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14.10.2021 à 09:00

Cartographie de la privatisation de la santé en Europe

ENCO

Elles s'appellent Orpea, Elsan, Helios... Ces entreprises à but lucratif possèdent de plus en plus d'hôpitaux et de maisons de retraite en Europe. Le Réseau d'observatoires des multinationales ENCO, dont l'Observatoire des multinationales est membre, a cartographié cette privatisation de la santé.
La marchandisation du secteur de la santé est un processus constant depuis plusieurs décennies ; tant au niveau des institutions internationales (OMS mais aussi FMI, Banque Mondiale et Organisation Mondiale (...)

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Texte intégral 1741 mots

Elles s'appellent Orpea, Elsan, Helios... Ces entreprises à but lucratif possèdent de plus en plus d'hôpitaux et de maisons de retraite en Europe. Le Réseau d'observatoires des multinationales ENCO, dont l'Observatoire des multinationales est membre, a cartographié cette privatisation de la santé.

La marchandisation du secteur de la santé est un processus constant depuis plusieurs décennies ; tant au niveau des institutions internationales (OMS mais aussi FMI, Banque Mondiale et Organisation Mondiale du Commerce [1]) que des institutions européennes ou nationales, les politiques mises en place – dont les mantras son libéralisation, privatisation et dérégulation - ont largement favorisé le développement d'une offre lucrative dans le domaine de la santé. Si le secteur pharmaceutique et ses multinationales aux profits gigantesque est assez bien documenté, ce n'est pas le cas du secteur hospitalier ni de celui des établissements destinés aux personnes âgées. C'est pourquoi le Réseau européen d'observatoire des multinationales ENCO, dont l'Observatoire des multinationales est membre, a décidé de créer une carte interactive des principales entreprises qui les composent.

ENCO a ainsi identifié 32 entreprises (14 dans le secteur des établissements pour personnes âgées et 18 dans le domaine hospitalier) qui sont, par leur chiffre d'affaires, les plus grands acteurs de leurs secteurs respectifs. Certaines de ces entreprises sont de véritables mastodontes pesant des dizaines de milliards d'euro. D'autres sont de taille plus modeste mais grandissent rapidement. D'autres encore appartiennent à des groupes internationaux puissants et tentaculaires.


Carte : Elsa Delmas / Sebastian Franco

La carte permet en outre d'avoir une vue d'ensemble, pays par pays, du niveau de commercialisation des lits d'hôpitaux et d'établissements pour personnes âgées. On découvre ainsi que l'offre lucrative varie passablement d'un pays à l'autre. Mais ce que partagent quasiment tous les pays, c'est une croissance de cette offre lucrative ! Ce développement est à la base d'une dynamique intense dans les deux secteurs ; nous sommes ainsi témoins d'importants rapprochements d'entreprises (fusions/acquisitions), d'une internationalisation accélérée de certaines d'entre-elles, et d'une financiarisation croissante de leurs structures et activités.

Globalement, ce que laisse apparaitre notre échantillon, c'est le poids prépondérant des entreprises françaises, allemandes, et dans une moindre mesure, britanniques, dans le marché européen. Ce sont elles qui sont les mieux placées pour prendre des parts dans un marché en pleine expansion.

En France, particulièrement dans le domaine des établissements pour personnes âgées, la croissance et l'internationalisation des champions nationaux a été très rapide. L'Allemagne, plus grand marché européen, compte de puissant groupes principalement actifs au niveau national, avec une exception notable, Fresenius, qui est la plus grande entreprise européenne des deux secteurs confondus et pèse plus de 35 milliards d'euro. Le Royaume-Uni, où la libéralisation et la privatisation du secteur ont été antérieures, dispose d'un marché plus mature que se partage les grands acteurs britanniques et anglo-saxons. La financiarisation du secteur (prises de participation et gestion par des fonds d'investissement) y est très avancée, et c'est une tendance que l'on retrouve de plus en plus sur le continent.

L'Europe du Sud occidentale, qui vit un vieillissement marqué, est devenu un marché très attrayant pour les grands groupes français, allemands et, dans une moindre mesure, britanniques, qui y développent rapidement leurs activités. En Espagne, les grands acteurs nationaux tendent à devenir des filiales de groupes étrangers (comme Quirónsalud racheté par Fresenius en 2016). En Italie, à part les groupes nationaux KOS et Gruppo San Donato, ce sont les acteurs allemands et français qui dominent le marché. Au Portugal, c'est surtout dans le domaine des établissements pour personnes âgées que les multinationales françaises et dans une moindre mesure, allemandes, dominent. Le Portugal compte dans le domaine hospitalier deux champions nationaux.

En Europe centrale et de l'Est, l'ouverture du marché reste variable. En outre, si la capacité hospitalière est relativement développée, ce n'est pas le cas du secteur lucratif des établissements pour personnes pagées qui dispose encore de très peu de capacités dans ces pays ; si une multinationale comme Orpea s'y développe rapidement, les marchés sont encore peu attractifs vue leur petite taille, à l'exception de la Pologne, qui compte malgré tout plus de 75 000 lits en établissements pour personnes âgées (loin des 950 000 lits allemands).

Le secteur des établissements pour personnes âgées a connu une forte croissance ces 5 dernières années. Les chiffres des entreprises sélectionnées font apparaitre un taux de croissance annuel moyen du chiffre d'affaire proche de 10%, avec cependant une variabilité, d'un peu plus de 3% pour la britannique HC-ONE à plus de 20% pour la française DomusVi. Cela semble indiquer tant une croissance endogène régulière liée à l'expansion du marché qu'une dynamique d'acquisition d'actifs (concentration/consolidation). À part Bupa, les entreprises ayant connu la plus grande croissance sont les 4 leaders français, tous au-delà des 10% annuels (22,2% pour DomusVi et même un quadruplement de la taille en 4 ans pour le groupe Colisée).

En ce qui concerne le marché des hôpitaux privés, la croissance est également au rendez-vous : en moyenne 7,5% par an pour les entreprises de l'échantillon. Ici aussi les disparités sont importantes, passant des moyennes les plus basses aux alentours des 3% à une croissance de plus de 10% pour d'autres (15,2% pour Helios, le leader du marché, ou encore 13,2% pour Ramsay, autre poids lourd du secteur). Dans ce secteur également, les plus gros acteurs enregistrent les plus hauts taux de croissance.

Concernant la rentabilité, calculée via la marge opérationnelle (à savoir le bénéfice réalisé sur chaque produit/service vendu), pour les entreprises du secteur des établissements pour personnes âgées pour lesquelles nous disposons de données (5 entreprises sur 14), il oscille entre 4,6% et 13,1%. Dans le secteur hospitalier, où nous disposons de plus de données (12 entreprises sur 18), les taux oscillent entre un peu moins de 1% jusqu'à 11,4% pour Helios-Fresenius, le leader du marché. Il est à noter que l'année 2020 a représenté pour certaines des entreprises (mais pas pour toutes !), une importante chute de rentabilité ou de revenu.

L'importance économique des secteurs hospitaliers et des établissements pour personnes âgées attisent toutes les convoitises ; en effet, près de la moitié de toutes les dépenses de santé en Europe [2] sont dédié à ces deux secteurs.

Le vieillissement de la population ainsi que l'augmentation des maladies chroniques qui l'accompagne, permet d'envisager une croissance régulière des besoins et par conséquent de l'offre de services. Qui plus est, ce sont deux domaines largement subventionnés par les institutions publiques, permettant aux acteurs commerciaux de compter sur des revenus réguliers et fiables.

L'évolution de ces marchés lucratifs est tirée en particulier par la croissance et la dynamique des plus grands groupes ; cela va dans le sens de la Commission européenne qui souhaite créer des champions européens capables de rivaliser avec les plus grandes entreprises mondiales. Ce n'est donc pas un hasard si les institutions européennes, comme la Banque centrale européenne ou la Banque européenne d'investissement, ont offert des facilités de financement notamment à Korian et à Fresenius.

Cet appui marqué contraste pourtant avec les controverses toujours plus nombreuses, exacerbées depuis le début de la pandémie, sur la situation et les pratiques au sein des opérateurs commerciaux : maltraitance institutionnelle, manque de matériel, prix exorbitants, priorité au profit, etc. Cela soulève la question suivante : doit-on laisser des entreprises, dont l'objectif est le bénéfice financier, prendre soin de notre santé et s'occuper de nous lors de nos vieux jours ? Poser la question, c'est sans doute déjà y répondre…

Articles, analyses et ressources à lire dans le dossier spécial du réseau ENCO

ENCO (European Network of Corporate Observatories) est un réseau de médias et d'organisations de la société civile de différents pays d'Europe qui se consacrent à enquêter et informer sur les entreprises multinationales et leur pouvoir. Il publie le 14 octobre une recherche internationale sur les groupes privés lucratifs d'hôpitaux et de maisons de retraite en Europe.
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[1] Le renforcement du poids des entreprises dans les instances de l'OMS, les ajustements structurels et prêts conditionnels par la BM et le FMI ou encore la libéralisation des services, dont la santé, au sein de l'OMC en sont quelques exemples.

[2] Environ 1,4 trillons d'euro.


14.10.2021 à 08:00

Comment l'État français fait le jeu de Total en Ouganda

Les projets d'exploitation pétrolière de Total en Ouganda semblent l'exemple même de ce qu'il ne faut pas faire, du point de vue du climat, de la biodiversité, des droits humains et de la démocratie. Et pourtant, en pratique, l'État français s'est mis au service du groupe pétrolier pour les faire aboutir.
Dans un nouveau rapport publié avec les Amis de la Terre France et Survie, l'Observatoire des multinationales se penche sur les mécanismes d'influence par lesquels Total s'assure du soutien des pouvoirs (...)

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Les projets d'exploitation pétrolière de Total en Ouganda semblent l'exemple même de ce qu'il ne faut pas faire, du point de vue du climat, de la biodiversité, des droits humains et de la démocratie. Et pourtant, en pratique, l'État français s'est mis au service du groupe pétrolier pour les faire aboutir.
Dans un nouveau rapport publié avec les Amis de la Terre France et Survie, l'Observatoire des multinationales se penche sur les mécanismes d'influence par lesquels Total s'assure du soutien des pouvoirs publics, sur fond de profonde confusion entre les intérêts de la France avec ceux d'une multinationale dont les principaux actionnaires sont à Wall Street. Au coeur de cette mécanique : les portes tournantes, autrement dit les allers-retours de fonctionnaires entre Total et les hautes sphères de l'État.

Total se prépare à lancer l'exploitation de nouveaux gisements pétroliers en Ouganda, sur les bords du lac Albert, et à construire un oléoduc pour l'acheminer vers la côte tanzanienne, à 1 500 kilomètres de là.

Ces projets, nommés Tilenga et EACOP, sont l'exemple même de ce que nous devrions éviter à tout prix. Ils représentent des millions de tonnes de CO2 supplémentaires émises dans l'atmosphère. Ils mettent en danger plusieurs réserves naturelles abritant des espèces animales menacées et engendrent des risques de pollution dans plusieurs grands lacs africains et au-delà dans le bassin du Nil blanc. Ils entraînent déjà des déplacements forcés de population et de nombreuses violations des droits humains.

Ces projets font l'objet d'une vive résistance de la part des populations locales ; ils ont donné lieu à la première procédure judiciaire en France dans le cadre de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales ; ils ont été dénoncés par quatre rapporteurs spéciaux de l'ONU ; et plusieurs grandes banques ont annoncé qu'elles ne participeront pas à leur financement.

Et pourtant...

Et pourtant, l'État français continue d'apporter un soutien implicite et explicite aux projets de Total en Ouganda :

  • par la voix du président Emmanuel Macron qui a notamment écrit à son homologue ougandais pour lui garantir le soutien de la France à ses projets pétroliers et à Total ;
  • par celle de l'ambassadeur de France à Kampala, proche de l'Élysée, qui joue les entremetteurs pour le groupe pétrolier ;
  • par le biais de l'ambassade et de l'Alliance française à Kampala, dont tous les événements publics ou presque sont sponsorisés par Total ;
  • à travers les institutions diplomatiques et financières françaises qui lui apportent une caution morale et parfois même une garantie financière de l'État, comme cela a été le cas pour d'autres projets tout aussi problématiques de Total ;
  • à travers la coopération militaire, en formant des troupes qui seront ensuite chargées de protéger les régions pétrolières contre les menaces extérieures... et au besoin contre les opposants au projet pétrolier.

Pour soigner les apparences, aussi bien Total que l'État français tendent à minimiser l'étroitesse de leurs relations. Ce rapport montre l'ampleur du soutien public sur lequel peut compter en pratique le groupe pétrolier. Ce soutien n'est pas moins déterminant – au contraire – parce qu'il s'exerce de manière « informelle », dans l'opacité des hautes sphères de l'État et de la diplomatie.

Comment des institutions publiques censées représenter l'intérêt général peuvent-elles se mettre ainsi au service du pétrole et des intérêts d'une entreprise multinationale dont les actionnaires sont plutôt à chercher du côté de Wall Street que de Paris ? Comment les pouvoirs publics peuvent-ils se trouver réduits au rang de simples pions dans le grand jeu pétrolier de Total ?

Dans ce rapport, nous démontons les rouages de la machine bien huilée qui permet au groupe pétrolier de s'ériger en maître du jeu. Au coeur de cette machine, les « portes tournantes », autrement dit la stratégie de Total de débaucher d'anciens hauts fonctionnaires et responsables politiques, ou bien au contraire d'encourager ses employés à retourner dans la fonction publique... et notamment dans les lieux de pouvoir où ils pourront au mieux servir ses intérêts.

Nous donnons de multiples exemples de ces allers-retours entre Total et la haute administration, devenus de plus en plus fréquents mais pas moins scandaleux, et qui sont particulièrement nombreux – ce qui n'a rien d'un hasard – au ministère des Affaires étrangères et dans ses agences. Cette interpénétration permanente ne donne pas seulement au groupe pétrolier un accès direct aux décideurs, jusqu'au sommet de l'État. Elle contribue aussi et surtout à cacher la réalité dramatique des impacts de Total sur le climat et sur les peuples derrière un voile de respectabilité, et à entretenir une confusion délibérée entre l'intérêt de la France et celui de Total et de ses actionnaires.

Lire le rapport Comment l'État français fait le jeu de Total en Ouganda

Recherche et écriture : Olivier Petitjean.
Recherches complémentaires : Lora Verheecke.

Ce rapport s'inscrit dans le cadre de la campagne européenne Fossil Free Politics, visant à libérer les politiques publiques de l'influence des lobbies de l'industrie fossile. Accès privilégié aux décideurs, conflits d'intérêts, portes tournantes, partenariats, etc. : retrouvez le détail des demandes ici. En savoir plus sur la campagne Fossil Free politics.
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12.10.2021 à 06:30

Une présidence française de l'UE au service des grandes entreprises

Lora Verheecke, Olivier Petitjean, Vicky Cann (Corporate Europe Observatory)

Un nouveau rapport de l'Observatoire des multinationales et de Corporate Europe Observatory lève le voile sur la préparation de la présidence française de l'Union européenne, qui va commencer en janvier 2022 et durer six mois.
Recours à des sponsors privés, rendez-vous secrets avec des industriels, événements de lobbying co-organisés par les autorités françaises avec des multinationales, et une Représentation de la France à Bruxelles où les “portes tournantes” avec les grandes entreprises ne s'arrêtent (...)

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Texte intégral 810 mots

Un nouveau rapport de l'Observatoire des multinationales et de Corporate Europe Observatory lève le voile sur la préparation de la présidence française de l'Union européenne, qui va commencer en janvier 2022 et durer six mois.

Recours à des sponsors privés, rendez-vous secrets avec des industriels, événements de lobbying co-organisés par les autorités françaises avec des multinationales, et une Représentation de la France à Bruxelles où les “portes tournantes” avec les grandes entreprises ne s'arrêtent jamais...

Une nouvelle fois, la présidence tournante du Conseil de l'UE risque de se trouver instrumentalisée au profit des intérêts des grandes entreprises, avec la coopération active du gouvernement français.

Les enjeux sont importants aussi bien pour l'Europe que pour Emmanuel Macron et son gouvernement. La présidence française de l'UE coïncidera avec les élections présidentielles et législatives en France, et l'Europe sera l'un des thèmes clés de sa campagne de réélection. Le gouvernement français affiche sa volonté de promouvoir la « souveraineté européenne », et aura à gérer au cours de sa présidence tournante des dossiers cruciaux comme le nouveau paquet climat, la régulation du numérique et des GAFAM, ou encore les leçons à tirer de la crise du Covid.

« La préparation de la présidence française de l'UE offre une nouvelle illustration de la confusion croissante entre intérêt public et intérêts des grandes entreprises, explique Olivier Petitjean de l'Observatoire des multinationales. Sous prétexte de souveraineté, le gouvernement français veut une collaboration toujours plus étroite entre pouvoirs publics et multinationales, avec un soutien financier et politique toujours plus massif pour ces dernières dans les secteurs jugés stratégiques comme l'énergie, la santé ou le numérique, au détriment des vrais besoins et des vraies aspirations des citoyens français et européens. »

« Dans toute l'Union européenne, les citoyens et même les parlementaires ne sont pas tenus informés de ce que leurs gouvernements font et défendent réellement à Bruxelles, et la préparation de la présidence française ne fait pas exception. Les industriels, eux, sont étroitement associés, déclare Vicky Cann de Corporate Europe Observatory. Le gouvernement français doit cesser de concevoir sa politique européenne à l'abri des regards et doit aussi cesser de s'opposer aux efforts de transparence au niveau du Conseil de l'UE. »

Parmi les principaux enseignements du rapport « Une présidence sous influence ? » :

  • La présidence française se prépare en collaboration étroite avec les grandes entreprises françaises, via des réunions de lobbying, des événements publics et des demandes de contributions d'associations d'entreprises et think tanks (étroitement liés aux grandes entreprises), avec peu de transparence, tandis que la société civile et le grand public sont tenus à distance.
  • Le gouvernement français est allé jusqu'à co-organiser des événements de lobbying avec des entreprises et des associations d'entreprises, et se prépare à en organiser davantage dans les mois à venir.
  • La France n'exclut pas que sa présidence de l'UE soit sponsorisée par des grandes entreprises, comme de nombreuses présidences précédentes l'ont malheureusement fait.
  • Les cas de portes tournantes sont nombreux dans l'équipe parisienne en charge de la préparation de la présidence et au sein de la Représentation française à Bruxelles, risquant des conflits d'intérêts et une confusion dangereuse entre intérêt public et privé.

- Lire le rapport Une présidence sous influence. Comment la France prépare sa présidence du Conseil de l'Union européenne en collaboration étroite avec les grandes entreprises

- Rapport également disponible en anglais.

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