sommées de quitter le lieu et de rejoindre le cortège.
Pour une manifestation de 2 500 personnes, les autorités avaient déployé un nombre conséquent de membres des forces de l’ordre. Cette présence extrêmement importante a créé un climat de tension permanent et a contribué à transformer une manifestation pacifique en espace de pression et d’intimidation.
La fin de la manifestation s’est déroulée sous tension avec de nombreux CRS ne laissant pas la possibilité de terminer dans les meilleures conditions les prises de paroles et les concerts annoncés.
Une militante constate « On a l’impression que dès qu’une mobilisation est critique, la réponse est la même : surdéploiement, pression et entraves. Ce n’est pas du maintien de l’ordre, c’est une stratégie d’intimidation »
Nous contestons le caractère manifestement hostile du dispositif déployé au regard de la réalité de la mobilisation et de l’absence d’incidents sur le même événement l’an passé.
Étant donnée la gravité de tous les faits constatés, nous demandons que le droit de manifester soit pleinement respecté, sans entraves, de la part de la préfecture et des forces de l’ordre, et que cessent les atteintes à la liberté d’expression.
Liste des associations, ONG et collectifs organisateurs :
Extinction Rebellion, rejoint par Scientifiques en Rébellion, Coalition Secrets Toxiques, Alerte Médicale sur Les Pesticides et Perturbateurs endocriniens, Sud Recherche, La Confédération Paysanne, Cancer Colère, COAADEP, ActionAid France - Peuples Solidaires, Combat Monsanto, Coquelicots de Paris, Agir pour l'Environnement, Générations Futures, Greenpeace France, Nous Toutes, POLLINIS, France Nature Environnement, France Nature Environnement Île-de-France, Planet Earth Now, Association de Promotion des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes, Action Justice Climat, Bio Consom'acteurs.
22.03.2026 à 01:00
Les printemps se font silencieux. Les oiseaux disparaissent, les insectes pollinisateurs meurent par milliards, la santé de tous les êtres humains est mise en danger, à commencer par les travailleuses et les travailleurs de l'agriculture. La cause ? Un modèle agro-industriel centré sur l'utilisation massive de pesticides de synthèse. Dans une tribune dans le Club de Mediapart, un large ensemble d'organisations appelle à la mobilisation et à une marche le 4 avril 2026.
Les printemps se font silencieux. Les oiseaux des champs disparaissent, les abeilles et les insectes pollinisateurs meurent par milliards, les fleurs sauvages se font plus rares, et c'est notre survie qui est en jeu. Les pesticides contaminent tous les milieux, l'eau, l'air, la terre, ils provoquent l'effondrement de la biodiversité, ils ont des impacts catastrophiques et généralisés sur la santé humaine. Chlordécone, glyphosate, prosulfocarbe, néonicotinoïdes et tous les autres pesticides de synthèse déversés dans nos champs font leur œuvre mortifère depuis des décennies.
L’abandon des pesticides de synthèse est une nécessité vitale. Les rapports de l’INSERM sont clairs : les pesticides ont des effets neurotoxiques, perturbateurs endocriniens et cancérigènes, chez des adultes de plus en plus jeunes, mais aussi chez les enfants, alors que le discours dominant se focalise sur la responsabilité de l'alcool et du tabac.
Le discours, soutenu par les firmes productrices de pesticides et leurs lobbyistes, selon lequel ils seraient indispensables pour nourrir l’humanité est faux. La faim dans le monde est due aux inégalités socio-économiques historiques mondiales, ce n'est pas un problème de quantité. La production alimentaire mondiale est près de 1,5 fois supérieure aux besoins alimentaires des 8 milliards d’êtres humains et c'est 30% de la production agricole mondiale qui est perdue ou gaspillée.
La défense des intérêts des géants de l'agro-industrie exportateurs ne doit pas être confondue avec la souveraineté alimentaire qui est le « droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée, produite par des méthodes écologiquement saines et durables, et leur droit de définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles » (Via Campesina). La souveraineté alimentaire devait être protégée par la Loi Egalim qui n'a pas du tout été appliquée à la hauteur de l'enjeu.
Toutes les filières peuvent produire sans pesticides de synthèse. Les rendements parfois plus faibles en agriculture biologique ne peuvent être invoqués compte tenu de la surproduction actuelle. Des alternatives offrent la possibilité aux producteurs et aux productrices d'être autonomes et souvent de réduire leur coût de production. Elles doivent être reconnues. Nos savoir-faire rendent injustifiable l’empoisonnement des sols, de l’eau, de l’air, de l’ensemble de la population mondiale et de tout le vivant, sous le supposé prétexte de nous nourrir.
La cour d’appel de Paris a condamné l'État français le 3 septembre 2025 pour sa responsabilité dans l’effondrement de la biodiversité et pour son inaction. Malgré cela, l'État français, irresponsable, permet la réintroduction de pesticides dangereux comme les néonicotinoïdes avec les lois Duplomb et les lois d’orientation agricole, tandis que les cancers, les pathologies chroniques et auto-immunes explosent sur nous comme sur nos enfants. La France reste muette face à la dérégulation dramatique de la protection environnementale proposée par la Commission Européenne via l'Omnibus "sécurité alimentaire".
Les organisations signataires de cet appel exigent une sortie des pesticides de synthèse. Celle-ci ne pourra s'élaborer que dans le cadre d'une réorientation des pratiques agricoles en concertation avec les professionnel.les de l'agriculture, de l'alimentation, les organisations de protection de l'environnement, les citoyen.nes, les élu.es, et la recherche scientifique. Elle impose une réforme profonde de la politique agricole commune (PAC) pour soutenir financièrement la transition et le maintien à l'agriculture biologique et paysanne, garantir une alimentation de qualité pour toutes et tous, l’arrêt des accords de libre-échange agricoles en privilégiant des prix équitables partout dans le monde.
Le rapport du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan récemment paru, même s'il minimise certains problèmes, selon le commentaire du comité scientifique, contient des recommandations essentielles pour soutenir l'agriculture biologique, protéger les produits agricoles européens de la concurrence déloyale, protéger la ressource en eau avec l'interdiction complète des pesticides dans les aires de protection des captages et protéger la santé des agricultrices et des agriculteurs.
En outre, l'évaluation des pesticides au sein de l'union Européenne et des États membres, est scandaleusement faussée, elle ne prend en compte ni la totalité des coformulants ni les effets cocktail et ne s'appuie pas sur la recherche scientifique actuelle. Le principe de précaution inscrit dans la charte de l'environnement et adossé à notre constitution exige une transformation complète des politiques publiques en matière de santé environnementale et de protection de la biodiversité.
L'agriculture biologique et paysanne repose aussi sur des principes de justice, de coopération, et de solidarité entre les peuples. Elle exige la sortie du colonialisme chimique et donc l'interdiction de la production et de l'exportation honteuse vers le reste du monde, notamment le Sud global, des molécules jugées trop dangereuses et interdites dans l’Union Européenne. Les gouvernements européens, la Commission européenne, toutes les agences et institutions doivent cesser de louvoyer et prendre leurs responsabilités car de nombreux points de non-retour sont en passe d'être franchis. Il en va de la possibilité même de vie sur Terre.
Rendez-vous à Paris, au métro Grands Boulevards, à 14h, le samedi 4 avril 2026 pour la Marche Printemps Bruyant.
Liste des signataires :
Les organisatrices et organisateurs :
Extinction Rebellion, Scientifiques en Rébellion, Coalition Secrets Toxiques, Alerte Médicale sur Les Pesticides et Perturbateurs endocriniens, Sud Recherche, La Confédération Paysanne, Cancer Colère, COAADEP, ActionAid France - Peuples Solidaires, Combat Monsanto, Coquelicots de Paris, Agir pour l'Environnement, Générations Futures, Greenpeace France, Nous Toutes Paris Sud, POLLINIS, LPO - Ligue pour la Protection des Oiseaux, France Nature Environnement, France Nature Environnement Île-de-France, Planet Earth Now, Association de Promotion des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes, Action Justice Climat, Bio Consom’acteurs.
Rejoint·es par :
Terre d'Abeilles, Centre de Recherche d'tudes et de Formation des Thorains, Avenir Santé Environnement, GreenVoice, Chrétiens Unis pour la Terre, Alliance Santé Planétaire, Riverains Ensemble, Vayrana, Mutuelles pour la santé planétaire, Alternatiba, ANV-COP21 - Action non-violente COP21, La Marmite Rouge, OGM dangers, Alter Kapitae, Les Soulèvements de la Terre Île de France, JNE- Association des Journalistes-écrivains pour la Nature et l’Ecologie, OrgaNeo, Famille d'Illkirch, Réseau AMAP IDF, Collectif Stop Loi Duplomb, Nous voulons des coquelicots, PIG BZH - Pisseurs et Pisseuses Involontaires de Glyphosate de Bretagne, Association Saint-Hilaire-Foissac Nature, Terre de Liens, ADDCI - Association pour le Développement Durable du Causse de l'Isle, Stop aux Cancers de nos Enfants, Génération Cantines Bio 66, Terre de Liens Ile-de-France, Frugalité heureuse et créative, Santé Environnementale Mancelle, Association Su aski, Amis de la Terre du Val de Bièvre, Pixiflore, Mouvement Agrimentaire pour Demain, ADN-l’Art de Dire Nous, WWF France, CPTG-Collectif pour le Triangle de Gonesse, Union Nationale de l'Apiculture Française, CCFD - Terre Solidaire, Mouvement National de Luttes pour l'Environnement 93 Nord Est Parisien, Attac France, Vélo Sud 77, SNETAP-FSU, Notre Affaire à Tous, Biodiversité sous nos Pieds.
17.03.2026 à 01:00
Communiqué de presse de Rester sur Terre et Scientifiques en rébellion
La relaxe du chef d’accusation « d’ entrave à la circulation d’un aéronef » vient d’être confirmée en appel pour les 7 activistes qui s’étaient introduits sur le tarmac de Roissy en octobre 2020 dans le cadre d’une action de désobéissance civile non-violente visant à dénoncer le projet d’extension de l’aéroport. En 2021, les activistes avaient été relaxés mais le parquet et la partie civile (Aéroports de Paris) avaient fait appel de cette décision.
Le 3 octobre 2020, 350 activistes d’Action Justice Climat Paris (ex-Alternatiba Paris), Non au Terminal 4 et Scientifiques en rébellion s’étaient mobilisés à Roissy, contre le projet d’extension de l’aéroport. Plus de 130 activistes avaient envahi le tarmac de l’aéroport pour dénoncer le projet d’extension du Terminal 4, à l’opposé de la nécessité de réduire le trafic aérien. Suite à cette action, sept d’entre eux avait été poursuivis devant le tribunal de Bobigny. Les juges avaient relaxé les activistes mais ADP (partie civile au procès) et le ministère public avaient décidé de faire appel de cette décision.
La Cour d’appel de Paris vient de confirmer la relaxe pour les sept activistes concernant le délit « d’entrave à la circulation d’un aéronef » ainsi que pour le refus de prélèvement ADN. Concernant les amendes des deux activistes pour « dégradations légères », elles ont été confirmées, mais assorties de sursis.
Les avocats de la défense, Me Chloé Saynac et Me Alexis Baudelin, se félicitent de cette décision : « La jurisprudence est désormais de notre côté et c’est une victoire, qui est le fruit du combat militant des activistes climat depuis de nombreuses années, mais aussi de leurs avocats. »
Sixtine Dano, prévenue et porte-parole de l’action en 2020 explique son engagement : « On nous a félicités pour nos marches climat, on nous a dit “les jeunes sont l’avenir, ils vont changer le monde”. Nous avons organisé des marches, lancé des pétitions, fait des recours en justice, et soutenu les scientifiques, mais cela n’a pas suffit à arrêter les projets climaticides. Si ni les politiques ni les entreprises n’agissent, alors c’est à nous de le faire. La désobéissance civile est légitime, nécessaire et même inévitable. »
Pour Jérôme Guilet, activiste relaxé et membre de Scientifiques en rébellion : « Les faits scientifiques sont clairs : une augmentation du trafic aérien est incompatible avec la réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre nécessaire pour que le secteur aérien fasse sa part pour respecter l’accord de Paris. Notre action était nécessaire pour rappeler ces faits contre l’instrumentalisation que certains tentent de faire de prétendues solutions technologiques et pour éviter les graves conséquences du projet de construction du Terminal 4. »
Cette relaxe intervient alors qu’Aéroports de Paris (ADP) relance un nouveau projet d’extension de Roissy, annoncé en avril 2025, prévoyant +19% de vols en plus d’ici 2050 – une augmentation incompatible avec les objectifs climatiques. Malgré l’abandon du Terminal 4 en 2021 sous la pression des mobilisations, ADP persiste dans une logique de croissance du trafic aérien, dénoncée par les associations et le Haut Conseil pour le Climat. Près de 30 000 personnes se sont déjà engagées pour contrer ce nouveau projet délétère pour le climat et la santé des riverains.
Chronologie
3 octobre 2020
350 activistes (Action Justice Climat, Non au Terminal 4, Scientifiques en Rébellion) se mobilisent à Roissy pour dénoncer le projet d’extension du Terminal 4.
Février 2021
Le gouvernement abandonne le Terminal 4, le jugeant « obsolète » et incompatible avec ses engagements climatiques.
12 novembre 2021
Premier procès devant le tribunal de Bobigny : relaxe pour « entrave à la circulation d’un aéronef », mais condamnations pour dégradations légères. Le parquet et ADP font appel.
Avril 2025
ADP annonce un nouveau projet d’extension (+19% de vols d’ici 2050), malgré l’opposition des citoyens et des associations.
3 décembre 2025
Audience en appel : l’avocate générale requiert des amendes et un mois de prison avec sursis pour refus de prélèvement ADN.
16 mars 2026
La cour d’appel confirme la relaxe pour les sept activistes. Deux d’entre eux voient leur amende pour dégradations légères assorties d’un sursis.
20.01.2026 à 01:00
La future ligne Lyon-Turin et le Grand Projet du Sud-Ouest sont anachroniques au regard du contexte actuel environnemental, économique et social, alertent des membres de Scientifiques en rébellion dans une tribune dans Le Monde. Elles et ils demandent l’arrêt des travaux et une meilleure exploitation des infrastructures existantes.
Alors que s’accumulent les désordres sociétaux et environnementaux, des projets de grandes infrastructures ferroviaires sont défendus politiquement au nom de la décarbonation du transport des personnes et des marchandises. Pourtant, leurs implications économiques et environnementales désastreuses en font plutôt de faux amis de la transition écologique.
Le projet de nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin est un cas d’école. En 1998, 128 trains de fret et de voyageurs circulaient par jour sur la ligne existante. Le projet était alors justifié par des prévisions d’augmentation du trafic de marchandises qui n’ont jamais vu le jour. Malgré plus de 1 milliard d’euros investis, seuls 37 trains circulent sur la ligne ferroviaire actuelle, qui est exploitée à moins de 20 % de ses capacités, alors qu’elle permettrait le report modal, de la route vers le rail, de deux tiers des marchandises.
Les opposants et certaines administrations – telles que la Cour des comptes, le conseil général des ponts et chaussées ou le Conseil d’orientation des infrastructures – pointent la nécessité d’utiliser la ligne existante de manière optimale. Pour plus de 30 milliards d’euros, équivalents à la construction de 1 000 lycées ou de 400 hôpitaux, ce projet de seconde ligne, tout comme le Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO), ne trouve pas de justification économique ou sociétale.
Les promoteurs du projet font alors valoir la nécessaire transition écologique. A la suite de l’accord de Paris de 2015, l’Union européenne (UE) s’est engagée à une réduction de ses émissions nettes de CO₂ de 55 % d’ici à 2030 et à atteindre la neutralité carbone en 2050. TELT, la société franco-italienne chargée de la construction et de la gestion de la ligne Lyon-Turin, estime que les travaux généreraient 10 millions de tonnes de CO₂ et que cette « dette carbone » serait compensée vingt-cinq ans après le début des travaux. « Au mieux vingt-cinq ans après l’entrée en service de l’infrastructure », précise la Cour des comptes européenne.
Le raisonnement est circulaire : pour atteindre la compensation carbone des travaux en 2050, TELT compte sur une augmentation − injustifiée − du fret. Ce surplus de camions émettrait des quantités considérables de CO₂ en l’absence de report modal. Ainsi, plus ils seraient nombreux, plus le ferroutage permettrait d’éviter leurs émissions potentielles et plus la dette carbone des travaux serait compensée rapidement. La légitimité du projet de TELT repose donc sur le paradoxe suivant : plus les échanges transfrontaliers augmentent, moins ils polluent !
Quant à la ressource en eau, les tunnels transfrontaliers et de Bussoleno, prévus dans le projet, draineraient à eux seuls « 60 à 125 millions de mètres cubes d’eau par an », soit la consommation annuelle de 1 à 2 millions de personnes. L’inquiétude grandit lorsqu’un rapport d’EDF publié en 2023 indique qu’en Maurienne, le niveau d’eau à l’intérieur d’un massif s’est effondré en 2019 de 150 mètres du fait du creusement d’une galerie. De plus, le tracé intercepte des captages d’eau potable, en principe protégés, dont les périmètres ont été modifiés par le préfet de Savoie en 2024, mettant potentiellement en péril l’approvisionnement des populations. Malgré l’alerte du sénateur de l’Isère Guillaume Gontard (Les Ecologistes) en 2024, le gouvernement nie tout risque. Des recours ont été déposés en justice en 2024.
Enfin, le projet excaverait plus de 37 millions de tonnes de déblais, qui devraient être transportés par camion et stockés. Recyclables à hauteur de 25 % seulement, le restant recouvrirait l’équivalent de 2 000 hectares s’ils étaient répartis sur 1 mètre d’épaisseur. D’ores et déjà, la dépose d’une partie des déblais le long du lit de l’Arc remodèle artificiellement le paysage et contraint ce cours d’eau traversant la Maurienne, augmentant le risque de crues. Enfin, la ligne artificialiserait 1 500 hectares de terres agricoles ou de zones humides, s’inscrivant à rebours de la loi zéro artificialisation nette.
Pour TELT, la nouvelle ligne Lyon-Turin est une composante essentielle de la future « voie ferrée urbaine européenne (…), élément-clé pour l’achèvement du marché unique dans le secteur ferroviaire », révélant, s’il le fallait, que ce type de projet ferroviaire renforce la primauté de la croissance sur les enjeux écologiques.
Emission de plusieurs millions de tonnes de carbone, décarbonation repoussée dans le temps, destruction de zones humides : c’est aussi ce que causerait la construction du GPSO. Comme pour le Lyon-Turin, une infime partie des travaux totaux est commencée, alors qu’ils auraient des conséquences environnementales irréversibles : le ferroviaire peut être un faux ami de la transition écologique. Comme le requiert la conférence Ambition France Transports, organisée par le gouvernement, il est encore temps de s’interroger sur ces projets, au regard de leurs empreintes économiques et écologiques.
Ces projets de grandes infrastructures, nés pendant les « trente glorieuses », sont anachroniques au regard du contexte actuel environnemental, économique et social. Ils risquent de se concrétiser comme des infrastructures zombies, construites mais en inadéquation avec les besoins des populations au moment de leur mise en service. Alors que sept limites planétaires sur neuf ont été dépassées – selon le rapport « Planetary Health Check » publié par l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique en 2025 –, il est impératif d’envisager collectivement une autre voie, tournée vers la sobriété, seule issue pour assurer les besoins et la dignité de tous, tout en limitant les désastres environnementaux.
Nous nous opposons donc au projet de la seconde ligne Lyon-Turin comme au GPSO, demandons l’arrêt des travaux et une meilleure exploitation des infrastructures existantes. Notamment, nous encourageons nos politiques à entretenir et développer les réseaux ferroviaires locaux et régionaux, qui sont exsangues. Nous appelons au débat démocratique pour la mise en place d’une politique ferroviaire, pour le fret et les personnes, en France et en Europe, pensée pour servir une bifurcation sociale et écologique, et non des logiques économiques obsolètes.
Coline Ariagno, post-doctorante en géomorphologie
Fabienne Barataud, chercheuse en géographie sociale
Xavier Bodin, chercheur en géomorphologie
Fabrice Casset, ingénieur-chercheur en sciences physiques
Laurent Husson, chercheur en sciences de la terre
Odin Marc, chercheur en géomorphologie
Stéphanie Mariette, chercheuse en génétique des populations
09.01.2026 à 01:00
La Cour d’appel de Paris a relaxé le 9 janvier 2026 4 scientifiques et activistes suite à une action menée au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), à Paris en 2022. Cette décision forte reconnaît la légitimité de la désobéissance civile face à la crise écologique. L’action d’avril 2022 à l’origine des poursuites est issue d’une collaboration entre Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion (XR). Elle se tenait symboliquement dans la galerie des fossiles du Muséum. Ce fut la première action de désobéissance civile organisée par des scientifiques en France.
La Cour d’appel de Paris a justifié la relaxe par la protection de la liberté d’expression. Cet arrêt fait suite à une audience tenue le 10 octobre 2025. Les personnes poursuivies contestaient les amendes de 5e classe qui leur avaient été infligées pour être resté·es après l’horaire de fermeture du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) à Paris le 9 avril 2022.
Il intervient après une relaxe en première instance au nom de l’état de nécessité. Le juge avait alors reconnu « l’imminence et l’actualité » de la menace ainsi que la proportionnalité entre l’action de désobéissance civile, qui n’avait occasionné aucun dégât matériel, et sa finalité. Mais le parquet avait fait appel de cette décision, comme il l’avait fait lors de précédentes décisions similaires (e.g. le décrochage des portraits d’Emmanuel Macron à Lyon, l’action d’Extinction Rebellion dénonçant l’agroindustrie à La Rochelle ou le blocage du port du Havre par des militant·es et des scientifiques).
Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion saluent cette nouvelle relaxe, qui vient reconnaître la légitimité de la désobéissance civile face à la crise écologique, dans un contexte où la répression des mobilisation se durcit en France et dans le monde, comme l’a dénoncé Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs et défenseuses de l’environnement. Les deux collectifs regrettent cependant que la Cour d’appel de Paris n’ait pas confirmé l’état de nécessité, alors que l’effondrement de la biodiversité se poursuit à un rythme effréné et que l’urgence climatique s’impose comme une évidence au vu de la multiplication des catastrophes. Les moyens utilisés par les scientifiques étaient en rapport avec leur mission et la gravité de la menace : des conférences pour alerter.
Lors de cette action menée dans la soirée du 9 au 10 avril 2022, une trentaine de scientifiques et militant·es s’étaient installé·es dans une galerie du MNHN, pour alerter sur la perte de la biodiversité et la crise climatique au travers d’une conférence-occupation intitulée « La nuit de l’Extinction ». Au cours de cette occupation, commencée peu avant la fermeture du musée pour ne pas gêner le public, il n’y eut aucune dégradation ni violence mais une série de conférences sur le risque d’extinction de la biodiversité, retransmises en direct sur les réseaux sociaux, et une banderole où il était écrit que « Dire la vérité n’est pas un crime ». Les participants et participantes avaient quitté les lieux dans le calme à l’issue des présentations scientifiques.
Le parquet garde la possibilité de se pourvoir en cassation sous dix jours.
04.12.2025 à 01:00
Après deux jours d’audience, des amendes et un mois de prison avec sursis ont été requis à l’encontre de Jérôme Guilet, membre de Scientifiques en rébellion, et de 6 activistes des mouvement citoyens Action Justice Climat Paris (ex-Alternatiba Paris) et Non au Terminal 4, poursuivis pour s’être introduit·es sur le tarmac de l’aéroport de Roissy. Un moment particulièrement marquant de l'audience a été la diffusion d’une vidéo de l’humoriste Swann Périssé publiée en ligne le jour même : celle-ci répondait directement au parquet qui, lundi, avait utilisé son nom et son mode d’engagement contre les activistes. Le verdict est mis en délibéré et sera rendu le 16 mars 2026.
Au cours de la première journée d’audience, l’avocate générale a adopté une position particulièrement critique à l’égard de la désobéissance civile. Un échange soutenu s’est engagé pendant l’interrogatoire de Jérôme Guilet lorsqu’elle a cité l’exemple de l’humoriste Swann Périssé. Celle-ci a été présentée comme une figure de sensibilisation ayant adopté un mode de vie sobre et dont la visibilité sur les réseaux sociaux démontrerait l’inutilité et l’inefficacité de la désobéissance civile, puisqu’ « elle est beaucoup plus connue que vous ». Jérôme Guilet a d’abord rappelé l’existence de travaux académiques mesurant l’efficacité de la désobéissance civile dans l’histoire des mobilisations sociales. Alertée par une des prévenues de cette utilisation de son image, Swann Perissé a ensuite publié en ligne mercredi 3 décembre une vidéo en réaction qui a été diffusée dans la salle d’audience et dont voici un verbatim : « Je fais une petite story pour vous répondre madame la procureure : je suis POUR la désobéissance civile. J'y ai consacré plus d'une heure de spectacle dans une interview spectacle que j'ai faite avec Camille Etienne. Désobéir dans un contexte de crise climatique et de crise sociale, c'est légitime et c'est nécessaire. [...] C'est pas parce que je suis hilarante et sexy que tout le monde doit lutter en étant hilarant et sexy : heureusement qu'il y a des gens qui se bougent les fesses pour aller sur des [tarmacs], je suis pour la complémentarité des luttes. J'affirme tout mon soutien aux 7 activistes du procès qui ont fait ça de façon totalement pacifique, il faut du courage pour désobéir : force ! »
La réquisition de l'avocate générale a ensuite confirmé l'impression d’acharnement aveugle à l’encontre des activistes. Les prévenus sont poursuivis sur la base d’un article de loi initialement prévu pour lutter contre le terrorisme — une qualification qui n’a aucun rapport avec la nature de leur action. Lors du premier procès, il avait déjà été établi qu’aucun trouble aux installations aéroportuaires, telles que la tour de contrôle, n’avait été commis. Le parquet tente désormais de requalifier les faits en « tentative d’entrave à un aéronef ». Pourtant, l’action était strictement symbolique : les activistes se sont limités aux zones de parking, sans jamais approcher d’avions en mouvement, d’autant qu’en pleine période de Covid le trafic était presque inexistant. Preuve supplémentaire que la loi citée ne s’applique pas à ce type d’action : un an plus tard, les députés ont jugé nécessaire de voter un nouvel article de loi spécifiquement destiné à réprimer les intrusions d’activistes dans les aéroports. L’avocate générale a également requis la condamnation de deux activistes pour des dégradations… alors même que ces derniers n’ont rien dégradé, ce qui avait pourtant été reconnu par le parquet de première instance.
Après les témoignages sur la première journée d’audience de deux témoins scientifiques (la climatologue Elisabeth Michel, et Florian Simatos spécialiste de l’impact environnemental de l’aviation), la deuxième journée d’audience a été marquée par deux témoignages poignants : Anthony Viaux, ancien pilote de ligne reconverti, a expliqué comment son métier l’a placé en première ligne pour constater les conséquences du changement climatique sur la fonte des glaciers ou du Groenland ou l'augmentation d'événements extrêmes. Il expliqué son choix de se reconvertir par son refus d'être une partie du problème. Françoise Brochot a ensuite témoigné en tant que présidente de l'advocnar, association de riverains luttant contre les nuisances aériennes. Elle a témoigné de l'immense désespoir des citoyens prenant contact avec son association, pour qui la pollution sonore représente un harcèlement permanent, jour et nuit, pouvant aller jusqu'à provoquer des troubles dépressifs. Elle a aussi témoigné de l'absence de prise en compte de ce problème par les pouvoirs publics, qui continuent d'autoriser une augmentation des vols de nuit.
Enfin, les plaidoiries des avocats de la défense sont venues rappeler que les vrais coupables sont ceux qui défendent des projets climaticides. Chloé Saynac a ainsi comparé la volonté du parquet de condamner des activistes pour des dégradations à une situation où le procès de Guy Georges tournerait autour de la dégradation de sa chemise lors de son interpellation. Alexis Baudin a ensuite fait la démonstration juridique de l'état de nécessité dans lequel se trouvaient les activistes de faire cette action afin d’éviter un dommage bien plus grand.
Le 3 octobre 2020, 350 activistes ont protesté à Roissy contre le projet d’extension de l’aéroport, dont 135 directement sur le tarmac, dans le cadre de la « marche sur les aéroports », organisée dans toute la France. Jérôme Guilet avait fait partie de l’équipe ayant fait irruption sur le tarmac pour dénoncer l’absurdité du projet de terminal 4, et plus largement pour inviter à remettre en question un secteur dont les prévisions de croissance sont incompatibles avec l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Un premier procès en octobre 2021 avait abouti à la relaxe des activistes poursuivis, décision contestée par le procureur qui a fait appel. En février 2021, le gouvernement a abandonné le projet de terminal 4, le jugeant incompatible avec sa politique environnementale. ADP porte aujourd’hui un nouveau projet d’extension visant une augmentation du traffic. Une trentaine d’organisations contestent cette nouvelle extension et ont lancé une pétition, dénonçant la poursuite par l’État de projets contraires aux objectifs climatiques de l’Accord de Paris.
01.12.2025 à 01:00
Le 1er décembre, des membres du collectif Scientifiques en rébellion se sont rassemblé·es devant le Palais de Justice de Paris pour apporter leur soutien à leur collègue Jérôme Guilet, en procès pour avoir envahi un tarmac d’aéroport en 2020 pour dénoncer la croissance du trafic aérien. Une membre du collectif a pris la parole et rappelé la trajectoire insoutenable de l’industrie aéronautique et remercié Jérôme d’avoir fait le choix d’incarner les constats scientifiques en s’exposant juridiquement et physiquement sur le terrain. Le prévenu et ses six co-accusé·es risquent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 18 000 euros d’amende ». Le procès pourrait durer jusqu’à mercredi.
Lors de sa déclaration au cours du procès, Jérôme Guilet a déclaré : « Malgré les alertes des scientifiques, nous n’avons toujours pas engagé de transformation sérieuse de nos modes d’organisation et de nos modes de vie. Le progrès scientifique et technique est même souvent utilisé pour justifier ce statu quo en le présentant de façon fallacieuse comme une façon de résoudre la crise écologique. L’aviation en est un cas emblématique avec la mise en avant récurrente de l’avion à hydrogène ou électrique pour éviter la remise en question de la trajectoire actuelle de croissance. Cet argumentaire ne reflète absolument pas l’état actuel de nos connaissances. S’il existe un jour, l’avion à hydrogène ne suffira pas à résoudre le problème des émissions du secteur aérien notamment car il arrivera trop tard et nécessitera des quantités énormes d'électricité bas-carbone que nous sommes loin de pouvoir actuellement produire. Sa mise en avant répétée relève en fait d’une forme d’instrumentalisation de la recherche scientifique. Face à cela, en tant que scientifique, je suis convaincu que la neutralité n’est plus une option car elle reviendrait à cautionner cette utilisation néfaste de la science. Mes collègues du collectif Scientifiques en rébellion et moi-même considérons donc qu’il est de notre devoir de la dénoncer clairement et de nous opposer activement aux projets climaticides justifiés de la sorte. C’est pour cette raison que j’ai fait partie des cent activistes qui se sont rendus sur le tarmac de l’aéroport de Roissy et que j’y ai fait une prise de parole au nom du collectif Scientifiques en rébellion. Les faits scientifiques sont clairs : une augmentation du trafic aérien est incompatible avec la réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre nécessaire pour que le secteur aérien fasse sa part pour respecter l’accord de Paris. Dans ces conditions, le projet de construction du terminal 4 était d’une incroyable irresponsabilité. Il aurait entrainé une augmentation de 50% du trafic de Roissy, et aurait causé l’émission de 15 à 20 millions de tonnes de CO2 équivalents par an. Ces émissions contribuent à l’aggravation du changement climatique, ce qui est très grave mais peut paraître abstrait. Il est donc important de se rappeler que ce sont beaucoup de vies humaines qui sont en jeu. Bien qu’il soit difficile de quantifier le nombre de morts causées par le changement climatique, plusieurs études convergent vers l’estimation que l’émission de 4 000 tonnes de CO2 équivalent provoquera la mort d’une personne d’ici la fin du siècle. Ce chiffre signifie que chaque année d’utilisation du terminal 4 aurait été responsable d’environ 4 000 morts. Utilisé sur quelques décennies ce sont donc plus de 100 000 vies humaines qui étaient en jeu. Pour que nos discours soient crédibles, il faut que nos actes soient à la mesure de la gravité de ce que nous dénonçons. Quand l’enjeu est aussi important, que la sensibilisation, le dialogue, le discours rationnel, le plaidoyer politique, les pétitions, les manifestations n’ont pas fait bouger les lignes, alors il devient nécessaire d’aller plus loin et de faire des actions de désobéissance civile. Je ne fais pas ces actions en tant que citoyen isolé mais en tant que scientifique et membre du collectif Scientifiques en rébellion. »
Le 3 octobre 2020, Jérôme Guilet avait participé à la « marche sur les aéroports », organisée dans toute la France. Il avait fait partie de l’équipe ayant fait irruption sur le tarmac de Roissy-CDG pour dénoncer l’absurdité du projet d’extension du terminal 4, et plus largement pour inviter à remettre en question un secteur dont les prévisions de croissance sont incompatibles avec l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Pour cette dernière action, Jérôme Guilet est en procès avec six autres activistes. Ils et elles sont poursuivis pour « troubles au fonctionnement des immeubles ou installations destinés à assurer le contrôle de la circulation des aéronefs […] » et risquent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 18 000 euros d’amende. En 2021, des centaines de scientifiques avaient signé une tribune pour apporter leur soutien à leur collègue.
22.11.2025 à 01:00
Inaction climatique = futur catastrophique
Samedi 22 novembre 2025 – Place du Trocadéro – Paris – De 6h à 16h
Scientifiques en rébellion et l’Orchestre du nouveau monde ont mené une action de résistance contre les désastres climatique, écologique et social pendant 10h pour marquer les 10 ans de l’Accord de Paris (COP21).
Dès 6h, et jusqu’à 14h en continu, une cinquantaine de scientifiques se sont relayé·es pour faire entendre des textes importants, des textes qui rappellent les faits et convoquent les émotions. En blouses blanches, elles et ils ont défilé en cercle en portant une bombe symbolisant les méga projets d’énergies fossiles (« bombes carbone »). Chaque quart d’heure, au son d’un gong, elles et ils ont scandé les dates des 30 COP et la progression inexorable des émissions de gaz à effet de serre.
A partir de 14h, plus de 150 de scientifiques et ami·es, associé·es aux 50 musicien·nes de l’orchestre, ont joué en boucle le Dies Irae de Verdi, hymne de la colère et du jugement. Faisant entendre le souffle du vivant dans un monde à bout de respiration, transformant la place publique en un espace d’alerte et de résistance. Les Red Rebels d’Extinction Rebellion habillé·es en rouge pour symboliser le sang des espèces disparues ont accompagné l’action de leur chorégraphie.
« La musique classique doit être un allié des luttes climatiques. Nous sommes dans un moment de bascule. Aujourd’hui, le Dies Irae de Verdi, en latin “jour de colère, jour de vérité” est là pour être une caisse de résonances de scientifiques à bout de souffle. »
Etienne Jarrier, chef d’orchestre et co-fondateur de l’Orchestre du Nouveau Monde.
COP30 : 10 ans depuis l’Accord de Paris. Pourtant les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, le réchauffement climatique va dépasser le seuil critique de +1.5 °C, et les évènements extrêmes (canicules, inondations, sécheresses…) vont se multiplier.
10 ans depuis l’Accord de Paris de la COP21 qui devait marquer un tournant dans l’engagement des États pour limiter le changement climatique. Il s’inscrit dans une lignée de 30 ans de COP qui auront échoué à arrêter la catastrophe en cours : dix ans après, la perspective d’une augmentation de 3 °C des températures ne choque plus les pouvoirs publics, alors que ces conditions climatiques sont celles d’un monde invivable.
Ce n’est pas une fatalité ! Si les COP sont impuissantes, c’est le fait d’une minorité. Les représentants des États portent servilement la parole des intérêts privés et ignorent celle des citoyennes et des citoyens comme celle de la science. Faisons cesser les faux-semblants des dirigeants réunis aux COP, à commencer en France, où les déclarations d’engagement des pouvoirs publics sont à l’opposé des positions qu’ils tiennent aux COP. Bloquons les banques et industries fossiles qui investissent massivement dans de nouveaux gisements fossiles, véritables bombes climatiques.
10 h pour rappeler des faits. La méthode scientifique est fondée sur des observations rigoureuses dont l’analyse conduit à la production de faits objectivables et à la validation théorique. C’est la raison qui nous alerte depuis des décennies sur les catastrophes en cours, mais aussi sur les injustices qui les accompagnent : injustices entre classes sociales, injustices entre pays ; injustices entre les puissants responsables – 10 % des personnes les plus riches produisent plus de 50 % des émissions au niveau mondial – et les victimes du dérèglement climatique.
10 h aussi pour faire entendre des textes qui disent les émotions que l’observation et l’expérience de la catastrophe engendrent. 10 h pour partager ces émotions.
10 h pour s’obstiner à lire, dire, crier, contre la catastrophe ; pour résister à un système mortifère et un discours public de désinformation.
22.11.2025 à 01:00
Le 22 novembre 2025, Scientifiques en rébellion et l’Orchestre du nouveau monde ont mené une action de résistance contre les désastres climatique, écologique et social pendant 10h pour marquer les 10 ans de l’Accord de Paris (COP21) et la fin de la COP30.
Dès 6h, et jusqu’à 14h en continu, une cinquantaine de scientifiques se sont relayé·es pour faire entendre des textes importants, des textes qui rappellent les faits et convoquent les émotions. En blouses blanches, elles et ils ont défilé en cercle en portant une bombe symbolisant les méga projets d’énergies fossiles (« bombes carbone »). Chaque quart d’heure, au son d’un gong, elles et ils ont scandé les dates des 30 COP et la progression inexorable des émissions de gaz à effet de serre.
A partir de 14h, plus de 150 de scientifiques et ami·es, associé·es aux 50 musicien·nes de l’orchestre, ont joué en boucle le Dies Irae de Verdi, hymne de la colère et du jugement. Faisant entendre le souffle du vivant dans un monde à bout de respiration, transformant la place publique en un espace d’alerte et de résistance. Les Red Rebels d’Extinction Rebellion habillé·es en rouge pour symboliser le sang des espèces disparues ont accompagné l’action de leur chorégraphie.
19.11.2025 à 01:00
Samedi 22 novembre 2025 – Place du Trocadéro – Paris – De 6h à 16h – Point presse à 14h
Scientifiques en rébellion et l’Orchestre du nouveau monde mèneront une action de résistance contre les désastres climatique, écologique et social pendant 10h ! Dès 6h, et jusqu’à 14h en continu, nous, scientifiques, ferons entendre des textes importants, des textes qui rappellent les faits et convoquent les émotions. A partir de 14h, nous jouerons en boucle le Dies Irae de Verdi, hymne de la colère et du jugement. Faire entendre le souffle du vivant dans un monde à bout de respiration avec un chœur de plus de 100 scientifiques et ami·es, associé aux 50 musicien·nes de l’orchestre, transformant la place publique en un espace d’alerte et de résistance.
« La musique classique doit être un allié des luttes climatiques. Nous sommes dans un moment de bascule. Aujourd’hui, le Dies Irae de Verdi, en latin “jour de colère, jour de vérité” est là pour être une caisse de résonances de scientifiques à bout de souffle. »
Etienne Jarrier, chef d’orchestre et co-fondateur de l’Orchestre du Nouveau Monde.
COP30 : 10 ans depuis l’Accord de Paris. Pourtant les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, le réchauffement climatique va dépasser le seuil critique de +1,5°C, et les évènements extrêmes (canicules, inondations, sécheresses...) vont se multiplier.
10 ans depuis l’Accord de Paris de la COP21 qui devait marquer un tournant dans l’engagement des États pour limiter le changement climatique. Il s’inscrit dans une lignée de 30 ans de COP qui auront échoué à arrêter la catastrophe en cours: dix ans après, la perspective d’une augmentation de 3°C des températures ne choque plus les pouvoirs publics, alors que ces conditions climatiques sont celles d’un monde invivable.
Ce n’est pas une fatalité ! Si les COP sont impuissantes, c’est le fait d’une minorité. Les représentants des États portent servilement la parole des intérêts privés et ignorent celle des citoyennes et des citoyens comme celle de la science. Faisons cesser les faux-semblants des dirigeants réunis aux COP, à commencer en France, où les déclarations d’engagement des pouvoirs publics sont à l’opposé des positions qu’ils tiennent aux COP. Bloquons les banques et industries fossiles qui investissent massivement dans de nouveaux gisements fossiles, véritables bombes climatiques.
10h pour rappeler des faits. La méthode scientifique est fondée sur des observations rigoureuses dont l’analyse conduit à la production de faits objectivables et à la validation théorique. C’est la raison qui nous alerte depuis des décennies sur les catastrophes en cours, mais aussi sur les injustices qui les accompagnent : injustices entre classes sociales, injustices entre pays ; injustices entre les puissants responsables – 10% des personnes les plus riches produisent plus de 50% des émissions au niveau mondial – et les victimes du dérèglement climatique.
10h aussi pour faire entendre des textes qui disent les émotions que l’observation et l’expérience de la catastrophe engendrent. 10h pour partager ces émotions.
10h pour s’obstiner à lire, dire, crier, contre la catastrophe ; pour résister à un système mortifère et un discours public de désinformation.
17.11.2025 à 01:00
Cinq Français membres de Scientifiques en rébellion ont été condamnés à des amendes de 11 000 € au total le 17 novembre par le tribunal de district de Munich pour avoir mené des actions de désobéissance civile non-violente. Cette décision marque un tournant dans la répression des mouvements écologistes : en dépit de l’augmentation inquiétante du nombre de condamnations, les autres procès impliquant plusieurs scientifiques français·es s’étaient jusqu’ici toujours conclus par des relaxes. Les scientifiques dénoncent le fait que, tout au long d’une procédure-bâillon de 3 ans, la justice bavaroise a refusé de discuter de la légitimité de la désobéissance civile contre l’inaction climatique, et n’a pas hésité à leur faire subir une semaine de détention préventive. La procédure a néanmoins permis de réduire nettement les amendes par rapport aux réquisitions initiales exorbitantes du procureur et des multinationales BMW et BlackRock.
Alors que l’échec de l’Accord de Paris sur le climat est patent dix ans après sa signature, Scientifiques en rébellion poursuit la mobilisation, avec une série de conférences à Paris dans le cadre de l’AlterCOP30 et une performance artistique et scientifique de 10h lectures et de musique le samedi 22 novembre au Trocadéro.
Cinq scientifiques ont été condamnés à des peines de 1350 € à 2700 €, pour un total de 11 250 €. Une sixième scientifique qui n’avait participé qu’à une partie des actions a été relaxée, mais le parquet peut encore faire appel. C’est la première fois que plusieurs scientifiques français sont condamnés suite à un procès pour une action de désobéissance civile en faveur du climat. Les procès précédents se sont jusqu’ici soldés par des relaxes (notamment pour état de nécessité) : à Paris suite à une conférence-occupation au Muséum national d’histoire naturelle en 2022 ; au Havre suite au blocage d’un pont contre la construction d’un terminal méthanier en 2024 ; à Bobigny, suite à une occupation du tarmac de l’aéroport de Roissy.
Hugo Raguet, scientifique poursuivi en Allemagne, a déclaré à la sortie de l’audience : « La peine disproportionnée infligée par le tribunal de Munich illustre l’acharnement des entreprises climaticides contre les mobilisations écologistes, avec la complicité des États. Les lanceurs et lanceuses d’alerte comme nous sont emprisonnés et poursuivis pour des actions non-violentes, alors que les véritables criminels climatiques continuent à causer des souffrances à des millions de personnes pour préserver leurs profits. »
Les scientifiques poursuivi·es devant le tribunal de district de Munich devaient répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment de dégradation, d’intrusion et de coercition, à la suite d’actions non-violentes au cours desquelles ils et elles s’étaient introduit·es dans les bureaux du fonds d’investissement BlackRock, s’étaient collé les mains à une voiture de luxe dans un salon d’exposition BMW, et avaient bloqué une intersection au centre de Munich. Ces actions ont été menées à l’occasion d’une campagne de désobéissance civile non-violente du collectif Scientist Rebellion, en octobre 2022, à Berlin et Munich, pour dénoncer le manque de mesures de lutte contre le changement climatique. Leurs arrestations à ce moment-là, impliquant 20 personnes au total, avaient déjà été suivies de détentions préventives durant jusqu’à 6 jours, ce qui avait suscité une tribune de soutien de 1200 scientifiques. Cette audience arrive après des ordonnances pénales d’amendes individuelles exorbitantes (excédant largement le seuil conférant un casier judiciaire) immédiatement contestées, puis trois années de procédure impliquant trois déplacements en personne en Allemagne.
La persévérance des scientifiques poursuivi·es et de leurs avocat·es a cependant permis de faire très nettement diminuer le montant initial des amendes (environ 50 000 € pour 6 personnes) et l’estimation des dommages matériels causés aux multinationales BMW et BlackRock (40 000 €). L’exagération des dommages a d’abord été clairement démontrée par une contre-expertise des frais de nettoyage des bureaux de BlackRock, divisant par quatre l’estimation initiale. Les avocat·es de la défense ont ensuite montré le peu de sérieux des estimations des dommages causés aux voitures exposées dans le showroom BMW, qui s’élevaient à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ils et elles ont montré que l’expert mandaté par le tribunal n’avait pu physiquement accéder aux voitures concernées et encore moins aux pièces remplacées. Ils et elles ont contesté la méthode d’expertise et ont fait apparaître sa situation de conflit d’intérêts : vendeur de voitures, il promeut la voiture thermique individuelle et a reconnu lors de l’audience croire les déclarations de BMW sans les vérifier.
On ne peut que regretter que le tribunal ait refusé de débattre de la seule question qui compte vraiment : les actions de désobéissance civile menées par ces scientifiques étaient-elles légitimes et proportionnées face à l’urgence climatique, au manque d’actions du gouvernement allemand, et à la responsabilité de BMW et de BlackRock dans l’obstruction aux politiques écologiques ? Alors que de nombreuses juridictions à travers le monde ont reconnu la légitimité de ce type de mobilisation ou condamné des États pour inaction climatique, le tribunal de district de Munich s’est contenté de débattre des détails des actions menées. Dans leur déclaration commune lors de l’audience du 17 novembre, les scientifiques poursuivi·es ont dénoncé : « S’il y a des criminels dans cette affaire, ce sont BMW, BlackRock, et les gouvernements qui les soutiennent aveuglément contre l’intérêt commun. », regrettant que « les lois accordent encore une place prépondérante à la propriété privée et aux intérêts à court terme, escamotant l’importance de la crise écologique et ne permettant pas de protéger la population ».
Trois ans après les actions poursuivies, leurs motivations sont plus que jamais d’actualité puisque le gouvernement de Friedrich Merz et BMW continuent d’entraver la lutte contre le changement climatique en défendant la production de SUV (qui, même hybrides ou électriques, restent une aberration écologique et de santé publique) et en contestant l’interdiction de la vente de voitures thermiques en 2035 dans l’Union européenne. Quant à BlackRock, il a officialisé son absence d’engagement pour le climat en se retirant en 2025 de l’initiative Net Zero Asset Managers, qui consistait pourtant surtout à du greenwashing.
Les activistes et Scientifiques en rébellion dénoncent une disproportion dans la réponse judiciaire faisant une large place à des demandes financières de criminels climatiques à l’abri du besoin (p. ex. 5 milliards de dollars de bénéfices pour BlackRock en 2023). Cette procédure-bâillon fait écho à un climat d’étouffement répressif des mobilisations écologistes en Allemagne comme ailleurs. Cet acharnement judiciaire contre des scientifiques ayant mené des actions essentiellement symboliques illustre une dynamique dangereuse plus large dénoncée par Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs et défenseuses de l’environnement. Dans son rapport publié le 28 février 2024 intitulé « Répression par l’État des manifestations et de la désobéissance civile environnementales : une menace majeure pour les droits humains et la démocratie », il préconise aux États de veiller à ce que les décisions de justice ne contribuent pas à restreindre la liberté d’expression. Ce 3 juillet dernier, dans son rapport « Attaqué·es pour avoir défendu la planète », Amnesty International dénonçait la montée des pratiques autoritaires envers les défenseuses et défenseurs de l’environnement partout dans le monde, à rebours de l’urgence, des attentes de la population et des libertés individuelles nécessaires à l’État de droit.
Hasard du calendrier, le 17 novembre se tient aussi à la Cour d’appel de Paris le procès de deux activistes écologistes pour une action non violente menée en février 2020 par Youth for Climate et Extinction Rebellion contre le siège de BlackRock France. En disproportion totale avec les faits reprochés, deux militants non violents avaient été condamnés à de la prison avec sursis en première instance, assortis d’une amende et d’une interdiction de paraître à Paris.
Scientist Rebellion est un mouvement international de scientifiques et d’universitaires de plus de 32 pays qui appellent à la désobéissance civile pacifique face à l’échec politique de la crise climatique. Sa branche française Scientifiques en rébellion comprend 500 membres et 3500 sympathisant·es.
15.11.2025 à 01:00
Résidence du 17 au 21 novembre 2025
Scientifiques en rébellion (SeR) participe à la deuxième semaine de l’AlterCOP30 organisée par l’Académie du Climat. Venez nous rencontrer, échanger et participer à nos ateliers et débats !
Un duplex Paris-Belem aura lieu tous les jours à 17h.
Rencontre : Jusqu’où s’engager ? Échange avec les activistes SeR en procès
Six membres français·es de Scientifiques en rébellion passent en audience au tribunal à Munich pour des actions de désobéissance civile non violente menées en 2022 dans le cadre de la campagne internationale Unite Against Climate Failure. Ces activistes, confronté·es à des chefs d’accusation comme la dégradation, l’intrusion et la coercition, risquent des amendes pouvant atteindre 10 000 € par personne, commuables en 5 mois de prison. Venez échanger sur leur vécu, les enjeux de justice climatique et les perspectives d’action. En savoir plus
Arpentage du rapport sur la désinformation climatique
Le rapport « Cartographie de la désinformation climatique dans les médias français et brésiliens » (Data For Good, QuotaClimat, Science Feedback) révèle des conclusions alarmantes sur la manipulation de l’information climatique. SeR propose un arpentage collectif : une méthode de lecture partagée pour analyser et discuter ce rapport de 120 pages, et réfléchir ensemble à la lutte contre la désinformation. En savoir plus
Atelier : Santé et justice climatique
Le changement climatique et les bouleversements environnementaux n’ont pas les mêmes impacts sur toutes les populations, notamment en matière de santé. Cet atelier propose un arpentage du rapport annuel de The Lancet sur les effets quantifiables des crises écologiques, suivi d’une réflexion sur les inégalités et les solutions possibles. En savoir plus
Projection & débat : Islande, Terre de Sprakkar
Projection du film « Islande, Terre de Sprakkar », suivi d’un débat sur le leadership féminin face aux bouleversements systémiques. Avec la réalisatrice Doris Buttignol et des intervenantes engagées : Hala Bounaidja (éco-féministe décoloniale), Alicia Lachaise-Kondracki (Les Impactrices), Laureline Fontaine (droit constitutionnel), Ariane Lambert-Mogiliansky (économie et corruption), et Aude Carreric (climatologue, SeR). En savoir plus
Atelier : Sciences et justice environnementale – Tensions et paradoxes
Les sciences de la Terre et de l’environnement alertent depuis longtemps sur les crises écologiques. Mais sont-elles toujours au service de la justice environnementale ? Cet atelier participatif explore les tensions entre sciences, politique et justice, avec des débats sur la géo-ingénierie, le techno-solutionnisme et l’écart entre savoir et action. En savoir plus
Lieu : Académie du Climat, 2 Place Baudoyer, 75004 Paris
Buvette : Ouverte du mercredi au samedi de 11h à minuit. Plats végétariens, végan, sans gluten, et boissons locales.
Tous les événements de l’AlterCOP30 : Académie du Climat
Pourquoi participer ? Ces événements sont l’occasion de nous rencontrer, scientifiques engagé·es, de débattre des enjeux climatiques et de découvrir des initiatives concrètes pour la justice environnementale et sociale.
12.11.2025 à 01:00
La quatrième et probablement dernière audience du procès de 6 Français·es membres de Scientifiques en rébellion se déroulera le 17 novembre au tribunal de district de Munich. Les scientifiques dénoncent le fait que, tout au long d’une procédure-bâillon de 3 ans, la justice allemande a refusé de discuter de la légitimité de la désobéissance civile contre l’inaction climatique. Un verdict devrait être rendu, avec des amendes et des dommages et intérêts de plusieurs milliers d’euros par personne. Malgré une nette réduction vis-à-vis des réquisitions initiales du procureur et des multinationales BMW et BlackRock, ces réponses judiciaires disproportionnées (notamment une semaine de détention préventive) n’en participent pas moins à la criminalisation des mobilisations écologistes, alors que l’échec de l’Accord de Paris sur le climat est patent dix ans après sa signature. Un autre procès se tiendra d’ailleurs à Paris le 17 novembre suite à une action de Youth for Climate et Extinction Rebellion contre BlackRock en 2020.
Les scientifiques poursuivi·es doivent répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment de dégradation, d’intrusion et de coercition, à la suite d’actions non-violentes dans les bureaux du fonds d’investissement BlackRock, dans un salon d’exposition BMW et à une intersection bloquée au centre de Munich. Ces actions ont été menées à l’occasion d’une campagne de désobéissance civile non-violente du collectif Scientist Rebellion, en octobre 2022, à Berlin et Munich, pour dénoncer le manque de mesures de lutte contre le changement climatique. Leurs arrestations à ce moment-là, impliquant 20 personnes au total, avaient déjà été suivies de détentions préventives durant jusqu’à 6 jours. Cette audience arrive après des ordonnances pénales d’amendes individuelles exorbitantes (excédant largement le seuil conférant un casier judiciaire) immédiatement contestées, puis trois années de procédure impliquant trois déplacements en personne en Allemagne.
La persévérance des scientifiques poursuivi·es et de leurs avocat·es a cependant permis de faire très nettement diminuer le montant initial des amendes (environ 50 000 € pour 6 personnes) et des dommages et intérêts à verser aux multinationales BMW et BlackRock (40 000 €). L’exagération des dommages a d’abord été clairement démontrée par une contre-expertise des frais de nettoyage des bureaux de BlackRock, divisant par quatre l’estimation initiale. Les avocat·es de la défense ont ensuite montré le peu de sérieux des estimations des dommages causés aux voitures exposées dans le showroom BMW, qui s’élevaient à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ils et elles ont montré que l’expert mandaté par le tribunal n’avait pu physiquement accéder aux voitures concernées et encore moins aux pièces remplacées. Ils et elles ont contesté la méthode d’expertise et ont fait apparaître sa situation de conflit d’intérêts : vendeur de voitures, il promeut la voiture thermique individuelle et a reconnu lors de l’audience croire les déclarations de BMW sans les vérifier.
On ne peut que regretter que le tribunal ait refusé de débattre de la seule question qui compte vraiment : les actions de désobéissance civile menées par ces scientifiques étaient-elles légitimes et proportionnées face à l’urgence climatique, au manque d’actions du gouvernement allemand, et à la responsabilité de BMW et de BlackRock dans l’obstruction aux politiques écologiques ? Alors que de nombreuses juridictions à travers le monde ont reconnu la légitimité de ce type de mobilisation (allant jusqu’à admettre dès la première instance l’état de nécessité pour des actions impliquant Scientifiques en rébellion au Havre ou à Paris) ou condamné des États pour inaction climatique, le tribunal de district de Munich s’est contenté de débattre des détails des actions menées. Trois ans après les actions poursuivies, ses motivations sont plus que jamais d’actualité puisque le gouvernement de Friedrich Merz et BMW continuent d’entraver la lutte contre le changement climatique en défendant la production de SUV (qui, même hybrides ou électriques, restent une aberration écologique et de santé publique) et en contestant l’interdiction de la vente de voitures thermiques en 2035 dans l’Union européenne. Quant à BlackRock, il a officialisé son absence d’engagement pour le climat en se retirant en 2025 de l’initiative Net Zero Asset Managers, qui consistait pourtant surtout à du greenwashing.
Les activistes et Scientifiques en rébellion dénoncent une disproportion dans la réponse judiciaire faisant une large place à des demandes financières de criminels climatiques à l’abri du besoin (p. ex. 5 milliards de dollars de bénéfices pour BlackRock en 2023). Cette procédure-bâillon fait écho à un climat d’étouffement répressif des mobilisations écologistes en Allemagne comme ailleurs. Cet acharnement judiciaire contre des scientifiques ayant mené des actions essentiellement symboliques illustre une dynamique dangereuse plus large dénoncée par Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs et défenseuses de l’environnement. Dans son rapport publié le 28 février 2024 intitulé « Répression par l’État des manifestations et de la désobéissance civile environnementales : une menace majeure pour les droits humains et la démocratie », il préconise aux États de veiller à ce que les décisions de justice ne contribuent pas à restreindre la liberté d’expression. Ce 3 juillet dernier, dans son rapport « Attaqué·es pour avoir défendu la planète », Amnesty International dénonçait la montée des pratiques autoritaires envers les défenseuses et défenseurs de l’environnement partout dans le monde, à rebours de l’urgence, des attentes de la population et des libertés individuelles nécessaires à l’État de droit.
Hasard du calendrier, le 17 novembre se tiendra aussi à la Cour d’appel de Paris le procès de deux activistes écologistes pour une action non violente menée en février 2020 par Youth for Climate et Extinction Rebellion contre le siège de BlackRock France. En disproportion totale avec les faits reprochés, deux militants non violents avaient été condamnés à de la prison avec sursis en première instance, assortis d’une amende et d’une interdiction de paraître à Paris.
27.10.2025 à 01:00
La troisième audience du procès de 6 Français·es membres de Scientifiques en rébellion s’est déroulée aujourd’hui 27 octobre au tribunal de district de Munich. L’audience a été levée une fois de plus sans qu’aucun verdict ne soit prononcé.
La journée d'audience a été marquée par de longues discussions sur l'expertise BMW, qui estime des dommages de plusieurs milliers d’euros sur la voiture d’exposition alors que les scientifiques avaient utilisé de la colle facilement lavable. Les avocat·es de la défense ont notamment contesté la méthode utilisée par l’expert et ont fait apparaître un possible conflit d’intérêts de ce dernier. Ils et elles ont fait la demande d’une contre-expertise, sur laquelle le juge n’a pas statué aujourd’hui. Le procureur a ensuite essayé de démontrer les charges de coercition en appelant à témoigner trois policiers et en visionnant les images de surveillance de l’action de la rue Brienner Straße, qui, à l’inverse, montraient qu’aucune voiture n’avait été bloquée. Les avocat·es de la défense ont donc demandé à ce que les charges de coercition soient levées. Aucun accord ni verdict n’ayant été conclu aujourd’hui, le procès continue. La prochaine audience se tiendra le 17 novembre.
Les activistes, ainsi que Scientifiques en rébellion, dénoncent la lenteur et le poids des poursuites judiciaires qui épuisent les personnes impliquées tout en ne permettant pas de débattre sereinement des vraies causes qui les ont amené·es à agir. Ils et elles dénoncent également les peines très sévères et disproportionnées demandées par la justice bavaroise, participant à la criminalisation des actions non-violentes qui visent à attirer l’attention sur l’urgence climatique et écologique. Face aux alertes de plus en plus fortes des scientifiques et de la société civile, la réponse des gouvernements ne doit pas être la répression, mais l’adoption de mesures politiques à la hauteur des enjeux.
Les scientifiques alertent depuis des décennies sur l'accélération du dérèglement climatique, la perte de biodiversité et l'aggravation des injustices qui accompagnent l'effondrement écologique. Fort·es de ces consensus scientifiques, des membres de Scientifiques en Rébellion accusé·es dans ce procès présenteront, lors d’une conférence en ligne le 7 novembre à l’occasion de la « Sustainability Week » organisée par Centre Munichois de la durabilité (Münchener Zentrum für Nachhaltigkeit), les raisons de leur engagement dans la désobéissance civile non violente comme forme délibérée de communication climatique. Ils et elles évoqueront également les poursuites judiciaires engagées contre eux par l'État bavarois, ainsi que les implications éthiques, politiques et professionnelles d'une telle action.
Les scientifiques poursuivi·es doivent répondre de plusieurs chefs d'accusation, notamment de dégradation, d’intrusion et de coercition, à la suite d’actions non-violentes dans les bureaux du fond d’investissement BlackRock, à une intersection bloquée au centre de Munich, et dans le salon d’exposition BMW. Ces actions ont été menées à l’occasion d’une campagne de désobéissance civile non-violente du collectif Scientist Rebellion, en octobre 2022, à Berlin et Munich, pour dénoncer le manque de mesures de lutte contre le changement climatique. Leurs arrestations à ce moment-là, impliquant 20 personnes au total, avait déjà été suivies de détentions préventives durant jusqu’à 6 jours. Leur incarcération avait provoqué une vive réaction de la communauté scientifique : 1300 scientifiques avaient signé une lettre ouverte en soutien à leurs collègues. Par la suite, des amendes individuelles très élevées ont été requises contre les prévenu·es, s’élevant à près de 10 000 euros par personne, pouvant être commuées en 5 mois de prison. Ces amendes ont été systématiquement et formellement contestées, ouvrant ainsi la voie à une série de procès au tribunal de district de Munich.
Scientist Rebellion est un mouvement international de scientifiques et d'universitaires de plus de 32 pays qui appellent à la désobéissance civile pacifique face à l'échec politique de la crise climatique. Sa branche française Scientifiques en rébellion comprend 500 membres et 4000 sympathisant·es.
07.10.2025 à 02:00
Six militant·es climatiques français·es, dont cinq scientifiques, ont participé le 7 octobre 2025 à la seconde audience de leur procès au tribunal de district de Munich en Allemagne. Ils et elles doivent répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment de dégradation, d’intrusion et de coercition, à la suite d’actions non-violentes dans les bureaux du fonds d’investissement BlackRock, à une intersection bloquée au centre de Munich, et dans le salon d’exposition BMW. Ces actions ont été menées au sein du collectif Scientist Rebellion en octobre 2022. Leurs arrestations à ce moment-là, impliquant 20 personnes au total, avaient déjà été suivies de détentions préventives durant jusqu’à 6 jours. Le procureur avait alors requis des amendes individuelles allant jusqu’à 12 800 euros, pouvant être commuées en 5 mois de prison.
Pendant l’audience, les six inculpé·es ont pu insister sur la finalité des actions de désobéissance civile non-violente visant à alerter sur la gravité des crises écologiques et le dommage déjà établi et à venir sur les populations de toute la planète. Ils et elles ont pu justifier le choix des deux multinationales, BlackRock et BMW, en portant à la connaissance du juge des études scientifiques et enquêtes d’ONG démontrant leur rôle dans l’obstruction climatique. Le choix de cibler une voiture de luxe n’avait pas non plus été fait au hasard puisque le rôle de la construction d’une image de la voiture désirable, mais aussi la structuration de la société via des décennies de politiques publiques influencées par les lobbies des grandes entreprises, a également été démontré. L’une des revendications de l’action était l’engagement de politiques publiques en faveur des transports en commun et l’adoption d’une vitesse limite sur les autoroutes allemandes, afin de réduire l’impact catastrophique des voitures individuelles sur la santé humaine, notamment dû à la pollution atmosphérique. Une autre revendication était l’annulation de la dette des pays du Sud global, les moins responsables du dérèglement climatique et pourtant les plus exposés à ses impacts. Cette revendication continue d’avoir tout son sens comme on le verra très certainement lors la prochaine COP30 où les enjeux de financement mais aussi de justice climatique seront comme chaque année sur le tapis. Enfin, les six inculpé·es ont signalé le contexte d’aggravation de la répression des activistes défenseurs de l’environnement qui fait l’objet de nombreuses alertes sur l’atteinte aux droits fondamentaux notamment de la part du rapporteur spécial Michel Forst et d’Amnesty International.
Vers 16h, l’audience a été levée car l’avocat de BMW a montré des images des traces de colle sur la voiture auxquelles les avocats des prévenu·es n’avaient pas eu accès. Le procès reprendra le 17 octobre.
25.09.2025 à 02:00
Les attaques contre l’écologie et les sciences du climat se multiplient à travers le monde. Malgré leurs discours, les États européens sont loin d’être des modèles. Pour alerter sur la gravité de la crise environnementale, des scientifiques mènent des actions de désobéissance civile non violente. Et se retrouvent parfois en procès pour cela. En ce mois d’octobre, à l’approche de la COP30 et des dix ans de l’Accord de Paris, ce sera le cas pour 10 d’entre elles et eux lors de deux procès qui se tiendront en France et en Allemagne. Les scientifiques en rébellion défileront lors de la marche « Climat, Justice, Liberté » du 28 septembre prochain en soutien aux inculpé·es.
Dans la soirée du 9 au 10 avril 2022, une trentaine de scientifiques et militant·es d’Extinction Rebellion s’installaient dans une galerie du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), à Paris, pour alerter, sans violence ni dégradation ni gêne pour le public, sur l’effondrement de la biodiversité et la crise climatique au travers d’une conférence-occupation intitulée « La nuit de l’Extinction ». En octobre de la même année, plusieurs dizaines de scientifiques de France et d’autres pays menaient une série d’actions de désobéissance civile non-violente à Berlin et Munich pour dénoncer le manque de mesures pour lutter contre le changement climatique. Ils et elles se sont notamment collé les mains à une voiture de luxe dans un salon d’exposition de BMW et introduit·es dans les locaux du fonds d’investissement BlackRock. Trois ans plus tard, deux procès se tiendront à quelques jours d’écart en France et en Allemagne, témoignant de la poursuite de la répression à l’encontre de ces lanceurs et lanceuses d’alerte climatique.
Le procès en France se tiendra devant la Cour d’appel de Paris le 10 octobre contre quatre scientifiques et militant·es. Il fait suite à une relaxe en première instance au nom de l’état de nécessité. Le juge avait reconnu « l’imminence et l’actualité » de la menace ainsi que la proportionnalité entre l’action de désobéissance civile, qui n’avait occasionné aucun dégât matériel, et sa finalité. Pourtant, le parquet a fait appel de cette décision, comme il l’avait fait lors de précédentes décisions similaires (e.g. le décrochage des portraits d’Emmanuel Macron à Lyon, l’action d’Extinction Rebellion dénonçant l’agroindustrie à La Rochelle ou le blocage du port du Havre par des militant·es et des scientifiques). Si la Cour d’appel de Paris confirmait le jugement de première instance, à savoir la relaxe pour état de nécessité, comme le plaidera l’avocat des prévenue·es Me Thomas Brédillard, il s’agirait d’une décision historique en France : jusqu’à aujourd’hui, les relaxes ont été prononcées au nom de la liberté d’expression.
Le procès en Allemagne se tiendra au tribunal de district de Munich le 7 octobre contre six scientifiques français·es. Le procureur a requis au printemps 2024 des amendes individuelles allant jusqu’à 12 800 euros, pouvant être commuées en 5 mois de prison. Ces peines sont particulièrement sévères, et viennent s’ajouter aux six jours de détention préventive déjà subis à la suite de l’action. Les prévenu·es ont refusé de conclure un accord de réduction de peine, dénonçant l’estimation démesurée des dommages et intérêts demandés par BMW, qui s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers d’euros alors que les scientifiques avaient utilisé de la mélasse et de la colle facilement lavables.
Les avocat·es allemand·es des scientifiques, appuyé·es par des avocat·es français·es (Mes Vincent Brengarth, Sarra Dajean et Églantine Roland), plaideront la relaxe au nom de l’état de nécessité et la liberté d’expression. Défendre devant un tribunal la finalité et les modalités d’action est un exercice très différent de l’écriture d’articles scientifiques ou de tribunes. Ces actions et les procès qui en découlent sont pensés pour stimuler les sursauts sociétaux nécessaires et renforcer l’action d’autres collectifs. Tous deux mettent en lumière les blocages systémiques : dans le cas de l’action de Munich, les secteurs de l’automobile et de la finance.
Cet acharnement judiciaire contre des scientifiques ayant mené des actions essentiellement symboliques dans deux pays européens illustre une dynamique dangereuse plus large dénoncée par le rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs et défenseuses de l’environnement Michel Forst. Dans son rapport publié le 28 février 2024 intitulé « Répression par l’État des manifestations et de la désobéissance civile environnementales : une menace majeure pour les droits humains et la démocratie », il préconise aux États de veiller à ce que les décisions de justice ne contribuent pas à restreindre la liberté d’expression. Ce 3 juillet dernier, dans son rapport « Attaqué·es pour avoir défendu la planète », Amnesty International dénonçait la montée des pratiques autoritaires envers les défenseuses et défenseurs de l’environnement partout dans le monde, à rebours de l’urgence, des attentes de la population et des libertés individuelles nécessaires à l’État de droit. Face aux multiples attaques contre la science et les mobilisations écologistes, Scientifiques en rébellion mobilisera tous les recours juridiques nécessaires pour que les lanceurs et lanceuses d’alerte de la crise environnementale ne soient pas bâillonné·es en Europe. Le 28 septembre prochain, en participant aux marches « Climat, Justice, Liberté » au côté de nos collègues poursuivi·es, nous continuerons à affirmer haut et fort nos positions.
01.07.2025 à 02:00
Alors que la canicule s’abat sur l’Europe, les Scientifiques en rébellion et la communauté scientifique se sont de nouveau mobilisé·es pour redire haut et fort leur opposition à l’A69 lors d’une action qui s’est tenue en bord de Garonne le mardi 1er juillet en fin d’après-midi.
Deux équipages en canoë ont descendu le courant pour déployer le slogan du jour, « Pour nous, scientifiques, l’A69 c’est toujours non », en le déposant sur du gazon synthétique flottant sur la Garonne, métaphore de la prétendue compensation des terres détruites par l’A69, quai de la Daurade au son de cornes de brume. Pendant ce temps une vingtaine de scientifiques ont tracté pour alerter les passant·es au sujet des dérives anti-démocratiques et écocides du projet et pour annoncer la prochaine mobilisation du mouvement d’opposition à l’A69, du 4 au 6 juillet prochain dans le Tarn. Une tribune rédigé par Scientifiques en rébellion sera publiée dans Reporterre le mercredi 2 juillet pour détailler les raisons de cette mobilisation.
Les scientifiques présent.es sur les bords de la Garonne sont d’abord venu.es rappeler que l’opposition à l’autoroute A69 est largement partagée dans la communauté, comme l’atteste une tribune parue en octobre 2023 dans Le Nouvel Obs signée par plus de 1500 scientifiques. Un des arguments portés alors était que cette autoroute aurait un impact négatif en terme d’émissions de gaz à effet de serre, tout en maintenant la population dans un mode de vie développé autour de la voiture individuelle associée à la vitesse excessive des autoroutes. Dans un contexte de climatoscepticisme porté depuis la sphère politique d’extrême droite, les scientifiques ont rappelé dans leur tract que le consensus est bien que les activités humaines, émettant des gaz à effet de serre, sont la cause du réchauffement climatique observé. Une étude publiée le 19 juin 2025 montre que limiter le réchauffement planétaire à +1.5°C est d’ailleurs désormais inatteignable. Aussi, la cohérence politique d’un pays qui a organisé la COP 21 de 2015 devrait être de renoncer à des projets aussi anachroniques que celui de l’A69.
Ensuite, les scientifiques sont venu·es alerter à propos de la séquence politique en cours autour de ce projet, qui mêle altération de la séparation des pouvoirs et non respect de l’État de droit. Le 27 février dernier, le tribunal administratif de Toulouse a déclaré illégale l’autorisation environnementale de l’autoroute A69 délivrée par les préfectures du Tarn et de la Haute-Garonne en indiquant que la Raison impérative d’intérêt public majeur (RIPM) n’était pas remplie pour cette autoroute. En effet, l’article L411-1 du code de l’environnement interdit la destruction, l’altération ou la dégradation d’espèces protégées et de leurs habitats naturels, sauf si une RIIPM peut être argumentée. Face à ce jugement, l’État a obtenu en Cour d’appel de Toulouse le sursis à exécution du jugement le 28 mai dernier, ce qui explique que les travaux pourraient reprendre sous peu. Par ailleurs, une proposition de loi a été soumise aux chambres parlementaires pour déclarer de facto la RIIPM de l’A69, dans un atteinte grave à la séparation des pouvoirs. Le texte poursuit son cheminement ubuesque après un vote de rejet par les porteurs de la loi qui l’a envoyé en commission mixte paritaire où il a été voté le mercredi 25 juin dernier. Il y a un peu plus d’un an, des milliers de scientifiques avaient appelé à se mobiliser contre l’extrême droite. Le front républicain avait permis d’écarter son accession au pouvoir en juillet 2024. Les pratiques politiques illibérales en cours sont propres à favoriser une pratique autoritaire de l’extrême droite, si elle arrivait au pouvoir.
Enfin, les Scientifiques en rébellion expriment leur colère face à l’instrumentalisation des sciences faite dans ce texte de loi. En effet, la proposition de loi prétend s’adosser à une légitimité scientifique en affirmant faussement que « ces projets sont réputés répondre, en l’état des connaissances scientifiques disponibles [...] à une raison impérative d’intérêt public majeur ». Les élu·es sont libres de mépriser le consensus scientifique et les engagements internationaux de la France en matière de réduction de gaz à effet de serre. Mais cela ne peut se faire en arguant de connaissances scientifiques disponibles. Cela revient à pratiquer une inversion des arguments. Les données scientifiques disponibles ne vont pas dans le sens d’un intérêt public majeur à faire l’A69.
En conclusion, pour les scientifiques réuni·es sur les bords de la Garonne ce mardi 1er juillet, l’A69, c’est encore et toujours non.
11.06.2025 à 02:00
Le 23 mai dernier ont eu lieu deux actions de désobéissance civile non violente à Paris, à l’occasion de l’Assemblée générale de TotalEnergies. Des membres de Scientifiques en rébellion ont contribué à cette journée. Ce texte publié dans Le Club de Mediapart vise à relater ces évènements et à interroger le rôle répressif de la police.
En premier lieu, l’action « craquage total » [1] a débuté au siège de BNP Paribas. Il s’agissait de pointer une nouvelle fois la responsabilité des banques et des assureurs dans le financement de projets destructeurs comme l’oléoduc EACOP en Tanzanie et en Ouganda. Au matin, des militant·es ont investi le siège de la BNP, boulevard Haussmann, et une performance artistique a pu être donnée dans le hall d’entrée. La brigade de répression de l’action violente (nous soulignons) motorisée (BRAV-M) est intervenue rapidement. Plusieurs vidéos [2] indiquent clairement que son rôle a consisté à attendre les militant·es non violent·es (nous soulignons) à la sortie de la banque pour les molester, projeter au sol, etc.
En second lieu, une contre-Assemblée générale de Total [3] a commencé à s’organiser en début d’après-midi au square Louise Michel, juste au pied de la basilique Montmartre. L’objectif était de proposer une rencontre-débat citoyenne sur l’avenir énergétique. Là encore, la police, incarnée par la BRAV-M, en a décidé autrement. Les militant·es ont été nassé·es et le matériel confisqué ou détruit. Plusieurs camarades, en particulier les porte-paroles, ont été placé·es en garde à vue. Pendant plusieurs heures, de nombreux·ses touristes ont assisté à l’étrange scène d’une vingtaine de militant·es assis·es calmement à côté de la fontaine Paul Gasq et entouré·es par des policiers vêtus de noir et casqués. « La France est bien le pays des droits de l’Homme ? » a-t-on pu entendre.
La répression policière au travers de ces deux actions suscite plusieurs commentaires :
Il est clair une fois de plus que la police, incarnation du pouvoir gouvernemental, n’hésite pas à utiliser la violence sur des militant·es non violents. L’intervention à deux reprises de la BRAV-M l’atteste, de même que ses modalités plus que musclées. Nous avons été choqué·es par ces images ou par les témoignages de camarades brutalisé·es sans raison. Rappelons qu’en 2022, l’ONU, au travers de son rapporteur spécial Michel Forst, avait dénoncé la France comme étant le « pire pays d’Europe concernant la répression policière des militants environnementaux » [4].
Plus généralement il est notable que l’action de la police s’est inscrite dans cette stratégie visant à faire de l’ « espace des manifestations et de la contestation démocratique [...] une zone d’exception » [5]. L’intervention disproportionnée de forces policières avec un « impact visuel » a plusieurs effets, à commencer par décourager les manifestant·es mais aussi par donner au public l’impression que son intervention est nécessaire face à des contestations qui seraient illégitimes.
La police est intervenue de façon extrêmement rapide, ce qui laisse à penser qu’une vigilance particulière existait en ce jour de la 101e Assemblée générale de Total. Si on songe aux dispositifs de vidéo-surveillance, désormais omniprésents, et aux déplacements motorisés de la BRAV-M, le résultat n’est pas étonnant. Par contre, on pourra s’étonner d’un pareil déploiement policier dans un contexte d’Assemblée générale d’une entreprise privée. Les touristes de Montmartre nous ont posé une question importante. L’article 12 de la Déclaration des droits de l’Homme de 1789 nous rappelle ainsi que « La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. » [6]
Alors que l’avantage de tou·tes et l’intérêt général consisteraient à redoubler d’effort pour affronter les bouleversements écologiques majeurs en cours, le gouvernement préfère museler les voix qui encouragent la discussion et la construction commune d’un avenir soutenable. Nous ne nous laisserons pas intimider par les nouvelles stratégies policières : nous tenons à réaffirmer notre attachement à la désobéissance civile non-violente et à souligner que cette voie a, dans l’histoire, souvent permis aux causes légitimes de s’imposer.
[1] L’action du matin de « Craquage total ».
[2] Par exemple la vidéo de cet article.
[3] Le récit de la contre AG Total.
[5] Lucas Lévy-Lajeunesse, « Police vs État de droit », AOC, 7 avril 2025.
[6] La déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789.
05.04.2025 à 02:00
À deux jours de la Journée internationale de la santé, et alors que le Parlement s’apprête à adopter un texte visant à réintroduire des pesticides hautement toxiques, notamment les néo-nicotinoïdes, près de 2000 personnes ont marché pour demander l’interdiction des pesticides, le samedi 5 avril à Paris, au départ du Muséum National d’Histoire Naturelle, en direction du ministère de la Santé.
Cette mobilisation était organisée par Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion, rejoints par des dizaines de collectifs venus de la France entière. Plusieurs prises de parole ont dénoncé les ravages des pesticides sur l’effondrement de la biodiversité, et leurs impacts croissants et avérés sur l’explosion des pathologies humaines.
Selon Pierre-Henri Gouyon, chercheur au MNHN : « l’agriculture intensive ne se maintient qu’en détruisant la vie sur terre et les puissants lobbies de l’agrochimie emploient de nombreux marchands de doute pour le cacher. ll est urgent de lever le voile sur le massacre en cours ». Les pesticides contaminent tous les milieux, sols, air, eau, partout sur la planète et participent à l’extinction de masse des nombreuses populations animales, notamment les insectes, dont les pollinisateurs mais aussi les populations d’oiseaux des habitats agricoles (Inrae, Ifremer, 2022).
Les dommages des pesticides sur l’environnement se doublent du drame de leur toxicité sur la santé humaine. Dr Pierre-Michel Perinaud (Alerte des Médecins contre les Pesticides) souligne que l’expertise de l’Inserm Pesticides et santé (2022) confirme « une augmentation inquiétante des pathologies liées aux pesticides chez les professionnels agricoles, mais aussi dans la population générale. Les perturbateurs endocriniens, dont beaucoup sont des pesticides, sont responsables de troubles de la fertilité, de cancers précoces (dont le cancer du sein), de l’obésité, du diabète et de troubles immunitaires, et, plus largement, d’un nombre considérable de pathologies chez l’humain dont un nombre croissant de clusters de cancers pédiatriques dans certaines régions ».
C’est aussi le constat de Dr Mélanie Popoff (Alliance santé planétaire) qui pointe « l’explosion des maladies chroniques en lien avec l’exposition aux polluants, les effets des pesticides sur la santé humaine via leur activité cancérigène, mutagène, reprotoxique (CMR), perturbateurs endocriniens ou leurs propriétés de PFAS. »
Le drame de la contamination au chlordécone dans les pays de la Karayib (Antilles « françaises ») est un scandale sanitaire, environnemental, sociétal et économique emblématique de l’histoire coloniale française comme le rappelle Lilith du COAADEP (Collectif des Ouvriers Agricoles et de leurs Ayants Droit Empoisonnés par les Pesticides) : « Alors que des milliers de personnes sont contaminées par le chlordécone, que le crime est reconnu par l’État responsable avec les lobbies, de ce désastre, la justice n’a pas été rendue : les crimes restent impunis ». Pour le président de la COAADEP, Mr Yvon Sérénus : « C’est au-delà du scandale, un mépris des plus ignobles commis par l’État en continuité de la traite transatlantique sur laquelle la France s’est développée de manière exponentielle. Nos malades sont laissés pour compte, au nom d’une agriculture coloniale : la monoculture de la banane. »
Michel Daviet (Collectif des victimes des pesticides de l’ouest), témoigne de son lymphome, reconnue maladie professionnelle suite à la manipulation des pesticides et dénonce leur toxicité, tout comme Monique Savatier (Riverains ensemble) : « les 22 millions d’habitants des campagnes françaises sont en première ligne face à la pollution des pesticides et des collectifs de riverains, de plus en plus nombreux, s’organisent pour défendre des campagnes vivantes et soutenir les petits paysans qui œuvrent pour un modèle agricole respectueux de l’environnement ».
L’Union européenne est la première région productrice de pesticides dans le monde ; elle exporte dans les pays du sud les pesticides les plus toxiques interdits sur son sol. Il s’agit d’un véritable colonialisme chimique qui doit cesser. « La démocratie des lobbys phytosanitaires, dont l’influence sur les décisions politiques passe avant celle des scientifiques, n’est pas la démocratie que nous souhaitons. Mais nous défendons celle de la défense de l’intérêt général, de la santé publique et de la lutte contre les inégalités en France et à l’international », souligne Dr Jean-François Corty (Médecins du monde).
Pourtant les solutions existent, la prospective Inrae (2023) montre que l’agriculture européenne peut s’affranchir des pesticides chimiques, tout en restaurant les écosystèmes, en limitant les émissions de gaz à effets de serre et en préservant la souveraineté alimentaire. Il faut donc de la volonté politique comme le soulignent Aline Aurias et Gaspard Manesse (Confédération paysanne) : « L’agriculture consomme 95 % des pesticides en France, épandus par des paysans pris dans l’engrenage mortifère d’un modèle agroindustriel de concurrence. Pourtant des solutions tangibles existent, et doivent être mises en œuvre par des politiques courageuses ».
En juin 2023, le tribunal administratif de Paris condamnait la France pour inaction face à l’effondrement du vivant et la sommait de réduire sa consommation de pesticides, conformément à ses obligations nationales et européennes. En dépit de cette injonction, nos politiques proposent de voter la réintroduction des néonicotinoïdes, et de sacrifier les normes environnementales protectrices dans la loi Duplomb !
Face aux reculades politiques scandaleuses, au détriment de tous les êtres vivants, cette mobilisation appelait à changer de toute urgence de modèle agricole. Un investissement massif est demandé pour accompagner les agriculteurs et agricultrices vers des méthodes agronomiques biologiques et agro-écologiques.
L’action était co-organisée par Extinction Rebellion, Scientifiques en rébellion, Agir pour l’Environnement, Alerte des Médecins contre les Pesticides, le Collectif des Ouvriers Agricoles et de leurs Ayants Droit Empoisonnés par les Pesticides, #NousToutes, Peuples Solidaires ActionAid, Secrets toxiques, et SUD Recherche. Près de 80 autres organisations nationales ou locales se sont jointes à l’appel.
Tribune publiée dans Mediapart le 3 avril 2025 : « Les pesticides tuent : santé et biodiversité en danger »
INRAE-IFREMER – Leenhardt S. Mamy L., Pesce S., Sanchez W. (coord) et al. (2022). Impacts des produits phytopharmaceutiques sur la biodiversité et les services écosystémiques, Synthèse du rapport d’ESCo, INRAE – Ifremer (France), 124 pages. https://www.inrae.fr/actualites/impacts-produits-phytopharmaceutiques-biodiversite-services-ecosystemiques-resultats-lexpertise-scientifique-collective-inrae-ifremer
INRAE – Tibi A., Martinet V., Vialatte A. (coord.) et al. (2022). Protéger les cultures en augmentant la diversité végétale des espaces agricoles., Synthèse du rapport d’ESCo. INRAE, 86 pages. https://www.inrae.fr/actualites/expertise-scientifique-collective-diversite-vegetale-solution-agroecologique-protection-cultures
INRAE – Mora O., Berne J.A, Drouet JL, Le Mouël C, Meunier C. et al. (2023) Prospective : Agriculture européenne sans pesticides chimiques en 2050. Rapport intégral, 643 p. DOI 10.17180/ca9n-2p17 https://www.inrae.fr/actualites/agriculture-europeenne-pesticides-2050
INSERM - Pesticides et effets sur la santé : Nouvelles données. (2021) Collection Expertise collective. Montrouge : EDP Sciences, 2021. 1 036 pages. https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/
Fontaine B., Moussy C., Chiffard Carricaburu J., Dupuis J., Corolleur E., Schmaltz L., Lorrillière R., Loïs G., Gaudard C. 2020. Suivi des oiseaux communs en France 1989-2019 : 30 ans de suivis participatifs. MNHN – Centre d' Ecologie et des Sciences de la Conservation, LPO BirdLife France – Service Connaissance, Ministère de la Transition écologique et solidaire. 46 pages. https://www.mnhn.fr/fr/actualites/pres-de-30-d-oiseaux-en-moins-en-30-ans-dans-les-villes-et-les-campagnes-francaises
Solagro (2022) Afterres 2050 Biodiversité. Un scénario fondé sur la nature et pour la nature. Pointereau P. (coord). https://solagro.org/afterres2050-biodiversite
Jacquet Florence, Jeuffroy Marie-Hélène, Jouan Julia, Le Cadre Edith, Malausa Thibaut, Reboud Xavier, Huyghe Christian (coord) (2022) Zéro pesticide. Un nouveau paradigme de recherche pour une agriculture durable. Éditions Quae. 9782759233106, 244 pages.
EFFONDREMENT DE 80 % DES POPULATIONS D’INSECTES EN 30 ANS
Hallmann CA, Sorg M, Jongejans E, Siepel H, Hofland N, et al. (2017) More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas. PLOS ONE 12(10) : e0185809. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0185809
PERTE DE 30 % DES POPULATIONS D’OISEAUX AGRICOLES EN 30 ANS
Fontaine B., Moussy C., Chiffard Carricaburu J., Dupuis J., Corolleur E., Schmaltz L., Lorrillière R., Loïs G., Gaudard C. 2020. Suivi des oiseaux communs en France 1989-2019 : 30 ans de suivis participatifs. MNHN – Centre d' Ecologie et des Sciences de la Conservation, LPO BirdLife France – Service Connaissance, Ministère de la Transition écologique et solidaire. 46 pp.
1 PLANTE SUR 5 EST MENACÉE D’EXTINCTION
Willis, K.J. (ed.) 2017. State of the World’s Plants 2017. Report. Royal Botanic Gardens, Kew.
40 % DES INSECTES DANS LE MONDE SONT MENACÉS D’EXTINCTION
Sanchez-Bayo (Sánchez-Bayo, Wyckhuys, 2019. Worldwide decline of the entomofauna : A review of its drivers. Biological Conservation)
31 % DES ESPÈCES DE PAPILLONS DE JOURS EN DÉCLIN EN EUROPE
Van Swaay, C., Cuttelod, A., Collins, S., Maes, D., López Munguira, M., Šašić, M., Settele, J., Verovnik, R., Verstrael, T., Warren, M., Wiemers, M. and Wynhof, I. 2010. European Red List of Butterfies Luxembourg : Publications Office of the European Union.
PLUS D’1 MILLION D’ESPÈCES EN DANGER D’EXTINCTION DANS LES PROCHAINES DÉCENNIES
United Nations Report, Nature’s Dangerous Decline ‘Unprecedented’; Species Extinction Rates ‘Accelerating’ (2019),. Accessed 15 November 2020.
Gunier RB, Bradman A, Harley KG, Eskenazi B. (2017) Will buffer zones around schools in agricultural areas be adequate to protect children from the potential adverse effects of pesticide exposure? PLoS Biol. https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.2004741
Jas N (2017) Millefeuilles institutionnels et production d’ignorance dans le « gouvernement » des substances chimiques dangereuses Raison présente 2017/4 (N° 204).
Billen et al. (2021) Reshaping the European agro-food system and closing its nitrogen cycle : The potential of combining dietary change, agroecology, and circularity, One Earth, Volume 4, Issue 6,2021, Pages 839-850, https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S259033222100289X?via%3Dihub
Wagner et al. (2021) Insect decline in the Anthropocene : Death by a thousand cuts. PNAS, https://doi.org/10.1073/pnas.2023989118
Ouvrages
Carson Rachel (1962) Printemps silencieux. Editions Wildproject (2020) 978-2-918-490-999, 352 pages
Dedieu François (2022) Pesticides – Le confort de l’ignorance. Editions Seuil, 978-2-02-147349-0, 369 pages
Foucart Stéphane (2019) Et le monde devint silencieux — Comment l’agrochimie a détruit les insectes, Editions Seuil, 9782021427424, 336 pages
Goulson Dave (2023) Terre silencieuse – Empêcher l’extinction des insectes, Editions du Rouergue, 9782812624070, 388 pages
Jouzel Jean-Noël (2019) Pesticides. Comment ignorer ce que l’on sait, Presses de Sciences Po.
05.04.2025 à 02:00
À deux jours de la Journée internationale de la santé, et alors que le Parlement s’apprêtait à adopter un texte visant à réintroduire des pesticides hautement toxiques, notamment les néo-nicotinoïdes, près de 2000 personnes ont marché pour demander l’interdiction des pesticides, le samedi 5 avril à Paris, au départ du Muséum National d’Histoire Naturelle, en direction du ministère de la Santé. Plusieurs prises de parole ont dénoncé les ravages des pesticides sur l’effondrement de la biodiversité, et leurs impacts croissants et avérés sur l’explosion des pathologies humaines.
Face aux reculades politiques scandaleuses, au détriment de tous les êtres vivants, cette mobilisation appelait à changer de toute urgence de modèle agricole. Un investissement massif est demandé pour accompagner les agriculteurs et agricultrices vers des méthodes agronomiques biologiques et agro-écologiques.
L’action était co-organisée par Extinction Rebellion, Scientifiques en rébellion, Agir pour l’Environnement, Alerte des Médecins contre les Pesticides, le Collectif des Ouvriers Agricoles et de leurs Ayants Droit Empoisonnés par les Pesticides, #NousToutes, Peuples Solidaires ActionAid, Secrets toxiques, et SUD Recherche. Près de 80 autres organisations nationales ou locales se sont jointes à l’appel.
Tribune publiée dans Mediapart : « Les pesticides tuent : santé et biodiversité en danger »
03.04.2025 à 02:00
« Nous devons changer de toute urgence de modèle agricole par un investissement massif pour accompagner les agriculteurs et agricultrices vers des méthodes agronomiques biologiques et agroécologiques. » Face aux reculades politiques, des dizaines de collectifs avec des scientifiques et des élu·es appellent à un arrêt au plus vite de l’usage des pesticides en France, en Europe et dans le monde.
Tribune publiée sur Mediapart.
Nous ne pouvons plus ignorer que les pesticides ont des effets délétères massifs sur la biodiversité et la santé.
En juin 2023, la France a été condamnée par le tribunal administratif de Paris pour inaction face à l'effondrement du vivant et est sommée de réduire sa consommation de pesticides conformément à ses obligations nationales et européennes. Malgré cette injonction, nos politiques proposent de voter la réintroduction des néonicotinoïdes et de sacrifier les normes environnementales protectrices dans la loi Duplomb visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur !
Face à ces reculades politiques scandaleuses, des dizaines de collectifs avec des scientifiques et des élu·es, appellent à un arrêt au plus vite de l’usage des pesticides en France, en Europe et dans le monde.
Nous devons changer de toute urgence de modèle agricole par un investissement massif pour accompagner les agriculteurs et agricultrices vers des méthodes agronomiques biologiques et agro-écologiques.
Car les alertes scientifiques se multiplient.
L'effondrement de la biodiversité est précipité par l'agriculture intensive industrielle qui répand 70 000 tonnes de pesticides par an en France contaminant tous les milieux (sols, air, eau, biote), avec des conséquences sur toutes les chaînes alimentaires (IFREMER-INRAE, 2022). Les études scientifiques montrent une chute fulgurante en Europe depuis 30 ans, de 60 à 80% de l’abondance des insectes (Halmann et al., 2017) ainsi que de 30% des populations d’oiseaux dont le déclin est lié notamment aux pesticides (Rigal et al., 2023). Cette extinction dramatique menace de provoquer l’effondrement des écosystèmes et de la production agricole dont nos sociétés dépendent (Nations Unies, 2019).
Les conséquences de l'utilisation de pesticides sont également catastrophiques pour la santé humaine. Les pesticides ont des effets neurotoxiques, perturbateurs endocriniens et cancérigènes avérés (INSERM, 2021). La santé des personnes vivant en milieu rural est particulièrement affectée. Après les ouvriers agricoles de l'industrie de la banane en Guadeloupe et Martinique, c'est maintenant l'ensemble des Antillais adultes qui sont frappés massivement par des cancers de la prostate du fait de la contamination généralisée de la population au chlordécone. Des agriculteur·ices des régions viticoles sont malades de cancer dès l'âge de 50 ans. Chez les enfants de Charente-Maritime, des clusters de leucémies pédiatriques ont été détectés à l'adolescence.
Mais ces produits chimiques nous contaminent tous et toutes car des résidus de pesticides sont retrouvés dans 73% des fruits et 46% des légumes cultivés non bio en France (Générations Futures, 2024). Des pesticides sont retrouvés dans 80% des masses d'eau souterraines avec 40% de substances actuellement interdites (Info.gouv, 2019) conduisant à la fermeture de 13 000 captages d’eau potable depuis 1980 en France (Igas, 2024) . Certaines familles d’agrotoxiques, notamment les PFAS soit 12% des substances actives de pesticides, pourraient perturber la santé du système reproducteur féminin en favorisant l’endométriose – maladie associée à l’infertilité féminine et touchant 5 % à 10 % des femmes en âge de procréer (INSERM, 2021). Les cancers, les pathologies chroniques et auto-immunes explosent.
L’Union européenne est la première région productrice de pesticides dans le monde, et exporte dans les pays du sud, les pesticides les plus toxiques interdits en Europe. Il s’agit d’un véritable colonialisme chimique avec effet boomerang, puisque ces substances chimiques très toxiques reviennent ensuite dans nos assiettes en Europe, par l’importation de produits traités avec ces mêmes pesticides. Regroupés au sein de “Croplife International”, les plus grands fabricants de pesticides comme BASF, Bayer, Corteva et Syngenta, dominent les deux tiers du marché mondial et enregistrent des milliards de chiffre d'affaires. Ce sont les mêmes géants de l'industrie chimique, qui vendent les semences qui doivent nourrir l'humanité mais aussi les produits qui empoisonnent la terre et les êtres vivants.
Nous défendons l'agriculture biologique ainsi que la souveraineté alimentaire, en tant que ‘droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée, produite par des méthodes écologiquement saines et durables, et leur droit de définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles’ (Via Campesina). Ces alternatives existent partout dans le monde. La prospective INRAE (2023) montre que l’agriculture européenne peut s’affranchir des pesticides chimiques, tout en restaurant les écosystèmes, en limitant les émissions de gaz à effets de serre et en préservant la souveraineté alimentaire.
Il faut donc de la volonté politique. Des mesures d'accompagnement du secteur agricole sont nécessaires, notamment par une refonte de la politique agricole commune (PAC) européenne, pour prendre en charge les coûts liés à la transition vers une agriculture sans pesticides. L’UE doit aussi cesser l’exportation de pesticides dangereux et interdits sur son territoire, vers le reste du monde.
Rappelons que l’utilisation des pesticides coûte près de deux fois plus à l’Europe - coûts sanitaires des maladies liées aux pesticides, dépollution de l’eau… - que ce secteur ne rapporte. A l’inverse, la transition agro-écologique a un coût qui resterait accessible. Tripler les fermes bio d’ici 2030, un des objectifs de la stratégie « De la ferme à la fourchette » de l’UE, coûterait 1,85 milliard d’euros par an soit moins que le coût annuel des impacts négatifs des pesticides en Europe, estimé à 1,9 milliard d’euros (Le Basic, 2021).
Nous demandons donc une sortie urgente des pesticides dont les modalités sont à débattre dans une conférence citoyenne pour une agriculture conciliant production, revenu décent, santé et respect de l’environnement, présent et avenir.
Scientifiques en rébellion
Extinction rebellion
Action Justice Climat Paris
ActionAid France
Agir pour l'environnement
Alerte des Médecins sur les pesticides
Alerte Pesticides Haute-Gironde
Alliance santé planétaire
Alter Kapitaee
Avenir Santé Environnement
Cantine sans plastique
COAADEP 'Collectif des ouvriers agricoles et de leurs ayant droits empoisonnés par les pesticides'
Coquelicots de Paris
Défense des milieux aquatiques
Fridays for future
Génération futures
Indecosa-cgt 'Information Défense des Consommateurs Salariés'
La Fabrique des Soignants
Les Ecologistes
LPO 'Ligue pour les oiseaux'
Médecins du Monde
Miramap ‘Mouvement inter-régional des AMAP’
Notre affaire à tous
Nous Toutes Paris sud
Pollinis
Riverains ensemble
Secrets toxiques
SOS MCS ‘Aide et défense des personnes atteintes d'hypersensibilité chimique multiple'
Stop aux cancers de nos enfants
Terre d'Abeilles
Victoires populaires
03.03.2025 à 01:00
Scientifiques en rébellion affirme sa solidarité avec la campagne « Stand Up for Science » lancée aux USA et condamne les violentes attaques contre les universitaires et chercheur·euses et contre plusieurs agences fédérales scientifiques, médicales, humanitaires et environnementales menée par le tandem Donald Trump – Elon Musk aux États-Unis. L’histoire nous rappelle que l’obscurantisme est un outil stratégique des régimes d’extrême-droite, qui muselle l’expression de l’esprit critique et bride l’autonomie des communautés scientifiques et intellectuelles (journalisme, enseignement, art, militantisme, syndicalisme…). C’est le danger que représentent ces régimes qui avait déjà amené notre collectif à se mobiliser lors de la campagne des législatives de 2024 en France.
Aux États-Unis, le pouvoir en place montre sa volonté de faire disparaître des pans entiers de savoirs, de museler certains domaines scientifiques et de dénaturer les faits jusqu’à les ré-écrire. Cela passe par l’effacement de données, un lexique de termes proscrits pour toute demande de financement de projets de recherche, l’interdiction pour les collègues d’accéder à leurs bureaux et de communiquer avec des collaborateur·rices d’autres pays et avec les media, ou encore l’incitation à la dénonciation des collègues qui ne se plient pas aux diktats. En bref, la mise au pas d’instituts de recherche, d’enseignement, de santé et autres organismes publics. En France, les offensives contre les chercheur·euses et les institutions scientifiques, souvent alimentées par le gouvernement lui-même, se multiplient. Elles sont à ce stade moins spectaculaires mais procèdent d’une logique similaire et se déploient avec une violence d’autant plus déstabilisante qu’elle est plus sournoise : menaces sur l’Office français de la biodiversité (OFB) et l’Agence nationale de la sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) pour ne citer qu’eux, reculs multiples sur les normes environnementales et de santé, disqualification des universités, interdiction d’évènements académiques destinés à éclairer le contexte de la guerre à Gaza... Comme toutes les formes de violences, ces attaques nous éloignent d’une société apaisée et lucide, apte à débattre de manière constructive et éclairée, et capable de se mobiliser pour relever les défis qui permettront de maintenir une planète vivable pour toutes et tous.
Le récit obscurantiste d’extrême-droite parvient malheureusement aujourd’hui à séduire à partir d’une recette nauséabonde, déjà éprouvée dans l’histoire : 1. Valorisation de la soumission à un pouvoir autoritaire, 2. Discriminations des minorités et rejet de tous les mouvements d’entraide, de solidarité et d’inclusion, 3. Négationnisme scientifique et criminalisation des lanceur·euses d’alerte – écologistes, scientifiques, féministes, etc., 4. Déni de l’action anthropique dans le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, allié à un techno-solutionnisme dystopique, destiné à préserver les intérêts économiques court-termistes d’une oligarchie.
Scientifiques en rébellion revendique la nécessité pour nos sociétés de mobiliser des connaissances scientifiques plurielles, pour comprendre et accompagner avec prudence, précaution et humilité les transformations majeures et inédites que nous devons dès maintenant engager. Nous défendons avec force le dialogue entre sciences et société et refusons de nous laisser réduire à la caricature d’une caste de scientifiques arc-boutée sur un privilège symbolique et matériel menacé. Pour cela, en tant que scientifiques, il nous faut interagir plus et mieux avec la société civile, pour allier justice sociale et respect des limites planétaires et du vivant, en nous démarquant résolument des intérêts misanthropiques et écocidaires de quelques milliardaires de la tech, de l’agro-industrie ou du luxe… Ceux-ci ont des noms. Aux États-Unis, on trouve Elon Musk et d’autres patrons des GAFAM rangés derrière Donald Trump. En France, l’ambiance plus feutrée ne saurait dissimuler la menace. Elle est portée par un Vincent Bolloré ou un Pierre-Édouard Stérin, et par leurs soutiens politiques, qu’ils appartiennent à l’extrême-droite d’opposition comme Jordan Bardella, à ce qu’on peut qualifier d’extrême-droite de gouvernement comme Bruno Retailleau, ou encore aux libéraux de droite autoritaire comme Emmanuel Macron.
Solidaires des scientifiques états-unien·nes et de toutes les personnes attaquées par un ordre néo-fasciste, nous appelons toutes les communautés scientifiques et celles qui les environnent (syndicats, établissements publics scientifiques, etc.) à entrer ensemble en résistance, pour garantir notre capacité à produire des connaissances, pour et en tant que bien commun, et endiguer la peste obscurantiste.
03.03.2025 à 01:00
Scientifiques en rébellion (France) affirms its solidarity with the “Stand Up for Science” campaign launched in the USA, and condemns the violent attacks on academics and researchers and on several federal scientific, medical, humanitarian and environmental agencies led by the Donald Trump – Elon Musk tandem in the United States. History reminds us that obscurantism is a strategic tool of far-right regimes, muzzling the expression of critical thinking and curbing the autonomy of scientific and intellectual communities (journalism, teaching, art, activism, trade unionism...). It was the danger posed by these regimes that had already led our collective to mobilize during the 2024 legislative campaign in France.
In the United States, the powers that be are showing their determination to wipe out whole swathes of knowledge, muzzle certain scientific fields and distort facts to the point of rewriting them. This includes the deletion of data, a lexicon of forbidden terms for all applications for research project funding, prohibiting colleagues from accessing their offices and communicating with colleagues from other countries and with the media, and encouraging the denunciation of colleagues who do not comply with the diktats. In short, research, teaching, healthcare and other public bodies are being brought to heel.
Also in France, attacks against researchers and scientific institutions, often fuelled by the government itself, are multiplying. They are less spectacular at this stage, but follow a similar logic and are being deployed with a violence that is all the more destabilizing because it is more insidious: threats against the French Biodiversity Office (OFB) and the National Agency for Food Safety (ANSES) to name but two, multiple setbacks on environmental and health standards, disqualification of universities, banning of academic events intended to shed light on the context of the war in Gaza... Like all forms of violence, these attacks distance us from a calm and lucid society, capable of constructive and enlightened debate, and able to mobilize to meet the challenges of maintaining a livable planet for all.
Unfortunately, the obscurantist narrative of the far-right today manages to seduce many with a nauseating recipe, already tried and tested in history: 1. encouraging submission to authoritarian power, 2. discriminating against minorities and rejecting all movements of mutual aid, solidarity and inclusion, 3. scientific negationism and criminalization of whistle-blowers – environmentalists, scientists, feminists, etc., 4. denial of anthropogenic action in climate change and the collapse of biodiversity, combined with a dystopian techno-solutionism designed to preserve the short-term economic interests of an oligarchy.
Scientifiques en rébellion asserts the need for our societies to mobilize pluralistic scientific knowledge, to understand and accompany with prudence, precaution and humility the major and unprecedented transformations that we must now undertake. We strongly defend the dialogue between science and society, and refuse to be reduced to the caricature of a caste of scientists clinging to a threatened symbolic and material privilege. To achieve this mobilization, as scientists, we need to interact more and better with civil society, to combine social justice with respect for planetary limits and the living world, resolutely distancing ourselves from the misanthropic and ecocidal interests of a few billionaires in tech, agribusiness or luxury goods...
They have names. In the United States, Elon Musk and other GAFAM bosses are lining up behind Donald Trump. In France, the more subdued atmosphere cannot conceal the threat. It is carried by a Vincent Bolloré or a Pierre-Édouard Stérin, and by their political backers, from the far-right opposition like Jordan Bardella to what can be described as the government far-right like Bruno Retailleau, or to the authoritarian free-market right like Emmanuel Macron.
In solidarity with USA scientists and all those attacked by a neo-fascist order, we call on all scientific communities and those around them (unions, public scientific establishments, etc.) to enter resistance together, to guarantee our ability to produce knowledge, for and as a common good, and stem the obscurantist plague.
25.02.2025 à 01:00
A l’heure de l’urgence écologique, est-il encore souhaitable de développer et de financer des infrastructures de recherche scientifique énergivores, coûteuses, délétères pour l’environnement et les populations, et aux retombées scientifiques incertaines ? C’est la question que nous discutons ici, en prenant pour exemple le projet de FCC (Future Circular Collider) porté le CERN. Une tribune signée par plus de 400 scientifiques a été publiée par Libération. Une version longue de nos réflexions, publiée sur notre blog Mediapart est reproduite ci-dessous, ainsi que la liste complète des signataires.
Le CERN (organisation européenne pour la recherche nucléaire), à la frontière franco-suisse, est le plus grand centre international de recherche en physique des particules. Il a été créé en 1954 avec 12 états-membres, et en compte actuellement 24. Sa plus grande infrastructure actuelle, le LHC (Large Hadron Collider), est un anneau circulaire enterré de 27 km de circonférence qui a permis en 2012 de démontrer l’existence du boson de Higgs, une particule responsable de la masse de toutes les particules élémentaires constituant la matière. Aujourd’hui, le CERN défend un projet visant à construire un tunnel beaucoup plus grand, de 90 km de circonférence, destiné à héberger successivement deux équipements qui fonctionneraient jusqu’à la fin du siècle : le FCC-ee (2045-2070) et le FCC-hh (2070-2095).
L’étude de faisabilité de ce projet, en cours depuis 2021, doit se terminer au printemps 2025. Le CERN a commencé à communiquer auprès du grand public, notamment auprès des habitant·e·s de la région concernée par l’éventuelle construction, à savoir Genève, le pays de Gex et la Haute-Savoie, suscitant la réaction de collectifs comme Co-CERNés, ou Noé21 qui a élaboré une contre-expertise détaillée. La décision du lancement du projet sera prise par les états membres du CERN en 2027-2028, pour une mise en chantier envisagée dans les années 2030. Il existe actuellement un projet concurrent, lancé par la Chine, les États-Unis ayant annoncé qu’ils n’en construiraient pas un sur leur territoire mais seraient prêts à s’impliquer dans une future « usine à Higgs » ailleurs.
Le CERN était jusqu’à récemment particulièrement discret quant au FCC, mais dorénavant la transparence est de mise sur l’ensemble des aspects techniques, ce qui permet de mesurer le gigantisme du projet dont le coût de construction est estimé à 16 milliards d’euros (pour la seule phase FCC-ee). Les défis sont considérables, avec 16 millions de tonnes de matériaux à excaver et stocker en surface, un passage du tunnel sous le lac Léman dans une région sismique, une consommation énergétique évaluée à 1,4 TWh/an en moyenne pour la seule phase FCC-ee et 4 TWh/an (l’équivalent de la consommation de presque 2 millions de Français, ou un peu moins de 1% de la production électrique française) à pleine puissance en phase FCC-hh, nécessitant un refroidissement hydraulique à la hauteur. Le collisionneur engendrerait de fortes émissions de CO2 sur l’ensemble de son cycle de vie, dont le chiffrage en millions de tonnes ou dizaines de millions de tonnes reste à établir. Enfin, l’extraction des quantités gigantesques de métaux nécessaires aurait des impacts indirects dans les pays fournisseurs : dommages humains, environnementaux et sociaux, le plus souvent irréversibles, avec une large emprise temporelle et géographique.
Selon les physicien·nes défendant le projet, le FCC, projet-phare du CERN, s’inscrit dans une stratégie reposant sur « un plan visionnaire et concret qui permette de faire avancer de manière importante la connaissance humaine dans le domaine de la physique fondamentale ». La construction de cette infrastructure permettrait d’éprouver le Modèle Standard – la théorie décrivant actuellement le comportement des particules élémentaires – dans des gammes d’énergie qui n’ont jamais été atteintes jusqu’à présent. Tout résultat expérimental qui dévierait de cette théorie indiquerait la nécessité d‘une nouvelle théorie. Ces expériences permettraient également de mieux comprendre le Big Bang.
Du point de vue épistémologique, le FCC serait un objet bien différent du LHC. Son prédécesseur avait pour objectif de finaliser la validation expérimentale du Modèle Standard, en découvrant dans un domaine d’énergie où l’on s’attendait à le trouver - s’il existait - le boson de Higgs, dernière particule du modèle qui restait à observer. Ce qui se passe dans le domaine des plus hautes énergies est bien plus incertain : si des théories actuelles envisagent l'existence de nouvelles particules, l'énergie nécessaire pour les produire est incertaine. Il est tout à fait possible que, dans les expériences qui seraient réalisées au FCC, le Modèle Standard soit vérifié, sans autre découverte. Si les attentes scientifiques reposent pour l’instant sur des spéculations, le FCC aurait en revanche des impacts écologiques et sociaux bien réels à court terme.
Les promoteurs du FCC, dont la construction et l’exploitation s’étaleraient sur plusieurs décennies, escamotent un certain nombre de risques. Le premier est d’ordre financier. A ce stade l’Allemagne, un des principaux contributeurs du CERN, juge le plan de financement extrêmement vague et a exprimé ses réticences à s’y associer. De plus, l’histoire des grandes infrastructures est jalonnée d’importants dépassements budgétaires : le LHC a par exemple vu son coût final augmenter de 50% par rapport au budget initial ; l’expérience de fusion nucléaire ITER voit son budget à mi-parcours multiplié par trois par rapport aux estimations initiales ; avant d’être abandonné au cours de sa construction, le projet américain cousin du LHC (le SSC pour Superconducting Super Collider) avait vu son budget prévisionnel plus que doubler. Par ailleurs, les équipements du FCC nécessiteront des quantités considérables (non divulguées à notre connaissance) de métaux critiques. Le cuivre illustre très clairement la menace : son prix a augmenté de 130% l’année dernière face à la forte demande, et l'American Copper Council prédit une multiplication par plus de 15 dans la prochaine décennie, alors qu’en parallèle l’IFPEN estime que 78 à 89% des ressources connues seront consommées d’ici 2050 afin de se conformer aux politiques climatiques de production d’énergies renouvelables. Dans de telles conditions, il paraît hasardeux d’équilibrer un budget en supposant que le prix du cuivre ne va pas s’envoler, et que l’offre permettra de satisfaire la demande de tous les acteurs.
Plus généralement, nous entrons dans une période d’incertitude pour nos sociétés, leur stabilité et les conditions de vie : réchauffement climatique, ravages écologiques, tensions sur l’énergie et les ressources, hausse des rivalités régionales, paupérisation des classes moyennes, explosion des dettes publiques et hausse des populismes rendent les projections sur l’avenir plus hypothétiques que jamais. Le FCC s’inscrit mieux dans le paradigme de croissance continue et de stabilité géopolitique que dans un régime chaotique, hypothèse d’autant plus hardie au regard des échéances longues du projet, de quelques décennies pour la phase FCC-ee, au-delà de 2070 pour la phase FCC-hh. Il n’est donc pas inconcevable que la première étape, le FCC-ee, soit aussi la dernière, et que le reste du projet soit abandonné, alors que l’ensemble des dépenses et des dommages liés à sa construction resterait bien réel.
Des justifications qui peinent à convaincre et font diversion
Les réponses des communicant·es du CERN aux différentes objections formulées sur ce projet peinent à convaincre car elles témoignent d’une pensée en silo, qui ne tient pas compte du contexte général d’urgence écologique. Prenons le seul exemple de la consommation énergétique. Des énergies renouvelables y pourvoiront, nous dit le CERN ? Outre le fait que leurs impacts environnementaux et sociaux ne sont pas nuls, cette ressource énergétique est aussi limitée : si elle est destinée au FCC, elle n’alimentera pas de trains, de pompes à chaleur ou d’autres infrastructures nécessaires à la transition énergétique. Des progrès technologiques diminueront la consommation ? C’est possible, mais la consommation restera élevée dans l’absolu malgré les efforts. Qu’importe, nous dit-on, la chaleur produite par les installations sera valorisée pour chauffer des logements. Pourtant, les résultats des études commanditées par le CERN pour la seule phase FCC-ee sèment le doute sur cette possibilité : déphasage entre production et demande, faible densité linéaire de chaleur produite, taux de valorisation médiocres, stockage énergétique complexe. Malheureusement, il est plus probable que les TWh annuels du FCC soient en grande partie refroidis par des eaux de surface qui seront ensuite partiellement évaporées ou réinjectées en surface, à moins que le refroidissement n’opère en circuit fermé.
Conscient·es d’une pertinence scientifique de niche et de son coût faramineux, les dirigeant·es du CERN sont tenté·es de justifier leur projet auprès des financeurs et des politiques en invoquant des bénéfices collatéraux. C’est ainsi que, lors de la présentation publique du projet, Raphaël Bello, directeur des finances et des ressources humaines du CERN, mobilise des justifications comme le rayonnement touristique (avec la construction d’un grand musée destiné à attirer du public et à servir de vitrine aux travaux du CERN), les retombées économiques, la formation, la concurrence et le leadership… De tels arguments ne tiennent pas. Prenons le cas de l’emploi : l’invoquer permettrait de justifier n’importe quelle activité (construction de plateformes pétrolières, élevage industriel…), quel que soit son impact écologique. Le tourisme, quant à lui, participe de façon de plus en plus alarmante aux émissions de CO2. Quant à la défense du leadership, l’idée de gagner une course avec la Chine depuis son annonce du projet concurrent CEPC nous semble contraire à l’esprit de coopération qui devrait animer la communauté scientifique : si l’objectif est vraiment d’apporter des connaissances fondamentales en physique, qu’importe si ces découvertes sont faites en Chine ou en Europe.
Les appels des scientifiques spécialistes du climat et de la biodiversité sont clairs : il nous faut rapidement et immédiatement réduire nos émissions de gaz à effet de serre, ainsi que nos impacts sur le vivant. Ces recommandations ont été traduites par des accords internationaux comme l’Accord de Paris ou par des politiques européennes visant à un arrêt de l’artificialisation des sols. De plus en plus de scientifiques considèrent que la recherche doit faire sa part dans cet effort, comme le montre le succès des propositions du collectif Labos 1point5, les réflexions qui émergent en astrophysique ou en Sciences de la Terre, ou les prises de position des comités d’éthique d’organismes de recherche. Comme dit dans la prospective CNRS en physique, il n’y a aucune raison que la physique des particules reste en dehors de l’introspection à laquelle est conduite la communauté scientifique.
Le cas du CERN et de la physique des particules démontre, avec le projet du FCC, les contradictions qui traversent le monde scientifique en général : comment pourrions-nous demander une réduction radicale des impacts écologiques des activités humaines en maintenant nos activités scientifiques, en toute inconséquence ? Pour autant, nous n’appelons pas seulement à un devoir d’exemplarité ou de cohérence. Puisque la réorientation ou le ralentissement de telles activités de recherche ne mettent en péril aucune activité vitale, la recherche constitue un excellent terrain d’expérimentation des transformations nécessaires partout ailleurs. Le CERN a démontré pendant des décennies une très grande créativité et développé d’extraordinaires capacités, à la fois techniques et en termes de coopération internationale. Nous ne doutons pas qu’il puisse se réinventer et proposer d’ambitieux projets alternatifs au FCC, soit en exploitant différemment les infrastructures actuelles, soit en s’investissant dans d’autres objectifs scientifiques plus directement liés aux crises environnementales.
Questionner le FCC ouvre ainsi la boîte de Pandore et rejoint les interrogations formulées par Alexandre Grothendieck. Considéré par beaucoup comme le plus grand mathématicien du XXe siècle, il donnait en 1972 au CERN une conférence iconoclaste, intitulée « Allons-nous continuer la recherche ? ». A cette époque, Grothendieck s’inquiétait surtout des applications militaires de la recherche. Aujourd’hui les impacts environnementaux, par leurs effets directs (les infrastructures) ou indirects (ses applications), s’y adjoignent naturellement parce que ces dommages sont dans les deux cas conçus comme des externalités de la production scientifique, alors qu’ils sont bel et bien consubstantiels de la production scientifique contemporaine.
Il ne s’agit pas d’appeler à cesser toute forme de recherche fondamentale, mais plutôt de questionner ce qui est pris pour une évidence : l’idée qu’une recherche « pure », noble, justifierait la mise à disposition de tous les moyens que ses spécialistes jugent appropriés, sans que les citoyen·nes ordinaires ne participent à la décision. Est-il judicieux d’allouer au fonctionnement du FCC une énergie équivalente à celle d’un petit réacteur nucléaire quand la décarbonation énergétique est à la peine ? Est-il pertinent d’allouer autant de moyens financiers et humains au FCC alors que de larges pans de la recherche directement en prise avec l’urgence écologique - en particulier dans les sciences humaines et sociales - sont ignorés, et que le projet lui-même va contribuer à la destruction du vivant ? Si les humains ont la sagesse dans les décennies qui viennent de prendre des décisions permettant d’éviter de rendre la terre inhabitable, notre espèce aura encore des dizaines de millions d’années devant elle pour tenter d’élucider les premières microsecondes suivant le Big-Bang. Ou peut-être que cette parcelle de connaissance nous restera à jamais inaccessible, et qu’il nous faudra réussir à l’accepter ?
Le CERN organise actuellement des réunions d’information au sujet du FCC, mais sans que son bien-fondé y soit questionné. Pourtant, il nous semble que les discussions autour de l’opportunité de ce projet et, plus largement, la réflexion sur la recherche scientifique à l’heure de l’Anthropocène, concernent l’ensemble des citoyennes et citoyens. Nous, scientifiques, pensons qu’il faut savoir renoncer au FCC jusqu’à la résolution de la crise environnementale, afin de prendre le temps d’une réflexion collective et élargie sur l’ensemble des enjeux soulevés par ce projet, mais aussi au-delà, sur la place de la science dans la société viable, équitable et conviviale que nous souhaitons voir éclore.
14.02.2025 à 01:00
16 activistes climat relaxé·es au nom de « l’état de nécessité » : une victoire qui fait date
En mai 2023, des activistes des mouvements Scientifiques en rébellion et Extinction Rébellion avaient bloqué une écluse au port du Havre, pour protester contre l’installation d’un nouveau terminal méthanier, qui aggrave la dépendance de la France aux énergies fossiles et augmente les émissions de gaz à effet de serre, alors même que notre pays ne remplit pas ses engagements pour lutter contre le changement climatique pris lors de l’Accord de Paris.
Le 6 décembre 2024, 16 militant·es ont comparu au tribunal correctionnel du Havre. Le jugement a été rendu en début de semaine : tous et toutes ont été relaxé·es au motif de l’état de nécessité. La juge a donc reconnu que nous n’avons pas d’autre choix, en tant que citoyen·nes et que scientifiques, que de désobéir pour protéger la vie sur terre et que nos actions de désobéissance civile sont proportionnées et nécessaires. Ce jugement est d'une importance particulière dans le contexte actuel de reculs politiques sur la question écologique qui se font au mépris des connaissances scientifiques et en mettant en péril la survie de nos sociétés.
Le verdict rappelle que « l’état de nécessité peut être défini comme la situation dans laquelle se trouve une personne – ou un groupe de personnes – qui n’a d’autre choix que d’accomplir un acte prohibé pour sauvegarder un intérêt supérieur. Cet état de nécessité se caractérise par un danger actuel ou imminent et une violation de la valeur protégée nécessaire et proportionnée ».
Il souligne que « la France subit les conséquences du dérèglement climatique provoqué par l’activité humaine. Il ressort également de ce rapport [du GIEC] que la France ne pourra pas atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qu’elle s’était fixés ». Comme l’avait plaidé la défense, il reconnaît que « la réalité et l’imminence du danger sont avérées ».
Il en conclut logiquement que « l’entrave à la circulation apparait comme ayant été nécessaire pour attirer l’attention du public et des médias sur la construction du nouveau terminal méthanier en contradiction avec l’objectif général de diminution de recours aux énergies fossiles. Elle apparait également proportionnée face à la menace. »
C’est la deuxième fois en quelques mois que des membres d’Extinction Rebellion et de Scientifiques en rébellion sont relaxé·es au nom de l’état de nécessité par un tribunal. Le 10 octobre dernier, le Tribunal de Police de Paris avait prononcé le même jugement à l’encontre de militant·es qui avaient réalisé une conférence-occupation au Muséum National d’Histoire Naturelle. Le parquet a fait appel, comme il l’avait fait dans d’autres jugements similaires ces dernières années (par exemple le décrochage des portraits d’Emmanuel Macron à Lyon ou l’action d’Extinction Rebellion dénonçant l’agroindustrie à La Rochelle). Dans le cadre de l’affaire du Havre, il a dix jours pour décider ou non de le faire.
Le 12 mai 2023, les Scientifiques en rébellion, en coalition avec d’autres mouvements (ANV-COP21, Extinction Rebellion, Stop Eacop et Dernière Rénovation) ont ciblé TotalEnergies et son projet d’installation d’un terminal méthanier flottant au Havre. Ce projet, qui permet d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) par bateau et qui a été mis en service en octobre 2023, va à l’encontre des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris par la France, qui nécessitent de stopper immédiatement le développement de toute nouvelle infrastructure fossile. Cette action avait pour objectif de rappeler que le gaz – et en particulier le GNL – n’est en aucun cas une énergie propre ou « de transition », mais bel et bien une énergie fossile qui contribue fortement au réchauffement climatique.
En parallèle avec deux autres actions, une dizaine de scientifiques en blouses blanches et plusieurs membres des collectifs partenaires avaient bloqué le pont mobile situé sur l’écluse François Ier qui assure le passage du fret maritime, constitué en grande partie de carburant fossile. Certain·es d’entre elles et eux s’étaient pour cela enchaîné·es au pont. Ce pont est particulièrement symbolique, car il est situé à côté du chantier de construction du projet FSRU (Floating Storage and Regasification Unit) visé. Ce navire, amarré en permanence, a pour fonction de recevoir du GNL transbordé depuis des bateaux méthaniers, de le stocker, de le ramener à l’état gazeux et de l’injecter dans le réseau de transport de gaz naturel.
Le procès des 16 activistes s’est tenu le 6 décembre 2024 au tribunal correctionnel du Havre. Iels étaient poursuivis pour entrave à la circulation des véhicules sur une voie publique. Le procès avait été marqué par les témoignages de Frank Marba, victime climatique aux Philippines et plaignant dans un recours pénal contre TotalEnergies, et de Stéphane Costa, co-président du GIEC normand. Bien que reconnaissant le caractère actuel ou imminent du danger causé par le changement climatique, la procureure avait requis de maintenir l'amende initiale de 200 euros par personne.
Plus d’informations :
09.12.2024 à 01:00
Le 9 décembre 2024, une dizaine de Scientifiques en rébellion se sont joints à une action à Paris pour dénoncer la contamination grandissante du débat public en France par les thèses de l’extrême-droite, notamment sous l’influence du financier et milliardaire Vincent Bolloré.
Cette action a eu lieu devant le palais Brongniart, le lieu historique de la bourse de Paris. Environ 200 personnes se sont rassemblées avec banderoles et fanfare, pour des prises de paroles dénonçant l’influence néfaste de Vincent Bolloré sur la société française. Un collectif féministe, Reporters Sans Frontière, ATTAC, etc, ont pris la parole, ainsi qu’un membre des Scientifiques en rébellion. Nous y avons revendiqué une plus grande garantie pour l’indépendance de la presse, et avons proposé de retirer les aides publiques aux médias possédés par de riches hommes d’affaires.
Après ces prises de parole, les manifestant·es se sont dirigé·es vers les Folies Bergères, où se tenait une Assemblée Générale extraordinaire du groupe Vivendi. A la manœuvre, le milliardaire et idéologue d’extrême-droite Vincent Bolloré, qui proposait aux actionnaires la scission du groupe en trois entités cotées aux bourses de Londres, Amsterdam, et Paris, une opération qui lui permettrait un contrôle accru sur les médias tout en contournant les règles encadrant le capitalisme financier.
Les manifestant·es ont été nassé·es à quelques dizaines de mètres du lieu de l’Assemblée Générale par plusieurs centaines de policiers, CRS, et agents de la BRAV-M. Un de nos membres a été interpellé.
La raison de la présence de Scientifiques à cette action ? Les médias contrôlés par Vincent Bolloré (CNews, Europe 1, JDD, les éditions Fayard qui ont publié le livre de Jordan Bardella, et maintenant les éditions Hachette qui publient la moitié des livres scolaires en France) sont les fers de lance des idées de l’extrême-droite. Elles propagent des valeurs antagonistes avec celles que nous défendons en tant que scientifiques-citoyen·nes : la haine des personnes étrangères, le refus du pluralisme et de la diversité, le mensonge sur les faits scientifiques, à commencer par la négation de la gravité du changement climatique, le refus d’enseigner aux enfants la tolérance vis-à-vis des questions de genre. A rebours de ces valeurs que nous considérons profondément dangereuses, nous ne cesserons jamais de prôner l’intelligence collective, l’accueil et le soin à toutes les échelles pour transformer la société, à la hauteur de l’urgence sociale et environnementale que nous diagnostiquons rapport après rapport, publication après publication, et ce depuis des décennies. Cette action s’inscrit dans la continuité de notre appel aux scientifiques à se mobiliser contre l’extrême-droite, publié en juin dernier.
Face à l’impuissance des pouvoirs publics à endiguer l’intoxication du débat public par des discours ouvertement anti-science, nous considérons qu’il fait partie de notre mission de scientifiques de joindre nos forces à celles et ceux en lutte contre l’influence grandissante de Vincent Bolloré.
06.12.2024 à 01:00
Pour avoir participé à une action pacifiste revendiquée par Scientifiques en rébellion et soutenue par Bloom, ANV-COP21, Stop Eacop et Extinction Rebellion le 12 mai 2023, 16 militant·es écologistes ont été jugé·es au tribunal du Havre le 6 décembre 2024 au matin.
Des scientifiques et activistes avaient bloqué de manière symbolique une écluse du port pour protester contre la construction d’un terminal méthanier de TotalEnergies (vidéos ici). Le projet écocidaire contre lequel s’étaient rassemblé·es les manifestant·es a vu le jour malgré les nombreux recours et les actions menées par d’autres organisations, notamment Greenpeace. Les scientifiques du GIEC sont unanimes sur la nécessité de sortir des énergies fossiles. Un terminal méthanier utilisant du gaz liquéfié venant des États-Unis ou de Norvège est totalement contradictoire avec la notion d’autonomie énergétique dont se vante le gouvernement.
Ce procès était inédit de par la présence de Frank Marba, victime climatique des Philippines et plaignant dans un recours pénal contre TotalEnergies, qui a témoigné : « Mes grands parents vivaient avec un méga typhon tous les trente ans, j'en ai subi trois en 10 ans dont le plus puissant jamais enregistré jusqu'à ce jour. Mon village a été rayé de la carte et j'ai failli mourir avec ma grand mère. Le changement climatique a mis ma vie et la vie de millions d'autres personnes en danger à travers le monde. »
Stéphane Costa, co-président du GIEC normand a complété ce témoignage en faveur des scientifiques et expliqué qu'ils et elles sont contraint·es de sortir des labos car leur travail n'est pas pris en compte par les décideurs. Les deux témoins ont rappelé que lorsque des scientifiques nous alertent, il faut les écouter, pas les condamner.
La procureure a reconnu le caractère actuel ou imminent du danger causé par le changement climatique. Elle a cependant considéré que l'action a perturbé la circulation de manière disproportionnée comparé aux millions de morts causés par le changement climatique. Elle a donc requis de maintenir l'amende initiale de 200 euros par personne.
L'avocate des militant·es et des scientifiques, Maître Chalot, a plaidé la relaxe suivant l'état de nécessité car cette action était nécessaire pour éviter des dommages bien plus importants. Elle a également plaidé qu'une condamnation porterait atteinte de façon disproportionnée à la liberté d'expression des militants·es.
La juge a mis l'affaire en délibéré et rendra ses conclusions le 10 février 2025.
22.11.2024 à 01:00
Ce 22 novembre 2024 à 16h, plus de 60 militant·es de ANV-COP21, Scientifiques en Rébellion et Extinction Rebellion ont investi la pelouse et le parvis du site Intencity de Schneider Electric, pour dénoncer l’implication de l’entreprise dans le projet EACOP.
L’action en deux groupes simultanés a occupé tout l’espace de ce site emblématique et rayonnant à l’international. Tandis que des slogans étaient scandés et des tracts distribués sur le parvis, un pipeline et son puits de forage étaient creusés de l’autre côté du bâtiment. Le premier groupe a réalisé un die-in pendant que l’autre terminait d’installer un derrick, représentatif de l’industrie pétrolière. Le site a aussi été décoré de pancartes résumant ce qu’implique le projet EACOP : « violation des droits humains », « destruction des écosystèmes », « 118 000 habitant·es exproprié·es »…
L’objectif de cette action : matérialiser ce que les habitant·es d’Ouganda et de Tanzanie vivent sur leurs terres, alors que des entreprises étrangères s’accaparent leurs terres, leurs champs ou leurs espaces naturels. Avec, comme message, la demande ferme à la direction de Schneider Electric de se retirer du projet EACOP et du secteur pétro-gazier.
Après une occupation de 30 minutes, l’action a pris fin dans le calme et les militant·es se sont retiré·es, laissant Intencity occupé par son nouvel équipement pétrolier.
Les violences s’intensifient en Ouganda, l’un des pays que traverse le pipeline d’EACOP : arrestation des opposant·es, menaces, abus sexuels, pillage et destruction de maisons et autres bien, pollutions et impacts sur la faune… Dans le même temps, se tenait depuis le 11 novembre jusqu’à ce 22 novembre la COP29 à Bakou, en Azerbaïdjan, et les négociations ont été très difficiles pour trouver le montant de l’aide financière à destination des pays les plus vulnérables au changement climatique, sous la pression des lobbyistes des énergies fossiles venus en nombre, dont Patrick Pouyanné PDG de TotalEnergies, et en l’absence de nombreux chefs d’État européens. Cette forte présence de lobbyistes à Bakou ne surprendra pas, l’Azerbaïdjan est un important exportateur de pétrole et de gaz, ce qui représente 45 % de son PIB, son gouvernement considère le gaz comme une « énergie de transition », dont la production est en augmentation constante, et a qualifié les hydrocarbures de « cadeau de Dieu ». Pour sa part, TotalEnergies a annoncé en octobre dernier qu’il comptait encore augmenter sa production de pétrole et de gaz jusqu’en 2030, malgré le consensus scientifique qui presse le monde d’accélérer la sortie des énergies fossiles et de ne plus ouvrir aucun nouveau projet d’exploitation des hydrocarbures.
Une fois de plus après plusieurs tractages, tentatives de dialogue et interruptions d’événements dans le cadre de notre campagne « Schneider Hypocrite », nous dénonçons l’hypocrisie et le greenwashing dont fait preuve la direction de Schneider Electric. Auto-proclamée championne du développement durable avec une politique volontariste en la matière, l’entreprise bien implantée dans le bassin grenoblois est pourtant très impliquée dans le secteur pétro-gazier. Elle travaille notamment sur le projet EACOP, porté par TotalEnergies, comme responsable du développement du système électrique et fournisseur des équipements de surveillance et de supervision. EACOP est un projet décrié, néocolonial, écocide et climaticide. Alors que plus de 50 banques et assurances se sont retirées du projet grâce à la mobilisation citoyenne, Schneider Electric continue de concevoir, fabriquer et donc de soutenir EACOP.
Nous demandons à la direction de Schneider Electric :
22.11.2024 à 01:00
Le 22 novembre 2024, plus de 60 militant·es de ANV-COP21, Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion ont investi la pelouse et le parvis du site Intencity de Schneider Electric à Grenoble, pour dénoncer l’implication de l’entreprise dans le projet de pipeline EACOP mené TotalEnergies en Ouganda et en Tanzanie.
L’action en deux groupes simultanés a occupé tout l’espace de ce site emblématique et rayonnant à l’international. Tandis que des slogans étaient scandés et des tracts distribués sur le parvis, un pipeline et son puits de forage étaient creusés de l’autre côté du bâtiment. Le premier groupe a réalisé un die-in pendant que l’autre terminait d’installer un derrick, représentatif de l’industrie pétrolière. Le site a aussi été décoré de pancartes résumant ce qu’implique le projet EACOP : « violation des droits humains », « destruction des écosystèmes », « 118 000 habitant·es exproprié·es »…
07.10.2024 à 02:00
Dans la soirée du 9 au 10 avril 2022, une trentaine de scientifiques et militant·es s’installaient dans une galerie du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), à Paris, pour alerter sur la perte de la biodiversité et la crise climatique au travers d’une conférence-occupation intitulée « La nuit de l’Extinction ». Au cours de cette occupation, commencée peu avant la fermeture du musée pour ne pas gêner le public, il n’y eut aucune dégradation ni violence mais une série de conférences sur le risque d’extinction de la biodiversité, retransmises en direct sur les réseaux sociaux, et une banderole où il était écrit que « Dire la vérité n’est pas un crime ». Les participants et participantes ont quitté les lieux dans le calme à l’issue des présentations scientifiques.
La vidéo complète des conférences est disponible ici et des images ici.
Ce fut la première action de désobéissance civile organisée en France par le collectif Scientifiques en rébellion, formé après l’appel de 1000 scientifiques à la désobéissance civile publié dans le journal Le Monde en février 2020, en association avec Extinction Rebellion (XR). Cette action s’inscrivait dans le cadre d’une campagne internationale de Scientist Rebellion et annonçait également la campagne d’XR qui allait suivre avec, notamment, l’occupation d’une partie des Grands Boulevards pendant le week-end du 16 avril 2022.
Le MNHN a porté plainte, suscitant une vague de soutien à l’action des activistes en interne, mais ne s’est pas porté partie civile au procès. Une pétition de soutien de membres du MNHN et de l’enseignement supérieur et de la recherche a été signée par plus de 30 000 personnes.
En janvier 2024, huit militant·es ayant participé à cette action avaient déjà été relaxé·es pour infraction non caractérisée lors d’un premier procès. Le 26 septembre 2024, quatre autres militant·es étaient jugés au Tribunal de Police de Paris. Plusieurs scientifiques de grande notoriété ont témoigné devant le tribunal en soutien aux militant·es tels Pierre-Henri Gouyon (biologiste, Muséum national d’histoire naturelle), Christophe Bonneuil (historien des sciences, CNRS) et Fabrice Flipo (philosophe des sciences, Institut Mines Telecom). Une lettre de la climatologue et ancienne co-présidente du groupe 1 du GIEC Valérie Masson-Delmotte a été jointe au dossier. Ces intervenants insistaient sur les multiples rapports intergouvernementaux du GIEC, IPBES et IUCN sur le consensus scientifique au sujet de la perte de la biodiversité et l’urgence climatique. L’avocat de la défense, Me Thomas Bredillard, a développé un argumentaire insistant sur la non-caractérisation des faits, sur l’état de nécessité et la liberté d’expression.
Le juge a relaxé les quatre militant·es au nom de l’état de nécessité, décrit de la manière suivante à l’article 122-7 du Code pénal : « N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace. »
Si le danger est démontré dans les rapports cités ci-dessus, l’argument de « l’imminence et l’actualité » est caractérisé, entre autres, par les inondations nombreuses dont ont été victimes les citoyens du Nord et du Sud de la France cette année, inondations rendues plus fréquentes et plus intenses par le dérèglement climatique. Les moyens utilisés par les scientifiques étaient en rapport avec leur mission et la gravité de la menace : des conférences pour alerter. Par leur action, les scientifiques mettaient en exergue comment l’activité humaine agit directement ou indirectement, notamment via le changement climatique, sur la perte de la biodiversité. Pourtant, le parquet a refusé de prendre en compte ces arguments et a fait appel.
Il est important de noter que plusieurs jugements ont déjà reconnu l’état de nécessité (e.g. le décrochage des portraits d’Emmanuel Macron à Lyon ou l’action d’Extinction Rebellion dénonçant l’agroindustrie à La Rochelle), soulignant la légitimité de ces actions. Cependant, à chaque fois, le parquet a fait appel. Comment comprendre que, cette fois encore, le parquet ait interjeté appel de la décision du tribunal de police ? Comment peut-il contester la validité des faits présentés par les scientifiques ? Comment être sourd et aveugle à la détresse de nos concitoyen·es confrontés actuellement aux dangers résultant des conséquences des dérèglements démontrés par les études scientifiques ? Comment contester la mission de scientifiques qui alertent sur les dangers avérés qui pèsent sur l’ensemble de la planète ? Confronté·es à une situation aussi grave, le fait d’occuper un lieu de médiation scientifique pour communiquer au sujet de la biodiversité et du climat sans dégradation ni violence n’est certainement pas disproportionné par rapport à la menace. Une répression s’inscrivant dans un déni des faits scientifiques compromet l’avenir de nos enfants et petits-enfants et s’oppose aux besoins immédiats de la population. Il ne faudrait pas que l’histoire retienne qu’en plein « effondrement climatique » (selon les mots du Secrétaire général de l’ONU), la France était plus occupée à s’acharner sur les scientifiques qu’à prendre des mesures à la hauteur de l’urgence.
Si ce jugement en première instance en France est indéniablement une victoire pour la défense de la biodiversité, le comportement du parquet s’inscrit dans une politique de répression anti-mouvements environnementaux qui est, selon le rapporteur spécial des Nations Unies Michel Forst, une « menace majeure pour les droits humains et la démocratie » dans de nombreux pays européens. Ce n’est pas la première fois que des scientifiques sont visé·es. En octobre 2021, un astrophysicien a été poursuivi avec six autres activistes pour s’être introduit sur le tarmac de l’aéroport de Roissy afin de dénoncer le caractère climaticide de l’extension du terminal 4, une action à laquelle participaient d’autres membres de Scientifiques en rébellion. En novembre 2022, 16 scientifiques (dont 4 Français) ont été emprisonné·es pendant une semaine en Allemagne pour s’être collé les mains à des automobiles de luxe dans un showroom BMW à Munich, dans le cadre d’une campagne internationale de Scientist Rebellion. Une tribune de soutien sur France TV Info avait alors été signée par 1300 scientifiques. Leur procès s’est ouvert le 5 mars 2024, et a été ajourné à l’automne 2024 ou au printemps 2025 (plus d’informations ici).
La répression des scientifiques n’est qu’une illustration de la stratégie de criminalisation des mouvements sociaux et notamment des mouvements écologistes par le gouvernement, qui frappe aussi bien les actions de désobéissance civile que les manifestations plus classiques. Il est important que la justice française soit une source d’espoir pour les générations futures en soulignant que, plutôt que de condamner les scientifiques, il vaut mieux les écouter.
22.07.2024 à 02:00
Nous étions une trentaine de membres de Scientifiques en rébellion au Village de l’Eau, entre le 16 et le 21 juillet 2024 à Melle (Deux-Sèvres). Nous y avons vécu une semaine intense, entre tables rondes de très grande qualité, ateliers, partage d’expérience sur les luttes pour défendre le vivant à travers le monde – et faux procès des méga-bassines que nous avons animé devant une salle comble et enthousiaste.
Nous souhaitons vous partager nos impressions à chaud après la clôture de cet événement.
L’enjeu de la semaine était de mettre la lumière sur plusieurs points névralgiques du complexe agro-industriel, avec son emblématique filière du maïs destiné à l’export, et de dénoncer l’accaparement de l’eau qui prétend en assurer la productivité en contexte de changement climatique. Lors d’une tribune publiée au printemps 2023, nous avions expliqué pourquoi un moratoire sur les projets de méga-bassines est nécessaire. Aux côtés des organisateurs du Village de l’Eau, nous réitérons cet appel à moratoire. Après les manifestations agricoles de début 2024, nous pensons plus que jamais qu’une profonde réforme du système agricole et alimentaire s’impose, comme décrit et recommandé dans plusieurs rapports récents de l’ANSES, de l’INRAE et du Haut Conseil pour le Climat.
Cette magnifique semaine de l’eau s’est déroulée sous le harcèlement continu des forces de l’ordre : barrages routiers mobilisant en continu des centaines de gendarmes pendant toute la semaine, contrôles d’identité systématiques aux abords du village, saisies arbitraires de matériel (camping- gaz, opinel, arceaux et sardines de tente, équipements de protection individuels, etc.) ; survol continu du village par les drones de la gendarmerie ; survol par hélicoptère nuit et jour au-dessus du camping. En dépit de ces tentatives d’intimidation visant à décourager toute forme d’organisation collective, 40 000 visiteurs et visiteuses ont rejoint le Village de l’Eau au cours de la semaine.
Lors de la marche organisée depuis le centre-ville de La Rochelle vers le port industriel de La Pallice qui a rassemblé près de 10 000 personnes, nous avons été nassé·es et chargé·s par les forces de l’ordre, comme de nombreuses autres personnes situées à l’arrière du cortège. Un de nos membres a été lourdement matraqué par les forces de l’ordre et souffre de contusions. Nous dénonçons fermement le détournement de l’appareil d’État pour maintenir en place un système agro-industriel mortifère et à bout de souffle, quitte à blesser, réprimer et harceler toutes les personnes qui le critiquent.
Nous pensons qu’il est important pour la démocratie que nous soyons présent·es à ces événements pour les documenter de l’intérieur. De la part du sommet de l’État, les questions de protection de la nature et de justice sociale engendrent déni, dénigrement et mensonges. Durant toute la semaine, nous avons pu constater le gouffre abyssal entre d’une part les discours incendiaires du ministre de l’Intérieur, M. Darmanin, qui présentait le Village de l’Eau comme le rendez-vous de milliers « d’extrémistes radicalisés », et d’autre part la réalité tantôt studieuse, tantôt festive : tables rondes, formations, assemblées, activités pour les enfants, concerts de chants polyphoniques, balades naturalistes sur le site où 18 espèces de chauve-souris, la loutre, ainsi que 16 espèces de libellule ont été identifiées. Sur le Village, solidarité et fraternité-sororité n’ont pas été de vains mots, comme en témoignent les 20 collectifs regroupés pour mettre en place une méga-cantine participative pour 42 000 repas servis, la boulangerie mobile préparant 5 tonnes de pain durant la semaine, 6 000 sandwiches préparés pour la manifestation du samedi. Partout, le respect, le soin et la solidarité étaient au cœur des préoccupations. Durant toute la semaine, face à cette formidable expérience collective, le ministre de l’Intérieur joignait le dénigrement aux mensonges systématiques en prétendant que la justice était du côté des promoteurs des méga-bassines, alors que ceux-ci sont déboutés mois après mois (permis annulés, restrictions sur les volumes d’eau prélevée).
Ces dernières semaines, comme de nombreuses autres organisations, nous alertions sur le danger majeur pour la démocratie qu’aurait représenté un gouvernement d’extrême-droite. Depuis le Village de l’Eau, nous avons pu constater qu’une partie des élites politiques est déjà entrée de plain-pied dans l’ère de la post-vérité, où un monde virtuel se construit dans les médias pour justifier une démesure répressive face à toute contestation sérieuse d’un modèle à bout de souffle. Nous sommes convaincus qu’il est vital pour la démocratie que les scientifiques continuent à jouer leur rôle de contre-pouvoir, et à le faire collectivement de manière beaucoup plus claire et affirmée.
Ce que nous avons vécu en immersion au Village de l’Eau est à l’image de la société que nous aspirons à construire : non-violente, respectueuse de toutes les diversités, consciente de l’interdépendance entre autonomie collective et émancipation, attentive à toutes les formes de savoirs, y compris autres que scientifiques, vivante, joyeuse et solidaire.
Chacune de nos participations à ces luttes nous le confirme : pour nous, la place des scientifiques est au côté de celles et ceux qui luttent pour le vivant. Les valeurs auxquelles nous tenons y sont incarnées dans chaque geste. Nous pensons aussi que la surenchère répressive et la violence des discours venant du plus haut sommet de l’État contre les mouvements écologistes ne doit pas décourager l’engagement, bien au contraire. Nous appelons nos collègues scientifiques à venir plus nombreuses et nombreux à chaque nouveau rassemblement de cette nature, et à mobiliser leur expertise et leur liberté académique pour documenter et renforcer ces luttes. Une fois de plus, nous avons pu expérimenter que le jeu en vaut largement la chandelle, et que la défense de la démocratie et de l’intérêt général sont bien de ce côté-ci du cordon policier.
25.06.2024 à 02:00
Dans une tribune initiée par Scientifiques en rébellion publiée dans le Nouvel Obs, 4314 scientifiques appellent à une mobilisation contre le Rassemblement National par le vote et l’engagement collectif. Notre analyse des politiques d’extrême droite dans d’autres pays et du programme du RN montre que ce parti est bien une extrême droite comme les autres, et pourquoi il est incompatible avec nos valeurs.
Une version longue de cette tribune, publiée dans Le Club de Mediapart ainsi que la liste complète des signataires sont disponible ci-dessous.
Nous sommes des chercheur·es, enseignant·es-chercheur·es issu·es d’instituts de recherche et d’universités de toute la France et de toutes disciplines scientifiques. Un aspect de notre mission est de porter dans l’espace public les consensus scientifiques : l’origine humaine du réchauffement du climat, les causes de l’effondrement de la biodiversité, la gravité des pollutions de l’eau, du sol et de l’air et leur impact sur le vivant et nos sociétés humaines, l’effet des politiques publiques sur la hausse des inégalités et de la précarité (santé, alimentation), en sont des exemples. Seulement, nous ne pouvons concevoir notre mission indépendamment du respect de certaines valeurs au nom desquelles nous nous exprimons aujourd’hui. Au-delà du respect de l’ensemble du vivant, nous sommes profondément attaché·es à l’humanisme, à l’équité, à la solidarité entre personnes et avec les générations futures ; nous rejetons toutes les oppressions, notamment celles à caractère racial ou genré, et défendons une recherche au service de l’intérêt général.
Alors que l’extrême droite occupera plus de 40 % des sièges d’eurodéputé·es français·es à l’issue des élections du 9 juin, alors qu’elle est d’ores et déjà annoncée à plus de 30 % d’intentions de vote pour les législatives anticipées du 30 juin, nous l’affirmons clairement : l’arrivée au pouvoir du Rassemblement National (RN), un parti politique d’extrême droite, menace les valeurs auxquelles nous sommes attaché·es.
Elle ferait non seulement peser des risques graves sur la recherche et l’enseignement, sur la place accordée aux faits scientifiques dans le débat public, mais elle menacerait surtout le modèle même de société auquel nous aspirons : une société démocratique où les décisions émergent de débats collectifs, ouverts, libres, respectueux et bien sûr informés.
Un grand nombre d’électeurs et d’électrices relayé·es par les médias assurent que « l’extrême droite, on n’a jamais essayé ». C’est factuellement faux. Nul besoin de remonter au régime de Vichy et à la Seconde Guerre mondiale : l’expérience récente de leur arrivée au pouvoir dans d’autres pays, y compris voisins, suffit à démontrer que les partis d’extrême droite ne peuvent être considérés comme des partis comme les autres. Hongrie, Pologne, Brésil, Italie, États-Unis et plus récemment Argentine nous montrent quelles constantes se dégagent lors de leur exercice du pouvoir.
Le RN jouit aujourd’hui d’une image bien travaillée le faisant passer pour moins violent et plus ouvert que d’autres partis de la même tendance politique. Comme le soulignent de nombreux politologues, le Rassemblement National a orchestré, tout au long de son histoire, différentes phases de « dédiabolisation » qui consistent à transformer son discours et remplacer une partie de ses membres pour se rapprocher du pouvoir. Au fil de ces mutations, facilitées par l’appui de certains partis politiques et médias, le RN n’a pour autant jamais renoncé à sa ligne fondatrice hostile envers l’immigration, l’islam, les questions de genre et les droits LGBTQIA+.
Aujourd’hui, en dépit de cette « dédiabolisation », l’examen des votes RN à l’Assemblée Nationale, des déclarations de ses membres, ou bien de ses annonces, suffit à démontrer que sur toutes les thématiques que nous allons évoquer, le RN est bien une extrême droite comme les autres.
Une fois au pouvoir, l’extrême droite mine l’État de droit et les contre-pouvoirs en s’attaquant au pluralisme de l’information et en mettant la Justice au service des dirigeant·es : les pays dirigés par Trump, Bolsonaro, Orbán, Morawiecki et Meloni en ont tous fait les frais. Le système démocratique des États-Unis n’a échappé que de justesse à un coup d’État électoral de Trump le 6 janvier 2021. Les libertés publiques sont également menacées : le premier décret pris par le gouvernement Meloni a rendu passible de 6 ans de prison l’organisation de rassemblement « pouvant constituer un danger pour l’ordre public ».
De fait, l’attaque des contre-pouvoirs et de l’État de droit est bien dans les cartons du RN : sous prétexte d’économies, le RN a confirmé vouloir privatiser l’audiovisuel public, manière de restreindre encore le pluralisme médiatique en livrant un espace médiatique supplémentaire à un énième milliardaire. Du côté du fonctionnement des institutions, le RN, associé au parti Les Républicains (LR), a dénoncé un « coup de force des juges » après que le Conseil constitutionnel ait censuré des articles de la loi dite immigration. Les professionnels du droit craignent par ailleurs que le RN ne s’en prenne à l’indépendance de l’autorité judiciaire : « Aujourd’hui, nos règles institutionnelles font qu’il n’y aura pas beaucoup de choses à changer pour que le RN – s’il arrive au pouvoir – puisse prendre le contrôle, notamment de la carrière des procureurs » estime Kim Reuflet, présidente du Syndicat de la magistrature.
Alors que la Ve République donne beaucoup de pouvoir à l’exécutif, quelle confiance peut-on avoir dans la résistance de l’État de droit sous un régime d’extrême droite ? Pour nous, il est hors de question d’essayer l’extrême droite « juste pour voir », et parier sur le fait qu’elle quitte le pouvoir après s’être décrédibilisée en gouvernant.
L’extrême droite s’est construite, y compris en France, autour d’une idéologie raciste. Celle-ci demeure au cœur des politiques et des discours des gouvernements d’extrême droite récents, qui s’attaquent aux migrant·es sous prétexte de contrôler l’immigration et stigmatisent les étrangers. Ces discours et politiques permettent de véhiculer une haine décomplexée des étrangers qui infuse dans la société. En témoignent la vision exacerbée de l’immigration comme une menace aux États-Unis, ou le retour d’un fascisme décomplexé en Italie.
Aux États-Unis, en Pologne et en Italie, les partis d’extrême droite ont multiplié les attaques contre l’accès à l’avortement pour asseoir ainsi un contrôle du corps des femmes. Les eurodéputé.es RN étaient absent·es ou se sont abstenu·es lors du vote sur l’inclusion du droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Lors de la constitutionnalisation de l’avortement en France, près de la moitié des élu·es RN ont voté contre, se sont abstenu·es ou étaient absent·es.
Alors qu’ils prétendent défendre le peuple contre les élites, les gouvernements d’extrême droite démantèlent systématiquement les services publics (éducation, santé) et ciblent en premier lieu les plus démuni·es : suppression de l’équivalent du RSA en Italie, augmentation de 11 points de pourcentage du taux de pauvreté en Argentine. Le RN, lui, compte supprimer l’Aide médicale d’État aux étrangers en situation irrégulière. En plus de représenter une attaque insupportable à un principe fondamental de l’humanisme, cette mesure conduirait à une dégradation générale de la santé publique, notamment lors d’épidémies. Enfin, le RN s’est opposé à la mise en place d’un salaire minimum en Europe, prouvant, s’il le fallait, que la réduction des inégalités n’est pas sa priorité.
Enfin, les extrêmes-droites représentent une menace pour les droits des personnes LGBTQIA+. Non seulement elles répriment leurs mobilisations (comme en Pologne), mais elles légitiment la haine et la violence homophobes et transphobes. La victoire du RN aux Européennes a déjà conduit à une agression homophobe le 13 juin. Alors qu’il réclame toujours plus de sévérité contre les délinquants, le RN s’y oppose lorsqu’il s’agit de protéger les personnes LGBTQIA+, comme le démontre l’examen de leurs (non)-votes au Parlement européen.
L’extrême droite, si elle peut paraître aujourd’hui plus respectable qu’au XXe siècle, dissimule un projet assez homogène entre les différents États où elle a le pouvoir : celui d’instaurer une société fortement inégalitaire, oppressive et discriminante, fidèle aux principes mêmes de ce mouvement qui a toujours voulu opérer un tri entre les individus. Les votes de ses député·es et son programme laissent présager que le RN ne ferait pas exception en cas d’accès au pouvoir en France.
Une autre constante des extrêmes-droites est leur déni des alertes scientifiques concernant l’urgence climatique et écologique. Certaines assument clairement leur climato-scepticisme, comme le président de l’Argentine, qui affirme que « toutes ces politiques qui accusent l’Homme d’être responsable du changement climatique sont bidons » ; d’autres adoptent une rhétorique plus insidieuse pour justifier leur inaction ou même leurs actions anti-climatiques. Le résultat est le même : une politique qui nous mène tout droit vers un monde invivable à +3 °C voire +4 °C. Aux États-Unis, on a assisté sous la présidence Trump à la sortie de l’Accord de Paris, à des coupes drastiques des financements en faveur du climat, et à la nomination d’un climato-sceptique à la tête de l’Agence de protection de l’environnement. On peut aussi citer une déforestation sans précédent au Brésil ou la suppression du ministère de l’environnement en Hongrie.
Le RN, quant à lui, se défend de tout climato-scepticisme, mais persiste dans le climato-rassurisme en relativisant les rapports du GIEC. Plus précisément, le RN s’oppose au déploiement des énergies renouvelables, alors que les scénarios des ingénieurs de RTE montrent que tout miser sur le nucléaire ne permettrait pas de respecter de l’Accord de Paris à l’échelle française. Pire, le RN s’oppose à toutes les mesures écologiques : taxes sur les énergies fossiles, électrification des transports, sauvegarde de la biodiversité, diminution des pesticides, ralentissement de l’artificialisation des sols, limitation du transport routier. C’est un monde bétonné, goudronné, pollué, en surchauffe et sans vie que nous promet le RN. Pourtant, selon ce parti, toute mesure écologique est « punitive ». De quel côté est la punition ?
Enfin, l’attachement des scientifiques aux faits est toujours gênante pour les extrêmes-droites, qui ont un rapport très distancié avec la vérité. Au Brésil ainsi qu’aux États-Unis, on a assisté à des baisses drastiques de budgets dans l’éducation et la recherche, qui ont fait peser de graves menaces sur l’indépendance scientifique. Le gouvernement de Viktor Orbán a remis en question l’indépendance d’institutions académiques pour s’assurer qu’elles ne remettent pas en cause son idéologie. La défiance de Donald Trump envers la science durant le Covid-19 a littéralement entraîné des milliers de morts. Plus généralement, les extrêmes-droites développent la défiance envers les résultats de la recherche scientifique et adoptent une posture de post-vérité, où les dirigeants délivrent leurs propres « faits alternatifs », sous couvert de liberté d’opinion. Pour nous, la vérité n’est pas une opinion ou une position exprimée par une autorité. Être scientifique, c’est avant tout se plier à l’exercice du débat critique duquel ressort un consensus, c’est aussi lutter contre l’obscurantisme et la démagogie, et pour la diffusion des connaissances et le développement de l’esprit critique nécessaires à la démocratie.
La société et les valeurs dans lesquelles nous nous inscrivons seraient gravement compromises dans un pays aux mains du Rassemblement National. À l’instar de nombreuses personnes, de collectifs et d’associations citoyennes, nous pensons que le moment est grave et nous invitons à une large mobilisation face à cette menace dans les urnes les 30 juin et 7 juillet prochains. Nous dénonçons le discours dominant qui présente contre toute évidence le Nouveau Front Populaire comme une menace pour la République, étouffant ainsi toute possibilité de débat démocratique et d’alternance, et favorisant de manière irresponsable l’accession au pouvoir de l’extrême droite.
Au-delà du vote, nous appelons à lutter activement sur le long terme contre tout ce qui constitue le terreau de l’extrême droite : l’augmentation des inégalités, le sentiment de déclassement et de déconnexion entre les politiques et les citoyen·nes, la fracture dans l’accès aux services publics, la main-mise des intérêts privés sur les médias et réseaux sociaux, et la récupération électoraliste des obsessions de l’extrême droite par d’autres partis politiques. Cette mobilisation s’enracine dans les valeurs qui nous sont chères et que nous appelons à défendre : humanisme, équité, solidarité, respect du vivant, émancipation et confiance dans les citoyen·nes pour élaborer des solutions basées sur des débats approfondis.
Pour notre part, en tant que scientifiques et citoyen·nes, nous aspirons à contribuer pleinement à cette lutte et au débat démocratique à la hauteur des enjeux.
Camille Abajo-Sanchez, Sociologie, Doctorante - ATER, Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Ahmed Abbaoui, Littérature médiévale, Retraité, Sorbonne
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Dominique Ami, economie, Professeur des universités, AMU
Marta Amico, Ethnomusicologie, Maîtresse de conférences, Université Rennes 2
Charles Amory, Climat, Chargé de recherche, CNRS
Philippe Amram, Astrophysique, Professeur des universités, Aix-Marseille Université
Samir Amrane, Biologie, Chargé de recherche, Inserm
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Stéphane André, Ingénierie mécanique, enseignant-chercheur, université de Lorraine
Virgile Andreani, Biologie computationnelle, Post-doctorant
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Grégoire Andreo, sciences du langage, ATER, Aix-Marseille Université
Muriel Andrieu, Biologie Santé, Ingénieure de Recherche Hors Classe, INSERM
Nadine Andrieu, Agronomie, Chercheuse, CIRAD
Marie Andrieux, Océanographie, doctorante, UT3
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Tomasinelli Anna, Archéologie, ROA - Archéologue du bâti
Fabien Annebique, Agronomie, Technicien, Cirad
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Adélie Antoine, Ecologie marine, Doctorante, LOCEAN (CNRS - Sorbonne Université)
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Martine Antona, Économie institutionnelle, Retraitée, Cirad
Bénédicte Apouey, Sciences sociales, économie, Chargée de recherche au CNRS, CNRS
Carine Apparicio, Mathématiques, Professeure en CPGE, Education Nationale
Caroline Appert, Sciences Informatique, Directrice de Recherche
Pranavi Ar, Cell biology, PhD student, Université Paris Cité
Carlo Arcuri, Littérature comparée, Maître de conférences, Université de Picardie Jules Verne
Coline Ariagno, Géomorphologie, Post-doctorant, ISTerre
Anne-Sophie Armand, Biologie, Maîtresse de conférences, Université Paris Cité
Gilles Armani, Anthropologie, Chercheur indépendant, Indépendant
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Fanny Arnaud, Géographie, Ingénieure de recherche, CNRS
Alexis Arnaud, Informatique, Ingénieur de recherche, Université Grenoble Alpes
patrick arnaud, Hydrologie, Ingénieur de Recherche, INRAE
Sophie Arnaud-Haond, Biologie, Chercheure
Gilles Arnold, Mécanique, enseignant-chercheur, Université de Haute Alsace
Marc Arnold, science de le vie et de la terre, écologie, écotoxicologie, Enseignant, Education nationale
Sandie Arnoux, Bioinformatique, Ingénieure, INRAE
Nathalie Arquier, Sciences du Vivant, Chercheure, CNRS
Eve-Julie Arsenault-Pernet, Biologie environnement profond, technicienne, IFREMER
Hélène Artaud, anthropologie sociale, Maîtresse de conférences, MNHN
Marie Arthuis, Psychiatre, Praticien hospitalier, La timonz
Chantal Aspe, Sociologie, Maîtresse de conférences Emérite, AMU
Christine Assaiante, Neurosciences, Directrice de Recherche, CNRS
Komi Assigbetse, Microbiologiste, Ingénieur
Hakim Atek, Astrophysique, Enseignant Chercheur
Isabelle Attané, Démographie, Directrice de recherche, Ined
Jean-Luc Atteia, Astrophysique, Astronome, Université Toulouse 3
Elodie Attia, Philosophie, Arts, Lettres, Chargée de recherche, CNRS
Romain Aubert, Science politique, Doctorant, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Corinne Aubert, Microbiologie, Chargée de Recherche, CNRS
Catherine Aubert De Trégomain, maquettiste, retraitée
Catherine Aubertin, Economie, Directrice de recherche, IRD
Paul Aubier, paléontologie, docteur, sorbonne université
Eric Aubourg, Astrophysique, Directeur de recherche, CEA
Cédric Aubouy, clown de maths, comédien
Claire Aubron, Agriculture comparée, Professeure, Institut Agro Montpellier
Christine Aubry, Agronomie, Ingenieure de recherche retraitée, Professeure consultante à AgroParisTech, membre du GREC, INRAE AgroParisTech
Geoffroy Aubry, Physique, Chargé de recherche, CNRS
Ayrton Aubry, Science politique, Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche (ATER)
Mathieu Aubry, Informatique, Chercheur
Benoit Auclerc, Littérature française, Maître de conférences, Université Lyon 3
Justine Audebrand, Histoire, ATER
Benjamin Audit, Physique-Biologie, Directeur de recherche, CNRS, ENS de Lyon
Olivier Aumont, Océanographie, Chercheur, IRD
Didier Aurelle, génétique des populations, maître de conférences
Nathalie Aussenac-Gilles, Informatique, Directrice de recherche CNRS, CNRS
Christophe Austruy, Histoire, Doctorant, EHESS
Julia Autin, Sciences de la Terre, Enseignant-chercheur, Université de Strasbourg
Philémon Autin, géosciences, Post doctorant, Institut de recherche pour le développement IRD
Emmanuelle Autret, Océanographie physique, Chercheuse, Ifremer
Marion Auvray, Physique, Professeur en CPGE, Education nationale
Virginie Avezou-Boutry, Sciencede l'éducation et de la formation, Maitresse de Conférences, Université Paris Nanterre
Carole Avignon, Histoire, Maîtresse de conférences, Université d'Angers
Sakina Ayata, Ecologie marine, Maîtresse de conférences, Sorbonne Université
H Ambre Ayats, Informatique, Doctrice
Sylvie Ayimpam, Anthropologie, Chercheure affiliée, Institut des Mondes Africains
Catherine Aymard, Mathématiques, Professeur CPGE
Stéphane Aymerich, Microbiologie, Directeur de Recherche, INRAE
Gaspard Aymerich, Physique (cosmologie), Doctorant, Université Paris-Saclay
Clara Azémard, Chimie, Enseignante-chercheuse
Leela Azorin, Sciences du Langage, Chercheuse - Doctorante contractuelle, Aix-Marseille Université
Julien Azuara, Ecologie, Maître de Conférence, Université de Franche Comté
Atf AZZOUNA, Biologie et écologie animale, professeure de l'enseignement supérieur, faculté des sciences de Tunis (Université de Tunis El Manar)
Igor Babou, Sciences de l'information et de la communication, Professeur des universités, Université Paris Cité
Pierre Baby, Ecotoxicologie, Entomologie, Agronomie, Doctorant, IMBE
Clémentine Baccati, Chimie des Substances Naturelles, Doctorante, IMBE - AMU
Stéphane Baciocchi, sciences sociales, ingénieur de recherche, EHESS
Tiphaine Bacot, Ecologie, Doctorante
Adam Baczko, Sciences politique, Chargé de recherche, CNRS
Alain Badie, Archeologie, Ingénieur de recherche, Cnrs
Pierre Badin, Traitement de l'information et parole, Directeur de Recherche Emérite au CNRS, Université de Grenoble
Gwenael Badis-Bréard, Biologie Moléculaire, Chargée de recherche CNRS, Institut de Biologie de l'Ecole Normale Supérieure
Raphael Baena, Informatique, Post-Doc, ENPC
Camille Bagès, Biophysique, Doctorante, CNRS
Daniel Baguet, Astrophysique, Post-doctorant, CNRS
Ludivine Baguet, Santé animale, Vétérinaire, Cvdpcn
Jean Baptiste Bahers, Géographie, Chercheur, CNRS
Emmanuelle Baillet, Neurosciences, Chercheuse, Université de Berkeley (USA)
Apolline Bailleux, Anthropologie sociale, Chercheuse indépendante
Rodolphe Bailly, Santé, PhD, chargé de recherche, INSERM
Malissa Bakouche, Géologie, Doctorante
Maureen Bal, Science politique, Doctorante, université de Bordeaux
Viviane Baladi, Mathématiques, Directeur de recherches, CNRS
Christine Balague, Sciences de gestion, Professeur des Universités, Institut Mines Telecom
Claire Balandier, Histoire de l'antiquité et archéologie du monde grec, Maîtres de Conférences Habilitée à diriger des Recherches, Avignon Université
Marie Balasse, Archéozoologie, directrice de recherche, CNRS - MNHN
Virginie Baldy, Écologie, Prifesseure des Universités, Aix Marseille Université
Kevin Balem, Oceanographie physique, Ingénieur, Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, IFREMER
Thomas Balenghien, entomologie médicale, chercheur, Cirad
Roger Balian, physique, Membre de l'Académie des sciences
Sébastien Balibar, physique, membre de la l'Académie des Sciences, Chercheur en Sciences
Françoise Balibar, Physique. Hisoire des sciences, Professeur, Université Paris 7-Denis Dideot
Benoît Ballester, Bioinformatique, Chargé de recherche, INSERM
Stéphane Ballet, Mathématiques, Professeur, Aix-Marseille Université
Christine Ballini, Ecologie, enseignante-chercheuse, Aix Marseille Université
Mariette Ballon, Science Politique, doctorante, Triangle, Lyon 2
Heikel Balti, écologie, doctorant
Antoine Balzeau, paléoanthropologie, Directeur de recherche, CNRS
Michel Bampély, Sociologie, Sociologue de l'art et de la culture, EHESSm
Florence Bancaud, Études germaniques, Professeur des universités, Aix Marseille Université
Jean Baptiste-Correia, Na, Na, Na
Avner Bar-Hen, statistique, Professeur, Cnam
Sandra Barantal, Ecologie de la conservation, Chercheuse contractuelle
Fabienne Barataud, Géographie sociale et environnementale, Ingénieure de Recherche, INRAE
Laurent Baraton, Énergie, Ingénieur de recherche, Privé
Cyril Barbancon, réalisateur documentaire, Cadre, TV France / US / Canada
Nina Barbaroux-Pagonis, Sciences de l'information et de la communication, Doctorante
Albane Barbero, Qualité de l'air / Chimie atmosphérique, Ingénieure Recherche, CNRS
Florian Barbi, Écologie Microbienne, Chercheur Postdoc, Institute of Microbiology of the Czech Academy of Sciences
Timothée Barbier, Archéologie, Doctorant ED 124- UMR 8150, Université Sorbonne Lettres
Hugo Barbot, Statistiques appliquées, Doctorant, IRMAR
Boris Barbour, Neurosciences, Directeur de recherche, CNRS, Ecole normale supérieure
Corentin Barbu, Agriculture, Chargé de recherches, INRAE
Sarah Barelier, Biologie, Chercheuse, INSERM - Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille
Kévin Barge, Physique, Étudiant, INSA Toulouse
sophie Barillé-Nion, Biologie, Chercheuse, Inserm
Sabine Barles, Urbanisme, Professeure des universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Nicolas Barnier, Informatique, Enseignant chercheur, ENAC
Martin Barnier, Histoire du cinéma, Professeur des universités, Université Lumière Lyon2
Cécile Baron, Acoustique, Chercheur, CNRS
Sébastien Barot, Ecologie, Directeur de Recherche, IRD
Hafid Baroudi, Environnement et Risques Industriels, Docteur Ingénieur, INERIS
Quentin-Boris Barral, Océanographie, Post-doctorant, CNRS
Stéphanie Barral, Sociologie, Chargée de recherche, INRAE
Nicolas Barral, Mathématiques, Maître de Conférences, Institut de Mathématiques de Bordeaux
Frederic Barras, Biologie, Professeur, Institut Pasteur
Alexandre Barraud, Ecologie, Chercheur, Pollinis
Jonathan Barre, Informatique, Docteur
Pierre Barrillon, Physique des particules, Titulaire, CNRS
Laurence Barthe, Aménagement Géographie, Maîtresse de conférence, Université Toulouse Jean Jaurès
Léonard Barthelemy, Climat/Glaciologie, Doctorant, CNRS
Agnes Barthelemy, Physique, Professeur des universités, Université Paris Saclay
Carole Barthelemy, sociologie, Maîtresse de conférences, Aix Marseille Université
Marianne Barthelemy, STAPS, PRAG, FSS
Pascale Barthélémy, Histoire, Maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches, ENS de LYON
Marie Barthélemy, Physique, Ingénieur de recherche, IPCMs
Lise Bartholus, Ecologie, Ingénieure, MNHN
François Bartolomei, Archéologie, Doctorant, Aix-Marseille Université
Adrien Barton, Philosophie, Chargé de recherche, CNRS
Isabelle Basile-Doelsch, Géosciences, Directrice de Recherche, INRAE
Elise Basquin, Géographie des risques, Doctorante, Sorbonne Université
Justine Basset, Gene therapy, Senior scientist
Loïs Bastide, sociologie, Maître de conférences, Université de la Polynésie française
Corto Bastien, Acoustique, Doctorant, INRIA
Camille Bataillon, Sciences du Langage, Doctorante-Chercheuse, INSERM
Laury Batista, Physique, Doctorante, Universite Paris Saclay, CEA
Bernard Baudoin, Énergie, Professeur, Imt
Camille Baudoin, Informatique, Enseignante, INSA Centre Val de Loire
Wilfrid Baudoin, psychologie du travail, En recherche d'emploi, CNAM
Vivien Baudouin, Géologie, Salarié, BRGM
Julia Baudry, Epidemiologie, Chercheuse
Sarah Baudry, Doctorat en Géographie, aménagement, -
Samuel Baumard, Mathématiques, Enseignant en CPGE
Alex Baumel, Ecologie, Enseignant Chercheur, Aix Marseille Université
sylvain baumont, astrophysique, maître de conférences
Christelle Baunez, Neurosciences, Directrice de Recherche Classe Exceptionnelle, CNRS
Ghislain Baury, Histoire, Professeur agrégé, Le Mans Université
Daniel Bauza-Canellas, Microélectronique, Chargé de recherche CNRS (Retraité depuis le 01/07/21), CNRS
Pierre Bayard, Littérature française, Professeur émérite, Université Paris 8
Basak Bayramoglu, Sciences économiques, Directrice de recherche
Garance Bazin, Anthropologie de l'environnement, Doctorante, Paris 10 Nanterre
Janiaud Béatrice, Mécanique des fluides, enseignante-chercheure, Université Grenoble Alpes
Jérôme Beauchez, Sociologie et anthropologie, Professeur des universités, Université de Strasbourg
Laurence Beaujard, sciences du langage, doctorante, université Paris 8
Mélodie Beaujeu, SCIENCES POLITIQUES, Fellow, Institut Convergences Migrations
Thérèse Beaume-Six, Médecine, Docteur retraité, HCL
Léa Beaumelle, Ecologie, Postdoctorat
Léa Beaumont, Géomorphologie, Doctorante
Alexis Beaurepaire, Biologie, Postdoc, Université de Berne
François Beauvais, Science (Mathématiques appliquées, statistiques et sciences sociales), Étudiant, Aix Marseille université
Sylvia Becerra, sociologie, chargée de recherche, CNRS
Josemaria Becerril Aceves, Anthropologie, Doctorant, LAS (EHESS)
Amina Becheur, Gestion, Professeure des universités, U.Eiffel
Arnaud Beck, Physique, Ingénieur de recherche, CNRS
Charlotte Becquart, Métallurgie, Professeur des Universités, CentraleLille Institut
Valentine Becquet, Démographie, Chargée de recherche, Ined
Jean-Marc Bedecarrax, Philosophie, Enseignant
Stéphanie Bedhomme, Biologie évolutive, Chercheuse, CNRS
Maxime Bedoin, Neuro-ingénierie, Doctorant, Télécom SudParis, Institut Polytechnique de Paris
Coline Bedoret, Biologie marine, CDD, Aix-Marseille Université
Laurie Bedouet, Ecologie, Doctorante
Abderahmane Bedouhene, mathématiques informatique, docteur/ ingénieur de recherche, EssilorLuxottica
Matthias Beekmann, Sciences de l'environnement, Directeur de recherche, CNRS
Florian Beguet, Informatique Graphique, Post-doctorant, Aix-Marseille Université
Arnaud Bégyn, Mathématiques et Informatique, Enseignant
Valentin Behr, science politique, chercheur
Joana Beigbeder, Science des matériaux, Enseignante chercheuse
Habib Bel Hedi, Culture, Indépendant
Emmanuel Belamie, Chimie, Directeur d'Etudes EPHE
Gilles Belaud, Sciences de l'eau, Professeur, Institut Agro
Benjamin Belfort, Hydrologie - hydrogéologie - modélisations, enseignant chercheur, ENGEES
Matthieu Belin, Climato-hydrologie, Stagiaire, LMD (IPSL)
Fabrice Beline, Métabolisme agricole et agroécologie, Directeur de Recherche, INRAE
Louise Bellamy, Sociologie, Doctorante, IRISSO - Université Paris Dauphine
Tino Bellayer, Océanographie, Stagiaire, Ifremer
Matthieu Bellec, Physique, Chargé de Recherche
Barbara Belletti, géographie physique, chercheuse
Irene Bellier, Anthropologie, Directrice de recherche émérite, Cnrs
Thibault Belloin, Neurosciences, Doctorant, Aix-Marseille Université
André Belo, Histoire, Portugais, Professeur des universités, Université Rennes 2
Maxime Bélondrade, Biochimie, Ingénieur, Efs
Caroline Beltran, Sciences de gestion et du management, ATER, Université de Perpignan via Domitia - laboratoire CRESEM
Nadia Ben Amor, Chimie, chercheuse, CNRS
Tamara Ben Ari, Agronomie, Chercheur
Yazid Ben Hounet, Anthropologie, Chercheur, CNRS
Karim Ben Slimane, Risques naturels et anthropiques, Directeur de projet, BRGM
Nihel Ben Taleb, Médecine et sciences cognitives, Normalienne et étudiante en médecine, Ecole Normale Supérieure de Paris, Université Sorbonne Paris Nord
Simon Benaichouche, Mathématiques appliquées, Chercheur post doctorant, Inria
Léo Bénard, Maths, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Sandra Benazzo, sciences du langage, Professeur des universités, Université Paris 8
Ryan Benazzouk, Physique, Doctorant, CNRS
J.Larry Bencze, Education, Associate Professor Emeritus, OISE, University of Toronto
Lucilla Benedetti, Geosciences, Directrice de Recherche, CNRS
Véronique Benei, Anthropologie, Directrice de recherche, CNRS
Simon Benhamou, Eco-éthologie, Directeur de recherche, CNRS
Wakinyan Benhamou, Biologie, Doctorant, Université de Montpellier / Centre d'Écologie Fonctionnelle et Évolutive
Emmanuel Benichou, Mécanique des fluides, Post-doctorant
Eliza Benites Gambirazio, Sociologie, Maîtresse de conférences, ENS Paris Saclay
Martine Bennini, Histoire, Chercheur associé, CRH (Ehess)
Yasmine Bennouna, Sciences de l'atmosphère, Ingénieur de Recherche, CNRS
Tristan Benoist, Physique Mathématiques, Chargé de recherche CN CNRS, Insitut de Mathématiques de Toulouse
Anthony Benoist, Evaluation environnementale, Chercheur, CIRAD
Anne-Sophie Benoiston, Bioinformatique, Ingénieure d'études, IRD
Pierre Benoit, Science du sol, Chercheur, INRAE
Marc Benoit, Agro-économiste, Ingénieur de Recherches, INRAE
Thomas Benoit, Écologie Marine, Doctorant, Ifremer
Alain Benoit, Physique, Directeur de recherche émérite, CNRS
Alain Benoit, Physique, Directeur de recherche émérite membre de l’académie des sciences, CNRS
Taos Benoussaïd, Sciences de l'environnement, Postdoctorante, LISA - Université de Paris
Nelly Bensimon, Informatique, Maître de conférences à la retraite, Université Paris Saclay
Emma Bent, Océanographie, Doctorante, UBO
Ilhem Bentaleb, Paléocéanographie, Paléoclimatologie, Paléoenvironnement, Enseignante chercheure, Université de Montpellier
Patricia Bentoza, Ecologie environnement, Ingénieur de recherche, CNRS
Albert Benveniste, Informatique, Directeur de recherche émérite, Inria
Christophe Benzitoun, Sciences du langage, Maître de conférences, Université de Lorraine
Catherine Benzoni, Sciences de l’information et de la Communication, Retraitée
Remi Berard, Nanomateriaux, Postdoctorant
Annette Bérard, écologie microbienne, ICPEF, INRAE
Jack Berat, Astrophysique, Doctorant
Luc Beraud, Géoscience, Doctorant
Mathilde Bercy, Physique, enseignante
Zoé Berenger, Mathématiques appliquées, Doctorante, Télécom Paris
Gilles Bergametti, environnement, directeur de recherche, CNRS
Matthieu Bergé, Microbiologie, Chargé de recherche, CNRS
Nicolas Bergeard, Physique, Chargé de recherche, CNRS
Nicolas Berger, Mécanique, PRAG, Université de Bordeaux
Dominique Berger, Sciences de l'éducation et de la formation, Professeur des Universités, Université Claude Bernard Lyon 1
Jean-Francois Berger, géographie, CDI directeur de recherche, CNRS
Henri Bergeron, Sociologie, Directeur de recherche, CNRS
Karine Bergès, Études hispaniques, Professeur d’université, Université Paris Est Créteil
Olivier Bergis, Neurosciences, Retraité - Directeur recherche honoraire, Industrie pharmaceutique
Alice Beriot, Anthropologie, Doctorante, EHESS
Timothée Bernard, Sciences du langage, Maître de conférences, Université Paris Cité
Jean-Philippe Bernard, Astrophysique, Directuer de Recherche, CNRS
Julien Bernard, Philosophie, Enseignant-chercheur
Domi Bernard, Physique et histoire des sciences, Maître de conférences retraité, université de Rennes
Mathieu Bernard, économie, ingénieur de recherche
Simon Bernard, Acoustique, Enseignant-chercheur, Université Le Havre Normandie
Laura Bernard, Physique théorique, Chargée de recherche, CNRS
Nathalie Bernard, Neuroscience, Chercheuse
Nathalie Bernard-Maugiron, Droit, Directrice de recherche, IRD
Anne-Marie Bernardi, Langue et littérature grecques, Maîtresse de conférences honoraire, AMU- CNRS- TDMAM
Séverine Bernardie, Risque en glissement de terrain, ingénieur chercheur, BRGM
Harry Bernas, Physicien, Directeur de recherche (ém), CNRS
Olivier Berné, Astrophysique, Directeur de Recherche au CNRS
Hugues Berry, Bioinformatique, Directeur de Recherche, Inria
Fabrice Bert, Physique, Professeur
Patrice Bertail, Mathématiques, Professeur des universités, Université Paris Nanterre
Catherine Bertarnd, hydrogéologie, professeure, université de Franche Comté
Marie-Hélène Bertaud, Mathématiques, Professeure, Lycée Saint Stanislas, Nantes
Yves Bertheau, Biologie mpleculaire, Directeur de recherche INRA, MNHN
Thomas Berthelon, Mécanique des Fluides, Ingénieur de recherche, CNRS
Katell Berthelot, Histoire, Directrice de recherche au CNRS, CNRS
Sarah Berthet, océanographie et climat, chercheure, CNRM
Etienne Berthier, Glaciologie, Directeur de Recherche, CNRS
Françoise Berthoud, Informatique, Ingénieure de Recherche, CNRS
Stefano Berti, Mécanique, Maître de conférences, Université de Lille
Paola Bertilotti, Italien, PRAG, Paris 8
Chloe Bertin, INFECTIOLOGUE, PHC, CHU BORDEAUX
Yves Bertin, MG Projet wiKonsult, MSU, UVSQ
Wolfgang Bertram, Mathématiques, Professeur, Université de Lorraine
Céline Bertrand, Ecologie, Enseignant Chercheur, Aix Marseille Université
Colette Bertrand, Ecotoxicologie, Chargée de recherches, INRAE
Yann Bertrand, Instrumentation - Mesure atmosphériques, Ingénieur d'études, CNRS
Edouard Bertrand, Sciences de la vie, chercheur statutaire, CNRS
Cécile Bertrand, sans discipline, prec, inspe/cyu
Nicolas Bertrand, Lettres classiques, Maître de conférences, Université Côte d'Azur
Constance Bertrand, Ecologie, Doctorante, Université de Rennes
Aliènor Bertrand, Philosophie, Chargée de recherche, CNRS - ENS de Lyon
Nathalie Bertrand, Informatique, Directrice de recherche, Inria
Solange Bertrandy, Biologie, Enseignant Chercheur, Université Paris Saclay
Aurélien Besnard, Ecologie, Directeur d'Etudes
Camille Besombes, épidémiologie, post doctorante, sciences po
Philippe Besse, Mathématiques, Professeur émérite, Université de Toulouse
Marianne Bessemoulin, Mathématiques, Chargée de recherche, CNRS
Yoann Besset-Manzoni, Ecologie microbienne-plante, Enseignant Chercheur, ISARA
Juliette Bessette, Histoire de l'art, ATER, Aix-Marseille Université
Myriam Besson, Géosciences, Doctorante, LMD
Damien Bestard, Acoustique Physique, Ingénieur de Recherche, Sorbonne Université
Elvire Bestion, Ecologie, Chercheuse, CNRS
Maria Teresa Betancor Abbud, Musicologie, Doctorante, CRAL/EHESS
Laurent Bétermin, Mathématiques, Enseignant-Chercheur, Institut Camille Jordan, Université Lyon 1
Arnaud Beth, Astrophysique, Postdoc
Aurore Betranhandy, Astrophysique, Post-doctorante, MPI for gravitational physic
Rémy Beugnon, Ecology & Climat, Postdoc, CEFE - CNRS
Jean-Eudes Beuret, Economie, Professeur des Universités, Institut AGRO
Anne-Gaëlle Beurier, Sociologie des sciences, Doctorante, Sorbonne Nouvelle
Tom Beurois, Sociologie, Doctorant, Université de Tours
Corinne Beurrier, Neurosciences, Chercheure, CNRS
Geneviève Beurrier, citoyenne non scientifique, Retraitée
Manik Bhattacharjee, Informatique, Ingénieur de recherche, CNRS
Rachna Bhoonah, Ingénierie Environnementale, postdoc, Agro ParisTech
Chloé Biaggi, Sociologie, Sociologie, UBO
Guillaume Biard, Histoire de l'art et archéologie, Maître de conférences, Aix-Marseille université
Romain Biard, Mathématiques, Maître de conférences, Université de Franche-Comté
Manuel Bibes, Physique, Directeur de Recherche, CNRS
Gabriel Bidaux, Santé, Chargé de recherche, INSERM
Joan Bienaimé, Science politique, Doctorant, Université de Lille
Lénaïck Bienvenu, Sciences de l'Education / sociologie/ psychologie, Déléguée des parents d'élèves, Lycée Jean -Jacques Rousseau - Sarcelles (95)
Frédérique Bienvenüe, Mathématiques appliquées, Maîtresse de conférences, Université Lyon 1
Alexis Bienvenüe, Mathématiques appliquées, Maître de conférences, Université Lyon 1
Antoine Bierjon, Climatologie, Hydrologie, Ingénieur de recherche, CNRS
Hermine Biermé, Mathématiques, Professeure, Université de Tours
Nicolas Bierne, Génétique, Directeur de Recherche, CNRS
Melody Biette, Géographie, Maîtresse de conférences, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis
Grégory Bièvre, Sciences de le Terre, Maître de conférence, Université Grenoble Alpes
Romain Bigay, Sciences de l'information et de la communication, Contractuel, Université Paris Nanterre
Alexis Bigé, Mathématiques appliquées, Ingénieur chercheur, CEA
Yohan Bignon, Biologie médicale, Chargé de Recherche, Université de Lausanne
Aurélien Bigo, Transition des transports, Chercheur indépendant
Pauline Bigot-Cartier, Ingénieur, Étudiante, École Polytechnique Féminine
Jean-Paul Billaud, Sociologie, Directeur de recherche honoraire, CNRS
Françoise Billebaud, Physique, Enseignante-chercheuse, Université de Bordeaux
Gilles Billen, Biogéochimie, Directeur de recherche CNRS émérite, CNRS-Sorbonne-Université
Pierre Billoir, Physique, Professeur émérite, Sorbonne Université
Julie Binard, Mathématiques, ATER
Bertrand Binoche, Philosophie, Professeur des Universités, Université Paris I-Panthéon-Sorbonne
Aurelie Binot, Agronomie, Directrice de recherche, Cirad
Cécile Biquet, Ecologie, Stagiaire
Clément Birouste, Préhistoire, Postdoctorant
Emilie Bisbau, Sociologie, Doctorante, INERIS
Laetitia Biscarrat, Sciences de la communication, Maîtresse de conférences, Université Côte d’Azur
Philippe Blache, Informatique-Linguistique, Directeur de recherche, CNRS
Solangd Blaise, Botanique, Maitre de conférences émérite, PARIS SUD
Cécile Blanc, Matériau, Ingénieur de recherche, CEA
Lilian Blanc, environnement, chercheur, CIRAD
Romuald Blanc, Psychologie, Maître de conférences des universités- Psy, Université Paris Cité
Nathalie Blanc, Géographe, Directrice de recherche, CNRS
Xavier Blanc, Mathématiques, Professeur, Université Paris Cité
Guillaume Blanc, Physique, Maître de conférences, Université Paris CIté
Julien Blanc, Histoire contemporaine, Professeur agrégé, EHESS
Cathy Blanc-Reibel, Urbanisme, Ingénieure d'études, CNRS
R. Blanch, Informatique, Maître de conférences, UGA
Alain Blanchard, Astrophysique, Professeur, Université Toulouse III
Marianne Blanchard, Sociologie, Maîtresse de conférences, Inspe toulouse
Didier Blanchard, Physicien, Ingénieur de recherche, ESRF
Cyrille Blanchard, Astronomie, astrophysique, Assistant ingénieur, CNRS
Enka Blanchard, Informatique, Chargée de recherche CNRS, CNRS
Marion Blancher, Philosophie, Professeur en lycée, chercheuse indépendante, Education nationale, Irhim Lyon
Guy Blanchet, Climatologie, Retraité, Université Lyon 1
Lisa Blangy, Innovation, Cadre, CIRAD
Morgane Blanot, Géoarchéologie, Doctorante, Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Vincent Blase, Intelligence artificielle et santé, Doctorant
Hélène Blasquiet, Géographie et science politique, Doctorante / ingénieure d'études, VetAgro Sup - UMR Territoires
Cécile Blatrix, Science politique, Professeure, AgroParisTech
Romane Blaya, Ecologie, Doctorante, Avignon Université
Adele Blazquez, Anthropologie, Chargée de recherche CNRS, LAP-EHESS
Sophie Bleves, Microbiologie, Professeur d'université et chef d'équipe, Aix Marseille Université et CNRS
Marianne Blidon, Géographie, démographie, Maîtresse de conférences, Paris 1-Panthéon Sorbonne
Noam Bloch, Hydraulique, Doctorant, CNRS
Jacqueline Bloch, Physicienne, Directrice de Recherche, CNRS
Jean-Noël Blocher, Sciences de l'éducation et de la formation, Ingénieur de recherche, UBO - INSPE de Bretagne
Thomas Blon, Physique, Maître de conférences, INSA Toulouse
Jacques Blondel, Biologie, Directeur de recherche, CNRS
François Blondel, Archéologue, Post-doctorant, Université de Genève
Isalyne Blondet, Géochimie, Doctorante, UPS
Manuel Blouin, Ecologie, Professeur, Institut Agro Dijon
Mikaa Blugeon-Mered, Géopolitique de l'hydrogène, Chargé d'enseignement, Sciences Po / IFP School
Françoise Blum, Histoire, Ingénieure de recherche, CNRS
Edward Blumenthal, histoire et civilisations, Maître de conférences en Civilisation de l'Amérique latine, Université Sorbonne Nouvelle P3
Cyrille Bock, Sciences de l'éducation et de la formation, Maître de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès
Géraldine Bocquého, économie, chercheur, INRAE
Catherine Bodénès, génétique, ingénieure, INRAE
Pierre Bodin, Mathématiques, Doctorant, Université de Versailles Saint-Quentin, Université de Sherbrooke
Carolina Boe, Anthropologue, Enseignante-chercheuse
Catherine Boemare, Economie, Ingénieure de recherches, EHESS
Pierre Boilley, Histoire, Professeur, Université Paris 1
David Boilley, Physique, Enseignant chercheur, Université de Caen Normandie
Tristan Boin, Astrophysique, Etudiant en Master 2, futur doctorant, Observatoire de Paris
Margaux Boisgontier, Géographie, Doctorante, Université Caen Normandie
Frédéric Boisguérin, Informatique, Ingénieur indépendant
Julien Boisse, Mécanique / science des matériaux, Maître de conférences, Université de Lorraine
Isabelle Boisse, Astrophysique, Astronome-adjoint
Patrick Boissé, physique - astrophysique, professeur émérite, Sorbonne Université
Samuel Boissier, Astrophysique, Directeur de recherche, CNRS
Manuel BOISSIERE, ethnobotaniste, CDI, CIRAD
Catherine Boisson, Astrophysique, enseignant-chercheur, Observatoire de Paris
Catherine Boisson, Astrophysique, Astronome, Observatoire de Paris - PSL
Simon Boitard, Génétique des Populations, Directeur de Recherches, INRAE
Mareike Boldt, Sciences du langage, Doctorant, ENS de Lyon
Julien Bolmont, Astrophysique, Enseignant-Chercheur
Emeline Bolmont, Astrophysique, Prof, Université de Genève
Clara Bolton, Sciences de la Terre et du Climat, Chercheur, CNRS
Victor Bon, Science atmosphérique, Doctorant, Laboratoire de Météorologie Dynamique
Suzanne Bonamour, Biologie, Chercheuse (postdoc)
Cyrille Bonamy, Mécanique des fluides numérique, Ingénieur Recherche, CNRS
Léa Bonamy, Neeuroscience, Doctorante, CNRS - Université de Bordeaux
Quentin Bonassies, Surfaces et interfaces continentales, Hydrologie, Doctorants
Catherine Bonazzi, Ingénierie alimentaire, Chercheur
Alberte Bondeau, sciences de l'environnement, chargée de recherche, CNRS
Sandrine Bonhomme, Biologie, Chargée de recherche, INRAE
Maxime Bonhomme, Biologie, Maitre de Conférences, Université Toulouse 3
Ludovic Bonhomme, Biologie, Professeur des Universités, UCA
Stéphanie Boniface, Environnement et climat, Ingénieure d'étude contractuelle
Hugo Boniface, Imagerie médicale, Ingénieur
Laure Boniol, Sociologie, Doctorante, Université Paul Valéry Montpellier
Victor Bonjean, Astrophysique, Chercheur postdoctoral, FORTH-ICS, Héraklion
Romain Bonnand, Physique, Ingénieur de recherche, CNRS
Pascal Bonnard, Science politique, enseignant-chercheur
Mireille Bonnard, neurosciences, Directrice de Recherche, CNRS
Emmanuelle Bonneau, Urbanisme et Aménagement de l’espace, Maître de conférences, Institut d’Aménagement, de Tourisme et d’Urbanisme de l’Université Bordeaux Montaigne
Léa Bonnefoy, Astrophysique, Postdoctorante, LMD
Mylene Bonnefoy, Risques naturels, Ingénieure fonctionnaire, INRAE
Laurent Bonnefoy, Science politique, CNRS, CERI/Sciences Po
Bénédicte Bonnemason, anthropologie sociale, ingénieure d'études, EHESS
Marie-Paule Bonnet, science de la durabilité, Directrice de recherche, IRD
Jean-Marc Bonneville, Biologie, Chargé de recherche CNRS, Laboratoire d'Ecologie Alpine, Grenoble
Xavier Bonnin, Astrophysique, Ingénieur de recherche, CNRS
Véronique Bontemps, Anthropologie, Chargée de recherche, CNRS
François Bontems, Virologie structurale, Directeur de recherche, CNRS
Frédéric Boone, astrophysique, enseignant-chercheur, Université de Toulouse III
Anne Boos, Chimie, Maîtresse de conférences, Université de Strasbourg
Esteban Bopp, Géographie, Maître de conférences, Université de Lille
Simon Bordage, Pharmacognosie, Maître de conférences des universités, Université de Lille
Véronique Bordes, Sciences de l'éducation et de la formation, Professeure des universités, UT2J
Rachele Borghi, Géographie, Maîtresse de conférences
Antoine Borie, Mathématiques, Doctorant, Irmar
Philippe Borsa, Génétique des populations, Directeur de recherche, Institut de recherche pour le développement
Rosa Mari Bortolotti, Sciences de l'éducation et de la formation, chercheuse, Cergy Paris université
Maria Laura Boschiroli, Microbiologie, Directrice de recherche, Anses
Axel Bossavit, Chimie, Doctorant, Aix-Marseille Université
Isaline Bossert, Climatologie/Océanographie, Doctorante, CNRM
Jean-Yves Bottero, Physico-chimie, Emerite, CEREGE-CNRS
Ines Bouabda, Ecologie, Étudiante
Dominique Bouad, Chimie, Professeur, CPGE
Mélissa Bouanou, Neurosciences, ITA, CNRS
Mohamed Bouazaoui, Physique, Professeur, Université de Lille
Nicole Boubée, Sciences de l'information et de la communication, Maîtresse de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès, INSPÉ Toulouse Occitanie Pyrénées
Pascal Boubert, Physique, Maître de conférences, Université de Rouen
Bertrand Bouchard, Biologie, Chercheur, CNRS
Sébastien Bouchard, Informatique, Maître de Conférences
Manon Boucharéchas, Didactique du Français Langue Etrangère et Seconde, Doctorante, Lidilem
Charlène Bouchaud, Bioarchéologie, Chargée de recherche, CNRS/MNHN
Mohamed Aziz Bouchene, Physique, Professeur, Université Paul Sabatier
Alexandra Boucherifi-Kornmann, Art et science, Doctorante, Univ. Bdx Montaigne et Univ. Paris 1 Pantheon Sorbonne
François Bouchet, Astrophysique, Directeur de recherche CNRS émérite, CNRS
Marie Bouchet, Etudes anglophones, Professeure des Universités, Université Toulouse Jean Jaurès
Cyriac Bouchet-Mayer, Sociologie, Chercheur, Université de Montpellier
Milan Bouchet-Valat, Sociologie, Chargé de recherche, Institut national d'études démographiques
Malika Bouchez-Zacria, Épidémiologie vétérinaire, PhD, DVM, Indépendante
Hélène Bouchiat, Physicienne, Directrice de Recherche au CNRS, CNRS
Samuel Bouchut, Ecologie forestière, Doctorant, IRF-UQAT
Myriam Boudadi-Maligne, Préhistoire, Chargée de recherche, CNRS
Paul Bouffartigue, Sociologie, Directeur de recherche émérite, CNRS
Jean-Pierre Bouillet, Foresterie, CDI, Dr, Cirad
Jérémy Bouillet, Sciences politiques, Chercheur à EDF R&D, EDF R&D ; Sciences Po ; Polytechnique
Marie-Noelle Bouin, Physique de l'atmosphère, Chercheur
Alison Boulanger, Littérature générale et comparée, Maîtresse de conférences, Université de Lille
Sébastien Boulay, ethnologie, enseignant-chercheur, Université Paris Cité
Gabrielle Bouleau, Science politique, chercheuse, INRAE
Jacques BOULESTEIX, Astrophysique, Directeur de recherche CNRS retraité, CNRS
Stéphanie Boulêtreau, Ecologie, Ingénieure de recherche, Université Toulouse 3
Marc Boulnois, Economie, Doctorant
Alix Boulouis, Biologie, Maîtresse de conférencesU, Sorbonne Université
Sylvie Boulud-Gazo, Archéologie, Maîtresse de conférences, Nantes Université
Aurélie Boura, Sciences de l'eau, Doctorante, Université de Montpellier
Henri-Marc Bourbon, Genetique, Retraite, CNRS
Clara Bourbousse, Biologie, Chercheuse, Sorbonne Université
Géraldine Bourda, Astronomie, Astronome, Université de Bordeaux
Romain Bourdais, Automatique, Professeur, CentraleSupélec
Aurélie Bourdais, Didactique des langues, Maître de conférences
Frédéric Bourdier, anthropologue, directeur de recherche, IRD
Vincent Bourdin, Physique / Énergétique, Ingénieur, CNRS
Anne Bourdoncle, biologie, mcu, université
Thomas Bourgeois, Ecologie, Postdoctorant, CEFE
Alizé Bouriat, Etude des Environnements Profonds, Technicienne, Ifremer
Raphaël Bourillot, Géologie, Maître de Conférences, Bordeaux INP
Bernard Bourlès, Océanographie/climat, Directeur de Recherche, IRD
Gabin Bourlon, Science de la mesure, Stagiaire, CNRS-LEGOS
Pascale Bouruet-Aubertot, Océanographie, Enseignant-chercheur, Sorbonne université
Marwân-Al-Qays Bousmah, Economie et santé publique, Post-doctorant, IRD
Francois Bousquet, relations sociétés-environnement, chercheur, CIRAD
Pierre Bousquet, mathématiques, Professeur des Universités, Toulouse 3
Alain Boussac, Biologie, Directeur de recherche, Cnrs
Bastien Boussau, Biologie, Directrice de recherche CNRS, UMR CNRS 5558
Pierre Boutan, sciences du langage, Maître de conférences honoraire, FDE Université de Montpellier
Vannina Bouté, Anthropologie, Enseignant-chercheur, EHESS
Pierre Boutet, environnement, fonctionnaire, IRD
Martial Boutet, Océanographie, Ingénieur de recherche, CNRS
Nathanaël Boutillon, Mathématiques, Doctorant
Jules Bouton, Linguistique, Doctorant
Thierry Boutonnier, art, artiste, Les artistes arboricoles
Magali Boutrais, Sciences de l'éducation et de la formation, Maître de conférences, Université de Rouen Normandie
Ghislaine Bouvier, Santé publique, Maîtresse de Conférences, Université de Bordeaux
Martin Bowen, Physique, Directeur de Recherche CNRS, IPCMS
Chris Bowler, Biologie, Directeur de recherche CNRS, Ecole normale supérieure
Marie Boye, Océanographie, Directrice de recherche CNRS, IPGP
Loreleï Boyer, Biologie évolutive, Post doctorante, Université Paris Saclay
Frédéric Boyer, Physique-Chimie, Professeur, CPGE
Andrea Brabvilla², Chercheur, Chercheur, CEA
Jean-Pierre Bracco, Archéologie préhistorique, Professeur, Aix-Marseille Université
Benoît Braïda, Chimie, Enseignant Chercheur, Sorbonne Université
Tristan Bralet, Eco-épidémiologie, Doctorant, CNRS-ANSES
Garance Bras, Astrophysique, Doctorante
François Brasdefer, Sociologie, Postdoc, CESDIP
Solène Brasseur, Ecologie forestière, Doctorante, Aix Marseille Université
Chloé Braud, Linguistique Informatique, Chargée de recherche, CNRS
Vincent Brault, Mathématiques appliquées (statistique), Maître de conférences, Université Grenoble Alpes
Alain Brauman, Ecologie du sol, Directeur de recherche, IRD
Juliette Bravais, Pneumologie, Praticien hospitalier contractuel, AP-HP
Matthieu Bravin, Agronomie et science du sol, Cadre scientifique, Cirad
Célia Breaud, Chimie des Substances Naturelles, Doctorante, IMBE
Iona Brédif, Sciences du langage, Doctorante, Laboratoire de Neuropsycholinguistique (Université de Toulouse)
Gildas Bregain, Histoire, Chercheur, CNRS
Damien Bregiroux, Chimie des Matériaux, Enseignant Chercheur, Sorbonne Université
Jean Bréhéret, Géologie, Professeur des Universités émérite, Université de Tours
Renald Brenner, Mécanique, Directeur de Recherche, CNRS
Sylvain Breton, Astronomie/Astrophysique, Chercheur postdoctoral
Christelle Breton, Biologie, Professeur Université, Université Grenoble Alpes
Julien Brevier, Biophysique, Maître de conférences, Université de Limoges
Edouard BREZIN, Physicien, Professeur émérite, ENS Paris
Guillaume Bridet, Littérature française, Professeur des Universités, Université Sorbonne Nouvelle
Frédéric Briend, Neurosciences, Enseignant-chercheur, Université de Tours
François Briens, Prospective - économie, Directeur de recherche /Analyste, Organisation intergouv
Théau Brigand, Sociologie, Doctorant
Joseph Brihiez, anthropologie, doctorant, MNHN
Nathalie Brillant Rannou, Lettres, Maîtresse de conférences, U. Rennes 2
Jean-Louis Briquet, Science politique, Chercheur, CNRS
Anne-Cécile Brit, Alimentation, Ingénieure d'études, INRAE
Charlotte Brives, Anthropologie, Chargée de Recherche, Cnrs
Anke Brock, Informatique, Enseignante-chercheuse, ENAC
Sylvain Brocquet, indianisme, professeur émérite, Université d'Aix-Marseille, CNRS
Hélène Brogniez, Physique de l'Atmosphère et du Climat, Professeure des Universités, Université de Versailles St Quentin-en-Yvelines
Julien Brondex, Glaciologie, Post-Doc, CNRS - Institut des Géosciences de l'Envoronnement (IGE)
Christophe Broqua, Anthropologie, Chargé de recherche, CNRS
Sébastien Brosse, Biologie, Professeur d'Université, Université Toulouse 3
Michel Broué, Mathématiques, Professeur émérite, Université Paris Cité
Véronique Brouet, Physique, Directrice de recherche, CNRS
Andrea Brovelli, Neurosciences, Directeur de recherche CNRS
Michaël Bruckert, Géographie, Chercheur, CIRAD
Noé Brucy, Astrophysique, Postdoc
Mathieu Brugidou, Sciences politiques, Chercheur associé PACTE, CNRS
julie Brumberg-Chaumont, philosophie, directrice de recherche, CNRS
Sophia Brumer, océanographie, CDD
Christine Brun, Biologie, Directrice de Recherches, CNRS
Elisabeth Brun, sociologie, CDD mi-temps, AMU - LaSSA
Florent Brun, Sciences de l'ingénieur et de l'environnement, Doctorant, Ecole des Ponts
Fanny Brun, Glaciologie, Chargée de recherche IRD, IGE
Nicolas Brun, Géographie et Aménagement, Doctorant, Université Sorbonne Paris Nord – Laboratoire PLÉIADE
Fabrice Brunel, Chimie, Maitre de Conférences, Université Claude Bernard Lyon
Yves Brunet, Sciences de l'environnement, Directeur de recherche, INRAE
Mathieu Brunet, Lettres modernes, Maître de conférences, Aix Marseille Université
Lisa Brunetti, Linguistique, Maitresse de conférences, Université Paris Cité
Hugo Brunie, Science informatique (Computer Science), Postdoc, INRIA UGA LJK
Lisa Brunke, Littérature, lectrice
Florence Brunois-Pasina, Anthropologie, Directrice de recherche, CNRS
Hervé Brunon, Histoire des jardins, du paysage et de l'écologie, Directeur de recherche, CNRS
Daniel Brunstein, Géographie, Ingénieur de recherche, CNRS
Tristan Bruslé, géographie, chercheur, EHESS
Clémentine Bry, psychologie, maitresse de conférences, Université Savoie Mont Blanc
Helene Bry Gauillard, medecin, Praticien hospitalier, Creteil
Sophie Lise Brygo, Pédopsychiatre, Praticien Hospitalier, CHGR Rennes
Aline Bsaibes, CEO, CEO
Martine Buatier, Geosciences, Professeur d'Université, Université de Franche Comté
Marc-Antoine Buchet, Physique, Enseignant en CPGE, Éducation Nationale
Éric Buchlin, Astrophysique, Chercheur, CNRS
Victoire Buffet, Sciences du climat, Étudiante de M2 en Sciences du Climat, Université Grenoble Alpes
Xavier Bugaut, Chimie, Professeur des Universités, Membre Junior de l'Insitut Universitaire de France, Université de Strasbourg
Aurélie Bugeau, Informatique, Professeure des universités
Elise Buisson, Ecologie, Enseignant-Chercheur
Krishan Bumma, Mecanique des fluides, Doctorant, IJLRDA Sorbonne université - CNRS
Hélène Bureau, Sciences de la Terre, Directrice de recherche, CNRS
Pascal Buresi, Histoire, directeur de recherche, CNRS
Hannah Burgaud, Physique, élève en master, Ecole Normale Supérieure, Paris
Diana Burgos, Études culturelles, Professeure, Université Paris Nanterre
Valerie Burgos Blondelle, Histoire, Ingénieure, CNRS
Delphine Burguet, Anthropologie sociale et culturelle, Enseignante et chercheure hors statut / chargée de mission scientifique
Louisiane Burkart, Biologiste ornithologue, Chargée d'étude, Grand Site Cap d'Erquy - Cap Fréhel
Claire Burlat, Sciences de l'information et de la communication, Enseignante-chercheuse, Audencia
Alan Burlot, Mécanique des fluides, Chercheur, CEA Paris-Saclay
Laurent Burnel, Agiculture et environnement, Ingenieur, Inrae
Maxime Burst, Phytoécologie, PhD
Caroline Buscail, Médecine-recherche scientifique, étudiante-stagiaire, Fac de médecine-INRAE
Romain Busnel, Science politique, Postdoctorant, FNRS / ULB
Jérôme Busserolles, Neurosciences, Maitre de conférences, Université Clermont Auvergne
Thomas Buttiens, Physique, Doctorant
Sylvie Cabal, pilotage financier et RH, ingénieur, CNRS
Yvan Caballero, Hydrogéologie, Chercheur, BRGM
Florent Cabric, Informatique, Postdoctorant, Université Paris-Saclay — Inria
Fabienne Caby, Infectiologie, Médecin hospitalier, Centre Hospitalier d'Argenteuil/ INSERM
Corentin Cadiou, Astrophysique, Postdoctorant
Marie Cadoz, Vétérinaire, Libéral
Jean Sébastien Cadwallader, médecine générale, Maître des conférences des universités Docteur en santé publique, Sorbonne Santé
Jean-Hugues Caffin, Sciences Politiques, CDI, CIRAD
Michel Cahen, Histoire, Directeur de recherche émérite du CNRS, Sciences Po Bordeaux
Fabrice Cahen, Histoire, Chercheur, Ined
Louison Cahen-Fourot, Sciences économiques, Maître de conférence, Université de Roskilde (Danemark)
Amael Caillard, Ingénierie, Chargé de recherche
Jean-Baptiste Caillau, mathématiques, professeur des universités, Université Côte d’Azur
Sylvain Caillou, Informatique, ML, Ingénieur de Recherche, CNRS
Claude Calame, Anthropologie historique, Directeur d’études, EHESS Paris
Gilles Calchera, RQE, RQE
Irene Calderon Sanou, Ecologie, chaire scientifique, EcoFoG
Sandrine Calvet-Vitale, Chimie / Psychologie, Maître de conférences des universités / Psychologue, Université Paris Cité
Fabien Campillo, Mathématiques Appliquées, Directeur de recherche, Inria
Marie-Pierre Camproux, Droit, Professeure, Université de Strasbourg
Marie Camredon, chimie atmosphérique, Enseignant Chercheur, LISA
Valentine Camus, Vétérinaire, Etudiante
Colombe Camus, Sciences Politiques, Editrice/Secrétaire de rédaction en SHS, Indépendante
Astrid Canal, Biologie computationnelle et structurale, PhD candidate, EMBL
Romain Caneill, Océanographie physique, postdoctorant, IGE, Grenoble
Faustine Cantalloube, Astrophysique, Chargé de Recherche, CNRS
Yann Cantin, Histoire, Maître de Conférences, Université Paris 8
Xiangyu Cao, physique, chercheur titulaire, CNRS
Nancy Cap, Veterinaire, Salariée
Cecile Capderrey, Ecologie, Ingénieur, BRGM
Xavier Capet, Océanographie, directeur de recherche, CNRS
Gaëlle Capitaine, Océanographie, Doctorante, MIO/LNE
Marco Cappellini, Sciences du langage - didactique des langues, maitre de conférences, Aix Marseille Université et Laboratoire Parole & Langage (UMR 7309 CNRS)
Cécile Capponi, Informatique, Professeur d’Université, Aix-Marseille Université
Cyril Caram, Climat, Docteur
Mélanie Carcagno, Biologie végétale, Ingénieure d'études
Aurore Carcel, Appui à la recherche, Chargée de projets recherche et innovation, Nantes Université
Rémi Carcélès, Science politique, Doctorant
Bruno Cardey, Chimie théorique, Maître de conférences, Université de Franche-Comté
Jean-Francois Cardoso, Sciences de l'information, Directeur de recherche, CNRS
Olivier Cardoso, physique, Maître de conférences, Université Paris Cité
Aurélie Carimentrand, Sciences économiques, Maître de conférences, IUT Bordeaux Montaigne
Enguerrand Carlier, Cosmochimie, Doctorant, Laboratoire de Géologie de Lyon (LGL-TPE)
Alexis Carlotti, Astronomie, Astronome-adjoint, Université Grenoble Alpes
Philippe Carmona, mathématiques, professeur, Nantes université
Samuel Caro, Biologie, Chercheur
Fabien Caroir, Geosciences, post-doc, ISTeP
Alexandre Caron, Ecologie de la santé, Directeur de Recherche, Cirad
Romain Caron, Mécanique vibratoire, Doctorant
Patrick Caron, Géographie, Directeur, CIRAD
Thibault Caron, Microbiologie évolutive et biotechnologique, chercheur contractuel, Stockholm University
Nathalie Carpentier, Sciences du langage, Doctorante, Université de La Réunion
Maylis Carrard, Physique, Doctorante, Cea
Etienne Carré, Physique, Ingénieur de Recherche, CNRS
Georges Carrel, Ecologie, Chargé de recherche HC, INRAE
Aude Carreric, Sciences du climat, Postdoctorante
Julian Carrey, Physique, enseignant-chercheur, INSA Toulouse
Marion Carrier, Cinétique chimique, Chargée de Recherche, CNRS
Stéphanie Carriere, ethnoécologie, directrice de recherche, IRD
Bernard Carrière, Physique, Retraité, IPCMS Strasbourg
Damien Cartron, sociologie, Ingénieur de recherche, CNRS
Lise Cary, géochimie, Chercheur, Etablissement public de recherche
Pierre Casadebaig, Biologie, Chargé de recherche, INRAE
Sylvane Casademont, Sciences société, Directrice en retraite, IHEST
Eric Cascales, Biologie, Directeur de Recherche, CNRS
Michel Casevitz, Grec ancien, Professeur émérite, Université Paris-n
Nathalie Caspard, Informatique, Maîtresse de conférences
Julien Cassaigne, mathématiques, chargé de recherche, CNRS
Michel Casse, Astrophysique, Directeur de Recherche émérite, CEA
Fabrice Casset, Physique, Chercheur
Christophe Cassou, Physique du Climat, Directeur de Recherche, CNRS
Hélène Castebrunet, Hydrologie, Enseignante-chercheuse, Université Grenoble Alpes
Patrick Castel, Sociologie, Directeur de recherche
Corine Castela, Didactique des mathématiques, retraitée Maîtresse de conférences HDirecteur de recherche, LDAR
Christine Castelain Meunier, CNRS EHESS, chercheuse sociologie, CNRS
Véronique Castellotti, sciences du langage, Professeure émérite, Université de Tours
Julien Castelneau, Informatique, Ingénieur de Recherche
Alain Castera, Physique des particules et cosmologie, Ingénieur de recherche, Cnrs
Francis Castets, Neurosciences, Chargé de recherche HC, CNRS
Garance Castino Guilledoux, Biologie, Doctorante, Inserm
Pablo Castro, Neuroscience, Doctorant
Jean-Philippe Catonné, Philosophie, Enseignant, Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Fanny Catteau, Linguistique, Docteure, UMR 7023 - CNRS
Isabelle Catto, Mathématiques, Chargée de recherches au CNRS, Université Paris-Dauphine-PSL
Dominique Caubet, Sciences du Langage, Professeur des Universités, émérite, INALCO
Xavier Caubit, Biologie, Enseignant chercheur, Aix Marseille Université
Hugo Cauchy-Clerc, Plasturgie/électronique, Doctorant, INSA Lyon
Philippe Caufour, Virologie, chercheur, CIRAD
Anaïs Cauna, Sciences cognitives, Doctorante
Sophie Cauvy, Ecologie, Chargée de recherche, INRAE
Thibault Cavalié, Astrophysique, Chercheur, CNRS
Delphine Cavallo, Humanités numérqiues, Ingénieure d'études, AMU
Mary Cavelier, Agronomie, Étudiante
Martin Cavero Castillo, Anthropologie, Doctorant
Frédéric Cazenave, Hydro-météorologie, Ingénieur de recherche, IRD
Baptiste Cecconi, Astrophysique, Astronome, Observatoire de Paris
Laure Célérier, Science politique, Professeure adjointe, Université d'Ottaws
Carlo Célius, Histoire et histoire de l'art, Directeur de recherche, CNRS
Francis Cerda, géophysique, retraité, retraité
R. Cerda, Mathématiques, enseignant-chercheur non-permanent
Marianne Cerf, Ergonomie, Directrice de Recherches, INRAE
Jean-François Cerisier, Sciences de l’information et de la communication, Professeur, Université de Poitiers
Laurent Cesari, Histoire, Professeur des universités, Université d'Artois
Catherine Cesarsky, Astrophysique, Conseiller scientifique, CEA
Davye Cesbron, Histoire, Masterante, EHESS
Emmanuelle Chabert, Mécanique, Maitre de Conférences
Timothée Chabot, sociologie, maître de conférence, Université Toulouse Jean Jaurès
Céline Chabot-Canet, Musicologie, Maîtresse de conférences, Université Lumière-Lyon 2
Estelle Chabrol, physique, stagiaire - étudiante
Grégoire Chabrol, Physico-chimie des matériaux, Directeur de recherche, Icam site de Strasbourg-Europe
Philippine Chachignon, psychologie sociale, doctorante, amu
Quentin Chaffaut, géophysique, chercheur contractuel, Sorbonne Université
Soufyane Chafik, Sciences de l'information et de la communication, Doctorant
Guillaume Chagnaud, Climatologie, Chercheur, Centre for ecology and hydrology
Gaëlle Chagny, Mathématiques, Chargée de recherche CNRS, Université de Rouen Normandie
Amel Chaïb, Biologie, Chercheur, CNRS
Christel Chaineaud, Histoire du droit, chargée d'animation scientifique et chargé d'enseignement vacataire, université de bordeaux
Gilles Chaix, Biologie, Chercheur, CIRAD
Raja Chakir, Économie, Directrice de recherche, INRAE
Francoise Chalie, Geosciences de l'Environnement, Chercheure, CNRS
Lou Chalmain, Mathématiques, Informatique, Enseignante en CPGE
Raphaël Chalmeau, Sciences de l'éducation, Maître de conférences, Université - CNRS
Camille Chamard, Sciences de gestion, Maître de conférences, Université de Pau
Antoine Chambaz, Mathématiques, PR, Université Paris Cité
Antoine Chambert-Loir, Mathématiques, Professeur des universités, Université Paris Cité
Patrick Chames, immunooncologie, directeur de recherche
Stéphanie Champ, microbiologie, Ingénieur D'Etude CNRS, CNRS
Nicolas Champavert, Physique, Professeur en Classe Préparatoire aux Grandes Écoles, Lycée Pierre de la Ramée, Saint-Quentin
Cédric Champollion, sciences de la Terre, Enseignant-Chercheur, Université de Montpellier
Nicolas Champollion, Glaciologie, Chargé de recherche, Institut des Géosciences de l'Environnement
Baptiste Chantraine, Mathématiques, Maître de conférences, Nantes Univeristé
Claudine Chaouiya, Informatique, Maîtresse de conférences, AMU
Jean-Paul Chapel, Physico-chimie de la Matière molle, Directeur de recherche CNRS, Centre de Recherche Paul Pascal - Université de Bordeaux
Eric Chapelle, Planétarium astronomie, Médiateur, Espace Mendès France CCSTI Poitiers
Monique Chappet Paries, Didactique des mathématiques, Enseignante chercheure retraitée
Stéphanie Chapuis-Després, études germaniques, Maîtresse de conférences
Guillemette Chapuisat, Mathématiques, Professeure des universités, Aix-Marseille Université
Alexis Charansonnet, Histoire médiévale, Retraité, Université Lyon 2
Sylvie Charbit, Climatologue, Directrice de recherches
Yves Charbit, démographie, professeur émérite, Univ Paris Cité
Marion Charbonneau, Géographie, Maîtresse de conférences, Université de Pau et des pays de l'Adour - UMR TREE (CNRS/UPPA)
Corinne Charbonnel, Astrophysique, Directrice de Recherche, CNRS
Pascal Chareille, Histoire, Maître de Conférences, Université de Tours
Sylvain Charlat, Biologie, Chercheur CNRS
Aurélie Charles, Gestion, Enseignant-Chercheur, Université Lyon 2
Jérôme Charles, physique théorique, chercheur, CNRS
Jean-Baptiste Charlier, Hydrogéologue, Chercheur, UMR G-Eau
Benjamin Charnay, Astrophysique, Chargé de recherche, CNRS
Pierre Charollois, Mathématiques, maitre de conférences, Sorbonne Univ.
François Charoy, Informatique, Professeur, Université de Lorraine
Marie Charpentier, Biologie de l'évolution, Directrice de Recherches, CNRS
Paul Charpentier, Astrophysique, Doctorant, IRAP - CNRS
Julia Charrier, mathématiques, maîtresse de conférences
Isabelle Charrier, Ethologie, Directrice de recherche, CNRS
Guillaume Charrier, Biologie, Chercheur, INRAE
Aurélie Charron, Sciences de l'atmosphère, Chargée de recherche, Université Gustave Eiffel
Augustin Charvet, Génie des Procédés, Enseignant-chercheur, Université de Lorraine
Pierre Chary, Physique, Agrégé, Lycée Pasteur
Mathieu Chassé, Géosciences, Maître de conférences, Sorbonne Université
Daphné Chassignole, stagiaire en conservation écologique, stagiaire M2, asso
Monique Chastanet, Histoire, Chargée de recherche, CNRS
Claire Chatelain, Histoire, chargée de recherches, CNRS
Florent Chatelain, Traitement du Signal, Maitre de Conférences, Université Grenoble Alpes
Nolan Chatron, Biologie - Modélisation moléculaire, IR (Fonctionnaire), VetAgro Sup
Indira Chatterji, Mathematiques, Professeur, Université de Nice
Antoine Chauchat, Mécanique des fluides, Doctorant, IRPHE
Philippe Chaudat, Anthropologie, Maître de conférences HDR, Université Paris Cité
Bruno Chaudret, Chimie, Directeur de Recherche CNRS Emérite, LPCNO INSA Toulouse-CNRS
Chloé Chaufourier, Ecologie, Étudiant, Paris-Saclay
Marina Chauliac, Anthropologie, Ingénieur de recherche, Lap
Eric Chaumillon, Géosciences du littoral, Professeur des Universités, La Rochelle Université
Maximilien Chaumon, Neurosciences, Ingénieur de recherche, CNRS (Institut du Cerveau)
Thomas Chauve, Glaciologie, Post-Doctorant, IGE
Patrick Chauvin, Sciences de l'ingénieur, Enseignant, Education Nationale
Maïlys Chauvin, Géographie, Chercheuse Associée, LAM-CNRS Sciences Po Bordeaux
Brigitte Chauvin, Mathématiques, Professeure émérite
Pierre Chauvin, Épidémiologie sociale, Directeur de recherche, INSERM
Frédéric Chavane, Neurosciences, Chercheur
Agathe Chave Lucas, Écologie, Doctorante, ENS
Florent Chazel, Mathématiques, Maître de Conférences, INSA Toulouse
Alix Chazottes, Santé, Imagerie Médicale, Mathématiques, IA, Doctorante, CentraleSupélec - Université Paris-Saclay
Khadije Chehadi, Documentaliste, Retraitée
Clémence Cheignon, Chimie analytique, Maitresse de conférences, Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien
Mériam Cheikh, Anthropologie, Maîtresse de conférences, INALCO
Fateh Chemerik, sciences de l'information et de la communication, Maître de conférences, Université Catholique de l'Ouest Bretagne-Sud
Yasmine Chemrouk, Psychologie, Chercheuse associée, Université Strasbourg
Anne Chenuil, Biologie de l'évolution, ingénieure agronome, Directrice de recherches, CNRS
Etienne Cherchour, Science politique, Etudiant M2, Sciences Po Aix
Servanne Chevaillier, Sciences de l'environnement, Ingénieure de recherche, CNRS
Nicolas Chevalier, Mathématiques, Agrégé Classe Normale, Lycée Schuman-Perret
Pierre Chevallier, Hydrologie, Directeur de recherche émérite, IRD - Club des Argonautes
Juliette Chevallier, Mathématiques, Maîtresse de conférences, Institut de mathématiques de Toulouse
Joel Chevrier, Physique, Professeur, Université Grenoble Alpes
Antonin Cheymol, informatique, Doctorant, Inria Rennes / INSA Rennes
Michel Chiaffi, Mécanique, Ingénieur expert, CETIM
Arnaud Chiffaudel, Physique, Chercheur CNRS de 1988 à 2012, CNRS
Jérôme Chiffaudel, Mathématiques, Agrégé, Lycée international de St Germain-en-Laye
Axelle Chiffre, Ecotoxicologie, Ingénieur
Lounes Chikhi, Evolution - Ecologie, Chercheur, CNRS
Patrick Chinestra, Cancer/Biotechnologies, retraité, Inserm
Sylvie Chiousse, socio-anthropologie, ingénieur, Aix-Marseille Université, Mesopolhis
Frédéric Chiroleu, Statistiques, Chargé de recherche, Cirad
Catherine Chiron, Neurosciences, Directeur de Recherche Emérite
Laurent Chomel, SIC, Docteur associé, Université Paris 8
Gabrielle Chomentowski, histoire, chargée de recherche, CNRS
Francis Chopin, Sciences de la Terre, Maître de conférences
Yves Choquet, Biologie, Directeur de recherche CNRS, Institut de Biologie Physico-Chimique
Nicolas Choquet, Mathématiques, Enseignant
Jean-Luc Chotte, Prédologue, CHERCHEUR
sandrine choy, Chimie, Assistant ingénieur, Cnrs
Aboubakr Chraibi, SHS, PR, Inalco
Pierre Chrétien, Sciences de la terre, ++, BRGM
alexia christin, Architecture, Étudiante, Ensase
Thibault CHRISTOPHE, Sciences de l'information et de la communication, Maitre de conférence associé, Université Toulouse II Jean Jaurès
Sidonie Christophe, Sciences de l'information géographique, Directrice de Recherche, Min. Transition Ecologique
Isabelle Chuine, Ecologie, Directrice de recherches, CNRS
Nathalie Cialdella, Agronome, Chercheuse, CIRAD
Philippe Ciblat, Mathématiques appliquées, Professeur, Telecom Paris, Institut Polytechnique de Paris
Philippe Cinquin, Santé Publique, PU-PH, Université Grenoble Alpes / CNRS
Sacha Citerne, Journalisme scientifique, étudiant en Audiovisuel, Communication et Journalisme Scientifique, Université Paris Cité
Emmanuelle Claeys, Informatique IA, Maîtresse de conférences, IRIT - CNRS - Univ Toulouse III
Bruno Clair, Biomécanique de l'arbre et sciences du bois, Directeur de recherche, CNRS
Isabelle Clair, Sociologie, Directrice de recherche, CNRS
Jean Clairambault, mathématiques, Directeur de recherche émérite, Inria
Charles Claron, Economie écologique, Doctorant, Université Gustave Eiffel
Barbara Class, Biologie, Chercheuse postdoctorale, CEFE, Montpellier
Marie-Sylvie Claude, Didactique de la littérature, Professeure des universités, Université Grenoble Alpes
Benoît Claudon, Mathématiques, Professeur, Université de Rennes
Julia Clause, Ecologie, Maitresse de Conférences, Université de Poitiers
Delphine Clauss, Chimie des matériaux, Doctorante
Yann Claveau, physique, enseignant-chercheur, Nantes Université - Institut des matériaux de Nantes CNRS
Joanne Clavel, humanités environnementales, Chargée de recherche, CNRS
Daniele Clavel, Génétique, Retraitee
Manon Clavelli, Architecture, Etudiant
Nicole Claverie, Environnements géonaturels et anthropisés, Technicienne Recherche Formation
Pauline Clech, Sociologie, Chercheuse, Ined
TRACOL CLEMENT, Médecine, Neurologue, CHU Rennes
Floriane Clément, Géographie/sciences politiques, Chargée de recherche, INRAE
Nathalie Clément, Biologie, PhD, Institut Pasteur
Jérôme Cler, Anthropologie, Maître de conférences HDirecteur de recherche, Sorbonne-Université
Chris Clérandeau, Écotoxicologie, Ingénieure d'études
Valérie Clerc, Urbanisme et aménagement de l'espace, Chargée de recherche, IRD Institut de recherche pour le développement
Philippe Clergeau, Aménagement du territoire, professeur émérite, Muséum National d'Histoire Naturelle
Nicolas Clinchamps, Droit public, Maître de conférences
Solange Coadou, Océanographie physique, Doctorante, LMD ENS, IPSL
Yann Coadou, Physique des particules, Chercheur, CNRS
Elen Cocaign, Histoire, Maîtresse de conférences, Université Paris 8
Yves Cochet, Mathématiques, Maitre de conférences retraité, Institut National des Sciences Appliquées de Rennes
Livia Coco, didactique des langues, Maîtresse de conférences, UBO
Rémi Cogranne, Sciences de l'Ingénieur / Cybersécurité, Maître de conférences, Université de Technologie de Troyes
Pierre-François Cohadon, Physique, enseignant-chercheur, ENS Paris
Martin Cohen-Gonsaud, Biologie, Chargé de recherche, CNRS
Christophe Coillot, physique, Ingénieur de Recherche, CNRS
Benoit Colasson, Chimie, Professeur, Université Paris Cité
Nicole Colin, Etudes germaniques, Professeure des Universités, Aix-Marseille Université
Aurélien Colin, Observation de la Terre, Ingénieur de recherche
Hervé Colin, physique, enseignant chaires supérieures classe exceptionnelle, CPGE
Tom Colinot, Acoustique, Ingénieur Chercheur
Anaïs Collet, Sociologie, Maîtresse de conférences, Université de Strasbourg
Brieuc Collet, Astrophysique, Doctorant
Boris Collet, Sciences de gestion, Enseignant-chercheur
Annabelle Collin, Mathématiques Appliquées, Maîtresse de Conférences
Romane Cologni, Astrophysique, Doctorante, Observatoire de Paris
Fabienne Colombel, Psychologie, Professeure, Nantes Université
Danielle Coltier, Sciences du langage, Maîtresse de conférences, Université du Mans
Yann Combes, Chimie, Ingénieur étude, Université de bordeaux
Anna Combes, Neurosciences, Postdoc, University College London
Anne Conan, Epidemiologie, Chercheur
Sylvain Condamin, Physique-Chimie, Professeur en classe préparatoire, Lycée Albert Schweitzer (Le Raincy)
Fabien Condamine, Biologie de l'évolution, Chercheur, CNRS
Marianne Conin, Geosciences, Professeure des Universités, Université de Lorraine
Sylvie Considère, Géographie, Maîtresse de conférences-HDR, Université de Lille
Benoit Conti, Aménagement du territoire, Chargé de recherche, Université Gustave Eiffel
Thierry Contini, Astrophysique, Directeur de Recherche, CNRS
Thierry Contini, Astrophysique, Directeur de Recherche, CNRS
Laurence Conty, psychologie, Pr, Université Paris Nanterre
Océane Convert, mathématiques, professeur
Martin Cooper, Informatique, Professeur des universités, Université de Toulouse
Yannick Copin, Astrophysique, Enseignant-chercheur, Université Claude Bernard Lyon 1
Mireille Copin, Linguistique, Doctorantes
Olivier Coq, Neuro, Chargé de recherche, CNRS-Aix Marseille Univ
Olivier Coqueret, Biologie Cellulaire, Professeur
Natacha Coquery, Histoire, Professeure, Université Lumière Lyon 2
Marina Coquery, chimie environnementale, directrice de recherche, INRAE
Michèle Coquet, Anthropologie, Directrice de recherche, CNRS
Nathaie Coquille, webmaster, salariée, Cirad
Salomé Coquin, Ecologie, Doctorante, IMBE - CNRS
Agnès Coquio, Mathématiques, Maîtresse de conférences, Unversité Grenoble Alpes
Charlène Coquisart, Biologie médicale, Interne, AP-HP
Gaëlle Corbel, Gestion de données, Ingénieur, INRAE
Rémi Corbineau, Archéologie, Ingénieur de recherche, Aix-Marseille Université
Emmanuel Corcket, Ecologie, Professeur d'Université, Ainx Marseille Université, Institut Méditerranéen de Biodiversité et d'Ecologie (IMBE)
Artur Cordeiro, Physique des Particules, Doctorant, Sorbonne
Anne Cordier, Sciences de l'Information et de la Communication, Professeure des Universités, Université de Lorraine
Dov Corenblit, écologie, Maître de conférences
Mickael Coriat, Astrophysique, Enseignant-chercheur, Université Toulouse 3
Cécile Cormeraie, Orientation Projet Numérique, Vacataire, Aix Marseille Université
Marie-Christine Cormier-Salem, Géographie, Directrice de recherche, IRD
Christine Cornet, Mathématiques, Professeure
Pierre Cornilleau, Mathématiques, Professeur MP*, Lycée Pothier Orléans
Xavier Cornilleau, Écophysiologie végétale, Ingénieur d'études, INRAE
Françoise Cornillon, Biologie, PRAG, université Grenoble Alpes
Cecile Cornou, Géosciences, Directrice de recherche, IRD
Marguerite Coron, Sciences de gestion, Doctorante, Aix-Marseille Université
Monica Corona, Biodiversite, Ecologie, Environnement, -
Mathieu Corp, Etudes hispaniques et latino-américaines, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Benoit Corraze, physique, Maître de conférences, CNRS
Pablo Correa, Physique, Postdoc, LPNHE
Anthony Correia, Physique des particules, Doctorant, LPNHE, CNRS / IN2P3
Anthony Correia, Physique des particules, Doctorant, LPNHE, CNRS / IN2P3
Sebastiao Correia, IA, Salarié du privé, Qlik
Franck Corset, mathématiques, Maître de conférences, UGA
Delphine Corteel, Sociologie, Professeure
Elsa Cortijo, climat, Chercheuse
Joan Cortinas, Sociologie, Mcf, Université Bordeaux
Claire Cosquer, Sociologie, Chercheuse FNS Senior, Université de Lausanne
James Costa, Anthropologie linguistique, PR, Sorbonne Nouvelle
Sandrine Costamagno, Préhistoire, Directrice de Recherche, CNRS
Maya Costantini, Hydro-Climatologie, Docteure
Daniel Coste, Sciences du langage, Professeur honoraire
Jean-Paul Coste, Physique et épitémologie, Maître de Conférence. Retraité, AMU (ex. Université de Provence)
Renaud Cote, Acoustique, Enseignant-Chercheur, AMU
christian COTE, Sciences de l'Information et de la Communication, Maître de Conférences - Habilité à diriger des recherches, Université Jean Moulin-Lyon3
Pierre Cottier, Physique, Enseignant
Andrea Cottignies-Calamarte, Recherche en Biologie, Chercheur Post-doctorant, Institut Pasteur
Hervé Cottin, Astrochimie, Professeur des Universités, LISA/UPEC
Anne Coubray, administration, chargée des transitions, Université de Bordeaux
François Couchot, Physique, Directeur de recherche, CNRS
Gérard COUCHOUD, Civilisation américaine, Enseignant, Retraité
Emilie Coudel, socioéconomie, Chercheur, Cirad
Marc Coudel, Biologie, Professeur agrégé, École Normale Supérieure de Lyon
Frederic Couderc, Mathématiques, Ingénieur de recherche, CNRS
Clement Coudereau, Bioinformatique appliqué à la santé, Chercheur
François-Xavier Coudert, Chimie, Directeur de recherche, CNRS
Damien Couespel, Océanographie, Chercheur
Nathalie Couix, sciences des organisations, Chercheure, INRAE
Olivier Coulaud, Mathématiques, Enseignant en CPGE, Lycée Roland Garros - Le Tampon - Reunion
Thierry Coulbois, Mathématiques, Maître de conférences, Université d'Aix-Marseille
Olivier Coulon, neurosciences, Directeur de Recherche, CNRS
Claire Couly, Ethnologie, Docteure, Université rennes 2
Emilie Counil, Epidémiologie, Chargée de recherche, INED
Marceau Coupechoux, Informatique, Professeur, Telecom Paris, Institut Polytechnique de Paris
Azur Courant, Sciences Cognitives, Doctorant
Pauliana Courbier, Geologie, Technicienne
Philippe Courcoux, Mathématique, Enseignant-cherheur, Ministère Agriculture
Emilie Courel, SHS, IT, CNRS
Christel Cournil, Droit, Professeur, Sciences Po Toulouse
Sylvain Courte, Mathématiques, enseignant-chercheur, Université Grenoble Alpes
Maïa Courtiel, Chimie Théorique, Doctorante, LCPQ - UT3
Ariane Courtot, Astrophysique, Post-doc
Bénédicte Courty, Psychologie, Enseignant chercheur, Université de Bordeaux
Clémentine Cousi, Chimie, Enseignante en CPGE, Éducation Nationale
Samuel Cousin, Chimie, Chargé de recherche, ICR
Javiera Coussieu-Reyes, Histoire contemporaine, Doctorante, EHESS
Antonin Coutant, Physique, Chercheur CNRS, Laboratoire de Mécanique et d'Acoustique
Eve Coutant, Biologie végétale, Ingénieure d'études, INRAE-LRSV-CNRS
Marie-Agnès Coutellec, écotoxicologie, chargée de recherches, INRAE
Danielle Couty, Mathématiques, Maître de conférences retraitée, Université Toulouse III
Olivier Coux, Biologie, Directeur de recherche, CNRS
Pierre Cox, astrophysicien, Directeur de Recherche CNRS Emerite, Institut d'Astrophysique de Paris
Deborah Coz, Géographie, Doctorante, Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive
Lionel Cozar, Mathématiques, Professeur, Education nationale
Armand Crabit, Hydrologie, Maitre de conférences, Institut Agro Montpellier
Ben Cramer, polémologie, chercheur, GRIP
Wolfgang Cramer, Ecologie, habitabilité, Directeur de Recherche, CNRS, IMBE
Camille Crapart, Climatologie, Post-doc, IGE
Francie Crebs, études anglophone, Ingénieure d'études, EHESS
Oscar Cresp, Optique, Doctorant, IINS
Arthur Crespin-Boucaud, Géographie, Post-doctorant, IRD, HSM
Thomas Crestey, Ecologie fonctionnelle, Ingénieur d'études, Centre de Recherche sur la Biodiversité et l'Environnement
Michaël Crevoisier, Philosophie, Maître de conférences, Université de Franche-Comté
Léa Criado, Océanographie, Stagiaire Master 2
Gabriella Crocco, Epistémologie, Professeur des Université, AMU
Louise Crochemore, Géosciences, Maîtresse de conférences, IGE
Lucie Cros, Sociologie, Chercheuse - Membre associée, Laboratoire de sociologie et d'anthropologie de Besançon
Bernard Cros, Études anglophones, Professeur des universités, Paris 8 Vincennes–Saint-Denis
Emma Crouzet, Agronomie, Doctorante
Antoine Crouzet, Mathématiques, Professeur en CPGE
Helena Cruz De Carvalho, Biologie, Maître de conférences, UPEC/IBENS
Isabel María Cruz Lorite, Science Education, Researcher, University of Nicosia
Paul Cuchot, Ecologie, Doctorant, CNRS
Marie Cuillerai, Philosophie, PR, Université de Paris
Alexis Cukier, Philosophie, Maître de conférences, Université de Poitiers
Paul Cukierman, Géographie, Doctorant, Université Paris Cité
Giulia Cusin, Physique Theoriqye, Chercheuse, IAP (CNRS)
Amélie Cuynet, Sciences du climat - surfaces continentales, Post-doc, LSCE
Lola Czuckermand, Ecologie urbaine, Doctorante, IMBE - Ville de Marseille
Richard D'aagata, Appui, Appui, CIRAD
Béa D’orval, Biologie, Directrice de recherche, Cnrs
Thomas Da Costa, Économie, Étudiant, ENS / AgroParisTech
Yanis Da Cunha, Linguistique, Doctorant, Université Paris Cité
Hugo Da Cunha, Mathématiques, Doctorant
Marie Da Fonseca, Sciences de Gestion, Maîtresse de conférences, UPVD
Anderson Da Silva, Physique de l'atmosphère, Doctorant, Sorbonne Université
Romain Da Silva, Biologie des Organismes, Master
Robin Dadure, Hydrobiologie, Ingénieur d'études, INRAe
Mathieu Daëron, Géologie, Chercheur
Cécile Dagès, agrohydrologie, chargée de recherche, INRAE
Amy Dahan, Histoire des Sciences, Directrice de Recherche Emérite, CNRS
Ryan Dahoumane, Astronomie, Doctorant
Cassandra Dailledouze, Physique, Doctorante, ENS Paris-Saclay
Jocelyne Dakhlia, Histoire, Directrice d'études émérite, EHESS
Luc Dall'armellina, Arts, Sciences de l'information, Sciences de l'éducation, Maître de conférences associé, CY Université Cergy
Véronique Dallet-Mann, Etudes germaniques, universitaire
Clara Damage, Droit, Doctorante, CY Cergy Paris Université
Emmanuelle Danblon, Linguistique, PR, Université Libre de Bruxelles
Olivier Dangles, Interdisciplinaire, Directeur de recherche
Alizée Dangréaux, Génétique, Doctorante, Aix-Marseille Université
Vincent Danjean, Informatique, Maître de conférence, Université Grenoble Alpes
Frédéric Danjon, architecture végétale, chargé de recherche titulaire, INRAE
Olivier Danot, Biologie, Chargé de recherches, Institut Pasteur
Elias Daouk, Génie des procédés, Maître de conférence, UTC
Émilie Dardenne, études anglophones, Maîtresse de conférences HDR, Université Rennes 2
Anne-Marie Daré, Physique, Enseignante-chercheuse, Aix-Marseille Université
Sarah Darmon, Physique, Doctorante
Jérôme Darmont, Informatique, Professeur des universités, Université Lyon 2
Thibault Datry, Ecologie Aquatique, Directeur de Recherche, INRAE
Françoise Daucé, Sociologie politique, Directrice d'études, EHESS
Sylvain Daudé, Informatique, Professeur agrégé, Université de Montpellier
Kevin Daudin, Physique, PostDoc
Tanguy Daufresne, Ecologie, Chargé de recherche, INRAE
Nina Daumalin, Ecologie, Etudiante, Sorbonne Université / MNHN
Anne-Laure Dautel, Physique, Professeur CPGE ATS 2i
Valérie Daux, Sciences du Climat, Pr, Université de Versailles
Nicolas Daviaud, Neurosciences, Research Scientist, Tisch Multiple Sclerosis Research Center of New York
Romain David, Sciences de la vie, Data sciences, Chercheur, ERINHA
Olivier David, Neurosciences, Directeur de Recherches, INSERM
Léa David, Océanographie, Chargée de porgrammes / Chercheur
Laurent David, biologie computationnelle, docteur, Inria
François David, Physique, Directeur de Recherche Emérite
Marie-Claude David, mathématiques, Maîtresse de conférences retraitée, IMO, Université Paris-Saclay
Sarah Davidoux, Géomorphologie, Géomorphologue, Géoarchéon - Laboratoire de Géographie physique
Sylvain Davidson, microbiologie, ingénieur
Claire-Sophie Davoine, Génétique, Ingénieure
Sonia Dayan-Herzbrun, Sociologie, Professeure émérite, Université Paris Cité
Laura De Almeida, Sociologie, Doctorante, Université de Picardie Jules Verne
Tania De Almeida, Biologie des organismes, Maitre de Conférences, Université de Lille
Andrée De Backer, Science des Matériaux, chercheuse, Université de Lille
Lou De Barbarin, Archeologie, Post-Doc, Ecole française de Rome
Yohann De Castro, Mathématiques, Professeur des universités, Institut Camille Jordan
Alejandro De Cruz Hiernaux, Immunologie, Stagiaire, Institut Pasteur
Antoine De Daruvar, biologie, PR, université de Bordeaux
Michel De Garine-Wichatitsky, Écologie de la santé, Chercheur, Cirad
Christine De Gemeaux, Etudes germaniques, Professeur 1ère classe, émérite, Université de Tours
Romain De Laage, Informatique, Systèmes complexes, Doctorant, IIUN (Unine)
Marie De Lamballerie, Ingénierie, Professeur, Oniris
Marc De Launay, Philosophie, Retraité, CNRS
Bernard De Massy, Biologie, Directeur de recherche, CNRS
Arnaud De Mesmay, Informatique, Chargé de recherche, CNRS
Marcello De Michele, Geophysique, chercheur, BRGM
Silvia De Monte, Modélisation en écologie et biologie évolutive, Chercheure CNRS, IBENS, Paris & Max Planck Institue for Evolutionary Biology, Plön
Hélène De Nys, Ecologue de la santé, Chercheur cadre, CIRAD
Pablo De Oliveira Castro, Informatique, Professeur, Université Paris-Saclay, UVSQ
Hélène De Penanros, Linguistique, Professeur des Universités, Inalco
Aurelle De Romémont, Sciences de Gestion, Chargée de mission Impact, CIRAD
Renaud De Rosa, Biologie, Maître de conférences des universités
Anne De Roton, Mathématiques, Maîtresse de conférences, Institut Emie Cartan, Université de Lorraine
Alexandre De Saint Germain, Biologie végétale, Chargé de recherche, INRAE
Claire De Saint Martin, sciences de l'éducation et de la formation, Maîtresse de conférences HDR, laboratoire EMA CY Cergy Paris Université
Francesca De Santis, Riq, Ingénieur Chercheur, Ineris
François De Souza, Sociologie, Doctorant, UVSQ
Héloïse De Vareilles, Neurosciences, Docteure
Charlotte De Varent, Didactique et histoire des mathématiques, Maîtresse de conférences, Ldar
Nathalie Deaux, meteorologue, ingénieur, Météo France
Delphine Débarre, Physique, Chargée de recherche, CNRS
Florian Debras, Astrophysique, Chargé de recherche, CNRS
Nathan Decaux, Sciences du numérique, Ingénieur de recherche
Jeanne Decayeux, Biogéochimie, post-doc
Jean-Philippe Decka, Sciences de gestion, Doctorant
Marc Deconchat, Ecologie des paysages, Directeur de recherche, INRAE
Etienne Decroly, virologie, Directeur de recherche, CNRS
françois dedieu, sociologie, directeur de recherche, INRAE
Sarah Défossé, Neuroimagerie pour la recherche clinique, Cadre, Institut du Cerveau
Amaury Dehecq, Glaciologie, Chargé de recherche, IRD
Pierre Dehornoy, mathématiques, Mathématicien, Université d'Aix-Marseille
Jean Deilhes, Histoire de l'art, PRCE Qualifié Maître de conférences, INSPE - Université Toulouse-Jean Jaurès
Yoan Dejoie, anthropologue, doctorant, MNHN
Fabio Del Prete, linguistique, chercheur, CNRS
Nathalie Del Vecchio, Sciences de gestion (section CNU 06), Maître de conférences
Line Delagrange, Physique, Doctorante, Sorbonne Université
Raphaëlle Delagrange, Physique, Professeure en CPGE
Valérie Delague, Génétique Humaine, Directrice de Recherche, INSERM U 1251/AMU MMG
Elisabeth Delais-Roussarie, Sciences du langage, Directrice de recherche, CNRS
Clementine Delan-Forino, Sciences de la vie, Chercheuse, CNRS
Sylvia Delannoy, Science politique, Doctorante, Centre Max Weber
Thomas Delattre, Agroécologie, Chargé de recherches, INRAE
Carole Delaugeas, Pharmacie, Interne
Carine Delaunay, Biologie, IE
Pierre-Marc Delaux, Biologie, Directeur de Recherche, CNRS
Gilles Delaygue, Sciences de la Terre, Enseignant-chercheur, Université Grenoble-Alpes
Soline Delcros, Archéologie, Ingénieure de recherche, AMU
Pierre Deleage, Anthropologie, Dirceteur de recherche, CNRS
Carole Delenne, Modélisation hydraulique, Maître de Conférences
Matthias Delescluse, Géosciences, Maitre de conférences, Ecole normale supérieure de Paris
Nicolas Delferrière, Archéologie, Enseignant contractuel, Université Clermont Auvergne
Pascaline Delhaye, Sciences Humaines et Sociales, Indépendant
Claire Delhon, Archéobotanique et Paléoenvironnement, Chercheuse, CNRS
Antonin Della Noce, Mathématiques, Post-doctorant, INRIA
Montaine Delmotte, Écologie de la conservation, Étudiante en M2, Université Paris-Saclay
Lara Deloche, Biologie des interactions fongiques, Stagiaire fin d’étude, MNHN
Pascale Delormas, Sciences du langage, Professeure des universités, Sorbonne Université
Jean-Marie Delorme, Physique, Enseignant retraité
Rémi Delpech, Astrophysique, Doctorant, Toulouse III
Nicolas Delpierre, Ecologie, Professeur, Université Paris-Saclay
Marc-André Delsuc, Chimie, Directeur de recherche émérite, CNRS
Pierre Delullier, Physique - Optique, Docteur
Pacôme Delva, Physique, Maitre de conférences, Sorbonne Université
A.-C. Demagny, Linguistique, Chercheuse, CNRS
Juliette Deman, climat et hydrologie, doctorante
Valérie Demarez, Ecologie, Professeur d'université, UT3
Christophe Demarque, Psychologie sociale, Maître de conférences, AMU
Nicolas Demarthe, Stockage énergie, Chercheur post-doctoral
Lynda Dematteo, Anthropologie, Chercheure, CNRS
Elise Deme, Administration, Fonctionnaire titulaire, CNRS
Juliane Demellier, Éthologie, Ingénieure de Recherche, IRSEA
Arthur Demené, Génétique évolutive, Post-doctorant, CNRS
Raphaël Demias-Morisset, science politique, ATER, Université de Bordeaux
Victorine Demiralp, Ecologie, Ingénieure d'étude, IMBE
Jean-Luc Demonsant, Sciences Sociales, Ingénieur de Recherche, Maison des Sciences de l'Homme et de la Société de Toulouse
Heloise Demont, Biologie, Doctorante, INRAE
David Demortain, Sociologie, Directeur de recherche, INRAE
Jeanne Demoulin, Sciences de l'éducation, Maîtresse de conférences, Université Paris Nanterre
Karine Demyk, Astrophysique, Directrice de recherche, CNRS
Benjamin Denecheau, Sciences de l'éducation, enseignant chercheur
Luc Deneire, Traitement de signal, Professeur
Allan Deneuville, Sciences de l’information et de la communication, Maitre de conférences, Université Bordeaux Montaigne
Vanina Deneux - Le Barh, Sociologie, Chargée de recherche
Marc Denis, Sciences Physiques, Docteur, Ex CNES
Audrey Denizot, Neurosciences computationnelles, Chargée de recherche
Corinne Denoyelle, Langue et littérature française du Moyen Âge, maîtresse de conférence HDR, Université Grenoble Alpes
Alain Denoyelle, Chimie Physique, Maître de conférences, Grenoble INP - UGA
Frantz Depaulis, Écologie et évolution, Charge de recherche, CNRS
Antoine Dequay, Mathématiques, Doctorant, IRMAR
Céline Deraeve, Chimie, Professeure, Université Toulouse 3
Daria Derbilova, Géochimie-Archéologie, doctorante, MNHN
Erwan Dereure, Mathématiques appliquées, Docteur
Benoit Derijard, Ecologie marine, Chercheur, Cnrs
Pierre Derioz, Géographie, Maître de conférences HDR, Avignon Université
Martine Derivry, Études anglophones, Professeure, Université de Bordeaux
Marie-Laure Déroff, sociologie, maîtresse de conférences
Mathis Deronzier, Mathématiques, Doctorant, Institut Mathématiques de Toulouse
Solène Derrien, Instrumentation scientifique dans le domaine de l'atmosphère, Ingénieur d'Etude fonctionnaire
Philip Dervis, Ethno-écologie, Docteur, Institut Esope 21
Virgile Dervis, Géologue, Doctorant, AMU (Aix-Marseille-Université)
Alexandre Désaubry, Sciences environnementales, Assistant de recherche, Université Libre de Bruxelles
Karine Desboeufs, Chimie de l’atmosphère, Professeure, Université Paris Cité
Timothé Desbordes, Neurosciences, Ingénieur d'études, Institut des Neurosciences de la Timone
Marjolaine Deschamps, Chimie analytique environnementale, Ingénieure de recherche, INRAE
Robert Descimon, histoire moderne, directeur d'études en retraite, Ecole des hautes études en sciences sociales
Dominique Desclaux, Agronomie, Chercheur, INRAE
Philippe Descola, Anthropologie, professeur émérite, Collège de France
Virginie Descoutures, Sociologie, Maîtresse de conférences, UPJV
Luc Descroix, hydrologie, directeur de recherche, IRD
Julie Deshayes, climatologie, Directrice de Recherche (DR), CNRS
Gilbert Deshayes, Recherche agronomique, Retraité
Christine Deslaurier, Histoire, Chargée de recherche, Institut de recherche pour le développement (IRD)
Josselin Desmars, Astrophysique, Enseignant-Chercheur
Solène Desmée, biostatistique, Maîtresse de conférences
Pierre-Jean Desnoux, Mathématiques, Professeur CPGE, Lycée Charlemagne Paris
Vianney Desoutter, Physique, Enseignant, Éducation nationale
Théau Despeyroux, Écologie tropicale, Étudiant ingénieur, L'Institut Agro Montpellier - AgroParisTech
Aurélia Desplain, Anthropologie, Coordinatrice de programme de science participative, Muséum national d'Histoire naturelle
Chloé Desplechin, Économie, Doctorante
Victor Despré, Physique, Chargé de recherche, CNRS
Laurence Despres, Ecologie et Evolution, PU, Université Grenoble Alpes
Auxence Desrentes, Biologie, Ingénieur de recherche, Institut Pasteur
Sophie Desrosiers, anthropologie, Maîtresse de conférences retraitée, EHESS
Alexandre Détruit, Biophysique, Doctorant
Sophie Devienne, Géographie, Professeur, AgroParisTech
Sébastien Devillard, Ecologie, Professeur
Olivier Devillers, Informatique, Directeur de Recherche, INRIA
Laurie Devisscher, Neurosciences, Doctorante, Université Paris Cité
Louis Devresse, Biologie Evolutive, Doctorant
Christophe Devulder, Mathématiques, Enseignant
Anne-Marie Deyris, Lettres, Professeur
Guillaume Dezecache, Sciences de la durabilité, Directeur de Recherche, IRD
Alain Dezetter, Hydrologie, Chargé de recherche, IRD
Cédric Dézier, Veterinaire, Directeur technique santé publique vétérinaire
Dounia Dhaou, Sciences de l'Environnement, ATER, Aix-Marseille Université
Thibault Dhellemmes, Neurosciences, PhD Student, IMN - Bordeaux
Quentin Dherbassy, Chimie moleculaire, Chercheur
Marine Di Stefano, Océanographie, Docteur
Julien Diaz, Mathématiques appliquées, Directeur de recherches, Inria
Katheryn Diblar, Appui, Appui, CIRAD
Matthieu Dien, Informatique, Maître de conférences
Stéphane Dieudonné, Biologie, Directeur de Recherche, Ecole Normale Supérieure
Maxime Dieudonné, Neuro-imagerie, Doctorant, Institut de Neurosciences de la Timone
Tatiana Dimitriu, Microbiologie et biologie évolutive, Chercheuse, Université de St Andrews
Iris-Amata Dion, Sciences du climat, Docteur, Cnrs
Emmanuel Discamps, Archéologie et paléoécologie, Chercheur au CNRS
Daniel Disegni, Mathématiques, Professeur des universités, Université d’Aix-Marseille
Nielle Ditengou-Rockaya, SIC, Chercheure associée, LabSic Paris 13
Sophie Divay, sociologie, Maîtresse de conférences, Université de Reims
Vincent Dive, Bioloie, Retraité, CEA
Sophie Djigo, Philosophie, Philosophe, ICM/STL
Georges Dloussky, Mathématiques, Professeur émérite, Aix-Marseille Université
Michel Dobrijevic, Astrophysique, Enseignant-chercheur, Université/CNRS
Carmen Dobrovie-Sorin, linguistique, Directeur de recherche CNRS émérite, CNRS Université Paris-Cité
Guillaume Dodet, Océanographie physique, Chercheur, Ifremer
Thomas Dodman, Historien, Professeur
Kjetil Dohlen, Astronomie, Ingénieur de recherche
Antoine Dolez, Sociologie, Post-doctorant, Université catholique de Louvain
Blandine Doligez, Ecologie, Chercheuse, CNRS
Jim Dompierre, Biologie cellulaire, Ingénieur de Recherche, CNRS
Jean-Francois Donati, Astrophysique, Directeur de recherche, CNRS
Julia Donley, Sociologie, Doctorante contractuelle, Université Sorbonne Nouvelle
Flora Dorde, Climat, Energie, Consultante
François Doré, Physique, Professeur agrégé, Lycée Assomption - Rennes
Thierry Doré, Agronomie, Professeur
Valentin Dorel, Physique, Doctorant
Tiban Dorel, Imagerie médicale, Etudiant ingénieur, GE Healthcare, IMT Atlantique
Élisabeth Dorier, Géographie, Professeure des Universités, Aix Marseille Université
Bruno Dorin, Sciences économiques, Directeur de recherches, Cirad / Cired
Alyona Dotsenko, Physique, Doctorant
Touati Douar, Ingenieur, IT/CNRS, CNRS
Veronique Douard, Biologie, Chargée de recherche
Cecile Doubre, Géosciences, Physicienne du Globe, ITES/EOST
Brice Douet, Physique, Doctorant, Ecole Normale Supérieure de Lyon
Nathanael Dougier, Génie énergétique, Docteur - Chef de projet R&D, Groupe SII
Paul Doukhan, Mathématiques, Professeur émérite, CY Cergy Paris Université
Jeannine Doumerc, Politiques de santé, Retraite, Ministère de la sante
Claudie Doums, Biologie de l'Evolution, Directrice d'Etudes, EPHE-PSL
Thierry Doursout, Gestion de crise nucléaire, Ingénieur, IRSN
Sylvain Douteau, Mathématiques, Maître de conférences
Christine Douxami, Anthropologie, Maîtresse de conférences HDR, IMAF
Valérie Doya Aschieri, Physique, Maîtresse de conférence, Université Côte d'Azur
Naama Drahy, Chimie, Doctorante, Sorbonne université
Laurent Drapeau, mathématique appliqués écologie, Ingénieur de recherche, IRD
Joss Dray, auteure photographe, indépendante
Noura Dridi, Science de l'ingénieur, Maître de conférences, FEMTO-ST
Pierre Drossart, Astrophysique, Directeur de recherche émérite, Institut d'Astrophysique de Paris
Jeanne Drouet, SHS, Ingénieure d'études, CNRS
Elodie Druez, Science politique, Postdoctorante, ULB
Lucas Drumetz, Mathématiques appliquées, Maître de Conférences, IMT Atlantique
Théo Duarte, Chimie-Physique, Doctorant, Université de Technologie de Troyes
Isabelle Duban, Cursus et offre de formation, BIATSS
Philippe J. Dubois, Ecologie animale, chercheur (retraité), auteur et conférencier, LPO Birdlife international
Arnaud Dubois, Anthropologie, chargé de recherche, CNRS
Cédric Dubois, Astrophysique, Chercheur PostDoc
Vincent Dubois, Science politique, Professeur, Sciences Po Strasbourg
Jessica Dubois, Neurosciences, Directrice de recherche, Inserm
Christophe Dubois, Nutrition Santé Publique, Docteur es-science, consultant
Julie Duboscq, Éthologie, Chargée de Recherche, CNRS
Julien Dubouloz, Histoire, Professeur, Aix-Marseille Université
Olivier Dubuquoy, Géographie, IGR, Université de Toulon
Lucas Dubus, Ecologie, Doctorant, CEFE
Sylvain Ducasse, Archéologie préhistorique, Chercheur CNRS, Laboratoire PACEA - UMR 5199 (Bordeaux)
Agnès Ducharne, Hydrologie et climatologie, Directrice de recherche, CNRS
Alexis Duchesne, Mécanique, Maître de Conférences
Thibault Ducloux, Sociologie, Docteur
Charlie Duclut, Physique, Maitre de conférences, Institut Curie
Olivier Dufaud, Génie des Procédés, Professeur, Université de Lorraine
Frédéric Dufaux, Géographie, Maître de Conférences, Université Paris Nanterre
Carine Duffaut, Epidémiologie, Ingénieur, PhD, Inserm
Océane Dufies, Immunologie, Postdoctorante, Boston Children’s Hospital et Harvard
Denis Duflot, Physique, Enseignant-Chercheur, Université de Lille
Nicolas Dufour, Intelligence Artificielle, Doctorant, ENPC
Diminique Dufour, Technologie des aliments, Chercheur, Cirad
Rémi Duguet, Herpétologie - batrachologie, Chargé de cours magistral, Université de Franche-Comté
François Dulac, Scences du Climat et de l'Environnement, Chercheur et médiateur scientifique
Jacques Dumarchez, Physique, Directeur de Recherche CNRS, CNRS
Estelle Dumas, Ecologie, IGR, IMBE
Eloïse Dumas, ITA BAP J, Ingénieur d'études titulaire
Eric Dumas, Mathématiques, Maïtre de conférences, Université Grenoble Alpes
Patrice Dumas, Sciences de l'environnement, Chercheur, CIRAD
Philippe Dumas, Physique, Professeur des universités, Aix-marseille université
Paul Dumas, Physique, Émérite, CEA
Simon Dumas Primbault, Sociologie, Chercheur, OpenEdition (CNRS)
Iris Dumeur, Sciences de l'Environnement, Doctorante
Speranta Dumitru, Sciences politiques, Maîtresse de conférences, CEPED, IRD
Patrice Dumont, Astrophysique, Chercheur
Gwénaël Dumont, Santé, Ingénieure, Inserm
Juliette Dumont, Histoire, Maîtresse de conférences, Université Sorbonne Nouvelle
Alain Dumot, SHS, Biatts, CNRS
DAVID DUMOULIN, sociologie, Maître de conférences, Université Sorbonne Nouvelle - IHEAL
Patrick Duncan, patrick.duncan3b@gmail.com, Directeur de recherche CNRS retraité, CNRS UMR 7372, retraité
Vincent Dunias, Mathématiques, Enseignant de chaire supérieure, Education Nationale
Louis Dupaigne, math, enseignant-chercheur, Université Claude Bernard Lyon 1
Alexandre Duparc, Medecin, Praticien hospitalier, Chu toulouse
Philippine Dupé, Géographie, Doctorante, INRAE
Florence Dupin De Saint-Cyr, Informatique, Maîtresse de conférences, IRIT, Université Paul Sabatier, Toulouse
Mathieu Duplay, Littérature américaine, Professeur, Université Paris Cité
Hélène Dupont, ecologie, docteur
Alexandre Dupont, Histoire, Maître de conférences, Université de Strasbourg
Delphine Dupont, mathématiques, enseignant de CPGE, éducation nationale
Alice Dupré la Tour, Sciences de Gestion, Post-doctorante, INRAE
Lucile Dupuy, Psychologie, Maîtresse de conférences, Université de Bordeaux
Camille Dupuy, Sociologie, Maîtresse de conférences
Corinne Dupuy, chimie, enseignante CPGE
Anne Dupuy, Sociologie, Maîtresse de conférences, Université Jean Jaurès
Daniela Duran, anthropologie/histoire, enseignante-chercheuse
Antoine Durance, Science Politique, Étudiant, Sciences Po Bordeaux
Gael Durand, Glaciologie, Directeur de recherche
Cécile Durand, Sociologie, Ingénieure d'études, Avignon Université, Centre Norbert Elias
Aure Durbecq, Biologie Environnement Ecologie, Ingénieure de Recherches, IMBE
Anaëlle Durfort, Ecologie, doctorante
Olivier Duriez, Biologie-ecologie, enseignant-chercheur, Université de Montpellier
Anne Durif, Machine Learning et extrêmes climatiques, Ingénieure d'études, CERFACS
Michel Duru, Agronomie, chargé de mission, Inrae
Camille Dusséaux, Géosciences, Maîtresse de conférences
Alain Dutech, Intelligence Artificielle, Chargé de Recherche, INRIA
Guillaume Duteurtre, Economie, Chercheur, CIRAD
Didier Dutheil, Paléontologie, Chercheur, Niger-Heritage
Gabriel Dutier, Physique, EC, USPN
Marie Dutreix, Biologie, Directrice de recherche émérite, Institut Cugie
Niels Dutrievoz, Climatologie, Doctorant, LSCE
Thibaut Duvanel, Géosciences, Doctorant, Université de Lausanne
Yohann Duverger, Sciences du vivant, Ingénieur d'études, CNRS
Stéphane Duvezin, Biologie, Chargé de recherches, CNRS
Celine Duwig, hydrogéochimie, Directrice de Recherche, IRD
Philippe Ear, Mathématiques appliquées dans le climat, Doctorant, Université Côte d'Azur
Richard-Emmanuel Eastes, Chimie, Directeur, Segallis
Vincent Echevin, oceanographie, chercheur permanent, Institude de recherche pour le développement
Henri Eckert, sociologie, PR, Université de Poitiers
Sébastien Ecorce, Neurobiologie, Professeur, Pitie Salpêtrière
Victor Ecrement, Sociologie, Doctorant, Sorbonne Université
Simon Eibner, Sciences et Techniques de l'Ingénieur, Maitre Assistant
Ariane Eissen, Littérature comparée, Maîtresse de conférences HDR émérite, Université de Poitiers
Ivar Ekeland, Mathématiques, Professeur émérite, Université Paris-Dauphine
Fabienne El Khoury, Epidémiologie, Chercheuse, Sorbonne Université/ Inserm
Kamel Eddine El Mecherfi, Nutrition biochimie, Scientifique contractuel, INRAE
Ossen El Sawaf, Acoustique, Postdoctorant, CNRS
Luc Elie, Economie, Chargé de recherche, ENPC
Laurence Ellena, Sociologie, Maitre de conférences, Université de Poitiers
Pierre Eloy, Sociologie - Démographie, Maître de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Valentin Emiya, Informatique, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Laure Emperaire, botanique, Directrice de recherche émérite, IRD
Maxime Emptaz, Bioinformatique, Étudiant-stagiaire, Université de Strasbourg
Philippe Enclos, Droit privé, Maître de conférences retraité, université de Lille
Jérôme Enjalbert, Génétique, Directeur de recherche, INRAE
Flo Epain, Logique, Stagiaire, IRIT
Daniel Epron, Biologie forestière, Professeur, Kyoto University
Simon Ergen, Chimie des milieux aquatiques, Doctorant
Andreas Eriksson, Sciences de l'information et de la communication, docteur-enseignant
Serge ERLINGER, Médecine, Professeur honoraire des Universités
Josquin Errard, Physique Fondamentale - Cosmologie, Chargé de Recherche au CNRS, Laboratoire APC, CNRS
Christophe Escape, énergie et matériaux solaires, Inégnieur d'etude permanent, CNRS
Nathalie Escaravage, Ecologie, Enseignante chercheuse, Université
Alexandre Escarguel, Physique, Enseignant-chercheur, Aix-Marseille Université
Jean-Pierre Escofier, maths, MdC, Université de Rennes
Fabien Esculier, Biogéochimie, Chercheur, Ecole des Ponts
Anouk Espel, Biologie, Étudiante, Université Paris-Saclay
Gilles Esposito-Farèse, Physique, Chercheur, CNRS
Nathalie Espuno, Ecologie, Fonctionnaire titulaire, CNRS
Rana Esseily, Psychologue, Pr, UPN
Rim Essifi, Mathématiques, Maîtresse de conférences, Université Paris Nanterre
Christèle Etchegaray, Mathématiques Appliquées, Chargée de Recherches
Marie-Pierre Etienne, Statistique, Maître de conférence, Institut Agro
Philippe Eudes, Physique, professeur, Nantes Université
Rémy Eupherte, Mathématiques, Professeur de CPGE
Stefano Evangelisti, theoretical chemistry, Professor, Université de Toulouse 3 - Paul Sabatier - FeRMI
Damien Eveillard, Bioinformatique, Professeur, Nantes Université
Catherine Even, Physique, Maîtresse de conférences, Université Paris Saclay
Olivier Evrard, anthropologie, chercheur, IRD
Chris Ewels, Physique, Directeur de recherche, CNRS / univ nantes
Corinne Eychenne, Géographie, Maîtresse de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès
Anne Eydoux, Sciences économiques, Maîtresse de conférences, Lise-CNRS et CEET, Cnam
Frederique Eynaud, Paléocéanolographie, paléoclimatologie, Maître de conférences, Université de Bordeaux
Ronan Fablet, Science des données, Enseignant-chercheur, IMT Atlantique
Juliette Fabre, Données environnementales, Ingénieure de Recherche, CNRS
Mélanie Fabre, Archéologie, Phd, MNHN
Pascale Fabre, Physique, Directrice de recherches, CNRS
Emmanuelle Fabre, Biologie, Directrice de recherche, CNRS
Juliette Fabure, Ecotoxicologie, Enseignant-Chercheur
Christy Fadel, Science des matériaux, ATER
Yoann Fagault, Géosciences de l'Environnement, Ingénieur de recherche, Collège de France
Volny Fages, Histoire et sociologie des sciences, Maître de conférences, ENS Paris-Saclay
Daniel Faget, Histoire de l'environnement marin, Maître de conférences HDR, Aix-Marseille Université
Xavier Faïn, Climatologie, Chercheur, CNRS
Nathan Faivre, Neurosciences cognitives, Directeur de recherche, CNRS
Annelise Faivre, Physique, Professeur, Université de Montpellier
Aurelien Falco, Atmosphères planétaires, Ingénieur de recherche, IPSL
Julien Falgas, Sciences de l'information et de la communication, Maitre de conférences, Université de Lorraine
Séverine Falkowicz, Psychologie, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Bernard Fallery, Sciences de Gestion, Professeur émérite, Université de Montpellier
Sandra Fancello, Anthropologie, Directrice de recherche, CNRS
Jean-Raphaël Fantino, Biologie, Titulaire, CNRS
Leïla Fardeau, Démographie, Doctorante, Ined
Tanguy Fardet, Sciences de l'environnement, Chargé de recherche, École des Ponts Paris-Tech
Thomas Farge, Physiologie, Mcf, Faculté de santé pharmacie de Toulouse
Anne-Marie Farnet Da Silva, Ecologie microbienne, enseignant chercheur, Aix Marseille Université
Laurent Fasano, Biologie, Directeur de Recherche, CNRS
Didier Fassin, Sciences sociales, Professeur
Richard Faucheron, Mathématiques appliquées, Ingénieur de recherche, CNRS
Eric Faudry, Biologie, Chercheur
Olivier Faugeras, Mathématiques. Appliquées, Directeur de Recherche Émérite, Inria
Elsa Faugère, Anthropologie, Chargée de Recherche, INRAE
Kelly Fauquembergue, Geologie, maitre de conférences, Université de Perpignan
Sylvane Faure, Psychologie, Enseignante-chercheure, Université Côte d'Azur
Cedric Faure, Mathématiques/Informatique, Enseignant en CPGE, Lycée Clemenceau, Nantes
Laurent Fauré, Sciences du langage, Maître de conférences, Université Paul-Valéry Montpellier 3
Marie Fauré, Histoire, Doctorante
Charlotte Faurie, biologie, chercheure, CNRS
Mélodie Faury, STS, Professeure (CPJ), MNHN
Cecile Fauvelot, Ecologie moléculaire, Directrice de recherche, Institut de Recherche pour le Développement
Gilles Favarel-Garrigues, science politique, Directeur de recherche, CNRS
Zoé Favaro, Agronomie, Doctorante
Marie-Françoise Fave, sciences de l'éducation, professeur émérite, Université Paris Nanterre
Vincent Favier, Glaciologue, Physicien Adjoint
Louis Fayard, physique, directeur de recherche emerite, IN2P3/CNRS
Sonia Fayman, sociologie, indépendante, aucune
Guy Fayolle, Mathématiques, Directeur de recherche émérite, INRIA
Caroline Fayolle, Histoire, Maître de conférences, U. De Montpellier / IUF
Déborah Federico, Biologie évolutive, écologie comportementale, doctorante, Université Toulouse III Paul Sabatier
Brigitte Federspiel, Formation continue Inrae, Retraitée, Inrae
Guillaume Feger, météo-climat, doctorant, laero
Jean-Daniel Fekete, Informatique, Directeur de recherche, Inria
Amaury Felgerolles, Agronomie, Ingénieur d'études, INRAE
Soline Felice, Informatique, Doctorante
Zine El Abiddine Fellah, Acoustique des matériaux, Chercheur CNRS, Laboratoire de mécanique et d'acoustique
Antonella Fenech, Histoire de l'art, chargé de recherche, CNRS
Nicolas Fermon, Physique, Étudiant, ENS Paris-Saclay
Felipe Kaiser Fernandes, Anthropologie, Doctorant, EHESS
Claudia Fernandes, Sociologie, Doctorante, Latts - Université Gustave Eiffel
Germán Fernández-Vavrik, Sociologie, Maître des conférences, Université Lumière Lyon 2
Sylvie Ferrari, Economie, Professeure, Université de Bordeaux
Sandrine Ferré, Linguistique, Professeur des universités, Université de Tours
Louis Ferré, Mathématiques Appliquées, Professeur, Institut Mathématique de Toulouse
Eva Ferreira, Océanographie, Doctorante, LSCE
Robert Ferreol, mathématiques, professeur
Fleur Ferrere, Sociologie, Étudiante, Université Lumière Lyon 2
Carole Ferret, Ethnologie, chargée de recherches, CNRS
Catherine Ferrier, Geoarchéologie, Maître de Conférences, Université de Bordeaux
Benjamin Ferron, Sociologie, Maître de conférences, UPEC
Denis Feurer, Télédétection, Ingénieur de Recherche
Michel Feyrit, économie physique, citoyen-chercheur, GAREP
Mathilde Fichen, Histoire des Sciences, Doctorante, CNAM
Valentine Fichet, bioindicateur en environnement géonaturels et anthropisés, AI, CNRS
Gaëtan Fichet De Clairfontaine, Astrophysique, Post-doctorat, Université de Valencia
Francis Filbet, Mathématiques, Professeur des Universités, Université Paul Sabatier
Marie Finocchiaro, Ecologie, Docteur
Thibault Fiolet, Epidemiologie, Epidémiologiste, EFSA
Vinciane Fiorentini-Michel, Sciences de l'éducation, Doctorante
Jean-Marie Firdion, Sociologie, Retraité, CMH
Karin Fischer, Études irlandaises, Professeure des Universités, Université d'Orléans
Ophélie Fischer, Hydrologie, Doctorante
Clara Fischer, Neuroimagerie, Ingénieure de recherche, CEA
Anna-Sophie Fiston-Lavier, Bioinformatique - Evolution, Professeur, Université de Montpellier
Frédéric Fiteni, medecine, Maitre de Conférence des Universités - Praticien hospitalier
Margot Flachet, Chimie et nucléaire, Ingénieure, IRSN
Emilien Flayac, Mathématiques Appliquées, Maitre de conférence, ISAE-Supaero
Jules Fleury, Geosciences, Ingénieur de recherche, Aix-Marseille Université
Marie Fleury, Ethnologie, chercheur, MNHN
Sara Fleury, Océanographie /Glaciologie, Ingénieur de Recherche, LEGOS/CNRS
Fabrice Flipo, Philosophie, PR, Institut Mines-Télécom
Artemisa Flores, sociologie, Maîtresse de conférence, Lirtes, Université Paris-Est Créteil (UPEC)
Anna Florio, Mathématiques, Maîtresse de conférence, Université Paris Dauphine
Juliane Floury, Génie des Procédés, Enseignante-chercheuse, L'Institut Agro
Valérie Fointiat, Psychologie sociale, PR, Aix Marseille université
Océane Foix, Géosciences, Post-doctorante
Sylvie Fol, Urbanisme et aménagement, Professeure, Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne
Maxime Folschette, informatique, maître de conférences, Centrale Lille Institut
Benoit Fontaine, Ecologie, Ingenieur, MNHN
Anthony Fontana, Énergie nucléaire, Etudiant de master, Chimie Paristech (PSL)
Jérôme Fontane, Sciences de l'ingénieur, Enseignant-chercheur, ISAE-SUPAERO
Eric Fontanillas, Génomique, Chercheur, Privé
Léopold Fontant, SSP, Ingénieur
Héloïse Fonteneau, Génie biochimique, Ingénieur, Nantes Université
Valentin Fonteneau, Astrophysique, Doctorant, Centre de Recherche Astrophysique de Lyon
Nicolas Forien, Mathématiques, Maître de conférences, Université Paris-Dauphine
Raphaël Forien, Mathématiques, Chargé de recherche, INRAE
Paola Formenti, Physique, Chercheur, CNRS
Pietro Fornasetti, Anthropologie, Postdoctorant, Institut des Mondes Africains
Gaël Fortin, Sciences du vivant, Vulgarisateur scientifique
Alexis Fostier, Biologie, DR honoraire
Julien Fouché, Sciences de l'Environnement, Maître de conférences, Institut Agro Montpellier
Anne-Laure Fougères, mathématiques, professeure, Université Lyon 1
Esther Fouillet, Agronomie, Chargée de Recherche, INRAE
Marie-Alice Foujols, sciences du climat, Ingénieure de recherche, IPSL, CNRS, Sorbonne Université
Mitra Fouladirad, Mathématiques, Professeure
Elodie Foulquier, sciences biologiques, ingénieur
Louise Fouqueau, Génétique évolutive, Écologie, postdoc, ISTA (Autriche)
Timothée Fouqueray, Ecologie, Postdoctorant, CNRS
Antoine Fouquet, biologie de l'evolution, chargé de recherche, CNRS
Olivier Fouquet, Mathématiques, Professeur des Universités, Université de Franche-Comté
Yoan Fourcade, Écologie, Maitre de conférences, Université Paris-Est Créteil, laboratoire iEES Paris
Marie Fourcade, Histoire et anthropologie, Ingénieur, EHESS
Thierry Fourcaud, Modélisation de la croissance des plantes, Directeur, CIRAD
Gaspard Fourmi, Sciences de l'Atmosphère, Étudiant
Michel Fournié, Mathématiques, PR, Université de Toulouse
Tristan Fournier, Sociologie, Chargé de recherche, CNRS
Marie-Pierre Fourquet, Sciences de l'information et de la Communication, Professeure des Universités
Jean Foyer, anthropologie, chargé de recherche, CNRS
Enric Frago, Ecologie, Chercheur, CIRAD
Emilie Franceschini, Acoustique, Directrice de recherche CNRS, CNRS
Repoila Francis, Génétique microbienne, Chercheur, INRAE
Sören Francois, Hydrologie, Ingénieur de recherche, INRAE
Hugues François, Aménagement, Ingénieur de recherche, INRAE
Clément François, Neurosciences, Chargé de recherche, CNRS
Xavier Frank, Physique, Chercheur, INRAE
Evelyne Franquet, Ecologie, Pr, Aix Marseille Université
Pierre Frantz, Lettres, Professeur émérite, Sorbonne Université
Pierre Frapa, Ecologie, Indépendant
François Fras, Physique, Enseignat-chercheur, Université de Strasbourg
Nathalie Frascaria, Ecologie, Professeure
Sébastien Fray, Histoire médiévale, Maître de conférences, université Jean Monnet Saint-Etienne
Nicolas Fray, Physique, Enseignant chercheur, UPEC
Laurent Freboeuf, Physique, Retraité, Éducation nationale
Sandrine Freguin-Gresh, Economie et géographie, Chercheure, CIRAD
Thibaut Frejaville, Ecologie, Chercheur, Inrae
Alexandra Frenod, Sociologie, Ingénieure d'étude, CNRS
Emmanuelle Frenoux, Informatique, Maîtresse de Conférences, Université Paris-Saclay
Olivier Frerot, Philosophie, Coopérateur, Philométis
Irénée Frérot, Physique, Chercheur, CNRS
Jean-Baptiste Fressoz, histoire, chercheur, CNRS
Pascal Frey, écologie, Directeur de recherches, INRAE
Desdemona Fricker, Neurosciences, Directrice de Recherche, CNRS
Pierre Friedlingstein, Climatologie, Directeur de recherche, CNRS
Daniel Friedmann, Sociologie, Chargé de recherche retraité, Ehess
Elric Frigerio, Physique, Doctorant, ENS
Anthony Frion, Mathématiques appliquées, Doctorant, IMT Atlantique
Anne Frisch, Finance et Gestion, Professeur Associé, HEC Paris
Gilles Frison, Chimie, Directeur de recherche, CNRS
Claire Froger, Sciences du sol, Chercheuse, INRAE
Celine Froissard, Écologie et Évolution, Ingénieure d'Etude, CEFE - CNRS Montpellier
Rémy Froissart, Biologie évolutive, Chargé de recherche, CNRS
François Fromard, Écologie, Directeur de Recherche émérite, CNRS
Elodie Fromentin, Chimie analytique, Ingénieure de recherche
Julie Fromentin, Géographie, Chargée de recherche, Ined
Nathalie Fromin, écologie, chargée de recherche, CNRS
Céline Fromont, Sciences de l'environnement, Doctorante, Université de Montpellier
Micheline Fromont, Biologie, chercheuse CNRS, Institut Pasteur
Frédérique Frouin, Technologies pour la santé, Chargée de recherche, Inserm
Pascal Fugier, Sciences de l'éducation et de la formation, Maître de conférences, CY Cergy Paris Université
Gad Fuks, Chimie, Maitre de connférences, UPVD
José-Maria Fullana, Mécanique, PR, Sorbonne Université
Boris Fumanal, Ecologie, Enseignant-Chercheur, Université Clermont Auvergne
Pierre Funalot, Économie, Chercheur Post-Doctoral, Université de Bordeaux
Nathalie Furmento, Informatique, Ingénieure de recherche, CNRS
Ivani Fusellier, sciences du langage, Enseignant-chercheur/Maître de Conférences, Université Paris 8
Gaetane Fyot, institution sociale, retraitée
Luca Gabbiani, Histoire de la Chine, Directeur d'études, École française d'Extrême-Orient
Véronique Gadiou, Physique, Professeure
Christine Gadrat-Ouerfelli, Histoire, Chargée de recherche, CNRS
Margot Gaetani-Liseo, Génie électrique, Maîtresse de Conférence, Université Claude Bernard Lyon 1 & Laboratoire Ampère
Frederic Gaffiot, microelectronique photonique, professeur des universités (ER)
Olivier Gagliardini, Sciences de la Terre, Professeur, Universtité Grenoble Alpes
Renaud Gaglione, Physique des particules, Ingénieur de recherche, CNRS
Victor Gaignard, chimie analytique, Ingénieur d'Etude, INRAe
Jérôme Gaillaguet, Sociologie, Chercheur, CNRS
Jean-Marc Gaillard, physique des particules, Directeur de recherches CE, CNRS
Rémi Gaillard, Sciences du climat, Doctorant, ENS-PSL
Nuria Gala Pavia, Sciences du Langage, PU, Aix Marseille UNiversité
Fabienne Galangau, Muséologie, Maîtresse de conférences, MNHN
Clément Galas, Ingénieur qualité environnementale du bâtiment, Ingénieur Cadre, eEgénie & Réseau Français de la Construction Paille
Emmanuelle Galichet, Vétérinaire, Salarié
Isabelle Gallagher, Mathématiques, Universitaire, ENS Paris et Université Paris Cité
Louis Gallard, Physique, Doctorant
Lucille Gallardo, Sociologie, Postdoctorante
Mathieu Gallart, Physique, Maître de conférences, Université de Strasbourg
Thierry Gallay, Mathématiques, Professeur, Université Grenoble Alpes
Romain Gallet, Ecologie,, INRAE
Francois Gallet, Physique, Professeur retraité, Université Paris Cité
Gilmary Gallon, Science Pharmaceutique, PhD. Investigateur Principal, MedinCell
Olivier Gallot-Lavallée, Physique Energie Environnement & Histoire, Enseignant Chercheur, UGA
Thierry Gallouet, Mathématiques appliquées, Retraite
Thomas Galoppin, Histoire, ATER
Fabrice Gangneron, Sociologie, Ingénieur de Recherche, CNRS
Pauline Ganivet, Chimie, Professeur CPGE
Patrick Ganster, Physique des Matériaux, Enseignant-Chercheur, Mines Saint-Etienne
Louis Garbe, Physique, Post-doctorant
Pauline Garberi, Mathématiques Appliqués, Ingénieur d'Etude, CNRS
Jean Pierre Garbisu, Telecoms et RSE, Ingénieur Innovation, Orange
Brigitte Garcia, Sciences du langage, linguistique des langues des signes, Professeure des universités, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis
Frédérick Garcia, intelligence artificielle, directeur de recherche, Inrae
Léo Garcia, Agronomie, Maître de Conférences
Théo Garcia, Sciences de l'environnement, Docteur
Luis Garcia Alles, Biotechnologies, Chargé de recherche, CNRS
Sophie Garcia-Barragan, Sciences du langage, Ingénieure d'études, Université Montpellier Paul-Valéry
Manuel Garcin, Géosciences, risques naturels, Chercheur, BRGM
Lucile Garçon, Géographie, Chargée de recherche, INRAE
Charlyne Gard, Biologie moléculaire, Ingénieure d'études, INSERM
Laëtitia Gardès, biologie, ingénieure, cirad
Meriem Garfa, Biologie, Ingénieure de recherche, INSERM
Floriana Gargiulo, Sociologie, Chargée de recherche, Cnrs
Théo Garin, Hydrologie, Doctorant
Raphael Garisoain, Sciences de l'environnement, Chercheur, Meteo France
Eric Garnier, Ecologie, Directeur de Recherche, CNRS
Patricia Garnier, science de l'environnement, fonctionnaire, INRAE
Aline Garnier, Géographie, Maîtresse de conférences, UPEC
Laure Garnier, Oncoimmunologie, Post doctorante senior
Vincent Garnier, Mécanique et acoustique, Professeur émérite, LMA amu
Laurent Garreau, SIc, Ingénieur de recherche, Inseac du Cnam
Nabil Garroum, Recherche en physique, ingénieur de recherche, CNRS
Médéric Gasquet-Cyrus, Sciences du Langage, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Pierre Gasselin, Géographie, Ingénieur de recherche, INRAE
Hugo Gassin, Anthropologie, Doctorant, EHESS
Bénédicte Gastineau, Démographie, Chargée de recherche, IRD
Jean-Pierre Gattuso, Océanographie, Directeur de recherche, CNRS
Cédric Gaucherel, biologie théorique, chercheur
Pierrick Gaudin, chimie, Maître de conférences, Université Montpellier
Guillaume Gaudin, Histoire, Maître de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès
Claire Gaudy, Mathématiques, Professeur Chaire Supérieure, Education Nationnale
Guillaume Gaullier, Biologie structurale, Chercheur, Uppsala University
Montan Gautier, Ecologie Biologie, Doctorant, Cnrs
Lara Gautier, Santé publique, Professeure adjointe, Université de Montréal
Jacques Gautier, Géovisualisation, Enseignant-chercheur, Laboratoire LASTIG et ENSG
Emmanuèle Gautier, Géographie, professeure, Université Paris Panthéon-Sorbonne
Olivier Gauwin, Informatique, Maître de conférence, Université de Bordeaux
Gérard Gawrysiak, Technologie coton, Chercheur, CIRAD
Cyprien Gay, Physique, Chargé de recherches, CNRS
Paul Gay, Informatique, post-doc, Université de Pau
Théo Gayoux, Astrophysique, Doctorant, Laboratoire Univers et Théories - Observatoire de Meudon
Léo Gayral, Mathématiques-Informatique, Postdoc, Aix Marseille Université
Bruno Gazengel, Acoustique, Professeur, Le Mans Université
Charlotte Gehan, Astrophysique, Postdoc
Marc GELGON, Informatique, Professeur des universités, Nantes université / Polytech Nantes
Cathy Gemon, Géographie, Doctorante
Michel Génard, Ecophysiologie, Directeur de Recherche, INRAE
Anne-Marie Geneviere, Biologie, Directrice de recherche émérite, CNRS
Stéphane Génieys, Mathématiques, Maître de conférences, INSA de Toulouse
Didier Genin, Ecologie, Chercheur, IRD
Caroline Genix, Physique, Maître de Conférences, Université Montpellier
Aldo Gennaï, Langue et littérature françaises, Maitre de conférences, Université de Montpellier
Mathieu Génois, Physique, Enseignant-chercheur, Aix-Marseille Université
Fulgence Genouvrier--Lhermite, Art, Masterant, EHESS
Ivan Gentil, Mathématique, Enseignant-chercheur, Université Lyon 1
Yohann Genzmer, Mathématiques, Maître de conférences, Institut de Mathématiques de Toulouse
Félix Geoffroy, Écologie, Chargé de recherche, Société Nationale de Protection de la Nature
Nathalie George, Neurosciences Cognitives, Directrice de Recherche au CNRS, Institut du Cerveau, Sorbonne Université / CNRS / Inserm, Paris
Isabelle George, Ethologie, Chargée de Recherche
Stella Georgoudi, Institutions religieuses des cités grecques anciennes, Directrice d'étude émérite, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Section des Sciences Religieuses
Pierre Gerard, Biologie, Maître de Conférences, AgroParisTech
Etienne Gérard, sociologie, directeur de recherche, IRD
Sébastien Gérard, Génie Informatique et Système, Permanent, CEA
Françoise Gérard, Économie, Directrice de recherches, CIRAD
Gianluca Gerardi, Géophysique, PostDoc, CNRS/Paris-Saclay
Iann Gerber, Physique de la matière condensée, Maitre de conférence, INSA Toulouse
Sophie Gerber, Plantes génétique philosophie, Chargée de recherche, Inrae
Lucas Gerin, Mathématiques, Enseignant-chercheur, Ecole Polytechnique
Léo Gerlin, Biologie, Chargé de Recherche, INRAE
Damien Germain, Paléontologie, Maître de Conférences, MNHN
Marie-Pierre Gervais, Informatique, PU, U. Paris Nanterre
Benoît Geslin, Ecologie, Maître de Conférences HDR, Aix Marseille Université
Joachim Gettler, Littérature, Doctorant, La Sorbonne
Sarah Ghaffari, Sociologie, Enseignante Chercheuse, IMT Atlantique
Dominique Ghaleb, Physique, Retraité, CEA
Michel Ghanem, Agronome-Ecophysiologiste, Chercheur, CIRAD
Michèle Ghazi, Sophrologie, Retraitée
Jeanne Gherardi, climat, enseignante-chercheuse, UVSQ
Florence Gherchanoc, Histoire, Professeure des universités, Université Paris Cité
François Gheusi, Sciences de l'atmosphère et du climat, Ensignant chercheur, Université Toulouse 3
Jacopo Ghiglieri, Physique, Chargé de recherche, CNRS/IN2P3
Jean-François Ghiglione, Ecotoxicologie, Directeur de recherche, CNRS
Jean-Marc Ghigo, Microbiologie, Durecteur de laboratoire, Institut Pasteur
Mohamed Ghili, Militant associatif, Observateur à
Arnaud Giacometti, Informatique, Professeur des universités, Université de Tours
Alexis Giauque, Mécanique des fluides, Énergie, Maître de conférences, Ecole Centrale de Lyon
David Giband, Urbanismd, Professeur des universités, Université de Perpignan
Corentin Gibert, Paléontologie, Maître de conférences, Georgia Institute of Technology, Zurich Univ & Lille Univ
Arnaud Giersch, Informatique, Maître de conférences, IUT
Sigrid Giffon, Géographie, Ingénieure d'études, Université d'Angers
Claudio Giganti, Physique, Chercheur, CNRS
Jacques Gignoux, Ecologie, Directeur de recherches, CNRS
linda Gil, Littérature française, Maîtresse de conférences, Université Paul-Valéry
Lola Gilbert, Ecologie marine, Chercheuse post-doctorale, La Rochelle Université
Hugo Gilbert, Informatique, Maître de conférences
Aurelien Gillard, écologie, étudiant, paris Saclay
Pierre-Yves Gilles, psychologie, professeur, AMU
Marc Gillet, Climat, Ingenieur, Meteo France
Camille Gillet, Génie Mécanique, Maîtresse de conférences, INSA Toulouse
Marie-Agnès Gilot, Histoire et culture architecturale, Maîtresse de conférences, ENSA Saint-Etienne
Matthieu Gilson, neurosciences computationnelles, enseignant-chercheur
Olivier Gimenez, statistique, écologie, chercheur, CNRS
Laëtitia Gimenez, Médecine, Maitre de conférences des universités
Fanny GIMIÉ, Vétérinaire, Indépendant
Gaël Ginot, Physique, Chercheur post-doctorant, CNRS
Stéphane Gioanni, Langues anciennes, Professeur, Université Lumière-Lyon 2
Luca Giovanelli, Physique, Maître de conférences
Juan Giral, Physique, Doctorant
Santiago Giraldo, Histoire, Jeune docteur, CREDA UMR 7227
Nathalie Girard, Sciences de gestion, Directrice de recherches, INRAE
Félix Girard, Hydrologie, Doctorant
Violaine Girard, Sociologie, Maîtresse de conférences, Université de Rouen Normandie
Alain Girard, sociologie, mâitre de conférences, Université de Perpignan (UPVD)
Sabine Girard, Géographie, Chercheure
Olivier Girard, Physique, Imagerie par Résonance Magnétique, Ingénieur de Recherche, Aix Marseille Université
Raphaël Girardi, Sciences Physiques, Enseignant, Éducation nationale
Cyril Girardin, Science du Sol, Ingénieur de Recherche, INRAE
Fabienne Giraud, Sciences de la Terre, Enseignante-chercheure, Université Grenoble Alpes
Ivan Girault, Mécanique des fluides, Doctorant, IMFT
Nicolas Giret, Neurosciences, Chercheur CNRS
David Girier, Urologue, Docteur, Clinique d'Orange
Julien Giry, Science politique / SIC, Chercheur associé, Université de Tours / PRIM
Veronique Giudicelli, Bioinformatique, Ingénieure de recherche, CNRS UM
Elodie Giuglaris, hydrogéologie, ingénieur, BRGM
Valerio Giuso, Chimie - Photophysique, CDD Doctorant, Universite' de Strasbourg
Philippe Glaser, Biologie, Chercheur
Sylvain Glémin, Biologie évolutive, Directeur de recherche, CNRS
Thomas Glesener, Histoire, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Charlotte Glinel, Sociologie, Doctorante
Elodie Gloaguen, Ecologie urbaine, Chargée de mission (contractuelle)
Julie Gloannec, sociologie, doctorat, Université de Tours
Quentin Glorieux, Physique, Maitre de Conférences, Sorbonne Université
barbara glowczewski, anthropologue, directrice de recherche émérite, Cnrs - Collège de France
Henri Louis Go, Sciences de l'éducation, Professeur, Université de Lorraine
Julie Gobert, Sciences humaines, Maîtresse de conférences, AMU
Yves Godderis, paleoclimatologie, Directeur de Recherche CNRS, Géosciences Environnement Toulouse
Matthieu GODFROY, agronomie, Ingénieur d'Etude, INRAE
François Godicheau, Histoire, Professeur des universités, Université Toulouse-Jean Jaurès
Sophie Godin-Beekmann, Physique atmosphérique, Directrice de Recherches, CNRS
Dominique Godineau, Histoire, Professeur des universités, Université Rennes 2
Laure Godineau, Histoire, Maîtresse de conférences, Université Sorbonne Paris Nord
Claude Goeury, Paléo, Retraité bénévole, IMBE
Camille Goirand, Science politique, Professeuse, Université Sorbonne nouvelle
Benjamin Goislard De Monsabert, Biomécanique, Maître de Conférences, Aix-Marseille Université
Isabelle Goldringer, Agroécologie, Directrice de recherche
Cécile Gomez, Sciences du Sol, Directrice de Recherche, Institut de recherche pour le développement
Elsa Gomis, Études cinématographiques, Précaire, Institut Convergences Migrations
Marie Gomot, Neurosciences, Chargée de Recherche, Inserm
Alexandre Gondran, Informatique, Enseignant-Chercheur fonctionnaire, ENAC
Aurélie Gonnet, Sociologie, Postdoc, Roskilde Universitet et CEET (CNAM)
Eric Gonties, Mathématique, Professeur agrégé cpge
Julien Gossa, Informatique, Maître de conférences, Université de Strasbourg
Cédric Gossart, Sciences de gestion, Professeur, Institut Mines Télécom
Romain Gosse, Droit de l'environnement, Chercheur postdoctoral, Université Grenoble Alpes
Anne Gosselin, Santé publique/démographie, Chargée de recherche, Ined
Vincent Gouëset, Géographie, Professeur, Université Rennes 2
Stéphane Gougelmann, Littérature française, Maître de conférences, université de Saint-Etienne
Annette Gough, Education, Professor Emerita, RMIT University
Yves Goulas, Sciences de l'environnement, Ingénieur de Recherche, CNRS
Chloé Goulon, Ecologie, Halieutique, Ingénieure d'Etudes, INRAE
Maël Goumri, Sociologie, Postdoc, Université Paris Dauphine
Isabelle Gounand, Ecologie, Chargée de recherche, CNRS
Etienne Gourc, Mécanique, PostDoc, CNRS
Vincent Gourdon, Histoire, Directeur de recherches, CNRS
Aurélie Gousset, Physiologie végétale, Maîtresse de conférences, Université Clermont Auvergne
Nejma Goutas, SHS, Chargée de recherche, CNRS
Mathilde Gouteux, Gestion, Doctorante, Aix Marseille Université
Jean-Luc Gouzé, Mathematiques appliquées, Directeur de Recherche, INRIA
Pascale Gouzouazi, Physique-chimie, Certifiée HC, LEGT Lambert Mulhouse
Jean-Claude Govindin, Agronomie, Chercheur, Cirad
Erwin Gowree, Aeronautique, Professeur Associé, ISAE-SUPAERO
Estelle Gozlan, Economie de l'environnement, Chercheur
Clémentine Gozlan, sociologie, Maîtresse de conférences, UVSQ
Lysa Gramoli, Informatique, Ingénieur Recherche, INSA Rennes et Irisa Rennes
Adeline Grand-Clément, Histoire, Professeure des universités, Université Toulouse Jean Jaurès
Philippe Grandcolas, Systématique, Directeur de recherche, CNRS
Kevin Grande, Sciences de Gestion et du Management, Professeur Associé, Excelia Business School
Céline Grandmont, Mathématiques, Directrice de Recherche
Aurore Granero, Droit, Maître de conférences, Université de Bourgogne
Isabelle Grangaud, Histoire, Directrice de recherche, CNRS
Elisabeth Grange, Environnement, Particulier, Sans
Juliette Grange, Philosophie, professeur d' Université émérite, université de Tours
Christophe Granger, STAPS, Maître de conférences, Paris Saclay
Cyrille Granget, Sciences du langage, Enseignante-chercheuse, Université Toulouse Jean Jaurès
Jean-François Grassin, Sciences du langage, Maitre de conférences, Université Lumière Lyon 2
Elsa Grassy, Etudes anglophones, Maîtresse de conférences
Elodie Gratreau, Philosophie des sciences et des techniques, Doctorante, Université de technologie de Compiègne
Etienne Grau, Chimie, Maitre de Conférence
Sylvie Grau, Sciences de l'éducation, Enseignante-chercheuse, Nantes Université
Danièle Grébert, Physique Chimie, Professeur, CPGE Forbach
Bérénice Grec, Mathématiques, Maitresse de conférences
Luca Greco, Linguistique, Professeur des Universités, Université de Lorraine
Pascal Grégis, Anthropologie et sciences humaines et sociales en général, Animateur radio, La compagnie des Rêves Lucides et Radio Campus Paris
Guillaume Gregoire, Physique, docteur en Physique, habiilté à diriger des recherches
Sandrine Grellier, Mathématiques, Professeur université, Université d'Orléans
Michel Grenet, Préhistoire, Chercheur associé, UMR 7269 - MMSH Aix-Marseille Université
Mélanie Grenier, Océanographie - géochimie marine, Chargée de recherche CNRS, LEGOS
Cécile Grenier, Génétique végétale, Chercheuse, CIRAD
Frederic Grenouillet, Parasitologie Mycologie, Professeur, Université de Franche-Comté
Pierre Gressens, neurosciences, directeur d'unité, Inserm
Sebastian Grevsmühl, Histoire, Chercheur au CNRS, CNRS
Michela Gribinski, Lettres, PRAG retraitée, Sorbonne Université
Christel Grimaud, Informatique, Chercheur post-doc, Université Toulouse III
Coline Grimée, Sciences de la durabilité, Ingénieur d’étude, CNRS
Fabien Gris, Lettres modernes et cinéma, maître de conférences, Sorbonne Université
Émilie Grisez, Sociologie, Doctorante, Sciences Po et Ined
Jim Grisillon, Chimie de l'atmosphère, Doctorant, CNRS, Aix-Marseille Université
Manuel Grivet, Chimie-Physique théorique et analytique, Maître de Conférences, Université de Franche-Comté
Karine Groenen Serrano, Génie des Procédés, Professeure, Université Toulouse 3
Olivier Grojean, Science politique, Maître de conférences, Paris 1 - Panthéon Sorbonne / CESSP
Gilles Grondin, Mécanique des fluides, Enseignant-chercheur, ISAE
Julien Gros, Sociologie, Chargé de recherche, CNRS
Stéphane Gros, Anthropologie, Chargé de recherche, CNRS
Nicolas Gross, Ecologie, chercheur, INRAE
Vincent Grosstephan, Sciences de l'éducation et de la formation, Professeur des universités, Aix-Marseille Université
Isabelle Gruais, Mathématiques, Maîtresse de conférences, Université de Rennes
Catherine Grué, Psychologie, Psychologue, Cabinet libéral
Bruno GRUÉ, Traitement des déchets, Ingénieur (retraité), SETOM de l'Eure
Rémy Grünblatt, Informatique et Réseaux, Maître de Conférences, Télécom SudParis - Institut Mines-Télécom
Léa Gruyer, Sciences de l'information et de la communication, doctorante, Université de Bourgogne
Simon Gsell, Mécanique, Maître de conférence, Aix-Marseille Université
Cathy Guasch, Electronique, Enseignante-chercheure, Université de Montpellier
Catherine Guaspare-Cartron, sociologie, ingénieure d'études, cnrs
Elisabeth Guazzelli, Physique, Directrice de recherche Emerite, CNRS
Léa Gudel, Sociologie, Doctorante, EHESS
Anne-Marie Gué, Physique, Chercheuse, CNRS
Axel Guedj, Sondage atmoshpérique - sciences du climat, Ingénieur, LMD, CNRS
Virginie Gueguen, Chimie des matériaux, maitre de conférences, Université Sorbonne Paris Nord
Mehdi Guelmamen, Économie, Doctorant, Université de Lorraine
Djimet Guemona, Archéologie, Chercheur-Associé, Université de Toulouse
Jean-Michel Guenet, Materiaux polymères, Directeur de recherche émérite, CNRS
Audrey Gueneugues, Océanographie, Assistante ingénieure, CNRS
Marie-Jeanne GUENIN, Sciences participatives, chercheuse, CIRAD
Gaël Guennebaud, Informatique, Chercheur, Inria
Françoise Guennoc, Citoyenne engagée, Adhérente de l'association Eau et Rivières de Bretagne et de l'Université Européenne de la Paix, Cf ci-dessus
Patrick Guenoun, Physique, Chercheur CEA, Université Paris Saclay
Caterina Guenzi, Anthropologie, Maître de conférences, EHESS
Claire Guépin-Detrigne, Astrophysique, Chercheuse
Guylaine Guéraud-Pinet, Sciences de l'informatione et de la communication, Maître de conférences
Alix Guerber, Physique et chimie des matériaux, Doctorante
Mathilde Guergoat-Larivière, Sciences Economiques, Professeure des Universités
Romain Guerillot, Microbiologie, Chercheur, University of Melbourne
Yves Guermond, Geographie, Professeur retraité, Université de Rouen
Claire Guerrier, Mathématiques, Chargée de Recherche, CNRS
Laure Guerrini, epidémiologie, chercheur, cirad
Sacha Guerrini, Astrophysique, Doctorant, CEA Paris-Saclay
Benjamin Guesdon, Santé publique nutrition, Chercheur
Paloma Guetzoyan, Astrophysique, Doctorante, Université d'Edimbourg
Lionel Guez, Climatologie, Ingénieur, CNRS
Elisa Gugliotta, Linguistique, Postdoc, Université Jean Jaurès
Olivier Guibert, Informatique, Enseignant-Chercheur, Université de Bordeaux
Justin Guibert, Préhistoire, Doctorant, Université Toulouse Jean Jaurès
Eva Guichet, Agronomie, Doctorante, INRAE
Pierre Guidi, Histoire, Chargé de recherche, Ceped, université Paris Cité, IRD
Romain Guilbaud, Géosciences, Chargé de recherche, CNRS
Fabrice Guilbaud, Sociologie, Maître de conférences, Université de Picardie Jules Verne
Garance Guilbert, Neurosciences, Étudiante, Université de Strasbourg
Jérôme Guilet, Astrophysique, Chercheur
Pierre Guillard, Astrophysique, Maitre de Conferences, Sorbonne Université
Jean Guillard, Ecologie, Ingénieur de Recherche, HDR, INRAE
Fabrice Guillaume, Psychologie, PU, Université d'Aix-Marseille
Jean Michel Guillaume, Santé animale, Vétérinaire retraite de l’industrie pharmaceutique
Claire Guille-Biel Winder, Didactique des mathématiques, maîtresse de conférences, laboratoire ADEF, AMPIRIC, INSPE, Aix-Marseille Université
Vincent Guillet, Astrophysique, Maître de conférences
Bruno Guillet, Electronique, Enseignant-chercheur, Université Caen Normandie
Léo Guillon, Mathématiques appliquées, Doctorant, Polytechnique Montréal, LSCE
Stéphane Guillot, Sciences de la Terre, Directeur de Recherche, CNRS
Laure Guillot Farneti, Sciences de l'information et de la communication, ATER, Lyon 2
Antonin Guilloux, Mathématiques, Maitre de conférences, Sorbonne Université
Guillaume Guimbretiere, Science de la Durabilité, Chercheur, CNRS
Thibault Guinaldo, Océanographie, Chercheur
Hélène Guinet, Psychologie cognitive, ECC, CY Paris
Christine Guionnet, science politique, maîtresse de conférences, université de Rennes
Joel Guiot, climatologie, émérite, CNRS
Janique Guiramand, Sciences de la vie, Chercheuse
Marie Guirguis, Médecine et santé planétaire, Médecin généraliste
Helene Guis, Epidemiologie, chercheuse, Cirad
Philippe-Emmanuel Guitton, Chimie, Professeur Agrégé, CPGE, Brest
Florence Guivel-Benhassine, Virologie, Ingénieure de recherche, Institut pasteur
Jing Guo, Didactique et linguistique, Maître de conférences
Anne Guyez, Géomorphologie, Post-doctorante
Joachim Guyomard, Physique, Doctorant, Laboratoire Kastler Brossel
Nicolas Guyon, Neurosciences, Chercheur, ESPCI Paris
Alban Guyot, Technicien, Technicien, CIRAD
Isabelle Guyot-Bachy, Histoire, Professeure des Universités, Université de Lorraine
Pauline Haas, linguistique, Maîtresse de conférences, USPN
Michel Habib, informatique, prof emerite, universite paris cite
Marianne Habib, Psychologie, Maitresse de conférences, Université Paris 8
Philippe Habib, Sociologie, Contractuel, Paris Saclay
Christophe Hache, Mathématiques, Maître de conférences
Rafik Hadadou, Mines et Après Mines, Ingénieur, Ineris
Elie Haddad, Histoire, Chargé de recherche, CNRS
Marine Haddad, Sociologie, Chargée de recherche, Ined
Baptiste Haddou, Chimie, Enseignant en CPGE
Cynthia Hadjidakis, Physique, Directrice de recherche, CNRS
Meoïn Hagège, Sociologie, chercheure, Inserm/Université Paris Est Créteil
Gaetan Hagel, Physique, Enseignant-Chercheur, Aix-Marseille Université
Olivier Hagolle, Physique, Ingénieur de recherche, CNES
Jacques Haiech, biotechnologie, Professeur honoraire, Université de Strasbourg
Etienne Hainzelin, Chercheur, Emerite, CIRAD
Loan Hajdari--Manigault, Physique, Doctorant, CNRS
Vivien Hakoun, Hydrogéologie, Chercheur, BRGM / UMR GEAU
Nadine Halberstadt, physique, Directrice de recherche, CNRS
Tristan Halna du Fretay, Biologie Marine, Étudiant, UBO
Dominique Halperin, mathematiques, formation, education nationale
Klaus Hamberger, Anthropologie, Enseignant-chercheur, EHESS
Christopher Hamel, Philosophie, Maître de conférences, Université de Rouen
Christine Hamelin, Sociologie, Maîtresse de conférences, UVSQ
Jean-Christophe Hamilton, Cosmologie, Directeur de Recherches, CNRS/IN2P3
Pachka Hammami, Santé, chercheuse, Université de Montpellier
Francois Hammer, Astrophysique, Chercheur, Observatoire de Paris
François Hamonic, Informatique,Écologie, postdoctorant
David Hampton-Musseau, Sciences de Gestion : Comportement Organisationnel et Émotions, Maître de Conférence, Université de Toulouse Capitole
Marie-Christine Hanf, Physique, Professeure, Université de Mulhouse
Anton Hanna, Retraité- économiste, Retraité
Catherine Hänni, Biologie, Directrice de Recherche, CNRS
Corentin Hanser, Physique, Doctorant
Sinda Haouès-Jouve, Aménagement du territoire et Urbanisme, Maitresse de Conférence, Université Toulouse Jean Jaurès
Nao Harada, Physique, Ingénieur Chercheur
Chantal Harb, Psychologie clinique, Chercheuse associée, Université de Franche-Comté
Thomas Harbreteau, Mathématiques, Doctorant
Delphine Hardin, Physique, Professeure, Sorbonne Université
Lucas Hardouin, Surfaces continentales, Climat, Hydrologie, Doctorant, Centre National de Recherches Météorologiques
Sonia Harmand, Archéologie, Chercheur, CNRS
Wail Harrouz, Informatique, Ingénieur Recherche et Développement, Inria
Etienne Harté, Physique, Ingénieur de Recherche, CNRS
Aline Hartemann, sociologie, conservateur, BnF
Jean-Michel Hartmann, Physique, Chercheur, CNRS
Laurence Hartmann, Physique, Directrice de Recherches, CNRS
Louna Hassaini Moussaoui, Histoire contemporaine / science politique, Doctorante, Aix Marseille Université
Nadia Hassaoui, Médecine, Docteure
Pascale Hassoun, Psychanalyste, Liberal
Françoise Hatchuel, Sciences de l'éducation et la formation, Professeure des Universités, Université Paris Nanterre
Gabriel Hausknost, Physique atmosphèrique, Stagiaire, Laboratoire d'aérologie
Michaël Hauspie, Informatique, Maître de conférences, Université de Lille
Judith Hayem, Anthropologue, Professeure des Universités, Université de Lille
Linxin He, Droit, Maître de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Guillaume Hébrard, Astrophysique, Directeur de recherche, CNRS
Alma Heckenroth, Ecologie, Chimie, Chercheuse Associée, Aix-Marseille Université
Abdellatif Hedda, Technologie de l information et du numérique, Ingénieur, Collectivité territoriale
Mickael Hedde, Ecology, Directeur de Recherche, INRAE
Philipp Heeb, Ecologie, Directeur de Recherches, CNRS / UPS
Christine Heimlich, Sciences de la terre et de l'environnement, CDD, CNRS
Antoine Heintzmann, Sciences du Langage, Doctorant, Paris 8
Yseult Héjja-Brichard, Écologie, Post-doctorante, CNRS
Pauline Hellio, Mathématiques et Didactique des mathématiques, Doctorante, Université Pars-Saclay
Anna Eve Helmlinger, Psychologie du développement, Doctorante, CNRS
Martin Hendel, Sciences Physiques, Enseignant-chercheur, Université Gustave Eiffel, ESIEE Paris
Xavier Henning, Science des matériaux, Doctorant, IPCMS, UMR 7054, Strasbourg
Jacques Henno, Sciences de l’information et de la communication, Professionnel associé, Chercheur associé, laboratoire PREFICS (Pôle de Recherche Francophonies, Interculturel, Communication, Sociolinguistique - EA 74
Adèle Hénot-Mortier, Linguistique, Doctorante, Massachusetts Institute of Technology
Adèle Hénot-Mortier Mortier, linguistique, doctorante, Massachusetts Institute of Technology
Carine Henrio, numérique, ingénieure, état
Christophe Henry, Ecologie aquatique, Docteur, Indépendant
Philippe Henry, Sciences de la Terre-Géochimie, Maître de Conférences, Université de Franche-Comté
Michel Henry, Mathématiques, PRAG, Université de Franche Comté
Joël Henry, Biologie marine, Enseignant-chercheur - Professeur, Université de Caen Normandie
Laurence Hérault, Anthropologie, Professeure, Aix-Marseille Université
Raphaele Herbin, Mathématiques, Professeure, Université Aix Marseille
Kristell Hergoualc'h, Biochimie, Chercheuse, Center for International Forestry Research / CIRAD
Jean-Michel Hermel, Biologie marine, Statutaire CNRS ingénieur de recherche, Observatoire Océanologique de Banyuls
Françoise Hermel, Biologie, retraitée, CNRS
Héctor Hernandez Alonso, Ecologie Fonctionnelle, Chercheur postdoctoral, CEFE
Damien Héron, science du climat, post-doctorant
Marine Herrmann, Océanographie, Directrice de recherche, IRD
Carl Herrmann, Bioinformatique, Professeur, Université Heidelberg
Marys Hertiman, Sciences de l'information et de la communication, Doctorante, Université de Paris 8
Albert Hertzog, Sciences de l'atmosphère, Enseignant chercheur
Bénédicte Hervé, Physique-Chimie, Professeur de CPGE, Lycée Marcel Sembat, Sotteville-Lès-Rouen
Marina Héry, Ecotoxicologie Microbienne, Enseignante-Chercheuse, Université de Montpellier
Gabriel Hes, Bioclimatologie, Doctorant, Université de Toulouse
Jean-Claude Heudin, Intelligence Artificielle, Chercheur
Gaétan Heymes, Météorologie, Ingénieur météorologiste, Météo France
Mej Hilbold, sciences de l’éducation et de la formation, Maîtresse de Conférences, Université Paris 8
Manon Him-Aquilli, Sciences du langage, Enseignante-chercheuse, Université de Franche-Comté
Thomas Hinault, Sciences cognitives, Chercheur, INSERM
Pascal Hingamp, Biologiste, enseignant, chercheur, Aix Marseille Université
Benoit Hingray, Hydroclimatologie, Directeur de recherche, CNRS
Julien Hirschinger, Eco-épidemiologie, Chercheur contractuel, Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse
Daniel Hirst, Sciences du langage, Directeur de Recherche Emérite, Aix-Marseille University & CNRS
Christine Ho, SHS, Documentaliste
Elisabeth Hofmann, Économie du développement, Maîtresse de conférences, Université Bordeaux Montaigne / LAM
Antoine Hollard, Mathématiques, Professeur honoraire en classe préparatoire aux écoles d'ingénieurs
Flora Honore, Biologie, Ingénieure d'études, CNRS
Angélique Honoré, Médecin e, Médecin généraliste
Théophile Hordé, Ingénieur, Cadre
Vincent Hortegat, Ecologie, Doctorant, Université de Rennes
Martine Hossaert, Ecologie, Directrice de recherche, CNRS
Laure Hossard, Agronomie, Chargée de recherche, INRAE
Jean-Pierre Houdeau, Physique, Professeur des Universités à la retraite, Université de Rennes 1
Stéphan Houdier, Chimie, Maître de Conférences, Univ. Grenoble-Alpes
Emeline Houël, Chimie, Ingénieur de recherche, CNRS
Pascal Houillier, Médecine, Professeur des Universités-Praticien hospitalier, Université Paris Cité
Sabine Houot, agronomie, directrice de recherche, INRAE
Florian Houssais, Sciences du langage, Doctorant, EHESS
Léo Hubert, Mathématiques, Doctorant, Aix Marseille Université
Bernard HUBERT, Ecologie, Directeur de recherche émérite, INRAE
Laurence Huc, Toxicologie, Directrice de Recherche, INRAE
Jean-Michel Huctin, Anthropologie, Maître de conférences, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
Patrick Hudelot, Astrophysique, Ingenieur de recherche, Institut d'Astrophysique de
Eric Hueber, Traitement du signal, Enseignant-chercheur, UHA
Roland Huesca, Philosophie de l'art, Professeur émérite, Université de Lorraine
Sophie Huet, bioinformatique, ingenieure, entreprise
Marie Huet, Éthologie, Technicienne, Université Paris Nanterre
Joséphine Huet, Ecologie, Étudiante
Marie Anne Hugon, Sciences de l’éducation, Professeure emerite, Université Paris-Nanterre
Virginie Hugouvieux, Physique, Chercheuse, INRAE
Eric Huguet, Physique, Maitre de conférences HDR, Université Paris cité, Laboraoire Astroparticule et Cosmologie
Guillaume Humbert, Biogeochimie, Chargé de recherche, INRAE
Marion Humbert, Sciences de la Vie (Immunologie), Chercheuse postdoctorale, Institut Karolinska, Stockholm, Suède
Sylvie Humbert-Mougin, Littérature comparée, Professeure, Université de Tours
Julie Humeau, Philosophie, Assistante ingénieure, CNRS
Bertrand Huneau, Matériaux, Enseignant-Chercheur, Nantes Université
Moritz Hunsmann, Santé publique et sociologie, Chercheur, CNRS
Jean-Michel Hupé, écologie politique, Chercheur, CNRS
Laurent Husson, sciences de la Terre, Directeur de recherche, CNRS
Emmanuelle Huver, sciences du langage, professeure des universités, Université de Tours
Stéphanie Ibanez, éducation musicale, formatrice
Doriane Ibarra, Information scientifique et technique, Ingénieur, Ifremer
Fidelia Ibekwe, Indisciplinaire, A-disciplinaire ou Interdisciplinaire, je vous laisse choisir, Professeur des universités, Aix-Marseille Université
Rym Ibrahim, Sciences de gestion et du management, Maîtresse de Conférences, Université de Saint-Etienne
Lucia Iglesias, Physique, Chargé de recherche, CNRS
Ainhoa Ihasusta, Météorologie, océanographie physique et physique de l'environnement, Doctorante, CESBIO
Gwenaël Imfeld, Biogéochimie, Directeur de recherche, CNRS
Félix Ingrand, Robotique, Chargé de recherche, LAAS/CNRS
Christophe Innocent, Sciences de la Terre, Ingénieur - Chercheur, BRGM
Isabelle Iost, Biologie, Chercheuse, CNRS
Cyril Isnart, Anthropologie culturelle, Directeur de recherche, CNRS
Nicolas Issot, Chimie-physique, Doctorant, UT3
Andre Iteanu, Anthropologie, DE émérite, EPHE
Diego Izquierdo, Mathématiques, Professeur, Ecole Polytechnique
Agata Jackiewicz, Sciences du langage, Professeure des universités, Université Paul-Valéry Montpellier
Jérôme Jacob, génie des procédés / géochimie, Ingénieur chef de projet, BRGM
Laurent Jacob, Biologie computationnelle, Directeur de recherche, CNRS
Jérémy Jacob, Sciences de l'environnement, Directeur de Recherche, CNRS
Charlie Jacomme, Informatique, Chargé de Recherche, Inria
Marie Jacqué, Sociologie, Maîtresse de conférences, Aix Marseille Université
Cedric Jacqueline, Immunologie, Ingénieur, Nantes université
Richard Jacquemond, Etudes arabes, Professeur, Aix-Marseille Université
Vincent Jacques, Physique, Directeur de recherche, CNRS
Guillaume Jacques, linguistique, Directeur de recherches, CNRS, EPHE
Marie Jacquet, Physique, Chercheuse, IJCLab
François Jacquet, Biologie, Ingeniur
Christian Jacquey, Astrophysique, Astronome (CNAP), OMP/IRAP
Ronan Jacquin, Science politique, Doctorant, Sciences Po
Pierre Jacquot, Informatique, Ingénieur Recherche, Inria
Camille Jahel, Géographie, Chercheuse, CIRAD
Hélène Jalin, Psychologie, Doctorante, Nantes Université
Marine Jambois, Psychoacoustique, Doctorante, CNRS
Dominique Jamin, physique, enseignant CPGE, EN
Christian Jammes, Physique, Directeur de recherche, CEA
Emma Jamon, Écologie microbienne, Doctorante
Serge Janicot, Climat, Directeur de recherche, IRD
Etienne Janod, Science des Matériaux, Chercheur CNRS (Directeur de recherche ), CNRS
Pascal Janots, Mathématiques appliquées, Ingénieur de recherche retraité, UPS puis UMLV
Klervia Jaouen, Archéogéochimie, Chercheuse
Vincent Jaouen, Intelligence artificielle, Maître de conférences
Nicolas Jaoul, Anthropologie, Chargé de recherche, CNRS
Chantal Jaquet, Philosophie, Professeure émérite à l'université Paris1 Panthéon-Sorbonne
Emilie Jardé, Geochimie organique environnementale, Chercheuse, CNRS
Lionel Jarlan, Environnement, Chercheur, IRD
Philippe Jarne, Ecologie, Chercheur, CNRS
François Jarrige, Histoire, Maître de conférences, Université de Bourgogne
Caroline Jaugey, Ecologie, Ingénieure d'études, INRAE (LESSEM)
Renaud Jaunatre, Ecologie, Chargé de Recherches, INRAE
Marion Javal, Ecologie, Chargée de recherche, IRD
Pierre Jay-Robert, biologie des populations et écologie, professeur des universités, Université Paul-Valéry
Samy Jaziri, Informatique, Docteur et Professeur Agrégé, Education Nationale
Kévin Jean, Epidémiologie, Professeur junior, ENS-PSL
Michel Jean, Mécanique, anciennement Directeur de Recherches au CNRS
Jean-Pierre Jean-Pierre Feral, Ecologie marine, directeur de recherche CNRS (retraité)
Catherine Jeandel, Océanographie, Directrice de recherche émérite, CNRS
Martin Jeanmougin, Ecologie, Contractuel Recherche, Muséum national d'Histoire naturelle
Laurent Jeanneau, Géochimie, Chercheur, CNRS
Alexis Jeantet, Hydrologie, Chercheur contractuel (Postdoc), CNRM - Météo France
Fanny Jedlicki, Sociologie, Maîtresse de conférences, Université rennes 2
Fabrice Jégou, physique de l'atmosphère, Chercheur, CNRS
Eloise Jenninger, Biology, Employee
pablo jensen, Physique, CNRS
Frédéric Jeorge, Enseignant, Vacataire, Université d'Avignon
None Jerome Hazen, Cd, Active, Extinction Rebellion US
Thierry Jéron, Informatique, Directeur de recherche, Inria
Monique Jeudy-Ballini, Anthropologie, Directrice de recherche (retraitée), CNRS
Camille Jeunet-Kelway, Neurosciences, Chargée de Recherches, CNRS, Université de Bordeaux
Aglaé Jézéquel, Climatologue, Chercheuse
Steven Jia, Neurosciences computationnelles, Doctorant, INT
Valérie Joannin, Socio-culturel, Privé, Association loi 1901
Joaquim Joaquim Gaignard, Géographie, Doctorant, Durham University
Guy Jodry, SCIENCES DE L ÉDUCATION, Chercheur associé, CREAD
Richard Joffre, Ecologie, Directeur de recherche, CNRS
Leandro Jofré, Psychologie clinique et psychanalyse, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Franck Jolibois, Chimie physique et théorique, Professeur, Université Toulouse 3 - Paul Sabatier
Remi Jolivet, Linguistique, Retraité, Université de Lausanne (Suisse)
Marcel Jollivet, sociologie, retraité, CNRS
Florence Joly, Immunologie, Chercheuse, aucune
Monique Joly, Astrophysique, Retraitée
François-Xavier Joly, Ecologie des sols, Chercheur, INRAE
Hélène Joly, biologie évolutive, cherchuere, CIRAD
Cloé Joly, Ecologie - Ethologie, doctorant, CEFE
Marc Joly, Sociologie, Chargé de recherche au CNRS
Jean-Luc Joly, Mathématiques, Enseignant, Éducation Nationale, CPGE
Guy Joncour, Docteur Vétérinaire, Docteur, GTV Bretagne
Catherine Jondreville, Agronomie, Ingénieure de recherche, INRAE
Corentin Jorel, Electronique, Maître de conférences, Unicaen
Christine Joseph, Sciences physiques, Enseignante
Alice Josserand, Sciences de la durabilité et agronomie, Doctorante, INRAE
Marguerite Jossic, Physique, Chercheuse
Baptiste Jost, Cosmologie, post-doctorant
Pierre Jouannais, Sciences environnementales, Chercheur post-doctoral
Charlène Jouanneau, Sociologie, Salariée associée, Chrysalide SCIC
Aldéric Joulin, Mathématiques, Maître de Conférences, Institut de Mathématiques de Toulouse
Laurence Jouniaux, Sciences de la terre, Directrice de recherches, CNRS
Vincent Jourdain, Sociologie, Post doctorant
Venance Journé, Physique, Chercheure retraitée, CNRS
Loic Journel, Chimie, Professeur des universités, Sorbonne Université
Étienne - Pascal Journet, Agronomie / Biologie, Chargé de Recherche honoraire, CNRS, Toulouse
Agnès Journet, Biologie, Retraitée, Commissariat à l'Energie Atomique et aux Energies Alternatives
Emilie Journet, Chimie, Enseignant chercheur, UPEC
Odile Journet-Diallo, ethnologie, directrice d'études honoraire, EPHE-PSL
Guillaume Jouve, Geosciences, Expert Geosciences - Geosciences development business, Exail Sonar Systems
Morgan Jouvenet, Sociologie, Directeur de Recherche, CNRS
Nolwenn Jouvenet, Biologie, Directrice de Recherche CNRS, Institut Pasteur
Marianne Jover, Psychologie, PR, Université d'Aix Marseille
Ludovic Joxe, Sociologie, Précaire
Simon Joxe, Géographie, Doctorant
Marie Joyeau, Biologie, Ingénieur recherche
Aurélien Judic, écologie, Doctorant, MNHN
Antoine Julia, Mathématiques, Chercheur, CNRS, Université Paris Saclay
Marie-Pierre Julien, Anthropologie et sociologie, Maîtresse de conférences, Université de Lorraine
Swen Jullien, Océanographie, Chercheuse
Baudouin Jurdant, Sciences de l'Information, Professeur retraité, Université Paris-Cité
Lucile Justy, Science de l'eau, Doctorante, Université de Montpellier
Claudine Kahane, Astrophysique, Professeur retraitée, Université Grenoble Alpes
Ekaterina Kalugina, Economie, Maître de conférences, Université d'Evry Val d'Essonne (Paris - Saclay)
Célia Kamel, Anthropologie, Ingénieur de Recherche, AMU LPL
Mouna Kamel, Informatique, Maître de conférences, Université de Perpignan
Elisa Kamir, météorologie, ingénieure
Julien Kammer, Sciences atmosphériques, Maitre de conférences, Aix Marseille Université
Elsa Kammerer, Littérature, Professeure, Université Paris 8 - Vincennes - Saint-Denis
Zeina Kandalaft, Traductrice, Retraitée
Jp Kappler, Physique, Consultant, SOLEIL
Manon Kapustka-Véret, Psychologie expérimentale, Doctorante
Fanny Karatchodjoukova, Psychologie sociale, Doctorante
Marylou Karpinski, Performance environnementale du bâtiment, Ingénieure chargée d'études
Danielly Kaspary, Didactique des Mathématiques, Post-doc, Université Grenoble Alpes
Claude Sarah Katz, socio-démographe, chercheure retraitée, CNRS
Elena Kazakou, Ecologie, Professeure, Institut Agro Montpellier
Wiebke Keim, sociologie, Chercheure CNRS, Université de Strasbourg
Thomas Kekenbosch, Economie, Doctorant, EHESS
Otilia Kelemen, Biologie, Étudiante
Paul Kempenich, Histoire moderne, Doctorant, Université de Strasbourg
Carole Kerdelhué, Biologie, Directrice de recherches, Inrae
Guillaume Kerdoncuff, Ecologie, Doctorant, CEFE
Jean Kergomard, Scienes pour l'ingénieur, Emérite, CNRS
Zoé Kergomard, Histoire, Maitre-assistante, Université de Zurich
Alain Kerherve, Anglais, Professeur des universités, Université de Brest
Philippe Kerhervé, Océanographie, Enseignant-chercheur, CEFREM-Université de Perpignan Via Domitia
Anthony Kermagoret, Sciences chimiques, Maitre de conférences
Nicolas Kern, Chimie, Chercheur
Pierre Kern, Astronomie et astrophysique, Ingénieur, CNRS
Jean-Louis Kerouanton, Histoire des sciences et des techniques, Maître de conférence, Nantes Université
Marietta Kersalé, Sciences de la santé - réadaptation, Doctorante
Charlotte Kervran, Santé publique, Ingénieure de recherche, Université de Bordeaux
Yann-Edwin Keta, Physique statistique, Post-doctorant, Instituut-Lorentz, Universiteit Leiden
Mehdi Khamassi, Sciences cognitives, Directeur de recherche
Khamsa Kherief, Mathématiques, Enseignante, Éducation nationale
Azadeh Kian, Sociologie et études de genre, PR CE, Université Paris Cité
Annick Kieffer, Sociologie, Ingénieure de recherche retraitee, Cnrs
Elsa Pinar Kilavuz, Sociologie, Doctorante/ chargée de TD, Ehes
Guillaume Kineider, Mathématiques, Doctorant, I2M
Rémi Kinet, Neuroscience, PhD student, Institut des maladies neurodégénératives
Anne-Lise King, optique ondulatoire, artiste optique, Université Marseille Sciences et humanités
Ines Klimann, Informatique, enseignante, éducation nationale
Marc Knecht, Physique, Chercheur, CNRS
Jürgen Knödlseder, Astrophysique, Directeur de Recherche, CNRS
Céline Kubra Koçak, Sociologie, Sciences Politiques, Étudiante Master Recherche, EHESS
Nadège Kodratoff, Sûreté nucléaire, Ingénieure, IRSN
Jordan Koechler, Physique, Doctorant
Léon Koenig, Écologie évolutive, Étudiant, Université Paris-Saclay
Larissa Kojoué, Sciences politique, chercheure associée, CEPED Paris
Baptiste Kokinopoulos, Didactique, Chercheur, LDAR
Maria Kokkinou, anthropologie, chercheur affiliéé, EHESS, LAP
Bérengère Kolly, Sciences de l’éducation, Maîtresse de conférences, Upec
Barbara Köpke, Neuropsycholinguistique, Professeure, Université de Toulouse 2 - Jean Jaurès
Paul Kopp, Biologie, Professeur Agrégé, Éducation nationale
Irène Korsakissok, Sciences de l’atmosphère, Chercheuse, IRSN
Romain Koszul, biologie, chercheur
Ilios Kotsou, Psychologie, Maitre de conférences, Université Libre de Bruxelles
Benjamin Kottler, Neuroscience, independant
Fatima Kourourou, Fonction support de la recherche, IT, CNRS
Yvan Kraepiel, Biologie, Maître de Conférences, Sorbonne Université
Philipp Krämer, Linguistique, Professeur, VUB Bruxelles
Ulrike Krampl, Histoire, Professeure, Université de Tours
Emmanuel Kravitzch, Informatique, Doctorant, Université d'Avignon
Anthony Krieger, Microélectronique, Doctorant
Natacha Krins, Chimie, Enseignante-chercheuse, Sorbonne Université
Isabelle Krzywkowski, Littérature comparée, PU, Université Grenoble Alpes (UGA)
Daniel Kunth, Astrophysique, Directeur de recherche émérite, CNRS
Sylvain Kuppel, Hydrologie, Chargé de recherche, IRD
Pierre Labadie, Chimie, Chercheur, CNRS
Jordan Labbe, Hydrogéologie, Doctorant, Université Grenoble Alpes
Gilles Labesse, Biophysique, Directeur de Recherche, CNRS
Christian Laborde, Sciences de Gestion / Marketing, Maître de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès
Flavien Labre, Sites et sols pollués, ingénieur R&D
Agnès Labrousse, Sciences économiques, Pr., Sciences Po Lyon
Sara Labrousse, Ecologie polaire, Chercheur, CNRS
Irma Labrousse, AES, Employée, APF
Yoan Labrousse, Écologie, ingénieur fonctionnaire, ird
Sophie Labrut, Vétérinaire, Salariée de droit privé dans un laboratoire public, LABRUT
Jean Lac, Sciences du climat, Étudiant en thèse, Laboratoire de Météorologie Dynamique
Sébastien Lachaize, Physique - Chimie, Enseignant-Chercheur, INSA Toulouse
Patrick Lachassagne, Hydrologie, Directeur de Recherche, IRD
Jean-Paul Laclau, Agronomie, Directeur, CIRAD
Simon Lacombe, Ecologie des populations, Doctorant, Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive
Denis Lacroix, PROSPECTIVE en SCIENCES MARINES, Enseignant-Chercheur, IFREMER
Pascal Lacroix, Risques naturels, Chargé de recherches, Ird
Tanguy Lafarge, Dispositifs de la recherche, Cadre, CIRAD
Jean-Michel Laffaille, Sciences Physiques, Professeur retraité, Éducation Nationale
Charlotte Laffargue, Sciences du langage, Doctorante, Université de Paris Nanterre
Georges-Henry Laffont, aménagement de l'espace et urbanisme, Maître de conférences, ENSA de Saint-Etienne
Clément Lafond, Météorologie, Etudiant
Vincent Lafond, Chimie, Indépendant
Anne Lafont, Historienne de l'art, Directrice d'études, EHESS
Ingrid Lafontaine, Bioinformatique, Professeure, Sorbonne Université
Nicolas Lagaillardie, Informatique, Docteur, Imperial College London
Frédéric Lagane, Ingénieur en gestion de projets techniques, Cadre du privé
Marin Lagarde, Sciences sociales, Doctorant en sociologie et agrégé de SES, ENS Paris-Saclay
Nadège Lagarde, Astrophysique, Dr, Cnrs
Anne Lagarrigue, archéologie, public
Jean Jacques Lagasquie, Geographie, Professeur retraitee, Université
Marie-Christine Lagasquie-Schiex, Informatique, Professeure
Jean-Philippe Lagrange, Jean Philippe, Actif, Inria
Sandra Lagrange, Sciences du langage, Chercheuse
Rose-Marie Lagrave, Sociologie, Directrice d'études, EHESS
Vanessa Laguette, Psychologie sociale, Maître de Conférences, Université Picardie Jules Verne
Marie-Laure Laharie, Archéologie, Ingénieure d'études, CNRS
Olivier Lai, Astrophysique, Chargé de recherche, CNRS
Julie Laiiliau, Science politique, Doctorante, INRAe
Elodie Laine, Biologie Computationnelle, Professeure, Sorbonne Université
Nicolas Lainé, anthropologie, chargé de recherche, ird
Beryl Laitung, écologie, maîtresse de conférences
Yasmine Lalau, Sciences physiques de l'ingénieur, Enseignante chercheuse, IMT
Raphael Lallemand, Astronomie, Doctorant, Observatoire de Paris - IMCCE
Clément Lallemand, Génie Ecologique, Stagiaire Ingénieur, INRAE
Maxime Lamarche, ART plastiques, MCA, ENSASE
Stéphane Lambert, SPI, Fonctionnaire, Ingénieur de recherche, INRAE
Manon Lambert, Mathématiques, sciences de l'information et de l'ingénieur, Doctorante
Amaury Lambert, Ecologie, Evolution, Mathématiques, Professeur, Ecole Normale Supérieure-PSL
Marie-Laure Lambert, Droit de l'environnement, Enseignant-chercheur, LIEU- Aix Marseille Université
Laura Lambert, Neurosciences et Psychopathologie, Postdoctorante, Université de Lausanne
Nicolas Lambert, Sciences de l'information géographique, Ingénieur de recherche, CNRS
Karine Lambert, Histoire, Maîtresse de conférences, Université côte d'azur
Ariane Lambert-Mogiliansky, Economie, Professeure associée, Ecole d'Economie de Paris
Vincenzo Lambertini, Langue et traduction française, Chercheur, Université de Turin (Italie)
Louis Lambrechts, Virologie, Directeur de Recherche, Institut Pasteur
Brahim Lamine, Physique, Maître de conférences, Université Paul Sabatier
Thomas Lamonerie, Biologie, PR, Université Nice Côte d'Azur
Alexis Lamothe, Glaciologie, Post-doc, CNRS
Claudine Lamotte, Hydrogéologie, -
Enzo Lana, géographie, ATER
Fabienne Lanata, Mathématiques, Enseignante, Éducation nationale
Mael Lancelot, Biologie végétales, Stagiaire M2, Lipme
Caroline Lanciano Morandat, Sociologie, Retraitée, CNRS
Fanny Landaud, Économie, Chargé de recherche, CNRS
Pauline Landel, Sociologie, Docteure
Loic Landrieu, Informatique, Chercheur, ENPC
Frédéric Landy, Géographie, professeur d'université, université Paris Nanterre
Marine Lanet, Climat, Doctorante, LMD / IPSL / Sorbonne Université
Dany Lang, Economie politique, Enseignant-chercheur, Sorbonne Paris Nord
Bernard Lang, Informatique, retraité, INRIA
Jérôme Lang, informatique, Directeur de Recherche, CNRS
Olivier Langella, bioinformatique, Ingénieur de Recherche, CNRS
Thibault Langlais, Mathématiques, Doctorant, Université d'Oxford
Sandra Lanini, Hydrogéologie, Ingénieure de recherche, BRGM
Françoise Laot, Sciences de l'éducation, Professeure, Université Paris 8 Vincennces Saint-Denis
Justine Laoué, Ecologie, Docteur, CNRS - Université de Montpellier
Mourad Laoues, mathématiques, professeur en CPGE. Docteur en mathématiques
Nicole Lapierre, Socio-anthropologie, Directrice de recherche émérite, CNRS
Lucie Laplace, Science politique, doctorante, Université Lumière Lyon 2, laboratoire Triangle, Institut Convergences Migrations
Camille Laporte, Biologiste, Chercheure, CEA
Raphaëlle Lapôtre, Histoire, Humanités Numériques, Données de la Recherche, Science Ouverte, Ingénieure d'Etude, EHESS
Nathan Lardier, Physique-Chimie, Docteur, Enseignant en CPGE
Jérémy Larochette, Mathas, professeur agrégé en CPGE MPI, Lycée Leconte de Lisle — La Réunion
Colette Larre, Biologie, Chercheur, INRAE
Violette Larrieu, Science politique, Post-doctorante
Veronique Larrivé, Lettres, Maîtresse de conférences, INSPE Toulouse
Uriel Lascombes, Neurosciences, Doctorant, Aix-marseille université
Jean-Marc Lasgouttes, Mathématiques appliquées, Chargé de recherche, Inria
Benjamin Lassagne, Physique de la matière, Maître de conférence, INSA
Jérôme Lassausaie, Médecine vétérinaire, Vétérinaire
Matthieu Latapy, Informatique, Directeur de Recherche, CNRS, Sciences Citoyennes, Société Informatique de France, Scientifiques en Rébellion, Labos1point5
Marianne Latinus, Neuroscience, Chargée de recherche, Inserm
Guillaume Latombe, Écologie, Enseignant-chercheur, Université d'Édimbourg (UK)
Stéphanie Latte Abdallah, Histoire, Anthropologie politique, Directrice de recherche, CNRS (CéSor-EHESS)
Maxime Laugel, Histoire, Doctorant, Université de Paris Saclay
Ambre Laugerotte, Sciences cognitives, Etudiante en master
Foy Laura, Sociologie, Docteure, ATER, Université Claude Bernard (Lyon 1)
Patrice Laure, Modélisation Numérique et Dynamique des Fluides, Directeur de recherche CNRS, Laboratoire J.A. Dieudonné
Lucette Laurens, géographie, professeur des universités, université Paul Valéry Montpellier 3
Thomas Laurent, Immunologie, Ingénieur de recherche, CHU NANTES
Dominique Lauressergues, Biologie végétale / biotechnologies, Ingénieur de Recherche, Université Paul Sabatier Toulouse
Alexis Lavail, Astronophysique, Postdoc, Institution de Recherche en Astrophysique et Planétologie, Toulouse
Delphine Lavastre, Graphiste, Cadre, CIRAD
Christian Lavault, Informatique, Professeur émérite
Guilhem Lavaux, Astronomie, Chercheur
Patrick Lavelle, Ecologie, Professeur Émérite, Université Paris Sorbonne
Martin Laviale, écologie, enseignant-chercheur, Université de Lorraine
Joffrey Lavigne, Sciences de l'information et de la communication, Doctorant, Museum National d'Histoire Naturelle
Françoise Lavocat, Littérature comparée, Professeur, vice présidente de l’université Sorbonne nouvelle, Sorbonne nouvelle
Loïc Lavoué, Informatique, Directeur
Rémi Laxenaire, Océanographie Physique, Chercheur, Université de la Réunion
Majid Layachi, Physique, CDD, L2C
Emma Layadi, Paléo-écologie, Etudiante, Montpellier
Francis Lazarus, Informatique Mathématique, Directeur de recherche, CNRS
Armel Le Bail, Chimie, Directeur de Recherche CNRS, Université du Maine
Joanne Le Bars, géographie, Maîtresse de conférences, Univ Gustave Eiffel
Cassandra Le Bélicard, Écologie de la conservation, M2, Sorbonne
Sébastien Le Bihan, Astrophysique, Étudiant/stagiaire, Observatoire de Paris
Thomas Le Blevec, Physique, Docteur
Morgane Le Boulay, science politique / histoire contemporaine, Ingénieure de recherche CNRS, Laboratoire SAGE, Strasbourg
Gwen Le Bras, Sciences de la Terre, Doctorant·e, Université Toulouse III Paul Sabatier
Vincent Le Brun, Astrophysique, Professeur
Pierre Le Brun, Géographie, Attaché temporaire d'enseignement et de recherche, Avignon Université
François Le Callonnec, Chimie, Enseignant, Éducation nationale
Capucine Le Cam, Microbiologie marine, Doctorante, MIo
Elen Le Chêne, Science politique, Maîtresse de conférences, Université Paris 8
Gonéri Le Cozannet, Geosciences, Chercheur, BRGM
Jean-Christophe Le Coze, Science et génie des activités à risques, Directeur de recherche, ineris
Samuel Le Féon, Évaluation environnementale, Ingénieur de recherche
Eric Le Flochmoen, Aérologie, Ingénieur de Recherche, CNRS
Mélanie Le Forestier, sciences de l'information et de la communication, maîtresse de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès
Catherine Le Forestier, musicienne, artiste, moi-même
Patrick Le Galès, Science politique, Directeur de recherche, CNRS
Yvon Le Gall, Physique chimie, Professeur, Éducation Nationale
Julie Le Gallo, Economie, Professeure, Institut Agro Dijon
Camille Le Gloannec, Océan, climat, Doctorante, CNRS
Marc Le Goc, 27 ( Informatique), Professeur des universités, Polytech'Marseille
Rémy Le Goff, Macro-evolution, Doctorant, Université de Montpellier
Anne Le Goff, Mécanique des fluides, Enseignant-chercheur
Renaud Le Goix, Géographie, Professeur, Université Paris Cité
Clara Le Got, Médiation scientifique, Licence, Paris Saclay
Thibaut Le Gouic, Mathématiques, Maitre de Conférence
Catherine LE GRAND-SEBILLE, Anthropologie sociale, Maîtresse de conférences honoraire
Manu Le Guirriec, Physique des particules, Ingénieur de recherche
Benjamin Le Hénaff, Psychologie, Maître de conférences, Université de Franche-Comté
Hanna Le Jeannic, physique, Chargée de Recherche, CNRS
Maëline Le Lay, Littérature, Chargée de recherche, CNRS
Joelle Le Marec, Sciences information et communication, Professeure, Museum National d Histoire Naturelle
Marguerite Le Marois, Neurosciences, Doctorante
Loic Le Marrec, écanique, Maître de conférences, Université de Rennes / IRMAR
Katiana Le Mentec, anthropologie, Chargée de recherche, CNRS
Martin Le Mesnil, Hydrogéologie, Chercheur Postdoctorant, OSUR
Alan Le Moan, biologie évolutive et écologie, post-doctorant, Sorbonne universités
Nicolas Le Moigne, Géophysique, Ingénieur de recherche, CNRS
Baptiste Le Nagat Neher, Astrophysique, Futur doctorant
Loïc Le Pape, Science politique, Maître de conférences, Université Paris 1
Aurélie Le Postollec, Astrophysique, Ingénieur de Recherche, Université de Bordeaux
Annael Le Poullennec, Lettres et langues, Directrice d'UMIFRE
Jean-Loïc Le Quellec, Anthropologie, Directeur de recherche émérite, CNRS, IMAf
Suzanne Le Ralle, Biodiversité Ecologie Evolution, Etudiante M2, Université Paris Saclay
Claire Le Renard, Sociologie, Chargée de recherche, Ecole des Ponts
Sébastien Le Roux, Science des matériaux, Ingénieur de recherche, CNRS
Judikaël Le Rouzo, Physique, Professeur des Universités
Benjamin Le Roy, Climatologie urbaine, Chercheur postdoctoral
Caroline Le Roy, Sciences de gestion, Doctorante
Thibault Le Texier, Histoire, Chercheur associé, CESSP, Sorbonne Université
Alexandre Le Tiec, Astrophysique, Chercheur CNRS, Observatoire de Paris
Mathilde Le Vu, Epidémiologie, Santé Publique, Doctorante
Vanessa Lea, Sciences de la durabilité, Chargée de recherche, CNRS
Emilie Lebarbier, Mathématique, Professeur, Université Paris Nanterre
Thaïs Lebard, Sociologie, Etudiante, EHESS
Timon Lebaron-Kherir, Ethologie humaine, Doctorant, LECD, Univ. Paris Nanterre
Chloé Lebas, Science politique, ATER, Université de Lille
Marie-Pierre Lebaud, Mathématiques, Professeure agrégée
Hugo Lebeau, Mathématiques Appliquées, Doctorant, Université Grenoble Alpes
Boris Lebeau, Géographie, Maître de conférences HDR, Université Sorbonne Paris Nord
Vincent Leblan, anthropologie, chargé de recherche, IRD
Frédérique Leblanc, Statistiques, Maîtresse de conférences, LJK Université Grenoble Alpes
Karine Leblanc, océanographie, chercheur CNRS, CNRS
Audrey Leblanc, Histoire de la photographie, Chercheuse associée ; Fellow (photo-Fribourg ; Harry Ransom Center, USA), EHESS
Catherine Leblanc, Biologie, Directrice de recherche, CNRS
Arthur Leblois, Neurosciences, Chercheur, CNRS
Raphael Leblois, écologie évolution, Chargé de recherche, INRAE
Antoine Leblois, economie, chercheur, inrae
Juliette Leblond, mathématiques appliquées, directrice de recherche, Inria
Aude Leblond, Littérature, Maîtresse de conférences, Université Sorbonne Nouvelle
Diane Leblond, Études anglophones, Maîtresse de conférences
Frédéric Lebon, Mécanique, PU, AMU
Sébastien Lebonnois, Planétologie, Directeur de Recherche, CNRS
Baptiste Lebot, Sociologie, Doctorant, Université Toulouse 2
Robin Leboucher, Physique des Particules, Post-doc
Lucie Leboulleux, Astrophysique, Chargée de Recherche CNRS, Institut de Planétologie et d'Astrophysique de Grenoble
Lucie Leboulleux, Astrophysique, Chargée de Recherche, IPAG
Anne Lebourges, Écologie marine, Ingénieure de recherche, IRD
Sylvain Lebreton, Histoire, Maître de conférences
Arnaud Lec'hvien, écologie, doctorant, IMBE
Sandra Lecat, biologie, Chargée de recherche, CNRS
Nawelle Lechevalier-Bekadar, Littérature, Maîtresse de conférences
Nicolas Leclerc, Chimie, Directeur de Recherche CNRS
Michèle Leclerc-Olive, Mathématiques et Socio-anthropologie, Chargée de recherche HDR-CNRS retraite, IRIS-EHESS
Arno Leclercq, Anthropologie, Doctorant.e, Université Libre de Bruxelles
Lucie Leclert, Economie gestion, PRAG, Insa Toulouse
Guillaume Lecoeur, Socio-histoire, Post-doctorant, Cnam
Michelle Lecolle, linguistique, PR, Paris 3 Sorbonne nouvelle
Sylvie Lecollinet, virologie, chercheur, CIRAD
Jane Lecomte, Ecologie, Professeure
Amelie Leconte, Sciences du langage, Maîtresse de conférences, Aix-Marseille Université
Marie Lecroq, Astrophysique, Docteure, Sorbonne Université
Gilles Ledoux, Physique, Directeur de recherche, CNRS
Guillaume Leduc, Paléoclimatologie, Chercheur, CNRS
Michele Leduc, Physique, Directrice de recherche émérite, CNRS
Mathilde Lefebvre, SHS, Ingénieure d'études, CNRS
Julien Lefevre, Informatique, Enseignant-chercheur, Aix-Marseille Université
Amélie Lefèvre, agroécologie, fonctionnaire
Christine Lefèvre, Archéologie, Professeure, Muséum national d'Histoire naturelle
Corinne Lefort, Sciences de la Vie/ Sciences Végétales, Ingénieure d'Etudes, Université Paul Sabatier/ Toulouse 3
Mathieu Lefort, Informatique, Enseignant-Chercheur
Gaëlle Lefort, Biostatistique, Ingénieure de recherche, INRAE
Bastien Legay, Informatique, Doctorant, Sorbonne Université
Simon Legendre, Administration publique, CDD - Ingénieur d'études
Laurent Legendre, Biologie, Ingénieur d'étude, CNRS
Tomas Legon, sociologie, Docteur, Institut de la Transition Environnementale (Alliance Sorbonne Université)
Arnaud Legrand, Informatique, Directeur de Recherche, CNRS
Marine Legrand, anthropologie, Chargée de recherche, Ecole des Ponts
Olivier Legrand, Physique, Professeur des Universités, Université Côte d'Azur
Francois Legrand, Astrophysique, Ingénieur de recherche, CNRS
Thibaud Legros, Ecologie-chimie, Doctorant, Aix Marseille Université
Stéphane Legros, Mathématiques, Enseignant, Lycée CPGE
Roland Lehoucq, Astrophysique, Chercheur, CEA
Amélie Lehuen, Ecologie marine, Docteur
Séverine Leidwanger, Mathématiques, Enseignante-chercheuse, Université Paris Cité
Mathieu Leisen, Géochimie, Ingénieur de recherche, IRD
Lucia Leisrner, Architecture, Doctorante, Lra / ENSA Toulouse
Solveig Lelaurain, Psychologie sociale, Maitresse de conférences, Aix-Marseille Université
Gaelle Leloup, Modélisation du climat, Chercheuse post-doctorante, Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement
Marianne Lemaire, Anthropologie, Chargée de recherche, CNRS
Antoine Lemaire, Énergétique, Maître de conférences contractuel, Université de Perpignan Via Domitia
Magali Lemaitre, Épidémiologie, Conseil, Health Data Expertise
Cyprien Lemaréchal, Océanographie physique, Phd student, LOPS
Antoine Lemasson, Physique, Chercheur
Sylvaine Lemeilleur, Economie, Chercheuse, CIRAD
Emmanuel Lemichez, Microbiologiste, Directeur de Recherche, Inserm
Juliette Lemoine, Thérapie Génique, Post-doctorante
Yannick Lémonie, Ergonomie - psychologie du travail, Maître de conférences, Cnam
Philippe Léna, Géographie, écologie politique, Directeur de Recherche Emérite, IRD
Jean Yves Léna, Neurosciences - Didactique des sciences, Maître de conférences, INSPÉ Toulouse
Jean-Philippe Lenain, Astrophysique, Chercheur, CNRS
Josette Lendi, anglais, agrégée, Education Nationale
Marc Lenertz, Science des matériaux, Ingénieur d'étude
Sylvain Lenfle, Sciences de gestion, Professeur des universités, CNAM
Romain Lenoble, Astrophysique, Doctorant, ENS Lyon
Christian Léonard, Mathématiques, Professeur, Université Paris Nanterree
Marc Leone, Médecine, Professeur des universités, Aix Marseille Université
Marc Leonetti, Physique, Directeur de recherche, CNRS
Simon Lepage, Intelligence Artificielle, Étudiant, École des Ponts ParisTech
Shaan Lepaul-Picolet, Epistémologie, Doctorante, INRAE
Tristan Leperlier, Sociologie/Littérature, Chargé de recherches, CNRS
Maud Lepers, Sociologie, Doctorante, EHESS
Marine Lépinard, Histoire, Doctorante, EHESS
Camille Lepoittevin, Génétique évolutive - Ecologie, Ingénieure de Recherche, INRAE
Yann Leprince, Neuroimagerie, Ingénieur-chercheur, CEA
James Lequeux, Astronomie, Retraité, Observatoire de Paris
Frédérique Lerbet, SEF, PR Émérite, UPPA
Mélanie Lercier Castelot, Anthropologie, Doctorante, Université Rennes 2
Brigitte Leridon, Physique, Chargée de recherche, CNRS
Sandra Lerouge, Physique, Professeur, U. Paris Cité
Boris Leroy, Biogéographie, Maître de Conférences, Muséum National d'Histoire Naturelle
nathalie leroy, SIG, Ingénieure d'étude fonctionnaire, INRAE
Valériane Leroy, médecin épidémiologiste, Directrice de Recherche, Inserm
Philippe Lesage, Sciences de la Terre, Maître de Conférences émérite, Université Savoie Mont Blanc
Christine Lescop, Mathématiques, Directrice de recherches, CNRS
Françoise Lescourret, Agroécologie, Directrice de recherche, INRAE
Fabien Lesguer, Archéologie, Doctorant, Université Paris 1
Nolwenn Lesparre, Hydrogéophysique, Chargée de recherche, CNRS
Jean-Francois Lestrade, Astrophysique, Directeur de recherche, CNRS - Observatoire de Paris
Didier Lesueur, Microbiologie des Sols, Chercheur (Directeur de recherche ), CIRAD
Pierre Lesueur, Élevage, Ingénieur, ISARA
Joséphine Lesur, Archéologie, Enseignant-chercheur, MNHN
Thomas Letendre, Mathématiques, Maitre de conférences, Université Paris-Saclay
Virginie Lethier, Sciences du langage, Maîtresse de conférences, Université de Franche-Comté
Gaëlle Letort, Bioinformatique, Ingenieure de Recherche, CNRS
Ænora Letourneur, Neurosciences, Doctorant
Alix Levain, Anthropologie, Chargée de recherche, CNRS
Nicolas Levernier, Physique, Chercheur CNRS
Clara Levy, Sociologie, Professeure, Université Paris 8
Hugo Lévy, Physique, Doctorant, Institut d'Astrophysique de Paris
Tania Lévy, Histoire de l’art, Maîtresse de conférences, UBO
Jean-Marc Lévy-Leblond, Physique, Professeur émérite, Université de Nice
Delphine Lewandowski, Architecture, Docteure et enseignante, ENSA Paris-Malaquais
Sophie Lewandowski, Sociologie, Chargée de recherche, IRD
Joseph Lewis, Astrophysique, Chercheur constractuel, Institut d'Astrophysique de Paris
Emma Lhermitte, Ingénierie, Doctorante
Alexandre Lhosmot, Sciences de la Terre, Postdoctorant, Université de Franche-Comté/Université de Montréal
Elsa Lhotel, Physique, Chercheur, CNRS
Vincent Lhuillier, Economie, Maître de conférences, Université de lorraine
Fabrizio Li Vigni, Sociologie, Chargé de recherche, CNRS
Baptiste Libé-Philippot, Neurobiologie, Évolution des neurones humains, Admis comme Chargé de Recherche, Futur Chef d'équipe, IBDM, CNRS - AMU
Baptiste Libé-Philippot, Neurobiologie, Évolution des neurones humains, Admis comme Chargé de Recherche, Futur Chef d'équipe, IBDM, CNRS - AMU
Martine Liberge, Neurosciences, Enseignant chercheur, Université Aix Marseille
Danouta Liberski, anthropologie, Directrice de recherche émérite, CNRS
Patricia Licznar Fajardo, Microbiologiste, MCU, Université de Montpellier
Stephane Lidoine, Acoustique, Docteur Ingénieur, Société Valeco (ENR)
Siham Lif, Sciences de la vie et de la Terre, Étudiante en Master MEEF, CY- Paris université
Margaux Ligner, Maladies Infectieuses emergentes, Étudiante M2, Université Paris Cité
Jean-Marc Limousin, Ecologie, Chargé de Recherches, CNRS
Jean-Marie Lion, mathématiques, enseignant-chercheur, Université de Rennes
Giuseppe Lipari, Informatique, Professeur, Université de Lille
Amélie Lipp, Sciences de l’éducation, Enseignante-chercheuse
Ziyu Liu, Sciences de l'Univers et technologies spatiale, étudiante, IMCCE
Wenceslas Lizé, Sociologie, Maître de conférences, Université de Poitiers
Catherine Llanes, microbiologie, ensseignant-chercheur, université de Franche-COmté
Maria Llombart Huesca, Etudes hispaniques, Professeur, Université Paul Valéry Montpellier 3
Bertrand Lobjois, Humanités, Professeur assistant, Universidad de Monterrey, Mexique
Olivier Lobry, Informatique, Ingénieur, CNRS
Bruno Locatelli, Sciences de l'environnement, Chercheur, Cirad
Fabien Locher, Histoire, Chargé de recherche au CNRS, CNRS
Patricia Loff, finance, cdi
Fabienne Lohou, Sciences Atmosphériques, Professeurs des universités, Université Toulouse III
Benjamin Loire, Bioinformatique, Doctorant, MMG - Université de Marseille
Bertille Loiseau, Hydrogéophysique, Doctorante, Sorbonne Université
Benoît Loiseau, Physique nucléaire et haute énergie, Chercheur Bénévole, Sorbonne université
Thibaut Loiseau, Vision par ordinateur, Doctorant, ENPC
Marie Loison, Sociologie, Maîtresse de conférences HDR, Université Sorbonne Paris Nord, laboratoire Printemps
Cédric Lomba, Sociologie, Chercheur, CNRS
Eric Lombaert, Ecologie, Ingénieur de Recherche, INRAE
Alberto Lombardini, Microscopie Optique, Ingénieur de Recherche, CNRS
Marieke Longcamp, Neurosciences, PU, AMU
Carlos Lopetegui González, Physique, Doctorant, Sorbonne Université
Simon Lopez, Sciences de la Terre, Ingénieur, BRGM
Juliana Lopez Marulanda, Neurosciences, ATER, Université Paris Nanterre
Joanna Lorilleux, sciences du langage, Maîtresse de conférences, Université de Tours
Sylviane Lortet, Neurosciences, Maitre de Conférences, Aix Marseille Université
Elsa Lorthe, Epidémiologie, Chercheure
Julien Lossouarn, Microbiologie, Ingénieur de Recherche
Hervé Lot, Virologie, Directeur de Recherches, retraité, INRAE
Marie Lothon, Physique de l'Atmosphère, Chargé de recherches, CNRS
Caroline Lotout, Sciences de la Terre, Maitresse de Conférences
Angus Lottin, Démographie, Ingénieur d'études, UMR 7363 SAGE - Université de Strasbourg
Anne Loubes, Sciences de Gestion et du Management, Professeure des Universités, IAE Université Montpellier
Bastien Louessard, Sciences de l'information et de la communication, Maître de conférences, Université Sorbonne Paris Nord
Sophie Louey, Sociologie, Postdoctorante, CURAPP-ESS
Tania Louis, Biologie, Dr et médiatrice scientifique
annick Louis, Littérature, Professeur, Université de Franche-Comté
Fabrice Louis, didactique, Maître de conférences, Inspe Bretagne
Wilsot Louis, Sociologie, Doctorant
Angel Louis Baraud, Sociologie, Docteur, CSU-Cresppa
Olivier Lourdais, Biologie Écologie, Chercheur
Alissia Lourme-Ruiz, Economie, Chercheuse, Cirad
Denis Loustau, écologie physique, Directeur de Recherches, chargé de mission, Retraité INRAE
Clarisse Louvard, Parasitologie, Post-doctorante
Sophie Louvet-Vallée, Biologie, Professeur
Chantal Loyce, Agronomie, Professeure, AgroParisTech
Ducheng Lu, Astrophysique, étudiant
Marthe Lucas, droit public, Maîtresse de conférences, Avignon Université
Antoine Lucas, Géophysique, Chercheur, IPGP
Éric Lucot, Écologie, Enseignant-chercheur
Wolfgang Ludwig, Sciences de l'Environnement, Professeur, Université de Perpignan Via Domitia
Nuno Luis, Development Biology, Chercheur, CNRS
Antoine Lury, Sciences politiques, Chargé de projet, CIRAD
Dorothée Lusson, archéologie, Ingénieure de recherche, Institut National de Recherches Archéologiques Préventives
Yann Lustig, Biologie, Etudiant en thèse, Institut de Biologie Physico Chimique / Sorbonne Université
Marion Luu, Sciences des matériaux, Doctorante, LPCNO -INSA Toulouse
Corinne Luxembourg, géographie, PU, USPN
Nicolas Lyon-Caen, Histoire, Chercheur, CNRS
Hervé Macarie, microbiologie environnementale, Chargé de Recherche, IRD
Marc Macé, Informatique et neurosciences, Chercheur, IRISA - CNRS
Éric Macé, Sociologie, Professeur des universités, université de Bordeaux
Guilherme Machado, Sciences, Maître de conférences
Frédéric Machefert, physique, directeur de recherches, CNRS
Charly Machemehl, Staps histoire, Maître de conférences, Université de Rouen
Enguerran Macia, Anthropologie, Directeur de Recherche, CNRS
Hélène Madénian, Études urbaines, Postdoctorante, INRS
Le Blanc Maël, Physique Appliquée, Stagiaire
Christine Magendie, Médecin pédiatre, Liberal, Alliance Santé Planétaire
Hind Maghnouji, anthropologue, affiliée, IMAF
Frédéric Magnin, Ecologie, Histoire de l'environnement, Chargé de recherche, CNRS
Morteza Mahmoudian, Linguistique générale, Prof. honoraire, Université de Lausanne
Lisa Maillard, Océanographie physique, post-doctorante
Pascal Maillard, Mathématiques, Professeur des Universités, Université Toulouse 3 Paul Sabatier et Institut Universitaire de France
Agnès Maillard, Sciences de la Terre, Maîtresse de conférences, GET-OMP
Laurent MAILLET, BIOLOGIE, Chargé de recherche, Inserm
Clément Maisch, Didactique des sciences expérimentales, maitre de conférence
Lucas Maison, Informatique, Doctorant, LIA
Emmanuel Maisonhaute, Chimie, Professeur, Sorbonne Université
Hélène Maisonnave, Sciences Economiques, Professeur des Universités, Université Le Havre Normandie
Sophie Maisonneuve, sociologie, enseignante-chercheuse, Université Paris Cité
Anna Maitre, Énergie nucléaire, Doctorante, CEA/CNRS
Corine Maitte, Histoire, Professeure, directrice du laboratoire ACP, Université Gustave Eiffel
Bernard Maitte, Physique, Professeur émérite, Université de Lille
Ursy Makanga, Mathématiques appliquées, Postdoc
Maxime Malafosse, Sciences de Gestion, Maître de conférences, IMT-Atlantique
Fabien Malbet, Astronomie et Astrophysique, Directeur de recherche, CNRS / Université Grenoble Alpes
Apolline Malbet, biomécanique, Ingénieur d'étude, INRAE
Alex Malergue, Archéologie, Doctorante, Université Côte d'Azur
Jean-Philippe Malet, Géophysique, Directeur de Recheche, CNRS, École et Observatoire des Sciences de la Terre
Leslie Enthea Malfondet, Sciences de l'information et de la communication, Doctorante, La Sorbonne CELSA
Victor Malgras, Chimie des matériaux, Chargé de recherche, CNRS/AMU
Jean Malifaud, Mathématiques, Maître de conférences retraité
Didier Mallarino, Informatique, Ingénieur de recherche, CNRS
Bastien Mallein, Mathématiques, Professeur des Universités, Université Toulouse
Lucas Mallet, Ecologie des communautés, Etudiant Doctorant, CNRS
Loïs Mallet, Philosophie politique, Doctorant, LCSP, Université Paris Cité, CERAS
Jean-Baptiste Mallye, Archéologie, Chargé de recherche de classe normale, CNRS
Jean-Paul Malrieu, Physico-chimiste, Directeur de recherche émérite, CNRS
François Maltey, Mathématiques, professeur de cpge
Carmela Maltone, Politiste, Maitresse de conférences, Université Bordeaux Montaigne
Claire Malwé, Droit de l'environnement, Maîtresse de conférences, Université de rennes
Giampiero Mancinelli, Physique des Particules, Directeur de Recherche, CPPM
Guillaume Mandil, Sciences pour la soutenabilité, Maitre de conférence, Université Grenoble Alpes
Pierre Mandin, Biologie, Chercheur, CNRS
Stéphane Manenti, Biologie, chercheur, CNRS
Timothée Mangeart, Urbanisme et aménagement, Doctorant, LVMT (ENPC/UGE)
Mathieu Mangeot, Soutenabilité, Enseignant-chercheur, Université Savoie Mont Blanc
Manoel Manghi, Physique, Enseignant-chercheur
Jean-Marie Mangin, Neurosciences, Chargé de Recherche, INSERM
Aurélie Manin, Archéologie, Chercheuse contractuelle, Université de Bordeaux
Raphaël Manlay, Sciences de l'environnement, enseignant-chercheur, AgroParisTech
Sébastien Manneville, Physique, Enseignant-chercheur, Ecole Normale Supérieure de Lyon
Chiara Manno, Japonais, Enseignante vacataire, Inalco
Maxime Manno, Bioinformatique, Ingénieur, INRAE Transfert
Pascale Manoïlov, anglais, Maître de conférences
Laurence Mansuy-Huault, géosciences, Maîtresse de Conférences, Université de Lorraine
Damien Marage, Géographie, Professeur des Universités
Claude Maranges, Bioprocédés, Professeur, INSA Toulouse
Odin Marc, Sciences de la Terre, Chargé de Recherche, CNRS
Abélès Marc, Anthropologie, Directeur d'études, EHESS
Eliott Marceau, Aerospatial, Etudiant, ISAE-SUPAERO
Lou-Anne Marchadour, géomécanique, doctorante, 3sr
François Marchal, Paléoanthropologie, Directeur de recherche, CNRS
Bastien Marchand, Sciences de Gestion, Doctorant, Aix-Marseille Université
Pascal Marchand, Sciences de l'information et de la communication, Professeur des universités, Université de Toulouse
Jane Marchand, Génie électrique, Doctorante
Nicolas Marchand, Chimie de l'atmosphere, Ing. de Recherche
Tangui Marchand-Guerniou, Informatique, Ingénieur, INSA Rennes
Marie-Pia Marchant, Physique appliquée à l'écologie, Doctorante, Université Paul Sabatier - Toulouse III
Laurent Marché, Biologie, Ingénieur - Recherche publique, INRAE
Philippe Marchesin, Science politique, Maître de conférences, Université Paris 1
Marin Marcillat, écologie marine, Doctorant, IFREMER
Charlotte Marcilliere, Sciences Politiques - Sociologie, Doctorante, LATTS
Nathalie Marcotte, Chimie physique, enseignant chercheur, ENSCM
Quentin Marcou, Biologie, Chercheur
Victor Mardellat, Philosophie, Doctorant, École des Hautes Études en Sciences Sociales
Virginie Marécal, Chimie atmosphérique, Chercheuse, CNRS
Emmanuel Margeat, Biophysique, Directeur de Recherches, CNRS
Jules Margotin, Pharmacie, Étudiant, Université Paris-Saclay
Pascal Marichalar, Sociologie et histoire, Chargé de recherche au CNRS
Jonathan Marie, Sciences Economiques, Maître de conférences HDR, Université Sorbonne Paris Nord
Louis Marie, Océanographie, Chercheur, IFREMER
rivet marie, anthropologie, jeune docteure, centre max weber
Guillaume Marie, Géographie, Professeur, Université du Québec à Rimouski
Delphine Marie-Vivien, Droit, Chercheure, Cirad - UMR Innovation
Stéphanie Mariette, Génétique des populations, Chargée de recherche, INRAE
Jérôme Mariette, Bioinfo / biostat, Ingenieur d'étude
Angélique Marillier, Archéologie, Chercheure, Inrap/chrono environnement
Léa Marion, Sûreté nucléaire, Ingénieure, IRSN
Kamala Marius, Géographe, Maitresse de Conférences, UMR LAM - Bordeaux Montaigne
Beatrice Markhoff, Informatique, Enseignante chercheure, Université de Tours
Julien Marlet, Virologie, Maître de conférences-Praticien Hospitalier (MCU-PH), Université de Tours et CHRU de Tours
Arthur Marly, Mathématiques, Docteur - enseignant de CPGE, Lycée de l'Europe
Jean-Paul MARMORAT, Mathématiques appliquées, Retraité
Valentin Maron, Didactique des sciences, enseignant chercheur, Université Toulouse Jean Jaurès
Sébastien Maron, Chimie des Matériaux / RMN, Ingénieur de Recherche, Ecole polytechnique
Benjamin Marquebielle, Archéologie, ingénieur de recherche, Université de Toulouse
Philippe Marquet, Informatique, enseignant-chercheur, Univ. Lille
Clément Marquet, Sociologie, Chargé de recherche, Mines Paris - PSL
Paul Marquis, Histoire, Chercheur postdoctorant, IMAF-CNRS
Pierre Marraccini, Agronomie tropicale, Directeur Regional, Cirad
Helene Marrou, Agronomie, Maître de conférences, Institut agro Montpellier
Laurent Marsal, Physique, Enseignant CPGE, Education Nationale
Laurent Marsan, Informatique, Enseignant, Univ. Toulouse 1
Claire Marsden, Ecologie du sol, Maître de conférences, Institut Agro Montpellier
Beatrice Marticorena, Physico-chimie de l'atmosphère, Directrice de Recherche, LISA-CNRS
Jean-Louis Martin, Ecologue, Directeur de Recherche Emérite, CNRS
Tanguy Martin, Physique, Chargé de communication, IAP
Florian Martin, Science - biologie santé, Médecin - chercheur
Théo Martin, Geographie, Postdoctorant, INRAE
Evelyne Martin, physique, Directrice de recherche, CNRS
Benjamin Martin, Sciences des matériaux, Doctorant, École Centrale de Nantes
Pierre Martin, Biologie santé, Étudiant en thèse, Nantes Université
Hugo Martin, Modélisation mathématique, Postdoctorant, Université de Rennes, IRMAR et Institut Agro
Matteo Martin, Écologie et biodiversité, Étudiant
Gabrielle Martin, Ecologie, Enseignante-chercheuse (Maîtresse de conférences), Université de Toulouse 3 Paul Sabatier
Jessica Katel Martin, Histoire des SHS, Doctorante, EHESS
Marieclaude Martin, Sciences de l'éducation, Ingénieur de recherche, Paris X Nanterre
Nicolas Martin-Breteau, Histoire, Maître de conférences, Université de Lille
Olivier Martineau, Astrophysique, Maitre de conférences, Sorbonne Université
Jean-Luc Martineau, Histoire contemporaine de l'Afrique, Maître de conférences, Inalco
Elodie Martinez, oceanographie, Directrice de Recherche, IRD
Thierry Martinez, Informatique, Ingénieur de recherche, Inria
Christophe Martinez, Optique, Directeur de Recherche, CEA
Christophe Martinez, Électronucléaire, Citoyen et électeur
Maud Martinez Almoyna, Océanographie, Doctorante, Ifremer
Christian Martinez Perez, sociologie, Maître de conférences
Fabienne Martinez-Honorin, Histoire / Archéologie, Doctorante
Jean-Paul Martischang, Physique, Doctorant, Université de Lille
Séverine Martrenchard, Physique, chargée de recherche, CNRS
Emmanuel Marty, Sciences de l'information et de la communication, Maître de conférences, Université Grenoble Alpes
Julie Marty, Conservation marine, Doctorant, Université Côte d'Azur
Pierlou Marty, Astrophysique, Etudiant en master, Observatoire de Paris
Lucie Marx, Génétique, Ingénieur, INSERM
Xavier Mary, Mathématiques, Maître de conférences, Université Paris Nanterre
beatrix Mas, biologie moleculaire, chercheur, cnrs
Bruno Masenelli, Physique, Professeur, INSA LYON
Elise Massicard, Science politique, Directrice de recherche, CNRS/CERI Sciences Po
Jean-François Massol, Didactique de la littérature, PR émérite, UMR LITT&ARTS CNRS et Université Grenoble Alpes
Thierry Masson, Physique Mathématique, Chercheur, CNRS
Anne-Sophie Masson, Biologie-Ecologie, docteure, INRAE
Simon Masson, Mathématiques, Docteur
Valérie Masson-Delmotte, Sciences du climat, Directrice de recherche, IPSL/LSCE
Méril Massot, biologie, chercheuse postdoctorale, CNRS
Patrick Massot, Mathématiques, Professeur, Université Paris-Saclay
Ines Masurel, Epidémiologie environnementale, Stagiaire, Ecole Normale Supérieure PSL
Robin Masurel, Physique, Professeur en CPGE, Lycee Condorcet
Marjolaine Matabos, Ecologie marine, Chercheuse
Hugo Mathé-Hubert, Biologie, Eanseignant, Université Grenoble Alpes
Roxane Mathey, Geosciences, Doctorante, Institut Terre et Environnement de Strasbourg - CNRS
Pierre Mathieu, Mathématiques, Professeur, Université d’Aix-Marseille - AMU
Nicole Mathieu, géographie, Dierctrice de recherche émérite, CNRS
Claire Mathieu, Informatique, Directrice de recherche, CNRS
Séverine Mathieu, sociologie, Directrice d'études, EPHE
Héloïse Mathieu, sociologie, doctorante, Université de Montpellier
Jordane MATHIEU, Mathématiques, PRAG, PSL
Sandrine Mathy, Économie, Directrice de Recherche, CNRS
Catherine Matias, Mathématiques, Directrice de recherches, CNRS
Driss Matrouf, informatique, Maître de conférences, Avignon Université
Rémi Mattéoli, Physique-chimie, Fonctionnaire, Éducation nationale
Nadine Matton, Psychologie, Enseignante-Chercheuse, ENAC
Julien Maubon, mathématiques, maître de conférences, université de Lorraine
Nicolas Maudet, Informatique, Professeur des universités
Benjamin Mauer, Sociologie, Doctorant, Université d'Evry Val d'Essonne
Gérard Mauger, Sociologie, Directeur de recherche CNRS émérite, CESSP
Thomas Maugey, Traitement des Images, Directeur de Recherche
Anne Maurand-Valet, sciences de gestion et management, maître de conférence HDR, Université Avignon
Christophe Maurel, Biologiste, Directeur de Recherche, CNRS
Alice Maurel, astrophysique, doctorante
Pierre Maurel, Informatique, Professeur des universités, Université de Rennes
Laurence Maurice, Géochimie environnement-santé, Directrice de Recherches, IRD
Maxime Maurice, Planétologie, Postdoc
Julie Maurice, Didactique de la géographie, Doctorante, LDAR
Florence Maurier, Bioinformatique, Ingénieure d'études, Institut Pasteur de Lille
Benjamin Mauroy, Mathématiques appliquées, Directeur de recherche, CNRS
Nicolas Maury, Sciences du climat et de l'Atmosphère, Post-Doctorant, LMD - CNRS/IPSL
Françoise Mauvais, Militante associative, Membre, Attac
Jehanne Mauxion, agriculture, enrivorrement et aliementation, ingenieur de la recherche, INRAE
Damon Mayaffre, Histoire/Linguistique, Chercheur, CNRS
Clément Mayet, Énergie électrique, Maître de Conférences, Université de Lille
Sylvie Mazan, Sciences de la vie-Biologie évolutive du développement, Directrice de recherches
Lise Mazat, Geriatre, Medecin, Hôpital Bagatelle
Guillaume Maze, Océanographie, Chercheur, IFREMER
Camille Mazé, Science politique et sciences de l'envrionnement / durabilité, Chargée de recherche, CNRS Sciences Po
Alice Mazeaud, Science politique, Maîtresse de conférences
Olivier Mazet, Mathématiques, Enseignant Chercheur, Université de Toulouse
Roselyne Mazieres, Electricité, Ingénieure
Sarah Mazouz, Sociologie, Chargée de recherche, CNRS
Adrien Mazoyer, Mathématiques Appliquées, Maître de Conférences, Université Paul Sabatier
Chiara Mazzocconi, Science du Langage, Postdoc, Aix-Marseille Université
Hilaire Mba, Physique, Doctorant, IPCMS - CNRS - Université de Strasbourg
Aïssatou Mbodj-Pouye, Anthropologie, Chargée de recherche, CNRS
Liliane Mccallin, Physique, Doctorante, CEA
Karen Mccoy, Ecologie evolutive, Directrice de recherches, CNRS
James Mcdonald, Sciences du langage, doctorant, Université de La Réunion
Doyle Mckey, écologie, Professeur émérite, Université de Montpellier
Laurence Mechin, Electronique, Chercheuse, CNRS
Frédéric Médail, Ecologie, biogéographie et biologie de la conservation, Professeur des Universités, Aix Marseille Université / IMBE
François Médard, Physique, Maître de Conférences, Université Clermont Auvergne
Safia Médiène, Agronomie - agroécologie, Maître de conférences, AgroParisTech
Natalia Medina, Biodiversité et écologie, Doctorante, CNRS
Maria Clementina Medina, Astrophysique, Docteuresse en astrophysique
Jean-Michel Médoc, Agronomie-Environnement, Chercheur, CIRAD
Gaël Meigniez, mathématiques, professeur des universités, Aix-Marseille Université
Eliane Meilhoc, biologie, Maitre de Conference, INSA Toulouse
Eric Meineri, Écologie, Enseignement chercheur, Aix Marseille université
Joel Meissonnier, Sociologie, Chargé de recherche, CEREMA
Angelique Melet, Oceanographe, Chercheuse
Fabrice Melka, SHS, Ingénieur de recherche, CNRS
Lucas MELLO SCHNORR, Informatique, Professeur, UFRGS
Clothilde Melot, Mathématiques, Maitresse de conférence, Aix-Marseille Universitaire
Thierry Menand, Sciences de la Terre, Maître de conférences
Laurent Ménard, Mathématiques, Professeur des universités, Université Paris Nanterre
Frédéric Ménard, Océanographie biologique, Directeur de recherche, IRD
Philippe Mendels, Physique, Professeur émérite, Université Paris-Saclay
Ariel Mendez, Sciences de Gestion, Professeure des Universités, AMU
Sébastien Menecier, Physique, Maitre de Conférences, Université Clermont Auvergne
Marta Meneghello, Chimie, Maitre de conférences, Université de Perpignan
Martin Ménégoz, Climatologie, Chercheur, IGE, CNRS
Jérôme Mengin, Informatique, Enseignant-Chercheur, Institut de Recherche en Informatique de Toulouse
Sarah Menoli, Écologie, Ingénieure d'étude, Inrae
Malika Menoud, Sciences de l'atmosphère, Post-doctorante
Christian Meny, Physique, Directeur de recherche, CNRS
Samuel Mer, énergétique, maître de conférences, Université de Perpignan Via Domitia
Annabelle Merchie, Neuroscience, Doctorante, INSERM
Manuel Mercier, Neurosciences Cognitives, Chercheur, Inserm
Matthieu Mercier, Mécanique des fluides, Chargé de recherche, CNRS
Antoine Mercier, Geologie, Postdoc, CNRS
Jean-Louis Mergny, Biologie, Directeur de Recherche, Inserm
Anne-Sophie Meriaux, Geosciences, Ingénieur de recherche
Rémi Merindol, Physique/chimie, Chercheur, L2C
Noemie Merleau-Ponty, Anthropologie, Chargée de recherche
Jean-Pierre Merlet, Robotique, Directeur de recherche emerite, INRIA
Fabrice Merlin, Physique, Enseignant CPGE, Éducation Nationale
Elodie Merlot, sciences animales, Directrice de recherche, INRAE
Michelle Merrill, Anthropologie biologique, Ph.D.
Bruno Mery, Informatique, Enseignant du supérieur, Université de Bordeaux
Ana Mesquita, Didactique des Mathématiques, MC (retraitée), IREMS
Lucie Messy, Science Politique, Doctorante, CNRS / Paris 1
Aurélie Metay, Agronomie, Professeure de l'enseignement supérieur, Institut Agro Montpellier
Marianne Métois, Sciences de la Terre, Maîtresse de conferences, Universite Claude Bernard Lyon 1
Thomas-Xavier Métro, Chimie, Chercheur, CNRS
Alexis Metz--Donnadieu, Mathématiques, Doctorant, Université Paris Saclay
Bloen Metzger, mécanique des fluides, Directeur de Recherche, CNRS
Samuel Meulé, Océanographie littorale, Maître de conférences, AMU
Nicolas Meunier, Economie, Enseignant vacataire, Aix Marseille Université
Alice Meunier, Biologie, Directrice de Recherche, CNRS
Sabine Meunier, Acoustique, Chercheuse, CNRS
Etienne Meunier, Immunologie, Directeur de Recherches, CNRS
Francis Meunier, Energétique, Professeur Titulaire de Chaire Honoraire au Cnam, Conservatoire National des Arts et Métiers
Simon Meunier, Energies renouvelables, Maître de conférences
Jean-Yves Meunier, Entomologie, Fonctionnaire d'état titulaire, Institut de recherche pour le développement
Christine Meunier, Sciences du Langage, Directrice de Recherche, CNRS
Nicole Meyer, Astrophysique, Directrice de Recherche Emérite au CNRS, Observatoire de Paris
Vincent Meyzie, histoire, maître de conférences HDR, université Paris Nanterre
Florian Mézerette, Biogéosciences, Doctorant, INRAE
Valérie Mezger, Biologie, Directrice de recherche, CNRS
Marie-Angèle Micaletti, Géosciences, Documentaliste, BRGM
Jérôme Michalon, Sociologie, Chargé de recherche, CNRS
Eric Michaud, sciences historiques, directeur d'études à la retraite, EHESS
Isabelle Michel, Agronomie, Enseignant chercheur, Institut Agro
Florent Michel, Spectroscopie, Ingénieur de recherche, CNRS-IGE
Fabien Michel, Informatique, EC
Angelica Michèle, documentaliste SHS, Assistante ingénieure
Lorraine Michelet, Santé Vétérinaire, Chef de projet, Anses
Thomas Michelitsch, Physique /Math Appli, Directeur de recherche CNRS, CNRS/SU
Philippe Michelon, Mathématiques, Professeur, classe exceptionnelle, Avignon Université
Cédric Midoux, Bioinformatique, Ingénieur d'études, INRAE
Rodolphe Migneret, Chimie physique des matériaux, PhD student, Cnrs
Françoise Mignon, linguistique, Maîtresse de conférences, UPVD
Raphaël Mignon-Risse, Astrophysique, Chercheur postdoctoral, NTNU, Norvège
Noufissa Mikou, Mathématiques Informatique, Professeure d'Université, retraitée
Isabelle Mila, Biologie, Ingenieur, Inrae
Isabelle Milan, Graphiste, Technicienne, Ined
Julien Milanesi, Economie, Maitre de conférences, Université Toulouse 3
Mathieu Milhé, Sciences de l'ingénieur, Enseignant chercheur
Nicolas Mille, Physique Chimie des materiaux, Doctorant, Institut Charles Sadron
Joan Millès, Mathématiques, Maître de conférences, Université de Toulouse
Laurent Millet, Limnologie, Paleo-écologie, Directeur de recherches CNRS, CNRS Laboratoire Chrono-Environnement
Gaël Millet, Développement des Énergies renouvelables, Ingénieur, manager, ABO ENERGY
Julien Milli, Astronomie, Enseignant Chercheur, Université Grenoble Alpes
Quentin Millière, Médiation scientifique, Ingénieur
Cédric Millot, Sciences de la Terre, Chercheur
Catherine Milou, Economie, Ingénieure de recherche (cdd), Université de Toulouse
Marceau Minot, Écologie, Docteur (actuellement indépendant), Université de Rouen
Delphine Mion, Biophysique, Doctorante
Sylvain Miossec, Robotique, Enseignant-Chercheur, Université d'Orléans
Evelyne Miot, Mathématiques, Directrice de recherche, CNRS
Étienne Miquey, Mathématiques, Maître de conférences, Université Aix-Marseille
Carine Mira, Sciences de l’éducation, Chercheuse post doctorante, CY Université
Marie Miran, Anthropologie et histoire, Maîtresse de conférences, EHESS
Pascal Mirleau, Ecologie, Maître de conferences, Aix Marseille Université
Bruno MIROUX, Biologie, Directeur de recherche CNRS, Institut de Biologie Physico-Chimique
Marc-Antoine Miville-Deschênes, Astrophysique, Directeur de recherche, CNRS
Florence Mocci, Archéologie, Ingénieure de recherche, CNRS
Malo Mofakhami, Sciences économiques, Maître de conférences, Université Sorbonne Paris Nord
Aminah Mohammad-Arif, Anthropologie, Directrice de recherche, CNRS-CESAH
Pierre Moinard, Littérature française (didactique), Maître de conférences, Université de Poitiers_INSPE
Marie-Pierre Moine, Sciences du Climat, Ingénieur.e de Recherche, CNRS/Cerfacs
Aleksi Moine, Folkloristique, Doctorant, Université d'Helsinki (Finlande)
Joffrey Moiroux, Biologie, Maître de conférences
Enora Moisan, Planétologie, Doctorante, Sorbonne Université
Christine Moisan, Physiologie, Professeure, Université de bretagne occidentale, Brest
Marika Moisseeff, Anthropologie, Directrice de recherche, CNRS
Vincent Mokuenko, Physique Océan et Climat, Master 2, IUEM
Sophie Molia, Epidémiologie, Chercheuse, CIRAD
Pablo Molina Vila, Ecologie, Ingénieur d’études HC statutaire, CNRS (INEE)
Gilles Molinie, Physique de l'atmosphère, Enseignant-chercheur, Université Grenoble Alpes, Institut des Géosciences de l'environnement
Rémi Molinier, Mathématiques, PRAG, Université Grenoble Alpes
Damien Mollaret, Lettres modernes, PRAG, Université de la Polynésie française
Benjamin Mollier, Physique-Chimie, Enseignant
Wilfried Monange, Physique nucléaire, Ingénieur chercheur, IRSN
Gilles Monceau, Sciences de l'éducation et de la formation, Professeur des universités, CY Cergy Paris Université
Daniel Monceau, Science des matériaux, Directeur de recherches, CNRS
Arnaud Moncet, Mathématiques, Enseignant en CPGE
Sylvie Monchatre, Sociologie, PR, Université Lumière Lyon2
Célian Monchy, Ecologie Quantitative, Doctorant, CNRS
Patrick Monfort, Ecologie des bactéries pathogènes humaines, Directeur de recherche, CNRS
Pierre Monmarché, Mathématiques, Maître de Conférences, Sorbonne Université
Benjamin Monmege, Informatique, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
David Monniaux, informatique, directeur de recherche, CNRS
Thibaud Monnin, Ecologie du comportement, Chercheur, CNRS
Christophe Monnin, Sciences de la Terre, Directeur de recherche CNRS, CNRS
Anne Monod, Chimie atmosphérique, professeure des universités, Aix-Marseille Université
Olivier Monod, Sc de la Terre, Retraité, CNRS
Maurine Montagnat, Sciences des matériaux, glaciologie, Directrice de recherche, CNRS
Jacques Montagne, Biologie, Directeur de Recherche Emerite, CNRS
Anna Montagnini, Neurosciences, Directrice de Recherche, CNRS
Michèle Monte, sciences du langage, professeure émérite, Université de Toulon
Teresa Montealegre, Philosophie et Histoire, Doctorante, AMU
Lucas Monteil, Sociologie, science politique, Chercheur post-doctoral, Université libre de Bruxelles
Marielle Montginoul, Economie, Chercheure, INRAE - UMR G-Eau
Julien Montillaud, Astrophysique, Maître de conférences, Université de Franche-Comté
Gaël Montillot, Sciences forestières, Ingénieur forestier
Jose Montoya, Ecologie et Biodiversite, Directeur de Recherche, CNRS
Richard Monvoisin, pensée critique, Ingénieur de recherche, Université Grenoble Alpes
Jeralyn Moran, Wildlife Biologist, Retired, U.S. Forest Service
Serge Morand, Ecologie de la santé, Directeur de Recherche, CNRS
Clément Morand, Informatique, Doctorant, Université Paris-Saclay
Mattia Morbello, Mathématiques, Doctorant, Université de Rennes
Jean-Jacques Morcrette, Sciences de l’Atmosphere, Chercheur scientifique (retraite), Centre Europeen pour les Previsions Meteorologiques a Moyen-Terme
Basile Morcrette, Mathématiques, Professeur en CPGE
Julie Mordacq, Informatique, PhD
Camille Morel, Sciences sociales, Ingénieure d'études, LECA, UGA
Thibaut Morel-Journel, Biologie, Maître de conférences, Université Sorbonne Paris Nord
Dominique Morello, Biologie, Directrice de recherche, chercheuse retraitée, CNRS
Anne Morgat, bioinformatique, chercheuse, SIB institut suisse de bioinformatique
Clément Morier, Sciences politiques, Docteur, Lycée St Vincent-de-Paul
Xavier Morin, Ecologie, Directeur de Recheche, CNRS
Xavier Morin, Biologie, Directeur de Recherche, CNRS
Paul Max Morin, Science politique, ATER, Université de Nice
Julie Morin, Géographie, Postdoc, University of Cambridge
Kevin Moris, Chimie, Professeur agrégé, Éducation nationale
Noémie Morize, Sociologie, Post Doctorante
Olivier Morizot, Histoire des Sciences, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Pascale Mormiche, Histoire, Prag, Cergy-Paris-Université
Fabrice Mortessagne, Physique, Professeur, Université Côte d'Azur & CNRS
Haude Morvan, Histoire de l'art, Maître de conférences, Université Bordeaux Montaigne
Malo Morvan, sociolinguistique, Maître de Conférence, Université de Tours
Leila Morzelle, Géosciences, Professeure agrégée et doctorante, CY Cergy Paris Université
Bérangère Mothé, Anthropologie, Étudiant.e, AMU - ALLSH
Alessio Motta, Science politique, Enseignant-chercheur, Cessp-Paris 1
Estelle Moubarak, Neuroscience, Insect behaviour, Post doctoral researcher, University of Sussex
Christian Mouchet, Economie rurale, Ancien professeur
Jean Mouette, astrophysique, ingénieur CNRS
Clément Mouhot, Mathématiques, Professeur, Université de Cambridge (UK)
Vincent Moulin, Ecologie forestière, Doctorant, Université de Rouen
Jean-Marc Moulin, Droit privé, Professeur des universites, Université de Perpignan
Sabine Moulin, Droit, Docteur
Francoise Moulin Civil, Littérature latino-américaine, Professeure émérite, CY Cergy Paris Université
Aurélien Mounier, Paléoanthropologie, Chargé de recherche, CNRS
Carine Mounier, BIOLOGIE, MAITRE DE CONFERENCES, CY Université
Nicolas Mouret, Ecologie, Doctorant
Hugues Mouret, Naturaliste, entomologiste, Directeur scientifique, Associaiton naturaliste
Jean Mourier, Sciences du langage, Doctorant, Université Paul-Valéry Montpellier
Vincent Mourre, Archéologie, Responsable de Recherches Archéologiques, INRAP / UMR 5608 TRACES
Jamal Moussa, chimie, maitre de conférences, sorbonne université
Nedjma Moussaoui, Etudes cinématographiques et audiovisuelles, Maître de conférences, Université Lumière Lyon 2
Delphine Moussard, Mathématiques, Maitresse de conférences, Aix-Marseille Université
Vincent Mousseau, Informatique, Professeur, CentraleSupélec, Université Paris Saclay
Alain Moussu, Vétérinaire, Retraité
Thierry Moutin, Océanographie, Professeur classe exceptionnelle, Aix-Marseille Université
Alexandre Mouton, Mathématiques appliquées, calcul scientifique, Ingénieur de recherche, CNRS & université de Lille
Claire Moutou, Astrophysique, Directrice de recherche, CNRS
Laurent Moutoussamy, Mécanique, Génie Civil, Génie Mécanique, Enseignant en CPGE TSI, Lycée Amiral Bouvet
Gabriel Mouttapa, Geosciences, Ingénieur, CNRS
Ismael Moya, Biophysique, Retraité émerite, LMD
Rym Msadek, Climatologue, chercheuse CNRS, CNRS
Sophie Muguet, Eco physiologie végétale, Chargée de recherche, Inrae
Andreas Mulard, Informatique, Étudiant, Université de Tours
Grégoire Muller, Chimie des matériaux, Doctorant
René Muller, Chimie, Professeur, Université se Strasbourg ECPM
Philippe Muller, Informatique, Enseignant-chercheur, Université de Toulouse
Thierry Mulochau, Biologie marine, Directeur, Bureau d’études BIORECIF
Olivia Munoz, Archéologie, Chargée de recherche, CNRS
Marguerite Munoz, Sciences de la Terre et Environnement, Chercheure retraitée, CNRS
Facundo Muñoz, Biostatistiques, Chercheur, Cirad
Gerin Murielle, sciences de l’éducation, Maître de conférences
Calum Murray, Cosmologie, Postdoctorant
Jennifer Murray, Anglais, Maîtresse de conférences, Université de Franche-Comté
Nour-Eddine Mustapha, Médecin spécialiste, Retraité
Clementine Mutillod, Écologie des communautés, Doctorant
Justine Muzy, Sciences de gestion, Doctorante, Université de Corse Pascal Paoli
Benoit Nabholz, Biologie Evolutive/Ecologie, Professeur, Université de Montpellier
Philippe Nabonnand, Histoire des sciences, Enseignant retraité, Université de Lorraine
Marwan Naciri, Ecologie, Doctorant, Université de Montpellier
Hélène Nadin, Médecine, Médecin, Retraité
Félix Nadin, MAthématiques, Enseignant, Education Nationale
Laurent Nahon, Physique, Directeur de Recherche, Synchrotron SOLEIL
Jean-Louis Nahon, Biologie, Neuroendocrinologie, Chercheur émérite, Directeur de Recherche de classe exceptionnelle, CNRS
Boris Najman, Economie, Maître de conférences, UPEC
Véronique Napoléon, Appui, Appui, CIRAD
Silvia Napolitano, Economie, Chercheure, Cnam
Henri-Claude Nataf, Géophysique, Directeur de Recherche émérite, Université Grenoble Alpes / CNRS
François Nath, Informatique, Enseignante en CPGE
Romain Nattier, Biologie, Maître de Conférences, Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité - MNHN
Laura Naudeix, Etudes théâtrales, Maîtresse de conférences, Université Rennes 2
Pierre Nauleau, Sante publique, Editeur scientifique, The Lancet group
Mireille Navarrete, Agronomie, Directrice de recherche, INRAE
Fabien Navarro, Mathématiques, Maître de conférences, Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Florian Navarro, Economie, Maître de conférences, Université d'Angers
Marie-Laure Navas, Ecologie, Professeure, Institut Agro Montpellier
Bastien Nay, Chimie, Chercheur, CNRS
Karim Ndiaye, Psychologie cognitive et expérimentale, Ingénieur de recherche, Institut du cerveau, CNRS
Claire Nédellec, informatique, directrice de recherche, INRAE
Erwan Negre, Meteorologie, Ingénieur de Recherche, Météo France
Nathalie Negrel, Sciences de l'information et de la communication, Enseignante et chercheuse
Abdelhafid NEJJARI, Climat, Observateur
Noémie Neverre, Economie de l'environnement, Chercheuse
Jean Neymar, Chercheur de vérité, Chercheur associé
Marc Neyra, Ecologie microbienne, Chercheur, IRD
Héloïse Nez, Sociologie, Professeure, Université Paris Cité
Georges Ngnouwal Eloundou, Sciences de Gestion, Doctorant, USPN
Hanae Nguyen, architecture, etudiantes, ecole superieure nationale d'architecture de saint etienne
Lê Thành Dũng (Tito) Nguyễn, Informatique, Post-doctorant, École normale supérieure de Lyon
Lionel Nguyen Van The, Mathématiques, Maître de conférences, Université d'Aix-Marseille
Frederic Nguyen-Van-Dau, Physique, Chercheur, Laboratoire Albert Fert
Ghislain Nicaise, Biologie cellulaire, Professeur émérite, Université Nice-Côte d'Azur
Jeremie Nicey, Sciences de l'information et de la communication, Enseignant-chercheur, Université de Tours
Nora Nicolas, Physique, astrophysique, Docteure et enseignante de CPGE
Marc-Hubert Nicole, Mathématiques, Professeur des Universités, Université de Caen
Barbara Niederer, linguistique, chargée de recherche, cnrs
Anna Niemiec, Physique, Postdoc
Christian Nitschelm, Astronomie & Astrophysique, Professeur titulaire, Universidad de Antofagasta (Chili)
Marie-Laure Nivet, Informatique, Enseignant-chercheur, Université de Corse
Yves Noack, Géochimie environnementale, Charcheur, CNRS
Paul Noël, Physique, Chargé de recherches, CNRS
Régine Noël, Physique Chimie, professeur CPGE retraitée
Céline Noirot, Agronomie, Ingénieur, INRAE
Sylvie Nony, Histoire des sciences, chercheuse associée, UMR 7219
Pasquier Noterdaeme, Astrophysique, Chercheur, Institut d'Astrophysique de Paris
Laura Nouvel, télédétection, stage de fin de master
Florian Nouviale, Informatique, Ingénieur de Recherche
Valérie Novel, Physiologie, Maîtresse de conférences, UFR STAPS
Nanta Novello Paglianti, SIC, Maîtresse de conférences, Université de Bourgogne
Jean-Max Noyer, Information - Communication-anthropologie, Professeur des Universités, IMSIC
Laure Nuninger, archéologie, Chargée de Recherche, CNRS
Magalie Ochs, Informatique, Enseignante-chercheuse, Aix Marseille Université
Lou Oddon, BIATSS, Assistant administratif et financier, Nanox, INSA de Toulouse
Claire Oeslick-Morize, Virologie, Étudiante, Université Paris Cité/Institut Pasteur
Albert Ogien, sociologie, Directeur de recherche émérite, CNRS
Martin OHEIM, Biophysique, Directeur de recherche, CNRS
Nadia Okbani, Science politique, Maîtresse de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès
Robert Olaso, Biologie, Ingénieur-Chercheur, CEA
Frédéric Olive, Informatique, Maître de conférences, Aix-Marseille université
Mikael Oliveira Linder, Economie, Chercheur/CDI, Cirad
Martine Olivi, Mathématiques Appliquées, Chargée de recherche, Inria
Léo Olivier, Informatique, Doctorant, CEA
Claire Ollier, Sciences de gestion, Doctorante, AMU
Johanna Ollier, Science politique, Doctorante, Université Grenoble Alpes Sciences Po Grenoble
Deborah Om, Physique médicale, Physicien Medical, Hôpital Européen Georges Pompidou
Alain Omont, Astrophysique, Directeur de recherche émérite, Institut d'Astrophysique de Paris
Mariem Omrani, Génétique, Conseillère
Julien Onno, Sociologie, Post-doctorant
Elsa Orgiazzi, Sciences Économiques, Maîtresse de conférences, Rennes
Nicolas Orlando Dessaints, Neurosciences, Ingénieur de recherche, Aix Marseille Université
Georges Ornem, Agronomie, Technicien, CIRAD
Diana Ortiz, Agronomie, Chargé de recherche, Inrae
Olga Otero, Paléontologie & Evolution, Professeure, Université de Poitiers
Zoé Ott, Sciences du Sol, Doctorante
Rhita-Maria Ouazzani, Astrophysique, Astronome-adjointe, Observatoire de Paris
Mohamed Ouerfelli, Histoire, Maître de conférences, Aix Marseille Université
Paul Oumaziz, Mécanique, Maitre de conférence, INSA Toulouse
jean-marc ourcival, écologie, ingénieur, cnrs
Rachid Outbib, Automatique, Professeur des universités, Université d'Aix-Marseille
Carole Ouvrard, Chimie et physique, Docteur en chimie, enseignante
Eliott Owczarek, Neurosciences, Doctorant, Sorbonne
Laurent Oxarango, Mécanique, environnement, Professeur des Universités
Olivier Ozenda, Math appliquée/modélisation géophysique, Dr
Ana Milena Pabon, Espagnol, PRCE, Université Bordeaux Montaigne
Anne Pacquelet, biologie, chargée de recherches, INSERM
Flaminia Paddeu, Géographie, Maîtresse de Conférences, Université Sorbonne Paris Nord
Laurent Pagani, Astrophysique, Directeur de recherche, CNRS
Bruno Pagani, Physique, Professeur en Classe Préparatoire aux Grandes Écoles, Lycée Roland Garros, Le Tampon, La Réunion
Marc Pagano, Ecologie marine, Directeur de Recherches Emérite
Christian Pagé, Sciences du climat, Ingénieur de recherche, CERFACS
Lucas Page Pereira, Sociologie, Chercheur post-doctorant, ENS Paris-Saclay
Jean Pailhous, Neuroscience, Retraité, CNRS
Sandrine Paillard, Economie, Ingénieure de recherche, CNRS
Sophie Paillard, Génétique végétale, Chargée de recherche, INRAE
Christine Paillès, sciences de la terre, Ingénieur de recherches, CNRS
Philippe Paillou, Astrophysique, Professeur, Université de Bordeaux
François Pajot, Astronomie-Astrophysique, Directeur de Recherches, CNRS
Carmen Palacios, Biologie Ecologie, Enseignant chercheuse, Université de Perpignan
Alaya Palamidis, Histoire, Post-doctorante
Frederic Palesi, Mathématiques, Maitre de Conférences, Aix-Marseille Université
Nicolas Palierne, Sociologie, Docteur
Laurent Palka, écologie microbienne, Maître de conférences, MNHN
Sébastien Palla, Information-Communication, Doctorant, Centre d'Analyse et de Recherche Interdisciplinaire sur les Médias (CARISM)
Véronique Pallet, Biologie, Professeur
Eric Palvadeau, Géologie Risques Côtiers, Ingénieur chercheur, Brgm
Olivier Panaud, Biologie, Professeur, Université de Perpignan
Althaea Pangaud, Hydroécologie, Ingénieure, INRAE
Caroline Panis, sciences du langage, maitresse de conférences, université de Franche-Comté
Elea Panserat, Écologie de la conservation, Étudiante
Johan Pansu, Ecologie, Maître de conférences, Université Lyon 1
Geremy Panthou, Climat / Hydrologie, Enseignant-Chercheur
Bertrand Paoloni, Histoire des sciences et des techniques, Doctorant, EHESS / CAK
Arietta Papaconstantinou, Histoire, Professeure des universités, Aix-Marseille Université
Nicolas Papadakis, Mathématiques appliquées, Directeur de recherche, CNRS
Françoise Papillon, Physique, Enseignante, Lycée Champollion, Grenoble
Odile Papini, Informatique, Professeur émérite, Aix Marseille Université
François Papy, agronomie, Directeur de recherche honoraire, Inrae
Anne-Eleonore Paquier, Géomorphologie côtière, Ingénieur-Chercheur, BRGM
Catherine Paradeise, Sociologie, Professeure émerite, U. Gustave Eiffel
Aymeric Parant, Psychologie Sociale, Maître de conférences, UPJV
Claude Paraponaris, Economie, Professeur, Aix Marseille Univ
Sophie Pardo, Sciences Economiques, Maîtresse de conférences, Nantes Université
Etienne Pardoux, Mathématiques, Professeur émérite, Aix Marseille Université
Fanny Parent, Sociologie, Docteure
Alice Paries, oceanographie, stagiaire, LEGOS
Nadine Paris, Rédactrice medicale, Docteure en biologie
Hélène Parisot-Dupuis, Aéroacoustique, Enseignante-chercheuse
Myrto Parmantier, Agronomie, Doctorante, INRAE
Aura Parmentier-Cajaiba, Sciences de gestion et du management, Maitresse de conférences, Université Côte d'Azur
Christian Paroissin, Mathématiques appliquées, Maître de conférences, Université de Pau et des Pays de l'Adour
Ans Parracho, Climate, Ingenieure de recherche, Locean
Timothée Pascal, Physique, Doctorant
Mathilde Pascal, Épidémiologie, Chargée de projet
Léa Pascal, Santé Publique, Doctorante
Lucas Pascal, Mécanique des fluides, Docteur, ONERA
Marcel Pasquinelli, Phusique, Professeur Emérite, Aix Marseille Université
Arnaud Passalacqua, Aménagement de l'espace et urbanisme, Professeur des universités, UPEC
Philippe Pastor, Aéronautique, Enseignant - Chercheur, ISAE-SUPAERO
Gwendal Paton, Informatique, Doctorant
Juliette Patricio, Biologie, Doctorant
Julie Patris, Physique, Maître de conférence, université d'Aix Marseille
Dominique Paturel, Sciences de gestion, Chercheuse, Inrae
Hugo Pauget Ballesteros, Acoustique, Doctorant, Institut Jean Le Rond d'Alembert
Pascale Paul, Biologie, Chercheur, Inserm
Merlin Paul, Psychologie sociale, Chercheur, Laboratoire de Psychologie Sociale - Aix-Marseille Université
Aurélien Paulmier, Biogeochimiste marin, Directeur de Recherche, IRD
Etienne Pauthenet, Oceanography, Ingénieur d'Étude, PhD, IRD
Marc Pavé, Histoire, Chercheur associé, Université de Guyane et Université de Sao Paulo
Alain Pavé, Biométrie, Professeur émérite, Université Claude Bernard Lyon1
Marija Pavicevic, Sciences politiques, Docteure, Paris 13
Sébastien Payan, geosciences, professeur, Sorbonne Université
Nicolas Pech, Statistique, Maître de Conférences, Aix-Marseille Université
Thierry Pécout, Histoire du Moyen Âge, Professeur des universités, Université Jean Monnet (Saint-Étienne)
Laure Pecquerie, Ecologie Marine, Chargée de Recherche, IRD
Luc Pecquet, Anthropologie, Maître de conférences, École nationale supérieure d'architectrue de Saint-Étienne / Institut des mondes africains
Frank Pecquet, Art_informatique, Professeur, Paris1
Anthony Pecqueux, Sociologie, Chercheur, CNRS
Jacques Pédron, Écologie, Maître de conférences, Sorbonne Université
Alexandre Peeters, Géographie, Ingénieur de Recherche, CNRS
Pierre Péfau, Archéologie, Membre scientifique, École française de Rome
Jeanne Peiffer, histoire des sciences, Directirce de Recherche émérite, CNRS
Guillaume Peillex, informatique, cadre, Undef
Pierre Pellenard, Sciences de la Terre, Professeur, Université de Bourgogne
catherine pellenq, psychologie, enseignante-chercheuse, UGA
Alisson Pellissier, Astrophysique, Chercheur
Régis Peltier, Foresterie, Emerite, CIRAD
Thierry Penduff, Océanographie, directeur de recherche, CNRS
Pierre Penel, Science physique, Enseignant en CPGE, Education nationale
Manon Pengam, Sciences du langage, Maîtresse de conférences, CY Cergy Paris Université
Romain Pennel, Sciences de l'environnement, CDI
Eric Penot, agro-economie tropicale, chercheur, CIRAD
Pierrick Penven, Oceanographie, Directeur de Recherche, IRD
Monique PENVEN, Préparatrice en pharmacie, Retraitée
Erwan Pépiot, Sociophonétique, Maître de conférences, Université Paris 8
Stéphane Péquignot, Histoire, Enseignant-chercheur
Marion Peral, Paléoclimatologie, Chercheuse CNRS
Clara Pereira, Architecte, Étudiant
Eléonore Peres, Biologie, Docteure et médiatrice scientifique, Université Paris-Saclay
Pauline Peretz, histoire, Maîtresse de conférences HDR, Université Paris 8
Thierry Perez, Environnement, Ecologie, Directeur de Recherche, CNRS
Grégoire Perez, Ecologie, Chercheur, CIRAD
Patrick Perez, sociologie, Maître de conférences, AMU
Lucia Perez Serrano, Géosciences, Doctorant, Géosciences Environnement Toulouse
Emmanuelle Perez Tisserant, Histoire, Maîtresse de conférences, Université Toulouse 2 Jean Jaurès
Margaux Perhirin, Biologie marine, Doctorante, LOCEAN-IPSL, Sorbonne Université
Maxime Perier-Muzet, Génie des procédés energetique CNU 62, maître de conferences, UPVD
Thibault Perin, Physique, Ingénieur d'études, Université Paris-Est Créteil
Mathilde Périvier, Anthropologie, Doctorante
Olivier Perlot, Mathématiques, Docteur et agrégé, Université de Reims Champagne-Ardenne
Fabrice Pernet, ecologie, Directeur de recherche, Ifremer
Brigitte Pernot, Cheffe de produits, Retraitée
Mathias Peron, Ecologie, ingénierie écologique, Etudiant stagiaire, Université Paris-Saclay
Guillaume Péron, Biologie de l'évolution et écologie, Etudiant mastérien, ENS PSL
Cyrielle Perramond, Génie Civil, Ingénieure Méthodes
Jean Perraud, Aérodynamique, chercheur retraité, ONERA
Marc Perret, Mathématiques, Professeur des Universités, Université de Toulouse Jean Jaurès
Sylvain Perret, Agro-économiste, Directeur, CIRAD
Pascal Perrier, Sciences de l'Information, Professeur, Grenoble INP/Université Grenoble Alpes
Maxime Perrier, Physique, Enseignant classe préparatoire
Laurent Perrin, Biologie, Directeur de recherche, CNRS
Julie Perrin, Études chorégraphiques, Professeure, Université Paris 8 Saint-Denis
Jeanne Perrin, Médecine et Biologie de la Reproduction, Santé Environnementale, PU-PH, Aix Marseille Université et Hôpitaux Universitaires de Marseille
Hugo Perrin, Physique, Post-doctorant, CESQ
William Perrin, Ecologie, Chercheur post-doctorant, Université Paul-Valéry Montpellier 3
Coline Perrin, Géographie, Directrice de recherche, INRAE
Jérémie Perrin, BioInformatique, Doctorant
Daniel Perrin, Mathématiques, professeur retraité, université Paris-Saclay
Tangui Perron, Histoire, Chercheur associé au CHS
Arthur Perrotton, Humanités Environnementales, Chercheur, CIRAD
Nicolas Perry, Science de l'Ingénieur, PRof. des Universités, Arts et Métiers
Véronique Perry, Didactique des langues-cultures / genre & langage (anglais-français), Chercheure associée. Enseignante du supérieur., Université de Toulouse 3 Paul-Sabatier
Henri Persat, Biologie Ecologie, Retraité, CNRS
Lucien Perticoz, Sciences de l'information et de la communication, Enseignant-chercheur, Université Jean Moulin Lyon 3
Marie-Paule Péry-Woodley, sciences du langage, professeure émérite
Stéphane Pessina, Droit, Professeur des universités
Florence Peteers, Didactique des mathématiques, Maître de conférences
Jean-Marc Pétillon, Archéologie, Chercheur CNRS, CNRS, UMR 5608 TRACES
Albin Petit, Informatique, Ingénieur de Recherche, Inria
Rémy Petit, Biologie des populations, Directeur de recherches, Inrae
Héloïse Petit, Economie, Professeure des universités, Cnam
Véronique Petit, démographe, Professeure, Université Paris Cité
Eric PETIT, Ecologie, Directeur de recherche, INRAE
Sylvain Petitjean, informatique, directeur de recherche, Inria
Patrick Petitjean, Astrophysique, Emerite, Institut d'Astrophysique de Paris
Caterina Petrone, Sciences du langage, Chargée de recherche, CNRS
Christophe Peugeot, Hydrologie, Chercheur, IRD
Guillaume Peureux, lettre modernes, professeur, Nanterre
Maxime Peyrard, Informatique, Chercheur CNRS
Marisa Peyre, Epidemiologie, Directrice adjointe de UMR ASTRE, Cirad
Monique Peyrière, Histoire, Chercheure associee, Lap-laci/ehess-Cnrs
Chloé Peytavin, Ecologie, Etudiante, Agroparistech
Stéphane Pezennec, science des aliments, chargé de recherche, inrae
Sébastien Pfeffer, Virologie, Directeur de Recherche, CNRS
Roland Pfefferkorn, sociologie, professeur émérite, université de Strasbourg
Gabriela Pfeifle, Sciences de l'Information et de la Communication, PRAG, Université Toulouse Jean Jaurès
Andréas Pfersmann, Littérature générale et comparée, Professeur des universités, Université de la Polynésie française
Adeline Pham, Chimie, Assistante Ingénieure
Armelle Philip, Sciences de la Terre-Mécanique, Enseignant Chercheur, Institut des Géosciences de l'environnement-UGA
Nadège Philippe, Microbiologie, Ingénieure de recherche fonctionnaire, CNRS
Anne Philippi, Génétique/Bio-informatique, Ingenieure de Recherche, INSERM
Vinh-Son Pho, Biologie computationelle, Doctorant, Sorbonne Université
Valentin Piau, Physique, Post-doctorant
Myrtille Picaud, Sociologie, Chercheuse
Benoît Pichon, Ecologue, Doctorant, ISEM
Isabelle Pieretti, épidémiologie santé des plantes, chercheuse, cirad
Isabelle Pierozak, Sciences du langage, PU
Olivier Pierre-Chupin, Mathématiques, Professeur agrégé en classes préparatoires
Marie-Claire Pierret, Géochimie, Professeure, Université de Strasbourg
Alain Pierret, Sciences de l'environnement, Chargé de Recherches, Institut de Recherche pour le Développement
Thomas Pierret, Science politique, Chargé de recherches, CNRS
Maryse Pierson, Geologie, Retraitee
Emmanuel Pietriga, Informatique, Directeur de Recherche, Inria
Guillaume Pignol, Physique, Maitre de conférences, Université Grenoble Alpes
Melanie Pignorel, Biologie, Vétérinaire
Marie Gabrielle Piketty, Économie, Chargée de recherche, Cirad
Léa Pillette, Informatique, Chercheuse, CNRS
William Pillot, Histoire, Maître de conférences, Université d'Angers
Jean-Philippe Pin, Neurobiologie, Directeur de Recherche, CNRS
Crystel Pinçonnat, Lettres Modernes, PR, Aix-Marseille Université
Sebastien Pinel, Hydrologie, Maitre de conferences, UPVD
Cyril Piou, Écologie, Chercheur, Cirad
Jean-Gabriel Pipelin, Physique quantique, Doctorant, Sorbonne Université
Stephane PIQUET, Environnement, Fonctionnaire, METE
Mathias Pires, Botanique, CDI Assistant ingénieur, INRAE LESSEM
Sylvain Piron, Histoire médiévale, Directeur d'études, EHESS
Philippe Piron, Agronomie, Président, Mulch R&D sas
Roger Pissard-Gibollet, Informatique, Ingénieur de Recherche, Inria
Chiara Pistocchi, Science du Sol, Maitresse de Conférence, Institut Agro
Séverin Pistre, Hydrosciences, Professeur, université Montpellier
Frederique Pitel, Biologie, Directrice de recherche, INRAE
Gabin Piton, Agroécologie et sciences du sol, Chercheur, INRAE
Pierre-Yves Plaçais, Neurobiologie, Directeur de recherche, CNRS
Claire Placial, Littérature comparée, Mcf HDR, Université de Lorraine
Delphine Planas, Virologie Immunologie, Chercheur post-doc, Institut Pasteur
Olivier Plantard, Parasitologie, Directeur de Recherche, INRAE
Samuel Planté, Ecologie, etudiant, UFR Sciences
Clara Plasse, Astrophysique, Thésard, CEA
Valentin Platel, Pharmacologie, Maître de conférences, Université de Rouen
Robin Plauchu, Geosciences, Doctorant, LSCE
Jean-Raoul Plaussu Monteil, Microélectronique, Ingénieur, CNRS
Océane Plessis, Neurosciences, Ingénieure d'étude, Institut de Neuroscience de la Timone
Bertrand Plez, Astrophysique, Professeur, Université de Montpellier
Christophe Plomion, écologie, Directeur de Recherche, INRAE
Pénélope Plot, Philosophie, Doctorante, Sorbonne université
Julien Plotton, Naturaliste, Étudiant
Gael Plumecocq, Science économique, Chargé de recherches, INRAE
Sébastien Plutniak, archéologie, sciences sociales, chargé de recherche, CNRS
Olivier Poch, Planétologie, Chargé de recherche, CNRS
Clair Poignard, Mathématiques Appliquées, Directeur de Recherche, Inria
Thibaud Poigt, Archéologie, Postdoc
Sébastien Poinat, Philosophie, Enseignant-chercheur
Yohan Poirier, Physique-chimie, Professeur en CPGE, Éducation Nationale
Olivier Poirot, Virologie, Ingénieur d'études, CNRS
Jean-Philippe Poizat, Physique, Directeur de Recherche, CNRS
Juan Ignacio Polanco, Mécanique des fluides, Chargé de recherche, CNRS
Etienne Polge, Economie, Chargé de recherche, INRAE
Alain Policar, Science politique, Chercheur associé, Sciences Po
Emmanuel Polonowski, Informatique, Enseignant-Chercheur
Fred Pompeo, Microbiologie, Chercheur, Cnrs
Antoine Poncet, Physique-Chimie, professeur CPGE
Jean-François Ponge, Ecologie, Emérite, Muséum National d'Histoire Naturelle
Emilie Pons, Neuroscience - Mathématiques, Indépendante, Aucune
Virginie Pons, Environnement Ecologie, Assistante ingénieure, CNRS
Jean-Marc Pons, chimie organique, Professeur émérite, Aix-Marseille Université
Nicolas Ponsa, Ecologie, Doctorant, CNRS
Virginie Ponsinet, Physique, Chercheuse, CNRS
Monique Pontier, mathématiques, professeure émérite, IMT toulouse
Fred Pontvianne, Biologie, Directeur de recherche
Camille Popineau, Science politique, ATER, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
Mélanie Popoff, Médecine, Médecin / service public, Direction de la santé publique / Ville de Paris
Isabelle Poquet, Microbiogie, Chargée de recherche, INRAE
Vincent Porcher, Ethnoécologie, Agrobiodiversité et impacts du changement climatique, PostDoc, IRD, CNRS
Jocelyne Porcher, Sociologie, Directrice de recherche, Inrae
Raphael Porteilla, science politique, professeur, Université de Bourgogne
Simon Portelas, Architecture, Architecte praticien et enseignant MCA, Ecole Nationale Supérieure d'architecture de Saint-Etienne
Baptiste Portelli, Physique, Enseignant en CPGE
John R Porter, GIEC, Professor Dr Dr, Universite de Copenhague
Cristel Portes, Linguistique, Maîtresse de conférences, Université d'Aix-Marseille
Taina Postec, Oceanographie, Etudiante
Chantal Poteaux, Biologie, Enseignant-chercheur, Université Paris 13
Victor Potier, Sociologie, Enseignant Chercheur
Philippe Potin, Sciences de la Vie, Directeur de Recherche, CNRS Station Biologique de Roscoff
Delphine Pouchain, Sciences économiques, Maîtresse de conférences, Sciences Po Lille
Marie-Christine Pouchelle, Ethnologie, Directeur de recherches retraitée, CNRS
Margot Pouget, Sociologie, Etudiante, EHESS
Sebastien Poulain, Sciences de l'information et de la communication, Docteur chercheur associé, laboratoire Mica de l'université Bordeaux Montaigne
Alexandra Poulain, Etudes anglophones, Professeur des Universités, Sorbonne Nouvelle
Frédéric Poulard, Sociologie, Professeur des Universités, Université Paris Cité
Alexis Poulhès, Aménagement, Chercheur, ENPC
Marie-Lazarine Poulle, Ecologie, Ingénieure de recherche, Université de Reims Champagne Ardenne
Adam Poupard, Économie, Doctorant
Renaud Pourpre, Microbiologie - Epigenetique, Vulgarisateur scientifique, Exaltia
Bruno Pouvelle, Sciences, Ingénieur de recherche
David Pouvreau, Mathématiques, Professeur en Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles, Lycée Roland Garros, Le Tampon, La Réunion
Alexandre Poux, ST5-3 Mécanique des fluides, Ingénieur de recherche titulaire, CORIA - UMR 6614
Matthieu Poux, Archéologie, Professeur des universités, Université Lumière Lyon 2
Nicolas Pouyanne, Mathématiques, Maître de conférences des universités, Université de Versailles (Paris Saclay)
Astou Pouye, ANTHROPOLOGIE SOCIALE ET ETHNOLOGIE, DOCTORANT, EHESS IMAF
Margaux Pouyfaucon, Medecine, Medecin de MPR
Valérie Pouzol, Histoire, Maîtresse de conférences, Université Paris 8
Guilhem Poy, Physique, Chargé de Recherche, CNRS
Bénédicte Pradat, Archéologie, CDI, Inrap
Manon Pradère, Agronomie, Ingénieure, INRAE
Thomas Pradeu, Philosophie des sciences, Directeur de recherche, CNRS
Vincent Pradier, Sciences de gestion, Doctorant
Emmanuel Prados, Mathématiques, informatique et science de la durabilité, Chercheur, INRIA
Dario Prandi, Mathématiques appliquées, Chargé de recherche, CNRS
Olivier Praud, Sciences de l'ingénieur, Matre de conférence
Maxime Precheur, Physique/Physique-Chimie, Thésard
Tom Preel, Science Politique, Doctorant, chargé d'enseignement, Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Giovanni Prete, Sociologie, Enseignant-chercheur, Université Sorbonne Paris Nord
Jean-Luc Prétet, Biologie, PU-PH
Genevieve Prevost, Ecologie Evolutive, Professeur des Universités, Université de Picardie Jules Verne - UMR EDYSAN
Héloïse Prévost, sociologie, EC, UTJJ
Nicolas Prévost, Mathématiques, Doctorant, Université de Rouen Normandie
Nathalie Prevot, Biochimie, Maîtresse de conférences, Université
Gaspard Prévot, Médecine, Médecin généraliste, Université de Strasbourg
Jean-Marc Prévot, Informatique, IGE
Daniele Preziosi, Science de Materiaux, Chercheur, CNRS
Alexandre Prieur, Astrophysique, Doctorant, Observatoire de Paris
Armel Primot, Mathématiques, Enseignant CPGE
Kaïna Privet, Ecologie, Post-doc
Magali Proffit, Ecologie, Chargée de recherche, CNRS
Jean-Philippe Prost, Informatique, Maître de conférences HC, AMU
Frédérique-Marie Prot, Sciences de l'éducation et de la formation, Enseignante-chercheuse, Université de Lorraine
Christel Protiere, santé publique, Chargée de recherche HC, inserm
Tom Protin, Océanographie physique, Doctorant, Ifremer
Camille Provost, Ingénierie des transports, En activité, Privé
Rémi Prudhomme, Economie, Chercheur
Nathalie Prudhomme, Psychologie, Maîtresse de conférences, Aix-Marseille Université
Mathilde Puche, Hydrologie, Doctorante
Killian Pujol, Météorologie, Doctorant, Laboratoire d'Aerologie
Benoit Pujol, Biologie, Directeur de Recherche, à titre personnel
Elvira Pulido, Océanographie, Chercheuse CNRS
Denis Puthier, Génomique et bioinformatique, Professeur, Aix Marseille Univ
Juliette Puyaubert, Physiologie végétale, Enseignant-Chercheur, Sorbonne Université
Dominique Py, Informatique, Professeur, Le Mans Université
Cécile Quantin, Sciences du sol, Professeure d'université, Université Paris Saclay
Myriam Quatrini, mathématiques, Maîtresse de Conférences, Université Aix Marseille/CNRS
Alain Quemin, sociologie de l'art, professeur, université Paris 8 / Institut Universitaire de France
Marine Quennehen, Sociologie, Postdoctorante, UCl
Maud Quéroué, Ecologie, PostDoc, CNRS
Hadi Quesneville, Biologie, Directeur de recherche, INRAE
Cécile Quesney, Musicologie, Maîtresse de conférences, Université de Lorraine
Maxime Quétin, Ecologie, Biogéographie, Macroévolution, Doctorant, Charles University, Prague, République Tchèque
Julien Queva, Physique, Maître de conférences, Université de Corse
Pierre Quévreux, Écologie, Post-doctorant, Stockholms Universitet
Séverine Queyroy, Chimie Théorique, Maîtresse de conférences, Aix-Marseille Université
Sophie Quillard, Physique, Maitre de conférences, Nantes Université
Justine Quinet, Chimie, Ingénieure d'études, CNRS
Martin Quinson, Informatique, Professeur des universités, ENS Rennes
Patrice Quintana, Neurosciences, PostDoc
Yazmina Quintana Perez, Biologie, M2 stagiere, Institute Curie
Ignacio Quintero, Biology, Chargé de Recherche CNRS, Institut de Biologie de l'École Normale Supérieure
Guillaume Quiquerez, Économie / philo, Maître de conférences, Centrale Méditerranée
Philippe Quirion, Economie, Directeur de recherche, CNRS
Sophie Rabau, théorie littéraire et critique créative, enseignante-chercheure, Sorbonne Nouvelle
Walid Rabehi, Géographie, Maitre de conférence, Université de Cergy-Paris
Tovo Rabemanantsoa, Numérique et Science ouverte, Ingénieur, INRAE
Christelle Rabier, Histoire des sciences, maîtresse de conférences
Célestine Rabouam, Géographie, Doctorante, Institut Français de Géopolitique
Sophie Rabouille, Biogéochimie, Directrice de recherche, CNRS
Gwenael Rabut, Biologie, Chercheur, INSERM
Christophe Rabut, Mathématique, Professeur émérite, INSA Toulouse
Jonathan Racine, philosophie, doctorant
Ivan Radojcic, informatique, étudiant / stagiaire à l'inria, sorbonne université
Chloé Ragazzoli, Histoire, Directrice d'études, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Pascal Rage, Informatique, Assistant Ingénieur, CNRS
Théophile Rageau, Physique, Doctorant, CNRS
Olivier Ragueneau, Transformative science, Directeur de Recherche, CNRS
Hugo Raguet, Mathématiques et informatiques, Maître de conférences, INSA CVL et Université de Tours
Alexandre Raimbault, Ecologie des micro-organsimes, Post doc, Academie des Sciences Tcheques
Benjamin Raimbault, Sociologie, Maitre de conférences
Fanny Raingeaud, Sociologie / sciences de l'éducation, Doctorante, Université Gustave Eiffel
Kapil Raj, Histoire des sciences, Directeur d’études, EHESS
Élise Rajchenbach, Littérature de la Renaissance, Maîtresse de conférences, Université Jean-Monnet Saint-Étienne, Institut universtaire de France
Jean Louis Rajot, Science du sol, Chercheur, IRD
Ignace Rakotoarivony, entomologie, technicien supérieur, cirad
Matthieu Rakotojaona, Informatique, Ingénieur de recherche, IMT Atlantique
Sandrine Rakotonarivo, Acoustique, Maîtresse de conférences, Aix-Marseille Université, LMA
Anja Rakotonirina, Science Politique, Doctorante, Paris 1 Pantheon Sorbonne - CESSP
Mariam Raliou, Biologie, IR, INRAE
Ariane Ramaekers, Biologie, Maîtresse de conférences
Cyril Ramecourt, Paléoécologie, Etudiant, Université de Montpellier
Cécile Ramecourt, Sciences physiques, Formatrice
Michel Ramonet, Physique de l'atmosphère, Chercheur, CNRS
laurence ramos, physique, chercheuse, directrice de recherche CNRS
Victor Ramseyer, Recherche en environnement, Technicien, INRAE
Gilles Ramstein, climat, chercheur
Gilles Ramstein, Climatologie, Directeur de Recherche, CEA / LSCE
Karine Rance, Histoire, Maitresse de conférences, UCA
Zoé Ranty, Neurosciences cognitives, Doctorante, Université de Tours
Catherine RAOUL, Linguistique, Professeur retraitée
Mathias Rapacioli, Physique, chercheur, CNRS
Zoé Raphalen, Ecologie, CDD, INRAE
Aina Rasoldier, informatique, postdoctorant, Université Grenoble-Alpes
Nicolas Ratel-Ramond, Physique, Ingénieur de recherche
Daniel Raucoules, Sciences de la Terre, Chercheur, BRGM
Wilfried Rault, Démographie Sociologie, Directeur de recherche, Ined
Arnaud Rault, économie, chargé de recherche, INRAE
Camille Rault, Étudiante, Étudiante
Pablo Rauzy, Informatique, Maître de conférences, Université Paris 8
Valerie Ravaine, Chimie, Professeur, Bordeaux INP
Sabrina Ravel, Neurosciences, Chargée de recherche, CNRS
Marion Ravit, Santé Publique, Chargée de recherche, IRD
sébastien ravon, vétérinaire, écologue de la santé, salarié
Valentin Raymond, Anthropologie, Doctorant, La Rochelle Université
Candice Raymond, historienne, chargée de recherche, CNRS
Cécile Raynaud, biologie, directrice de recherches, CNRS
Brune Raynaud--Schell, Hydro- ecologie, Doctorante, Université de Montpellier
Stanislas Rebaudet, Médecine, Santé Publique, Médecin clinicien et chercheur, Hôpital Européen Marseille, UMR SESSTIM
Mathieu E. Rebeaud, Biochimie, Collaborateur Scientifique, EPFL (Suisse)
Diane Rebiscoul, Physico-chimie, Directrice de Recherche, CEA
Julien Rebotier, Géographie, Chercheur
Anne Reboul, Sciences cognitives, Directrice de Recherche émérite, CNRS
Alexis Reboul-Salze, Astrophysique, Postdoc
Gianfranco Rebucini, anthropologie sociale, chargé de recherche, CNRS
Olivier Réchauchère, Agronomie, Ingénieur de recherche, INRAE
Barbara Redlingshöfer, SHS, ingénieure de recherche, INRAE
Bérangère Redon, Histoire et archéologie, Chargée de recherche, CNRS - HiSoMA
David Redon, Politique culturelle, Doctorant en anthropologie et histoire, Université des Antilles, PHEAAC _ LC2S-UMR
Dominique Redor, Sciences Economiques, Professeur Emérite, université Gustave Eiffel
Farid Regad, Biosciences Végétales, Maitre de conférences, Toulouse INP
Antoine Regnaud, Mathématiques, Enseignant, Lycée à Dijon
Nathan Réguer, Mathématiques, Doctorant, Université de Rennes
Delphine Reguig, Littérature française, PR, Université Jean Monnet
Magali Remaud-Simeon, BIOCHIMIE, Professeur, INSA Toulouse
Flore Rembert, Géophysique, Postdoc
Ulysse Remfort-Aurat, Mathématiques, Doctorant
Maxime Remicourt, archéologie, assistant d'études et d'opérations, Inrap
Élisabeth Remy, Biomath, Directrice de recherche
Eric Remy, Sciences de gestion, Professeur des universités, UPVD
Mathieu Remy, mathématiques, Professeur agrégé
Didier Rémy, Informatique, Directeur de Recherche, Inria
Justine Renard, Sciences de la Vie Sciences de la Terre et de l'Univers, Professeure agrégée, UPVD
Catherine Renard, chimie des aliments, fonctionnaire, INRAE
Marc Renaud, Robotique et Intelligence Artificielle, Professeur des Université, INSA Toulouse et LAAS CNRS
Jacques Renaud, Physique (section 29), Professeur émérite, Université Gustave Eiffel
Jean-Hugues Renault, Chimie des substances naturelles, Professeur, Université de Reims Champagne-Ardenne
Juliette Rennes, Sociologie, Enseignante-chercheuse, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
Isabel Repiso, Sciences du langage, Maîtresse de conférences, Université de Haute Alsace
Eric Ressouche, Physique du solide, Chercheur, CEA Grenoble
Léa Restivo, Psychologie sociale, Enseignante-Chercheure (Maîtresse de Conférences)
Adrien Reuzeau, Informatique, Ingénieur de recherche, Université de Rennes
Adrien Revault D'allonnes, Informatique, Maître de conférences, Université Paris 8 - Vincennes à Saint-Denis
Alix Reverdy, Hydrologie, Doctorant, Université Grenoble Alpes
Frédéric Revers, Ecologie, Chercheur, INRAE
Sandrine Revet, anthropologie, Directrice de recherche, Sciences Po
Emmanuel Revial, Gestion de la recherche, Salarié, Cirad
Lucie Revilla, science politique, chargée de recherche CNRS
Victor Réville, Astrophysique, Chercheur CNRS, CNRS
Fabien Rey-Giraud, Biologie évolutive, Doctorant, CNRS
Christian Reynaud, SEF, Enseignant chercheur, Université de Montpellier
Thierry Reynaud, Océanographie, Ingénieur de Recherche, IFREMER
Sarah Reynaud, IA pour le médical, Doctorante, IMT Atlantique
Ivanne Rialland, Sciences de l'information et de la communication, Maîtresse de conférences, UVSQ
Chloé Riban, Sciences de l'éducation, Maîtresse de conférences
Evelyne Ribert, Sociologie, Chargée de recherche, CNRS
Marina Ricci, Astrophysique, Chargée de recherche, CNRS
Naelle Riccone, Sociologie, Doctorante, LEST CNRS AMU
Yves Richard, Géographie, Professeur, Université de Bourgogne
Hervé Richard, Paléoenvironnement, Directeur de recherche CNRS émérite, CNRS Besançon
Damien Richard, Sciences de gestion, Enseignant-Chercheur, INSEEC
Jennifer Richardson, Virologie, Directrice de recherche
Aurélien Richaud, Sciences de la vie, Ingénieur, CNRS
Lisa Richaud, Anthropologie, Jeune docteure soutenue, EHESS
Rémi Richaud, Physique, Professeur de CPGE
Aube Richebourg, sociologie, ATER
Claire Richert, Agronomie, Ingénieure de recherche
Florian Richoux, Informatique, Senior researcher, AIST (Japon)
Philippe Ricordeau, Médecin de santé publique, épidémiologie, Retraité, Retraité
Camille Ricou, Neurosciences cognitives, Doctorante
Gurvann Ricou, Data Manager, Cadre
Valéry Ridde, Santé publique, Directeur de recherche, IRD
Mélissa Ridel, Physique, Enseignante-Chercheuse
Christian Rieffel, mathématiques, enseignant, MEN
Isabelle Rieger, Svt, Enseignante, Éducation nationale
Marie Riffis, Génomique Evolutive, Doctorante, ISEM
Aline Rifflet, Microbiologie analyse Chimique, Ingénieure, Institut Pasteur
Stanislas Rigal, Biologie de la conservation, Postdoc, INRAE
Stéphane Rigat, Mathématiques, Maître de Conférences, Aix Marseille Université
Matthieu Rigaut, Physique, Professeur de chaire supérieure
Noa Rigoudy, Ecologie, Doctorant.e, Université de Montpellet - CNRS - INRAE - Université de Toulouse Paul Sabatier
Pascal Rihet, Sciences du vivant, Professeur des universités, Aix-Marseille Université, INSERM
Renaud Rincent, Génétique, Chercheur
Laurent Riou, Physique Nucléaire, Ingénieur d'études, IP2I
Alan Riquier, Mathématiques, Doctorant, École Normale Supérieure - PSL
Angélique Rissons, Science, Professeure ERE, ISAE
Mathieu Risy, Informatique, Doctorant, IRISA/INRIA
Catherine Ritz, Climatologie glaciologie, Directrice de recherche, IGE GRENOBLE
Lalou Rival, Linguistique, Doctorante, Universite Paris 8
Xavier Rival, Informatique, Directeur de Recherche
Thomas Rival, Biologie Cellulaire, Maître de conférences des Universités, AMU
Agnes Riviere, Hydrogéologie, Charge de recherche et d’enseignement, Mines Paris
Bruno Robbes, Sciences de l'éducation et de la formation, Professeur des universités, CY Cergy Paris Université
Olivier Robelin, Hydrologie, Ingénieur de recherche, INRAE
Mylène Robert, Énergie et développement durable, Ingénieure-chercheuse
Viviane Robert, biologie, Maîtresse de conférences, ism2
Xavier Robert, Sciences de la Terre, Chargé de recherche, IRD
Damien Robert, Vision par ordinateur, apprentissage profond, Postdoctorant
Patrick Robert, Biologie, Ingénieur d'études, INSERM
Aurélien Robert, Philosophie, Directeur de recherche, CNRS
Eric Robert, Préhistoire, Maître de conférences
Cyril Roberto, Mathématiques, Professeur des universités, Paris Nanterre
Justine Robillzrd, Psychomotricienne, Soignante
Annie Robin, Astrophysique, directrice de recherche, CNRS
Loris Robin, Mathématiques, Professeur CPGE
Valérie Robin Azevedo, Anthropologie sociale, Professeure des Universités, Université Paris Cité
Caroline Robion-Brunner, archéologie, directrice de recherche, CNRS
Alexandre Robisson, Vétérinaire, Etudiant
François ROCCA, Physique, Professeur retraité, Université de Nice
Brigitte Rocca, Astrophysique, Professeur émérite, Université Paris-Saclay et Institut d'astrophysique de Paris
Manon Rocco, Sciences atmosphériques, Chercheure en post-doctorat, LCE/IMBE
Mariana Rocha, Communication Scientifique, Chargée de communication scientifique
Soizic Rochange, Biologie, Maîtresse de conférences, Université Toulouse 3
Léo Rocher, Ecologie, Chercheur postdoctoral, IMBE
Nicolas Rode, Écologie et évolution, Chercheur, INRAE
Sylvain Rode, Urbanisme, Enseignant-chercheur, Université de Perpignan
Florence Rodhain, Sciences de Gestion et du Management, Professeure, Université de Montpellier
Eric Roditi, Sciences de l'éducation et de la formation, Professeur, Université Paris Cité
Anthony Rodrigues, Microbiologie, Doctorant, Centre National de la Recherche Scientifique
Jerome Rodriguez, Astrophysique, Directeur de recherche, CEA
José Alberto Rodriguez Velamazán, Physique, Chercheur
Philippe Rogel, Océanographe, Chercheur
Juliette Roger, Vétérinaire épidémiologiste, VSC, CIRAD
Clément Rogier, Génie mécanique, Etudiant, ENS Paris Saclay
Benjamin Rohaut, Neurosciences, Maître de conférence, Sorbonne Université (MCU-PH)
Manuel Rojo, Biologie, Directeur de Recherche, CNRS
Monique Rolbert, Informatique, Maitre de conférences, Aix-Marseille Université
Catherine Rollin, Communication, Responsable communication de projets en partenariat, CIRAD
Mathias Rollot, Architecture, Maître de conférences, Université Grenoble Alpes
Daniele Romanini, physique, directeur de recherches, CNRS
Samuel Ronayette, Optique instrumentale pour l’astrophysique, Ingénieur
Josyane Ronchail, Climatologie, Enseignante chercheuse à la retraite, bénévole dans mon labo, Laboratoire d'Océanographie et du Climat (LOCEAN)
Martina Ronci, Sciences du langage, Chercheuse post-doctorante
Dominique Ronco, Physique, Doctorant, Laboratoire Collision Agrégats et Réactivité
Guillaume Rond, Mathématiques, Maitre de conférences
Simon Rondeau, Vulgarisateur Scientifique, Autoentrepreneur Artiste Auteur, Indépendant
Lise Ropars, Ecologie, Maître de conférences, Muséum National d’Histoire Naturelle
Mathilde Ropiquet, Géochimie, Doctorante
Françoise Roques, astrophysique, astronome, observatoire de Paris
Alexy Rosa, Ecologie et Evolution, Doctorant, Laboratoire d'Ecologie Alpine
Lauren Rose, Physique, Professeure agrégée
Alexandre Roselet, Communication scientifique, Etudiant, UFR LLASIC
Joachim Rosseel, Telecommunications, Post doc, Inria
Caroline Rossi, Linguistique appliquée, Professeure des universités, Université Grenoble Alpes
Natacha Rossi, Behavioural Ecology, Research Fellow, University of Sussex
Camille Rossignol, Sciences de la Terre, Enseignant chercheur, Université de Cagliari
Fatma Zahra Rostom, Economie, Chercheuse, ART-Dev, Cirad
Cecile Roucelle, Physique, Maîtresse de conférence, Université Paris Cité
Stéphane Roudeau, Chimie, Ingénieur de recherche, CNRS
Alain-Claude Roudot, Toxicologie, Professeur émérite, UBO
Quentin Rougemont, Biologie, Postdoctorant, CNRS
Théo Rougnant, Sociologie, Doctorant, EHESS
Nora Rouillier, Agriculture et biodiversité, Chargée d'étude, Muséum national d'Histoire naturelle
Laure Roulet, Sciences de l'information et de la communication, Maîtresse de conférences, Avignon Université
Antoine Roullet, Histoire, Chargé de recherche CNRS
Sylvie Rouquier, Biologie, Chercheure, CNRS
François Rousseau, Imagerie médicale, Professeur, IMT Atlantique
Marine Rousseau, Hydrologie, Enseignante du Supérieur (ES), Université de Montpellier
Philémon Roussel, Biologie computationnelle, Post-doctorant, ENS Paris
Sarah Roussel, Psychologie sociale, Doctorante
Hélène Roussel, astrophysique, enseignant-chercheur, Sorbonne Université
Fabien Roussel, Geographie, Maître de conférences, Université Sorbonne Paris Nord
Dominique Rousset, Géophysique, Maître de conférences, Université de Pau et des Pays de l'Adour
Juliette Rousset, Hydrogéomorphologie, Doctorante, INRAE
François Rousset, Biologie, Directeur de Recherches, CNRS
Joana Roussillon, Télédétection, Ingénieure de Recherche, IRD
Claire Roussy, Physique quantique, Doctorante, Université Paris-Saclay
Nicolas Roux, Sociologie, Maître de conférences, URCA
Philippe Roux, Physique / Géophysique, Directeur de recherche CNRS, Institut des Sciences de la Terre (ISTerre)
Hélène Roux, Sociologie, Chercheure associée, Centre population et développement (CEPED)
André Roux, Génie Civil, Retraité
Emmanuelle Rouxel, Hydrogéologue, Ingénieur, BRGM
Marie Christine Rouyez, Biologie, Ingénieure d'études, CNRS
Nicolas Roy, mathematiques, employé, zbMATH open
Carine Royer, Psychologie, Maîtresse de conférences, CY Cergy Paris Université
Helene Royer, Géographie, Doctorante
Marie Royer, Microbiologie, Doctorante, Institut Pasteur
Pascale Royer, Mécanique théorique et biomécanique tissulaire, Directrice de Recherche, CNRS
Sébastien Rozeaux, Histoire, Maître de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès
Simon Rozier, Astrophysique, Post-doctorant, Université d'Édimbourg
Marie-Pierre Ruas, bioarchéologie, directrice de recherche, CNRS
Catherine Ruchon, Sciences du langage, Ingénieure de recherche, Université de Lille
Florence Rudolf, Sociologie Urbanisme, Professeure des Universités, INSA Strasbourg
Tristan Ruffiot, Microbiologie, PhD student
Isabelle Ruin, géographie, Directrice de recherche, CNRS
Jean-Yves Runser, Chimie-Physique, Chercheur Post-Doctorant, CNRS
Emmanuel Russ, Mathématiques, Professeur des Universités, Aix-Marseille Université
Valentin Russeil, Agronomie, Post-doctorant, INRAE
Beatrice Ruta, Physique, Chercheuse, CNRS
Fanny Rybak, Ethologie, Enseignante chercheuse (Maître de conférences Université), Université Paris-Saclay
Julie Ryschawy, Agronome du territoire, Enseignante-chercheuse, INP-ENSAT, INRAe
Yannick S, Technologie, Enseignant
Véronique Saada, Biologie, Praticien de centre de lutte contre le cancer, Institut Gustave Roussy
Pierre Sabatier, Geologie, Maître de conferences, EDYTEM (USMB/CNRS)
Virginie Sablonière, physique, professeur, lycée La Fayette
Eric Sabourin, Anthropologie et sociologie, Chercheur, CIRAD
Erwan Sachet, Géographie, Chercheur, CIRAD
Nathanaelle Saclier, Génomique évolutive, Chercheuse post-doc, Institut des sciences de l'évolution de Montpellier
Ange Sahuquet, Génie Electrique, Doctorant, GeePs - Université Paris Saclay
Hervé Saint Macary, Agronomie, Retraité
Emmanuel Saint-Fuscien, Histoire, Directeur d'études, EHESS
Raphaël Saint-Jalm, Physique, Maître de conférences, Université Côte d'Azur
Sébastien Saint-Jean, Bioclimatologie, Enseignant-chercheur
Maud Saint-Lary, Anthropologie, Chargée de recherche, IRD
Arnaud Saint-Martin, Sciences sociales, Chercheur au CNRS, CNRS
Sarah Sajn, Sciences politiques, Docteure, chercheure associée, Mesopolhis
Mohamed Saki, Linguistique anglaise, Maître de conférences, Université de Bretagne Occidentale
Erdem Sakinç, Économie, Maître de conférences, Université Sorbonne Paris Nord
Fanny Salane, Sciences de l'éducation, Maîtresse de conférences, Université Paris Nanterre
Bernard Salaun, Qualité des eaux, Ingénieur
Aurelie Salavert, Archéologie, Maîtresse de conférences, MNHN
Gerard Salem, Géographie de la santé, Professeur Emerite, Université Paris-Nanterre
Evens Salies, Economie, Chargé d'études, Sciences Po
Ismael Salihou, Chercheur, Doctorant
Emmanuel Salim, Géographie, Maître de Conférences, Université de Toulouse
Fred Salin, Sociologie, ATER, Université Paris Cité
Marie-Anne Sallandre, Linguistique, Professeure des universités
Jean-Baptiste Sallee, Oceanographe et climatologue, Directeur de recherche, Cnrs
Lénaïg Salliou, Géographie - aménagement, Doctorante, UMR TREE 6031, Université de Pau et des Pays de l'Adour
Charlotte Salmon, Médecine, Praticienne Hospitalière, CHRU de Tours
Pierre Salmon, Histoire, Maître de Conférences, École normale supérieure
Quentin Salmon, Ecologie, Ingénieur de recherche, INRAE
Loic Salmon, Biophysique, Chercheur, CNRS
Annabelle Salmon-Legagneur, Hydrogéologue, Ingénieure, GEODERIS
Jean Salomero, Ingénieur risques naturels, ingénieur chef de projet, BRGM
Jean-Baptiste Salomon, Astrophysique, Chercheur
Julien Salomon, Mathématiques, Directeur de recherche, INRIA
Françoise Salvadori, Immunologie, Maître de conférence, Université de Bourgogne
Francoise Samarcq, Geotechnique, ingénieure, BRGM
Capucine Sammani, Histoire de l'art, Doctorante, Université Paris 8
Fabienne Samson, Anthropologie, Directrice de recherche, IRD
Alexander Samuel, Biologie, Enseignant
vincent sanchez, Agronomie, Chargé de décision, Anses
Patrick Sanchez, Acoustique, Ingénieur de recherche, CNRS
Mireia Sánchez Molas, Enseignement de langue et traduction, Maître de langue catalane, Université de Lille
Olivier Sandre, Physicochimiste, Directeur de recherche, CNRS
Michele Sanguillon, Informatique, Finctionnaire, CNRS
Hervé Sanguin, Microbiologie, Cadre, CIRAD
Mariame Sano, Sociologie, Doctorate, Université de Paris Cité
Sidiki Sanogo, climatologue, Postdoctorant, ISPL
Alexandre Santerne, Astrophysique, Astronome Adjoint
Léa Santerre, Sciences de la Vie, Master 2
Jérôme Santolini, Biochimie, Directeur de recherche, A ne pas mentionner
Sabine Santucci, Biologie, Chercheuse CNRS, Université Côte d'Azur
Pierre Saramito, mathématiques, Directeur de recherche, CNRS
Xavier Sarazin, Physique, Directeur de recherche au CNRS, CNRS / IN2P3
Elenie Sarciat, Sociologie et Anthropologie, Doctorante, Université libre de Bruxelles
Alice Sophie Sarcinelli, Anthropologie, Maîtresse de conférences, CERLIS- Université Paris Cité
François Sarfati, Sociologie, Professeur des universités, Université Paris Saclay
François Sarrazin, Ecologie, Professeur, Sorbonne Université
Géraldine Sarret, Sciences de l'environnement, Directrice de recherches, CNRS
Julien Sarron, Agronomie, Chercheur, CIRAD
Samira Sarter, Microbiologie, Chercheuse, CIRAD
Jean-Pierre Sarthou, agroécologie, professeur des universités, Agro Toulouse
Marc Sato, Neurolinguistique, Chercheur, CNRS
Capucine Saulpic, Sciences du langage, Doctorante
Pierre-Simon Saulue-Laborde, Physique-Chimie, Enseignant, Lycée Raspail
Alexis Saurin, Informatique, Chargé de recherche, CNRS
Olivier Saut, Mathématiques, Directeur de Recherche, CNRS
Claude Sauter, Biologie, Directeur de recherche, CNRS - IBMC - Université de Strasbourg
Daniel Sauter, géosciences, chercheur, CNRS
Corentin Sautier, Vision par Ordinateur, Doctorant, LIGM / ENPC
Guillaume Sautrey, Physico-chimie, Enseignant-chercheur, Université de Lorraine
Marie Sauvadet, Sciences du sol et de l'environnement, Chercheure, CIRAD
Marc Sauvage, Astrophysique, Ingénieur-Chercheur, CEA
Emmanuel Sauvan, Physique des particules, Directeur de recherche, CNRS
Nathalie Sauvonnet, Biologie, Directrice de recherche, Institut pasteur
Emile Savalle, Neuroscience, Doctorant, INRIA
Joel Savarino, sciences de l'atmosphère et du climat, directeur de Recherche, CNRS
Onaïa Savary, Climatologie, Doctorant, Météo-France
Julien Savatier, Biologie, Ingénieur de Recherche CNRS, CNRS
Camille Scalliet, Physique, Chargée de Recherche CNRS
Marine Scandella, Sociologie, Doctorante, CNRS
Honor Scarlett, Epidémiologie et santé publique, Doctorante, Sorbonne Université / INSERM
Ligia Scarpa Bensadon, sociologie pragmatique, doctorand, EHESS / UFRRJ
Claire Scavinner-Dorval, Informatique, Doctorante, IMT Atlantique
Anthony Scemama, Chimie Quantique, Ingénieur de recherche, CNRS
Daniel Schaerer, Astrophysique, Enseignant-chercheur
Alain Schaffner, Littérature française, Professeur, Sorbonne Nouvelle
Barbara Schapira, mathématiques, Maîtresse de conférences HC, Université de Rennes
Bruno Schapira, Mathématiques, Professeur des universités, Aix-Marseille Université
Renaud Scheifler, Ecotoxicologie, Professeur des Universités, Université de Franche-Comté
Bérénice Schell, Santé, Biologiste médical, APHP
Bernard Schéou, Economie, Maître de conférences, Université de Perpignan Via Domitia
Bruno Scherrer, informatique, chercheur
Fabrice Scheurer, physique, chercheur, cnrs
Irene Schimmelpfennig, Géosciences, chargée de recherche, CNRS
Léa Schleck, Médecine, Maître de stage des universités, enseignante vacataire, Université de Lorraine
Grégoire Schlemmer, anthropologie, chercheur, IRD
Fabian Schlimpen, Chimie, Chercheur
Lalia Schmitt, Sociologie, Doctorante, Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE)
Sylvain Schmitt, Écologie et Climat, Chercheur, CIRAD
Marc Schmutz, Chimie, Ingénieur de Recherche, CNRS
Jean Schneider, Astronomie, Chercheur, Observatoire de Paris
Salomé SCHNEIDER, Eau Agriculture Changement Climatique, CDD, Institut Agro Montpellier
Sylvie Schneider-Maunoury, Biologie, Directrice de recherche, Inserm
Nathalie Schnitzer, allemand, maitresse de conférences, AMU
Cléo Schoeffel, Neurosciences, Doctorante, AMU
Marc Schoenauer, Informatique, Directeur de recherche émérite, Inria
Daniele Schön, Neurosciences, Directeur de Recherche, Aix-Marseille Université, Inserm, CNRS
François Schosseler, Physique, Directeur de recherches, CNRS
Floris Schruijer, Agronomie, Agronome, Confédération paysanne
Lucie Schurr, Ecologie, Maîtresse de conférences, Université Paris Cité
Melanie Schwartz, Anglais, Enseignante, Université Paris 8
Jean-Luc Schwartz, sciences cognitives, Directeur de recherche émérite, CNRS
Nill Schwencke, Machine-learning, Doctorant, Université Paris Saclay
Gilles Sciuto, Mathematiques, Agrégé, CPGE
Céline Scornavacca, Bio-informatique, Directrice de recherche, CNRS
Sandrine Scott, Mathématique, PRAG, Ecole d'ingénieurs
Camille Scotté, Physique, Chercheuse, INRAE
Vivien Scottez, Astrophysique, Enseignant-chercheur, Université Catholique de Lille
Luca Scotto Lavina, Physique, Directeur de Recherche, CNRS
Lana Scravaglieri, Informatique, Doctorante, Inria
Chrystelle Scudieri, Administration, Fonctionnaire, Université de Bordeaux
Lea Sebastien, géographie, maîtresse de conférences, Université Toulouse II
Mireille Sebbag, Recherche Médicale, Chercheur, INSERM
Olivier Sedan-Miegemolle, Geologue, retraité, BRGM
Roland Séférian, Climatologue, Chercheur
Mariona Segu, Economie, Assistant Professor, CY Cergy Paris Université
Marie Séguigne, Ecologie fonctionnelle, Doctorante, Laboratore
Raphael Seguin, Écologie marine, Doctorant, Université de Montpellier
Laura Seguin, Sociologie, Chercheure, Brgm
Luc Seguis, Hydrologie, Chargé de recherche, IRD
Julien Sein, neurosciences, Ingénieur de Recherche, CNRS
Luka Selem, Physique, post-doctorant, LPSC, CNRS
Fekrije Selimi, Neurosciences, Directrice de Recherches, CNRS
Geneviève Sellier, études cinématographiques, Professeure émérite, Université Bordeaux Montaigne
Manuel Selva, Informatique, Maître de conférences, UGA
Frederic Semet, Informatique, Professeur, Centrale Lille
Sylvain Sené, Informatique, Professeur des universités, Université d'Aix-Marseille
Pierre Senellart, Informatique, Professeur des Universités, École normale supérieure
Pascale Senellart, physique quantique, directrice de recherche CNRS, académie des sciences, CNRS
Antoine Senger, Physique, Enseignant, CPGE
Anis Senoussi, Biologie, Postdoctorant
Hugo Sentenac, Ecologie, Postdoc
Coline Sentenac, Ecologie, Etudiante M2, Sorbonne Université
Pascal Seppecher, Economie, Chercheur, CEPN
Pierre Sepulchre, Paléoclimatologie, Directeur de recherche, CNRS
Alice Serafin, Biologie, Postdoc
Dominique Serça, Physique et chimie de l'atmosphère, Professeur, Université Toulouse 3
Iris Seri-Hersch, Histoire contemporaine, Maîtresse de conférences, Aix-Marseille Université
Marie Serisier, Linguistique informatique, Doctorante, Université Paris-Cité/Université Libre de Bruxelles
Celine Serrano, Informatique, Ingénieure de recherche
Justine Serrano, Physique des particules, Directrice de recherche, Cnrs
Hassan Serrier, Economie de la santé, Economiste, Hospices Civils de Lyon
Théo Serru, Sciences Informatiques, Post-doctorant, LS2N
Renata Servan De Almeida, Microbiologie, Chercheure, CIRAD
Rémi Servien, Statistiques, Directeur de recherche, Inrae
Jacques Serviere, Neurosciences, Directeur de Recherches retraité, INRAe
Mathieu Servillat, Astrophysique, Ingénieur de Recherche, CNRS
Romain Sescousse, Science des matériaux, Enseignant chercheur, IMT Mines Albi
Katia Seus-Walker, anglais, maître de conférences (à la retraite), IUT - université Paul Sabatier
Yann Sévellec, Microbiologie, Chargé de Recherce, Université de Rennes
Ariel Sevilla, Sociologie, Maître de conférences, Univ. Reims
David Sevrain, Physique-Chimie, Enseignant agrégé, CPGE
Thaïs Seyve Falaise, Ecologie, Doctorante, INRAE
Sita Shah, Biologie, Docteur
Bénédicte Shawky-Milcent, Littérature et langue françaises, Maîtresse de conférences, Université Grenoble Alpes
Nicole Sibelet, Agronome et Anthropologue, CDI, Corad
Emmanuelle Sibeud, Histoire, Professeure, Université Paris 8
Myriam Siegwart, Entomologie, Ingénieure, INRAE
Axelle Sigot, Astrophysique, Ingénieure d'études
Nicolas Sihlé, Anthropologie, Chargé de recherche, CNRS
Jean-Claude Sikorav, Mathématiques, Professeur, École normale supérieure de Lyon
Ali Sili, mathématiques, Enseignant-chercheur, Aix-Marseille Université
Fabrice Silva, Acoustique, Charge de recherche, CNRS
Adriana Sima, Modélisation du climat, Ingénieure de recherche
Florian Simatos, Mathématiques Appliquées et Aviation Durable, Enseignant-Chercheur, ISAE SUPAERO
Thierry Simeon, Sciences Informatiques, Directeur de Recherche, CNRS
Jules Simha, Sociologie, Maître de conférences, UPC
Mathys Simion, Intelligence Artificielle, Doctorant
Patrick Simon, Démographie, Directeur de recherche, INED
Amélie Simon, Climatologue, Post-doctorante
Laurent Simon, Ecologie aquatique, Maitre de conférences, Université Claude Bernard Lyon 1
Gael Simon, biologie, AI, CNRS
Maria Simondon, Veterinaire, En exercice
Virginie Simonet, Physique, Chercheuse, CNRS
Laurence Simonneaux, Didactique des sciences et des questions socialement vives, Professeure émérite, Ensfea
Lorella Sini, Sciences du langage, Prof, Université de Pise -Italie
Yves Sintomer, science politique, professeur, université paris 8
Guillaume Siour, Pollution atmosphérique, Ingenieur de Recherche, CNRS
Clélia Sirami, Ecologie, Directrice de recherche, INRAE
Charlotte Sirieix, Agroécologie, Ingénieur
Plinio Sist, Ecologue forestier, Directeur de l'unité de recherche Forêts et Sociétés, Cirad
Anna Skrzatek, Neurosciences Cognitives, Postdoctorante, Université de Lille
Abdelilah Slaoui, Energie, Directeur de recherche, CNRS
Stéphanie Smadja, Linguistique, Professeur, Toulouse
Ketty Smith, Écologie scientifique, Étudiante en deuxième année de master Biodiversité Écologie Evolution, Sorbonne Université
Vivien Soldé, Sciences de l'éducation et de la formation, ATER, Université Sorbonne Paris Nord
Nicolas Soler, Microbiologie, Maître de conférences des universités, Université de Lorraine
Sylvain Soliman, Informatique, Chargé de Recherches, Inria
Sofia Soloperto, Ecotoxycologie, Post-Doc
Roelof Soltani, Physique Chimie, Enseignant, Education nationale
Ambrine Soltani, Anthropologie - Info-com, Chercheuse, Lyon 2
Claire Somaglino, Histoire ancienne, Maîtresse de conférences, Sorbonne Université
Emmanuel Soncourt, Hydrogéologie, Hydrogéologue agréé (COSP)
Solène Song, Bioinformatique, Post-doctorante
Eric Sopena, Informatique, Professeur des universités, Université de Bordeaux
Eric Soriano, Science politique, Maitre de conférences HDR, Université Paul Valéry Montpellier
Sylvain Sorin, mathematique, professeur emerite, Sorbonne Universite
Paul Sorrentino, Anthropologie, Maître de conférences, EHESS
Philippe Soucaille, Biotechnologie, Professeur, Insa
Hector Soucheyre, Écologie, Étudiant, Université Paris-Saclay
Marine Souchier, Ecologie, Ingénieur de recherche, Université Savoie Mont Blanc
Isabelle Souchon, Sciences des procédés alimentaires, Sciences des aliments, Directrice de Recherche, INRAE
Nadege Sougy, Histoire, Enseignante, Université de fribourg
Farida Souiah, Science politique, Professeur assistant, Emlyon business school
Léo Souillés, Arts, Maître de conférences, Université de Lorraine
Virginie Soula, Lettres, Maitre de conférences, Université de la Nouvelle-Calédonie
christophe soulé, mathématiques, directeur de recherches émérite
Guillaume Soulez, Cinéma, audiovisuel, communication, Professeur, Sorbonne Nouvelle
Jean-Christophe Soulié, Informatique, IA, Chercheur, CIRAD
Floriane Soulié-Caraguel, Science politique, Doctorante, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Christiane Soum, sciences du langage, Maître de conférences, ut2j
Jean-Michel Sourisseau, économie, Chercheur, CIRAD
Gilbert Soury, Syndicaliste, Retraite
Louis Souville, Biologie, Ingénieur d'étude, AMU
Benoit Soyer, Appui à la recherche, Ingénieur de recherche - Fonctionnaire, IRD/CNRS
Pierre-Jean Spaenlehauer, Informatique, Chargé de Recherche
Nathalie Spassky, biologie, directrice de recherche, inserm
Panayotis Spathis, Physique, Enseignant-Chercheur, UGA
Sabrina Speich, Océanographie et sciences du climat, Professeure ENS, Classe Exceptionnelle, Ecole normale supérieure
Marco Sperduti, Psychologie Cognitive, Maître de conférences des universités, Université Paris Cité
Delphine Spicq, Histoire, sinologie, Maitre de conférences, Collège de France/EHESS
Salvatore Spicuglia, Biologie, chercheur, INSERM
Gilles Spielvogel, Economie, Maitre de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Anaïs Spire, Biologie, Étudiante, ENS - PSL
Monique Spite, astrophysique, Chercheur émérite, CNRS
Fabien Stalport, Astrochimie, Maitre de conférences, Université de Paris Cité
Philippe Stamenkovic, philosophie des sciences, chercheur postdoctorant, Université d’Uppsala (Suède)
Claudia Starke, Sciences du langage, Chargée de communication, CNRS
Lydie Staron, Science de l'Ingénieur-e, Chargée de Recherche, CNRS
Alex Stasica, Linguistique, Etudiant, Université Toulouse Jean Jaures
Pierre Stassart, sociologie, professeur, Université de Liège (Belgique)
Rémy Steen, Écologie marine, Étudiant, Sorbonne université
Sonia Stefanovic, Santé, Exposome, Nutrition et Malformations associées, Chercheuse, Co-Cheffe d'équipe, INSERM
Marc Steinmann, Sciences de la Terre, Maître de conférences, Université de Franche-Comté, Besançon
Nicoletta Stendardo, Documentation, contractuel
Roman Stetsenko, Biologie, Post-doctorant, Université d’Edimbourg
Hélène Stevens, sociologie, Maîtresse de conférences, Université de Poitiers
Daniel Stoeffler, Physique, Chargé de recherche, CNRS
Dirk Stratmann, Biophysique, Enseignant Chercheur, Sorbonne Université
Vincent Studer, Sciences Biologiques, Directeur de recherche, CNRS
Peter Sturm, Informatique, Chercheur
Pierre Styblinski, Psychologie, doctorat - enseignant, Université de Poitiers
Francisco Suarez, Histoire, Doctorant, ED020 CLEA-CHAC
Jean-Sébastien Suau, ASI Informaticien, Fonctionnaire, CNRS
Antonia Suau-Pernet, Biologie, Professeure des Universités, Cnam
Séverine Suchail, Sciences, Enseignant -chercheur, IMBE
Myriam Suchet, Indiscipline, Maîtresse de conférence, Sorbonne nouvelle
Marine Suils Porte, Droit, Doctorante et ATER, UMR SAGE
Benjamin Sultan, Climatologue, Directeur de Recherche
Nadine Suppo Essayem, Chimie-catalyse hétérogène, Directrice de recherche, Institut de Recherche sur la Catalyse et l'Environnement de Lyon
Alexandre Surget, Neurosciences, Maître de Conférences, Université de Tours / Inserm
Alexandre Surgry, Neurosciences, Maître de Conférences, Université de Tours / Inserm
Camila Syed, Biotechnologie, Etudiante, Supbiotech
Camila Syed, Biotechnologie, Etudiante, Supbiotech
Florence Sylvestre, Paléoclimatologie, Directrice de Recherches, IRD
Martin Szinte, Neurosciences, Chercheur CNRS
Sophie Szopa, Chimie de l'atmosphère, Chercheuse, Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement
Aviva Szpirglad, Mathématiques, Professeure émérite, Université de Poitiers
Mathias Szpirglas, Sciences de gestion et du management, Maitre de conférences, IAE Paris-Est, Institut de Recherche en Gestion, Université Gustave Eiffel
Mathilde Taghon, Psychologie, Doctorante, Université de Lorraine
François Taïani, Informatique, Professeur des Universités, Université de Rennes
Audrey Taillefer, Sciences de la Terre, Post-doc, Observatoire Midi Pyrénées
Yacine Tajri, Histoire du sport, Maître de conférences, ACP
Sylvain Takerkart, informatique, ingénieur de recherche, CNRS
Sonia Taleb, Histoire, Doctorante, EHESS
Marina Talet, Maths, Enseignant-chercheur
Brigitte Talon, Ecologie, Enseignante-Chercheure, Institut Méditerranéen de Biodiversité et d'écologie méditerranéenne (IMBE), Aix Marseille Université
Mignot Tam, Biologie, Directeur de Laboratoire, CNRS
Francesco Tamborra, Physique, Engenieur Chercheur
Christian Tamburini, Océanographie microbienne (Océan profond), Directeur de recherche, CNRS
Christian Tamburini, Océanographie microbienne (Océan profond), Directeur de recherche, CNRS
Pacheff Tania, Biochimie santé environnement, Indépendant
Maxime Tanious, Astrophysique, Doctorant
Alexis Tantet, Climat, Professeur assistant, Laboratoire de Météorologie Dynamique, École Polytechnique
Eric Tardan, Cirad, Epic, Ciead
Samuel Tardieu, Informatique, Enseignant-chercheur, Télécom Paris, Institut Polytechnique de Paris
Pascale Tardif, EPS, Prag, Université de Montpellier
Tonya Tartour, Sociologie, Maîtresse de conférences, Sciences Po Bordeaux
Jacques Tassin, Ecologie, Chercheur, Cirad
Chloé Tavernier, Ecologie, Ph.D., Wageningen University and Research
Patrizia Tavormina, Transition socio-écologique, Chargée ingénierie de formation, Université Bretagne Sud
SERGE TCHERKEZOFF, anthropologie, Professeur (em.), EHESS
Kapiolani Teagai, Géosciences, PhD student
Monique Teillaud, Informatique, Directrice de recherche, Inria
Catherine Teissier, Etudes germaniques, Maîtresse de conférences, Université d'Aix-Marseille
Samuel Teissier, Hydrobiologie - Ecologie Aquatique, Docteur en écologie des systèmes aquatiques continentaux
Maria Teresa Teixeira, Biologie Moléculaire, Directrice de Recherches, CNRS
Marion Tellier, Didactique du FLE, Professeure des universités, Aix Marseille Université / LPL
Celine Teplitsky, Écologie évolutive, Directrice de recherche, CNRS
Claudia Teran-Escobar, Psychologie sociale, Maîtresse de conférences, Univ. Paris Nanterre
Clarissa Terenzi Seixas, Sciences Infirmières, Maîtresse de conférences, Université Paris Cité
Élise Ternoy, Littérature comparée, Doctorante, Université d’Artois
Julien Terraube, Écologie animale, Chargé de recherche, Office Français de la Biodiversité
Laurent Terray, climat, chercheur
Pascal Terrien, Mathématiques, Enseignant CPGE
Monique Terrier, sciences de la Terre, docteur en géologie, brgm
Loïc Terrier, mathématiques, enseignant
Hélène Terrisse, Chimie, Maître de Conférences, Nantes Université
Jacques Testart, biologie, Directeur de recherche honoraire, inserm
Marc Testé, Géographie, précaire, Université
Florent Tétard, Chimie des Matériaux, Maitre de conférences, Université Sorbonne Paris Nord LSPM CNRS
Laure Teulières, Histoire, enseignante-chercheuse, Université Toulouse Jean Jaurès
Olivier Teytaud, Informatique, Chercheur, Meta
Kim-Loan Thai, Informatique, Maîtresse de conférences, Sorbonne Université
Samuel Thé, Astrophysique, Postdoctoral, MIT
Mathieu Thebaud, Santé, Ingénieur
Christophe Thébaud, Biologie évolutive, Professeur des Universités, UMR 5300 CRBE - CNRS, IRD, Univ Paul Sabatier
Elio Thellier, Physique, Doctorant, Laboratoire Charles Fabry
Jérôme Thélot, Littérature française, Professeur émérite des Universités, Université de Lyon 3
Nathan Thenon, Vétérinaire spécialisé faune sauvage, Chargé de mission, VetAgro Sup
Amaury Thépault, Ecologie, Doctorant, Muséum national d'histoire naturelle
Lucie Thépot, Sciences Politiques, Histoire, Sociologie, Philosophie Politique, Étudiante, EHESS
Vincent Thery, Chimie, Maître de conférences, Université Clermont Auvergne
Gilles Theureau, Astrophysique, Enseignant-chercheur, Observatoire de Paris
Adeline Thevand, Ecologie, Ingénieur et docteur, Syndicat Intercommunal du Bassin d'Arcachon
Paloma Thevenet, Astrophysique, Etudiante Master, Observatoire de Paris PSL
Stéphane Thevenet, Études coréennes, Maître de conférences, Inalco
Sophie Thévenon, Santé animale, Chercheur, CIRAD
Laurent Thévenot, sociologie, Directeur d'études, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Samuel Thibault, Informatique, Professeur des Universités, Université de Bordeaux
Hélène Thibault, Océanologie, Doctorate, Aix-Marseille Université
Alexandre Thibodeau, Ecotoxicologie, Doctorant, INP - Toulouse
Amandine Thibout, Architecture, étudiante, ENSASE
Virginie Thiebaut, Géographie, Enseignant chercheur, Universidad Veracruzana, Mexique
Rémi Thiéblemont, Risques côtiers et changement climatique, Chercheur
Denis Thiéblemont, Géologie, Salarié, BRGM - Bureau de Recherches Géologiques et Minières
Denis Thieffry, Biologie, Professeur
Virginie Thierry, Océanographie, Chercheur, Ifremer
Noelle Thines, enseignante retraitee, retraitée, EN
Sylvie Thoby, Alimentation, Contractuel, Institut Agro Rennes Angers
Stéphane Thomas, Météorologie, Ingénieur retraité, Météo-France
Alexander Thomas, Mathematiques, Postdoc
Sydney thomas, écologie industrielle, doctorant, INP Toulouse
Lou Thomas, Ingénieure, Étudiante
Laurent Thomas, Hydrogéologue, Cadre
Gilles Thoreau, Sciences de l'ingénieur, Retraité
Nicolas Thouveny, Sciences de la TERRE du CLMAT et de l’ENVIRONEMENT, Professeur, Aix-Marseille Université
Olivier Thual, Mécanique des fluides, Professeur émérite, Toulouse INP
Mathias Thura, sociologie, Maître de conférences, Université de Strasbourg
Séverine Thys, Anthropologue de la Santé, Chercheure, CIRAD
Bruno Tiberghien, Sciences de gestion / Management Public, Maître de conférences HDR, IMPGT-CERGAM-AMU
Didier Tichit, Chimie, Directeur de Recherche Emérite CNRS, CNRS
Laurent Tichit, Informatique, Maître de Conférences, Université d'Aix-Marseille
Samuel TIETSE, Sciences de l'information et de la communication, Enseignant - Chercheur, Université de Tours
Eve Tignol, Histoire, Titulaire
Johanna Tilche, Sciences Politiques, Etudiante, Sciences po Bordeaux
Cécile Tillier, Microbiologie, Doctorante
Hébert Timoté, Sociologie / Sciences politiques, Doctorant, LATTS
Youri Timsit, biologie structurale, directeur de recherche, CNRS
Karine Tinat, Sociologie - Anthropologie - Genre, Enseignante-chercheuse, El Colegio de México
Didier Tiphene, Astronomie & Astrophysique, Astronome, Observatoire de Paris
Billie Tison, Linguistique, Étudiant en Master, Nantes Université
Violaine Tisseau, Histoire, Chargée de recherche CNRS
Chloé Tisserand, Sociologie, ATER
Patrick Tisserand, Astronomie, Astronome, Institut d'Astrophysique de Paris
Laure Tisseyre, Sciences des religions, Docteure - Collaboratrice scientifique, Université libre de Bruxelles
Tazzio Tissot, Biologie évolutive, Postdoctorant, Université de Southampton
Florent Tivet, Agroécologie, Agronome, CIRAD
Ameni Tlili, sociolinguistique, chercheuse, Université de Rouen
Snežana Todorović, Psychologie / neurosciences, Maîtresse de conférences
Bertrand Toen, Mathématiques, Directeur de recherches
Coralie Toldo--Quélard, Ecologue, Étudiant
Timothée Tollet, Astrophysique, Doctorant, CEA Saclay
Aurelie Tomadini, Droit public, Maître de conférences, Université de Bourgogne
Noémie Tomadini, Archeozoologie, Chercheuse, MNHN
Antonin Tomasso, Archéologie, Chargé de recherche, CNRS
Hélène Topart, Mathématiques, Enseignant CPGE, Lycee G. Monod
Loïc Toraille, Physique des matériaux, Chercheur, CEA
Jean-Louis Tornatore, Anthropologie, Professeur émérite, Université de Bourgogne, LIR3S
Théo Torres, Physique, Postdoctorant
Manon Torres, Sociologie, Postdoctorante, CNAM
Clara Torres-Barceló, Microbiologie, Chercheuse, INRAE
Bruno Torresani, Mathématiques, Professeur des Universités, Aix-Marseille Université
Gwenola Tosser-Klopp, Génétique animale, Directrice de recherches, INRAE
Houari Touati, Historien, Directeur d'études, EHESS (Paris)
Françoise Toulemonde, Archéobotanique, Autoentrepreneur, associée à l'UMR AASPE du MNHN/CNRS
Bastien Tourenc, Histoire, Doctorant, Lyon 2
Jean Tournadre, Océanographie, Chercheur, IFREMER
Ludovic Tournès, histoire, professeur, université de Genève
Dominique Tournès, Mathématiques, Professeur des universités, Université de la Réunion
Marie-George Tournoud, Hydrologie, Emerite, U. Montpellier
Nathalie Touron, Neurosciences, Professeur de chaire supérieure, Éducation nationale
Aurèle Toussaint, Ecologie, Chargé de recherche, CNRS
Jeanne Toutous, sciences de l'information et de la communication, maîtresse de conférences, Université de Rennes
Jean-Marc Touzard, économie, Directeur de recherche, Inrae
David Touzeau, Physique, Doctorant, IPhT - CEA Saclay
Samuel Tozer, Biologie, Chercheur, CNRS
Salma Trad, Sciences du langage, doctorante, Université Toulouse Jean Jaurès
Romain Tramoy, Sciences de l'Environnement, Enseignant Chercheur, Laboratoire Eau Environnement et Systèmes Urbains (UPEC)
My-An Tran, Médiation scientifique, Médiatrice scientifique, S[cube]
Chloé Tran-Quy, Économie, Étudiante, Ens Paris-Saclay
Julien Tranchant, Science des Matériaux, Ingénieur de Recherche
Marie Treibert, Vulgarisation scientifique, Indépendante
Carole Treibich, Economie, Maître de conférences, Université Grenoble Alpes
Rémi Tremouille, Biogéochimie, Doctorant, Centre de Recherche sur la Biodiversité et l'Environnement
Jules Trémouille, Astrophysique nucléaire, Stagiaire
Hugo Trentesaux, Physique / Informatique, bifurqué, ex CNRS
Bruno Trentini, CNU 18- Esthétique, Maître de conférences, université de Lorraine
Roland Triay, Physique Théorique, Prof. émérite, Aix Marseille Université
Pierre-Marie Tricaud, Urbanisme, Chargé d'études, L'Institut Paris Région
Anne Tricot, Géographie, Ingénieure CNRS, CNRS inshs
Salil Parth Tripathi, Sciences de l'ingénieur, Doctorant, IMT Atlabti
Sébastien Triqueneaux, Physique, Ingénieur de Recherche, CNRS
Isabelle Tritsch, géographie, docteure en géographie, Cirad
Wilfried Troalen, Bio-composite, Doctorant, IRDL
Jérôme Trotignon, Economie, Maître de Conférences, Université Lyon 3 / et Laboratoire Triangle
Daniela Trucco, Science politique, Chercheure post-doctorale
Bruno Truchet, Neurosciences, Enseignant-Chercheur, Aix-Marseille Université, CNRS
Théophile Truchis, Physique mathématique / écologie théorique, Doctorant, CPHT
Lionel Truquet, Mathématiques, Enseignant-Chercheur, Ensai
Svyatoslav Trusov, Physique, Doctorant, LPNHE
Guillaume Tueux, Biologie végétale et microbiologie, Doctorant
Laetitia Tuffery, Economie, Chercheure associée, INRAE
Yasmine Tuffy, Sociologie, Doctorante, EHESS, Ined
Laurice Tuller, Sciences du langage, Professeur émérite, Université de Tours
Martin Turbet, Physique de l'atmosphère, Chargé de recherche CNRS, LMD, IPSL
Laure Turcati, Sciences de l'environnement, Ingénieure de recherche, Sorbonne Université
Alain Turchiarelli, SHS Ergonomie, Ergonome, CEA
Hervé Turlier, Biophysique, Chargé de recherche, Collège de France
Naguy Turpin, BTP, Chargé d'étude en fondation spéciale
Martina Tuscano, Sociologie, Post-doctorante, Université Grenoble Alpes
Agnès Tutin, Sciences du langage, PU, Université Grenoble Alpes
Anne Unterreiner, Sociologie, Chercheuse
Valerie Urbach, biologie santé, Chargée de recherche HC, INSERM
Léa Uroy, Ecologie, Postdoctorante, Université de Rennes
Antoine Usseglio-Carleve, Mathématiques, Maître de conférences, Avignon Université
Jean-Philippe Uzan, Physique, Directeur de Recherche, Institut d'astrophysique de Paris
Jean Vacelet, Biologie et écologie marine, Directeur de recherches CNRS émérite⁸, IMBE
Georges Vachaud, environnement, directeur de recherches DRCE Emérite,, CNRS, Institut des Géosciences de l'Environnement, Grenoble
Jean-Joinville Vacher, Écologie, Directeur de recherche émérite, IRD
yann Vacher, Sciences de l'éducation, PRAG docteur, Université de Corse-INSPE
Cédric Vaillant, Biophysique, Directeur de Recherche CNRS, CNRS - Lab Phys - ENS de Lyon
Joëlle Vailly, Sociologie, Directrice de recherche, CNRS
Frédéric Vairel, Science politique, Professeur titulaire, Ecole d'études politiques, Université d'Ottawa
Thomas Vaïsse, Anthropologie, Doctorant, EHESS / CeRCLEs
Aude Valade, Sciences de l'Environnement, chercheuse, cirad
Alain Valadon, génétique, retraité
Muriel Valantin Morison, Agroécologie, directrice de recherche, INRAE
Myrto VALARI, Science de l'atmosphère, Physicienne adjointe, Sorbonne université
Sophie Valcke, Modélisation du climat, Ingénieure de recherche, CERFACS
Constance Valentin, Physique, Chargée de Recherche, CNRS
Alezra Valérie, Chimie, Maître de conférences, Université Paris-Saclay
Myriam Valero, génétique et écologie évolutive, emeritat, CNRS, station Biologque de Roscoff
Yolene Valiere, architecture transitio écologique, chercheuse
Alice Valiergue, sociologie, chercheure contractuelle
Bijan Valilou, Economie, Doctorant, Université de Bordeaux
Christine Vallet-Coulomb, Géosciences de l'environnement, Professeur des Universités, Aix Marseille Université
Christine VALLIN, Sociologie, Doctorante, Université de Lille
Milla Valnet, Informatique, Doctorante, Sorbonne Université
Pierre Valvin, Physique, Ingénieur de Recherche, CNRS
Angélique Van de Luitgaarden, Archéologie, Doctorante
Enya Van Den Abeele, Physique, Doctorante, Sorbonne
Romain Van Den Berg, Télécommunications, Ingénieur concepteur développeur
Inès Van Der Smit, Paramédical, Retraitée
Marieke Van Lichtervelde, Géosciences, Chercheur, IRD
Vanessa Van Renterghem, Histoire médiévale, Professeure des Universités, Inalco
Olivier Vanderhaeghe, Géosciences, Professeur, Université de Toulouse
Alexis Vanhaesebrouck, Santé publique, Doctorant
Mathilde Vanhelmon, Études germaniques, Doctorante, Aix-Marseille Université
Hugo Vanneuville, Mathématiques, Chargé de recherche, CNRS
Guillaume Vanotti, Biologie, Chercheur, KU Leuven
Antoine Vansse, Écologie, Master, ENS de Lyon
Hadrien Vanthomme, Ecologie, Chercheur
Adèle Vantorhoudt, Sociologie, Doctorante, inrae
Ivo Vanzetta, Neurosciences, Chercheur, CNRS
Valentina Vapnarsky, Anthropologie linguistique, Directrice de recherche et Directrice d’Etude cum., CNRS et EPHE
Jana Vargovcikova, science politique, maîtresse de conférences, Inalco
Vivian Varlet, Géographie, Doctorant, Université de Montpellier
Adrien Vasseur, Aérospatial, Doctorant
Adeline Vautrin, Archéologie, Doctorante, Muséum national d'Histoire naturelle
Lionel Vaux Auclair, Mathématiques, Maître de conférences, Université d'Aix-Marseille
Fabrice Vavre, Biologie de l'évolution, Directeur de recherche CNRS, Lyon
Mélanie Vay, Science politique, Chargée de recherche, Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice
Celine Vaz, Histoire contemporaine, Maître de conférences, Université Polytechnique Hauts de France
Fernande Vedel, physique, Professeur Émérite, Aix-Marseille Université
Aurélien Velleret, mathématiques, chercheur postdoctoral, INRAE
Olivia Venot, Astrophysique, Chargée de Recherche, CNRS
Cathie Ventalon, Physique, Chercheuse
Tom Vercauteren, Imagerie médicale, Professeur, King's College London
Elodie Vercken, Ecologie, Directrice de recherches, INRAE
Nicolas Verdier, MBA, Diplomé, HEC
Valérie Vergé, Biologie cellulaire, Ingénieure, Sorbonne Université
Alexis Verger, Sciences de la Vie, Chargé de recherche, CNRS
Camille Vergnaud, Géographie, Maitresse de conférences, Université Grenoble Alpes
Julien Vergne, Biologie, Ecologie, Adaptation du vivant, Médiateur scientifique, ANA-CEN Ariège
Jean-Baptiste Vergnes, Microbiologie-Biochimie, PhD
Jean-François Verlhiac, Psychologie Sociale, Professeur, Université Paris Nanterre
Francois Vernadat, Informatique, Professeur des Universites, Insa / Laas
Samuel Vernet, Sciences du langage, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Thomas Vernet, Histoire, Maître de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Anne-Laure Vernet, Arts, Maîtresse de conférences, Université de Lorraine
Maud Verneuil, SHS, Stagiaire
Aurélie Verney-Carron, Géosciences, Maître de conférences
Sandrine Vernhes, Sciences humaines et sociales, Technicienne de recherche, Inrae
Camille Vernier, Evolution et écologie, Post-doctorante, Université de Turin
Pierre Veron, Biologie, Doctorant, École normale supérieure PSL
Géraldine Veysseyre, Philologie, MCf HDR, Sorbonne Université (Lettres)
Jérôme Vialard, Océanographie, Climatologie, Chercheur, IRD
Annie Viallat, Physique, Directrice de recherche, CNRS
Manon Vialle, Sociologie, Postdoctorante, Université Ca Foscari
Scott Viallet-Thevenin, Sociologie, Chercheur contractuel, Université de Potsdam
Magalie Viallon, Physique, Physicien hopsitalier, CHU de Saint etienne, UMR CNRS 5220, INSERM 1294
Jean-François Vian, Agronomie des systèmes, Enseignant-chercheur
Laëtitia Vibert, écologie, Écologue - ornithologue
Clément Vic, océanographie, chercheur, Ifremer
Pascale Vicat- Blanc, Informatique, Directrice de Recherche, INRIA
Jean-Marc Victor, Physique, Directeur de recherche, CNRS
Matthieu Vida, Sciences de l'atmosphère, Ingénieur de recherche, Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (LISA)
Manuel Vidal, Neurosciences, Chercheur, CNRS
Laurence Vidal, Paléoclimatologie, Pr, CEREGE-Aix Marseille Université
Eric Vidal, Ecologie, Directeur de Recherche, Institut de recherche pour le Développement
Anaïs Vidal-Jaumary, Histoire, Docotrante, CREDA
Ilan Viemont-Lefeuvre, Sciences de l'environnement, Doctorant, IMT Mines Alès
Valerya Viera Giraldo, Sociologie, Doctorante, CNAM
Emilie Vierron, Biostatistique, Enseignant-chercheur, Université de Tours
Laure Vieu, Linguistique et informatique, Directrice de Recherche, CNRS
Clémentine Vignal, Écologie, Prof, Sorbonne Université
Jean-Denis Vigne, Archéologie, Chercheur émérite, CNRS
annick vignes, économie, Directrice de recherche, INRAE
Fabien Vignes-Tourneret, Mathématiques, chercheur, CNRS
Mathieu Vigour, Sociologie, Doctorant, Université de Lille
Jacques Vigué, Physique, Directeur de recherche retraité, CNRS
Romain Villa, Microbiologie, Stagiaire, Institut Pasteur
Etienne Villain, Immunologie, Post-doctorant, Institut Pasteur
Cédric Villani, mathématique, Professeur des Universités, ancien député, Université Claude Bernard Lyon 1, Académie des sciences
Amalia Villarrubia, Physique, Doctorante, Laboratoire APC (CNRS)
Isabelle Ville, Sociologie, Directrice de recherche, Inserm - EHESS
Aurélien Villedieu, Biologie, Post-doctorant, Institut Pasteur
Eric Villenave, Chimie Atmosphérique, Prof., Univ. Bordeaux
Soazig Villerbu, Histoire, professeure d'histoire contemporaine, Université de Limoges
Anita Villers, veille citoyenne, expert citoyen, association Environnement Développement Alternatif - Lille
Valérie Vilmont, Immunologie, Chercheuse
Sylvie Vilter, Sociologie, Maîtresse de conférences retraitée, UVSQ
Boris Vilter, Agronomie, Etudiant, Agroparistech
Ruppert Vimal, Géographie, Chargé de recherche, CNRS
Pierre Vinant, Informatique, Ingénieur de recherche, Université Gustave Eiffel
Fabrice Vinatier, Ecologie, Chercheur, Inrae
Marie Vincent, médecine, praticien hospitalier, CHU de Nantes
Fanny Vincent, Science politique, Maîtresse de conférences, Université de Saint-Etienne
Estelle Vincent, Glaciologie, Post-doctorante, IGE
Elliot Vincent, Informatique, Doctorant, ENPC et Inria
Charline Vincent, Épidémiologie, Doctorante, Sorbonne
Quentin Viot, Sciences du climat, Stagiaire, LATMOS
Nicolas Viovy, Science du climat, écologie, Directeur de recherche, CEA
Justine Viros, Sciences Environnementales, Ingénieure de Recherche
Theo Vischel, Hydro-climatologie, Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes
Aleksandra Vishnevskaia, Astrophysique, étudiante en master, PSL, Observatoire de Paris
Francis Vivat, Sciences de l'univers, Ingénieur de recherche
Florence Vivicorsi, Physique chimie, Enseignant, Éducation nationale
Malamatenia Vlachou Efstathiou, Paléographie numérique, Doctorante, IRHT-CNRS
Vincent Vles, Aménagement et urbanisme, Professeur émérite des universités, Université Toulouse - Jean Jaurès
Yen Vo Hoang, Chimie environnementale, Maître de conférences
Hubert Vo Van, Ecologie, botaniste de terrain, CEFE
Elise Voguet, Histoire, Chargée de Recherche, CNRS
Guillaume Voisin, Astrophysique, Chargé de recherche CNRS
Sylvie Voisin, Linguistique, Maîtresse de conférences, Aix Marseille Université
Didier Voisin, chimie de l'atmosphère, universitaire, Université Grenoble Alpes
Julien Voisin, Physique, Doctorant, LPENS
Florence Volaire, Ecologie, Chercheuse, INRAE
Emmanuelle Volle, neurosciences, Chargée de recherche, INSERM
Michel Volovitch, biologie, Professeur émérite, Ecole Normale Supérieure
Ysander Von Boxberg, Neurosciences, Chargé de recherche, retraité, CNRS
Linta Vonta, Hydrodynamique et Ecologie Marine, Doctorante, Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse
Simon Vonthron, Géographie, Chargé de recherche, INRAE
Jean-Michel Vouillamoz, Hydrogeologie, fonctionnaire, IRD
Marie Vrinat-Nikolov, Littérature bulgare, PU, Inalco
Thien-Phong Vu Manh, Immunologie, chercheur
Évelyne Vuillermoz, Fonctionnaire, ITARF, INALCO
Stéphane Vuilleumier, Biologie de l'environnement, Professeur des Universités, Université de Strasbourg
Alain Vulbeau, Sciences de l'éducation, professeur des universités émérite, Université Paris Nanterre
Albin Wagener, Sciences du langage et Sciences de l'information et de la communication, Professeur d'université, Université catholique de Lille
Gaudeline Wagner, Physique, Professeure en CPGE
Sophie Wahnich, Histoire/science politique, directrice de recherche CNRS, CNRS/INRIA
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Anne Walburger, biologie, Enseignante-Chercheuse, Aix-Marseille Université
Philip Walker, anglais, maître de conférences (à la retraite), IUT - université Paul Sabatier
Nadège Wallet-Faber, Dermatologie, Médecin et enseignant vacataire, Centre Hospitalier de Luxembourg et Uni.lu
Jeremy Ward, Sociologue, Chargé de Recherche, INSERM
Viet-Nga Warnet, chimie, retraitée, UPMC
Tom Wassenaar, écologie territoriale, chercheur, CIRAD
Marc Wathelet, Geophysique, Chercheur
Martine Watrelot, lettres sciences humaines, retraitée, ENS-CNRS Lyon
Francoise Watrin, Neurosciences, Chargée de Recherche, INSERM
David Weber, Etudes germaniques, Enseignant-Chercheur, AMU
Sylvain Weill, Hydrologie, Professeur, Ecole Nationale du Génie de l'Eau de Strasbourg (ENGEES)
Dietmar Weinmann, Physique, Chercheur, CNRS
julien WEISBEIN, science politique, Professeur, Sciences Po Toulouse
Lisa Weiss, Océanographie, Postdoc, CNRS
Daniel Weisz-Patrault, Mechanics and material sciences, Chargé de recherches, CNRS
Charlotte Welker, Astrophysique, professeure adjointe
Jean-Marc Weller, Sociologie, Chercheur, CNRS
Valentin Wendling, Hydrologie, Ingénieur de recherche, Institut Mines Télécom
José Eduardo Wesfreid, Physique, Directeur de Recherche Emérite au CNRS, ESPCI
Sylvie Wharton, Sociolinguistique, Professeure des universités
Lucie Wicky, Sociologie, Doctorante, EHESS/INED/Université de Strasbourg
Anaïs Widmer, Cosmologie, Doctorante, Laboratoire APC, Université Paris Cité
Anaëlle Wilczynski, Informatique, Maître de conférences, CentraleSupélec, Université Paris-Saclay
Mickael Wilmart, Histoire médiévale/histoire environnementale, Ingénieur d'études, EHESS
Nastasya Winckel, Economie, chercheuse associée, Université de Technologie de Belfort-Montbéliard
Paul-Malo Winsback, Science politique, Docteur, chercheur postdoctoral, PACTE, UGA
Peter Wolf, Physique, CNRS
Éric Würbel, Informatique, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Nathan Wybo, Chimie Durable, Doctorant
Lucas Yakhontoff, IA, Cadre - R&D
Moshe Yaniv, biologie, professeur honoraire, Institut Pasteur
Sophia Yazzourh, Mathématiques, Doctorante, Institut Mathématiques de Toulouse
Sébastien Ybert, Environnement profond, Ingénieur, IFREMER
Anissa Yelles, Archéologie, ATER, Le Mans université
Mourad Yelles, Littérature comparée, Professeur des universités émérite, INALCO
Anthony Yip, Physique, Enseignant
Maysá Yusef-Buey, Physico-chimie théorique, Postdoctorante, Institut Charles Gerhardt Montpellier (ICGM)
Mercedes Yusta Rodrigo, Histoire de l’Espagne, Professeure des Universités, Université Paris 8
Pauline Yzombard, Physique, Maitresse de Conférence, Sorbonne Université
Hatem Zaag, Mathématiques, Directeur de Recherches
Manuel Zacklad, Sciences de l'Information et de la Communication, Professeur du CNAM, Conservatoire National des Arts et Métiers
Marie Zakardjian, Écologie, Enseignante-Chercheuse, Aix-Marseille Université
Caroline Zanchi, Biologie, post-doctorante, Freie Universität Berlin
Andreas Zanzoni, Bioinformatique et génomique, Enseignant-chercheur
Philippe Zarka, Astrophysique, Directeur de Recherche CNRS, Observatoire de Paris
Laetitia Zecchini, Littérature, Chercheuse CNRS, CNRS
Andreas Zech, Astrophysique, Professeur, Observatoire de Paris - PSL
Hocine Zeghbib, Droit, Maître de conférences -Hdr, Université de Montpellier
Pierre Zeiger, Glaciologie, hydrologie, Post-doctorat
Nouridine Zemal Aboubacar, Physique - Science des matériaux, Doctorant, Institut des matériaux de Nantes Jean Rouxel (IMN)
Kathrin-Julie Zenker, Arts du spectacle, Études germaniques, ATER, Aix-Marseille-Université
Jean Claude ZERBIB, Radioprotection, ingénieur en radioprotection (en retraite) et expert indépendant, Expert sénior CEA emeritus
Hafsa Zeroual, Physique, PhD, LPS
Marie Zeziola, Agronomie, étudiante, Rennes
Saloua Zgoulli, Gestion, Enseignement, Université montpellier
Daniel Zhu, IA, Doctorant, IMT Atlantique
François Ziadé, Métrologie, Chercheur, LNE
Christelle Zielinski, neurolinguistique, ingénieure, CNRS
Ewa Zlotek-Zlotkiewicz, Biophysique cellulaire en cancérologie, Chercheuse indépendante
Federico Zontone, Physique, Ingénieur scientifique, ESRF - The European synchrotron
Elsa Zotian, humanités numériques, ingénieur d'étude, OpenEdition
Mayalen Zubia, Ecologie marine, Maitre de conférences, Universite de polynésie française
Simon Zugmeyer, Mathématiques, AGPR
Patricia Zuntow, Sciences de l'Antiquité, Ingénieure d'études, CNRS
14.06.2024 à 02:00
Scientifiques en rébellion & Extinction Rebellion
Le 17 juin, 4 scientifiques et activistes seront en procès à Paris pour avoir alerté sur la crise écologique au cours d’une conférence-occupation au Muséum national d’histoire naturelle dans la soirée du 9 au 10 avril 2022. Ce procès se tiendra alors que 8 personnes ont déjà été relaxées pour les mêmes faits le 15 janvier dernier. L’action d’avril 2022 pour laquelle scientifiques et activistes sont poursuivi·es est issue d’une collaboration entre Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion (XR). Elle se tenait symboliquement dans la galerie des fossiles du Muséum. Ce fut la première action de désobéissance civile organisée par des scientifiques en France.
Le 17 juin 2024 dans la matinée, 4 scientifiques et activistes de Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion passeront en procès devant le Tribunal de police de Paris suite à une action réalisée en avril 2022 pour alerter sur les conséquences de l’inaction climatique du gouvernement. Les personnes poursuivies contestent les amendes de 5e classe qui leur avaient été infligées dans un premier jugement pour être resté·es après l’horaire de fermeture du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) à Paris.
Un premier procès s’était tenu devant le même tribunal le 30 novembre à l’encontre de 8 autres scientifiques et activistes ayant participé à l’action. Le jugement avait été mis en délibéré, et tou.tes avaient bénéficié d’une décision de relaxe le 15 janvier 2024. Lors de l’audience, trois personnalités scientifiques étaient alors venues témoigner de la légitimité de cette action : Pierre-Henri Gouyon (biologiste, Muséum national d’histoire naturelle), Christophe Bonneuil (historien des sciences, CNRS) et Fabrice Flipo (philosophe des sciences, Institut Mines Telecom). Une lettre de la climatologue et ancienne co-présidente du groupe 1 du Giec Valérie Masson-Delmotte avait été préalablement jointe au dossier.
Conformément aux réquisitions du parquet, le tribunal avait annulé les amendes de 5e classe car l’infraction n’était pas suffisamment caractérisée. En revanche, ni l’état de nécessité, ni la liberté d’expression, qui avaient été invoqués par la défense, n’avaient été retenus. Il s’agit néanmoins d’une victoire judiciaire pour le collectif Scientifiques en rébellion, issu de l’appel de 1000 scientifiques à la désobéissance civile publié dans le journal Le Monde en février 2020, et dont c’était le premier procès. Comme le clamait une banderole lors de la conférence-occupation, « Dire la vérité n’est pas un crime » !
Comme le précédent, ce procès sera l’occasion pour les accusé·es de défendre la légitimité de leur action au regard de l’urgence climatique et de la perspective de la sixième extinction de masse. Pour leur défense, ils et elles invoqueront à nouveau l’état de nécessité en raison du danger actuel et imminent qui pèse sur le vivant tel que démontré notamment par les travaux du Giec et de l’IPBES. Les mêmes personnalités que lors de la première audience déposeront des témoignages écrits.
La soirée du 9 au 10 avril 2022, en pleine campagne pour les élections présidentielles, une trentaine de scientifiques ont occupé la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée du Muséum national d’histoire naturelle. Entouré·es de fossiles en allégorie aux risques existentiels qui pèsent sur notre espèce et sur tout le vivant, des scientifiques de spécialités variées (océanographie, écologie, agronomie, biologie, infectiologie, informatique et histoire) ont réalisé une douzaine de présentations illustrant les mesures urgentes, radicales et nécessaires qui doivent être prises afin de limiter les conséquences des crises climatique et écologique en cours et à venir.
La vidéo complète des conférences est disponible ici et des images ici.
Il s’agissait de la première action organisée en France par le collectif Scientifiques en rébellion, issu de l’appel de 1000 scientifiques à la désobéissance civile publié dans le journal Le Monde en février 2020. Elle était organisée conjointement par Extinction Rebellion (XR) et Scientifiques en rébellion, dans le cadre d’une campagne internationale de Scientist Rebellion. L’action annonçait également la campagne d’XR qui allait suivre avec, notamment, l’occupation d’une partie des Grands Boulevards pendant le week-end du 16 avril.
Les participant·es ont quitté les lieux dans le calme à l’issue des présentations scientifiques, sans avoir créé aucun dégât matériel à ce lieu symbolique. Pourtant, elles et ils sont aujourd’hui poursuivi·es en justice. Alors que l’État français a été condamné par le Conseil d’État pour inaction climatique et que le gouvernement ne prend toujours pas de mesures exigées par la justice, ce sont les scientifiques qui sont inquiété·es pour avoir joué leur rôle de lanceurs et lanceuses d’alerte. L’histoire retiendra qu’en plein « effondrement climatique » (selon les mots du Secrétaire général de l’ONU), la France était plus occupée à poursuivre les scientifiques qu’à prendre des mesures à la hauteur de l’urgence.
Ce n’est pas la première fois que des scientifiques français·es font face à une répression judiciaire pour des actions de désobéissance civile. En novembre 2022, 16 scientifiques (dont 4 Français) ont été emprisonné·es pendant une semaine en Allemagne pour s’être collé les mains à des automobiles de luxe dans un showroom BMW à Munich, dans le cadre d’une campagne internationale de Scientist Rebellion. Une tribune de soutien sur France TV Info avait alors été signée par 1300 scientifiques. Leur procès s’est ouvert le 5 mars 2024, et a été ajourné à l’automne 2024 ou au printemps 2025 (plus d’informations ici).
En France, en octobre 2021, un astrophysicien a été poursuivi avec six autres activistes pour s’être introduit sur le tarmac de l’aéroport de Roissy afin de dénoncer le caractère climaticide de l’extension du terminal 4, une action à laquelle participaient d’autres membres de Scientifiques en rébellion. Une tribune de soutien parue dans Reporterre avait recueilli près de 300 soutiens.
La répression des scientifiques n’est qu’une illustration de la stratégie de criminalisation des mouvements sociaux et notamment des mouvements écologistes par le gouvernement, qui frappe aussi bien les actions de désobéissance civile que les manifestations, et qui a été dénoncée par le rapporteur spécial de l’ONU Michel Forst. Pourtant, des activistes ont récemment été relaxés par la justice pour état de nécessité, illustrant la légitimité de ces actions. Au cours du mois du juin, deux autres procès se tiendront contre des militant·es d’Extinction Rebellion, suite à des actions contre l’entreprise chimique Arkema et devant le ministère de l’Écologie.
03.06.2024 à 02:00
Dans Libération en mai-juin 2024, Scientifiques en rébellion a publié une série de cinq billets sur des consensus scientifiques importants. Avec des quizz ludiques, ces billets éclairent le vote pour les élections européennes du 9 juin et au-delà. Billet publié dans Libération le 03 juin 2024.
Depuis la révolution industrielle, l’immense majorité de l’énergie qui alimente nos sociétés provient du charbon, du pétrole et du gaz, qui contribuent directement au réchauffement climatique. L’UE n’y échappe pas : sa consommation énergétique – principalement due aux transports, à la production d’électricité, et au résidentiel – représente 77% de ses émissions de gaz à effet de serre. L’UE s’est fixée des objectifs ambitieux pour respecter l’accord de Paris : réduire ses émissions de 55% en 2030 par rapport à celles de 1990 et atteindre la neutralité carbone en 2050. Réussir ce pari nécessite de changer les méthodes de production d’énergie et d’améliorer l’efficacité énergétique, mais surtout de diminuer la consommation.
Consultez nos autres billets:
27.05.2024 à 02:00
Dans Libération en mai-juin 2024, Scientifiques en rébellion a publié une série de cinq billets sur des consensus scientifiques importants. Avec des quizz ludiques, ces billets éclairent le vote pour les élections européennes du 9 juin et au-delà. Billet publié dans Libération le 27 mai 2024.
A partir des années 70, l’Europe s’est peu à peu dotée d’une politique commune des pêches (PCP), qui repose sur trois piliers : la durabilité environnementale, sociale et économique, la coopération régionale et la prise de décision fondée sur la connaissance scientifique. Mais, du fait de son manque d’efficacité, elle a été révisée plusieurs fois. En 2023, la Commission européenne a présenté un plan d’action pour la pêche et les océans qui, malgré des insuffisances, proposait des avancées importantes sur les techniques de pêche autorisées dans les aires marines protégées. Ces avancées ont été pourtant rejetées par le Parlement européen, en total désaccord avec les connaissances scientifiques. Voici pourquoi les scientifiques s’en alarment.
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23.05.2024 à 02:00
Dans une tribune parue dans Le Monde le 23 mai 2024, 300 scientifiques, dont plusieurs co-auteurs et co-autrices de rapports du GIEC, soulignent que la stratégie de TotalEnergies est en totale contradiction avec l’objectif de combattre le réchauffement climatique et que l’entreprise est en situation de faillite écologique alors qu’elle fête cette année son centenaire.
Pour ses 100 ans, TotalEnergies présentera, le vendredi 24 mai, son bilan et sa stratégie lors de l’assemblée générale des actionnaires. Au vu des choix stratégiques, la major fait tout pour célébrer ses 150 ans, en 2074, dans une planète qui sera devenue en grande partie inhabitable.
Car TotalEnergies n’entend pas réduire sa contribution à la catastrophe climatique en cours ; il prévoit au contraire de l’accélérer en augmentant sa production de combustibles fossiles. Lors de son audition par la commission d’enquête sénatoriale en cours, son PDG, Patrick Pouyanné, a défendu son plan d’investissement, qui prévoit d’augmenter sa production d’énergies fossiles de 2 % à 3 % par an sur les cinq prochaines années.
Au lieu de cesser tout investissement dans les nouvelles infrastructures fossiles, comme préconisé par l’Agence internationale de l’énergie afin de pouvoir espérer tenir l’objectif de l’accord de Paris, TotalEnergies a décidé de faire l’inverse.
Pour justifier ses investissements, la tactique de TotalEnergies est maintenant bien rodée et articulée autour de six points.
1. Verdir à peu de frais l’image de la marque : changer de nom et mettre systématiquement en avant dans sa communication publique les énergies renouvelables, alors même que celles-ci ne représentent que 2 % de la production du groupe en 2023, et qu’elles resteront inférieures à 10 % en 2030.
2. Distordre les faits scientifiques pour rendre sa politique de développement faussement compatible avec les objectifs climatiques, ce que des auteurs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avaient déjà dénoncé en février 2023.
3. Dénigrer les scientifiques s’il le faut. « Je respecte l’avis des scientifiques, mais il y a la vie réelle », avait rétorqué Patrick Pouyanné au climatologue Jean Jouzel en septembre 2023, oubliant au passage que c’est de la « vie réelle » que parlent les climatologues et écologues : canicules, fonte des glaciers, baisse de rendement agricole, températures record des océans, disparition des espèces, famines. La catastrophe écologique fait déjà et fera encore des millions de victimes, en détruisant des « vies réelles ».
4. Justifier sa stratégie par l’argument éculé et maintes fois démonté d’une « demande » à laquelle il faudrait bien sûr répondre. Rappelons-le, la dépendance de nos sociétés aux énergies fossiles, loin de répondre à un besoin, a été construite et reste entretenue par les entreprises du secteur. TotalEnergies continue par exemple de construire des centrales électriques à gaz qui contribueront à cette « demande » pendant encore des décennies.
5. Mettre en avant le gaz comme une énergie propre ou « de transition », en mettant sous le tapis le fait que les installations de gaz naturel ne réduisent que faiblement les émissions par rapport au charbon en raison des fuites de méthane et que, de plus, elles nous piègent dans un futur carboné. C’est en particulier le cas pour les infrastructures liées au gaz naturel liquéfié dans lesquelles TotalEnergies investit massivement.
6. Enfin, faire du chantage à l’emploi, argument phare de toutes les entreprises dont l’activité est menacée par la transition écologique. Réduire la production de fossiles « signifierait fermer nos stations-service », d’après Patrick Pouyanné. Réorienter sa production vers les énergies renouvelables suffirait pourtant à fournir des emplois viables aux salariés actuels de TotalEnergies, et à beaucoup d’autres.
Rien ne semble donc pouvoir faire dévier TotalEnergies d’une trajectoire climaticide si rentable. Pour paraphraser Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies : alors que nous sommes sur l’« autoroute vers l’enfer climatique », TotalEnergies a le pied sur l’accélérateur. La puissance publique semble n’avoir aucun moyen d’action et se contente de faire le constat et de « regretter » les décisions de TotalEnergies : c’est en ces termes que la ministre de la transition énergétique d’alors, Agnès Pannier-Runacher, avait accueilli il y a quelques mois ce choix d’accélérer dans le péril climatique.
Il convient toutefois de rappeler que l’impuissance des pouvoirs publics face à TotalEnergies et aux énergies fossiles est en fait très largement entretenue. Notons par exemple que l’année 2022 a été l’année record, au niveau mondial, du niveau de subventions publiques aux énergies fossiles, avec pour la seule Union européenne 350 milliards d’euros. Des dépenses décidées dans l’urgence dans un contexte de crise énergétique liée à l’invasion de l’Ukraine, et justifiées au nom de la défense du pouvoir d’achat.
L’Agence internationale de l’énergie a bien souligné que ces dépenses non ciblées ont largement bénéficié aux ménages les plus favorisés et aux actionnaires des industries fossiles, alors qu’elles auraient tout à fait pu permettre de mettre en place des changements structurels réduisant notre dépendance aux énergies fossiles tout en aidant les ménages les plus modestes à faire face à la flambée des prix de l’énergie.
Il faut se rendre à l’évidence : alors que ses bénéfices atteignent des niveaux record (21 milliards de dollars en 2023), TotalEnergies ne réduira pas sa production d’énergies fossiles parce qu’on le lui demande poliment. Il devient donc indispensable que les pouvoirs publics se donnent les moyens juridiques et fiscaux d’empêcher des entreprises comme TotalEnergies de menacer en toute impunité les conditions d’habitabilité de notre planète, et les élections européennes prochaines constituent une opportunité pour que des candidats s’y engagent.
Plusieurs moyens ou instruments ont déjà été évoqués, comme la nationalisation, l’européanisation, ou encore la taxation des superprofits. Ajoutons-y la proposition d’introduire dans la loi la notion de faillite écologique, qui permettrait à la puissance publique d’envisager un redressement judiciaire d’une entreprise dont les impacts environnementaux vont à l’encontre des accords internationaux eu égard à sa stratégie climatique.
Ne nous y trompons pas, TotalEnergies est aujourd’hui en situation de faillite écologique envers ses créanciers carbone : les générations présentes et futures.
Olivier Aumont (océanographe), Milan Bouchet-Valat (sociologue), Aude Carreric (climatologue), Julian Carrey (physicien), Irénée Frérot (physicien), Kévin Jean (épidémiologiste), Pierre Mathieu (mathématicien), Jérôme Santolini (biologiste), Laure Vieu (informaticienne et linguiste).
Co-autrices et co-auteurs du GIEC : Christophe Cassou, climatologue ; Wolfgang Cramer, écologue ; Gonéri Le Cozannet, géographe ; Céline Guivarch, économiste ; Yamina Saheb, économiste et docteure en énergétique ; Sophie Szopa, chimiste de l’atmosphère ; Jean Jouzel, climatologue, ancien vice-président du GIEC.
Personnalités scientifiques : Dominique Bourg, philosophe ; Jean-Baptiste Fressoz, historien ; Eloi Laurent, économiste ; Jacques Testart, biologiste ; Cédric Villani, mathématicien.
Ahmed Abbes, Mathématiques
Marianne Acker, Chimie marine
Victor Altmayer, Neurosciences
Katherine Alvino, Energétique et procédés
Antoine Amarilli, Informatique
Stéphane André, Sciences physiques
Milan Arrouas, Mathématiques
Yoann Asquoët, Biochimie marine
Catherine Aubertin, Économie
Laurent Audouin, Physique
Olivier Aumont, Océanographie
Richaud Aurélien, Sciences de la vie
Viviane Baladi, Mathématiques
Thomas Balenghien, Entomologie
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Daniel Bauza-Canellas, Microélectronique
Geoffrey Beck, Mathématiques
Fabrice Beline, Métabolisme de l’agriculture et agroécologie
Simon Benhamou, Éco-éthologie
Luc Beraud, Glaciologie et géomatique
Francoise Berthet, Pharmacien praticien hospitalier
Chloé Bertin, Maladies infectieuses et tropicales
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Laurent Bétermin, Mathématiques
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Amaury Lambert, Écologie, évolution, mathématiques
Ariane Lambert-Mogiliansky, Économie
Christine Lauzeral, Écologie
Julie Le Gallo, Économie
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Hugo Lebeau, Mathématiques appliquées
Antoine Leblois, Économie
Raphael Leblois, Écologie-évolution-biodiversité
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Gaëlle Letort, Biologie computationnelle
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Simon Vonthron, Géographie
Paul Wacquiez, Agro alimentation et santé
Louis Waquier, Physique
François Warlop, Agronomie
Sylvain Weill, Hydrologie
Éric Würbel, Informatique
Ewa Zlotek-Zlotkiewicz, Biophysique cellulaire, cancérologie
17.05.2024 à 02:00
Dans Libération en mai-juin 2024, Scientifiques en rébellion a publié une série de cinq billets sur des consensus scientifiques importants. Avec des quizz ludiques, ces billets éclairent le vote pour les élections européennes du 9 juin et au-delà. Billet publié dans Libération le 17 mai 2024.
Au niveau européen, l’enregistrement, l’évaluation, et l’autorisation ou la restriction des substances chimiques en fonction de leur toxicité sont gérés dans le cadre du règlement Reach. Ce dernier est critiqué en raison de son incapacité à évaluer les dizaines de milliers de substances chimiques commercialisées en Europe et à protéger les populations et l’environnement, notamment dans le cas des substances persistantes et bioaccumulables, comme les Pfas. La réforme de Reach, qui constituait l’un des piliers de la stratégie «zéro pollution» du pacte vert, a été reportée sine die… Les Scientifiques s’en alarment. Voici pourquoi.
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14.05.2024 à 02:00
Cette année encore, des scientifiques sont allé.es demander des comptes à BNP Paribas concernant sa politique climatique lors de son Assemblée générale du 14 mai. 600 scientifiques, dont plusieurs co-auteur.es du GIEC, l’avaient appelée l’an dernier à cesser tout financement de nouveaux projets pétroliers et gaziers. Alors que BNP Paribas se vante d’avoir une politique ambitieuse en ligne avec l’Accord de Paris, cette dernière comporte encore plusieurs zones d’ombre.
Vidéo de l’intervention orale de Scientifiques en rébellion disponible ici
Mardi 14 mai, des scientifiques sont allé.es interpeller le Conseil d’administration de BNP Paribas concernant les ambiguïtés de sa politique climatique lors de son Assemblée générale annuelle des actionnaires, comme elles et ils l’avaient fait l’an dernier. Le simple rappel des conclusions claires du Giec et de l’Agence internationale de l’énergie (voir texte à la fin du document), selon lesquelles aucun nouveau projet d’extraction d’énergies fossiles ne doit être financé pour avoir une chance de limiter le réchauffement climatique bien en-dessous de 2°C, a été accueilli par des huées des actionnaires présent.es, et les responsables de la banque ont esquivé la question. Les autres intervenant.es (ONG, créateur et créatrice de contenus, étudiant.es) venu.es demander un renforcement des engagements de BNP Paribas en faveur du climat n’ont pas non plus obtenu d’avancée de la part de la banque. Le rapport Banking on Climate Chaos 2024 sorti le 13 mai indique que BNP Paribas a réduit ses financements aux énergies fossiles, mais leur a tout de même consacré 12 milliards d’euros en 2023.
Irénée Frérot, scientifique qui était présent à l’assemblée générale, déclare « La science climatique est claire : pour respecter l'accord de Paris, plus aucun nouveau projet d’énergie fossiles ne doit être financé. A l’AG de la BNP Paribas, nous avons rappelé ce fait scientifique afin d'exhorter la banque à stopper tout financement, direct ou indirect, aux entreprises qui développent de tels projets, à commencer par TotalEnergies. Notre intervention a déclenché les huées des actionnaires, et la direction du groupe a refusé de s’engager à arrêter de financer la major pétro-gazière française. »
Scientifiques en rébellion avait posé début avril une série de questions à Antoine Sire, directeur de l’Engagement d’entreprise de la banque. N’ayant obtenu aucune réponse, ces questions ont été soumises par écrit au Conseil d’administration de la banque dans le cadre de l’Assemblée générale 2024.
Depuis l’an dernier, BNP Paribas a fait des annonces qui se présentent comme très ambitieuses. Un certain nombre de points vont effectivement dans le bon sens. La banque a revu à la baisse la trajectoire visée pour les crédits aux énergies fossiles d’ici à 2030, et les a effectivement nettement diminués au cours des dernières années. Elle affirme aussi que « BNP Paribas n’a participé à aucune émission obligataire au secteur pétro-gazier depuis la mi-février 2023 » (date à laquelle BNP Paribas avait accordé deux financements de plusieurs milliards de dollars à deux entreprises parmi les plus agressives dans le développement de projets fossiles, BP et Aramco).
Malheureusement, la portée de ce constat n’est pas claire. Il n’est pas certain qu’une telle phrase signifie que BNP Paribas n’ait pas participé au financement de TotalEnergies depuis février 2023, car certains types de versement sont considérés par la banque comme des « liquidités », et « qu’une banque, ça donne des liquidités », d’après les déclarations du directeur général de la banque au Sénat. On ne sait pas non plus précisément quelles entreprises sont incluses dans leur dénomination « secteur pétro-gazier », et le flou règne dans les documents officiels de la banque à ce sujet. Enfin, à ce jour, BNP Paribas se contente de constater ne pas avoir fourni ce type de financement, mais sans s’engager à ne pas le faire à l’avenir.
Le 23 février 2023, les Amis de la Terre France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France assignaient BNP Paribas en justice pour non-respect de son devoir de vigilance climatique. Le lendemain, 600 scientifiques, dont plusieurs co-auteur.es du GIEC, publiaient une lettre ouverte au Conseil d’administration de la banque, lui demandant de cesser urgemment de soutenir financièrement, directement ou indirectement, les nouveaux projets pétroliers et gaziers. En effet, le consensus scientifique, reconnu par le scénario Zéro émission nette de l’Agence internationale de l’énergie, montre que l’ouverture de nouveaux gisements d’énergie fossile est incompatible avec le respect de l’Accord de Paris, et donc avec la limitation du réchauffement climatique bien en dessous de 2°C. La lettre ouverte relevait que BNP Paribas a été entre 2016 et 2021 « la première au niveau mondial pour le financement du pétrole et du gaz en Arctique et la première au niveau européen pour le financement de l’expansion des énergies fossiles ».
La banque avait partiellement répondu à cet appel en communiquant juste avant son Assemblée générale 2023 sur la fin de ses financements dédiés aux nouveaux champs pétroliers ou gaziers – mais sans renoncer à financer les entreprises qui portent ces projets. Venu.es interpeller le Conseil d’administration de BNP Paribas, après une vague d’actions menées dans plusieurs villes par Scientifiques en rébellion contre la banque le 10 mai 2023, plusieurs membres du collectif avaient déjà affronté les huées des actionnaires lors de l’AG du 16 mai 2023, sans obtenir de réponse claire.
« Je suis scientifique, et je prends la parole au nom de mes 600 collègues, dont plusieurs co-autrices et co-auteurs des rapports du GIEC, qui vous avaient exhortée en février 2023 à arrêter le financement, direct et indirect, des nouveaux projets d’énergies fossiles. En dépit d’annonces récentes qui semblent aller dans le bon sens, nous constatons que cet arrêt n’est toujours pas effectif aujourd’hui. Or le temps presse. Dire que la situation est urgente est un euphémisme. Au rythme actuel d’émission, le budget carbone pour limiter le réchauffement à 1,5 degrés sera épuisé dans 5 à 7 ans. Les rapports du GIEC et de l’Agence internationale de l’énergie sont formels : plus aucun nouveau projet fossile ne doit pouvoir se financer, et il sera même nécessaire de démanteler les industries extractives bien avant qu’elles ne cessent d’être rentables. Il faut accepter de ne pas faire les profits qui auraient été possibles dans un monde virtuel, un monde dans lequel les limites physiques de la planète ne seraient pas ce qu’elles sont.
Ma question est simple : est-ce que BNP Paribas reconnaît oui ou non, que tout investissement dans de nouveaux projets fossiles est incompatible avec le respect du budget carbone restant pour maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C comme le prévoit l’Accord de Paris ? »
14.05.2024 à 02:00
Dans Libération en mai-juin 2024, Scientifiques en rébellion a publié une série de cinq billets sur des consensus scientifiques importants. Avec des quizz ludiques, ces billets éclairent le vote pour les élections européennes du 9 juin et au-delà. Billet publié dans Libération le 14 mai 2024.
Alors que les déplacements sont responsables d’un quart des émissions de CO2 en Europe, l’UE s’est engagée à interdire à terme les moteurs thermiques. Mais le tout électrique doit s’accompagner d’une politique de réduction de la voiture individuelle, de l’avion et d’un arrêt de la construction de nouvelles infrastructures inutiles.
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06.05.2024 à 02:00
Dans Libération en mai-juin 2024, Scientifiques en rébellion a publié une série de cinq billets sur des consensus scientifiques importants. Avec des quizz ludiques, ces billets éclairent le vote pour les élections européennes du 9 juin et au-delà. Billet publié dans Libération le 6 mai 2024.
Depuis l’après-guerre en Europe, engrais et pesticides de synthèse ont favorisé la productivité d’un modèle agricole intensif avec des impacts considérables, bien établis par les scientifiques, sur l’environnement (la biodiversité, l’eau, l’air et les sols mais aussi la santé humaine). Ces impacts compromettent la durabilité des systèmes agricoles et sont une préoccupation majeure de la société civile et des consommateurs. Récemment une ambitieuse stratégie européenne, à travers le volet agricole du pacte vert ‘De la ferme à la fourchette’, avait pour objectif de réduire de 50% d’ici à 2030 ; l’utilisation et les risques des pesticides chimiques. Mais l’UE a rejeté ce texte. Les scientifiques s’alarment de ce recul. Voici pourquoi.
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13.03.2024 à 01:00
Le 13 mars 2024 au petit matin, des membres du collectif Scientifiques en rébellion, des membres d’Extinction Rébellion et des soignant·es se sont installé·es devant un site du groupe Pierre Fabre de Boulogne-Billancourt pour exiger qu’il cesse son lobbying en faveur de la construction de l’A69 entre Toulouse et Castres et prenne position en faveur d’un moratoire sur les travaux. En attendant cette déclaration publique, les participant·es ont relayé un appel au boycott des produits dermo-cosmétiques du groupe, notamment sa marque phare Avène.
Les militant·es ont déployé des banderoles affichant « A69 : Pierre Fabre complice du scandale », « A69 : scandale sanitaire », ainsi que de nombreuses pancartes dénonçant les conséquences désastreuses de ce projet. Plusieurs prises de parole se sont ensuite succédé : celle de scientifiques, qui ont été près de 2000 à s’opposer publiquement au projet, jugé inutile et anachronique face à l’urgence écologique ; celle de soignant·es, signataires d’une tribune récente de 500 professionnel.les de santé dénonçant le scandale sanitaire à venir ; celle d’Extinction Rebellion, qui a notamment interpellé le groupe il y a un an par une action menée sur son site de Lavaur. Une petite délégation est ensuite allée porter une enveloppe à la direction du site, contenant leurs revendications, les deux tribunes publiées, ainsi que des entretiens des climatologues Christophe Cassou et Valérie Masson-Delmotte parus dans la presse.
Lors de leur prise de parole, les Scientifiques en rébellion ont rappelé quelques faits scientifiques au sujet de l’autoroute, issus de leur tribune : les très fortes émissions de CO2 qui seront générées par la construction et par l’utilisation de l’autoroute ; l’inopérabilité de la compensation carbone et écologique ; la chute vertigineuse de la biodiversité, dont la première cause est l’artificialisation des sols ; la faiblesse de l’argument du développement rural. Ils et elles ont rappelé que leur tribune a été signée par près de 2000 scientifiques, et ont égrené les noms des premiers signataires, parmi lesquels on retrouve un grand nombre de co-auteur·es du GIEC et de spécialistes de la biodiversité. Pour les scientifiques, le constat est sans appel : « Face aux enjeux de notre temps, ce projet d’autoroute est anachronique, inutile, écocidaire et irrationnel ». Au cours de leur prise de parole, il a été déclaré : « il est intenable pour un groupe pharmaceutique dont la raison d’être est officiellement d’améliorer la santé humaine, de soutenir en 2024 la construction d’une nouvelle autoroute, qui participerait d’un désastre sanitaire scientifiquement établi ». Selon les scientifiques, « la seule décision défendable sur le plan éthique et scientifique serait donc que le groupe Pierre Fabre, en cohérence avec sa mission, demande officiellement l’arrêt des travaux de l’A69. Ce serait sortir par le haut d’une crise qui ne fait que s’approfondir au fil des mois ».
Les soignant·es ont rappelé que la pollution de l’air, dont le trafic routier est l’une des principales sources, tue plus que le tabac, et expliqué que cette mortalité est due à l’exposition aux particules fines, qui provoquent des maladies cardiovasculaires et respiratoires, ainsi que des cancers. Ils ont mis en avant le fait que « les enfants sont les premiers touchés par cette pollution. Le ministère de la Santé recommande d’ailleurs de ne pas vivre à moins de 300 mètres d’une autoroute, car cela favorise le développement d’asthme chez les enfants. » Les soignant·es se posent la question du sens de leurs métiers lorsque ils et elles doivent soigner une humanité rendue malade par ses propres activités. Ils et elles considèrent ne plus pouvoir fermer les yeux et leur voix face à cette balance bénéfice/risque défavorable. Après avoir rappelé à Pierre Fabre que « les aménagements de territoire destructeurs d’aujourd’hui seront les scandales sanitaires de demain », les soignant·es ont exhorté l’entreprise à retirer publiquement son soutien au projet, à appeler à un moratoire sur les travaux, et à s’intéresser au projet alternatif porté par La Voie Est Libre.
Une militante d’Extinction Rebellion a ensuite pris la parole et souligné que l’empire Pierre Fabre vient d’atteindre le milliard du chiffre d’affaire pour la seule marque Avène sans avoir eu besoin d’autoroute. La militante a rappelé que depuis leur action menée il y a un an sur le site de Lavaur pour interpeller le groupe, de nombreux avis défavorables ont été prononcés et de nombreuses voix se sont élevées, y compris des syndicats (dont la CGT) sans que géant pharmaceutique ne change de position. Au contraire, Pierre Fabre a continué à soutenir le projet, en intervenant auprès des ministères durant la grève de la soif pour empêcher un moratoire. La militante s’est également indignée d’une « propagande éhontée dans le média local Le Journal d’Ici, propriété exclusive du groupe ». En octobre dernier, cet hebdomadaire avait comparé dans un édito les habitant·es de la région au peuple palestinien « pris en otage par des écoterroristes », eux-mêmes comparés au Hamas. Cet édito, qui s’en prenait aussi aux chaînes publiques et à Sandrine Rousseau, a déclenché un appel à boycott sur les réseaux sociaux porté par diverses personnalités comme Camille Étienne avec #boycottpierrefabre et #pierrefabrecontrelevivant. La militante a également rappelé l’inacceptable répression policière qui s’exerce actuellement contre les défenseurs de l’environnement sur le site de la Crem’arbre, répression condamnée par l’ONU, qui pointe « une menace majeure pour la démocratie », et somme l’État français de respecter les droits humains. Enfin, le greenwashing pratiqué par le géant pharmaceutique a été dénoncé : « On ne peut pas affirmer que "protéger la nature est notre devoir, qu'il nous appartient d’en prendre soin et de tout mettre en œuvre pour protéger les espèces menacées", et soutenir un projet écocidaire. On ne peut pas vanter dans son rapport d'activité d'avoir intégré le programme "Entreprises engagées pour la nature" de l'Office français de la biodiversité et ne pas tenir compte des réserves émises par cette instance sur le projet en cours. On ne peut pas prétendre soigner les personnes des cancers et protéger les peaux des effets de la pollution tout en soutenant un projet polluant aux conséquences multiples directes et indirectes sur la santé humaine, à moins d'être vraiment cynique. »
Les militant·es et les scientifiques ont finalement déclaré : « Si nous n’obtenons pas de réponse rapide de la direction, nous ne nous arrêterons pas là et nous soutiendrons toutes les actions visant à faire pression sur Pierre Fabre en France et à l’étranger ».
Pierre Fabre Groupe est actuellement le deuxième groupe pharmaceutique et parapharmaceutique de France avec des marques comme Avène, Ducray, Klorane, Aderma, Furterer, Nature active, Pierre Fabre Oral Care. C’est Pierre Fabre qui a eu l’idée du projet d’autoroute A69 il y a 30 ans. Selon le groupe, la construction de cette nouvelle autoroute permettrait de développer l’activité économique de ses laboratoires tarnais. Le rôle central du groupe Pierre Fabre pour ce projet d’autoroute est bien connu et documenté (voir ici et là), le lobbying ayant été mené et continuant de l’être auprès des élu·es à tous les niveaux, y compris présidentiel. L’ONG de protection des forêts Envol Vert avait annoncé en novembre 2022 cesser sa collaboration avec Pierre Fabre en raison de son soutien au projet.
Cette action a été menée alors même que l’escalade verbale et les injures à l’encontre des opposants à l’A69 – y compris à l’encontre des scientifiques - atteint des sommets, comme détaillé dans cet article.
Parmi les signataires de la lettre ouverte des scientifiques, Christophe Cassou, climatologue, était entendu le 12 mars dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire sur le montage juridique et financier de l’A69.
Cette action intervient aussi dans un contexte de répression policière démesurée, dénoncé à l’international par le rapporteur de l’ONU Michel Forst et dans un contexte judiciaire scandaleux (zones défrichées en toute illégalité avec l’aval de la préfecture). Le travail des médias sur le sujet est lui-même entravé comme le rappelle le rapporteur ainsi qu’une tribune récente de plusieurs journalistes.
Remise lors de l'action du 13 mars 2024.
Considérant :
Nous, soignantes, soignants et scientifiques de toutes disciplines, exhortons le groupe Pierre Fabre à déclarer publiquement qu'il soutient un moratoire sur les travaux de l'A69.
En dépit du soutien historique du groupe au projet de l'autoroute A69, cette décision est aujourd’hui la seule tenable sur le plan éthique et scientifique. Elle permettrait au groupe Pierre Fabre, en cohérence avec sa mission, de sortir par le haut d'une crise qui ne fait que s’approfondir au fil des mois.
En l'attente de cette déclaration, nous appelons à rejoindre et amplifier le boycott des produits dermo-cosmétiques du groupe Pierre Fabre, à commencer par la marque Avène.
Le collectif des Scientifiques en rébellion.
13.03.2024 à 01:00
Des membres du collectif Scientifiques en rébellion, des membres d’Extinction Rébellion et des soignant·es ont exhorté le groupe pharmaceutique Pierre Fabre à cesser son lobbying en faveur de la construction de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, et à prendre position en faveur d’un moratoire sur les travaux. En attendant cette déclaration publique, les participant·es ont relayé un appel au boycott sur les produits dermo-cosmétiques du groupe, notamment sa marque-phare Avène. Une lettre à l'attention de la direction du groupe a été remise expliquant pourquoi il faut renoncer à cette nouvelle autoroute.
06.03.2024 à 01:00
Six activistes climatiques français.es, dont cinq scientifiques, ont participé le 5 mars à leur procès au tribunal de district de Munich. Ils et elles doivent répondre de plusieurs chefs d'accusation, notamment de dégradation, d’instrusion et de coercition, à la suite d’actions non-violentes dans les bureaux du fond d’investissement BlackRock, à une intersection bloquée au centre de Munich, et dans le salon d’exposition BMW. Ces actions ont été menées au sein du collectif Scientist Rebellion en octobre 2022. Leurs arrestations à ce moment-là, impliquant 20 personnes au total, avait déjà été suivies de détentions préventives durant jusqu’à 6 jours. Le procureur avait requis des amendes individuelles allant jusqu'à 12 800 euros, pouvant être commuées en 5 mois de prison.
Pendant l’audience, les six prévenus ont d’abord refusé de conclure un accord de réduction de peine sans examen approfondi du dossier. Ils et elles ont ensuite pris le temps de faire des dépositions individuelles, saisissant cette occasion pour offrir au juge des éclairages complémentaires sur leur trajectoire personnelle ; l'urgence climatique et de ses conséquences catastrophiques sur les humains et non-humains ; leur détresse face à l'inaction des gouvernements et entreprises ; l'irresponsabilité de BlackRock dans le financement massif et assumé des combustibles fossiles et de BMW dans la production de voitures et d’imaginaires trompeurs sur la mobilité individuelle ; la fausse durabilité et le greenwashing ; ainsi que la légitimité des actions de désobéissance civile non-violentes comme un devoir éthique des scientifiques, protégé par la liberté d'expression.
Les avocats de la défense ont ensuite demandé une expertise approfondie sur les dommages demandés par Blackrock et BMW. En effet, les coûts de plusieurs dizaines de milliers d'euros sont selon la défense exagérés étant donné l’utilisation durant les actions de mélasse et de colle facilement lavables. Le juge a accepté cette demande de preuve, ajournant le procès après 4 heures d’audience. Le tribunal fixera la date d'un nouveau procès requérant la présence des prévenus, qui devrait se tenir à l'automne 2024 ou au printemps 2025.
A la sortie du tribunal, les activistes ont profité de leur présence à Munich pour se rendre au musée d’exposition BMW en tant que “simples visiteur.ses”, se prenant en photos devant plusieurs modèles, dont la fameuse M8 visée durant leurs actions de 2022 (et remplacée depuis). Au hasard de la présence d’un groupe d’adolescent.es français.es en visite et intriguées par les blouses blanches, les scientifiques leur ont expliqué les raisons de leur action : la température de la terre a déjà dépassé de 1,1°C les températures préindustrielles ; iels ont rappelé la contribution de l'industrie automobile ainsi que la nécessité pour les gouvernements de prendre des mesures d'urgence pour lutter contre le changement climatique. Visiblement alarmés, les agents de sécurité du musée ont rapidement demandé aux scientifiques de quitter les lieux, déclarant qu'il était interdit de porter dans ces lieux des vêtements montrant des logos liés à l'activisme.
Lors d'un blocage de rue à Munich en octobre 2022, Hugo Raguet, mathématicien et informaticien, avait plaidé: "Qu'est-ce que je suis censé leur dire [à mes enfants] ? Je le sais, je le documente [les faits concernant la crise climatique]. ... C'est de la p[*]tain de science. ... Mes enfants doivent y faire face. Et ça va être terrible, d'accord ? Il est vraiment important que vous compreniez que c'est vrai. ... D'accord, on vous énerve [avec ce blocage de route], mais on a une très bonne raison pour ça. Des milliards de personnes vivent là-bas [dans des zones rendues inhabitables par la crise climatique], et lorsqu'elles verront qu'elles ne peuvent plus vivre dans leur pays d'origine, que croyez-vous qu'elles feront ? Bien sûr qu'ils vont se tourner vers nous. Et à +2° C nous ne pourrons déjà plus faire face à nos propres problèmes. C'est écrit explicitement dans le résumé du rapport du GIEC à l'intention des décideurs politiques : notre trajectoire actuelle, avec les lois que nous avons, ce n'est pas 2 degrés, c'est 3,2 p[*]tain de degrés. Ce sera la famine et la guerre partout, y compris ici en Bavière".
Les activistes, ainsi que Scientifiques en rébellion, dénoncent par ailleurs les peines très sévères et disproportionnées demandées par la justice bavaroise, participant à la criminalisation des actions non-violentes attirant l’attention sur l’urgence climatique et écologique. Une dynamique dangereuse à laquelle participent plusieurs états européens et une partie du paysage médiatique en France et ailleurs, comme illustré dans un nouveau rapport de Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs de l'environnement, publié le 28 février dernier. Ce texte de positionnement intitulé « Répression par l’État des manifestations et de la désobéissance civile environnementales : une menace majeure pour les droits humains et la démocratie » préconise aux États de veiller à ce que les décisions de justice ne contribuent pas à restreindre la liberté d’expression.
Scientist Rebellion est un mouvement international de scientifiques et d'universitaires de plus de 32 pays qui appellent à la désobéissance civile pacifique face à l'échec politique de la crise climatique. Sa branche française Scientifiques en rébellion comprend plus de 400 membres et 2000 sympathisant.es.
02.03.2024 à 01:00
Alors que s’achève le salon de l’agriculture, salle comble à Paris ce 2 mars à l’académie du climat, en soutien à l’appel du scientifique Joseph Garrigue (conservateur de la réserve nationale de la Massane) qui a traversé la France à pied pour dénoncer les ravages des pesticides sur le vivant :
Cet appel est soutenu par de nombreux collectifs, dont Scientifiques en rébellion, Pollinis, Générations futures, Secrets toxiques, Association Francis Hallé pour la forêt primaire, Appel des médecins contre les pesticides, Office pour les insectes et leur environnement, Bioviv’art, Extinction rebellion, Alternatiba… Il se fonde sur des consensus scientifiques bien établis. La science est claire comme l’ont rappelé les scientifiques du muséum national d’histoire naturelle Gilles Bœuf, Emmanuelle Porcher, Marc-André Selosse, ainsi que Francis Hallé (Botaniste), Julie Bertrand (Réserves Naturelles de France), Maud Lelièvre (Union Internationale de Conservation de la Nature) et Charles Sultan (Faculté de Médecine de Montpellier).
Les pesticides contaminent tous les milieux et participent à l’extinction de masse notamment des populations d’insectes et d’oiseaux. Les pesticides ont des effets neurotoxiques, perturbateurs endocriniens et cancérigènes avérés en santé humaine. L’art peut-il mieux nous ouvrir les yeux ? La comédienne Barbara Castin dans des extraits de son spectacle ‘La beauté sauvera le monde’, témoigne aussi de l’indignation devant le déni politique face aux consensus scientifiques sur la gravité des impacts des pesticides.
Et pourtant, la prospective INRAE de mars 2023, démontre qu’une agriculture sans produits phytosanitaires est possible d’ici 2050 tout en maintenant la souveraineté alimentaire de l’Europe. Il est urgent que les responsables politiques prennent la mesure des consensus scientifiques et engagent un changement radical de modèle agricole.
Les preuves scientifiques sur les ravages des pesticides s’accumulent, comme le rapportent notamment les expertises collectives menées par les instituts publics français : sur la santé humaine (INSERM 2013, 2021) et sur la biodiversité et les écosystèmes (INRAE-IFREMER, 2022). Cette extinction dramatique constitue une menace majeure qui risque de provoquer l’effondrement des écosystèmes et de la production agricole dont nos sociétés dépendent (United Nations Report, 2019).
« Les études scientifiques montrent une chute fulgurante d’abondance des insectes, dont certains pollinisateurs, qui atteint de 60 à 80% en Europe depuis 30 ans ainsi qu’un déclin massif de 30% des populations d’oiseaux d’habitats agricoles en 15 ans en France. Un rapport de l’ONU de février 2024 montre également que les pollutions aux pesticides et plastique contribuent au risque d’extinction de 22% des espèces migratrices » alerte Gilles Bœuf, biologiste et ex directeur du Muséum national d’histoire naturelle.
Les dommages des pesticides sur l’environnement se doublent du drame de leur toxicité sur la santé humaine, qui touche en premier lieu les professionnel.les du monde agricole. Comme le rappelle régulièrement Charles Sultan, professeur émérite à la faculté de médecine de Montpelier et directeur scientifique de Générations Futures. « La contamination par les pesticides a des effets neurotoxiques, perturbateurs endocriniens et cancérigènes. En particulier, l’exposition du fœtus génère de nombreuses pathologies à l’âge adulte. Cette contamination représente un véritable cataclysme sanitaire, psychologique, social, économique et éthique ».
Malgré ces constats scientifiques accablants, la France figure parmi les principaux pays consommateurs de pesticides en Europe, avec selon l'indicateur de consommation utilisé en France depuis le début d'Ecophyto, le NODU, aucune tendance à la baisse et même une augmentation de 3% sur la période 2011-2021. La France n’a respecté aucun de ses plans successifs de réduction de l’usage des pesticides et le prochain plan Ecophyto vient d’être mis en pause par le gouvernement. De même, l’évaluation des risques des pesticides avant leur mise sur le marché comporte de nombreuses failles, que le gouvernement ne cherche pas non plus à corriger.
Il est urgent que les responsables politiques prennent la mesure des constats scientifiques et engagent un changement radical de modèle agricole. La prospective INRAE (mars 2023) démontre qu’une agriculture sans produits phytosanitaires est possible d’ici 2050 tout en maintenant la souveraineté alimentaire de l’Europe.
02.03.2024 à 01:00
Lors d’un rassemblement de plus de 250 personnes à l’académie du climat à Paris, organisé par Scientifiques en rébellion, Pollinis, Générations futures, Secrets toxiques, et Association Francis Hallé pour la forêt primaire, les scientifiques ont soutenu l’appel du naturaliste Joseph Garrigue qui a traversé la France à pied en 45 jours pour dénoncer les ravages des pesticides sur le vivant.
Cet appel se fonde sur des consensus scientifiques bien établis comme l’ont rappelé des chercheur.es du muséum national d’histoire naturelle Gilles Boeuf, Emmanuelle Porcher, Marc-André Selosse, ainsi que Francis Hallé (Botaniste), Julie Bertrand (Réserves Naturelles de France), Maud Lelièvre (Union Internationale de Conservation de la Nature) et Charles Sultan (Faculté de Médecine de Montpellier).
Les pesticides contaminent tous les milieux et participent à l’extinction de masse notamment des populations d’insectes et d’oiseaux. Les pesticides ont des effets neurotoxiques, perturbateurs endocriniens et cancérigènes avérés en santé humaine.
La comédienne Barbara Castin dans des extraits de son spectacle ‘La beauté sauvera le monde’, témoigne aussi de l’indignation devant le déni politique face aux consensus scientifiques sur la gravité des impacts des pesticides.
Alors que la prospective INRAE de mars 2023, démontre qu’une agriculture sans produits phytosanitaires est possible d’ici 2050, il est urgent que les responsables politiques engagent un changement radical de modèle agricole.
Plus d'infos: vidéo de 4 min résumant le rassemblement, le replay du rassemblement (2h), l'interview d'une scientifique de l'INRAE sur le sujet (de 2:55 min à 9:10 min) et notre communiqué de presse.
01.03.2024 à 01:00
Six membres de la branche française du collectif Scientist Rebellion seront en procès en Allemagne le 5 mars, pour des actions réalisées en octobre 2022. A cette époque, des dizaines de membres du collectif avaient participé à une série d'actions ciblées de désobéissance civile non-violente à Munich pour dénoncer des pratiques illégitimes et irresponsables en temps de catastrophe écologique. Le constructeur automobile BMW et le gestionnaire d’actifs BlackRock avaient notamment été visés, conduisant à une série d'arrestations et jusqu’à 6 jours de détentions préventives. Au total, les charges pénales et les frais de justice associés avaient été estimés à environ 350 000 euros. Lors du procès du 5 mars, les prévenus et leurs avocats chercheront à faire reconnaître l'état de nécessité et la légitimité des actions, à la fois sur les cibles visées et sur les moyens employés. Le collectif Scientifiques en Rébellion rappelle ainsi que, face aux alertes de plus en plus prégnantes des scientifiques et de la société civile, la réponse des gouvernements ne doit pas être la répression, mais l’adoption de mesures politiques à la hauteur des enjeux.
Pour Sylvain Kuppel, qui figure parmi les prévenus : « La science est suffisamment claire : nous sommes dans une situation d'urgence climatique et écologique, et la responsabilité humaine est indiscutable. Nous, scientifiques, avons pris des risques pour alerter, c’est maintenant au tour de la justice de faire sa part et de reconnaître, plutôt que d’entraver, nos alertes ». À l’approche du procès, Jérôme Guilet relate quant à lui son état d’esprit : « Ce procès nécessite beaucoup de préparation, ce qui va avec son lot de stress. Mais au final nous sommes sereins, confiants d’être du bon côté de l’Histoire ».
Les actions d’octobre 2022, organisées par le collectif international Scientist Rebellion, avaient duré trois semaines et sont décrites dans notre communiqué de presse de l’époque. Au terme d’une semaine d’actions à Munich, les scientifiques avaient alors collé leurs mains à la glue à une automobile de sport de luxe dans le showroom BMW. Ils avaient également collé des publications scientifiques sur plusieurs autres modèles exposés, entraînant leur mise en détention provisoire. Parmi eux se trouvent Sylvain Kuppel, chercheur en hydrologie à Toulouse, Jérôme Guilet, astrophysicien à Saclay, Hugo Raguet, enseignant-chercheur en informatique à l’université de Tours et à l’INSA Centre-Val de Loire, Marceau Minot, docteur en écologie de l’université de Rouen, et Lauranne, docteure en écologie tropicale de l’université de Cambridge. Manua, coordinateur de Scientist Rebellion pour la France, est également inculpé. Leur mise en prison avait provoqué une vive réaction de la communauté scientifique : 1300 scientifiques avaient signé une lettre ouverte en soutien à leurs collègues.
À l’issue des arrestations, des amendes très élevées avaient été requises (jusqu'à 12 800 euros par personne), ce qui entraînerait des inscriptions au casier judiciaire allemand. Ces amendes ont été systématiquement et formellement contestées, ouvrant ainsi la voie à une série de procès au tribunal fédéral de Munich. Les deux premiers procès ont réussi à réduire certaines amendes, mais il est prévu de faire appel pour tenter d’obtenir la reconnaissance de l'état de nécessité et de la légitimité de ces actions. Le troisième procès concerne donc les 6 français.es membres de Scientifiques en Rébellion qui se rendront à l'audience du mardi 5 mars. Pour soutenir ses membres faisant face à ces dépenses conséquentes, Scientist Rebellion a lancé une collecte de fonds avec un objectif initial de 100 000 euros, dont le quart a été pour l’instant été récolté.
Ce procès intervient dans un contexte national et international de judiciarisation et de répression croissante des actions non-violentes pour la défense de l’environnement. Pour autant, certaines victoires judiciaires ou symboliques ont récemment été obtenues. Le 28 février dernier, le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les Défenseurs de l’Environnement publiait un texte de positionnement intitulé « Répression par l’État des manifestations et de la désobéissance civile environnementales : une menace majeure pour les droits humains et la démocratie ». Parmi ses principales recommandations, le rapport préconise aux États de veiller à ce que les décisions de justice ne contribuent pas à restreindre la liberté d’expression. Le même jour, en France, le tribunal de Paris prononçait la relaxe de deux militants du collectif Dernière Rénovation poursuivis pour avoir projeté de la peinture sur le ministère de la transition écologique. Cette relaxe a été justifiée au motif que leur incrimination pénale constituait « une ingérence disproportionnée dans l’exercice de la liberté d’expression ».
Enfin, en janvier dernier, la justice française a rendu son premier verdict pour un procès concernant le collectif Scientifiques en Rébellion. Ce procès se tenait dans le cadre d’une conférence-occupation que le collectif avait organisé en avril 2022 au Muséum National d’Histoire Naturelle. Le tribunal a finalement signifié la relaxe et annulé les amendes de l’ensemble des prévenu.es sur la justification d’infractions non caractérisés.
03.02.2024 à 01:00
Le collectif Scientifiques en rébellion signe une tribune dans L’Obs, critiquant vertement la réponse de la FNSEA et du gouvernement à la colère agricole.
Dans une tribune publiée dans L’Obs le 3 février 2024, le collectif Scientifiques en rébellion dénonce la récupération par certains syndicats et la réponse clientéliste du gouvernement à la colère légitime des agriculteur·rices, dont la revendication première est d’accéder à des revenus dignes. Le collectif y rappelle les différents enjeux et résultats de la littérature scientifique autour de l’agriculture : émissions de gaz à effet de serre, impacts des produits phytosanitaires sur la santé des agriculteur·rices et des écosystèmes, problématique de l’eau, et impacts délétères du libre-échange sur les revenus. Dans ce texte, les scientifiques soulignent que « répondre à la détresse des agriculteurs et agricultrices est compatible avec le respect de l’environnement et de la santé publique », notamment par une transition vers l’agro-écologie combinée à des mesures assurant un revenu digne pour les agriculteur·rices. Ils et elles appellent les citoyen·nes à s’opposer à l’agro-industrie, et soulignent que les conventions citoyennes sont des outils démocratiques potentiellement utiles pour identifier les mesures à prendre.
Dans leur tribune, les scientifiques martèlent de nouveau, références à l’appui, que « le modèle agricole industriel et productiviste conduit à une catastrophe sociale et environnementale », que ce modèle contribue au changement climatique et à l’effondrement massif de la biodiversité mais aussi que « cette agriculture ne s’adaptera pas indéfiniment à un environnement profondément dégradé. Qu’elle ne s’adaptera pas à un réchauffement climatique de +4 °C et une ressource en eau fortement diminuée, pas plus qu’à une disparition des insectes pollinisateurs ». Le collectif souligne les conséquences tragiques pour les agriculteur·rices de ce modèle agricole : santé physique et mentale, conditions économiques et enfin travail avec des milieux profondément dégradés ou avec des ressources vitales réduites. Pour les signataires de cette tribune, la détresse des agriculteur·rices témoigne aussi de « ce conflit interne entre le modèle productiviste qui les emprisonne et la nécessité de préserver l’environnement ».
Les scientifiques précisent que « des pratiques et des modèles alternatifs existent, réduisant significativement les émissions de gaz à effet de serre et préservant la biodiversité » et qu’« ils sont déjà mis en œuvre par des agriculteur·rices qui prouvent chaque jour que d’autres voies sont possibles ». Le collectif dénonce le détournement de la colère d’une partie du monde agricole sur les normes environnementales orchestré conjointement par la FNSEA et le gouvernement, qui a conduit aux mesures annoncées le 1er février par M. Attal. Ces mesures (remise en cause du plan Ecophyto, et reprise en main de l’Anses notamment) « sont en totale contradiction avec l’urgence de s’attaquer à la dégradation environnementale couplée à celle des conditions de vie et de travail des agriculteur·rices » et démontrent selon les signataires « que la priorité gouvernementale est de sanctuariser le modèle agro-industriel ».
À rebours de ce recul dramatique sur le plan environnemental et de cette non-réponse sérieuse à la question des revenus agricoles, les signataires appellent « les citoyen·nes et les agriculteur·rices à soutenir les changements de politique qui iraient réellement dans l’intérêt général, du climat, de la biodiversité » et indiquent que seul un débat collectif, nourri par de multiples savoirs et expériences, de qualité et organisé démocratiquement, devrait décider des orientations à soutenir face à un sujet aussi fondamental que celui de notre subsistance.
Cette tribune, en complément de nombreuses autres portées par des structures ou collectifs œuvrant dans le sens d’une transformation radicale des socio-écosystèmes pour faire face aux catastrophes écologiques et sociales (Confédération Paysanne, MRJC, Soulèvements de la Terre…), arrive après deux semaines d’une forte mobilisation des agriculteur·rices, et au lendemain du baisser de rideau de celle-ci, après que le gouvernement a renoncé à des mesures indispensables et vitales de protection de l’environnement pour tous les organismes vivants.
Le collectif Scientifiques en rébellion avait déjà par le passé mené des actions en lien avec le sujet de l’agriculture et des pesticides. Ainsi, le 1er décembre dernier, en marge de l’alter-COP qu’ils et elles avaient organisée à Bordeaux, les Scientifiques en rébellion avaient mené une action de sensibilisation dans l’espace public aux causes de la destruction de la biodiversité, notamment en Gironde. Ils et elles avaient notamment pris la parole devant l’École du vin, devant le Muséum d’histoire naturelle, et avaient remis le rapport de l’IPBES à l’Hôtel de Région. En mars 2023, en parallèle du salon de l’Agriculture, au cours d’une action appelée « Printemps silencieux », ils et elles avaient formé un cortège funèbre dans le jardin du Muséum national d’histoire naturelle pour dénoncer les conséquences catastrophiques du recours massif aux pesticides et promouvoir un autre modèle agricole.
03.02.2024 à 01:00
Répondre à la détresse des agriculteurs et agricultrices est compatible avec le respect de l’environnement et de la santé publique, expliquent, dans une tribune publiée dans L’Obs, les Scientifiques en rébellion, à condition de rejeter les mesures productivistes et rétrogrades du duo FNSEA-gouvernement.
La crise de l'agriculture brasse croyances, savoirs, opinions, émotions. Elle ne peut laisser quiconque insensible tant elle renvoie à l’un de nos besoins fondamentaux – se nourrir – et témoigne du désarroi profond d’une partie de nos concitoyen·nes qui travaillent pour satisfaire ce besoin. Reconnaître la souffrance et le désarroi du monde agricole n'empêche pas d'examiner les faits et de tenter de démêler les responsabilités dans la situation actuelle. Une partie de son traitement médiatique tend à faire croire que les agriculteurs et agricultrices parleraient d'une seule voix, celle du président agro-businessman de la FNSEA Arnaud Rousseau. Ce directeur de multinationale, administrateur de holding, partage-t-il vraiment la vie de celles et ceux qui ne parviennent plus à gagner la leur par le travail de la terre ? Est-ce que les agriculteur·ices formeraient un corps uniforme, qui valoriseraient le productivisme au mépris des enjeux environnementaux qu'ils et elles ne comprendraient soi-disant pas ? Tout cela est difficile à croire.
Ce que la science documente et analyse invariablement, en complément des savoirs et des observations de nombre d’agriculteur·ices, c'est que le modèle agricole industriel et productiviste conduit à une catastrophe sociale et environnementale. Que ce modèle concurrence dangereusement les alternatives écologiquement et socialement viables. Que cette agriculture ne s'adaptera pas indéfiniment à un environnement profondément dégradé. Qu’elle ne s’adaptera pas à un réchauffement climatique de +4°C pour la France et une ressource en eau fortement diminuée, pas plus qu’à une disparition des insectes pollinisateurs.
Actuellement, comme le rappelle le Haut Conseil pour le Climat (HCC), l’agriculture représente le 2e secteur d’émissions de gaz à effet de serre, avec 18% du total français, derrière les transports. La moitié de ces émissions agricoles (en équivalent CO2) provient de l’élevage bovin à cause du méthane produit par leur digestion, 14% des engrais minéraux qui libèrent du protoxyde d’azote et 13% de l’ensemble des moteurs, engins et chaudières agricoles. Le HCC rappelle aussi que la France s’est engagée lors de la COP26 à baisser de 30% ses émissions de méthane d’ici à 2030, pour limiter le réchauffement climatique. L’agriculture, bien que répondant à un besoin fondamental, doit aussi revoir son modèle dominant pour répondre aux enjeux climatiques. De ce point de vue, ce qu’indique la science, c’est que, si l’on souhaite faire notre part dans le respect de l’accord de Paris, la consommation de viande et de produits laitiers doit diminuer en France. Mais la solidarité avec nos agriculteur.ices ainsi que l’objectif légitime de souveraineté et résilience alimentaire nous indiquent que ce sont les importations et les élevages intensifs de ruminants qui devraient diminuer en premier.
Côté biodiversité, la littérature scientifique montre que l’usage des pesticides est la deuxième cause de l’effondrement des populations d’insectes, qui atteint 80% dans certaines régions françaises. Les oiseaux sont en déclin global de 25% en 40 ans, mais ce chiffre bondit à 60% en milieux agricoles intensifs : le printemps est devenu particulièrement silencieux dans certains champs...
Le paradoxe est que ces bouleversements environnementaux menacent particulièrement les agriculteur·ices, pour au moins trois raisons bien identifiées. Tout d’abord environnementale, à cause du manque d’eau, de la dégradation des sols, des évènements météorologiques extrêmes (incendies ou grêles), ou du déclin des insectes pollinisateurs, qui se traduisent par une baisse de production. Sanitaires, ensuite : par leur exposition aux produits phytosanitaires, ils et elles ont plus de risque de développer des cancers (myélome multiple, lymphome) et des maladies dégénératives. Financière enfin, avec l’interminable fuite en avant du surendettement, provoqué par la nécessité d’actualiser un équipement toujours plus performant et d’acheter des intrants pour pallier les baisses de production engendrées par la dégradation environnementale.
Depuis des décennies, les traités de libre-échange et la compétition intra-européenne ont privé la grande majorité des agriculteur·ices de leur autonomie, dans un cercle vicieux aux répercussions sociales tragiques pouvant mener au suicide. Si la FNSEA, les JA, ou la Coordination Rurale réclament une forme de protectionnisme agricole, d’autres de leurs revendications portent en revanche sur une baisse des contraintes environnementales et sanitaires qui font porter le risque de la poursuite d’un modèle délétère sur le long-terme. Ce sont justement ces revendications que le gouvernement a satisfait avec, en particulier, la « suspension » du plan Ecophyto, accueilli par un satisfecit de ces trois organisations syndicales rappelant immédiatement « leurs » agriculteurs à la ferme. Seule la Confédération Paysanne refuse ce compromis construit au détriment de l’écologie.
Pourtant, des pratiques et des modèles alternatifs existent, réduisant significativement les émissions de gaz à effet de serre et préservant la biodiversité ; ils sont déjà mis en œuvre par des agriculteur·ices qui prouvent chaque jour que d’autres voies sont possibles. Mais ces alternatives ont besoin d’une réorientation des politiques publiques (qui contribuent aujourd’hui pour 80% au revenu agricole). Des propositions cohérentes de politiques publiques répondant à des enjeux clés (rémunération digne des agriculteur·ices non soumis aux ‘trusts’ de la grande distribution, souveraineté alimentaire, considérations climatiques et protection de la biodiversité) existent, comme les propositions relevant de l’agro-écologie, qu’elles émanent du Haut Conseil pour le Climat, de la fédération associative Pour une Autre PAC, de l’IDDRI, ou encore de la prospective INRAE de 2023 : baisse de l’élevage industriel et du cheptel notamment bovin avec soutien à l’élevage extensif à l’herbe, généralisation des pratiques agro-écologiques et biologiques basées sur la valorisation de la biodiversité (cultures associées, agroforesterie, restauration des haies favorisant la maîtrise des bio-agresseurs) et arrêt des pesticides chimiques de synthèse. Ces changements de pratiques doivent être accompagnés de mesures économiques et politiques permettant d’assurer le revenu des agriculteur·ices, leur accès à la terre et leur formation, en cohérence avec ce que proposent des syndicats, des associations ou des réseaux (Confédération paysanne, Atelier paysan, Terre de liens, Fédérations nationale et régionales d’Agriculture Biologique, Réseau salariat...).
Nous savons donc que les politiques qui maintiennent le modèle agro-industriel sous perfusion ne font qu'empirer les choses et qu’une réorientation complète est nécessaire et possible pour la survie, la dignité, la santé et l’emploi des agriculteur·ices. Nombre d’enquêtes sociologiques indiquent qu’une bonne partie d’entre elles et eux le savent très bien, et que leur détresse témoigne aussi de ce conflit interne entre le modèle productiviste qui les emprisonne et la nécessité de préserver l'environnement.
Si le gouvernement convient que « les premières victimes du dérèglement climatique sont les agriculteurs », les mesures prises démontrent que la priorité gouvernementale est de sanctuariser le modèle agro-industriel. La remise en cause du plan Ecophyto, et la reprise en main de l’Anses notamment, sont en totale contradiction avec l’urgence de s’attaquer à la dégradation environnementale couplée à celle des conditions de vie et de travail des agriculteur·ices.
Nous appelons les citoyen·nes et les agriculteur·rices à soutenir les changements de politique qui iraient réellement dans l’intérêt général, du climat, de la biodiversité. Nous rappelons que le sujet de l’agriculture et de l’alimentation est d’une redoutable complexité, et qu’identifier les mesures les plus pertinentes devrait être réalisé collectivement et démocratiquement. Ces mesures devraient privilégier l'intérêt général et à long-terme, par exemple dans le cadre de conventions citoyennes dont les conclusions seraient réellement traduites dans la législation, a contrario de la précédente convention citoyenne pour le climat.
19.01.2024 à 01:00
Le lundi 15 janvier, deux tribunaux allemands ont condamné trois scientifiques, dont un Français, pour avoir participé à des actions de désobéissance civile contre l’inaction climatique à l’automne 2022. Le même jour, au Tribunal de Paris, des scientifiques étaient relaxés dans le cadre d’un procès faisant suite à une conférence-occupation au sein du Muséum national d’histoire naturelle au printemps 2022.
Le lundi 15 janvier 2024 ont eu lieu deux procès en Allemagne au cours desquels quatre scientifiques et activistes du groupe Scientist Rebellion, de nationalité grecque, française et allemande, ont été jugés pour leur action pacifique visant à souligner l’échec de la politique allemande face à la crise climatique. Une fois de plus, des membres de Scientist Rebellion ont été condamnés sans que les tribunaux ne prennent réellement en compte la gravité de la crise climatique.
Le tribunal régional de Berlin a tout d’abord confirmé l’amende infligée en première instance à Niko Froitzheim, professeur en géologie à l’université de Bonn, qui avait bloqué un pont dans le quartier gouvernemental de Berlin avec 15 membres de Scientist Rebellion en avril 2022. Le juge a rejeté l’appel, en dépit du plaidoyer fait en faveur d’un état d’urgence climatique. Le scientifique a commenté : « Lors de ce procès, plus que lors des précédents, j’ai eu l’impression de parler à un mur. Le tribunal n’était pas prêt à faire face à mes motivations et à mon désespoir, comme si la crise climatique allait se résoudre d’elle-même si ceux qui attirent l’attention sur elle sont réduits au silence ».
Au tribunal régional de Munich, s’est déroulé le deuxième procès parmi ceux intentés contre 20 membres de Scientist Rebellion suite à des actions de désobéissance civile non violente en octobre 2022 dans la même ville, ayant déjà conduit certains de ces scientifiques à passer jusqu’à une semaine en détention préventive. Ces actions visaient le fond d’investissement BlackRock, où les activistes avaient réalisé une mise en scène en versant de la mélasse (symbolisant le pétrole) puis s’étaient collé les mains au sol en signe d’occupation, pour fustiger l’implication de cette société dans le financement de l’exploitation des énergies fossiles et dans l’endettement des pays du Sud. Le groupe avait ensuite bloqué une route dans le centre de Munich pour attirer l’attention sur le manque d’engagement du gouvernement allemand dans la décarbonation des transports. Trois jours plus tard, le groupe avait investi le hall d’exposition BMW Welt pour attirer l’attention sur le rôle de l’entreprise dans le retard de mise en œuvre des politiques de décarbonation des transports et le greenwhashing utilisé dans la publicité pour ses voitures (thermiques et électriques), en projetant de la mélasse sur plusieurs voitures exposées, en collant des articles scientifiques documentant la crise climatique, puis en se collant les mains sur l’un des modèles les plus luxueux et polluants de l’exposition.
Parmi les trois prévenus, deux ont été condamnés à des amendes entre 900 et 2700 € pour dégradation de biens et violation de propriété, une somme fortement réduite comparée aux amendes initiales (dont la contestation a conduit au procès) et évitant une inscription au casier judiciaire allemand. Ils envisagent néanmoins de faire appel. Les charges requises contre le troisième scientifique ont été abandonnées en échange d’un don de 1000 € à l’ONG environnementale Deutsche Umwelthilfe e.V. L’adéquation des montants de dommages et intérêts demandés par BlackRock (12 000 €) et BMW (27 000 €) n’a pu être prouvée. Les accusés ont par ailleurs fait valoir que leurs actions étaient nécessaires pour atténuer la catastrophe climatique imminente en faisant pression sur le gouvernement pour qu’il agisse conformément aux accords internationaux et aux données alarmantes du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Leurs actions ont mis en avant la nécessité urgente de décarboner rapidement la société, pour laquelle la fenêtre d’opportunité existante se referme rapidement.
« Je suis soulagé que le procès soit passé, celui-ci amenant beaucoup d’anxiété du fait de notre système judiciaire répressif injuste et bancal. Je tiens à souligner la solidarité incroyable dont j’ai fait l’expérience ces derniers jours, et suis également très en colère contre ce système qui réprime et menace, considérant des activistes tirant la sonnette d’alarme sur la réalité de la crise climatique comme des criminels. Nous devons continuer à nous battre », déclare Nicolas, ingénieur français en environnement et également membre du collectif Scientifiques en rébellion (branche française de Scientist Rebellion).
Après le procès, Agisilaos Koulouris, de Grèce, a déclaré en réponse au verdict : « Au milieu de l’effondrement du climat, les actions perturbatrices sont justifiées, proportionnelles et nécessaires. Si les défenseurs du climat sont condamnés, alors la justice est vraiment aveugle ».
Le troisième procès de cette série d’actions, qui jugera 6 Français, aura lieu le 5 mars 2024 à Munich.
Par ailleurs, le lundi 15 janvier, le Tribunal de police de Paris a relaxé 8 scientifiques et activistes de Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion qui étaient poursuivi·es suite à une conférence-occupation tenue au Muséum national d’histoire naturelle le 9 avril 2022 pour alerter sur les conséquences de l’inaction climatique du gouvernement et l’extinction des espèces.
L’audience s’était tenue le 30 novembre, jour d’ouverture de la COP 28 à Dubaï, et le jugement avait été mis en délibéré. Trois personnalités scientifiques étaient alors venues témoigner de la légitimité de cette action : Pierre-Henri Gouyon (biologiste, Muséum national d’histoire naturelle), Christophe Bonneuil (historien des sciences, CNRS) et Fabrice Flipo (philosophe des sciences, Institut Mines Telecom). Une lettre de la climatologue et ancienne co-présidente du groupe 1 du Giec Valérie Masson-Delmotte avait été préalablement jointe au dossier.
Conformément aux réquisitions du parquet, le tribunal a annulé les amendes de 5e classe qui avaient été infligées aux participantes à l’action car l’infraction n’était pas suffisamment caractérisée. En revanche, ni l’état de nécessité, ni la liberté d’expression, qui avaient été invoqués par la défense, n’ont été retenus. Il s’agit néanmoins d’une victoire judiciaire pour le collectif Scientifiques en rébellion, issu de l’appel de 1000 scientifiques à la désobéissance civile publié dans le journal Le Monde en février 2020, et dont c’était le premier procès. Comme le clamait une banderole lors de la conférence-occupation, « Dire la vérité n’est pas un crime » !
D’autres participant·es à cette action passeront en jugement ultérieurement.
03.12.2023 à 01:00
Ce dimanche 3 décembre, jour de clôture de leur COP alternative organisée à Bordeaux, une trentaine de Scientifiques en rébellion ont donné des conférences dans les rues du centre-ville de Bordeaux, accompagné·es par une batucada. Certain·es portaient des banderoles ciblant les énergies fossiles et la COP de Dubaï, d’autres distribuaient des tracts au public, tandis que des orateur·ices se succédaient pour donner des conférences. Leurs messages principaux : dénoncer la mascarade de cette COP 28 et l’inaction climatique ; rappeler la nécessité de ne plus ouvrir ni financer de nouveaux sites et infrastructures liées à l’extraction de pétrole et de gaz ; souligner l’importance de traiter des enjeux liés à la biodiversité conjointement avec les enjeux climatiques. Après la fin des conférences, un groupe de scientifiques est allé recouvrir d’articles scientifiques l’agence Crédit Agricole située place de la Victoire, pour rappeler le rôle majeur des principales banques françaises dans le financement des nouveaux projets pétro-gaziers, et les appeler à les stopper.
Les scientifiques ont commencé à 9h30 par des interventions place de la Victoire, avant de se diriger une heure après, suivant une batucada, vers le marché des Capucins. Ils ont alors à nouveau pris la parole devant de nombreux passants venus faire leur marché. Lors de leurs prises de parole, les scientifiques ont rappelé le consensus scientifique sur le fait que les nouveaux projets pétro-gaziers ne sont pas compatibles avec le respect de l’Accord de Paris sur le climat, dont l’objectif est de limiter le réchauffement de la planète bien en dessous de +2°C et si possible +1.5°C. En raison du nombre de morts que vont causer ces nouveaux projets d’extraction d’énergies fossiles, certain·es scientifiques les appellent les bombes climatiques, ou bombes carbone.
Les scientifiques ont ensuite ciblé le Crédit Agricole, en recouvrant la vitrine de l’agence de la place de la Victoire d’articles scientifiques sur les bombes climatiques. La banque reste le premier financeur de Total Energies : entre 2016 et 2021, ce soutien a représenté plus de 7 milliards de dollars. De plus, Amundi, la filiale de gestions d’actifs du Crédit Agricole, est le premier actionnaire de Total Energies (14 milliards d’euros). Amundi a réaffirmé son soutien à l’entreprise en mai dernier en votant pour le plan climat de Total Energies, validant ainsi sa stratégie expansionniste, qui permet le développement de nouveaux projets tels que EACOP.
Le Crédit Agricole n’est pas la seule banque française à financer massivement l’expansion des énergies fossiles : BNP Paribas et la Société Générale le font également. Il est ainsi estimé que le financement d’entreprises pétro-gazières investissant dans les bombes climatiques a été en 2022 de 7,4 milliards pour BNP Paribas, 6,4 milliards pour le Crédit Agricole, et de 3,7 milliards pour la Société Générale1.
Cette action de Scientifiques en rébellion fait suite à d’autres alertes déjà lancées par le collectif sur le financement des bombes climatiques. Ainsi, à l’initiative du collectif, 600 scientifiques – dont plusieurs co-auteur·ices du GIEC – avaient publié en février dans L’Obs une lettre ouverte demandant au conseil d’administration de BNP Paribas de ne plus financer directement ou indirectement de nouveaux projets fossiles. Lors de l’assemblée générale de BNP Paribas (le 16 mai 2023), les scientifiques étaient intervenu·es pour rappeler à BNP Paribas que des réponses à la hauteur des enjeux étaient attendues.
Cette journée a été organisée dans le cadre d’une campagne internationale menée par le collectif Scientist Rebellion. Des actions ont lieu en lien avec la COP 28 dans plusieurs pays du monde, avec comme slogan « How much more climate failure can we take ? ». La priorité pour respecter l’Accord de Paris étant la sortie des énergies fossiles, les scientifiques en rébellion considèrent comme inadmissible et grotesque que la présidence de la COP 28 soit confiée à un magnat du pétrole. Ils et elles appellent à un accord international sur l’arrêt total de l’exploitation de nouveaux gisements.
Photos
Des photos sont disponibles sur un dossier partagé, que vous pouvez réutiliser librement, avec crédit photos « Scientifiques en rébellion » ou « Collectif Résigraphies » (voir dans chaque sous-dossier) : https://cloud.le-pic.org/s/w3tDCoFBFnLc6DC
Le reste du document donne des détails sur les constats scientifiques justifiant ces actions.
Différents collectifs militent contre le financement des énergies fossiles en raison de l’urgence climatique à laquelle nous faisons actuellement face. Pour respecter l’Accord de Paris et ne pas dépasser une élévation de la température à + 1.5°C, il faut drastiquement réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Actuellement, les chercheurs estiment par exemple que pour avoir une forte probabilité de respecter l’Accord de Paris, une quantité limitée de CO2 doit être rejetée dans l’atmosphère. Plus précisément, ce « budget carbone restant » s’élève à environ 300 Gt de CO2 pour rester en dessous de +1.5°C de réchauffement et environ 900 Gt de CO2 pour espérer rester en deçà de 2°C2. Au rythme actuel d’émissions de CO2 (40 Gt CO2 par an), ce budget s’amenuise très rapidement année après année.
Les scientifiques utilisent aujourd’hui le terme de « bombes climatiques » pour qualifier les infrastructures fossiles en projet qui vont émettre plus d’un milliard de tonnes de CO2 au cours de leur existence. Pourquoi ? Parce que les énergies fossiles sont la première cause de libération de CO2 dans l’atmosphère, et que ces émissions vont causer des dizaines ou centaines de millions de morts à cause de la hausse de température résultante. 425 « bombes climatiques » ont été répertoriées dans le monde3. Du fait de la hausse de température qu’elles généreront et en utilisant nos connaissances actuelles sur le taux de mortalité associé, on peut estimer que chaque bombe climatique causerait au minimum la mort de 200 000 personnes entre maintenant et la fin du siècle. 200 000 ! Le projet EACOP émettrait par exemple à lui seul 34,3 millions de tonnes de CO2 par an pendant au moins 20 ans, ce qui pourrait causer 150 000 morts d’ici à la fin du siècle4.
Face à ces constats, les multinationales des énergies fossiles sont appelées à réduire leur extraction d’hydrocarbures et de charbon, dont la combustion contribue massivement aux émissions de GES5. Pourtant, elles adoptent la tendance inverse : par exemple, TotalEnergies, qui depuis les années 1970 cherchait à dissimuler l’impact des énergies fossiles sur le réchauffement climatique6, prévoit aujourd’hui d’augmenter de 25 % ses extractions gazières d’ici 2030 et d’allouer toujours 70 % de ses investissements aux hydrocarbures sur la période 2022-20257.
En plus de représenter une source importante d’émissions de GES, les énergies fossiles ont d’autres conséquences dramatiques sur l’environnement. L’exploitation et le transport des hydrocarbures et du charbon se fait tout d’abord au détriment des populations locales, qui subissent les dégradations de leur milieu de vie. Le projet EACOP en est un exemple révélateur. Ce projet porte notamment atteinte aux ressources en eau et aux moyens d’existence des agriculteurs, des pêcheurs et de toutes les personnes tributaires de la richesse des ressources naturelles de la région. Une résolution d’urgence du parlement européen indique que près de 118 000 personnes seront affectées par ce méga-projet pétrolier, que plus de 100 000 personnes courent le risque imminent d’être déplacées par suite du projet EACOP (privées du libre usage de leurs terres, et donc de leurs moyens de subsistance).
L’exploitation et le transport des énergies fossiles représentent aussi une menace importante pour les écosystèmes et la biodiversité. Les accidents pendant le transport maritime d’hydrocarbures s’accompagnent de lourds dégâts, avec comme exemple récent la marée noire survenue en janvier 2022 sur plus de 40 km du littoral de la côte centrale péruvienne. Les douze mille barils de pétrole échappés, soit 1,9 millions de litres de pétrole, ont pollué durablement deux réserves naturelles protégées, entraînant la mort de milliers d’animaux – dont certains en voie d’extinction – et laissent sept mille pêcheurs artisanaux et commerçants sans travail. Un dernier exemple d’impact concerne les risques de fuites sur les oléoducs de transports terrestres. En 2022, l’oléoduc de Keystone (Etats-Unis) a déversé 2,2 millions de litres de pétrole dans les cours d’eau, tandis qu’un oléoduc en Équateur a déversé 1 million de litres de pétrole dans la forêt amazonienne.
1 « Ces bombes carbone qui menacent le climat », Le Monde, mercredi 1er-jeudi 2 novembre 2023.
2 Rapport GIEC, WG1 section TS.3.3.1, Table TS.3 (2021).
3 Kühne et al, « Carbon Bombs - Mapping key fossil fuel projects », Energy Policy, 2022.
4 « Uganda’s pipeline plans face stiff opposition », Oxford Analytica, 2022.
5 Rapport GIEC, AR6, WG1 Box TS.5 (2021).
6 Bonneuil et al., Global Environnement Change, 2021.
7 TotalEnergies, « Plus d’énergies, moins d’émissions », mars 2023. Voir aussi son communiqué de presse
03.12.2023 à 01:00
Alors que la COP28 se tenait dans l’un des principaux pays producteurs de pétrole, Scientifiques en rébellion a organisé une série de COP alternatives partout en France. Après des « mini COP alternatives » à Nancy, Nantes, Lyon, Paris et Nîmes, l’événement principal s’est tenu à Bordeaux du 30 novembre au 4 décembre. Ces quatre jours ont constitué un véritable quartier général de résistance climatique, une effervescence de rencontres, de discussions, de débats, de formes artistiques, d’actions de désobéissance civile non violente.
Plus de détails: COP28 alternative à Bordeaux, mini COP28 alternatives.
01.12.2023 à 01:00
Vendredi 1er décembre au matin, dans le cadre d’actions menées en marge de la COP Alternative de Bordeaux, les Scientifiques en rébellion ont mené une action de sensibilisation aux causes de la destruction de la biodiversité, notamment en Gironde. Différents temps forts se sont succédés : une prise de parole devant le Muséum d’Histoire Naturelle, une déambulation avec distribution de tracts, une prise de parole devant l’École du Vin et la remise du rapport de l’IPBES à l’Hôtel de Région. Les prises de paroles étaient partagées avec des militant.es engagées dans des collectifs locaux. A l’heure de la COP, les scientifiques souhaitaient rappeler le besoin de rassembler les problématiques climatiques et celles de biodiversité, et d’aborder l’urgence écologique de manière systémique.
Les scientifiques se sont d’abord rassemblés devant le Muséum du Jardin Public de Bordeaux autour de la bannière « Biodiversité : bientôt plus que dans les musées ? » et de panneaux rappelant l’ampleur de la chute de la biodiversité. Pour insister sur l’articulation entre les constats globaux et les luttes locales, trois militant.es engagées dans des collectifs de la région ont pris la parole : un militant des Naturalistes des Terres, une militante d’Alerte Pesticides Haute Gironde et une militante engagée contre la construction de deux lignes de train à grande vitesse au départ de Bordeaux. Ils et elles ont rappelé le fait que les pesticides sont des sources de problèmes de santé humaine et environnementale, et la forte empreinte sur des milieux fragiles des projets de ligne à grande vitesse.
Le groupe s’est ensuite élancé vers la Place Tourny en occupant la chaussée. Tout au long de cette déambulation, des tracts ont été distribués afin de partager les faits scientifiques avec le grand public : plus d’1 million d’espèces en danger d’extinction dans les prochaines décennies, effondrement de 80% des populations d’insectes en 30 ans, perte de 30% des populations d’oiseaux agricoles en 30 ans, 1 espèce végétale sur 5 menacée d’extinction.
Afin d’illustrer les causes de destruction de la biodiversité par des exemples très concrets, le groupe s’est ensuite dirigé vers deux lieux institutionnels symboliques. Tout d’abord, devant l’École du Vin du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), le groupe a déployé une seconde banderole « Une agriculture sans pesticides est possible ». Le résumé du rapport de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de 2021 a été déposé en vue d’être remis au président du CIVB pour lui rappeler l’effet de l’usage des pesticides chimiques de synthèse sur la santé humaine. En Gironde, la viticulture est à l’origine de l’épandage de pesticides le plus important des activités agricoles. La vigne, culture d’exportation, comme ailleurs la banane, cause pollution des sols et morts de viticulteurs et de riverains suite aux cancers produits. Une militante de Alerte Pesticides Haute Gironde est venue témoigner des derniers résultats de la recherche sur le lien entre cancers pédiatriques et épandage de pesticides.
Le groupe s’est enfin dirigé vers l’Hôtel de Région où le message « LGV STOP ECOCIDE ! » a été déployé. Le résumé du rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), ainsi qu’un article rappelant les chiffres exacts d’artificialisation des sols des projets de ligne à grande vitesse ont été délivrés. Le plus grand projet d’infrastructures pour les 10 prochaines années en Gironde est en effet sur les rails : le GPSO (Grand Projet du Sud Ouest), qui consiste en la construction de deux nouvelles lignes à grande vitesse, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Une militante anti-GPSO a rappelé les effets potentiels de ce grand projet, qui traverserait 8 sites Natura 2000, dont la vallée du Ciron. Cette dernière abrite une biodiversité exceptionnelle associée à une hêtraie multimillénaire dans un microclimat de ripisylve. Au cours de cette action, la parole a également été donnée à un Naturaliste des Terres, engagé dans des actions visant à mettre en déroute de nombreux projets écocides.
Pendant que la COP 28 consacrée à la situation climatique s’ouvre à Dubaï, cette action visait à attirer l’attention sur la situation globale de la biodiversité, traitée dans une COP indépendante, alors que le réchauffement climatique et la chute de la biodiversité ont des origines communes systémiques : l’extractivisme, le mythe de la croissance infinie, etc... D’où l’appel à un « décloisonnement entre urgence climatique et urgence écologique » lancé ce vendredi lors de la prise de parole de Stéphanie Mariette, membre de Scientifiques en rébellion. Les scientifiques ne souhaitent plus être les témoins impuissants de cette destruction, accumulant les données sur les espèces et leur diversité. Pour elles et eux, l’avenir de la biodiversité ne doit pas être des collections épinglées dans les musées. Cependant, fidèles à la posture que le collectif souhaite adopter (« ni conseillers du prince, ni au service des pouvoirs technologiques et industriels, ils et elles apportent leurs méthodes et leurs compétences au service du commun »), les scientifiques souhaitent contribuer à mettre en débat notamment le modèle agricole actuel et les grands projets d’infrastructure, à l’échelle où le sentiment d’impuissance peut être contré, c’est-à-dire à l’échelle locale.
Informations générales sur la chute de la biodiversité
Les causes de la destruction de la biodiversité sont connues. Entre autres, l’artificialisation des sols et le changement d’utilisation des sols diminuent partout la taille des habitats des espèces et fragmentent le paysage, empêchant la continuité écologique et la migration naturelle des individus. Ensuite, la pollution, et en particulier l’utilisation massive de pesticides dans l’agriculture, menace désormais la santé humaine et celle des écosystèmes. 70 000 tonnes de pesticides sont utilisées par an en France. Ces pesticides mettent en danger la santé des agriculteurs.trices et de la population. Ils accroissent la fréquence de nombreuses maladies : Parkinson, cancers (y compris chez les enfants vivant à proximité de zones densément cultivées en vignes). Le changement climatique en cours sera un facteur aggravant. D’après la synthèse récente de la Fondation Pour la Recherche sur la Biodiversité, « les liens entre biodiversité et climat sont faits de rétroactions respectives : la perte de biodiversité aggrave le changement climatique qui en retour dégrade la biodiversité qui perd ses facultés de réagir au changement climatique. Par exemple : la pression de sélection sur les espèces, entrainée par le changement climatique va réduire leur diversité génétique et ainsi leurs facultés d’adaptation à d’autres fluctuations de leur environnement. »
Cependant, les mesures favorables à la biodiversité peuvent potentiellement l’être également pour le climat : lutter contre la déforestation et à la dégradation des forêts pour permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de même que préserver la biodiversité et les écosystèmes non forestiers riches en carbone sur terre et en mer ; restaurer des écosystèmes dégradés, tels que les zones humides qui sont des puits de carbone efficaces, des écosystèmes de prévention des inondations et des foyers de biodiversité ; valoriser des pratiques agricoles, forestières et de pêche respectueuses du climat et de la biodiversité, changer les habitudes alimentaires pour réduire la pression sur les terres et notamment réduire fortement l’élevage afin d’orienter les cultures vers la production de protéines végétales pour les humains ; rediriger l’ensemble des aides vers le développement de l’agroécologie et l’agriculture biologique afin de pouvoir réduire drastiquement l’utilisation des pesticides ; et enfin stopper les grands projets d’infrastructure alors que la France est déjà largement équipée en routes, autoroutes et lignes à grande vitesse.
Photos
Des photos sont disponibles sur un dossier partagé ici, que vous pouvez réutiliser librement, avec crédit photos « Scientifiques en rébellion ».
Références :
PLUS D’1 MILLION D’ESPÈCES EN DANGER D’EXTINCTION DANS LES PROCHAINES DÉCENNIES : United Nations Report, Nature’s Dangerous Decline ‘Unprecedented’; Species Extinction Rates ‘Accelerating’ (2019).
EFFONDREMENT DE 80% DES POPULATIONS D’INSECTES EN 30 ANS : Hallmann CA, Sorg M, Jongejans E, Siepel H, Hofland N, et al. (2017) More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas. PLOS ONE 12(10): e0185809.
PERTE DE 30% DES POPULATIONS D’OISEAUX AGRICOLES EN 30 ANS : Fontaine B., Moussy C., Chiffard Carricaburu J., Dupuis J., Corolleur E., Schmaltz L., Lorrillière R., Loïs G., Gaudard C. 2020. Suivi des oiseaux communs en France 1989-2019 : 30 ans de suivis participatifs. MNHN- Centre d'Ecologie et des Sciences de la Conservation, LPO BirdLife France - Service Connaissance, Ministère de la Transition écologique et solidaire. 46 pp.
1 PLANTE SUR 5 EST MENACÉE D’EXTINCTION : Willis, K.J. (ed.) 2017. State of the World’s Plants 2017. Report. Royal Botanic Gardens, Kew.
Expertises collectives :
Inserm. Pesticides et effets sur la santé : Nouvelles données. (2021) Collection Expertise collective. Montrouge : EDP Sciences, 2021.1 036 pages
Soubelet H., Delavaud A., Goffaux R., Voirin S., Bérel M., 2023. Biodiversité et changement climatique : Impacts sur la biodiversité, les écosystèmes français et les services écosystémiques. Recommandations pour l’adaptation de la biodiversité. Synthèse de connaissances. Fondation pour la recherche sur la biodiversité
01.12.2023 à 01:00
Vendredi 1er Décembre, Scientifiques en rébellion a organisé à la base sous-marine de Bordeaux, dans le cadre de l’Alter-COP28, le procès fictif du président de Total Energies. A la base du procès, un changement d’époque : nous sommes en 2035, le réchauffement climatique s’est emballé et a été à l’origine d’une série de catastrophes écologiques et sanitaires qui font vaciller les systèmes sociaux et économiques des sociétés du Nord et du Sud. Les dommages humains et financiers sont sans pareil dans l’histoire de l’humanité et il faudra bien les payer. Mais qui ? De nombreux procès ont eu lieu afin d’établir qui est responsable et comptable de ces catastrophes et qui va en assumer les coûts et les conséquences, en s’appuyant sur une loi d’écocide adoptée en 2032.
C’est un de ces procès fictifs, celui de Total Energies, que Scientifiques en rébellion a voulu mettre en scène. Non pas pour juger Total Energies, mais pour questionner notre dépendance aux énergies fossiles et révéler la complexité d’une situation où les responsabilités sont multiples et liées. Le cadre d’un procès, basé sur les témoignages et les interrogatoires contradictoires des avocats, permet de faire la lumière sur les différentes dimensions de la problématique.
Préalablement au procès, des membres de STOP Total et une membre de Scientifiques en rébellion ont donné des éléments de contexte : budget carbone et bombes climatiques, rôle et responsabilité des financeurs, actions des associations, procès déjà intentés contre Total Energies, nouveaux projets pétro-gaziers de l’entreprise, etc.
Le procès lui-même avait une forme proche du théâtre-forum, et a permis au public de participer au procès, de choisir quels aspects de cette responsabilité il souhaitait aborder et quels témoins il souhaitait entendre. Tout d’abord, les organisateur.ices de l’événement ont joué une première fois la scène du procès : après les prises de parole initiales du président du tribunal et du procureur, les premiers témoins ont été entendus (une représentantes des victimes, une association de protection de l’environnement et finalement Patrick Pouyanné). Le public a ensuite été invité à travailler en petits groupes à différents rôles possibles de nouveaux ou nouvelles témoins. C’est ainsi que se sont succédées à la barre des membres du public prenant le rôle d’une représentante du Crédit Agricole, d’une militante climat, de l’ancienne Ministre de la Transition Ecologique (Madame Déchu !) ou même du lac Victoria lui-même.
Ce procès a permis de s’approprier par le jeu les multiples dimensions de notre addiction aux hydrocarbures et de comprendre la complexité de cette emprise. La forme volontairement ludique du procès fictif a évité les sentiments d’impuissance et de désespoir et a au contraire généré beaucoup de joie, de force et d’envie d’agir.
Le procès était aussi une façon d’interroger l’état de la justice climatique, aujourd’hui en 2023, le jour même où des Scientifiques en rébellion comparaissaient au tribunal correctionnel de Paris pour avoir organisé la Nuit de l’extinction - plusieurs conférences scientifiques sur le climat et la biodiversité dans un lieu de sciences : la galerie de paléontologie du MNHN. Qui sont les vrais criminels climatiques aujourd’hui ? Quel droit et quelle justice à l’heure des crises écologiques et climatiques qui mettent en péril l’existence même de nos sociétés ? Ce sont ces questions que nous avons posées, dans la joie et la bonne humeur.
Photos
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30.11.2023 à 01:00
La COP alternative de Scientifiques en rébellion s’est ouverte jeudi 30 novembre. Une première table ronde a réuni la spécialiste des COPs Amy Dahan, le co-auteur du GIEC Wolfgang Cramer, les journalistes Paloma Moritz et Fabrice Nicolino, l’essayiste Agnès Sinaï et le fondateur d’Alternatiba et ANV-COP21 Jon Palais. Leurs points de vue sur les COP étaient particulièrement instructifs et ont ouvert un riche échange avec le public. Ensuite, le texte « Agir avec le désespoir environnemental », de l’autrice et militante Joanna Macy a été lu, accompagné d’une performance musicale par la guitariste-chanteuse Maéva Michel. La nuit tombée, les scientifiques ont investi le Pont Jacques Chaban-Delmas et y ont déployé un slogan lumineux « join us » et projeté des visuels, appelant à rejoindre l’alter-COP et plus largement le mouvement de lutte contre le réchauffement climatique. En particulier, le slogan de la campagne internationale de Scientist Rebellion « How much more climate failure can we take ? » était repris.
Pour cette action lançant leur COP alternative, les scientifiques ont choisi le symbole du pont, et celui de la lumière. Le pont comme symbole du lien entre les scientifiques et le grand public, mais aussi entre tous les secteurs de la société, tous les mouvements engagés face aux enjeux écologiques. Dans le noir de la situation actuelle, caractérisée l’inaction généralisée face à l’urgence écologique, cette action nocturne tente humblement d’allumer une petite lumière. Celle qui n’attend pas que les décideurs politiques agissent à notre place, celle qui investit des lieux partout dans le monde pour articuler la cohésion sociale et l’action écologique, celle qui ouvre de nouveaux imaginaires et allume un autre narratif. Cette action nocturne mise en lumière est également une manière d’appeler à un réveil, à un sursaut collectif pour ne pas se laisser écraser par ces rouleaux compresseurs que sont les compagnies pétrolières et gazières, qui tuent littéralement le vivant et, faisant cela, vident le monde de toute sa richesse et sa diversité. Enfin, cette lumière dans le noir est une manière d’incarner notre puissance d’agir et de lutter contre le sentiment d’impuissance et l’engourdissement qui nous menace. C’est aussi dans cette lignée, vendredi après-midi, que sera jouée fictivement, mais de manière très précise et documentée le procès de TotalEnergies.
Les poètes parlent de la nuit comme d’une figure qui engendre le jour. Cette action appelle à faire naitre de nouveaux jours, de nouvelles manières de vivre, de nouvelles actions. Cette action initiale de la COP alternative de Bordeaux est le premier fil d’une toile militante de quatre jours tissée collectivement. Les scientifiques appellent toutes et tous à les rejoindre pour faire rayonner cette toile le plus possible aux yeux du monde. Martin Luther King écrivait : « Ce n’est que lorsqu’il fait assez sombre que vous pouvez voir les étoiles ». Il est temps d’allumer les étoiles.
Photos: Un répertoire contenant les photos de la COP alternative est disponible ici. Les crédits photos sont au nom de Mathis Nicolas. Vous pouvez réutiliser les photos librement.
30.11.2023 à 01:00
La COP28 alternative principale sera à Bordeaux du 30 novembre au 03 décembre 2023. Plusieurs actions sont proposées en amont de cette COP alternative dans plusieurs villes de France:
Le débit du Rhône est-il le même aujourd'hui qu'il y a 50 ans ? Sa température a-t-elle augmentée ? Les poissons et autres espèces aquatiques peuvent-elles encore s'y déplacer librement et vivre dans un environnement sain ? Est-ce que son eau est toujours propice à l'irrigation ou bien est-elle trop polluée ?
Venez participer à cet atelier participatif entre citoyen.nes et expert.es du sujet le 25 novembre de 14h à 17h30 à la Maison de l'Ecologie!
Plus d'informations et inscriptions ici
Vous vous posez des questions sur la pollution de l'eau que vous buvez ou celle de la Loire, les disponibilités en eau dans les 30 ans à venir? Venez échanger avec des expert·es et citoyen·nes concerné·e·s autour des ressources en eaux du territoire. Rendez-vous mercredi 22 novembre à partir de 19h, au Grand Bain, 20 allée maison Rouge, à Nantes !
Vous trouverez plus d'information et un formulaire d'inscription (accès libre) sur la page Facebook de l'évènement
👉 Lors de cet évènement, les participants ont formés une convention citoyenne sur le sujet de la pollution de l'eau. Les propositions issues de cette convention citoyenne sont présentées ici.
Du 18 novembre au 12 décembre, des associations nîmoises organisent leur propre COP ! N'hésitez pas à consulter la page Facebook de ces évenements: La COP d'ici - Nîmes
Depuis presque 30 ans, les COP se succèdent sans aucun effet observable sur la consommation d'énergies fossiles. Pourquoi un tel échec ? Pour en débattre, les Scientifiques en Rébellion organisent des tables rondes au carrefour de l'engagement scientifique, militant et citoyen.
👉 Cette table ronde a eu lieu le dimanche 26 novembre de 14h00 à 17h30 à l'académie du climat. Elle est disponible en replay ici:
30.11.2023 à 01:00
La COP 28 aura lieu cette année à Dubaï. Cette nouvelle COP interroge, tant par le fait que l’événement soit présidé par le patron de la plus grande entreprise d’énergies fossiles des Emirats arabes unis, le Sultan Ahmed Al-Jaber, que par l’annonce d’Abou Dhabi prévoyant d’augmenter sa production de barils de 25 % d’ici à 2027.
La présence massive de lobbyistes des combustibles fossiles dans les COP précédentes a par ailleurs déjà été notée, en particulier lors de la COP 27 où ils étaient plus nombreux que les représentants des 10 pays les plus impactés par le changement climatique. Basé sur les échecs des COP précédentes et sur la composition de cette nouvelle COP, de sérieux doutes pèsent sur l'efficacité de la COP28 à mettre en place les décisions politiques nécessaires et urgentes.
Etant donné le caractère d'urgence et la probabilité d'échec de la COP politique, le collectif international Scientifiques en rébellion (Scientist Rebellion) organise en parallèle des COP alternatives citoyennes. Ces COP alternatives proposeront des conférences, tables rondes, ateliers, animations artistiques basées sur la réflexion et sur l'action contre le changement climatique et pour repenser nos sociétés. Citoyen·nes et scientifiques sont invités à venir participer et à échanger librement lors de ces COP.
En France, nous organisons une COP alternative à Bordeaux à la Base sous-marine sur quatre jours du 30 novembre au 3 décembre.
Vous êtes toutes et tous les bienvenu·es !
Cette conférence sera précédée d'une série d'actions dans différentes villes de France (Nancy, Nîmes, Nantes, Lyon, Paris...) qui aboutiront à notre COP alternative écologique à la fin du mois de novembre au moment même où démarrera la COP28.
📲 N'hésitez pas à suivre et partager ces événèments avec les hash-tags #HowMuchMore #UnitedAgainstClimateFailure sur les réseaux sociaux et à consulter nos fils Mastodon, Twitter, Facebook et Instagram.
L'entrée est gratuite et ouverte à toutes et tous.
Vous pouvez nous aider à préparer l'organisation en remplissant ce formulaire de préinscription, notamment si vous aimeriez venir avec des enfants ou vous joindre à nous pour des actions dans la rue ! Bien sûr la participation sans inscription reste possible ! Merci.
La COP alternative de Bordeaux aura lieu à la base sous-marine au 284, Boulevard Alfred Daney 33300 Bordeaux.
Transports publics pour s'y rendre:
Vous pouvez aussi calculer votre itinéraire ici.
Vous pouvez trouver nos communiqués de presse sur la COP28 alternative et les différentes actions engagées par notre collectif autour de cet événement ici:
29.11.2023 à 01:00
En 1992 tous les pays promettaient de s’engager pour éviter « toute interférence dangereuse d’origine anthropique avec le système climatique ». 27 COP plus tard, les émissions de carbone sont 60% supérieures à ce qu’elles étaient en 1992 et le constat d’échec est patent : les COP se sont succédé sans qu’on ait pu observer la moindre inflexion positive des trajectoires d’émissions de GES (Gaz à effet de serre). Y compris pour les quelques COP dont on aura retenu le titre (par exemple : protocole de Kyoto signé en 1997 lors de la 3e COP, et entré en vigueur en 2005 lors de la 11e COP à Montréal, accord de Paris en 2015 lors de la COP21) et qui ont permis de déboucher sur une résolution ou avancée concrète, aucune n’a fixé aux Etats l’obligation réelle de respecter les engagements pris. A l’inverse, les lobbies industriels ont pris de plus en plus de place dans ces COP au fil des ans et leur « délégation » a aujourd’hui plus de poids que celles des décideurs politiques. Et ce n’est certainement pas la 28e étape de ces COP (qui démarre ce jeudi 30 novembre) qui changera le cours des choses : elle se tient, de façon tout à fait indécente, à Dubaï sous la présidence du magnat du pétrole Ahmed Al Jaber, PDG d’ADNOC, plus grosse entreprise d’hydrocarbures des Emirats Arabes Unis qui annonçait récemment vouloir augmenter de plus de 25% sa production d’énergies fossiles en 5 ans – et utilisera la COP pour légitimer encore d’avantage la production et l’utilisation d’énergies fossiles. Les COP sont empêtrées dans de multiples compromissions avec le secteur des énergies fossiles et plus généralement avec les mondes industriels et financiers qui les empêchent de jouer le rôle qu’elles devraient tenir : celui d’un espace de dialogues pour défendre l’habitabilité de notre planète et assurer un futur digne aux pays du monde entier.
En tant que scientifiques, face au changement climatique et aux bouleversements écologiques d’origine anthropique, nous nous sommes d’abord senti⸱es concerné⸱es. Puis nous avons été alarmé⸱es. Alarmé⸱es face à l’amplification des phénomènes catastrophiques provoquant des milliers de morts et des pertes imminentes des conditions pour une vie digne et sans faim pour un tiers de la population mondiale. Alarmé⸱es face à l’accumulation d’observations et d’analyses documentant leurs causes et leurs conséquences, et l’observation et l’analyse tout aussi documentées des politiques climatiques inadaptées en raison de verrouillages sociotechniques et de collusion entre mondes politiques, industriels et financiers. Nous sommes maintenant terrifié⸱es car en dépit de toutes les alertes, et dans un contexte de crise démocratique croissante, ces mêmes politiques irrationnelles et dévastatrices perdurent.
Nous sommes terrifié⸱es. Mais pas résigné⸱es. Car nous savons aussi que des mobilisations d’ampleur de la société sont capables de faire advenir de grands changements, à l’image des mobilisations pour la justice sociale, les droits civiques, l’égalité de genre… qui ont toutes été gagnées par des mouvements sociaux forts.
Nous entendons jouer notre rôle dans cette partition : ni conseillers du prince, ni au service des pouvoirs technologiques et industriels, nous mettons nos méthodes et nos compétences au service du commun. C’est dans cet esprit que s’inscrit la campagne actuelle de Scientist Rebellion et de Scientifiques en rébellion, sa déclinaison française. Nous voulons proposer autre chose que ces COP impuissantes.
Nous souhaitons amorcer la construction d’un espace de discussion à la hauteur des enjeux. Un espace qui tisse des liens entre les personnes, les associations, les mouvements, les syndicats, différents mondes professionnels. Entre différentes façons d’observer, de comprendre, de percevoir et de ressentir le monde. Entre différentes rationalités et sensibilités dont le socle commun serait le respect du vivant.
C’est cette approche que nous tenterons de faire advenir à Bordeaux, du 30 novembre au 4 décembre avec l’organisation d’une COP alternative, réellement écologique. Cet évènement national a déjà été amorcé par de « mini COP alternatives » dans différentes villes de France : à Nancy le 22 octobre avec une action d’investissement des « Jardins éphémères » place Stanislas, installation de la ville, pour y porter haut et fort un discours critique sur la paralysie politique dominante et engager des discussions avec les visiteurs sur les enjeux climatiques et écologiques dans leur ensemble ; à Nantes, le 22 novembre avec une conférence inversée et une assemblée citoyenne sur la thématique des ressources en eau ; à Lyon, le 25 novembre avec un atelier participatif sur les enjeux du Rhône entre citoyen⸱nes, scientifiques et organisations locales ou encore à Paris le 26 novembre avec une conférence-débat à l’Académie du climat.
A Nancy, à Nantes, à Lyon, à Nice ou à Paris, nous avons proposé des espaces de réflexions autour d’enjeux de territoires. Ces espaces sont connectés à l’évènement de Bordeaux, ainsi qu’à tous ceux qui se jouent au même moment dans des dizaines de pays du monde selon le même état d’esprit dans le cadre de la campagne internationale de Scientist Rebellion, « How much more climate failure can we take ? ». Ces COP alternatives sont des manières d’inviter à faire du lien social, à prendre le temps de faire germer de nouveaux imaginaires et initiatives populaires, et donc d’une certaine manière à « ralentir », pour catalyser l’action contre le réchauffement climatique, la chute de la biodiversité, et de manière générale le dépassement des limites planétaires.
A Bordeaux le programme est ambitieux : il est à la hauteur des enjeux auxquels l’humanité doit faire face. De nombreuses organisations, associations, mouvements ont répondu à notre appel. Ces quatre jours vont constituer un véritable « Quartier général » de résistance climatique, une effervescence de rencontres, de discussions, de débats, de formes artistiques, d’actions de désobéissance civile non violente aussi, car nous jugeons que, face aux pouvoirs qui entrainent le monde à la catastrophe, la résistance et l’action seront des moteurs puissants de changement. Avec ces journées nous entendons contribuer au vaste tissage d’initiatives qui émerge un peu partout, contribuer aussi à rouvrir les imaginaires, et à redonner du pouvoir d’action aux personnes. Scientifiques en rébellion propose donc une main tendue pour mobiliser à Bordeaux, en France (et un lien visio streaming est mis en place à cet effet), à l’internationale aussi dans un désir de créer davantage de ponts entre pays, et de renforcer les groupes Scientist Rebellion internationaux. Des interventions et des témoignages venus de l’étranger enrichiront le programme de Bordeaux : sur l’expérience de référendum populaire en Equateur le vendredi soir, sur les bassines à partir d’une intervention d’un hydrologue italien le samedi matin, lien avec le Portugal aussi autour des questions de l’exploitation minière en haute mer. Nous appelons à décloisonner tous les secteurs au service du vivant, à fédérer les énergies tous ensemble sous le même toit (la Base sous-marine) pour fusionner nos singularités et catalyser l’action.
22.11.2023 à 01:00
Le mercredi 22 novembre 2023, nous, collectif des Scientifiques en Rébellion et d'Extinction Rebellion, avons co-organisé à Nantes une COP28 alternative autour de la thématique des ressources en eau en Pays de la Loire. Trois intervenantes ainsi que divers.e.s participant·e·s du public ont partagé leurs savoirs et expertise sur le sujet. Puis, collectivement, lors d'une convention citoyenne, le groupe a été invité à réfléchir sur les différentes façons de concevoir les ressources en eau dans la région dans un contexte de dérèglement climatique. Il en a émergé ce texte, co-écrit par des membres de Scientifiques en Rébellion, d'Extinction Rebellion et un groupe de citoyen.ne.s concerné.e.s, qui mêle constats et propositions.
L'eau est très présente dans la région Pays de la Loire, recouvrant 13% du territoire selon le rapport du GIEC Pays de la Loire. Cette ressource intervient dans différents aspects de nos vies (consommation, énergie, agriculture, usage quotidien). L'eau est un bien commun aux humains et aux autres êtres vivants, utile et nécéssaire dans les cycles de la vie et de l'écosystème entier. Dès lors, cette ressource ne doit pas être pensée de manière individuelle, segmentée et à petite échelle mais de manière décentralisée et solidaire, à l'échelle des différents bassins versants et de l'ensemble du cycle de l'eau. En effet, l'eau atmosphérique, plus au moins chargée en polluants, va irriguer les terres, remplir les nappes phréatiques et les points d'eau ou participer à la calotte glaciaire et former un stock d'eau douce. Toute l'eau n'est pas utilisée et immobilisée immédiatement, une partie va rejoindre, par ruissellement, les cours d'eau, ruisseaux et rivières, avant de se jeter dans la mer. En conséquence, une eau polluée, trop riche en nutriments (azotes, phosphate...), trop chaude, trop turbide, trop rare (cours d'eau à sec suites aux sécheresses à répétition des dernières années) ou encore trop canalisée, aura de nombreux effets néfastes pour nous, humains, mais aussi pour l'ensemble de l'écosystème en découlant.
Pour pallier cela, plusieurs propositions ont été évoquées comme le renforcement des mesures de renaturation des cours d'eau et des zones humides (débusage, recréation de méandres et degravières, défrichage et arrachage d'arbres, retrait de jussie et myriophylle etc.). Cela fait notamment partie des grands objectifs des documents réglementaires tels que le Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) et Schéma d'Aménagement et de Gestion desEaux (SAGE). À cela devrait venir s'ajouter une part de communication et de sensibilisation de la population à l'importance de ces zones, pour comprendre que l'eau est partout et utile à tous. Par ailleurs, la création d'un statut juridique pour les cours d'eau, tel que la Loire, indépendamment de son classement au patrimoine mondial de l'UNESCO, permettrait des recours juridiques facilités en cas de pollutions avérées, facilitant ainsi sa protection.
Concernant la gestion des ressources en eau, une des préoccupations centrales est l'utilisation de l'eau potable. Est-il pertinent de continuer à l'utiliser à d'autres fins que pour sa consommation (exemple : machine à laver, toilettes) notamment lorsque l'on sait qu'environ 20% de cette eau est perdue à cause des fuites dans le réseau d'alimentation [1]. À ce titre, la Régie de Nantes Métropole est considérée comme moins performante que des opérateurs privés [2]. Une alternative à ces pertes et à l'utilisation abusive d'eau potable serait de repenser le réseau d'alimentation en eau des foyers lors des nouvelles constructions : un réseau d'eau potable pour la consommation et un réseau alimenté par les eaux pluviales pour le reste. Dans les logements déjà construits et occupés, des aides financières de l'État ou de la Région pourraient être mises en place pour repenser ces réseaux d'eau comme pour la rénovation énergétique (MaPrimeRénov', Certificats d'Économie d'Énergie, aides des collectivités locales [3]). On peut également imaginer que les bâtiments publics et les entreprises aient des obligations à installer et/ou convertir leurs réseaux d'eau pour réutiliser les eaux pluviales et participer à une économie de l'eau potable. Par ailleurs, afin de garantir l'accès à l'eau à tou·te·s, de manière équitable il faudrait revoir la tarification de l'eau en adoptant le principe du "pollueur-payeur". Actuellement, elle est proportionnelle et une tarification sociale existe au niveau de Nantes Métropole [4]. À l'heure où la 6ème limite planétaire, celle de l'eau douce, a été dépassée [5] et que les prévisions pour la Loire indiquent une baisse substantielle des ressources en eau pour les années à venir [6], qu'adviendra-t-il du coût de l'eau ? Dans un contexte de raréfaction des ressources pour les foyers, la tendance est à la montée des tarifs (cf. prix de l'essence) et seuls les plus riches pourront se permettre d'utiliser l'eau et de la gaspiller. Nous craignons une tendance à l'accaparement au vu des épisodes de méga-bassines à Sainte-Solines ou du projet, heureusement suspendu, d'une retenue d'eau à la Clusaz [7]. Pour pallier cela, nous proposons de généraliser le système de tarification indexé sur les ressources financières : on paye en fonction de ce que l'on gagne. En outre, pour limiter le gaspillage de l'eau, un système de forfait devra être créé impliquant différents seuils au-delà desquels le tarif global de l'eau sera revu. Ainsi, à revenus identiques, un foyer ne faisant pas attention à sa consommation d'eau devra dépenser plus pour cette ressource qu'un foyer ne gaspillant pas. Cette nouvelle tarification se veut plus juste en prenant en compte les usages de l'eau en grande quantité (remplissage de piscines individuelles, arrosage de terrains de golfs, nettoyage des voitures etc.).
De plus, bien qu'il soit essentiel de repenser individuellement nos usages de l'eau, il faut surtout responsabiliser les industries très aquavores (textile, agroalimentaire, énergie). Nous voulons plus de transparence de la part des industries sur leur utilisation de l'eau. Sur la base du forfait évoqué plus haut, une taxation importante pour les entreprises très consommatrices est exigée. Nous voulons également obliger les diverses industries à ajouter la quantité d'eau utilisée pour leurs produits - notion d'eau virtuelle - en condition d'obtention des diverses aides financières publiques. Ce calcul d'eau virtuelle devra prendre en compte l'eau consommée sur le territoire et hors du territoire Français. Un institut indépendant pourra être chargé d'évaluer la justesse des quantités d'eau virtuelle évoquées. Nous estimons que cela incitera les industries à diminuer ce coût et sensibilisera les consommateurs sur leur impact sur les ressources en eau (exemple : ce jean a nécessité 7 000 à 11 000L d'eau [8]).
Au niveau individuel, diverses idées ont été avancées ayant trait à la sensibilisation et à l'accessibilité des informations. L'éducation des citoyen·ne·s à l'importance du cycle de l'eau est fondamentale et se doit d'être appuyée. Cela peut passer par des campagnes d'affichage, une moindre consommation de viande dans les cantines scolaires (une alimentation plus végétale diminue de 28 à 41% notre consommation d'eau [9]), des ateliers de sensibilisation dans les maisons de quartiers, écoles primaires, collèges et lycées...
Dès lors, il est nécessaire d'avoir conscience de l'effet que peuvent avoir nos actions sur l'eau.
Cela passe certes par des questions individuelles - à quelle part de confort personnel suis-je prêt à renoncer pour économiser l'eau ? - mais surtout par des décisions politiques fortes quant à l'accaparement de l'eau et au gaspillage. Il semble important de retenir que ce n'est qu'en adoptant un système tourné vers la décroissance que l'on aura un impact encore plus réel non seulement sur
notre consommation en eau mais aussi en ressources en tout genre (minerai, énergie, etc.).
Une des grandes inquiétudes mise en lumière lors de cette conférence est la qualité de l'eau. Selon l'Agence de l'eau Loire Bretagne, seules 11,3% des masses d'eau de la région sont en bon état écologique contre 44% des masses d'eau au niveau national [10]. En cause notamment, la présence de divers micropolluants chimiques [6], conséquences des pratiques agricoles et des activités industrielles. L'impact de ces pollutions n'est plus à démontrer : extinction de la biodiversité (-40% d'espèces d'oiseaux [11]), diminution de la production agricole due à la perte de pollinisateurs [12] ou encore toxicité humaine (substances cancérigènes, perturbateurs endocriniens et neuro-toxiques [13]).
Alors que les épisodes de marées vertes ont montré un lien direct entre l'eutrophisation des milieux aquatiques et la pollution des eaux aux nitrates par les effluents d'élevage [14], le changement de paradigme agricole reste très faible. Il est urgent de revoir le modèle d'agriculture intensive pour protéger au mieux les ressources en eau mais aussi repenser nos modèles économiques de production et de consommation. L'utilisation par les cantines scolaires de : i) récoltes bio, au lieu des productions des agro-industriels, participerait à la réduction des produits phytosanitaires, limitant la présence de polluants chimiques et organiques dans les nappes superficielles et profondes ; ii) variétés locales adaptées aux contraintes environnementales de la région, participerait à diminuer l'utilisation d'intrants, le besoin de transport pour les récoltes et ne nécessiterait pas ou peu d'irrigation. Concernant la pollution aux pesticides, nous soulignons l'arrêt de leur utilisation dans l'entretien des espaces verts de la métropole depuis 1999 [15] et invitons dès lors les diverses collectivités à aller au-delà et bannir les phytosanitaires des lieux de restaurations collectives.
Quant aux industries, nombreuses sont celles qui polluent, gaspillent ou accaparent l'eau ; on pense notamment aux industries classées SEVESO présentes au niveau de l'estuaire telle que Yara, régulièrement mise en demeure pour des rejets dans la Loire et qui a préféré fermer plutôt que de se mettre aux normes [16].
Parmi les diverses revendications, la taxation plus importante des gros pollueurs a été unanime.
À ce jour, plus de 70% des redevances pollution (un outil financier utilisé pour protéger la ressource eau) sont à charge des consommateurs domestiques, contre 10% pour les industriels et ce, malgré leur impact bien supérieur sur la ressource [2].
Pour aller en ce sens, un travail de cartographie recensant les industries les plus polluantes et/ou aquavores est nécessaire.
Pour pallier les effets néfastes de la pollution de l'eau, la proposition d'un aquascore, calqué sur le nutriscore alimentaire, permettrait d'informer la population sur la qualité de l'eau au robinet. Si des seuils existent (sulfates, chlorure, potassium, nitrates etc.) pour garantir la potabilité de l'eau, cela n'est pas communiqué de façon claire. À titre d'exemple, un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a montré en 2022 que deux tiers de l'eau du robinet des français était contaminée par un dérivé de chlorothalonil, un herbicide interdit depuis 2020 et ce, au-delà du seuil autorisé dans 34% des cas [17].
Dès lors, dans des régions agricoles où le taux de nitrates peut avoisiner le seuil de potabilité, l'eau pourrait être classée B ou C en regard d'une eau peu riche en nitrates ayant un aquascore A. Le cahier des charges pour la création de cet aquascore ainsi que sa diffusion reviendrait à la Régie publique eau de Nantes Métropole et permettrait à la population de se prémunir contre les effets néfastes d'une eau polluée. Cela devrait par ailleurs se généraliser aux autres Métropoles, communauté de communes et aux gestionnaires privés. Dans le cas où l'aquascore ne serait pas disponible, la distribution de kits pour tester soi-même la qualité de l'eau semble être une bonne alternative.
De manière générale concernant la gestion des ressources en eaux et leurs qualités, une mesure importante des pouvoirs publics doit consister à repenser l'aménagement du territoire. La réduction drastique de l'artificialisation des sols en zones urbaine et notamment leur imperméabilisation permet de limiter le ruissellement des eaux pluviales qui se chargent en polluant lors du lessivage des surfaces et dégradent par la suite fortement les milieux aquatiques [18].
En particulier, une étude montre que la pollution est locale pour de nombreuses molécules et ne provient qu'en faibles proportions de la pollution atmosphérique, étant reliée directement au lessivages des surfaces urbaines [19].
Par ailleurs, bien que nous soulignons la mise en place du plan Pleine Terre par la Métropole, ayant pour objectif de déminéraliser les sols et les "renaturaliser" [20], nous sommes nombreux·ses à déplorer l'inertie au vu des espaces encore bitumisés inutilement ; certains et certaines se disent prêts et prêtes à utiliser des marteaux piqueurs.
Il n'est pas sans rappeler que les végétaux en ville participent à de nombreux services écosystémiques favorisant la captation de l'eau ou réduisant de manière significative les îlots de chaleur [21]. Il semble également paradoxal qu'une Métropole encourage à la renaturalisation des sols pour favoriser la biodiversité et dans le même temps participe à la destruction de zones humides très riches en biodiversité dans le très controversé projet Doulon-Gohards.
À ce titre, une réglementation plus dure pour protéger les zones humides et prévenir leur disparition en zone urbaine est essentielle tout comme une réévalution du PHEC (plus haute eau connue) du PPRI (plan prévention risques inondation) pour limiter les inondations. Cette dernière mesure implique également d'éviter les constructions en zones inondables (cf. le projet du nouveau CHU [22]). Parmi les diverses propositions, la création de mares parait rapide à mettre en place et permettrait par ailleurs de favoriser le développement de biocénoses aquatiques.
Le "tout-béton" prôné par une politique attractive de la métropole - objectif de 6000 logements neufs par an indiqué dans le plan de relance du programme local de l'habitat publié en octobre 2023 sur le site de Nantes métropole [23] - a un impact négatif plus vaste sur le territoire ligérien de par la destruction de nombreux paysages et écosystèmes pour l'extraction du sable. Divers collectifs de riverains et riveraines s'opposent notamment aux extensions de carrières (Tahuns, Saint-Colomban etc.) pour protéger des espaces naturels et lutter contre le monde du béton.
Comme évoqué plus haut, l'incitation au changement de paradigme agricole par les pouvoirs publics particperait à une refonte des paysages du territoire (haies, bocages...). Enfin nous souhaiterions que plus de moyens financiers et humains soient accordés à la "police de l'eau", aux protecteurs.ice.s de l'environnement (ONF, OFB) afin de préserver au mieux le vivant.
En conclusion, si les diverses oeuvres dystopiques nous appellent à repenser nos imaginaires, rouages indispensables des politiques de transitions, nous ne sommes pas prêts à vivre avec des distiles - appareil de recyclage de l'eau corporelle présent dans l'univers fictionnel "Dune" de Frank Herbert - ou être dépendants des caravanes de l'eau (convoi d'approvisionnement d'eau potable dans le livre "Les derniers hommes" de Pierre Bordage). Les problématiques de l'eau sont centrales pour les humains et non humains afin d'assurer la subsistance du vivant. Les diverses décisions la concernant se doivent d'être prises collectivement et rapidement.
📣 C'est pourquoi nous appelons à l'organisation d'une convention citoyenne de l'eau au niveau de la Métropole Nantaise, du département et de la Région, et insistons sur le besoin de souverainetés locales. 📣
Un collectif de citoyen.ne.s, Scientifiques en Rébellion et Extinction Rébellion.
21.11.2023 à 01:00
Scientifiques en rébellion & Extinction Rebellion
Le 30 novembre 2023, jour de l’ouverture de la COP28 sur le climat à Dubaï, 8 scientifiques et activistes seront en procès à Paris pour avoir alerté sur la crise écologique au cours d’une conférence-occupation au Muséum national d’histoire naturelle dans la soirée du 9 au 10 avril 2022. Ce hasard du calendrier met cruellement en lumière le caractère révoltant de la situation actuelle : alors que la COP est présidée par le dirigeant de l’une des principales compagnies pétrolières au monde et que l’État français a été condamné pour inaction climatique, ce sont les lanceurs et lanceuses d’alerte qui sont poursuivi.e.s. L’action d’avril 2022 pour laquelle scientifiques et activistes sont poursuivi.e.s, est issue d’une collaboration entre Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion (XR). Elle se tenait symboliquement dans la galerie des fossiles du Muséum. Ce fut la première action de désobéissance civile organisée par des scientifiques en France. Plusieurs personnalités scientifiques viendront témoigner lors du procès en soutien aux personnes poursuivies et un rassemblement aura lieu à cette occasion.
Le 30 novembre 2023 dans la matinée, 8 scientifiques et activistes passeront en procès devant le Tribunal de police de Paris suite à une action réalisée en avril 2022 pour alerter sur les conséquences de l’inaction climatique du gouvernement. Les personnes poursuivies contestent les amendes de 5e classe qui leur avaient été infligées dans un premier jugement pour être resté.es après l’horaire de fermeture du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) à Paris. Une première audience s’était tenue le 5 octobre, mais avait été reportée car le MNHN n’avait pas été informé.
Le procès sera l’occasion pour les accusé.es de défendre la légitimité de leur action au regard de l’urgence climatique et de la perspective de la sixième extinction de masse. Pour leur défense, ils et elles invoqueront l’état de nécessité en raison du danger actuel et imminent qui pèse sur le vivant tel que démontré notamment par les travaux du Giec et de l’IPBES. Des personnalités scientifiques reconnues viendront témoigner pendant l’audience, en soutien aux accusé.es : Pierre-Henri Gouyon (biologiste, Muséum national d’histoire naturelle), Christophe Bonneuil (historien des sciences, CNRS) et Fabrice Flipo (philosophe des sciences, Institut Mines Telecom). Un rassemblement de soutien et des prises de parole de scientifiques auront lieu après l’audience.
La soirée du 9 au 10 avril 2022, en pleine campagne pour les élections présidentielles, une trentaine de scientifiques ont occupé la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée du Muséum national d’histoire naturelle. Entouré.es de fossiles en allégorie aux risques existentiels qui pèsent sur notre espèce et sur tout le vivant, des scientifiques de spécialités variées (océanographie, écologie, agronomie, biologie, infectiologie, informatique et histoire) ont réalisé une douzaine de présentations illustrant les mesures urgentes, radicales et nécessaires qui doivent être prises afin de limiter les conséquences des crises climatique et écologique en cours et à venir.
La vidéo complète des conférences est disponible ici et des images ici.
Il s’agissait de la première action organisée en France par le collectif Scientifiques en rébellion, issu de l’appel de 1000 scientifiques à la désobéissance civile publié dans le journal Le Monde en février 2020. Elle était organisée conjointement par Extinction Rebellion (XR) et Scientifiques en rébellion, dans le cadre d’une campagne internationale de Scientist Rebellion. L’action annonçait également la campagne d’XR qui allait suivre avec, notamment, l’occupation d’une partie des Grands Boulevards pendant le week-end du 16 avril.
Les participant.es ont quitté les lieux dans le calme à l’issue des présentations scientifiques, sans avoir créé aucun dégât matériel à ce lieu symbolique. Pourtant, elles et ils sont aujourd’hui poursuivi.es en justice. Alors que l’État français a été condamné par le Conseil d’État pour inaction climatique et que le gouvernement ne prend toujours pas de mesures exigées par la justice, ce sont les scientifiques qui sont inquiété.es pour avoir joué leur rôle de lanceurs et lanceuses d’alerte. L’histoire retiendra qu’en plein « effondrement climatique » (selon les mots du Secrétaire général de l’ONU), la France était plus occupée à poursuivre les scientifiques qu’à prendre des mesures à la hauteur de l’urgence. Plus grave encore, au moment de l’audience s’ouvrira aux Émirats arabes unis la COP28, présidée par Sultan Ahmed Al-Jaber, PDG de la compagnie pétrolière nationale ADNOC, 12e productrice mondiale. Cette compagnie prévoit d’augmenter de 25% sa production de pétrole d’ici à 2027, en contradiction totale avec les objectifs de l’Accord de Paris de 2015.
Ce n’est pas la première fois que des scientifiques français.es font face à une répression judiciaire pour des actions de désobéissance civile. En novembre 2022, 16 scientifiques (dont 4 Français) ont été emprisonné.e.s pendant une semaine en Allemagne pour s’être collé les mains à des automobiles de luxe dans un showroom BMW à Munich, dans le cadre d’une campagne internationale de Scientist Rebellion. Une tribune de soutien sur France TV Info avait alors été signée par 1300 scientifiques. En octobre 2021, un astrophysicien a été poursuivi avec six autres activistes pour s’être introduit sur le tarmac de l’aéroport de Roissy afin de dénoncer le caractère climaticide de l’extension du terminal 4, une action à laquelle participaient d’autres membres de Scientifiques en rébellion. Une tribune de soutien parue dans Reporterre avait recueilli près de 300 soutiens. La répression des scientifiques n’est qu’une illustration de la stratégie de criminalisation des mouvements sociaux et notamment des mouvements écologistes par le gouvernement, qui frappe aussi bien les actions de désobéissance civile que les manifestations. Ainsi, rien que cet automne, des militant.es d’Extinction Rebellion ont déjà dû faire face à plus de dix procès différents (voir notamment ici et là).
25.10.2023 à 02:00
Des membres de deux collectifs scientifiques, l’Atécopol et Scientifiques en rébellion, étaient présent.es au week-end de manifestation contre l’A69, pour rappeler le rejet de ce projet par la communauté scientifique. Dimanche, aux environs de 12h30, une conférence de l’Atécopol a débuté sur le terrain privé du rassemblement, devant environ 300 personnes. Un discours de 20 minutes était prévu visant à souligner la légitimité des opposant.es à ce projet au vu des enjeux climatiques et environnementaux (discours publié sur le site de l’Atécopol). Il devait être suivi par un échange de 40 minutes avec le public, et devait être clôturé par une intervention des Scientifiques en rébellion. Quelques minutes après le début de la conférence, alors que les scientifiques étaient en train de rappeler l’inadéquation de ce projet face aux trajectoires nécessaires pour respecter l’Accord de Paris, et d’expliciter leur positionnement critique face aux pratiques de compensation écologique sous le bruit croissant d’un hélicoptère de la gendarmerie, les forces de l’ordre ont décidé de donner l’assaut.
Les scientifiques sur place ont pu constater que les gendarmes mobiles, loin de se contenter de s’attaquer à la ZAD qui avait été installée la veille, ont usé abondamment de lanceurs de grenades lacrymogènes sur l’ensemble du site sur terrain privé, obligeant les scientifiques et leur public à se mettre à l’abri rapidement. Ces tirs ont également déclenché des départs de feux dans la paille des champs et sur une tente, heureusement éteints par des manifestant.es avant qu’ils ne deviennent potentiellement incontrôlables. Les forces de l’ordre ont également lancé des grenades lacrymogènes dans la zone du parking, gazant ainsi une foule comprenant des familles, des enfants et des personnes vulnérables essayant de quitter le site.
L’Atécopol et Scientifiques en rébellion expriment leur incompréhension et leur indignation quant à la violence et au moment choisi pour cette intervention : sans attendre le démontage du camp et le départ de la majorité des personnes venues pacifiquement écouter les conférences dominicales, ainsi que réfléchir et débattre ensemble sur les suites du mouvement.
L’Atécopol avait publié le 24 septembre une lettre ouverte exposant le consensus de ses 200 membres contre l’A69, dénonçant l’incohérence du projet sur le plan du climat et de la biodiversité. Le 4 octobre, Scientifiques en rébellion avait publié une lettre à Emmanuel Macron, rappelant également ces contradictions, qui avait été signée par près de 2000 scientifiques dont de nombreu.x.ses co-auteur.es du GIEC et membres d’institutions consultatives (Haut Conseil pour le climat et Conseil national pour la protection de la nature). Suite à ces prises de position, une délégation de scientifiques de l’Atécopol avait rencontré le 11 octobre Carole Delga et ses conseillers, soutiens du projet, pour leur rappeler les faits scientifiques essentiels à prendre en compte dans les décisions publiques.
04.10.2023 à 02:00
Plus de 1500 scientifiques, dont plusieurs co-auteur·es du GIEC, signent une lettre ouverte à Emmanuel Macron demandant l’arrêt des travaux de l’autoroute A69.
Dans une lettre ouverte publiée dans L’Obs le mercredi 4 octobre, plus de 1500 scientifiques, dont plusieurs co-auteur·es du GIEC, membres du Haut Conseil pour le Climat et membres de l'Académie des Sciences, réclament l’arrêt des travaux de l’A69. Cette lettre, initiée par le collectif Scientifiques en rébellion, arrive au cœur d’une forte mobilisation des citoyen·nes et des scientifiques autour de ce projet. Après le collectif scientifique toulousain Atécopol, qui a rendu public son rejet unanime du projet le 24 septembre, ce sont aujourd’hui des scientifiques de tout le pays qui se manifestent. Alors qu’on pourrait se demander pourquoi des scientifiques se mobilisent autour d’un projet d’autoroute, ils et elles précisent qu’« en nous opposant au chantier de l’A69, ce n’est pas seulement à ce projet particulier que nous appelons à mettre fin, mais à travers lui aux diverses politiques publiques héritées d’un passé qui nous a conduit dans l’impasse écologique actuelle ».
Dans leur lettre, les scientifiques tiennent à rappeler qu’ils et elles ne sont pas contre toute construction, et que « face à l’urgence écologique », il reste nécessaire « de bâtir, de rénover, d’installer de nouvelles infrastructures, et de développer la production et l’utilisation d’énergies renouvelables ». Pour autant, les signataires jugent que, sans une politique de sobriété, ces mesures seront insuffisantes et pourraient même devenir contre-productives par une augmentation des usages. Les scientifiques estiment ainsi que le respect des engagements internationaux de la France en matière climatique et de biodiversité nécessite de la sobriété et de renoncer à certaines choses comme « à la prédominance de la voiture individuelle, au tourisme de masse, à la surconsommation, à une alimentation trop carnée, et dès à présent à tout nouveau projet d’exploitation d’énergies fossiles ».
Les scientifiques jugent que l’A69 est un de ces projets auxquels il faut renoncer, parce qu’il est à la fois injustifié et délétère sur le plan climatique, environnemental et social.
Selon les signataires, « ni l’intensité du trafic, ni les gains de temps envisagés sur le trajet Toulouse-Castres ne justifient la construction d’une autoroute ». Les signataires plaident plutôt plutôt pour une limitation de la vitesse maximale sur autoroute à 110 km/h, ce qui ferait perdre l’intérêt en gain de temps de l’A69. L’argument du désenclavement, souvent mis en avant par les politiques soutenant le projet, est également contesté : « les recherches montrent clairement que le lien entre infrastructures autoroutières et développement n’est pas automatique, et peut être négatif », notamment pour les villes moyennes que l’on voulait ainsi desservir.
Sur le plan social, l’autoroute A69 serait l’une des plus chères de France, excluant ainsi son utilisation par les plus modestes. Pire, les déplacements de ces personnes seraient rendus plus difficiles en raison de la privatisation d’une partie des aménagements existants.
Les signataires rappellent les principaux impacts négatifs de cette autoroute comme les émissions de gaz à effet de serre, la destruction d’écosystèmes et la perte de terres agricoles, soulignant que la majeure partie de ces impacts peut encore être évitée : « Il n’est pas trop tard. [...] Arrêter maintenant, c’est limiter grandement le nombre d’arbres anciens coupés, de surfaces agricoles fertiles définitivement perdues, de zones humides terrassées et asphaltées. Arrêter maintenant, c’est éviter les émissions de CO2 associées à la construction de l’infrastructure, et celles causées tous les ans par un trafic à plus grande vitesse. […] Arrêter maintenant serait une marque de sagesse, de vision et de responsabilité face au défi que nous devons collectivement relever ».
La compensation écologique, mise en avant par le Ministre chargé des Transports lors de ses annonces du 26 septembre, fait également l’objet de sévères critiques de la part des scientifiques : « le principe même de la compensation écologique est largement contesté dans la littérature scientifique. Notamment, des arbres centenaires et des écosystèmes ne sont pas remplaçables par des plantations plus jeunes ou la protection d’autres zones ». Les signataires rappellent que la priorité doit être donnée à l’évitement des impacts, plutôt qu’à une illusoire tentative de compensation. Ils et elles soulignent qu’un projet d’aménagement alternatif à partir de la route nationale existante a été présenté par le collectif « La Voie Est Libre ».
Les scientifiques rappellent également que des citoyen·nes ont décidé de mettre leur liberté ou leur vie en jeu pour s’opposer au projet d’autoroute parce qu’il contrevient directement aux idéaux humanistes, une allusion au fait que Thomas Brail, le fondateur du Groupe National de Surveillance des Arbres, a entamé une grève de la faim depuis 34 jours, depuis rejoint par d’autres citoyen·nes.
Ils et elles concluent en demandant au Président de démontrer qu’il a entendu les alertes des scientifiques, et pris la mesure des transformations profondes qu’il faut apporter aux manières de conduire l’aménagement du territoire : « nous comptons donc sur votre lucidité, votre courage et votre détermination à préserver l’habitabilité de notre planète et de notre pays pour toutes et tous ».
Cette lettre ouverte intervient alors qu’une rencontre a eu lieu le 3 octobre à Paris entre les opposant·es au projet, Carole Delga et des représentants du ministère des transports, dans l’objectif de mettre en place un processus de médiation. Carole Delga se serait engagée à donner une réponse dans un délai de 24h, réponse qui pourrait mettre fin aux grèves de la faim et permettre le début de la médiation.
04.10.2023 à 02:00
Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron publiée le 4 octobre dans L'Obs, plus de 1500 scientifiques, dont plusieurs contributeurs et contributrices aux rapports du Giec, appellent le président à abandonner le projet anachronique de construction d'une autoroute entre Toulouse et Castres (A69). La liste des signataires figure ci-dessous et sera actualisée périodiquement.
Monsieur le Président de la République,
Le Ministre Clément Beaune a annoncé le 26 septembre que les travaux de l’autoroute A69 Toulouse-Castres allaient se poursuivre1. La veille, vous présentiez votre programme de planification écologique. Nous, scientifiques de différentes disciplines et de différentes institutions de recherche françaises, considérons que ce projet maintient la France sur une trajectoire incompatible avec la transition écologique telle qu’inscrite dans la loi.
Nous saluons de nombreuses mesures proposées dans le cadre de la planification écologique : transformer notre pays face à l’urgence écologique nécessite de bâtir, de rénover, d’installer de nouvelles infrastructures, et de développer la production et l’utilisation d’énergies renouvelables. Mais sans une politique de sobriété portant sur la demande, ces mesures ne seront pas suffisantes et pourraient même devenir contre-productives par une augmentation des usages. Respecter l’Accord de Paris nécessite ainsi de renoncer à la prédominance de la voiture individuelle, au tourisme de masse, à la surconsommation, à une alimentation trop carnée, et dès à présent à tout nouveau projet d’exploitation d’énergies fossiles. Repenser les modes de vie et l’économie sous le signe de la sobriété est identifié comme prioritaire dans de nombreux scénarios de transition au niveau français comme au niveau mondial2.
L’A69 est un de ces projets auxquels il faut renoncer.
Cette autoroute est inutile. Nous admettons qu’en dépit des impacts environnementaux que toute nouvelle infrastructure peut avoir, certains projets restent nécessaires. Mais pas celui-ci. Ni l’intensité du trafic, ni les gains de temps envisagés sur le trajet Toulouse-Castres ne justifient la construction d’une autoroute. L’heure est à la réduction de la vitesse3, et nous espérons que, très prochainement, vous annoncerez la limitation de la vitesse maximale sur autoroute à 110 km/h, comme cela avait été voté par la Convention Citoyenne pour le Climat, et comme cela est déjà le cas dans d’autres pays. Ceci ferait perdre de facto l’intérêt en gain de temps de l’A69.
De plus, réduire les émissions de gaz à effet de serre françaises au rythme prévu sera difficile, et développer le transport routier même électrique va à l’encontre de ces objectifs. Il nous faut tendre vers une réduction du trafic et des distances parcourues en voiture individuelle, comme cela est préconisé dans la plupart des scénarios de transition4.
Ensuite, il s’agit d’un projet socialement injuste. L’autoroute A69 serait la 2e plus chère de France (environ 0,18€/km)5. Ce coût élevé pourrait aussi engendrer un trafic bien inférieur aux prévisions, comme cela a été le cas de l’A656. Elle ne serait ainsi utilisée que par les personnes les plus aisées, alors qu’elle rendrait en même temps les déplacements des personnes modestes plus difficiles en privatisant une partie des aménagements existants.
Enfin, l’argument du désenclavement ne tient pas : les recherches montrent clairement que le lien entre infrastructures autoroutières et développement n’est pas automatique, et peut être négatif, car celles-ci exacerbent la concurrence entre territoires, et favorisent les grands centres urbains plus que les zones traversées ou même les villes moyennes que l’on voulait ainsi desservir7.
Pourquoi persister ? Le Ministre chargé des Transports met en avant deux éléments : la « compensation » des dommages écologiques engendrés et le fait que les décisions soient déjà entérinées. Le principe même de la compensation écologique est largement contesté dans la littérature scientifique. Notamment, des arbres centenaires et des écosystèmes ne sont pas remplaçables par des plantations plus jeunes ou la protection d’autres zones8,9. Au-delà de ces très fortes limitations, il convient surtout de respecter le principe ERC (Eviter-Réduire-Compenser) qui préconise en priorité d'éviter les impacts et de ne les compenser qu'en dernier recours, pour des projets indispensables.
Ensuite, des procédures judiciaires sont encore en cours, seuls les recours ayant un caractère suspensifs obligatoires ayant été examinés. Un point sérieux fait encore l'objet d'une procédure: l’autorisation environnementale a été donnée par les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn sans qu’ait été faite la démonstration de la raison impérative d’intérêt public majeur (étant précisé que la raison impérative est une notion qui va au-delà de la simple utilité publique), pourtant requise en cas de destructions irréversibles d'espèces protégées et de leurs habitats.
Soulignons également que Clément Beaune reconnaît aujourd’hui lui-même le caractère anachronique de nombreux projets d’infrastructures routières, et leur incompatibilité avec les enjeux écologiques actuels. La construction de cette autoroute a été actée sous votre précédent mandat. Il est de votre responsabilité de revenir sur cette décision. Prétendre qu’il est trop tard pour stopper ce projet relève de la stratégie du fait accompli et d’un déni de l’urgence de la situation.
Il n’est pas trop tard. Les dommages déjà occasionnés par les travaux couvrent actuellement seulement 10% environ de l’emprise prévue de l’autoroute. Arrêter maintenant, c’est limiter grandement le nombre d’arbres anciens coupés, de surfaces agricoles fertiles définitivement perdues, de zones humides terrassées et asphaltées. Arrêter maintenant, c’est éviter les émissions de CO2 associées à la construction de l’infrastructure, et celles causées tous les ans par un trafic à plus grande vitesse10. Arrêter maintenant, c’est permettre d’engager les mutations nécessaires en mettant les acteurs et actrices d’un territoire en discussion autour d’un projet mobilisateur, socialement juste et compatible avec les engagements de la France en matière climatique. Arrêter maintenant serait une marque de sagesse, de vision et de responsabilité face au défi que nous devons collectivement relever.
En nous opposant au chantier de l’A69, ce n’est pas seulement à ce projet particulier que nous appelons à mettre fin, mais à travers lui aux diverses politiques publiques héritées d’un passé qui nous a conduit dans l’impasse écologique actuelle. Les citoyen·nes constatent la véracité des projections scientifiques sur l’évolution du climat et les atteintes à la biodiversité, et certain·es mettent leur liberté ou leur vie en jeu pour s’opposer à ces projets parce qu’ils contreviennent directement aux idéaux humanistes. En arrêtant un projet aussi délétère et injustifiable que celui de l’A69, vous démontrerez que vous avez vous aussi entendu les alertes des scientifiques, et pris la mesure des transformations profondes qu’il nous faut apporter aux manières de conduire l’aménagement du territoire. Nous comptons donc sur votre lucidité, votre courage et votre détermination à préserver l’habitabilité de notre planète et de notre pays pour toutes et tous.
Notes :
1. « L’invité de 7h50 », France Inter (26 septembre 2023)
2. « Assessment Report 6, WGIII », chapitre 5, GIEC (2022). Voir également les scénarios de l’ADEME et RTE.
3. « A 10-Point Plan to Cut Oil Use », Internation Energy Agency (2022)
4. « Le plan de transformation de l’économie française », The Shift Projet (2022). Dans le scénario de The Shift Project, le trafic routier diminue de 40% en 2050 par rapport à 2020.
5. « Quelles sont les autoroutes les plus chères de France ? », L'internaute (4 juillet 2019)
6. « L'A65, très chère nouvelle autoroute... en mal de fréquentation », La Tribune (18 décembre 2012)
7. « A69 Castres-Toulouse : la permanence de l'imaginaire autoroutier », J. Milanesi, Médiapart (26 avril 2023).
8. « Why bartering biodiversity fails », S. Walker et al., Conservation Letters, 2, 149–157 (2009)
9. « Protecting irrecoverable carbon in Earth’s ecosystems », A. Goldstein et al., Nature Climate Change, 10, 287–295
10. « Émissions routières des polluants atmosphériques : Courbes et facteurs d’influence », Cerema (2021)
26.09.2023 à 02:00
Scientifiques en rébellion & Extinction Rebellion
Le 5 octobre 2023, 7 scientifiques et activistes seront en procès à Paris pour avoir alerté sur la crise écologique au cours d’une conférence-occupation au Muséum national d’histoire naturelle dans la soirée du 9 au 10 avril 2022. Cet événement, issu d’une collaboration entre Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion (XR), se tenait symboliquement dans la galerie des fossiles du Muséum. Ce fut la première action de désobéissance civile organisée par des scientifiques en France. Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion dénoncent les poursuites dont sont l’objet les scientifiques lanceurs et lanceuses d’alerte : comme le clamait une banderole, « Dire la vérité n’est pas un crime ». Plusieurs personnalités scientifiques viendront témoigner lors du procès en soutien aux personnes poursuivies et un rassemblement aura lieu à cette occasion.
Le 5 octobre 2023 dans la matinée, 7 scientifiques et activistes passeront en procès devant le Tribunal de police de Paris suite à une action réalisée en avril 2022 pour alerter sur les conséquences de l’inaction climatique du gouvernement. Les personnes poursuivies contestent les amendes de 5e classe qui leur avaient été infligées dans un premier jugement pour être resté.es après l’horaire de fermeture du Muséum national d’histoire naturelle à Paris.
Le procès sera l’occasion pour les accusé.es de défendre la légitimité de leur action au regard de l’urgence climatique et de la perspective de la sixième extinction de masse. Pour leur défense, ils et elles invoqueront l’état de nécessité en raison du danger actuel et imminent qui pèse sur le vivant tel que démontré notamment par les travaux du Giec et de l’IPBES. Des personnalités scientifiques reconnues viendront témoigner pendant l’audience, en soutien aux accusé.es : Pierre-Henri Gouyon (biologiste, Muséum national d’histoire naturelle), Christophe Bonneuil (historien des sciences, CNRS) et Fabrice Flipo (philosophe des sciences, Institut Mines Telecom). Un rassemblement de soutien et des prises de parole de scientifiques auront lieu avant le début du procès.
La soirée du 9 au 10 avril 2022, en pleine campagne pour les élections présidentielles, une trentaine de scientifiques ont occupé la galerie de paléontologie du Muséum national d’histoire naturelle. Entouré.es de fossiles en allégorie aux risques existentiels qui pèsent sur notre espèce et sur le vivant, des scientifiques de spécialités variées (océanographie, écologie, agronomie, biologie, infectiologie, informatique et histoire) ont réalisé une douzaine de présentations illustrant les mesures urgentes, radicales et nécessaires qui doivent être prises afin de limiter les conséquences des crises climatique et écologique en cours et à venir.
La vidéo complète des conférences est disponible ici et des images ici.
Il s’agissait de la première action organisée en France par le collectif Scientifiques en rébellion, issu de l’appel de 1000 scientifiques à la désobéissance civile publié dans le journal Le Monde en février 2020. Elle était organisée conjointement par Extinction Rebellion et Scientifiques en rébellion, dans le cadre d’une campagne internationale de Scientist Rebellion. L’action annonçait également la campagne d’XR qui allait suivre avec, notamment, l’occupation d’une partie des Grands Boulevards pendant le week-end du 16 avril.
Les participant.es ont quitté les lieux dans le calme à l’issue des présentations scientifiques, sans avoir créé aucun dégât matériel à ce lieu symbolique. Pourtant, elles et ils sont aujourd’hui poursuivi.es en justice. Alors que l’État français a été condamné par le Conseil d’État pour inaction climatique et que le gouvernement ne prend toujours pas de mesures exigées par la justice, ce sont les scientifiques qui sont inquiété.es pour avoir joué leur rôle de lanceurs et lanceuses d’alerte ! L’histoire retiendra qu’en plein « effondrement climatique » (selon les mots du Secrétaire général de l’ONU), la France était plus occupée à poursuivre les scientifiques qu’à prendre des mesures à la hauteur de l’urgence.
Ce n’est pas la première fois que des scientifiques français.es font face à une répression judiciaire pour des actions de désobéissance civile. En novembre 2022, 16 scientifiques (dont 4 Français) ont été emprisonné.e.s pendant une semaine en Allemagne pour s’être collé les mains à des automobiles de luxe dans un showroom BMW à Munich, dans le cadre d’une campagne internationale de Scientist Rebellion. Une tribune de soutien sur France TV Info avait alors été signée par 1300 scientifiques. En octobre 2021, un astrophysicien a été poursuivi avec six autres activistes pour s’être introduit sur le tarmac de l’aéroport de Roissy afin de dénoncer le caractère climaticide de l’extension du terminal 4, une action à laquelle participaient d’autres membres de Scientifiques en rébellion. Une tribune de soutien parue dans Reporterre avait recueilli près de 300 soutiens. La répression des scientifiques n’est qu’une illustration de la stratégie de criminalisation des mouvements sociaux et notamment des mouvements écologistes par le gouvernement, qui frappe aussi bien les actions de désobéissance civile que les manifestations. Ainsi, rien que durant la première quinzaine d’octobre, des militant.es d’Extinction Rebellion doivent déjà faire face à trois procès différents.
18.09.2023 à 02:00
Le collectif Scientifiques en rébellion s’oppose à la construction au terminal méthanier flottant au Havre et s’associe pleinement aux actions de désobéissance civile non violente organisées par Greenpeace ce jour-même au Havre et ailleurs.
Cet été plus que jamais, les effets destructeurs du changement climatique se font faits sentir dramatiquement aux quatre coins du monde et aussi en France1. Mais le pire est à venir. Pour respecter l’accord de Paris et la trajectoire de diminution des gaz à effet de serre (GES) à laquelle la France s’est engagée, toute nouvelle construction d’infrastructure d’exploitation, transport et traitement d’énergies fossiles doit être suspendue non seulement en France mais aussi à travers le monde2.
Comme le charbon et le pétrole, le gaz naturel liquéfié est une énergie fossile. Les investissements dans de nouvelles infrastructures nous enferment dans une politique énergétique fortement émettrice de GES. Cela va frontalement à l’encontre des objectifs de neutralité carbone de la France à l’horizon 20503.
Les arguments pour justifier ce projet de terminal méthanier sont malhonnêtes.
D’abord parce que l’installation de ce terminal méthanier ne renforcera pas notre souveraineté énergétique. A contraire, elle accroît notre dépendance au gaz naturel liquéfié (GNL) étranger, en particulier au GNL russe, et se traduira essentiellement par le soutien actif à la filière américaine du gaz de schiste4. Comble de l’hypocrisie, les techniques de fracturation hydraulique utilisées outre-atlantique sont interdites en France et dans de nombreux pays européens en raison des effets toxiques sur la santé humaine, sur les sols et les ressources en eaux5.
En outre la construction de ce terminal méthanier ne répond en aucune manière à un besoin énergétique causé par la guerre en Ukraine et ne permet pas de s’affranchir du gaz russe, comme détaillé et documenté dans les deux rapports de Greenpeace, « Terminal méthanier flottant du Havre »6 et « Gaz, à qui profite la guerre »7. Poursuivant leur stratégie du chaos, les opérateurs d’énergies fossiles, et TotalEnergies en particulier, instrumentalisent la situation de crise exacerbée par la guerre en Ukraine pour augmenter leurs profits à court terme, au mépris de nos engagements politiques et de l’intérêt général8.
Enfin, ces décisions sont trop souvent, comme c’est le cas pour le terminal méthanier du Havre, prises de façon unilatérale, sans délibération démocratique et sous la pression de groupes comme TotalEnergie dont la stratégie se caractérise par une totale absence de considérations humaines et de principes éthiques et moraux9.
Pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C et préserver l’habitabilité de notre planète, il faut dès aujourd’hui réduire massivement nos émissions de CO2 et donc notre consommation d’énergie provenant des combustibles fossiles. Mais cela ne peut se faire en investissant dans des infrastructures obsolètes et suicidaires comme ce terminal méthanier. A la place, les investissements doivent prioritairement aller vers des projets soutenant la transition écologique et énergétique de notre pays. Plutôt que de suivre aveuglément les propositions malhonnêtes des lobbies du gaz et de la pétrochimie, nos gouvernants devraient écouter les sciences du climat et des écosystèmes.
Lorsque les puissances publiques et privées utilisent mensonges et manipulations pour imposer à l’ensemble des populations des décisions politiques néfastes et suicidaires, les scientifiques n’ont d’autre choix que rétablir les chiffres et vérités scientifiques. Il est donc de notre mission de diffuser nos connaissances et de les mobiliser, y compris par la désobéissance civile non-violente.
C’est pourquoi nous soutenons Greenpeace dans cette action de désobéissance civile non-violente. Nous attirons ainsi l’attention de nos concitoyens sur l’hérésie que constitue la construction du terminal méthanier du Havre et nous les appelons à résister aux injonctions manipulatrices et à s’opposer aux projets qui hypothèquent notre avenir.
Notes :
1. https://climate.copernicus.eu/summer-2023-hottest-record,
Guinaldo et al., Ocean Sci., 2023, https://doi.org/10.5194/os-19-629-2023,
Ribes et al., Earth Syst. Dynam., 2022,https://doi.org/10.5194/esd-13-1397-2022
2. Rapport GIEC, AR6, WGIII, Figure TS.8, section TS.3 / section TS.5
3. https://www.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-bas-carbone-snbc
4. La France était en 2022, le principal importateur de GNL américain en Europe (en incluant le Royaume-Uni) avec 23,5% des importations totales (https://www.eia.gov/dnav/ng/NG_MOVE_EXPC_S1_M.htm)
5. https://psr.org/resources/fracking-compendium-8/
6. https://www.greenpeace.fr/rapport-terminal-methanier-du-havre/
7. https://www.greenpeace.fr/gaz-a-qui-profite-la-guerre/
8. Les opérateurs des énergies fossiles ont utilisé la « Stratégie du choc », concept développé par Naomi Klein dans son livre La Stratégie du choc : la montée d'un capitalisme du désastre (2007)
9. https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2022-0321_FR.pdf
Bonneuil et al., Global Environnement Change, 2021, https://doi.org/10.1016/j.gloenvcha.2021.102386
https://www.nouvelobs.com/monde/20230420.OBS72379/les-eaux-noires-de-total-revelations-sur-des-pollutions-majeures-au-yemen.html
14.09.2023 à 02:00
Alors que l’Académie Vétérinaire de France (AVF) organise une séance « Élevage et société » le jeudi 21 septembre 2023, force est de constater que l’ensemble des interventions prévues ne questionnent que très peu le modèle agricole destructeur que nous connaissons aujourd’hui et envisagent encore moins la réduction nécessaire de l’élevage pour une véritable transition agro-écologique. Les vétérinaires participants ont le droit d’accéder à des discours contradictoires et d’aborder avec transparence et exhaustivité la question de l’élevage et de ses impacts.
L’Académie Vétérinaire de France organise, le 21 septembre 2023, une journée sur « l’expertise scientifique pour une transition agroécologique réussie ».
Dans son programme, l’Académie édifie l’élevage comme source de nutrition, de protection des pays du Sud, constituant des opportunités territoriales et circularités. Cela aurait pu en rester là, car chaque institution, après tout, choisit les histoires qu’elle raconte.
Néanmoins, en se réclamant de la science, l’Académie en appelle à plus large qu’elle. La science n’est pas un parti pris qu’on choisit. Elle porte des valeurs et est au service des citoyens et citoyennes du monde aujourd’hui et pour le futur. Elle suit une éthique de la recherche qui inclut des mots comme intégrité, collégialité, pertinence, responsabilité, exhaustivité.
En donnant la parole uniquement à des intervenants pro-élevages, l’Académie oublie que :
Partout dans le monde, les scientifiques demandent que leurs travaux ne soient pas utilisés pour protéger un agenda politique qui détruit la biodiversité et empêche la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Pourquoi aucun des résumés présentés ne fait état des recommandations d’institutions de consensus international comme le GIEC, l’OMS et l’IUCN ?
Selon les alinéas 2, 9, 12 et 15 de l’article R242-33 du code de déontologie vétérinaire, les vétérinaires doivent « prend[re] en compte les conséquences de leur activité professionnelle sur l’environnement » et « acqu[érir] l’information scientifique nécessaire à leur exercice professionnel ». Mais surtout ils ne doivent pas « aliéner [leur] indépendance professionnelle sous quelque forme que ce soit ».
En ne permettant pas un débat ouvert et en ne présentant pas le consensus actuel sur la nécessité de diminution du cheptel de monogastriques et de polygastriques en France, l’Académie Vétérinaire de France va contre le mandat qu’elle prétend avoir, à savoir contribuer à la diffusion des progrès des sciences. Elle va contre les vétérinaires et leur mission de santé publique. Elle entretient aussi un scepticisme scientifique qui ampute les générations futures de la possibilité d’avoir une planète avec un climat stable.
En conséquence :
Nous constatons que la transition fait partie de vos préoccupations et sommes à votre entière disposition pour vous aider à avancer sur le sujet dans le sens du consensus scientifique.
Signataires :
31.07.2023 à 02:00
Scientifiques en rébellion prend acte de la publication le 7 juillet de l’avis 44 du Comité d'éthique du CNRS (COMETS) « Entre liberté et responsabilité : engagement public des chercheurs et chercheuses » qui fait explicitement référence à notre collectif et à nos modalités d’action et de prise de position publique.
Nous nous félicitons de l’avancée majeure que constitue cet avis dans le paysage des rapports entre sciences, société et politique. En effet, l’avis du COMETS rappelle de façon claire et catégorique que :
Cet avis est un écho au Manifeste de Scientifiques en rébellion « Pour la liberté d’engagement des scientifiques » qui a été signé par plusieurs centaines de scientifiques à ce jour.
Nous comprenons que la rédaction d’un tel avis est un exercice difficile. Il n’est donc pas surprenant de rencontrer dans le résumé, les conclusions ou le corps de l’avis un certain nombre de points vagues voire ambigus qui appellent à une certaine vigilance. Ainsi :
L’avis du COMETS ouvre enfin un espace de discussion sur les questions de neutralité, de responsabilité, de liberté et d’engagement des scientifiques en société, et plus généralement sur les rapports entre science et politique. Cet avis offre l’opportunité d’un débat rationnel et serein qui s’oppose de facto à la tentation de criminaliser l’engagement des scientifiques dans un contexte d'intensification des tensions sociales et politiques liées aux crises climatiques et écologiques.
07.07.2023 à 02:00
Face aux questions et critiques que soulève l’engagement croissant des scientifiques dans l’espace public, Scientifiques en rébellion propose un manifeste « Pour la liberté d’engagement des scientifiques ». Ce manifeste a pour but d’expliquer les raisons de cet engagement qui, dans le contexte des crises climatiques et écologiques actuelles, n’est pas simplement un droit, mais une composante essentielle de notre métier de scientifiques. Nous appelons l’ensemble des institutions scientifiques à soutenir la liberté d’engagement des scientifiques en signant ce manifeste. Comme l’ont déjà fait des centaines de scientifiques, vous aussi, signez le manifeste à titre individuel pour soutenir le mouvement.
Cher·e·s collègues,
Nous demandons à votre [conseil/comité/société] de soutenir les scientifiques qui exercent leur liberté d’expression académique en alertant sur les crises écologiques et climatiques à travers l’engagement non-violent de leur choix.
Le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, qui se déroulent à des vitesses jamais observées dans le passé, annoncent des crises sans précédent. Les premiers effets s’en font déjà sentir et augurent un futur dramatique pour l’ensemble des êtres vivants et plus particulièrement l’humanité.
La première mission des institutions et acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche publique (ESR) est de produire des connaissances scientifiques qui sont un bien commun au service de l’intérêt général [1].
Cela fait plus d’un demi-siècle que des dizaines de milliers d’articles scientifiques documentent le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité et alertent les décideurs sur l’urgence à agir. Les scientifiques du GIEC [2] et de l’IPBES [3] ont produit et publié des synthèses toujours plus complètes, offrant non seulement aux décideurs des constats scientifiques solides, mais décrivant également des scénarios et des solutions pour prévenir et atténuer les effets des crises à venir. Ces efforts sont globalement restés vains et leurs impacts largement en deçà des enjeux [4,5], ne faisant qu’accentuer l’urgence. La constitution d’un socle de connaissances fiables n’a donc pas suffi à mettre en œuvre des actions adaptées.
La seconde mission de l’ESR, tout aussi importante, consiste à diffuser ces connaissances auprès du public, afin de répondre aux besoins de la société et de permettre à chacun·e de faire des choix éclairés. Or, on ne peut que constater un défaut d’information des populations sur les enjeux qui les concernent. Ce défaut est en partie dû à la difficulté de diffuser la connaissance dans un contexte de crise de la médiation scientifique qui participe à la confusion entre faits scientifiques documentés et opinions.
À cette difficulté se rajoute la fabrique du doute par la propagation de discours contradictoires venant d’acteurs ayant tout intérêt à repousser les changements qu’impliquent les transitions écologiques et sociales [6, 7]. Il est très inquiétant de voir aussi augmenter, à la mesure de l’urgence, des communications publiques ou gouvernementales qui relèvent du greenwashing, à tel point qu’elles sont sujettes à des sanctions judiciaires [8] et à des désaveux d’institutions publiques et de leurs membres [9].
Aujourd’hui, l’accès à ces connaissances scientifiques permettant une appropriation des enjeux écologiques systémiques est nécessaire pour l’ensemble des citoyen·ne·s et notamment les plus vulnérables, qui subissent en premier les effets de ces crises [10].
Dans ce contexte, il est du devoir des scientifiques, au service des citoyen·nes, d’investir de nouveaux moyens d’interagir avec la société, en entrant dans l’espace public et médiatique pour promouvoir les connaissances scientifiques et dénoncer de toutes les manières possibles les entreprises de désinformation dont nous sommes les témoins. Le devoir de neutralité est parfois mis en avant pour discréditer l’engagement des scientifiques dans le débat public. Il est essentiel de rappeler que la neutralité de la science est une utopie : si la méthode scientifique vise à l’objectivité, nos objets de recherche, nos questionnements, nos financements, les applications qui sont faites de nos résultats sont le produit de nos sociétés humaines et en portent les orientations. Quand bien même elle serait atteignable, la neutralité scientifique ne s’oppose de toute façon pas à la mission d’alerte du public, en particulier devant l’accumulation des preuves des crises écologiques et de leurs impacts négatifs sur les populations et les systèmes sociaux et économiques.
Ce rôle de lanceur·se d’alerte des scientifiques s’inscrit dans la notion d’engagement personnel, c’est-à-dire toute prise de position publique sur des enjeux moraux, politiques ou sociaux [11]. Les prises de parole médiatiques, le soutien à des causes, la participation à des manifestations ou à des actions de désobéissance civile non violente en sont différentes modalités, toutes porteuses de cet engagement. Dans le cas particulier des scientifiques, cet engagement relève directement de la liberté académique [12], qui inclut le droit des universitaires « d’exprimer librement leurs opinions sur l’institution ou le système au sein duquel ils travaillent ainsi qu’à diffuser sans restriction le savoir et la vérité » [1, 13].
Pourtant, certain·e·s collègues subissent des pressions ou des sanctions de la part de leurs institutions qui leur reprochent l’exercice de cette liberté académique. Récemment, Rose Abramoff (géologue) a été licenciée de l’Oak Ridge National Laboratory (USA) pour avoir brandi une banderole lors du congrès annuel de l’American Geophysical Union, dans le but d’encourager ses collègues à s’engager dans l’espace public. Le motif de licenciement avancé : s’être livrée à une activité personnelle dans le cadre d’une mission professionnelle [14].
Cet exemple démontre, s’il en était besoin, que les institutions de recherche et d’enseignement supérieur ne sont, pas plus que les universitaires qu’elles emploient, des entités neutres. Les directions de ces établissements sont parfois également soumises à des pressions extérieures venant de financeurs ou d’administrations de tutelle, qui peuvent les inciter à s’écarter de leur vocation initiale et à exercer une censure illégitime sur l’engagement public de leurs agents. À l’inverse, des institutions comme l’Université de Lausanne [11] ont conclu à la nécessité de soutenir et de défendre cette liberté académique et de ne pas entraver la liberté d’expression et d’engagement des universitaires.
Il est désormais crucial que la communauté scientifique dans son ensemble, et notamment les corps intermédiaires que sont les sociétés savantes et les instituts, se positionnent massivement pour défendre l’engagement des chercheur·se·s comme un des piliers de leur liberté d’expression.
Nous invitons votre [conseil/comité/société] à se positionner en faveur de la liberté d’engagement des scientifiques, en vous saisissant de ce texte et en contribuant à sa diffusion dans votre communauté dans sa version originale ou amendée.
[1] UNESCO, Recommandation de l’UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur, 1997.
[2] Sixième rapport d’évaluation du GIEC, 2021-2023.
[3] Rapport d’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques de l’IPBES, 2019.
[4] I. Stoddard et al., « Three Decades of Climate Mitigation : Why Haven’t We Bent the Global Emissions Curve? », Annual Review of Environmental Resources, vol. 46, 1, pp. 653–689, 2021.
[5] Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique, Perspectives mondiales de la diversité biologique 5, 2020.
[6] C. Bonneuil, P.-L.s Choquet, B. Franta, « Early warnings and emerging accountability : Total’s responses to global warming, 1971–2021 », Global Environmental Change, vol. 71, 10238, 2021.
[7] N. Oreskes, « The Scientific Consensus on Climate Change », Science, vol. 306, no. 5702, pp. 1686–1686, 2004.
[8] L’Affaire du Siècle, https://laffairedusiecle.net/.
[9] Haut Conseil pour le Climat, Rapport grand public 2022, 2022.
[10] Comité d’Ethique du CNRS (COMETS), « Intégrer les enjeux environnementaux à la conduite de la recherche – Une responsabilité éthique », Avis n°2022-43.
[11] Fragnière A. et al., « L’engagement public des universitaires : entre liberté académique et déontologie professionnelle. Rapport du Groupe de travail sur la recherche et l’engagement », Université de Lausanne, 2022.
[12] Loi Savary, 1984 ; Code de l’Education, 2000 ; Principe fondamental reconnu par les lois de la République ; Cour Européenne des Droits de l’Homme, Mustafa Erdoğan et autres c. Turquie, requêtes no 346/04 et 39779/04, arrêt du 27 mai 2014, p. 40. Cité dans Kaye, D., Rapport du Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Nations Unies, 2020, p. 11.
[13] Cour Européenne des Droits de l’Homme, Sorguç c. Turquie, requête no 17089/03, arrêt du 23 juin 2009, par. 35. Cité dans Kaye, D., Rapport du Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Nations Unies, 2020, p. 11.
[14] « Désobéissance civile : “Les climatologues sont aussi des citoyens et des êtres humains” », Le Monde, 26 Janvier 2023.
Benoit Derijard, Écologue marin, Chercheur CNRS, Université Cote d'Azur, Nice
Benjamin Mauroy, Mathématicien, Directeur de recherche, CNRS, Nice
Odin Marc, Géomorphologue, Chargé de recherche, CNRS, Toulouse
Luc Deneire, Traiteur de signal, Professeur des Universités, Université Côte d'Azur
Elodie Vercken, Écologue, Directrice de Recherche, INRAE, Sophia-Antipolis
Mathias Rollot, Architecte, Maître de conférences à l'ENSAG, Université Grenoble Alpes
Julien Lefevre, Informaticien, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Raphael Seguin, Biologiste marin, Université de Montpellier
Sylvain Weill, Hydrologue, Maître de conférences à l'ENGEES, Université de Strasbourg
Agnès Ducharne, Hydro-climatologue, Directrice de recherche, CNRS, Paris
Camille Baudoin, Informatique, Enseignant, Insa CVL, Blois
Rémi Gaillard, Doctorant en climatologie, ENS-PSL, Paris
Romain Valadaud, Géographe, Post Doctorant, IRD, Montpellier
Guillaume Mandil, Sciences pour l'ingénieur, Maître de conférences, Université Grenoble Alpes
Florence Maraninchi, Informaticienne, Professeure des universités, Université Grenoble Alpes
Fabienne Barataud, Géographe, ingénieure de recherche Inrae, Nancy
Amine Boussejra, Doctorant en physique, IP2I, Université Claude Bernard Lyon 1
Soizic Rochange, Biologiste, Université Toulouse 3
Estelle Barbot, Post-doctorante, ISEM, Montpellier
Laure Teulières, Historienne, Maîtresse de conférence, Université Toulouse Jean Jaurès
Florence Volaire, Écologue, Chargée de recherche, INRAE-CEFE, Montpellier
Romain Couillet, Mathématicien appliqué aux sciences de l'ingénieur, Professeur des Universités, Université Grenoble-Alpes
Océane Foix, Sismologue, Postdoctorante, Géosciences Montpellier, CNRS, Université de Montpellier
Louise Karman-Besson, Doctorante en Géomorphologie, CNRS, Toulouse
Alexis Bienvenüe, Mathématicien appliqué, Maître de conférences, ISFA, Université Lyon 1
Philippe Lesage, Maître de conférences en Sciences de la Terre, Université Savoie Mont Blanc, Chambéry
Victor Altmayer, Neurologue, Doctorant en neurosciences, ICM, Paris
Isabelle Roman, Ingénieure agronome ENSA Rennes, spécialisée en génie de l'environnement, et psychanalyste
Théo Guillerminet, Biologiste spécialisé sur l'étude de la diversité cultivée, CIRAD, Montpellier
Laura Schuft, Sociologue, Maîtresse de conférences, Université Côte d'Azur
Elodie Merlot, Biologiste et ingénieure agronome, directrice de recherche à INRAE, Rennes
Philippe Borsa, Généticien des populations, Directeur de recherche, IRD, Montpellier et Nouméa
Laurent Husson, Géologue, Directeur de recherche, CNRS, Grenoble
Yann Coadou, Physicien, Chargé de recherche, CNRS, Marseille
Marieke Van Lichtervelde, Géologue, Chargée de Recherche, IRD, Toulouse
Celine Scornavacca, Bio-informaticienne, Directrice de Recherche, CNRS, Montpellier
Thomas Hermilly, Océanographe physicien/biogéochimiste, Doctorant, IRD (LOPS et LOV), Brest
Tanguy Fardet, Chargé de recherche, ENPC, Champs-sur-Marne
Ludivine Baguet, Vétérinaire, CVPDCN, Sérifontaine
Solange Coadou, Doctorante en océanographie, ENS-PSL, Paris
Louis Waquier, Doctorant en physique, CNRS, Université Paris Cité, Paris
Yentl Deroche, Doctorante en sociologie, INRAE, Université de Montpellier, Montpellier
Sylvain Kuppel, Hydrologue, Chargé de recherche, IRD, Toulouse
Viviane Baladi, Mathematicienne, Directrice de recherche, Paris
Pierre Mathieu, Mathématicien, Professeur des universités, Université d'Aix-Marseille
Isabelle Goldringer, Ingénieure agronome et généticienne des populations, Directrice de recherche, INRAE, Université Paris-Saclay
Laurent Riou, Ingénieur mécanicien, CNRS, Villeurbanne
Constance Valentin, Physicienne, Chargée de recherche, CNRS, Université de Bordeaux
Damien Cartron, Sociologue, Ingénieur de recherche, CNRS, Paris
Julien Milli, Astronome adjoint, Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble, Université Grenoble Alpes
Hugo Trentesaux, Physicien, Ingénieur de recherche, CESBIO, Toulouse
Noam Bloch, Hydraulicien, Doctorant, LEGI - CNRS, Université Grenoble Alpes
Aude Carreric, Climatologue, Post-doctorante, BSC-CNS, Barcelone
Marwan Naciri, Doctorant en écologie, CEFE, Université de Montpellier
Arache Djannati-Ataï, Astrophysicien, Directeur de recherche, CNRS, Paris
Xavier Bodin, Géographe, Chargé de recherche, CNRS, Le Bourget-du-Lac
Stéphanie Mariette, Généticienne des populations, INRAE, Bordeaux
Valérie Sion, Mathématicienne, Informaticienne, Paris
Pascal Houillier, Néphrologue, physiologiste, Professeur des Universités, Université Paris Cité, INSERM, Paris
Louise van Oudenhove, Écologue, Chargée de recherche, INRAE, Sophia-Antipolis
Théophile Truchis, Physicien-écologue, Doctorant, PCPHT, Polytechnique, Palaiseau
François Warlop, Agronome, GRAB, Avignon
Bruno Locatelli, Chercheur en sciences de l'environnement, Cirad, Université de Montpellier
Bertrand Isidor, Généticien, INSERM, Nantes
Hugo Raguet, Maître de conférences en informatique, INSA Centre-Val de Loire et Université de Tours
Gilles Frison, Chimiste, Directeur de recherche, CNRS, Paris
Mickael Coriat, Astrophysicien, Université Toulouse 3, Toulouse
Charlène Bouchaud, Archéobotaniste, Chargée de recherche CNRS, Muséum national d'histoire naturelle
Jonah Jaubert, Élève-ingénieur en science des données, EFREI, Paris
Jérôme Guilet, Chercheur en astrophysique, CEA Saclay
Miriam Beck, Post-doctorante en océanographie/écologie, LOV/Sorbonne Université
Arnaud Legrand, Informaticien, Directeur de recherche, CNRS, Grenoble
Wim Burmeister, Professeur de biophysique, Université Grenoble Alpes, Grenoble
Arnaud Poublan-Couzardot, Neuroscientifique, Post-doctorant, INSERM, Lyon
Loic Salmon, Biophysicien, Chercheur, CNRS, Lyon
Florian Debras, Astrophysicien, Chercheur CNRS, Toulouse
Frédérique Bienvenüe, Mathématicienne, Maîtresse de conférences, Université Lyon 1, Lyon
Laurent Bétermin, Mathématicien, Maître de conférences, Université Lyon 1, Lyon
Ivan Gentil, Mathématicien, Enseignant-chercheur, Université Lyon 1, Lyon
Julian Carrey, Physicien, Enseignant-chercheur INSA Toulouse
Frank Wagner, Mathématicien, Professeur, Université Lyon 1, Lyon
Louis Dupaigne, Mathématicien, Enseignant-chercheur, Université Lyon 1, Lyon
Thomas Blossier, Mathématicien, Enseignant-chercheur, Université Lyon 1, Lyon
Florian Simatos, Enseignant-chercheur en mathématiques appliquées, ISAE SUPAERO, Toulouse
Lara Elfjiva, Anthropologue, Doctorante, CNRS EHESS, Paris
Méril Massot, Post-doctorante en microbiologie, CEFE, CNRS, Montpellier
Jean-Marie Madiot, Informaticien, chargé de recherche, INRIA, Paris
Marine Beneat, Doctorante, IFREMER
Christian Léonard, Mathématicien, Professeur, Université Paris Nanterre
Steve Hagimont, Historien, Maître de conférences, Université de Versailles-Saint-Quentin
Mathieu Chassé, Géochimiste, Maître de conférences, Sorbonne Université
Geoffroy Aubry, Physicien, Chargé de recherche, CNRS, Nice
Sophie André, Pharmacien
Camille Lepoittevin, Ingénieure de recherche en génétique des populations, INRAE, Bordeaux
Ariane Lambert-Mogiliansky, Professeure associée à l'Ecole d'Economie de Paris (PSE)
Pascal Maugis, Chercheur hydro-climatologue, LSCE
Chiara Pistocchi, Maîtresse de conférences en sciences du sol, Institut Agro Montpellier
Alexandre Le Tiec, Astrophysicien, chargé de recherche CNRS, Observatoire de Parisu
Laurent Riou, Ingénieur mécanique CNRS, IP2I de Lyon
Jérôme Santolini, Directeur de recherche, CEA, Saclay
Matthieu Moy, Maître de conférences, UCBL, Lyon
Julien Gros, Sociologue, Chargé de recherche CNRS, LISST, Toulouse
Laetitia Tuffery, Économiste, Enseignante-chercheure associée à PSAE, Saclay
Zoé Berenger, Doctorante en informatique, Télécom Paris, Palaiseau
Titouan Montheil, Docteur en chimie et physico-chimie des Matériaux, Université de Montpellier, Montpellier
Isabeau Bertrix, Doctorante, Modélisation de végétation dynamique, Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement, Université Paris-Saclay
Élodie Millan, Doctorante, Modélisation numérique du mouvement brownien confiné, Laboratoire d'onde et matière d'Aquitaine, Université de Bordeaux
Olivier Saut, Mathématicien, Directeur de recherche CNRS, Bordeaux
Michel Dobrijevic, Astrophysicien, Enseignant-chercheur, Université de Bordeaux
Juliette Bessette, Historienne de l'art, Aix-Marseille Université
Pierre Salou, Ingénieur CEA, Grand Accélérateur National d'Ions Lourd, Caen
Christine Blondel, Historienne des sciences et des techniques, chercheuse CNRS retraitée, Paris
Malo Mofakhami, Chercheur en sciences économiques, Maître de conférences, Université
Gaëlle Letort, Ingénieure de recherche en analyse d'images biologique, CNRS, Institut Pasteur, Paris
Jean-Baptiste Charlier, Chercheur hydrogéologue, UMR G-Eau, Montpellier
Timothée Chabot, Sociologue, Postdoctorant au CRIS, Sciences Po - CNRS, Paris
Alexis Tantet, Climatologue, Professeur assistant au LMD, École Polytechnique, Palaiseau
Léa Bonnefoy, Astrophysicienne, postdoctorante au LERMA, Observatoire de Paris, Paris
Alice Meunier, Biologiste, CNRS, Institut de biologie de l'Ecole Normale Supérieure, Paris
Jean-Luc Gouzé, Mathématicien, Directeur de recherche, Inria, Sophia-Antipolis
Sébastien Triqueneaux, Ingénieur de Recherche, CNRS, Institut Néel, Grenoble
Anne-Sophie Masson, Écologue, post-doctorante, INRAE, Montpellier
Aurélien Berlan, Docteur et agrégé en philosophie, maître de conférence en Sciences économiques et gestion, ancien élève de l'ENS, Toulouse 2
Milan Bouchet-Valat, Sociologue, Chargé de recherche, Ined, Aubervilliers
Matthieu Latapy, Directeur de recherche, CNRS, Paris
Ewa Zlotek-Zlotkiewicz, Chercheuse alter-académique, Nantes
Alain Mille, Professeur Émérite, Université Lyon1
Philippe Marquet, Enseignant-chercheur en informatique, université de Lille
Jacques Testart, Biologiste, Directeur de recherches honoraire, inserm
Juliette Anglade, Ingénieur de recherche Sc. de l'environnement et Sc. de l'éducation, INRAE, Nancy
Catherine Aubertin, Directrice de recherche, IRD,
François Millet, Directeur des programmes sciences et société, Le Dôme - Caen Normandie
Bernard Ancori, Professeur émérite, Université de Strasbourg
Sakina-Dorothée Ayata, Maîtresse de conférences en écologie marine, Sorbonne Université
Frédérique Lerbet-Sereni, Professeur, UPPA
Benoît Parrein, Informatique, Enseignant-Chercheur, Polytech Nantes
Simon Benhamou, Éco-éthologiste, Directeur de recherche CNRS, CEFE, Montpellier
Natacha Coquery, Historienne, professeure des universités, Université Lumière Lyon 2
Alexis Roy, Doctorant, Laboratoire Écologie Systématique Évolution, Université Paris-Saclay
Gwenaël Rabut, Biologiste, Chargé de recherche, INSERM, Rennes
Pascale Scheromm, Géographe, INRAE, Montpellier
Sabine Girard, Géographe, Inrae, Grenoble
Klask ! Docteur·e·s et innovation sociale, Association interdisciplinaire de chercheur·se·s, Nantes
Marie Fauré, Doctorante en histoire, Laboratoire Ausonius, Université Bordeaux-Montaigne
Laurent Pagani, Astrophysicien, directeur de recherche CNRS, Observatoire de Paris
Jacques Louis, Doctorant en physico-chimie, CNRS, Collège de France, Paris
François Briens, Ingénieur et docteur en économie, actuellement sans institution de recherche, Marseille
Catherine Even, Maîtresse de conférences en physique, Université Paris-Saclay, Orsay
Vincent Pradier, Doctorant en sciences de gestion, IAE de Paris - Sorbonne, Paris, et OCCAH, Montréal
Arnaud Beck, Ingénieur de recherche en physique numérique, CNRS, Palaiseau
Ghislain Nicaise, Biologiste, Professeur émérite, Université Nice Côte d'Azur
Patrick Chames, Biologiste, Directeur de recherche CNRS, Marseille
Irénée Frérot, Physicien, Postdoc à l'Institut Néel, Grenoble
Arnaud Chiffaudel, Physicien des systèmes complexes, Chargé de recherche CNRS 1988-2012
Jean-Marie Firdio, Sociologue, Ingénieur de recherche retraité, Paris
Antoine Tiberj, Maître de conférences physique et microélectronique, Université de Montpellier
Fabien Malbet, Directeur de recherche CNRS en Astronomie et Astrophysique, Université Grenoble Alpes
Anne Blondeau Da Silva, Maître de Conférences en Ecologie, Université Limoges
Pierre Stassart, Professeur de Sociologie de l'environnement, Université de Liège
Antoine Amarilli, Maître de conférences en informatique, Palaiseau
Eric Debuire, Praticien Hospitalier, CHU Guadeloupe
Delphine Clauss, Chimiste, Doctorante, Grenoble INP UGA
François Flahault, Directeur de recherche honoraire au CNRS
Floriane Clément, Chercheure en géographie/sciences politiques, INRAE, Toulouse
Jacques Blondel, Directeur de recherche émérite au CNRS
Thérèse Six, Médecin
Mariette Gerber, Cherheur Honoraire INSERM
Mireille Navarrete, Directrice de recherche agronome, INRAE
Martine Watrelot, Chercheuse retraitée IHRIM CNRS ENS lyon
Daniel Perrier, Artiste, Enseignant-chercheur
Philippe Nabonnand, Enseignant-chercheur, Histoire des sciences, Université de Lorraine
Anne Pacquelet, Biologiste, Chargée de recherche, INSERM, Rennes
Eric Faudry, Biologiste, Directeur de recherche CEA, Grenoble
Valentin Geslin, Biologiste, Doctorant, Université de Stavanger, Norvège
Thomas Colcombet, Informaticien, Directeur de recherches CNRS, Paris,
Heidi Charvin, Enseignante-chercheure, Psychologie, Université de Rouen
Michel Raymond, Directeur de recherche CNRS, Montpellier
Maud Hallin, Doctorante en sociologie de l'environnement, Université de Liège et INRAE, Toulouse
Joelle Thollot, Professeure des universités, Grenoble INP, Grenoble
Félix Garnier, Doctorant en économie écologique, Université de Bordeaux
Cécile Tannier, Géographe, Directrice de recherche au CNRS
Sylvie Rimsky, Biologiste, Directrice de recherche CNRS
Corinne Nativel, Politiste et angliciste, Enseignante-chercheure, Université Paris-Est Créteil
Daniel Beretz, Ingénieur physicien retraité du CEA Grenoble et Cadarache
Matthieu Salpeteur, Anthropologue, IRD, Paris
Christine Lauzeral, PRAG en mathématiques, Docteur en écologie, Université Toulouse III
Virginie Cogez, Maître de conférences en biologie, Université de Lille
Laurent Marsan, Maître de conférences en informatique, Univ. Toulouse 1
Mélanie Vay, Responsable d'études et de recherche, Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice
Brigitte Chauvin, Mathématicienne, Professeur émérite, LMV, Université de Versailles Saint-Quentin
Théophile Bastian, Doctorant en informatique, Université Grenoble Alpes
Pascal Vaillant, Maître de conférences en informatique, Université Paris Nord
Simon Munier, Chercheur en hydrométéorologie, Centre National de Recherches Météorologiques
Vincent Leblan, Chargé de recherche en anthropologie, IRD
Louis Tomczyk, Doctorant en télécommunications optiques, Télécom Paris
Nathalie George, Directrice de recherche au CNRS
Thierry Lepage, Directeur de recherche CNRS
Bernard Drobenko Professeur émérite des Universités - Université du Littoral Côte d'Opale
Bruno Robert, Biophysicien, Directeur de recherche, I2BC
Isabelle George, Biologiste, Chargée de recherche au CNRS, Rennes
Fanny Rybak, Maîtresse de conférence en biologie, Université Paris-Saclay
Nicolas Giret, Biologiste, Chargé de recherche CNRS, Saclay
Thierry Moutin, Océanographe, Professeur, Aix-Marseille Université
Philippe Ciblat, Professeur, Telecom Paris
Chloé Huetz, Ingénieure de recherche, Université Paris Saclay
Joana Beigbeder, Enseignante-chercheuse, IMT Mines Alès, Pau
Océane Foix, Postdoctorante, Géosciences Montpellier, Montpellier
Jean Chamel, Anthropologue, Université de Lausanne
Hugo Vanneuville, Mathématicien, chargé de recherche, CNRS, Université Grenoble Alpes
Guillaume Salagnac, Maître de conférences en informatique, INSA de Lyon
26.06.2023 à 02:00
Le 26 juin 2023, une table ronde sur « l’interdisciplinarité dans le cadre de la transition énergétique » était organisée à l’Université Paul Sabatier. A son début, vers 11h45, des membres de Scientifiques en rébellion et des étudiant·es l’ont interrompu en raison de la présence de TotalEnergies. Ils ont déployé une banderole sur laquelle était écrit « Qui sont les vrais éco-terroristes ? » et ont dénoncé à l’oral la présence de TotalEnergies.
Les liens troubles entre l’Université et la multinationale fossile avaient déjà été dévoilés par le Canard enchaîné, dans deux articles publiés le 12 octobre 2022 et le 9 novembre 2022, et également dans un article de Reporterre. On y apprenait l’intervention d’employé·es de TotalEnergies dans un master sur la transition énergétique dirigé par un enseignant qui n’a rien contre le climatoscepticisme. On y apprenait également la signature d’un contrat de 3000 € entre TotalEnergies et l’Université Paul Sabatier dans lequel cette dernière affirme qu’elle « s’abstiendra de faire toute communication directe ou indirecte, écrite ou orale, susceptible de porter atteinte à l’image et à la notoriété de TotalEnergies ».
Au cours de leur intervention, les scientifiques ont rappelé que TotalEnergies refuse d’arrêter l’ouverture de nouveaux gisements fossiles, condition sine qua non pour respecter l’accord de Paris de 2015. Ils et elles ont également listé les stratégies passées ou présentes de l’entreprise pour justifier la poursuite de sa politique, et notamment celle sur le gaz : «Total investit massivement dans le gaz en le présentant comme une alternative au charbon pour une transition bas carbone. C’est faux ! Les dernières études montrent qu’il suffit de 3% de fuites entre l’extraction du gaz et sa combustion pour que son impact climatique soit pire que celui du charbon. Or de telles fuites existent et dépassent parfois ce seuil de 3%, surtout dans le cas du gaz liquéfié pour lequel Total développe de nouvelles infrastructures en France. Total le sait et continue dire que le gaz diminue les émissions de moitié par rapport au charbon. C’est faux !! ».
Les scientifiques ont également critiqué la communication consistant à mettre en avant le développement des énergies renouvelables : « Enfin Total, met en avant ses projets d’énergie renouvelable, qui sont une bonne chose. Mais avoir des projets d’énergie renouvelable n’empêche pas les émissions de CO2 des projets fossiles – les fameuses bombes climatiques – dans l’atmosphère. Le groupe se conduit comme un alcoolique auquel on diagnostiquerait une cirrhose du foie, et qui répondrait : « OK, donc je double ma consommation d'alcool, mais tout va bien puisque ma consommation d'eau, je la triple ! » ».
Les scientifiques ont également dénoncé avec vigueur l’accord signé entre l’Université Paul Sabatier et TotalEnergies. « Pour 3000 €, on achète le silence d’une institution !!! Bravo TotalEnergies ! Après la signature, vous avez sabré le champagne et bien dû vous moquer, avec raison, des personnes irresponsables qui ont proposé et signé un pareil accord. »
Les scientifiques et les étudiant·es ont ensuite assisté à la table ronde, qui était animée par Jean-Francois Georgis, l’enseignant de l’Université mis en cause dans les articles du Canard enchaîné. La table ronde a été ponctuée par quelques échanges vigoureux, l’animateur de la table ronde qualifiant l’intervention des scientifiques et étudiant·es « d’intervention minable ». Face au rappel par les scientifiques que leur intervention s’appuie sur les rapports du GIEC, l’animateur a répondu que « le GIEC, c’est la nouvelle Bible », rappelant ainsi aux yeux de toutes et tous le peu de cas qu’il fait du contenu de ces rapports. Au cours de la table ronde, plusieurs intervenant·es ont insisté sur la responsabilité des consommateurs et de « la demande », un argument classique de TotalEnergies qui a déjà été débunké ici.
Scientifiques en rébellion est un collectif national de scientifiques révoltés par l’inaction face à l’urgence écologique. Le collectif a réalisé plusieurs actions au cours du mois de mai ciblant spécifiquement les multinationales fossiles et leurs financeurs, afin de rappeler le constat scientifique actuel : respecter l’accord de Paris nécessite de ne plus ouvrir de nouveaux gisements d’énergie fossile.
26.05.2023 à 02:00
Plusieurs scientifiques ont participé au blocage de l’Assemblée générale de Total le 26 mai à Paris. Cette action était organisée par Alternatiba Paris, les Amis de la Terre France, Attac, et avec le soutien de Greenpeace France, 350.org, et bien sûr Scientifiques en rébellion. Elle faisait suite à une tribune que nous avions co-signée qui annonçait que « l’Assemblée générale de Total n’aura[it] pas lieu ». Malgré la répression policière dès le petit matin (gaz lacrymogènes notamment), 700 activistes ont fortement perturbé la tenue de cette assemblée. Plusieurs d’entre nous ont pris la parole et contribué à légitimer les revendications. En ligne, nous avons participé à la Twitter Storm organisée par Alternatiba : le mots-clé #BlocageTotal est a occupé le haut de l’affiche pendant les 2h de l’action, avec plus de 45 000 tweets.
25.05.2023 à 02:00
Le 16 mai, trois membres du collectif Scientifiques en rébellion ont participé à l’Assemblée générale des actionnaires de BNP Paribas, aux côtés des ONG de l’Affaire BNP, afin de questionner publiquement la banque sur ses engagements climatiques. Les scientifiques y ont interpellé le Conseil d’Administration de BNP Paribas sur la base de questions rédigées collectivement avec plusieurs co-auteur·es de rapports du GIEC, pour faire suite à une lettre ouverte publiée dans L’Obs en février dernier et co-signée par plus de 600 scientifiques. Du fait de l’absence de réponse de la banque, les scientifiques n’ont eu d’autre choix que d’acheter des actions BNP Paribas pour s’inviter à son rendez-vous annuel. Elles et ils ont reçu des réponses relativement vagues de la part du Conseil d’administration, et leurs interventions ont été perturbées par des huées et des sifflets, tout comme celles des représentant·es d’ONG ou de peuples autochtones venus interroger la banque sur sa participation à des projets les affectant directement.
Malgré les allégations répétées de BNP Paribas sur sa politique climatique, les faits sont têtus. En 2022, BNP Paribas restait le premier financeur de TotalEnergies, et la première banque au niveau mondial pour le financement du pétrole et du gaz en Arctique. Cette Assemblée générale a renouvelé le mandat de deux administrateurs de la banque par ailleurs membres du Conseil d’administration de TotalEnergies, dont le président du CA de BNP Paribas, Jean Lemierre. En février 2023, BNP Paribas avait été assignée en justice par 3 ONG (Les Amis de la Terre, Oxfam, Notre Affaire à Tous) pour non respect de son devoir de vigilance environnemental. Le 10 mai dernier, des actions de désobéissance civile dans une dizaine de villes avaient été conduites par le collectif Scientifiques en rébellion, en lien avec plusieurs autres organisations, en soutien à cette action en justice.
Vidéos disponibles sur Twitter : ici et ici.
Suite à la mise en demeure et au lancement d’une action en justice contre BNP Paribas par trois ONG dans le cadre de l’Affaire BNP, puis à la lettre ouverte de 600 scientifiques au CA de BNP Paribas, la banque a annoncé le 24 janvier puis le 11 mai de nouveaux engagements concernant la diminution de ses financements aux énergies fossiles. Ces mesures représentent un pas dans la bonne direction : en stoppant tout financement direct à de nouveaux projets d’extraction de pétrole et de gaz, BNP Paribas acte que ce type de projet ne doit plus avoir lieu pour respecter l’accord de Paris sur le climat. Malheureusement, de manière incohérente, BNP Paribas ne s’engage nullement à cesser de soutenir des entreprises qui lancent de tels projets (que ce soit via des prêts, l’émission d’obligations, ou la gestion d’actifs), comme c’est le cas de TotalEnergies. Or, d’après les calculs des ONG, les obligations représentent 37 % des financements de la banque à l’industrie des énergies fossiles. BNP Paribas s’en tient aussi à un objectif très modeste de -30 % d’exposition de crédit à l’exploration-production de gaz d’ici à 2030, et assume d’investir dans de nouvelles centrales à gaz et de nouvelles infrastructures de transport, dont la durée de vie s’étalera pourtant bien au-delà de 2050.
Face à l’absence de réaction à la lettre ouverte, le collectif Scientifiques en rébellion avait soumis à la banque des questions écrites avant l’Assemblée générale. Elles ont été publiées dans le Club de Mediapart. La réponse apportée par BNP Paribas a été mise en ligne après la tenue de l’AG. La banque se contente de rappeler ses engagements récents, tout en se gardant bien de répondre de manière formelle sur les points les plus gênants pour elle. En particulier, nous avons posé explicitement la question suivante, à laquelle BNP Paribas n’a pas apporté de réponse : « Reconnaissez-vous qu’actuellement BNP Paribas continue à soutenir le développement des énergies fossiles à travers des prêts directs, les émissions d’actions et d’obligations, et via la gestion d’actifs notamment pour des tiers ? Si oui, pouvez-vous donner explicitement quels sont les montants qui financent directement ou indirectement l’expansion des énergies fossiles via les différents mécanismes ? ». Cette question était claire, et appelait une réponse simple et chiffrée.
BNP Paribas s’est également gardée de confirmer ou d’infirmer le fait que les financements qu’elle accorde à des entreprises d’énergie fossile comme TotalEnergies peuvent servir à mettre en exploitation de nouveaux gisements pétroliers ou gaziers, ce qui est en contradiction flagrante avec la prétention de la banque à être alignée sur le scénario Zéro émission nette de l’Agence internationale de l’énergie.
Cette présence des scientifiques à l’AG de BNP Paribas avait été précédée, le 10 mai, par une vague d’actions des scientifiques en rébellion dans plusieurs villes de France. Dans deux villes, des agences ont été dégradées, que ce soit en l’aspergeant de peinture (Blois) ou en recouvrant de tracts et de peinture un distributeur de billets (Nice), suivant le mode opératoire de la campagne Banque Trop Crade du collectif Extinction Rebellion, qui a mené simultanément des actions dans une vingtaine de villes. Dans d’autres villes, les scientifiques avaient recouvert d’articles scientifiques une agence (Paris), interpellé les clients et responsables d’agence (Nancy), ou recouvert d’affiches des distributeurs. Les scientifiques avaient également rappelé symboliquement le concept de « bombes climatiques » en décorant des agences de bombes factices (Lyon) ou en déposant une grosse bombe factice à proximité d’agences (Toulouse). Les scientifiques appellent en effet les nouveaux projets d’extraction fossile « bombes climatiques » car ils vont empêcher le respect de l’accord de Paris et entraîner des millions de morts.
Si le Conseil d’administration a pris le temps d’écouter et de répondre aux questions des scientifiques et des ONG présent·es à l’AG, il n’en a pas été de même dans la salle. Les interventions des scientifiques ont vite été huées, tout comme celles d’autres ONG (Reclaim Finance, ShareAction). Les représentants venus de pays du Sud (Argentine et Philippines) pour exposer les dommages pour leurs territoires et communautés de projets pétro-gaziers financés indirectement par BNP Paribas, ont quant à eux été accueillis par des huées parfois mêlées d’insultes aux relents racistes (« Go Home », « Callate », « Parlez en français »). Cette scène d’une grande violence a été une des rares occasions où les responsables des pratiques extractivistes et du dérèglement climatique se retrouvent directement face aux victimes des catastrophes qu’ils provoquent.
Kévin Jean : « Je suis scientifique et je prends la parole au nom des 600 scientifiques, dont plusieurs co-auteurs et co-autrices de rapports du GIEC, qui ont adressé en février dernier une lettre ouverte au Conseil d’administration de BNP Paribas pour lui demander de cesser de financer de nouveaux projets pétroliers et gaziers. Le consensus scientifique est en effet parfaitement clair : pour conserver une chance de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2 °C comme le prévoit l’accord de Paris de 2015 sur le climat, il faut laisser la majorité des énergies fossiles encore disponibles dans le sol et ne plus ouvrir de nouveaux gisements. Le GIEC et l’Agence internationale de l’énergie l’affirment sans détour. Vous avez entre vos mains le pouvoir de limiter la catastrophe qui s’annonce et son cortège de canicules, de sécheresses, de méga-feux, de famines, et leurs dizaines voire centaines de millions de victimes prévues. En réponse à notre interpellation et à l’action en justice lancée par plusieurs ONG pour non respect de devoir de vigilance, BNP Paribas semble reconnaître ce consensus scientifique, puisque ses nouveaux engagements pris le 11 mai dernier prévoient de ne plus financer directement l’ouverture de nouveaux champs pétroliers et gaziers. Pourtant BNP Paribas continuera à les financer via les prêts généraux aux entreprises et l’émission d’obligations jusqu’en 2030 et au-delà. Contrairement à ce qu’elle affirme, BNP Paribas n’est pas alignée sur le scénario Zéro émissions nettes de l’Agence internationale de l’énergie. Pouvez-vous vous engager à stopper immédiatement ces financements indirects ? »
Milan Bouchet-Valat : « Je m’appelle Milan Bouchet-Valat, je suis chercheur en sociologie. Je prends aussi la parole au nom des 600 scientifiques qui vous ont adressé en février dernier une lettre ouverte pour vous demander de cesser de financer de nouveaux projets pétroliers et gaziers. Les nouveaux engagements de BNP Paribas prévoient une réduction de seulement 30 % à l’horizon 2030 de son exposition de crédit à la production-exploration de gaz. Pourtant, le gaz reste une énergie fossile qui contribue fortement au dérèglement climatique. Par ailleurs, aucun engagement n’est pris concernant le financement de nouvelles centrales thermiques et d’infrastructures d’approvisionnement de gaz naturel conventionnel. Au contraire, votre banque a même affirmé dans ses engagements pris en janvier de cette année qu’elle « pourra contribuer au financement de centrales thermiques de nouvelle génération à bas taux d’émission ainsi que, le cas échéant, d’infrastructures nécessaires à la sécurité d’approvisionnement (terminaux gaziers, flotte de transport de gaz…) ». Cette déclaration est donc un soutien explicite au développement de l’industrie gazière. La durée de vie de ces infrastructures est d’au moins 30 ans : investir maintenant c’est être responsable des émissions de gaz à effet de serre au-delà de 2050. Pour que les États respectent l’accord de Paris sur le climat, ces infrastructures devront être arrêtées avant leur fin de vie. N’est-il pas économiquement risqué de continuer à investir dans un secteur sans avenir ? Pourquoi ne pas adopter une politique plus ambitieuse dans ce domaine ? Quand arrêterez-vous complètement tout financement direct ou indirect aux secteurs amont et aval du gaz ? »
Christine Blondel : « Je suis Christine Blondel, chercheuse en physique et grand-mère de huit petits-enfants, inquiète pour leur avenir. Quelle position portera BNP Paribas lors de l’Assemblée générale de TotalEnergies le 26 mai prochain vis-à-vis de la « stratégie climat » que la major soumettra au vote, et vis-à-vis de la résolution climat déposée par 17 de ses actionnaires ? »
16.05.2023 à 02:00
Communiqué de presse commun avec les Amis de la Terre France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France.
Après avoir largement alerté sur les risques liés aux soutiens de BNP Paribas au développement des énergies fossiles, des représentants de la communauté scientifique, le collectif Scientifiques en rébellion et les associations de L’Affaire BNP ont demandé des comptes au Conseil d’administration de la banque, réuni pour son Assemblée générale annuelle ce matin à Paris. Face au manque d’ambition climatique de BNP, des scientifiques dont 10 co-auteurs du GIEC (1) ont en effet remis en question la stratégie climatique de la banque, l’appelant à renoncer à alimenter les nouveaux projets pétroliers et gaziers. En réponse, le CA de BNP n’a pas fait de nouvelles annonces et poursuit son déni de la science ; les actionnaires, eux, ont accueilli les questions des scientifiques et activistes avec des huées et des insultes.
Le 23 février dernier, les Amis de la Terre France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France assignaient BNP Paribas en justice pour non-respect de son devoir de vigilance climatique (2). Le lendemain, 600 scientifiques publiaient une lettre ouverte au Conseil d’administration de la banque, lui demandant de cesser urgemment de soutenir financièrement, directement ou indirectement, les nouveaux projets pétroliers et gaziers (3).
Face aux alertes qui se sont multipliées au cours des derniers mois, concernant les pratiques de BNP Paribas, la banque a annoncé fin janvier de nouveaux engagements qui restent largement insuffisants (4). En témoignent ses nouveaux financements significatifs accordés en février 2023 à deux entreprises parmi les plus agressives dans le développement de projets fossiles : la major britannique BP et le géant saoudien Saudi Aramco (5). Si BNP Paribas a précisé ses engagements en communiquant jeudi dernier sur la fin de ses financements dédiés aux nouveaux champs pétroliers ou gaziers, le soutien financier aux entreprises qui portent ces projets et donc le développement de nouveaux projets fossiles peut hélas perdurer (6).
« Les annonces récentes et les réponses du PDG de BNP ce matin sont insuffisantes pour répondre aux exigences scientifiques élémentaires. Est-ce que la banque demande à ses entreprises clientes de cesser de développer de nouveaux projets de pétrole et gaz ? Non. Est-ce qu’elle demande aux entreprises d’avoir un plan de sortie progressif en dehors du pétrole et gaz d’ici 2040-50 au plus tard ? Non. » déclare Justine Ripoll, responsable de campagnes pour Notre Affaire à Tous.
BNP est un poids lourd dans le financement de nouvelles bombes climatiques : comme l’a récemment révélé un rapport international publié par 624 organisations (7), BNP Paribas a même augmenté ses financements aux énergies fossiles l’année dernière, et est désormais le quatrième financeur mondial du développement des énergies fossiles avec 64,2 milliards de dollars de financements depuis 2016.
BNP Paribas est le premier financeur mondial des 9 grandes majors pétro-gazières européennes et américaines depuis 2016, et le deuxième plus gros financeur de Total (7). « Sa connivence avec Total, qui défendra encore une stratégie délétère autant pour le climat que pour les droits humains la semaine prochaine à l’occasion de sa propre assemblée générale, ne s’arrête pas là. Jean Lemierre qui s’est aujourd’hui fait réélire président de BNP continue dans le même temps de siéger au Conseil d’administration du géant des énergies fossiles », poursuit Lorette Philippot, chargée de campagne aux Amis de la Terre France.
C’est pourquoi plusieurs scientifiques ont décidé cette année de s’inviter à l’Assemblée générale de la banque afin de questionner et interpeller directement son Conseil d’administration. Olivier Aumont, chercheur en océanographie et membre du collectif Scientifiques en rébellion, explique : « Alors que les scientifiques tirent la sonnette d’alarme depuis des décennies, BNP Paribas, qui se prétend une banque verte, n’a même pas pris la peine de répondre à notre lettre ouverte signée par 600 scientifiques. Pour tenter de faire entendre le consensus scientifique concernant la catastrophe climatique en cours, nous avons dû acheter des actions de BNP Paribas pour intervenir lors de son Assemblée générale, quelques jours après que des collègues scientifiques ont mené des actions de désobéissance civile contre cette banque (8). Que faut-il faire de plus ? ».
Plusieurs questions ont été posées à l’écrit (1) et à l’oral au nom des 600 scientifiques ayant signé la lettre ouverte (2), dont dix co-auteurs de rapports du GIEC — parmi lesquels Jean Jouzel, Christophe Cassou ou Céline Guivarch. Leurs auteurs ont rappelé le consensus scientifique univoque et reconnu par l’Agence internationale de l’énergie sur la nécessité de cesser tout investissement dans de nouvelles ressources d’énergies fossiles. Ils ont appelé BNP Paribas à prendre acte de cette réalité physique en s’engageant dès ce jour à ne plus soutenir directement et indirectement de nouveaux projets de pétrole et de gaz.
Des représentants de communautés victimes en Argentine et aux Philippines de projets pétroliers et gaziers soutenus par BNP Paribas étaient également présentes à l’Assemblée générale. Ces communautés ont mis la direction de la banque face à ses responsabilités concernant les violations des droits humains et les ravages environnementaux causés par les investissements de clients clés de BNP Paribas comme Shell et Total (9).
Alexandre Poidatz, responsable de plaidoyer chez Oxfam France, conclut : « La désobéissance est du côté des actionnaires de BNP cette année. Ils n’ont pas laissé les scientifiques poser leurs questions. Ils ont même hué et insulté (« go back home », « cállate ») les activistes venus témoigner de l’impact dramatique des projets pétro-gaziers sur leurs territoires. »
(1) Une série de questions a été rédigée et soumise au Conseil d’administration de BNP Paribas par des membres de Scientifiques en rébellion et plusieurs co-auteurs de rapports du GIEC : Christophe Cassou (climatologue, co-auteur du 6e rapport du GIEC), Jean-Pierre Gattuso (océanographe, co-auteur du 5e rapport et de deux rapports spéciaux du GIEC), Céline Guivarch (économiste, co-autrice du 6e rapport du GIEC), Jean Jouzel (climatologue, ex-vice-président du groupe scientifique du GIEC), Wolfgang Cramer (écologue, co-auteur du 6e rapport GIEC), Jean-Baptiste Sallée (climatologue, co-auteur du 6e rapport GIEC), Julia Steinberger (économiste, co-autrice du 6e rapport GIEC), Gonéri Le Cozannet (géographe, co-auteur du 6e rapport GIEC).
Elles sont portées au nom des 600 scientifiques ayant signé la lettre ouverte du 24 février 2023. Les questions posées par les scientifiques sont disponibles sur le Club de Mediapart. Les questions des associations de « L’Affaire BNP » sont disponibles en ligne, ainsi que les réponses de BNP Paribas.
(2) Communiqué de presse et dossier de presse de l’assignation de BNP Paribas par les trois associations (février 2023).
(3) Lettre ouverte de 600 scientifiques adressée au Conseil d’administration de BNP Paribas (février 2023).
(4) Les Amis de la Terre France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France (janvier 2023). L’Affaire BNP : Menacée d’une action en justice, BNP Paribas communique mais ne répond pas aux demandes des ONG.
(5) L’ONG Reclaim Finance a identifié ces deux transactions. BNP Paribas a aidé BP à émettre une obligation d’une valeur de 2,5 milliards de dollars le 9 février. Cette transaction a eu lieu alors la major a récemment revu à la baisse sur ses objectifs de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre et de sa production de pétrole et gaz. BNP également participé à l’émission d’un ensemble d’obligations d’une valeur totale de 4,5 milliards de dollars le 23 février pour Saudi Aramco, l’entreprise développant le plus de nouveaux projets pétro-gaziers au monde.
(6) Les Amis de la Terre France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France (mai 2023). Climat : BNP fait un petit pas mais ne répond toujours pas au consensus scientifique.
(7) Données issues du rapport annuel et international « Banking On Climate Chaos » (avril 2023).
(8) Scientifiques en rébellion (mai 2023). Les scientifiques en rébellion dénoncent le financement de nouveaux projets d’énergie fossile par BNP Paribas. Des dizaines d’actions dans toute la France.
(9) Étaient présents : Edwin Garigue, prêtre catholique et un militant écologiste philippin qui est actuellement au cœur du mouvement de résistance contre les plans d’expansion massive du GNL dans le passage de l’île Verde ; Fernando Barraza, représentant de la communauté Mapuche de Neuquén en Argentine qui lutte contre l’accélération de l’exploitation des pétrole et gaz de schiste dans le bassin de Vaca Muerta. En savoir plus dans le dossier de presse de Reclaim Finance.
16.05.2023 à 02:00
Après avoir largement alerté sur les risques liés aux soutiens de BNP Paribas au développement des énergies fossiles, des représentants de la communauté scientifique, le collectif Scientifiques en rébellion et les associations de L’Affaire BNP ont demandé des comptes au Conseil d’administration de la banque, réuni pour son Assemblée générale annuelle le 10 mai 2023 à Paris.
12.05.2023 à 02:00
Le 12 mai, les Scientifiques en rébellion, en coalition avec d’autres mouvements (ANV-COP21, Extinction Rebellion, Stop Eacop et Dernière Rénovation) ont ciblé TotalEnergies et son projet d’installation d’un terminal méthanier flottant au Havre. Ce projet, qui doit permettre d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) par bateau dès septembre 2023, va à l’encontre des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris par la France. Le consensus scientifique montre en effet la nécessité de stopper immédiatement le développement de toute nouvelle infrastructure fossile.
Cette action s’est concentrée sur trois zones distinctes : le pont mobile du Havre, les locaux de l’entreprise Haropa Port, et une bombonne de GNL dans une station service. Elle avait pour objectif de rappeler que le gaz – et en particulier le GNL – n’est en aucun cas une énergie propre ou « de transition », mais bel et bien une énergie fossile qui contribue fortement au réchauffement climatique. Elle survient deux jours après une journée d’action des mêmes collectifs dans plus de 20 villes de France ciblant la banque BNP Paribas, un des principaux financeurs de TotalEnergies et premier financeur d’énergies fossiles en Europe (précédent communiqué de presse ici).
Douze scientifiques et une vingtaine d’activistes ont tout d’abord déployé des banderoles et pris la parole devant les locaux de Haropa Port, grand port fluvio-maritime de l’axe Seine, pour condamner le soutien du port au projet de terminal méthanier flottant. Des scientifiques ont pris la parole, une scénographie artistique sur le projet d’oléoduc EACOP de TotalEnergies a eu lieu, des banderoles et des posters ont été déployés et des articles scientifiques collés sur les vitrines.
Une dizaine de scientifiques en blouses blanches et plusieurs membres des autres collectifs ont ensuite bloqué le pont mobile situé sur l’écluse François Ier qui assure le passage du fret maritime, constitué en grande partie de carburant fossile. Certain.es d’entre elles et eux se sont pour cela enchaîné.es au pont. Ce pont est symbolique car il est situé à côté du chantier de construction du projet FSRU (Floating Storage and Regasification Unit) visé. Ce navire, amarré en permanence, a pour fonction de recevoir du GNL transbordé depuis des bateaux méthaniers, de le stocker, de le ramener à l’état gazeux et de l’injecter dans le réseau de transport de gaz naturel.
Enfin, cinq scientifiques et autant de militant.es ont visé un réservoir de GNL implanté dans une station essence TotalEnergies située près du port du Havre. Ils et elles ont projeté de la peinture sur le réservoir, et y ont collé des messages de la campagne internationale de Scientist Rebellion.
Le but de ces actions était de souligner l’incompatibilité de tout nouveau projet d’extraction fossile avec l’accord de Paris sur le climat, ainsi que les impacts environnementaux et humains considérables de ces infrastructures. Ainsi, 188 scientifiques, dont des co-auteur.es du GIEC, ont récemment demandé dans Le Monde que TotalEnergies abandonne l’ensemble de ses projets fossiles. Comme l’ont affirmé 1100 scientifiques, il nous faut faire le choix maintenant d’une décroissance planifiée, adaptée, durable et équitable, et non pas attendre qu’elle nous soit imposée de manière brutale par le dérèglement du climat.
Les études scientifiques ont montré qu’en l’état actuel des technologies et réseaux, le gaz, et en particulier le GNL, contribue presque aussi fortement au changement climatique que le charbon (voir détails ci-dessous). Les scientifiques perçoivent sa croissance avec une grande inquiétude en constatant que les décisions prises par les entreprises et les États vont à l’encontre de ce qui serait nécessaire pour limiter le réchauffement climatique en-dessous de +2 °C comme le prévoit l’accord de Paris de 2015. Ces investissements dont la durée de vie se compte en décennies vont au détriment d’une véritable transition énergétique. Ce constat est partagé par le GIEC, les Nations unies ou encore l’Agence internationale de l’énergie. En développant massivement l’utilisation du gaz au prétexte de la crise énergétique actuelle, les États et l’Union européenne réfléchissent uniquement à court terme et engagent sciemment nos sociétés vers un réchauffement de plus de 2 °C. Pourtant, sécheresses, famines, feux de forêt et inondations nous donnent actuellement un aperçu des conséquences catastrophiques qu’aurait un tel réchauffement incontrôlé : déplacements de populations, conflits pour l’accès aux ressources, guerres…
Cette seconde journée d’action s’est inscrit dans le cadre d’une campagne internationale menée par le collectif Scientist Rebellion, dont le slogan est « The science is clear – but the world is still ignoring it ». Dans tous les pays du monde, les scientifiques ont porté le même message : il nous faut arrêter les nouveaux projets liés aux énergies fossiles et entamer une politique de décroissance, la seule compatible avec le respect de l’accord de Paris sur le climat. La mobilisation des scientifiques continue : en France, lors de l’Assemblée générale de BNP Paribas qui aura lieu le 16 mai, les scientifiques poseront des questions sur le financement des énergies fossiles par la banque.
Le méthane est une énergie fossile qui est souvent présentée par ses promoteurs comme « une énergie de transition », voire peu polluante (jouant parfois pour cela de son appellation de « gaz naturel »). En effet, l’utilisation de méthane dans une centrale électrique émet lors de la combustion environ deux fois moins de CO2 que le charbon pour une énergie équivalente. Dans le monde, la principale source d’énergie pour les centrales électriques reste le charbon1 (37 % de la production) : le remplacer par du gaz pourrait paraître vertueux pour diminuer les émissions. La réalité est plus complexe.
Tout d’abord, le méthane est lui-même un gaz à effet de serre extrêmement puissant : son pouvoir réchauffant est entre 30 et 80 fois plus élevé que celui du CO2, la valeur exacte dépendant de la fenêtre temporelle sur laquelle on considère le réchauffement (à 20 ans ou 100 ans). En conséquence, si tout au long du cycle de vie du méthane (extraction, éventuelle liquéfaction ou compression, transport, pipeline, etc.), il y a des fuites de méthane de l’ordre de 2,7 %, le pouvoir réchauffant du méthane peut devenir similaire à celui du charbon (!) si on prend tout son cycle de vie en compte et pas sa seule combustion2.
Le premier problème est que de telles fuites existent, et qu’elles ont été jusqu’à présent sous-estimées. Ainsi, dans un récent article paru dans la revue scientifique Science, Alverez et al. montrent que les fuites dans les exploitations aux États-Unis représente 2,3 % de la production, une valeur qui est 60 % plus élevée que ce qui était auparavant rapporté dans les inventaires officiels3. Avec ces valeurs, le bénéfice du changement de combustible (charbon vers gaz) est quasi-nul. Certaines zones ont même montré des fuites de 3,7 % au Texas et Nouveau Mexique4.
Le rapport du GIEC le dit clairement : « Compte tenu des effets potentiels de verrouillage (lock-in) des infrastructures d’approvisionnement en énergie, le passage d’un combustible fossile à un autre est une stratégie limitée et potentiellement dangereuse, à moins qu’elle ne soit utilisée avec beaucoup de précautions et de manière limitée »5.
La situation est pire dans le cas du gaz naturel liquéfié (GNL, ou LNG en anglais pour liquified natural gas). Le GNL est du méthane qu’on liquéfie pour pouvoir le transporter sur d’énormes bateaux. Tout d’abord, la liquéfaction et le transport du GNL est extrêmement énergivore. Dans un terminal d’export, entre 10 et 20 % du gaz est utilisé pour fournir l’énergie nécessaire à la liquéfaction6. Mais surtout, en raison des étapes supplémentaires nécessaires à sa fabrication et son transport, les taux de fuite observés sont plus élevés dans le cas du gaz naturel liquéfié que dans du transport classique de gaz par pipeline. Les études montrent des émissions de CO2 environ 25 % plus élevées lorsqu’on utilise du GNL que lorsqu’on utilise du gaz non liquéfié. Pour une application en tant que combustible dans les transports maritimes, une étude récente montre que, dans l’immense majorité des cas, le GNL conduirait à davantages d’émissions que si l’on utilisait le classique diesel marine7. Une autre étude récente trouve qu’entre le charbon et le GNL, la différence d’émission se situe entre 29 % plus faible et 16 % plus fort, pour une application en production d’énergie8. Bien loin donc de « l’énergie de transition » vantée !
Dans les dernières années, le GNL a suivi un développement sans précédent, poussé notamment par une politique américaine d’exportation de son gaz dans de nombreuses régions du monde, y compris l’Europe. Il y a actuellement en Europe 8 terminaux de GNL en construction et 38 autres proposés ; ces terminaux, s’ils sont construits, émettront plus de 950 Mt CO2eq chaque année9. La France a été, en 2022, le principal importateur de GNL américain en Europe (y compris le Royaume-Uni) avec 24 % des importations totales10.
En conclusion le GNL, en l’état actuel des technologies et réseaux, ne présente pas d’avantage significatif par rapport au charbon. Investir dans cette énergie aujourd’hui revient donc à détourner les financements et l’attention des véritables priorités que sont la décroissance de la consommation énergétique et le développement des énergies renouvelables, pour un progrès quasi nul.
Ces actions ont été réalisées dans le cadre d’une campagne internationale organisée par Scientist Rebellion, un collectif international regroupant plus d’un millier de scientifiques mobilisés dans une trentaine de pays. Scientifiques en rébellion étant désormais la branche française de Scientist Rebellion, les campagnes internationales bénéficient de financements de la part du Climate Emergency Fund. Scientifiques en rébellion dispose également de financements provenant de dons de citoyen·nes soutenant sa démarche et qui sont utilisés pour des actions indépendantes des campagnes internationales de Scientist Rebellion.
1 https://www.iea.org/reports/world-energy-balances-overview/world
2 IPCC, AR6 WGIII, section 6.4.2.7 (2022)
3 « Assessment of Methane Emissions from the U.S. Oil and Gas », Alverez et al., Science 2018. Supply Chain
4 « Gaz bubble-tracking global LNG infrastructure », (2020)
5 IPCC, AR6 WG3, section 11.3.5 (2022)
6 « Assessment of the fuel cycle impact of liquefied natural gas – as used in international shipping », ICCT (2013)
7 « The climate implications of using LNG as a marine fuel », N. Pavlenko et al., ICCT (2020)
8 « Gaz bubble-tracking global LNG infrastructure », (2020)
9 Global Energy Monitor, Europe gas Tracker Report (2023) et Rapport Greenpeace « A qui profite la guerre ? » (2023)
12.05.2023 à 02:00
Le 12 mai 2023, les scientifiques en rébellion, en coalition avec d’autres mouvements (ANV-COP21, Extinction Rebellion, Stop Eacop et Dernière Rénovation) ont ciblé TotalEnergies et son projet d’installation d’un terminal méthanier flottant au Havre, dans le cadre de la campagne internationale de Scientist Rebellion The Science is Clear.
Douze scientifiques et une vingtaine d’activistes ont tout d’abord déployé des banderoles et pris la parole devant les locaux de Haropa Port, grand port fluvio-maritime de l’axe Seine, pour condamner le soutien du port au projet de terminal méthanier flottant. Une dizaine de scientifiques en blouses blanches et plusieurs membres des autres collectifs ont ensuite bloqué le pont mobile situé sur l’écluse François Ier qui assure le passage du fret maritime, constitué en grande partie de carburant fossile. Enfin, cinq scientifiques et autant de militant·es ont visé un réservoir de GNL implanté dans une station essence TotalEnergies située près du port du Havre.
Suite à l’occupation du pont, 18 activistes dont 5 scientifiques ont passé la nuit en garde à vue. Un procès s'est tenu le 16 décembre 2024. Le 10 février 2025, le tribunal a prononcé une relaxe générale au nom de l'état de nécessité face au dérèglement climatique et de la liberté d'expression.
10.05.2023 à 02:00
Ce 10 mai, des dizaines de scientifiques à travers la France ont participé à des actions visant à alerter sur la nécessité de ne plus ouvrir et financer de nouveaux sites et infrastructures liées à l’extraction de pétrole et de gaz. Il y a en effet un consensus scientifique sur le fait que ces projets ne sont pas compatibles avec le respect de l’Accord de Paris sur le climat, dont l’objectif est de limiter le réchauffement de la planète à beaucoup moins que +2°C, si possible +1.5°C. En raison du nombre de morts que vont causer ces nouveaux projets d’extraction d’énergies fossiles, ils ont reçu l’appellation de « bombes climatiques » dans la littérature scientifique. Cette journée, à l’initiative de Scientifiques en rébellion dans le cadre d’une campagne internationale de Scientist Rebellion, a réuni également Extinction Rebellion, ANV-COP21, Dernière Rénovation et STOP EACOP. Les actions ont visé l’un des principaux financeurs mondiaux des énergies fossiles : la banque française BNP Paribas. Cette journée prend tout son sens alors que 600 scientifiques – dont plusieurs co-auteur·es du GIEC – ont publié en février dans L’Obs une lettre ouverte demandant au conseil d’administration de BNP Paribas de ne plus financer directement ou indirectement de nouveaux projets fossiles, et qu’ils et elles n’ont obtenu aucune réponse. La date de l’assemblée générale de BNP Paribas (le 16 mai) approche, et les scientifiques entendaient rappeler à BNP Paribas que des réponses à la hauteur des enjeux sont attendues.
Des actions de nature diverse ont eu lieu dans dix villes de France (voir le détail plus bas), ce qui fait de cette journée la plus grosse action coordonnée visant les énergies fossiles et leurs financeurs, ainsi que la plus large mobilisation de scientifiques en France. A Nice, Toulouse, Paris, Blois, Nancy, Tours, Montpellier et Metz, scientifiques et militants étaient réuni·es autour d’actions communes. A Blois, la façade de l’agence BNP a été aspergée de peinture. A Nice, un distributeur de billets a été neutralisé par de la peinture noire, et la façade recouverte de tracts. A Toulouse, c’est une bombe factice de deux mètres de diamètre qui a été posée et allumée devant deux agences BNP. Sur la bombe était inscrit « bombes climatiques, qui sont les éco-terroristes ?? ». A Paris, la vitrine d’une agence a été recouverte d’articles scientifiques en lien avec les émissions des énergies fossiles, et des tracts ont été distribués aux passants et clients. A Nancy l’une des agences a été investie pour diffuser des tracts ; les scientifiques ont interpellé directement des client·es et des employée·es, faisant suite à un courrier envoyé préalablement à plusieurs directeurs et directrices d’agence de la ville. A Tours, les façades et distributeurs de plusieurs agences ont été aspergés de ont liquide visqueux et noir simulant le pétrole.
Enfin, plusieurs actions de soutien à cette journée ont été menées par des membres d’Extinction Rebellion dans la nuit du 9 au 10 mai. Dans une quinzaine de villes, des distributeurs de BNP Paribas, de la Société générale et du Crédit agricole ont été neutralisés, dans le cadre de la campagne « Banque Trop Crade » du collectif. Dans une dizaine d’autres, ce sont des façades des banques qui ont été repeintes dans le cadre de la campagne « Carnage Total » du collectif, rappelant leurs liens avec l’entreprise TotalEnergies, qui entend poursuivre ces projets d’extraction d’énergies fossiles.
A Toulouse, Paris, Nancy et Montpellier, les scientifiques ont pris publiquement la parole pour expliquer leur démarche, et les raisons qui les poussent à interpeller aujourd’hui BNP Paribas. Aude Carreric, climatologue, a souligné que « Malgré ses belles déclarations, BNP Paribas est la banque française qui investit le plus dans les énergies fossiles. Elle a par exemple été entre 2016 et 2022 la quatrième au niveau mondial pour le financement de l’expansion des énergies fossiles, et la première au niveau mondial en 2022 pour le financement du pétrole et du gaz offshore ». Julian Carrey, physicien, a dénoncé la poursuite de l’investissement dans les énergies fossiles : « 425 “bombes climatiques” ont été répertoriées dans le monde. Chacune de ces infrastructures fossiles émettra plus d’1 milliard de tonnes de CO2, et elles nous empêcheront de respecter l’accord de Paris. Le GIEC l’a encore rappelé : chaque tonne de CO2 augmente la fréquence et l’intensité des événements climatiques extrêmes, mais aussi leurs victimes. Qui sont les éco-terroristes ? ». Kévin Jean, épidémiologiste, a ajouté : « En 2023, après un 6e rapport du GIEC, des sécheresses historiques, des records climatiques qui tombent les uns après les autres, on ne peut plus se contenter des belles déclarations de principes des acteurs financiers. Les banques, et la BNP Paribas, doivent être mises devant leur responsabilité ». Fabienne Barataud, géographe, a également souligné que « selon le dernier rapport du GIEC 3,3 milliards de personnes vivent aujourd’hui dans des régions avec un haut niveau de vulnérabilité humaine au changement climatique, soit environ 40% de la population mondiale. Cette vulnérabilité est évidemment façonnée par les évolutions passées, telles que le colonialisme et son héritage actuel, et elle est socialement différenciée. Elle est donc particulièrement marquée dans les Pays du Sud. Les groupes les plus pauvres, les populations autochtones, les communautés agricoles, les femmes et les membres de groupes minoritaires sont les personnes qui subissent en premier et continueront à subir de manière plus importante, sans voie de recours, les impacts en termes de santé, de sécurité alimentaire ou d’accès à l’eau ».
Cette première journée est organisée dans le cadre d’une campagne internationale menée par le collectif Scientist Rebellion. De nombreuses actions ont lieu ce même jour dans plusieurs pays du monde, avec comme slogan « The science is clear – but the world is still ignoring it ». Dans tous les pays du monde, le message des scientifiques est le même : il nous faut arrêter les nouveaux projets liés aux énergies fossiles et entamer une politique de décroissance, la seule compatible avec le respect de l’accord de Paris sur le climat. Cette journée sera suivie par une action nationale à fort impact le 12 mai, qui visera la production d’énergies fossiles. Lors de l’AG de BNP Paribas qui aura lieu le 16 mai, les scientifiques poseront des questions sur le financement des énergies fossiles par BNP Paribas.
Le reste du document donne des détails sur les constats scientifiques justifiant ces actions et fournit le discours prononcé par certain·es scientifiques lors des actions.
A Grenoble, les actions avaient commencé plus tôt : c’est le 3 mai que les Scientifiques en rébellion, soutenu·es par Extinction Rebellion, ont pris pour cible une agence BNP Paribas, en centre ville. Affublée d’une banderole « Banque Trop Crade » suspendue par des grimpeurs à son fronton, l’entrée de la banque a été bloquée, le croisement routier occupé, les vitres « nettoyées » afin de dénoncer le financement « très crade » des énergies fossiles par la BNP. Plusieurs prises de paroles, un die-in, et une opération de sensibilisation (tracts) ont émaillé les trois heures de l’opération.
À Blois, le 9 mai à 20h, des activistes de Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion ont aspergé de peinture la façade de l’agence BNP. Ils ont aussi collé des affiches rappelant d’une part que limiter le réchauffement climatique nécessite de ne plus financer de nouveaux projets d’extraction d’énergie fossile, et d’autre part la responsabilité qui incombe aux membres du conseil d’administration de la banque. Enfin, les rues du centre ville ont vu fleurir des ballons de baudruche noirs, symbolisant des « bombes climatiques », et suggérant des ressources en ligne sur la campagne en cours des Scientifiques en rébellion et sur le mouvement Stop-EACOP.
A Metz, le 9 mai à 22h30, des activistes d’Extinction Rebellion et Scientifiques en rébellion ont projeté de la peinture à l’eau à l’aide de vaporisateurs sur les façades du Crédit Agricole situé rue des Clercs, lors d’une action coup de poing qui a duré moins de deux minutes. Ils et elles ont également réalisé des inscriptions à la bombe de peinture portant le message « Stop EACOP » et placardé des affiches expliquant le caractère délétère du projet EACOP ainsi que l’implication du Crédit Agricole et de sa filiale Amundi.
A Nice, le 10 mai à l’aube, des scientifiques et des militant·es d’ANV-COP21 et Extinction Rebellion ont neutralisé un distributeur de billets avec de la peinture noire rappelant le pétrole. Des tracts et des stickers soulignant la responsabilité de BNP Paribas dans le financement de projets d’extraction d’énergies fossiles et notamment les projets qualifiés de « bombes climatiques » ont été affichés sur la façade de l’agence.
À Lyon, le 10 mai au petit matin, la responsabilité de BNP Paribas a été condamnée par des scientifiques sur des pancartes attachées à des ballons noirs symbolisant les bombes climatiques financées par la banque, accrochées à plusieurs agences situées en centre ville. Des lettres ont aussi été posté dans plusieurs agences de la métropole, rappelant aux responsables d’agences BNP la responsabilité de leur banque dans le financement des énergies fossiles et leur demandant d’interpeller ses dirigeants sur leur inaction climatique.
A Tours, le 10 mai au petit matin, des activistes d’Extinction Rebellion ont projeté du liquide visqueux et de la peinture noire, simulant le pétrole, et placardé des affiches sur les façades de 4 agences de banques finançant TotalEnergies : une agence BNP, deux agences Crédit Agricole ainsi qu’une de la Société Générale.
À Toulouse, le 10 mai à 10h, les scientifiques et des membres d’ANV-COP21 ont déambulé dans les rues de la ville rose avec une bombe factice noire de deux mètres de diamètre, sur laquelle était inscrit « Bombes climatiques : qui sont les vrais éco-terroristes ?? ». Les participant·es se sont installé·es devant une première agence BNP Paribas, ont allumé la mèche de la bombe et l’ont symboliquement fait exploser, avant de jouer une scène théâtrale rappelant le greenwashing de la banque. Ensuite, devant une deuxième agence, les scientifiques ont pris la parole à côte de la bombe, et expliqué le sens de leur démarche, rappelant notamment le concept de « bombe climatique » et les millions de morts qui vont être causés par la poursuite des projets fossiles.
A Nancy, le 10 mai à 10h, des scientifiques ont pénétré dans une agence du centre-ville en demandant à s’entretenir avec un·e responsable suite au courrier d’interpellation qui avait été envoyé quelques jours plus tôt à l’ensemble des agences de la ville. L’occupation du hall de l’agence et le tractage en cours auprès des client.e.s pendant plus d’une heure et demi ont obligé différents responsables à sortir de leur bureaux alors qu’ils avaient été initialement annoncés absent·es. La responsabilité de leur banque dans la poursuite du financement des énergies fossiles, la nécessité de porter ces questions au CA du 16 mai et l’ensemble des arguments en faveur d’un arrêt immédiat de tout nouveau projet d’extraction a ainsi pu être répété encore et encore devant personnels, clients et passants, en présence également d’un journaliste de France 3 Lorraine.
A Marseille, le 10 mai à 11h, des scientifiques en blouse blanche sont entré·es dans l’agence BNP Paribas de la rue Saint-Ferréol pour parler au directeur qui les a reçu·es très cordialement. L’action était couverte par une journaliste et un photographe de La Provence. Ensuite les scientifiques ont distribué des tracts aux client·es et ont continué dans la rue. A midi, l’agence BNP de la place Castellane a été visitée mais sans possibilité d’échange avec la directrice, absente. L’action s’est donc terminée par du tractage devant l’agence et de nombreuses discussions avec un public réceptif et soutenant.
À Paris, le 10 mai à 12h, une quinzaine de scientifiques en blouse blanche et des membres d’Extinction Rebellion ont visé l’agence BNP Paribas de la place d’Alésia. Elles et ils ont recouvert ses vitres d’affiches appelant BNP Paribas à cesser ses investissements dans les énergies fossiles et d’articles scientifiques. Ils et elles ont distribué des tracts d’explication aux clients de la banque. Dans leur prise de parole, les scientifiques ont rappelé le rôle de BNP Paribas dans le financement des fossiles. Aude Carreric, climatologue, a rappelé : « Malgré ses belles déclarations, BNP Paribas reste profondément lié à l’expansion des énergies fossiles, dans toutes ses activités : prêts, émissions d’obligations, gestions d’actifs... ». Kévin Jean, épidémiologiste, a ajouté : « En 2023, après un 6e rapport du GIEC, des sécheresses historiques, des records climatiques qui tombent les uns après les autres, on ne peut plus se contenter des belles déclarations de principes des acteurs financiers. Les banques, et la BNP Paribas, doivent être mises devant leur responsabilité ».
A Montpellier, le 10 mai à 17h30, des scientifiques et des militants d’Alternatiba ont déposé une lettre à l’intention de la direction de l’agence Université de BNP Paribas. Des tracts et des banderoles ont été déployés à l’extérieur pour sensibiliser la clientèle de l’agence et les passant·es pendant qu’une prise de parole avait lieu.
Dans le Grand Est, un courrier a été envoyé à 16 agences BNP Paribas pour informer et interpeller les responsables d’agence sur l’urgence climatique et les financements de leur banque pour les énergies fossiles.
Les actions et protestations ont ciblé BNP Paribas, car la banque française est classée première au rang des banques européennes qui financent le plus les énergies fossiles1. Entre 2016 et 2022, elle a investi 166 milliards de dollars dans le charbon, le pétrole et le gaz, ce qui la place 11e au classement des banques mondiales qui financent le plus ces secteurs. En 2022, elle a été la première banque au niveau mondial pour le financement du pétrole et du gaz offshore ; et entre 2016 et 2022, elle a été la quatrième banque mondiale pour le financement de l’expansion des énergies fossiles.
En avril 2021, BNP Paribas a rejoint la Net Zero Banking Alliance (NZBA), un programme lancé par les Nations unies pour inciter les banques à participer à la sortie des énergies fossiles. Pourtant, un mois après, alliée à d’autres banques, BNP Paribas a consenti un prêt de 10 milliards de dollars à Saudi Aramco, la société ayant les plus grands projets d’expansion pétrolière et gazière au monde. Près d’un an plus tard, un nouveau prêt de 14 milliards de dollars a été octroyé à la même compagnie. De plus, alors que le groupe BNP Paribas affirmait lors de son assemblée générale de 2022 ne pas soutenir EACOP (East Africain Crude Oil Pipeline), le gigantesque projet pétrolier de TotalEnergies en Afrique de l’Est, elle participait au même moment à un prêt de 8 milliards de dollars à TotalEnergies avec le Crédit Agricole et la Société Générale.
Les engagements de BNP Paribas portent sur une réduction de leur prêts à des projets pétroliers. Néanmoins, les émissions d’obligations et la gestion d’actifs, qui constituent des volumes financiers considérables, sont exclus de ces engagements. De plus, la politique de BNP Paribas sur le gaz, qui est également une énergie fossile très émettrice de CO2, est opaque.
Les actions et protestations menées par le collectif Scientifiques en Rébellion font suite à une première interpellation de BNP Paribas sur ces investissements dans les énergies fossiles. Dans une lettre ouverte publiée le 24 février 2023 dans le magazine L’Obs, 600 scientifiques, dont plusieurs co-auteurs et co-autrices des rapports du GIEC, avaient demandé aux membres du Conseil d’administration de BNP Paribas de prendre leurs responsabilités en cessant tout soutien à l’ouverture de nouveaux gisements pétroliers et gaziers. Ils et elles demandaient à BNP Paribas « d’être à l’écoute des scientifiques, et non pas d’acteurs qui continuent contre vents et marées leur politique de fabrique du doute afin de maintenir le statu quo ». Les scientifiques y interpellaient les membres du CA de BNP Paribas qui se sont engagé·es publiquement pour la sauvegarde de l’environnement, et les appelaient à démissionner si BNP Paribas continuait à soutenir directement ou indirectement l’ouverture de nouveaux gisements d’énergies fossiles. Lors de l’AG de BNP Paribas qui aura lieu le 16 mai, les scientifiques poseront à nouveau au CA des questions à ce sujet, qu’ils ont rendues publiques.
La lettre ouverte des scientifiques venait appuyer la plainte à l’encontre de BNP Paribas déposée le 23 février par trois associations (Les Amis de la Terre France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France), pour non-respect de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales. Cette plainte déposée est le premier contentieux climatique mettant en cause une banque.
Différents collectifs militent contre le financement des énergies fossiles en raison de l’urgence climatique à laquelle nous faisons actuellement face. Pour respecter l’Accord de Paris et ne pas dépasser une élévation de la température à + 1.5°C, il faut drastiquement réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Actuellement, les chercheurs estiment par exemple que pour avoir une forte probabilité de respecter l’Accord de Paris, une quantité limitée de CO2 doit être rejetée dans l’atmosphère. Plus précisément, ce « budget carbone restant » s’élève à environ 300 Gt de CO2 pour rester en-dessous de +1.5°C de réchauffement et environ 900 Gt de CO2 pour espérer rester en deçà de 2°C2.Au rythme actuel d’émissions de CO2 (40 Gt CO2 par an), ce budget s’amenuise très rapidement année après année.
Les scientifiques utilisent aujourd’hui le terme de « bombes climatiques » pour qualifier les infrastructures fossiles en projet qui vont émettre plus d’un milliard de tonnes de CO2 au cours de leur existence. Pourquoi ? Parce que les énergies fossiles sont la première cause de libération de CO2 dans l’atmosphère, et que ces émissions vont causer des dizaines ou centaines de millions de morts à cause de la hausse de température résultante. 425 « bombes climatiques » ont été répertoriées dans le monde3. Du fait de la hausse de température qu’elles généreront et en utilisant nos connaissances actuelles sur le taux de mortalité associé, on peut estimer que chaque bombe climatique causerait au minimum la mort de 200 000 personnes entre maintenant et la fin du siècle. 200 000 ! Le projet EACOP émettrait par exemple à lui seul 34,3 millions de tonnes de CO2 par an pendant au moins 20 ans, ce qui pourrait causer 150 000 morts d’ici à la fin du siècle4.
Face à ces constats, les multinationales des énergies fossiles sont appelées à réduire leur extraction d’hydrocarbures et de charbon, dont la combustion contribue massivement aux émissions de GES5. Pourtant, elles adoptent la tendance inverse : par exemple, TotalEnergies, qui depuis les années 1970 cherchait à dissimuler l’impact des énergies fossiles sur le réchauffement climatique6, prévoit aujourd’hui d’augmenter de 25 % ses extractions gazières d’ici 2030 et d’allouer toujours 70 % de ses investissements aux hydrocarbures sur la période 2022-20257.
En plus de représenter une source importante d’émissions de GES, les énergies fossiles ont d’autres conséquences dramatiques sur l’environnement. L’exploitation et le transport des hydrocarbures et du charbon se fait tout d’abord au détriment des populations locales, qui subissent les dégradations de leur milieu de vie. Le projet EACOP en est un exemple révélateur. Ce projet porte notamment atteinte aux ressources en eau et aux moyens d’existence des agriculteurs, des pêcheurs et de toutes les personnes tributaires de la richesse des ressources naturelles de la région. Une résolution d’urgence du parlement européen indique que près de 118 000 personnes seront affectées par ce méga-projet pétrolier, que plus de 100 000 personnes courent le risque imminent d’être déplacées par suite du projet EACOP (privées du libre usage de leurs terres, et donc de leurs moyens de subsistance).
L’exploitation et le transport des énergies fossiles représentent aussi une menace importante pour les écosystèmes et la biodiversité. Les accidents pendant le transport maritime d’hydrocarbures s’accompagnent de lourds dégâts, avec comme exemple récent la marée noire survenue en janvier 2022 sur plus de 40 km du littoral de la côte centrale péruvienne. Les douze mille barils de pétrole échappés, soit 1,9 millions de litres de pétrole, ont pollué durablement deux réserves naturelles protégées, entraînant la mort de milliers d’animaux – dont certains en voie d’extinction – et laissent sept mille pêcheurs artisanaux et commerçants sans travail. Un dernier exemple d’impact concerne les risques de fuites sur les oléoducs de transports terrestres. En 2022, l’oléoduc de Keystone (Etats-Unis) a déversé 2,2 millions de litres de pétrole dans les cours d’eau, tandis qu’un oléoduc en Équateur a déversé 1 million de litres de pétrole dans la forêt amazonienne.
Depuis le rapport Meadows8, dont les enseignements généraux font largement consensus aujourd’hui, nous savons qu’une décroissance marquée et continue de la production matérielle est inévitable pour assurer la viabilité de nos sociétés modernes. La production matérielle est fortement couplée à la combustion d’énergies fossiles et donc à la production de GES. Les tenants de la croissance dite « verte » (aussi qualifiée de « développement durable »), plaident qu’un découplage entre croissance économique et dégradation planétaire pourrait être rendu possible dans le futur. Ce dogme et les solutions technologiques qu’il propose sont à la fois réfutés empiriquement9 par l’analyse historique10, actuellement inopérants, et, face à l’urgence d’une transition rapide et mondiale, impossibles à mettre en œuvre à grande échelle quand bien même de telles solutions de décarbonation existeraient. Les cas de la géo-ingénierie et du captage du CO2 sont en cela des archétypes de ce mirage technosolutionniste. Ces solutions sont considérées au mieux comme immatures, au pire comme extrêmement dangereuses et contre-productives. Le captage du CO2 n’est par exemple efficace qu’à la sortie d’une source fortement émissive : il ne règle ainsi aucunement le problème du CO2 déjà présent dans l’atmosphère et induit par effet rebond une incitation à la perpétuation de la consommation d’énergies fossiles. Il est également à noter que l’investissement massif des majors pétrolières dans le captage du CO2 vise prioritairement la technologie CCUS (Carbone Capture Usage and Storage) qui consiste à capturer le CO2 afin de le réinjecter dans la roche mère dans le but d’extraire plus d’hydrocarbures : il va sans dire que cet usage est absolument contre-productif et délétère11.
Face à l’urgence, face à l’évidence, une forme de décroissance matérielle choisie – plutôt qu’une récession subie – est le seul avenir viable et donc souhaitable à ce jour. Cette direction vers la décroissance économique, vue comme une croissance des services écosystémiques et non plus du PIB (qui n’évalue en rien le bien-être d’une société mais seulement ses flux financiers), a été longuement documentée, théorisée et expérimentée12. Elle consiste notamment à réduire le travail productif (par exemple semaine de 4 jours, journées de 4h) afin de libérer du temps au bénéfice de services écosystémiques (bénévolat en crèches, dans les maisons de retraites, à l’hôpital, dans les écoles), dans un cadre par exemple similaire à celui des pompiers volontaires. Décroître impose également une rationalisation des besoins (mobilisation agro-écologique, reprises de savoirs et savoir-faire, génération de communs), et une transformation — voire une fermeture — des structures modernes dont nous héritons13 mais qui sont incompatibles avec les objectifs de neutralité carbone à horizon 2050, pour se focaliser sur les besoins nécessaires (désengagement de l’agriculture 4.014, « low-technicisation » du numérique15, déprogrammation de la 6G et arrêt du déploiement de la 5G16, etc.). Enfin la décroissance passe nécessairement par une relocalisation et une remise en commun des pouvoirs décisionnels17, ainsi qu’une reconstruction du lien au vivant, pour pouvoir prendre réellement soin de notre environnement comme un sujet à part entière de nos sociétés18.
Afin de mettre en place au plus vite cet engagement en direction de la décroissance économique, nous, Scientifiques en rébellion, appelons TotalEnergies à stopper immédiatement tout financement de nouveaux gisements d’hydrocarbures, appelons BNP Paribas, le Crédit Agricole et la Société Générale à désinvestir immédiatement leurs actifs de TotalEnergies, et appelons enfin à une concertation citoyenne et démocratique pour la mise en place d’un plan commun de sortie rapide des énergies fossiles.
Ces actions ont été réalisées dans le cadre d’une campagne internationale organisée par Scientist Rebellion, un collectif international regroupant plus d’un millier de scientifiques mobilisés dans une trentaine de pays. Scientifiques en rébellion étant désormais la branche française de Scientist Rebellion, les campagnes internationales bénéficient de financements de la part du Climate Emergency Fund. Scientifiques en rébellion dispose également de financements provenant de dons de citoyen·nes soutenant sa démarche et qui sont utilisés pour des actions indépendantes des campagnes internationales de Scientist Rebellion.
Le discours ci-dessous a été déclamé par les scientifiques le 10 mai à Toulouse , devant des agences BNP Paribas.
On devrait être dans nos labos, dans nos bureaux, en réunions ou en colloque. Mais on est là !
On pourrait avoir pris quelques congés, être avec nos familles, nos amis, bavarder, bouquiner, se promener, rêver ou bricoler. Mais on est là !
On est là parce que le déni de l’urgence climatique nous l’impose.
En science, il y a des controverses, des incertitudes, des connaissances qui évoluent et des changements de paradigmes ; ça fait partie de la méthode scientifique et c’est ce qui contribue à la construction des savoirs.
Mais il y a aussi des preuves, des constats, des démonstrations. Et des certitudes !
Et s’il y en a une aujourd’hui, c’est celle de la catastrophe climatique en cours. Le changement climatique est un fait et les activités humaines en sont responsables. Il n’y a plus de doute sur ce point.
Les travaux scientifiques le prouvent et le dernier rapport du GIEC l’énonce sans équivoque. À l’heure actuelle, la planète connaît déjà +1.1 C de réchauffement par rapport à l’ère pré-industrielle, réchauffement qui est entièrement dû aux émissions anthropiques.
Que va-t-il se passer ensuite ?
Les études scientifiques démontrent qu’il existe une relation directe entre le total des émissions de gaz à effet de serre accumulées dans l’atmosphère depuis l’ère pré-industrielle et l’augmentation de température. Pour stabiliser la température globale, il est donc nécessaire d’arrêter cette accumulation.
Si on se focalise sur le CO2, le principal gaz à effet de serre, on peut estimer la quantité maximale de CO2 qu’on peut se permettre d’émettre si l’on souhaite rester sous une augmentation donnée de température. C’est ce que nous appelons le budget carbone restant. Par exemple on peut calculer le budget carbone +1.5, c’est-à-dire la quantité de CO2 qui « peut » encore être émise et accumulée dans l’atmosphère avant d’atteindre +1.5.
Au rythme actuel, notre budget va être très rapidement dépensé : 4 à 7 ans pour le budget +1.5 C, 20 à 25 ans pour le budget +2 C.
La fonte des glaciers ou la montée des océans ont une lente dynamique, qui peut se poursuivre des centaines voire des milliers d’années après la stabilisation du climat, et dépendent de la trajectoire exacte suivie : il est donc capital de suivre une trajectoire suivant laquelle les émissions sont réduites au plus vite.
Si on ne fait rien très vite maintenant, les conséquences seront massives, désastreuses et hors de contrôle
3,3 milliards de personnes … c’est selon le dernier rapport du GIEC le nombre de personnes qui vivent aujourd’hui dans des régions avec un haut niveau de vulnérabilité humaine au changement climatique. Environ 40% de la population mondiale !
20 millions ! 20 millions de personnes qui, depuis 2008, sont, chaque année, déplacées pour cause d’événements climatiques extrêmes.
Cette vulnérabilité est évidemment façonnée par les évolutions passées, telles que le colonialisme et son héritage actuel, et elle est socialement différenciée. Elle est donc particulièrement marquée dans les Pays du Sud. Les groupes les plus pauvres, les populations autochtones, les communautés agricoles, les femmes et les membres de groupes minoritaires sont t les personnes qui subissent en premier et de manière plus importante, sans voie de recours, les impacts en termes de santé, de sécurité alimentaire ou d’accès à l’eau.
Les scientifiques utilisent aujourd’hui le terme de « bombes climatiques » pour qualifier les infrastructures fossiles existantes ou en projet qui vont émettre plus d’un milliard de tonnes de CO2 au cours de leur existence. Pourquoi ? Parce que les énergies fossiles sont la première cause de libération de CO2 dans l’atmosphère, et que ces émissions vont causer des dizaines ou centaines de millions de morts à cause de la hausse de température résultante. 425 « bombes climatiques » ont été répertoriées dans le monde. Du fait de la hausse de température qu’elles généreront et en utilisant nos connaissances actuelles sur le taux de mortalité associé, on peut estimer que chaque bombe climatique causera la mort de 200 000 personnes entre maintenant et la fin du siècle. 200 000 ! Qui sont les éco-terroristes ?
Plusieurs études ont évalué les émissions de CO2 des infrastructures fossiles existantes ou en projet, dans l’objectif de les comparer à notre budget carbone restant. Et on peut aussi comparer notre budget carbone avec ce qu’on a en sous-sol.
Les résultats sont là : pour un réchauffement limité à +2 C, par exemple, plus aucune ressource de l’Arctique ne devrait être brûlée. Pour un réchauffement limité à +1.5 , une majeure partie des réserves, pourtant économiquement rentables, ne devraient pas être exploitées : 58% du pétrole rentable... dans le sous-sol ! 56% du gaz naturel rentable... dans le sous-sol ! 89% du charbon rentable ... dans le sous-sol.
Pour respecter l’objectif +1.5 C, le pic de la production de pétrole et de gaz aurait dû avoir lieu déjà en2020 et avoir été suivi d’un décrue d’environ 3% par an. Pour limiter le réchauffement à +1.5, on ne doit même pas continuer à exploiter l’intégralité des infrastructures existantes de combustion fossile :
il faudrait fermer certaines infrastructures avant la fin de leur durée de vie !!! L’exploitation de nouveaux gisements d’énergies fossiles est inenvisageable.
Inenvisageable aussi parce qu’au changement climatique, s’ajoute la dégradation des milieux de vie en raison des marées noires et des fuites.
Ainsi la liste des accidents pendant le transport maritime des hydrocarbures ne cesse de s’allonger.
2022, Pérou, 2 millions de litres de pétrole échappés, des millions de m2 de terre et de mer souillée dont deux réserves naturelles protégées, mort de milliers d’animaux – dont certains en voie d’extinction, sept mille pêcheurs artisanaux et commerçants sans travail. La responsabilité du groupe Repsol a été reconnue dans un rapport de la commission parlementaire péruvienne.
La poursuite des extractions fossiles ce sont aussi des fuites sur les oléoducs de transport terrestre des hydrocarbures bruts : Fuite à Varsovie en 2022 ; Fuite en Angleterre en 2023. Grosse fuite à Keystone, États-Unis en 2022, 2,2 millions de litres dans les cours d’eaux ! Fuite en Équateur en 2022 : 1 million de litres de pétrole brut en forêt amazonienne, touchant une zone importante pour l’approvisionnement en eau de milliers d’habitants de la région. Ce dernier exemple est particulièrement choquant car prévisible : les fuites des oléoducs dans la région sont récurrentes du fait des glissements de terrain et des chutes de pierres: 15000 barils en 2020, 11000 barils en 2013, 14000 barils en 2009.
La poursuite des extractions fossiles c’est le recours parfois à la technique du fracking, comme en Argentine, entraînant non-respect des droits des communautés autochtones, répression de groupes d’opposants, secret sur les contrats conclus avec les entreprises et sur les produits chimiques utilisés lors des opérations de fracturation hydraulique, fuites et accidents, pollution des eaux souterraines, maladies et malformations tant sur les populations humaines que sur leurs troupeaux, absence de consultations publiques et déplacement des activités agricoles, fructicoles et d’élevage.
La poursuite des énergies fossiles, c’est également présenter le gaz comme une énergie verte ou de transition. C’est ce que fait la BNP : ses engagements portent sur le pétrole, mais elle continue d’investir massivement dans le gaz.
En fait, le méthane est lui-même un gaz à effet de serre extrêmement puissant, et s’il y a des fuites de méthane de plus 3% lors de son extraction, sa compression ou son transport, le pouvoir réchauffant du méthane devient similaire à celui du charbon si on prend tout son cycle de vie en compte et pas sa seule combustion.
De telles fuites existent, et elles ont été jusqu’à présent sous-estimées. On vient de montrer que les fuites dans les exploitations aux Etats-Unis représentent 2,3% de la production, une valeur 60% plus élevée que celle des inventaires officiels jusqu’à présent.
Et pire que le gaz naturel et ses fuites, il y a le gaz naturel liquéfién le GNL ! En raison des étapes supplémentaires nécessaires à sa fabrication et son transport, les taux observés de fuite sont encore plus forts. Pour une application en tant que combustible dans les transports maritimes, une étude récente montre que, dans l’immense majorité des cas, le GNL conduirait à d’avantages d’émissions que si l’on utilisait le carburant standard !!
Or dans les dernières années, le GNL a suivit un développement sans précédent, poussé par une politique américaine d’exportation de son gaz dans de nombreuses régions du monde, y compris vers l’Europe et la France. Ceci nous enferme donc dans un futur fossile qui n’a rien à envier au charbon en termes de ravages environnementaux et climatiques.
Le rapport du GIEC le dit clairement « Compte tenu des effets potentiels de verrouillage (lock-in) des infrastructures d’approvisionnement en énergie, le passage d’un combustible fossile à un autre est une stratégie limitée et potentiellement dangereuse, à moins qu’elle ne soit utilisée avec beaucoup de précautions et de manière limitée ».
Au contraire, on assiste à un développement non contrôlé, non précautionneux, et sans garde-fous.
En dépit de tout ce que nous venons de dire sur les énergies fossiles, certaines entreprises poursuivent le développement de leurs projets écocidaires.
TotalEnergies, que la BNP finance massivement, fait partie de ces entreprises.
TotalEnergies ce sont des émissions de gaz à effet de serre dues à ses activités d’extraction, de production, et à ses produits vendus équivalentes à l’intégralité des émissions territoriales françaises.
TotalEnergies ce sont des émissions restées quasiment constantes depuis vingt ans, avec une moyenne égale à 360 millions de tonnes de CO2eq par an, et ce malgré les différents accords en faveur du climat qui ont été signés.
TotalEnergies c’est un plan d’investissement qui flèche 66% des millions de $ d’investissement sur ses nouveaux projets de pétrole et de gaz et sur la maintenance des infrastructures d’hydrocarbures.
TotalEnergies ce sont de nouveaux projets d’exploitation comme ceux de Tilenga ou d’EACOP en Ouganda et Tanzanie. Ces projets sont non seulement de véritables bombes climatiques mais aussi des atteintes graves aux populations locales et à leur environnement, dénoncées comme telles par le Parlement européen, qui a dénoncé les violations des droits humains et les risques majeurs pour l’environnement et le climat causés par ces projets. Les phases de construction et d’exploitation auront des incidences graves et délétères pour les populations situées dans les zones d’extraction pétrolière et dans celles de l’oléoduc, portant atteinte aux ressources en eau et en portant un coup irrémédiable aux moyens d’existence des agriculteurs, des pêcheurs et de toutes les personnes tributaires de la richesse des ressources naturelles de la région. La résolution indique que près de 118 000 personnes seront impactées par ce méga-projet pétrolier, et que plus de 100 000 personnes courent le risque imminent d’être déplacées par suite du projet EACOP, privées du libre usage de leurs terres, et donc de leurs moyens de subsistance.
Alors qui sont les éco-terroristes ?
L’exemple de TotalEnergies est révélateur du cynisme de l’industrie fossile vis à vis du changement climatique. TotalEnergies est au courant de l’impact de ses produits sur le changement climatique depuis les années 1970. Elle a mis en place un travail de sape systématique de toute réglementation contraignante avec l’aide de lobbies des autres grandes entreprises fossiles internationales.
Aujourd’hui l’entreprise cherche à se faire considérer comme faisant partie des solutions : elle a recours à des mensonges éhontés ou bien à des techniques plus subtiles afin de « verdir » ses plans d’investissement aux yeux du grand public.
Parmi les mensonges éhontés, l’entreprise a tenté d’instrumentaliser les rapports du GIEC, en affirmant « le rapport du GIEC de 2022 ne dit pas qu’il ne faut plus développer de nouveau champs de pétrole ou de gaz ». Cette affirmation mensongère a été dénoncée par certain·es co-auteur·es du GIEC qui y ont répondu par une tribune en février dernier. TotalEnergies justifie également sa poursuite des projets d’extraction en misant sur le développement futur de techniques de captage et de stockage du CO2, alors que ces dernières seront incapables d’atténuer significativement les émissions de CO2 et ne pourront jamais gérer que des émissions « résiduelles ».
Les ordres de grandeur sont sans appel. La croissance verte ou les solutions technologiques qui permettraient de ne pas remettre en question notre modèle de croissance sont des mythes. Seule une politique de décroissance peut actuellement permettre de respecter l’accord de Paris.
Un des arguments principaux du discours de Total Energie est de reporter sciemment la responsabilité sur les utilisateurs et d’affirmer que l’entreprise ne ferait que « répondre à la demande ». Cet argument est fondé sur une série d’assertions fallacieuses : D’abord, depuis la révolution industrielle, l’offre énergétique a très largement créé sa propre demande en permettant le développement de technologies et d’activités qui ne constituaient aucunement des besoins préalables. Or ce qui compte ce sont bien les besoins et non pas la demande. Assimiler demande et besoins est une confusion majeure, sciemment entretenue. Cela met à égalité le carburant d’un jet privé et celui d’une voiture utilisée pour aller consulter un médecin en zone rurale. Cela évacue un enjeu absolument central quand on recherche la sobriété énergétique : faire l’inventaire des activités essentielles et de celles dont on pourrait – et devrait – se passer pour limiter le désastre climatique.
Aucune transition écologique sérieuse n’aura lieu si l’on ne met pas au coeur des débats politiques la question des modes de vie. Et puis la demande ne légitime pas tout ! Tout ce qui est à vendre n’est pas acceptable ! En effet, lorsqu’un bien ou une activité sont reconnus comme dangereux, il est normal qu’une société en interdise ou en encadre le commerce. Considérerait-on légitime l’argumentation d’un dealer clamant qu’il ne fait que répondre à la demande ?
Enfin, il est souvent affirmé que l’arrêt des exploitations fossiles par telle ou telle compagnie serait inutile puisqu’une autre prendrait aussitôt sa place. Si le constat est juste, il ne doit pas justifier le business-as-usual mais inviter à une réflexion d’ampleur sur une sortie mondiale et coordonnée des fossiles. Par exemple, en s’inspirant des traités de nonprolifération des armes chimiques ou nucléaires ou encore en s’inspirant de l’arrêt concerté de l’utilisation des CFC qui détérioraient la couche d’ozone, et ce en dépit de la résistance de certains industriels concernés.
Alors qui sont les éco-terroristes ?
Et avec l’appui de qui ces entreprises continuent-elles à menacer l’habitabilité de notre planète ?
En fait, alors qu’elles mettent en péril les conditions de vie de milliards d’humains et de non-humains, les énergies fossiles restent très généreusement subventionnées par les États et les collectivités.
Le rapport du groupe 3 du GIEC recommande clairement de réorienter les financements du problème (les énergies fossiles) vers les solutions (actions d’atténuation et d’adaptation). C’est pourtant loin d’être le cas. Alors même que les dégâts du changement climatique (canicules, sécheresses, incendies, ouragans) ont été ressentis dans de larges pans du globe, en 2022, les subventions publiques aux énergies fossiles ont atteint le record de 1 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale, d’après un rapport de l’Agence International de l’énergie. Dans la seule Union européenne, ces aides ont atteint 350 milliards de dollars. A titre de comparaison, le fond vert pour le climat - initiative portée par les Nations unies visant à transférer des fonds des pays les plus riches vers les pays les plus vulnérables au changement climatique - peine à atteindre les 10 milliards de dollars pour la période 2020-2023.
Et dans ce triste panorama, la France trouve le moyen de se distinguer : c’est le seul pays européen membre du G20 à avoir, entre 2015 et 2021, augmenté d’un quart son soutien financier au secteur. Lors de la crise énergétique récente, les mesures d’aide mises en place, comme l’aide à la pompe, n’ont pas été ciblées, et ont dans les faits bien plus profité aux tranches les plus aisées de la population. Par ailleurs, ce même rapport souligne encore que ces aides d’urgence ne sont pas allées de pair avec des changements structurels nécessaires.
En présence de faits scientifiques robustes et de leviers d’action identifiés depuis deux à trois décennies, l’inaction n’est plus un défaut de prise de conscience ou d’information : c’est un choix politique.
Ne parlons donc plus d’inaction climatique de la part des États: il semble bien qu’il y ait une action climatique des États, une action climaticide !
Après, les industriel et les Etats, il nous manque le troisième rouage de cette mécanique infernale : les banques qui financent ces projets écocides.
Les banques peuvent injecter de l’argent dans des entreprises fossiles par plusieurs mécanismes. 1. Le prêt pour un projet particulier. 2. L’émission d’obligations, l’obligation étant une fraction de la dette d’une entreprise. 3. L’achat pour des tiers des actions et des obligations d’entreprises déjà émises et échangées sur les marchés financiers. C’est ce qu’on appelle la gestion d’actifs ou asset management dans le milieu. Alors, quand vous ouvrez une assurance-vie, un plan d’épargne en action, la banque fait tout cela avec votre argent. Les montants en jeu sont considérables. Par exemple, BNP Paribas possède des actifs financiers équivalents au PIB de la France.
En France, trois banques se distinguent : BNP Paribas, 10eme rang au niveau mondial pour l’investissement dans les énergies fossiles, 141 milliards $ investis entre 2016 et 2021. Société générale, 21ème rang, 87 milliards $ dans les énergies fossiles. Crédit Agricole, 23ème rang, 76 milliards $ dans les énergies fossiles.
BNP Paribas est la banque française qui investit le plus dans les énergies fossiles.
Elle a par exemple été entre 2016 et 2021 la première au niveau mondial pour le financement du pétrole et du gaz en Arctique et la première au niveau européen pour le financement de l’expansion des énergies fossiles.
En avril 2021, BNP Paribas a rejoint la Net Zero Banking Alliance (NZBA), un programme lancé par les Nations unies pour inciter les banques à participer à la sortie des énergies fossiles. Pourtant, un mois après, alliée à d’autres banques, BNP Paribas a consenti un prêt de 10 milliards de dollars à Saudi Aramco, la société ayant les plus grands projets d’expansion pétrolière et gazière au monde. Près d’un an plus tard, un nouveau prêt de 14 milliards de dollars a été octroyé à la même compagnie. Entre 2016 et 2022, elle a investi 166 milliards de dollars dans le charbon, le pétrole et le gaz : c’est la 11ème au classement des banques mondiales les plus émettrices.
Dans une lettre ouverte publiée le 24 février 2023 dans le journal L’Obs, 600 scientifiques, dont plusieurs co-auteures et coautrices des rapports du GIEC, ont demandé aux membres du Conseil d’administration de BNP Paribas de prendre leurs responsabilités en cessant tout soutien à l’ouverture de nouveaux gisements pétroliers et gaziers. Ces scientifiques demandent à BNP Paribas « d’être à leur écoute, et non pas à l’écoute d’acteurs qui continuent contre vents et marées leur politique de fabrique du doute afin de maintenir le statu quo ». Les scientifiques y interpellaient les quelques membres du CA de BNP Paribas qui se sont engagé·es publiquement pour la sauvegarde de l’environnement, et les appelaient à démissionner si BNP Paribas continuait à soutenir directement ou indirectement l’ouverture de nouveaux gisements d’énergies fossiles.
L’assemblée générale de BNP Paribas aura lieu le 16 mai. Nous, scientifiques, poseront à nouveau au CA de BNP Paribas des questions à ce sujet, et nous en attendons des engagements concrets et à la hauteur des enjeux, et pas un sempiternel greenwashing !
Rappelons aussi qu’une plainte a été déposée le 23 février par trois associations (Les Amis de la Terre, Notre Affaire à Tous et Oxfam), pour non-respect de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales.
Il s’agit du premier contentieux climatique mettant en cause une banque commerciale : les banques, comme les entreprises et les Etats, doivent être tenues pour responsables pénalement des millions de morts que leurs décisions vont causer.
Nous scientifiques continuerons à apporter des preuves avec rigueur, à nourrir la réflexion commune, avec méthode, en croisant nos sources, en débattant, en enquêtant, comme nous avons été formés à le faire.
Mais parce qu’à l’évidence cela ne suffit pas à infléchir la trajectoire de notre société, nous nous interposerons aussi. Nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à le faire.
Aujourd’hui même, dans de nombreuses villes de France, BNP Paribas est ciblée pour dénoncer sa collusion avec TotalEnergies et les autres entreprises fossiles dont elle finance les activités.
Dans deux jours, nous convergerons pour une action nationale contre les entreprises qui ouvrent ces nouveaux projets fossiles ou les financent.
Le 16 mai, nous irons à l’AG de BNP Paribas pour écouter les réponses du conseil d’administration à nos questions et à nos demandes d’arrêter de financer les énergies fossiles.
Le 26 mai, nous appelons, comme de nombreux collectifs, à bloquer l’AG de Total Energies. Nous ne pouvons plus tolérer que des décisions mettant en péril l’habitabilité de notre planète soient prises dans l’ambiance feutrée de salons, entre champagne et petits fours.
D’autres dates suivront ; d’autres actions ; encore et encore. Parce que nous n’avons plus ni le choix, ni le temps. Parce que nous ne nous résignons pas à assister à la destruction systématique de cette planète et à l’injustice fait à ses hôtes sans réagir.
1 Banking On Climate Chaos, 2023 : Rainforest Action Network, BankTrack, Indigenous Environmental Network, Oil Change International, Reclaim Finance, Sierra Club, Urgewald. Banking On Climate Chaos 2023 report.
2 Rapport GIEC, WG1 section TS.3.3.1, Table TS.3 (2021).
3 Kühne et al, « Carbon Bombs - Mapping key fossil fuel projects », Energy Policy, 2022.
4 « Uganda’s pipeline plans face stiff opposition », Oxford Analytica, 2022.
5 Rapport GIEC, AR6, WG1 Box TS.5 (2021).
6 Bonneuil et al., Global Environnement Change, 2021.
7 TotalEnergies, « Plus d’énergies, moins d’émissions », mars 2023. Voir aussi son communiqué de presse
8 Meadows, D., Meadows, D., Randers, J., & Behrens III, W. W. (2012). Les limites à la croissance. Rue de l’échiquier, Paris.
9 Parrique, T., Barth, J., Briens, F., Kerschner, C., Kraus-Polk, A., Kuokkanen, A., & Spangenberg, J. H. (2019). Decoupling debunked. Evidence and arguments against green growth as a sole strategy for sustainability. A study edited by the European Environment Bureau EEB.
10 Bonneuil, C., & Fressoz, J. B. (2013). L’événement Anthropocène: la Terre, l’histoire et nous. Média Diffusion.
11 Sekera, J., & Lichtenberger, A. (2020). Assessing carbon capture: Public policy, science, and societal need: A review of the literature on industrial carbon removal. Biophysical Economics and Sustainability, 5, 1-28.
12 Parrique, T. (2022). Ralentir ou périr: l’économie de la décroissance. Seuil.
13 Bonnet, E., Landivar, D., & Monnin, A. (2021). Héritage et fermeture: une écologie du démantèlement. Éditions divergences.
14 L’Atelier Paysan (2022), Reprendre la terre aux machines. Manifeste pour une autonomie paysanne et alimentaire. Paris: Le Seuil, coll.«Anthropocène», 2021. Revue d’anthropologie des connaissances, 16(16-4).
15 Nova, N., & Roussilhe, G. (2020). Du low-tech numérique aux numériques situés. Sciences du Design, 11(1), 91-101.
16 Collectif Atécopol (2022) Débrancher la 5G ? Enquête sur une technologie imposée. Écosociété.
17 Le Goff, J. (2015). Alain Supiot. La gouvernance par les nombres. Cours au Collège de France (2012-2014) Fayard, 2015, 512 (6), 90-91.
18 Descola, P., & Pignocchi, A. (2022). Ethnographies des mondes à venir. Editions Seuil.
10.05.2023 à 02:00
Le 10 mai 2023, des dizaines de scientifiques ont participé à des actions dans dix villes de France visant à alerter sur la nécessité de ne plus ouvrir et financer de nouveaux sites et infrastructures liées à l’extraction de pétrole et de gaz. Cette journée, à l’initiative de Scientifiques en rébellion dans le cadre de la campagne internationale de Scientist Rebellion The Science is Clear, a réuni également Extinction Rebellion, ANV-COP21, Dernière Rénovation et STOP EACOP.
À Nice, Toulouse, Paris, Blois, Nancy, Tours, Montpellier et Metz, scientifiques et militants étaient réuni·es autour d’actions communes. À Blois, la façade de l’agence BNP a été aspergée de peinture. À Nice, un distributeur de billets a été neutralisé par de la peinture noire, et la façade recouverte de tracts. À Toulouse, une bombe factice de deux mètres de diamètre sur laquelle était inscrit « bombes climatiques, qui sont les éco-terroristes ?? » a été posée et allumée devant deux agences BNP. À Paris, la vitrine d’une agence a été recouverte d’articles scientifiques en lien avec les émissions des énergies fossiles, et des tracts ont été distribués aux passants et clients. À Nancy l’une des agences a été investie pour diffuser des tracts. A Tours, les façades et distributeurs de plusieurs agences ont été aspergés de ont liquide visqueux et noir simulant le pétrole.
07.05.2023 à 02:00
... mais le monde continue de l'ignorer. Le collectif Scientifiques en rébellion, en collaboration avec d’autres associations de désobéissance civile (Extinction Rebellion, Alternatiba - ANV-COP21, Stop Eacop), organise une campagne d'actions du 07 au 13 mai, dans le cadre d'une campagne internationale de Scientist Rebellion.
Si vous voulez plus de détails sur la campagne française en cours, c'est par ici.
10.04.2023 à 02:00
Pour la quatrième semaine consécutive, les Scientifiques en rébellion ont bandé les yeux de statues, et accroché à leurs cous des panneaux indiquant « Ne mentez plus », « Ouvrez les yeux » ou « Ceci est une urgence climatique ». Des statues à Nice, Toulouse, Paris, Montpellier, Blois, Nantes et Marseille ont été choisies pour leur côté symbolique. Il s’agit d’une action internationale, et plus d’une centaine de statues ont été affectées dans le monde, dans une quarantaine de villes réparties sur une douzaine de pays. Les scientifiques à l’origine de ces actions exigent que les personnes au pouvoir ne détournent pas le regard des résultats de la science. Le dernier rapport du GIEC montre clairement que la crise climatique et le désastre écologique menacent notre existence même, et exigent des mesures immédiates qui vont bien au-delà de ce qui est fait actuellement.
Scientist Rebellion a lancé l’action Statue Sunday dimanche 26 mars. L’opération a été renouvelée, essentiellement les dimanches 2, 9 et 16 avril, sur de nouvelles statues. « Les statues sont des symboles emblématiques que l’on trouve partout dans le monde. Si nos dirigeants mondiaux espèrent un jour mériter une statue, ils doivent changer radicalement leur ligne de conduite », a déclaré Spencer Heijnen, un porte-parole de l’action internationale. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur la crise climatique depuis des décennies. Ils et elles ont écrit des lettres, signé des pétitions et donné des conférences. Mais les gouvernements n’ont pas tenu compte de ces avertissements et, année après année, les émissions de gaz à effet de serre ont continué à augmenter. Pour reprendre les termes du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, « nous roulons sur l’autoroute de l’enfer climatique en appuyant à fond sur l’accélérateur », tandis qu’Emmanuel Macron osait demander, encore en ce début d’année 2023, « qui aurait pu prédire la crise écologique » dont nous subissons déjà les conséquences.
A Toulouse, quatre statues ont été prises pour cible :
Le buste de Jean Jaurès rend hommage à l’« Apôtre de la paix ». Cette référence illustre la convergence entre les luttes pour la justice sociale (particulièrement d’actualité), pour la paix et pour les enjeux climatiques : le GIEC a reçu en 2007 le Prix Nobel de la Paix.
La sculpture de Toutain : « Mère et enfant ». Dans la mise en scène des scientifiques, l’enfant s’adresse à sa mère pour lui demander d’ouvrir les yeux et de prendre ses responsabilités, comme les jeunes s’adressent à la génération aujourd’hui au pouvoir : quelle Terre leur laisserons-nous ?
Sur une statue représentant Antoine de Saint-Exupéry avec le Petit Prince dans un globe, les scientifiques ont accroché une citation de l’écrivain : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible ». Cette citation a été placée en exergue d’un Rapport Spécial du GIEC en 2019.
La sculpture « L’Attrape Cœur » de James Colomina. Le street artist humaniste toulousain installe sans autorisation dans les grandes villes du monde ses œuvres de « poésie politique » évoquant entre autres la fragilité de la planète, la violence et l’exclusion.
A Paris, trois statues ont été prises pour cible :
La statue de la Liberté, statue iconique, connue dans le monde entier : notre liberté de respirer de l’air pur et notre liberté de vivre sont mises à rude épreuve.
Une statue de lion a été décorée, pour sa proximité avec le Sénat, qui doit aider à la mise en place de mesures respectueuses de l’environnement.
La statue Ile-de-France aux Tuileries, pour son côté central, donne de la visibilité aux alarmes des scientifiques.
À Nice, c’est la statue de Jacques Chirac qui a été choisie pour cible. En 2002, il prononçait sa fameuse phrase « Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs ». Vingt ans plus tard, rien n’a changé, et le dernier rapport du GIEC sort dans l’indifférence générale.
À Montpellier, c’est la statue de Jacques Cœur qui a été choisie pour cible. Grand argentier et commerçant réputé. Jacques Cœur incarne ici notre alerte sur la nécessaire transformation de notre modèle économique dans le contexte du changement climatique. Trois statues d’intellectuels de la place de la Révolution française ont également été ciblées, évoquant l’urgence d’une vraie révolution écologique face aux périls croissants qui pèsent sur le climat et la biodiversité.
À Blois, trois statues ont été prises pour cible :
Jeanne d’Arc, symbole de courage et de résistance, qualités nécessaires pour s’opposer aux forces du statu quo et du business-as-usual.
Louis XII, sur la façade du château royal, un monarque considéré modéré et à l’écoute du peuple. Ceci contraste avec les dérives autoritaires de nos dirigeants actuels.
Denis Papin, que l’on crédite pour avoir inventé la machine à vapeur ; c’est le symbole de la révolution industrielle, qui signe le début de l’augmentation considérable des émissions de CO2 dans les pays occidentaux.
À Nantes, il s'agit d'Anne de Bretagne, qui fut Reine de France, en particulier épouse de Louis XII dont les yeux ont été bandés à Blois.
À Marseille, il s'agit de l'Allégorie de la Durance au Palais Longchamp, point d'arrivée du canal de la Durance. La question de l'eau et de sa rareté concerne depuis longtemps la Provence mais a une actualité aussi très récente avec les méga-bassines de Sainte-Soline. Une conférence de presse a eu lieu devant la bannière pour apporter son soutien aux Soulèvements de la terre qui subit une répression policière violente de la part du gouvernement français : la Durance fait donc face aux conséquences du changement climatique cette fois-ci avec les yeux grands ouverts.
Scientist Rebellion est un mouvement international de scientifiques alarmé.es par la crise climatique et écologique. Le groupe estime que la communauté scientifique a la responsabilité d’agir et de rejoindre l’avant-garde du mouvement climatique.
Scientifiques en rébellion est la branche française de Scientist Rebellion. Ses membres exercent une pression sur les gouvernements – par des actions pacifiques, créatives et perturbatrices – pour s’assurer qu’ils prennent des mesures contre la crise climatique et écologique.
Le 20 mars, un nouveau rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été publié. Ce rapport tire des conclusions extrêmement alarmantes. En suivant la voie actuelle, nous mettons en péril un avenir vivable et durable pour tous les habitants de la planète, écrit le GIEC. Le groupe d’experts montre que les mesures prises actuellement pour réduire les émissions sont largement insuffisantes pour respecter l’accord de Paris.
10.04.2023 à 02:00
Trois dimanches de suite, à l’occasion de la sortie du dernier rapport du GIEC et dans le cadre d’une action internationale de Scientist Rebellion, nous avons bandé les yeux de statues, et accroché à leurs cous des panneaux indiquant « Ne mentez plus », « Ouvrez les yeux » ou « Ceci est une urgence climatique », à Nice, Toulouse, Paris, Montpellier et Blois. Plus d’une centaine de statues ont été affectées dans le monde, dans une quarantaine de villes réparties sur une douzaine de pays, pour exiger que les personnes au pouvoir ne détournent pas le regard des résultats de la science, alors que le dernier rapport du GIEC montre clairement que la crise climatique et le désastre écologique menacent notre existence même, et exigent des mesures immédiates qui vont bien au-delà de ce qui est fait actuellement.
31.03.2023 à 02:00
Le collectif Scientifiques en rébellion publie deux textes aujourd’hui sur son blog dans le Club de Mediapart. Le premier, « Les méga-bassines sont une maladaptation aux sécheresses et aux enjeux agricoles » est co-signé de plus de soixante hydrologues et spécialistes de l’eau, et dénonce l'inadéquation des méga-bassines aux enjeux hydrologiques, écologiques et agricoles, soulignant au contraire les multiples problèmes liés à leur installation. Ce texte est une version plus longue et détaillée d’une tribune parue dans Le Monde le 25 mars (voir le communiqué de presse du 26 mars). Le second texte, plus vindicatif, s’intitule « En soutien de la résistance, nous sommes les Soulèvements de la Terre ». Les scientifiques y affirment être complètement atterré·es par le traitement politique de la question écologique et climatique et critiquent de manière cinglante l’action du gouvernement et la « violence démesurée » dont il a fait preuve. Ils et elles considèrent que la menace de la dissolution des Soulèvements de la Terre est « le symbole d'un pouvoir qui perd les pédales dans un délire sécuritaire », alors que ce collectif écologiste propose « un autre monde, un projet de société différent et réaliste où le soin (care), le respect, la tolérance, la justice sociale sont réellement réfléchis et mis en place au quotidien. »
30.03.2023 à 02:00
Nous, scientifiques, soutenons les mouvements de résistances aux projets de méga-bassines. Sans utilité réellement prouvée, ces retenues à ciel ouvert menacent la préservation de l’eau et des écosystèmes, et freinent la transformation de notre modèle agro-économique face aux sécheresses actuelles et à venir. Plus de dialogue est nécessaire entre agriculteur·ice·s, citoyen·ne·s et institutions.
Ce texte publié sur notre blog dans le Club de Mediapart est une version longue de notre tribune publiée dans Le Monde le 26 mars 2023.
« Il est possible d’assurer un avenir durable et équitable dans le domaine de l’eau. Il faut pour cela changer radicalement la façon dont nous apprécions, gérons et utilisons l’eau. Cela commence par traiter l’eau comme ce qu’elle est : notre bien collectif mondial le plus précieux, essentiel à la protection de tous les écosystèmes et de toutes les formes de vie ». Ces écrits ouvrent le rapport de synthèse sur l’économie de l’eau publié à l’occasion du sommet sur l’eau des Nations Unies en cette première semaine de printemps 2023. Ce printemps succède à un hiver exceptionnellement peu pluvieux en France, où les restrictions d’eau apparaissent déjà. La crise qui s’installe et les restrictions associées soulignent l’importance de la gestion des stockages naturels fournissant une grande partie de l’eau dont nous dépendons.
Car l’eau n’est une ressource renouvelable que si la consommation n’est pas excessive ; un équilibre en phase d’être rompu à mesure que les effets combinés du changement climatique et de la surconsommation d’eau se font sentir. Que l’on regarde dans les lacs, les rivières, les sols ou les nappes phréatiques, les quantités d’eau se réduisent en France. Contrairement à l’argent, il n’y pas d'"eau magique », il est donc très probable que la compétition entre les principaux usages de l’eau du territoire (industrie, eau potable et sanitaire, refroidissement des centrales électriques, géothermie, loisirs et évidemment agriculture) augmente.
L’agriculture utilise actuellement 45 % de l’eau consommée en France, principalement via l’irrigation. Cela représente plus de 90 % de la consommation estivale dans certaines régions. Dans un contexte de raréfaction de l’eau disponible, il est donc crucial de (re)penser notre système agricole ; une adaptation est indispensable, mais laquelle ?
Les méga-bassines, qui sont des retenues à ciel ouvert remplies en hiver par pompage des nappes phréatiques et qui alimentent ensuite l’irrigation, sont souvent présentées comme nécessaires pour « nourrir la France ». Les projets se multiplient en Nouvelle Aquitaine, Pays de la Loire, Centre, Bretagne et Auvergne, entre autres. D’un point de vue hydrologique, agronomique et économique, les méga-bassines sont pourtant une sérieuse attaque envers la préservation de l’eau et notre souveraineté alimentaire.
Les méga-bassines sont une mal-adaptation aux sécheresses présentes et à venir, qui nous rendront probablement plus vulnérables tout en fragilisant des écosystèmes entiers. Les eaux de surface et les eaux souterraines forment un continuum, elles sont les deux faces d’une même pièce qui interagissent fortement, il est donc vain de les traiter séparément dans la gestion de l’eau. Et comme les bassines dépendent par définition de la recharge souterraine, elles ne permettent pas de faire face à une sécheresse prolongée, où un déficit de pluie se “propage” dans l’assèchement des sols et laisse finalement les nappes à des niveaux trop bas. Même à une échelle saisonnière, un remplissage de méga-bassines (qui dure entre 2 et 3 mois) mise sur une recharge phréatique satisfaisante à la fin de l’hiver, un véritable pari quand on sait que les prévisions hydrogéologiques ne peuvent dépasser 6 mois.
Les nappes phréatiques sont de véritables tampons hydrologiques dans les paysages, amortissant les variations météorologiques vers un transit souterrain plus lent et stable. Par contraste, les méga-bassines « court-circuitent » une partie de ce cycle, exposant au passage l’eau remise en surface à une évaporation importante (7 % selon la FNSEA, plutôt 10 % voire 60 % selon les sources scientifiques) et une eutrophisation (cyanobactéries) affectant les eaux stagnantes. Plus généralement, cette mise à disposition artificielle de la ressource peut créer des « sécheresses anthropiques » directes amplifiant l’impact des sécheresses météorologiques et hydrologiques en aval des prélèvements d’eau. Ces sécheresses d’origine humaine, observées dans les dernières décennies dans la péninsule ibérique et au Chili, proviennent d’une dépendance accrue aux infrastructures d’approvisionnement en eau, et peuvent créer un cercle vicieux : les impacts des sécheresses alimentent une demande pour plus de dispositifs de stockage d’eau, accroissant par effet rebond les usages, qui causera de nouveaux déficits en eau et ainsi d’autres dégâts socioéconomiques. Et au-delà de l’hydrologie locale et aval, les retenues d’eau ont un impact sur la biodiversité des zones humides et les systèmes aquatiques avec des effets cumulés encore largement inconnus. On sait en revanche que les zones humides, havres de biodiversité, ont connu une régression massive en Europe en particulier en France, tandis que la biodiversité aquatique a globalement décru à un tiers de celle estimée en 1970.
Face à ces risques, aucune étude d’impact n’existe pour affirmer un effet positif local des bassines sur la ressource en eau. En Deux-Sèvres où les projets de méga-bassines avancent, une étude fournie par un organisme public (le BRGM) en 2022 a modélisé l’effet régional du pompage de la nappe pour le remplissage hivernal de 16 de ces réservoirs à ciel ouvert. Une contre-expertise et plusieurs collègues spécialistes ont relevé que la méthodologie utilisée ne parvient pas à décrire les dynamiques locales des nappes phréatiques, à prendre en compte les effets d’évaporation, ni enfin à intégrer les effets de sécheresses comme celles de la dernière décennie et encore moins celles – plus fréquentes et plus intenses en été – à venir. Nous ne mettons pas en cause nos collègues du BRGM, qui n’ont répondu qu’à une commande émise par la Coopérative de l’eau des Deux-Sèvres avec des scénarios précis sur une période 2000-2011 peu représentative du futur, comme admis dans un communiqué de presse et plus récemment expliqué au Sénat.
Il est inacceptable que l’instrumentalisation de résultats scientifiques sortis de leur contexte, justifie des politiques de gestion de la ressource sourdes à l’intérêt collectif et à l’évaluation scientifique rigoureuse. En effet, le déploiement de dispositifs tels que les méga-bassines freine la transformation de notre modèle socio-économique et de nos modes de vie, nécessaire et urgente pour la préservation de la ressource en eau. La recherche scientifique doit contribuer à cette transformation, et non être mise au service de projets qui ne font qu’aggraver la situation ou détourner les efforts des véritables priorités.
N’oublions pas qu’à travers l’utilisation de l’eau, il s’agit aussi de notre capacité de production agricole locale pour nourrir la population française. Les méga-bassines alimenteront en fait une minorité d’exploitations (12 à 15 % en Sèvre Niortaise – Mignon, dont la moitié initialement raccordée aux bassines), avec pour effet de fragiliser l’accès à l’eau souterraine des autres producteurs (et évidemment les autres usages). Dans cette mise en concurrence, il n’est pas question de stigmatiser les agriculteurs et agricultrices, mais d’engager le dialogue. Diverses dynamiques mettent les professions agricoles sous pression : baisse du nombre de paysans, agrandissement des exploitations, et dépendance aux importations (engrais, pétrole) réduisent la souveraineté alimentaire et la résilience du système agricole. Nous conseillons de nouvelles orientations politiques et économiques pour l’agriculture afin de réellement soutenir les paysan.nes pratiquant une agriculture plus sobre en eau, plutôt que de subventionner des méga-bassines (à hauteur de 70 % des 76 M€ pour le projet en Deux-Sèvres, via l’Agence de l’eau) sans réelle contrepartie.
Au final, on peut se poser la question de l’utilité réelle des bassines, qui consiste plutôt en une « rustine hydro-sociale » (voire du « greenwashing hydrologique ») alimentant la culture du déni de l’urgence de changer de modèle de société, et où l’argent public bénéficie à un petit nombre au détriment de tous les autres. L’éthique scientifique nous impose de susciter et d’éclairer un débat démocratique, pour que soient prises des décisions collectives à la hauteur des enjeux. Pour conclure, les mobilisations contre les projets de méga-bassines nous paraissent légitimes, et les Scientifiques en rébellion estiment nécessaire d’agir pour replacer les débats scientifiques et la gestion des ressources au cœur d’une prise de décision égalitaire entre tous les acteurs.
Ce texte a été écrit collectivement par : Sylvain Kuppel (hydrologie), Odin Marc (géomorphologie), Stéphanie Mariette (génétique des populations), Laurent Lassabatère (hydrologie), Pascal Houillier (médecin, physiologie), Julien Lefèvre (informatique), et Lara Elfjiva (anthropologie sociale), membres du collectif Scientifiques en rébellion.
Avec le soutien de chercheur.se.s spécialistes :
Christian Amblard (hydrobiologie, CNRS, Clermont-Ferrand)
Sandrine Anquetin (hydroclimatologie, CNRS, Université Grenoble Alpes)
Luc Aquilina (biogéochimie des eaux souterraines, Université de Rennes 1)
Sébastien Barot (écologue, IRD, Paris)
Annette Bérard (écologie et écotoxicologie microbienne, INRAE, Centre PACA)
Gilles Billen (biogéochimie, CNRS, Sorbonne Université, Paris)
Camille Bouchez (hydrogéologie, CNAP, Université de Rennes)
Brice Boudevillain (hydrométéorologie, Institut des Géosciences de l’Environnement, Université Grenoble Alpes)
Pierre Brigode (hydrologie, Université Côte d’Azur)
Yvan Caballero (hydrogéologie, Montpellier)
Nadia Carluer (hydrologue, INRAE, Lyon)
Aude Carreric (climatologie, Barcelona Supercomputing Center)
Simon Carrière (hydrogéologie, Sorbonne Université)
Jérémie Cavé (sciences de la durabilité, IRD, Géosciences Environnement Toulouse)
Guillaume Chagnaud (hydro-climatologie, Institut des Géosciences de l’Environnement (Grenoble)
Jean-Baptiste Charlier (hydrogéologie, BRGM, G-Eau Montpellier)
Diego Chavez (hydrologie, Aix-Marseille Université)
Nicole Claverie (environnements géo-naturels & anthropisés, Université de Toulouse III)
Wolfgang Cramer (géographie, directeur de recherche CNRS, Aix-en-Provence)
Florian Debras (astrophysique, CNRS, Toulouse)
Bertrand Decharme (hydrologie & climatologie, CNRS, Toulouse)
Marc Deconchat (écologie des paysages, INRAE, Toulouse)
Valérie Demarez (écologue, Professeure à l’Université Toulouse III)
Agnès Ducharne (hydroclimatologue, CNRS, METIS-IPSL, Paris)
Marc Dumont (hydrogéologie, Université de Liège, Belgique)
Véronique Durand (hydrogéologie, Université Paris Saclay)
Sylvain Ferrant (agronomie et hydrologie, IRD, Toulouse)
Jérôme Gaillardet (géochimie, Institut de Physique du Globe, Paris)
Rémy Garçon (hydrométéorologie et gestion de l’eau, retraité)
Josette Garnier (biogéochimie des eaux et des sols, CNRS, Paris)
Marina Gillon (hydrogéologie, Avignon Université)
Yves Goddéris (surfaces continentales et interfaces, CNRS, Toulouse)
Marielle Gosset (hydrométéorologie, IRD, Toulouse)
Youen Grusson (hydrologie, Université de Toulouse III)
Joël Guiot (paléoclimatologie, directeur de recherche émérite CNRS, Aix Marseille Université)
Vivien Hakoun (hydrogéologie, BRGM, G-Eau Montpellier)
Basile Hector (hydrologie, IRD, Institut des Géosciences de l’Environnement, Grenoble)
Benoit Hingray (hydroclimatologie, Institut des Géosciences de l’Environnement, Grenoble)
Laurent Husson (géologie & géophysique, ISTerre, Grenoble)
Pierre-Alain Jayet (économie de l’environnement, INRAE, Saclay)
Aglaé Jézéquel (climatologie, LMD-IPSL, Paris)
Damien Jougnot (hydrogéophysique, CNRS, Paris)
Hervé Jourde (hydrogéologie, Université de Montpellier)
Yann Kerr (hydrologie spatiale, CNES, CESBIO, Toulouse)
David Labat (hydrologie, Université de Toulouse III)
Francois Lafolie (modélisation sol et agro-hydrosystèmes, INRAE, Avignon)
Michel Lang (hydrologie, INRAE, Lyon)
Claire Lauvernet (mathématiques appliquées, hydrologie & qualité de l’eau, INRAE, Lyon)
Corinne Le Gal La Salle (hydrogéochimie, Université de Nîmes)
Patrick Le Moigne (hydrométéorologie, Météo-France, CNRM, Toulouse)
Christophe Le Roux (géochimie, CNRS, Géosciences Environnement Toulouse)
Thierry Lebel (hydroclimatologie, IRD, Institut des Géosciences de l’Environnement, Grenoble)
Mathieu Lucas (Doctorant en Hydrologie, INRAE, Lyon)
Christelle Marlin (hydrogéologie, Université Paris-Saclay)
Vincent Marc (hydrogéologie, Avignon Université)
Nicolas Massei (hydrologie, Université de Rouen Normandie)
Laurence Maurice (hydrogéochimie, IRD, Géosciences Environnement Toulouse)
Naomi Mazzilli (hydrogéologie, Université d’Avignon)
Florentina Moatar (hydrologie environnementale, INRAE)
Malo Mofakhami (sciences économiques, Université Sorbonne Paris Nord)
Jean-Marie Mouchel (sciences de l’eau, Sorbonne Université, Paris)
Claude Mugler (hydrogéologie, Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, Saclay)
Simon Munier (hydrométéorologie, CNRM, Toulouse)
Nathalie de Noblet-Ducoudré (bioclimatologie, CEA, LSCE-IPSL, Ile-de-France)
Catherine Ottlé (hydroclimatologie, CNRS, Université Paris Saclay)
Ludovic Oudin (hydrologie, Sorbonne Université, Paris)
Sébastien Pouchoulin (hydrologie, INRAE, Lyon)
Gérémy Panthou (hydroclimatologie, Institut des Géosciences de l’Environnement, Université Grenoble Alpes)
Aura Parmentier Cajaiba (Organisation systèmes agroécologiques, Université Côte d’Azur)
Jean-Luc Peiry (hydrologie, Université Clermont Auvergne)
Christophe Peugeot (hydrologie, IRD, Hydrosciences Montpellier)
Marie-Claire Pierret (géochimie, physicienne CNAP, Université de Strasbourg)
Séverin Pistre (hydrogéologie, Université Montpellier)
Xavier Poux (agroéconomie, AScA-IDDRI, Paris)
Agnès Rivière (hydrogéologie, MinesParis – PSL)
Antoine Séjourné (hydrogéomorphologie, GEOPS, Université Paris-Saclay)
Adrien Selles (hydrogéologie, BRGM, Montpellier)
Yves Tramblay (hydrologie, IRD, Hydrosciences Montpellier)
Christine Vallet-Coulomb (hydrologie, Maîtresse de conférences Aix-Marseille Université)
Rémi Valois (hydrogéologie et géophysique, Université d’Avignon)
Théo Vischel (hydroclimatologie, Institut des Géosciences de l’Environnement, Université Grenoble Alpes)
Sylvain Weill (hydrologie, ENGEES / Université de Strasbourg)
Nikola Zsolnay (Géoécologie, ENSAT-INP, Toulouse)
30.03.2023 à 02:00
Les Soulèvements de la Terre font partie de ces collectifs qui se substituent à l’État là où ce dernier échoue à répondre à l’intérêt général. Ils proposent un autre monde, un projet de société différent et réaliste où le soin, le respect, la tolérance, la justice sociale sont réellement réfléchis et mis en place au quotidien. Nous, scientifiques en rébellion, les soutenons sans réserve.
Ce texte a été publié sur notre blog dans le Club de Mediapart.
Nous sommes des scientifiques de toutes disciplines, pour beaucoup documentant directement les bouleversements écologiques et climatiques en cours, leurs causes et leurs responsables. Nous sommes atterré·es de voir le traitement politique appliqué a la question écologique et climatique, en complète déconnexion avec les enjeux qui menacent directement nos sociétés et la majorité des écosystèmes sur Terre.
L’adaptation, la bifurcation ou l’abandon complet des projets aggravant la mise sous tension de notre environnement sont perçues comme des opinions politiques, souvent attaquées ad hominem, plutôt que comme les conséquences logiques de travaux scientifiques solides sur lesquels ces propositions légitimes s’appuient. Cela s’appliquait à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, maintenant au projet d’autoroute Castres-Toulouse et bien-sûr aux projets de méga-bassines. Celles-ci sont une maladaptation au réchauffement climatique et au manque d’eau. Autrement dit, une réponse court-termiste qui finira par aggraver le mal qu’elle prétend résoudre. Ce constat qui dépasse l’idéologie est largement partagé, et nous l’avons argumenté dans Le Monde et plus longuement ensuite dans ce blog, avec le soutien de nombreux spécialistes du domaine.
Des dizaines de milliers de personnes l’ont compris et ont convergé au cours d’un week-end, pour s’opposer à un projet pourtant parfois bien loin de leur domicile. Quelques milliers sont même allés jusqu’à prendre des risques – allant au moins jusqu’à la mutilation et le coma – pour tenter d’occuper symboliquement ce « trou » absurde. Face à cela, le gouvernement a répondu par une violence démesurée, ayant recours à des armes de guerre telles que les grenades GM2L. Le pouvoir a tenté de détourner l’attention, pointant la colère plutôt que d’en reconnaitre les causes : le refus de la destruction de notre habitat par les forces destructrices du business-as-usual.
De ce refus construit sur les faits, découle la résistance.
Les Soulèvements de la Terre font partie de ces collectifs qui se substituent à l’État là où ce dernier échoue à exister dans l’intérêt de celles et ceux qui le constituent. Leur désobéissance s’inscrit dans les traces de nombreux mouvements pour faire progresser l’état de droit, un mouvement issu des citoyen·nes et agissant dans l’intérêt du plus grand nombre.
Les Soulèvements de la Terre proposent un autre monde, un projet de société différent et réaliste où le soin (care), le respect, la tolérance, la justice sociale sont réellement réfléchis et mis en place au quotidien. Ils et elles défendent concrètement une planète vivable et vivante, dans un contexte d’écocide et de crise climatique mondiale niés, ignorés ou instrumentalisés à des fins de greenwashing par les gouvernements des pays les plus riches dont la France. A Sainte-Soline, cette envie bienveillante et joyeuse de monde meilleur était portée, partagée et vécue par les 30,000 personnes présentes.
Ce modèle de société, exemple désirable de monde où nous pourrions vivre, fait face à une diabolisation systématique par le gouvernement, allant jusqu’à vouloir réduire à néant cette « organisation » qui n’en est pas une, et entraver les individus qui y contribuent ou font exister ce projet. Nous nous interrogeons : qu’est-ce qui fait si peur au gouvernement ? Peut-être le fait que les Soulèvements puissent réussir à rendre tangible et plausible une alternative au monde capitaliste, néolibéral et écocidaire que le gouvernement défend, en rassemblant toujours plus de citoyen·ne·s dans des actions pouvant mener à un basculement.
La menace de dissolution des Soulèvements est le symbole d’un pouvoir qui perd les pédales dans un délire sécuritaire. Au déni d’écoute du peuple qu’il prétend représenter – toujours plus flagrant à chaque étape du projet de réforme des retraites – s’ajoute la caricature d’un musèlement de mouvements progressistes. Une dynamique vue dans le passé avec d’autres gouvernements aux étiquettes politiques bien moins libérales.
Si des dissolutions doivent avoir lieu pour rétablir l’« ordre » et la démocratie, commençons par celles de la BRAV-M et du gouvernement.
26.03.2023 à 01:00
Des membres du collectif Scientifiques en rébellion publient dans le journal Le Monde un texte d’analyse scientifique et de dénonciation des projets de méga-bassines. Ce texte, écrit et soutenu par des scientifiques spécialistes du sujet, dénonce l’inadéquation des méga-bassines aux enjeux hydrologiques, écologiques et agricoles et souligne au contraire les multiples problèmes liés à leur installation. Le collectif Scientifiques en rébellion réaffirme son soutien aux mouvements d’opposition à de tels projets en France et sera présent le weekend du 24-26 mars lors du grand rassemblement dans les Deux-Sèvres.
Les méga-bassines, qui sont des retenues d’eau à ciel ouvert remplies en hiver par pompage des nappes phréatiques et qui alimentent ensuite l’irrigation, sont souvent présentées comme nécessaires pour « nourrir la France ». Les scientifiques du collectif jugent que « sur le plan hydrologique et économique, les méga-bassines menacent la préservation de l’eau et notre souveraineté alimentaire ». Ils et elles jugent ainsi que de multiples données scientifiques font douter des bénéfices de tels dispositifs face aux sécheresses actuelles et à venir, tandis que d’importants risques hydrologiques, écologiques et agro-économiques demeurent.
Ces scientifiques considèrent que les méga-bassines sont une mal-adaptation aux sécheresses présentes et à venir, qui nous rendront probablement plus vulnérables, tout en fragilisant des écosystèmes entiers. Comme ces réservoirs dépendent par définition de la recharge souterraine, ils ne permettent pas de faire face à une sécheresse prolongée laissant les nappes à des niveaux trop bas. Plus grave, ces retenues de substitution « court-circuitent » une partie du transit lent des nappes phréatiques et peuvent contribuer à créer des « sécheresses anthropiques » amplifiant l’impact des sécheresses météorologiques en aval des prélèvements d’eau, comme déjà observé dans la péninsule ibérique et au Chili. Au-delà de l’hydrologie locale et aval, les retenues d’eau ont un impact sur la biodiversité des zones humides et systèmes aquatiques, dont les effets cumulés restent encore largement inconnus. On sait en revanche que les zones humides, havres de biodiversité, ont connu une régression massive en Europe et en particulier en France, tandis que la biodiversité aquatique a globalement fortement décru.
Face à ces risques, il n’existe selon les scientifiques du collectif aucune étude d’impact permettant d’affirmer un effet hydrologique positif local des bassines sur la ressource en eau. En Deux-Sèvres, où les projets de méga-bassines sont très avancés, la médiatisation de l’étude de modélisation par un organisme public (le BRGM) en 2022 est donc très problématique ; si la probité du BRGM n’est pas en doute, leur étude répond à une commande déconnectée des réalités climatiques et d’hydrologie locale, comme mis en évidence par une contre-expertise et certain·e·s scientifiques. Dans leur texte, ces spécialistes jugent inacceptable « l’instrumentalisation de résultats scientifiques, sortis de leur contexte, qui justifie des politiques de gestion de la ressource sourdes à l’intérêt collectif et à l’évaluation scientifique rigoureuse », et estiment que « le déploiement des méga-bassines freine la transformation de notre modèle socio-économique et de nos modes de vie, nécessaire et urgente pour la préservation de la ressource en eau ».
Une utilisation réfléchie de l’eau est centrale pour la capacité de production agricole locale visant à nourrir la population française. Les méga-bassines alimenteront en fait une minorité d’exploitations, le plus souvent de grande taille et pouvant se permettre les investissements nécessaires, avec pour effet de fragiliser l’accès à l’eau souterraine des autres producteurs. Les scientifiques jugent que « dans cette mise en concurrence, il s’agit alors d’engager le dialogue » et conseillent « de nouvelles orientations politiques et économiques pour l’agriculture afin de soutenir les paysan.nes pratiquant une agriculture plus sobre en eau, plutôt que de subventionner des méga-bassines ». A l’occasion de la mobilisation internationale des 25-26 Mars dans les Deux-Sèvres pour la défense de l’eau, des membres de Scientifiques en rébellion, et notamment certain.es auteur.ices du texte, seront présent.es pour les manifestations. Ils et elles pourront répondre en détail aux questions des journalistes.
26.03.2023 à 01:00
Des membres du collectif Scientifiques en rébellion publient dans le journal Le Monde un texte d’analyse scientifique et de dénonciation des projets de méga-bassines. Ce texte, écrit et soutenu par des scientifiques spécialistes du sujet, dénonce l’inadéquation des méga-bassines aux enjeux hydrologiques, écologiques et agricoles et souligne au contraire les multiples problèmes liés à leur installation. Le collectif Scientifiques en rébellion réaffirme son soutien aux mouvements d’opposition à de tels projets en France et des membres du collectif sont présents le weekend du 24-26 mars lors du grand rassemblement dans les Deux-Sèvres.
Une version longue, publiée sur notre blog dans le Club de Mediapart est disponible ici.
Ce texte a été écrit collectivement par : Lara Elfjiva (anthropologie sociale), Sylvain Kuppel (hydrologie), Odin Marc (géomorphologie), Stéphanie Mariette (génétique des populations), Laurent Lassabatère (hydrologie), Pascal Houillier (médecin, physiologie), Julien Lefèvre (informatique), membres du collectif Scientifiques en rébellion.
Avec le soutien de chercheur.se.s spécialistes :
Christian Amblard (hydrobiologie, CNRS, Clermont-Ferrand)
Sandrine Anquetin (hydroclimatologie, CNRS, Université Grenoble Alpes)
Luc Aquilina (biogéochimie des eaux souterraines, Université de Rennes 1)
Sébastien Barot (écologue, IRD, Paris)
Annette Bérard (écologie et écotoxicologie microbienne, INRAE, Centre PACA)
Gilles Billen (biogéochimie, CNRS, Sorbonne Université, Paris)
Camille Bouchez (hydrogéologie, CNAP, Université de Rennes)
Brice Boudevillain (hydrométéorologie, Institut des Géosciences de l’Environnement, Université Grenoble Alpes)
Pierre Brigode (hydrologie, Université Côte d’Azur)
Yvan Caballero (hydrogéologie, Montpellier)
Nadia Carluer (hydrologue, INRAE, Lyon)
Aude Carreric (climatologie, Barcelona Supercomputing Center)
Simon Carrière (hydrogéologie, Sorbonne Université)
Jérémie Cavé (sciences de la durabilité, IRD, Géosciences Environnement Toulouse)
Guillaume Chagnaud (hydro-climatologie, Institut des Géosciences de l’Environnement (Grenoble)
Jean-Baptiste Charlier (hydrogéologie, BRGM, G-Eau Montpellier)
Diego Chavez (hydrologie, Aix-Marseille Université)
Nicole Claverie (environnements géo-naturels & anthropisés, Université de Toulouse III)
Wolfgang Cramer (géographie, directeur de recherche CNRS, Aix-en-Provence)
Florian Debras (astrophysique, CNRS, Toulouse)
Bertrand Decharme (hydrologie & climatologie, CNRS, Toulouse)
Marc Deconchat (écologie des paysages, INRAE, Toulouse)
Valérie Demarez (écologue, Professeure à l’Université Toulouse III)
Agnès Ducharne (hydroclimatologue, CNRS, METIS-IPSL, Paris)
Marc Dumont (hydrogéologie, Université de Liège, Belgique)
Véronique Durand (hydrogéologie, Université Paris Saclay)
Sylvain Ferrant (agronomie et hydrologie, IRD, Toulouse)
Jérôme Gaillardet (géochimie, Institut de Physique du Globe, Paris)
Rémy Garçon (hydrométéorologie et gestion de l’eau, retraité)
Josette Garnier (biogéochimie des eaux et des sols, CNRS, Paris)
Marina Gillon (hydrogéologie, Avignon Université)
Yves Goddéris (surfaces continentales et interfaces, CNRS, Toulouse)
Marielle Gosset (hydrométéorologie, IRD, Toulouse)
Youen Grusson (hydrologie, Université de Toulouse III)
Joël Guiot (paléoclimatologie, directeur de recherche émérite CNRS, Aix Marseille Université)
Vivien Hakoun (hydrogéologie, BRGM, G-Eau Montpellier)
Basile Hector (hydrologie, IRD, Institut des Géosciences de l’Environnement, Grenoble)
Benoit Hingray (hydroclimatologie, Institut des Géosciences de l’Environnement, Grenoble)
Laurent Husson (géologie & géophysique, ISTerre, Grenoble)
Pierre-Alain Jayet (économie de l’environnement, INRAE, Saclay)
Aglaé Jézéquel (climatologie, LMD-IPSL, Paris)
Damien Jougnot (hydrogéophysique, CNRS, Paris)
Hervé Jourde (hydrogéologie, Université de Montpellier)
Yann Kerr (hydrologie spatiale, CNES, CESBIO, Toulouse)
David Labat (hydrologie, Université de Toulouse III)
Francois Lafolie (modélisation sol et agro-hydrosystèmes, INRAE, Avignon)
Michel Lang (hydrologie, INRAE, Lyon)
Claire Lauvernet (mathématiques appliquées, hydrologie & qualité de l’eau, INRAE, Lyon)
Corinne Le Gal La Salle (hydrogéochimie, Université de Nîmes)
Patrick Le Moigne (hydrométéorologie, Météo-France, CNRM, Toulouse)
Christophe Le Roux (géochimie, CNRS, Géosciences Environnement Toulouse)
Thierry Lebel (hydroclimatologie, IRD, Institut des Géosciences de l’Environnement, Grenoble)
Mathieu Lucas (Doctorant en Hydrologie, INRAE, Lyon)
Christelle Marlin (hydrogéologie, Université Paris-Saclay)
Vincent Marc (hydrogéologie, Avignon Université)
Nicolas Massei (hydrologie, Université de Rouen Normandie)
Laurence Maurice (hydrogéochimie, IRD, Géosciences Environnement Toulouse)
Naomi Mazzilli (hydrogéologie, Université d’Avignon)
Florentina Moatar (hydrologie environnementale, INRAE)
Malo Mofakhami (sciences économiques, Université Sorbonne Paris Nord)
Jean-Marie Mouchel (sciences de l’eau, Sorbonne Université, Paris)
Claude Mugler (hydrogéologie, Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, Saclay)
Simon Munier (hydrométéorologie, CNRM, Toulouse)
Nathalie de Noblet-Ducoudré (bioclimatologie, CEA, LSCE-IPSL, Ile-de-France)
Catherine Ottlé (hydroclimatologie, CNRS, Université Paris Saclay)
Ludovic Oudin (hydrologie, Sorbonne Université, Paris)
Sébastien Pouchoulin (hydrologie, INRAE, Lyon)
Gérémy Panthou (hydroclimatologie, Institut des Géosciences de l’Environnement, Université Grenoble Alpes)
Aura Parmentier Cajaiba (Organisation systèmes agroécologiques, Université Côte d’Azur)
Jean-Luc Peiry (hydrologie, Université Clermont Auvergne)
Christophe Peugeot (hydrologie, IRD, Hydrosciences Montpellier)
Marie-Claire Pierret (géochimie, physicienne CNAP, Université de Strasbourg)
Séverin Pistre (hydrogéologie, Université Montpellier)
Xavier Poux (agroéconomie, AScA-IDDRI, Paris)
Agnès Rivière (hydrogéologie, MinesParis – PSL)
Antoine Séjourné (hydrogéomorphologie, GEOPS, Université Paris-Saclay)
Adrien Selles (hydrogéologie, BRGM, Montpellier)
Yves Tramblay (hydrologie, IRD, Hydrosciences Montpellier)
Christine Vallet-Coulomb (hydrologie, Maîtresse de conférences Aix-Marseille Université)
Rémi Valois (hydrogéologie et géophysique, Université d’Avignon)
Théo Vischel (hydroclimatologie, Institut des Géosciences de l’Environnement, Université Grenoble Alpes)
Sylvain Weill (hydrologie, ENGEES / Université de Strasbourg)
Nikola Zsolnay (Géoécologie, ENSAT-INP, Toulouse)
04.03.2023 à 01:00
Une centaine de scientifiques et de citoyen.nes de diverses disciplines venus de toute la France (Paris, Montpellier, Toulouse, Nice, Lyon, Marseille, Grenoble, Rennes, etc.) se sont rassemblé.es samedi 4 mars à Paris devant le Muséum National d’Histoire Naturelle, pour dénoncer les conséquences catastrophiques du recours massif aux pesticides et promouvoir un autre modèle agricole. Cette action est menée par Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion, avec les ONG Pollinis, Générations futures, Avenir Santé Environnement et Alerte des Médecins sur les Pesticides.
Une centaine de personnes, dont une majorité de scientifiques, soutenu.es par des représentant.es d’ONG, ont formé un cortège funèbre sous la bannière « Printemps silencieux : les pesticides tuent » lors d’une action organisée au Muséum National d’Histoire Naturelle.
Des prises de parole se sont succédé sur fond de die-in et au rythme du slogan « Non à l’écocide – Stop aux pesticides » et de coups de gong. Les artistes Red rebels, vêtues de rouge pour symboliser le sang des espèces éteintes, ont déambulé parmi les participant.es vêtu.es de noir et les scientifiques en blouses blanches.
Cette action, qui s’est déroulée en parallèle du Salon de l’Agriculture, fait référence au célèbre livre Printemps silencieux de la biologiste nord-américaine Rachel Carson, première lanceuse d’alerte en 1962 sur la dangerosité des pesticides de synthèse.
60 ans après la publication de cet ouvrage, les preuves scientifiques sur les ravages des pesticides s’accumulent, comme le rapportent notamment les expertises collectives menées par les instituts publics français : sur la santé humaine (INSERM 2013, 2021) et sur la biodiversité et les écosystèmes (INRAE-IFREMER, 2022).
En infiltrant les sols, l’air et les milieux aquatiques, les pesticides contaminent l’environnement et participent à l’extinction de masse des populations d’insectes et d’oiseaux. Cette extinction dramatique constitue une menace majeure qui risque de provoquer l’effondrement des écosystèmes et de la production agricole dont nos sociétés dépendent (United Nations Report, 2019).
« Les études scientifiques montrent une chute fulgurante d’abondance des insectes, dont certains pollinisateurs, qui atteint de 60 à 80% en Europe depuis 30 ans (Wagner et al., 2021 ; Goulson, 2023) ainsi qu’un déclin massif de 30% des populations d’oiseaux d’habitats agricoles en 30 ans en France (Fontaine et al., 2020) » alerte Kaïna Privet, écologue, pour Scientifiques en rébellion.
Les dommages des pesticides sur l’environnement se doublent du drame de leur toxicité sur la santé humaine, qui touche en premier lieu les professionnel.les du monde agricole.
« Les scientifiques documentent, encore et encore, que les pesticides neurotoxiques favorisent effectivement les troubles cognitifs et les maladies neurodégénératives, que les pesticides ressemblant à des hormones naturelles exercent bien des effets perturbateurs endocriniens sur tous les êtres vivants dont l’humain, ou encore que les pesticides épandus à moins de 1,5 km des habitations augmentent les risques de troubles du neuro-développement chez l’enfant (Gunier et al, 2017). » rappelle Laurence Huc, toxicologue, au nom de Scientifiques en rébellion.
Malgré ce constat scientifique accablant, la France figure parmi les principaux pays consommateurs de pesticides en Europe, avec plus de 70 000 t/an, et n’a respecté aucun de ses plans successifs de réduction de l’usage des pesticides (plans Ecophyto). Pire, les centaines de millions d’euros investis dans cet objectif ont abouti à une hausse de plus de 20% de l’utilisation de pesticides, une contradiction qui a été épinglée par la Cour des comptes en 2020.
Alors qu’un nouveau plan Ecophyto 2030 vient d’être annoncé par le gouvernement, sans aucun objectif de réduction des produits phytosanitaires, il est urgent que les responsables politiques prennent la mesure des constats scientifiques et engagent un changement radical de modèle agricole.
« Fort.es des résultats des recherches et scénarios d’agronomes et économistes, nous demandons des politiques publiques urgentes pour la transition radicale de nos modèles agricoles, vers l’agroécologie, une agriculture valorisant la biodiversité végétale et animale, avec une réduction de 60% des pesticides pour 2030 et de 90% d’ici 2050. Cela implique d’augmenter massivement les aides pour l’agroécologie et, en particulier l’agriculture biologique, développer l’agroforesterie, doubler les haies, augmenter les bandes enherbées, réduire de moitié l’élevage intensif en divisant par quatre les cultures fourragères annuelles (maïs, ensilage) au profit des prairies et cultures de légumineuses. Cela requiert une réduction de moitié de la consommation de viande. Stopper l’artificialisation des sols et les restaurer sont également essentiels pour stocker le carbone (Billen et al, 2021 ; Tibi et al., 2022 ; Solagro, 2022, Jacquet et al, 2022). », explique Florence Volaire, écologue, au nom de Scientifiques en rébellion.
Les dégâts dus à l’utilisation massive de pesticides ne sont qu’un des problèmes écologiques majeurs engendrés par l’agriculture intensive. La destruction des habitats, avec notamment la suppression de 70% des haies depuis 70 ans, aggrave la perte de biodiversité. De plus, l’agriculture est responsable de 20 à 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
En remettant le vivant au cœur des choix de société, sa restauration et sa préservation au centre des politiques agricoles, il est démontré qu’un cercle vertueux est possible, avec des agriculteur.rices qui ne tombent plus malades, des écosystèmes diversifiés et dynamiques, une eau et un air plus sains pour tous les êtres vivants !
« Les sciences sociales décrivent comment les lobbies de l’agrochimie usent de moyens colossaux pour dénigrer la science, produire du doute, instrumentaliser les institutions et influencer les autorités sanitaires françaises et européennes pour que rien ne change (Thébaud-Mony A, 2014 ; Jas N, 2017 ; Dedieu F, 2022 ; Jouzel JN, 2020) » déclare Laurence Huc, toxicologue, pour Scientifiques en rébellion.
Le mouvement Extinction Rebellion (XR), via sa campagne Changement de régime, fustige « l’influence de la FNSEA dans les prises de décisions politiques. Ce syndicat majoritaire défend le statu quo et l’agrobusiness, et encourage les agriculteurs à manifester pour la réintroduction des néonicotinoïdes. XR, qui a fait des actions au Salon de l’Agriculture, devant le ministère de l’Agriculture, au Conseil National de l’Alimentation, devant le siège de la FNSEA et les chambres d’agriculture, va continuer à lutter activement contre ce lobbying mortifère et pour un réel changement de régime agricole et politique ».
Nicolas Laarman, délégué général de POLLINIS rappelle que : « L’effondrement de la biodiversité nous privera à terme de ce qu’on appelle aujourd’hui les services écosystemiques indispensables, assurés par les organismes vivants : la pollinisation de nos cultures alimentaires et de 85% des plantes à fleurs connues à travers le monde, par les abeilles et les insectes pollinisateurs. C’est donc un sentiment d’urgence qui nous pousse donc à agir aujourd’hui aux côté de Scientifiques en rébellion, et le poids écrasant de la responsabilité morale vis-à-vis des jeunes générations auxquelles nous nous apprêtons à léguer un monde silencieux, vidé d’une part essentielle de la diversité et de la beauté qui enchantent l’humanité depuis des millénaires. »
Nadine Lauverjat, Déléguée générale de l’association Générations futures, a souligné que : « Les victimes des pesticides, méprisées par un trop grand nombre de décideurs pendant des décennies, ne peuvent plus être ignorées. Si nous n'agissons pas vite, nos enfants nous accuseront et ils auront raison. Nous devons sortir au plus vite de notre dépendance aux pesticides, il en va de notre survie et aussi de celle de tout le vivant. Il n'est plus question d'optimisme ou de pessimisme mais d'une détermination immense que nous portons toutes et tous ce jour ».
Pierre-Michel Perinaud, d’Alerte des médecins sur les pesticides, explique : « Nous devons mettre en parallèle l’expertise de l’Inrae sur l’impact des pesticides sur la biodiversité (2022) avec la seconde expertise de l’Inserm (2021) concernant les effets sur la santé humaine. On voit bien que sur les professionnels, les populations riveraines et en population générale, ces effets sont de mieux en mieux documentés sur un nombre toujours plus grand de pathologies. Mais que la perte de biodiversité associée à l’usage des pesticides représente une menace au moins aussi importante sur la santé que les effets directs. »
Franck Rinchet-Girollet, porte parole de Avenir Santé Environnement, témoigne du combat que mène l’association : « En Charente-maritime, sur un secteur impacté par un cluster de cancers pédiatriques, nous luttons contre tous types de pollution pouvant aggraver ou déclencher des pathologies. Depuis quelques années les résultats en matière de pesticides sont alarmants. 41 molécules dans l’air, des CMR dans l’eau, la contamination est systémique : tous les milieux sont touchés, l'impact sur la santé est sous-évalué car l'effet cocktail des pesticides présents dans l'environnement n'est pas pris en considération. Nous ne pouvons plus entendre que les impératifs de production et d'exportation doivent primer sur la santé, et nous ne supporterons plus que nos enfants et ceux qui viendront après eux soient exposés à ces produits ! »
EFFONDREMENT DE 80% DES POPULATIONS D’INSECTES EN 30 ANS
Hallmann CA, Sorg M, Jongejans E, Siepel H, Hofland N, et al. (2017) More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas. PLOS ONE 12(10): e0185809. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0185809
PERTE DE 30% DES POPULATIONS D’OISEAUX AGRICOLES EN 30 ANS
Fontaine B., Moussy C., Chiffard Carricaburu J., Dupuis J., Corolleur E., Schmaltz L., Lorrillière R., Loïs G., Gaudard C. 2020. Suivi des oiseaux communs en France 1989-2019 : 30 ans de suivis participatifs. MNHN- Centre d'Ecologie et des Sciences de la Conservation, LPO BirdLife France - Service Connaissance, Ministère de la Transition écologique et solidaire. 46 pp.
1 PLANTE SUR 5 EST MENACÉE D’EXTINCTION
Willis, K.J. (ed.) 2017. State of the World’s Plants 2017. Report. Royal Botanic Gardens, Kew.
40% DES INSECTES DANS LE MONDE SONT MENACÉS D’EXTINCTION
Sanchez-Bayo (Sánchez-Bayo, Wyckhuys, 2019. Worldwide decline of the entomofauna: A review of its drivers.Biological Conservation)
31% DES ESPÈCES DE PAPILLONS DE JOURS EN DÉCLIN EN EUROPE
Van Swaay, C., Cuttelod, A., Collins, S., Maes, D., López Munguira, M., Šašić, M., Settele, J., Verovnik, R., Verstrael, T., Warren, M., Wiemers, M. and Wynhof, I. 2010. European Red List of Butterfies Luxembourg: Publications Office of the European Union.
PLUS D’1 MILLION D’ESPÈCES EN DANGER D’EXTINCTION DANS LES PROCHAINES DÉCENNIES
United Nations Report, Nature’s Dangerous Decline ‘Unprecedented’; Species Extinction Rates ‘Accelerating’ (2019),. Accessed 15 November 2020.
Expertises collectives
Leenhardt S. Mamy L., Pesce S., Sanchez W. (coord) et al. (2022). Impacts des produits phytopharmaceutiques sur la biodiversité et les services écosystémiques, Synthèse du rapport d’ESCo, INRAE - Ifremer (France), 124 pages, https://www.inrae.fr/actualites/impacts-produits-phytopharmaceutiques-biodiversite-services-ecosystemiques-resultats-lexpertise-scientifique-collective-inrae-ifremer
Tibi A., Martinet V., Vialatte A. (coord.) et al. (oct. 2022). Protéger les cultures en augmentant la diversité végétale des espaces agricoles., Synthèse du rapport d’ESCo. INRAE, 86 pages
Inserm. Pesticides et effets sur la santé : Nouvelles données. (2021) Collection Expertise collective. Montrouge : EDP Sciences, 2021.1 036 pages
https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/
Fontaine B., Moussy C., Chiffard Carricaburu J., Dupuis J., Corolleur E., Schmaltz L., Lorrillière R., Loïs G., Gaudard C. 2020. Suivi des oiseaux communs en France 1989-2019 : 30 ans de suivis participatifs. MNHN- Centre d'Ecologie et des Sciences de la Conservation, LPO BirdLife France - Service Connaissance, Ministère de la Transition écologique et solidaire. 46 pp https://www.mnhn.fr/fr/actualites/pres-de-30-d-oiseaux-en-moins-en-30-ans-dans-les-villes-et-les-campagnes-francaises
Solagro (2022) Afterres 2050 Biodiversité. Un scénario fondé sur la nature et pour la nature. Pointereau P. (coord). https://solagro.org/afterres2050-biodiversite
Jacquet Florence, Jeuffroy Marie-Hélène, Jouan Julia, Le Cadre Edith, Malausa Thibaut, Reboud Xavier, Huyghe Christian (coord) (2022) Zéro pesticide. Un nouveau paradigme de recherche pour une agriculture durable. Éditions Quae. 9782759233106, 244 pages.
Gunier RB, Bradman A, Harley KG, Eskenazi B. (2017) Will buffer zones around schools in agricultural areas be adequate to protect children from the potential adverse effects of pesticide exposure? PLoS Biol. https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.2004741
Jas N,(2017) Millefeuilles institutionnels et production d’ignorance dans le « gouvernement » des substances chimiques dangereuses Raison présente 2017/4 (N° 204).
Billen et al. (2021) Reshaping the European agro-food system and closing its nitrogen cycle: The potential of combining dietary change, agroecology, and circularity, One Earth, Volume 4, Issue 6,2021,Pages 839-850, https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S259033222100289X?via%3Dihub
Wagner et al. (2021) Insect decline in the Anthropocene: Death by a thousand cuts. PNAS, https://doi.org/10.1073/pnas.2023989118
Carson Rachel (1962) Printemps silencieux. Editions Wildproject (2020) 978-2-918-490-999, 352 pages
Dedieu François (2022) Pesticides – Le confort de l’ignorance. Editions Seuil, 978-2-02-147349-0, 369 pages
Foucart Stéphane (2019) Et le monde devint silencieux - Comment l’agrochimie a détruit les insectes, Editions Seuil, 9782021427424, 336 pages
Goulson Dave (2023) Terre silencieuse – Empêcher l’extinction des insectes, Editions du Rouergue, 9782812624070, 388 pages
Jouzel Jean-Noël (2019) Pesticides. Comment ignorer ce que l’on sait , Presses de Sciences po,
Thébaud-Mony Annie (2014) La Science asservie, Editions La Découverte, 978-2-7071-7369-0, 305 pages
04.03.2023 à 01:00
Le 4 mars 2023, une centaine de scientifiques et de citoyen·nes venu·es de toute la France ont formé un cortège funèbre à Paris pour dénoncer les conséquences catastrophiques du recours massif aux pesticides et promouvoir un autre modèle agricole. Cette action, qui s’est déroulée en parallèle du Salon de l’Agriculture, était intitulée Printemps silencieux en référence au célèbre livre de la biologiste nord-américaine Rachel Carson, première lanceuse d’alerte en 1962 sur la dangerosité des pesticides de synthèse. Elle a été menée avec Extinction Rebellion, et les ONG Pollinis, Générations futures, Avenir Santé Environnement et Alerte des Médecins sur les Pesticides.
Des prises de parole se sont succédé sur fond de die-in et au rythme du slogan « Non à l’écocide – Stop aux pesticides » et de coups de gong. Les artistes Red Rebels, vêtues de rouge pour symboliser le sang des espèces éteintes, ont déambulé parmi les participant·es vêtu·es de noir et les scientifiques en blouses blanches.
24.02.2023 à 01:00
Dans une tribune publiée dans L’Obs à l’initiative du collectif Scientifiques en rébellion, 600 scientifiques, dont des co-auteur·es des rapports du GIEC, demandent aux membres du Conseil d’administration de BNP Paribas de prendre leurs responsabilités face à la catastrophe écologique en cours en cessant tout soutien à l’ouverture de nouveaux gisements pétroliers et gaziers. BNP Paribas est actuellement l’un des premiers financeurs mondiaux des énergies fossiles et ses engagements sont clairement incompatibles avec l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.
Mesdames et messieurs,
Nous sommes des scientifiques alarmé·es par la catastrophe écologique en cours et plus encore de la faiblesse des actions mises en place pour en limiter l’ampleur, alors que les risques sont connus, clairement évalués et menacent l’ensemble des sociétés humaines et des écosystèmes. Certain·es parmi nous ont contribué aux rapports du GIEC ou sont spécialistes des questions climatiques. Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous rappeler solennellement qu’un grand pouvoir implique une grande responsabilité : vous occupez un poste où vous pouvez jouer un rôle majeur face au changement climatique.
La synthèse des études scientifiques est très claire : respecter l’Accord de Paris impose de laisser la majorité des énergies fossiles encore disponibles dans le sol, et de ne plus ouvrir de nouveaux gisements en dehors de ceux déjà en exploitation. Ainsi, l’Agence internationale de l’énergie a annoncé en 2021 qu’ « il n’y a aucun besoin d’investir dans des nouvelles sources d’énergies fossiles dans notre trajectoire Net zéro »1 ; le groupe d’experts de haut niveau des Nations unies affirme dans son rapport de novembre 2022 que le « Net zéro est incompatible avec la poursuite des investissements dans les énergies fossiles »2 ; le dernier rapport du GIEC va également dans le même sens3. Les arguments déployés par les compagnies pétro-gazières pour contester ce consensus scientifique sont légion, mais aucun d’entre eux n’est recevable : nous vous demandons d’être à l’écoute des scientifiques, et non pas d’acteurs qui continuent contre vents et marées leur politique de fabrique du doute afin de maintenir le statu quo, comme cela a été clairement relevé dans les rapports du GIEC4.
Les rapports traitant du financement bancaire des énergies fossiles le montrent clairement : BNP Paribas fait partie des établissements qui ont financé et continuent de financer massivement de nouveaux projets pétroliers et gaziers. Elle a par exemple été entre 2016 et 2021 la première au niveau mondial pour le financement du pétrole et du gaz en Arctique et la première au niveau européen pour le financement de l’expansion des énergies fossiles5. En avril 2021, BNP Paribas a rejoint la Net Zero Banking Alliance (NZBA), un programme lancé par les Nations unies pour inciter les banques à participer à la sortie des énergies fossiles. Pourtant, un mois après, alliée à d’autres banques, BNP Paribas a consenti un prêt de 10 milliards de dollars à Saudi Aramco, la société ayant les plus grands projets d’expansion pétrolière et gazière au monde6. Près d’un an plus tard, un nouveau prêt de 14 milliards de dollars a été octroyé à la même compagnie7. Globalement, ces rapports montrent que les financements de BNP Paribas ne sont pas en ligne avec l’Accord de Paris car ils verrouillent la société dans l’utilisation des énergies fossiles et rendent la neutralité carbone chaque jour plus difficile à atteindre.
Le dernier rapport sur la responsabilité sociale entreprise (RSE) de votre banque n’apporte aucun élément montrant un changement d’orientation à la hauteur des enjeux8. BNP Paribas s’est engagée à réduire ses encours de financement à l’extraction et la production de pétrole et gaz, de 80 % et 30 % respectivement à horizon 2030. Ces engagements n’empêchent pas le maintien de soutiens financiers aux entreprises développant de nouveaux projets d’extraction d’énergies fossiles et ne portent que sur les prêts octroyés par BNP Paribas, oubliant l’émission d’actions et d’obligations. Faut-il encore rappeler que le gaz est une énergie fossile ? Les mentions qui sont faites dans ce rapport concernant le développement de produit financiers prétendument durables restent malheureusement bien vagues comparativement aux sommes, bien concrètes elles, récemment engagées dans des projets fossiles. BNP Paribas a récemment publié un communiqué de presse9 dans lequel elle prétend que sa « trajectoire s’inscrit pleinement dans le scénario de l’Agence Internationale de l’Énergie, y compris dans ses développements les plus récents ». Au vu des éléments fournis ci-dessus, cette affirmation est indiscutablement un mensonge éhonté.
Pour tout financeur des activités d’extraction, une seule décision s’impose face à l’urgence climatique : il faut vraiment arrêter de financer directement ou indirectement de nouveaux projets, et non pas continuer tout en laissant croire le contraire. Les financements octroyés et les actifs gérés par votre groupe représentent un incommensurable levier d’action qu’il faut mettre au service de la sortie des énergies fossiles. L’ampleur du pouvoir dont vous disposez vous interdit de vous dédouaner de vos responsabilités sur d’autres acteurs comme les États ou les citoyen·ne·s, une stratégie classique pour entretenir l’inaction, comme cela a été souligné dans le dernier rapport du GIEC10. Vous comme nous constatons que nous n’avons pas le temps d’attendre. Nous vivons d’ores et déjà les conséquences du réchauffement climatique. Ce sont entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes qui vivent dans des contextes à forte vulnérabilité vis-à-vis de ce changement et tout doit être mis en œuvre pour le contenir de manière urgente.
Nous comptons sur votre sens des responsabilités, la loi française11 faisant obligation aux administrateurs et administratrices de prendre en compte les enjeux environnementaux depuis 2017. Certain·es membres du Conseil d’administration sont engagé·es publiquement pour la sauvegarde de l’environnement et la défense des droits humains, que ce soit à travers des fondations, des travaux scientifiques ou encore des mandats électifs. Nous les appelons solennellement à demander en Conseil d’administration que BNP Paribas cesse de soutenir directement ou indirectement toute ouverture de nouveaux gisements d’énergies fossiles, et à en démissionner si cette mesure n’était pas adoptée.
Cette lettre ouverte a été écrite par le collectif Scientifiques en rébellion. Sa signature est ouverte à l’ensemble de la communauté scientifique. La plupart des signatures de soutien ne sont donc pas membres de ce collectif.
Notes :
1. « Net Zero by 2050 », International Energy Agency, mai 2022.
2. « Integrity matters : net-zero commitments by businesses, financial institutions, cities and regions », United Nations High-Level Expert Group, novembre 2022.
3. « Si les investissements dans le charbon et les autres infrastructures fossiles se poursuivent, les systèmes énergétiques seront verrouillés à des niveaux d’émissions plus élevés, ce qui rendra plus difficile de limiter le réchauffement à 2°C ou 1,5°C », Technical Summary, AR6 WG3, GIEC (2022).
4. « De nombreuses entreprises ont tenté de faire échouer l’atténuation du changement climatique par un lobbying ciblé et des stratégies médiatiques instillant le doute. Les sociétés intervenant dans la chaîne d’approvisionnement (en amont comme en aval) des entreprises productrices de combustibles fossiles constituent la majorité des organisations opposées à l’action climatique », paragraphe 5.4.3, AR6 WG3, GIEC (2022).
5. Entre 2016 et 2021, BNP Paribas a été, au niveau mondial, la première banque pour le financement de Shell et de BP, la cinquième pour l’expansion des énergies fossiles et la première encore pour le pétrole et le gaz en Arctique ainsi que pour les forages ultra-profonds [« Banking on Climate Chaos », Fossil fuel finance report (2022)].
6. « Banking on Climate Chaos », Fossil fuel finance report (2022).
7. Depuis son entrée dans NZBA, BNP Paribas a financé à hauteur de plus de 7 milliards d’euros des entreprises poursuivant l’expansion des énergies fossiles, la plaçant ainsi au 14e rang mondial de ce point de vue [« Throwing fuel on fire: GFANZ financing of fossil fuel expansion », Reclaim Finance (2023)].
8. « Document enregistrement universel et rapport financier annuel 2021 », BNP Paribas (2021).
9. « BNP Paribas, leader affirmé du financement de la transition énergétique, engage une nouvelle étape de forte accélération », BNP Paribas, 24 janvier 2023.
10. « Les stratégies de communication et de construction de marque des entreprises tentent également de détourner la responsabilité des entreprises vers les individus, et/ou de s’approprier les sentiments en faveur du climat pour construire leur propre marque ; l’atténuation du changement climatique est envisagée uniquement sous l’angle du choix des produits et de la consommation, évitant la notion de sphère d’action collective politique.», Technical Summary, AR6 WG3 (2022).
11. Code du commerce, article L225-35.
Premièr·es signataires :
Olivier Aumont (océanographe), Milan Bouchet-Valat (sociologue), Aude Carreric (climatologue), Julian Carrey (physicien), Kévin Jean (épidémiologiste), Stéphanie Mariette (généticienne), Jérôme Santolini (biologiste)
Avec le soutien de près de 600 scientifiques, dont :
Christophe Cassou (climatologue, co-auteur du GIEC)
Wolfgang Cramer (écologue, co-auteur du
GIEC)
Jean-Pierre Gattuso (océanographe, co-auteur du GIEC)
Céline Guivarch (économiste, co-autrice du
GIEC)
Jean Jouzel (climatologue, ex-vice-président du GIEC)
Jean-Baptiste Sallée (climatologue, co-auteur
du GIEC)
Sophie Szopa (chimiste de l’atmosphère, co-autrice du GIEC)
Julia Steinberger (économiste,
co-autrice du GIEC)
Yamina Saheb (économiste et docteure en énergétique, co-autrice du GIEC)
Gonéri Le
Cozannet (géographe, co-auteur du GIEC)
Magali Reghezza (géographe, membre du Haut Conseil pour le climat)
Ainsi que de :
Jean-Jacques Achache, Médecine, Anesthésiste-réanimateur, Centre Hospitalier de Millau
François Aguillon,
Physique, Professeur émérite, ISMO
Aurélie Albert, Océanographie, Ingénieur de recherche, CNRS
Sarah
Albertin, Chimie atmosphérique, Doctorante, Sorbonne Université
Victor Altmayer, Neurosciences cognitives,
Doctorant en neurosciences / docteur en neurologie, Institut du Cerveau, Paris
Katherine Alvino, Energie
photovoltaïque, Doctorante/ingénieure de recherche, Mines Paris
Anne-Claude Ambroise-Rendu, Histoire,
Professeure des universités, Université de Versailles St Quentin-en-Yvelines
François André, Biophysicien,
Chercheur, Université Paris-Saclay
Stéphane André, Sciences de l’ingénieur, Enseignant-chercheur, Université
de Lorraine
Sandrine Anquetin, Hydroclimatologie, Directrice de recherche, CNRS
Marie Charlotte Anstett,
Écologie, Chargée de recherches, CNRS
Claire Antoine, Physique du solide, Chercheuse senior, Université
Paris-Saclay -CEA
Guillemette Antoni, Santé publique, Ingénieure de recherche, INSERM
Cecile
Appert-Rolland, Physique, Directrice de recherche, CNRS
Stephane Arnouts, Astrophysique, Directeur de
recherche, CNRS
Marie-Anne Arrio, Physique-chimie, Chercheuse, CNRS
Jean-Luc Atteia, Astrophysique,
Enseignant chercheur, Université Paul Sabatier
Christine Aubry, Agronomie, Ingénieure de recherche
retraitée/professeure consultante à agroparistech, INRAE/AgroParisTech
Christophe Audouard, Biologie,
Ingénieur, CNRS
Yildiz Aumeeruddy-Thomas, Ethnoécologie, Directrice de recherche, CNRS
Philémon Autin,
Glaciologie, Post doctorant, institut de recherche pour le développement IRD
Sakina-Dorothée Ayata, Écologie,
Maîtresse de conférences, Sorbonne Université / LOCEAN-IPSL
Virginie Baby-Collin, Géographie, Professeure des
universités, Aix Marseille université
Jean-Baptiste Bahers, Géographie, Chercheur, CNRS, UMR ESO
Raphaelle
Bailhache, Physics, Post doc, Goethe-University Frankfurt
Anne Baillot, Etudes germaniques et humanités
numériques, Professeure des universités, Le Mans Université
Viviane Baladi, Mathématiques, Directeur de
recherches, CNRS
Jean Ballet, Astrophysique, Chercheur, CEA Saclay
Albane Barbero, Chimie atmosphérique,
Ingénieur de recherche, CNRS
Estelle Barbot, Écologie, Post-doctorante, Université de
Montpellier
Pierre-Luc Bardet, Biologie, Enseignant-chercheur, Sorbonne Université
Pascal Barla,
Informatique, Chercheur, Inria
Ligia Barna, Génie des procédés et environnement, Professeur, INSA
Toulouse
Nicolas Barnier, Informatique, Enseignant chercheur, ENAC
Sébastien Barot, Écologie, Chercheur,
IRD
Camille Baudoin, Informatique, Enseignante, INSA CVL
Jérôme Baudot, Physique, Professeur, Université
de Strasbourg
Anne Baudouin, Chimie, Ingenieure de recherche, CNRS
Térence Baugé, Spatial, Stagiaire,
GIS
Arnaud Beck, Physique, Ingénieur de recherche, CNRS
Denis Becquet, Biologiste, Chercheur,
INSERM
Matthias Beekmann, Climatologie, Directeur de recherche, CNRS
Joana Beigbeder, Science des
matériaux, Enseignant chercheur, IMT Mines Alès
Fabien Bellet, Énergétique, Enseignant-chercheur,
CentraleSupélec
Philippe Belleudy, Hydrologue, Professeur émérite, Institut des Géosciences de
l’Environnement, Université Grenoble-Alpes
Simon Benhamou, Eco-ethologie, Directeur de recherche,
CNRS
Wakinyan Benhamou, Biologie, Doctorant, Université de Montpellier – CEFE/CNRS
Marc Benoit,
Agronomie-économie-environnement, Ingénieur de recherche, INRAE
Luc Béraud, Géosciences de l’environnement,
Doctorant, Institut des Géosciences de l’Environnement
Nicolas Berger, Mécanique, PRAG, Université de
Bordeaux
Aurélien Berlan, Philosophie, Maître de conférences, Université de Toulouse
Jérémy Bernard,
Climatologie, Chercheur contractuel, Université de Göteborg (Suède)
Patrick Bernard, Mathématiques,
Professeur des universités, PSL
Harry Bernas, Physicien, Directeur de recherche émérite, CNRS
Etienne
Berthier, Glaciologie, Directeur de recherche, CNRS
Carmen Bessa-Gomes, Écologie, Enseignant-chercheur,
AgroParisTech
Mireille Besson, Neurosciences cognitives, Directrice de recherce, CNRS & Aix-Marseille
Université
Laurent Bétermin, Mathématiques, Maître de conférences, Université Claude Bernard Lyon 1
Manuel
Bibes, Physique, Directeur de recherche, CNRS
Alexis Bienvenüe, Mathématiques appliquées, Maître de
conférences, ISFA / Université Lyon 1
Frédérique Bienvenüe, Mathématiques, Maîtresse de conférences,
Université Lyon 1
Nicolas Bierne, Biologie évolutive, Directeur de recherche, CNRS
Aurélien Bigo,
Transition énergétique des transports, Chercheur indépendant, Chaire Energie et Prospérité
Jean Francois
Bissonnette, Sociologie, Professeur adjoint, Université de Montréal
Guillaume Blanc, Physique, Maître de
conférences, Université Paris Cité
Lilian Blanc, Environnement, Chercheur, Cirad
Alain Blanchard,
Astrophysique, Professeur, Université Paul Sabatier
Cyrille Blanchard, Instrumentation astrophysique spatiale
et sol, Assistant ingénieur, CNRS
Marianne Blanchard, Sociologie, Maître de conférences, Université Toulouse
2
Juliette Blanchet, Hydroclimat, Chargée de recherche, CNRS
Michel Blay, Histoire et philosophie des
sciences, Directeur de recherche honoraire, CNRS
Thomas Blon, Physique, Maître de conférences, INSA
Toulouse
Jacques Blondel, Biologie évolutive, Directeur de recherche émérite, CNRS
Christine Blondel,
Histoire des sciences, Chercheuse cnrs retraitée, CNRS
Géraldine Bocquého, Économie, Chercheur,
INRAE
Isabelle Boisse, Astrophysique, Astronome-adjoint, LAM
Samuel Boissier, Astrophysique, Directeur de
recherche, CNRS
Jordi Bolibar, Glaciologie, Chercheur postdoc, Institute for Marine and Atmospheric Research,
Utrecht University
Thomas Bolognesi, Économie, Professeur associé, Grenoble Ecole de Management
Alberte
Bondeau, Géoscience, Chargée de recherche, CNRS
François Bonhomme, Evolutionniste, Directeur de recherches
émérite, CNRS
Jeremie Bonneau, Hydrologie, Ingénieur de recherche, INRAE
Mathilde Bonnefond,
Neurosciences, Chargée de recherche, INSERM
Mylène Bonnefoy, Risque naturels, Ingénieure, IGE
Frédéric
Boone, Astrophysique, Enseignant-chercheur, Université de Toulouse
Philippe Borsa, Génétique des populations,
Directeur de recherche, Institut de recherche pour le développement
Sara Bosshardt, Agronomie, Doctorante,
INRAE
Pascal Boubert, Physique, Enseignant-chercheur, Université de Rouen
Alix Boulouis, Biologie,
Maîtresse de conférences, Sorbonne Université
Romain Bourboulou, Neurosciences, Postdoc, UCL
Dominique
Bourg, Philosophie, Professeur honoraire, Université de Lausanne
Francois Bousquet, Sciences humaines et
sociales, Chercheur, Cirad
Rémi Boutonnet, Mathématiques, Chargé de recherches, CNRS
Bétina Boutroue,
Science politique, Doctorante, Cirad
Jean Bouyer, Santé publique, Directeur de recherche émérite,
Inserm
Martin Bowen, Physique, Directeur de recherche, CNRS-IPCMS
Julien Brevier, Physique,
Enseignant-chercheur, Université de Limoges
Catherine Brézard, Généticienne, Ingénieur, INRAE
Carine
Briand, Astrophysique, Astronome, Obseratoire de Paris
Francois Briens, Prospective, Chercheur,
Indépendant
Antoine Brochet, Géographie – sciences sociales de l’eau, Chercheur contractuel, CNRS
Annie
Brossas, Chimie, Maître de conférences, Sorbonne Université
Fanny Brun, Glaciologie, Chargée de recherche,
IRD
Thomas Brunet, Chimie, PhD, Université Claude Bernard Lyon 1
Mireille Bruyere, Sciences economiques,
Maîtresse de conférences, Université de Toulouse Jean Jaurès
Quentin Brzustowski, Géodiésie spatiale,
Ingénieur de recherche, GET (Geoscience Environnement Toulouse), CNRS
Louisiane Burkart, Éco-épidémiologie,
VSC TAAF, Institut polaire français (IPEV)
Yvan Caballero, Hydrogéologie, Chercheur, BRGM
Francesca
Calore, Physique, Chercheur, CNRS
Stéphanie Camazon, Agriculture, Conseillère agricole, Chambre
d’agriculture
Julie Camman, Biogéochimie de l’atmosphère, Doctorante, AMU
Alain Campargue, Physique,
Directeur de recherche, CNRS
Guillaume Carbou, Sciences de l’information et de la communication, Maître de
conférences, Université de Bordeaux
Estelle Carde, Sociologie, Professeure, Université de Montréal
Damien
Cardinal, Chimie marine et biogéochimie, Professeur, Sorbonne Université
Louise Caron, Sociologie, Chargée de
recherche, INED
Marion Casagrande, Agronomie, Ingénieure de recherche contractuelle, INRAE
Jérémie Cavé,
Sciences de la durabilité, Chercheur, IRD
Catherine Cesarsky, Astrophysique, Conseiller scientifique,
CEA
Guillaume Chagnaud, Hydro-climatologie, Post-doctorant, Institut des Géosciences de
l’Environnement
Jean Chamel, Anthropologie, Post-doctorant, Université de Lausanne
Patrick Chames, Inmuno
oncologie, Directeur de recherche, CNRS
Olivier Champagne, Climatologie, Post-doctorant, Université Grenoble
Alpes
Aurélie Charron, Pollution de l’air, Chercheure, Université Gustave Eiffel
Mathieu Chassé,
Geosciences, Enseignant-chercheur, Sorbonne Université
Marie-T Chateau, Microbiologie, biologie cellulaire,
Maître de conférences, UMR 5237 CRBM (Université de Montpellier, CNRS)
Claire Chatelain, Histoire, Chargée de
recherches, CNRS
Bruno Chaudret, Chimie, Cherecheur émérite, Laboratoire de Physique et Chimie des
Nano-Objets (INSA, CNRS, UPS, Toulouse)
Hélène Chauveau, Géographie, Chercheuse associée, Laboratoire
d’Etudes Rurales – Université Lumière Lyon 2
Brigitte Chauvin, Mathématiques, Professeur émérite, université
de Versailles
Claire Chenu, Science du sol, Chercheur, INRAE
Sophie Chevalier, Anthropologie, Professeure
des universités, Université de Picardie Jules Verne
Pierre Chevallier, Hydrologie, Directeur de recherche
emérite, IRD
Arnaud Chiffaudel, Physique des systèmes complexes, Indépendant, Chercheur CNRS de 1988 à
2012
Rémi Chipaux, Physique, Ingénieur-chercheur, CEA/DRF/IRFU
Delphine Clauss, Chimie des matériaux,
Doctorante, Université Grenoble Alpes
Léo Clauzel, Météorologie, Doctorant, IGE
Floriane Clément,
Géographie humaine, Chargée de recherche, INRAE
Solange Coadou, Océanographie, Doctorante, ENS
Yann
Coadou, Physique des particules, Chercheur, Centre de physique des particules de Marseille
Virginie Cogez,
Biologie, Maître de conférences, Faculté des Sciences et Technologies, Université de Lille
François Colas,
Océanographe, Chercheur, LOCEAN
Jean Colcombet, Biologie végétale, Responsable d’équipe, INRAE
Morgane
Colombert, Génie urbain, Chercheure associée, Université Gustave Eiffel
Yannick Copin, Astrophysique,
Enseignant chercheur, Université Lyon 1 Claude Bernard
Olivier Coq, Neurosciences, Chargé de recherche,
CNRS
Mickael Coriat, Astrophysique, Enseignant-chercheur, CNAP
Veronique Cornet, Océanologie, Ingénieur de
recherche, CNRS
François Couchot, Physique, Directeur de recherche, CNRS
Vincent Coudé du Foresto,
Astrophysique, Astronome, Observatoire de Paris – PSL
Christel Cournil, Droit, Professeurd de droit public,
Sciences Po Toulouse
Régis Courtin, Astrophysique, Retraité, Observatoire de Paris
Sarah Cubaynes,
Écologie, Maitre de conferences, EPHE
Amelia Curd, Ecologiste, Chercheur, IFREMER
Francesco d’Ovidio,
Océanographie, Directeur de recherche, CNRS
Marion Dalmais, Génomique, Ingénieure d’étude, INRAE
Alexandre
Danjou, Climat, Doctorant, Université Paris-Saclay
Anne-Marie Daré, Physique, Enseignante chercheuse, Aix
Marseille Université
Sylvain Davidson, Microbiologie, Ingénieur, IRD
Alice de Lapparent, Agronomie,
Doctorante, INRAE
Arnaud de Mesmay, Informatique, Chargé de recherche, CNRS
Louise de Palaminy,
Archéométrie, Doctorante, Géoscience Environnement Toulouse
Pascale de Philip, Microbiologie, Enseignant
chercheur, Université
Florian Debras, Astrophysique, Chargé de recherche, CNRS
Marc Deconchat, Écologie
des paysages, Directeur de recherche, INRAE
Gilles Delaygue, Climatologie, Enseignant-chercheur, Université
Grenoble-Alpes
Magali Deleuil, Astrophysique, Professeur, Laboratoire d’Astrophysique de Marseille
Nicolas
Delpierre, Écologie, Professeur, Université Paris-Saclay
Marie-Paule Demolin, Documentation, Retraitée,
Université de Lille
Karine Demyk, Astrophysique, Directeur de recherche, CNRS
Marc Denis, Physique,
Retraité, Ex CNES
Philip Dervis, Sciences humaines, Docteur, Education nationale
Dominique Desclaux,
Agronomie, Directeur de recherche, INRAE
Julie Deshayes, Océanographe climatologue, Chargé de recherche,
CNRS
Monique Desmet, Physique, Directeur de recherches, CNRS
Antoine Detaille, Mathématiques, Doctorant,
Université Claude Bernard Lyon 1 – Institut Camille Jordan
Vincent Devictor, Écologie, Directeur de
recherche, CNRS
Jeanne Devolder, Mathématiques, Maîtresse de conférences honoraire, Université de
Lille
Sarah Dijols, Mathématiques, Post-doctorante, University of Calgary
Arache Djannati-Atai,
Astrophysique, Directeur de recherche, CNRS
Michel Dobrijevic, Atmosphères planétaires, Enseignant-chercheur,
Laboratoire d’Astrophysique de Bordeaux – Université de Bordeaux
Laurent Drapeau, Mathématiques appliquées,
Ingénieur de recherche, IRD
Agnès Ducharne, Hydro-climatologue, Directrice de recherche, CNRS
Frédéric
Dufaux, Géographie, Maître de conférences, Université Paris Nanterre
Carine Duffaut, Santé publique,
Ingénieur chef de projet, Inserm
François Dulac, Environnement et climat, Chercheur-ingénieur cea,
Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement
Patrick Duncan, Écologie, Directeur de recherche
retraité, Ex-CNRS
Louis Dupaigne, Mathématiques, Professeur, Université Claude Bernard Lyon 1
Laure
Dupeyrat, Sciences de la terre, Enseignante chercheuse, Université Paris Saclay
Fabrice Duponchelle,
Ecologue, Directeur de recherche, IRD
Anaëlle Durfort, Écologie, Doctorante, Université de
Montpellier
Cyril Dutech, Pathologie forestière, Chargé de recherches, INRAE
Marie Dutreix, Biologiste,
Directeur de recherche émérite, CNRS/Institut Curie
Vincent Echevin, Océanographe, Chargé de recherche,
IRD
Lara Elfjiva, Anthropologie, Doctorante, LAP EHESS CNRS
Philippe Enclos, Droit, Maître de conférences
retraité, Université de Lille
Benoit Epinat, Astrophysique, Astronome adjoint, Laboratoire d’Astrophysique de
Marseille – Université Aix Marseille
Nathalie Escaravage, Écologie, Enseignante chercheuse, Université
Toulouse 3
Océane Espin, Agronomie, Junior scientist, CMCC (Centre Euro-Mediterranéen sur les changements
climatiques)
Jean-Philippe Estingoy, Sciences physiques, PRAG, IUT Paul Sabatier
Juliette Fabre, Gestion
de données d’observation environnementales, Ingénieure de recherche, CNRS
Xavier Faïn, Paléoclimatologue,
Chercheur, CNRS
Jean-Sébastien Fallu, Psychoéducation, Professeur agrégé, Université de Montréal
Matthieu
Falque, Génétique, Ingénieur de recherche, INRAE
Véronique Fargal, Économie gestion, PRCE, IUT TC Paul
Sabatier Toulouse
Eric Faudry, Biologie, Chercheur, Institut de Biologie Structurale
Marie Fauré,
Histoire, Doctorante, Université Bordeaux Montaigne
Guillaume Feger, Météorologie, Docteur, LAERO
Claire
Feierstein, Mécanique, Dessinateur conception mécanique, CNRS
Sylvie Ferrari, Économie écologique,
Professeur, Université de Bordeaux
Guillaume Ferriere, Mathématiques, Post-doctorant, Université de
Strasbourg
Jochen Fick, Physique, Directeur de recherche, CNRS
François Flahault, Anthropologie sociale,
Directeur de recherches émérite, CNRS
Mathieu Florence, Mathématiques, Maître de conférences, Sorbonne
Université
Juliane Floury, Génie des procédés, Enseignante-chercheur, Institut Agro
Rennes-Angers
Anne-Laure Fougères, Mathématiques, Professeure des universités, Université Claude Bernard Lyon
1
Marie-Alice Foujols, Sciences du climat, Ingénieure de recherche, IPSL
Marine Fourrier, Océanographie,
Post-doctorante, LOV – Sorbonne Université
Xavier Frank, Physique, Chercheur, INRAE
Emmanuelle Frenoux,
Informatique, Maîtresse de conférences, Université Paris-Saclay
Gilles Frison, Chimie, Directeur de
recherche, CNRS
Nathalie Fromin, Écologue, Chargée de recherche, CNRS
Boris Fumanal, Écologie,
Enseignant-chercheur, Université Clermont Auvergne
Elie Gaget, Ecology, Chercheur postdoctorant, University
of Turku
Rémi Gaillard, Sciences du climat/biogéochimie, Doctorant, ENS
Antoine Gaillard, Physique,
Post-doctorant, Université d’Amsterdam
Caroline Galland, Histoire, Maître de conférences, Université Paris
Nanterre
Hubert Gallée, Modélisation du changement climatique, Directeur de recherche émérite, CNRS
Alexis
Gamelin, Physique, Physicien, Synchrotron SOLEIL
Fabrice Gangneron, Sociologie, Ingénieur, CNRS
Patrick
Ganster, Sciences des matériaux, Enseignant-chercheur, Institut Mines Télécom
Luis Garcia Alles, Biochimie,
Chercheur, CNRS
Iñaki Garcia de Cortazar Atauri, Agroclimatologie, Ingénieur de recherche, INRAE
Philippe
Garnier, Astrophysique, Enseignant-chercheur, Université Toulouse 3
Cédric Gaucherel, Écologie, Directeur de
recherche, INRAE
Florence Gaunet, Psychologie cognitive, Chercheur, CNRS
Franck Gauthier,
Bio-imformatique, Ingénieur, INRAE
Olivier Gauwin, Informatique, Maïtre de conférences, Université de
Bordeaux
Ivan Gentil, Mathématiques, Professeur, Université Lyon 1
Nathalie George, Neurosciences,
Directrice de recherche, CNRS
Pierre Gerard, Biologie de l’évolution, Maître de conférences,
AgroParisTech
Muriel Gerbault, Geophysique, Chargé de recherche, IRD
Magali Gerino, Écologie, Professeur,
Université Toulouse 3
Jacopo Ghiglieri, Physique, Chargé de recherche, SUBATECH (CNRS/IN2P3)
Gianni
Giardino, Physique / histoire culturelle, Enseignant-chercheur, Université Versailles
Saint-Quentin-en-Yvelines
Corentin Gibert Bret, Paléontologie de la conservation, Postdoctorant, Georgia
Institute of Technology (Georgia Tech)
Sylvain Glémin, Biologiste de l’évolution, Directeur de recherche,
CNRS
Sophie Godin-Beekmann, Climatologie, Directrice de recherche, CNRS
Isabelle Goldringer, Agroécologie,
Directrice de recherche, INRAE
Lionel Gourdeau, Océanographe, Directeur de recherche, IRD
Audrey Goutard,
Glaciologie, Doctorante, Université Grenoble Alpes
Adeline Grand-Clément, Histoire, Professeure des
universités, Université Toulouse Jean Jaurès
Aurore Grandin, Sciences cognitives, Doctorante, Ecole Normale
Supérieure
Nicolas Gratiot, Vulnérabilité littorale, Directeur de recherche, IRD
Thierry Grenet, Physique,
Chercheur, CNRS
Jim Grisillon, Chimie de l’atmosphère, Doctorant, Aix-Marseille Université
Julien Gros,
Sociologie, Chargé de recherche, CNRS
Pascal Guénel, Epidémiologie santé-environnement, Directeur de
recherches, INSERM
Eric Guilbert, Écologie tropicale, Enseignant chercheur, MNHN
Martin Guillemet,
Écologie evolutive, Doctorant, Université de Montpellier
Pierre Guillon, Informatique, Chargé de recherche,
Institut de Mathématiques de Marseille (CNRS)
Michel Habib, Informatique, Professeur émérite, Université
Paris Cité
Marine Haddad, Sociologie, Chercheuse, INED
Cynthia Hadjidakis, Physique subatomique, Chargée
de recherche, IJCLab/IN2P3/CNRS
Isabelle Hajek, Sociologie, Maître de conférences, Université de
Strasbourg
Jean-Christophe Hamilton, Cosmologie, Directeur de recherches, CNRS/IN2P3
Thais Hautbergue,
Santé, Ingénieure, CEA
Christelle Hély, Écologie, Directrice d’etudes, Ecole Pratique des Hautes
Etudes
Valeria Hernandez, Anthropologie, Chargée de recherche, IRD
Nicolas Hervé, Sciences de l’éducation
et de la formation, Maître de conférences, ENSFEA, Université de Toulouse
Gabriel Hes, Géosciences,
Doctorant, Université de Toulouse
Benoit Hingray, Hydroclimatologie, Chargé de recherche, CNRS
Daniel
Hirst, Linguistique et phonétique, Directeur de recherche émérite, CNRS & Aix-Marseille University
Laure
Hossard, Agronomie, Chercheure, INRAE
Eric Hueber, Sciences de l’ingénieur, Enseignant chercheur,
UHA
Virginie Hugouvieux, Physique, Chercheuse, INRAE
Bertrand Huneau, Science des matériaux,
Enseignant-chercheur, GeM
Jean-Michel Hupé, Écologie politique, Chercheur, CNRS
Laurent Husson, Sciences
de la terre, Directeur de recherche émérite, CNRS
Gwenaël Imfeld, Biogéochimie, Directeur de recherche,
CNRS
Philippe Ivaldi, Mathématiques, Enseignant, Éducation nationale
Marie Jacquet, Physique, Chercheuse,
CNRS
Eliot Jager, Glaciologie, Doctorant, CNRS
Joelle Jammes, Gestionnaire financier, Fonctionnaire
catégorie A, IRAP CNRS
Serge Janicot, Climatologie, Directeur de recherche, IRD
Emilie Jardé, Géosciences,
Chercheuse, CNRS
Marion Javal, Écologie, Postdoctorante, CNRS
Pierre Jay-Robert, Biologie des populations
et écologie, Enseignant-chercheur, Université Paul-Valéry Montpellier 3
Catherine Jeandel, Océanographie,
Directrice de recherches, CNRS
Laurent Jeanneau, Biogéochimiste, Chargé de recherche, CNRS
Florence Joly,
Immunologie, Indépendant,
Etienne-Pascal Journet, Agronomie, Chargé de recherche, CNRS
Yanis Jugie,
Matériaux, Stagiaire, IGE
Elise Julien, Histoire, Maître de conférences, Sciences Po Lille
Céline Julliot,
Sciences physiques, Enseignante, Education nationale
Alice Karsenti, Paléoclimatologie, Doctorante,
Université Paris-Saclay
Guillaume Kerdoncuff, Biologie, Doctorant, CNRS – Centre d’écologie fonctionnelle et
évolutive
Yoann Kermaïdic, Physique des particules, Chargé de recherche, CNRS
Marc Knecht, Physique,
Chercheur, CNRS
Jürgen Knödlseder, Astrophysique, Directeur de recherche, CNRS
Alice Krieg-Planque,
Sciences de l’information et de la communication, Maîtresse de conférences, Université Paris Est Créteil
(UPEC)
Vincent Koulinski, Hydraulicien, Ingénieur, ETRM
Sylvain Kuppel, Hydrologue, Chercheur,
IRD
Laurent Labrot, Sociologie, Enseignant chercheur, Iepg
Sébastien Lachaize, Chimiste, Maître de
conférences, INSA Toulouse
Daniel Lacour, Physique, Directeur de recherches, CNRS
Lise-Marie Lacroix,
Physique, Enseignant-chercheur, Université Toulouse III Paul Sabatier
Bertrand Laforge, Physique, Professeur,
Sorbonne Université
Sandrine Laguerre, Statistiques, Ingénieure de recherche, INRAE
Yasmine Lalau,
Energie, Enseignante chercheuse, IMT Mines Albi
Stéphane Lambert, Geosciences, Ingénieur de recherche,
inrae
Amaury Lambert, Mathématiques/biologie, Professeur, Ecole Normale Supérieure (Paris)
Alexis Lamothe,
Glaciologie, PhD, Institut des Géosciences de l’Environnement
Claudine Lamotte, Hydrogéologue, Chef de
projet, BRGM
Olivier Langella, Génétique, écologie, évolution, Ingénieur de recherche, CNRS
Sandra Lanini,
Hydrogéologie, Chercheuse, BRGM
Jean-Philippe Lansberg, Physique des particules, Directeur de recherche,
CNRS
Laurent Lassabatere, Hydrologue, Chercheur, ENTPE
Benjamin Lassagne, Physicien, Maître de
conférences, INSA
Marie Launay, Agroclimatologue, Ingénieur de recherche, INRAE
Christine Lauzeral,
Écologie/mathématiques, Docteur/PRAG, Université Toulouse III
Anniet Laverman, Biogéochimie, Chercheur,
CNRS
Elisabeth Laville, Biologie, Chercheuse, INRAe
Jacques Le Bourlot, Astrophysique, Professeur,
Université Paris Cité & Observatoire de Paris
Julie Le Gallo, Économie, Professeure, L’Institut Agro
Dijon
Cécile Le Lann, Écologie, Maître de conférences, Université de Rennes
Inès Le Mao, Chimie,
Ingénieure de recherche, Université de Bordeaux
Alexandre Le Tiec, Astrophysique, Chercheur, Observatoire de
Paris
Thierry Lebel, Hydro-climatologie, Directeur de recherche émérite, IRD – IGE
Antoine Leblois,
Économie de l’environnement, Chercheur, INRAE
Arthur Leblois, Neurosciences, Chargé de recherche,
CNRS
Raphael Leblois, Écologie évolution, Chargé de recherche, INRAE
Fabienne Ledroit, Physique, Directeur
de recherche, CNRS
Julien Lefevre, Informatique, Maitre de conférences, Aix-Marseille Université
Julie
Lefort, Neurosciences, Chercheuse post-doctorante, University College London
Nicolas Legay, Écologie, Maitre
de conférences, INSA CVL
Roland Lehoucq, Astrophysique, Chercheur, CEA
Philippe Léna, Geographe, Directeur
de recherche émérite, IRD
Jean-Philippe Lenain, Astrophysique, Chargé de recherche, CNRS
Morgane Léon,
Océanographie, Doctorante, LEGOS – Toulouse
Frédérique Lerbet-Sereni, Sciences de l’education et de la
formation, Professeur des universités, Université de Pau et des Pays de l’Adour
Benoît Leroux, Sociologie,
Maître de conférences, Université de Poitiers/GRESCO
Françoise Lescourret, Agroécologie, Directrice de
recherche, INRAe
Marine Letertre, Métabolomique, Post-doctorante, CEISAM
Stéphane Letz, Informatique,
compilation, traitement du signal, Chercheur, GRAME
Léa Lévy, Géophysique, Assistant professor, Lund
University
Claire Lévy, Océanographe, Ingénieure de recherche retraitée, CNRS
Anne-Laure Ligozat,
Informatique, Enseignante-chercheuse, ENSIIE
Michel Lintz, Astrophysique, Chercheur, CNRS
Bruno Locatelli,
Sciences de l’environnement, Chercheur, Cirad, Univ Montpellier
Olivier Losson, Informatique industrielle,
Enseignant-chercheur, Université de Lillé
Pierre Lutz, Physique des particules, Directeur de recherches,
CNRS
Marion Luu, Physique de la matière, Doctorante, LPCNO
Olivier Magand, Sciences de l’univers,
atmosphère, Ingénieur de recherche, CNRS
Géraud Magrin, Géographie, Professeur, Université Paris 1
Panthéon-Sorbonne
Fabien Malbet, Astronomie et astrophysique, Directeur de recherche, CNRS
Pierre Mancini,
Ingénierie logicielle, Ingénieur d’étude, CNRS
Mathieu Mangeot, Sciences de la soutenabilité,
Enseignant-chercheur, INRIA
Laurent Manivel, Mathématiques, Directeur de recherches, CNRS
Claude Maranges,
Biotechnologies, Professeur des universités, INSA Toulouse
Odin Marc, Géophysique, Chargé de recherche,
CNRS
Lou-Anne Marchadour, Chute de blocs, Stagiaire, INRAE
Aurélie Marchaudon, Astrophysique, Chercheuse,
IRAP/CNRS
Gilles Maréchal, Économie, Chercheur associé, CNRS
Dominique Marguerie, Environnement, Directeur
recherche, CNRS
Arthur Marguerite, Physique, Chargé de recherche, CNRS, ESPCI, Sorbonne Université, PSL
Université
Jérôme Mariette, Bioinformatique / biostatistique, Ingénieur d’études, INRAE
Guilhem Mariotte,
Mobilités transports, Ingénieur R&D, Neovya
Valentin Maron, Didactique de la physique du climat,
Enseignant chercheur, Laboratoire EFTS
Veronique Martin-Jezequel, Biologie, Chercheuse retraitée,
CNRS
Killian Martineau, Physique, Chargé de recherche, CNRS
Gines Martinez, Physique, Chercheur,
CNRS
Raia Silvia Massad, Biogeosciences – agronomie, Chercheuse, INRAE
Cyril Masselot, Information et
communication, Maître de conférences, Université Bourgogne Franche-Comté
Méril Massot, Biologie, Chercheuse
postdoctorale, CNRS
Valentin Mathieu, Mathématiques appliquées, Doctorant, CEA
Pascal Maugis, Changement
climatique et ressources en eau, Chercheur, LSCE
Florian Maumus, Biologie de l’évolution, Directeur de
recherche, INRAE
Thierry Menand, Sciences de la terre, Maître de conférences, Université Clermont
Auvergne
Ewen Menguy, Agronomie, Ingénieur agronome, IRD
Manuel Mercier, Neurosciences cognitives,
Chercheur, INS, Inserm UMR1106, Inserm
Elodie Merlot, Agronome, Directrice de recherche, INRAE
Nicole
Meyer-Vernet, Astrophysique, Directrice de recherches émérite, CNRS-Observatoire de Paris
Nathalie Michel,
Physique, Agrégée détachée dans le supérieur, Université de Nantes
Elisabeth Michel, Climat, Chercheure,
Laboratoire des Sciences du climat et de l’Environnement, CEA, CNRS, UVSQ
Françoise Mignon, Sciences du
langage, Maître de conférences, Université de Perpignan / laboratoire CRESEM
Julien Milanesi, Économie,
Maitre de conférences, Université Toulouse 3 Paul Sabatier
Sylvain Milanesi, Bioinformatique, Ingénieur
d’études, CNRS
Macéo Milanesi-Giraudo, Génie mécanique, Élève normalien, Ecole Normale Supérieure
Paris-Saclay
Mathieu Milhé, Sciences de l’ingénieur, Enseignant-chercheur, IMT Mines Albi
Régis Missire,
Linguistique, Enseignant-chercheur, Université Toulouse 2
Malo Mofakhami, Sciences économiques, Maître de
conférences, Université Sorbonne Paris Nord
Sophie Molia, Socioépidémiologie, Chercheuse, CIRAD
Loïs
Monnier, Géologie, Post-doc, Université Toulouse III Paul Sabatier
Pierre Monnier, Sciences de gestion,
Doctorant, Université PSL : Mines Paris et Paris Dauphine
David Montagne, Sciences des sols – pédologie,
Maître de conférences, AgroParisTech
Stéphane Monteil, Physique, Professeur, Université de Clermont
Jerome
Morville, Physique, Maitre de conférence, Université Claude Bernard Lyon1 / CNRS
Cécile Moulin, Biologie des
systèmes, Post-doctorante, INRAE
Vincent Moulin, Écologie forestière, Doctorant, Laboratoire
Ecodiv
Florence Mougel, Biologie évolutive, Enseignant chercheur, Université Paris-Saclay
Anne-Sophie
Mouronval, Mécanique des structures, Ingénieur de recherche, CentraleSupélec
Delphine Moussard,
Mathématiques, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Thierry Moutin, Océanographie, Professeur
classe exceptionnelle, MIO Aix-Marseille-Université
Thierry Mulochau, Biologie marine, Directeur, Bureau
d’études BIORECIF
Simon Munier, Hydrologie, Chercheur, Météo-France
Facundo Muñoz, Biostatisticien,
Chercheur, Cirad
Philippe Nabonnand, Histoire des sciences, Enseignant-chercheur, Université de
Lorraine
Marwan Naciri, Écologie, Doctorant, CEFE, Université de Montpellier
Laurent Nadolski, Physicien,
Coordinateur des accélérateurs, Synchrotron SOLEIL
Philippe Nahmias, Physique, Professeur de lycée, Éducation
nationale
Mireille Navarrete, Agronomie, Directrice de recherche, INRAE
Philippe Naveau, Climatologie
statistique, Directeur de recherche, CNRS
Erwan Negre, Instrumentation optique & suivi des ges, Ingénieur
de recherche, Institut des Géosciences de Grenoble
Noémie Neverre, Économie de l’environnement, Economiste de
l’environnement, BRGM
Noel Nguyen, Sciences du langage, Professeur, Aix-Marseille Université
Ghislain
Nicaise, Biologie cellulaire, Professeur émérite, Université Côte d’Azur
Marc-Hubert Nicole, Mathématiques,
Professeur des universités, Université de Caen
Martine Olivi, Mathématiques appliquées, Chargée de recherche,
Inria
Guillaume Ollivier, Sociologie, Ingénieur d’etude, INRAE
Julien Onno, Sociologie, Post-doc,
Unversité de Montréal
Clément Outrequin, Géosciences, Docteur, AMU
Laurent Pagani, Astrophysique,
Directeur de recherche, Observatoire de Paris & CNRS
Philippe Paillou, Planétologie, Professeur,
Université de Bordeaux
Cyril Pannetier, Astrophysique, Post-doctorant, Observatoire de la Côte
d’Azur
Geremy Panthou, Climatologie / hydrologie, Enseignant-chercheur, Université Grenoble Alpes
Claude
Paraponaris, Économie, Professeur, Aix Marseille Université
Christian Paroissin, Mathématiques appliquées,
Maître de conférences, Université de Pau et des Pays de l’Adour
Léa Pascal, Santé publique, Doctorante,
Université Lyon 1
Guillaume Patanchon, Physique, Maître de conférences, Université Paris Cité
Laure
Pecquerie, Écologie marine, Chargée de recherche, IRD
Jean-Luc Peiry, Géographie physique, Professeur des
universités, Université Clermont Auvergne
Thierry Pellarin, Hydrologue, Directeur de recherche,
CNRS
Sylviane Pellenq, Histoire des sciences, Retraitée, Universcience
Juliette Penicaud, Oceanographie,
Doctorante, LEGOS
Marie-Elodie Perga, Environnement, Professeure, Unil
Laurence Perotto, Cosmologie,
Chercheuse, CNRS
Laurent Perrin, Biologiste, Directeur de recherche, CNRS
Nicolas Perry, Génie mécanique,
Professeur des universités, Arts et Métiers
Renaud Person, Océanographie, Ingénieur, IRD
Muriel Petident,
Agriculture, Paysanne, ferme
Patrick Petitjean, Astrophysique, Astronome émérite, Institut d’Astrophysique de
Paris
Christophe Peugeot, Hydrologue, Chercheur, IRD
Véronique Peyrache-Gadeau, Socioéconomie, Maître de
conférences, Université Savoie Mont-Blanc
Gabriela Pfeifle, Sciences de gestion/sciences de l’info-com,
Professeure agrégée, Université Toulouse Jean Jaurès
Armelle Philip, Glaciologie, Enseignant-chercheur,
IGE-UGA
Hervé Philippe, Biologie évolutive, Directeur de recherche, UAR CNRS 2029
Cédric Piolot, Santé,
Cadre, IFMS du LOT
Guillaume Piton, Géoscience, Chargé de recherche, INRAE
Eric Plaige, Électronique,
Ingénieur, CNRS
Bertrand Plez, Astrophysique, Professeur, LUPM, Université de Montpellier
Olivier Poirot,
Bioinformatique, Ingénieur d’études, CNRS
Martin Poncelet, Mécanique, Maître de conférences, ENS
Paris-Saclay
Cristel Portes, Linguistique, Maîtresse de conférence, Aix-Marseille Université
Arnaud
Poublan, Neurosciences, Post-doctorant, INSERM
Delphine Pouchain, Sciences économiques, Maître de
conférences, Sciences Po Lille
Alexis Poulhès, Aménagement, Ingénieur de recherche, ENPC
Marie-Lazarine
Poulle, Écologie, Ingénieure de recherche, Université de Reims Champagne-Ardenne
Margaux Pouyfaucon, Médecin,
Médecin, Centre de rééducation
Olivier Praud, Physique, Maître de conférences, INPT
Thomas Proslier,
Physique, Chercheur, CEA
Dominique Py, Informatique, Professeur, Le Mans Université
Cécile Quantin,
Sciences du sol, Professeure d’université, Université Paris Saclay
Gaelle Quinquet, Biologie, Prce, IUT
Auch
Hugo Raguet, Informatique, Maître de conférences, INSA Centre Val-de-Loire et Université de
Tours
Cyrille Rathgeber, Écologie, Directeur de recherche, INRAE
Olivier Réchauchère, Agronomie, Ingénieur
de recherche, INRAE
Frédéric Rees, Science du sol, écophysiologie végétale, Chargé de recherche,
INRAE
Steven Rendon Restrepo, Astrophysique, Post-doctorant, Leibniz Institute for Astrophysics
Potsdam
Marion Reveillet, Glaciologie, Chargée de recherche, IGE
Noa Rigoudy, Écologie, Doctorant.e,
Universite de Montpellier – CEFE CNRS – CEFS INRAE
Sylvie Rimsky, Microbiologie, Directrice de recherche,
CNRS
Laurent Riou, Recherche en physique, Ingénieur, IP2I
Isabelle Ripp-Baudot, Physique, Directrice de
recherche, CNRS
Carlos Robles Rodriguez, Génie de procédés et de l’environnement, Chargé de recherche,
INRAE
Soizic Rochange, Biologie, Maître de conférences, Université Toulouse 3
Segolene Rocher, Audiovisuel
cinéma, Décoratrice, Production audiovisuelle et cinématographique
Francisco Xavier Rodrigues do Amaral,
Hydrology, Doctorant, Institut des Géosciences de l’Environnement
Charlotte Roemer, Écologie et conservation,
Post-doctorante, MNHN
Pauline Roignant, Analyse du cycle de vie et éco-conception, Cadre, EVEA
Jeanne
Rolland, Écologie, Doctorante, CEFE – EPHE
Matthieu Romagny, Mathématiques, Professeur, Université de
Rennes
Isabelle Roman, Ingénieure agronome, Libérale, Libérale
Daniele Romanini, Physique, Directeur de
recherche, CNRS
Josyane Ronchail, Climatologie, Enseignante-chercheuse retraitée et bénévole,
LOCEAN
Françoise Roques, Astrophysique, Astronome, Observatoire de Paris
Camille Rossignol, Géologie,
RTDB, Université de Cagliari (Italie)
Daniel Rouan, Astrophysique, Directeur de recherche émérite,
Observatoire de Paris
Mathias Rouan, Informatique, Ingénieur de recherche, CNRS
Claire Rougeulle,
Biologie, Directrice de recherche, CNRS/ Université Paris Cité
Sylvain Rubenthaler, Mathématiques, Maître de
conférences, Université Nice-Sophia Antipolis
Mathieu Rué, Géoarchéologue, Chargé d’étude,
Paléotime
Lucile Rutkowski, Physique, Chargée de recherche, CNRS – Institut de Physique de Rennes
Bastien
Sanglard, Science des matériaux, Doctorant, INSA Toulouse
Xavier Sarazin, Physique, Directeur de recherche,
CNRS IN2P3
Géraldine Sarret, Géochimie, Directrice de recherche, CNRS
Julien Sarron, Agronomie, Chercheur,
CIRAD
Jean-Pierre Sarthou, Agronomie-agroécologie, Professeur des universités, Université de
Toulouse
Adrien Saurety, Géologie, Doctorant, IPGP
Olivier Saut, Mathématiques, Directeur de recherche,
CNRS
Emmanuel Sauvan, Physique des particules, Directeur de recherche, CNRS
Bernard Schéou, Économie,
Enseignant-chercheur, Université de Perpignan
Pascale Scheromm, Géographie, Ingénieur de recherche,
INRAE
Carlo Schimd, Cosmologie, Maître de conférences, Aix-Marseille Université
Frédéric Schmidt,
Planétologie, Professeur, Université Paris-Saclay
Daniele Schön, Neuroscientifique, Directeur de recherche,
CNRS
Antoine Séjourné, Sciences de la terre, Maitre de conférence, Université Paris Saclay
Adrien Selles,
Hydrogéologie, Chercheur hydrogéologue, BRGM
Rémi Servien, Biostatistique, Chargé de recherche,
INRAE
Guillaume Sescousse, Neurosciences, Chargé de recherche, INSERM
Jean-Charles Sicard, Biostatistique,
Ingénieur, CIRAD
Kamila Sieja, Physique, Chercheur, CNRS
Jean-Marc Siffre, Physique, Ingénieur de
recherche retraité, CNRS
Thérèse Six, Médecine, Médecin, Hôpital
Etienne Snoeck, Physique, Directeur de
recherche, CNRS
Laura Sourp, Hydrologie, Doctorante, CESBIO
Arnd Specka, Physique, Chercheur,
CNRS
Danièle Steer, Physique, Professeur, Université Paris Cité
Adrien Stella, Océanographie, Ingénieur
d’études, Institut des Géosciences de l’Environnement (Grenoble)
Caroline Strube, Ethique et intégrité
scientifique, Directrice de recherche, CNRS
Cédric Sueur, Écologie comportementale et éthique animale,
Enseignant-chercheur, Université de Strasbourg
Matthieu Sylvander, Sismologie, Enseignant-chercheur,
Observatoire Midi-Pyrénées
Mathilde Taghon, Psychologie du travail, Doctorante, Université de
Lorraine
Cécile Tannier, Géographie, Directrice de recherche, CNRS
Charling Tao, Cosmologie et physique
des particules, Directrice de recherche émérite, CNRS
Bruno Tassin, Sciences de l’environnnement, Directeur
de recherche, Ecole des ponts ParisTech
Keyla Teixeira Santos, Electrochemistry, PhD, Grenoble INP
Eva
Ternon, Oceanographie, Postdoc, Sorbonne université
Jacques Testart, Biologie, Directeur de recherche
honoraire, Inserm
Laure Teulières, Historienne, Maitresse de conférences, Université Toulouse Jean
Jaurès
Gilles Theureau, Astrophysique, Chercheur, Observatoire de Paris
Alexandre Thibodeau,
Ecotoxicologie, Doctorant, CNRS
Isabelle This Saint-Jean, Économie, Professeure des universités, Université
Sorbonne Paris Nord
Joelle Thollot, Informatique, Professeure des universités, laboratoire Jean
Kuntzmann
Anthony Thomas, Energétique, Maitre de conférences, Université de Poitiers
Antoine Tiberj,
Physique, Maître de conférences, Université de Montpellier
Denyze Toffoli, Linguistique appliquée,
Professeure des universités, Université de Toulouse III
Samuel Toucanne, Paléoclimatologie, Chercheur,
IFREMER
Romain Tramoy, Sciences de l’environnement, Chercheur, Laboratoire Eau Environnement et Systèmes
Urbains
Sébastien Triqueneaux, Physique, Ingénieur de recherche, CNRS
Théophile Truchis, Physique,
Doctorant, Ecole Polytechnique
Raphael Trujillo, Sciences industrielles de l’ingénieur, Enseignant, Education
nationale
Constance Valentin, Physique, Titulaire, CNRS
Dorothée Vallot, Glaciologue, Postdoctorante,
Université Grenoble Alpes
David Valls-Gabaud, Astrophysique, Astrophysicien, CNRS
Marieke Van
Lichtervelde, Géosciences, Chercheur, IRD
Louise Van Oudenhove, Écologie, Chercheuse, INRAE
Olivier
Vanderhaeghe, Géologie, Professeur, Université de Toulouse
Mélanie Vay, Science politique, Chargée de mission
recherche, GIP Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice
Gatien Verley, Physique,
Maitre de conférences, IJClab, Université Paris Saclay
Joséphine Veron, Biochimie des sols, Assistante
ingénieure, INRAE
Bruno Viaris, Physique, Maître de conférences, Université Paris-Saclay
Jean-Philippe
Vidal, Hydroclimatologue, Directeur de recherche, INRAE
Laure Vieu, Informatique et linguistique, Directeur
de recherche, CNRS
Christophe Vieu, Physique, Professseur, INSA Toulouse
Étienne Vignon, Physique de
l’atmosphère, Chercheur, CNRS LMD
Eric Villenave, Chimie atmosphérique, Professeur, Université de
Bordeaux
Margot Violon, Psychologie, Psychologue clinicienne, Université Paris Descartes
Théo Vischel,
Hydro-climatologie, Maître de conférences, Université Grenoble Alpes
Fabienne Vo Van, Anglais, Enseignante,
Université Toulouse III
Florence Volaire, Écologie, Chargée de recherche, INRAE
Michel Volovitch,
Biologie, Professeur émérite, Ecole Normale Supérieure, Paris
Béatrice Von Hirschhausen, Géographie,
Directrice de recherche, CNRS
Eric Voutier, Physique, Directeur de recherche, CNRS/IN2P3/IJCLab – Université
Paris-Saclay
Stéphane Vuilleumier, Microbiologie, Professeur des universités, Université de
Strasbourg
Claire Waelbroeck, Climatologie, Directrice de recherche, CNRS
Sophie Wahnich, Histoire et
science politique, Directrce de recherche, CNRS
Grégoire Wallenborn, Sciences de l’environnement, Professeur,
Université Libre de Bruxelles
Nadège Wallet, Dermatologie, Médecin, Centre hospitalier de
Luxembourg
François Warlop, Agronome, Ingénieur, GRAB
Anna Warnet, Chimie, Enseignant, Upmc
Dror
Warschawski, Biophysique, Chargé de recherche, CNRS / Sorbonne Université
Eric Watier, Arts plastiques,
Professeur, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier
Martine Watrelot, Lettres modernes,
Chercheuse retraitée, ENS Ifé de Lyon
Sylvain Weill, Hydrologie, Maître de conférences, Ecole Nationale du
Génie de l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg – Institut Terre et Environnement de Strasbourg
Jonathan
Wille, Climatologue, Chercheur postdoctoral, ETH Zurich
Paul Windey, Physique, Professeur, Sorbonne
Université
Thierry Winkel, Agroécologue, Chercheur, IRD
Marion Wirth, Agronome, Cadre, RijkZwaan
Romain
Yvinec, Mathématiques, Directeur de recherche, INRAE
Philippe Zarka, Astrophysique, Chercheur, CNRS –
Observatoire de Paris
Nikola Zsolnay, Geoécologie, Assistante d’ingenieur, ENSAT-INP
24.02.2023 à 01:00
Dans une lettre ouverte publiée le 24 février 2023 dans le journal L’Obs, 600 scientifiques, dont plusieurs co-auteures et coautrices des rapports du GIEC, demandent aux membres du Conseil d’administration de BNP Paribas de prendre leurs responsabilités en cessant tout soutien à l’ouverture de nouveaux gisements pétroliers et gaziers. Cette lettre ouverte a été écrite à l’initiative de Scientifiques en rébellion, collectif de scientifiques qui considèrent que, face à l’urgence écologique, la désobéissance civile est nécessaire et légitime. Elle vient appuyer la plainte à l’encontre de BNP Paribas, déposée le 23 février par trois associations (Les Amis de la Terre France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France), pour non-respect de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales.
Dans leur lettre, les scientifiques rappellent qu’il y a actuellement un consensus scientifique sur le fait que l’ouverture de nouveaux gisements d’énergie fossile est incompatible avec le respect de l’Accord de Paris, et donc avec la limitation du réchauffement climatique bien en-dessous de 2°C. Ils et elles demandent à BNP Paribas « d’être à l’écoute des scientifiques, et non pas d’acteurs qui continuent contre vents et marées leur politique de fabrique du doute afin de maintenir le statu quo ».
Les scientifiques relèvent que BNP Paribas fait partie des établissements qui ont financé et continuent de financer massivement de nouveaux projets pétroliers et gaziers, rappelant notamment qu’elle a été entre 2016 et 2021 « la première au niveau mondial pour le financement du pétrole et du gaz en Arctique et la première au niveau européen pour le financement de l’expansion des énergies fossiles ». Les récentes annonces de BNP Paribas sont largement insuffisantes. Notamment, l’affirmation par BNP Paribas que sa trajectoire s'inscrit pleinement dans le scénario de l’Agence internationale de l’énergie est considérée comme « un mensonge éhonté ».
Les scientifiques interpellent les membres du CA de BNP Paribas qui se sont engagé·es publiquement pour la sauvegarde de l’environnement, et les appellent à démissionner si BNP Paribas continuait à soutenir directement ou indirectement l’ouverture de nouveaux gisements d’énergies fossiles. On peut effectivement noter que, parmi les administrateurs et administratrices, se trouvent Marion Guillou (scientifique membre du Haut conseil pour le climat), Rajna Gibson Brandon (professeure de finance membre du Comité de stratégie et de surveillance de Sustainable Finance Geneva, qui appelle dans ses travaux les entreprises et leurs administrateurs à agir pour la soutenabilité), Pierre-André de Chalendar (qui a publié un ouvrage sur l’engagement des entreprises pour le climat), Jacques Aschenbroisch (vice-président de Institut de la Finance durable) ou Jean-Laurent Bonnafé (vice-président de l’Association des entreprises françaises pour l’environnement). On pourrait aussi attendre d’autres membres du CA qu’ils et elles soient particulièrement attentifs et attentives aux conséquences néfastes des activités de BNP Paribas et à leur soutenabilité à long terme : Daniela Schwarzer (directrice de l’Open Society Foundation pour l’Europe) ainsi que Sandrine Verrier et Hugues Epaillard (représentant.es CFE-CGC élues par les salarié.es de BNP Paribas).
La plainte déposée par les trois associations le 23 février est le premier contentieux climatique mettant en cause une banque commerciale, et vise à mettre fin à son soutien financier aux nouveaux projets d’énergies fossiles et d’adopter un plan de sortie du pétrole et du gaz. La banque a également fait l’objet le 6 février d’actions coordonnées visant à mettre ses distributeurs automatiques hors d’usage. Ces actions organisées par Extinction Rebellion ont eu lieu dans une trentaine de villes en France.
Le collectif Scientifiques en rébellion propose en outre quelques éléments de contexte supplémentaires au sujet de cette lettre ouverte : « Tout d’abord, s’il faut saluer le grand nombre de signatures qui ont été recueilles auprès de la communauté scientifique, et remercier celles et ceux qui l’ont fait, il faut également s’interroger sur celles et ceux qui n’ont pas signé, et des raisons pour cela. En particulier, un certain nombre de scientifiques ont des liens forts avec BNP Paribas, notamment via le financement par cette banque de projets de recherche ou de formations. Lorsque nous avons sollicité spécifiquement des scientifiques ayant des liens avec cette banque (Comité scientifique de la Climate & Biodiversity initiative de la Fondation BNP Paribas, Fonds Bruno Latour...), nous avons dans l’immense majorité des cas reçu une fin de non-recevoir. Visiblement, on ne mord pas la banque qui vous nourrit. Ceci, au-delà du cas spécifique de cette lettre ouverte, permet d’éclairer la politique de BNP Paribas – mais également de TotalEnergies – qui vise à acheter le silence des scientifiques via le financement de l’enseignement supérieur et de la recherche et au travers d’une communication abondante et trompeuse sur leur politique RSE.
Ensuite, cette lettre vient rappeler qu’il y a actuellement une opposition claire entre les recommandations des scientifiques et les décisions prises par les personnes qui contrôlent les multinationales fossiles. Ces personnes ont le pouvoir et le devoir de changer la stratégie les entreprises qu’elles dirigent pour limiter la catastrophe climatique, et pourront être tenues responsables si elles ne font rien. L’inaction n’est plus tenable, car il en va de l’avenir de l’humanité. La question de la manière dont on peut, dès aujourd’hui, arrêter l’ouverture de nouveaux gisements fossiles devrait être au centre de l’agenda politique et des discussions citoyennes.
Au vu de ce constat, nous appelons tous les citoyens, les associations, les institutions publiques et les scientifiques à augmenter la pression sur BNP Paribas par tous les moyens à leur disposition. »
02.02.2023 à 01:00
Aujourd’hui 2 février 2023, 17 rebelles d’Extinction Rebellion et 7 scientifiques de Scientifiques en Rebellion ont associé leurs forces pour interrompre une conférence de désinformation sur le glyphosate, donnée par l’AFIS, l’Association Française pour l’Information Scientifique, et plus particulièrement Hervé Le Bars, membre pro-glyphosate de celle-ci, à la Mairie du 5e arrondissement de Paris, avec la complaisance de celle dernière.
Les scientifiques et rebelles ont interrompu à plusieurs reprises l’intervenant sur des thématiques telles que le lobby du glyphosate, ses effets sur la biodiversité et les problèmes de déontologie/éthique scientifique de l’intervenant de l’AFIS, dénonçant les dangers d’une telle désinformation sur une thématique de santé publique, à laquelle une cinquantaine de citoyen.nes ont assisté. Cette action prend part à la campagne « Changer de régime » d’Extinction Rebellion et la campagne « Biodiversité et agriculture » de Scientifiques en rébellion.
Etsuki, professeure en économie et membre de scientifiques en rébellion nous parle de l’économie politique du glyphosate avant de se faire arracher son micro : « Le glyphosate est une composante essentielle au service d’un modèle d’agriculture intensive caractérisé par de très grandes exploitations en monoculture. La dépendance des agriculteurs et agricultrices aux semences transformées et aux produits phytosanitaires associés, est un fond de commerce sans égal pour les sociétés agrochimiques. La FNSEA fait front commun avec le lobby de l’agrochimie pour orchestrer la désinformation et capturer la décision publique. La FNSEA tire profit de la vente de ces produits dans les coopératives. Des alternatives existent mais demandent de renoncer au modèle dominant ce qui va à l’encontre des intérêts de l’agrochimie et des syndicats qui en profitent. »
Elodie Vercken, directrice de recherche à l’INRAe, alarme sur l’effet du glyphosate sur la biodiversité « Quand elle est utilisée en agriculture, la molécule de glyphosate se retrouve dans tous les compartiments de l’environnement et affecte les espèces animales et végétales sur un large spectre taxonomique. Le glyphosate affecte les voies métaboliques de nombreux micro-organismes, et a, en conséquences, des impacts généralisés sur les autres organismes via leur microbiote. De très nombreux effets ont été documentés sur les insectes, les vers de terre, les poissons. Il est à noter que de plus en plus d’espèces-cibles développent une résistance au glyphosate, ce qui résulte en l’augmentation des doses pour maintenir « l’efficacité » des traitements et montre un fois de plus la non-durabilité de cette méthode. »
Olivier Aumont, chercheur en biogéochimie marine et membre scientifique en rébellion, a interpellé l’intervenant, Hervé Le Bars, sur son intégrité scientifique et son respect de la déontologie de scientifique: « Vous présentez une opinion personnelle comme un consensus scientifique qui dans l’état actuel des connaissances n’existe pas. En faisant cela, vous trompez le public qui vous écoute en affirmant être un expert scientifique qui respecte les valeurs de la démarche scientifique. », se référant au Code de conduite européen pour l’intégrité en recherche.
On ne le présente plus, le glyphosate est un rouage mortifère au service d’une agriculture intensive caractérisée par d’immenses exploitations en monoculture. La dépendance des agriculteur.ices aux semences et produits phytosanitaires est le fond de commerce des sociétés agrochimiques telles que Monsanto. Interdire le glyphosate, c’est priver ces industries de plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires. La FNSEA, syndicat agricole majoritaire fait front commun avec le lobby de l’agrochimie pour orchestrer la désinformation. Des alternatives existent mais demandent de renoncer à ce modèle toxique.
Les études scientifiques sont formelles : l’impact de l’agriculture intensive, cause majeure du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, n’est plus à prouver. Ce système délétère ne profite qu’à quelques multinationales. Un système pourtant soutenu par la FNSEA et le gouvernement qui n’a toujours pas engagé de réelle stratégie prenant en compte l’urgence écologique.
Le rythme d’extinction des espèces dans le monde est 10 à 100 fois plus élevé que dans les 10 derniers millions d’années : ne laissons pas une poignée de personnes perpétuer cet écocide !
Nous sommes malades d’une alimentation toxique produite par un système agricole à bout de souffle. Il est temps de Changer de Régime !
Découvrez la campagne Changement de Régime

02.02.2023 à 01:00
Le 2 février 2023, 17 rebelles d’Extinction Rebellion et 7 scientifiques de Scientifiques en rébellion ont associé leurs forces pour interrompre une conférence de désinformation sur le glyphosate, donnée par l’Association française pour l’information scientifique (AFIS), à la Mairie du 5e arrondissement de Paris, avec la complaisance de cette dernière.
Les scientifiques et rebelles ont interrompu à plusieurs reprises l’intervenant pour prendre la parole sur des thématiques telles que le lobby du glyphosate, ses effets sur la biodiversité et les problèmes de déontologie scientifique de l’intervenant de l’AFIS, dénonçant les dangers d’une telle désinformation sur une thématique de santé publique.
05.12.2022 à 01:00
En soutien à la campagne « Stopp oljeletinga! » (« Stop aux prospections pétrolières »), deux scientifiques, dont une française, Emilie Gios, ont été arrêté.es ce matin à Trondheim pour avoir mené une action de désobéissance civile et demandé la fin de toute nouvelle prospection pétrolière dans les eaux territoriales norvégiennes.
Les scientifiques dénoncent l’absence de prise en compte sérieuse de l’urgence de la situation climatique. La science est formelle depuis des décennies : nous devons choisir entre une planète vivable ou la poursuite de l’extraction de combustibles fossiles. Si le monde veut rester en dessous de la limite de +1.5°C fixée par l’accord de Paris en 2015, il ne peut y avoir de nouveaux investissements dans les énergies fossiles.
La Norvège est le plus gros producteur de pétrole en Europe de l’Ouest. A l’occasion des accords de Paris, elle s’engageait à réduire ses émissions de CO2 d’au moins 40% d’ici 2030, position renforcée en 2021 par le 1er ministre Norvégien, Jonas Gahr Stoere, qui disait vouloir mettre fin à toute exploration pétrolière et soutenue ce mois-ci par le Parlement Norvégien qui a décidé de ne plus accorder de nouvelles licences de prospection pétrolière pour les zones vierges jusqu’en 2025. Arrêter de rechercher de nouveaux gisements pétrolifères est une décision évidente que le gouvernement norvégien doit prendre pour garantir que notre planète reste véritablement habitable. Or l’économie du pays dépend de l’industrie pétrolière (14% du PIB, 7% des emplois). Il est urgent que le gouvernement Norvégien trouve des solutions fiables à la sortie du pays des énergies fossiles, pour sa survie et la nôtre. Nous n’avons plus de temps à perdre !
Des décennies de rapports scientifiques, de pétitions et tribunes de milliers de scientifiques appelant à l’action climatique n’ont pas eu d’effet suffisant. Le débat de la semaine dernière sur la chaîne de télévision norvégienne NRK a montré combien il était facile de détourner la position des scientifiques : les appels à plus de prudence et d’action ont été transformés en gros titre du type « Verdict des climatologues : le monde restera habitable ». Les scientifiques sont maintenant préoccupés par le peu d’honnêteté et de sérieux avec lesquels la crise climatique est traitée par les médias et voient en conséquence les actes de désobéissance civile pour dernière alternative.
Emilie Gios, chercheure post-doctorale en écologie microbienne à l’Institut norvégien des sciences de la nature (NINA) est une des scientifiques arrêté.es : « Aujourd’hui j’ai décidé de prendre position parce que je suis en colère contre l’inaction des décideurs publics face à la crise climatique. Faire de la recherche dans mon laboratoire n’est plus suffisant, les faits concernant la situation critique à laquelle nous sommes confrontés ont été ignorés depuis des décennies. La science est formelle : les conséquences du changement climatique sont déjà là et ne vont qu’empirer. Je ne peux pas rester sans réagir et regarder des gens souffrir et mourir parce qu’une poignée de personnes guidées par leur avidité ont décidé en conscience d’ignorer les scientifiques. »
Myranda Murray, doctorante en biologie évolutive à l’Université norvégienne des sciences et technologies (NTNU), explique : « Aujourd’hui je m’éloigne de mes recherches parce que l’exploration des combustibles fossiles continue toujours davantage alors que les scientifiques avertissent que c’est imprudent et dangereux. Les scientifiques ont tiré le signal d’alarme depuis des décennies, mais nous sommes David contre Goliath quand on compare les ressources dépensées en greenwashing et en désinformation sur la réalité de la crise climatique. Les gouvernements et les industriels qui ont le pouvoir d’arrêter l’exploration pétrolière continuent à profiter de l’inaction climatique. Il devient difficile d’ignorer la cruauté de leurs décisions alors que le coût humain des événements météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents ne cesse de s’alourdir à l’échelle de notre planète. Je suis désespéré de savoir que cela va continuer à empirer si nous continuons dans ce statu quo et je me sens complice si je reste silencieuse face à ce système injuste et détraqué. »
Andreas Kamp, chercheur à l’Université Roskilde, a été arrêté ce matin en bloquant la circulation : « Je fais cela parce que les responsables politiques ne prennent pas les faits scientifiques au sérieux. Ne pas prendre en compte les véritables coûts d’un effondrement écologique dans les décisions publiques est complètement irrationnel et extrêmement égoïste. A ceux qui me lisent ou m’entendent : les décisions que nous prenons maintenant auront des impacts décisifs pour nous-mêmes, nos enfants et petits-enfants et tous ceux après nous ! Je veux être clair pour mes enfants et mes proches : TOUT LE MONDE a la responsabilité de faire en sorte que l’humanité trouve un équilibre avec le reste de la nature. »
Baptiste Giroux, assistant de recherche en écologie industrielle au NTNU : « Je fais cela parce que je suis terrifié par la situation climatique actuelle. La cible de +1.5°C est maintenant hors d’atteinte et les décisions de nos responsables politiques nous conduisent vers une trajectoire de +3.2°C. Cela entraînera une souffrance et une violence massive, et pourtant les médias et les politiciens ne semblent pas comprendre la gravité de la situation. Les nouveaux projets pétroliers et gaziers ne sont pas compatibles avec l’accord de Paris, et c’est mentir que de prétendre le contraire. En tant que chercheur, je crois qu’il est illusoire de croire que publier davantage de rapports scientifiques puisse changer quoi que ce soit si les responsables ne les lisent pas ou ne les prennent pas au sérieux. Les actions de désobéissance civile directe peuvent obtenir bien plus en diffusant ce message et cette mobilisation. »
L’exploitation pétrolière en Norvège nous concerne toutes et tous car, comme le disait déjà Manuel Pulgar-Vidal, Responsable climat et énergie au WWF, en 2021 : « La position de la Norvège va accroître le risque que le monde atteigne des points de bascule climatiques, qui à leur tour auront des effets dévastateurs sur la nature dont nous dépendons ».
Dossiers publics pour les photos et vidéos : https://drive.google.com/drive/folders/1orTUtObIgQ0TuI5PMTP1H4ufd_TyG5MR?usp=sharing
14.11.2022 à 01:00
Cette action internationale demandait l’interdiction des jets privés et la taxation des grands voyageurs pour financer l’adaptation au changement climatique et l’indemnisation des pays vulnérables.
Ces derniers jours, des scientifiques et des militants de Scientist Rebellion et Extinction Rebellion ont bloqué plusieurs aéroports d’affaires et protesté contre les jets privés dans onze pays. Les aéroports d’affaires de Farnborough et de Londres Luton (Royaume-Uni), de Berlin (Allemagne), de Milan (Italie), de Stockholm (Suède), d’Ibiza (Espagne), de Teterboro, de Charlotte, de Los Angeles et de Seattle (États-Unis) ont été bloqués le jeudi 10 novembre, tandis que celui de Schiphol (Pays-Bas) l’a été le samedi 5 novembre dans le cadre d’une manifestation plus large. Les aéroports d’affaires de Melbourne (Australie), Trondheim (Norvège), Cascais (Portugal), le troisième constructeur mondial de jets privés Dassault (Paris, France), et le ministère néerlandais des infrastructures ont également été visés. Près de 200 personnes ont pris part aux protestations, dont 129 scientifiques de diverses disciplines. Les manifestants ont eu recours à toute une série de tactiques pour bloquer les entrées des aéroports, s’accrochant avec des tubes d’acier et des chaînes, se collant aux portes et aux fenêtres et déclenchant des alarmes incendie. Dans d’autres cas, les militants ont utilisé les arts et la musique. À Ibiza, ils ont mis en scène un numéro de théâtre pour représenter le mépris et l’arrogance des plus riches alors que les moins nantis sont en difficulté. 31 manifestants ont été arrêtés par la police puis relâchés, tandis que 58 ont subi un contrôle d’identité.
Ces journées d’action s’inscrivaient dans le cadre de la campagne internationale « Make Them Pay ». Les militants ont appelé les dirigeants mondiaux actuellement réunis à Sharm el Sheikh, en Égypte, pour la COP27, à interdire les jets privés, qui consomment environ 10 fois plus d’énergie par passager que les avions commerciaux et 50 fois plus que les trains. Les militants ont également demandé une taxe sur les personnes qui prennent fréquemment l’avion. La taxation permettrait à la fois de réduire les émissions et de payer pour les pertes et dommages, de contribuer aux fonds pour le climat et d’annuler la dette financière des pays les plus vulnérables au dérèglement climatique. Ces demandes intègrent une proposition faite par le groupe des pays les moins avancés – représentant les pays les plus vulnérables au changement climatique lors de la COP27 – et ont été soutenues par des assemblées citoyennes dans de nombreux pays.
Le climatologue Peter Kalmus fait partie des personnes arrêtées pour sa participation au blocus de Charlotte (États-Unis). « Aujourd’hui, j’ai été arrêté pour la deuxième fois alors que j’essayais de sensibiliser le public à l’urgence de l’effondrement de la Terre », a déclaré le Dr Kalmus. « Nous sommes du bon côté de l’histoire, mais nous avons l’impression d’échouer terriblement. Nous avons besoin de renforts, nous avons besoin de plus de scientifiques et de plus de personnes qui s’engagent dans la désobéissance civile non violente. À l’heure actuelle, il n’est pas nécessaire d’être un scientifique pour savoir que, tant que nous ne mettrons pas fin aux combustibles fossiles, chaque été sera plus chaud que le précédent et que nous risquons de tout perdre en conséquence. Le mépris général de notre société pour ce fait fondamental me stupéfie. »
Le Dr Gianluca Grimalda, chercheur en sciences sociales, parmi les personnes arrêtées à Milan, a déclaré : « Pour éviter une catastrophe climatique, les sociétés doivent passer en mode d’urgence. Cela implique de réduire les émissions de luxe d’une élite fortunée, dont l’empreinte carbone est plusieurs fois supérieure à celle du reste d’entre nous. Il est inacceptable que les super-riches continuent de sillonner le monde alors que des millions de personnes souffrent des effets désastreux du dérèglement climatique. »
La Dr Rose Abramoff, écologiste spécialiste du changement global, également arrêtée, a déclaré : « Pendant cette période critique, chaque tonne de combustibles fossiles émise endommage les écosystèmes essentiels pour notre vie et nous rapproche de points de basculement dévastateurs. Une première étape essentielle pour une transition énergétique sûre consiste à interdire les voyages aériens privés, à taxer les grands voyageurs et à obliger les personnes et les nations riches à payer leur dette climatique aux populations du Sud, autochtones ou qui sont en première ligne. »
Finlay Asher, ingénieur aérospatial, a déclaré : « L’aviation représente le summum de l’injustice climatique et de l’inégalité des émissions. Seulement 1 % de la population mondiale produit plus de la moitié des émissions totales de l’aviation, alors que 80 % de la population mondiale n’a jamais mis les pieds dans un avion. Je ne peux pas rester sans rien faire alors que les émissions de mon secteur continuent de croître et de contribuer au carnage climatique qui fait des ravages dans le monde. Le fait que les ventes de jets privés soient en plein essor montre que nous échouons totalement en matière de justice économique et climatique. »
10.11.2022 à 01:00
Le collectif Scientist Rebellion a organisé jeudi 10 novembre une journée internationale d’actions contre les jets privés cordonnée dans 11 pays. 30 militant·es de sa branche française Scientifiques en rébellion, en collaboration avec Extinction Rebellion, ont participé à cette journée avec une action à Paris devant le siège de Dassault Aviation, troisième fabricant mondial de jets privés avec les fameux Falcon, sur le Rond-Point des Champs-Élysées dans le 8e arrondissement. Parmi les scientifiques mobilisés, se trouvaient plusieurs personnes ayant été incarcérées suite à des actions de désobéissance civile en Allemagne il y a quelques jours.
D’autres actions ont été menées simultanément dans 11 pays : États-Unis, Royaume-Uni, Pays-Bas, Italie, Suède, Allemagne, Belgique, Norvège, Portugal et Australie. Un communiqué de presse international sera publié ultérieurement. Une première action avait déjà eu lieu le week-end dernier à l’aéroport Schiphol d’Amsterdam, où des centaines d’activistes ont été arrêté·es pour s’être introduit·es sur le tarmac (parfois à vélo), bloquant les décollages de jets privés pendant plus de 6 heures.
À Paris, les scientifiques, habillés de blouses blanches siglées Scientist Rebellion, ont déployé trois banderoles reprenant les revendications de la campagne internationale menée intitulée Make Them Pay : interdire les jets privés ; taxer les grands voleurs ; faire payer les ultrariches pollueurs. Dénonçant plus particulièrement le rôle irresponsable de Dassault Aviation dans la promotion de l’aviation d’affaires, ils/elles portaient aussi des pancartes « Dassault Falcon : l’avion des criminels climatiques » et « Dassault Falcon : l’avion de l’injustice climatique » et scandaient « Dassault Falcon, criminel climatique ; État Français complice de l’injustice » ainsi que « Sobriété pour les lobbies, les jets privés doivent être taxés ». Ces phrases sonnent d’autant plus juste que Politico a récemment mis en évidence des liens étroits et problématiques entre le gouvernement français et le groupe Dassault, ce dernier étant propriétaire du logement de la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher. Cela vient s’ajouter aux révélations de fraude fiscale organisée par Dassault Aviation pour éviter à ses riches clients de payer des taxes.
Parallèlement, les participant·es ont recouvert les grilles dorées de l’hôtel particulier abritant le siège du groupe Dassault de reproductions d’articles scientifiques traitant de l’impact environnemental de l’aviation. Symboliquement, les membres de Scientifiques en rebellion et d’Extinction Rebellion ont ensuite plié ces articles scientifiques pour en faire des avions en papier, et les ont propulsés dans la cour de l’hôtel particulier.
Cinq scientifiques ont pris la parole durant l’action.
Élie Oriol, doctorant en physique, a déclaré : « Pour agir, ce n’est malheureusement pas de science que nous manquons. C’est un problème de volonté politique. Certaines et certains de nos aîné·es, au cours de leurs carrières, ont vainement essayé de faire prendre conscience à nos gouvernants de l’urgence de tous ces sujets. Jeune scientifique, moi aussi j’aimerais faire de la science comme mes aîné·es, pour aider le monde à évoluer dans la bonne direction. Mais comment espérer encore aujourd’hui que ce serait suffisant ? Une fois fait le constat de cette impuissance, nous ne voyons plus que la rébellion. »
Kaïna Privet, chercheuse en écologie à Rennes ayant participé aux actions en Allemagne, a déclaré : « Les jets privés sont 10 fois plus polluants que les avions commerciaux et 200 fois plus polluants que les trains grandes lignes français. En tant que scientifique, je suis particulièrement scandalisée par le greenwashing développé par Dassault Aviation, qui prétend promouvoir une aviation « durable ». Leurs prétendus « carburants d’aviation durables » sont une escroquerie scientifique, leur utilisation à grande échelle consommerait bien trop de ressources. Ils utilisent cet argument pour justifier le fait qu’ils continuent à développer le secteur de l’aviation malgré l’urgence de la crise climatique à laquelle nous faisons face. Ils doivent être tenus pour responsables de cette crise et être taxés en conséquence. » Une publicité pour le Falcon a notamment été jugée contraire à la déontologie publicitaire en 2021 car elle laissait entendre que cet avion était « vert » malgré son énorme impact sur l’environnement.
Jérôme Guilet, astrophysicien ayant passé 4 jours en prison en Allemagne début novembre pour s’être collé à une voiture de luxe dans un showroom BWM, et participant à l’action, a relevé que « l’État protège les vrais criminels climatiques en réprimant de plus en plus les scientifiques et citoyens qui lancent l’alerte par des actions non-violentes. ».
En dépit du caractère totalement pacifique de leur action, les participant·es ont été encerclé·es par une cinquantaine de membres des forces de l’ordre (principalement des BRAV-M) au bout d’une heure. Elles et ils ont subi un contrôle d’identité et ont reçu l’ordre de se disperser en prenant le métro.
Les émissions annuelles de gaz à effet de serre des jets privés représentent autour de 400 kt CO21, ce qui est énorme étant donné le nombre très restreint de personnes qui les utilisent et le service rendu. Surtout, cela sape tout espoir d’aller vers la sobriété en donnant le pire exemple qui soit et en donnant aux citoyen·nes le sentiment justifié que les efforts ne sont pas répartis équitablement.
Les jets privés sont en moyenne 10 fois plus polluants par passager que les avions commerciaux et 200 fois plus polluants que les trains grandes lignes français2. Un vol privé de quatre heures génère autant d’émissions qu’un·e européen·ne moyen·ne en un an. Entre 2005 et 2019, les émissions de GES liées aux jets privés ont augmenté de 31 % en Europe. La moitié des vols parcourent moins de 500 km et correspondent donc à des trajets qui sont maintenant interdits pour les liaisons commerciales (car prenant moins de 2h30).
Les villes les plus desservies (Nice fait partie des destinations les plus prisées) et l’augmentation du trafic en été indiquent bien que l’utilisation de ces jets privés est plus motivée par le plaisir que par les affaires, ce qui la rend d’autant plus inacceptable.
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1 D’après le rapport « Private jets : can the super rich supercharge zero-emission aviation? », les émissions de CO2 des jets privés au départ de la France représentent 400 kt CO2, à comparer avec les 436 MtCO2 des émissions territoriales
2 Les avions privés émettent 1300 gCO2 /passager.km contre 128 gCO2 /passager.km pour des avions commerciaux et 5,92 gCO2 / passager.km pour les trains grandes ligne en France, selon le même rapport.

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10.11.2022 à 01:00
Le 10 novembre 2022, une trentaine de scientifiques ont manifesté devant le siège de Dassault Aviation, troisième fabricant mondial de jets privés avec les fameux Falcon, sur le Rond-Point des Champs-Élysées dans le 8e arrondissement de Paris, pour dénoncer l’impact climatique des jets privés. Cette action visait à défendre les revendications de la campagne internationale Make Them Pay menée simultanément dans 11 pays : interdire les jets privés ; taxer les grands voleurs ; faire payer les ultrariches pollueurs. Les participant·es ont recouvert les grilles dorées de l’hôtel particulier abritant le siège du groupe Dassault de reproductions d’articles scientifiques traitant de l’impact environnemental de l’aviation et lancé ces articles sous forme d’avions en papier.
Crédits photo : Akwa & Lyuba - XR France
05.11.2022 à 01:00
Une tribune en solidarité avec les scientifiques ayant été placé.es en détention à Munich pour avoir alerté sur la crise climatique vient d’être publiée par France TV. Signée par plus de 1300 scientifiques, incluant des co-auteurs du GIEC et plusieurs chercheur.es de renom, elle appelle à « ne pas se tromper de coupables », estimant que « le problème n’est pas la protestation, mais l’inaction générale et le désespoir de la jeunesse mondiale dont 3 sur 4 se disent « effrayés » par leur avenir ».
La tribune rappelle pourquoi ces actions ont été menées et pourquoi elles sont légitimes. L’action est justifiée par la crise climatique et ses effets catastrophiques qui sont déjà là, comme l’illustre l’été 2022 en France et dans le monde. De plus, l’ONU vient de déclarer que la fenêtre d’action pour rester à un réchauffement global en dessous de +1,5°C « était en train de se refermer rapidement », démontrant l’inaction des gouvernements et mettant à nu leur double-discours vis à vis de la crise climatique. Les signataires estiment « il est de moins en moins possible de faire preuve de patience et d’accorder aux décideurs politiques et économiques le crédit de la bonne foi. » Désespérés devant cette inertie, consternée par l’indifférence générale devant la catastrophe en cours, en conflit avec leur mission de service public qu’ils voient ainsi désavouée, les scientifiques sont donc conduits à de nouveaux moyens de faire passer leurs messages.
Les signataires considèrent que la cible choisie – une voiture de luxe BMW – est justifiée car « émettre pour la gloriole un surcroît de carbone, et le promouvoir sur un salon constituent une participation active et inutile (…) à la destruction en cours du climat ». Enfin cette tribune rappelle que ces scientifiques ne sont ni des extrémistes ni des originaux mais sont largement soutenus dans la communauté scientifique qui partage leur inquiétude, et considère que le monde va au-devant de catastrophes écologiques majeures.
Pour nous, Scientifiques en rébellion, la frustration de ne pas être entendu.es par les pouvoirs politiques est immense : ces derniers sont les premiers à prétendre baser leurs décisions sur les sciences et pourtant, en même temps, ils réduisent au silence les scientifiques lanceurs d’alerte, en les jetant en prison et en cherchant à intimider toute notre communauté. Face à cette duplicité, la majorité scientifique silencieuse pourrait bien d’un jour à l’autre se rebeller et choisir une façon plus disruptive d’exprimer ses alertes et ses protestations. L’entreprise BMW estime les dommages causés aux voitures à plusieurs dizaines de milliers d’euros et a porté plainte contre les auteurs pour dégradation de biens et violation de domicile. C’est une honte : émettre de façon puérile et stupide une telle quantité de gaz à effet de serre pour une voiture de luxe, s’en vanter et le promouvoir publiquement constituent non seulement une participation active et néfaste aux bouleversements climatiques mais une injure aux scientifiques, politiques et citoyens qui luttent quotidiennement pour le futur de l’humanité, ainsi qu’aux personnes qui aujourd’hui déjà en souffrent et en meurent. Cela illustre que cette entreprise, comme beaucoup d’autres – et à l’image des gouvernements – refuse de prendre ses responsabilités face aux ravages écologiques.
Alors, allons-nous continuer à nous tromper de coupables ? Ou verrons-nous des décisions politiques ambitieuses et immédiates, un débat public à la hauteur organisé par les médias, et une réorganisation dans un cadre juste et démocratique de nos sociétés, de nos productions et de nos consommations ? La réponse pourrait dépendre de la mobilisation des scientifiques et des citoyens, autant que de la mobilisation de médias et d’institutions engagés.
04.11.2022 à 01:00
Tribune publiée sur France Info.
Une quinzaine de scientifiques ont été arrêtés, le 29 octobre, lors d’une action de désobéissance civile contre BMW à Munich. Ils protestaient contre l’impact climatique de l’industrie automobile et réclamaient des mesures fortes pour lutter contre le réchauffement climatique.
Des scientifiques en prison. Seize chercheurs, dont cinq Français, ont été arrêtés, samedi 29 octobre, pour s’être collé la main à une voiture de sport BMW exposée dans un showroom de Munich (Allemagne). Une action symbolique du collectif Scientist Rebellion, un mouvement international de scientifiques contre l’inaction climatique. Fatigués de chroniquer rapport après rapport une catastrophe écologique annoncée, ils ont décidé de se lancer dans des actions de désobéissance civile.
La justice allemande a placé ces scientifiques en détention provisoire, jusqu’au 4 novembre pour certains. Leur arrestation et la durée de cette détention a choqué dans la communauté scientifique. Des personnalités comme les climatologues Jean Jouzel et Christophe Cassou, l’économiste Thomas Piketty et les philosophes Dominique Bourg et Dominique Méda témoignent de leur soutien dans ce texte publié par franceinfo.fr et signé par plus de 950 scientifiques. Ils s’expriment ici librement.
Samedi, plusieurs scientifiques de divers pays se sont pacifiquement installé·e·s dans une voiture de sport en exposition au salon BMW à Munich, symbole du système consumériste qui condamne notre monde aux malheurs. Pourquoi cette action à cet endroit ?Il n’y a pas à redouter quelque catastrophisme, nous sommes déjà confrontés à des catastrophes : des milliers de morts en France cet été sous les canicules répétitives, un mégafeu en Gironde, des agriculteurs à la peine face à la sécheresse, plus de dix millions de personnes jetées sur les chemins au Pakistan après la destruction de leurs habitats par une mousson hors norme… Des types d’événements auxquels on s’attendait plutôt vers la moitié du siècle.
Non seulement nous ne sommes pas parvenus à respecter l’objectif assigné par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC) signée en 1992 – à savoir éviter toute « perturbation anthropique dangereuse du système climatique » – mais nous avons déjà atteint un degré élevé de perturbation du système.
Pourquoi ce type d’action ? Est-ce que les scientifiques n’ont pas d’autres façons de s’exprimer ? Depuis 30 ans, la communauté scientifique effectue patiemment son travail de documentation des changements en cours dans le climat et les écosystèmes de la Terre, dans l’économie. Patiemment, elle parle, sur les supports qui lui sont habituels (les revues, les colloques, les rapports commandés à des experts), sur un ton policé, de choses aussi effrayantes qu’un changement climatique de grande ampleur en quelques décennies (les précédents s’étalaient sur des millénaires), qu’une sixième extinction de masse, qu’une désagrégation des sociétés humaines. Ce type de communication est pleinement légitime, mais ne touche pas assez le grand public… Or la mobilisation d’un large public autour des enjeux climatiques contraindrait les pouvoirs publics à agir à la mesure des enjeux. C’est une condition de réussite de la CNUCC et des COP qu’elle organise annuellement.
Pourquoi ce changement de ton cette année et ces actions de « scientifiques en rébellion » ? Nous arrivons à un tournant, et il est de moins en moins possible de faire preuve de patience et d’accorder aux décideurs politiques et économiques le crédit de la bonne foi. Le sixième rapport du Giec a expliqué il y a à peine plus d’un an que le respect de l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C était encore possible sur le papier, mais qu’il nécessitait des changements radicaux dès les prochains mois. Depuis, les Etats n’ont rien fait. Pire, la guerre en Ukraine a remis en selle les projets pétroliers et gaziers les plus polluants. L’ONU a déclaré la semaine dernière que la fenêtre d’action pour respecter 1,5°C « était en train de se refermer rapidement ».
Peut-on dissocier les scientifiques qui prennent part à ce type d’action (qui se discréditeraient en révélant une nature d’activiste plus que de chercheur) du reste de la communauté académique ? Les scientifiques qui ont participé à ce type d’actions ne sont pas des extrémistes. Ils ne sont pas sortis de leur confort pour faire cela par goût de l’action et de la visibilité médiatique. Ils ont, pour beaucoup d’entre eux, une pratique professionnelle à travers laquelle ils essayent aussi d’agir sur le monde. Si certains d’entre eux ont, en outre, décidé d’agir de manière plus démonstrative, c’est parce qu’ils sont désespérés d’être entendus.
Mais une majorité d’universitaires et de chercheurs est consternée par l’indifférence générale devant la catastrophe en cours : les trois quarts des personnels de la recherche pensent que si les choses continuent au rythme actuel, le monde va connaître une catastrophe écologique majeure. Cette majorité pourrait bien d’un jour à l’autre rejoindre le camp de celles et ceux qui protestent de manière de plus en plus disruptive. Ne nous trompons pas de coupables. Le problème n’est pas la protestation, mais l’inaction générale, le désespoir de la jeunesse mondiale dont 3 sur 4 se disent « effrayés » par leur avenir.
Les premiers signataires :
Dominique Bourg, Université de Lausanne
Pascal Vaillant, Université Paris Nord
Jean Jouzel, Institut Pierre Simon Laplace
Julia Steinberger, Université de Lausanne
Christophe Cassou, CNRS, Toulouse
Wolfgang Cramer, CNRS – Institut Méditerranéen de la Biodiversité et d’Écologie
François Gemenne, Université de Liège
Timothée Parrique, Université de Lund
Éloi Laurent, OFCE (Sciences Po) / Stanford
Jean-Baptiste Fressoz, CRH, EHESS
Christophe Bonneuil, CNRS, Paris
Johann Chapoutot, Sorbonne Université
Dominique Méda, Université Paris Dauphine-PSL
Thomas Piketty, Centre d’Histoire Économique et Sociale François-Simiand
Isabelle Stengers, Université de Bruxelles
Jacques Testart, INSERM
Kévin Jean, Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris
Jérôme Santolini, Commissariat à l’Energie Atomique
Milan Bouchet-Valat, Institut National d’Études Démographiques, Aubervilliers
Florence Volaire, Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive, Montpellier
Anne Baillot, Le Mans Université
Stéphanie Mariette, INRAE, Bordeaux
Sophie Gerber, INRAE, Bordeaux
Victor Altmayer, Institut du Cerveau, Paris
Julian Carrey, INSA Toulouse
Odin Marc, CNRS Géosciences Environnement Toulouse
Alexandre Rambaud, AgroParisTech
Yves Goddéris, CNRS Géosciences Environnement Toulouse
Xavier Capet, CNRS, LOCEAN, Institut Pierre Simon Laplace
Pierre-Henri Gouyon, Muséum National d’Histoire Naturelle
Jérémie Cavé, IRD, Géosciences Environnement Toulouse
Joan Cortinas, Centre Emile Durkheim, inovador
Gabriel Malek, président Alter Kapitae
Marie-Antoinette Mélières, Université Grenoble
Thibaud Griessinger, chercheur indépendant
Philippe Abecassis, Université Sorbonne Paris Nord
Davide Faranda, Institut Pierre Simon Laplace
Lara Elfjiva, CNRS – Laboratoire Anthropologie Politique – EHESS
Annalisa Lendaro, CNRS – Certop
Sylvia Becerra, CNRS, GET
Joan Cortinas, CED, Université Bordeaux
Rémi Douvenot, ENAC, Toulouse
Alice Meunier, CNRS, Paris
Laure Vieu, CNRS, Toulouse
Laure Teulières, Université de Toulouse Jean Jaurès
Olivier Aumont, LOCEAN, Institut Pierre et Simon Laplace
Pierre Mathieu, Université d’Aix-Marseille
Céline Marty, Université de Franche-Comté
Jean-Christophe Poully, Université de Caen
Soizic Rochange, Université de Toulouse
Liste complète des signataires sur le site de France Info.
02.11.2022 à 01:00
Les trois dernières semaines ont été marquées par un engagement de plus en fort des scientifiques dans la lutte contre le dérèglement climatique, sous la forme d’actions de désobéissance civile non violente, de conférences dans l’espace public, ou d’actions visant à interpeller les décideurs. Ces actions ont été organisées par le collectif international Scientist Rebellion et sa branche française Scientifiques en rébellion. Des scientifiques de toute l’Europe ont dans un premier temps convergé vers l’Allemagne, et ont mené à partir du 16 octobre plusieurs actions de blocage ou d’interpellation, s’engluant devant des bâtiments officiels (ministère des Transports, ministère des Finances), déclenchant l’alarme incendie lors du discours du chancelier allemand au Sommet mondial de la santé, ou occupant le pavillon Porsche d’un centre de loisirs dédié à l’automobile. Leurs actions étaient accompagnées de demandes auprès de l’État allemand de prendre des mesures visant à décarboner le transport, annuler la dette des pays du Sud, et reconnaître l’échec de sa politique climatique. En parallèle et en soutien aux actions en Allemagne, une centaine de scientifiques ont mené en France des actions les 14 et 15 octobre. À Nice et Montpellier des conférences ont été organisées sur des places publiques, rappelant que les politiques actuelles ne sont pas à la hauteur des enjeux. À Toulouse, une table ronde organisée par la métropole et à laquelle était convié Total Énergies fut interrompue et une conférence interpellant les protagonistes fut donnée. À Paris, des scientifiques en rébellion se sont invité·es à Sorbonne Université à l’occasion de la Fête de la science.
Cette semaine, les scientifiques européens ont convergé vers Munich. Ils et elles se sont englué·es dans les locaux de la banque d’investissement Black Rock le 25 octobre, ont bloqué un axe routier majeur le lendemain, et se sont englués à des automobiles de luxe dans un showroom BMW le 29 octobre. Pour cette dernière action, 16 membres de Scientist Rebellion ont été placés en détention provisoire jusqu’au 4 novembre. Parmi les scientifiques actuellement en prison, se trouvent les Francais Sylvain Kuppel, spécialiste toulousain des ressources hydriques, Jérôme Guilet, astrophysicien à Saclay et Hugo Raguet, chercheur en informatique à Blois, et Marceau Minot, docteur en écologie de l’université de Rouen. Manua, coordinateur de Scientist Rebellion pour la France, fait également partie des personnes incarcérées. Les scientifiques qui ont mené cette action avaient conscience que cette dernière risquait de les conduire en prison, mais étaient prêt·es à cela pour dénoncer l’inaction climatique.
Le collectif Scientist Rebellion a également rendu public cette semaine un texte signé par plus de 1000 scientifiques, dont plusieurs co-auteurs ou co-autrices du GIEC, affirmant que l’objectif de contenir le réchauffement climatique en-dessous de 1.5°C est désormais hors d’atteinte, illustrant ainsi l’échec des politiques climatiques mondiales. Ils demandent à l’ensemble de leurs collègues de le reconnaitre également, et de dire la vérité sur l’ampleur de l’effort nécessaire pour rester « bien en-dessous de 2°C » comme le prévoit l’accord de Paris de 2015. Cette lettre a été suivie par la publication d’un rapport de l’ONU constatant qu’il n’y a, en effet, plus de trajectoire possible pour maintenir le réchauffement en dessous de 1,5°C et que seulement un changement urgent et drastique du système peut encore éviter un désastre climatique.
Dans un texte de 4 pages, disponible en ligne, les scientifiques français ayant participé aux actions expliquent leurs motivations, leur positionnement et leurs interrogations. Ces scientifiques considèrent que, tant que la trajectoire du business-as-usual continue, « [leurs] actions de désobéissance civile seront légitimes », rappelant que « cinq décennies d’alertes sans résultat, c’est bien trop ! ». Selon eux, « loin de ternir [leur] crédibilité, (…) [se] lancer dans ces actions ne peut que renforcer la confiance que les citoyen·nes auront dans le contenu de [leurs] messages ».
En solidarité avec leurs collègues en détention, ces scientifiques appellent à se réunir le mercredi 2 novembre 2022 à 18h devant l’ambassade d’Allemagne à Paris (13/15 Av. Franklin Delano Roosevelt, Paris 8ème, Métro Champs-Elysées-Clémenceau, plan) et devant le consulat d’Allemagne à Montpellier (14 Dsc. en Barrat, en face du Corum, plan) pour appeler le gouvernement allemand, et ceux des autres pays européens, à prendre leurs responsabilités : c’est-à-dire reconnaître l’échec et l’insuffisance radicale de leur politique climatique actuelle, et commencer une politique à la hauteur des enjeux, plutôt que de placer en détention des scientifiques et de continuer à nier l’ampleur de la crise en cours.
Informations complémentaires.
Les communiqués de presse de Scientist Rebellion, relatant chaque action menée en Allemagne, peuvent être trouvés ici.
Le communiqué de presse de Scientifiques en rébellion concernant les actions en France peut être trouvé ici.
01.11.2022 à 01:00
En octobre-novembre 2022, des scientifiques de toute l’Europe ont convergé vers l’Allemagne pour la campagne Unite Against Climate Failure à l'appel de Scientist Rebellion, Leszte Generation, Debt for Climate et End Fossil Occupy. Elles et ils ont mené à partir du 16 octobre plusieurs actions de blocage ou d’interpellation à Berlin, s’engluant devant des bâtiments officiels (ministère des Transports, ministère des Finances), déclenchant l’alarme incendie lors du discours du chancelier allemand au Sommet mondial de la santé, ou occupant le pavillon Porsche d’un centre de loisirs dédié à l’automobile. Leurs actions étaient accompagnées de demandes auprès de l’État allemand de prendre des mesures visant à décarboner le transport, annuler la dette des pays du Sud, et reconnaître l’échec de sa politique climatique.
La semaine suivante, les scientifiques européens ont convergé vers Munich. Ils et elles se sont englué·es dans les locaux de la banque d’investissement Black Rock, ont bloqué un axe routier majeur, et se sont englués à des automobiles de luxe dans un showroom BMW le 29 octobre. Pour cette dernière action, 16 membres de Scientist Rebellion ont été placés en détention provisoire jusqu’au 4 novembre. Parmi les scientifiques mis en prison, se trouvaient les Francais Sylvain Kuppel, spécialiste toulousain des ressources hydriques, Jérôme Guilet, astrophysicien à Saclay et Hugo Raguet, chercheur en informatique à Blois, et Marceau Minot, docteur en écologie de l’université de Rouen. Manua, coordinateur de Scientist Rebellion pour la France, faisait également partie des personnes incarcérées.
1300 scientifiques ont signé une tribune de soutien publiée sur France TV Info. Des rassemblements de soutien ont eu lieu le soir du 2 novembre 2022 devant l’ambassade d’Allemagne à Paris et le consulat d’Allemagne à Montpellier.
Crédits photo : Greenpeace Montpellier
27.10.2022 à 02:00
Communiqué de presse international de Scientist Rebellion
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Plus de 1 000 scientifiques de 47 pays ont signé une lettre ouverte appelant leurs pairs à « partager avec le public ce qu’ils et elles se disent entre eux concernant la réponse mondiale au changement climatique et à la perte de biodiversité ».
La lettre ouverte, initiée et auto-publiée par le groupe d’action climatique Scientist Rebellion, a été signée par d’éminents scientifiques et par certains des auteurs principaux du GIEC. Une liste complète des signataires couvrant de nombreuses disciplines académiques, dont les sciences physiques, l’économie, les mathématiques, les sciences sociales et la psychologie, est consultable ici.
Signataire de la lettre, la professeure Marta Guadalupe Rivera Ferre, spécialiste des systèmes alimentaires et auteur principal du GIEC, déclare : « Il s’agit d’une déclaration historique de la communauté scientifique. Elle souligne qu’il est urgent que les experts disent clairement au grand public, aux politiciens et au mouvement écologiste qu’il n’y a plus de trajectoire crédible pour limiter le réchauffement planétaire en dessous de 1,5°C. ».
Signataire de la lettre, la Dr Stella Nyambura Mbau, post-doctorante en développement durable au Kenya, déclare : « Il est essentiel que les scientifiques des pays du Nord reconnaissent publiquement que la limitation du réchauffement en dessous des 1,5 °C a échoué. Nous, scientifiques des pays du Sud, avons besoin que nos pairs d’Europe et d’Amérique du Nord s’expriment à ce sujet car ils sont beaucoup plus proches des centres de pouvoir politique et économique qui entravent l’action en faveur du climat. Cela n’a jamais été aussi urgent, alors que nous approchons d’un monde au-dessus des 1.5°C de réchauffement. »
La lettre déclare : « Les scientifiques s’accordent sur le fait qu’il n’y ait pas de voie crédible vers un réchauffement limité à 1,5°C. Cela nécessiterait que les émissions mondiales atteignent leur pic avant 2025 et soient réduites de 43 % d’ici 2030. Et même ce scénario conduirait probablement à dépasser le seul des +1,5 °C au cours des dix prochaines années. Le scénario le plus optimiste présenté par le GIEC repose sur le déploiement hypothétique de technologies d’élimination du dioxyde de carbone à grande échelle, afin de faire baisser les températures d’ici la fin du siècle.
Continuer d’affirmer publiquement qu’il est toujours possible de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C n’est plus acceptable. Pourtant, des politiciens, des scientifiques de premier plan et des figures du mouvement pour le climat persistent à le faire. En conséquence, les industries polluantes et les décideurs politiques sont involontairement encouragés à s’opposer à une décarbonation rapide ».
Signataire de la lettre, Bill McGuire, professeur émérite des risques géophysiques et climatiques à l’University College de Londres, a déclaré : « Il est dangereux, trompeur, et tout simplement faux, de donner au public l’impression que nous pouvons encore rester de ce côté du garde-fou du changement climatique qu’est le seuil des 1,5°C. Non seulement cela suggère que nous pouvons encore éviter l’effondrement climatique généralisé, mais cela fournit une excuse aux politiciens pour continuer à tergiverser, et aux pollueurs pour continuer à polluer. »
En réponse, la lettre ouverte appelle la communauté des scientifiques travaillant sur tous les aspects du changement climatique à faire une déclaration publique avant la COP27, affirmant les éléments suivants :
À propos de Scientist Rebellion :
Nous sommes un groupe d’action climatique regroupant plus d’un millier de membres dans 32 pays.
Nos membres sont des scientifiques d’horizons divers, des étudiants en sciences jusqu’aux
chercheur.euses titulaires. Nous partageons la conviction selon laquelle les scientifiques doivent mettre en place des actions de désobéissance civile non violente pour renforcer leur crédibilité. Lors d’actes de résistance civile, nous nous identifions en portant des blouses de laboratoire. Le Climate Emergency Fund soutient les efforts de recrutement, de formation, de renforcement des capacités et d’éducation de Scientist Rebellion.
Plus d’informations sur : https://scientistrebellion.com
23.10.2022 à 18:37
« Scientists’ Warning: A Second Notice » : avertissement de 15 000 scientifiques du monde entier dans BioScience 25 ans après le premier appel, décembre 2017.
« Scientists’ Warning of a Climate Emergency » : avertissement de 11 000 scientifiques du monde entier dans BioScience, novembre 2019.
« Climat : "Nous en appelons aux décideurs politiques" » : tribune de 700 scientifiques français dans Libération, 7 septembre 2018.
« Facts about our ecological crisis are incontrovertible. We must take action » : appel de 94 scientifiques britanniques dans The Guardian, 26 octobre 2018.
« Act now to prevent an environmental catastrophe » : appel de 94 scientifiques, politiciens et activistes de tous pays dans The Guardian, 9 décembre 2018.
« Nous, scientifiques, ferons aussi la grève scolaire du 15 mars » : tribune de 260 universitaires suisses, français et belges dans Le Monde et Le Temps, 20 février 2019.
« La mobilisation mondiale du 15 mars, lancée par la jeunesse, doit nous interpeller et nous faire réagir » : tribune d'universitaires membres de l'Atécopol dans Le Monde, 5 mars 2019.
« Nous déclarons notre soutien à Extinction Rebellion » : lettre ouverte de 81 scientifiques suisses et 220 citoyens suisses dans Le Temps, 21 octobre 2019.
17.10.2022 à 02:00
À l’attention de :
Mme Christine Noiville, Directrice du Comité d’éthique du CNRS
M. Nicolas Arnaud, Directeur de l’Institut national des sciences de l’Univers du CNRS
M. Alain Schuhl, Directeur général délégué à la science et Président du Comité développement durable du CNRS
Objet : Lettre ouverte de demande de clarification du CNRS : campagnes polaires – Compagnie du Ponant
Madame, Messieurs,
En avril dernier, le collectif Scientifiques en rébellion appelait à saturer de fausses réponses un questionnaire initié par un ancien directeur de l’Institut Paul Émile Victor, Jérôme Chappellaz. À travers ce sondage, ce chercheur interrogeait la communauté des glaciologues, et au-delà, sur l’opportunité de campagnes scientifiques aux pôles financées par un opérateur de tourisme de luxe privé, la Compagnie du Ponant.
Par cette campagne de déstabilisation, le collectif Scientifiques en rébellion souhaitait dénoncer cette opération menée avec le consentement de l’Institut national des sciences de l’Univers (INSU) du CNRS et consistant, selon ce collectif, en une marchandisation des pôles sous couvert d’aide à la science. Pour l’armateur : une opération de « greenwashing » savamment orchestrée (puisque le navire prévoit des espaces dédiés à la recherche dès sa conception) avec une communication toujours tournée vers des records en inadéquation avec un faible impact environnemental. Pour les chercheur·euses : un « baiser de la mort ». En effet, soit par manque de moyens de la recherche publique1, soit par simple effet d’aubaine, ces dernier·es en viennent à cautionner, presque comme un mal nécessaire, les émissions de 250 tonnes équivalent CO2 par jour en mer ! Ces émissions étant principalement dues aux 245 croisiéristes privilégiés et riches (au minimum 10 000 € pour 10 nuits à bord), et aux 215 membres de l’équipage à leur service.
Depuis, le sujet a fait l’objet d’un article dans la revue Reporterre qui reprend une partie de nos arguments et prend également le temps de questionner des chercheur·euses, la direction du CNRS et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Le témoignage de M. Chappellaz en dit long sur l’état d’esprit d’une partie de la communauté de recherche française, bien au-delà du seul domaine de la glaciologie : « Soyons pragmatiques, dit-il à Reporterre. Le Commandant Charcot naviguera vers les pôles avec ou sans scientifiques. Sa clientèle aisée est le cœur de cible et elle s’y rendra de toute façon. Alors, tant que la science ne devient pas le prétexte pour organiser des expéditions avec des touristes, utilisons ce vecteur. » L’INSU, qui a donné son consentement à cette démarche, peut-il par son silence cautionner de tels propos ? Et quid du comité d’éthique et du comité développement durable du CNRS ?
Cette posture nous semble en effet largement condamnable d’un point de vue éthique. Reprendre un argument à courte vue, déjà éculé à propos des vols en avion, du type « de toute façon il décollera sans moi » comme justification à l’inaction climatique nous semble erroné, inacceptable voire complice2. Aller jusqu’à nier que la science soit un prétexte alors qu’elle est justement au cœur de l’approche marketing de la Compagnie du Ponant (comme en témoigne un croisiériste dans le reportage) confine au cynisme. La recherche publique sur les pôles attendra-t-elle que toute la glace de l’Arctique ait fondu, et que sa crédibilité auprès du public ait connu le même sort, pour cesser de s’associer à des opérations aussi irresponsables du point de vue climatique ? Commencera-t-elle alors seulement à se questionner sur la pertinence de ces recherches et missions, sur le rapport entre l’état actuel des connaissances, celles qui sont indispensables pour comprendre l’évolution de l’Antarctique et le « coût carbone » de ses activités ?
On serait en droit d’attendre du CNRS une posture ferme sur l’exploitation de la science à des fins de « greenwashing ». On serait en droit d’attendre que le CNRS questionne le bien-fondé d’une science à plus de 60 tonnes de CO2 par jour et par chercheur·euse3. On serait en droit d’attendre que le CNRS s’interroge sur le risque de conflit d’intérêt, dans la mesure où il semble que ces chercheur·euses bénéficient de conditions de résidence exceptionnelles à bord, voire d’une rémunération pour les conférences qu’ils ou elles peuvent y donner. L’intervention de Mme Daphné Buiron, médiatrice scientifique à bord du navire, indiquant que la compagnie « était aux petits soins pour chacun d’entre eux » ne lève pas ces doutes, bien au contraire.
Sur la plupart de ces questions, le CNRS n’apporte pas de réponse (voir annexe de l’article de Reporterre) et reste dans une stature faussement académique et distanciée. Quand bien même la science qui s’y fait à bord serait irréprochable et de très haut niveau, quand bien même les chercheur·euses n’y bénéficieraient d’aucun avantage spécifique, le CNRS peut-il pour autant cautionner de telles campagnes ? En ce sens, nous vous adressons la question posée par Reporterre au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (dont la réponse est, à proprement parler, inadmissible) : « Est-il acceptable [pour le ministère] que des chercheurs français fassent de la recherche sur un navire de tourisme, et que la présence des scientifiques à bord puisse participer à la communication de la compagnie de croisière qui l’opère ? ». Au-delà, peut-on faire de la recherche à n’importe quel impact carbone ? Si, après un examen rigoureux, transparent et éthique des impacts, il est jugé que l’intérêt scientifique des activités de recherche polaires justifie ses émissions carbone, c’est alors au CNRS et au ministère d’investir de manière conséquente pour leur financement.
Sur tous ces éléments, nous souhaiterions recevoir et transmettre à nos membres, et plus largement au public sensible à l’intégrité de la recherche publique française, une clarification de la part de l’INSU, du comité d’éthique et du Comité développement durable. L’INSU pourrait d’ailleurs utiliser le cadre de travail du groupement de recherche Labos1point5 (soutenu par l’INRAE et le CNRS) et les réflexions menées par de nombreux chercheur·euses pour clarifier sa position et avancer dans la formulation d’une éthique environnementale de la recherche.
Pour votre information, notre opération a été un succès avec l’interruption du questionnaire quelques heures à peine après le lancement de l’opération. Suite à cette interruption, finalement temporaire, nous avons mis en place une pétition pour que le monde de la recherche puisse continuer à manifester sa désapprobation. Malgré la durée de la campagne, quelques jours seulement, nous avons recueilli plus de 300 soutiens, dont nous pouvons vous faire suivre la liste sur simple demande. Cette campagne s’est par ailleurs étendue au grand public puisqu’elle a été relayée par Extinction Rebellion France.
Dans l’attente de vos retours, nous vous adressons nos respectueuses salutations,
Le collectif Scientifiques en rébellion
1 Voir à ce propos la récente tribune dans Le Monde : « Le futur de la recherche polaire en Antarctique est mis en danger par le projet de la loi de finances pour 2023 ».
2 Voir le point 3 de l’article de la revue Bon Pote pour le contre-argumentaire et cet article scientifique pour sa justification.
3 À titre d’illustration, l’Institut polaire Français (IPEV) a estimé des émissions à 32 tonnes de CO2 équivalent par scientifique et par an pour les missions polaires.
15.10.2022 à 02:00
Communiqué de presse international de Scientist Rebellion
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#UniteAgainstClimateFailure
Plus de 100 scientifiques et universitaires de 12 pays risqueront l’arrestation et l’emprisonnement en Allemagne à partir de ce week-end pour demander au gouvernement d’admettre qu’il n’est plus possible de limiter le réchauffement climatique en dessous de +1,5 °C.
Ces scientifiques sont membres du groupe d’action contre le dérèglement climatique Scientist Rebellion. Sous la bannière « Unite-Against-Climate-Failure », ces scientifiques prévoient une campagne de désobéissance civile non violente à Berlin et en Bavière à partir du 16 octobre.
L’Allemagne a été choisie en tant que pays influent au sein de l’Union européenne et l’un des pays les plus riches du monde. L’économie allemande a bénéficié plus que d’autres de la combustion d’énergies fossiles et de l’exploitation des ressources, mais elle n’arrive pas à respecter ses objectifs en matière de climat et de biodiversité.
La Dr Stella Nyambura Mbau, post-doctorante en développement durable et membre de Scientist Rebellion au Kenya, déclare : « L’action mondiale visant à réduire les émissions conformément à la trajectoire de 1,5 °C n’a jamais été suffisante. Et maintenant, il est trop tard. Refuser de l’admettre revient à ignorer les souffrances qui affectent déjà les pays du Sud. Plus de 20 millions de personnes (dont 10 millions d’enfants) risquent de mourir de faim dans la corne de l’Afrique à cause de l’une des pires périodes de sécheresse. »
Le Dr Peter Kalmus, climatologue américain et membre de Scientist Rebellion, déclare : « Je ne vois aucun signe que les dirigeants mondiaux se préparent à opérer les changements radicaux nécessaires pour limiter le réchauffement à 1,5 °C degrés. Il est temps de reconnaître devant au public qu’il n’y a pas de voie crédible pour rester en dessous de 1,5 °C, même si en termes scientifiques, cela reste géophysiquement possible. »
Promesses non tenues
Les gouvernements ne respectent pas l’engagement inscrit dans l’Accord de Paris de poursuivre les efforts pour rester en dessous de 1,5 °C de réchauffement. Les émissions mondiales atteindront un niveau record en 2021, alors que les gouvernements dépenseront davantage pour subventionner les combustibles fossiles en 2021 qu’en 2015, année de la signature de l’Accord de Paris.
Les chercheurs reconnus admettent qu’il n’existe pas de voie crédible vers les +1,5 °C. Le scénario le plus optimiste du GIEC pour rester sous la barre des +1,5 °C exige que les émissions mondiales atteignent un pic avant 2025 et soient réduites de 43 % d’ici 2030. Même dans ce cas, le seuil de +1,5 °C serait probablement dépassé au cours des dix prochaines années.
Avant sa campagne en Allemagne, Scientist Rebellion a sollicité près de 2 000 scientifiques, universitaires et personnalités reconnues dans l’étude du changement climatique. Tous et toutes ont été encouragé·es par Scientist Rebellion à contribuer à sensibiliser le public au fait que limiter le réchauffement à +1,5 °C est désormais peu plausible.
Descendre dans la rue
En Allemagne, Scientist Rebellion se mobilisera en collaboration avec les groupes d’action climatique Last Generation, Debt for Climate et End Fossil Occupy, sous la bannière Unite-Against-Climate-Failure. Cette coalition mènera dans une action de désobéissance civile non violente jusqu’à la fin du mois d’octobre. Les participants exigent du gouvernement allemand qu’il admette l’échec à limiter le réchauffement climatique en dessous de 1,5 °C et qu’il passe en mode d’urgence.
Au niveau mondial, Unite-Against-Climate-Failure demande au gouvernement allemand d’écrire immédiatement à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international pour demander l’annulation de toute la dette des pays du Sud, alors que le monde s’approche des +1,5 °C et au-delà. Cela faciliterait grandement leur transition vers un monde plus durable, contribuant à prévenir une nouvelle dégradation du climat.
En Allemagne, la coalition exige des mesures immédiates pour la décarbonation des transports, à travers i) l’introduction d’une limitation de vitesse sur les autoroutes allemandes, célèbres pour leur absence de limitation ; et ii) la pérennisation sans limite de durée du ticket à 9 € pour les transports publics, qui connaît un grand succès.
Des photos d’actions passées sur : https://drive.google.com/drive/folders/1Z7_qjEdmiC6f-rFkrr_WRG1iw3V1PDcj
À propos de Scientist Rebellion
Nous sommes un groupe d’action contre le dérèglement climatique qui compte plus de mille membres dans 32 pays. Nos membres vont de l’étudiant en sciences au professeur des Universités, dans des domaines scientifiques variés. Nous pensons tous que les scientifiques doivent mener des actions directes non violentes pour gagner en crédibilité. Lors des actions de désobéissance civile, nous nous identifions en portant des blouses de laboratoire.
Plus d’informations : https://scientistrebellion.com
15.10.2022 à 02:00
Dans plusieurs villes de France (Montpellier, Nice, Paris et Toulouse), des scientifiques ont participé ce weekend à des actions d’information du public et de désobéissance civile, au nom de la lutte contre la catastrophe environnementale et humaine en cours et à venir. Dans un texte de 4 pages, disponible sur le site du collectif Scientifiques en rébellion, ils expliquent leurs motivations, leur positionnement et leurs interrogations. Certaines de ces actions ont été menées en collaboration avec les collectifs citoyens ANV-COP21 – Alternatiba et Extinction Rebellion. Cette mobilisation des scientifiques en France s’est faite dans le sillage d’une tribune parue en Une du journal Le Monde en 2020, dans laquelle mille scientifiques appelaient à la désobéissance civile. En parallèle, en Allemagne, des scientifiques venu·es de toute l’Europe (dont certain.es de France) participent à l’appel du collectif Scientist Rebellion à une campagne d’actions de désobéissance civile intitulée « Unite Against Climate Failure » qui se déroulera jusqu’au 4 novembre. Les scientifiques appellent tout·es leurs collègues qui ont pris conscience de l’urgence climatique à les rejoindre pour amplifier la mobilisation.
À Nice, les scientifiques ont organisé samedi 15 octobre matin avec les collectifs ANV-COP 21, Extinction Rebellion et Alternatiba 06 une conférence-occupation festive et populaire sur le thème « Urgence climatique, inaction politique », devant la Maison des Grands Projets de la Ville de Nice. Une banderole « Climat, biodiversité : écoutons les scientifiques » a été déployée. Le but de l’action était de rappeler que l’atteinte des objectifs de réduction d’émissions de CO2 nécessitera des changements en profondeur de nos modes de vie, et qu’une priorité est de renoncer aux grands projets d’un autre temps fortement émetteurs de carbone. À Nice, l’extension du terminal 2 de l’aéroport et l’urbanisation massive de terres fertiles dans la plaine du Var représentent des symboles de l’aveuglement des politiques territoriales qui affichent des objectifs ambitieux de réduction d’émissions sans mettre en place de leviers efficaces de décarbonation et de sobriété. La conférence a réuni une cinquantaine de personnes, et des débats ont ensuite été menés avec le public pour faire émerger des propositions citoyennes alternatives pour une métropole neutre en carbone.
À Toulouse, vendredi 14 octobre matin, dix scientifiques, soutenus par les militants d’ANV-COP21, ont perturbé un événement co-organisé par Toulouse Métropole et le journal La Tribune : « Toulouse Zéro Carbone » (vidéo disponible en ligne; temps forts de l’action indiqués dans les commentaires de la vidéo). Les scientifiques ont demandé à pouvoir prendre la parole avant une table ronde à laquelle participait entre autres TotalEnergies et l’élu responsable du PCAET (Plan Climat Air Energie Territorial) de la ville. Une dizaine de diapositives ont été projetées, en rappelant notamment que les politiques mises en place actuellement, à toutes les échelles (internationale comme territoriale) nous conduisent vers une catastrophe environnementale. Les scientifiques ont souligné que l’une des priorités est d’arrêter les projets qui ne vont pas dans la bonne direction, pointant du doigt certains programmes d’aménagement locaux (routier, artificialisation des sols), et la politique de TotalEnergies d’ouvrir de nouveaux gisements fossiles. L’ouverture de nouvelles exploitations est en effet incompatible avec les budgets carbone permettant de limiter le réchauffement à +1,5 ou 2°C, et représente autant de « bombes climatiques », selon une expression utilisée dans des publications scientifiques. Les scientifiques ont conclu leurs interventions en demandant que trois questions soient posées au cours de la table ronde. Ils et elles ont notamment demandé aux intervenants de justifier leur maintien de projets incompatibles avec les objectifs climatiques et environnementaux. Les scientifiques ont également demandé à TotalEnergies de se positionner par rapport au soutien qu’il apporte à un Master dirigé par un scientifique contestant ouvertement la légitimité du GIEC, une affaire révélée dans le Canard enchaîné du 12 octobre 2022. Le représentant de TotalEnergies a contesté les conclusions du Canard Enchainé et affirmé travailler avec le scientifique en question « depuis 15 ans ». Après quelques minutes de table ronde, les scientifiques, considérant que les propos tenus par le représentant de TotalEnergies n’étaient pas sincères et ne répondaient pas à la problématique centrale de la poursuite de l’exploitation des énergies fossiles, se sont placé·es devant la scène avec des affiches indiquant « greenwashing », et ont quitté la salle.
À Paris, une conférence sauvage intitulée « Inaction climatique : défaite de la science» s’est tenue samedi 15 octobre à 14h au village des sciences de Sorbonne Université organisé pour la Fête de la science 2022. En s’invitant dans le programme, les scientifiques mobilisé·es voulaient dénoncer le décalage entre le thème choisi par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, « Réveil climatique », et l’insuffisance criante des mesures prises par le gouvernement pour répondre à l’urgence climatique. Kévin Jean, l’un des scientifiques organisateurs de cette action estime qu’« après plus de 40 ans d’alertes scientifiques ignorées par les décideurs, et alors que l’État français a été condamné en justice pour le non-respect des objectifs climatiques, mettre en avant le partage des connaissances comme réponse au défi climatique est scandaleux, on ne peut plus laisser passer ». Les scientifiques mobilisé·es ont détaillé cette incohérence au cours d’une série de prises de paroles de chercheur.es de différentes disciplines. Les scientifiques ont profité d’une table ronde pour interpeller les présentateur.ices météo Laurent Romejko (France 3) et Karine Durand (CNews) sur la responsabilité des médias ainsi qu’un collègue climatologue à propos de partenariats entre la recherche publique et TotalEnergies.
À Montpellier, une conférence sauvage samedi 15 octobre à 11h sur la place de la Comédie a mobilisé une quarantaine de scientifiques et une vingtaine de militant·es d’ANV-COP21 – Alternatiba, toutes et tous uni·es pour dénoncer l’inaction climatique. Les scientifiques, menant pour la plupart des recherches en écologie, évolution et agronomie, ont pris la parole pour rappeler les principaux résultats du GIEC et les chiffres de plus en plus alarmants sur l’effondrement de la biodiversité, avec le slogan « Alerte scientifique, crise climatique, urgence action publique ». Les militants d’ANV-COP21 – Alternatiba, sous la banderole « Urgence climatique : Écoutez les scientifiques » ont rejoint ce rassemblement après une action de désobéissance civile ciblant une agence BNP Paribas, en raison du financement par cette banque de nouvelles exploitations d’énergies fossiles.
Ces actions coordonnées entre scientifiques et autres citoyen·nes à l’échelle européenne visent à interpeller les dirigeants politiques afin que ces questions cruciales pour l’avenir de l’humanité et du vivant ne puissent plus être éludées.
Toulouse (Crédits : ANV-COP21 Toulouse)
Nice
Montpellier
Paris
14.10.2022 à 02:00
À Toulouse, dix scientifiques, soutenus par les militants d’ANV-COP21, ont perturbé un événement co-organisé par Toulouse Métropole et le journal La Tribune : « Toulouse Zéro Carbone », à laquelle participait entre autres TotalEnergies.
À Nice, une conférence-occupation festive et populaire s’est tenue sur le thème « Urgence climatique, inaction politique », devant la Maison des Grands Projets de la Ville de Nice, pour dénoncer notamment l’extension du terminal 2 de l’aéroport et l’urbanisation massive de terres fertiles dans la plaine du Var. Une banderole « Climat, biodiversité : écoutons les scientifiques » a été déployée.
À Montpellier, le 15 octobre, une conférence sauvage sur la place de la Comédie a mobilisé une quarantaine de scientifiques et une vingtaine de militant·es d’ANV-COP21 – Alternatiba, toutes et tous uni·es pour dénoncer l’inaction climatique, avec le slogan « Alerte scientifique, crise climatique, urgence action publique ».
À Paris, une conférence sauvage intitulée « Inaction climatique : défaite de la science » s’est tenue le 15 octobre au village des sciences de Sorbonne Université organisé à l’occasion de la Fête de la science 2022 pour dénoncer le décalage entre le thème choisi par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, « Réveil climatique », et l’insuffisance criante des mesures prises par le gouvernement pour répondre à l’urgence climatique.
Crédits photo : ANV-COP21 Toulouse
13.10.2022 à 02:00
Texte publié dans Le Club de Mediapart.
Nous sommes des membres de la communauté scientifique extrêmement alarmé·es par la catastrophe écologique en cours. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’initier ou participer à des actions de désobéissance civile en France en tant que scientifiques. Certain·es parmi nous ont décidé de participer aux actions du collectif international Scientist Rebellion, qui ont lieu en ce moment-même en Allemagne. D’autres ont décidé de mener des actions en France avec des collectifs citoyens comme Extinction Rebellion (XR) et ANV-COP21, que nous soutenons et avec qui nous collaborons activement. Nous appelons tous nos collègues scientifiques à nous rejoindre dans le cadre du collectif Scientifiques en rébellion pour amplifier ce mouvement de désobéissance qui ne cesse de se développer depuis quelques années dans le sillage de la tribune en Une du journal Le Monde signée en 2020 par plus de 1 000 scientifiques.
Les raisons de notre mobilisation
Les premières alertes des climatologues concernant les risques du réchauffement datent de plus de 50 ans déjà. Cependant, l’inquiétude de nos collègues s’est amplifiée ces dernières décennies au fur et à mesure que le consensus actuel sur l’origine anthropique du réchauffement se renforçait, que les conséquences du réchauffement devenaient plus clairement visibles, et que l’absence de réactions des puissances publiques hypothéquaient nos capacités d’atténuation et d’adaptation. Nous ne développerons pas ici l’argumentaire sur l’urgence climatique : tout est déjà décrit depuis longtemps dans les rapports du GIEC. Nous nous contenterons d’illustrer notre inquiétude par la figure présentée au gouvernement par notre collègue Valérie Masson-Delmotte le 31 août dernier. Ce graphique illustre le décalage entre les politiques publiques actuelles et la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre nécessaire pour respecter l’accord de Paris de 2015. Ce décalage contredit tous les discours d’auto-satisfaction qu’on retrouve à toutes les échelles (internationale, nationale, et locale), affirmant que tout est mis en œuvre pour réduire significativement nos émissions de gaz à effet de serre. Il en va de même pour les tentatives de préservation de la biodiversité, qui ne cesse d’être dégradée et détruite par les activités humaines : les objectifs sur la réduction des pesticides ou le « Zéro artificialisation nette des sols » ne sont pas plus respectés. Pire, les ravages qu’ils sont censés corriger se sont amplifiés.

Figure SPM.4 du 6e rapport du GIEC : Émissions mondiales de GES des trajectoires socio-économiques.
Face au chaos environnemental possible, et aux décennies d’inertie ou d’échec, la désobéissance civile s’impose pour des raisons qui ont déjà été exposées dans une récente tribune du journal Le Monde, à la suite de publications dans des revues scientifiques de premier plan comme Nature Climate Change ou The Lancet. Nous souhaitons ici développer plus spécifiquement certains aspects liés à la désobéissance civile de scientifiques. Notre décision « d’entrer » en désobéissance civile ne va pas de soi : elle soulève des questions complexes et génère au sein de notre mouvement des discussions et des débats, que nous préférons exposer publiquement. En effet, le statut de scientifiques nous impose une déontologie dont nous ne saurions nous défaire, fut-ce dans le cadre de la désobéissance civile : appuyer nos réflexions et analyses sur des connaissances et des études solides, questionner et éprouver ces savoirs, et surtout dire la vérité à nos concitoyen·nes qui nous font confiance et financent nos travaux et salaires par leurs impôts.
Comment parler avec justesse de la situation ?
Nos premiers doutes concernent la manière de parler à nos concitoyen·nes de la situation présente. Pas plus que n’importe qui, nous ne sommes capables de prévoir l’avenir. Néanmoins, beaucoup parmi nous ont passé ces dernières années à essayer d’appréhender la situation présente dans toute sa complexité et ses multiples dimensions (climatique, écologique, énergétique, technologique, sanitaire, sociale, politique, historique, …), tentant d’assembler patiemment une lanterne suffisamment puissante pour percer un tant soit peu le brouillard des futurs possibles. Les incertitudes restent nombreuses, en particulier en ce qui concerne de possibles points de bascule (tipping points) climatiques, écologiques et bio-géo-chimiques, ouvrant la possibilité d’événements encore plus catastrophiques que ceux actuellement anticipés. Mais l’incertitude « sociale » est peut-être encore plus forte : les choix politiques qui seront faits ou l’éventuelle montée de mouvements citoyens sont non modélisables et difficilement anticipables.
Beaucoup parmi nous pensent que nous allons tout droit vers un réchauffement climatique de +3°C ou plus dès la fin de ce siècle et que l’accord de Paris ne sera pas respecté, et de loin. Nous savons bien que ces chiffres ne sont pas suffisamment parlants pour la plupart de nos concitoyen·nes. Pour comparaison, la différence de température moyenne entre aujourd’hui et la dernière ère glaciaire (il y a plus de 10 000 ans) est de 6°C. Le réchauffement depuis s’est fait de manière très lente et progressive ce qui a permis à la biodiversité et à l’humanité de s’adapter. Les projections scientifiques permettent de mieux appréhender ce que +3°C en un temps si court signifient : une série de catastrophes qui mettront en péril les bases de nos sociétés et résulteront en des centaines de millions de morts. Peut-être plus, espérons-le moins, peut-être beaucoup plus. Peut-être le chaos et l’effondrement, qu’anticipent les trois quarts de nos collègues si nous continuons sur la trajectoire présente. Le pire n’est pas certain, mais il devient malheureusement de plus en plus probable au fur et à mesure que les années d’inaction passent.
Face à cela, que dire et que faire ? Nos collègues de Scientist Rebellion ont décidé d’axer leur campagne en Allemagne spécifiquement sur ce point : demander que les scientifiques spécialistes du climat reconnaissent publiquement qu’il est maintenant presque certain que le réchauffement dépassera largement les +1.5 °C. Le positionnement habituel des scientifiques serait plutôt de tourner les choses ainsi : « il nous reste une toute petite fenêtre pour réussir à rester en dessous de +1.5°C ». Cette phrase est techniquement juste car, si par une expérience de pensée, nous arrêtions de suite d’émettre tout gaz à effet de serre, nous respecterions probablement l’accord de Paris. Elle est néanmoins socialement et politiquement bien loin de ce qui se profile car il n’y a actuellement aucun signe que les différents acteurs se mettent subitement à jouer pleinement la partition qui devrait être la leur pour respecter l’accord de Paris. Les rapports du GIEC insistent sur la nécessité d’une transformation rapide, d’ampleur inédite et impliquant l’ensemble des acteurs dans une même direction. Pourtant nous n’assistons pas à un infléchissement à la hauteur : États et entreprises continuent une politique de croissance économique à tout prix sur fond de compétition internationale. Ce qui signifie que, en l’état, cette politique nous maintient sur une trajectoire menaçant clairement l’habitabilité de la planète.
Quelles propositions ?
Le deuxième point de discussion qui nous anime concerne des mesures politiques concrètes à envisager. Nous nous attendons à ce que, suite à nos actions passées et à venir, citoyen·nes et journalistes nous demandent quelles sont nos éventuelles « revendications » ou « mesures proposées ». Ce qui nous met dans une situation délicate. D’abord parce que, en tant que scientifiques, nous ne sommes pas habitué·es à prescrire. Nous pouvons essayer de comprendre des phénomènes, de restituer leur complexité, nous pouvons montrer les limites et les impasses de certaines pratiques, ou encore vérifier si des mesures sont alignées avec des ambitions, mais nous ne sommes pas en position de dire ce qu’il faudrait faire. Ensuite, parce que nous pensons que les transformations sociétales dont nous avons besoin pour limiter la catastrophe écologique doivent être débattues publiquement et démocratiquement, et qu’afficher une liste de mesures pourrait laisser penser que nous avons une appétence pour la technocratie, pour une « démocratie des expert·es », pour un modèle politique où les scientifiques murmurent à l’oreille des Princes·ses ou encore pour une société dans laquelle les scientifiques détiendraient un pouvoir politique spécifique. Ce qui, en l’occurrence, est loin d’être notre vision. Enfin parce que la question de ce qu’il faut faire est une question fondamentalement éthique et politique, c’est-à-dire qu’elle implique d’abord un débat sur les valeurs : à quoi tenons-nous vraiment et de quoi pouvons-nous nous passer ? Quelles sont nos conceptions de l’équité, de la justice, de la démocratie, du bien vivre ? Quelle place souhaitons-nous accorder au marché, à la propriété privée, à l’État, à la liberté de consommer ? De telles questions n’ont évidemment pas de réponse scientifique mais relèvent d’une délibération collective que nous appelons de nos vœux.
Prenons un exemple concret qui est régulièrement mis sur le devant de la scène : le transport aérien. Les spécialistes du sujet affirment qu’il est peu probable de pouvoir respecter l’accord de Paris sans une baisse plus ou moins forte du trafic (différente pour un objectif de +1.5°C ou de +2°C), à moins de décider de consacrer à l’avenir une part très importante de notre électricité au transport aérien, et de faire baisser plus vite que la moyenne d’autres activités. Mais cette baisse du trafic peut être induite par des mesures diverses en termes d’équité, de moyens nécessaires, d’impact économique, d’organisation, de philosophie, etc. Si nous dressions une liste de mesures possibles, piochées dans les propositions de différents acteurs de toutes sensibilités, nous pourrions y trouver par exemple i) une taxation élevée du kérosène, ii) l’arrêt de la publicité pour les voyages en avion, iii) un quota de production d’avions, iv) un quota des mouvements d’avions dans les aéroports, iv) la limitation des voyages aux raisons humanitaires et/ou d’affaire, v) des campagnes de communication gouvernementale appelant les citoyen·es à ne plus utiliser l’avion, vi) un quota de voyages par personne, vii) l’inclusion des voyages dans un projet global de quota carbone, viii) un voyage international offert par l’Etat à tous les citoyen·nes une fois dans leur vie, accompagné d’une année sabbatique, mais interdiction au-delà, ix) une nationalisation des compagnies aériennes et des constructeurs, l’aviation devenant un bien commun… et bien d’autres. Il n’est pas de notre ressort de choisir quelles sont les mesures adaptées. Il est par contre de notre devoir d’affirmer que, sans aucune mesure ciblée, le trafic ne baissera pas, rendant le respect de l’accord de Paris encore plus difficile, et que cela est suicidaire au vu de la situation. Il est également de notre ressort d’aider nos concitoyen·nes et les responsables politiques à comprendre pourquoi – par exemple – une baisse du trafic aérien est indispensable (ce qui est un peu technique à comprendre, mais pas du tout inaccessible), et d’aider à chiffrer ou estimer les conséquences d’éventuelles mesures. L’exemple que nous venons de prendre peut bien entendu être étendu à toutes les activités humaines : transport routier, logement, alimentation, industrie, et nos propres activités de recherche…
Tester de nouvelles formes démocratiques ?
Il est possible que des mesures à la hauteur des enjeux arrivent à être prises dans le cadre politique actuel, par exemple en se donnant les moyens d’appliquer les décisions, en faisant vivre les principes constitutionnels de la Charte pour l’environnement, etc. Néanmoins, nous constatons que les structures démocratiques et les modes de décision actuels sont en l’état inadaptés pour prendre les mesures qui permettraient de respecter nos objectifs climatiques et environnementaux. Cela tient notamment au décalage de temporalité entre les processus électoraux centrés sur le court terme et les enjeux qui concernent le long terme ou le très long terme. Ou encore à l’influence néfaste des intérêts particuliers qui favorisent dans chaque domaine le business as usual contre l’intérêt de la majorité des citoyen·nes, comme l’illustre le poids du lobby des énergies fossiles. Il est donc peut-être nécessaire d’imaginer et tester de nouvelles formes démocratiques qui seraient adaptées à la gravité de la crise à surmonter.
En tant que scientifiques, nous avons été fortement intéressé·es par le travail fourni par la Convention citoyenne sur le climat (CCC), bien que les mesures proposées, même si elles avaient été mises en place sérieusement (ce qui est loin d’être le cas), ne s’avéraient pas être suffisantes. Une possibilité à envisager pourrait être la création d’assemblées représentatives des citoyen.nes par tirage au sort, qui auraient pour mission, après un temps de formation suffisamment long pour pouvoir appréhender les enjeux dans toutes leur complexité, de décider quelles mesures concrètes doivent être mises en place pour respecter les objectifs européens de réduction des émissions, stopper la chute de la biodiversité et, plus généralement d’assurer une vie décente sur cette planète sur le long terme. Le précédent de la CCC a d’ailleurs bien illustré la pertinence de ce dispositif pour proposer des mesures largement acceptées par la population. De telles conventions pourraient avoir lieu à tous les échelons de décision politique. Inclure des représentant·es des générations futures ou des autres espèces vivantes au sein de telles conventions, pourrait également être une piste intéressante. Dans de telles assemblées, nous serions prêt·es à assumer un rôle de présentation la plus pédagogique et objective possible de l’état actuel des connaissances scientifiques, mettrions au service des citoyen·nes nos capacités de calcul et projections, et tenterions de répondre au mieux à leurs interrogations.
En en attendant ?
Tant que, d’une manière ou d’une autre, les États n’auront pas pris des mesures permettant d’éviter un cataclysme climatique, nos actions de désobéissance civile seront légitimes. Certes, mener une action précise, c’est prendre le risque de ne pouvoir parler que d’un aspect des enjeux en négligeant tous les autres et de passer à côté de leur complexité. Le risque existe également que le sens de notre action soit caricaturé ou déformé, ou que nous soyons attaqués et dénigrés. Mais même si nous préférerions rester tranquillement dans nos laboratoires, ce risque doit être pris. Cinq décennies d’alertes sans résultat, c’est bien trop ! Nous appelons tous nos collègues scientifiques conscient·es de l’urgence de la situation à nous rejoindre : loin de ternir notre crédibilité, nous considérons que nous lancer dans ces actions ne peut que renforcer la confiance que les citoyen·nes auront dans le contenu de nos messages.
Ce texte a été écrit collectivement par les membres de Scientifiques en rébellion ayant participé aux actions d’octobre 2022. Rejoignez-nous si vous êtes intéressé·e. Plus d’informations sont disponibles sur scientifiquesenrebellion.fr.
09.09.2022 à 02:00
Kévin Jean, Julia Steinberger, Jérôme Santolini
Tribune publiée dans le journal Le Monde le 9 septembre 2022.
L’image en a ébranlé plus d’un : le 6 avril dernier, le climatologue américain Peter Kalmus, enchainé à la porte d’une banque JP Morgan (premier investisseur dans les énergies fossiles), fond en larmes au cours d’un discours expliquant les motivations de son action. Devant le sentiment de voir les alertes scientifiques ignorées, il a décidé de s’engager dans une action de désobéissance civile. Dans les jours qui ont suivi, plus de 1200 scientifiques avaient participé à des actions de ce type dans 26 pays.
Depuis quelques années, la désobéissance civile est devenue un mode d’action auquel prennent part de plus en plus de scientifiques, en France comme ailleurs. Au point qu’il est devenu l’objet d’un nombre croissant de travaux académiques qui en ont interrogé la légitimité, les fondements éthiques, mais aussi l’efficacité.
En 2019, un article de la revue Lancet avait questionné les critères éthiques selon lesquels les actions de désobéissance civile de scientifiques pouvaient être légitime [1]. En se basant sur la théorie de la justice de Rawls, ses auteurs considèrent que cette tactique est justifiée dès lors qu’elle dénonce une situation injuste, si elle est utilisée en dernier recours, si elle est efficace, et si elle représente la forme d’action la moins dommageable compte tenu de la menace. La question de l’injustice du dérèglement climatique est aisée à trancher, tant on sait que ce sont les moins responsables du problème qui en subiront les pires conséquences. La notion de dernier recours fait elle non plus peu débat, tant les formes de mobilisation classique semblent épuisées : rapports scientifiques s’accumulant, marches climat se succédant sans traduction politique, plaidoyer auprès des décideurs faisant bien maigre poids face aux moyens colossaux des lobbies…
Le troisième critère mentionné dans l’article questionne l’efficacité de la désobéissance civile. Sur ce point, le dernier rapport du GIEC a souligné que les formes d’engagement tenant de la confrontation directe (boycott, manifestations, désobéissance civile) devenaient de plus en plus communes, et contribuaient à façonner les politiques climatiques [2]. Des travaux récents ont rapporté que des luttes contre des projets fossiles étaient plus fréquemment victorieuses lorsqu’elles reposaient sur la désobéissance civile [3]. Dans ce type d’actions, les scientifiques ont un rôle spécifique à jouer : c’est ce qu’une équipe de chercheur.es a récemment affirmé dans la revue Nature Climate Change [4]. Jouissant d’une position associée à un bon niveau de confiance au sein de la société, les scientifiques confèrent respectabilité et confiance à des demandes de changements de trajectoires. Loin de menacer leur crédibilité, de telles revendications pourraient même l’accroitre: plusieurs études suggèrent que les scientifiques apparaissent plus crédibles en agissant en accord avec les alertes écologiques qu’ils peuvent lancer. Il semble enfin que des messages portés par des actions à finalité altruiste présentant un certain risque personnel (de l’inconfort au risque physique) reçoivent un écho favorable auprès du public.
Le mauvais procès en rupture de neutralité
Or, selon un argument fréquemment opposé, un certain principe de neutralité requerrait que les scientifiques s’abstiennent d’intervenir dans le débat public, au risque de menacer leur intégrité. Cette interprétation du principe de neutralité repose bien souvent sur une lecture trop rapide de Max Weber. Il a été largement remis en question par l’épistémologie récente, qui considère que des sciences dépourvues de valeurs constituent un idéal illusoire, mais également peu désirable lorsque les savoirs produits peuvent avoir des implications sociales importantes. Plutôt que d’en appeler à une neutralité inaccessible – bien souvent mise en avant pour défendre un certain statu quo -, mieux vaut reconnaître que les valeurs sont inévitablement présentes dans le processus de recherche, et qu’elles peuvent et doivent être encadrées par la rigueur méthodologique. Allant même plus loin, le groupe de travail sur la recherche et l’engagement de l’université de Lausanne soulignait récemment les risques d’ un manque d’engagement pour la crédibilité des scientifiques [5].
Caractère injuste de la situation dénoncée, épuisement des autres modes d’action, efficacité au vu des risques et dommages engendrés : les critères justifiant la désobéissance civile semblent bien remplis. Reste qu’un 5ème critère était mis en avant dans l’article mentionné plus haut: la prise en compte de la différence dans les risques encourus. La désobéissance civile implique bien des risques différents en fonction du contexte social, professionnel et personnel. Ainsi, des personnes jouissant d’un statut social et professionnel favorisé, comme c’est le cas pour les scientifiques (du moins pour les non-précaires), auraient même un devoir de s’engager en première ligne pour le bien commun, quand d’autres, ne jouissant pas du même statut, s’exposeraient bien d’avantage par les mêmes actions.
Il est notable qu’en quelques années, un mode d’action jusque-là perçu comme radical ait été si rapidement accepté et légitimé par la communauté scientifique dans le cadre de l’urgence écologique et climatique, au point que certaines revues, comme la très sérieuse Lancet Planetary Health, en soient venues à appeler explicitement les scientifiques à rejoindre ce type de mobilisation [6], ou que certains articles appellent ouvertement les institutions scientifiques à reconnaître et à encourager cette forme d’expression [7].
Aujourd’hui, l’ensemble de la communauté académique, des scientifiques les plus engagés aux institutions les plus prestigieuses, s’accorde pour considérer que la situation exceptionnellement grave appelle des actions à la mesure des crises auxquelles nos sociétés sont confrontées. La désobéissance civile semble donc mériter sa place au sein de l’éventail des modes d’actions à mobiliser pour répondre sans délai à cet appel.
Kévin Jean est épidémiologiste, maître de conférences au Conservatoire national des arts et métiers (laboratoire MESuRS).
Julia Steinberger est chercheuse en sciences sociales du climat, professeure à l’Université de Lausanne.
Jérôme Santolini est biochimiste, directeur de recherche au CEA, responsable du Laboratoire Stress Oxydant et Détoxication au sein de l’Institut de Biologie Intégrative de la Cellule (UMR 9198).
RÉFÉRENCES
1. Bennett H, Macmillan A, Jones R, Blaiklock A, McMillan J. Should health professionals participate in civil disobedience in response to the climate change health emergency? The Lancet. 2020;395: 304–308. doi:10.1016/S0140-6736(19)32985-X
2. AR6 Climate Change 2022: Mitigation of Climate Change — IPCC. [cited 8 Sep 2022]. Available: https://www.ipcc.ch/report/sixth-assessment-report-working-group-3/
3. Thiri MA, Villamayor-Tomás S, Scheidel A, Demaria F. How social movements contribute to staying within the global carbon budget: Evidence from a qualitative meta-analysis of case studies. Ecological Economics. 2022;195: 107356. doi:10.1016/j.ecolecon.2022.107356
4. Capstick S, Thierry A, Cox E, Berglund O, Westlake S, Steinberger JK. Civil disobedience by scientists helps press for urgent climate action. Nat Clim Chang. 2022; 1–2. doi:10.1038/s41558-022-01461-y
5. Groupe de travail sur la recherche et l’engagement. L’engagement public des universitaires: Entre liberté académique et déontologie professionnelle. UNIL – Université de Lausanne; 2022 May. Available: https://www.unil.ch/centre-durabilite/fr/home/menuinst/recherche/recherche-et-engagement.html
6. The Lancet Planetary Health Editorial team. Walking the talk? The Lancet Planetary Health. 2022;6: e380. doi:10.1016/S2542-5196(22)00099-7
7. Gardner CJ, Thierry A, Rowlandson W, Steinberger JK. From Publications to Public Actions: The Role of Universities in Facilitating Academic Advocacy and Activism in the Climate and Ecological Emergency. Frontiers in Sustainability. 2021;2. Available: https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/frsus.2021.679019
26.04.2022 à 02:00
Le 26 avril 2022, des scientifiques en blouse blanche et des activistes déguisé·es en insectes ont participé à une murder party place Massena à Nice pour dénoncer la sixième extinction de masse.
11.04.2022 à 02:00
Dans la continuité de l’appel à la désobéissance civile face à la crise écologique lancé il y a deux ans par 1000 scientifiques à la une du journal Le Monde et de la mobilisation internationale de la semaine dernière largement reprise dans les médias, Scientifiques en rébellion a lancé une nouvelle action ce lundi 11 avril pour dénoncer la marchandisation des pôles sous couvert d’aide à la recherche scientifique.
Cette action, intitulée « Trollons massivement le questionnaire », consistait à répondre massivement à une consultation proposant à des chercheurs effectuant des missions aux pôles de servir de caution scientifique à des pratiques écologiquement néfastes et socialement inégalitaires en s’embarquant sur un yacht de luxe proposant des croisières à une poignée de privilégiés.
En tant que personnels de la recherche sensibilisés aux questions climatiques, nous nous devions de réagir. Cette association opportuniste entre un croisiériste et des chercheurs doit être vivement dénoncée. D’abord, elle souligne la défaillance de l’État pour financer des recherches qui sont pourtant fondamentales pour la compréhension des phénomènes climatiques. Des chercheurs se laissent donc tenter par des partenariats privés afin de pouvoir exercer leur métier.
Ensuite, parce qu’elle constitue une énorme opération de greenwashing : le croisiériste s’offre et offre à ses passagers un paravent de vertu en se faisant passer pour un contributeur à la recherche et indirectement à la lutte contre le dérèglement climatique alors que la pollution de ses navires y contribue largement. Le navire « Commandant Charcot », opéré par la Compagnie du Ponant, est un mastodonte des mers qui emporte à son bord 9 millions de litres de gaz naturel liquéfié. Il va en brûler en moyenne 200 000 litres par jour soit environ 260 tonnes de CO2 émises par jour ! En 2 jours, chacun·e des 245 passagers aura brûlé autant que le budget carbone annuel total qu’un·e Français·e aura le droit de dépenser en 2050 (2 tonnes : objectif des accords de Paris). Et en 10 jours, chacun·e aura brûlé l’équivalent de l’empreinte carbone actuelle d’un·e Français·e. Le tout pour un coût par passager de 10 000 €, qui en fait un loisir réservé à une petite élite écologiquement irresponsable.
L’opération a fonctionné au-delà de nos attentes puisqu’après à peine 1 heure, le formulaire a été clos. Nous poursuivons néanmoins l’action en demandant aux scientifiques rebelles de signer une pétition de soutien. Nous ferons alors remonter aux instances de la recherche (Ministère, CNRS, etc.) le nombre de participant·e·s.
Au-delà de cette opération coup de poing, il est grand temps de dénoncer le tourisme polaire, ainsi que l’avait fait le géographe Rémy Knafou dans une tribune au Monde en août 2021, et d’y mettre fin afin de protéger ces milieux fragiles déjà extrêmement affectés par le dérèglement climatique !
11.04.2022 à 02:00
Le 11 avril 2022, nous avons mené une action en ligne pour dénoncer la marchandisation des pôles sous couvert d’aide à la recherche scientifique. Cette action consistait à répondre massivement à une consultation proposant à des chercheurs effectuant des missions aux pôles de servir de caution scientifique à des pratiques écologiquement néfastes et socialement inégalitaires en s’embarquant sur un yacht de luxe proposant des croisières à une poignée de privilégiés. Ce faisant, la compagnie du Ponant s’offre et offre à ses passagers un paravent de vertu en se faisant passer pour un contributeur à la recherche et indirectement à la lutte contre le dérèglement climatique alors que la pollution de ses navires y contribue largement.
Le formulaire a été fermé rapidement après notre action, et notre pétition a reçu plus de 300 soutiens. Suite à notre lettre ouverte, le Comité d’éthique du CNRS s’est saisi de la question des « missions d’opportunité ».
09.04.2022 à 02:00
La nuit du 9 au 10 avril 2022, une trentaine de scientifiques ont occupé le Muséum national d’histoire naturelle à Paris et donné douze présentations pour que des mesures urgentes, radicales et nécessaires soient prises afin de limiter les conséquences des crises climatique et écologique en cours et à venir.
Des procès se sont tenus le 30 novembre 2023 et le 17 juin 2024 et ont abouti à une relaxe générale. Suite au second procès le tribunal a reconnu l'état de nécessité face au changement climatique, mais le parquet a fait appel.
06.10.2021 à 02:00
Tribune publiée dans Reporterre le 6 octobre 2021.
Jeudi 7 octobre, 7 activistes d’Alternatiba seront en procès à Bobigny suite à leur intrusion sur le tarmac de Roissy lors de la marche sur les aéroports du 3 octobre 2020. Parmi eux figure Jérôme Guilet, un scientifique engagé membre du Collectif de la rébellion scientifique. Lui aussi risque jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 18 000 € d’amende.
Pour dénoncer l’inaction politique face à la catastrophe écologique qui nous menace, notre collègue Jérôme Guilet a, comme nous, rejoint en février 2020 l’« Appel de 1 000 scientifiques à la désobéissance civile et au développement d’alternatives ». Comme nombre d’entre nous, mais sans doute avec encore plus de détermination, Jérôme a fait le choix d’incarner cet appel en s’exposant juridiquement et physiquement sur le terrain.
Le 13 mars 2020, suite à une action avec les Décrocheurs de portraits visant à faire le vrai bilan du quinquennat d’Emmanuel Macron en matière de climat, Jérôme a été interpellé en même temps que deux autres scientifiques signataires de l’appel et d’autres activistes, et a passé vingt-quatre heures en garde à vue, sans qu’aucune charge ne soit finalement reconnue contre lui.
Le 3 octobre 2020, Jérôme a participé à la Marche sur les Aéroports, organisée dans toute la France. Il a fait partie de l’équipe ayant fait irruption sur le tarmac de Roissy-CDG pour dénoncer l’absurdité du projet d’extension du Terminal 4, et plus largement pour inviter à remettre en question un secteur dont les prévisions de croissance sont incompatibles avec l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Pour cette dernière action, Jérôme sera en procès le 7 octobre prochain, avec six autres activistes. Ils et elles sont poursuivis pour « troubles aux fonctionnement des immeubles ou installations destinés à assurer le contrôle de la circulation des aéronefs […]» et risquent jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 18 000 € d’amende.
Cet engagement, Jérôme l’a pris en sa qualité de scientifique. Certes, Jérôme n’est pas climatologue – pas plus que la grande majorité d’entre nous – mais astrophysicien. Pour autant, en tant que scientifique, Jérôme peut apprécier pleinement la robustesse des preuves synthétisées par plusieurs milliers de ses collègues dans le dernier rapport du Giec ou le rapport de 2019 de l’IPBES. En tant que scientifique, il mesure pleinement le péril que nous font courir les gouvernant.es, qui ne misent actuellement que sur d’hypothétiques ruptures technologiques pour répondre à l’urgence climatique ; et le cynisme de secteurs industriels s’employant à retarder le plus possible l’action climatique pour maintenir des profits de court terme. Comme nous, Jérôme a fini par questionner le sens de travailler à construire des constats scientifiques, à documenter les effets des catastrophes en cours, si ce travail est ostensiblement ignoré par ceux et celles qui sont aux commandes, en dépit des mobilisations citoyennes.
Quel que soit le verdict du jugement du 7 octobre, nous nous tiendrons aux côtés de Jérôme et des six autres activistes qui sont poursuivis pour leur action en faveur du climat. Par ses actions, Jérôme a su incarner une forme de responsabilité des scientifiques que nous devrons continuer à faire vivre. Nous resterons mobilisé.es et présent.es pour de futures actions, en dépit des tentatives croissantes de judiciariser – voire criminaliser – les formes d’expression du mouvement climat. Nous continuerons, par notre travail scientifique, et en lien étroit avec la société civile, à mettre nos compétences aux services des transformations nécessaires à un avenir viable et désirable, afin de mettre les sciences au service d’une transition juste.
03.10.2020 à 02:00
Le 3 octobre 2020, des scientifiques ont participé aux Marches sur les aéroports dans plusieurs villes de France visant à dénoncer l’impact climatique du transport aérien au bénéfice d’une petite minorité. Cinq d’entre eux ont été arrêtés puis mis en garde à vue en même temps qu’une centaine de militant·es pour s’être introduit·es sur le tarmac et avoir empêché le décollage d’un avion. Notre collègue Jérôme Guilet a fait partie des personnes poursuivies en justice. Dans une tribune publiée dans Reporterre, près de 300 scientifiques ont déclaré leur solidarité avec son action.
Pendant que Jérôme était sur le tarmac, ses collègues déclaraient depuis l’aérogare occupée : « L’aviation prétendue verte par la magie de la compensation carbone ou de progrès techniques futurs est un mythe. Un mythe qui relève du dangereux mensonge s’il prétend nous dispenser de la nécessité de faire décroître le trafic aérien. À moins bien sûr de faire passer les trajets aériens d’une petite minorité avant les besoins fondamentaux de la majorité. »
Crédits photo : Alternatiba
15.03.2020 à 01:00
Angesichts der Tatenlosigkeit der Regierungen gegenüber der ökologischen undklimatischen Notlage rufen mehr als 1.000 Wissenschaftlerinnen und Wissenschaftler aller Disziplinen in der französischen Zeitung Le Monde die Bürgerinnen und Bürger zum zivilen Ungehorsam und zur Entwicklung von Alternativen auf. Sie fordern die politisch Verantwortlichen auf, unser Wirtschafts- und Produktionsmodell radikal zuändern und die Vorschläge des Bürgerkonvents zum Klimawandel ernst zu nehmen.
Dieser Aufruf ist von ähnlichen Erklärungen in The Guardian und Le Temps inspiriert.
Wir, die Unterzeichnenden, vertreten verschiedene Disziplinen und akademische Bereiche. Die Ansichten, die wir hier zum Ausdruck bringen, sind unsere eigenen und binden nicht die Institutionen, für die wir arbeiten. Was auch immer unsere Fachgebiete sind, wir alle teilen die gleiche Beobachtung: Jahrzehntelang waren die aufeinander folgenden Regierungen nicht in der Lage, starke und schnelle Maßnahmen zur Bewältigung der Klima- und Umweltkrise zu ergreifen, die sich von Tag zu Tag verschärft. Diese Trägheit kann nicht länger toleriert werden.
Die wissenschaftlichen Beobachtungen sind unbestreitbar, und vor unseren Augen spielen sich Katastrophen ab. Wir erleben das 6. Massenaussterben, mehrere Dutzend Arten verschwinden täglich, und die Umweltverschmutzung ist in jeder Hinsicht alarmierend (Kunststoffe, Pestizide, Nitrate, Schwermetalle ...).
Um nur vom Klima zu sprechen: Wir haben bereits einen Temperaturanstieg von mehr als 1°C gegenüber der vorindustriellen Zeit zu verzeichnen, und die CO2-Konzentration in der Atmosphäre war seit mehreren Millionen Jahren noch nie so hoch. Nach dem Bericht des Umwelt- und Entwicklungsprogramms der Vereinten Nationen (UNEP) 2019 zur Überwachung der Emissionen werden die Verpflichtungen der Länder im Rahmen des Pariser Abkommens von 2015 zu einer Erhöhung von mindestens 3°C bis 2100 führen.
Das Ziel, die Erwärmung auf unter 1,5°C zu begrenzen, ist nur dann erreichbar, wenn die globalen Emissionen um 7,6% pro Jahr reduziert werden, wohingegen sie in den letzten zehn Jahren um 1,5% pro Jahr gestiegen sind. Jedes zusätzliche Grad erhöht das Risiko, dass die Kipppunkte überschritten werden, was eine Kaskade irreversibler Folgen (Rückgang des Packeises, Auftauen des Permafrostes, Verlangsamung der Meeresströmungen usw.) zur Folge hätte. Die vorbereitenden Studien für den nächsten IPCC-Bericht (CNRS-CEA-Météo France) deuten darauf hin, dass frühere Berichte das Ausmaß der bereits im Gang befindlichen Veränderungen unterschätzt haben. Eine globale Erwärmung von mehr als 5°C kann nicht mehr ausgeschlossen werden, wenn der derzeitige rasante Anstieg der Treibhausgasemissionen anhält. Bei diesen Temperaturniveaus würde die Bewohnbarkeit Frankreichs durch Temperatur- und Feuchtigkeitsniveaus in Frage gestellt, die zum Tod durch Hyperthermie führen. Menschliche Gesellschaften können nicht weiterhin die Folgen ihrer Aktivitäten auf dem Planeten ignorieren, ohne die Folgen zu erleiden, wie viele Studien, die den wissenschaftlichen Konsens widerspiegeln, schon vor langer Zeit und jeden Tag deutlicher gezeigt haben. Wenn wir auf diesem Weg weitermachen, ist die Zukunft unserer Spezies düster.
Unsere Regierung macht sich in dieser Situation mitschuldig, indem sie das Vorsorgeprinzip vernachlässigt und nicht erkennt, dass unendliches Wachstum auf einem endlichen Planeten schlichtin eine Sackgasse führt. Die von ihr verteidigten Ziele des Wirtschaftswachstums stehen in völligem Gegensatz zu dem radikalen Wandel des Wirtschafts- und Produktionsmodells, der unverzüglich eingeleitet werden muss. Die derzeitige französische Politik in Bezug auf den Klimawandel und denSchutz der biologischen Vielfalt ist weit davon entfernt, den Herausforderungen und der Dringlichkeit, mit denen wir konfrontiert sind, gewachsen zu sein.
Weit davon entfernt, eine angebliche Opposition zwischen Ökologie und sozialer Gerechtigkeit zu bestätigen, hat die Bewegung der Gelbwesten zutreffend die Inkonsequenz und Heuchelei einer Politik kritisiert, die einerseits den Bürgerinnen und Bürgern Verzicht auferlegen will, während sie andererseits einen ungezügelten Konsumismus und einen ungerechten wirtschaftlichen Raubtierliberalismus fördert. Die weitere Förderung überflüssiger und energieintensiver Technologien wie 5G oder des autonomen Autos ist unverantwortlich in einer Zeit, in der sich unsere Lebensweise in Richtung größerer Genügsamkeit entwickeln muss und unsere kollektiven Anstrengungen auf den ökologischen und sozialen Übergang konzentriert werden müssen.
Das Fehlen von Ergebnissen dieser Politik liegt auf der Hand: Wie der Hohe Rat für Klimafragen feststellte, wurde das in der französischen nationalen Strategie für niedrige Kohlenstoffemissionen festgelegte Budget für Treibhausgasemissionen zwischen 2015 und 2018 nicht eingehalten. Trotz der guten Absichtserklärungen liegt der Pro-Kopf-Fußabdruck Frankreichs (einschließlich der importierten Emissionen) heute mit 11 Tonnen CO2-Äquivalent pro Einwohner und Jahr immer noch über dem Niveau von 1995, während er bis 2050 auf 2 Tonnen sinken dürfte.
Das nächste Jahrzehnt wird entscheidend dafür sein, das Ausmaß künftiger Störungen zu begrenzen. Wir lehnen es ab, dass die jungen Menschen von heute und zukünftige Generationen für die Folgen der beispiellosen Katastrophe, die wir vorbereiten und deren Auswirkungen bereits spürbar sind, bezahlen müssen. Wenn eine Regierung wissentlich ihre Verantwortung für den Schutz ihrer Bürger aufgibt, hat sie in ihrer wesentlichen Rolle versagt.
Daher rufen wir zur Teilnahme an den Aktionen des zivilen Ungehorsams auf, die von den Umweltbewegungen durchgeführt werden, seien es etablierte Organisationen (Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace...) oder jüngst entstandene (Action non violente COP21, Extinction Rebellion, Youth for Climate...).
Wir rufen alle Bürgerinnen und Bürger, einschließlich unserer Kolleginnen und Kollegen aus der Wissenschaft, zu Engagement auf, um von der Politik Taten zu fordern und das System ab heute von unten zu verändern. Durch individuelles Handeln, durch Zusammenschlüsse auf beruflicher oder lokaler Ebene (z.B. in Nachbarschaftskomitees) oder durch den Beitritt zu bestehenden Verbänden oder Bewegungen (Alternatiba, Cities in Transition, Territoriale Alternativen...) wird derSpielraum dafür geschaffen werden, Barrieren abzubauen und Alternativen zu entwickeln.
Wir fordern die Regierung auch auf, die Wahrheit über den Ernst und die Dringlichkeit der Situationzu sagen: Unser gegenwärtiger Lebensstil und das Wirtschaftswachstum sind nicht mit einer Begrenzung des Klimawandels auf ein akzeptables Niveau vereinbar. Wir fordern die nationalen und lokalen Politiker auf, unverzüglich Maßnahmen zu ergreifen, um den Kohlenstoff-Fußabdruck Frankreichs wirklich zu reduzieren und die Erosion der biologischen Vielfalt zu stoppen. Wir fordern auch die Exekutive und das Parlament auf, Umwelterfordernisse vor private Interessen zu stellen, indem sie die Vorschläge des Bürgerkonvents zum Klimawandel tatkräftig umsetzen, sein Mandat verlängern und ihm die Befugnis erteilen, ihre Umsetzung zu überwachen.
Joana Beigbeder, Enseignant-chercheur en science des matériaux, Institut Mines-Télecom – Mines Alès (IMT Mines Alès)
Frédéric Boone, Chercheur en astrophysique, Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP)
Milan Bouchet-Valat, Chercheur en sociologie, Institut national d’études démographiques (Ined)
Julian Carrey, Enseignant-chercheur en physique, Institut national des sciences appliquées de Toulouse (INSA Toulouse)
Agnès Ducharne, Chercheuse en climatologie, CNRS – Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL)
Tanguy Fardet, Chercheur post-doctorant en neurosciences computationnelles, Max Planck Institutefor Biological Cybernetics – Université de Tübingen
Kévin Jean, Enseignant-chercheur en épidémiologie, Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Jérôme Mariette, Ingénieur d’études en bioinformatique, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE)
Françoise Roques, Chercheuse en astrophysique, Observatoire de Paris
(Vielen Dank an Attac Deutschland für die Übersetzung.)
28.02.2020 à 01:00
Recognising governmental inaction in the face of the ecological and climatic emergency, more than 1,000 scientists from all disciplines call for citizens' civil disobedience and their development of alternatives in (top French newspaper) Le Monde. They urge political leaders to radically change our economic and production model and to take the proposals of the Citizens' Convention on Climate Change seriously.
This call is inspired by similar initiatives in The Guardian and Le Temps.
We, the undersigned, represent different disciplines and academic fields. The views we express here are our own and do not necessarily reflect those of the institutions for which we work. Whatever our areas of expertise, we all share the same observation: for decades, successive governments have been unable to implement strong and rapid action to address the climate and environmental crisis, which is becoming more urgent every day. This inertia can no longer be tolerated.
Scientific observations are indisputable and disasters are unfolding before our very eyes. We are experiencing the 6th mass extinction, several dozen species are disappearing every day, and pollution levels from all points of view are alarming (plastics, pesticides, nitrates, heavy metals...).
To speak only of the climate, we have already exceeded 1°C of additional temperature compared to the pre-industrial era and the concentration of CO2 in the atmosphere has never been so high for several million years. According to the United Nations Environment and Development Program's (UNEP) 2019 Emissions Gap Report, countries' commitments under the 2015 Paris Agreement put us on a trajectory of at least +3°C by 2100, assuming they are met. The objective of limiting warming below +1.5°C is now out of reach unless global emissions are reduced by 7.6% per year, whereas they have increased by 1.5% per year over the last ten years. Each additional degree increases the risk of exceeding tipping points, causing a cascade of irreversible consequences (ice pack collapse, thawing permafrost, slowing of ocean currents, etc.). The preparatory studies for the next IPCC report (CNRS-CEA-Météo France) suggest that previous reports have underestimated the extent of the changes already underway. Global warming of more than 5°C can no longer be excluded if the current runaway increase in greenhouse gas emissions continues. At these temperature levels, France's habitability would be called into question by temperature and humidity levels causing death by hyperthermia. Human societies cannot continue to ignore the consequences of their activities on the planet without suffering the consequences, as many studies reflecting the scientific consensus have shown long ago and more clearly every day. If we continue down this path, the future of our species is bleak.
Our government is complicit in this situation by neglecting the precautionary principle and failing to recognize that infinite growth on a finite planet is simply a dead end. The economic growth objectives it advocates are in total contradiction with the radical change that our economic and productive model must undergo without delay. Current French policies on climate change and biodiversity protection are far from being up to the challenges and urgency we are facing. Far from confirming an alleged opposition between ecology and social justice, the yellow vest movement has rightly denounced the inconsistency and hypocrisy of policies that would impose sobriety on citizens on the one hand, whilst promoting unbridled consumerism and unequal and predatory economic liberalism on the other. Continuing to promote superfluous and energy-intensive technologies such as 5G or the autonomous car is irresponsible at a time when our lifestyles must evolve towards greater frugality and when our collective efforts must be focused on the ecological and social transition.
The lack of results from this policy is obvious: as the High Council for Climate noted, the greenhouse gas emissions budget set by the French National Low Carbon Strategy was not respected between 2015 and 2018. Despite declarations of good intentions, France's per capita carbon footprint (including imported emissions) is still higher today than at its 1995 level, 11 tonnes of CO2 equivalent per inhabitant per year, whereas it is expected to fall to 2 tonnes by 2050.
The next decade will be decisive in limiting the scale of future disruptions. We refuse to let the young people of today and future generations pay for the consequences of the unprecedented disaster we are preparing for and whose effects are already being felt. When a government knowingly abdicates its responsibility to protect its citizens, it has failed in its essential role.
Consequently, we call for participation in the civil disobedience actions of environmental movements, whether historical (Friends of the Earth, Attac, Peasant Confederation, Greenpeace...) or more recently formed (Non-Violent Action COP21 (ANV-COP21), Extinction Rebellion, Youth for Climate...). We invite all citizens, including our scientific colleagues, to mobilise to demand action from our political leaders and to change the system from the bottom up today. By acting individually, by coming together at professional or local citizen levels (e.g. in neighbourhood committees), or by joining existing associations or movements (Alternatiba, Transition Network, Territorial Alternatives...), there will be room for manoeuvre to break down barriers and develop alternatives.
We also ask the public authorities to tell the truth about the gravity and urgency of the situation: our current lifestyle and economic growth are not compatible with limiting climate change to acceptable levels. We call on national and local politicians to take immediate action to truly reduce France's carbon footprint and stop the erosion of biodiversity. We also urge the executive power and Parliament to put environmental issues ahead of private interests by ambitiously implementing the proposals from the Citizens' Convention for Climate and extending its mandate to give it the power to monitor their implementation.
Joana Beigbeder, Associate professor in materials science, Institut Mines-Télecom - Mines Alès (IMT Mines Alès)
Frédéric Boone, Researcher in astrophysics, Institute for Research in Astrophysics and Planetology (IRAP)
Milan Bouchet-Valat, Researcher in sociology, National Institute for Demographic Studies (Ined)
Julian Carrey, Professor in physics, National Institute of Applied Sciences of Toulouse (INSA Toulouse)
Agnès Ducharne, Researcher in climatology, CNRS - Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL)
Tanguy Fardet, Post-doctoral researcher in computational neuroscience, Max Planck Institute for Biological Cybernetics - University of Tübingen
Kévin Jean, Associate professor in epidemiology, Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Jérôme Mariette, Engineers in bioinformatics, National Research Institute for Agriculture, Food and the Environment (INRAE)
Françoise Roques, Researcher in astrophysics, Paris Observatory
20.02.2020 à 01:00

Février 2020
Faisant le constat de l’inaction des gouvernements face à l’urgence écologique et climatique, plus de 1000 scientifiques de toutes disciplines, parmi lesquels une trentaine de médaillé·e·s du CNRS ou de l’Académie d’agriculture et plus de cent (ancien·ne·s) directrices ou directeurs d’unité, appellent dans Le Monde les citoyens à la désobéissance civile et au développement d’alternatives. Ils exhortent les responsables politiques à changer radicalement notre modèle économique et productif et à prendre au sérieux les propositions de la Convention citoyenne sur le climat.
Cet appel s’inspire de tribunes similaires dans The Guardian et Le Temps. Avec plus de 2000 signataires, il a donné lieu à la création du collectif Scientifiques en rébellion.
Nous, soussignés, représentons des disciplines et domaines académiques différents. Les vues que nous exprimons ici nous engagent et n’engagent pas les institutions pour lesquelles nous travaillons. Quels que soient nos domaines d’expertise, nous faisons tous le même constat : depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée.
Les observations scientifiques sont incontestables et les catastrophes se déroulent sous nos yeux. Nous sommes en train de vivre la 6e extinction de masse, plusieurs dizaines d’espèces disparaissent chaque jour, et les niveaux de pollution sont alarmants à tous points de vue (plastiques, pesticides, nitrates, métaux lourds…).
Pour ne parler que du climat, nous avons déjà dépassé le 1°C de température supplémentaire par rapport à l’ère préindustrielle, et la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée depuis plusieurs millions d’années. Selon le rapport de suivi des émissions 2019 du Programme des Nations unies pour l’environnement et le développement (PNUE), les engagements pris par les pays dans le cadre de l’accord de Paris de 2015 nous placent sur une trajectoire d’au moins +3°C d’ici 2100, et ce à supposer qu’ils soient respectés. L’objectif de limiter le réchauffement sous les +1,5°C est désormais hors d’atteinte à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6% par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5% par an au cours des dix dernières années. Chaque degré supplémentaire renforce le risque de dépasser des points de basculement provoquant une cascade de conséquences irréversibles (effondrement de la banquise, dégel du pergélisol, ralentissement des courants océaniques...). Les études préparatoires au prochain rapport du GIEC (CNRS-CEA-Météo France) suggèrent que les rapports précédents ont sous-estimé l’ampleur des changements déjà enclenchés. Un réchauffement global de plus de 5°C ne peut plus être exclu si l’emballement actuel des émissions de gaz à effet de serre se poursuit. À ces niveaux de température, l’habitabilité de la France serait remise en question par des niveaux de température et d’humidité provoquant le décès par hyperthermie.
Les sociétés humaines ne peuvent continuer à ignorer les conséquences de leurs activités sur la planète sans en subir les conséquences, comme l’ont montré de longue date et chaque jour plus clairement de nombreuses études reflétant le consensus scientifique. Si nous persistons dans cette voie, le futur de notre espèce est sombre.
Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse. Les objectifs de croissance économique qu’il défend sont en contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai. Les politiques françaises actuelles en matière climatique et de protection de la biodiversité sont très loin d’être à la hauteur des enjeux et de l’urgence auxquels nous faisons face. Loin de confirmer une prétendue opposition entre écologie et justice sociale, le mouvement des gilets jaunes a dénoncé à juste titre l’inconséquence et l’hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur. Continuer à promouvoir des technologies superflues et énergivores comme la 5G ou la voiture autonome est irresponsable à l’heure où nos modes de vie doivent évoluer vers plus de frugalité et où nos efforts collectifs doivent être concentrés sur la transition écologique et sociale.
L’absence de résultats de cette politique est patente : comme l’a relevé le Haut Conseil pour le climat, le budget d’émissions de gaz à effet de serre fixé par la Stratégie nationale bas carbone française n’a pas été respecté entre 2015 et 2018. En dépit des déclarations de bonnes intentions, l’empreinte carbone par habitant de la France (incluant les émissions importées) reste aujourd’hui encore supérieure à son niveau de 1995, à 11 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an, alors qu’elle doit descendre à 2 tonnes d’ici 2050.
La prochaine décennie sera décisive pour limiter l’ampleur des dérèglements à venir. Nous refusons que les jeunes d’aujourd’hui et les générations futures aient à payer les conséquences de la catastrophe sans précédent que nous sommes en train de préparer et dont les effets se font déjà ressentir. Lorsqu’un gouvernement renonce sciemment à sa responsabilité de protéger ses citoyens, il a échoué dans son rôle essentiel.
En conséquence, nous appelons à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes, qu’ils soient historiques (Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace...) ou formés plus récemment (Action non-violente COP21, Extinction Rebellion, Youth for Climate...). Nous invitons tous les citoyens, y compris nos collègues scientifiques, à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui. En agissant individuellement, en se rassemblant au niveau professionnel ou citoyen local (par exemple en comités de quartier), ou en rejoignant les associations ou mouvements existants (Alternatiba, Villes en transition, Alternatives territoriales...), des marges de manœuvre se dégageront pour faire sauter les verrous et développer des alternatives.
Nous demandons par ailleurs aux pouvoirs publics de dire la vérité concernant la gravité et l’urgence de la situation : notre mode de vie actuel et la croissance économique ne sont pas compatibles avec la limitation du dérèglement climatique à des niveaux acceptables. Nous appelons les responsables politiques nationaux comme locaux à prendre des mesures immédiates pour réduire véritablement l’empreinte carbone de la France et stopper l’érosion de la biodiversité. Nous exhortons également l’exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre.
Joana Beigbeder, Enseignant-chercheur en science des matériaux, Institut Mines-Télecom – Mines Alès (IMT Mines Alès)
Frédéric Boone, Chercheur en astrophysique, Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP)
Milan Bouchet-Valat, Chercheur en sociologie, Institut national d’études démographiques (Ined)
Julian Carrey, Enseignant-chercheur en physique, Institut national des sciences appliquées de Toulouse (INSA Toulouse)
Agnès Ducharne, Chercheuse en climatologie, CNRS – Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL)
Tanguy Fardet, Chercheur post-doctorant en neurosciences computationnelles, Max Planck Institute for Biological Cybernetics – Université de Tübingen
Kévin Jean, Enseignant-chercheur en épidémiologie, Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)
Jérôme Mariette, Ingénieur d’études en bioinformatique, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE)
Françoise Roques, Chercheuse en astrophysique, Observatoire de Paris
13.01.2020 à 01:00
Le 13 mars 2020, un mois après l’appel de 1000 scientifiques à la désobéissance civile, un groupe de signataires a joint les actes à la parole en participant à l’action Le vrai bilan de Macron organisée par ANV-COP21. Tout au long de la journée, des personnalités se sont rendues de l’Élysée et ont brandi des portraits du président Macron réquisitionnés dans des mairies pour dénoncer le décalage entre les discours d’Emmanuel Macron concernant l’écologie et les actes de son gouvernement.
« Quand les décideurs continuent à ignorer le mur vers lequel ils nos propulsent, les scientifiques ne peuvent plus se permettre de rester silencieux face à l’urgence et la gravité de la menace. Quel sens y a-t-il à travailler à construire des constats scientifiques, à documenter les effets des catastrophes en cours, si ce travail est ostensiblement ignoré par celles et ceux qui sont aux commandes ? Aujourd’hui, les scientifiques sortent de leurs laboratoires pour rejoindre la rébellion » ont déclaré Kévin Jean et Milan Bouchet-Valat avant d’être interpellés avec leur collègue Jérôme Guilet et de passer 24h en garde à vue, de même que d’autres personnalités.
Crédits photo : ANV-COP21