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22.06.2026 à 08:23

FRANCE24
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Alors que les Lions sénégalais s’apprêtent à affronter la Norvège, direction Little Sénégal à Harlem avec l'influenceur Barros. Dans ce quartier emblématique de New York, la diaspora sénégalaise fait vivre la Teranga à des milliers de kilomètres de Dakar. Dans les rues animées, les associations et les commerces communautaires, immersion dans ce petit coin de Sénégal qui rêve d'une victoire. 
Alors que les Lions sénégalais s’apprêtent à affronter la Norvège, direction Little Sénégal à Harlem avec l'influenceur Barros. Dans ce quartier emblématique de New York, la diaspora sénégalaise fait vivre la Teranga à des milliers de kilomètres de Dakar. Dans les rues animées, les associations et les commerces communautaires, immersion dans ce petit coin de Sénégal qui rêve d'une victoire. 

22.06.2026 à 07:53

FRANCE24
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Domiciliée à Bobigny juste à côté de la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis, Camélia est une collégienne de dix ans; Younes, conseiller retraite, a 50 ans; Lily, entrée seulement l'an dernier dans ce théâtre pour la première fois, en a 73... Après une première réunion publique en octobre, tous ont rejoint la troupe éphémère formée de 43 amateurs et amatrices, un comédien et une comédienne, trois chanteuses lyriques, deux danseurs et un pianiste. "Je les ai d'abord vus 12 jours depuis novembre, puis 12 pour finir le spectacle... Heureusement qu'on s'est trouvés tout de suite!", dit en marge des répétitions la metteuse en scène Claire Lasne Darcueil, ancienne directrice du Conservatoire national supérieur d'art dramatique. L'autrice de 60 ans, qui aura "passé presque toute sa vie à monter Tchekhov", adore les premiers actes qui présentent les personnages sur scène, les uns après les autres. La pièce qu'elle a d'abord écrite avec "son imagination d'enfant", s'est ensuite nourrie des micro-récits de vie recueillis auprès d'habitants. La création - qu'elle cosigne avec le chorégraphe Feroz Saboulamide et qui se joue du 24 au 28 juin - se centre sur les tenanciers d'un café, Samy et Samir. "Un couple qui s'aimait de manière un peu solaire et ne s'engueulait jamais sauf sur un point: l'heure, le jour et le lieu où ils s'étaient rencontrés", résume-t-elle. Le spectateur ne les connaîtra qu'à travers les évocations qu'en feront les membres de leur grande famille, biologique et amicale, jouant et rejouant le scénario de la rencontre. Dans la lumière bleutée du plateau, en répétitions, Alima et Yann s'approprient, timidement d'abord, la scène du coup de foudre en discothèque, sur l'air groove disco-funk de "September", puis pas à pas, l'un vers l'autre, accompagnés par la soprano Calliopée Perrot. L'amatrice au centre, c'est Alima Sacko, 45 ans. Elle dit s'être sentie accueillie comme elle est, avec ses Doc Martens, ses habits, invariablement noirs ("les costumières ont respecté ça") et les doutes générés par ses "gros problèmes neurologiques"... "Normalement, plus il y a de monde, plus j'ai un sentiment d'étrangeté, mais ici je ne l'ai pas", confie à l'AFP cette Balbynienne éloquente, pour qui danser sur scène, filmée en gros plan, constituait "un vrai défi". - "Pays en guerre" - Le danseur palestinien Bashar Albelbeisi a rejoint la distribution, près d'un an après avoir été grièvement blessé à Gaza dans le bombardement meurtrier du café Al-Baqa. Lui revient le rôle d'"une personne qu'on essaie de sauver d'un pays en guerre". Il "pose le pied par terre depuis très peu de temps", mentionne Claire Lasne Darcueil. Trentenaire sorti d'un long coma après avoir subi "une agression raciste" en Espagne en 2023, l'amateur Zakaria Labidi endosse son propre rôle: "Tout est vrai", dit-il à l'AFP, l'élocution entravée par des séquelles cérébrales. Il lève le doigt pour prendre la parole en répétition: "Claire, il faut tourner la chose en étant euphoriques parce que je suis en vie!". "Mais si on raconte la chose en étant morts de rire, ça ne passera pas, non?", s'interroge-t-elle. Finalement, "Zak" dira sobrement sa phrase-clef: "Vous n'allez pas faire la gueule toute ma deuxième vie". Le travail corporel préparatoire a été guidé par le danseur Feroz Sahoulamide, "tellement doué qu'il arrive à nous faire bouger d'abord une phalange jusqu'à ce qu'on finisse quasiment démantibulés à faire du smurf", admire Luc Costenoble, retraité de la RATP, "pas à l'aise" avec son corps au départ. La directrice de la MC93, Hortense Archambault, se dit "frappée par la douceur" de cette création. Un des projets au long cours qu'elle aime fomenter, créant des liens durables entre des personnes et le théâtre public. Répétant la scène de la fête d'anniversaire, Clémentine, 13 ans, est d'autant plus à l'aise entre ces murs qu'elle s'y est déjà impliquée dans un autre projet avec des enfants de Bobigny, "la petite troupe". L'adolescente résume d'une phrase l'effet que lui fait "Chez Samy": "Je n'aurais pas cru qu'avec autant de personnes on puisse être autant connecté".
Texte intégral (726 mots)
Domiciliée à Bobigny juste à côté de la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis, Camélia est une collégienne de dix ans; Younes, conseiller retraite, a 50 ans; Lily, entrée seulement l'an dernier dans ce théâtre pour la première fois, en a 73... Après une première réunion publique en octobre, tous ont rejoint la troupe éphémère formée de 43 amateurs et amatrices, un comédien et une comédienne, trois chanteuses lyriques, deux danseurs et un pianiste. "Je les ai d'abord vus 12 jours depuis novembre, puis 12 pour finir le spectacle... Heureusement qu'on s'est trouvés tout de suite!", dit en marge des répétitions la metteuse en scène Claire Lasne Darcueil, ancienne directrice du Conservatoire national supérieur d'art dramatique. L'autrice de 60 ans, qui aura "passé presque toute sa vie à monter Tchekhov", adore les premiers actes qui présentent les personnages sur scène, les uns après les autres. La pièce qu'elle a d'abord écrite avec "son imagination d'enfant", s'est ensuite nourrie des micro-récits de vie recueillis auprès d'habitants. La création - qu'elle cosigne avec le chorégraphe Feroz Saboulamide et qui se joue du 24 au 28 juin - se centre sur les tenanciers d'un café, Samy et Samir. "Un couple qui s'aimait de manière un peu solaire et ne s'engueulait jamais sauf sur un point: l'heure, le jour et le lieu où ils s'étaient rencontrés", résume-t-elle. Le spectateur ne les connaîtra qu'à travers les évocations qu'en feront les membres de leur grande famille, biologique et amicale, jouant et rejouant le scénario de la rencontre. Dans la lumière bleutée du plateau, en répétitions, Alima et Yann s'approprient, timidement d'abord, la scène du coup de foudre en discothèque, sur l'air groove disco-funk de "September", puis pas à pas, l'un vers l'autre, accompagnés par la soprano Calliopée Perrot. L'amatrice au centre, c'est Alima Sacko, 45 ans. Elle dit s'être sentie accueillie comme elle est, avec ses Doc Martens, ses habits, invariablement noirs ("les costumières ont respecté ça") et les doutes générés par ses "gros problèmes neurologiques"... "Normalement, plus il y a de monde, plus j'ai un sentiment d'étrangeté, mais ici je ne l'ai pas", confie à l'AFP cette Balbynienne éloquente, pour qui danser sur scène, filmée en gros plan, constituait "un vrai défi". - "Pays en guerre" - Le danseur palestinien Bashar Albelbeisi a rejoint la distribution, près d'un an après avoir été grièvement blessé à Gaza dans le bombardement meurtrier du café Al-Baqa. Lui revient le rôle d'"une personne qu'on essaie de sauver d'un pays en guerre". Il "pose le pied par terre depuis très peu de temps", mentionne Claire Lasne Darcueil. Trentenaire sorti d'un long coma après avoir subi "une agression raciste" en Espagne en 2023, l'amateur Zakaria Labidi endosse son propre rôle: "Tout est vrai", dit-il à l'AFP, l'élocution entravée par des séquelles cérébrales. Il lève le doigt pour prendre la parole en répétition: "Claire, il faut tourner la chose en étant euphoriques parce que je suis en vie!". "Mais si on raconte la chose en étant morts de rire, ça ne passera pas, non?", s'interroge-t-elle. Finalement, "Zak" dira sobrement sa phrase-clef: "Vous n'allez pas faire la gueule toute ma deuxième vie". Le travail corporel préparatoire a été guidé par le danseur Feroz Sahoulamide, "tellement doué qu'il arrive à nous faire bouger d'abord une phalange jusqu'à ce qu'on finisse quasiment démantibulés à faire du smurf", admire Luc Costenoble, retraité de la RATP, "pas à l'aise" avec son corps au départ. La directrice de la MC93, Hortense Archambault, se dit "frappée par la douceur" de cette création. Un des projets au long cours qu'elle aime fomenter, créant des liens durables entre des personnes et le théâtre public. Répétant la scène de la fête d'anniversaire, Clémentine, 13 ans, est d'autant plus à l'aise entre ces murs qu'elle s'y est déjà impliquée dans un autre projet avec des enfants de Bobigny, "la petite troupe". L'adolescente résume d'une phrase l'effet que lui fait "Chez Samy": "Je n'aurais pas cru qu'avec autant de personnes on puisse être autant connecté".

22.06.2026 à 07:43

FRANCE24
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"Jusqu'où va ta curiosité?" demande le photographe Amar Kiliç en agitant les négatifs sous l'eau. "Jusqu'au bout du monde", répond l'enfant. Originaire de Mardin, dans le sud-est de la Turquie, Zeynep est l'une des huit élèves de cet atelier de photographie argentique réservé aux enfants turcs et réfugiés de la province, aux frontières de l'Irak et de la Syrie. Le projet "Fotohane Darkroom" a été créé par Amar Kilic, 40 ans, et le photographe et éducateur syrien Serbest Salih en 2024 à Mardin. Le nom, Fotohane, choisi par les enfants, signifie "maison de la photo" en turc comme en arabe, en kurde et en persan. Amar Kilic insiste sur le fait que les enfants sont à la tête du processus: "Ils chargent la pellicule, la développent et impriment leurs photos. Ils vont sur le terrain et définissent leurs propres règles." - Fuir l'EI - En surplomb de la grande plaine de Mésopotamie, les murs dorés de la vieille ville de Mardin, traversée de rues étroites et témoins de millénaires d'histoire, attirent des touristes du monde entier. Mais loin des boutiques souvenirs et des cafés du centre, la ville abrite des familles défavorisées ou réfugiées. Parmi ces dernières, celles de Yahya, Sam, Yusuf et Nihal, âgés de 11 à 13 ans, ont fui Damas pendant la guerre en Syrie en 2014 et 2015, et l'avancée des djihadistes du groupe Etat Islamique (EI). "Je suis très heureuse quand je prends des photos", sourit Nihal en balançant sa caméra noire attachée à son poignet, à la recherche d'une scène à figer. Serbest Salih, 32 ans et le regard vif, piqué de curiosité, a fui la ville kurde de Kobane dans le nord de la Syrie quand l'EI en a pris le contrôle en 2014. Des milliers de réfugiés syriens ont alors franchi la frontière turque pour s'installer dans des villes turques proches comme Mardin, sans forcément rentrer après la chute du président Bachar al-Assad. Salih évite de s'épancher sur ses propres difficultés. Toute l'attention selon lui devrait se porter sur les enfants qu'il forme avec patience, passant sans problème du turc au kurde ou à l'arabe et l'anglais. Depuis son arrivée en Turquie, il essaye d'établir un pont entre communautés et de favoriser la tolérance et l'intégration. Il a organisé ses premiers ateliers de photo argentique en 2015, se rendant avec sa vieille caravane dans les villages le long de la frontière pour rencontrer des enfants réfugiés. "L'argentique leur donne confiance en eux. La photo digitale, tu peux la supprimer instantanément. Mais avec une pellicule, ils passent tout le temps de l'atelier à penser aux 36 images qu'ils ne découvriront qu'à la fin", explique-t-il. "Et leurs photos sont magnifiques". - "La chambre magique" - A la question: "quelle est ton étape préférée du processus?", tous les enfants sont unanimes: la chambre noire. C'est là que les images saisies dans le viseur prennent vie. "Ils l'appellent la chambre magique", indique Murat Kilic qui pilote en souriant les phases de développement et d'impression des photos. "C'est un sentiment très spécial pour les enfants de voir l'image se former sur le papier blanc. Ils se disent: +J'ai réussi à créer ça+". Le projet est principalement financé par des expositions organisées à l'étranger et par des dons - les travaux des enfants seront exposées cet été en Italie, en Belgique, au Royaume-Uni et en Indonésie. Serbest Salih et Amar Kilic songent à reprendre la route avec la chambre noire dans une caravane. "Pour aller dans d'autres régions offrir notre savoir-faire et former (d'autres enfants)", justifie Kilic.
Texte intégral (632 mots)
"Jusqu'où va ta curiosité?" demande le photographe Amar Kiliç en agitant les négatifs sous l'eau. "Jusqu'au bout du monde", répond l'enfant. Originaire de Mardin, dans le sud-est de la Turquie, Zeynep est l'une des huit élèves de cet atelier de photographie argentique réservé aux enfants turcs et réfugiés de la province, aux frontières de l'Irak et de la Syrie. Le projet "Fotohane Darkroom" a été créé par Amar Kilic, 40 ans, et le photographe et éducateur syrien Serbest Salih en 2024 à Mardin. Le nom, Fotohane, choisi par les enfants, signifie "maison de la photo" en turc comme en arabe, en kurde et en persan. Amar Kilic insiste sur le fait que les enfants sont à la tête du processus: "Ils chargent la pellicule, la développent et impriment leurs photos. Ils vont sur le terrain et définissent leurs propres règles." - Fuir l'EI - En surplomb de la grande plaine de Mésopotamie, les murs dorés de la vieille ville de Mardin, traversée de rues étroites et témoins de millénaires d'histoire, attirent des touristes du monde entier. Mais loin des boutiques souvenirs et des cafés du centre, la ville abrite des familles défavorisées ou réfugiées. Parmi ces dernières, celles de Yahya, Sam, Yusuf et Nihal, âgés de 11 à 13 ans, ont fui Damas pendant la guerre en Syrie en 2014 et 2015, et l'avancée des djihadistes du groupe Etat Islamique (EI). "Je suis très heureuse quand je prends des photos", sourit Nihal en balançant sa caméra noire attachée à son poignet, à la recherche d'une scène à figer. Serbest Salih, 32 ans et le regard vif, piqué de curiosité, a fui la ville kurde de Kobane dans le nord de la Syrie quand l'EI en a pris le contrôle en 2014. Des milliers de réfugiés syriens ont alors franchi la frontière turque pour s'installer dans des villes turques proches comme Mardin, sans forcément rentrer après la chute du président Bachar al-Assad. Salih évite de s'épancher sur ses propres difficultés. Toute l'attention selon lui devrait se porter sur les enfants qu'il forme avec patience, passant sans problème du turc au kurde ou à l'arabe et l'anglais. Depuis son arrivée en Turquie, il essaye d'établir un pont entre communautés et de favoriser la tolérance et l'intégration. Il a organisé ses premiers ateliers de photo argentique en 2015, se rendant avec sa vieille caravane dans les villages le long de la frontière pour rencontrer des enfants réfugiés. "L'argentique leur donne confiance en eux. La photo digitale, tu peux la supprimer instantanément. Mais avec une pellicule, ils passent tout le temps de l'atelier à penser aux 36 images qu'ils ne découvriront qu'à la fin", explique-t-il. "Et leurs photos sont magnifiques". - "La chambre magique" - A la question: "quelle est ton étape préférée du processus?", tous les enfants sont unanimes: la chambre noire. C'est là que les images saisies dans le viseur prennent vie. "Ils l'appellent la chambre magique", indique Murat Kilic qui pilote en souriant les phases de développement et d'impression des photos. "C'est un sentiment très spécial pour les enfants de voir l'image se former sur le papier blanc. Ils se disent: +J'ai réussi à créer ça+". Le projet est principalement financé par des expositions organisées à l'étranger et par des dons - les travaux des enfants seront exposées cet été en Italie, en Belgique, au Royaume-Uni et en Indonésie. Serbest Salih et Amar Kilic songent à reprendre la route avec la chambre noire dans une caravane. "Pour aller dans d'autres régions offrir notre savoir-faire et former (d'autres enfants)", justifie Kilic.
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