Associations iséroises


 Guillaume Gontard
Sénateur de l' Isère. Permanences: 3, rue Gabriel Péri – 38000 Grenoble – Tél. 04 38 86 28 74

Son activité au Sénat

Publié le 06.04.2022 à 15:33

Crise agricole suite à la guerre en Ukraine

L’agression de l’Ukraine par la Russie et les sanctions contre cette dernière ont profondément impacté l’agriculture française, en mettant fin à d’importantes exportations de ces pays dans plusieurs domaines et en faisant exploser les prix des hydrocarbures. Face à la détresse de nombreux agriculteurs, des mesures d’urgence ont été prises. Mais les causes structurelles de la fragilité de notre agriculture (dépendance aux importations, pauvreté des exploitants, désastres environnementaux…) ne font l’objet d’aucun plan. J’ai donc interrogé le ministre de l’Agriculture par une question écrite sur ce sujet.

Texte de la question :

M. Guillaume Gontard interroge M. Denormandie sur les conséquences économiques du conflit russo-ukrainien pour les agriculteurs français.

La guerre en Ukraine a révélé les failles du modèle agro-industriel français. Cette crise a en effet mis en lumière notre forte dépendance aux importations de carburants, d’engrais, d’alimentation animale ou de céréales. Si un accompagnement d’urgence est bien sûr nécessaire pour aider nos agriculteurs, à plus long terme, un changement de paradigme s’avère indispensable. L’agriculture français n’a pas attendu cette guerre pour être en crise, comme en témoignent la chute continue du nombre d’exploitations et de travailleurs agricoles, les suicides, la pollution des eaux et des sols, les maladies professionnelles, la perte de biodiversité, le faible revenu et le niveau de dettes des agriculteurs.

La guerre en Ukraine a renforcé ces difficultés en faisant exploser le prix des engrais ou du gazole non routier (à 1,64€/litre le 30/03, soit un doublement en un an). Les semences risquent également de manquer en 2023, tandis que l’alimentation du bétail est de plus en plus hors de prix pour les éleveurs. Face aux risques pour notre souveraineté alimentaire et à la mobilisation des agriculteurs, le gouvernement a annoncé des mesures d’urgence pour endiguer en partie ces problèmes, en particulier une remise de 0,15€/litre de GNR, un fonds de 400 millions d’euros pour les éleveurs, le développement des engrais organiques et le remboursement de la moitié des surcoûts de dépenses énergétiques pour les entreprises agricoles déficitaires. 

Si ces mesures vont dans le bon sens, un changement de modèle reste nécessaire pour améliorer la vie des agriculteurs, la qualité de notre alimentation et notre souveraineté. Au contraire, la volonté de mise en culture des jachères et l’abandon de mesures du Pacte vert européen indiquent plutôt une tentative de surfer sur cette crise pour régresser en matière environnementale. Ces choix sont d’autant plus regrettables que l’agriculture biologique et locale a démontré sa résilience face aux crises, étant moins dépendante d’importations, de l’usage de machines et plus résistante face aux catastrophes climatiques. Alors que les pouvoirs publics peuvent déployer des aides à la transition, utiliser les marchés publics des cantines ou définir des normes pour encourager une production alimentaire bio et locale, aucun de ces outils n’a été utilisé.

Enfin, cette crise révèle la grande fragilité financière des agriculteurs. La forte hausse des coûts de production les place dans une détresse profonde. Si les aides d’Etat sont un soutien bienvenu, la répartition de la valeur ajoutée des produits alimentaires reste très défavorable aux agriculteurs. Les contrats commerciaux entre producteurs, industriels et distributeurs doivent être renégociés ; la grande distribution doit accepter de sacrifier une part de ses marges. Des profits ne doivent pas être faits sur le dos des agriculteurs et des consommateurs durant cette crise. Malheureusement, les lois EGALIM 1 et 2 prévoient des critères de renégociation qui dépendent trop du bon vouloir des distributeurs. En outre, le montant des amendes (350.000€) n’est pas dissuasif. Plus qu’un simple appel à la réouverture des négociations, un texte plus ambitieux et contraignant est nécessaire pour garantir vraiment la rémunération des agriculteurs.

Ainsi, il souhaiterait savoir quelles mesures le gouvernement entend prendre pour organiser une véritable résilience de l’agriculture française à long terme, notamment en développant l’agriculture bio. Il souhaiterait aussi connaître les intentions de l’exécutif pour éviter que les distributeurs ne profitent de la crise au détriment des agriculteurs.


Publié le 21.03.2022 à 12:31

Le collège citoyen rend ses propositions

Après dix mois de travail, le collège citoyen que j’ai lancé en 2021 vient de rendre ses propositions lors d’une soirée de clôture, le 18 mars à Grenoble. Au cours de ces dix mois, cette instance citoyenne, rassemblant à l’origine 47 iséroises et isérois, a longuement étudié les trois thèmes sur lesquels nous leur avons proposé de s’interroger : l’habitat du 21ème siècle, le revenu universel et les monnaies locales et la démocratie. Il s’agissait ce 18 mars de clore ce travail par un moment symbolique de présentation de la démarche et de ses résultats aux invités, parmi lesquels plusieurs élus locaux et membres d’associations iséroises.

Nous avons de nouveau expliqué la démarche du collège citoyen, à savoir de retisser des liens entre citoyens et parlementaires et de réfléchir ensemble à des thèmes majeurs pour l’avenir. La convention citoyenne pour le climat, qui nous a montré que les citoyens tirés au sort peuvent parfaitement se saisir d’enjeux complexes et formuler des propositions très concrètes, est évidemment une source d’inspiration importante. Bien que ne disposant pas des mêmes moyens et que les membres du collège n’aient pas été tirés au sort, les discussions ont toujours été très riches et des propositions très pertinentes ont émergé.

Ainsi, les membres de chaque groupe ont présenté tour à tour la façon dont ils se sont emparés des sujets proposés et les recommandations qu’ils ont formulé. Par exemple, le groupe sur l’habitat a rédigé un rapport d’une vingtaine de pages, comprenant des constats et des propositions, qui sera bientôt diffusé aux élus locaux et aux parlementaires. Ce document fourmille de propositions pour lutter à la fois contre le coût du logement trop élevé, réduire l’empreinte carbone de l’habitat, permettre à tous d’avoir un toit… La nécessité d’une application plus stricte de la loi SRU (sur la construction de logements sociaux), la mise en valeur d’initiatives prometteuses comme les baux réels solidaires et l’habitat léger et partagé ont notamment été mis en avant par le groupe.

Les citoyens qui se sont penchés sur l’état de notre démocratie ont eux aussi formulé de nombreuses demandes, qui ont été inscrites dans une proposition de loi que je déposerai prochainement. Les mesures proposées traitent de très nombreux aspects de la vie politique et démocratique : le renforcement de la parité, la lutte contre l’abstention, la possibilité pour les citoyens d’intervenir plus souvent dans la vie politique, en dehors des élections, la refonte des modes de scrutin ou encore une réforme des financements de la vie politique. Parmi les mesures, on peut citer entre autres l’instauration d’un scrutin mixte pour les intercommunalités (mi-direct, mi-indirect) afin de démocratiser ces institutions, le vote à 16 ans, des pré-conseils municipaux où les habitants inscrivent leurs sujets à l’agenda, l’expérimentation du jugement majoritaire aux municipales ou la simplification du référendum d’initiative partagée (RIP). Un observatoire de la participation citoyenne, visant à étudier des initiatives de démocratie participative en Isère, qu’elles viennent des collectivités ou des citoyens eux-mêmes, a également été lancé par le groupe.

Enfin, le troisième groupe s’est quant à lui intéressé à imaginer une autre société et une autre économie, davantage tournée vers l’égalité, la relocalisation de l’activité économique et l’épanouissement personnel. Le revenu universel, versé en partie en monnaie locale, en est la proposition phare. En versant à tous, sans conditions, un montant permettant une vie digne (autour de 1000 euros/personne/mois), la société serait en effet profondément transformée : la pauvreté serait éradiquée, les individus seraient moins dépendants de leur travail et pourraient se consacrer à d’autres activités (associatives, culturelles, familiales, de maraîchage…) et les emplois les moins bien payés seraient contraints de se réinventer. L’usage des monnaies locales permettrait en outre de transformer l’économie en promouvant les activités locales et vertueuses d’un point de vue social et écologique, tout en évitant que l’argent ne parte dans la sphère financière. Le groupe a donc proposé un plan d’expérimentation du revenu universel et un récit autour de celui-ci, afin de faire changer les mentalités sur ce revenu, souvent perçu, à tort, comme un facteur d’oisiveté. Plusieurs membres du groupe ont aussi expliqué leur travail pour le lancement du Tissou, la monnaie locale du Nord-Isère.

Enfin, cette réunion de restitution a permis de tirer un bilan de l’expérience et d’affirmer mes engagements pour faire vivre ces propositions. Ainsi, les rencontres entre participants, le sentiment de vivre la démocratie en action et l’apport intellectuel ont été cités comme les points les plus positifs du collège citoyen. A l’inverse, le format presque exclusif des réunions en visio, le manque de temps personnel pour s’impliquer (qui explique un certain nombre de départs du collège) et la sensation que ce collège citoyen ne va pas changer le monde à lui tout seul sont les points de déception majeurs.

Pour ma part, j’ai chaleureusement remercié l’ensemble des participants et intervenants pour ce travail de longue haleine et me suis engagé sur plusieurs points :

-Je déposerai la proposition de loi sur la démocratie et la reprendrai sous forme d’amendements lorsque des textes relatifs à la démocratie seront proposés au Sénat.

-Je ferai connaître le rapport sur l’habitat, proposerai à mon groupe une mission d’information sénatoriale sur le sujet du logement de demain et organiserait un déplacement autour de l’habitat léger avec des membres du groupe et des personnes qui vivent dans ce type d’habitation.

-Je poursuivrai le soutien aux monnaies locales, pour lesquelles j’ai déjà déposé une proposition de loi en 2019, et mettrai en lien ce groupe avec Mélanie Vogel, sénatrice écologiste qui a travaillé sur la mission d’information sur la Sécurité sociale écologique, dont les travaux rejoignent beaucoup de préoccupations du groupe.

En conclusion, cette expérience de démocratie réelle a été un remarquable travail de réflexion et de débats, qui entre maintenant dans une nouvelle phase, celle du combat commun, avec les membres du collège, pour faire connaître et mettre en place les propositions formulées.


Publié le 14.03.2022 à 18:03

La gastronomie à la française

Emission Public Sénat le 27 février 2022, en direct du Salon de l’Agriculture.

Invités :

Emilie Zapalski, Conseillère en communication

Catherine Dumas, Sénatrice (LR) de Paris

Guillaume Gontard, Président du groupe écologiste au Sénat

Voir l’émission sur le site de Public Sénat.


Publié le 07.03.2022 à 15:48

Réaction à la suite de l’annulation de la réunion publique sur les travaux de la RD1075

Après la demande légitime de nombreux habitants du Trièves pour la tenue d’une réunion publique consacrée aux travaux d’aménagement sur la RD1075 portés par le Département de l’Isère, dont l’opération est actuellement soumise à enquête publique, un  temps d’information et d’échanges avait été programmé le 03 février 2022.   

Chantier prévu sur 10 ans, estimé à 53,4 millions d’euros HT  dont les premier aménagements ont été anticipés (hors enquête publique) en 2021 pour un coût évalué à 5 millions d’euros, il s’agit d’un projet majeur de la mandature départementale et l’un des plus impactant pour le Trièves sur les prochaines décennies.

   Dans ce contexte, la réunion publique décidée tardivement et annoncée quelques jours avant la date prévue, avait cristallisé beaucoup d’attentes  légitimes autour du projet.

Si je regrette la réaction parfois excessive des personnes empêchées faute de présentation du pass vaccinal (pourtant non obligatoire dans le cadre de réunion publique), l’enquête publique ne peut se terminer sans un temps d’échange commun.

Le projet d’aménagement de la RD1075 qui impacte l’ensemble des mobilités sur le Trièves,  nécessite d’être concerté avec la population dans des conditions ouvertes à toutes et tous. 

Si je partage l’objectif de sécurisation de la RD1075, qui semble faire consensus auprès de la population, les travaux visant à fiabiliser le temps de parcours, eux, interrogent sur le risque d’augmentation et de congestion du trafic.

Par ailleurs, une partie des travaux anticipés et réalisés en 2021  nécessitent aujourd’hui d’être repris et montrent que la précipitation n’est pas toujours gage de qualité.

L’estimation du trafic à venir suite aux aménagements prévus, les travaux programmés de changement de gabarit dans les Hautes-Alpes ou encore le rétablissement de la circulation à 90 km/h sur les routes départementales décidé par le Département, sont autant d’éléments absents de l’enquête publique. Or les contributions déjà déposées montrent un besoin d’échange sur ces points et révèlent la nécessité d’un débat sur l’organisation des mobilités dans leur ensemble sur le Trièves.

Ainsi j’appelle aujourd’hui de mes vœux au retour d’un climat apaisé et à la tenue d’une nouvelle réunion publique pour aborder le projet dans son ensemble, en particulier sur l’intégration des mobilités douces (pistes cyclables),  et la prise en compte de l’intermodalité et du développement de la desserte ferroviaire de la ligne Grenoble-Veynes-Gap.  


Publié le 05.03.2022 à 15:02

Conférence sur le désarmement nucléaire

À l’approche de la première réunion des États parties au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), j’ai co-organisé au Palais du Luxembourg avec ICAN France (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, Prix Nobel de la Paix 2017) le vendredi 4 mars une conférence sur le désarmement nucléaire. Cet événement a évidemment pris une tonalité différente au regard des événements de la guerre en Ukraine : les menaces de Vladimir Poutine, qui a mis en alerte ses forces de dissuasion nucléaire, rendent plus que jamais indispensable la mise en marche d’un processus de dénucléarisation militaire mondial.   

Cette conférence a eu pour objectif de présenter les enjeux et les objectifs de ce traité, adopté en juillet 2017 par les Nations unies et entré en vigueur en janvier 2021, en revenant sur les conséquences humanitaires de l’arme nucléaire. Le rôle et l’importance de cette nouvelle norme juridique dans le droit international ont aussi été présenté par les différentes intervenantes et intervenants. Nous avons notamment eu l’honneur d’accueil l’ambassadeur Alexander Kment, président désigné de la première réunion du TIAN.

Ce traité rend les armes nucléaires illégales et entraîne de nouvelles obligations qui complète et confirme l’importance d’autres instruments juridiques internationaux. Le TIAN a surtout permis de relancer le débat international sur la nécessité de parvenir à un désarmement nucléaire.

Lors de la table-ronde avec d’autres représentants de forces politiques, j’ai exprimé la position des écologistes de parvenir à un désarmement nucléaire multilatéral et complet. Dans cet objectif, j’ai renouvelé notre demande à ce que la France participe au traité en tant qu’État observateur, comme souhaitent le faire d’autres États européens. La qualité de la France de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et son statut d’État doté de l’arme nucléaire lui donne une responsabilité particulière.

 


Publié le 02.03.2022 à 13:01

Déclaration sur la guerre en Ukraine

Je suis intervenu mardi 4 mars au nom du groupe Ecologiste – Solidarité et Territoires lors du débat 50-1 organisé par le gouvernement sur la situation ukrainienne.

J’ai formulé notre soutien et notre admiration pour le courage du peuple ukrainien qui résiste à une invasion indéfendable.

J’ai salué l’action de la France et de l’Union européenne pour aider autant que possible, sans envoyer de soldat, le peuple ukrainien.

J’ai insisté sur notre devoir d’accueil des réfugiés qui fuient la guerre.

Merci Monsieur le Président,
Monsieur le Premier ministre,
Madame la Ministre des Armées,
Messieurs les Ministres,
Messieurs les Présidents de commission,
Mes cher.es collègues,

Depuis 6 jours, nous vivons dans un état de sidération. La guerre est de retour en Europe à l’initiative d’une grande puissance nucléaire, qui déploie toutes ses capacités militaires contre un pays souverain.

Nos pensées sont naturellement auprès des Ukrainiens et des Ukrainiennes :
• qui ont déjà perdu des proches, qui ont perdu des enfants,
• qui vivent la peur aux ventre sous les bombes, sous les balles, au son des canons et des sirènes,• qui ont tout abandonné derrière eux pour préserver leur vie et celle de leurs enfants.

Ils et elles sont aujourd’hui les victimes d’une guerre d’agression indéfendable, d’une violation caractérisée du droit international, d’un déploiement de violence par une des plus grandes armées au monde, sous la coupe d’un dictateur impérialiste et révisionniste qui refuse la simple existence de leur Nation.

Nous avons une conscience aiguë de l’extraordinaire courage qui est le leur pour défendre leur État, pour défendre leur Nation, pour défendre leur liberté comme la nôtre et pour défendre la démocratie. Son président Volodymyr Zelensky au courage et au sang-froid extraordinaires, dont le monde entier connaît désormais le nom et le visage, vient nous rappeler une nouvelle fois que bien plus que l’inverse, c’est l’Histoire qui fait les grands hommes.

N’ayons pas peur des mots : le peuple ukrainien est aujourd’hui notre avant-garde sur le front oriental du combat pour la démocratie et la liberté. Cette sombre perspective a permis une prise de conscience généralisée de l’intérêt commun qui lie les démocraties et de la nécessité absolue pour l’Europe de devenir un acteur géopolitique.


Nous saluons les décisions historiques des derniers jours. Le mot n’est pas galvaudé. Nous saluons l’action de la France et de l’Union européenne sous présidence française. Nous nous félicitons de l’extraordinaire unanimité des 27.
Sans le vouloir, Vladimir Poutine a ouvert la mer en deux et le chemin vers une Europe de la Défense que les écologistes ont toujours défendue.

Vladimir Poutine, qui depuis tant d’années joue de nos divisions, n’avait sans doute pas anticipé cet élan d’unité. Il s’était préparé à des sanctions économiques, mais vraisemblablement pas de cette ampleur. Ces sanctions n’épargneront pas le peuple russe, qui dans sa majorité n’a pas choisi cette guerre et qui est pétrifié par cette mise au ban des Nations. Nous lui témoignons notre amitié et notre respect pour sa mobilisation courageuse malgré les interdictions de manifester.

Vladimir Poutine n’avait pas non plus anticipé la résistance militaire. L’héroïsme des Ukrainiennes et des Ukrainiens a empêché une prise rapide du pays. Si Kyiv devait tomber entre les mains de Poutine, il ne pourrait maintenir son contrôle sur une population éprise de liberté. On n’occupe pas un pays contre son peuple.

Nous n’en sommes, cependant, pas encore là. L’urgence est de venir en aide à la résistance ukrainienne. Nous approuvons le soutien financier, opérationnel, humanitaire et les livraisons d’armes que la France, l’Europe et nos partenaires américains lui apportent. Tout comme nous approuvons toutes les sanctions financières contre la Russie et ses oligarques. A ce sujet, nous demandons la plus grande vigilance au Gouvernement sur l’accroissement continu des prix de l’énergie qui en découle. La puissance publique doit protéger davantage nos concitoyens les plus modestes face à cette flambée.

L’urgence est aussi de venir en aide aux réfugiés qui fuient l’Ukraine par millions. A ce titre, nous saluons la volonté de la présidence française de proposer jeudi au Conseil de l’Union européenne, l’activation de la directive “protection temporaire” des réfugiés. La puissance publique doit faciliter le transit de celles et ceux qui veulent rejoindre l’ouest de l’Europe.

Alors que l’Union africaine s’inquiète de la situation des ressortissants africains dont certains seraient bloqués à la frontière par les autorités polonaises et alors qu’un discours nauséabond s’installe doucement, qui qualifierait les réfugiés selon la couleur de leur peau ou leur religion, je veux rappeler ici avec force qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais réfugié, que toute personne, quelle que soit sa nationalité a le droit de quitter un pays en guerre et que nous avons le devoir de l’accueillir. Aussi, nous demandons à la présidence française de faire preuve de la plus grande vigilance sur la situation aux frontières orientales de l’Union et d’obtenir des garanties des pays concernés.

Monsieur le Premier ministre, nous saluons, une fois n’est pas coutume, la démarche de transparence et de concertation que vous entreprenez malgré la complexité de la situation. Nous l’espérons durable. Cette crise conforte notre rapport au monde et à l’Europe et notre attachement à la liberté et à la démocratie.Le chemin de la paix est hélas encore long mais il passera inévitablement par une Europe unie, plus intégrée, en capacité de créer diplomatiquement les conditions d’un avenir pacifique et la sauvegarde de l’intégrité de la nation ukrainienne.


Publié le 27.02.2022 à 12:36

Visite au Salon international de l’agriculture 2022

Avec une délégation du groupe Écologiste – Solidarité et Territoires, je me suis rendu au Salon international de l’agriculture 2022 le jour de son ouverture, samedi 26 février. J’étais heureux de retrouver le Salon après deux ans d’absence pour cause de pandémie. Cette visite a permis de rencontrer les agriculteurs et les agricultrices, les ONG, les acteurs institutionnels du monde agricole pour échanger sur les enjeux de la production agricole et de l’alimentation.

Les écologistes restent mobilisé·es pour une transition vers un modèle agricole rémunérateur et protecteur de l’environnement. Les pouvoirs publics doivent accompagner les agricultrices et les agriculteurs. Nous avons pu également discuter des conséquences de la guerre de Ukraine sur notre souveraineté alimentaire, notamment la montée des prix du blé et des engrais azotés.

La visite a débuté par un rendez-vous avec la Confédération paysanne avec laquelle nous avons notamment abordé nos propositions pour la mise en place d’une sécurité sociale alimentaire et la capacité de tout un chacun de pouvoir s’approvisionner en produit locaux de qualité.

Avec le réseau des Chambres d’agriculture, nous avons mené des échanges en faveur d’un accompagnement des agricultrices et agriculteurs en transition vers un modèle agricole plus durable et d’une juste rémunération des paysannes et paysans.

Nous avons aussi pu discuter des problématiques d’installation et d’accès au foncier avec la Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FNSAFER). Alors que la pression foncière sur nos terre agricoles s’accroit, alors que de plus en de terres sont rachetées pour les besoins de l’industrie (cosmétique notamment) il est de plus en plus urgent de protéger notre foncier agricole. Le Gouvernement avait promis une loi dans le quinquennat qui s’achève que nous attendons encore. C’est un enjeu primordial de la campagne en cours.

Avec l’Office national des forêts, j’ai échangé sur la préservation des espaces forestiers notamment en montagne, et particulièrement sur le territoire isérois. Je me tiens comme toujours aux côtés de l’ONF, de ses personnel pour le maintien et le développement d’un véritable service public forestier.

Nous avons rencontré la campagne Pour une autre PAC pour faire le bilan de leur action menée lors des négociations européennes sur la « Politique agricole commune 2021-2027 ». Si la nouvelle mouture de la PAC adoptée est à côté de la plaque, le combat reste à mener pour que les fonds européens soient orientés à destination d’une agriculture paysanne et biologique.

Enfin, je suis allé au stand de la Fédération française des spiritueux pour parler avec Emmanuel Delafon, PDG Chartreuse, de recyclage, de réemploi des flacons et des initiatives déjà entreprises dans le cadre de la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire.  

Lors de ma présence au Salon international de l’agriculture, j’ai également participé à une émission spéciale de Public Sénat sur la gastronomie française où j’ai exposé la nécessité d’une alimentation de qualité accessible à toutes et tous. Ce sujet éminemment politique s’est invité dans cette campagne électorale. Quoi de plus normale alors que les Françaises et les Français sont nombreux.euses à avoir retrouvé le chemin de la cuisine avec le confinement.


Publié le 25.02.2022 à 15:28

Réaction à la fermeture du centre EDF de relationclientèle sur la commune de Meylan

Mobilisé demain au Sénat à l’occasion du débat avec le Gouvernement sur la situation en Ukraine, je ne pourrai pas participer à l’action organisée par les salarié·e·s d’EDF pour s’opposer à la fermeture du centre de relation clientèle téléphonique EDF de Meylan.

Néanmoins je m’associe pleinement à leur combat légitime contre la disparition programmée de ce site après ceux de Villefranche sur Saône, L’Isle d’Abeau, Vichy et Chambéry et qui tend à renforcer la déshumanisation du service public.

Le maintien d’un service public de qualité, présent sur les territoires, n’est pas compatible avec la logique de dumping social que poursuit le groupe EDF à travers cette décision.

Malheureusement, la menace sur le site de Meylan n’est pas une exception. Au contraire, elle s’intègre dans la transformation progressive d’EDF en une multinationale comme les autres.

Nous devons nous interroger : EDF doit-elle devenir une entreprise motivée uniquement par le profit, comme Total ou Engie ? Ou doit-elle au contraire être une entreprise 100% publique au service de l’intérêt général ? Pour ma part, et comme beaucoup de salariés du groupe, je penche pour la deuxième option, non par dogmatisme, mais au contraire par pragmatisme car l’électricité n’est pas une marchandise comme les autres.



Alors que le changement climatique s’accélère, que la sécurité des approvisionnements européens en gaz naturel est compromise par les fortes tensions avec la Russie et que la construction de réacteurs EPR se heurte au fiasco de Flamanville, des choix clairs en matière de transition énergétique doivent être faits.


Face à ces enjeux, la France a plus que jamais besoin d’EDF. Plutôt que de recapitaliser ponctuellement EDF, l’Etat doit racheter les 16% de parts de l’entreprise et en refaire une entreprise publique. Telle est la proposition portée par Yannick Jadot, le candidat du pôle écologiste à l’élection présidentielle, que je soutiens.

A titre personnel, je n’ai cessé de défendre ce cap au Sénat depuis mon élection en 2017, notamment lors d’une proposition de loi à l’automne dernier. J’y avais proposé, avec mes collègues écologistes, de créer une régie 100% publique de l’hydraulique, regroupant les trois opérateurs français, afin d’écarter définitivement la menace d’une privatisation de nos barrages. Nous avions aussi proposé la création d’un service public des énergies renouvelables, afin d’en planifier le déploiement et de ne pas le laisser uniquement aux acteurs privés, intéressés seulement par le profit. Cette loi a malheureusement été rejetée.

Malgré cette défaite, ma détermination pour la préservation et le renforcement du service public de l’électricité est intacte. La mobilisation des salariées EDF à Meylan s’intègre dans ce même combat et cette bataille essentielle doit toutes et tous nous mobiliser.

Salariés d’EDF, citoyens, élus, c’est ensemble, par notre mobilisation, que nous parviendrons à préserver les missions essentielles et stratégiques d’EDF dans le respect de l’intérêt général.