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10.07.2026 à 08:00

L'État chilien s'apprête à condamner quatre jeunes guerriers mapuche

L'État chilien s'apprête à condamner quatre jeunes guerriers mapuche à des dizaines d'années de prison.

Texte intégral (1279 mots)

L'État chilien s'apprête à condamner quatre jeunes guerriers mapuche à des dizaines d'années de prison.

Le 13 juillet 2026, le Tribunal Oral de Temuco prononcera la peine contre quatre jeunes weichafe de l'organisation de résistance mapuche Coordinadora Arauco-Malleco (CAM). Lors de la dernière séance fin juin, le Tribunal a établi la culpabilité des quatre pour les délits d'incendie criminel à répétition, vol, enlèvement simple et pour deux d'entre eux, détention de munitions. Le procureur régional de l'Araucanie demande des peines allant jusqu'à 48 ans de prison.

Il y a quatre ans, le 22 novembre 2022, des weichafé armés pénètrent dans le domaine de San Luis, exploité par l'entreprise forestière Mininco. Ils font reculer les travailleurs présents et obligent les chauffeurs de camion à descendre. Puis, le feu est mis à quatre engins forestiers, deux fourgons et quatre camions transportant du bois. Une banderole faisant allusion à la libération de Wallmapu et à la CAM aurait été laissée sur place.

Plusieurs heures plus tard, à plus de 40 km du lieu de l'attaque, les Carabineros arrêtent Luis Menares Chanilao, Jorgue Caniupil Coña, Pelantaro Llaitul Pezoa, Juan Carlos Mardones et une cinquième personne (également accusée). Les policiers auraient été alerté de la présence des jeunes mapuches dans une ravine par un témoin anonyme qui les aurait vu mettre le feu à un fourgon (qui aurait été dérobé lors de l'attaque à San Luis). Ce témoin ne s'est pas présenté au tribunal et a été passé au statut de « témoin protégé ». De tels procédés sont régulièrement utilisés contre le mouvement autonomiste mapuche pour faciliter les condamnations et compenser le manque de preuves matériels. Parmi les jeunes arrêtés, il y a Pelantaro Llaitul, un des fils de Hector Llaitul, werken (porte-parole) de la CAM, lui-même actuellement en prison suite à une condamnation à 23 ans en 2024 pour son engagement au sein de la CAM, la libération nationale mapuche et la reconstruction du monde mapuche.

Cela fait quatre ans que les jeunes weichafe sont en détention préventive. L'ancien gouvernement de Boric (de gauche) s'était distingué par sa répression du mouvement autonomiste mapuche et la militarisation du Wallmapu (et 110 prisonniers politiques mapuche dans les geôles de l'État chilien) ; l'actuel gouvernement Kast d'extrême-droite a repris le flambeau en multipliant les opérations répressives, la persécution et le harcèlement des communautés mapuches.

Solidarité avec la lutte mapuche !
Amulepe taiñ weichan !

Communiqué des prisonniers politiques mapuche de la CAM sur l'affaire Lautaro

Kiñe. Tout d'abord, nous tenons à remercier toutes les personnes qui nous ont accompagnés tout au long de ce procès oral au cours duquel nous avons finalement été injustement condamnés. À toutes les communautés, aux familles et aux lof mapuches, à notre peuple, nous adressons toute notre gratitude.

Epu. Nous considérons cette condamnation comme le résultat de la persécution politique menée contre le mouvement autonomiste mapuche, et plus particulièrement contre la Coordinadora Arauco-Malleco (CAM), organisation dont nous sommes fiers en tant que weichafe [guerriers mapuches]. Nous soulignons que ce procès s'est déroulé de manière partiale et raciste, sans aucune preuve nous impliquant, et que les autorités judiciaires ont eu recours à des témoins secrets qui, au final, n'ont même pas témoigné devant le tribunal.

Kula. Le tribunal winka nous a condamnés pour les délits d'incendie répété, de vol, d'enlèvement simple et, dans deux cas particuliers, de détention de munitions. Il a requalifié deux délits et nous a acquittés des délits de détention d'armes interdites, de détention d'armes conventionnelles et de tirs injustifiés.

Meli. Nous comprenons que, face à l'enquête bâclée du parquet et aux arguments solides de nos avocats de la défense, le tribunal a décidé de procéder à un ARRANGEMENT permettant de prononcer à tout prix une condamnation politique à notre encontre, sans disposer en aucun cas des éléments minimaux pour le faire.

Kechu. La tête haute, nous déclarons que nous n'accepterons pas cette condamnation néfaste et que, si l'État chilien persiste à criminaliser et à persécuter la lutte historique et digne des Mapuches, en cherchant à nous condamner pour cela, qu'il assume au moins l'État de droit dont il se vante tant, qu'il apporte les preuves et condamne en vertu de ses lois, et non sur la base de subterfuges, de mensonges, de pressions politiques et de l'utilisation d'une presse bourgeoise servile aux intérêts des entreprises.
De même, nous appelons le pouvoir judiciaire à cesser d'être le bras punitif du fascisme et de l'extrême droite à Wallmapu.

Kayu. C'est pour toutes ces raisons que, le jour du prononcé du jugement [le 13 juin], nous lancerons une mobilisation afin de dénoncer ce procès vicié auquel on nous a contraints. À cette occasion, nous souhaitons également apporter notre soutien à notre frère Daniel Canio, qui, après avoir purgé plus de la moitié de sa peine, se voit toujours refuser ses avantages pénitentiaires.

Ayant affronté ce procès en tant que pu weichafe, aujourd'hui condamnés, nous estimons nécessaire de nous adresser au mouvement mapuche et à notre peuple en général après près de quatre ans d'emprisonnement, et de déclarer que nous ne sommes pas vaincus, encore moins honteux ou repentants d'avoir embrassé une lutte aussi digne et juste que la nôtre ; bien au contraire, nous continuons d'avancer avec la détermination de ne jamais nous mettre à genoux devant nos ennemis.

Enfin, nous appelons à poursuivre le weichan [lutte mapuche], à maintenir la lutte territoriale contre les entreprises forestières et le grand capital, à continuer de résister au racisme structurel et colonialiste de l'État chilien, d'autant plus aujourd'hui que le fascisme et l'extrême droite sioniste sont au pouvoir.

Dehors les entreprises forestières et les militaires du Wallmapu !!
La résistance mapuche n'est pas du terrorisme !!

Peñi Kincha treka rupaymi tüfachi Mapu Mew,welu Tami pülli rumel mongeleay rangi weychan Mew

Luis Menares Chanilao
Jorgue Caniupil Coña
Pelantaro Llaitul Pezoa
Juan Carlos Mardones

PPM-CAM

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10.07.2026 à 08:00

« Avec cette loi, on fait passer un message aux policiers qui pouvaient douter au moment de tirer : on leur dit qu'il n'y a plus à hésiter »

NOTE : cette loi a été adoptée en procédure accélérée mardi 7 juillet à l'assemblée nationale
Au milieu de l'agenda parlementaire discuté ces derniers mois, une proposition de loi voulait instaurer une présomption de légitime défense pour les policiers. Elle revient à l'agenda parlementaire à partir du 7 juillet. Les défenseurs des droits humains alertent sur les effets catastrophiques d'un blanc-seing donné aux forces de l'ordre.

Texte intégral (3048 mots)

NOTE : cette loi a été adoptée en procédure accélérée mardi 7 juillet à l'assemblée nationale
Au milieu de l'agenda parlementaire discuté ces derniers mois, une proposition de loi voulait instaurer une présomption de légitime défense pour les policiers. Elle revient à l'agenda parlementaire à partir du 7 juillet. Les défenseurs des droits humains alertent sur les effets catastrophiques d'un blanc-seing donné aux forces de l'ordre.

« Permis de Tuer » Tableau 1/7 par ©Jaeraymie dans le cadre de l'exposition itinérante « 435-1 m'a tué·e » portée par l'association SAVE (Stop Aux Violences d'État)

C'est une vieille proposition du Front national (devenu depuis le RN), et une toute aussi vieille revendication du syndicat de policiers Alliance qui pourrait bientôt être adoptée par le Parlement. La « présomption de légitime défense » des policiers avait été mise à l'agenda politique par le RN en 2022, mais c'est le Groupe les Républicains (LR), par l'entremise du député Eric Pauget, qui a déposé la dernière mouture du texte, dont l'examen arrive le 7 juillet à l'Assemblée. Le texte initial, d'origine parlementaire, prévoyait par une bizarre phrase tautologique que les policiers et gendarmes qui ont « dû se défendre ou défendre autrui contre une atteinte injustifiée » sont présumés « avoir agi en état de légitime défense ».

« Cette présomption existe déjà puisque la charge de la preuve repose sur nous » – Issam El Khalfaoui, père de Souheil El Khalfaoui, jeune marseillais de 19 ans abattu lors d'un contrôle de police en 2021.

Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a ajouté un amendement. Dans la dernière mouture du texte, adopté en janvier 2026, il n'est plus uniquement question de présumer la légitime défense, qui n'est qu'une des causes possibles de légalité des tirs policiers. Désormais, toutes les hypothèses sont visées par la présomption : «  lorsqu'ils font usage de leurs armes, les agents de la police nationale et les militaires de la gendarmerie nationale sont présumés avoir agi dans l'un des cas autorisés  ».

Ce faisant, le gouvernement ne fait pas qu'étendre le régime de la présomption. Bien pire : il lance un message permissif sur l'usage de leurs armes à destination des policiers et gendarmes. En clair, l'usage d'une arme à feu sera présumé légale. « Donc la réponse autorisée face à une situation de stress, ce serait le recours aux armes létales ? » s'insurge Me Margot Pugliese, avocate de plusieurs membres de la famille de Nahel Merzouk, tué par arme à feu policière en juin 2023. « Le propre des forces de l'ordre c'est d'intervenir dans des situations stressantes, face à des gens qui peuvent représenter un danger. C'est ça être policier… Donc il y a une importance capitale à gérer ça autrement qu'en tuant des gens ! »

Lire notre dossier « Permis de tuer » :
La police dispose-t-elle d'un permis de tuer grâce à la loi ? Flagrant Déni livre dans ce dossier des éléments nouveaux, avec la publication d'une instruction tenue secrète, et donne la parole aux collectifs qui dénoncent un « racisme institutionnalisé ».

Là où le texte initial modifiait le Code pénal, qui est une sorte de manuel pour les juges qui contrôlent l'activité policière, le texte gouvernemental modifie le Code de la sécurité intérieure (CSI), qui est le manuel des forces de police. Il s'adresse donc directement à ces dernières. Or, l'article en cause, l'article L.435-1 du CSI issu d'une réforme législative de 2017, a déjà été largement dénoncé comme un « permis de tuer ». En mai 2025, le Comité contre la torture de l'ONU s'était inquiété « de ce que l'article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure semble avoir élargi le champ de la légitime défense pour les policiers au-delà du raisonnable, contribuant à une augmentation du nombre de décès liés à l'usage d'armes à feu par les forces de l'ordre ». En 2024, 27 personnes ont été tuées par l'usage d'une arme à feu des forces de sécurité intérieure – un funeste record. Si la présomption passe, il y a fort à parier qu'elle sera comprise comme un second message d'assouplissement de l'usage des armes policières.

« ENCORE PLUS DE NON-LIEUX »

Dans un courrier à l'attention du Haut-commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU, Flagrant déni, aux côtés de l'association SAVE et du Syndicat des Avocat·es de France (SAF), alertait des effets d'une telle loi et de celle déjà existante :

« Les faits, et en particulier les chiffres, montrent donc que la loi « Cazeneuve » de 2017 a été interprétée par les forces de police comme un assouplissement du cadre légal, et les a conduites à tuer plus de personnes, en particulier parmi les populations racisées.  »

La proposition de loi comporte plusieurs risques, pointés dans cette lettre : elle renverserait la charge de la preuve, dans un contexte où les obstacles à la manifestation de la vérité sont déjà nombreux et où un déséquilibre persiste entre la crédibilité accordée à la parole des plaignants et à celle des forces de l'ordre. « (…) Le manque d'indépendance du parquet, de l'IGPN et de l'IGGN, les liens professionnels entre les forces de l'ordre et les magistrat·es pourtant chargés de les contrôler, le manque de formation et d'encadrement par la hiérarchie policière sont autant de facteurs qui conditionnent les pratiques d'enquête et les décisions de justice, souvent plus clémentes que pour le reste de la population » pointait une tribune du Syndicat de la Magistrature, du SAF et de la Ligue des Droits de l'Homme.

« Dans les faits, cette présomption existe déjà puisque la charge de la preuve repose sur nous, les familles de victimes. C'est souvent à nous de demander des actes et de montrer que la légitime défense ne tient pas. Mais si on légitimise le recours à l'arme dans la loi, juridiquement, ça change tout ! » souligne Issam El Khalfaoui, père de Souheil El Khalfaoui, jeune marseillais de 19 ans abattu lors d'un contrôle de police en août 2021 et président de l'association SAVE (Stop Aux Violences d'État). « Là où le doute pouvait amener au procès, cette loi ferait qu'il n'y a plus de doute sur la légitimité de l'action des policiers ! Là où nous pouvions pointer les défaillances de l'enquête, avec cette loi, elles ne seraient plus considérées comme des défaillances. Donc il y aura encore moins de procès, encore plus de non-lieux !  »

« Notre système repose sur une logique inquisitoire. Avec cette loi, on introduirait une logique plus proche de l'accusatoire, sans en donner les garanties » relève Anthony Caillé, policier et secrétaire général de la CGT-Intérieur, en désignant cette manœuvre politique comme un arsenal du tout-sécuritaire. Pour lui, cette loi « mettrait tout le monde en danger. Le quidam dans la rue ; le policier de voie publique, qui ne saura pas ce qu'il peut faire ou pas ; l'enquêteur dont le périmètre va devenir plus flou ; et ça fragilise même la position du parquet. Donc quelle est la finalité de cette loi ? Calmer le syndicat majoritaire – né sous l'impulsion du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, je le rappelle – qui réclame ça depuis des années ? »

UNE LOI À L'ENCONTRE DES DROITS HUMAINS

Introduire une présomption de légalité des tirs dépasse la simple présomption de légitime défense. Cette proposition est contraire à la jurisprudence de la Cour Européenne de Droits de l'Homme (CEDH) qui pose au contraire une présomption de responsabilité lorsqu'une personne décède aux mains des forces de l'ordre. Comme le soulignait Anja Bienert, basée aux Pays Bas et responsable du programme Police et Droits Humains au sein d'Amnesty International, lors d'un colloque organisé à l'Assemblée Nationale début mai :« C'est l'un des textes les plus préoccupants que j'ai vu dans mon travail depuis longtemps. Il est d'autant plus préoccupant qu'il constitue une réécriture d'un texte qui n'est déjà pas conforme au droit international des droits humains. » Elle pointe du doigt le fait que l'État est tenu de protéger la vie, de rendre justice aux victimes et de prévenir la réitération des faits. « La présomption d'un usage légal de l'arme à feu est une violation du principe de reddition des comptes et du droit à la vie. »

« L'impunité » ©Jaeraymie - Tableau 6/7 par ©Jaeraymie dans le cadre de l'exposition itinérante « 435-1 m'a tué·e » par l'association SAVE

« CONSACRER L'IMPUNITE DES SERVICES DE POLICE »

Présumer de la légalité de l'usage des armes par les policiers constituerait a priori une cause objective d'irresponsabilité pénale, qui fait juridiquement disparaître l'infraction. Dès le tir, la possibilité même d'interroger le policier dans un cadre contraignant (la garde-à-vue) disparaîtrait, rendant pratiquement impossible la collecte de preuves pendant les premières heures, celles qui sont le plus souvent décisives. « Pour une enquête effective, il faut que les services de police et le procureur se mobilisent vite et dans les premiers temps ; là, personne ne le fera puisque la charge de la preuve ne repose plus sur les policiers mais sur les parties civiles et les autorités de poursuite. On consacre l'impunité des services de police ! » décrit l'avocate Margot Pugliese.

« Si l'on regarde quel pays dans la région européenne a passé une loi comparable, on ne trouve que la Turquie avec la loi de 2007 » – Sébastian Roché, chercheur

Issam El Khalfaoui témoigne, lui, du choc qu'il a ressenti à l'écoute des débats parlementaires de fin janvier : « l'essentiel des arguments, c'était de dire que ce n'était pas normal qu'un policier aille en garde-à-vue [GAV]. Mais la GAV ce n'est pas un dispositif de culpabilité, c'est un outil pour empêcher la concertation, l'influence, etc. C'est le seul dispositif pour essayer de préserver la vérité, parce que bien souvent les vidéos n'existent pas ou disparaissent. » En mars 2026, dans le procès de Gilles Guilbert, le policier condamné à 10 ans de prison pour meurtre d'Olivio Gomes en 2020 à Poissy, l'avocat général avait souligné les mensonges des policiers, leurs versions changeantes et coordonnées.

Le chercheur Sébastian Roché fait, lui, carrément le parallèle avec les régimes autoritaires : « leur caractéristique, c'est précisément l'usage généreux des armes. On introduit ici des règles qu'on voulait faire supprimer aux pays candidats pour entrer dans l'Union Européenne. Si l'on regarde quel pays dans la région européenne a passé une loi comparable, on ne trouve que la Turquie avec la loi de 2007 qui élargissait de manière très générale l'usage des armes dans différents types de situations ordinaires, hors terrorisme, attentats, prise d'otages, manifestations violentes et contrôle des frontières. » Conséquence d'une telle loi ? « On peut estimer que le nombre de tirs mortels des forces de l'ordre a augmenté de 30% dans des situations ordinaires. »

Si ce texte de loi était adopté et si cette décision judiciaire était confirmée par la Cour de cassation, l'explosion du nombre de tués serait encore plus largement à craindre, soulignent nos interlocuteurs·ices. « S'il n'y a aucune infraction a priori, aucune mesure coercitive ne sera mise en œuvre en pratique ! Avec cette loi, on fait passer un message aux policiers qui pouvaient douter au moment de tirer : on leur dit qu'il n'y a plus à hésiter » conclut Me Pugliese. « S'il n'y a plus de contrôle juridictionnel possible de l'usage des armes à feux par les policiers, on n'est plus dans une démocratie… »

Retrouvez également cet article sur flagrant-deni.fr

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10.07.2026 à 08:00

Vitry-sur-Seine, une consultation bidon... et ratée

À Vitry, la polémique autour du projet d'incinérateur n'en finit pas de mettre la mairie en difficultés...

Texte intégral (1032 mots)

À Vitry, la polémique autour du projet d'incinérateur n'en finit pas de mettre la mairie en difficultés...

À Vitry-sur-Seine, la polémique autour du projet d'incinérateur, désormais baptisé Thermo-sur-Seine, n'en finit pas d'enfler.

Alors que le maire n'a toujours pas pris de position claire, contrairement aux élus des villes voisines et du département, il ne fait qu'ajouter incompétence et ridicule à son embarras. Après avoir, pendant la campagne municipale, démenti l'existence du projet, puis fait campagne contre (mais quand même contre ceux qui étaient contre, c'est subtil), il est désormais lancé dans une grande opération de « consultation citoyenne » censée faire passer la pilule de l'acceptabilité du projet auprès des habitants, alors même qu'à Vitry personne n'en veut.

Comme souvent dans le cas de grands projets néfastes et inutiles, on fait appel à des agences externes et à des experts « indépendants » pour essayer de raisonner les citoyens, pour pouvoir dire que le projet s'est fait en accord avec eux et en tenant compte de leurs préoccupations.

Le ridicule étant le maître mot de toute cette opération, la campagne de « consultation » a donc commencé en juillet, et en pleine canicule, histoire d'être sûr que le moins de monde possible y participe.

Mais les vitriotes ne sont pas dupes, et chaque étape de la consultation se passe un peu plus mal que la précédente. Après une première réunion publique le 1er juillet, où les élus présents, inaudibles, ont eu bien du mal à s'exprimer face à la foule d'habitants opposés au projet, la deuxième réunion du 6 juillet a viré à la tragi-comédie.

Cette fois, pas d'élus pour défendre le point de vue de la ville, si ce n'est la pauvre Maëva Durand, adjointe à la participation des habitant-es, mais qui ne supporte pas trop quand les habitants ne s'expriment pas comme elle le voudrait. Du coup, tout avait été prévu pour qu'aucun discours déviant ne puisse s'exprimer : pas de discussions collectives, mais des débats en petits groupes (imposés), sur des sujets déterminés d'avance (l'impact du projet sur la santé et l'emploi), avec des questions posées à l'avance (complètement biaisées et à côté de la plaque - pour certains, la réponse « non » n'était même pas prévue) et 2 expert.es venu.es convaincre l'assistance que ce projet ne posait pas de problème de santé publique et était bon pour l'emploi.

Las, rien ne s'est passé comme prévu, encore une fois. Avant même le début des débats, un intervenant prend le micro pour dire que puisque tout le monde à Vitry est opposé au projet, il ne sert à rien de discuter de ses impacts, et propose donc de profiter de l'occasion pour réfléchir à des alternatives et à des politiques de santé et d'emploi sur la ville qui n'impliqueraient pas la présence d'un incinérateur. Un autre met les experts en difficulté en leur demandant de prouver leur position de neutralité dans le débat... Ça commence mal. Sur les 5 ou 6 groupes de discussion, l'un refuse carrément de jouer le jeu, et au lieu de répondre aux questions malhonnêtes posées, écrit sur tous les supports « non à l'incinérateur ». Au grand dam de Maëva Durand et ses supplétifs chargés d'encadrer les discussions, qui se plaignent du coup qu'elles ne vont pas pouvoir garder ça comme réponse, et que donc la parole des gens ne sera pas entendue. Elle est pourtant claire la parole...

Devant l'inutilité de ces discussions, ou le fond n'est jamais posé (pourquoi un nouvel incinérateur à Vitry ?), et l'absence d'arguments convaincants des pseudo experts qui sont juste là pour noyer le poisson et faire passer la pilule, au bout d'une heure et demie, une partie de l'assemblée s'en va. Non sans faire remarquer aux encadrantes que la mairie pourrait se positionner en opposition au projet, refuser le permis de construire, organiser un référendum qui permettrait de construire un rapport de force politique sur le sujet... Comme d'habitude, on nous répond que le maire n'a pas ce pouvoir. Il est drôle ce maire qui est prêt à tout pour être élu, mais qui une fois aux responsabilités se retrouve sans aucun pouvoir. Il ne peut pas s'opposer aux intérêts capitalistes et aux grandes entreprises qui veulent construire des projets néfastes et inutiles. Il ne peut pas s'opposer aux expulsions de logement. Il ne peut pas reloger les gens à la rue. Il ne peut pas rénover et entretenir les logements sociaux vétustes... A croire qu'il sert pas à grand chose finalement...

Les prochains rendez-vous sont fixés en septembre, cette fois avec la Commission Nationale du Débat Publique, grande spécialiste de l'enfumage et de l'acceptabilité des grands projets inutiles - c'est systématiquement elle qui est convoquée par les autorités publiques quand un projet d'urbanisme néfaste fait l'objet d'une opposition de la population.

Ce que la mairie n'a pas l'air d'avoir compris, et qu'il va bien falloir lui faire comprendre, c'est que la question n'est pas de savoir si les cheminées de l'incinérateur seront peintes en rose ou en jaune, si on y incinérera du bois ou du compost, ou combien de watt ça produira. L'incinérateur on n'en veut pas !

Rendez-vous en septembre pour de nouveaux épisodes.

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08.07.2026 à 11:43

Calais : Besoin de soutien au Markaz Alshebaab

Besoin de soutien dès maintenant à Calais au Markaz Alshebaab, nouveau lieu d'organisation collective dans la jungle de l'hôpital, à l'initiative de personnes migrantes et solidaires !

Lire la suite (450 mots)

Besoin de soutien dès maintenant à Calais au Markaz Alshebaab, nouveau lieu d'organisation collective dans la jungle de l'hôpital, à l'initiative de personnes migrantes et solidaires !

💥 Besoin de soutien dès maintenant à Calais au Markaz Alshebaab ! 💥

(English below)

❗Hello ! Besoin de soutien à Calais ! Le Markaz Alshebaab (“le centre des jeunes”) est un nouveau lieu d'organisation collective dans la jungle de l'hôpital, à l'initiative de personnes migrantes et solidaires. Depuis ce lundi des flics sont passés à plusieurs reprises. Besoin de monde sur place pour continuer les constructions, occuper le lieu, soutenir les habitant-es du campement..!

📍 L'emplacement GPS du lieu : 50.937705, 1.900656 https://cartes.app/?clic=50.93771%7C1.90066
⛺ C'est possible de poser sa tente sur place, ou de se garer à 10-15min à pied.

💥 Venez dès maintenant et dans les prochains jours/semaines. À chaque expulsion on reconstruira. Hésitez pas à ramener des outils et du matériel de construction !

Bienvenue à tout moment !

📢 À faire tourner !

English :

❗Hello ! Call out for support in Calais ! The Markaz Alshebaab (“the youth center”) is a new collective organizing space in the hospital's “Jungle” camp, initiated by people on the move and in solidarity. Since Monday, police have been passing by several times. We need people on site to continue building, occupy the space, and support the camp's residents !

📍 GPS coordinates : 50.937705, 1.900656Automatic word wrap
⛺ You can pitch your tent on site, or park a 10-15 minute walk away.

💥 Come now and in the coming days/weeks. We will rebuild after every eviction. Feel free to bring tools and building materials !

Welcome anytime !

📢 Please share !

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07.07.2026 à 08:00

JUIN 2026 A CALAIS

Résumé de ce qui s'est passé à la frontière franco britannique au mois de juin 2026.

Texte intégral (1654 mots)

Résumé de ce qui s'est passé à la frontière franco britannique au mois de juin 2026.

Reprise du blog Passeuses d'hospitalités des exilé.e.s à Calais, lu sur lille.indymedia.org.

AU MOINS UNE PERSONNE MORTE EN JUIN
Le 20/06/26, une femme est décédée alors qu'elle tentait de traverser la Manche en small-boat. Elle a été retrouvée inconsciente après que la Border Force ait intercepté l'embarcation dans les eaux anglaises.
La stèle apparue au cap Blanc-nez en février au moment de la commémorAction avec comme inscription gravée « pour toutes les personnes tuées par les frontières. Ni oubli ni pardon liberté de circulation pour toustes » a disparu. Elle est restée plus de quatre mois.

CHAOS SUR LES PLAGES
Le retour des beaux jours et les « fenêtres météo » qui en découlent augmentent le nombre de tentatives de traversées. Des incidents ont fait quotidiennement les choux gras de la presse : « un enfant séparé de ses parents lors d'une tentative de traversée », « quatre personnes tombées à l'eau dont un bébé ont inhalé de l'eau de mer », « deux jeunes femmes retrouvées inconscientes sur la plage », des enfants apeurés immergés dans la Manche", ...
Les interventions des sauveteurs se sont enchainées de Cayeux-sur-mer en Normandie à Oostduinkerke en Belgique en passant par Berck, Merlimont, Le Touquet, Dannes, Hardelot, Le Portel, et Boulogne. Des familles qui suffoquent avec le gaz lacrymo, des hospitalisations en nombre, des grands groupes en errance bloqués devant des gares loin de tout campement, des familles séparées, .... Chaque jour a son lot de violence et de harcèlement.
Le 15/06, deux hommes ont tenté la traversée à bord d'un canoë-kayak et se sont rapidement retrouvés en hypothermie sévère.
En juin, au moins personnes sont arrivées en UK en small-boat d'après le home office dont 710 personnes le 15/06, un record en 2026.

MOBILISATIONS CONTRE LES EXPULSIONS
Un groupe de personnes exilées du camp Hospital, excédées par la répétition des expulsions a commencé à se réunir début juin pour s'organiser. Pendant une semaine, tous les matins, des sit-in ont eu lieu avec en amont des ateliers de création de pancartes facilités par une poignée de soutiens locaux. Le 1er jour de mobilisation était un jour d'expulsion et les nombreux CRS ont tenu les manifestant.es à distance afin de continuer leur basse besogne.
Le 12/06, le groupe a organisé une manif festive et revendicative. Environ 250 personnes ont déambulé dans les rues de Calais. Les prises de parole par des habitants du camp Hospital ont permis de dénoncer la violence des expulsions mais aussi le harcèlement quotidien dans les rues, dans les gares et autour des campements.
La marche a suscité la curiosité des calaisien.nes rencontré.es grâce au tractage autour de la manif. Par contre on a eu droit à quelques doigts d'honneur et à un salut nazi décomplexé
Le 21/06, une vingtaine de personnes exilées sont venues tracter dans les rues de Calais nord pendant la fête de la musique.
La mobilisation continue....

https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/2026/06/12/manifestation-en-soutien-aux-personnes-exilees/

L'association HRO a publié son rapport annuel qui documente principalement les violences perpétrées lors des expulsions.
https://humanrightsobservers.org/wp-content/uploads/2026/06/rapport-annuel-HRO-2025-version-francaise.pdf

BMX
Les petits camps sont toujours expulsés plusieurs fois par semaine. BMX, un camp historique regroupe de moins en moins de personnes car épuisées par le harcèlement.
Le 26/06, des rochers ont été déposés pour empêcher les véhicules des associations de rejoindre le camp.

FAFS NEWS

  • Entre le 06 et le 09/06, des fascistes anglais sont venus sur la côte pour filmer les lieux de vie, les distributions, les plages et poster les vidéos sur les réseaux sociaux. Ils provoquent des personnes exilées pour obtenir du contenu incitant à la haine. Ces vidéos portent le logo du compte Patriots of Britain. On y reconnait au moins un membre de « Raise the colors ».
  • Le 14/06/26, le bateau de Danny Tommo « The Patriot » acheté pour soit-disant intercepter et chasser les small-boat, a mystérieusement coulé. Le bateau à moteur aurait été saboté (coque perforée et moteur détérioré) mais serait réparable (dommage !) et Tommo réclame à nouveau de l'argent pour le retaper.
    https://opaleaf.noblogs.org/2026/06/05/the-patriot-le-navire-de-tommo/
  • Le 18/06, Jordan Florentin et son média d'extrême droite Frontières est venu sur le littoral pour alimenter sa com avec quelques vidéos.

CANICULE
La canicule accentue la dureté des conditions de vie sur les camps. Les zones ombragées sont insuffisantes pour toutes les personnes exilées survivant le long des côtes. Les températures restent élevées la nuit et les tentes deviennent des étuves. Aucun lieu de fraicheur n'a été mis à disposition par les autorités malgré la fatigue, les insolations, les hyperthermies, les malaises, et l'aggravation des problèmes de santé existants. Pendant ce temps, les recommandations de la pref pour se protéger défilent sur les panneaux publicitaires à Calais. Les hangars du plan grand froid restent clos et vides !
A Calais, l'asso CFC, qui remplit les IBC (cuves d'eau) ne chôme pas et a considérablement augmenté la quantité d'eau mais n'a pas de solution pour qu'elle soit fraiche. Les cuves sont pour la plupart en plein soleil.
Il y a urgence sanitaire. Dans la rue, la chaleur est aussi mortelle que le froid.

DURCISSEMENT
L'accord « one in one out » qui permet d'expulser vers la France des personnes exilées qui ont rejoint le RU en small-boat est prolongé jusqu'au 01/10/26 mais ne sera pas reconduit ensuite. Nunez a annoncé le caractère dorénavant européen du dossier. Le 12/06/26, le pacte Asile et Immigration est entré en vigueur dans l'opacité la plus totale. Le 17/06, un nouveau volet du pacte « le règlement retour » a été voté au parlement européen. Au programme, la possibilité d'expulser les débouté.es de l'asile vers des centres de rétention (les fameux hubs de retour) à l'extérieur de l'Europe. Le pire arrive....

CHANNEL EN DANGER
La scène nationale calaisienne Le Channel dans le viseur de la mairie depuis très longtemps traverse une zone de turbulence sans précédent. Les futures conventions d'occupation du Channel ne laisse pas le doute sur les intentions de la mairie : droit d'intervenir sur la tenue des salarié.es, droit de renvoyer ou remplacer quelqu'un, droit de regard sur la programmation et sur l'ambiance sonore. Un choc pour les salarié.es et les personnes qui fréquentent le lieu.
Un collectif « Le Channel en danger » s'est monté et s'organise. Le 09/06, 150 personnes se sont rassemblées devant la sous-pref.

PRIDE
Le 07/06 a eu lieu la Marche des fiertés de Calais : village associatif, déambulations festives, pancartes, slogans et prises de paroles ont alerté sur la fascisation ambiante et la violence envers les personnes LGBTQIA+

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06.07.2026 à 08:00

Lettre ouverte pour déprogrammer Barbara Butch et le pinkwashing israélien

Lettre ouverte à destination du festival Plein Champ et de la mairie du Mans qui invitent la sioniste Barbara Butch. Pour la faire déprogrammer de ce festival, ainsi que de celui du Cabaret Frappé à Grenoble, et qu'elle ne soit plus invitée ailleurs. De sorte d'agir solidairement avec les palestinien.ne.s contre le sionisme, l'instrumentalisation de la judéophobie et le pinkwashing. Notamment en vue de dissuader de potentiel.le.s futur.e.s soutiens au projet de loi qui remplacera probablement celui de Yadan.

Texte intégral (695 mots)

Lettre ouverte à destination du festival Plein Champ et de la mairie du Mans qui invitent la sioniste Barbara Butch. Pour la faire déprogrammer de ce festival, ainsi que de celui du Cabaret Frappé à Grenoble, et qu'elle ne soit plus invitée ailleurs. De sorte d'agir solidairement avec les palestinien.ne.s contre le sionisme, l'instrumentalisation de la judéophobie et le pinkwashing. Notamment en vue de dissuader de potentiel.le.s futur.e.s soutiens au projet de loi qui remplacera probablement celui de Yadan.

Bonjour,

Nous sommes le Collectif Déprogrammons Barbara Butch. Nous avons constitué ce collectif lors d'une réunion publique (https://sarthe.demosphere.net/rv/6893), car nous avons appris que la mairie du Mans invite la sioniste Barbara Butch à jouer de la musique au Festival Plein Champ le Samedi 4 Juillet au Mans, en la présentant comme « une militante de l'amour et de l'inclusion ».

Alors que Barbara Butch soutient activement la guerre coloniale et génocidaire de l'État israélien contre les palestinien.ne.s, puisqu'en 2025 cette DJ a joué de la musique dans la résidence de l'ambassadeur français à Tel-Aviv, au profit du pinkwashing de l'État israélien car dans le cadre du mois des fiertés LGBTQIA+ et en pleine colonisation et en plein génocide des palestinien.ne.s !
Puis qu'en 2026 elle a signé une tribune de soutien au liberticide projet de loi Yadan, qui visait à instrumentaliser la judéophobie pour l'assimiler à l'anti-sionisme, afin d'interdire toute critique de l'État israélien et de criminaliser les soutiens aux palestinien.ne.s. Et que suite aux critiques qu'elle a reçues, elle n'a pas retiré sa signature mais a tenté de masquer son sionisme tout en le réaffirmant.

Le festival Plein Champ se veut être une fête artistique et populaire. Il n'est pas possible de faire la fête avec quelqu'une qui soutient activement la guerre coloniale et génocidaire de l'État israélien contre les palestinien.ne.s. C'est pourquoi avec de nombreuses organisations nous envoyons une lettre ouverte au festival Plein Champ et à la mairie du Mans pour les inviter vivement à annuler l'invitation qu'iels font à Barbara Butch, et qu'ainsi iels ne se rendent plus complices des horreurs causées par l'État israélien.

En quelques jours nous avons déjà réuni une trentaine de signatures d'organisations, ainsi que de nombreuses signatures individuelles que nous choisissons de ne pas visibiliser par rapport aux dangers sionistes. D'autres signatures sont à venir. Car ces signatures proviennent à la fois du département de la Sarthe et aussi d'ailleurs. Car nos solidarités avec les palestinien.ne.s dépassent les frontières. C'est pourquoi nous ferons en sorte que Barbara Butch ne soit plus invitée ni ici ni ailleurs. Plein de chouettes artistes peuvent la remplacer !

Nous mettons en copie de ce mail des centaines de médias, d'organisations militantes, d'autres artistes invité.e.s et de partenaires commerciaux du festival Plein Champ. Pour les alerter et les inviter à prendre position publiquement, comme nombre d'organisations l'ont déjà fait contre l'invitation faite à Barbara Butch au festival Cabaret Frappé à Grenoble (https://www.instagram.com/p/DZF0vXAl09o).

[...]
[slides Insta à retrouver sur les sites sources]

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