Le ministère américain de la Justice a annoncé mardi avoir porté plainte contre l'État du New Jersey et sa gouverneure démocrate Mikie Sherrill pour « entrave » à sa politique d'immigration.
« Les agents fédéraux risquent leur vie pour protéger les citoyens du New Jersey, et pourtant les dirigeants du New Jersey adoptent des politiques visant à entraver et mettre en danger les forces de l’ordre », a affirmé la ministre de la Justice Pamela Bondi dans un communiqué de son ministère. « Les États ne peuvent pas interférer délibérément avec nos efforts pour expulser les étrangers en situation irrégulière et arrêter des criminels, les politiques de sanctuarisation du New Jersey ne tiendront pas », a martelé Mme Bondi.
L'administration Trump reproche à Mme Sherrill d'avoir signé il y a deux semaines un décret interdisant aux agents fédéraux de la police de l'immigration (ICE) de procéder à des arrestations sur des propriétés appartenant à l'État du New Jersey. La plainte de 21 pages, consultée par l'AFP, estime que le décret de la gouverneure démocrate, dont le nom est incorrectement orthographié « Sherill », « constitue un obstacle intolérable » à l'application des lois sur l'immigration.
« Un tel mépris flagrant des lois fédérales en vigueur depuis plus de 30 ans n'est pas un simple acte politique, mais une action délibérée qui met en péril la sécurité publique de tous les Américains », soutient la plainte. « Ce sur quoi le gouvernement fédéral devrait se concentrer en ce moment, au lieu d'attaquer des États comme le New Jersey qui s'efforcent d'assurer la sécurité des citoyens, c'est la formation de ses agents de l'ICE », a réagi Mme Sherrill.
La plainte du ministère de la Justice est la dernière action en date dans la lutte menée par l'administration Trump contre les restrictions imposées par certains États et collectivités locales à l'application des lois sur l'immigration. L'an dernier, le ministère de la Justice a intenté des poursuites contre le Minnesota et le Colorado, ainsi que contre des villes comme New York, Chicago, Los Angeles et Denver, considérées comme « des villes sanctuaires » qui protègent les immigrés sans papiers. En mai dernier, l'administration Trump a intenté un procès à quatre villes du New Jersey considérées comme des « villes sanctuaires ».
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLes dirigeants du mouvement Amal et du Hezbollah dans le Sud ont réaffirmé mercredi la solidité de leur alliance et souligné leur coordination continue, notamment en ce qui concerne les prochaines élections législatives, soutenant ainsi la position du président de la Chambre des députés et chef d'Amal, Nabih Berri, sur leur tenue dans les délais prévus, sans report ni prolongation.
Cette déclaration a été publiée à l’issue d’une réunion conjointe organisée pour discuter des évolutions politiques et nationales, a rapporté mercredi l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Les représentants des deux formations ont également insisté pour que les élections prévues en mai aient lieu comme prévu, malgré une pression croissante pour les reporter, en raison du vote des expatriés et des différends sur la loi électorale, dans un contexte sécuritaire tendu. Mardi, le Premier ministre libanais Nawaf Salam, a de nouveau renvoyé la balle au Parlement concernant les modalités de vote des expatriés lors des législatives prévues en mai prochain, affirmant que la loi électorale en vigueur nécessite « une intervention du législateur ».
D’autre part, le Hezbollah et Amal ont également souligné leur unité face aux attaques et violations israéliennes en cours, appelant la communauté internationale à « faire pression sur Israël pour qu’il mette fin à son agression, se retire des zones occupées au Sud et libère les détenus libanais », et exhortant le gouvernement à « soutenir les communautés frontalières et avancer dans les efforts de reconstruction ».
Ils ont aussi condamné les menaces américaines et israéliennes contre l’Iran, exprimé leur soutien à sa direction et averti que « viser l’Iran déstabiliserait la région ».
Les États-Unis donnent la priorité à l’arrêt de l’enrichissement nucléaire intérieur par l’Iran et, en coulisses, veulent que la République islamique désarme ses missiles balistiques et modifie ses alliances avec des groupes régionaux comme le Hezbollah. L’Iran affirme être flexible sur la première question, mais reste sur la défensive sur le reste. Le président américain a à plusieurs reprises menacé de frappes contre l’Iran si les négociations échouaient à aboutir à un accord.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDans un discours fleuve au Capitole, Donald Trump a célébré mardi son bilan sans faire d'annonces majeures ni esquisser le moindre changement de cap face au mécontentement manifesté par les Américains dans les sondages. « Ceci est l'âge d'or de l'Amérique », a clamé le président républicain, reprenant l'un de ses slogans préférés.
Dans son allocution d'une durée d'une heure quarante-sept minutes, un record pour un « discours sur l'état de l'Union », le dirigeant républicain de 79 ans a présenté son bilan comme la meilleure plateforme de campagne possible pour son parti avant des législatives cruciales en novembre. « L'inflation chute, les revenus augmentent vite, l'économie est florissante comme elle ne l'a jamais été », a assuré Donald Trump sous les applaudissements des élus du parti républicain scandant « USA, USA, USA ».
Le chef de file des sénateurs démocrates Chuck Schumer l'a accusé de présenter une vision « déconnectée de la réalité ». Dans un sondage YouGov/Marketwatch publié mardi, près de 47% des personnes interrogées jugent que leur pouvoir d'achat s'est dégradé depuis qu'il est revenu au pouvoir en janvier 2025.
Les conservateurs observent avec inquiétude l'impopularité croissante de leur chef à l'approche des « midterms », ces élections de mi-mandat qui pourraient leur coûter cet automne la majorité au Congrès. « Notre pays a retrouvé le chemin de la victoire », a répété Donald Trump, avant de faire entrer dans l'hémicycle les joueurs de l'équipe de hockey sur glace, tout juste sacrés champions olympiques.
Avec leur médaille d'or autour du cou, ils ont été longuement acclamés par les parlementaires des deux camps dans une rare manifestation d'unité politique, l'un des moments marquants d'une soirée qui n'en a pas offert beaucoup.
Le président américain a attaqué à plusieurs reprises les élus de l'opposition démocrate, sans toutefois les accabler d'injures ou de quolibets comme il peut le faire sur son réseau Truth Social ou en meeting.
« Vous devriez avoir honte », a-t-il lancé à l'intention des démocrates, qui sont restés assis lorsqu'il a fait applaudir sa politique de lutte contre l'immigration illégale. A cette occasion, il a à nouveau appelé le Congrès à voter une loi exigeant que les électeurs présentent des pièces d'identité dans les bureaux de vote.
Donald Trump a évoqué, sans apporter de preuves, des fraudes d'ampleur autant dans les élections que dans les aides sociales, imputées aux immigrés. Il a d'ailleurs chargé le vice-président JD Vance d'une mission de lutte contre les détournements d'aides sociales, en visant plus particulièrement certains Etats démocrates.
« Malades », a-t-il aussi jeté, quand certains parlementaires démocrates ont contesté à voix haute le chiffre de huit conflits auxquels il prétend avoir mis fin dans le monde.
Mais le président a fait preuve de retenue face à quatre juges de la Cour suprême présents, dont trois ont soutenu la récente décision de l'institution invalidant une bonne partie des droits de douane décidés par Donald Trump. Après leur avoir serré la main à son arrivée, il a parlé d'une « décision très regrettable », sans embrayer sur de violentes attaques personnelles, comme il l'avait fait vendredi en réagissant à chaud à cette décision qui ébranle son programme économique et sa stratégie diplomatique.
L'ancien promoteur immobilier se dit de toute façon persuadé de pouvoir poursuivre son offensive protectionniste par d'autres voies légales. Attendu sur l'Iran, le président américain n'a pas donné d'indice très clair sur ses intentions. Il a dit sa préférence pour la « diplomatie », tout en multipliant les accusations contre Téhéran.
L'Iran « travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis », a déclaré Donald Trump, qui a massé une armada dans la région. Les Iraniens « poursuivent à l'heure actuelle leurs sinistres ambitions » nucléaires, a-t-il ajouté. Téhéran a réagi à ses propos en dénonçant de « gros mensonges ».
Plusieurs dizaines de parlementaires de l'opposition avaient choisi de laisser leurs sièges vides. Le Parti démocrate a confié à la nouvelle gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger, le soin de prononcer la traditionnelle réponse de l'opposition au président. Elue après une campagne centriste et pragmatique, elle incarne, pour son camp, les espoirs d'une lame de fond anti-Trump lors des législatives de novembre.
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