Site institutionnel de référence sur les questions européennes

Accès libre Hymnes européens

▸ les 12 dernières parutions

04.10.2022 à 18:51

Vers un seul et même chargeur pour nos smartphones et tablettes partout en Europe

Valentin

Un chargeur pour son smartphone, un autre pour sa console de jeux vidéo portable, et encore un pour l’appareil photo. Le tout emmêlé au fond d’un tiroir. Cette situation sera bientôt un mauvais souvenir après le vote du Parlement européen en faveur d’une proposition de directive sur le sujet, le 4 octobre. Celle-ci vise à […]

L’article Vers un seul et même chargeur pour nos smartphones et tablettes partout en Europe est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

Texte intégral (1324 mots)

Avec la proposition de la Commission, l'ensemble des appareils électroniques devraient utiliser un port et un cable USB-C (à gauche)
D’ici la fin 2024, l’ensemble des appareils électroniques utiliseront un port et un câble USB-C (à gauche) - Crédits : batuhan toker / iStock

Un chargeur pour son smartphone, un autre pour sa console de jeux vidéo portable, et encore un pour l’appareil photo. Le tout emmêlé au fond d’un tiroir. Cette situation sera bientôt un mauvais souvenir après le vote du Parlement européen en faveur d’une proposition de directive sur le sujet, le 4 octobre.

Celle-ci vise à doter les appareils électroniques de chargeurs universels et interopérables. Après l’approbation formelle du Conseil de l’UE, les Etats membres disposeront de 12 mois pour transposer les nouvelles règles dans leur droit national et de 12 supplémentaires pour les appliquer. Elles imposeront alors aux fabricants l’utilisation pour leurs appareils d’un port USB-C.

Un même chargeur permettra aux Européens de recharger tous leurs appareils. En effet, la mesure concernera l’ensemble des smartphones, tablettes, appareils photo numériques, casques audio, consoles de jeux vidéo ou enceintes connectées. Les ordinateurs disposeront d’un délai supplémentaire et ne devraient être concernés qu’à partir de 2026.

Le texte impose également d’harmoniser la technologie de recharge rapide. Autrement dit, un constructeur ne pourra plus brider la rapidité du chargement si son matériel est utilisé avec un autre appareil. En plus d’une meilleure information pour les consommateurs, la directive oblige les constructeurs à dissocier la vente d’un chargeur de celle d’un appareil électronique. Les consommateurs pourront ainsi choisir de ne pas en acheter un nouveau.

Le projet entre particulièrement en résonance avec le plan d’action européen pour une économie circulaire présenté le 30 mars 2022 par la Commission européenne. Son objectif : que la plupart des produits vendus sur le marché unique soient recyclables, réparables ou répondent à d’autres critères d’écoconception.

Moins de déchets… et de frustration

Pour les défenseurs du texte, la mesure répond à deux objectifs : engendrer moins de déchets et en finir avec les désagréments causés au consommateur.

Selon l’étude d’impact menée par les services de la Commission européenne, 420 millions d’objets électroniques portables sont vendus chaque année dans l’UE. La grande majorité d’entre eux accompagnée d‘un nouveau chargeur, rendant parfois inutile le précédent. Ces chargeurs “en double” généreraient ainsi 11 000 tonnes de déchets par an. La mesure proposée doit permettre de réduire ces déchets d’environ 1 000 tonnes.

La directive devrait également faire économiser aux consommateurs près de 250 millions d’euros par an, selon l’exécutif européen. “Cela fait suffisamment longtemps que les consommateurs européens sont agacés par l’accumulation de chargeurs incompatibles dans leurs tiroirs” avait déclaré Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission en charge du Numérique et de la Concurrence, à l’occasion de la présentation du texte.

Une idée qui ne date pas d’hier

La problématique du chargeur universel est un véritable serpent de mer à Bruxelles. Le dossier est en effet sur la table depuis 2009, date des premières propositions avancées par la Commission européenne. Depuis, le nombre de chargeurs a fortement diminué. Si bien que d’une trentaine à l’époque, on en compte désormais plus que trois : le port USB-C, utilisé par la majorité des smartphones sous Android, le port USB-B, son ancêtre amené à disparaitre à plus ou moins long terme, et enfin le port “Lightning” utilisé par Apple pour ses iPhones ou iPads.

Si la Commission européenne avait dans un premier temps opté pour une approche coopérative avec les fabricants, elle impose désormais l’utilisation d’un seul et même chargeur : l’USB-C.

Conflits en série avec Apple 

La marque à la pomme était la principale récalcitrante à l’adoption du chargeur universel. Depuis 2009, elle a systématiquement dénoncé ce projet, expliquant qu’il nuirait à l’innovation dans le domaine. “Le temps qu’il a fallu pour aller de l’avant avec ce projet montre le pouvoir d’Apple, qui jusqu’ici est parvenu à retarder le processus, pendant que d’autres constructeurs ont accepté d’utiliser le port USB-B, et maintenant USB-C”, expliquait l’eurodéputée verte Saskia Bricmont au New York Times en septembre 2021.

Ce dossier est loin d’être l’unique source de tensions entre la Commission européenne et le géant californien. Ce dernier ne voit pas forcément d’un très bon œil les deux textes visant à réguler le numérique au niveau européen : le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA). Apple et ses homologues de la tech ont ainsi fait bondir leurs dépenses en lobbying pour atteindre 97 millions d’euros, selon un rapport de Corporate Europe Observatory et LobbyControl en août 2021.

A cela s’ajoute la condamnation infligée en 2016 par la Commission européenne imposant à Apple de rembourser l’Irlande à hauteur de 13 milliards d’euros d’impôts impayés. 

L’article Vers un seul et même chargeur pour nos smartphones et tablettes partout en Europe est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

04.10.2022 à 12:30

L’Union européenne amorce un rapprochement avec Israël

Valentin

“L’Etat hébreu et l’Union européenne restaurent des relations privilégiées au sein de plusieurs institutions européennes”, annoncent Les Echos. Mardi 3 octobre, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell rencontrait “en personne le ministre israélien du Renseignement, Elazar Stern, et par visioconférence le Premier ministre, Yaïr Lapid”, rapporte la télévision espagnole RTVE. La réunion de […]

L’article L’Union européenne amorce un rapprochement avec Israël est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

Texte intégral (1745 mots)

Le ministre israélien du renseignement Elazar Stern a rencontré à Bruxelles le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell
Le ministre israélien du renseignement Elazar Stern a rencontré à Bruxelles le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell - Crédits : Conseil de l’UE

L’Etat hébreu et l’Union européenne restaurent des relations privilégiées au sein de plusieurs institutions européennes”, annoncent Les Echos. Mardi 3 octobre, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell rencontrait “en personne le ministre israélien du Renseignement, Elazar Stern, et par visioconférence le Premier ministre, Yaïr Lapid”, rapporte la télévision espagnole RTVE.

La réunion de ce conseil d’association, “créé en 1995, dans la foulée des accords d’Oslo” [Les Echos], a donné lieu aux “premières discussions de haut niveau depuis 10 ans” [Al Jazeera]. “L’UE a fait pression pour un ‘nouveau départ’ avec Israël depuis que le leader de droite Benyamin Netanyahou a quitté le pouvoir en 2021 après 12 ans à la tête du gouvernement”, note la chaîne i24 News, basée à Tel Aviv. Selon Le Monde, ce “geste politique” vise également “à soutenir le libéral Yaïr Lapid [chef du gouvernement depuis le 1er juillet dernier], avant de nouvelles élections législatives prévues le 1er novembre”.

Depuis le printemps, les diplomates des Vingt-Sept avaient négocié une “nouvelle position commune de l’UE, sorte de déclaration politique sur ses liens avec l’Etat hébreu” [Le Monde].

Soutenir les territoires palestiniens

Les jours précédents la rencontre, le haut représentant de l’Union s’était exprimé sur le conflit au Proche-Orient, rappelant notamment “qu’un rapport de l’ONU sur la situation dans les territoires palestiniens était ‘inquiétant’ “, relate la Deutsche Welle. “Nous sommes préoccupés par la persistance des tensions et de la violence sur le terrain, ainsi que par la poursuite des mesures unilatérales, telles que l’expansion des colonies, et les problèmes de sécurité”, a-t-il ainsi indiqué durant la réunion du conseil d’association, cite RTVE.

Mais Josep Borrell a également rappelé que les deux blocs s’étaient récemment exprimés en faveur d’une “solution à deux Etats” : “c’est aussi ce que nous voulons faire valoir. […] Nous devons étudier comment nous pouvons mettre cela en pratique”, a-t-il expliqué. “Autrement dit, il s’agit de reprendre le dialogue pour faire avancer la cause palestinienne plutôt que de se dresser vent debout face à l’Etat hébreu, ce qui exclut automatiquement toute capacité d’influence”, résument Les Echos.

Dans Le Monde, Clothilde Mraffko constate que l’Union européenne “a accordé plus de 852 millions d’euros d’aide humanitaire aux Palestiniens, finançant en partie les besoins des civils tels que garantis par le droit international”. Mais pour la correspondante du journal à Jérusalem, “Israël détruit régulièrement des structures financées par l’argent du contribuable européen, sans jamais être sanctionné”.

Diverses ONG ont ainsi réagi avec inquiétude à cette reprise du dialogue entre Israël et l’UE. Pour autant, “la lettre envoyée mardi 27 septembre par une soixantaine [d’entre elles], palestiniennes et européennes, pour obtenir l’annulation du conseil d’association […] n’y aura rien fait” [Le Monde]. “De même, les partisans de la ligne dure en Israël considèrent le rameau d’olivier de Bruxelles comme un signe inquiétant de la mollesse de Lapid sur la Palestine”, écrit Politico.

Énergie et nucléaire iranien

Restaurer de bonnes relations avec l’Union européenne était l’un des objectifs majeurs énoncés par Yaïr Lapid, lorsqu’il est devenu ministre des Affaires étrangères en juin 2021. C’est fait”, estiment Les Echos. Mais d’autres raisons ont également motivé ce rapprochement, selon le quotidien économique.

Celui-ci rappelle que “l’UE est le premier partenaire commercial d’Israël sans compter que des intérêts nouveaux ont émergé”. Le gaz offshore de l’Etat hébreu compense en partie celui de la Russie. Israël a également “renouvelé sa participation au programme Horizon de recherche et développement fin 2021, signé un accord cadre avec l’UE et l’Egypte sur la coopération énergétique, est sur le point de conclure un accord avec Europol et espère aussi signer des accords dans les domaines culturel, digital et sanitaire” [Les Echos].

L’UE et Israël, en revanche, ont montré leurs divergences sur l’accord nucléaire avec l’Iran, bien qu’ils se soient mis d’accord sur la nécessité de ‘tout faire pour empêcher’ Téhéran d’obtenir la bombe nucléaire”, complète RTVE.

Les autres sujets du jour

Agriculture

Asile et migration

Communauté politique européenne

Energie

Grèce

France

Hongrie

Numérique

L’article L’Union européenne amorce un rapprochement avec Israël est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

03.10.2022 à 17:55

La Banque centrale européenne (BCE)

Alexis

Créée par le traité sur l’Union européenne de 1992, la Banque centrale européenne (BCE) a été mise en place le 1er juin 1998 à Francfort, en Allemagne. Elle a remplacé, à compter du 1er janvier 1999, l’Institut monétaire européen (créé en 1994). Elle est présidée depuis le 1er novembre 2019 par la Française Christine Lagarde, […]

L’article La Banque centrale européenne (BCE) est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

Texte intégral (3431 mots)

Le siège de la Banque centrale européenne est situé à Francfort, en Allemagne - Crédits : Firn / iStock
Le siège de la Banque centrale européenne est situé à Francfort, en Allemagne - Crédits : Firn / iStock

Créée par le traité sur l’Union européenne de 1992, la Banque centrale européenne (BCE) a été mise en place le 1er juin 1998 à Francfort, en Allemagne. Elle a remplacé, à compter du 1er janvier 1999, l’Institut monétaire européen (créé en 1994). Elle est présidée depuis le 1er novembre 2019 par la Française Christine Lagarde, jusqu’alors à la tête du Fonds monétaire international, succédant ainsi à l’italien Mario Draghi, en poste de 2011 à 2019.

Avec le traité de Lisbonne, entré en vigueur fin 2009, la Banque centrale européenne devient une institution de l’Union européenne, au même titre que la Commission, le Parlement, le Conseil de l’Union, le Conseil européen, la Cour de justice de l’Union européenne et la Cour des comptes européenne.

Son organisation et ses missions sont prévues aux articles 282 et suivants du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). La politique monétaire est quant à elle évoquée aux articles 123 et suivants du même traité.

L’Eurosystème, composé de la BCE et des banques centrales des 19 pays membres de la zone euro, met en œuvre la politique monétaire unique, gère les réserves et conduit les opérations de change. Pour favoriser la coopération financière et monétaire entre l’Eurosystème et les Etats membres hors zone euro, la BCE fait également partie du Système européen de banques centrales (SEBC), qui rassemble à ses côtés les banques centrales des 27 Etats membres de l’UE (y compris les banques centrales des Etats n’ayant pas adopté l’euro, comme la Suède ou la Bulgarie).

Quelle est la mission de la BCE ?

La BCE a un rôle fondamental dans l’économie européenne, en cela qu’elle est responsable de la politique monétaire de la zone euro. Sa mission, définie par les traités européens, est de maintenir la stabilité des prix, à travers la définition des taux d’intérêt, dans le but de maîtriser l’inflation et de préserver la valeur de la monnaie. Elle assure également l’émission de la monnaie unique et un rôle de supervision bancaire depuis 2014.

  • Garantir la stabilité des prix

L’objectif principal du Système européen de banques centrales (SEBC) est de maintenir la stabilité des prix” (art. 127 TFUE).

Pour évaluer la stabilité des prix, la BCE se fonde sur deux critères : l’évaluation de la masse monétaire en circulation et les perspectives d’évolution des prix. Pour déterminer l’inflation, plusieurs indices sont pris en compte : salaires, taux d’intérêt, indices des prix…

La BCE visait, depuis 2003, une inflation “proche de, mais inférieure à 2 %”. Sa nouvelle stratégie, publiée en juillet 2021, fixe désormais les 2 % non plus comme un plafond, mais comme une cible à atteindre.

Afin de maintenir la stabilité des prix à moyen terme, la BCE dispose de plusieurs instruments. Elle peut, notamment, augmenter ou abaisser ses taux directeurs, c’est-à-dire les taux d’intérêt auxquels les banques commerciales peuvent se refinancer auprès d’elle. Elle accorde aussi des “facilités permanentes” aux établissements de crédit, qui leur permettent d’obtenir des liquidités ou d’effectuer des dépôts au jour le jour auprès de la banque centrale.

Par ailleurs, la BCE a lancé en 2015 un “programme d’achat d’actifs” (Quantitative easing), une mesure “non conventionnelle” - car non définie dans les traités comme faisant partie du mandat de la BCE - visant à racheter massivement les dettes des Etats de la zone euro (puis les dettes d’entreprises à partir de 2016). Objectif : combattre la déflation, qui menaçait alors la zone, et faire repartir la croissance. Ce programme d’achat a été depuis prolongé, et étendu dans le contexte de la crise du Covid-19.

  • Autoriser l’émission des billets

La BCE planifie et gère l’émission (et le volume) des billets en euros. Elle coordonne également les activités de recherche et développement de l’Eurosystème ainsi que celles liées à la sécurité et à la qualité de la production des billets en euros. Par ailleurs, elle héberge le Centre d’analyse des contrefaçons (CAC), chargé de l’analyse et de la classification des faux billets en euros, ou encore le Centre international de lutte contre la contrefaçon.

  • Assurer le fonctionnement des systèmes de paiement

Les systèmes de paiement permettent de transférer des fonds au sein du système bancaire. La BCE est l’opérateur de T2-BCE, une composante de Target2 (transfert express automatisé transeuropéen à règlement brut en temps réel). Ce système, initié par le SEBC, relie entre eux les systèmes de paiement interbancaire. Il permet d’effectuer des transferts entre établissements bancaires de l’Union européenne en quelques minutes.

  • Superviser les banques

La crise de la dette dans la zone euro, survenue en 2010 dans le sillage de la crise financière (2007-2010), a révélé un dangereux lien entre les banques européennes et la dette publique des Etats. Lors du Conseil européen des 28-29 juin 2012, pour éviter de nouvelles crises bancaires, comme en Irlande, en Grèce ou encore à Chypre, les Etats membres se sont donc mis d’accord sur l’approfondissement de l’union économique et monétaire et la création d’une union bancaire, dans laquelle la BCE a un pouvoir de supervision des banques.

Entré en vigueur le 4 novembre 2014, le Mécanisme de surveillance unique (MSU) constitue un système de supervision bancaire pour l’Europe, composé de la BCE et des autorités nationales de surveillance des pays participants. Dans chaque banque, une équipe dépêchée par la BCE est chargée d’avertir, en cas de risque, le comité de supervision du MSU. L’Italien Andrea Enria, ancien président de l’Autorité bancaire européenne, préside le Conseil de surveillance du MSU depuis le 1er janvier 2019, succédant à la Française Danièle Nouy.

Depuis le 4 novembre 2014, la BCE assume ainsi pleinement ses missions et responsabilités en matière de contrôle bancaire dans le cadre du mécanisme de surveillance unique (MSU). L’Eurosystème produit des statistiques monétaires, bancaires et financières, et favorise les échanges d’informations entre les autorités de contrôle bancaire. Bien que le contrôle du secteur financier relève de chaque Etat membre, il contribue à la bonne conduite de ce contrôle prudentiel. Il s’agit d’une nouvelle étape dans la création d’une union bancaire.

Avant d’assurer cette nouvelle supervision bancaire, la Banque centrale européenne a décidé de lancer en octobre 2013 des tests de résistance. Conçus par l’Autorité bancaire européenne (EBA), ces “stress tests” annuels sont réalisés depuis 2014 auprès de banques de la zone euro pour mesurer les risques et leur capacité à résister à d’éventuels chocs économiques. Les résultats de la dernière édition ont été publiés le 30 juillet 2021. L’EBA a également lancé en janvier 2022 son premier “stress test climatique” afin d’évaluer l’état de préparation des banques face aux chocs financiers et économiques qui peuvent être causés par le changement climatique. Les résultats ont été publiés en juillet.

La principale tâche de la BCE et des autorités de supervision nationales, coopérant étroitement au sein d’un système intégré, est de vérifier que les banques respectent les règles bancaires européennes et de remédier aux problèmes avant qu’ils ne deviennent critiques. Cette surveillance bancaire vise à régler le sort des banques en difficulté, sans passer par un renflouement financé par l’argent public. Le sauvetage des établissements financiers est en effet assuré par un fonds alimenté par les banques elles-mêmes. La BCE contrôle ainsi directement les plus grandes banques tandis que les autorités nationales continuent de superviser les autres banques.

  • Participer à la coopération internationale et européenne

Outre ses compétences économiques et monétaires au sein de la zone euro, la BCE participe aux divers forums internationaux et européens : en décembre 1998, la BCE est devenue la seule banque centrale au monde ayant le statut d’observateur auprès du Fonds monétaire international (FMI). La BCE participe également aux réunions du G7, du G20 et au Conseil de stabilité financière, un groupement économique international chargé de la supervision et de la surveillance des institutions financières.

Au niveau européen, le président de la BCE assiste une fois par mois aux réunions de l’Eurogroupe. Enfin, l’institution peut être amenée à participer aux réunions du Conseil de l’Union européenne lorsque des questions en rapport avec les objectifs et les missions de l’Eurosystème y sont abordées.

Le fonctionnement de la BCE

La BCE, le Système européen de banques centrales (SEBC), l’Eurosystème, les banques centrales nationales… La gestion de la politique économique européenne passe par plusieurs niveaux décisionnels, dont l’Eurotower, le gratte-ciel qui héberge le siège de la BCE à Francfort, constitue le sommet.

  • Une institution indépendante

Le site de la Banque centrale européenne résume ainsi la question de l’indépendance de la BCE : “L’indépendance de la banque centrale se justifie par la nécessité de distinguer entre le pouvoir d’engager des dépenses et celui de créer la monnaie. Un gouvernement appelé à se représenter devant les électeurs pourrait être tenté d’abaisser les taux d’intérêt, ce qui stimulerait l’économie à court terme mais alimenterait l’inflation à plus long terme, réduisant, à terme, l’endettement public” .

La BCE agit donc en totale indépendance vis-à-vis des pays européens et des autres institutions européennes. Les institutions européennes et les gouvernements des Etats membres sont tenus de respecter ce principe et ne doivent pas tenter d’influencer la BCE ou les banques centrales nationales. Elle a son propre budget, indépendant de celui de l’Union européenne. Son capital est souscrit et libéré par les banques centrales nationales de la zone euro. Il est interdit à l’Eurosystème d’accorder des prêts aux organes européens ou à toute entité nationale du secteur public, ce qui accroît son indépendance en le mettant à l’abri de toute influence des autorités publiques nationales.

En outre, la BCE a le droit d’adopter des règlements contraignants sans aller au-delà de ce qui est nécessaire à l’accomplissement des missions du SEBC. Elle peut également intervenir dans certains autres cas prévus par le Conseil de l’UE.

  • Comment est organisée la BCE ?

Les organes de décision de la Banque centrale européenne sont le directoire, le conseil des gouverneurs et le conseil général.

Le directoire

Il est composé du président et du vice-président de la BCE ainsi que de quatre autres membres nommés par les Etats membres au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement. Tous ses membres sont nommés pour une durée de huit ans, non renouvelable.

Sa mission est principalement de mettre en œuvre la politique monétaire conformément aux orientations et aux décisions arrêtées par le conseil des gouverneurs de la BCE. Dans ce cadre, il donne les instructions nécessaires aux banques centrales nationales. De plus, le directoire assure la gestion courante de la BCE.

Le conseil des gouverneurs

Il s’agit du principal organe de décision de la BCE. Il se compose des six membres du directoire et des gouverneurs des banques centrales nationales des Etats membres ayant adopté l’euro.

Sa mission est essentiellement d’arrêter les orientations et les décisions nécessaires à l’accomplissement des missions confiées à l’Eurosystème, ainsi que de définir la politique monétaire de la zone euro. Le cas échéant, il prend toutes décisions utiles concernant les objectifs monétaires intermédiaires, les taux directeurs et les orientations nécessaires à leur exécution. En outre, il autorise l’émission des billets de banque et le volume des pièces de monnaie dans la zone euro.

Suite à l’adhésion de la Lituanie à la zone euro le 1er janvier 2015, un système de rotation des droits de vote a été instauré au sein du conseil des gouverneurs, entre les gouverneurs des banques centrales nationales.

Le conseil général

Il se compose du président et du vice-président de la BCE ainsi que des 27 gouverneurs des banques centrales nationales faisant partie du SEBC. Le conseil général réunit donc les représentants des banques centrales des 19 pays participant à la zone euro, ainsi que ceux des 8 Etats membres de l’UE n’en faisant pas partie. Il est chargé d’assurer, en particulier, le travail nécessaire à l’éventuelle accession à l’euro de pays de l’Union européenne ne l’ayant pas encore adopté.

En outre, le conseil général contribue :

  • aux fonctions consultatives de la BCE,
  • à collecter les informations statistiques,
  • à établir les rapports annuels de la BCE,
  • à établir les règles nécessaires à la normalisation des procédures comptables et d’information relatives aux opérations des banques centrales nationales,
  • à prendre les mesures relatives à la détermination de la clé de répartition pour la souscription au capital de la BCE autres que celles déjà définies dans le traité,
  • à définir les conditions d’emploi du personnel de la BCE et les préparatifs nécessaires à la fixation irrévocable des taux de change des monnaies des Etats membres faisant l’objet d’une dérogation par rapport à l’euro.

Conformément aux statuts du SEBC, le conseil général sera dissous lorsque tous les Etats membres de l’UE auront introduit la monnaie unique.

Quels sont les niveaux des taux directeurs de la Banque centrale européenne ?

Taux d’intérêt des opérations principales de refinancement1,25 %
Taux de la facilité de prêt marginal1,50 %
Taux de la facilité de dépôt0,75 %

L’article La Banque centrale européenne (BCE) est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

03.10.2022 à 15:59

[Carte] Quels sont les pays d’Europe gouvernés par l’extrême droite ?

Boran

C’est une première pour l’Union européenne. L’un de ses pays fondateurs, l’Italie, doit prochainement être gouverné par l’extrême droite. Les gouvernements dirigés par l’extrême droite Le 25 septembre dernier, Giorgia Meloni du parti postfasciste Fratelli d’Italia a remporté les élections générales italiennes. Elle devrait donc devenir présidente du Conseil, en coalition avec la Ligue, autre […]

L’article [Carte] Quels sont les pays d’Europe gouvernés par l’extrême droite ? est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

Texte intégral (1281 mots)

C’est une première pour l’Union européenne. L’un de ses pays fondateurs, l’Italie, doit prochainement être gouverné par l’extrême droite.

Les gouvernements dirigés par l’extrême droite

Le 25 septembre dernier, Giorgia Meloni du parti postfasciste Fratelli d’Italia a remporté les élections générales italiennes. Elle devrait donc devenir présidente du Conseil, en coalition avec la Ligue, autre parti d’extrême droite dirigé par Matteo Salvini, et Forza Italia, formation conservatrice menée par l’ex-Premier ministre Silvio Berlusconi.

L’Italie rejoint ainsi la Hongrie et la Pologne, les deux seuls pays de l’UE où l’extrême droite dirige pour l’heure le gouvernement. En Hongrie, le Fidesz de Viktor Orbán est à la tête du pays depuis 2010. En avril 2022, le Premier ministre a été reconduit pour un quatrième mandat consécutif. Du côté de la Pologne, c’est le parti Droit et justice (PiS) qui gouverne depuis 2015. A compter de cette année et jusqu’en 2017, Beata Szydło menait l’exécutif, puis Mateusz Morawiecki lui a succédé jusqu’à maintenant. Le président de la République polonaise Andrzej Duda est également issu du parti ultraconservateur.

L’extrême droite membre de gouvernements

En Lettonie et en Slovaquie, l’extrême droite ne dirige pas les gouvernements mais en fait partie. Dans la première, l’exécutif du conservateur Arturs Krišjānis Kariņš gouverne avec le parti Alliance nationale. Une formation politique nationale-conservatrice, dont le discours est notamment très anti-immigration. Le parti Unité du Premier ministre est arrivé en tête des élections législatives du 1er octobre dernier, avec près de 19 % des voix. Le dirigeant devrait donc être reconduit dans ses fonctions, et celui-ci prévoit de nouveau un gouvernement incluant Alliance nationale dans ses rangs. En Slovaquie, Eduard Heger (OĽaNO, centre droit) compte dans son exécutif la formation Nous sommes une famille, un parti de droite radicale populiste.

En Suède enfin, le parti des Démocrates de Suède (SD), fondé par des nationalistes dont des néonazis et mené par Jimmie Åkesson, est arrivé second des élections législatives du 11 septembre, derrière le Parti social-démocrate de la Première ministre sortante Magdalena Andersson. Membre de la coalition électorale de la droite et de l’extrême droite sortie victorieuse du scrutin, il pourrait donc faire partie du gouvernement en formation. L’exécutif serait dirigé par Ulf Kristersson du parti des Modérés (centre droit). Mais face au rejet de l’extrême droite par plusieurs membres de la coalition, l’option la plus probable est pour l’heure un soutien sans participation de SD au futur gouvernement.

A noter que l’Italie comporte déjà l’extrême droite dans son exécutif. La Ligue appartient en effet, depuis 2021, à la très large coalition dirigée par l’ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi (indépendant), allant de la gauche à l’extrême droite. Le parti de Matteo Salvini avait déjà gouverné de 2018 à 2019 en coalition avec le Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste, inclassable), sous la direction de Giuseppe Conte, alors proche du M5S.

Une extrême droite hétérogène au Parlement européen

Les différents partis d’extrême droite au pouvoir dans l’Union européenne ne s’affichent pas sous la même bannière au Parlement européen. Les Italiens de Fratelli d’Italia et les Polonais du PiS sont ainsi membres du groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE). Tout comme les élus de l’Alliance nationale lettone et les Démocrates de Suède.

En revanche, les eurodéputés affiliés à la Ligue ainsi que ceux de la formation slovaque Nous sommes une famille siègent au sein du groupe Identité et Démocratie (ID), en compagnie des élus français du Rassemblement national. Le Fidesz de Viktor Orbán s’est fait exclure du groupe du Parti populaire européen (PPE) en mars 2021 et se retrouve désormais parmi les non-inscrits.

L’article [Carte] Quels sont les pays d’Europe gouvernés par l’extrême droite ? est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

03.10.2022 à 15:56

Guerre en Ukraine : chronologie des événements

Lucas

Cette chronologie non exhaustive se concentre sur les événements du conflit ukrainien directement liés à l’Union européenne. De la fin de l’URSS à l’intervention russe en Géorgie Avec l’effondrement de l’Union soviétique, l’Ukraine redevient officiellement indépendante le 24 août 1991. Après 1991, plusieurs républiques ex-soviétiques héritent d’une partie de l’arsenal nucléaire de l’ex-URSS. Kiev est […]

L’article Guerre en Ukraine : chronologie des événements est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

Texte intégral (1281 mots)

Depuis 2014, l'armée ukrainienne lutte contre les forces sécessionnistes soutenues par la Russie dans la partie orientale du pays - Crédits : ministère de la Défense d'Ukraine / Flickr
Depuis 2014, l’armée ukrainienne lutte contre les forces sécessionnistes soutenues par la Russie dans la partie orientale du pays - Crédits : ministère de la Défense d’Ukraine / Flickr

Cette chronologie non exhaustive se concentre sur les événements du conflit ukrainien directement liés à l’Union européenne.

De la fin de l’URSS à l’intervention russe en Géorgie

Avec l’effondrement de l’Union soviétique, l’Ukraine redevient officiellement indépendante le 24 août 1991.

Après 1991, plusieurs républiques ex-soviétiques héritent d’une partie de l’arsenal nucléaire de l’ex-URSS. Kiev est d’abord réticente à l’idée de démanteler l’ensemble de ses armes nucléaires, à cause notamment des dangers qui pèsent sur l’indépendance de son Etat et de la montée du nationalisme russe. Mais après une longue négociation, les chefs d’Etat américain Bill Clinton et russe Boris Eltsine signent en janvier 1994 un accord trilatéral avec l’Ukraine pour garantir la dénucléarisation du pays.

A cette occasion, le président américain Bill Clinton annonce que cette décision ouvre les portes d’une coopération militaire entre l’Otan et l’Ukraine.

Fin 1994, l’Otan se déclare en effet ouverte à l’adhésion de pays démocratiques d’Europe orientale. Une position critiquée par la Russie, qui reproche aux Etats-Unis leur volonté d’expansion, mais qui se concrétise avec l’intégration de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque au sein de l’Alliance atlantique le 8 juillet 1997.

Entretemps, le 27 mai 1997, est signé l’Acte fondateur Otan-Russie. Cet accord de coopération et de partenariat vise à construire une paix durable en Europe et une sécurité mutuelle entre l’Alliance atlantique et la Fédération de Russie. A travers des consultations régulières entre les parties, ce traité doit contribuer à instaurer une relation de confiance entre Moscou et ses voisins européens, et ainsi entériner la pacification des relations entre l’Occident et la Russie dans le contexte post-Guerre froide. Avec la signature de cet accord, dans le but de rassurer Moscou, l’Otan affirmen’avoir aucune intention […] de déployer des armes nucléaires sur le territoire des nouveaux membres” ni d’y stationner des forces de combat permanentes.

Nouveau président de la Russie à partir du 31 décembre 1999, Vladimir Poutine tente d’abord un rapprochement avec l’Alliance atlantique, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’une intégration de son pays à l’Otan. Mais d’autres ex-membres du bloc soviétique (Estonie, Lituanie, Lettonie, Roumanie, Slovaquie, Bulgarie) rejoignent à leur tour l’organisation le 29 mars 2004. Cette nouvelle adhésion dans l’Otan de pays de l’ex-URSS pousse Vladimir Poutine à changer de position, notamment lorsque se posera la question d’y faire adhérer la Géorgie et l’Ukraine quelques années plus tard.

En novembre 2004, une partie du peuple ukrainien se révolte pour contester la réélection truquée du président pro-russe Viktor Ianoukovytch et demander un rapprochement avec l’Union européenne. C’est la révolution orange, qui porte au pouvoir l’un de ses meneurs, l’opposant Viktor Iouchtchenko, après un troisième tour organisé en décembre. Si l’Ouest du pays vote majoritairement pour M. Iouchtchenko, l’Est majoritairement russophone se prononce largement en faveur de M. Ianoukovytch.

Carte de l'Ukraine, illustrant la division (à partir d'un recensement de 2001) entre une partie occidentale comprenant une très faible proportion de population russophone et une partie orientale - principalement le Donbass et la Crimée - affichant une part importante d'habitants russophones - Crédits : Prachatai / Flickr
Carte de l’Ukraine illustrant la division (à partir d’un recensement de 2001) entre une partie occidentale comprenant une très faible proportion de population russophone et une partie orientale - principalement le Donbass et la Crimée - affichant une part importante d’habitants russophones - Crédits : Prachatai / Flickr

Sous la nouvelle présidence de 2005 à 2010, l’Ukraine se rapproche ainsi de l’Union européenne. Des négociations sur un accord d’association sont lancées à partir de 2007 (le texte ne sera signé qu’en 2014). De son côté, la Russie tâche de conserver son influence à l’est de l’Ukraine, notamment en Crimée où l’armée russe occupe le phare du cap Sarytch à partir d’août 2005.

Dans un discours prononcé le 10 février 2007 à l’occasion de la Conférence de Munich sur la sécurité, Vladimir Poutine fustige l’interventionnisme américain et l’installation de bases de l’Otan aux frontières de la Russie (“on voit apparaître en Bulgarie et en Roumanie des bases américaines […] de 5 000 militaires chacune”, déclare notamment le président russe), en violation des “promesses” occidentales de ne pas étendre les limites de l’organisation en direction de l’URSS. Des engagements qui figurent explicitement dans les comptes-rendus de discussions des années 1990-1991 entre Mikhaïl Gorbatchev et les dirigeants de l’Ouest sur l’appartenance de l’Allemagne réunifiée à l’Otan, sans pour autant avoir été formalisés dans un traité. Ils sont depuis utilisés par le Kremlin, de Boris Eltsine à Vladimir Poutine, pour dénoncer la “trahison” des Occidentaux.

En avril 2008, lors du sommet de Bucarest, l’Alliance entérine la perspective d’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine. Le président russe Dmitri Medvedev déclare alors qu’aucun pays ne serait satisfait à l’idée de voir un bloc militaire s’approcher de ses frontières.

En août 2008, l’armée de Géorgie lance un assaut contre les séparatistes d’Ossétie du Sud, soutenus par la Russie, entraînant en retour une intervention militaire de cette dernière pour appuyer les rebelles. Au terme d’un conflit rapidement remporté par Moscou, les parties signent entre le 12 et le 16 août un plan de paix réalisé sous la médiation du président français Nicolas Sarkozy, qui assume alors la présidence du Conseil de l’Union européenne. Le 25 août, la Russie déclare reconnaître l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, une décision condamnée par plusieurs capitales occidentales.

21 novembre 2013 : le président ukrainien Viktor Ianoukovytch refuse de signer un accord avec l’UE et se tourne vers la Russie

Principal opposant au président Viktor Iouchtchenko, Viktor Ianoukovytch lui succède à son tour en 2010. Ouvertement pro-russe, il tourne brusquement le dos à l’Union européenne en novembre 2013, avec laquelle l’Ukraine prévoyait de signer un accord d’association (en négociation depuis 2007). Souhaitant relancer les relations avec Moscou, il obtient la levée des barrières douanières avec la Russie, la promesse d’une baisse du prix du gaz russe ainsi qu’un prêt de plusieurs milliards de dollars. Cette volte-face suscite de vives protestations en Ukraine et provoque l’apparition du mouvement “Euromaïdan” de novembre 2013 à février 2014. Celui-ci débouche sur la “révolution de février” (ou “révolution de Maïdan”), la démission du président Viktor Ianoukovytch et sa fuite en Russie. Ces contestations sont marquées par une extrême violence et des centaines de morts, dont plusieurs sont tués par les forces policières.

La manifestation "Euromaïdan" à Kiev, le 27 novembre 2013 - Crédits : Evgeny Feldman / Wikimedia Commons
La manifestation “Euromaïdan” à Kiev, le 27 novembre 2013 - Crédits : Evgeny Feldman / Wikimedia Commons

Fin février - début mars 2014 : manifestations “Antimaïdan” dans l’est de l’Ukraine et sécession de Donetsk et de Louhansk

A la suite des manifestations “Euromaïdan”, un gouvernement de nouveau favorable au rapprochement avec l’Union européenne prend la relève en Ukraine à partir du 23 février. A compter de la fin du mois de février 2014, cette séquence débouche sur des contestations “Antimaïdan” dans de nombreuses villes de l’est de l’Ukraine ainsi qu’en Crimée. Les soulèvements pro-russes s’amplifient en avril 2014 lorsque des séparatistes occupent les bâtiments gouvernementaux des villes de Donetsk, Louhansk et Kharkiv. A la suite de référendums locaux, deux entités indépendantes aux noms de “République populaire de Donetsk” et “République populaire de Louhansk” sont auto-proclamées. Les référendums d’autodétermination ne sont reconnus ni par l’Union européenne, ni par les Etats-Unis, ni par la Russie qui se contente du silence (mais qui les reconnaîtra en février 2022). Kiev considère ces territoires séparatistes comme tenus par des organisations terroristes.

Carte de l'Ukraine avec les territoires du Donbass (en marron) en guerre civile et la Crimée (en violet) annexée par la Russie - Crédits : RGloucester / Wikimedia Commons
Carte de l’Ukraine avec les territoires du Donbass (en orange) en guerre civile et la Crimée (en violet) annexée par la Russie - Crédits : RGloucester / Wikimedia Commons

Mars 2014 : la Crimée et Sébastopol sont annexés par la Russie

Pendant ce temps, des séparatistes pro-russes, avec le soutien du président Vladimir Poutine, s’emparent de la ville ukrainienne de Sébastopol, capitale de la péninsule de Crimée. En effet, ceux-ci sont aidés par les “petits hommes verts”, des soldats d’une société militaire privée travaillant sous contrat avec l’Etat russe pour intervenir en Crimée (mais selon l’Ukraine, il s’agit littéralement de militaires russes). Moscou nie toute présence de ses soldats sur le territoire ukrainien et défend l’idée qu’il s’agit simplement de forces d’autodéfense locale. Le 11 mars 2014, le parlement de Crimée déclare l’indépendance du territoire. Le rattachement de la Crimée à la Russie a officiellement lieu cinq jours plus tard, après un référendum. L’Ukraine n’a d’autre choix que de retirer ses troupes et d’abandonner le contrôle de la région. Le 17 mars 2014, l’Union européenne soumet la Russie à ses premières sanctions pour son action dans la crise ukrainienne et pour l’annexion de la Crimée. Ces mesures (principalement économiques) seront reconduites tous les six mois sans interruption.

25 mai 2014 : élection du pro-européen Petro Porochenko à la présidentielle ukrainienne

Le conflit du Donbass gagne en intensité lorsque, début mai 2014, l’armée ukrainienne lance une grande opération militaire afin de reprendre les villes contrôlées par les sécessionnistes. L’élection présidentielle de mai 2014 porte Petro Porochenko, soutien de la révolution de Maïdan, au pouvoir dès le premier tour. Il propose le 20 juin 2014 un plan de paix, mais le cessez-le-feu n’est pas respecté et les actions militaires s’accentuent. Petro Porochenko interdit également toute coopération avec la Russie et s’oppose à un rétablissement des liens diplomatiques (quasiment rompus dès son arrivée au pouvoir) avec Vladimir Poutine sans retour de la Crimée sous l’autorité de l’Ukraine.

6 juin 2014 : premier entretien au “format Normandie”

François Hollande, Angela Merkel, Vladimir Poutine et Petro Porochenko se rencontrent en Normandie à l’occasion du soixante-dixième anniversaire du débarquement allié. Il s’agit de la première réunion entre le président russe et son homologue ukrainien depuis l’éclatement du conflit à l’est de l’Ukraine. Ces rendez-vous quadripartites (“format Normandie”) entre la France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine se succéderont en vue de poser les bases d’un cessez-le-feu.

27 juin 2014 : l’Ukraine signe un accord de libre-échange avec l’Union européenne

Après un premier volet politique signé en mars 2014, l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE est conclu le 27 juin 2014 avec la signature de son volet économique. Ce traité engage l’Union et l’Ukraine à coopérer sur leurs politiques économiques et à établir des règles communes (droits des travailleurs, suppression des visas, accès à la Banque européenne d’investissement…). La Russie prévient, par la voix d’un haut diplomate russe, que l’accord aura de “graves conséquences”. Il est ratifié par l’Union européenne le 11 juillet 2017 et entre définitivement en vigueur le 1er septembre suivant.

17 juillet 2014 : crash du vol MH17 abattu dans la région de Donetsk

Début juillet 2014, l’armée ukrainienne reprend plusieurs villes de la région de Donetsk et repousse les pro-russes. Le Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines, assurant le vol MH17, est abattu au-dessus de la région par un missile, tuant les 298 passagers dont deux tiers de Néerlandais. Si les différentes parties au conflit s’accusent mutuellement de l’origine du tir, l’hypothèse d’un type de missile sol-air que les séparatistes savent utiliser prévaut. La crise s’internationalise, les Etats-Unis menaçant Moscou de sanctions. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit et demande l’ouverture d’une enquête internationale. Le parquet néerlandais affirmera le 28 septembre 2016 que le missile a bien été tiré depuis le territoire contrôlé par les séparatistes, et que le matériel de tir a été acheminé depuis la Russie. Le 24 mai 2018, les enquêteurs internationaux parviendront à la même conclusion.

5 septembre 2014 : signature du protocole de Minsk

Alors que la situation devient critique jusqu’à la fin du mois d’août 2014 - l’ONU dénombre plus de 1 100 morts et plus de 3 400 blessés en Ukraine seulement entre la mi-avril et la fin du mois juillet 2014, un accord de cessez-le-feu immédiat est conclu dans la capitale biélorusse entre les représentants de l’Ukraine, de la Russie, de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Louhansk : c’est le protocole de Minsk. Mais celui-ci est violé au bout de quelques jours, les combats reprenant sans trêve. De 2014 à 2015, le conflit fait plus de 10 000 morts, des dizaines de milliers de blessés et près de deux millions de personnes déplacées.

11 février 2015 : accord de paix “Minsk II”

Les dirigeants de l’Ukraine, de la Russie, de l’Allemagne et de la France se réunissent de nouveau en Biélorussie avec son chef de l’Etat Alexandre Loukachenko afin d’imposer un nouveau cessez-le-feu, qui doit être effectif à partir du 15 février 2015. En plus du cessez-le-feu, l’accord comprend des mesures telles que le retrait des armes lourdes de chaque côté, l’échange de prisonniers, la restauration des frontières de l’Ukraine ou encore le retrait des troupes étrangères. Mais si les combats d’envergure cessent, des affrontements de moindre ampleur se poursuivent néanmoins dans l’est sécessionniste : le 13 avril 2015, les ministres des Affaires étrangères des quatre pays signataire de “Minsk II” font part de leur inquiétude devant la recrudescence des violations du cessez-le-feu et la constatation de combats autour du port de Marioupol, convoité par les sécessionnistes. Les périodes de trêves succèdent aux combats, avec des cessez-le-feu régulièrement signés mais aussitôt enfreints. A titre d’exemple, le 19 octobre 2016, un nouveau sommet se tient entre Moscou, Kiev, Paris et Berlin, mais l’on constate que le conflit est gelé et qu’il donne lieu à des violences et à des affrontements fréquents dans le Donbass entre l’armée ukrainienne et les séparatistes… De nombreuses violations du cessez-le-feu sont observées.

Les dirigeants présents pour la signature de l'accord de Minsk II le 11 février 2015, de gauche à droite : Alexandre Loukachenko (Biélorussie), Vladimir Poutine (Russie), Angela Merkel (Allemagne), François Hollande (France), Petro Porochenko (Ukraine) - Crédits : Kremlin / Wikimedia Commons
Les dirigeants présents pour la signature de l’accord de Minsk II, de gauche à droite : Alexandre Loukachenko (Biélorussie), Vladimir Poutine (Russie), Angela Merkel (Allemagne), François Hollande (France), Petro Porochenko (Ukraine) - Crédits : Kremlin / Wikimedia Commons

25 novembre 2018 : affrontements en mer Noire entre navires russes et ukrainiens

Les accords de Minsk sont de nouveau fragilisés par un attentat : le séparatiste prorusse Alexandre Zakhartchenko, dirigeant de l’autoproclamée République populaire de Donetsk, est tué par l’explosion d’une bombe le 31 août 2018. Les séparatistes et la Russie attribuent la responsabilité de cet assassinat aux services ukrainiens. Par la suite, le 25 novembre se produit l’incident du détroit de Kertch : la marine russe ouvre le feu sur des navires ukrainiens, qui sont arraisonnés par les Russes, et capture les marins ukrainiens. Moscou affirme que ces navires se trouvaient dans les eaux territoriales de la Crimée. Cet incident illustre le fait que les Russes veulent prendre le contrôle de la mer Noire à proximité de la Crimée et près du port de Marioupol. Le lendemain, M. Porochenko instaure la loi martiale dans les régions frontalières de la Russie pour une durée de 30 jours.

21 avril 2019 : élection de Volodymyr Zelensky à la présidence ukrainienne

Durant sa campagne, l’acteur et humoriste Volodymyr Zelensky fait campagne contre la corruption, tout en affichant une ligne moins virulente que le président sortant Porochenko vis-à-vis de la Russie. Il prône un cessez-le-feu dans le Donbass mais aussi l’organisation d’un référendum sur l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan. Elu président le 21 avril 2019, il promet de relancer les discussions diplomatiques avec Moscou au sujet de la guerre du Donbass. Mais trois jours après seulement, Vladimir Poutine autorise la délivrance de passeports russes à des habitants des régions de Donetsk et de Louhansk, une décision qui va à l’encontre des accords de Minsk. Le 1er octobre, les représentants ukrainiens et russes de nouveau réunis en Biélorussie s’accordent sur l’organisation d’élections dans les régions séparatistes d’Ukraine et l’octroi d’un statut spécial aux territoires du Donbass. Le 6 octobre, des manifestations importantes ont lieu à Kiev et dans d’autres grandes villes pour dénoncer ce qui est perçu comme un abandon face à la Russie.

L'inauguration présidentielle de Volodymyr Zelensky le 20 mai 2019 - Crédits : Mykhaylo Markiv / Wikimedia Commons
L’investiture de Volodymyr Zelensky le 20 mai 2019 - Crédits : Mykhaylo Markiv / Wikimedia Commons

9 décembre 2019 : nouvelle rencontre au “format Normandie”

La première rencontre officielle entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, aux côtés d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel, vise de nouveau à relancer la mise en œuvre des accords de paix “Minsk II”. Les dirigeants russe et ukrainien s’accordent ainsi sur l’échange de tous les prisonniers avant la fin de l’année 2019, sur une démilitarisation de points de la ligne de front et sur l’ouverture de points de passage entre les régions séparatistes et le reste de l’Ukraine. Quelques jours plus tard, le 29 décembre, un échange d’environ deux cents prisonniers a lieu entre Kiev et les sécessionnistes.

Conférence de presse après la réunion au "format Normandie" du 9 décembre 2019, de gauche à droite : Volodymyr Zelensky (Ukraine), Angela Merkel (Allemagne), Emmanuel Macron (France), Vladimir Poutine (Russie) - Crédits : Service de presse du Président de Russie / Wikimedia Commons
Conférence de presse après le “format Normandie” du 9 décembre 2019, de gauche à droite : Volodymyr Zelensky (Ukraine), Angela Merkel (Allemagne), Emmanuel Macron (France), Vladimir Poutine (Russie) - Crédits : Service de presse du Président de Russie / Wikimedia Commons

31 décembre 2019 : accord sur le gaz entre la Russie et l’Ukraine

Signe d’une détente qui se confirme et d’un certain apaisement de leurs relations, Moscou et Kiev concluent un accord pour le transit du gaz russe à travers l’Ukraine, qui garantit l’approvisionnement de l’Europe en gaz pour cinq années supplémentaires. Cet accord avait été auparavant menacé, en 2009, lors d’une crise majeure à ce sujet lorsque Kiev et la société russe Gazprom ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur le prix à payer pour le gaz (Gazprom avait alors réduit, puis même stoppé les livraisons de gaz à l’Ukraine). Par ailleurs, la construction du gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie et l’Allemagne à travers la mer Baltique doit permettre l’exportation du gaz russe vers l’Europe, qui en est particulièrement dépendante, par d’autres voies.

22 juillet 2020 : nouvel accord de cessez-le-feu aussitôt rompu

L’Ukraine et la Russie signent un nouvel accord de cessez-le-feu dans le Donbass. Il est cependant violé quelques minutes après son entrée en vigueur le 27 juillet par des tirs provenant des territoires séparatistes contre les militaires ukrainiens.

Avril 2021 : mobilisation de troupes russes aux frontières ukrainiennes

Le 1er avril, le président Volodymyr Zelensky accuse la Russie de masser des troupes aux frontières de l’Ukraine, alors que les violations du cessez-le-feu se multiplient dans le Donbass. Les Occidentaux dénombrent 100 000 soldats russes, des manœuvres que la Russie considère comme une réponse à l’Otan et aux “provocations” ukrainiennes (cela fait notamment référence au fait que l’Ukraine affiche sa volonté d’adhérer à l’Otan). Pour Moscou, en réponse aux accusations de Kiev sur l’hypothèse de la préparation d’une invasion en Ukraine, il s’agit simplement de manœuvres en réponse à des “exercices” de l’Otan et des Etats-Unis en Europe. Le 6 avril, Volodymyr Zelensky change de ton vis-à-vis de la Russie - alors qu’il a un temps prôné le dialogue avec elle - et déclare que l’adhésion de son pays à l’Otan est la seule façon de mettre un terme à la guerre du Donbass. Il se déclare également favorable à une entrée de son pays dans l’Union européenne.

Novembre 2021 : les Occidentaux craignent une offensive russe en Ukraine

Les inquiétudes des Américains et des Européens vis-à-vis des mouvements de troupes russes s’accroissent. Ils craignent un risque imminent d’escalade et d’invasion en Ukraine. En effet, des images satellites publiées début novembre montrent des chars russes et autres véhicules blindés à proximité de la frontière ukrainienne. Pour se défendre de ces mouvements de troupes, le président Vladimir Poutine accuse les Occidentaux de livrer des armes à Kiev et de mener des manœuvres militaires en mer Noire.

7 décembre 2021 : échange entre Joe Biden et Vladimir Poutine

Le 7 décembre, lors d’un échange avec le président américain Joe Biden, le président russe dénonce la volonté de Kiev de rejoindre l’Otan, et demande des “garanties juridiques sûres” contre l’élargissement de l’Alliance atlantique en Ukraine. La Russie exige ainsi à la fois le bannissement de tout nouvel élargissement de l’Otan et le retrait de ses forces dans les pays de l’ex-URSS. Joe Biden, qui se dit prêt à s’impliquer dans la réactivation des accords de Minsk (dont le processus de règlement est à l’arrêt depuis fin 2020), prévient néanmoins qu’une offensive militaire russe entraînerait de lourdes sanctions ainsi qu’un renforcement du soutien américain à l’Ukraine, aux pays baltes, à la Pologne et à la Roumanie.

16-17 décembre 2021 : les Vingt-Sept font front commun face à la menace russe

Le 17 décembre, Moscou publie deux projets de traités en vue d’être signés avec les Etats-Unis et l’Otan, dont les revendications sont les suivantes : les pays membres de l’Otan avant son élargissement en 1997 doivent s’engager à ne pas déployer d’armes sur d’autres territoires européens à l’est ; l’Otan doit s’engager à n’intégrer ni l’Ukraine, ni la Géorgie. De leur côté, les Européens s’entretiennent aussi diplomatiquement avec la Russie mais se montrent fermes et la menacent de nouvelles sanctions économiques qui auront de “lourdes conséquences” en cas de nouvelle agression militaire de l’Ukraine. Lors du Conseil européen des 16 et 17 décembre, les Vingt-Sept réaffirment la souveraineté du pays et leur soutien. Par ailleurs, lors de la rencontre des ministres européens de la Défense et des Affaires étrangères du 12 au 14 janvier 2022, le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borell déclare que les revendications russes pour résoudre le conflit contreviennent aux principes de l’architecture de sécurité européenne.

24-26 janvier 2022 : réponses occidentales aux revendications russes

Entretemps, l’Otan annonce placer des troupes en alerte pour renforcer ses défenses en Europe de l’Est. Le 24 janvier, le président américain Joe Biden assiste à une réunion en visioconférence avec plusieurs dirigeants européens. A l’issue de cette discussion, les Occidentaux appellent la Russie à prendre des mesures de désescalade dans le conflit ukrainien, rappelant que Moscou devra faire face à des “conséquences massives” si elle attaquait à nouveau l’Ukraine. Face aux exigences russes de retrait des forces de l’Otan d’Europe orientale et de l’assurance que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’Alliance atlantique, cette dernière ainsi que les Etats-Unis refusent explicitement ces demandes le 26 janvier 2022. Le secrétaire général de l’Otan rappelle que les questions d’adhésion relevaient uniquement de la responsabilité des Alliés et des pays candidats.

Début février 2022 : la France et l’Allemagne tentent d’apaiser les tensions et un espoir de désescalade s’ensuit

Une nouvelle étape dans le dialogue a lieu d’abord le 7 février lorsque le président Emmanuel Macron rencontre Vladimir Poutine pour discuter de solutions afin de résoudre la crise. Les deux dirigeants affichent alors leur volonté commune d’éviter la guerre et de trouver des compromis. Le chef d’Etat français propose des garanties concrètes de sécurité, dont certaines sont jugées bonnes par le président russe. De la même façon, le chancelier allemand Olaf Scholz se rend à Kiev le 14 février et à Moscou le 15 février pour tenter d’obtenir de la part de Moscou des actes immédiats de désescalade. Alors que la situation paraît très tendue, et que les services secrets américains redoutent une offensive russe le 16 février, Moscou annonce la veille contre tout attente le retrait de militaires russes positionnés à la frontière entre la Biélorussie et l’Ukraine. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avertit tout de même le 16 février que l’Otan ne voit pas encore de signes de réduction des troupes russes et que si Moscou choisissait la violence, les Européens répondraient de manière unie et forte.

21 février 2022 : la Russie reconnaît l’indépendance de Donetsk et de Louhansk et entre sur les territoires séparatistes

Alors que la présidence de la République française annonce le 20 février 2022 que les présidents russe et américain avaient accepté de se rencontrer, Vladimir Poutine signe finalement l’acte de reconnaissance le lendemain des deux territoires séparatistes du Donbass en Ukraine : la République populaire de Donetsk et la République populaire de Louhansk. Dans la nuit du 21 au 22 février, des véhicules blindés et des troupes russes pénètrent dans l’est de l’Ukraine sous couvert de maintien de la paix. L’Europe, les Etats-Unis, l’ONU et la majorité des membres du Conseil de sécurité condamnent cette décision de la Russie, considérée comme une violation du droit international. Les Etats-Unis et l’Union européenne annoncent de nouvelles sanctions à l’encontre de Moscou et la mise en service du gazoduc Nord Stream 2 est suspendue par l’Allemagne. L’Union européenne décide sans attendre de cibler la capacité de la Russie à accéder aux marchés des capitaux et services financiers européens ainsi que les banques qui ont contribué à financer les opérations militaires russes dans le Donbass.

24 février 2022 : la Russie attaque l’Ukraine, l’UE réplique par de lourdes sanctions

Le 24 février, une étape sans précédent est franchie par la Russie. Vladimir Poutine annonce en effet une opération militaire d’envergure sur le territoire ukrainien dans l’objectif, selon lui, de défendre les séparatistes du Donbass. Cette fois-ci, Moscou ne s’arrête pas à l’est de l’Ukraine puisque de puissantes explosions frappent plusieurs grandes villes, et notamment la capitale Kiev. Suite à cette déclaration de guerre, le président Volodymyr Zelensky instaure la loi martiale dans son pays et la communauté internationale condamne cette agression inédite. Dans la foulée, des dizaines de milliers d’Ukrainiens se pressent aux frontières et tentent de fuir leur pays. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se réunissent le 24 février au soir pour un Conseil européen extraordinaire. Face à Moscou, les Vingt-Sept se mettent d’accord sur les mesures de rétorsion les plus sévères jamais mises en œuvre par l’Union européenne : sanctions financières réduisant l’accès aux marchés de capitaux européens (pour atteindre le marché bancaire russe et les principales entreprises publiques), interdiction d’exportation touchant le pétrole ou encore gel des avoirs de Vladimir Poutine…

27 février 2022 : Vladimir Poutine brandit la menace nucléaire tandis que l’UE finance l’envoi d’armes à l’Ukraine

Alors que nous sommes seulement au quatrième jour de l’offensive russe en Ukraine, le chef du Kremlin Vladimir Poutine annonce à la télévision russe mettre les “forces de dissuasion (nucléaire) de l’armée russe en régime spécial d’alerte au combat” (d’autant que la Russie possède le plus important arsenal nucléaire au monde) afin de répondre aux réactions des Occidentaux et des puissances de l’Otan.

En parallèle, pour la première fois de leur histoire, l’UE approuve le financement d’envoi d’armes à l’Ukraine, à travers la Facilité européenne pour la paix. Ainsi, 450 millions d’euros d’armement seront financés, de même que 50 millions d’euros d’équipements de protection et de carburant.

Cette décision s’accompagne de sanctions renforcées à l’égard de la Russie. De manière coordonnée avec les Etats-Unis, le Canada et le Royaume-Uni, les Etats membres donnent leur feu vert à la déconnexion de plusieurs banques russes du système bancaire Swift. Ce qui devrait compliquer très fortement leurs transactions, et notamment leur capacité à échanger des capitaux à l’international. Toutes les banques ne sont cependant pas concernées, en particulier celles liées au commerce du gaz, dont dépendent beaucoup d’Etats européens. En complément de cette mesure de rétorsion s’ajoute le gel des avoirs de la Banque centrale russe hors de Russie.

L’espace aérien de l’Union est par ailleurs fermé à l’aviation russe. Egalement, afin de lutter contre la désinformation organisée par le Kremlin, les Vingt-Sept donnent leur accord à l’interdiction de diffusion au sein de l’UE des médias Russia Today et Sputnik. Enfin, la Biélorussie, Etat allié de la Russie et d’où l’invasion de l’Ukraine a en partie été lancée, est elle aussi sanctionnée par les Européens, avec les secteurs phares de son économie (hydrocarbures, tabac, ciment, fer et acier) interdits d’exportation vers l’UE. Des sanctions individuelles visant des responsables liés à l’invasion de l’Ukraine sont aussi décidées.

28 février 2022 : l’Ukraine fait une demande d’adhésion à l’UE

Alors que l’objectif d’une intégration à l’UE est inscrit dans la constitution ukrainienne depuis février 2019, et que le président Volodymyr Zelensky exhorte depuis plusieurs mois les Européens à faire adhérer l’Ukraine à l’UE, Kiev signe officiellement une demande d’adhésion. Un jour plus tôt, Ursula von der Leyen s’est prononcée en faveur de cette perspective d’adhésion à terme de l’Ukraine : “ils sont des nôtres et nous les voulons parmi nous”. La demande formelle d’entrée de l’Ukraine dans l’UE est signée par Volodymyr Zelensky, le Premier ministre Denys Chmyhal et le président du Parlement Rouslan Stefantchouk. Le chef d’Etat ukrainien souhaite une intégration “sans délai” via “une nouvelle procédure spéciale” pour bénéficier de ce statut qui assurerait une protection à son pays. A ce sujet, le président du Conseil européen Charles Michel explique qu’un avis officiel de la Commission ainsi qu’un accord unanime des Vingt-Sept sont nécessaires.

Le lendemain, le 1er mars, Volodymyr Zelensky s’exprime devant le Parlement européen en visioconférence. Il appelle l’UE à “prouver” qu’elle soutient son pays. “L’Ukraine a fait son choix : le choix de l’adhésion à l’Europe. Et je voudrais qu’aujourd’hui vous confirmiez le choix de l’Europe d’accepter l’Ukraine. […] Sans vous, l’Ukraine sera seule. Nous avons prouvé notre force, nous avons montré que nous sommes vos égaux.”, déclare M. Zelensky. Son allocution est saluée par une ovation des eurodéputés, qui approuvent très majoritairement (637 voix pour, 13 contre et 26 abstentions) une résolution demandant “aux institutions de l’Union de faire en sorte d’accorder à l’Ukraine le statut de candidat à l’Union européenne”.

Pendant ce temps, la guerre fait rage. Le 28 février, l’Onu compte 102 civils tués depuis le début de l’invasion russe, dont 7 enfants, ainsi que 304 blessés, tout en avertissant que les chiffres réels sont sans doute considérablement plus élevés. En outre, plus de 500 000 réfugiés ont déjà fui l’Ukraine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky signe la demande formelle d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne, aux côtés du premier ministre et du président du Parlement ukrainien - Crédits : @ua_parliament / Twitter
Le président ukrainien  Volodymyr Zelensky, du Parlement Rouslan Stefantchouk (à gauche) et le Premier ministre Denys Chmyhal (à droite) signent la demande d’adhésion formelle de leur pays à l’UE - Crédits : compte Twitter @ua_parliament

2 mars 2022 : l’ONU adopte une résolution contre la guerre en Ukraine et exige le retrait des forces russes

Alors que la guerre se poursuit depuis bientôt une semaine en Ukraine, l’Assemblée générale des Nations unies adopte à la grande majorité de ses membres (141 pays sur 193 ont voté pour) une résolution qui “exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine” et qui “condamne la décision de la Russie d’accentuer la mise en alerte de ses forces nucléaires”. A noter que seulement quatre Etats ont ouvertement soutenu Moscou en votant contre cette résolution : la Biélorussie, la Corée du Nord, l’Erythrée et la Syrie. 35 pays, tels que la Chine et l’Inde, se sont par ailleurs abstenus.

Le lendemain, à l’issue d’un nouvel entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, le président français Emmanuel Macron assure que “le pire est à venir”, en raison de la “très grande détermination” du chef d’Etat russe à prendre le contrôle de l’ensemble de l’Ukraine.

4 mars 2022 : un incendie est provoqué sur le site de la plus grande centrale nucléaire d’Europe en Ukraine

Quelques jours seulement après la menace brandie par Vladimir Poutine de recourir à son arsenal nucléaire, Kiev accuse Moscou d’avoir recours à la “terreur nucléaire” en Ukraine. Cette accusation fait notamment suite à un incendie dans la plus grande centrale atomique d’Europe, située à Zaporijia dans le centre du pays, provoqué par des frappes de l’armée russe dans la nuit du 3 au 4 mars 2022. L’incendie a cependant pu être éteint après l’intervention des pompiers ukrainiens et les niveaux de radioactivité n’ont pas augmenté sur le site de la centrale. Mais les craintes d’un accident nucléaire lié au conflit demeurent en Ukraine, qui compte au total 15 réacteurs sur son territoire.

Le lendemain, un bilan humain est publié par le Haut-Commissariat de l’Onu aux droits de l’homme (HCDH) qui indique avoir recensé 351 victimes civiles depuis le début de l’offensive russe. Le bilan compte également 707 blessés. La plupart de ces victimes sont causées par des bombardements d’artillerie lourde et des tirs de missiles terrestres et aériens dans les villes ukrainiennes. Encore une fois, le HCDH prévient que les chiffres réels sont sans doute considérablement plus élevés. En parallèle, en seulement dix jours, plus de 1,3 million de personnes ont fui l’Ukraine selon les chiffres de l’Onu.

8 mars 2022 : la Chine soutient la volonté d’aboutir à un cessez-le-feu ; les sanctions à l’encontre de Moscou sont renforcées

Au cours d’un entretien téléphonique avec le président Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz, le chef d’Etat chinois Xi Jinping apporte son soutien à l’action de la France et de l’Allemagne pour aboutir à un cessez-le-feu en Ukraine ainsi qu’à la garantie d’un accès à l’aide humanitaire pour les populations. Il souligne l’importance des principes de souveraineté et d’intégrité territoriale.

Le même jour, le président ukrainien Volodymyr Zelensky tempère son positionnement vis-à-vis d’une entrée de son pays dans l’Otan, perspective constituant une ligne rouge pour la Russie. Dans un entretien, le dirigeant affirme ne plus vouloir insister sur l’obtention d’une adhésion de l’Ukraine à l’Alliance atlantique. Il se dit également prêt à “trouver un compromis” sur le statut des territoires séparatistes pro-russes de l’est du pays, dont l’indépendance a été reconnue par Vladimir Poutine.

Ce 8 mars également, les Etats-Unis et le Royaume-Uni décident de sanctionner à nouveau Moscou en imposant un embargo sur les importations de pétrole et de gaz russes. Une décision qui n’est pas répliquée par l’UE, encore très dépendante des hydrocarbures russes. Le lendemain, l’Union européenne annonce en revanche de nouvelles mesures pour sanctionner la Russie ainsi que la Biélorussie. Les Vingt-Sept ajoutent des dirigeants et oligarques russes à leur “liste noire”, élargissent la liste des technologies (notamment destinées au secteur maritime) et des biens qui ne peuvent pas être exportés vers la Russie et débranchent trois banques biélorusses du système financier Swift.

Le 9 mars, alors que les combats font toujours rage en Ukraine et que plusieurs villes du pays sont bombardées, Kiev et Moscou s’entendent pour respecter une série de cessez-le-feu dans plusieurs zones de combat afin d’évacuer des civils, par le biais de couloirs humanitaires.

11 mars 2022 : l’UE écarte une intégration rapide de l’Ukraine

Alors qu’ils sont réunis en sommet à Versailles les 10 et 11 mars, les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne excluent une adhésion rapide de l’Ukraine à l’UE, comme l’avait demandé le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Celui-ci avait appelé à une intégration accélérée via une “nouvelle procédure spéciale”. Toutefois, les Vingt-Sept se mettent d’accord pour resserrer les liens de l’UE avec l’Ukraine en renforçant notamment l’assistance politique et financière accordée à Kiev.

Dans le même temps, la catastrophe humanitaire se poursuit en Ukraine, comme en témoigne la barre franchie des 2,5 millions de réfugiés (selon les chiffres de l’Onu), seulement deux semaines après le début du conflit. Selon le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés Filippo Grandi, il s’agit du flux le plus rapide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Le nombre de civils tués témoigne aussi de cette situation, la ville de Marioupol, assiégée par l’armée russe, ayant notamment établi un bilan provisoire de 1 207 morts parmi sa population civile au 9 mars.

13 mars 2022 : l’armée russe bombarde une base militaire ukrainienne près de la frontière polonaise

Une base militaire dans l’ouest de l’Ukraine, à Yavoriv, est prise pour cible par l’armée russe, dans une attaque causant la mort d’au moins 35 personnes et plus de 130 blessés. Le terrain d’entraînement pour les forces ukrainiennes où elle a lieu se situe à peine à une vingtaine de kilomètres de la Pologne, membre de l’UE et de l’Otan. La guerre semble alors se rapprocher dangereusement des pays faisant partie de l’Alliance atlantique. A plusieurs reprises, le secrétaire général de l’organisation Jens Stoltenberg et les Etats-Unis ont affirmé qu’ils voulaient éviter un conflit direct contre Moscou.

En parallèle, les villes stratégiques de Kiev et de Marioupol sont toujours assiégées et encerclées par les forces armées russes et le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Alors que le port de Marioupol n’est toujours pas accessible, les associations humanitaires craignent un “scénario du pire”, comme en alerte la Croix-Rouge. Toutefois, une nouvelle session de négociations se tient le lundi 14 mars entre Moscou et Kiev : un négociateur russe évoque des “progrès significatifs” et l’Ukraine indique que la Russie cesse de poser “des ultimatums”. Mais l’armée russe n’exclut pas de lancer de nouveaux assauts pour prendre le “contrôle total” des grandes villes ukrainiennes.

16-17 mars 2022 : la Russie est exclue du Conseil de l’Europe et est accusée de “crimes de guerre”

Alors qu’elle avait déjà été suspendue du Conseil de l’Europe au lendemain de l’offensive menée contre l’Ukraine, la Fédération de Russie est exclue le mercredi 16 mars de l’organisation internationale en raison de son “agression injustifiée et non provoquée”. Avant cette exclusion, la Cour de Strasbourg comportait 47 pays comptant 830 millions de personnes. A partir de cette date, les citoyens russes n’ont donc plus accès à la Cour européenne des droits de l’homme pour protéger leurs droits fondamentaux.

Dans le même temps, au 22ème jour du conflit en Ukraine, un bombardement russe intervient le 16 mars sur un théâtre de Marioupol abritant des centaines de civils et des tirs d’artillerie russes sont effectués près de Kharkiv, causant au moins 21 morts et 25 blessés. Alors que Moscou multiplie ainsi les attaques contre les civils et les zones résidentielles en Ukraine, les Américains et les Européens dénoncent ces violations du droit international. En effet, l’UE et les Etats-Unis condamnent le 17 mars les “crimes de guerre” que la Russie commet en Ukraine. Josep Borrell déclare que que les attaques contre les populations civiles perpétrées par le Kremlin constituent de “graves violations du droit international humanitaire” et que les auteurs de ces “crimes de guerre” seront tenus responsables. Dans le même temps, Joe Biden qualifie pour la première fois Vladimir Poutine de “criminel de guerre”.

En ce qui concerne l’évolution du conflit, même si la Russie a déjà conquis plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés du territoire ukrainien, les fronts apparaissent figés et l’offensive russe bloquée. Après quatre semaines de guerre, le Kremlin essuie des revers tactiques importants et l’objectif d’une défaite de l’Ukraine en quelques jours est désormais hors d’atteinte. En effet, pour le moment, aucune des grandes villes du pays n’est occupée par la Russie. Le colonel et historien français Michel Goya analyse dans la revue Le Grand Continent au vingtième jour du conflit que “les forces russes n’ont plus lancé d’attaques de grande ampleur depuis le 4 mars”, tout en précisant qu’on “a l’impression que l’armée russe s’est obstinée à poursuivre un mauvais plan jusqu’à se retrouver imbriquée, dispersée et bloquée devant les localités”.

20 mars 2022 : 10 millions d’Ukrainiens ont dû fuir la guerre

Le 20 mars, le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés déclare qu’au moins 10 millions de personnes ont déjà dû fuir leurs foyers en Ukraine depuis le début de la guerre, moins d’un mois après son déclenchement. Un nombre qui représente près du quart de la population du pays. Sur ces 10 millions d’exilés, plus de 3,4 millions ont traversé les frontières ukrainiennes et ont été accueillis pour la plupart dans des pays européens. Première destination pour les réfugiés ukrainiens, la Pologne en compte plus de deux millions s’étant installés sur son territoire ou y ayant transité.

24-25 mars 2022 : sommets de l’Otan, du G7 et de l’UE pour répondre à la guerre en Ukraine

Une importante séquence diplomatique s’ouvre en Europe avec la juxtaposition de sommets de l’Otan et du G7 le 24 mars à Bruxelles, puis le Conseil européen les 24 et 25 mars, également dans la capitale belge. Des réunions auxquelles participe le président américain Joe Biden.

Le sommet de l’Alliance atlantique est l’occasion de discuter des moyens mis en place pour mieux prévenir la menace russe en Europe ainsi que de l’aide militaire fournie à l’Ukraine. Les dirigeants des 30 pays membres de l’Otan entérinent la création de quatre nouveaux groupements tactiques à l’est de l’Europe. Des forces opérationnelles seront ainsi déployées en Roumanie, en Bulgarie, en Hongrie et en Slovaquie. Les alliés conviennent en outre d’envoyer des équipements à l’Ukraine pour la protéger des risques “NRBC” : nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques.

Plus tard dans la journée du 24 mars, les pays membres du G7 se disent prêts à mettre en œuvre des sanctions supplémentaires contre la Russie, et indiquent qu’ils sanctionneront les transactions qui impliquent les réserves d’or de cette dernière, afin de l’empêcher de contourner les mesures restrictives déjà en vigueur.

Enfin, le Conseil européen, qui se tient après les sommets de l’Otan et du G7, voit les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept adopter la boussole stratégique, “livre blanc” visant à définir les grandes orientations de la sécurité et de la défense européennes jusqu’en 2030. Un document qui témoigne de la volonté des Etats membres de renforcer la protection de l’UE face aux menaces externes, dont celles de la Russie. Pour réduire leur dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou et l’isoler davantage, les Européens s’accordent pour signer un nouveau partenariat avec les Etats-Unis afin d’importer davantage de gaz naturel liquéfié américain. La Commission européenne reçoit aussi mandat des Vingt-Sept pour réaliser des achats groupés de gaz, pour limiter son coût en Europe. Dans leurs conclusions, les pays de l’UE affirment par ailleurs leur détermination à assurer l’approvisionnement en gaz et en électricité de l’Ukraine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky participant à la table ronde du Conseil européen, le 24 mars 2022, via une visioconférence - Crédits : Conseil européen

29 mars 2022 : pourparlers en Turquie entre Russes et Ukrainiens

Les négociations entre les diplomates russes et ukrainiens semblent progresser le 29 mars, alors que ceux-ci sont invités à Istanbul par le président turc Recep Tayyip Erdoğan. Des avancées entre les deux parties sont relevées lors de ces pourparlers qui donnent lieu pour la première fois à des “discussions substantielles”, selon Moscou. En premier lieu, les négociateurs russes annoncent des activités militaires menées par le Kremlin “radicalement” réduites en Ukraine autour de la capitale Kiev et de Tchernihiv. La Russie affirme désormais se concentrer uniquement sur ce qu’elle nomme la “libération” du Donbass (à l’est du pays). Ces annonces sont toutefois accueillies avec circonspection de la part de l’Ukraine et de ses soutiens.

Côté ukrainien, le président Volodymyr Zelensky note des “signaux positifs” à la suite de ces pourparlers. Au cœur des négociations, se pose la complexe question de la neutralité de l’Ukraine, voulue par Moscou. Si l’Ukraine se dit prête à l’accepter, et donc de renoncer à adhérer à l’Otan, elle souhaite voir sa sécurité garantie par un accord international dont seraient signataires plusieurs pays garants, tels que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Turquie, la France et l’Allemagne. Mais cette solution implique que les pays garants interviennent en cas d’attaque de l’Ukraine, comme le prévoit l’article 5 du traité de l’Atlantique nord qui régit l’Otan. Ce qui pourrait être difficilement acceptable pour la Russie. Par ailleurs, l’Ukraine maintient sa demande d’adhésion à l’UE. En plus d’une adhésion ukrainienne à l’Otan, cette perspective constitue également une ligne rouge pour Vladimir Poutine.

Le jour suivant ces pourparlers, Volodymyr Zelensky déclare qu’il ne croit pas aux promesses de Moscou de réduction radicale de son activité militaire autour de Kiev et que l’armée ukrainienne se prépare à de nouveaux combats dans l’est du pays. Le 31 mars, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg considère que les forces russes “ne se retirent pas mais se repositionnent” en Ukraine et affirme que l’organisation s’attend à des “offensives supplémentaires”.

4 avril 2022 : après la découverte des massacres de Boutcha, l’UE veut prendre de nouvelles sanctions

Lors du week-end des 2-3 avril, les Russes redéploient leurs troupes du nord vers l’est et le sud de l’Ukraine. Les Ukrainiens reprennent contrôle de la totalité de la région de Kiev, selon la vice-ministre ukrainienne de la Défense.

Le monde découvre alors avec effroi les images de centaines de civils morts et éparpillés dans les rues de la ville de Boutcha, au nord-ouest de Kiev. Le gouvernement ukrainien dénonce un “massacre […] délibéré”, Londres et Madrid réclament une enquête pour “crimes de guerre”, tandis que le président du Conseil européen dénonce les “atrocités” commises par l’armée russe et assure que “l’UE aide l’Ukraine et les ONG à rassembler les preuves nécessaires aux poursuites devant les tribunaux internationaux”. Ce dernier réclame, comme plusieurs dirigeants européens à sa suite (Allemagne, France, Espagne, Pologne…), un renforcement des sanctions à l’encontre de Moscou. Les Etats baltes annoncent par ailleurs cesser d’importer du gaz naturel russe.

Le lundi 4 avril, le haut représentant de l’UE Josep Borrell “condamne” à son tour “les atrocités rapportées commises par les forces armées russes dans plusieurs villes ukrainiennes occupées, qui ont maintenant été libérées”. L’Union européenne annonce alors travailler “en urgence” sur de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie.

De son côté, Moscou nie la version des faits et demande une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, afin de statuer sur les “provocations haineuses” commises selon elle par l’Ukraine dans le territoire de Boutcha.

7 avril 2022 : accord des Vingt-Sept sur la cinquième salve de sanctions européennes contre Moscou

Après plusieurs jours de discussions, faisant suite aux propositions de la Commission européenne, les Vingt-Sept s’accordent le jeudi 7 avril pour un cinquième train de sanctions à l’encontre de la Russie. La découverte des dizaines de civils morts à Boutcha a poussé les Européens à renforcer leur réaction face à la guerre en Ukraine. Ainsi, pour la première fois, une mesure concernant l’énergie est prise : celle d’un embargo sur le charbon russe. En revanche, aucune mesure n’est adoptée sur le gaz et le pétrole, alors que le Parlement européen vote (à la très grande majorité : 513 eurodéputés pour, 22 contre et 19 abstentions) lors de la même journée du 7 avril une résolution réclamant l’imposition d’un embargo “total et immédiat” sur les importations “de pétrole, de charbon de combustible nucléaire et de gaz” russes.

En plus de cette sanction sur le charbon, les ports de l’Union sont désormais fermés aux navires russes, ainsi que les routes européennes pour les transporteurs russes et biélorusses. Des interdictions d’exportations vers la Russie, notamment de biens de haute technologie, mais aussi de nouveaux gels d’avoirs de banques russes sont également décidées. D’autres mesures restrictives visant des oligarques et des membres de l’appareil sécuritaire et militaire du secteur industriel et technologique russe sont arrêtées. Enfin, dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix, l’UE propose d’augmenter encore de 500 millions d’euros le financement d’envoi d’armes à l’Ukraine, pour porter l’aide militaire européenne à un total de 1,5 milliard depuis le début de la guerre.

Le lendemain, le 8 avril, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell se rendent dans la capitale ukrainienne afin de rencontrer le président Volodymyr Zelensky et de lui exprimer un “soutien indéfectible” et leur solidarité envers le peuple ukrainien. Lors de leur rencontre, un plan de financement européen pour l’Ukraine est notamment discuté.

11 avril 2022 : sixième paquet de sanctions discuté et rencontre du chancelier autrichien avec Vladimir Poutine

Les ministres européens des Affaires étrangères se réunissent à Luxembourg le 11 avril afin de trouver un accord sur un sixième train de sanctions à l’égard de Moscou. Un consensus devient de plus en plus complexe à trouver, sur les questions énergétiques principalement et en particulier sur le pétrole et le gaz. Pour autant, des alternatives aux hydrocarbures russes sont recherchées, avec des projets de terminaux méthaniers en Allemagne, en Finlande ou en France, en passant par de possibles nouvelles voies à travers l’Espagne ou l’est de la mer Méditerranée. A côté de ces négociations difficiles, les Européens s’accordent toutefois sur une rallonge de 500 millions d’euros supplémentaires en soutien militaire à l’Ukraine, pour porter le budget total à 1,5 milliard depuis le début de l’offensive russe.

Ce même jour, le chancelier autrichien Karl Nehammer se rend 11 avril à Moscou pour rencontrer le président Vladimir Poutine. Il s’agit de la première rencontre entre un dirigeant européen et le chef du Kremlin depuis le début de la guerre le 24 février. Après une discussion “franche, ouverte et difficile”, le chancelier autrichien se montre pessimiste et déclare qu’il “ne faut pas se faire d’illusions” et que le président russe “est entré massivement dans une logique de guerre”.

Sur le front du conflit, la situation apparaît plus désespérée que jamais à Marioupol. Assiégée depuis une quarantaine de jours et amplement détruite, la ville portuaire est sur le point de tomber aux mains des Russes, la 36ème brigade de la marine nationale ukrainienne annonçant le 11 avril qu’elle se prépare à “une ultime bataille” car ses munitions s’épuisent. Dans cette ville stratégique dévastée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky craint qu’il y ait des “dizaines de milliers” de morts depuis le début des combats. Ce même jour, le chef des séparatistes pro-russes de Donetsk affirme que ses forces ont conquis entièrement la zone portuaire de la ville de Marioupol. En parallèle, après le retrait des troupes russes des régions du nord du pays et des alentours de Kiev, l’armée ukrainienne craint une offensive russe “très prochainement” à l’est, dans la région du Donbass qui est devenue la principale cible du Kremlin.

13-15 avril 2022 : la Finlande et la Suède se dirigent vers une adhésion à l’Otan et un grand navire russe coule

Le mercredi 13 avril, les Premières ministres suédoise et finlandaise, Magdalena Andersson et Sanna Marin, se retrouvent pour évoquer la possible adhésion de leur pays à l’Alliance atlantique dans les prochains mois. Historiquement neutres, les deux Etats scandinaves repensent leur doctrine suite au déclenchement de la guerre en Ukraine et face à la menace russe. Concernant le soutien des populations à cette potentielle adhésion à l’Otan, Sanna Marin déclare que “l’état d’esprit des Finlandais comme des Suédois s’est transformé radicalement à cause des actes de la Russie”. Le processus d’adhésion étant enclenché en Finlande à partir de ce jour, cela représente un revers important pour Vladimir Poutine.

Face à cet échec géostratégique, le Kremlin réagit, notamment par la voix de son ancien président Dmitri Medvedev. Celui-ci fait clairement savoir que Moscou renforcerait ses moyens militaires en mer Baltique en cas d’adhésion des deux pays scandinaves à l’Otan. M. Medvedev prévient que, si cette hypothèse venait à se confirmer, “les frontières de l’Alliance [atlantique] avec la Russie ferait plus que doubler” et qu’il faudrait les défendre, notamment en déployant des missiles et des armes nucléaires aux portes de la Finlande et de la Suède.

Sur le plan du conflit en Ukraine, les troupes russes essuient un spectaculaire coup dur. Alors que les fronts de la guerre n’évoluaient pratiquement plus depuis plusieurs jours, la flotte du Kremlin subit la perte du Moskva, son principal croiseur, le jeudi 14 avril. Ce navire était l’un des fleurons de la marine russe et était extrêmement puissant. Les Ukrainiens affirment avoir touché le croiseur avec des missiles tandis que les Russes évoquent un incendie à bord… Cet événement fait craindre une nouvelle escalade dans le conflit. En grande difficulté sur le plan militaire, le président Vladimir Poutine pourrait céder à l’utilisation d’armes nucléaires tactiques, c’est en tout cas ce que craignent les renseignement américains.

Le vendredi 15 avril, au lendemain du naufrage du Moskva en mer Noire, Moscou menace d’intensifier ses frappes sur la capitale Kiev. Des représailles qui feraient suite aux accusations par la Russie de bombardements ukrainiens de deux villages sur son territoire. Dans la foulée, le ministère de la Défense du Kremlin annonce avoir bombardé une usine d’armement près de Kiev.

17-18 avril 2022 : une nouvelle offensive russe d’ampleur débute dans l’est de l’Ukraine

Le 18 avril, le président ukrainien Volodymyr Zelensky annonce que l’offensive russe prévue depuis plusieurs jours dans l’est du pays a démarré. “Nous pouvons maintenant affirmer que les troupes russes ont commencé la bataille pour le Donbass, pour laquelle elles se préparent depuis longtemps”, affirme-t-il. Mais “peu importe combien de soldats russes sont amenés jusqu’ici, nous combattrons”, poursuit-il. Même son de cloche dans la ville de Marioupol, cible d’attaques ininterrompues depuis le début de la guerre, où les derniers résistants rejettent l’ultimatum russe qui exige que les Ukrainiens déposent les armes. Les défenseurs de Marioupol se disent prêts à poursuivre les combats “jusqu’au bout”.

Le 17 avril, Moscou avait mené une série de bombardements à Kharkiv, mais aussi à Kiev, les deux plus grandes villes du pays. Le lendemain, c’est la ville de Lviv dans l’ouest qui est également prise pour cible par des missiles russes. Dans le Donbass, où le conflit s’intensifie, le gouverneur ukrainien de la région de Louhansk relate que l’offensive “dont on parle depuis des semaines” a commencé et décrit un “enfer”.

Suite à ces frappes russes, l’Union européenne condamne “des bombardements aveugles et illégaux de civils” et le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell avertit qu’il “ne peut pas y avoir d’impunité pour les crimes de guerre”.

Le mardi 18 avril, la Russie déclare avoir mené une dizaine de frappes dans l’est de l’Ukraine, entamant la bataille pour le Donbass. Selon le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, il s’agit d’une “nouvelle phase” de la guerre. Dans le même temps, Washington fait savoir que l’Ukraine a reçu des avions de chasse et des pièces détachées pour renforcer son armée de l’air.

Lors d’une réunion virtuelle tenue le même jour, l’Union européenne et les Etats-Unis parviennent à un nouveau consensus sur la nécessité d’accentuer la pression sur le Kremlin, à travers l’adoption de sanctions supplémentaires, en particulier sur l’énergie. Ils conviennent de réduire fortement le recours aux hydrocarbures russes, manne financière considérable pour Moscou.

20-24 avril 2022 : les combats se poursuivent sans trêve à Marioupol, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken à Kiev

Alors que l’offensive russe s’intensifie dans le Donbass, la chute de Marioupol se rapproche. Le 20 avril, le ministre ukrainien de la Défense explique que l’armée russe “concentr[e] l’essentiel de ses efforts sur la prise de Marioupol” et dénonce des “tentatives d’assaut” dans les régions de l’est de l’Ukraine. “La situation se complique d’heure en heure”, s’inquiète-t-il. Ce même jour, le président du Conseil européen Charles Michel se rend à Kiev et assure que l’Union fera “tout son possible” pour que l’Ukraine “gagne la guerre”, tout en affirmant que les Vingt-Sept continueront à “prendre des décisions tous ensemble”.

Pour apporter une nouvelle aide militaire à Kiev, des pays d’Europe de l’Est enverront “dans les prochains jours” des armes lourdes, dont des chars de combats et des véhicules blindés, déclare le 21 avril la ministre allemande de la Défense Christine Lambrecht. Le lendemain, la France annonce aussi la livraison d’armes lourdes à l’Ukraine. Parallèlement, le 21 avril, le président russe Vladimir Poutine affirme “la fin du travail de libération de Marioupol” et juge que ses forces ont pris le contrôle de la ville portuaire stratégique. Une affirmation que le président américain Joe Biden conteste puisque, selon lui, “il n’y a encore aucune preuve que Marioupol soit complètement perdue”.

D’après une déclaration du 22 avril d’un responsable militaire russe, le général Roustam Minnekaïev, le Kremlin compte “établir un contrôle total sur le Donbass et sur le sud de l’Ukraine”, afin de permettre “d’assurer un couloir terrestre vers la Crimée” et de prendre possession des “ports de la mer Noire”. Il poursuit en déclarant que ce contrôle du territoire ouvrirait “un couloir vers la Transnistrie” (menaçant ainsi la Moldavie), région où selon lui “on observe également des cas d’oppression de la population russophone”.

Lors du week-end des 23 et 24 avril, l’invasion de l’Ukraine par la Russie franchit le cap des deux mois. Selon le ministre russe des Affaires étrangères, les négociations au sujet du conflit “patinent” entre Kiev et Moscou. Mais le samedi 23 avril, Volodymyr Zelensky appelle de nouveau à rencontrer Vladimir Poutine pour “parvenir à un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine”. Le lendemain, le dimanche 24 avril, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken et le ministre de la Défense Lloyd Austin se rendent à Kiev, ce qui correspond à la première venue de dirigeants des Etats-Unis depuis le début du conflit. M. Blinken souhaite “un retour rapide à la paix” et affirme que les Américains continueront à soutenir les Ukrainiens.

Le lundi 25 avril, au terme de nouvelles négociations, aucun accord n’est conclu pour créer un couloir humanitaire afin d’évacuer les civils à Marioupol. Selon le président ukrainien, il y aurait environ un millier de civils et des centaines de blessés retranchés dans des conditions désastreuses à l’intérieur d’une usine métallurgique. La situation humanitaire continue de s’aggraver, tandis que l’ONU annonce que le nombre de réfugiés ayant quitté l’Ukraine depuis le 24 février a dépassé les 5,2 millions personnes.

4 mai 2022 : la Commission européenne présente un sixième train de sanctions contre la Russie

Après plus de deux mois d’un conflit qui ne semble pas près de se terminer, l’UE cherche à freiner Moscou en lui infligeant des sanctions supplémentaires. Ainsi, l’exécutif européen propose aux Etats membres un sixième paquet de mesures. Celles-ci consistent d’abord en la suspension de trois autres banques russes du système financier Swift, dont Sberbank, la plus importante de Russie. Ensuite, le secteur énergétique est une nouvelle fois concerné puisque Mme von der Leyen suggère aux pays membres de l’Union de mettre en place un embargo progressif sur le pétrole et les produits pétroliers achetés à la Russie. “Nous renoncerons progressivement aux livraisons russes de pétrole brut dans les six mois et à celles de produits raffinés d’ici à la fin de l’année”, a-t-elle déclaré.

Ce sixième train de sanctions pourrait cependant être plus difficilement adopté par les Vingt-Sept que les précédents. Ursula von der Leyen reconnaît que “ce ne sera pas facile” étant donné que “certains Etats sont fortement dépendants du pétrole russe”. Dans ce cadre, le projet d’embargo prévoirait une exemption pour la Hongrie et la Slovaquie, deux pays enclavés qui pourraient continuer leurs achats d’hydrocarbures à la Russie en 2023. Budapest a réagi rapidement à l’annonce de proposition d’embargo européen sur le pétrole russe et a pointe du doigt le fait qu’il n’y aurait aucune “garantie” pour sa sécurité énergétique.

Les nouvelles sanctions viseraient par ailleurs de nouvelles personnalités (58 au total) telles que le patriarche Kirill, le chef de l’Eglise orthodoxe russe et soutien affiché de la guerre contre l’Ukraine, mais également des militaires ou encore la famille du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. La Commission a aussi ajouté que trois grands radiodiffuseurs détenus par l’Etat russe seraient interdits sur les ondes européennes si le nouveau train de sanctions était adopté.

9 mai 2022 : Vladimir Poutine célèbre la victoire de 1945, Emmanuel Macron fête la Journée de l’Europe

Le 9 mai, la Russie et l’Union européenne célèbrent en même temps une journée particulièrement symbolique pour leur unité respective. De son côté, Moscou commémore la défaite de l’Allemagne nazie, le Jour de la Victoire, et M. Poutine profite de cette occasion et de ce grand défilé militaire pour proclamer que son armée ne fait que défendre “la patrie” en Ukraine face à la “menace inacceptable” que représente le camp occidental aux frontières russes.

L’Union européenne, quant à elle, fête sa Journée de l’Europe : l’occasion pour Mme von der Leyen d’annoncer que la Commission rendra son avis en juin sur la candidature de l’Ukraine à l’adhésion européenne. Tout juste réinvesti, Emmanuel Macron appelle à la création d’une “communauté politique européenne” afin de permettre “aux nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs, de trouver un nouvel espace de coopération, en matière de politique, de sécurité, d’énergie, de transport, d’investissement, d’infrastructures, de libre circulation des personnes”, tout en rappelant qu’une procédure d’adhésion à l’Union peut prendre à l’inverse “plusieurs décennies”. Pour préciser cette proposition, l’Elysée explique qu’en raison du contexte géopolitique, il y a “urgence à ancrer l’Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, mais aussi les Balkans occidentaux, à l’UE, et à renforcer la nature des relations”.

De leur côté, les Etats-Unis souhaitent encore augmenter leur aide militaire à Kiev : après que le président Joe Biden a demandé un paquet de 33 milliards de dollars fin avril, les démocrates du Congrès américain veulent débloquer 40 milliards de dollars d’aide militaire et humanitaire à l’Ukraine.

Sur le territoire ukrainien, l’armée russe n’a jusqu’à présent pu revendiquer le contrôle complet que d’une ville d’importance : Kherson (dans le sud). L’offensive militaire de la Russie se poursuit “afin d’établir un contrôle total sur les régions de Donetsk, de Louhansk et de Kherson et de maintenir le couloir terrestre entre ces territoires et la Crimée”, prévient l’état-major de l’armée ukrainienne. A Marioupol, les résistants assiégés refusent toujours de se rendre. “Capituler n’est pas une option car notre vie n’intéresse pas la Russie”, affirme Ilya Samoïlenko, un officier du renseignement ukrainien.

15 mai 2022 : les gouvernements finlandais et suédois font part de leur volonté de rejoindre l’Otan

Le 13 avril 2022, les Premières ministres suédoise Magadalena Andersson et finlandaise Sanna Marin s’étaient réunies pour évoquer la possibilité d’une adhésion de leur pays respectif à l’Alliance atlantique. Les choses ont ensuite avancé très rapidement : le 12 mai, Helsinki fait savoir dans un communiqué que la perspective d’adhésion à l’Otan est soutenue par le gouvernement, qui souhaite une intégration “sans délai”. Cette candidature représente un bouleversement géopolitique et un revirement pour Vladimir Poutine, notamment parce que la Russie partage plus de 1 300 kilomètres avec le territoire finlandais.

Le dimanche 15 mai, Helsinki présente son projet d’adhésion tandis que le parti social-démocrate suédois, dont Magdalena Andersson est issue, donne son accord pour une candidature commune à l’Otan avec la Finlande. Si la procédure aboutissait, ce serait le premier élargissement de l’alliance militaire à des pays qui n’appartenaient pas à l’URSS depuis l’intégration de l’Espagne en 1982.

Lors d’un appel avec son homologue finlandais Sauli Niinistö samedi 14 mai, le président russe Vladimir Poutine réagit aux annonces de la Finlande en déclarant qu’un renoncement à sa politique de non-alignement “serait une erreur, puisqu’il n’y a aucune menace à la sécurité” du pays. Moscou indique vouloir prendre des mesures “militaro-techniques” en réponse.

Le lundi 16 mai, le gouvernement suédois annonce à son tour sa candidature à l’Otan. La Première ministre évoque une nouvelle “ère” pour son pays. Elle estime que la procédure d’adhésion ne prendra “pas plus d’un an”.

Ce même jour, les Ukrainiens annoncent qu’ils sont parvenus à repousser partiellement les forces ennemies en reprenant le contrôle d’une partie de la frontière avec la Russie, dans la région de Kharkiv au nord-est.

Plus symboliquement, Kiev remporte une autre victoire le samedi 14 mai, celle de l’Eurovision grâce au groupe ukrainien Kalush Orchestra. L’Ukraine reçoit donc la charge d’organiser la prochaine édition du concours en 2023. “Notre courage impressionne le monde, notre musique conquiert l’Europe”, affirme le président Volodymyr Zelensky.

24 mai 2022 : trois mois après le début du conflit, les Ukrainiens résistent toujours mais sont en difficulté dans le Donbass

Après treize longues semaines de guerre, l’armée russe poursuit ses bombardements à l’est du territoire ukrainien afin de notamment prendre le contrôle de la ville de Sievierodonetsk dans le Donbass. Le 20 mai, Moscou annonce avoir achevé la conquête de Marioupol, la cité portuaire martyre qui a été détruite à 90 % d’après les autorités locales. A la suite des échecs qu’ont représenté les assauts russes dans le nord de l’Ukraine et à Kiev durant les premiers jours de l’invasion, cette conquête représente un succès stratégique majeur du point de vue des Russes, après près de trois mois de conflit intense.

Le 22 mai, le président polonais Andrzej Duda effectue une visite surprise auprès de Volodymyr Zelensky à Kiev, lui apportant un soutien “inconditionnel” pour la candidature de son pays à l’UE. Fidèle à la cause ukrainienne, M. Duda en profite pour critiquer les pays qui continuent de commercer avec la Russie, estimant que tout “business as usual” avec Moscou est impossible après la découverte de massacres de civils en Ukraine. Le chef d’Etat de Pologne salue les peuples qui “versent leur sang” pour appartenir à l’Europe. Concernant l’intégration de l’Ukraine à l’UE, il déclare n’avoir “aucun doute” que cette dernière “fera un tel geste” envers le pays. Mais la position est plus nuancée du côté de Paris. Selon le ministre français des Affaires européennes Clément Beaune, l’adhésion prendra “sans doute 15 ou 20 ans”.

Le 23 mai, la première condamnation pour crimes de guerre dans le cadre du conflit tombe. Un soldat russe de 21 ans, du nom de Vadim Chichimarine, reçoit une lourde peine pour avoir tué un civil ukrainien de 62 ans : la prison à vie.

Sur le front, la situation devient “extrêmement difficile” dans la région du Donbass, considère le président ukrainien Volodymyr Zelensky. De manière générale dans le pays, “les prochaines semaines seront difficiles”, prévient-il le 23 mai dans son allocution télévisée quotidienne.

30 mai 2022 : les Européens s’accordent sur un embargo partiel des importations de pétrole russe

Après plusieurs semaines de discussions entre les institutions européennes et la Hongrie (qui souhaitait des garanties sur son approvisionnement énergétique avant de lever son veto sur un embargo vis-à-vis du pétrole russe), les Vingt-Sept réunis en sommet européen trouvent un accord le 30 mai pour se couper de la majeure partie du pétrole acheté à Moscou. Ce sont uniquement les importations par bateau dans l’UE qui sont visées dans le cadre de cet accord, mais pas celles par oléoduc.

L’interdiction prendra effet d’ici six mois et concerne plus des deux tiers des importations de pétrole russe. L’Allemagne et la Pologne ont aussi annoncé mettre fin à leurs importations par oléoduc d’ici à la fin de l’année, ce qui permettra à “l’UE [de] tarir de 90 % les livraisons de pétrole russe d’ici la fin 2022″, selon le président du Conseil européen Charles Michel. L’objectif est toujours de sanctionner le Kremlin pour la guerre qu’il mène en Ukraine et ainsi de le couper d’une source de financement dont il bénéficie. L’exemption vis-à-vis des importations par oléoduc bénéficie avant tout à la Hongrie, à la Slovaquie et à la République tchèque, puisque ces pays enclavés continueront d’être approvisionnés par le pipeline russe Droujba. La Bulgarie devrait également être autorisée à se procurer l’hydrocarbure russe pendant un an et demi.

Le sixième train de mesures comprend d’autres sanctions telles que le retrait de la Sberbank, la plus grande banque commerciale de Russie, du système de paiement Swift. Les nouvelles sanctions visent également des militaires russes responsables des massacres commis à Boutcha et dans d’autres villes occupées par les troupes russes. Initialement ciblé, le patriarche Kirill, chef de l’Eglise orthodoxe russe et proche allié du président Poutine, est finalement retiré de la liste des personnalités sanctionnées sur demande de la Hongrie lors de l’adoption du sixième train de mesures restrictives au Conseil de l’UE le 2 juin. Les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont aussi approuvé l’octroi de 9 milliards d’euros à l’Ukraine pour aider son économie lourdement affectée par la guerre.

7 juin 2022 : la ville de Sievierodonetsk devient le théâtre principal de la guerre entre Russes et Ukrainiens

Depuis plusieurs jours, la bataille pour Sievierodonetsk fait rage dans le Donbass et la ville est en proie à de violents combats entre les forces russes et ukrainiennes. Le 4 juin, le gouverneur de Louhansk Serguiï Gaïdaï reconnaît que la situation dans la région s’avère “extrêmement difficile” et que “les combats se concentrent actuellement à Sievierodonetsk car […] l’armée russe a jeté tout son poids et ses réserves” dans la conquête de cette ville clé.

Alors que Moscou gagnait du terrain dans Sievierodonetsk, Kiev affirme le 5 juin que ses “forces armées ont nettoyé la moitié” des troupes russes qui s’y trouvaient, déclarant que “la moitié de la ville est sous le contrôle [des] défenseurs” ukrainiens. Dans le même temps, plusieurs frappes aériennes russes sont effectuées à Kiev, alors que la capitale n’avait pas été ciblée depuis la fin du mois d’avril. Quatre missiles frappent l’usine de Darnytsia, dans le sud-est de la capitale, annonce le chef de la compagnie publique des chemins de fer ukrainienne Ukrzaliznytsia. Selon lui, l’usine ne s’occupe pas des équipements militaires, mais répare des wagons transportant des céréales exportées.

En parallèle, Vladimir Poutine prévient que Moscou répondrait si les Occidentaux fournissaient des missiles de longue portée à l’Ukraine, jugeant que les livraisons d’armes visaient à “prolonger le conflit”. En cas de livraisons de tels équipements, “nous tirerons les conclusions appropriées et utiliserons nos armes […] pour frapper des sites que nous n’avons pas visés jusqu’à présent”, menace-t-il.

Les Ukrainiens “tiennent bon” à Sievierodonetsk, mais les Russes y sont “plus nombreux et plus puissants”, si bien que la situation est “difficile” sur le front oriental, prévient Volodymyr Zelensky. “Les principaux efforts de l’ennemi se concentrent” sur ce centre industriel pour “bloquer” les troupes ukrainiennes dans la région voisine de Lyssytchansk, fait savoir l’armée ukrainienne. Mais le 7 juin, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou affirme que son armée a “totalement libéré” les zones résidentielles de Sievierodonetsk. Cette affirmation n’est pas confirmée par l’Ukraine. “Ils ne contrôlent pas la ville”, rétorque Serguiï Gaïdaï. Sa prise ouvrirait aux Russes la route de Kramatorsk, grande ville de la région de Donetsk, d’autant que Sievierodonetsk est la dernière agglomération encore sous contrôle ukrainien dans la région de Louhansk.

Alors que Sievierodonetsk est “bombardée 24 heures sur 24”, le gouverneur de la région Serguiï Gaïdaï envisage un retrait des troupes ukrainiennes vers des positions mieux fortifiées. “Il faudra peut-être se retirer”, avoue-t-il. La ville est partiellement contrôlée par les Russes depuis plusieurs jours. 

16 juin 2022 : Emmanuel Macron, Olaf Scholz et Mario Draghi se rendent à Kiev

Le 13 juin, le chef d’Etat ukrainien déclare que le “coût humain” de la bataille de Sievierodonetsk s’avère “terrifiant”. En parallèle, les autorités ukrainiennes indiquent avoir abandonné le centre-ville suite aux vagues d’attaques par les forces russes, même si les combats se poursuivent.

Le 14 juin, Moscou propose d’instaurer un couloir humanitaire à Sievierodonetsk à partir du 15 juin pour que les civils puissent être évacués “en toute sûreté”. Le ministère russe de la Défense appelle également à cesser cette “résistance absurde” qui se concentre dans une grande usine chimique.

Alors que Kiev, par l’intermédiaire de la vice-ministre de la Défense Anna Maliar, regrette n’avoir reçu qu’ ”environ 10 %” des armes dont les Ukrainiens ont besoin, Washington annonce une nouvelle aide militaire d’un montant d’un milliard de dollars “pour leurs opérations défensives dans le Donbass”.

Jeudi 16 juin, les président français, le chancelier allemand et le président du Conseil des ministres italien partent en train depuis le sud de la Pologne en direction de Kiev pour rendre visite à Volodymyr Zelensky. Un déplacement inédit de la part des trois dirigeants depuis le début de l’invasion russe en février, destiné à exprimer le soutien de leur pays, puissances européennes fondatrices de l’UE. Ils sont ensuite rejoints par le chef d’Etat roumain Klaus Iohannis pour rencontrer le président ukrainien.

La France annonce notamment la livraison de six nouveaux canons Caesar à Kiev (en plus des 12 qui ont déjà été envoyés), un système d’artillerie très prisé pour sa précision. Surtout, Paris, Berlin, Rome et Bucarest se prononcent en faveur d’un octroi “immédiat” à l’Ukraine du statut de candidat “immédiat” à l’adhésion à l’Union européenne. “Ce statut sera assorti d’une feuille de route et impliquera aussi que soit prise en compte la situation des Balkans occidentaux et du voisinage, en particulier de la Moldavie”, ajoute Emmanuel Macron.

17 juin 2022 : la Commission européenne en faveur de l’octroi à l’Ukraine du statut de candidat à l’adhésion européenne

Le 17 juin 2022, la Commission européenne recommande formellement aux Etats membres d’accorder à l’Ukraine le statut de candidat à l’UE. “La Commission recommande au Conseil, premièrement, de donner à l’Ukraine une perspective européenne et, deuxièmement, de lui accorder le statut de candidat. Ceci, bien entendu, à condition que le pays procède à un certain nombre de réformes importantes”, déclare la présidente de l’institution Ursula von der Leyen.

L’avis de l’exécutif européen est présenté avant le sommet européen des 23 et 24 juin, où l’Ukraine pourra formellement être reconnue en tant que candidate à l’intégration européenne si les Vingt-Sept le choisisse à l’unanimité. A ce sujet, le président Volodymyr Zelensky insiste : “cette semaine sera historique pour notre pays lorsque nous entendrons la réponse de l’Union européenne sur le statut de candidat de l’Ukraine”. “Depuis 1991, il y a eu peu de décisions aussi fatidiques pour l’Ukraine que celle que nous attendons aujourd’hui”, affirme-t-il également, en se déclarant “convaincu que seule une réponse positive est dans l’intérêt de toute l’Europe”.

23 juin 2022 : les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept accordent le statut de candidat à l’UE à l’Ukraine

Réunis en Conseil européen à Bruxelles, les dirigeants des Etats membres octroient à l’Ukraine le statut de candidat à l’adhésion européenne, suivant ainsi la recommandation émise par la Commission européenne six jours plus tôt. Un “moment historique” pour le président du Conseil européen Charles Michel. “L’une des décisions les plus importantes pour l’Ukraine depuis son indépendance”, salue son chef d’Etat Volodymyr Zelensky. Le pays avait déposé sa candidature le 28 février, soit quatre jours seulement après le début de l’invasion russe.

Dans le même temps, les Vingt-Sept accordent aussi le statut de candidat à la Moldavie, un Etat frontalier de l’Ukraine craignant d’être la prochaine cible de Vladimir Poutine. En revanche, la Géorgie, qui avait candidaté en même temps que les Moldaves le 3 mars, ne voit pas sa candidature officiellement reconnue. En cause notamment : un gouvernement à l’orientation de plus en plus pro-russe et des atteintes répétées à l’état de droit.

4-5 juillet 2022 : à Lugano, les partenaires de l’Ukraine s’accordent sur les principes de la reconstruction du pays

La ville de Lugano a accueilli les 4 et 5 juillet une conférence pour la reconstruction de l’Ukraine, rassemblant des chefs de gouvernements, des acteurs institutionnels ou des ONG. Pour représenter l’UE, Ursula von der Leyen s’est rendue sur place, accompagnée du Premier ministre tchèque Petr Fiala dont le pays exerce actuellement la présidence tournante du Conseil.

Pour certains, l’idée de cette conférence était de fonder un “plan Marsall” pour aider Kiev à se reconstruire après la guerre. Au terme de ces deux journées, il a été décidé que les futures aides financières - conditionnées à la fin du conflit - ne seront versées que si l’Ukraine entreprend des réformes importantes en matière de lutte contre la corruption notamment. Face à cette demande, le Premier ministre ukrainien Denys Chmyhal a promis de “non seulement combattre la corruption mais la rendre impossible”.

Outre ce dossier, le pays devra réaliser des investissements massifs pour favoriser la confiance des entreprises et réformer sa représentativité démocratique. Plusieurs participants ont également précisé le montant de leur aide : pour l’UE, un nouveau plan impliquant la Banque européenne d’investissement doit mobiliser jusqu’à 100 milliards d’euros.

21 juillet 2022 : l’UE adopte un embargo sur l’or russe

Les Vingt-Sept s’entendent sur un septième train de sanctions. La principale concerne l’interdiction d’importer de l’or en provenance de Russie, y compris les bijoux. Cette sanction a encore une fois pour but d’affaiblir l’économie russe et de limiter la capacité du Kremlin à financer la guerre en Ukraine.

Les actifs de Sberbank, la plus grande banque russe, dans l’UE sont par ailleurs gelés. La liste des personnalités et entités figurant sur la liste noire de l’Union est dans le même temps allongée. Enfin, les ressources de certaines banques originaires de Russie, sanctionnées par les Etats membres mais nécessaires au commerce de produits alimentaires comme le blé, sont débloquées afin que les mesures restrictives de l’UE n’aggravent pas la crise alimentaire liée au conflit en Ukraine.

26 juillet 2022 : accord des Vingt-Sept pour réduire leur consommation de gaz de 15 % afin de prévenir une rupture de l’approvisionnement russe

Et si Moscou décidait de complètement fermer le robinet de gaz ? Alors que l’offre russe a déjà baissé de 30 % par rapport à la période 2016-2021 selon la Commission européenne, les Etats membres de l’UE s’entendent sur une mesure visant à réduire le poids de l’arme énergétique brandie par la Russie, destinée à sanctionner leur soutien à l’Ukraine. Afin d’éviter une pénurie l’hiver à venir, les ministres européens de l’Energie approuvent une réduction de 15 % de leur consommation de gaz entre le 1er août 2022 et le 31 mars 2023 par rapport à leur consommation moyenne au cours de la même période ces cinq dernières années.

L’objectif n’est pas contraignant : chaque gouvernement s’engage à faire “tout son possible” pour l’atteindre et reste libre des mesures à prendre en ce sens. Le Conseil de l’UE, qui regroupe les ministres des 27 Etats membres, peut toutefois déclencher un état d’alerte en cas de rupture grave d’approvisionnement ou de demande très élevée. Auquel cas un certain nombre de pays seront cette fois tenus de respecter cette réduction de 15 %.

La proposition initiale de la Commission avait été sévèrement critiquée par plusieurs pays européens en amont de la réunion du Conseil, dont l’Espagne, le Portugal, la Grèce et la France. En cause : l’uniformité des mesures, qui tenait peu compte de la diversité des situations nationales. Après les négociations, seule la Hongrie a finalement voté contre la proposition.

4 août 2022 : l’UE sanctionne l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovytch

Les Etats membres de l’UE ajoutent à leur liste noire l’ancien chef d’Etat ukrainien Viktor Ianoukovytch, de même que son fils Oleksandr. Ces derniers sont ainsi soumis à une interdiction de visa dans les Vingt-Sept et à un gel de leurs potentiels actifs détenus dans l’Union. Viktor Ianoukovytch est accusé d’avoir pris part à une opération russe visant à remplacer le président Volodymyr Zelensky par lui au début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, initiée le 24 février 2022.

Au pouvoir de 2010 à 2014, M. Ianoukovytch avait été renversé par un soulèvement populaire après avoir refusé de signer un accord d’association avec l’UE et s’être rapproché de Moscou. Ce à quoi la Russie avait répondu en annexant la Crimée et en soutenant les séparatistes pro-russes des régions de Donetsk et de Louhansk.

Olekansdr Ianoukovytch est quant à lui sanctionné pour ses liens, notamment financiers, avec les séparatistes du Donbass.

30 août 2022 : feu vert politique des ministres européens de la Défense pour préparer une mission de formation militaire de l’UE en Ukraine

Alors que les Européens ont débloqué 2,5 milliards d’euros destinés à financer l’envoi d’armes à l’Ukraine depuis février, ils pourraient compléter leur soutien en formant directement des forces ukrainiennes. Le 30 août, les ministres de la Défense des Vingt-Sept approuvent le lancement de travaux préparatoires à ce sujet. Ceux-ci visent à définir la forme que pourra prendre une nouvelle mission d’assistance et d’entraînement militaire de haut niveau auprès de l’armée ukrainienne. Si elle est formellement validée, cette initiative viendra s’ajouter aux sept missions militaires actuellement menées par l’UE, quasiment toutes en Afrique et elles aussi principalement tournées vers la formation. Un domaine dans lequel l’Union développe son expertise depuis le début des années 2000.

31 août 2022 : l’UE suspend un accord qui facilitait l’obtention des visas pour les citoyens russes

Les ministres des Affaires étrangères des Etats membres s’entendent pour suspendre un accord de 2007 facilitant l’obtention des visas de court séjour (tourisme) pour les ressortissants russes. Une mesure bien plus radicale est en revanche écartée par les gouvernements européens : l’interdiction totale de ces visas de court séjour pour les citoyens russes.

Réclamée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky et avancée par la présidence tchèque du Conseil, cette dernière mesure était soutenue par plusieurs pays tels que la Pologne, les Etats baltes ou encore la Finlande. Mais d’autres, à l’instar de la France, de l’Allemagne, de l’Autriche ou bien de la Hongrie avaient fait part de leur rejet de la proposition. Josep Borell, haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et notamment chargé de présider les Conseils Affaires étrangères, s’y était également déclaré opposé. L’accord des Vingt-Sept autorise toutefois les pays frontaliers de la Russie à procéder à une telle interdiction des visas.

28 septembre 2022 : la Commission européenne propose un huitième train de sanctions aux pays de l’UE

En réaction aux quatre référendums d’annexion à la Russie, organisés dans les zones contrôlées par les prorusses en Ukraine et qui ont vu sans surprise le “oui” l’emporter, la Commission européenne présente un huitième paquet de sanctions aux Etats membres de l’UE. Celles-ci visent davantage de produits russes par des interdictions d’importation dans l’Union, pour un manque à gagner de la Russie qui atteindrait 7 milliards d’euros. Dans le même temps, l’exécutif européen propose une extension du nombre de produits dont l’exportation vers le pays est prohibée, afin de priver plus encore le complexe militaro-industriel russe de technologies clés. Enfin, la Commission prévoit un allongement de la liste des personnalités russes sanctionnées, en y intégrant notamment les dirigeants sécessionnistes de la région du Donbass ayant organisé les récents référendums. En parallèle, l’exécutif européen dit travailler avec le G7 à un plafonnement du prix du pétrole provenant de Russie. L’objectif annoncé est que les Vingt-Sept s’entendent sur les nouvelles mesures restrictives d’ici au Conseil européen des 6 et 7 octobre à Prague.

30 septembre 2022 : en réaction à l’annexion de territoires séparatistes par la Russie, l’Ukraine demande une “adhésion accélérée à l’Otan

La réponse de Kiev à Moscou ne s’est pas fait attendre. Le jour de la célébration en grande pompe par Vladimir Poutine de l’annexion des oblasts de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijia, à la suite de référendums non reconnus par la communauté internationale, l’Ukraine réplique en demandant une intégration rapide au sein de l’Alliance atlantique. Alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait estimé en mars que son pays ne pourrait pas rejoindre l’Otan, la fuite en avant de la Russie dans le conflit a ainsi fait évoluer sa position. Une “adhésion accélérée” comme demandée par Kiev reste toutefois peu probable à ce stade. L’unanimité des 30 Etats membres de l’organisation est requise, et l’intégration de l’Ukraine pourrait les faire entrer en guerre contre la Russie, un scénario que l’Otan ne souhaite pas.

L’article Guerre en Ukraine : chronologie des événements est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

03.10.2022 à 13:01

Energie : malgré un accord important, des divisions à surmonter pour les Vingt-Sept

Faustin

“L’urgence énergétique européenne a rendu inéluctable ce qui était autrefois impensable”, note Politico. “Les pays vont rationner l’électricité de 5 % aux heures de pointe cet hiver”, poursuit le média en ligne. Mesure phare de l’accord des ministres européens de l’Energie trouvé ce vendredi 30 septembre, la récupération d’une partie des “superprofits” réalisés par les […]

L’article Energie : malgré un accord important, des divisions à surmonter pour les Vingt-Sept est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

Texte intégral (1819 mots)

La commissaire européenne à l'Energie, Kadri Simson, a jugé l'intervention européenne sur le marché de l'énergie nécessaire afin de réduire les coûts de production d'électricité à partir du gaz
La commissaire européenne à l’Energie, Kadri Simson, a jugé l’intervention européenne sur le marché de l’énergie nécessaire afin de réduire les coûts de production d’électricité à partir du gaz - Crédits : Conseil de l’UE

L’urgence énergétique européenne a rendu inéluctable ce qui était autrefois impensable”, note Politico. “Les pays vont rationner l’électricité de 5 % aux heures de pointe cet hiver”, poursuit le média en ligne. Mesure phare de l’accord des ministres européens de l’Energie trouvé ce vendredi 30 septembre, la récupération d’une partie des “superprofits” réalisés par les producteurs d’énergie pour être reversée aux ménages et aux entreprises [La Croix].

La Libre explique que “le Conseil a accepté de plafonner les revenus du marché à 180 euros/MWh pour les producteurs d’électricité, y compris les intermédiaires, qui utilisent des technologies dites inframarginales pour produire de l’électricité, telles que les énergies renouvelables, le nucléaire et le lignite”. Des opérateurs qui “ont réalisé des gains financiers importants et inattendus au cours des derniers mois, sans que leurs coûts opérationnels n’augmentent” selon l’institution, citée par le journal belge. Les producteurs et distributeurs de gaz, charbon et pétrole devront en outre s’acquitter d’une “contribution temporaire de solidarité” [France info]. “Même si elle est loin de régler le problème de la flambée des prix, une étape importante a été franchie par les Européens”, estime ainsi Le Monde.

140 milliards d’euros à redistribuer

Cette première série de mesures d’urgence doit “permettre aux Etats de commencer à alléger la facture d’électricité des citoyens et des entreprises”, décrypte le quotidien du soir. 140 milliards d’euros pourront être collectés auprès des énergéticiens, selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen [France info].

Dans un éditorial, El Mundo considère que “l’intervention sur le marché de l’énergie doit se faire de manière prudente et responsable”. En l’occurrence, “bien qu’elle ne soit pas la solution idéale dans un scénario de libre concurrence comme celui de l’UE, [celle-ci] est l’instrument nécessaire pour faire face temporairement à une situation urgente et exceptionnelle qui plongerait le Vieux Continent dans un hiver très difficile”, d’après le journal espagnol.

Divisions entre Etats membres

Quinze Etats membres, dont la France, avaient en outre réclamé un plafonnement des prix de gros du gaz sur le marché européen [France info]. Une proposition qui bute “sur les réticences allemandes” [La Croix], et qui a été rejetée par la Commission européenne “compte tenu du risque que les producteurs détournent leurs stocks vers d’autres marchés”, rapporte El Mundo.

Des failles dans la solidarité européenne, jusqu’alors peu visibles, commencent à apparaître au grand jour, au fur et à mesure que la crise énergétique s’aggrave sur le Vieux Continent”, notent Les Echos. Dernier sujet de discorde, le plan d’aide annoncé par l’Allemagne jeudi 29 septembre. “Un vaste programme de 200 milliards d’euros destiné à protéger ses propres ménages et entreprises de la hausse des prix du gaz”, décrit Politico. Un plan surveillé de près par l’exécutif européen, qui devra évaluer son “impact sur les conditions de concurrence équitables dans le marché intérieur”, selon les termes du commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton [Les Echos].

Nouvelles propositions

Habituez-vous à ce que les ministres européens de l’Energie organisent des sommets de crise”, prévient Politico. Pour le média, “la crise énergétique qui frappe l’Europe sera de longue haleine”.

Le Monde fait savoir que la Commission s’est engagée à présenter de nouvelles propositions d’ici au prochain sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernement des 6 et 7 octobre à Prague. “Toutes les options sont désormais sur la table”, indique le quotidien : “des moins polémiques – négociations avec les fournisseurs amis de l’UE, réflexion sur un nouvel index de prix du gaz – aux plus taboues – achats en commun de gaz, réforme du marché de l’électricité ainsi que toutes les variations possibles autour du plafonnement du prix du gaz”.

Les autres sujets du jour

Bosnie

Communauté politique européenne

Culture

Environnement

Lettonie

Relations extérieures

Royaume-Uni

L’article Energie : malgré un accord important, des divisions à surmonter pour les Vingt-Sept est apparu en premier sur Touteleurope.eu.

6 / 12

Médias

Open Source Intelligence
OpenFacto Bellingcat

GÉNÉRALISTES
Basta L'Autre Quotidien Alternatives-Economiques Blast La Croix Le Figaro Le Monde France 24 FTVI HuffingtonPost L'Humanité LCP Mediapart La Tribune Le Media Slate Korii

INTERNATIONAL
Orient XXI CADTM Courrier d'Europe Centrale Courrier International Eurojournalist Equaltimes Info Asie Inkyfada Jeune Afrique Rojava I.C NYT Toute l'Europe

MÉDIAS D'OPINION
L'Autre France-Presse Acta AOC Issues Les Jours Journal Minimal Le Monde Moderne LVSL Marianne Quartier Général Rapports de force Reflets Rézo StreetPress

OBSERVATOIRES
I.R.I.S Internet actu Armements Acrimed Catastrophes naturelles Conspis Conditions de travail Culture Extrême-droite Inégalités Information Médias Multinationales Sondages L'Obs-« 2049 » Routes de la Soie Vrai ou Fake ?

Revues

 GÉNÉRALISTES
Ballast Charlie-Hebdo Fakir La Voie du Jaguar Lava Le Diplo Lundi Matin Multitudes La revue des médias Smolny Socialter The Conversation Usbek & Rica UPMagazine Le Zéphyr

 CULTURE / IDÉES
Terrestres Contretemps A Contretemps Alter-éditions CQFD Le Comptoir Frustration L'Intimiste Jef Klak Lignes de Crêtes NonFiction Période Philo Mag Lettre PhiloMag Vie des Idées

 INTERNATIONAL
Alencontre Alterinfos CETRI ESSF Inprecor Guitinews Kedistan Quatrième Internationale Viewpoint Magazine

 PODCASTS 
Arrêt sur Images LSD Thinkerview

 WTF 
Ulyces Brut

Page de démarrage