L'Autorité palestinienne a accusé lundi des colons israéliens d'avoir attaqué et incendié une mosquée du village de Tell, dans le nord de la Cisjordanie occupée, et d'avoir « écrit des slogans racistes sur les murs ».
Le ministère des Affaires religieuses a condamné dans un communiqué « la tentative par un groupe de colons de mettre le feu à une partie de la mosquée Abou Bakr al-Siddiq du village de Tell, près de Naplouse, et d'avoir écrit des slogans racistes sur les murs ». « L'incendie d'une partie de la mosquée démontre clairement le degré de barbarie atteint par la machine israélienne d'incitation au racisme concernant des lieux saints islamiques et chrétiens en Palestine », a dénoncé le ministère. Celui-ci a indiqué que les attaques de colons israéliens contre des mosquées étaient déjà en nette hausse en 2025 en Cisjordanie, atteignant un total de 45.
De son côté, Ghassan Daghlas, le gouverneur de la région de Naplouse, a condamné l'attaque dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux. « Ils ont brûlé la mosquée, et c'est nous qui la reconstruisons. C'est notre terre, la terre de Palestine », a-t-il déclaré, un tuyau d'arrosage à la main pour nettoyer les traces de l'incendie.
Un journaliste de l'AFP sur place a vu des tapis brûlés, des portes d'entrée fracturées ainsi que des murs et des fenêtres noircis par le feu, mais aucun dommage structurel, l'incendie ne s'étant pas propagé à l'ensemble du bâtiment.
L'armée israélienne a déclaré dans un communiqué que des forces de l'ordre avaient été « dépêchées dans la zone de Tell à la suite d'un signalement et de vidéos concernant des suspects ayant incendié une mosquée et inscrit des graffitis ». « Aucun blessé n'a été signalé », a ajouté l'armée en indiquant que les suspects étaient recherchés.
Ces attaques récurrentes contre des lieux de culte en Cisjordanie s'inscrivent dans la lignée des violences commises par les colons et les soldats israéliens que subissent les quelque trois millions de Palestiniens vivant dans ce territoire occupé par Israël depuis 1967.
Entre le 3 et le 16 février 2026, les forces israéliennes ont tué trois Palestiniens en Cisjordanie et Jérusalem-Est, portant à neuf le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l'année, dont deux enfants, auxquels s'ajoutent 137 blessés, selon le Bureau de coordonation des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Au total, plus de 1 100 Palestiniens ont été tués et près de 11 000 ont été blessés par des soldats ou des colons israéliens depuis le 7 octobre 2023.
Hormis Jérusalem-Est, plus de 500 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie dans des colonies illégales au regard du droit international. Le gouvernement israélien actuel, l'un des plus à droite de l'histoire du pays, a accéléré l'expansion des colonies depuis le début de la guerre de Gaza, tout en prenant des mesures favorisant l'annexion de nouvelles zones de Cisjordanie administrées par l'Autorité palestinienne.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLes militants en faveur de l’abolition de la peine de mort au Liban ont de quoi se réjouir aujourd’hui, bien qu’ils ne soient pas encore au bout de leurs peines. La commission parlementaire des droits de l’homme a en effet examiné lundi une proposition de loi soumise par un député, qui prévoit l’abolition de la peine de mort et son remplacement par la prison à vie, avec des conditions de détention qualifiées de « très strictes ». Adoptée désormais par la commission, ce texte est donc envoyé à l’Assemblée générale. Le ministre de la Justice Adel Nassar a participé à cette réunion.
Le député Michel Moussa, président de la commission, a déclaré que ses membres « ont décidé d’approuver l’abolition de la peine de mort et son remplacement par la prison à vie avec des conditions très strictes ». « L'Assemblée générale prendra la décision qu’elle juge appropriée », a-t-il ajouté.
La peine de mort existe toujours au Liban, bien qu’il n’y ait pas eu d’exécutions depuis le début des années 2000. Le débat reste houleux dans le pays, mais la lutte contre la peine de mort par des militants chevronnés représente un combat de longue date.
Pour sa part, le ministre Nassar a précisé que « le gouvernement libanais a émis un avis favorable quant à l’abolition de la peine de mort, qui vient de passer une étape essentielle au Parlement ». « Nous considérons qu’à partir de maintenant, le Liban continuera de faire des pas supplémentaires vers l’abolition effective de la peine de mort », a-t-il ajouté.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats« Aucune intention de me retirer » : Nouri al-Maliki, candidat au poste de Premier ministre en Irak, a déclaré lundi à l'AFP qu'il ne cèderait pas aux injonctions de Donald Trump, tout en voulant rassurer les États-Unis, notamment sur les groupes armés pro-iraniens. En janvier, le président américain avait menacé de retirer tout soutien à Bagdad si M. Maliki, perçu comme proche de l'Iran voisin, revenait au pouvoir.
Déjà deux fois Premier ministre (entre 2006 et 2014), il avait dans un premier temps bénéficié du soutien américain après l'invasion de 2003, mais s'était brouillé avec Washington après s'être rapproché de l'Iran.
« Je n'ai absolument aucune intention de me retirer, par respect pour mon pays, sa souveraineté et sa volonté », a insisté Nouri al-Maliki lors d'un entretien dans son bureau à Bagdad. « Personne n'a le droit de dire pour qui nous pouvons ou ne pouvons pas voter (...) Je ne me retirerai pas, quoi qu'il arrive », a-t-il répété, après avoir dénoncé précédemment une « ingérence flagrante » des États-Unis.
Cette figure de la vie politique irakienne, âgée de 75 ans, a cependant affiché lundi son attachement à une bonne relation avec Washington. « Je pense que les liens avec les États-Unis sont essentiels pour le développement de l'Irak », a-t-il souligné. Alors que l'Iran a averti de représailles contre les intérêts américains dans la région en cas de frappes américaines, M. Maliki s'est engagé à protéger les missions diplomatiques s'il accédait au pouvoir. « Nous ne permettrons à aucune partie de cibler un pays qui maintient une présence diplomatique — comme des ambassades — en Irak », a-t-il dit. « Tous les pays peuvent être assurés du fait que nous empêcherons toute violation visant leurs ambassades ou leurs intérêts officiellement reconnus en Irak ».
Toujours dans un souci de donner des gages aux États-Unis, il s'est dit favorable à un monopole des armes par l'État, une exigence américaine, jugeant « tout à fait possible » un accord en ce sens avec les factions soutenues par l'Iran. « Nous voulons des armes entre les mains de l'État, nous voulons une force militaire centralisée. Nous l'avons répété à maintes reprises : nous voulons une armée sous un commandement unique et obéissant directement aux ordres de l'État », a-t-il affirmé.
Le candidat a dans le même temps défendu les relations de l'Irak avec l'Iran, définies par des « intérêts partagés ». Les autorités irakiennes se livrent depuis des années à un exercice d'équilibriste entre leurs deux alliés, les États-Unis et l'Iran, eux-mêmes farouches ennemis.
Nouri al-Maliki avait reçu en janvier le soutien du Cadre de coordination, une alliance de factions chiites aux liens plus ou moins étroits avec l'Iran, qui détient la majorité au Parlement. Après les avertissements de Donald Trump, il avait dit qu'il ne renoncerait que si cette coalition lui retirait son soutien.
Conformément au système de partage du pouvoir en vigueur en Irak, le poste de Premier ministre revient à un chiite, la présidence du Parlement à un sunnite et la présidence de la République, un poste largement honorifique, est attribuée à un Kurde. Le Premier ministre doit être nommé par le président, au rôle surtout honorifique, mais les partis kurdes n'ont pas encore réussi à s'entendre sur un candidat.
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