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07.06.2026 à 05:55

FRANCE24
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Les sondages placent les deux candidats au coude-à-coude, dans un scrutin qui s'annonce très serré. Aucun des deux n'avait suscité un large soutien au premier tour, où ils ont totalisé moins de 30% des suffrages à eux deux. "Nous sommes entre le marteau et l'enclume", estime Omar Cubas, administrateur de 35 ans à Lima, à propos des deux candidats aux antipodes. Keiko Fujimori, 51 ans, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, qui a dirigé le pays d'une main de fer dans les années 1990, brigue la présidence pour la quatrième fois consécutive. Elle revendique l'héritage contrasté de son père, crédité par ses partisans d'avoir stabilisé l'économie et vaincu les guérillas des années 1980 et 1990, mais condamné pour corruption et crimes contre l'humanité. Roberto Sanchez, ancien ministre de 57 ans, se présente pour la première fois, porté par un fort soutien dans les régions andines, où de nombreux électeurs s'estiment délaissés par le pouvoir central de Lima. Un juge a décidé vendredi de le renvoyer en procès pour de présumées irrégularités dans le financement de campagnes locales entre 2018 et 2020, des accusations qu'il rejette. Quel que soit le vainqueur dimanche, il héritera d'un pays plongé dans une crise politique persistante qui a vu se succéder huit présidents depuis 2016. Au centre de cette instabilité figure une disposition constitutionnelle permettant au Parlement de destituer le président pour "incapacité morale permanente", une notion aux contours flous. "Au rythme actuel, nous aurons peut-être encore cinq présidents en cinq ans", se désole Omar Cubas. Aucun des deux candidats ne disposera d'une majorité au Parlement, ce qui obligera le futur président à nouer des alliances pour espérer terminer son mandat. "L'antifujimorisme reste fort, même s'il s'est affaibli, et Sanchez demeure largement méconnu. Si l'écart est très serré, le vainqueur risque de voir sa légitimité contestée, ce qui pourrait alimenter davantage l'instabilité", estime l'analyste David Sulmont. "Beaucoup de désordre" L'insécurité constitue l'autre grande préoccupation des électeurs. Selon un sondage, près de 70% des Péruviens espèrent que la lutte contre la criminalité sera la priorité du prochain président. Lima a enregistré 23 homicides pour 100.000 habitants en 2025, soit trois fois plus que cinq ans plus tôt. L'extorsion touche particulièrement le secteur des transports. "Un passager monte et il peut te tirer dessus par derrière", explique Jacob Condor, chauffeur de bus de 33 ans. Au moins 75 chauffeurs de bus ont été assassinés en 2025, principalement à Lima. La candidate de droite promet de déployer l'armée en soutien à la police, de démanteler les réseaux d'extorsion et d'expulser les étrangers en situation irrégulière condamnés pour des délits. "Nous représentons le progrès, eux le recul", a-t-elle lancé jeudi lors de son dernier meeting à Lima. Roberto Sanchez défend une approche différente. Selon lui, la lutte contre la criminalité passe d'abord par le rétablissement de la confiance dans les institutions, le renforcement du système judiciaire et une réforme de la police. Dimanche, "le peuple se lèvera pour réclamer la démocratie, les droits humains, la justice sociale et la paix sociale", a-t-il lancé lors de son dernier meeting, coiffé du chapeau paysan offert par l'ancien président emprisonné Pedro Castillo, dont il revendique l'héritage politique. L'ancien instituteur est emprisonné depuis sa tentative avortée de dissoudre le Parlement en 2022. Roberto Sanchez a promis de le gracier s'il l'emporte. Initialement soutenu par des mouvements ultranationalistes, Roberto Sanchez a recentré son discours au fil de la campagne, insistant sur le consensus, la stabilité et le respect des institutions. Près de 27 millions de Péruviens sont appelés aux urnes dans un scrutin où le vote est obligatoire. Le prochain président assumera ses fonctions le 28 juillet. Les bureaux de vote ouvrent à 07H00 (12H00 GMT) et fermeront à 17H00 (22H00 GMT).

07.06.2026 à 05:37

FRANCE24
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"Plus tôt dans la journée, les forces américaines au Moyen-Orient ont abattu deux drones d'attaque iraniens à usage unique qui menaçaient le trafic maritime international dans le détroit d'Ormuz", a écrit le Commandement central américain (Centcom) sur son compte X. "Les forces américaines restent en alerte et prêtes à continuer de se défendre contre l'agression iranienne", a-t-il ajouté. Vendredi soir, le Centcom avait annoncé avoir abattu quatre drones d'attaque iraniens lancés en direction du détroit, puis frappé des sites de radars de surveillance côtiers iraniens. En représailles, l'Iran avait dit avoir tiré une salve de missiles contre des installations militaires au Koweït et au Bahreïn, alliés des Etats-Unis. L'armée américaine a affirmé avoir abattu six missiles balistiques, tandis qu'un septième a raté sa cible. Washington et Téhéran sont engagés depuis plusieurs semaines dans des pourparlers indirects en vue de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, mais les négociations ne donnent aucun signe d'avancée. Depuis la trêve du 8 avril, les hostilités avaient quasiment cessé entre les Etats-Unis et l'Iran. Mais elles ont récemment repris, en particulier autour du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran. "C'est notre argent" Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, a parlé dans un entretien à CNN d'"impasse", et appelé Donald Trump à "en sortir" en débloquant des fonds iraniens à l'étranger, gelés à cause des sanctions américaines. Selon une source proche du dossier, le Trésor américain examine la possibilité que ces avoirs puissent, au contraire, servir à compenser les pays du Golfe pour les dommages causés par les frappes iraniennes. Autre point majeur de discorde, le Liban. Téhéran exige que tout accord avec Washington englobe la fin des hostilités sur le sol libanais entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, tandis que les Etats-Unis voudraient traiter les deux dossiers séparément. Frappes au Liban Samedi, le chef de l'armée libanaise est parti rencontrer son homologue au Pakistan, principal médiateur dans les pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran. Le même jour, des bombardements israéliens ont fait au moins cinq morts au Liban, dont trois soldats de l'armée libanaise, Israël annonçant de son côté la mort de deux de ses militaires. Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 29 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée. Le Hezbollah a de son côté revendiqué dimanche matin plusieurs attaques de drones contre des troupes israéliennes au Liban. Le ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsen Naqvi, est lui arrivé à Téhéran, où il doit notamment rencontrer le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Pendant ce temps, l'équipe de football d'Iran est attendue dimanche à Tijuana, au Mexique, son camp de base pour la Coupe du Monde organisée conjointement par les Etats-Unis, le Mexique et le Canada. Les joueurs ont obtenu des visas pour entrer aux Etats-Unis, où ils doivent disputer leurs trois matches de la phase de groupes dont le premier le 15 juin à Los Angeles, mais l'Iran a dénoncé un "traitement discriminatoire" alors que plusieurs membres de l'encadrement n'ont pas obtenu le sésame. burx-roc/tmt

07.06.2026 à 04:53

FRANCE24
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L'Arménie et la Russie, liées par deux siècles d'histoire au sein de l'empire russe puis de l'Union soviétique, sont officiellement toujours alliées. Mais depuis la reprise par la force par l'Azerbaïdjan de l'enclave du Karabakh, que n'a pas empêchée la Russie, Erevan multiplie les reproches envers Moscou et se tourne vers l'Union européenne et les Etats-Unis. Fin mai, le président américain Donald Trump a apporté son soutien "complet et total" à Nikol Pachinian. La Russie a, elle, ouvertement mis en garde l'Arménie, rappelant que le rapprochement de l'Ukraine avec l'Union européenne avait été à l'origine des problèmes de ce pays, confronté à l'armée russe depuis février 2022. Au-delà de la relation avec Moscou, le scrutin de dimanche intervient après des années de profonds bouleversements en Arménie depuis l'arrivée au pouvoir de Nikol Pachinian à l'issue de manifestations en 2018. Ce petit pays à majorité chrétienne du Caucase est encore sous le choc de sa défaite militaire contre l'ennemi turcophone azerbaïdjanais en 2020 et de la perte du Karabakh en 2023, qui a provoqué l'exode de dizaines de milliers d'Arméniens de ce territoire montagneux disputé depuis des décennies. Nikol Pachinian, ancien journaliste âgé de 51 ans, a présenté ce scrutin comme un choix entre une paix durable, quoique controversée, avec Bakou, et un retour à la guerre. Rancœur envers Moscou M. Pachinian avait reproché à Moscou de ne pas avoir apporté son aide à l'Arménie lors de la guerre de 2020. La Russie avait déployé des forces de maintien de la paix au Karabakh, mais n'était pas intervenue directement, soucieuse de préserver ses relations avec l'Azerbaïdjan, autre ancienne république soviétique. Prenant acte de cette situation, M. Pachinian a gelé la participation arménienne à une alliance régionale chapeautée par Moscou et a cherché à renforcer les liens avec Bruxelles et Washington, allant même jusqu'à évoquer une potentielle adhésion de son pays à l'UE. Une éventualité considérée par la Russie comme une ingérence occidentale dans son pré carré. "Tout ce qui se passe actuellement en Ukraine (...) Comment tout cela a-t-il commencé? Par la tentative de l'Ukraine de rejoindre l'UE", a averti le président russe Vladimir Poutine en mai, dans des propos qui sonnent comme une menace. L'Ukraine, en 2014, s'apprêtait en réalité à signer un simple accord d'association avec l'Union européenne. La Russie est le principal partenaire commercial de l'Arménie et un marché clef pour ses exportations agricoles et textiles. De nombreux Arméniens vivent et travaillent en Russie et Erevan est dépendant de Moscou pour ses fournitures d'armements et d'énergie. Première mesure de représailles: la Russie a interdit l'importation d'une série de produits agricoles arméniens, suscitant l'inquiétude d'Erevan. Le Kremlin a aussi été accusé de chercher à influencer le scrutin. Soutien européen Nikol Pachinian affirme cependant ne pas souhaiter rompre avec Moscou. "Nous n'avons jamais eu, n'avons pas et n'aurons jamais l'intention de nuire aux intérêts de la Russie", a-t-il plaidé. Pour autant, la campagne électorale a pris des airs de combat pour l'avenir géopolitique de l'Arménie. M. Pachinian est allé jusqu'à assurer qu'une "guerre catastrophique" avec l'Azerbaïdjan pourrait avoir lieu si son parti perdait la majorité. Son principal concurrent, l'homme d'affaires russo-arménien Samvel Karapetyan, a mis en garde contre toute "ruée imprudente" vers l'Occident. "La Russie est et restera notre partenaire stratégique et notre principal partenaire économique", a-t-il déclaré. Les Européens, de leur côté, ne cachent guère leur souhait de voir Nikol Pachinian l'emporter, et sont venus soutenir le partenariat UE-Arménie lors d'un sommet à Erevan début mai, investissements à l'appui dans cette zone essentielle pour l'acheminement des hydrocarbures. Le parti Contrat civil du Premier ministre est donné en tête dans les sondages, mais le système politique est très fragmenté. Au total, 19 partis et blocs sont en lice pour les 101 sièges du Parlement. Le bilan démocratique de Nikol Pachinian est également en jeu. Huit ans après son arrivée au pouvoir sur la promesse de démanteler le système oligarchique post-soviétique arménien, il fait face à des critiques croissantes. L'Arménie dérive "du populisme vers des méthodes de gouvernance autoritaires", affirme l'analyste indépendant Gevorg Poghosyan. Pour autant, pour de nombreux Arméniens, l'opposition reste associée à l'influence russe et aux oligarques. Armen Pogossyan, 77 ans, président d'une association de consommateurs, a dit à la veille du scrutin qu'il réfléchissait encore pour qui voter, tout en assurant que ce ne serait pas pour le Premier ministre. "La première tâche, c'est qu'il ne soit plus là", a-t-il déclaré, reprochant à M. Pachinian la perte du Karabakh et son attitude envers les réfugiés. Garik Petrossyan, un spécialiste en informatique de 31 ans, comptait lui voter pour le gouvernement sortant, pour "l'indépendance de l'Arménie."
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