15.04.2026 à 13:12
Né en 1932, François Maspero fut éditeur, libraire, traducteur et écrivain. Il est décédé le 11 avril 2015, à l'âge de 83 ans. Son engagement politique comme libraire et éditeur a permis à des générations de lecteurs d'avoir accès à des textes essentiels de la pensée politique.
Né en 1932, François Maspero fut éditeur, libraire, traducteur et écrivain. Il est décédé le 11 avril 2015, à l'âge de 83 ans. Son engagement politique comme libraire et éditeur a permis à des générations de lecteurs d'avoir accès à des textes essentiels de la pensée politique.

Son enfance est marquée par la Résistance au nazisme. Ses parents sont déportés en camp de concentration, son père à Buchenwald, sa mère à Ravensbrück. Seule sa mère survit. Son frère est assassiné par les nazis.

Maspéro publie en 2002 un récit autobiographique "Les abeilles et la guêpe", où il revient sur le nazisme et la déportation de ses parents, mais aussi sur les luttes passées et sur engagement politique.
En 1955, il ouvre une première librairie L'Escalier, puis en 1957, il reprend « une boutique à l'abandon, qui sentait le pipi de chat », rue Monsieur-Le-Prince, comme le rappelle Le Monde.
En 1970, le réalisateur Chris Marker a filmé François Maspéro, dans un portrait documentaire "Les mots ont un sens. On vous parle de Paris" où Maspero évoque son travail de libraire et la Révolution.
Dans le petit bureau du sous-sol, que l'apprenti libraire s'improvise éditeur, s'aidant des conseils de son ami Guy Lévis Mano, poète, éditeur et imprimeur lui-même.
De l'été 1959 jusqu'à la fin de l'année 1960, François Maspero « officie pratiquement seul (…), corrigeant, composant les livres et créant jusqu'aux couvertures », raconte l'historien Julien Hage, dans le très bel ouvrage, Maspero et les paysages humains (La Fosse aux ours-A plus d'un titre, 2009) qui lui a été consacré.
Le rôle de la collection de poche La Petite Collection Maspero (PCM) a été primordial dans la formation intellectuelle et politique des années 1970. La Petite collection Maspero est une collection d'ouvrages de dimensions « poche » (11 cm x 18 cm) éditée par les Éditions Maspero entre 1967 et 1982.
Pour retrouver l'intégralité de sa collection, on peut se rendre sur ce site. Quelques titres importants : Frantz FANON, Les damnés de la terre, Paul NIZAN, Les chiens de garde, Victor SERGE, Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression ou HOBSBAWM, Les bandits.

Il publie en 1970 "Les prisonniers politiques parlent", témoignages de prisonniers qui ont connu la prison, avec les lois répressives de Marcellin, après 1968.. La librairie Maspero, c'est la librairie où tous les post-soixante-huitards se vantaient d'aller voler... Mais la librairie ferme en 1975.
(suite de l'article du Monde)
Pourquoi devenir éditeur et publier des livres ? A cause des guerres, bien sûr. Ou, plus précisément, « du caractère insoutenable des guerres coloniales » – en Indochine d'abord, à Madagascar, puis en Afrique du Nord, indique Maspero, dans un entretien accordé, en 1990, à Miguel Benasayag. A cause, aussi, ajoute-t-il, de la « désillusion face au communisme soviétique ».
Les éditions Maspéro sont reprises dans les années 1980 par La Découverte.

En 1989, il fait avec la photographe Anaïk Frantz un « voyage au long cours » sur la ligne B du RER parisien, Les Passagers du Roissy-Express.
En 1995, Balkans-transit, en compagnie du photographe Klavdij Sluban, résume cinq ans de voyages entre la Mer Adriatique et la Mer Noire.

15.04.2026 à 08:00
En novembre 1966, des jeunes s'emparent des locaux et du matériel de l'UNEF pour imprimer, au nom de l'Association Fédérative Générale des Etudiants de Strasbourg, une brochure anonyme de 47 pages intitulée « De la misère en milieu étudiant, considérée sous ses aspects économiques, politiques, psychologiques, sexuels et notamment intellectuels, et de quelques moyens pour y remédier ». En voilà des extraits avec une introduction de Mustapha Khayati qui s'exprime sur la rééedition du texte.
En novembre 1966, des jeunes s'emparent des locaux et du matériel de l'UNEF pour imprimer, au nom de l'Association Fédérative Générale des Etudiants de Strasbourg, une brochure anonyme de 47 pages intitulée « De la misère en milieu étudiant, considérée sous ses aspects économiques, politiques, psychologiques, sexuels et notamment intellectuels, et de quelques moyens pour y remédier ». En voilà des extraits avec une introduction de Mustapha Khayati qui s'exprime sur la rééedition du texte.
Si je m'oppose à la réédition de La Misère en milieu étudiant par Champ Libre ou n'importe quel autre éditeur, c'est parce que je crois que ce pamphlet qui avait toute sa valeur révolutionnaire en 1966, n'a aujourd'hui pour l'éditeur patenté de la théorie radicale que toute sa valeur marchande.
Je communique à ceux qu'intéresse l'histoire futile des auto-parodies révolutionnaires le dossier qui permet de suivre les interventions pour et contre cette dérisoire opération, en réaffirmant que ce texte a été conçu pour l'édition sauvage et la diffusion gratuite, qu'il appartient toujours à ceux qui ont su et qui sauront en faire l'usage adéquat, et jamais à un quelconque roquet de la récupération, eût-il apposé mille copyrights sur des écrits qui - de son propre aveu - appartiennent à l'Histoire.
MUSTAPHA KHAYATI

Extraits :
« Nous pouvons affirmer, sans grand risque de nous tromper, que l'étudiant en France est, après le policier et le prêtre, l'être le plus universellement méprisé. »
« On dit tout de cette société, sauf ce qu'elle est effectivement : marchande et spectaculaire. »
« Mais la misère réelle de la vie quotidienne étudiante trouve sa compensation immédiate, fantastique, dans son principal opium : la marchandise culturelle. »
« Le principe de la production marchande, c'est la perte de soi dans la création chaotique et inconsciente d'un monde qui échappe totalement à ses créateurs. Le noyau radicalement révolutionnaire de l'autogestion généralisée, c'est, au contraire, la direction consciente par tous de l'ensemble de la vie. L'autogestion de l'aliénation marchande ne ferait de tous les hommes que les programmateurs de leur propre survie : c'est la quadrature du cercle. La tâche des Conseils Ouvriers ne sera donc pas l'autogestion du monde existant, mais sa transformation qualitative ininterrompue : le dépassement concret de la marchandise (en tant que gigantesque détour de la production de l'homme par lui-même).
Ce dépassement implique naturellement la suppression du travail et son remplacement par un nouveau type d'activité libre, donc l'abolition d'une des scissions fondamentales de la société moderne, entre un travail de plus en plus réifié et des loisirs consommés passivement. »« C'est que le problème de la révolution est historiquement posé à l'humanité. L'accumulation de plus en plus grandiose des moyens matériels et techniques n'a d'égale que l'insatisfaction de plus en plus profonde de tous. La bourgeoisie et son héritière à l'Est, la bureaucratie, ne peuvent avoir le mode d'emploi de ce sur-développement qui sera la base de la poésie de l'avenir, justement parce qu'elles travaillent, toutes les deux, au maintien d'un ordre ancien. Elles ont tout au plus le secret de son usage policier. Elles ne font qu'accumuler le Capital et donc le prolétariat ; est prolétaire celui qui n'a aucun pouvoir sur l'emploi de sa vie, et qui le sait. La chance historique du nouveau prolétariat est d'être le seul héritier conséquent de la richesse sans valeur du monde bourgeois, à transformer et à dépasser dans le sens de l'homme total poursuivant l'appropriation totale de la nature et de sa propre nature. Cette réalisation de la nature de l'homme ne peut avoir de sens que par la satisfaction sans bornes et la multiplication infinie des désirs réels que le spectacle refoule dans les zones lointaines de l'inconscient révolutionnaire, et qu'il n'est capable de réaliser que fantastiquement dans le délire onirique de sa publicité. C'est que la réalisation effective des désirs réels, c'est-à-dire l'abolition de tous les pseudo-besoins et désirs que le système crée quotidiennement pour perpétuer son pouvoir, ne peut se faire sans la suppression du spectacle marchand et son dépassement positif. »
« Les révolutions prolétariennes seront des fêtes ou ne seront pas, car la vie qu'elles annoncent sera elle-même créée sous le signe de la fête. Le jeu est la rationalité ultime de cette fête, vivre sans temps mort et jouir sans entraves sont les seules règles qu'il pourra reconnaître. »
Consulter entièrement l'ouvrage sur infokiosques.net et avec des compléments de réflexions dans larevuedesressources.org.
14.04.2026 à 13:12
En avril 1947 démarrait à l'usine Renault de Boulogne-Billancourt une grève historique qui allait conduire à l'expulsion des ministres communistes du gouvernement. Le PCF et la CGT, alors en pleine fièvre patriotique, combattirent cette grève jusqu'à ce qu'ils ne puissent faire autrement que de l'accompagner. Le mouvement a démarré sous l'impulsion des groupes d'extrême gauche actifs à Renault. Article initialement paru sur Alternative Libertaire.
En avril 1947 démarrait à l'usine Renault de Boulogne-Billancourt une grève historique qui allait conduire à l'expulsion des ministres communistes du gouvernement. Le PCF et la CGT, alors en pleine fièvre patriotique, combattirent cette grève jusqu'à ce qu'ils ne puissent faire autrement que de l'accompagner. Le mouvement a démarré sous l'impulsion des groupes d'extrême gauche actifs à Renault. Article initialement paru sur Alternative Libertaire.

L'immédiat après-guerre fut, pour la France, une période à la fois d'immenses espoirs et d'écœurantes désillusions. De janvier 1946 à mai 1947, le pays est dirigé par un gouvernement associant le Mouvement républicain populaire (MRP, démocrates-chrétiens, lointains ancêtres de l'UDF), la SFIO (ancêtre du PS) et le PCF.
Ce dernier est alors à l'apogée de sa puissance : 800.000 adhérentes et adhérents revendiqués à la fin de 1946, et « premier parti de France » avec 28,3% aux législatives. Politiquement, il poursuit la ligne stalino-patriote qui est la sienne depuis 1935, mais désormais avec l'autorité d'un parti de gouvernement. En cette période où le « relèvement de la patrie » passe avant tout, la lutte des classes doit être limitée aux joutes parlementaires du Parti. Mais elle doit être bannie des lieux de production : « la grève c'est l'arme des trusts », clamera le secrétaire général du PCF, Maurice Thorez, et partout les communistes doivent s'y opposer.
Leur récente hégémonie dans la CGT les y autorise. Au congrès d'avril 1946, les staliniens ont affirmé leur emprise sur une confédération, qui revendique 5,5 millions de syndiqués, et marginalisé les syndicalistes non communistes (regroupés autour du périodique Force ouvrière) et les minorités trotskistes et anarchistes. Devenue courroie de transmission du gouvernement, la CGT s'apparente alors de plus en plus à un syndicat jaune. Dans les grandes entreprises nationalisées (Renault, EDF, Charbonnages de France…), elle cogère la production, pousse les cadences, veille à la modération salariale, empêche les grèves.
Les minorités révolutionnaires ne sont pourtant pas sans influence. Elles rencontrent un écho non négligeable dans certaines franges de la jeunesse et du prolétariat dégoûtées par l'institutionnalisation du PCF et de la CGT. C'est cette extrême gauche qui, malgré la chape de plomb stalinienne, va réussir, en avril 1947, à mettre le feu aux poudres, et ce dans un des principaux bastions du mouvement ouvrier : l'usine Renault de Boulogne-Billancourt.
Sur cette usine de 30 000 salarié-e-s, où la CGT revendique 17.000 cartes, les staliniens pensent que leur emprise est totale. Ils sous-estiment la capacité de nuisance des révolutionnaires qui s'agitent dans certains recoins. Ainsi l'Union communiste (UC, trotskiste) groupe une dizaine de membres actifs dans le « secteur Collas » : les départements 6 et 18 (fabrication de boîtes de vitesse, directions, pignons) ; la petite (une dizaine de personne) CNT anarcho-syndicaliste est animée par un militant de la FA, Gil Devillard, dans le département 49 (montage moteurs) [1]. ; le PCI dispose également de quelques militants.
Tout commence à la fin du mois de février 1947. À l'initiative de l'UC, des réunions ouvertes s'efforcent de rassembler les « mécontents » du régime stalino-patronal. Ces réunions, auxquelles participent le PCI, la FA, la CNT et même quelques bordiguistes, rassemblent jusqu'à 60 personnes. On y décide bientôt de lancer une revendication rassembleuse, précédemment brandie puis abandonnée par la CGT : une augmentation de 10 francs sur le salaire de base. À partir de la mi-avril, la revendication commence à prendre dans le secteur Collas. À l'issue d'une AG improvisée, un comité de grève est constitué, dans lequel un militant de l'UC, Pierre Bois, commence à se faire connaître [2]. Le vendredi 25 avril, dès 6 h 30, les ouvriers du secteur Collas débrayent, coupent l'électricité, mettent en place des piquets et lancent un appel à mobilisation au reste de l'usine.
Le PCF et la CGT se précipitent aussitôt pour tuer le mouvement dans l'œuf. « Ce matin, une bande d'anarcho-hitléro-trotskistes a voulu faire sauter l'usine », s'écrie Plaisance, le secrétaire de la CGT, dans un discours improvisé à l'entrée de l'usine. Face à ces diverses calomnies la grève piétine jusqu'au lundi 28, puis elle se propage brusquement.
Un meeting est convoqué à l'entrée de l'usine par le comité de grève. Lorsque Pierre Bois grimpe sur le kiosque à journaux de la place Nationale pour prendre la parole, l'assemblée qui écoute sa harangue est spectaculaire : 3.000 ouvriers ont répondu à l'appel.
Alors que les bonzes de la CGT et du PCF boycottent le meeting, les dirigeants nationaux de certaines organisations comme la CNT, la tendance Front ouvrier de la CGT (en fait le PCI) et la CFTC, sont venus exprimer leur soutien. La voiture-micro a été amenée par les Jeunesses socialistes. Le lendemain, on compte plus de 10.000 grévistes, bientôt 12.000.
Au département 49, les grévistes emmenés par la CNT courent arrêter le moteur principal, qui commande les chaînes de montage. On en vient aux mains avec les staliniens qui veulent les en empêcher. Le communiste libertaire Gil Devillard est désigné pour représenter le département au comité de grève.

Alors que toute la presse fait écho à la grève chez Renault, le défilé du 1er mai est énorme. Les 100 000 exemplaires d'une édition spéciale du Libertaire sont intégralement vendus. Eugène Hénaff, secrétaire général de la Métallurgie CGT, qui est venu en personne à l'usine, s'est fait huer. La pression sur les staliniens est énorme, d'autant plus que la base de la CGT participe au mouvement. Au bout de quelques jours, elle n'a d'autre choix que de s'y rallier et en revendique aussitôt la direction.
Le comité de grève ne fait finalement pas le poids face à la CGT, qui reprend peu à peu le contrôle de l'usine. Le 8 mai, le gouvernement accorde 3 francs d'augmentation. Le 9 mai, les staliniens font voter la reprise du travail aux deux tiers. Ne restent dans la lutte que les plus combatifs. Les départements 6, 18, 88, 31, 48 et 49 persistent ainsi dans une « grève bouchon » qui paralyse le reste de l'usine et ne cesse totalement que le 15 mai, une fois que le gouvernement a concédé une prime de 1.600 francs et une avance de 900 francs pour toutes et tous les salariés.
La guerre froide est lancée
Cependant, pour le PCF, le mal est fait. Ses ministres ont été brièvement obligés de se solidariser avec les grévistes. Le 5 mai, ils sont expulsés du gouvernement.
Détachés de leurs obligations gouvernementales, les staliniens lâchent la bride au mécontentement ouvrier. Dès juin, des grèves éclatent chez les cheminots, les mineurs et ailleurs. Ça tombe bien, Moscou est justement décidé à changer de tactique. L'heure n'est plus à la coexistence pacifique avec l'Ouest, mais à la confrontation. Les Soviétiques vilipendent les communistes français et italiens qui depuis 1945 se sont laissés aller au « crétinisme parlementaire ». Le PCF se sent obligé de faire ses preuves et lance, partout où il le peut, des « grèves Molotov », dont les objectifs correspondent souvent davantage aux plans de la diplomatie soviétique qu'aux revendications ouvrières. Qu'importe : la lutte des classes reprend ses droits, même si c'est sur un échiquier politique nouveau : celui de la Guerre froide.
À Renault-Billancourt et ailleurs, les staliniens redorent leur blason jauni. Quelques mois après la grève, la CNT disparaît du paysage, lorsque son principal animateur part en formation à l'extérieur. Le courant communiste libertaire développera à nouveau une activité dans l'usine entre 1949 et 1956, en y créant le groupe Makhno. De son côté, l'UC impulse un syndicat concurrent de la CGT, le Syndicat démocratique Renault (SDR) qui va compter jusqu'à 406 membres mais se retrouve rapidement marginalisé. Il se disloque peu après la scission de l'UC en 1949.
C'est que le retour des staliniens aux luttes sociales bouleverse la donne. Trotskistes et libertaires se retrouvent privés de l'espace qu'ils et elles ont pu occuper pendant la parenthèse gouvernementale du PCF. Faute de perspectives, l'extrême gauche va peu à peu s'effriter et s'enfoncer dans des dissensions sur l'orientation à adopter pour sortir du marasme – le PCI scissionne en 1952, la FA en 1953. Il faudra attendre Mai 68 pour que les révolutionnaires retrouvent une audience nationale.
Guillaume Davranche (AL Montrouge)
Article initialement paru sur Alternative Libertaire
Parti communiste internationaliste (PCI) : Organisation trotskiste fondée en 1944, ancêtre des actuels Parti des travailleurs (PT) et Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Défend à l'époque le mot d'ordre « Pour un gouvernement PS-PC-CGT ».
Union communiste (UC) : Dirigé par l'ouvrier roumain Barta, ce groupe trotskiste né en 1939 est l'ancêtre de l'actuelle Lutte ouvrière. Il critique la politique du PCI qualifiée de « front unique avec le stalinisme ».
Fédération anarchiste (FA) : Fondée en 1945, ancêtre des actuelles Fédération anarchiste et Alternative libertaire. Refuse de choisir un des deux camps de la guerre froide et pratique la stratégie dite du « troisième front » : ni Staline, ni Truman.
Confédération nationale du travail (CNT) : Scission anarcho-syndicaliste de la CGT, fondée en décembre 1946, héritière à la fois de la CGT-SR d'avant-guerre, et de la CNT espagnole en exil.
Bordiguistes : Militant-e-s de l'ultra-gauche léniniste et antisyndicaliste, se réclamant de la pensée de l'Italien Amadeo Bordiga.
8-12 avril 1946 : Congrès de la CGT à Paris : hégémonie stalinienne. Scission des anarcho-syndicalistes.
13-15 septembre 1946 : IIe congrès de la FA à Dijon.
7-9 décembre 1946 : Premier congrès
de la CNT française.
19 décembre 1946 : Début de la guerre d'Indochine.
30 mars 1947 : Insurrection de Madagascar. La répression, atroce, va faire 12 000 morts. En France, la grève Renault va éclipser l'événement.
24 avril : Le gouvernement ramène de 300 à 250 grammes la ration quotidienne de pain.
25 avril : Début de la grève chez Renault.
4 mai : Les députés communistes refusent de voter la confiance au président du Conseil Ramadier.
5 mai : Les ministres communistes sont exclus du gouvernement.
19 mai : Fin de la grève chez Renault.
2 juin : Début de la grève des cheminots, bientôt suivie par celle d'EDF-GDF, puis par les banques et les mineurs.
30 septembre-5 octobre : Sommet de neuf partis communistes européens, sous l'égide du PC soviétique, à Szlarska-Poreba en Pologne. Adoption de la doctrine Jdanov de guerre froide. Les PC italien et français sont tancés pour leur « crétinisme parlementaire ».
9-11 novembre : À Angers, IIIe congrès de la Fédération anarchiste.
10 novembre : Début à Marseille des grèves insurrectionnelles qui vont agiter le pays durant plusieurs mois.
19 décembre : La tendance Force ouvrière scissionne de la CGT.
12 avril 1948 : Fondation de la CGT-FO.
Avril : Nouvelle vague de grèves.
Septembre-novembre : Vague de grèves violentes.
4 octobre : Grève des mineurs lancée par la CGT.
16 octobre : Le gouvernement fait occuper les puits par l'armée. Affrontements très violents avec les grévistes, à Saint-Étienne, Carmaux, Montceau-les-Mines puis Alès.
[1] Gil Devillard, « Chez Renault, militer dans le groupe Makhno, ce n'était pas de tout repos ! », Gavroche n°148, octobre-décembre 2006
[2] Pierre Bois, « La Grève des usines Renault », in La Révolution prolétarienne du 25 mai 1947.
14.04.2026 à 08:00
l'Union Locale Aubervilliers des syndicats SUD-Solidaires organise une série de projections-débats à la Bourse du Travail d'Aubervilliers. La première projection autour du film « L'histoire de Jîyan » réalisé par A. Haluk Unal, sera le vendredi 17 avril 2026.
l'Union Locale Aubervilliers des syndicats SUD-Solidaires organise une série de projections-débats à la Bourse du Travail d'Aubervilliers. La première projection autour du film « L'histoire de Jîyan » réalisé par A. Haluk Unal, sera le vendredi 17 avril 2026.
Rendez-vous le vendredi 17 Avril à 18h30 à la Bourse de travail d'Aubervilliers, 1 rue des 21 appelés.
La projection sera suivie d'un échange avec des militantes kurdes du comité de solidarité avec le Rojava et des militant⋅es kurdes.
Le film retrace l'histoire de la guérillera Jiyan Tolhildan, qui a consacré vingt années de sa vie à la lutte du mouvement kurde. À travers son parcours, il donne à voir le sens profond du mot d'ordre « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté), au cœur du paradigme de libération porté par le mouvement kurde.

14.04.2026 à 08:00
Contre les deux expulsions prévues le 20 Avril et les menaces de centaines d'expulsions de la direction d'ADEF, nous appelons à un rassemblement devant le siège d'ADEF (19 Rue Baudin, Ivry-sur-seine) le jeudi 16 Avril à 16h.
Contre les deux expulsions prévues le 20 Avril et les menaces de centaines d'expulsions de la direction d'ADEF, nous appelons à un rassemblement devant le siège d'ADEF (19 Rue Baudin, Ivry-sur-seine) le jeudi 16 Avril à 16h.
Deux voisins du foyer Louis Blériot s'organisant à l'assemblée logement 94 sont menacés d'expulsion par le bailleur social ADEF. Le bailleur utilise l'existence d'anciennes dettes soldées ou en cours de régularisation pour les expulser le 20 avril 2026.
Ces expulsions s'inscrivent dans une politique de restructuration du public cible des anciens foyers de travailleur·es devenus des résidences sociales et dans une lutte d'ADEF contre le droit à la vie privée de leurs résidents à qui la direction continue de refuser le statut de locataire.Elle se garde ainsi le droit de s'introduire dans leurs appartements à tout moment et de ne pas respecter leurs droits les plus élémentaires.
En même temps que ces deux expulsions ADEF menace d'entamer des centaines de procédures pour évincer les résidents qui accueillent leurs familles et amis dans leur logis. Et cela a lieu dans toute la région parisienne selon le COPAF.
Rdv le 16 avril à 16h devant ADEF (19 rue Baudin à Ivry-sur-Seine) contre les expulsions et pour obliger la direction d'ADEF à faire marche arrière !

Insta : assemblees.logement94
Mail : aglogement94@proton.me
13.04.2026 à 08:00
L'Union Communiste Libertaire vous invite à une projection-débat du documentaire Better Off Dead, militante antivalidiste Liz Carr. Ce sera l'occasion de débattre de la loi fin de vie, adoptée par l'Assemblée Nationale le 25 Février dernier, et qui sera débattu en deuxième lecture au Sénat les 11, 12 et 13 Mai prochain.
L'Union Communiste Libertaire vous invite à une projection-débat du documentaire Better Off Dead, militante antivalidiste Liz Carr. Ce sera l'occasion de débattre de la loi fin de vie, adoptée par l'Assemblée Nationale le 25 Février dernier, et qui sera débattu en deuxième lecture au Sénat les 11, 12 et 13 Mai prochain.

Le groupe local Paris Nord Est de l'Union Communiste Libertaire vous invite à une projection-débat autour du documentaire Better Off Dead ?, réalisé par l'actrice et militante antivalidiste Liz Carr. Elle y suit des activistes du collectif Not Dead Yet, qui dénoncent le caractère profondément validiste des lois sur l'euthanasie et le suicide assisté dans un contexte anglo-saxon ; et qui réclament non pas une aide active à mourir mais les moyens pour mener une vie autonome.
Ce sera l'occasion de débattre de la loi fin de vie, adoptée par l'Assemblée Nationale le 25 Février dernier, et qui sera débattu en deuxième lecture au Sénat les 11, 12 et 13 Mai prochain.
Rendez-vous le Dimanche 26 Avril à 19h30 à l'EDMP, 8 impasse Crozatier, Paris 12e ; projection à 20h suivie d'une discussion.