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22.02.2026 à 08:00

Vitry-sur-Seine, la fête de trop

A Vitry-sur-Seine, la campagne électorale est marquée d'événements festifs et solidaires, sans qu'il soit toujours vraiment possible de différencier ce qui relève de l'organisation régulière des services municipaux ou d'événements liés à la campagne électorale du maire sortant.

Texte intégral (2029 mots)

A Vitry-sur-Seine, la campagne électorale est marquée d'événements festifs et solidaires, sans qu'il soit toujours vraiment possible de différencier ce qui relève de l'organisation régulière des services municipaux ou d'événements liés à la campagne électorale du maire sortant.

Vitry-sur-Seine, la fête de trop

À Vitry-sur-Seine, la campagne électorale est marquée d'événements festifs et solidaires, sans qu'il soit toujours vraiment possible de différencier ce qui relève de l'organisation régulière des services municipaux ou d'événements liés à la campagne électorale du maire sortant.
Retour sur ces 6 derniers mois.

Le 1er septembre 2025 s'est ouverte “la période d'application des limites légales encadrant la communication institutionnelle en période préélectorale et l'utilisation des moyens de la collectivité territoriale à des fins électorales”. Autrement dit, depuis cette date, les “campagnes de promotion publicitaires des collectivités territoriales” sont interdites (Article L. 52-1 du Code électoral), et les moyens (financiers, humains, en termes de communication) de la mairie ne doivent pas servir à faire la promotion d'un candidat. Une séparation stricte doit avoir lieu entre les événements relevant du fonctionnement et de la communication habituelle de la mairie (financés par le budget municipal), et les événements relevant de la campagne électorale (relevant des frais de campagne des candidats).

On le sait, le maire de Vitry, Pierre Bell Lloch est très à cheval sur cette question éthique, lui qui a immédiatement décidé de suspendre la retransmission en direct du conseil municipal, dès que la question a été posée de savoir si cela relevait du fonctionnement habituel de la mairie, ou d'un outil de communication électorale. D'ailleurs il n'y a plus de conseil municipal depuis décembre 2025, comme ça la question ne se pose plus.

Si la prudence et le sens de l'éthique sur cette question honorent le maire de Vitry, sur la question des événements et manifestations publiques cependant, il semble avoir moins de scrupules.

En effet, depuis le 1er septembre, sans compter les rendez-vous habituels de la ville (festivals annuels, forum des associations, etc.), on compte au moins une quinzaine d'événements qui promeuvent l'action du maire-candidat, sans qu'il soit toujours très évident de différencier ce qui relève de la communication de l'action municipale, ou de la mise en avant d'un candidat aux élections.

Ainsi, sur la période, 6 inaugurations ont eu lieu (soit une par mois en moyenne) : de la nouvelle halle du marché 8-mai-1945, d'abord annoncée pour le 28 septembre, finalement inaugurée le 12 octobre ; pose de la première pierre de la mosquée Nour Essalam le 22 octobre ; inauguration d'une œuvre d'art dans la ZAC Rouget-de-Lisle le 7 décembre ; inauguration du square Vilmorin le 13 décembre ; inauguration des Prairies du fort le 17 janvier ; inauguration de fresques sur des immeubles de la Semise le 13 février (alors que les fresques avaient été réalisées en novembre 25 lors du festival municipal Mur/Murs...)
On va mettre ça sur le dos de l'efficacité de l'équipe municipale, qui a certainement lancé plein de chantiers depuis 2020, qui se sont tous opportunément concrétisés dans les 6 derniers mois du mandat. Quel sens du timing !

Et puis à Vitry, comme on est de gauche et écolo, on aime aussi planter des arbres, surtout entre septembre et décembre (comment ça c'est pas la saison ?) : plantation de “l'arbre de la paix” le 4 octobre ; plantation d'une « micro-forêt urbaine » le 22 novembre (c'est quoi d'ailleurs une micro-forêt ?)

Aussi, comme on aime bien faire la fête, on a célébré 2 anniversaires d'équipements municipaux, dont un en 2 temps (pourquoi se priver) : les 40 ans de l'hôtel de ville le 30 novembre ; les 50 ans de la patinoire municipale le 16 janvier puis le 20 février – ceci dit les célébrations des 40 ans de la patinoire avaient duré 6 mois donc là c'est tranquille encore...

Ah et aussi, Vitry a carrément accueilli une conférence “internationale” pour la paix les 10 et 11 octobre ! Le même week-end que le festival Hip-hop source, organisé par la salle municipale de musiques actuelles, on aime faire plusieurs choses à la fois ici.

À tel point que cette année, le maire a carrément développé le don d'ubiquité lors de la cérémonie des vœux, afin d'être présent dans 4 quartiers différents de la ville le même jour. On ne recule devant aucun effort en année électorale. Ça change du grand raout de l'année dernière, sur invitation, avec vigiles et fouille des sacs à l'entrée...

Mais surtout, la période a été marquée de plusieurs événements à la frontière du festif, du militant et du caritatif, permettant à chaque fois au maire-candidat et son équipe de se présenter aux côtés de “stars”, notamment du milieu hip-hop : soirée hommage à Lionel D le 25 octobre ; distribution alimentaire avec Mokobe, Amel Bent et Harry Roselmack le 31 janvier ; événement “Vitry fière et populaire” le 15 février...

Car à Vitry, capitale du hip-hop français (de la bouche même de Stomy Bugsy lors de l'événement hommage à Lionel D le 25 octobre), c'est là le gros enjeu de la future élection : la mobilisation des quartiers, et notamment des jeunes. Dans une ville où plus de 40% de la population a moins de 30 ans (contre moins de 20% de 60 ans et plus), et où l'abstention a dépassé les 75% lors de la dernière élection, le maire et son équipe jouent à fond la carte “jeunes et populaires” – et hip-hop, du coup. Il faut dire qu'ils avaient frappé fort en invitant Rohff à la fête des Lilas en mai dernier.

À ce titre, l'événement organisé par la ville le 25 octobre dernier en hommage au rappeur vitriot Lionel D est très révélateur, à la fois de la stratégie déployée par l'équipe en place dans le cadre de cette élection, et du flou savamment entretenu entre ce qui relève d'un événement municipal ou d'un élément de campagne électorale.

D'abord, il est important de rappeler qu'absolument aucune échéance n'imposait d'organiser un événement en hommage à Lionel D à cette date. Celui-ci est né le 13 décembre 1961, décédé le 25 février 2020, et a été inhumé le 12 mars de la même année. Pas de date anniversaire donc, ni sur le plan de sa vie personnelle ni dans l'histoire du mouvement hip-hop. Il a donc fallu créer une opportunité : dans le cadre du fameux festival Mur/Murs, la ville a commandé aux graffeurs Brok et Akhine la réalisation d'une fresque en hommage au rappeur, qui a donc été dévoilée au public le 21 octobre. L'occasion de rendre ainsi hommage – absolument mérité par ailleurs – à ce pilier du mouvement hip-hop en France, originaire de la ville. Peu importe si, par contre, Lionel est enterré dans l'anonymat le plus total au cimetière municipal, la ville n'ayant semble-t-il pas trouvé judicieux de payer pour une pierre tombale, et préférant capitaliser sur son nom, son aura, et ses réseaux, pour se faire un peu de com sur son dos...

Une soirée est donc organisée à la hussarde, le théâtre municipal réquisitionné (alors que cet événement n'était pas inscrit ni à son agenda ni à son budget, et que les équipes ont été prévenues à la dernière minute...), et des invitations lancées à tous les grands noms de la scène hip-hop d'hier et d'aujourd'hui : Mokobe, Stomy Bugsy, Dee-Nasty, Sulee B Wax... C'est tout le gratin de la scène hip-hop à l'ancienne qui se retrouve finalement sur scène ce soir-là, pour une soirée qui tiendra finalement plus d'une retrouvaille familiale organisée à l'arrache et très arrosée (une fois n'est pas coutume au Théâtre Jean Vilar, whisky et vodka coulaient à flot) que d'une cérémonie digne de ce nom. Alors que certains rappeurs encensent l'équipe municipale sur scène (on a notamment entendu un “on votera tous pour vous, Monsieur le maire”, pendant que Mokobe, le maître de cérémonie, affiche sa proximité avec plusieurs membres de l'équipe), l'ancien maire, lui, qui avait pourtant mis la main à la poche pour payer et organiser les funérailles de Lionel D, se voit refuser l'entrée. Il faut dire que le maire actuel, pourtant élu sur la même liste en 2020, a fait un putsch et pris le pouvoir, renvoyant l'ancien édile dans l'opposition alors même qu'ils sont du même parti. Mais ceci est une autre histoire.
Aujourd'hui, à Vitry, visiblement pour pouvoir rendre hommage à un artiste local lors d'une soirée publique, il faut au préalable avoir montré sa soumission à l'équipe en place.

Cette soirée avait donc toutes les allures d'un événement de campagne, mais financé par le budget de la ville. À quelle hauteur ? On ne le saura pas.
D'ailleurs, les grandes caractéristiques en ont été reprises lors de la journée “Vitry fière et populaire” du 15 février, sans que ce soit vraiment plus clair que, cette fois, il s'agit bien d'un événement de campagne : concert de rap avec de jeunes artistes locaux (dont certains s'étaient déjà produits le 25 octobre), présence de plusieurs acteurs culturels et associatifs locaux, stands de nourriture...
L'annonce de l'événement mentionne d'ailleurs “Ce dimanche, Vitry donne la voix ! Un grand temps fort ouvert à toutes et tous avec : un concert porté par de jeunes Vitriots ; un village associatif pour mettre à l'honneur celles et ceux qui font vivre notre ville ; un temps d'échange avec Pierre Bell-Lloch pour parler de l'avenir de Vitry. (...) Venez nombreux partager ce moment convivial et engagé pour notre ville.”
La différence avec la soirée du 25 octobre ? Le logo en bas de l'affiche. D'ailleurs, là aussi, on a fait comprendre à des personnes identifiées comme des opposants politiques qu'elles n'étaient pas les bienvenues...

En décembre 2025, un début de polémique sur le montant des frais de mandat du maire de Vitry avait éclaté, pour lequel Pierre Bell Lloch avait plaidé un malentendu suite à un changement d'écriture comptable. On veut bien lui accorder le bénéfice du doute. Par contre, il gagnerait à communiquer de manière tout aussi transparente sur combien ont coûté tous ces événements visant à promouvoir son action et son équipe, alors que certains groupes d'opposition ont du mal des fois à réserver une salle de réunion ou doivent carrément affronter la police pour tenir un stand lors d'événements municipaux...
100 ans de centralisme démocratique à Vitry ont certes laissé des traces, mais on aimerait que l'équipe municipale, qui a pris le pouvoir en se revendiquant “du renouvellement, de la jeunesse, tournée vers l'avenir”, incarne véritablement ces idées. S'afficher avec des rappeurs, planter des arbres, c'est bien. Ne pas prendre les électeurs et électrices pour des pigeons, c'est encore mieux.

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22.02.2026 à 08:00

Takakia #5 - Glapissements joyeux pour la liberté sauvage

Nouveau numéro de la revue Takakia

Texte intégral (783 mots)

Nouveau numéro de la revue Takakia

takakia#5

TAKAKIA #5
Glapissements joyeux pour la liberté sauvage
(hiver-printemps 2026)

94 pages – prix libre (coût de fabrication 1,75 euros)
Tirage 1000 exemplaires

Pour toute commande : takakia@riseup.net
(Sur notre site, tu peux trouver notre clé PGP pour crypter les communications)
Des brochures de textes issus de la revue, ainsi que les anciens numéros peuvent être télécharger depuis notre site http://takakia.noblogs.org)

Merci aux troubadours itinérants, campements dans les sous-bois, locaux, brigantes forestières, bibliothèques, oiseaux-tempête, tables de presse, écureuils des villes et des campagnes, vagabondes ambulantes, infokiosques, bardes émeutiers et louves solitaires de votre acharnement à diffuser cette revue et de rendre possible cette petite aventure éditoriale. Aux autres : il n'est jamais trop tard pour rentrer dans la danse !

Et un… Tu veux nous envoyer quelques sous ? Ecris-nous sur takakia@riseup.net !
Et deux… A celleux qui nous soutiennent avec un abonnement : pensez à renouveller votre abonnement !
Et trois… Aux infokiosques, librairies et lieux : pensez à nous écrire pour préciser le nombre d'exemplaires que vous voulez recevoir !

Sommaire du #5

ARTICLES ET RECITS
A toute allure. Résister en temps de naufrage civilisationnel
Les sorcières et nous
Les clôtures de l'âme
Intelligence artificielle, centres de données et énergie
Les Russes ? Les conspirationnistes ? Les voleurs de cuivre ?
« Si nous nous battons ici, c'est uniquement par amour. » Entretien avec des anarchistes du Grand Nord en lutte contre l'industrialisation coloniale.
La guerrière nue
En parlant de nature. Trouver un langage qui affirme notre parenté avec le monde naturel
Une conversation avec Ted Kaczynski
Le temps ridé. La persistance des mondes passés sur Terre

RUBRIQUES
* Résistances
Normandie. Intrusion chez BASF
Dordogne. Contre la future mine d'Imerys
Oise. Vers un soulèvement de la Seine
Meuse. Résistance antinucléaire contre le projet Cigéo
Sápmi. Contre la mine de cuivre « qui éradiquera toute forme de vie »
Wallmapu. La résistance mapuche s'acharne
Les six bruits dans le Wallmapu sous occupation militaire
Lutter sous l'état de siège. Entretien avec Hector Llaitul de la CAM.

* Mauvaises herbes
Cueillette

* Aguérissement
Faire groupe

* Contes et chants
L'appel du sauvage
Romance pour l'océan
Ainsi nous leur faisons la guerre. Episode 4

* Dans la boîte aux lettres de Takakia
Bonnes résolutions

ANNEXE
La Gazette. Dépêches de la résistance férale.

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22.02.2026 à 08:00

Le Canard Enchaîné confirme notre enquête avec une autre vidéo : les fascistes ont bien organisé un guet-apens armé

Le déroulé des faits ayant conduit à la mort de Quentin Deranque se confirme : les médias ont menti, les autorités aussi

Publié par Contre Attaque :

https://contre-attaque.net/2026/02/17/le-canard-enchaine-confirme-notre-enquete-avec-une-autre-video-les-fascistes-ont-bien-organise-un-guet-apens-arme/

Texte intégral (2336 mots)

Le déroulé des faits ayant conduit à la mort de Quentin Deranque se confirme : les médias ont menti, les autorités aussi

Publié par Contre Attaque :

https://contre-attaque.net/2026/02/17/le-canard-enchaine-confirme-notre-enquete-avec-une-autre-video-les-fascistes-ont-bien-organise-un-guet-apens-arme/

TF1, l'AFP, L'Obs, France Info, Libération, Juan Branco, François Ruffin, Raphaël Glusckmann, Emmanuel Macron et tous les autres reprennent depuis 5 jours un narratif inventé par des néo-nazis pour criminaliser l'antifascisme et transformer les agresseurs en victimes. C'est un scandale d'État.

Hier, Contre Attaque dévoilait des images inédites prises à Lyon le 12 février, démontrant qu'un commando armé avait tendu une embuscade à un groupe de militants de gauche, provoquant une bagarre générale ayant conduit à la mort de Quentin Deranque.

https://contre-attaque.net/2026/02/16/revelations-de-nouvelles-images-et-un-temoignage-revelent-quune-embuscade-a-bien-ete-tendue-le-12-fevrier-par-des-fascistes-lyonnais/

Ce mardi, alors que tous les députés français rendaient hommage au militant d'extrême droite, Le Canard Enchaîné allait dans le même sens que notre enquête : les néo-nazis lyonnais étaient effectivement postés en amont du meeting de Rima Hassan et ont organisé une attaque contre les potentiels antifascistes qui passeraient par cette rue. Le Canard dévoile des images des faits qui ont eu lieu avant le début du meeting, à plusieurs centaines de mètres de Science Po. On y voit un groupe d'extrême droite avec une torche inflammable – qui est jetée vers les antifascistes dans le but de les brûler gravement, comme nous l'expliquait notre témoin – mais aussi de barres de fer et casques. Le Canard écrit : « Certains sont équipés de gants coqués. L'un d'eux frappe ses opposants à coups de casque de moto, un autre utilise une béquille, ainsi qu'une gazeuse. Un 3e se sert d'un parapluie ».

https://www.lecanardenchaine.fr/police-justice/53118-une-video-inedite-de-la-rixe-precedant-le-lynchage-du-militant-d-extreme-droite

En analysant précisément cette courte vidéo, on peut dénombrer 13 antifascistes qui sont chargés par 16 militants d'extrême droite. C'est donc le groupe de Quentin qui est en surnombre. Surtout, dans cet extrait de quelques secondes, le groupe néo-nazi est entièrement vêtu de noir, la plupart des visages masqués, utilisant une gazeuse et des bâtons, alors que le groupe qui riposte uniquement avec ses poings porte des tenues claires et colorées.

Ce détail n'est pas anodin : il démontre que c'est bien le groupe de Quentin Deranque qui était préparé au combat, alors que les antifascistes semblent avoir été pris par surprise. Ils n'ont aucun matériel défensif ou offensif, et leurs vêtements sont reconnaissables. Un groupe venu avec le projet de se battre ne se présenterait pas ainsi.

Un militant proche de Quentin Deranque jurait au média d'extrême droite Frontières qu'il a vu l'assistant parlementaire de Raphaël Arnault porter des coups : « On est 15 à l'avoir vu, sûrs à 100% ». Sans le faire exprès, il confirmait ainsi que sa bande était au moins composée de 15 personnes, et donc qu'elles ont abandonné leur ami. Cette bagarre initiée par l'extrême droite, comme il s'en produit régulièrement à Lyon, s'est mal terminée pour ceux qui l'ont organisée.

La « protection » de Némésis n'était pas l'objectif

Dans Médiapart, un autre témoignage corrobore aussi ce déroulé : « un étudiant engagé à gauche » qui allait à la conférence de Rima Hassan confirme que son groupe a emprunté le tunnel ferroviaire et serait alors tombé sur les militants identitaires qui leur auraient « sauté dessus ». « Il y avait beaucoup de désordre. Ils nous ont lancé une torche ou un fumigène qui est arrivé directement dans le visage d'un d'entre nous ». Tout se recoupe. Bien plus que les 15 versions contradictoires données par l'extrême droite depuis des jours.

https://www.mediapart.fr/journal/france/150226/mort-d-un-militant-d-extreme-droite-lyon-les-avancees-de-l-enquete-les-questions-sans-reponse

Il faut souligner une autre erreur : le groupe Némésis répète que Quentin et ses amis avaient été invités pour « protéger » les militantes. Cette version ne tient pas à l'épreuve des faits : pourquoi ce groupe de gros bras serait resté caché derrière un tunnel, à plusieurs centaines de mètres de la conférence et donc de l'action de Némésis ?

En réalité, le groupe de Quentin n'était pas le « Service d'ordre » de Némésis, mais une bande armée rodant non loin d'un meeting de gauche, à la recherche de potentielles proies. Il se coordonnait peut-être avec Némésis mais n'était pas là pour elles. Le Canard Enchaîné le confirme, décrivant sur ces images « un groupe d'énervés d'extrême droite qui semble attendre les autres à la sortie du pont ferroviaire ». C'est une pratique courante de la part des groupes fascistes, à Lyon comme ailleurs, qui consiste à attaquer par surprise des personnes ou des groupes isolés en marge d'événements militants. Pour quiconque s'intéresse à l'extrême droite et connaît la situation lyonnaise, c'est une évidence. Si la justice n'était pas aux ordres, elle poursuivrait l'entourage de Quentin pour violences en réunion avec armes, voire même tentatives d'homicides.

Quentin s'est relevé et a refusé des soins

L'extrême droite a donc perdu la bagarre, a abandonné trois de ses membres dans sa fuite, et Quentin a refusé les soins. Sur France Info, un voisin du défunt dit l'avoir vu se relever après avoir été frappé : « Il avait l'air un peu sonné, il était debout mais il refusait d'aller à l'hôpital, bien qu'on lui propose. J'ai juste vu les personnes qui parlaient avec lui, qui lui ont dit d'aller à l'hôpital… En tout cas, c'est ce qui est sûr, c'est qu'il a refusé ». Ce n'est que plus d'une heure et demie plus tard, dans un autre quartier, qu'il a été évacué dans un état grave. Pourquoi avoir refusé une prise en charge aux urgences ? Avait-il du matériel compromettant ? Voulait-il surjouer le rôle du combattant viril auprès de ses copains fascistes ? Ou était-il simplement trop sonné pour prendre la bonne décision ? Auquel cas, c'est l'absence de réaction de ses camarade qui est dramatique.

Une dissimulation de TF1

Samedi 14 février, TF1 a diffusé en prime time, lors de son Journal Télévisé, les images « choc » et décontextualisées qui ont ensuite été reprises partout. Présentées comme les vidéos d'un habitant, elles montraient « quinze individus avec des vestes noires ou claires, plusieurs encagoulés, frapper trois individus au sol », selon la chaîne.

Dès le lendemain, Libération interrogeait le même témoin, Maxime, qui expliquait qu'il avait filmé non pas une mais deux vidéos. Une première du début de l'altercation, une seconde de la fin, celle où les coups sont portés au sol. Ce témoin précisait que TF1 avait choisi de ne diffuser que la seconde, et pas celle « où on peut voir deux groupes se faire face ».

Ce choix éditorial est gravissime : il s'agit d'une tromperie délibérée de l'opinion. La rédaction de TF1 avait la preuve qu'il s'agissait d'un affrontement entre deux groupes, mais a présenté à la population un morceau de scène tronquée, faisant croire à une agression gratuite sur une personne isolée.

Il a fallu attendre notre enquête, d'autres témoignages et la vidéo du Canard Enchaîné pour démonter cette intox, mais le mal est fait. Nos médias pèsent peu en comparaison du JT de Martin Bouygues, milliardaire ami de Sarkozy. Et on le sait, l'esprit humain a tendance à retenir la première version qu'on lui donne, surtout si elle est choquante. Et il a plus de mal à la remettre en question par la suite, même avec des arguments solides.

La police a donné carte blanche à l'extrême droite

Médiapart écrit que « les renseignements territoriaux étaient avertis depuis plusieurs jours du projet de happening des fémonationalistes Némésis devant l'IEP. Pour autant, aucune présence policière visible n'a été déployée aux alentours du bâtiment, ne serait-ce que de manière dissuasive ». Au même moment, la police était mobilisée à Lyon 3 pour évacuer une action antimilitariste lors d'une conférence portant sur la guerre. Cela veut dire que les autorités ont décidé de laisser l'extrême droite agir en toute liberté, se promener avec des armes pendant que des agents s'en prenait à une action non-violente dans une fac.

Ce choix est révélateur de la situation lyonnaise, où les agressions fascistes ont lieu depuis 15 ans dans une impunité totale, mais aussi de l'état de notre pays, où l'on a pu voir la police protéger la marche néonazie parisienne du 10 mai dernier et interdire le rassemblement antifasciste.

Rien que la semaine dernière, le 7 février, un gros dispositif de gendarmes était déployé au milieu des champs dans la Meuse pour protéger un repaire de néonazis, la Taverne de Thor, et gazait le cortège contre l'extrême droite qui était pourtant familial et bon enfant.

https://contre-attaque.net/2026/02/10/antifascisme-rural-dans-la-meuse-500-personnes-defilent-contre-un-hangar-neo-nazi/

Les médias des milliardaires, l'extrême droitisation du pouvoir politique et la multiplication des milices fascistes dans les rues ne peuvent conduire qu'à de tels drames, qui en alimenteront d'autres. Dans une spirale infernale du pire, à moins qu'un sursaut n'ait lieu contre cet engrenage lugubre.

Voir aussi :

12 février à Lyon, une embuscade bel et bien tendue par les fascistes

Alors que le parquet joue pleinement le jeu de l'extrême-droite en ouvrant une enquête pour « homicide volontaire », « violences volontaires aggravées par trois circonstances aggravantes : avec arme, masqué et en réunion » et « association de malfaiteurs », de nouveaux éléments rapportés par Contre Attaque viennent bouleverser le récit médiatique en cours.

https://contre-attaque.net/2026/02/17/lassemblee-nationale-rend-hommage-a-un-neo-nazi/

https://contre-attaque.net/2026/02/18/les-titres-de-la-presse-auxquels-vous-avez-echappe/

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22.02.2026 à 08:00

Malfaiteurs de tous les pays, associez vous ! / une émission de Minuit Décousu

À l'occasion du procès à venir d'un camarade interpellé préventivement la veille du mouvement social du 10 septembre 2025, Minuit Décousu propose 1h de fanzine radiophonique sur l'anti-répression : les solidarités face à la police, la prison et la justice.

Texte intégral (510 mots)

À l'occasion du procès à venir d'un camarade interpellé préventivement la veille du mouvement social du 10 septembre 2025, Minuit Décousu propose 1h de fanzine radiophonique sur l'anti-répression : les solidarités face à la police, la prison et la justice.

Minuit Décousu, c'est un fanzine radiophonique nocturne sur Radio Canut (Lyon et alentours), Cause Commune (Paris/IDF), Radio Kipik (Arriège) et Radio Vassivière (Limousin). Cette semaine, à l'occasion du procès à venir d'un camarade interpellé préventivement la veille du mouvement social du 10 septembre, on propose 1h d'émission sur l'anti-répression : solidarités face à la police, la prison et la justice.

Dans cette émission, on peut entendre au micro Sébastien, animateur de Radio Canut et musicien syndiqué au SNAM-CGT, interpelé le 9 septembre 2025, la veille du départ d'un mouvement social national et accusé d'association de malfaiteurs. Il nous explique au micro les conditions de son arrestation, la fiction policière des renseignements territoriaux et comment il aborde son procès. On peut aussi entendre les camarades de la Caisse de solidarité contre la répression de Lyon, qui reviennent à notre micro sur les évolutions de la répression et les moyens de s'en protéger. Entre tout ça, on est allé à la pêche aux archives pour revenir sur la manière dont les militant.es du Comité d'Action des Prisonniers-Justice (CAP-J) portent la lutte dans les tribunaux entre la fin des années 1970 et le début des années 1980 avec la « défense libre ».

L'émission s'écoute sur notre audioblog, ici, et un peu partout en podcast. Bonne écoute !

Et parce que la Caisse de So' a toujours besoin de sous, hésitez pas à leur filer un peu d'aide sur leur page Hello Asso ! Et partout ailleurs, il existe plein d'autres caisses à aider, notamment celles du Réseau d'Autodéfense Juridique Collective !

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21.02.2026 à 08:00

[Radio] Santé alibi, santé participative

Dans cette émission de Vive la Sociale - FPP 106.3 FM - deux intervenant nous font part du regard critique qu'ils portent sur notre système de soins, à partir de deux positions différentes. Bonne écoute !

Lire la suite (414 mots)

Dans cette émission de Vive la Sociale - FPP 106.3 FM - deux intervenant nous font part du regard critique qu'ils portent sur notre système de soins, à partir de deux positions différentes. Bonne écoute !

Santé alibi, santé participative
Cette émission propose deux interventions portant un regard critique sur notre système de soins, à partir de deux positions différentes. Le Dr Louis Chauvelot exerce en hôpital, et son exposé intitulé « La santé comme alibi du progrès » (fait aux Rencontres 2025 de Technologos) cherche à montrer les limites, et en partie aussi les perversions, de pratiques médicales toujours plus dépendantes de l'outil technique. Suivent quelques minutes de débat.
Dans une deuxième partie (à 41'18), le Dr Didier Ménard, l'un des fondateurs du centre de santé communautaire Place Santé à Saint-Denis et auteur de Médecine de ville en péril (éd. Utopia, 2022), nous décrit la démarche qui a amené l'équipe soignante de ce centre à imaginer et mettre en oeuvre des pratiques de soins prenant en compte le cadre social dans lequel évoluent les patients et s'appuyant sur les solidarités locales. Ce qui permet de dépasser les limites de l'exercice solitaire de la médecine libérale.
Source : http://vivelasociale.org/images/emission-radio-vive-la-sociale/2026/26-01-08-vls-chouvelot-menard-2.mp3
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21.02.2026 à 08:00

Projection Débat sur les violences policières

Projection de Nous Sommes des Champs de Bataille organisée par l'UCL Paris Nord-est à l'EDMP (8 impasse Crozatier, Paris 12e) jeudi 26 février à 20h.

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Projection de Nous Sommes des Champs de Bataille organisée par l'UCL Paris Nord-est à l'EDMP (8 impasse Crozatier, Paris 12e) jeudi 26 février à 20h.

Le groupe local Paris Nord Est de l'Union Communiste Libertaire vous invite à une projection-débat autour du film Nous Sommes Des Champs de Bataille, du chercheur, essayiste et réalisateur Mathieu Rigouste. En s'infiltrant au cœur du salon Milipol, le salon mondial de la sécurité intérieur des États, et en donnant la parole à des personnes proches de personnes tuées par la police, le réalisateur cherche à mieux comprendre la machine de guerre et de contrôle qui écrase les peuples.
Suite à la mort de El Hacen Diarra le 14 Janvier au commissariat du 20e arrondissement, cette soirée sera l'occasion de discuter des violences policières et de la place prise par la police et le maintien de l'ordre dans nos sociétés.

Rendez-vous le Jeudi 26 Février à 19h30 à l'EDMP, 8 impasse Crozatier, Paris 12e ; projection à 20h00 suivie d'une discussion.

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 Persos A à L
Carmine
Mona CHOLLET
Anna COLIN-LEBEDEV
Julien DEVAUREIX
Cory DOCTOROW
Lionel DRICOT (PLOUM)
EDUC.POP.FR
Marc ENDEWELD
Michel GOYA
Hubert GUILLAUD
Gérard FILOCHE
Alain GRANDJEAN
Hacking-Social
Samuel HAYAT
Dana HILLIOT
François HOUSTE
Tagrawla INEQQIQI
Infiltrés (les)
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