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12:14 Cessez-le-feu à Gaza   Kushner doit rencontrer Netanyahu lundi, après avoir parlé au Hamas

L'émissaire américain Jared Kushner doit rencontrer lundi en Israël Benjamin Netanyahu pour tenter de faire avancer la deuxième phase du plan de paix américain dans la bande de Gaza, rejetée par le Premier ministre.

Le mouvement palestinien Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine censée lancer cette deuxième étape prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien, où l'armée est déployée sur plus de 60%. Benjamin Netanyahu a, lui, rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement « véritable » du Hamas.

Le Premier ministre israélien devrait rencontrer à huis clos M. Kushner, ainsi que Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour Gaza au sein du « Conseil de Paix », un organe créé par Donald Trump pour mettre en œuvre le plan de paix. Selon des sources ayant requis l'anonymat, M. Kushner a, dimanche, lors d'une rencontre en Égypte avec des membres de la direction du Hamas, insisté sur le désarmement du mouvement et appelé à des mesures « vérifiables ». M. Kushner a aussi insisté sur l'absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les sources.

Le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, avait revendiqué l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 en Israël, déclenchant une offensive israélienne dévastatrice dans le territoire palestinien.

« Éliminez-en 30 ou 40 »

Le mouvement a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) - un organe créé par le « Conseil de Paix », composé de technocrates palestiniens et chargé d'assurer la transition dans le territoire palestinien.

Un responsable du Hamas a déclaré à l'AFP que le mouvement avait fait savoir à M. Kushner qu'il souhaitait que des pressions soient exercées sur M. Netanyahu pour qu'il adhère à la deuxième phase du plan. « Le Hamas attend la réponse de l'administration américaine concernant la position d'Israël sur l'accord », a déclaré le responsable du Hamas, sous couvert de l'anonymat.

Pendant des années, les États-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes. Mais afin de mettre fin à ce conflit dévastateur, l'administration Trump s'est montrée plus ouverte à des contacts directs.

Dimanche en Égypte, Jared Kushner avait rencontré également le président Abdel Fattah al-Sissi ainsi que des responsables des pays médiateurs (Égypte, Qatar et Turquie).

Dans un communiqué commun, huit pays musulmans, dont l'Égypte, le Qatar et la Turquie, ont condamné le rejet israélien de la dernière feuille de route, estimant qu'il compromettait « les efforts collectifs visant à parvenir à une paix juste et durable ».

En Israël, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a appelé à des tueries de masse à Gaza. « Je pense que des éliminations ciblées devraient être menées chaque nuit à Gaza. Éliminez-en 30 ou 40 », a déclaré récemment M. Ben Gvir dans un podcast avec une ancienne otage de Gaza.

Enfant tué à Khan Younès

« Pas seulement ceux qui vous mettent actuellement en danger. Ce sont des gens qui ne devraient pas être en vie », a-t-il ajouté. « Je leur fais déjà un compliment en les qualifiant d'êtres humains », a ajouté ce ministre d'extrême droite.

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

Sur le terrain, plusieurs personnes ont été blessées dimanche dans des tirs ou des frappes de l'armée israélienne dans le centre et le sud de la bande de Gaza, a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas. L'armée israélienne a notamment déclaré qu'elle répondait à une menace émanant du Jihad islamique, un allié du Hamas. À Khan Younès, dans le sud, le corps d'un enfant a été retrouvé après avoir été tué samedi par des tirs israéliens, selon la Défense civile.

Au moins 1.262 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve en octobre 2025, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.

11:33 Irak   Une attaque de drones depuis la frontière avec l'Iran a visé le bureau du Premier ministre du Kurdistan

Le Premier ministre du Kurdistan, région autonome dans le nord de l'Irak, a déclaré lundi sur X avoir été la cible, dans la nuit de dimanche à lundi, d'une attaque de drones imputée à l'Iran. Téhéran n'a pas réagi dans l'immédiat à ces accusations. La résidence du directeur des services de renseignement locaux, a également été visée par cette attaque qui n'a pas fait de victimes, survenue dans les environs de Pirmam, dans la province d'Erbil.

« Mon bureau personnel et le domicile du chef de l'Agence de sécurité et de renseignement ont été la cible d'attaques de drones iraniens », a écrit Masrour Barzani, condamnant « avec la plus grande fermeté ces attaques irresponsables et inacceptables » et parlant d'une « escalade dangereuse ».

Selon un communiqué des services de lutte antiterroriste du Kurdistan irakien, l'attaque s'est produite à « 00H28 », au moyen de « deux drones piégés de type Hadid 110 ».

La région du Kurdistan, autonome depuis 1991, entretient des relations étroites avec les États-Unis et les pays occidentaux, tout en adoptant une approche prudente avec son voisin, l'Iran. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran qui a riposté en frappant les pays alliés des États-Unis, le Kurdistan a été bombardé plus d'un millier de fois, selon les autorités locales.

Des attaques de drones, imputées à l'Iran par les autorités kurdes, ont été à plusieurs reprises interceptées au-dessus d'Erbil, la capitale du Kurdistan, et d'autres ont frappé des opposants kurdes iraniens. Les intérêts américains ont également régulièrement été pris pour cible par des groupes armés irakiens pro-Iran.

10:42 Tensions   Trump annonce « réduire considérablement » des exercices militaires avec la Corée du Sud

Donald Trump a annoncé « réduire considérablement » la participation des Etats-Unis aux exercices militaires annuels avec la Corée du Sud qui ont débuté lundi, invoquant en particulier sa « très bonne relation avec Kim Jong Un », le dirigeant nord-coréen. L'édition de cette année, prévue sur 11 jours, doit notamment prendre en compte l'expérience acquise par les troupes nord-coréennes aux côtés de l'armée russe sur le front ukrainien.

L'annonce de M. Trump, réalisée sur sa plateforme Truth Social, vient s'inscrire dans la longue liste de camouflets adressés par le président américain à des alliés historiques des Etats-Unis depuis son retour à la Maison Blanche en 2025. Donald Trump dénonce dans son message des exercices « coûteux » et qui selon lui « envoient un signal totalement inapproprié et hostile » envers la Corée du Nord. Un pays qui, « depuis que Donald Trump est président, s'est montré non menaçant et respectueux », a-t-il ajouté à la troisième personne.

Baptisés « Ulchi Freedom Shield », ces exercices annuels devaient initialement mobiliser 18.000 soldats sud-coréens ainsi que des effectifs issus du contingent américain de 28.500 hommes stationnés dans le pays. Le ministère de la Défense sud-coréen a affirmé lundi que ces manoeuvres avaient commencé « comme prévu ».

Aguerrissement

Rendez-vous estival régulier pour les forces armées sud-coréennes et leurs alliés américains, ces exercices sont conçus pour renforcer la défense contre la Corée du Nord, pays doté de l'arme nucléaire et qui multiplie les essais de missiles.

Les manoeuvres devaient être placées cette année sous le signe de l'aguerrissement dont les effectifs de Pyongyang ont bénéficié sur le front ukrainien, dans le cadre d'un rapprochement stratégique avec Moscou. « Ils en ont tiré des enseignements et les ont rapportés en Corée du Nord », avait souligné le 10 août le colonel Ryan Donald, porte-parole du Commandement combiné des forces américaines et sud-coréennes. « Cela modifie les capacités de la RPDC, et notre entraînement prend en compte cette menace », notamment en matière d'usage de drones, de cyberattaques et de brouillage GPS, avait ajouté l'officier, en utilisant l'acronyme désignant la République populaire démocratique de Corée.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment accusé Pyongyang de se préparer à envoyer entre 30.000 et 50.000 soldats supplémentaires pour appuyer les forces russes, sans préciser l'origine de ces chiffres ni de potentiel calendrier. Dimanche, les médias d'Etat nord-coréens ont souligné que Kim Jong Un s'était dit « fier » de sa relation avec la Russie, dans une lettre envoyée au président Vladimir Poutine.

« Non merci ! »

Sur Truth Social, Donald Trump a également fait mention de la non-participation de Séoul aux opérations militaires américaines contre l'Iran pour justifier une réduction de voilure américaine. « Bien que ce soit relativement sans rapport ( ?), j'ai récemment demandé au président de la Corée du Sud s'ils voudraient se joindre à nous dans la dénucléarisation de la République islamique d'Iran et ils ont dit 'Non merci !' », a écrit le président américain.

Le président sud-coréen Lee Jae Myung avait affirmé en juin, en pleine accalmie dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, que Donald Trump souhaitait à présent se concentrer sur la résolution de « la question nord-coréenne ». Considéré comme conciliant envers la Corée du Nord, Lee Jae Myung a pris le contrepied de son prédécesseur, réputé pour sa fermeté, depuis son arrivée au pouvoir en juin 2025, offrant à Pyongyang des pourparlers sans conditions préalables. Mais les autorités de Corée du Nord n'ont pour l'instant pas donné suite à ces offres répétées.

La présidence sud-coréenne a pour sa part souligné lundi que le pays allait « se coordonner étroitement » avec les Etats-Unis pour les exercices militaires conjoints. Elle espère aussi que l'entente personnelle entre Donald Trump et Kim Jong conduira à « un dialogue constructif » propice à des négociations.

« Kim Jong Un et moi »

La veille de son annonce, Donald Trump avait publié sur Truth Social une image le montrant aux côtés de Kim Jong Un lors de leur rencontre historique en 2019, pendant le premier mandat du milliardaire. « Malgré les apparences peu amicales sur cette photo en particulier, il y en a beaucoup où nous sourions », avait-il écrit comme légende, ajoutant: « Kim Jong Un et moi, nous nous entendons TRES BIEN ! »

Pyongyang avait dénoncé jeudi les exercices militaires conjoints à venir entre Washington et Séoul, et prévenu d'une possible riposte par des mesures « de dissuasion » renforcées. La Corée du Nord voit dans ces exercices une répétition en vue d'une invasion et a tiré mercredi un missile balistique au-dessus de la mer du Japon en signe de protestation. « Notre principe constant, pour garantir la sécurité, est de répondre à un nouveau niveau de menace par un nouveau niveau de dissuasion », avait déclaré jeudi un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

Pour Leif-Eric Easley, professeur d'études internationales à l'université Ewha de Séoul, une réduction des manoeuvres conjointes « affaiblira la dissuasion face à d'éventuels conflits en Asie ». « Les économies réalisées » le cas échéant « sont marginales, tandis que les avantages diplomatiques pour les relations avec la Corée du Nord sont incertains », relève-t-il pour l'AFP.

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