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09.06.2026 à 12:44

Manon Mazuir
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Fin de partie pour le pilier central du Système de combat aérien du futur (Scaf). "La France et l’Allemagne ont décidé d’abandonner le projet d’avion de combat commun Scaf", entame Le Monde, qui se fait l'écho d'informations communiquées par le gouvernement allemand lundi 8 juin. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, "devrait annoncer mercredi lors de […]

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La maquette du projet d’avion de combat de nouvelle génération franco-allemand avait été dévoilée au salon international de l’aéronautique et de l’espace de Paris, au Bourget en 2019 - Crédits : JohnNewton8 / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0
La maquette du projet d’avion de combat de nouvelle génération franco-allemand avait été dévoilée au salon international de l'aéronautique et de l’espace de Paris, au Bourget, en 2019 - Crédits : JohnNewton8 / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0

Fin de partie pour le pilier central du Système de combat aérien du futur (Scaf). "La France et l’Allemagne ont décidé d’abandonner le projet d’avion de combat commun Scaf", entame Le Monde, qui se fait l'écho d'informations communiquées par le gouvernement allemand lundi 8 juin. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, "devrait annoncer mercredi lors de l'inauguration du salon aéronautique de Berlin (ILA) la fin du programme franco-allemand", selon La Tribune.

"Lancé en 2017 par Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l’Espagne deux ans plus tard, le Scaf est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, 'un cloud de combat'", rappelle Sud Ouest. Il avait "pour ambition de remplacer le Rafale en France et l’Eurofighter en Allemagne et en Espagne à l’horizon 2040, dans l’objectif de renforcer l’autonomie stratégique du continent européen", explique Le Huffington Post.

Des désaccords profonds entre industriels

"Ce projet de plus de 100 milliards d'euros […] était autrefois présenté comme un symbole de l'unité militaire franco-allemande. Mais il a été miné par des années de conflits politiques et industriels", constate la Deutsche Welle. "Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol était en panne, sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault", contextualise France info, qui souligne qu'en février, "Friedrich Merz, avait déjà ouvertement douté de son avenir".

"Bien que Dassault soit maître d’œuvre du futur avion de combat, Airbus, qui représente à la fois l’Allemagne et l’Espagne, disposait d’un poids équivalent aux deux tiers du programme. Dassault refusait cette gouvernance qu’il jugeait incompatible avec une direction efficace du projet", explique BFM TV.

"L'impasse s'est aggravée l'été dernier lorsque Dassault […] a insisté pour prendre la tête du programme de construction du chasseur", relate Politico. "Airbus serait considéré comme un sous-traitant ayant une visibilité limitée sur la conception, tandis que Dassault serait en mesure de sélectionner les fournisseurs, de décider de la répartition des tâches du projet et d'agir en tant qu'unique interlocuteur auprès des clients", décrypte le média européen. "Ces tensions ont empêché le passage à la phase suivante du développement. Le programme est resté bloqué au stade des études technologiques (phase 1B), sans parvenir à lancer la conception d’un démonstrateur", commente BFM TV.

Au-delà du différend industriel, Friedrich Merz avait également souligné que "le problème principal résidait dans le fait que les Français avaient besoin d'un avion de combat différent de celui de la Bundeswehr [l'armée allemande, ndlr.]", selon la Süddeutsche Zeitung. Soit "un appareil capable de transporter des armes nucléaires et d'opérer à partir d'un porte-avions, ce dont la Bundeswehr n'a pas besoin pour l'instant", avance Der Spiegel.  

Tentatives de sauvetage

En début de soirée lundi, "l’Élysée a confirmé que les deux dirigeants avaient 'chacun regretté l’impossibilité pour les industriels de s’entendre sur la continuation de ce projet'" [Le Monde]. Et pour cause : ceux-ci "se sont longuement et souvent entretenus des moyens de faire avancer ce projet important pour la défense européenne", précise la présidence française, citée par BFM TV.

"Deux médiateurs, un de chaque pays, [avaient] été chargés en mars de présenter des propositions pour sauver l’initiative, mais ils n’y sont pas parvenus, tandis que le directeur de Dassault a insisté sur le fait que l’entreprise pouvait mener à bien le projet seule et ne souhaitait pas qu’il soit 'cogéré'", relaie The Guardian.

"En avril encore, Emmanuel Macron avait assuré que le programme n’était 'pas du tout' mort", relève Le Monde. "Il n’y avait plus qu’Emmanuel Macron qui croyait encore à la survie du Scaf", avait réagi Cédric Perrin, le président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées au Sénat, cité par le quotidien français.

"L'effondrement souligne la difficulté d'amener les pays européens à coopérer sur des programmes multinationaux complexes et coûteux, malgré les inquiétudes concernant la dissuasion de la Russie et la fiabilité de l'alliance avec les États-Unis", fait valoir Politico.

Poursuite de la coopération sur le cloud de combat ?

Une coopération franco-allemande définitivement enterrée ? Pas tout à fait, à en croire Berlin. "D’après le gouvernement allemand, 'le véritable noyau du Scaf doit être poursuivi'", indique Le Parisien. "L'Allemagne et la France prévoient désormais de se concentrer sur un 'cloud de combat' reliant avions, drones et capteurs", avance la Deutsche Welle.

Lors du prochain conseil des ministres franco-allemand, annoncé pour juillet en Allemagne, "les deux ministères de la Défense devront formuler un plan de travail commun centré sur un nombre limité de projets jugés réalistes et pertinents" [Le Monde].

"Paris a tenu à souligner que la France reste attachée à la coopération bilatérale en matière de défense et que ses autorités 'continueront d’encourager' les industriels et les armées 'à rechercher les voies et moyens de projets européens ambitieux'" [Le Monde].

Pour autant, selon BFM TV, "l’Allemagne semble désormais vouloir développer ses capacités de défense de manière plus autonome". Et de poursuivre : "cette orientation s’inscrit dans une forte hausse des dépenses militaires allemandes. […] Berlin paraît ainsi privilégier une stratégie nationale plutôt qu’une coopération complexe avec ses partenaires européens".

Cette analyse corrobore les informations de La Tribune, selon laquelle, au salon aéronautique de Berlin, "huit groupes allemands [devraient annoncer] une alliance industrielle baptisée 'Team Gen 6'". "Objectif : développer un avion de combat européen de 6e génération".

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08.06.2026 à 12:05

Florian Chaaban
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"La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne soutiennent la demande de Volodymyr Zelensky visant à entamer des négociations directes avec Vladimir Poutine", entame la Rai. "Réunis dimanche 7 juin à Londres" [BFM TV], "les dirigeants français, allemand et britannique ont [appuyé] la proposition du président ukrainien, avec la 'participation active des États-Unis et de l'Europe' – […]

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Texte intégral (1812 mots)
Dans un communiqué conjoint, Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer insistent sur le fait que la ligne de contact actuelle devrait constituer le point de départ des négociations pour mettre un terme au conflit entre la Russie et l'Ukraine - Crédits : Number 10 / Flickr CC BY-NC-ND 4.0
Dans un communiqué conjoint, Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer insistent sur le fait que la ligne de contact actuelle devrait constituer le point de départ des négociations pour mettre un terme au conflit entre la Russie et l'Ukraine - Crédits : Number 10 / Flickr CC BY-NC-ND 4.0

"La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne soutiennent la demande de Volodymyr Zelensky visant à entamer des négociations directes avec Vladimir Poutine", entame la Rai.

"Réunis dimanche 7 juin à Londres" [BFM TV], "les dirigeants français, allemand et britannique ont [appuyé] la proposition du président ukrainien, avec la 'participation active des États-Unis et de l'Europe' – afin de parvenir à un cessez-le-feu et de soutenir la poursuite des négociations". Dans un communiqué conjoint, Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique Keir Starmer, insistent sur le fait que "la ligne de contact actuelle devrait constituer le point de départ des négociations" [Euronews], ajoutant que "les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force".

"Le président russe a répondu ne pas en voir 'l'intérêt' tant qu'un accord pour mettre fin à la guerre n'aura pas été négocié en amont" [Sud Ouest].

Renforcer les capacités de défense

Alors que "les ministres de la Défense de l'UE se réunissent [ce] lundi à Chypre pour des pourparlers sur un soutien militaire supplémentaire à l'Ukraine" [Der Tagesspiegel], les dirigeants français, britannique et allemand ont "souligné l'urgence d'augmenter la production d'intercepteurs et de codévelopper des capacités de missiles antibalistiques et de frappes en profondeur", relate Euronews.

"Volodymyr Zelensky, qui a annoncé qu'il allait rencontrer [aujourd'hui] le roi Charles III, avait appelé sur X avant la réunion à une 'plus grande coopération pour la sécurité de toute l'Europe dans le domaine de la défense aérienne'" [La République des Pyrénées].

Comme le rappelle le Tagesspiegel, "indépendamment des plans de Moscou, l'Ukraine continue de se défendre avec de nouvelles armes". "Même si [Kiev] a reçu moins [de matériel] des États-Unis en plus de quatre ans de guerre que ce qui avait été récemment consommé au Moyen-Orient, le pays [n'est] pas sans défense", poursuit le quotidien allemand. "'Nous avons appris et produit ces dernières années', a déclaré le chef d'État ukrainien à propos des nouvelles capacités de drones de l'Ukraine".

Les avoirs russes "immobilisés" jusqu'à la fin de la guerre

Au-delà de ces engagements, les dirigeants du groupe dit "E3" ont indiqué que les avoirs russes "resteront immobilisés jusqu'à ce que la Russie cesse sa guerre d'agression et indemnise l'Ukraine pour les dommages causés par la guerre" [BFM TV].

En outre, ils ont insisté sur le fait que "les intérêts de sécurité de l'Europe doivent être préservés dans tout accord", écrit la Rai. "Tout élément des négociations relatives à l'UE et à l'Otan doit être soumis à l'accord de l'UE et de ses États membres, ainsi qu'à celui des alliés de l'Otan", précise le communiqué commun.

Ces déclarations interviennent dans un contexte toujours sensible. "Une frappe de drone russe a 'partiellement détruit' [dimanche] un bâtiment sur un site de stockage de combustible nucléaire usagé dans la zone d'exclusion de la centrale accidentée de Tchernobyl, a indiqué l'opérateur nucléaire public ukrainien Energoatom sur Telegram" [Sud Ouest].

"Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré que 'l'incident est profondément inquiétant car il s'est produit sur un site contenant de larges quantités de matériel nucléaire', selon un communiqué de l'agence" [La République des Pyrénées].

Dans le même temps, "l'Ukraine a récemment intensifié ses frappes de drones sur les territoires occupés et la Russie, en représailles aux bombardements russes. Les forces de Kiev ont affirmé hier avoir frappé les territoires ukrainiens occupés par Moscou et la région russe frontalière de Briansk, notamment des dépôts de carburants et un terminal pétrolier en Crimée annexée", conclut Sud Ouest.

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05.06.2026 à 12:05

Léa Deseille
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"Zelensky lance un défi à Poutine", titre The Kyiv Independent. Le président ukrainien "a proposé, jeudi 4 juin dans une lettre ouverte inhabituelle adressée à Vladimir Poutine, une rencontre en face-à-face avec son homologue russe", détaille France 24. "Je propose de fixer une date claire pour une telle rencontre", a affirmé le chef d'État, cité […]

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Volodymyr Zelensky, lors d'un discours, le 32 décembre 2025 - Crédits : President Of Ukraine / iStock
Volodymyr Zelensky, lors d'un discours, le 23 décembre 2025 - Crédits : Flickr President of Ukraine CC0 1.0

"Zelensky lance un défi à Poutine", titre The Kyiv Independent. Le président ukrainien "a proposé, jeudi 4 juin dans une lettre ouverte inhabituelle adressée à Vladimir Poutine, une rencontre en face-à-face avec son homologue russe", détaille France 24.

"Je propose de fixer une date claire pour une telle rencontre", a affirmé le chef d'État, cité par le Huffington Post. "L'Ukraine propose de mettre fin à cette guerre via un contact direct entre vous et nous. Je propose une rencontre", a-t-il écrit, suggérant "la Suisse, la Turquie et les pays du monde arabe" comme lieux possibles de discussion, cite RFI. Le président ukrainien écarte en revanche Moscou et Kiev pour cette entrevue.

Un cessez-le-feu pendant les négociations

Volodymyr Zelensky "a également appelé à un cessez-le-feu total pour toute la durée des négociations proposées – une option que Poutine avait exclue plus tôt dans la journée de jeudi", pointe la BBC. Le président ukrainien souhaite également un "échange total de prisonniers de guerre", note le Huffington Post.

"La lettre se conclut sur un avertissement adressé au président russe", poursuit le journal en ligne. "Si vous ne parvenez pas personnellement à la conclusion qu’il est temps de mettre fin à cette guerre, l’Ukraine continuera à se battre pour son existence", peut-on y lire.

"La lettre expose le point de vue de Zelensky sur le conflit qui dure depuis quatre ans et indique que, si la résilience des Ukrainiens reste intacte, la plupart des Russes sont las de ses effets et sont prêts pour la paix", développe The Guardian. "Kiev a fait à plusieurs reprises la proposition d'un cessez-le-feu prolongé pour favoriser des négociations. Mais Moscou rejette cette idée, arguant que cela permettrait à l'armée ukrainienne de se renforcer", rappelle France 24. "Poutine a par le passé exclu toute discussion directe, qualifiant à tort Zelensky de dirigeant 'illégitime' et déclarant qu'il ne le rencontrerait que pour finaliser un accord préalablement conclu", ajoute The Guardian.

Une lettre au ton accusateur

"Mais au-delà d’une proposition diplomatique, cette longue lettre est surtout l’occasion pour Zelensky de dresser un réquisitoire contre Poutine, qu’il tient pour personnellement responsable du conflit", relève le Huffington Post. "Quoi que vous disiez de l’Otan, de la géopolitique et de la langue russe, cette guerre est votre choix personnel — une guerre sans véritable raison. C’est ainsi que l’histoire s’en souviendra", accuse le président ukrainien [The Kyiv Independent].  "Le ton de la lettre était provocateur, voire moqueur, attirant l'attention sur les récentes frappes ukrainiennes en territoire russe", juge la BBC. "Après 26 ans au pouvoir, l'âge commence à se faire sentir" chez Vladimir Poutine, tacle par exemple le président ukrainien.

Quelques heures après la publication de cette lettre, le Kremlin a réagi par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov. "Zelensky peut venir à tout moment à Moscou", a-t-il déclaré selon La Libre, qui rapporte des propos cités par les médias d'État russes, "ajoutant que le président russe n'avait pas encore vu la lettre en question".

La proposition a été saluée par Donald Trump, qui a mis en avant le rôle des États-Unis dans les efforts de médiation. "Je suis content qu’ils envisagent peut‑être de se rencontrer", a-t-il confié aux journalistes dans le Bureau ovale [France 24]. "J’ai suggéré ces compromis et, vous savez, nous y avons beaucoup contribué", a-t-il ajouté.

RFI rappelle toutefois que "les efforts de négociation sous médiation américaine sont au point mort depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Moscou exige de Kiev des concessions politiques et territoriales, notamment un retrait complet de la région de Donetsk, partiellement contrôlée par Moscou, que rejette l'Ukraine, les assimilant à une capitulation".

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