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13.07.2026 à 08:00

Rouslan Sidiki - Anarchiste et partisan, condamné à 29 ans de prison en Russie

Citoyen russe et italien, électricien de la ville de Riazan, explorateur des sites industriels, cycliste itinérant, anarchiste et partisan dans la résistance à la guerre russe en Ukraine. Tous ces mots peuvent servir à décrire Rouslan Sidiki, âgé de 36 ans.
Il a été condamné en Russie le 23 mai 2025, à 29 ans de prison. Selon le verdict, le camarade passera les 9 premières années de sa peine en prison, avant d'être transféré dans une colonie pénitentiaire de haute sécurité.

Texte intégral (4035 mots)

Citoyen russe et italien, électricien de la ville de Riazan, explorateur des sites industriels, cycliste itinérant, anarchiste et partisan dans la résistance à la guerre russe en Ukraine. Tous ces mots peuvent servir à décrire Rouslan Sidiki, âgé de 36 ans.
Il a été condamné en Russie le 23 mai 2025, à 29 ans de prison. Selon le verdict, le camarade passera les 9 premières années de sa peine en prison, avant d'être transféré dans une colonie pénitentiaire de haute sécurité.

St-Arc (CC BY-NC-SA)

Riazan

Dès mon plus jeune âge, j'ai été fasciné par les mécanismes et l'électronique. J'ai donc reçu des livres de sciences et des jeux de construction.

J'ai eu une enfance typique de jeune dans une zone industrielle des années 90. J'ai passé beaucoup de temps dans la rue, car il n'y avait rien à faire à la maison. C'était beaucoup plus marrant de fuir le vigile du chantier, lancer des bonbonnes de gaz dans le feu en attendant l'explosion, fouiller dans les sous-sols, construire des cabanes dans le bois.

Syracuse

Vers l'âge de 12 ans, il rejoint sa mère lors des vacances d'été. Dès lors, il vivra et étudiera en Italie. Il ne retournera à Riazan que pour les étés et y retrouver sa grand-mère.

Je me souviens parfois de ma vie en Italie avec nostalgie. J'y ai plutôt bien vécu : la mer, les montagnes et un volcan sont à proximité. Un endroit idéal pour ceux qui aiment la tranquillité. Mais, comme je l'ai dit plus tôt, la perspective d'une vie plus longue en Europe me semblait trop ennuyeuse. Eh bien, 2023 s'est avérée être l'année la moins ennuyeuse de ma vie, surtout la période du 29 novembre au 2 décembre.

Tchernobyl

J'ai vécu et travaillé en Italie, mais alors que j'étais retourné une nouvelle fois en Russie, j'ai décidé de rester lorsqu'on m'a proposé un emploi d'électricien à Riazan.

Avant les événements de 2014, je me rendais en Ukraine une fois par an pour faire de la randonnée dans la zone de Tchernobyl.
J'aime traverser des terrains difficiles, me cacher des patrouilles, utiliser du matériel militaire. Je me suis également fait des amis en Ukraine, dont certains ne retourneront malheureusement jamais camper.

Nouvelle voie

Légende : À gauche, Nikolaï Panteleïev, fondateur et doyen de la « Nouvelle Voie », à droite Rouslan Sidiki

Un jour, en lisant une publication, je suis tombé sur une commune de la région de Léningrad, dont la description correspondait à ma vision d'une communauté autonome.
De plus, à « Nouvelle Voie », il y avait un besoin de nouveaux habitants.
Mon projet incluait la construction d'une petite centrale hydroélectrique sur la rivière, permettant d'alimenter la colonie en électricité.
Je travaillais à Riazan en dédiant quelques mois par an à « La Nouvelle Voie », où je m'occupais du jardinage et du bricolage.
Tous les ans, j'espérais qu'on pourrait créer une forme de production auto-suffisante qui permettrait à la commune d'exister sans dépendre de l'extérieur.
Malgré nos désaccords, je valorise l'expérience que j'y ai vécue et j'espère que la maison que j'ai construite servira un jour à quelqu'un d'autre.

Anarchisme

Je ne suis pas devenu anarchiste d'un seul coup. À l'époque où je ne connaissais pas encore ce mot-là, j'avais déjà une conception d'un monde juste : sans États, avec des communes autogouvernées.
L'un de mes amis m'a dit qu'il s'agissait là de l'idéal anarchiste.
Je n'aime pas la rigidité idéologique de certains anarchistes et communistes qui me rappellent parfois des fanatiques religieux.
Je peux dire une seule chose : mon rejet du totalitarisme et du fascisme reste inébranlable.
Des idées issues de divers courants de pensée peuvent m'être proches. Le monde change et ce qui était pertinent et actuel il y a un siècle peut ne plus l'être aujourd'hui.

Maïdan

La guerre de 2014 commence avec l'invasion de Sloviansk par Igor Guirkine, officier des renseignements de l'armée russe, aussi responsable de l'annexion de la Crimée, même si un nombre non négligeable de mineurs a effectivement pu rejoindre des formations armées qui se sont montées par la suite.


Je suivais la situation en Ukraine depuis fin 2013. À cette époque, je pensais prendre part aux manifestations, mais finalement je n'ai pas réussi à économiser assez pour prendre des congés à mes frais. Je ne m'attendais pas à ce que la Russie fasse un pas aussi minable, profitant de la période de transition politique dans le pays pour annexer la Crimée et envahir le Donbass.
Je pense qu'aujourd'hui, personne n'est dupe quant à ceux qui ont occupé la Crimée, abattu l'avion de Malaysia Airlines, ou encore ceux qui se sont battus autour de Donetsk et Louhansk en prétendant être « des mineurs du Donbass en colère ».

24-02-2022

« J'avais envie de ronger les canons des fusils avec mes dents, de désespoir. »

Un mois avant [la grande invasion], le flux d'informations était rempli de rapports manifestement faux sur des bombardements et d'autres provocations de la part de l'armée ukrainienne.
On peut établir un parallèle historique avec les fausses provocations qui ont précédé l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie ou l'invasion de la Finlande par l'URSS.
Ayant pris conscience du fait que la guerre allait durer, j'ai décidé d'agir militairement à la fin de l'année 2022. L'armée russe a délibérément attaqué les infrastructures énergétiques de l'Ukraine dans le but de priver les citoyens d'eau, de chauffage et de lumière afin de faire pression sur leurs dirigeants.
L'État russe nous a coupé tous les moyens d'agir sur la situation de manière pacifique : la personne qui manifeste contre la guerre devient traître à la patrie et subit la répression. Dans cette situation, il n'est pas étonnant que certains préfèrent quitter le pays, pendant que d'autres prennent des explosifs.

Aéroport militaire

Le bourdonnement des bombardiers TU-22 et TU-95 de l'ère soviétique que j'entendais par ma fenêtre annonçait les frappes sur l'Ukraine. J'habitais avec ma grand-mère âgée de 80 ans et je comprenais à quel point il est difficile pour les personnes âgées et malades de vivre sans chauffage ni éclairage l'hiver.
[Lors de l'été 2023] Cela m'a convaincu du choix de ma cible : l'aéroport militaire Diaguilevo, situé à 10 kilomètres de chez moi.
J'ai partagé mes plans concernant l'aéroport avec un camarade ukrainien, qui m'a mis en lien avec une personne expérimentée dans le domaine.
Il n'y a eu aucun accord concernant une rémunération éventuelle, les relations se nouaient d'égal à égal, de façon amicale, personne ne m'a donné d'ordre.
Juste avant de partir, j'avais remarqué un renard qui fouillait aux alentours, mais sans y prêter une attention particulière.
Plus tard, j'ai appris par les médias que seulement l'un des quatre drones est arrivé à destination : le renard a sans doute renversé les trois autres.

Stop the wagons

Chaque jour, Rouslan voit passer un train devant ses fenêtres, pour une « destination lointaine ». Son second geste aura une plus grande résonance et peut rappeler aux Italiens, l'histoire racontée dans la chanson de Francesco Guccini, « La locomotiva ».
Cependant, R. Sidiki n'est pas dans les meilleures dispositions ; il est très affecté par le décès brutal de sa grand-mère.

La guerre suivait son cours, et j'ai alors décidé que si je n'y arrivais pas depuis le ciel, il fallait agir au sol. L'infrastructure ferroviaire, c'est le système sanguin d'un pays belligérant. J'ai partagé mes réflexions avec mon camarade ukrainien.
[Après les préparatifs terminés] Quand le jour s'est levé et que j'ai commencé à distinguer l'image transmise par la caméra, j'ai attendu le bon moment, vérifié qu'il ne s'agissait pas d'un train passager et déclenché l'explosion.
Je me suis échappé de l'endroit de l'action, j'ai dissimulé mon vélo, mes chaussures et mes vêtements à environ dix kilomètres. J'ai ensuite emprunté un autre itinéraire pour rentrer chez moi, sans vélo et habillé autrement.

Torture

L'explosion a eu lieu le 11 novembre 2023 et j'ai été arrêté le 29. Les tchékistes m'ont dit qu'ils n'avaient pas réussi à déterminer comment je suis arrivé sur le lieu du sabotage.
Le téléphone de campagne Ta-57 (appelé communément « Tapik ») leur a servi d'appareil de torture. Ils ont attaché des câbles électriques à mes jambes et quand l'un d'eux ordonnait de lancer l'appel, ils commençaient la torture à l'électricité.
Le lendemain matin, des gens masqués m'ont repris et ont commencé à me frapper dans la foulée et à me torturer à l'aide d'un Taser.
Le Taser n'a rien de flippant, mais il crame les tissus des fringues en laissant des traces de brûlure sur le corps. Ils ont même brûlé une partie de mon tatouage sur l'épaule.

Dans ce cas précis, un événement extraordinaire s'est produit. Après les tortures subies au poste de police, Rouslan a été emmené en prison, où le médecin traitant a documenté les blessures. L'avocat demande – et se voit généralement refuser – un rapport médical.
Dans le cas de Rouslan, l'administration pénitentiaire commet une « ­erreur » et délivre le document. Cela pourrait avoir son importance.
Pour une fois, les autorités elles-mêmes reconnaissent les blessures. Il est difficile de dire s'il s'agit d'une question d'incompétence ou d'un geste de défiance de l'intérieur du système.
« Le seul espoir pour Rouslan est de faire connaître son cas. Cela le protégera de nouvelles tortures et, peut-être, un jour, il pourra être inscrit sur la liste des prisonniers de guerre à échanger », explique son avocat.

Procès

La déclaration finale de Sidiki devant la cour

« Je regrette que mes actions aient mis en danger [Alexander] Bogatyrev, [Sergey] Tarabukin et [Dmitry] Unshakov. Ils n'étaient pas mes cibles et je suis heureux qu'aucun préjudice grave ne leur soit arrivé.
Mon objectif était le matériel militaire russe, ainsi que les chaînes logistiques utilisées pour transporter celui-ci et le carburant. Je voulais compliquer les opérations de combat contre l'Ukraine.
Bien sûr, toute explosion ou nouvelle sur des sabotages peut effrayer des gens. Mais c'est le cas aussi pour les survols de missiles et de début d'opérations militaires – ils sont destinés eux aussi à terroriser les populations civiles.
J'ai déclaré à plusieurs reprises que je n'avais pas l'intention d'intimider délibérément qui que ce soit. J'ai moi-même choisi mes cibles. J'ai attaqué la zone de stationnement des avions militaires pour détruire des avions de combat. J'ai fait sauter la ligne ferroviaire pour la mettre hors d'usage, après avoir confirmé que des transports militaires l'utilisaient.
Je me suis assuré qu'aucun train de voyageurs ne circulait sur la voie que j'ai sabotée et j'ai maintenu un contact visuel pour confirmer cela. Si je ne me souciais pas de la vie humaine, j'aurais pu faire dérailler un train sans être physiquement présent.
Je n'ai rien à voir avec la tentative supposée de fabriquer un nouvel engin explosif ou de faire sauter un autre train. Après l'explosion du 11 novembre 2023, j'ai su que la sécurité allait être resserrée. De plus, j'avais de nombreux problèmes personnels.
Je n'ai aucune rancune à l'encontre du peuple de Russie. Depuis [20]14, j'ai des désaccords sur ce qui se passe, mais ce n'est pas une raison pour haïr qui que ce soit.
Quand les moyens pacifiques d'influencer les décisions du gouvernement ne sont pas disponibles et la dissidence est criminalisée, certaines personnes émigrent, tandis que d'autres agissent. Peu importe la gravité du crime, la torture pendant un interrogatoire est inacceptable dans un État de droit. Électrocuter et frapper une personne arrêtée est quelque chose d'abject. La responsabilité incombe non seulement à ceux qui commettent de tels actes, mais aussi à ceux qui savent et ne font rien. »

Et, pour finir, je lirai une strophe de Nestor Makhno :
Même si, maintenant, ils nous enterrent,
Notre vérité ne sera pas balayée.
Elle surgira quand le moment viendra,
Et elle gagnera – je crois en ce jour !

Sources
https://danslabrume.noblogs.org/post/2025/03/11/rouslan-sidiki-raconte/
Rouslan Sidiki raconte comment il a fait dérailler un train et attaqué un aéroport militaire
http://www.furfur.me/furfur/freedom/freedom/218979-new_path
Enquête sur Nouvelle Voie
https://attaque.noblogs.org/post/2025/05/25/riazan-russie-lanarchiste-ruslan-sidiki-condamne-a-29-ans/
Déclaration finale de Sidiki
https://sotavision.world/etot-srok-suchestvyet-poka-zhiv-ya-ili-zhivo-gosudarstvo/
Interview Sota Vision
https://desk-russie.eu/2025/05/29/lourde-peine-pour-un-resistant-russe.html
Desk

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13.07.2026 à 08:00

QLCO : À QUI PROFITE LE CRIME ? premiers échos de Condé et Vendin

QLCO : À QUI PROFITE LE CRIME ?
premiers échos de Condé et Vendin

Texte intégral (3806 mots)

QLCO : À QUI PROFITE LE CRIME ?
premiers échos de Condé et Vendin

Début 2025, Darmanin a annoncé la création des quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) et les a inscrits dans la loi dite « narcotrafic ». Six mois après l'ouverture du QLCO de Vendin-le-Vieil et trois mois après celle de Condé-sur-Sarthe, des informations concrètes commencent à sortir sur la réalité de ces endroits et sur leur véritable fonction. Les QLCO servent les intérêts de toute la chaîne pénale : ceux du ministre évidemment, mais aussi ceux des juges et des enquêteurs, des matons et de leurs syndicats, et puis de l'administration pénitentiaire (AP). Pendant ce temps, les prisonniers et leurs proches font les frais de ce régime de détention épouvantable.

(Ce texte est tiré du numéro 64 du journal l'Envolée qu'on peut retrouver entièrement sur le liste lenvolee.net)

Pour se faire entendre « dans le saloon de la démocratie », suffit de « tirer deux coups au plafond », explique le petit shérif. Plus qu'une mauvaise blague, c'est une stratégie politique : les annonces outrancières permettent d'obtenir moins, tout en donnant l'impression d'avoir négocié. Le cow-boy a d'abord exigé que les prisonniers soient placés au QLCO pour cinq ans ; et quand les parlementaires ont finalement voté un placement d'un an, il a pu ricaner : « On s'en fiche, puisque c'est renouvelable ! »
La création des QLCO sert la communication du ministre dans sa course à la présidentielle. Ça fait maintenant plus d'un an que L'Envolée raconte comment Darmanin fait sa campagne sur le dos des prisonnier·es, avec l'interdiction des activités ludiques et la chasse aux téléphones portables... Ces nouveaux quartiers, c'est sa vitrine, le symbole du message de fermeté qu'il veut incarner. Et c'est pas fini : il accélère encore la cadence avec l'annonce de l'ouverture de nouveaux QLCO à Aix-Luynes, Valence et Réau dès 2026.

LES JUGES D'INSTRUCTION SE FROTTENT LES MAINS...
Derrière le nom mensonger de loi contre le « narcotrafic » se cache un outil pour enfermer la « criminalité organisée », ce qui revient en fait à la quasi-totalité des délits et des crimes pour peu qu'ils soient commis à plusieurs. On a vite fait de se retrouver avec une association de malfaiteurs sur le dos, ou une circonstance aggravante de bande organisée... Les prisonniers du QLCO sont sous le coup de diverses accusations et condamnations, du trafic de stup au banditisme en passant par le vol de voiture. Ça causait des « cent plus gros narcos », mais au bout du compte , il suffit d'être soupçonné d'entretenir des liens avec tel ou tel réseau – ou même juste avec l'extérieur – pour être envoyé à Condé ou à Vendin.
80 % des prisonniers en QLCO sont en détention provisoire. La fonction de ces quartiers est avant tout de faire avancer les instructions en poussant les prévenus à cracher le morceau. Ce dispositif est inspiré du statut de repenti tel qu'il est pratiqué dans les prisons italiennes sous le régime 41bis : pour en sortir, il faut balancer et mettre quelqu'un à ta place ! Jusqu'ici peu utilisé en France, le statut de collaborateur de justice a d'ailleurs été élargi par la loi « narcotrafic ». Les QLCO deviennent ainsi un maillon central de l'appareil judiciaire : il s'agit de faire subir des conditions horribles aux prisonniers pour leur arracher des aveux.

ET LES MATONS FONT CE QU'ILS VEULENT
Le QLCO est aussi un cadeau fait aux matons, qui ont désormais les coudées franches. Tout le savoir accumulé au fil des années en termes de torture blanche peut y être mis en pratique et amélioré. D'après les informations qui nous sont parvenues, la déshumanisation qui était déjà à l'œuvre à Condé – centrale ultra-sécuritaire ouverte en 2013 pour mater les prisonniers récalcitrants – y est poussée à l'extrême.
Au QLCO de Condé, les prisonniers ne sont que trente-sept, et de toute façon, ils ne peuvent pas croiser plus de quatre autres personnes en promenade. Les cantines sont extrêmement réduites. L'administration a inventé des règles inédites : pas plus de six paires de chaussettes, de six caleçons... Les prisonniers ont froid car le chauffage n'est que rarement allumé. Pour avoir un nouveau gel douche, il faut rendre le précédent – et donc attendre une semaine l'arrivée de la prochaine cantine.
Tout est fait pour désorienter complètement les prisonniers. Le jour, il n'y a pas de lumière à cause des caillebotis aux fenêtres ; et la nuit, jamais d'obscurité complète, mais une lumière basse constante, et une lumière forte qui réveille les prisonniers toutes les deux heures. Il n'y a pas d'horaire fixe : il faut toujours être à l'affût, à attendre que les matons viennent dire de se préparer. S'ils « oublient » de te prévenir, pas de promenade : « t'étais pas prêt ! » – de toute façon, la promenade est souvent supprimée pour des motifs bidon...
Les agents sont tous cagoulés. Les prisonniers ne voient pas d'autres visages que ceux des quatre autres qu'ils croisent en promenade. Lors de chaque mouvement en détention, les prisonniers sont escortés par trois à huit agents. À chaque arrêt, ils doivent se mettre la tête contre le mur. Dans les cellules, à deux mètres de la porte, une ligne rouge tracée au sol indique l'endroit où ils doivent se tenir les bras en l'air ; en cas de refus, pas d'ouverture de la cellule. Sous prétexte de protéger les matons des agressions, les portes sont équipées d'arrêtoirs, et ils les bloquent systématiquement à 45 degrés ; elles sont équipées d'un système de fermeture brutale... Bref les prisonniers sont traités comme des animaux enragés. Les fouilles à nu sont quotidiennes. Pas le droit de parler, ni même de répondre aux matons. Face au mur, le prisonnier doit leur tendre lentement chaque vêtement, soulever ses testicules, et se faire passer une lampe entre les fesses. À chaque fois, il doit repositionner ses mains contre le mur. Cette fouille particulièrement ritualisée est réglée pour faire péter les plombs. Un prisonnier a raconté avoir été tabassé pour avoir fait une remarque aux surveillants lorsqu'ils lui ont demandé pour la cinquième fois de montrer ses oreilles : cinq matons se sont mis sur lui et il a pris des coups, y compris dans les parties.
D'autres prisonniers ont déjà été passés à tabac. Chaque fois qu'ils n'obéissent pas, ou pas assez vite, les matons appliquent toujours la même technique : doigts dans la bouche et dans les yeux, placage au sol, écrasement des parties génitales, torsion des bras et des jambes provoquant l'asphyxie. Le matin, les prisonniers au mitard sont réveillés par des matons qui crient : « Ici, c'est chez nous ! Ici, c'est le IIIe Reich ! Les nazis, c'est nous ! » Tout est fait pour briser les liens avec les proches. Les prisonniers n'ont pas accès aux unités de vie familiale. Ils ne peuvent utiliser la cabine que deux fois deux heures par semaine, souvent au moment où les gens travaillent et où les enfants sont à l'école. En plus de l'hygiaphone qui interdit tout contact, les proches subissent un traitement déshumanisant : des matons cagoulés palpent les enfants, et ils font sauter les parloirs pour des motifs bidon – même pas besoin que le portique sonne, il suffit qu'ils décident que le scanner millimétrique a détecté quelque chose, ou qu'ils décrètent arbitrairement qu'il fallait arriver encore plus en avance.

LES SYNDICATS EN EMBUSCADE
Comme à leur habitude, les syndicats de matons défendent la ligne la plus dure. Le QLCO est l'aboutissement de pas mal de leurs revendications. Toutes visent à l'effacement des acquis des luttes des prisonniers, comme l'obtention dans les années 1980 de la fin des parloirs hygiaphones qui – après leur grand retour pendant le covid – sont désormais normalisés dans les QLCO. Les syndicats résistent au moindre assouplissement de ces conditions déshumanisantes, forçant par exemple la direction de Condé à faire marche arrière lorsqu'une note a préconisé d'ouvrir les portes des cellules à 90 degrés. En plus, tous les personnels de Condé et de Vendin reçoivent une prime mensuelle au titre de la « dangerosité » des prisonniers. Interrogée sur les mauvais traitements infligés aux prisonniers, l'administration répond tranquillement qu'ils ont appris ces gestes professionnels dans une formation spéciale QLCO – ou quand la violence devient une pratique professionnelle labellisée et la torture blanche une norme sécuritaire…
Lorgnant sur Condé, les syndicats des futurs QLCO d'Aix-Luynes, de Valence et de Réau font leur petit shopping, histoire d'obtenir des promesses. Ils rivalisent de demandes extravagantes : hygiaphones ultra renforcés, boucliers stroboscopiques – pour éblouir et désorienter –, et, vas-y, un dojo pour la formation continue des matons… Sans compter, évidemment, la généralisation de la « prime QLCO » à tous les personnels. Ils s'inquiètent même qu'à Condé le courrier soit géré à l'aide d'un chariot mobile, « objet roulant pouvant être utilisé contre les agents ». On imagine bien comment cette compétition décomplexée peut pousser à la dégradation de conditions de détention déjà atroces, au QLCO et ailleurs. À la moindre petite innovation chez le voisin, les syndicats font pression sur leur direction pour obtenir la même chose chez eux. Avec une petite touche expérimentale côté matons : à Condé, ils testent la ligne rouge en cellule, qui n'existe pas à Vendin. Les conditions du QLCO commencent à se répandre dans d'autres quartiers de la détention – au quartier d'isolement de Condé en détention « normale », juste à côté, les matons enfilent déjà des cagoules à l'instar de leurs collègues.

LANITENTIAIRE SE COUVRE
L'AP ne cesse d'être hantée par le spectre des luttes collectives contre l'isolement. Entre 1975 et 1982, elles avaient conduit à la fermeture des quartiers de haute sécurité – certes vite remplacés par les quartiers d'isolement. On se souvient de la mutinerie de 1987 à la centrale de Saint-Maur – le plus grand quartier d'isolement de France ! – au cours de laquelle quatre cents prisonniers ont pris directeur, matons et enseignants en otages. Les luttes de 2001 à 2005 méritent aussi d'être rappelées (voir encart)... À mesure que l'individualisation des régimes de détention progresse, les recours juridiques des prisonniers se multiplient. Ils ont fini par obtenir quelques victoires ponctuelles sur des placements illégaux ou des maintiens à l'isolement hors délai, ou encore sur l'usage de l'isolement en préventive. La création des QLCO remet les compteurs à zéro, puisque légalement, ces lieux ne sont pas des quartiers d'isolement. La preuve : chaque prisonnier en croise quatre autres une heure par jour ! Cette pirouette permet à l'AP d'arguer que les conditions de détention en QLCO sont bien meilleures qu'à l'isolement. La magistrature suit : tous les référés ont été rejetés, et les recours seront examinés dans des mois, voire des années. De toute façon, le flou des critères d'affectation – quasiment pas explicités dans la loi – a été entériné par le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État : le ministère et l'administration ont donc les mains libres. Les QLCO s'inscrivent dans la logique plus ancienne de la multiplication des régimes d'isolement qui ne disent pas leur nom : les quartiers maison centrale, l'étage zéro ou encore « la gestion isolée »…

Les luttes dans les QI (2001-2005)
Moben, mange ta peine, éditions du Bout de la ville, 2025
« Entre 2001 et 2005, il y a eu de grandes luttes collectives au sein des QI. À chaque fois, ça se passait à peu près comme ça : on commençait toujours par aller voir le surveillant pour lui exposer le problème qu'on avait ; là il y avait plusieurs cas de figure. Le plus souvent ça se passait sans violence, le surveillant faisait remonter l'information et on pouvait discuter et négocier avec la direction et le problème était résolu. Mais quand on avait affaire à une sourde oreille, on s'organisait pour tout bloquer. Ça voulait dire que le soir on bouchait l'œilleton qui sert aux surveillants à regarder à l'intérieur de la cellule, ce qui les oblige à appeler le gradé et à s'équiper (c'est-à-dire mettre du matériel anti-émeute) pour ouvrir la porte. On « bloquait » aussi les promenades : ça veut dire qu'ils nous descendaient quatre par quatre, chacun dans une petite promenade et au moment de remonter on refusait, ils mettaient des fois trois heures à nous rentrer en cellule ou ils appelaient les Éris. Et là, y avait bagarre ! Bref, le QI était mis hors service. Il ne pouvait plus fonctionner normalement : les surveillants étaient obligés de faire des comptes rendus d'incident (CRI) tous les jours, ça remontait aux directions interrégionales, et le directeur de la taule se faisait taper sur les doigts. Et nous, on était envoyés au mitard après s'être fait tabasser. On n'avait pas grand chose à perdre alors on a fait ça pendant des années et on a fini par obtenir pas mal de choses ; notamment des plaques chauffantes et des frigos. Nous avons aussi obtenu des salles de sport, c'est-à-dire une cellule avec dedans une barre fixe, un vélo ou un tapis de course, parfois les deux. On a obtenu le droit de prendre des douches après le sport, et non plus seulement deux à trois fois par semaine. On a obtenu la télé pour ceux qui n'ont pas d'argent. On a aussi obtenu de vraies bibliothèques …

En août 2025, un mois après l'ouverture du QLCO de Vendin, les prisonniers ont entamé des mouvements collectifs. Ils se sont organisés pour inonder les coursives, taper dans les portes et tenter d'obtenir des extractions médicales. En septembre, plusieurs dizaines d'entre eux ont fait une grève de la faim. À Condé aussi, les prisonniers ont commencé des mouvements. En janvier, ils ont tapé et inondé les coursives, et la direction a décidé de couper l'eau aussi sec. Certains rendent d'eux-mêmes tout ce que l'AP pourrait leur enlever – télé, frigo… –, ou même arrêtent de cantiner pour réduire le pouvoir de l'administration en lui retirant tout moyen de pression. En septembre à Vendin, en janvier à Condé, les prisonniers ont fait sortir des communiqués dénonçant l'arbitraire de ce régime de détention et son impact sur leurs proches.

« SUPER CARTEL DE VENDIN-LE-VIEIL

Grève de la faim à partir du 1er septembre 2025
Nous, détenus, annonçons aujourd'hui une grève de la faim à compter du 1er septembre 2025. Notre mouvement n'est pas dirigé contre nos conditions de détention mais contre les conditions inhumaines imposées à nos familles.
Nos familles paient le prix fort.
* Elles parcourent des centaines de kilomètres pour venir nous voir, parfois au détriment de leur santé, de leur travail, de leur équilibre.
* Au parloir, elles se retrouvent derrière un hygiaphone, dispositif justifié officiellement pour éviter l'introduction
d'objets illicites. Pourtant, chacun sait qu'un portique à ondes millimétriques détecte déjà tout objet interdit. Même les surveillants témoignent que ce système sert avant tout à « casser psychologiquement » détenus et familles.
Une mise en scène indigne
* Les familles, y compris des enfants, sont accueillies par des agents cagoulés censés les impressionner. Pourtant, en détention même, les agents ne portent pas de cagoule.
* Les appels téléphoniques sont limités à deux fois par semaine, sur des créneaux restreints (8h-12h, 14h-16h). Or, à ces heures, les proches travaillent et les enfants sont à l'école.
* Rappelons que nos proches n'ont commis aucune faute : ils ont un casier vierge, ils paient leurs impôts et n'ont évidemment aucun numéro d'écrou.
La vérité contre les mensonges
Nous ne sommes pas violents avec les agents, seuls quelques individus isolés et déséquilibrés le sont. La vérité, c'est que les agents sont en sous-effectifs, et non 250 comme l'affirme le ministre de la Justice, Monsieur Gérald DARMANIN. DARMANIN ment. Le délégué syndical David LACROIX ment.
Notre position
Votre rêve est de nous pousser à la violence. Nous ne tomberons pas dans ce piège. Notre résistance sera pacifique mais déterminée. Le 1er septembre 2025, nous entamerons une grève de la faim pour défendre la dignité de nos familles. »

« À GÉRALD DARMANIN (ALIAS MOUSSA DE SON VRAI PRÉNOM)

Je fais ce courrier de la part de tous les détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe.
À partir de cet instant, c'est-à-dire le 5 janvier au soir, nous entamons des mouvements de protestation contre le QLCO qui instaure ses propres règles à l'instar du QLCO de Vendin-le-Vieil qui parait beaucoup plus souple : deux heures de promenade, lecteur DVD en cellule, pas de marquage au sol à suivre (une ligne par terre). Ici à Condé, les requêtes ne sont pas prises en compte, les détenus sont 23 heures sur 24 en cellule et pour la plupart (pour ne pas dire tous) n'ont rien à faire dans un QLCO.
Le QLCO n'a aucune vocation si ce n'est une vengeance personnelle sur les détenus, nous regrettons l'opacité des procédures pour affecter les détenus : si l'ensemble des dossiers était traité avec discernement, aucune des personnes détenues à l'instant n'aurait suffisamment de motivations pour y être affectées.
Les QLCO ont été créés juste pour assouvir les ambitions politiques du ministre de la justice, à part ça, ça sert à rien : les agents sont des cagoulés alors que j'étais incarcéré dans cette prison il y a 40 mois en arrière, je les connais tous, c'est une mascarade.
Pour finir, l'ensemble des détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe est déterminé à protester, on attend des changements ainsi que de pouvoir s'entretenir avec le chef d'établissement pour améliorer nos conditions de détention.

Signé : L'association de bien-fêteurs de Condé-sur-Sarthe. »

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13.07.2026 à 08:00

APPEL A LA MOBILISATION DES OUVRIERS ET OUVRIERES AGRICOLES FRANCILIEN.NES

APPEL A LA MOBILISATION DES OUVRIERS ET OUVRIERES AGRICOLES FRANCILIEN.NES
et toutes personnes se sentant proches de ce statut

Nous sommes déterminés à porter et défendre la voix des travailleureuses de la terre. Pas des exploitants agricoles, eux ils savent se visibiliser, non, nous on veut parler des petites mains de l'agriculture, aka l'armée de l'ombre, celle qui aime son métier, trime, mais dont on entend jamais parler.

Cet appel a pour but de nous réunir entre pairs. Éparpillés sur le territoire, dans de petites structures et sans réseau commun, notre force collective est inexistante. Il est temps de changer cela.
Nous partageons toutes et tous un quotidien similaire, port de charges lourdes, travail en extérieur, relation patron/salarié en promiscuité, salaire bas, mutuelle et MSA au ras des paquerettes, difficultés de logement, travail/passion sans valorisation, perspective d'avenir stagnante, difficultés administratives ...

Ensemble nous pouvons réfléchir à ce que nous voulons pour nos vies et nos métiers, revendiquer la dignité et la reconnaissance que nous méritons. Nous sommes utiles, vitales à cette société, à la souveraineté alimentaire de nos territoires, et il est temps de le faire comprendre à ceux qui nous dirigent et à ceux qui exploitent notre force de travail.

C'est pour cela que nous appelons tous nos camarades invisibilisés à venir nous rejoindre dans la rue, le lieu de toutes les luttes, le 14 juillet prochain.

Le mardi 14 juillet, on défile, avec les sans papiers et tous les autres collectifs de la marche des Solidarités. C'est un défilé internationaliste pour la solidarité et contre le fascisme et le racisme.

Nous défilerons en hommage à 4 de nos collègues qui se sont fait assassiner par la mafia, au service de l'agro industrie, en Italie, le 1er juin dernier.
ls s'appellaient Wassem, Amin, Ullah et Safi, ils ramassaient des fraises dans une exploitation.
Pour s'être révoltés car ils n'étaient pas payés et maintenus de force dans un système mafieux, ils ont été enfermés dans une voiture puis brulés vifs. Nous serons dans la rue, pour honorer leur mémoire, et dénoncer ce système raciste et exploiteur.

En France, c'est la même chose, il y a des centaines de milliers de travailleures exploités sans papiers, sous contrat OFII ou détachés. Il est de notre devoir de soutenir leurs luttes. Nos droits légitimes, pour une vie meilleure, ne seront entendus de nos patrons et nos dirigeants politiques que s'ils sont exigés à l'unisson via des mobilisations collectives à l'échelle locale et nationale. Ils viendront de nous, ensemble et mobilisés.

Alors toi aussi ouvrier/ouvrière agricole, saisonnier.ère, stagiaire, bénévole à mi temps, aide familial, travailleur.euse de l'alimentation, woofeur/woofeuse, salarié.e d'un jardin partagé, élève en BPREA ou en bac pro, rejoins-nous !

Plus d'info : pourunsudagriidf@proton.me

SUD Agriculture IDF

RDV le 14 juillet à 15h à Bastille

https://www.antiracisme-solidarite.org/

Texte intégral (775 mots)

APPEL A LA MOBILISATION DES OUVRIERS ET OUVRIERES AGRICOLES FRANCILIEN.NES
et toutes personnes se sentant proches de ce statut

Nous sommes déterminés à porter et défendre la voix des travailleureuses de la terre. Pas des exploitants agricoles, eux ils savent se visibiliser, non, nous on veut parler des petites mains de l'agriculture, aka l'armée de l'ombre, celle qui aime son métier, trime, mais dont on entend jamais parler.

Cet appel a pour but de nous réunir entre pairs. Éparpillés sur le territoire, dans de petites structures et sans réseau commun, notre force collective est inexistante. Il est temps de changer cela.
Nous partageons toutes et tous un quotidien similaire, port de charges lourdes, travail en extérieur, relation patron/salarié en promiscuité, salaire bas, mutuelle et MSA au ras des paquerettes, difficultés de logement, travail/passion sans valorisation, perspective d'avenir stagnante, difficultés administratives ...

Ensemble nous pouvons réfléchir à ce que nous voulons pour nos vies et nos métiers, revendiquer la dignité et la reconnaissance que nous méritons. Nous sommes utiles, vitales à cette société, à la souveraineté alimentaire de nos territoires, et il est temps de le faire comprendre à ceux qui nous dirigent et à ceux qui exploitent notre force de travail.

C'est pour cela que nous appelons tous nos camarades invisibilisés à venir nous rejoindre dans la rue, le lieu de toutes les luttes, le 14 juillet prochain.

Le mardi 14 juillet, on défile, avec les sans papiers et tous les autres collectifs de la marche des Solidarités. C'est un défilé internationaliste pour la solidarité et contre le fascisme et le racisme.

Nous défilerons en hommage à 4 de nos collègues qui se sont fait assassiner par la mafia, au service de l'agro industrie, en Italie, le 1er juin dernier.
ls s'appellaient Wassem, Amin, Ullah et Safi, ils ramassaient des fraises dans une exploitation.
Pour s'être révoltés car ils n'étaient pas payés et maintenus de force dans un système mafieux, ils ont été enfermés dans une voiture puis brulés vifs. Nous serons dans la rue, pour honorer leur mémoire, et dénoncer ce système raciste et exploiteur.

En France, c'est la même chose, il y a des centaines de milliers de travailleures exploités sans papiers, sous contrat OFII ou détachés. Il est de notre devoir de soutenir leurs luttes. Nos droits légitimes, pour une vie meilleure, ne seront entendus de nos patrons et nos dirigeants politiques que s'ils sont exigés à l'unisson via des mobilisations collectives à l'échelle locale et nationale. Ils viendront de nous, ensemble et mobilisés.

Alors toi aussi ouvrier/ouvrière agricole, saisonnier.ère, stagiaire, bénévole à mi temps, aide familial, travailleur.euse de l'alimentation, woofeur/woofeuse, salarié.e d'un jardin partagé, élève en BPREA ou en bac pro, rejoins-nous !

Plus d'info : pourunsudagriidf@proton.me

SUD Agriculture IDF

RDV le 14 juillet à 15h à Bastille

https://www.antiracisme-solidarite.org/

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13.07.2026 à 08:00

la bibliothèque anarchiste située au 19 rue burnouf à Paris reste ouverte !

Le projet Libertad est fini. Mais au 19 rue burnouf, en parallèle de l'élaboration d'un nouveau projet, reste ouverte une bibliothèque anarchiste tous les mardis de 17h à 20h

Lire la suite (351 mots)

Le projet Libertad est fini. Mais au 19 rue burnouf, en parallèle de l'élaboration d'un nouveau projet, reste ouverte une bibliothèque anarchiste tous les mardis de 17h à 20h

La bibliothèque anarchiste située au 19 rue burnouf à Paris reste ouverte !

Le projet Libertad est fini. Mais au 19 rue burnouf, en parallèle de l'élaboration d'un nouveau projet, reste ouverte une bibliothèque anarchiste tous les mardis de 17h à 20h pour accueillir toutes celles et ceux en recherche d'idées et de rencontres pour alimenter le feu de la révolte contre ce monde autoritaire et mortifère.

Des occasions pour nourrir ses questionnements, pour chercher dans les livres, brochures, revues et journaux de quoi approfondir ses réflexions, pour découvrir dans des récits du passé des bouffées d'air pour le présent, pour discuter et débattre sur les évènements en cours, pour se plonger dans des expériences de luttes et de moments révolutionnaires.

Bienvenues à celles et ceux qui se tiennent loin de la politique, des faux-semblants et qui ont à coeur de tisser des relations qui ne sont pas à l'image de ce monde.

Venez prendre, donner/déposer, emprunter (et rendre !) les livres et brochures.

Bref à faire vivre un lieu anarchiste à Paris !

Les bibliothécaires

contacts :

la bibliothèque
19 rue burnouf
75019 Paris

lantredeux(at)riseup.net
assurez-vous durant le mois d'aout que la bibli est ouverte en nous écrivant.

pour s'inscrire sur la liste mail afin de recevoir des informations concernant la bibliothèque, envoyez à l'adresse sympa@lists.riseup.net le message suivant :

invite lantredeux@lists.riseup.net tonadressemail

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12.07.2026 à 08:00

14 juillet - Défilé internationaliste

À l'appel de l'intercollectif des sans-papiers, de la Marche des Solidarités, de Urgence Palestine et du Comité Adama, rejoints par plus de 80 organisations : mardi 14 juillet – 15H – Bastille : Défilé internationaliste. Avec tous nos drapeaux, en hommage aux tirailleurs d'hier et d'aujourd'hui, en solidarité avec tous les peuples en lutte contre la guerre et le colonialisme, défilons !

Texte intégral (788 mots)

À l'appel de l'intercollectif des sans-papiers, de la Marche des Solidarités, de Urgence Palestine et du Comité Adama, rejoints par plus de 80 organisations : mardi 14 juillet – 15H – Bastille : Défilé internationaliste. Avec tous nos drapeaux, en hommage aux tirailleurs d'hier et d'aujourd'hui, en solidarité avec tous les peuples en lutte contre la guerre et le colonialisme, défilons !

Mardi 14 juillet – 15H – Bastille : Défilé internationaliste
Notre pays s'appelle Solidarité !
Plus de Dembélé, Moins de barbelés.

Le 14 juillet nous défilerons. Avec tous nos drapeaux.
En hommage aux Tirailleurs africains massacrés par les nazis à Chasselay le 20 juin 1940 et par l'armée française à Thiaroye le 1er décembre 1944. En hommage aux manifestants algériens et aux syndicalistes tués par la police le 14 juillet 1953 à Paris.

Nous sommes Palestinien·nes, Kanaks, Libanais·es, habitant·e·s de l'Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger), Cubain·es, Iranien·nes, Houthis, Ukrainien·nes, Congolais·es, Soudanais·es, Venezuelien·nes et de tous les peuples contre la guerre et le colonialisme.
Nous serons de Minneapolis, de Belfast, de Tarente (Italie) en lutte contre le racisme et le fascisme.
Nous serons sans-papiers pour fêter les 30 ans de l'occupation de l'église St-Bernard et la naissance du mouvement des Sans-Papiers.

Nous exigerons la liberté de circuler et de manifester, l'arrêt des expulsions, des OQTF et des IRTF, la fin des violences policières et la fermeture des centres de rétention.
Nous revendiquerons l'égalité, le logement, l'éducation, la santé, le travail pour toutes et tous.

Alors que se profilent les élections présidentielles et législatives nous demandons aux candidat·es qu'ils et elles se positionnent pour la régularisation de tous les sans-papiers, l'abrogation des lois racistes notamment la loi Darmanin et les lois islamophobes et le rejet du Pacte européen sur la migration et du règlement retour.

Notre pays s'appelle Solidarité.
Nous appelons toutes et tous à se lever, se rassembler, s'organiser.

À barrer partout la route aux fascistes.
À empêcher les rafles.
À faire vivre notre pays partout où il existe.
Dans les quartiers, les villages, les ronds-points, les écoles, les universités, les lieux de travail. Autour d'un hôpital menacé, d'une mosquée ou d'une synagogue taguée ou attaquée, d'une église où l'on fait une grève de la faim pour les migrant·e·s, des organisations dissoutes ou menacées de l'être, d'un lieu occupé, d'un piquet de grève, d'une gare, d'une frontière. À partir d'un local associatif ou syndical, d'un lieu culturel et solidaire…

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10.07.2026 à 08:00

L'État chilien s'apprête à condamner quatre jeunes guerriers mapuche

L'État chilien s'apprête à condamner quatre jeunes guerriers mapuche à des dizaines d'années de prison.

Texte intégral (1279 mots)

L'État chilien s'apprête à condamner quatre jeunes guerriers mapuche à des dizaines d'années de prison.

Le 13 juillet 2026, le Tribunal Oral de Temuco prononcera la peine contre quatre jeunes weichafe de l'organisation de résistance mapuche Coordinadora Arauco-Malleco (CAM). Lors de la dernière séance fin juin, le Tribunal a établi la culpabilité des quatre pour les délits d'incendie criminel à répétition, vol, enlèvement simple et pour deux d'entre eux, détention de munitions. Le procureur régional de l'Araucanie demande des peines allant jusqu'à 48 ans de prison.

Il y a quatre ans, le 22 novembre 2022, des weichafé armés pénètrent dans le domaine de San Luis, exploité par l'entreprise forestière Mininco. Ils font reculer les travailleurs présents et obligent les chauffeurs de camion à descendre. Puis, le feu est mis à quatre engins forestiers, deux fourgons et quatre camions transportant du bois. Une banderole faisant allusion à la libération de Wallmapu et à la CAM aurait été laissée sur place.

Plusieurs heures plus tard, à plus de 40 km du lieu de l'attaque, les Carabineros arrêtent Luis Menares Chanilao, Jorgue Caniupil Coña, Pelantaro Llaitul Pezoa, Juan Carlos Mardones et une cinquième personne (également accusée). Les policiers auraient été alerté de la présence des jeunes mapuches dans une ravine par un témoin anonyme qui les aurait vu mettre le feu à un fourgon (qui aurait été dérobé lors de l'attaque à San Luis). Ce témoin ne s'est pas présenté au tribunal et a été passé au statut de « témoin protégé ». De tels procédés sont régulièrement utilisés contre le mouvement autonomiste mapuche pour faciliter les condamnations et compenser le manque de preuves matériels. Parmi les jeunes arrêtés, il y a Pelantaro Llaitul, un des fils de Hector Llaitul, werken (porte-parole) de la CAM, lui-même actuellement en prison suite à une condamnation à 23 ans en 2024 pour son engagement au sein de la CAM, la libération nationale mapuche et la reconstruction du monde mapuche.

Cela fait quatre ans que les jeunes weichafe sont en détention préventive. L'ancien gouvernement de Boric (de gauche) s'était distingué par sa répression du mouvement autonomiste mapuche et la militarisation du Wallmapu (et 110 prisonniers politiques mapuche dans les geôles de l'État chilien) ; l'actuel gouvernement Kast d'extrême-droite a repris le flambeau en multipliant les opérations répressives, la persécution et le harcèlement des communautés mapuches.

Solidarité avec la lutte mapuche !
Amulepe taiñ weichan !

Communiqué des prisonniers politiques mapuche de la CAM sur l'affaire Lautaro

Kiñe. Tout d'abord, nous tenons à remercier toutes les personnes qui nous ont accompagnés tout au long de ce procès oral au cours duquel nous avons finalement été injustement condamnés. À toutes les communautés, aux familles et aux lof mapuches, à notre peuple, nous adressons toute notre gratitude.

Epu. Nous considérons cette condamnation comme le résultat de la persécution politique menée contre le mouvement autonomiste mapuche, et plus particulièrement contre la Coordinadora Arauco-Malleco (CAM), organisation dont nous sommes fiers en tant que weichafe [guerriers mapuches]. Nous soulignons que ce procès s'est déroulé de manière partiale et raciste, sans aucune preuve nous impliquant, et que les autorités judiciaires ont eu recours à des témoins secrets qui, au final, n'ont même pas témoigné devant le tribunal.

Kula. Le tribunal winka nous a condamnés pour les délits d'incendie répété, de vol, d'enlèvement simple et, dans deux cas particuliers, de détention de munitions. Il a requalifié deux délits et nous a acquittés des délits de détention d'armes interdites, de détention d'armes conventionnelles et de tirs injustifiés.

Meli. Nous comprenons que, face à l'enquête bâclée du parquet et aux arguments solides de nos avocats de la défense, le tribunal a décidé de procéder à un ARRANGEMENT permettant de prononcer à tout prix une condamnation politique à notre encontre, sans disposer en aucun cas des éléments minimaux pour le faire.

Kechu. La tête haute, nous déclarons que nous n'accepterons pas cette condamnation néfaste et que, si l'État chilien persiste à criminaliser et à persécuter la lutte historique et digne des Mapuches, en cherchant à nous condamner pour cela, qu'il assume au moins l'État de droit dont il se vante tant, qu'il apporte les preuves et condamne en vertu de ses lois, et non sur la base de subterfuges, de mensonges, de pressions politiques et de l'utilisation d'une presse bourgeoise servile aux intérêts des entreprises.
De même, nous appelons le pouvoir judiciaire à cesser d'être le bras punitif du fascisme et de l'extrême droite à Wallmapu.

Kayu. C'est pour toutes ces raisons que, le jour du prononcé du jugement [le 13 juin], nous lancerons une mobilisation afin de dénoncer ce procès vicié auquel on nous a contraints. À cette occasion, nous souhaitons également apporter notre soutien à notre frère Daniel Canio, qui, après avoir purgé plus de la moitié de sa peine, se voit toujours refuser ses avantages pénitentiaires.

Ayant affronté ce procès en tant que pu weichafe, aujourd'hui condamnés, nous estimons nécessaire de nous adresser au mouvement mapuche et à notre peuple en général après près de quatre ans d'emprisonnement, et de déclarer que nous ne sommes pas vaincus, encore moins honteux ou repentants d'avoir embrassé une lutte aussi digne et juste que la nôtre ; bien au contraire, nous continuons d'avancer avec la détermination de ne jamais nous mettre à genoux devant nos ennemis.

Enfin, nous appelons à poursuivre le weichan [lutte mapuche], à maintenir la lutte territoriale contre les entreprises forestières et le grand capital, à continuer de résister au racisme structurel et colonialiste de l'État chilien, d'autant plus aujourd'hui que le fascisme et l'extrême droite sioniste sont au pouvoir.

Dehors les entreprises forestières et les militaires du Wallmapu !!
La résistance mapuche n'est pas du terrorisme !!

Peñi Kincha treka rupaymi tüfachi Mapu Mew,welu Tami pülli rumel mongeleay rangi weychan Mew

Luis Menares Chanilao
Jorgue Caniupil Coña
Pelantaro Llaitul Pezoa
Juan Carlos Mardones

PPM-CAM

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