Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient.
« L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures », ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X.
Les personnes voyageant avec un passeport iranien ne seront pas autorisées à entrer sur le territoire australien à des fins touristiques et professionnelle ces six prochains mois, a décidé l'Australie jeudi, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
« Le conflit en Iran a accru le risque que certains titulaires de visas temporaires ne puissent pas ou ne veuillent pas quitter l'Australie à l'expiration de leur visa », a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Certaines exceptions seront accordées au cas par cas, notamment pour les parents de citoyens australiens.
« De nombreux visas de visiteur ont été délivrés avant le conflit en Iran et n'auraient peut-être pas été accordés s'ils avaient été demandés aujourd'hui », a déclaré le ministre de l'Intérieur Tony Burke. « Les décisions concernant les séjours permanents en Australie doivent être des décisions mûrement réfléchies du gouvernement et non une conséquence fortuite du fait d'avoir réservé des vacances », selon lui.
Plus de 85.000 résidents australiens sont nés en Iran, selon des chiffres du gouvernement. Des communautés de la diaspora sont présentes notamment dans des grandes villes comme Sydney ou Melbourne.
L'Australie a provoqué en mars la colère de l'Iran en accordant l'asile à six joueuses et une membre de l'encadrement de l'équipe féminine de football iranienne qui disputaient là la Coupe d'Asie. Elles avaient été qualifiées de « traîtresses » en Iran après avoir refusé de chanter l'hymne national avant un match. Cinq d'entre elles sont revenues sur leur décision et sont retournée en Iran, deux seulement étant restées en Australie. Des défenseurs des droits humains craignent que les autorités iraniennes aient fait pression sur leurs familles notamment.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'islamologue suisse Tariq Ramadan a été condamné mercredi à 18 ans de réclusion criminelle par la cour criminelle de Paris, qui l'a jugé par défaut et à huis clos pour des viols commis sur trois femmes. Il a été reconnu coupable de viols et de viol sur personne vulnérable. La peine, justifiée par l' »extrême gravité des faits » selon la cour, est conforme aux réquisitions de l'avocat général.
« Consentir à la sexualité n'est pas consentir à tout acte sexuel quel qu'il soit », a souligné la présidente de la cour, Corinne Goetzmann, ajoutant qu'il n'y avait pas « d'impossibilité de rétracter son contentement ». Elle a ordonné qu'il fasse l'objet d'une mesure de suivi socio-judiciaire pendant huit ans, lui interdisant notamment d'entrer en relation avec les victimes, mais aussi de diffuser tout ouvrage, oeuvre audiovisuelle ou intervention publique qui porterait sur cette infraction. Elle l'a aussi condamné à une interdiction définitive du territoire français une fois sa peine purgée et maintenu les effets du mandat d'arrêt décerné à son encontre le 6 mars.
« Le procès se termine comme il a commencé, à savoir une mascarade », a réagi auprès de l'AFP un des avocats de M. Ramadan, Me Ouadie Elhamamouchi, qui n'était pas présent au jugement. « Alors que les faits étaient extrêmement contestés, la sévérité de la peine, assortie d'une interdiction définitive du territoire français reflète un acharnement sur la personne de Tariq Ramadan », a-t-il estimé. L'islamologue, déjà condamné par la justice helvète pour le viol d'une femme, était jugé à Paris depuis le 2 mars pour des viols commis sur trois autres femmes entre 2009 et 2016, qu'il conteste : un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur « Christelle » (prénom d'emprunt) à Lyon en octobre 2009 ; un viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris sur Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque qui avait déclenché l'affaire en portant plainte en octobre 2017 et un autre sur une troisième femme, remontant à 2016.
Mais à l'ouverture du procès à Paris, il ne s'est pas présenté à l'audience. Ses avocats avaient alors expliqué qu'il avait été hospitalisé deux jours auparavant à Genève, en raison selon eux d'une « poussée » de sclérose en plaques. Une expertise médicale ordonnée par la cour a finalement conclu à la « stabilité de la sclérose en plaques » dont souffre l'islamologue depuis plusieurs années, « sans signe de poussée récente », et estimé qu'il pouvait donc comparaître devant la cour criminelle. La présidente a alors décidé que l'accusé de 63 ans serait jugé par défaut, et à huis clos comme le demandait une partie civile. Ses quatre avocats ont quitté la salle d'audience, estimant qu'ils ne pouvaient défendre leur client dans cette « parodie de justice ».
Après avoir énoncé le verdict, la magistrate a pris le soin de lire les motivations du jugement, pendant près d'une heure.
Lors des investigations et à l'audience, les victimes ont décrit des relations sexuelles initialement consenties mais qui s'étaient avérées particulièrement brutales, a-t-elle développé. L'une d'elles a évoqué avoir éprouvé une « angoisse de mort imminente » alors que Tariq Ramadan était en train de l'étrangler lors d'un rapport sexuel. Le délai de plusieurs années entre les faits et les plaintes « ne permet pas de remettre en cause la crédibilité des déclarations des parties civiles », a précisé la présidente, observant que selon les statistiques, seuls 8% des victimes de viols et tentatives de viols déposaient plainte. La cour a estimé que l'analyse des faits révélait dans le comportement de Tariq Ramadan une « négation de l'altérité » et « annihilation » de l'humanité des victimes. « Dans la certitude de sa toute-puissance, il s'est montré incapable de se remettre en cause », a-t-elle jugé, ajoutant qu'il avait mené une « entreprise de destruction psychologique des plaignantes ».
« Ca fait neuf ans que j'attendais ça et les juges m'ont crue », a déclaré à la presse Henda Ayari, visiblement émue. Son avocat, Me David-Olivier Kaminski, a salué une « importante oeuvre de justice », estimant qu'en dépit de l'absence de l'accusé, il y avait eu « un procès équitable ».
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats