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Rubrique «À LIRE AILLEURS»
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12.05.2026 à 08:00

Panorama du racisme à l'œuvre dans les prisons pour étrangers du Mesnil-Amelot, 1970-2017

Pour mémoire : compilation d'articles référençant la longue histoire du racisme au Mesnil-Amelot.

Texte intégral (2051 mots)

Pour mémoire : compilation d'articles référençant la longue histoire du racisme au Mesnil-Amelot.

1970 : Le Mesnil-Amelot. Construire Roissy : les travailleurs étrangers

Le Mesnil-Amelot abandonne la moitié de sa superficie au projet d'aéroport et, près du village historique, un autre village artificiel destiné aux travailleurs de Roissy réunit progressivement près de 1 200 personnes, en majorité des étrangers. Ces effectifs constituent une grande partie des ouvriers du chantier
Ce que l'on appelle le « camp » est créé en 1967 et situé à quelques dizaines de mètres du chantier. Il se compose de deux espaces : une série de longs pavillons, logements collectifs destinés majoritairement aux ouvriers célibataires, et un ensemble de pavillons préfabriqués sur pilotis, sorte de bungalows qui accueillent, parfois durant plusieurs années, les familles des chefs d'équipe et conducteurs d'engins.
En 1972, ce foyer patronal compte environ 360 Algériens, 410 Portugais, 200 Tunisiens et Marocains et 40 Français. Une vingtaine de familles de travailleurs portugais s'est aussi installée au village après une période de résidence dans le foyer.(…)
Les dysfonctionnements de l'assistance médicale sont aussi reprochés aux employeurs négligents, comme le déclare un ouvrier :
« Lorsqu'il y a un accident sur le chantier, il faut attendre parfois un bon moment l'ambulance. »
le volume horaire hebdomadaire approche les 50 heures, la pénibilité du travail sur ce chantier gigantesque et l'absence de véritables loisirs condamnent les salariés à l'isolement. Des tentatives d'alphabétisation sont entreprises, mais de manière désorganisée et intermittente et aucun organisme extérieur à l'ADEF, politique, syndical ou bénévole, n'est autorisé à pénétrer dans le camp.
L'idée que la présence de ces travailleurs étrangers pose des « problèmes » et des « inconvénients » et n'apporte que des désavantages est alors une idée courante dans la France du début des années 1970. La mairie fait connaître le « coût » occasionné par cette présence… »
….

7 mars 2003 - Deux rapports dénoncent les violences policières en zone d'attente - Le Monde
Expulsés du CRA Mesnil-Amelot + aéroport conditions d'embarquement

Plus troublant encore, de nombreux cas cités font l'objet de certificats médicaux spécifiques : un formulaire préimprimé rempli par les médecins où sont précisées les circonstances des violences. La case « agression » y est cochée et complétée par les termes « à l'aéroport de CDG ». Les libellés médicaux se font ensuite plus explicites : « agression à l'aéroport de Roissy - Charles-de-Gaulle à l'embarquement à 23 h 00 le mardi 18 juin 2002 » ; un autre, le 19 août, précise « par les fonctionnaires de police ». Depuis l'arrivée de MDM et les pressions des associations, les médecins de garde semblent ne plus vouloir couvrir des pratiques trop courantes.
L'ensemble de ces accusations est porté en complément d'une critique en règle des conditions d'accueil en zone d'attente. Les rapports font état des « pressions psychologiques » pour forcer les étrangers à embarquer. Ils détaillent aussi les « humiliations » : réveils répétés en pleine nuit, séparation en fonction de la religion lors des déplacements, insultes racistes - le mot de « macaque » revient régulièrement -, privation de repas ou d'accès aux sanitaires… L'état des locaux, maintes fois dénoncé, ne semble guère s'être amélioré dans de nombreux terminaux, pas plus que les conditions d'accueil : sont ainsi stigmatisés l'entassement de plusieurs dizaines d'étrangers à même le sol dans des locaux exigus, l'absence de chauffage et de couverture au Mesnil-Amelot, les haut-parleurs appelant les « embarqués » toute la nuit…
Interrogé par Le Monde, le ministère de l'Intérieur nie toute violence en expliquant que seuls deux cas ont été signalés et sanctionnés en 2002.

15 décembre 2007 (extrait de ce livre : Désobéir avec les sans-papiers, Les Désobéissants, le passager clandestin, 2009)

« au CRA Mesnil-Amelot… les conditions de vie se sont fortement dégradées (douches et chauffages défectueux, manque de lits, nourriture périmée, surpopulation), les sans-papiers rédigent un cahier de doléances, inscrivent des slogans sur leurs T-shirts… entament une grève de la faim… l'un des meneurs est puni par transfert au CRA de Vincennes, où la contestation s'étend… »

21 juin 2008
Extrait de la revue Vacarme

« Mais, débordées par une révolte dont la détermination les a surprises (et qui faisait jonction avec celle des retenus du CRA du Mesnil-Amelot, près de Roissy), les forces de police ont perdu leur sang-froid, ce qui s'est traduit par une surenchère d'injures racistes et d'exactions physiques, et comme toujours l'ouverture de la chasse aux présumés leaders. Un pas en avant a été fait dans la nuit du 11 février 2008 avec une provocation clairement destinée à servir de prétexte à une action punitive : un policier éteint le poste collectif de TV, et tout le monde s'indigne. Surgissent ensuite des CRS, qui se livrent sans retenue à des violences. C'est alors qu'un policier s'amuse à "calmer" la révolte en utilisant son Taser. Un policier ou plusieurs ? Toujours est-il que trois étrangers seront transférés à l'hôpital. »

17 février 2009 : paroles de retenus sur les faux laissez-passer à fin d'expulsion

« Maintenant, il faut faire quelque chose pour nous. Ils nous donnent de faux laissez-passer pour tous les pays : Mali, Comores, Congo, Chine, Cap-Vert. Le consulat reconnaît que ce n'est pas eux qu'ont fait les laissez-passer. Le type est libéré par le juge. C'est eux-mêmes qui les fabriquent. Dès qu'ils arrivent à l'aéroport, les gens s'en rendent compte. L'autre jour, un Sénégalais a été expulsé et il nous a appelé du Sénégal pour nous dire que le laissez-passer était faux. C'est au Sénégal qu'il l'a su. Quand il y a quelqu'un qui est expulsé, il nous téléphone à son arrivée pour nous raconter et il nous dit si c'était un faux laissez-passer. »

18 novembre 2011 : rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté au CRA du Mesnil-Amelot

« Il a été rapporté aux contrôleurs que « certains fonctionnaires avaient des comportements et des propos à caractère raciste ou vexatoire à l'égard de certains retenus et
que ces attitudes entraînaient ou pouvaient entraîner des incidents ; ces comportements
étaient concrétisés par des gestes ou des paroles déplacés
 ».

16 décembre 2015- Black out au Mesnil-Amelot
L'Humanité
Privées d'eau et d'électricité, les personnes enfermées au centre de rétention du Mesnil-Amelot (77) voient leurs conditions de vie très dégradées depuis dimanche soir. Mais, même dans le noir, la machine à expulser continue son travail !... la CIMADE a pu constater de graves atteintes aux droits et à la dignité des personnes… le juge ose l'écrire : « le maintien du retenu dans un local sans électricité, et notamment sans chauffage, durant l'hiver à des températures proches de zéro degré, ne constitue pas encore à ce jour des conditions de rétention contraires au principe de respect de la dignité de la personne humaine »

8 mars 2016 : Mesnil-Amelot : feu au centre de rétention

« Le CRA du Mesnil-Amelot est une fiction administrative qui regroupe dans une même enceinte deux centres, avec dans un bâtiment attenant un tribunal délocalisé. C'est le plus grand CRA de France situé stratégiquement au pied des pistes de l'aéroport de Roissy. Toute la violence de la politique d'enfermement et d'expulsion menée par l'État à l'égard des personnes étrangères s'y cristallise. »

10 août 2016 : “Tuni-chiens”

“Tuni-chiens”, c'est ainsi que des policiers français imprégnés des principes républicains et des valeurs citoyennes ont traité un sans-papier tunisien au sortir du centre de rétention de Mesnil-Amelot.

3 janvier 2017 : Que se passe-t-il au CRA du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) ? D'évidence la hiérarchie policière ne cherche guère à le savoir

« en janvier 2016, sur la messagerie intranet du même service – utilisée habituellement pour les alertes Vigipirate ou les signalements d'individus dangereux –, les fonctionnaires ont reçu de la propagande antimusulmane attribuée au Front national, le courriel étant accompagné d'une photo et de la signature du député Gilbert Collard. Un mail qui a par ailleurs transité par plusieurs services, dont ceux de la préfecture de police, à lire la chaîne des destinataires. Il est resté lisible durant près de dix mois ! »

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12.05.2026 à 08:00

Vive les psgeries !

Heureusement, ya les psgeries !
Vla les voitures, cassées, retournées, brûlées
Vla les mortiers tendus à la face
des assassins en uniforme
Vla le supermarché pillé
Vla la marche arrière de la flicmobile
quand on court sur elle
Vla tout ce qu'on jette sur elle comme on renvoie
des excréments à leur source
dans la chiottemobile
Vla la pauvre expo qui s'appelle « Vivre Ensemble » — si ! si !
— la démocratie subventionne ! — renversée par terre
Heureusement, ya les psgeries !
Ça nous change tant des parcours de jadis réglés
syndicaux-préfectoraux et des petits chefs
au tempo des petits dérèglements
Heureusement, ya les psgeries !
Y aura pas de place centrale
Y aura toutes les places de la ville
toute la nuit et plus
Vive le 30 mai !

Lire la suite (256 mots)

Heureusement, ya les psgeries !
Vla les voitures, cassées, retournées, brûlées
Vla les mortiers tendus à la face
des assassins en uniforme
Vla le supermarché pillé
Vla la marche arrière de la flicmobile
quand on court sur elle
Vla tout ce qu'on jette sur elle comme on renvoie
des excréments à leur source
dans la chiottemobile
Vla la pauvre expo qui s'appelle « Vivre Ensemble » — si ! si !
— la démocratie subventionne ! — renversée par terre
Heureusement, ya les psgeries !
Ça nous change tant des parcours de jadis réglés
syndicaux-préfectoraux et des petits chefs
au tempo des petits dérèglements
Heureusement, ya les psgeries !
Y aura pas de place centrale
Y aura toutes les places de la ville
toute la nuit et plus
Vive le 30 mai !

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12.05.2026 à 08:00

conférence gesticulée « un ours bipolaire en colère »

Duel drôle et engagé contre l'hégémonie culturelle du cacapipitalisme.

Lire la suite (360 mots)

Duel drôle et engagé contre l'hégémonie culturelle du cacapipitalisme.

Prenez un utopiste, mettez-lui le nez dans le dérèglement climatique, puis trempez-le dans Extinction Rébellion, les Zapatistes, les gilets jaunes. Vous obtenez un ours bipolaire en colère capable de refaire le monde dans la joie et la bonne humeur avec Raymond Aubrac, Antonio Gramsci et... Coluche.

La situation est grave mais on n'a pas besoin de l'être, car ça n'arrangerait rien ! Éteignez la télé et laissez Bisounours vous réveiller pour vous faire rêver d'un nouveau monde. C'est le one-man-show pour la vie contre l'argent.

Samedi 23 mai de 12h15 à 13h00
Dimanche 24 mai de 17h30 à 18h15

Entrée au festival à prix libre

Version raccourcie spécialement pour le Festival des Murs à Pêches !

Le show aura lieu dans la parcelle culturelle (impasse Gobétue au fond à gauche)
Samedi 23 mai de 12h15 à 13h00
Dimanche 24 mai de 17h30 à 18h15

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12.05.2026 à 08:00

Campus IA : les data centers n'auront jamais autant menacé la santé de toustes

Vous avez l'habitude des gros chiffres, mais Campus IA surpasse tout !

  • 70 hectares de terres agricoles, soit 100 (!) terrains de foot
  • 50 milliards (!) d'euros d'investissement
  • 17 % de la consommation d'électricité de la région

Les data centers, ça chauffe. Derrière chaque data center, il y a un système de refroidissement. Celui de Campus IA utiliserait 500 tonnes de liquide de refroidissement par an.

Sur ces 500 tonnes, des polluants éternels (PFAS) s'échapperaient à raison de 3 % par an dans l'environnement, soit 15 tonnes déversées dans la nature chaque année. C'est énorme.

Et on le sait désormais, les PFAS menacent la santé des écosystèmes et humaine, en se stockant dans les corps et l'environnement, multipliant les « effets cocktails ».

Campus IA : tout un symbole de l'asservissement des terres par une industrie vorace

La mobilisation à Grenoble contre les industries STMicroelectronics et Soitec portée par STopMicro et les Soulèvements de la terre de mars dernier l'a bien montré : les industries du numérique (usines à puces, data centers, etc.) sont voraces. Voraces en tout - terres, eau, électricité, main d'œuvre.

Mais ce sont d'abord des terres dont nous voulons parler.

Avec l'empire logistique, le secteur du numérique est l'un des gros artificialisateurs de terres du pays. Le terrain prévu pour Campus IA représente à lui seul 100 terrains de foot : c'est colossal et l'on sait désormais quel désastre représenterait l'artificialisation de ces terres (destruction des sols, disparition de terres arables, augmentation du risque d'inondation, destruction d'habitats pour la biodiversité). Mais il faut aussi voir que ces terres n'ont pas été choisies au hasard.

Fouju a été choisi parce que c'est le terrain idéal, pragmatiquement et politiquement parlant. Si ces 70 ha de terres venaient à être engloutis, il est fort à parier que personne dans la classe dirigeante et dans la presse mainstream ne s'en émouvrait. D'abord, le terrain, situé à proximité immédiate de l'autoroute A5 et de lignes à très haute tension, fait partie de ces terres que l'on considère comme "sacrifiables" de longue date.

Mais Campus IA est en fait symptomatique d'un mouvement de fond : celui de la préemption de territoires périphériques pour servir les métropoles et le pays tout entier. Au-delà de Fouju, des dizaines de centres de données XXL et usines à IA, qualifiés de "projets d'intérêt national majeur" s'apprêtent à pousser à Cambrai, au pied du tracé du canal Seine-Nord-Europe, à Châteauroux ou encore à Valence. Cette dynamique semble trouver un paroxysme en banlieue francilienne. Au-delà de la Seine-Saint-Denis (93), dans laquelle un véritable extractivisme moderne et néo-colonial fait ravage, les campagnes d'Ile-de-France, et notamment la Seine-et-Marne (77), deviennent elles aussi de véritables territoires servants, mis au pas par des projets ou des installations de sites toxiques, dont Campus IA n'est que l'un des exemples.

C'est en effet là qu'on prévoit de bétoniser la zone humide de la Bassée pour le projet de mise à grand gabarit, qu'on trouve les immenses silos de l'agro-industriel Soufflet ainsi qu'une immense carrière pour extraire les ressources nécessaires à l'industrie du béton. Une dynamique que l'on retrouve à l'échelle du monde postcolonial du XXIe siècle, dans lequel les pays du Sud global continuent d'alimenter le Nord. Nos camarades de STopMicro l'avaient bien dit : "des mines congolaises aux immenses décharges de déchets électroniques ghanéennes en passant par les ateliers de misère asiatiques, le numérique repose sur une exploitation coloniale".

Bref, qui ira s'indigner que les 70 ha de Fouju soient artificialisés dans un territoire peu habité, jamais ou mal représenté, voire méprisé ?

Campus IA : sous couvert de souveraineté, une infrastructure de plus pour le techno-fascisme

Dans l'espoir de rivaliser avec l'empire technologique étasunien, l'État veut faire de la France le nouveau leader de l'IA. Des projets de data centers comme Campus IA sont donc vus comme indispensables à la compétition internationale en cours.

Mais ni les investisseurs, ni les usines et sites eux-mêmes n'ont pour but (unique) de développer des technologies pour œuvrer au bien de l'humanité. La plupart des produits de l'industrie du numérique ont un double emploi ("dual-use") numérique/militaire (armée, surveillance, répression) - c'est le cas pour les semi-conducteurs fabriqués par STMicroelectronics par exemple. Et ce qui est bien connu pour les usines de semi-conducteurs ou de puces, commence à se voir pour l'IA.

En mars 2026, Open AI, leader étasunien dans l'IA (co-fondée par Elon Musk), a signé un accord avec l'administration Trump pour permettre à l'armée étasunienne d'utiliser les modèles d'Open AI dans un cadre militaire. L'IA est par exemple responsable de 'l'erreur de ciblage' qui a conduit à la mort de 168 civil·es, principalement des écolières, à Minab en Iran le 28 février.

Même son de cloche en France : Mistral AI, concurrent européen d'Open AI et investisseur du projet, a signé en janvier dernier un accord avec le ministère français des Armées pour "renforcer la souveraineté technologique de la défense". Sauf que le chatbot est accusé fin avril de relayer de la désinformation provenant des réseaux ou médias proches des États russes, chinois ou iraniens.

Or, l'accélération fasciste internationale a désespérément besoin de maintenir un état de guerre permanent, à l'intérieur comme à l'extérieur. Les outils et produits de l'IA sont une aubaine pour les techno-fascistes de tout bord : désinformation active, surveillance de masse et collaboration avec l'armée ou les ministères de l'Intérieur, ingérence en période électorale...

Comment pourrait-on croire que Campus IA ne sera pas un site de plus œuvrant à la fascisation de nos existences ?

Face à ce projet qui s'annonce plus que vertigineux, la résistance s'organise : des collectifs et organisations écologistes, techno-critiques, paysannes s'allient.

Nous vous invitons à participer à fond à l'enquête publique qui dure un mois et à déposer un maximum d'avis pour faire monter la contestation !
Retrouvez toutes les infos sur https://linktr.ee/stopcampusia

Il est temps de faire monter l'opposition locale d'un cran : on se retrouve le 24 mai à Fouju pour un pique-nique d'opposition, dans le cadre du Printemps des luttes locales.

Texte intégral (1332 mots)

Vous avez l'habitude des gros chiffres, mais Campus IA surpasse tout !

  • 70 hectares de terres agricoles, soit 100 (!) terrains de foot
  • 50 milliards (!) d'euros d'investissement
  • 17 % de la consommation d'électricité de la région

Les data centers, ça chauffe. Derrière chaque data center, il y a un système de refroidissement. Celui de Campus IA utiliserait 500 tonnes de liquide de refroidissement par an.

Sur ces 500 tonnes, des polluants éternels (PFAS) s'échapperaient à raison de 3 % par an dans l'environnement, soit 15 tonnes déversées dans la nature chaque année. C'est énorme.

Et on le sait désormais, les PFAS menacent la santé des écosystèmes et humaine, en se stockant dans les corps et l'environnement, multipliant les « effets cocktails ».

Campus IA : tout un symbole de l'asservissement des terres par une industrie vorace

La mobilisation à Grenoble contre les industries STMicroelectronics et Soitec portée par STopMicro et les Soulèvements de la terre de mars dernier l'a bien montré : les industries du numérique (usines à puces, data centers, etc.) sont voraces. Voraces en tout - terres, eau, électricité, main d'œuvre.

Mais ce sont d'abord des terres dont nous voulons parler.

Avec l'empire logistique, le secteur du numérique est l'un des gros artificialisateurs de terres du pays. Le terrain prévu pour Campus IA représente à lui seul 100 terrains de foot : c'est colossal et l'on sait désormais quel désastre représenterait l'artificialisation de ces terres (destruction des sols, disparition de terres arables, augmentation du risque d'inondation, destruction d'habitats pour la biodiversité). Mais il faut aussi voir que ces terres n'ont pas été choisies au hasard.

Fouju a été choisi parce que c'est le terrain idéal, pragmatiquement et politiquement parlant. Si ces 70 ha de terres venaient à être engloutis, il est fort à parier que personne dans la classe dirigeante et dans la presse mainstream ne s'en émouvrait. D'abord, le terrain, situé à proximité immédiate de l'autoroute A5 et de lignes à très haute tension, fait partie de ces terres que l'on considère comme "sacrifiables" de longue date.

Mais Campus IA est en fait symptomatique d'un mouvement de fond : celui de la préemption de territoires périphériques pour servir les métropoles et le pays tout entier. Au-delà de Fouju, des dizaines de centres de données XXL et usines à IA, qualifiés de "projets d'intérêt national majeur" s'apprêtent à pousser à Cambrai, au pied du tracé du canal Seine-Nord-Europe, à Châteauroux ou encore à Valence. Cette dynamique semble trouver un paroxysme en banlieue francilienne. Au-delà de la Seine-Saint-Denis (93), dans laquelle un véritable extractivisme moderne et néo-colonial fait ravage, les campagnes d'Ile-de-France, et notamment la Seine-et-Marne (77), deviennent elles aussi de véritables territoires servants, mis au pas par des projets ou des installations de sites toxiques, dont Campus IA n'est que l'un des exemples.

C'est en effet là qu'on prévoit de bétoniser la zone humide de la Bassée pour le projet de mise à grand gabarit, qu'on trouve les immenses silos de l'agro-industriel Soufflet ainsi qu'une immense carrière pour extraire les ressources nécessaires à l'industrie du béton. Une dynamique que l'on retrouve à l'échelle du monde postcolonial du XXIe siècle, dans lequel les pays du Sud global continuent d'alimenter le Nord. Nos camarades de STopMicro l'avaient bien dit : "des mines congolaises aux immenses décharges de déchets électroniques ghanéennes en passant par les ateliers de misère asiatiques, le numérique repose sur une exploitation coloniale".

Bref, qui ira s'indigner que les 70 ha de Fouju soient artificialisés dans un territoire peu habité, jamais ou mal représenté, voire méprisé ?

Campus IA : sous couvert de souveraineté, une infrastructure de plus pour le techno-fascisme

Dans l'espoir de rivaliser avec l'empire technologique étasunien, l'État veut faire de la France le nouveau leader de l'IA. Des projets de data centers comme Campus IA sont donc vus comme indispensables à la compétition internationale en cours.

Mais ni les investisseurs, ni les usines et sites eux-mêmes n'ont pour but (unique) de développer des technologies pour œuvrer au bien de l'humanité. La plupart des produits de l'industrie du numérique ont un double emploi ("dual-use") numérique/militaire (armée, surveillance, répression) - c'est le cas pour les semi-conducteurs fabriqués par STMicroelectronics par exemple. Et ce qui est bien connu pour les usines de semi-conducteurs ou de puces, commence à se voir pour l'IA.

En mars 2026, Open AI, leader étasunien dans l'IA (co-fondée par Elon Musk), a signé un accord avec l'administration Trump pour permettre à l'armée étasunienne d'utiliser les modèles d'Open AI dans un cadre militaire. L'IA est par exemple responsable de 'l'erreur de ciblage' qui a conduit à la mort de 168 civil·es, principalement des écolières, à Minab en Iran le 28 février.

Même son de cloche en France : Mistral AI, concurrent européen d'Open AI et investisseur du projet, a signé en janvier dernier un accord avec le ministère français des Armées pour "renforcer la souveraineté technologique de la défense". Sauf que le chatbot est accusé fin avril de relayer de la désinformation provenant des réseaux ou médias proches des États russes, chinois ou iraniens.

Or, l'accélération fasciste internationale a désespérément besoin de maintenir un état de guerre permanent, à l'intérieur comme à l'extérieur. Les outils et produits de l'IA sont une aubaine pour les techno-fascistes de tout bord : désinformation active, surveillance de masse et collaboration avec l'armée ou les ministères de l'Intérieur, ingérence en période électorale...

Comment pourrait-on croire que Campus IA ne sera pas un site de plus œuvrant à la fascisation de nos existences ?

Face à ce projet qui s'annonce plus que vertigineux, la résistance s'organise : des collectifs et organisations écologistes, techno-critiques, paysannes s'allient.

Nous vous invitons à participer à fond à l'enquête publique qui dure un mois et à déposer un maximum d'avis pour faire monter la contestation !
Retrouvez toutes les infos sur https://linktr.ee/stopcampusia

Il est temps de faire monter l'opposition locale d'un cran : on se retrouve le 24 mai à Fouju pour un pique-nique d'opposition, dans le cadre du Printemps des luttes locales.

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11.05.2026 à 08:00

Rencontre avec Grégory Pierrot autour du livre Fantômes de la révolution noires, une histoire culturelle transatlantique

Grégory Pierrot sera l'invité de la librairie Le Monte-en-l'air (2 rue de la Mare 75020, Paris), le jeudi 21 mai à 19h30 à l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Fantômes de la révolution noire » aux éditions Ròt-Bò-Krik.

La rencontre sera animée par Brent Hayes Edwards, également auteur aux éditions Ròt-Bò-Krik avec l'ouvrage « Pratique de la diaspora »

Lire la suite (386 mots)

Grégory Pierrot sera l'invité de la librairie Le Monte-en-l'air (2 rue de la Mare 75020, Paris), le jeudi 21 mai à 19h30 à l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Fantômes de la révolution noire » aux éditions Ròt-Bò-Krik.

La rencontre sera animée par Brent Hayes Edwards, également auteur aux éditions Ròt-Bò-Krik avec l'ouvrage « Pratique de la diaspora »

Présentation de l'ouvrage par la maison d'édition :

Black Power ! Un nom qui claque, signe d'une fureur noire américaine incarnée par des noms : Malcolm X, Stokely Carmichael, les Panthères noires, Angela Davis.
Derrière ces archétypes des années 1960 et 1970, il y a un mouvement politique aussi protéiforme qu'international, celui du Pouvoir Noir, qui a pour ambition de faire advenir un soulèvement global. Cette insurrection des mondes noirs hante depuis des siècles l'Occident et gronde dans les mots de Frantz Fanon et de Lorraine Hansberry, les films de Melvin Van Peebles et de Sarah Maldoror, les albums de Sun Ra et d'Archie Shepp, les poèmes d'Amiri Baraka et de Sonia Sanchez.
Dans cet essai, Grégory Pierrot fait émerger les fantômes du Black Power et montre que les arts sont les véritables laboratoires où se forme, s'invente, se réinvente et se diffuse la révolution noire.

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11.05.2026 à 08:00

Le nouveau monde se prépare bien avant la révolution

« Le monde nouveau se prépare bien avant la révolution ».
Conférence et discussion avec Pierre Bance, auteur de « La grande fédération - Démocratie directe et vie fédérale », un livre important pour penser comment nous pourrions vivre sans capitalisme et sans État et discuter des stratégies pour y parvenir.

Lire la suite (496 mots)

« Le monde nouveau se prépare bien avant la révolution ».
Conférence et discussion avec Pierre Bance, auteur de « La grande fédération - Démocratie directe et vie fédérale », un livre important pour penser comment nous pourrions vivre sans capitalisme et sans État et discuter des stratégies pour y parvenir.

Mercredi 20 mai 2026
19h30 au TDTF
43 rue Cavendish, 75019 Paris - Métro Laumière

Présentation du livre :

Un autre futur est possible, mais il se prépare.

Las ! Les temps maudits seraient-ils revenus ou ne se seraient-il jamais interrompus ? Les démocraties parlementaires s'enlisent dans la politique politicienne ou virent à l'illibéralisme halluciné quand ce n'est pas à la démocrature. La corruption gangrène la politique, partout.

L'heure n'est-elle pas venue de changer le monde, de reprendre nos affaires en main, de penser un autre futur ? Mais celui-ci se prépare bien avant la révolution. Encourager la réflexion sur les institutions et les droits fondamentaux d'une grande fédération de communes autonomes, auto-administrées et autogérées est une proposition du livre :

Pour donner du corps à l'idée, le livre démontre quatre théorèmes qui composent ses quatre parties :

  • Croire que l'État peut ne pas être dominateur est comme croire que le Capital peut ne pas être profiteur.
  • Sans un mouvement pour la démocratie directe, la commune et le fédéralisme, un autre futur est impossible.
  • Faute d'avoir pensé les institutions de la société à venir, la révolution communaliste est vouée à l'échec.
  • Faute d'avoir dessiné les droits et libertés de la société à venir, la révolution émancipatrice est vouée à l'échec.

Rien n'est tranché. Tout est à discuter.

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6 / 10
 Persos A à L
Carmine
Mona CHOLLET
Anna COLIN-LEBEDEV
Julien DEVAUREIX
Cory DOCTOROW
Lionel DRICOT (PLOUM)
EDUC.POP.FR
Marc ENDEWELD
Michel GOYA
Hubert GUILLAUD
Gérard FILOCHE
Alain GRANDJEAN
Hacking-Social
Samuel HAYAT
Dana HILLIOT
François HOUSTE
Tagrawla INEQQIQI
Infiltrés (les)
Clément JEANNEAU
Paul JORION
Christophe LEBOUCHER
Michel LEPESANT
 
 Persos M à Z
Henri MALER
Christophe MASUTTI
Jean-Luc MÉLENCHON
MONDE DIPLO (Blogs persos)
Richard MONVOISIN
Corinne MOREL-DARLEUX
Timothée PARRIQUE
Thomas PIKETTY
VisionsCarto
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  Créatifs / Art / Fiction
Nicole ESTEROLLE
Julien HERVIEUX
Alessandro PIGNOCCHI
Laura VAZQUEZ
XKCD
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