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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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26.01.2026 à 18:05

Les coupes budgétaires des pays donateurs dans le financement de la santé mondiale affectent des millions de personnes

Human Rights Watch

Click to expand Image Une personne allume des bougies en hommage aux victimes du VIH/sida aux Philippines, lors d’une cérémonie à Quezon City, dans la région métropolitaine de Manille, le 14 mai 2016. © 2016 Reuters

(New York) – Les principaux pays donateurs ont porté un coup dévastateur au droit à la santé de millions de personnes dans le monde en réduisant leur soutien au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. À ce jour, seuls 11,85 milliards de dollars US ont été promis pour la période 2026-2028, sur les 18 milliards de dollars US nécessaires de toute urgence. Parmi les dix principaux donateurs, seul un n’a pas réduit sa contribution.

« Des personnes vont mourir en raison des décisions des pays donateurs de réduire leurs contributions au Fonds mondial », a déclaré Julia Bleckner, chercheuse senior sur la santé à Human Rights Watch. « Les pays donateurs devraient immédiatement intensifier leurs efforts et combler ce déficit de financement. »

Le Fonds mondial fournit près des deux tiers de l’ensemble des financements internationaux consacrés aux programmes de lutte contre la tuberculose, plus de la moitié de ceux dédiés au paludisme et plus d’un quart de ceux destinés au VIH. Depuis sa création en 2002, le Fonds mondial estime avoir sauvé 70 millions de vies. Rien qu’en 2024, le Fonds mondial a déclaré avoir traité 25,6 millions de personnes atteintes du VIH et 7,4 millions autres atteintes de tuberculose.

Human Rights Watch a mené des entretiens avec 47 personnes travaillant pour des organisations non gouvernementales, agents de santé communautaires, et bénéficiaires de l’aide affectés par les récentes coupes dans le financement de la santé mondiale en Indonésie, au Laos et au Népal, en se concentrant spécifiquement sur la prévention et la prise en charge du VIH/sida. Human Rights Watch a constaté que ces coupes budgétaires en 2025 ont déjà eu des conséquences désastreuses, en particulier pour les groupes marginalisés confrontés à une discrimination systémique et à des obstacles dans l’accès aux soins de santé, notamment les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les personnes transgenres, les travailleurs et travailleuses du sexe et les usagers de drogues.

Les populations les plus exposées au risque de transmission et de contamination par le VIH/sida sont aussi souvent celles subissant des discriminations systémiques de la part de leurs gouvernements et pour lesquelles les programmes communautaires soutenus par le Fonds mondial et d’autres mécanismes internationaux de santé mondiale constituent le seul moyen d’accéder au dépistage, à la prévention et aux soins liés au VIH/sida. Les activités d’éducation, de conseil, de dépistage, de soutien et de distribution de médicaments liées au VIH assurées par des organisations communautaires constituent une approche éprouvée et fondée sur des données probantes pour protéger la santé des membres de ces groupes.

En suivant les États-Unis dans leur désengagement financier, les pays donateurs provoquent un effondrement en cascade du système de santé mondiale qui menace des millions de vies dépendant à la fois de l’aide bilatérale et des financements multilatéraux, en particulier au sein des communautés confrontées à des obstacles dans l’accès à la santé créés par leurs propres gouvernements, a déclaré Human Rights Watch. 

Lors du Sommet de la reconstitution des ressources du Fonds mondial qui s’est tenu le 21 novembre 2025 à Johannesburg, la France et la Commission européenne n’ont pris aucun engagement financier concret, alors qu’elles figuraient jusqu’à présent parmi les principaux donateurs. Au moment de la rédaction de ce communiqué, ni la France ni l’Union européenne n’avaient encore pris d’engagement public. Human Rights Watch a écrit à la Commission européenne, au Président français Emmanuel Macron et au Premier ministre suédois Ulf Kristersson pour exprimer ses préoccupations, mais n’a pas reçu de réponse de la France et de l’UE.

La Suède a pris un engagement après le Sommet, mais en réduisant significativement son financement de 200 millions de dollars par rapport au cycle de financement précédent. Le gouvernement a répondu à Human Rights Watch qu’il restait engagé en faveur du Fonds mondial et a confirmé une contribution moindre de 74,2 millions de dollars (683 millions de couronnes suédoises) pour 2026. Les États-Unis ont réduit leur engagement de 6 milliards de dollars à 4,6 milliards. Le Japon a diminué sa contribution de plus de moitié, l’Allemagne de plus d’un quart et les Pays-Bas de près d’un cinquième. Le Royaume-Uni, le Canada et l’Italie ont également réduit leurs contributions. Parmi les dix principaux donateurs récents, seule la Norvège a augmenté sa contribution, qui est passée de 193,18 millions de dollars à 195,7 millions.

Le retrait des donateurs du Fonds mondial est d’autant plus alarmant qu’il intervient dans un contexte de coupes massives et brutales de l’aide bilatérale américaine à la santé en 2025. L’impact humain de ces réductions est considérable, avec plus de 740 000 décès estimés à ce jour en raison des réductions de l’aide américaine.

Les principaux donateurs de la santé mondiale devraient accroître leur soutien aux efforts multilatéraux visant à promouvoir le droit à la santé, plutôt que de suivre le retrait des États-Unis, a déclaré Human Rights Watch. A cet égard, l’Inde a augmenté sa contribution de 20 %, la Côte d’Ivoire de 30 % et l’Afrique du Sud de plus de 100 %.

L’aide internationale destinée à soutenir les programmes communautaires non gouvernementaux est essentielle pour mettre en œuvre une approche de la santé fondée sur les droits, qui lutte contre la stigmatisation et la discrimination auxquelles sont confrontées de nombreuses populations marginalisées. « Le simple fait de sortir de chez soi est effrayant pour une personne trans », a expliqué Aika, une travailleuse communautaire transgenre séropositive en Indonésie. « Sans un accompagnement de proximité, la personne se retrouvera seule et ne recevra pas de soins. »

Les organisations non gouvernementales et les agents de santé communautaires qui interviennent auprès de ces populations ont indiqué que les réductions des ressources du Fonds mondial signifieraient que ces communautés perdraient tout simplement l’accès à des soins vitaux, sans aucune autre source de soutien. « Si le Fonds mondial s’arrête, les nouveaux cas vont exploser », selon le directeur d’une organisation en Indonésie. Les personnes interrogées ont également déclaré qu’une réduction des ressources affecterait le suivi, dissimulant ainsi l’impact des réductions de financement.

« Nous assistons à un abandon coordonné des populations les plus vulnérables du monde, qui va anéantir des décennies de progrès dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme », a déclaré Julia Bleckner. « Les donateurs devraient investir dans le Fonds mondial avant que des millions de personnes ne meurent de décès évitables. »

25.01.2026 à 18:14

Syrie : Les civils peu protégés dans le nord-est du pays

Human Rights Watch

Click to expand Image Des membres des forces de sécurité syriennes surveillaient l’entrée principale du camp d'al-Hol, détenant des familles de membres présumés de l’EI et situé dans la province d'al-Hasakah dans le nord-est de la Syrie, le 21 janvier 2026. La veille, les forces kurdes FDS s’étaient retirées de cette zone.  © 2026 Rami Alsayed/NurPhoto via AP Photo

(Beyrouth) – Les deux parties au conflit dans le nord-est de la Syrie, entre les forces gouvernementales et les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par des Kurdes, devraient protéger les civils et respecter les droits humains dans le cadre de leurs opérations, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. 

Ces deux forces devraient s’abstenir de bloquer arbitrairement l'acheminement d'aide humanitaire, de détruire des infrastructures essentielles ou d’entraver l'accès à ces structures. Elles devraient plutôt soutenir fortement les personnes déplacées, y compris les individus suspectés de liens avec l'État islamique (EI) et leurs proches détenus illégalement dans des camps ; elles devraient aussi éviter de procéder à des arrestations arbitraires et s’assurer que les personnes détenues ne soient ni harcelées ni maltraitées. 

« Dans le ping-pong propagandiste entre les forces gouvernementales syriennes et les FDS qui s’accusent mutuellement de commettre des abus, ce sont les civils qui paient le prix fort », a déclaré Adam Coogle, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « La prise ou le maintien d'un territoire lors d’opérations militaires ne devrait pas se faire au détriment des droits des personnes qui y vivent. » 

Human Rights Watch a mené des entretiens avec huit personnes, et a examiné des vidéos partagées en ligne ainsi que des rapports d'autres groupes sur les conditions de vie des civils du nord-est de la Syrie. 

Le 6 janvier, des affrontements ont éclaté entre les forces du gouvernement syrien de transition et les FDS dans deux quartiers à majorité kurde d'Alep. Le 17 janvier, la confrontation militaire s’est accrue : les autorités syriennes de transition ont pris le contrôle des gouvernorats de Raqqa et de Deir Ezzor, et leurs forces ont avancé vers des zones du gouvernorat d'al-Hasakah. Le 18 janvier, les autorités de transition et les FDS ont conclu un accord sur la cessation des hostilités. 

Cet accord conférait aux autorités de transition le contrôle total des frontières internationales, ainsi que des champs pétroliers et gaziers, et prévoyait l'intégration complète des FDS au sein des forces de sécurité syriennes. Cependant, selon des observateurs, le cessez-le-feu a été rompu à plusieurs reprises, parallèlement à des négociations sur certains aspects de l'accord. Le 20 janvier, les deux camps ont annoncé la mise en place d’un nouveau cessez-le-feu, d’une durée de quatre jours. 

Les deux camps ont précédemment commis de graves violations des droits humains dans des contextes similaires, notamment des exécutions extrajudiciaires, le recrutement militaire d'enfants, et la profanation de cadavres. Les forces des deux camps semblent avoir a nouveua commis des violations du droit international dans le cadre de l'escalade actuelle, a déclaré Human Rights Watch.

Les belligérants devraient prendre toutes les mesures possibles pour assurer la protection des civils et des biens civils lors d’opérations militaires. Le droit de la guerre interdit strictement les attaques indiscriminées. Les attaques doivent également être proportionnées, ce qui signifie que les pertes civiles ou les dommages aux bâtiments civils prévus ne doivent pas être excessifs par rapport à l'avantage militaire concret escompté.

Les belligérants devraient veiller à ce que les civils souhaitant fuir soient autorisés à le faire, ou s’ils restent sur place, qu'ils soient en sécurité et aient accès à l'aide humanitaire.

Le gouvernement syrien a mis en place des « couloirs humanitaires » à Alep pour permettre aux civils de fuir. Cependant, deux habitants ont déclaré à Human Rights Watch que ces passages étaient toutefois ciblés par des tireurs embusqués, et avaient été bombardés par les forces des deux camps. Un habitant a déclaré que l'Asayish (la police interne kurde) et les FDS empêchaient les gens d'emprunter les couloirs humanitaires, en raison de la reprise des combats. 

La création de couloirs humanitaires ne dispense pas les belligérants de leur obligation d'éviter les victimes civiles et de permettre l'acheminement d'aide à ceux qui restent, a déclaré Human Rights Watch.

Au 18 janvier, 6 000 personnes étaient arrivées dans des camps de déplacés à Alep et dans le gouvernorat d'Al-Hasakah, tandis qu'environ 7 000 personnes étaient en transit, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Deux habitants de Kobané, une ville à majorité kurde du gouvernorat d'Alep également connue sous le nom d'Ayn al-Arab, ont déclaré que de nombreuses personnes déplacées n'avaient pas accès à un abri ou à une alimentation suffisante. Selon les Nations Unies, les personnes déplacées « sont confrontées à une grave pénurie de nourriture [...] et de combustible pour se chauffer, ce qui met en évidence le besoin urgent d'une aide vitale ».

Human Rights Watch a reçu des informations crédibles selon lesquelles les habitants d'Alep et d'al-Hasakah n'ont pas eu accès à l'électricité ni à l'eau pendant plusieurs jours, au cours des affrontements. Un habitant de Kobané a déclaré le 21 janvier qu'ils n'avaient pas eu accès à l'eau ni à l'électricité pendant quatre jours, depuis que les autorités de transition avaient pris le contrôle du barrage de Tishreen. Un autre habitant d'Alep a déclaré que lorsque les affrontements ont éclaté, l'électricité a été coupée. L'utilisation de l'eau et de l'électricité comme armes d'une manière qui affecte de manière disproportionnée les civils constitue un crime de guerre, a déclaré Human Rights Watch.

Des vidéos montrant apparemment les forces de sécurité syriennes arrêtant des dizaines de résidents kurdes à Alep ont commencé à circuler en ligne le 10 janvier. Alors que les FDS affirment qu'il s'agit de civils, les autorités de transition syriennes affirment qu'il s'agit de combattants. Selon l’ONG Syrians for Truth and Justice (STJ) et le Syndicat des avocats kurdes, des dizaines de personnes ont perdu le contact avec leurs proches, et leur sort reste inconnu. 

Human Rights Watch n'a pas été en mesure de vérifier la situation ou l'affiliation des personnes enlevées. En vertu du droit international, les détenus doivent être traités avec humanité et doivent être libérés sans délai à la fin des hostilités actives. Il est interdit aux parties d'arrêter arbitrairement des civils et elles doivent libérer immédiatement et sans condition les civils détenus illégalement et leur permettre de rentrer chez eux. Tous ont le droit d'être en contact avec leur famille. 

Les forces des deux camps se sont mutuellement accusées d'exécutions extrajudiciaires. Human Rights Watch a examiné trois vidéos montrant apparemment des exécutions extrajudiciaires et la profanation de corps. Dans l'une d'elles, mise en ligne le 18 janvier, les autorités de transition semblent entrer dans la prison d'al-Tabqa, dans le gouvernorat de Raqqa, où deux corps ensanglantés d'hommes en civil, dont l'un est pieds nus, gisent sur le sol. 

Les autorités syriennes affirment que les FDS ont tué les détenus avant de se retirer. Les FDS ont nié toute responsabilité, affirmant avoir transféré les prisonniers quelques jours auparavant. Human Rights Watch n'a pas pu vérifier les circonstances.

Dans une autre vidéo, mise en ligne le 10 janvier, des combattants qui seraient affiliés aux autorités de transition jettent un corps, qui serait celui d'une combattante, depuis un immeuble à Alep, tandis que l'homme qui filme la scène s’exclame : « Allahu Akbar ! » (« Dieu est grand »). On ne sait pas si cette femme était encore en vie lorsqu'elle a été jetée du bâtiment. La profanation des corps constitue une violation des lois de la guerre.

Human Rights Watch n'a pas été en mesure d’authentifier ces vidéos. Néanmoins, ces images soulèvent de graves préoccupations, et nécessitent une enquête plus approfondie.

Le nord-est de la Syrie a également été le théâtre d'offensives majeures menées par la coalition dirigée par les États-Unis contre l'EI. Au 19 janvier, plus de 28 000 personnes suspectées d’être des proches de membres de l'EI étaient toujours détenues illégalement dans des conditions mettant leur vie en danger dans les camps d'al-Hol et de Roj, dans le nord-est de la Syrie. Environ 12 500 d'entre elles sont des étrangers provenant de plus de 60 pays. Environ 8 500 personnes se trouvent dans des centres de détention à travers le nord-est de la Syrie.

Le 20 janvier, le ministère syrien de la Défense a pris le contrôle des camps, après le retrait des FDS. Au moins 120 prisonniers, dont plusieurs femmes accompagnées de leurs enfants, se sont échappés, selon les autorités syriennes. Le 21 janvier, le ministère de la Défense a déclaré qu'il contrôlait le camp d'al-Hol et d'autres prisons, et que l'entrée était interdite à toute autre personne. Le camp de Roj reste sous le contrôle des FDS. 

Des femmes détenues dans ces camps ont décrit à Human Rights Watch des incidents de raids, de violences et de pillages. Elles ont déclaré que l'acheminement de l'aide à al-Hol était bloqué depuis plusieurs jours, entraînant des pénuries de nourriture et d'eau. Les travailleurs humanitaires ont déclaré que leurs groupes avaient été contraints de se retirer en raison des troubles. 

Les forces qui contrôlent effectivement les camps et les centres de détention devraient veiller à ce que l'aide humanitaire puisse entrer, et à ce que les résidents des camps ne soient pas maltraités. Toutes les personnes détenues illégalement devraient être libérées, et les autorités devraient assurer leur sécurité jusqu'à ce qu'elles atteignent un lieu sûr. 

Le 21 janvier, les États-Unis ont annoncé une opération visant à transférer jusqu'à 7 000 détenus de l'EI vers l'Irak, précisant qu'ils en avaient déjà transféré 150, y compris des ressortissants de pays tiers. L'annonce ne faisait aucune mention des membres de leur famille se trouvant dans les camps d'al-Hol et de Roj.

Les détenus transférés en Irak risquent toutefois d'y être victimes de disparitions forcées, de torture et de mauvais traitements. Les pays dont des ressortissants suspectés de liens avec l’EI et leurs proches sont détenus dans des prisons et des camps devraient d’urgence fournir une assistance à ceux qui souhaitent rentrer dans leur pays, ou dans un autre pays où ils ne risquent pas de subir des traitements inhumains.

« Les récents événements ont ouvert une boîte de Pandore, avec des complications liées non seulement à l'incapacité de résoudre les problèmes post-EI, mais aussi à la crise plus large due à l’insuffisante protection des communautés minoritaires par les autorités de transition syriennes », a conclu Adam Coogle. « Tant que ces questions resteront sans réponse, nous devrons craindre que l'instabilité persiste en Syrie. »

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22.01.2026 à 20:54

En Éthiopie, les enfants touchés par la pollution minière méritent la justice

Human Rights Watch

Click to expand Image Un garçon âgé de 16 ans versait de l’eau dans un bidon après l’avoir puisée dans une source située près de la mine d’or de Lega Dembi dans la région de l’Oromia, en Éthiopie, en 2020. © 2020 Tom Gardner

Les personnes vivant à proximité de la mine d'or de Lega Dembi, dans la région d'Oromia en Éthiopie, se plaignent depuis des années de graves problèmes de santé, y compris des fausses couches et des cas d’enfants nés avec des troubles de santé à long terme, ou même des cas d’enfants mort-nés. Plusieurs études ont révélé des concentrations élevées de produits chimiques toxiques, notamment du cadmium, du mercure, du plomb et de l'arsenic, dans la plus grande mine d'or du pays. 

La semaine prochaine, le Comité des droits de l'enfant des Nations Unies se réunira pour évaluer la situation des droits des enfants en Éthiopie, y compris le droit à la santé des enfants vivant à proximité de la mine de Lega Dembi. 

De 2018 à 2021, le gouvernement éthiopien a suspendu l'exploitation de la mine de Lega Dembi à la suite de protestations contre la pollution engendrée ; le gouvernement a promis de ne rouvrir la mine qu'après que ses gérants aient pris des mesures pour répondre aux préoccupations environnementales. 

Mais au lieu de cela, Human Rights Watch a constaté que le gouvernement éthiopien a ignoré le problème. Le gouvernement a annulé la publication d'une étude sanitaire prévue, a rouvert la mine sans annonce publique, et n’a pas divulgué les clauses du protocole d'accord signé avec Midroc Investment Group, la société qui exploite la mine. En 2023 et en 2025, Midroc a déclaré à Human Rights Watch avoir indemnisé des victimes de pollution, et que les problèmes environnementaux avaient été résolus grâce à l'amélioration de la gestion du cyanure, produit chimique aux effets potentiellement toxiques ; Midroc a ajouté que les niveaux de contamination dus aux déchets miniers étaient actuellement inférieurs aux seuils fixés par l'Organisation mondiale de la santé. 

Le gouvernement éthiopien a le devoir de protéger les droits des enfants de ce pays, en vertu du droit international. Les entreprises ont également la responsabilité de veiller à ne pas contribuer à des atteintes aux droits humains. 

En 2024, Human Rights Watch a soumis au Comité des droits de l'enfant des Nations Unies un document résumant ses préoccupations et contenant des recommandations ; en 2025, l’ONG éthiopienne Kontomaa Darimu Alliance, conjointement avec le Centre pour les droits humains internationaux (CIHR) de l'université Northwestern aux États-Unis, a aussi soumis un tel document au Comité.

Lors de sa réunion, le Comité devrait demander au gouvernement éthiopien de suspendre les activités de la mine d'or de Lega Dembi afin de protéger la santé des enfants aux alentours ; le gouvernement devrait aussi autoriser une évaluation indépendante de la santé environnementale afin de recommander des mesures avant la reprise de l'exploitation minière, et garantir que les victimes de la pollution bénéficient de recours efficaces, notamment une indemnisation, des soins médicaux et l'accès à la justice.  

Le Comité devrait saisir cette occasion pour apporter un réel changement dans la vie des enfants et de leurs familles vivant près de la mine de Lega Dembi.

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