30.01.2026 à 08:00
Meriem Laribi sera l'invitée de la librairie Le Monte-en-l'air (2 rue de la Mare, 75020 Paris), le mercredi 11 février à 19h30 à l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Palestine, le droit à l'existence » aux éditions Critiques.
Meriem Laribi sera l'invitée de la librairie Le Monte-en-l'air (2 rue de la Mare, 75020 Paris), le mercredi 11 février à 19h30 à l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Palestine, le droit à l'existence » aux éditions Critiques.
Présentation de l'ouvrage par la maison d'édition :
Dans cet essai percutant, Meriem Laribi démonte la fiction de la « solution à deux États », pilier du discours occidental sur la Palestine. Présentée comme voie de paix, elle masque un ordre colonial imposé sur le terrain. L'auteure retrace l'histoire de la dépossession palestinienne, de la création d'Israël à l'offensive actuelle d'annexion et d'effacement. Elle démonte la rhétorique qui justifie les crimes d'Israël et interroge l'adhésion européenne au projet sioniste, entre culpabilité historique et racisme envers les peuples arabes. Cet essai appelle à écouter ceux qu'on n'entend jamais : les Palestiniens, dans toute leur pluralité - musulmans, chrétiens, juifs et autres.
30.01.2026 à 08:00
Repas de soutien aux grévistes d'Antinea
Repas de soutien aux grévistes d'Antinea
📢 RDV SAMEDI 31 JANVIER À PARTIR DE 13H
🍽️ À LA CANTINE DES PYRÉNÉES
✊Les salariées organisent un repas de soutien pour couvrir leurs frais juridiques dans leur lutte pour faire respecter leurs droits. Venez nombreux.ses pour les soutenir !
"Nous, employées de Antinéa, sommes en grève reconductible depuis juin 2025, et toujours sans nouvelles de la direction, sans salaire, ni ouverture de droit possible
La situation est intolérable :
Nous voulons que notre employeur respecte la loi et nous demandons la solidarité pour faire entendre nos droits."
L'équipe gréviste
29.01.2026 à 14:00
Une soirée de stand-up engagée avec le Grève Générale Comedy Club !
Une soirée de stand-up engagée avec le Grève Générale Comedy Club !
Camarades,
Bloquons tout Paris Nord-Est et Le Baranoux vous donnent à nouveau rendez-vous pour une soirée de stand-up engagée avec le Grève Générale Comedy Club !
Avec @institubeur, @Dysket, @lamagiedemma, @deelle.__, @rokhaoff et @tatianaurss.
📅 Vendredi 30 janvier, à partir de 19h
📍 Volumes Paris, 78 rue Compans, Paris 19e
🍻 Bar et petite restauration sur place dès 18h, assurés par @lebaranoux.
💶 Prix libre à partir de 4 euros
Cet événement s'inscrit dans un projet plus large nommé Semaine noire : une semaine de grève et d'actions s'étendant du 8 au 15 mars.
Rejoignez-nous !
29.01.2026 à 08:00
La CNT de Paris 8 monte son ciné-club et vous invite à sa première projection du film documentaire : Nous n'avons pas peur des ruines, de Yannis Youlountas.
Rendez-vous le 2 février à 18h00 en salle G-2, à l'université Paris 8 (Métro Saint-Denis Université).
La CNT de Paris 8 monte son ciné-club et vous invite à sa première projection du film documentaire : Nous n'avons pas peur des ruines, de Yannis Youlountas.
Rendez-vous le 2 février à 18h00 en salle G-2, à l'université Paris 8 (Métro Saint-Denis Université).

Grèce, 2019 à 2024. Mitsotakis remplace Tsipras au pouvoir en Grèce et promet d'en finir avec Exarcheia, un quartier rebelle et solidaire d'Athènes. Mais la résistance s'organise et des renforts arrivent d'autres villes d'Europe. Le cri de ralliement devient No Pasaran ! Au fil des années, d'autres luttes s'étendent du nord au sud de la Grèce pour défendre la terre, la mer et la vie : en Crète, en Thessalie, en Épire… Même sur l'île de Paros dans les Cyclades, la population manifeste sur les plages devenues payantes et réussit à ce qu'elles redeviennent un bien commun, pour le bonheur de tous.
Quand tout semble s'effondrer, à Athènes comme ailleurs, une même réponse se fait entendre : « nous n'avons pas peur des ruines, nous portons un monde nouveau dans nos cœurs. »
29.01.2026 à 08:00
En cette fin d'année 2025, nous avons effectué un voyage de solidarité d'un mois et demi en Palestine afin de soutenir des paysan.nes palestinien.nes. Malgré l'ambiance lourde et affectée par le génocide à Gaza, la colonisation, l'apartheid et les guerres alentours, nous avons rencontré de nombreux projets inspirants menés par des Palestinien.nes. C'est ce foisonnement d'initiatives et leurs contextes difficiles que nous souhaitons partager.
En cette fin d'année 2025, nous avons effectué un voyage de solidarité d'un mois et demi en Palestine afin de soutenir des paysan.nes palestinien.nes. Malgré l'ambiance lourde et affectée par le génocide à Gaza, la colonisation, l'apartheid et les guerres alentours, nous avons rencontré de nombreux projets inspirants menés par des Palestinien.nes. C'est ce foisonnement d'initiatives et leurs contextes difficiles que nous souhaitons partager.
Notre voyage commence à Amman, capitale de la Jordanie. Israël contrôle tous les points d'accès à la Palestine, le choix est donc restreint : on entre par l'aéroport de Tel Aviv ou bien par la Jordanie. C'est cette dernière option que nous avons choisi, bien qu'elle implique de traverser 3 check-points : palestinien, israélien et jordanien. Pour les Palestinien.nes, le choix n'existe pas : cette entrée est la seule qui leur est autorisée. Déjà à la frontière, nous, occidentaux, traversons avec un bus moderne, tandis que celui réservé aux Palestinien.nes semble sorti d'une autre époque. Ce n'est que la première entrevue d'un système d'apartheid que nous allons découvrir.
Arrivé.es en Palestine, nous avons rendez-vous chez notre ami Saad, que deux d'entre nous ont déjà visité en janvier, dans un village perché entre les terrasses d'oliviers, entre Ramallah et Naplouse. Au village, tout le monde a des oliviers et nous aidons Saad à récolter les siens. Les oliviers sont une source de subsistance pour de nombreuses familles qui consomment ou vendent l'huile et les olives transformées. Cet arbre est incroyable : il pousse tout seul, ne demande pas beaucoup d'eau et peut vivre des centaines d'années. Le peuple Palestinien en a fait un symbole de résistance, surtout depuis que les colons les arrachent. Cette saison de récolte a été particulièrement difficile : 11500 oliviers ont été arrachés par l'armée israélienne et les colons durant ces trois derniers mois (1). Et en termes d'attaque de colons contre des Palestinien.nes, le mois d'octobre est le plus violent jamais enregistré depuis 2006 (2). Comme si ça n'était pas suffisant, les arbres n'ont produit qu'un dixième de la récolte habituelle, en raison de la sécheresse, du jamais vu depuis 1960.
Concernant les attaques, le village est relativement préservé : les colons du coin préfèrent attaquer le village voisin, où ils ont déjà accaparé l'une des deux sources d'eau (la deuxième est maintenant surveillée jour et nuit par les habitant.es...). Mais les colons ne sont jamais loin : au cours des derniers mois, ils ont été aperçus dans le coin en train d'étudier des cartes. Alors on s'inquiète sérieusement au village : quels sont leurs plans ? Vont-ils également accaparer la source ?* Un habitant nous explique que l'apartheid concerne aussi les ressources en eau. Les Palestinien.nes ont toujours un réservoir d'eau sur leur toit, car l'eau peut être coupée pendant plusieurs semaines. Cependant, les autorités ne coupent jamais l'eau des colonies, même pas une heure. Le stockage d'eau est donc une nécessité pour les Palestinien.nes.

Dans le village, nous rencontrons plusieurs membres du Forum Agroécologique Palestinien, qui s'est donné pour but de promouvoir l'agroécologie comme outil de résistance. Nous avons la chance de participer à une distribution de semences organisée par le Forum et financée par des dons de particuliers à l'étranger. Les paysan.nes se succèdent toute la matinée pour récupérer leurs graines, une tonne de semence est distribuée à une cinquantaine de personnes. Les semences sont reproductibles, et nos ami.es espèrent que l'initiative fera naître une envie de retour à la terre. Plus qu'une envie, c'est une nécessité : les déplacements en Cisjordanie sont toujours plus compliqués, et il n'est pas sûr que les semences pourront toujours voyager librement demain. C'est dans ce contexte, et avec la conviction que l'agriculture paysanne permet l'autonomie à celleux qui la pratiquent, que les membres du Forum tentent de faire vivre la paysannerie sur leur parcelle : Mahmoud** est éleveur de brebis et apiculteur au village, tandis que Nour vit à Ramallah mais a acheté une parcelle pour y planter des arbres et en faire un lieu de rencontre et de transmission. Avec Saad, une fois les olives pressées, nous plantons patates, oignons, ails, fèves et radis entre les oliviers. Dans un village voisin, Laïla cultive des légumes qu'elle vend à prix libre lors d'une journée conviviale de récolte collective où elle cuisine pour tout le monde. De son côté, Marwan a planté vignes et pêchers sur une parcelle familiale, où il cultive également des légumes. Il travaille de préférence la nuit depuis qu'il est sorti de prison, et nous propose un café du matin chaque soir où nous le retrouvons. Il est sensible à la beauté de la montagne où il aime passer ses nuits et a beaucoup d'humour. On a du mal à imaginer une telle personne en prison, mais la réalité est ainsi : en ce moment même, Israël détient plus de 11 000 prisonnier.es palestinien.nes, dont plus de 3 500 sous le régime de « détention administrative »(3), c'est-à-dire que les prisonnier.es ne connaissent pas la raison de leur incarcération. Un simple poste Facebook peut les envoyer en prison, et chaque déplacement est un risque de se retrouver face à l'occupant et son bon vouloir. La détention de masse est un des outils de contrôle de la population et, bien évidemment, nos amis du village sont également concernés. La plupart ne sont pas bavards sur ce qu'ils ont subis en prison, mais les quelques témoignages que nous recevons confirment ce que nous savons grâce au travail des ONG sur les conditions de détention épouvantables et inhumaines imposées aux prisonnier.es palestinien.nes (4).
Pour en savoir plus sur la répression et le système colonial, nous nous rendons à Bil'in, village bien connu pour sa résistance pacifiste contre le mur de séparation qui enferme les Palestinien.nes de Cisjordanie (5). Ici, les habitant.es du village se sont mobilisé.es pendant des années pour empêcher le mur de traverser leur village. Après une victoire en justice en 2007, le mur a été déplacé plus loin du village et une ferme s'est installée sur les terres regagnées en 2016. C'est la ferme où nous logeons et elle est juste en face d'une des plus grandes colonies de Cisjordanie (Modi'in Ilit, plus de 80 000 habitant.es). Nous sommes séparés d'elle par le mur qui s'étend entre les collines. On est surpris.es du contraste entre le vert de la ferme et des terrasses d'oliviers de notre côté, et la tristesse des immeubles en béton du côté des israélien.nes. On est tellement proches que les bruits de la colonie accompagnent le quotidien de la ferme : on entend les voix, la musique, les bruits des chantiers... Mais ce sont pourtant deux mondes qui s'opposent, de façon absurde. Tandis que les colons se croient sûrement « protégés » par le mur qui les enferment, les Palestinien.nes regrettent de ne pas pouvoir atteindre la mer. Le mur n'est malheureusement pas le seul obstacle à la liberté de circuler des Palestinien.nes : même à l'intérieur de la Cisjordanie, les check-points omniprésents leur rendent tout déplacement compliqué ou temporairement impossible.
Sur la ferme, tout est pensé comme un outil de résistance : on prend le thé sur une terrasse avec vue sur la colonie et, de tous les bâtiments, ce sont les toilettes qui bénéficient de la vue la plus panoramique. Toutes les constructions sont légères et démontables : nous sommes en zone C (6), où les constructions en dur sont interdites. On cultive de tout sur les buttes du jardin, du choux à la papaye, en passant par la citronnelle. Une attention toute particulière est accordée à la construction du sol, en utilisant du compost et du fertilisant écologique produit sur place, et la belle terre de la ferme contraste avec le sol pauvre et caillouteux que l'on trouve dans la région.

Dans le village de Bil'in, nous rencontrons Bilal, un grand bonhomme d'une trentaine d'années qui nous aborde en allemand. Il vit avec la famille de sa sœur, qui nous accueille chaleureusement quelques jours dans leur maison. Bilal a vécu les 10 dernières années en Allemagne et nous raconte lors de discussions touchantes comment sa vie en tant que palestinien est devenue un calvaire depuis le 7 octobre. Après avoir perdu son travail, harcelé par son voisin et éloigné de ses amis, il a décidé de rentrer en Palestine il y a seulement 6 mois. Il souffre toujours du racisme qu'il a subit en Allemagne mais se sent mieux depuis qu'il est de retour ici, malgré les conditions difficiles dans son village. Sa famille était un des piliers de la lutte pacifiste contre le mur, et il nous fait mesurer l'horreur de la colonisation : toute les familles du village ont perdu des membres, tué.es par les militaires ; la plupart des hommes ont été emprisonnés et torturés.
Depuis quelques mois, le village comprend un nouvel habitant : un colon a élu domicile sur une colline toute proche. Nous le voyons descendre de chez lui en voiture, faire un tour dans la vallée, à grand renfort de klaxon et de gyrophare. Aussitôt, les gens sont en alerte, se rassemblent et scrutent l'arrivant de loin. L'imbécile n'est pas inoffensif, il a déjà tué plusieurs personnes, en toute impunité. C'est comme cela que la colonisation commence : un israélien arrive et pose un mobile home quelque part. Il vole les animaux et effraye les locaux. L'embryon de colonie s'agrandit ensuite avec l'arrivée de nouvelles personnes. Les colons mettent en place des routes, des écoles, la connexion au réseau d'eau, ... Passé un certain stade, la colonie est « légalisée » par Israël (mais pas au regard du droit international) et l'État hébreu pousse l'ignominie jusqu'à donner des subventions aux personnes qui s'installent. Quand les colonies s'agrandissent, les maisons alentour reçoivent des ordres de démolition et les familles palestiniennes vivant là n'ont alors que deux choix : détruire eux même leur maison, ou attendre que l'armée la fasse détruire et leur fasse payer la facture. Plusieurs maisons du village ayant déjà reçu un ordre de démolition, on ne peut que s'inquiéter pour le futur de nos ami.es. C'est ainsi que la Palestine se fait grignoter par les intégristes, avec la bénédiction de l'État israélien, qui leur fournit armes et protection militaire.
Nous passons ensuite une journée dans un village voisin où des jeunes ont monté une coopérative pour produire des légumes. Tout y est rationnel et productif, le groupe veut montrer qu'il est possible de produire beaucoup, sans pesticides, même sur ces petites parcelles très pauvres. Cela ne les empêche pas de travailler à la reproduction de semences anciennes ; nous semons ensemble dans ce but des parcelles de blé avec des variétés originaires du Levant. Si la culture des céréales aurait sans doute de l'avenir dans la région, la récolte ne peut pas se faire à l'aide de machines : le bruit ne manquerait pas d'attirer les colons, qui les détruirait. La parcelle que nous avons semé est d'ailleurs coincée entre une colonie et une future zone commerciale israélienne, dont le terrain est déjà clôturé.
C'est pendant les semis que nous rencontrons Saïd. Il est paysan de l'autre coté du mur de l'apartheid, dans ce que les occidentaux appellent Israël et que nos ami.es préfèrent appeler la « Palestine de 1948 », en référence à la date à laquelle 700 000 palestinien.nes en ont été expulsés. Il nous emmène dans sa ville, proche de Haïfa et de la frontière libanaise. C'est ici qu'ont été regroupées les familles palestiniennes expulsées des villages voisins lors de la création d'Israël. Saïd nous fait visiter les ruines d'un des nombreux villages détruit depuis l'occupation. Comme souvent, des arbres à croissance rapide ont été plantés sur le lieu, la forêt étant utilisée pour cacher le crime. Les restes des ruines ne sont visibles que si l'on cherche à les voir.
Pendant quelques jours, nous travaillons sur la ferme avec Saïd qui pratique l'agriculture syntropique : les légumes poussent entre les arbres, dont certains servent seulement à enrichir le sol de leur bois, dans un jardin qui grouille de vie. Saïd et sa mère se débrouillent pour faire fleurir leur oasis malgré les discriminations qu'iels subissent. Même avec un passeport israélien, iels n'ont pas les mêmes droits dans la pratique que les juif.ve.s. Par exemple, iels ne peuvent pas commercialiser certains fruits tels que les mangues et les avocats, de même qu'iels n'ont pas le droit de posséder plus de trois ruches. Ici aussi, tandis que d'affreux immeubles résidentiels s'implantent à quelques kilomètres de là, iels ont l'interdiction de construire en dur sur leurs terres alors, comme en Cisjordanie, iels s'adaptent avec des structures en matériaux naturels et démontables.
En Israël, le régime d'apartheid se matérialise de différentes façons. Parfois, ces restrictions sont des lois qui s'appliquent à tout le monde mais dans la pratique, des dérogations sont accordées facilement, sauf aux arabes. Un autre subterfuge est de créer des restrictions pour des raisons soi-disant « écologiques » dans des zones qui ne sont habitées que par des arabes. Ces Israélien.nes qui sont appelés arabes musulmans, arabes chrétiens, druzes ou bédouins, facilement identifiables car ce nom est inscrit sur leur carte d'identité, sont en fait les descendant.es des Palestinien.nes qui sont restés dans les frontières d'Israël en 1948.
Ainsi, des deux cotés du mur de séparation, l'occupation prend différentes formes et, même dans la « seule démocratie du Moyen Orient », l'apartheid est violente. L'eau est également un sujet d'inégalité : une seule compagnie a le monopole de l'approvisionnement en eau en Israël et les arabes sont contraints de la payer beaucoup plus cher que les juifs. Alors sur la ferme de Saïd, une fois de plus, la permaculture permet de contourner ces problèmes : on fait des buttes pour retenir l'eau, on couvre le sol et les arbres permettent de faire de l'ombre.
La dernière semaine de notre voyage, nous choisissons de la passer autour de Ramallah, pour revoir les différentes personnes que nous avons rencontrées lors de ce séjour. Nous sommes toujours accueilli.es avec le sourire et une générosité débordante. Nos nouveaux et nouvelles ami.es nous expriment l'importance de recevoir des visites dans cette situation désespérante et nous sommes toujours épaté.es par leur envie de s'engager vers un futur durable.
Au cours de ce voyage, nous avons eu de nombreuses discussions politiques. Toutes les personnes que nous avons rencontrées sont en colère contre l'Autorité palestinienne qu'elles estiment corrompue et complice d'Israël. Malgré les soutiens financiers de nombreux pays et d'ONG à la Palestine, peu d'argent arrive réellement jusqu'aux Palestinien.ne.s. Certain.es de nos ami.es estiment qu'il s'agit d'une politique volontaire visant à maintenir les gens dans des conditions de vie précaires pour qu'iels n'aient pas les moyens de résister et de remettre en cause la situation d'occupation qui profite à l'Autorité palestinienne.
Au cours de nos rencontres, certain.es nous ont aussi dit se sentir privilégié.es de ne pas être à Gaza ou dans un camp de réfugié. Certain.es estiment que cette situation « préservée » leur permet de théoriser une éventuelle paix et une coexistence avec les juif.ves et se disent admiratif.ves que leurs proches de Gaza continuent à leur transmettre leurs projets et leurs envies de vie et de paix.
Les liens avec nos ami.es palestinien.nes sont forts et nous remarquons que nous sommes à peu près du même milieu : classe moyenne, ayant un peu voyagé, sensibles à la justice sociale, à l'écologie et convaincu.es de l'intérêt de l'agriculture écologique. Mais la comparaison entre nous s'arrête là : malgré leur situation « privilégiée » par rapport à d'autres palestinien.nes, la plupart sont déjà passé.es par la prison et iels se savent constamment en danger (de retourner en prison, d'être expulsé.es de chez eux, de voir leur terre détruite, de perdre des ami.es ou d'etre tué.e...). Iels ne se font pas d'illusion sur le futur et se préparent à subir le même sort que leurs voisins de Gaza ou de Jénine. La reproduction des semences, l'auto production, l'agroécologie, les réseaux d'entraides, auxquels nous croyons pour des raisons humaines et écologiques, prennent ainsi une dimension profonde, celle de la survie et de la résistance.
4 ami.es solidaires
* Le 26 décembre 2025, juste après la rédaction de cet article, un ami nous a informés que 50 colons armés sont entrés dans le village. Ils se sont rendus aux sources d'eau et ont détruit des plantes aux alentours. Les habitant.es sont plus préoccupé.es que jamais.
** Les prénoms ont été modifiés.
(1) Applied Research Institute Jerusalem ARIJ
(2)https://news.un.org/fr/story/2025/11/1157877
(3) ONG israélienne HaMoked, sur la base de chiffres fournis par l'IPS (administration pénitentiaire israélienne)
https://hamoked.org/prisoners-charts.php
(4) par exemple le rapport de l'ONG israélienne B'Tselem « Welcome to hell », juillet 2024 https://www.btselem.org/publications/202408_welcome_to_hell
(5) voir par exemple le film « 5 caméras brisées », Emad Burnat et Guy Davidi, 2011
(6) selon le découpage de la Cisjordanie en 3 zones lors des accords d'Oslo en 1995, sensé être temporaire. La zone C représente 60% du territoire, est la seule bande de terre continue et se trouve sous contrôle civil et militaire israélien.
29.01.2026 à 08:00
Communiqué de collectifs féministes, politiques et syndicales, contre la complicité de l'Union Européenne et des États-Unis dans l'attaque sans précédent du Rojava et pour le soutien à l'autodéfense et l'autodetermination des peuples. Semaine d'actions du 25 janvier au 1er février !
Communiqué de collectifs féministes, politiques et syndicales, contre la complicité de l'Union Européenne et des États-Unis dans l'attaque sans précédent du Rojava et pour le soutien à l'autodéfense et l'autodetermination des peuples. Semaine d'actions du 25 janvier au 1er février !

Depuis début janvier, le Rojava (Kurdistan autonome de Syrie) et son projet émancipateur font face à des attaques d'une ampleur sans précédent, menées par les forces armées du gouvernement de transition autoproclamé et des milices djihadistes, avec le soutien de laTurquie et l'approbation des puissances occidentales.
Nous dénonçons le cynisme des États-Unis et de l'Union européenne, pour qui la libération des femmes en Iran ou en Palestine aurait justifié hier une « intervention militaire », des sanctions économiques, voire une « guerre juste », et qui se rendent aujourd'hui complices directs de l'attaque contre la Révolution des femmes du Rojava.
En féministes, nous luttons ici-même contre un gouvernement qui nous attaque. Nous faisons alors écho à l'appel de Kobanê à défendre la révolution. Nous saluons le courage de la résistance populaire et appelons à participer partout en France aux rassemblements et aux journées d'action en défense du Rojava !
Em Bernadin Vê Dîlanê - nous n'abandonnerons pas cette danse !
Le Rojava est un territoire du nord de la Syrie, qui a déclaré son autonomie en juillet 2012. S'inspirant du mouvement de libération du Kurdistan, il y a été construit un modèle politique sans équivalent. Cette expérience a gagné une visibilité mondiale lorsque les combattantes des YPJ (Unités de défense des femmes) ont joué un rôle décisif dans la défaite de l'État islamique, bousculant les représentations occidentales et ouvrant un imaginaire révolutionnaire qui menace directement les puissances impérialistes de la région.
Ce qui se joue au Rojava, c'est la révolution des femmes
Ce petit territoire abrite une des plus grandes tentatives de transformation sociale et d'émancipation collective des femmes. Celles-ci sont à l'avant garde du projet démocratique mis en place depuis 2011 et participent activement à celui-ci. Elles mènent de plus une révolution sociale des femmes, avec des transformations profondes proclamation des Lois des femmes qui leur assurent l'égalité et condamnent les VSS ; maisons et assemblées de justice des femmes ; forces armées d'autodéfense ; organisations autonomes féminines à tous les niveaux de la société, système de co-présidence garantissant leur présence dans l'ensemble des postes de responsabilité. Ces avancées ont radicalement modifié la vie des femmes et constituent une source d'inspiration majeure pour toutes celles et ceux qui luttent contre le patriarcat. C'est aux combattantes kurdes que l'on doit le slogan Jin, Jiyan, Azadî (Femme, Vie, Liberté) qui a donné corps aux luttes et révoltes par-delà les montagnes - au Bakûr au Rojava et au Başûr, jusqu'en Amérique latine puis en trouvant écho en Europe, ainsi qu'au Rojhilat et dans tout l'Iran en 2022 contre l'apartheid de genre et de race. Cet élan permet d'ouvrir des possibles pour les droits des LGBTI+. À ce titre, les personnes queers ont été sur le devant de l'insurrection en Iran, comptant de même de nombreux·ses prisonnièr.es. Partout au Kurdistan, la mémoire des soulèvements habite les corps en mouvement. La révolte libère le temps et l'espace, là où la guerre tente de contrôler nos temporalités.
Ce qui se joue au Rojava, c'est aussi, de nouveau, le droit des peuples à la résistance populaire et à l'autodétermination face à la colonisation, à l'impérialisme et aux régimes autoritaires. L'Administration autonome démocratique du nord et de l'est de la Syrie (AADNES), structure de gouvernance du Rojava, rassemble Kurdes, Arabes, Arménien·nes, Syriaques-assyrien·nes au sein des communes, conseils et multiples espaces d'auto-organisation qui permettent la co-existence des différents peuples et confessions religieuses au Rojava. C'est précisément cette dynamique de co-gouvernance et son projet d'égalité politique, d'égalité des sexes et d'indépendance économique que le régime de Damas souhaite soumettre.
Intifada, serhildan : soulèvements !
Aujourd'hui, le gouvernement de transition syrien (GTS, provenant du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham HTC) et ses alliés avancent pour détruire ce projet. Après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, les États-Unis et leur allié turc ont propulsé en janvier 2025 Ahmad al-Charaa — ancien chef d'Al-Qaïda et maintenant d'HTC — à la tête de la Syrie. Avec sa nouvelle armée, il est responsable de massacres contre les minorités syriennes, d'abord Alaouites et Druzes, et désormais contre les Kurdes à Alep puis au Rojava. La guerre aux peuples qui ne se plient pas à la centralité du pouvoir est déclarée. Cette offensive s'inscrit dans des efforts continus de Damas de consolider son emprise sur le reste du pays en répondant aux intérêts de la bourgeoisie régionale, ainsi qu'aux convoitises des puissances impérialistes pour les marchés, les voies d'approvisionnement en énergie et les ressources du territoire, notamment concentrées au Rojava.
La continuité impérialiste et sioniste annonce écraser toute resistance érigée aux projets
impérialistes et coloniaux dans la région, qui n'hésitent pas à se rendre coupables de génocides ou de massacres de masse, de Gaza à Kobanê en passant par Téhéran. En Syrie, cette recomposition violente vise à reprendre le contrôle d'un pays auparavant allié de la Russie et de l'Iran, en remplaçant un tyran par un autre et en écrasant un projet réellement. Ainsi début janvier, c'est à Paris que Jolani et divers représentants de Turquie et d'Israël se rencontrent sous la médiation des USA : le feu vert a été donné pour l'offensive contre les territoires autonomes du Rojava. Des prisons où des combattants de l'État islamique étaient détenus ont été ouvertes sous les yeux des forces états-uniennes et françaises.
Les impérialistes s'allient sans scrupules avec les islamistes ou djihadistes au détriment d'un projet émancipateur si celui-ci empiète sur leurs intérêts. Ce sont ainsi 620 millions d'euros qui ont été promis début janvier au gouvernement central de Damas par l'Union européenne, ravie à la perspective de pouvoir sécuriser davantage les frontières de l'Europe. Personne n'a oublié que la multinationale francaise du ciment Lafarge s'est rendu complice de Daech et que l'État a fermé les yeux. Au Rojava, tortures, enlèvements, exécutions sommaires ont été rapportées. Le canton de Kobanê, ville martyre et symbole mondial de la résistance contre Daesh est maintenant assiégé. Leur objectif est clair : un nettoyage ethnique de la population kurde et l'effacement total de son projet politique.
Les femmes et minorités de genre paient le prix fort pendant les guerres, qu'elles soient intérieures ou extérieures. En Syrie, des images confirment la volonté d'anéantir notamment les conquis des femmes : l'une des premières destructions visibles a été celle de la statue d'une combattante des YPJ à Tabqa, puis celles d'académies féminines, de centres de Jineolojî, d'assemblées locales. Les archives culturelles et politiques sont directement menacées. En tant de guerre, la survie quotidienne devient un combat. Au travers du viol ou de la profanation des corps, qui sont des armes de guerre systématiquement utilisées pour terroriser. Mais aussi au travers des sièges, des blocus, de la destruction des terres et des ressources, ou de l'orchestration de famines comme à Gaza. De même, c'est par l'effondrement des infrastructures essentielles à l'existence même d'une communauté que les violences et dominations s'exercent le plus fortement. Mais la réponse s'organise toujours, comme au Soudan, où les résistantes des Comités de Quartier insurgés, traitent aujourd'hui l'urgence physique face à une guerre contre- révolutionnaire.
Femme, vie, liberté contre la guerre !
Lorsque Damas a exigé la reddition totale du Rojava, le peuple s'est à nouveau soulevé pour défendre ses conquis au cours de plus d'une décennie d'expérimentations politique.
Un appel à la mobilisation générale a été lancé : personnes âgées et jeunes femmes sont vent debout, illustrant des formes de résistance d'un peuple organisé, et s'opposant aux structures des milices patriarcales, au prix de mort·es. Des centaines de personnes ont rejoint le Rojava, traversant les sommets, défiant les murs de béton des frontières imposées et les balles des gardiens. Par la coordination d'une pluralité des tactiques et l'auto organisation, chacun.e peut trouver sa place.Tenter le renversement complet du système de domination qui engendre, lui, la guerre, comprend l'autodéfense comme nécessité ultime.
Si ici, nous luttons déjà contre la montée du fascisme et les attaques anti-féministes du gouvernement, la marche à la guerre, l'austérité et la militarisation de la jeunesse - la solidarité internationaliste ne peut que nous renforcer. En tant que révolutionnaires, féministes, militantes du mouvement LGBTI+, nous continuerons à créer des ponts - car nous avons appris à lutter debout.
Défendre le Rojava, c'est défendre la preuve concrète qu'un autre monde est possible, c'est défendre notre avenir ainsi que la libération des femmes et des minorités de genre dans le monde entier !
Agissons ici et maintenant, de là où nous sommes : en rejoignant les mobilisations de soutien au Rojava et les initiatives de solidarité concrète, en exigeant la levée du siège sur Kobanê et Hesekê et contre l'impérialisme de notre propre pays, qui est à portée de nos coups, et dont la brutalité n'est plus à démontrer.
Guerre à la guerre ! Jin, Jiyan, Azadî !
✊ Rejoignons la journée d'action des femmes le 31 janvier et les journées d'action générales
du 25 janvier au 1er février 2026, à l'appel de Women Defend Rojava et RiseUp4Rojava

A l'initiative de
ZORA, organisation de jeunes femmes antifascistes, anticapitalistes et internationalistes
KESSEM juives féministes décoloniales
Féministes Révolutionnaires, Paris
*
PREMIERES SIGNATURES
