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08.08.2026 à 08:00

Laïcité coloniale et lois d'exception en Afrique française

Texte paru dans le numéro 1878 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur le 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État.

Texte intégral (2548 mots)

Texte paru dans le numéro 1878 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur le 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État.

Le 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État nous permet de revenir sur une histoire jalonnée d'exceptions. Nous l'avons évoqué notamment avec l'historien Sadek Sellam que nous avons invité plusieurs fois durant notre émission « Médias et antifascisme » présente tous les deuxièmes vendredis du mois sur Radio Libertaire à 11h30. L'application à géométrie variable de la laïcité française nous montre ainsi que le culte musulman en Algérie et aux colonies fit l'objet d'un dirigisme troublant de la part de l'État.

L'émission « Médias et antifascisme » que nous animons sur Radio Libertaire tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 depuis le 11 octobre 2024 s'est penché plusieurs fois sur des sujets liés à la laïcité. Avec l'historien Sadek Sellam, nous nous sommes employés à analyser les applications bancales de la loi du 9 décembre 1905 jusqu'à nos jours. Nous avons ainsi évoqué à partir du 14 mars 2025 la gestion en France du culte musulman notamment à travers le cas de la grande mosquée de Paris.

Cette institution inaugurée en 1926 met ainsi en valeur une gestion coloniale et dirigiste d'un culte considérée à la fois comme exotique et dangereux. La mosquée a en effet été inaugurée presque trois ans après la création par le conseil municipal de Paris d'une « section d'affaires indigènes nord-africaines ». Le maréchal Hubert Lyautey à cette époque « résident général de la République au Maroc » avait ainsi été consulté pour un projet d'institut musulman imaginé initialement par le professeur Paul Bourdarie.

Ce dernier enseignait au collège libre des sciences sociales, dirigeait la revue « Indigène » et voulait mettre « en contact les jeunes éléments les plus cultivés de l'islam avec la fleur de la science et de la société française ». Si la mosquée a pu voir le jour, le projet d'institut fut allègrement saboté par Lyautey qui craignait sa possible influence sur les « jeunes musulmans » [1]. L'État versa tout de même à cet institut purement fictif des subventions jusqu'en décembre 1980. Une « commission nationale des français musulmans » présidée par le secrétaire d'État aux rapatriés Jacques Dominati venait en effet de montrer le non-fonctionnement de cet institut.

Un autre exemple du non-respect de la laïcité par le gouvernement fut la nomination de Hamza Boubakeur au poste de recteur de la mosquée de Paris le 18 mai 1957. Ce dernier était hostile à l'indépendance de l'Algérie et faisait selon le chef du gouvernement Guy Mollet mieux l'affaire qu'Ahmed Benghabrit.

Celui-ci avait succédé à son oncle Kaddour qui dirigeait la mosquée depuis sa création. Il fut ainsi « limogé » pour avoir refusé de coopérer avec le commissariat de police du cinquième arrondissement de Paris où se situe la mosquée. Son refus de lutter contre le Front de Libération Nationale (FLN) algérien et sa dénonciation de la torture poussa Mollet à nommer à sa place un homme aux ambitions politiques bien trempées.

Boubakeur cherchait en effet à partir de 1960 à devenir le président d'une République saharienne qui aurait été issue de la séparation du Sahara du reste de l'Algérie. Ce plan de participation soutenu par le premier ministre français Michel Debré tomba finalement à l'eau. La nomination de Boubakeur à la tête de la mosquée de Paris fut elle condamnée en 1963 par le tribunal administratif de Paris. Cela n'empêcha pas Boubakeur de rester à son poste jusqu'en 1982 avant que l'Algérie ne prenne le relais de la France dans le versement de subventions à la mosquée de Paris [2].

La laïcité inexistante en Algérie et en Afrique Occidentale Française

L'article 43 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État stipule que « des règlements d'administration publique détermineront les conditions dans lesquelles la présente loi sera applicable à l'Algérie et aux colonies ». L'article 11 alinéa 6 du décret du 27 septembre 1907 déterminant les conditions d'application en Algérie de la loi de 1905 affirme de son côté que le gouverneur général peut accorder des indemnités de fonction aux ministres qui exercent le culte public. Cette disposition censée ne durer que dix ans fut en fait prolongée jusqu'à l'indépendance de l'Algérie en 1962 [3].

Cette nouvelle entorse à la laïcité sur le territoire de la République portait un nom : celui d'instrumentalisation. En effet, le maintien d'un « clergé musulman » en Algérie française avait vocation à faire admettre à ses habitant-e-s le projet de « califat occidental » de Lyautey. Ce projet avait en fait pour but de « nommer » calife le sultan du Maroc nouvellement conquis par la France. Ayant mené la conquête du Maroc, Lyautey voulait ainsi que le sultan avec qui il avait signé le traité de protectorat en 1912 devienne « calife » des « possessions musulmanes » de la France [4]. Pour cela, le gouvernement comptait sur l'action d'une confrérie présente en Algérie afin de convaincre un maximum de ses adeptes de se ranger derrière le sultan du Maroc [5].

Un autre exemple de remise en cause de la laïcité par l'État fut la rédaction d'un rapport sur l'Afrique Occidentale Française (AOF) par l'historien Charles-André Julien dont nous avons parlé dans notre émission du 14 mars 2025. Sadek Sellam nous indique à ce sujet que ce dernier était alors à la tête du Haut Comité Méditerranéen et de l'Afrique du Nord. Charles-André Julien appelait ainsi dans l'un de ses rapports à soutenir les confréries maraboutiques au détriment des embryons d'élites francophones plus laïcisées [6].

L'historien Jean-Louis Triaud nous explique pour sa part que « l'administration coloniale ne fut jamais neutre à l'égard de l'islam » en Afrique de l'ouest. Il rappelle en outre que la loi de séparation des Églises et de l'État « ne se préoccupait ni de colonies ni d'islam » [7]. Concernant Charles-André Julien, nous avons abordé le 14 mars 2025 sa tribune dans le journal Le Monde du 15 février 1961. En réponse au livre de l'écrivain Michel Habart intitulé « Histoire d'un parjure », Julien publie un texte dénonçant « une caricature de l'histoire ». Il remet ainsi en cause les nombreux massacres de tribus orchestrés dès les débuts de la conquête française que Michel Habart n'hésite d'ailleurs pas à qualifier de génocides. Sa vision de la laïcité et celle de l'histoire de la conquête paraissent donc ici pour le moins étriquée.

Le 120e anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l'État doit donc nous permettre de connaître précisément l'histoire de la laïcité sur le territoire de la République française. En 1905, ce territoire était composé en très large majeure partie de colonies. La vraie-fausse application de la laïcité dans ces pays nous montre que ce concept s'arrête là où les intérêts coloniaux français débutaient. Concernant ces intérêts, nous n'avons malheureusement pas fini d'en constater les dégâts. Nous n'avons pas non plus fini de constater les blocages, censures et refus obstinés d'analyser l'Histoire comme celle de la conquête de l'Algérie.

Notre émission du 14 mars 2025 intervenait en effet juste après l'éviction du journaliste de la station de radio RTL Jean-Michel Aphatie coupable aux yeux de sa direction d'avoir comparé certains massacres commis par la France en Algérie à celui commis par les allemands à Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944. Notre émission avait aussi lieu trois jours après l'annonce par France Télévisions de la déprogrammation du film « Algérie, sections armes spéciales » sur l'utilisation d'armes chimiques par la France durant la guerre d'Algérie. La laïcité doit donc selon nous être analysée à l'aune de son absence ou de son dévoiement en Algérie, en Afrique de l'ouest et dans bien d'autres contrées de l'empire colonial français.

L'équipe de l'émission « Médias et antifascisme » sur Radio Libertaire


[1] « La mosquée de Paris : du projet à sa réalisation », La politique musulmane de la France au XXe siècle, Pascal Le Pautremat, éditions Maisonneuve & Larose (2003), page 338.

[2] « Les pouvoirs spéciaux et l'islam en France », La France et ses musulmans. Un siècle de politique musulmane (1895-2005), Sadek Sellam, éditions Fayard (2006).

[3] « La construction de la dérogation : entre impératif républicain et réalité coloniale », La séparation des Églises et de l'État à l'épreuve de la situation coloniale. Les usages de la dérogation dans l'administration du culte musulman en Algérie (1905-1959), Raberh Achi, Politix : revue des sciences sociales du politique, numéro 66, deuxième trimestre 2004, page 87.

[4] « Quand la France rêvait d'un calife pour son empire musulman », Jalila Sbaï, 8 septembre 2016, Orient XXI.

[5] « Le projet de califat occidental de Lyautey », La France et ses musulmans. Un siècle de politique musulmane (1895-2005), ouvrage cité plus haut.

[6] "Mémoires, « vérités » médiatiques et vérité historique", Sadek Sellam, 17 avril 2025, article publié sur le site musulmansenfrance.fr.

[7] « Une laïcité coloniale. L'administration française et l'islam en Afrique de l'ouest (1860-1960) », Politique, religion et laïcité, ouvrage collectif sous la direction de Christine Peyrard, éditions des Presses Universitaires de Provence, 2009.

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08.08.2026 à 08:00

L'institut Iliade, Bolloré, Stérin et Křetínský attaquent en meute le Planning Familial

Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur les attaques médiatiques contre le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) orchestrées notamment par Marianne, Valeurs Actuelles, Franc-Tireur, Charlie Hebdo et les médias du groupe Bolloré.

Texte intégral (4256 mots)

Texte paru dans le numéro 1885 du magazine mensuel de la Fédération Anarchiste (FA) « Le Monde Libertaire » sur les attaques médiatiques contre le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) orchestrées notamment par Marianne, Valeurs Actuelles, Franc-Tireur, Charlie Hebdo et les médias du groupe Bolloré.

Le 11 avril 2026 s'est tenu à la Maison de la Chimie dans le 7e arrondissement de Paris le colloque de « l'institut Iliade pour la longue mémoire européenne ». Les « libertés », présentées comme le thème central du colloque, ont donc servi ce jour-là à réunir des figures de l'extrême-droite comme Laurent Obertone, créateur du vrai-faux magazine satirique La Furia et Alice Cordier, cheffe du collectif Némésis. Le 70e anniversaire de l'association du Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) sert aussi de carburant aux paniques morales habituelles des médias du groupe Bolloré comme CNews ou le Journal Du Dimanche (JDD).

« Liberté », « Europe », « Destin » ou encore « Civilisation » : autant de termes mobilisés par l'institut « Iliade pour la longue mémoire européenne » le 11 avril 2026 à la Maison de la Chimie dans le 7e arrondissement de Paris. À deux pas de l'Assemblée Nationale, cette association héritière de la Nouvelle Droite (ND) et du Groupement de Recherche et d'Études pour la Civilisation Européenne (GRECE) a donc réuni à l'occasion de son 13e « colloque » annuel toute une panoplie de figures d'extrême-droite comme Laurent Obertone, créateur avec Marsault et Papacito du pseudo-magazine La Furia et Alice Cordier du collectif Némésis. Le plus ancien de tous ces « activistes » présent dans les mouvements nationalistes depuis la fin des années 60, Jean-Yves Le Gallou, était évidemment de la partie. Sa fondation Polémia qu'il a créée en 2002 organise aussi des événements presque annuellement comme le « Forum de la Dissidence » ou les « Bobards d'Or » dont l'édition 2026 a été retransmise en direct par le « média » Frontières qui avait pour l'occasion envoyé l'une de ses têtes d'affiche, Louise Morice.

Une nébuleuse ancienne proche de La Manif Pour Tous

La Manif Pour Tous (LMPT), qui s'est illustrée en 2012 et 2013 par sa lutte contre l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, a entraîné dans son sillage la formation de nombreuses organisations. Parmi elles, on peut citer « Les Antigones », collectif identitaire que l'on peut considérer comme les ancêtres de Némésis. « Les Antigones » a ainsi été fondé par des militantes issues d'une scission de l'organisation royaliste « l'Action Française » et du club de scoutisme de la ND baptisé « Europe Jeunesse ». LMPT semble dans ce cadre avoir permis aux Antigones d'amorcer une dynamique que l'on peut retrouver à la fois dans Némésis et à la fois dans l'environnement de la ND comme l'institut Iliade.

Par exemple, la présidente des Antigones Anne Trewby est interviewée le 19 février 2024 sur le site d'extrême-droite Breizh-Info par Audrey d'Aguanno, participante à l'édition 2023 du colloque de l'institut Iliade. Anne Trewby affirme ainsi que « le patriarcat n'existe pas » et que l'unité du corps national doit être « fondée sur la cellule de base qu'est la famille (et donc le couple) » [1]. En 2023, LMPT change de nom et s'appelle désormais le Syndicat de la Famille (SF).

Sa présidente depuis 2013 s'appelle pour sa part Ludovine Dutheil de la Rochère et vient de la Fondation Jérôme Lejeune, opposée depuis sa création en 1995 à l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Le 9 mars 2026, elle déclare dans un article du Journal Du Dimanche (JDD), propriété du groupe Bolloré que le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) qui fête en 2026 son 70e anniversaire ignore les femmes qui veulent s'occuper de leurs enfants.

Le groupe Bolloré joue évidemment un rôle majeur dans le développement de ce type d'idées. On peut citer à titre d'exemple le passage non annoncé du film « Unplanned » sur son ancienne chaîne C8 juste avant de cesser définitivement d'émettre le 28 février 2025. Ce film, déjà diffusé en 2021 par la même chaîne, dénonce ouvertement l'avortement et est arrivé sur le marché français de la vidéo à la demande du fait de la société SAJE Distribution. Cette entreprise a de son côté été fondée en 2012 grâce au soutien de la Communauté de l'Emmanuel dans le sillage de LMPT. Elle distribue aussi le film « Vaincre ou mourir » produit en 2023 par Studiocanal, propriété du groupe Bolloré et de « Puy du Fou Films », le tout en partenariat avec le « Fonds du Bien Commun » du milliardaire Pierre-Édouard Stérin [2].

En matière de lutte contre l'IVG, Stérin aide par exemple l'association Familya que le MFPF de Meurthe-et-Moselle dénonce du fait de la proximité de son fondateur avec l'association « Alliance VITA » fondée en 1993 par Christine Boutin [3]. Le MFPF est d'ailleurs souvent la cible de campagnes médiatiques venant notamment des hebdomadaires Marianne, Franc-Tireur, Valeurs Actuelles (VA) et Charlie Hebdo. Le 25 septembre 2018, l'antenne des Bouches-du-Rhône du MFPF est ainsi accusée par Hadrien Mathoux sur le site de Marianne de se rapprocher « des valeurs de l'intégrisme musulman ».

La collaboration avec l'association Lallab est également critiquée conduisant par conséquent la « secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations » de l'époque Marlène Schiappa à menacer le MFPF de lui couper les subventions que l'État lui octroie [4]. Ce secrétariat d'État devenu depuis ministère est occupé aujourd'hui par Aurore Bergé, qui s'occupe surtout actuellement de mettre en œuvre des « mesures » suite au discours d'Emmanuel Macron sur le « réarmement démographique » prononcé le 16 janvier 2024.

Elle semble cependant écartée du « plan de lutte contre l'infertilité » lancé le 5 février 2026 à grands renforts de communication sur internet par la « ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées » [5]. Le 22 août 2022, Marianne s'attaque de nouveau au MFPF par la voie de Marguerite Stern et Dora Moutot qui dénoncent dans une tribune « l'idéologie transactiviste » qui le paralyserait [6]. L'historienne Marie-Jo Bonnet y voit quant à elle l'avènement d'une « idéologie transhumaniste » et un « détournement de la puissance maternelle » dans un entretien accordée au quotidien Le Figaro le 24 janvier 2023 [7].

Des polémiques bruyantes pour renflouer les caisses

Ces « polémiques » pour le moins bruyantes surviennent dans un contexte de transformation du paysage médiatique avec à la clé un renforcement du pouvoir des milliardaires sur de nombreux titres de presse. Marianne représente à ce titre un excellent exemple du fait de sa reprise en avril 2018 par Daniel Křetínský, directeur de la société tchèque EPH produisant de l'électricité à base de gaz et de charbon. Křetínský nomme en septembre de la même année Natacha Polony à la tête de la rédaction de son nouvel hebdomadaire, en redressement judiciaire depuis 2016 et donc en quête de « débats » stériles et racoleurs.

Le même phénomène s'observe à VA sous la férule d'Yves de Kerdrel puis de Geoffroy Lejeune, actuel directeur de la rédaction du JDD. Se basant en effet sur une « étude » réalisée par Kantar TNS MB (à l'époque TNS Sofres), il lance une formule qui le mènera à une condamnation pour diffamation après avoir publié un dossier intitulé « Roms, l'overdose ». Lejeune mène à son tour VA à une condamnation devenue définitive le 16 janvier 2024 du fait du rejet du pourvoi en cassation intenté par l'hebdomadaire. Il avait pour le coup diffusé une bande dessinée représentant la députée de La France Insoumise (LFI) Danièle Obono en esclave, ce qui avait généré une condamnation confirmée en appel pour « injure publique à raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion » [8].

Křetínský et Stérin au service de l'extrême-droite

Marianne, Franc-Tireur ou encore la chaîne de télévision T18 : autant de médias dirigés par Křetínský dont la « colonne » idéologique s'articule autour du tapageur mouvement appelé Printemps Républicain (PR). Les intervenant·e·s issu·e·s de ce groupe comme Raphaël Enthoven, Caroline Fourest, Rachel Khan, Amine El Khatmi, Abnousse Shalmani ou Richard Malka défilent ainsi aussi bien dans les médias de Křetínský que dans ceux de Bolloré, du groupe Bouygues ou même de l'audiovisuel public.

L'une des conséquences concrètes des attaques contre le MFPF réside surtout dans la baisse des subventions publiques qui lui sont versées. L'exemple le plus frappant à ce sujet se situe dans la région Pays de la Loire où sa présidente Christelle Morançais a décidé en novembre 2024 de supprimer intégralement les financements jusqu'ici alloués au MFPF [9]. Morançais soutient en même temps via un partenariat officiel à Nantes et Angers les « Nuits du Bien Commun » lancées en 2017 par Stérin [10]. Elle a également lancé en 2025 une « plate-forme d'orientation » pour les lycéen·ne·s de la région en collaboration avec le média Le Crayon dont Stérin a rejoint le capital en 2023 [11]. Le département du Loiret a lui retiré 10 % de sa subvention au MFPF en 2025 et 2026 [12]. La préfecture d'Orléans a pourtant versé en 2025 24000 euros à Familya pour son installation dans la ville [13].

Tout cela ne semble nullement déranger le PR davantage occupé à s'enfoncer dans une croisade acerbe contre le « wokisme » et « l'islamo-gauchisme  [14]. La volonté affiché de son mentor Křetínský de constituer un nouveau monopole devrait pourtant le faire réagir. Křetínský dirige en effet le groupe Editis qui comprend 55 maisons d'édition et cherche depuis janvier 2026 à prendre le contrôle total de la Fnac qui décerne pas moins de 12 prix littéraires. Stérin de son côté a acquis VA en décembre 2025 et investissait déjà avant dans le mensuel L'Incorrect, dans le média en ligne Cerfia [15] et dans la station Radio Courtoisie selon un article publié le 31 mars 2026 sur le site Médiapart. Cette omniprésence de milliardaires dans le capital des médias s'imbrique ici avec les attaques contre le MFPF menées conjointement par Bolloré, Stérin et Křetínský. Les baisses de subventions publiques viennent enfin compléter ce tableau visant à faire reculer les droits sexuels et reproductifs ainsi que ceux des femmes et des minorités de genre.

L'équipe de l'émission « Médias et antifascisme » présente tous les deuxièmes vendredis du mois à 11h30 sur Radio Libertaire


[1] « « Le patriarcat n'existe pas ». Anne Trewby revient sur la construction d'un mythe [Interview] », Breizh-Info, 19 février 2024 : https://www.breizh-info.com/2024/02/19/229391/le-patriarcat-nexiste-pas-anne-trewby-revient-sur-la-construction-dun-mythe-interview/.

[2] « Avant-première de « Vaincre ou Mourir » », 10 janvier 2023 : https://fondsdubiencommun.com/evenements/avant-premiere-de-vaincre-ou-mourir/.

[3] « [Nancy] Communiqué du Planning Familial 54 sur l'association Familya » : https://manif-est.info/Nancy-Communique-du-Planning-Familial-54-sur-l-association-Familya-3788.html.

[4] « Laïcité au Planning familial : Marlène Schiappa demande des explications », Hadrien Mathoux, Marianne, 3 octobre 2019 : https://www.marianne.net/politique/laicite-au-planning-familial-marlene-schiappa-demande-des-explications.

[5] « Lancement de la première réunion du comité de pilotage du plan fertilité et des travaux ministériels sur la santé périnatale et maternelle », 5 février 2026 : https://sante.gouv.fr/actualites-presse/presse/communiques-de-presse/article/lancement-de-la-premiere-reunion-du-comite-de-pilotage-du-plan-fertilite-et-des.

[6] « Mme Élisabeth Borne, féministes, nous nous inquiétons de ce que devient le Planning familial », Marguerite Stern et Dora Moutot, Marianne, 22 août 2022 : https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/mme-elisabeth-borne-feministes-nous-nous-inquietons-de-ce-que-devient-le-planning-familial.

[7] « Affiche du Planning familial : « C'est la victoire totale du genre masculin » », Le Figaro, 24 janvier 2023 : https://video.lefigaro.fr/figaro/medias/affiche-du-planning-familial-cest-la-victoire-totale-du-genre-masculin-20220823.

[8] « Arrêt de la Cour de cassation », Chambre criminelle, 16 janvier 2024 : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000048990882.

[9] « Suppression des subventions du Conseil Régional en Pays de la Loire », communiqué de presse du 25 novembre 2024 du Planning Familial : https://www.planning-familial.org/fr/le-planning-familial-de-maine-et-loire-49/le-planning-familial/suppression-des-subventions-du.

[10] « Entre la Nuit du bien commun, Pierre-Édouard Stérin et l'extrême droite, des liens multiples et inextricables », Clément Le Foll et Olivier Petitjean, Observatoire des multinationales, 12 février 2026 : https://multinationales.org/fr/enquetes/extreme-tech/entre-la-nuit-du-bien-commun-pierre-edouard-sterin-et-l-extreme-droite-des.

[11] « Bad buzz, clashs et invités d'extrême droite : Le Crayon, les Cyril Hanouna du web ? », Jérémie Rochas, Street Press, 9 décembre 2025 : https://www.streetpress.com/1765195804-bad-buzz-clashs-invites-extreme-droite-crayon-cyril-hanouna-web/.

[12] « Le Planning familial du Loiret tire (de nouveau) la sonnette d'alarme sur une baisse de ses financements », Ici Radio, 9 mars 2026 : https://www.ici.fr/centre-val-de-loire/loiret-45/le-planning-familial-du-loiret-tire-de-nouveau-la-sonnette-d-alarme-sur-une-baisse-de-ses-financements-1035041.

[13] « À Orléans, la maison Familya dans le collimateur du collectif féministe 45 et de la CGT », Ici Radio, https://www.ici.fr/centre-val-de-loire/loiret-45/orleans/a-orleans-la-maison-familya-dans-le-collimateur-du-collectif-feministe-45-et-de-la-cgt-9372213.

[14] « Le Printemps républicain et ses alliés, ceux qui ont fait le lit de l'extrême droite », Hugo Boursier et Pierre Jequier-Zalc, Politis, 11 septembre 2024 : https://www.politis.fr/articles/2024/09/le-printemps-republicain-et-ses-allies-ceux-qui-ont-fait-le-lit-de-lextreme-droite/.

[15] « Périclès, Smartbox, ingénierie financière, nouveaux investissements... Les secrets de l'empire Stérin », Olivier Blamangin et Olivier Petitjean, Observatoire des multinationales, 5 février 2026 : https://multinationales.org/fr/enquetes/extreme-tech/sterin-pericles-smartbox-organigramme.

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08.08.2026 à 08:00

Les autoradios ont des oreilles

Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l'Auvergne-Rhône-Alpes.

Texte intégral (739 mots)

Un dispositif de surveillance a été trouvé le 22 juillet 2026 dans une voiture en transit entre le sud-est et l'Auvergne-Rhône-Alpes.

Le dispositif a été découvert lors d'un changement d'autoradio, après que ce dernier ait été retiré de son emplacement. Deux micros (gauche-droite) étaient visibles en premier, collés à la paroi du cash plastique sous l'autoradio. Ils étaient reliés a un boîtier (bricolé sur la base du modèle Innova RB800) avec carte SIM (Orange) et carte micro SD, une petite batterie (1200 mAh) et une balise GPS (Taoglas, modèle datant de 2013). Le tout était ponté sur l'alim de l'autoradio et collé avec de la pâte collante à la paroi sous l'auto-radio.

La musique a bien dû leur casser la tête !

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07.08.2026 à 08:00

Contre la fermeture de La Générale !

Encore une fois, La Générale, lieu associatif de résidences gratuites en plein cœur de Paris mais aussi laboratoire de création culturelle, politique et sociale, est menacé par le non renouvellement de son bail.

Pour soutenir le projet, signez et faites circuler la pétition : https://www.leslignesbougent.org/petitions/les-artistes-sinsurgent-contre-la-fermeture-definitive-de-la-generale-un-lieu-de-residences-artistiques-gratuites-en-p-23907/

Présentation de La Générale

Née à Belleville rue du Général Lassalle en 2005, La Générale se déplace ensuite, pour investir entre 2009 et 2019, un lieu situé avenue Parmentier, dans le 11e arrondissement de Paris. Depuis janvier 2020, elle est établie dans l'ancien conservatoire de musique du 14e arrondissement, adossé à l'Annexe de la mairie.

La Générale est un laboratoire de création culturelle, artistique, politique et sociale. On y défend des valeurs telles que l'expérimentation, le partage et l'ouverture, loin des logiques mercantiles et de l'obligation de résultats. Le collectif de La Générale est composé d'une quinzaine de membres actif·ves bénévoles et une salariée. La responsabilité et les orientations du lieu sont confiées aux membres du collectif qui se réunissent une fois par semaine. Les décisions se prennent au consensus.

Depuis ses origines, le projet de La Générale s'attache à interroger aussi bien les conditions d'accueil et de travail des artistes que son propre fonctionnement en tant que lieu culturel. Plus de 70 ans après les premières politiques de décentralisation mises en place par Jeanne Laurent, La Générale revendique la nécessité que Paris ne soit pas uniquement une vitrine, en demeurant un lieu de fabrication artistique. Dans des conditions toujours plus contraintes, à la fois immobilières et culturelles, La Générale souhaite rester un espace d'accueil avec les meilleures conditions possibles pour la création, mais aussi expérimenter des méthodes de gouvernance de lieux culturels innovantes et exigeantes. La direction artistique collective de La Générale s'inscrit dans ce cadre. L'ensemble des membres du collectif participe au choix des résidences accueillies ainsi que de la programmation, chacun·e avec son expertise propre, sans transiger sur la qualité artistique des projets. Ainsi, la gouvernance collective devient une expérimentation sociale à part entière, qui fait partie du projet au même titre que l'accueil des artistes.

La Générale est aussi un lieu ouvert à la vie associative et de quartier et accueille tous les mois : AMAP Denfert (alimentation), Velvetyne Type Foundry (typographie), Société Psychédélique Française (club de lecture), Association TanBaafi Lab (danse), Chorale Maré Mananga (chant), Libre en commun (logiciel libre), Su Shiatsu (bien-être), HackerzVoice (informatique), RYBN (art contemporain), InfoGM (écologie), Parinux (logiciel libre), Ecoplien (écologie).

La Générale est engagée dans des projets d'éducation artistique et culturelle, soutenus par la ville de Paris et par la DRAC IDF, dans des collèges, lycées, hôpitaux et établissements du champ social.

La Générale fait partie du réseau Actes If. Réseau créé en 1996, Actes if réunit aujourd'hui 38 lieux artistiques et culturels indépendants en Ile-de-France. Ces lieux accompagnent la création contemporaine et défendent la diversité artistique et culturelle à travers une éthique du partage et des dynamiques collectives. Issus de la société civile et à but non lucratif, ces lieux indépendants se réunissent autour d'enjeux artistiques, culturels, sociaux et économiques.

https://www.lagenerale.fr/

Texte intégral (685 mots)

Encore une fois, La Générale, lieu associatif de résidences gratuites en plein cœur de Paris mais aussi laboratoire de création culturelle, politique et sociale, est menacé par le non renouvellement de son bail.

Pour soutenir le projet, signez et faites circuler la pétition : https://www.leslignesbougent.org/petitions/les-artistes-sinsurgent-contre-la-fermeture-definitive-de-la-generale-un-lieu-de-residences-artistiques-gratuites-en-p-23907/

Présentation de La Générale

Née à Belleville rue du Général Lassalle en 2005, La Générale se déplace ensuite, pour investir entre 2009 et 2019, un lieu situé avenue Parmentier, dans le 11e arrondissement de Paris. Depuis janvier 2020, elle est établie dans l'ancien conservatoire de musique du 14e arrondissement, adossé à l'Annexe de la mairie.

La Générale est un laboratoire de création culturelle, artistique, politique et sociale. On y défend des valeurs telles que l'expérimentation, le partage et l'ouverture, loin des logiques mercantiles et de l'obligation de résultats. Le collectif de La Générale est composé d'une quinzaine de membres actif·ves bénévoles et une salariée. La responsabilité et les orientations du lieu sont confiées aux membres du collectif qui se réunissent une fois par semaine. Les décisions se prennent au consensus.

Depuis ses origines, le projet de La Générale s'attache à interroger aussi bien les conditions d'accueil et de travail des artistes que son propre fonctionnement en tant que lieu culturel. Plus de 70 ans après les premières politiques de décentralisation mises en place par Jeanne Laurent, La Générale revendique la nécessité que Paris ne soit pas uniquement une vitrine, en demeurant un lieu de fabrication artistique. Dans des conditions toujours plus contraintes, à la fois immobilières et culturelles, La Générale souhaite rester un espace d'accueil avec les meilleures conditions possibles pour la création, mais aussi expérimenter des méthodes de gouvernance de lieux culturels innovantes et exigeantes. La direction artistique collective de La Générale s'inscrit dans ce cadre. L'ensemble des membres du collectif participe au choix des résidences accueillies ainsi que de la programmation, chacun·e avec son expertise propre, sans transiger sur la qualité artistique des projets. Ainsi, la gouvernance collective devient une expérimentation sociale à part entière, qui fait partie du projet au même titre que l'accueil des artistes.

La Générale est aussi un lieu ouvert à la vie associative et de quartier et accueille tous les mois : AMAP Denfert (alimentation), Velvetyne Type Foundry (typographie), Société Psychédélique Française (club de lecture), Association TanBaafi Lab (danse), Chorale Maré Mananga (chant), Libre en commun (logiciel libre), Su Shiatsu (bien-être), HackerzVoice (informatique), RYBN (art contemporain), InfoGM (écologie), Parinux (logiciel libre), Ecoplien (écologie).

La Générale est engagée dans des projets d'éducation artistique et culturelle, soutenus par la ville de Paris et par la DRAC IDF, dans des collèges, lycées, hôpitaux et établissements du champ social.

La Générale fait partie du réseau Actes If. Réseau créé en 1996, Actes if réunit aujourd'hui 38 lieux artistiques et culturels indépendants en Ile-de-France. Ces lieux accompagnent la création contemporaine et défendent la diversité artistique et culturelle à travers une éthique du partage et des dynamiques collectives. Issus de la société civile et à but non lucratif, ces lieux indépendants se réunissent autour d'enjeux artistiques, culturels, sociaux et économiques.

https://www.lagenerale.fr/

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07.08.2026 à 08:00

Justice pour Ullah, Safi, Amin et Waseem, ouvriers agricoles exploités et tués en Italie !

Versione italiana nella seconda parte

À l'occasion de la manifestation du 14 juillet internationaliste organisée par la Marche des Solidarités à Paris, nous (groupe d'ouvrier·es agricoles du syndicat de salarié·es SUD Agriculture Île-de-France) avons marché en hommage à 4 de nos collègues ouvriers agricoles assassinés le 1er juin dernier en Italie pour avoir réclamé leurs salaires.

Waseem, Amin, Ullah et Safi étaient exploités par des « caporali », des intermédiaires souvent liés au crime organisé qui recrutent des travailleur·ses, souvent exilé·es, pour la journée dans des campements pour le compte d'exploitations agricoles.

Les travailleur.ses triment plus de 12h par jour dans des conditions de travail et de vie indignes pour la récolte des fraises, des agrumes ou des tomates, qui rejoindront nos étals. Soumis à des violences physiques et verbales de la part des caporali, sous des soleils caniculaires, payés bien en dessous du salaire minimum italien et une partie de leur salaire est prélevé pour payer les caporali.

Ce système existe grâce au racisme d'État qui leur refuse la régularisation, tarde à délivrer des titres de séjour, les mettant dans des situations de clandestinité ou de précarité pour en faire une main d'œuvre servile au service des exploiteurs agricoles et de l'agroindustrie.

Nous ne sommes pas dupes, l'exploitation des travailleur·ses étranger·es dans l'agriculture est également une réalité en France comme le rappellent les nombreux témoignages d'ouvrier·es agricoles exploité·es ou les procès pour traite d'êtres humains quelque peu médiatisés mais bien souvent traités comme des faits divers isolés.

Des témoignages des travailleur.ses dans les champs de haricots coco de Paimpol, au procès des vendanges de la honte (2023), de Terra fecundis (2021) à l'exploitation des travailleurs saisonniers marocains dans le Tarn-et-Garonne (2026), ces scandales un peu médiatisés ne sont que la partie émergée de l'iceberg que l'isolement des travailleur·ses, la diminution des contrôles de l'Inspection du Travail (depuis le meurtre de deux inspecteurs dans une ferme en 2004 et les nombreuses menaces des exploiteurs agricoles à leur encontre lors des derniers mouvements des agriculteurs) et le peu d'intérêt médiatique pour les travailleur·ses dans l'agriculture n'ont pas réussi à cacher.

Face à ce système qui exploite et au racisme d'État, nous devons nous organiser entre ouvrier·es agricoles pour instaurer un rapport de force et exiger la régularisation de toutes et tous et des conditions de vie et de travail dignes dans l'agriculture !

Ouvrier·es agricoles de tous les pays, rejoignez nous !

Pour nous contacter : pourunsudagriidf@proton.me

In occasione della manifestazione internazionalista del 14 luglio organizzata dalla Marche des Solidarités a Parigi, noi (gruppo di lavoratori e lavoratrici agricoli del sindacato dei lavoratori SUD Agriculture Ile-de-France) abbiamo sfilato in omaggio a quattro nostri colleghi lavoratori agricoli assassinati lo scorso 1° giugno in Italia per aver rivendicato i propri salari.

Waseem, Amin, Ullah e Safi venivano sfruttati dai caporali, intermediari spesso legati alla criminalità organizzata che reclutano lavoratori e lavoratrici, spesso esiliati, per la giornata in accampamenti per conto delle aziende agricole.

I lavoratori e le lavoratrici faticano per oltre 12 ore al giorno per la raccolta di fragole, agrumi o pomodori, che finiranno sui banchi dei nostri mercati, in condizioni di lavoro e di vita indegne. Sono sottoposti a violenze fisiche e verbali da parte dei caporali, sotto un sole cocente, pagati ben al di sotto del salario minimo italiano e con una parte del loro stipendio trattenuta per pagare i caporali.

Questo sistema esiste grazie al razzismo di Stato che nega loro la regolarizzazione, ritarda il rilascio dei permessi di soggiorno, costringendoli a vivere in condizioni di clandestinità o precarietà per trasformarli in manodopera servile al servizio degli sfruttatori agricoli e dell'agroindustria.

Non ci facciamo ingannare : lo sfruttamento dei lavoratori e delle lavoratrici stranieri nel settore agricolo è una realtà anche in Francia, come dimostrano le numerose testimonianze di braccianti agricoli sfruttati o i processi per tratta di esseri umani che ricevono scarsa attenzione da parte dei media e che molto spesso vengono trattati come fatti di cronaca isolati.

Dalle testimonianze dei lavoratori nei campi di fagioli di Paimpol, al processo sulla « vendemmia della vergogna » (2023), da « Terra fecundis » (2021) allo sfruttamento dei lavoratori stagionali marocchini nel Tarn e Garonna (2026), questi scandali, di cui i media si occupano solo in parte, non sono che la punta dell'iceberg, di cui fanno parte l'isolamento dei lavoratori, la diminuzione dei controlli da parte dell'ispettorato del lavoro (dall'omicidio di due ispettori in un'azienda agricola nel 2004 e dalle numerose minacce rivolte loro dagli sfruttatori agricoli durante le recenti proteste degli agricoltori) e lo scarso interesse dei media per i lavoratori e le lavoratrici nel settore agricolo non sono riusciti a nascondere.

Di fronte a questo sistema di sfruttamento e al razzismo di Stato, dobbiamo organizzarci tra lavoratori e lavoratrici agricoli per creare un rapporto di forza ed esigere la regolarizzazione di tutti e di tutte, nonché condizioni di vita e di lavoro dignitose nel settore agricolo !

Lavoratori e lavoratrici agricoli di tutti i paesi, unitevi a noi !

Per contattarci : pourunsudagriidf@proton.me

Texte intégral (1110 mots)

Versione italiana nella seconda parte

À l'occasion de la manifestation du 14 juillet internationaliste organisée par la Marche des Solidarités à Paris, nous (groupe d'ouvrier·es agricoles du syndicat de salarié·es SUD Agriculture Île-de-France) avons marché en hommage à 4 de nos collègues ouvriers agricoles assassinés le 1er juin dernier en Italie pour avoir réclamé leurs salaires.

Waseem, Amin, Ullah et Safi étaient exploités par des « caporali », des intermédiaires souvent liés au crime organisé qui recrutent des travailleur·ses, souvent exilé·es, pour la journée dans des campements pour le compte d'exploitations agricoles.

Les travailleur.ses triment plus de 12h par jour dans des conditions de travail et de vie indignes pour la récolte des fraises, des agrumes ou des tomates, qui rejoindront nos étals. Soumis à des violences physiques et verbales de la part des caporali, sous des soleils caniculaires, payés bien en dessous du salaire minimum italien et une partie de leur salaire est prélevé pour payer les caporali.

Ce système existe grâce au racisme d'État qui leur refuse la régularisation, tarde à délivrer des titres de séjour, les mettant dans des situations de clandestinité ou de précarité pour en faire une main d'œuvre servile au service des exploiteurs agricoles et de l'agroindustrie.

Nous ne sommes pas dupes, l'exploitation des travailleur·ses étranger·es dans l'agriculture est également une réalité en France comme le rappellent les nombreux témoignages d'ouvrier·es agricoles exploité·es ou les procès pour traite d'êtres humains quelque peu médiatisés mais bien souvent traités comme des faits divers isolés.

Des témoignages des travailleur.ses dans les champs de haricots coco de Paimpol, au procès des vendanges de la honte (2023), de Terra fecundis (2021) à l'exploitation des travailleurs saisonniers marocains dans le Tarn-et-Garonne (2026), ces scandales un peu médiatisés ne sont que la partie émergée de l'iceberg que l'isolement des travailleur·ses, la diminution des contrôles de l'Inspection du Travail (depuis le meurtre de deux inspecteurs dans une ferme en 2004 et les nombreuses menaces des exploiteurs agricoles à leur encontre lors des derniers mouvements des agriculteurs) et le peu d'intérêt médiatique pour les travailleur·ses dans l'agriculture n'ont pas réussi à cacher.

Face à ce système qui exploite et au racisme d'État, nous devons nous organiser entre ouvrier·es agricoles pour instaurer un rapport de force et exiger la régularisation de toutes et tous et des conditions de vie et de travail dignes dans l'agriculture !

Ouvrier·es agricoles de tous les pays, rejoignez nous !

Pour nous contacter : pourunsudagriidf@proton.me

In occasione della manifestazione internazionalista del 14 luglio organizzata dalla Marche des Solidarités a Parigi, noi (gruppo di lavoratori e lavoratrici agricoli del sindacato dei lavoratori SUD Agriculture Ile-de-France) abbiamo sfilato in omaggio a quattro nostri colleghi lavoratori agricoli assassinati lo scorso 1° giugno in Italia per aver rivendicato i propri salari.

Waseem, Amin, Ullah e Safi venivano sfruttati dai caporali, intermediari spesso legati alla criminalità organizzata che reclutano lavoratori e lavoratrici, spesso esiliati, per la giornata in accampamenti per conto delle aziende agricole.

I lavoratori e le lavoratrici faticano per oltre 12 ore al giorno per la raccolta di fragole, agrumi o pomodori, che finiranno sui banchi dei nostri mercati, in condizioni di lavoro e di vita indegne. Sono sottoposti a violenze fisiche e verbali da parte dei caporali, sotto un sole cocente, pagati ben al di sotto del salario minimo italiano e con una parte del loro stipendio trattenuta per pagare i caporali.

Questo sistema esiste grazie al razzismo di Stato che nega loro la regolarizzazione, ritarda il rilascio dei permessi di soggiorno, costringendoli a vivere in condizioni di clandestinità o precarietà per trasformarli in manodopera servile al servizio degli sfruttatori agricoli e dell'agroindustria.

Non ci facciamo ingannare : lo sfruttamento dei lavoratori e delle lavoratrici stranieri nel settore agricolo è una realtà anche in Francia, come dimostrano le numerose testimonianze di braccianti agricoli sfruttati o i processi per tratta di esseri umani che ricevono scarsa attenzione da parte dei media e che molto spesso vengono trattati come fatti di cronaca isolati.

Dalle testimonianze dei lavoratori nei campi di fagioli di Paimpol, al processo sulla « vendemmia della vergogna » (2023), da « Terra fecundis » (2021) allo sfruttamento dei lavoratori stagionali marocchini nel Tarn e Garonna (2026), questi scandali, di cui i media si occupano solo in parte, non sono che la punta dell'iceberg, di cui fanno parte l'isolamento dei lavoratori, la diminuzione dei controlli da parte dell'ispettorato del lavoro (dall'omicidio di due ispettori in un'azienda agricola nel 2004 e dalle numerose minacce rivolte loro dagli sfruttatori agricoli durante le recenti proteste degli agricoltori) e lo scarso interesse dei media per i lavoratori e le lavoratrici nel settore agricolo non sono riusciti a nascondere.

Di fronte a questo sistema di sfruttamento e al razzismo di Stato, dobbiamo organizzarci tra lavoratori e lavoratrici agricoli per creare un rapporto di forza ed esigere la regolarizzazione di tutti e di tutte, nonché condizioni di vita e di lavoro dignitose nel settore agricolo !

Lavoratori e lavoratrici agricoli di tutti i paesi, unitevi a noi !

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31.07.2026 à 13:12

31 juillet 1977 à Malville : Vital Michalon est assassiné par la police

Le 31 juillet 1977, parmi 60.000 citoyens qui manifestaient contre la construction du surgénérateur Superphénix à Creys-Malville (Isère), Vital Michalon était tué par l'explosion d'une grenade offensive tirée par les forces de police.

Texte intégral (2084 mots)

Le 31 juillet 1977, parmi 60.000 citoyens qui manifestaient contre la construction du surgénérateur Superphénix à Creys-Malville (Isère), Vital Michalon était tué par l'explosion d'une grenade offensive tirée par les forces de police.

En 1977, pour accueillir cette manifestation d'ampleur, préparée depuis plusieurs mois, le préfet René Jannin a déployé des moyens importants : 5000 CRS, gendarmes et gardes mobiles, hélicoptères, véhicules amphibies, ponts mobiles, un régiment de gendarmes parachutistes et des membres des brigades anti-émeutes. 5500 hectares autour du périmètre de la centrale sont interdits à toute circulation.

Vital Michalon, 31 ans, est abattu par un tir tendu de grenade lacrymogène. L'autopsie conclura à une mort causée par des « lésions pulmonaires du type de celles que l'on retrouve lors d'une explosion ». Plusieurs dizaines de manifestants sont blessés, dont deux mutilés, Michel Grandjean et Manfred Schultz : l'un perd un pied et l'autre une main. Le CRS Tousot perd aussi une main avec la grenade qu'il voulait lancer.

Il faut rappeler qu'à l'époque, tous les moyens ont été utilisés pour imposer la construction du Superphénix :

  • aucune procédure de consultation de la population,
  • de puissantes campagnes de désinformation de la part d'EDF et du CEA,
  • de graves violences policières dont celles aboutissant à la mort de Vital Michalon, et à l'amputation de Michel Grandjean et de Manfred Schultz.

Un document récupéré par des antinucléaires a montré que le PDG d'EDF d'alors, M. Boiteux, avait demandé que soit accélérée l'autorisation administrative de construction pour empêcher toute expression démocratique : « La meilleure façon de contrecarrer la contestation (...) est d'engager au plus vite, de manière irréversible, l'opération ».

La suite des évènements a donné raison à Vital et à l'ensemble des manifestants puisque Superphénix a été définitivement arrêté en 1998 après une suite invraisemblable d'avaries. En décembre 2006, EDF a annoncé n'avoir démantelé que 38% du réacteur, mais le plus difficile reste à venir avec les 5500 tonnes de sodium liquide (matière qui s'enflamme au contact de l'air et explose au contact de l'eau…). Depuis son arrêt, 200 personnes sont obligés de travailler en permanence sur le site pour éviter que ça ne s'emballe... alors qu'il n'y a aucune production. Le bilan économique et industriel de ce surgénérateur est catastrophique : 10 milliards d'euros pour 178 jours de fonctionnement effectif. Sans compter ce que cela va coûter en plus pendant des années ; en effet chaque jour on est obligé de fournir à cette centrale à l'arrêt l'énergie comparable à ce que consomme une ville de 15.000 habitants.

Or, malgré l'échec total de Superphénix, l'État français entend renouveler l'expérience : le projet appelé « réacteur de quatrième génération » n'est autre qu'une nouvelle tentative de faire fonctionner un réacteur de type Superphénix.

« État Nucléaire = État Totalitaire ! »

C'est ce que criaient les manifestants en 1977. Nous en sommes toujours au même point. En souvenir de Vital Michalon, et pour préserver les générations futures, nous devons continuer à exiger un débat démocratique sur ce projet dont la dangerosité planétaire est établie.
Indication de l'emplacement de la stèle de Vital

Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon
Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon
Malville, 31 juillet 2007 : marche des 30 ans jusqu'à la stèle de Vital Michalon

Source :
communiqué de presse de « Sortir du nucléaire »

Deux premières photographies empruntées à ce blog.

Article repris de rebellyon.info

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