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Accès libre Information sur le phénomène conspirationniste, le négationnisme et leurs manifestations actuelles.

27.10.2021 à 18:35

Ne le dis à personne

Morgan Navarro

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25.10.2021 à 10:57

Quand le complotisme alimente le réchauffement climatique

Nicolas Bernard
En « produisant de l’ignorance », le complotisme détourne notre attention de l’urgence que constitue le dérèglement du climat.

Texte intégral 2002 mots

En « produisant de l’ignorance », le complotisme détourne notre attention de l’urgence que constitue le dérèglement du climat.

Anomalies de température à la surface du globe entre 2014 et 2018. Les températures supérieures à la normale sont indiquées en rouge et les températures inférieures à la normale sont indiquées en bleu (crédits : Kathryn Mersmann, NASA Scientific Visualization Studio, février 2019).

Agnotologie : dans le brouillard de la désinformation, du négationnisme, du complotisme et des fake news, ce néologisme peut nous aider à y voir clair. Conçu par l’historien américain Robert Proctor en 1992, il désigne une discipline aussi exigeante que singulière : l’étude de l’ignorance, plus précisément de sa « production ». En France, l’universitaire Mathias Girel est sans doute celui qui a poussé le plus loin l’analyse du concept, en rappelant que « la production d’ignorance [peut également être] le but explicitement visé, élément d’une stratégie. » [1] Et de citer sur ce point deux exemples parmi les plus paradigmatiques : la « production d’ignorance » de certaines grandes entreprises en matière de tabagisme et de climato-scepticisme ; et le complotisme.

Le premier exemple vient de faire l’objet d’une nouvelle révélation : à l’instar des grandes sociétés pétrolières ExxonMobil, BP et Shell, l’entreprise française Total a, elle aussi, « produit de l’ignorance » sur la nature et l’ampleur du dérèglement climatique, comme l’établit une étude circonstanciée parue dans la revue scientifique Global Environmental Change [2]. Plus précisément, ses dirigeants ont été « avertis dès 1971 de la possibilité d’un changement climatique catastrophique dû à leurs produits, ont été plus amplement informés du sujet dans les années 1980, ont commencé à entretenir le doute quant à la base scientifique du changement climatique à la fin des années 1980, avant d’adopter à la fin des années 1990 une position consistant à accepter publiquement la science climatique tout en poussant pour retarder les politiques publiques permettant de limiter le recours aux énergies fossiles. » [3]

Quoique informées depuis les années 1970 de l’origine humaine et de l’impact dévastateur des gaz à effets de serre, ces sociétés ont conduit un intense lobbying pour distiller le poison du doute dans l’esprit du grand public. Commandes d’études scientifiques orientées, exploitation intensive de relais médiatiques, cette campagne reposait sur le précepte libéral selon lequel toutes les idées se valent et donc méritent débat, utile manière de légitimer la désinformation… et de nier, purement et simplement, la réalité [4].

« Paradoxalement, fait observer Mathias Girel, les tentatives délibérées de production d’ignorance sont un témoignage et une affirmation de la valeur de la connaissance. En effet, elles présupposent que la possession d’une connaissance et la capacité à s’en servir changeraient l’issue des choses, dans l’intérêt de celui qui cherche à produire de l’ignorance. » [5]

Dans le cas du lobbying des grandes entreprises (que ce soit pour nier les effets mortifères du tabac ou l’activité humaine sur le dérèglement climatique), il observe que cette « production d’ignorance » tend à « bâtir une controverse de toutes pièces, de brouiller une connaissance constituée et de rassurer le consommateur », si bien que « le doute permet de retarder l’action » [6].

Cette « fabrique de l’ignorance » se retrouve, bien entendu, dans le conspirationnisme. Pour Mathias Girel, climato-sceptiques et complotistes, sous couvert d’objectivité, manipulent les données et déforment la notion même d’« enquête ». De la sorte, ils conçoivent et diffusent le doute, le mensonge, ce qui a pour but et pour effet de répandre l’ignorance. C’est ainsi que les climato-sceptiques usent à l’envie de l’argumentaire complotiste, puisque eux-mêmes n’hésitent pas à clamer « à qui profite le crime ? », c’est-à-dire à accuser « les chercheurs en climatologie d’être démesurément alarmistes afin d’assurer à bon compte le financement de leurs recherches » [7].

Ces différents courants se rejoignent, du reste, sur l’essentiel, à savoir une négation, sinon une perversion, du réel. Quitte à se nourrir l’un l’autre, voire à s’allier contre l’objet de leur ressentiment : en témoigne la montée d’un nouveau bobard conspirationniste, celui du « confinement climatique ».

Le « climate lockdown » : quand les complotistes se réapproprient un avatar climato-sceptique

Dans un rapport publié lundi dernier, l’Institute for Strategic Dialogue (ISD) a signalé l’apparition d’une nouvelle théorie du complot, celle du « climate lockdown », à savoir le « confinement climatique ». Qu’on en juge : prenant acte de ce que les premiers confinements ont effectivement réduit les émissions de gaz à effet de serre en 2020, nos gouvernements projetteraient d’instaurer une « tyrannie verte » en mettant en place… des confinements périodiques ; le prétexte (« sauver le climat ») camouflerait, comme d’habitude, une volonté d’accentuer le contrôle étatique sur les populations.

Contrairement à quantité d’allégations conspirationnistes qui pourtant lui ressemblent (notamment QAnon), ladite théorie n’a pas rampé des cloaques d’Internet pour atteindre les médias « mainstream ». Elle a prospéré à partir d’une lecture orientée, non pas d’articles, mais de titres d’articles publiés dans des médias professionnels généralistes citant l’expression « confinement climatique » sans pour autant recommander une telle pratique, bien au contraire.

Il est vrai que certains titres se voulant provocateurs ou sensationnalistes pouvaient prêter à confusion, tels que celui d’un article du Guardian du 3 mai 2021 (et rapidement rectifié) : « Nécessité d’un confinement tous les deux ans pour atteinte les objectifs CO2 de l’accord de Paris ».

En France, Les Echos ont également sombré dans la même imprécision, en traitant le 19 mai 2020 de l’impact des premiers confinements sur les émissions de CO2 sous le titre « Un confinement tous les ans pour atteindre les objectifs climatiques ». Une entrée en matière assez contestable dans la mesure où l’article concerné ne faisait nullement état d’une telle thèse !

Il n’en fallait pas plus, évidemment, pour que l’industrie du faux s’emballe. La dénonciation du « confinement climatique » a d’abord été portée par des médias conservateurs, tels que Fox News, pour promouvoir leur rhétorique climato-sceptique et hostile à l’intervention de l’Etat, avant de se mêler aux thèmes du « Great Reset » (« Grande Réinitialisation »)  et de QAnon. Nos complotistes hexagonaux se sont également mis à recycler le concept – par exemple les DéQodeurs [archive] ou encore Florian Philippot – il est vrai si pratique pour s’en prendre aux mesures de lutte contre le Covid-19 comme le pass sanitaire.

En ce sens, la « caisse de résonnance » des relais climato-sceptiques a puissamment réverbéré une théorie du complot, désormais réemployée par l’extrême-droite la plus dure. Preuve encore, s’il en était une nouvelle fois besoin, que « déni climatique » et complotisme ne sont, au fond, que deux « variants » du même virus, celui qui transmet l’ignorance. Formulé autrement, par le podcast conspirituality.net : « les théories du complot dissimulent un monde en flammes ».

 

Notes :
[1] Mathias Girel, « Agnotologie, mode d’emploi », Critique, 2013/12, n°799, p. 964-977. Voir également Stéphane Foucart, « L’ignorance : des recettes pour la produire, l’entretenir, la diffuser », Le Monde, 3 juin 2021.
[2] Christophe Bonneuil, Pierre-Louis Choquet, Benjamin Franta, « Early warnings and emerging accountability: Total’s responses to global warming, 1971–2021 », Global Environmental Change (septembre 2021).
[3] Ibid. Ce dernier glissement vers le « greenwashing » ne saurait faire oublier, rappelle l’un des auteurs de l’étude, qu’« entre 2015 et 2019, Total a dépensé en cinq ans 77 milliards de dollars dans l’exploration et la production du pétrole et du gaz contre à peine 5 milliards de dollars d’investissements dans les sources d’énergies renouvelables sur la même période ».
[4] Voir sur ce point Naomi Oreskes et Erik M. Conway, Les marchands de doute, Paris, Le Pommier, 2012 et 2014 (trad. de l’anglais).
[5] Mathias Girel, Science et territoires de l’ignorance, Versailles, Éditions Quæ. Chapitre II : « Dynamiques de l’ignorance ».
[6] Girel, Science et territoires de l’ignorance, Chap. II, op. cit.
[7] Girel, Science et territoires de l’ignorance, Chap. IV, op. cit.


24.10.2021 à 12:56

Conspiracy News #43.2021

La Rédaction
L’actu de la semaine décryptée par Conspiracy Watch (semaine du 18/10/2021 au 24/10/2021).

Texte intégral 2956 mots

L’actu de la semaine décryptée par Conspiracy Watch (semaine du 18/10/2021 au 24/10/2021).

ONE NATION. Dans un petit village du Lot, Alice Pazalmar et son mouvement complotiste One Nation ont tenté d’acheter un domaine de 200 hectares pour lancer leur « laboratoire du nouveau monde ». Directrice adjointe de Conspiracy Watch, Valérie Igounet analyse leur idéologie et les risques à les laisser s’implanter. « Avec ce projet d’achat foncier, explique l’historienne, on passe à une phase de rassemblement « physique » de leur stratégie de séduction et de visibilité » (source : Le Monde, 18 octobre 2021).

LE DESSIN DE LA SEMAINE. Par Morgan Navarro.

CASSANDRE FRISTOT. Le 7 août à Metz, lors d’une manifestation anti-pass sanitaire, une femme de 33 ans avait brandi une pancarte antisémite, sous la forme codée d’un agencement de noms de personnalités juives, avec la mention « traîtres » et la question posée : « Mais qui ? ». Cassandre Fristot, absente à son procès le 8 septembre, a été condamnée le 20 octobre à six mois de prison avec sursis (source : Le Parisien, 20 octobre 2021). Cette manifestation dans l’espace public a fourni un cas d’école de dog whistle, une stratégie rhétorique « consistant à user d’une communication équivoque conférant à ses propos un double niveau de lecture où le sens de ce qui est sous-entendu compte davantage que ce qui est effectivement dit ou écrit ». Décryptage de Rudy Reichstadt pour la revue K (source : K, 20 octobre 2021).

QANON. Ron Watkins, l’une des figures les plus importantes du mouvement complotiste QAnon, a déclaré lundi qu’il se présentait aux élections du Congrès en Arizona parce que l’État est à l’avant-garde du combat mené par de nombreux républicains qui remettent en doute les résultats des élections présidentielles de 2020. Suspecté de jouer un rôle de premier plan dans l’animation du compte de « Q », l’énigmatique personnage autour duquel s’est constitué la communauté QAnon, l’homme a déclaré qu’il voulait « réparer les élections de l’intérieur de la machine » (source : Le Soleil, 24 octobre 2021).

RÉMY DAILLET-WIEDEMANN. Le gourou ultra-complotiste Rémy Daillet-Wiedemann, déjà soupçonné d’être le cerveau de l’enlèvement de la petite Mia, a été extrait le mardi 19 octobre de sa cellule pour être entendu dans une affaire de terrorisme : un projet d’attentat contre une loge maçonnique et diverses autres cibles. Une femme de 67 ans, sa secrétaire, a également été placée en garde à vue (source : Le Parisien, 21 octobre 2021).

BUSINESS. Le journal Libération a identifié plus d’un millier de sites complotistes en France. Les journalistes Maxime Macé et Pierre Plottu notent que les dix premiers sites les plus fréquentés cumulent 33 millions de visites par mois. Certains d’entre eux génèrent d’importants revenus grâce à leurs audiences colossales. Jackpot pour leurs propriétaires, qu’ils soient groupes politiques, États étrangers ou particuliers… (source : Libération, 18 octobre 2021).

LIBRAIRIE. Désinformation, complotisme et pseudo-sciences autour du Covid s’épanouissent aussi en librairie : de nombreux livres, véritables succès pour certains, véhiculent leur lot d’infox, conférant légitimité et crédibilité à ces théories. Des internautes se sont récemment indignés que des ouvrages aux relents conspirationnistes soient placés en tête de gondole dans des magasins Fnac ou en haut des résultats de recherche sur les plateformes en ligne (source : Ouest France/AFP, 19 octobre 2021).

ANTIVAXX. Ils rendraient magnétiques, stériles et maintenant… malades du Sida. C’est ce qu’affirme le site Le Grand Réveil, coutumier des assertions hasardeuses, au sujet des vaccins contre le Covid-19, expliquant que « les personnes entièrement vaccinées développent le syndrome d’immunodéficience acquise (Sida) ». Et d’appuyer ses dires sur des « rapports officiels du gouvernement britannique »… qui ne disent pourtant rien de tel (source : Les Décodeurs (lemonde.fr), 22 octobre 2021).

À lire également sur Twitter, un thread sur l’infox d’après laquelle les vaccins provoqueraient l’autisme chez les nourrissons. 

SYNDICALISME. En août 2021, Laurent Muchielli avait fait la promotion d’un nouveau syndicat dans le monde de l’enseignement et de la recherche « Enseignement, recherche, libertés ». Proche du site Réinfo Covid de Louis Fouché, sa secrétaire générale est Hélène Palma. On trouve dans son bureau national Benoît Fleury, un ancien dirigeant du GUD (Groupe union défense), organisation étudiante d’extrême droite bien connue (source : Action AntiFouchiste/Twitter, 21 octobre 2021).

NATUROPATHIE. Dans sa dernière chronique « Antidote » sur France Inter, Tristan Mendès France s’est intéressé à la naturopathie, un « mouvement qui apparaît en Allemagne au XIXe siècle et qui se place dès le départ en opposition avec les avancées médicales de l’époque et notamment la vaccination ». Notre collaborateur évoque notamment le profil d’Irène Grosjean, qui estime que l’on peut guérir du Sida avec des graines, et dont les interventions sur YouTube cumulent des millions de vues (source : France Inter, 22 octobre 2021).

THIERRY CASASNOVAS. L’enquête sur Thierry Casasnovas, ce défenseur du jeûne et du « crudivorisme », a pris récemment un nouveau tournant. Le parquet de Perpignan a en effet ouvert une information judiciaire à son encontre pour au moins trois motifs : « exercice illégal de la profession de médecin », « abus de faiblesse » et « pratiques commerciales trompeuses » (source : Midi Libre, 21 octobre 2021).

KIM GLOW. Sur les réseaux sociaux, les théories complotistes sur la pandémie servent les intérêts d’influenceurs stars, suivis par des millions de personnes. Ainsi en est-il de Kim Glow, ex-candidate de l’émission de téléréalité « Les Marseillais », qui se sert d’Instagram pour interpeller son million d’abonnés sur les prétendus dangers des vaccins anti-Covid, qui injecteraient une puce 5G. Des infox sur la vaccination ou le masque saluées par des internautes comme un « langage de vérité » (source : BFM TV, 8 octobre 2021).

RUSSIA TODAY. Anciennement connue sous le nom de Russia Today, la chaîne de télévision RT est souvent accusée de n’être qu’un organe de propagande du Kremlin. C’est à la définition de cet objet complexe que s’est attelé Maxime Audinet, chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM), dans un livre publié vendredi 22 octobre par l’INA. Russia Today (RT) : un média d’influence au service de l’État russe (240 pages) est le fruit d’une thèse commencée en 2014 et achevée en 2020 pour comprendre cet « acteur emblématique des mutations de l’influence médiatique en contexte autoritaire, ainsi qu’une référence incontournable des pratiques contemporaines des guerres de l’information ». Élie Guckert a lu ce livre pour Conspiracy Watch (source : Conspiracy Watch, 22 octobre 2021).

TELEGRAM. Le média Logically, qui lutte contre la désinformation, s’est intéressé à la question de l’antisémitisme sur l’application Telegram, en suivant le plus grand groupe d’utilisateurs, en langue anglaise, diffusant des infox sur le Covid. Le constat est édifiant : l’utilisateur y rencontre un contenu antisémite en moyenne au moins une fois toutes les demi-heures (source : Logically/Twitter, 22 octobre 2021).

TWITTER. Twitter s’est livré à une opération transparence plutôt rare parmi les réseaux sociaux. Le 21 octobre, la plateforme a publié une étude qui pointe les effets de ses algorithmes de recommandation sur la popularité des publications politiques. Selon ses propres conclusions, le réseau social a tendance à mettre en avant les contenus de droite aux dépens de la gauche. Reste à savoir si cette mise en avant est directement le fruit de son algorithme ou si celui-ci ne fait que réagir à une préférence naturelle des internautes dans les différents pays étudiés (source : BFM TV, 22 octobre 2021).

GUILLAUME CANET. Sur France Inter, l’acteur Guillaume Canet a expliqué que la Terre vibrait à « 6 000 hertz en 2011 » et qu’elle était aujourd’hui à « plus de 150 000 hertz ». Une affirmation fausse, a priori inspirée par un site complotiste dans le collimateur de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), comme l’explique la journaliste Felicia Sideris (source : Felicia Sideris/Twitter, 20 octobre 2021).

SQUID GAME. La série Netflix Squid Game reprend un ressort classique de la fiction : une société secrète, mondialisée et cruelle, qui manipule des citoyens. Le scénario ultra-violent sur fond de complot suscite quelques fantasmes. Des internautes n’ont pas hésité à le rapprocher de ce qui se passe dans la réalité avec la crise sanitaire… (source : France Info/Twitter, 20 octobre 2021).

CONFUSIONNISME. Dans un article publié dans Conspiracy Watch, le politiste Philippe Corcuff analyse la critique de l’anticomplotisme qui constitue une façon indirecte de justifier la dynamique conspirationniste actuelle, entre extrême droitisation et discours confusionnistes. L’auteur pointe le rôle particulier de Natacha Polony, dont les interventions récurrentes sur ce thème tendent à lire le complotisme à travers une unique grille de lecture, à l’image de cette déclaration, sur France Inter : « il y a une défiance majeure vis-à-vis des institutions, et j’inclus les médias dans ce terme, et parce que les citoyens se sentent dépossédés de la démocratie » (source : Conspiracy Watch, 18 octobre 2021).

ÉMISSION. « Les Déconspirateurs » : c’est le nom d’une nouvelle émission régulière proposée par Conspiracy Watch. Dans ce rendez-vous filmé, animé par David Medioni, Tristan Mendès France et Rudy Reichstadt commentent et analysent l’actualité du conspirationnisme, au croisement des questions de radicalisation et de haine en ligne. Au sommaire du deuxième numéro :  l’instrumentalisation de l’histoire (les exemples de la guerre d’Algérie et de la négation du massacre du 17 octobre 1961 par Bernard Lugan), Éric Zemmour, les dérives de la naturopathie, Irène Grosjean, la critique de l’anticomplotisme, Natacha Polony, l’assassinat de Samuel Paty. La philosophe Marylin Maeso, qui vient de faire paraître La petite fabrique de l’inhumain (Éditions de l’Observatoire) était l’invitée de cette émission.

FACEBOOK. Plusieurs médias américains ont révélé en septembre, que Facebook n’aurait pas appliqué ses propres règles concernant la diffusion de désinformation et que certaines personnalités auraient eu des passe-droits. Ainsi, les procureurs de quatorze états américains se sont emparé de la question et ont adressé une lettre à l’entreprise américaine et à son PDG, Mark Zuckerberg. La faute en incomberait au dysfonctionnement d’un système interne dit « cross-check », qui causerait des problèmes à Facebook depuis plusieurs semaines (source : 20 Minutes, 15 octobre 2021).

« TYRANNIE VERTE ». En septembre 2020, les analystes de l’Institute for Strategic Dialogue (ISD) ont identifié une tendance émergente sur les réseaux sociaux concernant l’expression « confinement climatique ». Ce pic de volume semblait être principalement dû aux climato-sceptiques, qui affirmaient que la pandémie de Covid-19 annonçait la future « tyrannie verte » et que les gouvernements et les élites mondiales réduiraient les libertés civiles sous prétexte de changement climatique. Au cours des huit mois suivants, les analystes ont mené une étude détaillée de l’émergence et de l’intégration de cette expression sur Twitter, Facebook et YouTube (source : ISD, 18 octobre 2021).

MALI. Un « haut cadre » de l’opération anti-djihadiste française Barkhane arrêté à Bamako en possession d’héroïne ; une photo de soldats russes « arrivés » dans la capitale malienne… Les infox sur l’engagement français au Sahel prolifèrent sur les réseaux sociaux maliens sur fond de tensions entre Paris et Bamako. Les relations franco-maliennes se sont raidies depuis l’annonce de la réduction du dispositif militaire français dans le pays et la possible arrivée du groupe de mercenaires russes Wagner (source : Sud-Ouest, 20 octobre 2021).