Le ministre britannique de la Défense John Healey se rend jeudi à Chypre, quatre jours après qu'un drone a frappé la base britannique d'Akrotiri située dans le sud de l'île, en plein conflit au Moyen-Orient. Interrogé, le ministère de la Défense n'a pas immédiatement confirmé ce déplacement. Une source proche du ministère a cependant confirmé qu'il devait arriver à Chypre ce jeudi.
Cette visite intervient alors que Londres est critiqué par les autorités chypriotes et l'opposition conservatrice pour avoir tardé à déployer des renforts pour protéger ses deux bases sur l'île. Outre la frappe de drone qui a touché la piste d'Akrotiri dans la nuit de dimanche à lundi, deux autres drones qui visaient aussi cette même base aérienne ont été interceptés lundi. Une source gouvernementale chypriote avait indiqué lundi soir que le drone parvenu sur la base avait été tiré depuis le Liban « probablement » par la milice pro-iranienne du Hezbollah. Le ministre Healey a simplement confirmé que le drone, de type Shahed, « n'avait pas été tiré depuis l'Iran ».
Dans une interview mercredi soir à la BBC, l'ambassadeur de Chypre au Royaume-Uni, Kyriacos Kouros, s'est dit « déçu » par le peu d'informations partagées avec la population chypriote après ces tirs de drones. Il a appelé les autorités britanniques à « coopérer plus » avec les autorités locales, pour s'assurer que « de tels incidents ne se reproduiront pas ».
Selon John Healey, qui faisait sur X un point des moyens déployés, des Typhon et F-35 de la Royal Air Force participent à la protection de la région. Des hélicoptères Wildcat, armés de missiles Martlet, sont eux attendus à Chypre « dans les prochains jours », a-t-il ajouté. En revanche, le destroyer britannique HMS Dragon, dont le Premier ministre Keir Starmer avait annoncé l'envoi mardi, ne pourra prendre la mer depuis Portsmouth (sud de l'Angleterre) que « la semaine prochaine » et devrait mettre plusieurs jours ensuite pour rejoindre la Méditerranée orientale, a indiqué mercredi un responsable occidental sous couvert d'anonymat. « Le seul navire que nous envoyons, le HMS Dragon, est toujours à Portsmouth (sud de l'Angleterre, ndlr). Ce n'est pas suffisant », a déploré mercredi la cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch en interpellant Keir Starmer au Parlement.
L'Espagne a de son côté annoncé avoir envoyé une frégate à Chypre pour une mission de « protection », selon le ministère de la Défense.
La Turquie s'est elle aussi retrouvée prise malgré elle dans le conflit, après l'interception d'un missile tiré depuis l'Iran se dirigeant vers son espace aérien. Selon un responsable turc, la cible était vraisemblablement une base militaire de Chypre.
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