09.01.2026 à 01:00
La Cour d’appel de Paris a relaxé le 9 janvier 2026 4 scientifiques et activistes suite à une action menée au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), à Paris en 2022. Cette décision forte reconnaît la légitimité de la désobéissance civile face à la crise écologique. L’action d’avril 2022 à l’origine des poursuites est issue d’une collaboration entre Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion (XR). Elle se tenait symboliquement dans la galerie des fossiles du Muséum. Ce fut la première action de désobéissance civile organisée par des scientifiques en France.
La Cour d’appel de Paris a justifié la relaxe par la protection de la liberté d’expression. Cet arrêt fait suite à une audience tenue le 10 octobre 2025. Les personnes poursuivies contestaient les amendes de 5e classe qui leur avaient été infligées pour être resté·es après l’horaire de fermeture du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) à Paris le 9 avril 2022.
Il intervient après une relaxe en première instance au nom de l’état de nécessité. Le juge avait alors reconnu « l’imminence et l’actualité » de la menace ainsi que la proportionnalité entre l’action de désobéissance civile, qui n’avait occasionné aucun dégât matériel, et sa finalité. Mais le parquet avait fait appel de cette décision, comme il l’avait fait lors de précédentes décisions similaires (e.g. le décrochage des portraits d’Emmanuel Macron à Lyon, l’action d’Extinction Rebellion dénonçant l’agroindustrie à La Rochelle ou le blocage du port du Havre par des militant·es et des scientifiques).
Scientifiques en rébellion et Extinction Rebellion saluent cette nouvelle relaxe, qui vient reconnaître la légitimité de la désobéissance civile face à la crise écologique, dans un contexte où la répression des mobilisation se durcit en France et dans le monde, comme l’a dénoncé Michel Forst, rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs et défenseuses de l’environnement. Les deux collectifs regrettent cependant que la Cour d’appel de Paris n’ait pas confirmé l’état de nécessité, alors que l’effondrement de la biodiversité se poursuit à un rythme effréné et que l’urgence climatique s’impose comme une évidence au vu de la multiplication des catastrophes. Les moyens utilisés par les scientifiques étaient en rapport avec leur mission et la gravité de la menace : des conférences pour alerter.
Lors de cette action menée dans la soirée du 9 au 10 avril 2022, une trentaine de scientifiques et militant·es s’étaient installé·es dans une galerie du MNHN, pour alerter sur la perte de la biodiversité et la crise climatique au travers d’une conférence-occupation intitulée « La nuit de l’Extinction ». Au cours de cette occupation, commencée peu avant la fermeture du musée pour ne pas gêner le public, il n’y eut aucune dégradation ni violence mais une série de conférences sur le risque d’extinction de la biodiversité, retransmises en direct sur les réseaux sociaux, et une banderole où il était écrit que « Dire la vérité n’est pas un crime ». Les participants et participantes avaient quitté les lieux dans le calme à l’issue des présentations scientifiques.
Le parquet garde la possibilité de se pourvoir en cassation sous dix jours.
04.12.2025 à 01:00
Après deux jours d’audience, des amendes et un mois de prison avec sursis ont été requis à l’encontre de Jérôme Guilet, membre de Scientifiques en rébellion, et de 6 activistes des mouvement citoyens Action Justice Climat Paris (ex-Alternatiba Paris) et Non au Terminal 4, poursuivis pour s’être introduit·es sur le tarmac de l’aéroport de Roissy. Un moment particulièrement marquant de l'audience a été la diffusion d’une vidéo de l’humoriste Swann Périssé publiée en ligne le jour même : celle-ci répondait directement au parquet qui, lundi, avait utilisé son nom et son mode d’engagement contre les activistes. Le verdict est mis en délibéré et sera rendu le 16 mars 2026.
Au cours de la première journée d’audience, l’avocate générale a adopté une position particulièrement critique à l’égard de la désobéissance civile. Un échange soutenu s’est engagé pendant l’interrogatoire de Jérôme Guilet lorsqu’elle a cité l’exemple de l’humoriste Swann Périssé. Celle-ci a été présentée comme une figure de sensibilisation ayant adopté un mode de vie sobre et dont la visibilité sur les réseaux sociaux démontrerait l’inutilité et l’inefficacité de la désobéissance civile, puisqu’ « elle est beaucoup plus connue que vous ». Jérôme Guilet a d’abord rappelé l’existence de travaux académiques mesurant l’efficacité de la désobéissance civile dans l’histoire des mobilisations sociales. Alertée par une des prévenues de cette utilisation de son image, Swann Perissé a ensuite publié en ligne mercredi 3 décembre une vidéo en réaction qui a été diffusée dans la salle d’audience et dont voici un verbatim : « Je fais une petite story pour vous répondre madame la procureure : je suis POUR la désobéissance civile. J'y ai consacré plus d'une heure de spectacle dans une interview spectacle que j'ai faite avec Camille Etienne. Désobéir dans un contexte de crise climatique et de crise sociale, c'est légitime et c'est nécessaire. [...] C'est pas parce que je suis hilarante et sexy que tout le monde doit lutter en étant hilarant et sexy : heureusement qu'il y a des gens qui se bougent les fesses pour aller sur des [tarmacs], je suis pour la complémentarité des luttes. J'affirme tout mon soutien aux 7 activistes du procès qui ont fait ça de façon totalement pacifique, il faut du courage pour désobéir : force ! »
La réquisition de l'avocate générale a ensuite confirmé l'impression d’acharnement aveugle à l’encontre des activistes. Les prévenus sont poursuivis sur la base d’un article de loi initialement prévu pour lutter contre le terrorisme — une qualification qui n’a aucun rapport avec la nature de leur action. Lors du premier procès, il avait déjà été établi qu’aucun trouble aux installations aéroportuaires, telles que la tour de contrôle, n’avait été commis. Le parquet tente désormais de requalifier les faits en « tentative d’entrave à un aéronef ». Pourtant, l’action était strictement symbolique : les activistes se sont limités aux zones de parking, sans jamais approcher d’avions en mouvement, d’autant qu’en pleine période de Covid le trafic était presque inexistant. Preuve supplémentaire que la loi citée ne s’applique pas à ce type d’action : un an plus tard, les députés ont jugé nécessaire de voter un nouvel article de loi spécifiquement destiné à réprimer les intrusions d’activistes dans les aéroports. L’avocate générale a également requis la condamnation de deux activistes pour des dégradations… alors même que ces derniers n’ont rien dégradé, ce qui avait pourtant été reconnu par le parquet de première instance.
Après les témoignages sur la première journée d’audience de deux témoins scientifiques (la climatologue Elisabeth Michel, et Florian Simatos spécialiste de l’impact environnemental de l’aviation), la deuxième journée d’audience a été marquée par deux témoignages poignants : Anthony Viaux, ancien pilote de ligne reconverti, a expliqué comment son métier l’a placé en première ligne pour constater les conséquences du changement climatique sur la fonte des glaciers ou du Groenland ou l'augmentation d'événements extrêmes. Il expliqué son choix de se reconvertir par son refus d'être une partie du problème. Françoise Brochot a ensuite témoigné en tant que présidente de l'advocnar, association de riverains luttant contre les nuisances aériennes. Elle a témoigné de l'immense désespoir des citoyens prenant contact avec son association, pour qui la pollution sonore représente un harcèlement permanent, jour et nuit, pouvant aller jusqu'à provoquer des troubles dépressifs. Elle a aussi témoigné de l'absence de prise en compte de ce problème par les pouvoirs publics, qui continuent d'autoriser une augmentation des vols de nuit.
Enfin, les plaidoiries des avocats de la défense sont venues rappeler que les vrais coupables sont ceux qui défendent des projets climaticides. Chloé Saynac a ainsi comparé la volonté du parquet de condamner des activistes pour des dégradations à une situation où le procès de Guy Georges tournerait autour de la dégradation de sa chemise lors de son interpellation. Alexis Baudin a ensuite fait la démonstration juridique de l'état de nécessité dans lequel se trouvaient les activistes de faire cette action afin d’éviter un dommage bien plus grand.
Le 3 octobre 2020, 350 activistes ont protesté à Roissy contre le projet d’extension de l’aéroport, dont 135 directement sur le tarmac, dans le cadre de la « marche sur les aéroports », organisée dans toute la France. Jérôme Guilet avait fait partie de l’équipe ayant fait irruption sur le tarmac pour dénoncer l’absurdité du projet de terminal 4, et plus largement pour inviter à remettre en question un secteur dont les prévisions de croissance sont incompatibles avec l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Un premier procès en octobre 2021 avait abouti à la relaxe des activistes poursuivis, décision contestée par le procureur qui a fait appel. En février 2021, le gouvernement a abandonné le projet de terminal 4, le jugeant incompatible avec sa politique environnementale. ADP porte aujourd’hui un nouveau projet d’extension visant une augmentation du traffic. Une trentaine d’organisations contestent cette nouvelle extension et ont lancé une pétition, dénonçant la poursuite par l’État de projets contraires aux objectifs climatiques de l’Accord de Paris.
01.12.2025 à 01:00
Le 1er décembre, des membres du collectif Scientifiques en rébellion se sont rassemblé·es devant le Palais de Justice de Paris pour apporter leur soutien à leur collègue Jérôme Guilet, en procès pour avoir envahi un tarmac d’aéroport en 2020 pour dénoncer la croissance du trafic aérien. Une membre du collectif a pris la parole et rappelé la trajectoire insoutenable de l’industrie aéronautique et remercié Jérôme d’avoir fait le choix d’incarner les constats scientifiques en s’exposant juridiquement et physiquement sur le terrain. Le prévenu et ses six co-accusé·es risquent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 18 000 euros d’amende ». Le procès pourrait durer jusqu’à mercredi.
Lors de sa déclaration au cours du procès, Jérôme Guilet a déclaré : « Malgré les alertes des scientifiques, nous n’avons toujours pas engagé de transformation sérieuse de nos modes d’organisation et de nos modes de vie. Le progrès scientifique et technique est même souvent utilisé pour justifier ce statu quo en le présentant de façon fallacieuse comme une façon de résoudre la crise écologique. L’aviation en est un cas emblématique avec la mise en avant récurrente de l’avion à hydrogène ou électrique pour éviter la remise en question de la trajectoire actuelle de croissance. Cet argumentaire ne reflète absolument pas l’état actuel de nos connaissances. S’il existe un jour, l’avion à hydrogène ne suffira pas à résoudre le problème des émissions du secteur aérien notamment car il arrivera trop tard et nécessitera des quantités énormes d'électricité bas-carbone que nous sommes loin de pouvoir actuellement produire. Sa mise en avant répétée relève en fait d’une forme d’instrumentalisation de la recherche scientifique. Face à cela, en tant que scientifique, je suis convaincu que la neutralité n’est plus une option car elle reviendrait à cautionner cette utilisation néfaste de la science. Mes collègues du collectif Scientifiques en rébellion et moi-même considérons donc qu’il est de notre devoir de la dénoncer clairement et de nous opposer activement aux projets climaticides justifiés de la sorte. C’est pour cette raison que j’ai fait partie des cent activistes qui se sont rendus sur le tarmac de l’aéroport de Roissy et que j’y ai fait une prise de parole au nom du collectif Scientifiques en rébellion. Les faits scientifiques sont clairs : une augmentation du trafic aérien est incompatible avec la réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre nécessaire pour que le secteur aérien fasse sa part pour respecter l’accord de Paris. Dans ces conditions, le projet de construction du terminal 4 était d’une incroyable irresponsabilité. Il aurait entrainé une augmentation de 50% du trafic de Roissy, et aurait causé l’émission de 15 à 20 millions de tonnes de CO2 équivalents par an. Ces émissions contribuent à l’aggravation du changement climatique, ce qui est très grave mais peut paraître abstrait. Il est donc important de se rappeler que ce sont beaucoup de vies humaines qui sont en jeu. Bien qu’il soit difficile de quantifier le nombre de morts causées par le changement climatique, plusieurs études convergent vers l’estimation que l’émission de 4 000 tonnes de CO2 équivalent provoquera la mort d’une personne d’ici la fin du siècle. Ce chiffre signifie que chaque année d’utilisation du terminal 4 aurait été responsable d’environ 4 000 morts. Utilisé sur quelques décennies ce sont donc plus de 100 000 vies humaines qui étaient en jeu. Pour que nos discours soient crédibles, il faut que nos actes soient à la mesure de la gravité de ce que nous dénonçons. Quand l’enjeu est aussi important, que la sensibilisation, le dialogue, le discours rationnel, le plaidoyer politique, les pétitions, les manifestations n’ont pas fait bouger les lignes, alors il devient nécessaire d’aller plus loin et de faire des actions de désobéissance civile. Je ne fais pas ces actions en tant que citoyen isolé mais en tant que scientifique et membre du collectif Scientifiques en rébellion. »
Le 3 octobre 2020, Jérôme Guilet avait participé à la « marche sur les aéroports », organisée dans toute la France. Il avait fait partie de l’équipe ayant fait irruption sur le tarmac de Roissy-CDG pour dénoncer l’absurdité du projet d’extension du terminal 4, et plus largement pour inviter à remettre en question un secteur dont les prévisions de croissance sont incompatibles avec l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Pour cette dernière action, Jérôme Guilet est en procès avec six autres activistes. Ils et elles sont poursuivis pour « troubles au fonctionnement des immeubles ou installations destinés à assurer le contrôle de la circulation des aéronefs […] » et risquent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 18 000 euros d’amende. En 2021, des centaines de scientifiques avaient signé une tribune pour apporter leur soutien à leur collègue.
22.11.2025 à 01:00
Inaction climatique = futur catastrophique
Samedi 22 novembre 2025 – Place du Trocadéro – Paris – De 6h à 16h
Scientifiques en rébellion et l’Orchestre du nouveau monde ont mené une action de résistance contre les désastres climatique, écologique et social pendant 10h pour marquer les 10 ans de l’Accord de Paris (COP21).
Dès 6h, et jusqu’à 14h en continu, une cinquantaine de scientifiques se sont relayé·es pour faire entendre des textes importants, des textes qui rappellent les faits et convoquent les émotions. En blouses blanches, elles et ils ont défilé en cercle en portant une bombe symbolisant les méga projets d’énergies fossiles (« bombes carbone »). Chaque quart d’heure, au son d’un gong, elles et ils ont scandé les dates des 30 COP et la progression inexorable des émissions de gaz à effet de serre.
A partir de 14h, plus de 150 de scientifiques et ami·es, associé·es aux 50 musicien·nes de l’orchestre, ont joué en boucle le Dies Irae de Verdi, hymne de la colère et du jugement. Faisant entendre le souffle du vivant dans un monde à bout de respiration, transformant la place publique en un espace d’alerte et de résistance. Les Red Rebels d’Extinction Rebellion habillé·es en rouge pour symboliser le sang des espèces disparues ont accompagné l’action de leur chorégraphie.
« La musique classique doit être un allié des luttes climatiques. Nous sommes dans un moment de bascule. Aujourd’hui, le Dies Irae de Verdi, en latin “jour de colère, jour de vérité” est là pour être une caisse de résonances de scientifiques à bout de souffle. »
Etienne Jarrier, chef d’orchestre et co-fondateur de l’Orchestre du Nouveau Monde.
COP30 : 10 ans depuis l’Accord de Paris. Pourtant les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, le réchauffement climatique va dépasser le seuil critique de +1.5 °C, et les évènements extrêmes (canicules, inondations, sécheresses…) vont se multiplier.
10 ans depuis l’Accord de Paris de la COP21 qui devait marquer un tournant dans l’engagement des États pour limiter le changement climatique. Il s’inscrit dans une lignée de 30 ans de COP qui auront échoué à arrêter la catastrophe en cours : dix ans après, la perspective d’une augmentation de 3 °C des températures ne choque plus les pouvoirs publics, alors que ces conditions climatiques sont celles d’un monde invivable.
Ce n’est pas une fatalité ! Si les COP sont impuissantes, c’est le fait d’une minorité. Les représentants des États portent servilement la parole des intérêts privés et ignorent celle des citoyennes et des citoyens comme celle de la science. Faisons cesser les faux-semblants des dirigeants réunis aux COP, à commencer en France, où les déclarations d’engagement des pouvoirs publics sont à l’opposé des positions qu’ils tiennent aux COP. Bloquons les banques et industries fossiles qui investissent massivement dans de nouveaux gisements fossiles, véritables bombes climatiques.
10 h pour rappeler des faits. La méthode scientifique est fondée sur des observations rigoureuses dont l’analyse conduit à la production de faits objectivables et à la validation théorique. C’est la raison qui nous alerte depuis des décennies sur les catastrophes en cours, mais aussi sur les injustices qui les accompagnent : injustices entre classes sociales, injustices entre pays ; injustices entre les puissants responsables – 10 % des personnes les plus riches produisent plus de 50 % des émissions au niveau mondial – et les victimes du dérèglement climatique.
10 h aussi pour faire entendre des textes qui disent les émotions que l’observation et l’expérience de la catastrophe engendrent. 10 h pour partager ces émotions.
10 h pour s’obstiner à lire, dire, crier, contre la catastrophe ; pour résister à un système mortifère et un discours public de désinformation.
22.11.2025 à 01:00
Le 22 novembre 2025, Scientifiques en rébellion et l’Orchestre du nouveau monde ont mené une action de résistance contre les désastres climatique, écologique et social pendant 10h pour marquer les 10 ans de l’Accord de Paris (COP21) et la fin de la COP30.
Dès 6h, et jusqu’à 14h en continu, une cinquantaine de scientifiques se sont relayé·es pour faire entendre des textes importants, des textes qui rappellent les faits et convoquent les émotions. En blouses blanches, elles et ils ont défilé en cercle en portant une bombe symbolisant les méga projets d’énergies fossiles (« bombes carbone »). Chaque quart d’heure, au son d’un gong, elles et ils ont scandé les dates des 30 COP et la progression inexorable des émissions de gaz à effet de serre.
A partir de 14h, plus de 150 de scientifiques et ami·es, associé·es aux 50 musicien·nes de l’orchestre, ont joué en boucle le Dies Irae de Verdi, hymne de la colère et du jugement. Faisant entendre le souffle du vivant dans un monde à bout de respiration, transformant la place publique en un espace d’alerte et de résistance. Les Red Rebels d’Extinction Rebellion habillé·es en rouge pour symboliser le sang des espèces disparues ont accompagné l’action de leur chorégraphie.
19.11.2025 à 01:00
Samedi 22 novembre 2025 – Place du Trocadéro – Paris – De 6h à 16h – Point presse à 14h
Scientifiques en rébellion et l’Orchestre du nouveau monde mèneront une action de résistance contre les désastres climatique, écologique et social pendant 10h ! Dès 6h, et jusqu’à 14h en continu, nous, scientifiques, ferons entendre des textes importants, des textes qui rappellent les faits et convoquent les émotions. A partir de 14h, nous jouerons en boucle le Dies Irae de Verdi, hymne de la colère et du jugement. Faire entendre le souffle du vivant dans un monde à bout de respiration avec un chœur de plus de 100 scientifiques et ami·es, associé aux 50 musicien·nes de l’orchestre, transformant la place publique en un espace d’alerte et de résistance.
« La musique classique doit être un allié des luttes climatiques. Nous sommes dans un moment de bascule. Aujourd’hui, le Dies Irae de Verdi, en latin “jour de colère, jour de vérité” est là pour être une caisse de résonances de scientifiques à bout de souffle. »
Etienne Jarrier, chef d’orchestre et co-fondateur de l’Orchestre du Nouveau Monde.
COP30 : 10 ans depuis l’Accord de Paris. Pourtant les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, le réchauffement climatique va dépasser le seuil critique de +1,5°C, et les évènements extrêmes (canicules, inondations, sécheresses...) vont se multiplier.
10 ans depuis l’Accord de Paris de la COP21 qui devait marquer un tournant dans l’engagement des États pour limiter le changement climatique. Il s’inscrit dans une lignée de 30 ans de COP qui auront échoué à arrêter la catastrophe en cours: dix ans après, la perspective d’une augmentation de 3°C des températures ne choque plus les pouvoirs publics, alors que ces conditions climatiques sont celles d’un monde invivable.
Ce n’est pas une fatalité ! Si les COP sont impuissantes, c’est le fait d’une minorité. Les représentants des États portent servilement la parole des intérêts privés et ignorent celle des citoyennes et des citoyens comme celle de la science. Faisons cesser les faux-semblants des dirigeants réunis aux COP, à commencer en France, où les déclarations d’engagement des pouvoirs publics sont à l’opposé des positions qu’ils tiennent aux COP. Bloquons les banques et industries fossiles qui investissent massivement dans de nouveaux gisements fossiles, véritables bombes climatiques.
10h pour rappeler des faits. La méthode scientifique est fondée sur des observations rigoureuses dont l’analyse conduit à la production de faits objectivables et à la validation théorique. C’est la raison qui nous alerte depuis des décennies sur les catastrophes en cours, mais aussi sur les injustices qui les accompagnent : injustices entre classes sociales, injustices entre pays ; injustices entre les puissants responsables – 10% des personnes les plus riches produisent plus de 50% des émissions au niveau mondial – et les victimes du dérèglement climatique.
10h aussi pour faire entendre des textes qui disent les émotions que l’observation et l’expérience de la catastrophe engendrent. 10h pour partager ces émotions.
10h pour s’obstiner à lire, dire, crier, contre la catastrophe ; pour résister à un système mortifère et un discours public de désinformation.