Un tribunal d'Istanbul a condamné à 12 ans et demi de prison mercredi une célèbre agent d'acteurs accusée de « tentative de renversement du gouvernement » lors d'une vague de contestation qui avait secoué la Turquie au printemps 2013, a rapporté l'agence de presse officielle Anadolu.
Un procureur avait requis une peine de prison à perpétuité à l'encontre de cette figure du très populaire monde des séries télévisées turques.
Ayse Barim, arrêtée en janvier 2025, a nié à la barre avoir incité les acteurs qu'elle représentait à l'époque à participer au mouvement dit de Gezi.
Ces manifestations, parties du parc stambouliote du même nom avant d'essaimer à travers le pays, visaient le président turc Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre. Elles avaient été brutalement réprimées.
Clamant son innocence, Mme Barim, âgée de 55 ans, a également nié avoir figuré parmi les organisateurs du mouvement de contestation.
Libérée début octobre sous contrôle judiciaire, Mme Barim, qui souffre de graves problèmes de santé et affirme avoir perdu plus de 30 kg en détention, avait fait l'objet dès le lendemain d'un nouveau mandat d'arrêt.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe régime iranien, fragilisé par une récente vague de contestation, célèbre mercredi l'anniversaire de la Révolution islamique de 1979. Dans un discours sur la place Azadi (Liberté) de Téhéran, devant une foule agitant des drapeaux de la République islamique, Massoud Pezeshkian a affirmé que son pays ne plierait pas face aux revendications américaines ou à une « agression » des Etats-Unis.
À la veille de cette commémoration, des Iraniens ont crié dans la soirée de leurs fenêtres, dans des quartiers de la capitale, « Mort au dictateur » et « Mort à la République islamique », selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. L'AFP a vérifié l'authenticité de trois d'entre elles. Téhéran reste aussi sous la menace d'une intervention militaire américaine. Après le déclenchement fin décembre de manifestations qui ont évolué en un mouvement de contestation d'une ampleur inédite contre le pouvoir, réprimé dans le sang début janvier, Donald Trump a multiplié les avertissements à son encontre.
Il reçoit mercredi à Washington le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Selon ce dernier, toute négociation irano-américaine doit inclure « la limitation des missiles balistiques et le gel du soutien » de Téhéran aux groupes armés régionaux hostiles à Israël, une exigence répétée aussi par les Etats-Unis.
Dans la capitale, des soutiens du pouvoir ont défilé mercredi, encadrés par un important dispositif de sécurité, plus large que les années précédentes, a constaté un journaliste de l'AFP. Des rassemblements similaires se tenaient à travers le pays.
« Cela fait 40 ans que nous dormons et nous réveillons avec la possibilité d'une guerre et d'une attaque. Vous pensez vraiment nous faire peur ? », lance à l'AFP, très vindicatif, Yaghoub Ghorbanpour, un médecin. Si « l'ennemi » négocie, estime-t-il, « c'est qu'il a compris qu'il ne pouvait pas nous vaincre par la guerre ». Les Etats-Unis et Israël « ont tenté d'exploiter les difficultés économiques qu'ils ont eux-mêmes provoquées, pour plonger l'Iran dans le chaos », fustige Mina, une enseignante de 43 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom, reprenant la rhétorique du pouvoir contre le mouvement de contestation.
Dans la foule, des slogans proclament la résistance de « la nation iranienne ». Des pancartes moquent Donald Trump et Reza Pahlavi, fils du chah déchu et figure, en exil, de l'opposition. Des répliques de missiles sont aussi installées sur la place.
« Personne ne peut toucher à nos missiles », a lancé le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, en participant au défilé, selon une vidéo publiée sur son compte Telegram.
La veille au soir, des feux d'artifice avaient déjà commémoré la prise de pouvoir officielle de l'ayatollah Rouhollah Khomeini en 1979.
Selon le compte Sharak Ekbatan, qui suit sur X l'actualité d'un quartier résidentiel de Téhéran, les autorités ont envoyé des forces de sécurité criant « Dieu est le plus grand » après que des habitants ont commencé à scander des slogans contre le gouvernement.
Après une première session de pourparlers à Oman, le 6 février, l'Iran a réaffirmé ne vouloir discuter que de son programme nucléaire, et martelé son droit à enrichir l'uranium à des fins civiles, alors que les pays occidentaux et Israël l'accusent de chercher à se doter de l'arme nucléaire. Répétant que l'Iran ne « cherchait pas » l'arme nucléaire, M. Pezeshkian a affirmé qu'il était prêt à « toute vérification » du caractère pacifique de son programme nucléaire.
Les diplomaties du Golfe s'activent pour réduire les tensions. L'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, s'est entretenu avec le président américain de la nécessité de « résoudre les crises par le dialogue », ont indiqué mercredi ses services. Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, est lui attendu au Qatar, au lendemain d'une visite à Oman.
Parallèlement à cette reprise des pourparlers avec Washington - pour la première fois depuis des frappes américaines sur ses installations nucléaires durant la la guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin - l'Iran poursuit sa répression des contestataires.
Selon le groupe basé aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 6.984 personnes, dont 6.490 manifestants, ont été tuées au cours du pic des protestations, début janvier, et au moins 52.623 personnes ont été arrêtées depuis. Parmi elles, figurent des membres du courant réformateur en Iran qui avaient soutenu la campagne électorale de M. Pezeshkian en 2024 avant de prendre leurs distances.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLes projets d'Israël visant à renforcer son contrôle sur la Cisjordanie occupée, qui ouvrent la voie à une nouvelle expansion des colonies, constituent une étape vers le renforcement d'une annexion illégale, a déploré mercredi le haut responsable des droits de l'homme de l’ONU.
Les nouvelles mesures israéliennes pour la Cisjordanie, annoncées ce weekend et dénoncées à l'international, risquent selon des analystes d'accélérer l'annexion du territoire occupé, de faciliter les achats de terres par les colons et de repousser la population palestinienne dans des enclaves urbaines.
« Si ces décisions sont mises en œuvre, elles accéléreront sans aucun doute la dépossession des Palestiniens et leur transfert forcé, et entraîneront la création de nouvelles colonies israéliennes illégales », a déclaré Volker Türk dans un communiqué.
« C'est un nouveau pas des autorités israéliennes pour rendre impossible un Etat palestinien viable, en violation du droit du peuple palestinien à l'autodétermination », a-t-il dénoncé.
Les nouvelles mesures rendent plus faciles les achats de terres pour les colons israéliens, notamment en abrogeant une loi datant de plusieurs décennies qui interdisait aux juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967.
Ces mesures renforceront également le contrôle d'Israël dans certaines parties de la Cisjordanie où l'Autorité palestinienne, basée à Ramallah, exerce le pouvoir.
« Cela va priver encore plus les Palestiniens de leurs ressources naturelles et restreindre le bénéfice de leurs autres droits », a critiqué M. Türk. « Cela va cimenter le contrôle d'Israël et l'intégration de la Cisjordanie au sein d'Israël, en consolidant des annexions illégales ».
Les nouvelles mesures permettent aussi à Israël d'administrer deux importants sites religieux du sud de la Cisjordanie, le Caveau des Patriarches, lieu saint pour les trois monothéismes à Hébron, et la Tombe de Rachel à Bethléem.
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