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23:15 Liban-Sud   Désarmement du Hezbollah : quatre pays seraient envisagés pour participer à un mécanisme de vérification

Le Royaume-Uni, l’Italie, la Suisse et l’Indonésie figurent parmi les pays susceptibles de participer à un mécanisme international chargé de vérifier le désarmement du Hezbollah au Liban, dans le cadre de l’accord conclu entre Beyrouth et Tel-Aviv, a indiqué mercredi l'agence Reuters, citant plusieurs sources proches du dossier.

Cette liste de quatre pays aurait émergé lors du septième cycle de pourparlers directs à Rome, qui s’est achevé la semaine dernière sans percée ni mesures concrètes. Ces discussions ont notamment porté sur la mise en œuvre de l’accord de juin, qui prévoit notamment un retrait progressif des forces israéliennes du territoire libanais, à travers des « zones pilotes » en contrepartie du désarmement du Hezbollah.

Selon trois sources citées par Reuters, les pays retenus pourraient être amenés à contribuer à définir le mandat et les modalités de fonctionnement de ce mécanisme, à fournir du personnel chargé de superviser sa mise en œuvre ou encore à déployer des soldats pour observer, voire participer, à des inspections destinées à vérifier le désarmement.

Un responsable libanais avait déjà indiqué vendredi dernier à Reuters que Beyrouth et Tel-Aviv s’étaient entendus sur une liste de pays susceptibles d’envoyer des troupes au Liban dans ce cadre, sans révéler desquels il s'agissait. Il avait précisé que Washington devrait décider quels pays participeraient effectivement au dispositif. « Les discussions n’en sont toutefois qu’à leurs débuts », a tempéré une source ayant une connaissance directe du dossier, qui s’est néanmoins dite « prudemment optimiste » quant aux chances de voir le projet aboutir.

Selon deux sources, le mécanisme actuellement à l’étude prévoirait notamment l’inspection de villages du Liban-Sud afin de vérifier qu’ils sont exempts d’armes. Israël réclame que ces opérations puissent également être menées dans des propriétés et des domiciles privés. Une exigence particulièrement sensible au Liban. L’armée libanaise résiste depuis un an aux pressions en faveur de fouilles de propriétés privées, redoutant que de telles opérations ne provoquent des tensions dans le Sud et, plus largement, avec le Hezbollah. Un responsable sécuritaire étranger cité par Reuters a souligné qu’il faudrait notamment déterminer qui serait habilité à fouiller les propriétés privées et selon quelles modalités. La liberté de mouvement accordée aux éventuelles troupes étrangères sur le territoire libanais devra, elle aussi, être clairement définie, alors que des tensions sont survenues au cours des dernières années lors du passage de convois de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) dans le Sud.

La présence de forces étrangères nécessiterait par ailleurs un mandat spécifique. Selon les sources interrogées par Reuters, le scénario actuellement considéré comme le plus probable serait que le gouvernement libanais invite officiellement ces forces à se déployer sur son territoire, dans le cadre d'un dispositif également approuvé par Israël.

21:21 Marchés boursiers   Trump poursuivi en justice pour la vente d'un accès prioritaire à ses publications sur Truth Social

Deux groupes de médias américains ont contesté mercredi en justice la mise en vente d'un accès prioritaire aux publications du président Donald Trump sur son réseau Truth Social, qui génèrent souvent des mouvements sur les marchés.

La plainte, déposée à New York par The Intercept et Freedom of the Press Foundation, affirme que ce dispositif est « corrompu et inconstitutionnel ». Les abonnés à ce service sont censés avoir un accès quasi instantané aux messages de M. Trump sur Truth Social, quelques secondes cruciales avant le grand public. Pour cela, il doivent débourser jusqu'à 100.000 dollars par mois, ou 60.000 dollars mensuels en s'engageant pour trois ans, selon la plainte. Le milliardaire républicain utilise souvent sa plateforme pour des annonces politiques majeures, des derniers développements dans la guerre contre l'Iran à de nouveaux droits de douane, qui peuvent faire plonger ou s'envoler les marchés.

« Ce dispositif est profondément corrompu. Le président est en position d'en tirer un bénéfice financier en livrant des informations gouvernementales +qui font bouger les marchés+ à ceux qui sont en mesure de payer sa propre société », développe la plainte. The Intercept, un média d'information à but non lucratif, et Freedom of the Press Foundation, qui gère une base de données recensant les publications sur Truth Social, soutiennent que ce service payant entrave leur capacité à couvrir correctement les actions de M. Trump.

« Un accès rapide aux publications du président est essentiel pour les deux groupes », arguent-ils, demandant au tribunal de déclarer cet outil illégal et de le bloquer. Plusieurs membres de l'opposition démocrate ont réclamé une enquête sur ce service par l'autorité de régulation des marchés boursiers, la SEC.

Trump Media and Technology Group a balayé les inquiétudes concernant ce produit, appelé Truth API et dévoilé à la mi-juillet. Kevin McGurn, son directeur général par intérim, a déclaré cette semaine que Truth API générait des revenus grâce à la signature de dix contrats avec des clients qu'il n'a pas identifiés. Le Wall Street Journal a rapporté que des sociétés de trading comptaient parmi les premiers abonnés.

Parallèlement, Trump Media and Technology Group a annoncé lundi une perte nette de 238,1 millions de dollars au deuxième trimestre 2026, contre un peu moins de 20 millions de dollars un an plus tôt, liée à la dépréciation de ses actifs numériques. Le président et sa famille font face à des accusations, que M. Trump rejette, d'enrichissement personnel indu et de conflits d'intérêt depuis le début de son second mandat. Son patrimoine personnel est passé de 2,3 à 6,5 milliards de dollars entre 2024 et 2026, selon le magazine Forbes.

20:13 Justice au Liban   Plaintes de la BDL : nouveau mandat d’arrêt contre Riad Salamé

L’ex-gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé fait l’objet d’un nouveau mandat d’arrêt, dans l’affaire des opérations financières liées à Bank Audi, pour lesquelles il est poursuivi ainsi que l’ex-PDG de Bank Audi, Samir Hanna.

L’affaire porte notamment sur une opération remontant à 2010, au cours de laquelle une société offshore a acquis auprès d’EFG Hermes quelque 17 millions d’actions de Bank Audi pour environ 153 millions de dollars, avec un financement de la BDL. La même période est marquée par l’entrée des frères Nagib et Taha Mikati au capital de Bank Audi, dans le cadre d’une opération distincte, financée notamment par des crédits de la banque. La BDL reproche à Riad Salamé d’avoir utilisé des fonds de la banque centrale dans le cadre des opérations aujourd’hui examinées par la justice.

La plainte déposée en janvier par la BDL porte notamment sur des opérations dans lesquelles des titres auraient été souscrits par la banque centrale auprès de sociétés, avec des garanties constituées par des actions de Bank Audi. Ces opérations présumées auraient causé d’importantes pertes financières, des fonds de la banque centrale ayant été placés auprès de sociétés qui se seraient révélées par la suite fictives ou en difficulté financière.

C’est après plus de trois heures d’audition de M. Salamé que la juge d’instruction Shéhérazade Nasser a émis ce nouveau mandat d’arrêt à l’encontre de l’ancien gouverneur, d’après nos informations. Mme Nasser assure la permanence pendant les vacances judiciaires et remplace Roula Osman, première juge d’instruction à Beyrouth chargée de cette affaire.

Plus de trois heures d’interrogatoire

L’état de santé de Riad Salamé, actuellement hospitalisé à l’hôpital Dahr el-Bachek, n’était pas bon ce matin et ses médecins avaient refusé qu’il se rende à son interrogatoire au Palais de justice de Beyrouth. Mais c’est lui-même qui a insisté pour s’y rendre, selon une source proche du dossier. La juge Nasser a alors auditionné Riad Salamé de 11h30 à 15h, en présence de l’avocat de M. Salamé, Wassim Ghaoui, de celui de la BDL, Choucri Haddad, et de l’avocate représentant le département du contentieux de l’État, Bertha Naïm. Le département du contentieux s’est porté mercredi partie civile dans ce dossier.

Une autre source précise que les avocats de la BDL étaient présents mais que seul Riad Salamé a pu répondre aux questions lors de l’audience. À la fin de la séance, l’avocat de la BDL et Me Ghaoui ont pu poser des questions, adressées à la juge, afin que celle-ci les pose à son tour au prévenu.

Une audience devra être consacrée à Samir Hanna le 20 août dans cette même affaire. À l’issue de son interrogatoire, la juge d’instruction devra décider de la suite à donner au dossier et, notamment, de son éventuelle transmission au procureur général près la cour d’appel, qui devra déterminer s’il y a lieu d’engager des poursuites.

L’avocat de Riad Salamé compte faire appel de la décision de la juge Nasser et a vingt-quatre heures pour le faire devant la chambre d’accusation de Beyrouth, selon nos informations. Ce recours porte sur la décision de placer M. Salamé sous mandat d’arrêt et non, à ce stade, sur le fond des accusations portées contre lui. Dans le cas présent, la défense pourrait notamment contester la nécessité du mandat au regard de la situation de l’ancien gouverneur, qui est interdit de voyager et fait l’objet de mesures conservatoires sur ses avoirs, et n’exerce plus aucune fonction à la Banque du Liban.

Ce mandat est le quatrième du genre émis par un juge d’instruction libanais contre Riad Salamé depuis septembre 2024, après ceux de Bilal Halaoui dans l’affaire Optimum Invest, de Nicolas Mansour dans le dossier immobilier français et de Roula Sfeir à la suite de la plainte du déposant Talal Abou Ghazalé.

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