Un carnaval populaire révolutionaire
Ni maîtres, ni guerres. Le monde ne doit plus tourner autour de la mort d’autrui, de la destruction des environnements, ni de l’extractivisme qui l’alimente, ni des femmes qui en ont assez de donner des corps à la guerre. Basta ! D’un coup, après les déambulations, les regards croisés entre participants et passants, tout doit brûler dans un feu qui, s’il ne change rien, mais qui régénère la lutte.




Le Karnaval indépendant de la Plaine, à Marseille, s’est cette année déployé sous un mot d’ordre : refuser la militarisation du monde, refuser la guerre et celles et ceux qui la mènent. La rue, elle, s’est remplie de couleurs, de formes étranges, de messages politiques, d’amour. Le refus ne se dit pas seulement en images, en créations artistiques populaires : il s’accompagne de la perdition des corps dans un plaisir de gauche, d’un art alcoolisé, sensuel, contestataire, dans la mobilité de la danse et de la performance burlesque.



Les corps déguisés font vaciller l’imaginaire guerrier, l’absurdité des bombes et l’hypocrisie qui les accompagne : la « paix ». Casques devenus grotesques, armes transformées en accessoires dérisoires, uniformes ridiculisés : le carnaval inverse la charge symbolique. Là où la militarisation impose discipline, hiérarchie et silence mortifère, la fête impose le désordre, le bruit et la vie.


