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Les actualités O.P.C. L’Observatoire des politiques culturelles est un organisme national qui travaille sur l’articulation entre l’innovation artistique et culturelle, les évolutions de la société et les politiques publiques au niveau territorial.

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07.05.2021 à 15:55

#21 La veilleuse de l'OPC : culture et santé

#21 La veilleuse de l'OPC : culture et santé« Semblable à une rencontre humaine, parfois capable de déclencher un sentiment presque amoureux, une œuvre agite quantité de neurotransmetteurs et d’antidouleurs dans notre cerveau. Oui, l’art fait du bien » note Christophe Averty dans Le Monde. Influence positive tout au long de la vie ou compléments thérapeutiques dans les soins de santé, le rôle des arts et de la culture dans le bien-être et la santé est reconnu par l’OMS depuis 2019. Ses vertus sont nombreuses : l'art nous offre du beau, de l'émerveillement, il régule nos émotions en nous stimulant ou en nous apaisant, il nous interpelle, nous fait réfléchir, nous ouvre sur le monde et sur soi, il nous relie à une « commune humanité », avec l’art on se sent moins seul…

S’il y a de multiples façons de fréquenter l’art, la musique a l'avantage d’être accessible de chez soi et se révèle un soutien précieux en temps de crise. Dans The Conversation, Diana Derval nous explique comment la musique nous fait vibrer et peut correspondre à un massage. Sabine Bachut dans L’Influx observe comment, dans le contexte du confinement, « la musique ambient devient aussi une forme de prescription musicale ». Emmanuel Bigand va jusqu’à défendre que « la musique a une importance fondamentale dans l'évolution de l'humanité ». Auteur de « La symphonie neuronale - Pourquoi la musique est indispensable au cerveau », il explore les effets de la musique sur le cerveau, ses bénéfices en termes de santé et d’éducation. La musique influence les êtres humains tout au long de la vie : « les petits ne parlent pas encore, mais ils chantent déjà, et les âgés ne parlent plus mais chantent encore ».


Mais alors comment la fermeture des lieux culturels peut-elle affecter notre santé psychique ? Le neurologue Pierre Lemarquis, auteur de « L’Art qui guérit », s’inquiète sur France Musique d’une vague de troubles psychiatriques : « en limitant l’accès à l’art, on tue ce qui donne envie de vivre ». Anne-Marie Dubois, directrice scientifique du Musée d'Art et d'Histoire (Hôpital Sainte-Anne), explique que l’accès à la culture permet de prendre du recul sur ce qui nous arrive, de nous inscrire dans une histoire et mieux surmonter des difficultés. Marine Raimbaud, psychiatre au GHU Paris Saint-Anne et invitée au colloque « Culture : essentielle ? » du Théâtre 14 restitué par News Tank Culture, indique l’importance du « rituel » dans la consommation culturelle (s’habiller, retrouver ses amis, fréquenter des lieux culturels chargés d’histoire…). « Regarder des séries en chaîne favorise la dépression », ajoute-t-elle. Thibaud Croisy dans Lundi matin note qu'il « est déconcertant d’être seul, exclusivement seul pour la première fois face à une œuvre d’art, une musique, un poème, des mots, et de vivre l’expérience esthétique sans la présence rassurante des autres. Ça fait frémir parce qu’on est seul devant soi. »


Cela n’est pas sans résonner avec le concept de « ©Santé Culturelle » développé par la psychanalyste Sophie Marinopoulos en 2019 dans un rapport pour le ministère de la Culture. Depuis une vingtaine d’années, elle observe que les enfants « présentent des signes de malnutrition culturelle », ainsi qu’une détérioration des liens parents-enfants. « Nos relations humaines se sont appauvries, nous parlons peu, moins ou alors sur un mode informatif. La narrativité a disparu des liens familiaux ». « Ce n’est pas avec des objets que le bébé veut communiquer, mais avec d’autres sujets, lesquels doivent lui proposer une véritable nourriture culturelle. » D’où l’importance d’une politique d’éveil culturel et artistique des jeunes enfants, telle que celle engagée par le ministère de la Culture. Prendre soin de la relation parents-enfants, « c’est prendre soin de l’humanité », indique Sophie Marinopoulos, invitée récemment outre-Rhin par la Fondation Genshagen. Elle défend l'idée que la santé culturelle, porteuse d’apaisement personnel et de pacification sociale, doit prendre sa place dans les programmes de l’OMS.


Carnet d'étonnements

Du théâtre livré à domicile. L’initiative de Teatro Delivery a été lancée par le comédien Ippolito Chiarello, invitant à créer en Italie des Unités spéciales de continuité artistique (Usca) pour faire face à la fermeture des théâtres. Roberta Paolini et Marica Mastromarino ont été les premières à se saisir de cette idée. Le public choisit un menu, passe commande, puis les 2 comédiennes délivrent à domicile des pilules de théâtre. Un acte qu’elles décrivent comme une forme de désobéissance civile.

S’élancer dans les airs et survoler les toits d'un Palais avec trois adeptes de freerun, ressentir l’immensité des fresques d'un Forum par des mouvements de danse aux influences hip hop, parcourir la richesse graphique des mosaïques d'un Hall d’honneur lors d'une balade poétique... C'est ce que propose la 4e édition du Festival « L’envers du décor » 100% numérique du Palais de la Porte Dorée. Une série de courtes vidéos réalisées à partir de créations d'artistes in situ et accessibles en ligne permet de découvrir ce chef d'œuvre art déco sous un angle sensible et décalé.


L’OPC sélectionne et éditorialise des informations sur les arts, la culture, la société et les politiques publiques. Pour y voir plus clair dans le bruissement des politiques culturelles. Vous pouvez vous abonner ici


06.05.2021 à 12:05

Vincent Guillon et Emmanuel Vergès, un binôme pour relever les nouveaux défis de l’Observatoire des politiques culturelles

Vincent Guillon et Emmanuel Vergès, un binôme pour relever les nouveaux défis de l’Observatoire des politiques culturellesC’est un duo – Vincent Guillon et Emmanuel Vergès – qui a pris la direction de l’Observatoire des politiques culturelles, le 5 avril 2021. Leurs trajectoires professionnelles se sont rencontrées à l’OPC il y a quelques années où ils ont arpenté ensemble les sujets de la coopération, des cultures numériques et des nouveaux modèles de politique culturelle. De cette expérience commune est né le désir de porter un projet de codirection.

Ce duo arrive à un moment important pour les politiques culturelles. D’abord en raison de la crise sanitaire qui a accéléré les effets de certaines transformations de fond des pratiques culturelles : leur digitalisation, bien sûr, mais aussi le fléchissement de la fréquentation de l’offre publique de culture parmi les générations les plus récentes.

En cela, la sortie de crise ne saurait se réduire à la relance d’un héritage de politique culturelle dont il est nécessaire d’accompagner l’évolution. Nécessaire en raison de la dimension profondément culturelle des questions politiques actuelles : qu’il s’agisse de transitions écologique et numérique, de réinvention de la vie démocratique ou de rapports de domination dénoncés par les nouvelles mobilisations sociales de ces dernières années.

Le projet porté par Vincent Guillon et Emmanuel Vergès défend un principe « d’observation dans l’action » : c’est-à-dire une observation partagée et réalisée en coopération avec l'État, les collectivités, les réseaux professionnels, les citoyens, les artistes, le monde universitaire…, où la production de connaissances s’accompagne d’expérimentations de terrains et dont le renouvellement des formes doit renforcer le rôle de passeur ou de traducteur joué par l’OPC.

Vincent Guillon est politologue. Il était depuis 2015 directeur adjoint de l’OPC. Ses travaux de recherche à Sciences Po Grenoble l’ont amené à explorer différents aspects et contextes de la fabrique territoriale de l’action publique culturelle. Mais auparavant c’est en tant qu’acteur culturel qu’il a débuté sa vie professionnelle, principalement dans le giron des lieux intermédiaires, des arts dans l’espace public et de l’urbanisme culturel.

Emmanuel Vergès est ingénieur et docteur en information et communication. Il a commencé à oeuvrer à la Friche la Belle de Mai à l’époque des premiers Cyber-C.A.F.É.S. Il développe depuis 10 ans à l’office des projets et des dispositifs de coopération pour accompagner les transformations culturelles actuelles et penser la convivialité des outils numériques.


13.04.2021 à 16:12

#20 La veilleuse de l'OPC : Opéra, diversité, traduction, universalisme, décolonialisme

#20 La veilleuse de l'OPC : Opéra, diversité, traduction, universalisme, décolonialismeLe rapport sur la diversité à l’Opéra de Paris commandé par son directeur Alexander Neef pour « mettre en phase l’opéra avec la société française » n’a pas manqué de soulever intérêts et controverses. Le texte préconise, entre autres, de faire évoluer le concours d’entrée à l’école de danse et d’adapter les productions jugées trop stéréotypées. Qu’ils défendent leur attachement intellectuel et politique à l’universalisme ou au mouvement décolonial, beaucoup s’entendent au moins sur un point : celui de condamner le document. L’universitaire Isabelle Barbéris, dénonce ainsi « l’entrisme des positions décolonialistes » et une vision racialiste de la diversité, tandis que l’association Décoloniser les arts critique une approche trop restreinte qui ne permet pas une remise en question plus systémique des problèmes. Salariés et danseurs de l’opéra, à l’origine des discussions sur la diversité au sein de la maison, tiennent à préciser ne pas s’inscrire dans une démarche académique mais pratique, qui se veut créatrice et non destructrice. De son côté, le journaliste Frédéric Worms s’interroge sur les liens entre diversité et discrimination : l'absence de diversité à l’opéra pourrait-elle être le symptôme d’une discrimination ? S’appuyant sur un autre exemple, celui de l’Orchestre national de Paris, Constance Rivière pose le problème en amont du recrutement de ces grandes institutions culturelles : « comment se fait-il qu'en France, dans les conservatoires de musique classique, on constate si peu de diversité ? ». Le sociologue Bernard Lehman insiste pour sa part sur les effets de l’habitus, car « une imprégnation familiale favorise grandement l’accès à la musique savante (…). Ces distinctions sociales sont tellement marquées qu’elles existent même au sein de l’orchestre où certains instruments sont jugés plus prestigieux que d’autres. ». Le numéro 56 de la revue de l’Observatoire révélait une multitude d’expériences d’acteurs de terrain qui mettent en œuvre des stratégies de petits pas, d'affirmative action, pour tenter d’agir concrètement en faveur d’une plus grande égalité et diversité. Dans un autre contexte, aux États-Unis les colorblind casting, cherchent à éviter que le public ne s'enferme dans des représentations très datées et trop monochromes de nos sociétés. « Ils affûtent notre œil, stimulent notre sens critique », argumente La Süddeutsche Zeitung. Léonora Miano accuse, quant à elle, la tentation d'assigner l'autre à un rôle particulier en raison de son apparence et souligne l’importance, notamment pour les institutions, d’être conscientes de ce regard pour pouvoir le transformer.

« Cinq minutes de grâce, des semaines de polémique » résumait un article dans Médiapart à propos de la traduction du poème qu’Amanda Gorman, a déclamé lors de l’investiture de Joe Biden. Aux Pays-Bas, l’éditeur néerlandais du poème avait choisi Marieke Luca Rjineveld pour le traduire. Celle-ci s'est finalement retirée suite à une tribune de la journaliste Janice Deul qui soulignait l’occasion manquée de faire appel, pour cette traduction, à une écrivaine noire « dans un monde où les femmes noires sont si souvent marginalisées ». Un renoncement qui a généré son lot de réactions condamnant les dérives d’une « traduction identitaire ». Guillaume Erner partageait son incompréhension dans un billet sur France Culture : « l’exercice même de la traduction est la désidentification – traduire cela suppose d’accepter de quitter une identité pour une autre (…) traduire c’est parier sur l’idée même de l’universalité du genre humain. ». Lise Wajeman dans Médiapart notait que la polémique affecte particulièrement des pays avec une histoire coloniale. « En France, des postures qui peuvent plaider, de façon vindicative parfois, pour une ouverture à la diversité sont réinterprétées en tentatives d’assignations identitaires. Il y a là un point aveugle qui doit être interrogé ». Sans aucun doute faudrait-il surtout questionner le manque de diversité dans le monde l’édition, comme le déplore l'autrice Alice Zeniter.

On ne peut manquer de souligner, dans ces deux affaires, la polarisation des débats et leur cacophonie accentuées par les réseaux sociaux. Dès lors, comment trouver un autre chemin que celui de l’opposition binaire ? La politologue Justine Lacroix plaide pour s'interroger à nouveau sur ce que représente l'universalisme. « Quand je suis le débat français on a souvent le sentiment qu'on aurait le choix entre d'un côté un universalisme républicain, invoqué comme un argument d'autorité et de tradition (…). Et puis d'autre part une sorte de relativisme culturaliste, un enfermement dans les cultures. En réalité ce n'est pas comme ça que les choses se passent. L'universel ne relève pas d'une sorte de dogme surplombant, d'un ensemble de principes qu'on accepte tels quels. L'universel c'est une aspiration qui est toujours en construction. Qui est traversé d'une réflexion sur les façons de faire progresser ces aspirations universelles ».


Carnet d'étonnements

« Ce poème est un remède ». À l’hôpital de Lyon Sud, la psychologue Laure Mayoud propose à ses patients « des prescriptions de beauté ». Les personnes hospitalisées peuvent choisir dans une artothèque un tableau ou un poème qui leur parle et va les accompagner le temps de leur séjour.

Et si aujourd'hui, vous étiez « commissaire d'exposition » ! Avec Lizellba, outil de médiation culturelle, la Criée centre d'art contemporain à Rennes propose de s'amuser à monter sa propre exposition à partir d'œuvres extraites d’expositions récentes. Le jeu circule actuellement à Rennes hors des murs de la Criée et est accessible à toutes et tous en ligne.


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