28.03.2026 à 13:12
Le 28 mars 1871, place de l'Hôtel de Ville, devant plus de 200 000 personnes, la Commune de Paris est proclamée, la « République de Paris » est constituée.
A écouter également sur Radiolutte
Corrections et participations ouvertes sur thechangebook.org !
Le 28 mars 1871, place de l'Hôtel de Ville, devant plus de 200 000 personnes, la Commune de Paris est proclamée, la « République de Paris » est constituée.
A écouter également sur Radiolutte
Corrections et participations ouvertes sur thechangebook.org !
Voici l'éphéméride du jour, pas forcément la plus représentative du genre, mais rien n'est parfaitement lisse, et surtout pas ces petites pastilles à monter !
C'est une courte présentation de la Commune de Paris au 28 mars.
Appel également à contribuer à l'éphéméride anarchiste radio pour 365 jours de luttes : c'est un travail ouvert à la critique, et plus encore, ouvert à la critique constructive, par la participation : si une erreur est constatée, ou si on trouve discutable tel ou tel parti pris (généralement par défaut, jusque-là), on est invité à rejoindre l'équipe pour proposer soit une correction du texte initial, soit un choix qui nous paraît plus opportun, soit un nouvel enregistrement, avec ou sans nouvel habillage. Ou remplir les dates encore vierges, grosso modo entre Mai et Octobre.
À écouter également tous les jours à 9h et 18h25 sur Radiolutte
Y're welcome !

« Paris est un vrai paradis ! Point de police, point de sottise, point d'exaction d'aucune façon, point de dispute. Paris va tout seul comme sur des roulettes. Il faudrait pouvoir rester toujours comme cela. En un mot, c'est un vrai ravissement. Tous les corps d'État se sont établis en fédération et s'appartiennent. »
"Notre mémoire est née de ces quelques semaines,
Compagnons et compagnes, il faut l'utiliser !
Revendiquons les rues, les montagnes, les plaines,
et comme les communards, abolissons l'armée...!
Il faut gratter l'oubli dont on a recouvert
les leçons des copains qui furent assassinés."
Fin septembre 2019, sur Thechangebook, réseau associatif, non marchand, indépendant, géré et financé par ses propres membres, se lançait un défi un peu fou. Il s'agissait d'enregistrer, sur le mode autogéré ouvert aux participations - qui caractérise déjà thechangebook et radiolutte - , 365 éphémérides anarchistes à diffuser quotidiennement sur Radiolutte, la webradio de Thechangebook. Le 1er confinement est quelque peu venu entraver la boucle annuelle, mais qu'importe, le chantier a repris, et on ira jusqu'au bout !
Les Éphémérides anarchistes sur radiolutte, c'est un chantier collectif toujours perfectible, collaboratif et autogéré ouvert aux participations. Ce d'autant plus qu'elles ne seront probablement pas exemptes d'éventuels désaccords historiques autour de l'Histoire de l'Anarchie, ainsi en cas d'impossibilité de parvenir à un accord, des pastilles complémentaire mentionnant les différentes positions pourraient être envisagées.
Outre cette possibilité de faire valoir de possibles divergences historiques, ces éphémérides ouvertes sont l'occasion, quand on en a envie, de se lancer ou de s'entraîner sur la diction et l'enregistrement, le montage sonore ou la programmation radio, ou encore sur l'écriture. Ce n'est pas un chantier qui doit faire peur, car il est sans engagement autre que ce qu'on se propose de faire, à partir du moindre ajout de virgule dans un texte.
365 Éphémérides, c'est 365 textes à recalibrer pour le format de 5 minutes de la pastille, (dont 3 minutes de texte environ), un ou plusieurs habillages à réaliser ou à utiliser en fonction des moyens disponibles, 365 enregistrements, 365 montages... Retour ligne automatique
Aussi, il est évident que c'est un travail qui sera perfectible d'une année sur l'autre, sur les textes, notamment. En effet, il aurait été hors de question de se lancer d'emblée dans un travail d'universitaire sur chacun des textes : dès lors qu'ils font la taille requise, nous les reprenons tel que, depuis diverses sources, telles que l'Ephemanar, Maitron, l'Encyclopédie anarchiste, etc, un peu dans l'urgence, sans avoir plus de temps pour choisir, vérifier, recouper. Retour ligne automatique
Aussi, c'est un travail ouvert à la critique, et au delà : ouvert à la critique constructive, par la participation : si une erreur est constatée, ou si on trouve discutable tel ou tel parti pris (généralement par défaut, jusque-là), on est invité à rejoindre l'équipe pour proposer soit une correction du texte initial, soit un choix qui nous paraît plus opportun, soit un nouvel enregistrement, avec ou sans nouvel habillage. Ou remplir les dates encore vierges, grosso modo entre Mai et Octobre.
Voici donc l'éphéméride du jour, pas forcément la plus représentative du genre, mais rien n'est parfaitement lisse, et surtout pas ces petites pastilles à monter !
À écouter donc tous les jours à 9h et à 18h25 sur Radiolutte. Nous organisons peu à peu la visibilité des éphémérides ->ICI dire ce qu'il faut faire », mais « faire » :) ) dans les fils correspondants !
28.03.2026 à 08:00
Émission de Mayday sur le Creusot
Émission de Mayday sur le Creusot
C'est un petit bourg de Saône-et-Loire assis sur un gisement de charbon devenu ville industrielle au cours du 19e siècle. On y fond le fer avec la houille dans des hauts fourneaux et on y produit d'immenses pièces métalliques dans les ateliers des usines : canons, poutrelles en fonte, rails et locomotives pour aménager l'espace français, moteurs de bateaux, ports de commerce, véhicules blindés et gros canons d'artillerie, tout un tas d'infrastructures, d'objets métalliques et d'armes. À la fin du 19e siècle dans le petit manuel scolaire à destination des enfants du pays, le très chauvin tour de France de deux enfants, on dit que Le Creusot est la plus grosse usine d'Europe.
On s'y arrête dans cette émission avec notamment Jean-Philippe Passaqui, historien qui a consacré une thèse et de nombreux travaux au développement industriel de cette ville au XIXe et au XXe siècle. On essaie d'y retrouver la vie des ouvriers, leurs conditions de travail et ce que les patrons mettent en place pour fidéliser leur main d'œuvre et empêcher les révoltes. Ils n'y arriveront pas toujours.

Mayday c'est tous les mercredis à 18h sur radio canut et aussi en rediffusion sur la Clé des ondes (Bordeaux), Radio Dragon (Mens), Radio Zinzine (Limans), radio Cause Commune (Paris et Île-de-France), radio Méga (Valence), radio Larzac (causses et au delà), radio Grenouille (Marseille). Toutes nos émissions se réécoutent aussi ici ou sur les trucs de podcast : https://audioblog.arteradio.com/blog/98875/mayday
28.03.2026 à 08:00
Le 20 mars, nous avons mené une action au FGO Barbara qui a permis l'hébergement de 150 mineurs isolés qui vivaient sur des campements parisiens.
Non seulement la cinquantaine de jeunes occupant le FGO Barbara a obtenu une place d'hébergement le jour même, mais nous avons été en mesure de forcer la mairie à effectuer plusieurs passages sur les campements afin d'orienter la centaine de mineurs isolés restant là-bas vers le gymnase qui a été ouvert. Une fois de plus, notre mobilisation a forcé les équipes d'Anne Hidalgo à répondre aux urgences sociales sur le territoire parisien.
A un an pratiquement jour pour jour de l'expulsion violente de la Gaîté Lyrique menée par la préfecture et permise par le silence complice de la majorité municipale, nous avons obtenu une nouvelle victoire. Depuis un an, nos actions ont permis d'arracher près de 300 places d'hébergement, nous avons fait annuler les OQTF données le jour de l'expulsion, près de 200 jeunes mobilisés au sein du collectif ont débuté leur scolarité.
Nous n'avons jamais souhaité nous mobiliser autant et courir les risques que nous avons pris. C'est le racisme d'État et la complicité de la municipalité qui nous y a forcé.e.s. À chaque fois, nous avons laissé l'opportunité à la Mairie de se battre à nos côtés pour nos droits. Elle ne l'a pas fait.
On n'oublie pas, on ne pardonne pas.
Aujourd'hui monsieur Emmanuel Grégoire vous venez de remporter l'élection municipale. Quand vous étiez candidat, vous avez multiplié les promesses pour les jeunes en recours, notamment en matière d'hébergement. Vous avez également promis à notre collectif une rencontre la semaine suivant votre élection. Aujourd'hui vous nous promettez un appel téléphonique lundi avec vos équipes.
D'ici là nous maintenons notre rassemblement ce dimanche à 13h afin de montrer notre détermination à ce que notre situation change.
Nous ne croirons jamais les discours des politiciens, surtout quand ils sont en campagne politique. Nous croyons les actes et les actions concrètes. L'heure est toujours grave. Nous souhaitons que vous teniez vos engagements, à commencer par la promesse de rendez-vous qui nous a été faite.
Nous voulons
On veut plus de promesses ni de beaux discours. On veut des engagements clairs et chiffrés. Les choix budgétaires sont aussi des choix politiques. Nous savons que vous en êtes capables. Aurez vous davantage de courage politique que vos prédécesseurs ?
Le 20 mars, nous avons mené une action au FGO Barbara qui a permis l'hébergement de 150 mineurs isolés qui vivaient sur des campements parisiens.
Non seulement la cinquantaine de jeunes occupant le FGO Barbara a obtenu une place d'hébergement le jour même, mais nous avons été en mesure de forcer la mairie à effectuer plusieurs passages sur les campements afin d'orienter la centaine de mineurs isolés restant là-bas vers le gymnase qui a été ouvert. Une fois de plus, notre mobilisation a forcé les équipes d'Anne Hidalgo à répondre aux urgences sociales sur le territoire parisien.
A un an pratiquement jour pour jour de l'expulsion violente de la Gaîté Lyrique menée par la préfecture et permise par le silence complice de la majorité municipale, nous avons obtenu une nouvelle victoire. Depuis un an, nos actions ont permis d'arracher près de 300 places d'hébergement, nous avons fait annuler les OQTF données le jour de l'expulsion, près de 200 jeunes mobilisés au sein du collectif ont débuté leur scolarité.
Nous n'avons jamais souhaité nous mobiliser autant et courir les risques que nous avons pris. C'est le racisme d'État et la complicité de la municipalité qui nous y a forcé.e.s. À chaque fois, nous avons laissé l'opportunité à la Mairie de se battre à nos côtés pour nos droits. Elle ne l'a pas fait.
On n'oublie pas, on ne pardonne pas.
Aujourd'hui monsieur Emmanuel Grégoire vous venez de remporter l'élection municipale. Quand vous étiez candidat, vous avez multiplié les promesses pour les jeunes en recours, notamment en matière d'hébergement. Vous avez également promis à notre collectif une rencontre la semaine suivant votre élection. Aujourd'hui vous nous promettez un appel téléphonique lundi avec vos équipes.
D'ici là nous maintenons notre rassemblement ce dimanche à 13h afin de montrer notre détermination à ce que notre situation change.
Nous ne croirons jamais les discours des politiciens, surtout quand ils sont en campagne politique. Nous croyons les actes et les actions concrètes. L'heure est toujours grave. Nous souhaitons que vous teniez vos engagements, à commencer par la promesse de rendez-vous qui nous a été faite.
Nous voulons
On veut plus de promesses ni de beaux discours. On veut des engagements clairs et chiffrés. Les choix budgétaires sont aussi des choix politiques. Nous savons que vous en êtes capables. Aurez vous davantage de courage politique que vos prédécesseurs ?
27.03.2026 à 08:00
Projection d'un film sur le GAL, suivie d'une discussion sur le terrorisme d'État. Pintxo / pote
Projection d'un film sur le GAL, suivie d'une discussion sur le terrorisme d'État. Pintxo / pote

18h30
Projection du film « GAL*, au nom de la raison d'État »
de Sylvie Garat (52min)
19h30
Intervention de Léo Doyarçabal, auteur du mémoire « De la "guerre sale" au prétoire : les GAL face à la presse (1985-1992) », suivie d'une discussion sur le terrorisme d'État.
Pintxo / pote
Prix libre et solidaire
*GAL, les Groupes antiterroristes de libération sont des commandos para-policiers et paramilitaires espagnols qui ont semé la terreur au Pays basque d'octobre 1983 à 1987.
Au CICP le 17 avril 2026 à 18h
21 ter rue voltaire 75011 Paris
métro rue des boulets
Organisé par le CSPB (Comité de solidarité avec le peuple Basque - Paris)
#antiterrorisme #luttesdeliberation #paysbasque
27.03.2026 à 08:00
A l'occasion de la Journée mondiale pour la santé, de nombreux collectifs et associations appellent à une grande marche pour dénoncer l'empoisonnement des pesticides et retrouver des printemps bruyants.
A l'occasion de la Journée mondiale pour la santé, de nombreux collectifs et associations appellent à une grande marche pour dénoncer l'empoisonnement des pesticides et retrouver des printemps bruyants.

Les printemps se font silencieux. Les oiseaux disparaissent, les insectes pollinisateurs meurent par milliards, la santé de tous les êtres humains est mise en danger, à commencer par les travailleuses et les travailleurs de l'agriculture. La cause ? Un modèle agro-industriel centré sur l'utilisation massive de pesticides de synthèse. La mobilisation s'amplifie.
- Les pesticides contaminent tous les milieux, l'eau, l'air, la terre, ils provoquent l'effondrement de la biodiversité, ils ont des impacts catastrophiques et généralisés sur la santé humaine. Chlordécone, glyphosate, prosulfocarbe, néonicotinoïdes et tous les autres pesticides de synthèse déversés dans les champs font leur œuvre mortifère depuis des décennies.
4 REVENDICATIONS DE LA MARCHE :
. Nous demandons de planifier dès maintenant l'arrêt de la production et de l'usage des pesticides de synthèse.
. Nous demandons un accompagnement des agricultrices et agriculteurs pour leur permettre d'arrêter l'usage de ces pesticides de synthèse.
. Nous demandons justice et réparation pour les victimes des pesticides, en métropole et dans les Outre-mer, notamment du chlordécone.
. Nous demandons une conférence citoyenne pour élaborer un projet permettant de nourrir sans détruire, conciliant production, conditions de travail décentes, santé et respect de l'environnement.
Les associations/collectifs suivants
Extinction Rebellion, Scientifiques en Rébellion, Coalition Secrets Toxiques, Alerte Médicale sur Les Pesticides et Perturbateurs endocriniens, Sud Recherche, La Confédération Paysanne Île-de-France, Cancer Colère, COAADEP, ActionAid France - Peuples Solidaires, Combat Monsanto, Coquelicots de Paris, Agir pour l'Environnement, Générations Futures, Greenpeace France, Nous Toutes Paris Sud, POLLINIS, La Ligue pour la Protection des Oiseaux, France Nature Environnement, France Nature Environnement Île-de-France, Planet Earth Now, Association de Promotion des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes, Action Justice Climat, Bio Consom'acteurs,
appellent à marcher contre les pesticides le samedi 4 avril 2026 à Paris.
L'appel peut encore être signé ici : https://extinctionrebellion.fr/blog/2026/02/23/appel-pour-la-marche-du-samedi-4-avril-2026-mobilisation-contre-les-pesticides.html
26.03.2026 à 08:00
Pour sortir des confusions entretenues par les lignes léninistes et sauce-dem qui appellent « révolution » des processus qui à notre avis n'en sont pas, nous proposons ici une série de documents sur le Rojava. L'idée n'est pas de se positionner dans une logique caricaturale « le Rojava c'est incroyable/ c'est de la merde » ni de remettre en cause un mouvement de lutte qui pourrait naitre ici. Il s'agit par contre de tenter de reposer les termes depuis une ligne autonome pour nourrir la réflexion sur les possibilités d'intervention. On pense en effet que les mouvements « anti-impérialistes » peuvent porter des potentialités révolutionnaires, mais seulement s'ils sont résolument débarassés de leurs carcans étatiste et capitaliste.
Pour sortir des confusions entretenues par les lignes léninistes et sauce-dem qui appellent « révolution » des processus qui à notre avis n'en sont pas, nous proposons ici une série de documents sur le Rojava. L'idée n'est pas de se positionner dans une logique caricaturale « le Rojava c'est incroyable/ c'est de la merde » ni de remettre en cause un mouvement de lutte qui pourrait naitre ici. Il s'agit par contre de tenter de reposer les termes depuis une ligne autonome pour nourrir la réflexion sur les possibilités d'intervention. On pense en effet que les mouvements « anti-impérialistes » peuvent porter des potentialités révolutionnaires, mais seulement s'ils sont résolument débarassés de leurs carcans étatiste et capitaliste.
À noter : tout ce qu'on dit et partage ici sert à nourrir la réflexion sur le Rojava et sur la question de l'intervention dans les mouvements anti-impérialistes. On ne pense donc pas forcément avoir absolument raison, ni que les documents qu'on partage sont exempts de défauts ou d'angles morts. On veut surtout proposer une matière qu'on ne voit pas beaucoup tourner, mais qui demande à être critiquée et complétée par les réflexions collectives.
On part de deux constats. D'une part, on a l'impression que les lignes autonomes ou critiques de ce qui se passe au Rojava sont trop peu existantes et qu'on ne sait plus bien quoi faire quand ont lieu des massacres du capital comme celui d'HTS à l'heure actuelle. De plus, on pense qu'il est important de réfléchir à la question de l'intervention dans les mouvements « anti-impérialistes » de façon générale. Il nous semble en effet qu'ils peuvent contenir des potentialités révolutionnaires. Mais, comme pour un mouvement social encadré par les syndicats, l'enjeu est de trouver les propagandes et les formes d'action permettant d'entrer en rapport de force avec l'encadrement léniniste.
C'est dans l'optique de participer à la recherche de ces modes d'intervention qu'on vous propose cette « série » sur le Rojava
Voici un podcast d'une heure sur l'histoire de la création du Rojava, les agissements du PKK et les dynamiques du PYD durant la révolution syrienne. Tous les termes sont expliqués dedans, il est plutôt clair et bien fait - malgré dix premières minutes pas ultra bien montées.
Chacun.e se fera son idée. On tient à rappeler que nous concernant, appeler « révolution » un processus qui lie une ethnie à un territoire, un parti et une administration est se mettre du côté du problème. Tous les indicateurs au Rojava semblent clairs pour indiquer qu'il s'agit d'une révolution bourgeoise, en vue de la construction d'un État-Nation. Un État Nation « de gauche », démocratique au possible et même « sans État » d'après les membres du PYD eux-mêmes... Bon. Les dernières inventions rhétoriques ne manquent pas de panache. Dans tous les cas, c'est un État quand même.
Nous ne voulons pas mettre un signe égal entre le Rojava et HTS, entendons-nous bien, de même qu'on n'en mettrait pas entre Mélenchon et Le Pen, mais nous voulons rappeler malgré tout une évidence : la démocratie de gauche reste une horreur, basée sur l'exploitation. Si nous tenons à nous emparer de la situation, ne serait-ce que parce qu'il est possible que des luttes pour ça se développent ici, et si nous voulons affirmer une ligne révolutionnaire contre les massacres en cours, cela ne peut se faire qu'en prenant en compte que les habitant.e.s du Rojava sont non seulement victimes de HTS mais de leur propre bourgeoisie « révolutionnaire ». Tout comme les gazaouis sont à la fois victimes de l'État génocidaire et colonial d'Israël et de la bourgeoisie du Hamas : l'impérialisme et le colonialisme n'empêchent pas l'oppression et l'exploitation en interne, point important que les concepts comme « l'anti-impérialisme » tendent à évacuer ou à mettre au second plan répétitivement.
Au-delà de la question de la ligne idéologique, dont on pourrait nous dire qu'on s'en care vu l'urgence de la situation, tout ça a des conséquences en termes d'action. Il n'est en effet pas du tout pareil de « construire un mouvement de solidarité pour faire pression sur les États » et de « récolter des fonds pour la révolution - aka l'organe politico-militaire du PYD » ; ou de construire la lutte prolétarienne directement contre ce qui fait le malheur de nos frères et soeurs de classe : à savoir l'existence d'HTS en premier lieu et du Rojava en second lieu - et donc, par extension, l'existence de tous les États et capitaux ayant des intérêts dans la région. Un cas pousse à se placer sous l'égide des « bonnes bourgeoisies » qui voudront bien intervenir et avancer leurs propres pions, l'autre consiste à s'opposer à toutes les bourgeoisies, en tant qu'elles vont refuser le blocage de la production de la guerre et des profits – économiques ou politiques – qui vont avec.
Notons qu'on ne nie pas que la situation est complexe. Oui, le projet étatiste du Rojava est en train d'être attaqué par HTS qui ne compte pas laisser une partie des ressources et de la plus value potentielle de son territoire à une autre bourgeoisie. Dans cette affaire, des prolétaires souffrent et meurent, et il est à parier que les Kurdes n'ont pas grand-chose à espérer sinon une nouvelle racisation-prolétarisation accrue au sein de la Syrie d'Ahmed Al-Sharaa, sans parler du patriarcat dont les formes y seront sans aucun doute bien plus violentes. De même, on ne nie pas non plus que la situation avant la révolution Syrienne y était difficile et oppressive à bien des égards. Enfin, l'organisation patriarcale des tribus avant la « révolution » rojavienne est un point souvent évoqué par les soutiens au Rojava, qu'on ne peut pas laisser de côté.
Tout cela doit prendre le temps d'un développement. Mais ce qui nous pose problème est que ce développement devient toujours chez les Léninistes la défense absolue du projet étatiste le « moins pire », et que ce projet s'appelle chez eux révolution ou socialisme. De notre côté, on affirme que si le fascisme, la démocratie et le léninisme ne se valent pas, ils font tous partie du problème : le projet le plus démocratique et le plus multiethnnique, s'il est capitaliste, nourrit le racisme et le patriarcat. On trouve aussi que l'exploitation et l'étatisme sont trop rapidement évacués par les défenseurs du Rojava, comme si ce n'étaient pas des points fondamentaux de l'oppression. On voudrait que la complexité et l'horreur de la situation puissent être abordées depuis des bases prolétariennes et anti-autoritaires, au lieu que la réflexion ne puisse s'incarner que dans le soutien sans faille au PYD.
Pendant le peu de temps qu'a duré l'intérêt des médias pour Gaza, la mise à mal de la machine de mort israélienne s'est faite via l'organisation directe de la classe à travers la planète. Si les actions tentées étaient dans leur ensemble extrêmement diverses, plusieurs ont porté les marqueurs d'une ligne prolétarienne réelle. Les blocus de dockers en Italie ou les boycotts à l'échelle internationale, par exemple, ont été des exemples fondamentaux. Il nous semble à cet égard que le mouvement de lutte en solidarité avec le prolétariat palestinien contenait dans ses formes, sinon dans sa force et son intensité, une potentialité révolutionnaire à l'échelle mondiale. En effet, les actions portées contre la production du génocide n'auraient pu qu'aller vers une chose, la seule dont la conséquence puisse être l'arrêt de la machine de mort : le démantèlement de l'État d'Israël, dont l'économie est indissociable de sa situation coloniale. Or ce démantèlement ne peut arriver seul : pour avoir lieu, il implique dans le processus la destruction des diverses bourgeoisies et de leurs États, puisque les populations doivent pour arriver au but vaincre les intérêts de leurs propres maîtres. La machine génocidaire a en effet des intérêts partout, et il est évident pour celles et eux qui luttent qu'il ne s'agit pas non plus de permettre à un autre impérialisme de mettre en route ses propres massacres. L'anti-étatisme, au-delà d'une ligne, est donc la pratique qui découle de la lutte contre l'impérialisme, quand l'action de classe s'approfondit.
Globalement, cela est vrai partout : tout pays ayant atteint une puissance suffisamment importante pour s'engager dans une phase impérialiste ou coloniale sans être arrêté par d'autres États – qu'ils n'en aient pas la force ou pas les intérêts – ne peut être arrêté que par la révolution mondiale. Les situations impérialistes font ainsi émerger la logique capitaliste et sa seule alternative de façon nue : communisme-anarchisme ou barbarie, démantèlement des États ou génocides et colonisation, destruction de l'exploitation ou destruction des prolétaires dans le fascisme et les guerres bourgeoises. C'est pourquoi, dans le temps même où elles émergent et agissent, ces situations impérialistes portent en elles la possibilité de leur destruction définitive. Le prolétariat ne s'y trompe pas quand il affirme par les actes que la seule forme de solidarité possible est la lutte contre la production du capital.
Face à l'horreur actuelle, il apparaît que nous sommes nombreux.e.s à travers le monde à espérer un regain de puissance de la lutte contre l'impérialisme : la question de savoir comment ces mouvements naissent, et quel peut être là-dedans le rôle des militant.e.s anti-autoritaires, est évidemment au cœur de nos préoccupations. En effet, si on ne veut pas donner à l'autonomie plus d'importance qu'elle n'en a, on estime pour autant qu'il est impératif de ne pas laisser le cours des choses se faire sans y porter une action anarco-communiste.
Nous voulons faire l'hypothèse que dans la séquence à venir, si un mouvement devait émerger pour le Rojava ici du fait des attaques d'HTS, il porterait potentiellement des possibilités révolutionnaires, mais à certaines conditions seulement. Une partie de ces conditions nous échappent. D'autres doivent pouvoir être réfléchies en amont. Il serait notamment impératif que notre classe décide de porter la lutte contre l'industrie de la mort directement et refuse toutes revendications pour une « intervention ». De même, il faudrait pouvoir dégager des lignes clairement anti-étatistes qui sans être caricaturales, pourraient montrer en quoi le Rojava n'est pas plus une solution que ne l'ont été aucun État « démocratique » ou « socialiste » dans les mouvement tiers-mondistes du siècle dernier. Pour essayer de le formuler clairement : l'enjeu d'un prochain mouvement serait de savoir à quel point il peut s'engager dans la voie de la lutte directe et autonome de la classe contre le capital, au lieu de devoir se positionner seulement au sein de l'affrontement – réel – entre capitalisme libéral-réactionnaire et capitalisme social-léniniste. C'est dans ce sens qu'une intervention militante pourrait d'après nous trouver à faire sens : en construisant une analyse qui parvienne à articuler de façon pertinente ligne autonome et lutte contre l'impérialisme, et en allant de là porter la contradiction à l'encadrement léniniste de la lutte, pour se joindre aux désirs ou aux actions de dépassement déjà en cours.
On ne savait pas trop quoi mettre comme image... On se dit qu'on mettra sur cette série une suite d'affiches ou photos qui font émerger d'après nous les contradictions à l'oeuvre, par exemple ici : la représentation « anarco-étatique », « militaro-révolutionnaire », « féministe-éxotisante »... La propagande poussée là-bas comme ici est en effet assez intéressante.