17.04.2026 à 16:13
Louis Derrac

Nous le disions dans un précédent article : le web dominant (comprenez le web marchand) est devenu un véritable enfer pour ses utilisateurices. Voyez plutôt. Des pisteurs par milliers, des bannières qui vous harcèlent pour arracher votre « consentement » à vous faire pister, de la publicité agressive partout. Plus d'infos sur ce site dédié, porté par plusieurs associations dont RAP et la Quadrature du Net.
En attendant qu'on arrive collectivement à influer sur la régulation, voici un court tutoriel pour vous expliquer comment configurer au mieux Firefox ou Mozilla pour bloquer un maximum de ces nuisances.
Firefox ne possède pas de bloqueur de publicité natif complet, l'installation de l'extension Ublock Origins est donc indispensable.
Installation de Ublock Origins : Ouvrez Firefox, et allez sur la page d'extension de Ublock Origins. Cliquez sur « Ajouter à Firefox » puis confirmez l'installation. Assurez-vous de choisir la version développée par Raymond Hill (icône rouge avec un bouclier), et non les copies nommées simplement « uBlock » ou « uBlock Plus ».
Paramétrage de Ublock Origins : pour supprimer les bannières de cookies, les boutons « J'aime », « Partager » et autres traceurs de réseaux sociaux qui ralentissent la navigation, cliquez sur l'icône uBlock Origin dans votre barre d'outils, puis sur l'engrenage (Tableau de bord). Allez dans l'onglet « Listes de filtres », et déroulez les sections « Bannières de cookie », « Widgets de réseaux sociaux » et « Nuisances ». Pour chacune, cochez la liste d'Easylist ou d'Adguard, voire les deux. Cliquez sur « Appliquer » en haut de la page. Les listes seront mises à jour.
Bravo, le tour est joué !
Vivaldi intègre nativement un moteur de blocage puissant qui ne nécessite aucune extension supplémentaire. Mais ici aussi, quelques petits réglages sont nécessaires pour un fonctionnement optimal.
Paramétrage du bloqueur intégré à Vivaldi : Ouvrez Vivaldi, cliquez sur l'icône d'engrenage (Réglages) dans la barre latérale. Dans le menu de gauche, sélectionnez « Sécurité et vie privée ». Repérez la section « Blocage des traqueurs et des publicités ». Assurez-vous que l'option « Bloquer traqueurs et publicité » est activée. Pour une protection complète incluant bannières de cookies, les réseaux sociaux et autres nuisances, cliquez sur « Gérer les sources ». Puis, dans « Sources de blocage des publicités, » décochez « Autorisez les publicités de nos partenaires », et cochez les sources suivantes : « Français (Liste FR) », « Supprimer les alertes de cookies » et « Supprimer les éléments gênants ».

Bravo, le tour est joué !
Certains sites peuvent détecter les bloqueurs de publicité et vous demander de les désactiver. D'autres ne vont pas bien fonctionner (ou pas du tout) avec le bloqueur activé, ce qui montre bien d'ailleurs à quel point ils sont agressifs dans leur pistage de nos données, sic. Dans ces deux cas, il vous suffit de cliquer sur l'icône de l'extension (sur Firefox) ou le bouclier (dans la barre d'url de Vivaldi) et de désactiver le bloqueur sur ce site en particulier.
Notez également que vous pouvez réaliser les mêmes configurations que ce soit sur votre PC ou sur smartphone. Sur Android, Firefox permet d'installer des extensions, dont Ublock Origins. Et le bloqueur intégré à Vivaldi pourra être configuré exactement comment sur PC. Sur iOS, j'aurai tendance à vous conseiller Vivaldi et son bloqueur intégré, puisque vous ne pourrez pas installer l'extension Ublock Origins sur Firefox (à cause des blocages nombreux d'Apple, re-sic).
13.08.2025 à 15:29
Louis Derrac

Depuis trois ans maintenant que je travaille exclusivement sous Linux (plus précisément sous Fedora et l'environnement de bureau Gnome), j'ai découvert, testé et approuvé des dizaines de logiciels que j'utilise désormais quasi quotidiennement. Parfois dans un cadre personnel, parfois professionnel, souvent les deux.
Et globalement, qu'on se le dise, le niveau d'ergonomie des applications Linux a fait un vrai bond ces dernières années. Voici une sélection de 10 applications Linux qui n'ont plus rien à envier à celles d'Apple en terme d’ergonomie.

Newsflash est un agrégateur de flux RSS. Il se distingue par son interface épurée et ses fonctionnalités avancées, telles que la gestion des abonnements, la lecture hors ligne et de l'« article complet », des options de partage (par mail, sur les réseaux sociaux, mais aussi sur des outils plus poussés, par exemple je peux partager directement sur mon outil de veille). Il peut fonctionner en local, ou avec les agrégateurs de flux suivant : Miniflux, FreshRSS, NewsBlur.
Newsflash est idéal pour ceux qui souhaitent rester informés sans être submergés par les informations. Il est activement maintenu et mis à jour.

Eloquent est un logiciel de correction ultra-basique et minimaliste, mais puissant car basé sur LanguageTool. Il corrige plus de 20 langues dont le français, l'anglais et l'espagnol. Ultra pratique d'autant qu'il fonctionne hors ligne.

Gradia est une application qui permet de réaliser des captures d'écran, de les annoter, et de les partager simplement avec vos amis, collègues, communautés. L'interface est très léchée, le rythme de mise à jour impressionnant, et les nouvelles fonctionnalités, régulières.

Apostrophe est un éditeur de texte markdown minimaliste. Il se concentre sur la simplicité et l'efficacité, offrant une expérience de rédaction fluide et sans distractions. Apostrophe est idéal pour les écrivains, les blogueurs et tous ceux qui ont besoin d'un outil de rédaction rapide et efficace. Personnellement, j'adore, et mention spéciale pour les modes hemingway et concentration.

Foliate est un lecteur de livres électroniques pour Linux qui se distingue par son design épuré et ses fonctionnalités riches. Il prend en charge une large gamme de formats de fichiers, offre des options de personnalisation avancées et permet une lecture confortable grâce à son mode nuit et ses polices ajustables. Une appli d'excellente facture, très régulièrement mise à jour.

Geary est un client de messagerie électronique pour Linux qui mise sur la simplicité et l'efficacité. Il offre une interface conviviale, une gestion intuitive des courriels et des fonctionnalités de recherche performantes. Geary est parfait pour ceux qui cherchent un client de messagerie léger et facile à utiliser. Une alternative très séduisante à l'usine à gaz que peut parfois représenter Thunderbird.

Un éditeur d'images tout ce qu'il y a de plus basique. Il permet de redimensionner, recadrer ou faire pivoter une image, d'appliquer des filtres simples, d'insérer ou de censurer du texte, et de manipuler une partie sélectionnée de l'image (couper/copier/coller/glisser/…). Bref, c'est Gimp, l'alternative libre bien connue de Photoshop, mais en beaucoup beaucoup plus simple !

Gapless est un lecteur de musique pour Linux. Il offre une interface épurée, une gestion facile de votre bibliothèque musicale et des fonctionnalités de lecture avancées. Encore un must, très régulièrement mis à jour. Mentionnons également son « concurrent » Amberol.

Podcast est comme son nom l'indique une application de gestion de podcasts pour Linux qui permet de découvrir, de télécharger et d'écouter vos émissions préférées. Là encore, une interface très conviviale et les fonctionnalités qu'il faut pour rechercher (via les moteurs de recherche de Fyyd ou Itunes), s'abonner et écouter ses podcasts préférés (il faut que j'actualise les miens d'ailleurs).

Impossible pour moi de survivre sans outil de gestion des tâches. Errands est donc venu remplacer l'application de tâches d'Apple, sans friction. Je synchronise avec mon smartphone Android grâce au protocole (ouvert) Caldav auquel j'ai accès avec ma kSuite (lien sponsorisé).
J'espère que cet article vous aura montré qu'il existe déjà de très nombreuses applications sur Linux dont l'ergonomie, le niveau apporté au détail, la fiabilité égalent, voire surpassent leurs alternatives sur Apple (sans parler de Windows, toujours deux niveaux en dessous). J'aurais pu ajouter Tuba (parcourir le fédivers), Kooha (réaliser des captures d'écran vidéo), Cozy (écouter des livres audio), Shortwave (écouter la radio), Pitivi (éditer des vidéos), Déjà Dup (automatiser ses sauvegardes), Pipeline (regarder des vidéos Youtube sans fioriture) et plein d'autres !
Les plus connaisseur·ses de Linux noteront que beaucoup de ces applications proviennent de l'écosystème Gnome, et il y a deux explications à cela. D'abord un biais assumé de ma part, puisque j'évolue sous cet environnement de bureau. Ensuite le fait, à mon sens, que l'environnement Gnome est celui qui travaille le plus, et depuis le plus longtemps, sur la cohérence des applications de son écosystème (avec ce que ça peut comporter comme limites, mais ce n'est pas du tout le sujet de l'article). Toutes ces applications fonctionnent bien entendu sur toutes les distributions Linux, et peuvent être téléchargées sur Flathub.
Si vous voulez installer Linux sur votre PC, c'est très certainement à votre portée ! Essayez Linux Mint, Fedora ou Ubuntu. Au besoin, faites-vous aider par un groupe local d'utilisateurices de Linux. Et si vous ou votre proche prévoyez un achat de PC, épargnez-vous du temps (et de l'argent), et achetez le directement avec Linux préinstallé !
19.11.2024 à 21:42
Louis Derrac

Quand j'ai écrit que Le web progressiste aurait intérêt à migrer sur Mastodon, pas sur Bluesky, j'ai tout de suite senti qu'il y avait un problème. Ou une limite à mon raisonnement. En réalité, il y en a plein, et je voudrais vous en partager une.
Pour faire simple, je suis en train de me demander si le problème, c'est TwitterX (dans le cas présent, je suis certain que demain ou après-demain, ce sera Bluesky), ou si ce n'est pas plutôt un certain type de réseaux sociaux numériques.
Dominique Cardon, dans l'illustration ci-dessous, issue de son incontournable Culture numérique, typologise quatre familles de relations en ligne. Parmi elles, il y a la famille des réseaux « phares ». Ce sont eux qui m'empêchent de dormir en ce moment.

Les caractéristiques d'un réseau phare sont les suivantes : des réseaux affinitaires, où l'on suit potentiellement de très nombreuses personnes, sans que ce ne soient des ami⋅e⋅s ou même des connaissances. Ce type de réseau favorise donc structurellement l'émergence d'influenceur⋅se⋅s, qui capitalisent (car il s'agit bien d'un capital social) plusieurs milliers (millions) de followers. C'est également un réseau qui encourage la valorisation de soi, puisque chaque publication a pour objectif (conscient ou inconscient) de générer de l'engagement (de nouveaux abonnés, un like, une republication, etc.). C'est enfin un réseau qui peut devenir une incroyable (et déformée) chambre d'écho, quand elle attire à elle deux profils particuliers d'influenceur⋅se⋅s : les journalistes et les politiques. Notons que ce sont ces derniers qui ont le plus d'intérêt à rester sur ces réseaux sociaux, y compris quand ceux-ci sont toxiques.
Mon interrogation est simple : ce type de réseau social est-il encore utile, désirable, acceptable ? Est-il émancipateur, quand on voit les logiques algorithmiques qui viralisent le buzz au détriment de la qualité, ou quand on liste les fonctionnalités qui génèrent de l'égo (y compris sur Mastodon) ? Est-il soutenable, quand on voit ce qu'il génère comme fatigue mentale (l'infobésité en partie), ou encore quand on se pose sur la question, insoluble en réalité, de la modération d'un très gros réseau ? Et que penser de cette logique d'influenceur⋅se⋅s (les « phares » du réseau) : est-ce désirable, soutenable ? Est-ce pérenne, pour les influenceur⋅se⋅s et les influencé⋅e⋅s ? On voit bien que ce sont les gros comptes de X qui n'arrivent pas à quitter le réseau, même si quelques exceptions sont notables.
Cette interrogation m'a ensuite fait réaliser que nous n'avons en réalité pas été très « radicaux », ou audacieux en matière de design de réseaux sociaux alternatifs. C'est peut-être le plus gros reproche que je ferais au Fédivers : celui de répliquer (en moins bien, puisqu'on préfère toujours l'original à la copie) des réseaux sociaux dominants comme TwitterX, Instagram, Reddit, etc.
Quand on lit des articles sur la fin des réseaux sociaux tels qu'on les a connus. Que des études montrent que deux tiers des influenceurs américains sont des hommes, très majoritairement conservateurs (et on voit difficilement pourquoi ce serait différent chez nous). Que nos vies sociales sont limitées biologiquement à 150 interactions en moyenne. On peut se poser la question : et si le problème des réseaux sociaux, c'étaient les phares ?
Et si on essayait de construire des bistrots à la place ? De plus petits réseaux, où l'on retrouverait quelques amis après le boulot, mais aussi des inconnus, favorisant les rencontres imprévues. Des petits réseaux dont on changerait régulièrement, parce que chacun nous réserve une ambiance particulière. Des petits réseaux où on se ficherait bien du nombre de followers qu'on a, du nombre de republications que notre dernier post a reçu. Des petits réseaux où les influenceur⋅se⋅s retrouveraient un périmètre plus raisonnable, et préserveraient ainsi leur égo. Est-ce que ce ne serait pas plus sain pour tout le monde ?
Soyons créatifs. Arrêtons d'essayer de construire des phares. (Re)construisons et (ré)investissons plutôt des bistrots. Ou des cafés. Ou des salons de thé. Ou des marchés couverts.
21.10.2024 à 12:32
Louis Derrac

Pour partager des fichiers (images, sons, pdf, etc.) dans l'écosystème Apple, il y a Airdrop qui fonctionne (très) bien. Mais évidemment, si on a le malheur d'avoir un PC sous Linux ou Microsoft... rien ne va plus. Idem si notre ami⋅e n'est pas équipée d'un appareil de la pomme. Bref, comme toujours chez Apple, c'est bien fait, mais c'est aussi terriblement fermé. Même problème chez Google, où il existe un service, « Quick Share », cantonné cette fois à l'univers Google et Windows. Rien de très interopérable donc, rien de très libre, rien de très... acceptable.
Vous serez donc ravi⋅e⋅s d'apprendre qu'il existe une excellente alternative, multiplateforme sur smartphone ET sur PC, open-source, et ultra-efficace. J'ai nommé LocalSend. Chez moi, entre smartphones d'OS différents, entre mon smartphone et mon PC sous Linux, c'est testé et approuvé !

15.09.2024 à 10:34
Louis Derrac

Un article repris de https://libres.hypotheses.org/387
« Elles n’ont même pas Windows ! » résume une de nos amies (Margaux pour ne pas la citer) pour expliquer notre manière de travailler. Alors, à quoi ressemble une thèse, sans Windows (ni Mac) et faite avec des logiciels libres ?
Cet article est un petit répertoire des différents logiciels qu’on utilise (ou non) dans notre quotidien de la recherche et qui feront l’objet de divers billets sur le carnet.
À part quelques exceptions notables (comme Zotero), les logiciels libres en général et utilisables dans la recherche en particulier sont peu connus. Souvent, un des premiers enjeux est de trouver quel logiciel utiliser. Pour ça, on utilise souvent https://alternativeto.net/ qui permet de trouver les alternatives (libres ou non d’ailleurs) à un logiciel qu’on utilise déjà ou qu’on connaît via des collègues ou ami·es. Il existe également une super base de données de logiciels libres adaptés aux sciences sociales réalisée par Zack Batist sur github : https://github.com/zackbatist/open-SocSci?tab=readme-ov-file.
À l’Université de Lille, on a aussi la chance d’avoir de nombreux logiciels libres hébergés par les serveurs de l’Université, ce qui nous facilite la tâche :

Dans cet article, on va revenir sur les différents logiciels qu’on utilise pour des opérations classiques de la recherche en science politique et plus généralement en sciences sociales : écrire, lire, récolter, retranscrire, analyser.
Pour commencer si on n’a pas Windows c’est parce qu’on a un autre système d’exploitation libre : Ubuntu (Linux), qui a été installé par le service informatique de la faculté.
Voir notre article : Ubuntu et pourquoi le libre ?
Au quotidien nous utilisons toutes les deux des logiciels libres pour des tâches de travail de bureau relativement banal : traiter nos mails, ouvrir des PDFs, gérer notre temps.
Pour écrire nos mémoires de Master 2 nous avons toutes les deux utilisés LibreOffice Writer qui est une équivalent de Word, mais en libre et qui a globalement les mêmes fonctionnalités. C’est un outil qu’on utilise encore régulièrement, mais on a très vite cherché d’autres logiciels de traitements de textes pour plusieurs raisons :
On sait que de nombreux·ses doctorant·es en sciences expérimentales écrivent leur thèse en LaTeX, un langage d’écriture utilisable via des éditeurs LaTeX comme TexStudio ou Overleaf (un éditeur LaTeX en ligne qui est open source, mais pas libre : certaines options sont payantes). Mais en attente de formation, on a cherché d’autres options.
Lors d’une discussion, un collègue en rédaction de thèse nous raconte qu’il a passé tous les documents liés à sa thèse sur Scrinever pour la rédaction. Cela lui a permis d’avoir tout sur une même interface (matériaux, rédactions) et aussi de diviser ses chapitres en plusieurs documents qui s’importent en un seul. Seul problème : Scrinever est un logiciel propriétaire et payant.
À la recherche d’alternatives, Clothilde utilise d’abord Obsidian, qui est un logiciel gratuit mais malheureusement propriétaire…
Ensuite, Audrey trouve Zettlr, une véritable pépite que nous utilisons toutes les deux et qui fera l’objet de plusieurs billets sur le carnet ! Sur cette application de prise de notes, le langage d’écriture utilisé est le Mardown, mais il est aussi possible d’intégrer des éléments en LaTeX. Pour une première présentation, on vous conseille l’article d’Aurore Turbiau, docteure en littérature comparée qui a écrit sa thèse grâce à Zettlr.
Niveau lecture, on utilise toutes les deux Zotero qui est devenu un incontournable de la recherche pour gérer sa bibliographie. On l’utilise à la fois pour enregistrer nos littératures, les citer ensuite facilement et générer automatiquement des bibliographies. Mais aussi de temps en temps pour surligner et annoter les articles ou chapitres de livre, faire nos fiches, étiqueter les documents, etc.
Nos manières de lire ont beaucoup évolué depuis le début du doctorat et on opte toutes les deux, à des degrés différents, de plus en plus pour la lecture sur papier et les fiches papiers.
Les matériaux qu’on récolte pour nos recherches sont principalement qualitatives. La collecte d’entretien se fait via un enregistreur et pour les observations via nos carnets de terrain. Pas besoin de logiciels libres ici ! Par contre, ce carnet Hypothèse sera pour nous l’occasion de revenir sur des questions de sécurité des données récoltées notamment avec le chiffrage de nos ordinateurs et moyens de sauvegarde, et plus généralement de parler RGPD et éthique de la recherche.
Nous récoltons aussi des divers documents par le biais de recherches en ligne, et de revues de presse. Pour ranger ces documents, on utilise Zotero, dans lequel il est possible d’insérer les PDFs et de compléter les métadonnées (auteur, titre, date, etc).
Enfin, Audrey travaille aussi sur des archives. Pour cela, elle utilise Tropy, logiciel libre créé par l’équipe de Zotero. Grâce à Tropy, on peut organiser ses archives, remplir les métadonnées (quelles archives, nom du carton, etc) et annoter ses documents. C’est un super outil, on vous en reparlera !
Niveau retranscription des données et notamment des entretiens, on a eu l’occasion de tester plein de systèmes différents depuis nos premières expériences de recherche en Master.
En première année de thèse, on a découvert Whisper, un outil open source de retranscription automatique de la parole via une intelligence artificielle. C’est une véritable pépite qui change en grande partie le travail de retranscription. Disponible dans ShareDocs sur la plateforme Huma-num, il suffit de télécharger le ou les audio(s) dans le dossier correspondant et on reçoit un mail quand ces derniers sont retranscrits au format texte. Il faut bien-sûr repasser derrière pour faire une relecture du document, mais cela nous facilite grandement le travail ! Pour en savoir plus sur l’utilisation de Whisper via Huma-num, vous pouvez lire cet article du sociologue Aden Gaide : https://agepouvoir.hypotheses.org/494
Avant cela, on avait testé d’autres outils comme Parlatype. Il s’agit d’un lecteur audio spécifique pour la retranscription avec des raccourcis claviers qui permettent de faire stop/play ou de rembobiner l’audio de quelques secondes sans quitter notre document LibreOffice Writer. On avait aussi utilisé un petit script pour transcrire automatiquement depuis un audio en local via Vosk. C’était beaucoup moins performant que Whisper (version large) et il n’y avait pas d’interface. Du coup, il fallait passer par des lignes de commande, ce qui peut être un frein pour certain·es.
Pour finir, on utilise des logiciels d’analyse de nos données, qualitatives et quantitatives.
Pour les données qualitatives, Clothilde a commencé à utiliser un CAQDAS (Computer-assisted qualitative date analysis software) soit un logiciel, ici libre, d’aide à l’analyse qualitative des données : Qualcoder.
Pour les données quantitatives (et surtout un peu de cartographie), Audrey utilise Rstudio, logiciel libre qui permet d’écrire en R, langage de programmation orienté statistiques.
Reprise de l'article diffusé en CC BY NC. Audrey Safa, Clothilde Saunier (10 septembre 2024). « Elles n’ont même pas Windows » – workflow d’une thèse libre. Tout problème a son logiciel libre. Consulté le 15 septembre 2024 à l’adresse https://libres.hypotheses.org/387
04.06.2024 à 10:37
Louis Derrac

Il existe tellement de sites alternatifs, souvent sous licence libre, souvent accessibles gratuitement (pensez au don), qui ne proposent ni publicité ni contenu publireporté. En voici quelques-uns. N'hésitez pas à compléter en commentaire s'il en manque des essentiels.
Même si c’est « gratuit » et libre, pensez à créditer les auteurs, c’est le minimum que l’on peut faire pour les remercier. Un don est également envisageable si vous utilisez souvent la ressource.

Cuisine libre : Site contributif sans cookie, sans pistage, et avec des recettes en CC BY
04.06.2024 à 10:31
Louis Derrac

Voici quelques ressources essentielles pour commencer à protéger sa vie privée et sa sécurité. N'hésitez pas à contribuer en proposant des ressources (grand public, pas de contenus experts) dans les commentaires, je les rajouterai à l'article. Merci !
04.06.2024 à 10:27
Louis Derrac

Hier, mon site personnel a enregistré 4 fois plus de visites que d'habitude. Le responsable de ce pic, mon cours de culture numérique, qui avait été partagé sur Facebook. Ça arrive de temps en temps, et ça fait toujours plaisir.
Ce qui m'a intrigué cette fois, c'est le « comportement » des visiteurs sur mon site. Le comportement est un terme utilisé dans les analyses de sites web pour étudier ce que font les visiteurs, quelles pages ils consultent, combien de temps, etc. En ce qui me concerne, j'utilise ces statistiques pour comprendre quels articles intéressent les visiteurs. Ceci dit, je précise que ça n'a jamais influencé mes sujets d'écriture. La quasi-totalité des visiteurs est donc arrivée sur la page de mon cours de culture numérique, où je partage mes supports de cours, des activités, une bibliographie/sitographie et une curation de ressources. Le tout en Creative Commons. C'est une page utile et qui commence d'ailleurs à être bien référencée.
Mais malgré cet intérêt apparent pour mon travail, quasiment aucun de ces visiteurs n'a parcouru le reste de mon site. Que ce soit mes différents articles, mon autre cours d'économie numérique, mes formations de culture numérique, pourtant tous partagés dans la même logique et traitant de sujets connexes. Guère plus n'a quitté mon site pour se diriger vers un autre, en utilisant un des nombreux liens externes que je propose. Et aucun, absolument aucun, n'a eu la curiosité de se renseigner sur l'auteur (donc moi héhé) en se dirigeant sur la page à propos, pourtant accessible directement depuis le menu du site.
En y réfléchissant, je me suis rendu compte que ce comportement de visite était systématique. Comme je ne m'en formalise pas, je ne l'avais simplement pas relevé. Si je le fais maintenant, c'est que cela a fait écho à la conclusion que j'ai donnée lors de ma dernière formation. J'y encourageais, comme à chaque fois, mes interlocuteurs à être curieux et critiques dans leur rapport à leurs écosystèmes numériques. Et à encourager leurs propres interlocuteurs à faire de même.
Car le web a bien changé depuis ses débuts. Et nous, nous avons peut-être cédé à la facilité offerte par certaines plateformes, et perdu de notre curiosité. Prenons deux exemples, la recherche sur le web et l'accès à l'information.
J'étais trop jeune pour connaître l'émergence du web, celui des débuts. Lorsque les premiers portails et moteurs de recherche se lançaient pour donner du sens au nombre croissant de sites web. Et que ces derniers affichaient fièrement des listes de liens pour diriger les internautes vers d'autres pages de leurs sites, mais aussi vers des sites amis.
C'était l'époque de la sérendipité, une période où l'exploration du web était un voyage plein de surprises. Concrètement, un internaute naviguait de lien en lien sans connaître précisément sa destination finale. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'autant de métaphores issues des vocabulaires marin et spatial structurent la perception d'Internet (surfer, naviguer, un site internet, etc.).
Le développement des moteurs de recherche, couplé à la folle démocratisation du web, a progressivement supplanté la sérendipité et toutes les autres formes d'explorations et d'orientations : le web sémantique (qui reposait sur un formalisme documentaire utopique pour un web en expansion massive), les folksonomies (incarnées par des sites comme Delicious, Flickr, Scoopit, qui permettent à des individus de tagger, classifier et organiser personnellement ou collectivement le web), ou encore les portails et leur stratégie d'indexation par catégories (lancé en 1994, Yahoo était le portail le plus connu du web. Il a illustré la bataille portails vs moteurs de recherche face à Google, et a perdu).
Si l'on cherchait une comparaison dans le monde réel, on pourrait dire que depuis que nous orientons avec des GPS toujours plus efficaces, nous nous perdons beaucoup moins. Nous n'avons d'ailleurs plus le temps et l'envie de nous perdre, que ce soit dans nos villes ou dans nos campagnes. Alors la consommation prend le pas sur l'exploration.
C'est pareil sur le web, et les moteurs de recherche, Google en tête, l'ont bien compris. C'est tout le sens de leur stratégie consistant à passer du moteur de recherche au moteur de réponse. Concrétisant ainsi un objectif poursuivi de longue date : être le début et la fin de toute quête d'information.
Prenez quelques requêtes classiques, et vous verrez comment Google s'arrange pour vous proposer une réponse parfaite. Il n'y a plus besoin d'être curieux et de chercher, il ne reste qu'une réponse à consommer (et dans le cas de Google, sans doute une publicité sur laquelle cliquer).

Dominique Boullier, dans son incontournable sociologie du numérique, liste un certain nombre de pratiques personnelles d'orientation qui sont autant de possibilités de changer sa façon d'explorer et de consommer le web. Je les reprends à ma sauce :
Si les « infomédiaires (les intermédiaires de l'information, les plus gros étant Google et Facebook) » sont aujourd'hui aussi prépondérants, c'est parce que la plupart d'entre nous ont perdu l'habitude, la curiosité ou l'intérêt d'accéder à des sites d'informations directement. Ou ne s'en donne plus le temps. C'est particulièrement criant chez les jeunes, qui accèdent très majoritairement aux médias par cette intermédiation des plateformes numérique.
Là encore, le web a changé. Nous sommes passés des flux RSS aux infomédiaires. Les flux RSS (un format particulier permettant de s'abonner à des sites, à des blogs) représentent une possibilité technique d'accéder sans intermédiaire à ses sites d'information préférés. Jusqu'à sa fermeture en 2013, Google Reader était l'un des lecteurs de flux RSS les plus populaires. Le service a fini par être fermé car son existence était contraire à la stratégie, à l'idéologie et au modèle économique du géant de la recherche. Cette décision a consterné la communauté du web (pour en savoir plus, lire cet article, RIP Google Reader), et plusieurs alternatives ont pris la relève : Feedly, Inoreader, etc.
Il y a pourtant une différence fondamentale entre accéder directement à un site d'information, ou par le truchement d'un infomédiaire (un intermédiaire de l'information). Dans le premier cas, vous êtes en contrôle total. Vous choisissez vos sources d'information (et parfois vous faites le ménage), puis vous accédez à tous les articles publiés. Dans le deuxième, vous n'avez pas de contrôle : l'algorithme choisit les sources et les articles qui vous sont présentés. Ces choix, dont les critères précis sont totalement opaques, privilégient les articles les plus susceptibles de créer de l'engagement.
Il existe bien des façons de reprendre le contrôle de notre accès à l'information, et de moins dépendre des infomédiaires pour construire notre vision du monde. Voici quelques pistes :
Cet article est parti du cas personnel que constitue mon site et la manière dont les visiteurs le consultent, le consomment. Bien sûr, ce n'était qu'un prétexte, et je ne me formalise absolument pas que mes visiteurs quittent mon site sans l'avoir exploré.
Mais je pense que c'est l'occasion de redire à quel point il est important, malgré les facilités que nous offrent les grandes plateformes numériques, de garder du contrôle sur notre exploration du web, sur notre accès à l'information, et sur notre goût de l'exploration, de l'inconnu, de l'aventure.
Savez-vous que lors d'une requête sur Google, 60% des internautes cliquent sur les trois premiers résultats ? 60% ! Imaginez le pouvoir que nous conférons à l'algorithme de Google en nous limitant à ces trois premiers résultats. Soyons plus curieux que ça, il y a certainement des choses intéressantes dans les résultats suivants !
Plus de 90% des français utilisent Google pour rechercher sur le web. Pour beaucoup d'internautes, Google EST le web. Dans certains pays, c'est Facebook qui est considéré comme le web, notamment dans des pays d'Asie. Par ailleurs, la majorité des internautes ne fait pas de différence entre Internet et le web. La preuve, beaucoup tapent Google... dans le moteur de recherche Google lui-même ! Là aussi, soyons plus curieux. Il existe d'autres façons d'accéder au web, d'autres moteurs de recherche, mais aussi des portails, des sites auxquels on peut accéder directement parce qu'on connaît son adresse, etc. Il faut éduquer les jeunes publics à toutes ces facettes.

Lorsque nous accostons sur un site internet, explorons-le comme on explorerait une île déserte. Si l'article ou le contenu partagé est intéressant, découvrons son auteur, son autrice, ne serait-ce que pour savoir d'où et pourquoi ils parlent. Voyons quels liens hypertextes, quelles autres aventures virtuelles ils nous proposent. Et si ce territoire inconnu nous attire, pourquoi ne pas nous accorder le droit et le temps d'aller l'explorer ?
04.06.2024 à 10:25
Louis Derrac
Il existe plusieurs catalogues très complets permettant de trouver des logiciels et services alternatifs. En voici quelques-uns.

Il existe des millions d'alternatives, mais si vous voulez aller vite, je vous propose une sélection personnelle. Je pars du principe que vous démarrez de zéro, donc je ne liste que des alternatives grand public.
Toutes ces alternatives correspondent à l'idée que je me fais d'un numérique convivial : un prix juste, un logiciel qui ne vous rend pas dépendant : multiplateforme, interopérable, les données s'exportent facilement, etc. Toutes ne sont pas parfaites, mais s'en approchent.
Cette liste est subjective et NON exhaustive. Si vous cherchez des trucs plus fouillés, creusez (en commençant par les catalogues évoqués plus haut), explorez et si besoin, contactez-moi !
On parle beaucoup d'alternative software, mais le hardware constitue un élément essentiel de la chose numérique. En matière d'impact environnemental notamment, c'est la fabrication de nos appareils numériques qui est de loin la plus polluante (impact carbone, utilisation d'énergie et d'eau, sans parler d'exploitations humaines). Des alternatives existent pour proposer des appareils plus durables, réparables, plus éthiques quand c'est possible.
L'essentiel du temps passé sur son ordinateur ou smartphone se déroule sur un navigateur. Aujourd'hui, Google Chrome est hégémonique, et pourtant il pille allègrement vos données de navigation pour vous proposer des publicités ultra-ciblées[efn_note]à ce sujet, lire cette BD éloquente[/efn_note]. Il est temps de changer, non ?
Franchement, vous n'avez plus de raisons de garder un navigateur comme Google Chrome qui ne vous respecte pas...
Le web était un espace d'exploration et de sérendipité... avant l'émergence de moteurs de recherche toujours plus perfectionnés. Certes, ils rendent notre recherche d'information plus efficace, mais d'un autre côté, cette efficacité se paye en données d'une part, et dans la perte d'une certaine forme de flanerie, d'autre part. Google est le moteur de recherche hégémonique du web. Et si on en essayait d'autres ?
Et vous pouvez aussi naviguer sur le web... sans moteur de recherche ! Allez sur Wikipedia par exemple, et laissez-vous aller de clics en clics, voyez, explorez !
Spotify, Deezer, Apple Music, c'est pratique. Mais d'une part, ils rémunèrent mal les artistes, d'autre part, ce sont des algorithmes gonflés avec vos données, qui de plus en plus, vous recommandent de la musique. Et si on variait les sources ?
L'adresse mail est l'un des piliers de son identité numérique. Il est conseillé d'en avoir plusieurs, perso, pro, spam. Mais, quoi qu'il en soit, voilà un choix à ne pas faire à la légère, car vos correspondances disent beaucoup de vous, et changer d'hébergeur n'est pas toujours chose aisée.
Tous ces CMS sont gratuits et open source lorsque vous les hébergez. Et dans tous les cas, vous pouvez les faire héberger chez des hébergeurs (voir plus haut).
Quand on crée son site et qu'on veut des analytics, le réflexe c'est... Google Analytics. Pourtant, une fois de plus, vous refilez des données à Google, c'est de moins en moins RGPD-compatible, c'est gourmand en processus sur votre site, bref, il existe des alternatives !
Vous pouvez aussi vous demander si vous avez vraiment besoin de données sur votre site. Et si oui, pourquoi et lesquelles ?
Il existe tellement de sites alternatifs, souvent sous licence libre, souvent accessibles gratuitement (pensez au don), qui ne proposent ni publicité ni contenu publireporté. En voici quelques-uns :
À compléter avec ma liste de sites, blogs et wiki à ne pas rater, ainsi que ma recension de banques d’images, de vidéos et de sons libres de droit
Un peu en pagaille mais ils sont méritent d'être plus connus !
À suivre, le mouvement des licoornes qui a pour but de proposer des modèles économiques alternatifs et dont plusieurs proposent des services numériques.