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Publication épinglée 15:40 15:40 Podcast   « Rire à en pleurer » : « L'Orient-La Nuit » avec John Achkar et Coffee Break

Rire. Au Liban, c’est souvent une seconde langue — une manière de dire sans dire, de tenir sans céder, de donner du sens à ce qui n’en a plus.

Car ici, rire est une affaire sérieuse. On s’en sert pour se défouler, pour tenir au milieu du chaos, pour respirer dans une société parfois étouffante. Mais aussi pour contourner, attaquer, briser des tabous — faire du rire un outil politique, une manière de dire autrement ce qui ne peut pas toujours être dit frontalement.

Il n’est jamais anodin. Et il traverse tout : notre manière de parler, de chanter, de commenter l’actualité, de survivre au quotidien. À la fois refuge et arme, instinct et stratégie, il peut soulager autant qu’il dérange.

(À écouter également sur la plateforme Podbean. Si vous cliquez sur pause, une fenêtre va apparaitre qu'il faudra refermer, en cliquant sur la croix en haut à droite, pour reprendre la lecture)

Anthony Samrani et Stéphanie Khouri reçoivent trois poids lourds de la scène libanaise contemporaine : le comédien John Achkar, et le duo Coffee Break, formé par Nadyn Chalhoub et Nathalie Masri.

Trois regards, trois praticiens de l’humour, pour interroger ce drôle de pays qui sombre le sourire aux lèvres.

Une nuit pour se demander pourquoi nous rions, comment nous rions — et jusqu’où nous sommes prêts à aller pour continuer à rire de tout.

Vous pouvez aussi écouter nos épisodes précédents :

23:54 Golfe   Les États-Unis ont bombardé des « sites de stockage de missiles et de drones » en Iran

L'armée américaine a mené des frappes contre l'Iran ce soir, « en riposte à une attaque survenue la veille contre un navire commercial transitant par le détroit d’Ormuz », a annoncé le Commandement central (Centcom). Ces raids ont visé des « sites de stockage de missiles et de drones iraniens ainsi que des radars côtiers ».

Si le Centcom ne précise pas où ces attaques ont été menées, des médias iraniens cités par Reuters, avaient précédemment fait état de détonations entendues à Sirik, dans le sud du pays.

Dans son communiqué, le Centcom a dénoncé une attaque « injustifiée » la veille contre un navire dans le détroit d'Ormuz et une « violation claire du cessez-le-feu ».

Peu avant, Donald Trump avait dénoncé une « violation stupide » du cessez-le-feu en vigueur avec l'Iran. L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO avait rapporté jeudi qu'un cargo avait été endommagé par un projectile d'origine inconnue dans le détroit. La société britannique de sécurité maritime Vanguard Tech a, elle, identifié ce navire comme étant le porte-conteneurs Ever Lovely. Son armateur taïwanais Evergreen Marine Corp a annoncé vendredi que le bateau n'avait pas subi de dommages majeurs et que son équipage était indemne.

L'autorité maritime iranienne avait, elle, averti jeudi que « tout passage en dehors du cadre défini » par Téhéran dans le détroit d'Ormuz « ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé ». Dans la foulée, l'Organisation maritime internationale (OMI) avait suspendu l'évacuation de quelque 11.000 marins toujours bloqués dans le Golfe.

Les Etats-Unis et l'Iran ont lancé des négociations pour concrétiser un protocole d'accord signé le 17 juin. La question du détroit, où Téhéran veut imposer des droits de passage, constitue l'un des grands points d'achoppement.

23:21 Dans la presse   Le Hezbollah dément la prise par Israël de la colline de Ali Taher

Le Hezbollah a démenti vendredi la prise par Israël de la colline stratégique de Ali Taher, au sud de Nabatiyé au Liban-Sud, après qu'une porte-parole militaire israélienne avait annoncé une « prise de contrôle » de cette position qui était au centre des combats ayant précédé le cessez-le-feu. Les combattants du Hezbollah « restent déployés » dans ce secteur, a ajouté le parti chiite, répondant implicitement à un article du New York Times, selon lequel des dizaines de miliciens seraient pris au piège dans un tunnel sous cette colline.

Le Hezbollah « dément catégoriquement les informations publiées par des sources officielles de l'armée israélienne affirmant qu'elle aurait pris le contrôle de la colline de Ali Taher », peut-on lire dans un communiqué. Aucune présence des forces israéliennes ne se trouve dans la zone, qui demeure « sous le contrôle des combattants » du Hezbollah, ajoute le texte. Ces derniers sont « en état d'alerte maximale » et prêts à « repousser toute tentative d'avancée ou d'incursion » israélienne.

Un « fort imprenable tombé en quelques jours », selon Israël

Dans une publication sur X, la porte-parole arabophone de l'armée israélienne Ella Waweya avait affirmé depuis un tunnel présumé à Majdel Zoun, dans le caza de Tyr, que « l'équation a changé. La colline de Ali Taher où vous vous cachiez est passée sous le contrôle total de nos troupes ». « La base située dans cette colline ne représentera plus une menace pour Israël », avait-elle ajouté, alors que des sources de médias israéliens prétendaient que l'unité Badr du Hezbollah avait sa base dans un réseau de tunnels situé en-dessous ces hauteurs. « Ce +fort imprenable+ est tombé en quelques jours », ajoutait Ella Waweya. Selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah, l'armée israélienne se trouverait toujours autour de la colline, mais aucune information confirmée n'a été rapportée sur une prise de cette position stratégique.

L'armée israélienne tentait depuis plusieurs semaines, et jusqu'à l'entrée en vigueur du cessez-le-feu samedi dernier, de prendre la colline de Ali Taher, après avoir réussi à prendre le château de Beaufort dans la même région. Cette colline a une valeur à la fois symbolique et stratégique. Située au nord du fleuve Litani, elle est considérée comme importante parce qu’elle surplombe une bonne partie du Sud-Est libanais, notamment le château de Beaufort et toute la vallée avoisinante, ainsi que le caza de Nabatiyé et même l'Iqlim al-Touffah et les hauteurs de Rihane dans le caza de Jezzine. Les Israéliens accusent le Hezbollah d’avoir fait de cette colline et de ses environs un centre de commandement militaire au Liban-Sud, hors de la zone d'opérations de la Force intérimaire de l'ONU (Finul) et de la région dans laquelle l'armée libanaise s'était engagée à commencer à désarmer le parti chiite. Des experts israéliens cités par le New York Times indiquaient que la construction – avec l'aide de l'Iran – de ce complexe de tunnels a duré plus de 20 ans.

Des combattants coincés « sans eau ni vivres »

Le NYT avait affirmé que des dizaines de miliciens du Hezbollah, dont des membres de la force d'élite al-Radwan, étaient encerclés dans des souterrains sous Ali Taher. Citée par le journal, l'armée israélienne affirmait que « des milliers » de ses soldats ont encerclé une « forteresse souterraine du Hezbollah sous les collines du Liban-Sud », piégeant des dizaines de combattants qui sont désormais à court de vivres et d'eau. « Nous supposons qu'ils sont piégés et qu'ils cherchent une solution », a indiqué une porte-parole militaire, et attendent de voir s'ils « doivent nous combattre, se rendre ou attendre un changement de situation, que ce soit un cessez-le-feu ou un retrait israélien. »

Selon des médias israéliens, des contacts sont en cours pour garantir la sortie de ces combattants sains et saufs, mais le gouvernement serait contre cette option et préférerait qu'ils se rendent. L’État hébreu considérerait cet incident comme une manière de vider les souterrains ainsi que la région de l'infrastructure militaire du parti chiite. Les combattants, eux, préféreraient rester sous terre, en attendant une solution.

Frappes aériennes et enlèvement d'agriculteurs

L'armée israélienne reste positionnée par ailleurs autour de cette colline depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu samedi dernier, mais sans tenter de nouvelles avancées depuis, et elle a empêché à de nombreuses reprises, au moyen de frappes et de tirs, les habitants des villages jouxtant ces hauteurs de s'en approcher. C'est notamment sur cette zone qu'elle a effectué des raids au moyen d'avions de chasse, pour la première fois depuis samedi dernier, ainsi que près de Beit Yahoun, dans le caza de Bint Jbeil, selon notre correspondant. Outre ces raids aériens, plusieurs tirs de mitrailleuse et d'artillerie ont été signalés dans plusieurs autres secteurs du Sud, sans faire de blessés. D'autre part, un drone israélien a lancé des tracts au-dessus de la localité de Mansouri (Tyr), appelant les habitants à ne pas s'approcher des soldats israéliens, pour ne pas « se mettre en danger ».

Dans le secteur est, les forces israéliennes ont enlevé huit agriculteurs à Aïn Arab, dans le caza de Marjeyoun, dont quatre Libanais : Ali Ibrahim et ses deux fils, Ahmad et Mohammad, ainsi que Ali al-Raja, et quatre autres Syriens, ajoute notre correspondant qui cite des informations de terrain. Une forte explosion a également été entendue à Aïn Arab, mais sa nature et sa cause restent inconnues. On ignore pour l’heure si elle résulte de la démolition de maisons ou d'une autre opération militaire. Ces événements surviennent dans un contexte de tensions persistantes ces derniers jours dans cette localité frontalière, après les menaces israéliennes proférées contre les habitants et les incursions et autres mouvements militaires successifs dans la région.

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