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18:29 Négociations Liban-Israël    Issa et un responsable iranien en tournée à Beyrouth, Aoun réitère n’avoir « d’autre choix que de solliciter l’aide des États-Unis »

Les États-Unis étaient au centre du ballet diplomatique jeudi à Beyrouth. L'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, a été reçu par le chef de l'État, Joseph Aoun, et a estimé que la visite de ce dernier prévue à Washington à la fin du mois « reflét(ait) l'intérêt que le président (américain Donald) Trump porte au Liban et sa volonté d'y promouvoir la sécurité et la stabilité, ainsi que de mettre fin aux souffrances du peuple libanais ».

Dans un entretien séparé au quotidien panarabe al-Chark al-Awsat, publié jeudi, M. Aoun a répété n'avoir eu « d’autre choix que de solliciter l’aide des États-Unis » pour tenter de mettre un terme à la guerre au Liban, justifiant une nouvelle fois les négociations directes avec Tel-Aviv, menées sous l'égide de Washington, et dont la prochaine session est prévue à Rome les 14 et 15 juillet prochains. M. Issa s'est également entretenu avec le Premier ministre, Nawaf Salam et le président du Parlement et allié du Hezbollah, Nabih Berry.

À l'heure où vacille le mémorandum d'entente signé mi-juin entre les États-Unis et l’Iran, et dont le premier article prévoit un cessez-le-feu au Liban, une délégation iranienne, menée par le vice-ministre des Affaires étrangères, Vahid Jalalzadeh, a rencontré le vice-Premier ministre, Tarek Mitri, et discuté de « l’avenir de l’accord irano-américain et ses conséquences régionales, notamment sur le Liban », selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

« Aucun vide » dans les « zones pilotes », dit Issa

Depuis Baabda, M. Issa a affirmé que « les préparatifs sont en cours » pour appliquer les dispositions de l'accord-cadre conclu le 26 juin entre Israéliens et Libanais à Washington, et qu'une délégation militaire américaine arriverait « dans les prochains jours à Beyrouth » afin de coordonner les modalités d'application sur le terrain. « Il est essentiel qu'aucun vide ne soit créé lors du retrait des forces israéliennes des zones concernées », a-t-il souligné, précisant que la date du début de l'application sera fixée à l'issue des réunions de coordination prévues avec les militaires américains.

Selon l'accord-cadre conclu entre les deux pays lors du cinquième round de négociations directes entre le Liban et Israël, l'armée libanaise doit se déployer dans deux « zones pilotes », situées autour de Froun (Bint Jbeil, dans le secteur central) et des villages de Zaoutar (secteur est, au nord du Litani) parallèlement au retrait israélien, et y démanteler les infrastructures du Hezbollah. Concernant le nouveau round de négociations, prévu à Rome, les 14 et 15 juillet, l'ambassadeur a indiqué que le choix de ce lieu était lié à des « raisons purement techniques, liées aux déplacements » des différentes délégations, alors que le Liban a d'abord rejeté l'idée de tenir des négociations avec Israël hors de Washington, craignant que cela ne donne davantage de latitude à Tel-Aviv pour accentuer ses exigences et ses pressions. Le Liban a toutefois fini par donner son accord après avoir obtenu des garanties américaines confirmant la participation des États-Unis aux pourparlers et le maintien de leur rôle de médiateur et de parrain du processus de négociation.

Selon M. Issa, la réunion à Rome revêtira « un caractère organisationnel et opérationnel », et devrait mener à la création de « groupes de travail spécialisés chargés d'appliquer les arrangements convenus, lesquels pourraient nécessiter l'intervention d'experts juridiques ou techniques selon les dossiers traités », a-t-il dit. Plusieurs autres sessions auront lieu par la suite « à Rome ou dans d'autres capitales » afin de poursuivre les discussions, selon lui. Avec M. Salam, l'ambassadeur a discuté des premières étapes du retrait israélien des zones pilotes au sud, en prévision du déploiement de l’armée libanaise. Selon nos informations, Beyrouth a conditionné la tenue des pourparlers à Rome au retrait israélien des deux « zones pilotes » identifiées.

Aoun s'en remet à Washington, Raggi et Mitri insistent sur la souveraineté du Liban

Au cours de sa réunion avec l'ambassadeur américain, le président Aoun a pour sa part souligné la nécessité de « consolider le cessez-le-feu dans le sud du Liban et de faire pression sur Israël afin qu'il mette fin à ses opérations militaires et respecte les dispositions » de l'accord-cadre. Il a également demandé que l'État hébreu « mette un terme aux bombardements et opérations de démolition » dans les localités occupées du Sud.

Lors de son entretien à al-Chark al-Awsat, le président a déclaré « vouloir que l'administration américaine nous aide à recouvrer l'intégralité de notre territoire ». « Il n'est pas nécessaire de rappeler l'importance pour nous d'entretenir de bonnes relations avec les États-Unis et de tirer parti de la volonté exprimée par le président Donald Trump de nous aider », a-t-il dit. À l'heure où l'armée israélienne refuse de se retirer des près de 620 km2 qu'elle occupe au Liban-Sud, M. Aoun a précisé vouloir « présenter la réalité telle qu'elle est dans le sud du Liban » au président américain, ainsi que les « risques qu'il y aurait à maintenir la situation actuelle ou à revenir à une escalade ».

De son côté, le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, a écrit, suite à une rencontre à Nicosie avec le président chypriote, Nikos Christodoulides, que l'accord-cadre « a démontré à tous, et en premier lieu à l'Iran, que les négociations relèvent exclusivement de la responsabilité du Liban et qu'elles ne peuvent être décidées que par l'État libanais », dans un message publié sur son compte X. « J'ai également souligné que l'État demeure fermement déterminé à poursuivre dans cette voie », a-t-il dit. De son côté, le président chypriote a estimé que « le Liban bénéficie, peut-être pour la première fois depuis quatorze ans, d'une attention internationale remarquable », et « exhorté les Libanais à ne pas laisser passer cette conjoncture favorable », selon le message de M. Raggi.

À Beyrouth, M. Mitri a mis en avant, lors de la réunion avec la délégation iranienne, la volonté du Liban de « s'affranchir de toute occupation ou hégémonie ». Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a par ailleurs transmis à M. Berry un message du président iranien Massoud Pezeshkian et du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, insistant sur le fait que « l’Iran continue de se tenir aux côtés du Liban ». M. Jalalzadeh n'avait, en fin d'après-midi, toujours pas été reçu par MM. Aoun et Salam.

18:20    La Jordanie intercepte des missiles, Téhéran revendique l'attaque

Un missile iranien est lancé, dans une séquence diffusée depuis un lieu présenté comme étant Téhéran (Iran), après que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir mené des attaques contre une base américaine en Jordanie et 21 autres cibles dans le Golfe, mercredi, en représailles aux frappes américaines menées autour du détroit d'Ormuz. Image extraite d'une vidéo publiée le 10 juin 2026. WANA via Pool/via REUTERS.

La Jordanie a intercepté plusieurs missiles iraniens ayant pénétré dans l'espace aérien du royaume, a annoncé jeudi l'armée du royaume, une attaque revendiquée par les Gardiens de la Révolution en représailles aux derniers bombardements américains.

Les forces aériennes « ont frappé de dix missiles balistiques le centre de commandement militaire et la base aérienne de l'ennemi à Al-Azraq en Jordanie », ont affirmé les Gardiens dans un communiqué relayé par les médias d'État. « Si l'armée terroriste américaine réitère son agression, les autres bases américaines dans la région ne seront pas à l'abri de tirs nourris de notre part », ont-ils averti.

En début d'après-midi, les sirènes d'alerte avaient retenti dans la capitale, Amman. Peu après, l'armée jordanienne, dans un communiqué de l'un de ses hauts responsables, avait fait état de l'interception par les systèmes de défense aérienne de « huit missiles lancés depuis l'Iran ». « L'interception a provoqué la chute de nombreux fragments (de missiles) qui n'ont fait ni victime ni dégât », selon ce responsable. « Les forces armées de Jordanie surveillent les développements actuels dans la région et restent en alerte pour protéger l'espace aérien du royaume et défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale, et ne tolèreront aucune violation de l'espace aérien jordanien par quelle partie que ce soit », a-t-il conclu.

Les États-Unis ont de nouveau frappé l'Iran jeudi, Téhéran ripostant contre des alliés de Washington dans la région. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, des débris de drones et de missiles se sont abattus sur le royaume qui n'abrite pas de bases étrangères, mais des contingents limités de plusieurs pays dans le cadre d'accords de défense et de coopération.

L'armée jordanienne a recensé au total des tirs de 281 missiles et drones iraniens, dont la très grande majorité interceptés, entre le 28 février et l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril. Le pays a par la suite connu une accalmie, la dernière salve de missiles remontant au 11 juin, juste avant la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran.

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La Jordanie a intercepté plusieurs missiles iraniens ayant pénétré dans l'espace aérien du royaume, a annoncé jeudi l'armée du royaume, une attaque revendiquée par les Gardiens de la Révolution en représailles aux derniers bombardements américains.Les forces aériennes « ont frappé de dix missiles balistiques le centre de commandement militaire et la base aérienne de l'ennemi à Al-Azraq en Jordanie », ont affirmé les Gardiens dans un communiqué relayé par les médias d'État. « Si l'armée terroriste américaine réitère son agression, les autres bases américaines dans la région ne seront pas à l'abri de tirs nourris de notre part », ont-ils averti.En début d'après-midi, les sirènes d'alerte avaient retenti dans la capitale, Amman. Peu après, l'armée jordanienne, dans un...

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17:52    Sous les décombres, des corps méconnaissables : le Hezbollah recourt à des tests ADN pour identifier ses combattants

Après l’arrêt de la guerre avec Israël, le Hezbollah a entamé des opérations de recherche des dépouilles de ses combattants dans les zones les plus touchées, ont affirmé à L'Orient-Le Jour deux sources affiliées au parti chiite. En raison du retard pris pour les récupérer, notamment dans les zones massivement bombardées ou occupées par l'armée israélienne, les corps se sont désagrégés, ce qui a compliqué leur identification. Le parti a donc lancé, « il y a quelque temps », une vaste opération de reconnaissance des dépouilles via des tests ADN, sans toutefois préciser leur nombre et celui des tests déjà réalisés.

« C'est une procédure routinière. Israël a eu recours à des armes très puissantes. Lorsque les habitants sont rentrés dans leurs villages après la guerre, ils n’ont pas reconnu certains corps. Certaines dépouilles ont été retrouvées complètement décomposées. Des tests ADN sont donc menés afin d'identifier les personnes avant les funérailles », explique à notre publication un porte-parole du Hezbollah. Il précise également que les corps qui « ne sont pas très abîmés » ne font pas l'objet de ces tests.

Accès aux régions bombardées

Une source au sein du Comité sanitaire islamique, affilié au Hezbollah, confirme que les opérations de récupération et d’identification des corps sont en cours. « Avec l'arrêt de la guerre, nous avons pu accéder à des régions auxquelles nous n'avions pas accès en raison des bombardements israéliens, comme Nabatiyé et ses environs, Mayfadoun ou encore Choukine (Nabatiyé). Nous déblayons les routes et retirons les dépouilles », explique-t-elle en soulignant que ces opérations sont menées avec plusieurs laboratoires, en coordination avec le ministère de la Santé. Selon cette source, les analyses ADN sont réalisées lorsque l'état des dépouilles ne permet pas une identification visuelle avant leur restitution aux familles et leur inhumation.

Contacté par L'Orient-Le Jour, le ministère de la Santé n'était pas joignable dans l'immédiat.

Les opérations d'identification s'inscrivent dans la poursuite des recherches menées depuis l'entrée en vigueur du cessez-le feu avec Israël, qui continue cependant de le violer au quotidien. Au cours des derniers jours, le Hezbollah a enterré chaque jour des dizaines de ses miliciens.

Ce n’est pas première fois que le Hezbollah recourt à des tests ADN. Après la guerre de 2024 contre Israël, le parti chiite avait lancé une vaste opération de récupération et d'identification des dépouilles de ses membres. Faute d'accès à de nombreuses zones bombardées pendant les combats, de nombreux corps étaient restés sous les décombres pendant des semaines, rendant leur identification impossible sans analyses génétiques. Plus d'un millier de tests ADN avaient ainsi été réalisés afin d'identifier les corps ou les restes humains retrouvés, selon le quotidien al-Akhbar.

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