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12:16 Sanctions   Le Royaume-Uni sévit contre les gardiens de la révolution iraniens

Le gouvernement britannique a annoncé lundi une loi désignant les Gardiens de la Révolution iraniens, ainsi qu'un mouvement accusé d'être derrière des attaques contre la communauté juive au Royaume-Uni, comme organisations représentant une menace à la sécurité nationale, afin de renforcer la lutte contre leurs activités. La législation, sur laquelle le Parlement doit se prononcer cette semaine, vise aussi « le corps des volontaires » du GRU, le renseignement militaire russe. « Toute personne reconnue coupable d'avoir soutenu ou aidé ces groupes encourt désormais jusqu'à 14 ans de prison », a déclaré le Premier ministre Keir Starmer.

Cette mesure intervient après qu'un mouvement désigné par le gouvernement britannique sous l'acronyme IMCR et également connu sous le nom de « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiyya » (Hayi) signifiant « Mouvement des compagnons de la main droite de l'islam », a revendiqué sept attaques au Royaume-Uni contre des lieux liés à la communauté juive ou à Israël ainsi que contre le média en langue persane Iran International, indique le ministère de l'Intérieur. Le ministère a ajouté que « derrière l'IMCR se trouvaient des membres de la Force Al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne, qui ont très certainement orchestré les attaques de l'IMCR à travers l'Europe ». Cette législation « renforcera la capacité du gouvernement à lutter contre les menaces étatiques liées à des puissances étrangères, notamment l'espionnage, l'ingérence étrangère dans notre démocratie, le sabotage et les attaques physiques », souligne encore le ministère dans son communiqué. Pour les poursuites, les services du procureur n'auront plus besoin d'établir un lien avec une puissance étrangère dans les affaires impliquant les groupes ainsi désignés, comme c'est le cas actuellement.

Selon la secrétaire d'Etat chargée de la sécurité Angela Eagle, le Royaume-Uni a identifié des activités liées au Corps des gardiens de la révolution (CGRI, armée idéologique de l'Iran) « impliquant des menaces de mort et des actes d'intimidation sur le sol britannique ».

Le 11 juin, 22 pays, dont le Royaume-Uni, les États-Unis et plusieurs nations européennes, ont accusé les Gardiens de la Révolution et la Force Al-Qods, son unité d'élite qui agit à l'étranger, d'avoir visé des dissidents iraniens, des journalistes et les communautés juives.

12:13 Cessez-le-feu   Les négociations Liban-Israël reprennent à Rome

Alors qu'a commencé à Rome un nouveau cycle de pourparlers entre le Liban et Israël, le président du Parlement libanais, Nabih Berry, qui ne fait pas mystère de son opposition frontale à ces négociations et à l'accord-cadre qui en a découlé le 26 juin, a une nouvelle fois critiqué ce texte « piégé ». S'il est appliqué et que le retrait se fait progressivement à partir de « zone pilotes », où l'armée libanaise se déploiera pour désarmer le Hezbollah, parallèlement au retrait israélien, ce retrait « prendra deux ans », a-t-il fustigé mardi.

Ces nouvelles critiques sont émises alors que le palais présidentiel de Baabda avait annoncé lundi soir que « la délégation libanaise a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion ». Les deux premières zones sont situées dans le caza de Bint Jbeil, dans le secteur central, au niveau des localités de Ghandouriyé et Froun, et Zaoutar, au nord du fleuve Litani, dans le caza de Nabatiyé. Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, citée par l'AFP, « l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait ». Une délégation militaire américaine avait entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces « zones pilotes ».

Retrait israélien par caza

Les négociations directes ayant abouti à l'accord-cadre « n'ont apporté aucun résultat réellement positif pour le Liban », selon le chef du législatif, qui a toutefois assuré qu'il sera heureux « si elles parviennent à mener à un retrait, au retour des déplacés du Sud dans leurs villages, à la libération des prisonniers libanais en Israël et à la reconstruction ». Dans une déclaration au quotidien al-Joumhouria, en citant les principaux objectifs des négociations pour l'État libanais, il a estimé que « en fin de compte, ce qui m'importe, c'est de manger le raisin, pas de tuer le gardien de la vigne ». Alors que, malgré son opposition au processus diplomatique en cours et aux premières discussions directes entre Beyrouth et Tel-Aviv depuis des décennies, M. Berry veille à ne pas tendre davantage ses relations avec le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam et s'efforce d'éviter toute dissension interne.

Pensez-vous que le transfert des négociations Liban-Israël à Rome puisse porter préjudice à Beyrouth ?

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Nabih Berry a réitéré son refus du projet de retrait via des zones pilotes, soulignant son opposition au « principe même » de cette stratégie et rappelant qu'il avait proposé d'obtenir un retrait sur base des cazas (division administrative régionale) dans le Sud. Il a critiqué le temps que pourrait prendre le retrait sur base de zones pilotes, « jusqu'à deux ans » selon lui, et le fait que les zones envisagées « ne sont même pas occupées ». Au niveau de Zaoutar, l'armée israélienne a établi, en contrebas de la région et au niveau du fleuve, un passage sur le Litani et occupe Zaoutar el-Charqiyé (la partie est). Elle a en outre effectué un dynamitage plus tôt aujourd'hui à Zaoutar el-Gharbiyé, la partie ouest, ce qui laisse supposer qu'elle a la possibilité d'y avancer même si elle n'occupe pas la localité. Dans le secteur central, les forces occupantes avaient avancé depuis l'est jusqu'à la périphérie de Ghandouriyé, mais elles ne sont pas arrivées jusqu'à Froun, qui se situe quelques kilomètres plus au nord.

Le « piège » de l'accord-cadre

« L'objectif » des dispositions de l'accord est « d'entraîner l'armée dans des affrontements internes et de provoquer une discorde qui ne servirait que l'ennemi israélien, lequel cherche à nous attirer dans ce piège », a dénoncé M. Berry. Concernant la réunion à Rome, le chef du législatif a estimé qu'il ne s'agirait que d'une « répétition d'un processus laborieux, sans réelle avancée ».

Les délégations ont entamé leurs pourparlers vers 11h30, à l'ambassade américaine dans la capitale italienne. Le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, en suit le déroulé depuis le palais présidentiel de Baabda. « La délégation libanaise a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion », avait annoncé hier soir la présidence libanaise.

Ces discussions ont lieu alors que les hostilités ont repris dans la région entre Washington et Téhéran. Les deux pays, toujours en état de guerre, avaient conclu un accord-cadre en vue d'une « paix durable », à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington. À l'instar de M. Berry, le Hezbollah, armé et financé par l'Iran, rejette cet accord. Téhéran avait exigé le cessez-le-feu au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin. Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril. Dans la nuit de lundi à mardi, les États-Unis ont mené pour la troisième nuit consécutive des frappes contre l'Iran avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens.

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée un vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans cette guerre le 2 mars en bombardant Israël pour soutenir l'Iran. L'armée israélienne poursuit cependant des frappes dans le Sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, dans sa « zone tampon » de près de 620 km2. Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4 300 morts, selon les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

11:32 Washington lance une offensive tous azimuts contre la Cour pénale internationale

Les États-Unis ont annoncé lundi une offensive diplomatique majeure contre la Cour pénale internationale (CPI), leur bête noire, accusée de « menacer » les Américains, promettant de nouvelles sanctions et appelant leurs partenaires à s'en retirer.

« À l'heure où nous parlons, la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays, non pas à coups de balles ou de missiles, mais à coups de statuts, de traités et de la force de ce qu'on appelle le +droit international+ », a déclaré le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, à travers un message vidéo sur X, une tribune dans le Wall Street Journal et un communiqué. « Le danger que représente cette cour internationale n'a cessé de croître. Aujourd'hui, elle menace tous les aspects de notre système politique et juridique », a-t-il poursuivi. Il a encore affirmé que « si nous restons les bras croisés, nous serons tous à la merci de juges étrangers situés à des milliers de kilomètres de là, exposés au risque constant d'être poursuivis, voire emprisonnés, pour le soi-disant crime d'avoir défendu leur propre pays ». Le département d'État a dit examiner « un large éventail de mesures, notamment des interdictions de voyage, des révocations de visas, un renforcement des sanctions à l'encontre de la CPI et des organisations qui lui sont affiliées, ainsi que des pressions diplomatiques exercées sur d'autres pays pour qu'ils se retirent de la CPI », selon un responsable sous couvert de l'anonymat. « Ces appels visent à persuader les pays qui sont actuellement parties au Statut de Rome de se retirer de la CPI et de cesser tout soutien financier à la Cour », a-t-il dit. Par ailleurs, Washington appelle les pays qui, à l'instar des Etats-Unis, ne sont pas parties au Statut de Rome à mobiliser leurs réseaux diplomatiques pour prendre des mesures similaires, estimant qu' « aucune option diplomatique n'est écartée dans cette campagne visant à démanteler la menace posée par la CPI contre les Américains ».

Les relations entre l'administration Trump et la CPI, qui siège à La Haye, sont exécrables et plusieurs magistrats de la cour, dont le procureur général, font déjà l'objet de sanctions. Celles-ci interdisent notamment aux juges d'entrer aux Etats-Unis et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec eux dans la première économie mondiale. Ces sanctions constituent en majorité une réponse aux enquêtes menées par la CPI à l'encontre d'Israël, allié des États-Unis. La cour a notamment émis en 2024 des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. L'inimité de Washington contre la CPI n'est pas l'apanage de l'administration Trump : de précédents gouvernements américains démocrates avaient eux aussi fustigé la Cour.

Plainte des juges

Trois juges de la CPI sanctionnés par l'administration Trump ont déposé plainte en juin contre le président et plusieurs hauts responsables américains, faisant valoir que les mesures prises à leur encontre étaient illégales. Dans une plainte déposée à New York, la juge canadienne Kimberly Prost, l'Ougandaise Solomy Balungi Bossa et la Béninoise Reine Adélaïde Sophie Alapini-Gansou ont affirmé que ces sanctions visaient à « exercer une pression extrajudiciaire ». Outre Donald Trump, la plainte vise aussi le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le ministre des Finances Scott Bessent.

Créée en 2002, la CPI poursuit des individus accusés des pires atrocités telles que les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide. Ni Israël ni les Etats-Unis n'adhèrent au traité international ayant institué la CPI, tout comme la Russie dont le président Vladimir Poutine fait l'objet d'un mandat d'arrêt depuis mars 2023.

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