
Nous, soignant⋅es, scientifiques, sommes témoins d'un paradoxe : malgré l'abondance des travaux scientifiques reliant exposition chimique et santé, malgré les alertes de l'Inserm et du Conseil national de l'Ordre des médecins, les politiques publiques se succèdent sans prendre en compte ce lien déterminant. Pire, elles vont à rebours : la loi d'urgence agricole, et la réautorisation de l'acétamipride, le montre.
Et pourtant, les études de biosurveillance nationales ne manquent pas d'être explicites : chacun est exposé, dès la période fœtale, à des substances toxiques (PFAS, pesticides, cadmium, perturbateurs endocriniens…), et ces expositions contribuent au développement de nombreuses maladies chroniques, dont certains cancers. Ces maladies seraient donc en partie évitables ; ce sont des « maladies politiques ».
Nous n'acceptons plus d'être celles et ceux qui tentent de réparer les dégâts causés par les politiques, dans un contexte d'accès aux soins toujours plus dégradé et inégalitaire. Nous pensons qu'il faut sortir de nos lieux d'exercice, et agir, de façon radicale et directe, sur les causes des maladies.