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23.09.2026 à 06:00

Amina Kalache
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À La Haye, le Nicaragua tente d'obtenir, devant la Cour internationale de justice, l'ouverture d'un procès sur la responsabilité de l'Allemagne dans les crimes commis à Gaza. En même temps, douze gouvernements occidentaux tentent de donner une traduction économique à leur condamnation de la colonisation israélienne. Les deux événements posent la question de la responsabilité d'États tiers dans le génocide contre les Palestiniens. De notre envoyée spéciale à La Haye Devant la Cour (…)

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À La Haye, le Nicaragua tente d'obtenir, devant la Cour internationale de justice, l'ouverture d'un procès sur la responsabilité de l'Allemagne dans les crimes commis à Gaza. En même temps, douze gouvernements occidentaux tentent de donner une traduction économique à leur condamnation de la colonisation israélienne. Les deux événements posent la question de la responsabilité d'États tiers dans le génocide contre les Palestiniens.

De notre envoyée spéciale à La Haye

Devant la Cour internationale de justice (CIJ), la question posée lors des audiences qui ont lieu du 7 au 10 septembre 2026 n'est pas encore de savoir si l'Allemagne porte une responsabilité dans le génocide en cours à Gaza. Les juges doivent d'abord trancher un préalable : la procédure engagée par le Nicaragua peut-elle se poursuivre ?

Le 1er mars 2024, Managua entame une procédure contre Berlin, l'accusant d'avoir manqué à ses obligations internationales en continuant à autoriser des exportations militaires vers Israël et en suspendant son financement à l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) entre janvier et avril 2024. Le Nicaragua invoque notamment la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, le droit international humanitaire, le droit du peuple palestinien à l'autodétermination et les interdictions de la discrimination raciale, de la ségrégation et de l'apartheid. Il demande de juger l'État européen sur ce qu'il savait et sur les mesures qu'il a prises ou s'est abstenu de prendre.

De son côté, l'Allemagne fait valoir un vice de procédure pour soutenir que la Cour ne serait pas compétente, que certaines demandes seraient irrecevables et qu'aucun différend juridique suffisamment constitué n'existait avec le Nicaragua lorsqu'il a déposé sa requête. Surtout, l'Allemagne estime que la Cour ne peut statuer en l'absence de l'État d'Israël, dont on l'accuse d'être complice.

La prévention avant l'irréparable

Le Nicaragua fonde une partie de sa démonstration sur le caractère préventif de la Convention sur le génocide. Selon Managua, l'obligation d'agir ne naît pas lorsque le crime est définitivement établi, mais lorsque l'État sait ou devrait normalement savoir qu'il existe un risque sérieux qu'il soit commis. Elle s'appuie pour cela sur l'ordonnance rendue par la CIJ le 26 janvier 2024 et qui reconnaît le risque plausible de génocide à Gaza, un risque suffisamment grave pour rendre l'inaction allemande difficilement justifiable. Berlin refuse que la décision de la CIJ soit interprétée comme une interdiction automatique de ses exportations. Elle affirme que ses licences étaient contrôlées, que tous les équipements ne constituaient pas des armes offensives et qu'il faudrait, pour engager sa responsabilité, établir un lien entre ses exportations militaires et les actes commis spécifiquement à Gaza.

À l'audience, l'avocat Alain Pellet a insisté sur ce point. Attendre la fin d'un génocide pour évaluer la passivité d'un État reviendrait, selon lui, à rendre le devoir de prévention contradictoire avec sa finalité. L'obligation de prévenir est une obligation de comportement : elle ne garantit pas que le crime sera empêché, mais elle impose à l'État qui dispose de moyens d'influence de les utiliser de manière raisonnable. Quant aux raisons de cette offensive nicaraguayenne contre l'Allemagne spécifiquement, elles tiennent au soutien inconditionnel que celle-ci a montré à l'égard d'Israël, notamment à la suite de la plainte déposée par l'Afrique du Sud pour crime de génocide.

Pour étayer sa requête, le Nicaragua s'est appuyé sur les données allemandes relatives aux licences d'exportation militaire vers Israël. Selon les chiffres rendus publics par Berlin, l'Allemagne a autorisé près de 800 millions d'euros d'exportations militaires vers Israël au cours des cinq premiers mois de 2026, dont environ 508,8 millions relevant de la catégorie « armes de guerre ». Ces licences concernent notamment un projet de défense maritime, ainsi que des munitions, projectiles, charges propulsives et autres composants militaires. En faisant le calcul, Managua affirme que le total des autorisations accordées depuis le 7 octobre 2023 dépasse 1,5 milliard d'euros.

En avril 2024, la CIJ avait refusé d'ordonner les mesures conservatoires demandées par le Nicaragua pour éviter un dommage irréparable avant le jugement définitif. La Cour a néanmoins rappelé les obligations des États concernant les transferts d'armes vers une partie à un conflit, notamment lorsqu'il existe un risque de violations graves du droit humanitaire. Pour Managua, Berlin ne pouvait donc pas traiter cette ordonnance comme une autorisation générale de poursuivre ses exportations.

La défense allemande s'appuie notamment sur le principe dit de « l'or monétaire »1. Selon cette règle, la CIJ ne peut pas trancher une affaire sans la présence de l'État dont le comportement représente l'objet du litige. Pour Berlin, le raisonnement nicaraguayen obligerait la Cour à déterminer au préalable si Israël a commis les actes qui auraient été facilités ou insuffisamment prévenus par l'Allemagne. Il serait impossible, selon cette thèse, d'établir la responsabilité allemande sans statuer sur celle d'Israël.

Entre intentions et obligations juridiques

Alors que les avocats plaident à La Haye, onze pays européens ainsi que le Canada annoncent une initiative coordonnée visant les produits, services ou activités liés aux colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. La liste comprend la France, le Royaume-Uni, le Canada, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, l'Irlande, l'Islande, la Norvège, la Pologne, le Portugal et la Suède.

Le calendrier donne à cette annonce une portée particulière. Elle intervient pendant la deuxième journée des audiences de la CIJ, au moment où les obligations des États tiers sont précisément au centre des débats.

La France dit préparer un projet de loi visant les produits, les services, les financements et les activités qui contribueraient à la colonisation. Le texte annoncé entendrait notamment atteindre les opérations économiques qui ne se limitent pas à la vente de marchandises fabriquées dans les colonies : financement, investissement, prestations, construction, publicité ou participation à des infrastructures pourraient être concernés.

Il faut cependant distinguer trois niveaux. Une déclaration politique fixe une orientation. Une intention gouvernementale annonce une future mesure. Une loi entrée en vigueur crée une obligation juridique opposable, après son adoption, sa promulgation et la publication des textes nécessaires à son application. Tant que cette dernière étape n'est pas franchie, il est inexact de présenter le dispositif comme une interdiction déjà applicable dans toutes ses composantes.

Le Royaume-Uni est allé plus loin dans la formulation de son projet. Le ministre des affaires étrangères Ed Miliband a annoncé un « reset » de la politique britannique envers Israël et les territoires occupés palestiniens. Londres entend interdire le commerce de biens issus des colonies et élargir les restrictions aux entreprises, aux services, à l'immobilier et aux exportations qui contribueraient matériellement à l'occupation.

En réalité, les produits des colonies représentent une faible part des échanges commerciaux avec le Royaume-Uni, seulement 38 millions de livres (44,32 millions d'euros) des importations britanniques depuis les territoires occupés en 2025, soit 1 % du commerce entre le Royaume-Uni et Israël. L'enjeu concerne surtout les entreprises et les banques liées à l'extension des colonies. Miliband a désigné le projet E1, à l'est de Jérusalem, comme un point de rupture. La construction de milliers de logements dans cette zone coupe la Cisjordanie en deux et compromet la continuité territoriale d'un futur État palestinien. Londres rattache son initiative à l'avis consultatif rendu par la CIJ le 19 juillet 2024, qui juge illégale la présence continue d'Israël dans le territoire palestinien occupé et demande aux États de ne pas reconnaître la situation créée par cette présence et de ne pas prêter aide ou assistance à son maintien. L'avis consultatif n'est pas un arrêt contentieux condamnant un État tiers, mais il fournit un cadre juridique aux gouvernements.

Contradictions européennes

Washington demeure le principal allié politique et militaire d'Israël et dispose d'une capacité d'influence supérieure à celle des pays européens pris séparément. Si les États-Unis ne s'associent pas aux sanctions, ils ne semblent pas chercher à dissuader les douze pays de les appliquer. Cette prudence peut s'expliquer par le calendrier politique états-unien et israélien, avec les élections de mi-mandat aux États-Unis le 3 novembre 2026, et les législatives israéliennes le 27 octobre.

L'initiative des pays européens peut produire un effet politique réel, mais elle ne remplace pas une politique commerciale européenne harmonisée. Elle risque aussi de créer des régimes différents selon les pays, avec des obligations et des contrôles inégaux pour les entreprises. La question est d'autant plus délicate que l'Union européenne est liée à Israël par un ensemble d'accords commerciaux et politiques. Modifier les relations économiques avec les colonies sans toucher aux échanges avec Israël dans son ensemble exige des définitions précises et des mécanismes de traçabilité. L'absence de consensus politique renforce la tentation de déclarations nationales, certes positives, mais elle limite leur efficacité collective, tandis que la Commission européenne condamne officiellement les agissements israéliens mais refuse de prendre des mesures concrètes dans ce sens.

À La Haye comme pour les onze États européens, la question centrale est celle du soutien indirect. Un État doit-il seulement s'abstenir de commettre lui-même un crime, ou doit-il également interrompre ses relations lorsqu'elles rendent possible, financent ou consolident l'accomplissement de ce crime par un autre État ? La réponse ne sera pas identique sur le terrain judiciaire et sur le terrain politique. Le calendrier rappelle néanmoins une réalité : les États ne peuvent plus traiter les colonies en se contentant de déclarations politiques. L'avis du 19 juillet 2024 de la CIJ a resserré l'espace juridique de la neutralité. Il n'impose pas automatiquement une liste universelle de sanctions, mais il établit que la présence israélienne dans le territoire palestinien occupé et les activités qui la prolongent ne peuvent être considérées comme une situation ordinaire.


1Issu de l'arrêt rendu en 1954 dans l'affaire dite de l'or monétaire pris à Rome en 1943.

22.09.2026 à 06:00

Giulia Della Michelina
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Désigné comme l'une des trois « zones pilotes » de l'accord-cadre signé en juin 2026 à Washington par Israël et le Liban, ce village largement détruit est désormais sous le contrôle de l'armée libanaise. Mais les habitants peinent à croire à un véritable retrait israélien du Sud-Liban. Reportage. L'adhan (l'appel à la prière) résonne depuis la mosquée de Zawtar El-Gharbiyeh, partiellement détruite par les bombardements israéliens. Pendant quelques minutes, le chant religieux parvient à (…)

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Texte intégral (4081 mots)

Désigné comme l'une des trois « zones pilotes » de l'accord-cadre signé en juin 2026 à Washington par Israël et le Liban, ce village largement détruit est désormais sous le contrôle de l'armée libanaise. Mais les habitants peinent à croire à un véritable retrait israélien du Sud-Liban. Reportage.

L'adhan (l'appel à la prière) résonne depuis la mosquée de Zawtar El-Gharbiyeh, partiellement détruite par les bombardements israéliens. Pendant quelques minutes, le chant religieux parvient à couvrir le bourdonnement du drone de surveillance qui vole à basse altitude, si proche qu'il est visible à l'œil nu. Les fidèles se frayent un chemin à travers les décombres et commencent à prier dans l'une des salles encore intactes ; celle d'à côté a le toit effondré et le sol recouvert de gravats. Dans ce village du sud du Liban, la vie continue comme elle peut.

Depuis le 8 octobre 2023, Israël n'a pas cessé d'attaquer le sud du Liban, bien que le conflit avec le Hezbollah ait traversé des phases d'intensité variable. Après le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, Tel-Aviv a continué de mener des raids dans le sud et, parfois, contre Beyrouth, sans que le mouvement chiite riposte — jusqu'au 2 mars 2026, à la suite de l'assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, deux jours auparavant. Le 26 juin, après plusieurs mois de combats et plus de 4 000 morts du côté libanais, les négociateurs israéliens et libanais ont signé à Washington un « accord-cadre » censé ouvrir la voie à la fin des hostilités.

  • Bâtiment en ruines avec un dôme, ciel bleu sans nuages.
    La mosquée partiellement détruite de Zawtar El-Gharbiyeh.
  • Des personnes en position de prière dans une salle avec des tapis et des décorations.
    A l'intérieur, les fidèles prient dans l'une des salles encore intacte.

L'accord ne mentionne aucune date pour le retrait de l'armée israélienne du sud du Liban, où elle occupe toujours une zone frontalière. Ce retrait est soumis à la condition du désarmement du Hezbollah, un objectif que le gouvernement de Beyrouth s'était déjà fixé l'été dernier, sans parvenir à l'atteindre. De son côté, le parti chiite refuse fermement de rendre les armes, et Tel-Aviv a confirmé à plusieurs reprises qu'il ne retirerait pas ses troupes avant d'avoir achevé sa « neutralisation » totale.

Ruines et débris sur une route, avec une affiche de deux hommes au premier plan.
Des portraits des combattants du Hezbollah sont affichés dans les rues du village.

Poudre aux yeux

L'un des points les plus controversés de l'accord est celui des « zones pilotes », c'est-à-dire des zones du sud du Liban dans lesquelles les Israéliens doivent se retirer pour laisser la place à l'armée libanaise, qui « assumera progressivement la pleine et effective responsabilité sécuritaire ». Ces zones serviront de mécanisme « pour le redéploiement progressif et vérifié des forces israéliennes ainsi que pour le déploiement de l'armée libanaise ». L'objectif est d'y assurer le désarmement complet des groupes non étatiques et le démantèlement de leurs infrastructures. L'article 3 de l'accord ajoute également que « les États-Unis entendent travailler en étroite coopération avec les deux pays afin de vérifier et d'accompagner ce processus ». Le document désigne trois zones pilotes initiales : Fron, Srifa et Zawtar El-Gharbiyeh. D'autres localités doivent être sélectionnées par la suite d'un commun accord.

Le village de Zawtar El-Gharbiyeh est désormais sous le contrôle de l'armée libanaise. Elle a établi un check-point à l'entrée et doit assurer la sécurité sur le terrain. « Nous ne comprenons pas pourquoi ils ont choisi Zawtar. Il n'y a jamais eu de véritable occupation ici, alors que des dizaines de villages du Sud sont toujours occupés », explique le maire, Abed Ezzeddine. Orient XXI l'a rencontré dans ce qu'il appelle son « bureau provisoire », installé dans un petit bâtiment préfabriqué après le bombardement de la mairie. Certes, poursuit l'édile, les Israéliens sont rentrés dans le village et il y a eu des affrontements, mais ils ne l'ont jamais occupé. Alors, comment peut-on parler de « retrait » ? « C'est de la poudre aux yeux », commente Karim El-Mufti, professeur de sciences politiques et de droit international à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth et à Sciences Po Paris. Il déplore un certain « amateurisme » de la diplomatie libanaise : « Personne ne connaît le sud du Liban dans le gouvernement. Le Hezbollah, lui, connaît très bien le terrain. Il est très bien encadré et a des tactiques qui lui permettent souvent de tirer son épingle du jeu, même si c'est au prix fort. »

Homme souriant en chemise claire, lunettes, assis à une table avec dossiers et bouteille d
Le maire de Zawtar El-Gharbiyeh, Abed Ezzeddine, dans son «  bureau provisoire  ».

Des bombardements quotidiens

Depuis le 21 juillet, date à laquelle les Forces armées libanaises ont pris le contrôle du village, une centaine de familles ont pu rentrer à Zawtar El-Gharbiyeh, sur un total d'environ 450. Selon une estimation de l'armée, 85 % des maisons du village ont été complètement détruites, tandis que les 15 % restantes ont été endommagées. Des troupes israéliennes sont toujours stationnées à quelques kilomètres de là et les bombardements se poursuivent tout autour. Le village voisin, Zawtar El-Charqiyé, fait l'objet de tirs israéliens quasi quotidiennement. Les deux villages homonymes sont seulement séparés par une route. Depuis la partie occidentale (Gharbiyeh, qui signifie « de l'ouest »), on peut observer les démolitions de bâtiments menées par l'armée israélienne dans la partie orientale (Charqiyé, qui signifie « de l'est »). Au loin, on aperçoit le château de Beaufort, une forteresse située sur une hauteur stratégique et occupée par Israël depuis fin mai.

Une route de terre mène à des collines avec de la fumée grise qui s
Une explosion dans les alentours, visible depuis le village. A quelques kilomètres, les bombardements israéliens continuent.

Le 3 septembre, Israël a annoncé avoir pris le contrôle de la zone d'Ali Taher, une colline surplombant Nabatiyeh, l'une des plus importantes villes du Sud et qui est située à neuf kilomètres du village. Au-dessous de cette hauteur (600 mètres) assiégée se trouverait une importante base du Hezbollah ainsi qu'un réseau de tunnels. L'armée israélienne a confirmé avoir utilisé plus de 1 100 tonnes d'explosifs pour détruire les tunnels sous la colline, provoquant un séisme de magnitude 4,1. Dans ce contexte, beaucoup d'habitants de Zawtar El-Gharbiyeh ne se sentent toujours pas en sécurité. « Il y a quelques jours, une forte explosion a été entendue en provenance d'un village voisin », explique le maire, ajoutant que cela a poussé certains résidents à partir, craignant une nouvelle escalade.

« Nous avons perdu nos enfants, nous avons perdu nos maisons »

Pour ceux qui ont décidé de retourner dans le village, les conditions de vie restent précaires : de nombreuses maisons sont trop endommagées pour être habitables et les services essentiels sont limités. « L'armée libanaise a installé des panneaux solaires pour fournir de l'électricité et gère également l'approvisionnement en eau en collaboration avec la Protection civile », poursuit Abed Ezzeddine. « Nous avons beaucoup de respect pour l'armée », déclare Fadel, un habitant sexagénaire qui a servi dans les Forces armées libanaises pendant près de trente ans. « Sans eux, nous n'aurions rien. Ils font de leur mieux pour nous permettre de retrouver une vie normale. Mais ils ne reçoivent aucune aide. »

Cet ancien soldat explique qu'il n'y a même pas de marché où acheter de la nourriture. Les habitants dépendent de l'aide humanitaire qu'ils reçoivent ainsi que de celle des villages voisins. Une partie de la famille de Fadel est toujours déplacée à Kfar Nebrakh, un village de montagne du Chouf, à environ 50 kilomètres au sud-est de Beyrouth. Pour l'instant, explique Fadel, « les conditions ne sont pas réunies pour que les autres membres de la famille puissent rentrer vivre ici ». Avec son neveu Abbas, âgé de 17 ans, il essaie de réparer les dégâts subis par leur maison. Le jeune garçon contribue aux dépenses familiales en ramassant du cuivre et du fer, qu'il vend quelques dollars le kilo, mais il devrait bientôt reprendre ses études. « Mon école à Mayfadoun [un village voisin, ndlr] a été bombardée, alors les cours se font en ligne », explique-t-il. Il aime les langues étrangères et apprend le français. À l'avenir, il souhaite poursuivre ses études et aller à l'université. « Les gens pensent que nous n'avons pas d'ambitions ou de rêves ici, mais ce n'est pas le cas. »

Deux hommes dans un salon avec un paysage montagneux en arrière-plan. Deux canapés visibles.
Fadel et Abbas dans leur maison.

Malgré les destructions, les habitants s'engagent pour retrouver une certaine normalité. Les plus jeunes participent aux opérations de nettoyage. Il y a quelques semaines, des volontaires de la communauté ont participé aux travaux de restauration de l'église catholique Notre-Dame de l'Annonciation, dans ce village à majorité chiite.

  • Un mur en ruine avec un trou, révélant une icône religieuse derrière.
    L'église catholique de Notre Dame de l'Annonciation, partiellement détruite.
  • Intérieur d
    Les habitants de ce village à majorité chiite ont participé à sa restauration.

« Nous en avons marre de la guerre », lance Fadel. « Nous avons perdu nos enfants, nous avons perdu nos maisons. Il ne nous reste plus rien. » Pour de nombreux habitants du Sud-Liban, la situation actuelle rappelle celle qui a suivi le cessez-le-feu instauré en novembre 2024 : une trêve de façade, tandis que sur le terrain le statu quo se consolide avec la poursuite des opérations militaires et de l'occupation. Beyrouth et Tel-Aviv poursuivent les négociations — les dernières sessions se sont tenues cet été à Rome et devraient reprendre en octobre —, mais pour l'instant, la situation semble figée dans une impasse. « Le gouvernement a promis de nous aider, mais nous avons besoin de résultats concrets, sinon ce ne seront que des paroles en l'air », dit le maire de Zawtar El-Gharbiyeh.

21.09.2026 à 06:00

Sylvain Cypel
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Principal concurrent de Benyamin Nétanyahou pour les élections générales du 27 octobre, le général Gadi Eisenkot surfe sur le rejet du premier ministre israélien par une fraction importante de l'opinion publique. Sur l'avenir des Palestiniens, thème peu présent dans la campagne, il s'inscrit dans le consensus d'un refus de tout État pour eux. Les électeurs israéliens sont incurables. Quand il faut décider, leur regard se porte en premier lieu vers les généraux. Les élites sécuritaires — (…)

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Texte intégral (3992 mots)

Principal concurrent de Benyamin Nétanyahou pour les élections générales du 27 octobre, le général Gadi Eisenkot surfe sur le rejet du premier ministre israélien par une fraction importante de l'opinion publique. Sur l'avenir des Palestiniens, thème peu présent dans la campagne, il s'inscrit dans le consensus d'un refus de tout État pour eux.

Les électeurs israéliens sont incurables. Quand il faut décider, leur regard se porte en premier lieu vers les généraux. Les élites sécuritaires — armée, services spéciaux — sont les détenteurs de la pensée juste. Historiquement, ils sont une grosse quarantaine à avoir dirigé les ministères régaliens les plus importants, et trois d'entre eux — Yitzhak Rabin, Ehud Barak et Ariel Sharon — sont devenus premiers ministres. Le dernier en date à créer son parti dans l'espoir de devenir premier ministre après les élections législatives du 27 octobre 2026 se nomme Gadi Eisenkot.

Il a été, bien entendu, chef d'état-major (2015-2019). Après le 7 octobre 2023, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou l'a invité à entrer dans son cabinet de guerre. Mais les dissensions entre les deux hommes sont vite apparues. Eisenkot misait sur une guerre à Gaza aux objectifs bien fixés et réalistes. Nétanyahou envisageait de la poursuivre jusqu'à la « victoire totale », sans jamais définir les buts et les termes de cette victoire, pour l'inscrire dans une transformation politique plus radicale de la région — transformation pas plus définie, d'ailleurs.

Nétanyahou, un menteur pathologique

Aujourd'hui, Eisenkot mène aux élections un nouveau parti nommé Yashar. Le mot signifie « droit », mais aussi « honnête », ou « juste ». Il pourfend un Nétanyahou dépeint comme un menteur malhonnête pathologique, tant politiquement que personnellement. Pour l'emporter, lui, le néophyte en politique, joue sur trois fibres essentielles. La première concerne les échecs de Nétanyahou — il remporte toutes ses guerres sans glaner aucun succès politique. La deuxième vise les manipulations des faits et les velléités du premier ministre actuel de réduire les droits des Juifs israéliens, menaçant ainsi leur démocratie. Enfin, sa troisième carte réside dans ses origines.

Fils d'une famille marocaine, il espère gagner à sa cause un nombre important de citoyens d'origine séfarade (orientale) — en particulier du Maroc. Ces Marocains ont quitté leur pays dans une opération du Mossad menée avec l'accord des autorités françaises et du futur monarque Mohammed V. Dans la décennie 1945-1955, ils ont organisé un exode massif des juifs marocains vers Israël. Les dirigeants sionistes, quasi exclusivement issus d'Europe centrale et orientale, dites « ashkénazes », entendaient faire venir le plus possible de juifs orientaux pour consolider le nouvel État. Ils voyaient dans ces séfarades des êtres inférieurs peu éduqués. Dans les années 1930, le grand poète sioniste Haïm Nahman Bialik aurait dit : « Savez-vous pourquoi je n'aime pas les Arabes ? Parce qu'ils ressemblent trop aux séfarades »… Des gueux incultes, pour résumer.

Gadi Eisenkot, né en 1960, a forcément connu cette époque où fleurissait en Israël un racisme ashkénaze de grande ampleur envers les juifs orientaux, venus du Maghreb, du Machrek ou de Turquie, dont le judaïsme était perçu comme inférieur par les élites ashkénazes. Au passage, cela démontrait leur propre ignorance de l'histoire juive, où le cœur méditerranéen, jusqu'au XVIIIe siècle, a été beaucoup plus riche, éduqué et actif culturellement, du Maroc à l'Irak, que dans les misérables shtetls (« petite ville » en yiddish) de l'Europe orientale ghettoïsée. L'historien israélien Shay Hazkani a décrit l'accueil effroyable octroyé dans les années 1945-1950 à ces yéménites, irakiens et maghrébins, et tout particulièrement aux juifs marocains1.

Ces Marocains au couteau entre les dents

Le chef d'état-major Ygael Yadin (1917-1984) traitait alors les juifs orientaux de « primitifs ». À l'époque, un terme en Israël désignait ces juifs arrivés de Rabat, Fez ou Marrakech : « Marocco sakin », le Marocain au couteau entre les dents. La cinéaste Michale Boganim a décrit comment, à leur arrivée, ces Marocains furent installés en quasi-totalité dans des bourgs déshérités2.

Cette population a rapidement manifesté une immense déception devant cette réception. « Nous sommes venus en Israël croyant trouver un paradis, nous y avons trouvé des juifs avec des cœurs d'Allemands », écrivait un soldat à ses parents3. Le mépris dans lequel sont traités ces orientaux suscita chez eux une détestation du régime. Or, ce régime était celui du suprémacisme ashkénaze, des « socialistes » du Parti travailliste, détenteurs de tous les pouvoirs. À droite, un homme va vite comprendre le potentiel politique de la rage des séfarades. Il s'appelait Menahem Begin (1913-1992). Il était chef du « parti révisionniste », le Hérout (« Liberté »), une droite ultranationaliste qui resta minoritaire durant les trente premières années du pays (1948-1977).

Lui aussi était ashkénaze, mais il se faisait le porte-parole des revendications de ces nouveaux immigrants, ces séfarades si méprisés. Il jouait de leurs souffrances : ils étaient juifs et voilà qu'on les traitait comme des Arabes. C'est sur cette musique-là que Begin a gagné leurs suffrages. C'est une configuration coloniale commune : les populations coincées entre dominants et dominés (arabes) choisissent le soutien au camp des premiers pour ne pas voir leur propre statut sombrer dans le camp des plus faibles. Beaucoup des juifs orientaux — pas tous, évidemment — vont fournir en Israël les pires soldats du nationalisme chauvin anti-arabe.

Gadi Eisenkot vient de là. Son nom peut apparaitre typiquement ashkénaze. En allemand, Eisen, c'est le « fer », et Kot, le « fessier ». « Fessier de fer », la consonance sonne yiddish (la langue des juifs d'Europe centrale). Mais l'étymologie infirme cette piste. Azincot, Azenkoud, Eizenkot, ces noms signifient « gazelle » dans les dialectes amazighs situés entre l'Atlantique et l'Oued Draa, à 400 kilomètres d'Agadir. Le père d'Eisenkot est né à Marrakech, sa mère à Casablanca. Dans sa campagne, il a beaucoup fait de ses ascendances une arme politique. Il a également été le premier chef d'état-major israélien d'ascendance marocaine. Face à Nétanyahou, né Mileikowsky, il ne l'oubliera pas.

L'inventeur de la doctrine Dahiya

Sa carrière est celle d'un officier classique et ambitieux. Dès 1999, il est secrétaire militaire du premier ministre travailliste, Ehud Barak. Il sera patron d'une célèbre brigade, Golani, avant de devenir chef d'état-major, en 2015 — nommé par Nétanyahou. Il aura eu le temps de codifier une nouvelle « doctrine » de l'armée, la « doctrine Dahiya », qui tirait le bilan des déboires israéliens de l'attaque menée contre le Hezbollah en 2006, soldée par un échec (officiellement non reconnu). Deux ans plus tard, Eisenkot inscrit la doctrine Dahiya dans le codex militaire officiel. Elle prône que dans les guerres asymétriques, où l'armée d'un État se confronte à un ennemi « illégal » caché par une population qui lui est favorable, le seul moyen de l'emporter est d'utiliser contre elle de « frappes disproportionnées » sans distinction entre civils et combattants. « Une telle réponse est de nature à inscrire un souvenir durable renforçant ainsi la dissuasion », précise l'Institut sécuritaire de recherches israélien.

Le mot « dissuasion » a toujours été le mot clé de l'armée israélienne. Désormais, il signifie destruction totale. En octobre 2008, Eisenkot déclara :


Ce qui est arrivé au quartier Dahiya de Beyrouth en 2006 [la destruction quasi totale] arrivera à tous les villages qui servent de base à des tirs contre Israël. […] Nous y ferons un usage disproportionné de la force et causerons de grands dommages et destructions. Il ne s'agit pas de villages civils, mais de bases militaires. […] Il ne s'agit pas d'une recommandation, mais d'un plan approuvé. […] S'en prendre à la population est le seul moyen de retenir Nasrallah4.

Israël usera ouvertement de cette philosophie dans ses guerres suivantes à Gaza, en 2008-2009, puis en 2014. L'après 7 octobre 2023 sera l'apogée de cette vision, amenant l'armée israélienne à sombrer dans des pratiques génocidaires avérées.

Sorti de l'armée en janvier 2019, Eisenkot envisage, rapidement, une carrière politique, dans la tradition israélienne des militaires aux manettes. Il adhère à un parti centriste, Kahol Lavan (« Bleu et Blanc »). Élu à la Knesset aux élections de 2022, Nétanyahou fait de lui, cinq jours après le 7 octobre 2023, un ministre du cabinet de guerre. Le début de cette guerre lui est personnellement très douloureux. Fin décembre 2023, il y perd un fils, un soldat de 25 ans. Il y perdra encore deux neveux. Il manifeste son hostilité à l'attitude du premier ministre, qui persiste, avec l'appui de son gouvernement et de l'opinion israélienne, à clamer que la « victoire totale » est le préalable à la libération des otages.

En juin 2025, il quitte la Knesset et démissionne de son parti, l'Unité nationale, dirigé par… un autre ex-chef d'état-major, Benny Gantz, qu'il juge trop mou face à Nétanyahou. Trois mois plus tard, il crée sa propre formation, Yashar. Il fait de Yoram Cohen, un ex-chef du Shin Bet, le service de renseignement intérieur, son numéro 2. On est entre « sécuritaires ». Bientôt, Yaïr Lapid, chef du parti Yesh Atid (« L'espoir »), se rallie à lui. Son nouveau parti rassemble rapidement nombre d'ex-ministres de divers gouvernements, tous de la mouvance « centriste » hostile à Nétanyahou, critiques de la volonté du gouvernement de maitriser la Cour suprême.

Critique de la loi sur Israël État-nation

Depuis, Eisenkot martèle que s'il l'emporte, le pays reviendra aux fondements de sa déclaration d'indépendance, définissant Israël comme un État « juif » et « démocratique ». Seuls les Israéliens comprennent la nature non dite de cet engagement. En fait, Eisenkot se démarque politiquement de la « loi sur Israël État-Nation », votée en 2018, qui a imposé deux catégories de citoyens israéliens, aux droits différents sur une base ethnique : les juifs et ceux qui ne le sont pas — les Palestiniens citoyens israéliens. Par ailleurs, il promeut plusieurs actions rejetées par le Likoud, l'actuel parti dominant, et ses alliés des droites messianiques.

Il exige une commission d'enquête publique indépendante sur le fiasco du 7 octobre 2023, ce qui est la hantise de Nétanyahou. Il imposera aux jeunes ultras-religieux (les craignant-Dieu) et aux jeunes citoyens palestiniens soit un service militaire soit un service civil national, les obligeant de renoncer à l'exemption dont ils bénéficient aujourd'hui. La mesure est très populaire parmi les laïcs israéliens, qui payent indument une contribution — trois ans de service militaire — dont les « craignant-Dieu » et les citoyens arabes sont exemptés.

« Un État palestinien n'a plus lieu d'être »

Pour le reste, rien de neuf. Il insiste sur le renforcement de l'armée et des services de sécurité, un engagement impératif pour quiconque ambitionne de gagner une élection. Eisenkot promet d'améliorer le coût de la vie, l'éducation, la santé, les services publics, etc. Il entend, enfin, « faire d'Israël une puissance régionale majeure »5. Dans sa plateforme en dix points, il n'a pas un mot pour la situation des Palestiniens, pas même ceux citoyens israéliens, sinon leur possible insertion dans les forces armées…

Sur la question palestinienne, rien donc. Eisenkot s'en tient à l'air du temps. Avant le 7 octobre 2023, il avait mollement plaidé pour « deux États » à échéance indéfinie, avec les colons qui garderaient les villes et les terres prises aux Palestiniens et où Israël préserverait sa gestion de la sécurité, colonies, bases militaires, etc. Mais dès les lendemains du 7 octobre, le discours change. Désormais, « un État palestinien n'a plus lieu d'être », déclare-t-il6. Il devient « fermement convaincu de la nécessité d'une colonisation en Judée-Samarie ». Sa seule différence avec Betzalel Smotrich, le ministre annexionniste en charge de la Cisjordanie qui ne cache pas son intention d'en expulser tous les Palestiniens, c'est que lui veut coloniser « proprement ». « Cette colonisation doit être conforme aux intérêts nationaux de l'État d'Israël et à la loi ». Il n'y croit pas lui-même, mais son attitude est typique du camp anti-Nétanyahou, ceux qui craignent seulement que les pogroms des colons en Cisjordanie « nuisent à la réputation d'Israël », a-t-il dit7.

Pour l'après-scrutin, il laisse des portes ouvertes. D'un côté il, il est « prêt à discuter » avec beaucoup de ses adversaires actuels s'ils trouvent un terrain d'entente — hormis bien entendu les partis arabes8 et ceux des Juifs qui s'écartent des « valeurs de la Déclaration d'Indépendance », ce qui, dans son esprit, récuse l'ultra-droite raciste telle que les formations de Itamar Ben Gvir, Smotrich ou de l'ex-général Ofer Winter, nouvel arrivant dans la mouvance messianique. De l'autre côté, il souhaite un nettoyage des écuries : « Quiconque a occupé une fonction de direction ou de commandement le 7 octobre n'est pas apte à occuper une fonction [gouvernementale] à l'avenir. Il est inapte »9. Cela fait du monde, et place Nétanyahou en tête de liste.

Pourtant, certains plaident que tous ses propos ne sont que de vaines paroles. Le directeur du quotidien Haaretz, Aluf Benn, s'interroge. Selon beaucoup de sondages, le bloc des partis soutenant Nétanyahou et celui plébiscitant Eisenkot s'équilibreraient, avec, environ, 53 à 54 élus chacun (sur 120 députés). Les partis arabes obtiendraient 13-14 membres. Bref, un match nul est possible, probable même, d'après Benn10. Dès lors, note-t-il, les deux dirigeants, malgré leurs propos très aigres l'un envers l'autre, sèment derrière eux des petits cailloux qui « laissent entendre qu'ils pourraient gouverner ensemble ». Cela reste très improbable : les deux camps ont accumulé beaucoup de détestations mutuelles.

Mais en y regardant de plus près, conclut le journaliste, malgré leurs dissensions, pourquoi ne pas regarder vers un gouvernement d'unité nationale en cas de blocage ? Car il existe « la base d'une coopération post-électorale : tous deux s'opposent à un État palestinien ». Ils divergent sur tout le reste, mais, bien que personne n'en parle dans cette campagne, chacun sait que la question palestinienne est la clé de tout. Or, que pèsent les haines intestines israéliennes face à l'enjeu « existentiel » permanent ?


1Shay Hazkani, Dear Palestine, A Social History of the 1948 War, Stanford University Press, octobre 2021.

2Voir le film de Michale Boganim, Mizrahim, les oubliés de la Terre promise, 2022.

3Hazkani, op. cit.

4«  Israel warns Hizbullah : war would invite destruction  », Reuters, 10 mars 2008, repris de Yedioth Aharonot.

5Linda Dayan, «  Netanyahu biggest challenger : who is Gadi Eisenkot, and what does he stand for  », Haaretz, 14 juillet 2026.

6Simone Saidmehr, «  Who is Gadi Eisenkot, the Israeli politician who could dethrone Netanyahu  ?  », The Forward, 31 décembre 2026.

7Linda Dayan, op. cit.

8La Liste unie, réunissant les citoyens palestiniens et quelques juifs progressistes

9Ibidem.

10Aluf Benn, «  Between the lines : Are Netanyahu and Eisenkot signaling they could govern together  ?  », Haaretz, 8 septembre 2026.

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