Tout d'abord cette confession: "Je me félicite chaque jour de ne pas avoir compromis ma famille politique dans ce gouvernement", lâche-t-il à l'AFP, en marge de son déplacement jeudi à Tours pour soutenir Christophe Bouchet, membre du Parti radical, qui tente de ravir la municipalité aux écologistes.
En clair, pas le moindre regret d'être sorti du gouvernement en octobre à cause d'un simple tweet où il dénonçait la présence de Bruno Le Maire dans la première équipe de Sébastien Lecornu. Une décision incomprise par l'opinion publique qui s'est traduite par une chute immédiate dans les sondages pour celui qui était alors la personnalité préférée de l'exécutif.
Pas d'état d'âme, même si six membres de LR ont choisi de braver les directives du parti en rejoignant le gouvernement, fragilisant son leadership.
"Il aurait pu tuer le match avec quelques mois supplémentaires au gouvernement", déplore l'un d'entre eux. "Il s'est enfermé dans un couloir (réactionnaire) où il y a déjà beaucoup de monde", ajoute un autre qui estime qu'il ne peut dépasser sur ce créneau les 7 à 8% à la présidentielle.
Autant dire que les municipales des 15 et 22 mars constituent pour lui l'occasion de se refaire une santé... et de donner une autre image: celle d'une personnalité de droite capable de s'allier à des centristes pour conquérir des villes de gauche.
"La politique, ce sont des additions, mais à condition de ne pas renier ses convictions", affirme-t-il devant les près de 400 personnes venues l'écouter à Tours, tandis que 200 autres manifestaient à l'extérieur contre sa présence.
"Une ultragauche (...) dont chaque critique est pour moi comme une sorte de Légion d'honneur accrochée à mon veston", s'emporte-t-il à la tribune dans un registre lexical plus habituel chez lui.
- "Faire un maximum" -
Les municipales lui donnent l'occasion de renouer avec le terrain. A Tours, il rend visite aux membres de la Coordination rurale (CR) qui bloquent un dépôt pétrolier, avant de visiter un incubateur de start-up.
"L'objectif, c'est de faire un maximum", explique-t-il, convaincu que la droite doit saisir l'occasion pour reprendre des villes à la gauche. Il cite en boucle les exemples de Paris, Lyon, Strasbourg, Besançon ou encore Tours où il a fustigé "l'idéologie" des écologistes.
Il se rendra d'ailleurs dimanche à la Mutualité pour s'afficher au côté de Rachida Dati, la candidate à la mairie de Paris pourtant suspendue du parti après sa décision de rester dans l'équipe de Sébastien Lecornu.
Car si Bruno Retailleau mise sur les municipales, c'est qu'il est convaincu que son année passée au ministère de l'Intérieur ne peut que l'aider.
"Pour la première fois depuis des décennies, la priorité des municipales, c'est la sécurité", soutient-il. "Comme les préoccupations de nos concitoyens sont en résonance avec notre ADN sur l'ordre républicain, sur la sécurité, je pense que l'on peut reconquérir des positions", argumente le patron des Républicains.
Une victoire de la droite dans une grande ville lui donnerait l'occasion de revenir dans la course à la présidentielle, même s'il ne souhaite pas parler de 2027.
Interrogé sur le timing de l'annonce de sa candidature à l'Élysée, il répond par un long silence. Il ne dira pas s'il préfère faire le saut avant le scrutin pour donner une impulsion à "la vague bleue" qu'il espère, ou après pour surfer sur la conquête éventuelle de grandes villes.
Bruno Retailleau assure d'ailleurs n'accorder qu'une faible attention aux débauchages réalisés par le RN et son allié Éric Ciotti, comme à Tours où le candidat du RN Aleksandar Nikolic a puisé dans l'équipe de l'ancienne municipalité de droite pour recruter trois de ses élus.
"Franchement, c'est marginal", assure-t-il. "Qu'il y ait des gens qui quittent, des gens qui trahissent, voilà c'est le propre de la nature humaine", estime Bruno Retailleau.
Texte intégral (669 mots)
Tout d'abord cette confession: "Je me félicite chaque jour de ne pas avoir compromis ma famille politique dans ce gouvernement", lâche-t-il à l'AFP, en marge de son déplacement jeudi à Tours pour soutenir Christophe Bouchet, membre du Parti radical, qui tente de ravir la municipalité aux écologistes.
En clair, pas le moindre regret d'être sorti du gouvernement en octobre à cause d'un simple tweet où il dénonçait la présence de Bruno Le Maire dans la première équipe de Sébastien Lecornu. Une décision incomprise par l'opinion publique qui s'est traduite par une chute immédiate dans les sondages pour celui qui était alors la personnalité préférée de l'exécutif.
Pas d'état d'âme, même si six membres de LR ont choisi de braver les directives du parti en rejoignant le gouvernement, fragilisant son leadership.
"Il aurait pu tuer le match avec quelques mois supplémentaires au gouvernement", déplore l'un d'entre eux. "Il s'est enfermé dans un couloir (réactionnaire) où il y a déjà beaucoup de monde", ajoute un autre qui estime qu'il ne peut dépasser sur ce créneau les 7 à 8% à la présidentielle.
Autant dire que les municipales des 15 et 22 mars constituent pour lui l'occasion de se refaire une santé... et de donner une autre image: celle d'une personnalité de droite capable de s'allier à des centristes pour conquérir des villes de gauche.
"La politique, ce sont des additions, mais à condition de ne pas renier ses convictions", affirme-t-il devant les près de 400 personnes venues l'écouter à Tours, tandis que 200 autres manifestaient à l'extérieur contre sa présence.
"Une ultragauche (...) dont chaque critique est pour moi comme une sorte de Légion d'honneur accrochée à mon veston", s'emporte-t-il à la tribune dans un registre lexical plus habituel chez lui.
- "Faire un maximum" -
Les municipales lui donnent l'occasion de renouer avec le terrain. A Tours, il rend visite aux membres de la Coordination rurale (CR) qui bloquent un dépôt pétrolier, avant de visiter un incubateur de start-up.
"L'objectif, c'est de faire un maximum", explique-t-il, convaincu que la droite doit saisir l'occasion pour reprendre des villes à la gauche. Il cite en boucle les exemples de Paris, Lyon, Strasbourg, Besançon ou encore Tours où il a fustigé "l'idéologie" des écologistes.
Il se rendra d'ailleurs dimanche à la Mutualité pour s'afficher au côté de Rachida Dati, la candidate à la mairie de Paris pourtant suspendue du parti après sa décision de rester dans l'équipe de Sébastien Lecornu.
Car si Bruno Retailleau mise sur les municipales, c'est qu'il est convaincu que son année passée au ministère de l'Intérieur ne peut que l'aider.
"Pour la première fois depuis des décennies, la priorité des municipales, c'est la sécurité", soutient-il. "Comme les préoccupations de nos concitoyens sont en résonance avec notre ADN sur l'ordre républicain, sur la sécurité, je pense que l'on peut reconquérir des positions", argumente le patron des Républicains.
Une victoire de la droite dans une grande ville lui donnerait l'occasion de revenir dans la course à la présidentielle, même s'il ne souhaite pas parler de 2027.
Interrogé sur le timing de l'annonce de sa candidature à l'Élysée, il répond par un long silence. Il ne dira pas s'il préfère faire le saut avant le scrutin pour donner une impulsion à "la vague bleue" qu'il espère, ou après pour surfer sur la conquête éventuelle de grandes villes.
Bruno Retailleau assure d'ailleurs n'accorder qu'une faible attention aux débauchages réalisés par le RN et son allié Éric Ciotti, comme à Tours où le candidat du RN Aleksandar Nikolic a puisé dans l'équipe de l'ancienne municipalité de droite pour recruter trois de ses élus.
"Franchement, c'est marginal", assure-t-il. "Qu'il y ait des gens qui quittent, des gens qui trahissent, voilà c'est le propre de la nature humaine", estime Bruno Retailleau.