Le ministère de l’Énergie et de l’Eau a assuré dimanche que la rupture ponctuelle de carburant au Liban ces derniers jours, due à un problème lié aux normes de soufre, a été résolue et qu’il n’y a pas de pénurie.
« Le ministère de l’Énergie et de l’Eau confirme qu’il n’y a aucune pénurie de carburant. L’essence est disponible et les besoins du marché sont approvisionnés sur l’ensemble du territoire libanais. Il n’y a donc aucune raison de paniquer », a plus ajouté le ministère, deux jours après que le ministre de tutelle a demandé au Conseil des ministres d’intervenir sur cette question.
Contacté, le président de l’Association des importateurs de carburants, Maroun Chammas, a confirmé que l’approvisionnement du marché avait repris. « Il y a eu un moment de flottement qui a fait que certaines stations-service ont dû fermer faute de stock, mais les choses ont repris leur cours normal depuis vendredi », a-t-il assuré.
Le président du syndicat des propriétaires de station-service a écrit quant à lui sur son compte X que « la crise de l’essence, provoquée par l’absence d’autorisation de déchargement des navires, est désormais derrière nous », ajoutant que les bâtiments qui se trouvent au large des côtes libanaises vont commencer à décharger leur cargaison » « J’espère que les compagnies distributrices commenceront à livrer le carburant le plus rapidement possible et que les fermetures forcées de stations-service subies par nos confrères dans le Sud et la Békaa ne se reproduiront plus », a conclu Georges Brax.
Coral et Uniterminals
Les premières rumeurs sur une pénurie avaient commencé à circuler fin juillet. Le problème concernait deux navires transportant du carburant importé par deux sociétés différentes : le Henry Maersk, affrété par Uniterminals, et le Histria Aegir, affrété par Coral, selon le procès-verbal de la décision prise vendredi par le Conseil des ministres.
« Dans les deux cas, le carburant avait été testé et jugé conforme dans les ports de chargement. Mais lors des tests effectués à leur arrivée au Liban, il s’est avéré que les relevés étaient légèrement hors normes au niveau des quantités de soufre, ce qui a bloqué le processus de déchargement », explique une source des circuits locaux de distribution, précisant que les tests ont bien été effectués au Liban et non par un bureau à l’étranger.
« La différence était minime : le niveau de soufre était conforme aux standards internationaux, bien que légèrement supérieur aux normes libanaises. Compte tenu des difficultés actuelles à obtenir rapidement du carburant en Méditerranée, dans le contexte de guerre régionale qui perturbe le commerce des hydrocarbures, le ministre Joe Saddi a porté l'affaire devant le Conseil des ministres vendredi pour lui demander d’autoriser le déchargement et la distribution du carburant », poursuit la même source. Dans le procès verbal, le ministre a fait valoir les « besoins pressants du marché en essence, notamment en raison de l’augmentation de la demande pour ce produit pendant la saison estivale et du resserrement de l’offre sur le marché mondial ».
Contacté, le directeur de l’Institut de recherche industrielle (IRI) rattaché au ministère de l’Industrie, Joseph Matta, a affirmé que les tests avaient bien été effectués à l’Institut, qui s’est récemment équipé de nouveaux appareils afin d’étendre ses capacités d’analyse des carburants. Il a aussi confirmé que la teneur en soufre était légèrement supérieure au seuil fixé au Liban, mais conforme à ceux acceptés dans de nombreux pays.
Enfin le Conseil des ministre a autorisé le déchargement du carburant à la condition que Coral et Uniterminals « fournissent chacune une garantie bancaire ou une somme en espèces d’un montant d’un million de dollars pour chaque navire, jusqu’à ce que la question soit soumise au Conseil supérieur des douanes, afin qu’il prenne la décision appropriée conformément aux règles en vigueur ».