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19.04.2026 à 11:06

Rassemblement en soutien au habitant·es du gymnase Fédération et contre le groupuscule d'extrême droite « Les Natifs »

Ce dimanche, le groupuscule d'extrême droite fasciste « Les Natifs » appelle à un rassemblement pour dénoncer une prétendue « invasion » par des « clandestins » des gymnases municipaux parisiens. L'objectif de ces nervis ne laisse pas de place au doute : il s'agit d'une tentative d'intimidation à l'encontre des habitant·es du gymnase. Utopia56 appelle à un contre-rassemblement ce dimanche 19 avril à 15h devant le gymnase Fédération, 16 rue de la Fédération, Paris 15e.

Texte intégral (1694 mots)

Ce dimanche, le groupuscule d'extrême droite fasciste « Les Natifs » appelle à un rassemblement pour dénoncer une prétendue « invasion » par des « clandestins » des gymnases municipaux parisiens. L'objectif de ces nervis ne laisse pas de place au doute : il s'agit d'une tentative d'intimidation à l'encontre des habitant·es du gymnase. Utopia56 appelle à un contre-rassemblement ce dimanche 19 avril à 15h devant le gymnase Fédération, 16 rue de la Fédération, Paris 15e.

Ce dimanche, le groupuscule d'ultradroite fasciste "Les Natifs", appelle a un rassemblement pour dénoncer une prétendue "invasion" par des "clandestins" des gymnases municipaux parisiens.
Ces équipements sportifs ont été réquisitionnés par la Ville de Paris afin d'héberger en urgence des personnes sans-abri.

Les organisateurs appellent a un rassemblement devant la mairie du 15e arrondissement. En réalité, ils ciblent explicitement un gymnase bien précis et ses habitant.es.

Le directeur éditorial de Frontières et fondateur d'OccidentisFR, deux médias d'extrême droite, a relayé cet appel en affirmant son intention de se rendre sur place pour “expulser les clandestins” de ce qu'il qualifie de “squat”.

L'objectif de ces nervis ne laisse pas de place au doute : il s'agit d'une tentative d'intimidation a l'encontre des habitant-es du gymnase.

Les organisateurs prétendent agir au nom de la "sécurité des riverains", mais ce sont bien leurs appels à la haine et prises de position racistes qui font peser un risque réel sur la tranquillité publique et la sécurité des personnes concernées.

Rappelons que "Les Natifs", obsédés par la thématique raciste de la "remigration" s'étaient déjà Illustrés par une manifestation raciste devant l'occupation d'une école par des mineurs non accompagnés à la rue, affublés d'une banderole "Clandestins expulsion, Utopia dissolution."

Ils sont les héritiers directs de "Génération identitaire", organisation dissoute pour avoir diffusé une idéologie raciste incitant à la haine et à la violence, notamment envers les personnes étrangères et de confession musulmane.
Sa dissolution avait été jugée nécessaire face aux risques graves qu'elle faisait peser sur l'ordre public.

Tout part d'une offensive médiatique lancée par le maire LR du 15e arrondissement, Philippe Goujon.
Un élu qui n'en est pas à son coup d'essai : en 2016 déjà, il s'était illustré en expulsant lui-même des personnes sans-abri d'un gymnase, allant jusqu'à "shooter dans leurs affaires". Une violence assumée, aujourd'hui prolongée par ses prises de position.
Depuis son conseil d'investiture du 6 avril dernier, il martèle une rhétorique bien connue de l'extrême droite, en dénonçant la présence de "migrants dont la plupart seraient en situation irrégulière".
Sur CNews, il réclame que "d'autres solutions soient trouvées", pour "ceux en situation irrégulière qui n'ont rien à faire sur le territoire national".
Derrière cette formule, une idée très claire : instaurer une hiérarchie entre les personnes et trier les sans-abri.

C'est précisément le cœur de la rhétorique de la "préférence nationale" portée de longue date par l'extrême droite : faire croire que l'accès aux droits fondamentaux, ici l'hébergement, devrait dépendre de la nationalité ou du statut administratif.

En reprenant ces codes et ces propositions, Philippe Goujon banalise et légitime un projet profondément discriminatoire. Ces propos sont mensongers, dangereux et indignes d'un représentant de la République. Ils construisent l'idée que certaines vies compteraient moins que d'autres.

Refuser l'hébergement d'urgence à des personnes en situation irrégulière, c'est les condamner à survivre dehors, au péril de leur santé et de leur vie.

Pourtant, la loi est sans ambiguïté : "toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence" (CASF, art. L 345-2-2). Ce principe est inconditionnel, et le Conseil d'État l'a reconnu comme une liberté fondamentale.

Opposer les personnes entre elles et remettre en cause l'inconditionnalité de l'hébergement, ce sont des marqueurs idéologiques clairs de l'extrême droite. Les reprendre, c'est franchir une ligne grave.

L'hébergement n'est pas un "privilège" réservé à quelques-uns. C'est un droit pour toutes et tous.

Il n'en fallait pas plus pour que la meute médiatique de Vincent Bolloré se lâche. Sur CNews, un chroniqueur compare des gymnases qui mettent à l'abri des familles à des "salles de shoot" [1] qui "pourrissent la vie des gens". Une violence verbale assumée, qui révèle le mépris profond pour les personnes précaires et usagères de drogue.

Dans le même temps, Frontières réalise des reportages piégeux en posant des questions faussement neutres à des habitantes du gymnase.

Le Figaro regrette de ne pas pouvoir "observer l'intérieur" du gymnase, comme si ce lieu de vie (qui relève pourtant du cadre juridique de la protection du domicile) était un lieu suspect à exposer à la curiosité publique.

Rien de tout cela n'est anodin. Ces élus, ces médias, aux côtés de groupuscules néofascistes comme "Les Natifs", mènent une offensive idéologique claire : instrumentaliser l'hébergement d'urgence pour diffuser leurs obsessions racistes.

Dans ce récit, les véritables responsables sont soigneusement effacés. Pas un mot sur les choix politiques de l'État : suppression massive de places d'hébergement d'urgence, notamment pour les demandeurs d'asile, et explosion des expulsions locatives, qui jettent chaque année des dizaines de milliers de personnes à la rue.

L'État hors-la-loi est directement responsable de la mort de près de mille personnes, dont une quarantaine d'enfants, rien qu'en 2025, décédés dans les rues de France, selon le collectif des morts de la rue.

Ce silence n'est pas un oubli, c'est un choix.

Et puis il y a une obsession, martelée toute la semaine dernière : la présence d'hommes dans le gymnase.
Influenceurs d'extrême droite, chroniqueurs et responsables politiques se sont relayés pour venir filmer devant les lieux, cherchant à "prouver" qu'il n'y aurait pas seulement des femmes et des enfants.

Comme si certaines personnes méritaient moins que d'autres d'être protégés. Les hommes précaires, racisés, exilés sont construits comme des menaces, des indésirables qui ne mériteraient que de mourir sur un trottoir.

Oui, la réquisition de gymnases perturbe les activités des écoles et des clubs sportifs, et ce désagrément
existe. Mais il ne peut pas peser face à l'urgence de protéger des personnes qui, sans cela, dormiraient à
la rue.
Cela ne signifie pas que cette situation est satisfaisante. L'hébergement en gymnase est une solution précaire, inadaptée, qui ne peut être que temporaire. Ce qu'il faut, ce sont des solutions mises en place par l'État qui soient dignes, pérennes, à la hauteur des besoins.

Mais dans l'urgence, refuser de réquisitionner les lieux disponibles revient à accepter que des femmes, des hommes et des enfants restent sans-abri.

Face aux menaces et aux appels à la haine, nous avons effectué des signalements auprès du procureur de la République et de la préfecture de police afin d'obtenir l'annulation de ce rassemblement dangereux. A ce stade, ces alertes sont restées sans réponse.

Dans ce contexte, nous appelons à un contre-rassemblement ce dimanche, devant le gymnase visé, en soutien à ses habitant•es.

Nous devons faire front et refuser les intimidations de l'ultradroite.

Montrons ensemble que la solidarité l'emportera toujours sur le racisme et la haine.

À dimanche.
Utopia56 Paris

Dimanche 19 avril à 15h devant le gymnase Fédération, 16 rue de la Fédération, Paris 15e


[1] Terme déshumanisant pour qualifier les HSA

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19.04.2026 à 08:00

Soutenir la Palestine, faire barrage à la République islamique d'Iran et ses symboles dans nos luttes

Communiqué du collectif ROJA - manifestation du 28 mars

Texte intégral (3148 mots)

Communiqué du collectif ROJA - manifestation du 28 mars

Le samedi 28 mars 2026 a eu lieu la marche annuelle pour la Palestine. À l'initiative de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS), portée par plus de 90 organisations, cette manifestation appelait au respect du droit du peuple palestinien à l'autodétermination et du droit au retour des réfugié-es palestinien-nes, à la fin de l'occupation, de la colonisation et de l'apartheid mené par l'État d'Israël, ainsi qu'à la fin du génocide à Gaza et à un cessez-le-feu définitif.

Dans des conditions difficiles, cette manifestation a donné lieu à une solidarité internationaliste concrète dans un cadre anti-impérialiste. Avec les camarades internationalistes et féministes d'autres collectifs, notre collectif Roja a coorganisé un cortège qui a rassemblé une centaine de personnes autour de mots d'ordre sans ambiguïté :

  • Solidarité avec le peuple palestinien qui fait face, depuis le 7 octobre 2023, à l'entreprise génocidaire d'Israël, avec le soutien, notamment, des États-Unis et de la France ;
  • Opposition inconditionnelle à la guerre d'agression impérialiste israélo-américaine, lancée pour la deuxième fois en moins d'un an contre l'Iran ;
  • Opposition inconditionnelle au régime dictatorial et sanguinaire de la République islamique d'iran, ont la répression mortifère s'est amplifiée de manière brutale en janvier dernier - quelques semaines avant le début de la guerre.

Dès le début de la manifestation, nous avons scandé des slogans comme « Nous sommes tous les enfants de Gaza ! », « Nous sommes tous les enfants de Minab ! » - en référence à la localité où l'armée américaine a assassiné 169 écolier-es avec l'envoi d'un missile.

En Iran comme en Palestine, Israël mène une entreprise de destruction et de domination totale qui dévaste tout sur son passage, de manière indiscriminée : populations et infrastructures civiles, patrimoine culturel, environnement.

Notre collectif s'est formé pour soutenir les luttes en Iran. Notre solidarité avec le peuple palestinien se situe dans l'horizon émancipateur du mouvement Femme Vie Liberté, et plus largement des luttes des peuples d'Iran. Depuis des décennies, les mobilisations des femmes, des classes populaires, des peuples opprimés, des étudiant-es, et de tous les groupes sociaux qui ne constituent pas la clientèle de la République islamique, démontrent la force et la vitalité de la résistance à l'oppression des régimes dictatoriaux qui se succèdent en Iran.

La guerre a accentué la polarisation et aggravé la confusion, à gauche et plus largement, au sein de la diaspora iranienne. Des forces fascisantes cherchent à se rendre présentables en se cachant derrière les mots d'ordre contre la guerre ou derrière la solidarité avec la Palestine. Cette frange mobilisée, qui agit comme le relai du régime en Occident, brouille la frontière entre fascisme et antifascisme, invisibilise la répression de la République islamique et rend plus difficile la construction d'une solidarité réellement émancipatrice.

Quelles étaient, lors de la manifestation du 28 mars, les forces réactionnaires et dangereuses qui se sont fait les relais du régime ?
Un ensemble hétéroclite formé par :

  • les relais directs ou indirects du régime iranien, y compris des personnes liées à ses appareils officiels. Ces petits groupes sont déterminés, menaçants et violents.
  • Des figures intégrées à ses cercles de rente et de pouvoir, qui se donnent une image moderne, libérale, « start-up nation » ou proche des élites occidentales, tout en restant politiquement compatibles avec la République islamique.
  • Les inénarrables campistes qui, au nom d'un anti-impérialiste vidé de sons sens, refusent de voir que l'on ne combat pas l'impérialisme en blanchissant un régime dictatorial et répressif.
  • D'autres personnes, probablement peu au fait des réalités iraniennes.

Les partisans de la République islamique n'ont pas leur place dans nos rangs, même lorsqu'ils se cachent derrière la « défense de la Palestine ». Leur présence n'exprime aucune solidarité avec le peuple palestinien. Elle vise à instrumentaliser la guerre et les souffrances en Palestine pour restaurer la légitimité d'un régime profondément discrédité.

Leur stratégie est claire : investir ces espaces et les rendre dangereux, les détourner de leur portée antifasciste et émancipatrice, et tenter de les mettre au service d'un agenda réactionnaire. Il suffit d'observer les vidéos et les récits diffusés par les médias officiels ou proches du régime, qui tentent de transformer les manifestations de solidarité avec la Palestine à Paris en un prétendu « soutien à la République islamique à l'étranger ».

Ceux qui cherchent, au nom de la Palestine, à blanchir la République islamique sapent en réalité la solidarité internationale. Ils importent dans ces espaces les logiques d'intimidation, d'exclusion et de répression du régime. Leur présence empêche de nombreuses personnes d'y participer librement et en sécurité : exilé-es, opposant-es, femmes, Kurdes, Baloutches et autres groupes opprimés, y compris des Iranien-nes vivant à Paris, dont les proches sont sous les bombes.

Un espace qui devrait porter une solidarité populaire, pluraliste et antifasciste risque alors de devenir la vitrine d'un régime tyrannique et fascisant.

Défendre réellement la Palestine, c'est se tenir aux côtés du peuple palestinien, et non d'un régime qui, depuis plus de quarante ans, organise en Iran le colonialisme interne, es massacres, la prison, les exécutions, le sexisme et le racisme anti-afghan institutionnalisés, le racisme anti-arabe et l'élimination de ses opposant-es.

Un pouvoir qui a imposé une dictature religieuse durable sous la forme du velayat-e faqih. Un pouvoir qui à plusieurs reprises ces dernières années, a massacré en quelques jours par milliers ses propres citoyen-nes non armé-es et écrasé toute perspective démocratique. Un tel pouvoir ne peut libérer aucun peuple. Il ne peut qu'instrumentaliser les luttes de libération au service de son agenda géopolitique.
À l'appui de ce constat, rappelons que, après l'exécution de trois prisonniers politiques (manifestants du soulèvement de janvier 2026) pendant les jours de guerre, le régime a encore pendu aujourd'hui deux autres militant-es politiques.

Après avoir tué des dizaines d'enfants lors du massacre de janvier 2026, la République islamique a franchi ces derniers jours un nouveau seuil dans l'exploitation politique des enfants. À travers un appel lancé par les Gardiens de la révolution du Grand Téhéran (bataillon Mohammad Rasoulallah), intitulé « Combattants défenseurs de la patrie pour l'Iran », et relayé par la télévision officielle du régime, elle a fixé à 12 ans l'âge minimum de recrutement des volontaires.

Dans la foulée, il a été confirmé que des adolescent-es de 12 et 13 ans étaient mobilisé-es dans des patrouilles de renseignement, des opérations de terrain et des postes de contrôle. Parmi les enfants tués ces derniers jours figure Alireza Jafari, 11 ans, élève d'école primaire, utilisé comme enfant-soldat. le « Basij des enseignant-es » a lui-même confirmé qu'il avait été tué « dans l'exercice de sa mission » à un poste de contrôle.
C'est précisément cela qu'il faut combattre : l'instrumentalisation des voix palestiniennes, comme des voix qui s'élèvent contre la guerre, au profit de la propagande d'un État comme celui de la République islamique.

La République islamique et ses partisans ne sont ni une solution à la question palestinienne, ni une force contre la guerre. Ils font partie du problème.
C'est pourquoi il n'est ni secondaire, ni symbolique de se démarquer clairement des partisans de la République islamique dans les mobilisations de solidarité avec la Palestine. C'est une condition essentielle pour préserver le caractère populaire, émancipateur et antifasciste de ces espaces. On ne peut pas prétendre lutter contre le colonialisme et le génocide tout en laissant place à des forces qui portent elles-mêmes une logique de terreur, de massacre et de répression.
Aujourd'hui, dans le contexte de la guerre, le lien entre les luttes en Iran et les luttes palestiniennes apparaît plus clairement que jamais, parce qu'elles sont toutes deux confrontées à une violence imposée par les impérialismes coloniaux meurtriers. Pour nous, cette articulation passe par l'horizon politique émancipateur ouvert par « Femme, Vie, Liberté » : un horizon capable d'aller au-delà des camps formés par les États et leurs oligarchies dirigeantes opportunistes et de formuler une politique intersectionnelle de libération centrée sur les peuples.

De même le drapeau de la République islamique n'a rien d'un symbole neutre. Pour des millions de personnes en Iran, ce drapeau incarne la répression, les massacres, les exécutions et un pouvoir qui a déshumanisé d'innombrables vies.
Nous savons que par méconnaissance du contexte politique iranien, certain-es pensent qu'il s'agit d'un simple drapeau national qui représente la population iranienne. Nous savons aussi que certain-es ne l'avaient pas apporté à la manifestation, mais se les sont vus offrir sur place. Nous avons eu l'occasion de nous en rendre compte en discutant avec des manifestant-es qui le portaient sur leurs épaules et qui ont accepté de l'enlever lorsque nous leur avons expliqué ce que représente ce drapeau.
D'autres le perçoivent comme un symbole anti-guerre ou anti-impérialiste, ou l'apportent délibérément et le diffusent parmi les manifestant-es comme un instrument de propagande destiné à blanchir un régime sanglant. Tolérer ce drapeau dans les rangs des forces de gauche, anticoloniales, anti-racistes et attachées à la liberté est une faute politique grave. C'est accepter de défiler aux côtés d'un symbole fasciste et réactionnaire sous prétexte qu'il prétend se rattacher ponctuellement à une cause juste.

Nous appelons donc chacun-e à empêcher systématiquement l'infiltration des forces réactionnaires fanatiques pro-régime dans tous nos espaces militants, et à ne pas laisser à quelques groupes isolés la responsabilité d'affronter seuls leur violence.

Nous le répétons : lorsque nous disons « non à la guerre », nous le faisons depuis un internationalisme venu d'en bas, réel et concret, qui ne cessera jamais de dénoncer les crimes de la République islamique. Un « non à la guerre » qui refuse la logique manipulatrice et dangereuse du sinistre adage « l'ennemi de mon ennemi est mon ami ». Nous refusons un « non à la guerre » vidé de toute solidarité réelle, qui a pour fonction de renforcer un pouvoir meurtrier, de nature colonisatrice, au nom de la lutte contre l'impérialisme.

Nous remercions enfin les organisations et les camarades, qui, sans chercher à se mettre en avant, ont empêché hier que la fin du cortège soit livrée à une meute ultraréactionnaire et violente, liée à un pouvoir autoritaire répressif. Ce geste n'a rien d'anecdotique. Il donne un sens concret à l'internationalisme : protéger les manifestant-es, défendre l'espace commun contre l'intimidation, et empêcher que la solidarité avec la Palestine soit détournée par différentes nuances de soutiens au régime de la République islamique, des fanatiques aux sympathisant-es. C'est aussi cela, la solidarité, au-delà des mots et des slogans : faire barrage, ensemble, à celles et ceux qui veulent transformer nos rangs en terrain où dominent la peur, la confusion et la propagande.

Collectif Roja

در حمایت از فلسطین برای مقابله با حاکمیت خون‌ریز جمهوری اسلامی و نمادهایش در مبارزات‌مان

اطلاعیه جمعی روژا – تظاهرات ۲۸ مارس

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19.04.2026 à 08:00

Home sweet home / une émission de Minuit Décousu

La semaine dernière, c'était la fin de la trêve hivernale, alors on a fait chauffer nos micros pour préparer 1h d'émission sur les luttes autour du droit au logement, de Berlin à New-York en passant par chez nous à Lyon, avec des locataires en lutte contre une agence de « coliving » et des habitantes des quartiers populaires face aux bailleurs sociaux.

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La semaine dernière, c'était la fin de la trêve hivernale, alors on a fait chauffer nos micros pour préparer 1h d'émission sur les luttes autour du droit au logement, de Berlin à New-York en passant par chez nous à Lyon, avec des locataires en lutte contre une agence de « coliving » et des habitantes des quartiers populaires face aux bailleurs sociaux.

Alors que le 1er avril marque la fin de la trêve hivernale, dans notre dernière émission, on a fait chauffer les micros pour préparer 1h d'émission sur les luttes autour du droit au logement.

De Lyon à Berlin, du quartier des États-Unis et Mermoz à Tomkins square à New York, de la lutte contre l'agence de coliving Joivy à la celle la Mainzer Strasse en 1990, la question du logement est au cœur des luttes, contre l'éviction des groupes de population désignés comme indésirables, contre les hausses des loyers, contre les habitats insalubres, contre la financiarisation du logement, un capitalisme qui exclue, qui exploite, qui précarise et qui retire et met en péril ce droit que l'on revendique, d'avoir un toit au dessus de nos têtes. Dans cette émission, tu pourras entendre :

  • Politique de non-logement et de gestion de l'indésirabilité
  • Des locataires en grève des loyers contre une agence de « coliving à Lyon » (entretien)
  • Le monde squat berlinois des années 80 et la Mainzer Strasse
  • En lutte contre Grand Lyon Habitat dans les quartiers d'États-Unis et de Mermoz avec le CPES (entretien)
  • « La gentrification est une guerre de classe », retour à Tomkins Square à New-York (1987)

L'émission s'écoute sur notre audioblog, ici, et un peu partout en podcast. Bonne écoute !

On se retrouve dans deux semaines (21 avril) pour un double anniversaire de printemps sociaux !

Minuit Décousu, c'est un fanzine radiophonique nocturne sur Radio Canut (Lyon et alentours), Cause Commune (Paris/IDF), Radio Kipik (Arriège) et Radio Vassivière (Limousin).

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19.04.2026 à 08:00

Le Liban : un front de la résistance dans la région

Discussion politique publique en soutien au Liban et à la résistance à l'impérialisme dans la région, le mercredi 29 avril, à 18h30, au Wrong Side.

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Discussion politique publique en soutien au Liban et à la résistance à l'impérialisme dans la région, le mercredi 29 avril, à 18h30, au Wrong Side.

Nous sommes un collectif de soutien au Liban, composé de militant.es libanais.es de la diaspora et des camarades voulant se mobiliser pour un front de résistance anti-impérialiste dans la région.

Notre objectif est de faire entendre une voix unie en soutien à la population du Liban toute entière et à tou.tes les habitant.es de la région qui subissent l'impérialisme étasunien et la colonisation sioniste. Soutien aux peuples et à leurs résistances !

Cet événement propose une autre analyse politique de la situation dans la région, avec une focale sur le Liban, et ouvre une discussion pour se mobiliser depuis la France.

Rejoignez-nous en soutien au Liban, à la Palestine et aux résistances contre l'impérialisme dans la région, et pour dénoncer la complicité française !

🗓 Mercredi 29 avril, 18h30
📍Wrong Side, 12 Avenue Porte de Montmartre, 75018

Groupe de soutien Palestine-Liban

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19.04.2026 à 08:00

Occuper l'hôpital : projection et discussion

Pour cette séance, on voudrait parler des occupations d'hôpital, des formes qu'elles peuvent prendre et des contextes socio-politiques dans lesquels elles émergent historiquement, afin de nourrir nos imaginaires et nos pratiques.

Pour soutenir cette discussion, on propose de regarder ensemble le documentaire « Policlinico : un comizio operaio », qui décrit une expérience de lutte et d'autorganisation dans un hôpital de Rome dans les années 1970. On échangera après avec une partie de l'équipe ayant participé à la création du livre « Nous ne serons plus patients », un recueil de témoignages et de récits de luttes hospitalières.

Texte intégral (609 mots)

Pour cette séance, on voudrait parler des occupations d'hôpital, des formes qu'elles peuvent prendre et des contextes socio-politiques dans lesquels elles émergent historiquement, afin de nourrir nos imaginaires et nos pratiques.

Pour soutenir cette discussion, on propose de regarder ensemble le documentaire « Policlinico : un comizio operaio », qui décrit une expérience de lutte et d'autorganisation dans un hôpital de Rome dans les années 1970. On échangera après avec une partie de l'équipe ayant participé à la création du livre « Nous ne serons plus patients », un recueil de témoignages et de récits de luttes hospitalières.

Le documentaire “Policlinico : un comizio operaio” (1975) montre la lutte autonome menée à la Polyclinique de Rome dans les années 1970. La lutte porte à la fois sur les conditions de travail et sur le refus d'une médecine de classe.

Elle constitue une expérience d'auto-organisation où travailleurs, travailleuses et patient·es participent ensemble aux assemblées, prennent collectivement des décisions sur le fonctionnement de l'hôpital, contestent l'autorité médicale et administrative, et redéfinissent concrètement le soin (gratuité, transformation du rapport aux patient·es, remise en cause des hiérarchies).

Il s'agit d'un reportage filmé au cœur de cette mobilisation, qui permet de suivre un moment où un hôpital est partiellement repris par celles et ceux qui y travaillent et s'y soignent. Cette expérience met en lumière la possibilité d'un contrôle collectif de l'hôpital, articulé à un projet plus large de redéfinition du rôle social de la médecine.


Le livre "Nous ne serons plus patients" est un recueil de témoignages et de récits de luttes hospitalières.

Entre le corporatisme médical et le fait que la question du soin reste souvent peu investie par les collectifs militants, il devient difficile d'imaginer des pratiques autonomes capables de s'opposer à la marchandisation de la santé et à la précarisation du soin.

De quelles pratiques politiques sommes-nous héritier·es ?

Occupations de services, auto-organisation, refus des logiques gestionnaires…
À partir de ces expériences, il s'agira d'ouvrir une discussion sur ce que signifie reprendre l'hôpital aujourd'hui : non seulement comme lieu de travail, mais comme espace politique où se redéfinissent les pratiques de soin et la manière dont la santé est prise en charge collectivement.

Vendredi 24 avril à 19h

Bourse du travail d'Aubervilliers
1, rue des 21 appelés
93 300 Aubervilliers
Métro Aimé Césaire

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19.04.2026 à 08:00

Elisée Reclus, La Passion du Monde

Projection du film de Nicolas Eprendre, à la bibliothèque associative de Malakoff, le vendredi 24 avril

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Projection du film de Nicolas Eprendre, à la bibliothèque associative de Malakoff, le vendredi 24 avril

Vendredi 24 avril à partir de 19h30 à la Bibliothèque Associative de Malakoff (14 impasse Carnot), projection de Élisée Reclus, la passion du monde de Nicolas Eprendre, en présence du réalisateur.

La Passion du monde fait le portrait d'une personnalité peu banale, tout à la fois grand voyageur, scientifique reconnu et homme de conviction.

Avec Reclus, on assiste à la naissance d'une science, la géographie, qui en s'appuyant sur le « temps long », examine l'évolution des paysages et des territoires à la lumière de l'histoire des peuples qui y vivent.

Le film dresse le portrait d'un géographe sans frontière, un révolutionnaire soucieux de ses semblables et de son environnement.

Un homme du 21e siècle en somme !

La soirée sera suivi d'un buffet participatif (on apporte et on partage).

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19.04.2026 à 08:00

Assemblée Générale contre le C9M à Saint-Denis

Rendez-vous pour une AG de mobilisation contre les nazis ce vendredi 24 avril à la Bourse du Travail de Saint-Denis (Salle Louise Michel).

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Rendez-vous pour une AG de mobilisation contre les nazis ce vendredi 24 avril à la Bourse du Travail de Saint-Denis (Salle Louise Michel).

Cette année encore, les néonazis vont pouvoir défiler librement et sous étroite protection policière à Paris. Le 9 mai, leurs drapeaux fascistes flotteront et leurs slogans racistes et identitaires résonneront à nouveau lors de la marche organisée par le C9M

Ce défilé, qui rassemble chaque année des centaines de fascistes dont plusieurs liés au RN, est un signe du danger fasciste qui croît d'année en année, renforcé par les politiques racistes qui rapprochent politiquement toujours plus fascistes et classe dirigeante.

Face aux fascistes il faut tenir la rue et s'organiser collectivement. Les forces existent : à Paris nous avons été des milliers de personnes à nous mobiliser pour empêcher Nous Vivrons et Nemesis de manifester le 8 mars et des dizaines de milliers à descendre dans la rue contre le fascisme et le racisme le 14 mars.

Nous refusons toute instrumentalisation assimilant antifascistes et fascistes, laissant la rue aux néonazis.

Chaque année, la riposte contre le C9M s'organise plus massivement. Dans la continuité du week-end antifasciste des 8, 9 et 10 mai, nous appelons à une mobilisation massive le 9 mai.

Faisons de cette manifestation un moment fort de riposte en nous rassemblant en nombre pour faire front contre le fascisme.

À l'appel de la Marche des Solidarités et Collectifs de Sans-Papiers, la FSE, la Jeunesse Communiste, Noustoustes 93 antiraciste et les Antifas du 20.

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18.04.2026 à 19:00

Rassemblement en soutien aux peuples d'Iran

Rassemblement pour la libération des prisonniers et prisonnières politiques en Iran, pour la suspension des exécutions qui n'ont fait que s'intensifier depuis janvier, pour la fin du plus long black-out en Iran

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Rassemblement pour la libération des prisonniers et prisonnières politiques en Iran, pour la suspension des exécutions qui n'ont fait que s'intensifier depuis janvier, pour la fin du plus long black-out en Iran

Pour la libération des prisonniers et prisonnières politiques en Iran
Pour la suspension des exécutions qui n'ont fait que s'intensifier depuis janvier
Pour la fin du plus long black-out en Iran

Dans une situation où la répression en Iran s'est intensifiée, le risque d'exécution et de lourdes peines à l'encontre des détenu•es politiques a augmenté.

Quarante-cinq jours après le déclenchement de l'attaque américano-israélienne et la guerre menée en Iran, celleux qui suivent les évolutions de la société iranienne et son combat pour la liberté peuvent constater que la lutte de la population iranienne se trouve aujourd'hui dans une posture bien plus défavorable qu'avant.
Les morts civiles, notamment le ciblage criminel d'une école à Minab, causant la mort de dizaines d'écolières, puis la destruction des infrastructures du pays, sont là pour rappeler une fois de plus qu'une guerre n'amènera rien de bon en Iran. Surtout lorsqu'elle est illégale et mal engagée.

Mohseni Ejei annonce des jours très chargés pour le système judiciaire dont il est le chef, et certains responsables ont même utilisé le terme de “dépeçage”. Les condamnations à morts se succèdent après des parodies de procès.
Rappelons ici que, parmi les quinze conditions imposées par l'administration américaine pour mettre fin à la guerre, ne figure aucune mesure visant à défendre la société civile iranienne ni à protéger les prisonniers et prisonnières politiques.
La société iranienne a besoin du soutien des pays européens, pour œuvrer dans les instances internationales afin d'exiger la fin du black-out, la libération des prisonniers et prisonnières politiques et l'arrêt des exécutions par les tortionnaires du régime. Nous exigeons du gouvernement français qu'il n'accueille plus ces criminels sur leur sol et qu'il entende la détresse des personnes réfugiées en facilitant leur accès au territoire français.

Aujourd'hui, des vies sont en danger immédiat. Soyons leurs voix !

À l'appel de Neda d'Iran

#stopexecutionsiniran #digitalblackoutiniran #freepoliticalprisonersiniran

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18.04.2026 à 08:00

En masse à Genève contre le G7 !

Face au G7 qui se réunit à Évian pour planifier la destruction des peuples, l'exploitation du vivant et la domination des corps, organisons notre résistance contre le fascisme et l'impérialisme ! Retrouvons-nous du 13 au 17 juin 2026 à Genève pour construire la riposte internationaliste !

Texte intégral (1892 mots)

Face au G7 qui se réunit à Évian pour planifier la destruction des peuples, l'exploitation du vivant et la domination des corps, organisons notre résistance contre le fascisme et l'impérialisme ! Retrouvons-nous du 13 au 17 juin 2026 à Genève pour construire la riposte internationaliste !

Consultez le site du commité unitaire pour suivre la mobilisation.

Contact : nog7-ge@riseup.net
Insta : @nog7_2026
Canal telegram : t.me/nog7_2026

Qu'est-ce que le G7 ? Pourquoi s'y opposer

Le G7 rassemble chaque année sept gouvernements des pays les plus riches du monde, pour parler économie et géopolitique. Depuis 1975, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, le Canada et le Japon se réunissent pour organiser la direction capitaliste du monde - rejoints en 1997 par la Russie, aujourd'hui exclue suite à l'annexion de la Crimée en 2014. Donald Trump, Emmanuel Macron, Keir Starmer, Friedrich Merz, Giorgia Meloni, Mark Carney et Sanae Takaichi ont rendez-vous à Évian du 15 au 17 juin 2026. Une vaste coalition de collectifs et d'organisations appelle à se mobiliser largement, sur une base internationaliste, contre cette rencontre.

Contre le fascisme

Une crise généralisée secoue le capitalisme mondial : afin de maintenir l'hégémonie du Nord global, les membres du G7 - ses principaux acteurs - se radicalisent. Cette recomposition de l'ordre mondial nourrit directement la prise de pouvoir de l'extrême-droite. Ses thèmes et son vocabulaire sont désormais omniprésents dans le débat public, tandis que la violence de son idéologie suprémaciste se déchaîne à l'échelle planétaire. Pour garantir leur place dans cette nouvelle configuration, les États glissent vers des pratiques toujours plus autoritaires. Ainsi, ce processus de fascisation dépasse les seuls pays où l'extrême-droite est arrivée au pouvoir.

Cette vague de haine, ancrée dans la domination de groupes opprimés, se répand et entraîne une violence mortifère et systémique : islamophobie institutionnalisée, meurtres racistes par la police, violences aux frontières, violences sexistes et sexuelles, féminicides, violences LGBTphobes et anti-trans. Les masculinistes, légitimés par les figures autoritaires, déploient une offensive sans précédent. Pour maintenir l'ordre inégalitaire, les mouvements sociaux, notamment écologistes, féministes, LGBTIQ+, antiracistes et de solidarité avec la Palestine, sont durement réprimés.

Pour une lutte antifasciste efficace, attaquons nous aux racines du problème incarné par les membres du G7. Dans ce climat de toute-puissance viriliste, le combat contre le fascisme est et sera toujours un combat féministe et queer !

Contre l'impérialisme et les guerres contre les peuples

La coopération internationale s'effrite sur fond de course aux armements et de guerre commerciale. Aujourd'hui, plusieurs pays du G7 sont dirigés par des forces d'extrême droite, qui servent les intérêts des multinationales et des plus riches.

L'Occident a abandonné tout semblant de respect des principes de solidarité et de paix entre les peuples. Les masques tombent lorsque les gouvernements du G7 refusent d'imposer des sanctions contre l'État colonial et génocidaire d'Israël et bafouent le droit international, rendant visible ce que les peuples colonisés martèlent depuis des décennies : le processus de décolonisation n'a jamais abouti et a été remplacé par de nouvelles formes de domination impérialiste.

Cette dernière repose sur la multiplication des guerres, les plus récentes en Iran, au Venezuela, à Gaza, au Soudan, en RDC et en Ukraine. La prédation par les pays du G7 – mais aussi par la Suisse – s'effectue également par l'intermédiaire de leurs multinationales à travers une course aux matières premières qui s'épuisent. Cet extractivisme forcené exploite les corps des peuples du Sud global.

En même temps, l'Occident ferme ses frontières aux populations des pays qu'il ravage. Ces violences coloniales ne s'arrêtent pas aux frontières : elles sont aussi infligées aux personnes en exil, racisées, issues des classes populaires.

Pour l'internationalisme et la solidarité entre les peuples, contre le colonialisme et les politiques migratoires mortifères, organisons la résistance !

Contre le capitalisme

Le capitalisme est fondé sur l'accumulation du profit, et la répartition toujours plus inégale des richesses. Il repose sur l'exploitation des ressources planétaires et des travailleur·eusexs par les plus riches.

Ce système économique entraîne l'extinction massive des espèces, la diminution des espaces sauvages, l'appauvrissement des terres, de l'eau et de l'air. Il détruit les vies, la santé et la dignité des personnes qu'il exploite. 1% des plus fortunés détient près de 50% des richesses planétaires, au détriment des droits fondamentaux d'une grande partie de la population mondiale qui vit sous le seuil de pauvreté, subit la famine, n'a pas accès à des logements décents, à l'éducation, aux soins et à un environnement non-pollué.

Pour garantir les profits, les dirigeant·es du G7, main dans la main avec la classe capitaliste, intensifient leurs stratégies habituelles : augmentation du temps de travail, de l'âge de la retraite, diminution des salaires, augmentation des loyers, démantèlement des services publics et des protections sociales. Pour imposer cet agenda à toute la planète, les pays du G7 instrumentalisent la dette comme une arme et exportent, dans les pays du Sud global, les politiques de coupes dans les dépenses publiques et de privatisation.

Cyniquement, les guerres représentent autant d'opportunités de profits pour les industriels de l'armement. La militarisation de nos sociétés, justifiée par les discours fascistes et sécuritaires, détourne l'argent public au profit de la défense, entraînant toujours plus d'austérité. Face aux massacres des peuples en lutte – notamment des Palestinien·nexs, des Soudanais·exs, des Ukrainien·nexs et des Congolais·exs –, face à la destruction du vivant, les capitalistes se frottent les mains.

Pour la solidarité entre les travailleur·eusexs de tous les pays et contre les spoliations, manifestons ensemble contre le G7 !

Rencontres internationalistes dès le 13 juin

Grande manifestation le 14 juin

Poursuite du programme jusqu'au 17 juin

Slides avec l'appel à diffuser :

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Signataires : Act now !, AFA Genève, Agissons Genève, Assemblée antifasciste Genève, Association Suisse-Cuba ASC Genève, Attac Chablais, BDS Genève, Breakfree Suisse, CADTM, Centre démocratique kurde de Genève CDK-G, CETIM, Collectif bâtiments vides (CBV), Collectif Urgence Palestine (CUP-Genève), Contre-Attaque & Autonomie, Coordination Étudiante pour la Palestine (CEP), CRAQ, CUAE, Grève féministe GE, Grondements des terres, Groupe Antirep GE, GSsA, Halte à la guerre, Colectivo Jaguar, Jeunesse socialiste genevoise JSG, Jeunesse solidaire, La France insoumise (LFI) Genevois, La Lime, MAPC, Marad – collectif juif décolonial, NPA-L'anticapitaliste, Outrage collectif, Parti du travail – PDT Genève, Quinto Suyo Suiza Peru, Red Wiphalas, Serhildan, Siembra Resistencia, Le Silure, Soignantexs pour la Palestine, Solidarité Tattes, solidaritéS, Soulèvements de la terre SDT Genève, Syndicat des services publics Genève, Tournoi antiraciste Genève, Union populaire, Vagues de la révolte, XR Familles, Young Struggle.

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18.04.2026 à 08:00

Rencontre avec Liza Hammar pour la sortie de « Le hijab, leur obsession et nous »

Mercredi 6 mai à 19h30, rencontre avec Liza Hammar animée par Marc Jahjah à la librairie Le Monte en l'air (2 rue de la Mare, Paris 20e)

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Mercredi 6 mai à 19h30, rencontre avec Liza Hammar animée par Marc Jahjah à la librairie Le Monte en l'air (2 rue de la Mare, Paris 20e)

Partout, on assiste à une radicalisation de l'islamophobie, avec ses contours virilistes et complotistes et son nationalisme acerbe, souvent violent, voire génocidaire. Contre le fantasme essentialiste visant la domination des corps et des pensées des femmes musulmanes, Liza Hammar oppose l'exercice du libre arbitre et d'agentivité dont elles disposent déjà. Pour cela, elle puise autant dans son expérience intime que dans une littérature riche, aussi bien sur le plan spirituel et religieux que social et politique.

Ancré entre la France et le Québec, cet essai mêle rigueur académique et récit personnel pour interroger l'obsession politique sur le hijab. Liza Hammar, chercheuse féministe et musulmane, propose une lecture matérialiste des violences systémiques visant les femmes portant le voile. Elle explore la foi, les logiques de domination, ainsi que les impensés du féminisme et du progressisme.

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18.04.2026 à 08:00

[Radio] Le monde véreux du nucléaire

Dans cette émission de Vive la Sociale - FPP 106.3 FM - nous échangeons avec Thierry Gaudault dont le dernier livre s'intitule : « Dictionnaire critique du nucléaire. Corruption, malversations, harcèlement, opacité... ». Bonne écoute !

Texte intégral (508 mots)

Dans cette émission de Vive la Sociale - FPP 106.3 FM - nous échangeons avec Thierry Gaudault dont le dernier livre s'intitule : « Dictionnaire critique du nucléaire. Corruption, malversations, harcèlement, opacité... ». Bonne écoute !

Le monde véreux du nucléaire
Dans son dernier livre Dictionnaire critique du nucléaire, Thierry Gaudault nous offre une synthèse de ses décennies d'enquête sur la gestion du nucléaire civil en France. Le sous-titre, Corruption, malversations, harcèlement, opacité... donne une bonne idée de ce qui ressort de cette plongée dans les coulisses d'une industrie que le discours du pouvoir continue à nous présenter comme un exploit et une chance pour la France...
En répondant à nos questionnements, Thierry Gadault nous donne une idée des multiples erreurs et décisions irrationnelles engendrées par un dangereux alliage entre désir de puissance et lubies scientifiques, entre logique financière et management autoritaire, entre pouvoir technocratique et culture du secret. Résultat : des centaines de milliards d'euros gaspillés, des choix techniques non maîtrisés, et l'accident nucléaire qui nous pend au nez...

Source : http://www.vivelasociale.org/images/emission-radio-vive-la-sociale/2026/26-04-02-vls-gadault-2.mp3
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18.04.2026 à 08:00

Lancement du second numéro de la revue Bye Bye Binary

Mardi 5 mai à 19h30, rencontre avec des membres de la collective Bye Bye Binary pour le lancement du second numéro de la revue.

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Mardi 5 mai à 19h30, rencontre avec des membres de la collective Bye Bye Binary pour le lancement du second numéro de la revue.

La typothèque Bye Bye Binary rassemble et diffuse une collection de caractères typographiques post-binaires réalisés au sein de la collective et au-delà, pour les usages du plus grand nombre. À la différence d'une fonderie dont la propriété est le socle, la collective BBB propose cet espace comme un lieu d'accueil et de diffusion pour ses adelphes dessinateur·ices de caractères désireux·ses de publier leurs fontes en communauté de pensée. BBB n'a pas pour seul but le dessin de caractères mais, plus largement, d'alimenter le débat sur la charge politique du design graphique, du langage, des représentations des corps et des identités. La collective Bye Bye Binary adopte une position de recherche militante et communautaire, c'est-à-dire par et avec des personnes concernées, à travers un prisme féministe, queer, trans*, pédé·e, bi·e, gouin·e.

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17.04.2026 à 08:00

Elisée Reclus : À mon Frère le paysan, 1899.

« Défendez ce qui vous reste et reconquérez ce que vous avez perdu. Sinon votre sort à venir est horrible, car nous sommes dans un âge de science et de méthode et nos gouvernants, servis par l'armée des chimistes et des professeurs, vous préparent une organisation sociale dans laquelle tout sera réglé comme dans une usine, où la machine dirigera tout, même les hommes ; où ceux-ci seront de simples rouages que l'on changera comme de vieux fer quand ils se mêleront de raisonner et de vouloir. »

Texte intégral (5195 mots)

« Défendez ce qui vous reste et reconquérez ce que vous avez perdu. Sinon votre sort à venir est horrible, car nous sommes dans un âge de science et de méthode et nos gouvernants, servis par l'armée des chimistes et des professeurs, vous préparent une organisation sociale dans laquelle tout sera réglé comme dans une usine, où la machine dirigera tout, même les hommes ; où ceux-ci seront de simples rouages que l'on changera comme de vieux fer quand ils se mêleront de raisonner et de vouloir. »

Elisée Reclus – qui titra « La conquête du pain » de Kropotkine et qui en signa la préface – rédige quelques années plus tard un texte annonciateur, pour le moins prémonitoire.

Dans cet écrit, Reclus répond aux polémiques de son temps qui opposent la figure du paysan à celle de l'ouvrier, opposent la campagne à la ville, la tradition à la modernité, et d'une certaine manière, la réaction au progrès.

S'il fait du projet d'aménagement terrestre et d'émancipation propre à la modernité son combat, Reclus modère tout de même les éloges catégoriques et passionnés qui en sont faites. Reclus croit fermement en l'amélioration matérielle des conditions d'existence, partout il les promeut, mais il révoque le sens de l'histoire, son déterminisme et sa linéarité. Lui, entrevoit plutôt des séries consécutives d'avancées et de reculs, des élans de progressions et des mouvements de regrès. Il est pour le progrès, mais il n'est pas de la prophétie. Il est pour la modernité, mais il n'est pas contre la « nature ». Il n'est ni pour la ruralité, ni pour l'urbanisme, il est pour le rapprochement, pour l'alliance des savoirs, il est pour la synthèse.

Géographe et encyclopédiste, il loue un respect immense aux « peuples primitifs » et aux « savoirs indigènes ». Il reconnaît bien volontiers les bienfaits qu'implique la modernité, mais n'en fait jamais une supériorité « civilisatrice ». Il n'est ni partisan du « retour à la nature », ni louangeur du « bon sauvage », mais porte en estime toute la connaissance humaine, sans malheureuses distinctions. S'il n'est donc pas explicitement « progressiste », il défend la modernisation. Pour autant, sans solidarité, sans égalité, sans partage, sans élévation des individus et de l'humanité toute entière, le progrès pourrait porter en lui des germes de régressions.

À juste titre, Reclus distingue dans les évolutions techniques de son époque les signes d'une entreprise de domestication extraordinairement rationnelle qu'il craint, et qu'il envisage à bien des égards comme une menace. L'organisation scientifique du travail, qui fait de chaque geste, de chaque action, une performance salariale chronométrée, « évaluées en chiffres », pourrait bientôt déborder des usines et unifier la société toute entière. Ce progrès n'est pas celui que Reclus entend défendre. Au contraire, au service seulement « du bénéfice patronal », cette science capitaliste baigne déjà dans le jus de la puissance.

Les inquiétudes de Reclus sont fondées, la paysannerie pourrait devenir à son tour industrielle, et les années qui succéderont sa mort lui donneront tristement raison. [1]

Elisée Reclus : À mon Frère le paysan, 1899.

« Est-il vrai », m'as-tu demandé, « est-il vrai que tes camarades, les ouvriers des villes, pensent à me prendre la terre, cette douce terre que j'aime et qui me donne des épis, bien avarement, il est vrai, mais qui me les donne pourtant ? Elle a nourri mon père et le père de mon père ; et mes enfants y trouveront peut-être un peu de pain. Est-il vrai que tu veux me prendre la terre, me chasser de ma cabane et de mon jardinet ? Mon arpent ne sera-t-il plus à moi ? »

Non, mon frère, ce n'est pas vrai. Puisque tu aimes le sol et que tu le cultives, c'est bien à toi qu'appartiennent les moissons. C'est toi qui fais naître le pain, nul n'a le droit d'en manger avant toi, avant ta femme qui s'est associée à ton sort, avant l'enfant qui est né de votre union. Garde tes sillons en toute tranquillité, garde ta bêche et ta charrue pour retourner la terre durcie, garde la semence pour féconder le sol. Rien n'est plus sacré que ton labeur, et mille fois maudit celui qui voudrait t'enlever le sol devenu nourricier par tes efforts !

Mais ce que je dis à toi, je ne le dis pas à d'autres qui se prétendent cultivateurs et qui ne le sont pas. Quels sont-ils ces soi-disant travailleurs, ces engraisseurs du sol ? L'un est né grand seigneur. Quand on l'a placé dans son berceau, tout enveloppé de laines fines et de soies douces à toucher et à voir, le prêtre, le magistrat, le notaire et d'autres personnages sont venus saluer le nouveau-né comme un futur maître de la terre. Des courtisans, hommes et femmes, sont accourus de toutes parts pour lui apporter des présents, des étoffes brochées d'argent et des hochets d'or ; pendant qu'on le comble de cadeaux, des scribes enregistrent en de grands livres que le poupon possède ici des sources et là des rivières, plus loin des bois, des champs et des prairies, puis ailleurs des jardins et encore d'autres champs, d'autres bois, d'autres pâturages. Il en a dans la montagne, il en a dans la plaine ; même sous la terre il est aussi maître de grands domaines où des hommes travaillent, par centaines ou par milliers. Quand il sera devenu grand, peut-être, un jour, ira-t-il visiter ce dont il hérita au sortir du ventre maternel ; peut-être ne se donnera-t-il pas même la peine de voir toutes ces choses ; mais il en fera recueillir et vendre les produits. De tous côtés, par routes et par chemins de fer, par barques de rivières et par navires sur l'océan, on lui apportera de grands sacs d'argent, revenus de toutes ses campagnes. Eh bien, quand nous aurons la force, laisserons-nous tous ces produits du labeur humain, les laisserons-nous dans les coffres-forts de l'héritier, aurons-nous le respect de cette propriété ? non, mes amis, nous prendrons tout cela. Nous déchirerons ces papiers et plans, nous briserons les portes de ces châteaux, nous saisirons ces domaines. « Travaille, si tu veux manger ! » dirons-nous à ce prétendu cultivateur ! Rien de toutes ces richesses n'est plus à toi ! »

Et cet autre seigneur né pauvre, sans parchemin, que nul flatteur ne vint admirer dans la cabane ou la mansarde maternelle, mais qui eut la chance de s'enrichir par son travail probe ou improbe ? Il n'avait pas une motte de terre où reposer sa tête, mais il a su, par des spéculations ou des économies, par les faveurs des maîtres ou du sort, acquérir d'immenses étendues qu'il enclot maintenant de murs et de barrières : il récolte où il n'a point semé, il mange et grappille le pain qu'un autre a gagné par son travail. Respecterons-nous cette deuxième propriété, celle de l'enrichi qui ne travaille point sa terre, mais qui la fait labourer par des mains esclaves et qui la dit sienne ? Non, cette deuxième propriété, nous ne la respecterons pas plus que la première. Ici encore, quand nous en aurons la force, nous viendrons mettre la main sur ces domaines et dire à celui qui s'en croit maître :

« En arrière, parvenu ! Puisque tu as su travailler, continue ! Tu auras le pain que te donnera ton labeur, mais la terre que d'autres cultivent n'est plus à toi. Tu n'es plus le maître du pain. »

Ainsi nous prendrons la terre, oui, nous la prendrons, mais à ceux qui la détiennent sans la travailler, pour la rendre à ceux auxquels il était interdit d'y toucher. Toutefois, ce n'est point pour qu'ils puissent à leur tour exploiter d'autres malheureux. La mesure de la terre à laquelle l'individu, le groupe familial ou la communauté d'amis ont naturellement droit, est embrassée par leur travail individuel ou collectif. Dès qu'un morceau de terre dépasse l'étendue de ce qu'ils peuvent cultiver, ils n'ont aucune raison naturelle de revendiquer ce lambeau ; l'usage en appartient à d'autres travailleurs. La limite se trace diversement entre les cultures des individus ou des groupes, suivant la mise en état de la production. Ce que tu cultives, mon frère, est à toi, et nous t'aiderons à le garder par tous les moyens en notre pouvoir ; mais ce que tu ne cultives pas est à un compagnon. Fais-lui de la place. Lui aussi saura féconder la terre.

Mais si l'un et l'autre vous avez droit à votre part de terre, aurez-vous l'imprudence de rester isolés ? Seul, trop seul, le petit paysan cultivateur est trop faible pour lutter à la fois contre la nature avare et contre l'oppresseur méchant. S'il réussit à vivre, c'est par un prodige de volonté. Il faut qu'il s'accommode à tous les caprices du temps et se soumette en mille occasions à la torture volontaire. Que la gelée fende la pierre, que le soleil brûle, que la pluie tombe ou que le vent hurle, il est toujours à l'œuvre ; que l'inondation noie ses récoltes, que la chaleur les calcine, il moissonne tristement ce qui reste et qui ne suffira guère à le nourrir. Qu'arrive le jour des semailles, il se retirera le grain de la bouche pour le jeter dans le sillon. Dans son désespoir, l'âpre foi lui reste : il sacrifie une partie de la pauvre moisson, si nécessaire, dans la confiance qu'après le rude hiver, après le brûlant été, le blé mûrira pourtant et doublera, triplera la semence, la décuplera peut-être. Quel amour intense il ressent pour cette terre, qui le fait tant peiner par le travail, tant souffrir par la crainte et les déceptions, tant exulter de joie quand les lignes ondulent à pleins épis. Aucun amour n'est plus fort que celui du paysan pour le sol qu'il défonce et qu'il ensemence, duquel il est né et dans lequel il retournera ! Et pourtant que d'ennemis l'entourent et lui envient la possession de cette terre qu'il adore ! Le percepteur d'impôts taxe sa charrue et lui prend une part de son blé ; le marchand en saisit une autre part ; le chemin de fer le frustre aussi dans le transport de la denrée. De toutes parts, il est trompé. Et nous avons beau lui crier : « Ne paie pas l'impôt, ne paie pas la rente », il paie quand même parce qu'il est seul, parce qu'il n'a pas confiance dans ses voisins, les autres petits paysans, propriétaires ou métayers, et n'ose se concerter avec eux. On les tient asservis, lui et tous les autres, par la peur et la désunion.

Il est certain que si tous les paysans d'un même district avaient compris combien l'union peut accroître la force contre l'oppression, ils n'auraient jamais laissé périr les communautés des temps primitifs, les « groupes d'amis », comme on les appelle en Serbie et autres pays slaves. La propriété collective de ces associations n'est point divisée en d'innombrables enclos par des haies, des murs et des fossés. Les compagnons n'ont point à se disputer pour savoir si un épi poussé à droite ou à gauche du sillon est bien à eux. Pas d'huissier, pas d'avoué, pas de notaire pour régler les intérêts entre les camarades. Après la récolte, avant l'époque du nouveau labour, ils se réunissent pour discuter les affaires communes. Le jeune homme qui s'est marié, la famille qui s'est accrue d'un enfant ou chez laquelle est entré un hôte, exposent leur situation nouvelle et prennent une plus large part de l'avoir commun pour satisfaire leurs besoins plus grands. On resserre ou l'on éloigne les distances suivant l'étendue du sol et le nombre de membres, et chacun besogne dans son champ, heureux d'être en paix avec les frères qui travaillent à leur côté sur la terre mesurée aux besoins de tous. Dans les circonstances urgentes, les camarades s'entraident : un incendie a dévoré telle cabane, tous s'occupent à la reconstruire ; une ravine d'eau a détruit un bout de champ, on en prépare un autre pour le détenteur lésé. Un seul paît les troupeaux de la communauté, et le soir, les brebis, les vaches savent reprendre le chemin de leur étable sans qu'on les y pousse. La commune est à la fois la propriété de tous et de chacun.

Oui, mais la commune, de même que l'individu, est bien faible si elle reste dans l'isolement. Peut-être n'a-t-elle pas assez de terres pour l'ensemble des participants, et tous doivent souffrir de la faim ! Presque toujours elle se trouve en lutte avec un seigneur plus riche qu'elle, qui prétend à la possession de tel ou tel champ, de telle forêt ou de tel terrain de pâture. Elle résiste bien, et si le seigneur était seul, elle aurait bien vite triomphé de l'insolent personnage ; mais le seigneur n'est pas seul, il a pour lui le gouverneur de la province et le chef de la police, pour lui les prêtres et les magistrats, pour lui le gouvernement tout entier avec ses lois et son armée. Au besoin, il dispose du canon pour foudroyer ceux qui lui disputent le sol débattu. Ainsi, la commune pourrait avoir cent fois raison, elle a toutes les chances que les puissants lui donnent tort. Et nous avons beau lui crier, comme à l'imposable isolé : « Ne cède pas ! », elle doit céder, victime de son isolement et de sa faiblesse.

Vous êtes donc faibles, vous tous, petits propriétaires, isolés ou associés en communes, vous êtes bien faibles contre tous ceux qui cherchent à vous asservir, accapareurs de terre qui en veulent à votre petit lopin, gouvernants qui cherchent à en prélever tout le produit. Si vous ne savez pas vous unir, non seulement d'individu à individu et de commune à commune, mais aussi de pays à pays, en une grande internationale de travailleurs, vous partagerez bientôt le sort de millions et de millions d'hommes qui sont déjà dépouillés de tous droits aux semailles et à la récolte et qui vivent dans l'esclavage du salariat, trouvant l'ouvrage quand des patrons ont intérêt à leur en donner, toujours obligés de mendier sous mille formes, tantôt demandant humblement d'être embauchés, tantôt même en avançant la main pour implorer une avare pitance. Ceux-ci ont été privés de la terre, et vous pouvez l'être demain. Y a-t-il une si grande différence entre leur sort et le vôtre ? La menace les atteint déjà ; elle vous épargne encore pour un jour ou deux. Unissez-vous tous dans votre malheur ou votre danger. Défendez ce qui vous reste et reconquérez ce que vous avez perdu.

Sinon votre sort à venir est horrible, car nous sommes dans un âge de science et de méthode et nos gouvernants, servis par l'armée des chimistes et des professeurs, vous préparent une organisation sociale dans laquelle tout sera réglé comme dans une usine, où la machine dirigera tout, même les hommes ; où ceux-ci seront de simples rouages que l'on changera comme de vieux fer quand ils se mêleront de raisonner et de vouloir.

C'est ainsi que dans les solitudes du Grand-Ouest Américain, des compagnies de spéculateurs, en fort bons termes avec le gouvernement, comme le sont tous les riches ou ceux qui ont l'espoir de le devenir, se sont fait concéder des domaines immenses dans les régions fertiles et en font à coups d'hommes et de capitaux des usines à céréales. Tel champ de culture a la superficie d'une province. Ce vaste espace est confié à une sorte de général, instruit, expérimenté, bon agriculteur et bon commerçant, habile dans l'art d'évaluer à sa juste valeur la force de rendement des terrains et des muscles. Notre homme s'installe dans une maison commode au centre de sa terre. Il a dans ses hangars cent charrues, cent machines à semer, cent moissonneuses, vingt batteuses ; une cinquantaine de wagons traînés par des locomotives vont et viennent incessamment sur des lignes de rails entre les gares du champ et le port le plus voisin dont les embarcadères et les navires lui appartiennent aussi. Un réseau de téléphones va de la maison palatiale à toutes les constructions du domaine ; la voix du maître est entendue de partout ; il a l'oreille à tous les bruits, le regard à tous les actes ; rien ne se fait sans ses ordres et loin de sa surveillance.

Et que devient l'ouvrier, le paysan dans ce monde si bien organisé ? Machines, chevaux et hommes sont utilisés de la même manière : on voit en eux autant de forces, évaluées en chiffres, qu'il faut employer au mieux du bénéfice patronal, avec le plus de produit et le moins de dépenses possible. Les écuries sont disposées de telle sorte qu'au sortir même de l'édifice, les animaux commencent à creuser le sillon de plusieurs kilomètres de long qu'ils ont à tracer jusqu'au bout du champ : chacun de leurs pas est calculé, chacun rapporte au maître. De même les mouvements des ouvriers sont réglés à l'issue du dortoir commun. Là, point de femmes ni d'enfants qui viennent troubler la besogne par une caresse ou par un baiser. Les travailleurs sont groupés par escouades ayant leurs sergents, leurs capitaines et l'inévitable mouchard. Le devoir est de faire méthodiquement le travail commandé, d'observer le silence dans les rangs. Qu'une machine se détraque, on la jette au rebut, s'il n'est pas possible de la réparer. Qu'un cheval tombe et se casse un membre, on lui tire un coup de revolver dans l'oreille et on le traîne au charnier. Qu'un homme succombe à la peine, qu'il se brise un membre ou se laisse envahir par la fièvre, on daigne bien ne pas l'achever, mais on s'en débarrasse tout de même : qu'il meure à l'écart sans fatiguer personne de ses plaintes. À la fin des grands travaux, quand la nature se repose, le directeur se repose aussi et licencie son armée. L'année suivante, il trouvera toujours une quantité suffisante d'os et de muscles à embaucher, mais il se gardera bien d'employer les mêmes travailleurs que l'année précédente. Ils pourraient parler de leur expérience, s'imaginer qu'ils en savent autant que le maître, obéir de mauvaise grâce, qui sait ? S'attacher peut-être à la terre cultivée par eux et se figurer qu'elle leur appartient !

Certes, si le bonheur de l'humanité consistait à créer quelques milliardaires thésaurisant au profit de leurs passions et de leurs caprices les produits entassés par tous les travailleurs asservis, cette exploitation scientifique de la terre par une chiourme de galériens serait l'idéal rêvé. Prodigieux sont les résultats financiers de ces entreprises, quand la spéculation ne ruine pas ce que la spéculation crée. Telle quantité de blé obtenue par le travail de cinq cents hommes pourrait en nourrir cinquante mille ; à la dépense faite par un salaire avare correspond un rendement énorme de denrées qu'on expédie par chargement de navires et qui se vendent dix fois la valeur de production. Il est vrai que si la masse des consommateurs manquant d'ouvrage et de salaire devient trop pauvre, elle ne pourra plus acheter tous ces produits et, condamnée à mourir de faim, elle n'enrichira plus les spéculateurs. Mais ceux-ci ne s'occupent point du lointain avenir : gagner d'abord, marcher sur un chemin pavé d'argent, et l'on verra plus tard ; les enfants se débrouilleront ! « Après nous le déluge ! »

Voilà, camarades travailleurs qui aimez le sillon où vous avez vu pour la première fois le mystère de la tigelle de froment perçant la dure motte de terre, voilà quelle destinée l'on vous prépare ! On vous prendra le champ et la récolte, on vous prendra vous-mêmes, on vous attachera à quelque machine de fer, fumante et stridente, et tout enveloppés de la fumée de charbon, vous aurez à balancer vos bras sur un levier dix ou douze mille fois par jour. C'est là ce qu'on appelle l'agriculture. Et ne vous attardez pas alors à faire l'amour quand le cœur vous dira de prendre femme ; ne tournez pas la tête vers la jeune fille qui passe : le contremaître n'entend pas qu'on fraude le travail du patron. S'il convient à celui-ci de vous permettre le mariage pour créer progéniture, c'est qu'il vous trouvera bien à son gré ; vous aurez cette âme d'esclave qu'il aura voulu façonner ; vous serez assez vil pour qu'il autorise la race d'abjection à se perpétuer. L'avenir qui vous attend est celui de l'ouvrier, de l'ouvrière, de l'enfant d'usine ! Jamais esclavage antique n'a plus méthodiquement pétri et façonné la matière humaine pour la réduire à l'état d'outil. Que reste-il d'humain dans l'être hâve, déjeté, scrofuleux qui ne respire jamais d'autre atmosphère que celle des suints, des graisses et des poussières ?

Evitez cette mort à tout prix, camarades. Gardez jalousement votre terre, vous qui en avez un lopin ; elle est votre vie et celle de la femme, des enfants que vous aimez. Associez-vous aux compagnons dont la terre est menacée comme la vôtre par les usiniers, les amateurs de chasse, les prêteurs d'argent ; oubliez toutes vos petites rancunes de voisin à voisin, et groupez-vous en communes où tous les intérêts soient solidaires, où chaque motte de gazon ait tous les communiers pour défenseurs. À cent, à mille, à dix mille, vous serez déjà bien forts contre le seigneur et ses valets ; mais vous ne serez pas encore assez forts contre une armée. Associez-vous donc de commune à commune et que la plus faible dispose de la force de toutes. Bien plus, faites appel à ceux qui n'ont rien, à ces gens déshérités des villes qu'on vous a peut-être appris à haïr, mais qu'il faut aimer parce qu'ils vous aideront à garder la terre et à reconquérir celle qu'on vous a prise. Avec eux, vous attaquerez, vous renverserez les murailles d'enclos ; avec eux, vous fonderez la grande commune des hommes, où l'on travaillera de concert à vivifier le sol, à l'embellir et à vivre heureux, sur cette bonne terre qui nous donne le pain.

Mais si vous ne faites pas cela, tout est perdu. Vous périrez esclaves et mendiants : « Vous avez faim », disait récemment un maire d'Alger à une députation d'humbles sans-travail, « vous avez faim ?... Eh bien, mangez-vous les uns les autres ! »


[1] Évolutions et Révolutions de l'agriculture française au XXe :

1)

L'exode du début de siècle, engendré par l'urbanisation et l'industrialisation du pays, amorçait déjà à voix basse une mutation du monde rural. C'est toutefois la grande guerre qui confirmera sa métamorphose. Lorsque la première guerre mondiale éclate, plus de la moitié des paysans français sont envoyés au front, la plupart en première ligne, 600 000 n'en reviendront pas. La guerre, exige un recourt massif aux importations de produits agricoles et alimentaires en provenance de l'étranger, les saccages qui en résultent, débouchent quant à eux sur un crise agricole majeure. Les terres, d'abord occupées, puis dévastées par les combats, retireront à la paysannerie près de trois millions d'hectares de sols jusque-là cultivables.

2)

L'après-guerre nécessite la restauration d'un appareil de production agricole efficace. L'activité paysanne se doit d'être réformée. On peut dater à cette période l'irruption de « l'armée des chimistes et des professeurs » que redoutait Reclus dans les campagnes françaises. Les stocks de nitrates du complexe militaro-industriel inutilisés pendant la guerre seront recyclés dans la production d'engrais, les restes d'armes chimiques deviendront des herbicides, des insecticides, et les lignes de fabrications de chars d'assaut seront bientôt converties à la construction de tracteurs. Ces développements sont toutefois relatifs, lents, et minoritaires. La société française reste une société rurale, où près de 40 % de la population travaille toujours dans le secteur agricole.

3)

Au milieu des années 20, des schémas d'inspirations fordistes voués à l'intensification de la production agricole s'établissent peu à peu sous l'intervention de l'État ; principalement dans les colonies françaises qu'il surexploite. En parallèle, l'électricité apparaît dans les campagnes, et les petites fermes comme les grands domaines s'effacent graduellement des paysages. L'accès à la propriété, la diminution du nombre de paysans et l'exode des travailleurs agricoles mènent à une concentration des exploitations.

4)

L'exploitation dite « familiale » fait l'expérience timide de la mécanisation, qui tend à augmenter les dépenses et donc les investissements, en somme, qui entraine une forme de dépendance aux secteurs industriels et aux banques.

Chômage, baisse de la consommation, importations, pression concurrentielle et effondrement des prix ralentissent ce mouvement. Tandis que la productivité agricole progresse nettement, que tout semble enfin se stabiliser, les effets de la grande dépression de 1929 se joignent aux efforts de modernisation.

La suite est Vichyste, traditionnaliste et agrairienne en paroles, moderne, rationaliste et technocratique en pratique. La suite est régression.

5)

Après la seconde guerre mondiale et sous l'impulsion de l'aide économique chaperonnée par le plan Marshall, le paysan devient « l'exploitant agricole » et l'agriculture vivrière devient l'agriculture productiviste. C'est là, qu'elle se change véritablement en industrie. Cette logique mènera en 1962 à la Politique agricole commune de l'union européenne (PAC) - accroître la productivité agricole est l'un de ses premiers objectifs. Les investissements augmentent, les prix à la consommation baissent, les surfaces agricoles grandissent, les jachères diminuent, la polyculture disparait et l'autosuffisance alimentaire de la France est atteinte en dix ans. Très vite, c'est la surproduction.

6)

La priorité est à présent donnée au commerce international, les revenues et le choix des cultures dépendent largement de subventions, les denrées sont standardisées, produites pour être exportées, l'intégration à la sphère économique est totale.
Le paysan est un ouvrier-patron, son champ est une usine, l'aliment une marchandise, et tout ce que Reclus appréhendait advint en un siècle.

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17.04.2026 à 08:00

Rencontre autour des luttes et les résurgences de communs contre les pollutions en Tunisie

La revue À bas bruit propose une rencontre autour de la projection du film Gabès Labess (2014) d'Habib Ayeb (géographe), suivie d'une discussion en présence de Moez Elbey (journaliste indépendant et animateur du Projet Ba7ath), de Safouan Azouzi (chercheur spécialiste des pratiques locales de commoning) et de Frederic Sultan (Remix the commons).
La rencontre se conclura, en musique, par un concert d'Hadi & Hadi (Oud)
Rendez-vous à Darna (86, rue Alexis Pesnon à Montreuil) le samedi 9 mai de 14h à 19h !

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La revue À bas bruit propose une rencontre autour de la projection du film Gabès Labess (2014) d'Habib Ayeb (géographe), suivie d'une discussion en présence de Moez Elbey (journaliste indépendant et animateur du Projet Ba7ath), de Safouan Azouzi (chercheur spécialiste des pratiques locales de commoning) et de Frederic Sultan (Remix the commons).
La rencontre se conclura, en musique, par un concert d'Hadi & Hadi (Oud)
Rendez-vous à Darna (86, rue Alexis Pesnon à Montreuil) le samedi 9 mai de 14h à 19h !

Les peuples veulent la fermeture des usines !

C'est le cas à Gabès, en Tunisie ‒ unique oasis maritime au monde, nurserie historique de tortues, de requins et de raies en Méditerranée, source millénaire d'une agriculture vivrière luxuriante au cœur d'un pays en proie à la sécheresse extrême et à la pauvreté. Gabès, où les usines de transformation du phosphate du Groupe chimique tunisien et de Phosphéa, filiale du groupe français Roullier, vident les nappes phréatiques, déversent dans la mer des boues radioactives saturées en métaux lourds, et répandent à des kilomètres à la ronde des fumées toxiques chargées en particules fines, oxydes de soufre, ammoniac et fluorure d'hydrogène.

Gabès, où les usines déciment la biodiversité, sèment la mort et font exploser les taux de cancer, d'asthme sévère et de fluorose osseuse ‒ pour produire les engrais et l'alimentation animale, ces déversoirs de polluants, et notamment de cadmium ‒ auxquels carbure l'agriculture intensive et productiviste européenne, et notamment française.

Gabès, où se mobilisent depuis cinquante ans, de plus en plus fortement — à la suite de la révolution de 2011 (elle-même précédée, rappelons-le, par une intense grève au sein des mines de la Compagnie des phosphates de Gafsa) : les oasien·nes, les riverain·es, les ouvrier·ères du groupe chimique, les pêcheur·euses, les malades du cancer, les familles des enfants intoxiqué·es pour exiger la fermeture des usines.

Cette rencontre sera aussi l'occasion d'entendre le récit des luttes et des résurgences de pratiques collectives que le mot « communs » ne saurait qu'imparfaitement résumer, car à Gabès, il ne s'agit pas d'une pollution parmi d'autres, mais de la destruction systémique d'un territoire et de la mise à mort lente des formes de vie qu'il rendait possibles.

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17.04.2026 à 08:00

Aprem & soirée de Soutien à la Legal Team Paris

La Legal Team Paris IDF de la coordination anti-répression IDF vous donne rendez-vous le 8 mai pour une journée de fête, de solidarités et de luttes, de 14h à 22h

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La Legal Team Paris IDF de la coordination anti-répression IDF vous donne rendez-vous le 8 mai pour une journée de fête, de solidarités et de luttes, de 14h à 22h

La Legal Team Paris et la coordination anti-répression IDF vous invitent à faire la fête le 8 mai au Shakirail (Paris, 18e), de 14h à 22h — entrée à prix libre  !

On vous a préparé tout plein d'activités chouettes : ateliers d'antirep, vide dressing et marché de créateur.ice.s, tombola et jeux, fanfare et DJ set !

Il y aura un bar et une cantine à prix libre

On vous informe également qu'on a changé le lien vers la cagnotte de la LT, c'est désormais : http://shorturl.re/stoprep. Faites tourner !

On s'organise ensemble contre la répression, on partage nos outils et on renforce nos liens !

A très vite, la LT ❤️

PS : Soirée cash only — on fait la fête sans les banques 💣

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17.04.2026 à 08:00

Penser Demain #2

Événement des Soulèvements de la Terre IdF autour de la question de l'alimentation, le samedi 2 mai à partir de 16h au Point Éphémère (Paris 10e)

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Événement des Soulèvements de la Terre IdF autour de la question de l'alimentation, le samedi 2 mai à partir de 16h au Point Éphémère (Paris 10e)

Penser (et nourrir) demain #2
Samedi 2 mai - à partir de 16h, au Point Éphémère

🌈 Les comités locaux franciliens des Soulèvements de la terre vous donnent rendez-vous pour le deuxième volet de leur cycle d'échanges participatifs et festifs.

☘🌼 Dès 16h, venez échanger des plantes et graines, partager des savoirs et rencontrer les acteurices des luttes alimentaires locales à leurs stands.

📣 À 19h, la soirée s'articulera autour de 2 temps :

  • une présentation des enjeux de la Sécurité Sociale de l'Alimentation (SSA),
  • suivie d'une table ronde réunissant plusieurs collectifs, dont A4 et la Confédération Paysanne, qui échangeront ensemble sur ce projet qui pourrait bien faire trembler le lobby agro-industriel : ses bases théoriques, ses expérimentations concrètes, et surtout ce qu'il ouvre comme horizon collectif. Parce qu'on ne peut plus continuer à s'empoisonner, et qu'on mérite mieux que les logiques marchandes qui gouvernent nos assiettes, la SSA est une réponse à la hauteur pour sortir de l'alimentation-marchandise, faire du droit à se nourrir une conquête sociale et politique ✊

🎉 Pour terminer la journée en beauté, 3 DJ sets de 22h à 3h du mat' avec :
🔺️ The Flu & Lobster (Jungle & Bass Styles)
🔺️ Kimssa (Afro Electro)
🔺️ Secret Guests (Hardgroove & Trance)

Venez nombreuses et nombreux, apportez vos plantes à troquer 🪴, votre curiosité et votre envie de construire ensemble. 💫

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17.04.2026 à 08:00

Week-end antiraciste antiautoritaire : 1/2/3 mai à la Parole Errante

Défaire l'empire, construire l'entraide : pour un anarchisme au cœur des luttes anticoloniales et des solidarités populaires

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Défaire l'empire, construire l'entraide : pour un anarchisme au cœur des luttes anticoloniales et des solidarités populaires

Les 1er, 2 et 3 mai : rejoignez-nous à la Parole Errante (9 rue François Debergue, Montreuil – métro 9 Croix de Chavaux) pour un week end antiraciste antiautoritaire !

Au programme : spectacle le vendredi soir, puis le week-end, ateliers et tables rondes (sur l'anarchisme et l'antisionisme, l'anarchisme et l'islam, l'adoption internationale, le soin et la santé… et plus encore !), cantines, infokiosques et stands de collectifs antiracistes et anticoloniaux, soirée de soutien aux luttes anticoloniales (concerts live et DJ set) le samedi soir, projection de film et AG le dimanche après-midi !

Samedi soir de 20h à minuit, line up de feu : concerts live de Emre Sertkaya (musique traditionelle turque), NŪN (duo rap électro), Crash Carnage (punk/rock alternatif), EZEK (afro futuristic trap) et DJ sets de k27inter et Waseem !

Le lieu est partiellement accessible PMR (seule la grande salle l'est, avec des toilettes, on vous communique des infos plus complètes bientôt).

Retrouvez le programme complet bientôt sur araa.noblogs.org ou sur instagram @collectifaraa

Vous pouvez aussi nous contacter par mail à collectifaraa@distruzione.org

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16.04.2026 à 22:30

Loi Yadan : Rassemblement contre la censure

Rassemblement vendredi 17 avril de 13h à 21h au métro Invalides contre la Loi Yadan suite au classement de la pétition contre cette loi

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Rassemblement vendredi 17 avril de 13h à 21h au métro Invalides contre la Loi Yadan suite au classement de la pétition contre cette loi

Une large coalition d'associations, de collectifs, de partis, de syndicats, de mouvements appellent à deux rassemblements les 16 et 17 avril à l'Assemblée alors que la Loi Yadan sera examinée.
La deuxième pétition la plus signée sur le site de l'Assemblée (plus de 700 000 signatures en quelques semaines) a été classée aujourd'hui par une commission de 30 député·es !

Des éléments de contexte sur le projet de loi :

Rassemblons-nous pour empêcher cette loi de passer et dire notre colère face au déni de démocratie.
Appel signé par Europalestine, Urgence Palestine, Urgence Liban, Tsedk !, l'UJFP, Revolution permanente, le NPA, Extinction Rebellion Paris, Soulèvements de la terre Paris, Sud, Du Pain et des Roses, Droits devant, Blouses blanches pour Gaza, Thousand Madleens for Gaza, Global Sumud Flotilla, etc.

Affiche pour rassemblement les 16 et 17 avril
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16.04.2026 à 22:20

Derrière la loi Yadan, 15 ans de répression de la solidarité avec la Palestine

Le 16 avril sera examiné en séance publique à l'Assemblée le projet de loi de la députée macroniste Caroline Yadan visant à « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». L'occasion de revenir sur le parcours pour le moins édifiant de l'élue proche de l'extrême-droite israélienne et sur quinze ans de répression des formes de solidarités pro-palestiniennes en France.
Article publié dans Rebellyon

Texte intégral (3385 mots)

Le 16 avril sera examiné en séance publique à l'Assemblée le projet de loi de la députée macroniste Caroline Yadan visant à « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». L'occasion de revenir sur le parcours pour le moins édifiant de l'élue proche de l'extrême-droite israélienne et sur quinze ans de répression des formes de solidarités pro-palestiniennes en France.
Article publié dans Rebellyon

Caroline Yadan, une députée proche de l'extrême-droite israélienne... et française

Se retrouver sur le devant de la scène et le feu des projecteurs, c'est un peu ce qui arrive lorsqu'on est parlementaire rédactrice d'une loi qui amène plus de 500 000 personnes à se mobiliser pour signer une pétition à son encontre. Pourtant, Caroline Yadan, porteuse du projet de loi « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme » qui passera en première lecture à l'Assemblée nationale le 16 avril prochain n'en est pas à son coup d'essai et son parcours politique marqué par une forte proximité avec la droite et l'extrême-droite israélienne parle finalement pour lui-même.

Pour commencer, Caroline Yadan est députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France, c'est-à-dire l'ensemble du pourtour Est de la Méditerranée, qui comprend dans ses délimitations les territoires palestiniens occupés par Israël. Lors des législatives de 2024, elle bat avec surprise et sur le fil Meyer Habib (député LR) qu'on ne présente plus : connu notamment pour ses saillies racistes et islamophobes en session parlementaire comme devant les caméras, et son soutien sans faille à la politique génocidaire du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou. Si Caroline Yadan n'est pas Meyer Habib, on peut tout de même relever une forte proximité idéologique entre les deux député-es et leur électorat qui les place en office.

Caroline Yadan est également secrétaire du groupe parlementaire amitié France-Israël depuis le 15 février 2023. Un groupe parlementaire assez important qui s'était par exemple illustré en 2011 quand 110 parlementaires faisaient appel au président Nicolas Sarkozy pour utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU sur la demande d'adhésion de l'État palestinien. Un appel qui était alors à l'iniative des présidents parlementaires du groupe. On ne relèvera pas toutes les prises de positions de ce groupe de parlementaires, mais on peut tout de même s'arrêter sur le cas de son président Roger Karoutchi (depuis 2021) qui demandait en 2023 à la première ministre de l'époque Élisabeth Borne que le gouvernement "punisse sévérement" les personnes qui "ne soutiennent pas Israël et qui font de l'apologie du terrorisme". Si cela nous rappelle vaguement quelque chose, c'est parfaitement normal, et nous y reviendrons.

Caroline Yadan n'a aussi pas que des amis dans le parti de son chef Renaissance. Faisant partie des députés macronistes qui affichent très médiatiquement leur soutien inconditionnel à Israël, elle désapprouve assez logiquement les manoeuvres timides de reconnaissance de l'État palestinien et d'embargo sur les armes à destination d'Israël annoncées par Emmanuel Macron et s'est depuis distanciée du groupe parlementaire macroniste. Elle fait aussi partie des députés macronistes s'étant rendus en Israël sur invitation du groupe d'influence pro-isréalien ELNET, alors que le gouvernement isréalien était alors déjà responsable de la mort de plus de 25 000 Gazaoui-es. Clou du spectacle, Caroline Yadan proposait également en juillet 2024 de faire de la reconnaissance d'Israël un préalable à l'acquisition de la nationalité française.

Il ne faut pas oublier également que Caroline Yadan a fricoté un temps au parlement avec des députés du Rassemblement National comme Julien Odoul, avec lequel elle a été co-rapporteuse d'une "mission flash" (malheuseument pas une flashmob) sur les "dérives communautaristes et islamistes dans le sport" à l'automne 2024 [1]. Une mission parlementaire dont le but à peine caché est d'alimenter l'islamophobie médiatique en tentant de démontrer que les clubs de sport seraient des lieux de "conquête" de l'islam radical. Yadan elle-même d'afficher son racisme sur le plateau d'RMC en avril 2025 en qualifiant le voile musulman d'"étendard des Frères musulmans". Sacrée ambiance.

La « loi Yadan », une réelle nouveauté ?

Depuis un peu plus d'un mois, une forte mobilisation s'est mise en place pour faire face la proposition de loi de Caroline Yadan visant à « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». La loi élargit la définition des délits de provocation et d'apologie du terrorisme avec des critères vagues qui pourraient aisément être détournés pour censurer toute critique d'Israël. Elle ajoute aussi les critères de « minoration » et « banalisation » au délit d'apologie du terrorisme, risquant ainsi de criminaliser des discours universitaires ou militants qui viseraient à expliquer les processus sociaux et historiques ayant mené à la commission d'actes violents ; par exemple, la contextualisation des attaques du 7 octobre dans des décennies d'oppression, d'apartheid et de colonisation contre le peuple palestinien. La proposition de loi prévoit également un nouveau délit interdisant l'« appel à la destruction d'un État » pour censurer les critiques de la nature de l'État israélien, comme la dénonciation du régime d'apartheid, le débat sur un État binational ou la revendication d'égalité des droits de la mer au Jourdain.

Pour autant, malgré l'énoncé très frontal des motifs de la loi, et une répression inédite de la liberté d'expression et des libertés politiques, la "loi Yadan" n'est que l'énième mouture d'une longue répression des solidarités pro-palestiniennes en France depuis au moins une quinzaine années. En prenant un peu de recul, on peut constater que chaque attaque des territoires palestiniens par le gouvernement israélien a amené des personnes à se mobiliser et en retour, une forte répression étatique et l'apparition de propositions de lois visant à silencier ces soutiens du peuple palestinien.

Opération "Bordure protectrice" et premières semonces

Pour bien comprendre la construction progressive de la répression des solidarités au peuple palestinien, il faut revenir au début des années 2010. En 2012, l'affaire Merah et l'attaque antisémite de l'école Ozar Hatorah à Toulouse relance en période électorale l'enjeu de la lutte contre l'antisémitisme dans un climat de plus en plus sécuritaire. Le monde médiatique est alors aussi particulièrement marqué par l'alliance, et véritable phénomène, antisémite d'Alain Soral et Dieudonné, dont les citations des spectacles successifs au Théâtre de la main d'Or de Paris se retrouvent commentés sur tous les plateaux. Le bras de fer pathétique entre l'humoriste d'extrême-droite et Manuel Valls (alors ministre de l'intérieur) prennent des proportions telles que le dernier en vient à faire la publicité du premier par ses communications et interditions à répétition.

Sur ces bases déjà bien crasses, s'ajoute à partir du 8 juillet 2014 une opération militaire sanglante de l'État d'Israël dans la bande de Gaza. En juin, trois adolescents israéliens avaient été tués en Cisjordanie, menant à l'arrestation d'environ 800 Palestiniens et le meurtre de 9 autres par l'armée israélienne. Durant l'été, c'est plus de 2000 Palestinien-nes qui seront tués par Tsahal dans la bande de Gaza.

Le 13 juillet, une première manifestation a lieu à Paris durant laquelle des personnes liées de près ou de loin à la Ligue de défense juive (mouvement sioniste d'extrême-droite) sont venues attaquer la fin du parcours de la manifestation avant de se réfugier derrière les condés. En réaction aux débordements de la première manifestation, Bernard Cazeneuve (alors minitre de l'intérieur) demande personnellement à la Préfecture d'interdire la manifestation du samedi suivant, 19 juillet. Malgré l'interdection, plusieurs milliers de personnes se retrouvent à Barbès pour témoigner leur solidarité avec les Gazaoui-es. Face aux attaques policières, la manifestation tourne à l'émeute, les flics sont attaqués et de nombreux véhicules incendiés. 38 personnes sont interpellées pendant la manifestation. Sur le déroulé de la manifestation du 19 juillet 2014, on peut retrouver ce super papier publié à l'époque sur Paris-Luttes-Infos contre les intox déroulées par le gouvernement socialiste pour réprimer le mouvement. Le lendemain à Sarcelles, une autre émeute éclate autour de la présence dans le quartier de plusieurs personnes de la Ligue de défense juive armée.

Malgré le soutien d'une partie de la gauche d'opposition (notamment le NPA, l'UJFP et le Parti des indigènes de la République), le gouvernement interdit à nouveau le rassemblement parisien déposé le 26 juillet en prenant appui sur les émeutes du week-end précédent. Bravant une nouvelle fois l'interdiction, plusieurs milliers de personnes descendent tout de même dans la rue pour témoigner leur solidarité avec la Palestine. À la suite de ces rassemblements, Hollande, Valls et Cazeneuve se serrent les coudes pour justifier le musèlement du mouvement pro-palestinien et le « nouvel antisémitisme qu'il faut combattre », selon les mots de Valls. Ce « nouvel antisémitisme » brandi à chaque discours, c'est évidemment celui prêté aux musulman-es et habitant-es de quartiers, qui cacheraient derrière leur soutien à la Palestine et leur antisionisme une aversion réelle pour les Juif-ves. Un mot-clé médiatique et un trope islamophobe apparu dans le courant des années 2000 et qui, on a pu le constater depuis le 7 octobre, n'a malheureusement fait que prendre toujours plus d'ampleur. Déjà à l'époque, plutôt que de s'en prendre à la Ligue de défense juive (alors déjà interdite aux États-Unis) et au Betar (autre organisation de jeunesse d'extrême-droite sioniste, à laquelle a d'ailleurs appartenu un temps un certain Meyer Habib), ou à prendre position contre les violations du droit international par le gouvernement isréalien de Benjamin Netanyahu, le gouvernement réprime le mouvement de soutien à Gaza et transforme la lutte sérieuse contre l'antisémitisme en "cause nationale" bien creuse, comme on ne le sait désormais que trop bien.

Une première résolution en 2019

Cinq ans après l'été 2014, Emmanuel Macron, alors en fonction depuis 2 ans fait les choux gras de la presse lorsqu'il associe dans son discours donné au dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) de février 2019 l'antisionisme à une forme d'antisémitisme. Reprenant à son compte des termes finalement assez proches de son ancien compère de gouvernement Manuel Valls en argumentant que l'antisionisme était "une des formes modernes de l'antisémitisme."

Les troupes du parti présidentiel La République en marche (LREM) bien en ordre, une résolution sort assez vite du bois pour faire entrer la nouvelle définition de l'antisémitisme du président. L'exposé des motifs de la résolution est parfaitement clair et s'aligne sur la définition de l'antisémitisme de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA), fortement poussée par la droite et l'extrême-droite israélienne :

critiquer l'existence même d'Israël en ce qu'elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l'égard de la communauté juive dans son ensemble.

Dans un tribune publiée dans le Monde le 2 décembre 2019, veille du passage de la loi devant l'Assemblée, 127 intellectuel-les juif-ves à l'international appellent à ne pas soutenir la proposition de résolution [2]. Ils et elles rappellent déjà que la résolution nie l'existence des 20 % de la population israélienne qui sont des citoyen-nes palestinien-nes en ne désignant Israël que comme une « collectivité composée de citoyens juifs ». Iels s'en prennent point par point à la confusion manifeste de la résolution de loi entre racisme et critique légitime d'un État, poussée par un gouvernement israélien qui dénonce toute opposition à politique comme antisémite, se refermant toujours plus dans la position de leader autoritaire d'un État suprémaciste juif.

Malgré les critiques portées à la résolution et le malaise patent dans les rangs de l'Assemblée (seul un tiers des parlementaires se sont prononcé-es sur le texte), la résolution est adoptée le 3 décembre 2019. Si la proposition de loi de Caroline Yadan paraît aujourd'hui beaucoup plus explicite sur la répression du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien, la résolution de 2019 fait figure de première pierre à l'édifice.

Darmanin contre le mouvement pro-palestinien

Le 7 mai 2021, les forces de police israélienne prennent d'assaut l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, à coup de lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes. Face à l'occupation du Mont du Temple et du quartier de Sheikh Jarrah, le Hamas lance des roquettes depuis la bande de Gaza et le gouvernement isréalien y répond par une campagne de frappes aériennes. Au total, plus de 250 Palestinien-nes sont tué-es, près de 2000 blessé-es et 72 000 déplacé-es.

Le 15 mai, une soixantaine de rassemblements sont appelés un peu partout en France en soutien au peuple Palestinien. Quelques jours auparavant, le 13 mai, Darmanin (alors ministre de l'intérieur) annonce l'interdiction de la manifestation parisienne. En cause, les « graves troubles à l'ordre public [...] constatés en 2014 ». Darmanin annonce en conférence de presse ne pas vouloir « revivre les scènes ignobles de 2014 dans les rues de Paris. » À l'éqoque effectivement, les images des révoltes pour la Palestine dans les rues de Paris avaient fait le tour des plateaux internationaux et avaient suscité l'ire du gouvernement isréalien. Pour autant, rien n'annonçait une volonté particulière de confrontation ou d'intensité dans le rassemblement, un seul exemple datant de 7 ans suffisait à la macronie pour tenter de baîllonner les voix pro-palestiniennes.

À l'instar de l'été 2014, 3000 personnes ont bravé l'interdiction pour déambuler dans Paris malgré la forte répression policière. 44 personnes sont interpellées dans la capitale et la Préfecture profite du cadre de l'état d'urgence sanitaire pour distribuer des amendes à tour de bras : 367 personnes sont ainsi verbalisées pour divers motifs, manifestation interdite, non port du masque... Au total, tout de même 22 000 personnes parviennent à descendre dans le rue à travers le pays pour manifester leur soutien à la Palestine face aux attaques de l'armée israélienne [3].

On y arrive, la "loi Yadan" déposée en 2024

Retour au présent. Le 19 novembre 2024, alors que le mouvement de solidarité avec la Palestine bat son plein à l'international, que les facs américaines et françaises sont occupées et bloquées en soutien au peuple palestinien, que plusieurs milliers de personnes manifestent chaque semaine contre le génocide en cours à Gaza, la députée Caroline Yadan dépose sa proposition de loi visant à « lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». Dans l'exposé des motifs, elle y fustige les expressions radicales à l'encontre d'Israël qui "prospère au sein de nos écoles et universités ou sur internet" [4]. Selon elle, et tous les député-es qui la suivent, seul l'État d'Israël serait ainsi remis en question.

« Qui remet en cause l'existence de l'État afghan depuis le retour des Talibans ? Personne. Qui remet en cause l'existence de l'État iranien depuis le retour des Mollah ? Personne. Seul Israël est ainsi constamment stigmatisé. »

Et donc... la critique d'Israël en devient automatiquement antisémite. Caroline Yadan n'a soit pas bien analysé les prises de position politique vis-à-vis des États cités, ou choisit plus vraisemblablement l'hypocrisie. La proposition de loi Yadan est inédite dans la répression particulièrement précise des formes de soutien à la lutte palestinienne. Pour autant, comme on l'a dit, et comme elle même l'écrit, cette proposition de loi ne pourrait exister sans une décennie de répression des solidarité avec la Palestine :

« En 2019, la représentation nationale a posé les jalons de la prise en compte de ce nouvel antisémitisme en adoptant une résolution destinée à reconnaître la définition opérationnelle de l'antisémitisme de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA). »

Face à l'offensive du gouvernement contre l'expression de la solidarité avec la Palestine, il convient prendre considération du passé afin de lutter au présent. La répression que nous vivons n'est que l'aboutissement d'un long processus de silenciation des voix de la résistance palestinienne. À nous de continuer à les faire vivre au plus fort.


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