09.10.2026 à 13:47
Sinan Selen, président de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), le service de renseignement intérieur allemand, a alerté des députés début juin lors d’une réunion à huis clos au Bundestag.
Selen a mis en garde contre une stratégie de long terme des réseaux liés aux Frères musulmans, qui viserait à influencer la vie politique et les institutions allemandes.
L’accent est mis sur le fait qu’il ne s’agirait pas d’une logique de violence reposant sur des actes de terrorisme direct, mais plutôt d’un travail d’influence mené auprès d’élus, de responsables publics, d’associations et de structures de la société civile.
D’après les participants cités par le média allemand Bild, Selen a expliqué que ces réseaux chercheraient à peser sur certaines décisions politiques selon une vision inspirée de la charia, avec pour objectif de transformer progressivement la société.
Les partis de gauche seraient les principaux visés par ces tentatives de rapprochement et d’influence. Des démarches ciblées concerneraient notamment le SPD (Parti social-démocrate), partenaire de la coalition gouvernementale.
Début mai 2026, dans une réponse à une question parlementaire, le gouvernement fédéral indiquait toutefois ne pas disposer d’informations attestant d’une « infiltration ciblée » des partis représentés au Bundestag par des organisations islamistes.
Dans le même temps, l’exécutif refusait de détailler les activités des Frères musulmans, invoquant la protection des intérêts de l’État et du travail des services de renseignement.
Le BfV et plusieurs offices régionaux de protection de la Constitution classent déjà les activités liées aux Frères musulmans comme relevant de l’extrémisme et comme étant incompatibles avec l’ordre constitutionnel démocratique.
La stratégie décrite est celle d’une « islamisation par la base » : formation d’élites, implantation dans des associations, des centres culturels et des œuvres caritatives, puis influence sur les politiques d’intégration, d’éducation et d’autres domaines de l’action publique.
Il faut enfin rappeler que, contrairement à la France, l’Allemagne et l’Union européenne n’ont pas inscrit les Frères musulmans dans leur ensemble sur leurs listes des organisations terroristes. L’organisation et les réseaux qui lui sont associés continuent ainsi de bénéficier de financements et de participer à des événements organisés par des institutions publiques.
09.10.2026 à 13:42
Hervé Joly est un historien français, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l’histoire économique et sociale des élites et des entreprises en France et en Allemagne, rattaché au laboratoire Triangle, à Lyon.
Dans un message publié sur X (Twitter) le 27 septembre 2026, Hervé Joly a déclaré : « La reconnaissance d’un prétendu racisme anti-Blancs est un véritable appel à la guerre civile. »
Ce tweet réagissait à une émission d’Europe 1 portant sur la décision, dans l’affaire de Crépol, de juges d’instruction de retenir la circonstance aggravante de racisme anti-Blancs dans le meurtre de Thomas. Une décision qu’Hervé Joly présentait comme contraire à l’avis du parquet et « dangereuse ».
Dans un message complémentaire, Joly a précisé son raisonnement : selon lui, mettre en avant les propos d’« individus isolés peu structurés » pour reconnaître l’existence d’un racisme anti-Blancs reviendrait à légitimer, sous couvert de défense, un « racisme structurel » visant, selon lui, les populations d’origine immigrée en France.
Il avait auparavant soutenu qu’une insulte telle que « sale Blanc » pouvait être condamnée juridiquement comme une injure raciste, mais que cela ne démontrait pas, à ses yeux, l’existence d’un phénomène social « organisé et systémique » de racisme anti-Blancs.
Par ailleurs, il avait déjà suscité la polémique en avril 2026, lorsqu’il avait ironisé sur la hausse du taux d’homicides en France : « Oh là là, la France est passée en 10 ans de 1,16 à 1,28 homicide pour 100 000 habitants ! Vous avez senti comme votre vie a changé ? », minimisant ainsi la hausse de 10 % du sentiment d’insécurité dans le quartier ou le village, selon les chiffres de l’Insee.
Le même mois, il s’était également moqué de « l’électorat Bac-3 » du RN, une formule à connotation classiste peu surprenante venant d’un intellectuel de gauche raffolant de diversité ethnique mais méprisant les classes populaires.
09.10.2026 à 13:40
Le dimanche 4 octobre 2026, Esmaïl Baghaï (Esmaeil Baqaei), porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a condamné, lors d’une conférence de presse et dans un message officiel publié sur X, la « violence disproportionnée » et « injustifiable » qu’auraient exercée les forces de l’ordre françaises contre les lycéens manifestants.
Il a appelé la France à respecter les droits et libertés fondamentaux de ses citoyens et à garantir le droit de manifester pacifiquement, qualifiant les accusations de « violences policières » de « préoccupantes ».
Par ailleurs, le 6 octobre 2026, le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de France à Téhéran, Pierre Cochard, pour protester contre la « réponse violente » aux manifestations lycéennes et dénoncer des « violations généralisées et flagrantes des droits humains ».
Téhéran a également demandé à Paris d’ouvrir une enquête sur les signalements faisant état d’un « usage excessif de la force » par la police française.
Pour rappel, le mouvement « Femme, Vie, Liberté », qui avait débuté en 2022 en Iran, avait entraîné la mort d’au moins 551 personnes, selon la Mission internationale indépendante d’établissement des faits de l’ONU, tandis que plus de 20 000 personnes auraient été détenues, selon des chiffres repris par l’Union européenne pour la période 2022-2023.
D’autres bilans font état de chiffres beaucoup plus élevés. L’agence américaine HRANA (Human Rights Activists News Agency) a notamment avancé un bilan de 6 488 morts et 25 846 blessés, couvrant des événements survenus dans plus de 200 villes.
En réaction, le 7 octobre, le Quai d’Orsay a convoqué l’ambassadeur d’Iran à Paris pour protester contre ce que le ministère français des Affaires étrangères décrit comme une « campagne de désinformation » menée par les autorités iraniennes.