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23.05.2024 à 07:30

Projets pétroliers en Ouganda : ces entreprises et financeurs français qui continuent de soutenir Total

Maïa Courtois, Martin Delacoux

TotalEnergies fait face à une contestation citoyenne contre ses projets pétroliers en Afrique de l'est. Malgré le retrait d'investisseurs, la multinationale continue de compter sur des soutiens économiques en France. Article publié conjointement avec basta !
Accueilli à sa sortie de l'avion par un tapis rouge déroulé aux pieds des Pyrénées, le président chinois Xi Jinping était en visite en France les 6 et 7 mai. Parmi les discussions au programme avec Emmanuel Macron : le climat. Or, à (…)

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Texte intégral (2473 mots)

TotalEnergies fait face à une contestation citoyenne contre ses projets pétroliers en Afrique de l'est. Malgré le retrait d'investisseurs, la multinationale continue de compter sur des soutiens économiques en France. Article publié conjointement avec basta !

Accueilli à sa sortie de l'avion par un tapis rouge déroulé aux pieds des Pyrénées, le président chinois Xi Jinping était en visite en France les 6 et 7 mai. Parmi les discussions au programme avec Emmanuel Macron : le climat. Or, à peine un mois auparavant, le chef d'État chinois a écrit à son homologue ougandais, Yoweri Museveni, pour lui faire part de son soutien au projet EACOP, pour “East African Crude Oil Pipeline Project” (projet d'oléoduc de pétrole brut est-africain), mené par la multinationale française TotalÉnergies. EACOP, c'est un chantier titanesque pour construire l'oléoduc chauffé le plus long du monde : plus de 1400 kilomètres à travers l'Ouganda et la Tanzanie.

Pour TotalÉnergies, la Chine est un territoire stratégique pour le financement d'EACOP, qu'elle peine à boucler depuis 2019. « Il y a tellement d'acteurs européens qui se sont retirés du financement du projet EACOP que TotalEnergies se tourne désormais vers les acteurs chinois et compte de plus en plus sur eux », explique Romane Audéoud, coordinatrice de la campagne #StopEACOP à Londres. En Europe, 28 banques et 29 compagnies d'assurance françaises et européennes ont annoncé leur retrait du projet, en partie du fait de la mobilisation de la coalition internationale StopEACOP.

L'assureur français Axa, l'Allemand Allianz et d'autres grands noms moins connus en France, tels que MunichRe ou l'assureur suisse Zurich ont assuré qu'ils ne participeront pas au projet. « Cela ne répond ni à notre ambition climatique ni à notre profil de risque ESG [critères environnementaux, sociaux et de gouvernance] » a ainsi écrit Allianz, dans un communiqué publié par StopEACOP.

« L'impact sur les droits humains est tellement énorme qu'il est très difficile de trouver des arguments “pour” ce projet », défend Romane Audéoud. En plus des conséquences sur la biodiversité, des dizaines de milliers d'habitants sont en train d'être déplacés pour le projet, ont révélé des enquêtes journalistiques et des rapports d'ONG comme les Amis de la Terre. Au vu de l'ampleur des dégâts annoncés, EACOP « mobilise tout le monde dans les associations : c'est l'exemple même de ce qu'il ne faut plus faire au XXIe siècle », ajoute Romane Audéoud.

Procédures judiciaires, visites d'activistes ougandais auprès des décideurs européens, manifestations à destination des salariés et des actionnaires… Les mobilisations ont pris des formes multiples ces dernières années. Mais toutes les entreprises n'y sont pas sensibles.

Schneider Electric dans le viseur des ONG

« Schneider hypocrite, marathon du pétrole ». Cette banderole a été déployée sur le tracé du dernier marathon de Paris, qui s'est tenu le 7 avril, une course sur laquelle la multinationale Schneider Electric, cotée au CAC 40, a apposé son nom depuis 2013. Un beau coup de pub pour cette entreprise qui fournit des disjoncteurs, des tableaux électriques ou des infrastructures électriques automatisées. Schneider Electric se présente comme une « entreprise à impact », qui ambitionne de concilier « progrès et durabilité pour tous ». Une prétention en totale contradiction avec la participation de l'entreprise à EACOP selon plusieurs salariés de l'entreprise et associations écologistes qui demandent son retrait du projet controversé.

« Il y a cette volonté d'agir sur les banques et les assurances. Mais on a parfois plus de mal sur les sous-traitants. »

Des campagnes de tractage à l'attention des salariés de l'entreprise ont eu lieu à Nantes ainsi que dans la région grenobloise, où sont présents quelque 4000 à 5000 salariés. « On cherchait à parler aux employés, raconte Sophie Jallier, qui participe à la campagne Stop Total à Nantes. La plupart ne savent pas que leur entreprise participe à ce projet. » « La direction nous a proposé un échange, mais ce n'était en rien un échange », déplore de son côté Isabelle, une militante grenobloise. Avant d'ajouter qu'avec la campagne StopTotal, « il y a cette volonté d'agir sur les banques et les assurances. Mais on a parfois plus de mal sur les sous-traitants… »

Une mobilisation a également eu lieu en interne, avec des inquiétudes exprimées par plusieurs salariés, dont certains ont été reçus par leurs cadres. Un document que nous nous sommes procurés, rédigé par ces salariés et partagé largement dans l'entreprise, résume la réunion. Les responsables ont assuré que participer « au projet EACOP n'est pas contradictoire avec le fait d'être une entreprise à impact », peut-on notamment y lire.

Quand les salariés mettent en avant un rapport de l'Agence internationale de l'énergie qui appelle à renoncer à l'ouverture de nouveaux champs pétroliers, l'un des cadres répond que « le monde en a toujours besoin d'un peu » et que le rôle de Schneider est de décarboner ces projets.

Toujours selon le document, la direction assure que la participation à EACOP a permis de renforcer les critères de sélection d'un projet, en donnant plus d'importance aux exigences environnementales et sociales. Les salariés demandent alors si le projet EACOP, s'il était proposé aujourd'hui, aurait rempli ces nouveaux critères. « Nous avons posé la question à deux reprises mais nous n'avons pas eu de réponse claire », écrivent-ils dans ce résumé.

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Dans une réponse écrite à nos questions, Schneider Electric précise fournir à EACOP « l'infrastructure électrique, l'expertise et les technologies de pointe pour en améliorer la sécurité et réduire les risques environnementaux et émissions de gaz à effet de serre, tout en renforçant les capacités industrielles locales et en garantissant une exploitation durable à long terme au bénéfice des communautés locales ». L'entreprise « s'engage à adopter des pratiques commerciales responsables et à respecter des normes élevées en matière environnementale, sociétale et de droits humains. »

Ces arguments semblent avoir marqué certains des salariés de la multinationale. « C'est un peu comme s'ils se réjouissaient de réduire la consommation énergétique des installations sans regarder ce qui coule à l'intérieur… », réagit Arthur*, ingénieur, pour qui il y a une « hypocrisie » de l'entreprise. « II y a un énorme fossé par rapport à la communication de l'entreprise », très verte renchérit Baptiste*, ingénieur.

« Au-delà de la participation à EACOP, qui est un projet médiatique, Schneider est impliqué dans tout un tas de projets liés aux énergies fossiles. Il n'y a aucune remise en question », s'inquiète Arthur. Les deux salariés envisagent de quitter l'entreprise, voire la profession. « Quand je vois à quoi sert mon travail, je doute de trouver un jour un boulot d'ingénieur dans une industrie vertueuse », conclut Baptiste.

Logistique, forage : d'autres entreprises françaises impliquées

En dehors de Schneider Electric, d'autres entreprises françaises tirent profit, dans l'ombre du géant TotalÉnergies, du chantier EACOP. C'est le cas de Bolloré Logistics, racheté fin février par le groupe CMA CGM. Troisième armateur mondial, CMA CGM est présidé par le milliardaire Rodolphe Saadé qui investit tous azimuts, y compris dans le secteur des médias avec le rachat récent de BFMTV et RMC.

En dehors de Schneider Electric, d'autres entreprises françaises tirent profit, dans l'ombre du géant TotalÉnergies, du chantier EACOP.

Grâce à un contrat passé en mai 2022, un an avant le début de la procédure de rachat par CMA CGM, Bolloré Logistics est devenu l'un des principaux fournisseurs logistiques d'EACOP. Le contrat prévoit « la réception, le stockage, la manutention et le transport de bout en bout de centaines de milliers de mètres cubes de marchandises, dont plus de 80 000 raccords de tuyaux de 18 mètres », affirme l'entreprise.

Le métallurgiste français Vallourec se félicite également d'un contrat de livraison de 30 000 tonnes de matériel. Les tubes fourni par Vallourec doivent servir au forage de 400 puits de pétrole aux abords du lac Albert, où les gisements ont été découverts. Cette zone de forage se trouve en plein milieu du parc national des Murchison Falls, abritant des espèces animales et végétales rares, dont plusieurs espèces d'antilopes. L'objectif est du projet est de sortir 190 000 barils par jour. Du pétrole ensuite transporté par l'oléoduc jusqu'à l'Océan Indien, puis exporté. Sollicité sur son calendrier de livraison et sur son positionnement quant aux enjeux environnementaux et de droits humains, le groupe Vallourec n'a pas répondu à nos questions.

Les émissions d'obligation, un moyen plus discret de financer TotalÉnergies

Une fois les contrats avec ces fournisseurs assurés, pour espérer avancer son chantier EACOP, TotalEnergies doit chercher des ressources sur un marché clé : celui des obligations (des titres de créance permettant à une entreprise d'emprunter sur un marché financier). C'est un enjeu majeur pour TotalÉnergies : les obligations délivrées à la multinationale représentent 68% de ses financements, depuis l'accord de Paris sur le Climat entré en vigueur en 2016.

En avril, TotalEnergies a levé plus de quatre milliards de dollars sur ce marché des obligations.

« C'est beaucoup plus important que la part de 4% des financements directs de projets. Les financements par obligation soutiennent, de façon plus discrète, les projets de TotalÉnergies : y compris l'exploration de nouveaux gisements potentiels », expose Antoine Bouhey, chargé de campagne sur les financements de TotalÉnergies à Reclaim Finance. L'ONG vient de signer, auprès d'une cinquantaine d'autres, des lettres ouvertes adressées mi-avril aux banques ayant par le passé soutenu TotalÉnergies dans ses émissions d'obligations.

En avril, la multinationale a levé plus de quatre milliards de dollars sur ce marché des obligations. Parmi les banques ayant permis ces transactions, on trouve le groupe français BPCE/Natixis. « Si les banques ont été nombreuses à se retirer du financement direct d'EACOP, aucune banque française ne s'est engagée à ne plus participer à ces émissions d'obligations de multinationales qui développent de nouveaux projets pétroliers et gaziers », alerte Antoine Bouhey.

Les années précédentes, BNP Paribas, Crédit agricole ou encore la Société générale avaient participé à ces transactions au profit de TotalÉnergies. Rien ne garantit qu'à la prochaine levée d'obligations, qui devrait avoir lieu dans les prochains mois, ces banques n'y participeront pas. « Il faut que plus aucune banque française ne soutienne TotalEnergies, insiste Antoine Bouhey. Nous avons besoin d'engagements durables. »

En plus de ces banques sans qui l'émission d'obligations ne serait pas possible, les ONG surveillent aussi les investisseurs, qui achètent ces obligations, et en tirent des bénéfices. L'un des principaux, en ce qui concerne les achats d'obligations émanant de TotalÉnergies, est la société de gestion d'actifs Amundi. Qui n'est autre qu'une filiale du Crédit agricole. La banque s'était pourtant engagée à ne pas financer directement EACOP. « Il y a en fait une politique de groupe à changer », réagit Antoine Bouhey.

En maintenant la pression tant sur les financeurs en amont que sur les fournisseurs en aval, les ONG espèrent bloquer l'avancée du chantier EACOP. En attendant, chaque réussite devient un argument dans des luttes similaires. « Le combat pour EACOP a déjà permis d'obtenir par la suite des retraits de banques françaises sur d'autres projets comme le Papua LNG », un projet gazier de TotalÉnergies en Papouasie-Nouvelle-Guinée, fait valoir Romane Audéoud. En obtenant des victoires sur le pétrole, on peut en obtenir sur le gaz. Cela nous permet de dire aux acteurs impliqués : ce n'est pas suffisant de vous retirer d'un seul projet. Cela n'a pas de sens, si vous n'arrêtez pas tous les autres. »

Maïa Courtois et Martin Delacoux

*Pour préserver leur anonymat, les prénoms de ces interlocuteurs ont été modifiés.

Photo de une : Une action des Amis de la Terre en 2022 à Paris/CC BY-NC-SA 2.0 Amis de la Terre via flickr.

22.05.2024 à 17:48

Le plan de relance a surtout bénéficié aux entreprises

Le plan de relance à 100 milliards d'euros lancé en septembre 2020 repose au final à 65% sur des aides aux entreprises de diverses formes.

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Le plan de relance à 100 milliards d'euros lancé en septembre 2020 repose au final à 65% sur des aides aux entreprises de diverses formes (baisses d'impôts, subventions, aides à l'embauche), à quoi s'ajoutent des aides à l'achat qui bénéficient elles aussi aux entreprises et aux ménages aisés.

Par contraste, les services publics n'ont reçu que 7% des fonds – principalement pour la SNCF – et les mesures bénéficiant aux ménages modestes représentent moins de 1%.

Le dispositif se caractérise par une grande complexité et – en partie de ce fait – par une grande opacité. La France n'a pas publié de véritable liste des 100 premiers bénéficiaires du plan de relance, comme exigé par le Parlement européen, et les données de son tableau de bord officiel n'ont plus été mises à jour depuis deux ans. Même les experts chargés des évaluations officielles du plan admettent n'avoir pas eu accès à toutes les données nécessaires.

Lire notre bilan complet : Plan de relance : 100 milliards d'euros et une opportunité gâchée.

22.05.2024 à 00:06

L'Ifrap : bon élève du réseau Atlas, et lobby des 10% les plus riches

Anne-Sophie Simpere

L'un des plus anciens think tanks français lié au réseau Atlas est aussi l'un des plus actifs aujourd'hui et des plus omniprésents dans les médias : la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap). Extrait de notre rapport Le réseau Atlas, la France et l''extrême-droitisation des esprits.
Fondée en 1985, l'Ifrap, qui a pour objectif la production de recherches et publications sur les dépenses publiques, est partenaire d'Atlas depuis ses débuts. (…)

- Le réseau Atlas, la France et l'extrême-droitisation des esprits / , ,
Texte intégral (7135 mots)

L'un des plus anciens think tanks français lié au réseau Atlas est aussi l'un des plus actifs aujourd'hui et des plus omniprésents dans les médias : la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap). Extrait de notre rapport Le réseau Atlas, la France et l''extrême-droitisation des esprits.

Fondée en 1985, l'Ifrap, qui a pour objectif la production de recherches et publications sur les dépenses publiques, est partenaire d'Atlas depuis ses débuts. En 1987, l'un de ses fondateurs, Bernard Zimmern (voir plus loin), va chercher des conseils auprès d'Antony Fisher pour gagner la bataille des idées en France. Établi aux États-Unis, Zimmern est l'un des grands donateurs de l'Heritage Foundation dont il admire l'action, et il souhaite reproduire ce modèle en France [1]. En 1989, la directrice des recherches de la Fondation Ifrap rencontre le nouveau directeur d'Atlas, Alejandro Chafuen, avec pour objectif de reproduire les méthodes développées aux États-Unis pour s'attaquer à la bureaucratie française [2].

Aujourd'hui, le visage de l'Ifrap est celui d'Agnès Verdier-Molinié, qui en a pris la direction en 2009. Fille de viticulteurs bordelais et épouse d'un consultant en stratégie chez PricewaterhouseCoopers, elle a brièvement travaillé comme journaliste avant d'être embauchée par la fondation en 2002. En 2004, elle est l'une des premières lauréates de la bourse Tocqueville fondée par Alexandre Pesey (voir plus loin), ce qui lui permet d'aller se former un mois aux États-Unis auprès de partenaires du réseau Atlas. Elle se familiarise avec les méthodes et le fonctionnement des think tanks américains, et dira avoir été marquée par le professionnalisme de l'Heritage Foundation et du Cato Institute [3].

Forte de cette expérience, Agnès Verdier-Molinié va booster les activités et la visibilité de l'Ifrap en France. Depuis 2008, elle a publié neuf livres, tous sur les dépenses publiques. La Fondation produit également des dizaines d'études qui permettent à Verdier-Molinié d'être omniprésente dans les médias. Selon les chiffres de la fondation, l'Ifrap a accumulé plus de 800 passages médias en 2022, contre 100 en 2009 [4]. Il s'agit en majorité de médias étiquetés à droite (Le Figaro, Cnews, Le JDD, Europe 1), mais pas seulement, puisqu'elle multiplie également les prises de parole sur la chaîne d'informations continues BFM, ainsi que sur RMC, France télévision (C dans l'air, C l'hebdo, C ce soir...) ou La chaîne parlementaire (LCP). Outre ses prises de parole médiatiques ciblant le « climat des idées », l'Ifrap mène une activité de lobbying directe auprès des parlementaires et du gouvernement, et s'est enregistré auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Ses déclarations, quoique lacunaires, offrent un petit aperçu de ses interventions auprès des politiques [5].

Ces différentes activités correspondent étroitement aux modèles d'actions enseignés dans le réseau Atlas, qui dans sa formation sur « les bases des think tanks », explique que ces organisations doivent mener des activités de « vulgarisation », qui permettent de « changer ce qui est politiquement possible (…) en commercialisant largement leurs produits auprès du public (livres, émissions de radio, page web, conférences) ou (plus généralement) en se faisant connaître dans les médias » [6]. Les prises de parole médiatiques permettent d'élargir la fenêtre d'Overton en imposant dans le débat des idées « inacceptables » pour élargir le champ des possibles. Au moment de la réforme des retraites de 2023, Agnès Verdier-Molinié repousse ainsi les limites du débat sur l'âge de départ : « 67, ça aurait été vraiment l'idéal, mais 65, on était d'accord pour dire que déjà, ça améliore les choses car à l'horizon 2050, ça fait un peu plus de 40 milliards d'euros d'économies et ça permet vraiment d'équilibrer le régime tandis que 64, ça s'essouffle très très vite, beaucoup trop vite » [7]. En ce qui concerne le lobbying auprès des décideurs, en revanche, il s'agira toujours de pousser des idées, mais en restant dans le cadre de la fenêtre d'Overton existante. Les propos peuvent être alors moins radicaux [8].

Derrière l'indépendance affichée : des hommes d'affaires fortunés

Que ce soit dans les médias ou auprès des responsables politiques, Agnès Verdier-Molinié revendique une expertise neutre : « Dire qu'il faut baisser la dépense publique et les impôts, ce n'est pas être libéral, c'est être objectif [9]. » Certains médias (comme France info ou TV5 Monde) vont préciser qu'elle dirige un think tank « libéral » ou « d'inspiration libérale » [10], mais bien souvent, les journalistes n'indiquent pas l'idéologie de son laboratoire d'idée. Pourtant, à sa création, l'Ifrap est liée à des entrepreneurs très à droite. Son fondateur Bernard Zimmern, après avoir travaillé chez Renault puis Cegos, a fait fortune aux États-Unis grâce à des centaines de brevets sur des compresseurs rotatifs. Il est aussi membre du club de l'Horloge, qui milite pour un rapprochement entre la droite et l'extrême-droite, où il a fréquenté entre autres Philippe Baccou, conseiller de Marine Le Pen sur son programme économique en 2017 [11], ou encore Jean-Yves Le Gallou, ex cadre du Front National, époux de l'ancienne candidate frontiste Anne-Laure Blanc, elle-même fille de Robert Blanc, ancien Waffen-SS. Ce partisan de la remigration, opposé au mariage homosexuel, a ensuite rejoint Eric Zemmour [12]. Selon certaines sources (comme le site « Debunkers de hoax »), Baccou et Le Gallou auraient d'ailleurs participé à la création de l'Ifrap. Les statuts d'origine de sa fondation n'étant pas accessibles, et l'institut n'ayant pas répondu à nos demandes d'entretien, nous n'avons pas pu confirmer cette information.

Le conseil d'administration actuel de la fondation illustre également ses liens avec les milieux d'affaires. Charles-Marie Jottras, son président, est dirigeant de la société Daniel Féau, entreprise spécialisée dans l'immobilier de prestige. En 2007, un article dans Les Échos dresse ainsi son portrait : « Membre actif du très sélect club MBC [13], résident fidèle de Neuilly, chaque samedi d'hiver, il rassemble ses copains et cinquante Anglo-Poitevins pour une chasse à courre [14]... » Le vice-président du think tank est Olivier Allez, dirigeant de la société de construction de réseaux électriques Allez & Cie, qu'il a hérité de son grand-père. Le trésorier, Jean-Pierre Lagay, a un cabinet d'expertise comptable [15], et le secrétaire est Olivier Tardy, PDG de l'Entreprise de Travaux Publics de l'Ouest (ETPO) et de la Compagnie Industrielle et Financière d'Entreprises (CIFE). Les présidents précédents étaient Olivier Mitterrand, 200e fortune de France en 2023 avec 650 millions d'euros [16], puis Jean-Claude Rouzaud, ancien Président du groupe Champagne Louis Roederer dont il a lui aussi hérité, ce qui en fait l'une des plus grosses fortunes françaises.

Les collèges des « amis », « fondateurs » ou « personnalités qualifiées » de l'Ifrap réunissent aussi majoritairement ce même type de profil, parfois avec des liens avec le monde politique. Hugues Charbonnier, du collège des personnes qualifiées, dirige avec sa compagne Karine Charbonnier l'entreprise Beck Industries dont cette dernière a hérité de son grand-père. Elle a aussi été vice-présidente de la région Hauts-de-France et candidate LR aux législatives de 2017. Autre « personnalité qualifiée » de l'Ifrap : Jean-Michel Fourgous, lui aussi chef d'entreprise, mais qui est ensuite devenu député pour l'UMP, de 1993 à 1997 puis de 2002 à 2012.

Malgré ces liens, l'Ifrap maintient qu'elle « est parfaitement indépendante dans son fonctionnement, tant vis-à-vis des entreprises que des partis politiques » et qu'« elle ne propose pas de mesure dans l'intérêt d'une entreprise ou d'un secteur d'activité spécifique mais forme des propositions de nature à favoriser le développement économique et le plein emploi, dans un but d'intérêt général ». C'est ce que la Fondation répond à un article du journal Marianne en 2018, qui calculait que sur les 229 notes publiées par l'Ifrap en 2017, seules deux avaient été rédigées par un chercheur en activité. Marianne notait les biais dans les sujets de recherche : 16 études pour demander la suppression de l'ISF en 2017, mais aucune sur la fraude fiscale. Et constatait que certaines publications relevaient moins de l'analyse que du pamphlet contre les candidats à la présidentielle, en particulier ceux dont le programme n'était « pas favorable aux entreprises et aux riches » [17].

Le lobby des riches

Aujourd'hui encore, l'essentiel des messages et des combats de l'Ifrap visent la protection des intérêts des plus fortunés, que la porte parole de l'organisation défend âprement : « [L]es 10% les plus riches payent plus de 50% des impôts directs payés par les ménages français. S'ils n'étaient pas là pour payer leurs impôts, nous n'aurions pas la possibilité de faire tourner nos services publics [18]. » Agnès Verdier-Molinié semble plus intéressée par la fraude sociale que la fraude fiscale [19], elle est vent debout contre tout rétablissement de l'ISF, dénonce « l'essorage » fiscal des classes supérieures, et quand on l'interroge sur les ultra-riches, elle regrette qu'on leur reproche de payer trop peu d'impôts, « parce que là on parle des grands entrepreneurs de France, qui créée la richesse dans notre pays » [20]. Si l'Ifrap s'intéresse beaucoup aux impôts payés par les plus riches, elle l'est beaucoup moins par la TVA, qui concerne l'ensemble de la population, mais que la fondation exclut de ses calculs sur les prélèvements obligatoires [21]. Quand une interlocutrice lui signale qu'elle ne se concentre que sur la fiscalité des riches, elle tranche : « Les Français, eux, savent ce qu'ils paient [22] », laissant penser que son propos serait général, alors que les Français auxquels elle s'intéresse ne sont que les 10% des plus hauts revenus. En ce qui concerne le reste de la population, en effet, l'Ifrap milite surtout pour repousser le départ à la retraite, déréguler le salaire minimum et baisser les allocations chômages [23].

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Comme la plupart des partenaires du réseau Atlas dans le monde, l'Ifrap critique aussi les réglementations environnementales, ciblant pêle-mêle la loi climat, les éoliennes, l'interdiction de la voiture thermique [24] et la fiscalité écologique et recommandant de repousser la transition aux calendes grecques [25]. Son projet économiquement ultralibéral s'accompagne aussi d'un volet conservateur. Il y a en effet un domaine dans lequel la fondation ne critique pas l'augmentation du nombre de fonctionnaires, mais en demande encore plus : la police [26], sous prétexte que les Français auraient placé la sécurité en tête de leurs préoccupations pour l'élection présidentielle de 2022. Une affirmation qui n'est pas sourcée et qui est contredite par les sondages sur la période, où ce sont bien le pouvoir d'achat, la santé et l'environnement qui arrivent en tête des enjeux pour la population [27]. Peut-être que là encore, « les Français » dont parle l'Ifrap sont les 10% les plus riches ? La fondation si prompte à dénoncer la « gabegie » des finances publiques ne s'interroge pas non plus sur l'efficacité des policiers dont les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure indiquent pourtant qu'elle est en chute libre [28]. Même traitement de faveur pour les dépenses militaires, que l'Ifrap appelle là aussi à augmenter [29], sans aucune demande sur la transparence qui fait pourtant défaut dans ce secteur [30]. Par ailleurs, le think tank, pourtant si soucieux des équilibres budgétaires, défend les aides aux entreprises, arguant qu'elles créent de l'emploi et de la richesse [31]. Et dans le même temps, il critique les subventions aux associations qui aident les migrants, sans s'interroger, cette fois, sur les emplois créés ou les bénéfices de leurs missions sociales pour la société [32].

Sans surprise, les propositions de l'Ifrap trouvent plus d'écho à droite et à l'extrême-droite de l'échiquier politique. Si l'on regarde les mentions de la fondation dans les questions parlementaires des trois dernières législatures, à l'Assemblée nationale, elles viennent pour la quasi totalité des Républicains et de députés d'extrême-droite [33]. C'est François Fillon qui a accordé à l'organisation le statut d'utilité publique, qui fait que les dons qu'elle reçoit (elle n'est financée que par le secteur privé) sont déductibles à 66% des impôts sur le revenu, et même 75% de l'impôt sur la fortune immobilière. Le tout sans aucune limite de financement contrairement aux partis politiques, et en toute discrétion puisqu'il n'existe pas d'obligation de transparence sur les contributeurs.

À l'assaut de l'Éducation nationale

En dehors de la quantification des passages dans les médias, il est compliqué de mesurer l'impact de think tanks sur le « climat des idées ». De même, les décisions politiques résultent de nombreuses influences ainsi que des convictions des personnes qui les prennent. Ainsi, la suppression de l'ISF peut être revendiquée comme une victoire de l'Ifrap, mais il est impossible de lui attribuer totalement : il s'agissait d'une demande venant de plusieurs acteurs, et dont Emmanuel Macron pouvait déjà être convaincu du bien-fondé.

Sans pouvoir parfaitement définir les contours de son influence, il existe un domaine où les idées promues par l'Ifrap (et d'autres partenaires du réseau Atlas) semblent particulièrement progresser : l'éducation. Peut-être parce que Christophe Kerrero, membre du conseil scientifique du think tank, a travaillé pour le cabinet du ministre de l'Éducation Luc Chatel de 2009 à 2012, puis été directeur de celui de Jean-Michel Blanquer de 2017 à 2020 ? Peut-être aussi parce qu'Agnès Verdier-Molinié a l'oreille de Gabriel Attal [34] ?

Reste que si l'on compare les propositions de l'Ifrap dans le domaine éducatif [35] et les projets portés par les ministres récents (Gabriel Attal, puis Nicole Belloubet), on constate beaucoup de similarités. Le think tank voulait recentrer les programmes sur les fondamentaux ; Gabriel Attal annonce le renforcement de l'enseignement des mathématiques et du français. L'Ifrap recommandait le tutorat et des groupes de compétences ; les ministres mettent en place des groupes de niveaux (ou groupes de besoin). L'Ifrap considérait qu'il faut plus de stages et de découverte professionnelle ; Attal instaure un stage en juin pour les élèves de seconde. L'Ifrap recommandait de conditionner l'accès au lycée à l'obtention du brevet ; Attal déclare que ce sera le cas [36].

Toutes les demandes du think tank ne sont pas encore reprises par le gouvernement actuel. Mais d'autres politiques les soutiennent. L'instauration de la bivalence des professeurs (enseignement de deux matières) et l'autonomie des établissements scolaires sont deux recommandations de l'Ifrap que l'on retrouve dans une proposition de loi du sénateur Républicain Max Brisson, adoptée en première lecture par le Sénat et transmise à l'Assemblée nationale en avril 2023 [37]. Le texte n'a pour l'instant pas été mis à l'ordre du jour de l'Assemblée, mais l'Ifrap semble espérer des évolutions en matière de décentralisation et d'autonomie des établissements scolaires avec la nouvelle ministre Nicole Belloubet, qui par le passé a déclaré y être favorable. Une logique de territorialisation de l'éducation qui suscite des inquiétudes chez des chercheurs, qui alertent sur la fragmentation et les inégalités que ce type de système a pu créer aux Etats-Unis ou en Suède [38].

Anne-Sophie Simpere


[1] Voir l'hommage d'Alain Dumait à Bernard Zimmern sur le site de Contrbibuables associés : https://www.touscontribuables.org/contribuables-associes-rend-hommage-a-l-un-de-ses-fondateurs

[2] Voir par exemple la rencontre mentionnée dans le courrier de Antony Fisher à Bernard Zimmern en date du 11 décembre 1987.

[3] Bourse Tocqueville - "Parole de Lauréats" avec Agnès Verdier-Molinié : https://www.dailymotion.com/video/xp3dij

[4] Voir le site de l'Ifrap : https://www.ifrap.org/qui-sommes-nous

[5] Voir la fiche de l'Ifrap sur le site de la HATVP : https://www.hatvp.fr/fiche-organisation/?organisation=519556013

[6] Extrait d'une formation Atlas sur les bases des think tanks, décembre 2023

[7] Europe 1, « Retraites : pour Agnès Verdier-Molinié, « les syndicats n'ont pas compris l'urgence financière » », 8 janvier 2023 - https://www.europe1.fr/politique/retraites-pour-agnes-verdier-molinie-les-syndicats-nont-pas-compris-lurgence-financiere-4159599

[8] En 2015, alors qu'Agnès Verdier-Molinié participe à une audition parlementaire à l'Assemblée nationale, la députée socialiste Christine Pirès-Beaune note : « J'ai été plutôt agréablement surprise par l'exposé que vous nous avez présenté, beaucoup moins caricatural que ne le sont parfois vos interventions sur les plateaux de télévision ou même que votre dernier livre. » Voir : https://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-cecip/14-15/c1415012.asp#P3_201.

[9] François Krug, « Agnès Verdier-Molinié, égérie de la diète publique », Le Monde, 27 janvier 2017 - https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2017/01/27/agnes-verdier-molinie-egerie-de-la-diete-publique_5069859_4497186.html

[11] Marine Turchi et David Dufresne, « Les conseillers secrets de la campagne de Marine Le Pen », Mediapart, 22 janvier 2018 - https://www.mediapart.fr/journal/france/220118/les-conseillers-secrets-de-la-campagne-de-marine-le-pen

[12] Maxime Macé et Pierre Plottu, « Jean-Yves Le Gallou, l'intellectuel très radical qui murmure à l'oreille de Zemmour », StreetPress, 25 janvier 2022 - https://www.streetpress.com/sujet/1643048991-jean-yves-gallou-intellectuel-tres-radical-zemmour-grand-remplacement-guerre-raciale

[13] Le Cercle MBC, communément appelé simplement MBC, est un cercle privé basé à Paris et à Genève. Il est l'héritier de l'ancien Maxim's Business Club d'où il tient son nom. Il a été fondé en 1968 pour réunir de jeunes hommes d'affaires et faciliter des relations amicales et professionnelles. En 2003, le cercle change de lieu de rencontre et passe du restaurant Maxim's au Fouquet's.

[14] Marie-Sophie Ramspacher, « Portrait : Charles-Marie Jottras », Les Echos, 21 mars 2007 - https://www.lesechos.fr/2007/03/charles-marie-jottras-1074106

[16] Voir Challenges, « Les 500 plus grandes fortunes de France 2023 » : https://www.challenges.fr/classements/fortune/olivier-mitterrand-et-sa-famille_26744

[17] Etienne Girard, « L'Ifrap d'Agnès Verdier-Molinié : faux institut de recherche et vrai lobby ultra-libéral », Marianne, 6 mars 2018 - https://www.marianne.net/economie/l-ifrap-d-agnes-verdier-molinie-faux-institut-de-recherche-et-vrai-lobby-ultra-liberal

[18] Mathilde Durand, « Est-on riche avec 3.740 euros par mois ? », Europe 1, 10 juin 2020 - https://www.europe1.fr/societe/cinq-millions-de-riches-en-france-on-est-dans-une-denomination-qui-ne-veut-rien-dire-3974080

[19] « La fraude fiscale est traquée depuis des années, la fraude sociale quasiment pas ! » déplore Agnès Verdier-Molinié dans une interview avec Eugénie Bastié dans Le Figaro, le 11 mai 2023 : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/agnes-verdier-molinie-la-fraude-fiscale-est-traquee-depuis-des-annees-la-fraude-sociale-quasiment-pas-20230511. Le Bullletin d'information de l'Ifrap de novembre 2023 (n°27) indiquait aussi que le mardi 10 octobre 2023, la Fondation participait au 1er Conseil de l'évaluation des fraudes fiscales et sociales présidé par le ministre chargé des Comptes publics, Thomas Cazenave afin d'y présenter ses propositions et sa méthode de chiffrage de la fraude sociale.

[20] Pierre de Vilno, « Fiscalité : l'essorage des classes moyennes supérieures », Europe 1, 9 septembre 2023 - https:// www.europe1.fr/emissions/les-grandes-voix-du-weekend/fiscalite-lessorage-des-classes-moyennes-superieures-4202816.

[21] Samuel-Frédéric Servière, « Les 10% les plus aisés paient plus de 30% des prélèvements obligatoires », Fondation iFrap, 26 novembre 2023 - https://www.ifrap.org/budget-et-fiscalite/les-10-les-plus-aises-paient-plus-de-30-des-prelevements-obligatoires

[22] La Chaîne Parlementaire, « Ça vous regarde - Climat : qui doit payer la facture ? », mai 2023. https://www.dailymotion.com/video/x8lachj

[23] Fondation Ifrap, « Supprimer le Smic universel et confier la négociation des bas salaires aux seuls partenaires sociaux », octobre 2011 - https://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/supprimer-le-smic-universel-et-confier-la-negociation-des-bas-salaires-aux-seuls-partenaires-sociaux  ; Bertrand Nouel, « Augmentation des salaires minimums en Europe, attention aux contresens ! », Fondation iFrap, 31 mars 2016 https://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/augmentation-des-salaires-minimums-en-europe-attention-aux-contresens

[24] Agnès Verdier-Molinié, « Stop à la folie de l'interdiction des véhicules thermiques en 2035 », 21 mars 2023. https://www.ifrap.org/agriculture-et-energie/stop-la-folie-de-linterdiction-des-vehicules-thermiques-en-2035

[25] Agnès Verdier-Molinié, « Non, il ne faut pas augmenter les impôts pour financer la transition écologique », 3 avril 2023 - https://www.ifrap.org/budget-et-fiscalite/non-il-ne-faut-pas-augmenter-les-impots-pour-financer-la-transition-ecologique

[26] Samuel-Frédéric Servière « Sécuriser : mettre 20 milliards en plus d'ici 2027 », Société Civile n°226, septembre 2021 - https://www.ifrap.org/la-revue/securiser-mettre-20-milliards-en-plus-dici-2027

[27] Analyse de Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, « « Fractures françaises » : l'environnement s'impose comme un enjeu majeur dans les préoccupations des Français », Le Monde, 7 septembre 2021- https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/09/07/fractures-francaises-la-preoccupation-environnementale-gagne-du-terrain-dans-les-priorites-des-francais_6093692_823448.html ou encore Salomé Vincendon, « SONDAGE BFMTV - Présidentielle : le pouvoir d'achat principale préoccupation des Français, loin devant l'immigration ou la sécurité », BFM, 20 octobre 2021https://www.bfmtv.com/societe/sondage-bfmtv-presidentielle-le-pouvoir-d-achat-principale-preoccupation-des-francais-loin-devant-l-immigration-ou-la-securite_AN-202110200007.html

[28] « Détaillant l'évolution, tant pour la police que pour la gendarmerie, du taux de réussite dans les enquêtes, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMI) affirme que, en 2019 (dernière année pleine hors Covid), les services ne parvenaient plus à élucider, après un an d'investigation, que 72 % des homicides, quand le ratio atteignait 78 % l'année précédente. (…) Pour [l]es vols avec effraction au domicile ou en tout lieu, le taux de réussite demeure dramatiquement bas : 8 % seulement. Soit 92 % d'échec. » Jean-Marc Leclerc, « Inquiétante chute de l'efficacité policière en France », Le Figaro, 25 octobre 2022 https://www.lefigaro.fr/actualite-france/inquietante-chute-de-l-efficacite-policiere-en-france-20221025

[29] Samuel-Frédéric Servière, « Programmation militaire 2024-2030 : encore insuffisante pour atteindre les 2% du PIB », Fondation iFrap, 11 avril 2023. https://www.ifrap.org/etat-et-collectivites/programmation-militaire-2024-2030-encore-insuffisante-pour-atteindre-les-2-du-pib

[30] Une bonne partie des dépenses militaires est classifiée.

[31] Samuel-Frédéric Servière, « Supprimer les aides aux entreprises ? C'est augmenter les impôts des entreprises ! », Fondation Ifrap, 31 août 2023 - https://www.ifrap.org/budget-et-fiscalite/supprimer-les-aides-aux-entreprises-cest-augmenter-les-impots-des-entreprises

[32] Samuel-Frédéric Servière, « Sur 10 ans, des subventions aux associations d'aides aux migrants multipliées par 3... contre un nombre de reconduites à la frontière divisé par 3 », Fondation Ifrap, 24 octobre 2023. https://www.ifrap.org/etat-et-collectivites/sur-10-ans-des-subventions-aux-associations-daides-aux-migrants-multipliees-par-3-contre-un-nombre-de-reconduites-la-frontiere

[33] Seul un socialiste les cite, mais avec prudence. Dans les questions écrites, les références à l'iFrap se font assez rares depuis 2017, alors que la Fondation était beaucoup plus souvent citée (à 92 reprises sur la mandature de 2012 à 2017, presque exclusivement par des députés des Républicains.

[34] Daniel Bernard, « Les connexions privées de Gabriel Attal pour préparer l'après-Macron », La Lettre A, 21 avril 2023 - https://www.lalettre.fr/fr/action-publique_executif/2023/04/21/les-connexions-privees-de-gabriel-attal-pour-preparer-l-apres-macron,109947752-ar2

[35] R.C., « Collège unique : les réformes à faire », Fondation Ifrap, 3 juin 2015 - https://www.ifrap.org/education-et-culture/college-unique-les-reformes-faire

[36] Sophie Cazaux, « Le brevet va devenir plus difficile et indispensable pour accéder directement au lycée », BFM, 5 décembre 2023 - https://www.bfmtv.com/societe/education/le-brevet-va-devenir-plus-dur-et-indispensable-pour-acceder-directement-au-lycee_AN-202312050444.html

[37] Proposition de loi pour une école de la liberté, de l'égalité des chances et de la laïcité, présenté par Max Brisson :
https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/textes-legislatifs/la-loi-en-clair/proposition-de-loi-pour-une-ecole-de-la-liberte-de-legalite-des-chances-et-de-la-laicite.html

[38] François Jarraud, « L'inexorable fragmentation des systèmes éducatifs nationaux », Le café pédagogique, 13 février 2018 - https://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/02/13022018Article636541007632411411.aspx.html et François Jarraud, « Avec Belloubet, vers un Acte III de l'éducation ? », Le café pédagogique, 11 février 2024 https://www.cafepedagogique.net/2024/02/11/avec-belloubet-vers-un-acte-iii-de-leducation/

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