14.01.2026 à 08:25
Thomas Beaufils
Chères lectrices, chers lecteurs, je vous souhaite une très bonne année 2026 🤗
Et je vous souhaite, aussi cliché que cela puisse sonner, une année 2026 avec plus d'humanité, et moins d'IA géné

Chères lectrices, chers lecteurs, je vous souhaite une très bonne année 2026 🤗
Et je vous souhaite, aussi cliché que cela puisse sonner, une année 2026 avec plus d'humanité, et moins d'IA générative.
C'est pour cela que j'ai d'ailleurs décidé de lancer l'année de Tales from the Tech avec un numéro qui ne parlera pas (ou si peu) d'intelligence artificielle.
Parce que je n'en peux plus de parler constamment de ça ici, et ailleurs.
Parce que je n'en peux plus de voir des pushs IA partout, même là où je l'attends le moins.
Parce que, pour citer cette comparaison accrocheuse lue ici : "l'IA aujourd'hui, c'est comme l'amiante hier. On en met partout, avec gourmandise. On consacrera demain des sommes folles et des efforts infinis pour dépolluer l'espace informationnel."
Et puis parce que, de toute façon, on arrêtera bientôt de parler d'IA générative pour parler de robots humanoides, paraît-il.
Et enfin parce que ChatGPT va bientôt mourir, d'après certains, et que Grok sera bientôt interdit si Musk continue dans cette direction.
Notez par ailleurs que, pour les 2 ans de cette infolettre (le 1er février prochain, déjà 😱) je vous prépare pas mal de choses... et notamment une nouvelle identité complète.
Se pourrait-il que cette édition de votre newsletter soit donc la dernière dans ce format ? Voilà qui est bien possible !
L'année s'annonce déjà absurde, alors autant se mettre au diapason 👀
Bonne lecture à toutes et tous !
Thomas 😇
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On peut dire que l'année 2026 aura commencé sous des auspices particulièrement tendues : J2, et Trump enlève un Président – qu'on l'aime ou pas, là n'est pas la question. Après quelques mythos de circonstances, lui et son aréopage ont rapidement admis que le but principal de la manoeuvre était depuis le début de mettre la main sur le pétrole vénézuélien. Ce qui ne va d'ailleurs sans doute pas avoir le résultat escompté, mais passons.
Back in the 80s, les états-uniens avaient au moins l'élégance de faire semblant d'en avoir quoi que ce soit à faire du droit international. Ils montaient donc des opérations "discrètes" made by CIA pour prendre le contrôle de pays et/ou renverser les leaders qui ne leur convenaient pas assez.
PS : la France a longtemps fait pareil en Afrique, alors restons humbles sur le sujet. D'autant que l'on reparle d'un "impérialisme américain", que nombre de représentants français, portant Napoléon aux nues, ne rechigneraient pas d'imiter. Back in the 1800s ?
Bref, j'arrive à mon point principal : l'année 2026 sera probablement la première d'une "Guerre Mondiale Extractiviste" qui dit enfin son nom. De l'Ukraine au Groenland, du Vénézuela à Gaza, de la RDC à Taiwan... ce n'est pas un combat pour la "démocratie", la "liberté", ou pour un quelconque système de valeurs sociétales ou religieuses.
Le seul combat qui prévaut est celui des ressources : le pétrole, donc, au Venezuela. Mais pas seulement :
"'C’est vrai que Trump s’illusionne parfois assez largement', confirme Cédric Philibert [chercheur associé à l’Institut français des relations internationales et ancien analyste à l’Agence internationale de l’énergie]. '*Rappelez-vous le cinéma insensé qu’il s’est fait sur les terres rares de l’Ukraine, alors qu’il n’y a pas et qu’il n’y a jamais eu d’exploitation de terres rares en Ukraine !' Le pays compte moins de 1% de ces ressources mondiales et l’institut de géologie des États-Unis ne répertorie même pas l’Ukraine parmi les pays qui ont des réserves de terres rares."
La prédation comme mode de conduite, voilà qui a toujours été la devise du capitalisme conquérant, il faut le dire. C'est vrai pour les ressources physiques, comme pour les ressources numériques. Mais plus on se rapproche de la fin cahotante du modèle capitaliste, plus les ressources à s'accaparer se raréfient, et plus cette guerre extractiviste se fait / se fera intense. Un "néo-colonialisme tech" qui dépasse même le sujet de ressources, d'ailleurs.
Une connexion doit se faire alors : c'est la bulle de l'IA générative et la forme insolente (et en trompe-l'oeil) des "Magnificent 7" en bourse qui maintiennent l'économie américaine piteusement à flot. Voilà qui sauve pour le moment le "bilan" économique de Trump.
On se rend alors compte d'une chose simple : si tous les patrons de la big tech cirent les pompes de Trump pour s'éviter des problèmes, Trump n'est sans doute pas tellement plus indépendant de ces géants, et ira faire ce qu'il faut pour leur donner la matière nécessaire à leur développement, aussi néfaste soit-il.
Cela aurait-il été différent avec les Démocrates institutionnels type Harris ou Biden à la tête du pays ? Pour la méthode, sans doute. Pour le reste ? Je n'en suis pas si sûr.
Cet état de fait doit nous amener à nous poser deux questions :
Si les états-uniens et les russes ont une si grande emprise sur nous, c'est précisément parce que nous dépendons d'eux sur les points susmentionnés.
La souveraineté numérique ? Nous en avons déjà souvent parlé dans TFTT, notamment au moment de la réélection de Trump. Cela reste plus que jamais d'actualité. D'ailleurs, le super guide sur le sujet (en anglais) de Paris Marx a été mis à jour au vu du contexte.
La limitation de nos consommations de matières et de flux énergétiques. Ma foi, cela peut passer par la low-tech. Alors je vous donne...

Et oui, la démarche low-tech (dont on a déjà parlé dans TFTT) est un autre sujet qui me tient à coeur. Et cela notamment au travers du projet Lowreka ; qui vous souhaite d'ailleurs lui aussi une bonne année ;)
Quelles sont les nouvelles de ce côté ?
Je crois vraiment que la low-tech (ou les "technologies douces") va, avec d'autres sujets associés au concept de robustesse dans le contexte que nous connaissons, connaître un grand succès en 2026.
Déjà parce qu'elle fait appelle à des notions astucieuses qui plaisent, alors que plus que jamais les concepts Do-It-Yourself et débrouillards attirent. On peut citer le passage récent des copains de Regenbox au JT de TF1 ; on ne peut pas faire beaucoup plus mainstream que ça, en France. Vous ne connaissez pas la Regenbox ? Pas de panique, mais accrochez-vous, c'est génial.
Ensuite, parce qu'elle monopolise des imaginaires positifs, qui nous permettent d'envisager un avenir plus radieux que ce que le contexte du moment pourrait nous laisser penser. J'ai ainsi eu le plaisir de mener, avec le dessinateur solarpunk Dustin Jacobus, un travail prospectif dont vous trouverez le résultat ci-dessous. Je vous laisse découvrir plus de détails ici, si le sujet vous plaît.

PS : si vous avez besoin de ressources sur la démarche low-tech, on complète ici avec mes acolytes de Lowreka un corpus varié qui couvre, on l'espère en tout cas, la démarche dans sa globalité. N'hésitez pas à jeter un oeil à cette Bibli-lowtech 🤗

Saviez-vous que Christelle Morançais, présidente de la Région Pays de Loire et grande pourfendeuse des dépenses pour la culture, préférait à cette dernière investir dans des médias tous beaux, tous neufs... et surtout très droite-compatible ? Du trumpisme à la française, tout bonnement.
👉 Mon article sur Medium.

Et savez-vous pourquoi Nicolas Sarkozy a choisi Guillaume Pley 💩 pour sa seule interview post-zonzon ? Parce que ce "journaliste" n'allait évidemment lui poser aucune question gênante, certes oui. Mais peut-être aussi parce que derrière son podcast, Legend, il y a l'agence Influx, dirigée par Manuel Diaz. Nul autre que l'ancien responsable numérique de la campagne 2007 de... Nicolas Sarkozy. Que le monde des trouducs est petit, c'est formidable !
👉 Mon (court) thread sur le sujet, inspiré par la vidéo de Blast sur Pley.
Qu'on le veuille ou non, la guerre contre la Russie a déjà commencé. Mais n'en déplaise aux rêves moites de nos généraux, le combat soldat contre soldat sur champ de bataille n'est pas pour demain. La baston sera d'abord numérique, et touchera des structures aussi pacifistes que... La Poste.
Enfin : le techno-solutionnisme se porte bien, merci pour lui. Vous trouverez que le film Geostorm avec Gerard Butler était complètement con ? Vous aviez raison, mais les gars derrière l'entreprise Stardust Solutions le sont peut-être encore plus, comme l'évoque un post du chercheur en sciences du climat Nelson Noumbissi.

Pas de réco ce mois-ci, mais un très beau meme qui pose une question fondamentale :
Si vous avez encore un compte sur X, vous attendez quoi pour le supprimer, en fait ? Que cette plateforme soit devenue une usine à monétiser du deepfake porno ? Oh wait...

Voilà, c'est tout pour ce numéro 22... et c'est déjà pas mal !
On se retrouve dès le 1er février, où je vous en dirai plus sur le futur de cette newsletter :)
D'ici là, n'hésitez pas à partager le format autour de vous (cela me ferait très plaisir) et à me faire part de vos retours (qu'ils me fassent plaisir ou pas).
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Merci à toutes et tous,
Thomas ✊
PS : Tales from the Tech est garanti sans IA générative, pas sans fautes
21.12.2025 à 09:49
Thomas Beaufils
Nous y voici, cher‧es abonné‧es ! Aujourd'hui c'est le solstice d'hiver, l'année tire presque sa révérence, et ceci est votre dernier numéro de Tales from the Tech pour 2025 🤗

Nous y voici, cher‧es abonné‧es ! Aujourd'hui c'est le solstice d'hiver, l'année tire presque sa révérence, et ceci est votre dernier numéro de Tales from the Tech pour 2025 🤗
Nous y aurons BEAUCOUP parlé d'IA générative, et ce 21ème numéro de TFTT ne fera pas exception. Difficile de faire autrement, tant nous eu aurons toutes et tous parlé, à tort ou à raison, à tort et à travers.
Il est d'ailleurs probable que vous en parliez aussi pendant vos repas de noël, entre fromage et dessert, l'esprit aviné, ce qui promet des débats passionnants et sourcés, à n'en point douter !
Je vous fais donc une confidence pour 2026 : je prépare un numéro de janvier garanti 100% sans IA ! Je parle du contenu, bien entendu. Car il va sans dire que la rédaction de TFTT est depuis toujours garantie 100% sans IA, et voilà une chose qui ne changera jamais 👌
En attendant, je vous souhaite à toutes et tous de très belles fêtes et vous remercie comme toujours de votre lecture !
Thomas
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Il n'y a pas beaucoup d'arguments en provenance des "AI enthusiasts" qui m'énervent plus que celui-ci : "ChatGPT, c'est un outils génial pour mieux inclure les populations marginalisées." Les pauvres et les minorités, en substance.
Dans l'esprit techno-solutionniste des individus qui poussent ce narratif, l'IA générative ouvrirait ainsi à la plèbe l'accès à un savoir par ailleurs trop compliqué à obtenir via les sphères éducatives auxquelles elle peut aujourd'hui prétendre. Ces outils magiques lui ouvriraient des possibilités créatives inatteignables jusqu'ici : écriture, vidéo, musique, etc.
Quand vous opposez à ces arguments vos critiques sur cette IA générative, la réponse se veut cinglante : tu n'as donc pas envie que les défavorisés aussi puissent bénéficier de la toute puissance de la technologie moderne et du savoir disponible en ligne ? Ne serais-tu finalement pas qu'un petit bourgeois qui a peur de perdre tes acquis ?
Si vous vivez en France, et accessoirement pas dans une cave, il est probable que ces arguments vous en rappellent certains autres, balancés sur tous les plateaux télé par un groupe de gens peu recommandables : les représentants et partenaires en France de Shein, la marque chinoise d'ultra fast fashion.
Et bien je répondrai la même chose aux sbires de Shein et aux AI enthusiasts se rêvant en héros du peuple : vous êtes de bien piètres défenseurs des "populations marginalisées".
Faire société en incluant les personnes marginalisées parce que pauvres ou issues de minorités, quelles qu'elles soient, ce n'est pas leur refiler une version plus merdique de ce à quoi les favorisés ont accès. Explications.
Shein et sa "fashion" pour les pauvres existe à quel prix ? Produits non homologués et donc dangereux (sans parler de dérives plus graves encore qui ont fait du bruit médtiauement), terribles conditions de fabrication, impact environnemental démentiel... Je laisse notamment l'excellent Féris Barkat en parler mieux que moi. On pourrait aussi parler d'autres acteurs comme Temu ou Primark.
Et qu'en est-il du côté de l'IA générative en tant que solution magique à l'inclusion, maintenant ?
Il faut donc être clair : cette approche de l'inclusion par les LLM, si elle peut être abordée en toute bonne foi par certain‧es, c'est simplement le (techno-)capitalisme qui trouve une nouvelle manière de justifier la course à la croissance et aux profits. Qui nous explique qu'il est la solution et que les états n'en sont pas une. Que financer publiquement l'éducation et la culture ne servira bientôt plus à rien.
Ce qui se dessine ainsi, c'est la fin d'une vision européenne basée sur la redistribution, la régulation des acteurs économiques et l'état providence. Une vision que nationalistes et droites conservatrices enterrent avec délectation ces jours-ci au sein des différentes instances continentales, sous les applaudissements feutrés des Trump, Poutine et Xi Jinping.
À mes yeux, plus que jamais, rejeter l'IA générative n'est donc pas un acte moral, mais un acte politique.
Ce qui n'empêche pas d'être lucide : c'est aussi un acte de privilégié.
Car encore faut-il pouvoir se permettre ce rejet, quand la vague de l'IA générative vous est présentée comme inéluctable. Quand la pression sur les populations (marginalisées ou non) pour utiliser ces outils, à l'école, au travail et partout ailleurs, est réelle.
Et encore faut-il pouvoir proposer des alternatives de qualité, sur les pans éducatifs et culturels notamment. Ce qui n'est pas gagné quand on voit les priorités gouvernementales, en France notamment.
Aussi tentant que cela soit ― pour moi notamment, je ne le cache pas ― le débat ne se situe donc sans doute pas au niveau individuel, et en tout cas pas seulement dans une forme de culpabilisation face à l'utilisation que tout un chacun fait de l'IA générative.
En lieu et place, l'approche techno-critique se doit de continuer à éduquer à la tech, à ses risques, aux forces en présence et aux alternatives existantes. Ces dernières étant présentes au sein-même et en dehors de sphères de l'IA générative.
Car si un rejet de l'IA générative existe dans certaines parties de la société, probablement déjà éduquées aux risques de la tech (comme pour les écrans, comparaison évidente), le risque est grand de voir une partie de la population ne plus interfacer le monde qu'au travers de LLM. Et les théories datées sur les "bulles de filtre" supposément induites par les réseaux sociaux nous apparaitront alors comme de bien petites problématiques.
Or, les fossés, divisions et dissensions au sein des 99% que nous sommes ne pourront qu'arranger le jeu des 1% qui nous poussent aujourd'hui l'IA générative au fond de la gorge, à coups d'emojis ✨.
L'année 2026 sera déterminante pour décider de quelle société nous voulons. Et l'espoir d'un monde plus humain et moins généré demeure, alors que la bulle dégonfle, que Frédéric Merlin est dans la sauce, et que nous avons encore notre destin politique en mains.

Pendant ce temps, il n'y a pas que les 1% qui se mettent à l'IA générative, car voici qu'arrivent sur ce terrain des acteurs assez inattendus...
Bon, il y'en a qui font ça à peu près bien, comme Infomaniak (la suite de services que j'utilise pour ma vie perso) : en open source et avec quelques spécificités intéressantes sur l'enjeu de l'impact environnemental. Nous parlions au-dessus d'alternatives aux gros de l'IA générative, en voici peut-être une. Même si, perso, j'aimerais qu'ils produisent leurs efforts ailleurs :3
Mais passons, car il y a pire : Ecosia, le moteur de recherche "eco-friendly" qui plante des arbres, se lance donc dans l'IA... Je ne pensais pas devoir écrire un truc pareil un jour. Je ne suis pas le seul à être très surpris de ce choix stratégique.
D'autant que l'entreprise allemande a décidé d'utiliser GPT-4.1 et donc le boulot merdeux d'Open AI, quand l'entreprise aurait pu a minima se baser sur des modèles plus "vertueux" et souverains. Le tout en annonçant proposer l'IA "la plus green du monde", et ça sans aucune preuve pour corroborer cette affirmation tout de même puissante. WTF.
Heureusement, quand même Ecosia se met à parler d'IA avec pour seul argument "tout le monde le fait alors nous aussi" (NB : Firefox vient aussi de l'annoncer 🙄)... l'équipe de mon navigateur préféré, j'ai nommé Vivaldi, n'en a rien à foutre. Et ça me régale !

Une nouvelle révélée par le média QG en date du 20 novembre dernier a bien trop peu fait parler à mon goût. Le sujet ? Le comportement de Jean de la Rochebrochard. Un nom qui fleure bon la méritocratie.
C'est qui ? (Moi non plus je ne le savais pas avant de lire l'article). C'est le boss de l'un des plus gros fonds d'investissements français dans la tech, et un grand business-copain de Xavier Niel.
Or, de la Rochebrochard aurait une méthode pour le moins particulière pour sélectionner les projets à financer, du moins quand ils sont dirigés par des femmes : séances de pitch transformées en piège dans des chambres d'hôtel, et accusations de viol et d'agressions sexuelles à la clé.
Il est sans doute un peu tôt pour parler de "Me Too de la Tech" comme le fait l'article au vu du peu d'écho de cette annonce (ce qui interroge) et l'isolement du cas ; alors même qu'un boys club comme la tech, en France comme ailleurs, ne doit pas manquer de matière première...
On peut en tout cas noter une chose : Xavier Niel, qui a fait fortune grâce au minitel rose, à l'habitude de s'entourer d'individus masculins fort peu recommandables. Rappelons ainsi l'affaire Sadirac au sein de l'école 42, que Niel a fondé.
Le deuxième événement dédié à l'IA voulu par Macron, Adopt AI, se tenait à Paris il y a quelques semaines. Et on y a beaucoup plus laissé parler des représentants des géants des énergies fossiles que des spécialistes de l'éthique ou de l'impact de l'IA, sans surprise. C'est ce que relate le toujours excellent James Martin ici.
C'est l'occasion de vous repousser l'interview de Will Alpine que j'avais réalisé il y a quelques mois, autour du rôle des big tech (et notamment de Microsoft) dans le maintien en vie de ces néfastes consortiums.
Vision de la liberté d'expression à géométrie variable, épisode 7463 :
Le Guardian révélait il y a quelques jours que près de 50 organisations associées au droit à l'avortement ou aux mouvements queers ont vu leurs comptes supprimés ou impactés par des actions de censure très directes par Meta ces derniers mois, aussi bien sur Facebook qu'Instagram ou Whatsapp.
Attendez... les grands discours de Zuckerberg sur la défense de la liberté d'expression n'étaient là que pour faire plaisir à Trump et libérer les vannes de l'extrême droite décomplexée ? Ça alors.
Nous en parlions il y a quelques mois : Samsung pousse désormais des pubs sur ses frigos connectés... Attachez vos ceintures pour l'épisode 2 :
Alors qu'Apple a poussé depuis sur lesdits frigos des pubs pour son show télé Pluribus, une femme atteinte de schizophrénie et portant le nom de Carol aurait été hospitalisée au UK, suite à un épisode psychotique face à la pub visible ci-dessous.
La source (un post sur Reddit) peut porter à caution. Il n'empêche, quelle preuve par l'exemple du niveau d'intrusivité atteint par la tech dans notre quotidien. Pluribus, show SF dont le sujet ne peut que faire penser à l'uniformisation de nos modes de communication depuis l'avènement de l'IA générative, soit dit en passant.
Pour rappel : personne n'a besoin d'un écran sur son frigo.


Pour finir l'année, je vous propose quelques recommandations en vidéo, pour occuper les longues journées de glandouille que je vous souhaite de passer pendant ces vacances de noël 👌
Commençons par un truc pas forcément hyper fun, mais particulièrement important et bien construit pour qui s'intéresse à l'industrie du jeu vidéo. L'équipe fantastique de People Make Games, média gaming alternatif, vient de publier une super vidéo autour des liens entre Microsoft et l'armée israélienne, et le boycott de Xbox (la branche gaming de Microsoft) proposé en réponse.
On y voit notamment des développeuses et développeurs d'Arkane Lyon (seul studio français possédé par Microsoft, suite au rachat de Bethesda) demander un boycott de tous les jeux Microsoft, y compris le projet sur lequel ils et elles sont en train de bosser, tant que ces liens ne seront pas coupés. Des légendes.
Pour rappel, on a déjà parlé du sujet à plusieurs reprises dans TFTT, notamment en juin dernier.

Après du contenu anglo-saxon, revenons au bercail avec la super émission Internet Exploreuses, menée là encore par un média gaming alternatif, Origami. Emission qui parle de notre rapport à la tech plus largement. Lucie Ronfaut et Héloise Linossier y accueillent cette fois Mathilde Saliou, journaliste tech qui fait un superbe taff chez Next.
Une émission de décembre qui pose une question particulièrement importante me concernant, puisque je passe beaucoup de temps ici à critiquer l'IA, et pas toujours avec des gants. Cela remet certaines choses en perspective et ne fait de mal à personne.
Dernier point, et pas des moindres : voir une émission tech / gaming animée exclusivement par des femmes, et dont les invités sont exclusivement des femmes, et ben ça fait du bien dans cette sphère mascu à souhait. Allez donc leur donner de la force !

Reco médias français toujours, mais cette fois avec un angle plus écologique, même si le lien avec la tech est très clair, vous le verrez. Nous avons déjà parlé d'Anti Tech Résistance (ATR) ici, un mouvement radical opposé à toute forme de technologie et souhaitant un "retour à la nature" (expression particulièrement chargée, comme vous le verrez dans la vidéo).
Le média écolo Fracas a sorti la loupe pour disséquer en vidéo la pensée qui sous-tend ce groupe, et c'est pas joli joli. On pourrait se dire qu'avoir des zouaves un peu trop radicaux mais malgré tout en opposition à la tech pourrait servir la cause d'une manière ou d'une autre, mais il faut y voir clair : ces gens sont contre le progressisme sous toutes ses formes et la question de leur positionnement politique ne se pose pas vraiment. C'est bien bien réac'.
Seule critique à faire sur la vidéo, au niveau de sa conclusion : les visions techno-critiques et progressistes modernes existent, il n'y a pas tant que ça à construire. Mais il faut diffuser plus largement l'existant, ça, ça ne fait pas de doute.

Finissons enfin avec un meme doublement d'actualité, vu sur Bluesky. L'occasion de vous rappeler que tous les films de Ghibli débarquent en ce moment un par un gratuitement sur France TV. Alors pourquoi ne pas en profiter pour lâcher votre abonnement à une plateforme US pour au moins quelques temps ?
Vu les montants annoncés autour du potentiel rachat de Warner (propriétaire notamment de HBO) par Netflix ou Paramount, une chose est claire : ces gars là n'ont pas particulièrement besoin de votre argent.

Voilà, c'est tout pour ce numéro 21 et cette année 2025... et c'est déjà pas mal !
On se retrouve l'an prochain pour un 22ème numéro de Tales From The Tech.
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Merci à toutes et tous,
Thomas ✊
PS : Tales from the Tech est garanti sans IA générative, pas sans fautes
01.11.2025 à 07:21
Thomas Beaufils
Coucou, c'est déjà re-moi, désolé pour la spam !
Et oui, 4 jours à peine après le dernier numéro de TFTT, je reviens avec un petit bonus, cher.e.s abonné.e.s.
Car la semaine a

Coucou, c'est déjà re-moi, désolé pour la spam !
Et oui, 4 jours à peine après le dernier numéro de TFTT, je reviens avec un petit bonus, cher.e.s abonné.e.s.
Car la semaine a été pour le moins riche en actualités tech, et cela m'a inspiré quelques textes qui, je pense, pourraient vous intéresser. Notamment parce qu'ils font des liens très nets avec des sujets que nous avons déjà évoqués ici.
Sur ce, bonne lecture à toutes et tous, et bon weekend !
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Bill Gates est un techno-solutionniste, on le savait. J'en avais même parlé dans le premier numéro de cette newsletter.
Mais il faut désormais se rendre à une seconde évidence : il s'est toujours moqué du changement climatique.
Et oui, le Billou s'est fendu d'une lettre, publiée en amont de la COP 30. Son discours de base, on le connaît : pas besoin d'être alarmiste sur la changement climatique, de toute façon la technologie va nous sauver.
Pourtant, de toutes ces technologies à venir qui doivent nous sauver, celles présentées comme telles par le passé par Gates, comme la captation de carbone par diverses méthodes, ne répondent pas du tout aux attentes.
Je ne vais pas vous faire l'offense de vous parler à nouveau des effets rebonds ou du paradoxe de Jevons (on en avait parlé là). Mais tout de même, quelles sont ces technologies qui vont nous sauver ?
La fusion nucléaire, une chimère qui mettrait de toute manière des décennies à être industrialisée et a déjà été préemptée par Sam Altman pour subvenir aux besoins en énergie de l'IA ?
Ou bien l'IA justement, une tech qui augurerait d'une superintelligence qu'on nous annonce tous les 4 matins, mais qui sert pour le moment surtout à la désinformation (notamment climatique), tout en ayant un impact en propre exponentiel ?
Ce qui est nouveau ici, c'est un nouvel argument de choc pour Gates. Il oppose les luttes : nous dépenserions trop dans la lutte contre le changement climatique, et pas assez dans celle contre la pauvreté 🤔
Tu sais Billou, si au lieu de faire de la philanthropie, toi et tes copains milliardaires payiez les impôts réels que vous deviez à la communauté, on pourrait régler la pauvreté ET le changement climatique très rapidement !
On en viendrait à se demander si, au fond, Gates n'a pas toujours été climato-sceptique.
Sauf que : Bill Gates n'investit pas que dans des programmes contre la pauvreté et pour soigner des maladies... nope, il investit aussi dans des projets miniers au Groenland, accessibles uniquement depuis les fontes de glace liées au réchauffement climatique, parmi d'autres joyeusetés que The Guardian résume très bien dans cette courte vidéo !
Donc climato-sceptique, sans doute pas. Climato-foutiste, plutôt !
Bon, et ajoutons que ce n'est probablement pas pour parler lutte contre la pauvreté que le Billou se pointe au dîners de Trump (qui a d'ailleurs repris la déclaration de Gates avec délectation) aux côtés des autres leaders de la tech, comme Satya Nadella de Microsoft, si ? 😅

J'ajouterai une chose, puisque l'on parle de Microsoft (dont je suis, pour rappel, un ancien salarié) : quand on parle de Bill Gates, on entend souvent l'envie de distinguer Gates de Microsoft, puisque s'il possède toujours 1% environ de la boîte (ce qui représente quand même énormément de pognon), il n'a plus de rôle officiel au sein de l'entreprise.
Mais distinguer Gates de Microsoft, sur les sujets environnementaux en tout cas, est pour moi une perte de temps : la vision de Microsoft découle très directement de celle de Gates.
Et alors que Gates apparaît désormais pour ce qu'il est, à savoir un climato-foutiste comme nous le disions avec verve, il faut rappeler que Microsoft a depuis longtemps abandonnés ses discours sur l'importance de son impact environnemental. Tout ça est parti en fumée et n'était que du greenwashing pur jus, nous l'avons déjà raconté par le passé.
Désormais, ce qui compte, c'est d'investir des centaines de milliards de dollars dans OpenAI et de ne pas fâcher Donald Trump. Ce qui fait l'entreprise laisse en tout détente ses mascottes devenir des symboles pour la propagande trumpiste, ce qui ne manque pas (enfin ?!) de faire réagir en interne.
Alors, on fait quoi ? On oppose les luttes comme Billou, ou on va vers la convergence ?
Vous connaissons ma réponse. Convergeons. Luttons contre le changement climatique. Et luttons contre la pauvreté.
Luttons, aussi, pour notre souveraineté face aux géants de la tech américains et chinois (y'a du boulot) et contre la morgue des Bill Gates de ce monde.
Et taxons les riches. Et mangeons les milliardaires 🤗

C'est reparti pour un tour : tous les tech enthusiasts en DSM* de Linkedin sont en train de se chauffer sur la prochaine "révolution qui vient" 🤖
Sauf que rien ne vient du tout, comme pour le metavers, comme pour la superintelligence, comme pour Mars.
Ils se chauffent pour quoi ? Pour le 1X Neo, soi disant le premier robot "aide ménager" qui va réaliser le rêve humide numéro uno des fans de science-fiction : une tech qui vous libère des tâches ingrates, vous permettant de vous concentrer sur les choses qui comptent vraiment, à savoir la création, l'art... ou plus probablement resté le cul posé dans le canap à regarder Netflix.

Bref, le plus intéressant est ailleurs : c'est du bullshit complet, sans surprise, et comme le dévoile une vidéo du Wall Street Journal déjà visionnée 1,3M de fois.
Le truc marche très mal, même pour des tâches hyper basiques, et a besoin d'un opérateur humain à distance pour fonctionner la plupart du temps, ce qui pose pas mal de questions du côté du respect de la vie privée... et du travail des petites mains de la tech, comme d'habitude.
Bah, après tout, c'est plus agréable de reléguer le petit personnel à l'autre bout du monde, j'imagine 🙃
Concluons sur un excellent commentaire sous la vidéo : "It’s the self-driving car stage where the ‘self’ part is just a guy in Bangalore with a joystick." Traduction : on est à l'étape du développement des voitures autonomes où le "autonome"est juste un mec tenant un joystick depuis Bangalore (une ville indienne).
Je ne sais pas si c'est en voyant les vidéos promos de la marque 1X (les tech bros ont vraiment un problème avec cette lettre) qu'Amazon a décidé de virer 30 000 personnes, mais qui sait.
*DSM, c'est l'acronyme de doudoune sans manche, que je vous propose d'utiliser davantage, collégialement.


Voilà, c'est tout pour ce Bonus, et c'est déjà pas mal !
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Thomas ✊
PS : Tales from the Tech est garanti sans IA générative, pas sans fautes