L'armée iranienne a annoncé samedi avoir lancé une nouvelle « vague massive d'attaques de drones » contre Israël et des bases américaines aux Émirats arabes unis et au Koweït, selon un média d'État.
« La marine iranienne a ciblé des bases américaines et les territoires occupés (Israël, non reconnu par l'Iran, NDLR) avec une vague massive d'attaques de drones », ont déclaré les forces armées dans un communiqué transmis par l'agence de presse officielle iranienne Irna.
Parmi les cibles mentionnées se trouvent la base d'Al Minhad, aux Émirats arabes unis, qui accueille des soldats américains, une autre base au Koweït ainsi qu'une « installation stratégique » en Israël, selon la même source.
Les Gardiens de la Révolution ont par la suite indiqué avoir visé la base d'Al Dhafra aux Émirats, qui accueille des troupes américaines.
« Lors de cette attaque, le centre de guerre aérienne des terroristes américains, le centre de communications satellitaires, les radars d'alerte précoce et les radars de contrôle de tir ont été touchés », ont déclaré les Gardiens de la Révolution dans un communiqué relayé par l'agence Tasnim.
La guerre au Moyen-Orient est entrée samedi dans sa deuxième semaine, s'étendant à de nombreux pays de la région.
Israël a mené samedi avant l'aube une vague de raids, l'une des plus importantes depuis le début de la campagne de bombardements le 28 février, visant notamment une académie militaire, un centre de commandement souterrain et un site de stockage de missiles.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL’attaque menée, vendredi dans la nuit, contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui a grièvement blessé des Casques bleus ghanéens, combinée aux frappes massives dans le sud du pays, a ravivé les craintes de l'Onu d’une nouvelle spirale de violence à la frontière israélo-libanaise.
À New York, les Nations unies ont réagi avec gravité, mettant en garde contre les conséquences d’une escalade militaire dans une région déjà profondément instable.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a fermement condamné l’attaque contre les soldats de la paix, rappelant que les forces déployées au Liban opèrent sous mandat du Conseil de sécurité et constituent l’un des piliers de l’architecture internationale de stabilisation de la frontière sud du Liban. « Le Secrétaire général condamne l’incident survenu vendredi 6 mars, qui a blessé trois Casques bleus ghanéens de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) à l’intérieur de leur position à Al-Qawzah, dans le sud-ouest du Liban, au milieu de tirs nourris », a indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric dans une déclaration publiée au siège des Nations unies.
Le chef de l’ONU a exprimé ses vœux pour un « rétablissement rapide et complet » aux soldats blessés, tout en rappelant un principe fondamental du droit international et du maintien de la paix. « La sûreté et la sécurité du personnel et des biens des Nations unies doivent être respectées en tout temps, et les responsables doivent être tenus de rendre des comptes », a-t-il souligné, ajoutant que « l’inviolabilité des installations de l’ONU doit être respectée par tous ».
Dans un contexte de tensions croissantes le long de la Ligne bleue, António Guterres a également appelé les parties à agir immédiatement pour éviter une détérioration plus grave de la situation. « Les Nations unies exhortent les parties à désamorcer immédiatement les tensions et à respecter pleinement leurs obligations au titre de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité », a-t-il déclaré.
Une attaque qui ébranle l’équilibre fragile du sud Liban
Sur le terrain, l’attaque contre la FINUL a profondément choqué la communauté internationale. Selon la mission onusienne, deux missiles ont frappé une position du bataillon ghanéen dans le sud du Liban, blessant grièvement deux Casques bleus et provoquant un choc psychologique chez un troisième soldat. L’explosion a également déclenché un incendie qui a détruit le mess des officiers.
La FINUL a immédiatement condamné l’incident et annoncé l’ouverture d’une enquête afin d’en déterminer les circonstances exactes. La mission rappelle que les Casques bleus déployés dans le sud du Liban agissent sous mandat du Conseil de sécurité pour surveiller la cessation des hostilités et soutenir le déploiement de l’armée libanaise dans la zone.
Pour de nombreux observateurs diplomatiques, l’incident souligne la fragilité croissante de l’équilibre sécuritaire dans cette région frontalière, où les tensions entre Israël et le Hezbollah n’ont cessé de s’intensifier depuis plusieurs mois.
« Des progrès brutalement interrompus »
Dans ce contexte déjà explosif, la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a dressé un constat particulièrement sombre de la situation. Dans une déclaration publiée le 7 mars, elle a estimé que les développements récents ont brutalement interrompu les timides progrès politiques et institutionnels enregistrés au Liban ces dernières semaines.
Il y a encore peu de temps, a-t-elle rappelé, la situation semblait pourtant évoluer dans une direction relativement positive. Les forces armées libanaises « soutenaient la progression constante de l’autorité de l’État », tandis que les préparatifs des élections législatives avançaient et que certaines réformes attendues depuis longtemps commençaient à être engagées.
Un prêt de la Banque mondiale devait également contribuer à lancer les efforts de reconstruction, alors que l’amélioration des relations entre Beyrouth et Damas ouvrait « de nouveaux domaines de coopération bilatérale ». « Bien sûr, tout n’était pas parfait », a reconnu la responsable onusienne, évoquant les frappes aériennes persistantes, les rivalités politiques internes et les blocages institutionnels qui continuent de peser sur le pays. Mais, a-t-elle insisté, « il y avait des progrès - des progrès qui viennent désormais de s’arrêter brutalement ».
Le spectre d’un nouveau cycle de guerre
Les développements récents ont replongé le Liban dans un climat d’incertitude et d’angoisse. « Des personnes qui venaient tout juste de rentrer chez elles se retrouvent à nouveau sans toit au-dessus de leur tête », a déploré Jeanine Hennis-Plasschaert, décrivant une opinion publique oscillant « entre l’incrédulité, la consternation et l’indignation », tandis que les ordres d’évacuation se multiplient et que les frappes directes augmentent.
Pour la coordinatrice spéciale, la poursuite de l’escalade militaire ne peut conduire qu’à une aggravation de la crise. « Les actions militaires en cours n’apporteront de victoire durable à personne. Elles ne feront qu’aggraver l’instabilité et infliger davantage de souffrances », a-t-elle averti. Malgré les appels répétés à un arrêt immédiat des hostilités, ces messages restent pour l’instant sans effet, étouffés par « une rhétorique maximaliste et la poursuite des bombardements », au détriment des populations civiles.
La résolution 1701, dernier rempart diplomatique
Face à cette dynamique dangereuse, les Nations unies rappellent que la résolution 1701 du Conseil de sécurité demeure le seul cadre diplomatique reconnu pour prévenir un nouveau conflit majeur entre Israël et le Hezbollah. Adoptée à l’issue de la guerre de 2006, cette résolution prévoit la cessation des hostilités, le retrait des forces israéliennes du Liban, le déploiement conjoint de l’armée libanaise et de la FINUL au sud du Litani et l’interdiction de la présence d’armes non étatiques dans cette zone.
Pour Jeanine Hennis-Plasschaert, ce texte reste « la formule reconnue internationalement pour mettre fin aux cycles de violence qui ont frappé les citoyens libanais et israéliens pendant des décennies ». Elle reconnaît toutefois que la résolution n’a été que partiellement appliquée et qu’elle a progressivement été « mise en sommeil par un manque de confiance mutuel ».
Un choix historique
Dans un avertissement qui résonne comme un appel urgent à la responsabilité des acteurs régionaux, la coordinatrice spéciale a estimé que des discussions entre le Liban et Israël pourraient constituer « le tournant nécessaire » pour éviter une nouvelle conflagration.
Un dialogue, direct ou indirect, pourrait, selon elle, permettre de transformer enfin la résolution 1701 en « réalité vivante de part et d’autre de la Ligne bleue ». « Le choix est clair », conclut-elle : « Rester sur la voie de la mort et de la destruction, ou s’engager sur celle de la retenue, de l’engagement et du dialogue. »
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLa coordinatrice spéciale de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a appelé samedi à des pourparlers entre le Liban et Israël pour mettre fin aux affrontements opposant l'armée israélienne au mouvement pro-iranien Hezbollah depuis lundi.
« Des pourparlers entre le Liban et Israël peuvent être l'élément décisif qui permettra aux générations futures d'éviter de revivre sans cesse le même cauchemar », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
« Si la situation est déjà grave, elle est vouée à s'aggraver encore. Trop de personnes risquent de souffrir. Les hostilités doivent cesser », a-t-elle ajouté.
En décembre, des représentants civils libanais et israéliens avaient participé pour la première fois depuis des décennies à des pourparlers directs, dans le cadre d'une réunion d'un comité chargé de surveiller le cessez-le-feu de novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah.
Ce mécanisme regroupe, outre le Liban et Israël, l'ONU, les Etats-Unis et la France.
Le Liban s'est retrouvé entraîné dans le conflit qui s'étend au Moyen-Orient depuis que le Hezbollah a tiré lundi des missiles sur Israël pour « venger » la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors des attaques américano-israéliennes contre l'Iran.
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