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Association iséroise d'aide et de défense des demandeurs d'asile - 6 rue Berthe de Boissieux (Maison des Associations) - BP 285 38009 Grenoble Cedex 1 - tél : 04 76 50 24 06 - fax : 04 76 50 14 55 - accueil@ada-grenoble.org - Permanences d’accueil les mardi et vendredi matin de 9h à 12h.

Publié le 06.05.2021 à 11:08

Appel à financement pour un stage longue durée

L’ADA accueille de nombreux stagiaires souvent sur des durée courtes (moins de deux mois). Pour pouvoir accueillir un stagiaire sur une durée plus longue, jusqu’à 6 mois, l’ADA souhaite assurer la gratification due au stagiaire pour cette durée.

Pour cela, l’ADA lance une campagne de financement via « helloasso » : participer à la campagne

Nombreux sont les anciens stagiaires qui continuent ensuite à soutenir le droit d’asile dans leurs parcours professionnel.


Publié le 18.04.2021 à 15:22

Aux souffrances psychiques des demandeurs d’asile, l’ADA propose un appui psychologique

Besoins et Genèse

L’accueil de Demandeurs d’Asile pose la problématique de la prise en charge des souffrances psychiques liées aux violences ou persécutions subies, aux effets de la précarité matérielle et des incertitudes résultant des procédures administratives.
Les demandeurs d’asile ont fui des agressions, des violences, des persécutions, des emprisonnements, des tortures, des viols, des atteintes contre leurs proches, des menaces et des peurs qui les ont contraints à abandonner leur pays, leur métier, leur culture et leur environnement d’origine, leurs familles et leurs amis, et à entreprendre des périples qui les ont souvent mis en danger, pour aboutir en France, un pays inconnu, où ils sont contraints de séjourner durablement dans la rue et sans ressource.

La procédure de demande d’asile est aussi en soi un processus douloureux, puisqu’elle conduit le demandeur d’asile à devoir exposer son histoire, plusieurs fois, à faire face au doute ou à la suspicion, souvent au déni de sa parole et au rejet de ses explications. Dans le cas d’une reconnaissance de la demande et de l’obtention d’un statut en France, les réfugiés doivent alors faire face à toutes les difficultés d’une intégration dans laquelle ils recevront très peu de soutien pour reconstruire une vie à partir de zéro. Ceux qui n’obtiennent pas de statut sont soumis alors à l’angoisse d’une situation de clandestins, potentiellement poursuivis par les autorités.
Dans les cas où la personne est déboutée, il y a souvent un effondrement, le sentiment de n’avoir pas été crue et celui d’une illégitimité à vivre ou bien un sentiment de colère et de persécution.

Lorsque la personne reçoit une réponse positive, au premier sentiment d’euphorie succède parfois la désillusion. Les papiers ne transforment pas toute sa vie et les symptômes, non seulement liés aux traumatismes de l’exil, mais à ceux bien antérieurs ressurgissent avec force car l’angoisse n’est plus jugulée par le fait de se battre « au jour le jour ».
La volonté de prendre en compte ces besoins, a amené l’ADA à proposer un appui psychologique intégré à l’accompagnement des demandeurs d’asile.

Cet accompagnement a été initié en 2016, avec deux psychologues cliniciennes bénévoles au sein de l’ADA.  Le soutien à la parentalité constitue un axe fort de l’action menée par l’ADA, une pédopsychiatre a ainsi rejoint l’équipe en 2017 pour un travail de groupe pédiatre-psychologue avec ces familles. Depuis mars 2021, un psychiatre a rejoint l’équipe.

Comment repérer les personnes susceptibles de bénéficier d’un appui psychologique ?

L’orientation vers ce suivi résulte de l’initiative du salarié ou du bénévole ayant entendu une demande ou perçu une souffrance psychique dans le cadre d’une rencontre avec le DA. Le lien entre travail psychologique et suivi de la procédure se révèle structurant pour le demandeur d’asile. La situation post-traumatique liée à l’exil, les deuils, les séparations, constituent un ébranlement de la personnalité et entraînent une dispersion, voire une perte des repères et une confusion. La collaboration entre les différents accompagnateurs de la procédure et les psychologues constituent un cadre plus structurant pour les personnes.
S’il existe une possibilité d’appui psychologique pour les demandeurs d’asile, c’est parce que les salariés et les bénévoles, par ailleurs formés aux démarches administratives complexes de la demande d’asile, sont également sensibilisés aux problématiques psychiques éventuellement rencontrées par leurs interlocuteurs. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas le cas dans les relations entre les demandeurs d’asile et l’administration.

S’adapter à chaque demandeur d’asile

Les populations de demandeurs d’asile reçues à l’ADA ne sont pas uniformes. Par exemple, chez les Africains, on rencontre deux types de demandeurs d’asile : ceux qui viennent de la campagne, avec une culture africaine qui perdure, ils sont parfois analphabètes ; d’autres sont urbains, avec des repères souvent complexes. Ils sont fréquemment pris entre deux cultures : leur culture d’origine et une orientation vers l’Europe, qui représente pour eux une forme de modernité. Pour qu’un travail psychologique fonctionne avec ce type de patients, il faut que les séances soient aménagées en fonction des personnalités et ne reproduisent pas nécessairement des séances analytiques type. Les psychologues doivent alors s’adapter. On remarque que les personnes ont le désir de rencontrer des soignants avec une compétence de type européen, ne souhaitant pas ici reproduire des expériences avec des intervenants de leurs cultures (chamane, etc…).

Les demandeurs d’asile isolés présentent aussi des problématiques liées à l’inactivité et aux difficultés d’hébergement. Ceux-ci n’ont en effet pas le droit d’effectuer un travail rémunéré et les possibilités de bénévolat sont limitées. De ce fait, ils sont le plus souvent inactifs, dans l’errance et leur santé, physique et mentale, se détériore beaucoup. Nombre d’entre eux n’ont pas d’hébergement, ou sont contraints à des changements de lieux fréquents. Cette situation induit de l’insécurité et il est difficile de soigner psychiquement des personnes à la rue. En revanche, on observe que lorsque les personnes ont un hébergement stable, le travail thérapeutique s’en trouve facilité.

Ces années d’expérience et d’observation montrent que la clinique du traumatisme chez les demandeurs d’asile se manifeste par des symptômes récurrents et importants : troubles psychosomatiques (céphalées, troubles digestifs, problèmes dermatologiques, douleurs corporelles…), insomnies, anxiété, angoisse, phobies, perte de la mémoire et troubles de l’attention. Pour certains, le suivi en fonction de leur problématique personnelle a notamment permis d’atténuer des symptômes comme la perte de mémoire et les troubles de l’attention.
Les entretiens psychothérapiques, en permettant d’offrir un lieu où la problématique du vrai et du faux qui est à la base du témoignage pour obtenir les papiers ne se pose en principe pas, induisent une diminution des symptômes et, souvent, la reprise d’une capacité narrative contribuant à combler les lacunes d’une mémoire en souffrance, permettant aux personnes, ultérieurement, de réorganiser et se réapproprier leur histoire et leur récit.

Si certaines personnes manifestent des symptômes évoqués ci-dessus, pour d’autres la gravité du traumatisme est telle qu’elle ne s’exprime pas et peut passer inaperçue. La personne est alors souvent inhibée et mutique. En effet, après avoir subi un traumatisme grave, les personnes atteintes ne présentent pas toujours des symptômes visibles. En cachant leur frayeur et leurs difficultés, en paraissant détendues voire souriantes, elles ne permettent pas à ceux qui les accompagnent, salariés ou bénévoles, de prendre la mesure de leurs problématiques. Ce fonctionnement lié au gel des affects cache un grand désarroi et des troubles qui peuvent être graves.
L’acceptation de la proposition de rencontrer un psychologue est, même si la personne n’a pas souvent une idée précise du type de travail qui va lui être proposé, déjà implicitement une reconnaissance des symptômes qui l’empêchent de vivre et on observe qu’un vrai travail peut alors se mettre en place.

Les psychologues reçoivent des familles, avec un intérêt particulier pour la relation mère-enfant. Elles reçoivent également des femmes pendant leur grossesse. L’exil avec l’éloignement de la famille, rend les mères particulièrement vulnérables et sensibles à la dépression. Les premières interrelations mère/enfant constituent le fondement de la vie psychoaffective et intellectuelle de l’enfant. La prise en charge à ce moment constitue à la fois du soin et de la prévention.
La consultation avec psychologue et pédiatre permet aussi des réponses aux questions médicales qui peuvent se poser et de favoriser une orientation vers d’autres professionnels de santé. Cette démarche est d’autant plus importante qu’elle s’adresse à des personnes vulnérables, peu suivies et en difficulté pour accéder aux soins.

Besoins de l’ADA

L’ADA souhaite mieux former ses bénévoles et salariés aux effets psychologiques des traumatismes. Une telle formation est encore très peu présente à l’ADA et nous pensons qu’il est nécessaire de la développer. Pour ce faire, les actions suivantes sont envisagées et non pu être mises en œuvre pour cause de crise sanitaire et de manque de financement :

  • Une ou des formations dans le cadre des « Mardis de la formation », organisés régulièrement à l’ADA pour ses bénévoles et ouverts aux membres d’autres associations. Ces formations pourraient être dispensées par les psychologues qui interviennent à l’ADA.
  • L’intervention d’un professionnel extérieur à l’ADA : par exemple un psychiatre de la PASS – Permanence d’Accès aux Soins de Santé du CHU de Grenoble, structure s’adressant aux personnes en situation de précarité.

Conclusion

Au regard de la régularité et de l’investissement de ces entretiens, on peut avancer que ces derniers correspondent bien à une demande des demandeurs d’asile : ne plus être envahis par leurs symptômes et faire tomber en partie les systèmes de défense mis en place comme protection du psychisme, mais qui dans le même temps risquent de perturber leur récit et d’entraîner le rejet de leur demande d’asile.


Publié le 15.04.2021 à 13:52

L’ADA soutient les actions de TousMigrants et appelle à manifester le 22 avril à GAP et le 27 mai à Grenoble

Appel à soutiens pour la relaxe des 3+4+2.

Le printemps 2021 sera marqué par deux procès politiques criminalisant la solidarité avec les exilé.e.s et les sans-papiers

Le 22 avril au tribunal de Gap jugement de deux solidaires en première instance pour « aide à l’entrée et à la circulation sur le territoire national de personnes en situation irrégulière ».
Ils ont été interpellé le 19 novembre alors qu’ils étaient en train de porter secours à une famille Afghane sur le territoire français.

Le 27 mai jugement en appel des « 7 de Briançon » suite à la condamnation prononcée le 13 décembre 2018. Ils ont été condamnés en première instance à des peines allant jusqu’à quatre mois de prison fermes et huit mois avec sursis pour avoir participer le 22 avril 2018 à une manifestation antifasciste.
Cette manifestation spontanée visait à dénoncer l’action du groupe fascisant Génération Identitaire présent la veille au col de l’Echelle (Hautes Alpes) et la militarisation de la frontière qui met des vies en danger.

  • Depuis 5 ans, l’Etat mène une chasse à celles et ceux qu’il considère comme indésirables et procède à des refoulements illégaux quotidiens en contrevenant à ses propres lois.
  • Depuis 5 ans, des milliers de solidaires, des dizaines de soignants se relayent au nom du principe de fraternité pour porter assistance à des exilé-es déterminé-es à venir chercher chez nous un peu de paix.

Les violences policière sont avérées :
https://www.bastamag.net/police-racket-violence-sur-mineur-detournement-de-fonds-publics-refugies-proces-PAF-Montgenevre, la mise en danger des exilé-es qui une fois sur le territoire français tentent d’échapper à leur interpellation et les courses poursuites meurtrières aussi (https://www.liberation.fr/france/2019/05/08/sur-les-traces-de-blessing-matthew-migrante-nigeriane-noyee-dans-la-durance_1725483). Il ne s’agit plus de bavures policières isolées mais d’une répétition d’actes systématiques de violence et de graves atteintes aux droits fondamentaux qui témoignent d’un racisme systémique à l’œuvre aux frontières françaises et européennes.

Cette politique du gouvernement français a conduit à la mort de 5 personnes en exil à Montgenèvre. Pour les mêmes raisons, plusieurs centaines de blessés sont déjà à déplorer et le ton sécuritaire continue de monter. Le 16 novembre, les effectifs de police ont été doublés à Montgenèvre, avec de plus le renfort des forces dites sentinelles. Par ces décisions, le gouvernement veut faire croire qu’une Europe -forteresse est possible et vaut mieux que des vies humaines. Les milliers de cadavres aux frontières de l’Europe, la violence et les dénis de droits aux frontières intérieures des pays européens ne semble pas le gêner.

POUR NOUS, SOLIDAIRES, il n’est pas question que le scénario se répète inlassablement à la frontière briançonnaise.

La militarisation de la montagne n’est qu’un geste vain de l’Etat qui pousse les exilé-es à prendre plus de risques.

Nous voulons faire de nos procès une nouvelle occasion de mettre en lumière la répression, l’injustice et la violence invisibilisées qui s’exercent chaque jour sur les personnes en exil.

« Les gens qui meurent sur les plages, si c’étaient des blancs, la terre entière serait en train de trembler »

– Fatou Diome –

POUR QUE CESSE LA TRAQUE AUX EXILÉ-ES PARTOUT SUR LE TERRITOIRE 

EN SOLIDARITÉ AVEC TOUS LES SANS PAPIERS ET LES SOLIDAIRES INCULPÉ-ES

Nous appelons citoyen.ne.s, associations, institutions, élu.e.s et collectivités à soutenir notre combat pour défendre la solidarité et pour qu’enfin cessent les poursuites contre les bénévoles, les associations et les défenseurs des droits.

Je signe la pétition pour la relaxe des 3+4+2

NOUS VOUS ATTENDONS NOMBREU-SES :
LE 22 AVRIL A GAP, 12 H DEVANT LE TRIBUNAL
ET LE 27 MAI A GRENOBLE, 14 h DEVANT LE TRIBUNAL


Publié le 11.04.2021 à 19:50

L’ADA condamne fermement l’expulsion d’un réfugié tchétchène en Russie le 09/04/2021

M. G. reconnu réfugié au titre de la Convention de Genève de 1951 a pourtant été expulsé en Russie où il a été démontré qu’il avait des craintes en cas de retour. Si en 1951, les rédacteurs de la Convention de Genève ont bien prévu, en son article 33§2, que peuvent être refoulés vers leurs pays d’origine les réfugiés qui constituent une menace pour l’ordre public, le HCR rappelle que cette disposition « n’affecte pas les obligations de non-refoulement de l’État d’accueil telles qu’elles découlent du droit international des Droits de l’Homme qui ne prévoit aucune exception. Ainsi l’État d’accueil ne pourrait pas renvoyer un réfugié, si cela avait pour effet de l’exposer, par exemple, à un risque substantiel de torture » (avis consultatif de 2007, § 11). L’article 21 DQ est aussi très clair sur la prise en compte des autres obligations internationales des Etats, parmi lesquelles il suffit de mentionner l’application des art. 6 et 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l’art. 3 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, les art. 4 et 19 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, et l’art. 3 de la Convention européenne des Droits de l’Homme. Le principe de non-refoulement des personnes vers un autre État où il y a des motifs sérieux de croire qu’elles risqueraient d’être soumises à la torture est absolu.

En l’espèce, la qualité de réfugié n’étant pas mise en cause, les craintes de persécutions en cas de retour dans le pays de nationalité restent intactes, si bien que le risque d’atteintes aux droits fondamentaux en cas d’éloignement est caractérisé. 

Comme le soulignent Amnesty International et le Comité Tchétchénie, la CNDA a rendu le 10 mars 2021 un avis favorable au renvoi en Pologne de M. G. où il a été reconnu réfugié et non en Russie. Dans son avis, la Cour relève que la qualité de réfugié de Monsieur G. est établie : « pour l’application de l’article 33 de la convention de Genève, l’intéressé est un « réfugié » quand bien même les autorités compétentes ne se sont pas prononcées définitivement sur sa demande d’asile. Ainsi, M. G. est un réfugié au sens et pour l’application de l’article L. 731-3 précité du « Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ».

La Cour Nationale du Droit d’Asile relève également que toutes les assurances doivent être prises pour que, en cas de renvoi en Pologne, aucun renvoi vers la Russie ne soit exécuté : « compte tenu du refus exprimé par les autorités polonaises de réadmettre l’intéressé sur le territoire polonais et dans la mesure où la qualité de réfugié ne lui est plus reconnue par cet État, il y a lieu de s’assurer que ces autorités s’abstiendront de toute mesure d’éloignement en direction de la Russie ».

Elle rappelle que « les craintes de persécution vis-à-vis de la Russie, résultant de la décision de l’OFPRA du 19 octobre 2020, imposent à la France, en vertu des termes de la décision déjà mentionnée de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) du 14 mai 2019 de veiller à ce qu’il ne soit pas dérogé au principe de non-refoulement en se fondant sur l’article 33, paragraphe 2, de la convention de Genève ».

L’ADA-Accueil Demandeurs d’Asile soutient la demande de rapatriement de M. G. et presse le gouvernement de ne pas recourir à de nouvelles expulsions de réfugiés : quand bien même ils en auraient perdu le statut, ils en conservent la qualité.

Jacqueline LEININGER
Présidente de l’ADA

Jean-Michel REYNAUD
Vice-Président de l’ADA


Publié le 17.03.2021 à 12:53

Rapport Moral de l’Assemblée Générale Ordinaire du jeudi 8 avril 2021

Nous vous souhaitons la bienvenue à toutes et à tous. Ce soir, comme chaque année, cette Assemblée Générale est un moment important pour l’ADA, même si, cette année, comme l’année dernière, elle ne peut pas se faire en présentiel à cause de la pandémie. Mais nous savons que vous êtes avec nous devant vos écrans, nous sommes ensemble, malgré tout.

Notre association a été créée en 1986 et a depuis, toujours défendu le Droit d’Asile. Même si nous avons aujourd’hui des craintes sérieuses pour le respect de celui-ci, la vitalité de notre association nous confirme dans l’idée qu’elle était irremplaçable dans la mission qu’elle s’était donnée et qu’elle l’est encore, plus que jamais.
Présidente de cette association depuis 18 ans, j’ai demandé à être épaulée  dans cette fonction. En juin 2020 suite à l’AG virtuelle, le Conseil d’Administration (CA) nous a élus, Jean-Michel et moi-même, comme responsables de l’ADA. Nous souhaitons poursuivre cet engagement tous les deux, il n’y aura pas d’élection cette année.
J’ai décidé que, pour l’année 2023, en raison de mon âge, je ne me représenterai pas au poste de présidente de l’ADA, mais bien sûr je resterai adhérente et je poursuivrai mon travail d’aide aux demandeurs d’asile au sein de notre association.

L’année 2020 n’a pas été une année comme les autres, les deux mois de confinement effectif au printemps nous ont obligé dès leur annonce, à former en deux jours une quarantaine de recours afin de respecter les délais des procédures engagées devant la CNDA. Puis, cette pause a été une bonne occasion pour faire du rangement et même du vide.
L’année 2020 nous a contraints, à composer avec les nombreuses et souvent imprévisibles perturbations dans les transports ajoutant surcoût et travail supplémentaire.
L’année 2020 a vu la diminution de moitié des primo arrivants sur notre territoire en comparaison de ceux de 2019, sans pour autant avoir d’influence sur le rythme et le nombre des convocations à l’OFPRA ou à la CNDA.
Face à ces difficultés supplémentaires nous avons su trouver des réponses pour nous adapter et ainsi permettre la continuité de l’exercice du droit d’asile, grâce à l’engagement des salariés, bénévoles, adhérents et aux nombreux soutiens que rencontrent nos actions dans l’agglomération grenobloise.

Au mois de mai, Guillaume THIERY est venu remplacer Fanny, qui, en congé maternité, se préparait avec Antonio, à accueillir Mathys, puis nous avons fait le choix de nous renforcer en transformant son contrat en CDI. Cela correspond à la volonté du bureau de consolider nos actions, mieux former et encadrer l’équipe de bénévoles afin de leur permettre d’assumer leurs fonctions de manière autonome, dans le respect bien sûr, de l’éthique qui a toujours été la nôtre, et dont nous nous sentons les garants : la non-violence, l’écoute et le respect de l’autre.
Autant vous dire que nous sommes fiers malgré ces difficultés et chausse trappe en tous genres, d’avoir rempli nos missions. Et puis cette année nous conforte dans la volonté, la nécessité, de nous renforcer, pour porter, faire entendre et défendre le droit d’asile qui est, ce qui reste à celles et ceux qui ont tout perdu.

Le rapport d’activité vous permettra de voir la variété et la complexité de notre travail.

Nous tenons, comme chaque année, à remercier nos trois salariés Fanny, Guillaume et Olivier qui sont exceptionnels et à qui nous ne pouvons pas nous empêcher de rendre hommage : ce sont les piliers de notre association : Olivier, avec ses compétences juridiques, informatiques, linguistiques et sa qualité d’attention aux autres, Fanny, très pointue concernant la procédure Dublin,  précieuse, par son calme à toute épreuve et Guillaume qui, grâce à ses compétences de juriste prend toute sa place, notamment dans le contentieux lié aux CMA. Nous vous demandons de les applaudir tous les trois… ! 

Notre association travaillera inlassablement pour que ce droit d’asile, ce respect de chacun dans sa différence et son intégrité existent en France.

Nous lançons un appel à vous, qui êtes présents, pour nous aider à trouver de nouveaux bénévoles, parmi vous, vos proches, vos connaissances… prêts à s’impliquer à nos côtés pour défendre le droit d’asile.

Remerciements

En premier lieu, je tiens à remercier la Ville de Grenoble, qui, pour 2020, a maintenu sa subvention malgré une situation économique difficile, montrant ainsi son engagement pour cette cause. La Métro, a poursuivi son aide pour l’année 2020.
Des villes et des groupes de communes continuent à soutenir notre travail, la trésorière vous donnera la liste complète de ces villes. Nous les remercions tous vivement.

Nous souhaitons remercier particulièrement le Diaconat Protestant et le Secours Catholique qui nous soutiennent depuis 1986 et avec lesquels nous nous sentons toujours tout à fait en accord. Le Diaconat Protestant, pour la dernière année, a assuré, en plus, des aides financières exceptionnelles à notre demande. Nous leur exprimons toute notre reconnaissance.

Nous remercions la Commission Asile de la Cimade à Paris pour leur aide juridique essentielle pour nous. Nous remercions aussi tous les groupes locaux d’Amnesty International pour leur soutien financier.
La Convention avec l’ODTI se poursuit. Ils nous versent chaque année une aide financière que nous apprécions vivement.
Régulièrement, nous travaillons avec trois associations : l’Amicale du Nid, l’Appart et la commission asile du centre LGBTI. Ce travail partenarial pour des populations ayant une vulnérabilité particulière permet une complémentarité et un meilleur accompagnement dans la demande d’asile.
Nous sommes aussi en contact avec : la Cimade, les Restos du cœur, la Croix Rouge, l’APARDAP, le Secours Populaire, Médecins du Monde, le Fournil, Nicodème, Point d’eau, Accueil SDF, RESF 38, le CSRA, Un Toit pour tous……. Leur travail participe au soutien des étrangers dans notre région.
Merci à tous les adhérents de l’ADA qui nous soutiennent par leurs adhésions et par leurs dons, signe de l’intérêt qu’ils prennent à notre travail.
Je tiens à remercier les membres de la Maison des Associations qui continuent à nous soutenir dans cette période difficile. Nous apprécions de pouvoir disposer de la salle de conférence pour nos permanences le mardi et le vendredi matin. Tout n’est pas simple en ce moment et nous espérons que la sortie du confinement permettra de rétablir des relations cordiales que nous entretenions auparavant.

Ce soir, nous allons vous présenter, pour 2020, notre rapport financier et notre rapport d’activité. Dans la suite de cette AG réglementaire Fanny nous présentera son rapport de l’Observatoire de l’Asile en Isère sous l’angle de la Protection à l’épreuve des crises.

Merci à tous

Jacqueline LEININGER                                      Jean-Michel REYNAUD


Publié le 28.01.2021 à 18:16

Avec les incertitudes de cette nouvelle année, l’ADA poursuit ses missions de solidarité avec les demandeurs d’asile. Ayons des rêves et des étincelles d’audace ! Nous vous souhaitons une bonne année 2021!