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06.02.2026 à 10:11

Eclairage public et insécurité, un lien plus complexe qu'il n'y paraît

FRANCE24
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Entre recherche d'économies et lutte contre la pollution lumineuse, plus d'un tiers des communes de France métropolitaine éteignaient leurs réverbères la nuit en 2024, selon des données publiques. Cependant, face à l'angoisse de riverains, certaines font aujourd'hui machine arrière, et dans la campagne des municipales, des candidats en font un cheval de bataille, comme Pierre Jakubowicz (Horizons) à Strasbourg. A Paris, Sarah Knafo (Reconquête!) affirme même qu'un éclairage réduit "met en danger" les Parisiens. Si la recherche confirme que l'obscurité alimente la peur de l'agression et un sentiment d'insécurité bien réel, l'extinction nocturne de l'éclairage public n'est à ce jour pas associée à une hausse de la criminalité elle-même. La relation entre éclairage et insécurité est très complexe à étudier, observent les experts, notamment parce qu'une multitude de facteurs entrent en jeu. Plusieurs études anglo-saxonnes observent qu'une extinction de l'éclairage public la nuit, ou sa diminution, n'est pas associée à une augmentation de la criminalité. Parmi les hypothèses évoquées: les habitants restent alors davantage chez eux le soir ; pour fracturer une voiture, encore faut-il y voir suffisamment... D'autres travaux s'intéressant, eux, à l'amélioration de l'éclairage l'ont associée à une réduction de la criminalité dans les zones étudiées. "Repérer sa cible" Au final, "il n'y a pas de règle standard", souligne Vincent Francis, professeur en criminologie à l'université belge UC Louvain, auprès de l'AFP. L'éclairage produit un "effet dissuasif sur les infractions pour lesquelles il accroît le risque (pour le malfaiteur, NDLR) d'être repéré (...), par exemple celles contre les personnes", mais "des études américaines montrent aussi que les vols à l'arraché sont plus facilement commis quand il y a un bon éclairage, qui permet de repérer la cible". Tout dépend également du quartier: dans une zone résidentielle, si les habitants sortent moins parce que les réverbères sont éteints, les domiciles sont mieux surveillés et les cambriolages potentiellement moins nombreux. Mais dans un centre ville très commerçant, l'effet sera inverse: moins de piétons dans les rues, c'est moins de personnes susceptibles de détecter des agissements suspects. "Un meilleur éclairage de l'espace public ne conduit pas nécessairement à davantage de sécurité", et "des rues sombres ne conduisent en règle générale pas à une augmentation de la criminalité violente", résume de son côté la police berlinoise. "Boîte à outils" En France, aucune étude scientifique ou des autorités sur les effets d'un meilleur éclairage n'a à ce jour été publiée, et la seule s'intéressant aux effets des extinctions date de janvier 2026, avec des résultats pour l'heure préliminaires. Le lien éclairage/insécurité "était, et c'est encore le cas, difficilement étudiable en France du fait de la (faible, NDLR) disponibilité des données", explique Chloé Beaudet, docteure en économie de l'environnement à l'Université Paris-Saclay et autrice de cette étude. Elle y constate qu'entre 2017 et 2023, "contrairement aux arguments fréquents mis en avant par les opposants à ce type de politique, l'extinction de l'éclairage public n'a pas d'impact significatif sur la plupart des crimes". Si les cambriolages ont légèrement augmenté (+0,35 pour 1.000 foyers), pour onze autres catégories de crimes, "aucun des coefficients estimés n'est statistiquement significatif, ce qui suggère qu'éteindre l'éclairage public n'a pas d'effet en moyenne sur ces crimes". A Bordeaux, la plage horaire d'extinction a été réduite d'1H30 en février 2025, à 02H30-05H00, après des pétitions de riverains, même si, sur le terrain, "aucune statistique ne montre une corrélation entre extinction et criminalité", explique Marc Etcheverry, adjoint chargé de la sécurité. "Il faut aborder ces sujets de manière constructive et bienveillante en écoutant tout le monde", plaide-t-il. "Il ne s'agit pas de dire oui ou non à l'éclairage public la nuit: c'est un outil, dans une boîte à outils", fait valoir Didier Poulhazan, chargé de mission sécurité et prévention de la délinquance à l'Association des maires de France (AMF), alors que des municipalités choisissent la voie médiane des variations de puissance selon les quartiers, les heures, ou la détection du passage d'un véhicule.

06.02.2026 à 10:03

Toyota change de PDG et relève ses prévisions, ventes solides malgré les droits de douane

FRANCE24
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Kenta Kon, 57 ans, l'actuel directeur financier, deviendra à partir du 1er avril président et directeur général, à la place de Koji Sato, a annoncé le groupe dans une nomination surprise. M. Sato, en place depuis 2023, avait pris la suite d'Akio Toyoda, le petit-fils du fondateur du groupe. Il se voit nommé vice-président et directeur de stratégie industrielle. Toyota justifie ce changement de rôle par un besoin urgent d'améliorer sa rentabilité: ce remaniement "vise à accélérer la prise de décision managériale en réponse aux évolutions de l'environnement interne et externe", fait-il valoir. De son côté, M. Kon, qui a rejoint Toyota il y a 35 ans, était devenu le secrétaire personnel de l'ancien PDG M. Toyoda en 2008, un poste qu'il a occupé pendant environ huit ans, selon l'agence Bloomberg, avant de rejoindre les affaires financières du groupe et de présider à des années de bénéfices records. Cette annonce inattendue coïncide avec la publication de ses résultats trimestriels, meilleurs qu'attendu par le marché, et à un nouveau relèvement de ses prévisions pour l'exercice se terminant fin mars. Toyota s'attend désormais à un bénéfice net annuel de 3.570 milliards de yens (19,3 milliards d'euros), en recul de 25,1% sur un an, mais supérieur à ce qui était anticipé précédemment (2.930 milliards de yens). Il prévoit également des ventes annuelles en hausse de 4,1% sur un an, à 50.000 milliards de yens (271 milliards d'euros), revues en légère hausse. De même, le bénéfice d'exploitation est attendu plus haut que prévu précédemment. "Malgré l'impact persistant des droits de douane américains, la forte demande, soutenue par la compétitivité de nos produits, a entraîné une augmentation des volumes de ventes, et nous avons réalisé un niveau de profit élevé grâce à des ajustements de prix", a fait valoir le constructeur. -"Réductions de coûts"- Les exportations automobiles japonaises se sont vues imposées entre avril et septembre par les Etats-Unis des surtaxes douanières de 25%, avant un plafonnement à 15% ensuite. Malgré cela, les ventes de Toyota aux Etats-Unis ont gonflé de 8% sur l'année calendaire 2025. C'est un marché-clé où le groupe réalise presque un quart de ses ventes. Soucieux de limiter l'impact, il a augmenté de 10% sa production dans ses usines américaines l'an dernier, grâce notamment au regain de popularité des véhicules hybrides essence-électrique. Mais sur 2,52 millions de véhicules Toyota écoulés l'an dernier aux Etats-Unis, seuls 1,39 million y ont été produits dans les 11 usines américaines du groupe, presque la moitié restant importés et soumis aux taxes douanières. "Malgré cet impact négatif apparu au cours de cet exercice, nous avons atténué la baisse des bénéfices grâce à des réductions de coûts et des efforts marketing", a indiqué l'entreprise. Toyota estime à 1.450 milliards de yens l'impact des taxes douanières américaines sur son bénéfice d'exploitation pour l'exercice 2025-2026, un coût équivalant à 7,8 milliards d'euros. Pour continuer à exporter à des conditions compétitives vers les Etats-Unis, les constructeurs japonais ont dû baisser leurs prix à l'export pour ne pas répercuter ce surcoût douanier. Quitte à rogner ses marges: sur le troisième trimestre (octobre-décembre) de son exercice, Toyota a dégagé un bénéfice net en repli de 43% sur un an, à 1.257 milliards de yens (6,8 milliards d'euros). Alors que son chiffre d'affaires a progressé de 8,6% à 13.457 milliards de yens (72,8 milliards d'euros), dopé par des ventes mondiales solides en dépit d'un nouveau recul en Chine en décembre. Enfin, le remaniement de sa direction intervient au moment où Toyota cherche à prendre le contrôle de sa filiale industrielle Toyota Industries et à la sortir de la Bourse, par le biais d'une offre publique d'achat qui se clôture la semaine prochaine. Toyota Motor ne possède qu'environ 25% de cette filiale, qui fournit composants et équipements industriels. Cette opération se heurte à une forte opposition du fonds d'investissement activiste Elliott Investment Management, qui estime que la proposition sous-évalue l'entreprise et a fait de ce rachat potentiel un test des réformes de gouvernance d'entreprise au Japon.

06.02.2026 à 10:01

L'actu en dessin : toujours plus de personnalités éclaboussées par l'affaire Epstein

FRANCE 24
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La liste des personnalités éclaboussées par l'affaire Epstein ne fait que s'allonger depuis la publication par le ministère américain de la Justice d'une nouvelle salve massive de documents liés au sulfureux pédocriminel. Parmi les noms apparaissant dans ces nouveaux fichiers : Bill Clinton, Bill Gates, Elon Musk, Vladimir Poutine, Mette-Marit de Norvège ou encore Jack Lang.
Texte intégral (703 mots)
La liste des personnalités éclaboussées par l'affaire Epstein ne fait que s'allonger depuis la publication par le ministère américain de la Justice d'une nouvelle salve massive de documents liés au sulfureux pédocriminel. Parmi les noms apparaissant dans ces nouveaux fichiers : Bill Clinton, Bill Gates, Elon Musk, Vladimir Poutine, Mette-Marit de Norvège ou encore Jack Lang.
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