L'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a fait savoir dimanche que son siège partiellement démoli à Jérusalem-Est a été incendié. L'Unrwa n'a pas donné de détails sur la cause de l'incendie survenu dans ses locaux, que les autorités israéliennes ont saisis et commencé à détruire mardi, un an après avoir interdit à l'organisation onusienne d'opérer dans le pays.
« Après avoir été pris d'assaut et démoli par les autorités israéliennes, le siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est occupée a maintenant été incendié », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Elle a décrit l'incendie comme faisant partie d'une « tentative continue de démanteler le statut des réfugiés palestiniens ».
Les services d'incendie et de secours ont indiqué tôt dimanche avoir répondu à un appel concernant le site, où ils s'efforçaient « d'éteindre l'incendie et d'empêcher sa propagation », sans en préciser non plus la cause.
L'ONU avait condamné la saisie et les démolitions de la semaine dernière, et l'Unrwa a insisté sur le fait que ses biens restaient protégés par les privilèges et immunités des Nations unies, une position qu'elle a réaffirmée dimanche. « Comme tout Etat membre de l'ONU, partout dans le monde et sans exception, Israël est légalement tenu de protéger et de respecter les installations des Nations unies », a déclaré dimanche à l'AFP Jonathan Fowler, porte-parole de l'Unrwa.
L'Unrwa a été créée spécifiquement pour les centaines de milliers de Palestiniens déplacés lors de la création d'Israël en 1948, et elle assure l'enregistrement du statut de réfugié ainsi que des services de santé et d'éducation - dans les Territoires palestiniens, au Liban, en Syrie et en Jordanie.
Son complexe situé à Jérusalem-Est, dans une partie de la ville occupée puis annexée par Israël, n'accueille plus de personnel depuis janvier 2025, date à laquelle la loi interdisant ses activités est entrée en vigueur. Les autorités israéliennes ont accusé des employés de l'Unrwa d'avoir participé à l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.
L'ONU avait limogé en août 2024 neuf de ses employés, indiquant qu'ils pourraient avoir été impliqués dans l'opération. Une série d'enquêtes a ensuite révélé des « problèmes liés à la neutralité » en son sein, notant cependant qu'Israël n'avait pas fourni de preuves concluantes de ses allégations. L'Unrwa est toujours active en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsUne tempête hivernale majeure a causé la mort d'au moins dix personnes aux États-Unis, privant également plus d'un million de foyers d'électricité et clouant au sol des milliers d'avions. Davantage de neige est attendu lundi selon le service météo national, alors qu'une vingtaine d'États ainsi que la capitale fédérale Washington DC ont décrété l'état d'urgence.
Considérée par certains météorologues comme l'un des pires épisodes hivernaux de ces dernières décennies aux États-Unis, la tempête s'accompagne de températures glaciales, d'importantes chutes de neige et d'accumulations de glace aux conséquences potentiellement « catastrophiques », selon le service météo national (NWS).
Le NWS a indiqué aux Américains qu'ils devaient s'attendre à davantage de neige, de verglas et de pluie verglaçante jusqu’à lundi matin. Le maire de New York, Zohran Mamdani, a déclaré que cinq personnes avaient été retrouvées mortes à l’extérieur au cours du week-end dans des températures glaciales.
« Alors que nous ne connaissons pas encore les causes de leur décès, rien ne rappelle plus fortement le danger du froid extrême et la vulnérabilité de nombreux habitants, en particulier des New-Yorkais sans abri », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse dimanche.
Au Texas, les autorités ont confirmé trois décès, dont celui d’une adolescente de 16 ans tuée dans un accident de luge. Deux personnes sont mortes d’hypothermie en Louisiane, a indiqué le département de la santé de cet État du Sud. Plus de un million de foyers ont été privés d'électricité et 840.000 clients étaient toujours sans électricité dimanche soir, principalement dans le Sud des États-Unis, selon le site spécialisé PowerOutage.com.
Au Tennessee, où une bande de glace a fait tomber des lignes électriques, plus de 300.000 clients résidentiels et commerciaux étaient sans courant, tandis que la Louisiane, le Mississippi et la Géorgie, où ce type de tempêtes est moins fréquent, comptaient chacun plus de 100.000 coupures.
Les autorités, du Texas à la Caroline du Nord et à New York, ont exhorté les habitants à rester chez eux en raison des conditions périlleuses. « Évitez de prendre la route sauf en cas d'absolue nécessité », a publié la Division de gestion des urgences du Texas sur X.
La tempête se déplaçait dimanche vers le nord-est, déversant de la neige sur les grandes villes densément peuplées dont Philadelphie, New York et Boston. Une couche de plusieurs centimètres de neige recouvrait notamment les trottoirs et les routes de Washington, où l'état d'urgence a été déclaré.
« Nous continuerons à surveiller et à rester en contact avec tous les États qui se trouvent sur le trajet de cette tempête. Restez en sécurité et restez au chaud ! », a pour sa part exhorté le président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
Plusieurs grands aéroports de la capitale Washington, de Philadelphie ou de New York étaient quasiment à l'arrêt, alors que plus de 19.000 vols à destination et en provenance des États-Unis ont été annulés depuis samedi et que des milliers d'autres ont été retardés, selon le site FlightAware.
La tempête est liée à une déformation du vortex polaire, une masse d'air circulant habituellement au-dessus du pôle nord, mais qui s'est étirée vers le sud. Les scientifiques estiment que la fréquence croissante de ces perturbations du vortex pourrait être liée au changement climatique, bien que le débat ne soit pas tranché et que la variabilité naturelle joue également un rôle.
Climatosceptique assumé, Donald Trump a toutefois pris prétexte de la tempête pour exprimer de nouveau son scepticisme sur sa plateforme Truth Social: « Est-ce que les insurgés environnementaux pourraient m'expliquer s'il vous plaît: QU'EST CE QUI EST ARRIVE AU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ? ».
Les autorités ont mis en garde contre un froid potentiellement mortel pouvant durer une semaine après la tempête, notamment dans les Grandes Plaines du Nord et d'autres régions du centre, où les températures ressenties pourraient atteindre -45°C. De telles températures peuvent provoquer des engelures en quelques minutes.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsUn corridor humanitaire a été ouvert vers Kobané, ville à majorité kurde du nord de la Syrie cernée par l'armée, où un premier convoi de l'ONU est arrivé dimanche pour fournir une « aide vitale » aux déplacés ayant fui les affrontements. Un cessez-le-feu entre Damas et les forces kurdes a été prolongé de 15 jours, après que ces dernières ont cédé des pans entiers de territoire aux troupes gouvernementales, décidées à reprendre le contrôle de l'ensemble du territoire.
Les deux parties se sont mutuellement accusées de violations de la trêve. Des « affrontements violents » ont lieu tôt lundi entre les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) et des « factions affiliées à Damas » qui attaquent au sol et à l'artillerie le village de Kharab Ashk, situé au sud-est de Kobané, affirment les FDS.
Dimanche soir, l'armée, citée par des médias d'État, a dit avoir été visée par des drones autour de Kobané. Quant aux FDS, elles ont accusé l'armée de plusieurs attaques, dont un bombardement ayant tué un enfant à l'ouest de Kobané. Plus tôt dans la journée, l'armée avait annoncé ouvrir deux corridors afin de permettre « l'entrée de l'aide », l'un vers Kobané et l'autre dans la province voisine de Hassaké, région dans laquelle l'armée s'est également déployée.
Un convoi d'aide de l'ONU est arrivé dimanche à Kobané, a déclaré à l'AFP Céline Schmitt, porte-parole du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) en Syrie. Le représentant de l'agence en Syrie, Gonzalo Vargas Llosa, avait auparavant précisé que le convoi était composé de « 24 camions transportant des denrées essentielles, des articles de secours et du diesel », devant « fournir une aide vitale aux civils affectés par les hostilités et le climat hivernal ». L'opération a été rendue possible par « la coopération du gouvernement syrien », avait-il écrit sur X.
Plus tôt cette semaine, des habitants de Kobané (Aïn el-Arab en arabe) avaient déclaré à l'AFP manquer de nourriture, d'eau et d'électricité, alors que la ville était submergée de personnes ayant fui l'avancée de l'armée syrienne.
Kobané, dans l'extrême nord-est de la Syrie, est entourée par les forces gouvernementales et est bordée par la frontière turque au nord. Les forces kurdes ont accusé l'armée syrienne d'y imposer un « siège ». La ville, que les forces kurdes avaient libérée d'un long siège du groupe État islamique (EI) en 2015, était devenue un symbole en tant que première grande victoire contre les jihadistes.
Le pouvoir islamiste de Damas réclame la dissolution des FDS, tandis que Washington estime que leur mission initiale de lutte contre les jihadistes n'a plus de raison d'être, avec l'émergence d'un État central fort et soutenu par les États-Unis à Damas. Samedi, les autorités syriennes ont affirmé que le cessez-le-feu avait été prolongé pour faciliter le transfert par les États-Unis de détenus de l'EI de Syrie vers l'Irak.
Cette opération a débuté cette semaine, Washington craignant des failles sécuritaires dans la surveillance des prisonniers du fait des affrontements entre l'armée et les Kurdes. L'armée américaine a dit vouloir transférer en Irak jusqu'à 7.000 suspects de l'EI auparavant détenus par les combattants kurdes syriens.
Des Européens figuraient parmi les 150 détenus haut placés de l'EI qui ont été les premiers à être transférés mercredi, et deux responsables irakiens ont déclaré à l'AFP qu'un deuxième groupe « comptant jusqu'à 1.000 détenus de l'EI » était samedi en cours de transfert.
La trêve entre Damas et les FDS s'inscrit dans le cadre d'un accord plus large qui vise à intégrer les institutions civiles et militaires kurdes à l'État. Cet accord, pour lequel les Kurdes syriens doivent présenter un plan d'application, porte un coup aux espoirs d'autonomie de cette minorité, qui avait instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est durant la guerre civile (2011-2024).
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