Associations iséroises


Un Toit Pour Tous
Journal de la Fédération de l'Isère du Parti Communiste Français

17.05.2021

Élections départementales. Le Printemps isérois dévoile les mesures phares de son programme

Travailleur Alpin

L’affiche du Printemps isérois fleurit aux quatre coins du département.

Le Printemps isérois, rassemblement de la gauche et des écologistes (PCF, EELV, PS, FI, Générations), a dévoilé ce lundi 17 mai, les douze premières mesures de son programme pour les élections des 20 et 27 juin.

La démarche est claire depuis le 5 janvier dernier (date de publication de « l’Appel pour un Printemps Isérois »), la gauche unie entend engager l’Isère dans une transition sociale, écologique, démocratique et émancipatrice. Si une première trame programmatique avait été travaillée par les partis engagés dans le rassemblement dès l’automne, et publiée en même temps que l’appel, c’est ensuite une véritable dynamique participative qui s’est mise en œuvre pour construire le programme qui sera porté sur les vingt-neuf cantons par les candidats du Printemps isérois.

Au travers d’une plateforme en ligne et de groupes de travail, plusieurs centaines des 1200 signataires ont participé, aboutissant à trente-huit propositions essentielles couvrant l’ensemble des compétences du Département.

Ce lundi, les douze premières étaient présentées, par douze candidats.

Les voici :

*/ Renforcer les solidarités
– Mise en place d’un « RSA Jeune » pour les 18-24 ans sans ressources dès 2022
– « Mon médecin près de chez moi » : soutien et création de centres de santé pluridisciplinaires publics ou associatifs
– Accompagner la parentalité : soutien aux crèches associatives et parentales, à leur création, aide aux familles monoparentales
– Accompagner les personnes âgées et/ou en situation de handicap dans le maintien à domicile et modernisation des EHPAD

*/ Engager les transitions
– Économie locale : 100 millions d’euros pour la rénovation thermique de logements sociaux, l’accompagnement des projets agricoles, la sanctuarisation des terres agricoles et la préservation de la biodiversité
– Territoire de montagne : accompagner le tourisme durable et la diversification des activités pour sortir de la dépendance à la neige
– Mobilités : entretien et sécurisation des routes, promotion du covoiturage, Grand plan vélo, soutien aux syndicats de mobilités pour le développement des transports en commun
– Viser le 100 % bio et/ou local dans les cantines des collèges, tarification solidaire (gratuité pour les familles au quotient familial inférieur à 400 euros) et choix végétarien

*/ Favoriser l’émancipation et revitaliser la démocratie
– Co-construire avec les équipes éducatives dans les collèges des projets pédagogiques (et simplifier leur financement) avec pour priorité l’éducation et la sensibilisation à l’usage du numérique et des réseaux sociaux ; l’Éducation Artistique et Culturelle ; la découverte de la montagne 4 saisons ; la sensibilisation aux secours avec l’aide des pompiers volontaires
– Bon de rentrée pour les élèves des collèges : 100 euros pour s’inscrire en 2021 à une activité sportive ou culturelle, en soutien aux associations de proximité
– Mise en place de conventions citoyennes sur les sujets engageant le Département à long terme, droit d’interpellation citoyenne par voie de pétition, budget participatif de 2 Millions d’euros réparti sur le territoire
– Numérique : agir contre la fracture numérique en développant le très haut débit partout en Isère et accompagner son usage.

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16.05.2021

A Grenoble, quand la culture donne à voir la solidarité internationale

Maryvonne Mathéoud

Le samedi 15 mai, les manifestants se sont retrouvés devant la MC2 occupée.

Des dizaines de parapluies parsemaient le parvis de la MC2 ce samedi 15 mai.
 Deux rassemblements avaient lieu ce même jour, pour la culture et pour la solidarité avec les Palestiniens.

Un rassemblement du monde culturel devant la MC2 Maison de la Culture de Grenoble occupée depuis le mardi 16 mars par le Collectif « Culture en lutte 38 » regroupant des syndicats, des travailleuses et travailleurs de la culture, des étudiant.e.s en art, des artistes amateurs, des amoureux de la Culture de toutes sortes réuni.e.s sous le #ouverturesessentiellesgrenoble.

Le 11 mai, Élisabeth Borne et Roselyne Bachelot ont présenté les mesures prévues en faveur des intermittents du spectacle à compter du 1er septembre 2021 mais le compte n’y est pas pour les professionnel du spectacle. En effet l’année blanche n’est prolongée que de quatre mois, jusqu’au 31 décembre 2021, ce qui ne permet pas de maintenir le niveau d’indemnisation des intermittents le temps que l’ensemble des activités ait retrouvé un niveau normal.

Les journalistes d’AP, cibles des bombardements

Les acteurs de la culture avaient invité un rassemblement en solidarité avec la Palestine.

Depuis plusieurs semaines l’armée israélienne, les colons, les bandes fascistes et racistes des suprémacistes israéliens, multiplient les agressions à l’encontre des Palestiniens de Jérusalem : interdiction d’accès à la vieille ville de Jérusalem et aux lieux saints en ce mois de ramadan, provocations et agressions permanentes de la part des colons, appels au meurtre… Dans le même temps, des dizaines d’habitants palestiniens du quartier de Sheikh Jarrah sont menacés d’une expulsion imminente de leurs maisons ; plusieurs familles du quartier de Silwan ont vu leurs maisons détruites, alors que des centaines d’autres menaces de destruction de maisons pèsent sur les familles palestiniennes de Jérusalem. Par ailleurs, l’armée israélienne mène de nouveaux bombardements sur Gaza.

Depuis le début de ce cycle de violences, au moins 126 Palestiniens sont morts à Gaza, selon les autorités palestiniennes. En Israël, neuf personnes sont mortes suite à des tirs de roquettes. « Une frappe israélienne a dévasté la tour qui abrite les bureaux d’AP dans la ville de Gaza », a écrit sur Twitter Jon Gambrell, un journaliste de l’agence américaine de presse.

Désormais, le conflit n’est plus circonscrit à la bande de Gaza et trois fronts se dessinent. L’enclave palestinienne donc, mais également la Cisjordanie, théâtre de larges manifestations qui ont tourné, vendredi, aux affrontements avec l’armée israélienne et les villes judéo-arabes d’Israël où Arabes et Juifs s’opposent, à un niveau de violence jamais atteint depuis des décennies, selon la police israélienne. En Cisjordanie occupée, dix Palestiniens ont été tués et plus de 150 manifestants blessés, selon un bilan du ministère de la santé palestinien et le Croissant-Rouge. La plupart de ces Palestiniens ont été tués par les balles tirées par l’armée israélienne lors de ces manifestations.


Devant la gravité et l’urgence de la situation les manifestants appellent à une réaction immédiate et sans ambiguïté de la communauté internationale et particulièrement du président de la République française.

 

A lire également sur le site du Travailleur alpin :

Rassemblement de protestation contre l’agression israélienne

Contre une réforme régressive du chômage

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14.05.2021

« Stop à l’agression israélienne contre les Palestiniens de Jérusalem ! »

Travailleur Alpin

À Grenoble, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées le 12 mai, place de Verdun.

En quelques heures, l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS) et le Collectif Isérois pour la Palestine ont réussi à mobiliser des centaines de manifestants, dont de nombreux jeunes, mercredi 12 mai en fin d’après midi, place de Verdun à Grenoble.
Les manifestants réclamaient « l’arrêt des agressions de l’armée israélienne, des colons, des bandes fascistes et racistes des suprémacistes israéliens à l’encontre des Palestiniens de Jérusalem ! L’arrêt des expulsions de familles palestiniennes des quartiers de Sheikh Jarrah et de Silwan (Jérusalem est). »

Une carte pétition contre l’apartheid

Rappelons que le vendredi 7 mai, l’armée israélienne a pénétré sur l’Esplanade de mosquées alors que 70 000 fidèles étaient rassemblés, provoquant des mouvements de panique et occasionnant des centaines de blessés. Depuis les violences de l’armée et des colons n’ont cessé de s’accroitre.
Anne Tuaillon au nom de l’AFPS est intervenue en exprimant la nécessité d’une réaction immédiate et sans ambiguïté de la communauté internationale et particulièrement du président de la République française. Les militants de l’AFPS faisaient signer une carte destinée au président Macron contre l’apartheid en Israël.
Tandis que la préfecture de l’Isère autorisait le rassemblement, le préfet de Paris interdisait le rassemblement parisien et arrêtait Bertrand Heilbronn, président de l’AFPS, à sa sortie de l’entretien d’une délégation au ministère des Affaires étrangères, délégation à laquelle il participait aux côtés des des députées Elsa Faucillon (PCF) et Sabine Rubin (FI), la sénatrice Raymonde Poncet-Monge (EELV), Jean-Guy Greisalmer, de l’Union juive française pour la paix (UJFP) et Pierre Coutaz pour la CGT).

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11.05.2021

L’autre 8 mai 45, hommage aux victimes des massacres en Algérie

Edouard Schoene

Cent cinquante personnes pour commémorer les massacres de Sétif du 8 mai 45.

Ce 8 mai, à Fontaine à 15h, face à l’hôtel de ville, environ 150 personnes ont rendu hommage aux victimes des massacres en Algérie qui ont eu lieu le 8 mai 1945 et les jours qui ont suivi.

Des fleurs ont été déposées devant la plaque, inaugurée il y a deux ans, avec l’équipe municipale de l’ancienne majorité : « à la mémoire des milliers de victimes du colonialisme qui manifestaient le 8 mai 1948 à Sétif, Guelma et Kherrata . Passant souviens-toi »

Mariano Bona au nom du collectif d’organisation et des 40 associations, syndicats et partis ayant appelé au rassemblement soulignait l’importance de ce travail de mémoire à poursuivre en France et en Algérie.

Marie Thérès Lloret a donné lecture de l’appel

Alors que l’Algérie est constituée de trois départements français, la célébration de la victoire des Alliés contre le nazisme le 8 mai 1945 est l’occasion pour les Algériennes et les Algériens de faire entendre les revendications d’égalité des droits et d’indépendance. A Sétif, des milliers d’Algériens manifestent et brandissent des pancartes « Libérez Messali » (Messali Hadj, leader nationaliste emprisonné), « Nous voulons être vos égaux », « À bas le colonialisme », « Vive l’Algérie libre et indépendante », et un drapeau qui deviendra le drapeau algérien. La répression contre les Algériens durera des mois et sera féroce : 10 000 à 40 000 victimes selon les historiens, à Sétif, Guelma et Kherrata.
C’est un véritable massacre et un crime d’État : il s’agissait pour le pouvoir français de l’époque de maintenir à tout prix l’Algérie sous domination coloniale. Cet événement tragique a été occulté par tous ceux qui veulent masquer la réalité du colonialisme, faite de violence, d’inégalités et d’oppression.
L’occultation ou la négation des crimes coloniaux d’hier expliquent largement la permanence des discriminations d’aujourd’hui. Alors que la xénophobie et la haine de l’autre sont prônées par des nostalgiques de l’ordre colonial et de la collaboration nazie, il est urgent de comprendre que notre avenir est commun et qu’il est essentiel de construire des ponts plutôt que des murs.
..
Plusieurs élus de l’agglomération (Grenoble, Echirolles, St Martin d’Hères) étaient présents.
La nouvelle majorité municipale fontainoise de droite a boudé ce rassemblement.
Emmanuel Carroz, adjoint au maire de Grenoble, a salué l’initiative du 8 mai, souligné l’importance de celle-ci et donné rendez vous à l’hommage des victimes du massacre parisien, le 17 octobre prochain, 60e anniversaire.

« Mal nommer, c’est ajouter du malheur au monde »

Jacqueline Madrennes, adjointe au maire d’Echirolles :

Je souhaite indiquer tout d’abord que lors de la cérémonie traditionnelle du 8 Mai à Échirolles, le Maire Renzo Sulli a évoqué dans son intervention ce moment de notre histoire : « Si nous fêtons aujourd’hui la victoire des Résistants et des alliés sur les régimes fascistes et nazi, sur la guerre et l’horreur des camps, je me dois d’évoquer les massacres de Setif, Guelma, Kherrata en Algérie et ainsi sortir de l’oubli cet autre 8 mai 1945. Nos villes sont plurielles et ces questions mémorielles sont des éléments importants pour faire cohésion sociale qui ne peut se satisfaire d’un cadre républicain se satisfaisant du non-dit et du déni. Je remercie l’engagement du Collectif du 17 octobre pour mettre son action forte sue ces enjeux .
« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » disait Camus.
Occulter cette page historique, en faisant comme si rien n’avait existé, fait toujours le jeu de ceux qui cherchent à nous diviser et nous opposer, en particulier dans cette période politique particulièrement dangereuse pour nos populations. De quelles promesses républicaines parle t-on – souvent au nom de nos populations – quand dès le départ on est rendu invisible et amputé d’une partie de vérité ? Et comment alors s’approprier sa vie de citoyen, être libre en tant que sujet politique, social, culturel ?
Reconnaître notre histoire commune -aussi douloureuse soit-elle- c’est se donner du pouvoir d’agir ensemble, contre les discriminations et pour plus d’égalité. C’est essentiel dans nos quartiers où les habitant-es, leurs enfants et petits-enfants issus de cette mémoire méprisée, sont ceux qui sont souvent précarisés, assignés et dans grande indignité par rapport au travail.
« Dans le monde où je chemine, je me crée interminablement » disait Franz Fanon.

Jamal Zaïmia a donné lecture d’un témoignage émouvant  (extraits) :

Guelma est une ville de 30000 habitants environ à l’époque, située à l’est d’Algérie à 60 kms de Annaba ex : Bone.
Je vous présente la famille Zaïmia. Mon grand-père était artisan confiseur, décoré de la première guerre mondiale dans l’armée française, membre des Oulamas musulmans et sympathisant des amis du manifeste et de laliberté, marié avec 7 enfants 3 garçons et 4 filles. Mon oncle Ali, était célibataire et âgé de 27 ans travaillait avec son père dans la confiserie, il était membre du PPA Parti du peuple algérien de Messali Hadj et chef scout.
…Ces faits m’ont été relatés par ma grande mère El Kamla Zaïmia et mon père Smaïn Zaïmia (paix à leurs âmes).
Au lendemain de la manifestation du 8 mai 1945, à 5h du matin, des policiers accompagnés d’un collaborateur, ont investi la maison de mon grand père située à la citée indigène de Guelma (actuelle citée Mostefa Benboulaid). Ils ont ligoté mon oncle Ali, c’était l’aîné des garçon et l’ont embarqué. Mon père Smain avait 10 ans et mon autre oncle Azzedine 8 ans et 4 tantes. Avant, ils avaient fouillé toute la maison et pris toutes les affaires de mon grand père et de mon oncle, y comprit l’argent de mon grand-père , des corans manuscrits, des documents administratifs et toutes les photos de famille.
.Mon grand père tenait un magasin de confiserie à Guelma et était absent ce jour là, il était dans les montagnes, à 25 kms de Guelma, fief de notre tribu. Ma grande mère et mon père 10 ans à l’époque, passaient des journées entières devant le commissariat de police de Guelma en espérant sa libération. Un policier « arabe » qui les connaissait et qui les voyait chaque jour revenir, dira discrètement à ma grande mère que son fils n’était pas là et que ce n’était pas la peine d’attendre. Tous les jeunes scouts musulmans du groupe « Ennoudjoum » (les étoiles) et mon oncle, soit 32 personnes, avaient été arrêtés et exécutés les jours qui suivirent dans la caserne de Guelma, sur ordre des sinistres Général Duval, du sous préfet de Guelma André Achiary et du Préfet de Constantine André Lestrade-Carbonnel. Ce n’était que le début d’un massacre qui va durer jusqu’au mois de juin 1945.
Mon grand père qui a participé à la première guerre mondiale et a été décoré, a reçu le 10 mai 1945 des nouvelles inquiétantes de Guelma. Il descendit en cheval de la campagne et prit le train à Nador. Arrivé à la gare de Guelma, il sera arrêté sur indication d’un collaborateur Gaïd Hocine Mallek et conduit à Héliopolis à 5 kms de Guelma. Il sera exécuté et jeté dans le four à chaux (appartenant à Marcel Lavie, propriétaire terrien de la région et député dont le fils organisa et participa aux massacres dans les campagnes avoisinantes avec la milice).Ce sinistre Lavie et son four à chaux qui servira à faire disparaître les corps des hommes assassinés jusqu’au mois de juin 1945.

La chorale « les barricades » a chanté deux chants algériens, un chant patriotique, puis « Casa del Mouadia » chant qui est devenu l’un des hymnes emblématiques de la contestation en cours contre le pouvoir algérien.

Algérie sétif

Mariano Bona.

Algérie Sétif

Jamal Zaïmia.

Algérie Sétif

Marie Thérès Lloret.

Echirolles Algérie Sétif

Jacqueline Madrennes.

Une gerbe a été déposée.

La chorale « les barricades » a chanté deux chants algériens, dont l’un est devenu l’un des hymnes de la contestation en cours contre le pouvoir algérien.

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10.05.2021

Elections départementales. Tour d’horizon à Charvieu-Chavagneux, Grenoble III et Fontaine-Seyssinet avec les candidats du Printemps isérois

Luc Renaud

La ronde de la collusion entre la droite et l’exrême-droite… le quotidien d’un canton, Charvieu-Chavagneux.

Charvieu-Chavagneux, dans le Nord-Isère. Le canton compte un triste privilège : l’un de ses élus a été candidat Front national en 2017. Face à l’extrême-droite, le Printemps isérois relève le défi. Là peut-être plus encore qu’ailleurs, les Isérois ont besoin d’un conseil départemental qui tisse des liens, plutôt que de favoriser l’exclusion.

Le quadrinome a fière allure. Cécile Dhainaut, enseignante et co-secrétaire de la section communiste locale. Denis Pauget, écologiste, élu d’opposition dans son village de Janneyrias. Comme suppléants, Isabelle Sadeski, candidate écologiste lors de la législative de 2017. Et Pierre-Yves Bois, syndicaliste, candidat sur la liste d’opposition lors de l’élection municipale à Crémieu. Quatre candidats et un point commun : ils croient à ce qu’ils font. Cécile et Isabelle ont milité ensemble pour améliorer le sort des jeunes migrants. Cadre dans une entreprise de logistique, Denis y anime un groupe de travail sur les modalités de la transition énergétique. Tandis que Pierre-Yves, ingénieur à BioMérieux, s’est largement impliqué à Pont-de-Chéruy dans le mouvement pour le droit à la retraite. Avec Cécile, naturellement. Tous quatre porteront les couleurs du Printemps isérois dans le canton de Charvieu-Chavagneux, ce canton qui jouxte le Rhône et l’aéroport de Lyon Saint Exupéry.

Leur mission, ils l’ont acceptée. Empêcher l’élection d’un candidat d’extrême droite. Car le risque existe. Les deux élus sortants de ce canton sont le maire de Charvieu-Chavagneux, Gérard Dezempte et Annick Merle. Le premier siège sur les bancs des non inscrits, la seconde est la troisième vice-présidente du conseil départemental.

départementales Isère Dhainaut Charvieu-chavagneux

Cécile Dhainaut, PCF, candidate pour le Printemps isérois dans le canton de Charvieu-Chavagneux.

Gérard Dezempte s’est fait un nom tristement célèbre au niveau national. Depuis longtemps. En 1989, une pelleteuse dépêchée par le maire détruisait « accidentellement » le bâtiment abritant une salle de prière en présence de fidèles musulmans. En 2015, il était néanmoins élu sous l’étiquette de l’union de la droite conduite par Jean-Pierre Barbier. En 2017, une ligne est franchie : Gérard Dezempte se déclare candidat du Front national – en attestent les documents publiés par le ministère de l’Intérieur – lors de l’élection législative dans la 6e circonscription.

Autant dire aujourd’hui que le renouvellement de sa candidature sans opposition de la droite départementale aurait une signification : celle d’un pont jeté entre la droite et l’extrême-droite. Dans un courrier adressé à Jean-Pierre Barbier, l’actuel président du conseil départemental, Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF, l’a mis en garde contre les conséquences d’une telle attitude. « La droite républicaine réhabiliterait ainsi quelqu’un qui a clairement fait le choix d’un autre camp politique, hors du champ républicain », écrivait-il le 27 mars dernier. Pour l’heure, Jean-Pierre Barbier s’est contenté de botter en touche.

Ces pauvres dont il ne veut pas

« Nous voulons un département inclusif », lance Cécile Dhainaut face à l’extrême droite. Et avec elle le rassemblement de toutes les forces de gauche du canton.
Inclusif, c’est-à-dire en rupture avec les choix des élus actuels du canton. Exemple, le logement. À quelques encablures de la métropole lyonnaise, ce territoire du Nord-Isère est tout à la fois celui de l’agriculture céréalière et de la banlieue pavillonnaire. « Tout a été fait par la droite locale et Gérard Dezempte pour développer les lotissements et limiter le logement social. » C’est que le logement accessible est considéré par l’élu d’extrême-droite comme susceptible « d’attirer » une population dont il ne veut pas. « Résultat, les jeunes couples doivent s’éloigner pour s’installer ; il n’est pas simple de continuer à vivre ici après une séparation. » Or, le département, c’est aussi un office de logement social, Alpes Isère habitat.
Un domicile loin de l’emploi, c’est difficile à vivre quand il faut quotidiennement se rendre à Lyon ou dans les zones industrielles et logistiques de l’Isle d’Abeau ou la Verpillière. Dans un contexte où le transport en commun n’est pas la priorité. Cécile Dhainaut et les militants du Printemps isérois sont engagés depuis longtemps dans l’action pour le prolongement du tram T3, qui s’arrête à Meyzieu. Une voie ferrée existe, elle relie Meyzieu à Crémieu. Elle pourrait accueillir le tram et ainsi desservir les localités les plus importantes du canton. Moins de bouchons et de pollution… les enjeux écologiques sont évidents.
Un département inclusif, c’est aussi une conception renversée de l’accès au sport et à la culture. Gérard Dezempte a fermé la MJC de Charvieu-Chavagneux. Investissement financé avec d’autres communes… qui se sont retrouvées sans droit sur un équipement qu’elles avaient payé. Vingt-trois intervenants sont restés sur le carreau. Décision là encore justifiée par l’attrait exercé sur « ces gens dont nous ne voulons pas » par des activités financièrement accessibles.
Dans ce contexte difficile, la campagne électorale est lancée. A Charvieu-Chavagneux, le Printemps isérois relève un beau défi.

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Une politique sociale se construit avec les travailleurs sociaux !

Le Printemps isérois propose de mettre les travailleurs sociaux au cœur du dispositif du département. Ils connaissent leur métier, ils connaissent les publics : ils doivent participer à l’élaboration des politiques publiques. Lors des assises de la solidarité, évidemment, mais aussi tout au long du mandat, avec leurs retours d’expérience sur ce qui marche et ce qui doit être amélioré.

Simplifier les démarches

Trop de gens abandonnent devant des dossiers compliqués, fastidieux et des délais trop longs. Chercher à décourager celles et ceux qui ont besoin de la solidarité, ce que fait la droite, est malsain. Le Printemps isérois propose de retisser des réseaux d’assistants sociaux de proximité.

Un service public du troisième âge

Pendant le mandat, des établissements ont choisi de déconventionner avec le département pour monter leurs tarifs, comme celui de Seyssins. Et pour les résidents qui ne pouvaient pas payer plus de 3 000 euros par mois ? Le département leur a dit de déménager, à Saint-Égrève ou ailleurs. Or les gens ne sont pas des pions qu’on déplace comme sur un échiquier. Dans un Ehpad, il y a des liens sociaux entre résidents et avec les soignants : c’est ce qui donne envie à la vie d’être vécue. Quelque chose qui ne doit plus arriver.

Co-construire avec les bénéficiaires

« Faire du social », ce n’est pas faire ce que nous pensons être bien pour les autres. Ça, c’est la charité. La solidarité, c’est construire avec les gens qui en ont besoin une politique pour que les concernés puissent s’en sortirent toujours mieux demain.

Prat Seyssinet-Pariset élections départementales
Sylvain Prat, socialiste, candidat dans le canton de Fontaine-Seyssinet-Pariset.

Le social, c’est phénoménal

Sylvain Prat, 31 ans, est vice-président du CCAS de Seyssinet-Pariset. En juin, il sera candidat pour le Printemps isérois.

«Pendant six ans, la droite a détricoté les politiques sociales menées pendant des décennies en Isère. La solidarité est devenue de la charité, le département se contentant de respecter strictement ses obligations légales », constate Sylvain Prat. La loi prévoit que le département doit être le chef de file de l’action sociale, et donc être une locomotive : « le Printemps a pour objectif de remettre la solidarité au cœur des politiques du département, et de sortir des simples logiques de charité ».

Pour lui, la solidarité n’est pas un gros mot, contrairement à ce que pense la droite : c’est créer du vivre ensemble et ne laisser personne au bord du chemin. C’est aussi une valeur, et une envie car on a tous dans notre entourage des personnes qui ont besoin de notre solidarité : des personnes âgées, qui ont besoin d’être accompagnées dans la transformation de leur domicile et ainsi continuer à habiter chez elles, des enfants, qui ont besoin de protection… On peut soi-même subir des accidents de vie.

Trois axes de travail

Pour entrer dans l’action, Sylvain Prat dresse un chemin : « si la gauche gagne le département, nous organiserons dès le début du mandat de grandes assises de la solidarité pour jouer notre rôle de locomotive et réunir tous les acteurs autour d’une même table : associations, département, État, collectivités locales… « 
Sylvain Prat met sur la table trois axes de travail. Le premier doit être la prévention. « La solidarité, c’est aider ceux qui décrochent, mais aussi faire en sorte que les gens ne décrochent pas. » Personne n’a la prétention de vivre avec des aides, tout le monde veut vivre de son travail. Il faut donc prévenir, donner le petit « coup de pouce » pour que les gens ne tombent pas dans la précarité. Ce sera un fil rouge du mandat.
Second axe, les personnes âgées. Il faut accompagner le vieillissement, en permettant le maintien à domicile. Le système d’Ehpad est à bout de souffle (voir ci-contre) : il faut réinventer la manière d’aider nos aînés.
Enfin, le troisième sera un travail de construction d’un parcours pour les mineurs isolés. « Le département doit mettre tout le monde autour de la table pour que le jour de vos 18 ans, vous ne vous retrouviez pas livré à vous-même ! » affirme Sylvain.
Une méthode, des propositions. De quoi séduire.

Louis Zaranski

Paulone Couvent grenoble élections départementales
Pauline Couvent, candidate dans le canton de Grenoble III dans un quadrinome EELV, FI, PCF, Go citoyenneté.

Une nouvelle génération prête à gérer l’Isère

Pauline Couvent, ingénieure de 34 ans, est candidate pour le Printemps isérois dans le canton de Grenoble 3.

Jamais élue, Pauline est militante écologiste depuis sept ans. Pour elle, le débat public doit être éclairé par une réflexion scientifique et rationnelle.

C’est d’ailleurs ce qui lui plaît, dans le Printemps isérois : « j’ai la chance de me présenter avec Simon Billouet de LFI, Sylvie Bernezet de Go citoyenneté et Aurélien Gaillard du PCF : c’est une vraie richesse pour construire du commun. Avec le Printemps, toutes les formations politiques ont su mettre leur égo de côté, et les citoyens s’emparent de la démarche ».

Plus d’un millier de signatures

De fait, depuis la parution de la première trame programmatique, un millier d’Isérois ont signé l’appel – fin avril – et se sont investis au travers du site participatif pour construire le programme.

La première restitution avait lieu samedi 24 avril, et a débouché sur trois axes : « redevenir un département qui protège, avec la crise sanitaire qui devient chaque jour davantage une crise sociale », « assurer la transition environnementale, avec la crise climatique qui est déjà là, et faire du Département un acteur majeur de la lutte contre le réchauffement climatique » et « changer les logiques de travail avec les habitants et les différents acteurs du département ».

Face à la droite qui a appliqué une logique descendante pendant six ans, on comprend la volonté d’une logique de co-élaboration et de démocratie participative.

Louis Zaranski

Retisser les liens, préparer demain

Pauline et ses co-listiers ont des dizaines de propositions, que vous pourrez retrouver sur le site du Printemps isérois. Elle a tenu à en développer quelques-unes :

Créer un RSA jeunes pour les 18-24 ans, oubliés du droit commun. Celui-ci doit être un outil pour créer un filet de sécurité, mais également pour accompagner ces jeunes vers l’insertion, en donnant les moyens aux travailleurs sociaux d’être de véritables tisseurs de liens, et pas seulement des prestataires.

Renforcer le Fonds de solidarité pour le logement (FSL), dont le budget a été diminué de 20 % pendant le mandat

Créer un Plan d’action départemental pour le logement, en concertation avec les bailleurs sociaux, pour assurer la suite du parcours résidentiel à celles et ceux qui sont accueillis en hébergement d’urgence.

Être capable d’identifier l’impact carbone de chaque politique, de la même manière qu’on fait des projections budgétaires. Cet outil permettra d’éclairer les élus et les habitants pour qu’ils fassent des choix en toute connaissance des choses.

Isoler thermiquement tout le parc locatif du département et les bâtiments publics dont il a la charge, en premier lieu les collèges.
Développer les pistes cyclables en voie propre et accompagner les utilisateurs du vélo électrique, pour en faire, là ou c’est possible, une réelle alternative à la voiture.

Réinvestir le SMMAG et y prendre une place importante pour co-construire avec les autres acteurs les mobilités de demain.

Démocratie. Faire pour et avec les habitants

Il y a des départements comme le Gers qui proposent des budgets participatifs : c’est un bon outil pour choisir les projets que les gens veulent voir être mis en place, et ça permet de faire de la pédagogie autour des compétences du conseil départemental.

Les élus ne doivent pas décider tous seuls. Il faut co-construire avec les agents du département, en fonction de la thématique étudiée : avec les travailleurs sociaux pour les politiques sociales, etc. Il faut également aller au-delà des enquêtes publiques obligatoires de par la loi, pour que les habitants puissent amender les projets, proposer et tirer des bilans une fois les réalisations en place. Le Printemps veut aussi utiliser le référendum local inscrit dans la loi pour les projets qui impactent le long terme. Avec une telle logique, peut-être entendrons-nous parler du département entre 2021 et 2027 ?

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10.05.2021

De retour du procès dit de « Kobané » à Ankara, ils témoignent

Travailleur Alpin

Devant le tribunal, le 26 avril dernier, à Ankara.

Lundi 26 avril 2021 se tenait à Ankara, en Turquie, le procès de 108 représentant.e.s du HDP (Parti démocratique des peuples), troisième formation politique du pays. Une délégation française, comprenant deux Isérois, s’est rendue sur place.

L’acte d’accusation reproche au HDP d’avoir appelé à des manifestations de solidarité avec les habitants de Kobanê, une ville kurde du nord de la Syrie, qui luttait à l’époque contre les attaques de Daesh. Au moins 37 personnes ont été tuées lors d’affrontements avec la police turque dont la grande majorité étaient des partisans du HDP. Le HDP a fait des propositions pour la création d’une commission parlementaire afin de mettre au jour la vérité et trouver les instigateurs de la violence et les meurtriers. Toutes ces propositions ont été rejetées par l’alliance AKP-MHP au pouvoir.

Ce procès intervient alors que des dizaines de cadres du HDP, des maires et des députés ont été arrêtés et que le HDP est menacé d’interdiction. Selahattin Demirtas, candidat du HDP à l’élection présidentielle en 2014 et 2018, est toujours en prison malgré la demande de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qu’il soit libéré immédiatement.

À l’appel du HDP Chantal Morel et Michel Lemoine militant.e.s d’AIAK (association iséroise des amis des kurdes) se sont rendu.e.s en Turquie pour assister au procès. Une vingtaine de délégué.e.s européens étaient présents à Ankara, dont cinq de France (Aiak et la France Insoumise).

« Après les difficultés d’organisation du voyage concernant notre accueil à Ankara par des militant.e.s du HDP et à la situation sanitaire actuelle nous n’avons pas rencontré de difficultés avec les autorités turques », expliquent ils. «  Nous avons pu accéder à la salle d’audience sans problème. »

Procès ajourné au 18 mai, une première victoire

Le matin alors que trois cents policiers occupaient une partie du tribunal, tous les avocat.e.s de la défense (1200 avocat.e.s pour le HDP et les 108 prévenu.e.s) n’ont pu rentrer dans la salle d’audience partiellement vide pour « raison sanitaire ». Les avocat.e.s ont alors protesté et ont été autorisé.e.s à rentrer.

Après la lecture de l’acte d’accusation comprenant 2500 pages les avocat.e.s n’ont pas eu le droit de parler et les déclarations des prévenu.e.s n’étaient pas audibles. Les avocat.e.s se sont alors retiré.e.s de la salle d’audience par mesure de protestation. Le procès a été ajourné jusqu’au 18 mai. Cela représente une première victoire.

« Mais les responsables du HDP nous ont indiqué ne se font pas d’illusion sur les conclusions du procès, tout est déjà décidé. C’est une parodie de justice », rapporte Chantal. « On ne peut imaginer de telles conditions d ‘un procès dans un pays démocratique », explique-t-elle.

A moins d’une mobilisation importante de l’opinion publique et des gouvernements occidentaux, les élu.e.s kurdes pourraient être condamné.e.s à des peines aggravées de perpétuité et leur parti HDP interdit dans un pays membre de l’OTAN, alliance supposée réunir des démocraties respectueuses des droits de l’homme et des libertés publiques.

« Nous avons également rencontré une association de femmes turque dont l’une d’entre elle est assignée à résidence parce qu’elle défend les droits des femmes », indiquent les délégué.e.s. « La situation est extrêmement difficile car tout se durcit et est instrumentalisé », ont confié ces femmes. L’une d’elle peine à marcher suite aux tortures qu’elle a subi lors de son arrestation.

« Nous avons admiré le courage de toutes les personnes rencontrées qui défendent la justice la démocratie, l’égalité et la paix », conclut Michel.

Maryvonne Mathéoud

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Sur cette image de la délégation française, Michel Lemoine, représentant de l’Association iséroise des amis des Kurdes, est le troisième en partant de la gauche.

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Le tribunal pour ce procès impluant 108 prévenus et 1200 avocats.

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Conférence de presse au siège du HDP.

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Chantal Morel, représentante de l’ association AIAK, à gauche sur cette photo.

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Conférence de presse de la délégation française.

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La salle du tribunal.

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