À l’occasion du 165e anniversaire des Forces de sécurité intérieure (FSI), le président Joseph Aoun a déclaré mardi qu’il aspirait à un État débarrassé des « mini-États », où la primauté du droit prévaut et où les FSI servent de « bouclier et de refuge sûr » pour les citoyens, selon un communiqué de la présidence libanaise. Par « mini-États », le chef de l'Etat fait référence aux milices armées présentes sur le territoire, en tête desquelles le Hezbollah.
Depuis son élection, en janvier 2025, M. Aoun n'a eu de cesse de réclamer le désarmement des milices, et le monopole des armes aux mains de l'Etat, et a fortiori depuis la réouverture d'un front contre Israël par le Hezbollah, le 2 mars dernier. Les autorités avaient d'ailleurs annoncé, dès début mars, bannir toutes les activités militaires et sécuritaires du mouvement chiite, sans toutefois que des mesures ne soient réellement appliquées sur le terrain.
Félicitant les FSI, Joseph Aoun a salué leur rôle, aux côtés d’autres forces militaires et de sécurité, estimant qu'elles « assument une responsabilité lourde et honorable, celle de protéger les citoyens, sauvegarder la nation et renforcer la primauté du droit ». « Dans les circonstances les plus sombres et les plus difficiles, les FSI ont prouvé, avec leurs camarades soldats (de l'armée), qu’elles constituent une barrière solide entre le peuple libanais et le chaos, et entre la nation et l’effondrement », a-t-il affirmé.
Le président a également rendu hommage aux « âmes des martyrs tombés sur les champs de l’honneur et du devoir ». Le Premier ministre Nawaf Salam a rappelé lundi qu’Israël avait tué 47 membres des services de sécurité du Liban depuis la reprise de la guerre entre le Hezbollah et Israël, dont trois au sein des FSI.
Les FSI agissent en tant que service de police au Liban. Comme toutes les autres forces de sécurité et comme l’armée, elles ont été durement frappées par la crise économique et financière depuis 2019, notamment en raison de la dépréciation de la monnaie nationale, qui a rendu les salaires des agents quasi insignifiants. Des milliers d’agents de sécurité ont déserté leur poste au fil des ans. Toutefois, le gouvernement actuel s’est engagé à améliorer leurs conditions de vie.
C'est dans ce cadre que le Premier ministre, Nawaf Salam, a de son côté affirmé dans un message aux FSI que les autorités allaient « s'efforcer d'améliorer les conditions de vie et de travail » des policiers et leur « assurer le soutien qu'ils méritent ».
En janvier, l’Union européenne a accordé une subvention de 30 millions d’euros, destinée à « renforcer les capacités des FSI dans la lutte contre la criminalité organisée et la cybercriminalité, tout en soutenant l’ensemble des agences de sécurité dans les efforts de lutte antiterroriste, y compris la lutte contre le financement du terrorisme et la contrebande ». Reuters avait rapporté en décembre que l’UE vise à renforcer les FSI afin que l’armée libanaise puisse se concentrer sur le désarmement du Hezbollah.