Lien du flux RSS
Chaîne de service public - Actualité internationale.

▸ les 15 dernières parutions

14.08.2026 à 09:07

FRANCE24
img
Pour la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, il y a un "risque majeur d'une crise humaine inédite à l'automne". La Confédération paysanne, troisième syndicat, prévient que les "braises de la colère" pourraient se raviver. Mais les solutions proposées sont bien différentes. Habituée des actions coup de poing, la Coordination rurale appelle notamment à irriguer sans respecter les restrictions et à la réintroduction de pesticides interdits. Quand la Confédération paysanne appelle à une "bifurcation agroécologique indispensable" et soutient les appels à manifester en octobre contre les pesticides. Interrogé sur l'adaptation des fermes au changement climatique, le président de la FNSEA, syndicat dominant, a affirmé qu'elle était en cours mais prendrait des années. "Avant de parler du moyen et long terme, encore faut-il survivre à cette crise", a ajouté Arnaud Rousseau, tout en assurant ultérieurement que son syndicat n'a pas pour l'instant en tête de manifester. Injonctions "contradictoires" Pour Claire Ruault, sociologue spécialiste de l'agriculture, le contexte "exacerbe les clivages idéologiques" et entraîne plus des réponses d'urgence pour "compenser financièrement au lieu d'une réflexion globale sur l'adaptation en prenant en compte la complexité du monde agricole". "On demande aux agriculteurs de changer depuis la période de modernisation de l'après-guerre. Ce qui est différent aujourd'hui, c'est que les orientations ne sont pas claires", ajoute la coordinatrice du Gerdal, association de recherche sur le développement agricole. "Il y a des objectifs de maintien de la productivité, des exportations sur un marché ultra compétitif. Les agriculteurs doivent produire beaucoup, à bas coût. C'est assez peu compatible avec les exigences de la transition agro-écologique affichées par ailleurs par le gouvernement mais pour lesquelles les moyens ne sont pas en adéquation". Pour la sociologue, le malaise dans les fermes face à ces injonctions contradictoires est renforcé par une "culpabilisation individuelle" des agriculteurs, face aux résultats d'études sur les dangers de résidus de pesticides, d'additifs ou de PFAS dans les produits. "Déconnexion" Pour Eve Fouilleux, directrice de recherche au CNRS en science politique, "les politiques publiques ont favorisé depuis des décennies l'agrandissement et l'hyperspécialisation des exploitations agricoles par l'utilisation massive d'engrais et de pesticides, ce qui les rend plus vulnérables aux crises tout en générant des problèmes environnementaux et sanitaires majeurs". La sécheresse record et les canicules à répétition vont créer à la rentrée des "situations dramatiques". Les agriculteurs ont "très peu de marges de manoeuvre du fait d'un endettement massif" alors qu'ils sont "en première ligne des conséquences du réchauffement climatique", affirme cette agroéconomiste de formation. Dans les campagnes, nombre d'agriculteurs se disent "assommés" par les pertes et l'inquiétude grandit sur le risque de suicides dans la profession, qui s'est déjà mobilisée trois hivers d'affilée. Si Eve Fouilleux n'exclut pas une mobilisation des agriculteurs indépendante des syndicats - comme en 2024 pour demander des revenus -, ou à l'initiative de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne - comme en 2025 pour protester contre la gestion gouvernementale de la dermatose bovine -, elle rappelle que ces mobilisations ont été "récupérées" in fine par l'alliance syndicale dominante de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs. Selon la chercheuse, "la FNSEA a les ressources politiques et économiques pour mobiliser des troupes et réorienter le débat public autour de la fausse idée selon laquelle la souveraineté alimentaire serait menacée en France. Et donc de défendre ce qu'ils appellent les moyens de production: les pesticides et l'accès prioritaire à l'eau, dans un but principal d'exportation", comme en témoignent les grands thèmes de la loi d'urgence agricole. Les deux chercheuses soulignent que l'alliance a toutefois perdu sa majorité aux dernières élections professionnelles et que les dirigeants de la FNSEA sont "déconnectés" de la base, ce qui participe au malaise des agriculteurs. Claire Ruault ajoute qu'au niveau local, les agriculteurs peinent à construire un point de vue collectif, et à le porter dans leurs interactions avec les autres acteurs, pour alimenter les politiques agricoles. "Quand on interroge les agriculteurs individuellement sur la transition écologique, ils sont massivement pour", souligne Eve Fouilleux, "mais le système ne les incite pas à changer".

14.08.2026 à 08:41

FRANCE24
img
Traduite dans de nombreuses langues, la romancière belge explique, dans un entretien à l'AFP, la genèse de son nouveau livre, "L'adolescence du perroquet" (Albin Michel), qui sort le 19 août, et comment elle trouve toujours du plaisir à écrire même si "c'est affreusement difficile". R: J'ai une fascination pour les oiseaux. Ils ont deux façons de me fasciner: par le vol et par la phonation. Le perroquet est le champion absolu de la parole: il parle et comprend ce qu'il dit; il crie et son cri est d'une violence et d'une nocivité extraordinaires; et il peut être un chanteur exceptionnel. Jo, le perroquet du roman, est un gris du Gabon, l'espèce la plus intelligente, qui parle le mieux, mais aussi la plus agressive et perverse. C'est la plus intéressante. R: Je n'en suis pas sûre. S'il y en a une, c'est que l'amour est un sentiment sans morale. Alban, le narrateur, a un amour fou pour cet oiseau, qui ne le lui rend pas. C'est une situation que beaucoup de gens connaissent. L'amour n'est pas un dû. R: L'émotion est encore plus grande. Je suis dans la situation de quelqu'un qui vit une formidable histoire d'amour depuis 34 ans. C'est un tel miracle, mais rien n'est garanti. Je veux me montrer à la hauteur d'une telle histoire d'amour avec les lecteurs. Cela demande de l'investissement. R: D'après ce que j'ai pu voir, mes lecteurs, c'est tout le monde: des gens cultivés ou pas, des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes... Il n'y a vraiment pas de type. Si vous me demandez ce qu'ils aiment dans mes romans, je n'en sais rien. Le style? Je veux y croire. Et on me dit que mes romans permettent très fort l'identification. Beaucoup de lecteurs me disent: "Je me suis reconnu dans votre personnage". R: J'écris trois romans par an. Quand je les écris, je ne sais pas du tout lequel est destiné à la publication. À la fin de l'hiver, je les relis et je fais mon choix. Je m'organise de manière à pouvoir écrire quatre heures par jour. Je commence à 04H00 du matin et je termine à 08H00. Puis je vais chez mon éditeur Albin Michel où je réponds aux nombreuses lettres que je reçois. R: J'ai besoin de commencer ma journée par ce qui est le plus difficile. C'est une très bonne hygiène. Écrire chaque matin me paraît insurmontable, c'est affreusement difficile. Et plus je le fais, plus ça me paraît affreusement difficile. Mais c’est pour ça que j’aime ça. Je ne laisserai à personne d'autre ce plaisir-là. Avec les années, j'ai appris à avoir la sensation physique de l'endroit de mon cerveau où je dois me tenir pour écrire, juste à la frontière entre la folie et ce qui fait sens. Le plus difficile, c'est de trouver l'équivalent verbal au son qu'on a en soi. Eviter les fausses notes. Plus les années passent, plus je m'efforce d'épurer ce son. Depuis mes premiers romans, il s'est considérablement simplifié. Le but n'est pas de faire plus court, il est d'épurer. Dans 30 ans, j'aurai peut-être atteint le stade du haïku, la pierre philosophale.

14.08.2026 à 08:35

FRANCE24
img
"Là, ils sont gentils, ils répondent à nos questions... Mais dans six mois, quand la pression médiatique sera retombée, est-ce qu'ils ne nous ressortiront pas un petit alinéa qu'on n'avait pas vu?", poursuit Yves Brugieregarde, un ancien militaire à la retraite, qui a perdu sa maison au Porge. Dans cette commune de 3.500 habitants, 183 habitations ont brûlé - sur les 240 au total - dans l'immense incendie fin juillet qui a parcouru 42.000 hectares et entraîné l'évacuation de 220.000 personnes. Devant un terrain carbonisé, des murets noircis par les flammes sont tout ce qu'il reste de la maison achetée avec sa compagne en 2012. "Tout a brûlé, c'est le néant. Ah si, cette chaise verte en bois et ce parasol, miraculeusement épargnés", sourit-il. Des boules de pétanque ont tellement chauffé qu'elles sont devenues ovales. Un expert de son assurance est déjà passé, mais M. Brugieregarde refuse de signer le constat, qu'il juge "décalé avec la réalité" et envisage de recourir à un expert indépendant, "même si ça nous coûterait très, très cher". "Coefficient de vétusté" L'enjeu est de taille. "Être dédommagé correctement de façon à pouvoir reconstruire notre maison à l'identique et couvrir toutes nos pertes matérielles". Cet artiste sculpteur à ses heures perdues regrette de ne pas avoir pris des photos de sa maison et surtout de ne pas avoir fait réévaluer la valeur de ses biens au fil des ans. "On nous oppose un +coefficient de vétusté", qui fait perdre de la valeur à nos biens. On a le sentiment que nos vies ne valent rien", souffle-t-il, atterré. Pour écarter ce sentiment, la Macif a déployé un bus sur la place centrale du Porge, afin de "court-circuiter la distance du téléphone ou d'une page web". Pendant deux jours, du personnel est présent pour "répondre à toutes les questions de nos sociétaires mais aussi effectuer des remboursements rapides sur présentation de factures", explique Marie-Ghislaine Lacapère, mandataire pour la Nouvelle-Aquitaine. D'autres assurances sont également présentes et France Assureurs tient une permanence depuis le retour, le 3 août, des habitants. "C'est un sinistre particulier, d'une ampleur quasi inégalée, qui pose plusieurs difficultés", explique Guillaume Cadier, expert spécialisé "sinistres majeurs" dans une société intervenant pour le compte des compagnies d'assurance. "Forcer le bras" Il cite notamment des "bâtiments complètement fracassés", mais aussi une "quantité énorme de dossiers à traiter en même temps". "Une des premières questions qu'on nous pose c'est: +Quand il n'y a plus rien, comment on fait?+ Eh bien, on écoute d'abord la personne sinistrée. C'est elle qui connaît le mieux sa maison et pourra nous permettre de reconstituer ce qu'était le bien", relate-t-il. Il y a aussi les observations de l'expert sur place, les plans du bâtiment pouvant être récupérés ailleurs, ce qui avait été déclaré à l'assurance, etc... Il faudra ensuite de longues semaines ou mois pour établir le chiffrage précis, attendu par les sinistrés pour se projeter. Mais cet incendie hors normes provoque aussi des situations plus compliquées à appréhender. Le véhicule de Béatrice, resté au Porge pendant les incendies, "toussote". Elle souhaiterait changer le filtre à particules, mais son "assurance n'a pas forcément de réponse" et parle "d'une franchise de 300 euros". "Vraiment? Aucun geste commercial pour les habitants du Porge?", dit-elle, remontée. Les restaurateurs espèrent aussi faire reconnaître une "perte d'exploitation sans dégâts", alors qu'ils ont dû fermer pendant une dizaine de jours, en plein mois de juillet. "Premier coup de fil, on me dit +Pas de problème+. Deuxième coup de fil, on commence à me parler de tout un tas de documents à fournir, de distance kilométrique avec l'incendie. Je sens qu'ils sont en train de se dérober", déplore Julien Picot, patron d'une brasserie au Porge-Océan. Tous espèrent que le gouvernement, attendu en nombre lundi au Porge, "forcera un peu la main aux assurances", face au plus important incendie en France depuis 1949.
3 / 15

 

  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Ctrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique ‧ Asie ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
G.I.J
I.C.I.J
 
  OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Conspirationnisme
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
Wokisme
🌞