Assos iséroises


Un Toit Pour Tous
Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français

30.11.2022

Régine Hausermann

Jacques Weber et François Marthouret. © Bertrand Delous

Vendredi 25 novembre 19h30 – La foule des grands jours dans la salle Georges Lavaudant. Comme les deux soirées précédentes, évidemment. La rencontre Shakespeare – Lavaudant – Weber est attractive ! Pendant 3h30, on se laisse emporter dans cette débauche de folie, de jalousie, de rage et de sang, offerte par le spectacle des humains. Sur le vaste plateau nu, deux pères vont se faire dévorer par leurs enfants, deux frères vont s’entretuer et trois sœurs se déchirer. Toute tendresse humaine n’a pourtant pas disparu mais elle se paie au prix fort. Une mise en scène haletante pour des passions humaines à leur paroxysme. Du grand art !

Au début était l’aveuglement des pères

Lear sent la vieillesse le prendre et décide de partager son royaume entre ses trois filles. Mais sa folie narcissique le conduit à accorder la plus grosse part de l’héritage à celle qui lui déclarera le mieux son amour. Les deux aînées rivalisent de flatteries quand la plus jeune, Cordélia, avoue ne pouvoir rien dire de plus. Devant la colère naissante de son père, elle se contente de lui dire qu’elle l’aime « comme un père, ni plus, ni moins ».

Le roi explose et s’enfonce dans son aveuglement en déshéritant sa fille préférée, en bannissant ses plus fidèles alliés qui contestent sa décision, et en accordant sa confiance – et son royaume – à ses deux filles et leurs âmes damnées.

En contrepoint, le Comte de Gloucester, se trouve lui aussi pris au piège que lui tend son fils illégitime – Edmond le bâtard – pour disqualifier le « bon fils », Edgar.

« Et voilà, le ressort est bandé. » Les filles « aimantes » de Lear se renvoient la garde du vieil homme extravagant qui plonge dans la folie et finit dépouillé.

Gloucester, énucléé par un homme de main d’Edmond, voit enfin clair. Plus chanceux que son vieil ami Lear, il est guidé et protégé par le fils accusé de fourberie réduit à l’état de mendiant.

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Le Roi Lear annonce le partage de son royaume. © Jean-Louis Fernandez 

Sur le plateau sombre, vaste et nu de la tragédie humaine

Tantôt salle du trône, tantôt cabane, tantôt château de Goneril ou Régane, le plus souvent la lande agitée par l’orage et la tempête, le vaste plateau se prête aux entrées et sorties des personnages qui se croisent, se fuient, s’insultent, s’entretuent. Les trajectoires dessinent une implacable géométrie tragique.

Les deux pères sont déchus de leur pouvoir et livrés à la rage de leur progéniture. Ils apparaissent et disparaissent du plateau tels des pantins, agis par des marionnettistes.

Jacques Weber dans le rôle-titre, d’abord gonflé de suffisance, vieil enfant capricieux refusant qu’on lui réduise le nombre de ses joujoux, perd tout : son statut, ses biens, ses filles, même la gentille Cordélia. L’acteur est particulièrement convaincant lorsque, dans son délire, il se rapproche de Gloucester, son vieil ami, qui comme lui a tout perdu.

François Marthouret campe un Gloucester tout en finesse. Et les séquences avec son fils Edgar – bravo à Thibault Vinçon ! – déguisé en mendiant Tom, qui cherche à le sauver de la mort, comptent parmi les rares moments émouvants qui aident à ne pas désespérer de l’espèce humaine.
A la fin de la pièce, il ne reste qu’un vaste champ de ruines. Seul Edgar debout, soupçon d’espoir !

Georges Lavaudant et le Roi Lear

C’est la troisième fois que le Grenoblois Georges Lavaudant s’attaque au Roi Lear depuis les années 1970. « Je l’ai monté une première fois il y a quarante ans au Théâtre Rio à Grenoble quand j’ai démarré avec Ariel Garcia Valdès. Philippe Morier-Genoud jouait le rôle. Je l’ai repris dans la foulée, toujours à Grenoble, mais on peut dire que c’était quasiment la même version. Je l’ai mis en scène quinze années plus tard à mon arrivée au Théâtre de l’Odéon à Paris. »
A la folie du monde, « hors de ses gonds », Georges Lavaudant – ébloui – oppose le « non » de Cordélia, la résistante. « Le simple « non » de Cordélia, un mot, un petit mot dit avec douceur, ni arrogant, ni violent, mais dit avec vérité, « non », et tout se met en route, tout se déglingue, la catastrophe historique est là. Le « non » de Cordélia résonne dans toute l’histoire du théâtre de manière sensationnelle. »

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28.11.2022

Edouard Schoene

Une assistance attentive.

L’association AIAK, dans le cadre du festival solidarité invitait Berivan Firat, porte parole des relations extérieures du CDK-F (Conseil démocratique du Kurdistan- France) le dimanche 27 novembre à Saint-Martin-d’Hères .

Un riche échange a été introduit par Berivan. Extraits de l’introduction.

« Femmes vie liberté » c’est la philosophie des femmes Kurdes.
Nous offrons ce slogan aux femmes du monde.
La lutte menée dès 2012 en Syrie, l’a été dans le cadre du projet politique des Kurdes.

Après la fondation du PKK en 1978, nous avons vu que le problème était de permettre de faire vivre ensemble tous les hommes et les femmes, dans une société démocratique.
70 millions de Kurdes sont dispersés dans le monde.

En Turquie la politique gouvernementale c’est « un seul état, un seul peuple, pays, une seule langue, une seule religion ».
A l’école primaire les enfants kurdes, halevis, arméniens grecs, devaient dire « je sacrifie ma vie pour le turc ».
La Turquie a connu au cours de l’histoire une multitude de massacres y compris avec des armes chimiques, des Arméniens, Halevis, Kurdes.
Le coup d’état de 1980 a transformé le pays en prisons.
Des résistances se sont organisées notamment dans les prisons en 1982.
Parmi ces résistances Sakine Cansiz, cofondatrice du PKK, assassinée avec deux de ses camarades à Paris par les services secrets turques en janvier 2013.
Elle combattait avec d’autres, une société sexiste, patriarcale, autoritaire.
Tous les moyens de résistance ont été tentés.
Mais les Kurdes ont été contraints le 15 aout 1985 de créer une force militaire d’autodéfense.
C’est un droit légitime reconnu par le droit international.
Les forces démocratiques tel le HDP sont en permanence réprimées, leurs militants emprisonnés de manière arbitraire.
L’accord franco britannique Sikes Picot (1916 ) a divisé l’empire ottoman et éclaté le Kurdistan dans quatre pays.
Aujourd’hui Erdogan veut anéantir la résistance Kurde en Irak et dans le nord, l’est de la Syrie (confédération démocratique).
Et les puissances mondiales se taisent devant les attaques d’un pays de l’Otan contre le Rojava.
En s’attaquant au Rojava, Erdogan fragilise la protection des djihadistes en prison, ceux là même qu’Erdogan a armé.
Erdogan fait un chantage permanent aux réfugiés pours lesquels il est grassement subventionné. Sachez que la plupart des djihadistes qui ont fait des massacres sont passés par la Turquie.
Des journalistes ont été contraints de se réfugier en Allemagne pour avoir révélé qu’Erdogan avait livré des armes aux djihadistes.
Erdogan a des ambitions d’élargir le territoire turque.
L’armée des Mollahs massacre des populations kurdes en Iran.
La question posée par les Iraniennes n’est pas celui des foulards.
Nous devons être solidaires du mouvement révolutionnaire en Iran qui revendique libertés et démocratie.
Il est temps de tuer l’homme qui est en toi, cette mentalité de domination.
Les femmes kurdes, le peuple kurde mènent une lutte exemplaire pour la liberté.
Il est temps, presque tard de se solidariser avec la résistance kurde
Si nous sommes debout, vous êtes protégés de nombreux djihadistes qui doivent être jugés et non libérés des prisons du Rojava par l’armée turque. 

Multiplions les actions de solidarité avec les peuples Turques, iraniens »

écologiste

A la tribune, Maryvonne Mathéoud, Berivan Firat, Ali Arslan.

Dans le débat qui a suivi, une représentante des femmes d’Iran de Grenoble est intervenue pour faire le point sur la situation en Iran et souligner l’importance d’unifier les solidarités pour les kURDES d’Iran, Turquie, Syrie, IRAK et l’action courageuse des résistants d’Iran.
Antoine Back, adjoint à la ville de Grenoble est intervenu sur le  Nord-Est Syrien (région englobant le Rojava) après avoir été dans cette région au printemps 2021 dans le cadre d’une mission de la fondation Danielle Mitterrand.
Il a annoncé la venue d’une délégation de quatre personnes du Nord-Est Syrien , à Grenoble à partir du 8 décembre dans le cadre de la 21e conférence internationale de l’OIDP (Observatoire International de la Démocratie Participative).
La rencontre de solidarité s’est poursuivie par un spectacle musical : Les Femmes à la cuisine.

Palestine Jérusalem Grenoble

Dans un répertoire de chansons originales écrites pour elle par Yanowski, Nawel Dombrowsky passe d’un personnage à l’autre, voyageant entre le burlesque et la poésie, le rire et l’émotion. Sociales ou plus personnelles, toujours porteuses de sens, Nawel donne vie à ces chansons avec ses dons de comédienne.

Textes, musiques et mise en scène de Yanowski. Nolwen Tanetau piano, accordéon . Hélène Avice à la contrebasse

Nawel Dombrowsky était accompagnée au piano ;, à l’accordéon par Nolwenn Tanet, à la  contrebasse par Hélène Avice, auteure des arrangements.

Le public a été enthousiaste à l’écoute de ce spectacle que Nawek Dombrovsky a dédié aux Kurdes.

 

 

 

 

 

Grenoble Alpes métropole

Une agglomération de 49 communes et 450 000 habitants.

écutif en formation.

La gestion du foncier présidée par un maire de droite

L’affaire n’est pas finie. Au SMMAG, l’ancien SMTC que présidait Yann Mongaburu, c’est Sylvain Laval qui est élu à la présidence. Sylvain Laval, maire de Saint-Martin-le-Vinoux, ex-directeur de cabinet de Nicole Belloubet lorsqu’elle était ministre de la barrage » à la candidature écologiste de Florent Cholat, maire de Champagnier.

Grenoble Alpes métropole

Le Forum, siège de Grenoble Alpes métropole.

Rebelote à l’établissement public foncier local (EPFL), un organisme qui joue un rôle de premier plan dans la gestion du foncier et, par là, du développement urbain. Rebelote à ceci près que c’est le maire de droite de Sassenage, Christian Coigné, qui l’emporte face au candidat de la métropole, le maire de Saint-Egrève, Laurent Amadieu. « Je ne crois pas que c’est ce que voulait Christophe, nous dira un élu socialiste, mais quand on commence à donner des gages à la droite, il arrive qu’on se fasse doubler. »

Double légitimité

Comment en est-on arrivé là ?  « Nous sommes face à une double légitimité, commente Guillaume Lissy, d’un côté celle des élections municipales avec les succès écologistes ; de l’autre celle des maires et de leurs équipes qui ont été élus dans leurs communes ». Et Guillaume Lissy de noter que « sur les 49 maires de la métropole, 42 soutenaient Christophe Ferrari. » Plusieurs élus que nous avons rencontrés considèrent qu’une autre perpective aurait pu se dégager si la candidature de Yann Mongaburu n’avait pas été grenobloise.

Légitimités contradictoires, Yann Mongaburu partage ce constat. « Notre métropole est unique en France, dit-il, elle est faite d’un coeur qui compte parmi les plus denses du pays – après Paris et Lyon, mais devant Marseille ou Toulouse – et de communes de montagne ou rurales qui connaissent une tout autre réalité. » Pour Yann Mongaburu, « cette réalité doit être regardée en face et elle est essentielle pour la gouvernance de la métropole : il faut unir, tisser des liens de solidarité et non pas diviser ». Un Yann Mongaburu qui n’oublie pas de s’étonner au passage de l’étiquette de « petite commune rurale » attribuée à Saint-Martin-le-Vinoux, limitrophe du centre ville de Grenoble, pas vraiment agricole, et dont se prévaut son maire, Sylvain Laval, pour siéger sur les bancs du groupe Notre métropole commune.

Grenoble

L’un des coeurs urbain les plus denses du pays aux côtés de communes rurales de montagne.

Reste ce sentiment partagé par les élus des « petites communes » d’une certaine condescendance des poids lourds de l’agglomération à leur égard. « Ca n’a pas été correctement pris en compte et Christophe Ferrari a su jouer de ce sentiment en exacerbant la division centre/périphérie sans oublier d’appuyer l’idée, tout de même étrange en démocratie, que la gestion ne relève pas de choix politiques », commente un élu.

Le concept de majorité revisité

Mais revenons à l’actualité. Le président de Grenoble Alpes métropole peut-il aujourd’hui s’appuyer sur une majorité ?

Réponses contrastées. Parmi les élus que nous avons rencontrés, un point d’accord se dégage. Unanime, même : l’exécutif travaille. Des politiques sont mises en œuvre, même si c’est parfois au prix de débats rugueux. Nicolas Beron Perez, vice-président communiste au logement, a ainsi pu faire aboutir sa proposition d’encadrement des loyers.

Passé ce premier constat, les commentaires passent en « off ». Et ce qui se murmure est plus complexe. « Je crois qu’il ne faut pas employer le terme de majorité, nous confiera un élu écologiste métropolitain, quand on parle de majorité, on entend des élus qui travaillent ensemble pour définir et mettre en œuvre des projets communs, ce n’est pas le cas aujourd’hui à la métropole. » Et de nous expliquer que deux logiques s’affrontent, celle qui prend la mesure des problèmes écologiques et sociaux et qui est déterminée à les traiter et une autre – celle de la présidence -, qui minore les enjeux et l’ampleur des décisions à prendre. De fait, les élus des quatre groupes de gauche travaillent plutôt écologistes et communistes d’un côté et socialistes et NMC de l’autre. « Ce serait tromper nos électeurs et surtout ne pas leur donner les moyens d’intervenir dans le débat si nous faisions semblant que tout est normal. »

Les sept groupes des élus de Grenoble Alpes métropole

Une Métropole d’avance (UMA), écologistes.
Notre Métropole commune (NMC), « petites communes ».
Arc des communes en transitions écologiques et sociales (ACTES), socialistes et apparentés.
Communes, coopération et citoyenneté (CCC), communistes et apparentés.
Communes au coeur de la Métropole (CCM), droite.
Métropole territoires de progrès solidaires (MTPS), LaRem.
Groupe d’opposition – Société civile, divers droite et centre (GO-SCDDC), droite.

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28.11.2022

Edouard Schoene

Noël Terrot en 2017. © P. Tripier

Noël Terrot est décédé en Corse le 1er aout 2022. Une cérémonie s’est tenue à Fontaine, en l’église de la Nativité le 9 novembre.

Noël Terrot, né en 1935 à Grignan, était un universitaire reconnu sur le plan national tout particulièrement sur la question de l’éducation permanente. Il était attaché à l’éducation populaire et actif au sein des MJC pendant plusieurs années. Il a étudié le droit social à Grenoble et devient enseignant chercheur où il va créer le service d’éducation permanente de l’université Pierre Mendès-France en 1971.

Dans ces années il sera engagé syndicalement (SNESup) et politiquement, participant aux activités des communistes du domaine universitaire. Puis il créera le CUIDEP, le Centre inter­universitaire de recherche et d’ information sur l’éducation permanente et sera nommé coordonnateur de la formation continue dans l’enseignement supérieur à l’échelle régionale.

Interrogé par le journal municipal de Fontaine (FRG fév 2017) , Noël Terrot dit : « J’ai consacré ma carrière à la formation des adultes, à aider les gens à évoluer. J ‘étais d’ailleurs moi même un produit de Ia promotion sociale de part mes origines. » (sixième enfant d’une famille de sept)

Lors de la cérémonie du 9 novembre, Yannick Boulard, ancien maire de Fontaine est intervenu : « …Élu au conseil municipal de Fontaine pendant 25 ans, Noël fut conseiller délégué et adjoint à la culture pendant 18 ans. Je me souviens la passion qui animait Noël pour faire de « Fontaine en montagne » un véritable succès. Je n’ai jamais regretté de me laisser convaincre par Noël, de la nécessité de faire des arbitrages budgétaires pour donner les moyens à cet événement. Fontaine a pu accueillir tous les plus grands noms de la montagne mais aussi des milliers d’amateurs passionnés qui ont trouvé un lieu, une ambiance pour partager leur passion ».

Noël aimait à rappeler que Fontaine s’était construite à partir de deux immigrations. Les Siciliens bien sûr, fuyant la misère et la montée du fascisme, mais aussi les habitants du plateau du Vercors qui pour vivre ont quitté la montagne pour la ville. Noël avait à cœur de montrer que l’on peut et que l’on doit, dans une ville de banlieue faire vivre la culture.

Ses anciens collègues, sa nièce, sa fille, ses petits neveux… ont avec émotion évoqué Noël. Noël Terrot guide à Grignan pour la famille, Noël élu, Noël membre de l’académie delphinale en 2017, Noël partenaire actif des syndicats de salariés et « respecté par les chefs d’entreprises », Noël conteur aimé des enfants…

« Noël disait s’être laissé encorsiqué lui qui vivait ces dernières années de longs mois en Corse avec Anne, sa femme. »

Le Travailleur alpin présente à Anne, l’épouse de Noël Terrot , à toute sa famille, ses sincères condoléances. L’Université rendra un hommage à Noël Terrot le 2 décembre de 14h à 17h à la bibliothèque universitaire Droit Lettres de l’UGA, salle de conférence, 2e étage, 1130 av Centrale 38402 St Martin d’Hères (arrêt tram A et C Bibothèque universitaire)

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28.11.2022

Travailleur Alpin

Le réseau école a tenu une conférence de presse pour faire connaître ses analyses.

Le réseau école du PCF Isère a travaillé sur les contenus du projet gouvernemental concernant la formation initiale professionnelle. Un appauvrissement planifié des contenus et des savoirs mis à la disposition des jeunes qui suivent cette filière de formation.

Le Réseau école du PCF 38 se restructure et a produit une réflexion collective qu’il souhaite mettre au débat afin de faire connaître la réforme du lycée professionnel. Le PCF s’oppose à cette réforme, les syndicats affichent une belle unité qui devrait attirer l’attention: l’enjeu de cette réforme est bien un enjeu de société, il nous concerne tous. Nous avons le devoir de détricoter le discours apaisant de la novlangue, qui voudrait laisser croire à la valorisation de la voie professionnelle en vantant des parcours d’excellence. Il n’en est rien. L’apprentissage est et doit rester le projet éducatif ambitieux de son origine. Cette réforme n’apporte rien en plus : un jeune peut déjà, dès 14 ans, par dérogation, faire le choix de l’apprentissage.

Cette réforme, va, dans les faits, organiser un cloisonnement entre les jeunesses lycéennes, au moment même où il faudrait redonner du sens à l’école de la République, qui n’a pas su répondre à la promesse d’égalité. Notre école publique est aujourd’hui attaquée de tous côtés. Nous devons, rappeler que la création du bac professionnel visait tout au contraire à décloisonner l’enseignement professionnel, afin d’offrir de nouveaux parcours de formation : cette création participait des 80 % d’une classe d’âge au niveau bac et l’objectif poursuivi était bien d’amener le plus grand nombre de lycéens vers des diplômes de l’enseignement supérieur. Tout élève qui, à 14 ans, fait le choix de l’apprentissage, peut aujourd’hui repartir vers une formation initiale.

Au moment même où nous devrions avoir l’ambition collective d’affirmer le principe d’égalité d’accès à la formation professionnelle, en faisant le choix de l’élévation du niveau de connaissance et de l’accès de tous les lycéens à une culture commune quelque que soit la filière choisie, c’est le choix de réduire les horaires d’enseignement général et d’augmenter le temps de formation en entreprise qui est acté dans ce projet de réforme, sous couvert de modernisation pédagogique. Comment ne pas penser que ce sont les classes populaires qui sont dans le viseur du gouvernement ? Au risque d’employer des gros mots, dénoncer cette réforme et agir pour que ce projet soit abandonné relève du combat de classe ! Penser que « ce n’est pas grave » que les enfants d’ouvriers aient moins l’occasion de faire du théâtre, de découvrir un auteur ou d’apprendre, avec leurs enseignants à réfléchir et à développer leur sens critique, ne témoignerait pas d’un mépris de classe ?

écologiste
Prendre le temps du doute, il ne s’agit pas de « bouffer du patron » ! Devant le démantèlement, voire la disparition de notre école publique, qui, demain, ne sera plus en mesure de garantir l’obtention de diplômes nationaux qui, seuls, ouvrent des droits, y compris dans le monde du travail, il est de notre devoir de détricoter un discours qui peut sembler séduisant. Des parcours d’excellence sont donnés en exemple. A contrario, nous allons entrer dans une nouvelle ère : celle de certifications sur des formations non pérennes, puisque soumises aux besoins des entreprises. Au-delà du placement sous tutelle des formations professionnelles, ce sera bien la fin des diplômes nationaux, seuls garants de l’égalité républicaine. Dans le même temps, sera actée la fin du recrutement des enseignants par concours, avec une multiplication des statuts et des recrutements sur des missions ponctuelles, sans plus aucune égalité, selon les territoires.
Palestine Jérusalem Grenoble
Notre école est menacée de tous côtés : dérives libérales, réactionnaires mais aussi obscurantistes. C’est un modèle de société qui est remis en question dans un contexte peu favorable aux idées progressistes et humanistes. C’est pourtant, dans la plus grande indifférence que la volonté politique d’assigner les enfants des milieux populaires à la domination sociale en limitant leur formation aux enjeux de l’employabilité, chemine. Nous ne voulons pas croire que la voie progressiste, les voix progressistes, relèveront demain des livres d’histoire, car si plus aucune page de ces livres ne devait s’ouvrir, les réseaux sociaux ne suffiront pas à éclairer le débat dans un contexte de fracture numérique, sociale et démocratique, qui ne laisse que peu de place au combat des idées.

Il faudrait en effet, donner une place aux savoirs pratiques et techniques aux côtés des savoirs théoriques, il faudrait substituer à l’évaluation classement et sélection, une évaluation formative et progressive, il faudrait supprimer le palier orientation de troisième et lui préférer une orientation continue jusqu’au baccalauréat en prolongeant la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans.

Il faudrait mener ensemble ce combat, en ne cédant ni à l’indifférence, ni à la fatalité : qui peut penser que les entreprises n’auraient pas besoin de citoyens éclairés et que la place de notre jeunesse ne serait pas à l’école ?

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28.11.2022

Régine Hausermann

Mardi 15 novembre, la joie éclate du côté de l’orchestre et du public ! Photo R.H.

Mardi 15 novembre – L’auditorium de la MC2 accueille un orchestre singulier, venu du Royaume-Uni, composé de 70 musicien·nes issu·es de minorités ethniques de 31 pays européens La devise de Chineke! : défendre le changement et célébrer la diversité dans la musique classique. Au programme, un Nouveau Monde, en référence à la symphonie que Dvorak composa à New-York, mais aussi à la première partie du concert qui rend hommage au génie musical de compositeurs trop longtemps ignorés : Samuel Coleridge-Taylor, George Walker et Florence Price. Tonique et enthousiasmant !

« Défendre le changement et célébrer la diversité dans la musique classique »

Telle est la devise de la Fondation Chineke! créée en 2015 pour offrir des opportunités de carrière exceptionnelles aux musiciens classiques noirs et ethniques établis au Royaume-Uni et en Europe. Chineke ! est une idée originale de Chi-chi Nwanoku : « Mon objectif est de créer un espace où les musiciens noirs et issus des minorités peuvent monter sur scène. Si même un enfant noir sent que sa couleur entrave ses ambitions musicales,alors j’espère l’inspirer, lui donner une plateforme et lui montrer que la musique quelle qu’elle soit, est pour tout le monde ».

Née à Londres en 1956 de parents nigérian et irlandais, Chi-chi Nwanoku a d’abord pratiqué la contrebasse avant de devenir professeure à l’Académie royale de musique.

écologiste

Chi-chi Nwanoku.

Le Chineke! Orchestra est l’ensemble phare de la Fondation. Ses membres se réunissent plusieurs fois par an pour interpréter le répertoire orchestral standard ainsi que des œuvres de compositeurs issus de minorités.

Il travaille en étroite collaboration avec le Chineke! Junior Orchestra qui réunit de jeunes musicien·nes issu·es de minorités ethniques, âgés de 11 à 22 ans et des seniors jouant le rôle de mentors, d’enseignants et de modèles.

L’Orchestre a reçu le soutien de nombreuses organisations culturelles et se produit au Royaume-Uni et en Europe. En 2017, il a sorti son premier album et a fait ses débuts aux BBC Proms au Royal Albert Hall, acclamé par la critique.

Selon les mots de Sir Simon Rattle : « Chineke ! n’est pas seulement une idée passionnante, mais profondément nécessaire. Le genre d’idée qui saute tellement aux yeux qu’on se demande pourquoi elle n’est pas déjà en place. Le genre d’idée qui pourrait approfondir et enrichir la musique classique au Royaume-Uni pendant des générations. Quelle perspective passionnante ! »

La première partie du concert rend hommage à deux compositeurs et une compositrice trop longtemps ignoré·es

Samuel Coleridge-Taylor (1875-1912)
Ballade for orchestra, Op. 33

Palestine Jérusalem Grenoble

L’artiste en 1905.

Samuel Coleridge-Taylor naît en 1875 à Londres, d’une mère anglaise et d’un père originaire de Sierra Leone. Son père, physicien, doit retourner en Afrique pour pouvoir y développer sa carrière. Le jeune garçon apprend le violon dès cinq ans et entre au Royal College of Music à l’âge précoce
de 15 ans. Il devient ensuite chef d’orchestre et enseigne la composition dans des institutions londoniennes prestigieuses.

Samuel Coleridge-Taylor commence à se faire connaître grâce à ses œuvres orchestrales. Edward Elgar considère qu’il est « de loin le plus éclairé des jeunes gens » qu’il côtoie.

Parvenu à une notoriété mondiale, Samuel Coleridge-Taylor défend ses racines africaines à travers sa musique et soutient les compositeurs afro-américains durant le reste de sa courte vie. En effet, il s’éteint à l’âge de 37 ans des suites d’une pneumonie.

George Walker (1922-2018)
Lyric for Strings

Grenoble Alpes métropole

Au piano en 1940.

Cette année est celle du centenaire de la naissance de George Walker, né à Washington de parents d’origine antillaise et américaine. Il a souvent été un précurseur sur les chemins empruntés. En 1945, il devient le premier musicien noir diplômé (en piano et composition) de l’Institut Curtis, et le premier instrumentiste afro-américain à jouer en compagnie de l’Orchestre de Philadelphie ou encore à se produire au Town Hall de New York.

Quelques années plus tard, il devient aussi le premier musicien afro-américain à obtenir un doctorat à l’école de musique Eastman. En 1996, enfin, il remporte le Prix Pulitzer de la musique.
Excellent pianiste, George Walker se produit sur les grandes scènes d’Europe. Mais en 1953, il doit mettre un terme à sa carrière de pianiste concertiste pour des raisons de santé. Il se consacre alors à la composition, vient étudier deux années à Paris auprès de Nadia Boulanger.

Lyric for Strings (1945) est l’une des œuvres les plus jouées de George Walker qui lui a été inspirée par sa grand-mère, une ancienne esclave qui a conquis sa liberté.

Florence B. Price (1887-1953)
Piano Concerto in One Movement (1934)

Grenoble Alpes métropole

Florence Béatrice, née Smith, naît en 1887 à Little Rock en Arkansas, d’une mère professeure de musique et d’un père médecin. À l’âge de 16 ans, elle s’installe à Boston (à 2400 kilomètres de sa ville natale) pour se former à la pédagogie musicale et à la pratique du piano et de l’orgue. Ses diplômes en poche, elle retourne en Arkansas pour y enseigner. Mariée et devenue mère, Florence (désormais) Price s’installe avec sa famille à Chicago en 1927, suivant le mouvement de la Grande Migration qui verra six millions d’Afro-Américains menacés par la ségrégation fuir les États du Sud entre 1910 et 1970.

En 1932, Florence Price remporte son premier succès avec sa Première Symphonie, en mi mineur créée par l’Orchestre symphonique de Chicago. Cet événement fait de Florence Price la première compositrice afro-américaine dont la musique est jouée de son vivant par un grand orchestre
symphonique étasunien. Deux ans plus tard, elle crée son Concerto pour piano in One Movement, à Chicago.

Malgré une production riche de quelque 300 œuvres et plusieurs récompenses publiques obtenues de son vivant, la compositrice afro-américaine Florence Price est restée dans un relatif anonymat après sa mort. La faute incomberait à ce qu’elle désignait elle-même comme ses « deux handicaps », à savoir son sexe et sa couleur de peau… Elle est redécouverte depuis quelques années .

Ce mardi de novembre 2022, un peu moins d’un siècle après sa création, le concerto est interprété au piano par la jeune Britannique Jeneba Kanneh-Mason, dix-neuf ans, déjà lauréate de nombreux prix.

Grenoble

Jeneba Kanneh-Mason, pianiste.

Deuxième partie : la Symphonie n°9 « du Nouveau Monde » d’Antonín Dvořák

Grenoble

Antonin Dvorak en 1904.

Le compositeur tchèque Antonín Dvorak émigre aux États-Unis en 1892, sur l’invitation de la fondatrice du Conservatoire de New York, Jeanette Thurber. Mécène œuvrant à l’inclusion des femmes et de musiciens non-blancs au sein de l’institution, elle nomme Dvořák à la tête de cette dernière dans le but de créer une école de composition nationale américaine et de stimuler le développement musical aux États-Unis.

Dvořák s’intéresse aux musiques des minorités : chants guerriers des tribus indiennes et spirituals, complaintes et chants de travail de la population noire. En avance sur son temps, il voit dans la diversité de la musique traditionnelle la seule voie valable pour la création d’une symphonie,
d’une sonate, d’un quatuor à cordes ou d’un concerto « américain ».

Dvořák compose sa Neuvième – et dernière – symphonie entre le 10 janvier et le 24 mai 1893. Même fortement inspirée par le folklore américain, la Symphonie « du Nouveau Monde » – ce titre fut ajouté à la dernière minute – ne comporte aucune citation textuelle de thèmes préexistants. « J’ai tout simplement écrit des thèmes à moi, leur donnant les particularités de la musique des Noirs et des peuples autochtones ; et, me servant de ces thèmes comme du sujet, je les ai développés au moyen de toutes les ressources du rythme, de l’harmonie, du contrepoint, et des couleurs de l’orchestre moderne. »

Direction musicale de Leslie Suganandarajah

Grenoble

Né au Sri Lanka, en 1983, sa famille a fui la guerre civile et s’est installée en Allemagne lorsqu’il avait deux ans. Sous la garde d’une famille allemande soutenant les réfugiés, il a commencé des cours de musique et a développé une passion pour le piano, la flûte et l’orgue. Il étudie à la Hochschule für Musik und Theater de Hanovre et à la Musikhochschule de Lübeck.

La carrière de ce jeune chef d’orchestre s’est d’abord développée en Allemagne Il a fait ses débuts au Royaume-Uni en dirigeant Chineke ! au début de la saison et a été invité à les rejoindre pour leur tournée européenne à l’automne 2023.

Il dirige avec fluidité et élégance un orchestre enthousiaste et joyeux. Surprise de voir les musicien·nes se tomber dans les bras à la fin du concert !

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25.11.2022

Edouard Schoene

Malgré le froid et la pluie.

Devant la gravité de très récents bombardements en Turquie, Syrie, Iran, Irak, l’Association iséroise des amis des Kurdes a appelé en urgence, en 48h, à un rassemblement de solidarité mercredi 23 novembre à Grenoble .

Plusieurs associations et personnalités ont répondu en quelques heures pour apporter leur soutien : SUD-LDC éducation, Myriam Laïdouni-Denis, conseillère régionale groupe les écologistes, ACI-ASADO, PCF 38, CISEM, CGT 38, ensemble 38, Ligue des droits de l’homme Iran, Guillaume Gontard sénateur, La libre pensée 38, UCL, Cercle Laïque, NPA 38, le mouvement de la paix Isère.

Dans l’obscurité, le froid, sous la pluie, quelques dizaines de militants étaient présents et déterminés à exiger des autorités Françaises et internationales des interventions fortes pour mettre un terme aux insupportables frappes militaires et répressions.

écologiste

Maryvonne Mathéoud.

Maryvonne Mathéoud, coprésidente d’AIAK a pris la parole :

« Les Kurdes sont bombardés et tués en Turquie, Syrie, Iran, Irak.  En Syrie et en Irak, les infrastructures et les civils ont été bombardés. Il s’agit de crimes de guerre.

Le Nord de la Syrie n’est pas une menace pour la sécurité de la Turquie, c’est un espoir pour l’humanité indique le comité exécutif du Parti démocratique des peuples (HDP) dans une déclaration en réponse aux bombardements aériens intenses de la Turquie sur le nord et l’est de la Syrie et le nord de l’Irak, appelant à un arrêt immédiat de l’agression militaire.

Les avions de guerre de l’armée turque ont bombardé des colonies civiles dans le nord et l’est de la Syrie les nuits du 19 et 20 novembre, invoquant l’attentat d’Istanbul du 13 novembre, que de nombreux analystes considèrent comme une opération sous faux drapeau de l’État turc, pour justifier leurs actions. En Turquie, les militant.es, journalistes, artistes, … sont bâillonnés, jetés en prison.

Les Turcs ont visé au moins huit zones où se trouvent des bases du PKK en Irak .

Selon un porte-parole du PKK « ces opérations ne sont pas nouvelles, elles durent sans discontinuer depuis sept mois », a-t-il affirmé en assurant que « l’armée turque a effectué 3.694 bombardements sur le sol du Kurdistan d’Irak » pendant cette période.

En Iran, les militant.es, journalistes, artistes… sont bâillonnés, jetés en prison, des peines de mort sont prononcées. Le pouvoir iranien accuse les groupes d’opposition d’attiser les troubles en Iran, confronté à des manifestations depuis la mort le 16 septembre de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs à Téhéran et morte en prison. Les gardiens de la Révolution tirent à balles réelles dans les villes. Ces attaques aveugles se produisent à un moment où le régime terroriste iranien est incapable d’arrêter les manifestations en cours au Kurdistan 

Selon l’Organisation iranienne des droits de l’Homme, au moins 378 personnes, dont 43 enfants, ont été assassinées depuis le 16 septembre. On estime que le nombre réel de morts est beaucoup plus élevé. Des dizaines de milliers de personnes ont également été arrêtées. 6 personnes sont condamnées à mort.

Lundi avant l’aube, l’agence de presse étatique irakienne INA a également rapporté des raids iraniens, évoquant « des tirs de missiles et des frappes de drones iraniens » contre « trois partis iraniens d’opposition au Kurdistan » basées ne Irak.

L’Iran et la Turquie sont en difficulté vis à vis de leurs peuples qui les contestent de plus en plus, voire qui sont entré dans un mouvement révolutionnaire dans le cas de l’Iran.

Les pouvoirs turcs et iraniens essaient de contenir la contestation en s’attaquant de plus en plus violemment aux droits et libertés, et en réprimant certaines composantes du pays.

Les Kurdes se battent pour la reconnaissance de leurs droits politiques et culturels au sein de leurs pays respectifs, dont ils forment une composante pleine et entière.
Nous devons être solidaires des Kurdes, ne pas les laisser se faire massacrer en silence. Nous devons appuyer leurs combats pour les droits et libertés en Turquie et en Iran, au sein du mouvement révolutionnaire en Iran. »

Palestine Jérusalem Grenoble

Prise de parole de jeunes femmes iraniennes.

Deux jeunes femmes iraniennes, représentantes de la communauté iranienne en Isère ont pris la parole ainsi que les représentants de Ensemble et UCL .

Un prochain rendez vous de solidarité avec les Kurdes a été rappelé, celui du festival Solidarités dimanche 27 décembre.

Grenoble Alpes métropole

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