Trois militaires libanais, dont deux officiers, ont été tués samedi matin dans une frappe israélienne contre un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé. Réagissant à cette attaque, l'armée israélienne a affirmé que le véhicule se déplaçait de manière « suspecte » en direction de ses forces près de Kfar Tebnit.
« Une frappe agressive et barbare israélienne a visé un véhicule militaire sur la route Kfar Tebnit-Khardali (Nabatiyé), tuant deux officiers, aux grades de général de brigade et de capitaine, ainsi qu'un soldat », a annoncé la troupe dans un communiqué. Elle a également indiqué que « la poursuite de l’agression israélienne sauvage, délibérée et répétée contre le Liban, son peuple et l’armée, ne fait que renforcer notre fermeté, notre foi et notre détermination à faire face à ces tentatives hostiles visant à faire échouer tous les efforts destinés à parvenir à une solution permettant le rétablissement de la stabilité, un cessez-le-feu global et le retrait israélien des territoires libanais occupés. »
Dans un autre communiqué, la troupe a identifié les victimes : Wissam Sabra, Élie Khoury et Hussein Abdel Ali Ghazal.
Commentant la frappe israélienne, le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a indiqué dans une publication sur X que le véhicule militaire se déplaçait de manière « suspecte » en direction des soldats israéliens près de Kfar Tebnit, dans une « zone de combat active ayant fait l'objet d'un ordre d'évacuation ». « Après avoir repéré le véhicule et au vu des renseignements reçus ainsi que de la menace qu'il aurait représentée pour les troupes, il a été pris pour cible », indique la publication ajoutant que « l’incident fait toujours l'objet d'une enquête ». Le colonel Adraee a en outre souligné qu'il « s’agissait d'une zone de combat où tout déplacement nécessite une coordination préalable avec (ses) forces ». L’armée israélienne a également précisé que « les informations dont elle dispose font état d'une présence et d'activités importantes du Hezbollah dans cette zone ».
Réagissant à cette attaque, le président libanais Joseph Aoun a condamné dans un communiqué « dans les termes les plus fermes » l'attaque israélienne ayant tué deux officiers et un soldat qui « rejoignent la longue liste des martyrs militaires, civils, enfants, femmes, secouristes et journalistes qui ont irrigué de leur sang pur la terre précieuse du Sud ». Le chef de l'État a estimé que cette attaque constitue « une violation flagrante de la souveraineté libanaise, ainsi que des lois et usages internationaux ». Selon lui, elle s'inscrit dans le cadre de « l'escalade continue qui menace la stabilité et la sécurité dans le Sud », malgré les efforts déployés par le Liban dans le cadre des négociations menées à Washington pour mettre fin aux attaques israéliennes qui se poursuivent « sans aucun frein ».
Joseph Aoun a présenté ses plus sincères condoléances au commandement de l'armée ainsi qu'aux familles des victimes, affirmant que le Liban « ne transigera pas sur la protection de son territoire et de son peuple » et que ces attaques ne le détourneront pas de la défense de ses droits nationaux. Il a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités, à mettre un terme à ces agressions répétées et à garantir le respect des résolutions internationales pertinentes, afin de préserver la sécurité et la stabilité du Liban.
Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée. L'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un « arrêt complet » des tirs du Hezbollah et un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban. Mais le Hezbollah a rejeté cet accord, comme le précédent. Sur le terrain, les affrontements se poursuivent.
« Une attaque contre le Liban »
Pour sa part, le chef du gouvernement Nawaf Salam a présenté ses condoléances aux familles des militaires tués, affirmant que « le fait qu'ils aient été pris pour cible par Israël constitue un crime et une attaque contre le Liban et tous les Libanais ».
Le président de la Chambre, Nabih Berry, a de son côté estimé que « le crime commis aujourd'hui n'est en aucun cas une erreur ni une méprise, comme Israël tente de le justifier ». Lors d'un entretien téléphonique avec le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, M. Berry a présenté ses condoléances à l'institution militaire, à son commandement, à ses officiers et à ses soldats, ainsi qu'aux familles des victimes : le Général de brigade Wissam Sabra, le Capitaine Élie Khoury et le soldat Hassan Ghazal.
La Finul a présenté ses condoléances à l’armée libanaise, qualifiant l'attaque de « grave violation de la souveraineté et de la résolution 1701 ».
Le ministère jordanien des Affaires étrangères a estimé pour sa part que cette attaque constitue « une violation flagrante de la souveraineté, de la sécurité et de la stabilité du Liban, ainsi qu’une violation manifeste du droit international ». Il a aussi souligné « la nécessité de mettre immédiatement fin aux attaques israéliennes contre le Liban, de consolider l’accord de cessez-le-feu et de s’engager pleinement à appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité dans toutes ses dispositions ».
L’Arabie saoudite a pour sa part affirmé « son rejet total de toute atteinte à la souveraineté du Liban et à son armée ». La Jordanie, elle, a souligné que cette attaque comme « une violation flagrante de la souveraineté, de la sécurité et de la stabilité du Liban et du droit international ». L'Égypte a à son tour condamné l'agression contre la troupe.
De son côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué que « le ciblage par l’ennemi israélien de militaires libanais confirme une nouvelle fois que l’entité occupante porte atteinte au Liban dans toutes ses composantes », soulignant que « cet ennemi ne fait aucune distinction entre un soldat, un résistant ou un civil, ni entre un enfant, une femme ou une personne âgée.