À l'heure où la guerre entre le Hezbollah et Israël fait rage, l'invasion du Liban-Sud en vue de démilitariser la région est présentée par Tel-Aviv comme un enjeu clé du conflit. L'armée israélienne mobilise d'importants moyens sur le terrain, y compris des chars et de nombreuses divisions. La bataille se déroule sur trois secteurs. Nous faisons le point sur cette offensive et la situation sur le terrain à la date du 31 mars 2026 au matin.
Dans le caza de Tyr, les Israéliens tentent d'avancer sur le littoral. Les données disponibles indiquent qu'ils ont conquis la ville de Naqoura. Le Hezbollah a également annoncé avoir attaqué des positions de l'armée israélienne à Bayyada et Chamaa, ce qui indique que les Israéliens se trouvent à une dizaine de kilomètres de la ville de Tyr, la plus grande de la région.
Ici, l'armée israélienne semble vouloir encercler la ville de Bint Jbeil, chef lieu du caza éponyme. Considérée comme la « capitale du Hezbollah », cette ville est hautement symbolique. L'ancien chef de la milice, Hassan Nasrallah, y a prononcé le « discours de la victoire » à l'issue de la guerre de juillet 2006. Pour encercler la ville, les Israéliens avancent sur deux fronts. A l'ouest, ils tentent d'avancer depuis Qaouzah vers Debel et Rchaf. À l'est, ils avancent depuis Aïtaroun et Maroun el-Ras vers Aïnata, localité située tout juste au nord-est de la ville ciblée.
C'est dans le caza de Marjeyoun que les Israéliens ont le plus avancé. Ce secteur est stratégique, car le fleuve Litani se trouve à moins de 10 kilomètres de la frontière dans cette zone. Les Israéliens semblent même avoir atteint le fleuve, ayant pu avancer sur Deir Seriane et Deir Mimas, des villages longeant le Litani. Cela leur permet de couper le secteur est du reste du Litani mais également de préparer leur entrée dans les vallées de Wadi el-Houjeir et Wadi el-Slouqi.
Les principales villes de ce secteur sont Khiam et Marjeyoun. Les Israéliens revendiquent la prise de Khiam, même si des combats se poursuivent tout juste au nord de la localité, au niveau du triangle qu'elle forme avec Ibl el-Saqi et Rachaya el-Foukhar.
Si les Israéliens continuent leur avancée dans le secteur Est, ils pourraient pousser plus en profondeur vers le mont Rihane (caza de Jezzine) qui est limitrophe de la Békaa-Ouest. Objectif : accéder depuis cette région au reste de la Békaa où se trouveraient les principaux dépôts d'armes du Hezbollah. Mardi 30 mars, l'armée israélienne a inclus à cet effet plusieurs localités de la Békaa-Ouest dans les régions soumises à des ordres d'évacuation.
Pour atteindre leur objectif, les Israéliens pourraient progresser selon deux axes principaux dans le secteur Est : depuis Khiam et Marjeyoun vers Kawkaba et Dalafa, et depuis l’extrême est, de Kfarchouba vers Kfarhamam et Hebbariyé, jusqu’à Rachaya el-Foukhar et Ferdis, dans le caza de Hasbaya, afin d’atteindre des zones faisant face à des localités clés de la Békaa-Ouest comme Zellaya et Midoun. Ils pourraient compter dans cette bataille sur des positions qu'ils occupent du côté syrien de la frontière, dans le Mont-Hermon.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Philippe Lazzarini, a demandé mardi l'ouverture d'une enquête après la mort de plus de 390 employés de l'agence pendant la guerre à Gaza.
« Je crois qu’il nous faut un panel (...) un panel d’experts de haut niveau pour enquêter sur le meurtre de nos collaborateurs », a déclaré Philippe Lazzarini à la presse à Genève, au dernier jour de son mandat à la tête de l'agence.
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
« Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels », a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.
« Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain », a-t-elle ajouté, précisant que « la grande majorité » de ces personnes, soit « près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau ». « Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires », a poursuivi la responsable du HCR.
Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei. Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar el-Assad en 2011. Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.
Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait « un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes ». « Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie », a ajouté Mme al-Madaien.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats