16.05.2026 à 08:00
L'avenir ne dure pas longtemps est le titre du dernier livre du philosophe Bernard Aspe. Comme une manière de dire que le temps presse. Que l'heure n'est ni au pessimisme ni à la mélancolie car rien ne garantit que ce qui nous écrase ne continue pas de le faire encore longtemps. Dans cette émission il est donc question de mise au travail, de vérité mais aussi de politique, de philosophie et d'histoire pour continuer de penser ici et maintenant l'époque en révolutionnaires. Se défaire de l'idée que les contradictions du capitalisme permettront inéluctablement sa chute, tout en se libérant de l'horizon bouché par la catastrophe et le présent perpétuel.
Avec Bernard Aspe on essaie de redonner de l'élan au geste révolutionnaire.

Mayday c'est mercredis à 18h sur radio canut et aussi en rediffusion sur la Clé des ondes (Bordeaux), Radio Dragon (Mens), Radio Zinzine (Limans), radio Cause Commune (Paris et Île-de-France), radio Méga (Valence), radio Larzac (causses et au delà), radio Grenouille (Marseille). Toutes nos émissions se réécoutent aussi ici ou sur les trucs de podcast : https://audioblog.arteradio.com/blog/98875/mayday
L'avenir ne dure pas longtemps est le titre du dernier livre du philosophe Bernard Aspe. Comme une manière de dire que le temps presse. Que l'heure n'est ni au pessimisme ni à la mélancolie car rien ne garantit que ce qui nous écrase ne continue pas de le faire encore longtemps. Dans cette émission il est donc question de mise au travail, de vérité mais aussi de politique, de philosophie et d'histoire pour continuer de penser ici et maintenant l'époque en révolutionnaires. Se défaire de l'idée que les contradictions du capitalisme permettront inéluctablement sa chute, tout en se libérant de l'horizon bouché par la catastrophe et le présent perpétuel.
Avec Bernard Aspe on essaie de redonner de l'élan au geste révolutionnaire.

Mayday c'est mercredis à 18h sur radio canut et aussi en rediffusion sur la Clé des ondes (Bordeaux), Radio Dragon (Mens), Radio Zinzine (Limans), radio Cause Commune (Paris et Île-de-France), radio Méga (Valence), radio Larzac (causses et au delà), radio Grenouille (Marseille). Toutes nos émissions se réécoutent aussi ici ou sur les trucs de podcast : https://audioblog.arteradio.com/blog/98875/mayday
16.05.2026 à 08:00
Communiqué du réseau Mutu à retrouver sur https://reseaumutu.info/Les-medias-autonomes-un-enjeu-cle-pour-la-survie-de-nos-luttes-et-de-nos-idees-010
Communiqué du réseau Mutu à retrouver sur https://reseaumutu.info/Les-medias-autonomes-un-enjeu-cle-pour-la-survie-de-nos-luttes-et-de-nos-idees-010
En 13 ans, le réseau Mutu est passé de 4 à 22 sites [1] Aujourd'hui, c'est environ 100 000 visiteur-euses par jour (en dehors des périodes de mouvements sociaux massifs), c'est des serveurs qui craquent tellement vous étiez nombreu-seux à consulter nos sites le 10 septembre dernier. C'est plus d'une centaine de personnes qui s'activent derrière les écrans, plusieurs générations qui se sont succédé, des sites qui ont fermé, certains qui ont réouvert avec des nouvelles équipes, d'autres qui naissent chaque année. C'est surtout des dizaines de milliers de personnes qui ont fait vivre ces sites en y publiant des articles.
Pourtant, ces dernières années, il nous est régulièrement arrivé de nous questionner sur notre modèle. Avec la montée de l'utilisation des réseaux sociaux dans le milieu militant, nous nous sommes demandé·es plus d'une fois si nos sites avaient encore un avenir, en voyant de plus en plus de collectifs se détourner du réseau Mutu pour réserver leur communication à instagram.
Nous comprenons pourquoi des collectifs décident d'investir les réseaux sociaux. La mainmise croissante de l'extrême droite dans les médias traditionnels nous étouffe. Alors qu'il y a dix ans, il était déjà assez rare que les médias mainstream parlent de nos luttes, cette invisibilisation est aujourd'hui doublée d'une promotion décomplexée pour les idées les plus réactionnaires. Dans cette ambiance médiatique, beaucoup de collectifs ont investi massivement les réseaux sociaux pour communiquer et mobiliser, ce qui a clairement participé à augmenter la notoriété de discours minorisés, y compris dans certaines sphères militantes. Dans le Réseau Mutu, certains sites ont décidé de les investir, d'autres non. Individuellement, nous sommes nombreux·ses à les consulter ou à les utiliser.
Nous partageons avec les réseaux sociaux le fait que n'importe qui peut publier une information en quelques clic, et nos sites sont donc souvent mis en concurrence avec ces plateformes par des - potentiel·les - utilisateurices, qui nous renvoient que, notamment vis-à-vis d'instagram, nos sites ne seraient pas assez efficaces, pas assez accessibles, n'auraient pas assez de portée, etc.
Certain·e·s d'entre nous avaient donc envie de partager quelques réflexions au sujet des enjeux de l'usage des réseaux sociaux à des fins militantes, et de remettre en avant tout le sens que l'on donne au Réseau Mutu.
Sur nos sites, nous tentons de rassembler et de visibiliser différentes pratiques militantes, différents points de vue, toujours dans une optique de nous renforcer les un·e·s et les autres. Chacun·e peut y diffuser des informations de manière anonyme et sécurisée [2], y rencontrer des initiatives de luttes qui lui sont moins connues et y partager/nourrir des réflexions.
Par le travail de modération, nous veillons à mettre en avant des informations qui témoignent d'engagements militants quotidiens, des fois moins spectaculaires et photogéniques que d'autres.
Les contenus des sites du réseau Mutu sont modérés par des collectifs autogérés. La publication d'un article représente parfois des heures de discussions ; il est même arrivé que des mois passent avant d'avoir pu se mettre d'accord sur un texte...
Les réseaux sociaux sont avant tout des empires économiques qui appartiennent à des milliardaires. Ils nous autorisent à publier... jusqu'à ce qu'ils ne nous l'autorisent plus. Dépendre de nos ennemis à ce point-là nous paraît loin d'être enthousiasmant. Comme ailleurs dans le monde, en France, pendant les mouvements pour Nahel, ou en Kanaky, nous avons été témoins de la manière dont les réseaux sociaux et le gouvernement pouvaient s'entendre pour bloquer, influencer les contenus ou s'en servir pour identifier et arrêter des personnes.
En plus de devoir s'inscrire nominativement sur ces plateformes et ainsi alimenter les bases de données de la surveillance généralisée, l'accès aux informations y est filtré par des machines au service des enjeux capitalistes. Ces fonctionnements algorithmiques nous échappent et nous posent questions à différents niveaux.
Ces algorithmes agglomèrent, hiérarchisent, fragmentent ou isolent les flux de contenus d'après des régles et des logiques qui leur appartiennent et qui jouent, sciemment ou non, contre nous. Nous assistons alors impuissamment à la compartimentation de nos luttes. Celles-ci s'en retrouvent couramment invisibilisées pour les personnes non-concernées et/ou non initiées.
Les réseaux sociaux nourrissent nos ambitions de visibilités à coup de like et de nombre de vues. Ils favorisent les contenus viraux, valorisent les actions spectaculaires et nous transforment parfois en publicitaires des luttes.
Dans la rue, nous pouvons légitimement questionner l'impact réel de ces outils sur nos mobilisations. Aujourd'hui, il n'est pas rare d'être 50 à un rassemblement qui était pourtant suivi des centaines de fois en ligne.
Nous n'oublions pas non plus que les algorithmes des réseaux sociaux sont avant tout conçus pour créer de la dépendance. Nous sommes nombreux·ses à avoir fait l'expérience des conséquences mortifères de l'utilisation de ces réseaux sociaux sur notre santé mentale et de leurs impacts délétères sur nos capacités à interagir socialement hors des écrans.
Nous constatons aussi que l'intensité des flux d'informations sur les réseaux sociaux nous fait perdre notre mémoire collective. Une fois postés, les contenus sont rapidement digérés et difficilement accessibles. De plus, les archives de nos activités ne nous appartiennent pas et peuvent disparaître au bon vouloir des propriétaires des plateformes. À l'inverse, les sites du réseau Mutu permettent de garder des traces de nos actions et de nos idées, car les archives de nos luttes constituent un moyen très concret de faire exister notre propre réalité face à la réécriture de l'histoire par les dominant·es et les réactionnaires de tous bords.
Malgré tous nos doutes et notre méfiance, on comprend bien que la nécessité stratégique de certain.es à rester actif·ves sur ces réseaux puisse persister. Mais nous sommes persuadé·es que des alternatives doivent continuer à être investies. Pour notre sécurité, notre autonomie et la pérennité de nos luttes. Pour faire lien autrement, entre nous et entre nos initiatives. Le réseau Mutu et les sites qui le composent font partie des propositions qui vont dans ce sens !
Nous savons que nos sites ne sont pas parfaits, que nos outils ne sont pas toujours les plus simples à utiliser, ni les plus simples à consulter. Année après année, nous continuons à mutualiser nos expériences et nos savoirs pour les faire évoluer.
Dans ce contexte de montée en puissance des politiques et des idéologies fascistes, nous pensons que continuer à faire vivre et à construire des médias autonomes est un enjeu clé pour la survie de nos luttes et de nos idées.
Longue vie au réseau Mutu et aux médias libres !
POUR ALLER PLUS LOIN
Le réseau Mutu : la renaissance des médias radicaux
Émanciper nos luttes d'Instagram et TikTok
Technofascisme, Une proposition de quitter au plus vite tous les réseaux sociaux
Anatomie d'un basculement : Comment l'underground numérique a été capturé
Lettre à celleux qui militent sur les réseaux sociaux
Pour des médias autonomes, changeons notre rapport aux réseaux sociaux
[1] Rebellyon (Lyon), Iaata (Toulouse), Paris-luttes (Île-de-France), Renversé (Suisse romande), Marseille Infos Autonomes (Marseille), Bourrasque (Brest), Le Numéro Zéro (Saint-Étienne), Expansive (Rennes), Manif-est (Nancy et le Grand Est), Cric (Grenoble), Barrikade (Suisse alémanique), La Bogue (Limousin), Dijoncter (Dijon), Basse-Chaine (Angers), Emrawi (Wien et alentours), Vallées en Lutte (Alpes du Sud), Stuut (Bruxelles) Ricochets.cc (Drôme), Alter-Vienne (Vienne 38), La Grappe (Bordeaux), Trognon.info (Normandie), Rabasse.info (Franche Comté), L'arnapée.info (Sarthe-Mayenne) et La Gabarre (Tours)..
[2] En utilisant Tor et une adresse mail sécurisée, pour en savoir plus : https://stuut.info/Securite-informatique-060
16.05.2026 à 08:00
Le samedi 30 mai à partir de 15h rencontrons les camarades du Spazio Popolare Neruda à Turin et du collectif Prendocasa Torino à la Kunda ( 46 rue Jules Lagaisse, Vitry-sur-Seine ).
Le samedi 30 mai à partir de 15h rencontrons les camarades du Spazio Popolare Neruda à Turin et du collectif Prendocasa Torino à la Kunda ( 46 rue Jules Lagaisse, Vitry-sur-Seine ).
DISCUSSION, PROJECTION FINALE LDC - PSG vs ARSENAL ( + crêpes & frites ) et DJ sets

Il y a plus de dix ans, le collectif Prendocasa Torino, avec plusieurs dizaines de familles, a décidé d'occuper une ancienne école dans le quartier Valdocco à Turin. L'école occupée, devenue le Spazio Popolare Neruda, continue aujourd'hui d'être un lieu autogéré d'organisation politique ainsi qu'une maison pour plusieurs dizaines de personnes. Au fil des années, de nombreuses activités gratuites et ouvertes au quartier ont vu le jour : une garderie, une permanence juridique, une école populaire d'italien, des cours dans la salle de sport, etc.
Le Neruda et le collectif Prendocasa ont aussi été moteur dans plusieurs luttes à Turin, notamment autour de l'antiracisme et du droit au logement, en organisant plusieurs mobilisations et des piquets anti-expulsions.
Face à la criminalisation des luttes par le gouvernement de Meloni, aux expulsions des espaces autonomes et autogestionnaires, montrons notre solidarité. Rendez-vous le samedi 30 mai à 15h à la Kinda pour discuter autour de l'expérience du Neruda et de la lutte anti-expulsion à Turin .
Programme
15h : Discussion
18h : Projection finale LDC PSG-Arsenal (+ crêpes & frites)
20h30 : DJ sets
16.05.2026 à 08:00
Les inculpé.es du 8 décembre sont jugé.es à la Cour d'Appel de Paris sur l'île de la cité du 4 au 22 mai 2026. Rassemblement le 22 mai à 18h face au tribunal de la Cour d'Appel (8 bd du Palais, Paris 1er).
Les comptes rendus journaliers des audiences c'est ici
Les inculpé.es du 8 décembre sont jugé.es à la Cour d'Appel de Paris sur l'île de la cité du 4 au 22 mai 2026. Rassemblement le 22 mai à 18h face au tribunal de la Cour d'Appel (8 bd du Palais, Paris 1er).
Les comptes rendus journaliers des audiences c'est ici
Le 8 décembre 2020, neuf militant.es de divers courant politiques dit "de gauche" se font interpeller à l'aube par la DGSI pour « association de malfaiteurs terroriste dans l'intention de commettre des actions violentes contre les personnes dépositaire de l'autorité publique ».
Toustes ne se connaissaient pas, leur seul point commun étant un camarade, Libre Flot, parti au Rojava au côté des kurdes (YPG).
A l'issue d'une GAV de 96h, deux personnes sont placées sous contrôle judiciaire et cinq autres sont placés en détention provisoire, entre 5 et 11 mois, et jusqu'à presque 16 mois pour l'un d'eux qui reste à l'isolement tout au long de sa peine.
Il ne sort que grâce à une grève de la faim de 37 jours.
En 2023 après un mois de procès la justice à conclu qu'il n'y avait pas de groupe, pas de projet, pas de cible mais subsiste des « intentions supposées ». Les 7 inculpé.es sont condamné.es pour terrorisme avec des peines de prison ferme, fichage européen, interdictions de communication...
6 d'entre elleux font appel de cette décision.
Il est important de se mobiliser pour afficher notre soutien et empêcher que la justice et l'État nous invisibilisent !
Soutenir le 8/12 ce n'est pas seulement soutenir individuellement ces camarades-ci, c'est surtout lutter contre la répression de toustes. Si la caractérisation de terrorisme était validée au terme de l'appel, cela offrirait une jurisprudence inédite pour réprimer les opposant.es politiques. Finies les tentatives de dissolution de groupes politiques autonomes et des collectifs antiautoritaires, l'État pourrait envoyer les membres de ces groupes d'opposant.es directement en prison sous l'accusation d'association de malfaiteurs à caractère terroriste…

Les camarades sont jugé.es à la Cour d'Appel de Paris sur l'ile de la cité :
Les audiences se dérouleront sur des journées entières à partir de 9h.
Soyons nombreux.ses pour se soutenir face à un État et une justice qui cherche à broyer nos idées, nos modes d'organisation, nos liens, nos rêves révolutionnaires...
Cette affaire nous prouve que l'antiterrorisme n'est pas là pour nous protéger, mais pour créer des ennemi.es de l'intérieur et faire peur à toustes celleux qui souhaitent s'engager pour un monde plus juste. Cette condamnation ouvre la porte a une criminalisation normalisée du monde militant. Plus besoin d'appartenir à un même groupe, de se connaître ou voir même de faire une action quelconque pour subir l'accusation de terrorisme. L'État, via ses bras judiciaire et législatif, nous montre encore sa spécialité depuis la première association de malfaiteur : normaliser une situation dite d'exception. Il est de plus en plus récurrent de voir des condamnations pour “apologie du terrorisme” ou de voir les moyens de “l'antiterrorisme” appliqué au monde militant via la SDAT(sous direction anti-terro). Ainsi “l'antiterro” devient la nouvelle norme répressive.
Parce que demain ce sera vous, nous, les terroristes, aujourd'hui comme demain, ne nous laissons pas antiterroriser !
Les besoins :
Pour suivre l'actu et les compte rendus journaliers du procès sur le blog : https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/
Pour nous contacter :
812support@riseup.net
soutien-8dec@riseup.net
8.12communication@proton.me (contact médias)
15.05.2026 à 17:55
Le Cercle de silence de Paris se réunit chaque 3e vendredi du mois devant le Conseil d'État.
Par notre participation au cercle de silence, nous voulons dénoncer les traitements inhumains réservés aux migrants du seul fait qu'ils n'ont pas de papiers en règle.
Le Cercle de silence de Paris se réunit chaque 3e vendredi du mois devant le Conseil d'État.
Par notre participation au cercle de silence, nous voulons dénoncer les traitements inhumains réservés aux migrants du seul fait qu'ils n'ont pas de papiers en règle.
Par notre participation au cercle de silence, nous voulons dénoncer les traitements inhumains réservés aux migrants du seul fait qu'ils n'ont pas de papiers en règle.
Nous en appelons à la conscience de tous et toutes, et vous invitons à rejoindre le cercle de silence
Dans une société française fragmentée par les injustices et les inégalités, certains désignent aujourd'hui l'étranger comme bouc émissaire. Et demain qui ?
15.05.2026 à 17:07
Besoin de monde au 62 avenue Corentin Cariou (porte de la Villette, Paris 19e) à 18h ce vendredi 15 mai : le plus grand centre d'hébergement d'urgence de Paris va être fermé, grosse menace d'expulsion aujourd'hui !
À l'appel d'Utopia56
Besoin de monde au 62 avenue Corentin Cariou (porte de la Villette, Paris 19e) à 18h ce vendredi 15 mai : le plus grand centre d'hébergement d'urgence de Paris va être fermé, grosse menace d'expulsion aujourd'hui !
À l'appel d'Utopia56

Ce vendredi 15 mai, l'État, par l'intermédiaire de la préfecture de région, va fermer définitivement le plus grand centre d'hébergement d'urgence de Paris, et l'un des plus importants d'Île-de-France. 450 places d'hébergement vont ainsi disparaître brutalement, sans solution digne ni pérenne pour les personnes hébergées.
Depuis près de trois semaines, avec les équipes d'Utopia 56, les personnes hébergées et soutiens, nous nous mobilisons contre cette fermeture injustifiable. Trois rassemblements et piquets ont déjà eu lieu ces deux dernières semaines, avec le soutien de nombreux-ses élu-es de la Ville de Paris et de citoyen-nes solidaires.
Plusieurs dizaines de personnes vivent encore dans le centre, et résistent aux maltraitances quotidiennes infligées par la préfecture de région et son gestionnaire Coallia.
La seule « solution » proposée par l'État est la délocalisation vers des « sas régionaux » : des dispositifs temporaires, inadaptés, qui déracinent les personnes de leurs attaches, de leurs suivis médicaux, administratifs, scolaires, professionnels et de leurs réseaux de solidarité construits ici. Une politique de dispersion qui nie la dignité et les droits fondamentaux des personnes concernées.
Avec notre avocat Samy Djemaoun, nous avons attaqué cette décision en référé devant le tribunal administratif. Nous avons malheureusement été débouté-es dans une décision incompréhensible, estimant que la suppression de plus de 400 places ne suffisait pas, à elle seule, à caractériser une carence de l'État en matière d'hébergement d'urgence.
Pourtant, le droit est clair : l'État a l'obligation d'assurer la continuité de l'hébergement d'urgence. Nous attendons désormais une audience devant le Conseil d'État.
Depuis cette audience, les méthodes employées pour vider le centre se sont aggravées. De nombreux témoignages font état de pressions constantes, intimidations et pratiques maltraitantes de la part de l'opérateur gestionnaire, Coallia :
Comble de l'indécence : mardi soir, 4 femmes parties chercher à manger se sont vues refuser l'entrée à 22h, sous la pluie. Utopia 56 les a hébergées pour la nuit.
Malgré les démentis de la préfecture et de Coallia nous n'inventons rien. Tous ces faits sont issus de témoignages directs des personnes encore hébergées au sein de ce centre.
Chaque jour, les personnes encore présentes sont poussées à partir pour permettre la fermeture rapide du site, qui doit ensuite devenir un espace d'événementiel. Une honte absolue.
Beaucoup on déjà quitté les lieux sous la contrainte et l'épuisement. Mais plusieurs dizaines de personnes, majoritairement des femmes, continuent de résister.
Elles refusent de céder et ont aujourd'hui besoin de notre soutien massif.
Aucune solution réelle n'est proposée à la sortie du centre. C'est illégal. L'article L. 345-2-2 du Code de l'action sociale et des familles rappelle pourtant le principe de continuité de l'hébergement d'urgence.
Des documents de « fin de prise en charge » sont actuellement signés par des personnes hébergées sans même mentionner de date de fin, et comportent des clauses indiquant explicitement qu'aucune proposition d'hébergement ni aucune continuité ne seront assurées.
Le comble : les agents de Coallia orientent désormais certaines personnes vers notre association pour trouver un hébergement, alors même que nous dénonçons cette fermeture depuis des semaines et mobilisons toute notre énergie pour empêcher cette catastrophe de plus.
Une inversion totale des responsabilités.
Le vendredi 15 mai était annoncé depuis le début comme la date de fermeture définitive du lieu. Si cette fermeture n'a pas encore eu lieu, c'est uniquement grâce à la résistance des personnes hébergées et des soutiens mobilisé-es ces dernières semaines.
Cette mobilisation met aujourd'hui la préfecture dans l'embarras et montre qu'il est encore possible d'arracher des solutions.
Nous appelons à un rassemblement massif de soutien pour exiger :
Nous refusons de laisser l'État démanteler encore davantage l'hébergement d'urgence et faire reposer ses responsabilités sur les associations et les solidarités citoyennes.
Nous refusons ces pratiques indignes et maltraitantes dans le seul objectif de remettre des personnes à la rue.
Soyons nombreux-ses pour empêcher une remise à la rue violente et garantir la continuité des prises en charge des personnes qui se battent toujours à l'intérieur.
On lutte, on gagne on ne lâche rien.
Rubrique «À LIRE AILLEURS»