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09:39 Israël    Le Parlement israélien dissous, le pays se tourne vers les législatives d'octobre

Le Parlement israélien a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi, en lecture finale, la loi sur le financement des partis et acté sa propre dissolution, après avoir complété la mandature de quatre ans prévue par la loi. Le vote, validé par 62 députés sur les 120 que compte la Knesset, marque officiellement la fin de la mandature et ouvre la voie aux élections législatives du 27 octobre.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahu, qui brigue un nouveau mandat malgré une popularité en berne, a participé au scrutin après plusieurs absences récentes lors de votes de lois ayant suscité de vifs débats. Ces derniers jours, son gouvernement a mené une offensive législative éclair visant à consolider sa majorité et à satisfaire ses alliés ultra-orthodoxes.

Toutefois, la loi qui fixe officiellement la date des élections a été renvoyée en commission pour la semaine prochaine suite à un blocage parlementaire. La conseillère juridique de la Knesset, Sagit Afik, a précisé que l'institution peut néanmoins poursuivre ses activités durant une dizaine de jours.

Le président du Parlement, Amir Ohana, a clôturé la session en rappelant les épreuves traversées : « cette session a été marquée par toutes sortes de protestations, elle a accompagné la guerre la plus difficile et la plus longue de l'histoire du pays (...) et les familles des otages, dont les photos ont accompagné la séance plénière pendant la majeure partie du temps ». Évoquant la campagne électorale, il a ajouté : « nous nous dirigeons vers une bataille d'idées qui, par nature, se caractérise par un affûtage des positions », exhortant les Israéliens à se souvenir qu'ils sont « les enfants d'un même peuple ».

À 76 ans, M. Netanyahu, Premier ministre ayant exercé le plus longtemps dans l'histoire d'Israël, se retrouve fragilisé. Les sondages montrent qu'une majorité d'Israéliens souhaitent son départ, portés par la colère liée aux défaillances sécuritaires ayant entouré les attaques du 7-Octobre et l'absence de « victoire totale » sur le Hamas et le Hezbollah.

L'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot apparaît désormais comme son principal rival pour le prochain scrutin.

09:23 États-Unis   Trump martèle ses accusations de fraude à trois mois des élections

Donald Trump a dénoncé jeudi des « vulnérabilités choquantes » dans le système électoral américain, pointant notamment la Chine du doigt dans une allocution extraordinaire où il a laissé planer son intention de contester les résultats des élections cruciales de mi-mandat en novembre. Dans un discours d'un peu plus de 25 minutes, le président américain s'est notamment attaqué aux « bureaucrates véreux », martelant ses accusations — jamais prouvées — que l'élection présidentielle de 2020 avait été pervertie par une fraude massive au profit de Joe Biden. « Nous ne pouvons plus jamais assister à une nouvelle élection volée », a-t-il lancé.

Le républicain n'a jamais apporté de preuve sur l'existence d'irrégularités à grande échelle et d'innombrables experts, instituts indépendants et décisions de justice ont conclu à l'absence de fraude ayant pu influer sur les résultats. Mais pour Donald Trump, des documents — qu'il a annoncé jeudi soir déclassifier — « montrent que, sur plusieurs années, à partir de l'élection de 2020, la Chine a mené ce qui apparaît comme la plus grosse opération de piratage de données électorales de l'Histoire, aboutissant à l'acquisition illicite par la Chine de 220 millions de fichiers d'électeurs américains », a-t-il ajouté.

Ces fichiers sont pourtant largement accessibles publiquement. Et même s'ils avaient été téléchargés de manière illégale, cela « n'aurait en aucune manière compromis » les résultats de l'élection, a souligné Stephen Richer, du cercle de réflexion conservateur Cato Institute.

« Honnêtes »

Rick Hasen, expert en droit électoral à l'université de Californie à Los Angeles, a estimé que les déclarations du président jeudi soir ressassent « les mêmes vieilles affirmations infondées et étonnamment faibles de vulnérabilité des élections américaines ». Donald Trump « n'a même pas tenté de démontrer qu'un seul faux électeur a voté lors de l'élection de 2020, ou qu'une seule machine électorale ait été truquée », a-t-il souligné sur son blog.

Avant le discours, Donald Trump avait promis une annonce « très forte ». Mais ses opposants redoutaient surtout que ce discours ne serve à jeter le discrédit général sur le système électoral, afin de pouvoir mettre en doute, en novembre prochain, le résultat des scrutins de mi-mandat, qui s'annoncent difficiles pour son camp. « Nous avons des élections très importantes qui arrivent. Nous voulons que ces élections soient honnêtes », a-t-il lancé dans son allocution.

Face au caractère controversé des annonces attendues, plusieurs grandes chaînes avaient décidé de ne pas retransmettre en direct le discours. En représailles, le président américain a appelé au retrait de leurs licences de diffusion. « Décision rare, NBC et ABC ont dit toutes les deux qu'elles ne diffuseraient pas ce discours. (...) Parce qu'elles savent combien notre système est corrompu et qu'elles ne veulent pas le révéler. Elles, et d'autres médias, font partie d'un complot. Elles veulent continuer cette fraude. (...) Une fraude comme celle-ci devrait signifier le retrait de leurs licences », a-t-il attaqué.

« Punition imminente »

Le milliardaire, qui n'a jamais accepté sa défaite face à Joe Biden en 2020, a accusé ces derniers mois les démocrates de tentatives de trucage des législatives de novembre lors desquelles les républicains pourraient perdre leur mince majorité au Congrès. Donald Trump sait qu'une telle éventualité lui ferait courir le risque d'une troisième procédure de destitution lancée par les démocrates, après avoir réchappé à deux premières tentatives lors de son premier mandat, dont une pour « incitation à l'insurrection » après l'assaut du Capitole par ses partisans le 6 janvier 2021.

En amont de l'allocution, le chef démocrate Chuck Schumer avait dénoncé un discours qui serait « empli de griefs et de mensonges flagrants ». « Ce soir vous allez entendre un Donald Trump faible et agité, avec un programme profondément impopulaire, qui sait qu'il se dirige vers une défaite cinglante en novembre », a déclaré le sénateur new-yorkais sur les réseaux sociaux. « Sa réponse à cette punition imminente ? Abattre toutes les cartes pour tricher, saper le droit de vote, et truquer les élections de mi-mandat en sa faveur », a-t-il ajouté, estimant que « Trump ne révélera rien de substantiel » sur la présidentielle de 2020.

La dernière grande adresse télévisée de Donald Trump remontait au 1er avril, quand il avait tenté de justifier la guerre en Iran, plus d'un mois après le début des frappes israélo-américaines.

09:21    Des ponts, un aéroport et une gare ciblés : nouvelle nuit de bombardements en Iran, les alliés des États-Unis encore visés

Les États-Unis ont bombardé l'Iran pour la sixième nuit consécutive vendredi, Téhéran les accusant d'avoir visé des cibles civiles, tandis que plusieurs pays alliés de Washington au Moyen-Orient ont fait état d'attaques les ciblant.

L'armée américaine a affirmé, sur X, avoir attaqué dans la nuit de jeudi à vendredi « des dizaines de cibles militaires iraniennes comme des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations maritimes ». L'Iran, de son côté, a rapporté des bombardements sur des ponts, un port, un aéroport et une gare. Téhéran a affirmé vendredi matin que les frappes américaines sur son territoire depuis le 22 juin avaient fait 38 morts et plus de 400 blessés, selon un bilan du ministère de la Santé.

« Si les Américains frappent les infrastructures de la République islamique, alors toutes les infrastructures de la région deviendront des cibles légitimes pour l'Iran », a menacé un porte-parole de l'armée iranienne, cité par la télévision d'Etat.

Les forces armées de Jordanie, du Koweït et du Qatar ont annoncé avoir fait face vendredi à l'aube à des attaques aériennes, et les sirènes d'alerte ont été déclenchées à deux reprises à Bahreïn. Un porte-parole de l'armée iranienne, cité par la télévision d'Etat, a affirmé que la République islamique avait visé des sites militaires américains au Koweït à l'aide de drones explosifs.

De leur côté, les Gardiens de la Révolution iraniens ont assuré avoir attaqué en Syrie un « centre de commandement des opérations spéciales de l'ennemi » dans la région d'Al-Tanf, frontalière de l'Irak, ainsi que des radars américains à Oman. Ces deux pays n'ont pas confirmé de telles frappes dans l'immédiat. Les médias d'État iraniens ont fait état dans la nuit de nombreuses explosions dans différents secteurs du sud du pays.

« Les attaques se poursuivent et elles sont si violentes que j'en ai les mains qui tremblent », a raconté à l'AFP Hani, un professeur iranien de 34 ans habitant la ville d'Ahvaz (sud-ouest). Selon la télévision d'Etat iranienne, les forces américaines ont bombardé deux ponts dans la région de Bandar Khamir, faisant sept morts, ainsi qu'une gare à Bandar Abbas et l'aéroport d'Iranshahr. La tour de contrôle du port de Chabahar a été « complètement détruite » selon l'agence Irna.

Bouchehr frappée

Bouchehr, ville portuaire située sur la côte sud-ouest où se trouve la seule centrale nucléaire du pays, a été frappée pour la deuxième fois en quelques heures, selon le gouverneur de la ville, cité par Irna. Le président Donald Trump avait menacé dans la semaine de frapper les ponts et les centrales électriques du pays si les Iraniens ne revenaient pas à la table des négociations.

Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril, minant les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable au conflit.

Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, il a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et n'en finit pas d'ébranler l'économie mondiale.

Les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Pakistan, ce dernier pays étant médiateur des discussions, ont appelé vendredi les belligérants à reprendre les négociations dans le cadre du protocole d'accord signé mi-juin, qui a volé en éclats.

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait auparavant prévenu qu'un accord « n'a de sens que lorsque ses clauses sont valides et appliquées ». Islamabad a aussi appelé à un « retour à la normale dans le détroit d'Ormuz », de nouveau verrouillé par l'Iran le week-end dernier. En réponse, les Etats-Unis ont rétabli leur blocus des ports iraniens. Donald Trump « reste toujours ouvert à la diplomatie dans le même temps », a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. Selon elle, les Iraniens « ont fait savoir au président qu'ils veulent toujours conclure un accord. Nous leur parlons, mais, encore une fois, le président ne va pas les laisser tirer sur des navires dans le détroit sans conséquences ».

Dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié (GNL) mondiaux, le trafic s'est raréfié. Les cours du pétrole restent relativement stables malgré la situation, avec un baril de Brent autour de 85 dollars vendredi.

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