Les Etats-Unis ont annoncé vendredi des sanctions contre plusieurs responsables iraniens dont le ministre de l'Intérieur après la répression meurtrière des manifestations en Iran ces dernières semaines. Parmi les responsables sanctionnés figure Eskandar Momeni, ministre iranien de l'Intérieur, « qui supervise les forces répressives meurtrières de la République islamique d'Iran, une entité clé responsable de la mort de milliers de manifestants pacifiques », a dit le département du Trésor américain dans un communiqué. L'Union européenne avait fait de même la veille.
Washington sanctionne également plusieurs hauts gradés des gardiens de la révolution, organisation considérée comme le bras armé de la répression, ainsi qu'un investisseur iranien, Babak Morteza Zanjani, accusé d'avoir « détourné des milliards de dollars » au profit des Gardiens de la révolution. Le département du Trésor a enfin annoncé pour la première fois des sanctions contre des bourses d'échange numériques « liées à M. Zanjani qui ont traité d'importants volumes de fonds associés à des contreparties liées aux Gardiens de la révolution ».
Les Etats-Unis, qui imposent déjà des sanctions drastiques contre l'Iran, « soutiennent le peuple iranien dans ses manifestations contre le régime corrompu et répressif de Téhéran », a indiqué de son côté le département d'Etat dans un autre communiqué. Les sanctions américaines entraînent le gel de l'ensemble des avoirs éventuels détenus aux Etats-Unis par les personnes et entités visées. Elles interdisent aussi à toute entreprise ou citoyen américain de faire des affaires avec elles, au risque d'être à leur tour frappés par des sanctions. Les autorités iraniennes ont reconnu que des milliers de personnes ont été tuées lors des manifestations, mais ont affirmé que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou passants tués par des « émeutiers ». Des ONG parlent de dizaines de milliers de morts potentiels.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe Kremlin a annoncé vendredi avoir accepté une demande du président américain de s'abstenir de frapper Kiev jusqu'à dimanche, tandis que les attaques russes ont mis à mal le réseau énergétique ukrainien sollicité par un hiver glacial devant encore s'aggraver. Depuis l'annonce jeudi par Donald Trump d'un arrêt des frappes russes « pendant une semaine », une certaine confusion règne sur les modalités de cet accord, à un moment où des négociations en vue de mettre fin du conflit doivent se dérouler, dimanche, à Abou Dhabi.
La Maison Blanche n'a livré aucun détail sur la date de cette trêve ni sur le type d'installations qui seront potentiellement épargnées par les attaques russes. Interrogé à ce sujet vendredi, le Kremlin a affirmé que le président américain avait demandé à son homologue russe Vladimir Poutine de cesser jusqu'au 1er février les bombardements sur la capitale ukrainienne, sans toutefois préciser quand cette demande avait été faite. Selon le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, il s'agit de « créer des conditions favorables à la tenue de négociations ».
Des attaques russes ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi en Ukraine, l'armée de l'air ukrainienne ayant fait état d'un missile et de 111 drones tirés, dont 80 ont été abattus. Mais, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, « il n'y a pas eu de frappes sur les installations énergétiques hier soir » et les forces russes « se concentrent désormais » sur celles visant la logistique. Les derniers bombardements russes sur Kiev ont eu lieu dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 janvier.
De son côté, M. Zelensky a évoqué dans des propos rendus publics vendredi le principe d'un arrêt mutuel des attaques sur les infrastructures énergétiques. « Si la Russie ne frappe pas nos infrastructures énergétiques – sites de production ou toute autre installation de ce secteur –, nous ne frapperons pas les leurs », a déclaré M. Zelensky à des journalistes, dont ceux de l'AFP, en réponse à l'annonce de M. Trump.
Jeudi soir, il avait dit compter sur les Etats-Unis pour parvenir à cette trêve, après que les frappes russes des derniers mois ont provoqué des coupures d'électricité et de chauffage d'ampleur dans plusieurs grandes villes d'Ukraine, dont la capitale, où jusqu'à la moitié des immeubles ont été par moments affectés.
Donald Trump a dit avoir adressé cette demande à Vladimir Poutine en raison du froid « exceptionnel » en Ukraine, les météorologues annonçant des températures nocturnes pouvant descendre jusqu'à -30°C dans les prochains jours. L'Ukraine vise de son côté régulièrement des raffineries et des dépôts de pétrole en Russie et des infrastructures de transport d'hydrocarbures, provoquant d'importants incendies. Les régions russes frontalières ont aussi connu par moments des coupures de courant à cause de cela.
Russes, Ukrainiens et Américains ont entamé les 23 et 24 janvier un cycle de pourparlers aux Emirats arabes unis sur le plan proposé par Washington pour mettre fin à quatre ans de combats. Des représentants de Moscou et de Kiev doivent se réunir à nouveau dimanche.
Volodymyr Zelensky a souligné que les discussions butaient toujours sur l'épineuse question des territoires de l'est de l'Ukraine que Moscou revendique. La Russie exige notamment que les forces ukrainiennes se retirent des zones de la région de Donetsk qu'elles contrôlent encore. « Jusqu'ici, nous n'avons pas réussi à trouver un compromis sur la question territoriale, en particulier concernant une partie de l'est de l'Ukraine », a insisté le président ukrainien. Selon lui, la Russie a aussi interrompu les échanges de prisonniers de guerre, dont le dernier en date remonte à l'année dernière. Ce type d'échanges était le seul résultat concret des dernières négociations russo-ukrainiennes, en 2025 à Istanbul.
Côté russe, le Kremlin avait confirmé jeudi que le dialogue « se poursuivait » sans vouloir commenter les détails du processus. Donald Trump a assuré jeudi que « beaucoup de progrès » avaient été faits jusqu'ici dans les pourparlers diplomatiques.
Sur le front, l'armée russe a revendiqué vendredi de nouvelles avancées en annonçant la prise des localités de Berestok dans la région de Donetsk (est) et de Ritchné, dans celle de Zaporijjia (sud), à moins de trente kilomètres de la capitale régionale éponyme. Dans le nord-est de l'Ukraine, des familles avec enfants ont reçu l'ordre d'évacuer sept villages de la région de Kharkiv, un indicateur de la progression des soldats russes dans ce secteur.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe cheikh sunnite Khaldoun Oraymet, soupçonné d’avoir facilité des contacts entre plusieurs personnalités libanaises et un faux prince saoudien surnommé « Abou Omar », devrait être entendu le 4 février par la juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman, selon des informations obtenues vendredi par L’Orient-Le Jour.
Le 20 janvier, la magistrate avait émis un mandat d’arrêt contre Oraymet et Moustapha Hessiane, alias Abou Omar, un plombier du Akkar qui s’était fait passer auprès de politiciens et d’hommes d’affaires pour un émir saoudien capable de leur garantir un soutien de Riyad en échange de paiements. Avant ces arrestations, la juge avait interrogé chacun des suspects pendant deux heures, puis les avait confrontés pendant une demi-heure.
Dans le cadre de cette affaire, la juge a également entendu jeudi le cheikh sunnite Khaled Sabsabi, poursuivi pour « faux témoignage » par le parquet d’appel de Beyrouth. Sabsabi avait initialement affirmé avoir présenté Abou Omar à Oraymet, avant de se rétracter, expliquant qu’il voulait protéger ce dernier et éviter que la justice ne lui impute l’escroquerie présumée. Il a été maintenu en liberté à l’issue de l’audition.
L’affaire « Abou Omar » a secoué la vie politique libanaise, affectant en particulier des responsables sunnites. Pendant plusieurs années, le faux prince saoudien aurait fait croire à certains acteurs politiques qu’il disposait d’accès privilégiés à Riyad, monnayant ces contacts contre de l’argent.
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