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Romain LECLAIRE
Journaliste

Tech et Culture numérique


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Romain Leclaire

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22.09.2026 à 16:18

J’ai planté une courgette et je dois maintenant m’en occuper pendant 48 jours

Romain Leclaire

J’ai ouvert I Have a Garden, j’ai planté une courgette et maintenant me voilà responsable d’un potager virtuel.

Dans la plupart des jeux de gestion, tout est conçu pour vous faire jouer le plus longtemps possible. Il faut optimiser, récolter, améliorer, débloquer, recommencer. Ici, c’est presque l’inverse et ça dure 48 jours IRL. La courgette pousse à son propre rythme. Si vous venez la voir aujourd’hui, elle aura changé demain. Si vous ne la surveillez pas pendant quelques temps, elle continuera de pousser naturellement. Chaque fois que l’envie vous prend, vous pouvez vérifier son état, l’arroser quand elle en a besoin, mettre un peu d’engrais, enlever les mauvaises herbes ou gérer les parasites.

Le jour et la nuit correspondent au rythme de votre localisation sur Terre. Quand il fait nuit dehors, votre petit potager passe lui aussi dans une ambiance nocturne. La lune suit même ses véritables phases. Ça peut sembler complètement gadget sur le papier, mais en pratique, ça donne une sensation de réalisme amusante.

Et évidemment, je peux aussi la tuer 😁

(Parce que sinon ce ne serait pas marrant.)

Ma courgette a besoin de moi, mais pas constamment. Si je la laisse trop longtemps sans eau, sans engrais ou si je laisse les parasites s’installer, elle peut finir par crever. Le jeu vous laisse donc avec la responsabilité de trouver le juste équilibre entre surveiller votre plante toutes les cinq minutes et devoir prononcer un « ah oui, j’avais complètement oublié que j’avais une courgette ».

Autre idée que j’ai bien aimé, les branches, les feuilles et les fleurs de ma petite protégée sont générées par un algorithme qui cherche à reproduire une croissance naturelle. Chaque partie sera donc différente. Mais sous ses airs de petit jeu zen, I Have a Garden propose quelques mécaniques assez précises. Il faut gérer l’humidité de la terre, la fertilisation, les mauvaises herbes et les parasites. La récolte compte aussi. Cueillir votre légume au bon moment permet d’obtenir un meilleur résultat.

Le jeu va même jusqu’à proposer différentes qualités de graines, des succès et une courgette particulièrement rare appelée « chimère ». Bref, derrière le petit potager mignon, il y a finalement de quoi expérimenter et essayer de faire mieux à chaque partie.

Zéro téléchargement, zéro compte, pas d’usine à gaz

Le jeu fonctionne directement dans le navigateur, sur ordinateur comme sur mobile, sans inscription et gratuitement. Il n’y a pas non plus de système de micropaiements permettant d’acheter des améliorations ou d’accélérer la partie de manière artificielle. La sauvegarde reste dans votre navigateur. Il faut simplement éviter de supprimer vos données de cache ou de changer d’appareil si vous vous prenez d’affection pour votre plante. Et si 48 jours vous semblent vraiment trop longs, il existe un mode accéléré qui ramène l’expérience à 12 jours.

I Have a Garden est disponible en français et dans plusieurs autres langues. Le jeu est aussi proposé sous forme d’application pour iPhone et iPad.

Bon jardinage !

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22.09.2026 à 09:34

MapTap — Je pensais connaître la géographie… jusqu’à ce jeu

Romain Leclaire

Je pensais avoir fait le tour des petits jeux quotidiens à lancer cinq minutes dans son navigateur. Et puis je suis tombé sur MapTap.

Le principe, on me donne un lieu et à moi de cliquer au bon endroit sur un globe en 3D. Plus je suis proche, plus je marque de points. Dit comme ça, ça ressemble à un petit quiz de géographie tout tranquille. En réalité, je me suis retrouvé assez vite à zoomer frénétiquement sur une partie du monde en me demandant si cette fichue ville est bien là où je le pense. Et c’est justement ça que j’aime ici, le jeu arrive à rendre la géographie étonnamment addictive.

Chaque jour, MapTap vous propose cinq lieux associés à des événements réels liés à une date dans l’histoire. Vous devez donc retrouver une capitale ou un pays, le lieu peut être associé à une bataille, une découverte, une invention ou une anecdote historique. Une fois votre réponse donnée, vous découvrez ce qui s’est réellement passé à cet endroit.

Le format est parfait pour une petite pause. Une partie quotidienne ne prend que quelques minutes, mais j’ai rapidement cette envie de recommencer pour améliorer mon score. Le système récompense évidemment la précision, mais aussi la progression dans la partie. Les questions deviennent progressivement plus difficiles et les dernières peuvent vraiment mettre vos connaissances à l’épreuve.

Le globe en 3D est est bien fait. Je peux le faire tourner, zoomer, chercher mon petit bout de territoire et essayer de placer mon curseur au meilleur endroit possible. Ça donne au jeu une sensation beaucoup plus vivante qu’une simple carte statique. Et forcément, quand on se plante de quelques centaines de kilomètres comme moi, on a immédiatement envie de comprendre pourquoi.

Autre aspect sympa, on joue pour le score, mais on apprend sans vraiment s’en rendre compte. Après quelques parties, certains endroits du monde commencent à mieux rentrer dans ma tête. J’ai découvert aussi des histoires que je n’aurais probablement jamais cherchées de moi-même. C’est le genre de jeu où je peux commencer en me disant « allez, juste une partie » et finir par regarder une carte du Pacifique cinq minutes plus tard.

Et si le mode quotidien ne suffit pas, le site va beaucoup plus loin. MapTap propose des cartes d’entraînement consacrées aux capitales, aux drapeaux, aux frontières, aux rivières et à différents thèmes géographiques. Il existe également des modes plus compétitifs, notamment du Versus, ainsi que des parties chronométrées et des modes où une mauvaise réponse peut mettre fin à la série. Le site permet même aux joueurs de créer leurs propres cartes.

C’est probablement ce qui m’a le plus enjoué, derrière le petit jeu quotidien se cache finalement tout un terrain fertile autour de la géographie. Je peux faire ma partie du jour en deux minutes et passer à autre chose, ou rester beaucoup plus longtemps pour m’entraîner et essayer d’améliorer mes connaissances.

Le côté social est également bien pensé. Les scores peuvent être partagés, il existe des classements et des groupes, et le mode Versus permet de se mesurer directement à d’autres joueurs. Bref, suffisamment de compétition pour transformer un innocent « je connais quand même un peu la géographie » en véritable duel d’ego.

Et surtout, je peux simplement ouvrir le site et jouer. Pas besoin de télécharger quoi que ce soit pour profiter du jeu dans le navigateur. Une inscription permet ensuite de sauvegarder ses scores et sa progression, mais elle n’est pas nécessaire pour découvrir le concept. On résume, ce petit jeu est rapide, facile à comprendre, suffisamment malin pour vous donner envie de progresser et assez riche pour ne pas se limiter à cinq clics quotidiens.

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21.09.2026 à 15:06

Je paie un abonnement, alors pourquoi dois-je encore regarder de la publicité ?

Romain Leclaire

Payer ne semble plus suffire pour être débarrassé de la publicité et c’est quelque chose qui me dérange de plus en plus dans le fonctionnement des services numériques.

Pendant longtemps, le principe était relativement simple. Soit j’utilise gratuitement un service et j’accepte la publicité qui permet de le financer, soit je paie un abonnement et, en échange, j’obtiens une expérience débarrassée d’elle. Ce contrat implicite n’était peut-être écrit nulle part, mais il avait au moins le mérite d’être compréhensible.

Aujourd’hui, ce modèle est en train de disparaître.

Et ce qui m’inquiète, ce n’est pas seulement la publicité en elle-même. C’est la transformation progressive de ce que signifie un abonnement payant. Je ne paie plus nécessairement pour échapper à la publicité. Je paie pour accéder au service, tandis que l’entreprise conserve la possibilité de vendre mon attention à des annonceurs. Disney+ en donne un exemple particulièrement révélateur.

En janvier 2025, le géant du divertissment américain a modifié les conditions de son offre pour préciser que même les formules présentées comme « sans publicité » ou « sans annonces » pouvaient comporter certaines formes de contenu promotionnel. Les exceptions mentionnées incluent notamment les publicités liées aux droits de diffusion, certains contenus en direct ou événements spéciaux, mais aussi du contenu promotionnel, des intégrations de produits et des messages de sponsoring.

Jusque-là, on pourrait considérer qu’il s’agit simplement de petites exceptions contractuelles. Mais le problème devient beaucoup plus intéressant lorsqu’on regarde l’évolution récente du discours autour de la plateforme.

Ce mois-ci, des abonnés allemands ont reçu une communication présentée comme une clarification d’un accord révisé. Celle-ci indiquait que des publicités pouvaient être diffusées avant ou après les contenus, y compris avec les formules Standard et Premium. Le sujet a été suffisamment important pour être relevé dans la presse spécialisée et documenté par Consumer Rights Wiki. Ce qui me gêne ici, c’est moins l’existence d’une petite exception que le changement de logique.

J’achète une formule dite « Premium ». J’accepte donc de payer davantage précisément parce que je souhaite une expérience différente. Si, plusieurs années après mon achat, les règles changent et que cette formule peut désormais afficher de la publicité, je me retrouve avec un produit qui ne correspond plus exactement à la raison pour laquelle j’avais accepté de payer. On me dira que les conditions générales permettent ces changements. C’est probablement vrai dans de nombreux cas. Mais une possibilité contractuelle ne rend pas nécessairement le modèle satisfaisant pour le consommateur.

Et surtout, Disney+ n’est pas un cas isolé.

Amazon a déjà introduit des publicités dans Prime Video alors que les utilisateurs payaient déjà leur abonnement. Plusieurs plateformes et éditeurs continuent à monétiser leurs abonnés par la publicité, malgré le fait que ces personnes aient déjà une relation commerciale payante avec le service. C’est là que je commence à voir apparaître un problème beaucoup plus général.

Le consommateur ne se retrouve plus devant le choix « gratuit avec publicité ou payant sans publicité », mais progressivement devant « gratuit avec publicité ou payant avec moins de publicité ». Et demain, peut-être, « payant avec publicité quand même ».

Cette évolution me paraît particulièrement problématique parce qu’elle détruit progressivement la valeur symbolique de l’abonnement. Un abonnement est censé représenter une relation économique relativement facile à comprendre: je verse régulièrement de l’argent à une entreprise et celle-ci me fournit un service. Évidemment, les entreprises cherchent toujours à maximiser leurs revenus. Je ne leur reproche pas de vouloir gagner de l’argent. Mais lorsque le même utilisateur devient à la fois le client qui paie et le produit dont on vend l’attention, j’ai l’impression que le modèle économique commence à devenir difficile à justifier. Et c’est précisément ce qui rend le cas de ChatGPT particulièrement intéressant.

ChatGPT Plus et Pro pourraient recevoir de la publicité à partir de 2027. Il ne s’agit pas d’une annonce officielle d’OpenAI, c’est une prédiction, fondée notamment sur les incitations économiques du marché publicitaire et sur l’évolution des différents abonnements de ChatGPT. Cette nuance est importante. À l’heure où j’écris ces lignes, il serait donc incorrect de le présenter comme un fait établi . En revanche, les raisons économiques méritent d’être regardées de près.

OpenAI aurait un intérêt économique considérable à pouvoir proposer aux annonceurs une audience composée d’utilisateurs disposant d’un pouvoir d’achat important. Les personnes utilisant des offres payantes comme Plus ou Pro peuvent être des professionnels, des entrepreneurs ou des entreprises, et donc constituer une audience intéressante pour certains annonceurs. Et c’est précisément cette logique qui me dérange. Parce qu’elle conduit à une conclusion assez cynique, plus je suis un bon client, plus je peux devenir une cible publicitaire intéressante.

Je paie davantage. J’utilise davantage le service. Je suis potentiellement plus attirant pour les annonceurs. Et au lieu que mon abonnement soit précisément ce qui me protège de la publicité, il pourrait devenir une raison supplémentaire de vouloir m’exposer à celle-ci. C’est l’inversion complète de la promesse traditionnelle de l’abonnement.

Faisons le parallèle avec Google, qui n’a jamais véritablement transformé son moteur de recherche en produit payant permettant de supprimer complètement la publicité.

D’un point de vue purement financier, je peux comprendre la logique. Du point de vue du client, je la trouve beaucoup moins séduisante. Le problème est qu’elle risque de devenir extrêmement difficile à inverser. Une fois qu’une entreprise a découvert qu’elle peut obtenir 10 euros d’un client grâce à son abonnement et quelques euros supplémentaires grâce à la publicité, pourquoi s’arrêterait-elle au premier revenu ? C’est là que je pense que le consommateur doit être particulièrement attentif au vocabulaire utilisé.

« Sans publicité » ne veut plus forcément dire sans publicité.
« Premium » ne veut plus forcément dire sans contenu promotionnel.
« Abonnement » ne veut plus forcément dire que mon paiement constitue l’intégralité ou même la principale relation économique entre moi et le service.

Et « payant » ne signifie certainement plus automatiquement « sans publicité ».

Je trouve tout cela particulièrement préoccupant parce que les entreprises peuvent modifier progressivement la définition du produit après que le consommateur a accepté de payer pour celui-ci. Le changement ne prend pas forcément la forme d’une grande annonce spectaculaire. Il peut apparaître dans une nouvelle version des conditions générales, une « clarification », une nouvelle formule ou une modification présentée comme marginale. C’est précisément ce qui rend le phénomène difficile à combattre individuellement.

Lorsque je m’abonne à un service pendant un an, je ne vais évidemment pas relire toutes les conditions générales chaque semaine pour vérifier si la définition de « sans publicité » a changé. Je pars du principe que le produit que j’ai acheté conservera, au moins dans ses caractéristiques essentielles, une certaine cohérence. Or cette confiance est précisément ce qui est fragilisée.

Je ne demande pas aux entreprises de travailler gratuitement. Je comprends parfaitement qu’un service coûte de l’argent à produire, à héberger et à développer. Je comprends aussi qu’une formule gratuite puisse être financée par la publicité. Mais j’ai beaucoup plus de mal avec l’idée de faire payer un utilisateur pour son accès au service tout en lui demandant simultanément de supporter une autre forme de monétisation par la publicité.

À mes yeux, il faudrait au minimum que le contrat soit extrêmement clair : si je paie pour une formule « sans publicité », alors celle-ci devrait réellement être sans pendant la durée de mon engagement, à l’exception de circonstances très précisément définies et compréhensibles au moment de l’achat. Sinon, le mot « premium » risque de devenir essentiellement un terme marketing. Et si même les services numériques auxquels je verse déjà de l’argent peuvent continuer à me vendre aux annonceurs, je finis par me demander ce que mon abonnement achète réellement.

C’est peut-être cela, au fond, qui me gêne le plus. Je peux accepter la publicité lorsque je bénéficie gratuitement d’un service. Je peux même accepter qu’une entreprise propose plusieurs niveaux d’abonnement avec différents degrés de publicité. Ce que j’ai beaucoup plus de mal à tolérer, c’est que cette dernière devienne progressivement une constante à laquelle aucun niveau de paiement ne permet véritablement d’échapper.

Si cette tendance continue, nous risquons de passer d’un modèle dans lequel l’abonnement était l’alternative à la publicité à un modèle dans lequel l’abonnement devient une couche supplémentaire de monétisation. Et personnellement, je trouve que ce serait de très mauvais augure.

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21.09.2026 à 08:36

Et si on arrêtait enfin de choisir entre vie privée, confort et auto-hébergement ?

Romain Leclaire

Et si on arrêtait enfin de choisir entre vie privée, confort et auto-hébergement ? Bienvenue dans l’univers d’AurionMail.

Si vous traînez un peu dans le monde du logiciel libre et de la confidentialité en ligne, vous connaissez probablement ce dilemme récurrent. D’un côté, on adore les services du type Proton, c’est propre, chiffré de bout en bout et on n’a besoin que d’un mot de passe pour tout déverrouiller.

Le hic, c’est que leur backend reste propriétaire, ce qui nous enferme gentiment dans leur cloud. De l’autre côté, quand on veut tout auto-héberger chez soi avec des briques ouvertes comme Nextcloud ou CryptPad, l’expérience utilisateur devient vite une usine à gaz. On passe son temps à jongler entre des comptes séparés, des extensions navigateur bancales comme Mailvelope et des trousseaux de clés PGP qui donnent mal au crâne.

Bonne nouvelle, voici AurionMail Suite.

L’idée du projet est aussi simple que brillante. CryptPad est sans conteste un outil formidable pour collaborer sur des documents chiffrés, mais il ne gère pas les e-mails par défaut. À l’inverse, installer un serveur mail et y greffer du chiffrement de bout en bout relève souvent du parcours du combattant. AurionMail arrive comme le chef d’orchestre qui manquait au puzzle. Il fusionne dans une interface actuelle et cohérente la suite collaborative CryptPad, le webmail Bulwark connecté au puissant serveur JMAP Stalwart et une brique d’authentification robuste basée sur Ory Hydra et OpenPGP.

Le résultat pour l’utilisateur quotidien frôle la perfection avec un seul et unique mot de passe maître. Vous tapez ce dernier à l’ouverture de session, et AurionMail dérive automatiquement les clés nécessaires pour déverrouiller à la fois vos courriels chiffrés et vos documents collaboratifs. Quand vous fermez votre session sur le webmail, elle se ferme aussi sur votre espace documentaire. Le changement de mot de passe se fait sans risquer de corrompre ou de perdre vos données chiffrées, la découverte des clés publiques se fait toute seule via Web Key Directory et la synchronisation entre machines se gère en toute transparence.

Cerise sur le gâteau, l’équipe en a profité pour lifter l’interface de CryptPad, qui gagne au passage un vrai coup de jeune bienvenu.

Sous le capot, l’architecture reste fidèle aux standards ouverts les plus stricts : du protocole JMAP de pointe, du chiffrement Zero-Knowledge et la liberté absolue d’installer la pile sur vos propres machines via Docker ou même sous la forme d’un binaire unifié grâce à leur outil Orchestra.

La feuille de route annonce en prime des fonctionnalités très prometteuses, comme le chiffrement complet des calendriers et des contacts, ou encore des liens de destruction et de verrouillage d’urgence du compte en cas de compromission.

Si vous cherchiez la convivialité d’une suite grand public moderne sans faire la moindre concession sur l’open source et le contrôle total de vos données, jetez un œil d’urgence à la documentation d’AurionMail. Pour ma part, c’est exactement le genre d’initiative qui prouve qu’un web décentralisé et respectueux de notre vie privée peut aussi être un vrai plaisir à utiliser au quotidien.

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19.09.2026 à 11:29

Avant la rupture — Le pari impossible de freiner l’intelligence artificielle

Romain Leclaire

Depuis des mois, un paradoxe saisissant traverse l’élite technique de la Silicon Valley. Ceux-là mêmes qui bâtissent les modèles les plus…

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18.09.2026 à 16:59

Retrouver enfin ce fichu onglet lu il y a trois semaines grâce à Hister

Romain Leclaire

Pettit rappel de moment de solitude numérique, vous vous rappelez avoir lu un paragraphe pertinent sur un blog obscur ou une astuce technique ultra pointue sur un forum, mais impossible de remettre la main dessus. Vous fouillez frénétiquement dans l’historique de votre navigateur en tapant des mots-clés au pif, pour ne tomber que sur des titres de pages vagues ou des URLs tronquées. Les marque-pages finissent en cimetière et les gros moteurs de recherche ne vous renvoient plus que du contenu généré par IA plutôt que l’article précis que vous cherchez. C’est exactement là qu’intervient Hister, un projet open source signé par asciimoo (à qui l’on doit déjà le célèbre SearX) qui propose une approche radicalement différente, fabriquer votre propre moteur de recherche personnel.

L’idée derrière Hister est d’une simplicité redoutable. Au lieu d’indexer le web tout entier comme Google, le projet part du principe que la donnée la plus précieuse est celle que vous avez déjà croisée ou que vous possédez. Il capture donc l’intégralité du contenu textuel des pages que vous visitez ainsi que des fichiers de votre machine pour construire un index local.

Quand vous faites une recherche, vous ne cherchez plus seulement dans un titre ou une adresse web, vous fouillez mot par mot dans le corps complet des articles, des documentations ou des notes que vous avez eues sous les yeux.

Côté prise en main, c’est taillé pour être accessible sans prise de tête. Écrit en Go avec une interface soignée en Svelte, le binaire s’exécute en local d’une seule commande. Vous lancez le serveur, vous installez la petite extension pour Chrome ou Firefox et la magie opère en coulisses. Au fil de vos pérégrinations quotidiennes, vos lectures sont indexées automatiquement. Pour les plus impatients, l’outil permet même d’importer directement son historique existant ou de crawler des dossiers de fichiers locaux.

Et le plus beau dans tout ça, c’est le respect absolu de votre vie privée. Il n’y a aucune télémétrie cachée, aucun compte cloud obligatoire, aucune donnée aspirée par un serveur tiers. Tout reste hébergé sur votre propre machine ou sur un serveur que vous maîtrisez. Pour les adeptes des requêtes avancées, Hister gère des filtres précis, des alias, la négation et, cerise sur le gâteau, supporte la recherche sémantique via un endpoint d’embeddings si vous voulez chercher par concept et non par simple correspondance de mots.

L’écosystème d’accès est pensé pour tous les profils de bidouilleurs. Si vous aimez le confort graphique, l’interface web est épurée et réactive. Si vous vivez dans le shell, une interface en ligne de commande (TUI) vous permet d’interroger votre index sans jamais quitter le terminal. Enfin, pour coller aux usages actuels, Hister intègre même un serveur MCP, ce qui signifie que vous pouvez brancher votre assistant IA préféré directement sur votre historique pour lui permettre de citer précisément vos propres lectures.

Bref, Hister s’impose comme une sorte de mémoire vive externe pour votre cerveau numérique. Si vous en avez marre de perdre vos découvertes du web et que vous cherchez un outil léger, auto-hébergé et résolument orienté confidentialité, jeter un œil à ce dépôt GitHub pourrait bien changer durablement votre façon de naviguer.

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