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INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

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14.04.2026 à 17:27

Retour sur mon débat avec Ousmane Sonko

Déborah Yapi

La semaine dernière, j’étais à Dakar pour débattre aux côtés du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, lors d’une conférence consacrée aux transformations de l’ordre international et à la souveraineté. Un sujet plus que jamais d’actualité, alors que la puissance américaine remet en cause les équilibres mondiaux. Ousmane Sonko tranche avec beaucoup de dirigeants africains : il bénéficie d’un lien fort avec la jeunesse et porte une vision claire de la souveraineté, loin des logiques de corruption ou des accessions au pouvoir par la force que l’on observe ailleurs sur le continent. Cette invitation a suscité des critiques, notamment en raison de la récente loi durcissant la pénalisation de l’homosexualité au Sénégal ; c’est une loi qui ne correspond pas aux valeurs que je défends. Pour autant, le débat contradictoire reste nécessaire, et le Sénégal est un État souverain. Ousmane Sonko parait incarner un espoir réel pour son pays, malgré les défis structurels et financiers considérables. Contrairement à ce qu’on entend parfois, il n’est pas antifrançais : il défend la souveraineté du Sénégal et nous invite à repenser nos relations sur de nouvelles bases.

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La semaine dernière, j’étais à Dakar pour débattre aux côtés du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, lors d’une conférence consacrée aux transformations de l’ordre international et à la souveraineté. Un sujet plus que jamais d’actualité, alors que la puissance américaine remet en cause les équilibres mondiaux.

Ousmane Sonko tranche avec beaucoup de dirigeants africains : il bénéficie d’un lien fort avec la jeunesse et porte une vision claire de la souveraineté, loin des logiques de corruption ou des accessions au pouvoir par la force que l’on observe ailleurs sur le continent.

Cette invitation a suscité des critiques, notamment en raison de la récente loi durcissant la pénalisation de l’homosexualité au Sénégal ; c’est une loi qui ne correspond pas aux valeurs que je défends. Pour autant, le débat contradictoire reste nécessaire, et le Sénégal est un État souverain.

Ousmane Sonko parait incarner un espoir réel pour son pays, malgré les défis structurels et financiers considérables. Contrairement à ce qu’on entend parfois, il n’est pas antifrançais : il défend la souveraineté du Sénégal et nous invite à repenser nos relations sur de nouvelles bases.

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14.04.2026 à 17:05

Macron’s State Visit and the Case for a Deeper Korea-France Security Partnership

Coline Laroche              

President Macron’s first visit to South Korea in nearly a decade opens a window for structural defence cooperation – from conventional arms to submarine propulsion – that neither side can afford to miss. When French President Emmanuel Macron touched down in Seoul on April 2, the optics were unmistakable. Coming just a month after his landmark speech at the Île Longue naval base — in which he announced the first increase in France’s nuclear warhead count since 1992 and unveiled a doctrine of dissuasion avancée — the French president’s arrival on the Korean Peninsula was not routine diplomacy. It was a strategic signal.

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President Macron’s first visit to South Korea in nearly a decade opens a window for structural defence cooperation – from conventional arms to submarine propulsion – that neither side can afford to miss.

When French President Emmanuel Macron touched down in Seoul on April 2, the optics were unmistakable. Coming just a month after his landmark speech at the Île Longue naval base — in which he announced the first increase in France’s nuclear warhead count since 1992 and unveiled a doctrine of dissuasion avancée — the French president’s arrival on the Korean Peninsula was not routine diplomacy. It was a strategic signal.

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14.04.2026 à 14:56

Ce que les élections hongroises nous apprennent de l’Union européenne

Coline Laroche              

Les élections tenues en Hongrie le 12 avril 2026, qui ont conduit à la défaite de Viktor Orbán après plus de seize années au pouvoir, ont fait couler beaucoup d’encre en Europe comme dans le reste du monde. Un tel intérêt peut surprendre. Comment le scrutin d’un petit pays de moins de dix millions d’habitants a-t-il pu à ce point capter l’attention non seulement des capitales européennes, mais aussi de Moscou, de Washington et sans doute de Pékin ? La réponse à cette question ne se trouve pas à Budapest, mais à Bruxelles. Elle éclaire sur les effets indirects, mais très concrets, que le fonctionnement de l’Union européenne (l’UE) exerce bien au-delà du Vieux continent. L’attention portée aux élections hongroises était en réalité parfaitement justifiée. La chute de Viktor Orbán est susceptible d’avoir des répercussions importantes à plusieurs niveaux : sur le fonctionnement de l’UE, sur les équilibres politiques internes des États membres, sur les États-Unis et leurs relations avec les Européens, sur la guerre en Ukraine et, plus largement, sur les capacités d’influence russe et chinoise en Europe. Rien que cela. Orbán et l’Union européenne Pour l’Union européenne, Viktor Orbán constituait à la fois un obstacle politique et un défi normatif. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Hongrie s’était régulièrement opposée aux initiatives européennes en faveur de Kiev, contribuant à freiner, retarder ou affaiblir certaines décisions communes. Sa proximité avec la Russie de Vladimir Poutine avait fait de Budapest un facteur d’affaiblissement et d’inconsistance pour l’Union. Une première conséquence de sa défaite pourrait donc être le déblocage des 90 milliards d’euros que l’UE a prévu de prêter à l’Ukraine pour qu’elle puisse continuer à survivre financièrement et à se battre militairement. Mais le problème posé par la Hongrie d’Orbán dépassait la seule question ukrainienne. Son régime incarnait […]

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Texte intégral (1378 mots)

Pour l’Union européenne, Viktor Orbán constituait à la fois un obstacle politique et un défi normatif. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Hongrie s’était régulièrement opposée aux initiatives européennes en faveur de Kiev, contribuant à freiner, retarder ou affaiblir certaines décisions communes. Sa proximité avec la Russie de Vladimir Poutine avait fait de Budapest un facteur d’affaiblissement et d’inconsistance pour l’Union. Une première conséquence de sa défaite pourrait donc être le déblocage des 90 milliards d’euros que l’UE a prévu de prêter à l’Ukraine pour qu’elle puisse continuer à survivre financièrement et à se battre militairement.

Mais le problème posé par la Hongrie d’Orbán dépassait la seule question ukrainienne. Son régime incarnait une remise en cause directe des principes de l’État de droit sur lesquels repose la construction européenne. En mettant en place ce qu’il revendiquait lui-même comme une « démocratie illibérale », Viktor Orbán contestait non seulement certaines politiques de l’Union, mais aussi les valeurs fondamentales qui fondent son identité politique.

La défaite de Viktor Orbán soulève également plusieurs interrogations concernant les États-Unis et, plus particulièrement, l’influence de Donald Trump sur les droites nationalistes et souverainistes dans le monde.

L’administration Trump s’était fortement investie en faveur de Viktor Orbán. Le soutien affiché de responsables américains de premier plan, notamment celui du vice-président J. D. Vance, témoignait de l’importance symbolique accordée par Washington à cette élection. Dès lors, l’échec d’Orbán peut être interprété de plusieurs manières.

Il est d’abord permis de se demander si le soutien de Donald Trump n’a pas, en définitive, joué contre le Premier ministre hongrois en transformant l’appui américain en facteur de rejet auprès d’une partie de l’électorat. Plus largement, cette défaite pourrait marquer un premier coup d’arrêt à la dynamique politique portée par le trumpisme à l’échelle internationale depuis le début de l’année 2025. Elle invite en effet à s’interroger sur l’évolution plus générale des droites souverainistes en Europe et dans le monde. Le mouvement de progression observé ces dernières années a-t-il atteint son point culminant ? Un reflux est-il en train de s’amorcer, en partie en réaction aux excès, aux outrances et aux effets de polarisation liés à Donald Trump ?

À ce stade, il est trop tôt pour répondre à ces questions. Néanmoins, plusieurs signaux laissent penser qu’une forme de prise de distance est en train de se manifester en Europe, y compris parmi des dirigeants initialement proches de Washington.

Le cas italien est révélateur. Giorgia Meloni, pourtant proche de Donald Trump et de J. D. Vance, a déjà commencé à marquer certaines distances à l’égard de l’administration américaine. Cette évolution semble refléter un malaise plus large au sein de l’opinion publique italienne, y compris à droite, face au comportement international des États-Unis.

Dans ce contexte, une question s’impose : Donald Trump est-il en train de devenir un repoussoir électoral en Europe ? Et cette dynamique pourrait-elle également se manifester aux États-Unis, notamment lors des élections de mi-mandat prévues à l’automne ? Même sans réponse immédiate, le simple fait que cette interrogation se pose est politiquement significatif.

Pour la Russie, la défaite de Viktor Orbán constitue également une mauvaise nouvelle. Moscou perd de fait un siège au Conseil européen. Pendant des années, Budapest a servi de point d’appui à une stratégie russe de division interne de l’Europe, en freinant ou en contestant certaines positions communes, notamment sur l’Ukraine.

La Russie se retrouve ainsi un peu plus isolée dans l’espace politique européen. Sans modifier de manière décisive le cours de la guerre en Ukraine, cette évolution réduit néanmoins la capacité de Moscou à s’appuyer, au sein des instances européennes, sur un relais politique influent.

La Chine, elle aussi, perd un partenaire précieux. Sous Viktor Orbán, la Hongrie était devenue l’un des principaux points d’entrée des investissements chinois en Europe, y compris dans des secteurs considérés comme stratégiques, par rapport auxquels l’UE tente de mettre en place des politiques de contrôle.

Ces éléments ne répondent toutefois pas à la question initiale : qu’est-ce qui a rendu la petite Hongrie de Viktor Orbán suffisamment puissante et influente pour devenir un interlocuteur privilégié des grandes puissances, en se plaçant ainsi au centre de l’échiquier mondial ?

L’épisode hongrois invite à une réflexion plus fondamentale sur le fonctionnement de l’Union européenne. Si la Hongrie a pu acquérir une telle influence sur la scène internationale, ce n’est pas seulement en raison de la stratégie de son dirigeant. C’est aussi, et peut-être surtout, parce que les règles de fonctionnement de l’Union, fondées sur l’unanimité en matière de politique étrangère, ont conféré à Budapest un pouvoir de blocage sans commune mesure avec son poids démographique, économique ou stratégique.

Voilà pourquoi la source du problème ne se situait pas seulement à Budapest, mais aussi à Bruxelles. En théorie, l’Union européenne devrait agir comme un formidable multiplicateur de puissance au service de l’ensemble de ses États membres. En pratique, son fonctionnement a fini par produire l’effet inverse : il est devenu un multiplicateur de puissance pour ceux qui cherchent à entraver son action et à la paralyser. Décidément, Viktor Orbán doit beaucoup à cette institution qu’il a tant vilipendée.

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