Médias
 GÉNÉRALISTES
Basta ·  Blast ·  Capital ·  France 24 ·  FTVI ·  L'Humanité ·  La Croix ·  LCP ·  Le Monde ·  La Tribune·  Le Figaro ·  The Conversation  ·  Mediapart ·  L'Autre Quotidien ·  Le Media
 MÉDIAS D'OPINION
AOC ·  Acta ·  Acrimed ·  L'Autre France-Presse ·  Issues ·  Les Jours ·  Le Monde Moderne ·  Médias Libres  · Marianne ·  QG ·  Rapports de force ·  Reflets ·  Rézo ·  StreetPress ·  LVSL
 OBSERVATOIRES 
Conspis ·  Inégalités ·  Information ·  Internet ·  Médias ·  Multinationales ·  Culture ·  Présidentielle 2022 ·  Routes de la Soie ·  Fact-checking AFP
+
Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie

Accès libre

04.05.2021 à 19:53

La Chine en Serbie – Une coopération commerciale et un partenariat stratégique global

observatoirenrs

Depuis son lancement en 2013, l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie suscite l’intérêt de nombreux pays à travers le monde, dont la Serbie, où

L’article La Chine en Serbie – Une coopération commerciale et un partenariat stratégique global est apparu en premier sur Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie.

Texte intégral 9025 mots

Depuis son lancement en 2013, l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie suscite l’intérêt de nombreux pays à travers le monde, dont la Serbie, où la Chine s’implante depuis des années maintenant.

Que ce soit en Afrique de l’Est avec une forte présence dans le secteur des infrastructures ferroviaires comme au Kenya, en Tanzanie ou en Éthiopie ; au Moyen-Orient par d’importants flux d’importations énergétiques ou encore en Asie du Sud-Est par le biais d’investissements stratégiques dans les infrastructures portuaires, l’Empire du Milieu poursuit son expansion économique à l’international.

A la recherche de nouveaux marchés pour écouler sa production, la Chine est aux portes de l’Europe. Au sein du Vieux Continent, la présence du dragon chinois est plus contrastée. Entre une Europe Occidentale relativement prudente à l’égard de la Chine et une Europe du Sud plus ouverte aux investissements, le « label économique » des Nouvelles Routes de la Soie est plus difficile à percevoir.

La Serbie, située en plein centre de l’Europe de l’Est, est au cœur de la stratégie européenne de la Chine. Petit pays de 8,7 millions d’habitants ne faisant pas partie de l’Union Européenne, la Serbie a déjà tendu la main au gouvernement chinois depuis maintenant quelques années. Mais qu’en est-il réellement de la coopération économique & commerciale sino-serbe ? Quelles sont les firmes chinoises implantées ? Après une analyse de cette coopération bilatérale, voyons ensemble les accords passés entre les deux pays et les projets en cours dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie.

La venue des Chinois en 2016, premier pion placé pour une coopération durable

La Chine s’intéresse réellement à la Serbie depuis 2009. Cette année-là avait été signé un partenariat stratégique global entre les deux parties concernées.

Durant la décennie 2010, les échanges économiques et commerciaux sino-serbes ont progressé de manière constante. Cependant, ce n’est qu’en 2016 que cette coopération commerciale connaît un souffle nouveau. Le 19 juin 2016, le président chinois Xi Jinping se rendait en Serbie dans le cadre d’une visite officielle. Dans les relations diplomatiques sino-serbes, cet événement ne s’était pas produit depuis 30 ans.

Par cette occasion, Pékin officialise son rapprochement avec l’ancien état yougoslave. Dans le cadre d’une relation diplomatique fortement attachée aux symboles et aux valeurs et basée sur les principes de l’amitié et la réciprocité, la Chine envoie ainsi un message fort aux pays européens.

Engagée à investir massivement en Serbie, la première puissance économique mondiale signe plus de 30 contrats de partenariats économiques, notamment dans le secteur des énergies, des infrastructures et des techniques agricoles.

Ce jour, Xi Jinping recevait le grand collier de l’ordre républicain de Serbie, plus haute distinction nationale remise par le Président de la République de Serbie, Tomislav Nikolić (2012-2017).

Tomislav Nikolić, le président serbe reçoit son homologue chinois Xi Jinping (Source : Xinhua)

La Chine saisit les opportunités de développement en comblant le manque d’infrastructures serbes

Légèrement moins riche que la Chine en PIB (PPA) par habitant, la Serbie est un pays d’Europe de l’Est en pleine croissance, à la situation macroéconomique tout de même fragile. Avec des taux de croissance de plus de 4% ces dernières années, la Serbie a entamé un vaste programme d’industrialisation et de modernisation de ses infrastructures. Dotée d’une base industrielle solide et dynamique, elle produit de nombreux biens manufacturés et équipements de transport qu’elle exporte majoritairement à destination de l’Europe (voitures, fils, moteurs électriques…). Ses échanges avec la Chine s’intensifient et la présence chinoise en Serbie est de plus en visible depuis le lancement de l’Initiative Ceinture et Route.

Figure 1 : Evolution et projection du taux de croissance serbe de 2015 à 2025 (Source : Statista)
Figure 2 : Principaux indicateurs de croissance et projections de l’économie serbe de 2018 à 2022 (Source : FMI)

Une coopération économique globale avec la Chine – un pacte gagnant-gagnant de plus en plus visible

La Serbie occupe une place stratégique aux yeux des chinois. Idéalement située en Europe Orientale, elle fait partie de la stratégie chinoise d’implantation en Europe. Regroupant la moitié des pays européens dans le cadre de l’initiative « 17+1 », la Chine a réussi à créer une union économique allant de l’Estonie, pays balte le plus au nord à la Grèce, véritable porte d’entrée vers l’Europe via la mer Méditerranée, comme en témoigne l’intégration du port du Pirée dans la route maritime commerciale. Celle-ci ne comprend aucun pays d’Europe Occidentale, avec qui la Chine préfère négocier de manière bilatérale. Appuyant fortement sur les divisions européennes, elle bénéfice d’un rapport de force largement en sa faveur. Cette supériorité dans les relations économiques lui permet de mettre en œuvre ses grands projets commerciaux de la façon dont elle le souhaite.

En intégrant la Serbie à sa stratégie européenne, l’Empire du Milieu mobilise les surcapacités de ses entreprises d’Etats (Soe – State-Owned-Entreprises) ayant acquis un avantage comparatif en matière d’infrastructures terrestres, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires.

Par le maillage territorial qu’elle propose et la création d’un vaste réseau de télécommunications, la Chine contribue à développer une véritable chaîne de valeur jusqu’en Europe. La Serbie, à l’image des Balkans, manque d’infrastructures terrestres et ferroviaires. La Chine apparaît donc comme un candidat favorable à la construction et à la modernisation des infrastructures serbes. En outre, l’acquisition d’actifs dans le secteur des énergies et des matières premières fait partie intégrante de la stratégie chinoise d’expansion et de puissance.

Figure 3 : L’Initiative « 17+1 », illustration de la coopération entre la Chine et les pays d’Europe Centrale et Orientale (Source : Medium)
Figure 4 : Les principaux clients et fournisseurs de la Serbie en 2019 (Source : Institut des statistiques de Serbie)

Comme le montre le document ci-dessus, la majorité des produits serbes sont à destination de l’Europe : l’Allemagne ou l’Italie, puissances économiques de premier plan parfaitement insérées dans la mondialisation et les pays frontaliers d’Europe Orientale (Roumanie, Bosnie, Monténégro, Hongrie, Macédoine…). La Chine ne figure pas parmi les principaux clients de la Serbie. Cependant, elle est son troisième fournisseur, comptant pour près de 10% de ses importations. La Chine fournit beaucoup de machines et équipements électriques et technologiques à la Serbie tels que des enregistreurs, ordinateurs, moteurs électriques, machines de bureau, écrans, valves, imprimantes. Dans un second temps, la Chine exporte des métaux (fer, aluminium, étain), des vêtements, du plastique ainsi que des produits chimiques (pesticides, produits de beauté, produits dentaires, encre). 

Figure 5 : Part des exportations chinoises à destination de la Serbie (Source : Vincent Gallet ; OEC Export)

En effet, l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie a permis de stimuler le commerce extérieur serbe. Chaque année, la Chine devient un fournisseur de premier plan de plus en plus important pour la Serbie. Depuis, 2013, les exportations chinoises vers la Serbie ont progressé de plus de 72%. Les machines venant de Chine ont également connu une importante augmentation (11% en 8 ans).

Figure 6 : Volume des exportations chinoises vers la Serbie de 2011 à 2019 (Source : Vincent Gallet)
Figure 7 : Part des machines chinoises dans les importations serbes (Source : Vincent Gallet ; OEC Export)

Pour résumer, la Serbie exporte 4 types de produits vers la Chine :

– bois (bois scié et bois brut)

– métaux précieux (zinc, ferroalliages, plomb, fer)

– tabac

– machines (équipements d’éclairage, réfrigérateurs, moteurs électriques, pompes, alarmes)

Ces 4 types de produits représentent la majorité des exportations serbes vers la Chine. Ils sont en volume très variable d’une année à l’autre, à la différence des importations serbes de produits chinois, qui en plus d’être en constante augmentation depuis 10 ans, regroupent principalement les mêmes types de produits d’une année à l’autre (machines en majorité, puis métaux et textiles).

Ainsi, la Serbie rééquilibre sa balance commerciale en augmentant son volume d’exportations à destination de la Chine. Ayant passé la barre des 100 millions USD en 2015, les exportations serbes vers la Chine sont en nette progression depuis 2016. En 2019, celles-ci représentaient 401 millions USD, soit plus du double de l’année précédente.

Figure 8 : L’augmentation rapide du commerce sino-serbe cette dernière décennie ( 2010-2019), reflet de la coopération économique via les Nouvelles Routes Européennes de la Soie (Source : Trading Economics)
Figure 9 : Les échanges extérieurs de la Serbie de 2012 à 2019 en milliards d’euros (Source : Institut des statistiques de Serbie)
Figure 10 : Part des principales catégories de produits dans les échanges commerciaux de la Serbie de 2010 à 2019 en % (Source : Institut des statistiques de Serbie)

Vente d’outils technologiques et militaires – Huawei à la conquête de nouveaux marchés pour vanter le modèle chinois

La coopération sino-serbe s’étend bien au-delà des échanges commerciaux de machines et matières premières. L’entreprise privée de télécommunications Huawei renforce sa présence en Serbie. Sur fond de tensions relatives au leadership et à la propriété intellectuelle avec le rival américain et de boycott des pays anglo-saxons (États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Nouvelle-Zélande…), la Chine poursuit la promotion de son propre modèle technologique faisant fi des menaces occidentales, notamment par l’implantation rapide de son fleuron informatique, Huawei. Afin de réduire le taux de délinquance en Serbie, près de 1000 caméras ont été installées dans la capitale dans 800 endroits. Exportant le modèle de safe-city asiatique (Singapour, Tokyo, Pékin) jusque Belgrade, la Chine accroît ainsi l’influence de son leader technologique en pénétrant les marchés européens en fort besoin d’infrastructures technologiques. Huawei propose également le déploiement de réseaux 5G sur le territoire serbe à l’avenir.

Du côté militaire, la Serbie fait le choix de la coopération avec la Chine et la Russie. La Serbie est le seul pays européen à disposer de drones chinois. De plus, Aleksandar Vučić, le président serbe, a passé un contrat d’armement avec la Chine à hauteur de 3 milliards USD, notamment l’achat d’un système de missiles chinois assurant la défense aérienne de son pays. Ce matériel militaire de dernière génération va permettre à la Serbie d’effectuer une lutte contre la contrebande et le terrorisme et de surveiller ses frontières. Toujours dans une logique d’industrialisation, les composants du matériel militaire viennent de Chine et l’assemblage est réalisé en Serbie.

Les Etats Unis pratiquent une politique d’ingérence dans les affaires militaires de la Serbie, en l’accusant de coopérer avec la Chine sur le plan de la défense nationale et en lui rappelant le coût et le risque que peuvent représenter cette assistance, perçue par les américains comme un enjeu primordial de souveraineté.  

Le choix de la technologie chinoise par les autorités serbes illustre l’expansion à grande vitesse du savoir-faire chinois en matière militaire et la baisse relative de la domination politique et militaire des Etats-Unis, résultat de leur façonnement du monde suite à la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945).

Figure 11 : Missile chinois Kai Shan – 1 (Source : Wikipedia)
Figure 12 : Caractéristiques du drone chinois Wing Loong 1 (Source : ISW News)

Les projets de la Chine en Serbie réalisés, témoignage d’une amitié « dure comme fer »

1) HBIS rachète l’aciérie de Smederovo

En 2016, l’entreprise sidérurgique Hebei Iron and Steel (HBIS) a racheté l’usine de Smederovo qui employait plus de 5 000 travailleurs pour 52 millions USD et a fondé HBIS Group, Serbia Iron & Steel. Cette opération commerciale chinoise a permis de relancer l’industrie de l’acier en Serbie, notamment en faisant venir des experts chinois et en employant la main d’œuvre locale. Anciennement laissée à l’abandon, fruit d’une mauvaise gestion et d’un sous-investissement, l’aciérie a été relancée et la production est largement repartie à la hausse.

2) Pont Mihajlo Pupin

La société China Road and Bridge Corporation (CRBC) a assuré la construction de ce pont reliant la municipalité de Zemun à la ville de Borča. La construction du pont a couté 170 millions d’euros, dont 25,5 millions ont été financés par le gouvernement de Serbie et 144,5 millions d’euros prêtés par la banque chinoise d’import-export Exim, avec une latence de trois ans, un taux d’intérêt fixe de 3 % par an et une période de remboursement de quinze ans. Il mesure 1 507 m de long, 29,1 m de large et 22,8 m de haut, avec six voies pour la circulation automobile et deux pistes pour les piétons et les cyclistes.

3) La première autoroute chinoise en Europe

Le 17 août 2019, en présence du président serbe a été inaugurée la toute première autoroute chinoise de Serbie et par extension d’Europe. Parfaitement inscrite au sein des Nouvelles Routes de la Soie, cette initiative réaffirme la place de la Chine dans son projet phare de connectivité entre l’Asie et l’Europe.

D’une longueur de 62,5 km et d’une largeur de 28,4 m, cette autoroute a été construite par le groupe Shandong Hi-speed, entreprise d’Etat leader dans la construction d’autoroutes.

4) Zijin Mining rachète la plus grande mine serbe

En 2018, l’entreprise Zijin Mining (groupe minier chinois) a choisi d’éteindre la dette de 200 millions USD de la plus grande mine de Serbie. Par cette occasion, elle permet de conserver les 5000 emplois locaux. Suite à une mauvaise gestion de l’entreprise et un faible intérêt des investisseurs étrangers à l’égard de la mine, la production de cuivre était restée au plus bas.  Zijin Mining a racheté cette mine et a permis de relancer la production de matières premières en Serbie. L’année suivante, le géant chinois Zijing Mining a pris une part de 63% de RTB Bor, grande entreprise serbe d’extraction de cuivre.

Projets sino-serbes en cours de réalisation

1) Ligne de train Budapest-Belgrade

Une ligne ferroviaire vise à relier les capitales hongroise et serbe. Cette ligne Budapest-Belgrade sera achevée d’ici 2025. Le temps de trajet aura considérablement réduit (2h30). 60 kilomètres ont déjà été construits.

2) Métro de Belgrade

Les deux entreprises françaises que sont Alstom et Egis ont signé un accord de 5,5 milliards USD avec l’entreprise chinoise Power China pour la construction du métro serbe de Belgrade dès l’an prochain. Long de 22 km, celui-ci sera opérationnel d’ici fin 2028. Des négociations sont en cours pour la construction d’une seconde ligne de métro. Alstom et Egis fourniront le système électrique et les rames de métro tandis que Power China construira un tunnel géant via une machine de forage.

Le tourisme, élément crucial du soft power de la Chine en Serbie

Afin de légitimer sa présence économique en Serbie, la Chine met en place tous les instruments à sa disposition. Enjeu de soft power, le tourisme chinois à destination de la Serbie s’est accéléré ces dernières années. C’est un moyen pour Pékin de renforcer son influence, notamment dans les domaines économiques, dans ce petit état de 8,7 millions d’habitants.

Depuis peu, la Chine a adopté un régime sans visa vis à vis de la Serbie. Des restaurants chinois ont également fait leur apparition au sein de la capitale serbe. Le nombre de tour-opérateurs et d’agences de voyages chinoises à destination de la capitale serbe a rapidement augmenté. A Belgrade, il existe des zones de passage à signalétique chinoise et même d’encadrement de la population par des policiers chinois. Ces mesures font partie de la stratégie d’exportation de la main-d’œuvre chinoise à l’étranger.

Les entreprises chinoises présentes en Serbie

HBIS est le 2ème producteur mondial d’acier après ArcelorMittal. Extrêmement compétitive, cette entreprise d’Etat de sidérurgie est leader sur le marché chinois. Avec un chiffre d’affaires supérieur à 50 milliards USD, cette compagnie est membre du Fortune Global 500. Elle a racheté en 2016 l’aciérie de Smederovo.

China Railway Group Limited figure parmi les sociétés phares des Nouvelles Routes de la Soie. Société de construction établie au Fortune Global 500, elle réalise des projets d’infrastructures en Afrique et en Europe dans le cadre de la BRI (Belt & Road Initiative).

China Road and Bridge Corporation (CRBC) – Fondée en 1979, c’est une grande société chinoise de construction, également fortement impliquée dans les investissements des Nouvelles Routes de la Soie. Elle construit des infrastructures de transport (autoroutes, ponts, tunnels) ainsi que des ports et des aéroports.

Linglong TireFabricants de pneus pour voitures, camions et bus depuis 1975, cette entreprise leader sur le marché chinois est très présente en Serbie. Elle dispose de 5 usines en Chine et une en Thaïlande.

Shandong Gaosu Société impliquée dans la construction de la première autoroute chinoise en Europe, cette entreprise d’Etat fondée en 1997. Disposant de plus de 25 filiales dans le monde, elle est une compagnie de premier plan au sein de la BRI.

Zijin Mining est une entreprise minière. 3ème entreprise de cuivre et 1ère entreprise d’or en Chine, elle est cotée aux bourses de Shanghai et Hong-Kong. Lancée dans un processus de rachat de mines à l’étranger, Zijin Mining opère sur plusieurs continents, notamment en Afrique (RDC) et en Océanie (Papouasie-Nouvelle-Guinée) où elle acquiert des parts importantes au sein des plus grands groupes du secteur minier.

AVIC est un groupe avionneur chinois fournissant du matériel militaire à la Serbie. Entreprise publique créée en 1993 et cotée à la bourse de Hong-Kong, elle promeut la route aérienne de la soie pour un développement du secteur aéronautique chinois à l’international.

Vincent Gallet – Analyste géopolitique à l’OFNRS

L’article La Chine en Serbie – Une coopération commerciale et un partenariat stratégique global est apparu en premier sur Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie.


28.04.2021 à 09:33

La Chine et le Monde #33 – Avril 2021

observatoirenrs

Retrouvez notre nouveau format de notre veille économique : « La Chine et le Monde ». Une veille économique mensuelle, au grès de l’actualité des routes de la

L’article La Chine et le Monde #33 – Avril 2021 est apparu en premier sur Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie.

Texte intégral 509 mots

Retrouvez notre nouveau format de notre veille économique : « La Chine et le Monde ». Une veille économique mensuelle, au grès de l’actualité des routes de la soie et des entreprises chinoises. Retrouvez cette semaine La Chine et le Monde #33.

On pourra y retrouver différents thématiques :

  • Une veille classique sur l’actualité récente des entreprises chinoises au contact d’acteurs étrangers. Aussi bien au plan national qu’international.
  • Une rubrique « Santé des entreprises » avec un focus sur deux entreprises du moment.
  • Une découverte d’innovation locale.
  • Un article co-publié avec notre partenaire sud-américain – Dialogo Chino.
  • Une rubrique sur la Route maritime de la Soie – « La BRI fait des vagues »
  • Une rubrique sur la Route aérienne de la Soie – « La BRI dans les airs»

Voici la Chine et le Monde #33 épisode à retrouver ici :

Veille économique de l’Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie

L’article La Chine et le Monde #33 – Avril 2021 est apparu en premier sur Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie.


25.04.2021 à 12:01

Le métro de Bogota, immense projet porté par la Chine sous financement mondial

observatoirenrs

La Chine et son consortium, China Harbour Engineering Company (CHEC), une filiale de China Communications Construction Company, a commencé les travaux sur la première ligne

L’article Le métro de Bogota, immense projet porté par la Chine sous financement mondial est apparu en premier sur Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie.

Texte intégral 1492 mots

La Chine et son consortium, China Harbour Engineering Company (CHEC), une filiale de China Communications Construction Company, a commencé les travaux sur la première ligne de métro à Bogota.

Le projet a fait l’objet d’un appel d’offres dans le cadre d’un modèle de conception-financement-construction-exploitation-maintenance-transfert (DFBOMT) et a été attribué au consortium APCA Transmimetro en octobre 2019, à l’issue d’un processus d’appel d’offres international. Cependant, les travaux ont été retardés pendant un an par un audit du processus d’appel d’offres.

Détail du projet de métro de Bogota

Le 20 octobre, le président colombien Ivan Duque a participé à une cérémonie de signature pour que le projet se poursuive, et les travaux de terrassement ont depuis commencé le long de la route à Bogota.

La ligne 1 du métro de Bogota est le plus grand projet d’infrastructure jamais entrepris en Colombie, avec un coût total de construction d’environ 4 milliards de $. La ligne devrait entrer en service en 2028.

La société publique Empresa Metro de Bogota est responsable de la mise en œuvre du projet. Elle a attribué la concession à un consortium comprenant CHEC (85%) et Xian Rail Transportation Group Company (15%). Les sous-traitants comprennent CRRC Changchun Do Brasil Railway Equipamentos e Servicos et Bombardier Transportation Espana.

Ouvrier chinois inspectant des rames de métro

Malgré le rôle du CHEC, la Chine n’est pas impliquée dans le financement du projet. Le gouvernement colombien fournit environ 70% du financement.

La Banque internationale pour la reconstruction et le développement, qui est administrée par la Banque mondiale, s’est engagée à fournir un programme de dette de 600 millions de dollars. La Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque interaméricaine de développement (BID) prêtent respectivement 480 et 600 millions de dollars EU.

Les trois institutions ont signé le paquet de dette en août 2018, les prêts à Emprea Metro de Bogota étant garantis par la République de Colombie. Il s’agissait du premier projet du secteur public financé par la BEI en Colombie, accordé dans le cadre de sa Facilité pour l’action pour le climat et l’environnement (CAEF), dans le but de favoriser l’atténuation du changement climatique en encourageant l’utilisation des transports publics et en contribuant à réduire les émissions de polluants.

Comme d’habitude dans les grands projets, une garantie de construction a également été mise en place par CHEC, garantissant la performance de l’entrepreneur.

En juin de cette année, la banque espagnole BBVA a signé un accord avec CHEC pour fournir une facilité de garantie de construction d’une valeur de 90 millions de dollars. Il s’agissait de la première transaction avec un client asiatique certifié vert par BBVA conformément à son cadre bancaire transactionnel durable.

En juillet, Empresa Metro de Bogota a vendu 2,4 billions de pesos (652 millions de dollars ) d’obligations sur la Bolsa de Valores de Colombia dans le cadre de son programme de financement. Les obligations à 23 ans sont garanties par le gouvernement. Ils ont reçu une note domestique AAA par Fitch, reflétant leur garantie souveraine.

Le métro circulera sur une voie surélevée pour éviter le risque de tremblement de terre, s’étendant sur 24 kilomètres à travers le soi-disant Corridor de Caracas dans le sud-ouest de la capitale, où la demande de transports publics est la plus élevée. Le projet comprendra la construction de 15 gares et l’acquisition de 30 trains. Le contrat d’exploitation et de maintenance a une durée de 28 ans.

Vidéo de présentation du métro de Bogota

CRRC Changchun Railway Vehicles et CHEC ont signé le contrat d’achat des trains le 16 octobre 2020 au siège de CHEC à Pékin. 

CRRC Changchun fournira 30 trains sans pilote du plus haut niveau d’automatisation (GOA4) pour la ligne 1 du métro en tant que fournisseur exclusif. Avec cet accord, l’entreprise se sera engagée à exporter environ 1 200 trains vers des clients d’Amérique du Sud.

Un projet pharaonique avec maitrise d’ouvrage chinoise mais financé par de multiples acteurs internationaux. Preuve s’il en est de la présence chinoise croissante dans le pays.


Par Adrien Mugnier, Directeur de l’OFNRS


L’article Le métro de Bogota, immense projet porté par la Chine sous financement mondial est apparu en premier sur Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie.


25.04.2021 à 11:53

HAROPA – Entretien avec Marc Laplace-Builhé, Liner Shipping Manager

observatoirenrs

Dans le cadre des entretiens que nous menons au sein de l’OFNRS, nous recevons aujourd’hui Marc Laplace-Builhé, Liner Shipping Manager chez HAROPA. Il nous éclaire

L’article HAROPA – Entretien avec Marc Laplace-Builhé, Liner Shipping Manager est apparu en premier sur Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie.

Texte intégral 1727 mots

Dans le cadre des entretiens que nous menons au sein de l’OFNRS, nous recevons aujourd’hui Marc Laplace-Builhé, Liner Shipping Manager chez HAROPA. Il nous éclaire sur l’intégration du port du Havre dans les Nouvelles Routes de la Soie et la place des entreprises chinoises telles que Cosco et ZPMC dans le secteur du transport maritime.

Propos recueillis par Vincent GALLET – Analyste géopolitique auprès de l’Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie (OFNRS)

A l’heure actuelle, quelle est la place du port du Havre dans les Nouvelles Routes de la Soie ?

Aujourd’hui, il n’y a pas vraiment d’investissements chinois liés aux routes de la soie à l’échelle d’HAROPA (Le Havre – Rouen – Paris). Il y a des investissements chinois par le biais d’actionnariats, présents bien avant l’initiative des nouvelles routes de la soie.

Sans parler des routes de la soie, le port du Havre est intégré dans toutes les routes maritimes et la Chine est une route maritime importante pour les compagnies maritimes qui desservent ce secteur. Cela date d’avant l’initiative politique du président chinois Xi Jinping.

Aujourd’hui, ce qui est le plus visible, ce sont les investissements des grands groupes chinois comme Cosco Shipping Lines où une vraie stratégie est facilement analysable. Nous le voyons principalement au port du Pirée, où les chinois ont fait un certain nombre d’investissements puisque la route maritime la plus rapide est bien celle du Sud pour le moment.

Avez-vous suivi en 2018 l’opération commerciale du Port du Havre, à savoir l’achat de 4 mégaportiques auprès de l’entreprise chinoise ZPMC (Shanghai Zhenhua Heavy Industries) ? A-t-elle permis au Port du Havre d’attirer les investissements chinois ?

ZPMC est le leader des fabricants de portiques. Aujourd’hui, lorsque vous souhaitez acheter des portiques pour traiter des navires de 25 conteneurs de largeur, vous n’avez pas énormément de choix au niveau de la concurrence. C’est du ZPMC ou du ZPMC ! Cela fait partie de l’appel d’offres du manutentionnaire qui a investi. Cela répondait à ses critères. Par

ailleurs, il y a aussi une stratégie de groupe à travers l’actionnaire principal de cet investisseur, qui est l’un des plus gros manutentionnaires dans le monde. J’imagine qu’il a un contrat global avec ZPMC. C’est un gros acheteur avec des terminaux partout dans le monde.

Il n’y a pas de stratégie de conquête de ZPMC. ZPMC est toujours le principal constructeur de portiques. De plus en plus de manutentionnaires ont une couverture mondiale avec une capacité de négociation importante.

C’est entre autre la qualité du portique et de son équipement technique qui permet d’apporter de l’efficacité au niveau du port. Qu’il soit chinois ou coréen, cela n’a pas d’incidence sur l’attraction des investissements. L’incidence serait plutôt des mannes d’intérêt des grands groupes chinois dans le développement de la logistique. C’est déjà le cas notamment dans le port du Havre avec Cosco qui commence modestement à s’intéresser à la logistique.

ZPMC, multinationale chinoise leader mondial sur le marché des équipements portuaires (Source : ZPMC)
Mégaportiques de l’entreprise chinoise ZPMC, équipements portuaires de haute qualité (Source : GeorgHH, 2007)

Les débouchés économiques vers l’Axe Seine représentent-ils un atout économique attractif aux yeux des chinois ?

HAROPA propose une solution logistique globale et notre terrain commercial dépasse largement l’Axe Seine. Notre couverture territoriale représente les deux tiers de la France.

S’il devait y avoir un intérêt logistique de groupe chinois, il s’agirait de développer des solutions multimodales pour aller jusqu’à Lyon ou Clermont-Ferrand par exemple.

Quelle est votre vision de la relation commerciale France-Chine dans votre secteur ?

La Chine est le premier partenaire commercial pour les importations d’HAROPA. Les plus gros volumes viennent de Chine, et ce, depuis quelques années. Tout cela est notamment dû aux conditions économiques. Je pense que cela va perdurer un certain temps.

Il existe déjà des réalisations, pas uniquement sur la partie maritime mais aussi sur la partie terrestre : des trains partent directement de Chine et arrivent en Europe.

Comment expliquez-vous la réticence des pays européens à l’égard de l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie ?

La réticence réside dans le fait qu’il y aurait une mainmise sur des corridors ou des installations. Je pense que l’exemple le plus frappant est certainement l’exemple grec.

L’objectif chinois est complètement centré sur l’Europe Centrale. Il existe une logique géographique chinoise qui vise à couvrir l’Europe Centrale par la Méditerranée et non pas par l’Europe du Nord.

Quels sont les impacts de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 sur la logistique et le commerce international ?

Quand vous n’avez plus de consommation, des engorgements se font puisque les commandes sont déjà passées et il faut à peu près un mois pour transporter la marchandise par la mer. De gros engorgements ont eu lieu dès le confinement. Du côté des importations, il y a eu plusieurs arrêts et ralentissements pendant un certain temps. Puis, tout est reparti à la hausse. Au niveau international, la vie du secteur maritime est souvent contrainte à toutes sortes d’événements incontrôlables. Haropa Haropa Haropa

Navire de Cosco Shipping Lines, premier armateur chinois (Source : Fleetmon)

L’article HAROPA – Entretien avec Marc Laplace-Builhé, Liner Shipping Manager est apparu en premier sur Observatoire Français des Nouvelles Routes de la Soie.


4 / 10

10