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Rubrique «À LIRE AILLEURS»
▸ les 12 dernières parutions

17.07.2026 à 17:00

Canicule, agriculture en péril, grèves à la rentrée... Sans attendre les présidentielles, construisons des alliances !

Les prochains rendez-vous de Bloquons tout IDF, pour préparer la rentrée sociale.

Texte intégral (651 mots)

Les prochains rendez-vous de Bloquons tout IDF, pour préparer la rentrée sociale.

Bloquons contre l'inaction climatique dont nous subissons les conséquences ! Le 23 juin 2026, la France a affiché une température moyenne supérieure à 99 % de la planète.

Bloquons contre la loi “Permis de tuer” : le 7 juillet 2026, la loi dite de « présomption de légitime défense » des forces de l'ordre a été votée.

Reprenons une agriculture paysane : alors que les agriculteur.ices sont en détresse, que les sols sont asséchés, l'État n'apporte aucune aide publique.

Reprenons les droits du travail ! Luttons contre ces patron.nes qui augmentent la pression de la productivité et dégradent les conditions de travail des salarié.es.

Obtenons la régularisation de tous.tes les sans-papiers ! Abolissons les loi anti-immigré.es et ouvrons les préfectures pour les régulariser sans attendre.

Reprenons la protection de l'enfance ! La petite Lyhanna n'est pas un cas isolé, c'est tout un système qu'il faut abattre. Obtenons une loi-cadre intégrale dédiée à l'Enfance.

Reprenons la fête ! Mobilisons-nous contre la loi RIPOST qui réprime les free party. Cette loi attaque la liberté de se rassembler, danser, partager et vivre sa culture.

Reprenons l'éducation ! Ouvrons des postes d'enseignant.es et d'AESH, augmentons leurs salaires, réduisons les effectifs des classes, augmentons le budget de l'école publique, refusons la militarisation de l'école.

Venez discuter et préparer la mobilisation unitaire de la rentrée !

Prochaines réunions publiques à l'EDMP (8 impasse Crozatier, Paris 12e) :
Dimanche 19 juillet - 14h (présentiel* + visio)
Dimanche 9 août - 14h (visio)
Jeudi 27 août - 19h30 (en présentiel* + visio)

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17.07.2026 à 08:00

Le cul entre deux chaises. Une histoire intime de l'immigration yougoslave / Un feuilleton documentaire de Minuit Décousu

Une série documentaire arrivée à terme diffusée chaque semaine depuis janvier dans Minuit Décousu, qui raconte bout par bout l'histoire de Rahima et Rasim, qui ont immigré en France dans les années 1970. Entre foyers immigrés, déclin industriel, diaspora, identité musulmane et guerre en Bosnie-Herzégovine, iels racontent une histoire d'immigration universelle, mais aussi l'intimité d'une famille yougoslave.

Texte intégral (3924 mots)

Une série documentaire arrivée à terme diffusée chaque semaine depuis janvier dans Minuit Décousu, qui raconte bout par bout l'histoire de Rahima et Rasim, qui ont immigré en France dans les années 1970. Entre foyers immigrés, déclin industriel, diaspora, identité musulmane et guerre en Bosnie-Herzégovine, iels racontent une histoire d'immigration universelle, mais aussi l'intimité d'une famille yougoslave.

Minuit Décousu, c'est une émission de création sonore/documentaire de nuit sur Radio Canut (Lyon et alentours) et Cause Commune (Paris/IDF). Semaine après semaine pendant une heure, on en découd avec la nuit et on tire le fils de sons, de textes, d'archives et de voix qui s'entremêlent. Cette année, on a diffusé chaque semaine une série documentaire qu'on a réalisé Le cul entre deux chaises. Une histoire intime de l'immigration yougoslave . Maintenant que la série est arrivée à terme, on voulait la proposer à l'écoute indépendamment de notre émission.

Rahima et Rasim ont immigré en France au début des années 1970. À travers leur récit, Le cul entre deux chaises raconte une histoire d'immigration universelle, mais aussi l'intimité d'une famille yougoslave. Des foyers de travailleurs migrants au pavillon de la banlieue lyonnaise, des premiers signes du déclin industriel à leurs licenciements pour inaptitude physique, Rahima et Rasim témoignent des évolutions de la condition ouvrière de leur point de vue d'immigrés. Leurs efforts d'intégration sont constamment mis à mal par le racisme qu'ils rencontrent dans leur quotidien. La guerre en Bosnie-Herzégovine les renvoie à leur identité musulmane, fait éclater la diaspora yougoslave au sein de laquelle ils vivaient et marque la fin des rêves de retour au pays. Entre humour et mélancolie, anecdotes croustillantes et considérations géopolitiques, les 20 épisodes racontent sous la forme d'un dialogue les effets d'assignation et les faits marquants qui ponctuent leur trajectoire.

Une série à écouter ci-dessous pendant la pause estivale de Minuit Décousu, qui revient sur les ondes pour une 7e saison à la rentrée ! L'ensemble des épisodes est disponible sur notre audioblog (comme on fait les choses bien on l'a mise sous forme de playlist pour les amateurices d'écoute en continu) ou sur l'ensemble des applis de podcast. Bonne écoute ! 🎧

Épisode 1 – SOS Rasim
De l'obtention de papiers français à la location d'un appartement, les prénoms musulmans de Rasim et Rahima ne facilitent pas les choses. Le racisme ponctue le quotidien dans les rapports de voisinage comme avec les pouvoirs publics.


Épisode 2 – Yougo en exil
Rasim arrive en France en 1973 via une agence d'intérim qui recrute des travailleurs en Yougoslavie. Un an plus tard, Rahima le rejoint. Les premiers pas sont difficiles financièrement et dans un environnement qu'ils ne maitrisent pas.


Épisode 3 – France Travail
Rasim et Rahima enchaînent les boulots d'ouvriers. Les cadences soutenues, la pression élevée, les gestes répétitifs rythment des quotidiens de travail difficiles. Leur santé se dégrade inexorablement dans l'indifférence de leurs patrons.


Épisode 4 – Carnet rose
Rasim et Rahima se marient conformément aux traditions bosniaques. Rahima rejoint alors Rasim en France et ils commencent leur vie amoureuse au foyer de travailleuses et travailleurs migrants. Episode déconseillé aux mineurs.


Épisode 5 – L'éternel retour
Pendant des années, Rahima et Rasim se projettent dans un retour au pays où ils font construire une maison et où leurs enfants grandissent. Ils refusent cependant l'aide au retour de l'État français. Et finalement ils s'installent en France définitivement au début des années 1990.


Épisode 6 – L'assignation
La montée du nationalisme à la fin des années 1980 en Yougoslavie politise les appartenances religieuses. Alors que Rasim et Rahima se sentent profondément yougoslaves et que l'islam n'a guère de place dans leur vie quotidienne, ils sont alors assignés à leurs origines musulmanes.


Épisode 7 – Feu l'usine
Arrivés en France dans un période de plein emploi pour les ouvriers, Rahima et Rasim ont vécu le processus de désindustrialisation de l'intérieur. À mesure que les conditions de travail s'améliorent, l'emploi se déshumanise et se raréfie.


Épisode 8 – Enfants du bled
L'ainée et le cadet des trois enfants sont élevés en Yougoslavie par leurs grands-parents. En 1990, suite à la naissance de la benjamine, la famille se regroupe et lance le processus de naturalisation. Les enfants découvrent le français à l'école, tandis que Rasim et Rahima s'ancrent en faisant construire une maison.


Épisode 9 – Vanesa
Rahima et Rasim découvrent progressivement le français, entre bricolages et quiproquos. Lorsqu'il va déclarer la naissance de sa benjamine, Rasim oublie la lettre à son prénom qui aurait permis qu'il soit prononcé correctement en français. Vanesa deviendra Vanessa quelques années plus tard.


Épisode 10 – Aller simple
La guerre éclate en Yougoslavie. Rasim et Rahima rapatrient la famille en urgence en France, traversant les frontières qui se ferment juste derrière eux. Alors que les parents de Rahima ne devaient s'y réfugier que temporairement, la guerre s'éternise et ils ne repartiront jamais.


Épisode 11 – Sous-traitance atomique
Pendant trois décennies, Rasim travaille pour une société sous-traitante dans le nettoyage des centrales nucléaires. Lui et ses collègues sont exposés à de fortes radiations ; si le taux maximal est dépassé, l'entreprise les retire des centrales et les fait travailler ailleurs. Pour maximiser son salaire, il est souvent en déplacement et économise sur les indemnités forfaitaires en partageant des habitats précaires avec d'autres travailleurs immigrés.


Épisode 12 – L'écho du front
Durant quatre ans, Rahima et Rasim vivent la guerre en Yougoslavie à travers la télévision et la radio. Ils sont perpétuellement sous tension et en attente des nouvelles des proches, qui parviennent au compte-goutte et souvent tardivement. À défaut de s'engager dans les combats, ils tentent d'aider en envoyant des colis qui n'arrivent jamais. L'éclatement du conflit éveille aussi des soupçons en France : comme Rasim accède au cœur des centrales nucléaires, une enquête est diligentée pour vérifier ses intentions.


Épisode 13 – La fête est finie
Dans les années 1970 et 1980, Rahima et Rasim ont une vie sociale riche au sein de la diaspora yougoslave de l'est lyonnais. Le déclenchement de la guerre marque la fin fêtes hebdomadaires : Rasim et Rahima sont bosniaques, leurs proches d'origine serbe leur tournent le dos. Résonnance en France de la fin du rêve multiculturel yougoslave, cet éclatement soudain de leurs relations amicales contribue à entretenir, trente ans après la guerre, une forme de yougostalgie.


Épisode 14 – 50 000 lieues sur la terre
Depuis 1973, Rasim et Rahima font chaque année plusieurs allers-retours entre la France et l'(ex) Yougoslavie. Avant la modernisation des routes et des voitures, les trajets de trente heures sont éprouvants. L'été, c'est l'absence de climatisation qui fait défaut ; mais les hivers rigoureux compliquent aussi les choses.


Épisode 15 – Convois exceptionnels
Pendant la guerre, la solidarité s'organise pour aider la famille restée au pays ou réfugiée en Croatie. Rasim et Rahima collectent des denrées alimentaires et des vêtements et organisent des convois humanitaires avec la camionnette prêtée par le voisin. Les trajets sont aussi l'occasion de rapatrier les proches en Europe de l'ouest, en zigzagant entre les frontières qui se ferment.


Épisode 16 – Slobodan massacre
En Yougoslavie, les tensions politiques sont montées progressivement. La haine s'est immiscée dans la population, montant les communautés les unes contre les autres, jusqu'à l'éclatement du conflit. Trente ans après, la Bosnie est divisée entre territoires bosniaques, croates et serbes, les tensions demeurent et le nationalisme sature encore les discours politiques.


Épisode 17 – Non mais allô !
Les évolutions technologiques modifient la nature et le rythme des échanges avec la famille au pays. Le téléphone a d'abord succédé au courrier, internet permet aujourd'hui de se parler et de se voir à des milliers de kilomètres pour une somme modique. Mais la révolution numérique entraine aussi des difficultés pour Rahima et Rasim. Rasim ne s'est jamais converti au sms et la dématérialisation des services publics complexifie leurs démarches.


Épisode 18 – Téléfoot
Rasim et Rahima passent beaucoup de temps devant la télévision. La parabole matérialise le lien avec le pays et permet de regarder les films, les émissions musicales et le sport en bosnien. Et quand la France affronte la Bosnie au football, c'est Rasim qui commente…


Épisode 19 – Import Export
Les trajets entre la Bosnie et la France sont des occasions de s'approvisionner en spécialités culinaires, en cigarettes et en alcool. Rasim ne lésine pas sur les quantités de gnôle, mettant au défi les douaniers. Parfois, c'est le culot de Rahima qui sauve les précieuses marchandises. D'autres fois, il faut accepter d'abandonner quelques produits. Et surtout, il faut bien choisir le moment où on arrive à la frontière !


Épisode 20 – Grève générale
Rasim est surnommé Tito par ses collègues car il n'hésite pas quand il faut monter au front face aux patrons, quitte à risquer le licenciement. Son engagement pour les ouvriers conduit le syndicat à lui proposer de devenir « bureaucrate », ce qu'il refuse en raison de ses difficultés avec le français. Alors que les délégués négocient leurs promotions, Rasim ne se laisse jamais corrompre.

Minuit Décousu, le 23h-00h de création sonore/documentaire sur Radio Canut tous les mardis soirs et en rediff' sur Cause Commune à Paris/IDF 📻
En podcast ici ou sur toutes les autres applications de podcast :
https://audioblog.arteradio.com/blog/139527/minuit-decousu

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16.07.2026 à 21:00

Soutien à Daniil Moukhametov, déserteur russe, que la République française veut extrader ! [RDV Paris, 17/07, 16h]

Rendez-vous vendredi 17 juillet à 16h place Saint-Augustin (Paris 8e)

Texte intégral (558 mots)

Rendez-vous vendredi 17 juillet à 16h place Saint-Augustin (Paris 8e)

Soutien à Daniil Moukhametov, déserteur russe, que la République française veut extrader !

Daniil, jeune électromécanicien russe, a fui la mobilisation en Russie, car il ne veut pas faire la guerre, ni tuer ou être tué. Il a sauté d'un train qui traversait la Lituanie pour rejoindre l'enclave russe de Kaliningrad. (lire ici le portrait que lui a consacré le journal Le Monde le 15 juin dernier)

Les autorités lituaniennes risquent de le retourner à la Russie, pour ne pas se « fâcher » avec leur agressif voisin. Daniil s'est alors enfui en Finlande puis est venu en stop en France, pensant que c'était le pays des Droits de l'Homme et de la Liberté. Mais la République Française vient de décider de l'extrader vers la Lituanie. C'est à coup sur le
condamner à mort, car il serait ensuite remis aux autorités russes qui lui feront payer sa désertion avec la peine prévue dans ce cas, la peine de mort.

Des amis exilés et déserteurs russes viennent de nous informer qu'ils organisent un rassemblement de soutien vendredi 17 juillet. L'initiative Olga Taratuta appelle toutes les personnes qui soutiennent les déserteurs et qui sont opposées à la guerre en général à ce joindre à ce rassemblement qui aurai lieu :

RDV Place Saint Augustin,
Vendredi 17 juillet, 16 heures

Chaque déserteur nous rapproche de la paix !

Déserteurs de tous les pays, unissez-vous !

Initiative « Olga Taratuta », de soutien aux déserteurs, réfugiés, réfractaires russes, bélarusses et ukrainiens

contact@solidarite.online
http://nowar.solidarite.online/blog

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16.07.2026 à 20:38

[Appel à soutien] Occupation illimitée devant le siège du SAMU Social

Rendez-vous devant le siège du SAMU Social (13 rue Jean Berlier, Paris 13e) pour soutenir l'occupation !

Texte intégral (1153 mots)

Rendez-vous devant le siège du SAMU Social (13 rue Jean Berlier, Paris 13e) pour soutenir l'occupation !

Occupation illimitée - parvis du Samu social de Paris (13 rue Jean Berlier, Paris 13e).

Communiqué d'Utopia 56

Ce soir, nous, familles, femmes isolées, enfants, mineurs non accompagnés, Utopia56 et travailleurs-euses en grève du 115, occupons le parvis du SAMU Social de Paris.

Nous n'avons cessé d'interpeller, d'alerter, de manifester.

Les travailleuses et travailleurs du 115 et du SAMU Social de Paris sont en grève reconductible depuis plus de deux semaines, sans aucune réponse de leur direction, ni de l'État.

Nous resterons ici, jour et nuit, avec toutes celles et ceux qui voudront rejoindre cette mobilisation, jusqu'à avoir obtenu des réponses à nos revendications communes.

Nous demandons des places d'hébergement pour celles et ceux qui dorment dehors, des moyens supplémentaires pour les équipes de l'urgence sociale, de meilleures conditions de travail pour celles et ceux qui accompagnent chaque jour les personnes les plus précaires.

Toutes ces revendications convergent ensemble et sont restées ignorées jusqu'ici.

Face au silence des institutions et à la poursuite des politiques de destruction de l'hébergement d'urgence, nous n'avons pas d'autre choix que de passer une étape supplémentaire dans notre mobilisation.

Nous occupons donc le parvis du siège du SAMU Social de Paris, point névralgique de l'hébergement d'urgence à Paris.

C'est ici que se prennent, en lien avec l'État, des décisions qui affectent directement des milliers de personnes privées de solution.

C'est aussi ici que travaillent les écoutantes et écoutants du 115, contraints chaque jour de répondre à des familles, des femmes seules à la rue et de leur annoncer qu'aucune place n'est disponible faute de moyens.

Pour les personnes concernées, venir ici revendiquer leurs droits est essentiel : elles viennent rendre visible leur abandon et exiger des réponses devant le seul dispositif de droit commun existant.

Cette occupation porte donc un double objectif :

  • Rendre visibles celles et ceux que les politiques publiques abandonnent et maltraitent et exiger une mise à l'abri immédiate, pérenne et locale pour toutes et tous.
  • Faire gagner la grève. Que toutes les demandes des grévistes soient entendues et approuvées : des salaires dignes, davantage d'effectifs, plus de moyens pour accompagner les personnes, des conditions de travail à la hauteur de l'urgence sociale.

Cette lutte est commune. C'est une convergence entre celles et ceux qui sont privé-es de toit, et celles et ceux qui tentent chaque jour de les accompagner.

Face à nous, la préfecture de région Île-de-France (l'État) a annoncé la suppression de 1200 nuitées-jours supplémentaires. Ce n'est pas une fatalité, mais des choix politiques contraires au droit.

L'article L345-2-2 du Code de l'action sociale et des familles garantit à toute personne sans abri en situation de détresse un accès à l'hébergement d'urgence. L'article L345-2-3 impose, lui, la continuité de l'hébergement et interdit toute remise à la rue sans solution.

Cette annonce est tombée en pleine canicule. L'État n'accorde que quelques ouvertures temporaires de places indignes quand la pression médiatique monte, notamment pendant les épisodes de canicule ou de grand froid, puis des remises à la rue dès que l'attention retombe, comme aujourd'hui.

Cette logique doit cesser.

Les mineurs non accompagnés sont les premières victimes de cet abandon.

Après des évaluations de minorité menées par la Ville de Paris que nous dénonçons comme arbitraires, défaillantes et racistes, des jeunes sont remis à la rue pendant des mois avant de pouvoir faire valoir leurs droits devant un juge des enfants.

Pourtant, plus de 60% qui font un recours finissent par être reconnus mineurs par un juge des enfants.

ces jeunes demandent : la présomption de minorité, l'hébergement immédiat, l'accès aux soins et à la scolarisation, ainsi que la réduction des délais de recours.

Les institutions ne peuvent plus se renvoyer la balle, entre protection de l'enfance et droit commune : les jeunes ne doivent plus jamais être les victimes de ces guerres institutionnelles, ni sacrifiés à dormir chaque nuit à la rue.

Concrètement, nos revendications :

  • La réouverture immédiate des places ouvertes lors du plan canicule, et leur transformation en places pérennes.
  • La mise à l'abri immédiate de toutes les personnes en famille et femmes isolées.
  • L'annulation de la décision de suppression des nuitées, et la mise en place de moyens supplémentaires pour assurer le respect du droit à l'hébergement pour toutes et tous.
  • La mise à l'abri immédiate des mineurs en recours en lutte pour leurs droits, mais également et surtout la mise à l'abri systématique de chaque mineur remis à la rue après son évaluation de minorité, jusqu'à la fin du recours.

Ce soir, nous ne demandons pas des réponses temporaires.

Nous exigeons le respect des droits fondamentaux, des moyens pour accueillir dignement, la fin du tri, de la pénurie organisée et de l'abandon.

Nous exigeons des conditions dignes de travail.

Rejoignez l'occupation. Venez soutenir les rondes de nuit, apporter du matériel, de la nourriture, des produits d'hygiène et partagez partout autour de vous cette mobilisation.

Nous sommes plus fort-es que ceux qui, depuis leurs bureaux climatisés, décident en plein été de ruiner toujours plus l'urgence sociale. Nous ne lâcherons rien.

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16.07.2026 à 13:12

16 juillet 1942 : la police française livre des milliers de Juifs aux nazis

Le 16 juillet 1942 avait lieu la rafle du Vel' d'hiv'. Maurice Rajsfus, l'un des survivants, revient en ces termes sur cet épisode de son histoire, de notre histoire : « il faut que cette mémoire soit constructive, et qu'on n'oublie pas que depuis, même s'il n'y a plus Auschwitz au bout du voyage, il y a des hommes politiques, des gouvernements, des pouvoirs qui continuent à exclure, à marginaliser, à expulser. »

Lire la suite (395 mots)

Le 16 juillet 1942 avait lieu la rafle du Vel' d'hiv'. Maurice Rajsfus, l'un des survivants, revient en ces termes sur cet épisode de son histoire, de notre histoire : « il faut que cette mémoire soit constructive, et qu'on n'oublie pas que depuis, même s'il n'y a plus Auschwitz au bout du voyage, il y a des hommes politiques, des gouvernements, des pouvoirs qui continuent à exclure, à marginaliser, à expulser. »

Des documents accablants montrent la collaboration active des forces de sécurité française. Programmée par les nazis, cette rafle organisée avec la complicité du gouvernement de Vichy est la plus grande rafle de juifs organisée sur le territoire français durant la guerre, mais n'est d'ailleurs pas la première : en 1941, trois rafles ont déjà eu lieu, essentiellement à Paris. En application de la loi du 4 octobre 1940, la préfecture de police met à disposition de l'occupant nazi son fichier juif : ce sont ainsi 4232 arrestations qui ont lieu du 20 ou 23 août 1941, les juifs arrêtés se retrouvant au camp de Drancy, qui vient juste d'être inauguré.

Le site de la horde propose de revoir une courte vidéo réalisée par TV5, où Maurice Rajsfus revient sur la difficulté à parler de cet événement. Arrêté avec ses parents lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver alors qu'il n'a que 14 ans, il est l'un des survivants de cette tragédie, à la suite d'un ordre excluant les juifs de 14 à 16 ans de la rafle. Militant communiste après la guerre, puis membre du groupe Socialisme ou Barbarie, il cofonde en 1994 l'Observatoire des libertés publiques, qui recense les crimes sécuritaires commis par la police française, jusqu'en avril 2014.

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16.07.2026 à 13:12

Banlieues, ça va chier !

Bref retour sur les émeutes des banlieues de 1990-91

Texte intégral (2479 mots)

Bref retour sur les émeutes des banlieues de 1990-91

Rien ne va plus, les jeux sont faits !

Cinq nuits d'émeutes à Vaulx-en-Velin ont fait voler en éclats ces 10 dernières années de pacification sociale menée par la maison de commerce Mitterrand, Marchais & Co. La palme d'or en revient au trèèès distinguééé boutiquier Pierre Joxe qui nous déclara sans rire et sous le serment de la bonne foi que : « le renforcement de la police, c'est ce que j'ai fait de plus utile depuis que je suis au gouvernement ».

La fête a duré du 6 au 10 octobre 1990, d'abord pour venger Thomas Claudio, « pare-choqué » par des flics, ensuite pour se venger soi-même et se servir sans servir. Des centaines d'émeutiers et des milliers de « mains innocentes » se sont offerts les plus fabuleuses soldes de leur vie, écrasant mieux que Mammouth les prix de la marchandise. Le Centre Commercial et l'Intermarché sont intégralement pillés puis incendiés. Des groupes organisés affrontent sans relâche les CRS, qui sous la pression ne doivent, à certains moments, leur salut qu'à la fuite ou à l'intervention des pacificateurs et autres pompiers sociaux. Des voitures sont brûlées, d'autres tourbillonnent dans d'infernaux rodéos nocturnes. Ainsi donc, Vaulx-en-Velin, à la pointe de la réhabilitation sociale et citée comme exemple, n'a pas résisté au replâtrage et à la rénovation des empêcheurs de révolutionner en rond.

Et pourtant, tous les spécialistes du maintien de l'ordre bourgeois croyaient avoir accompli leur basse et méprisable besogne : des flics de tous poils quadrillant notre espace militarisé jusqu'au racket puant d'Harlem Désirant-la-paix-sociale qui n'ose plus montrer sa trogne de vautour dans nos ZUP de peur de se faire lyncher. Tout avait été prévu.
Mais, rien n'y fait !

Notre haine générée par ce système de merde est plus forte que tout. Partout, la bourgeoisie nous enferme dans son univers concentrationnaire. Des clapiers déshumanisés des banlieues où s'entasse le trop plein de bras inutiles, jusqu'aux hideux bagnes industriels où des millions de citoyens décervelés perdent leur vie à la gagner, ce système de mort nous condamne à végéter dans une misère sociale toujours plus pesante, toujours plus IN-humaine.
Enfermés comme des fauves dans nos murs de béton armé jusqu'aux dents, suintant l'ennui et la névrose. Rivés devant nos téléviseurs, étalant leur bêtise à la Sabatier, laveurs de cerveaux et anesthésieurs de nos révoltes. Spectateurs d'une vie irréelle, alors que notre propre existence n'a jamais cessé de nous échapper. Encadrés par une chiée d'éducateurs, de sociologues, de psychologues, d'assistants sociaux, d'urbanistes, d'architectes, de géomètres qui ont le trouillomètre à zéro devant nos accès de rage et notre refus viscéral de leur monde en carton-pâte. Cette vie est devenue IMPOSSIBLE !

Aux 4 points cardinaux de l'enfer capitaliste, la rage destructrice se répand comme une traînée de poudre. De Vaulx-en-Velin à la Réunion, d'Argenteuil à Sartrouville et aux manifs soi-disant lycéennes — raisonnables et responsables — qui dégénèrent en bastons si pas en pillages joyeux où tout le monde se sert allègrement, les enfants de la colère descendent de leurs banlieues pourries et menacent d'embraser Babylone, rayonnante d'éclats de lumières artificielles et regorgeant de ses marchandises putrides et faisandées.

Dans les semaines et les mois qui suivent l'explosion de Vaulx-en-Velin, on remet ça encore et toujours plus fort. Les lascars sortent de leurs trous à rats et de leurs caves pour déterrer la hache de guerre, pour reprendre les armes des jeunes Apaches du début du siècle, ces banlieusards relégués dans des dépotoirs aux portes de Paname-l'enfer. Quand le vin est tiré, il faut le boire. Et à force de bousiller cette société qui nous détruit, nous finirons ivres de joie. L'incendie social s'annonce gigantesque. Tous les spécialistes du maintien de l'ordre social en prennent pour leur grade. À l'initiative des lascars de Vaulx-en-Velin et des jeunes Apaches, un nouveau dialogue est inauguré avec les représentants du spectacle médiatique, qui à coups de photos et de vidéos balancent aux flics nos frères de luttes les plus acharnés : le cassage de gueule et de matériel de tout ce que la racaille journalistique dépêche sur le terrain. L'ennemi est repéré : le journaliste n'a jamais été l'écho de nos combats, le porte-voix de nos revendications que cette société ne pourra jamais satisfaire, puisqu'il s'agit de passer sur le corps en décomposition de ce vieux monde dont les journaleux sont parmi les plus ardents défenseurs. Leur liberté d'expression et de désinformation se résume à travestir nos besoins fondamentalement humains pour les encadrer dans une contestation négociable, digne et responsable, pour les résumer à un simple cri désespéré dans le désert de cette non-vie planifiée.

Nos révoltes, nos haines, nos luttes ne peuvent être réduites à ce pillage médiatique, à ce cloisonnement du spectacle de 20 Heure. Fais gaffe à toi, journaleux de mes deux, ton rôle de flic est mis à jour, tes jours sont comptés, comme cette société que tu sers ! La chasse aux flics déguisés en journalistes, en photographes, en caméramen est ouverte, à chacun son trophée de guerre. Partout où tu te permets de fouiner, tu risques ta peau. Partout dans nos ghettos de mort ou dans nos luttes, tes collègues se font proprement tabassés et faucher leur matos. Ça s'appelle les risques du métier, et ton boulot méprisable en comportera de plus en plus, sois-en sûr.

Une simple étincelle suffit à embraser les citadelles du luxe. Les tambours de notre guerre que nos maîtres croyaient à tout jamais enfouis sous la chape de plomb de leur paix sociale se mettent à nouveau à raisonner. Leurs échos s'amplifient au loin annonçant la tempête salvatrice. Tous les ingrédients, tous les matériaux de base générés par ce système de misère sont à portée de nos mains pour que détonne aux oreilles frilleuses des bourgeois abasourdis, la gigantesque explosion sociale des miséreux qui crient vengeance, qui hurlent leur haine sanguinaire. Nos ennemis ne savent plus où donner de la matraque. La tempête semble se calmer pour quelques temps ici, et c'est l'ouragan social qui balaye tout là-bas. Le Chaudron volcanique a fait exploser la Réunion les 24, 25 et 26 février, savourant une fête mille fois plus grandiose que Vaulx-en-Velin n'a pu en vivre. Des centres commerciaux, des super-hyper-marchés sont pillés puis incendiés dans cette banlieue pourrie où le luxe et la richesse côtoient des masses de « chômeurs et de déclassés », euphémisme socio-bourgeois pour dire les prolétaires. Des banques et des commissariats sont saccagés, des voitures et des barricades sont enflammées. A la Réunion, comme n'importe où, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Des jeunes prolos sont entassés dans des cloaques-ghettos, des dépotoirs de bout du monde, suspendus à quelques minables allocs de chômage et autre RMI de survie (une des grandes victoires socialistes !).

Agitez ce mélange explosif et rien d'étonnant (détonnant !) que le tout vous saute en pleine gueule. Car bien sûr, et Rocard le sinistre premier de classe l'a bien compris, la Réunion constitue un « problème social grave », d'autant plus qu'elle n'est pour les bourgeois pas assez rentable. Il n'est pas question de nous laisser embobiner par les conneries sur le « peuple créole » débitées par « le salaud lumineux » Vergès et sa maffia familiale. Ni d'ailleurs par le sous-spectacle de Télé Free-Dom dont le dirlo appelle au calme pendant les pillages et tente de canaliser les émeutiers avec son service d'ordre. Les bourgeois se reconnaissent partout dans ce monde, par leur manie de nous exploiter ou de nous laisser crever à petit feu dans la pire des misères. Notre problème, c'est notre survie dans cette jungle de richesse et nos moyens pour nous en sortir collectivement quand le pouvoir désire que chacun d'entre nous tire la couverture à soi de manière individuelle. Ne vous étonnez donc pas, Messieurs les bourgeois, que nous n'en ayons rien à foutre de vos stages de formation, d'insertion et d'intégration sociale. De vos TIC, de vos TUC, de vos TOC, toute cette camelote de bazar destinée à nous faire prendre la tangente et à étouffer nos révoltes contre votre économie marchande, contre le marchandage de nos vies. Votre économie, c'est notre mort. Sa destruction, c'est notre vie. Il est clair que nous assumons complètement par le pillage massif et collectif la « destruction de l'outil de travail et la détérioration du tissu économique » (dixit la CFDT/Réunion). Aucune solidarité ne peut exister entre nous, les éternels dindons de leurs magouilles, et ces messieurs de la haute. Encore une fois, l'addition sera très lourde, les 3 jours d'émeutes qui ont fait pour plus de 350 millions de francs de dégâts à la Réunion, c'est de la peccadille par rapport à ce qui est encore à venir !

Le 17 mars, Rocard vient prendre le pouls de ce foyer de tensions et de troubles. Il ne peut que constater ce que n'importe quel gestionnaire du capital ferait à sa place : « si l'économie mondiale ralentit sa croissance, qu'est-ce que j'y peux ? » « Tout n'est pas forcément plus beau en métropole ». « Le problème du sous-développement se rencontre aussi dans les Yvelines, dans la ZUP du Val-Fouré à Mantes-la-Jolie ». « La Réunion ressemble fort à un phénomène de banlieue » (sic !). Alors que sa visite se veut un signe d'apaisement et de retour au calme, c'est tout le contraire qui se passe. Les émeutes et les pillages reprennent de plus belle. Rocard est obligé de cavaler à toute vitesse et sous la haute surveillance de centaines de CRS et de véhicules blindés. Le Chaudron se réveille et explose toutes les nuits pendant plus d'une semaine de véritable guérilla sociale. Centres des impôts incendiés et déclarations de revenus brûlées, brigades de gendarmerie attaquées, voitures carbonisées, armurerie dévalisée. Plusieurs fusillades éclatent en divers endroits de l'île, des flics sont blessés par balles dans des embuscades. Les émeutes finissent par s'essouffler, bien que nos frères soient de plus en plus déterminés à en découdre. D'abord, par manque de combustible : il ne reste plus beaucoup de commerces à piller. Ensuite par la force de la répression qui s'accélère au fil des jours. Les CRS et les paras interviennent avec leurs blindés et lâchent leurs grenades offensives. Quant à leur justice, elle applique au mieux les sanctions pour que règne l'ordre et la sécurité des bonnes affaires.

Les affrontements durant cette dizaine de jours seront d'une telle ampleur, que même la bonne sœur des pauvres, Danielle Mitterrand, viendra égrener son chapelet d'appel au dialogue et de leçon de pacification puante.

La guerre sociale reste toujours notre mot d'ordre, là comme partout ailleurs. Il y a en France, 400 points sensibles, 400 raisons pour que les bourgeois ne dorment plus la nuit en tremblant de peur.
À Sartrouville, le meurtre d'un jeune par un vigile d'Euromarché enflamme la ZUP qui se fait aussi son Vaulx-en-Velin. À Mantes-la-Jolie, des lycéens font grève et foutent le feu à leur collège. À Vaulx-en-Velin, la terreur continue de régner pour les forces de l'ordre mercantile. Toutes les nuits, des voitures sont incendiées, et les rodéos se terminent souvent par des percutages de cages à poulets. Ce ne sont pas leur ministre de la ville, cet honorable poubelle publique Mr. Delebarre, leur Banlieues 89 et leurs gauchistes à la Roland Castro, pas même leur Bernard Tapie, leur Forum des Citoyens, leur Développement Social des Quartiers (DSQ), leurs plans d'aménagement foireux qui élimineront définitivement les contradictions existantes entre leurs intérêts et les nôtres. Les fissures apparaissent de plus en plus nombreuses dans le fragile équilibre du consensus social tant nécessaire au sous-spectacle démocratique. Demain, ce seront des crevasses avant de devenir des gouffres. Leur société est malade, qu'elle crève ! Non, décidément, RIEN ne va plus pour eux. « La question sociale » réémerge enfin tous avec toujours plus de fureur et de véhémence. Tous leurs architectes, tous leurs urbanistes, tous les ravaleurs de façades de leur vieux monde en déglingue peuvent toujours repeindre en vert la grisaille de nos ghettos douloureux et planter quelques arbres plastifiés, quelques murs d'escalade en guise d'ersatz de vie, c'est le vert-de-gris de l'encasernement qui domine notre non-existence quotidienne que nous éclabousserons du rouge vif du sang des bourgeois !

Extrait de « Le Musicien Exécute le Requiem au 38 Spécial », N°24, 1 juin 1991.

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