Le président français Emmanuel Macron a reçu vendredi à Paris le Premier ministre Nawaf Salam pour discuter du fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, ainsi que de la poursuite du désarmement du groupe chiite. La conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises, prévue le 5 mars à Paris, a également été abordée. Leur réunion a duré une heure.
« La France est aux côtés du Liban, pays ami, pour défendre sa souveraineté, soutenir ses forces armées et accompagner les réformes nécessaires à son redressement, a écrit M. Macron sur son compte X. À Paris, nous préparons la conférence de soutien aux Forces armées libanaises dont l’objectif est de renforcer les capacités et le rôle essentiel au service de la stabilité et de la souveraineté du Liban. La France et le Liban partagent la même exigence : le respect du cessez-le-feu, la stabilité et une paix durable au Proche et au Moyen-Orient ».
À la LBCI, M. Salam a indiqué que les discussions avec M. Macron ont porté sur la conférence de soutien à l’armée et aux forces de sécurité intérieure, ainsi que sur la mise en place de toutes les conditions nécessaires pour assurer son succès à la date prévue. Ils ont également abordé le « mécanisme », le comité de surveillance du cessez-le-feu, et la nécessité de son maintien afin qu’il joue un rôle actif et limite les agressions israéliennes. « Si le 'mécanisme' s’effondre, le Liban se retrouvera face à l’inconnu. C’est pourquoi nous tenons à ce que ce comité reste et reprenne rapidement les négociations », avait commenté une source diplomatique libanaise à l’OLJ en début de semaine.
La problématique de l’après-Finul au Liban a également été abordée lors de la rencontre, a précisé M. Salam. La Force onusienne termine son mandat à la fin de cette année. Le Premier ministre avait déjà déclaré au début du mois qu'il souhaitait « maintenir une force des Nations unies dans le Sud, même réduite. »
Selon M. Salam, M. Macron a réaffirmé le soutien de la France aux réformes engagées par le gouvernement, notamment les réformes financières, et plus particulièrement le projet de loi sur la répartition des parts financières. Ce texte, adopté par le gouvernement libanais fin décembre, était attendu de longue date par la communauté internationale. M. Macron a également exprimé son appui à la politique du gouvernement visant à poursuivre les étapes conduisant au monopole des armes par l’État libanais.
La conférence du 5 mars avait été annoncée mi-janvier par la présidence libanaise, à l'issue d'une réunion à Baabda avec des ambassadeurs et émissaires du Quintette, dont l'envoyé français Jean-Yves Le Drian et le conseiller du ministre saoudien des Affaires étrangères, Yazid ben Farhane. Beyrouth réclame plus d'aides financières et matérielles pour l'armée libanaise, afin de lui permettre de finaliser son déploiement dans le Sud, où elle a commencé à se mobiliser depuis l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024 et a démantelé l'arsenal du Hezbollah, qui y était prépondérant.
Malgré cette trêve, l’armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes au Liban, affirmant viser le Hezbollah, qu’elle accuse de se réarmer. Début janvier, l’armée libanaise avait annoncé avoir achevé le désarmement du parti pro-iranien dans la zone située au sud du fleuve Litani, jusqu'à la frontière avec Israël. La deuxième phase du plan prévoit une extension progressive de ce processus au reste du territoire, mais le Hezbollah a jusqu’à présent refusé de remettre ses armes au nord du Litani. L'armée libanaise doit également renforcer ses positions le long de la frontière, très poreuse, avec la Syrie.

À Beyrouth, le chef de l’État Joseph Aoun a reçu vendredi l’ambassadeur de France au Liban Hervé Magro, pour évoquer les préparatifs de la conférence de soutien à l’armée et aux forces de sécurité intérieure. Les échanges ont porté sur la situation locale et régionale à la lumière des récents développements.
En marge du Forum économique mondial de Davos, le Premier ministre Salam a aussi rencontré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Au cours d’une conférence de presse, le porte-parole du Quai d’Orsay a rappelé que la France « réaffirme son plein soutien aux autorités libanaises dans leurs efforts pour restaurer durablement la stabilité, la souveraineté et le fonctionnement des institutions », saluant « les avancées réalisées au cours de l’année écoulée », notamment « l’engagement des autorités et de l’armée libanaise en faveur du monopole de l’État sur les armes ».
La France a insisté sur « l’importance de la poursuite des réformes économiques et financières », indispensables « au retour de la confiance des investisseurs et de la communauté internationale ». Elle a réitéré « sa disponibilité à accompagner le Liban à travers la préparation d’une seconde conférence internationale à Paris consacrée à la reconstruction et au relèvement économique du pays ». Elle a aussi souligné « le respect du cessez-le-feu du 27 novembre 2024 et la restauration de la souveraineté du Liban sur l'ensemble de son territoire », rappelant qu’« Israël, comme l'ensemble des parties, est tenu de respecter ses obligations au titre de l'accord de novembre 2024 ».
M. Barrot s’était entretenu jeudi avec les ministres des Affaires étrangères du Qatar et de l’Arabie saoudite, Mohammad ben Abdelrahman al-Thani et Fayçal ben Farhane, pour coordonner les efforts en vue de la conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises, réaffirmant la nécessité de renforcer l’armée et le monopole de l’État sur les armes.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe gouvernement américain a annoncé vendredi prendre de nouvelles sanctions économiques contre la « flotte fantôme » qui convoie du pétrole iranien afin d'assécher les ressources financières des autorités de Téhéran, accusées d'avoir violemment réprimé des manifestations. Le ministère américain des Finances (ou Trésor) a rallongé la liste des navires et entités liés, selon lui, à cette flotte qui permet à Téhéran de contourner les sanctions des Etats-Unis pour exporter son brut.
Ces nouveaux navires visés, dont quatre immatriculés dans l'archipel pacifique de Palau, et leurs propriétaires « ont transporté du pétrole et des produits pétroliers iraniens cumulant une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars », selon le communiqué du Trésor. Les sanctions « visent un chaînon clé du mécanisme de financement qui permet à l'Iran de réprimer son peuple », affirme le ministre Scott Bessent, cité dans le document.
Il assure également que le Trésor « continuera à suivre la trace des dizaines de millions de dollars que le régime a détournés et tente désespérément de transférer vers des banques situées hors d'Iran ». Une ONG basée aux États-Unis a rapporté vendredi avoir confirmé la mort de 5.002 personnes au cours du mouvement de contestation qui a secoué l'Iran au début du mois, dont une écrasante majorité de manifestants. L'organisation ajoute être toujours en train d'enquêter sur 9.787 autres décès possibles.
Les sanctions américaines entraînent le gel de l'ensemble des avoirs détenus aux Etats-Unis par les personnes et entités visées. Elles interdisent aussi à toute entreprise ou citoyen américain de faire des affaires avec elles, au risque d'être à leur tour frappés par des sanctions.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDes dizaines de femmes kurdes se sont tressé les cheveux lors d'une manifestation vendredi au Kurdistan d'Irak, réagissant à une vidéo devenue virale d'un soldat se vantant d'avoir coupé la natte d'une combattante kurde de Syrie. Les forces kurdes viennent de se retirer sous la pression militaire de l'armée syrienne de vastes territoires du nord et de l'est de la Syrie.
Dans une récente vidéo, un soldat syrien raconte en riant qu'il a coupé la natte d'une combattante dans la ville de Raqqa (nord), reprise par l'armée syrienne en début de semaine. Le sort de la combattante kurde n'est pas connu. Le soldat change ensuite de version dans une deuxième vidéo, en affirmant que la natte est une postiche trouvée sur une table d'un restaurant.
Raqqa était considérée comme la « capitale » de l'organisation Etat islamique (EI) et les habitants y avaient souffert des pires exactions, avant de passer sous contrôle des forces kurdes, désormais évincées. Rassemblées à Erbil, la capitale du Kurdistan d'Irak, des femmes kurdes se sont tressé les cheveux en public pour « montrer au monde notre résilience et notre force », explique une manifestante, Vienna Salam.
La vidéo du soldat « est une menace pour nous en tant que Kurdes et en tant que femmes kurdes », estime cette enseignante universitaire de 31 ans, qui rappelle que les nattes sont un symbole de l'identité des femmes kurdes. Beaucoup de Kurdes partagent désormais sur les réseaux sociaux des vidéos les montrant en train de se natter les cheveux. Dans un clip très partagé, plusieurs femmes se tiennent en rang et se nattent mutuellement les cheveux en chantant « femme, vie, liberté ».
Ce slogan avait été emblématique de la contestation de 2022 en Iran, déclenché par la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune kurde iranienne arrêtée pour avoir prétendûment enfreint le strict code vestimentaire imposé aux femmes. Des femmes du monde entier, dont des célébrités, s'étaient ensuite coupé des mèches de cheveux par solidarité, en montrant leur geste sur les réseaux sociaux.
Dans la culture kurde, les tresses sont louées par les ballades populaires. Elles symbolisent « le courage, la beauté, la force et la dignité », indique une manifestante, Darin Masoum, 30 ans, dont la famille vit dans le nord-est de la Syrie. Les tresses sont ainsi devenues un symbole des combattantes kurdes, qui se sont illustrées en Syrie en affrontant le groupe jihadiste Etat islamique. Les femmes kurdes peuvent couper leurs tresses en signe de tristesse si elles perdent leur époux. Les Kurdes sont une minorité répartie entre l'Irak, la Syrie, la Turquie et l'Iran.
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