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Publié le 14.05.2022 à 22:52

Identité numérique : prouve que tu existes

Toujours en librairie : Le Règne machinal (la crise sanitaire et au-delà). Voir ici

La Commission européenne prépare son « portefeuille européen d'identité numérique ». Rome et Bologne adoptent le « crédit social numérique » à la chinoise. La digitalisation de l'État et son corollaire, l'identification numérique, progressent dans l'indifférence des Smartiens, à la faveur des phases aigües de la Crise (épidémie, guerre, effondrement écologique). Il aura fallu moins de vingt ans pour que se réalisent nos pires anticipations sur la société de contrainte. Pour les nouveaux venus et les nostalgiques, on a ressorti quelques archives. Te souviens-tu de Libertys ?

(Pour lire le texte, ouvrir le document ci-dessous.)

Lire aussi :

Libertys
Carte d'identité électronique : ce n'est pas du canular
Aujourd'hui le nanomonde #10
Après l'occupation de la CNIL
Au doigt et à l'œil

- Nécrotechnologies

PIÈCE JOINTE (PDF)


 

Publié le 11.05.2022 à 18:45

Burkini : Grenoble, la ville dont le maire est un Père Vert

Lundi 16 mai 2022, le conseil municipal de Grenoble votera l'autorisation du burkini – la version aquatique du voile islamiste – dans les piscines municipales. Le torse nu sera également autorisé afin de créer une fausse symétrie.

« Oui, les seins des femmes pourront être libérés, comme ceux des hommes, a insisté mardi le maire grenoblois. Vous voulez venir les seins nus, venez les seins nus. Vous voulez venir avec un maillot couvrant pour vous protéger du soleil ou pour une raison religieuse, vous pouvez le faire aussi ! » (Libération, le 4 mai 2022)

Quelle libération. Quelle « égalité pour tous et toutes ». Connaissez-vous beaucoup de pères, de maris, de frères, qui obligent leurs filles, épouses et sœurs à sortir nue tête, ou à se baigner torse nu ? Connaissez-vous beaucoup d'hommes que l'on oblige à se voiler dans la rue, à se baigner en combinaison à la piscine, ou qui souhaitent le faire ?
Le coup assure au maire EELV Eric Piolle, de « culture catholique », une couverture médiatique bien plus large que sa candidature à la présidence de la République. A peine si l'on remarque, entre ses multiples interventions audiovisuelles, les derniers reportages sur l'Afghanistan.

Samedi 7 mai, le chef des talibans a publié un décret imposant aux femmes le port du voile intégral (la burqa) dans l'espace public, « selon les recommandations de la charia, afin d'éviter toute provocation quand elles rencontrent un homme », énonce ce décret. Eh bien, les hommes n'ont qu'à se bander les yeux, ou rester au foyer pour éviter la tentation.
Jusqu'ici, les talibans exigeaient le port du hijab, le voile des « Hijabeuses », ces joueuses de foot voilées que « soutient » Eric Piolle. Comme la corde soutient les pendues. Le vote du conseil municipal de Grenoble est un crachat au visage des Afghanes et des femmes victimes de l'islamisme, ici ou ailleurs. En rendant légal ce qui ne l'était pas, il le rend du même coup obligatoire pour les femmes et les jeunes filles qui se retranchaient derrière la loi pour refuser une contrainte vestimentaire et discriminatoire. L'école « dégenrée » d'Eric le Tartuffe serait également, si les curés Verts l'emportaient, celle des petites filles voilées ; en attendant l'interdiction de l'école aux filles.

Comme l'écrit Naëm Bestandji, militant laïque et féministe grenoblois, dans une lettre ouverte à Eric Piolle : « Quand on porte le voile, on ne porte pas "les vêtements que l'on veut" mais ceux imposés par ses prescripteurs ».
Cela fait des années que Naëm Bestandji enquête sur les manœuvres des islamistes et sur leurs succès auprès de certains élus, militants associatifs, syndicalistes « de gauche », ayant retourné l'aliénation en pseudo émancipation. Il connaît l'historique et la rhétorique des activistes islamistes mieux que nombre de commentateurs. Sa lettre ouverte au maire de Grenoble est implacable et impeccable.

Pour lire la lettre ouverte de Naëm Bestandji, ouvrir le document ci-dessous (et sur le site de Marianne : ici)

Lire aussi :
- Islam radical à Grenoble : lisons Naëm Bestandji
- Burkini à la piscine- La méthode Alinsky mise à nu
- Entretien avec Sabrina, athée, féministe et laïque
- Affaire du burkini : "Pourquoi on a quitté l'Alliance citoyenne" (Daubé, 18/07/19)

- Faits divers

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Publié le 07.05.2022 à 21:12

Françoise d'Eaubonne à Grenoble

On voit nombre de jeunes gens, filles et garçons, se réclamer depuis quelques années de l'« écoféminisme » et des « sorcières ». Livres, colloques, articles de journaux et de sites « alternatifs », émissions de France Culture, documentaires d'Arte, articles du Monde et de la presse de gauche (Libération, Le Monde diplomatique), se sont faits l'écho de cette émergence, à moins qu'ils ne l'aient suscitée. C'est qu'il faut sans cesse renouveler les produits sur le marché des idées, quitte à faire du neuf avec du vieux.

L'écoféminisme se présente ainsi pour une part comme un produit dérivé de l'écologie, et une tentative parmi d'autres – « collapsologie », « écosocialisme », « green technologies » - de récupérer le seul mouvement, le plus profond et le plus vaste, sans cesse croissant, qui soit apparu depuis les années 70 en France.
Et d'autre part, comme une volonté sincère de défendre la terre et le corps, la nature en nous et hors de nous, dont nous ne sommes que des moments et des formes éphémères.

On peut reconnaître un mérite aux écoféministes (filles et garçons), la plupart savent que nous sommes des corps. Nous naissons mâles et femelles et ce n'est pas sans effet sur nos vies ultérieures, que nous aimions ou non nos corps de naissance.
On peut aussi leur reconnaître une absurdité. La croyance au mythe des « amazones » du paléolithique, au pouvoir des femmes, des Mères et des Grandes Déesses, maîtresses de la fécondité humaine et de la fertilité agricole ; jusqu'au « renversement patriarcal ». Les hommes, ces gros nigauds, ayant découvert leur apport indispensable à la reproduction ; et surpris les secrets des femmes pour cultiver leurs jardins.

Il se trouve que nous avons connu et rencontré Françoise d'Eaubonne (1920-2005) ; et eu des rapports politiques affectueux, quoique fugitifs, avec la mère de toutes les écoféministes ; inventrice du terme d'« écoféminisme », développé dans ses livres à partir de 1974.
Françoise d'Eaubonne a même participé au Casse-Noix (1975-1978), une feuille grenobloise assez furieuse où elle a exposé ses vues sur la « contre-violence », lors du mouvement contre Superphénix et de la manifestation de Malville, l'été 1977.
On n'a que peu de souvenirs de son passage à Grenoble, durant quelques jours. Nous aurions pris des notes si nous avions prévu que ce serait historique. A défaut, nous avons fait de notre mieux pour restituer ce moment, le contexte et les débats qui nous étreignaient. On trouvera également en annexes, un entretien avec Françoise d'Eaubonne et l'un de ses textes, tous deux publiés dans le Casse-Noix n°6, en juillet 1977.

(Pour lire le texte, ouvrir le document ci-dessous.)

Pour lire ces textes sur papier, demander la Pièce détachée n°95 : envoyer un chèque de 5 euros à l'ordre de Service compris :
Service Compris - BP 27 - 38172 Seyssinet-Pariset cedex

- Documents

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Publié le 02.05.2022 à 16:52

Une matinée chez les robots enseignants

Depuis 2015, un groupe d'enseignants rassemblés par l'Appel de Beauchastel (ici) a entrepris la critique de la « numérisation de l'école », c'est-à-dire de sa destruction, voulue et organisée par la technocratie dirigeante dans toutes ses composantes (étatiques et administratives, économiques et technologiques).
L'objectif est connu et déclaré de longue date : river les élèves à leurs écrans pour en faire des hommes-machines adaptés et soumis au règne machinal (voir ici). Ça fonctionne. La population mute. Les digital natives restent les pouces collés aux écrans tactiles, le cerveau amputé des anciennes fonctions inutiles dans le monde-machine, et dépendants de leur connexion pour leur survie quotidienne.

Il arrive encore, cependant, que se tiennent des opérations « en live », ne serait-ce que pour éliminer toute résistance de secteurs obsolètes et désuets, et promouvoir la « mentalité » numérique. Ainsi cette journée de lancement du « Territoire Numérique Educatif » des Bouches-du-Rhône, organisée au palais du Pharo, à Marseille, le mercredi 27 avril 2022. Un de ces innombrables « événements » consacrés à la valorisation de la vie connectée et de ses promoteurs – en l'espèce les bureaucrates de l'éducation nationale et leurs prestataires en « outils numériques ».

La plupart des 600 enseignants présents n'avaient rien à redire, bien au contraire, à ce que les écrans fassent écran entre eux et leurs élèves. Seuls cinq d'entre eux, signataires de l'Appel de Beauchastel, ont fait intrusion sur scène pour y lire un texte contre la numérisation de l'école. Huées, agitation, expulsion : scénario maintes fois reproduit sur d'autres scènes depuis des lustres, et ici même au Pharo, en juin 2009. Nous, Chimpanzés du futur, et des amis d'un comité « Nanoflics, on vous a à l'œil », avions pris la scène d'un salon professionnel dédié à la technologie RFID et au monde sans contact. Nous refusions de déléguer nos vies et nos relations sociales aux machines numériques (voir ).

Nous le refusons toujours, mais comme l'écrivent nos amis de Beauchastel, perturbateurs du 27 avril : « Nous avons perdu, c'est un fait. » Hors quelques rétifs, les Marseillais trouvent normal de scanner leur QR code pour accéder à la calanque de Sugiton dès cet été (ici).
Comme le constatait le poète Paul Valéry en 1931, « voici venir le temps du monde fini ». Quant à nous, nous n'avons trouvé d'autre issue que de vivre contre notre temps. Et vous ?

(Pour lire le récit, ouvrir le document ci-dessous.)

- Nécrotechnologies

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Publié le 27.04.2022 à 22:48

Guy Deniélou, l'inventeur du « règne machinal »

Toujours en librairie : Le Règne machinal (la crise sanitaire et au-delà). Voir ici

Nous avons extrait des mailles du réseau des archives exceptionnelles. Du moins pour nous qui avons publié en septembre 2021 un livre intitulé Le règne machinal , et qui pensions avoir créé cette « expression bien venue », comme dit Le Monde. Erreur. L'auteur - en attendant qu'on en découvre d'autres, encore antérieurs, est un certain Guy Deniélou (1923-2008).
Coïncidence, si l'on veut : ce Deniélou a participé à la création du Commissariat à l'énergie atomique de Grenoble, avant de diriger l'Université de technologie de Compiègne, usine à technocrates de dernière génération.

Autre découverte : le rapport de prospective Réflexions pour 1985 qui planifie en 1964 "l'élimination" (sic) des secteurs désuets et obsolètes, anticipe leur résistance et promeut la modification des "mentalités". En s'appuyant notamment sur une université adaptée, et une philosophie d'accompagnement, telle que celle de Gilbert Simondon.

Bref, la technocratie n'a pas seulement façonné le règne machinal. Elle a également ajusté ses rouages, c'est-à-dire adapté les humains à ce nouveau technotope, avec le cynisme et la détermination de ceux qui peuvent ce qu'ils veulent. C'est cette histoire que nous avons exhumée et retracée dans cette enquête.

Merci à Fred Deloise pour l'aide documentaire.

(Pour lire la suite, ouvrir le document ci-dessous.)

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