L'arrivée à Beyrouth dimanche après-midi du pape Léon XIV n'a pas semblé avoir d'impact sur les attaques menées par l'armée israélienne sur le Liban-Sud. Tout au long de la journée, des frappes de drone et d'artillerie ont touché différentes régions de la zone frontalière, selon notre correspondant Mountasser Abdallah, avec notamment des tirs qui ont coïncidé avec l'atterrissage de l'avion du souverain pontife.
En pleine cérémonie d'accueil du Saint-Père à l'Aéroport international de Beyrouth, la périphérie de Beit Lif a ainsi été la cible de tirs d'artillerie et de fusées éclairantes. Ces tirs n'ont pas fait de victimes. Des tirs israéliens ont encore été entendus dans les environs du village frontalier de Dhaïra (caza de Tyr).
En début de soirée, l'artillerie israélienne a tiré plusieurs obus éclairants en direction des abords du village de Yaroun (Bint Jbeil). Par ailleurs, depuis ce dimanche matin, des tirs sporadiques sont menés par l'armée israélienne depuis son site de Roueissat al-Alam en direction des abords de Kfarchouba (Hasbaya), toujours selon notre correspondant.
Plus tôt dans la journée, un drone israélien avait pris pour cible un excavateur dans le village de Chebaa, dans le caza de Hasbaya, dans le secteur est de la bande frontalière. Un véhicule tout-terrain sur le site a aussi été endommagé. Plus tard, un premier petit drone israélien a lancé trois grenades assourdissantes sur Naqoura, dont l’une a atteint le port de pêche de la localité, tandis qu’un second en a largué une autre sur le village de Maroun el-Ras (Bint Jbeil).
L'aviation israélienne a en outre survolé intensément Beyrouth et ses banlieues en fin d'après-midi.
Des responsables du Hezbollah et du mouvement Amal ont dénoncé ces frappes dans des communiqués séparés publiés plus tard dans la journée. Le député du Hezbollah, Ali Fayad, a affirmé que « les messages d’escalade et les menaces de retour à la guerre visent à contraindre le Liban à se plier entièrement aux conditions israéliennes, ou à pousser l’État à un affrontement avec la résistance en réclamant son désarmement, par la force si nécessaire ». S’exprimant au cours d’une cérémonie d’hommage organisée par le parti chiite dans le complexe Imam al-Moujtaba, dans la banlieue sud de Beyrouth, pour les combattants tués dans le village de Meis al-Jabal (Marjeyoun), il a ajouté que le Liban « ne cédera à aucune de ces exigences » et assuré qu’il n’y aura pas d’affrontement entre le Hezbollah et l’armée libanaise.
De son côté, le député du mouvement Amal, Kassem Hachem, a affirmé que « le ciblage par l’ennemi israélien des engins travaillant à retirer les vestiges de l’agression et les destructions qu’il a laissés (…) sont la continuation de ses pratiques barbares dans tout le Sud ». « C’est un message clair révélant ses intentions malveillantes dans cette région, en particulier les localités frontalières de Chebaa et du Arkoub jusqu’à Naqoura », a-t-il ajouté dans un communiqué.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël le 27 novembre 2024, l’armée israélienne a violé l’accord plus de 12 000 fois, presque quotidiennement, par le biais d’incursions, de frappes aériennes, de tirs d’artillerie, de destructions de bâtiments, de tirs sur des civils, des enlèvements, des structures piégées et des installations de postes militaires en territoire libanais. Les soldats de l’État hébreu affirment viser les tentatives de reconstruction et le transfert d’armes vers le Hezbollah qui, selon l’accord, devrait être entièrement désarmé.
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