Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a publié un communiqué lundi dans lequel il a critiqué la décision du gouvernement d'interdire toutes les « actions militaires et sécuritaires » du Hezbollah. Quelques heures après des rumeurs affirmant qu’il aurait été visé par une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth à l’aube, M. Raad s’en est pris aux propos tenus par le Premier ministre Nawaf Salam à l’issue de la réunion du Conseil des ministres, tenue lundi matin au palais de Baabda.
« Nous comprenons l’impuissance du gouvernement libanais face à l’ennemi sioniste qui viole la souveraineté nationale, occupe le territoire et constitue une menace permanente pour la sécurité et la stabilité du pays. Nous comprenons également son droit de décider de la guerre et de la paix, ainsi que son incapacité à mettre en œuvre cette décision et à l’imposer à un ennemi qui bafoue la paix nationale et poursuit son agression contre le Liban et son peuple », a déclaré M. Raad.
«Cependant, face à cette impuissance et à ces manquements évidents, nous ne voyons aucune raison pour que le président Salam et son gouvernement prennent des décisions donquichottesques contre les Libanais qui refusent l’occupation, en les accusant de violer une paix que l’ennemi a lui-même reniée et dont il a refusé d’appliquer les engagements pendant un an et quatre mois. (Israël) a imposé aux Libanais, gouvernement et peuple, un état de guerre quotidien, sans que le gouvernement ne parvienne à mettre fin à ses agressions ni même à mobiliser les soutiens internationaux qu’il revendique pour contraindre l’ennemi à cesser la guerre contre notre pays… Les Libanais attendaient une décision interdisant l’agression ; ils se retrouvent face à une décision interdisant le refus de l’agression », a-t-il ajouté.
Il a souligné que « la réaction du Hezbollah s’inscrit dans le rejet d’une voie de soumission et d’une tentative de faire croire aux Libanais que la réconciliation avec l’ennemi et la soumission à ses conditions constituent l’unique voie vers une sécurité et une paix libanaises illusoires ». « Le gouvernement libanais, incapable d’imposer la paix à l’ennemi et tout autant incapable de s’engager dans la résistance à l’agression, devrait épargner au pays la création de problèmes supplémentaires susceptibles d’attiser l’état d’ébullition et de tension que nous devons tous nous employer à éviter », a-t-il conclu.
Au troisième jour de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, le Hezbollah a lancé dans la nuit de dimanche à lundi « une salve de missiles et un essaim de drones » vers Israël, affirmant agir en réaction à l’assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, samedi à Téhéran. La riposte israélienne a été immédiate : de puissantes frappes ont visé la banlieue sud de Beyrouth et le Liban-Sud. Les habitants de 53 villages du Liban-Sud et de la Békaa ont été appelés à évacuer immédiatement, provoquant l’exode de milliers de personnes, y compris depuis la banlieue sud de Beyrouth. Lundi, le ministère libanais de la Santé a fait état d’un bilan de 52 morts et 154 blessés. Quelques heures après cette nuit douloureuse à travers le Liban, l’armée israélienne a averti lundi matin qu’elle comptait « intensifier » ses frappes contre le groupe chiite. Vers 18h, l’armée israélienne a annoncé avoir bombardé « plus de 70 cibles du Hezbollah » au Liban, ciblant des « dépôts d’armes, sites de lancement et lanceurs » dans une « attaque de grande ampleur ».
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