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Rubrique «À LIRE AILLEURS»

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27.02.2026 à 08:00

10 ans après j'ai embrassé un flic, j'ai embrassé un faf ?

L'accélération de la criminalisation de l'antifascisme fait réapparaître les comportements révélés au moment de l'état d'urgence en 2015 : panique, suivisme et lâcheté d'une partie de la gauche, pas seulement électorale. Quelques pistes sur ce que ces passe-plats instaurent et rendent possibles dans la séquence actuelle, au point de réduire l'antifascisme à un enjeu uniquement sécuritaire.

Texte intégral (2336 mots)

L'accélération de la criminalisation de l'antifascisme fait réapparaître les comportements révélés au moment de l'état d'urgence en 2015 : panique, suivisme et lâcheté d'une partie de la gauche, pas seulement électorale. Quelques pistes sur ce que ces passe-plats instaurent et rendent possibles dans la séquence actuelle, au point de réduire l'antifascisme à un enjeu uniquement sécuritaire.

Avec l'accélération de la criminalisation de la lutte antifasciste et de toute forme d'autodéfense populaire, on recycle les recettes de l'état d'urgence, instauré après les attaques de 2015 à Paris. À l'époque, on nous expliquait que c'était nécessaire pour nos libertés et notre sécurité.
Beaucoup ont alors donné ou même défendu une confiance aveugle dans l'État et ses services. Ils n'ont bien sûr obtenu ni la pseudo-sécurité promise ni vraiment mesuré la perte de liberté. Tant pis pour ce qu'il restait de l'État de droit, tant pis pour les musulman·es, tant pis pour les classes populaires. Même au milieu des milliers de contrôles au faciès, des assignations à résidence arbitraires, du permis de tuer accordé à la police, ou des conséquences que nous payons aujourd'hui avec la généralisation de la surveillance algorithmique.
Le plus paradoxal est peut-être que ceux qui, au nom de leur panique, ont soutenu les dérives d'hier sont parfois les mêmes qui se tiennent aujourd'hui à l'avant-garde pour dénoncer celles de Donald Trump. Comme si l'autoritarisme était toujours un produit d'importation.

Dans la séquence actuelle, on reprend presque mécaniquement les mêmes traits. On retrouve les mêmes qui, hier, rationalisaient l'état d'urgence et qui dénoncent aujourd'hui les dérives de Donald Trump, tout en dissolvant ces derniers jours leurs indignations dans les discours de l'ordre, dans la peur de la polarisation ou désormais dans le fantasme d'une guerre civile imminente.
Si tout cela n'apparaît pas aussi clairement, c'est parce que ceux dont nous parlons peuvent parfois se retrouver à nos côtés dans les luttes récentes : contre la réforme des retraites, contre l'extrême droite ou très tardivement et poussivement pour la Palestine. Mais toujours dans cette réserve qui, à chaque fois, prépare le retrait.
Ressurgit alors le visage d'une gauche progressiste plus soucieuse de préserver sa respectabilité et son petit rôle d'arbitre des bienséances politiques. Une gauche qui a déjà cédé le terrain social qui l'entourait et qui semble prête à le solder de nouveau pour conserver son audibilité et son droit de commenter la société. Voici donc quelques acteurs permanents de ce mouvement.

Tout d'abord, Mediapart, qui le week-end dernier a ouvert la séquence de criminalisation de l'antifascisme en publiant des articles aux allures de tabloïd, livrant les noms de personnes supposément présentes sur une scène qu'ils décrivent eux-mêmes comme d'une violence et d'un lynchage inédits.
Pourtant, au sortir du confinement, le journal avait offert une visibilité considérable à la Jeune Garde. À l'époque, le groupe entretenait des liens bien plus distants avec La France insoumise, détail non négligeable au regard de la ligne de ce média. Il apparaissait aussi comme l'incarnation d'un espoir pour une gauche morale, rassurée de voir émerger un groupe centré sur l'antifascisme, tissant des alliances dans les cortèges avec des organisations de jeunesse, syndicales ou altermondialistes. Et promettant des luttes structurées en récupérant piteusement les codes d'organisation issus du mouvement ultra.

À l'inverse, d'autres groupes, plus éloignés de cette gauche morale, plus critiques à son égard, et qui ont construit leur légitimité dans la séquence des luttes de 2016 à 2021 en soutenant des mobilisations que cette même gauche s'était empressée de condamner, (des cortèges de têtes aux Gilets jaunes et mobilisations anti-pass) avant, bien sûr, d'en nuancer opportunément le jugement.
Comme quoi, dès qu'il s'agit de conjurer de véritables alliances populaires pour retrouver la seule boussole qui semble compter à leurs yeux, la morale, certains groupes peuvent être mis en avant de façon opportuniste puis laissés à eux-mêmes lorsque le vent tourne.
Ils apprennent alors à leurs dépens que cette galaxie de médias de gauche ne fait pas le service après-vente et que, dès lors que cela menace leur confortable posture d'objecteurs de conscience libérale : il n'y a plus personne.

Ensuite, la CFDT, bien que sa création s'inscrive dans un héritage singulier, dans le soutien à la révolution algérienne, dans l'opposition au coup d'État gaulliste de 1958 et dans les années 68-70, a participé activement à l'une des séquences les plus intéressantes du mouvement ouvrier. Dans les années 80, elle opère un « recentrage » : issue d'une matrice autogestionnaire, elle brade progressivement l'auto-organisation pour privilégier la gestion, l'accompagnement et le management plutôt que l'affrontement avec le tournant néolibéral et ses millions de pertes d'emploi en France.
Ce choix installe une culture durable de l'adaptation qui, pas à pas, confond responsabilité et résignation. Les héritiers du « recentrage », donc ceux qui ont légitimé le tournant de la rigueur, en viennent aujourd'hui à dénoncer « l'ultrapolarisation », un terme à l'étymologie étrangement policière, qui offre un cadrage où la conflictualité elle-même devient suspecte.

Derrière cette ligne, il n'y a pas que la CFDT, mais toute une partie des « forces sociales », syndicats, associations, think tanks, qui se pensent encore dans un courant de transformation sociale progressiste, mais redoutent par-dessus tout la conflictualité politique. On pourrait y inclure, sur le même sujet, la prise de position de la CGT, qui partage elle aussi cette peur panique de la « violence ». Comme si le risque principal ne venait pas de cette paralysie qui s'empare de nous, réduits à produire de l'indignation morale, scandalisés et incapables d'agir. Condamnés alors à appeler indéfiniment au sursaut de l'État et de sa police.
Oui, les mêmes dont les politiques ont été ces dernières décennies, dans les quartiers, les rues, les stades ou les manifestations, l'incarnation même de la progression des forces réactionnaires dénoncée. Les solliciter revient alors à accepter un pacte implicite : pour neutraliser la violence, neutraliser le conflit.

Enfin, Libération apparaît à l'intersection de tout ce qui a été présenté plus haut : à la fois exposant et stigmatisant les militants antifa, tout en rêvant à voix haute d'une neutralisation du conflit afin de favoriser un large front progressiste contre l'extrême droite. Le journal compte ainsi des journalistes qui mènent un véritable travail d'enquête sur les fafs , documentant leur fonctionnement, leur organisation et leurs modes de recrutement.
On peut alors lire, à quelques pages d'écart, des articles qui estampillent les antifas comme « criminels », puis, un peu plus loin, des tentatives (à juste titre) de rationalisation de leurs actions dans le contexte plus large des violences d'extrême droite.

Malheureusement, si cette dissonance apparaît peut-être, à leurs yeux, comme une fine ambiguïté stratégique, elle se révèle ici plutôt pathétique. Elle réduit l'antifascisme, au mieux, à une simple question de sécurité face à des groupes violents. Et contribue, dans le contexte actuel, à alimenter, sous un autre angle, la confusion déjà portée par la quasi-totalité des récits médiatiques, où l'autodéfense populaire se retrouve sciemment confondue avec des ratonnades ou des attaques d'extrême droite.
Toujours sur Libération, le Comité pour Clément (Méric) faisait d'ailleurs remarquer ces derniers jours le deux poids, deux mesures dans le traitement des unes du quotidien : en 2013, le journal titrait « Mort d'un antifa » ; aujourd'hui, un autre titre annonce « Mort de Quentin D., la violence politique jusqu'au meurtre »...

Au final, qu'espérons-nous ? De quelle manière pensons-nous que l'antifascisme, comme concept républicain, pourrait changer quoi que ce soit ? Surtout si, stratégiquement, on en vient à auto-définir « antifa » comme un courant politique très large, n'ayant pour seul point commun la lutte contre l'occupation nazie après la défaite militaire de 1940 en France.
C'est le cas pour les gaullistes qui, pourtant, dans l'après-guerre, au sein des gouvernements, ont collaboré avec des mafias, réprimé des grèves dans le sang, soutenu le coup d'État de 1958, puis participé honteusement à ce qu'ils appelaient les « événements d'Algérie ».
Cette auto-assimilation opportuniste revient d'ailleurs en boomerang quand les pseudo-membres « antifa » du « barrage républicain », héritier de la droite gaulliste, s'autorisent à inverser l'accusation et à dire, sans trembler, que désormais les vrais fascistes seraient les antifascistes.

À quel point en sommes-nous arrivés, aussi ? À supplier un ministre de l'Intérieur d'interdire une marche organisée par l'extrême droite, comme cela a été fait le 21 février 2026 à Lyon, pour l'entendre répondre, narquois, qu'il refuse au nom de la liberté d'expression.
Car oui, demander à un ministre d'interdire une manifestation avec les moyens dont il dispose, c'est, au fond, l'autoriser, ce même jour, à noyer une ville sous un dispositif sécuritaire massif : des centaines de policiers, des drones et de la captation vidéo, peut-être (on l'apprendra plus tard) renforcés par des tests de surveillance algorithmique.

Ainsi, l'antifascisme ne peut rester qu'une question d'autodéfense populaire et non de sécurité d'État, surtout lorsque, dans sa formulation actuelle, il en vient à vendre aux classes populaires la pire des protections : la police.
Peut-être que ce qui se joue en ce moment est aussi la nécessité de redonner à l'antifascisme une ligne qui, altérée par quelques années d'électoralisme, ne soit plus cette idéologie morale mais un dépassement de ce cadre étouffant qui nous prend en tenaille : dépassement de l'extrême droite par l'autodéfense populaire, dépassement du système médiatique par l'autodéfense populaire, dépassement de l'État et de sa police par l'autodéfense populaire.

Cela étant dit, force et soutien inconditionnel aux interpellé·es, mis·es en examen et, pour certain·es, actuellement en détention provisoire.

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27.02.2026 à 08:00

Rome — Revendication du sabotage de la ligne ferroviaire contre les Jeux olympiques Milan-Cortina — 2026

Source en italien : Blog per gettare benzina sul fuoco
20 février 2026

Nous recevons et nous diffusons

Texte intégral (791 mots)

Source en italien : Blog per gettare benzina sul fuoco
20 février 2026

Nous recevons et nous diffusons

Feu aux Jeux olympiques ! Aujourd'hui on ne voyage pas !

La nuit du 13 février en plusieurs points et nœuds ferroviaires nous avons incendié et endommagé les câbles le long des voies, provocant de fait le blocage de plusieurs lignes à grande vitesse.
Ces actions sont notre contribution à l'accueil chaleureux et aux vœux de cette édition des Jeux olympiques d'hiver.

Nous avons participé aux blocages massifs des routes et des ports pendant les mois de mobilisation pour la Palestine, avons envahi les gares et attaqué la police quand c'était possible. Mais aujourd'hui nous avons choisi d'agir protégés de la lumière de la lune, dans un petit groupe réuni par l'affinité et par l'envie d'être conséquents aux slogans criés au cours des derniers mois : bloquons tout !
Parce que nous pensons que, outre participer aux grandes mobilisations et au conflit qu'elles peuvent engendrer, il est nécessaire de diffuser l'action autonome, pour ne pas les laisser être désamorcées, récupérées et dirigées par les professionnels de la politique « militante ».

Le pouvoir se prépare à la guerre et nous aussi, anarchistes, révolutionnaires, individus conscients, nous voudrions faire de même. L'infrastructure ferroviaire est un nœud central de la mobilité des forces et du matériel de guerre et l'accord entre RFI [1] et Leonardo, visant à mettre en place la logistique militaire dans la péninsule [2], en est l'exemple le plus clair. Attaquer la RFI est donc un acte concret d'antimilitarisme et un geste de solidarité envers tous ceux qui subissent aujourd'hui l'atrocité de la guerre et du colonialisme.

Les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina ne font pas exception : des rivières d'argent alimentent une spéculation immobilière bien contente d'armer des rivières de ciment pour construire des usines jetables et changer les « usage et destination » sociale de quartiers populaires entiers. Une grande affaire qui derrière l'image patinée et prestigieuse du grand événement sportif cache des hectares de forêts de mélèzes rasées au sol pour faire place à des pistes de ski et à des montagnes défigurées de manière irréversible par les remontées mécaniques.

Cette action exprime enfin notre rage pour la présence aux Jeux d'agents de l'Ice, les escadrons anti-immigrés désormais tristement connues pour les meurtres, rafles, abus et violences perpétrés contre les indésirables et les opposants intérieurs aux États-Unis, ce qui nous rappelle que chaque police et chaque groupement fasciste est là pour être utilisé contre sa propre population quand la "raison d'État" l'exige.

Il suffit seulement de peu d'ingrédients pour agir contre le monde de l'exploitation, de l'oppression et de la dévastation : un peu d'étude, de précaution et de détermination à parts égales, quelques complices, quelques litres de combustible... et tout est possible ! Bonne chance !

Solidarité avec les prisonniers anarchistes du monde entier
Solidarité à Juan, Stecco, Anna, Alfredo, Tonio, Ghespe, Dayvid aux compagnons réprimés dans l'opération Ipogeo, aux prisonniers palestiniens

Pour l'Anarchie

D'autres communiqués ici.

[1] Rete Ferroviaria Italiana

[2] italienne

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27.02.2026 à 08:00

Pour des comités de soutien aux jeunes incarcérés à Lyon

Pour des comités de soutien aux jeunes incarcérés à Lyon
depuis le plateau de Millevaches, Corrèze

Texte intégral (635 mots)

Pour des comités de soutien aux jeunes incarcérés à Lyon
depuis le plateau de Millevaches, Corrèze

De jeunes gens se sont fait attaquer à Lyon le 12 février 2026 par un groupe néonazi armé. Ils se sont défendus, un fasciste est mort.
Ce constat étant fait, ils ont été mis en prison dans le contexte d'une opération politico-médiatique fiévreuse qui n'aura échappé à aucun esprit aiguisé : récits extravagants, chefs d'accusations visant à travestir le réel, etc.
Dans la foulée, l'Assemblée Nationale a rendu hommage à ce fasciste, affilié à divers groupes néonazis antisémites. Ce faisant, elle s'est déshonorée.

Le jour de l'exécution de Missak Manouchian et de ses 21 camarades, alors que les manifestations pour la Palestine sont interdites, le Ministère de l'Intérieur a autorisé la plus grande marche fasciste en France depuis la Seconde Guerre Mondiale. Les miliciens nostalgiques de ceux qui les ont assassinés sont venus piétiner leurs mémoires.
Nous en prenons acte.

Par ailleurs, l'histoire de la lutte antifasciste ne s'est jamais jouée sur les bancs de l'Assemblée, mais dans les rues, dans les campagnes.
Nous le savons mieux que quiconque : ce que les fascistes ont fait hier comme ce qu'ils font aujourd'hui sans trêve jonche nos villages par le biais des trop nombreuses stèles en mémoire des résistants assassinés. Elles sont là pour nous le rappeler.

Nous, habitants du Plateau de Millevaches, haut lieu de la résistance française, nous refusons de vivre avec ce nouveau roman national du fascisme, nous refusons de vivre sans la solidarité avec ceux qui luttent.
Nous appelons à nous réapproprier le plus largement possible la question de l'antifascisme. Faire vivre cette position devient vital. Non plus comme position « en réaction à » mais bien « en action ».
Il s'agit d'éprouver cette position ensemble car l'antifascisme c'est aussi une idée de la vie, basée sur la joie d'être ensemble bien plus que sur la tristesse d'être rejetés par les autres. Refusant la guerre de chacun contre tous et de tous contre chacun.

Quant aux jeunes incarcérés, il est temps d'affirmer qu'ils n'ont pas à payer le prix de l'instrumentalisation du débat public. Nous devons les soutenir politiquement, économiquement, médiatiquement... car sinon nous, qui d'autre ?
Nous espérons qu'essaiment des comités de soutien à ces jeunes gens.
Que la vieille garde relève la jeune garde.
Il est temps de changer la direction du présent qu'on voudrait nous faire croire inéluctable.
L'antifascisme n'est plus une option, c'est aujourd'hui une nécessité.

Comité de soutien José Fortuny [1], aux incarcérés antifascistes lyonnais.


[1] José Fortuny était un républicain espagnol, exilé, résistant et figure locale du plateau de Millevaches.

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27.02.2026 à 08:00

[Brochure] Iran : chroniques d'un embrasement annoncé

Brochure trouvée sur Dingueries sur le soulèvement de janvier 2026 en Iran

Texte intégral (1177 mots)

Brochure trouvée sur Dingueries sur le soulèvement de janvier 2026 en Iran

Ces dernières semaines, un large mouvement de révolte secoue violemment l'Iran !
A travers tout le pays, la population affronte le régime islamique. Tandis que le gouvernement iranien a coupé internet et pratiquement toute possibilité de communication avec l'extérieur du pays, il est diffi cile de savoir la tournure prise par les évènements… hormis la certitude que la répression est impitoyable et meurtrière. Nous avons compilé des textes, tracts, témoignages, communiqués, etc. qui rapportent en partie la situation là-bas. Ils donnent un aperçu des enjeux de la lutte et posent certaines questions essentielles au mouvement : quelles cibles attaquer, comment se coordonner, comment se défendre, pour quel objectif lutter ? Nous savons que jusque là, des manifestations massives embrasaient chaque nuit des centaines de villes à travers toutes les provinces du pays, réclamant la chute du régime des mollahs. Le mouvement de protestation a débuté contre l'envol des prix, l'impossibilité d'accéder à la nourriture, à l'eau, au logement, aux soins. Il s'est rapidement élargi et radicalisé, faisant trembler un État déjà instable ! La révolte actuelle est la continuité d'une décennie de luttes et d'explosions sociales régulières. Leur terreau : le régime despotique insoutenable d'un État capitaliste dont l'économie est en crise chronique d'une part, et d'autre part une longue tradition de luttes sociales radicales dont les dernières explosions remontent à quelques années seulement.

À partir du 28 décembre, le mouvement grandit et atteint différentes couches de la population, des Bazars (bourgeoisie commerçante) à la classe ouvrière, en passant par les étudiants : tous ceux qui subissent les privations et ou la terreur imposées par les « gardiens de la révolution ». Chaque jour les rassemblements se multiplient dans tout le pays et tournent chaque nuit à l'affrontement avec les forces de l'ordre (police, « gardiens de la révolutions »…). Des barricades sont érigées, des commissariats, bâtiments religieux, officiels ou associés au gardiens de la révolution sont attaqués. Les flics sont temporairement chassés de certains quartiers et leurs véhicules sont défoncés. Des portraits du guide suprême sont brûlés dans la rue. L'entraide s'organise pour évacuer les blessés et défendre les hôpitaux contre les descentes de flics cherchant à y attraper des manifestants.

D'autre part, les grèves et refus de travailler se répandent dans différents secteurs : les transports, les raffineries, l'éducation. À Arak, centre industriel à 250 km au sud de Téhéran, un conseil ouvrier (shora) élu par les grévistes aurait pris le contrôle de la ville et diffusé un appel aux travailleurs iraniens, réclamant « la fin de l'ère des patrons et des mollahs » ! Ces attaques s'en prennent ouvertement au régime, mais aussi à la religion dont les institutions sont intégrées à la machine répressive de l'État et qui encadre l'ensemble des rapports sociaux (exploitation, la famille, les rapports genrés, l'éducation, la politique…). Ce soulèvement résonne directement avec le mouvement précédent de 2022 suite au meurtre par la police des mœurs de Mahsa Amini
.
En face, la répression s'intensifie, elle est terrible. Les forces de l'ordre tirent à balle réelle faisant en quelques jours des milliers de morts. Dès le 8 janvier, internet et les téléphones portables sont coupés pour entraver les communications et l'organisation. Cela nous empêche de connaître l'ampleur réelle de ce qui s'y passe mais nous montre que le régime est prêt à tout pour tuer la révolte. Plus d'une dizaine de milliers de personnes sont arrêtées. Des aveux forcés sont filmés et diffusés.

Mais la future répression s'organise aussi à l'intérieur de la lutte ! D'ores et déjà les monarchistes, soutien de l'héritier du dernier Shah d'Iran, tentent de tirer leur épingle du jeu se posant comme l'alternative viable au régime. Profitant de l'affaiblissement du gouvernement en place, d'autres nuances de la réaction se préparent à prendre le relais ! Le danger peut aussi venir de l'extérieur : les menaces d'intervention des États-Unis qui prétendent défendre les intérêts de la population iranienne contre leur gouvernement sanguinaire ne doivent tromper personne. Une intervention étrangère, même motivée par des discours démocratiques et humanitaires se traduirait immanquablement par un étouffement de la révolte.

Le régime de Khamenei est affaibli par les récentes révoltes successives qui ont embrasé le pays et c'est bien dans ce contexte qu'émergent des luttes aussi puissantes que celle que nous connaissons aujourd'hui. Ces luttes s'inscrivent dans un contexte politique où le gouvernement iranien est affaibli, à la fois par les sanctions économiques imposées en 2015,et par les frappes récentes des États-Unis. On assiste à un effondrement progressif des soutiens entretenus par l'Iran dans la région : d'abord la destruction des milices du Hamas puis du Hezbollah (force d'intervention paramilitaire) dans le conflit israélo-palestinien, puis la chute consécutive du régime de Bachar al Assad en Syrie.

Derrière la crise du régime des mollahs, c'est la crise du régime capitaliste qui se dessine en Iran et partout dans le monde. Aucun changement de régime politique ne peut résoudre le problème de la crise de l'économie iranienne et de la misère, dont les causes sont plus profondes que les sanctions économiques occidentales et la corruption des « gardiens de la révolution ». Cette dernière décennie, aux quatre coins du globe des soulèvements ont éclaté, soulignant la crise que traversent les États capitalistes, qu'ils soient autoritaires ou démocratiques. C'est dans ce contexte mondial qu'intervient la révolte actuelle en Iran.

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27.02.2026 à 08:00

Marche aux flambeaux Féministe à Massy

📢 Marche aux flambeaux féministe
🗓️ Le 6 mars
🕕 À 18h30
📍 À Massy, au départ de la bourse du travail de Massy (14 rue du Chemin des Femmes)

✊Faisons nous entendre en prenant la rue vendredi 6 mars à Massy, pour la justice, l'égalité, les droits des femmes partout dans le monde

🔥Le 8 mars est une journée de lutte, nous serons le feu

Texte intégral (1098 mots)

📢 Marche aux flambeaux féministe
🗓️ Le 6 mars
🕕 À 18h30
📍 À Massy, au départ de la bourse du travail de Massy (14 rue du Chemin des Femmes)

✊Faisons nous entendre en prenant la rue vendredi 6 mars à Massy, pour la justice, l'égalité, les droits des femmes partout dans le monde

🔥Le 8 mars est une journée de lutte, nous serons le feu

Venez nombreux.ses nous rejoindre le 6 mars à Massy, 18h30 au départ de la bourse du travail de Massy (14 rue du chemin des femmes) pour une marche aux flambeaux féministe !!

Marche féministe à Massy

Faisons nous entendre en prenant la rue vendredi 6 mars à Massy, à l'occasion de la Journée internationale de lutte des femmes, pour la justice, l'égalité, les droits des femmes partout dans le monde.
Chaque année, les inégalités se creusent, tout comme les disparités sur le marché du travail. Les emplois occupés par les femmes sont les plus précaires. 60% des personnes payées au SMIC sont des femmes. Nous exigeons l'abandon de la réforme du RSA, qui oblige les bénéficiaires à faire 15h de travail forcé, gratuit et sans contrat ! Nous exigeons aussi l'abrogation des réformes sur l'assurance chômage restreignant les droits des chômeuses et des chômeurs. Nous sommes toujours contre la réforme des retraites du gouvernement Macron.
Près d'une femme sur trois dans le monde subit des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. Nous exigeons les 3 milliards nécessaires pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
Il est essentiel de parvenir à des changements structurels qui abolissent les oppressions.
Renforçons la mobilisation en faisant grève ou en initiant un soulèvement des femmes afin de créer un rapport de force essentiel pour faire de ce monde un endroit plus juste en termes de genre et de classe !
Nous exigeons notamment la fin des inégalités salariales, un congé hormonal dont menstruel, une meilleure rémunération du congé parental pour un réel partage, la réouverture des plus de 130 centres d'IVG fermés. Nous sommes opposé.es au plan de natalité prévu par l'État et nous rappelons que nos corps, nos vies nous appartiennent !

Féministes donc antifascistes

L'extrême droite au pouvoir signe la fin d'une conception de la démocratie, de l'État de droit, et de nombreuses libertés, déjà bien rognées ces dernières années. Elle a pour obsession en priorité de venir casser les droits et libertés d'une immense partie de la population : les femmes, les personnes non blanches, les handicapées, les personnes trans et LGBTQIA+, les personnes migrantes, les filles et les enfants, les travailleur.ses. Nous savons aussi qu'elle est un ennemi de la classe sociale.
Nous dénonçons les offensives transphobes réactionnaires, notamment les propositions de loi qui remettent en cause toute possibilité de transition des mineur·es, et nous demandons la fin des mutilations et des traitements hormonaux non consentis.
Pour protéger nos droits et nos acquis sociaux chèrement conquis, pour la dignité, pour un avenir qui permette l'émancipation et la liberté de toutes et tous, il est nécessaire de combattre l'extrême droite partout où elle se trouve.

Féministes donc internationalistes, anti-impérialistes

Chaque jour nous sommes témoins des destructions perpétrées par un capitalisme dévastateur, qui détruit la vie et la nature sur son passage. Les guerres sont financées par un marché de l'armement globalisé, et les effets du dérèglement climatique se démultiplient avec des conséquences désastreuses.
Au centre des catastrophes, les femmes, premières victimes des conflits armés et du dérèglement climatique, continuent malgré tout d'assurer le maintien des tâches domestiques et de soin : loger, nourrir, habiller, accompagner, soigner les enfants et les plus vulnérables. Par-delà le travail invisible, nous sommes solidaires des femmes, avant garde des révoltes dans le monde. Par exemple au cœur de la résistance en Palestine, au Kurdistan, en Ukraine, au Chiapas, entre autres.
Nous sommes également solidaires du mouvement de révolte des peuples iraniens qui luttent contre le régime des mollahs.
Dans toutes ces luttes, les peuples sont réprimés dans le sang pour faire taire les contestations et créer un climat de peur. Les violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre pour une fois encore cibler les femmes.

Tract d'appel à la marche
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27.02.2026 à 08:00

Arpentage - La pédagogie des opprimés de Paulo Freire

Arpentons propose un atelier d'arpentage autour de l'ouvrage La pédagogie des opprimés de Paulo Freire, le jeudi 5 mars de 18h30 à 21h au café de la Ressourcerie Le Poulpe (4B Rue d'Oran, 75018) à prix libre.

Texte intégral (822 mots)

Arpentons propose un atelier d'arpentage autour de l'ouvrage La pédagogie des opprimés de Paulo Freire, le jeudi 5 mars de 18h30 à 21h au café de la Ressourcerie Le Poulpe (4B Rue d'Oran, 75018) à prix libre.

L'arpentage est une technique d'éducation populaire issu du milieu ouvrier. Il s'agit d'une méthode de lecture collective d'un ouvrage par un petit groupe.

Comment ça marche concrètement  
Au début de l'atelier, l'ouvrage est découpé en autant de parties qu'il y a de participant.es. Chacun·e lit son extrait de son côté pendant un temps déterminé, pas trop long car le but est surtout d'échanger par la suite. Ensuite, on fait une mise en commun où chacun.e restitue ce qu'iel a compris de son passage et peut partager ce qu'il en a pensé, ses ressentis et ses expériences vécues en lien avec l'extrait. Enfin, on discute de manière libre de l'ouvrage.

Il n'est pas nécessaire d'acheter le livre, ni de l'avoir lu avant. Les ateliers sont ouverts à toustes (même si tu n'es pas un grand.e lecteur.ice) dans la bienveillance et le respect de l'autre.

Les places sont limitées (8 personnes max). Inscription obligatoire par mail : arpentons@gmail.com ou via message privé sur instagram (https://www.instagram.com/arpentons/)

Les ateliers Arpentons sont animés par Léon Lamotte, formé à l'arpentage par l'association Ressources Alternatives.


Pour cet atelier :
La pédagogie des opprimés de Paulo Freire (1968) est un classique de l'éducation populaire et une théorie de la révolution. A travers une conception critique de la pédagogie et de l'éducation, l'auteur propose des moyens permettant d'émanciper le peuple des rapports de domination imposés par l'ordre social actuel et de transformer réellement la société.
📍Jeudi 5 mars de 18h30 à 21h au café de la Ressourcerie Le Poulpe (4B Rue d'Oran, 75018) - Prix libre

Etant donné que cet ouvrage n'est pas évident à lire, il sera découpé en plusieurs extraits courts sélectionnés par l'animateur. Il sera aussi possible de lire un article de vulgarisation de l'ouvrage.

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6 / 10
 Persos A à L
Carmine
Mona CHOLLET
Anna COLIN-LEBEDEV
Julien DEVAUREIX
Cory DOCTOROW
Lionel DRICOT (PLOUM)
EDUC.POP.FR
Marc ENDEWELD
Michel GOYA
Hubert GUILLAUD
Gérard FILOCHE
Alain GRANDJEAN
Hacking-Social
Samuel HAYAT
Dana HILLIOT
François HOUSTE
Tagrawla INEQQIQI
Infiltrés (les)
Clément JEANNEAU
Paul JORION
Michel LEPESANT
 
 Persos M à Z
Henri MALER
Christophe MASUTTI
Jean-Luc MÉLENCHON
MONDE DIPLO (Blogs persos)
Richard MONVOISIN
Corinne MOREL-DARLEUX
Timothée PARRIQUE
Thomas PIKETTY
VisionsCarto
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