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Rubrique «À LIRE AILLEURS»
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29.05.2026 à 08:00

Pierre Kropotkine : Communisme et Anarchie, 1903.

Examinant avec une lucidité toute nuancée les limites pratiques du communisme de parcelle, cette « forme de vie » communaliste dont le principe a connu un récent regain dans les milieux anti-autoritaires, autant que la bêtise et les dangers d'un Étatisme défendu par une certaine tendance « socialiste », Kropotkine signe un raisonnement critique dont la pertinence et la résonance, d'une incroyable actualité, semblaient mériter davantage qu'un énième oublie.

Texte intégral (3453 mots)

Examinant avec une lucidité toute nuancée les limites pratiques du communisme de parcelle, cette « forme de vie » communaliste dont le principe a connu un récent regain dans les milieux anti-autoritaires, autant que la bêtise et les dangers d'un Étatisme défendu par une certaine tendance « socialiste », Kropotkine signe un raisonnement critique dont la pertinence et la résonance, d'une incroyable actualité, semblaient mériter davantage qu'un énième oublie.

Pierre Alekseïevitch Kropotkine était un scientifique et philosophe russe, théoricien de l'anarchisme.

Arrêté à Saint-Pétersbourg en 1874 pour « propagande subversive » et « activités révolutionnaires », il s'évade en 1876.

Il passa les 41 années suivantes en exil, en Suisse, en France (où il fut emprisonné pendant près de 4 ans) et en Angleterre. Il retourne en Russie après la Révolution russe de 1917 mais exprime rapidement sa déception vis-à-vis du bolchevisme et entreprend plus généralement une critique du socialisme d'État.

Kropotkine était partisan d'un communisme décentralisé, basé sur les associations et les collectivités autonomes, sur un système de production dirigé par les ouvriers/ouvrières et les paysans/paysannes eux/elles-même. Des thèses qui influencèrent fortement les pratiques révolutionnaires de la Makhnovchtchina de 1919.

Il est l'auteur de deux ouvrages considérés comme des classiques.

Le premier, « La conquête du pain », un recueil d'articles paru en 1892, dans lesquels il développe une critique des diverses formes d'exploitations et d'oppressions et entreprend une première ébauche des formes organisationnelles que pourrait prendre une société libertaire - dont la coopération conserve un rôle prépondérant. Une pensée, qu'il développera par la suite dans son ouvrage le plus célèbre, « L'entraide, un facteur de l'évolution », une étude nettement plus anthropologique publiée en 1902, visant à combattre la naturalisation des formes de compétitions promues par la montée du darwinisme-social.

Examinant avec une lucidité toute nuancée les limites pratiques du communisme de parcelle, cette « forme de vie » communaliste dont le principe a connu un récent regain dans les milieux anti-autoritaires, autant que la bêtise et les dangers d'un Étatisme défendu par une certaine tendance « socialiste », Kropotkine signe un raisonnement critique dont la pertinence et la résonance, d'une incroyable actualité, semblaient mériter davantage qu'un énième oublie.

C'est dans une perspective de débat, d'argumentations historicisées, que nous colportons à nouveau cette salutaire tentative de synthèse entrepris vers le dépassement.

Communisme et Anarchie , 1903 - Extrait :

L'importance de la question a à peine besoin d'être rappelée. Beaucoup d'anarchistes et de penseurs en général, tout en reconnaissant les immenses avantages que le communisme peut offrir à la société, voient dans cette forme d'organisation sociale un danger pour la liberté et le libre développement de l'individu. D'autre part, prise dans son ensemble, la question rentre dans un autre problème, si vaste, posé dans toute son étendue par notre siècle : la question de l'Individu et de la Société.

Le problème a été obscurci de diverses façons. Pour la plupart, quand on a parlé de communisme, on a pensé au communisme plus ou moins chrétien et monastique, et toujours autoritaire, qui fut prêché dans la première moitié de ce siècle et mis en pratique dans certaines communes. Celles-ci, prenant la famille pour modèle, cherchaient à constituer « la grande famille communiste », à « réformer l'homme », et imposaient dans ce but, en plus du travail en commun, la cohabitation serrée en famille, l'éloignement de la civilisation actuelle, l'isolement, l'intervention des « frères » et des « sœurs » dans toute la vie psychique de chacun des membres.

En outre, distinction suffisante ne fut pas faite entre les quelques communes isolées, fondées à maintes reprises pendant ces derniers trois ou quatre siècles, et les communes nombreuses et fédérées qui pourraient surgir dans une société en voie d'accomplir la révolution sociale.

Il faudra donc, dans l'intérêt de la discussion, envisager séparément :

La production et la consommation en commun ;
Est-il nécessaire de modeler la cohabitation sur le modèle de la famille actuelle ?
Les communes isolées de notre temps ;
Les communes fédérées de l'avenir.

Et enfin, comme conclusion :

Le communisme amène-t-il nécessairement avec lui l'amoindrissement de l'individu ? Autrement dit : l'Individu dans la société communiste.

Sous le nom de socialisme en général, un immense mouvement d'idées s'est accompli dans le courant de notre siècle, en commençant par Babeuf, Saint-Simon, Robert Owen et Proudhon, qui formulèrent les courants dominants du socialisme, et ensuite par leurs nombreux continuateurs français (Victor Considerant, Pierre Leroux, Louis Blanc), allemands (Marx, Engels), russes (Tchernychevsky, Bakounine) etc., qui travaillèrent soit à populariser les idées des fondateurs du socialisme moderne, soit à les étayer sur des bases scientifiques.

Ces idées, en se précisant, engendraient deux courants principaux : le communisme autoritaire et le communisme anarchiste, ainsi qu'un certain nombre d'écoles intermédiaires, cherchant des compromis, tels que l'État seul capitaliste, le collectivisme, la coopération ; tandis que, dans les masses ouvrières, elles donnaient naissance à un formidable mouvement ouvrier, qui cherche à grouper toute la masse des travailleurs par métiers pour la lutte contre le capital de plus en plus international.

Trois points essentiels ont été acquis par ce formidable mouvement d'idées et d'action, et ils ont déjà largement pénétré dans la conscience publique.

Ce sont :

L'abolition du salariat forme actuelle du servage ancien ;
L'abolition de l'appropriation individuelle de tout ce qui doit servir à la production ;
Et l'émancipation de l'individu et de la société du rouage politique, l'État, qui sert à maintenir la servitude économique.

Sur ces trois points l'accord est assez prêt de s'établir ; car ceux mêmes qui préconisent les « bons de travail », ou bien disent (comme Brousse) : « Tous fonctionnaires ! » c'est-à-dire « tous salariés de l'État ou de la commune », admettant qu'ils préconisent ces palliatifs uniquement parce qu'ils ne voient pas la possibilité immédiate du communisme. Ils acceptent ces compromis comme un pis aller. Et, quant à l'État, ceux-là mêmes qui restent partisans acharnés de l'État, de l'autorité, voire même de la dictature, reconnaissent que lorsque les classes que nous avons aujourd'hui auront cessé d'exister, l'État devra disparaître avec elles.

On peut donc dire, sans rien exagérer de l'importance de notre fraction du mouvement socialiste, la fraction anarchiste, que malgré les divergences qui se produisent entre les diverses fractions socialistes et qui s'accentuent surtout par la différence des moyens d'action plus ou moins révolutionnaires acceptés par chacune d'elles, on peut dire que toutes, par la parole de leurs penseurs, reconnaissent, pour point de mire, le communisme libertaire. Le reste, de leur propre aveu, n'est que des étapes intermédiaires. Toute discussion des étapes à traverser serait oiseuse, si elle ne se basait sur l'étude des tendances qui se font jour dans la société actuelle. Et, de ces tendances diverses, deux méritent surtout notre attention.

L'une est qu'il devient de plus en plus difficile de déterminer la part qui revient à chacun dans la production actuelle. L'industrie et l'agriculture modernes deviennent si compliquées, si enchevêtrées, toutes les industries sont si dépendantes les unes des autres, que le système de paiement du producteur-ouvrier par les résultats devient impossible. Aussi voyons-nous que plus une industrie est développée, plus le salaire aux pièces disparaît pour être remplacé par un salaire à la journée. Celui-ci, d'autre part, tend à s'égaliser.
La société bourgeoise actuelle reste certainement divisée en classes, et nous avons toute une classe de bourgeois dont les émoluments grandissent en proportion inverse du travail qu'ils font : plus ils sont payés, moins ils travaillent. D'autre part, dans la classe ouvrière elle-même, nous voyons quatre divisions : les femmes, les travailleurs agricoles, les travailleurs qui font du travail simple, et enfin ceux qui ont un métier plus ou moins spécial. Ces divisions représentent quatre degrés d'exploitation et ne sont que des résultats de l'organisation bourgeoise.

Mais, dans une société d'égaux, où tous pourront apprendre un métier et où l'exploitation de la femme par l'homme, et du paysan par l'industriel, cessera, ces classes disparaîtront. Et aujourd'hui même, dans chacune de ces classes les salaires tendent à s'égaliser. C'est ce qui fait dire, avec raison, qu'une journée de travail d'un terrassier vaut celle d'un joaillier, et ce qui a fait penser à Robert Owen aux bons de travail, payés à chacun de ceux qui ont donné tant d'heures de travail à la production des choses reconnues nécessaires.
Cependant, quand nous considérons l'ensemble des tentatives de socialisme, nous voyons, qu'à part l'union de quelques mille fermiers aux États-Unis, le bon de travail n'a pas fait son chemin depuis les trois quarts de siècle qui sont passés depuis la tentative faite par Owen de l'appliquer. Et nous en avons fait ressortir ailleurs (Conquête du Pain ; le Salariat) les raisons.

Par contre, nous voyons se produire une masse de tentatives partielles de socialisation dans la direction du Communisme. Des centaines de communes communistes ont été fondées durant ce siècle, un peu partout, et en ce moment même nous en connaissons plus d'une centaine toutes plus ou moins communistes.
C'est aussi dans le sens du communisme partiel, bien entendu que se font presque toutes les nombreuses tentatives de socialisation qui surgissent dans la société bourgeoise, soit entre particuliers, soit dans la socialisation des choses municipales.

L'hôtel, le bateau à vapeur, la pension sont tous des essais faits dans cette direction, par les bourgeois. En échange d'une contribution de tant par jour, vous avez le choix des dix ou cinquante plats qui vous sont offerts, dans l'hôtel ou sur le bateau, et personne ne contrôle la quantité de ce que vous avez mangé. Cette organisation s'étend même internationalement, et avant de partir de Paris ou de Londres vous pouvez vous munir de bons (à raison de 10 francs par jour) qui vous permettent de vous arrêter à volonté dans des centaines d'hôtels en France, en Allemagne, en Suisse, etc., appartenant tous à la Ligue internationale des hôtels.

Les bourgeois ont très bien compris les avantages du communisme partiel, combiné avec une liberté presque entière de l'individu, pour la consommation ; et dans toutes ces institutions, pour un prix de tant par mois, on se charge de satisfaire tous vos besoins de logement et de nourriture, sauf ceux de luxe extra (vins, chambres spécialement luxueuses), que vous payez séparément.

L'assurance contre l'incendie (surtout dans les villages où une certaine égalité de conditions permet une prime égale pour tous les habitants), contre l'accident, contre le vol ; cet arrangement qui permet aux grands magasins anglais de vous fournir chaque semaine, à raison d'un shilling par semaine, tout le poisson que vous consommerez dans une petite famille ; le club ; les sociétés sans nombre d'assurance en cas de maladie, etc., etc., toute cette immense série d'institutions nées dans le courant de ce siècle, rentrent dans la même catégorie des rapprochements vers le communisme pour une certaine partie de la consommation. Et enfin nous avons toute une vaste série d'institutions municipales eau, gaz, électricité, maisons ouvrières, tramways à taux uniforme, force motrice, etc., dans lesquelles les mêmes tentatives de socialisation de la consommation sont appliquées sur une échelle qui s'élargit tous les jours davantage.

Tout cela n'est certainement pas encore du communisme. Loin de là. Mais le principe qui prévaut dans ces institutions contient une part du principe communiste : Pour une contribution de tant par an ou par jour (en argent aujourd'hui, en travail demain), vous avez droit de satisfaire telle catégorie de vos besoins le luxe excepté.

Pour être communistes, il manque à ces ébauches de communisme bien des choses, dont deux surtout sont essentielles : 1° le paiement fixe se fait en argent, au lieu de se faire en travail ; et 2° les consommateurs n'ont pas de voix dans l'administration de l'entreprise. Cependant si l'idée, la tendance de ces institutions était bien comprise, il n'y aurait aucune difficulté, aujourd'hui même, de lancer par entreprise privée ou sociétaire, une commune, dans laquelle le premier point serait réalisé. Ainsi, supposons un terrain de 500 hectares. Deux cents maisonnettes, chacune entourée d'un quart d'hectare de jardin ou de potager, sont bâties sur ce terrain. L'entreprise donne à chaque famille qui occupe une de ces maisons, à choisir sur cinquante plats par jour tout ce qu'ils voudront, ou bien elle leur fournit le pain, les légumes, la viande, le café à volonté, pour être cuits à domicile. Et, en échange, elle demande, soit tant par an payé en argent, soit tant d'heures de travail de l'établissement : agriculture, élève du bétail, cuisine, service de propreté. Cela peut se faire déjà demain si l'on veut ; et on peut s'étonner qu'une pareille ferme-hôtel n'ait pas déjà été lancée par quelque hôtelier entreprenant.

On remarquera, sans doute, que c'est ici, en introduisant le travail en commun, que les communistes ont généralement échoué. Et cependant l'objection ne pourrait pas être soutenue. Les causes des échecs ont toujours été ailleurs. D'abord, presque toutes les communes furent fondées à la suite d'un élan d'enthousiasme quasi religieux. On demandait aux hommes d'être « des pionniers de l'humanité », de se soumettre à des règlements de morale minutieux, de se refaire entièrement par la vie communiste, de donner tout leur temps, pendant les heures de travail et en dehors de ces heures, à la commune, de vivre entièrement pour la commune.
C'était faire comme font les moines et demander aux hommes sans aucune nécessité d'être ce qu'ils ne sont pas. Ce n'est que tout récemment que des communes furent fondées par des ouvriers anarchistes sans aucune prétention, dans un but purement économique, celui de se soustraire à l'exploitation patronale.

L'autre faute était toujours de modeler la commune sur la famille et de vouloir en faire « la grande famille ». Pour cela, on vivait sous un même toit, forcé toujours, à chaque instant, d'être en compagnie des mêmes « frères et sœurs ». Or, si deux frères trouvent souvent difficile de vivre sous un même toit, si la vie de famille ne réussit pas à tous, c'était une erreur fondamentale que d'imposer à toutes et à tous « la grande famille », au lieu de chercher, au contraire, à garantir autant que possible la liberté et le chez soi de chacun.

En outre, une petite commune ne peut pas vivre. Les « frères et sœurs », forcés au contact continuel, avec la pauvreté d'impressions qui les entoure, finissent par se détester. Et il suffit que deux personnes, devenant deux rivaux, ou simplement ne se supportant pas l'une l'autre, puissent par leur brouille amener la dissolution d'une commune. Il serait étrange si cette commune là vivait, d'autant plus que toutes les communes fondées jusqu'à ce jour s'isolaient du monde entier. Il faut se dire d'avance qu'une association étroite de dix, vingt, cent personnes ne pourra durer que trois ou quatre années. Si elle durait plus, ce serait même regrettable, puisque cela prouverait seulement, ou que tous se sont laissés subjuguer par un seul, ou que tous ont perdu leur individualité. Et puisqu'il est certain que dans trois, quatre ou cinq années, une partie des membres de la commune voudra se séparer, il faudrait au moins avoir une dizaine ou plus de communes fédérées, afin que ceux et celles qui, pour une raison ou une autre, voudront quitter telle commune puissent entrer dans une autre commune et être remplacés, par des personnes venant d'autres groupes. Autrement la ruche communiste doit nécessairement périr, ou tomber (comme cela arrive presque toujours) aux mains d'un seul, généralement « le frère » plus malin que les autres.

Enfin, toutes les communes fondées jusqu'à ce jour se sont isolées de la société. Mais la lutte, une vie de lutte, est, pour l'homme actif, un besoin bien plus pressant qu'une table bien servie. Ce besoin de voir le monde, de se lancer dans son courant, de lutter ses luttes, de souffrir ses souffrances, est d'autant plus pressant pour la jeune génération. C'est pourquoi (comme le remarque Tchaoekovsky par expérience) les jeunes, dès qu'ils ont atteint dix-huit ou vingt ans, quittent nécessairement une commune qui ne fait pas partie de la société entière.

Inutile d'ajouter que le gouvernement, quel qu'il soit, a toujours été la pierre d'achoppement la plus sérieuse pour toutes les communes. Celles qui ont eu que fort peu ou n'en ont pas du tout (comme la jeune Icarie) ont encore le mieux réussi. Cela se comprend. Les haines politiques sont des plus violentes. Nous pouvons vivre, dans une ville, à côté de nos adversaires politiques, si nous ne sommes pas forcés de les coudoyer à chaque instant.

Mais comment vivre, si l'on est forcé, dans une petite commune, de se voir à chaque moment ? La lutte politique se transporte dans l'atelier, dans la chambre de travail, dans la chambre de repos, et la vie devient impossible.

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Texte complet format PDF, ici :

Pierre Kropotkine : Communisme et Anarchie, 1903.

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29.05.2026 à 08:00

LA MAISON BRÛLE #2 TECHNOFASCISMES

Dans LA MAISON BRÛLE #2, l'émission de radio antifasciste, décoloniale, transféministe et anticapitaliste, on s'intéresse aux liens entre le fascisme et les nouvelles technologies. On va parler de l'IA, de critique envers la technologie, des technofascistes comme Palantir, de l'extractivisme mais aussi de résistances réelles et imaginaires.

Texte intégral (503 mots)

Dans LA MAISON BRÛLE #2, l'émission de radio antifasciste, décoloniale, transféministe et anticapitaliste, on s'intéresse aux liens entre le fascisme et les nouvelles technologies. On va parler de l'IA, de critique envers la technologie, des technofascistes comme Palantir, de l'extractivisme mais aussi de résistances réelles et imaginaires.

Dans l'épisode 2 de LA MAISON BRÛLE, notre émission radiophonique antifasciste, décoloniale, transféministe et anticapitaliste sur Radio St Ferréol, on s'intéresse au nouveau visage, très high tech, du fascisme.

Comment la technologie est maintenant un moteur, un accélérateur du fascisme dans le monde ? Quels liens entre fascisme et technologie ? Comment le technofascisme est mis en place ? Et comment lui opposer une autre réalité ?
On parlera d'Intelligence Artificielle, des technologies au service de l'armée et de la police, du projet technofasciste de l'entreprise Palantir, d'extractivisme et de colonialisme dans l'exploitation minière dont dépendent les nouvelles technologies. Mais on abordera aussi comment critiquer la technologie sans tomber dans une technophobie réactionnaire transphobe et comment les résistances à la technologie se nichent dans tous les interstices qu'elle n'a pas prévu, dans le monde militant, littéraire et poétique mais aussi dans le monde animal...

À ÉCOUTER ET TÉLÉCHARGER
Bonne écoute !

visuel : Sem Nagas

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29.05.2026 à 08:00

Rencontre avec les éditions Nocturnes pour une présentation de l'ouvrage « Offensive d'Iran »

Les éditions Nocturnes seront les invitées de la librairie Le Monte-en-l'air (2 rue de la Mare, 75020 Paris) le mardi 2 juin à 19h30 pour venir présenter la réédition de l'ouvrage « Offensive d'Iran » et la collection Bibliothèque des émeutes.

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Les éditions Nocturnes seront les invitées de la librairie Le Monte-en-l'air (2 rue de la Mare, 75020 Paris) le mardi 2 juin à 19h30 pour venir présenter la réédition de l'ouvrage « Offensive d'Iran » et la collection Bibliothèque des émeutes.

Présentation de l'ouvrage par la maison d'édition :

Que savons-nous de la Révolution iranienne ? Un épais brouillard d'occultations et de mensonges recouvre les événements de 1979. Or en cette année, les gueux ont défait l'armée et les différentes polices. Téhéran fût transformée en grande fête armée. Une débauche de passion courrait les rues, le temps explosait, la lune prenait les traits de la liberté. Depuis 1917, on avait pas vu un tel déferlement de pensées libres. Jusqu'au moment où les valets réussirent à enterrer la révolution dans l'habit noir du parti de Khomeyni. Au côté des insurgés qui expérimentent leur souveraineté dans la vengeance et l'amour, Offensive d'Iran nous invite à repenser la révolution en dehors du carcan dans lequel l'Occident l'avait enfermée.

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29.05.2026 à 08:00

Rencontre avec Nicolas Belorgey autour de l'ouvrage « Ficher tout le monde ? La bataille de l'identifiant numérique en Inde »"

Nicolas Belorgey sera l'invité de la librairie Le Monte-en-l'air (2 rue de la Mare, 75020 Paris), le mercredi 3 juin à 19h30 à l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Ficher tout le monde ? La bataille de l'identifiant numérique en Inde » dans la collection Logiques du Désordre des éditions CNRS.

En compagnie des directeurs de collection Adam Baczko, Gilles Dorronsoro et Martin Lamotte.

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Nicolas Belorgey sera l'invité de la librairie Le Monte-en-l'air (2 rue de la Mare, 75020 Paris), le mercredi 3 juin à 19h30 à l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage « Ficher tout le monde ? La bataille de l'identifiant numérique en Inde » dans la collection Logiques du Désordre des éditions CNRS.

En compagnie des directeurs de collection Adam Baczko, Gilles Dorronsoro et Martin Lamotte.

Présentation de l'ouvrage par la maison d'édition :

L'identification des personnes est plus que jamais un enjeu économique et politique. Hier réalisée par le biais de fichiers papier, elle l'est désormais de plus en plus par Internet et par des bases informatiques recensant nos données personnelles. Ces bases de données semblent autoriser la réalisation des rêves du savant, du politique, de l'administrateur ou de l'entrepreneur, mais peuvent aussi tourner au cauchemar de l'exploitation de notre intimité et d'une société de surveillance – particulièrement dangereuse en contexte politique autoritaire.
Fruit d'une enquête de terrain, ce livre explore l'un de ces dispositifs numériques et biométriques, qui couvre presque toute une population vaste et hétérogène : celle de l'Inde, soit environ 1,4 milliard de personnes. Il montre comment cet outil, nommé Aadhaar (« fondation » en hindi), conçu essentiellement par et pour le monde des affaires, a été adopté par l'État, puis imposé à la population via un mélange de propagande, de censure et de contrainte, tout en contournant les mouvements sociaux, le Parlement et la Cour suprême. Il montre aussi que seules quelques entreprises en tirent des profits, tandis que les habitants les plus fragiles en subissent les coûts élevés, en termes d'accès aux droits sociaux et de liberté.
Toute ressemblance avec des faits existant ailleurs pourrait ne pas être fortuite.

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29.05.2026 à 08:00

« Redevenir Juif par temps de Génocide ? » Rencontre croisée avec Catherine Hass et Michel Feher

Discussion entre Michel Feher auteur de « Redevenir Juif »(La Découverte) et Catherine Hass « Terres enchaînées » (Editions Nous)

Texte intégral (1017 mots)

Discussion entre Michel Feher auteur de « Redevenir Juif »(La Découverte) et Catherine Hass « Terres enchaînées » (Editions Nous)

Mercredi 03 juin Michèle Firk accueille Catherine Hass et Michel Feher pour une rencontre croisée !

A l'heure où l'accusation d'antisémitisme est sans cesse instrumentalisée à des fins de répression et de silenciation de tout soutien au peuple palestinien et de toute critique de l'État d'Israël, on assiste parallèlement à une repolitisation critique de la judéité qui mérite d'être élaborée et soutenue. Comment se subjective-t-on en tant que Juif.ve en 2026 ? Faut-il le redevenir par temps de génocide ?

Pour en discuter, seront donc présents autour de la table Catherine Hass, anthropologue travaillant sur "ce que la politique fait à la guerre", qui a publié un livre d'intervention "Terres enchaînées, Israël-Palestine aujourd'hui" aux éditions NOUS et Michel Feher qu'on avait déjà reçu il y a deux ans pour son très bon livre sur les imaginaires d'extrême droite ("Producteurs et Parasites") et qui vient de sortir "Redevenir Juif" (les 2 chez la Découverte).

On a hâte vous y voir pour une discussion qu'on espère complexe mais riche !

⌚ Mercredi 03 Juin à 19.00
📍 Au café-librairie Michèle Firk, 9 rue François Debergue, 93100 Montreuil


" La judéité aura rarement été aussi mobilisée qu'aujourd'hui dans le débat publique. Mobilisée par les avocats de l'État israélien et de son projet génocidaire bien-sûr, mais aussi de manière moins attendue, par certains de ses opposants. Invoquée pour justifier la traque d'un “nouvel antisémitisme” au sein de la gauche et des non-blancs, tout autant que pour refuser répression et colonialisme : “pas en notre nom”.

Non pas que les prises de positions juives antisionistes soient une nouveauté - on aurait au contraire du mal à en établir une liste exhaustive, du messianisme hassidique au socialisme du Bund, sans même parler d'Arendt, Deutscher, Rodinson, Serfaty ou des autres. Plus proches de nous, on ne peut ignorer le travail historique de l'UJFP ou plus récemment du collectif Tsedek ! dont le nom-même rappelle que l'exigence de justice est une vertu juive. Combattues et marginalisées dans l'espace médiatique, ces interventions n'en demeurent pas moins vitales.

Le livre de Catherine Hass est de celles-ci. Anthropologue travaillant sur la guerre pour pouvoir penser les conditions de la paix, elle y déplore le “naufrage de l'historicité” qui domine les débats sur le conflit israélo-palestinien. Se proposant à l'inverse, de “désexceptionaliser” l'État israélien, elle tente au fil des chapitres de “substituer au seul pays idéel, le pays réel”. Cesser de traiter cet État comme une métaphore des Juifs, pour le rendre à l'Histoire donc. Refuser de réduire l'histoire du conflit à celui de la judéité (et donc de réduire l'opposition au sionisme à un antisémitisme) mais aussi d'enchaîner les juifs à un nationalisme suprémaciste. Retourner à l'Histoire, c'est aussi “ôter à la haine son éternité”, rouvrir l'espace de la politique, et avec elle, la possibilité d'égalité, de justice et de paix.

Dans son dernier livre, Michel Feher avertit lui aussi sur le pacte faustien proposé aux Juifs : absoudre l'Occident - transformé en “civilisation judéo-chrétienne” sous l'action d'on ne sait quelle secrète transubstantiation - de son antisémitisme passé, pour devenir des Blancs (quasi) comme les autres, et faire d'Israël la citadelle avancée de ceux-ci au Moyen-Orient.

S'il propose de “redevenir Juif”, c'est en dessinant une judéité irrécupérable, celle qui obnubile les antisémites, et les empêche de dormir. A la façon dont Butler imaginait jouer du drag pour insuffler le trouble dans le genre, Feher propose de redevenir Juif pour instiller le doute dans les identités nationales et politiques, civilisationnelles ou raciales. Se plaçant dans la lignée d'Arendt, il suggère d'habiter consciemment une place de parias qui ne cherchent ni à s'assimiler ni à s'ériger en groupe majoritaire. Habiter le trouble pour le distiller autour de soi, refuser la blanchité pour inoculer l'insécurité identitaire.

Alors que certains oeuvrent, comme l'écrit Hass, à “river le nom de Juif à l'État d'Israël sans autre assignation possible”, il est impératif de réaffirmer, encore et toujours, cette distinction et ce qu'elle implique. En espérant aussi peut-être par là, prendre au sérieux la sommation de Franco Fortini dans sa “Lettre aux Juifs italiens” : “Ceux qui, Juifs ou amis des Juifs - rares ou en nombre, connus ou non, qu'importe - croient que la conscience et la vérité sont plus importants que la fidélité et la tradition, eh bien qu'ils parlent pendant qu'il en est encore temps, qu'ils parlent clairement, qu'ils choisissent un camp, qu'ils se manifestent.”

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28.05.2026 à 23:20

Fêtons l'anniversaire de Louise Michel avec la Lézarde

Fête annuelle de la bouquinerie la Lézarde :
Joyeux anniversaire Louise Michel !

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Fête annuelle de la bouquinerie la Lézarde :
Joyeux anniversaire Louise Michel !

Louise Michel alias « Enjolras », née le 29 mai 1830 est une institutrice, écrivaine, militante anarchiste, franc-maçonne française aux idées féministes et l'une des figures majeures de la Commune de Paris.
Fêtons ensemble cet anniversaire à la Lézarde, bouquinistes anarchistes sur les Quais de Paris (90 Quai de l'Hôtel de Ville.) Ce vendredi, le 29 Mai de 14h à la nuit tombée.

PROGRAMME :

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 Persos A à L
Carmine
Mona CHOLLET
Anna COLIN-LEBEDEV
Julien DEVAUREIX
Cory DOCTOROW
Lionel DRICOT (PLOUM)
EDUC.POP.FR
Marc ENDEWELD
Michel GOYA
Hubert GUILLAUD
Gérard FILOCHE
Alain GRANDJEAN
Hacking-Social
Samuel HAYAT
Dana HILLIOT
François HOUSTE
Tagrawla INEQQIQI
Infiltrés (les)
Clément JEANNEAU
Paul JORION
Christophe LEBOUCHER
Michel LEPESANT
 
 Persos M à Z
Henri MALER
Christophe MASUTTI
Jean-Luc MÉLENCHON
MONDE DIPLO (Blogs persos)
Richard MONVOISIN
Corinne MOREL-DARLEUX
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VisionsCarto
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