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18:20 Education   Afghanistan: 2,4 millions de filles privées d'enseignement secondaire, selon l'Unesco

Environ 2,4 millions de jeunes Afghanes sont privées d'éducation secondaire depuis le retour au pouvoir des talibans il y a cinq ans, estime l'Unesco, qui a appelé mardi à la fin des « discriminations » dans le pays.

Elles sont 200.000 de plus en 2026 qu'en 2025 (2,2 millions), et « si l'interdiction perdure, près de quatre millions de filles pourraient (en) être privées d'ici 2030 », affirme l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture dans un nouveau rapport. « Ces restrictions réduisent à néant deux décennies de progrès en matière d'accès à l’éducation » puisque le nombre de filles scolarisées dans l'enseignement secondaire, très limité en 2001, était passé à près d'un million en 2021, ajoute-t-elle.

« Les femmes et les filles afghanes ont le droit d'apprendre, c'est un droit humain fondamental. Elles ont le droit de travailler. Elles doivent jouir de la liberté de mouvement (...) sans être contraintes d'être accompagnées ou surveillées, ni subir d'interdictions au sein de leurs communautés », a affirmé Hoda Jaberian, coordinatrice de programme pour l’éducation dans les situations d'urgence lors d'un point presse. « L'Unesco condamne une fois de plus les discriminations à l'encontre des femmes et des filles et appelle au rétablissement immédiat et inconditionnel de leur droit à l'éducation », a-t-elle ajouté, appelant « le monde à ne pas détourner le regard ».

Ces discriminations s'inscrivent dans une crise plus large du secteur éducatif: plus de la moitié des enfants en âge d'aller à l'école primaire sont totalement déscolarisés, et plus de 90 % des enfants de dix ans ne savent pas lire un texte simple.

Des difficultés aggravées par le manque d'eau potable, d'installations sanitaires et de chauffage dans les écoles, mais aussi les catastrophes naturelles (séismes, inondations...) qui ont frappé le pays à plusieurs reprises ces dernières années. « Le système éducatif afghan subit actuellement une pression démographique croissante » avec le retour volontaire ou forcé de plus de 7 millions d'Afghans depuis 2023, précise l'Unesco.

L'Afghanistan se distingue comme étant le se:ul pays au monde où l'enseignement secondaire et supérieur est strictement interdit aux filles et aux femmes, rappelle également l'organisation.

Si ces interdictions persistent, elles représenteraient pour le pays qui traverse déjà une grave crise économique 9,6 milliards de dollars de perte de revenus cumulée estimée d’ici 2066, selon l'Unesco.

18:05 Justice   Syrie : le président déchu Bachar el-Assad condamné à la peine de mort par contumace

Un tribunal syrien a condamné mardi par contumace le président déchu Bachar el-Assad, son frère Maher et plusieurs autres ex-responsables à la peine de mort pour les crimes commis durant la guerre civile, les premières condamnations de membres de l'ancien pouvoir. Les autorités de transition, qui ont renversé Bachar l-eAssad en décembre 2024 au terme de 13 ans d'une guerre civile meurtrière, se sont engagées à ce que justice soit faite pour les crimes commis.

Le procès de Bachar el-Assad et d'autres responsables avait commencé en avril. Le président déchu, qui s'était enfui à Moscou en décembre 2024 quand les forces dirigées par les islamistes se rapprochaient de Damas, a été jugé en son absence.

Ce tribunal de Damas l'a reconnu coupable de crimes contre l'humanité et crimes de guerre dont « assassinat avec préméditation, meurtre intentionnel de plusieurs personnes, meurtre intentionnel d'enfants de moins de 15 ans (...), torture ayant entraîné la mort et privation de liberté ». « Il est donc condamné à mort », a déclaré le juge Fakhr al-Din al-Aryan.

Des dizaines de personnes s'étaient rassemblées devant le palais de justice, portant des photos de leurs proches disparus ou emprisonnés sous l'ancien pouvoir, et ont laissé éclater leur joie à l'annonce du verdict. Beaucoup étaient venues de Deraa, berceau du soulèvement, dont Ramzi Abou Naboud, qui tient un portrait de son frère Ahmed, tué pendant la répression d'un rassemblement dans sa ville en 2011. « Je remercie Dieu et la justice, aujourd'hui nous avons obtenu un jugement qui nous a réchauffé le coeur, même s'il ne ressuscitera pas ceux qui ont été tués », témoigne-t-il auprès de l'AFP.

Un seul accusé présent

Depuis fin avril, le tribunal a entendu des témoins et s'est vu présenter des documents, des images et des informations classifiées, tandis que les déclarations du juge étaient parfois retransmises à la télévision. En plus de l'ancien président, le tribunal a condamné à mort par contumace plusieurs anciens responsables militaires et des forces de sécurité, dont le frère de Bachar al-Assad, Maher, qui dirigeait une division d'élite de l'armée.

Ont également été condamnés l'ancien ministre de la Défense Fahd al-Freij et Louay al-Ali, qui dirigeait les services de renseignement militaire dans la province de Deraa. Ils ont été reconnu coupables de crimes contre l'humanité et crimes de guerre, dont « meurtre, torture ayant entraîné la mort et privation répétée de liberté ».

Seul accusé à comparaître, Atef Najib a été condamné à mort pour « crimes contre l'humanité » commis quand il était chef de la sécurité politique à Deraa, où les forces de sécurité avaient réprimé des manifestations pacifiques à balles réelles. Le tribunal a souligné qu'il avait nié les faits, ne montrant « aucun remords ». Sa condamnation est un « jalon important dans le processus de mise en cause des responsables des crimes majeurs », a réagi la commission nationale syrienne pour la justice de transition.

Les personnes condamnées ont 30 jours pour faire appel, a indiqué le ministre de la Justice Mazhar al-Wais à la télévision d'Etat.

L'organisation Human Rights Watch (HRW), présente à plusieurs audiences, a estimé que ces premières condamnations constituaient un « test » de la volonté des autorités syriennes de juger les abus commis sous le pouvoir de Bachar el-Assad.

Le processus doit « être à la hauteur des standards internationaux en termes de procès équitables, ce qui veut aussi dire abolir la peine de mort », a-t-elle aussi noté dans un communiqué.

« 15 ans de souffrance »

Les effusions de joie à la sortie du palais de justice, diffusées sur les réseaux sociaux, « reflètent 15 ans de souffrance », a écrit sur X Hiba Zayadin, spécialiste de la Syrie pour l'organisation.

La guerre civile syrienne a été déclenchée par la répression sanglante de manifestations prodémocratie, dans le sillage des Printemps arabes, vague de révoltes contre les pouvoirs en place à travers la région. Plus d'un demi-million de personnes ont été tuées et des millions d'autres déplacées en Syrie. Des dizaines de milliers de personnes ont disparu, dont beaucoup victimes des exactions généralisées dans les geôles du pouvoir.

La chute de Bachar el-Assad, qui avait succédé à son père Hafez en 2000, a mis fin à plus d'un demi-siècle de règne sans partage de son clan familial.

17:39 Europe   Hongrie : Andras Baka, un ex-juge évincé par Orban, devient chef de l'Etat

Les députés hongrois ont élu mardi chef de l'Etat un ancien président de la Cour suprême évincé par Viktor Orban, Andras Baka, qui a immédiatement appelé la majorité à ne pas se venger du précédent gouvernement. Le Parlement, où le parti au pouvoir Tisza détient la majorité des deux tiers, a élu M. Baka avec 140 voix pour, six contre et aucune abstention.

« Cette nation a perdu l’équivalent d’une génération entière, tombant de sa position d’élève modèle de la transition démocratique au rang des pays à la traîne en Europe », a déclaré l'ancien plus haut magistrat hongrois, âgé aujourd'hui de 73 ans, dans son discours inaugural. « Mais une chose est sûre : nous ne pouvons pas bâtir la nouvelle Hongrie sur la vengeance », a-t-il dit à l'adresse des députés, devant les rangs désertés du Fidesz, le parti de l'ancien Premier ministre nationaliste Viktor Orban, qui a boycotté le vote.

Andras Baka est « digne d'incarner l'unité de la Nation », avait auparavant salué le chef du gouvernement pro-européen Peter Magyar sur Facebook, estimant que sa vie est « un exemple d'engagement envers l'Etat de droit ». En le choisissant pour ces fonctions largement honorifiques, le nouveau pouvoir issu des élections législatives d'avril rend justice à l'homme ayant « dit non » à Viktor Orban, qui a dirigé son pays de 2010 à 2026.

M. Baka avait perdu la présidence de la Cour suprême de Hongrie en 2012, après avoir qualifié de purge déguisée l'abaissement de l'âge de départ à la retraite des juges. Il avait obtenu gain de cause quatre ans plus tard devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), qui avait reconnu le caractère politique de son limogeage. « Il était allé jusqu'au bout pour démontrer que ce qui lui était arrivé était contraire au droit européen », explique l'analyste Bulcsu Zsiga, du Centre pour l'analyse politique équitable.

« Etat captif »

Le voir revenir aujourd'hui par la grande porte apparaît donc comme un signal envoyé aux partenaires de la Hongrie en Europe et comme une « garantie que le rétablissement de la démocratie libérale se déroulera selon une trajectoire clairement définie », poursuit-il.

Elu député sur la liste du parti conservateur MDF en 1990, Andras Baka a également été juge à la CEDH de 1991 à 2008. Tisza, la formation de Peter Magyar, l'a choisi parmi trois candidats, au cours d'un vote à bulletins secrets.

De son côté, le Fidesz a jugé ce vote « illégitime » après le raccourcissement du mandat du précédent chef de l'Etat, Tamas Sulyok, par la nouvelle majorité parlementaire le mois dernier.

Des ONG de défense des droits humains, notamment Human Rights Watch, ont critiqué cette éviction, considérant qu'elle rappelait les méthodes utilisées par Viktor Orban pour remodeler les institutions hongroises.

Le mois dernier, M. Baka avait estimé auprès de l'AFP que cette destitution n'aurait effectivement pas dû avoir lieu « dans un pays régi par l'Etat de droit » mais que la Hongrie était devenue « un Etat captif sous Orban ». Selon lui, le président avait en effet été nommé « pour assurer la survie politique de l'ancien système, même après une défaite électorale ».

D'après Peter Magyar, le nouveau chef de l’Etat ne devrait exercer qu'une partie de son mandat, jusqu'à l'achèvement du processus de réécriture de la Constitution, prévu pour durer un an à un an et demi. Le Premier ministre promet d'entamer des consultations à ce sujet le mois prochain.

ros/bg/bds

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