Suivi du procès du 8/12
Le procès dit du « 8/12 » s'ouvrait ce mardi 3 octobre au tribunal judiciaire de Paris. Nous essaierons de publier tous les jours un résumé des audiences dans cet article (tous les après midi à partir de 13h30 du (...)
19.05.2026 à 09:00
Conférence gesticulée « Je t'aime camarade, manifeste pour des organisations militantes plus joyeuses » de Florence P
Conférence gesticulée « Je t'aime camarade, manifeste pour des organisations militantes plus joyeuses » de Florence P
Mais pourquoi, trop souvent, les organisations politiques de gauche n'appliquent pas en interne ce qu'elles défendent pour changer le monde ?
Intimidations, autoritarisme, violences sexistes, mise au ban, après des années de militantisme, Florence ne se résout pas à trouver ça normal. Parce qu'elle tient très fort à ses idéaux, elle a écrit cette conférence gesticulée pour comprendre les mécanismes qui se cachent derrière. Elle nous raconte avec sincérité ses premiers pas de jeune militante, puis les échelons qu'elle a gravis. La colère et la tristesse se mêlent à son enthousiasme de rendre nos luttes plus fortes. Une lettre d'amour à toutes les militantes et les militants, baignée des rythmes inspirants des luttes féministes et populaires d'Amérique Latine.
#Joiemilitante #Puretémilitante #Oppressionssystémiques #VSS
Durée : 1h45
https://conferences-gesticulees.net/conferences/je-taime-mon-camarade/
📎 INFOS PRATIQUES
Vendredi 12 juin à 19h45
au Speakeasy
69, boulevard Henri Barbusse
📍Montreuil (métro mairie de Montreuil)
Participation libre et consciente au chapeau (prévoir des espèces)
inscription obligatoire ici : https://framaforms.org/1206-au-speakeasy-conference-gesticulee-je-taime-camarade-manifeste-pour-des-organisations
pour les personnes qui utilisent un service d'anonymisation en ligne, vous pouvez vous inscrire à l'adresse : florence.militante@proton.me.
espace limité à 25 personnes.
Qu'est-ce qu'une conférence gesticulée ?
C'est une prise de parole publique qui porte une dimension politique. Un acte d'éducation populaire qui s'élabore au cours d'une formation collective. C'est le fruit d'un tressage entre des savoirs chauds (son vécu) et des savoirs froids (références théoriques). Elle permet de révéler l'existence de rapports de domination. Son rôle est de générer chez le public une réflexion, une prise de conscience, voire un engagement, individuel ou collectif.

19.05.2026 à 08:00
Soyons nombreuxses à participer à l'événement près de Montluçon (Allier) organisé par les collectifs locaux opposés au projet d'Imerys !
Soyons nombreuxses à participer à l'événement près de Montluçon (Allier) organisé par les collectifs locaux opposés au projet d'Imerys !

✊ Soyons nombreuxses à participer à l'événement près de Montluçon (Allier) organisé par les collectifs locaux opposés au projet d'Imerys !
Le samedi 23 mai, dans le cadre de la Fête de la nature et du Printemps des luttes, rendez-vous devant le site champêtre où est prévue l'installation de l'usine chimique d'Imerys. Venez échanger sur le projet de l'usine de lithium et son impact.
📢 10h30 Prise de paroles et tables de presse
📢 12h30 Pique-nique partagé, ateliers participatifs, ludiques et festifs !
💰 Le 12 mai 2026, l'Assemblée Générale Ordinaire d'Imerys se tiendra au New Cap Event Center 3 Quai de Grenelle, 75015 Paris à 15h (avec retransmission sur le site internet d'Imerys). Performances en baisse avec une diminution de 4,1% de son chiffre d'affaires, crise au Moyen-Orient et tension sur le marché n'aideront pas les choses pour convaincre ses investisseurs...
La Banque des Territoires, maintient pourtant, le 22 avril 2026, sa prise de participation minoritaire au capital du projet EMILI d'Imerys pour 50 millions d'euros. Encore de l'argent public pour une entreprise privée et juste pour permettre l'achèvement de l'étude de faisabilité définitive, jalon du projet prévu début 2027.
💥L'an dernier pour l'AG d'Imerys des militant-es s'étaient invité-es et avaient organisés divers événements, la surprise sera peut-être encore de mise ! Restez informé...
⛏️ Nous ne lâcherons rien, nous continuerons de pointer du doigt ce projet qui n'a rien d'écologique, mais aussi tout ceux qui se servent de minerais et poussent à l'extraction minière à l'international comme en République Démocratique du Congo, en Argentine ou au Soudan.
La convergence des luttes s'accentue autour de ce projet minier d'Imerys, rejoignez-nous !
❤️ Merci aussi aux collectifs locaux qui ne sont pas sur instagram, retrouvez les sur internet.
🙇 Merci pour la participation et de relayer.
18.05.2026 à 10:33
Les paroles et les promesses (logement, navigo, accès à l'école...) on en a marre ! Des droits pour tous les mineurs isolés maintenant ! Rassemblement ce lundi devant l'Hôtel de Ville de Paris.
Les paroles et les promesses (logement, navigo, accès à l'école...) on en a marre ! Des droits pour tous les mineurs isolés maintenant ! Rassemblement ce lundi devant l'Hôtel de Ville de Paris.

RASSEMBLEMENT 📢
Après des mois d'attente malgré une promesse d'une rencontre dès l'élection, les équipes municipales daignent enfin recevoir le collectif. Nous attendons toujours que le mandat d'Emmanuel Grégoire marque un tournant par rapport à celui d'Anne Hidalgo pour les MNA (Mineurs non accompagnés).
Nous vous invitons nombreux et nombreuses sur le parvis de l'Hôtel de Ville ce lundi afin de soutenir les membres de notre délégation et de montrer aux élus de la Ville de Paris ce qu'attendent les parisiens et parisiennes : un accueil digne et inconditionnel et des droits pour tous et toutes !
Lundi 18 mai - 17h00 - Parvis de l'Hôtel de Ville
18.05.2026 à 08:00
À l'occasion du mouvement contre la loi Travail et son monde, nous vous proposons quelques textes écrits par des manifestant-e-s lors de luttes passées à propos de leurs pratiques « violentes ». Quatrième épisode avec ce texte paru en 2009 dans le n°3 du journal anarchiste de Milwaukee Total Destroy : « Intimité criminelle », par un gang de Queers criminels.
À l'occasion du mouvement contre la loi Travail et son monde, nous vous proposons quelques textes écrits par des manifestant-e-s lors de luttes passées à propos de leurs pratiques « violentes ». Quatrième épisode avec ce texte paru en 2009 dans le n°3 du journal anarchiste de Milwaukee Total Destroy : « Intimité criminelle », par un gang de Queers criminels.

Texte à lire sur l'écran et/ou télécharger en PDF/brochure sur infokiosques.net.
Extraits :
Nombreux sont ceux qui accusent les queers d'être responsables du déclin de cette société –et nous en sommes fierEs. Certains croient que nous avons l'intention de réduire cette civilisation et son tissu moral en lambeaux—et ils ont bien raison. On nous décrit souvent comme dépravéEs, décadentEs, et révoltantEs – mais ils n'ont encore rien vu.
Soyons clairEs : Nous sommes des anarchistes queers et criminels, et ce monde ne nous suffit pas, et ne nous suffira jamais. Nous voulons anéantir la morale bourgeoise et réduire ce monde en poussière.
Nous sommes là pour détruire ce qui nous détruit.Parlons-donc de révolte. Nous traçons la lignée de notre criminalité queer et nos dess(e)ins de disparition de l'ordre social. Et quel dé- lice, que ce nectar que nous buvons : pirates lesbiennes des mers déchaînées, émeutièrEs queers qui incendient les voitures de flics, sex parties sur les ruines de l'industrialisme, braqueurEUSEs de banque arborant des triangles roses, réseaux d'aide mutuelle entre les travailleurEUSEs du sexe et les voleurEUSEs, gangs de trannyfags prêtes à en découdre. On nous a assuré que chaque jour pouvait être le dernier. Nous avons donc choisi de vivre comme si notre vie était sans lendemain. À notre tour, nous faisons la promesse que les jours de l'existant sont comptés.
Dans notre révolte, nous développons une forme de jeu : nous expérimentons l'autonomie, la puissance et la force. Nous n'avons rien déboursé pour ces habits et nous payons très rarement pour notre nourriture. Nous volons sur nos lieux de travail et nous nous prostituons pour avoir de quoi vivre. Nous baisons en public et nous n'avons jamais joui si fort. (...) Nous avons pillé des lieux jusqu'à la moelle et partagé le butin dans la joie. Nous détruisons des choses la nuit et nous marchons main dans la main en sautillant sur le chemin du retour. Nous faisons sans cesse grandir nos structures de soutien informel et nous serons toujours là les unEs pour les autres. Par nos gang-bangs, nos émeutes, et nos hold-up, nous articulons la collectivité et l'approfondissement de ces ruptures.
(...)
Nous ne proposons les mots « criminel » ou « queer » ni en tant qu'identités, ni en tant que catégories. Criminalité. Queer. Voilà des outils pour se révolter contre l'identité et la catégorie. Voici nos lignes de fuite hors de toute contrainte. Nous sommes en conflit avec tout ce qui restreint le moindre désir. Nous devenons n'importe quoi. Notre unique point commun, c'est notre haine de tout ce qui existe. Lorsqu'elle est commune, une telle révolte du désir ne peut jamais être intégrée à une forme étatique.
Dans les médias, les beaux-parleurs de droite invoquent l'imagerie d'une « guerre culturelle », menée entre la société civile d'un côté et les queers de l'autre. Nous rejetons ce modèle de guerre. Notre guerre est une guerre sociale. Le lien entre domination et société de classes est omniprésent. Pourtant, les ruptures et les points de conflit sont également omniprésents. C'est au sein de ces fissures que nous existons dans la rébellion – nous, les queers, les criminels : peu importe.
18.05.2026 à 08:00
📢TOURNÉE EUROPÉENNE DE CARLOS BEAS TORRES CONTRE LE MÉGAPROJET DU CORRIDOR INTEROCÉANIQUE AU MEXIQUE 🇲🇽
De mai à juillet 2026, l'activiste mexicain Carlos Beas Torres, coordinateur de l'Union des Communautés Indigènes de la Zone Nord de l'Isthme (UCIZONI) et délégué du Congrès National Indigène, est en Europe pour réaliser une tournée !
✨ Retrouvons-nous nombreuxses lors de son étape parisienne le vendredi 22 mai, à partir de 18h au CICP !! ✨
📢TOURNÉE EUROPÉENNE DE CARLOS BEAS TORRES CONTRE LE MÉGAPROJET DU CORRIDOR INTEROCÉANIQUE AU MEXIQUE 🇲🇽
De mai à juillet 2026, l'activiste mexicain Carlos Beas Torres, coordinateur de l'Union des Communautés Indigènes de la Zone Nord de l'Isthme (UCIZONI) et délégué du Congrès National Indigène, est en Europe pour réaliser une tournée !
✨ Retrouvons-nous nombreuxses lors de son étape parisienne le vendredi 22 mai, à partir de 18h au CICP !! ✨

🗓️Programme :
*18h00 : Accueil et présentation de la soirée par les collectifs organisateurs
*18h30 : Présentation par Carlos Beas Torres et regards croisés avec les luttes Mega Canal Non Merci (Hauts-de-France) et Stop Eacop (Ouganda/Tanzanie)
*20h30 : Repas (prix libre) et Musique
*Jusqu'à 23h : Espace de rencontre informel avec tables de presse des collectifs organisateurs et invités
📍 Centre International des Cultures Populaires (CICP), 21ter rue voltaire, 75011, Paris.
🚊Métro : Rue des Boulets (Ligne 9)
✊avec la participation des Soulèvements de la Terre IDF, Carnage Total, Pays dans le pays, Comité de Solidarité International avec les peuples autochtones des Amériques (CSIA-Nitassinan), Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL), Méga Canal Non Merci, Extinction Rébellion IDF, Stop Eacop
***
👉 Le CNI, fondée en 1996 dans le sillage du soulèvement zapatiste au Chiapas, est une organisation de résistance de peuples indigènes du Mexique. L'UCIZONI, créé en 1983 et basée dans l'isthme de Tehuantepec (Oaxaca, Mexique), est une organisation de défense du territoire et des droits indigènes.
🏭 Depuis 2018, un méga-projet industriel et logistique s'impose dans le sud du Mexique : le Corridor Interocéanique de l'Isthme de Tehuantepec (CIIT). Peu connu en Europe, ce méga-projet concentre des enjeux stratégiques majeurs pour le développement économique régional et continental ainsi que pour la reconfiguration du commerce mondial. En assurant une liaison ferroviaire pour le transport de fret entre les océans Pacifique et Atlantique, le Corridor Interocéanique se projette comme une alternative ambitieuse au Canal de Panama.
✊En décembre 2025, le déraillement meurtrier du train trans-isthmique a recentré l'attention nationale et internationale sur le Corridor Interocéanique. La campagne de dénonciation des négligences et irrégularités ayant mené à cet accident prévisible, et plus généralement de l'inutilité et de la nocivité du mégaprojet, a accentué les menaces qui pèsent sur les défenseurs et défenseuses du territoire. L'UCIZONI, dont trois des membres ont été assassinés l'an dernier lors d'une embuscade armée, est dans la ligne de mire des acteurs gouvernementaux, entrepreneuriaux et du crime organisé, qui souhaitent tous que le mégaprojet voit le jour, quel qu'en soit le prix. C'est dans ce contexte de menaces et d'attaques extrêmement graves que le porte-parole Carlos Beas Torres entreprend cette tournée européenne.
📢 L'objectif de la tournée est double : d'une part, informer de la situation actuelle des mégaprojets, de la répression et de la militarisation dans l'isthme de Tehuantepec (Oaxaca, Mexique), et d'autre part, tisser par en bas des alliances internationalistes pour défendre les territoires et renforcer les résistances des peuples originaires du Mexique.
🌍Après une première étape en géographie française, la tournée se poursuivra ensuite au Danemark, en Catalogne, au Pays basque, dans l'État espagnol, en Belgique, en Suisse et en Allemagne. À l'occasion de la mobilisation nationale des Soulèvements de la Terre contre le mégacanal Seine-Nord Europe du 9 au 12 Juillet, il refera un crochet dans les Hauts-de-France en solidarité avec les résistances locales.
Non au Corridor Interocéanique de l'Isthme de Tehuantepec et à tous les mégaprojets mortifères !
Vive les résistances et les rébellions des peuples originaires !
18.05.2026 à 08:00
2 ans et demi après la 1re instance, on se retrouve au vieux palais à Cité pour soutenir les copaines du 8/12 et espérer un peu mieux. On a conscience qu'il se joue ici et maintenant un truc important pas seulement pour toutes les personnes militantes mais plus largement pour toutes celleux qui ne sont pas satisfait-es du monde actuel et s'autorisent à avoir une pensée critique.
Qu'on nous appelle marginaux-ales, anti-système, anticapitalistes, anarchistes ou simplement critiques, nous sommes toustes dans le viseur de ce dossier.
2 ans et demi après la 1re instance, on se retrouve au vieux palais à Cité pour soutenir les copaines du 8/12 et espérer un peu mieux. On a conscience qu'il se joue ici et maintenant un truc important pas seulement pour toutes les personnes militantes mais plus largement pour toutes celleux qui ne sont pas satisfait-es du monde actuel et s'autorisent à avoir une pensée critique.
Qu'on nous appelle marginaux-ales, anti-système, anticapitalistes, anarchistes ou simplement critiques, nous sommes toustes dans le viseur de ce dossier.
2 ans et demi après la 1re instance, on se retrouve au vieux palais à Cité pour soutenir les copaines du 8/12 et espérer un peu mieux. On a conscience qu'il se joue ici et maintenant un truc important pas seulement pour toutes les personnes militantes mais plus largement pour toutes celleux qui ne sont pas satisfait-es du monde actuel et s'autorisent à avoir une pensée critique.
Qu'on nous appelle marginaux-ales, anti-système, anticapitalistes, anarchistes ou simplement critiques, nous sommes toustes dans le viseur de ce dossier.
Mercredi 12 mai, lors des débats, un témoin de la défense, psychiatre ayant exercé 25 ans en milieu carcéral, a fait cette réponse à la présidente qui s'interroge sur la paranoïa des « personnes qui jugent le système dysfonctionnel et se sentent menacées par lui » :
« J'ai envie de vous répondre que des personnes qui vous diraient que rien ne dysfonctionne dans notre monde ne vont pas très bien ».
Ce bref échange sera presque le seul moment où on sentira les juges accessibles à une critique de notre société.
Pour le reste, tout se passe dans la violence, dans l'impression que les choses sont réglées d'avance, qu'on pensait avoir quelques cartes en main mais qu'elles sont jugées nulles, avant même d'être jouées. Mais sait-on jamais.
Mais reprenons dans l'ordre.
Le 1er jour, la juge demande pourquoi les inculpé-es et le parquet ont fait appel, pour savoir dans quel état d'esprit chacun-e est. « Pas de groupe, pas de projet, et encore moins terroriste » répondent chaque inculpé-e, certain-es disent reconnaître les faits répréhensibles reprochés (comme la fabrication de pétards) mais qu'il n'y avait pas d'intention de violence. Iels souhaitent être jugé-es sur des vrais faits et pas un récit construit de toute pièce. Les avocates générales (équivalent du procureur, représentent l'État et l'accusation) maintiennent tout, que ce sont des dangereux terroristes.
Comme la première fois, les avocat-es demandent un report du procès parce qu'il n'y a toujours pas le début du dossier. On ne sait pas pourquoi iels ont été mis-es sous surveillance. Une procédure est toujours en cours pour demander ces infos, mais la justice est longue. Iels demandent également à faire citer les enquêteurs qui ont fait la surveillance, construit le dossier. Pour savoir pourquoi avoir pris ces 2% des écoutes, qu'y a-t-il dans les 98% manquant etc etc. Quand le jugement se fait aux assises, les enquêteurs viennent forcément présenter le dossier, ici ce n'est pas le cas. Mais, comme en première instance, les avocates générales refusent de faire appel à ces enquêteurs : « ce n'est pas le procès de la police, ils n'ont pas à subir d'interrogatoire ». Les juges vont contacter la DGSI, mais apparemment ils ne sont pas dispo. Donc tant pis, on a tout dans leur rapport, on fait le procès sans eux, c'est pas un problème.
Ensuite vient la lecture - interminable - du rapport. Le rapport, c'est un doc fait par la présidente et qui est censé résumer le dossier et le jugement de 1re instance. On subit ça dans une léthargie générale et on a l'impression que c'est un délibéré, on se demande si ça vaut le coup de revenir pour que les inculpé-es répondent aux questions. On parle des faits comme s'ils étaient établis, on met des conjonctions partout, on fait des collages entre des choses espacées dans le temps et l'espace comme si ça allait de soi. On nage en plein syllogisme : A revient du Rojava, B a pour métier de faire des feux d'artifices, A et B sont copains = A et B font des explosifs pour faire en France comme au Rojava = terrorisme. CQFD.
À partir de là, chaque jour s'apparente à une épreuve de patience et d'endurance.
À l'extérieur de la salle et du tribunal, on s'habitue à des attentes d'1 heure parfois et à des règles changeantes tous les jours « aujourd'hui pas de gourde en plastique » « aujourd'hui pas de nourriture » « aujourd'hui pas de bouteille d'eau ». À se demander s'ils font pas un bilan des objets scannés pour savoir ce qui nous emmerdera le + le lendemain.
À l'intérieur de la salle, on a droit aux lectures monocordes des retranscriptions d'écoutes : à base de « 3 petits points » « inaudible » tous les 2 mots, c'est l'atelier haïku surréaliste niveau 1 pour la DGSI.
Et c'est donc sur tous ces silences radiophoniques qu'on juge nos camarades...
S'en suivent les entretiens de personnalité sur leur parcours de vie jusqu'au moment des faits reprochés, en apparence cordiale mais où la trame est cousue de fil blanc : il est question d'abord des relations familiales et d'éléments qui auraient pu faire « rupture » très tôt dans la vie de chacun-e. Arrive ensuite la question sur les « vies itinérantes » : « comment arrivez-vous à rejoindre une forme d'itinérance, un à-côté ? ». Façon de dire joliment : en gros comment ça déraille, comment vous sortez d'une petite vie rangée, normée, neurasthénique. Leur est demandé leur rapport à la société, pourquoi iels en sont en retrait ou en dehors, pourquoi iels rejettent le système. Ce à quoi est répondu globalement par chacun-e, que tout le monde fait partie de la société, on ne peut en être exclu-e, par contre on peeeeut faire en sorte de l'améliorer
La 3e grosse question des entretiens de personnalité est le rapport à la violence, dans leur jeunesse, dans le milieu punk, puis par leur présence sur des ZAD - qui ne sont pour la juge que des lieux d'affrontements et de confrontation - ou des « lieux de confrontation » comme manifestation ou Calais (sic) et la violence particulièrement contre les forces de police.
« ça signifie quoi la panoplie punk ? » « l'anarchie, ça vous parle ? » « qu'est-ce qui vous intéresse là-dedans ? » « vous pensez que c'est réalisable ? » « pour certains il faut détruire la société pour ensuite la reconstruire, et vous ? » « que pensez-vous de la devise de la France aujourd'hui ? » « que pensez-vous de la légitimité de l'antiterrorisme et d'avoir une législation antiterroriste ? » "
Et puis iels ont des brochures sur la violence de l'État, des livres anarchistes, ou sur comment faire face à la répression, cela montre un intêret pour la violence et le terrorisme. Une réponse sera apportée la semaine d'après par une témoin universitaire, peut être plus écoutée que les réponses des inculpé-es qui disent sensiblement la même chose : on s'intéresse à la société et à son fonctionnement donc à la politique, et donc aussi à ce qui se dit dans les courants anarchistes. Y a pleins de livres/brochures qu'on a jamais lu. On lit sur pleins de choses, que l'on soit d'accord ou pas avec. Il est reconnu que les militant-es lisent beaucoup plus que les autres, sur toute sorte de sujets. Bon exemple dans cette affaire : pour l'un-e, il y a dans ses affaires une brochure « Face à l'outils antiterro », brochure de 2020 suite à des interpellations dans le milieu militant pour une soi-disant affaire terroriste dont l'aspect terroriste a été enlevé et dans laquelle il y a ensuite eu relaxe générale : « il est clair que je ne l'ai pas lu vu comment j'ai répondu en garde-à-vue. Je ne sais plus pourquoi je l'ai ».
Et, accessoirement, est posée la question de leur rapport à la sécurité numérique, sur leur utilisation de Signal et autres applications. Un témoin passera d'ailleurs ensuite pour expliquer que maintenant toutes les communications sont cryptées, pourquoi et que c'est très commun, et n'est pas dangereux. Par ailleurs tout le monde a quelque chose à cacher (puisqu'il s'agit de ça) :
« Si quelqu'un me dit qu'il n'a rien à cacher, je lui demande ses codes de carte bancaire »
Voilà : pour les juges c'est ça le dessein de ce groupe qui ne se connaît pas : une attaque contre les flics ou les militaires (mais quand même plutôt les flics, on parle bcp de manif, de black-bloc, d'acab).
Un groupe, avec à sa tête bien sûr : un cerveau, un guide qui profite de son aura auprès de personnes que la société juge « perdues », « en errance » justement... C'est fou comme la boucle se boucle bien.
La 1re semaine se conclut sur le retour de notre meilleur ami l'expert-explosif, témoin à charge qui nous avait déjà épaté-es en 1re instance. Épaté-es parce qu'il arrive à percevoir toutes les étapes et le processus d'acquisition « pas à pas » de la fabrication du TATP à travers des « ... », des « inaudibles », des bruits de désembourbage de camion assimilés par les enquêteurs à de possibles tirs en rafale... toute une imagination en roue libre et matrixée par l'idée de l'ennemi de l'intérieur.
Oui, l'expert se base sur les retranscriptions des enquêteurs savamment surlignées et commentées « ça a l'air d'être du TATP », et quand bien même il les tance d'un mépris tout aussi savant « en général, en matière d'explosifs, c'est plutôt moi qui apprends des choses aux OPJ que l'inverse » (vive la guerre des polices), il conclut à la même chose qu'eux.
Pourtant, mis devant la lecture d'une des écoutes, il convient « c'est quand même compliqué d'interpréter ce type d'échanges ». Et il reconnaît s'être trompé de quantité d'explosif relevée chez un des prévenus : quelques 280 grammes au lieu de 2 kg... ça fait une sacrée différence mais ça ne semble pas ébranler les juges.
Il a aussi cette phrase merveilleuse : « avec les explosifs, la seule limite c'est l'imagination des gens ».
Là on ne peut qu'être d'accord avec lui : tout le problème de ce dossier, c'est l'imagination délirante de la DGSI et de la justice quand on les met devant 3 pétards.
Lors de ce moment fort sympathique, on sent déjà la juge sensible aux questions de la défense : les avocat-es se font copieusement rabroué-es alors que le parquet déroule ses démonstrations en long en large et en travers sans entraves.
Un grand classique qui ne s'emmerde même plus avec la caricature.
Après l'exposé de l'expert, c'est l'heure pour les copaines d'être interrogé-es sur les faits et si on n'avait pas compris l'importance accordée aux interrogatoires de garde-à-vue (et donc l'importance de vraiment fermer sa gueule tout du long, même et encore + au 4e sous-sol de Levallois (la DGSI), même et encore + pendant les longues 96h), la suite en est une démonstration flagrante, à la manière des explosifs.
Chaque copaine se retrouve confronté-e à ce qu'iel a dit ou pas dit lors de ces échanges allègres que la juge comme le parquet perçoivent vraisemblablement comme des opportunités de thérapie de gauchistes.
À l'un qui explique qu'il était sous pression, que les enquêteurs lui disaient en off que son pote avait été retrouvé le doigt sur la gachette face à des flics et qu'il était complice, et qu'il a donc dit ce que les enquêteurs voulaient pour sortir, on répond que tout de même devant le juge d'instruction, pas de pression : « il y a un avocat, vous avez le dossier, vous êtes dans un dialogue à ce moment-là ». On précisera que le copain était alors en détention provisoire. Pour la pression, l'enjeu, le dialogue d'égal à égal, on repassera.
À l'autre qui dit qu'il avait un avocat commis d'office de mauvais conseil au début des interrogatoires, on rétorque que bien sûr s'il n'en avait pas eu, on ferait sauter la procédure mais quand même, il a eu la chance d'en avoir un. Et puis les commis-es d'office, certain-es sont excellent-es.
À celui qui n'a jamais incriminé le fameux chef désigné en GAV, on oppose qu'il était pourtant « dans les mêmes conditions » que les 2 autres.
Au témoin de la défense qui n'a rien dit à la DGSI, on rétorque que c'était à ce moment-là qu'il fallait qu'elle parle, qu'on ne va pas tenir compte de sa parole maintenant, c'est trop tard ! Et on la coupe, et la rudoye.
On a l'impression d'être baladé-e au gré d'injonctions contradictoires qui n'ont qu'un but : nous faire reconnaître qu'on devrait dire à la DGSI tout ce qu'elle souhaite car elle est là pour notre bien.
Difficile de se défendre face à des faits choisis mis bout-à-bout pour construire un récit. Cela confine sans cesse à l'absurde, on se débat dans la maison des fous d'Astérix :
La justice choisit des mots qui font peur, des termes militaires :
Des feux d'artifice, des dessins, des blagues, des rondes autour d'un sofa, des armes soit déclarées soit pas opérationnelles...= faisceau d'indices concordants pour un groupe terro.
La semaine se termine sur 2 témoins que l'on a déjà évoqué-es avant : un psychiatre sur la détention et une universitaire spécialiste de l'analyse sur la législation antiterroriste qui globalement, explique chacun-e dans leur domaine, la « paranoïa » des personnes emprisonnées ou militantes. En prison, et encore plus à l'isolement, on peut rentrer dans notre cellule à n'importe quel moment, on est seul-e mais on n'a pas d'intimité. On a une perte de repères, d'autonomie, on développe une survigilance etc et cela vaut pour toute personne détenue. Dehors, quand on est militant-e, il y a une paranoïa militante. On se prémunit de la police, de la justice, de l'infiltration, depuis au moins 100 ans, et sûrement plus. On est contre l'institution policière et les propos virulents sont plus que courants. L'État nous voit comme un ennemi et nous surveille, met les moyens de l'antiterrorisme pour des affaires politiques. Depuis 2001, l'antiterrorisme est devenu préventif donc on s'intéresse aux lectures des personnes. Alors que ce n'est pas parce qu'on a qu'on a lu. Qu'on a lu qu'on est d'accord. Qu'on est d'accord qu'on passe à l'acte.
Il reste entre 4 et 6 jours de procès, selon le temps que prendront les débats, et la sensation qui domine à mi-parcours c'est :
tout ça pour quoi ?
la DGSI nous écoute, pas la justice
Les audiences reprennent mercredi 20 à 9h30, se poursuivront les 21 et 22 et certainement la semaine suivante, date à confirmer.
On souhaite courage et stoïcisme aux camarades inculpé-es et aux soutiens.
Résumé de l'audience de première instance
Appel à rassemblement pour soutenir les inculpé-es vendredi 22 mai 2026 18h
Rubrique «À LIRE AILLEURS»