Des vidéos ont circulé mardi montrant la panique de baigneurs ayant constaté que l’eau de la plage de Ramlet el-Baïda à Beyrouth, la seule plage publique de la capitale, a viré au vert jaunâtre. L’équipe de Factcheck Lebanon de l’Agence nationale d’information (Ani, officielle, relevant du ministère de l’Information) a obtenu une réponse de la ministre de l’Environnement, Tamara el-Zein.
La ministre Zein a affirmé avoir envoyé des échantillons de l'eau de Ramlet el-Baïda au Centre d’études marines du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS) pour analyse. « Il s’est avéré que cette couleur est due à une prolifération excessive d’algues, un phénomène dû essentiellement à l’augmentation de la température de l’eau de mer accompagnée d’un excès de nutriments, notamment du nitrate et du phosphate, les éléments essentiels qui déclenchent le processus de photosynthèse », explique le communiqué du ministère publié par l’Ani.
Le texte note que ce phénomène était momentané en raison de la topographie du littoral libanais, qui est « ouvert et donc constamment exposé aux forces hydrauliques des courants marins et du mouvement des vagues, ce qui favorise une circulation permanente des eaux côtières et empêche leur stagnation ou l’apparition d’un phénomène d’eutrophisation ». L’eutrophisation est un apport en excès de substances nutritives (nitrates et phosphates) dans un milieu aquatique pouvant entraîner la prolifération de végétaux aquatiques parfois toxiques.
Selon le rapport annuel du Centre d’études marines du CNRS sur l’état des plages en 2026, la plage de Ramlet el-Baïda, pourtant l’une des plus fréquentées, est aussi l’une des plus polluées du pays par plusieurs sources de pollution bactériologique (bouches d’égout).