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Rubrique «À LIRE AILLEURS»
▸ les 10 dernières parutions

02.06.2026 à 08:00

Manifestive PARIS 13/06

Dans le cadre d'une répression croissante du mouvement Free Party avec la PPL1133 et la LOI RIPOST qui notamment vise plus largement les libertés individuelles.
Trajet Nation vers Concorde de 12h à 18h (susceptible de changer)

Texte intégral (537 mots)

Dans le cadre d'une répression croissante du mouvement Free Party avec la PPL1133 et la LOI RIPOST qui notamment vise plus largement les libertés individuelles.
Trajet Nation vers Concorde de 12h à 18h (susceptible de changer)

Le mouvement Free Party essuie une nouvelle vague de répression physique et juridique.

Le nouveau projet de loi PPL 1133 qui :

  • diminue le seuil déclaratif de 500 à 250
  • pénalise les organisateurs jusqu'à 2 ans de prison et 30 000 € d'amende
  • crée une contravention pour participation de 1500€ (3000€ en cas de récidive)
  • élargit trop largement la définition d'organisateur créant une atteinte énorme aux libertés individuelles
    (liste non exhaustive)

Et le projet de LOI RIPOST qui :

  • s'attaque très largement aux « troubles à l'ordre public » et ratissant tellement large que les libertés individuelles sont de nouveau menacées au sens large
  • prévoit à peu près les mêmes point que la PPL 1133 mais cette fois ci proposé par le gouvernement
    (liste non exhaustive)

Un appel National est diffusé et la manifestation de Paris se tiendra le 13 juin

Trajet Nation vers Concorde de 12h à 18h (susceptible de changer)

Ce sera une déambulation avec des véhicules sonorisés, des discours et un travail de sensibilisation à la répression croissante du mouvement.

Les dernières semaines se sont soldées par de nombreuses confrontations violentes avec les forces de l'ordre, de nombreux témoignages d'une violence extrême déployée par les FDO (voiture de police qui fonce dans la foule, déploiement d'un soit-disant maintien de l'ordre menant au chaos, de nombreux blessé.es et traumatisé.es)

La free party est un mouvement culturel qui existe depuis maintenant plus de 30 ans et ne se laissera pas éteindre par un gouvernement en quête d'autoritarisme !

Lien vers le collectif TeknoAntiRepression :

https://www.instagram.com/teknoantirep

Lien vers le collectif TeknoAntiRepression Paris :
https://www.instagram.com/teknoantirepparis ?

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01.06.2026 à 21:30

Réunion publique « Bassée vivante »

Réunion d'information sur la lutte « Bassée vivante », qui fait partie des Soulèvements de la Seine, en amont de la mobilisation festive du 6 juin après-midi dans le tiers-lieu La Manse Eugénie (77)

Lire la suite (454 mots)

Réunion d'information sur la lutte « Bassée vivante », qui fait partie des Soulèvements de la Seine, en amont de la mobilisation festive du 6 juin après-midi dans le tiers-lieu La Manse Eugénie (77)

🌿 Pour une Bassée vivante et en vue de la mobilisation festive du 6 juin à la Manse Eugénie, venez (re)découvrir la plus grande zone humide d'Ile-de-France et le projet de nouveau canal qui menace ce lieu unique et aurait de nombreuses répercussions catastrophiques, alors qu'un canal existe déjà.
La lutte Bassée Vivante s'inscrit dans les Soulèvements de la Seine

📆 Rendez-vous le 3 juin à 19h
📍À la Bourse du travail, 3 rue du Château d'eau, 75010 Paris
Salle Louise Michel

🦎 Étendue sur 30 000 hectares le long de la Seine, la Bassée est une éponge géante qui accueille une large diversité de faune et de flore, là où se dessinent les méandres de la Seine.

🚧 Un projet de mise à grand gabarit de la Seine pour pas moins de 460 millions d'euros d'argent public menace de détruire cet habitat au profit d'un seul acteur de l'agro-industrie de céréales et avec l'argent publique.

✨ On vous attend nombreuses et nombreux !

Réunion publique Bassée vivante
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01.06.2026 à 08:00

Résister collectivement à l'Amende Forfaitaire Délictuelle (AFD)

C'est quoi ? Ca vient d'où ? Comment ça se passe ? est ce que ça se conteste ?
Voici un petit guide pratique pour lutter contre les flics et leurs AFD, une procédure rapide bien relou.

Texte intégral (4431 mots)

C'est quoi ? Ca vient d'où ? Comment ça se passe ? est ce que ça se conteste ?
Voici un petit guide pratique pour lutter contre les flics et leurs AFD, une procédure rapide bien relou.

c'est quoi ?

Gaffe aux apparences : l'amende forfaitaire délictuelle n'est pas une simple amende.
Au moment où les flics nous la collent, on ne se rend souvent pas compte de la différence, jusqu'à ce qu'on reçoive l'avis et qu'on tique sur la somme demandée. Ou pire : qu'on se voit prélever direct sur notre compte bancaire.
Pas une simple amende car :
• elle punit un DÉLIT
• elle entraîne une inscription au casier judiciaire (bulletins 1 et 2 si on ne la paye pas dans les temps)
• les sommes sont souvent de l'ordre de 800-900€ et peuvent aller jusqu'à 3000€
elle ne peut pas être contestée comme une amende « classique »

ça vient d'où ?

On rétropédale sur les dernières années au gré des lois qui ont renforcé l'arsenal répressif pour vous expliquer d'où ça vient ! Et comment elle a été pensée comme un outil de harcèlement financier des quartiers populaires et devient un nouvel outil répressif des mouvements sociaux.
Initialement l'amende forfaitaire c'est fait pour désengorger les tribunaux et ça concerne surtout des délits routiers (conduite sans assurance ou sans permis).
En 2019, son champ de compétence est élargi au domaine social, avec en 1er lieu dans le collimateur, comme toujours, les quartiers populaires. Deux délits en particulier servent cet objectif de répression des populations marginalisées : l'occupation illicite en réunion des espaces communs d'un immeuble d'habitation et surtout l'usage de stupéfiants. On pense aussi au délit d'installation illicite sur un terrain qui vise très spécifiquement à réprimer la communauté des voyageur-euses, et qui servira aussi pour les ZAD. L'AFD sert donc les politiques discriminatoires et de contrôle social, et ce d'autant plus qu'elle ne repose que sur la parole d'un flic consignée dans un procès verbal et ne laisse en pratique que peu de droit au recours.
L'idée n'est plus seulement de désengorger mais d'apporter une réponse pénale "immédiate et effective". Punir !

En 2023, après l'énorme mouvement des Gilets Jaunes, le pouvoir se dit qu'il est grand temps de s'en servir contre les mouvements sociaux et étend encore son domaine. Sont concernés désormais les délits de :
filouterie de carburant, destruction ou dégradation d'un bien, tags, détention ou usage de fumigène, intrusion dans un établissement scolaire, atteintes à la circulation des trains, entrée illicite sur un terrain de sport, port d'arme de la catégorie D sans motif légitime, vol à l'étalage (loi du 24 janvier 2023).
La liste n'est pas exhaustive mais on voit très bien à travers ces exemples comment l'AFD peut être utilisée pour casser les contestations sociales [1].

Liste complète des infractions avec montants ici

Aujourd'hui, on constate de nombreuses délivrances d'AFD sur les dernières mobilisations, notamment le mouvement « Bloquons tout » du 10 sept. Le précédent des GJ et l'occupation des ronds-points ont donné des idées : le délit d'entrave à la circulation peut être utilisé pour tout type de blocage routier (péage, rond-point, périph etc.) A coup de 900 balles pris dans les poches des pauvres, c'est sûr, ça va être dissuasif.

EN PRATIQUE

Dans les faits, le moment où on se prend la prune a toutes les apparences d'une situation banale de verbalisation. Cependant deux ou trois détails peuvent nous faire tiquer et nous amener à adopter des stratégies différentes, déjà pour être sur.es du type de sanction qu'on est en train de subir.

qui décide de l'AFD ?

Elle est délivrée par un policier (police nationale) ou gendarme qui « constate l'infraction » . À noter que ça ne peut pas être donnée par la municipale. Ça ne peut pas être donné non plus à une personne mineure.

Résister au moment du contrôle

1.La procédure est censée s'appliquer que si la personne accepte le principe d'une verbalisation et reconnaît les faits. En théorie, il est donc possible de refuser une Amende Forfaitaire Délictuelle et le refus de la signer devrait en être une preuve. En pratique, les flics mettent la pression et te font parfois signer des papiers sans dire ce que c'est.
Refuser une AFD c'est prendre le risque d'être emmené.e en GAV ou d'être convoqué.e à un procès ultérieurement, même si dans les faits les AFD ont été créées pour punir des infractions auparavant peu punies car les dossiers étaient vides et la justice trop engorgée. Ça peut donc valoir le coup de tenter de résister à cette procédure en tentant de refuser de signer !
Par ailleurs, c'est une procédure qui ne repose que sur la parole du flic consignée dans son procès verbal/ Il peut donc faire de fausses accusations sans risquer de répercussions. Par exemple, on a reçu des témoignages de personnes ayant reçu une AFD pour « usage de stupéfiant » alors qu'elles ne possédaient que du CBD sur elles [2] Ou encore des personnes verbalisées pour « port d'armes de catégorie D » alors qu'elles revenaient de pique-nique avec un petit couteau.

2. L'agent ne peut pas non plus donner d'AFD si plusieurs infractions sont constatées simultanément dont au moins une ne peut faire l'objet d'une procédure d'AFD. De même, cette procédure n'est pas censé être possible s'il y a besoin de plusieurs PV pour caractériser l'infraction (ex : si pour prouver le vol, besoin de joindre vidéos/photos de la caméra de surveillance au dossier).
=> Comme il s'agit d'une procédure à PV unique , il est possible de tester une stratégie pour éviter l'AFD pour stup : a priori si tu refuses la destruction de la drogue saisie, les flics seront obligés de la garder en tant que scéllés et donc d'ouvrir une enquête. Là encore, ça dépend de leur respect du droit et de la procédure, ce qui est loin d'être garanti...

Quelques autres pistes à vérifier :

Il semblerait que les flics aient besoin d'une tablette et smartphone Neo [3] pour éditer une AFD (ils en ont pas encore tous).
Si tu refuses de payer l'AFD immédiatement, les flics sont censés devoir te l'envoyer par courrier (note). En théorie, ça signifie qu'ils sont sensés ne pas pouvoir mettre d'AFD aux personnes ne disposant pas d'adresse.
En pratique, les flics pourraient très bien en inventer une, donc pas sur que ça marche mais c'est possible de tester de refuser de déclarer une adresse au moment du contrôle.

(!) Le fait de donner une fausse adresse entraîne simplement la non-réception de l'avis d'AFD et n'empêche pas sa validité, voire même augmente les risques de l'avoir majorée... D'ailleurs les flics se fichent souvent de bien noter ton adresse et ont tendance à eux-même faire des erreurs. On verra plus bas qu'il arrive souvent de se rendre compte d'une AFD en étant directement prélevé.e sur le compte bancaire...

Dans tous les cas, on vous conseille de ne pas accepter de payer l'amende lors du contrôle quand les flics vous le proposent !

Casier judiciaire
L'amende forfaitaire délictuelle entraîne une inscription au bulletin n°1 du casier judiciaire pendant une durée de 3 ans à compter du règlement de l'AFD mais pas au bulletin n°2 du casier judiciaire dès lors qu'elle a été réglée (le bulletin n°2 ou B2 est celui accessible à certains employeurs (travail dans le public ou avec des enfants globalement)).
La procédure de l'AFD entraîne également une inscription au fichier de Traitement des Antécédents Judiciaires (TAJ), c'est un fichier consulté par les flics (de la nationale) à chaque contrôle d'identité ou passage au commissariat.

quoi faire quand on apprend qu'on a une AFD ?

DELAIS :

je décide de payer -> AFD minorée de 20 % si payée tout de suite ou dans les 20 jours
je conteste -> 45 jours pour contester en « consignant » la somme
j'ai contesté -> relaxe : je suis remboursé.e (-10 % de la somme pour frais de justice)
rejet du recours : je dois payer avec majoration de 10% pour frais de justice
→ je reconteste*

je ne fais rien dans les 45 jours : AFD majorée

* je conteste tout (amende initiale + majoration) car je n'ai jamais reçu le 1er avis ou que je souhaite continuer à contester -> 30 jours
suivant l'envoi de l'avis majoré

je décide de ne contester que la majoration
(je ne conteste pas l'amende mais je n'ai jamais reçu le 1er courrier donc elle a été majorée) -> 30 jours
suivant l'envoi de l'avis majoré

je suis dans la merde pour payer -> je demande une dispense ou réduction gracieuse pour difficultés financières

La contestation en pratique
Pour le moment, on a peu de retour de contestation d'AFD, les personnes concernées sont au début des procédures et on imagine aisément que cela peut prendre au moins autant voire plus de temps qu'une contestation d'amende "classique". Donc on s'attend à devoir attendre 6 mois/1 an pour avoir plus de retours.

2 cas de figures :

1. ON RECOIT LE COURRIER
Si la contestation a lieu après avoir reçu le 1er courrier, on l'appelle alors "requête en exonération" :

  • on a 45 jours
  • on doit la formuler par lettre recommandée avec accusé réception au ministère public (l'adresse se trouve dans l'encadré réservé à la contestation : Service de traitement des AFD à Rennes) ou sur le site de l'ANTAI
  • on doit y joindre l'original de l'avis de contravention
  • on doit motiver notre demande, c'est-à-dire expliquer pourquoi on conteste
  • on doit consigner la somme sinon notre requête sera irrecevable. Le montant de la consignation dépend de l'infraction retenue.

(!) Consigner la somme n'est pas comme payer l'amende même si financièrement, sur notre compte c'est la même.
Mais attention : si on confond les 2 et qu'on paye l'amende par la voie de paiement, même partiellement, il n'est plus possible de la contester.

Si la requête n'est pas acceptée, on reçoit un avis d'amende forfaitaire majorée. On peut continuer à contester.
La contestation s'appelera alors une "réclamation".

  • on a 30 jours
  • on doit la formuler par lettre recommandée avec accusé de réception au ministère public (l'adresse se trouve dans l'encadré réservé à la contestation : Service de traitement des AFD à Rennes) ou sur le site de l'ANTAI
  • on doit y joindre l'original de l'avis d'amende forfaitaire majorée
  • on doit motiver notre demande, c'est-à-dire expliquer pourquoi on conteste

2. ON N'A RIEN REÇU ET ON EST/VA ETRE PRÉLEVÉ.E
Mais parfois on n'a jamais reçu le 1er courrier et on découvre qu'on s'est pris.e une amende forfaitaire délictuelle au moment du prélèvement sur notre compte.
En effet si rien n'est fait dans les 30 jours suivant la majoration, il y émission d'un titre exécutoire qui permet de prélever directement sur les salaires / livrets d'épargne / comptes courants…
C'est ce qu'on appelle le recouvrement forcé.
L'amende est alors inscrite au casier judiciaire, aussi bien sur le bulletin n°1 que sur le bulletin n°2.
La banque est sommée de le faire mais elle doit aussi logiquement nous informer qu'une telle saisie est en cours. Bien sûr, la banque prend au passage des frais bancaires...

Tips pour s'éviter un prélèvement sauvage de l'état :
si on laisse sur un compte courant moins ou l'équivalent d'un RSA seulement, l'État ne peut pas prélever d'argent dessus. Certaines personnes prévoient donc de retirer en espèce leur RSA le jour où il arrive sur le compte pour limiter les risques de saisie.

Si on reçoit un avis de prélèvement à venir, ça s'appelle "saisie administrative à tiers détenteur" (SATD), il faut :

  • aller à sa banque dire qu'on s'oppose au prélèvement et doubler cela avec un envoi en lettre recommandée avec accusé réception à la banque pour dire qu'on est en procédure de contestation de l'amende.
  • aller au centre du Trésor Public dont on dépend et demander un bordereau de situation.

Ce bordereau correspond au relevé de toutes les prunes qu'on pourrait avoir sur le dos (contraventions simples et forfaitaires délictuelles).
Il nous permet d'entrer en voie de contestation pour chaque cas où on n'a pas été averti.e et où nous n'avons pas pu contester, voire parfois même pour des cas où on a contesté mais pour lesquels on n'a jamais reçu de réponse. C'est important d'avoir gardé tous les éléments de preuve de nos contestations si on en a faites. Ils seront utiles à ce moment-là.
Il est fréquent de ne pas avoir été mis.e au courant d'une prune (simple ou forfaitaire délictuelle) car les envois sont en courrier simple. C'est donc un argument de très bonne foi de dire qu'on n'a jamais reçu l'amende. Rien ne le prouve ! Et demander la preuve de l'envoi peut être un moyen de les faire abandonner.

Qu'on ait déjà été prélevé.e ou pas, on peut toujours contester la procédure !
N'oublions jamais de tout faire par lettre recommandée avec avis réception.

Et côté bancaire, si la banque nous a pris des frais, on peut aussi faire pression pour qu'elle nous les rembourse, en mettant en avant la contestation de l'amende et même si on n'a reçu aucune nouvelle suite à cette contestation.

Exemples de formulations pour la banque partant d'un cas concret de saisie à tiers détenteur :
Dans un 1er temps, la personne a écrit à sa banque qu'elle était en procédure et que par conséquent, tant que la procédure était en cours, ses voies de recours n'étaient pas épuisées et qu'ils n'étaient pas en droit de la prélever.
Au bout d'un an, et sans nouvelles de sa contestation, la personne a ré-écrit à sa banque pour dire que la procédure était prescrite et qu'ils devaient lui recréditer son compte, frais bancaires inclus (dans son cas ils étaient équivalent à 10% de sa prune)
La personne a récupéré sa thune.

Suite de la contestation

Si la contestation d'une AFD est jugée recevable, le dossier est renvoyé au procureur de la République qui peut décider de classer sans suite ou ouvrir une enquête (ces amendes reposant seulement sur le PV d'un flic, les dossiers sont minces et il y a alors de fortes chances de classement sans suite !)

Si le parquet/ministère public décide quand même d'une enquête, il peut vous délivrer une citation à comparaître (donc un procès), une convocation pour CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité), une convoc pour recevoir une ordonnance pénale…
Dans tous les cas, contactez une legal team pour faire face à cette procédure judiciaire et vous faire épauler d'un.e avocat.e.

Petites précisions supplémentaires :

Récidive ?
En principe, le fait de déjà avoir fait l'objet d'une AFD pour une infraction, suppose qu'on ne peut pas en « bénéficier » une deuxième fois. Il y a des exceptions comme pour le délit d'usage de stup ou de vol à l'étalage.

Demande de signalétique suite à une AFD
Il est possible de recevoir une convocation au commissariat à la suite d'une AFD pour aller faire un relevé de signalétique, c'est-à-dire se faire prendre en photo et relever les empreintes digitales, ensuite consignées dans le TAJ et le Fichier des empreintes digitales (FAED). Ces données sont ensuite systématiquement mobilisées lors de prochaines enquêtes à titre de comparaison (reconnaissance faciale à partir d'images de vidéo-surveillance, relevé d'empreinte sur un objet saisi etc.). Il est possible de ne pas se rendre à la convocation, a priori on risque juste de se faire solliciter un relevé de signalétique à un prochain contrôle. Ne pas s'y rendre volontairement met un bâton dans les roues de la machine à ficher étatique...

Résister collectivement à l'AFD
Cette procédure toute nouvelle est encore peu connue par les avocat-es et collectifs anti-rep, et surtout elle isole beaucoup les personnes visées. Alors si toi ou un-e proche avez reçu une AFD, avez tenté d'y résister ou de contester, n'hésitez pas à en parler autour de vous et au collectif antirep proche de chez vous....
Pour rappel, liste (non-exhaustive) de collectifs antirep en fRance :
https://rajcollective.noblogs.org/les-collectifs-locaux/

Appel à témoignages !

Vous pouvez aussi nous envoyer des témoignages écrits, des retours sur la brochure ou des questions sur temoignages-afd@systemli.org .
Les témoignages nous aident à ajuster nos conseils et stratégies de défenses face aux flics et à la justice... Ils ne seront pas diffusés sauf accord de son auteurice et restent anonymisés.

Protégeons-nous les un-es les autres face à cette matraque financière au service de la gentrification et de la répression des personnes marginalisées.

Et pour les amendes « classiques », on remet le lien vers l'article pour contester

pour imprimer page par page
pour imprimer version cahier

[2] Si ça vous arrive, on vous conseille d'autant plus de contester. Cette pratique courante des flics commence à être dénonçée car un test devrait avoir lieu avant la verbalisation, ce qui n'est presque jamais le cas.
Cf. : https://www.mediapart.fr/journal/france/160426/la-cour-des-comptes-tire-un-bilan-severe- des-amendes-forfaitaires-delictuelles

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01.06.2026 à 08:00

Arpentage - « Pour une écologie pirate » de Fatima Ouassak

Arpentons propose un atelier d'arpentage autour de l'ouvrage Pour une écologie pirate de Fatima Ouassak, le lundi 15 juin de 19h30 à 21h30 au Parc de la Butte du Chapeau Rouge.

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Arpentons propose un atelier d'arpentage autour de l'ouvrage Pour une écologie pirate de Fatima Ouassak, le lundi 15 juin de 19h30 à 21h30 au Parc de la Butte du Chapeau Rouge.

L'arpentage est une technique d'éducation populaire issue du milieu ouvrier. Il s'agit d'une méthode de lecture collective d'un ouvrage par un petit groupe. Comment ça marche concrètement ?

Au début de l'atelier, l'ouvrage est découpé en autant de parties qu'il y a de participant.es. Chacun·e lit son extrait de son côté pendant un temps déterminé, pas trop long car le but est surtout d'échanger par la suite. Ensuite, on fait une mise en commun où chacun.e restitue ce qu'iel a compris de son passage et peut partager ce qu'il en a pensé, ses ressentis et ses expériences vécues en lien avec l'extrait. Enfin, on discute de manière libre de l'ouvrage.

Il n'est pas nécessaire d'acheter le livre, ni de l'avoir lu avant. Les ateliers sont ouverts à toustes même si tu n'es pas un grand.e lecteur.ice, et sont à prix libre.

Les places sont limitées (8 personnes max). Inscription à l'avance par mail : arpentons@gmail.com ou via message privé sur instagram : https://www.instagram.com/arpentons/

Les ateliers Arpentons sont animés par Léon Lamotte, formé à l'arpentage par l'association Ressources Alternatives.

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Pour cet atelier :
« Pour une écologie pirate » de Fatima Ouassak (2023) est un essai d'écologie politique faisant le lien avec les luttes antiracistes. À partir du point de vue des habitant.es des quartiers populaires, l'essayiste et militante propose un nouveau projet d'écologie résolument populaire, ancré localement et libérateur. Aux éditions Points.
📍Lundi 15 juin de 19h à 21h30 en extérieur au Parc de la Butte du Chapeau Rouge (Entrée par 4 Avenue Debidour, 75019)

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01.06.2026 à 08:00

« Remplir le vide par la solidarité » : ouverture d'un centre social autogéré à Liège

Un bâtiment de six étages occupé dans le centre ville de Liège. Entretien avec les occupant.es du Centre Social Autogéré (CSA) et appel à soutien !

Texte intégral (510 mots)

Un bâtiment de six étages occupé dans le centre ville de Liège. Entretien avec les occupant.es du Centre Social Autogéré (CSA) et appel à soutien !

Lorsqu'on a entendu parler de l'ouverture d'un immense squat dans le centre ville de Liège, on a tout de suite voulu aller y faire un tour. Arrivées sur place, on découvre une ville en pleine métropolisation : tram flambant neuf, grandes avenues commerciales, vitrification du centre ville.

Malgré cela, de belles âmes nous indiquent le chemin. Sur la façade de ce bâtiment de six étages, une grande banderole “centre social autogéré : remplir le vide par la solidarité” a été déployée (la classe). Sur place, on découvre un lieu de vie et de lutte qui rassemble différentes générations et différents milieux ; espace de discussion, d'échange, et de conspiration.

En pleine lutte contre l'Arizona, et dans un contexte de durcissement tant économique que politique, on a vécu cette rencontre comme une bouffée d'air et d'espérance, et on voulait la partager ici. On a donc transmis quelques questions à des personnes actives au Centre Social Autogéré (CSA), qui nous ont envoyé leurs réponses après en avoir discuté collectivement.

1° Pouvez-vous présenter brièvement le lieu ?

Ici c'est le Centre Social Autogéré de Liège, gros bât occupé au cœur de la ville de Liège, où grouillent depuis un mois déjà de belles énergies. Il s'agit d'un ancien home (maison de retraite) (il y a donc une cinquantaine de chambres, un rez-de-chaussée avec une grande salle et une grande cuisine... puis on a même une belle cour jardinée), désormais investie par des personnes de tout âge et désireuses de se réapproprier la ville et de l'arracher aux affreux, de ramener la vie là où d'autres spéculent sur le vide.

La suite à lire ici : https://stuut.info/Remplir-le-vide-par-la-solidarite-ouverture-d-un-centre-social-autogere-a-Liege-12075

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31.05.2026 à 08:00

Lea Melandri : Via Tibaldi et le communisme, 1971.

Juin 1971, Occupation de Via Tibaldi. Moment historique du mouvement d'autoréduction italien, plus précisément des luttes de locataires et de sans-abri. Cherchant à tout prix à éviter l'autocélébration béate, Lea Melandri écrira cet article rétrospectif en septembre 1971. Elle y rapporte un certain nombre de critiques, de questionnements, vis-à-vis des contradictions matérielles qu'elle put observer dans les pratiques du mouvement.

Texte intégral (3111 mots)

Juin 1971, Occupation de Via Tibaldi. Moment historique du mouvement d'autoréduction italien, plus précisément des luttes de locataires et de sans-abri. Cherchant à tout prix à éviter l'autocélébration béate, Lea Melandri écrira cet article rétrospectif en septembre 1971. Elle y rapporte un certain nombre de critiques, de questionnements, vis-à-vis des contradictions matérielles qu'elle put observer dans les pratiques du mouvement.

Sans tomber dans l'hypercriticisme, mais cherchant à tout prix à éviter l'autocélébration béate, Lea Melandri écrira cet article rétrospectif en septembre 1971.

Elle y rapporte un certain nombre de critiques, de questionnements, vis-à-vis des contradictions matérielles qu'elle put observer dans les pratiques du mouvement.

Les rapports avant-garde/masse,
la reproduction des rôles sociaux,
les modes de consciences, de désirs et de besoins,
restent la trame principale de ses réflexions engagées vers le dépassement.

Marxiste critique étrangère au dogmatisme de l'époque, Melandri signe un témoignage hétérodoxe et sensible, que nous revalorisons ici.

Bien que cela puisse paraître évident, nous nous permettons de rappeler grossièrement que replacer ce texte dans le contexte idéologique de l'époque - marquée par l'obsession avant-gardiste et une certaine fétichisation de la violence - reste indispensable.

Par les thèmes politiques qui y ont été abordés et par le succès qu'elles ont connu, les occupations de maisons cette année à Milan, Via Mac Mahon et Via Tibaldi, restent le point de référence fondamental d'un type d'intervention politique qui ne reste pas isolé à l'intérieur de l'usine mais prétend s'étendre à tous les champs de la vie sociale.

Ceci ne veut pas être une évaluation politique au sens restreint, ni la chronique des luttes, mais le retour critique sur l'expérience faite grâce à la participation directe aux deux occupations.

L'intérêt de ce type d'action politique réside dans son caractère très spécifique :

a) pour le genre de personnes qu'il touche (familles prolétaires au complet, camarades organisés ou non, institutions touchées presque par hasard, etc.) ;

b) pour la durée dans le temps (quinze ou vingts jours en moyenne, compte tenu du temps de préparation et du temps d'installation des familles) ;

c) pour le type de besoin auxquels on doit faire face collectivement et qui ne sont pas seulement ceux de la gestion politique et militaire, mais ceux d'une collectivité qui se trouve dans la situation d'agir hors de son milieu quotidien, dans des conditions de malaise et de danger mais avec un but commun.

On a donc affaire à une parcelle de société, même minuscule, mise dans une situation de lutte, et pour laquelle se pose avec une évidence immédiate le problème de fond de tout processus révolutionnaire : le socialisme est-il compris comme un simple acte politique (prise de pouvoir, expropriation) ou comme la prise en main, de la part des masses, de la direction globale de la société (qui inclut nécessairement l'action violente, la prise de pouvoir, de nouveaux rapport de production, etc.)

Dans le second cas, il est modification du mode de satisfaction des besoins et d'affrontements des rapports sociaux, modification qui s'accomplit dès maintenant et qui est déterminante même pour la gestion politique et militante des luttes au sens restreint. A ne pas tenir compte de la globalité du problème politique, on court le risque de tomber dans la traditionnelle séparation des problèmes et des rapports politiques d'un côté, et des problèmes des rapports « humains » à l'intérieur de la collectivité, de l'autre.

En ce sens on peut dire que les occupations représentent une expérience très intéressante en tant qu'on y retrouve, que ce soit au niveau objectif ou subjectif, toutes les contradictions et les ambiguïtés qui caractérisent un processus de changement et de libération.

Commentant les événements de Via Tibaldi dans leur journal (n°II, 26 juin 1971), les camarades de Lotta Continua ont écrit : « Les prolétaires de Via Tibaldi ont commencé à construire un nouveau mode de vie. » « ...Ils ont été un exemple militant de communisme. » Comme le prouvent « les nouveaux rapports instaurés pendant l'occupation : l'administration directe et collective des choses, les enfants élevés et soignés collectivement, la garderie et le dispensaire rouges qui ont inclus dans leur vies des médecins et des étudiants, l'exigence de s'organiser directement, à partir des chefs de famille, dans des noyaux d'autodéfense. »

Ils concluaient : « ...Ce n'est que si nous réussissons à construire partout des moments de vie collective comme ceux-ci, dans les quartiers, dans les villages, dans les lieux où vit le prolétariat, que nous réussirons vraiment à prendre la ville, à construire des bases rouges. »

Aujourd'hui il est assez facile de souscrire à l'enthousiasme avec lequel on découvre une alternative possible, surtout quand on se sent impliqué collectivement pour la créer, mais il est aussi naïf et mystificateur de donner l'alternative (le communisme) comme un fait déjà accompli. On sait qu'un journal de lutte ne peut s'arrêter à décrire la problématique de toutes les situations dont il donne des nouvelles, que les contradictions, les ambiguïtés, les revers les plus complexes de toute action politique, sont des éléments qui font obstacle à la prise de conscience et la perturbent. Nous pensons au contraire qu'il est fondamental, aussi bien pour ceux qui ont pu seulement l'imaginer à travers les informations reçues, de noter toutes les difficultés rencontrées dans le processus de « resocialisation » amorcé à l'intérieur de la collectivité occupante. Aussi parce que de cette façon, l'alternative ne risque plus d'apparaître comme un fait magique, improvisé, je dirais presque privilégié (c'est à dire réservé à un petit nombre et dans une situation très particulière), mais comme un travail qui « se fait » ensemble, s'affrontant continuellement à une réalité faite d'habitudes et de préjugés idéologiques, visqueuses et résistante au changement. En outre, il est nécessaire qu'un triomphalisme superficiel ne vienne pas appauvrir ces contenus même par lesquels les occupations de masse ont eu un sens exemplaire.

Un bref aperçu des rapports sociaux qui se sont créés pendant les occupations nous servira à pointer quelques uns de ces thèmes politiques afin qu'ils trouvent une application plus générale.

Ceux qui ont pris part aux occupations se sont soudain trouvés avec des femmes, des enfants et d'autres parents, à devoir partager, avec d'autres familles, des immeubles encore en construction, et donc privés des services normaux. Chaque famille s'installait dans les grandes pièces vides avec à peine plus que des valises de vêtements.

Il restait donc à résoudre en commun toute une série d'autres besoins de première nécessité, à commencer par la nourriture, les matelas et les couvertures pour dormir.

Moins urgents mais non moins indispensables, étant données les conditions de malaise matériel et de tension psychologique, l'assistance médicale et les soins aux enfants, surtout au moment où les adultes étaient occupés à mener l'action. Le changement intervenu dans le rythme de vie habituel de ces familles, joint à la nouveauté de devoir affronter les besoins quotidiens sur un mode tout à fait insolite, c'est-à-dire collectivement et en comptant beaucoup sur le hasard (surtout en ce qui concernait la disponibilité d'argent pour les besoins essentiels) ne pouvaient que renforcer les rapports de dépendance vis-à-vis de l'avant-garde des camarades dont la plupart avaient pris des responsabilités dans la gestion politique et militaire de la lutte.

Ainsi, d'un côté, on faisait des affirmations d'autonomie : les prolétaires commençaient à faire par eux-mêmes, à prendre sans demander, à décider de tout ce qui concernait leur vie ; ensuite, on tombait sans prévenir, dans les formes traditionnelles de l'assistance et de la solidarité : on imagine facilement que c'était les camarades qui se déployaient dans ce rôle.

La contradiction, dont bien peu à ce moment-là semblaient s'apercevoir, apparut même dans les feuilles de lutte distribuées à cette occasion. « Le pouvoir prolétarien a fonctionné dans la maison de Via Tibaldi : tout a été mis en commun, on a organisé une distribution et une réserve gratuite. Les camarades femmes présentes ont géré une crèche. Un dispensaire a été mis sur pied avec quelques camarades médecins. » Ainsi, tous les jours, après la collecte, il y avait la distribution de la nourriture, quelquefois aussi de vêtements récoltés dans le quartier ou donnés par quelqu'un.

Même si chacun cherchait toujours à se responsabiliser un peu, ceux qui se trouvaient dans une situation d'indigence et de misère, c'est-à-dire les prolétaires, comptaient tout naturellement sur l'aide et l'initiative des camarades pour la satisfaction de leurs besoins. « Là, on avait à boire et à manger » raconte une des occupantes de Mac Mahon, même si « il y avait ceux qui n'avaient pas grand chose à manger et ceux qui en avaient beaucoup et en voulaient encore ». La dépendance accroissait donc aussi la rivalité entre les familles et l'attente à l'égard de camarades qui , si la nourriture se faisait rare, étaient nombreux à protester contre le service qui ne fonctionnait pas comme il fallait.

En disant cela, on ne veut pas culpabiliser les prolétaires mais simplement souligner combien le développement de l'autonomie requiert une implication extrême de la part de tous, pour qu'ait lieu une effective responsabilisation et la participation active de toute la collectivité.

Hormis la nourriture qui, comme besoin premier, rassemblait les contradictions les plus évidentes, même pour les autres besoins, assistance médicale, soins des enfants, on tendait à reproduire les modèles de prises en charge, ou du moins ils étaient perçus comme tels par la plupart des occupants : « des enseignants venaient… C'est eux qui apportaient les peintures, ils achetaient tout eux-mêmes... Nous avons fait une crèche. »

C'est une jeune fille du Centre social occupé à Quarto Oggiaro qui parle. Comme s'il suffisait de mettre ensemble les enfants des prolétaires et de les confier aux camarades femmes pour créer une « crèche prolétarienne » !

Il est clair que personne ne prétend mettre en crise, en l'espace d'une semaine, l'institution de la famille ou imposer une éducation non répressive des enfants ; il est pourtant possible de chercher à ne pas reconfirmer d'une manière aussi manifeste la structure autoritaire de la famille sur laquelle s'appuie le système capitaliste, en confiant aux seuls chefs de famille le droit de participer aux décisions les plus importantes et de s'unir aux camarades pour le défense militaire. Même si, pendant l'occupation de Via Tibaldi, ce sont justement les femmes qui ont par deux fois refusé énergiquement qu'on les installe dans les hospices de la municipalité, et qui ont tenu tête à la police dans les diverses opérations d'évacuation qui se sont succédées en l'espace de quelques jours. Mais Lotta Continua écrit tout de même (dans le même numéro) : « Toute l'organisation est aux mains des camarades occupants : les femmes et les enfants sont au premier étage avec les camarades femmes, tous les camarades sont en bas, devant les portes, face à face avec la garde-mobile. »

Dans l'ensemble, on avait l'impression que les « communistes » et les « filles des communistes » étaient encore vus comme ceux qui « aidaient » à avoir une maison ; C'était au moins comme ça pour une majorité, même si au cours de la lutte, on constatait une croissance politique rapide des participants et donc, aussi, la possibilité d'une plus grande soudure entre l'avant-garde et la masse.

D'autre part, parmi ces contradictions , se faisaient jours aussi des exigences et des comportements à partir desquels on pouvait comprendre qu'un changement était en train de se produire, dans la façon de concevoir la vie et les rapports sociaux.

« J'aimais être avec les camarades – commente une jeune occupante – et parler, chanter des chansons, toujours faire des réunions, parler de comment s'organiser ». La conscience politique et la volonté de lutte naissent dans ce climat de liberté d'expression retrouvée, dans la possibilité de discuter ensemble et de décider en son nom propre, sans délégation ; elles naissent surtout de la conscience que l'unité et l'organisation peuvent donner la force de modifier la réalité.

« Il faut bien être des camarades, parce que si nous nous chamaillons sans cesse, nous ne serons jamais unis comme le sont nos camarades » : c'est la remarque d'une petite fille de treize ans, cela signifie que dans certaines situations, la conscience de classe naît sans qu'il soit besoin de grandes doctrines.
Pour tous les problèmes (unité, organisation, autonomie, etc.) il faut reconnaître que l'occupation de Via Tibaldi a représenté un saut qualitatif notable par rapport à la précédente.

Si on a mentionné quelques unes des principales contradictions (autonomie-dépendance dans les rapports avant-garde/masse, tendance à la prise en charge, instrumentalisation de la spécificité professionnelle, etc.) ce n'est pas que nous pensions que les occupations devraient ou pourraient réaliser un modèle déjà accompli de société communiste, mais au contraire, parce que nous pensons que la préfiguration d'une alternative communiste demande une analyse attentive des contradictions à présent énoncées, et une théorisation correcte de tous ces problèmes politiques que de nombreux camarades continuent à considérer comme étrangers à la lutte de classe.

Prenons, par exemple, le rapport avant-garde-masse, qui est celui qui crée les contradictions et les ambiguïtés majeures. La signification de ce qui suit est assez claire : avant-garde et masse sont « les pôles dialectiques d'un même procès » dont le but est la croissance de l'autonomie des masses, et la classe ouvrière reste le point de référence fondamental dans la lutte contre le capital.

Il est plus difficile d'établir la manière dont s'effectue la soudure, non seulement en ce qui concerne la direction politique au sens restreint, mais surtout dans les rapports qui s'établissent quotidiennement à l'intérieur des noyaux à l'usine, dans les quartiers, pendant les périodes de luttes, entre des « camarades bourgeois », des intellectuels et des camarades ouvriers. Il ne suffit évidemment pas de dire que les préjugés et les privilèges bourgeois ne sont pas admis et que les camarades doivent en tout point s'assimiler aux prolétaires en faisant de leurs désirs, leurs besoins et les habitudes de ceux-ci. Cette espèce de suicide moral et volontariste ne peut être autre chose qu'une nouvelle répression exercée contre eux-mêmes qui, au lieu de libérer des conditionnements bourgeois, en égrainera d'autres plus trompeurs comme par exemple le comportement de prise en charge, la culpabilisation, le victimisme, etc. En d'autres termes, cela peut vouloir dire qu'on continue à se conduire en bourgeois avec l'assurance collective de ne plus en être un.

On ne peut nier qu'il existe des conditions de vie différentes, et non seulement de vie mais de culture et de comportements entre les camarades ouvriers et les camarades étudiants, mais il est tout aussi vrai qu'aucun deux n'est libre dans ses besoins, ses désirs, ni dans les modes de les satisfaire.

La libération ne peut être autre chose qu'un chemin à faire ensemble, un long travail de refonte politique de notre histoire privée ; pour ceux qui ont joui de plus grands privilèges, mais aussi de plus grandes compromissions, le dépouillement sera probablement plus difficile et plus lent mais moins risqué qu'un mépris de soi volontariste (...)

Texte complet format PDF, ici :

Lea Melandri, enseignante, activiste, actrice de l'autonomie italienne, fut l'une des précurseuse de la « pratique de l'inconscient » dans le mouvement des femmes des années soixante-dix.

Elle dirigea le magazine L'Erba Voglio de 1971 à 1978, puis le magazine Lapis de 1987 à 1997 dans lesquels elle publia de nombreux articles.

En 2011, elle fut élue présidente de l'Université libre des femmes à Milan, où elle enseigne et qu'elle parraine depuis 1987.

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