« Une constitution nationale et la liberté publique étant plus avantageuses aux provinces que les privilèges dont quelques-unes jouissaient, il est déclaré que tous les privilèges particuliers des provinces, principautés, pays, cantons, villes et communautés d’habitants sont abolis sans retour, et demeureront confondus dans le droit commun de tous les Français ». Lors de la nuit du 4 août 1789, les députés des États Généraux abolissent officiellement les privilèges et unifient les conditions juridiques du royaume. Le programme de la Révolution ne souffre alors d’aucune ambiguïté : la rupture avec la société d’ordres passe par l’égalité, non seulement des individus mais aussi des territoires devant la loi. Deux siècles plus tard, flotterait-il un parfum d’Ancien Régime au Palais Bourbon ? Le 23 juin, la majorité des députés vient d’y proclamer l’existence d’une « communauté insulaire, historique, linguistique et culturelle ayant développé un lien singulier à la terre corse » et de s'exprimer en faveur de l’autonomie politique de celle-ci. S’il venait à être définitivement adopté par les parlementaires à l’automne, ce retour en arrière serait lourd de conséquences.
Lire plus (202 mots)
« Une constitution nationale et la liberté publique étant plus avantageuses aux provinces que les privilèges dont quelques-unes jouissaient, il est déclaré que tous les privilèges particuliers des provinces, principautés, pays, cantons, villes et communautés d’habitants sont abolis sans retour, et demeureront confondus dans le droit commun de tous les Français ». Lors de la nuit du 4 août 1789, les députés des États Généraux abolissent officiellement les privilèges et unifient les conditions juridiques du royaume. Le programme de la Révolution ne souffre alors d’aucune ambiguïté : la rupture avec la société d’ordres passe par l’égalité, non seulement des individus mais aussi des territoires devant la loi. Deux siècles plus tard, flotterait-il un parfum d’Ancien Régime au Palais Bourbon ? Le 23 juin, la majorité des députés vient d’y proclamer l’existence d’une « communauté insulaire, historique, linguistique et culturelle ayant développé un lien singulier à la terre corse » et de s'exprimer en faveur de l’autonomie politique de celle-ci. S’il venait à être définitivement adopté par les parlementaires à l’automne, ce retour en arrière serait lourd de conséquences.