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Rubrique «À LIRE AILLEURS»

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23.02.2026 à 08:00

Les montagnes sont le refuge des peuples libres : quelques leçons tirées de la vie dans les collines birmanes

Parution de la traduction de Lessons from the Hills, un texte de Rachel Ram Len Mawi à propos de sa vie dans la révolution birmane. Disponible en français sur le site de l'Assemblée Internationaliste Antimilitariste Paris-Banlieues.

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Parution de la traduction de Lessons from the Hills, un texte de Rachel Ram Len Mawi à propos de sa vie dans la révolution birmane. Disponible en français sur le site de l'Assemblée Internationaliste Antimilitariste Paris-Banlieues.

Dans l'idée de faire vivre une culture antimilitariste et internationaliste, l'AIA-PB se veut le relais des luttes d'émancipation qui existent partout dans le monde. Ainsi, nous exprimons notre solidarité avec l'AIF (Antifascist Internationalist Front) qui se bat au Myanmar contre la junte militaire ayant pris le pouvoir à la suite du coup d'État de 2021. L'AIF s'inscrit dans une longue tradition d'internationalisme antifasciste allant de l'Espagne au Rojava. Les internationalistes ont ainsi pris l'initiative de former un front internationaliste pour prendre part à la lutte contre le gouvernement fasciste aux côtés des populations birmanes : l'AIF.

Soutenir cette lutte passe notamment par la traduction et la mise à disposition des ressources disponibles sur leur site https://aifmyanmar.noblogs.org/. Ainsi, nous partageons aujourd'hui la première version française de Lessons from the Hills, de Rachel Ram Len Mawi, un texte personnel dans lequel iel revient sur son engagement dans la révolution birmane au sein de l'État de Chin.

Ce texte est donc disponible sur notre blog à la lecture au format page par page et à l'impression au format brochure, et nous l'avons intitulé Les montagnes sont le refuge des peuples libres : quelques leçons tirées de la vie dans les collines birmanes.

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23.02.2026 à 08:00

Solidarité avec Daniela Klette ! Brochure

Daniela Klette a été arrêtée en Allemagne en 2024, après 30 ans de cavale et est accusée d'avoir fait partie de la RAF, groupe de lutte armé allemand dans les années 80. Dans ses conditions d'emprisonnement comme dans la criminalisation de ses soutiens, on voit une volonté de l'état allemand de détruire une histoire de lutte et de marquer une rupture entre les nouvelles générations de militant.es et celles qui les ont précédés. Il y a quelques mois on partageait la traduction et la mise en page de textes pour exprimer notre soutien à Daniela et diffuser son histoire, montrer la répression que mène l'état allemand et recréer du lien entre différentes générations et différents pays. Depuis, les textes et les démonstrations en soutien se multiplient, on s'est donc dit qu'il était temps de publier une version remaniée et amplifiée de la brochure d'il y a quelques mois.

Texte intégral (7051 mots)

Daniela Klette a été arrêtée en Allemagne en 2024, après 30 ans de cavale et est accusée d'avoir fait partie de la RAF, groupe de lutte armé allemand dans les années 80. Dans ses conditions d'emprisonnement comme dans la criminalisation de ses soutiens, on voit une volonté de l'état allemand de détruire une histoire de lutte et de marquer une rupture entre les nouvelles générations de militant.es et celles qui les ont précédés. Il y a quelques mois on partageait la traduction et la mise en page de textes pour exprimer notre soutien à Daniela et diffuser son histoire, montrer la répression que mène l'état allemand et recréer du lien entre différentes générations et différents pays. Depuis, les textes et les démonstrations en soutien se multiplient, on s'est donc dit qu'il était temps de publier une version remaniée et amplifiée de la brochure d'il y a quelques mois.

(brochure dispo à la fin)

Contexte général

Qui est Daniela Klette ?
Daniela s'est politisée dans l'adolescence. Dans les années 70 en RFA, elle s'est engagée pour les droits des prisonnier.es, pour de meilleures conditions de détention et contre l'isolement carcéral des prisonnier.es politiques. Elle a participé en 1980 à une action de contestation contre le colloque international sur la convention européenne des droits de l'homme. La cérémonie d'ouverture de la CEDH dans l'église de Paulus à Francfort, en présence du président de la République Carstens, a été massivement perturbée par les protestations qui défendaient le regroupement des prisonnier.es politiques et combattaient la mise à l'isolement. Le tout s'est terminé avec des arrestations. Ce n'est que plus tard que l'isolement fut reconnu comme de la torture blanche par Amnesty International, et c'est aujourd'hui reconnu mondialement.
Daniela rendait à l'époque visite aux prisonnier.es de la fraction armée rouge (RAF) et entretenait des correspondances avec elleux. La volonté de se confronter dans la lutte anti-impérialiste, la guérilla urbaine et la recherche d'une trajectoire pour tenter de vaincre l'injustice, a accompagné Daniela pendant toutes ces années. Les assassinats d'Ulrike Meinhof, Holger Meins, Andreas Baader, Gudrung Enslin, Jan-Carl Raspe, Sigurd Debus, les fusillades qui tuèrent Willy Peter Stoll, Michael Knoll, Elisabeth van Dyck, Wolfgang Grams, et le tir qui blessa très gravement Günter Sonnenberg, n'étaient pas seulement pour Daniela des moments marquants qui montraient le vrai visage de l'état post-nazi allemand. Daniela menait une lutte internationaliste en soutien aux mouvements de libération anticoloniaux. Elle prenait également part à des actions contre des produits israéliens dans les supermarchés allemands durant les années 80. Elle manifestait pour la Palestine, le Salvador, et participait à beaucoup de manifestations contre l'impérialisme américain.
À cette époque, elle luttait également contre l'extension de l'aéroport de Francfort. Dans cette lutte, elle s'est engagée entre autres contre les guerres en Afrique et dans le Proche-orient, et plus précisément contre l'usage à des fins militaires de l'aéroport de Francfort par le Quartier général américain. Elle a tenté plusieurs chemins différents, participé à des occupations, a été active dans le mouvement antimilitariste et pour la paix. Elle s'est positionnée contre l'OTAN lorsque il rendait possible par ses décisions une guerre atomique en Europe de l'ouest contre l'union soviétique, avec l'installation de missiles nucléaires sur le sol européen, et qu'il voulait négocier la limitation des systèmes nucléaires à longue distance américains. Pendant cette période, les gens encouraient deux ans de prison pour avoir soutenu une grève de la faim des prisonnier.es ou pour avoir simplement tagué "ZL" (abréviation de "Zuammenlegung" qui veut dire "regroupement"). Malgré tout ça, Daniela ne s'est pas laissée intimider et a toujours prouvé avec courage et détermination que les prisonnier .es ne resteraient pas seul.es.

L'arrestation
Après 30 ans de mandat de recherche international à l'encontre de Burkhard Garweg, Ernst-Volker Staub et Daniela Klette, Daniela est arrêtée le 28 février 2024 à Berlin. Pendant 30 ans elle est restée en cavale pour échapper à son arrestation.
Aujourd'hui, Daniela Klette a 66 ans. Elle est accusée d'avoir participé à des braquages après la dissolution de la RAF en mars 1998. Dans ce contexte, la procureure de Verden l'accuse, avec Ernst-Volker Staub et Burkhart Garweg, de braquages et de tentative d'assassinat.
Daniela rejette ces accusations.

“La procureure de Verden construit une histoire, selon laquelle moi, comme Volker Staub et Burkhart Garweg, toujours recherchés avec de gros moyens et une campagne médiatique diffamatoire, auraient été une bande sans scrupules. 26 ans après la dissolution de la RAF, l'État mise sur l'escalade et la dés-unification. Elle [la procureure] prétend que nous étions prêt.es à tuer pour se procurer de l'argent pour survivre clandestinement. Pour les personnes issues de l'héritage des révolutionnaires de gauche en Allemagne de l'ouest, une telle chose n'aurait jamais été envisageable. Bien au contraire : dans la lutte pour la libération, il s'agit surtout de lutter pour un monde sans cupidité, libre de toute exploitation et de toute soumission.”
Daniela Klette, Août 2024

Ainsi, la procédure pénale à Verden porté par le gouvernement de l'état fédéré de la Basse-Saxe est en réalité soumise aux intérêts politiques du procureur fédéral1. Daniela est aussi poursuivie par le procureur fédéral de Karlsruhe pour tentative de meurtre et d'autres crimes en lien avec les actions de la RAF dans les années 90. Selon la presse, il s'agirait de l'explosion de la nouvelle prison de haute sécurité à Weiterstadt et des tirs contre l'ambassade américaine à Bonn, qui n'ont fait aucun.e blessé.e. L'enquête du procureur fédéral contre Daniela est encore en cours.
La justice traite de manière séparée les deux affaires, qui dépendent dans un cas de l'État fédéré et dans l'autre de l'État.
On se retrouve face à deux procédures qui pourraient s'étaler sur des années.

Deux affaires judiciaires en cours
“[…]En février 2024, la procureure de Verden a envoyé de plus en plus de convocations pour témoigner dans l'affaire contre Daniela, Burkhard Garweg et Volker Staub. Le simple fait d'habiter à Hafenstrasse à Hambourg2 est une raison suffisante pour se faire convoquer. Il y a eu, à ce que l'on sait, deux perquisitions à Hambourg dans ce contexte.
Marquardt, la procureure de Verden, se montre particulièrement acharnée à ce sujet. Lors de l'une des perquisitions à Hambourg, durant laquelle la pression fut mise sur la personne pendant des heures pour accepter un interrogatoire en disant que la perquisition se terminerait à ce moment, Mme Marquardt s'est spécialement déplacée à Hambourg pour pouvoir être présente.
Elle voulait que certain.es des ancien.nes membres de la RAF disent à Burkhard Garweg et Volker Staub de se rendre le plus vite possible : “On ne voudrait pas avoir un deuxième Bad Kleinen.'' (Elle fait référence à Wolfgang Grams, membre de la RAF, tué pendant son arrestation à Bad Kleinen en 1993.)
Une simple visite ou demande de visite à Daniela est suffisant, comme on l'a vu récemment, pour recevoir une convocation.
Solidarité avec Daniela”
Tiré du texte d'un groupe de soutien

Les conditions d'incarcération de Daniela
L'incarcération de Daniela a commencé par la mise à l'isolement, avec surveillance vidéo de sa cellule 24h/24, sans lumière du jour et sans possibilité d'accès à l'information. Même un stylo et du papier lui ont été refusés pendant des semaines. Il a fallu attendre l'annonce d'une manifestation, et d'une contre-manifestation de la part de la CDU (parti chrétien-démocrate) pour que les conditions de détention soient rendues publiques et soient allégées. La personne qui avait déclaré la manifestation de soutien devant la prison a perdu son travail et a reçu une interdiction de visite suite à cela, avec comme justification qu'elle risquait de préparer une évasion. Quand elle a été convoquée pour témoigner devant la procureure, elle a refusé de faire des déclarations et cela lui a valu d'être condamnée à 500 euros d'amende.
Il faut en général entre 10 à 12 semaines pour que Daniela reçoive son courrier, dans le cas où la lettre n'aurait pas été confisquée. Les demandes de parloir des quelques visiteur.euses qui ne se laissent pas intimider doivent passer par trois instances, lesquelles prennent allègrement leur temps.
La ministre de la justice de la Basse-Saxe a dit : “Les rassemblements sont gérables […] Ça semble être de vieilles connaissances qui traînent dans le milieu. On n'a pas, à ce stade, constaté de mouvements de solidarité de générations plus jeunes.“
Les intimidations visent à empêcher une solidarité plus large et à éviter un lien avec des jeunes générations en lutte.
Parce que contrairement à d'autres affaires, Daniela se retrouve aujourd'hui, après 30 ans de cavale, isolée et sans possibilité de s'appuyer politiquement sur des mouvements actuels. Ce qui caractérise aussi la peur, de la part des appareils de répression, d'un soutien des jeunes générations qui pourraient comprendre ce procès politique comme une attaque contre l'histoire des luttes, et en ce sens comme une attaque contre elleux- mêmes. C'est pour ça que les parloirs sont filmés et ont lieu en présence du BKA3 et du LKA4 (police régionale), et c'est également le cas pour d'autre prisonniers politiques. Il y a aussi déjà eu des tentatives de garder sur place des visiteur.euses pour un interrogatoire juste après la visite. Même l'envoi du texte d'une chanson antimilitariste a été utilisé par la procureure pour criminaliser la personne en visite.

Évaluation du procès à venir
On ne sait pas quand un des deux procès contre Daniela commencera. Aujourd'hui on sait par contre qu'elle ne pourra jamais espérer avoir un procès décent. Tout comme les deux personnes encore en cavale, Burkhard Garweg et Volker Staub. L'image de Daniela que la justice essayer de diffuser, celle d'une assassine et d'une braqueuse sans scrupule, est un mensonge !
Actuellement, tout est mis en œuvre pour isoler Daniela politiquement et afficher publiquement l'image d'une détention ordinaire. Dans ce sens, toutes les mesures visent à couper Daniela de tout échange politique et ainsi de la priver de la possibilité de se défendre politiquement. On voit alors se dessiner à l'horizon deux procès spectaculaires qui se tiendront devant un nouveau décor. Ce ne sera pas à Stammheim5 parce que l'histoire de la RAF risquerait d'y revivre à nouveau. Rien d'étonnant dans le fait que la procureure de Verden essaie de trouver un bâtiment assez grand pour le procès et envisage même d'en construire un nouveau. Cette recherche d'un lieu idéal par la justice classiste a pour but de mettre en scène un procès spectaculaire qui puisse faire son compte à la résistance. Ils veulent dépolitiser et punir la lutte politique depuis 68, qui s'est inscrite dans les luttes de libération, les luttes écologistes et sociales et les grèves de la faim des prisonnier.es politiques. Animés par leur peur d'une révolte sociale, ils veulent créer, à partir de la criminalisation des luttes passées une fracture générationnelle, pour empêcher que l'étincelle s'embrase, qu'une société émancipée et libérée du patriarcat, de l'OTAN, de l'État et du capital se soulève.
Libération immédiate de Daniela !

L'histoire s'écrit dans la pratique

Le 5 septembre 1972, le commando ‘‘septembre noir“ a pris en otage l'équipe olympique israélienne à Munich pour exiger la libération de 234 prisonnier.es palestinien.nes des geôles israéliennes, et la libération d'Ulrike Meinhof et Andreas Baader. L'état allemand en a fait un massacre et a tué presque toustes les palestinien.nes et les otages.
La lutte du Mouvement du 2 juin et des Cellules révolutionnaires (RZ)6, ont dès les premières années eu une dimension internationaliste. En raison des contacts du Mouvement du 2 juin avec la résistance palestinienne, les prisonnier.es qui ont été libéré.es suite à l'enlèvement du président de la CDU7 en février 75 ont pu être accueilli.es au sud-Yemen. Les RZ ont coopéré avec le Front Populaire de Libération Palestinienne (FPLP), la deuxième fraction la plus forte au sein de l'Organisation de Libération Palestinienne (OLP). Cela a amené en 1976 au détournement controversé d'un avion d'Entebbe en Ouganda, après quoi les RZ ont scissionné. Le 2 juin 1980 le Mouvement du 2 juin s'est dissout et certain.es ont rejoint les rangs de la RAF.
La RAF se considérait comme partie prenante du front mondial de libération, et entretenait des contacts proches avec d'autres organisations de résistance de gauche en Europe de l'ouest et dans le Proche orient. La résistance palestinienne faisait partie de ces alliances, ce que la RAF exprimait à travers des écrits et des communiqués communs. Évidemment, dans les années qui suivirent, il y a eu des erreurs qui se sont ressenties dans les mouvements de contestation et de résistance. Mais cellui qui veut agir pour des changements en faveur de la lutte de classe et veut engager sa vie dans la lutte ne trouvera pas un scénario hollywoodien qui explique comment faire. C'est avec cela en tête que, malgré nombre de contradictions, le mouvement de contestation et de résistance a toujours marqué sa solidarité envers les prisonnier.es des organisations de lutte armée.
Avec le détournement d'un avion de la Lufthansa durant l'automne 1977, le FPLP a pris part à “l'automne allemand“, et a essayé encore une fois de libérer les prisonnier.es de Stammheim8. La tentative a échoué et les prisonnier.es de Stammheim on été assassiné.es. Suite à cela, Hans-Martin Schleyer (fonctionnaire et ministre de l'économie allemand, ex officier SS), fut exécuté par la RAF. Son cadavre fut retrouvé à Mulhouse dans le coffre d'une Audi.
C'était le début des “années de plomb“, pendant lesquelles toute résistance internationaliste fut massivement criminalisée en Allemagne. En 1982, inspirée par la lutte contre le serment de recrutement dans l'armée en 1980 à Breme, la RAF diffusa, à travers le “Papier de Mai“, l'appel à la construction “d'un front anti-impérialiste“ en Europe de l'ouest. C'était en réaction aux décisions prises par l'OTAN, qui autorisait l'installation de missiles à tête nucléaire sur le sol européen, et ouvraient la voie à la négociation de la limitation de certains systèmes nucléaires américains à longue distance. Une partie du groupe Action Directe a revendiqué des actions communes avec la RAF en Allemagne et en France, et a soutenu les grèves de la faim de leurs camarades.
Après l'initiative du politicien Kinkel qui envisageait un apaisement du conflit autrement que par des moyens répressifs, la RAF a suivi une ligne plus modérée et a renoncé aux actions portant atteinte aux personnes à partir de 1992. La RAF s'est ensuite dissoute en mars 1998. Le groupe a rappelé “les éclats du mouvement d'insurrection“, et a commémoré les camarades palestinien.nes du FPLP qui ont laissé leurs vies en automne 1977 dans la tentative de solidarité internationale visant à libérer les prisonnier.es politiques.
En Europe de l'ouest, beaucoup de personnes solidaires des luttes du peuple palestinien, surtout dans le contexte allemand et son passé des crimes nazis, se sont vues taxer dès le début d'antisémites. Pendant l'été de l'année 1988, les maisons occupées de la Hafenstrasse à Hambourg se sont montrées solidaires en écrivant sur une de leurs maisons le slogan “boycott Israël ! Leurs marchandises, leurs Kibboutz et leurs plages. Palestine – Le peuple se libérera. Révolution jusqu'à la victoire.“, risquant ainsi leur expulsion. Il a plus tard été prétendu que la RAF habitait dans la Hafenstrasse, et c'est de là que vient encore aujourd'hui la haine de la procureure de Verden et du procureur fédérale à Karlsruhe envers ce symbole de résistance.

Lettre de Daniela Klette à la conférence Rosa Luxembourg Janvier 2025

Chèr.es participante.es à la conférence Rosa Luxembourg, chèr.es camarades,

Je vous écris aujourd'hui de la prison de Vechta. J'ai été arrêtée il y a presque un an, après plusieurs décennies de vie dans l'illégalité.
Une affaire judiciaire qui durera plusieurs années est en cours pour avoir participé à des braquages à main armée.
En plus de cela, la justice prépare un autre procès, dans lequel je serais accusée d'avoir participé à des actions de guérilla urbaine contre le capitalisme et l'impérialisme.
J'avais 17 ans quand la lutte de libération vietnamienne a vaincu la guerre impérialiste menée par les USA. Cette incroyable victoire fut soutenue par une solidarité internationale – malgré le napalm et malgré les massacres contre la population vietnamienne que l'armée américaine a commis avec la complicité de l'occident, l'Allemagne en première ligne.
J'avais 16 ans quand un homme fut tué en prison, alors qu'il luttait contre la torture et l'isolement en se mettant en grève de la faim. C'était Holger Meins, qui s'était soulevé contre la situation politique de l'époque, et qui en prison a été gavé de force pour contrer sa grève de la faim et est mort de dénutrition.
Dans beaucoup de pays, c'était une période de tentative de libération et de lutte anticoloniale : par exemple les Black Panthers contre la soumission raciste et pour la révolution au sein des États-unis, la lutte contre l'apartheid en Afrique du sud ou la lutte du FSLN (Front sandiniste de libération nationale) au Nicaragua contre la dictature. Je commençais à comprendre ce que l'humanité avait à attendre de la part du capitalisme et de l'impérialisme. Oui je me voyais comme une partie du mouvement mondial, qui se soulevait pour la libération contre l'exploitation et la soumission, contre le capitalisme et le patriarcat et contre la guerre et le militarisme.
La justice va maintenant juger ma culpabilité au sens juridique. Pour moi ce n'est pas une question de culpabilité, mais la question de ce qui animait alors des millions de personnes et de ce qui les animent encore aujourd'hui : comment on dépasse cette situation, qui globalement amène à la guerre, à l'exil, à l'exploitation, à la soumission raciale et patriarcale, à la pauvreté et à la destruction écologique totale ?
Les puissants s'arment dans la lutte pour le maintien de leurs pouvoirs par la grande guerre. La société est marquée par une paupérisation grandissante, la militarisation et une montée de la droite. Le capitalisme vire vers la catastrophe écologique : la situation de ce monde montre clairement que la question du dépassement des circonstances était légitime et est encore nécessaire aujourd'hui. À ces questions-là nous ne pourrons répondre que collectivement.
J'aimerais être avec vous et travailler à ces questions ensemble. Mais la répression et la volonté étatique de juger l'histoire de l'opposition fondamentale ne le permettent pas. Une personne qui est enfermée en tant que membre de la gauche émancipatrice et révolutionnaire ne l'est pas seulement à cause de ses actes potentiels. On est toustes en prison à cause de la volonté étatique de délégitimer la lutte révolutionnaire et afin d'effrayer et intimider les luttes à venir. Cela me concerne moi autant que Mumia Abu-Jamal et Leonard Pelletier aux États-Unis, les prisonnier.es anarchistes grecs – Marianna, Dimitri, Nikos, Dimitra – et tant d'autres prisonnier.es politiques dans le monde.
Dans ce sens, le procès qui s'ouvre ici contre moi est un procès contre une opposition émancipatrice, de gauche radicale et anticapitaliste.
Je serais ravie si celleux pour qui c'est possible venaient assister à mon procès, qui devrait commencer prochainement. Entre autres pour exprimer que ce n'est pas qu'un procès contre moi, mais sur un autre niveau un procès contre tous ceux qui se posent la question du dépassement du capitalisme. Je serais très contente de toute solidarité !

Je vous souhaite beaucoup de succès et aussi beaucoup de plaisir à la conférence annuelle Rosa Luxembourg ! Des salutations solidaires, combatives et chaleureuses à vous toutes et tous.
D.K.

Grèce : Message de Dimitris Chatzivasileiadis pour le procès de Daniela Klette

Agissons pour la liberté maintenant ! Tout le jeu de l'État allemand contre les camarades Daniela Klette, Ernst Volker Staub et Burkhard Garweg est une opération de guerre psychologique, ce qu'ils appellent, selon leur terminologie, des « psy ops ». Outre la tentative toujours vaine de la contre-insurrection d'isoler la lutte révolutionnaire, elle cherche dans cette traque à torturer l'histoire vivante, à l'enterrer sous le béton, afin de répandre l'idée que toute résistance est finalement anéantie, et d'instiller la terreur parmi les nouvelles générations révolutionnaires. Se soustraire aux filets de la contre-insurrection constitue une résistance importante : elle prive l'État de la possibilité d'accomplir le rituel de « l'acte final ». C'est pourquoi sa vengeance contre l'histoire rebelle, désormais manifestée sur le corps et la personne de la camarade Daniela, est omniprésente. Les fugitifs prouvent que le chemin vers la liberté est inéluctable. Malgré la capitulation de l'organisation révolutionnaire, les trois camarades luttent depuis des décennies pour l'auto-organisation de la vie prolétarienne contre les chaînes de la discipline de classe et de la civilisation bourgeoise qui tue pour l'argent. Il nous appartient désormais à toustes de transmettre l'histoire de ces camarades aux résistances actuelles. Les cœurs qui refusent de vivre en esclavage ne laissent aucun maître décider de l'acte final. Et parce que chaque « dernier mot » de l'État, politique, judiciaire, économique, scientifique, signifie l'écrasement du corps commun, nous ferons tout pour mettre fin à la captivité de Daniela Klette.
L'héritage politique le plus important du mouvement révolutionnaire allemand est l'internationalisme stratégique et organique. Burkhard, aujourd'hui encore, ne se cache pas, il chante pour le corps ensanglanté de la Palestine, du Kurdistan, du prolétariat polyethnique et de la Terre. La vieille Europe, familière de la guerre coloniale, du nationalisme et de l'impérialisme, veut faire le procès de Daniela. Que les vampires comprennent que notre peuple n'est pas fait pour leurs dents.
Dimitris Chatzivasileiadis , 20-03-2025, Prison de Domokos

Déclaration de R. (74 ans) concernant la convocation de témoins par le parquet fédéral allemand (BAW) à Bâle dans le cadre de la procédure pénale contre Daniela Klette. Août 2025

Après l'arrestation de Daniela Klette en février 2024 à Berlin, j'ai appris qu'elle était détenue à l'isolement sous surveillance vidéo 24 heures sur 24 et qu'elle n'avait ni journaux ni quoi que ce soit pour écrire. J'ai alors compris que je voulais voir comment elle allait. Je voulais qu'elle puisse continuer à exister et à vivre en tant que personne politique et qu'elle ne soit pas enfermée toute seule. Je vis moi-même avec un handicap et suis dépendant d'un appareil à oxygène, je ne me sentais donc pas capable de lui rendre visite seul. Avec une vieille amie, je lui ai rendu visite en juin 2024 à la prison de Vechta. Nous connaissions Daniela depuis longtemps et savions à quel point elle s'était déjà engagée contre de telles conditions de détention inhumaines.
Immédiatement après la visite surveillée et filmée, nous avons été mis.es sous pression. Le BKA9 ne voulait pas nous laisser partir, nous devions faire des déclarations sur place. Pour cela, les agents du BKA ont recouru à des menaces : « Nous n'utiliserons pas la force ici » et ont ajouté qu'un médecin serait à ma disposition en cas de problème. Nous avons insisté pour partir.
Par la suite, de nombreuses personnes âgées ayant participé aux anciens combats ou ayant été en contact avec Daniela ont été convoquées par le parquet de Verden pour les braquages, et par le parquet fédéral (BAW) pour les attentats de la RAF, puis interrogées. Des perquisitions ont été menées et des pressions exercées dans le but de détruire des carrières professionnelles et d'obtenir des aveux. Pour récolter des informations, ils infligent des amendes de 500 à 1 000 euros, menacent de peines de prison pouvant aller jusqu'à six mois et nous laissent avec des frais d'avocat élevés, que nous pouvons difficilement payer seul.es. Cet acharnement se reflète également dans la recherche, par ces deux institutions, de témoins complaisant.es qui, en raison de leur situation personnelle, pourraient céder et faire des déclarations. Par exemple, elles ont même accepté de mettre en danger une personne âgée en la convoquant quelques jours avant son opération du cœur.
Dans le cadre de la procédure pénale contre Burkhard, Daniela et Volker, je vais maintenant être interrogé pendant deux jours par le BAW allemand à Bâle. En raison de ma maladie, la durée de l'interrogatoire a été limitée à deux heures. Les faits s'apparentent davantage à une complicité qu'à un interrogatoire de témoin et peuvent, si nécessaire, être transformés en accusation.
Selon la demande d'entraide judiciaire, les soupçons graves qui pèsent sur Daniela concernent tout d'abord une tentative d'attentat à l'explosif le 25 février 1990 contre le bâtiment administratif de la Deutsche Bank à Eschborn, l'attentat à main armée contre l'ambassade américaine à Bonn en 1991, ainsi que l'explosion de la prison de Weiterstadt en 1993. Burkhard Garweg et Volker Staub apparaissent également dans les deux derniers attentats. En outre, toustes trois sont soupçonné.es d'avoir perpétré un attentat à l'explosif contre le ministère fédéral à Bonn en 1990 et l'attentat contre le directeur de la Treuhandanstalt10, Dr Detlev Rohwedder11, en 1991.
Le BAW a toujours nourri une haine profonde envers les trois personnes recherchées, car elles étaient associées à la résistance organisée de la RAF, qui a su se cacher pendant toutes ces années parmi la population, échappant ainsi aux services secrets, à la justice et aux forces de police. C'est également la raison pour laquelle Daniela est jugée en tant que membre de la RAF. Afin de dissuader toute résistance au sein de la société, son combat devant les tribunaux doit aboutir à une peine d'emprisonnement à perpétuité.
Ce n'est qu'aujourd'hui que je suis interrogé sur les attentats à la bombe et les tentatives de meurtre qui remontent à 35 ans et pour lesquels je n'ai jamais été interrogé auparavant, jamais ! Les visites à Daniela servent donc à recueillir des preuves, ce qui montre qu'ils n'ont rien contre Burkhard, Daniela et Volker sans témoins complaisant.es, d'autant plus que tout le reste est déjà prescrit. Le calcul visant à dissuader d'autres personnes de rendre visite à Daniela semble fonctionner, d'autant plus que celles qui manifestent leur intérêt ne veulent pas se retrouver dans le collimateur des enquêteurs.
Le BAW joue un rôle de pionnier dans la lutte contre les soulèvements en Allemagne et veut, avec cet interrogatoire en Suisse, prouver une fois de plus sa toute-puissance apparente afin d'étouffer dans l'œuf la solidarité internationale envers Daniela, telle qu'elle s'est manifestée ici en Suisse. Le BAW n'est pas une autorité indépendante, il est subordonné au ministère de la Justice et est tenu de suivre ses instructions. Cela se manifeste également dans la criminalisation de la résistance contre le génocide en Palestine, ainsi que dans la persécution des Kurdes et de la population des régions de Donetsk et de Lougansk, qui ont été déclarées organisations terroristes par le BAW.
Dans le même temps, les crimes contre l'humanité sont traités avec des pincettes par le BAW.
Ainsi, la Cour fédérale de justice a confirmé en 2024 le jugement rendu contre l'ancienne secrétaire du camp de concentration Irmgard Furchner, décédée à l'âge de 99 ans, pour complicité de meurtre dans plus de 10 505 cas. Elle avait été condamnée en 2022 à deux ans de prison avec sursis par un tribunal pour mineurs, car elle était âgée de 18 à 21 ans à l'époque.
Elle a passé cinq jours en détention provisoire. Depuis son bureau, elle avait une vue sur le camp, voyait la place d'appel centrale et la chambre à gaz et sentait l'odeur du crématorium. Les commandes de Zyklon B passaient sur son bureau. En tant que secrétaire du camp de concentration, elle aurait pu démissionner à tout moment et n'a montré aucun remords jusqu'à la fin ! Pour les raisons exposées ci-dessus, je répondrai à toutes les déclarations exigées par la présente déclaration et répondrai à chaque question en toute sincérité par mon silence !
Bâle, le 16 août 2025 R.

Allemagne : Depuis la clandestinité, Burkhard Garweg appelle à la solidarité autour du procès de Daniela Klette Janvier 2026

Lors de la 31ᵉ Conférence internationale Rosa-Luxemburg, un message de Burkhard Garweg, ancien militant de la Fraction Armée Rouge (RAF) vivant dans la clandestinité, a été lu. Il dénonce la répression de l'État allemand et appelle à la solidarité avec Daniela Klette ; en voici un extrait :
Nous, persécuté.es comme militant.es du passé, ainsi que nos camarades antifascistes recherché.es, sommes aujourd'hui contraint.es à la clandestinité par la répression d'un État de plus en plus autoritaire. En Allemagne, l'illégalité est aujourd'hui une position défensive nécessaire. Pendant 30 ans, malgré de nombreuses épreuves, nous avons vécu une vie empreinte de solidarité, au-delà de l'isolement et de l'exploitation inhérents au capitalisme. Aujourd'hui, cela nous est reproché. Néanmoins, nous pourrions imaginer autre chose que de nous frayer un chemin à travers les broussailles parfois épineuses de l'illégalité et, de toute façon, de la prison. C'était ainsi et c'est encore ainsi. C'est l'appareil répressif qui nous contraint à l'illégalité et qui en porte l'entière responsabilité. Devons-nous nous soumettre à un État dont la police et le parquet nous menacent ouvertement d'exécution par les forces spéciales dès notre arrestation ? Un État dont le police et le parquet mentent tellement que même les plus réfractaires croient au récit officiel de notre brutalité.
Leur but ? Dénoncer l'histoire de la résistance. Ils cherchent à nous isoler du reste du monde, à nous enfermer à jamais dans leurs prisons. Je ne peux que vous dire : ne croyez pas un mot de ce qu'ils disent. Face à la réalité de la répression et du terrorisme d'État, nous avons naturellement le droit à l'illégalité. […] L'État est déterminé à juger l'histoire de la résistance, même des décennies plus tard. Cela se traduit par un comportement policier et judiciaire agressif et répressif, dont la cible principale est aujourd'hui Daniela. La tentative de l'État de l'emprisonner pendant de nombreuses années nous affecte toustes, militant.es de gauche issu.es de divers mouvements. L'emprisonnement et les condamnations qui pèsent sur elle sont injustes. Le premier procès touche à sa fin : soutenez Daniela ! Surveillez de près la Justice, suivez les procès par tous les moyens possibles. Faites preuve de solidarité. Sensibilisez l'opinion publique. Unissons-nous et trouvons des formes de lutte. La volonté de juger l'histoire de la résistance avec les procès contre Daniela, et la tentative d'utiliser la répression, en temps de crise, pour dissuader l'escalade de la violence comme moyen d'action, exigent notre solidarité et la protection qui ne peut être obtenue que par l'attention et la sensibilisation de l'opinion publique. Seule la liberté de Daniela Klette est justifiée. Toustes les camarades emprisonné.es, où qu'iels soient dans le monde, méritent la liberté, et le système carcéral tout entier mérite d'être anéanti. […]
Le texte peut être lu en entier en allemand sur https://www.jungewelt.de/artikel/515408.gru%C3%9Fwort-von-burkhard-garweg-zur-rosa-luxemburg-konferenz.html

Athènes

Entre le 18 et le 20 mars, attaque d'une banque Volkswagen et de deux magasins Lidl en solidarité avec la prisonnière Daniela Klette. ‘'Lambros Fountas – Kyriakos Xymitiris, toujours présents.''

Pays-Basque : Attaque contre une entreprise allemande en soutien à Daniela Klette

Lundi 25 août, des pierres ont été jetées sur la devanture de la filiale d'assurance allemande Allianz à Altsasu-Alsasua, en signe de solidarité avec la révolutionnaire allemande Daniela Klette. Cette action a été revendiquée par un texte publié sur Indymedia : ‘'Les mots sont importants, certes. Mais lorsqu'ils restent de simples mots, ils ne servent à rien, ce ne sont que des mots creux. Ces mots perdent leur sens. Lorsque nous disons être solidaires et réclamer la libération des prisonnier.es, ou lorsque nous exigeons la liberté du peuple palestinien, nous devons être cohérent.es.''
Le texte de revendication peut être lu en entier en castillan sur https://barcelona.indymedia.org/newswire/display/537099

Liberté pour Daniela Klette !

[trouvé sur https://iaata.info/Liberte-pour-Daniela-Klette-8313.html]
Ce vendredi 16 janvier, on s'est retrouvé.es devant une filiale d‘assurance Allianz de Toulouse, pour pointer du doigt les agissements de ce mastodonte allemand de l'Assurance et de la Finance et pour montrer notre soutien à Daniela Klette, emprisonnée en Allemagne depuis février 2024 et accusée d'avoir participé à la RAF (Fraction Armée Rouge).

Arrêtée à Berlin en février 2024, Daniela Klette est accusée d'avoir participé à la RAF (Fraction Armée Rouge), groupe de lutte armée allemand dans la période de 1970 à 1990. Après 30 ans de cavale, son arrestation ouvre en réalité une instruction contre tout un mouvement anti­militariste et anti-impérialiste qui impliqua, dans les années 80, toute une génération en Allemagne et partout en Europe. Ce mouvement contre l'hégémonie capitaliste, et les stratégies de gouvernance qui en découlent, résonna à cette époque dans le monde entier.
Son premier procès a débuté le 25 mars 2025, à l'initiative du parquet fédéral de Verden. II porte sur une dizaine de braquages qui auraient été commis pendant ses trente années de clandestinité. Parallèlement, le procureur général constitue un second dossier d'accusation concernant des actions menées dans les années 1990. Les soupçons qui pèsent sur Daniela concernent tout d'abord une tentative d'attentat à l'explosif le 25 février 1990 contre le bâtiment administratif de la Deutsche Bank à Eschborn, l'attentat à main armée contre l'ambassade américaine à Bonnen 1991, ainsi que l'explosion de la prison de Weiterstadt en 1993, un attentat à l'explosif contre le ministère fédéral à Bonn en 1990 et l'attentat contre le directeur de la Treuhandanstalt, organisme chargé de la privatisation des entreprises de l'ex-RDA, Dr Detlev Rohwedder, en 1991.
À travers ses conditions d'emprisonnement et la criminalisation de ses soutiens, se manifeste la volonté de l'État allemand d'effacer une histoire de lutte et de rompre le lien entre les nouvelles générations de militants et celles qui les ont précédées.
Dans un système qui cherche à nous réduire à de simples consommateurs et à une force de travail, tout en nous empêchant de nous définir comme acteurs du champ politique, la résistance s'impose. Les autorités tentent d'imposer à Daniela un isolement politique en interdisant les visites, en dissuadant par des intimidations (convocations au commissariat, perquisitions chez des proches) celles et ceux qui souhaiteraient lui apporter leur soutien.
Cette tentative vise à empêcher Daniela d'être partie prenante des échanges politiques et cherche à faire d'elle le symbole d'une défaite sociopolitique tant espérée par l'État. Pourtant, les révoltes et les résistances sociales n'ont jamais cessé, et ce, à l'échelle mondiale. Les luttes actuelles s'inscrivent dans la continuité de celles d'hier et inspireront celles de demain.
Ce vendredi 16 janvier, on s'est retrouvé.es devant une filiale d'assurance Allianz, pour pointer du doigt les agissements de ce mastodonte allemand de l'Assurance et de la Finance. Allianz est à ce jour le plus grand investisseur dans les obligations (prêts à intérêt régulier) de l'État d'Israël. qui servent en grande partie à financer le réarmement israélien.
La filiale Allianz est ciblée dans le monde entier en soutien à la résistance et la population palestinienne et contre le génocide en cours. Aujourd'hui nous venons ici aussi pour apporter notre solidarité à Daniela Klette en créant un lien entre son engagement débuté dans les années 70 et nos résistances actuelles contre l'avalanche meurtrière des capitalistes de tous bords.
Pour assurer cette continuité dans la lutte, de la rue à la prison, créons les conditions d'une solidarité réelle, ici et ailleurs !

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23.02.2026 à 08:00

Quelques malveillances bienvenues contre les Jeux de Milan

Vu sur Indy Nantes.

Texte intégral (2616 mots)

Vu sur Indy Nantes.

Pesaro : BRISER LA GLACE ! Revendication du sabotage de la ligne ferroviaire contre les Jeux olympiques

ispiraazione.noblogs.org
9 février 2026

Nous recevons et nous diffusons

BRISER LA GLACE

À l'aube du 7 février a été sabotée la ligne ferroviaire près de la gare de Pesaro (PU, Marches).
Cette action vise à rendre visibles les contradictions qu'apporte le « spectacle » des Jeux olympiques, dans ce cas ceux d'hiver Milan Cortina 26. Parmi les divers partenaires officiels de ces jeux il y a des entreprises comme Leonardo, Eni, Gruppo FS, qui collaborent et spéculent sur les guerres et la dévastation de la terre au nom du progrès capitaliste féroce.
Solidarité combative avec tous** les travailleurs** qui se rebellent contre l'exploitation des patrons, avec les peuples en lutte pour la libération de leur terre et avec ceux qui s'insurgent contre cette société.
Liberté pour tous** les rebelles en cage !

https://www.ilrestodelcarlino.it/pesaro/cronaca/incendio-stazione-treni-ritardo-cxocq3d5
https://www.corriereadriatico.it/pesaro/pesaro_incendio_cabina_scambio_binari_ferrovie_gravi_azioni_sabotaggio-9345706.html


Qui sabote est ennemi de l'Italie

https://sottobosko.noblogs.org
9 février 2026

Ces Jeux Olympiques n'auraient pas pu commencer de meilleure manière.
Le matin du 7 février, jour de la cérémonie d'ouverture des Jeux de la Honte de Milan-Cortina 2026, trois lignes ferroviaires ont été sabotées et bloquées jusqu'à l'après-midi.
Autour de 6 heures deux engins incendiaires rudimentaires ont été placés à côté des voies de la ligne ordinaire de Castel Maggiore, l'un en direction du Nord et l'autre en direction du Sud. L'objectif étaient les câbles de relevé de vitesse : l'un des deux engins, celui vers le Nord, s'est déclenché vers 8 heures, endommageant les câbles, tandis que le second, celui en direction d'Ancône, est resté non enclenché. Une armoire électrique en direction de Pesaro a pris feu, interrompant les trains vers et depuis la région des Marches.
Il y a deux ans, une série d'attaques similaires en modalité et contexte avaient été lancées contre 5 infrastructures différentes du réseau LGV autour de Paris, provoquant l'annulation d'un quart des trains et d'énormes perturbations du 26 au 28 juillet, jours d'inauguration des Jeux olympiques de Paris. Mais à cause de la militarisation complète de la ville, les contestations directes à cette occasion se sont limitées à des actions de désobéissance civile et non violente. Quelques jours plus tard, voici la revendication :

« Revendication du sabotage de lignes TGV quelques heures avant la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024

Ils appellent cela une fête ? Nous y voyons une célébration du nationalisme, une gigantesque mise en scène de l'assujettissement des populations par les États.
Sous des airs ludiques et conviviaux, les Jeux Olympiques offrent un champ d'expérimentation pour la gestion policière des foules et le contrôle généralisé de nos déplacements.
Comme tout grand évènement sportif, ils sont aussi à chaque fois l'occasion de vouer un culte aux valeurs qui fondent le monde du pouvoir et de l'argent, à la concurrence généralisée, à la performance à tout prix, au sacrifice pour l'intérêt et la gloire nationale.
L'injonction à s'identifier à une communauté imaginaire et à soutenir son supposé camp d'appartenance n'est pas moins néfaste que l'incitation permanente à voir son salut dans la bonne santé de son économie nationale et dans la puissance de son armée nationale. »

[Voir Pagaille dans les flux]

Dans les mois qui ont précédé les Jeux olympiques de Paris 2024, deux projets de lois ont été approuvés, la « Loi sécurité globale » et la « loi olympique », cette dernière autorisant l'expérimentation d'algorithmes pour la reconnaissance faciale pendant toute la durée des Jeux. Comme en France, nous avons vu promulguer le 5 février de cette année, 2 jours avant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, un nouveau projet de loi sécuritaire qui entre autres choses consolide l'utilisation des zones rouges comme instrument d'exclusion sociale, autorise la détention (déjà couramment pratiquée) pendant 12 heures par les forces de l'ordre d'individuxs « dangereuxses » à l'occasion de manifestations publiques, inclut la prison pour contournement d'un contrôle de police et une peine d'amende allant jusqu'à 20 000 euros pour manifestation non autorisée (article 18 du TULPS, Décret royal du 18 juin 1931). Comme à Paris en 2024, le 7 février à Milan les contestations directes se sont limitées à des actions de désobéissance civile et non violente, exception faite pour les derniers moments du cortège lancé par le CIO (Comité des Insoutenables Olympiades). Milano in Movimento a écrit à ce sujet :

[…] nous avons décidé de relancer le mot d'ordre des grandes grèves de l'automne dernier : bloquons tout — dans notre cas, le Périphérique Est de Milan, à son entrée par piazzale Corvetto. Un imposant dispositif de police, qui déjà dans les derniers jours avait paralysé la ville pour faire place aux fascistes de l'administration Trump et à la délégation de l'État génocidaire d'Israël, en militarisant les quartiers populaires de Corvetto et San Siro, a répondu avec des tirs de gaz lacrymogènes à hauteur d'homme, des charges violentes, des bouches d'incendie sur la foule. Le cortège est resté compact et a ensuite décidé de se déplacer ensemble vers Brenta où il s'est dissout, pour retourner au PalaUtopiadi (ex PalaSharp). 6 personnes ont été arrêtées pendant les charges et ensuite relâchées avec inculpation. En bilan nous signalons également 2 gardes à vue à Milan et 15 blessé* dont 4 hospitalisé*

Après la manifestation, Meloni et compagnie ont déclaré en chœur :
« Qui manifeste contre les Jeux olympiques est ennemi de l'Italie. »

Que l'on ne se permette absolument pas de critiquer l'esprit nationaliste, compétitif de ces « jeux » ou qu'ils drainent des quantités impressionnantes de fonds publics alors que des régions entières s'effondrent, en Sicile, au passage d'un ouragan.
D'ailleurs, il n'y a rien de plus important en ce moment. Il n'y a pas de meilleur outil de distraction dans la situation actuelle. Il n'y a pas de meilleur masque, en Italie aujourd'hui comme ailleurs dans le passé ; comme les Jeux olympiques de Berlin de 1936, en pleine dictature nazie si on ne devait donner qu'un seul exemple.
Il semble clair, lorsque les projets de loi sécuritaire deviennent des occasions pratiquement semestrielles pour resserrer les filets de la répression et étouffer toute dissidence, que la dissidence « propre », explicitement revendiquée, menée dans la légalité, ne peut plus être efficace.
De même que l'on commence à ne plus ignorer l'inefficacité des modalités d'affrontement direct dans la rue mises en place ces derniers mois et années sur tout le territoire.
Il semble donc nécessaire de s'armer des instruments de la clandestinité, de la décentralisation du conflit et de la multiplication de ses fronts, de l'autodéfense et du sabotage pour survivre aux temps que nous traversons.
Pour l'éradication de ce système de mort et d'exploitation,
pour la destruction du contrôle totalisateur qui nous étouffe.
Ingouvernables, pas désobéissants.
Feu aux jeux olympiques et à ceux qui les fabriquent. (A)


JO d'hiver 2026 : Les douches du village olympique à Milan victimes d'un sabotage

Les dégâts dans les chambres ont été découverts lors de tests des installations hydrauliques, quand une fuite d'eau a été détectée au plafond d'un rez-de-chaussée.

20 Minutes avec AFP
5 février 2026

70. C'est le nombre de chambres du village qui héberge les équipes olympiques à Milan dont les douches ont été sabotées avant le début des Jeux, a indiqué jeudi le comité organisateur des JO d'hiver.

Le tuyau d'évacuation des douches a été percé avec un outil mécanique après la fin des travaux, entre décembre 2025 et janvier 2026, dans trois immeubles du village olympique flambant neuf, selon le comité des Jeux, qui démarrent vendredi.

Une enquête a été ouverte

Les dégâts dans les chambres ont été découverts lors de tests des installations hydrauliques, quand une fuite d'eau a été détectée au plafond d'un rez-de-chaussée. L'accès au village olympique était pourtant réservé, en théorie, aux ouvriers munis d'un badge personnalisé, sous la surveillance d'une société de sécurité privée.

Une enquête a été ouverte par la Digos, le service de la police italienne chargée de la lutte contre le terrorisme, et le pôle antiterrorisme du parquet de Milan, selon la presse italienne.


JO 2026 : le chantier de la piste de bobsleigh et luge de Cortina victime de « sabotage »

Un tuyau de réfrigération de la future piste a été détaché alors que le site fait déjà l'objet de nombreuses critiques pour son impact sur l'environnement.

Le Parisien avec AFP
21 février 2025

Le chantier de construction de la piste de bobsleigh, luge et skeleton pour les JO 2026 de Milan-Cortina (6-22 février 2026) a été la cible d'un « sabotage » dans la nuit de jeudi à vendredi, a annoncé vendredi la société de livraisons des ouvrages olympiques (Simico).

« Un tuyau de réfrigération a été détaché et retrouvé au milieu de la route bloquant la circulation routière et perturbant considérablement le chantier de construction », indique la Simico dans son communiqué. « Les faits ont été signalés aux autorités compétentes », poursuit l'instance gouvernementale en charge de la construction et de la rénovation des sites sportifs et des infrastructures pour les prochains JO d'hiver. « C'est un acte irrespectueux qui met en difficulté ceux qui travaillent jour et nuit », a regretté le patron de la Simico, Fabio Saldini, cité dans le communiqué.

Des critiques des associations de protection de l'environnement

La piste de bobsleigh, luge et skeleton est le dossier le plus problématique des organisateurs des JO 2026. Alors qu'ils avaient décidé en octobre 2023 de délocaliser ces épreuves à l'étranger, faute de piste en fonctionnement en Italie, le gouvernement ultra-conservateur de Giorgia Meloni a décidé, contre l'avis du Comité international olympique (CIO), de construire une nouvelle piste malgré un agenda ultra-serré. Les associations de protection de l'environnement critiquent depuis cette décision, en raison de son impact environnemental et des coûts d'entretien de cette piste après les JO 2026.

La piste, dont la construction a débuté en février 2024 et coûtera 120 millions d'euros, doit être pré-homologuée fin mars. Avant cette pré-homologation indispensable pour que la piste soit utilisée pour les JO 2026, le CIO, ainsi que les fédérations internationales de luge et bobsleigh, feront une nouvelle visite de contrôle lundi prochain.

En début de semaine, le ministre italien des Sports et de la Jeunesse Andrea Abodi avait défendu ce projet controversé en le présentant comme « un investissement rentable et respectueux » de l'environnement.

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23.02.2026 à 08:00

Balade et répression au cra de vincennes

Vérification d'identité pour tout ceux qui sont allés crier leur solidarité aux enfermés du CRA de Vincennes.

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Vérification d'identité pour tout ceux qui sont allés crier leur solidarité aux enfermés du CRA de Vincennes.

Il y a quelques jours, une petit trentaine de personnes se retrouvaient pour aller soutenir des personnes enfermés au CRA de Vincennes, en Île-de-France.

La réaction de la police face à ce type de rassemblement, c'est-à-dire au pied d'un lieu d'enfermement, a toujours été variable selon les années, selon ce qu'il se passe à l'intérieur du cra, selon les villes...

La particularité de Vincennes c'est qu'une école de police jouxte le cra. On a parfois l'impression que nous sommes, à l'intérieur comme à l'extérieur, leur terrain d'apprentissage.

En tout cas, ces derniers temps, lors des parloirs collectifs à Vincennes, ce qu'il se passait c'était qu'après avoir compris ce que nous faisions, soit chanter des slogans en solidarité avec les enfermés, et, crier un numéro de téléphone sur lequel ils peuvent appeller pour raconter ce qu'il se passe au cra, les keufs nous encadraient jusqu'à ce qu'on re-rentre dans la station de RER signant la fin du parloir.

Mais cette fois, cela ne s'est pas passé comme ça : au lieu de nous encadrer, ils nous ont stoppés puis arrêtés. Collectivement, nous avons refusé de donner notre identité pour lutter contre le fichage et la potentielle amende. De plus en plus de fourgons de police sont arrivés et la petite trentaine de personnes alignée le long du mur a été emmenée en vérification d'identité dans différents comicos. Certains ont été très rapidement notifié d'une GAV pour « attroupement en vue de... ».

Tout le monde a fini par être relâché au cours de la soirée,
en ayant tenu le « sous x ».
Quelle aventure !
Qui ne nous empêchera pas de continuer à hurler notre solidarité envers les personnes enfermées

Feu au cra, nik la paf

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22.02.2026 à 08:00

Vitry-sur-Seine, la fête de trop

A Vitry-sur-Seine, la campagne électorale est marquée d'événements festifs et solidaires, sans qu'il soit toujours vraiment possible de différencier ce qui relève de l'organisation régulière des services municipaux ou d'événements liés à la campagne électorale du maire sortant.

Texte intégral (2029 mots)

A Vitry-sur-Seine, la campagne électorale est marquée d'événements festifs et solidaires, sans qu'il soit toujours vraiment possible de différencier ce qui relève de l'organisation régulière des services municipaux ou d'événements liés à la campagne électorale du maire sortant.

Vitry-sur-Seine, la fête de trop

À Vitry-sur-Seine, la campagne électorale est marquée d'événements festifs et solidaires, sans qu'il soit toujours vraiment possible de différencier ce qui relève de l'organisation régulière des services municipaux ou d'événements liés à la campagne électorale du maire sortant.
Retour sur ces 6 derniers mois.

Le 1er septembre 2025 s'est ouverte “la période d'application des limites légales encadrant la communication institutionnelle en période préélectorale et l'utilisation des moyens de la collectivité territoriale à des fins électorales”. Autrement dit, depuis cette date, les “campagnes de promotion publicitaires des collectivités territoriales” sont interdites (Article L. 52-1 du Code électoral), et les moyens (financiers, humains, en termes de communication) de la mairie ne doivent pas servir à faire la promotion d'un candidat. Une séparation stricte doit avoir lieu entre les événements relevant du fonctionnement et de la communication habituelle de la mairie (financés par le budget municipal), et les événements relevant de la campagne électorale (relevant des frais de campagne des candidats).

On le sait, le maire de Vitry, Pierre Bell Lloch est très à cheval sur cette question éthique, lui qui a immédiatement décidé de suspendre la retransmission en direct du conseil municipal, dès que la question a été posée de savoir si cela relevait du fonctionnement habituel de la mairie, ou d'un outil de communication électorale. D'ailleurs il n'y a plus de conseil municipal depuis décembre 2025, comme ça la question ne se pose plus.

Si la prudence et le sens de l'éthique sur cette question honorent le maire de Vitry, sur la question des événements et manifestations publiques cependant, il semble avoir moins de scrupules.

En effet, depuis le 1er septembre, sans compter les rendez-vous habituels de la ville (festivals annuels, forum des associations, etc.), on compte au moins une quinzaine d'événements qui promeuvent l'action du maire-candidat, sans qu'il soit toujours très évident de différencier ce qui relève de la communication de l'action municipale, ou de la mise en avant d'un candidat aux élections.

Ainsi, sur la période, 6 inaugurations ont eu lieu (soit une par mois en moyenne) : de la nouvelle halle du marché 8-mai-1945, d'abord annoncée pour le 28 septembre, finalement inaugurée le 12 octobre ; pose de la première pierre de la mosquée Nour Essalam le 22 octobre ; inauguration d'une œuvre d'art dans la ZAC Rouget-de-Lisle le 7 décembre ; inauguration du square Vilmorin le 13 décembre ; inauguration des Prairies du fort le 17 janvier ; inauguration de fresques sur des immeubles de la Semise le 13 février (alors que les fresques avaient été réalisées en novembre 25 lors du festival municipal Mur/Murs...)
On va mettre ça sur le dos de l'efficacité de l'équipe municipale, qui a certainement lancé plein de chantiers depuis 2020, qui se sont tous opportunément concrétisés dans les 6 derniers mois du mandat. Quel sens du timing !

Et puis à Vitry, comme on est de gauche et écolo, on aime aussi planter des arbres, surtout entre septembre et décembre (comment ça c'est pas la saison ?) : plantation de “l'arbre de la paix” le 4 octobre ; plantation d'une « micro-forêt urbaine » le 22 novembre (c'est quoi d'ailleurs une micro-forêt ?)

Aussi, comme on aime bien faire la fête, on a célébré 2 anniversaires d'équipements municipaux, dont un en 2 temps (pourquoi se priver) : les 40 ans de l'hôtel de ville le 30 novembre ; les 50 ans de la patinoire municipale le 16 janvier puis le 20 février – ceci dit les célébrations des 40 ans de la patinoire avaient duré 6 mois donc là c'est tranquille encore...

Ah et aussi, Vitry a carrément accueilli une conférence “internationale” pour la paix les 10 et 11 octobre ! Le même week-end que le festival Hip-hop source, organisé par la salle municipale de musiques actuelles, on aime faire plusieurs choses à la fois ici.

À tel point que cette année, le maire a carrément développé le don d'ubiquité lors de la cérémonie des vœux, afin d'être présent dans 4 quartiers différents de la ville le même jour. On ne recule devant aucun effort en année électorale. Ça change du grand raout de l'année dernière, sur invitation, avec vigiles et fouille des sacs à l'entrée...

Mais surtout, la période a été marquée de plusieurs événements à la frontière du festif, du militant et du caritatif, permettant à chaque fois au maire-candidat et son équipe de se présenter aux côtés de “stars”, notamment du milieu hip-hop : soirée hommage à Lionel D le 25 octobre ; distribution alimentaire avec Mokobe, Amel Bent et Harry Roselmack le 31 janvier ; événement “Vitry fière et populaire” le 15 février...

Car à Vitry, capitale du hip-hop français (de la bouche même de Stomy Bugsy lors de l'événement hommage à Lionel D le 25 octobre), c'est là le gros enjeu de la future élection : la mobilisation des quartiers, et notamment des jeunes. Dans une ville où plus de 40% de la population a moins de 30 ans (contre moins de 20% de 60 ans et plus), et où l'abstention a dépassé les 75% lors de la dernière élection, le maire et son équipe jouent à fond la carte “jeunes et populaires” – et hip-hop, du coup. Il faut dire qu'ils avaient frappé fort en invitant Rohff à la fête des Lilas en mai dernier.

À ce titre, l'événement organisé par la ville le 25 octobre dernier en hommage au rappeur vitriot Lionel D est très révélateur, à la fois de la stratégie déployée par l'équipe en place dans le cadre de cette élection, et du flou savamment entretenu entre ce qui relève d'un événement municipal ou d'un élément de campagne électorale.

D'abord, il est important de rappeler qu'absolument aucune échéance n'imposait d'organiser un événement en hommage à Lionel D à cette date. Celui-ci est né le 13 décembre 1961, décédé le 25 février 2020, et a été inhumé le 12 mars de la même année. Pas de date anniversaire donc, ni sur le plan de sa vie personnelle ni dans l'histoire du mouvement hip-hop. Il a donc fallu créer une opportunité : dans le cadre du fameux festival Mur/Murs, la ville a commandé aux graffeurs Brok et Akhine la réalisation d'une fresque en hommage au rappeur, qui a donc été dévoilée au public le 21 octobre. L'occasion de rendre ainsi hommage – absolument mérité par ailleurs – à ce pilier du mouvement hip-hop en France, originaire de la ville. Peu importe si, par contre, Lionel est enterré dans l'anonymat le plus total au cimetière municipal, la ville n'ayant semble-t-il pas trouvé judicieux de payer pour une pierre tombale, et préférant capitaliser sur son nom, son aura, et ses réseaux, pour se faire un peu de com sur son dos...

Une soirée est donc organisée à la hussarde, le théâtre municipal réquisitionné (alors que cet événement n'était pas inscrit ni à son agenda ni à son budget, et que les équipes ont été prévenues à la dernière minute...), et des invitations lancées à tous les grands noms de la scène hip-hop d'hier et d'aujourd'hui : Mokobe, Stomy Bugsy, Dee-Nasty, Sulee B Wax... C'est tout le gratin de la scène hip-hop à l'ancienne qui se retrouve finalement sur scène ce soir-là, pour une soirée qui tiendra finalement plus d'une retrouvaille familiale organisée à l'arrache et très arrosée (une fois n'est pas coutume au Théâtre Jean Vilar, whisky et vodka coulaient à flot) que d'une cérémonie digne de ce nom. Alors que certains rappeurs encensent l'équipe municipale sur scène (on a notamment entendu un “on votera tous pour vous, Monsieur le maire”, pendant que Mokobe, le maître de cérémonie, affiche sa proximité avec plusieurs membres de l'équipe), l'ancien maire, lui, qui avait pourtant mis la main à la poche pour payer et organiser les funérailles de Lionel D, se voit refuser l'entrée. Il faut dire que le maire actuel, pourtant élu sur la même liste en 2020, a fait un putsch et pris le pouvoir, renvoyant l'ancien édile dans l'opposition alors même qu'ils sont du même parti. Mais ceci est une autre histoire.
Aujourd'hui, à Vitry, visiblement pour pouvoir rendre hommage à un artiste local lors d'une soirée publique, il faut au préalable avoir montré sa soumission à l'équipe en place.

Cette soirée avait donc toutes les allures d'un événement de campagne, mais financé par le budget de la ville. À quelle hauteur ? On ne le saura pas.
D'ailleurs, les grandes caractéristiques en ont été reprises lors de la journée “Vitry fière et populaire” du 15 février, sans que ce soit vraiment plus clair que, cette fois, il s'agit bien d'un événement de campagne : concert de rap avec de jeunes artistes locaux (dont certains s'étaient déjà produits le 25 octobre), présence de plusieurs acteurs culturels et associatifs locaux, stands de nourriture...
L'annonce de l'événement mentionne d'ailleurs “Ce dimanche, Vitry donne la voix ! Un grand temps fort ouvert à toutes et tous avec : un concert porté par de jeunes Vitriots ; un village associatif pour mettre à l'honneur celles et ceux qui font vivre notre ville ; un temps d'échange avec Pierre Bell-Lloch pour parler de l'avenir de Vitry. (...) Venez nombreux partager ce moment convivial et engagé pour notre ville.”
La différence avec la soirée du 25 octobre ? Le logo en bas de l'affiche. D'ailleurs, là aussi, on a fait comprendre à des personnes identifiées comme des opposants politiques qu'elles n'étaient pas les bienvenues...

En décembre 2025, un début de polémique sur le montant des frais de mandat du maire de Vitry avait éclaté, pour lequel Pierre Bell Lloch avait plaidé un malentendu suite à un changement d'écriture comptable. On veut bien lui accorder le bénéfice du doute. Par contre, il gagnerait à communiquer de manière tout aussi transparente sur combien ont coûté tous ces événements visant à promouvoir son action et son équipe, alors que certains groupes d'opposition ont du mal des fois à réserver une salle de réunion ou doivent carrément affronter la police pour tenir un stand lors d'événements municipaux...
100 ans de centralisme démocratique à Vitry ont certes laissé des traces, mais on aimerait que l'équipe municipale, qui a pris le pouvoir en se revendiquant “du renouvellement, de la jeunesse, tournée vers l'avenir”, incarne véritablement ces idées. S'afficher avec des rappeurs, planter des arbres, c'est bien. Ne pas prendre les électeurs et électrices pour des pigeons, c'est encore mieux.

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22.02.2026 à 08:00

Takakia #5 - Glapissements joyeux pour la liberté sauvage

Nouveau numéro de la revue Takakia

Texte intégral (783 mots)

Nouveau numéro de la revue Takakia

takakia#5

TAKAKIA #5
Glapissements joyeux pour la liberté sauvage
(hiver-printemps 2026)

94 pages – prix libre (coût de fabrication 1,75 euros)
Tirage 1000 exemplaires

Pour toute commande : takakia@riseup.net
(Sur notre site, tu peux trouver notre clé PGP pour crypter les communications)
Des brochures de textes issus de la revue, ainsi que les anciens numéros peuvent être télécharger depuis notre site http://takakia.noblogs.org)

Merci aux troubadours itinérants, campements dans les sous-bois, locaux, brigantes forestières, bibliothèques, oiseaux-tempête, tables de presse, écureuils des villes et des campagnes, vagabondes ambulantes, infokiosques, bardes émeutiers et louves solitaires de votre acharnement à diffuser cette revue et de rendre possible cette petite aventure éditoriale. Aux autres : il n'est jamais trop tard pour rentrer dans la danse !

Et un… Tu veux nous envoyer quelques sous ? Ecris-nous sur takakia@riseup.net !
Et deux… A celleux qui nous soutiennent avec un abonnement : pensez à renouveller votre abonnement !
Et trois… Aux infokiosques, librairies et lieux : pensez à nous écrire pour préciser le nombre d'exemplaires que vous voulez recevoir !

Sommaire du #5

ARTICLES ET RECITS
A toute allure. Résister en temps de naufrage civilisationnel
Les sorcières et nous
Les clôtures de l'âme
Intelligence artificielle, centres de données et énergie
Les Russes ? Les conspirationnistes ? Les voleurs de cuivre ?
« Si nous nous battons ici, c'est uniquement par amour. » Entretien avec des anarchistes du Grand Nord en lutte contre l'industrialisation coloniale.
La guerrière nue
En parlant de nature. Trouver un langage qui affirme notre parenté avec le monde naturel
Une conversation avec Ted Kaczynski
Le temps ridé. La persistance des mondes passés sur Terre

RUBRIQUES
* Résistances
Normandie. Intrusion chez BASF
Dordogne. Contre la future mine d'Imerys
Oise. Vers un soulèvement de la Seine
Meuse. Résistance antinucléaire contre le projet Cigéo
Sápmi. Contre la mine de cuivre « qui éradiquera toute forme de vie »
Wallmapu. La résistance mapuche s'acharne
Les six bruits dans le Wallmapu sous occupation militaire
Lutter sous l'état de siège. Entretien avec Hector Llaitul de la CAM.

* Mauvaises herbes
Cueillette

* Aguérissement
Faire groupe

* Contes et chants
L'appel du sauvage
Romance pour l'océan
Ainsi nous leur faisons la guerre. Episode 4

* Dans la boîte aux lettres de Takakia
Bonnes résolutions

ANNEXE
La Gazette. Dépêches de la résistance férale.

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6 / 11
 Persos A à L
Carmine
Mona CHOLLET
Anna COLIN-LEBEDEV
Julien DEVAUREIX
Cory DOCTOROW
Lionel DRICOT (PLOUM)
EDUC.POP.FR
Marc ENDEWELD
Michel GOYA
Hubert GUILLAUD
Gérard FILOCHE
Alain GRANDJEAN
Hacking-Social
Samuel HAYAT
Dana HILLIOT
François HOUSTE
Tagrawla INEQQIQI
Infiltrés (les)
Clément JEANNEAU
Paul JORION
Michel LEPESANT
 
 Persos M à Z
Henri MALER
Christophe MASUTTI
Jean-Luc MÉLENCHON
MONDE DIPLO (Blogs persos)
Richard MONVOISIN
Corinne MOREL-DARLEUX
Timothée PARRIQUE
Thomas PIKETTY
VisionsCarto
Yannis YOULOUNTAS
Michaël ZEMMOUR
LePartisan.info
 
  Numérique
Blog Binaire
Christophe DESCHAMPS
Louis DERRAC
Olivier ERTZSCHEID
Olivier EZRATY
Framablog
Romain LECLAIRE
Tristan NITOT
Francis PISANI
Irénée RÉGNAULD
Nicolas VIVANT
 
  Collectifs
Arguments
Blogs Mediapart
Bondy Blog
Dérivation
Économistes Atterrés
Dissidences
Mr Mondialisation
Palim Psao
Paris-Luttes.info
ROJAVA Info
 
  Créatifs / Art / Fiction
Nicole ESTEROLLE
Julien HERVIEUX
Alessandro PIGNOCCHI
Laura VAZQUEZ
XKCD
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