12.08.2026 à 08:00
Compte rendu de la commission mandatée par la commission Bloquons Tout Paris du lundi 20 juillet 2026
Compte rendu de la commission mandatée par la commission Bloquons Tout Paris du lundi 20 juillet 2026
Règlement des prises de parole dans la commission BLOQUONS TOUT
Tu me laisses parler. Je t'ai écouté. Donc tu me laises parler. TU ME LAISSES PARLER . Je t'ai écouté. DONC TU ME LAISSES PARLER
(etc etc)
Motion concernant ce réglement de prise de paroles
Tu m'écoutes, je t'écoute et tu me laisses parler sont des phrases de domination permettant de cadrer et d'enfermer la problématique de la discussion dans un seul sujet, celui défini par celui qui a pris la parole et qui entend contrôler par tous les moyens la finalité de sa prise de parole.
L'écoute n'est pas le respect, le droit, le devoir et le mérite. L'écoute n'est pas retour sur investissement. Notre écoute n'est pas celle d'Emmanuel Macron, de Marine Le Pen, de Jean Luc Mélenchon, des représentants du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD), du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), du parlement, du directeur du personnel, de l'école et des associations.
L'écoute est l'expérimentation et le partage de nos souffrances qui deviendront peut-être des actes. Désormais nos réunions, l'éducation populaire, les coordinations, les ateliers de travail de réflexion, les congrès et nos manifestations deviendront des ripostes et du désordre proclamé comme désordre par les professionnels de l'écoute.
Notre écoute est fondée sur le désir, elle n'est pas fondée sur l'échange commercial et elle deviendra une énergie collective incontrôlable, puisque dénuée du sens unique, de la visibilité, du plan comptable et de l'ouverture aux autres.
Qui aurait pu prévoir que l'absence d'écoute suivie d'actes chers à Victor Hugo et d'autres humanistes à l'écoute deviendraient des drones et la destruction des chars et de la barrière de sécurité ?
Qui se souviendra des trois millions de manifestants défilant contre la réforme des retraites avec comme mot d'ordre parfaitement justifié le mot d'ordre de la lutte contre la réforme des retraites ?
Désormais, nous tournerons en rond devant les supermarchés le dimanche, le samedi ou le vendredi soir après 19 heures 41, sans porte-paroles, sans but, sans votre raison et sans votre encadrement destiné à encadrer vos crises de panique. La répétition est la subversion de leurs victoires et de leur ordre ordonné par l'écoute tolérante.
Merejkowsky
12.08.2026 à 08:00
Le mouvement « Zéro bébé à la rue » désigne une mobilisation citoyenne et associative (portée notamment par le Pôle de santé des Envierges et RESF à Paris) qui dénonce la présence de nourrissons et de jeunes enfants sans abri. Rendez-vous tous les premiers lundis du mois de 19 à 20h devant l'Hôtel de Ville de Paris
Le mouvement « Zéro bébé à la rue » désigne une mobilisation citoyenne et associative (portée notamment par le Pôle de santé des Envierges et RESF à Paris) qui dénonce la présence de nourrissons et de jeunes enfants sans abri. Rendez-vous tous les premiers lundis du mois de 19 à 20h devant l'Hôtel de Ville de Paris
L'action « zéro bébé à la rue » continue tous les premiers lundis du mois.
Nous étions lundi 3 août devant l'hôtel de ville de Paris au niveau du 31 rue de Rivoli entre 19h et 20h pour notre rassemblement mensuel,
Pour dire NON à l'inacceptable.
Pour dire notre indignation devant la suppression de 1 200 nuitées hôtelières qui accentuent les remises à la rue :
Pour dire notre soutien à la grève des travailleur.euses du 115 de Paris.
Pour dire notre solidarité avec Utopia et les familles qui sont depuis plus de 10 jours sur le parvis du Samu Social, 15 rue Jean Baptiste Berlier Paris 13e près du tramway avenue de France.
Parce que la précarité de nos plus jeunes est un danger pour leur santé physique et mentale actuelle et à venir,
Parce qu'il n'est pas admissible, tolérable qu'en 2026, des femmes enceintes, des bébés et des enfants dorment dans la rue en France,
Parce que des solutions sont possibles comme nous l'avons constaté pendant la crise sanitaire du Covid (tous les sans-abris ont pu être mis à l'abri),
depuis deux ans, « Zéro Bébé à la Rue » manifeste les premiers lundis de chaque mois de 19h à 20h devant l'Hôtel de Ville de Paris (31 rue de Rivoli).
Dans Paris et en Île-de-France, faute de logements ou de places d'hébergements, de nombreuses personnes dorment dans les rues, dans les parcs, dans les écoles, dans les gares et dans les salles d'attente des hôpitaux.
Le 19 août 2024, 2043 enfants dorment à la rue (dont 467 âgés de moins de 3 ans), en cette veille de rentrée scolaire. Ces chiffres sont sous-évalués puisqu'ils ne concernent que les familles qui ont appelé le 115 (Baromètre Enfants à la Rue, UNICEF et Fédération des Acteurs de la Solidarité, août 2024).
Ce qui était impensable il n'y a pas si longtemps, est devenu une réalité insupportable : des femmes enceintes, des bébés, des enfants ne sont pas protégés et dorment dehors.
Bien que des dispositifs de mise à l'abri existent, ils sont insuffisants.
Notre collectif « Zéro Bébé à la Rue » a décidé de mettre en place une action de protestation, de mobilisation citoyenne, qui sera caractérisée par sa répétition mensuelle. Cette action se poursuivra jusqu'à ce que ce problème prioritaire de santé publique soit réglé. le gouvernement s'est engagé, à l'automne 2022, à ne plus avoir aucun enfant à la rue. Nous demandons que cet engagement soit respecté.
Nous sommes un groupe de soignantes, de parents et d'enseignants, regroupés depuis plusieurs années dans le collectif RESF Titon-Souzy-Pilâtre, Paris 11e.
Révoltés par ce que nous voyons, nous avons interpelé le Pôle de Santé des Envierges, qui a décidé de porter l'action.
Le Pôle de Santé des Envierges est une association de soignants du 20e arrondissement, dont l'objectif est le travail en équipe, l'accès aux soins et la diminution des inégalités sociales de santé.
Nous étions lundi 3 août devant l'hôtel de ville de Paris au niveau du 31 rue de Rivoli entre 19h et 20h pour notre rassemblement mensuel,
Pour dire NON à l'inacceptable.
Pour dire notre indignation devant la suppression de 1 200 nuitées hôtelières qui accentuent les remises à la rue :
Pour dire notre soutien à la grève des travailleur.euses du 115 de Paris.
Pour dire notre solidarité avec Utopia et les familles qui sont depuis plus de 10 jours sur le parvis du Samu Social, 15 rue Jean Baptiste Berlier Paris 13e près du tramway avenue de France.
Karine Brochet
Mady Denantes
Pole de santé des Envierges
RESF Titon Souzy Pilatre
12.08.2026 à 08:00
Appel unitaire pour une grande marche contre la loi instaurant la présomption de légitime défense pour les policiers. Rendez-vous le 19 septembre
Appel unitaire pour une grande marche contre la loi instaurant la présomption de légitime défense pour les policiers. Rendez-vous le 19 septembre

SAVE, avec le Comité Justice pour Adama, uni aux familles de victimes de violences et de crimes policiers, syndicats de la justice, associations de défense des droits humains et organisations syndicales, appelle à une grande marche nationale unitaire le 19 septembre 2026 contre la loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre.
Derrière son jargon juridique, cette loi n'est rien d'autre qu'un permis de tuer en toute impunité.
Elle légitime une violence qui cible d'abord des vies considérées comme sacrifiables.
Mais une loi qui autorise la police à tirer sans rendre de comptes ne s'arrête jamais à sa première cible. Aujourd'hui les quartiers populaires, demain les manifestant-es, les grévistes et toutes celles et ceux qui défendent leurs droits et leurs libertés.
Tant que son parcours législatif n'est pas achevé, nous pouvons encore l'arrêter. Le 19 septembre, partout en France, unissons-nous et faisons de cette journée une mobilisation massive.
C'est maintenant qu'il faut agir.

11.08.2026 à 08:00
La quatrième Assemblée Anticarcérale Paname & Environs aura lieu le dimanche 30 Août au DOC (26 Rue du Docteur Potain à Paris). Le lieu sera ouvert dès 14h pour s'installer, écrire ensemble des lettres à des prisonnier·es ou parcourir l'infokiosque, et l'assemblée même commencera à 14h30. On conseille d'essayer autant que possible de venir sans téléphone (ou au pire, de l'éteindre en avance) pour réduire la surveillance que l'on s'impose à travers l'omniprésence des mouchards technologiques dans nos milieux. Il y aura aussi un coin et des activités pour les enfants, pour permettre aux personnes qui ont des enfants de pouvoir participer à l'assemblée.
La quatrième Assemblée Anticarcérale Paname & Environs aura lieu le dimanche 30 Août au DOC (26 Rue du Docteur Potain à Paris). Le lieu sera ouvert dès 14h pour s'installer, écrire ensemble des lettres à des prisonnier·es ou parcourir l'infokiosque, et l'assemblée même commencera à 14h30. On conseille d'essayer autant que possible de venir sans téléphone (ou au pire, de l'éteindre en avance) pour réduire la surveillance que l'on s'impose à travers l'omniprésence des mouchards technologiques dans nos milieux. Il y aura aussi un coin et des activités pour les enfants, pour permettre aux personnes qui ont des enfants de pouvoir participer à l'assemblée.

L'assemblée anti carcérale paris & environs a pour vocation d'être un espace d'organisation ouvert se réunissant mensuellement afin d'agir collectivement en solidarité avec les mouvements des prisonnier.es et tisser des liens avec les prisonnier.es et leurs proches sans passer par des cadres partisans ou syndicaux.
Lors des dernières grosses révoltes qui ont eu lieu, la réalité sociale de la répression nous a laissé-es face à un constat amer : nous sommes bien loin d'avoir les outils nécessaires pour réagir correctement face à l'appareil d'État, ainsi qu'amplifier la voix des prisonnier·ères et de celleux qui font les frais du système carcéral.
Pourtant, les mouvements ne manquent pas d'inventivité pour s'opposer de front aux prisons, que ce soit par des actions telles que l'attaque de la prison de Fresnes lors des révoltes de 2023, les attaques répétées de comicos dans cette même révolte comme lors des gilets jaunes, ou encore les attaques et intimidations de matons à domicile comme lors de DDPF.
Nous voulons nous en inspirer pour pousser nos luttes anti-carcérales plus loin, à la fois pour dépasser nos milieux anarchistes et adopter une position qui ne soit pas simplement défensive, en simple réaction à la répression.
La prison est — et sera toujours — l'un des symbole les plus éloquents de la puissance de l'État, de sa capacité à réprimer, enfermer et isoler l'ensemble des individu·es qui menacent son existence. La prison est au centre même de l'appareil colonial qui constitue l'État français : elle sert à mater et punir les révoltes des colonies comme récemment en Kanaky, Guadeloupe ou Martinique, à intensifier le tri aux frontières comme à Mayotte, et à tracer des frontières intérieures en incarcérant massivement les populations racisées, colonisées et les plus pauvres.
Attaquer les lieux d'incarcération - par les mots, la solidarité, le feu ou la bombe - c'est alors s'attaquer à ses outils privilégiés.
Rompre l'isolement des/avec les détenu·es est alors devenu rapidement pour les mouvements anticarcéraux un moyen d'affaiblir l'appareil carcéral et l'État colonial. En exposant la voix des personnes enfermé·es, on se donne le moyen de penser « la prison » (son fonctionnement, ses outils, etc.), mais aussi de la rendre moins « extérieure à nos vies ». Des surgissements tels que DDPF ou les révoltes pour Nahel parviennent à la remettre au centre de l'attention en s'y attaquant ouvertement, créant des fissures dans lesquelles nous désirons nous engouffrer pour mettre fin à la trop commune realité de l'incarcération et des assassinats policiers.
Une des prouesse des États dits « démocratiques », est d'avoir réussi à faire de la notion d'enfermement un impensé pour toute une partie de la population. Une situation si lointaine que l'on ne prend même pas la peine de l'envisager, alors que c'est pourtant le quotidien de beaucoup de personnes...
Cette nécessité de destruction est d'autant plus présente dans une région parisienne qui concentre à elle seule une densité collossale d'institutions d'enfermements : que ce soit les taules, tribunaux, comicos, ou prisons pour sans-papiers, mineur-es, enfants, fols, tox, handi-es, animaux non-humains...
Pour nous, s'organiser signifie construire des nouvelles formes de lutte, de solidarité et de décision, par notre capacité collective à rompre avec l'ordre existant, à expérimenter, à créer, à inventer...
Depuis le début du 20e siècle, les Anarchist Black Cross (ABC) et leurs réseaux ont cet avantage de se présenter sous une forme autonome et souple, fondée sur un internationalisme radicalement anti-carcéral, d'où notre envie de nous réaproprier cette forme et de s'inscrire dans un réseau pour abattre les prisons proches de chez nous comme à l'autre bout du monde, pour l'insurrection ailleurs comme ici. Loin de voir cette modalité comme une structure rigide et fermée, nous souhaitons, à partir du modèle des ABC, créer un espace de discussion et d'échange, une assemblée libre où chacun·e pourrait partager et expérimenter, tout en s'inspirant des actions déjà existantes : lettres, cantines, parloirs, traductions, évènements...
Nik la taule et mort aux matons !
11.08.2026 à 08:00
Tails a réparé une faille de sécurité critique du noyau Linux. Cette faille permettait à un site internet de désanonymiser un·e utilisateur·ice utilisant Tails. Il est donc urgent de mettre à jour sa version de Tails à 7.10.1 avant toute utilisation de cette distribution Linux réputée pour son haut niveau de sécurité et d'anonymat.
La faille permettait au navigateur Tor Browser de gagner les droits admin sur le système, et permettait ainsi à un attaquant de prendre le contrôle total du système d'exploitation et de désanonymiser son utilisateur·ice.
La faille était dans le noyau de Linux depuis mai 2020, cela fait donc 6 ans que ce type d'attaque élaborée est techniquement possible. La version 7.10.1 bouche une autre faille de sécurité. Voir le changelog détaillé sur le blog de Tails.
Tails a réparé une faille de sécurité critique du noyau Linux. Cette faille permettait à un site internet de désanonymiser un·e utilisateur·ice utilisant Tails. Il est donc urgent de mettre à jour sa version de Tails à 7.10.1 avant toute utilisation de cette distribution Linux réputée pour son haut niveau de sécurité et d'anonymat.
La faille permettait au navigateur Tor Browser de gagner les droits admin sur le système, et permettait ainsi à un attaquant de prendre le contrôle total du système d'exploitation et de désanonymiser son utilisateur·ice.
La faille était dans le noyau de Linux depuis mai 2020, cela fait donc 6 ans que ce type d'attaque élaborée est techniquement possible. La version 7.10.1 bouche une autre faille de sécurité. Voir le changelog détaillé sur le blog de Tails.
09.08.2026 à 08:00
Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur le « fémonationalisme » en France favorisé par le réseau Atlas via notamment l'Institut de Formation Politique (IFP). Les médias du groupe Bolloré et du milliardaire Pierre-Édouard Stérin jouent aussi un rôle majeur dans cette normalisation de l'extrême-droite se drapant sous un manteau féministe.
Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur le « fémonationalisme » en France favorisé par le réseau Atlas via notamment l'Institut de Formation Politique (IFP). Les médias du groupe Bolloré et du milliardaire Pierre-Édouard Stérin jouent aussi un rôle majeur dans cette normalisation de l'extrême-droite se drapant sous un manteau féministe.
Le réseau Atlas et le projet Périclès du milliardaire Pierre-Édouard Stérin participent à l'édification du « fémonationalisme ». En payant une structure comme l'Institut de Formation Politique (IFP) où ont notamment été formées la présidente du collectif Némésis Alice Cordier et la vidéaste Thaïs d'Escufon, ils donnent une assise financière et des réseaux d'influence à des courants nationalistes pouvant aussi se revendiquer féministes. D'autres initiatives voient également le jour dans les médias et le champ littéraire pour « armer » intellectuellement une idéologie fondamentalement inégalitaire.
Le réseau Atlas créé en 1981 par Anthony Fisher est un réseau « libertarien » et ultraconservateur finançant à travers le monde des structures visant à défendre l'économie de marché et à limiter l'État au simple accomplissement de ses fonctions « régaliennes » à savoir la police, la « justice », et l'armée. Ses fonds composés de contributions issues de sociétés comme Philip Morris, Pfizer, ExxonMobil ou Michelin financent en France de nombreuses initiatives dites d'extrême-droite, qu'elles se revendiquent du nationalisme, du souverainisme ou du libéralisme.
La chercheuse Magali Della Sudda affirme dans son livre « Les nouvelles femmes de droite » publié en 2022 aux éditions Hors d'atteinte que La Manif Pour Tous (LMPT) active officiellement à partir du 17 novembre 2012 relève avant tout d'une rencontre des droites autour des questions de genre et de la défense de la famille hétérosexuelle [6]. Le collectif Némésis serait donc le fruit des convergences créées par LMPT facilitées par l'acquisition en 2014-2015 de Canal + et ses filiales par le groupe Bolloré. La présidente de Némésis Alice Cordier se voit ainsi invitée régulièrement en 2021 dans l'émission « Touche Pas à Mon Poste (TPMP) » animée par Cyril Hanouna sur la chaîne de télévision C8 [7].
Le financement de Némésis demeure lui assez flou : égérie durant plusieurs années de la marque de nutrition sportive Prozis, Alice Cordier semble développer son collectif grâce au placement de produits et aux vues réalisées sur les réseaux sociaux [8].
Depuis le discours d'Emmanuel Macron le 16 janvier 2024 sur le « réarmement démographique » plusieurs livres savamment médiatisés sont sortis : « La terreur jusque sous nos draps : sauver l'amour des nouvelles morales » de Noémie Halioua aux éditions Plon, « L'effacement des mères, du féminisme à la haine de la maternité » d'Ève Vaguerlant aux éditions de l'Artilleur, « L'Enfant est l'avenir de l'homme : la réponse d'une mère au mouvement « No kids » » d'Aziliz Le Corre aux éditions Albin Michel et « Yes kids : La colère d'une mère face aux nouveaux diktats de la famille » de Gabrielle Cluzel aux éditions Fayard (propriétés de Bolloré). Chacune de ces autrices présente un profil sur lequel il est nécessaire de s'attarder quelques instants.
Toutes ces autrices cherchent manifestement à embrayer sur le discours de Macron du 16 janvier 2024 et les « mesures » annoncées par sa « ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations » Aurore Bergé.
Dans le même style, le média « Lou » né en avril 2023 dans la lignée du site « neo.tv » affirme promouvoir les « femmes fortes », les « mères inspirantes » et cible « une femme de 35 ans, active professionnellement et mère de deux enfants » selon sa rédactrice en chef Clémence Majani [9]. Lancé en novembre 2020, neo.tv bénéficie depuis 2022 d'un financement de Pierre-Édouard Stérin. Il compte parmi ses cofondateurs Stéphane Simon dirigeant de la société Open Media Factory ayant d'après les journalistes Rozenn Le Carboulec et Camille Regache réalisé plusieurs vidéos pour la campagne présidentielle de Marine Le Pen de 2022 [10].
« L'Institut Iliade pour la Longue Mémoire Européenne » né en 2014 à l'initiative d'anciens membres du « Groupement de Recherche et d'Études pour la Civilisation Européenne (GRECE) » et du « Carrefour de l'Horloge (ex-Club de l'Horloge) » cherche pareillement à faire émerger des figures médiatiques pour porter en avant des thèmes comme la maternité, la naissance et l'éducation des enfants. C'est le cas par exemple de Floriane Jeannin, auditrice de la promotion Patrick Pearse de l'Institut Iliade et présentatrice de l'émission « Les femmes et les enfants d'abord » sur la chaîne de télévision en ligne « TVLibertés ».
C'est également le cas d'Anne Trewby, cofondatrice du mouvement « Antigones » et formatrice à l'institut Iliade pour le module « Guerre des sexes : repenser la complémentarité entre l'homme et la femme ». Ses deux livres « Femmes, réveillez vous ! Pour en finir avec les mensonges du féminisme » et « Le Néo-féminisme à l'assaut d'Internet » sont ainsi publiés aux éditions de La Nouvelle Librairie fondées en août 2019 par le rédacteur en chef de la revue « Éléments pour la civilisation européenne » François Bousquet.
Le groupe Bolloré et Pierre-Édouard Stérin demeurent aujourd'hui des piliers de l'extrême-droite française. Milliardaires, catholiques et identitaires, ils font désormais marcher à plein leurs médias, observatoires, instituts de sondage et autres outils de propagande.
L'avortement représente à ce sujet pour eux une crainte majeure. Dans un pays qui pour eux décline démographiquement, pas question que la famille hétérosexuelle soit mise à mal par une honteuse propagande anti-conceptionnelle !
Les chaînes de Bolloré se sont elles déjà mobilisées. Juste avant de cesser d'émettre le 1er mars 2025, C8 a repassé par surprise un film qu'elle avait déjà diffusé le 16 août 2021 : il s'agit du film américain « Unplanned » produit en 2019 par la compagnie « Soli Deo Gloria » et distribué par la maison de production évangélique Pinnacle Peak Pictures (anciennement Pure Flix).
Le 25 février 2024, sa cousine CNews s'était illustrée durant l'émission « En quête d'esprit » présentée chaque dimanche par Aymeric Pourbaix débauché de l'hebdomadaire « France Catholique » acheté par Bolloré en 2018. Trois jours avant le vote du Sénat pour la constitutionnalisation de l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), Aymeric Pourbaix explique à ses téléspectateur-ice-s que l'avortement représente la première cause de mortalité dans le monde avec « 73 millions de décès par an » devant le cancer (10 millions de décès) et le tabac (6 millions de décès).
Sanctionnée d'une amende de 100 000 euros par l'Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique (ARCOM), la chaîne s'est par la suite confondue en excuses par la voix de ses « journalistes » vedettes comme Laurence Ferrari, Sonia Mabrouk et Christine Kelly. Cette charge n'est pourtant que celle d'une longue série d'assauts idéologiques engagée par Bolloré sur la Télévision Numérique Terrestre (TNT) depuis la création de C8 en 2005 sous le nom de « Direct 8 ».
L'émission « En quête d'esprit » en est d'ailleurs l'un des symptômes les plus criants. Ce fameux 24 février était par exemple présente en plateau Lucie Pacherie juriste de la Fondation Jérôme Lejeune, fer de lance de la lutte anti-IVG depuis sa création le 25 mars 1995 et reconnue d'utilité publique le 21 mars 1996.
L'émission « En quête d'esprit » a elle démarré le 5 juillet 2020 succédant ainsi à un autre programme religieux de Bolloré, l'émission « Dieu merci ! » diffusée sur C8 de 2005 à 2012. Aymeric Pourbaix y est assisté de Véronique Jacquier, elle aussi venue de « France Catholique » et chroniqueuse en même temps dans « L'heure des pros » animée par Pascal Praud sur CNews.
Le « fémonationalisme » participe donc d'une machine de guerre plus globale visant en fait à détruire des revendications féministes telles que le droit à l'avortement derrière des impératifs de natalité, de perpétuation de la « famille française », de la « souche » ou de la « civilisation » européenne. La mise en avant d'une féminité épanouie par le biais de la maternité et de l'hétérosexualité en est sûrement l'image la plus parlante.
Le ciblage des femmes étrangères vise ainsi à les dénoncer comme des rivales dans un hypothétique accès aux droits et celui des hommes étrangers comme des coupables systématiques du patriarcat qui d'ailleurs pour Anne Trewby n'existe pas. Sa « grille de lecture » fondée sur « l'unité d'un corps national compris comme fondé sur la cellule de base qu'est la famille (et donc le couple) » semble bien résumer les raisons de l'existence aujourd'hui du « fémonationalisme » [11].
L'équipe de l'émission « Médias et antifascisme » tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur Radio Libertaire
[1] « De débuts timides à la professionnalisation du réseau », Le réseau Atlas, la France et l'extrême-droitisation des esprits. La machine de guerre idéologique d'une nouvelle extrême-droite, libertarienne et ultraconservatrice, Observatoire des multinationales (ODM), 22 mai 2024 : https://multinationales.org/fr/enquetes/le-reseau-atlas-lafrance-
et-l-extreme-droitisation-des-esprits/.
[2] « L'Institut de formation politique, vivier des droites radicales et de leur union », ODM, 12 juin 2024 : https://multinationales.org/fr/enquetes/le-reseau-atlas-la-france-et-l-extreme-droitisation-des-esprits/l-institut-de-formation-politique-vivier-des-droites-radicales-et-de-leur-union.
[4] Ibid.
[6] « La réactivation des clivages politiques par le genre : un enjeu clivant dans l'espace politique », Les nouvelles femmes de droite, éditions Hors d'atteinte (2022), page 60.
[7] « Des professionnelles de l'activisme culturel », Ibid, page 155.
[8] « Islamophobie et féminisme identitaire », Prozis, la marque de nutrition sportive préférée des fafs, Daphné Deschamps et Arthur Weil-Rabaud : https://www.streetpress.com/sujet/1704281732-prozis-marque-nutrition-sportive-sponsor-faf-neonazis-influenceurs-mila-pierrot.
[9] "C. MAJANI (Lou) : « Nous touchons 10 millions de Français chaque mois »", Prescilia Sitbon, Média+ : https://www.lemediaplus.com/c-majani-lou-nous-touchons-100-millions-de-francais-chaque-mois.
[10] "« Un producteur qui « fricote avec l'extrême droite »", Derrière "Lou Media" et "neo.tv", une nébuleuse très (très) droitière, Rozenn Le Carboulec et Camille Regache, Arrêt sur images : https://www.arretsurimages.net/articles/derriere-lou-media-et-neo-tv-une-nebuleuse-tres-tres-droitiere.
[11] "« Le patriarcat n'existe pas ». Anne Trewby revient sur la construction d'un mythe [Interview]", Breizh-Info, propos recueillis par Audrey D'Aguanno le 19 avril 2024 : https://www.breizh-info.com/2024/02/19/229391/le-patriarcat-nexiste-pas-anne-trewby-revient-sur-la-construction-dun-mythe-interview/?fbclid=IwAR3SWGpaIAE8kOIg6VtAB8qKNNvSLB3V1deFa01GObbmVW8dl3_-hb2WlG8.
Vous pouvez nous retrouver tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur la station Radio Libertaire (89.4 FM en Île-de-France et anarchiste.info/radio/libertaire). Vous pouvez nous suggérer des thèmes à traiter, passer à l'antenne voire coanimer en nous écrivant à l'adresse mail mediasetantifascisme@protonmail.com, via nos comptes Facebook et Bluesky Médias et antifascisme – Radio Libertaire 89.4 FM en IDF, Instagram « medias_et_antifascisme_rl », Mastodon sur serveur « todon.eu » via @medias_et_antifascisme_rl_idf ou par courrier à l'adresse de la librairie du Monde Libertaire – Publico 145 rue Amelot 75011 Paris.
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Rubrique «À LIRE AILLEURS»