Le ministre des Affaires étrangères ukrainien a dénoncé samedi les frappes russes nocturnes qui ont fait au moins un mort en Ukraine, alors qu'Ukrainiens, Russes et Américains sont à Abou Dhabi pour une deuxième journée de pourparlers.
« Avec cynisme, (Vladimir) Poutine a ordonné une frappe de missiles brutale et massive contre l'Ukraine au moment où des délégations se rencontrent à Abou Dhabi pour faire avancer le processus de paix mené par les Américains », a déclaré Andriï Sybiga sur X. Des frappes russes nocturnes ont fait au moins un mort et 27 blessés à Kiev et Kharkiv, dans le nord-est, et les alertes aux frappes aériennes ont retenti dans tous le pays alors que des délégations ukrainiennes, américaines et russes sont depuis vendredi à Abou Dhabi pour discuter des conditions d'un règlement du conflit. « Efforts de paix ? Rencontre trilatérale aux Emirats arabes unis ? Diplomatie ? Pour les Ukrainiens, c'était une nouvelle nuit de terreur russe », a dit M. Sybiga.
Selon le président Volodymyr Zelensky, la Russie a frappé l'Ukraine avec 370 drones et 21 missiles, touchant de nombreux bâtiments civils, dont une maternité à Kharkiv.
Les pourparlers à Abou Dhabi marquent les premières négociations directes connues entre Moscou et Kiev sur le plan américain de règlement de la guerre, qui a fait des dizaines de milliers de morts depuis le lancement de l'invasion à pleine échelle par Moscou en février 2022. A l'issue de la première journée, le président ukrainien a déclaré qu'il était « encore trop tôt pour tirer des conclusions ». « Il est nécessaire que non seulement l'Ukraine souhaite mettre fin à cette guerre et atteindre une sécurité totale, mais qu'une volonté similaire apparaisse aussi en Russie », a-t-il ajouté.
Disant s'attendre à des pourparlers difficiles, le Kremlin a de son côté répété en préambule exiger de Kiev un retrait de ses forces de ces territoires industriels et miniers de l'est de l'Ukraine aujourd'hui en grande partie contrôlés par la Russie.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDes Européens figurent parmi les détenus de haut rang de l'organisation Etat islamique (EI) que les Etats-Unis ont transférés de Syrie vers l'Irak voisin, qui a réclamé vendredi leur rapatriement dans leurs pays d'origine.
Sous la pression militaire de l'armée syrienne, les forces kurdes se sont retirées cette semaine des prisons où elles gardaient des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) depuis sa chute en 2019, ainsi que des camps où elles surveillaient leurs familles, dans le nord-est de la Syrie. Les Etats-Unis ont commencé cette semaine à transférer 7.000 prisonniers de l'EI depuis la Syrie vers l'Irak. Parmi 150 premiers prisonniers de haut rang déjà transférés dans une prison de Bagdad figurent des Européens, ont indiqué à l'AFP deux responsables de sécurité irakiens.
Amnesty International a jugé vendredi que le groupe de 7.000 détenus en partance pour l'Irak « comprend certainement des Syriens, des Irakiens et d'autres étrangers, ainsi qu'environ 1.000 garçons et jeunes hommes ». L'ONG des droits humains a prié les Etats-Unis de « mettre en place de toute urgence des garanties avant de procéder à d'autres transferts » et demandé à l'Irak d'organiser « des procès équitables, sans recourir à la peine de mort ».
Vendredi, le chef du gouvernement irakien Mohamed Chia el-Soudani a appelé, lors d'une conversation téléphonique avec le président français Emmanuel Macron, les pays européens à rapatrier leurs ressortissants, ce qu'ils refusent jusqu'à présent. Malgré les appels répétés des Kurdes et des Etats-Unis dans le passé, les gouvernements étrangers ont généralement évité de rapatrier leurs ressortissants, craignant des menaces sécuritaires et des réactions politiques négatives.
En 2014, l'EI s'est emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant des massacres et réduisant les femmes et les filles à l'esclavage sexuel, mais avec le soutien d'une coalition menée par les Etats-Unis, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont finalement vaincu les jihadistes en Syrie cinq ans plus tard. Ils avaient capturé des milliers de combattants du groupe, qui avait établi un « califat » à cheval entre l'Irak et la Syrie.
Dans le plus grand camp de proches de jihadistes, al-Hol, la situation était « volatile » ces derniers jours, a indiqué vendredi l'ONU. Les Kurdes s'en étaient retirés mardi et les forces syriennes y sont entrées le lendemain.
Un ancien employé humanitaire ayant requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que des détenus ont profité du « vide sécuritaire » pour s'évader, sans en préciser le nombre ou la nationalité. Al-Hol abrite plus de 23.000 personnes, en grand nombre des femmes et des enfants, dont près de 15.000 Syriens et plus de 2.200 Irakiens. Outre les Irakiens, les étrangers du camp sont au nombre de 6.280, en majorité des Arabes et des Asiatiques, mais aussi un petit nombre d'Occidentaux, selon l'administration précédente.
Après avoir dû suspendre leur présence durant trois jours pour des raisons sécuritaires, des employés du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) ont pu à nouveau entrer vendredi en fin de journée à l'intérieur du camp d'al-Hol, accompagnés par des représentants du gouvernement syrien. « La livraison de fournitures essentielles a repris », a annoncé l'agence sur le réseau X, ajoutant que « des camions transportant du pain » sont rentrés dans le camp. Le HCR et l'Unicef avaient pu y faire livrer de l'eau la veille. L'agence avait pris en charge la gestion du camp le 1er janvier, avant le début des hostilités entre Damas et les forces kurdes, a précisé sa porte-parole Céline Schmitt. Un deuxième camp plus petit, Roj, qui reste sous contrôle des FDS, abrite 2.328 personnes, pour la plupart des étrangers dont des Occidentaux, parmi lesquels des Français.
Un cessez-le-feu, proclamé mardi soir, est globalement respecté entre l'armée syrienne et les Kurdes. En vertu d'un accord, quelque 800 combattants kurdes qui étaient retranchés dans la prison d'Al-Aqtan à Raqa, où ils gardaient des prisonniers de l'EI, ont été évacués sous la garde des forces syriennes. Un journaliste de l'AFP à Raqa a vu des cars et des voitures quitter la prison dans la nuit de jeudi à vendredi, escortés par des véhicules des forces syriennes.
Lundi, le ministère syrien de l'Intérieur avait affirmé que 120 membres de l'EI s'étaient évadés d'une autre prison, Chaddadi, mais qu'il avait réussi à en arrêter 81. « Les récentes évasions présumées de détenus de Daech (acronyme de l'EI) au milieu des affrontements sont extrêmement préoccupantes », a déclaré vendredi un porte-parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsAir France a indiqué vendredi soir suspendre « temporairement » sa desserte de Dubaï, en raison de la situation géopolitique au Moyen-Orient, tandis que KLM a annoncé suspendre aussi plusieurs liaisons vers la région. « En raison de la situation actuelle au Moyen-Orient, la compagnie a décidé de suspendre temporairement sa desserte de Dubaï », aux Emirats arabes unis, explique Air France dans une déclaration transmise à l'AFP. Elle précise suivre « en permanence l'évolution de la situation géopolitique des territoires desservis et survolés par ses appareils ».
La compagnie a annulé vendredi deux vols Paris-Dubaï, AF660 et AF658, en conséquence de quoi, deux vols Dubaï-Paris prévus samedi sur les deux appareils ont été également annulés.
La compagnie néerlandaise KLM suspend de son côté ses vols vers Tel-Aviv, Dubaï, ainsi que vers Dammam et Riyad en Arabie saoudite, a-t-elle indiqué, citée par le média néerlandais NOS. KLM n'a pas motivé sa décision, mais précisé qu'elle avait été prise en accord avec les autorités néerlandaises.
La compagnie aérienne allemande Lufthansa avait, elle, annoncé lundi suspendre ses vols « au départ et à destination de Téhéran jusqu'au 29 mars inclus ».
Les Etats-Unis ont maintenu ces derniers jours la pression sur l'Iran, alors que la perspective d'une intervention militaire semblait s'être éloignée, le président Donald Trump affirmant jeudi qu'une « armada » navale américaine était en route pour le Golfe. Le président américain a plusieurs fois menacé de frapper l'Iran en réponse à la répression du récent mouvement de contestation dans ce pays, mais il avait semblé revenir sur cette menace la semaine dernière après avoir assuré que Téhéran avait suspendu les exécutions prévues de manifestants.
Le porte-avions Abraham Lincoln, qui se trouvait en mer de Chine méridionale, fait actuellement route vers le Golfe, selon le Pentagone.
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