Les députés se sont réunis jeudi au Parlement pour une nouvelle séance de débat visant à compléter un ordre du jour entamé la veille. Ils ont voté plusieurs textes de loi, avant que la séance ne soit levée par le chef du Parlement, Nabih Berry, avant une reprise à 18h. A leur retour à l'hémicycle, les parlementaires devront se pencher sur des propositions de loi relatives à la suppression de la peine de mort et à l'instauration d'une amnistie générale.
La séance parlementaire de jeudi s'est tenue en l'absence d'une dizaine de députés sunnites dont Achraf Rifi, Fayçal Karamé et Ahmad Kheir. Une façon de protester contre la proposition de loi sur l'amnistie générale qui devrait être adoptée à la Chambre. Des sources parlementaires concordantes indiquent que la version actuelle du texte n’inclut pas les modifications apportées lors de la réunion tenue lundi au Sérail entre le Premier ministre, Nawaf Salam, et plusieurs députés sunnites.
L'Orient-Le Jour a appris que M. Salam s’est entretenu avec le président de la Chambre, Nabih Berry, afin de tenter de résoudre le problème. Une réunion entre des députés sunnites et d'autres du tandem chiite devrait également avoir lieu durant la pause prévue en début d’après-midi.
À noter que certains élus de la communauté sunnite ont quand même pris part à la séance (dont Walid Baarini et Jihad Samad) « afin de ne pas bloquer l'action du législatif », selon un député sunnite. « Mais si le problème de l'amnistie n'est pas réglé, ils pourraient bien quitter l'hémicycle », abonde-t-il, mettant en garde contre « une grande crise » si ce texte n'est pas voté aujourd'hui.
Selon une source parlementaire contactée par L'OLJ, les députés ont approuvé jeudi une loi permettant aux officiers ayant suivi des études supérieures d'enseigner. Un texte de loi visant à augmenter la part du Liban dans le capital de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement a également été approuvé. Un troisième texte a été voté, qui fait passer de trois à quatre ans le nombre d'années d'étude à l'école militaire pour les membres de la Défense civile souhaitant obtenir une licence dans trois spécialités. D'autres lois, sur le travail de la Croix-Rouge, la Sécurité sociale et la création d'un syndicat pour les physiothérapeutes ont été votées.
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), le ministre de l'Information, Paul Morcos, est arrivé tôt au Parlement afin de rencontrer plusieurs députés et leur transmettre des propositions qui lui ont récemment été soumises par des journalistes et des médias concernant le projet de loi sur l'information, en vue de leur intégration au texte.
Une première salve de textes avait été adoptée mercredi, concernant notamment les examens officiels, les exonérations en faveur des sinistrés de la guerre, un régime de retraite pour les contractuels du ministère de l'Information, ainsi que les déserteurs des douanes. Cette première réunion était la première depuis la prorogation du mandat de la Chambre en avril.