À peine plus de 24 heures après la frappe chirurgicale ayant ciblé un immeuble du quartier de Bourj Hammoud/Nabaa, dans la banlieue nord-est de Beyrouth, le même endroit, un immeuble du 3e étage du batiment, a été à nouveau bombardé. Ce nouveau raid semble, selon des imaged obtenues par L'Orient-Le Jour, avoir complètement détruit l'étage ciblé. Des habitants du quartier ont affirmé que la déflagration était beaucoup plus puissante que celle entendue la veille.
La nouvelle frappe a fait un mort, selon des témoins et médias locaux, et un incendie est en cours.
La veille, ambulances appartenant à la Rissala, le service médical du mouvement Amal, seraient arrivées rapidement et auraient emporté au moins « deux personnes » inanimées après le raid, mais aucun bilan n'avait été officiellement confirmé par les autorités.
L'armée israélienne n'a pas encore commenté cette attaque, après avoir jeudi à l'aube dit avoir visé un "membre du Hezbollah."
C'était la première fois jeudi que le quartier populaire de Bourj Hammoud était ciblé par Israël.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDeux semaines exactement après le début de la guerre au Moyen-Orient, Donald Trump a jugé l'Iran « complètement vaincu », mais Téhéran a menacé samedi de « réduire en cendres » les infrastructures énergétiques liées aux Etats-Unis en cas d'attaque sur son principal hub pétrolier.
« Les médias diffusant de fausses informations détestent rendre compte des excellents résultats obtenus par l'armée américaine face à l'Iran, qui est totalement vaincu et souhaite conclure un accord – mais pas un accord que j'accepterais ! » a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social, sans plus de précisions.
Les sommations croisées de l'Iran et des Etats-Unis se sont concentrées autour de l'île de Kharg. Située dans le nord du Golfe à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes, elle abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut du pays.
Vendredi soir, le président américain a déclaré, sur son réseau Truth Social, avoir « complètement détruit » des cibles militaires sur l'île et prévenu qu'il détruirait aussi ses infrastructures pétrolières « si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz ».
« Toutes les installations pétrolières, économiques et énergétiques appartenant à des compagnies pétrolières de la région en partie détenues par les Etats-Unis ou qui coopèrent avec les Etats-Unis seront immédiatement détruites et réduites en cendres », a menacé en retour le porte-parole du quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, cité par les médias iraniens.
Le conflit, déclenché par l'offensive israélo-américaine en Iran le 28 février, met à mal la livraison dans le monde du pétrole, dont les prix flambent en raison du blocage par Téhéran du détroit stratégique d'Ormuz, par où passait un cinquième de la production mondiale d'hydrocarbures.
Donald Trump a assuré que la marine américaine allait « bientôt, très bientôt » commencer à escorter des pétroliers dans le détroit. Selon la presse américaine, les Etats-Unis vont aussi envoyer des renforts au Moyen-Orient, le New York Times parlant de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus et le Wall Street Journal du navire d'assaut Tripoli, basé au Japon.
Au 15e jour de la guerre, aucune issue n'est en vue face à l'intransigeance de l'ensemble des belligérants.
Donald Trump a d'ores et déjà affirmé que les Etats-Unis frapperont l'Iran « très fort au cours de la prochaine semaine » et qu'Israël poursuit ses frappes. Samedi matin, l'armée israélienne a demandé aux habitants de certains quartiers de Tabriz, dans le nord de l'Iran, d'évacuer en prévision d'opérations militaires.
Les pays du Golfe restent eux cible des représailles aériennes iraniennes pour leurs liens économiques avec les Etats-Unis et la présence de bases américaines. Le Qatar a annoncé samedi avoir intercepté deux missiles, après avoir fait évacuer plusieurs zones auparavant. Tôt dans la matinée, des intercepteurs ont été vus abattant deux projectiles au-dessus du centre-ville de Doha et des explosions ont été entendues par des journalistes de l'AFP.
A Oman, Washington a ordonné au personnel de son ambassade jugé non essentiel et à leurs proches de quitter le pays.
Au-delà des pays du Golfe, le conflit continue de s'étendre dans la région.
Au Liban, au moins douze membres du personnel d'un centre de santé dans le sud du pays ont été tués par une frappe israélienne, selon le ministère de la Santé. Le mouvement pro-iranien Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars, en lançant des missiles sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, remplacé depuis par son fils Mojtaba Khamenei, toujours invisible.
Depuis cette date, les frappes israéliennes au Liban ont fait plus de 773 morts, dont 103 enfants, et plus de 800.000 déplacés, selon le dernier bilan officiel libanais.
Un quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), présente au Sud-Liban depuis 1978, a également été touché, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). L'armée israélienne n'a pas confirmé dans l'immédiat, mais l'armée népalaise, dont un contingent fait partie de la Finul, a indiqué que personne n'avait été blessé et que l'origine de l'attaque n'avait pas été identifiée.
En Irak, c'est l'ambassade américaine à Bagdad qui a été visée par une attaque de drone samedi à l'aube, selon un haut responsable sécuritaire irakien. Une série de frappes a aussi visé samedi avant l'aube un groupe armé pro-iranien, faisant deux morts, selon des sources de sécurité.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'homme mort jeudi en attaquant une synagogue dans la banlieue de Détroit, dans le Michigan, s'est tiré une balle dans la tête, a indiqué l'agent du FBI Jennifer Runyan lors d'une conférence de presse vendredi.
Alors que l'auteur a été identifié comme un Libanais ayant perdu des membres de sa famille dans une attaque israélienne sur la Békaa, au Liban, plus tôt ce mois-ci, « il serait irresponsable de ma part de spéculer sur son mobile », a ajouté cette membre de la police fédérale américaine. Elle a également indiqué que le FBI ne faisait aucun lien entre cette attaque et celle intervenue le même jour à l'université Old Dominion de Norfolk (Virginie), dans l'est des Etats-Unis, où un instructeur militaire a été tué et deux personnes blessées par un homme qui a ouvert le feu dans une classe du Corps de formation des officiers de réserve (ROTC) avant d'être lui-même abattu.
L'assaillant de la synagogue de Temple Israel à West Bloomfield a été identifié comme étant Ayman Mohamad Ghazali, 41 ans, né au Liban, arrivé à Detroit en 2011 avec un visa accordé aux conjoints de citoyens américains et devenu lui-même citoyen américain en 2016.
Des agents de sécurité ont tiré sur lui après qu'il a défoncé au volant d'un pick-up les portes de la synagogue - qui se présente comme la plus grande du judaïsme réformé aux Etats-Unis - et ouvert le feu depuis son véhicule. Ghazali s'est ensuite retrouvé coincé dans son pick-up en flammes et s'est tiré une balle dans la tête « à un moment pendant la fusillade », a précisé Mme Runyan.
Dans son véhicule ont été retrouvés « de grandes quantités de feux d'artifice » ainsi que « plusieurs bidons de liquide inflammable », probablement de l'essence, consommés en partie par l'incendie. Sur les quelque 600 membres des forces de l'ordre engagés dans l'opération qui a suivi, notamment pour venir en aide à une centaine d'enfants présents dans la synagogue, 63 ont été hospitalisés après avoir inhalé de la fumée, a précisé le shérif du comté d'Oakland, Michael Bouchard, vendredi. Un agent de sécurité, renversé par le suspect, a également été conduit à l'hôpital.
Jeudi, Jennifer Runyan avait qualifié cette attaque d' »acte de violence ciblé contre la communauté juive ».
Le New York Times a rapporté vendredi que, le 5 mars, une frappe aérienne israélienne au Liban avait tué Ibrahim, le frère de Ghazali, ainsi que les deux jeunes enfants de ce dernier, et un autre frère, Kassem. Selon le journal, Ghazali avait, avant son geste, assisté à une cérémonie funèbre pour ses proches près de Dearborn (Michigan) en compagnie de membres de sa famille et d'autres personnes originaires du village libanais de Machghara. Divorcé et père de deux adolescents, Ghazali travaillait jusqu'à récemment comme serveur, indique le New York Times.
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