16.01.2026 à 13:12
De janvier à mai 2013 l'usine d'Aulnay est occupé. Samir, un ouvrier de longue date et actif dans la grève, revient sur les conditions de travail imposées par PSA, sur sa double condition de prolétaire et d'enfant d'immigré, sur le rôle des syndicats dans la lutte, les moyens d'actions... Vidéo-docu de 30 minutes.
De janvier à mai 2013 l'usine d'Aulnay est occupé. Samir, un ouvrier de longue date et actif dans la grève, revient sur les conditions de travail imposées par PSA, sur sa double condition de prolétaire et d'enfant d'immigré, sur le rôle des syndicats dans la lutte, les moyens d'actions... Vidéo-docu de 30 minutes.
Dans ce court documentaire, Samir, un ouvrier de longue date et actif dans la grève, revient sur les conditions de travail imposées par PSA, sur sa double condition de prolétaire et d'enfant d'immigrés, sur le rôle des syndicats dans la lutte, les moyens d'actions...
Eux, PSA, ont repris l'ancienne politique de Michelin : « Tu travailles, tu fermes ta gueule. T'es pas content, tu prends tes affaires et tu dégages ». Et ça c'est hors de question avec les enfants d'immigrés.
Documentaire de 33 minutes, mars 2014.
16.01.2026 à 08:00
| Samedi 17 janvier 2026 à 16h | La Librairie Publico reçoit Thierry Gadault pour « Le Dictionnaire critique du nucléaire ».
Résultat d'une longue enquête documentée et sourcée dans les coulisses de l'industrie atomique française, ce Dictionnaire critique du nucléaire dévoile tous les problèmes cachés et/ou oubliés d'une énergie présentée abusivement comme un atout pour le pays.
| Samedi 17 janvier 2026 à 16h | La Librairie Publico reçoit Thierry Gadault pour « Le Dictionnaire critique du nucléaire ».
Résultat d'une longue enquête documentée et sourcée dans les coulisses de l'industrie atomique française, ce Dictionnaire critique du nucléaire dévoile tous les problèmes cachés et/ou oubliés d'une énergie présentée abusivement comme un atout pour le pays.
EPR de Flamanville, EPR 2, Areva, Creusot-Loire, Hinkley Point, La Hague, changement climatique, EDF, management maltraitant…
Corruption, falsifications industrielles, mauvaise gestion, mensonges, opacité : cette industrie se croit tout permis, au point même de ne pas se plier à la réglementation de sûreté qu'elle a pourtant co-construite avec son autorité de contrôle. Prenant des risques en poursuivant au‑delà du raisonnable l'exploitation de vieux réacteurs, incapable d'en construire de nouveaux en respectant les délais et les coûts, cette industrie participe également au changement climatique par son empreinte désastreuse pour l'environnement.
Une conclusion s'impose : il est temps pour la France de sortir de cette énergie polluante et dangereuse.
Rendez-vous Samedi 17 janvier 2026 à 16h | à La Librairie Publico pour un échange avec Thierry Gadault sur son livre « Dictionnaire critique du nucléaire ».

15.01.2026 à 19:30
Communiqué du Collectif des jeunes du parc de Belleville du 8 janvier et appel à manifestation vendredi 16 janvier.
Communiqué du Collectif des jeunes du parc de Belleville du 8 janvier et appel à manifestation vendredi 16 janvier.
Depuis des mois, nous n'avons pas arrêter de manifester, de faire des actions comme aux Plateaux sauvages, d'interpeller la Préfecture et la mairie pour avoir des hébergements. Nous avons arraché plus d'une centaine de places ! C'est notre victoire. Seule la lutte paye car sans ça, personne ne venait nous voir sur nos campements pour nous proposer une mise à l'abri.
Comme on le dit toujours : des places il y en a. La preuve. Mais ça ne suffit pas et on ne va pas s'arrêter là !
Depuis le 3 janvier nous sommes des centaies de personnes, mineurs isolés et familles hébergés au Carreau du temple. On nous avait dit qu'on devrait sortir le 7 janvier. Le 14 on sait pas où on va partir. Est-ce qu'on va se retrouver encore dans la rue ? C'est pas normal.
Nous ne voulons pas retourner dormir dehors. Nous avons tous tellement peur, nous demandons de l'aide mais on nous donne aucune informations si ils vont nous garder ou si ils vont nous rejeter dehors.
Si ils ferment le Carreau du temple, on va aller où ?
C'est une des raisons pour lesquelles mercredi [7 janvier] nous étions en manifestation à la préfecture de région. Sous la neige. Malgré notre demande d'être reçu.es en délégation, tout ce que la préfecture était capable de nous proposer était de nous rencontrer dans la rue, sur le trottoir. Là où ils laissent mourir des centaines de personnes chaque année.
Lors de notre rencontre, le sous préfet nous a annoncé plusieurs choses :
À la fin de notre manifestation on a donc appelé le 115 et après une heure et demi d'attente ils nous ont donné une adresse où partir dormir. C'était dans un camp militaire à Vincennes. Là bas on nous a dit que c'était pour deux jours. On était mélangés avec des adultes et des militaires. On ne pouvait pas sortir seuls. On n'avait pas le droit de faire de bruit.
Finalement nous sommes partis car on voit bien que le 115 ce n'est pas du tout adapté aux mineurs et nous ne voulions pas rester seulement 2 jours. En ce moment il fait tellement froid. On souhaite seulement avoir un endroit où on peut être à l'aise et rester jusqu'à la fin de nos recours.
Au même moment, la Ville de Paris a organisé seule une opération de mise à l'abri sur les campements de mineurs isolés. Plus de 150 d'entre nous ont été hébergés dans un gymnase.
Nous dénonçons le fait que la mairie agisse au dernier moment, sans nous prévenir avant le début de la mise à l'abri. Ils savent que le soir des jeunes ne sont pas tous là à 20h. Certains étaient partis chercher à manger, d'autres en train de se réchauffer quelque part.
Nous dénonçons aussi la lenteur de la mairie, d'avoir attendu une semaine de froid extrême et de neige pour déclencher une mise à l'abri.
Le 16 janvier nous avons rendez-vous avec la préfecture de région à 16h. Pour préserver les places qui ont été acquises et pour parler de leur politique d'hébergement. Il n'est pas question que les jeunes et les familles sortent du Carreau du temps sans solution. Soit la Préfecture propose une solution pérenne soit la mairie prend le relai.
Ces places obtenues grâce à notre mobilisation ne suffisent pas. À présent nous voulons un vrai centre d'accueil et une prise en charge réelle au moment du recours. Nous voulons aussi que le dispositif lycéen de la Ville de Paris soit vraiment mis en place et de façon transparente. On en a marre des mises à l'abri quand il fait tellement froid au point que vous ne supportez plus de nous voir dormir dans vos rues.
L'hiver n'est pas fini. On continue la lutte, pas seulement pour l'hébergement mais pour être considérés comme tous les autres mineurs. On nous a parlé de liberté, d'égalité et de fraternité. Maintenant on attend de les voir.
La lutte continue toujours !
On vous donne RDV le vendredi 16 janvier pour manifester devant la PRIF (Préfecture de Région IDF) et exiger le logement pour tous les jeunes et familles du Carreau du temple.
Rassemblement à 14h à République puis départ collectif en métro vers la préfecture de région IDF - 5 rue Leblanc, 15e arrondissement, métro Balard.

15.01.2026 à 09:10
Rendez-vous samedi 17 janvier à 15h place du Panthéon (à l'appel de Azadi4Iran, Iran Justice, Roja, rejoint par les organisations syndicales)
Rendez-vous samedi 17 janvier à 15h place du Panthéon (à l'appel de Azadi4Iran, Iran Justice, Roja, rejoint par les organisations syndicales)

Depuis le 28 décembre, les manifestations contre la crise économique sans précédent qui accablent la population en Iran ont gagné en intensité pour toucher l'ensemble des classes de la société et des régions.
Nourri-es des acquis des révoltes de ces dernières années et prêt-es à en découdre, les manifestant-es réclament aujourd'hui sans aucune ambiguïté la chute de ce régime dictatorial, théocratique, militarisé et misogyne.
Comme elles le font depuis 47 ans, les autorités massacrent impitoyablement les manifestant-es, les témoins sur place font état d'un usage massif de la force, d'arrestations arbitraires, de tortures et de sévices en détention.
Les manifestant-es blessé-es sont traqué-es jusque dans les hôpitaux, et ce sont des images de véritables charniers qui nous parviennent heure après heure.
Nous, collectifs féministes et associations de défense des droits humains de la société civile en diaspora, disons notre rejet de la République islamique qui tire à balles réelles sur sa propre population.
Nous sommes solidaires des Iraniennes et des Iraniens en lutte contre leur dictateur et en accord avec leurs aspirations légitimes à une vie libre et digne dans une société égalitaire.
Nous soutenons les manifestant-es issu-es de la société civile et les militant-es qui réclament leurs droits les plus élémentaires face à un État qui commet des crimes contre les femmes, les minorités sexuelles et de genre, les groupes ethniques et nationaux minorisés, les classes populaires, les Afghan-es (immigré-es et descendant-es), les opposant-es, et ce depuis ses premiers jours d'existence.
Fidèles au slogan « Femmes, Vie, Liberté » et au mouvement émancipateur qui l'a porté en 2022, nous réaffirmons qu'aucun peuple n'est libre tant que sévit l'apartheid de genre, à l'instar de ce que vivent les Iraniennes qui subissent chaque jour les lois de la République islamique.
En écho à ces révoltes, et alors que la population en Iran est mise à l'isolement en raison des coupures massives d'internet orchestrées par les autorités, nous témoignons de la diversité de l'opposition à la République islamique.
Nous demandons à ce que cette diversité soit entendue ici. La solidarité internationale n'a besoin ni d'hommes providentiels, d'où qu'ils viennent, ni d'ingérence étrangère.
Nous voulons la chute de la République islamique, l'égalité, la fin des discriminations systémiques, le droit à l'auto-détermination.
Vive la solidarité internationale ! Vivent les peuples en lutte ! Femmes, vie, liberté !
À l'appel de :
Rendez-vous samedi 17 janvier 2026 à 15h Place du Panthéon
Solidarité avec les Iranien·nes en lutte pour la démocratie, la liberté et l'égalité en Iran
Ni clercs, ni sauveurs suprêmes : Jina est notre guide !
Pour l'autodétermination des peuples !
Femmes vie liberté vit et vaincra !

شنبه ۱۷ ژانویه ۲۰۲۶
در همبستگی با ایرانیانِ معترض و درحال مبارزه برای دموکراسی، آزادی و برابری در ایران
نه سلطنت، نه رهبری
ژینا اسم رمز ماست
برای حق تعیین سرنوشت خلقهای ایران
زن، زندگی، آزادی زنده است و پیروز خواهد شد
از ۷ دی ۱۴۰۴ ایران شاهد تظاهرات بی سابقهای علیه بحران اقتصادی کمرشکنی است که همهی طبقات اجتماعی، اقشار و مناطق را در بر گرفته است.
در راستی خیزشهای سالهای اخیر، معترضان امروز بدون هیچ ابهامی خواستار سرنگونی این رژیم دیکتاتوری، دین سالار، نظامی گرا و زنستیز هستند.
همانطور که در این ۴۷ سال گذشته شاهدش بودیم، معترضان امروز نیز با بیرحمی و سقوط تمام توسط جمهوری اسلامی سرکوب می شوند.
شاهدان عینی از به کار گیری گستردهی خشونت، بازداشتهای خودسرانه، شکنجه و بدرفتاری در بازداشتگاههای خبر میدهند.
معترضان زخمی حتی در بیمارستانها نیز تعقیب میشوند و لحظهای نیست که تصاویر تلههای انباشتهشده از بدن بیجان معترضان، که به صورت دسته جمعی کنار هم انباشت شدهاند، جان ما را نلرزاند.
ما، جمعی از فعالان فمینیستی و انجمنهای مدافع حقوق بشر جامعه مدنی در دیاسپورا، مخالفت قاطع خود را با جمهوری اسلامی اعلام میکنیم، رژیمی که هیچ ابایی ندارد به سوی مردم خود با گلولهی جنگی شلیک کند.
ما با زنان و مردان ایرانی که علیه دیکتاتور خور در مبارزهاند، همبسته هستیم و با خواستهای مشروع آنان برای زیستن آزادانه و شرافتمندانه در جامعهای برابر صدای همراهی مان را بلند میکنیم.
ما از معترضان بر خاسته از جامعه مدنی و از کنشگرانی که در برابر این حکومت خواستار ابتداییترین حقوق خود هستند، حمایت میکنیم؛
دولتی که از نخستین روزهای موجودیتش مرتکب جنایت زیادی علیه مخالفانش، زنان,چ، اقلیتهای جنسی و جنسیتی، اقلیتهای اتنیک و ملل به حاشیه راندهشده، طبقات فرودست، افغانستانیها (مهاجران و فرزندانشان) و کودکان شده است.
با وفاداری کامل به شعار « زن، زندگی، آزادی » و به جنبش رهاییبخشی که در سار ۲۰۲۲ این شعار اصلیاش بود، بار دیگر تاکید میکنیم که هیچ ملتی آزاد نیست مادامی که آپارتاید جنسیتی برقرار است، همان سیستمی که زنان ایران هر روزه زیر بار قوانین جمهوری اسلامی زندگیاش میکنند.
در لوای این خیزشها، و در حالی که مردم ایران به دلیل قطعی های گسترده اینترنت که از سوی مقامات ایرانی تحمیل شده، در انزوا قرار گرفتهاند، ما شاهد تکثر صداهای اپوزیسیون علیه جمهوری اسلامی هستیم و قاطعانه خواهان رساندن این تکثر صدا به گوش همگان هستیم.
همبستگی بینالمللی در گرو مردان خودناجی پندار نیست، از هر جغرافیایی که باشند. و همزمان نیازی به مداخلهای خارجی ندارد. ما خواهان سقوط جمهوری اسلامی، برابری، پایان تبعیضهای ساختاری و حق تعیین سرنوشت مردمان ایران هستیم.
زنده باد همبستگی انترناسیونال
زنده باد مردم مبارز
زن، زندگی، آزادی
با فراخوان :

شەممە، ١٧ی ژانویەی ٢٠٢٦
بۆ هاوپشتی لەگەڵ ڕاپەڕینی خهڵکی ناڕازی لە ئێران، کە لە پێناو دیموکراسی، ئازادی و یەکسانیدا خەبات دەکەن.
نە پاشایەتی، نە ڕێبەرایەتی
ژینا رهمزی ئێمەیە
بۆ مافی دیاریکردنی چارەنووسی گەلانی ئێران
ژن، ژیان، ئازادی زیندووە و سەردەکەوێت




15.01.2026 à 08:00
Une étude scientifique récente a montré que les personnes racisées ont 6 fois plus de risques d'être tuées par la police française que les autres citoyens. Au cœur des controverses, l'article L435-1 du Code de sécurité intérieure. Une seule solution : son abolition.
Une étude scientifique récente a montré que les personnes racisées ont 6 fois plus de risques d'être tuées par la police française que les autres citoyens. Au cœur des controverses, l'article L435-1 du Code de sécurité intérieure. Une seule solution : son abolition.

L'année 2024 constitue un triste record : 65 personnes ont été tuées par la police et la gendarmerie en France. Au fil du temps, les scandales se succèdent : Luis Bico, qui fut l'une des premières victimes de la funeste loi « Cazeneuve » ayant instauré un « permis de tuer » en 2017, Zyneb Redouane, tuée chez elle par une grenade lacrymogène, Nahel Merzouk, dont la mort a suscité un émoi national et même international, Mohamed Bendriss, tué par un tir de LBD, arme prétendument « non létale », et des tas d'affaires où même les noms des victimes resteront à jamais inconnus. À Flagrant déni, nous considérons que la multiplication des homicides policiers est notamment la conséquence d'une carence de la justice, qui s'abstient trop souvent de condamner les comportements policiers répréhensibles.
Or, en dehors de quelques affaires médiatiques, que sait-on sur le travail judiciaire effectué dans ces affaires ? Presque rien. On ne sait pas combien d'entre elles aboutissent à un simple classement sans suite décidé après quelques semaines d'enquête. On ne sait pas combien d'informations judiciaires sont ouvertes, ni quels services d'enquêtes sont saisis. Une première analyse effectuée par Flagrant déni a montré qu'un quart au moins des affaires échappent à l'IGPN ! Sur le plan juridique, c'est encore pire. À cause des très nombreux obstacles procéduraux, peu d'affaires montent les « degrés de juridiction » et parviennent jusqu'à la Cour de cassation. À cause notamment du secret de l'instruction, les décisions rendues ne sont quasiment jamais publiées, ce qui rend impossible toute analyse juridique. Cette analyse est pourtant nécessaire pour les victimes et leurs avocat·es, celles qui souhaitent se battre sur le terrain judiciaire.
Le mardi 3 juin 2025, le renvoi aux assises pour meurtre du policier responsable de la mort de Nahel Merzouk en juin 2023, a été annoncé par le tribunal de Nanterre.
En mars dernier, cette qualification juridique de meurtre (c'est-à-dire d'homicide volontaire) avait fait bondir le syndicat Alliance. « C'est une première » avait dénoncé le secrétaire général du syndicat, qui critiquait « une réquisition inacceptable, un signal désastreux pour le monde policier ». Une « première » ? Vraiment pas.
En réalité, il faut remonter à… moins d'un an pour trouver une qualification similaire. Le 9 juin 2024, une policière abat Sullivan Chauvey, 19 ans, qui tentait de prendre la fuite à pied. À l'issue de sa garde à vue, la policière est mise en examen pour homicide volontaire. Mêmes qualifications pour les homicides policiers d'Alhoussein Camara en 2023, de Boubacar et Fadjigui tués sur le Pont-neuf à Paris en 2022, ou Olivio Gomes en 2020. Dans cette dernière affaire, c'est une cour d'appel qui a validé la qualification juridique de meurtre, qui justifie le renvoi du policier devant un jury populaire. Idem pour le gendarme qui avait tué Yannick Locatelli en Guadeloupe, en 2018 : il a quant à lui été condamné en appel à sept ans d'emprisonnement, pour meurtre, et a été écroué (une décision rarissime).
En réalité, en critiquant le travail de la justice sur des bases factuelles erronées, Alliance se trompe de cible. Car, d'après un recensement effectué par Flagrant déni, c'est bien plutôt la loi « Cazeneuve » de février 2017 qui semble être en cause. Cette loi a entraîné une explosion par 5 du nombre d'homicides policiers par balle, comme l'a encore dénoncé un Comité d'experts des Nations unies en avril dernier. Mais cette loi semble aussi avoir multiplié le risque pour les policiers d'être poursuivis pour meurtre. Après la loi, en huit ans, Flagrant déni compte dix affaires avec des poursuites pour meurtre (dont, on l'a vu, des mises en examen voire des renvoi vers des tribunaux ou des condamnations). Sur la période de huit ans précédent la loi (2008 – 2016), on ne compte que quatre affaires avec des poursuites sur cette qualification. Ce sont en outre quatre affaires dans lesquelles la justice a rapidement décidé de ne pas poursuivre les policiers, ou de les poursuivre pour d'autres qualifications.
D'ailleurs, l'avocat de Florian M, le policier responsable de la mort de Nahel, a depuis longtemps des mots très durs sur la loi de 2017. Au moment de l'adoption du texte, Laurent-Franck Liénard avait dénoncé « une bombe à retardement » car « des citoyens [allaient, si elles étaient adoptées,] mourir pour un défaut de permis, et des policiers [iraient] en prison ». Une sinistre prédiction qui s'avère bien réelle. En mars dernier, d'autres syndicats policiers se sont à leur tour élevés contre l'imprécision et la dangerosité de la loi : « On ne peut pas travailler comme cela, on a besoin d'un cadre légal clair, net et précis. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas », affirmait le représentant de la CFTC. Si « la loi n'est pas adaptée » se questionnait Un1té, c'est « le vrai fond du sujet […], et dans ces cas-là […] nous aussi on attend de notre administration et du législateur de prévoir, de nous dire comment on doit travailler ».
En dépit de la gravité et de l'actualité du phénomène, les autorités françaises continuent de nier tout lien entre la loi de 2017 et la hausse du nombre de morts, parfois avec des arguments spécieux. Le gouvernement critique le manque de fiabilité des statistiques produites par les médias et la recherche, mais continue de ne pas en produire lui-même. En dépit de remontrances nationales et internationales répétées, il ne semble aucunement qu'il entende remédier au problème. Pire : en mai 2025, le ministre de l'Intérieur vient de modifier la doctrine en cas de refus d'obtempérer.
Désormais, la nouvelle instruction applicable aux policiers et gendarmes « vient notamment affirmer le principe général de la poursuite des véhicules en fuite ». Jusque-là, l'instruction en vigueur depuis 1999 limitait « les poursuites de véhicules » à des faits « d'une grande gravité », de manière générale aux crimes et délits contre les personnes. Désormais, « par principe, la poursuite des véhicules en fuite et refusant d'obtempérer aux injonctions de s'arrêter des policiers et des gendarmes doit être engagée ». Bien que l'instruction précise que la poursuite doit être menée avec « discernement », il y a tout lieu de penser que ce texte risque de renforcer la hausse du nombre de morts. D'ailleurs, l'un des syndicats policiers majoritaires n'a pas manqué de relever que des recours juridiques pourraient « se retourner » contre les policiers, et a demandé que cette instruction s'accompagne « d'une protection juridique ».
Une recherche universitaire sans précédent, menée sur un échantillon exhaustif de victimes de l'usage excessif de la force meurtrière (toutes causes confondues) en France entre 1990 et 2016 a permis de mettre en évidence le profil type de ces victimes : des « jeunes hommes, étrangers, immigrés ou descendants de l'immigration postcoloniale issus des classes populaires ». En particulier, la recherche pointe « la très grande part des étrangers, immigrés et descendants d'immigrés parmi les victimes de faits policiers mortels, particulièrement l'immigration d'Afrique du Nord. En se concentrant seulement à partir des victimes dont on a une information sur l'origine migratoire, il est possible de déterminer que les étrangers, immigrés ou descendants d'immigrés ont 5,9 fois plus de risques d'être tués par les forces de l'ordre que les personnes sans lien avec l'immigration, au regard de leur part sur l'ensemble de la population sur le territoire français »

Quels sont les motifs récurrents des classements sans suite prononcés suite aux homicides policiers ? Sur quelle base juridique la justice considère-t-elle que les usages des armes par les policiers sont légaux, ou pas ? Nul ne le sait. C'est pour remédier à cette carence que Flagrant déni lance sa prochaine enquête « Tués par la police : que fait la justice ? ».
Mais pour ouvrir l'enquête « Tués par la police : que fait la justice ? », nous avons besoin de vous. Ce travail est attendu par les familles de victimes mais nous ne pouvons pas le mener à bien sans votre solidarité.

15.01.2026 à 08:00
Réunion publique à l'appel du collectif contre la militarisation de la jeunesse (ex-collectif Non au SNU) - Jeudi 29/01/26 à 19h à la Bourse du travail, 3 rue du Chateau d'Eau (Paris 10) - Salle Eugène Pottier
Réunion publique à l'appel du collectif contre la militarisation de la jeunesse (ex-collectif Non au SNU) - Jeudi 29/01/26 à 19h à la Bourse du travail, 3 rue du Chateau d'Eau (Paris 10) - Salle Eugène Pottier
Le Collectif contre la militarisation de la jeunesse invite à une réunion publique d'information autour du Service National Volontaire (SNV) pour ouvrir des perspectives de luttes contre la propagande de guerre menée par l'État.
Le 27 novembre dernier, Macron a présenté le nouveau « service national » volontaire : il annonce l'accueil de 3 000 jeunes volontaires (18 à 25 ans) dès l'été 2026, pour une durée totale de 10 mois rémunérés, avec un objectif de 10 000 par an en 2030 et 50 000 par an en 2035.
Cette réunion sera l'occasion de présenter notre Cartographie Armée-Jeunesse qui recense 150 dispositifs ou structures investies par les armées pour approcher la jeunesse et la recruter à plus ou moins long terme. Des Classes Défense et Sécurité Globale, qui se multiplient partout en France, aux partenariats entre les universités et l'industrie de l'armement en passant par l'éducation populaire, cette présentation vise à outiller et rencontrer différents collectifs mobilisés contre les guerres, alimenter les réflexions mutuelles, faire émerger des idées de luttes et de résistance à cette fabrique du consentement militariste.
Programme :
