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20.10.2021 à 21:57

Trinité-et-Tobago et la Chine s’efforcent d’améliorer les relations commerciales

observatoirenrs

La ministre du commerce et de l’investissement, Paula Gopee-Scoon, a déclaré que l’établissement des entreprises chinoises de Phoenix Park Industrial Estate améliorera l’état des relations

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Texte intégral 1664 mots

La ministre du commerce et de l’investissement, Paula Gopee-Scoon, a déclaré que l’établissement des entreprises chinoises de Phoenix Park Industrial Estate améliorera l’état des relations commerciales et de la coopération entre les gouvernements de Trinité-et-Tobago et de la Chine. Le parc devrait être achevé en mai 2022.

Elle s’exprimait lors du premier forum de coopération en matière d’investissement entre la Chine et Trinité-et-Tobago. Plus de 60 entités de Chine et de Trinité-et-Tobago ont participé à ce forum virtuel.

Le domaine comptera deux lots louables pour l’activité commerciale, 76 lots pour l’activité industrielle légère et cinq zones de 50 000 pieds carrés.

L’ambassadeur chinois Fang Qui a déclaré que la Chine était la seule grande économie à enregistrer une croissance positive à l’horizon 2020. Le total de ses importations et exportations de marchandises a dépassé 4,9 milliard de $, tandis que ses investissements à l’étranger ont dépassé 130 milliards $, faisant de la Chine le plus grand investisseur étranger au monde. Le commerce entre la Chine et ses partenaires de coopération de l’initiative la Ceinture et la Route a dépassé à lui seul 1 350 milliards $. Au cours du premier semestre 2021, le PIB de la Chine a augmenté de 12,7 %, et le volume total de ses échanges commerciaux a augmenté de 27,1 % pour atteindre la somme de 2 800 milliards de dollars.

« La Chine a remplacé les États-Unis en tant que plus grand marché pour le commerce de détail et les biens de consommation. Nous sommes convaincus que le rajeunissement national de la Chine est devenu une fatalité historique. »

Il a déclaré que le Trinité-et-Tobago est l’un des partenaires les plus importants de la Chine et que la Chine est prête à faire des efforts continus pour stimuler davantage la coopération dans l’ère post-covid.

La ligne directrice du 14e plan quinquennal de la Chine et les objectifs à long terme jusqu’en 2035 présentent de grandes similitudes avec la Vision 2030 de Trinité-et-Tobago, notamment en ce qui concerne l’esprit centré sur le peuple, l’accent mis sur un développement de haute qualité, la coopération internationale et le développement vert.

Phoenix Park est un « endroit unique » selon le gouvernement, pour les investisseurs nationaux et internationaux cherchant à établir des opérations à Trinité-et-Tobago

Aujourd’hui, Trinité-et-Tobago lève les mesures restrictives et rétablit la production de manière ordonnée, rouvre ses frontières et attire les investissements étrangers afin de réaliser la stratégie de diversification économique. Cela offre de plus grandes opportunités pour notre coopération économique, commerciale et d’investissement.

L’ambassadeur chinois, M. Fang a déclaré qu’il espérait que les participants au forum réfléchiraient aux moyens de consolider la coopération dans des domaines tels que l’énergie, l’industrie légère, les télécommunications et les infrastructures, et qu’ils exploreraient activement les possibilités de collaboration dans les domaines des nouvelles énergies, des technologies de l’information, de l’économie numérique, de l’économie marine et d’autres industries d’avenir.

Mme Gopee-Scoon a déclaré que Trinité-et-Tobago est devenu le premier pays anglophone des Caraïbes à adhérer à l’initiative la Ceinture et la Route, le 14 mai 2018. Elle a noté la croissance positive de l’économie chinoise au cours des deux dernières années.

« Je trouve que c’est une position vraiment louable et je reconnais qu’elle est due à l’expansion continue des entreprises multinationales chinoises, aux fusions et acquisitions et aux projets en cours de l’initiative la Ceinture et la Route ».

« Le plus important pour nous, bien sûr, est la possibilité d’attirer davantage d’investissements chinois en Trinité-et-Tobago, car notre pays, comme beaucoup d’autres dans notre région, se remet progressivement de l’impact négatif de la pandémie de covid19 sur les investissements directs étrangers mondiaux ».

Elle a déclaré que l’investissement étranger direct en Amérique latine et dans les Caraïbes aurait chuté de 45 %, « ce qui représente la plus forte baisse parmi les régions en développement ». Des facteurs tels que l’effondrement de la demande d’exportation et la baisse des prix des produits de base ont lourdement pesé sur nos perspectives d’investissement en ces temps incertains. »

Le président d’InvestTT, Sekou Alleyne, a déclaré que l’organisation avait travaillé avec le Beijing Construction Engineering Group ainsi qu’avec l’ambassade de Trinité-et-Tobago à Pékin, afin de faire connaître Trinité-et-Tobago en tant que destination d’investissement et de promouvoir le Phoenix Park Industrial Estate comme base d’opérations pour les entreprises chinoises.

Le directeur adjoint de l’Institut d’études américaines et océaniennes de l’Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique, Zhou Mi, a déclaré que certains domaines possibles de coopération bilatérale entre Trinité-et-Tobago et la Chine concernaient le changement climatique, la facilitation de la circulation entre les deux pays et le renforcement de l’économie numérique.

Le directeur des investissements d’InvesTT, Videsh Maharaj, a déclaré que les objectifs de la politique commerciale de Trinité-et-Tobago pour la période 2019-2023 étaient de fournir un meilleur environnement de facilitation et d’habilitation pour le commerce international, ainsi que la croissance de la production et de l’exportation de biens et services non énergétiques, de biens et services à haute valeur ajoutée, de la part du commerce de la Caricom, y compris le commerce des services, et de la part de marché au sein des marchés traditionnels et non traditionnels.

Il a indiqué que plusieurs textes législatifs régissaient le commerce en Trinité-et-Tobago, notamment les lois sur les investissements étrangers, l’impôt sur les sociétés, les douanes et les accises, les incitations fiscales, la santé et la sécurité au travail, l’impôt sur le revenu (en faveur de l’industrie) et les lois sur les zones de libre-échange et les zones économiques spéciales.

Les incitations, a-t-il précisé, comprennent des exonérations fiscales sur les droits de douane, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et l’impôt sur le revenu sur les dividendes et autres distributions, ainsi que des déductions fiscales telles que les déductions pour dépenses d’investissement sur les machines et équipements, les déductions pour formation, les déductions pour dépenses promotionnelles et les déductions pour parrainage.


Par Adrien Mugnier, Directeur de l’Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie


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06.10.2021 à 22:31

L’environnement et les nouvelles routes de la soie : des nouvelles opportunités économiques et durables

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L’arrivée au pouvoir de la nouvelle équipe dirigeante en 2012, avec Xi Jinping en tant que Président, va accentuer le désir du PCC d’agir en

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L’arrivée au pouvoir de la nouvelle équipe dirigeante en 2012, avec Xi Jinping en tant que Président, va accentuer le désir du PCC d’agir en faveur de l’environnement. De nombreuses lois et mesures environnementales ont pris forme et l’ambition de développer les énergies renouvelables et les activités économiques plus durables vont être annoncées lors du 12ème plan quinquennal (2011-2015). Ce plan, qualifié de « vert » par certains médias occidentaux, représente le véritable tournant de l’Empire du Milieu face à la question écologique.

L’environnement est aujourd’hui devenu un enjeu commercial et financier à travers les énergies renouvelables et le( développement des technologies vertes à l’image des voitures hydrogènes. La République Populaire de Chine (RPC) entend bien se servir de ce nouveau secteur lucratif afin d’accroître sa croissance économique mondiale et de poursuivre notamment, la Nouvelle Route de la soie verte, lancée en 2017 par l’actuel président Xi Jinping. Si les engagements internationaux climatiques peuvent représenter un frein à la croissance économique chinoise en imposant des restrictions d’émissions carbonées, il n’est pas question pour le gouvernement chinois de la voir diminuer. Afin de combiner cette volonté de puissance écologique au sein du système international et de maintenir sa croissance économique, Pékin développe et investit massivement dans ce nouveau secteur « vert », fort lucratif. En 2017, près de 145 milliards de dollars ont été investis par l’Empire du milieu dans les énergies renouvelables, contre 40 milliards pour les États-Unis. La RPC a réussi à s’imposer comme le leader des énergies renouvelables et des technologies bas-carbones en à peine vingt ans.

Les politiques gouvernementales, prises dès le début des années 2000, ont permis à la Chine d’atteindre ce niveau de développement. Durant les années 1990 et 2000, le gouvernement a massivement investi dans les énergies éoliennes faisant de la Chine l’un des plus grands producteurs d’éoliennes au monde. Néanmoins, la production était principalement réalisée par les grandes entreprises étrangères et non par les entreprises chinoises. Afin de posséder la connaissance et les brevets suffisants pour développer cette industrie, le gouvernement chinois a imposé en 2004, une loi indiquant qu’au moins 50% des éléments composant les turbines éoliennes devaient provenir d’entreprises chinoises. Dès 2005, le pourcentage a été revu à la hausse fixant le seuil à 70% d’éléments produits en Chine. Ainsi, les entreprises étrangères présentes sur le territoire chinois étaient dans l’obligation de transmettre une partie des connaissances technologiques aux entreprises chinoises ou bien de s’associer à des entreprises locales. De la sorte, la part des turbines produites en Chine a fortement augmenté : en cinq ans, la production est passée de 25 à 60% et quatre entreprises chinoises, Sinovel, Goldwind, Dongfang Electric et Guodian United Power, sont devenues les premières productrices mondiales de turbines éoliennes.

Ainsi, dès les années 2010, la stratégie chinoise a évolué mettant l’accent sur l’exportation des technologies chinoises à l’étranger, l’augmentation des capacités de production d’énergie éolienne et l’innovation technologique dans le secteur des énergies vertes. Les autorités chinoises se sont principalement consacrées à l’augmentation de la taille et de l’efficacité des turbines afin d’être plus compétitives sur les marchés occidentaux. Le Danemark et l’Allemagne se sont vus dépassés par la Chine sur ce marché où ils détenaient, historiquement, un avantage compétitif. Bien que la plupart des innovations et des brevets déposés proviennent encore des entreprises étrangères (les brevets scientifiques sont encore majoritairement détenus par les États-Unis, le Japon et l’Europe), Pékin a su tirer son épingle du jeu et devenir le premier producteur mondial de ce marché vert. La Chine possède aujourd’hui les plus grandes ressources éoliennes au monde : sa capacité de production d’énergie totale est estimée à 2548 GW, en 2013 et uniquement 60,83 GW étaient produits, atteignant 168,5 GW, en 2017.

L’énergie solaire connaît, au même titre que l’éolien, un développement rapide : la Chine est aujourd’hui le premier producteur mondial de photovoltaïque et représentait, en 2018, 30% de l’énergie solaire mondiale. La stratégie adoptée par le gouvernement chinois pour détenir les technologies et brevets nécessaires a été la même que pour le secteur éolien. L’industrie solaire chinoise ne représentait que 1% du marché mondial en 2003 : en 2008, le pays devient le plus grand producteur mondial d’énergie solaire. Le partenariat entre l’entreprise américaine First Solar Inc et le gouvernement chinois est à l’image de cette politique. Celui-ci lui a permis d’accéder aux technologies américaines afin de construire une centrale électrique solaire en Mongolie Intérieure.

Les efforts de Xi Jinping pour développer les industries vertes, tant sur son territoire que pour la production mondiale, lui permettent de détenir la première place mondiale de production d’énergies renouvelables. Les investissements chinois dans les énergies solaires ont augmenté de 100% en dix ans alors que la moyenne mondiale est de 45% et de 53% aux États-Unis. Globalement, les investissements dans les énergies vertes ont été multipliés par quinze en dix ans : ils étaient estimés à 8,8 milliards de dollars en 2005 contre 123 en 2017 devançant ainsi largement l’Europe avec 57,4 milliards et les États-Unis avec 56,9 milliards de dollars. Pour 2017 à 2020, les investissements chinois sont estimés à 360 milliards de dollars accentuant le désir de Xi Jinping de maintenir ce leadership. Les sources d’énergies dites durables devraient également représenter près de 20% du mix-énergétique chinois en 2030. Les ENR offrent ainsi la possibilité à Pékin d’allier puissance politique et développement économique à travers la thématique environnementale.

En plus des énergies renouvelables la Chine a réussi à détenir le quasi-monopole des terres rares : métaux utilisés dans toutes les nouvelles technologies, dont celles bas-carbones. La possession de ces métaux sur son territoire, lui a permis d’atteindre les connaissances suffisantes pour développer les nouvelles technologies « vertes ». Pékin est ainsi devenu indispensable aux autres pays souhaitant investir dans les technologies bas-carbones : 91% des importations de terres rares aux États-Unis proviennent actuellement de la Chine. Le Japon, premier pays producteur des technologies vertes comme les moteurs électriques et hybrides, dépend également de Pékin en y important 81% des métaux. Si la Chine en détient le quasi- monopole c’est que l’exploitation des terres rares représente une des exploitations les plus polluantes pour l’environnement. De la sorte, si les États cherchent aujourd’hui à diminuer leurs exploitations, Pékin n’a, lui, pas le même objectif. Il se justifie de l’utilisation et de l’exploitation de ces métaux pour la cause environnementale : polluer pour mieux dépolluer semblerait être la logique prônée par le PCC. De ce fait, 80 à 90% de la production de batteries électriques (nécessitant des métaux rares) est revendiquée par la RPC, s’imposant largement comme le leader mondial de ces technologies. En 2016, 43% des voitures électriques dans le monde étaient produites par des usines chinoises.

L’environnement est ainsi devenu un secteur lucratif pour la Chine grâce aux énergies renouvelables et aux technologies bas-carbone. Ses investissements lui permettent de soutenir sa croissance économique et d’affirmer sa puissance commerciale dans le monde. Leader du marché, Pékin assure ainsi sa crédibilité lors des négociations internationales climatiques. Depuis 2013, Xi Jinping lie son objectif de croissance économique et de puissance écologique mondiale à travers les Nouvelles Routes de la soie. A travers les investissements dans les énergies renouvelables et les technologies vertes, Pékin y voit des nouveaux investissements à l’étranger pouvant favoriser d’une part, les entreprises chinoises et d’autre part asseoir sa puissance internationale. Parallèlement, l’énergie est un secteur clé du projet des Nouvelles Routes de la soie : Pékin y sécurise ses ressources énergétiques. Le gouvernement chinois sait jouer de son développement dans le secteur énergétique vert afin d’asseoir son projet des Nouvelles Routes de la soie. Les ENR deviennent ainsi des nouveaux investissements à l’étranger au profit des grandes entreprises chinoises. En 2017, la Chine publie son « Belt and Road Ecological and Environmental Coorporation Plan » visant à développer les énergies renouvelables au sein des pays de la BRI. De la sorte, les compagnies nationales chinoises (NOC) sont les vrais piliers de la politique étrangère de Pékin. La plus grande entreprise électrique au monde, la SGCC (State Grid Corporation of China), au Pakistan, a été subventionnée par l’initiative chinoise pour permettre son expansion, trois milliards de dollars y ont été investis. En Égypte, la Chine investit également pour la modernisation du réseau électrique à travers ses propres sociétés. Plus récemment au Brésil, elle acquiert des nouvelles parts dans CPFL Energia.

Ainsi, afin d’accroître son leadership vert, le gouvernement chinois a annoncé en mars 2018, la création d’une agence de développement : la State International Development Cooperation Agency (SIDCA). Cette dernière a pour but de soutenir les investissements de la BRI en promouvant notamment le secteur des énergies vertes. Parallèlement, la Banque Asiatique d’Investissement dans les Infrastructures (BAII) et la Nouvelle Banque de Développement (NBD), où la Chine y détient 29% des droits de vote, financent des projets liés aux énergies solaires et éoliennes dans les pays de la BRI. En 2018, 3,5 milliards de dollars étaient promis pour le développement de l’énergie solaire, hydroélectrique et éolien dans les pays asiatiques par ces banques. Ainsi, à travers ces financements, la Chine cherche à gagner en visibilité dans le domaine des énergies renouvelables tout en favorisant le développement de ses propres industries. Les Nouvelles Routes de la soie offrent de nouvelles opportunités de marchés aux entreprises chinoises. Les investissements de l’État chinois dans les technologies vertes lui permettent de concurrencer largement les entreprises occidentales. L’entreprise chinoise Suntech détient les plus grandes usines électriques solaires au monde : elle produit et exporte ses panneaux solaires dans plus de quatre-vingt pays étrangers. Le développement rapide des sociétés chinoises pose de nombreux défis aux marchés européens : les panneaux solaires chinois sont 45% moins onéreux que ceux produits en Europe.

Si l’Union Européenne a réagi en 2013 en accusant la Chine de concurrence déloyale et en imposant une taxe anti-dumping sur les importations chinoises, cela ne freine pas Pékin à poursuivre ses investissements dans le secteur énergétique. Elle bénéficie d’une position quasi hégémonique en Afrique subsaharienne : entre 2010 et 2015, 30% des capacités électriques développées sur le continent étaient réalisées par Pékin. Les IDE, Investissements Direct à l’Etranger, et prêts chinois, destinés au secteur électrique, représentaient (sur ces cinq années) environ treize milliards de dollars : cela représente un cinquième des investissements total de la région africaine.

La BRI atteste aussi de l’actualité de la politique du « going out » lancée en 1999, visant à « sortir du pays » pour investir. Ainsi, les entreprises chinoises n’hésitent plus à investir à l’étranger dans le cadre de ce projet. La Chine promeut le développement de secteur stratégique où elle possède des avantages compétitifs : la construction d’infrastructures promues respectueuses de l’environnement. De ce fait, les contrats des entreprises chinoises auprès des gouvernements africains concernant la construction des barrages hydrauliques lui permettent de contre balancer les critiques environnementales : leur construction permet le développement de l’énergie hydroélectrique. Le barrage Tekeze sur le Nil en Éthiopie ou encore celui de Dickge Hong au Botswana ont été construits par l’entreprise chinoise Sinohydro Corporation. Détenue par le gouvernement chinois elle est la plus grande entreprise hydroélectrique de Chine : elle contrôle 70% du secteur hydroélectrique national et a réalisé plus de 260 projets dans 55 pays étrangers.

Les entreprises China Gezhouba et PowerChina investissent également dans le secteur hydroélectrique en Afrique : au Nigéria la construction d’une centrale hydraulique de trois GW est promise et la réalisation d’un parc éolien s’est achevée en Éthiopie en 2016. Les entreprises chinoises investissent également en Asie du Sud-Est, zone stratégique pour Pékin étant près de ses frontières, il convient d’entretenir la politique de « bon voisinage ». Elles construisent actuellement trois barrages au Cambodge. Les projets sont soutenus par les banques chinoises, principalement la China Export Import Bank et la China Development Bank, qui financent les projets dans les pays en développement, notamment les pays du bassin du Mékong, ayant passés des accords interétatiques avec Pékin.

Selon le rapport de l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA) publié en 2017, les investissements chinois à l’étranger dans les énergies renouvelables s’élevaient à 44 milliards de dollars, soit une hausse de 38% par rapport à 2016. Au Pakistan, pays au coeur de la stratégie de la BRI, car il offre un accès direct aux pays du Moyen-Orient à Pékin en évitant le détroit de Malacca, la société chinoise des Trois Gorges a investi environ six milliards de dollars pour construire la centrale hydraulique de Karot ainsi que trois parcs solaires. Afin d’encourager la transition énergétique des pays membres des Nouvelles Routes de la soie, Xi Jinping a ainsi trouvé le bon argument pour justifier des investissements entrepris par les sociétés chinoises.

Projet de la centrale hydraulique de Karot au Pakistan, dans le cadre du CPEC

Enfin, les entreprises chinoises arrivent de plus en plus à s’imposer dans le high-tech des technologies vertes et des ENR. L’entreprise chinoise Envision basée à Shangaï créé des turbines qui fonctionnent avec du vent à faible vitesse : cette nouvelle avancée permet d’installer des éoliennes proches des villes. De plus, grâce aux investissements du gouvernement, la Chine sait désormais produire des centrales à charbon ultra-supercritiques (nouvelle centrale à charbon présentée comme plus verte de la part des groupes énergétiques mondiaux) et également des lignes de transmission électriques à haute tension.

Ce savoir-faire encourage Pékin à investir dans les pays membres de la BRI et à lier écologie et croissance économique. Si les retombées économiques motivent le pays à investir dans les énergies renouvelables et à prendre en compte l’environnement dans ses échanges internationaux c’est également pour des raisons et problématiques internes. Les pollutions de l’air, de l’eau, des nappes phréatiques, ajoutées à la dégradation et l’érosion des sols ainsi que l’épuisement des ressources agricoles, naturelles et minières, ont fait prendre conscience au régime communiste chinois des limites de sa croissance économique. Si le PCC souhaite la maintenir comme telle, cela nécessite la prise en compte de l’environnement au sein de ses politiques publiques. La législation et le mode de fonctionnement du Parti n’encourageaient pas, avant la création du Ministère de l’environnement en 2008, la prise en compte de l’environnement.

Le ministère de l’environnement ne traduit pas nécessairement une amélioration des politiques publiques chinoises face aux enjeux écologiques, mais, il atteste la prise de conscience du PCC face à ces menaces. En 2007, pour la première fois, les autorités chinoises publient un rapport portant sur les conséquences du dérèglement climatique. Il confirme le dangereux impact de ce dernier dans le pays. Plusieurs régions vont devoir faire face à des hausses drastiques de températures qui vont entrainer une sévère réduction des réserves d’eau, principalement dans le nord de la Chine, mais aussi dans les régions proches de la rivière Yangtze et du barrage des Trois Gorges.

Ainsi, le développement des énergies renouvelables, tant sur son propre territoire qu’au-delà de ses frontières s’expliquent par les limites de son mix-énergétique, encore très tourné vers le charbon notamment. Aujourd’hui, les principales sources de pollution des gaz à effet de serre proviennent du charbon, du gaz et du pétrole, soit les trois éléments les plus utilisés dans le mix-énergétique chinois : les centrales thermiques à charbon, issues de l’ère maoïste, sont très polluantes, 1400 sont comptabilisées sur le territoire chinois, contre 647 aux États-Unis. Elles rejettent 375 millions de tonnes de cendres de charbon. De même, l’extraction du charbon dans les mines est également responsable de la pollution des nappes phréatiques et des problèmes d’érosion des sols. Si l’extraction du charbon pose déjà un problème environnemental, sa combustion est pire. La combustion du charbon serait responsable de près de la moitié des émissions polluantes de l’air (les PM2,5) ainsi que des émissions radioactives. Au niveau mondial, le charbon est à l’origine de près de 42% des émissions de CO2 : la Chine en est responsable à hauteur de 20%. Ainsi, les centrales thermiques à charbon sont devenues la cible des politiques publiques afin de limiter la pollution : les plus petites, soient les plus polluantes, ont été, pour certaines, contraintes de fermer. De la sorte, Pékin cherche à réduire sa dépendance face aux pays exportateurs de matière première afin de devenir plus autonome quant à sa production d’énergie et surtout de répondre aux différentes limites que connaît son mix-énergétique. Également, afin de réduire cette dépendance au charbon Pékin entend développer l’énergie nucléaire. En effet, cette dernière est pour la Chine un moyen de tendre vers une consommation d’énergie plus durable et moins destructrice de l’environnement.

Le ministère de la Protection environnementale en Chine indiquait que 36 réacteurs nucléaire étaient actuellement exploités et que 20 nouvelles centrales étaient en construction en 2020. Le but de la Chine est aussi d’exporter, dans le futur, l’énergie nucléaire aux pays membres des Nouvelles Routes de la soie. En juillet 2021, Pékin a construit un réacteur modulaire sur l’île de Hainan, dans le sud de la Chine. Il est censé devenir le premier réacteur au monde à entrer en service commercial selon l’agence de presse officielle Chine Nouvelle. Wang Shoujun, le PDG de l’entreprise chinoise CNNC (Compagnie nucléaire nationale chinoise) a indiqué que 72 pays prévoient de développer l’énergie nucléaire et 41 se situent le long des nouvelles routes de la soie. Les moyens mis par Pékin pour développer les technologies nucléaires lui ont permis d’établir sa présence au Royaume Uni, en Roumanie ou encore au Pakistan. En mars 2020, la China General Nuclear Power Corporation a établi un protocole avec le Kenya sur la formation de l’énergie nucléaire, rendant concret l’exportation des technologies et de l’énergie nucléaire chinoise. Wang Shoujin affirmait également que sept pays avaient déjà reçu six unités nucléaires et huit réacteurs.

In fine, l’énergie est au cœur du projet des Nouvelles Routes de la soie et les années à venir tendent à donner plus de place aux énergies renouvelables et aux énergies durables : pour Pékin le nucléaire en fait partie.


Pauline Bonnet est étudiante à l’Institut d’Etudes Politiques de Sciences Po Aix-en-Provence en master 2 Géostratégie défense et sécurité internationale. Elle se spécialise sur la place de la Chine au sein de l’ordre international et plus globalement sur la région asiatique.


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06.10.2021 à 22:20

Route de la soie numérique – Géostratégie des câbles sous-marins

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Les nouvelles routes de la soie bousculent l’ordre établi, elles participent à la course à la technologie et usent de différents canaux pour définir de

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Les nouvelles routes de la soie bousculent l’ordre établi, elles participent à la course à la technologie et usent de différents canaux pour définir de nouveaux standards, en particulier la nouvelle route de la soie numérique. Toutefois, l’ambition chinoise sur le contrôle des câbles sous-marins attise des tensions diplomatiques entre la Chine et les États-Unis. Le contrôle des câbles équivaut en réalité au contrôle de la transmission des informations à l’échelle internationale. Mais la Chine tient son rôle de bloc eurasiatique face à la périphérie américaine.

On retrouve donc sur l’échiquier mondial les champions industriels de la pose de câbles qui s’affrontent pour asseoir l’hégémonie des principales puissances mondiales. Etats-Unis et Chine en tête, mais aussi Russie et, très modestement, l’Europe : tous se livrent à des assauts répétés les uns contre les autres pour dominer le secteur. Les câbles se révèlent être un atout non négligeable pour mettre en marche une sino-mondialisation.

Comme le résume  Jean-Luc Vuillemin « Si demain matin tous les câbles sous-marins qui relient la Chine au reste du monde sont coupés, pour 99% de la population chinoise, il ne se passera rien du tout ».

Les câbles sous-marins représentent le système nerveux de l’infrastructure Internet. Ces derniers sont répartis au fond des océans et ils garantissent l’accès à internet aux différentes populations du globe. En effet, les 420 câbles disséminés à travers le globe qui font transiter 99% du trafic internet mondial, révèlent souvent des rivalités entre puissances étatiques concurrentes, afin d’assurer le contrôle d’infrastructures stratégiques. Les câbles sont ainsi un nouvel enjeu de puissance géostratégique pour les Etats. De ce fait, cette importance stratégique rend alors nécessaire l’étude de leurs enjeux et de leurs potentielles évolutions. Mais comprenons d’abord que si ces câbles sont aussi convoités aujourd’hui, c’est parce que pour les leaders du numérique, la vitesse de circulation des données revêt une importance cruciale. Leur mainmise sur les data, essentielle dans une économie de plus en plus numérisée, tend à se renforcer par la maîtrise de leurs voies d’acheminement. Par conséquent, la géopolitique des câbles sous-marins donne une nouvelle dimension à l’importance des espaces maritimes à l’heure de la globalisation. Ainsi, ils confortent les mers et les océans dans leur rôle d’interfaces.

Les Objectifs

Il est important de noter que la route de la soie numérique n’est pas simplement une initiative de politique étrangère chinoise, mais également une politique intérieure du gouvernement. Sur le plan intérieur, son objectif est notamment d’actualiser l’objectif « Made in China 2025 » de Pékin, en développant des capacités dans les technologies existantes et émergentes telles que les technologies quantiques, les voitures sans conducteur et l’intelligence artificielle. Le système mondial de navigation par satellite BeiDou vient d’être rendu pleinement opérationnel et offre une précision de l’ordre du millimètre avec des données post-traitement. Le programme lié à la route de la soie numérique soutient un objectif clé, à savoir faire de la Chine une superpuissance technologique et d’accroître son prestige international et ainsi renforcer sa puissance économique et ses capacités politiques et militaires. Pour ce faire, la Chine devra acquérir une plus grande autonomie technologique par rapport à ses rivaux géopolitiques, notamment les États-Unis.

La route de la soie numérique répond à plusieurs objectifs :

  • Faire de la Chine un leader mondial dans la fourniture de connectivité numérique d’infrastructure et faciliter son expansion mondiale,
  • Créer une infrastructure de connectivité numérique asiatique et mondiale davantage centrée sur la Chine.
  • Permettre à la Chine d’exercer une plus grande influence dans la définition des normes technologiques mondiales, notamment les cybernormes,
  • Développer le commerce électronique et les technologies financières orientés vers la Chine et d’influencer le discours mondial,
  • Permettre aux entreprises et aux autorités chinoises d’accéder à de vastes réservoirs de données étrangères.
Initiative de ville intelligente (orange) et les centre de données (vert)

Câbles sous-marins et stratégies politiques chinoises

La Chine a très vite saisi son importance en convoitant largement les câbles sous-marins dans le cadre de la route de la soie numérique. En premier lieu par la construction de réseaux de fibre optique sur le territoire des pays ayant rejoint l’initiative. Le développement des échanges engendre un développement des infrastructures terrestres et maritimes et de facto permet le développement de la sécurisation des ressources transportées, qu’elles soient matérielles ou immatérielles. Cette sécurisation passe par un accroissement de tous les domaines numériques supplantant les nouvelles routes de la soie.

En offrant un accès internet par le biais de son fournisseur officiel Huawei, la Chine entend ainsi connecter par ses propres moyens deux ou plusieurs ensembles géographiquement éloignés et assurer l’expansion de son projet. Le caractère technique de sa mise en place permet de retracer et comprendre l’enjeu sous-jacent de cette dernière quant à sa volonté de puissance.

Mais l’intérêt sous-entendu est aussi celui d’une politique de contournement face aux Etats qui cherchent à freiner les dynamismes chinois. La Chine contourne en effet son grand voisin Indien en faisant passer son projet par le Pakistan, lui permettant ainsi un accès à la mer par l’Ouest. Comme pour le détroit de Malacca, sa politique du contournement lui permet une capacité d’action plus large et une flexibilité face aux mutations qui l’entourent.

La Chine apparait dans de nombreux consortiums transpacifiques de câbles sous-marins reliant l’Afrique à l’Asie, on la retrouve par exemple sur le West Africa Coast System (WACS), Sea Me-We 3 ou encore SAFE.

Les groupes chinois Huawei, ZTE, China Telecom, China Unicom et China Mobile ont obtenu des contrats pour en bâtir en Birmanie, au Bangladesh, au Cambodge, au Kirghizistan, au Népal, en Ouganda et en Equateur. Au Pakistan. Par ailleurs, Huawei a récemment inauguré un réseau de 820 kilomètres à Islamabad, pour un coût de 44 millions de $, dont les 85% avaient été fournis par Exim Bank of China, une institution affiliée à l’Etat. Malgré que le Français ASN, l’Américain TE SubCom et le Japonais NEC dominent un marché de construction de câbles estimé à 2 milliards d’euros, la Chine compte également faire monter en puissance son propre champion, grâce au récent rapprochement entre Huawei Marine Networks et Hengtong Optic-Electric.

Carte des câbles sous-marins – TeleGeography 2021

Le cable PEACE

La Chine tisse sa propre toile au fond des océans, le symbole le plus marquant est le câble PEACE, financé par des acteurs chinois et lancé en 2018. Il contourne l’Inde, grande rivale, pour connecter l’allié pakistanais au reste de l’Europe depuis Marseille, et dessert aussi le Kenya. Le Pakistan & East Africa Connecting Europe, long de 12 000 km vise à rendre les services plus rapides pour les entreprises chinoises commerçant avec l’Europe et l’Afrique.

Ce système ouvert de faible latence offre la route la plus directe et à plus grande capacité d’Asie vers l’Europe. Son emplacement stratégique au cœur de la Méditerranée fait de la cité phocéenne une véritable porte d’accès numérique entre l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. C’est également le centre d’interconnexion qui connaît la plus forte croissance en Europe.

Les conséquences de la Route de la Soie numérique

La route de la soie numérique a permis à la Chine de bien se positionner en Asie pour exploiter l’infrastructure de connectivité numérique et d’atteindre une plus grande autonomie et influence technologiques qui étaient indispensables aux objectifs fixés par son gouvernement.

Jusqu’à présent, l’épine dorsale de cette infrastructure numérique est constituée de :

  •  Câbles à fibres optiques sous-marins et terrestres
  •  Réseaux cellulaires de nouvelle génération
  • Systèmes satellitaires nouvelles générations.

Grâce au soutien du gouvernement, à l’ingéniosité humaine et un immense marché intérieur, les entreprises chinoises ont progressé rapidement en matière de technologie et d’innovation, de production et d’exploitation dans ces trois domaines.

Le fait de relier la Chine à l’Europe et à l’Afrique orientale par le biais de ces lignes de communication, qu’elles soient routières, ferroviaires ou maritimes permet de favoriser en premier lieu les échanges entre les différents pays. Il apparait aussi que ce projet s’inscrirait davantage dans une vision du long terme avec pour but l’imprégnation de l’idéologie chinoise dans les pays concernés, en réponse au libéralisme américain. En effet, les routes de la soie induisent une imbrication et un enchainement de structures et d’actions favorisant l’émergence d’une nouvelle route de la soie digitale.

Le développement des échanges engendre un développement des infrastructures terrestres et maritimes et de facto permet le développement de la sécurisation des ressources transportées qu’elles soient matérielles ou immatérielles. Cette sécurisation passe par un accroissement de tous les domaines numériques supplantant les nouvelles routes de la soie.

Le « grand projet chinois » répond avant tout à un besoin de connectivité de la Chine au reste du monde. Pour se connecter et rentrer dans une politique d’ouverture extérieure, elle a donc la nécessité de fluidifier les nouveaux investissements, de sécuriser ses corridors commerciaux et d’apporter une modernisation des infrastructures dans lesquels passent les nouvelles routes de la soie. C’est notamment sur ce pari là qu’elle use du « bilatéralisme de masse », notamment au niveau des pays d’Afrique.

En offrant un accès internet par le biais de son fournisseur officiel Huawei, la Chine entend ainsi connecter par ses propres moyens deux ou plusieurs ensembles géographiquement éloignés et assurer l’expansion de son projet. Le caractère technique de sa mise en place permet de retracer et comprendre l’enjeu sous-jacent de cette dernière quant à sa volonté de puissance.

La participation potentielle d’entreprises chinoises au déploiement de câbles de télécommunications dans le Pacifique suscite l’inquiétude de Washington et de Canberra. La montée en puissance de la Chine dans le Pacifique préoccupe. L’Australie, ayant refusé en décembre 2018 la pose d’un câble sous-marin chinois sur son territoire, ce qui a été un signal. De l’autre côté, Américains et Chinois rivalisent de dépenses pour contrôler ces très stratégiques tuyaux de fibre optique. Ainsi pour protéger leurs câbles, les Etats-Unis se posent la question de créer des corridors à l’aide de barrières soniques. En conséquence de quoi, les tensions s’enveniment de plus en plus entre Pékin et Washington, dans laquelle chacun se dirige vers une fermeture de son marché aux technologies de son rival.

Derrière de simples câbles sous-marins se cachent de réelles préoccupations géopolitiques pour les États, qui perçoivent de plus en plus l’espace numérique, et ses infrastructures physiques, comme un nouveau lieu d’affrontement, de concurrences et de menaces inter-étatiques. En quelques années, le système câblier mondial s’est donc considérablement complexifié, sans pour le moment que n’émerge une véritable gouvernance mondiale concertée sur cette question. En effet, compte tenu de l’importance économique, politique et sociale que représente la connexion pour un État, ces infrastructures sont utilisées comme des instruments de puissance et d’influence par les acteurs qui les mettent en place, que ce soient des groupes privés ou des États.


Rania Salah – Analyste stagiaire auprès de l’OFNRS en 2021 – Etudiante en deuxième année de relations internationales à l’ILERI ( Institut Libre des Relations internationales ). Elle s’intéresse à la géopolitique et à la cybersécurité.


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