Assos iséroises


 Guillaume Gontard
Sénateur de l' Isère. Permanences: 3, rue Gabriel Péri – 38000 Grenoble – Tél. 04 38 86 28 74

Son activité au Sénat

Publié le 17.11.2022 à 13:30

Le Sénat demande au Gouvernement de soutenir la filière chanvre

Je me félicite avec le groupe Ecologiste et l’ensemble des acteurs de la filière chanvre, de l’adoption ce jeudi 17 novembre, par une très large majorité du Sénat, de la résolution que j’avais déposée en juillet dernier, cosignée par plus de cinquante sénatrices et sénateurs de tout bord.

 Cette proposition vise à soutenir le développement de la filière chanvre et à clarifier la règlementation des produits issus du chanvre.

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Publié le 10.11.2022 à 17:30

Déserts médicaux : attention aux fausses solutions

Pour un nombre sans cesse croissant de nos concitoyens, accéder à un médecin ou à d’autres practiciens de santé, devient de plus en plus difficile. Selon la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), entre 2015 et 2018, la part de la population française vivant en zone sous-dotée en médecins généralistes a augmenté de 50 %. Particulièrement impactées, les zones rurales et les zones populaires des métropoles subissent à la fois les fermetures des hôpitaux de proximité, des maternités et des services d’urgence, ainsi que le non-remplacement des médecins, des infirmiers ou des sages-femmes.

Malgré l’action volontariste de très nombreux élus locaux pour attirer les professionnels de santé dans leurs communes (création de maisons de santé, salarisation des médecins, mise à disposition de locaux voire de personnel…), rien ne semble réussir à inverser cette tendance. Pire, cette bonne volonté des maires cherchant à attirer les médecins dans leur commune conduit à une compétition accrue et à ce que certains médecins ne restent pas, ayant trouvé de meilleures conditions ailleurs. En 2014 et en 2019 déjà, la Cour des comptes avait constaté que ces mesures avaient plutôt provoqué des effets d’aubaine pour les médecins déjà en place.

Face à ce problème majeur, le gouvernement, à travers le Projet de Loi de Finances de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2023 propose de créer une quatrième année d’internat de médecine qui aurait lieu dans les zones sous-dotées. Une proposition de loi de M. Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, allant dans le même sens a également été adoptée récemment. Cette proposition nous apparaît comme une fausse solution pour plusieurs raisons. D’abord, il s’agit de rallonger encore les études de médecine et donc de retarder l’arrivée de nouveaux médecins d’une année supplémentaire. Ensuite, les salaires très faibles versés aux internes de médecine apparentent ce dispositif à un recours à des soignants précaires. Pour ces deux raisons, de nombreux syndicats étudiants et élèves de médecine protestent contre cette mesure. De plus, le turn-over d’étudiants n’ayant pas fini leur formation ne peut suffire à assurer correctement les soins nécessaires dans les déserts médicaux. Enfin, les études menées sur les déserts médicaux indiquent notamment que le facteur majeur conduisant à l’installation en zone rurale est l’origine des médecins, à savoir qu’ils ont eux-mêmes grandis dans la ruralité.

Or les territoires ruraux étant majoritairement populaires, les élèves qui en sont issus se heurtent à la sélection à l’université, amplifiée depuis quelques années par Parcoursup, véritable machine de reproduction sociale. Après les grandes écoles, les études de santé comptent parmi les plus clivées socialement. Ainsi, alors que les enfants des cadres métropolitains sont surreprésentés en études de médecine, leurs chances de réussite sont deux fois et demie fois supérieures à celle d’un enfant d’ouvrier. Ainsi, lutter contre les déserts médicaux passe aussi par la décentralisation et la lutte contre les inégalités sociales et territoriales. Pour toutes ces raisons, nous avons voté contre la PPL de M. Retailleau et cet article du PLFSS.

Souhaitant bien sûr apporter des solutions concrètes, le groupe écologiste réclame de longue date que les médecins nouvellement diplômés effectuent leurs trois premières années dans les déserts médicaux, comme cela est déjà possible pour la plupart des autres professions médicales. Comparé à la proposition du gouvernement et des Républicains, cela permettrait de disposer de professionnels formés pendant plusieurs années dans ces territoires. Malheureusement, cette proposition de la gauche est systématiquement rejetée à chaque fois que nous la présentons.

Par ailleurs, si le numerus clausus a certes été supprimé, il continue de fait d’exister à travers le nombre de places en études de médecine. A cet égard, l’académie de Grenoble fait d’ailleurs figure de très mauvais élève : avec à peine plus de 5% des élèves de première année de médecine acceptés en deuxième année, son score est le plus mauvais de toute la France, Outre-Mer compris. Plus révoltant encore, un.e étudiant.e de médecine dans l’académie de Lyon a 4 à 5 fois de plus de chances de passer en deuxième année qu’à Grenoble, ce qui va totalement à l’encontre du principe républicain d’égalité des chances. J’ai donc interpellé le Ministre de la santé sur ce point à travers une question écrite.


Publié le 10.11.2022 à 14:57

Loi d’accélération des énergies renouvelables : les avancées du groupe écologiste

Depuis ce jeudi 3 novembre, le projet de loi d’accélération des énergies renouvelables est débattu au Sénat. Fortement mobilisés sur ce texte, les écologistes ont obtenu une série d’avancées et ont participé à lever les freins au développement de l’éolien portés par Les Républicains. Grâce au groupe Écologiste – Solidarité et Territoires, une vraie accélération sur le développement du photovoltaïque est possible. Nos amendements adoptés permettent une diffusion rapide et massive de la production électrique d’origine solaire sur tout le territoire national.

Ainsi les sanctions face au non-respect des obligations d’installations photovoltaïques sur les parkings sont rendues obligatoires et réellement dissuasives pour les contrevenants qui souhaiteraient s’en exempter. Par ailleurs, nous faisons adopter l’obligation de solariser 50 % de la surface des toitures des bâtiments neufs, contre 30 % initialement, mais aussi la priorisation de l’installation de procédés de production d’énergies renouvelables plutôt que de dispositifs de végétalisation sur les bâtiments non résidentiels nouveaux. Enfin, nous avons fait voter la possibilité d’installations photovoltaïques sur les façades des bâtiments commerciaux et publics.

Nous faisons également adopter deux amendements pour intégrer des critères environnementaux dans la commande publique et dans les appels d’offres pour les équipements de production d’énergie solaire. Seront ainsi pris en compte leur empreinte carbone mais aussi environnementale tout au long de leur processus de fabrication, de leur utilisation, ainsi que leur valorisation après leur fin de vie. Par ailleurs, le groupe se félicite de la création d’un fonds biodiversité financé par la production des énergies renouvelables pour spécifiquement soutenir les actions de protection des espèces menacées.

Deux propositions des élus Les Républicains mettaient en danger le développement des énergies renouvelables en France, et notamment celui de l’éolien dont la production sera essentielle à notre équilibre énergétique dans les années à venir. Le Sénat, grâce à un large rassemblement des centristes aux écologistes, a supprimé l’idée folle d’un droit de veto des élus locaux sur les projets éoliens terrestres (y compris pour les élus des communes limitrophes aux communes d’implantation), de biogaz et de centrales solaires au sol. Le Sénat renforce néanmoins la capacité des élus locaux à proposer des zones prioritaires d’installation, mais sans empêcher les installations sur le reste du territoire. Le renforcement de la planification régionale, que nous avons porté, participera à l’équilibre territorial des implantations.

Enfin, après d’intenses débats, le Sénat a supprimé la règle des 40 kilomètres de distance minimale des côtes pour l’implantation des parcs éoliens en mer malgré l’opposition des élus Les Républicains. C’était là une condition irresponsable revenant à limiter considérablement le potentiel du développement de l’éolien en mer. L’ensemble de ces éléments a donc conduit le groupe écologiste à voter pour ce texte, malgré l’introduction de plusieurs dérogations environnementales et freins au développement des énergies renouvelables, comme notamment la proposition d’un avis conforme des Architectes des
Bâtiments de France. Ces freins devront être supprimés à l’Assemblée nationale.


Publié le 08.11.2022 à 20:08

La France doit soutenir l’Ukraine encore davantage

Je suis intervenu Sénat au nom du groupe Ecologiste – Solidarité et Territoires lors du débat sur la guerre en Ukraine et ses conséquences pour la France.

J’ai dénoncé les crimes de guerre de l’armée russe en particulier contre le civils et contre les femmes, victimes d’atrocités sexuelles.

Je me suis inquiété de la menace nucléaire répétée, militaire comme civil avec les incertitudes qui pèse sur la centrale de Zaporija.

J’ai invité le président de la République a une attitude plus ferme à l’égard de la Russie. La France n’est plus en mesure de se poser en tant médiateur, elle doit assumer son soutien plein et entier à l’Ukraine.

J’ai dénoncé l’action de TotalEnergies en Ukraine, un profiteur de guerre qui va jusqu’à fournir indirectement du carburant à l’aviation russe qui a bombardé Marioupol.

J’ai enfin plaidé pour une ambition française et européenne décuplée en matière de sobriété et de transition énergétique. Notre effort pâtie de notre dépendance aux hydrocarbures et à l’uranium russe !

Pour les ukrainiens, pour le pouvoir de vivre des européens, pour le climat il faut accélérer la transition énergétique !

Merci Monsieur le Président,

Madame la Première Ministre,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président de la Commission,

Mes chers collègues,

Depuis plus de huit mois, le peuple ukrainien résiste héroïquement à l’impérialisme russe. Depuis quelques semaines, son armée a inversé la tendance sur le terrain et commencé à repousser l’envahisseur vers la frontière russe. Qui aurait imaginé ce scénario quand, en février, les colonnes de blindés russes descendaient sur Kiev et que l’on proposait au président Zelensky un sauf conduit pour quitter le pays ? Goliath a des pieds d’argile et David lourdement armé par ses alliées est beaucoup plus grand que ce que l’on escomptait.

La guerre est installée dans tout le sud et l’est du pays et durera encore des mois, alors que l’hiver s’apprête à geler les positions. Le bilan humain, qui malgré les difficultés d’estimation, se chiffre au moins à plusieurs dizaines de milliers de morts et de blessés va continuer à s’alourdir. Les civils ukrainiens payent également un lourd tribut, victimes des bombardements massifs, des attaques des drones kamikazes et des crimes de guerre en tout genre de l’occupant russe, qui fuyant devant la percée ukrainienne a laissé, comme à Boutcha, d’atroces charniers, des fosses communes mal dissimulées qui révulsent le cœur et l’esprit.

Dans ces odieux massacres de civils, les femmes ont comme souvent été victimes d’abominables violences sexuelles. Pramilla Patten, représentante du secrétaire général de l’ONU considère que « le viol, en Ukraine, est bel et bien une arme de guerre », « une stratégie militaire visant à déshumaniser les victimes et à terroriser la population ». Les quelques victimes recensées parmi tant d’autres restées anonymes, ont entre 4 et 82 ans. Effroyable.

L’armée russe ne recule devant aucune barbarie pour tenter de saper le moral du peuple ukrainien. Elle bombarde toujours indistinctement les civiles et distinctement les réseaux électriques pour semer la terreur, l’inconfort et le froid. Madame la Première ministre, à ce jour l’Ukraine ne demande pas d’aide pour réparer ses réseaux électriques, mais le ça échéant, la France et l’Europe sont-elles prêtes à envoyer des techniciens et des groupe électrogènes pour éviter qu’une partie de la population ukrainienne connaisse un hiver glacial ?

Acculée, la Russie ne recule devant rien. Bombardement d’infrastructures civiles, mobilisation partielle, loi martiale, menaces nucléaires répétées, balistiques mais aussi civiles. Il semblerait, qu’à l’heure où nous parlons, les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique n’aient plus accès à la centrale de Zaporijjia, ce qui est, comme depuis le début du conflit, une source aigue d’inquiétude. Cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes est insoutenable. Plus que jamais le monde doit s’engager vers la fin du « cauchemar nucléaire », pour citer, une fois n’est pas coutume le pape François. Je vous reformule notre demande d’adhésion de la France, en tant qu’observateur, au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

L’autocrate du Kremlin joue sa survie et a entrainé le conflit au-delà un point de non-retour. Un monde en paix où Vladimir Poutine demeure président de la Fédération de Russie est une chimère. Nous l’avons laissé agir en Géorgie, nous l’avons laissé agir en Syrie, nous l’avons laissé agir en Crimée. Cela doit cesser.

L’Ukraine doit gagner cette guerre !

Cette victoire sera atteinte quand l’Ukraine aura recouvré ses frontières de 1991, Donbass compris, Crimée comprise ou quand elle décidera que ses objectifs militaires sont atteints.

Toute tentative de médiation avec le dictateur russe semble vaine. Poutine refuse le dialogue et ne comprend que le rapport de force.

La position française des derniers mois a parfois dérouté le Gouvernement ukrainien, comme nombre de nos partenaires européens. Nous demandons au président de la République de ne plus tergiverser, de cesser d’invoquer comme un mantra une hypothétique table de négociations. Cette rhétorique de médiation n’a pas de sens, la France est trop engagée dans le conflit pour tenir ce rôle. Vladimir Poutine se considère de toute façon en guerre contre l’occident, que nous le voulions ou pas. Le rôle de la France est celui d’un soutien ferme et sans ambiguïté à l’Ukraine, au droit international, à la démocratie, à nos valeurs et à la lutte contre le dérèglement climatique tributaire de la victoire de l’Ukraine et des démocraties.

Un soutien plus ferme dans ses mots, un soutien plus ferme dans ses actes. La France, qui est la première armée d’Europe, qui prône l’autonomie stratégique du continent, doit porter son effort d’aide à l’Ukraine à la hauteur de l’ambition géopolitique qui est la sienne, à la hauteur de notre voisin britannique, qui forme 20 000 soldats ukrainiens quand nous en formons 10 fois moins, à la hauteur de notre voisin allemand qui livre des chars d’assauts au pays d’Europe de l’Est pour que ceux-ci puissent céder leurs chars soviétiques à l’Ukraine.

Pour limiter les dégâts des drones iraniens, le 12 octobre dernier, le président de la République annonçait que la France allait fournir à l’Ukraine des système anti-missiles pour se protéger notamment des drones iraniens, où en est la réalisation de cette promesse ?

Cette fermeté doit aussi à s’adresser à nos entreprises, qui continuent leur activité en Russie, au premier rang desquels TotalEnergies, qui contribue indirectement à la fourniture en kérosène de l’armée de l’air russe et donc au bombardement de populations civile. L’énergéticien doit quitter la Russie. Il fait honte à notre pays, quand ses homologues occidentaux ont TOUS annoncé abandonner leurs activités en Russie. Il s’enrichit indûment grâce à l’explosion des cours du pétrole et du gaz, un véritable « profiteur de guerre » comme les dénonçait bravache le président de la République en juin dernier au G7. Madame la Première ministre, comment pouvez-vous, dans ces conditions, refuser encore et toujours de taxer les superprofits des profiteurs de guerre ? Allez-vous au moins faire vôtre l’excellente proposition de notre collègue Boris Vallaud et des députés socialistes de saisir, pour les verser à l’Ukraine, tous les dividendes et autres gains que les entreprises auraient perçus en demeurant sur le sol russe ?

Notre dépendance à l’énergie russe continue d’être notre talon d’Achille dans cette bataille. L’Allemagne dépend de son gaz, nous dépendons de son uranium. Entre 2000 et 2020 la France a importé de Russie 19 245 tonnes d’uranium naturel et 8 213 tonnes d’uranium enrichi. Nous importons près de la moitié de notre uranium du Kazakhstan, pays militairement lié à la Russie. Le dernier arrivage de Russie connu, 52 fûts d’uranium enrichi, date … du 24 août dernier… La prétendue souveraineté qu’offre le nucléaire est une vaste farce.

Le régime de sanctions européennes en pâti et notre effort est loin de ce qu’il devrait être asphyxier économiquement la Russie. L’heure pour le continent, pour le pays est à la souveraineté et à la sobriété énergétique, celle que seule procure le soleil, le vent et l’eau à condition de doter l’Europe de filière industrielles en capacité d’assurer la sa transition énergétique. Aucun plan européen, aucun projet de loi français pour accélérer le développement des énergies renouvelables n’atteindra ses objectifs, si nous ne sommes pas capables de nous équiper nous-mêmes. Avec le plan de relance américain, avec les nouveaux objectifs du Gouvernement chinois, la demande intérieure de panneaux solaires des deux plus grandes économies du monde va exploser. L’Europe doit pouvoir produire les siens !

Plus rapidement, ce sont les mesures de sobriété que nous devons développer. Votre Gouvernement a fait quelques promesses en la matière, mais qui reposent encore beaucoup trop sur le volontariat des entreprises. Il faut davantage de contraintes. Les solutions de court et de moyens termes sont pourtant légions.

Cette sobriété est d’autant plus indispensable que la crise énergétique avait démarré avant la guerre en Ukraine et se poursuivra après impactant toujours plus le pouvoir de vivre de nos concitoyens.

La seule bonne nouvelle dans cette période de grave troubles, c’est que les intérêts vitaux du peuple ukrainien, les intérêts vitaux de nos concitoyens et les intérêts vitaux du climat se rejoignent, voilà un dilemme de moins sur votre bureau : il faut sortir le plus rapidement possible des énergies fossiles et décupler nos efforts en matière de transition et de sobriété énergétique.

Je vous remercie

PS : Le groupe écologiste a également demandé au Gouvernement d’accueillir les réfugiés russes qui fuient l’appel aux armes de Vladimir Poutine


Publié le 08.11.2022 à 19:57

Quelle amitié franco-italienne avec les néo-fascistes au pouvoir à Rome ?

Le groupe Ecologiste – Solidarité et Territoires a demandé le retour à la procédure normale pour le ce traité de coopération bilatérale entre la France et l’Italie, dit Traité du Quirinal, pour deux raisons.

Tout d’abord, il s’agit seulement du deuxième traité de cette nature signé par la France avec un pays européen.

Ensuite parce que le Sénat se prononce sur la ratification de ce traité signé par les présidents Macron et Draghi, alors que l’Italie est à un tournant politique de son histoire avec la victoire de la coalition d’extrême droite et de droite qui a permis l’accession à la présidence du Conseil de la dirigeante néo-fasciste Giorgia Meloni.

Alors que certains, pendant les débats, ont tenté de normaliser cet événement politique et de rendre Giorgia Meloni fréquentable, les dernières nominations dans son gouvernement laissent penser l’inverse. Elle vient de nommer Galeazzo Bignami comme ministre délégué en charge des Infrastructures. Le même qui en 2016 portait un brassard avec une croix gammée sur le bras gauche…

Madame la Ministre,

Mes chers collègues,

Le groupe écologiste a demandé le retour à la procédure normale pour le ce traité de coopération bilatérale entre la France et l’Italie, dit Traité du Quirinal, pour deux raisons.

Tout d’abord, il s’agit seulement du deuxième traité de cette nature signé par la France avec un pays européen, le précédent étant le Traité de l’Elysée signé en 1963 par le président De Gaulle et le chancelier Adenauer, qui a jeté les bases du couple franco – allemand, aujourd’hui encore, malgré les tensions actuelles, moteur de la construction européenne. C’est donc un acte politique extrêmement fort que le pouvoir exécutif soumet à la ratification de notre Parlement.

Mais le Sénat se prononce sur la ratification de ce traité signé par les présidents Macron et Draghi, alors que l’Italie est à un tournant politique de son histoire avec la victoire de la coalition d’extrême droite et de droite qui a permis l’accession à la présidence du Conseil de la dirigeante fasciste Giorgia Meloni.

Cette victoire de l’extrême droite dans un pays fondateur de l’Union européenne est un moment d’une gravité extrême, qui doit interpeller tous les républicains que nous sommes. C’est, disons-le clairement, en grande partie le résultat d’un échec de la politique communautaire. L’échec d’abord des politiques d’austérité qui ont prévalu après la crise économique de 2008 et qui ont considérablement appauvri et affaibli les pays du sud de l’Europe. L’échec ensuite de notre politique migratoire, des règlements de Dublin, Dublin II et Dublin III qui en refusant le droit de libre installation des personnes migrantes et en forçant l’enregistrement des demandes d’asile dans le premier pays européen visité, ont abandonné les pays méditerranéen, l’Italie au premier chef face au défi migratoire.

N’exonérons pas les dirigeants italiens, au premier rang desquels le triste sire Berlusconi de leur responsabilité, mais reconnaissons celle de la France et de l’Union européenne.

L’ironie, c’est que si nous avions conclu et appliqué ce Traité du Quirinal il y’a vingt ans, nous aurions sans doute évité à l’Italie de sombrer dans l’abyme fasciste. Qu’il s’agisse des ambitions portées en matière de souveraineté économique, notamment industrielle, ou pour « une politique européenne de migration et d’asile et des politiques d’intégration fondées sur les principes de responsabilité et de solidarité partagées entre les États membres, et prenant pleinement en compte la particularité des flux migratoires à leurs frontières respectives », les dispositions de ce traité, et notamment la construction d’un réflexe franco-italien sont de natures à permettre à Rome de sortir de son relatif isolement sur la scène européenne.

Nous avons bien conscience que prolonger isolement du Gouvernement italien n’endiguera en rien la montée du nationalisme et de l’euroscepticisme qui ont permis la victoire de l’extrême droite. Nous ne voulons pas rejeter ce traité qui porte en lui une ambition historique pour l’amitié franco-italienne.

Mais aujourd’hui, alors que les héritiers de Mussolini ont pris le pouvoir, le préalable à toute coopération franco-italienne renforcée doit être une intransigeance absolue sur le respect de la démocratie, le respect des droit fondamentaux notamment les droits des femmes et des minorités.

Aussi Madame la Ministre, nous vous demandons des garanties :

La France suspendra tel l’application du traité quand ces droits seront bafoués ? Refusera-t-elle de remettre à la justice italienne des militants antifascistes, qui victimes de répression politique, se réfugieraient sur son sol ?

Souhaite-elle organiser chaque année un sommet intergouvernemental avec un pouvoir fasciste ? Veut-elle poursuivre la normalisation de l’extrême droite que le président de la République semble avoir entamé dimanche soir ?

Ce traité est historique, sa portée symbolique est exceptionnelle, aussi au regard du contexte politique actuel, nous avons besoin de garanties fermes du Gouvernement pour nous prononcer en faveur de sa ratification. A défaut nous nous abstiendrons.


Publié le 08.11.2022 à 19:26

Loi d’Orientation et de Programmation du Ministère de l’Intérieur : plus de crédits pour quelle politique de sécurité ?

Le Sénat a adopté la loi d orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur qui fixe le cadre de la politique de sécurité de la France pour le quinquennat.

Si les écologistes ont approuvé l’augmentation des moyens prévues pour les forces de l’ordre et de sécurité civile, il a en revanche contesté plusieurs orientations sur la dématérialisation excessive des procédures qui pénalisent nos concitoyens non connectées, contre le recours accru à des technologies de surveillance, sur un affaiblissement de la police judiciaire… Nous avons également regretté que ce texte ne prévoit rien pour reconstruire le lien de confiance entres une partie des Françaises et des Français et leur police abîmée par une doctrine de maintien l’ordre beaucoup trop violente qui réprime durement le mouvement social, par la multiplication de pratiques discriminantes ou pire encore de bavures. Peu de propositions pour adapter notre sécurité civile aux défis des incendies qu’on a connu cet été et qui vont se multiplier.

Nous avons défendu d’autre propositions :

Pour ma part, alors que ce texte prévoit une militarisation accrue de la frontière italienne avec notamment une participation de l’agence européenne Frontex à la sécurisation de la frontière franco-italienne, j’ai défendu une politique d’asile et d’accueil totalement différente.

J’ai proposé de confier la politique migratoire à un ministère dédié qui la considère sous tous les angles (intégration, éducation, logement, prestation sociale, santé…).

J’ai défendu une politique européenne beaucoup intégrée et solidaire, l’abrogation du règlement de Dublin et une politique d’asile mutualisée.

J’ai demandé une refonte totale de l’agence Frontex dont le rôle est de sauver des vies et pas de regarder des gens se noyer.

J’ai plaidé pour la réouverture des frontières françaises et le rétablissement de l’espace Schengen suspendu illégalement depuis les attentats de 2015.

Je me suis opposé à la mise en place de nouveaux fichiers et au déploiements de drones pour surveiller la frontière.

A ces sujets, j’ai eu une explication franche avec Gérald Darmanin :


Publié le 03.11.2022 à 16:53

Protection et adaptation de nos forêts : un combat prioritaire

Après les méga-feux de cet été, des arbres vont être replantés. Mais quelle forêt aurons-nous sous les yeux ? Une forêt de monoculture, uniquement conçue pour l’exploitation du bois mais très vulnérable aux feux, absorbant peu de carbone, abritant peu de biodiversité ? Ou une forêt riche, diverse en espèces, résiliente et adaptée au changement climatique ? Si rien n’est fait, il est probable que les forêts de culture resteront la norme. Pourtant, les techniques pour faire coexister l’exploitation du bois et la préservation de l’environnement sont connues depuis longtemps.

Ainsi, je ne manque jamais une occasion de mettre en avant les forêts et le travail de celles et ceux qui organisent une gestion raisonnée et durable de celles-ci. Le 24 octobre dernier, j’étais ainsi présent à l’événement des communes forestières de l’Isère à Fontaine, où la filière bois locale était présente. L’occasion de rappeler mon action pour la promotion de l’usage du bois local dans la construction et notamment la bonification de 10% des subventions DETR pour ce critère que j’ai réussi à obtenir de la part du préfet.

Événement de la filière bois à Fontaine.

Néanmoins, à l’échelle nationale, le combat pour la protection de la forêt passe par la préservation et le renforcement de l’Office National des Forêts, un service public unique qui compte des professionnels très qualifiés. Malheureusement, ce magnifique outil souffre de coupes budgétaires à répétition depuis environ une décennie. En conséquence, les équipes n’ont plus le temps de gérer correctement les forêts, les burn-outs et départs se multiplient et la forêt publique est de plus en plus abandonnée à une gestion marchande. Je me suis donc rendu aux côtés des agents de l’ONF pour demander l’arrêt de ce massacre et un véritable service public de la forêt, le 3 novembre à Paris. Suite à cette mobilisation, soutenue par une pétition rassemblant près de 200.000 signatures, le gouvernement a finalement annulé les suppressions de postes à venir. Une première victoire dans un combat encore long à mener.


Publié le 24.10.2022 à 18:22

Santé mentale, addictions, psychiatrie… Des soignants à bout de souffle

Emploi précaire, éco-anxiété, confinements, angoisse du déclassement, guerre, incertitudes sur l’avenir… Le système néolibéral met nos nerfs à rude épreuve. Dans un monde de plus en plus instable et incertain, avec des protections qui semblent se réduire, nombre de nos concitoyens sont en mauvaise santé mentale. Tous les personnels du secteur en témoignent : le nombre de patients est en forte hausse, surtout depuis les confinements. A l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève, c’est par exemple 30 à 40% de patients en plus par rapport à la période pré-Covid. Face à cet afflux, et alors que les psychologues manquent, les personnes ont tendance à être prises en charge de plus en plus tardivement, avec un état de plus en plus compliqué à résoudre, parfois à la limite du suicide.

Si leur souhait d’accompagner les patients est entier, le moral des soignants du secteur n’est cependant pas très bon lui non plus. En effectifs insuffisants et trop peu payés, ils sont de plus en plus nombreux à partir, accentuant la pression sur le personnel restant. Le 3 octobre dernier, aux côtés de Jérémie Iordanoff, député de la cinquième circonscription de l’Isère, et de Laurent Amadieu, maire de Saint-Egrève, je me suis donc rendu à l’hôpital psychiatrique de la commune pour échanger avec la direction et les syndicats. Tous étaient particulièrement inquiets et demandent des moyens à la hauteur des besoins des patients, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Je porterai évidemment ces revendications lors des débats sur le Projet de Loi de Finances de la Sécurité Sociale (PLFSS). Je suis également intervenu dans le journal de France 3 Alpes pour évoquer la situation.

Au cours du mois d’octobre, j’ai également rencontré les professionnels de la Mutualité Française travaillant autour des addictions. Là encore, la tendance générale est à la hausse, surtout depuis les confinements, qui ont rompu le suivi de certains patients, favorisé les rechutes et entraîné d’autres personnes fragiles vers les addictions de tout type (alcool, cannabis, tabac, cocaïne, jeux d’argent…). Outre l’usage de substances, la progression de la dépendance aux écrans, parfois dès la maternelle, est extrêmement préoccupante. Les discussions avec les soignants ont été très enrichissantes et ont notamment rappelé l’importance de politiques de prévention plutôt qu’uniquement des politiques de traitement des addictions, dans une double logique d’économies budgétaires et de préservation de la santé de la population.

Rencontre autour des addictions avec la Mutualité Française