Après des tirs revendiqués par le Hezbollah en direction d’Israël et des frappes israéliennes en riposte sur le Liban, plusieurs responsables libanais ont critiqué le parti chiite, appelant à la retenue et à la neutralité.
Le président de la République, Joseph Aoun, a condamné le lancement de roquettes depuis le territoire libanais, affirmant qu’il « vise tous les efforts et initiatives déployés par l’État libanais pour maintenir le Liban à l’écart des confrontations militaires graves qui secouent la région ». Il a averti que l’utilisation du Liban comme « plateforme pour des guerres de soutien » exposerait à nouveau le pays à des risques. « La responsabilité de ces risques incombe aux parties qui ont ignoré les appels répétés à préserver la sécurité et la stabilité dans le pays, a-t-il ajouté. L’État ne permettra pas que cela se reproduise, et les Libanais, qui s’emploient encore à panser les blessures causées par les affrontements précédents, ne l’accepteront pas. »
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné le lancement de roquettes depuis le Liban-Sud, le qualifiant d’« acte irresponsable et suspect ». « Peu importe qui est derrière, les tirs de roquettes depuis le Liban-Sud sont un acte irresponsable et suspect qui met en danger la sécurité du Liban et donne à Israël des excuses pour continuer ses attaques contre ce pays », a écrit le chef du gouvernement sur le réseau social X. « Nous ne permettrons pas que le pays soit entraîné dans de nouvelles aventures et prendrons toutes les mesures nécessaires pour arrêter les auteurs et protéger les Libanais », a-t-il ajouté. M. Salam a ensuite appelé à la tenue d’une session d’urgence au Palais présidentiel à 8 heures lundi matin.
Le leader druze Walid Joumblatt a, lui, appelé à la « neutralité », affirmant que le « lancement de roquettes ne nous apportera que davantage de destruction et de sang ». « Si je devais donner un conseil dans cette confrontation immense qui se déroule dans la région, et qui dépasse largement le cadre du Liban, ce serait de rester neutre, car le lancement de roquettes ne nous apportera que davantage de destruction et de sang. Dans ce cadre, j’appelle à renforcer la solidarité avec l’armée libanaise, par‑dessus toute autre considération », a écrit sur X M. Joumblatt.
Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a fait une déclaration dans le même sens. « Gardez le Liban neutre et laissez-le être la patrie des Libanais ; il n’est au service ni de l’Iran ni d’Israël », a-t-il écrit sur X. « Nous avions mis en garde contre une guerre de soutien à Gaza, car elle n’apporterait que destruction au Liban et à ceux qui la mènent, sans pouvoir sauver Gaza, et c’est ce qui s’est produit, a-t-il écrit. Nous mettons à nouveau en garde contre une guerre de soutien à l’Iran, car elle ne fera que nous apporter davantage de destruction sans pour autant sauver l’Iran. »
L'armée israélienne a mené une dizaine de raids, lundi à l'aube, sur la banlieue sud de Beyrouth en riposte à des tirs du Hezbollah en direction d'Israël, au troisième jour de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran. Elle a également frappé au Sud et dans la Békaa et appelé à l'évacuation d'une cinquantaine de villages. Dans un communiqué, l'armée israélienne a dit agir « en réponse aux tirs de projectiles du Hezbollah » qui ont déclenché les sirènes d'alerte aérienne dans plusieurs zones d'Israël dans la nuit de dimanche à lundi. Le groupe chiite soutenu par Téhéran a confirmé avoir lancé une attaque sur Israël, la première depuis le déclenchement de l'offensive américano-israélienne de grande envergure contre l'Iran qui a coûté la vie au guide suprême iranien Ali Khamenei et à d'autres hauts-responsables.
Le Hezbollah est sorti affaibli d'une guerre avec Israël dans laquelle il s'est engagé unilatéralement en octobre 2023 pour soutenir le Hamas, son allié. Israël continue de la viser malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer. Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin 2025, le Hezbollah n'était pas intervenu.
Une conférence internationale était prévue le 5 mars à Paris en soutien aux forces armées et aux forces de sécurité intérieure libanaises, dont la mission est de désarmer le Hezbollah après l'engagement pris en ce sens par Beyrouth l'an dernier. Le président libanais Joseph Aoun et son homologue français Emmanuel Macron ont annoncé dimanche le report de la rencontre.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDes « projectiles » tirés depuis le Liban ont provoqué le déclenchement des sirènes d'alerte dans le nord d'Israël, a indiqué lundi l'armée israélienne qui a dit avoir intercepté l'un d'entre eux.
« Un projectile tiré depuis le Liban vers le territoire israélien a été intercepté par l'armée de l'air israélienne, et plusieurs projectiles sont tombés dans des zones dégagées », a écrit l'armée sur Telegram.
« Aucun blessé ni dégât n'a été signalé », a-t-elle ajouté.
Ces lancements ont déclenché les sirènes d'alerte aérienne dans plusieurs secteurs du nord d'Israël.
Le Hezbollah a averti dimanche qu'il compte « faire face à l'agression » américano-israélienne ayant coûté la vie au guide suprême iranien Ali Khamenei.
En Iran, les Gardiens de la Révolution ont affirmé sur Telegram que le Hezbollah, mouvement chiite soutenu par Téhéran, avait « attaqué Haïfa (port du nord d'Israël, NDLR) avec six missiles ».
« Le Yémen entrera aussi dans la bataille dans quelques heures », ont ajouté les Gardiens, en référence à leurs alliés houthis yéménites, qui tirent régulièrement des missiles en direction d'Israël.
L'agence iranienne semi-officielle Mehr a publié, également sur Telegram, une vidéo de ce qu'elle a présenté comme le tir dans la nuit d'un missile du Hezbollah en direction d'Israël.
Le Hezbollah est sorti affaibli d'une guerre avec Israël dans laquelle il s'est engagé unilatéralement en octobre 2023 pour soutenir le Hamas palestinien, son allié.
Israël continue de le viser malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer.
Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'auteur présumé des tirs qui ont fait deux morts et 14 blessés dimanche à Austin, au Texas, avait exprimé sur les réseaux sociaux des « opinions pro-régime iranien », cible d'une offensive militaire majeure, selon l'organisation de veille des groupes jihadistes SITE Intelligence Group.
Son identité n'a pas été confirmée par les autorités, mais il a été identifié par cette organisation et plusieurs médias américains comme Ndiaga Diagne, un citoyen américain d'origine sénégalaise. Il a été abattu sur place par des policiers.
Une photo partagée sur X par l'élu républicain du Texas Chip Roy montre le suspect armé d'un fusil et portant un sweat-shirt sur lequel on peut lire « propriété d'Allah ».
Selon le SITE Intelligence Group, Ndiaga Diagne avait exprimé des « opinions pro-régime iranien et une haine envers les dirigeants israéliens et américains » dans des publications sur Facebook partagées entre 2017 et 2019, et avait publié une photo de lui tenant ce qui semble être un fusil d'assaut.
Survenue dans la nuit de samedi à dimanche aux abords d'un bar dans une zone animée du centre-ville d'Austin, capitale du Texas, l'attaque a fait au moins deux morts et 14 blessés.
Trois d'entre eux se trouvaient toujours dans un état critique dimanche matin, ont déclaré les autorités.
La police fédérale, le FBI, avait estimé plus tôt dimanche qu'il pourrait s'agir d' »un acte de terrorisme ».
« Il est encore beaucoup trop tôt dans l'enquête pour déterminer une motivation précise, mais il y avait des éléments sur le suspect et dans son véhicule qui indiquent un lien potentiel avec le terrorisme », avait ainsi affirmé lors d'une conférence de presse Alex Doran, un responsable du bureau du FBI de San Antonio, qui n'a pas donné de détails sur la nature de ces éléments.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a annoncé sur X que Donald Trump était tenu informé de la situation.
L'attaque s'est produite quelques heures après le lancement samedi d'une intense campagne de frappes israélo-américaines contre l'Iran, qui ont notamment tué le guide suprême du pays, Ali Khamenei, et qui alimentent la crainte d'attentats en représailles aux Etats-Unis.
Le directeur du FBI, Kash Patel, a ainsi annoncé avoir placé ses équipes de lutte contre le terrorisme et de renseignement « en état d'alerte maximale ».
« A quiconque envisagerait d'utiliser le conflit actuel au Moyen-Orient pour menacer les Texans ou nos infrastructures critiques, que les choses soient claires: le Texas répondra avec une force décisive et écrasante pour protéger notre État », a réagi le gouverneur républicain Greg Abbott dans un communiqué publié après l'attaque d'Austin.
Les autorités du Texas avaient annoncé samedi déployer des militaires réservistes pour « protéger (les) citoyens et les infrastructures critiques contre toute menace potentielle de représailles ».
La cheffe de la police d'Austin Lisa Davis a déclaré lors d'une conférence de presse dimanche que les forces de l'ordre avaient reçu un appel à 01H58 signalant des coups de feu autour du Buford's, un bar situé dans une artère très fréquentée de la ville.
Rapidement sur place, les policiers « ont été confrontés à l'individu armé et trois de nos officiers ont riposté, tuant le suspect », a‑t‑elle déclaré.
Elle a indiqué que l'assaillant, qui circulait à bord d'un SUV, a d'abord ouvert le feu contre des clients de l'établissement par la fenêtre de son véhicule.
Il s'est ensuite arrêté, en est sorti, et a commencé à tirer dans la rue sur des passants avant d'être abattu par les policiers.
« Il ne fait aucun doute dans mon esprit que la réaction rapide des policiers et de notre personnel médical d'urgence (...) a fait la différence et a sauvé des vies », a salué le maire d'Austin, Kirk Watson, pendant la conférence de presse.
Parlant d'un événement « qui a causé un traumatisme important à (sa) ville », l'édile a adressé ses « pensées » aux victimes et à leurs familles.
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