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09.08.2026 à 08:00

Le réseau Atlas, le groupe Bolloré et Pierre-Édouard Stérin : les bâtisseurs du « fémonationalisme » en France

Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur le « fémonationalisme » en France favorisé par le réseau Atlas via notamment l'Institut de Formation Politique (IFP). Les médias du groupe Bolloré et du milliardaire Pierre-Édouard Stérin jouent aussi un rôle majeur dans cette normalisation de l'extrême-droite se drapant sous un manteau féministe.

Texte intégral (3922 mots)

Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur le « fémonationalisme » en France favorisé par le réseau Atlas via notamment l'Institut de Formation Politique (IFP). Les médias du groupe Bolloré et du milliardaire Pierre-Édouard Stérin jouent aussi un rôle majeur dans cette normalisation de l'extrême-droite se drapant sous un manteau féministe.

Le réseau Atlas et le projet Périclès du milliardaire Pierre-Édouard Stérin participent à l'édification du « fémonationalisme ». En payant une structure comme l'Institut de Formation Politique (IFP) où ont notamment été formées la présidente du collectif Némésis Alice Cordier et la vidéaste Thaïs d'Escufon, ils donnent une assise financière et des réseaux d'influence à des courants nationalistes pouvant aussi se revendiquer féministes. D'autres initiatives voient également le jour dans les médias et le champ littéraire pour « armer » intellectuellement une idéologie fondamentalement inégalitaire.

Le réseau Atlas créé en 1981 par Anthony Fisher est un réseau « libertarien » et ultraconservateur finançant à travers le monde des structures visant à défendre l'économie de marché et à limiter l'État au simple accomplissement de ses fonctions « régaliennes » à savoir la police, la « justice », et l'armée. Ses fonds composés de contributions issues de sociétés comme Philip Morris, Pfizer, ExxonMobil ou Michelin financent en France de nombreuses initiatives dites d'extrême-droite, qu'elles se revendiquent du nationalisme, du souverainisme ou du libéralisme.

  • La première d'entre elles fut dès 1981 l'Institut Économique de Paris (IEP) fondée par l'économiste Pascal Salin et l'homme d'affaires Guy Plunier [1].
  • L'Institut de Formation Politique (IFP) dirigé par Alexandre Pesey voit lui le jour en 2004 et forme la présidente du collectif Némésis Alice Cordier et la vidéaste Thaïs d'Escufon. Alexandre Pesey s'est formé en 2000 au Leadership Institute « partenaire de longue date du réseau Atlas  [2]. Il est aussi soutenu par le projet Périclès du milliardaire Pierre-Édouard Stérin [3].
  • L'association Éclats de femme lancée le 21 octobre 2024 par Claire Géronimi bénéficie également du soutien de Pierre-Édouard Stérin [4]. Reconnue d'intérêt général en mai 2025 elle affirme « apporter un soutien concret à toutes les victimes d'agression » et noue des partenariats notamment avec l'école de commerce Hautes Études Commerciales (HEC) Paris et la maison Louis Vuitton [5]. Claire Géronimi occupe en même temps le poste de vice-présidente de l'Union des Droites pour la République (UDR) dirigée par l'ancien président du parti Les Républicains (LR) Éric Ciotti qui s'est rallié au Rassemblement National (RN) lors des élections législatives anticipées de 2024.

Le rôle central de La Manif Pour Tous

La chercheuse Magali Della Sudda affirme dans son livre « Les nouvelles femmes de droite » publié en 2022 aux éditions Hors d'atteinte que La Manif Pour Tous (LMPT) active officiellement à partir du 17 novembre 2012 relève avant tout d'une rencontre des droites autour des questions de genre et de la défense de la famille hétérosexuelle [6]. Le collectif Némésis serait donc le fruit des convergences créées par LMPT facilitées par l'acquisition en 2014-2015 de Canal + et ses filiales par le groupe Bolloré. La présidente de Némésis Alice Cordier se voit ainsi invitée régulièrement en 2021 dans l'émission « Touche Pas à Mon Poste (TPMP) » animée par Cyril Hanouna sur la chaîne de télévision C8 [7].

Le financement de Némésis demeure lui assez flou : égérie durant plusieurs années de la marque de nutrition sportive Prozis, Alice Cordier semble développer son collectif grâce au placement de produits et aux vues réalisées sur les réseaux sociaux [8].

Des productions littéraires et médiatiques pour la « famille » et la « natalité »

Depuis le discours d'Emmanuel Macron le 16 janvier 2024 sur le « réarmement démographique » plusieurs livres savamment médiatisés sont sortis : « La terreur jusque sous nos draps : sauver l'amour des nouvelles morales » de Noémie Halioua aux éditions Plon, « L'effacement des mères, du féminisme à la haine de la maternité » d'Ève Vaguerlant aux éditions de l'Artilleur, « L'Enfant est l'avenir de l'homme : la réponse d'une mère au mouvement « No kids » » d'Aziliz Le Corre aux éditions Albin Michel et « Yes kids : La colère d'une mère face aux nouveaux diktats de la famille » de Gabrielle Cluzel aux éditions Fayard (propriétés de Bolloré). Chacune de ces autrices présente un profil sur lequel il est nécessaire de s'attarder quelques instants.

  • Noémie Halioua travaille comme « journaliste » pour Le FigaroVox (branche extrême-droitière du Figaro créée en 2014 par l'ancien directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles Alexis Brézet). Elle intervient également sur d'autres « médias » comme CNews, Sud Radio, I24 News, LCI, Europe 1 ou Radio J. Elle a aussi participé au lancement du site Factuel en mai 2023 parrainé par la présentatrice de la chaîne de télévision CNews Christine Kelly.
  • Ève Vaguerlant de son côté est enseignante, agrégée et docteur en lettres modernes. La promotion de son livre a surtout été assurée par Le Figaro, Sud Radio, Radio Courtoisie, Radio Notre Dame ou encore les chaînes YouTube « Le Crayon » et « Femelliste » animée par Marguerite Stern et Dora Moutot.
  • Aziliz Le Corre pour sa part travaille au Journal Du Dimanche (JDD, propriété de Bolloré). Elle intervient ainsi dans Le Figaro, sur CNews, dans la revue « Front Populaire », dans Marianne, Le Point ou elle aussi sur Le Crayon et Femelliste.
  • Gabrielle Cluzel enfin dirige le site Boulevard Voltaire fondé en 2012 entre autres par le maire de Béziers Robert Ménard. On peut la retrouver comme les autres sur CNews, Sud Radio, Frontières, Radio Courtoisie et Famille Chrétienne.

Toutes ces autrices cherchent manifestement à embrayer sur le discours de Macron du 16 janvier 2024 et les « mesures » annoncées par sa « ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations » Aurore Bergé.

Dans le même style, le média « Lou » né en avril 2023 dans la lignée du site « neo.tv » affirme promouvoir les « femmes fortes », les « mères inspirantes » et cible « une femme de 35 ans, active professionnellement et mère de deux enfants » selon sa rédactrice en chef Clémence Majani [9]. Lancé en novembre 2020, neo.tv bénéficie depuis 2022 d'un financement de Pierre-Édouard Stérin. Il compte parmi ses cofondateurs Stéphane Simon dirigeant de la société Open Media Factory ayant d'après les journalistes Rozenn Le Carboulec et Camille Regache réalisé plusieurs vidéos pour la campagne présidentielle de Marine Le Pen de 2022 [10].

« L'Institut Iliade pour la Longue Mémoire Européenne » né en 2014 à l'initiative d'anciens membres du « Groupement de Recherche et d'Études pour la Civilisation Européenne (GRECE) » et du « Carrefour de l'Horloge (ex-Club de l'Horloge) » cherche pareillement à faire émerger des figures médiatiques pour porter en avant des thèmes comme la maternité, la naissance et l'éducation des enfants. C'est le cas par exemple de Floriane Jeannin, auditrice de la promotion Patrick Pearse de l'Institut Iliade et présentatrice de l'émission « Les femmes et les enfants d'abord » sur la chaîne de télévision en ligne « TVLibertés ».

C'est également le cas d'Anne Trewby, cofondatrice du mouvement « Antigones » et formatrice à l'institut Iliade pour le module « Guerre des sexes : repenser la complémentarité entre l'homme et la femme ». Ses deux livres « Femmes, réveillez vous ! Pour en finir avec les mensonges du féminisme » et « Le Néo-féminisme à l'assaut d'Internet » sont ainsi publiés aux éditions de La Nouvelle Librairie fondées en août 2019 par le rédacteur en chef de la revue « Éléments pour la civilisation européenne » François Bousquet.

Le groupe Bolloré et Pierre-Édouard Stérin comme pois(s)ons pilotes de la lutte anti-avortement

Le groupe Bolloré et Pierre-Édouard Stérin demeurent aujourd'hui des piliers de l'extrême-droite française. Milliardaires, catholiques et identitaires, ils font désormais marcher à plein leurs médias, observatoires, instituts de sondage et autres outils de propagande.

L'avortement représente à ce sujet pour eux une crainte majeure. Dans un pays qui pour eux décline démographiquement, pas question que la famille hétérosexuelle soit mise à mal par une honteuse propagande anti-conceptionnelle !

Les chaînes de Bolloré se sont elles déjà mobilisées. Juste avant de cesser d'émettre le 1er mars 2025, C8 a repassé par surprise un film qu'elle avait déjà diffusé le 16 août 2021 : il s'agit du film américain « Unplanned » produit en 2019 par la compagnie « Soli Deo Gloria » et distribué par la maison de production évangélique Pinnacle Peak Pictures (anciennement Pure Flix).

Le 25 février 2024, sa cousine CNews s'était illustrée durant l'émission « En quête d'esprit » présentée chaque dimanche par Aymeric Pourbaix débauché de l'hebdomadaire « France Catholique » acheté par Bolloré en 2018. Trois jours avant le vote du Sénat pour la constitutionnalisation de l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), Aymeric Pourbaix explique à ses téléspectateur-ice-s que l'avortement représente la première cause de mortalité dans le monde avec « 73 millions de décès par an » devant le cancer (10 millions de décès) et le tabac (6 millions de décès).

Sanctionnée d'une amende de 100 000 euros par l'Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique (ARCOM), la chaîne s'est par la suite confondue en excuses par la voix de ses « journalistes » vedettes comme Laurence Ferrari, Sonia Mabrouk et Christine Kelly. Cette charge n'est pourtant que celle d'une longue série d'assauts idéologiques engagée par Bolloré sur la Télévision Numérique Terrestre (TNT) depuis la création de C8 en 2005 sous le nom de « Direct 8 ».

L'émission « En quête d'esprit » en est d'ailleurs l'un des symptômes les plus criants. Ce fameux 24 février était par exemple présente en plateau Lucie Pacherie juriste de la Fondation Jérôme Lejeune, fer de lance de la lutte anti-IVG depuis sa création le 25 mars 1995 et reconnue d'utilité publique le 21 mars 1996.

L'émission « En quête d'esprit » a elle démarré le 5 juillet 2020 succédant ainsi à un autre programme religieux de Bolloré, l'émission « Dieu merci ! » diffusée sur C8 de 2005 à 2012. Aymeric Pourbaix y est assisté de Véronique Jacquier, elle aussi venue de « France Catholique » et chroniqueuse en même temps dans « L'heure des pros » animée par Pascal Praud sur CNews.

Le « fémonationalisme » participe donc d'une machine de guerre plus globale visant en fait à détruire des revendications féministes telles que le droit à l'avortement derrière des impératifs de natalité, de perpétuation de la « famille française », de la « souche » ou de la « civilisation » européenne. La mise en avant d'une féminité épanouie par le biais de la maternité et de l'hétérosexualité en est sûrement l'image la plus parlante.

Le ciblage des femmes étrangères vise ainsi à les dénoncer comme des rivales dans un hypothétique accès aux droits et celui des hommes étrangers comme des coupables systématiques du patriarcat qui d'ailleurs pour Anne Trewby n'existe pas. Sa « grille de lecture » fondée sur « l'unité d'un corps national compris comme fondé sur la cellule de base qu'est la famille (et donc le couple) » semble bien résumer les raisons de l'existence aujourd'hui du « fémonationalisme » [11].

L'équipe de l'émission « Médias et antifascisme » tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur Radio Libertaire


[1] « De débuts timides à la professionnalisation du réseau », Le réseau Atlas, la France et l'extrême-droitisation des esprits. La machine de guerre idéologique d'une nouvelle extrême-droite, libertarienne et ultraconservatrice, Observatoire des multinationales (ODM), 22 mai 2024 : https://multinationales.org/fr/enquetes/le-reseau-atlas-lafrance-
et-l-extreme-droitisation-des-esprits/.

[4] Ibid.

[6] « La réactivation des clivages politiques par le genre : un enjeu clivant dans l'espace politique », Les nouvelles femmes de droite, éditions Hors d'atteinte (2022), page 60.

[7] « Des professionnelles de l'activisme culturel », Ibid, page 155.

[8] « Islamophobie et féminisme identitaire », Prozis, la marque de nutrition sportive préférée des fafs, Daphné Deschamps et Arthur Weil-Rabaud : https://www.streetpress.com/sujet/1704281732-prozis-marque-nutrition-sportive-sponsor-faf-neonazis-influenceurs-mila-pierrot.

[9] "C. MAJANI (Lou) : « Nous touchons 10 millions de Français chaque mois »", Prescilia Sitbon, Média+ : https://www.lemediaplus.com/c-majani-lou-nous-touchons-100-millions-de-francais-chaque-mois.

[10]  Un producteur qui « fricote avec l'extrême droite »", Derrière "Lou Media" et "neo.tv", une nébuleuse très (très) droitière, Rozenn Le Carboulec et Camille Regache, Arrêt sur images : https://www.arretsurimages.net/articles/derriere-lou-media-et-neo-tv-une-nebuleuse-tres-tres-droitiere.

[11]  Le patriarcat n'existe pas ». Anne Trewby revient sur la construction d'un mythe [Interview]", Breizh-Info, propos recueillis par Audrey D'Aguanno le 19 avril 2024 : https://www.breizh-info.com/2024/02/19/229391/le-patriarcat-nexiste-pas-anne-trewby-revient-sur-la-construction-dun-mythe-interview/?fbclid=IwAR3SWGpaIAE8kOIg6VtAB8qKNNvSLB3V1deFa01GObbmVW8dl3_-hb2WlG8.

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09.08.2026 à 08:00

Permanence syndicale des travailleureuses du livre du 15 septembre de 19h à 21h

Des camarades de la branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires tiennent une permanence syndicale pour répondre à toutes tes questions : envie de te syndiquer, problèmes au travail, ou envie d'échanger, on est à ton écoute.

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Des camarades de la branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires tiennent une permanence syndicale pour répondre à toutes tes questions : envie de te syndiquer, problèmes au travail, ou envie d'échanger, on est à ton écoute.

Des camarades de la branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires tiennent une permanence syndicale pour répondre à toutes tes questions : envie de te syndiquer, problèmes au travail, ou envie d'échanger, on est à ton écoute.

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08.08.2026 à 08:00

Laïcité coloniale et lois d'exception en Afrique française

Texte paru dans le numéro 1878 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur le 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État.

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Texte paru dans le numéro 1878 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur le 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État.

Le 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État nous permet de revenir sur une histoire jalonnée d'exceptions. Nous l'avons évoqué notamment avec l'historien Sadek Sellam que nous avons invité plusieurs fois durant notre émission « Médias et antifascisme » présente tous les deuxièmes vendredis du mois sur Radio Libertaire à 11h30. L'application à géométrie variable de la laïcité française nous montre ainsi que le culte musulman en Algérie et aux colonies fit l'objet d'un dirigisme troublant de la part de l'État.

L'émission « Médias et antifascisme » que nous animons sur Radio Libertaire tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 depuis le 11 octobre 2024 s'est penché plusieurs fois sur des sujets liés à la laïcité. Avec l'historien Sadek Sellam, nous nous sommes employés à analyser les applications bancales de la loi du 9 décembre 1905 jusqu'à nos jours. Nous avons ainsi évoqué à partir du 14 mars 2025 la gestion en France du culte musulman notamment à travers le cas de la grande mosquée de Paris.

Cette institution inaugurée en 1926 met ainsi en valeur une gestion coloniale et dirigiste d'un culte considérée à la fois comme exotique et dangereux. La mosquée a en effet été inaugurée presque trois ans après la création par le conseil municipal de Paris d'une « section d'affaires indigènes nord-africaines ». Le maréchal Hubert Lyautey à cette époque « résident général de la République au Maroc » avait ainsi été consulté pour un projet d'institut musulman imaginé initialement par le professeur Paul Bourdarie.

Ce dernier enseignait au collège libre des sciences sociales, dirigeait la revue « Indigène » et voulait mettre « en contact les jeunes éléments les plus cultivés de l'islam avec la fleur de la science et de la société française ». Si la mosquée a pu voir le jour, le projet d'institut fut allègrement saboté par Lyautey qui craignait sa possible influence sur les « jeunes musulmans » [1]. L'État versa tout de même à cet institut purement fictif des subventions jusqu'en décembre 1980. Une « commission nationale des français musulmans » présidée par le secrétaire d'État aux rapatriés Jacques Dominati venait en effet de montrer le non-fonctionnement de cet institut.

Un autre exemple du non-respect de la laïcité par le gouvernement fut la nomination de Hamza Boubakeur au poste de recteur de la mosquée de Paris le 18 mai 1957. Ce dernier était hostile à l'indépendance de l'Algérie et faisait selon le chef du gouvernement Guy Mollet mieux l'affaire qu'Ahmed Benghabrit.

Celui-ci avait succédé à son oncle Kaddour qui dirigeait la mosquée depuis sa création. Il fut ainsi « limogé » pour avoir refusé de coopérer avec le commissariat de police du cinquième arrondissement de Paris où se situe la mosquée. Son refus de lutter contre le Front de Libération Nationale (FLN) algérien et sa dénonciation de la torture poussa Mollet à nommer à sa place un homme aux ambitions politiques bien trempées.

Boubakeur cherchait en effet à partir de 1960 à devenir le président d'une République saharienne qui aurait été issue de la séparation du Sahara du reste de l'Algérie. Ce plan de participation soutenu par le premier ministre français Michel Debré tomba finalement à l'eau. La nomination de Boubakeur à la tête de la mosquée de Paris fut elle condamnée en 1963 par le tribunal administratif de Paris. Cela n'empêcha pas Boubakeur de rester à son poste jusqu'en 1982 avant que l'Algérie ne prenne le relais de la France dans le versement de subventions à la mosquée de Paris [2].

La laïcité inexistante en Algérie et en Afrique Occidentale Française

L'article 43 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État stipule que « des règlements d'administration publique détermineront les conditions dans lesquelles la présente loi sera applicable à l'Algérie et aux colonies ». L'article 11 alinéa 6 du décret du 27 septembre 1907 déterminant les conditions d'application en Algérie de la loi de 1905 affirme de son côté que le gouverneur général peut accorder des indemnités de fonction aux ministres qui exercent le culte public. Cette disposition censée ne durer que dix ans fut en fait prolongée jusqu'à l'indépendance de l'Algérie en 1962 [3].

Cette nouvelle entorse à la laïcité sur le territoire de la République portait un nom : celui d'instrumentalisation. En effet, le maintien d'un « clergé musulman » en Algérie française avait vocation à faire admettre à ses habitant-e-s le projet de « califat occidental » de Lyautey. Ce projet avait en fait pour but de « nommer » calife le sultan du Maroc nouvellement conquis par la France. Ayant mené la conquête du Maroc, Lyautey voulait ainsi que le sultan avec qui il avait signé le traité de protectorat en 1912 devienne « calife » des « possessions musulmanes » de la France [4]. Pour cela, le gouvernement comptait sur l'action d'une confrérie présente en Algérie afin de convaincre un maximum de ses adeptes de se ranger derrière le sultan du Maroc [5].

Un autre exemple de remise en cause de la laïcité par l'État fut la rédaction d'un rapport sur l'Afrique Occidentale Française (AOF) par l'historien Charles-André Julien dont nous avons parlé dans notre émission du 14 mars 2025. Sadek Sellam nous indique à ce sujet que ce dernier était alors à la tête du Haut Comité Méditerranéen et de l'Afrique du Nord. Charles-André Julien appelait ainsi dans l'un de ses rapports à soutenir les confréries maraboutiques au détriment des embryons d'élites francophones plus laïcisées [6].

L'historien Jean-Louis Triaud nous explique pour sa part que « l'administration coloniale ne fut jamais neutre à l'égard de l'islam » en Afrique de l'ouest. Il rappelle en outre que la loi de séparation des Églises et de l'État « ne se préoccupait ni de colonies ni d'islam » [7]. Concernant Charles-André Julien, nous avons abordé le 14 mars 2025 sa tribune dans le journal Le Monde du 15 février 1961. En réponse au livre de l'écrivain Michel Habart intitulé « Histoire d'un parjure », Julien publie un texte dénonçant « une caricature de l'histoire ». Il remet ainsi en cause les nombreux massacres de tribus orchestrés dès les débuts de la conquête française que Michel Habart n'hésite d'ailleurs pas à qualifier de génocides. Sa vision de la laïcité et celle de l'histoire de la conquête paraissent donc ici pour le moins étriquée.

Le 120e anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l'État doit donc nous permettre de connaître précisément l'histoire de la laïcité sur le territoire de la République française. En 1905, ce territoire était composé en très large majeure partie de colonies. La vraie-fausse application de la laïcité dans ces pays nous montre que ce concept s'arrête là où les intérêts coloniaux français débutaient. Concernant ces intérêts, nous n'avons malheureusement pas fini d'en constater les dégâts. Nous n'avons pas non plus fini de constater les blocages, censures et refus obstinés d'analyser l'Histoire comme celle de la conquête de l'Algérie.

Notre émission du 14 mars 2025 intervenait en effet juste après l'éviction du journaliste de la station de radio RTL Jean-Michel Aphatie coupable aux yeux de sa direction d'avoir comparé certains massacres commis par la France en Algérie à celui commis par les allemands à Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944. Notre émission avait aussi lieu trois jours après l'annonce par France Télévisions de la déprogrammation du film « Algérie, sections armes spéciales » sur l'utilisation d'armes chimiques par la France durant la guerre d'Algérie. La laïcité doit donc selon nous être analysée à l'aune de son absence ou de son dévoiement en Algérie, en Afrique de l'ouest et dans bien d'autres contrées de l'empire colonial français.

L'équipe de l'émission « Médias et antifascisme » sur Radio Libertaire


[1] « La mosquée de Paris : du projet à sa réalisation », La politique musulmane de la France au XXe siècle, Pascal Le Pautremat, éditions Maisonneuve & Larose (2003), page 338.

[2] « Les pouvoirs spéciaux et l'islam en France », La France et ses musulmans. Un siècle de politique musulmane (1895-2005), Sadek Sellam, éditions Fayard (2006).

[3] « La construction de la dérogation : entre impératif républicain et réalité coloniale », La séparation des Églises et de l'État à l'épreuve de la situation coloniale. Les usages de la dérogation dans l'administration du culte musulman en Algérie (1905-1959), Raberh Achi, Politix : revue des sciences sociales du politique, numéro 66, deuxième trimestre 2004, page 87.

[4] « Quand la France rêvait d'un calife pour son empire musulman », Jalila Sbaï, 8 septembre 2016, Orient XXI.

[5] « Le projet de califat occidental de Lyautey », La France et ses musulmans. Un siècle de politique musulmane (1895-2005), ouvrage cité plus haut.

[6] "Mémoires, « vérités » médiatiques et vérité historique", Sadek Sellam, 17 avril 2025, article publié sur le site musulmansenfrance.fr.

[7] « Une laïcité coloniale. L'administration française et l'islam en Afrique de l'ouest (1860-1960) », Politique, religion et laïcité, ouvrage collectif sous la direction de Christine Peyrard, éditions des Presses Universitaires de Provence, 2009.

Vous pouvez nous retrouver tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur la station Radio Libertaire (89.4 FM en Île-de-France et anarchiste.info/radio/libertaire). Vous pouvez nous suggérer des thèmes à traiter, passer à l'antenne voire coanimer en nous écrivant à l'adresse mail mediasetantifascisme@protonmail.com, via nos comptes Facebook et Bluesky Médias et antifascisme – Radio Libertaire 89.4 FM en IDF, Instagram « medias_et_antifascisme_rl », Mastodon sur serveur « todon.eu » via @medias_et_antifascisme_rl_idf ou par courrier à l'adresse de la librairie du Monde Libertaire – Publico 145 rue Amelot 75011 Paris.

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08.08.2026 à 08:00

L'institut Iliade, Bolloré, Stérin et Křetínský attaquent en meute le Planning Familial

Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur les attaques médiatiques contre le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) orchestrées notamment par Marianne, Valeurs Actuelles, Franc-Tireur, Charlie Hebdo et les médias du groupe Bolloré.

Texte intégral (4256 mots)

Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur les attaques médiatiques contre le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) orchestrées notamment par Marianne, Valeurs Actuelles, Franc-Tireur, Charlie Hebdo et les médias du groupe Bolloré.

Le 11 avril 2026 s'est tenu à la Maison de la Chimie dans le 7e arrondissement de Paris le colloque de « l'institut Iliade pour la longue mémoire européenne ». Les « libertés », présentées comme le thème central du colloque, ont donc servi ce jour-là à réunir des figures de l'extrême-droite comme Laurent Obertone, créateur du vrai-faux magazine satirique La Furia et Alice Cordier, cheffe du collectif Némésis. Le 70e anniversaire de l'association du Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) sert aussi de carburant aux paniques morales habituelles des médias du groupe Bolloré comme CNews ou le Journal Du Dimanche (JDD).

« Liberté », « Europe », « Destin » ou encore « Civilisation » : autant de termes mobilisés par l'institut « Iliade pour la longue mémoire européenne » le 11 avril 2026 à la Maison de la Chimie dans le 7e arrondissement de Paris. À deux pas de l'Assemblée Nationale, cette association héritière de la Nouvelle Droite (ND) et du Groupement de Recherche et d'Études pour la Civilisation Européenne (GRECE) a donc réuni à l'occasion de son 13e « colloque » annuel toute une panoplie de figures d'extrême-droite comme Laurent Obertone, créateur avec Marsault et Papacito du pseudo-magazine La Furia et Alice Cordier du collectif Némésis. Le plus ancien de tous ces « activistes » présent dans les mouvements nationalistes depuis la fin des années 60, Jean-Yves Le Gallou, était évidemment de la partie. Sa fondation Polémia qu'il a créée en 2002 organise aussi des événements presque annuellement comme le « Forum de la Dissidence » ou les « Bobards d'Or » dont l'édition 2026 a été retransmise en direct par le « média » Frontières qui avait pour l'occasion envoyé l'une de ses têtes d'affiche, Louise Morice.

Une nébuleuse ancienne proche de La Manif Pour Tous

La Manif Pour Tous (LMPT), qui s'est illustrée en 2012 et 2013 par sa lutte contre l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, a entraîné dans son sillage la formation de nombreuses organisations. Parmi elles, on peut citer « Les Antigones », collectif identitaire que l'on peut considérer comme les ancêtres de Némésis. « Les Antigones » a ainsi été fondé par des militantes issues d'une scission de l'organisation royaliste « l'Action Française » et du club de scoutisme de la ND baptisé « Europe Jeunesse ». LMPT semble dans ce cadre avoir permis aux Antigones d'amorcer une dynamique que l'on peut retrouver à la fois dans Némésis et à la fois dans l'environnement de la ND comme l'institut Iliade.

Par exemple, la présidente des Antigones Anne Trewby est interviewée le 19 février 2024 sur le site d'extrême-droite Breizh-Info par Audrey d'Aguanno, participante à l'édition 2023 du colloque de l'institut Iliade. Anne Trewby affirme ainsi que « le patriarcat n'existe pas » et que l'unité du corps national doit être « fondée sur la cellule de base qu'est la famille (et donc le couple) » [1]. En 2023, LMPT change de nom et s'appelle désormais le Syndicat de la Famille (SF).

Sa présidente depuis 2013 s'appelle pour sa part Ludovine Dutheil de la Rochère et vient de la Fondation Jérôme Lejeune, opposée depuis sa création en 1995 à l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Le 9 mars 2026, elle déclare dans un article du Journal Du Dimanche (JDD), propriété du groupe Bolloré que le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) qui fête en 2026 son 70e anniversaire ignore les femmes qui veulent s'occuper de leurs enfants.

Le groupe Bolloré joue évidemment un rôle majeur dans le développement de ce type d'idées. On peut citer à titre d'exemple le passage non annoncé du film « Unplanned » sur son ancienne chaîne C8 juste avant de cesser définitivement d'émettre le 28 février 2025. Ce film, déjà diffusé en 2021 par la même chaîne, dénonce ouvertement l'avortement et est arrivé sur le marché français de la vidéo à la demande du fait de la société SAJE Distribution. Cette entreprise a de son côté été fondée en 2012 grâce au soutien de la Communauté de l'Emmanuel dans le sillage de LMPT. Elle distribue aussi le film « Vaincre ou mourir » produit en 2023 par Studiocanal, propriété du groupe Bolloré et de « Puy du Fou Films », le tout en partenariat avec le « Fonds du Bien Commun » du milliardaire Pierre-Édouard Stérin [2].

En matière de lutte contre l'IVG, Stérin aide par exemple l'association Familya que le MFPF de Meurthe-et-Moselle dénonce du fait de la proximité de son fondateur avec l'association « Alliance VITA » fondée en 1993 par Christine Boutin [3]. Le MFPF est d'ailleurs souvent la cible de campagnes médiatiques venant notamment des hebdomadaires Marianne, Franc-Tireur, Valeurs Actuelles (VA) et Charlie Hebdo. Le 25 septembre 2018, l'antenne des Bouches-du-Rhône du MFPF est ainsi accusée par Hadrien Mathoux sur le site de Marianne de se rapprocher « des valeurs de l'intégrisme musulman ».

La collaboration avec l'association Lallab est également critiquée conduisant par conséquent la « secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations » de l'époque Marlène Schiappa à menacer le MFPF de lui couper les subventions que l'État lui octroie [4]. Ce secrétariat d'État devenu depuis ministère est occupé aujourd'hui par Aurore Bergé, qui s'occupe surtout actuellement de mettre en œuvre des « mesures » suite au discours d'Emmanuel Macron sur le « réarmement démographique » prononcé le 16 janvier 2024.

Elle semble cependant écartée du « plan de lutte contre l'infertilité » lancé le 5 février 2026 à grands renforts de communication sur internet par la « ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées » [5]. Le 22 août 2022, Marianne s'attaque de nouveau au MFPF par la voie de Marguerite Stern et Dora Moutot qui dénoncent dans une tribune « l'idéologie transactiviste » qui le paralyserait [6]. L'historienne Marie-Jo Bonnet y voit quant à elle l'avènement d'une « idéologie transhumaniste » et un « détournement de la puissance maternelle » dans un entretien accordée au quotidien Le Figaro le 24 janvier 2023 [7].

Des polémiques bruyantes pour renflouer les caisses

Ces « polémiques » pour le moins bruyantes surviennent dans un contexte de transformation du paysage médiatique avec à la clé un renforcement du pouvoir des milliardaires sur de nombreux titres de presse. Marianne représente à ce titre un excellent exemple du fait de sa reprise en avril 2018 par Daniel Křetínský, directeur de la société tchèque EPH produisant de l'électricité à base de gaz et de charbon. Křetínský nomme en septembre de la même année Natacha Polony à la tête de la rédaction de son nouvel hebdomadaire, en redressement judiciaire depuis 2016 et donc en quête de « débats » stériles et racoleurs.

Le même phénomène s'observe à VA sous la férule d'Yves de Kerdrel puis de Geoffroy Lejeune, actuel directeur de la rédaction du JDD. Se basant en effet sur une « étude » réalisée par Kantar TNS MB (à l'époque TNS Sofres), il lance une formule qui le mènera à une condamnation pour diffamation après avoir publié un dossier intitulé « Roms, l'overdose ». Lejeune mène à son tour VA à une condamnation devenue définitive le 16 janvier 2024 du fait du rejet du pourvoi en cassation intenté par l'hebdomadaire. Il avait pour le coup diffusé une bande dessinée représentant la députée de La France Insoumise (LFI) Danièle Obono en esclave, ce qui avait généré une condamnation confirmée en appel pour « injure publique à raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion » [8].

Křetínský et Stérin au service de l'extrême-droite

Marianne, Franc-Tireur ou encore la chaîne de télévision T18 : autant de médias dirigés par Křetínský dont la « colonne » idéologique s'articule autour du tapageur mouvement appelé Printemps Républicain (PR). Les intervenant·e·s issu·e·s de ce groupe comme Raphaël Enthoven, Caroline Fourest, Rachel Khan, Amine El Khatmi, Abnousse Shalmani ou Richard Malka défilent ainsi aussi bien dans les médias de Křetínský que dans ceux de Bolloré, du groupe Bouygues ou même de l'audiovisuel public.

L'une des conséquences concrètes des attaques contre le MFPF réside surtout dans la baisse des subventions publiques qui lui sont versées. L'exemple le plus frappant à ce sujet se situe dans la région Pays de la Loire où sa présidente Christelle Morançais a décidé en novembre 2024 de supprimer intégralement les financements jusqu'ici alloués au MFPF [9]. Morançais soutient en même temps via un partenariat officiel à Nantes et Angers les « Nuits du Bien Commun » lancées en 2017 par Stérin [10]. Elle a également lancé en 2025 une « plate-forme d'orientation » pour les lycéen·ne·s de la région en collaboration avec le média Le Crayon dont Stérin a rejoint le capital en 2023 [11]. Le département du Loiret a lui retiré 10 % de sa subvention au MFPF en 2025 et 2026 [12]. La préfecture d'Orléans a pourtant versé en 2025 24000 euros à Familya pour son installation dans la ville [13].

Tout cela ne semble nullement déranger le PR davantage occupé à s'enfoncer dans une croisade acerbe contre le « wokisme » et « l'islamo-gauchisme  [14]. La volonté affiché de son mentor Křetínský de constituer un nouveau monopole devrait pourtant le faire réagir. Křetínský dirige en effet le groupe Editis qui comprend 55 maisons d'édition et cherche depuis janvier 2026 à prendre le contrôle total de la Fnac qui décerne pas moins de 12 prix littéraires. Stérin de son côté a acquis VA en décembre 2025 et investissait déjà avant dans le mensuel L'Incorrect, dans le média en ligne Cerfia [15] et dans la station Radio Courtoisie selon un article publié le 31 mars 2026 sur le site Médiapart. Cette omniprésence de milliardaires dans le capital des médias s'imbrique ici avec les attaques contre le MFPF menées conjointement par Bolloré, Stérin et Křetínský. Les baisses de subventions publiques viennent enfin compléter ce tableau visant à faire reculer les droits sexuels et reproductifs ainsi que ceux des femmes et des minorités de genre.

L'équipe de l'émission « Médias et antifascisme » présente tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur Radio Libertaire


[1] « « Le patriarcat n'existe pas ». Anne Trewby revient sur la construction d'un mythe [Interview] », Breizh-Info, 19 février 2024 : https://www.breizh-info.com/2024/02/19/229391/le-patriarcat-nexiste-pas-anne-trewby-revient-sur-la-construction-dun-mythe-interview/.

[2] « Avant-première de « Vaincre ou Mourir » », 10 janvier 2023 : https://fondsdubiencommun.com/evenements/avant-premiere-de-vaincre-ou-mourir/.

[3] « [Nancy] Communiqué du Planning Familial 54 sur l'association Familya » : https://manif-est.info/Nancy-Communique-du-Planning-Familial-54-sur-l-association-Familya-3788.html.

[4] « Laïcité au Planning familial : Marlène Schiappa demande des explications », Hadrien Mathoux, Marianne, 3 octobre 2019 : https://www.marianne.net/politique/laicite-au-planning-familial-marlene-schiappa-demande-des-explications.

[5] « Lancement de la première réunion du comité de pilotage du plan fertilité et des travaux ministériels sur la santé périnatale et maternelle », 5 février 2026 : https://sante.gouv.fr/actualites-presse/presse/communiques-de-presse/article/lancement-de-la-premiere-reunion-du-comite-de-pilotage-du-plan-fertilite-et-des.

[6] « Mme Élisabeth Borne, féministes, nous nous inquiétons de ce que devient le Planning familial », Marguerite Stern et Dora Moutot, Marianne, 22 août 2022 : https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/mme-elisabeth-borne-feministes-nous-nous-inquietons-de-ce-que-devient-le-planning-familial.

[7] « Affiche du Planning familial : « C'est la victoire totale du genre masculin » », Le Figaro, 24 janvier 2023 : https://video.lefigaro.fr/figaro/medias/affiche-du-planning-familial-cest-la-victoire-totale-du-genre-masculin-20220823.

[8] « Arrêt de la Cour de cassation », Chambre criminelle, 16 janvier 2024 : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000048990882.

[9] « Suppression des subventions du Conseil Régional en Pays de la Loire », communiqué de presse du 25 novembre 2024 du Planning Familial : https://www.planning-familial.org/fr/le-planning-familial-de-maine-et-loire-49/le-planning-familial/suppression-des-subventions-du.

[10] « Entre la Nuit du bien commun, Pierre-Édouard Stérin et l'extrême droite, des liens multiples et inextricables », Clément Le Foll et Olivier Petitjean, Observatoire des multinationales, 12 février 2026 : https://multinationales.org/fr/enquetes/extreme-tech/entre-la-nuit-du-bien-commun-pierre-edouard-sterin-et-l-extreme-droite-des.

[11] « Bad buzz, clashs et invités d'extrême droite : Le Crayon, les Cyril Hanouna du web ? », Jérémie Rochas, Street Press, 9 décembre 2025 : https://www.streetpress.com/1765195804-bad-buzz-clashs-invites-extreme-droite-crayon-cyril-hanouna-web/.

[12] « Le Planning familial du Loiret tire (de nouveau) la sonnette d'alarme sur une baisse de ses financements », Ici Radio, 9 mars 2026 : https://www.ici.fr/centre-val-de-loire/loiret-45/le-planning-familial-du-loiret-tire-de-nouveau-la-sonnette-d-alarme-sur-une-baisse-de-ses-financements-1035041.

[13] « À Orléans, la maison Familya dans le collimateur du collectif féministe 45 et de la CGT », Ici Radio, https://www.ici.fr/centre-val-de-loire/loiret-45/orleans/a-orleans-la-maison-familya-dans-le-collimateur-du-collectif-feministe-45-et-de-la-cgt-9372213.

[14] « Le Printemps républicain et ses alliés, ceux qui ont fait le lit de l'extrême droite », Hugo Boursier et Pierre Jequier-Zalc, Politis, 11 septembre 2024 : https://www.politis.fr/articles/2024/09/le-printemps-republicain-et-ses-allies-ceux-qui-ont-fait-le-lit-de-lextreme-droite/.

[15] « Périclès, Smartbox, ingénierie financière, nouveaux investissements... Les secrets de l'empire Stérin », Olivier Blamangin et Olivier Petitjean, Observatoire des multinationales, 5 février 2026 : https://multinationales.org/fr/enquetes/extreme-tech/sterin-pericles-smartbox-organigramme.

Vous pouvez nous retrouver tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur la station Radio Libertaire (89.4 FM en Île-de-France et anarchiste.info/radio/libertaire). Vous pouvez nous suggérer des thèmes à traiter, passer à l'antenne voire coanimer en nous écrivant à l'adresse mail mediasetantifascisme@protonmail.com, via nos comptes Facebook et Bluesky Médias et antifascisme – Radio Libertaire 89.4 FM en IDF, Instagram « medias_et_antifascisme_rl », Mastodon sur serveur « todon.eu » via @medias_et_antifascisme_rl_idf ou par courrier à l'adresse de la librairie du Monde Libertaire – Publico 145 rue Amelot 75011 Paris.

Pour soutenir financièrement radio, rdv sur radio-libertaire.org rubrique « nous soutenir », télécharger bon de souscription et le retourner complété au 145 rue Amelot 75011 Paris ou envoyer un chèque à l'ordre de DMC.

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08.08.2026 à 08:00

Les autoradios ont des oreilles

Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l'Auvergne-Rhône-Alpes.

Texte intégral (739 mots)

Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l'Auvergne-Rhône-Alpes.

Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.

La musique a bien dû leur casser la tête !

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07.08.2026 à 08:00

Contre la fermeture de La Générale !

Encore une fois, La Générale, lieu associatif de résidences gratuites en plein cœur de Paris mais aussi laboratoire de création culturelle, politique et sociale, est menacé par le non renouvellement de son bail.

Pour soutenir le projet, signez et faites circuler la pétition : https://www.leslignesbougent.org/petitions/les-artistes-sinsurgent-contre-la-fermeture-definitive-de-la-generale-un-lieu-de-residences-artistiques-gratuites-en-p-23907/

Présentation de La Générale

Née à Belleville rue du Général Lassalle en 2005, La Générale se déplace ensuite, pour investir entre 2009 et 2019, un lieu situé avenue Parmentier, dans le 11e arrondissement de Paris. Depuis janvier 2020, elle est établie dans l'ancien conservatoire de musique du 14e arrondissement, adossé à l'Annexe de la mairie.

La Générale est un laboratoire de création culturelle, artistique, politique et sociale. On y défend des valeurs telles que l'expérimentation, le partage et l'ouverture, loin des logiques mercantiles et de l'obligation de résultats. Le collectif de La Générale est composé d'une quinzaine de membres actif·ves bénévoles et une salariée. La responsabilité et les orientations du lieu sont confiées aux membres du collectif qui se réunissent une fois par semaine. Les décisions se prennent au consensus.

Depuis ses origines, le projet de La Générale s'attache à interroger aussi bien les conditions d'accueil et de travail des artistes que son propre fonctionnement en tant que lieu culturel. Plus de 70 ans après les premières politiques de décentralisation mises en place par Jeanne Laurent, La Générale revendique la nécessité que Paris ne soit pas uniquement une vitrine, en demeurant un lieu de fabrication artistique. Dans des conditions toujours plus contraintes, à la fois immobilières et culturelles, La Générale souhaite rester un espace d'accueil avec les meilleures conditions possibles pour la création, mais aussi expérimenter des méthodes de gouvernance de lieux culturels innovantes et exigeantes. La direction artistique collective de La Générale s'inscrit dans ce cadre. L'ensemble des membres du collectif participe au choix des résidences accueillies ainsi que de la programmation, chacun·e avec son expertise propre, sans transiger sur la qualité artistique des projets. Ainsi, la gouvernance collective devient une expérimentation sociale à part entière, qui fait partie du projet au même titre que l'accueil des artistes.

La Générale est aussi un lieu ouvert à la vie associative et de quartier et accueille tous les mois : AMAP Denfert (alimentation), Velvetyne Type Foundry (typographie), Société Psychédélique Française (club de lecture), Association TanBaafi Lab (danse), Chorale Maré Mananga (chant), Libre en commun (logiciel libre), Su Shiatsu (bien-être), HackerzVoice (informatique), RYBN (art contemporain), InfoGM (écologie), Parinux (logiciel libre), Ecoplien (écologie).

La Générale est engagée dans des projets d'éducation artistique et culturelle, soutenus par la ville de Paris et par la DRAC IDF, dans des collèges, lycées, hôpitaux et établissements du champ social.

La Générale fait partie du réseau Actes If. Réseau créé en 1996, Actes if réunit aujourd'hui 38 lieux artistiques et culturels indépendants en Ile-de-France. Ces lieux accompagnent la création contemporaine et défendent la diversité artistique et culturelle à travers une éthique du partage et des dynamiques collectives. Issus de la société civile et à but non lucratif, ces lieux indépendants se réunissent autour d'enjeux artistiques, culturels, sociaux et économiques.

https://www.lagenerale.fr/

Texte intégral (685 mots)

Encore une fois, La Générale, lieu associatif de résidences gratuites en plein cœur de Paris mais aussi laboratoire de création culturelle, politique et sociale, est menacé par le non renouvellement de son bail.

Pour soutenir le projet, signez et faites circuler la pétition : https://www.leslignesbougent.org/petitions/les-artistes-sinsurgent-contre-la-fermeture-definitive-de-la-generale-un-lieu-de-residences-artistiques-gratuites-en-p-23907/

Présentation de La Générale

Née à Belleville rue du Général Lassalle en 2005, La Générale se déplace ensuite, pour investir entre 2009 et 2019, un lieu situé avenue Parmentier, dans le 11e arrondissement de Paris. Depuis janvier 2020, elle est établie dans l'ancien conservatoire de musique du 14e arrondissement, adossé à l'Annexe de la mairie.

La Générale est un laboratoire de création culturelle, artistique, politique et sociale. On y défend des valeurs telles que l'expérimentation, le partage et l'ouverture, loin des logiques mercantiles et de l'obligation de résultats. Le collectif de La Générale est composé d'une quinzaine de membres actif·ves bénévoles et une salariée. La responsabilité et les orientations du lieu sont confiées aux membres du collectif qui se réunissent une fois par semaine. Les décisions se prennent au consensus.

Depuis ses origines, le projet de La Générale s'attache à interroger aussi bien les conditions d'accueil et de travail des artistes que son propre fonctionnement en tant que lieu culturel. Plus de 70 ans après les premières politiques de décentralisation mises en place par Jeanne Laurent, La Générale revendique la nécessité que Paris ne soit pas uniquement une vitrine, en demeurant un lieu de fabrication artistique. Dans des conditions toujours plus contraintes, à la fois immobilières et culturelles, La Générale souhaite rester un espace d'accueil avec les meilleures conditions possibles pour la création, mais aussi expérimenter des méthodes de gouvernance de lieux culturels innovantes et exigeantes. La direction artistique collective de La Générale s'inscrit dans ce cadre. L'ensemble des membres du collectif participe au choix des résidences accueillies ainsi que de la programmation, chacun·e avec son expertise propre, sans transiger sur la qualité artistique des projets. Ainsi, la gouvernance collective devient une expérimentation sociale à part entière, qui fait partie du projet au même titre que l'accueil des artistes.

La Générale est aussi un lieu ouvert à la vie associative et de quartier et accueille tous les mois : AMAP Denfert (alimentation), Velvetyne Type Foundry (typographie), Société Psychédélique Française (club de lecture), Association TanBaafi Lab (danse), Chorale Maré Mananga (chant), Libre en commun (logiciel libre), Su Shiatsu (bien-être), HackerzVoice (informatique), RYBN (art contemporain), InfoGM (écologie), Parinux (logiciel libre), Ecoplien (écologie).

La Générale est engagée dans des projets d'éducation artistique et culturelle, soutenus par la ville de Paris et par la DRAC IDF, dans des collèges, lycées, hôpitaux et établissements du champ social.

La Générale fait partie du réseau Actes If. Réseau créé en 1996, Actes if réunit aujourd'hui 38 lieux artistiques et culturels indépendants en Ile-de-France. Ces lieux accompagnent la création contemporaine et défendent la diversité artistique et culturelle à travers une éthique du partage et des dynamiques collectives. Issus de la société civile et à but non lucratif, ces lieux indépendants se réunissent autour d'enjeux artistiques, culturels, sociaux et économiques.

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