
29.05.2026 à 12:50
stagiairedecomm@iris-france.org
Alexandra Palt, alors présidente bénévole du WWF France, a participé à titre personnel à une manifestation début avril contre les insultes racistes visant Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis. Son acte citoyen, motivé par un engagement de longue date pour les droits humains, lui a valu une mise en cause officielle de la part de sa propre organisation, dont elle vient de démissionner. Dans un courrier interne, la présidente d’honneur Isabelle Autissier et Antoine Housset, administrateur, lui ont en effet rappelé que la mission du WWF n’est pas de lutter contre le racisme, tout en soulignant que cette manifestation, pourtant transpartisane, était selon eux organisée par La France insoumise, un parti « souvent critiqué pour son attitude à l’égard des juifs qui […] font parti des donateurs ». Cette affaire soulève plusieurs questions qui dépassent le simple cadre associatif. Pourquoi une responsable engagée se voit-elle reprocher une présence à une marche antiraciste alors qu’elle n’a pas engagé son association ? Comment interpréter les références aux donateurs juifs, qui peuvent être perçues comme une forme d’essentialisation ? Et surtout, cette controverse illustre-t-elle une réduction progressive de l’espace de débat public en France, dès lors que les sujets touchent de près ou de loin au racisme ou au conflit israélo-palestinien ? Mon analyse dans cette vidéo.
L’article Maccarthysme et antiracisme à WWF est apparu en premier sur IRIS.
Alexandra Palt, alors présidente bénévole du WWF France, a participé à titre personnel à une manifestation début avril contre les insultes racistes visant Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis. Son acte citoyen, motivé par un engagement de longue date pour les droits humains, lui a valu une mise en cause officielle de la part de sa propre organisation, dont elle vient de démissionner.
Dans un courrier interne, la présidente d’honneur Isabelle Autissier et Antoine Housset, administrateur, lui ont en effet rappelé que la mission du WWF n’est pas de lutter contre le racisme, tout en soulignant que cette manifestation, pourtant transpartisane, était selon eux organisée par La France insoumise, un parti « souvent critiqué pour son attitude à l’égard des juifs qui […] font parti des donateurs ».
Cette affaire soulève plusieurs questions qui dépassent le simple cadre associatif. Pourquoi une responsable engagée se voit-elle reprocher une présence à une marche antiraciste alors qu’elle n’a pas engagé son association ? Comment interpréter les références aux donateurs juifs, qui peuvent être perçues comme une forme d’essentialisation ? Et surtout, cette controverse illustre-t-elle une réduction progressive de l’espace de débat public en France, dès lors que les sujets touchent de près ou de loin au racisme ou au conflit israélo-palestinien ?
Mon analyse dans cette vidéo.
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29.05.2026 à 12:48
stagiairedecomm@iris-france.org
La guerre en Iran a mobilisé les chaînes d’information permanentes. Les débats ont été abondants. Ont-ils vraiment aidé le public à s’informer et à comprendre ses enjeux ? Une réflexion est à mener sur la façon dont les médias ont traité ce conflit et les questions géopolitiques plus généralement. Dès le début du conflit avec les premières attaques israélo-américaines du 28 février 2026 sur le territoire iranien, un narratif pro-américain et pro-israélien – l’un expliquant d’ailleurs l’autre – s’est imposé. Le discours dominant était : oui, c’est la guerre, c’est malheureux, mais en même temps l’Iran est une dictature (ce qui est vrai), il faut donc libérer les Iraniens de la dictature des mollahs. C’est une guerre pour la bonne cause, une « guerre juste », le respect du droit international apparaissant comme une variable d’ajustement. Mais surtout, une guerre menée sans se soucier de la faisabilité du scénario rose vendu par Benyamin Netanyahou à Donald Trump : une guerre rapide décapitant le régime, provoquant un soulèvement iranien et l’établissement d’un régime démocratique, pacifique, et surtout pro-américain et pro-israélien. Ceux qui alertaient sur le caractère tout à fait irréaliste de ce scénario étaient alors traités de soutiens du régime iranien. Ils étaient de toutes façons très minoritaires. Un peu comme les alouettes dans le pâté de cheval et d’alouettes, leur présence ne change pas le goût général. Les voix dissonantes ont été rares. Très souvent elles ont été écartées comme étant en fait animées par des choix idéologiques condamnables. C’est le paradoxe. Ceux qui finalement ont prouvé que leur approche était réaliste et sérieuse ont été marginalisés par rapport à ceux qui avaient une approche idéologique beaucoup plus éloignée des réalités géopolitiques. Le choc des civilisations est en effet bien ancré chez la plupart des commentateurs qui ont une approche civilisationnelle. L’Occident, c’est le […]
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La guerre en Iran a mobilisé les chaînes d’information permanentes. Les débats ont été abondants. Ont-ils vraiment aidé le public à s’informer et à comprendre ses enjeux ? Une réflexion est à mener sur la façon dont les médias ont traité ce conflit et les questions géopolitiques plus généralement.
Dès le début du conflit avec les premières attaques israélo-américaines du 28 février 2026 sur le territoire iranien, un narratif pro-américain et pro-israélien – l’un expliquant d’ailleurs l’autre – s’est imposé. Le discours dominant était : oui, c’est la guerre, c’est malheureux, mais en même temps l’Iran est une dictature (ce qui est vrai), il faut donc libérer les Iraniens de la dictature des mollahs. C’est une guerre pour la bonne cause, une « guerre juste », le respect du droit international apparaissant comme une variable d’ajustement. Mais surtout, une guerre menée sans se soucier de la faisabilité du scénario rose vendu par Benyamin Netanyahou à Donald Trump : une guerre rapide décapitant le régime, provoquant un soulèvement iranien et l’établissement d’un régime démocratique, pacifique, et surtout pro-américain et pro-israélien. Ceux qui alertaient sur le caractère tout à fait irréaliste de ce scénario étaient alors traités de soutiens du régime iranien. Ils étaient de toutes façons très minoritaires. Un peu comme les alouettes dans le pâté de cheval et d’alouettes, leur présence ne change pas le goût général.
Les voix dissonantes ont été rares. Très souvent elles ont été écartées comme étant en fait animées par des choix idéologiques condamnables. C’est le paradoxe. Ceux qui finalement ont prouvé que leur approche était réaliste et sérieuse ont été marginalisés par rapport à ceux qui avaient une approche idéologique beaucoup plus éloignée des réalités géopolitiques. Le choc des civilisations est en effet bien ancré chez la plupart des commentateurs qui ont une approche civilisationnelle. L’Occident, c’est le bien. Il ne peut pas se tromper. Il faut être de son côté de l’Occident, quoi qu’il fasse. Les commentateurs sortent du même moule idéologique, ils ne se contredisent pas. Beaucoup vont aussi dans le même sens parce qu’ils ont peur, s’ils déviaient du sentiment majoritaire, d’être marginalisés, voire exclus. Il y a une assez grande unité à la fois sociologique et culturelle de la part des intervenants. Comme ils veulent garder leur rond de serviette quelle que soit leur croyance réelle, ils abondent dans le sens dominant. Et ceux qui viennent de minorités culturelles ou idéologiques ont plutôt intérêt à prendre le point de vue de la majorité s’ils veulent continuer à être invités.
Autre défaut inhérent aux chaînes d’information permanente : il faut commenter l’actualité la plus chaude sans toujours prendre du recul, sans garder de la hauteur pour analyser les événements, pour les resituer dans un contexte plus global en termes historiques et géopolitiques. Il y a un peu la tentation de commenter le fait du jour, de la minute, de l’heure.
Autre réalité, il y a une multiplication du nombre des chaînes, donc du nombre de débats ; au total ce sont au moins 200 personnes par jour qu’il faut convier pour nourrir tous ces plateaux. La bête de l’information permanente est très gourmande. Or, ces personnes ne peuvent être toutes compétentes pour traiter des sujets. Parfois, le remplissage l’emporte sur la connaissance. Souvent on préfère des gens qui peuvent se déplacer en plateau, plutôt qu’inviter en visio ceux qui ne peuvent être présent sur place. On est moins regardant sur le CV des invités parce qu’il faut que toutes les places autour du plateau soient remplies. La compétence réelle n’est donc pas toujours exigée.
Autre biais, certains viennent faire du plaidoyer, ou ont une cause à défendre et viennent sous couvert d’expertise plaider pour une cause. D’autres ont des titres bidons de professeurs. Ce n’est pas parce que vous avez une vacation à Sciences Po que vous êtes professeur à Sciences Po ou que vous êtes un véritable universitaire. Il y a des gens aussi qui inventent des structures qui n’ont pas d’existence réelle, qui ne sont pas des think tanks reconnus, ancrés dans le débat géopolitique. Il est très facile de créer une structure nominale au titre ronflant mais sans existence réelle.
Souvent, on fait parler des gens compétents sur un sujet, mais on les fait aussi parler sur d’autres. Est-ce que c’est tout à fait pertinent de faire parler du Proche-Orient à un spécialiste de la Russie ou de faire parler de la Chine un spécialiste du Proche-Orient ? Tout le monde n’est pas généraliste. Certains sont spécialistes de zones très précises, d’autres ont une approche plus globale. Mais souvent il faut remplir donc on prend un peu celui qui est présent car il a le mérite d’être là. S’il dit des choses qui ne sont pas tout à fait pertinentes, ça sera aussi vite oublié.
On pourrait aussi s’interroger sur le fait de présenter des gens comme experts en géopolitique et experts reconnus, alors qu’ils ne sont jamais à l’étranger, mais toujours en France, à Paris. Nombreux sont les spécialistes pour plateau télé, mais pour rien d’autres. Quelle est la crédibilité des invités qui ne sont jamais invités à l’étranger ? Quelle est la légitimé de celles et ceux qui n’ont pas de contacts avec leurs collègues ni ne sont des spécialistes reconnus par la profession en France comme à l’international ?
Les plateaux peuvent aussi être surpeuplés. Peut-on vraiment faire un débat articulé quand il y a six personnes en plus de l’animateur sur un plateau ? En fait, la tentation c’est la fragmentation. On n’a pas le temps de développer le raisonnement, on peut être coupé. On ferait certainement mieux en invitant moins de monde et leur laisser un peu plus de temps pour s’exprimer.
On nous a dit au début de la guerre d’Iran que tout allait bien se passer, or rien ne s’est passé comme le prévoyaient les faux spécialistes. On assiste à une impunité du mensonge. Tout le monde peut faire des erreurs si elles sont de bonne foi, mais on voit qu’il y a des fake news qui sont sciemment et volontairement répandues par certains en toute impunité. Celles et ceux qui nous ont dit en 2003 qu’il y avait des armes nucléaires en Irak et qu’il fallait faire la guerre pour empêcher que l’Irak se dote de l’arme nucléaire sont revenus nous dire la même chose sur l’Iran en 2026, 23 ans plus tard. Souvent les mêmes d’ailleurs.
Cette impunité du mensonge est regrettable et porte atteinte à la crédibilité des médias et à celles et ceux qui donnent la parole à ces faussaires. Les médias doivent réfléchir à leur crédibilité à long terme, à leur manière de remplir les plateaux sans trop s’interroger sur la façon dont ils le font qui ne fait que renforcer la méfiance grandissante du public à leur égard.
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29.05.2026 à 11:20
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À l’approche de la Coupe du monde 2026, la question de la sécurité est plus que jamais au centre des débats. Le Mexique, qui coorganise, du 11 juin au 19 juillet, l’événement, avec les États-Unis et le Canada, reste en effet un pays meurtri par la violence extrême des cartels de la drogue. La mort récente de Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), a rappelé la force de frappe criminelle de ces organisations et leur aptitude à défier l’ordre public. Les images chocs de véhicules incendiés, en guise de représailles, ont ravivé les interrogations sur la capacité de l’État mexicain à sécuriser le Mondial 2026, l’événement sportif le plus regardé au monde. Le 11 juin 2026, le match d’ouverture opposera le Mexique à l’Afrique du Sud au stade Azteca à Mexico. Douze autres rencontres sont programmées dans trois villes hôtes : Mexico (centre), Guadalajara (ouest) et Monterrey (nord-est). 5,5 millions de visiteurs sont attendus pour l’occasion dans un pays qui reçoit, rappelons-le, près de 50 millions de touristes étrangers par an. Sur le plan logistique, la capitale (plus de 20 millions d’habitants avec ses banlieues) dispose d’une longue expérience d’accueil, après avoir organisé deux Coupes du monde en 1986 et en 1970.
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À l’approche de la Coupe du monde 2026, la question de la sécurité est plus que jamais au centre des débats. Le Mexique, qui coorganise, du 11 juin au 19 juillet, l’événement, avec les États-Unis et le Canada, reste en effet un pays meurtri par la violence extrême des cartels de la drogue. La mort récente de Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), a rappelé la force de frappe criminelle de ces organisations et leur aptitude à défier l’ordre public. Les images chocs de véhicules incendiés, en guise de représailles, ont ravivé les interrogations sur la capacité de l’État mexicain à sécuriser le Mondial 2026, l’événement sportif le plus regardé au monde.
Le 11 juin 2026, le match d’ouverture opposera le Mexique à l’Afrique du Sud au stade Azteca à Mexico. Douze autres rencontres sont programmées dans trois villes hôtes : Mexico (centre), Guadalajara (ouest) et Monterrey (nord-est). 5,5 millions de visiteurs sont attendus pour l’occasion dans un pays qui reçoit, rappelons-le, près de 50 millions de touristes étrangers par an. Sur le plan logistique, la capitale (plus de 20 millions d’habitants avec ses banlieues) dispose d’une longue expérience d’accueil, après avoir organisé deux Coupes du monde en 1986 et en 1970.
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