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04.08.2026 à 00:59

FRANCE24
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Ministre de la Justice par intérim depuis le limogeage de Pam Bondi en avril, Todd Blanche a été nommé pour occuper le poste de manière permanente par Donald Trump. Mais sa confirmation par le Sénat, comme l'exige la Constitution, a subi un contretemps en raison des exigences de deux élus républicains, John Cornyn et Thom Tillis, dont les votes sont indispensables. Ces derniers demandaient des garanties écrites sur l'abandon définitif par le gouvernement Trump d'un fonds "anti-instrumentalisation" visant à compenser financièrement des alliés de Donald Trump poursuivis sous l'administration Biden. Ils exigeaient aussi des restrictions sur les personnes concernées par l'immunité fiscale pour la famille Trump et que celle-ci soit uniquement rétroactive. Face au blocage, qui avait poussé le président américain à envisager de renvoyer sa nomination après les élections législatives de mi-mandat de novembre, Todd Blanche a publié ce week-end un arrêté répondant aux exigences majeures des deux sénateurs. Cette démarche est le fruit "de discussions de bonne foi" avec des parlementaires et des membres de la commission judiciaire du Sénat, a écrit M. Blanche sur le réseau social X. L'arrêté diffusé sur son compte stipule que le fonds "anti-instrumentalisation" de la justice de près d'1,8 milliard de dollars, est "annulé". Il a également publié un second document qui clarifie les conditions d'un accord contesté d'immunité fiscale du président républicain et de ses proches dans le sens exigé par les sénateurs récalcitrants. Le document, émanant du ministère, spécifie que cet accord "s'applique, selon ses termes, uniquement de façon rétroactive" et concerne seulement "les parties nommées dans la procédure judiciaire" qui l'a précédé. L'accord avait été passé par Donald Trump avec l'administration fiscale (IRS) en mai, à la suite d'une plainte déposée par le président et ses fils Eric et Donald Jr. Il a été bloqué par une juge fédérale, mais le gouvernement ne semble pas vouloir y renoncer. John Cornyn et Thom Tillis ont salué dans un communiqué les décisions du ministre par intérim affirmant "avoir hâte de voter prochainement pour faire avancer sa nomination au sein de la commission judiciaire du Sénat". Un vote au sein de la commission, où les républicains détiennent une faible majorité, est prévu mardi et le Sénat devrait se prononcer avant la fin de semaine. Critiques Pour les démocrates, Todd Blanche est l'une des figures de proue de la campagne de représailles engagée par l'administration Trump contre les adversaires du président. "Les républicains au Sénat croient une nouvelle fois l'avocat personnel de Trump sur parole", a dénoncé le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer, ajoutant que "le soi-disant +accord+ ne fait rien, rien pour arrêter le traitement de faveur (de l'IRS) qui a permis à Trump et à sa famille d'échapper à plusieurs dizaines de millions de dollars d'impôts". Todd Blanche s'est aussi attiré les critiques de victimes de Jeffrey Epstein, qui l'accusent de manque de transparence et d'incompétence dans sa gestion de la publication du dossier d'enquête sur le criminel sexuel. Donald Trump a laissé entendre que les objections des deux sénateurs républicains étaient dues au fait qu'il leur avait retiré son soutien pour les élections législatives de mi-mandat. Thom Tillis, sénateur de Caroline du Nord qui s'est opposé à plusieurs reprises à Donald Trump, avait annoncé l'an dernier prendre sa retraite à l'issue de son mandat en janvier prochain. John Cornyn, élu du Texas, a lui perdu la primaire pour l'investiture républicaine après le soutien apporté par Donald Trump à son opposant, Ken Paxton. bur-bpi-mjw-eml-sia/ph

04.08.2026 à 00:47

FRANCE24
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L'arrivée en force de dizaines de milliers de personnes dans cette enclave espagnole d'Afrique du Nord a mis en lumière les fragilités de la coopération européenne sur les questions migratoires. Depuis la diffusion d'images de migrants franchissant illégalement la frontière hispano-marocaine à pied ou à la nage, deux camps s'opposent. D'un côté l'Espagne. De l'autre, les Etats de l'UE partisans d'une ligne migratoire très ferme, comme l'Italie ou le Danemark. Dès les premières photos et vidéos de migrants gagnant Ceuta par tous les moyens - des images qui ont fait le tour du monde - ces pays sont montés au créneau, déplorant qu'une "immigration incontrôlée" constitue "une menace pour l'Europe". Ils ont dans la foulée exigé d'exclure l'Espagne de l'espace Schengen, la zone de libre circulation en Europe. Une demande politiquement explosive, juridiquement impossible au regard du droit européen, et qui a suscité l'ire de Madrid, d'autant que la ville autonome de Ceuta n'appartient pas par dérogation à cet espace. Des lettres de tous les côtés Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, a répliqué par une lettre adressée aux chefs des institutions européennes. Dans cette missive, le leader espagnol critique vertement l'attitude "égoïste" de ces pays de l'UE, et réclame une réunion d'urgence à 27. Quelques heures plus tard, contre-missive de 22 pays, emmenés par l'Italie, le Danemark, l'Allemagne ou la Hongrie, appelant eux aussi à une visioconférence d'urgence. Mais avec un objectif bien différent: continuer à défendre leur ligne de fermeté sur l'immigration. La France ne s'est pas associée à cette initiative, estimant qu'elle revenait à instrumentaliser la situation dans l'enclave espagnole. Tout en soulignant que l'immense majorité des migrants ayant franchi la frontière avaient déjà été reconduits au Maroc. L'appel entre ministres de l'Intérieur, prévu mardi à 10H00 (08H00 GMT), sera-t-il donc un moment de clarification? De confrontation? Lors d'une réunion entre ambassadeurs lundi l'Espagne a, selon une source diplomatique, déjà "exprimé sa frustration sur le manque de solidarité" venant de certains pays de l'UE. Plusieurs Etats membres se sont interrogés en retour sur le signal envoyé par Madrid, estimant que certaines mesures adoptées récemment par l'Espagne avaient pu donner l'impression que "les portes étaient ouvertes". La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est en tout cas réjouie que l'échange de mardi puisse avoir lieu, plaidant pour une "réponse européenne commune" pour "renforcer les frontières". Parmi les pistes évoquées: "une surveillance accrue" et un recours plus poussé à "des barrières physiques". Au cours des derniers mois, Bruxelles a déjà nettement durci ses règles en matière d'immigration, autorisant notamment ses Etats membres à envoyer des déboutés d'asile dans des centres en dehors des frontières de l'UE, les fameux "hubs de retour".

04.08.2026 à 00:25

FRANCE24
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D'un côté, Abdul El-Sayed, un docteur issu de l'aile progressiste du Parti démocrate, et de l'autre Haley Stevens, actuelle députée soutenue par l'establishment du parti. Le vainqueur dans cet Etat de plus de 10 millions d'habitants affrontera en novembre le républicain Mike Rogers pour un siège de sénateur laissé libre par le démocrate Gary Peters. L'élection sera particulièrement scrutée: les démocrates espèrent reprendre la majorité au Sénat, mais pour cela doivent assurément conserver leur siège dans le Michigan, Etat gagné par Donald Trump en 2024. La primaire démocrate elle-même attire de nombreux regards. Une victoire mardi d'Abdul El-Sayed, favori des sondages, viendrait en point d'orgue du mouvement progressiste qui a déjà affiché plusieurs victoires dans des primaires récentes à New York et dans le Colorado. Et une victoire en novembre de ce médecin de 41 ans servirait à montrer que l'aile gauche du parti peut gagner au-delà de sièges déjà acquis aux démocrates. Mobilisation Soutenu par plusieurs figures progressistes comme Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, Abdul El-Sayed se présente comme prêt à se battre pour les classes populaires face à Donald Trump, les grands patrons, mais aussi les responsables actuels du Parti démocrate, et le mouvement pro-Israël aux Etats-Unis. Ses alliés affirment que la mobilisation de la base progressiste autour de sa candidature peut permettre de réussir sans le soutien du réseau traditionnel de grands donateurs du parti. Une dynamique comme la sienne "n'arrive pas par accident", assure Joseph Geevarghese, directeur exécutif de l'organisation progressiste Our Revolution, qui affirme avoir déjà contacté 300.000 électeurs dans le Michigan en soutien à Abdul El-Sayed. En face, Haley Stevens, députée depuis 2019 des alentours de Détroit, a centré sa campagne autour de la réindustrialisation et de sa capacité à rassembler divers horizons face aux républicains. Cette ancienne conseillère du président Barack Obama sur les questions automobiles est soutenue par plusieurs chefs démocrates comme Chuck Schumer et la gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer. Elle compte également sur le soutien de populations qu'elle dit sous-représentées dans les sondages, comme les électeurs afro-américains, les seniors, et ceux sans diplôme du supérieur. Entre les deux candidats, peu de points d'accord et particulièrement sur la question d'Israël. Haley Stevens est en faveur d'un soutien continu à cet allié des Etats-Unis et rejette les accusations de génocide à Gaza. "Bassesses" Abdul El-Sayed a lui appelé à la fin de l'aide américaine à Israël et s'est attaqué à l'influence de l'organisation Aipac, qui finance des candidats démocrates et républicains pro-Israël. Il a également dit s'opposer à l'existence d'Israël comme un Etat uniquement réservé aux juifs. Dans un Etat du Michigan qui compte une large diaspora arabe et où l'Aipac a déjà déboursé des millions de dollars dans la campagne, cette question du soutien à Israël promet d'être décisive pour la primaire. La campagne a déjà vu les deux démocrates échanger des attaques de plus en plus personnelles, Abdul El-Sayed qualifiant son opposante de "candidate la moins compétente" des Etats-Unis, tandis que Haley Stevens l'accuse d'utiliser les juifs américains comme boucs émissaires de ses problèmes. Debbie Dingell, députée démocrate du Michigan, a averti que la "brutalité" et les "bassesses" de cette campagne pourraient compliquer le rassemblement de leurs partisans pour novembre. Chaque camp affirme être le mieux placé pour battre le républicain Mike Rogers. Haley Stevens souligne que le Michigan a l'habitude d'élire des candidats démocrates pragmatiques, tandis qu'Abdul El-Sayed soutient qu'un candidat bénéficiant de l'enthousiasme de la base aura plus de chances de mobiliser les électorats jeunes et des classes populaires.
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