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30.06.2026 à 22:05

FRANCE24
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Des groupes citoyens très structurés avaient sommé les étrangers sans papiers de quitter le pays d'ici le 30 juin, en dehors de tout cadre légal. Des milliers de personnes ont défilé dans le centre-ville de Johannesburg, poumon économique du pays, ainsi qu'à Durban, la grande ville portuaire, emmenés comme depuis le début du mouvement par des hommes brandissant bâtons et boucliers traditionnels zoulous. La police, craignant des débordements, s'est déployée en nombre dans le pays et un nombre limité d'incidents ont été signalés, notamment des arrestations pour des pillages et tentatives de pillages isolés ainsi que des jets de pierres dans deux cortèges à Johannesburg. Plusieurs rassemblements ont aussi donné lieu à des scènes de vives tensions: à Germiston, près de Johannesburg, des manifestants agressifs ont tenté de pénétrer dans un enclos pour y déloger des étrangers. La police est intervenue pour évacuer et mettre à l'abri ces quelques hommes, femmes et enfants, visiblement apeurés. Dans le cortège de Durban, des manifestants ont brandi des pancartes où l'on pouvait lire: "Arrêtez de cacher les étrangers illégaux. Arrêtez de les employer et de leur louer un logement". Exode d'étrangers "J'ai du mal à louer un logement parce que les loyers sont trop élevés, et que les étrangers en situation irrégulière parviennent à les payer parce qu'ils vendent de la drogue à notre population", a accusé Brightness Gumbi, 48 ans, qui tient une petite cantine dans un township et participait à la marche de Durban. L'Afrique du Sud a déjà connu de violents débordements xénophobes, notamment en 2008 et 2015, mais de manière inédite, plus de 25.000 ressortissants de plusieurs pays africains (Malawi, Zimbabwe, Mozambique, Nigeria, Ghana, etc), ont fui ces dernières semaines, notamment à bord de bus affrétés par leur pays ou par l'Afrique du Sud. "Rien que ces derniers jours, près de 4.300 ressortissants étrangers ont été rapatriés et plus de 400 expulsés", a déclaré à la presse la ministre de la Justice, Mmamoloko Kubayi, tard mardi. Le mouvement actuel a débouché sur des violences sporadiques qui ont fait quatre morts, deux Mozambicains, un Ethiopien et un Malawite, et quelques scènes de pillages de magasins tenus par des étrangers. Un ressortissant étranger a été retrouvé mort mardi. Selon la police, il aurait sauté du huitième étage d'un immeuble de Durban, apparemment par crainte d'être poursuivi. S'exprimant à Durban, l'une des figures de proue du mouvement et dirigeante du groupe "March and March", Jacinta Ngobese-Zuma, a promis d'organiser de nouvelles manifestations tous les jeudis. "Au cours des six prochains mois, nous voulons que le gouvernement se débarrasse des personnes qui ne sont pas parties", a-t-elle lancé. Quelque 3 millions d'étrangers, soit 5,1% de la population, vivent au pays de l'ancien président Nelson Mandela, selon les statistiques officielles, attirés par des perspectives d'emploi dans la première économie du continent. Cette nouvelle vague antimigrants s'inscrit aussi dans le contexte électoral des municipales du 4 novembre, toujours âprement disputées. "Des partis politiques font de la surenchère (...) Ils paradent en se présentant comme étant anti-immigrés", explique à l'AFP le politologue Sandile Swana, citant entre autres les partis MK de l'ex-président Jacob Zuma et Action SA. Chômage et criminalité Les organisations antimigrants accusent les clandestins des nombreux maux qui accablent une large frange de la population: chômage de masse à plus de 32%, criminalité galopante, trafic de drogue et services de santé congestionnés. Cette campagne s'est traduite par de nombreuses menaces et intimidations. De nombreux candidats au départ ont raconté à l'AFP avoir été renvoyés par leurs employeurs qui craignaient d'être verbalisés, ou encore expulsés par des propriétaires de peur de représailles. A Johannesburg, au Cap (sud) ou encore Pietermaritzburg (est), des centaines de ressortissants étrangers étaient toujours regroupés mardi dans des camps de fortune ou devant leur consulat dans l'espoir de quitter le pays, laissant derrière eux leurs biens, et parfois un conjoint sud-africain. Parmi eux, Evelyn Chinooneka, Zimbabwéenne de 29 ans, qui campe depuis trois jours devant le consulat du Zimbabwe au Cap, serrant son bébé de 10 mois dans les bras. Le Ghana et le Nigeria avaient auparavant affrété des vols de rapatriement pour plusieurs centaines de leurs ressortissants, déplorant la gestion de la crise par un pays censé être un phare moral pour le continent depuis la fin de l'apartheid. jc-str-ho-br/cw/djb/glr

30.06.2026 à 21:53

FRANCE24
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Le président du RN, dont le parti dénonce une "manipulation" et juge qu'il "n'a rien à se reprocher", n'a jusqu'ici pas été poursuivi dans l'affaire des emplois présumés fictifs de sa formation au Parlement européen. L'éventuelle nomination d'un juge d'instruction, comme le souhaite Anticor, ouvrirait un nouveau front judiciaire pour le RN, alors que la cour d'appel de Paris doit dire le 7 juillet si elle confirme l'inéligibilité de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens. "Les procédures pénales annoncent le printemps électoral. Il s’agit de la même affaire dans laquelle Jordan Bardella n’a rien à se reprocher. Il n’a d’ailleurs pas été inquiété dans l’affaire des assistants parlementaires", a réagi le RN auprès de l'AFP. Une première plainte, déposée en janvier par Anticor, est déjà entre les mains du parquet de Paris, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP. Cette plainte, dont le Canard Enchaîné se fait également l'écho mercredi, vise sept personnes dont M. Bardella, notamment pour détournement de fonds publics, faux et usage de faux et escroquerie au jugement, a précisé cette source. Agenda et revue de presse Anticor estime que le président du RN doit répondre de ses activités pendant les quatre mois et demi en 2015 où il a été l'assistant parlementaire de l'eurodéputé Jean-François Jalkh. L'association demande également qu'un magistrat instructeur enquête pour faux sur les documents produits par Jordan Bardella et ses proches pour attester de son travail. Elle s'appuie notamment sur le travail d'investigation du journaliste Tristan Berteloot, qui travaillait à Libération et aujourd'hui au Canard Enchaîné. Elle pointe notamment un agenda et une revue de presse qu'elle considère comme des faux car ils auraient été fabriqués ou annotés au moins deux ans après la période concernée. M. Bardella avait perdu en mars 2025 un procès en diffamation contre Libération, qu'il attaquait pour le titre d'un article paru en septembre 2023 le qualifiant d'"assistant parlementaire fantôme" qui serait "passé entre les gouttes de la justice". Six mois après sa plainte simple, Anticor indique à l'AFP qu'elle va déposer plainte avec constitution de partie civile, ce qui doit entraîner la saisie d'un juge d'instruction. L'enquête sur les assistants parlementaires "indique que des responsables du parti auraient produit de faux documents afin de dissimuler les détournements de fonds allégués, mais aussi l’éventuelle implication de Jordan Bardella", a souligné l'association auprès de l'AFP. "Documents sous scellés" La nomination d'un juge d'instruction doit permettre "que ces faits puissent faire l’objet d’investigations approfondies et, s'ils sont avérés, mettre fin à l'impunité dont bénéficierait" M. Bardella, ajoute-t-elle. "Il serait inacceptable que des responsables publics de premier plan aient cherché à tromper la justice pour dissimuler le possible détournement de l’argent des contribuables français". Les associations comme Anticor, qui dispose d'un agrément gouvernemental pour saisir la justice dans ce type d'affaires, "existent pour ce genre de situation, et il faut saluer leur intervention à ce titre", a ajouté son avocat, Me Jean-Baptiste Soufron. Sollicité par l'AFP, le parquet de Paris indique qu'il n'a pas pu avancer sur la plainte déposée en janvier. "La plainte portant sur des éléments figurant déjà en partie au dossier +principal+ de détournement de fonds publics", celui dans lequel la culpabilité des cadres du RN doit être confirmée ou non le 7 juillet, "il ne nous sera pas possible d’avancer tant que le dossier et les documents sous scellés sont à la cour", a précisé le parquet. Une autre association anticorruption, l'Association de défense écologiste de la démocratie et des libertés (Adelibe), avait déposé une plainte comparable contre Jordan Bardella en 2025, et a également dit à l'AFP souhaiter l'ouverture d'une information judiciaire. Jordan Bardella est par ailleurs déjà visé, dans une autre affaire, par une enquête du parquet européen sur une possible fraude autour de formations aux médias dont il aurait bénéficié pendant la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2022. Cette accusation est contestée par le parti d'extrême droite.

30.06.2026 à 21:47

FRANCE24
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A l'ombre, le thermomètre affiche 36°C en fin de matinée, mais "j'ai l'impression qu'il fait plus chaud ici", tranche ce radiologue originaire du Tamil Nadu, à la pointe sud de l'Inde. "Il faisait 42-45 degrés quand nous sommes partis d'Inde, mais là-bas il y a la clim partout", souligne le père de famille, venu passer deux semaines en Europe avec sa femme et leurs deux adolescents, en pleine canicule. Repasseront-ils un été à Rome? "Nous éviterons et reviendrons probablement au printemps ou à l'automne, comme les touristes qui viennent en Inde", ironise-t-il. Autour du Colisée, rares sont les coins d'ombre. Quelques touristes patientent sous un pin parasol, tandis que d'autres remontent d'un pas pressé l'avenue des Forums impériaux, coiffés de chapeaux ou d'ombrelles, pour échapper au supplice du soleil. Un secouriste de la protection civile distribue lui des bouteilles d'eau et des prospectus sur les comportements à adopter par fortes chaleurs, face au camion-citerne de 3.000 litres qui alimente le brumisateur devant lequel les touristes s'agglutinent. Du nord au sud de la péninsule, vingt-cinq villes italiennes - sur 27 listées par le ministère de la Santé - ont été placées en alerte rouge canicule mardi, dont Rome, Milan, Turin, Venise, Florence et Naples, avec des pointes proches des 40 degrés localement, selon les autorités qui n'ont pas fait état pour l'heure d'une surmortalité liée à la canicule. "Nous cuisons" Venu à Rome avec sa fille adolescente, Ken Haddad, un retraité texan, tente de faire face, sans chapeau ni ombrelle. "Je ferais sans doute mieux de porter une casquette", concède-t-il en s'essuyant le front, tandis qu'à deux pas des vendeurs à la sauvette bangladais, eux aussi en sueur, tentent d'écouler leurs stocks d'ombrelles, d'éventails et de ventilateurs de poche. "Hier, nous nous sommes levés plus tôt et avons bu beaucoup d'eau", sept litres à deux, calcule ce sexagénaire d'origine libanaise, rendu au même constat que la famille Rajasekhar. "C'est plus dur ici parce que les restaurants n'ont pas la climatisation. A Houston, tout est climatisé. Nous sautons dans notre voiture et ne restons pas dehors trois heures d'affilée", explique-t-il, conscient que "les étés vont devenir de plus en plus difficiles" sous l'effet du changement climatique. Cette vague de chaleur est la plus sévère à avoir jamais été mesurée en Europe, et aurait été quasiment impossible au mois de juin sans le changement climatique, selon les climatologues du World Weather Attribution. Matt Drowne, un touriste américain de 44 ans, n'a lui pas d'autre choix que de visiter le Colisée sous le soleil de midi, contraint par le programme serré de la croisière sur laquelle il a embarqué avec ses parents. "J'habite en Floride donc (ces températures) sont malheureusement normales pour nous (...). Mais nous cuisons quand même", explique-t-il. Pas de fuite des touristes Dans leur dos, une ambulance est stationnée face à la file des touristes qui patientent avant d'entrer à l'intérieur de l'amphithéâtre romain: à l'arrière du véhicule, une touriste victime d'un coup de chaud vient d'être prise en charge par un médecin. Francesca Manca, 74 ans, contemple ce spectacle, ombrelle dans une main et éventail dans l'autre. Cette rare Romaine à descendre l'avenue des Forums impériaux dit éviter de sortir aux heures les plus chaudes de la journée. Mais un déjeuner entre amies l'a contrainte à se risquer dehors. "Je pense que c'est davantage un problème pour les gens de mon âge; les jeunes s'adaptent", analyse-t-elle. La retraitée ne pense cependant pas que les touristes, même âgés, fuiront la Ville éternelle. "Rome est sans cesse remplie de touristes, à toute saison et par tous les temps. C'est une ville qui vaut le détour, donc les gens continueront de venir", conclut-elle.
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