La Bourse de New York a de nouveau terminé en nette repli vendredi, inquiète du prolongement de la guerre au Moyen-Orient et de ses effets sur l'inflation et la croissance économique aux Etats-Unis et dans le monde.
L'indice Dow Jones a conclu en baisse de 1,72% et l'indice élargi S&P 500 de 1,67%, mais, tout comme la veille, c'est le Nasdaq, à forte composition technologique, qui a mené la descente, abandonnant 2,15%.
Une interview du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, diffusée jeudi sur une chaîne publique à une heure de grande écoute en France, a été sévèrement critiquée vendredi, notamment par son homologue français regrettant que le Russe « ait pu dérouler tranquillement sa propagande ».
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a profité d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion du G7, près de Paris, pour répondre longuement aux affirmations de M. Lavrov la veille au journal télévisé du soir sur France 2, estimant que « répéter des mensonges à une heure de grande écoute n'en fait pas des vérités ».
M. Lavrov avait notamment estimé une nouvelle fois que l'Ukraine portait la seule responsabilité de la guerre déclenchée par l'invasion de l'armée russe sur son sol il y a quatre ans, reproché aux Occidentaux un double langage en matière de droits de l'Homme et mis en cause la liberté de la presse en France.
L'ambassadeur d'Ukraine à Paris Vadym Omelchenko s'est demandé vendredi, sur le réseau social X, « à quoi bon offrir une tribune à un fasciste ordinaire et à un criminel de guerre ? ».
La journaliste vedette auteur de l'interview, Léa Salamé, a reçu vendredi plusieurs soutiens au sein du groupe public France Télévisions. Interroger le chef de la diplomatie de la Russie, « acteur majeur de la guerre au Moyen-Orient » et « allié » de l'Iran, « a un intérêt journalistique évident », a défendu le directeur de l'information de France Télévisions, Philippe Corbé, dans un article sur franceinfo.fr, le site d'information du groupe public, dont fait partie France 2.
« Cet entretien n'est absolument pas complaisant », a insisté le responsable, en poste depuis fin janvier. Il a souligné « l'ensemble du travail de la rédaction sur l'actualité russe et ukrainienne », dont « près de 400 reportages sur le terrain en Ukraine ».
La Société des journalistes de France Télévisions a estimé pour sa part que Léa Salamé avait mis M. Lavrov « devant les faits », en parlant de frappes sur des « écoles, des hôpitaux », et de « milliers de civils ukrainiens morts dans cette guerre ».
En revanche, de nombreux spécialistes français de géopolitique ont jugé l'interview complaisante. « Séquence catastrophique sur le service public », a déploré sur X le spécialiste de la Russie Dimitri Minic, de l'Institut français des relations internationales (Ifri), en fustigeant « une interview inutile, mal préparée et au final, dangereuse ».
« Si les équipes de France TV sous-estiment encore la lutte informationnelle, qu'elles comprennent que Moscou en a fait l'arme centrale de sa guerre contre l'Occident », a-t-il ajouté.
Enregistrée à l'avance, cette interview a été réalisée à distance avec M. Lavrov, qui se trouvait à Moscou. Dix minutes ont été diffusées dans le 20h00 de France 2, séquence qui a été regardée par 3,4 millions de téléspectateurs, et une version longue d'une heure a été mise en ligne sur le site franceinfo.fr, une exigence de la Russie selon la direction de l'information de France Télévisions.
« Une interview honteuse durant laquelle un ministre d'une puissance adverse peut tranquillement dérouler ses éléments de langage à une heure de grande écoute sur la principale chaîne publique française et presque sans aucune contradiction », a pour sa part pesté sur X le chercheur français Etienne Marcuz, de la Fondation pour la recherche stratégique.
L'analyste Louis Duclos a quant à lui lui reproché à Léa Salamé de ne pas avoir relancé M. Lavrov sur les « crimes de guerre de la Russie en Ukraine ».
« Pourquoi ne pas avoir parlé de Boutcha ? Marioupol ? Izioum ? Les safaris en drone à Kherson ? Les tortures de civils, les viols d'enfants et d'adolescentes devant les yeux des parents avant de les assassiner ? », s'est-il indigné.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe Bahreïn a dit vendredi enquêter sur les circonstances de la mort en détention d'un jeune militant de confession chiite, en affirmant qu'il avait été arrêté pour « espionnage » au profit de l'Iran.
L'Institut bahreïni pour les droits et la démocratie (BIRD, basée à Londres) avait réclamé plus tôt une « enquête urgente » sur la mort de Mohamed Almosawi, 32 ans, arrêté avec des amis à un checkpoint le 19 mars.
Sa famille, qui n'avait pas réussi à avoir de nouvelles de lui depuis, a été contactée vendredi matin pour aller récupérer son corps sans vie à l'hôpital militaire du royaume.
L'ONG a publié des photos montrant des traces de coups et de blessures sur le visage, le corps et les pieds, faisant « sérieusement craindre qu'il ait subi des tortures avant sa mort ».
« Le défunt était détenu par les services de renseignement nationaux dans le cadre d'une affaire d'espionnage, de communication et de transmission d'informations et de données au corps des Gardiens de la Révolution islamique, concernant des sites stratégiques du pays dans le but de les prendre pour cible », a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.
Il a ajouté qu'un mandat d'arrêt avait été émis à son encontre.
« L'unité d'enquête spéciale du parquet a été saisie pour enquêter sur l'incident et vérifier les circonstances des blessures ainsi que les causes ayant conduit au décès », a ajouté ce ministère.
Il a toutefois affirmé que les photos circulant sur les réseaux sociaux étaient « inexactes ».
Le petit royaume du Golfe est dirigé par une dynastie sunnite et abrite, comme en Iran, une importante communauté chiite, qui estime depuis longtemps être marginalisée.
Human Rights Watch (HRW) s'est alarmé la semaine dernière d'arrestations de « dizaines » de personnes depuis l'offensive israélo-américaine en Iran le 28 février, certaines accusées d'espionnage, d'autres interpellées pour avoir manifesté.
Sur les vidéos publiées par des militants lors de l'enterrement de Mohamed Almosawi dans la journée à Muharraq (nord), d'où il était originaire, on voit une large foule en colère suivre son cercueil, criant notamment « Non à l'humiliation ».
Mohamed Almosawi avait déjà passé 12 ans en prison, comme des centaines de manifestants emprisonnés lors des manifestations prodémocratiques inspirées par le Printemps arabe en 2011.
Il avait fait partie en 2024 des quelque 1.500 prisonniers graciés et relâchés.
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