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12:57 Liban-Sud    Sept morts dans une frappe israélienne sur Ansar, plus lourd bilan depuis fin juin; un bâtiment visé à Deir Zahrani

Une frappe israélienne, dans la nuit de vendredi à samedi, sur Ansar, dans une région du Liban-Sud épargnée depuis deux mois, a fait sept morts, soit le bilan le plus lourd depuis le cessez-le-feu de la mi-juin. Cette frappe a été suivie dans la matinée de samedi par une autre frappe sur un bâtiment à Deir Zahrani, toujours dans le caza de Nabatiyé.

Selon les informations de notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, le raid contre la localité d'Ansar a été mené vers 4h30 sur deux bâtiments de la région dite de Qalaat el-Meis, entre Ansar et Zrariyé. Cette zone était déjà régulièrement ciblée pendant les 15 mois de cessez-le-feu qui ont précédé la guerre lancée en mars dernier par des attaques du Hezbollah.

Plusieurs missiles ont été tirés et ont provoqué d’importants dégâts. Les équipes de secours se sont immédiatement rendues sur place et ont extrait neuf personnes des décombres, dont sept tués, selon des sources locales. Ansar est situé à une quinzaine de kilomètres en ligne droite à l'ouest de Nabatiyé et une trentaine de kilomètres au nord de la frontière.

Selon le président de la municipalité d’Ansar, contacté par L'Orient-Le Jour, outre les sept morts, trois personnes ont été blessées, et le bâtiment visé, constitué de deux étages, abritait deux familles déplacées originaires de Jebchit et de Zebdine, dans le caza de Nabatiyé. Il a affirmé que la zone ciblée était « exclusivement civile », soulignant qu’elle ne contenait « aucun site ni aucune présence militaire ».

Le maire a précisé que quelques habitants d’Ansar, pris de peur, ont quitté le village. Ses propos ont été suivis d'un communiqué de la municipalité condamnant les attaques contre des civils, dénonçant les violations des conventions internationales, et faisant assumer au gouvernement libanais et à la communauté internationale la responsabilité de la sécurité des citoyens du Liban-Sud.

Le ministère de la Santé a pour sa part confirmé le nombre de morts, précisant dans un communiqué que 3 enfants et 2 femmes figurent parmi les victimes.

L'armée israélienne a revendiqué ces frappes samedi matin, assurant avoir attaqué des infrastructures appartenant au Hezbollah à Nabatiyé et Ansar en réponse à une activité contre les forces israéliennes dans la zone de sécurité. « Tsahal a attaqué, au cours de la nuit dernière (vendredi à samedi), des infrastructures appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah dans les régions de Nabatiyé et Ansar, dans le sud du Liban », a souligné sur X le lieutenant-Colonel Ella Waweya, porte-parole arabophone de l'armée israélienne. « Les frappes ont été menées à la suite d'une activité menée par l'organisation terroriste Hezbollah contre nos forces dans la région des hauteurs de Ali Taher, située à l'intérieur de la zone de sécurité où opèrent les forces de Tsahal », a-t-elle précisé.

Ce bombardement inédit depuis l'entrée en vigueur le 20 juin d'un cessez-le-feu théorique entre le Hezbollah et Israël a été précédé tout au long de la nuit d'attaques en série, tout au long de la ligne de front.

Parallèlement, l’aviation israélienne a mené plusieurs frappes aux abords de Nabatiyé el-Faouqa, visant le quartier de l’église, les environs de la place et les abords de la « Maison des enseignants. » Un restaurant et plusieurs commerces ont été détruits.

Des bidons d'explosifs sur Ali Taher

Plusieurs frappes ont également visé les collines de Ali Taher, sur lesquelles des bidons d'explosifs ont été largués dans la matinée de samedi. À Meis el Jabal (Marjeyoun) où l'armée intensifie les tirs d'artillerie, ses forces mettent le feu à des habitations. Un drone israélien a de plus largué une bombe assourdissante à proximité d’une pelleteuse aux abords de la localité de Kafra (Bint Jbeil).

Ces attaques ont poussé des dizaines de familles de la ville de Nabatiyé à fuir pendant la nuit en direction de Saïda, principale agglomération du Liban-Sud.

L’armée israélienne a en outre procédé à de nouvelles opérations de dynamitage de maisons à Haddatha (Bint Jbeil) et Zaoutar el-Charqiyé (Nabatiyé). Les abords de Aïta el-Jabal ont été aussi soumis à des tirs de mitrailleuses.

Plus tôt, des frappes avaient été menées sur Qantara, dans le caza de Marjeyoun et des tirs d'artillerie ont été signalés sur Wadi Houjeir (Marjeyoun), Dohat Kfarremmane (Nabatiyé) et Mansouri (Tyr).

Dans la soirée de vendredi, des raids aériens avaient été effectués sur Mansouri et les abords de Adchit el-Qsair.

11:50 Conflit   L'Iran réaffirme que le détroit d'Ormuz restera iranien, réagissant aux propos de Trump

Téhéran a réaffirmé samedi que le détroit d'Ormuz « restera iranien », après que le président américain Donald Trump a affirmé que ce passage stratégique ferait partie du territoire américain une fois l'Iran « battu ».

Le conflit entre les deux pays, qui dure depuis plus de cinq mois et a fait des milliers de morts, se concentre actuellement autour de cette voie maritime cruciale pour le transport des hydrocarbures mondiaux.

Après l'attaque américano-israélienne contre la République islamique fin février, qui a déclenché la guerre au Moyen-Orient, Téhéran avait riposté en attaquant les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

« Une fois que nous aurons fini de battre l'Iran (...), bientôt je déclarerai le détroit d'Ormuz comme étant un territoire des Etats-Unis », a dit vendredi le président américain, avec un petit sourire, pendant un meeting à Garden City, près de New York.

Donald Trump répète que les Etats-Unis ont le « contrôle » du détroit d'Ormuz, une affirmation qualifiée de « mensonge » par Téhéran.

Selon Brian Schwartz, un journaliste du Wall Street Journal qui cite sur X un haut responsable de la Maison Blanche, le président « plaisantait » en disant qu'Ormuz deviendrait un « territoire américain ».

L'Iran n'a cependant pas tardé à réagir à la déclaration du président américain.

« Le détroit d'Ormuz a été iranien, est iranien et restera iranien. Ce détroit ne sera ouvert et fermé que sur ordre de l'Iran », a martelé samedi matin sur X le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi.

« Je ne m'excuserai jamais »

Il « ne peut pas être pris d'assaut avec un tweet ou un porte-avions, ni par un décret présidentiel, ni par un discours de campagne électorale », a-t-il ajouté.

Alors qu'une des raisons données à l'attaque fin février contre l'Iran était la crainte que Téhéran ne se dote de l'arme nucléaire, Donald Trump a par ailleurs promis que l'Iran ne l'aurait « jamais ».

Les autorités iraniennes démentent avoir une telle ambition, défendant leur droit au nucléaire civil.

« Si vous devez payer un peu plus » pour l'essence, « c'est ok. (...) Je ne m'excuserai jamais. J'ai pris la bonne décision », a déclaré en outre M. Trump vendredi.

Par rapport au niveau d'avant la guerre, le prix de l'essence aux Etats-Unis s'affichait vendredi en hausse de plus de 35%, tout comme il a connu de fortes augmentations ailleurs dans le monde.

Le conflit est impopulaire et le mécontentement des ménages face au coût de la vie vaut à la cote de popularité de Donald Trump d'avoir fortement baissé.

Le protocole d'accord conclu en juin entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre durablement fin à la guerre a volé en éclats début juillet, notamment en raison des différends sur Ormuz, avec une reprise des frappes de part et d'autre.

Si les hostilités ont baissé en intensité ces derniers jours, les négociations entre les belligérants restent dans l'impasse.

Après avoir menacé plusieurs fois de frapper durement l'Iran si un accord n'était pas trouvé sur Ormuz, le président américain semble privilégier désormais une approche plus attentiste, fondée sur la pression économique.

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a menacé jeudi l'Iran d'un isolement économique « comme le monde n'en a jamais vu ».

Sur le terrain, des attaques, attribuées à l'Iran, continuent régulièrement de viser des navires empruntant le détroit d'Ormuz.

Les Emirats arabes unis ont accusé vendredi l'Iran d'avoir attaqué deux de ses navires affiliés à la compagnie pétrolière publique Adnoc qui franchissaient ce passage.

De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites Houthis, alliés de Téhéran, visent eux des navires saoudiens, ou des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis.

11:43 Afghanistan   Les autorités talibanes célèbrent leurs cinq ans à la tête du pays

Glorifiant une « indépendance » et une sécurité retrouvée, les dirigeants talibans célèbrent samedi le cinquième anniversaire de leur retour au pouvoir en Afghanistan, où la population, en particulier les femmes, subit des « restrictions suffocantes », selon l'ONU.

Au petit matin à Kaboul, des motos, voitures et rickshaws circulent en arborant des drapeaux noir et blanc de l'Emirat islamique d'Afghanistan. Les rues sont elles aussi pavoisées de fanions ou panneaux proclamant que « le 15 août est le jour où la Nation afghane a levé le drapeau de la foi, de l'honneur et de l'indépendance ».

Des manifestations sportives, réservées aux hommes, sont prévues mais pas de grand défilé militaire. La sécurité a été renforcée dans la capitale afghane, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur une grande avenue, des soldats talibans sont juchés sur sept Humvee, véhicules abandonnés par l'armée américaine et ses alliés lors de leur retrait précipité.

Le 15 août 2021, à l'issue d'une offensive éclair, les insurgés du mouvement taliban entraient sans résistance dans Kaboul, 20 ans après en avoir été chassés par les Américains.

Dans la foulée, des milliers d'Afghans craignant ce mouvement adepte d'une vision ultra-rigoriste de l'islam, se précipitaient à l'aéroport de Kaboul, s'accrochant même à des avions au décollage pour être évacués par les forces occidentales.

Le 30 août 2021, le dernier soldat américain quittait l'Afghanistan, mettant fin à la plus longue intervention militaire des Etats-Unis, déclenchée en réaction aux attentats du 11 septembre 2001.

Depuis, le gouvernement taliban se targue d'avoir amélioré la sécurité pour une population traumatisée par 40 ans de guerres et d'attentats meurtriers.

« Manque d'emploi »

Il promeut « l'autosuffisance » économique dans un pays privé d'accès au système bancaire international, misant beaucoup sur le secteur minier, a rappelé son porte-parole Zabihullah Mujahid en juillet.

S'ils ne sont reconnus que par la Russie, les dirigeants talibans ont tissé des relations avec des pays étrangers y compris avec l'Union européenne sur les questions migratoires.

« Des routes sont construites, il y a beaucoup d'opportunités pour les entrepreneurs de lancer leur business », estime à Kaboul Pirooz Mirzaie, étudiant de 20 ans. Mais, dit-il à l'AFP, « le plus grand défi pour la jeunesse est le manque d'emploi ».

Malgré une croissance de 4,8% en 2025, le niveau de vie de la population recule en raison du retour de plus de six millions d'Afghans d'Iran et du Pakistan depuis 2023, selon la Banque mondiale.

Le réchauffement climatique et la guerre avec le Pakistan qui a tué des centaines de civils et interrompu les échanges commerciaux, aggravent la crise humanitaire.

Près de 14 millions d'Afghans sont en situation de faim aiguë, selon l'ONU.

« Dans une tombe »

« Les Afghans ont subi au cours des cinq dernières années l'introduction et la consolidation de restrictions suffocantes dans presque chaque domaine de leur vie et des droits humains », souligne en outre Fiona Frazer, directrice pour les droits humains à la mission de l'ONU en Afghanistan, auprès de l'AFP.

Interdiction d'écouter de la musique, des films de fiction, des smartphones pour fonctionnaires ou étudiants, châtiments corporels, obligation de porter la barbe pour les hommes, de se couvrir de la tête au pied pour les femmes.

En cinq ans, l'Afghanistan est aussi devenu « une prison pour l'information », a dénoncé Reporters sans frontière en listant les multiples restrictions pour les journalistes.

Particulièrement visées, filles et femmes sont bannies des parcs, des salles de sport et de nombreux emplois.

L'Afghanistan est le seul pays au monde à leur interdire de suivre des études secondaires ou universitaires. Deux hauts responsables talibans, dont leur chef suprême Hibatullah Akhundzada, sont visés par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour « persécution » des femmes.

Pendant les célébrations de samedi, S., étudiante de 23 ans qui suit des cours en ligne après l'interruption de sa scolarité, restera chez elle à Kaboul écouter de la musique interdite, explique-t-elle à l'AFP sous couvert d'anonymat. « Ces cinq ans ont été si terribles que je me sens comme une femme de 500 ans qui ne peut pas mourir et est condamnée à vivre dans une tombe », déplore-t-elle.

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