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Les actualités O.P.C. L’Observatoire des politiques culturelles est un organisme national qui travaille sur l’articulation entre l’innovation artistique et culturelle, les évolutions de la société et les politiques publiques au niveau territorial.

Accès libre

28.07.2021 à 13:58

L'OPC en vacances

L'OPC en vacancesL'OPC sera fermé du 2 au 22 août. Toute l'équipe vous souhaite un bel été ! RDV le 23 août pour de nouvelles aventures.

Quelques ressources à emporter dans vos bagages : 

l'Observatoire n°58 : L'art d'humaniser la civilisation numérique

Une interview de Mame-Fatou Niang : Le secteur culturel à l'épreuve des discriminations

La météo des politiques culturelles par Guy Saez : quelles prévisions pour 2022 ?



 

27.07.2021 à 11:08

Le secteur culturel à l'épreuve des discriminations

Le secteur culturel à l'épreuve des discriminationsLe secteur culturel s’interroge lui aussi sur la place des personnes non-blanches et la diversité des récits, des imaginaires et des appartenances dans ses institutions et ses politiques publiques. Comment dépasser l'antagonisme et la binarité des positions actuelles entre universalisme et antiracisme ?

Une interview de Mame-Fatou Niang, maîtresse de conférence en littérature française et francophone (Université Carnegie-Mellon, Pittsburgh), pour enrichir et dépassionner le débat.

« Et si antiracisme et universalisme, loin d'être des entités irréconciliables, (…) traduisaient en réalité une seule et même exigence vis-à-vis de la République ? » (Slate)


16.07.2021 à 12:59

Hommage à Robert Abirached 1930-2021

Hommage à Robert Abirached 1930-2021Notre ami Robert Abirached est parti ce jeudi 15 juillet à l’âge de 90 ans. Magistral homme de théâtre auquel il a consacré une oeuvre d’une grande richesse, il fut professeur d’Université, journaliste au Nouvel Obs, Directeur du Théâtre et des Spectacles au ministère de la Culture dans les années 80. Convaincu par la grande ambition que représentait la décentralisation des politiques culturelles au-delà de celle, pionnière, du théâtre, il fut aussi de 1991 à 2002 un président concerné de l’Observatoire des politiques culturelles durant le mandat de directeur de René Rizzardo. Il accompagna quelque temps encore l’OPC tandis que Michel Fontès prenait sa suite. Il n’avait de cesse de faire entendre sa voix et son exigence en faveur du service public. D’un caractère enjoué, pétulant - parfois volcanique - Robert était profondément attachant. Il suivait toujours avec attention le parcours de l’Observatoire et ne manquait pas lui manifester sa solidarité et de lui apporter son soutien. Dans ce moment de tristesse et de peine, nos pensées vont à son épouse, à ses enfants et sa famille ainsi qu'à ses nombreux ami.e.s.

Jean-Pierre Saez, Vincent Guillon, Emmanuel Vergès


Pour Robert Abirached.

Au décès d'un ami, les images se bousculent… Souvenirs de réunions dans son bureau de directeur du théâtre au ministère de la culture, avec Augusto Boal, âpres négociations… ses interventions sur l'éducation artistique dans plusieurs rencontres de l'ANRAT (association nationale théâtre et éducation) que je dirigeais et qu'il avait soutenu dès sa création… notre collaboration à l'édition des quatre tomes sur l'histoire de "la décentralisation théâtrale" (Actes sud Papiers) qui demeurent une référence… la préface qu'il accorda à mon livre "Théâtre, éducation, jeunes publics : un combat peur en cacher deux autres" (Lansman)… l'hommage à Philippe Avron, notre ami commun, à la Maison Jean Vilar… son intérêt pour Jacques Lecoq dont il reconnu, avant bien d'autres, l'importance sur le théâtre contemporain… et ces très nombreux moments plus personnels, à Avignon, à Limoges, à Paris dans son petit bureau ou dans son restaurant chinois familier… très récemment encore un déjeuner, un coup de fil, des messages… Robert fut pour moi, comme pour tant d'autres, une rencontre essentielle, franche, sans concession, parfois bouillante et excessive mais toujours sincère et fidèle. Bref, une amitié profonde née de combats communs et d'intérêt marqué plus pour les personnes que pour les idéologies ou les postures. Cet homme-là manquera au monde théâtral. Cet homme-là manquera, oh combien, à ses amis !

Jean-Gabriel Carasso. 16 juillet 2021



Pour moi, Robert a représenté une sorte de « grand frère », bien plus savant et calé que moi, sur tous les sujets concernant le Théâtre. Il était déjà une référence quand j’étais étudiant à l’Institut d’Etudes théâtrales…Et j’avais lu avec joie ses critiques dans Le Nouvel Observateur : sa façon de parler des oeuvres et de la scène était une « pédagogie en acte », engagée et passionnée, ouvrant les débats.

J’ai connu Robert plus tard, juste après 1981, car il a toujours défendu la place des artistes et du partenariat dans l’Education. Et je me souviens que, jeune prof d’Ecole normale, j’avais pris rendez-vous avec lui et André Cabanis à « La Direction du Théâtre et des Spectacles » pour lui demander s’il accepterait la mise en place à titre expérimental d’un « Atelier Théâtre » pour de futurs enseignants dans l’Ecole normale où j’enseignais. Le « partenariat » se ferait, s’il en était d’accord, avec le Théâtre du soleil (Gérard Hardy, Georges Bonnaud, Lucia Bensasson…) et on y inviterait d’autres comédiens venant d’autres compagnies (comme ceux du Théâtre de l’Opprimé, des Arts de la Marionnette ou du Campagnol). Après avoir relevé ses lunettes sur le front, après m’avoir rappelé que son champ d’intervention était soit les Lycées, soit l’Université, il se leva et marcha dans le bureau quelques instants…Et il donna son accord pour que ses services se mettent en contact avec le Rectorat de Créteil et la Direction de l’Ecole normale. On allait mettre en place le premier "Atelier de formation Théâtre en partenariat » au sein d’une Ecole normale ! Je suis sorti rue Saint-Dominique en trouvant la rue bien plus large qu’en vendant : la joie communicative de Robert pour ouvrir l’avenir écartait les murs !

C’est cette image de la « réflexion active » et de l'ouverture d’esprit qui me reste de ce premier accueil, pour moi forcément très intimidant !

Et Robert fut ensuite, tout au long de ces années partagées, le compagnon de route fidèle. Lui qui avait fondé l’ANRAT pour que les deux professions Education et Culture se parlent enfin (selon le voeu de Jack LANG) fut attentif au développement des Ateliers Théâtre dans les collèges et les Lycées, à l’expérimentation du futur Bac Théâtre conduit en partenariat, au développement de tous les outils pédagogiques capables d’aider les pratiques et de renouveler l’approche du théâtre auprès des élèves.Et il initia les premières universités d'été conjointes (Education Culture) qui furent des lieux de brassage de tous les talents et de co-formation à la fois pédagogique et artistique.

Et puis, ce fut la belle aventure des quatre tomes de La Décentralisation théâtrale que nous eûmes le grand bonheur, Jean-Gabriel CARASSO et moi de coordonner dans les « Cahiers de l’ANRAT » publiés avec Actes Sud Papiers…C’est toujours avec le sourire et l'engagement qu’il acceptait d’intervenir dans des séminaires de l’Association pour transmettre cette histoire du théâtre public et ses valeurs.

Et c’est vers Robert que je me suis tourné en tout premier quand Jack LANG, mettant en place la Mission pour le Plan des Arts à l’Ecole, me demanda si j’acceptais de devenir Conseiller pour le Théâtre…Sarns l’avis de Robert, sans les échanges que nous avons eus alors autour d’un repas partagé dans son quartier, je n’aurais jamais eu le courage (ou l’audace) d’accepter cette « mission » et ce poste.
Je savais qu’en cas de doute et d’insuffisance, je pourrais toujours l’appeler ou le voir. Sa bonhommie, son goût de la discussion, son souci de faire progresser la lourde machine administrative : tout cela était ma bouée de sécurité et mon repère rassurant pour de vrais partages, sans autres enjeux que le bien commun à rechercher.

Nous nous sommes souvent revus, croisés, appelés, retrouvés (pour la Légion d’Honneur de Michel Vinaver à la SACD) ou plus récemment pour échanger sur la difficulté à maintenir une place digne et suffisante pour le Théâtre dans la politique du nouveau Lycée « Blanquer »...

J’ai beaucoup de peine, comme vous tous. Nous sommes nombreux à perdre un ami, un initiateur et un sourire de complicité enjouée.

Mais le Théâtre nous rassemble au-delà des séparations et des douleurs : ses livres, sa pensée, son goût de l’action nous relient pour longtemps à lui et nous engagent à poursuivre la route en pensant à ce qu’il dirait, à ce qu’il ferait….
La force d’une pensée et d’un esprit reste en nous, comme un promesse. A sa famille, à ses proches, à ses amis si nombreux j’adresse ce petit message, témoin d’un parcours fraternel et fidèle.


Jean-Claude LALLIAS
Conseiller Théâtre
Réseau canope / Education nationale
Membre d’Honneur de l’Association nationale de recherche et d’action théâtrale (ANRAT





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