Les séparatistes du Yémen ont affirmé mercredi avoir perdu le contact avec leur délégation qui s'est rendue en Arabie saoudite pour des pourparlers de paix entre les différentes factions yéménites, et appelé les autorités saoudiennes à garantir sa sécurité.
Le porte-parole du Conseil de transition du Sud (CTS), Anwar al-Tamimi, a déclaré à l'AFP que le contact avait été perdu avec la délégation partie dans la nuit, tandis que le mouvement a publié un communiqué appelant le royaume à « garantir la sécurité de sa délégation actuellement à Riyad ».
La coalition menée par l'Arabie saoudite a bombardé mercredi la province du chef des séparatistes du sud du Yémen, soutenu par les Emirats arabes unis, en fuite après avoir été chassé de la présidence du pays et accusé de « haute trahison » pour tentative de sécession.
Plus de 15 frappes ont visé la province de Dhale, selon un responsable local, le jour même où le chef des séparatistes du Conseil de transition du Sud (CTS), Aidarous al-Zoubaidi, devait se rendre à Riyad pour des pourparlers entre les différentes factions à la tête du pays. Ces frappes ont tué quatre civils, selon deux sources hospitalières.
La coalition menée par Riyad a annoncé avoir mené des « frappes préventives limitées » contre les séparatistes pour les empêcher selon elle d' « étendre le conflit ». Elle a ajouté que M. al-Zoubaidi avait « fui vers un lieu inconnu » et n'était pas monté dans l'avion qui devait le conduire la veille en Arabie saoudite.
Aidarous al-Zoubaidi dirige le CTS, une faction membre de la coalition gouvernementale yéménite qui aspire à recréer un Etat dans le sud du Yémen, où une République était indépendante entre 1967 et 1990. Début décembre, ses forces se sont emparées de vastes territoires. Mais les autres factions gouvernementales, proches de Riyad, appuyées par des frappes saoudiennes, ont riposté, reprenant début janvier le terrain perdu.
L'Arabie saoudite avait invité dans la foulée les deux camps à un « dialogue » dans la capitale saoudienne mercredi pour mettre fin à ces affrontements. Le CTS avait confirmé sa participation à ces discussions. Mais vers minuit (21H00 GMT mardi), la coalition a « reçu des informations selon lesquelles Aidarous al-Zoubaidi avait déplacé une importante force, comprenant des blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères et des munitions » vers la province de Dhale, son fief dans le sud-ouest du Yémen, selon le communiqué.
La délégation séparatiste a décollé vers Riyad, mais sans M. al-Zoubaidi « qui a fui vers un lieu inconnu, laissant les membres et dirigeants du CTS sans la moindre information sur ce qu'il était devenu après avoir distribué des armes et des munitions (...), dans le but de provoquer des troubles à Aden dans les heures à venir », a ajouté la coalition, mentionnant la capitale provisoire du gouvernement yéménite. La coalition a dit avoir repéré les forces séparatistes dans la province de Dhale et, à 04H00 (01H00 GMT), avoir « mené des frappes préventives limitées pour neutraliser ces forces et faire échec à l'objectif d'Aidarous al-Zoubaidi de provoquer une escalade du conflit et de l'étendre dans le gouvernorat de Dhale ».
Un peu plus tard, le chef du Conseil présidentiel a annoncé la révocation de M. al-Zoubaidi pour « haute trahison ». Il a également ordonné son défèrement devant le procureur général pour avoir « constitué une bande armée », commis des meurtres de militaires et de civils et violé la Constitution, entre autres.
Le Yémen est ravagé par la guerre depuis que des rebelles chiites houthis, soutenus par l'Iran, se sont emparés en 2014 de la capitale Sanaa, puis de larges pans du pays. Le conflit s'est internationalisé un an plus tard quand l'Arabie saoudite a pris la tête d'une coalition internationale pour soutenir le gouvernement yéménite face aux houthis. Des rivalités internes au sein du camp anti-houthis ont déclenché un nouveau conflit en 2018, opposant les séparatistes du sud regroupés au sein du CTS aux forces du gouvernement, respectivement soutenus par les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite, autrefois réunis au sein de la même coalition.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsUne frappe de drone sur la ville soudanaise d'El-Obeid, capitale de l'Etat du Kordofan-Nord, a tué lundi 10 personnes, dont 7 enfants, a indiqué une source médicale à l'AFP.
Un témoin oculaire a affirmé que la frappe avait touché une maison dans le centre de cette ville du centre du Soudan, contrôlée par l'armée mais assiégée par la milice des Forces de soutien rapide (FSR). Ces deux sources se sont exprimées auprès de l'AFP sous couvert d'anonymat, craignant pour leur sécurité.