Au lendemain des déclarations du ministre israélien de la Défense Israel Katz selon lesquelles l'armée israélienne occupera le sud du Litani même après la guerre qui l'oppose au Hezbollah, les combats se poursuivent sur le terrain. Les Israéliens continuent en effet leurs avancées sur trois axes - dans le secteur ouest le long du littoral au sud de Tyr ; dans le secteur central et le secteur Est - à coups de destruction d'habitations, voire de villages entiers. Le Hezbollah de son côté revendique des attaques régulières contre les différentes divisions et chars déployés par l'État hébreu. Parmi les batailles qui ont fait rage au cours des dernières 24 heures, celle de Beit Lif, dans le secteur central, au cours de laquelle quatre soldats israéliens ont été tués, et au niveau de la forteresse de Chamaa, dans l'ouest.
Le point, en carte, en date du 1er avril 2026 au matin.
Dans le caza de Tyr, les Israéliens tentent d'avancer sur le littoral. Les données disponibles indiquent qu'ils ont conquis la ville de Naqoura. Le Hezbollah a également annoncé avoir attaqué des positions de l'armée israélienne à Bayada et Chamaa, ce qui indique que les Israéliens se trouvent à une dizaine de kilomètres de la ville de Tyr, la plus grande de la région. Des affrontements ont éclaté mardi dans la région de la forteresse de Chamaa, située sur une hauteur stratégique. Cette zone avait été saisie par les Israéliens lors de la guerre de 2024.
Ici, l'armée israélienne semble vouloir encercler la ville de Bint Jbeil, chef lieu du caza éponyme. Considérée comme la « capitale du Hezbollah », cette ville est hautement symbolique. L'ancien chef de la milice, Hassan Nasrallah, y a prononcé le « discours de la victoire » à l'issue de la guerre de juillet 2006. Pour encercler la ville, les Israéliens avancent sur deux fronts. À l'ouest, ils tentent d'avancer depuis Qaouzah vers Debel et Rchaf. Le Hezbollah a également visé mardi des chars israéliens à Beit Lif et près de Qaouzah, dans la même zone. À l'est, ils avancent depuis Aïtaroun et Maroun el-Ras vers Aïnata, localité située tout juste au nord-est de la ville ciblée.
C'est dans le caza de Marjeyoun que les Israéliens ont le plus avancé. Ce secteur est stratégique, car le fleuve Litani se trouve à moins de 10 kilomètres de la frontière dans cette zone. Les Israéliens semblent même avoir atteint le fleuve, ayant pu avancer sur Deir Seriane et Deir Mimas, des villages longeant le Litani. Cela leur permet de couper le secteur est du reste du Litani mais également de préparer leur entrée dans les vallées de Wadi el-Houjeir et Wadi el-Slouqi.
Les principales villes de ce secteur sont Khiam et Marjeyoun. Les Israéliens revendiquent la prise de Khiam, même si des combats se poursuivent tout juste au nord de la localité, au niveau du triangle qu'elle forme avec Ibl el-Saqi et Rachaya el-Foukhar.
Si les Israéliens continuent leur avancée dans le secteur Est, ils pourraient pousser plus en profondeur vers le mont Rihane (caza de Jezzine) qui est limitrophe de la Békaa-Ouest. Objectif : accéder depuis cette région au reste de la Békaa où se trouveraient les principaux dépôts d'armes du Hezbollah. Mardi 30 mars, l'armée israélienne a inclus à cet effet plusieurs localités de la Békaa-Ouest dans les régions soumises à des ordres d'évacuation et, depuis, des frappes ont ciblé plusieurs villages de la région, dont Sohmor, bombardée mercredi matin.
Pour atteindre leur objectif, les Israéliens pourraient progresser selon deux axes principaux dans le secteur Est : depuis Khiam et Marjeyoun vers Kawkaba et Dalafa, et depuis l’extrême est, de Kfarchouba vers Kfarhamam et Hebbariyé, jusqu’à Rachaya el-Foukhar et Ferdis, dans le caza de Hasbaya, afin d’atteindre des zones faisant face à des localités clés de la Békaa-Ouest comme Zellaya et Midoun. Ils pourraient compter dans cette bataille sur des positions qu'ils occupent du côté syrien de la frontière, dans le Mont-Hermon.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe ministre de l’Intérieur et des Municipalités, Ahmad Hajjar, a appelé mercredi les pays arabes et la communauté internationale à « soutenir les efforts visant à mettre fin » à la guerre entre Israël et le Hezbollah, alors que l’État hébreu aspire à occuper une partie du sud du Liban pendant au moins plusieurs années, comme l’ont souligné des responsables israéliens cette semaine.
Il a aussi appelé ses interlocuteurs à « appuyer la décision du gouvernement d’étendre son autorité sur l’ensemble de son territoire exclusivement par ses propres forces armées ».
Le haut responsable s’exprimait en visioconférence lors de la 43ᵉ session du Conseil des ministres de l’Intérieur arabes, une institution relevant de la Ligue arabe, et dont le Liban assure la présidence tournante cette année. La 42ᵉ session a eu lieu en Tunisie en février 2025.
Le gouvernement de Nawaf Salam avait déjà demandé, l’été dernier, à l’armée libanaise de rétablir effectivement le monopole de l’État sur les armes, en désarmant notamment le Hezbollah, en commençant par le sud du Litani. Dès la reprise de la guerre le 2 mars dernier, le Conseil des ministres a enfoncé le clou en réclamant ce désarmement par tous les moyens et en qualifiant d’illégales les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah. Lors de la réunion du Conseil de sécurité mardi, le représentant du Liban a de nouveau accusé le Hezbollah d’avoir « décidé unilatéralement de faire la guerre » à Israël, tout en condamnant les attaques et l’invasion israélienne en cours.
« Le Liban est soumis à des attaques israéliennes dévastatrices, dans le cadre d’une guerre qui lui a été imposée et qu’il a tenté d’éviter par tous les moyens », a déclaré Ahmad Hajjar à ses homologues de la Ligue arabe. « Le Liban réaffirme son droit légitime à défendre son territoire et son peuple, et appelle au soutien des pays arabes frères et de la communauté internationale pour mettre fin à cette guerre injuste, mettre un terme à l’occupation israélienne de son territoire, respecter pleinement sa souveraineté et soutenir la décision du gouvernement libanais d’étendre son autorité sur l’ensemble du territoire par ses propres moyens », a-t-il précisé.
La reprise des hostilités entre les deux belligérants s’inscrit dans un conflit plus large déclenché par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui soutient le Hezbollah. Bombardé en pleine négociation, Téhéran a riposté en tirant des missiles sur des bases américaines, puis sur d’autres cibles dans les pays du Golfe.
« Les agressions et les défis sécuritaires croissants auxquels sont confrontés certains pays arabes frères constituent une source de profonde préoccupation pour nous tous », a déclaré Ahmad Hajjar. « Nous les condamnons et les rejetons catégoriquement, en raison des atteintes qu’ils portent à la souveraineté de ces États et des menaces qu’ils font peser sur leur sécurité et leur stabilité. Nous réaffirmons également notre rejet de tout ce qui pourrait menacer la paix civile dans nos sociétés arabes ou déstabiliser leur sécurité à travers des activités terroristes ou subversives illégales », a-t-il ajouté.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLes Iraniens ne sont plus autorisés à entrer aux Emirats arabes unis, sauf ceux répondant à certains critères, ont indiqué mercredi des compagnies aériennes, tandis que les agences de voyage témoignent d'un risque élevé de voir leurs demandes de visas rejetées.
« Les ressortissants iraniens ne sont pas autorisés dans le pays ni en transit », écrivent désormais sur leur site internet Emirates, la principale compagnie du pays, ainsi que Flydubai.
Selon une liste publiée sur les deux sites, cette interdiction ne s'applique cependant pas aux personnes résidant aux Emirats mariées à des Emiratis, aux enfants dont la mère est émiratie ainsi qu'à une longue liste d'exceptions non explicitée: « athlètes, dirigeants de banques, médecins, familles, ingénieurs, investisseurs, cadres supérieurs ou traders ».
Plusieurs agences de voyage aux Emirats contactées par l'AFP ont répondu que la majorité des demandes de visa de la part de ressortissants iraniens étaient rejetées depuis le début de la guerre. Une de ces agences a affirmé avoir reçu des consignes des autorités de ne plus accepter de demandes de visas d'Iraniens. Les relations entre les deux pays se sont fortement refroidies depuis le début de la guerre, l'Iran tirant quasi-quotidiennement missiles et drones sur ses voisins du Golfe en représailles à l'offensive américano-israélienne.
Elles s'étaient réchauffées avant le conflit, ces dernières années, et l'Iran était un des principaux partenaires commerciaux des Emirats, où réside une importante communauté iranienne. Les Emirats ont depuis fermé leur ambassade à Téhéran et plusieurs lieux liés aux autorités iraniennes, dont des écoles, un centre communautaire et un hôpital à Dubaï.
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