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28.07.2026 à 09:15

FRANCE24
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"Quand l'eau est là, on s'appelle (entre voisins) pour se prévenir afin de remplir tous nos récipients", raconte cet imprimeur à la retraire au regard malicieux, rencontré par l'AFP dans son quartier de Zilimadjou de la capitale comorienne. Canalisations d'eau fuyardes, poches d'air dans un réseau sous-dimensionné, manque d'électricité pour alimenter la principale station de pompage, les raisons sont nombreuses pour expliquer la crise de l'eau que vivent au quotidien les 150.000 habitants de la capitale de l'archipel des Comores. "C'est une grande souffrance", lâche l'octogénaire, qui vient de se faire livrer 1.000 litres d'eau pour l'équivalent de 25 euros, une somme dans un pays où 45% des 870.000 Comoriens vivent sous le seuil de pauvreté, d'un peu plus de 100 euros par mois, selon l'Institut national de la statistique. Son fournisseur habituel, Chaher Omar, s'est reconverti il y a trois ans dans le business de la distribution d'eau aux particuliers. Tous les jours entre minuit et 02H00 du matin, à bord de son minibus, il fait partie de la cohorte de camions-citernes, de bus et de motos qui patientent pour faire le plein d'eau à la station de pompage de Vouvouni, qui fournit l'eau de Moroni, à quelques kilomètre de là. "Il y a des jours où je repars sans avoir rempli mes bidons et ma citerne de 1.000 litres. Pourtant, la demande est très forte car c'est la saison sèche", regrette cet homme de 45 ans au visage buriné. Ce jeudi est un jour de chance. Il a pu remplir son minibus et faire sa tournée auprès de clients impatients à Moroni. "La vie aux Comores, ça va" Dans le sud de Moroni, Kaouthara Bouchrane, 38 ans et mère de quatre enfants, se bat elle-aussi au quotidien pour trouver de l'eau. Elle se réveille bien avant la prière de l'aube pour faire la queue devant un des rares points d'eaux communaux encore en service dans son quartier, dans l'espoir d'y remplir ses bidons jaunes gratuitement. Elle fait pourtant partie des abonnés de la Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux (Sonede) sur Grande-Comore, la plus importante île de l'archipel de l'océan Indien. Mais ses tuyaux sont secs depuis plusieurs mois. "J'aimerais que nos autorités trouvent une solution face aux pénuries d'eau. Si je ne trouve pas d'eau à cette pompe, je suis obligée d'en acheter. Avant le bidon coûtait 30 centimes d'euros, maintenant il est à 50 centimes. Comment s'en sortir ?", déclare-t-elle. En un sens, Kaouthara a de la chance. La pompe de son quartier est située à quelques mètres de chez elle. Dans la partie nord de Moroni, il n'y a aucun point d'eau fonctionnel et les habitants sont contraints de faire appel à des vendeurs comme Chaher. Non loin, dans une autre file d'attente, une femme ironise: "La vie aux Comores, ça va, on vit mieux qu'en France", en référence aux récents propos du président Azali Assoumani dans une interview à France 24. Vétusté et poches d'air Pour expliquer cette crise de l'eau aux Comores, Bakri El Yahya, chef de mission au sein d'un projet de renforcement de la gouvernance du secteur de l'eau (Progeau), rembobine le film des événements: "A la conception de la station de pompage à la fin des années 1970, Moroni comptait 35.000 habitants. Elle compte selon les dernières statistiques 150.000 habitants". "Vient s'ajouter la vétusté du réseau qui comporte de nombreuses fuites. La moitié de l'eau qui est pompée revient à la terre parce qu'elle n'arrive pas chez le client", ajoute le représentant du projet, financé par l'Agence française de développement à hauteur de 6,5 millions d'euros. Vient s'ajouter une fourniture électrique insuffisante. Résultat, la "station de pompage ne fonctionne qu'environ dix heures par jour". Côté Sonede, on met en avant des mesures de court terme pour améliorer la situation, comme d'évacuer les "poches d'air" qui empêchent la bonne circulation de l'eau dans le réseau alimentant Moroni. Surtout, souligne le directeur technique Abdillah Mze Ali, un projet d'envergure devrait voir le jour d'ici quatre ans, financé à hauteur de 20 millions de dollars (17,5 millions d'euros) par la Banque mondiale. Le projet prévoit "de nouveaux forages, le renouvellement de l'ensemble du réseau de Moroni et la construction de deux grands réservoirs de stockage". En attendant, Kaouthara continuera de se lever à l'aube et de faire la queue, ses bidons à la main. Les habitants plus favorisés déboursent quant à eux 130 euros pour se faire livrer 12 m3 d'eau.

28.07.2026 à 09:15

FRANCE24
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Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,42%, Francfort 0,32% et Milan 0,18%. Seule Londres évoluait près de l'équilibre (-0,09%).
Texte intégral (754 mots)
Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,42%, Francfort 0,32% et Milan 0,18%. Seule Londres évoluait près de l'équilibre (-0,09%).

28.07.2026 à 09:15

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Le contraste est saisissant vu du ciel, avec un côté presque intact et l'autre où l'on aperçoit des sites d'orpaillage illégaux. Paris et Paramaribo ont signé un accord en 2021 sur la délimitation de la frontière commune mais aussi sur l'entraide judiciaire destinée à faciliter les opérations bilatérales contre l'exploitation minière illégale et le trafic de stupéfiants dans la région. Toutefois, le gouvernement surinamien ne l'a toujours pas ratifié. Du côté français des fleuves Marowijne et Lawa, une interdiction stricte est en vigueur et l'exploitation aurifère est proscrite à deux kilomètres des rives. Mais la France observe que côté surinamien, l'orpaillage continue. Un vol en hélicoptère a été organisé la semaine dernière pour la presse par l'Observatoire de l'activité minière (OAM), outil public de surveillance et de lutte contre l'orpaillage illégal, pour montrer l'impact de l'exploitation illicite. Depuis l'hélicoptère, on distingue côté surinamien d'énormes cratères et de l'eau verte, jaune et beige. Des tentes et bâches trahissent aussi la présence des orpailleurs. "L'orpaillage illégal dans le sud-est du Suriname augmente visiblement, en particulier le long des rivières Lawa et Marowijne", déclare à l'AFP Jupta Itoewaki, militante pour les droits des peuples autochtones. "Les mesures effectuées dans notre région montrent des niveaux de mercure allant jusqu'à 8.469 fois la limite fixée par l'OMS et des niveaux d'arsenic allant jusqu'à 4.623 fois cette limite", déplore-t-elle. Jupta Itoewaki, issue de la communauté autochtone wayana, qui compte environ 1.000 personnes, affirme que le poisson est devenu une source d'intoxication. "Toute la communauté est exposée quotidiennement par l'eau et la nourriture (...). Ce qui manque, ce sont des analyses médicales systématiques menées par le gouvernement. Le gouvernement lui-même fait partie du problème", estime-t-elle. Ecosystèmes en danger L'OAM a documenté comment les orpailleurs et mineurs surinamiens, franco-guyanais et brésiliens, travaillent en secret dans les criques proches de la frontière en utilisant des petites fosses de lavage et du mercure (pour l'amalgame avec le minerai), contaminant ainsi les sols et les cours d'eau. Côté français, des mineurs légaux comme l'entreprise SIAL, près de Crique Serpent, opèrent sans mercure et avec des bassins de rétention étanches, explique Sébastien Linares de l'OAM, qui souligne que les entreprises doivent remettre en état les terrains une fois l'exploitation terminée, conformément à la loi française. Il y a "une dégradation alarmante de l'état du fleuve, liée notamment à l'orpaillage illégal", affirme l'ambassadeur de France au Suriname, Nicolas de Bouillane de Lacoste. "Cette pollution a des conséquences majeures sur les écosystèmes, avec une altération de la biodiversité aquatique, mais également sur la santé et les conditions de vie des populations riveraines", précise-t-il. "La ratification de l'accord par le Suriname permettra de donner une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale. Un accord frontalier à lui seul ne mettra pas fin à l'orpaillage illégal. En revanche, il apportera la sécurité juridique indispensable pour renforcer l'efficacité des actions conduites de part et d'autre de la frontière", estime l'ambassadeur. "Nous sommes disposés à soutenir les autorités surinamiennes dans toute initiative et action qui viserait à limiter la capacité des +garimpeiros+ (orpailleurs, ndlr) dans le respect de la souveraineté de chacun et l'intérêt commun de la protection du fleuve Maroni", souligne-t-il. Les autorités françaises affirment que leurs troupes combattent quotidiennement l'exploitation minière illégale mais "c'est une bataille perdue, les mineurs illégaux se rendent au Suriname pour se ravitailler", concède l'ambassadeur. Selon l'attaché de Défense, le lieutenant-colonel Emmanuel Rigault, la France déploie quelque 500 soldats sur terre, sur l'eau et dans les airs en appui aux opérations de police contre l'exploitation minière illégale. Le 14 juillet, le ministre des Affaires étrangères du Suriname, Melvin Bouva, a promis que son pays allait ratifier l'accord, sans toutefois donner de date.
Texte intégral (678 mots)
Le contraste est saisissant vu du ciel, avec un côté presque intact et l'autre où l'on aperçoit des sites d'orpaillage illégaux. Paris et Paramaribo ont signé un accord en 2021 sur la délimitation de la frontière commune mais aussi sur l'entraide judiciaire destinée à faciliter les opérations bilatérales contre l'exploitation minière illégale et le trafic de stupéfiants dans la région. Toutefois, le gouvernement surinamien ne l'a toujours pas ratifié. Du côté français des fleuves Marowijne et Lawa, une interdiction stricte est en vigueur et l'exploitation aurifère est proscrite à deux kilomètres des rives. Mais la France observe que côté surinamien, l'orpaillage continue. Un vol en hélicoptère a été organisé la semaine dernière pour la presse par l'Observatoire de l'activité minière (OAM), outil public de surveillance et de lutte contre l'orpaillage illégal, pour montrer l'impact de l'exploitation illicite. Depuis l'hélicoptère, on distingue côté surinamien d'énormes cratères et de l'eau verte, jaune et beige. Des tentes et bâches trahissent aussi la présence des orpailleurs. "L'orpaillage illégal dans le sud-est du Suriname augmente visiblement, en particulier le long des rivières Lawa et Marowijne", déclare à l'AFP Jupta Itoewaki, militante pour les droits des peuples autochtones. "Les mesures effectuées dans notre région montrent des niveaux de mercure allant jusqu'à 8.469 fois la limite fixée par l'OMS et des niveaux d'arsenic allant jusqu'à 4.623 fois cette limite", déplore-t-elle. Jupta Itoewaki, issue de la communauté autochtone wayana, qui compte environ 1.000 personnes, affirme que le poisson est devenu une source d'intoxication. "Toute la communauté est exposée quotidiennement par l'eau et la nourriture (...). Ce qui manque, ce sont des analyses médicales systématiques menées par le gouvernement. Le gouvernement lui-même fait partie du problème", estime-t-elle. Ecosystèmes en danger L'OAM a documenté comment les orpailleurs et mineurs surinamiens, franco-guyanais et brésiliens, travaillent en secret dans les criques proches de la frontière en utilisant des petites fosses de lavage et du mercure (pour l'amalgame avec le minerai), contaminant ainsi les sols et les cours d'eau. Côté français, des mineurs légaux comme l'entreprise SIAL, près de Crique Serpent, opèrent sans mercure et avec des bassins de rétention étanches, explique Sébastien Linares de l'OAM, qui souligne que les entreprises doivent remettre en état les terrains une fois l'exploitation terminée, conformément à la loi française. Il y a "une dégradation alarmante de l'état du fleuve, liée notamment à l'orpaillage illégal", affirme l'ambassadeur de France au Suriname, Nicolas de Bouillane de Lacoste. "Cette pollution a des conséquences majeures sur les écosystèmes, avec une altération de la biodiversité aquatique, mais également sur la santé et les conditions de vie des populations riveraines", précise-t-il. "La ratification de l'accord par le Suriname permettra de donner une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale. Un accord frontalier à lui seul ne mettra pas fin à l'orpaillage illégal. En revanche, il apportera la sécurité juridique indispensable pour renforcer l'efficacité des actions conduites de part et d'autre de la frontière", estime l'ambassadeur. "Nous sommes disposés à soutenir les autorités surinamiennes dans toute initiative et action qui viserait à limiter la capacité des +garimpeiros+ (orpailleurs, ndlr) dans le respect de la souveraineté de chacun et l'intérêt commun de la protection du fleuve Maroni", souligne-t-il. Les autorités françaises affirment que leurs troupes combattent quotidiennement l'exploitation minière illégale mais "c'est une bataille perdue, les mineurs illégaux se rendent au Suriname pour se ravitailler", concède l'ambassadeur. Selon l'attaché de Défense, le lieutenant-colonel Emmanuel Rigault, la France déploie quelque 500 soldats sur terre, sur l'eau et dans les airs en appui aux opérations de police contre l'exploitation minière illégale. Le 14 juillet, le ministre des Affaires étrangères du Suriname, Melvin Bouva, a promis que son pays allait ratifier l'accord, sans toutefois donner de date.
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